Une nouvelle menace [Harry Potter]

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Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey! Avec ou sans surprise, je suis de retour! Et pas de retard pour ne fois :twisted: Comme convenu lors du précédent chapitre, je publie la partie 2 du bonus concernant les débuts d'Alex et Malia ;) Et comme je l'ai dit avant, je crois, ce bonus-ci est plus long que ma moyenne, disons deux fois plus long :lol: Quant à savoir si la qualité y est, vous êtes les seuls à pouvoir en juger, car je n'aurai jamais d'opinion objective sur le sujet :lol: Bref, vous verrez bien en lisant ;) Sinon, je préviens, le point de vue change à quelques reprises entre Mal et Alex. Sur ce, j'espère que tout va bien pour vous et bonne lecture! :mrgreen:


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Bonus


# 7
Alexander et Malia – Passage secret de la sorcière borgne + Forêt Interdite – 9&10 janvier 2022 et 17 janvier 2022 – Partie 2

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Ça ne faisait que quelques jours depuis que tous les élèves de l’école étaient revenus entre les murs de Poudlard. Alexander ne regrettait pas vraiment le silence qui avait régné dans les lieux pendant la brève période où il était resté ici. Dès le lendemain de cette fameuse fête de la nouvelle année, sa mère l’avait renvoyé ici en prétextant qu’elle n’avait pas de temps à lui accorder, qu’il serait une nuisance pour son avancée professionnelle tant désirée et que de toute manière, il avait mieux à faire à Poudlard.

Tout ça ne le surprenait pas de la part de sa mère adoptive.

La raison pour laquelle il accueillait aussi volontiers les bruits discordants de l’école, c’était que ça lui permettait de ne pas réfléchir à la nouvelle qu’on lui avait remise quatre jours plus tôt. Berkeley avait réussi à coincer Lévesque avant que celle-ci réussisse à lui échapper, par un moyen quelconque. Ce n’était toutefois pas l’annonce qui avait détruit absolument tout son univers. Même s’il s’était senti aussi énervé que Berkeley à ce propos.

C’était d’ailleurs cette frustration qui avait camouflé le choc qui avait suivi.

Les quelques jours où Allison Lévesque s’était retrouvée entre les mains d’Elliot, ce dernier avait obtenu les dernières informations dont il avait besoin pour confirmer ses théories, concernant son ascendance à lui, Alexander Parkinson. Et apparemment, il n’était pas plus un Parkinson qu’Allison une Lévesque. À vrai dire, ils avaient même quelque chose en commun : leur nom de famille. Tous deux avaient été, et étaient toujours, des Williams de naissance. Enfants de feux Charles Williams et Marianne Lévesque-Williams.

Il se souvenait encore d’avoir eu un sourire satisfait à l’annonce de la mort de cette dernière.

Il avait eu envie d’arracher les yeux d’Elliot Berkeley et de les lui faire avaler lorsqu’il lui avait appris sans pincette que ses deux parents avaient été tués. Et par la personne même que, lui, Alexander, avait aidée. En toute connaissance de cause. Avec certaines informations en moins, mais le résultat était quand même là. Il se rappelait très bien toutes ces nuits où, pour réussir à s’endormir, il avait imaginé les retrouvailles avec ses parents. Et peut-être avec un frère ou une sœur. Il se l’était imaginé en s’incorporant dans des situations qu’il avait vu se produire avec certaines familles qu’il enviait. Une bourrade avec son père, un échange de sourires tendres et d’accolade tranquille avec sa mère. Des coups sur l’épaule avec sa fratrie. Une joyeuse petite famille, sans ennuis ni histoires.

Sauf que ce ne serait pas pour lui.

Ses parents étaient morts et tout le reste de la famille. Et la sœur qu’il avait… la seule sœur qu’il avait… Il avait tout fait pour qu’elle le déteste. Et inversement. À vrai dire, il la détestait encore. Plus vraiment avec la même hargne aveugle qu’avant, mais maintenant avec un degré plus… intime et une douleur insidieuse. Elle avait eu la chance de passer du temps avec leur mère! Et pas lui! Berkeley lui avait dit que ses parents l’avaient abandonné. Il ne mentionna évidemment pas pourquoi, même s’il sous-entendit que c’était par préférence pour sa sœur. Une chose restait toutefois certaine…

Allison Lévesque était la dernière personne de sa famille d’origine.

Et malgré les sentiments désagréables qu’il avait à son égard, il n’arrivait pas à se défaire de la sensation que Berkeley lui cachait encore des choses. Et de toute manière, la seule façon qu’il pouvait obtenir des réponses concernant la vie de ses parents, c’était d’en parler avec la seule personne susceptible de les avoir connus de près. Donc, sa sœur.

Mais s’il se fiait à leur brève, très brève rencontre, d’il y a quelques jours… il n’arriverait pas à grand-chose avant d’avoir réglé son problème avec ses sentiments confus et contradictoires concernant Lévesque. Elle le détestait, alors lui parler calmement s’avérerait délicat. Tout comme s’il ne se maîtrisait pas. Après tout, il avait bien vu que ce n’était pas le cas, car il avait foudroyé du regard Lévesque avec la même haine habituelle. Il devait donc trouver une solution pour régler le problème portant son prénom et celui concernant l’aversion que lui portait sa sœur.

Toutes ces pensées l’empêchaient de se concentrer.

Mais il y en avait aussi une autre, concernant quelqu’un de complètement différent et qui n’appartenait pas à sa famille. Il se souvenait très bien de la proposition qu’il avait faite à Malia McDonald. Et autant qu’il avait envie d’oublier toute cette histoire… il ressentait encore plus le besoin d’aller jusqu’au bout. D’autant plus que ça lui permettrait de se changer les idées et que ça ne pourrait pas vraiment lui faire de mal pour obtenir la sympathie d’Allison… éventuellement. S’il le lui disait. S’il le faisait.

Mais comment savoir si McDonald serait intéressée de toute manière?

Il poussa un soupir, il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir sans attirer l’attention des personnes à risque dans cette école. Il leva donc les yeux sur les différents hiboux et chouettes présents dans la Volière pour les analyser un à un. Lorsqu’il arrêta finalement son choix sur l’un des nombreux oiseaux de l’école, il saisit le bout de parchemin qu’il avait mis dans sa poche, ainsi que la plume et le pot d’encre. Il inscrivit alors rapidement « Si tu es intéressée par ce que je t’ai proposé le 31 décembre, rejoins-moi à 19h00 demain devant la Sorcière Borgne. On pourra en discuter. » Il inscrivit la date actuelle dans le coin du parchemin, puis enroula le message sur lui-même avant de l’attacher à la patte du volatile.

Il restait maintenant à espérer qu’il ne passerait pas des heures à attendre devant l’accès à ce passage secret. Il ne comptait pas y amener McDonald immédiatement, il attendrait de voir comment elle réagissait à toute cette histoire, si elle voulait de son aide et s’il pouvait lui faire confiance avec le secret qu’il n’avait jamais révélé à qui que ce soit : son sanctuaire.

De toute manière, il faudrait déjà que quelqu’un s’intéresse à ce qu’il faisait.

Ce qui n’était pas le cas. Les seules personnes que l’on pourrait considérer comme ses amis ne l’étaient pas vraiment, ils ne faisaient que traîner ensemble parce qu’ils partageaient certaines pensées et certains idéaux… même si depuis quelques jours, Alexander les évitait autant que possible. Il n’avait aucune envie de traîner avec eux. Pas qu’il en avait déjà eu l’envie, mais quand même.

Ils étaient tous des abrutis, il n’y en avait pas un pour rattraper les autres.

L’ironie de la chose, c’était qu’il n’appréciait pas vraiment la solitude, même si ça lui arrivait souvent de se retrouver seul. S’il avait un ami digne de porter ce titre, sans doute que ce dernier lui ferait remarquer qu’il ne pouvait que s’en prendre à lui-même. Après tout, s’il n’était pas arrivé à Poudlard avec dans l’idée d’embêter et de nuire au plus grand nombre de personnes possible… il ne serait sans doute pas aussi seul.

- Alors c’est ici que tu traînes! s’exclama une voix dans son dos.

Une voix particulièrement agaçante et qui ne pouvait qu’appartenir à une seule personne.

Theodore Crabbe.

Un rictus apparaît immédiatement sur ses lèvres alors qu’il se retourne vers son compatriote de Serpentard. Incarnation même de la catégorie de personne qu’il n’a aucune envie de voir. Et bien évidemment, c’est celui-là qui l’a trouvé!

- Qu’est-ce que tu veux, Theo?

- On n’a pas eu l’occasion de reparler, au sujet de Lévesque.

Il se tendit presque aussitôt à la mention de ce nom. De quoi est-ce que Theo parlait? Était-il au courant pour leur lien de parenté? Pour le moment, Elliot n’avait pas l’air d’avoir envie de le divulguer à tout le monde, il appréciait beaucoup trop de lui lancer des pointes discrètes… Mais alors pourquoi Theo voudrait-il lui parler de Lévesque si ce n’était pas pour ça?

- Et qu’est-ce qu’on aurait à en dire? s’enquit-il et la grimace qui prit possession de son visage n’était même pas feinte.

Il n’avait pas particulièrement envie d’en parler, peu importe à quel sujet ça pouvait être.

- Tu sais bien, Alex. On est censé frapper à nouveau, pour la déstabiliser et faciliter les choses…

Instantanément, il se souvint d’avant les vacances de Noël. Ils avaient essayé de discuter d’un plan pour affaiblir Lévesque tandis qu’elle était encore affectée par l’annonce de la disparition de sa mère, et de sa mort. Ils n’avaient pas pu en discuter en profondeur, car à ce moment ils avaient été attaqués par un loup. Et ensuite, ces imbéciles de Potter, Weasley et Malefoy les avaient coincés, les privant de toute opportunité supplémentaire pour en parler.

Et depuis, ils n’étaient pas revenus sur le sujet.

Notamment parce qu’entre-temps, Alexander était retourné chez lui et avait obtenu la réponse à sa question trop longtemps restée dans le néant. Et maintenant qu’il savait ce qu’il en retournait, son besoin d’agacer et énerver Lévesque n’était plus une priorité. En ce moment, tout ce qu’il arrivait à penser c’était comment parvenir à régler son conflit intérieur, ce qui signifiait éventuellement d’en parler avec l’intéressée et donc de trouver un moyen pour le faire. Le problème avec tout ça, c’est qu’il était presque certain qu’Elliot Berkeley le surveillait de près.

Il ne pouvait pas dire ni faire n’importe quoi…

- Je crois que j’ai une idée, lâcha-t-il brusquement sans même arriver à s’en empêcher.

Une solution venait de s’offrir à lui sur un plateau. Le principal problème, c’est qu’il ne devait pas la partager avec l’idiot devant lui, à la base. Sauf qu’apparemment son subconscient avait outrepassé ses droits et maintenant… Ah, mais oui!

- Quelle idée? l’interrogea Theo en fronçant les sourcils, suspicieux.

- On a qu’à enlever Lévesque au cœur même de sa Maison!

- Hein?

- Je n’ai qu’à m’arranger pour subtiliser un ingrédient particulier à un membre de sa Maison ainsi que d’autres ingrédients à notre professeur de Potions. Ce qu’il faut pour faire du polynectar, donc. Ensuite, je m’arrange pour l’entraîner avec moi.

- Et tu comptes t’infiltrer dans leur Maison comment? On ne connait pas le mot de passe!

- Oh, Merlin, Theo! Réfléchis un peu! Il va bientôt y avoir un match de Quidditch de Gryffondor et cet idiot de Potter fera sans doute tout pour qu’il gagne. Et lorsqu’ils gagnent, il organise toujours une fête. C’est l’occasion rêvée!

- Pas bête comme idée.

L’air satisfait de Theo lui donna envie de lui envoyer son poing au visage. Cet imbécile agissait toujours ainsi, le cerveau du groupe pouvait être Alexander, mais il faisait toujours comme si c’était grâce à lui que les idées arrivaient. Ce comportement ne faisait que lui donner des envies particulièrement violentes envers l’intéressé. Il savait pourtant très bien que lorsqu’on en venait aux poings, c’était Theo le plus doué.

Pas étonnant que sa cervelle n’arrivait pas à suivre…

Ni sa baguette, d’ailleurs.

- On commence quand? s’enquit son interlocuteur après un moment de silence.

- Comment ça, « on »?

- Allons, Alex, ne me dit pas que tu as l’intention de faire ça seul!

- Absolument! cracha-t-il d’un ton froid. Ta seule présence risquerait de faire rater la préparation de polynectar. Et tu n’es pas capable de jouer un rôle. Ça serait une question de survie et tu n’y arriverais pas.

En voyant le visage de l’autre Serpentard tourné au rouge foncé, il sut qu’il avait touché un point sensible. Ça n’empêchait pas que c’était la vérité. Il n’avait jamais vu quelqu’un être aussi nul en potion, ce qui rendait le fait qu’il n’ait pas continué ce cours pas très surprenant. Pour lui, il appréciait énormément les cours de Métamorphose et de Potions. Il n’était pas mauvais dans les autres, mais les Sortilèges ou la Défense contre les forces du mal ne l’attiraient pas autant.

- Surveille tes paroles, Parkinson, gronda son présumé ami.

- Sinon quoi? Tu vas aller en parler à ta mère? Ou peut-être à ton petit papa? On sait tous les deux que tu as passé tes cours seulement parce que tu as copié sur mes examens.

L’air ahuri qui s’afficha sur le visage de Theo valait le détour. Ainsi que la rougeur qui s’intensifia. Apparemment, il n’aimait pas les paroles qu’il avait prononcées et il ne croyait pas qu’Alexander avait remarqué, pendant toutes ces années, qu’il copiait chacun de ses examens. Évidemment, l’autre Serpentard n’était pas complètement débile. Pas totalement étant le mot-clé. Il arrivait à utiliser presque à la perfection tous les sortilèges qui pouvaient être utilisés contre quelqu’un.

- Je t’assure, Lévesque va regretter de s’être moqué de nous, Theo. Tu peux compter sur moi.

- Je l’espère, Alex. On sait tous les deux ce qu’Elliot réserve aux traîtres.

La mise en garde lui donna des sueurs froides, mais il se contenta de lever les yeux au ciel, puis de dépasser Theo avant de prendre le chemin menant à la sortie de la Volière pour pouvoir rejoindre le château.

Maintenant, il ne restait plus qu’à espérer que tout se passerait bien…

Autant pour cette histoire avec Malia McDonald que celle avec Lévesque.

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Le retour à Poudlard s’était fait comme à l’habitude, sans qu’aucune partie de leur routine habituelle ne soit changée quant à cet évènement. Le fait que Malia se soit fait attaquer par un loup-garou ne changeait aucunement les préparatifs habituels, après tout. C’était à peine s’ils avaient discuté de ce qu’ils feraient pour la première pleine lune, d’ailleurs. Elle n’avait pas osé mentionner l’idée saugrenue d’Alexander Parkinson. De toute manière, elle était convaincue que c’était une mauvaise plaisanterie. Pourquoi l’aiderait-il alors qu’il exécrait tout le monde?

C’était tout simplement du délire!

Malheureusement, alors qu’elle espérait que son retour à Poudlard lui permettrait de retrouver un certain optimisme, elle se retrouva confrontée à toute l’histoire horrible avec Alli. La seule consolation qu’elle avait, c’était de ne pas avoir eu à la voir dans l’état que le décrivait Rose. Simplement s’imaginer les horreurs qu’avait traversées son amie la faisait blêmir. Pourtant, comme à l’habitude, Alli continuait à avancer en souriant.

Mais peut-être pas aussi gaiement qu’avant…

C’était peut-être seulement parce qu’elle-même venait de vivre quelque chose de passablement horrible que Malia avait l’impression que son amie avait perdu une partie de la lumière qui l’habitait auparavant… mais jamais auparavant son instinct ne l’avait trompé. Au moins, sa toute nouvelle relation avec Albus semblait l’aider à surmonter les épreuves qui lui étaient tombées sur les épaules. Elle n’était pas seule.

Pour cette simple raison, elle enviait Allison.

Elle aurait aimé pouvoir en discuter avec quelqu’un, pouvoir se lamenter sur son sort et crier l’injustice de toute cette histoire. Souvent, elle s’imaginait le raconter à ses amies… À Teena, Rose et Alli. Sauf que ce qui lui était arrivé lui semblait tellement bénin en comparaison des horreurs présentes dans la vie d’Allison cette année. Elle savait bien qu’elle ne devait pas se comparer…

Mais elle le faisait quand même.

Dans ces moments-là, elle repensait à sa discussion avec Parkinson et se disait que, techniquement, quelqu’un d’autre que sa famille était au courant à ce propos. Et que peut-être qu’elle ne possédait pas un jugement objectif quant à celui-là, simplement parce que son amie et certaines connaissances avaient été intimidées par lui. Dans ces moments-là, elle s’imaginait lui donner une chance et aller lui parler. Chaque fois, pourtant, son cerveau lui ramenait le sourire moqueur de Parkinson et ses répliques cinglantes. Répliques qu’il n’hésiterait pas à utiliser contre elle.

À nouveau.

Alors elle se retrouvait à tourner en rond et à éviter autant que possible ses amies. Ce n’était pas suffisamment conscient et marqué pour qu’elles le constatent. De toute manière, Teena était toujours à courir les mecs… quant à Rose et Alli, elles semblaient manigancer quelque chose avec Albus. Surement pour la fête à Scorpius qui approchait à grands pas. Ainsi, se retrouver seule et éviter ces mêmes personnes dont elle était si proche… n’était pas très compliqué.

Et ça la rendait triste.

En un sens, elle n’en voulait pas vraiment à Alli ni même à Rose, car ces deux-là formaient un quatuor très serré avec Albus et Scorpius. Elle savait très bien qu’ils étaient tous beaucoup plus proches qu’elle ne l’était avec ses compagnes de dortoir. Par contre, Teena… elle était sa meilleure amie. Sa meilleure amie depuis même avant Poudlard. Leurs parents se connaissaient, du côté sorcier. Alors, depuis qu’elles étaient toutes petites, elles traînaient et faisaient des bêtises ensemble. Comme aller dans des camps d’équitation pendant l’été alors même qu’elles devaient quand même faire leurs devoirs de sorcières.

Mais Teena n’avait rien remarqué de différent!

Elle poussa un soupir en dévisageant son petit-déjeuner. Son appétit n’avait fait que chuter depuis qu’elle était de retour. Elle jeta un coup d’œil du côté de ses amies et croisa le regard d’Alli. Cette dernière lui adressa un grand sourire et elle s’efforça d’afficher le même, ou du moins d’y mettre la même intensité. Son artifice sembla fonctionner, car son amie détourna la tête pour prêter attention à ce que lui disait Albus.

Ils se tenaient côte à côte, les mains enlacées. Comme s’ils n’avaient plus la moindre attention de se lâcher maintenant. Elle n’était pas vraiment surprise par la situation, après tout, comme elle l’avait dit à Allison avant le bal de Noël, elle était au courant pour les sentiments d’Albus depuis un bon moment. Quant à son amie… ses soupçons existaient depuis le début de l’année. Sa réaction face à la brusque disparition d’Albus parmi eux en avait démontré beaucoup, et tout particulièrement celle qu’elle avait eue vis-à-vis de Rebecca Corner.

Elle se retrouva à les envier encore et dut se forcer à détourner le regard.

Ce fut à ce moment précis que les hiboux et les chouettes firent leur apparition dans la Grande Salle à grands cris. Une nouvelle fois, elle soupira. Elle n’attendait aucune lettre de ses parents ni même d’aucun membre de sa famille. Et tous ses amis se trouvaient ici, alors jamais ils ne lui écriraient, sauf peut-être pour plaisanter. Pour le coup, elle accepterait n’importe quoi. Tout élément pouvant lui détourner l’attention de ce qu’elle était devenue… serait le bienvenu.

Elle passa tout près de bondir vers l’arrière et tomber de manière disgracieuse lorsqu’un hibou voleta au-dessus d’elle à quelques reprises avant de se poser les deux pattes dans son assiette. Une grimace s’afficha sur son visage, mais comme elle n’avait pas l’intention de manger de toute manière… Elle saisit rapidement le rouleau de parchemin attaché à la patte de l’oiseau. Apparemment, ce qu’il fallait pour attirer l’attention de ses amies était la réception de courrier, car Teena lui demanda, curieuse :

- C’est de qui?

Elle regarda même pas et affirma :

- Ma mère, sans doute.

Après tout, qui d’autres ça pourrait être?

Elle déroula le parchemin et comprit juste à l’écriture que ce n’était définitivement pas sa mère. La signature lui donna la preuve supplémentaire : Alexander Parkinson. Mais que lui voulait-il donc? Elle rougit assez furieusement en voyant le contenu.

- Qu’est-ce que ça dit? s’enquit sa meilleure amie avec un sourire narquois.

Sans doute parce qu’elle avait rougi comme une idiote. Elle reposa le regard sur le message et ne put s’empêcher de le lire à nouveau.

9 janvier 2022

Si tu es intéressée par ce que je t’ai proposé le 31 décembre, rejoins-moi à 19h00 demain devant la Sorcière Borgne. On pourra en discuter.
A.P.


Se souvenant brusquement que Teena lui avait posé une question elle répondit distraitement :

- Ma mère veut qu’on se voie à la prochaine sortie à Pré-au-Lard.

Ce n’était pas un mensonge en tant que tel, puisque sa mère avait effectivement exprimé le désir qu’elles se voient pendant la prochaine visite à Pré-au-Lard. Ceci dit, le mensonge résidait dans le fait que le message ne provenait pas de sa mère. Et très loin de là, d’ailleurs. Une chose était sûre, elle était immensément soulagée que Parkinson n’eût pas fait allusion plus spécifiquement à leur sujet de conversation… ni à sa personne, d’ailleurs. Elle ne voulait même pas imaginer la réaction des filles si elles tombaient sur cette lettre en sachant ce qu’elle signifiait exactement.

Dans les circonstances actuelles, le pire qu’elles pourraient s’imaginer, c’était qu’elle avait un rendez-vous galant avec quelqu’un une heure avant le couvre-feu. Ce qui ne risquait pas de diminuer leur intérêt, mais au moins le choc n’existerait pas. Ni la peur qu’elle risquait de leur inspirer si elles devaient être au courant. C’était peut-être la paranoïa qui parlait, mais elle ne supporterait jamais que ses amies aient peur d’elle.

Elle supporterait encore moins de leur faire le moindre mal, d’ailleurs.

Elle devrait peut-être songer à abandonner Poudlard? Pour la sécurité des élèves et plus particulièrement celle de ses amies. Après tout, Alli, entre autres, n’avait certainement pas besoin d’ajouter ce problème supplémentaire à sa liste. Partir… partir serait la meilleure solution. Et ne jamais revenir. Pourtant, son regard se retrouva appelé à nouveau vers le rouleau de parchemin. Elle referma fortement sa main dessus, prenant une décision qui risquait de l’entraîner dans bien des ennuis.

En commençant par ses parents.

Ils allaient vouloir l’étriper de prendre autant de risques, mais une fois que ce serait fait, il n’y aurait pas de marches arrières. Il était toutefois rare que Malia revienne sur ses propres décisions lorsqu’elle les prenait. Et là, elle avait décidé qu’elle irait à la rencontre de Parkinson. Et si elle se fiait à la date figurant sur le message, c’était ce soir même que ça se produirait. Ce soir, elle saurait si toute cette histoire d’aide que lui proposait le sixième année de Serpentard n’était qu’une plaisanterie ou quelque chose de sérieux.

Elle passa le reste de la journée dans l’expectative de ce qui ne s’était pas encore produit. Alors, lorsque le moment arriva enfin, elle se retrouva presque à courir dans les couloirs pour rejoindre le lieu de rendez-vous. La crainte faisait battre son cœur à toute vitesse, lui éclatant les tympans de l’intérieur. Elle tournait tout juste le coin pour arriver près de la Sorcière Borne, qu’elle percuta de plein fouet quelqu’un.

Elle se serait sans doute retrouvée à plat ventre par terre si la personne dans laquelle elle avait foncé ne l’avait pas attrapé par le bras pour les stabiliser, et ainsi les empêcher de se trouver tous deux dans une position embarrassante. En levant les yeux, elle croisa ceux d’un magnifique bleu gris de… Parkinson. Elle se libéra d’un coup sec de sa poigne et de son regard en grommelant :

- Merci.

- Apparemment, ce n’est pas la gratitude qui t’étouffe, hein, McDonald, marmonna Parkinson.

Elle se contenta de le fusiller du regard. Ça commençait vraiment bien! Oh, oui, vraiment! Maintenant, c’était certain, toute cette histoire n’était qu’une ignoble et détestable plaisanterie! Malia se retourna d’un bond et s’apprêtait à s’en aller sans mot dire lorsqu’une main se referma sur son poignet, l’empêchant de faire le moindre pas supplémentaire. Un sifflement lui échappa, mais dès qu’elle se mit face à lui, Parkinson la relâcha en se contentant de dire :

- Je croyais que l’on devait discuter.

- À quoi ça sert! répliqua-t-elle vertement. Tu n’as aucune intention de m’aider, juste de te moquer!

- As-tu eu si souvent raison pour croire que c’est impossible que tes soupçons puérils soient faux?

- Et toi, as-tu déjà appris à fermer ta gueule ou est-ce que tu aimes à ce point le son de ta propre voix?

Il ouvrit la bouche une seconde avant de la refermer. Muet! Il était muet! Elle n’était peut-être pas Alli, mais elle savait boucher le coin à quelqu’un quand il lui prenait envie! Seulement… ça n’arrivait pas souvent. Déjà, parce qu’elle avait souvent de la difficulté à ne pas se mettre à bredouiller. Elle n’était pas vraiment timide, seulement elle n’arrivait pas toujours à énoncer son opinion à voix haute, particulièrement quand elle était en colère.

Sauf que là, elle avait dépassé ce stade.

Malgré tout, en voyant qu’il ne savait toujours pas quoi dire, elle commença à se dandiner d’un pied sur l’autre sans plus arriver à soutenir son regard. Après tout, ce qu’avait dit Parkinson n’était pas complètement dénué de sens. Elle se permettait de juger seulement sur son comportement avec d’autres élèves. Et d’ailleurs, il n’avait jamais fait semblant d’aider quelqu’un pour ensuite se moquer de lui… Non, Parkinson commençait directement en se moquant. Ce qui n’était pas mieux, mais ça rendait son accusation complètement, eh bien, puérile.

Par contre, ce qu’elle avait dit le concernant n’était pas faux non plus.

Malgré tout…

- Désolée, lâcha-t-elle. Je suis juste…

- À cran? proposa-t-il.

Elle jurerait que c’était la première fois qu’elle l’entendait parler avec un timbre normal. Pas de condescendance, pas de moquerie, pas même de geignement. Rien que… Rien qu’une personne discutant avec une autre de manière totalement anodine. Elle acquiesça rapidement à ces propos et il afficha immédiatement un air compréhensif.

- La pleine lune est pour bientôt, alors c’est normal, je dirais… dit-il calmement.

Elle haussa des épaules. Il avait sans doute raison, mais qu’on lui arrache le cœur si elle devait l’avouer à voix haute! Non pas qu’il puisse avoir raison… plutôt que son humeur avait un lien avec la pleine lune. Ça la rendait malade rien que d’y penser… Elle revint à elle complètement lorsque Parkinson se gratta la tête. Il semblait, comment dire? Inquiet? Nerveux? Anxieux? Fébrile? Elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur l’émotion qu’il laissait entrevoir avec ses mouvements. Incertain! Voilà! Ce fut avec une voix qui reflétait cette même caractéristique qu’il s’enquit :

- Alors… Euh… Est-ce que tu veux de mon aide?

- Je croyais qu’on était là pour discuter de ce que tu as à proposer?

- Oui, mais… Je veux que tu acceptes avant. Parce que je n’ai pas l’intention de parler ici et je n’ai certainement pas l’intention de t’emmener là où on pourra discuter tranquillement sans savoir que tu veux de mon aide.

Elle l’observa longuement et elle pourrait jurer que l’attention accrue qu’elle lui portait l’avait fait rougir très légèrement. Peut-être n’en avait-il pas l’habitude… Après tout, il devait surtout être habitué à se faire dévisager avec haine et dégoût plutôt qu’avec beaucoup d’interrogation. Au bout d’un moment, un assez long pour que le visage de Parkinson augmente encore de deux tons de rouge, elle hocha de la tête solennellement. Elle ajouta ensuite :

- C’est la meilleure offre que j’ai reçue, alors… j’accepte ton aide.

C’était forcément la pire bêtise de toute sa vie! Pourtant, en voyant un sourire en coin étirer les lèvres de Parkinson, dépourvu de malice pouvait-elle noter, elle n’en était pas aussi certaine. Peut-être… Peut-être qu’en effet, elle l’avait mal jugé. Ou peut-être qu’il était tombé sur la tête pendant les vacances de Noël et que ça lui avait permis d’avoir une illumination sur « Comment une personne devait se comporter en société ».

Dommage que cette sorte d’illumination n’existe pas!

Mais elle croyait profondément dans les nuances de gris. Personne n’était soit noir, soit blanc. Lorsque c’était le cas, on faisait souvent face à des gens déséquilibrés. C’était son opinion en tout cas. Malgré que certains pourraient affirmer le contraire, elle était persuadée qu’Allison frôlait souvent plus le noir que le blanc. Simplement parce que tout ce qui touchait le chaos se rapportait plus au noir qu’au blanc. Et puis, Alli pouvait se montrer violente et très… enfin, Alli, quoi.

Alors pourquoi Parkinson ne serait-il pas un autre personnage particulièrement sombre, mais avec sa touche de gris blanc? Peut-être que tout ce dont il avait besoin, c’était d’une bonne influence dans sa vie. Elle n’irait pas jusqu’à affirmer qu’elle était la meilleure personne pour le faire, mais le peu qu’elle avait vu de l’entourage de Parkinson ne lui donnait pas l’impression que c’était des modèles à suivre.

Que ce soit au niveau moral… ou mental.

Elle ne fut pas surprise lorsque Parkinson enclencha le mécanisme pour le passage secret se trouvant derrière la sorcière borgne. Elle le connaissait. Elle avait suivi Alli dans quelques-unes de ses bêtises et ce passage secret les avait souvent conduits vers ou hors des ennuis, principalement ceux entourant Rusard. Le sixième année ne chercha pas à voir sa réaction, alors elle supposa que ce n’était pas une question de l’impressionner s’ils passaient par-là.

Elle s’attendait sincèrement à continuer tout droit jusqu’à la sortie et elle ne retint un hurlement que de justesse lorsque le jeune homme la saisit par le poignet pour lui faire prendre un virage qu’elle jurerait n’avoir jamais vu! Et qui ne devrait donc pas exister! Ils marchèrent encore un moment en prenant quelques virages supplémentaires, puis dès qu’ils s’arrêtèrent enfin, Parkinson éclaira les lieux. Elle se retrouva ainsi avec les yeux écarquillés et la bouche entrouverte par ce qu’elle voyait.

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En ce 17 janvier, Alexander se trouvait étendu sur son lit en proie à un profond dilemme intérieur. Depuis déjà sept jours, six s’il ne comptait pas le premier, il rejoignait Malia à son endroit secret pour la préparer à sa première métamorphose. Il s’y connaissait un peu à ce sujet, alors il lui avait appris tout ce qu’il savait. Le soir même où elle avait accepté son aide, il lui avait donné la potion Tue-Loup qu’il avait concoctée quelques jours avant.

Évidemment, elle ne l’avait bu qu’après qu’ils se soient bien expliqués sur tout ce que cette potion entraînait, et sur ce qu’on son aide à lui, entraînait. Malgré ses nombreuses tentatives pour la convaincre d’accepter qu’il l’accompagne, en tant qu’humain, dans la forêt interdite pour sa métamorphose, ça s’était toujours terminé avec un refus catégorique de Malia.

Mais ce n’était pas comme si elle avait son mot à dire dans l’histoire.

Il savait très bien son niveau en potion et puis il y avait sa botte secrète. Qui n’en était pas vraiment une puisqu’il était déclaré depuis sa première métamorphose… qui s’était déroulée juste avant le début des cours, à la fin du mois d’août. Il ne regrettait absolument pas d’avoir entamé le processus pour devenir un Animagus. Malgré la lenteur et les nombreuses problématiques rencontrées, le résultat en valait vraiment la peine.

Sans compter que grâce à ça, il pourrait suivre Malia sans même qu’elle le sache.

Et donc s’assurer qu’il ne l’ait pas conduite vers un accident d’encore plus d’envergure que celui qu’elle avait déjà eu à supporter. L’unique inconvénient, c’était qu’il mourrait d’envie qu’elle sache que c’était lui qui était là. D’où le dilemme. Que ce ne serait pas un coyote particulièrement bizarre qui se mettrait à la suivre sans raison! Et puis, son ignorance ne risquait-il pas de la pousser à se méfier de l’animal? D’en avoir peur? C’était bien la dernière chose qu’il voulait!

Et il ne savait même pas pourquoi ça l’embêtait autant!

Ni même pourquoi il s’était embarqué dans cette histoire pour commencer! Évidemment, il pourrait se mentir à lui-même et être hypocrite à ce propos, en disant que c’était dans le but d’amadouer Allison Lévesque… après tout, il avait des années à rattraper toutes les merdes qui lui avaient balancé au visage. Sauf que ce n’était pas pour sa sœur tout nouvellement déclaré. N’avait-il pas un plan de toute manière pour gérer sa sœur?

Et puis… sa proposition avait été faite avant qu’il ne sache à ce propos.

Il donnerait n’importe quoi pour oublier ce qu’il s’était produit la veille… Oublier à quel point ça avait été bon de voir Malia rire pour la première fois, rire pour quelque chose qu’il disait, et dans cette optique. Il n’avait toujours pu qu’observer de loin les sourires de la Gryffondor, tout comme ses rires. Mais hier, oh, hier… il était là, à quelques pas. Et malgré qu’il n’avait répondu que par un sourire en coin, ça ne changeait rien au fait que normalement, il n’aurait pas agi. Et il aurait encore moins cherché à obtenir ce genre de réaction de la part de quiconque qu’il… aimait bien. Qu’il aimait vraiment bien.

On avait toujours attendu des choses de lui.

Mais Malia ne semblait pas avoir ce genre d’attentes, même si son regard se faisait parfois craintif quand elle le regardait. Et ça… Oui, ça, ça lui donnait envie de se donner des coups de poing à répétition, voire de se cogner la tête à plusieurs reprises contre un mur. Parce que c’était de sa faute. Sa faute à lui si elle ressentait ce genre d’incertitudes.

Et sa faute à lui si ça le préoccupait.

Il ne devrait pas se préoccuper de ce qu’elle pensait de lui. Il ne devrait pas avoir le ventre noué à la simple idée qu’elle pourrait du jour au lendemain se dire qu’il n’était rien d’autre que ce qu’il avait toujours été. Il n’aurait pas dû se sentir aussi bien en la voyant sourire. Et rire. Ça ne pourrait que mal se terminer de toute façon… Comment pourrait-il en être autrement? Depuis qu’il était petit, il avait appris à détester les Moldus et tous ceux qui y étaient reliés. Les choses pouvaient être légèrement différentes désormais, mais à un moment ou un autre, il déconnerait. Il commettrait une erreur et ce serait fini.

Mali…a était trop… quoi?

Comment la décrire en quelques mots? Si ce n’était qu’elle était tout ce qu’il n’était pas. Douce, gentille, prête à tendre la main à n’importe qui. Tout en sachant quand se défendre et quand garder la bouche close. Pourtant, malgré tout ce qu’il se répétait, il ne pouvait s’empêcher de sentir son rythme cardiaque s’accélérer à chaque fois qu’il la voyait. Ou chaque fois qu’il pensait que peut-être, seulement peut-être ça pourrait marcher. Qu’elle voyait plus loin que ce quiconque avait pu voir.

Sauf que c’était des foutaises.

Toutes ces pensées ne faisaient qu’ajouter du poids à son dilemme. S’il ne la suivait pas ce soir, il respecterait sa demande et ils ne feraient que se voir pour la potion. Elle vivrait seule sa pleine lune et lui pourrait faire en sorte de tout oublier. Du mieux qu’il pouvait en tout cas. Mais s’il la suivait… que ce soit sous l’une ou l’autre forme, il ne respecterait pas la volonté de Malia et celle-ci pourrait lui en vouloir, si elle l’apprenait. Il y avait un moyen que ça ne se produise pas, sauf qu’il ne possédait même pas un gramme de volonté de lui cacher la vérité.

Il n’arrivait même pas à déterminer si c’était parce qu’il voulait l’impressionner.

Ou si c’était seulement pour qu’elle sache qu’elle pourrait ne pas être seule. Le problème, c’était qu’il n’avait pas le temps d’y réfléchir si profondément. Dans moins de trente minutes, il allait devoir se rendre à la Grande Salle pour le repas du soir et à dix-huit heures précisément, il rejoindrait Malia à leur lieu de rendez-vous habituel. Et là, il la conduirait à la forêt interdite avant de faire demi-tour comme elle le désirait.

Si c’était bien ce qu’il décidait de faire…

Il passa l’intégralité du temps qui lui restait et de celui de manger pour essayer de démêler toutes ses pensées et ses sentiments, mais tandis que ses pas le conduisaient à son coin secret, il n’avait toujours aucune réponse. En ce moment, toutefois, tout ce dont il avait envie, c’était de la voir. D’essayer de calmer l’angoisse qui devait avoir pris possession d’elle un peu plus à chaque heure qui passait.

Il avait bien vu que son visage se décomposait un peu plus à chaque nouvelle journée.

Il inspira profondément en écartant toutes ces nouvelles pensées de son esprit et ouvrit le passage secret de la sorcière borgne. Comme il connaissait le chemin par cœur, il ne prit pas la peine de s’éclairer et se rendit à grands pas jusqu’au couloir bien caché qui menait à son repaire. Là, alors qu’il suivait les tournants et revirements du passage il commença à voir une lueur au loin.
Apparemment, Malia était déjà là.

Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine lorsqu’elle se retourna vers lui et qu’il put constater la sueur qui perlait à son front, ainsi que la pâleur mortelle de sa peau. Il n’y avait vraiment plus aucun doute désormais. Pas qu’il en avait eu à aucun moment, mais là… là c’était indéniable. Et percutant. Il commença à s’approcher en tendant les mains vers elle. Il se trouvait à quelques pas lorsqu’il songea que c’était profondément déplacer de sa part.

Oh et puis tant pis, songea-t-il en franchissant les quelques pas qui restaient.

Il leva un peu la main, juste assez pour frôler le front de Malia. Il lâcha doucement :

- Que dirais-tu de sortir d’ici?

Elle hocha de la tête sans prononcer un mot et sans se dérober à son contact non plus. Il ne chercha pas à en profiter davantage et s’efforça de s’écarter. Elle éteignit sa baguette d’un Nox murmuré tout bas et tendit la main vers lui. Il s’en empara comme il l’avait convenu la veille et il prit les devants, la conduisant dans les ténèbres de ce lieu qu’il connaissait par cœur.

- Tu… J’aurais pu y aller toute seule, affirma-t-elle alors qu’ils étaient en dehors du château.

Ils en avaient discuté des dizaines de fois et il trouvait toujours ça aussi stupide.

- Dans l’état où tu es, il vaut mieux que quelqu’un te guide un minimum. Et puis, ce n’est pas comme si j’ai mieux à faire! rétorqua-t-il.

- Tu n’as pas des amis?

Son ton était plus qu’agressif, sauf qu’il ne s’en étonnait pas. La pleine lune faisait cet effet. Ou sinon, c’était lui. Toutes les réponses étaient plausibles.

- Aucun qui me donne spécialement envie de passer du temps avec.

- Vraiment?

- Oui. Est-ce que tu as des vêtements de rechange comme je te l’ai proposé?

- Oui, acquiesça-t-elle en désignant le sac à sa taille.

- Super.

Après quoi, ils ne prononcèrent plus un seul mot supplémentaire jusqu’au moment où ils arrivèrent à l’orée de la forêt interdite. Ils pénétrèrent de quelques mètres sous ses arbres gigantesques et une fois qu’ils furent certains d’être à l’abri de tous regards, ils s’immobilisèrent. Alexander n’était pas particulièrement certain si c’était l’endroit idéal, mais il y avait des arbres aux branches suffisamment basses pour qu’il puisse s’y rendre et ainsi attacher le sac contenant les vêtements.

- Tu me passes ton sac? lui demanda-t-il, brisant ainsi le silence. Que je puisse l’attacher à une branche.

Elle le lui tendit, mais pas sans jeter un regard méfiant à tous les arbres autour d’elle. Il réprima un sourire et en sortant discrètement sa baguette, il murmura à mi-voix un sortilège qui éloignerait toutes araignées du sac. Ou tout autre insecte, d’ailleurs. Même si les probabilités qu’il y en ait sont très… minimes. En plein mois de janvier. Mais avec la Forêt interdite, on ne pouvait jamais être sûr de rien. Sous les yeux scrutateurs de Malia, il alla attacher le sac à une branche suffisamment haute pour qu’un loup ne l’atteigne pas. Du moins, l’espérait-il, mais comme il avait à moitié grimpé dans l’arbre… Enfin.

- Tu peux t’en aller maintenant, souffla Malia d’un air tendu.

- La lune ne t’affectera pas avant encore une heure. Et tu es vraiment certaine de vouloir rester seule?

- Oui! gronda-t-elle et il vit luire une lueur particulièrement prédatrice dans son regard.

- D’accord. Mais je ne partirai pas avant trois quarts d’heure.

Il fit comme s’il n’avait pas remarqué son air furieux, puis alla s’installer nonchalamment contre un tronc d’arbre. Il faisait froid, mais la température était hautement supportable lorsque nous portions les vêtements adéquats. Éventuellement, Malia allait devoir retirer sa cape bien chaude et ses gants si elle désirait les conserver intacts.

Ainsi que ses autres vêtements d’ailleurs.

Il essaya tant bien que mal de se retirer cette image de l’esprit, mais n’y réussit qu’à moitié. Il secoua la tête et en la voyant le dévisager, il décida de reprendre la parole. Pendant près d’une demi-heure il tenta d’orienter ses pensées vers autre chose, comme les cours, ses B.U.S.E. ou n’importe quoi d’autre. Il ne toucha pas à la case « amis », car il n’avait aucune envie de parler d’Allison. Ou plutôt, il l’aurait souhaité, mais ça paraîtrait très, mais vraiment très étrange.

Quand on repensait à leur histoire passée… et actuelle.

- Il vaut mieux que tu t’en ailles maintenant, murmura-t-elle alors qu’il restait une dizaine de minutes avant qu’elle ne se transforme.

Il hocha tranquillement de la tête. Il n’avait toujours pas pris sa décision, mais peu importe son choix, il devait la laisser seule pour la transformation. Déjà, parce que pour faciliter les choses elle devrait se déshabiller… mais aussi parce qu’il préférait ne pas se transformer lui-même devant elle. S’il choisissait de la rejoindre, il préférait lui dire après. Pas avant. Comme ça, elle ne pourrait pas l’engueuler tout de suite.

- Tout va bien aller, lui promit-il. C’est le coin le plus tranquille de la forêt.

- Et comment tu le sais?

Elle semblait étonnée. Il eut un sourire en coin et répondit :

- Peut-être que je te le dirai demain matin?

Sur ces mots, il fit demi-tour et ne regarda pas une seule fois en arrière. Ses épaules se tendirent de plus en plus à chaque mètre supplémentaire, mais il s’efforça de sortir de la forêt pour laisser la Gryffondor à son intimité. Il s’arrêta à environ dix mètres de l’orée de la forêt et se mit à faire les cent pas. Pesant le pour et le contre inlassablement pendant les minutes qui suivirent.
Pourtant, à la seconde où il entendit les cris de douleur de Mali, il se transforma. Sa baguette tomba au sol alors que ses vêtements se fondaient dans sa nouvelle forme. Il plaqua ses oreilles de coyote vers l’arrière tandis que les cris retentissaient encore plus fortement avec son ouïe très développée. Il tenta de couvrir les sons avec ses pattes, mais rien n’y fit.

Il savait ce qu’il allait faire ce soir…

Mais il savait aussi ce qu’il ferait la prochaine fois. Il connaissait très bien les potions et il se doutait que quelque part dans la bibliothèque devait se trouver ce qui permettrait à Malia de traverser ses transformations sans aucune douleur… ou au moins plus facilement. S’il avait pu passer des heures à chercher un sortilège pour éloigner araignées et insectes en tout genre seulement parce qu’il avait cru entendre que la Gryffondor craignait les araignées, alors il pouvait bien en passer d’autres pour lui éviter de souffrir à toutes les pleines lunes!

Dès que les hurlements de douleur laissèrent leur place à des gémissements et des grondements de loup, il s’élança dans la neige, prenant qu’une seconde pour déposer sa baguette dans un coin relativement sécuritaire. En ce moment, ce n’était pas le plus important.
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

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Malia se releva, encore toute tremblante de sa récente transformation. Elle pouvait encore sentir des pulsations de douleur parcourir tout son corps et cette simple réminiscence passa très près de la faire lâcher prise sur ses muscles. Malgré toutes leurs conversations à ce propos, elle ne pensait pas que ce serait aussi douloureux. Elle frissonna, non de froid, mais d’appréhension. Heureusement, la potion de Parkinson semblait fonctionner… car elle se sentait encore elle-même. Si on peut dire.
Inspirant brusquement, elle éleva une patte pour l’examiner. Est-ce que ce membre lui appartenait vraiment? Elle l’étira longuement et comme ça semblait éloigner la douleur, elle retenta l’expérience, mais avec tout son corps. Elle imita donc la position du chien qui s’étire et sursauta en sentant quelques-uns de ses os craquer. Elle soupira de soulagement en sentant qu’ils ne semblaient pas vouloir se rompre à nouveau.

Elle aurait sans doute perdu connaissance, si ça avait dû être le cas.

Ses oreilles se tendirent brusquement vers l’arrière lorsqu’une branche se rompit. Elle sentit sa gorge vibrer lorsqu’un grondement de prévention lui échappa. D’accord… peut-être n’avait-elle pas tout contrôle sur ce qu’elle faisait. Malgré tout, se fut elle, et bien elle, qui tourna la tête dans la direction du bruit. Son museau remua légèrement alors qu’une partie d’elle, le loup sans doute, cherchait à repérer une odeur. Elle n’y avait pas prêté attention avant, mais elle pouvait presque sentir qu’elle n’était pas complètement seule.

Dans sa tête.

Quelque chose d’autre rôdait à la périphérie de sa conscience. Peut-être la chose aurait-elle était plus présente si elle n’avait pas pris la potion de Parkinson? La créature ne semblait toutefois pas vraiment… horrible. Elle ne savait pas exactement comment décrire les sentiments qui émanaient de ce qui ne pouvait qu’être que le loup. Toujours est-il que, contrairement à ce qu’elle pensait, la partie animale en elle ne semblait pas vouloir la réduire en miette, ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs.

Sauf peut-être un lapin ou deux.

Elle n’avait jamais eu l’impression d’avoir aussi faim, mais l’idée d’agir comme la moyenne des loups, et apparemment des loups-garous, ne l’enthousiasmait pas particulièrement. Après tout, les loups ne faisaient jamais cuire leur nourriture, ce qui signifiait que si la partie louve décidait qu’elle voulait manger, ce serait… cru. Elle réprima un frisson d’horreur à cette simple pensée.

À ce moment précis, une autre branche craqua et tout son corps se tendit dans l’expectative d’un drame imminent. Ses oreilles se dressèrent complètement, guettant le moindre signe éventuel d’une menace tandis que son col de fourrure se hérissa suivi rapidement par un retroussement de babines. Un nouveau grondement s’éleva de sa gueule et au moment où elle songea qu’elle pourrait essayer de détaler à toute allure, une ombre surgit de derrière les arbres.

De la direction qu’avait prise Parkinson quand il était parti.

Sauf que ce n’était pas un humain qui s’approcha d’elle à pas lent et la tête légèrement penchée vers l’avant. Non, si elle ne se trompait pas, c’était un coyote. Ses babines reprirent lentement leur positionnement initial, mais le grondement de sa gueule ne semblait pas vouloir s’arrêter. L’autre animal s’avança encore à pas relativement lent, tout en conservant une position qui ne semblait pas menaçante. Elle aurait pu jurer qu’il s’agissait de curiosité.

Il était à moins d’un mètre d’elle à présent.

Et il approchait encore. Son cœur se mit à battre à toute allure dans sa poitrine et elle se sentit déchirer en deux réactions. Le loup en elle continuait à laisser échapper un grondement sourd de prévention et poussa même le tout jusqu’à la conduire à abaisser ses oreilles vers l’arrière. Quant à elle, elle, elle n’avait qu’une envie et c’était de déguerpir de là au plus vite. Sans doute grâce à la potion, elle put ignorer la volonté du loup et fit une tentative pour reculer. Le seul problème… elle n’avait jamais marché à quatre pattes. Ou du moins, jamais en tant qu’autre chose qu’un humain.

Ses membres se dérobèrent sous elle alors qu’elle s’emmêlait les pattes et elle s’effondra par terre sans aucune grâce. Le mouvement fut assez douloureux vu le positionnement de ses pattes arrière. La peur la poussa toutefois à ignorer tous ces éléments pour se concentrer sur la menace, sauf que l’autre animal s’était contenté de s’arrêter. Et elle aurait juré qu’il la dévisageait maintenant avec amusement.

Sauf que c’était impossible!

Elle tenta de se dépêtrer de sa position avec un grognement de colère qui venait d’elle, et seulement d’elle. Le regard du coyote se fit plus insistant et elle arrêta brusquement de respirer en le voyant s’approcher à nouveau. Sa posture était plus assurée et elle craignit pendant une seconde que sa maladresse ait poussé l’animal à la considérer comme une proie. Pourtant, dès qu’il fut suffisamment proche, le coyote lui donna un petit coup de tête sur la sienne avant de se mettre le museau sous son ventre. Un glapissement indigné lui échappa et elle aurait certainement rougi si elle avait été humaine.

Si un coyote avait pu ricaner, elle aurait juré que c’était ce qu’il venait de faire.

C’était un son trop incongru pour être autre chose! Mais les coyotes ne ricanent pas! Non? L’indignation monta encore d’un cran en sentant le museau de l’autre animal être assez loin sous son ventre, mais avant qu’elle n’échappe un autre glapissement, le coyote redressa la tête et à l’aide de ses épaules il réussit à la relever. Elle en profita rapidement pour replacer ses pattes arrière proprement, mais la vitesse qu’elle y mit sembla futile, car l’animal ne semblait pas prêt de vouloir se retirer.

Pourtant, dès qu’elle fut stable sur ses quatre pattes, il recula de sa position et la regarda longuement, la gueule entrouverte. On pourrait presque le prendre pour un sourire d’ailleurs. Un sourire toujours aussi amusé. Elle le dévisagea sans sourciller et à peine une seconde plus tard, il se mit à marcher, trotter et courir autour d’elle à intervalle régulier. Il faisait un tour ou deux à une vitesse, puis il augmentait la cadence ou ralentissait.

Elle ne comprenait rien, mais absolument rien à son manège.

Peut-être devrait-elle jeter un œil au comportement normal des coyotes et leur manière de communiquer, ça pourrait l’aider en cas d’une autre rencontre. Pourtant, décidant d’abandonner l’idée de décoder le langage corporel de l’animal, elle observa sa manière de se mouvoir, espérant ainsi pouvoir reproduire ces mêmes mouvements à son tour. Au moment où elle était certaine d’avoir compris, le coyote s’arrêta brusquement devant elle et avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit, fondit dans sa direction. Elle était certaine qu’elle sentirait les crocs de l’autre créature se planter dans son corps, mais…

Un nouveau coup de tête l’accueillit à la place.

Puis, ils se regardèrent dans le blanc des yeux une seconde avant que l’animal laisse sortir la langue. Elle ne vit pas le coup venir, mais sentit très bien la trajectoire humide le long de son museau lorsque le coyote le lui lécha! L’indignation l’enveloppa à nouveau, mais avant qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit, l’autre recula d’un bond et s’élança sur quelques mètres avant de s’arrêter.

Elle ne comprit ce qu’il voulait qu’après au moins cinq autres tentatives.

Ce qui signifiait qu’il était revenu cinq fois auprès d’elle, lui avait donné un coup sur la tête avant de la lécher quelque part sur le visage avant de bondir plus loin avant de recevoir une réprimande. Il avait atteint une deuxième fois son museau, puis ses cibles suivantes avaient été sa joue, son front, la gorge et l’oreille. Ce n’est qu’après cette dernière qu’elle comprit qu’il voulait qu’elle le poursuive. Elle esquissa donc un geste vers l’avant, mouvant chacune de ses pattes pour avancer d’un pas.

Elle ne tomba pas, cette fois.

Elle retenta l’expérience devant le regard attentif du coyote et à nouveau elle réussit à rester sur ses quatre pattes. Comme tout semblait aller sur des roulettes, elle accéléra un peu le mouvement, ou plutôt le fit de manière continue. Oh, Merlin! Elle arrivait enfin à marcher! Elle entrouvrit la gueule face à cette réussite et le coyote en fit de même, comme s’il ressentait aussi de la fierté face à cet exploit. Ce qui était débile, puisqu’il n’était ni plus ni moins qu’un animal.

À ce moment, elle tenta d’accélérer.

Le coyote bondit vers l’arrière pour éviter qu’elle ne le rattrape et tandis qu’elle essayait d’accélérer encore pour lui mettre les pattes dessus, celles-ci s’emmêlèrent à nouveau et elle s’effondra tête première dans la neige. Un éternuement la secoua toute entière en sentant les flocons glacés s’enfoncer dans ses narines. Pour la deuxième fois, elle entendit le bruit qu’elle associait à un ricanement en provenance du coyote.

Elle releva la tête pour lui jeter un regard ennuyé, mais comme pour la première fois, il vint et glissa son museau sous son ventre pour l’aider à se relever. Cette fois, elle ne s’indigna pas et le laissa faire. Pourtant, dès qu’elle fut debout, elle ne lui laissa pas l’occasion de s’enfuir et elle se jeta sur lui de tout son poids. Un glapissement s’échappa de la gueule du coyote et c’est seulement à ce moment qu’elle réalisa qu’elle était bien plus grande que lui… et de ce fait, beaucoup plus lourde. Elle se dépêtra maladroitement du corps de l’autre animal et à peine est-ce que cela fut fait qu’il lui bondit dessus à son tour.

Pour la troisième fois, elle se retrouva par terre, mais ce coup-ci le coyote bondit loin de sa portée au lieu de lui venir en aide, la poussant donc à réfléchir à comment se sortir de ce mauvais pas. Un long soupir lui échappa lorsque ses trois premières tentatives se conclurent toutes avec un échec désolant. Elle s’acharna encore une dizaine de minutes avant de parvenir à se relever, mais la fierté la réchauffa toute entière.

Sans attendre, elle se remit à la poursuite de son attaquant. Ce dernier poussa un petit cri très coyotesque en s’enfonçant plus profondément dans les bois. Elle le suivit sans hésiter. Elle se contenta de marcher au départ, avant de retenter d’accélérer. Après quelques chutes, elle réussit à maîtriser le trot. Son partenaire de jeu sembla particulièrement patient puisque chaque fois qu’elle tombait il l’attendait et n’allait jamais trop vite, faisant en sorte qu’elle ne le perde jamais de vue.

Ce ne fut qu’au moment où elle se mit à courir qu’elle sentit la liberté s’emparer d’elle comme jamais auparavant. Évidemment, elle ne maîtrisa pas du premier coup cette autre forme de mouvement. À plusieurs reprises, elle rencontra le sol et certaines lui firent un mal de chien. Toutefois, elle ne perdit pas courage et s’acharna à essayer de rattraper le coyote qui n’arrêtait pas de lui lancer des rictus qui semblaient beaucoup trop amusés.

Mais maintenant? Oh, maintenant elle maîtrisait la course.

Le vent sifflait à ses oreilles, ses pattes foulaient la neige joyeusement fraîche sur ses coussinets. Elle laissa échapper un hurlement de joie alors que chaque muscle de son corps semblait enfin fonctionner comme il le fallait et qu’ils la propulsaient toujours plus loin. Elle aurait pu continuer encore des heures durant sans se lasser. Elle ne rattrapa qu’une ou deux fois le coyote, mais elle sentait qu’elle était plus rapide que lui. Malheureusement, sa connaissance aiguë du terrain, et de son propre corps, lui donnait un avantage certain.

Après un moment, elle finit par l’aplatir complètement dans la neige et elle se rendit compte avec un sursaut qu’ils étaient de retour à la clairière de départ, là où elle s’était transformée. Comment était-ce possible? Avaient-ils tourné en rond? Mais le coyote ne pouvait pas savoir qu’elle allait devoir revenir ici, non? C’était tout simplement impossible.

Sentant l’animal remuer sous elle, elle le libéra en se relevant d’un bond et il sembla lui adresser un sourire moqueur. Mais pourquoi? Elle devait sans doute se confondre. Après tout, c’était humain que d’essayer de mettre des expressions humaines sur le comportement d’un animal. Tout le monde le savait. Elle inspira doucement et releva la tête vers les cieux. Le calme commençait à vouloir se faire dans son esprit et en voyant la position de la lune, elle en conclut que la nuit était très avancée et qu’elle allait bientôt redevenir elle-même. La nervosité remplaça d’un coup l’euphorie des dernières heures.

Son regard inquiet se porta sur le coyote.

Elle n’avait pas envie de se transformer devant lui. Déjà, rien ne lui disait qu’il n’allait pas vouloir l’attaquer lorsqu’elle reprendrait forme humaine. Ensuite… l’idée même de se retrouver nue devant l’animal lui déplaisait. Ce qui était complètement illogique puisque les animaux n’en avaient cure de la nudité d’autrui. Le coyote s’approcha à nouveau d’elle et elle frissonna lorsqu’il se frotta la tête contre la sienne, en un mouvement qui ressemblait à une tentative de rassurer.

Débile, débile, débile, marmonna-t-elle à répétition dans sa tête.

Tout disparut toutefois à la seconde où elle sentit sa patte avant se rompre d’un seul coup. Un hurlement lui échappa en sentant la douleur la foudroyer et s’emparer de tout son corps. Sa vision devint brouillée, mais elle aurait pu jurer voir le coyote reculer légèrement. Malheureusement, elle perdit rapidement sa concentration et se laissa emporter par les spasmes qui la parcouraient tandis que son corps se brisait de partout et tentait de reprendre sa forme originelle.

Elle sentit qu’un sac tombait près d’elle, mais une brume épaisse lui emparait toujours le cerveau. Le loup semblait plus conscient, car il poussa un grondement. Il résonnait encore comme celui de l’animal, ce qui ne signifiait qu’une chose… elle en avait encore pour un moment. Elle tenta de se concentrer sur sa respiration, mais c’était impossible.

Au bout de ce qui lui sembla une éternité, le froid saisit tous ses membres endoloris. Elle grelotta, mais se sentant trop faible pour bouger, elle resta immobile. Avant de bondir sur ses pieds avec un gémissement en entendant :

- Malia? Est-ce que tu es présentable?

Non, elle ne l’était pas! Elle ramassa d’un mouvement vif le sac qui traînait à ses pieds et malgré ses mains tremblantes elle réussit à s’habiller. La chaleur se réinstalla lentement en elle avec chaque nouveau morceau de vêtement qu’elle enfilait. Lorsqu’enfin elle fut décente des pieds à la tête, elle éleva la voix, qui lui sembla anormalement rauque :

- C’est bon.

En quelques secondes, Parkinson se trouva à ses côtés et haussa un sourcil dans sa direction. Pendant une terrible seconde, elle crut qu’elle avait oublié un élément essentiel à son habillement, mais un rapide coup d’œil la rassura. C’est là qu’elle songea que ce haussement de sourcil devait faire référence à la nuit qu’elle venait de passer. Et en y réfléchissant, le souvenir du coyote lui revint en mémoire.

- Alors… Comment ça s’est passé? lâcha Parkinson, confirmant ses soupçons.

- Bien… je crois, répondit-elle en frissonnant et en regardant discrètement autour d’elle. J’ai croisé un coyote, c’était assez bizarre comme rencontre. Il avait l’air de… je ne sais pas… On devrait peut-être y aller avant qu’il ne revienne.

Une expression indéchiffrable traversa le visage de Parkinson, mais après quelques secondes un sourire amusé lui étira les lèvres. Un sourire qui lui sembla affreusement familier. Son rythme cardiaque s’accéléra considérablement alors que le sourire de Parkinson se transformait en rictus moqueur. À ce moment, il dit :

- Tu veux dire ce coyote-là?

Elle s’attendait à ce qu’il pointe une direction et à cette simple idée, son cœur rata un battement. Pourtant, elle frôla plutôt la crise cardiaque en voyant le corps de Parkinson disparaître à ses yeux pour être remplacé par un coyote. Et pas n’importe lequel, celui-là même qui l’avait accompagné toute la soirée. Elle reconnut les yeux du garçon dans celui de l’animal et la seconde suivante, Parkinson réapparaissait. Oh, Merlin, un Animagus!

- Je t’avais dit que je ne te laisserais pas seule, se contenta d’ajouter l’élève de Serpentard.

Elle rougit brusquement en se souvenant de certains moments de la soirée. Notamment, les léchages et l’aide qu’il lui avait apportée pour se redresser. Pourtant, la gêne initiale se transforma rapidement en colère dévastatrice. Elle hurla :

- Espèce de sale…

Elle ne réussit pas à compléter, car en une seconde Parkinson se trouva sur elle et plaqua sa main sur sa bouche pour l’obliger à se taire. Par principe, elle aurait pu continuer. Et l’envie avait été présente. Sauf que le simple contact du mec devant elle l’avait réduite au silence. Elle était presque certaine qu’il l’aurait seulement pris par le bras et qu’elle se serait tue aussi.

- Nous sommes encore dans la forêt, marmonna-t-il.

Sur ses mots, il l’attrapa par le poignet, saisit son sac qui traînait au sol et il s’éloigna de la clairière en direction de la sortie de la forêt. En la tirant derrière lui, évidemment.

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Alors, que pensez-vous de ce bonus? ;) Enfin, bref, on se retrouve soit lundi prochain (15 mars) ou celui d'après (22 mars), pour le chapitre 17! :mrgreen:

Edit & Précision: Pour 1800 caractères je n'ai pas pu publier le bonus en une seule partie :| :roll: Comme je ne voulais pas couper de manière débile, j'ai juste mis la dernière partie, celle de Malia, séparée du reste.
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hello !
Je souris comme une débile depuis que j'ai commencée à lire ce bonus :D :lol: . Ils sont juste TROP MIGNON !!!!!!!!
Alexander qui passe des heures à chercher un sort pour repousser les insectes car il croit avoir entendu que Mali les aimait pas, c'est juste trop cute !!!!
Avant je trouvais cette mise en couple un peu soudaine... MAIS ce bonus l'explique super bien et je le trouve juste génial !!!
Par contre je comprend tellement Mali quand elle est déçue de la réaction de Teena, Alli et Rose. C'est un peu égoiste mais c'est tellement vrai, je me suis reconnue dedans. A la fois dans Teena et Malia (ma meilleure pote s'est mise en couple sans m'en parler et après j'étais triste parce que j'aurais du m'en rendre compte mais j'avais l'impression que j'avais pas le droit parce que il y avait d'autres gens qu'avaient des vrais problèmes... mais bon, c'est du passé tout ça :lol: )
Voila donc j'adore vraiment ce bonus, merci beaucoup !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit : mer. 17 mars, 2021 7:31 pm Hello !
Je souris comme une débile depuis que j'ai commencée à lire ce bonus :D :lol: . Ils sont juste TROP MIGNON !!!!!!!!Tant mieux :D
Alexander qui passe des heures à chercher un sort pour repousser les insectes car il croit avoir entendu que Mali les aimait pas, c'est juste trop cute !!!!
Avant je trouvais cette mise en couple un peu soudaine... MAIS ce bonus l'explique super bien et je le trouve juste génial !!! Contente de l'apprendre :D C'est vrai que ça sortait de nulle part dans le tome 1 :lol:
Par contre je comprend tellement Mali quand elle est déçue de la réaction de Teena, Alli et Rose. C'est un peu égoiste mais c'est tellement vrai, je me suis reconnue dedans. A la fois dans Teena et Malia (ma meilleure pote s'est mise en couple sans m'en parler et après j'étais triste parce que j'aurais du m'en rendre compte mais j'avais l'impression que j'avais pas le droit parce que il y avait d'autres gens qu'avaient des vrais problèmes... mais bon, c'est du passé tout ça :lol: ) Ce n'est jamais simple ce genre de situation :|
Voila donc j'adore vraiment ce bonus, merci beaucoup !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ah, mais ce fut un plaisir! :D Je ne sais pas exactement quand arrivera la conclusion de leur début, mais ça ne devrait pas prendre plus de temps que deux semaines :roll: Normalement le bonus après la partie 3 va être la conversation entre Al et Lily :?
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

L'bonjour! Bon, je sais, je suis en retard d'une journée sur ce que j'avais dit, mais le chapitre est plus long que ce que j'avais prévu. D'une dizaine de pages, alors ça m'a pris plus de temps pour l'écrire. Ça et le fait que la vie étant ce qu'elle est, des choses imprévisibles surgissent de nulle part! :lol: Donc, c'est ça. Tout le monde se souvient de comment s'est terminé le chapitre 15? Joshua entraînait Allison quelque part pour la forcer à parler. Sur ce, je vous laisse avec le chapitre. Bonne lecture! :mrgreen:


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Chapitre 17


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Je tentai de tirer violemment sur mon bras pour me libérer de la prise de ce fou furieux, mais Joshua se contenta de me ramener plus fermement contre lui tout en me jetant un regard furieux. Oh, merveilleux! J’étais en pleine tentative d’enlèvement, quelle pensée fabuleuse! J’émis un grondement en réessayant de me délivrer, mais le Serpentard maintint sa prise sans faiblir.

- J’ai dit qu’on allait avoir une discussion, Beauxbâtons! grommela-t-il à nouveau.

- Eh bien, je n’en ai pas envie!

Cette fois, j’employai les grands moyens et lui plantai mon talon sur le pied, suffisamment fort pour que ça lui fasse un mal de chien. Bon évidemment, je m’assurai de ne rien lui casser, car sinon il risquait de m’en parler pendant des jours et des jours. Ou de me le faire payer. Je préférais qu’aucun de ces deux scénarios ne se produise. Heureusement, mon impact obtint le résultat espéré et il me lâcha en grommelant plusieurs jurons à la suite sans même prendre la peine de respirer.

Probablement parce qu’il n’a plus de souffle, songeai-je.

Je ne pris toutefois pas le temps d’y réfléchir davantage et me mis à courir en direction de la masse d’élèves qui sortaient des gradins, près des tentes qui faisaient office de vestiaires pour les équipes de Quidditch. Le destin devait être particulièrement contre moi, car je ne fis pas deux mètres que Joshua se planta à nouveau devant moi. Cette fois, par contre, il ne se contenta pas de me prendre par le poignet et me saisit carrément à bras le corps. Comme un vulgaire sac de patates, je fus jeté sur son épaule.

Je me doutais bien qu’il avait une bonne musculature, mais je n’aurais pas soupçonné qu’il pouvait me saisir de cette manière sans même sembler en souffrir un peu. J’étais grande, après tout, et plutôt musclée. En bref, une combinaison qui n’aidait pas à posséder un poids plume.

- Relâche-moi! grognai-je.

- Non!

Ça réplique était implacable et je poussai un profond soupir. J’ignorais si le désespoir était plus présent ou si c’était mon énervement qui gagnait le combat. Sans doute était-ce un bien et merveilleux mélange des deux! Je grommelai entre mes dents et espérai secrètement qu’il ne se produise aucun moment particulièrement gênant. Plus que celui dans lequel je me trouvais, car ma position actuelle en elle-même était gênante. Par mesure de précaution, je cessai de respirer par le nez.

Et j’évitai aussi d’analyser la perspective actuelle du corps de Joshua.

Pas que je serais tentée de m’y attarder longtemps, mais il n’y avait pas grand-chose d’autre à voir. Et l’idée de me rendre encore plus vulnérable en fermant les yeux me donnait envie de vomir. J’avais eu mon compte niveau enlèvement pour vouloir garder aussi bien que possible une idée de l’endroit où on s’en allait. Même si j’étais certaine que ce n’était pas vraiment un enlèvement que Joshua s’évertuait à faire. Il voulait des réponses.

On était deux alors!

Au bout d’une minute ou deux, on s’arrêta enfin et il me reposa sur mes pieds. À peine les avais-je au sol qu’il me saisit par les deux poignets. Je commençai par analyser mon entourage et reconnus sans mal ces espèces d’espaces vides sous les gradins. Il y en avait plusieurs disséminés un peu partout et… c’était souvent l’endroit de prédilection pour les couples qui voulaient passer quelque moment seul à seul après un match. Heureusement, ils n’y en avaient pas dans les parages! Dès que je posai les yeux dans sa direction, il plongea son regard dans le mien et dit d’un ton dur :

- On va avoir cette discussion, Beauxbâtons. Et tu vas répondre.

- Ça, c’est un interrogatoire, pas une discussion, remarquai-je.

L’air qu’il me renvoya disait clairement « ne joue pas à ce jeu avec moi ». Cette réponse muette ne me donna qu’une envie et c’était de répliquer, je ne me gênai d’ailleurs pas pour le faire. Avec un grand sourire, je répliquai :

- On commence souvent une discussion par un salut ou un bonjour.

- Arrête de te foutre de moi, grommela-t-il. Que tu le veuilles ou non, tu as des comptes à rendre.

- Et en quoi?

- Déjà, on peut commencer par le fait que tu as perdu connaissance dans mes bras pendant le cours de botanique. Et, comme par hasard, tu te retrouves avec un tatouage qui n’a jamais été sur ton poignet avant ça. Ensuite, il y a ton histoire avec un tombeau. Sans parler de cette carte à toi qui représentes très bien le château… et les personnes qui l’occupent. Est-ce que je dois continuer?

- Tout ça me regarde.

- Tu as perdu connaissance. Dans mes bras. Je t’ai traînée jusqu’à l’infirmerie. Je crois que ces deux choses font en sorte que tu me dois des réponses.

Il sembla considérer que je n’avais plus l’intention de m’en aller de là, car il me relâcha les poignets. Je les massai une seconde avant de croiser les bras. Il n’avait pas complètement tort quand il disait qu’il méritait des explications. Le seul problème, c’était que je n’avais aucune envie de lui en donner. Je ne pouvais pas lui faire confiance avec mes secrets, ici. Rien ne me disait qu’il n’était pas connecté avec Berkeley d’une manière ou d’une autre, un peu à la façon de mon frère l’année dernière. Je recommençais à zéro, ici. Et je ne pouvais avoir aucune certitude à propos de personne, sauf de ceux qui étaient déjà au courant.

- Tu veux savoir, sauf que je n’ai rien à te dire! lâchai-je.

- Ce qui signifie que tu as des choses à dire!

- Peut-être, mais pas pour tes oreilles!

Il fronça des sourcils et tout en imitant ma posture de bras croisés, il s’enquit :

- Tu ne veux pas ou tu ne peux pas?

- Où est la différence?

- Tu sais très bien où est la différence, me fit-il remarquer.

Je poussai un soupir. La vérité ou un mensonge? Pendant une terrible seconde, je me retrouvai des années en arrière, dans cette barque qui m’en allait vers ce que je croyais le meilleur des mondes. Je n’avais pas eu complètement tort, mais c’est aussi là-bas que j’ai connu les pires tourments. Devais-je suivre le chemin que des années plus tôt ou décider du contraire? Je me mordis la lèvre une seconde, l’indécision s’emparant de moi.

La vérité se fit une nouvelle fois un chemin en moi et jusqu’à ma bouche :

- Je ne peux pas. Mais je ne veux pas non plus.

- C’est en lien avec ce problème extérieur dont tu as parlé?

Mais pourquoi, par Morgane, devait-il se souvenir de ça!

- En quoi ma réponse à cette question changerait-elle quoi que ce soit?

- Alors c’est oui, se contenta-t-il de dire sur un ton pensif. Et oui ça change beaucoup de choses.

- Je ne vois vraiment pas en quoi ça peut t’intéresser, Flint. C’est vraiment trop demander que de me laisser tranquille?

Il me foudroya du regard et pendant de longues secondes je le soutins. Il semblait vraiment en colère, mais je ne comprenais vraiment pas pourquoi. En quoi est-ce que mes faits et gestes, ou juste ce qui m’arrivait pouvaient autant l’intéresser? Depuis que j’étais arrivée, il s’était montré clair concernant ce que je représentais : quelque chose de nuisible. Enfin, ça, c’était au début. Et sans doute que le sentiment s’était renforcé depuis, car j’avais la nette impression que mes insinuations passées étaient vraies et que ça ne lui plaisait pas. Pas du tout, même.

Son air furieux s’adoucit légèrement et il décroisa les bras pour passer une main dans sa tignasse emmêlée, sans doute à cause du vent après le match de Quidditch. Pendant ce court laps de temps, notre échange oculaire fut rompu et lorsqu’il posa à nouveau son regard sur moi, il n’y avait plus qu’une vraie et toute simple incompréhension.

- Je ne suis pas quelqu’un de tendre. Je ne suis pas quelqu’un de gentil. Ce n’est pas nouveau, tout ça, marmonna-t-il après quelques secondes. Sauf que ça ne signifie pas que je suis insensible. J’embête les gens, oui. Mais même moi j’ai une limite.

Où voulait-il en venir?

- Alors, s’il te plaît, dis-moi ce qui se passe. Dis-moi pourquoi tu as parlé de tombeau et pourquoi tu as ce stupide tatouage sur le poignet, reprit-il.

Je n’avais toujours pas envie de répondre quoi que ce soit. Son attitude avait peut-être changé du tout au tout, mais à quel point pouvais-je m’y fier? C’était tout à fait possible que ce ne soit qu’une ruse quelconque pour arriver à un but tout aussi quelconque. Ce ne serait pas la première fois qu’on essaie de m’entraîner dans un piège. Voyant que mon silence s’éternisait, le visage de Joshua afficha un air particulièrement narquois qui ne m’inspira aucune confiance et il dit :

- Peut-être qu’il va falloir que je me montre encore plus persuasif?

- Je ne répondrais pas. Pas même sous la torture!

C’était plus qu’une affirmation dite à tout vent. C’était la vérité pure et simple. J’ai connu la torture, elle ne m’est pas étrangère. Que ce soit contre moi ou contre les membres de ma famille. S’ils avaient réussi à garder le silence, alors moi aussi. La sincérité dans mes paroles ne sembla pas échapper à mon interlocuteur, car il recula d’un pas comme si je l’avais frappé. Ce qui n’était pas le cas. L’envie n’avait pas manqué, mais je pouvais réfréner mes pulsions maintenant!

Ou du moins la majorité du temps…

- Vraiment? rétorqua-t-il néanmoins, mais sans son ton frondeur habituel.

- Oui.

- Va-t-il falloir que je me mette à genoux pour avoir une réponse?

- Ça pourrait être intéressant, admis-je avec un sourire narquois. Mais ça ne changera rien.

- Beauxbâtons…

- Les menaces non plus ne changeront rien.

- Je ne crois pas te demander grand-chose pourtant. Juste des explications.

Il ne lâcherait vraiment jamais, ou quoi? Pourquoi autant d’acharnement alors qu’il ne m’appréciait pas particulièrement? Nous n’étions pas amis, nous n’étions rien d’autre que des camarades de classe et je ne devrais représenter qu’une nuisance. Si je me fiais à chacune de nos conversations, en tout cas. Pourtant, malgré tout il continuait à pousser. Je pesai une nouvelle fois le pour et le contre, cherchant à voir si les informations répondant à ses questions pourraient vraiment me nuire. Ce faisant, je me souvins que moi aussi j’avais des questions pour lui.

- Si tu veux mes réponses, alors va falloir que tu me donnes les tiennes, finis-je par lâcher avec un grand sourire.

- De quoi tu parles?

- Tu m’as posé des questions et moi aussi j’en ai. Je réponds, tu réponds. C’est le marché que je te propose.

Il exécuta un mouvement de la main signifiant sans doute qu’il acceptait et mon sourire s’approfondit, il ne savait pas à quel point il venait de se mettre les deux pieds dans les plats. Mais si au moins je pouvais enfin savoir pourquoi il affirmait que ce n’était pas tout le monde qui avait eu la chance d’avoir une heureuse et gentille petite famille… ça valait le coup! Oh que oui!

- Toi d’abord, dit-il avec un sourire en coin qui me poussa à perdre tout sentiment de victoire.

Il cachait quelque chose… mais quoi? En poussant un soupir, j’agréai toutefois à sa demande et lâchai :

- Le professeur Blacksen m’a dit que mon obstination allait causer ma mort. D’où l’histoire de tombeau. C’est un peu débile. Sinon, disons que j’ai eu quelques ennuis par le passé… d’où ma présence ici. Ces mêmes ennuis sont liés avec un personnage connecté à ma famille. Et je crois qu’il me cherche pour les faire payer.

- Elliot Berkeley, me coupa-t-il. C’est de lui que tu parles.

- Oui, comment…

- Je sais lire.

- Hein?

- C’était dans la Gazette.

J’acquiesçai de la tête et il me fit signe de continuer :

- Le troll… La Manticore. C’était lui les deux fois. Mais ce n’est pas important. J’ignore d’où me sort ce tatouage débile, cela dit. Et pour la Carte, c’est… une création de mon père.

La quantité de mensonges et de demi-vérités que j’avais débitées me donnait mal au cœur. Sauf que je ne pouvais pas me reposer sur ce Joshua-là pour garder mes secrets. D’autant que même le premier n’aurait jamais dû se retrouver au courant de toute cette horrible histoire. Ni Ruby ou tous les autres qui avaient suivi. Mais si aucun d’eux ne l’avait su, comme ce devait être le cas à la base… je serais sans doute morte.

Cette nouvelle perspective me donna un goût de cendre dans la bouche.

Jusqu’à maintenant, il n’y avait que quelques personnes d’importance qui ignoraient mon secret ici et qui étaient au courant chez moi. Je n’étais vraiment proche que de trois d’entre eux parmi ceux que leur copie conforme connaissait mon secret. Lily, Hugo et Joshua. J’étais très proche de Liam, mais… il n’avait pas joué un rôle majeur dans toute cette histoire. Quant à Dylan, Amy Derrick et Kieran Bletchey… je ne les connaissais pas aussi bien que les autres. Et pour certains, ils n’avaient été mis au courant qu’à la toute fin.

Était-ce une mauvaise manœuvre de ma part que de cacher la vérité à ceux qui s’étaient montré de fidèles alliés dans le passé concernant mon don? Si gagner la confiance de Lily et Hugo pouvait s’avérer relativement simple et que je savais pertinemment que je pouvais leur faire confiance… ce n’était pas la même chose pour Joshua.

Il n’avait pas su la vérité concernant mon don très longtemps, mais tout comme Ruby, je l’avais entraîné dans une vision par mégarde. Ce simple évènement faisait en sorte que nous étions beaucoup plus proches. Les expériences traumatisantes en commun ont tendance à rapprocher les gens… Et tout ce qui touchait Berkeley laissait des marques.

- Vraiment?

Le ton dubitatif du Serpentard me ramena sur terre avec autant de délicatesse qu’un coup de fouet. Une partie de lui semblait douter de mes paroles et je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. Après tout, j’avais menti en partie. Rien de plus normal que de remettre ma parole en doute. Je ravalai ma culpabilité mal placée et répondis :

- Oui, vraiment!

Je songerai plus tard s’il était plus sage de dire la vérité. Mais ce ne serait pas aujourd’hui. Je ne pouvais pas me permettre de tout jouer sur une simple intuition. À tous les coups, ça causerait ma mort. Il m’arrivait d’avoir tort et avec l’avertissement du professeur Blacksen, c’était une bonne raison pour réfléchir murement avant de prendre toute décision aussi… définitive. Une fois que j’aurais franchi le pas, il n’y aurait pas de retour en arrière possible.

- Tu ne me dis pas tout, grommela-t-il et ce fut le retour des bras croisés.

- Nous ne sommes pas amis, lui rappelai-je sèchement.

Une lueur traversa son regard et en voyant un sourire en coin apparaître sur son visage, un mauvais pressentiment m’envahit. Je fronçai les sourcils et tout en décroisant enfin mes bras, je pointai un doigt dans sa direction en disant :

- Je ne sais pas ce qui vient de te traverser l’esprit, mais non!

Son sourire qui avait débuté au coin de sa bouche s’élargit sur tout le reste et je n’aimais vraiment pas l'air narquois qu’il affichait à nouveau. Quelque chose dans son regard me disait qu’il préparait quelque chose. Ce n’était pas le même genre que ceux de James lorsqu’il était proche de faire un mauvais coup, mais c’en était pas loin. Ce qui était suffisant pour me mettre sur mes gardes.

- C’est peut-être le moment de me montrer plus persuasif, souffla-t-il en avançant d’un pas.

Je reculai d’un instinctivement et avec un sourire plus grand, Joshua reprit le terrain perdu. Je lui adressai un regard noir, mais il se contenta d’avancer d’un nouveau pas. On continua le manège du avance-recule pendant encore quelques pas, jusqu’au point où je me retrouvai acculé contre l’une des poutres des gradins. Cette fois, mon énervement s’amplifia et je m’écriai :

- Non, mais tu vas arrêter d’avancer ou quoi!

Sauf qu’il fit tout le contraire de ce que je lui avais demandé, car il franchit la distance qui nous séparait et avant que je puisse vraiment comprendre ce qui se passait, une de ses mains était sur ma taille et l’autre derrière ma nuque. Ce fut la suite, par contre, qui me donna envie de l’envoyer six pieds sous terre. Sa bouche se referma sur la mienne et si pendant un instant celle-ci fut perdue au point de répondre au baiser, une seconde ne s’était pas encore écoulée que je le repoussai à deux mains.

Il n’y avait que trente centimètres entre nous lorsque je lui envoyai mon poing au visage. J’entendis distinctement l’os craqué, mais sans m’en préoccuper, je hurlai :

- Non, mais t’es crétin ou quoi? Je t’ai dit que j’étais en couple, par Merlin!

Je n’étais pas certaine si c’était pour assurer sa sécurité, mais il y avait maintenant un peu plus d’un mètre entre nous. Il avait plaqué sa main contre son nez, probablement pour endiguer le saignement, si je me fiais au sang qui dégouttait, en tout cas. Sa voix me sembla presque aussi coincée que celle des canards lorsqu’il grogna :

- Je croyais que c’était juste un mensonge débile!

- Comment ça, un mensonge! m’indignai-je.

- Quand je t’en ai reparlé, tu n’avais pas l’air de t’en rappeler. Alors sincèrement, si tu sors vraiment avec quelqu’un, il ne semble pas te faire grande impression.

À ces mots, je me raidis d’un coup. Ma bouche se tordit en sentant qu’on me frappait en plein cœur. Al? Ne pas faire une grande impression? Des larmes me montèrent aux yeux et ma mâchoire se crispa lorsque je crachai :

- Tu ne sais rien.

Mes mains se mirent à trembler sans que je puisse les contrôler, me forçant à les tordre si je voulais les empêcher d’en faire à leur tête. Ma respiration se fit de plus en plus hachée alors que ses paroles se repassaient à répétition dans mon esprit. Il ne semble pas te faire grande impression. Je me libérai les mains pour m’attraper le crâne. C’était faux, complètement faux! Je me tirai les cheveux si fort que j’aurais sans doute pu les arracher d’un mouvement un peu trop brusque.

Je retirai mes mains de leur position en constatant qu’elles tremblaient toujours. Je m’efforçai à prendre de grande inspiration, autant pour calmer les battements frénétiques de mon cœur que pour empêcher les larmes d’envahir mes joues. Al me manquait. Mes amis me manquaient. Mon chez-moi me manquait. Pouvait-on me reprocher d’essayer de les tenir loin de mon esprit pour me concentrer sur la tâche que je m’étais donnée?

- Je suis désolé.

Les paroles de Joshua démolirent le silence qui s’était installé et la route que mes pensées s’étaient mises à emprunter. Je plongeai mon regard dans le sien, lui témoignant sans doute accidentellement l’état instable dans lequel je me trouvais. Un seul mot de trop pouvait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Toutefois… les mots prononcés se rejouèrent dans ma tête et mes muscles tendus se détendirent légèrement.

Mais apparemment, il n’avait pas terminé de parler.

- Je suis désolé, répéta-t-il. J’étais vraiment certain que tu avais inventé cette histoire… Mais c’est bon, j’ai compris le message.

Sa voix ressemblait toujours autant à celle d’un canard. Ma bouche afficha un léger rictus moqueur, mais aucune parole n’en sortit. Je fis jouer les articulations de mes mains pour en faire disparaître le tremblement, mais ce dernier persista. Les yeux du Serpentard y furent attirés et je sus à son froncement de sourcils qu’il ne me lâcherait pas avec ça.

- Va vraiment falloir que tu m’expliques pourquoi tu trembles toujours des mains, Beauxbâtons.

- Ce n’est pas dans l’ordre de mes priorités, Flint, rétorquai-je et ma voix me donna l’impression d’avoir été râpé.

Après une seconde, je posai mon regard plus attentivement sur lui (plutôt que de le dévisager avec une envie de meurtre) et je me rendis compte qu’il tentait encore d’interrompre l’écoulement du sang. Avec un soupir, j’ajoutai :

- Va falloir aller à l’infirmerie.

- Tu n’avais pas des questions?

- Si. Mais comme toutes celles qui m’accablent, je vais devoir attendre pour les réponses.

Impossible de mentir, ma voix possédait la même intonation geignarde qu’une enfant de cinq ans qui veut absolument LE jouet, mais dont les parents refusaient de le lui prendre. Je refusais toutefois de croire que ma personnalité reflétait celui capricieux d’un enfant… car ce n’était pas ma faute si on m’enterrait sous les questions, à l’enjeu capital, et qu’on me refusait des réponses claires et rapides.

J’étais toutefois étonnée que Joshua ramène le sujet sur le tapis. Il n’avait pas eu l’air d’avoir envie d’en parler la dernière fois… Peut-être que je l’avais frappé un peu trop fort et sa tête était atteinte? En tant que Batteur, j’aurais pourtant cru qu’il avait l’avait plus dure que ça. Encore plus en regardant tous nos échanges depuis le début de l’année.

Sans attendre, je l’attrapai par son bras libre et lui fis prendre le chemin menant vers l’école. Il se laissa faire sans rechigner, ce qui était d’autant plus étonnant. Il n’avait sans doute pas envie de recevoir un autre coup de poing au visage… Cette simple idée fit éclore un sourire satisfait sur mes lèvres et ce fut avec cette même expression que nous franchîmes, plusieurs minutes plus tard, les portes de l’infirmerie.

À peine avions-nous pénétré à l’intérieur qu’Hannah et Madame Pomfresh nous tombèrent dessus. La première écarquilla grand les yeux et pendant une seconde, je me demandai si une deuxième tête ne m’était pas poussée. Au point où j’en étais, je ne serais même pas étonnée! Je ne remarquai qu’à ce moment-là que je tenais toujours mon chef d’équipe par le bras, alors je le relâchai. À cet instant précis je sentis le regard pesant de l’infirmière en chef peser sur moi. Pourtant, la première question ne me fut pas adressée.

- Comment vous êtes-vous brisé le nez, Mr Flint? s’enquit Madame Pomfresh en passant son regard de l’un à l’autre.

Voyant le rouge monter aux joues du Serpentard, j’affichai un sourire et répondis à sa place :

- Il a seulement appris à la dure la conséquence de ses actes, Madame Pomfresh.

Elle arqua un sourcil dans ma direction avant de demander :

- Vous l’avez frappé?

Quelque chose dans son regard me fit comprendre que ce n’était pas le premier nez cassé qu’elle soignait pour une situation tout aussi particulière. Mon sourire s’élargit en songeant que d’autres personnes avaient su se défendre contre des imbéciles. Même si, pour être honnête, Joshua n’avait pas tort quand il disait que mon histoire de petit-ami n’était pas crédible. Mais comment être crédible quand toute ton histoire est complètement débile?

- Oui, acquiesçai-je finalement. Il m’a embrassé contre ma volonté.

Elle lui jeta un regard en biais et pendant une seconde j’aurais pu jurer qu’elle songeait à lui laisser le nez tel quel. Pourtant, elle finit par pousser un soupir et lâcha :

- Rappelez-vous de cet incident la prochaine fois que vous aurez une idée du même genre, Mr Flint.

- Je n’y manquerai pas, grinça-t-il. Est-ce que je peux récupérer mon nez, maintenant?

L’infirmière en chef acquiesça distraitement et seul un échange de regard avec Hannah suffit pour que cette dernière se dirige vers leur bureau. Sans doute allait-elle chercher un remède quelconque pour les nés cassés. En avaient-elles pour l’honneur entaché aussi? Je connaissais un Serpentard qui en aurait sans doute bien besoin!

- Je suis sûre que vous comprendrez tous les deux que je ne peux pas me permettre de laisser votre comportement impuni, n’est-ce pas?

La voix de Madame Pomfresh, et ses mots plus particulièrement, me poussa à me figer sur place. Encore des ennuis? Merlin… et moi qui croyais que je pourrais m’en passer! Cette journée avait déjà été beaucoup trop longue pour son peu d’heures pour que j’aie seulement envie d’y ajouter des évènements particuliers! Je poussai un profond soupir, mais Joshua et moi on se contenta de hausser des épaules, signalant ainsi qu’elle pouvait continuer. Ce qu’elle fit sans attendre :

- Votre directeur de Maison et le professeur McGonagall seront mis au courant.

- Magnifique, grommelai-je.

- Comme elle a dit, marmonna Joshua.

- Peut-être y penserez-vous tous les deux la prochaine fois.

Sur ces dernières paroles, Hannah revint avec une fiole d’un liquide bleuâtre. Avec un remerciement, Madame Pomfresh s’en saisit et l’autre infirmière s’en retourna à ce qu’elle devait faire avant qu’on ne débarque comme ça. Elle tendit le remède à Joshua en disant :

- Ceci devrait arrêter le saignement de manière plus efficace. Et nettoyer un peu tout le bazar qui doit se trouver là-dedans.

Elle pointa son nez pour illustrer ses propos et j’aurais juré que le Serpentard à mes côtés venait de rougir. Pourtant, j’étais presque certaine que le nettoyage dont parlait Madame Pomfresh faisait référence au sang accumulé. Et pas à autre chose. Ce n’était pas comme si la morve était anormale dans un nez…

Toujours est-il que Joshua se saisit de la fiole avec une grimace et l’avala d’un trait. En une seconde, tous ses traits se tordirent et il tenta de se gratter le nez à deux mains, mais l’infirmière lui saisit les deux poignets fermement pour l’en empêcher, prétextant qu’une trop grande stimulation sensorielle pendant cet instant précis risquait de causer quelques dommages indésirables.

Elle ne précisa en aucun cas de quels dommages il pouvait être question.

Au bout d’une ou deux minutes, mon chef d’équipe arrêta de se tortiller sur place et Madame Pomfresh put le relâcher. Dès que ce fut fait, elle lui fit signe d’approcher la tête, il s’exécuta avec réticence et je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. Pour une femme de son âge, l’infirmière avait une sacrée poigne! D’un autre côté, le professeur McGonagall aussi, sauf qu’elle, elle en donnait l’impression.

- Votre nez est cassé, confirma Madame Pomfresh après quelques secondes d’une soigneuse observation.

- Vous pouvez y faire quelque chose? lâcha Joshua d’un ton ennuyé.

Sans doute pas le bon ton à employer, songeai-je alors que notre charmante infirmière lui renvoyait un regard qui me donna envie de sortir très rapidement de la pièce. Je connaissais très bien ce regard, mais généralement, je l’avais seulement reçu après avoir affirmé que je ne pouvais pas rester au lit, car j’avais des devoirs à faire. Et ce n’était jamais un mensonge! Malheureusement, elle ne l’avait jamais compris.

- Évidemment, déclara-t-elle après quelques secondes à le dévisager. Avec tous ces élèves maladroits, c’est une obligation professionnelle.

Je me mordis la lèvre pour ne pas sourire et encore moins pour ne pas éclater de rire. Je ne dus pas être très convaincante, toutefois, car elle m’adressa un regard particulièrement menaçant en ajoutant :

- Ou des brutes.

Ma bouche s’arrondit pour émettre une protestation, mais elle me coupa en levant la main. Sans ajouter quoi que ce soit, elle s’éloigna à nouveau pour rejoindre son bureau. En tournant la tête vers le Serpentard qui était la cause de notre présence ici, j’eus le désagrément de découvrir qu’il souriait. Je le foudroyai du regard, mais ça ne fit qu’agrandir son sourire.

- Des brutes, hein? me nargua-t-il.

Je croisai les bras en rétorquant :

- Tu veux qu’on parle de ta maladresse?

Son visage se rembrunit aussitôt et on conserva le silence jusqu’au moment où Madame Pomfresh revienne avec une nouvelle fiole. L’air de mon capitaine de Quidditch devint encore plus agacé, mais il suivit à nouveau les consignes qu’elle prononça et avala le remède sans rechigner.

- Ça ne devrait pas prendre plus d’une heure, normalement, annonça l’infirmière.

Elle nous engloba rapidement dans son regard, y mettant tout le poids de son autorité ainsi que le degré de l’exaspération qu’on lui inspirait avant de conclure :

- Maintenant, je vais vous conduire au professeur McGonagall. Dès qu’elle vous aura reçu… j’irai prévenir votre directeur de Maison.

Étouffant un grondement, j’acquiesçai de la tête, assez rapidement imité par Joshua. À ce moment, elle nous fit signe de la suivre et nous quittâmes tous les trois l’infirmerie, sans prononcer un seul mot. Le silence se poursuivit pendant l’intégralité du trajet jusqu’au moment où on arriva à l’escalier-ascenseur. Là, Madame Pomfresh chuchota le mot de passe si bas que je n’en entendis pas une syllabe, seul le son de sa voix me parvint aux oreilles. Nous la suivîmes jusqu’à la porte où elle dit :

- Je vais entrer d’abord, pour expliquer la situation. N’entrez pas tant que vous n’êtes pas invité. Et restez ici, je le saurai si vous vous éloignez.

La lueur qui brillait dans ses yeux me donna la chair de poule et à voir la tension soudaine dans les épaules du Serpentard, il ressentait quelque chose de similaire. Dès qu’elle fut certaine que nous avions compris, elle tambourina doucement à la porte et sous l’invitation de la directrice elle y pénétra, nous laissant derrière. Dès qu’elle fut hors de mon champ de vision et qu’ainsi la porte fut refermée derrière elle, je me tordis les mains l’une dans l’autre. Ça ne s’annonçait pas bien.

Mais quand avais-je eu une rencontre chez la directrice qui ne l’était pas?

Je poussai un soupir et tournai le dos à Joshua. Il devait être du même avis que moi concernant notre situation, car il ne prononça pas un mot. C’était la meilleure chose à faire lorsque tu t’apprêtais à te faire servir un sermon. Si la porte s’ouvrait sur nous en train de discuter de tout et de rien, ou pire, de se chamailler, ça ne ferait que conduire encore plus au désastre. Mon cœur me remonta dans la gorge lorsque la porte s’ouvrit, cinq minutes plus tard. Madame Pomfresh nous lança un regard clamant « agrippez-vous bien, ça va faire mal » avant de nous dépasser en refermant le bureau derrière elle.

Apparemment, la directrice n’avait pas l’intention de nous faire entrer immédiatement. J’échangeai un regard avec Joshua, regard où se mélangeaient colère, crainte et agacement. J’avais déjà hâte d’en avoir terminé et ce n’était que le début! J’expirai à nouveau tout l’air de mes poumons pour m’obliger à rester calme. Ce qui était plus facile à dire qu’à faire, car pendant les cinq minutes suivantes mon niveau de stress ne fit que grimper de plus en plus à chaque seconde qui s’écoulait. Jusqu’au moment où :

- Mr Flint, Miss Lévesque Williams. Veuillez entrer.

J’échangeai un nouveau regard avec le Serpentard où on put partager notre réticence mutuelle à ouvrir la porte. La colère froide de la directrice n’était pas méconnue des élèves, loin de là, d’ailleurs. Prenant sur moi, et ayant déjà bien de l’expérience en matière de sermon avec elle, j’ouvris la porte.

À l’instant où je croisai le regard du professeur McGonagall, je sus que nous étions dans la merde. Chose qui ne fut que confirmée lorsqu’elle prit un long moment à nous observer chacun notre tour avec un calme très feint, si je me fiais à ses narines palpitantes. Et à ses yeux plissés. Et pas à cause des rides. J’affrontai son analyse sans broncher, j’aimerais pouvoir dire que ce n’était pas grâce à l’habitude… sauf que c’était le cas.

Les secondes semblèrent s’écouler lentement alors qu’elle ne nous lâchait pas des yeux, pourtant elle finit par les poser sur son bureau et se massa le crâne avant de nous prêter à nouveau attention. Son ton se fit immensément froid lorsqu’elle déclara en nous transperçant du regard :

- Je ne tolère aucune violence au sein de cette école et encore moins tous autres comportements outrageux.

Le sentiment de déjà-vu était très fort en ce moment. Rien de plus normal puisque je m’étais retrouvée dans cette situation lors de ma première année en ces lieux. Ceci dit, ce n’était pas parce que j’avais frappé quelqu’un pour m’avoir embrassé. La situation aurait été beaucoup trop embarrassante maintenant, sinon. Rien que l’idée d’embrasser mon frère me donna envie de vomir. Je ne pus retenir une grimace à cette pensée et évidemment, la directrice ne la rata pas.

- Ai-je dit quelque chose qui vous déplaît, Miss Lévesque-Williams?

- Non, professeur. Seulement une pensée parasite, affirmai-je en me tordant les mains derrière le dos.

Joshua me jeta un regard en coin, l’air à la fois perplexe et ennuyé. Merveilleux. Peut-être craignait-il que je dise autre chose qui pourrait aggraver notre cas, car il prit la parole :

- Ça ne se reproduira plus, professeur.

- Très bien.

Son attention se concentra à tel point sur moi que je ne pouvais pas manquer le message sous-entendu : elle attendait que j’affirme la même chose. Je me croisai discrètement les doigts pour arriver à tenir une promesse de ce genre, mais je n’avais pas beaucoup d’espoir. Pas avec tout ce qui se passait.

- Ça ne se reproduira plus, promis-je.

- La prochaine fois, Miss, parlez-en à un professeur.

Était-ce possible de se faire enterrer, là, maintenant? Étais-je condamnée à réentendre les mêmes phrases encore et encore? Mon visage se crispa avec une grimace d’agacement, mais avant que je puisse me reprendre, le mal était déjà fait. Je le vis à l’éclair qui traversa le regard de la directrice. Je baissai rapidement les yeux en perdant une partie de mon mauvais sentiment. Ce n’était pas sa faute à elle si tout ceci se reproduisait. Pouvait-on reprocher à une connaissance qui se conduisait exactement comme elle l’aurait fait? Peut-être était-ce justement la ressemblance qui m’agaçait. Ce qui était complètement débile puisque ce qui m’énervait le plus depuis mon arrivée ici, c’était les différences que chacun d’entre eux avait d’avec ceux que je connaissais!

- Pardonnez-moi, professeur, déclarai-je après quelques secondes. C’est seulement que… ce n’est pas la première fois que vous me dites une chose de ce genre.

La compréhension s’empara de ses traits, à l’inverse de Joshua qui sembla complètement perplexe, si je me fiais à son froncement de sourcils. Je ne m’en inquiétai toutefois pas, car en ce moment c’était le moindre de mes soucis. Le professeur McGonagall rouvrait la bouche pour parler, après tout.

- Je vois, dit-elle doucement. Mes paroles n’en sont pas moins vraies et je vous prierais de vous en souvenir, et pour de bon cette fois.

- Je n’y manquerai pas.

Elle acquiesça de la tête à mes paroles avant de nous regarder longuement, Joshua et moi, nous obligeant par le fait même à supporter son regard sans ciller. Plus j’apprenais à connaître la directrice et plus je comprenais pourquoi son Animagus était un chat. Après un moment qui me sembla interminable, elle reprit la parole :

- J’ignore ce que votre directeur de Maison pensera de vos actions ni ce qu’il choisira comme juste châtiment. Mais en tant que directrice, je ne peux pas me permettre de ne pas sévir. Ainsi, je retire soixante points à votre Maison. Trente points chacun me semblent, pour cette fois, un juste châtiment.

Elle prit une seconde supplémentaire pour faire peser sur nous un regard préventif avant d’ajouter :

- Votre directeur de Maison choisira peut-être d’ajouter autre chose à ce châtiment et il en aura tout à fait le droit. Maintenant…

Je n’entendis pas le reste de sa déclaration, car un frisson horrible me traversa le dos et me retira toute capacité de concentration. Évidemment ce ne fut pas le pire de l’histoire, ce fut au moment où mes jambes me lâchèrent et que je m’écroulai par terre que je sus que j’étais dans la merde. En moins d’une seconde, je me retrouvai dans le noir.

Certes, les ténèbres ne durèrent qu’un instant, car la seconde suivante je me trouvais dans un tout autre lieu… et beaucoup moins clair. Ma vision était similaire à celle de quelqu’un vivant en plein mirage au milieu du désert. Ou encore à ces journées si chaudes d’été où on pouvait voir le paysage se brouiller au-dessus de l’asphalte. La différence entre ces situations et la mienne se présentait sous le fait que c’était dix fois pire. Je n’arrivais qu’à comprendre grossièrement le décor qui m’entourait. Si je ne me trompais pas, j’étais à l’intérieur d’une maison. Peut-être celle-là même où j’avais vu Berkeley pour la première fois.

D’autant plus plausible puisqu’il se trouvait au milieu de la pièce!

Je ne pouvais pas déterminer les traits de son visage suffisamment pour en jurer, mais il possédait l’une de ces auras détestables que je n’aurais pu manquer. Je la connaissais par cœur. Et parfois quand tu détestais quelqu’un suffisamment fort, tu pouvais le reconnaître en n’importe quelle circonstance. La même chose était possible avec un être aimé… Mais ce n’était pas le cas présentement.

Ce que je ressentais pour cet homme était plus que de la haine.

Je n’étais même pas certaine qu’il y ait un mot assez fort pour décrire ce qui se déchaînait en moi chaque fois que je le voyais, que j’entendais sa voix ou son nom. Délaissant ces magnifiques pensées derrière moi, je me concentrai sur les évènements se déroulant sous mes yeux. Ça semblait remonter à un certain temps, d’ailleurs. Et mon incapacité à me déplacer de ma propre volonté me rassura sur la nature de cette vision.

Je ne pouvais pas y mettre les pieds, sauf en cherchant à le faire.

Et maintenant que je contrôlais ce pouvoir-là, je pouvais très certainement ne pas me conduire à ma propre perte. D’autant plus qu’il était de plus en plus clair qu’il s’agissait d’un évènement passé. Après tout, je pouvais très bien voir Berkeley et une femme dans cette pièce. Ils parlaient à voix basse, mais plus je me concentrai sur eux et plus leurs voix me parvinrent distinctement :

- Nous allons devoir prévoir chaque action avec une extrême minutie, déclara Berkeley.

- Ce qui implique que je m’y emploie, rétorqua la femme, sans doute sa sœur.

Il y eut un reniflement dédaigneux en provenance de ma haine personnifiée et ce ne fut que quelques instants plus tard qu’il reprit :

- Selon les prophéties écrites dans ce volume… le pouvoir dont nous avons besoin n’apparaîtra pas ici.

- En effet, elle sera d’une autre réalité. La première étape pour parvenir à nos fins impliquera donc que nous dérobions, où qu’elles soient, les sept pierres. Je m’en occuperai. Dès que je les aurai, nous entamerons le rituel d’invocation.

- Dès qu’elle sera entre mes mains, j’attendrai ton retour pour qu’on passe à l’étape suivante.

- Essaie bien de ne pas trop la malmener, hein, Elliot?

- Et où serait le plaisir, Militza?

Le silence fut sa seule réponse, du moins pour moi. Je ne doutais pas qu’elle lui ait répondu quelque chose avec ses yeux, d’où l’absence de paroles. Pourtant, la dénommée Shannon lâcha finalement :

- Ne l’abime pas trop. Nous aurons besoin d’elle avec toutes ses capacités. Physiques… et mentales.

Il émit un grondement, mais elle se contenta de cracher :

- Si tu veux qu’il puisse revenir et nous mener à la gloire que le Seigneur des Ténèbres a lamentablement échoué à nous donner, tu ferais mieux de m’écouter!

Un très mauvais pressentiment m’envahit en entendant ces paroles, mais ce ne fut pourtant pas cela qui me paralysa de terreur, plutôt la suite :

- Toi, tu ferais mieux de ne pas rater ta chance avec ces sept enfants. Nous aurons besoin de leur sang pour le sort.

- Ce n’est pas moi qui a tendance à rater mon coup, rétorqua sa sœur d’un ton froid.

- Si tu as fini de me déranger, j’ai des choses auxquelles je dois retourner.

Tout ce qui lui répondit fut un reniflement de dégoût alors que ma vision me forçait à le suivre, jusqu’à une autre pièce. Là… Là j’aperçus une autre femme. Ligotée, si mes yeux ne me trompaient pas. En apercevant Berkeley, elle se mit à se débattre, ce qui déclencha le rire de son tortionnaire. La nausée s’empara de moi aux paroles qu’il prononça :

- Alors… où en étions-nous la dernière fois?

Sur ces mots, il porta les mains à ses pantalons. Je ne fus jamais plus heureuse qu’à cet instant que ma vision me ramène d’où je venais. Juste avant que tout ne disparaisse à mes yeux, la vision s’éclaircit d’un coup, me permettant de tout déceler avec une netteté nouvelle. Berkeley. Ma tante. Le symbole sur le mur derrière elle. Le symbole des Reliques de la Mort. Gellert Grindelwald.


Je me redressai d’un coup en inspirant brusquement. Apparemment, on m’avait installée sur une chaise, car j’en sentais le dossier dans mon dos et le coussin sous mes fesses. Il me fallut un moment pour ajuster ma vision, mais dès que ce fut fait, je me retrouvai à regarder le professeur McGonagall droit dans les yeux à seulement une dizaine de centimètres de distance.

- Ça te plaît à ce point de perdre connaissance, Beauxbâtons? grommela Joshua.

Je tournai la tête dans sa direction, mais pas suffisamment vite pour rater l’air agacé de la directrice. Ma bouche me semblait pâteuse, mais il m’en aurait fallu beaucoup plus pour m’empêcher de prendre la parole et le remettre à sa place.

- Non, crachai-je brutalement.

D’autres paroles avaient voulu suivre, mais ma voix me fit faux bond à ce moment-là et une quinte de toux. Celle-ci disparut suffisamment rapidement pour que je puisse dévisager avec fureur l’autre Serpentard. Ce dernier semblait trouver la situation particulièrement amusante, car il m’adressa un sourire moqueur. Les mots qui sortirent de ma bouche la seconde suivante ne l’auraient jamais dû, par contre :

- Professeur McGonagall, j’éprouve en ce moment un besoin irrépressible de le frapper à nouveau.

J’entendis un soupir près de moi et je n’eus aucun doute qu’il provenait de la directrice. Après quoi, elle rétorqua :

- Réfrénez-vous, Miss Lévesque-Williams, où je pourrais songer à retirer plus de points à votre Maison. Quant à vous, Mr Flint, j’aimerais que vous…

Elle n’eut pas le temps de poursuivre, car la porte de son bureau s’ouvrit avec fracas. Je n'eus que le temps de reconnaître le visage de mon cousin et d’ouvrir la bouche pour dire quelque chose, qu’il me coupa l’herbe sous les pieds en s’écriant :

- Allison!

- Mr Ash, le salua froidement la directrice en arquant un sourcil.

Le Poufsouffle rougit jusqu’aux oreilles, mais ça ne l’empêcha pas de pénétrer complètement dans la pièce avec nous, et ce, malgré l’air très peu aimable qu’affichait le professeur. Un air qui signifiait clairement « sortez, ce n’est pas le moment ». Apparemment, avoir la tête dure était une histoire de famille! Il ne le fit peut-être pas la tête haute, mais il n’en recula pas moins.

- Il faut qu’on parle, annonça-t-il d’un ton pressant.

- Mr Ash, Miss Lévesque-Williams n’est pas disponible en ce moment. Vous pourrez lui parler plus tard.

Le professeur McGonagall ne semblait pas du tout apprécier ce qu’il se passait présentement… Si je me fiais au ton qu’elle venait de prendre en tout cas! Pour ma part, je ne pus m’empêcher de dévisager mon cousin avec incompréhension. Pourquoi prenait-il le risque de venir me trouver ici, seulement pour parler, alors même que nous étions en plein au cœur du bureau de la directrice? Un simple coup d’œil du côté de Joshua me permit de comprendre que lui aussi se posait bien des questions sur la présence de Lukas ici. De là à savoir s’il connaissait notre lien de parenté, ça restait à voir. Je possédais toutefois quelques doutes…

- C’est vraiment très important, professeur, tenta mon cousin.

Tout en prononçant ces mots, il leva les bras dans les airs comme pour mettre du poids à son affirmation ou démontrer qu’il n’agissait pas sur un coup de tête. Bon, d’accord, je n’avais aucune idée pourquoi il fit ce mouvement avec ses bras, toujours est-il que je restai muette en voyant quelque chose sur son poignet… et si je ne me trompais pas, le Serpentard aussi l’avait vu, car ses épaules s’étaient énormément tendues.

- Montre-moi ton poignet! lançai-je en m’avançant vers lui.

J’entendis un début de réprimande s’élever du côté de la directrice, mais sans me retourner je la coupai :

- Trente secondes, professeur!

Je ne ratai pas son exclamation indignée, mais l’ignorai superbement. Toute mon attention était rivée sur le poignet que me montrait Lukas. Un poignet où pouvait se voir le même symbole qu’il y avait sur le mien. Un coin de mon esprit retint que je venais d’entendre le professeur McGonagall quitter son bureau, mais tout le reste ne s’en préoccupa pas. Je positionnai mon poignet au même niveau que le sien et relevai la manche de mon uniforme. Un frisson d’angoisse me parcourut de la tête aux pieds en voyant les deux symboles identiques mis côte à côte. Un hoquet de stupeur derrière moi me fit sortir de ma transe visuelle et je me retournai d’un bond.

- Que signifie ceci, Miss Lévesque-Williams? s’enquit la directrice et quelque chose dans ses yeux me donna la chair de poule.
- Je n’en ai pas la moindre idée, professeur, affirmai-je.

- Mais ce n’est pas pour ça que je suis là, ajouta mon cousin en cachant son poignet.

- Ah non?

Le timbre de la directrice semblait vraiment... doucereux. Quelque chose me disait, selon mon expérience, que ça ne pouvait pas être bon signe. Il y avait encore cette étrange lueur qui brûlait dans ses yeux et qui me donnait envie de m’enfuir d’ici en prenant mes jambes à mon cou. Malheureusement, j’avais la nette impression que ça n’arriverait pas de sitôt. Ou du moins, qu’on ne me laisserait pas me rendre bien loin.

- J’ai vu ce que tu as vu, lâcha Lukas en me regardant droit dans les yeux.

Malgré l’incapacité de le confirmer dans un miroir, j’étais presque certaine d’avoir blêmi de plusieurs tons. Ou d’être verte. Un des deux. Ou les deux? Bonne question! Le problème, c’était que ma forme physique était le moindre de mes soucis, car Joshua répéta, avec un regard appuyé dans ma direction :

- Vu ce que tu as vu?

J’ouvris la bouche pour lui cracher quelques paroles bien hasardeuses au vu de l’endroit où je me trouvais, mais avec chance le professeur McGonagall m’interrompit en disant :

- Ce n’est ni l’heure ni le moment pour faire part de vos commentaires, Mr Flint. Je crois d’ailleurs que j’ai été suffisamment claire sur ce que j’attendais de vous et Miss Lévesque-Williams, alors vous pouvez repartir.

Avais-je bien entendu? Je pouvais m’en aller? Ou est-ce qu’elle ne parlait que de Joshua? Apparemment mon cousin eut la même idée que moi, car nous tentâmes d’avancer au même moment en direction de la porte alors que l’autre Serpentard s’y dirigeait déjà. Malheureusement, deux pas plus loin, la directrice intervint :

- Où croyez-vous aller tous les deux? Je crois que nous avons quelques points à éclaircir…

Un soupir m’échappa, mais je fis tout de même demi-tour. Avec la même réticence que mon cousin, d’ailleurs. Nous échangeâmes un regard juste avant de croiser celui du professeur McGonagall. Celle-ci nous dévisagea longuement sans ciller et après un moment éleva un sourcil en disant :

- Depuis quand avez-vous ces tatouages, tous les deux? Et à quoi faisiez-vous allusion, Mr Ash, en mentionnant avoir vu des choses que Miss Lévesque-Williams aurait vues elle aussi?

- Une semaine, peut-être, répondis-je. Et il doit faire référence à ce que j’ai vu dans ma vision tout à l’heure.

- Quelle vision? s’étonna-t-elle.

- Celle que j’ai eue ici. Quand j’ai perdu connaissance.

Je ne me serais jamais attendu à ce que les yeux de la directrice puissent autant s’ouvrir… et pourtant, ils semblaient vouloir sortir de ses orbites en ce moment! Même que je pourrais dire qu’ils le faisaient un peu, si je prenais le bon angle. C’était assez perturbant lorsqu’on y regardait de plus près.

- Miss Lévesque-Williams? s’enquit le professeur McGonagall.

- Humm?

- Tu as la tête penchée, me fit remarquer Lukas.

- Oh!

Je me redressai rapidement en sentant mes joues s’échauffer. D’accord, le rouge, c’était déjà mieux que le blanc cadavre, pas vrai? Dans les circonstances, je serais portée à croire que oui. J’inspirai doucement avant de reprendre :

- J’ignore ce que représente ce tatouage. Et j’ai des visions très souvent, rien d’alarmant.

Je ne ratai pas le moment où mon cousin eut un très léger sursaut face à mon mensonge. Toutefois, il devait partager mon avis qu’il valait mieux garder tout ceci pour nous pour le moment, car il ne prononça pas un seul mot et ne m’adressa pas un seul regard.

- Ce qui est étrange, par contre, c’est que mon cousin puisse voir ce que je vois. Mais, sans vouloir vous manquer de respect, professeur, je ne crois pas que vous puissiez nous aider dans ce domaine, ajoutai-je.

Cette fois, ce fut à notre directrice de pousser un long soupir et elle se massa le visage longuement. J’ignorais son âge exact, mais elle ne devait pas être toute jeune. Sans doute plus que Dumbledore à l’époque où mon parrain avait mon âge, mais quand même. Ce n’était pas pour tout le monde de rester directeur jusqu’à un âge avancé.

Je n’irai jamais jusqu’à dire que McGonagall était trop vieille.

J’avais toute confiance en ses capacités, mais si je me fiais aux nombres de délires qu’elle avait dû voir… je compatissais un peu. Peut-être même beaucoup. Nous avions tous entendu des histoires au Terrier concernant les coups des Maraudeurs. Ensuite il y avait eu mon parrain et ceux de sa génération. Puis maintenant, c’était au tour de James et sa bande. Sans parler de moi.

Quel joyeux cocktail!

Ma tête allait vraiment trop dans toutes les directions…

- Je vois, finit par lâcher notre directrice. Dans ce cas, je suppose que vous pouvez partir, vous et votre cousin. J’aimerais toutefois vous demander une chose… Est-ce bien prudent de jouer au Quidditch alors que vous avez des visions qui vous font perdre connaissance?

- Oh, Merlin, grommelai-je.

Elle arqua un sourcil.

- Le sujet a été abordé pendant ma troisième année et il n’y a jamais eu d’accidents regrettables! déclarai-je. Je crois que je pourrai me débrouiller ici aussi.

Oui, je venais encore de mentir. Il y avait eu plusieurs incidents particulièrement dangereux impliquant des visions et le Quidditch. Toutefois, ce qu’ignorait la McGonagall présente ne pouvait pas lui faire de mal, pas vrai? Et j’en avais plus qu’assez qu’on m’empêche de faire les choses qui me donnaient un sens de contrôle! Et qui me permettait de rester saine d’esprit au passage.

Avant de sortir, la directrice me rappela de faire bien attention à mon comportement et que si je devais apprendre quoi que ce soit concernant l’étrange tatouage de venir lui en parler sur-le-champ, peu importe l’heure. Je promis de le faire, tout en me jurant qu’on pouvait toujours posséder une conception bien particulière de « sur-le-champ ». Après tout, il me suffisait de le considérer comme étant un synonyme de « au plus vite ». Ce qui signifiait que si j’avais des obligations plus importantes dans l’immédiat, je pouvais facilement reporter la conversation fatidique de quelques heures et m’octroyer un moment d’avance pour la préparation d’un plan quelconque.

À force, j’allais vraiment devenir parano.

Après tout, qu’est-ce qui me disait que toute cette histoire était dangereuse? Rien. Ça pouvait être un élément tout à fait bénin… Ma piètre tentative de me réconforter volait en éclat dès que je me rappelais des paroles de Mary et aussi du fait que mon cousin possédait le même tatouage sur son poignet.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

L’esprit toujours aussi éloigné, je manquai bondir un mètre dans les airs en tombant sur Joshua à la sortie de l’escalier-ascenseur. Heureusement, j’eus suffisamment de retenue pour éviter de faire une scène. Mon ton se fit toutefois horriblement agressif lorsque je crachai :

- Qu’est-ce que tu fous ici!

- Si je ne me trompe pas, on a quelques sujets de discussion en attente…

- Eh bien, il va falloir qu’ils le restent encore un peu, mon gars! rétorqua mon cousin.

- J’étais avec elle avant que tu débarques, Ash. J’ai la priorité.

Étais-je vraiment coincée entre deux gars aussi débiles?

- Je suis juste là! grondai-je. Et si je prenais la décision?

Ils tournèrent leurs regards dans ma direction, pour l’un il était furieux, pour l’autre il était très contrarié, ou inquiet. Je secouai la tête en levant les yeux au ciel et lâchai :

- Suivez-moi, tous les deux. On lâchera Flint devant les premiers escaliers menant au sous-sol.

- Pas avant d’avoir parlé!

- Évidemment.

Lukas se contenta d’hocher de la tête en haussant des épaules. Je voyais bien qu’il n’était pas très enthousiaste avec la situation, mais c’était celle qui nous apporterait la paix le plus rapidement. Nous nous mîmes donc à marcher d’un bon pas et je m’enquis :

- Que veux-tu savoir, cette fois?

- Pourquoi tu passes ton temps à t’évanouir, déjà. Et pourquoi lui, il veut te parler. Et pourquoi il a le même tatouage débile.

- J’ai des problèmes de pression sanguine, rien de plus, rien de moins. Et quant à Lukas, il n’a pas besoin de raison pour vouloir me parler, c’est mon cousin.

- Ton…

- Son cousin, oui, gronda l’intéressé. Ça te pose problème, peut-être?

- Désolé, je ne voyais pas l’air de famille. Maintenant ça commence à s’imposer.

Je poussai un soupir sonore, ce qui poussa mon cousin à abandonner ce qu’il allait dire. Par contre, ses poings serrés en disaient long sur ce qu’il pensait de la situation. Mon soupir eut aussi l’effet d’attirer l’attention de Joshua sur moi et il reprit la parole :

- Des problèmes de pression?

Il ne semblait pas comprendre… Sans doute que les sorciers avaient trouvé une solution pour contrer ce problème. Tant mieux pour eux. Évidemment, je n’avais aucun problème de pression, malgré tout on ne pourrait pas m’accuser de mentir puisque mes visions jouaient souvent avec mon rythme cardiaque et donc sur la vitesse de circulation du sang dans mes veines, d’où une variation de pression.

- Oui. C’est quelque chose de connu chez les Moldus. Tu devrais te renseigner.

La grimace qui envahit son visage me donna l’irrésistible envie de le frapper à nouveau. Mais comme je venais tout juste d’empêcher mon cousin de le faire verbalement, et physiquement j’en étais sûre, il serait malavisé d’agir de la sorte. D’autant plus que j’avais fait une promesse pas même une dizaine de minutes plus tôt…

- Autre chose? repris-je quelques secondes plus tard.

- Tatouage?

- Je ne sais déjà pas pourquoi j’ai le mien, alors comment voudrais-tu que je sache pour lui!

- Un point pour toi.

- Est-ce qu’on a fini maintenant?

- Non…

J’arquai un sourcil dans sa direction et Joshua finit par maugréer :

- On a un marché. J’ai l’intention de remplir ma part dès que possible.

- On aura qu’à en parler plus tard… Après le repas ce soir, peut-être?

J’avais autre chose à faire entre temps. Entre autres, rencontrer ceux qui connaissaient la vérité à mon propos pour qu’on puisse discuter. À la base, je devais seulement revenir sur ma rencontre avec Mary, mais là… Plusieurs autres sujets allaient être mis au tapis. Notamment, la raison de ma présence ici, le plan complètement débile de Berkeley et aussi le fait que mon cousin semblait m’être connecté d’une façon ou d’une autre. Et chacun de ces sujets de conversation risquait fort bien d’entraîner plusieurs heures de discussion et peut-être, seulement peut-être de la recherche.

La mise en place d’un plan quelconque serait la cerise sur le gâteau!

- D’accord, acquiesça Joshua. À dix-neuf heures. Devant notre Salle Commune.

Je levai le pouce sous le regard interrogatif de l’autre Serpentard, je hochai donc de la tête en réprimant un soupir. À peine avais-je terminé mon mouvement qu’il s’éloignait déjà à grands pas.

- Ça aura été plus simple que prévu, s’étonna mon cousin.

- N’est-ce pas?

La seconde suivante, je lâchai en l’attrapant par le bras :

- Maintenant tu me suis!

- Je n’ai pas l’intention de m’en aller, tu sais…

J’eus un petit sourire en coin et acceptai de le relâcher.

- Où est-ce qu’on va?

- Rejoindre les autres. Je leur avais promis que je discuterais avec eux après le match concernant… Mary Bromeïro.

- Mary Bromeïro?

Je fronçai les sourcils en le dévisageant. Il ne semblait pas comprendre à qui je faisais allusion, pourtant, j’aurais cru que ça faisait partie des informations qu’il aurait vues. Surtout s’il avait pu voir que j’étais au courant pour son père biologique… À moins que cette partie d’information ne soit pas accessible à tous? Mais pourtant le professeur Blacksen semblait bien au courant, elle! Ma main se porta automatiquement à mon front et je me mis à le masser distraitement en disant :

- Bon… C’est une assez longue histoire, mais je peux bien te la raconter. À voix basse.

Tout en continuant à marcher, je me rapprochai de lui et commençai la narration de toutes les prophéties et autres qui m’étaient tombés dessus en arrivant ainsi. Que ce soit avec Peeves ou avec le professeur de Divination. Certaines informations lui étaient familières, mais toutes mentions de Mary Bromeïro ne s’étaient pas rendues à son esprit. Dès qu’il eut connaissance des informations capitales à la compréhension de la suite des choses, j’en vins à la raison de ma rencontre avec les autres : ma discussion avec Mary Bromeïro. Je n’entrai pas dans les détails, car je n’avais pas la moindre envie de me répéter plus tard.

- Donc, quand tu parles des autres, tu veux dire les personnes que tu fuyais la dernière fois qu’on s’est parlé?

- Je ne les fuis plus, mais oui.

- J’ai toujours fait mon possible pour éviter les Potter. James, en particulier.

- Et il ne s’en est jamais rendu compte?

Je ne pouvais pas m’empêcher de le dévisager avec des yeux ronds. Normalement, si James se rendait compte qu’on faisait tout pour l’éviter, il vous choisissait comme cible principale. Surtout s’il pensait que vous étiez un minimum capable de l’encaisser. Il ne choisirait jamais pour cible quelqu’un que ses farces rendraient encore plus vulnérable.

- Pour être tout à fait honnête, oui, je m’en suis rendu compte, lâcha innocemment James en surgissant d’un passage secret.

Au moins cette fois je ne fus pas la seule à sursauter brusquement.

- James! grognai-je en le foudroyant du regard.

- Je me disais bien que je finirais par arriver à te surprendre!

Son ton était beaucoup trop satisfait.

- Je n’ai rien fait pour la simple et bonne raison que l’incident en cinquième année avait suffisamment attiré l’attention sur toi. Et pas que sur toi, évidemment.

En voyant mon cousin rougir brusquement, j’arquai un sourcil et demandai :

- Je peux savoir de quel incid…

- Non! me coupa brutalement Lukas en me foudroyant du regard.

Le sourire de James s’agrandit, mais au lieu de répondre à ma question incomplète, il déclara :

- Je peux savoir pourquoi tu as mis autant de temps? On t’a vu partir avec Flint…

- Il m’a interrogé, s’est comporté comme un idiot, je l’ai frappé… Ce fait nous a obligés à se rendre à l’infirmerie et comme nous avions tous deux eu des comportements répréhensibles on s’est retrouvé chez McGonagall. Ça te suffit comme explication?

- Pas tout à fait, mais ça ira pour l’instant. Je suis venu te chercher, car on a décidé d’aller ailleurs, finalement.

- Où?

- La Salle sur Demande.

J’acquiesçai doucement de la tête, mais ne ratai pas le regard surpris de mon cousin dans ma direction. Apparemment, il ne s’était jamais rendu là-bas. Même qu’il était très possible qu’il ignorait totalement ce qu’était la Salle sur Demande… Quoique, c’était presque impossible. Mon père devait surement avoir été dans l’Armée de Dumbledore ici aussi, donc l’information devait s’être rendue dans toute la famille. Ou peut-être pas. Ce n’était même pas une question pour les Weasley et les Potter, mais qui étais-je pour affirmer qu’il en était de même pour ma famille? Je ne les avais pas connus, après tout…

Je ravalai une boule qui s’était formée dans ma gorge et suivit James mécaniquement. Alors même que je savais très bien où on allait. Histoire de me changer les idées, je repensai à l’information que l’aîné des Potter m’avait donnée, sans vraiment chercher à le faire, sans doute. Un incident, très marquant, s’était produit pendant leur cinquième année. Et qui avait attiré à tel point l’attention que mon ami n’avait pas cru bon de faire tomber à l’eau les tentatives de mon cousin pour l’éviter. Qu’est-ce qui pouvait être aussi marquant?

Lorsque l’on franchit les portes menant à la Salle sur Demande, je n’étais parvenue à aucune conclusion satisfaisante. Je ne connaissais pas suffisamment Lukas pour savoir ce qu’il pouvait en retourner. Si j’avais eu quelques indices, peut-être que j’aurais pu arriver quelque part, mais là? C’était le néant total. Toutefois, si ni mon cousin ni James ne voulait me fournir de réponses, je pouvais très certainement me tourner vers toutes les autres personnes de ma connaissance. Quelque chose dans la manière qu’avait eue James de révéler cette information laissait entendre qu’une bonne partie de l’école était au courant. Et sinon, je pouvais toujours user d’un autre membre de ma famille : ma cousine. J’étais presque certaine que Peggy se ferait une joie de me répondre!

- Bon, te voilà enfin, Alli! s’exclama Ruby en m’apercevant. Je commençais à croire que Flint t’avait dévoré toute crue.

Je grimaçai fortement à ces mots, mais ne prit pas la peine d’y rétorquer quoi que ce soit. Je comptais sur son petit-ami pour y faire de nouveau allusion, de toute manière. Et pour le moment, j’avais d’autres sujets de préoccupations que cette histoire. Je délaissai donc rapidement mes interrogations concernant cette histoire avec Lukas et me concentrai complètement sur la raison de notre présence ici.

- On va avoir plus de sujets que prévu, annonçai-je sans me préoccuper de répondre à Ruby.

Il y eut plusieurs marques d’étonnement et sans chercher à m’expliquer, je me contentai d’attraper le bras de mon cousin. Là j’abaissai sa manche et la mienne pour montrer nos deux poignets au tatouage identique. Je continuai, sans me préoccuper des questions qui fusèrent en ma direction :

- Ce n’est pas la seule chose.

À ces simples mots, tout le monde se tut.

- J’ai une vision pendant mon entretien chez la directrice…

- Ton entre… commença Albus, mais il fut interrompu par tous les autres.

- Tais-toi!

Ma bouche se tordit et je me frottai les oreilles. Autant de voix pour hurler une demande aussi simple me semblait… disproportionnée. Malgré tout, j’avais besoin du silence pour exprimer l’inquiétude qui m’avait habité à la seconde où j’étais revenue de ma vision. Dû aux révélations présentes dans ladite vision. Je pris une grande inspiration pour me donner du courage et lâchai :

- Je sais ce que veut Berkeley.

Tous les regards se fixèrent sur moi et je me sentis frissonner en croisant celui de mon cousin. Lui aussi avait ses doutes. Lui aussi savait que quelque chose de très dangereux se tramait dans l’ombre. Je ne connaissais pas tous les détails et les aboutissants de ce plan, mais le peu qui était en ma possession suffisait à me donner la chair de poule.

- Il veut rejoindre Grindelwald. Et je ne crois pas que ce soit pour le ramener parmi nous…

La panique ne se fit pas attendre et ils se mirent tous à me bombarder de questions. Le seul à rester silencieux était Lukas, il restait à mes côtés, les observant tranquillement s’époumoner en cherchant à comprendre pourquoi. Je passai donc les minutes qui suivirent à raconter ma vision. À la fin, je dis :

- Ils connaissent mon don. Et contrairement à la première fois, je crois qu’ils savent pour l’Ancre. Ils veulent qu’on se rende là-bas, mais pas qu’on en revienne. Ils veulent un avenir que Voldemort ne leur a pas offert. La gloire des sorciers, je crois. Ils veulent qu’on reste tous coincés là-bas… et ainsi ils pourront parvenir à leur fin.

- Et quel est leur but exactement pour y parvenir? intervint Ruby.

- Et c’est quoi cette histoire du sang de sept enfants pour un sort? ajouta Rose.

- Je ne sais pas pour le sang… avouai-je, mais avant de pouvoir continuer, Scorpius me coupa.

- Ce n’est pas Dumbledore qui a réussi à arrêter Grindelwald lors d’un duel en 1945?

Toutes les têtes se tournèrent vers celui qui ressemblait trait pour trait à mon meilleur ami. Pour ma part, je me sentis blêmir. S’il y avait bien une raison à la défaite de Grindelwald, c’était Dumbledore. À plusieurs reprises, que ce soit directement ou indirectement, l’ancien professeur et directeur de Poudlard avait mis des bâtons dans les roues du plus grand mage noir de l’époque. En utilisant Norbert Dragonneau, entre autres.

La clé d’une victoire pour Grindelwald, c’était de s’occuper de Dumbledore.

Sauf que l’ancien Gryffondor était un vieux renard. Il ne se laisserait pas prendre facilement, n’est-ce pas? Si un Grindelwald avec la baguette de Sureau n’avait pas pu en venir à bout… Berkeley et sa sœur malgré leur talent ne pourraient pas le terrasser. Et je n’en avais certainement pas le pouvoir non plus. Toutefois, l’histoire d’un sort usant du sang de sept enfants pouvait être connectée. Était-ce en vue de l’affaiblir? Ou autre chose? Peut-être que ça n’avait aucun rapport. Ce ne fut qu’un murmure qui s’échappa de mes lèvres lorsque je leur partageai mes pensées :

- Ils veulent éliminer Dumbledore.

- Ils vont remonter jusqu’à trouver bébé Dumby et vont s’en débarrasser? s’étonna James.

- Non, affirmai-je en secouant la tête. Ils ne peuvent pas, car sinon Grindelwald ne le rencontrera jamais. Et ça, ça veut dire qu’ils ne pourront pas faire leur recherche sur les Reliques.

- Alors, ça sera après ça, approuva Rose. Mais quand?

- En 1945.

Ils me dévisagèrent tous, sans exception. Si jusqu’ici Lukas semblait suivre mon raisonnement, là, je l’avais complètement perdu. Ce qui ne m’étonnait pas, après tout, je venais tout juste de comprendre quelque chose. Un truc énorme. Les Berkeley ne pouvaient pas s’en prendre à Dumbledore pendant que celui-ci serait plus faible, car sinon, Grindelwald n’amasserait jamais un renom encore plus grand que celui qu’il avait connu. Le meilleur moyen de s’assurer de tuer toute résistance, c’était de rendre la plus grande défaite de tous les temps en la plus grande victoire.

Si, au lieu de perdre, Grindelwald gagnait son combat final contre Dumbledore, toute la communauté magique en subirait les contrecoups. C’était le moment rêvé pour anéantir toute possibilité de rébellion, car la réputation de l’ancien directeur de Poudlard était déjà reconnue à l’époque. Le voir tomber, lui, ça serait la goutte d’eau de trop. Le reste, ça serait du gâteau, parce que le moral serait au plus bas. L’espoir, anéanti.

- Tu veux bien nous faire l’honneur de t’expliquer? me proposa mon cousin.

À leur grand désespoir, je m’y employai. Aucun d’eux ne trouva à répliquer à la logique de ma réflexion et même si d’autres possibilités restaient à prévoir, c’était le scénario le plus probable. On en discuta pendant quelques minutes encore avant de revenir sur le sujet des sept enfants et du sang. Comme personne ne savait ce à quoi ça pouvait être utile, on convint de passer tout le temps nécessaire à la trouvaille de cette réponse. Puis, on passa aux prochaines questions.

L’une d’elles étant ma rencontre avec Mary Bromeïro.

Puis, la connexion qui semblait exister entre Lukas et moi.

Cette dernière question n’obtint aucune réponse satisfaisante. On était tous tombés d’accord pour se dire que ça devait être en lien avec le tatouage que nous avions en commun, mais aucun moyen d’en savoir plus sans connaître la signification du symbole en question. Quant au contenu de ma discussion avec Mary, aucun de mes amis ne sembla savoir quoi que ce soit qui concernait les éléments qui avaient été mis en avant. Ils remarquèrent tous très bien le changement de ma voix lorsque je mentionnai la perte de mémoire de mes amis, par contre.

Je le lisais dans leurs yeux.

J’ignorai toutefois toutes les questions et tous les mots prononcés qui y étaient reliés. Je n’avais pas envie d’y songer davantage. Tout ce qui m’importait c’était de trouver des réponses, de contacter mes amis et de m’en aller d’ici aussi rapidement que possible. Malheureusement, ça ne semblait pas vouloir se produire dans un avenir proche…

Quand on se sépara finalement, on se promit de se rejoindre le lendemain pour commencer les recherches à la bibliothèque. Si nous nous y mettions tous, nous devrions y arriver assez rapidement. À condition qu’elle possédait l’information que nous cherchions, évidemment.

Dix-neuf heures arriva beaucoup trop rapidement et je n’étais plus que moyennement intéressé d’obtenir les réponses que Joshua m’avait promises lorsque je me plantai devant la porte de notre Salle Commune, attendant qu’il daigne se pointer. Chose qu’il fit à peine deux minutes plus tard. Sans m’adresser une parole, il me fit signe de le suivre. Nous marchâmes donc en silence pendant plusieurs minutes jusqu’à ce qu’on arrive devant une porte qui m’avait l’air suffisamment ancienne pour quitter ses gonds à la seconde où nous tenterions de l’ouvrir.

Mais elle me fit mentir.

Joshua n’eut aucun mal à l’ouvrir et à la faire conserver sa position. D’un mouvement de tête, il me fit signe d’entrer et je ne pus retenir un éternuement en entrant en contact avec un nuage de poussière. Cette pièce donnait un tout nouveau sens aux mots « vieux », « abandonné » et « décrépi ». La porte souleva un nouveau nuage de poussière en se refermant et j’éternuai à nouveau. En guise d’entrée en matière, le Serpentard lâcha :

- Tu m’as dit que tu avais des choses à dire, mais pas pour mes oreilles. J’espère que les tiennes seront fiables.

- Crois-moi, elles le sont.

J’avais plus que ma part de secrets que je me coltinais sur une base régulière, voire même constante. Ce que j’étais devait à la base faire partie d’un secret très bien gardé dont personne n’était au courant… Évidemment, les choses ne s’étaient pas produites comme souhaité, mais au moins l’école au complet n’était pas au courant. Malgré tout, je ne bronchai pas lorsque Joshua plongea son regard dans le mien comme pour le sonder. J’aurais pu me soustraire à cette analyse visuelle, mais s’il en avait besoin, c’était probablement parce que ce qu’il devait me révéler était une information dangereuse. Restait à savoir à quel propos.

- Tu m’as demandé qui je connaissais qui avait l’habitude de trembler des mains… Eh bien, ce n’est pas compliqué. C’est ma cousine. Eleanor.

Tout ce que je réussis à faire, ce fut de le dévisager en clignant des paupières comme une chouette idiote. Eleanor Aylin ne me donnait pas l’impression de trembler des mains facilement, mais alors là, vraiment pas. Alors pour quelle raison? Les propos qui avaient précédé ou suivit ma question me revinrent et cette fois, toute chaleur quitta mon visage.

- J’ai eu de la chance à comparer de mes cousins et cousines, ajouta-t-il sans sembler prêter attention à ma réaction. Mes parents sont stricts, violents verbalement et ne sont pas tendres. Toutefois, ils n’ont jamais levé la main sur moi. Deux de mes jeunes cousines n’ont pas eu cette chance, elles ont eu un tragique accident l’année dernière lors de leur séjour chez notre oncle et tante. Les parents d’Eleanor, Kieran et Ethan.

Il s’arrêta à ce moment pour me tourner le dos et sa voix se fit beaucoup plus tranchante lorsqu’il gronda la suite :

- Leurs parents dirigent un établissement, vois-tu. Un établissement pour jeunes sangs-purs écervelés. J’y suis allé une fois, l’espace d’une semaine. Mes parents ont trouvé que c’était suffisant. Quant à… leurs enfants, ils en paient les frais dès qu’ils ne sont pas à l’école. Et mes deux autres cousines? Leurs parents les y envoyaient deux mois chaque année, pendant l’été donc.

Il s’éloigna de quelques pas avant de reprendre d’un ton presque doucereux :

- La violence physique, c’est leur choix de prédilection pour corriger. Mais ils aiment bien aussi la torture mentale, jusqu’à ce qu’ils puissent nous manipuler. Eleanor a souvent tremblé des mains. D’inquiétude, de colère. Souvent, ça se terminait de manière atroce. Crise de panique, d’anxiété. Montée de fureur incontrôlable. Elle a dit et fait des choses stupides qui lui ont valu encore plus de corrections, à cause de tout ça. Elle est brillante, mais dès que ses mains se mettent à trembler, elle oublie toute idée de contrôle, de logique et de prudence. Tout.

Je pouvais voir pourquoi il avait vu un lien entre elle et moi. À bien des égards on pourrait dire que c’était la même chose de mon côté. Sauf que je me mettais à trembler des mains dès que je songeais au merdier dans lequel je me trouvais, dès que je repensais à mes amis que je ne pouvais plus voir. Dès que je m’apercevais d’à quel point j’étais seule…

La panique, le désarroi et le désespoir.

C’était les émotions qui m’habitaient dès que mes mains se mettaient à trembler. Il n’y avait rien de plus important pour moi que ma famille et mes amis… et aucun ne se trouvait avec moi. À l’exception de Spock et Ember. Et malgré que certaines personnes d’ici m’apportaient et m’offraient leur soutien… au bout du compte, je ne pouvais compter que sur moi-même. Un frisson me traversa et je me retrouvai à m’envelopper de mes bras. Malgré que je ne fis que murmurer, l’absence de meuble dans la pièce permit à ma voix de porter suffisamment pour être entendu :

- Je ne m’attendais pas à ce genre de révélation. Je ne m’attendais pas à ce que tu me dises ce genre de choses. Que tu te confies.

Il eut un rire qui me parut très amer et il lâcha :

- Je n’en avais pas l’intention.

Il se retourna pour me faire face et s’approcha jusqu’à être à un peu moins d’un mètre, puis souffla :

- Mais il y a quelque chose chez toi, Beauxbâtons. Chaque fois que je te regarde droit dans les yeux, il y a cette lueur éteinte, malgré ta vive personnalité. Comme pour ma cousine.

Un sourire narquois étira ses lèvres alors qu’il enfouissait les mains dans ses poches et il ajouta :

- Et puis, peut-être que comme ça, tu finiras par me dire la vérité sur ce qui se passe. Mais maintenant, notre marché est terminé.

- Oh, vraiment?

- Oh que si. Je n’ai pas l’intention d’approfondir le sujet ou de m’y attarder. Alors on se revoit pour les cours et le Quidditch, Beauxbâtons.

Sur ces mots, il quitta prestement la pièce, beaucoup trop rapidement pour démontrer que le sujet n’était pas un point sensible pour lui. Sa voix pendant qu’il le racontait avait déjà pas mal fait voler en éclat sa couverture, mais là, j’en avais le cœur net. Malheureusement, je ne voyais pas comment je pourrais faire quoi que ce soit pour changer à la situation. Nous n’étions pas amis. Et ça faisait à peine deux mois que nous nous connaissions, ici du moins.

Je poussai un soupir dépité, mais comme je ne pouvais rien faire de plus, je me mis en marche. Au moment où ma main empoigna la poignée, je tombai à genoux avant que le noir n’envahisse mes yeux.

Ils y avaient des arbres immenses qui s’élevaient vers le ciel, les ténèbres environnantes rendaient leurs branches dénudées particulièrement inquiétantes. Seule la lumière de la lune dans le ciel semblait éclairer ce qui m’entourait. Et par ce qui m’entourait, je parlais de moi. Je me voyais là, descendant le tronc de l’un des innombrables arbres de la Forêt interdite que j’aurais pu reconnaître n’importe où en n’importe quelle circonstance.

Elle jeta un coup d’œil inquiet en direction du haut de l’arbre avant de reporter son regard vers le ciel. Et c’est à ce moment que je l’entendis, le cri. Un cri strident et qui possédait un long écho, comme celui d’un aigle… Je regardai à mon tour dans la direction qui semblait attirer l’attention de la moi d’en bas et mon souffle fut complètement coupé. Une créature immense descendait en piqué en poussant un nouveau cri, ses ailes immenses cachèrent la lune et ses pattes avant qui se terminaient en serre se tendirent vers moi.

C’était un griffon.

Un griffon avec mon nom de peint sur son dos.


J’ouvris les paupières doucement, le cœur me débattant encore comme si je me trouvais présentement en situation de vie ou de mort. Ce qui n’était pas le cas. Pour le moment. Malheureusement, je connaissais suffisamment mon don maintenant pour savoir que c’était une vision de l’avenir. Et qu’elle se produirait forcément. La vision que j’avais eue de l’Halloween l’année dernière m’avait suffi pour prouver que je ne faisais que très rarement erreur. Ce qui rendait mes autres visions particulièrement… inquiétantes.

Mais ce n’était pas encore le temps de s’en inquiéter.

Après tout, j’ignorais totalement quand elle pouvait avoir lieu, alors qu’il n’y avait aucun doute concernant cette vision-ci. En ce moment, il y avait encore des feuilles dans les arbres, alors ce n’était pas dans un futur proche. Je savais aussi que ce ne serait surement pas dans le mois de décembre, ou très certainement pas après la moitié du mois, car l’absence de neige était un bon indicateur. Ça me laissait donc un mois de relative tranquillité avant d’avoir à m’inquiéter qu’un Griffon me fonce dessus.

Tout ce que j’avais à faire, c’était d’éviter la forêt interdite, pas vrai? Ça ne devrait pas être si compliqué… Je m’étais bien débrouillée jusqu’ici pour ne pas y aller, après tout. Et avec la menace croissante de Berkeley, à quel point pouvais-je être idiote au point de m’y rendre? Seule et sans protection? Et pourquoi ferais-je la bêtise de descendre de cet arbre?

Je me relevai lentement du sol poussiéreux et en voulant retirer l’excédent de poussière sur mon visage, j’éternuai. Merveilleux. Je pris à ce moment la sage décision de sortir de la pièce avant de retirer la saleté de mon uniforme. Je ne voudrais même pas savoir ce qu’on pourrait s’imaginer en me voyant aussi sale. Pour les nés-moldus, il y aurait peut-être le « elle s’est pris pour un hamster dans son bain de sable? ». Si au moins ça ne semblait pas être le cas, ça pourrait être drôle…

Je rentrai à ma Salle Commune mécaniquement et ne pris pas la peine de m’arrêter en y arrivant, me dirigeant immédiatement vers mon dortoir. Je ne pris que quelques instants à me changer et sans attendre, je me jetai sur mon lit. Spock vint immédiatement se blottir contre moi et j’enfouis ma tête près de lui pour m’inonder de son odeur familière. La journée avait été pleine de révélations et pour la plupart, elles me laissaient exténuée. Je m’endormis en quelques secondes.

Les journées passèrent, se muant en semaines si rapidement que j’avais l’impression que le temps défilait entre mes doigts sans que je n’arrive à rien. Pendant le mois et demi qui s’écoula entre mes révélations-chocs, il n’y eut aucune découverte merveilleuse ou désastreuse, que le néant. La bibliothèque se trouva être un cul-de-sac avec seulement quelques éléments d’informations. Et pourtant, nous avions même fait la Réserve grâce à James.

Mais pour ne rien trouver.

Et maintenant, je me trouvais à déambuler dans les couloirs de l’école en ce 18 novembre, évitant toutes mes connaissances. Mon « père » avait bien essayé de me voir pour me parler, mais sachant ce qu’il voulait me dire je m’étais employée à ne pas être dans la même pièce que lui. La même chose se déroulant pour tous les autres. Jusqu’à maintenant je m’étais débrouillée pour les éviter toute la journée. Le plus compliqué étant les heures de repas, mais le problème avait été vite remédié. Pendant les pauses entre les cours, je m’étais rendue en cuisine pour subtiliser à manger.

D’ailleurs, c’était ce que je faisais présentement, manger.

Du bout des lèvres, certes, mais au moins je me nourrissais. Mais qui aurait l’appétit lorsque c’est votre premier anniversaire sans votre mère? Ce matin, au petit-déjeuner, j’avais regardé l’arrivée des lettres en essayant de repérer la chouette de ma mère… avant de brutalement me souvenir qu’elle n’apparaîtrait pas. C’était à peine si j’avais réussi à me rendre hors de la Grande Salle avant de fondre en larmes.

Pour la première fois de ma vie, j’avais raté une journée entière de cours.

Je ne m’inquiétais pas trop pour les cours manqués, toutefois. Je pourrais me reprendre pour la Botanique, quant aux Potions et à Divination, ça n’avait jamais été un problème. Tout ce que je voulais, c’était de prendre cette journée, juste pour moi. Enfin, presque. Je m’étais réfugiée dans un coin perdu de l’école et avait profité de l’absence de qui que ce soit pour faire mes devoirs tranquillement. Je séchais les cours n’ont pas par manque d’intérêts ou désir de rébellion, mais simplement par manque d’envie de fréquenter des gens.

Certains en particulier.

En me voyant déambuler dans l’école ainsi, certains pourraient se dire que je n’avais aucun but en tête. Et pourtant, ce n’était pas le cas. Toutefois, mon apparent manque d’intérêt pour une destination suffirait à tenir à distance tous ceux qui pourraient chercher à me coincer quelque part. Lorsqu’ils comprendraient où je me rendais, il serait trop tard pour me coincer.

C’était la joie de la Salle sur Demande, après tout.

Mary m’avait dit qu’elle aurait un cadeau pour moi, ou du moins quelque chose dans ce genre lors de mon anniversaire. J’espérais qu’il serait à la hauteur, car je n’avais aucune envie de sentir de la déception m’envahir en plus de tout le reste qui se bousculait entre mes côtes.

Lorsque je me retrouvai enfin devant le miroir, je répétai la démarche de la dernière fois. Le processus me parut légèrement plus rapide, mais je n’aurais pas été surprise qu’on me dise que ce n’était qu’un effet de mon imagination. En ce moment, ma tête était tellement partout sauf présente que je n’étais plus étonnée de grand-chose… Dès que le fantôme de mon ancêtre apparut devant le miroir, je lâchai d’un ton morne :

- Bonsoir, Mary.

- Bonsoir, Allison. Joyeux anniversaire!

La compassion que je pouvais lire dans son visage, qui me semblait beaucoup plus réelle que la dernière fois, me poussa à faire la grimace.

- Je vais bien.

- Mentir sur ton bien-être ne t’apportera rien, Allison.

Je me contentai de hausser des épaules.

- Peut-être que ce que j’ai à t’offrir te redonnera le sourire, mais peut-être que ce ne sera pas le cas. Mais dans tous les cas, prêtes-y bien attention.

- Nous verrons bien… et je le ferai.

Je ne pris même pas la peine de lui demander à quoi je devais prêter attention exactement, car je connaissais d’avance sa réponse. Elle me dirait qu’il lui était impossible de partager cette information et blablabla. Je l’avais de graver dans le crâne, cette chanson! J’oubliai toutefois toute ma rancœur et mon amertume au moment où une vibration sembla parcourir le miroir et que l’image de Mary disparut pour laisser place à autre chose.

C’était… mes amis.

Mes vrais amis.

Rose et Scorpius étaient assis quelque part, serrer l’un contre l’autre à… à regarder des souvenirs sur le collier de ma meilleure amie. Rien qu’à cette image, je me mis à pleurer, les larmes dévalant mes joues sans pouvoir s’arrêter. Ça ne fit que s’empirer en voyant toutes les autres scènes.

Joshua, Ruby et les autres Serpentards se trouvaient dans leur Salle Commune, réunie en un cercle et ils semblaient discuter à voix basse. L’air sombre de mon amie me donna l’impression qu’on me dévorait les entrailles. Je voyais d’ici ses joues humides.
Teena était seule dans notre dortoir et dévisageait le plafond. C’était la première fois, de toute notre scolarité, que je la voyais faire ça. Et être seule. Complètement seule. Ma camarade de dortoir n’avait jamais, au grand jamais, été une solitaire. Elle trouvait toujours quelqu’un avec qui passer son temps, la majorité du temps c’était nous ou son petit-ami de l’occasion. Les larmes sur ses joues, c’était du nouveau aussi. Renforcé par l’absence de toute autre personne dans la pièce. Teena détestait pleurer dans son coin. Elle avait besoin du contact d’autrui pour se sentir mieux.

Lily et Hugo se trouvaient dans notre Salle Commune, semblait jouer à une partie de Bavboules, mais aucun d’eux ne semblait prêt à faire le moindre mouvement. Ils semblaient trop préoccupés par la vue de la bague qui ornait leur doigt. Celles que je leur avais offertes pour leur anniversaire…

James, Liam, Dylan et Louis se trouvaient dans la Forêt interdite. James… James il semblait furieux. Ses poings s’abattaient inlassablement sur le tronc d’un arbre sous le regard de ses amis. Je n’aurais jamais cru qu’il pourrait être furieux à ce point. J’aurais aimé pouvoir affirmer que ce n’était pas mon absence qui le mettait dans cet état, mais ça aurait été un mensonge. Je voyais beaucoup trop bien que mon nom fut prononcé à quelques reprises par ses compatriotes. En particulier Liam et Louis. Dylan me semblait anormalement… muet.

Mon attention se porta ensuite sur deux autres silhouettes blotties l’une contre l’autre. Elles se trouvaient dans une pièce étrange que je n’avais encore jamais vue, mais je n’y prêtai pas attention, trop choquée par ce que je voyais. Mal et Alexander se serraient l’un contre l’autre… et je pourrais jurer que des larmes ne s’écoulaient pas seulement des yeux de mon amie, mais aussi de mon frère. Mon frère… mon frère pleurait. À quelques reprises, il se passa la main dans les cheveux et tenta d’essuyer ses larmes, mais elles semblaient revenir à chaque fois. Elles n’étaient pas aussi abondantes que celles de Mal, mais suffisamment présentes pour me pétrifier. Sauf qu’il ne servait à rien de nier quoi que ce soit. Je lui manquais. Et il me manquait aussi.

Et Albus… Oh, Albus. Des bruits particulièrement peu élégants m’échappèrent en posant mon regard sur lui. Des cernes horribles ornaient ses yeux, ses traits étaient émaciés et le moindre coup de vent semblait être suffisant pour le faire s’envoler. Je plaquai mes deux mains contre la surface du miroir, cherchant à m’approcher de lui par tous les moyens. Je n’arrivais pas à savoir où il était. Tout ce que je pouvais voir, c’était que la pièce était sombre. Et qu’il était recroquevillé sur lui-même. Sa bouche remuait doucement. Il semblait répéter inlassablement la même chose. Ce n’est qu’après un temps qui me parut effroyable que je pus déchiffrer ce qu’il disait « Je suis désolé, désolé. Je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas! ». Il s’arrachait les cheveux, littéralement. Mes mains appuyèrent plus fort sur la paroi du miroir et j’y apposai mon front pour me trouver vis-à-vis d’Al. Mon Al. Il ne devrait pas s’en vouloir. Ce n’était pas de sa faute. Je me rendis à peine compte du mouvement que j’effectuai pour m’appuyer tout le visage sur le miroir, mais j’en pris conscience, car à la seconde où mon nez fut en contact avec le miroir, Albus releva brusquement la tête, je n’eus que le temps de croiser son regard qui me manquait tant…

Puis tout disparut.

Seul l’écho de la voix de Mary m’accompagna encore quelques secondes :

- Souviens-toi…

Je n’avais aucune idée de l’élément auquel j’aurais dû prêter attention dans ce cadeau qu’elle m’avait offert. Et pour ne pas mentir, je m’en moquais. Je n’avais aucune envie d’y penser. Je m’accrochais beaucoup trop à ce regard vert écorché… Au visage de tous mes amis. Je me repassais toutes les scènes en tête sans m’arrêter, revenant sans cesse à Albus et à son air de déterré. Si j’avais pu, je serais rentré dans le miroir pour le rejoindre.

Mais c’était impossible.

Je comprenais pourquoi Mary disait que son cadeau pouvait être bénéfique comme néfaste. Les deux se disputaient en moi, pourtant, au bout du compte je lui en étais reconnaissante. Je n’aurais pas pu avoir meilleur cadeau que celui-là. Sauf peut-être me réveiller pour découvrir que tout ceci n’était qu’un horrible coma et que rien de ce que j’avais vécu depuis que j’étais arrivée sur le quai neuf et trois quarts pour cette sixième année ne s’était produit.

Sauf que la réalité n’est jamais aussi douce.

En sortant de la Salle sur Demande, je me retrouvai à m’arrêter brutalement, les joues encore parcourues de larmes, pour ne pas foncer dans James. Et tous les autres. Ils étaient tous là, à attendre de pied ferme devant les portes de la Salle. Je ne possédais aucun doute sur le comment ils avaient pu me trouver, mais je n’en étais pas moins mortifiée.

Malgré que ça ne servirait à rien, je ne pus m’empêcher de me frotter vigoureusement les joues pour en effacer les larmes. En me voyant faire, James arqua un sourcil. Quelques secondes plus tard, il lâcha :

- Toi, tu es quelqu’un difficile à coincer!

J’effectuai une courbette ironique avant d’essayer de forcer mon passage en disant :

- Je veux rester seule.

Malheureusement, si je réussis à franchir les premiers obstacles humains sans encombre, je ne parvins pas à m’éloigner de plus de deux pas de tout le groupe, car on me retint par le poignet. Je me retournai avec un grondement pour tomber nez à nez avec mon cousin. Son regard beaucoup plus doux que celui de son père biologique m’obligea à m’immobiliser malgré mon envie de me libérer brusquement de sa prise.

- Tu ne devrais pas rester seule, me souffla-t-il.

- J’en avais besoin.

- Peut-être, mais maintenant, ce dont tu as besoin, c’est d’avoir de la compagnie, rétorqua Ruby. Au départ…

- Au départ, James voulait te préparer une petite fête, annonça Rose.

- Mais on a réussi à lui faire entendre raison en disant que tu préférais sans doute quelque chose de plus tranquille vu que… commença Albus, mais Scorpius prit la relève au moment où il le vit flancher.

- Vu que nous ne sommes pas vraiment…ceux que tu connais. Et avec qui tu aurais voulu passer cette soirée.

- Alors on a décidé qu’on te laisserait choisir, reprit Ruby.

Je les regardai un à un et malgré que je m’étais efforcée de ne pas pleurer à nouveau devant eux, mes nerfs me lâchèrent complètement et des sanglots me secouèrent entièrement. En moins d’une seconde, je me retrouvai dans les bras de mon cousin, alors que j’aurais cru que ce serait la dernière chose qu’il aurait envie de faire. Pourtant, son contact me détendit aussitôt et après une ou deux minutes les larmes s’estompèrent d’elles-mêmes. Dès qu’il y en eut plus aucune, James s’enquit avec un sourire incertain :

- Alors, que veux-tu faire?

Mon regard s’attarda à nouveau sur chacun d’entre eux et les images que j’avais vues moins de dix minutes plus tôt se rappelèrent à ma mémoire. Certaines se démarquèrent plus que d’autres et s’accompagnèrent de souvenirs très anciens. Datant de ma première année dans cette école qui m’avait réservé bien des surprises et n’avait très certainement pas fini de me surprendre. Une idée commençait à poindre dans mon esprit, mais je ne pouvais pas… Je m’étais promis… Sauf que j’en avais besoin… terriblement besoin.

- Je crois, finis-je par souffler. Je crois que j’ai envie de me rendre dans la Forêt interdite.

Il y eut un tonnerre de réactions, pour certaines c’était de l’excitation, pour d’autres une peur panique et encore pour d’autres, ou plutôt pour une, de la consternation. Sauf qu’au bout du compte, alors que je croyais que je m’y rendrais seule en compagnie des Potter, de Ruby et de Scorpius, ils acceptèrent tous de m’y accompagner. Même Rose la Harpie et mon cousin. Et je n’arrivais pas à savoir ce qui me surprenait le plus entre les deux.

On ne prit qu’une vingtaine de minutes à être tous fins prêts pour notre expédition tardive. Le couvre-feu n’était pas encore d’actualité, mais il ne tarderait pas à l’être, alors nous n’avions pas une seule autre minute à perdre. La tension accumulée dans les derniers mois disparut à la seconde où je me retrouvai à l’extérieur. Par mesure de précaution j’avais laissé Spocky dans mon dortoir. Il serait beaucoup trop vulnérable dans la Forêt, surtout si nous y allions pour grimper aux arbres.

J’inspirai longuement en pénétrant dans la Forêt. L’odeur particulière du bois lorsque l’automne touchait à sa fin me rassérénait tout particulièrement. Ou peut-être que rien que l’odeur de forêt, peu importe la saison, m’apportait toujours cette touche de calme. Ce n’était pas seulement parce que j’aimais grimper que les arbres m’attiraient autant. Non, c’était aussi une manière pour moi d’acquérir une certaine sérénité, le genre de sentiment qui ne m’habitait que très, très rarement. Les autres me suivaient, qui avec crainte, qui avec assurance, qui avec émerveillement. Parfois, c’était tout à la fois, pour certains, en tout cas. Rose démontrait surtout de la crainte. Ruby de l’émerveillement. Mon cousin le mélange des deux. Quant à James, c’était de l’assurance. Albus et Scorpius… je ne saurais dire, mais à première vue ce n’était pas la dernière fois qu’ils viendraient.

Dès que nous atteignîmes ma clairière de prédilection pour la grimpe, je passai un moment à leur montrer la manière adéquate de grimper. Contre toute attente, la Harpie maîtrisa la technique en moins de deux! Ruby était déjà familière à ma manière de faire, puisqu’apparemment, c’était une passion que j’avais en commun avec l’autre Allison. Je n’y prêtai pas trop attention et à la seconde où ils surent tous se débrouiller, je commençai mon ascension. James et Ruby me suivirent rapidement. Au final, nous nous retrouvâmes tous en haut de cet arbre centenaire qui aurait pu accueillir encore trois ou quatre grimpeurs.

Je sursautai comme tous les autres lorsqu’un cri déchira la nuit.

J’avais déjà entendu ce bruit et à croire le regard que mon cousin me jeta, il ne lui était pas étranger non plus. Pourtant, nous n’avions jamais parlé de cette vision que j’avais eue bien des semaines auparavant. Je n’en avais pas fait mention… et lui non plus. Jusqu’à maintenant, j’ignorais même qu’elle pourrait lui être familière. Mon rythme cardiaque s’accéléra considérablement. Je connaissais la réputation des griffons. Ils étaient féroces, sans pitié. S’ils avaient été apprivoisés pour m’attraper moi, ils ne laisseraient pas mes amis repartir.

Je ne doutais pas une seule seconde que ce griffon appartenait à Berkeley.

Je me souvenais très bien de la dernière image que j’avais enregistrée de cette vision. Mon nom peint en lettre d’un rouge éblouissant sur le dos de la créature alors qu’elle fondait sur moi. Je ne doutais plus de la raison pour laquelle j’étais descendue à présent. Les griffons possédaient des sens bien supérieurs au nôtre et ce n’était pas quelques branches qui l’empêcheraient de venir me saisir… en massacrant quelques-uns de mes amis au passage.

Un second cri retentit et je ne pris qu’une seconde à prendre ma décision.

Mes mains et mes jambes se mirent en marchent, me permettant d’entamer ma descente fastidieuse. Une fois en bas, je pourrais sans doute me transformer en loup et m’enfuir de là. Sauf que je ne pouvais pas abandonner mes amis. Rien ne me promettait que le griffon me poursuive sans s’en prendre à eux par frustration. Qu’est-ce qui me disait qu’il comprendrait que j’étais le loup? Absolument rien.

Lorsque j’atteignis le sol, un nouveau cri me perça les tympans.

Je jetai un coup d’œil nerveux vers le groupe en haut. Je secouai fortement de la tête en les voyant commencer à vouloir descendre. Ça ne valait pas la peine qu’ils se mettent en danger. Je possédais encore l’espoir que j’arriverais à me dépêtrer de cette horrible situation. D’une manière ou d’une autre. Si j’avais eu la vision, c’était que ça devait se produire. Je m’étais déjà enfuie de chez Berkeley une fois, je pouvais le refaire.

Je possédais plus d’un tour dans mon sac et en plus… j’étais majeure maintenant.

Je pouvais utiliser la magie, sans risquer de représailles que je devrais expliquer plus tard. Il me suffisait de tenir suffisamment longtemps, et peut-être, juste peut-être tirer parti de la situation pour en apprendre davantage sur ses plans. Après tout, Berkeley adorait s’extasier devant ses propres projets, qu’ils aient des chances de réussites ou pas. Et je n’avais certainement pas l’intention de lui permettre d’y arriver. Oh, que non!

Je m’éloignai encore un peu de l’arbre jusqu’à être dans l’air visible de la clairière et un quatrième cri s’éleva de la créature alors qu’il fondait sur moi comme il l’avait fait dans ma vision. Je tournai une seconde la tête vers mes amis et tout en reportant mon attention sur le griffon, je dis suffisamment fort pour être entendu :

- Je suis désolée…

La seconde suivante, des serres aux bouts acérés se refermèrent sur mes épaules et ma bouche se tordit pour réprimer un cri. Je ne pouvais pas leur montrer ma douleur. Je ne pouvais pas leur montrer à quel point j’étais paniquée en voyant le sol disparaître sous mes pieds, remplacé par des mètres et des mètres de vides. Je ne pouvais pas leur montrer à quel point j’avais envie de vomir sous les puissants coups d’aile de la créature. Plus que tout, je devais leur montrer que tout irait bien et que ce n’était certainement pas la dernière fois qu’on se verrait. Tout en ravalant toutes mes émotions indésirables, j’hurlai au vide, sachant qu’ils m’entendraient :

- Ça ne se terminera pas comme ça!

Puis la douleur devint insoutenable et je perdis connaissance.

Image


Et c'est déjà la fin du chapitre :shock: Alors, qu'en pensez-vous? Il s'est passé pas mal de trucs dans celui-là, n'est-ce pas? N'hésitez pas à me partager votre colère, votre joie ou... peu importe l'émotion qui vous habite / a habité pendant ce chapitre. Un rappel! Ceci marque officiellement que la fanfiction est arrivée à mi-parcours. Il reste seize chapitres et ce sera la fin de ce tome-là :cry: Je ne sais pas encore, de manière certaine, si le tome 3 sera existants. Le oui est presque certain, mais ça va dépendre d'où j'en suis lorsque ce tome-ci sera terminé. Il y a pas mal de trucs qui s'annoncent pour les prochains mois / prochaines années alors... qui vivra verra :lol: Sur ce, on se revoit pour le bonus soit le 29 mars ou le 5 avril!

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey... Humm... Je me sens terriblement mal à l'aise en ce moment. :oops: Et vraiment coupable. :? Ça fait au moins trois semaines que je me dis que je devrais venir publier un petit message ici pour m'excuser de mon retard affligeant qui ne fait que s'allonger avec chaque jour qui passe, mais bref. Je trouve à peine le temps ou la volonté d'ouvrir mon ordinateur dernièrement, alors venir sur BN... Peu importe. Je viens de commencer à travailler à un nouvel endroit, depuis près d'un mois et demi en fait, et j'avoue que j'ai du mal à m'organiser un horaire qui permet toutes les choses que je dois faire. Je N'AI PAS abandonné la fanfic, sachez-le. Alli, Al, Scorp, Rosie, James... Ils viennent absolument tous me trotter dans la tête, très régulièrement. Je ne peux pas donner de date exacte pour la publication du prochain chapitre, mais je tenais simplement à vous informer que je n'ai rien abandonné et que j'ai juste énormément de difficulté à trouver du temps pour écrire, même mes autres projets sont mis en attente :| Avec un peu de chance je vais peut-être arriver à terminer le chapitre pour le mois de juin... :? Et pour le bonus, on verra bien. :oops: Bref, on se revoit bientôt avec un peu de chance!

P.S: S'il y a des nouveaux par ici, n'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à m'écrire sur mon mur. Je passe une fois de temps en temps pour voir si j'ai raté quelque chose d'important sur un autre forum, alors je regarde toujours celui-ci au cas où. Vous pouvez m'écrire en privé aussi, si vous avez des questions ou autres. Vu que techniquement le prochain chapitre est commencé, je pourrais aussi fournir un extrait, si ça en intéresse quelques-uns :D
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hello !
T'inquiète pas pour ta fanfic', prends ton temps et bonne chance avec ce nouveau travail !
Et pour la procrastination, c'est pas moi qui vais dire quelque chose là dessus :lol: (là je regarde toutes les histoires que je suis et que j'ai pas com et je suis en train de mourir de honte :oops: )
Voilà, voilà, j'ai hâte de retrouver tout le petit monde !
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