Minerva McGonagall [Harry Potter]

Vous écrivez une fan fiction et vous voulez la partager avec la communauté Booknode? Faire vivre à vos personnages favoris des aventures inédites?
Alors postez vos textes ici afin qu'ils soient bien différenciés des essais classiques tout droit sortis de l'imaginaire d'autres booknautes.
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Charmimnachirachiva

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !!!
Je suis trop contente que tu ais recommencer à poster !!!!!!!
Tout d'abord, les chapitres sont justes géniaux ! Minerva a vraiment une personnalité complexe et attachante que tu réussis super bien à écrire.
L'histoire avec Charlie, pour moi, représente bien comment elle se conduira plus tard avec les élèves : pas toujours très douce mais elle agit pour leur bien. En plus, malgré son attitude revêche, je l'aime bien Charlie ! Et le moment des biscuits est extraordinaire ! :lol:
Par contre je n'ai pas encore tranché si je pensais que Lewis et Minerva allaient à un moment ou à autre devenir plus qu'amis... Rien qu'imaginer Minerva en couple est bizarre :lol: mais ils vont vraiment bien ensemble les deux !
J'ai beaucoup apprécié que Lewis soit fairplay, ça montre que c'est une bonne personne...
Et pour la relation Adam/Minerva, même si elle s'est à nouveau améliorée (c'était trop triste quand ils étaient fachés :cry: ), on sent qu'elle est différente parce que Alan et Cora sortent ensemble. Même si en soit c'est une bonne chose et que j'aime bien Cora, je peux comprendre que ça fasse bizarre à Minerva... (est-ce que je dis ça parce que ma meilleure amie est en couple ? oui, totalement :lol: )
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

J'ai failli faire une blague du style "j'ai perdu mes données" mais je me suis dit que ça aurait été de très mauvais goût
EN EFFET
Nan en vrai c'est moche pour toi T.T

Joli le titre du chapitre !
elle était parvenue à perdre un doigt lors de ses essais
Beuuuurk
je me demande si perdre un membre en transplanant fait aussi mal que si on le coupait
Question à laquelle nous n'aurons jamais de réponse MALHEUREUSEMENT

Yuk la main à quatre doigts
C'est pas les elfes de maison qui ont 4 doigts ? Oh chais plus
- Eh, McGonagall !
J'étais en plein trouble temporel, pendant 3 secs j'ai cru qu'elle était prof et qu'un élève l'interpellait comme ça
fit Lewis en désignant l’ombre d’un saule pleureur dont les branches pendaient paresseusement dans le vent.
Pas le saule pleureuuuuuuuur
Il eut un bref ricanement avant que son talon ne bute contre la racine et qu’il bascule
Mdrrrr mais quel bolosse :lol: (je plaisantais sur le chocolat blanc mais je me sens en plein sugar rush :lol: )
(ou son absence)
Est-ce que là t'avais pas trop envie demettre "thereof" derrière ? C'est bien pratique quand même
En cela, elle savait que sa mère regrettait ne pas pouvoir partir en virée shopping avec sa fille pour des folies vestimentaires.
Est-ce qu'on a pas eu cette conversation il y a une semaine :lol:

Je sais que c'est à la mode, le col claudine, mais j'ai du mal
C'était marrant ce paragraphe mode, est-ce que t'as fiat des petites recherches de termes haha ? Jupe à plis plats je l'aurais pas sorti
de tu sais qui.
Lol. (je me suis fait mal aux dents avec mon chocolat help)
d’un pantalon corsaire au tissu froissé
Si c'est ce que je pense il va falloir faire intervenir la fashion police (j'ai fini mon chocolat de Pâques et je ne suis que chagrin)

McGo en PANTALON
imagine Mcgo en jogging qui vient engueuler les Gryffondors le samedi soir
- Cet été, je viendrai t’entraîner, annonça-t-elle. Tu devras faire ce que je dis et je te promets que tu réussiras les sélections parce que tu l’auras mérité.
Je sais pas si me réjouirait de passer l'été avec ma future capitaine intransigeante mais OKAY
Elle ne s’était jamais sentie aussi belle que lorsqu’elle avait son visage recouvert de boue, selon elle
Hahah c'est mon genre de personne
Finalement, peut-être que l’équipe de Gryffondor était dans une certaine mesure et d’une certaine façon, un refuge pour étudiants.
Traduction = une équipe de paumés (déso pas déso les gars)
Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer le virage qu’avait pris leur relation.
Ah mais moi je croyais qu'ils étaient officiellement ensemble depuis belle lurette :lol:
Sinon c'est affreux la réflexion de Minerva
- Bien sûr, mentit-elle. Je vais à la tour, l’équipe veut boire un verre pour fêter notre accès en demi-finale.
On sait comment elle interrompait toujours le fun des Gryffondors, c'est parce qu'elle avait fait les mêmes bêtises avant donc elle se laissait jamais surprendre
Il n’y en aura jamais suffisamment pour tous les étudiants.
T'as passé trop de temps à la fac :lol: Techniquement, c'est des élèves (si je ne m'abuse le terme d'édutiants est réservé au supérieur)
Bref, ça me fait rire, j'ai l'impression d'être en TD
C’est comment déjà ? Ah oui, « faire plus ample connaissance », assorti d’un clin d’œil.
Whaaaaaaaaaaat dégueu
Mais peut-être le combat de l’une était également le combat de toutes les autres.
C'est beau :')
- L’hippogriiiffe dansant sur les toiiiits !
Tu nous fais la chanson entière Clem ? :lol: C'est sur quel air ? :lol:
elle avait peur qu’elle la mange plutôt qu’elle la range.
Okay ça m'a tuée :lol: :lol: :lol:
Minerva et Miller s’aplatissaient respectivement les doigts avec un mélange de délice et douleur.
Elle aurait mieux fait d'en avoir plus que 4, ça aurait fait moins mal

Je m'arrête au milieu du match pour te dire :; chapeau de l'avoir réécrit parcce que quel calvaire d'écrire les matchs de Quidditch eurgh

ELLE ROUGIT BEAUCOUP FACE A LEWIS LA PETITE DAME
- On a eu de la chance, commenta-t-elle d’un ton songeur.
- A nous de la mériter alors, répondit Minerva avant de s’envoler.
D'un ton songeur style "hmm hmm il en pince pour Minerva" ?
L’heure n’était pas à la célébration mais à la planification.
C'est vraiment une tueuse :lol:
Je te ferai tomber de ton balai avant que tu ne la touches.
Ca me rappelle .... Ah je peux pas dire t'as pas lu Lucy
Une nature intérieure était infiniment plus complexe à comprendre et assumer. Plus effrayante aussi.
J'aime beaucoup ces phrases de fin qui sont très bien formulées !

Rolala mais toute cette conversation avec Lewis, j'ai de la peine pour lui parce qu'il va se prendre un veeeeent
C'est aussi bien si elle est pas amoureuse de lui hein mais triste quand même

ALORS
Tant d'amour dans ce chapitre
Alan et Cora me font trop de peine, ça pue à mort cette histoire, et Minerva qui est persuadée que ça va mal se finir argh
J'aime trop sa relation avec Lewis sinon, même si ils veulent peut-être pas la même chose. J'aime bien le jeu de séduction discret de Lewis (si c'est bien ce qu'il fait), et puis leur enquête ensemble c'est stylé
Encore une fois, bravo d'avoir réécrit le match ! Très bien en plus

PEACE OUT je suis à l'heure sur mon commentage pouahahahah
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Coucou !!
Charm un bonheur de te retrouver ici, vraiment ça fait trop plaisir !! *-* :mrgreen: (force à toi pour ta meilleure amie en couple pouahaha, ça a l'air d'être une épreuve ^^' )
J'espère que ça va vous plaire, très bonne lecture !

Chapitre 20 : La sphère du vide et des incertitudes


La bibliothèque était presque entièrement remplie d’étudiants, venus réviser leurs examens. Minerva tourna la page de son manuel dans un soupir puis s’étira la nuque. Soudain, un élève vint asséner son sac juste devant elle, la faisant sursauter. Lewis tira la chaise en la regardant.

- Qu’est-ce que tu fais ? demanda Minerva.

Lewis cligna des yeux.

- J’étudie… c’est à ça que ça sert la bibliothèque, non ?
- Joue pas au plus malin, grogna la Gryffondor en replongeant son nez dans le livre.
- Chut ! fit Mme Pince en plissant ses yeux derrière ses lunettes fines.

Un Serdaigle juste à côté leur fit exagérément les gros yeux pour l’appuyer.

- Y en a qui bossent leurs ASPICS ici, dit-il d’un air faussement important.

Minerva roula des yeux mais ne dit rien. Lewis sortit un livre de métamorphoses. Ils travaillèrent en silence durant un moment, le Serpentard prenant quelques notes, raturant fréquemment dans de gestes agacés. Après son énième soupir, Minerva s’agaça :

- Bon, si tu ne parviens pas à comprendre par toi-même, va demander à un prof.

Lewis leva un visage étonné.

- A Dumbledore ? Pour qu’il me parle avec son charabia ? Non merci.
- Vous la bouclez, vous deux ? intervint le Serdaigle.
- Nous aussi on travaille, répliqua Lewis. J’ai des BUSES.
- Ah ouais ? ricana le Serdaigle. T’aurais mieux fait de bosser le Quidditch, ça t’aurait avancé sur quelque chose.
- Et c’est un Serdaigle qui parle…

Mme Pince leur fit une nouvelle remarque, bien plus sévère. Le Serdaigle se pencha en avant et chuchota :

- Au moins nous on ne se vante pas avant de se faire écraser.
- On ne s’est pas fait écraser, répondit Lewis d’un ton digne, demande à Minerva.

Le Serdaigle observa la capitaine qui stoppa sa lecture. Elle regarda Lewis et dit nonchalamment :

- Vous n’aviez aucune chance.

La bouche de Lewis fit un « o » choqué avant de reprendre son livre avec un grognement étouffé sous le rire de la Gryffondor. Elle rectifia tout de même :

- Il n’empêche que Lewis n’a pas tout à fait tort en disant que Serdaigle ne peut guère faire le fier.
- Bon ça suffit ! réagit virulemment Mme Pince en débarquant de nulle part. Vous sortez, tous les deux ! Et vous aussi Carlson !

Minerva ne put s’empêcher de fusiller le Serpentard du regard. En sortant il se défendit :

- Ce n’est pas ma faute, je devais défendre ma Maison !
- Tout allait bien avant que tu ne viennes, riposta Minerva qui n’avait jamais été éjectée de la bibliothèque de sa vie.

Lewis la rattrapa, son sac à moitié ouvert.

- Viens travailler dans la Grande Salle, il n’y a personne.

Minerva s’arrêta.

- On peut y aller ?
- Et pourquoi pas ? En plus, j’ai besoin d’aide pour la Métamorphose. Il paraît que tu es douée.
- Et donc je devrais t’aider ?

Lewis haussa les sourcils.

- Je t’ai sauvée d’une chute terrible durant le match.

Minerva le frappa de son poing et Lewis glapit de douleur.

- Ok, ça va ! J’ai juste besoin d’un coup de main et le professeur Dumbledore nous parle gobelin, je ne comprends rien.

Minerva cacha son sourire. Son air pitoyable lui aurait presque fait de la peine. Finalement, elle soupira et accepta sa demande.
Il n’y avait personne dans la salle. Alors que Minerva se dirigeait vers la table des Gryffondor, Lewis prit la direction des Serpentard. Ils s’immobilisèrent.

- Aucune chance que j’aille chez vous, fit Minerva.
- Moi non plus, répondit-il.

Pendant un bref moment, elle les trouva ridicules à s’attarder ainsi sur les Maisons. A sectariser ainsi les étudiants dès leur plus jeune âge, ils créeraient des frontières impossibles à détruire. Qui sait quelles en seraient les conséquences ? Lewis parut troublé et il se racla la gorge. Il chercha une solution du regard avant de désigner la table des professeurs.

- Un terrain neutre, ça te va ?

Elle ignorait s’ils étaient autorisés à s’y installer, mais elle acquiesça et le suivit. Inconsciemment, elle prit le siège de Dumbledore.

- Pitié, ne prends pas trop son rôle non plus, plaisanta Lewis.

Minerva eut un sourire en coin.

- Qu’est-ce que tu dois travailler ?
- Le sortilège de Disparition.

Minerva grimaça.

- Pas évident. Il faut l’étudier longuement et régulièrement pour le maîtriser.
- Bizarrement, c’est ce qu’a dit le professeur Dumbledore en début d’année.
- Et alors ? Tu l’as fait ?

Le regard embarrassé du Serpentard lui donna sa réponse et elle eut un grognement de dépit.

- J’ai eu d’autres choses auxquelles penser. Je croyais avoir le temps, jusqu’à…
- Jusqu’à que tu ne l’aies plus, termina Minerva. Classique.

Elle tira le manuel vers elle et lui demanda :

- Qu’est-ce que tu sais sur ce sortilège ?
- Qu’il fait disparaître des objets, de la matière… Il faut utiliser la formule « Evanesco ». C’est à peu près tout.
- Ce n’est pas grand-chose, remarqua Minerva.

Lewis lui jeta un regard fermé.

- Dumbledore est plus indulgent.
- Tu m’as dit de ne pas être Dumbledore.

Lewis se frotta les yeux mais Minerva perçut le sourire qu’il retenait.

- Bon, commençons par la théorie du sortilège. Jusque-là, tu as raison sur son rôle. Sa difficulté repose dans sa visualisation.
Donne-moi un exemple dans lequel tu l’utiliserais.

Lewis réfléchit un bref instant avant de répondre :

- Slughorn le fait toujours pour nettoyer les chaudrons.

Minerva hocha la tête.

- Cela peut paraître simple à réaliser, mais ce n’est pas le cas. Pourquoi ?
- Je risque de faire disparaître le chaudron avec ?
- Exactement, approuva la Gryffondor. Il faut absolument visualiser ce que tu veux effacer. Cela nécessite de la concentration et de ne pas être déstabilisé par ton environnement.

Minerva fut ravie de voir que le Serpentard griffonnait quelques notes et était attentif. C’était en quelque sorte gratifiant.

- Est-ce que c’est l’opposé du sortilège d’Apparition ?
- Dans son utilisation générale, oui. Mais le sortilège d’Apparition a ses propres restrictions. Les lois…
- Les lois de Gamp, je sais, râla Lewis. Je n’en peux plus de ces lois. L’argent, l’amour, la vie ou encore la nourriture, je peux toujours rêver pour en créer par magie. Donc je ne peux pas faire apparaître du jus de citrouille. Mais je peux en faire disparaître, c’est bien ça ? Et pour les êtres vivants ?
- Impossible de faire disparaître une vie organique. Sinon crois-moi, je t’aurais fait disparaitre un bon paquet de fois, ricana Minerva.
- Hilarant. Mais ils vont où, tous ces trucs que l’on fait disparaître ?
- Dans le tout.

Lewis lui renvoya un regard vide.

- C’est-à-dire ?
- C’est-à-dire dans le rien.

Lewis laissa tomber sa tête dans ses bras. Il gémit.

- T’abuses. Tu m’avais dit que tu ne ferais pas de Dumbledore.

Minerva rit.

- Ce n’est pas ma faute, c’est juste comme ça. Imagine une sphère remplie de toutes les choses qui existent au monde. Cette sphère a une étendue infinie et renferme tout ce que les sorciers et sorcières ont fait disparaître dans toute l’Histoire de la magie.

Lewis siffla.

- Ça fait une grande sphère.
- C’est une image, Rollin, soupira Minerva. Bref, c’est le tout, car tu y trouveras tout ce que tu peux imaginer depuis le début de la Magie. Mais c’est aussi le rien, parce que tu ne peux pas piocher dans cette sphère pour récupérer un objet, une nourriture. Le sortilège d’Apparition ne s’applique pas en parfait opposé du sortilège de Disparition.
- A cause de la loi de Gamp ? devina Lewis.
- En partie, acquiesça Minerva, mais aussi parce que toute création façonnée par la magie ne dure pas. Tu la crées toi-même tout en sachant qu’elle sera éphémère par sa nature.

Lewis fronça les sourcils.

- Donc pour résumer… Ta sphère, c’est un peu une déchetterie internationale de la Magie ?
- C’est une manière de voir les choses, mais oui… J’imagine.

Lewis s’adossa à sa chaise et croisa les bras en la regardant, un fin sourire aux lèvres.

- Tu expliques bien, tu sais.

Minerva haussa une épaule et se pencha sur son sac, comme cherchant quelque chose pour s’occuper le temps que la chaleur qui lui montait aux joues disparaisse.

- Tu rougis, Minerva.
- Ce n’est pas vrai, démentit-elle en se redressant. Bon, tu as fini avec ces révisions ? Je peux partir ?

Lewis croisa les bras et s’adossa à sa chaise.

- Pourquoi tu ne veux tout simplement pas accepter le compliment au lieu de changer de sujet ? Si je te dis que tu es douée au Quidditch, cela ne te dérangera pourtant pas de te vanter.
- Parce que je suis douée au Quidditch, rétorqua immodestement Minerva.
- Et je te certifie qu’à l’enseignement aussi.

Minerva resta silencieuse.

- C’est étrange, continua Lewis en s’avançant sur sa chaise. Tant que tu n’as pas fait tes preuves à toi-même, tu ne parviens pas à te considérer douée. C’est pour ça que tu n’as pas de problème à accepter les compliments sur le Quidditch : parce que tu as prouvé à travers tes victoires que tu étais une bonne joueuse et une bonne capitaine.

Minerva lui jeta un coup d’œil critique, le sourcil dressé.

- Tu es devenu psychologue maintenant ?

Lewis eut un bref sourire.

- Arrête de te cacher.
- Moi, je me cache ? s’offusqua Minerva.
- Derrière ton sarcasme, répondit Lewis. A chaque fois que quelque chose te gêne, tu tentes de reprendre le contrôle avec tes piques. Tu sais ce que ça veut dire ?

Minerva se trémoussa sur sa chaise. La tournure de cette conversation ne lui plaisait absolument pas, mais Lewis semblait accroché et ne la laisserait partir sous aucun prétexte. Elle chercha du regard quelque chose pour l’occuper, comme un objet à ranger, avant de s’arrêter : c’était exactement ce que Lewis lui disait. Elle se cachait, esquivait.

- Aussi improbable que cela puisse paraître, fit Lewis, tu as du mal à te faire confiance. Tant que tu ne te le prouves pas, tant qu’on ne t’y pousse pas, tu seras toujours incertaine de tes capacités.

Minerva s’apprêtait à réfuter. Elle avait beaucoup entrepris depuis son arrivée à Poudlard : elle avait décidé très tôt de rejoindre l’équipe de Gryffondor, était parvenue à être Animagus. Qui pouvait se targuer d’avoir atteint de tels résultats ? Puis elle songea à comment elle était parvenue à ces objectifs. Quand elle avait pris la décision d’être joueuse de Quidditch, elle avait été piquée dans son ego par Fleamont qui s’était moqué de son âge. A partir de cet instant, sa fierté l’avait guidée et avait nourri cette détermination qui la caractérisait. Puis elle avait échoué lors de son premier match et s’était immédiatement sentie misérable, incapable. C’était poussée par Jimmy qu’elle s’était reprise en main. Même pour sa nomination en tant que capitaine : jamais elle n’avait effleuré l’idée de mener son équipe. Il y avait tellement de joueurs doués chez les Gryffondor, et en plus, elle était arrivée plus récemment que d’autres comme Alfie ou Charlie. Elle n’avait guère envisagé la possibilité d’être capitaine, n’en n’avait jamais eu l’ambition première. C’était d’ailleurs sûrement pour cela que le Choixpeau ne l’avait pas envoyée à Serpentard. Quant à sa transformation en Animagus… N’avait-elle pas été épaulée par le plus grand sorcier de tous les temps, n’avait-il pas été celui qui lui avait proposé une telle opportunité ? Il avait placé une confiance irréprochable en elle et elle s’était lancée. Et comme pour le Quidditch, elle avait échoué une première fois, s’était vu refuser la fusion avec son Animagus. Elle avait alors craint le regard de Dumbledore, sa déception, son regret de lui avoir fait confiance.
Minerva croisa le regard bleu de Lewis qui attendait patiemment. Il semblait presque avoir suivi le chemin de ses pensées et il eut un léger sourire. Il rassembla ses affaires alors que plusieurs étudiants commençaient à entrer dans la Grande Salle.
- J’espère qu’un jour, tu comprendras que tu mérites ta confiance. Et que jamais, jamais tu ne feras quelque chose parce que l’on t’y a poussée, mais parce que toi tu le veux.
Il se leva et sans un mot de plus, se dirigea vers la table des Serpentard sous le regard à la fois songeur et troublé de Minerva.

***


La journée commença plutôt bien pour au moins un joueur de l’équipe : Holly avait reçu une réponse des Harpies de Holyheads. Alors que le reste des joueurs était tout proche de vomir son petit-déjeuner, Holly comme à son habitude, enfournait ses omelettes tout en brandissant sa lettre d’acceptation pour un entretien et des essais chez les Harpies.

- C’est grâce à toi ça, Minerva ! s’exclamait-elle la bouche à moitié pleine.

Elle se tourna vers la table des Poufsouffle et cria :

- Je vais faire un malheur, faites attention !

Minerva s’étouffa dans sa tasse de thé pendant que les Poufsouffle huaient l’attrapeuse. Jamais elle ne comprendra comment son attrapeuse pouvait être aussi désinvolte quelques minutes avant un match, qui plus est, une finale.
La capitaine des Poufsouffle, Tchekovla, arborait le même visage concentré que son homologue. C’était elle que Holly affronterait en duel, et la Poufsouffle était très clairement meilleure que l’attrapeur des Serpentard. Minerva espéra qu’Holly prendrait son adversaire au sérieux. A ses côtés, se tenait Eli Dawson, le batteur et accessoirement, l’ennemi n°1 de Malcolm. Minerva s’empêcha de les observer. Plus elle le faisait, plus elle se rendait compte à quel point ses adversaires seraient très coriaces pour la finale.
Puis il fut temps de se rendre aux vestiaires. Ce n’était pas son dernier match, mais c’était tout comme. Avec Holly toute proche, elle réalisait que c’était leur ultime collaboration, la dernière des coopérations entre elles deux. Elles avaient débuté ensemble, il y a ce qu’il semblait, tant d’années. Elles avaient traversé l’ouragan Fleamont et s’étaient fait une place au cœur d’une équipe uniquement composée de garçons et ce, durant les deux premières années avant que Charlie ne les rejoigne. Forcément, malgré l’ancienneté d’Alfie qui était arrivé peu après elles, Holly et Minerva avaient pu créer ce premier lien fondamental et indéfectible qui les unissait. Si Minerva devait choisir une meilleure amie, ce serait probablement elle.
L’attrapeuse, comme si elle lisait ses pensées, lui attrapa brièvement la main et la pressa, avant de la lâcher, bien consciente que sa capitaine n’était pas très portée sur les démonstrations physiques.
Revêtir les couleurs de Gryffondor avait un goût de dernière fois tant le départ de trois de ses joueurs, trois de ses amis, lui portait un coup de massue sur le cœur. Ceux-ci le ressentaient également, le visage fermé et concentré. Holly avait cessé de sourire, de plaisanter. Minerva sut à cet instant qu’elle ferait absolument tout pour gagner. Pas pour la gloire, peut-être pas forcément pour elle-même et son dernier match avant l’envol final avec les Harpies, mais pour sa capitaine. Pour cette aventure qu’elles avaient passée toutes les deux, ce duo improbable qui avait débuté lorsque Minerva avait choisi la jeune fille comme meilleure attrapeuse durant les sélections. Deux gamines qui avaient grandi côte à côte jusqu’à devenir les jeunes femmes qu’elles étaient aujourd’hui.

C’était une journée magnifique pour jouer au Quidditch. La finale avait attiré les adeptes, le soleil les plus réticents. Autant dire que les gradins étaient pleins à craquer, le brouhaha incessant et assourdissant. Minerva sentit le frisson de la finale remonter le long de sa colonne vertébrale alors qu’elle rejoignait Tchekovla au centre. C’était une très grande joueuse, étonnant pour une attrapeuse, mais elle était d’une souplesse et d’une fluidité extraordinaires. A côté, Holly toute menue qu’elle était, faisait l’effet d’un moucheron.

- Bonne chance, Minerva, fit-elle avec un hochement de tête.

Minerva serra sa main avec un fin sourire. Tchekovla, Andrea Berlin la capitaine des Serdaigle et elle-même avaient toutes été trois simples joueuses qui avaient grimpé les échelons pour devenir capitaine. De par leur sexe féminin dans un sport majoritairement masculin (sauf chez les Gryffondor où Minerva avait opéré une refonte totale de l’équipe), elles avaient cultivé une forme de respect mutuel et de reconnaissance de leur travail. Inconsciemment sûrement, avaient-elles rejeté Miller de leur Triumvirat.

- Bon match, répondit Minerva.

Si elle n’avait pas tant envie de gagner, elle aurait pu sentir une pointe de culpabilité à essayer de remporter la coupe sous le nez de Tchekovla pour son dernier match.
Lorsqu’elle enfourcha son balai, elle sentit son équipe autour d’elle se tendre avec impatience. Elle évalua ses adversaires : Tchekovla bien entendu, une némésis pour Holly, Dawson le batteur (celle de Malcolm) et son homologue. Elle savait les Poursuiveurs doués et complémentaire, en revanche elle ne connaissait pas vraiment la jeune fille sur le flanc gauche.
L’arbitre siffla le coup d’envoi et Minerva eut à peine le temps de s’élancer que l’un des Poursuiveurs s’était emparé du Souafle et avait fait la passe à la fille. Minerva fit demi-tour en défense en catastrophe, le souffle coupé par la vitesse imposée par l’adversaire. Déjà, ils étaient arrivés près de l’embut et marquaient devant une Charlie seule. Etna eut une exclamation interloquée avant d’attraper la balle lancée par sa gardienne. Minerva inspira profondément. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Poufsouffle était très doué c’était indéniable, mais ils n’étaient pas non plus une équipe nationale. Si Gryffondor avait été pris au dépourvu d’entrée de jeu, ils allaient s’adapter et reprendre la main.
Malheureusement, l’attaque surprise du début se réitéra de nombreuses fois. Les Poursuiveurs s’échangeaient le Souafle et à peine celui-ci était-il intercepté qu’il changeait de mains aussitôt. Minerva avait l’impression de voler après cette balle, et que les Poufsouffle s’en riaient. Etna et Alexandra semblaient dans le même état. Les batteurs, pour ne rien ajouter au désastre, étaient de la précision mortelle qu’avait craint Minerva. Plusieurs fois déjà, elle avait été forcée de lâcher la balle, de virer subitement, de se baisser pour éviter un Cognard. Tchekovla volait dans le ciel plus haut, tel un aigle qui surveillait son nid : ses yeux observaient le jeu qui se déroulait en dessous et elle restait en même temps à l’affût du Vif. Face à cette équipe, Minerva avait l’impression d’avoir formé un groupe de bras-cassés, elle la première. L’humiliation commençait doucement à prendre forme et pendant un instant, elle en fut désespérée. Elle sembla revenir à son premier match, où tout ce qu’elle entreprenait avait été voué à l’échec. Dans les gradins, elle localisa Alan et Cora qui portaient une pancarte soutenant les rouges. Filius avait décidé de porter son bleu, un peu comme un boycott du match, incertain de quelle équipe il devait soutenir. Lewis se tenait à côté de Cora et sur son pull vert, il portait l’écharpe des Gryffondor.
Elle se secoua. Elle ne pouvait laisser Alfie, Holly et Charlie partir ainsi, la tête basse, l’échine courbée, la déception les enveloppant. Les Poufsouffle ne pouvaient pas être si parfaits, c’était impossible. Ils étaient parvenus à dissimuler leurs défauts, leurs difficultés, mais Minerva pouvait les dénicher. Aussi, elle prit parti de se déporter sur le côté et d’observer le jeu d’attaque adverse. Tant pis s’ils prenaient un but, tant que Minerva comprenait enfin le schéma des Poufsouffle.
Les deux Poursuiveurs s’échangeaient allègrement le Souafle, évitaient Etna et Alexandra mais aussi les Cognards de Fabio et Alfie. La jeune Poursuiveuse, inconnue de Minerva, lui passa devant. Elle attrapa le Souafle et le relança aussitôt sans même presque avancer. Et soudain, Minerva réalisa qu’elle ne l’avait jamais vue aller au tir, et ne l’avait jamais approchée tout simplement parce qu’elle n’avait jamais tenu la balle assez longtemps pour être atteinte. Les Poufsouffle n’avaient pas juste une technique qui leur faisait défaut, mais toute une joueuse.
Aussitôt qu’elle le comprit et que le Souafle leur était rendu après un nouvel arrêt de Charlie qui décidemment leur sauvait la mise durant ce match, Minerva appela à un temps-mort. Ils atterrirent, essoufflés, le regard perdu.

- Je n’arrive pas à les rattraper, souffla Alexandra en se penchant en avant. Ils sont trop rapides.
- N’essayez pas de les bloquer quand ils ont le Souafle, fit Minerva. C’est trop tard à ce moment-là. Interceptez quand ils se font la passe. Ils maîtrisent bien ce jeu-là, c’est pour ça qu’ils montent la balle aussi rapidement. Vous voyez la Poursuiveuse ?
- Dorothy, intervint Alexandra, elle est de mon année.
- C’est le maillon faible, assura Minerva. Elle n’ose rien et n’a un rôle que de passeuse. Forcez-la à lâcher la balle quand elle la possède ou forcez-la à aller au but, Charlie devrait l’arrêter sans problème.

Charlie hocha la tête.

- Son bras n’a pas l’air très fort.
- Bien, continua Minerva, dès qu’elle attrape le Souafle, Etna et moi nous nous chargeons de gêner la transmission avec les autres Poursuiveurs. Alex, tu vas vers elle. Elle prendra peur et cherchera la solution chez ses coéquipiers mais nous nous assurerons qu’elle n’en trouvera pas. Fabio, je veux que tu lui envoies des Cognards. Alfie, si cela te convient, je te mets avec Holly : Tchekovla est redoutable, Holly aura besoin de toi pour la déstabiliser.

Alfie hocha la tête et frappa dans la main que lui montrait l’attrapeuse.

- Charlie, termina Minerva, continue comme ça, tu es parfaite.

Alors que le sifflet retentissait une nouvelle fois, Minerva s’adressa à tout le monde :

- Cette finale est pour nous et avant tout, pour Holly, Charlie et Alfie. Rendez-moi encore plus fière de vous que je ne le suis déjà.

Ils s’envolèrent à nouveau. Nouvelle stratégie, nouvel engouement, nouvelle étincelle. La pauvre Dorothy allait faire les frais de ce temps mort et Minerva s’en excusait par avance. Elle croisa le regard méfiant de Tchekovla qui devait commencer à se douter que son homologue avait trouvé une autre vigueur inspirée de leur faiblesse principale.
Douce fut cette première balle interceptée par Minerva lorsqu’Alexandra gêna Dorothy. Etna empêcha un des Poursuiveurs de la rattraper et le second se retrouva seul face à Alexandra et Minerva qui s’échangeaient le Souafle. La tendance s’était inversée et cette fois-ci c’était Poufsouffle qui volait après elles. Pendant quelques minutes, les Poufsouffle furent déstabilisés et Gryffondor en profita pour remonter de quelques dizaines de points, juste assez pour que Holly puisse se mettre à la recherche du Vif. Au bout d’un moment, les Poufsouffle comprirent que leur maillon faible avait été repéré et les Poursuiveurs limitèrent leurs échanges avec Dorothy. Cependant à deux, ils ne faisaient pas le poids face aux trois filles de Gryffondor. Alors qu’Etna marquait et ramenait les rouges à 40 points d’écart, une clameur se fit entendre. Les deux attrapeurs fusaient vers le centre du terrain, leurs couleurs s’étirant derrière elles telle la queue d’une comète. C’était leur dernier match à elles deux, et chacune mettait toute leur force et tout leur culot dans leurs mouvements. Ce fut l’audace d’Holly qui paya car elle fut la première à se redresser tandis que dans sa main, s’agitait les fines ailes de la victoire.

- Je l’ai ! s’écria-t-elle, ou du moins, lut Minerva sur ses lèvres tellement les étudiants hurlaient leur joie.

Minerva resta un instant abasourdie, incapable de réaliser qu’ils remportaient la finale, qu’Holly partirait de Poudlard auréolée de gloire. Ce fut finalement avec le regard lourdement dépité et déçu que Tchekovla affichait en s’approchant d’elle, qu’elle comprit.

- J’y ai vraiment cru, dit la capitaine avec une touche de tristesse dans la voix. Si tu n’avais pas été si bonne meneuse, nous l’aurions emportée.

Minerva était très proche de s’excuser tellement les yeux chagrinés de la Poufsouffle lui faisaient de la peine. Celle-ci lui tendit une main.

- Tu es une très bonne capitaine, et tu as formé d’excellents joueurs. Vous méritez cette victoire, bravo.

Minerva, émue, lui serra la main avant qu’elle n’aille rejoindre son équipe. Celle de Minerva était déjà rassemblée et beuglait à s’en arracher les poumons. Holly hurlait à sa capitaine de les rejoindre et Minerva ne put échapper au câlin collectif que son équipe lui réservait. Holly ne semblait pas vouloir lâcher le Vif et Minerva comprenait.
Dippet était désormais sur le terrain, accompagné de Dumbledore en tant que directeur de la Maison Gryffondor. Dippet agita sa baguette et une immense coupe sembla apparaître de nulle part. Elle était toute simple, toute dorée, si tant est qu’une coupe pouvait être considérée comme simple. Dippet s’éclaircit la gorge et amena le silence dans le stade.

- Encore une magnifique compétition que nous avons eue cette année, avec une finale des plus haletantes !

Des acclamations ponctuèrent ses propos et il sembla ravi de son petit effet. Devant lui, les Gryffondor trépignaient en attendant de tenir la coupe. Minerva avait l’impression d’observer la scène de l’extérieur tellement elle avait du mal à croire que la victoire était leur, qu’elle avait mené son équipe jusqu’au bout, qu’elle avait permis à trois de ses coéquipiers de partir sans regrets.

- Toutes mes félicitations à l’équipe de Gryffondor pour cette victoire époustouflante !

Il posa sa baguette sur la surface de la coupe et celle-ci s’assombrit brusquement pour prendre des tons carmin veinés de strates orangées. L’effet était si réaliste que Minerva se demanda si la coupe allait être chaude lorsque Dumbledore la prit pour la lui tendre avec un fin sourire.
Minerva s’humecta les lèvres. Elle avait tellement vu de capitaines empoigner cette coupe en espérant être la prochaine. Ce jour était finalement arrivé. Elle se tourna vers son équipe. Elle pourrait frustrer le public ainsi, mais cette coupe leur était en premier destinés, à elle et ses coéquipiers. Eux qui avaient travaillé si dur, avait supporté ses sautes d’humeurs, ses exigences et s’étaient surpassés. Alors elle brandit la coupe et malgré les hurlements de folie venant des tribunes, ce ne fut que ceux de joie de son équipe qui parvinrent à ses oreilles.
Elle passa la coupe à Holly qui la serra dans ses bras. Puis elle fit le tour des mains sous les applaudissements nourris. Les Poufsouffle, bien que déçus, frappaient poliment dans leurs mains. Les étudiants furent autorisés à aller sur le terrain et entre les embrassades, les félicitations, les frappes dans le dos, les serrages de mains, Minerva parvint à rejoindre Alan et Cora, tout sourire. Alan ne put s’empêcher de la serrer contre lui, beaucoup trop excité pour se contenir. Cora se contenta de félicitations chaleureuses.

- Sacré match, Minerva.

Elle reconnut immédiatement la voix de Lewis qui apparut juste derrière Alan. Celui-ci sembla hésiter mais Cora l’entraîna plus loin, sans que Minerva ne sache si c’était une bonne chose ou pas. Elle se tourna vers le Serpentard, l’écharpe rouge toujours nouée autour de son cou.

- Tu m’as fait peur au début, tu sais.

Minerva haussa les épaules.

- A moi aussi. On s’est rattrapés, c’est l’essentiel.

Lewis acquiesça.

- Et joliment. Grâce à toi et ton analyse. J’avoue n’avoir compris qu’au dernier moment ta stratégie. C’était presque une technique de Serpentard de séparer la brebis galeuse du troupeau.

Minerva grimaça.

- Dis comme ça…

Lewis rit.

- Eh, je te fais un compliment.

Minerva rosit un peu. Derrière elle remarqua Alan qui lui faisait des gestes vagues des bras. Il attrapa Cora par les hanches et fit quelques pas de danse dont la signification parut évidente : le mariage de Fleamont. Alan lui enjoignait de proposer à Lewis de l’accompagner. Pourquoi ferait-elle cela ?
Et pourquoi pas ? lui souffla sa petite voix dans son crâne.
Et pourquoi pas ?
Alors, avant que l’euphorie de la victoire ne retombe, avant que son courage ne l’abandonne et avant qu’elle ne se dégonfle, elle interpella -sûrement d’une voix trop forte- Lewis :

- J’ai un mariage en juillet.

Lewis haussa les sourcils.

- Je veux dire, expliqua Minerva, rouge. Fleamont, l’ancien capitaine de l’équipe, se marie. Je suis invitée.
- Oh.

Lewis plissa les yeux. Sans doute avait-il deviné où elle voulait en venir, mais il dit :

- Bravo à lui alors.

Minerva lui lança un regard agacé. Elle savait qu’il voulait qu’elle formule sa demande, elle qui angoissait à cette idée. Elle le détestait pour cela, et en même temps elle réalisait qu’il essayait de l’aider. Elle inspira brièvement et demanda du bout des lèvres :

- Je voulais savoir si tu souhaitais m’y accompagner ? En ami, ajouta-t-elle en bredouillant.

Lewis lui offrit un sourire éclatant. Elle s’attendait à une blague, une moquerie ou encore un sarcasme typique du Serpentard. Finalement, il hocha la tête.

- C’est d’accord. Avec plaisir.

Heureusement, son équipe l’appela pour célébrer, et Minerva put s’enfuir après une dernière exhibition de ses joues qui avaient viré au ton prune.

***


Et puis tout s’accéléra. Les examens se déroulèrent à la vitesse de l’éclair, Minerva les réussit avec brio. Elle et Alan parvinrent à obtenir tous les points au permis de Transplanage et c’est avec soulagement qu’ils virent la fin d’année arriver à son terme.
Minerva avait laissé Holly achever son dernier trajet vers la gare avec ses amis de septième année. Arrivée au quai 9 ¾, elles ne purent échapper aux au revoir.

- Tu viendras à mes matchs ? demanda Holly. Même si je reste sur le banc, tu viendras ?
- C’est promis.

Elles se reverraient au mariage de Fleamont car Holly était également invitée, mais ce câlin avait un goût de mélancolie. Une impression douce-amère ; un résultat de leur victoire et de leurs derniers instants ensemble. Les promesses de toujours se revoir tiendraient-elles ? Alors qu’Holly s’entraînerait dur pour faire sa place chez les Harpies, Minerva errait toujours dans son propre océan d’incertitudes. Où serait-elle l’année prochaine ? Que ferait-elle ?
Holly qui la quittait, c’était une enveloppe de son cocon que Poudlard représentait qui s’effilochait. Il arriverait un jour où Minerva serait mise à nue et où elle devra faire face à ses choix et prendre des décisions. Là, dans les bras de son amie, ce moment lui paraissait loin. Mais dès que le 1er septembre sonnerait et que son dernier train pour Poudlard s’ébranlerait, le décompte commencerait.
annabethfan

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Après 34 chapitres de ma fanfic sur Spider-Man lus et aucune ligne d'écrite, je décide de rendre quand même ce vendredi productif en commentant :lol:
Chapitre 20 : La sphère du vide et des incertitudes
Lui aussi il a été trouvé à la dernière minute ? Parce qu'il est magnifique !!
La bibliothèque était presque entièrement remplie d’étudiants, venus réviser leurs examens.
Ah on connait ça hein
- Chut ! fit Mme Pince en plissant ses yeux derrière ses lunettes fines.
La seule réplique qu'elle aura jamais cette femme :lol:
- Vous n’aviez aucune chance.
Elle n'a aucune pitié. Je l'aime !
J’ai juste besoin d’un coup de main et le professeur Dumbledore nous parle gobelin, je ne comprends rien.
Ca c'est parce que Dumbledore parle en énigme, c'est normal Lewis :lol:
Alors que Minerva se dirigeait vers la table des Gryffondor, Lewis prit la direction des Serpentard. Ils s’immobilisèrent.
Oh ce dilemme :lol: Ca va finir à la table de Serdaigle ou Poufsouffle en territoire neutre ou mieux par terre :lol: Nan encore pire la table des profs (ça entraînera Minerva ^^)
chercha une solution du regard avant de désigner la table des professeurs.

Ah bah voilà
- Dumbledore est plus indulgent.
- Tu m’as dit de ne pas être Dumbledore.
Ces dialogues ! Des pépites, Clem !
Minerva fut ravie de voir que le Serpentard griffonnait quelques notes et était attentif. C’était en quelque sorte gratifiant.
Elle est à deux doigts de lui donner un biscuit :lol:
- C’est-à-dire ?
- C’est-à-dire dans le rien.
Elle a trop traîné avec la gargouille de Serdaigle
Mais c’est aussi le rien, parce que tu ne peux pas piocher dans cette sphère pour récupérer un objet, une nourriture.
Mais n'empêche c'est hyper intéressant ça ! Parce que même si la loi Gamp explique pourquoi tu ne peux pas récupérer certaines choses, il n'empêche que tu fais littéralement disparaitre une substance, des atomes! Alors est-ce que c'est détruit vraiment, est-ce que ça se joint à la magie environnante, est-ce que... on peut émettre des hypothèses pendant des heures !
Arrête de te cacher.
- Moi, je me cache ? s’offusqua Minerva.
- Derrière ton sarcasme, répondit Lewis. A chaque fois que quelque chose te gêne, tu tentes de reprendre le contrôle avec tes piques. Tu sais ce que ça veut dire ?
C'est le profil psychologique de qui là ? Minerva ou toi ? Et pourquoi je m'y reconnais aussi :lol:
Avec Holly toute proche, elle réalisait que c’était leur ultime collaboration, la dernière des coopérations entre elles deux. Elles avaient débuté ensemble, il y a ce qu’il semblait, tant d’années.
Oh ça me rend nostalgique...
Deux gamines qui avaient grandi côte à côte jusqu’à devenir les jeunes femmes qu’elles étaient aujourd’hui.
Vraiment c'est ce qui est génial avec ta fanfiction, c'est qu'on voit l'évolution, on la ressent, on constate les changements au fil des années et mine de rien on a un pincement au coeur !
Inconsciemment sûrement, avaient-elles rejeté Miller de leur Triumvirat.
Là j'ai pensé aux Empereurs dans les TDA :lol:
Ce fut l’audace d’Holly qui paya car elle fut la première à se redresser tandis que dans sa main, s’agitait les fines ailes de la victoire.
Elle avait dit qu'elle gagnerait ^^
Minerva était très proche de s’excuser tellement les yeux chagrinés de la Poufsouffle lui faisaient de la peine.
Oh même moi je me sens mal pour elle...
celle-ci s’assombrit brusquement pour prendre des tons carmin veinés de strates orangées.
Je note la BEAUTE de cette phrase !! *emoji yeux coeur*
Il attrapa Cora par les hanches et fit quelques pas de danse dont la signification parut évidente : le mariage de Fleamont.
Alan il perd pas le nord il me flingue :lol: :lol:
- J’ai un mariage en juillet.
Et il me faut un mari, intéressé ? :lol:
- C’est d’accord. Avec plaisir.
J'ai mon sourire de fangirl :lol:
Mais dès que le 1er septembre sonnerait et que son dernier train pour Poudlard s’ébranlerait, le décompte commencerait.
Ah mais vraiment je vais pleurer à ce moment-là

SUPER CHAPITRE !!!
Perripuce

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Perripuce »

I'M SO LATE I'M SO SORRY
Mais je suis lààà c'est parti pour le rattrapage
PtiteCitrouille a écrit : sam. 24 avr., 2021 11:40 am Coucou !!

J'ai failli faire une blague du style "j'ai perdu mes données" mais je me suis dit que ça aurait été de très mauvais goût :lol: Bref, merci à vous pour vos commentaires ! Ca m'avait tellement manquée ! *-*
Bonne lecture !


Chapitre 19: Cœur de pierre, écrin de peur Et ça commence avec des titres hyper stylés !

Minerva se frotta la main avec un grimacement. Elle venait d’avoir sa première leçon de Transplanage et elle était parvenue à perdre un doigt lors de ses essais En vrai ça me paralyserait ce petit effet secondaire. . Alan était devenu tout blanc et se serait sûrement évanoui si Cora ne l’avait pas frappé sur le crâne. Les professeurs avaient réussi à le lui remettre d’un coup de baguette magique avant de courir aider d’autres victimes. Certains élèves étaient sortis en pleurant, traumatisés par leur expérience et Minerva restait encore troublée par la vision de sa main à quatre doigts. TU M'ETONNES

- Eh, McGonagall !

Elle se retourna et vit Lewis arriver à grands pas vers elle, son sac en bandoulière sur l’épaule. Elle cacha sa main dans sa poche et l’attendit.

- Faut que je te parle, fit-il en s’arrêtant essoufflé, tu as le temps ? Oulà. Le fameux "il faut qu'on parle"

Curieuse, Minerva lui fit signe de la tête et il se dirigèrent vers le parc où les autres étudiants flânaient sous le soleil. Ils croisèrent Holly accompagnée d’Alfie et Charlie et ceux-ci firent de gros yeux en voyant leur capitaine en compagnie du Serpentard. Minerva rentra la tête dans ses épaules, le sourire narquois de son frère lui parlant de rumeurs entre elle et Lewis dansant dans sa tête. mouahahahha :lol: :lol: :lol:

- Là-bas, nous serons au calme, fit Lewis en désignant l’ombre d’un saule pleureur dont les branches pendaient paresseusement dans le vent. Au calme pour faire quoi? *wink wink*

Minerva traîna des pieds, gênée de se retrouver seule avec lui. Devant, Lewis sentit son hésitation et se retourna, un sourcil dressé tout en marchant à reculons.

- Ne te fais pas désirer, McGonagall, lança-t-il. hé mais t'as changé ta mise en page :lol: :lol: Je viens de réaliser :lol:
- Et toi regarde où tu mets les pieds, répliqua-t-elle en zyeutant sur une racine qui sortait de terre derrière lui, tu vas tomber. et ça va être très drôle
Il eut un bref ricanement avant que son talon ne bute contre la racine et qu’il bascule. Il se rattrapa in extremis en battant des bras sous le rire moqueur de Minerva. MOUAHAHAHAH
- Imbécile, commenta-t-elle en le rejoignant.

Elle nota qu’un épi s’était dressé sur le côté de son crâne lors de sa presque chute, mais elle ne jugea pas nécessaire de le lui signaler. Parce qu'au fond tu trouves ça sexy, avoue. Comme Lily avec James.
Lewis s’assit lourdement avec un soupir soulagé et se massa le talon.

- Tu es plus agile sur un balai qu’au sol, fit remarquer Minerva. UN ALBATROS
- Je ne regardais juste pas devant moi, protesta Lewis en croisant ses jambes devant lui, les coudes appuyés dans l’herbe.

Minerva s’assit en tailleur en plaçant sa jupe autour de ses jambes Alors ça c'est toujours un véritable défi. Tu passes deux heures à vérifier que ta jupe couvre bien tout ce qui a à couvrir . Elle était reconnaissante à l’école de ne pas suivre la mode vestimentaire sorcière qui mettaient à l’honneur les tailles de guêpes des filles avec des jupes crayon Mais comment tu t'es renseignée sur la mode de l'époque tu m'impressionnes . Minerva n’était pas bien ronde, elle était même squelettique avec des hanches pointues, mais au moins sa jupe à plis plats ne révélait-elle pas trop ses formes (ou son absence). En cela, elle savait que sa mère regrettait ne pas pouvoir partir en virée shopping avec sa fille pour des folies vestimentaires. Elles ne pouvaient pas être plus opposées : Minerva encore à l’âge de guerre où le tissu de la mode avait été sacrifiée au nom de l’effort national, et Isobel qui suivait toutes les nouveautés et s’appliquait à être au goût du jour. #MaMamanEtMoi
Minerva rajusta son col claudine et fit face à Lewis qui avait observé ses gestes avec un air perplexe.

- Bon, tu voulais quoi ?

Lewis s’esclaffa.

- Quoi, on ne peut pas juste profiter du beau temps ? J'ai lu "bon temps". J'ai gloussé.

Minerva fit mine de prendre son sac et de se lever, et Lewis se redressa.

- D’accord, je plaisantais ! Par Merlin, tu n’es pas facile, soupira-t-il alors que la Gryffondor plissait les yeux à son encontre. Ecoute… j’aimerais parler de… -il jeta un coup d’œil autour de lui- de tu sais qui. Non mais je meurs, déjà à l'époque mais quel génie tu es :lol: :lol:

Le coin droit de la bouche de Minerva se crispa. Elle ne savait pas pourquoi mais ils avaient commencé à parler de Jedusor en cachant son nom, comme si celui-ci pouvait les entendre quelque part Ah non mais c'est dingue comment tu instilles ça ... . Elle croisa les bras.

- Eh bien quoi ?

Lewis épousseta les brins d’herbes de ses mains.

- J’aimerais t’accompagner chez ton ami Thomas.
- Je t’ai déjà dit que…
- Je sais, je sais, coupa Lewis en levant sa paume de main. Tu as ton propre moyen. Mais je peux venir avec un simple sortilège de Désillusion, cela suffira amplement. Ne soyons pas paranoïaque, Jedusor ne va pas nous attendre sur le paillasson.
- Si tant est qu’il soit le coupable.

Lewis fit la grimace.

- Certes. Mais c’est un bon suspect.
- Il faut faire attention… Ce n’est qu’un suspect, mais un suspect puissant. Je ne voudrais pas qu’il nous arrive malheur.

Lewis fronça les sourcils mais ne répliqua pas immédiatement. Minerva se racla discrètement la gorge, mal à l’aise. Elle était embarrassée de son comportement, sentiments de honte et de culpabilité se mêlant. Voire de lâcheté. et ça la lâcheté quand on est une Gryffondor ...

- Donc je peux venir ?
- Est-ce que je peux t’en empêcher ? répliqua-t-elle.

Lewis l’observa un moment avant de répondre :

- Tu ne peux pas. J’ai mes propres raisons pour enquêter sur Jedusor. Qu'on ne connait toujours pas. Et *renifle autour d'elle* je sens un plot-twist sur cette affaire.

Minerva hocha la tête. Elle ne souhaitait pas retourner chez Jimmy, mais elle ne pouvait décemment pas retenir Lewis de chercher le coupable du meurtre de son frère. D’un côté, elle admirait son abnégation mais d’un autre, son comportement lui faisait peur Je confirme. Genre il y a un côté il a vendu son âme pour avoir des réponses. . Il paraissait prêt à tout pour découvrir la vérité, peu importe quelle sombre histoire il dévoilerait en assemblant les preuves entachées par le crime.

- Tu es prête pour demain ?

Minerva leva un visage sarcastique.

- A vous écraser ? Toujours.

La demi-finale était aux portes des rouges et verts, la finale au dernier tournant. Le match du lendemain allait être intense, comme souvent lorsque Gryffondor et Serpentard s’affrontaient.

- D’ailleurs…, fit Minerva avec un léger sourire, tu te souviens de notre première rencontre ? Si tu savais le gloussement que je viens d'avoir

Lewis ouvrit la bouche et la referma.

- Devant… les toilettes des filles ? :lol: :lol: :lol: :lol: C'est bien de rappeler ce genre de petites choses :lol: :lol:

Minerva roula des yeux.

- Oui. Mais nous avions passé un accord, non ? De se retrouver en finale. AW c'est beau *-*
- Ah. L’un de nous n’ira pas, sourit-il. Je m’excuse d’avance pour toi et ton équipe.
- J’allais dire la même chose, mais tu peux toujours attendre des excuses de ma part. On va vous aplatir. Je meurs, ils ont une conversation hyper sérieuse mais à un moment ou à un autre ils vont en revenir aux insultes et au Quidditch :lol:

Lewis ne sembla pas la prendre au sérieux car il éclata de rire.

- Je prends note, dit-il le sourire aux lèvres en la regardant avec des yeux plissés d’amusement.

Minerva fut incapable de soutenir son regard bleu fixé sur elle et elle se détourna en observant les alentours, tripotant les coins de sa jupe. Elle savait que son visage s’enflammait alors qu’il l’observait toujours. Je suis à la fois gênée comme elle et avec un grand sourire Elle s’apprêtait à parler afin de meubler le silence -sûrement pour dire quelque chose de stupide- lorsqu’elle fut sauvée par une voix féminine qui l’appelait. Qui ose ainsi déranger ce rancart qui ne dit pas son nom?
Soulagée, Minerva se retourna et aperçut Grace traverser le parc à grands pas, vêtue de son éternel sweat-shirt et d’un pantalon corsaire au tissu froissé. Minerva songea que cela devait être bien agréable à porter, bien plus qu’une jupe. Elle se leva et attrapa son sac.

- Le devoir m’appelle, à plus ! Minerva a trouvé son échappatoire

Elle s’éloigna, ou plutôt s’enfuit pour rejoindre la jeune américaine qui s’était arrêtée, le regard méfiant posé sur le Serpentard.

- Tu pactises avec l’ennemi ? demanda-t-elle.Roh mais tout de suite ...
- Pour quelqu’un qui n’aime pas Poudlard, tu t’adaptes rapidement aux conflits entre Maisons, observa Minerva en levant un sourcil.

Grace n’eut pas l’air d’apprécier mais fut forcée d’admettre silencieusement la logique imparable de la capitaine.

- Je fais des efforts, marmonna Grace. On peut parler ?
- De quoi ? demanda innocemment Minerva tout en sachant très bien pourquoi Mallony venait.

Celle-ci le savait également car elle lui jeta un regard peu amène.

- Si tu crois que je vais annoncer ma candidature dans l’équipe, tu rêves. Pourquoi ce besoin d'être agressif sans cesse?
- Mais tu veux en parler, devina Minerva en cachant un sourire suffisant.

Grace shoota dans une touffe d’herbe, à défaut d’avoir un caillou à portée de semelle.

- Je serais une mauvaise recrue, avoua la plus jeune en enfonçant ses mains dans les poches de son sweat. Je ne sais pas jouer. hum hum
- Mais tu jouais au baseball, releva Minerva. Ce n’est pas la même chose, mais tu as de bonnes bases pour être batteuse.
- Je pourrais, si j’avais les pieds sur terre.

Minerva se figea.

- Tu as le vertige ?
- Non, pas du tout, répondit Grace et Minerva eut un soupir de soulagement. Je… manque de coordination. Je ne pourrais jamais conduire un balai et frapper dans un Cognard en même temps.
- C’est sûr que ce n’est pas l’idéal, grimaça la capitaine, mais ça se travaille.

Grace ne répondit pas et se mâchonna la lèvre. Elle semblait vouloir dire quelque chose, aussi Minerva attendit patiemment qu’elle trouve ses mots. On sent les réflexes d'un professeur derrière son attitude. Genre piquer mais sans brusquer.

- J’imagine que je ne t’apprends rien, lâcha Grace du bout des lèvres, mais je ne suis pas très populaire parmi mes camarades. A cause de…

Elle se désigna d’un geste vague qui voulait à la fois tout et ne rien dire. Son look ? Ses cheveux courts coupés à la garçonne ? Ses gestes masculins ? Ou encore son accent étrange, ses mots mâchés, son rejet de la magie ? Son sang ? ouais ça fait beaucoup. Beaucoup de vide aussi, genre c'est des barrières que les gens ne prennent pas la peine de passer et elle elle se sent bloquer par ça alors qu'en réalité elles ne sont pas un rpoblème. Je me comprends.

- T’as dit que je pourrais avoir des amis dans l’équipe. Oh mais choupinette
- Je t’arrête tout de suite, coupa Minerva en levant une main, nous ne sommes pas le refuge pour étudiants rejetés. MAIS MINERVA

Grace lui jeta un regard outré. T'inquiète moi aussi je regarde mon ordi d'un air outré

- Quand je t’ai dit que tu pourrais compter sur tes coéquipiers, reprit Minerva avant que Mallony ne s’indigne encore plus, j’insinuais qu’ils t’accepteront comme tu es. On s’en fiche de notre niveau en cours, de notre famille, d’à quoi on ressemble. On joue au Quidditch et c’est tout. Peu importe ce que pensent les autres, on se serrera toujours les coudes entre nous.
- Ce n’est pas…
- Tu n’entreras pas dans l’équipe si tu attends de nous qu’on te dise quoi faire pour t’accepter, dit fermement Minerva. Tu es née-moldue, américaine ? Tu es différente ? Fais-en ta force. Sois-en fière. Oh mais quel discours de la future prof <3
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, marmonna Grace les dents serrées. Mais tu dois bien avouer que je pars sur un mauvais pied ici niveau relations sociales. Si en plus je deviens batteuse…

Minerva soupira. Il était vrai que dans l’esprit général, le rôle de batteur était associé aux garçons : il fallait être solide, avoir des bras costauds, et les filles n’étaient généralement pas entraînées dans cette direction, tant physiquement que mentalement. Grace, par sa stature trapue, attirait déjà les remarques. Prendre un rôle considéré comme masculin n’arrangerait pas sa situation.

- Je n’ai rien de plus à ajouter, dit Minerva d’un ton plus ferme. Je souhaite juste te signaler que tu m’intéresses pour l’équipe. Tu m’intéresses pour la personne que tu es actuellement, pas pour la personne qui t’aiderait à être acceptée par les autres. Laisse-les parler. Nous, nous serons ravis que tu sois parmi nous.
- Je te l’ai déjà dit, je n’ai aucune coordination, je ne pourrais pas…
- Alors pourquoi tu viens m’en parler si c’est pour me dire que tu ne seras pas capable de nous rejoindre ? coupa Minerva. Elle marque un point

Grace se raidit, prête à se braquer. Mais cette fois, elle baissa brièvement les yeux, inspira légèrement et lâcha :

- Parce que j’en ai envie.

Minerva sourit. Bien sûr qu’elle savait qu’elle en avait envie. C’était tout ce qui lui importait. Maintenant qu’elle avait formulé ses craintes, elle exprimait son vœu. À Minerva de se débrouiller avec ce dont elle disposait désormais.

- Cet été, je viendrai t’entraîner, annonça-t-elle. Tu devras faire ce que je dis et je te promets que tu réussiras les sélections parce que tu l’auras mérité. Là encore on sent la future prof. Mais n'empêche, quelle abnégation ...

Grace leva un visage troublé.

- Pourquoi tu ferais ça ? Tu vas être accusée de favoritisme. C'est ce que j'étais en train de songer également.

Il était vrai que c’était un risque, mais si Grace était la meilleure il n’y aurait pas de raison. Minerva pariait sur son talent qu’elle sentait chez elle et elle travaillerait nuit et jour s’il le fallait pour la faire intégrer l’équipe. ça me rappelle comment elle a été avec Harry pour le faire devenir Auror

- Tu as l’air douée, répondit Minerva tout en nuance. Et je t’avoue que personne ne se bouscule pour le poste.

Grace eut un éclair de déception dans son regard avant qu’elle ne redresse les épaules, le visage ferme.

- Alors je te montrerai que je ne suis pas un choix par dépit. Ca c'est l'attitude que Minerva veut voir.

Minerva cacha son sourire. Elle n’en doutait pas, mais cela, Grace ne le savait pas. Celle-ci tourna les talons et marmonna un merci presque inaudible avant de s’éloigner sous le regard de la capitaine. Sa proposition d’entraînement personnel était sincère, mais pas seulement parce qu’elle croyait en les capacités de Grace ou parce qu’elle était la seule candidate. En vérité, les étudiants ne révélaient leur intérêt qu’au moment des sélections la plupart du temps. Elle aurait sûrement quelques propositions en septembre prochain, et elle espérait que Grace en ferait partie.
En l’observant s’éloigner, elle lui fit penser à Etna qui avait trouvé en l’équipe des amis qui l’appréciaient pour ce qu’elle leur offrait et non pas pour son visage gracieux. Elle ne s’était jamais sentie aussi belle que lorsqu’elle avait son visage recouvert de boue, selon elle. Grace, en son magnifique opposé, espérait également l’acceptation des autres. Minerva elle-même, était devenue plus qu’une intello, comme l’appelaient les autres étudiants avant qu’elle ne devienne Poursuiveuse puis capitaine. Oh je toruve ça fin et beau comment tu la compares à Minerva et Etna, comment le Quidditch et le sport de manière générale peut justement être un vecteur d'égalité, de dépassement de soi, de faire découvrir qui on est vraiment. De proposer un autre visage. C'est beau, Clem.
Finalement, peut-être que l’équipe de Gryffondor était dans une certaine mesure et d’une certaine façon, un refuge pour étudiants.
En remontant l’allée sablonneuse vers le château, elle croisa Alan en compagnie de Cora toujours aussi pâle par la maladie. Jusque-là, pas de surprise car quand Alan n’était pas avec sa partenaire de Gryffondor, il était la plupart du temps aux côtés de la Serpentard. Mais cette fois-ci, ils se tenaient plus proches, comme s’ils partageaient secrètement leur bulle privée qui les séparait de l’extérieur. Leurs mains jointes semblaient inséparables et sur le visage d’Alan s’étirait un sourire à la fois fier et timide. AW les namoureeeeux Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer le virage qu’avait pris leur relation. Et Minerva avait beau être néophyte dans le domaine, elle avait des yeux. Un cœur de pierre également peut-être, car par-dessus le voile de joie que celui-ci éprouvait à leur égard, était gravé une crainte d’une rationalité effrayante et faussement protectrice. Un jour, ce serait ce cœur-là, froid, qui allait ramasser les cendres encore fumantes de celui de son meilleur ami. Oh cette phrase
J'ai retenu mon souffle
Elle est magnifique. L'image est magnifique. Et ça BRISE LE COEUR PUTAIN

Alan l’aperçut et s’immobilisa. Il eut l’air mal à l’aise avant de se frotter la nuque et se tourner vers Cora pour lui souffler quelques mots. Celle-ci hocha la tête, fit un signe de main à Minerva et partit de son côté. Alan l’observa un instant, le regard vague et quand elle eut disparu, retrouva Minerva qui l’attendait, la poitrine serrée. Elle s’éclaircit la gorge afin de faire partir cette sensation tant physique qu’émotionnelle.

- Alors ça y est ? fit-elle légèrement.

Alan eut un rire bref, baissa les yeux et les releva avec un sourire. Il acquiesça.

- Ça paraît évident, non ? Tu pouvais lui en parler franchement nan?
- Pas faux. T’as l’air encore plus stupide que d’habitude. :lol: :lol: :lol:

Alan eut une expression indignée qui fit rire son amie. Il était plus facile de se moquer que de songer à un futur hypothétique.

- J’aurais envie de dire que c’est différent, dit Alan en marchant lentement, mais en fait pas vraiment.
- Vous aviez déjà une vie de couple avant, grogna Minerva, des sangsues. Sauf que cette fois vous allez tous nous dégoûter avec vos niaiseries.

Alan plissa les yeux.

- On va dire que c’est ta façon de me signifier que tu es contente pour nous. Et puis d’ailleurs, tu as tort. Cora déteste être affectueuse en public. J’ai dû lutter pour lui prendre la main ! :lol: :lol: :lol:

Il soupira et Minerva lui jeta un coup d’œil intrigué.

- Qu’y a-t-il ?
- Elle m’a demandé de l’accompagner à son prochain rendez-vous médical. Je ne sais pas trop quoi penser. Oh .. C'est juste qu'elle a besoin de soutien ...
- Tu as accepté ?
- Bien sûr. Mais c’est un examen important. Ils vont lui faire toute sortes de tests, de piqûres. D’habitude quelqu’un de sa famille daigne l’accompagner mais avec toute cette histoire par rapport à son neveu… elle doute que quelqu’un accepte.
- Tu veux dire qu’elle a trop de fierté pour demander. Il est quand ce rendez-vous ?
- En juillet, répondit Alan. Le 11, mais apparemment elle aura besoin d’aide les jours d’après pour s’occuper d’elle.

Minerva s’immobilisa.

- C’est le mariage de Fleamont le 12, rappela-t-elle. AH.

Alan ouvrit de grands yeux. Il eut le bon goût de paraître coupable.

- J’avais oublié !
- Je vois ça, répliqua Minerva en croisant les bras.

Alan grimaça.

- Je suis désolé… Je lui ai promis…
- À moi aussi. Euh. Minerva? Je pense que tu peux comprendre qu'il y a un léger problème dans le sens des priorité? Genre copine mourrante et effrayée par les examens >> meilleure amie au mariage

Minerva observa la réaction de son ami avant de sourire et de lui frapper le bras avec son poing.

- Je plaisante, va. C’est plus important qu’un mariage. iOuf tu m'as fait peur. Vous sortez d'un drame, il ne fait pas que Cora en provoque plus.

Le jeune homme parut soulagé et hésitant à la fois.

- Tu es sûre ?

Minerva haussa les épaules.

- De toute façon j’aurais été de mauvaise compagnie. Ne t’en fais pas.

Elle était sincère, elle ne lui en voulait pas. Même si leur amour l’effrayait -et ce rendez-vous médical était une illustration de sa crainte- elle ne pouvait guère se mêler de leur histoire. Que pouvait-elle faire ? Les séparer ? Elle en était incapable. Peut-être était-elle trop pessimiste et que Cora déteignait sur elle. Elle aurait aimé que ce soit Alan, lui qui espérait tant ; lui qui espérait trop, pouvait-il donner un peu de cette lumière pour qu’elle ne le brûle pas et aide les deux filles à croire ? MAIS DIS DONC tu as mangé du lion pour ce chapitre ! Franchement, cette phrase elle était si touchante, si belle !

- Ça va ?

Minerva cligna des yeux en direction de son ami qui avait remarqué son soudain silence.

- Bien sûr, mentit-elle. Je vais à la tour, l’équipe veut boire un verre pour fêter notre accès en demi-finale.
- Boire un verre ? répéta Alan. Comment ? Et le dîner ?

Minerva haussa les épaules.

- Je ferme les yeux sur la manière. Apparemment ils vont récupérer à boire et à manger dans les cuisines. Tu veux venir ?

Alan déclina l’offre en avouant qu’il allait lui aussi dans les cuisines pour dîner avec Cora. WINK WINK

- Evidemment, commenta Minerva avec un sourire narquois.

Elle le salua de la main et grimpa les marches jusqu’au septième étage. La plupart des Gryffondor était partie dans la Grande Salle ce qui faisait croire que la tour avait été privatisée par l’équipe de Quidditch. Ils avaient déjà tous un verre à la main, Holly sûrement pas à son premier vu ses joues roses.

- La capitaine ! s’écria-t-elle en levant sa bouteille de Whisky Pur-Feu. Qu’on lui donne un verre ! Mais ce genre d'ambiance ça réchauffe le coeur sérieux (oui parce qu'avec le ... Alora? Coran? Tu nous as sacrément déprimé
- Vous avez du jus de groseille ? demanda Minerva provoquant les ricanements d’Alfie qui lui fourra une Bièraubeurre dans la main. :lol: :lol:

Minerva marmonna pour la forme, car elle appréciait le goût sucré de la Bièraubeurre même si elle préférait son habituel jus de groseille. Elle comptait bien contrôler les possibles écarts de comportement.

- N’oubliez pas, prévint-elle, soyez raisonnables. Nous avons match demain.
- Fais-nous donc confiance, va !

Minerva pointa un doigt menaçant sur Alfie.

- Si l’un de vous a la gueule de bois, il ou elle restera sur le banc. Vous êtes prévenus. Et vous subirez l'ire de Minerva jusque la fin de vos jours MOUAHAHAHAHAH
- Tu n’oserais pas ? souffla Etna en ouvrant de grands yeux.
- Je préfère avoir des joueurs en moins que des joueurs à la tête noyée par l’alcool et incapable de tenir sur son balai. Je n’en supporterais pas l’humiliation. Mais c'est tellement dans ces phrases qu'on reconnait la future McGonagall :lol: :lol:

Holly jeta un coup d’œil discret à sa boisson et déglutit nerveusement avant de la reposer.
Le reste de la soirée se déroula sous l’œil vigilant de la capitaine : Holly avait récupéré son compagnon Whisky :lol: :lol: :lol: mais Minerva s’inquiétait moins. Son attrapeuse avait une étonnante résistance à l’alcool en plus d’avoir la sagesse de varier alcool et eau, lui évitant le mal de crâne du lendemain Clem, l'art de distiller des conseils . Alfie, qui n’avait pas son endurance, avait demandé à tout le monde de l’empêcher d’approcher d’une bouteille autre que du jus de citrouille. Fabio sirotait sa boisson sans rien dire à personne en compagnie d’une Alexandra qui passait son temps à se moquer des manières de Holly. Minerva vint s’asseoir entre une Charlie somnolente et une Etna moins à l’aise.

- Ça ne va pas ? fit Minerva en s’affalant à ses côtés.

Etna sursauta et porta son regard sur sa capitaine. Elle gigota et eut un bref sourire.

- Si, ça va. Un peu fatiguée. Je ne vais pas traîner.

Minerva fronça les sourcils. Elle avait connu son amie plus enjouée. Elle ne dit rien pendant un instant, observant les Gryffondor qui profitait de l’alcool pour se joindre à la fête.

- Je sens que l’on ne va plus rien contrôler d’ici peu, marmonna-t-elle.
- Ne t’en fais pas, Alfie et Holly ont pris juste assez. Il n’y en aura jamais suffisamment pour tous les étudiants.
- Eh, Etna ! Viens nous voir un peu.

Minerva se tourna vers la voix tandis qu’Etna se tendait à ses côtés. C’était un septième année qui lui faisait signe en compagnie de ses amis, un Whisky à la main.

- C’est qui, eux ? demanda Minerva. Je ne reconnais personne à part le Gryffondor. Aie aie aie, que pasa?

Etna croisa les bras et se mordit la lèvre.

- Ses amis, des Serdaigle.
- Hein ? Mais qu’est-ce qu’ils font là ? Sans vouloir offenser tes amis, ce n’est pas un moulin ici.
- Ce ne sont pas mes amis.

Minerva, qui s’apprêtait à se lever pour les faire sortir, s’immobilisa.

- Ce ne sont pas tes amis ? répéta-t-elle. Pourquoi ils t’appellent alors ?
- Etna ! fit à nouveau la voix du Gryffondor.

Minerva l’ignora cette fois-ci et observa le regard assassin que lançait son amie au groupe.

- Qu’est-ce qu’ils te veulent au juste ? s’enquit-elle-même si elle commençait à se faire une idée.

Etna haussa les épaules.

- Venir discuter, répondit-elle avant de mettre une main au menton. Ah non, attends. C’est comment déjà ? Ah oui, « faire plus ample connaissance », assorti d’un clin d’œil. Clem, je t'adore d'évoquer ça. Pauvre Etna sérieux ...

Le visage de Minerva s’assombrit.

- Je les fais dégager ? proposa-t-elle.

Etna rit.

- Ignore-les et ils passeront leur chemin.
- Mais…
- Crois-moi, dit Etna avec un faible sourire, j’ai essayé aussi de répondre. Maintenant ça me fatigue plus qu’autre chose. Je choisis mes combats, et eux partent de Poudlard à la fin de l’année. Je doute qu’ils en vaillent la peine. Ils iront mordre la poussière ailleurs. Franchement, elle réagit de façon si digne et intelligente, je suis admirative.

Minerva inspira profondément. Cette situation n’était pas son affaire mais cela lui crevait la peau de rester à ne rien faire pendant que ces abrutis arboraient ce sourire mi-narquois mi-séducteur. Surtout que son amie semblait être une habituée de ce genre de comportement.

- Tu m’autorises à faire sortir les Serdaigle au moins ? demanda-t-elle finalement. Ils n’ont rien à faire là. LE REGLEMENT C'EST LE REGLEMENT

Etna l’observa un instant avant de hocher lentement la tête. Bien sûr, enlever les sbires, c’était isoler le meneur Mais quelle vérité si finement écrite. Ce dernier ne tenterait plus rien après. Minerva se mit sur ses pieds et se dirigea d’un pas ferme vers le quatuor.

- Mince, mauvaise fille, fit un Serdaigle faisant pouffer un autre. MAIS QUEL CONNARD

Minerva fit la sourde oreille et les fixa de son regard vert perçant.

- Je vais vous demander de partir, dit-elle à l’intention des Serdaigle. Ce n’est pas votre Salle Commune.
- Ah, fit le Gryffondor, mais ce sont mes invités.
- Revois tes principes de bienséance et de vie en communauté, persifla Minerva. Avant d’amener tes hyènes ricaneuses, tu demandes la permission des autres. Les autres c’est nous, si jamais tu n’avais pas compris. BAM BAM BAM ça tire à balle réelle *cours chercher du pop-corn*
- Mes hyènes ricaneuses ? C’est de la provocation ?
- Ton comportement envers Etna, on en parle ?

Le Gryffondor leva ses sourcils. Minerva n’avait pas pu s’en empêcher. Etna ne voulait pas qu’elle en fasse son combat, ce qui était compréhensible. Mais peut-être le combat de l’une était également le combat de toutes les autres. GIRL POWER mais quel chapitre passionnant et engagé et incroyablement bien écrit avec des phrases percutantes et finement relevées : BRAVO CLEM

- Je ne lui ai rien fait, se défendit le Gryffondor. Je lui propose de venir boire avec nous, c’est tout.
- Eh bien, elle ne veut pas alors lâche-la.

Il fit un mouvement en direction d’Etna.

- Pourquoi ne vient-elle pas me le dire elle-même ?

Minerva s’interposa et plongea sa main dans la poche.

- Ne m’oblige pas à utiliser la magie.

Le Gryffondor l’imita, le coin de sa bouche tordu.

- Il se passe quoi ici ?

Minerva se détendit en percevant Alfie et Holly se placer à ses côtés C'EST CA LA SOLIDARITE . Cette dernière, le coude sur l’épaule de sa capitaine, tenait moins debout par l’alcool, mais peut-être était-ce elle qui avait le moins de sang-froid actuellement et qui lancerait le début d’une rixe, si rixe il y avait. Charlie était tout à fait réveillée à présent et Alexandra s’était levée, son air moqueur remplacé par un sérieux glacial.

- Tu t’attaques à notre capitaine ou je rêve ? fit Holly en pointant la baguette adverse de sa bouteille l'image me fait trop rire :lol: :lol: . C’est pas du joli ça. On va devoir s’en mêler aussi si tu ne déguerpis pas.

Le Gryffondor jeta un coup d’œil à ses amis de Serdaigle, puis à l’équipe de Quidditch et sembla décider que le jeu n’en valait pas la chandelle, car il rangea sa baguette avec un sourire.

- Rien de grave, juste une plaisanterie.

Il fit signe à ses amis et ils sortirent, après un dernier regard dédaigneux envers Minerva.

- Fiou, soupira Holly, heureusement que tu étais là Minerva, sinon je m’effondrais par terre je crois. Merci pour ton épaule. :lol: :lol: :lol: Franchement elle me fait trop rire cette bande :lol:

Minerva s’approcha d’Etna, se tordant les mains.

- Ecoute, dit-elle, je suis désolée, je ne comptais pas te citer, juste les faire partir…

Etna balaya ses paroles de la main.

- Ce n’est rien. Je comprends que tu l’aies fait. Mais Minerva, ajouta-t-elle en se levant, ne te fatigue pas pour ça. Concentre-toi sur des choses importantes. Etna? C'est important.

Minerva se retint de signaler que c’était un sujet important et fit un bref sourire à la place.

- Par exemple, continua Etna, Holly debout sur une table, ça c’est important. Ah oui ça ça craint en effet :lol: :lol: :lol:

Minerva se retourna et gémit en voyant son attrapeuse perchée sur un bureau, sa bouteille en l’air.

- J’arrive pas à croire que ça a failli partir en baston, braillait-elle. La veille de la finale, je veux aller au bout !
- Surtout pas, s’agaça Minerva. Descends de là Holly, tu vas tomber.
- C’est mon avant-dernier match, je veux profiter ! Oh choupinette :lol: :lol: :lol:

Et elle se mit à entonner une comptine sorcière à laquelle Alfie se joignit joyeusement. Inhibée par l’alcool, elle semblait plus inspirée que d’habitude.

- L’hippogriiiffe dansant sur les toiiiits ! MAIS JE MEURS :lol: :lol: :lol: :lol:
- Tuez-moi, marmonna Minerva en s’avançant sur sa coéquipière qui commençait à tituber. Viens par-là toi. "Les gars vous abusez, j'avais dit : ME COLLEZ PAS LA HONTE"

Si elle la laissait ainsi, elle récupèrerait une enveloppe vide le lendemain pour son match. Preuve qu’Holly n’avait plus toutes ses fonctions cérébrales, celle-ci se laissa faire sans broncher et posa même sa bouteille en passant devant une table. Elle continua à marmonner sa comptine jusqu’à l’arrivée dans son dortoir où ses camarades dormaient déjà.
Minerva se demanda si elle pouvait lui donner la lettre de recommandation dès ce soir. Elle l’avait terminée quelques heures plus tôt et avait espéré lui faire une surprise, mais vu son état, elle avait peur qu’elle la mange plutôt qu’elle la range. A la place elle la lui laissa sur sa table de chevet et allongea son amie dans son lit, tout habillée.

- T’inquiète, je vais me changer toute seule, balbutia-t-elle rabattant la couverture sur ses cheveux dorés ébouriffés. Juste… donne-moi cinq minutes et…

Silence. Minerva jugea qu’elle s’était soit évanouie, soit endormie, aussi elle s’éloigna avec un sourire amusé. Au bout de quelques pas, la bouche empâtée de sa coéquipière marmonna :

- Tu sais, Minerva… Tu vas me manquer l’année prochaine.

Minerva s’immobilisa. Elle se retourna et répondit alors que les ronflements de l’attrapeuse se mettaient à résonner dans la pièce :

- Toi aussi Holly. Toi aussi. AAAAWWW

Franchement j'ai KIFFE tout ce passage de la fête ! Déjà pour le côté déconnade, la convivialité du moment, voir Minerva évoluer avec son équipe et cette petite touche de nostalgie à la fin avec Holly qui est la seule qu'on suit depuis le début AWWW
Et puis Etna. Etna le joli visage et qui n'est pris que comme tel par des garçons qui la suivent littéralement en meute et qui détalent quand une meute plus soudée montre les crocs. C'est super d'intégrer ce genre de problème ordinaire au sein de POudlard, on ne les voit pas assez !


***


Etonnamment, Holly n’était pas si vaseuse que Minerva l’avait craint. A croire que son foie était en titane. Elle était parvenue à ingurgiter une plâtrée entière d’œufs brouillés alors que Minerva peinait à achever son thé au gingembre.
Serpentard luttait pour garder sa place au classement, et leur attrapeur, malgré une légère amélioration, restait médiocre comparé à Holly. Ce qui inquiétait davantage la capitaine des Gryffondor c’était la détermination chez les verts et la presque excellence de leur équipe. Si les lions ne les croquaient pas immédiatement, les serpents parviendraient à l’emporter.
Le bourdonnement des étudiants qui frappaient des pieds dans les tribunes parvenaient jusqu’aux box où attendaient les joueurs. De l’autre côté du terrain, elle le savait, attendait avec la même impatience l’équipe de Serpentard, dont Lewis. Les deux équipes étaient au coude à coude : l’issue du match donnerait le futur adversaire de Poufsouffle en final. Minerva se demanda si c’était là sa dernière chance de gagner la coupe. Gryffondor allait bientôt être amputé de trois de ses joueurs et auraient à être remplacés. Elle doutait trouver de meilleurs étudiants. AWWW
La voix du présentateur étouffée par les portes de bois perça la cohue et l’équipe enfourcha son balai. D’un instant à l’autre, ils seraient appelés à fuser hors du box.
Les portes s’ouvrirent sur le stade, les aveuglant. Les nuées rouges firent le tour du terrain dans le sens inverse de l’émeraude des Serpentard. D’un coup d’œil, elle localisa le capitaine Miller en tête, puis Lewis sur le côté en compagnie de l’autre batteur. Très vite, elle détourna le regard et laissa ses coéquipiers se placer tandis qu’elle se rendait au milieu du terrain. Miller et l’arbitre la rejoignirent.

- Serrez-vous la main, fit celui-ci en ouvrant le coffre. Je ne veux pas de sales coups, j’attends du fair-play, prévint-il alors que Minerva et Miller s’aplatissaient respectivement les doigts avec un mélange de délice et douleur.

L’arbitre ouvrit le coffre, y donna un coup de baguette et le Vif d’Or s’envola, puis les deux Cognards. Minerva enfourcha à nouveau son balai et prit place avec son binôme de Poursuiveuses. Rapidement, l’arbitre envoya le Souafle en l’air et les deux équipes se jetèrent en avant d’un seul mouvement. Les supporters éclatèrent en cris et encouragements, mais leur écho s’assourdit immédiatement dans les oreilles de Minerva, qui se concentra uniquement sur le jeu.
Très vite, elle comprit que les Serpentard avaient bien l’intention de gagner ce match, avec ou sans Turner, leur ancien attrapeur. Elle se demanda s’ils avaient eu des entraînements cachés tant leur jeu semblait plus fluide, plus précis et clinique. La moindre faute des rouges était récupérée à leur avantage et réussie la plupart du temps. Dès que les Gryffondor perdaient un Souafle, la contre-attaque des verts était impitoyable et Charlie souffrait des buts encaissés. Minerva et ses coéquipières n’étaient pas en reste puisqu’elles enchaînaient les points face à un gardien sans réel panache. Ceux qui posaient un problème, c’étaient les Poursuiveurs dont Miller. Celui-ci parvenait à rattraper des Souafles et forcer à la faute sans lui-même tomber dans l’erreur. Les batteurs étaient d’une précision et efficacité redoutables et Minerva avait souvent dû freiner ou encore virer en catastrophe pour éviter de se faire percuter. Chez les rouges, Alfie n’avait rien à se reprocher, mais Fabio ne réussissait pas à faire face à la pression affolante et tourbillonnante assénée par les verts. Sans les encouragements de son binôme, il se serait sûrement noyé.
Alors que les Serpentard menaient 130 à 110, Minerva demanda un temps-mort. Son équipe se posa au sol avec des airs perplexes, étonnés de ce défi auquel ils ne s’attendaient pas.

- Bon, j’imagine que ce n’est pas votre gueule de bois le problème, commença Minerva avec un air sévère. On est partis trop confiants juste parce que leur attrapeur les a quittés. Mais leur équipe reste douée. Si nous ne sommes pas capables de mener largement ici, qu’est-ce qu’on va faire face aux Poufsouffle ? On va se faire humilier, autant rester dans les vestiaires !
- Il faut stopper Miller, intervint Charlie, il tire des Souafles à la vitesse de cognards et il n’y a aucune défense pour essayer de le déstabiliser. Il joue très rapidement mais cela reste mécanique, il ne fait que très rarement la passe quand il est en contre-attaque. Essayez de le devancer et les batteurs devraient le viser en priorité.

Minerva acquiesça.

- Elle a raison. Fabio, Alfie, essayez de vous concerter un peu plus. Miller est le pivot de l’équipe. S’il est stoppé, leur jeu s’arrête avec lui. GO REDS

L’arbitre siffla la fin de la minute de temps mort et Minerva enfourcha son balai avant de s’adresser à Holly :

- Trouve-nous vite ce Vif d’or, ton adversaire ne fera pas le poids.

Holly hocha la tête et s’envola, suivie des autres.
Dire que ce temps mort leur avait donné une nouvelle énergie serait faux, mais au moins semblaient-ils animés d’une plus forte volonté. Leur stratégie contre Miller sembla porter ses fruits car il subit son premier échec en contre-attaque grâce à un cognard de Fabio, qui parut lui-même surpris de sa réussite.
Minerva récupéra immédiatement le Souafle et jeta un coup d’œil autour d’elle. Alexandra restait légèrement en arrière pour gêner les Serpentard qui tentaient de revenir sur la capitaine et Etna filait en avant, prête à recevoir une passe. Minerva regarda dans son dos : les trois Poursuiveurs se rapprochaient et un batteur se trouvait à l’opposé du terrain. Où était … ?
A ce moment-là, son balai rentra en collision avec un autre balai et Minerva lâcha le Souafle alors que son corps basculait en avant. Une main la rattrapa par sa tunique et la stabilisa.

- Regarde où tu vas !

Minerva se retourna vers la voix de Lewis alors que l’arbitre sifflait un long coup.

- Tu es plus agile au sol que sur un balai, taquina le Serpentard en la lâchant. J'ai un sourire de débile, sache le.

Minerva rougit et attendit avec crainte l’arrivée de l’arbitre. Les Gryffondor se tendirent d’inquiétude et les Serpentard patientaient avec intérêt, espérant une exclusion temporaire du terrain. Si Minerva sortait, les rouges allaient très certainement avoir du mal à les dépasser. L’arbitre semblait hésiter sur la sanction à adopter. S’il y avait eu claire intention de heurter l’adversaire, il y aurait Boutenchoc et Minerva sortirait cinq minutes. Finalement, ce serait peut-être elle qui se trouverait sur le banc, et pas parce qu’elle avait trop bu la veille.

- Monsieur l’arbitre, intervint soudainement Lewis à la grande surprise de tout le monde, elle n’a pas fait exprès. Elle n’a juste pas regardé devant elle. :lol: :lol: mais quel gentleman sérieux :lol: :lol:
- Rollin, siffla Miller en ouvrant de grands yeux furieux.

Minerva ne réagissait pas, presque sonnée. Cette faute serait l’occasion pour les Serpentard de reprendre la main et d’assurer une confortable avance. L’arbitre cligna des yeux. Sûrement, lorsqu’il avait demandé du fair-play au début du match, ne croyait-il pas qu’un joueur ne l’obéisse réellement.

- Qu’est-ce que tu fais ? ne put s’empêcher de demander la capitaine des Gryffondor.

Lewis ne répondit pas et observa l’arbitre. Celui-ci resta silencieux un moment avant de porter le sifflet à ses lèvres et d’annoncer un simple pénalty. Les Gryffondor eurent un soupir de soulagement et les Serpentard jurèrent. Minerva observa Lewis mais celui-ci ne lui jeta pas un regard et enfourcha son balai avant de s’envoler. Etna s’approcha.

- On a eu de la chance, commenta-t-elle d’un ton songeur.
- A nous de la mériter alors, répondit Minerva avant de s’envoler. Franchement mais quel homme ce Lewis.

***


Sous l’eau brûlante, Minerva laissait son équipe célébrer leur victoire. Holly avait attrapé le Vif d’or peu après la faute de sa capitaine et Gryffondor l’avait emporté. Minerva restait inquiète. Si l’attrapeur adverse avait été Turner, l’affaire aurait tourné bien différemment. Elle n’osait imaginer ce qui allait se passer face aux Poufsouffle, surtout que la capitaine adverse, Tchekovla, également attrapeuse qui donnerait du fil à retordre à Holly, terminait sa scolarité à Poudlard et ne partirait pas sans la coupe. A peine la demi-finale gagnée, Minerva avait déjà ses pensées en finale. L’heure n’était pas à la célébration mais à la planification. Aussi, alors qu’elle s’habillait, elle ne resta pas avec ses coéquipiers et préféra sortir des vestiaires. Les Gryffondor devaient forcément les attendre dans la salle commune et Minerva patientait toujours que l’engouement général se tarisse un peu avant de faire une entrée discrète.
A l’extérieur, il n’y avait pas un son. Les Serpentard, vaincus, n’avaient pas dû traîner bien longtemps. Il en restait un tout de même, silhouette émeraude solitaire sur le terrain. Minerva changea de direction et rejoignit Lewis. Celui-ci leva les yeux et avisa la porte du couloir qui menait aux vestiaires.

- Vous en faites un boucan, dit-il avec un sourire en coin.

Minerva haussa les épaules, gênée.

- L’alcool d’hier doit encore faire effet, plaisanta-t-elle. On a fait une soirée.
- Pitié, ne me dis pas qu’on a perdu face à une bande d’ivrognes, gémit Lewis et se pinçant l’arête du nez. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

Minerva s’esclaffa et alla s’asseoir le long de la palissade des tribunes. Lewis la suivit et se laissa glisser au sol en soupirant. La capitaine nota sa tenue de Quidditch.

- Tu n’es pas allé aux vestiaires ?

Il grimaça.

- Je ne suis pas suicidaire. Ils pensent presque tous que c’est ma faute si on a perdu.

Minerva ne dit rien. N’était-ce pas le cas ? Lewis sembla entendre sa question silencieuse car il haussa les sourcils.

- Eh, tout ne tourne pas autour de toi tu sais. Tu crois vraiment que ton absence aurait changé l’issue du match ? Même en menant de cent points, Harpen aurait chopé le Vif avant notre attrapeur.

Vexée, Minerva émit un grognement étouffé et croisa les bras.

- Quoi ? fit Lewis avec un ton amusé. Tu préfères que je te dise que mon intervention, moi Serpentard adverse, a sauvé la peau de ton équipe ?

Non plus. Minerva soupira et regarda de l’autre côté que son camarade, qui eut un rire bref.

- Ce n’était pas notre année, dit-il enfin. L’année prochaine, nous aurons la coupe.
- Dans tes rêves, râla Minerva. Je te ferai tomber de ton balai avant que tu ne la touches.

Lewis siffla.

- C’est comme ça que tu me remercies ?

Minerva resta silencieuse. Mal à l’aise, elle se rendit compte qu’elle n’avait jamais exprimé sa reconnaissance.

- Pourquoi tu as fait ça ?

Ce n’était pas vraiment ce qu’elle était censée dire, mais c’était bel et bien ce qui était sorti de sa bouche en premier.

- Tu n’aurais pas fait la même chose ? s’enquit Lewis en se tournant vers elle.

Sincèrement ? Elle n’en n’avait aucune idée. Ce n’était peut-être pas très joli, mais ne devait-elle pas gagner à tout prix ? D’un autre côté, elle avait bien profité du fair-play de Lewis tout à l’heure. Pouvait-elle bénéficier d’une chose qu’elle-même n’aurait pas été certaine de faire ?

- Je ne te savais pas si malhonnête, fit Lewis en plissant les yeux.

Minerva rougit brutalement.

- Ce n’est pas…
- Je plaisante, va. Désolée je commente pas beaucoup. En fait il se peut que j'attende le moment où il va l'embrasser.

Il eut une pause avant de reprendre :

- Outre le fait que tu ne regardais réellement pas devant toi -une ironie du sort si tu veux mon avis- ça aurait été trop injuste que tu sois sanctionnée. Clairement cette année, tu as formé une meilleure équipe. Stupide est celui qui pense que nous l’aurions emporté aujourd’hui. A vrai dire, termina-t-il, si Turner avait été là, je ne sais pas si je t’aurais laissée partir à si bon compte.

Minerva se tordit les doigts un moment avant de dire :

- C’était honorable de ta part. Merci. Ah bah monsieur l'arbitre a dit qu'il voulait du Fair-play

Lewis haussa les épaules.

- Battez les Poufsouffle, ça me donnera une excuse de plus pour plaider ma cause à mon équipe. Tu es une très bonne joueuse et excellente capitaine, Minerva, complimenta-t-il en se relevant. Je soutiendrai les Gryffondor la semaine prochaine. PUTAIN MAIS QUE C'EST BEAU Lui il sait parler aux filles. Va donner des leçons aux gars qui embettaient Etna !

Minerva sourit.

- Je passerai le mot à l’équipe.

Lewis récupéra son balai et s’apprêta à partir.

- Pas besoin, fit-il, tant que toi tu le sais. Si tu savais le "AW" que je viens de pousser !

Et il s’éloigna, laissant la Gryffondor au sol, perplexe. Devait-elle y voir une quelconque insinuation ? A cette idée, son estomac se contracta sur lui-même. Elle ne savait que trop en penser. Elle s’était rapprochée de Lewis, c’était certain, et il lui arrivait presque de plus le voir que Pomona ou Filius. Malgré leurs multiples conversations sur Jedusor, source d’inquiétude, elle avait apprécié leurs autres échanges. De là à ressentir quoique ce soit pour lui et inversement… Par simple curiosité, elle s’imagina aux côtés de Lewis et cela lui parut étrange. A bien y songer, elle ne parvenait pas à se voir avec qui que ce soit. Elle n’essayait guère d’être mélodrame, mais elle n’arrivait pas à s’associer ainsi avec une autre personne. Peut-être parce qu’elle avait été élevée par un couple dont la relation elle-même reposait sur des piliers friables. Ce serait là sûrement reporter la faute sur quelqu’un d’autre. Ou alors elle n’aimait pas l’idée car cela la sortait d’une zone qu’elle commençait à connaître par cœur : son confort. Ce qu’elle connaissait, elle maîtrisait. Et elle peinait à connaître Lewis. Voire elle-même.
Minerva ramena ses genoux contre elle et soupira une énième fois. Il était tellement plus facile de réfléchir sur des stratégies de Quidditch plutôt que sur sa propre personnalité. Une nature intérieure était infiniment plus complexe à comprendre et assumer. Plus effrayante aussi.


CE CHAPITRE ETAIT INCROYABLE
Franchement, j'ai tout aimé ! La petite discussion avec Grace, le début et la fin avec Lewis où clairement tu sens qu'on est arrivé à un tournant, un pivot, et que le regard des autres sur eux a changé mais aussi le leur. Clairement si Minerva hésite, on sent que Lewis lui a des sentiments et qu'il essaie de le faire savoir à mi-mots.
Et il était super bien écrit ! Il y avait pas mal de phrases hyper frappantes, soit poétiques jolies ou alors simplement vraies, finement décrites. Le match et toute la stratégie derrière était super bien retranscrit aussi !
Et évidemment, j'adore percevoir les touches de McGonagall derrière Minerva, c'est des choses que tu fais tout en douceur mais on commence à les sentir !

BREF super chapitre Clem, je vais tout de suite lire l'autre !
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Coucou !!
Bon bah voilà la suite, merci tellement pour vos commentaires :mrgreen: :mrgreen: *-* promis j'essaie de rattraper très vite tous mes chapitres en retard chez vous PARDOOOON :cry: :cry:

Chapitre 21 : L’ombre pesante du mensonge


Dire que Minerva s’était rendue à reculons chez Jimmy était un euphémisme. Elle avait craint ce jour depuis des mois, et surtout depuis la fin des examens. Même les retrouvailles avec ses parents n’avaient pas dénoué ce nœud qui lui tordait les entrailles. Lewis, assoiffé de réponses, était animé d’une plus grande détermination que sa camarade. Mais contrairement à elle, il ne voyait en cette recherche qu’un moyen pour éclaircir le chemin vers sa vérité. Minerva se sentait mal rien qu’à l’idée de retourner dans cet appartement, témoin du meurtre de son ami.
Le Transplanage ne fut pas une mince affaire car elle ne réussissait pas à se concentrer pleinement. Lorsqu’elle y parvint, Lewis était déjà sur place, plus ou moins fraîchement arrivé par le Magicobus. Il la salua d’une inclinaison de la tête.

- C’est cette maison ? demanda-t-il en désignant la bâtisse que Minerva avait refusé de regarder avant.

Quand elle posa les yeux sur la pierre grise obstruée de mauvaises herbes, elle frissonna. L’endroit avait clairement été laissé à l’abandon, comme si les moldus sentaient qu’il ne faisait pas bon de traîner dans les alentours.
Minerva détourna le regard et sortit sa baguette.

- Ne perdons pas de temps, pressa-t-elle d’une voix basse qu’elle ne s’expliquait pas, tiens-toi immobile.

Elle agita la baguette vers son camarade et aussitôt, son corps frémit pour ensuite s’effacer et se confondre avec la végétation derrière lui. Minerva se transforma dans la foulée, faisant échapper un sifflement de la part du Serpentard. Elle se faufila à travers les hautes herbes, Lewis marchant à pas lourds -selon elle- derrière. Nerveusement et de manière incontrôlable, elle renifla l’air à la recherche de présence humaine -rien.
La porte d’entrée n’était pas fermée à clé. Lewis pénétra dans la pièce, Minerva le suivant les pattes tremblantes. Le choc fut tel qu’elle reprit forme humaine d’un seul coup. Rien n’avait changé, si ce n’était que l’endroit était encore plus saccagé qu’avant, sûrement dû à des pillages sommaires. Le vent s’engouffrait dans les vitres brisées dont les débris de verre jonchaient le sol poussiéreux et délabré. Des insectes s’étaient réfugiés dans les coins sombres et étriqués des murs et des meubles, et les ampoules pendaient misérablement du plafond, prêtes à s’écraser par terre.

- Eh bah, souffla Lewis, en parcourant du regard la pièce principale. Les gens ont sacrément fouillé l’endroit.

Minerva ne dit rien. Tout simplement parce que l’état du lieu était principalement dû à l’attaque perpétrée contre son ami et non pas aux ravages de délinquance. Elle resta muette pendant un moment, au point que le Serpentard, dont le sortilège avait été enlevé, se tourna vers elle, soucieux :

- Ça va… ? Si tu veux, on peut…
- Cherche en bas, je vais voir à l’étage.

Elle ne lui laissa pas le temps de donner son avis et fila vers les escaliers. Ce n’était pas un vrai étage, juste un niveau que Jimmy avait cloisonné avec un rideau. Elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Ce dont elle était certaine, c’était que si Jimmy réalisait des recherches, c’était là, car la dernière fois qu’elle s’était rendue chez lui, Fleamont et elle ne s’étaient cantonnés qu’au rez-de-chaussée. Minerva laissait volontairement à Lewis une partie déjà fouillée. Elle avait peur de ce qu’il pourrait trouver. Peut-être même, avait-elle peur qu’une preuve contre Jedusor y soit dénichée. Et alors que feraient-ils ? Que ferait-elle ?
« S’adresser à Dumbledore » lui souffla sa conscience. Et puis ensuite ? Demander au Ministère de chasser un fantôme, qui pourrait se trouver dans n’importe quelle contrée ?
En dessous, elle entendait Lewis farfouiller dans les papiers qui parsemaient le sol. Minerva soupira et tira le rideau. Sans surprise, elle y découvrit un lit surmonté d’une couche de poussière, ainsi que d’un bureau tout simple. Un poste radio, cassé, avait été laissé au pied de la chaise, son état défectueux le rendant inintéressant. Rien dans la pièce ne portait la signature de Jimmy. Pas un balai, pas une photo, pas un cours de Poudlard, pas un objet précieux à l’ancien Gryffondor… Peut-être que tout avait été volé. De toute manière, Minerva ne savait si elle aurait pu supporter de voir autant d’effets personnels, abandonnés au travers des années.
Avec peu d’entrain, elle s’accroupit et regarda sous le lit, à la recherche d’indices. Rien, hormis de la poussière, une carte postale des Cornouailles et un jeu d'échecs aux pièces éparpillées voire cassées. Elle alla s’asseoir au bureau et entreprit d’ouvrir les tiroirs. Elle y trouva un article de Quidditch sur la victoire des irlandais face aux anglais, « une revanche historique » selon Niamh Geoghán la capitaine de l’équipe.
Après quelques fouilles sans résultats concrets, Minerva soupira et se leva de la chaise. Elle tapa dans la radio et l’envoya heurter un des pieds du lit. Elle marmonna et alors qu’elle se penchait pour la ramasser, elle découvrit un morceau de parchemin qui était resté caché en-dessous. C’était un carré de plusieurs centimètres, pliés en quatre ou cinq. Le cœur battant, Minerva le prit et le déplia. L’écriture était toute serrée, petite et penchée, mais elle devina qu’elle avait appartenu à Jimmy -qui d’autre ? Minerva plissa les yeux et décrypta les brefs mots rédigés, qui semblaient avoir été destinés à quiconque les lirait : « J.T. dangereux : à arrêter ».
Minerva éloigna d’une main tremblante le papier. Il parlait forcément de Jedusor. De Tom Jedusor. Par Merlin, si même Jimmy, qui avait côtoyé le Serpentard durant sa scolarité, avait avoué en avoir peur, pensait que Jedusor était suffisamment dangereux pour avoir besoin d’être stoppé… Le papier n’était pas là par hasard, il avait pour but d’avertir, de mettre en garde. Mais Jimmy n’avait pas été assez prudent, il avait été retrouvé et assassiné. Jedusor l’avait retrouvé. Il avait déniché le frère de Lewis en Albanie, découvert Jimmy et l’avait cueilli dès sa sortie de Poudlard.
Peut-être cette maison était-elle surveillée. Peut-être savait-il que Lewis et elle fouinaient un peu trop. Et peut-être que sa famille pouvait être en danger. Son père moldu, ses frères incapables de se défendre, voire même sa mère également.
Des pas dans les escaliers la firent sursauter brusquement. Instinctivement, Minerva referma les doigts sur le bout de papier. Une main tira le rideau et Lewis y passa la tête, les cheveux poussiéreux de ses recherches.

- Tu as quelque chose ? demanda-t-il d’un ton si dépité que Minerva devina qu’il était bredouille.

Elle le regarda un moment, déglutit et répondit :

- Rien.

Le papier dans sa paume sembla la brûler de reproches.

Minerva avait pris soin de perfectionner son sortilège de désillusion avant de se transformer. Lorsqu’elle sortit de la maisonnette, elle ne savait si elle s’était dégagée d’un poids ou si elle en ressortait avec un encore plus lourd. Le papier en tout cas, semblait la tirer vers le sol, tel un boulet accroché à ses chevilles, symbole de sa culpabilité.
La voisine, une femme aux cheveux châtains très clair, faisait son jardinage devant l’entrée de sa maison. Comme flairant une présence, elle releva la tête avec une mine inquiète et vrilla des yeux inquisiteurs vers la maison de Jimmy. Elle posa son regard sur le chat et sembla se détendre. Elle secoua la tête, puis rentra chez elle. Minerva se rappela que la voisine avait témoigné lors de la mort de Jimmy. Elle n’en souffla pas un mot à Lewis.
Lorsqu’ils furent à distance respectable de la voie, elle reprit forme humaine et demanda d’emblée à son camarade :

- Tu es déçu ?

Lewis haussa les épaules.

- J’avais espéré trouver des indices, oui. J’imagine que s’il savait des choses sur Jedusor, ton ami n’aurait rien laissé traîner.

Minerva songea au parchemin brûlé dans l’âtre de cheminée la dernière fois qu’elle était venue. De toute évidence, il n’avait pas été si prudent.

- Et puis, aurait-il réussi à remonter jusqu’à mon frère ? continua Lewis. En Albanie…
- Qu’aurais-tu fait, si cela avait été le cas ? s’enquit Minerva.

Lewis se mordit la lèvre.

- J’en sais rien. En parler au Ministère ?
- Crois-moi, le Ministère a d’autres affaires plus urgentes que celle d’un sorcier errant sur la planète, accusé par deux étudiants qui ne disposent que de maigres preuves.
- Alors peut-être que le Ministère devrait revoir ses priorités, releva Lewis en pinçant les lèvres. Trois personnes sont mortes à cause de lui.
- On n’en sait rien, riposta rapidement Minerva, et le papier lui fit douloureusement rappeler l’ampleur de son mensonge.

Lewis secoua la tête, abasourdi.

- Tu t’entends parler ? Je ne comprends pas, tu étais la première à vouloir te lancer dans cette enquête, qu’est-ce qui a changé ?
- S’il a vraiment fait ce dont il est accusé, alors il est dangereux, fou. Il faut être prudent.

Minerva tenta d’adoucir sa voix.

- On a chacun une famille… Ce sont les vivants que je veux protéger aussi.
- En fermant les yeux, conclut sèchement Lewis.
- En ne tombant pas dans la vengeance ! contra Minerva sévèrement. Ce que tu ne parviens pas à faire. Si tu veux jouer au justicier, libre à toi, mais je refuse de te rejoindre dans une vendetta malsaine.

Elle recula de quelques pas et transplana sans transition, laissant Lewis derrière elle.
Sur le chemin sablé qui menait à l’entrée du presbytère, elle songea à sa réaction. Elle savait qu’elle avait brillamment tourné la conversation à son avantage. Elle sentait sa lâcheté lui crever la peau, sa peur engloutir son esprit, mais ses pensées étaient parvenues à accuser Lewis de perte de contrôle sur lui-même. Elle avait transposé la faute sur quelqu’un d’autre. Et le pire dans tout cela, c’était qu’en pensant bien fort, elle pouvait même croire à son argument et ainsi oublier sa honte.
Quand elle entra, son père, au téléphone, écarta le combiné de son oreille et chuchota :

- C’est ton grand-père, tu veux lui parler ?

Enfermée dans son tourbillon d’émotions, Minerva secoua la tête.

- Embrasse-le pour moi, dit-elle en traversant la pièce, je le rappellerai plus tard.

Son père lui lança un regard de reproche, ce qui agaça encore plus sa fille. Oui elle n’était qu’une adolescente ingrate, lâche et indigne, elle le savait déjà. Elle soupira lourdement et s’affala sur son lit, les bras croisés derrière la tête. Elle savait qu’elle exagérait. Son grand-père ne méritait pas son humeur et encore moins qu’elle refuse de lui parler. Elle roula sur le côté et se leva, choisissant plutôt de faire amendement en descendant. En bas des escaliers, elle se rendit compte que son père avait déjà raccroché et s’affairait dans le découpage de légumes.

- Ton grand-père est parti faire des courses, lui indiqua-t-il. Tu le rappelleras quand tu auras une place dans ton emploi du temps de ministre.

Minerva grimaça sous l’accusation acide.

- Je suis désolée…
- C’est à lui qu’il faut s’excuser, Minerva, soupira Robert en se frottant l’arête du nez. Cela fait un moment qu’il n’a pas eu de tes nouvelles, et toi des siennes.

Minerva baissa la tête, coupable. C’était vrai qu’elle n’avait fait que reporter l’écriture de sa lettre ou d’un appel téléphonique.

- Pardon, c’est juste que… j’ai trop de choses auxquelles penser depuis quelques temps, dit-elle en empoignant un oignon et un couteau.

Le visage de Robert s’adoucit. Minerva avait toujours trouvé qu’il ne restait jamais en colère très longtemps et qu’un jour cela lui coûterait, mais à ce moment précis, elle était bien contente de l’indulgence paternelle.

- Je l’ai bien remarqué, ma chérie. Qu’est-ce qui te tracasse ?

Minerva haussa vaguement les épaules, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas spécialement envie de s’ouvrir mais que s’il forçait un peu, elle le ferait peut-être parce que c’était ce dont elle avait besoin mais qu’elle n’osait pas le dire. Elle commença à émincer son oignon tandis que son père s’adossait au plan de travail. Ce qui était bien avec un père pasteur, c’était qu’il savait écouter. La conversation était souvent à sens unique pendant un long moment, mais Minerva savait que cela plaisait aux paroissiens. Elle avait très vite découvert que les gens aimaient parler de leur vie sans que l’autre ne surenchérisse derrière. Son père disait que cela permettait une libération des troubles et des doutes du cœur des hommes. Minerva trouvait que certains en profitaient très clairement pour s’étaler sur leur existence, mais Robert dans tous les cas, écoutait inlassablement. Cependant ce n’était pas ce Robert là qu’elle avait en face. Son père avait rapidement compris que la religion fonctionnait très peu sur ses enfants et en particulier sur sa fille.

- Disons…, commença-t-elle sous le regard patient de son père, que j’ai des doutes. Je ne sais pas quoi faire.
- A quel sujet ?

Minerva secoua la tête.

- Je ne veux pas… rentrer dans les détails, souffla-t-elle, tu sais, ce sont des trucs sur… la magie.

Robert fit un « oh » silencieux et Minerva sentit que son sourire se faisait plus lointain.

- Je suis face à deux avis différents sur une question, continua-t-elle prudemment. Je ne suis pas d’accord avec un ami. Il pense faire quelque chose de juste, mais j’ai l’impression qu’il n’a que la vengeance qui lui importe.
- La vengeance ? répéta Robert en fronçant les sourcils.
- Rien de grave, assura précipitamment Minerva, du moins pour l’instant. Il dit que je suis aveuglée, mais je ne le suis pas, si ?

Robert passa une main sur les cheveux de sa fille et celle-ci éminça frénétiquement son oignon.

- Tu as un esprit vif, ma chérie, dit son père d’une voix douce.

A vrai dire, Minerva ne savait plus quoi faire. Fermait-elle les yeux sur la vérité ? Sa lâcheté était-elle si blâmable ? N’y avait-il pas un fond de vrai dans son opinion, n’avait-elle pas raison de vouloir protéger sa famille, ses amis ? Elle sentit ses yeux la picoter et une larme affleura à ses cils. Elle l’essuya d’un air rageur et souffla :

- Fichu oignon…

Robert se pencha vers elle avec un œil inquiet.

- Mon ange, cette histoire n’est pas bonne si elle te met dans un tel état… En ce qui me concerne, toi et ton ami n’avez pas l’âge pour discuter de vengeance, qu’elle qu’en soit l’échelle. Religion ou pas religion, la vengeance est un acte malsain qui n’apporte rien si ce n’est encore plus de colère et d’obscurité.

Minerva acquiesça et courba les épaules.

- Tu as un bel esprit Minerva, et je ne veux pas que de telles pensées viennent l’assombrir. Tu comprends ?

Minerva cligna des yeux, ce qu’elle espérait faire passer pour un accord. Robert lui enleva le couteau des mains, une idée sage étant donné que sa fille voyait de moins en moins ce qu’elle faisait à travers ses yeux brouillés de larmes, et il la prit dans ses bras. Cela faisait tellement longtemps que son père ne l’avait pas embrassée ainsi que Minerva ne sut pas tout de suite comment réagir. Finalement elle referma ses bras autour de lui et après un silence, murmura :

- Tu n’en parles pas à maman, hein ? Elle s’inquièterait trop.

Robert s’écarta et sourit.

- Alors sèche-moi ces larmes, sinon elle va me poser des questions et tu sais bien que je devrai lui répondre.
- C’est l’oignon je te dis, protesta Minerva et elle reçut aussitôt une pichenette sur le nez.
- Dis donc, pas de mensonges dans cette maison, rit doucement son père.

Minerva lui rendit un sourire plus tendu. Elle savait qu’il ne plaisantait qu’à moitié. La religion lui prônait de toujours dire la vérité et il se faisait un devoir de transmettre cette vertu à ses enfants, du moins dans son périmètre de contrôle qui se limitait à leur habitat. Minerva soupçonnait qu’il soit particulièrement insistant suite aux premières années de mariage mensongères qu’il avait vécues avec Isobel. Robert sembla percevoir le changement chez sa fille aussi, il se dépêcha de lui signaler l’oignon qu’elle n’avait pas fini de couper.

- Travaille pour gagner ton pain, sourit-il avant de lui tourner le dos.

A ce moment-là, Isobel surgit à la porte en compagnie de Robert Jr. Celui-ci brandissait son poing en l’air tandis que sa mère le tirait vers la cuisine d’un pas pressé.

- Viens te rincer la bouche, chéri, tu vas mettre du sang sur ta chemise.
- Du sang ? s’exclamèrent de cœur Minerva et son père.

Robert grimpa sur un tabouret et plongea la tête dans l’évier, sa mère allumant le robinet.

- Il a perdu une dent, soupira Isobel, de toute façon elle était à deux doigts de tomber, il était temps.
- Mais tu es devenu un grand garçon maintenant ! s’écria Robert. Ta première dent !

Son fils releva la tête et leur offrit un sourire édenté. Minerva s’esclaffa devant le gros trou qu’il affichait en plein milieu.

- Minerva, réprimanda Isobel, sois gentille je te prie.

Pour toute réponse, Minerva haussa les épaules et entreprit de couper du fenouil avec une grimace de dégoût. Les elfes à Poudlard au moins eux, avaient bien compris que les élèves ne mangeaient jamais le fenouil servi durant les repas.
Robert Jr descendit du tabouret et la rejoignit au plan de travail. Avec un grand sourire, il ouvrit sa main et fit tomber sa dent dans les cubes de fenouil.

- Robert ! Mais c’est dégoûtant, va-t’en !
- Minerva, tu parles autrement à ton frère, soupira Isobel. Robert, ça suffit.
- Mais il exagère, se plaignit sa fille, il fait ce qu’il veut dans cette maison. Eh, récupère ta dent, j’en veux pas moi !

Robert éclata de rire, reprit sa dent et courut à l’étage.

- C’est le fardeau de la grande sœur, taquina son père, tu seras toujours l’enfant malheureuse de la famille.
- Très drôle.

Minerva continua de bougonner pour la forme tandis qu’Isobel prenait les assiettes et les amenait sur la table de la salle à manger.

- Au fait, Isobel, des nouvelles concernant ce qu’il s’est passé en février ? demanda Robert en posant les coudes sur le plan de travail.

Le couteau de Minerva dérapa et son père lui jeta un regard intrigué.

- Tu as dû en entendre parler non ?

Minerva reprit son morceau de fenouil et s’enquit de manière nonchalante :

- Tu veux dire ces problèmes de fuites de gaz ?

Robert acquiesça et entreprit de chercher des couverts dans le tiroir. Minerva en profita pour lever les yeux vers sa mère qui l’observait déjà. Elle vit tout de suite dans son regard qu’elle non plus ne pensait pas à un accident et qu’elle luttait afin de savoir si elle allait en parler à son mari. Celui-ci se racla la gorge et Minerva comprit qu’il avait remarqué leur échange silencieux.

- Isobel, dit-il en fronçant les sourcils, n’essaie pas de me mentir…

Il n’acheva pas sa phrase, mais Minerva sentit les derniers mots « une nouvelle fois » flotter dans l’air entre le couple.

- Je ne comptais pas mentir, se défendit Isobel en croisant les bras.

Minerva se retint de hausser les sourcils. Elle connaissait assez bien sa mère pour avoir deviné ses intentions : dissimuler une vérité possiblement dangereuse lui semblait un bon compromis pour éviter de mentionner aussi crûment les tares du monde magique. Elle la comprenait. Elle faisait pareil envers Lewis.
Isobel vérifia que ses fils n’étaient pas dans les environs. Robert devait sûrement être en train d’admirer sa dent fraîchement tombée et Malcolm à rêvasser niaisement de Beth. Minerva était bien contente que ses parents la considèrent assez grande pour écouter leur discussion.

- C’est juste que c’est un sujet délicat qui concerne la magie, continua sa mère en baissant la voix sur ce dernier mot, et comme tu détestes ça…
- Je ne déteste pas la magie, coupa Robert d’une voix ferme même s’il buta sur le fameux mot. Sinon cela voudrait dire que je déteste ma femme et mes enfants. Tu sais où est le vrai problème, Isobel, nous en avons déjà parlé.

Minerva tordit la bouche. Il avait beau parler d’une voix calme, elle n’aimait pas la tournure que prenait la conversation.

- On peut en revenir au sujet principal s’il vous plaît ? préféra-t-elle intervenir.
- Mais c’est le sujet principal, chérie.
- Oui exactement, fit sèchement Minerva en coupant son père sous son regard surpris, cela fait treize ans maintenant que ça l’est. Tu ne crois pas que ça suffit ? On sait tous quel est le problème, et je te remercie de le ramener sur la table dès que tu en as l’opportunité.

Minerva ne savait pas qui était le plus surpris entre son père et sa mère. Le premier parce qu’elle ne lui avait jamais parlé de cette manière de toute sa vie, la deuxième parce qu’elle avait rarement pris sa défense ainsi.

- Minerva, dit Robert d’un ton presque indigné, un jour peut-être tu comprendras mon point de vue…

Minerva lâcha brutalement son couteau.

- Rah, sérieusement ?
- S’il vous plaît…, fit la voix plaintive d’Isobel.

Cela eut le mérite d’attirer l’attention des deux autres.

- Je vous en prie, que l’on arrête avec ses disputes, dit-elle d’une voix fatiguée tout en se tordant les mains. C’est vrai, j’ai fait une erreur il y de çà treize ans et je m’en veux tous les jours. Je ne vois pas quoi faire d’autre, Robert.

Minerva jeta un regard accusateur à son père et celui-ci soupira et pressa ses doigts sur ses paupières. Il resta un long moment silencieux avant de redresser la tête.

- Tu as raison. Je n’aurais pas dû parler de cela. Excuse-moi.

Isobel hocha la tête avec un sourire contrit mais Minerva ne manqua pas de noter qu’il ne s’était pas excusé pour son comportement des treize dernières années. Officiellement il lui avait pardonné son mensonge ; officieusement, Isobel luttait pour rétablir leur ancienne confiance de couple. Sans succès. Robert se débattait lui-même entre son âme chrétienne qui offrait le pardon, et celle qui refusait de vivre une vie faite de dissimulations.
Il s’éclaircit la gorge :

- Et donc, pour ces fuites de gaz ?

Minerva laissa le soin à sa mère de répondre et chercha des yeux un autre légume à couper. Elle avait fini, aussi elle se mit à examiner ses ongles, espérant qu’on ne lui demanderait pas son avis.

- Je ne pense pas que ce soit des fuites de gaz, répondit prudemment Isobel, ses yeux virevoltant entre sa fille et son mari. Les circonstances sont étranges. Il y aurait dû y avoir plus d’enquêtes, or les journaux n’en parlent plus désormais… Aucun journal.
Minerva devina que par « aucun » elle voulait dire moldu et sorcier.
- Tu veux dire qu’ils étouffent l’affaire ? demanda Robert en se mordant la lèvre.

Isobel jeta un coup d’œil à sa fille et celle-ci sut tout de suite ce qui l’attendait.

- Tu appelles tes frères, s’il te plaît ? On va bientôt dîner.

Minerva souffla son mécontentement mais ne répliqua pas. Elle sortit de la cuisine et s’éloigna doucement, puis s’arrêta en bas des escaliers, tendant l’oreille. La voix de sa mère lui parvint, sourde.

- C’est comme il y a dix ans, Robert. Des tragédies similaires survenaient, chez les moldus comme chez les sorciers. Et si l’histoire se répétait ?
- Isobel, la guerre est finie depuis longtemps, personne ne veut y retourner. Et quand bien même il y en aurait une, personne n’atteindra jamais notre patrie. Et qu’ils essaient de poser un pied en Ecosse, tiens !
- Oh Robert, si seulement c’était aussi simple…

Minerva, contre le mur en bas des marches, écoutait attentivement, le cœur battant. Sa mère devait réellement être inquiète pour parler aussi librement du monde magique à son mari.

- Penses-tu qu’il y ait un danger ? s’enquit Robert d’une voix douce. Pour notre famille ?

Minerva attendit la réponse, les yeux écarquillés dans l’obscurité du couloir. Elle pouvait voir son ombre sur le mur d’en face, immobile comme une statue de sel.

- Je n’en sais rien, Robert… Peut-être pas pour l’instant. Les enfants sont en sécurité à Poudlard. Mais il faut être prudent, faire attention.

Minerva expira lentement l’air qu’elle avait emmagasiné dans ses poumons. Ainsi, avait-elle peut être fait le bon choix en taisant la note alarmante de Jimmy à Lewis. Elle fila à l’étage appeler ses frères ; Robert était assis sur son lit, sa couette au-dessus de sa tête.

- C’est ma cabane, la mienne, fit sa voix étouffée. Pas la tienne.
- C’est ça. Allez, descends on va manger.
- Le fenouil c’est pas bon, se plaignit son petit frère de sous la couette. J’en veux pas.
- Tu mangeras le maïs. Allez, sors de là.

Minerva gratta délicatement à la couette et après quelques secondes, la tête de Robert Jr émergea. Comme prévu, il tenait sa dent dans son poing. Il bougonna puis sauta du lit et alla la ranger précieusement dans un coffret que Minerva savait rempli d’objets de toutes sortes. Il traîna des pieds jusqu’aux escaliers qu’il descendit lourdement afin de manifester son mécontentement. Malcolm sortit à ce moment-là de sa chambre, un sourire béat sur le visage. Minerva eut une moue écœurée.

- Beth vient de m’écrire ! Tu sais qu’elle dit regretter notre duo en potions ?
- Super, maintenant efface moi cet air niais ou je vais croire que j’ai un troll pour frère.

Malcolm haussa les épaules et la dépassa d’une démarche enjouée.

- Quand tu trouveras quelqu’un, je ne manquerai pas de te le rappeler !
- Tu penseras bien à me réveiller si ça m’arrive. Histoire de me sortir de ce cauchemar.

En bas, ses parents s’affairaient comme si rien ne s’était passé. Les fumées de volaille chaude ramenèrent le sourire à un Robert dégoûté des légumes et c’est avec un air satisfait qu’il s’installa à table. Isobel frappa d’une cuillère en bois la main de son fils qui se dirigeait avec gourmandise sur le pain. Elle lui fit les gros yeux. La famille s’assit et Robert prit son rôle de pasteur et récita une prière. Minerva sourit en imaginant Malcolm lever les yeux au ciel. Elle n’avait jamais vu un esprit aussi cartésien que celui de son frère. Elle, cela ne la dérangeait pas. C’était le rituel avant chaque repas, et elle savait que cela tenait son père à cœur. Isobel également murmurait quelques mots, mais selon Minerva, elle aurait tout aussi bien pu prier à une étoile filante que cela aurait eu le même effet. Elle doutait que sa mère s’adressât réellement à une entité divine.
Les trois enfants grimacèrent de concert lorsqu’ils furent forcés de prendre du fenouil et stratégiquement, Minerva s’en débarrassa en premier. Elle jeta un regard affligé à Robert, dont l’espoir que sa mère oublie de lui faire manger le légume diabolique, l’avait poussé à le mettre sur le côté. Comme à son habitude, il avait trié chaque légume en des ronds parfaits.
Durant tout le repas, Robert Jr s’amusa à faire passer un morceau de maïs à travers le trou de sa dent, sous le regard mi-affligé mi-amusé de sa sœur. Elle était contente de le voir aussi enjoué, lui qui avait longtemps été silencieux. Il restait cependant renfermé en présence d’inconnus ou dans un environnement qui ne lui était pas familier, et Minerva s’inquiétait de son intégration à Poudlard, même si Malcolm serait là encore une année.

- Tu n’oublies pas ton fenouil Robert, j’espère ? fit soudainement la voix moqueuse de son père.

Le visage du benjamin s’affaissa d’un air si catastrophé, que la tablée éclata de rire.
Le repas terminé, Robert fila se brosser les dents, encore traumatisé des dernières bouchées infligées à son estomac, et Minerva aida ses parents à faire la vaisselle, le tout en silence.

- Une petite partie d’échecs ? proposa son père une fois la corvée achevée.

Minerva grimaça.

- Cela fait trop longtemps que je n’ai pas joué…

Depuis son entrée à Poudlard, elle n’avait fait que quelques parties contre les rares étudiants qui en appréciaient l’art. Mais les études et le Quidditch avaient pris le pas sur cette passion qu’elle partageait avec son père, et elle en avait eu marre que ses pièces contredisent tous ses mouvements, voire même fanfaronnent face à l’adversaire au risque de saboter la partie. Les échecs nécessitaient calme et concentration. Elle avait bien essayé de promouvoir les échecs moldus au château, mais les autres étudiants n’avaient pas eu l’air d’en voir l’intérêt. Quant à Alan, il en avait eu assez de se faire battre à plate couture à chaque partie, et Minerva voulait bien avouer qu’elle s’ennuyait un peu face à lui.

- Justement ma fille, reprit Robert, ça te fera du bien !

Elle regarda son père et vit dans son regard une petite lueur d’espoir. Il ne voulait pas le dire, mais les parties contre sa fille lui manquaient. Puisqu’il était un excellent joueur, Minerva accepta d’un hochement de tête.
Isobel décida de rester un peu et elle se lova sur le canapé, les pieds repliés sous ses jambes. Robert empoigna deux chaises en paille et sa fille une petite table carrée en bois simple.

- Vous ne préférez pas un siège plus confortable ? s’enquit Isobel et observant d’un œil circonspect les brins de paille sortir de l’assise.
- Moins la chaise est agréable, plus la concentration est affutée, répondit Robert en sortant les pièces. Un esprit aiguisé se paire avec un fessier endolori, très chère.

Minerva pouffa et s’installa, plaçant ses pièces. Avec le jeu sorcier, les pièces préféraient se placer toutes seules et une fois, elle avait été confrontée à une révolte de ses pions qui avaient refusé de se mettre en première ligne, arguant qu’ils en avaient assez que le roi se réfugie derrière ses sujets. La dame avait réglé la question en abattant un des pions et les autres s’étaient rués à leur poste sans plus rien dire.
Son père lui présenta ses poings et ouvrit celui que Minerva pointa.

- Blanc. Chanceuse, à toi l’honneur, lui annonça Robert avec un petit sourire.

La partie débuta sans surprise. Elle joua son premier pion contre lequel son père opposa son homologue, de même pour son autre pion en e5. Puis elle avança son cavalier, en protection de son second pion.

- Ah, sourit Robert, une ouverture écossaise. C’est bien, ma fille.
- Joue.

Robert obéit tandis qu’Isobel se penchait.

- C’est quoi une ouverture écossaise ?

Minerva désigna du menton le plateau.

- C’est ça.
- C’est une manière d’ouvrir le jeu, expliqua patiemment Robert. Elle évolue à chaque mouvement de pièce. Par exemple, avant que Minerva ne bouge son cavalier, nous étions dans un autre type de défense dont je t’épargnerai le nom.

Un de ses pions prit le pion de Minerva, contre lequel celle-ci envoya son cavalier.

- Et là Robert, tu ne peux pas lui prendre son cheval avec le tien ? demanda Isobel en désignant du doigt les deux pièces.

Minerva roula des yeux.

- C’est un cavalier maman…

Robert sourit.

- Je pourrais. Mais ce serait un très mauvais coup. En prenant son cavalier, je me mets dans la ligne d’attaque de sa dame. Le but étant de contrôler l’échiquier, je serais en fâcheuse posture de savoir sa dame au centre du jeu, avec une portée infinie et dans toutes les directions. Tu comprends ? A la place, je vais dégager mon fou et l’avancer dans cette diagonale.

Son fou était désormais dans la même diagonale que le roi de Minerva, c’est pourquoi elle avança un de ses pions pour faire barrage. Robert, imperturbable, expliqua le coup à sa femme.

- Là elle empêche mon fou d’atteindre son roi. J’aurais eu honte si elle n’avait pas vu ce danger, je dois dire. Son pion m’empêche d’avancer.
- Et tu ne peux pas prendre son pion ? s’enquit Isobel qui tentait vainement de comprendre un jeu qu’elle n’appréciait pourtant pas spécialement. J’imagine qu’un fou est plus puissant qu’un pion, non ?

Robert secoua la tête.

- Toutes les pièces peuvent se prendre les unes les autres. Elles ont des valeurs différentes, mais ça, c’est une autre histoire. Si mon fou prend son pion, très bien, elle en aura perdu un, mais son autre pion prendra sans hésiter mon fou dans la foulée. Action d’aucune utilité de ma part donc.
- Bon, tu joues papa ? râla Minerva qui n’aimait guère qu’il voie à travers tout son jeu.

Certes, elle se doutait bien qu’il n’allait pas se faire avoir aussi facilement et c’était tant mieux : elle jouait pour le défi, pas pour écraser son père. Qui pourrait être à son niveau alors ? Elle avait conscience qu’elle avait un comportement prétentieux en songeant cela, mais ça n’en n’était pas moins vrai. Parfois, lorsqu’elle pensait ainsi, elle se disait qu’elle aurait pu aller chez les Serpentard.

- Patience, ma fille, je te rappelle qu’à tes débuts, tu réfléchissais pendant plusieurs minutes avant de jouer. C’était long.
- J’avais six ans, répliqua Minerva en observant le nouveau mouvement de son père (un cavalier).

Minerva avança un de ses fous à travers l’échiquier, le rendant ainsi menaçant pour les défenses noires. Elle restait tout de même inquiète pour son roi qu’elle n’avait toujours pas mis à l’abri. Robert décida de sacrifier son fou en le faisant prendre un de ses pions. Minerva empocha le fou avec un autre pion, sauvant ainsi son roi d’un échec cuisant. Elle sentit son père se concentrer, regrettant sûrement de s’être éparpillé à vouloir expliquer les règles du jeu à sa femme. Isobel sentit qu’elle n’obtiendrait rien de plus, aussi elle se leva et souhaita une bonne partie avant de monter les escaliers.
Maintenant que les pions étaient presque tous placés dans cette ouverture, le milieu de partie allait pouvoir commencer, et Minerva comptait bien être sans pitié. La mine concentrée de Robert lui indiqua que lui non plus n’allait pas se laisser faire. Sa fille grimaça lorsqu’il parvint à mettre son roi à l’abri. Elle sortit son second fou et l’avança sur l’échiquier, lui libérant un espace pour pouvoir également imiter la stratégie de son père. Minerva cacha son sourire. Son adversaire payait son manque de concentration : alors qu’il n’avait que deux cavaliers lancés dans le centre de l’échiquier, Minerva avait pu placer deux fous et un cavalier. Les autres pièces essentielles de Robert étaient encore coincées derrière une rangée de pions. Le temps qu’il les dégage, elle avait l’opportunité de donner quelques attaques rapides et douloureuses.
Au fur et à mesure du jeu, la victoire lui parut évidente : elle déplaça stratégiquement son fou de façon à ce que son père ne le trouve pas menaçant dans l’immédiat. Robert choisit de déplacer un cavalier au lieu de s’emparer de celui de sa fille avec sa tour. Minerva avança son fou et bloqua le passage de la tour. Robert sembla comprendre le danger car il fit intervenir sa dame, prenant ainsi le cavalier de Minerva. Mais c’était son but : en sacrifiant ainsi son cavalier, son second fou put empocher la dame sous la grimace de Robert, permettant ainsi aux deux fous de la jeune fille de couvrir les deux seules portes de sortie du roi, qui s’était acculé dans le coin de droite de l’échiquier. Les seules possibilités de Robert seraient de prendre un fou avec la tour mais laisser son roi à sa case, permettant donc au second fou de faire échec et mat. L’autre étant de bouger son roi sur sa case de gauche, ce qui autoriserait le premier fou à porter le coup final. En d’autres termes, son père était coincé.
Robert soupira, se gratta la joue, tordit son nez. Puis il leva le regard vers sa fille et sourit :

- J’abandonne.

Minerva s’affaissa contre le dossier avec soulagement.

- Tu es plus audacieuse qu’avant, remarqua Robert en l’imitant. Je me rappelle encore quand tu n’osais pas sortir ta dame parce que selon toi elle était trop précieuse. Ce soir, tu as délibérément choisi de la sacrifier, j’aurais dû me méfier. On n’abandonne pas sa dame ainsi.
- Quelle idée de me laisser m’approcher de ton roi, je ne suis pas une débutante.

Robert leva les mains en signe de mea culpa.

- Je l’avoue, j’avais compté sur ton manque d’entraînement récent. Grossière erreur.

Il ne dit rien pendant un moment et l’observa. Minerva se tortilla sur sa chaise.

- Tu veux faire une seconde partie ? proposa-t-elle.

Robert eut l’air d’hésiter. Au lieu de cela, il se leva et alla s’asseoir sur le canapé. Il tapota la place à côté de lui.

- J’aimerais que l’on parle un peu… si cela te convient bien sûr.

Minerva fronça les sourcils.

- Parler de quoi ?
- De plein de choses, soupira Robert. De ton enfance, de celle de tes frères, de ta mère…

Minerva plissa les yeux, interloquée, mais obéit.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?

Son père sembla chercher ses mots, car il resta silencieux. Puis il se tourna vers elle :

- C’est par rapport à la discussion de tout à l’heure.

Ils avaient eu plusieurs discussions, mais Minerva ne douta pas qu’il faisait référence à la dispute dans la cuisine.

- Tu… ça t’a beaucoup pesée tout ce mensonge ?

Minerva tiqua. Elle n’appréciait guère le sous-entendu qu’il avait glissé dans sa phrase, certes sûrement de manière inconsciente, mais bien là.

- Ce n’est pas le mensonge qui m’a pesée, répondit-elle. Je ne sais même pas si ça a vraiment impacté sur ma vie d’ailleurs. Ça s’est ressenti. Entre vous deux, ajouta-t-elle.

Robert hocha la tête, compréhensif. Minerva continua :

- Tu ne peux pas éternellement rejeter la faute sur maman. Elle a fait ce qui lui semblait juste, tout en respectant notre loi.
- « Notre » loi, souleva Robert avec un sourire que Minerva qualifia de triste. C’est tout le temps ainsi j’imagine ? Quand un ou une… sorcière a des enfants avec une personne qui n’a pas de magie. Vous allez dans une autre école, vous avez des amis sorciers, vous rejetez la religion, vous prévoyez de travailler dans une entreprise de votre monde… Qu’est-ce que je vous donne, moi ? Qu’est-ce que je vous lègue ?

Alors Minerva comprit. Il n’avait pas seulement été frustré et trahi de savoir que sa femme lui avait menti de manière si éhontée et pendant des années, que leur relation et leur premier enfant avaient été basés sur des tromperies. Il avait également le sentiment de n’avoir aucun rôle dans leur vie. Il ne pouvait pas contrôler leurs devoirs d’école, ne pouvait pas les aider dans leurs sortilèges, il ne parvenait pas à leur donner la foi en Dieu, était incapable de les conseiller dans leurs projets puisque ceux-ci étaient toujours reliés au monde magique… Tout ce qu’il pouvait réaliser, c’était de leur inculquer ses valeurs. Ce qui paraissait beaucoup à Minerva, mais pour l’heure Robert ne semblait pas en voir les résultats. Aussi, elle se rapprocha de son père et le plus tendrement possible, elle l’enlaça et posa sa joue contre son épaule. Lui qui savait sa fille peu friande des embrassades, il n’hésita pas à lui rendre l’enlacement, comme s’il voulait l’empêcher de s’écarter.

- Je t’aimerai toujours papa, murmura Minerva contre lui avant d’ajouter : mais je continuerai à t’écraser aux échecs.

Son père rit doucement et resserra son emprise sur elle.

- J’espère bien, ma fille. J’espère bien.
Charmimnachirachiva

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hello !
C'est juste trop bien !
L'un des trucs que j'aime le plus dans ta fanfic c'est que tu ne fais pas correspondre Minerva à l'héroïne typique qui place la justice au-dessus de tout. Là, Minerva doute, s'interroge et quel que part choisi la solution "lâche". Mais pour moi, Minerva n'est pas lâche, elle est juste réaliste. Elle peut paraitre égoïste mais, au contraire, pour moi, le courage et les bonnes actions ne se limitent pas aux combats épiques mais aussi à notre comportement dans la vie et ce qu'on choisi d'en faire. (Comme devenir prof.... je dis ça je dis rien :lol: ). Et je trouve que Minerva illustre parfaitement ce courage.
Et sinon, pauvre fenouil, personne de l'aime :lol: (moi j'aime bien le fenouil :lol: ).
J'adore aussi l'ambiance que tu donnes à la famille McGonagall : on sent qu'ils s'aiment mais qu'il y a QUELQUES tensions dans l'air !
La partie d'échec est juste super bien écrite ! (le Jeu de la Dame aurait-il par le plus grand des hasards un certains rapport avec la magnifique description de la partie ? :lol: )
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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Charmimnachirachiva a écrit : sam. 22 mai, 2021 7:33 pm Hello ! Coucou ! :D
C'est juste trop bien !
L'un des trucs que j'aime le plus dans ta fanfic c'est que tu ne fais pas correspondre Minerva à l'héroïne typique qui place la justice au-dessus de tout. Là, Minerva doute, s'interroge et quel que part choisi la solution "lâche". Mais pour moi, Minerva n'est pas lâche, elle est juste réaliste. Elle peut paraitre égoïste mais, au contraire, pour moi, le courage et les bonnes actions ne se limitent pas aux combats épiques mais aussi à notre comportement dans la vie et ce qu'on choisi d'en faire. (Comme devenir prof.... je dis ça je dis rien :lol: ). Et je trouve que Minerva illustre parfaitement ce courage. Oh là là si tu savais comment ça me fait plaisir que tu me dises ça ! Comme toi je m'attache plus parce que justement elle ne fait pas forcément les mauvais choix, a peur etc. Et justement le but de cette fanfic c'est qu'elle évolue, grandisse et agisse en fonction de ses valeurs ! Donc vraiment MERCI *-*
Et sinon, pauvre fenouil, personne de l'aime :lol: (moi j'aime bien le fenouil :lol: ). j'ai découvert que tu n'étais pas la seule à aimer ça :lol:
J'adore aussi l'ambiance que tu donnes à la famille McGonagall : on sent qu'ils s'aiment mais qu'il y a QUELQUES tensions dans l'air ! c'est totalement ça, ils s'aiment tous mais il y a toujours ce mensonge qui pèse et cette différence de monde ^^
La partie d'échec est juste super bien écrite ! (le Jeu de la Dame aurait-il par le plus grand des hasards un certains rapport avec la magnifique description de la partie ? :lol: ) alors hahaha, j'ai très longtemps repoussé cette scène des échecs parce que je ne savais absoooolument pas comment l'écrire/ Or, Minerva est censée apprécier ça et en jouer avec son père. Et bam, le Jeu de la Dame débarque, je la regarde et comme beaucoup je m'intéresse au jeu, j'en apprends les règles du jeu ce qui m'a permis d'écrire cette scène ^^ J'y ai pris beaucoup plus de plaisir et de facilité grâce à la série donc je suis contente de ne pas m'être forcée avant hahaha ^^ et d'ailleurs cette partie d'échecs je l'ai jouée en vrai pour pouvoir bien la retranscrire ! Evidemment elle n'est aps entière parce que bon cela aurait été trop galère et trop détaillé ^^ déjà là j'ai eu de l'aide sur cette scène de la part d'un lecteur qui joue aux échecs et grâce à lui j'ai pu supprimer quelques infos superflues pour ne pas tous vous perdre :lol:
Merci énormément pour ton commentaire, ça me rend si heureuse de voir ton avis sur BN, j'adore et tes compliments vont droit au cœur ! :D Alors, un grand merci !
HermioneSerdaigle

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par HermioneSerdaigle »

Salut !
J'ai commencer ta fic il y a quelques jours et franchement j'adore !
J'ai bien rigolé quand j'ai lu le nom du chien d'Hagrid ! Je ne sais pas si je suis la seule mais bon....
Sinon la partie d'échecs est très bien écrite ! Je me demande également si Lewis et Minerva vont être plus que des amis.... :ugeek:
Je trouve que tu écris très bien ! (je crois que je mets trop de points d'exclamation... :lol:)
Voilà je crois que c'est tout, à la prochaine !
PS : Est ce que tu pourras me prévenir pour les prochaine chapitre stp ? :roll:
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Hello !!

Merci pour vos commentaires, vraiment !! HermioneSerdaigle, bienvenue ! :D :D
Bon je suis actuellement au mariage d'une amie du coup c'est soit Anna, soit Cazo soit Perri qui poste pour moi (je ne sais toujours pas qui haha) quoiqu'il en soit, merciii à elle ! :mrgreen: :D
J'espère que cette suite vous plaira, bonne lecture ! <3

NOTE DE ANNA : Mouhahah si vous croyez que je vais pas mettre mon grain de sel alors que c'est moi qui suis chargée de poster, vous avez tort ! Bon en vrai j'ai pas lu le chapitre, mais je ne doute pas de sa qualité. Déjà, le titre est trop stylé, on note le jeu de mot ! Et ensuite... hum est-ce que j'ai une anecdote sur Clem ? Ouais! Elle imite super bien le pigeon, vous verriez ça c'est incroyable ! Elle roucoule comme personne ^^ Et elle pleure au mariage ! Allez c'est tout pour moi ! Enjoy !



Chapitre 22 : L'entrée en Grace

- … choses étranges oui oui, depuis longtemps. Toutes ces lumières, beaucoup étaient rouges.
- Pourquoi avoir décidé de témoigner seulement aujourd’hui alors ? Cela fait déjà plus de trois ans que votre voisin M. Thomas est décédé dans des circonstances mystérieuses…

Le son de la conversation à la télévision parvenait aux oreilles de Minerva qui était assise à la table de la cuisine des Vendrars. Elle se leva d’un bond et se rendit dans le salon, où le poste de télévision crachotait une interview de la BBC qu’Alan avait abandonné quand sa mère l’avait forcé à ranger sa chambre « sans aide de ton amie qui n’est pas là pour ça ! ».
En reconnaissant la femme qui parlait d’une voix empressée, Minerva s’arrêta net comme frappée par la foudre. Elle avait reconnu sans peine la voisine de Jimmy, Polly Gardner, son regard inquiet qui s’était posé sur elle lorsqu’elle s’était rendue chez son ami et qui désormais virevoltait partout autour d’elle, agité.

- Le jeune Jimmy n’était qu’un cas isolé. Ce qu’il s’est passé, tous ces morts en février dernier… C’est exactement pareil !
- L’enquête a été claire pourtant, répondit le journaliste alors que Minerva s’affalait sur le canapé, les jambes coupées. Ce sont des fuites de gaz qui ont été à l’origine de ces malheureux décès, or vous nous parlez de lumières rouges et de toutes les couleurs… C'eût été la période nous aurions pu croire à des décorations de Noël !

Minerva vit très clairement le regard de Mme Gardner vriller. Elle serra ses petits poings et le fixa d’un air furieux.

- Vous croyez que je suis folle, mais je sais ce que j’ai vu ! Des éclairs dans tous les sens et soudainement l’obscurité. Et trois ans plus tard, de nouvelles morts en masse et personne n’explique rien ! Mais que fait M. Churchill ?

Le journaliste ne répondit pas et se pencha sur ses notes.

- Il est noté ici que vous prenez des calmants. En avez-vous pris récemment ?

Polly Gardner parut prise de cours. Elle cligna des yeux et bredouilla :

- Je… Oui… Enfin, pas aujourd’hui. Mais lorsque j’en prends c’est parce que je ne parviens pas à dormir, avec tout ce qui se passe, c’est tout.
- Mais vous en preniez déjà lorsque votre voisin M. Thomas est décédé ?

Gardner se recroquevilla sur sa chaise.

- J’avais perdu mon mari deux mois auparavant, le médecin m’a prescrit des calmants pour m’aider à mieux dormir…
- Mes condoléances. Pensez-vous que ces médicaments aient pu altérer votre perception des évènements ?
- Non !

Le cri véhément de Gardner surprit le journaliste qui, après un léger sursaut, griffonna quelque chose sur son carnet.

- Qu’avez-vous écrit ? demanda la femme d’une voix inquiète.

Le journaliste ne répondit pas et Polly gigota de frustration.

- Monsieur, je ne suis pas folle. Je sais ce que j’ai vu. Je vous le jure, il se passe des choses étranges dans le pays. Monsieur, qu’avez-vous écrit ?

L’homme releva les yeux avec un sourire empli de pitié.

- Vous avez bien dit que vous n’aviez pas pris vos calmants aujourd’hui ?

Le silence de son interlocutrice répondit à sa place et l’interview s’acheva. Minerva éteint la télévision. Les auditeurs avaient sûrement décidé que Polly Gardner était une femme addictive aux médicaments depuis la mort de son mari -la pauvre femme- et qu’elle délirait complètement. Les autres, comme Minerva, qui connaissaient le monde magique, savaient pertinemment qu’elle avait découvert un univers parallèle, sans pouvoir cependant mettre le doigt dessus. Pas d’inquiétude en revanche sur le Secret Magique : Minerva savait qu’il y avait une équipe qui analysait heure après heure tous les journaux et désormais les émissions de télévisions à la recherche de la moindre faille magique chez les moldus. Des Oubliators allaient sûrement sonner chez Mme Gardner et lui effacer la mémoire dans la plus grande discrétion.
Alan descendait les escaliers, surveillant les environs.

- Elle est où ma mère ?
- Dans le potager. T’as fini de ranger ta chambre ? demanda Minerva avec un sourire narquois.

Alan lui fit la grimace.

- Il y avait trop de choses, j’en ai caché sous le lit.
- Et utiliser la magie ça ne t’est pas venu à l’esprit ?

Alan jura.

- Rappelle-moi que la majorité c’est plus tôt chez les sorciers, du moins en Angleterre. Et rappelle-moi que je suis sorcier aussi, même dans ma maison. Bon ça en est où tes recherches de robe pour le mariage de Fleamont ?
- Ne m’en parle pas, soupira Minerva, j’ai dû l’annoncer à mes parents et ma mère me harcèle depuis pour que l’on aille faire les magasins ensemble.
- Elle sera ravie de t’offrir une robe à volants et nœuds, ricana Alan et la rejoignant sur le canapé. Pousse-toi un peu, tu prends toute la place.

Minerva obéit après lui avoir donné un coup de coude.

- Dis, Cora n’aurait pas une robe à me prêter par hasard ?
- Cora ? Une robe ? s’esclaffa Alan. Elle a vendu les rares dont elle disposait. A un prix exorbitant si tu veux tout savoir.
- Tu parles, des vêtements venant tout droit de la demeure Greengrass ... Ça l’arrange bien d’être de la famille pour le coup, hein ?

Alan haussa les épaules.

- Bien sûr. Elle n’allait pas revendre ces robes au premier venu juste parce qu’elle s’éloigne de sa famille. Si elle peut profiter de la notoriété de ses ancêtres pour empocher le gros lot, elle ne se gênera pas, crois-moi. Et puis, elle a besoin de cet argent.
- Elle a réussi à conclure un marché avec ses parents, d’ailleurs ?

Le refus de Cora d’être la marraine de son neveu avait provoqué la colère chez son frère aîné Wilbert et sa femme. Celle-ci, qui n’avait apparemment jamais apprécié sa belle-sœur, avait insisté pour que Cora quitte définitivement la maison. Cela n’aurait pas dérangé la Serpentard si elle n’avait pas eu autant besoin d’argent. Ses médicaments contre sa maladie représentaient un gros budget qu’elle était incapable de rassembler par elle-même. Ses parents, quant à eux, se refusaient à provoquer un scandale, eux qui avaient tant réussi à sauver les apparences jusqu’à lors. Cora était incontrôlable et ils le savaient. Elle n’hésiterait pas à abattre un à un les membres de sa famille en les accusant devant toute la communauté sorcière de l’avoir condamnée à subir sa maladie après avoir espéré sa mort à un âge très bas. Alan, comme Minerva, doutaient qu’elle en fut réellement capable. Elle n’appréciait pas sa famille, mais même ce désamour n’oserait pas jeter dans l’opprobre son premier neveu. Cora, c’était un bloc d’argile sèche : solide en apparence, mais friable dès que l’on grattait la surface.

- Cora a interdiction de retourner dans sa maison, répondit Alan. J’ai bien essayé de lui faire comprendre qu’elle était la bienvenue ici, mais elle refusé net. Elle a promis de ne pas répandre des horreurs sur sa famille et en échange, ses parents lui paient son traitement. Elle n’a pas le choix, mais elle déteste cette situation, avoua-t-il. Dépendre de sa famille pour sa santé…

Minerva pouvait bien imaginer combien cela devait la mettre en rogne.

- Elle vit où actuellement ?

Alan ne répondit pas tout de suite, et son amie put apercevoir l’ombre d’un agacement passer sur son visage.

- Elle a été embauchée au Chaudron Baveur. Elle y travaille cet été en échange d’une chambre et d’une pension alimentaire.
- Dans son état... ? s’étonna Minerva en se rappelant de la fois où la Serpentard s’était à moitié effondrée sur elle dans le couloir qui menait à l’infirmerie.
- Exactement ! s’exclama Alan en frappant un coussin du poing. J’ai essayé de lui dire mais elle n’a rien voulu entendre. Nous nous sommes disputés la dernière fois que nous nous sommes vus.
- Ne t’en fais pas, tenta de le rassurer Minerva même si elle était également inquiète, elle n’est pas stupide, si elle sent qu’elle ne va pas bien elle s’arrêtera.

Alan leva un regard sceptique.

- Elle n’est pas stupide, mais elle est butée. Si jamais son patron venait à apprendre qu’elle a des problèmes de santé, il la renverrait, et ça, Cora se le refuse.
- Alors quoi ? Marcher jusqu’à en crever, c’est ça qu’elle veut ?
- Il y a une chose qu’il faut comprendre chez Cora, répondit Alan d’une voix meurtrie. Elle se dit condamnée de toute manière.

Alors marcher jusqu’à en crever lui semble une meilleure solution qu’attendre patiemment la fin.
Minerva comprit qu’il n’y avait là pas lieu de débattre. Elle-même en y réfléchissant bien, doutait d’être capable de rester inactive jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce qu’elle comprenait moins en revanche, c’était que Cora ne parvienne pas à appréhender la douleur d’Alan, voire même à la remarquer. Sa propre vie ne comptait peut-être pas pour elle, mais elle comptait pour d’autres.
Très vite, elle comprit que son ami n’avait plus le cœur à discuter, aussi elle le laissa après une dernière pression de sa main sur l’épaule, puis rentra chez elle.
Sa mère l’attendait dans le salon, le sourire aux lèvres. Elle désigna d’une main gracieuse un long paquet qui ne pouvait contenir qu’une seule chose : la robe maudite. Minerva n’osa pas se plaindre devant l’enthousiasme de sa mère, mais sa pire crainte, celle qu’Isobel fasse son achat sans elle, s’était réalisée. Merlin seul savait quelle immondice se cachait sous ce papier.

- J’ai trouvé ta robe, annonça inutilement Isobel. Je n’arrive pas à croire comment j’ai pu l’oublier, c’était l’évidence même !

Malheureusement, ce qui était évident pour sa mère ne l’était généralement pas pour sa fille. Elle eut le vif souvenir de la robe cintrée bleu ciel, sur laquelle Isobel avait dressé des louanges qui n’étaient selon Minerva, pas méritées. Elle se força à sourire et s’approcha du paquet qui l’attendait sagement. Elle aurait aimé le déballer seule dans sa chambre, car elle n’était pas sûre de pouvoir simuler de la joie devant sa mère, trop perspicace pour noter quand quelque chose n’allait pas. Prenant son courage à deux mains, elle souleva le couvercle et… resta sans voix. La première chose qu’elle remarqua, ce fut que la robe n’était pas bleue. La seconde, que ce n’était absolument pas le style vestimentaire de sa mère.

- Par Morgane, mais où as-tu trouvé ça ?
- Elle te plaît ? demanda plutôt Isobel, ravie de son effet.

Minerva n’avait jamais pu imaginer apprécier de regarder une robe, et pourtant, c’était ce qu’elle faisait. Après examen, elle constata que l’habit était en fait une longue jupe accompagnée de sa veste au long col noir et aux attaches dorées. Minerva aimait tout particulièrement le motif de l’ensemble : un tartan rouge et noir, aux fines rayures d’or.

- La chemise est juste en-dessous, fit remarquer sa mère.

Elle tira une chemise d’un blanc immaculé dont le col rond remontait à mi-cou, au grand soulagement de Minerva.

- Elle était dans la remise, dit Isobel en répondant enfin à la question de sa fille.
- Dans la remise ?

Sa mère eut un doux sourire.

- Cela appartenait à ton arrière-grand-mère. C’est d’elle que tu tiens ton prénom. Elle m’avait donnée cette robe mais je ne l’ai jamais portée. Cela n’a jamais été de mon goût, ajouta-t-elle d’un ton un peu triste. Tu veux bien l’essayer ? Je ferai quelques retouches s’il le faut.

De bonne grâce, et parce qu’elle devait bien avouer qu’elle trouvait la robe magnifique, elle monta dans sa chambre et entreprit un habillage plus ardu que celui des uniformes de Poudlard. Le tissu était rêche et rigide, mais cela n’étonnait pas Minerva : l’âme du tartan se couplait au piquant du chardon. Elle descendit avec précaution les escaliers, essayant de ne pas se prendre les pieds dans le lourd tissu. Incroyable mais vrai, son arrière-grand-mère semblait avoir été plus grande qu’elle à son âge.
Son père était de retour à la maison et lorsqu’il se tourna vers elle, ses sourcils filèrent si haut sur son front qu’ils semblèrent disparaître.

- Par tous les Saints…, murmura-t-il, en voilà une belle écossaise.

Isobel battit des mains, les yeux brillants.

- C’est parfait ! se réjouit-elle. Il faudrait raccourcir le bas et recoudre plus fermement les attaches, mais cette tenue te va à ravir !
- Je vais avoir chaud là-dessous, non ? s’inquiéta tout même Minerva qui sentait déjà la chape de plomb s’abattre sur sa peau.
- Vous ne pouvez pas régler cela avec votre, heu, magie ?

Les deux femmes se retournèrent vers Robert, la personne la moins susceptible de proposer l’usage de la magie sous son toit. Isobel finit par répondre alors que Minerva souriait à son père, heureuse qu’il fasse l’effort de s’ouvrir à leur monde :

- Si, si, bien sûr, il y a toujours un sort pour tout. Je te ferai la couture à la main, chérie, tu me laisses le vêtement je te prie ?

Minerva savait que sa mère avait développé une passion pour la couture moldue. Elle s’asseyait dans son fauteuil usé, chaussait une paire de lunettes et pouvait passer sa journée entière le nez dans son travail.

- Alan a trouvé sa tenue, lui ? demanda Robert en rangeant les légumes du champ dans le frigo.
- Alan ?

Robert et Isobel relevèrent la tête.

- C’est bien avec Alan que tu y vas, non ? fit sa mère en haussant un sourcil.

Minerva se sentit devenir aussi rouge que son tartan.

- Minerva devenue muette, j’aurais apprécié le moment s’il n’était pas question d’un garçon…, dit Robert en s’approchant, l’air sévère. C’est qui ce jeune homme ?
- Oh papa, je t’en prie, râla Minerva alors qu’elle commençait à avoir extraordinairement chaud sous sa jupe. On peut en parler plus tard ? Quand je me serai changée par exemple ?
- Sûrement pas jeune demoiselle, l’arrêta Robert. Alors ? On le connaît ? C’est Dougal ?
- Dougal ? s’exclamèrent Minerva et Isobel d’une même voix.
Cette dernière ajouta :
- C’est qui ce Dougal ?
- C’est personne, répliqua Minerva avant de se tourner vers son père. D’où il sort, lui ?

Robert leva les mains devant lui.

- Tu n’as pas vu ? Il vient d’aménager dans le village, son père et lui ont racheté le champ voisin. Bon, étant donné que ce n’est pas Dougal, qui est-ce ?

Minerva s’abstient de dire que cela aurait été complètement stupide d’amener un moldu à un mariage sorcier et elle croisa les bras, l’air bougonne.

- C’est quelqu’un de l’école. On y va en ami, c’est tout.

Robert renifla d’un air sceptique.

- On peut avoir un nom ?
- Tu veux aussi la profession des parents ? ironisa Minerva avant de capituler sous le regard flamboyant de son père : il s’appelle Lewis. Je peux y aller maintenant ?
- Il est respectable ce garçon ?
- Si tu as peur qu’il lui fasse du mal, intervint Isobel avec un sourire amusé, je pense que tu te poses la mauvaise question. Est-ce qu’il a ce qu’il faut pour tenir tête à Minerva, là on peut se le demander. Crois-moi, à la moindre erreur, ta fille n’en fera qu’une bouchée.

Robert plissa les yeux à l’encontre de Minerva, l’air de réfléchir si oui ou non elle en aurait les tripes. Décidant sûrement que oui, il la pointa du doigt et annonça d’une voix ferme :

- Je veux voir ce jeune homme avant que vous alliez au mariage.

Minerva ne chercha même pas à lui faire comprendre qu’ils n’étaient pas ensemble. Ce qu’elle devait déjà savoir, c’était si Lewis l’accompagnait ou non au mariage. Après leur dispute, elle en doutait légèrement. Elle monta se changer, remettant avec soulagement des vêtements plus légers lorsque soudain, un hibou surgit de sa fenêtre ouverte et atterrit sur son bureau. La chouette encre de Minerva hulula de mécontentement et s’avança de manière menaçante. Sa maîtresse la laissait souvent hors de sa cage parce qu’elle avait généralement un bon comportement, mais elle supportait rarement ses congénères quand elle ne les connaissait pas.

- Bonnie, arrête, réprimanda Minerva.

Elle se rappelait que lorsqu’elle avait choisi ce nom en hommage au Bonnie prince Charlie, Alan avait roulé des yeux et soupiré devant son chauvinisme régional. Minerva prit la lettre et offrit à manger au jeune hibou. La lettre venait de Grace Mallony qui se demandait si les cours particuliers de Quidditch étaient toujours valables pour cet été. Elle lui proposait de venir dès maintenant si elle était libre, aussi Minerva écrivit une courte missive pour lui annoncer sa venue et se changea à nouveau pour des vêtements plus confortables. Faire du Quidditch lui éclaircirait les idées quant à ce qu’elle devait faire avec Lewis.
Sa mère lui demanda de rentrer pour le dîner et Minerva sortit, son balai en main et un coffre de balles de Quidditch dans l’autre. A quelques centaines de mètres, leurs nouveaux voisins s’affairaient à leur déménagement. Elle reconnut sans peine malgré la distance la haute stature de Dougal McGregor. Celui-ci se redressa et lui fit un signe de main auquel elle répondit par un étrange mouvement de bras avec son balai. Elle grogna et longea la maison jusqu’à atteindre la route, à l’abri des regards. Là elle sortit sa baguette et appela le Magicobus qui surgit en un instant dans un concert de klaxons et de crissements de pneus. Heureusement que les moldus étaient incapables de le voir ni de l’entendre…

- C’est pour aller où ? demanda le contrôleur.
- Heu, Beacon Hill, High Hauxley, lut Minerva en déchiffrant l’écriture serrée de Grace.

Le contrôleur siffla.

- Ça fait une trotte ça !
- Quand on habite autant au nord de l’Ecosse, tout est loin de toute façon, répliqua le chauffeur.
- Cela évite que des Anglais comme vous viennent fouiner dans nos affaires, protesta Minerva qui était ravie de son petit coin de campagne écossaise.
- Touché, fit le contrôleur. Mais monte et arrête de râler sinon on te laisse ici. Ça fera onze Mornilles je te prie. A moins que tu veuilles une brosse à dents en plus ? Tu choisis la couleur. Ça te ferait quinze Mornilles.
- Ça va aller, merci.

Elle grimpa dans le bus et s’empressa de s’asseoir avant qu’elle ne soit projetée à travers le couloir. Le trajet prit une heure, et lorsqu’elle descendit, elle fut surprise de la bouffée d’odeur iodée qui lui parvint aux narines. Elle ne pouvait pas voir la mer au loin, mais elle était persuadée que si elle continuait à pied, elle atteindrait le bord de la falaise, les flots tout en bas.

- Je croyais que le Magicobus était rapide.

Minerva pivota sur elle-même pour trouver Grace en tenue de sport, perchée sur une rambarde qui délimitait le champ dans son dos de la route. Plus loin derrière elle, se tenait une ferme, sûrement celle de sa famille.

- J’habite tout au nord de l’Ecosse, expliqua Minerva.

Grace était vêtue d’un ample T-shirt de son ancienne école d’Atlanta qu’elle avait rentré dans un short.

- Viens, lui fit Grace en descendant de la palissade côté champ, on sera à l’abri des regards derrière la maison.

Minerva lui tendit ses affaires avant d’escalader la barrière. Grace lui rendit le balai mais garda de bonne grâce le coffre. Elle s’éclaircit la gorge.

- Merci d’être venue, au fait.

Minerva haussa les épaules, balayant ses mots. L’entraînement lui permettait de se vider la tête, de ne pas penser à Lewis ni à la possible conversation avec son père le concernant.

- Mon père n’est pas à la maison, signala Grace alors qu’elles s’approchaient du perron, mais ne t’en fais pas quand il rentrera, il a l’habitude de me voir voler sur mon balai.
- Et les moldus dans tout ça ?
- Les plus proches voisins habitent au bord de la falaise et un bois nous cache des autres. Après toi.

Minerva entra dans la maison et fut frappée par l’étagère dans l’entrée remplie de coupes et de médailles.

- C’est mon père, expliqua Grace avec une pointe de fierté dans la voix en voyant le regard surpris de sa camarade. Il jouait dans l’équipe de baseball d’Atlanta à l’université d'État. Lui et son équipe ont remporté plein de championnats. C’est lui qui m’a entraînée, il espérait que j’aille moi aussi là-bas.

Avant que sa femme ne décède, termina Minerva dans sa tête. Elle n’osait imaginer combien il avait dû être difficile pour cette famille amputée de s’arracher de ses racines pour s’implanter de l’autre côté d’un océan. Minerva faillit rentrer dans Grace quand celle-ci s’arrêta brusquement dans le salon.

- Tu es déjà rentré ?

Minerva s’écarta pour voir à qui elle s’adressait. Il y avait un homme, avachi sur le canapé, une main dans un sachet de chips, une autre tenant une canette de bière. Une barbe de plusieurs jours lui mangeait une mâchoire qui semblait avoir été par le passé solide, mais qui désormais s’affaissait. Sa stature indiquait qu’il passait plus de temps assis à grignoter qu’à s’activer. Pourtant, Minerva n’eut aucun mal à deviner que c’était le père de Grace qui se tenait devant elle, ou plutôt l’ombre de son père. Celui-ci détourna ses yeux vitreux de la télévision et regarda les deux jeunes filles. Grace paraissait proprement honteuse.

- Je croyais que tu allais faire les courses ? continua-t-elle d’un ton de reproche.
- Excuse-moi ma chérie, j’ai oublié…

Il articulait normalement, montrant ainsi qu’il n’avait pas abusé de l’alcool. Il semblait juste s’être abandonné.

- Je vais y aller.

Le père amorça un geste pour se lever mais Grace le coupa :

- Laisse tomber, j’irai demain.

Et elle s’éloigna à pas furieux mais non sans que Minerva note son visage blessé. Elle mit quelques secondes à se rendre compte qu’elle était seule avec le père de Grace qui la regardait d’un air curieux. Il avisa son balai du menton.

- Vous venez jouer au Quidditch, c’est ça ?

Minerva hocha la tête.

- Je vais l’entraîner, pour qu’elle intègre l’équipe à la rentrée.
- Ah, c’est vous la capitaine ? C’est gentil à vous de venir. Carwood Mallony, se présenta-t-il, le père de Grace.

Minerva lui serra la main qu’il lui tendait. Sa poignée était ferme, signe qu’il restait des cendres de l’homme qu’il avait été par le passé.

- Minerva McGonagall. Elle est douée apparemment, comme vous.

Elle n’osa pas ajouter « auparavant », mais le regard de M. Mallony se vida encore plus et alla errer sur la console de la télévision où Minerva remarqua une photo représentant un couple souriant. L’homme était sans hésitation le père de Grace dans sa jeunesse. Des yeux brillants, des muscles saillants et une posture confiante. Des détails que Minerva ne put s’empêcher de comparer à ceux d’aujourd’hui. A côté de Carwood Mallony, se tenait une femme, qui portait une ressemblance flagrante avec Grace. Sa mère, devina Minerva, Alma Mallony. Ce qui l’a surpris, ce furent les vêtements sportifs ainsi que la batte de baseball qu’elle tenait à la main. Le père n’avait donc pas été le seul à avoir été joueur de baseball. Avec un malaise grandissant, Minerva laissa Carwood se perdre dans les souvenirs de la photo, et sortit rejoindre sa camarade. Grace était en train de fouetter l’air avec sa batte de baseball. Elle se retourna en entendant Minerva approcher. Avec ses cheveux blonds hérissés dans tous les sens, sa petite taille et sa batte en main, celle-ci ne put s’empêcher de faire un parallèle avec Mme Mallony.

- Il n’est pas alcoolique.

Minerva cligna des yeux et sortit de ses pensées pour s’attarder sur les mots de Grace.

- Pardon ?
- Il n’est pas alcoolique, répéta la jeune fille sur un ton défensif. Il ne sait juste pas quoi faire.

Minerva leva les mains.

- Je ne le pensais pas. Pose ta batte, on va commencer sans.
- C’était un grand joueur, continua Grace néanmoins en déposant sa batte comme ordonné, il s’est laissé aller mais il va se reprendre en main.
- D’accord, répondit laconiquement Minerva bien qu’elle songeât que cela faisait sûrement trois ans qu’il était dans cet état-là, trois ans depuis la mort de sa femme.

Grace sembla se détendre face à la simplicité des mots de la capitaine. Peut-être, avait-elle eu peur qu’elle ne critique son père, ou ne lui fasse remarquer qu’il détruisait sa vie. Mais Minerva ne considérait pas cela comme étant ses affaires, et Grace devait déjà être au courant de la gravité de la situation. Après tout, elle vivait avec lui. Minerva n’avait aucune leçon à donner.

- Echauffe-toi, surtout les bras et le dos. Tu n’aurais pas des balles classiques pour commencer ?
- Va regarder là-bas, répondit Grace en désignant un coffre le long du mur de la maison, choisis les balles que tu veux utiliser.

Minerva y reconnut un ballon de football, ainsi que des balles de tennis et, mêlées à celles-ci, des balles de baseball. Elle en attrapa quelques-unes, regrettant tout de même ne pas avoir trouvé de balles plus grosses, mais moins que celle du football. Elle prit ce dernier et les ramena face à une Grace qui s’étirait.

- Si tu te sens assez échauffée, va faire quelques tours sur ton balai, je veux voir comment tu te débrouilles.

Elle savait déjà que Grace était douée sur un balai, mais également dans les tirs de batteuse. Le problème résidait dans la coordination des mouvements. Les minutes qu’elle passa dans les airs lui confirma qu’elle était relativement à l’aise ; il y avait plus symbiotique, mais cela suffisait. Elle la fit descendre pour ensuite lui lancer les balles de baseball qu’elle avait enchantées afin qu’elles reviennent à ses pieds par elles-mêmes. Encore une fois, Grace n’avait aucune difficulté, elle semblait même s’ennuyer.
Puis, Minerva décida de lui envoyer le ballon de foot avec le pied tandis que sa main, elle, lançait une autre balle. Le regard de Grace fit l’aller-retour entre les deux balles avant de présenter son pied puis sa batte devant elle. Son pied renvoya le ballon sur la droite et sa batte oublia de frapper la balle.

- Je n’étais pas prête, se plaignit Grace.
- Si je t’avais prévenue, aurais-tu réussi à renvoyer les deux balles ?

Le silence de sa camarade répondit à sa place.

- Tu le sais déjà et tu me l’as dit, ton problème c’est la coordination. Je comprends, on en a besoin en tant que poursuiveurs aussi et je sais que c’est compliqué. Mais ça se travaille.

Minerva sourit légèrement à la jeune fille et sortit sa baguette pour faire apparaître un parcours de plots et de barres.

- Le but est simple, expliqua Minerva. Tu dois sauter par-dessus les barres à pieds joints, et tu dois rattraper puis me renvoyer les balles que je te lance. Commence d’abord par sauter simplement au-dessus des obstacles, on rajoutera la balle après.

Grace lui jeta un regard ironique.

- Tu veux que j’apprenne à sauter, donc ?
- C’est ça.

Grace ricana et s’apprêtait à commencer l’exercice lorsque Minerva la stoppa :

- Bien évidemment, il faut que tu regardes en face de toi, et non pas tes pieds.
- Mais je vais tomber !
- Tu crois sincèrement que si tu es batteuse dans l’équipe, tu devras te soucier si oui ou non il y a un obstacle devant toi ? Ton job, c’est les Cognards et c’est tout. Tu ne les lâches pas des yeux, tout comme aujourd’hui tu ne me lâches pas des yeux durant tes sauts.

Grace resta muette et entreprit de lui obéir. En revanche, au grand amusement de Minerva, elle préféra regarder le mur de la maison derrière plutôt que la capitaine. La première fois, elle eut l’air d’un enfant qui apprenait à sauter : les jambes fléchies, puis un minuscule saut imprécis et enfin, le soulagement d’être passée. La deuxième fois, elle chuta en percutant de ses orteils une barre. La troisième fois également. Au bout de la sixième chute, Grace commençait à s’agacer de voir tant d’échecs à la première étape d’entraînement.

- Concentre-toi…
- Mais je suis concentrée !
- Non tu ne l’es pas, répliqua Minerva sévèrement, sinon tu ne t’énerverais pas. Tu as peur de tomber, c’est normal, même si tu sais que la chute ne sera pas douloureuse.
- Parle pour toi, grogna Grace en se frottant la cuisse.
- Les barres ne sont pas hautes et à même distance les unes des autres. Respire un bon coup, concentre-toi et recommence.

Grace roula des épaules et se positionna devant les cinq misérables barres qui parvenaient à l’arrêter. Cette fois, elle fixa Minerva droit dans les yeux et sauta au-dessus du premier obstacle. Cela restait maladroit, mais elle réussit néanmoins à tout traverser.

- C’est mieux. Recommence.

Et sans protester, Grace recommença. Une fois, deux fois… une dizaine de fois, jusqu’à ce qu’elle puisse enchaîner même les yeux fermés.
Pour la suite de l’exercice, Minerva rajouta la balle et Grace sembla perdre tout ce qu’elle venait d’apprendre. Elle sauta, s’arrêta, renvoya la balle, puis sauta à nouveau.

- Tu fais trop de pause, je veux que ce soit fluide. Recommence.

Grace ne toucha pas le balai durant cet entraînement mais cela ne semblait pas l’avoir dérangée car elle s’était un peu améliorée dans sa coordination.

- Tu es libre cette semaine ? demanda Minerva. Si tu veux toujours que je continue l’entraînement, je viens quand tu peux.

Grace lui offrit un sourire.

- Vendredi ?

Minerva acquiesça, récupéra ses affaires et Grace la raccompagna devant la maison. Elle nota que la jeune fille ne la faisait pas passer par l’intérieur cette fois, mais elle put voir à travers la fenêtre que Carwood Mallony était encore ancré dans son canapé.

- Merci, Minerva. Pour ce que tu fais.

Minerva eut un sourire en coin.

- Un plaisir. Tu as du potentiel tu sais. Comme ton père et ta mère.

Grace eut un mouvement de recul.

- Comment tu sais…
- Que ta mère jouait au baseball ? termina Minerva. J’ai vu une photo dans le salon. Tu lui ressembles beaucoup.

Grace shoota dans une motte de terre.

- Elle était bien meilleure en baseball, meilleure que moi et aussi douée que mon père. La moitié des coupes dans l’étagère vient de son équipe. Elle était capitaine.
- Tu lui feras honneur, assura Minerva en posant une main sur son épaule.

Grace grimaça et sembla hésiter.

- Rentre bien Minerva, finit-elle par marmonner avant de repartir vers sa maison.

Minerva fronça les sourcils, puis haussa les épaules. Après tout, Grace était souvent d’humeur changeante. Elle escalada la rambarde et après un dernier coup d’œil autour d’elle pour s’assurer que personne ne la voyait, transplana.
En arrivant chez elle, elle eut l’impression d’halluciner. Son père était à la porte, discutant avec un jeune homme qu’elle reconnut sans peine. Celui-ci se retourna.

- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle un peu brusquement.
- Salut, Minerva, répondit nonchalamment Lewis.

La jeune fille ricana presque en percevant tout de même la note nerveuse dans la voix du Serpentard. La rencontre avec son père n’avait pas dû être de tout repos.

- Je te laisse avec ce… Lewis Rollin, dit Robert avec un sourire faussement aimable. Ne tarde pas trop Minerva, le dîner est presque prêt.

Minerva s’empêcha de rouler des yeux. Elle était certaine que son père trouverait une fenêtre dans la maison pour les espionner. Il y eut un moment de silence avant que Lewis ne désigne le balai et le coffret de balles.

- Tu as joué au Quidditch ?
- J’ai entraîné une fille de ma Maison pour les sélections de l’année prochaine. Grace Ma…

Minerva se couvrit la bouche tandis que Lewis ricanait.

- Grace Mallony, c’est ça ? J’imagine qu’elle a de belles capacités si tu acceptes de l’entraîner.

Il mit sa main au menton, faisant semblant de réfléchir.

- Ta gardienne part, ainsi qu’un batteur et ton attrapeuse. Je crois savoir que la sœur de Benett est bien placée pour prendre la relève et tu ne perdrais pas ton temps sur une autre joueuse alors que tu en as déjà une que tu choisiras sûrement. Mallony est trapue, elle ferait une mauvaise attrapeuse donc cela veut dire… qu’elle sera très probablement la nouvelle batteuse des Gryffondor, si elle passe les sélections. Mais avec ton entraînement, cela devrait être le cas, non ?

Minerva jura à voix basse.

- Tu es trop malin par moments.

Lewis rit et inclina la tête avec grâce. Minerva fut soulagée de voir qu’il ne la prenait pas à la gorge dès son arrivée. Puis elle se rappela qu’elle n’était pas nécessairement en tort et que donc elle ne mériterait de tout manière pas un tel traitement. Elle le dirigea à l’arrière de la maison où ils s’assirent sur la terrasse en bois. La porte dans leur dos s’ouvrit sur Isobel, qui portait un plateau avec deux verres de citronnade dessus.

- Il fait trop chaud pour rester ainsi sans rien boire, dit-elle avec un grand sourire.

Elle déposa le plateau et tendit une main gracile à Lewis.

- Je suis Isobel, la maman de Minerva. C’est vous qui accompagnez ma fille au mariage de Fleamont et Euphemia ?
- Maman…, gémit Minerva en pressant ses doigts sur ses paupières.

Elle était persuadée que sa mère n’était sortie que pour pouvoir rencontrer Lewis, le sacro-saint Lewis, premier garçon amené par Minerva dans la maison. Et qui d’ailleurs, s’était amené tout seul. Le Serpentard se leva en hâte et serra doucement la main d’Isobel.

- Lewis, Lewis Rollin, dit-il avec un charmant sourire. Et oui, c’est bien moi, normalement. Si elle veut toujours de moi.

Isobel eut des yeux interrogateurs pendant que Minerva les abaissait. Personne ne répondant à sa question muette, Isobel demanda :

- Vous êtes à Gryffondor vous aussi ?
- Oh là, non ! Serpentard, madame. Je suis batteur de l’équipe.
- Ah, formidable ! J’étais moi-même gardienne de l’équipe de Serdaigle.
- Alors vous avez peut-être joué contre ma mère, Faye Bridgeburn ?
- Ça alors, vous êtes le fils de Bridgeburn ? s’exclama Isobel en ouvrant grand les yeux.

Minerva prit son verre de citronnade dans la main et le sirota.

- Et comment va-t-elle ? Une très bonne Poursuiveuse, je dois dire. J’étais en dernière année quand elle est entrée dans l’équipe.

Minerva commença à gratter la terre sous son talon pendant que Lewis blablatait avec sa mère « oui oui, elle va très bien, elle travaille au Ministère dans le département des Sports Magiques », « tu lui passeras le bonjour » ajoutait sa mère en abandonnant le vouvoiement. Enfin, elle se décida à les quitter et Lewis se rassit. Minerva pencha la tête dans sa direction.

- Tu ne veux pas rentrer avec elle ? ironisa Minerva.

Lewis attrapa sa citronnade et sourit.

- Désolé. Elle est gentille, ta mère.
- Pas mon père ?

Lewis fit la grimace.

- Disons qu’il a été très méfiant à mon égard. Qu’est-ce que tu lui as dit sur moi ?
- Absolument rien, tu es juste le garçon qui m’accompagne à un mariage. Cela lui suffit.

Silence.

- Donc… c’est toujours d’accord pour ce mariage ? fit Lewis d’un ton hésitant.

Minerva pinça les lèvres.

- Je pensais que tu venais pour annuler, à vrai dire, avoua-t-elle. Je l’aurais compris, vu comment nous nous sommes séparés la dernière fois.
- Ouais… On ferait mieux d’oublier ça, tu ne crois pas ? Tu as raison de protéger ta famille, d’être prudente. Moi j’ai des parents sorciers. Toi ton père est moldu et tes frères plus jeunes, dont un qui n’a jamais touché à une baguette. A la limite ta mère…
- Cela fait longtemps qu’elle n’a pas envoyé des sorts autres que pour des activités ménagères, et encore… Mais je comprends aussi que tu veuilles trouver des réponses, ajouta-t-elle en partie parce qu’elle savait que cela avait dû coûter au jeune Serpentard d’admettre ses torts. Alors… on fait la paix ?

Elle tendit sa main et Lewis l’accepta en souriant. Sa paume était chaude et douce, et Minerva se surprit à rester immobile au lieu de la retirer comme elle l’aurait dû normalement.
La porte s’ouvrit à nouveau sur Robert et leurs mains s’écartèrent vivement.

- Elle est bonne cette citronnade ? demanda celui-ci sur un ton beaucoup trop agressif.
- Excellente, couina sa fille.

Lewis camoufla un sourire et se leva. Il tendit la main à Robert qui la serra d’un air soupçonneux.

- Je vais vous laisser, je crois bien que le dîner est prêt. Cela sent drôlement bon, par ailleurs.
Petit génie, songea Minerva. Elle était certaine qu’il avait remarqué le tablier que portait Robert. Flatter sa cuisine, c’était flatter son ego.
- Vous passerez le bonsoir à votre femme, monsieur le révérend !

Lewis se retourna vers sa camarade et fit un clin d’œil :

- On se revoit au mariage.

Puis il s’éloigna d’un pas confiant. Minerva ne doutait pas qu’une fois rentré chez lui, il se liquéfierait à même le sol. Elle sourit avec amusement et son père lui fit les gros yeux.

- A table, jeune fille.
HermioneSerdaigle

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par HermioneSerdaigle »

Salut !
HermioneSerdaigle, bienvenue !

Merci beaucoup !
On commence à découvrir un peu plus le personnage de Grace, on voit que derrière sa carapace elle peut au final être très gentille. C'est dommage que ses parents ne soient plus vraiment là pour elle, même si son père est là mais il se laisse aller, c'est dommage.
Ah ! Robert est très protecteur envers Minerva ! Ce n'est même pas son petit ami ! C'est juste un ami ! (je parles ne Lewis là ) Aussi, je sais pas si c'est que moi, mais quand il y a Robert et Robert Jr, je me confond un peu....
Voilà sinon c'est un super chapitre, continue comme ca !
A la prochaine !
Hermione
annabethfan

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Chapitre 21 : L’ombre pesante du mensonge
T'as décidé de faire que des titres stylés ou quoi? Ahhh j'adore !
Elle agita la baguette vers son camarade et aussitôt, son corps frémit pour ensuite s’effacer et se confondre avec la végétation derrière lui. Minerva se transforma dans la foulée, faisant échapper un sifflement de la part du Serpentard.
Eh ouais, ça c'est notre queen en métamorphose, tu veux quoi Lewis? *bam*
Minerva le suivant les pattes tremblantes.
Je l'ai imaginé en train de se dandiner comme Bella :lol:
Et alors que feraient-ils ? Que ferait-elle ?
Tu vas lui casser le nez.
Il en aura plus besoin après anyway !
C’était un carré de plusieurs centimètres, pliés en quatre ou cinq.
La technique classique pour caller une table bancale ça.
« J.T. dangereux : à arrêter ».
Quoi? Faut arrêter John Travolta ? :lol: :lol:
(Est-ce que j'ai passé dix minutes à essayer de trouver quelqu'un avec ces initiales pour la vanne ? Oui. Est-ce que j'ai fini par demander à mon frère? Oui aussi).
voire même sa mère également.
Voire même c'est un pléonasme.... C'est comme deux jumeaux. Voilà je le dis :lol: Mon prof de littérature en prépa m'a traumatisé avec ça ^^
Le papier dans sa paume sembla la brûler de reproches.
Magnifique phrase !!!
Le papier en tout cas, semblait la tirer vers le sol, tel un boulet accroché à ses chevilles, symbole de sa culpabilité.
Bis. Cf. au-dessus. Same.
Trois personnes sont mortes à cause de lui.
Ce qui est affreux c'est que tu te dis que trois personnes, c'est pas grand chose comparé à ce qu'il fera...
En ne tombant pas dans la vengeance ! contra Minerva sévèrement. Ce que tu ne parviens pas à faire. Si tu veux jouer au justicier, libre à toi, mais je refuse de te rejoindre dans une vendetta malsaine.
Et c'est pour ça que j'adore ce personnage. Elle n'est jamais dans l'excès, jamais dans le romanesque c'est vrai... Mais mon dieu ce qu'elle est réfléchie, vraie, et sincère. Je l'aime pour ça !
Elle sentait sa lâcheté lui crever la peau, sa peur engloutir son esprit,
Je ne le dirais jamais assez mais ton écriture s'est tellement améliorée avec ta pause (forcée oui je sais) mais c'est juste incroyable comme phrase celle-ci !
Oui elle n’était qu’une adolescente ingrate, lâche et indigne, elle le savait déjà.
Et ça la rend encore plus humaine par moments !
Minerva haussa vaguement les épaules, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas spécialement envie de s’ouvrir mais que s’il forçait un peu, elle le ferait peut-être parce que c’était ce dont elle avait besoin mais qu’elle n’osait pas le dire.
CA !
Ca, là, cette attitude! Tellement bien pensé Clem ! On l'a déjà tous fait, je trouve c'est tellement crédible, on peut s'y connaître. Mais vraiment si Minerva est calquée sur toi, je crois qu'on se ressemble trop toutes les trois du coup :lol: (Et c'est cool de ressembler à Minerva faut bien avouer :ugeek: )
- La vengeance ? répéta Robert en fronçant les sourcils.
- Rien de grave, assura précipitamment Minerva,
Noooon. Juste Voldemort. Si Harry a pu y arriver pendant 7 tomes, c'est que ça devait pas être si grave franchement :lol:
Elle l’essuya d’un air rageur et souffla :

- Fichu oignon…
Là j'ai pensé à deux choses : ta photo de toi qui pleure après en avoir épluché et les funérailles de l'oignon :lol: :lol:
Robert lui enleva le couteau des mains, une idée sage étant donné que sa fille voyait de moins en moins ce qu’elle faisait à travers ses yeux brouillés de larmes,
*une idée sage étant donné que sa fille parlait de vengeance et qu'il l'avait engueulé il y a dix minutes.
La religion lui prônait de toujours dire la vérité et il se faisait un devoir de transmettre cette vertu à ses enfants,
Il veut pas rencontrer Edward Bennett?
Son fils releva la tête et leur offrit un sourire édenté. Minerva s’esclaffa devant le gros trou qu’il affichait en plein milieu.
Ohhh mais trop chou !!
- Mais il exagère, se plaignit sa fille, il fait ce qu’il veut dans cette maison. Eh, récupère ta dent, j’en veux pas moi !
La vibe de grande soeur x1000 j'adore :lol:
Oui exactement, fit sèchement Minerva en coupant son père sous son regard surpris, cela fait treize ans maintenant que ça l’est. Tu ne crois pas que ça suffit ? On sait tous quel est le problème, et je te remercie de le ramener sur la table dès que tu en as l’opportunité.
La tension entre les parents est vraiment super bien décrite, presque palpable, et on a tous des souvenirs de ses parents qui agissent comme ça donc ça fait mal...
Officiellement il lui avait pardonné son mensonge ; officieusement, Isobel luttait pour rétablir leur ancienne confiance de couple. Sans succès.
Lutter pendant des années c'est plus de l'amour, c'est la rancoeur qui gagne...
Quand tu trouveras quelqu’un, je ne manquerai pas de te le rappeler !
Nous aussi on attend :lol:
Durant tout le repas, Robert Jr s’amusa à faire passer un morceau de maïs à travers le trou de sa dent, sous le regard mi-affligé mi-amusé de sa sœur.
Nan mais vraiment si adorable ce gamin il me fume :lol: :lol:
Les échecs nécessitaient calme et concentration.
Et un plafond.
Un esprit aiguisé se paire avec un fessier endolori, très chère.
Best slogan de club d'échecs au monde :lol: :lol:
Son père lui présenta ses poings et ouvrit celui que Minerva pointa.
Comment on reprend trop le Jeu de la Dame :lol:
- Ah, sourit Robert, une ouverture écossaise. C’est bien, ma fille.
Moi aussi j'avais étudié les ouvertures avant de me planter sur la fin en écrivant ma scène :roll:
- C’est un cavalier maman…
oN Dit paS reInE!
- J’avais six ans, répliqua Minerva en observant le nouveau mouvement de son père
Elle a sa fierté hein :lol:
C’est tout le temps ainsi j’imagine ? Quand un ou une… sorcière a des enfants avec une personne qui n’a pas de magie. Vous allez dans une autre école, vous avez des amis sorciers, vous rejetez la religion, vous prévoyez de travailler dans une entreprise de votre monde… Qu’est-ce que je vous donne, moi ? Qu’est-ce que je vous lègue ?
Ce dialogue m'a brisé le coeur... Parce qu'on comprend malgré tout son point de vue, c'est tellement triste... Il est exclu au sein de sa propre famille.
Je t’aimerai toujours papa, murmura Minerva contre lui avant d’ajouter : mais je continuerai à t’écraser aux échecs.
Mowww

Super chapitre mon pigeon ! :D
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

hullOOOOOooooo !

Chapitre 20 me voilà !
La bibliothèque était presque entièrement remplie d’étudiants, venus réviser leurs examens
Bouhouhouhouhou T.T
- Ah ouais ? ricana le Serdaigle. T’aurais mieux fait de bosser le Quidditch, ça t’aurait avancé sur quelque chose.
Mais il est méchant lui ! Pète lui la gueule Lewis :lol:

Il a le seum Carlson :lol:
- Tout allait bien avant que tu ne viennes, riposta Minerva qui n’avait jamais été éjectée de la bibliothèque de sa vie.
Ca va, elle va pas s'évanouir ? :lol:

Oh j'avoue, moi aussi je me demande si on peut aller dans la grande salle :lol: Dans les films ils ont cette salle d'étude un peu cheloues là, je me suis toujours demandée où c'était censé être
J’ai juste besoin d’un coup de main et le professeur Dumbledore nous parle gobelin, je ne comprends rien.
Je comprenais pas pourquoi on parlait de Dumby, j'avais oublié que, fatalement, c'était pas Minerva la prof de Métamorphoses :lol:
avant de désigner la table des professeurs.

- Un terrain neutre, ça te va ?
Juste choisir les Poufsouffle, c'était pas possible ? :lol: Ils ont peur de rien
Minerva fut ravie de voir que le Serpentard griffonnait quelques notes et était attentif. C’était en quelque sorte gratifiant.
Le début d'une vocation ? :')
Donc je ne peux pas faire apparaître du jus de citrouille. Mais je peux en faire disparaître, c’est bien ça ?
Eh mais du coup... Ca va où, quand ça disparaît ? Si on peut rien créer à partir du vide, comment on peut balancer de la matière dans le vide ? Ca doit aller quelque part, non ? Est-ce qu'il y a un trou noir dans lequel les Sorciers balancent tous leurs déchets ? :lol:

Ah zut tu réponds après :lol: :lol: :lol: BIEN JOUE

Pouahahaha comment il la pousse dans ses retranchements, Lewis
C'était sympa cette rétrospective sur ses actions à Poudlard !
enfournait ses omelettes
SES omelettes carrément :lol:

"L'ouragan Fleamont" = j'ai l'impression que la tempête tropicale gagne en intensité, de Fleamont à James et de James à Harry :lol: Il a détruit Poudlard D AILLEURS
Deux gamines qui avaient grandi côte à côte jusqu’à devenir les jeunes femmes qu’elles étaient aujourd’hui.
AAAAW
(sauf chez les Gryffondor où Minerva avait opéré une refonte totale de l’équipe
Get it Gurl
Lewis se tenait à côté de Cora et sur son pull vert, il portait l’écharpe des Gryffondo
Je suis désolée mais il est hyper chou quand même :lol:

Rolalaaaaa cette technique de racontage de match, j'admire ! Je crois qu'on en a parlé y a pas très longtemps ahha, mais vraiment tu racontes ça très bien ! Pour n'importe quel match, j'ai toujours les frissooooons quand les Attrapeurs se lancent sur le vif d'or :mrgreen:
Minerva rosit un peu. Derrière elle remarqua Alan qui lui faisait des gestes vagues des bras. Il attrapa Cora par les hanches et fit quelques pas de danse dont la signification parut évidente : le mariage de Fleamont. Alan lui enjoignait de proposer à Lewis de l’accompagner. Pourquoi ferait-elle cela ?
Okay déjà j'adore Alan :lol: Best wingman :lol: :lol: et ensuite JE DIS OUIIIIIIIII
En ami, ajouta-t-elle en bredouillant.
Je wink wink fortement
Et puis tout s’accéléra
J'aimerais bien que tout s'accélère dans ma vie aussi parce que je dosi encore attendre 15 jours pour mes oraux et ça me GAAAAAVE grave
Enfin bon, le 2 juillet je vous dirai "wooooh cette année est passée telleemnt vite et dire que je me marie demain MDR"

Oh non cette fiiiiiiin tant d'incertituuuudes !
C'était un beau chapitre pour finir cette année scolaire, je sens que la 7e va pas être fun pour Minerva vu toutes les questions qu'elle se pose déjà :lol:
annabethfan

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Chapitre 22 : L'entrée en Grace
Ca devient une habitude mais vraiment ces titres de chapitre! *chief kiss*
la voisine de Jimmy, Polly Gardner, son regard inquiet
Ah mais mauvaise idée ça de témoigner à la tv... Quoique Voldy doit pas regarder souvent les Feux de l'Amour, en vrai il peut passer totalement à côté des accusations :lol:
- Mes condoléances. Pensez-vous que ces médicaments aient pu altérer votre perception des évènements ?
Ok c'est abjecte elle me fait de la peine...
Celle-ci, qui n’avait apparemment jamais apprécié sa belle-sœur, avait insisté pour que Cora quitte définitivement la maison.
De toutes façon il était moche son mioche...
Cora, c’était un bloc d’argile sèche : solide en apparence, mais friable dès que l’on grattait la surface.
CETTE PHRASE !
Elle désigna d’une main gracieuse un long paquet qui ne pouvait contenir qu’une seule chose : la robe maudite.
Hâte de voir les volants et les noeuds :lol:
Minerva aimait tout particulièrement le motif de l’ensemble : un tartan rouge et noir, aux fines rayures d’or.
Allez c'est bon y'a du tartan elle est amoureuse c'était sûr :lol:
mais cela n’étonnait pas Minerva : l’âme du tartan se couplait au piquant du chardon.
Cette description fonctionne aussi pour elle ^^ Et elle est hyper stylée au passage !
- Minerva devenue muette, j’aurais apprécié le moment s’il n’était pas question d’un garçon…, dit Robert en s’approchant, l’air sévère. C’est qui ce jeune homme ?
- Oh papa, je t’en prie, râla Minerva
C'est la scène type mais qui ne manque jamais de faire trop rire :lol: :lol: :lol:
Crois-moi, à la moindre erreur, ta fille n’en fera qu’une bouchée.
Elle lui donnerait un coup de griffe. Littéralement.
Il y avait un homme, avachi sur le canapé, une main dans un sachet de chips, une autre tenant une canette de bière.
Y'a pas besoin d'aller plus loin, on cerne déjà l'homme qu'il est devenu...
Sa poignée était ferme, signe qu’il restait des cendres de l’homme qu’il avait été par le passé.
J'aime bien ce portrait en demi-teinte. Il n'est pas au fond du trou cet homme, il peut remonter la pente et c'est presque tout à son honneur de ne pas avoir sombré complètement ! Il m'inspire autant de pitié que de sympathie, vraiment !
- Si je t’avais prévenue, aurais-tu réussi à renvoyer les deux balles ?
Déjà elle s'en ait pris aucune en pleine gueule je trouve ça bien ^^
- Tu fais trop de pause, je veux que ce soit fluide. Recommence.
Wesh moi je trouvais ça déjà impressionnant :lol:
- Salut, Minerva, répondit nonchalamment Lewis.

JE MEURS
Qu'est-ce qu'il fout à parler à son père :lol: :lol:
- Je te laisse avec ce… Lewis Rollin, dit Robert avec un sourire faussement aimable.
"Avec ce... misérable de l'espèce masculine qui pourrait voler ta vertue"
- Tu es trop malin par moments.
Bon côté des Serpentard ça ^^
Et qui d’ailleurs, s’était amené tout seul.
Mais oui surtout :lol: Comment il a eu l'idée de débarquer même :lol:
Minerva commença à gratter la terre sous son talon pendant que Lewis blablatait avec sa mère
Mais cette image de Lewis et Isobel en pleine discussion autour d'une citronnade pendant que Minerva fait la troisième roue je me tape une barre :lol: :lol: :lol:
Sa paume était chaude et douce, et Minerva se surprit à rester immobile au lieu de la retirer comme elle l’aurait dû normalement.
Plait-il ? Minerva commencerait-elle à s'adoucir ?
La porte s’ouvrit à nouveau sur Robert et leurs mains s’écartèrent vivement.
- Elle est bonne cette citronnade ? demanda celui-ci sur un ton beaucoup trop agressif.
- Excellente, couina sa fille.
Eh mais vraiment un vaudeville je suis morte de rire :lol: :lol: :lol:

Très bon chapitre !
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

SALUT C EST MOI allez un vrai com-cit pour une fois
PtiteCitrouille a écrit : sam. 22 mai, 2021 11:43 am Coucou !!
Bon bah voilà la suite, merci tellement pour vos commentaires :mrgreen: :mrgreen: *-* promis j'essaie de rattraper très vite tous mes chapitres en retard chez vous PARDOOOON :cry: :cry:

Chapitre 21 : L’ombre pesante du mensonge
Oups ça commence bien

Dire que Minerva s’était rendue à reculons chez Jimmy était un euphémisme. Elle avait craint ce jour depuis des mois, et surtout depuis la fin des examens. Même les retrouvailles avec ses parents n’avaient pas dénoué ce nœud qui lui tordait les entrailles. Lewis, assoiffé de réponses, était animé d’une plus grande détermination que sa camarade. Mais contrairement à elle, il ne voyait en cette recherche qu’un moyen pour éclaircir le chemin vers sa vérité. Minerva se sentait mal rien qu’à l’idée de retourner dans cet appartement, témoin du meurtre de son ami. Tuuuu m'étoooonnes mais bon elle pourra s'appuyer sur Lewis AHEM
Le Transplanage ne fut pas une mince affaire car elle ne réussissait pas à se concentrer pleinement. Lorsqu’elle y parvint, Lewis était déjà sur place, plus ou moins fraîchement arrivé par le Magicobus. Il la salua d’une inclinaison de la tête. Elle est arrivée en un seul morceau j'espère :lol:

- C’est cette maison ? demanda-t-il en désignant la bâtisse que Minerva avait refusé de regarder avant.

Quand elle posa les yeux sur la pierre grise obstruée de mauvaises herbes, elle frissonna. L’endroit avait clairement été laissé à l’abandon, comme si les moldus sentaient qu’il ne faisait pas bon de traîner dans les alentours. On est plus malin qu'on en a l'air :ugeek:
Minerva détourna le regard et sortit sa baguette.

- Ne perdons pas de temps, pressa-t-elle d’une voix basse qu’elle ne s’expliquait pas, tiens-toi immobile.

Elle agita la baguette vers son camarade et aussitôt, son corps frémit pour ensuite s’effacer et se confondre avec la végétation derrière lui. Minerva se transforma dans la foulée, faisant échapper un sifflement de la part du Serpentard. Elle se faufila à travers les hautes herbes, Lewis marchant à pas lourds -selon elle- derrière. Nerveusement et de manière incontrôlable, elle renifla l’air à la recherche de présence humaine -rien. Okay j'ai imaginé Minerva l'humaine en train de renifler ça m'a fait rire :lol:
La porte d’entrée n’était pas fermée à clé. Lewis pénétra dans la pièce, Minerva le suivant les pattes tremblantes. Le choc fut tel qu’elle reprit forme humaine d’un seul coup Ooooh j'aime bien cette idée. Rien n’avait changé, si ce n’était que l’endroit était encore plus saccagé qu’avant, sûrement dû à des pillages sommaires. Le vent s’engouffrait dans les vitres brisées dont les débris de verre jonchaient le sol poussiéreux et délabré. Des insectes s’étaient réfugiés dans les coins sombres et étriqués des murs et des meubles, et les ampoules pendaient misérablement du plafond, prêtes à s’écraser par terre.

- Eh bah, souffla Lewis, en parcourant du regard la pièce principale. Les gens ont sacrément fouillé l’endroit.

Minerva ne dit rien. Tout simplement parce que l’état du lieu était principalement dû à l’attaque perpétrée contre son ami et non pas aux ravages de délinquance. Elle resta muette pendant un moment, au point que le Serpentard, dont le sortilège avait été enlevé, se tourna vers elle, soucieux :

- Ça va… ? Si tu veux, on peut…
- Cherche en bas, je vais voir à l’étage.

Elle ne lui laissa pas le temps de donner son avis et fila vers les escaliers. Ce n’était pas un vrai étage, juste un niveau que Jimmy avait cloisonné avec un rideau Comme une mezzannine un peu ? . Elle ne savait pas trop à quoi s’attendre. Ce dont elle était certaine, c’était que si Jimmy réalisait des recherches, c’était là, car la dernière fois qu’elle s’était rendue chez lui, Fleamont et elle ne s’étaient cantonnés qu’au rez-de-chaussée. Minerva laissait volontairement à Lewis une partie déjà fouillée. Elle avait peur de ce qu’il pourrait trouver. Peut-être même, avait-elle peur qu’une preuve contre Jedusor y soit dénichée. Et alors que feraient-ils ? Que ferait-elle ?
« S’adresser à Dumbledore » lui souffla sa conscience LA solution universelle. Jusqu'à la fin du 6, mdr. Et puis ensuite ? Demander au Ministère de chasser un fantôme, qui pourrait se trouver dans n’importe quelle contrée ?
En dessous, elle entendait Lewis farfouiller dans les papiers qui parsemaient le sol. Minerva soupira et tira le rideau. Sans surprise, elle y découvrit un lit surmonté d’une couche de poussière, ainsi que d’un bureau tout simple. Un poste radio, cassé, avait été laissé au pied de la chaise, son état défectueux le rendant inintéressant. Rien dans la pièce ne portait la signature de Jimmy. Pas un balai, pas une photo, pas un cours de Poudlard, pas un objet précieux à l’ancien Gryffondor… Peut-être que tout avait été volé. De toute manière, Minerva ne savait si elle aurait pu supporter de voir autant d’effets personnels, abandonnés au travers des années. C'est si déprimant cette scène, elle me fait de la peine (et elle a bien du courage)
Avec peu d’entrain, elle s’accroupit et regarda sous le lit, à la recherche d’indices. Rien, hormis de la poussière, une carte postale des Cornouailles et un jeu d'échecs aux pièces éparpillées voire cassées. Elle alla s’asseoir au bureau et entreprit d’ouvrir les tiroirs. Elle y trouva un article de Quidditch sur la victoire des irlandais face aux anglais, « une revanche historique » selon Niamh Geoghán la capitaine de l’équipe.
Après quelques fouilles sans résultats concrets, Minerva soupira et se leva de la chaise. Elle tapa dans la radio et l’envoya heurter un des pieds du lit. Elle marmonna et alors qu’elle se penchait pour la ramasser, elle découvrit un morceau de parchemin qui était resté caché en-dessous OUUUUUUUUUUUUUH UN INIDICE ???? . C’était un carré de plusieurs centimètres, pliés en quatre ou cinq. Le cœur battant, Minerva le prit et le déplia. L’écriture était toute serrée, petite et penchée, mais elle devina qu’elle avait appartenu à Jimmy -qui d’autre ? Minerva plissa les yeux et décrypta les brefs mots rédigés, qui semblaient avoir été destinés à quiconque les lirait : « J.T. dangereux : à arrêter ». Journal télévisé ? Jedusor Tom ? Pourquoi il a inversé ? CA SENT L ENTOURLOUPE
Minerva éloigna d’une main tremblante le papier. Il parlait forcément de Jedusor. De Tom Jedusor. Par Merlin, si même Jimmy, qui avait côtoyé le Serpentard durant sa scolarité, avait avoué en avoir peur, pensait que Jedusor était suffisamment dangereux pour avoir besoin d’être stoppé… Le papier n’était pas là par hasard, il avait pour but d’avertir, de mettre en garde. Mais Jimmy n’avait pas été assez prudent, il avait été retrouvé et assassiné. Jedusor l’avait retrouvé. Il avait déniché le frère de Lewis en Albanie, découvert Jimmy et l’avait cueilli dès sa sortie de Poudlard.
Peut-être cette maison était-elle surveillée. Peut-être savait-il que Lewis et elle fouinaient un peu trop. Et peut-être que sa famille pouvait être en danger. Son père moldu, ses frères incapables de se défendre, voire même sa mère également.
Des pas dans les escaliers la firent sursauter brusquement. Instinctivement, Minerva referma les doigts sur le bout de papier. Une main tira le rideau et Lewis y passa la tête, les cheveux poussiéreux de ses recherches.

- Tu as quelque chose ? demanda-t-il d’un ton si dépité que Minerva devina qu’il était bredouille.

Elle le regarda un moment, déglutit et répondit :

- Rien.

Le papier dans sa paume sembla la brûler de reproches. QUOIIII MAIS POURQUOIIIIIIIIIIIIIII

Minerva avait pris soin de perfectionner son sortilège de désillusion avant de se transformer. Lorsqu’elle sortit de la maisonnette, elle ne savait si elle s’était dégagée d’un poids ou si elle en ressortait avec un encore plus lourd. Le papier en tout cas, semblait la tirer vers le sol, tel un boulet accroché à ses chevilles, symbole de sa culpabilité.
La voisine, une femme aux cheveux châtains très clair, faisait son jardinage devant l’entrée de sa maison. Comme flairant une présence, elle releva la tête avec une mine inquiète et vrilla des yeux inquisiteurs vers la maison de Jimmy. Elle posa son regard sur le chat et sembla se détendre. Elle secoua la tête, puis rentra chez elle. Minerva se rappela que la voisine avait témoigné lors de la mort de Jimmy. Elle n’en souffla pas un mot à Lewis.
Lorsqu’ils furent à distance respectable de la voie, elle reprit forme humaine et demanda d’emblée à son camarade :

- Tu es déçu ?

Lewis haussa les épaules.

- J’avais espéré trouver des indices, oui. J’imagine que s’il savait des choses sur Jedusor, ton ami n’aurait rien laissé traîner.

Minerva songea au parchemin brûlé dans l’âtre de cheminée la dernière fois qu’elle était venue. De toute évidence, il n’avait pas été si prudent.

- Et puis, aurait-il réussi à remonter jusqu’à mon frère ? continua Lewis. En Albanie…
- Qu’aurais-tu fait, si cela avait été le cas ? s’enquit Minerva.

Lewis se mordit la lèvre.

- J’en sais rien. En parler au Ministère ?
- Crois-moi, le Ministère a d’autres affaires plus urgentes que celle d’un sorcier errant sur la planète, accusé par deux étudiants qui ne disposent que de maigres preuves. True story
- Alors peut-être que le Ministère devrait revoir ses priorités, releva Lewis en pinçant les lèvres. Trois personnes sont mortes à cause de lui.
- On n’en sait rien, riposta rapidement Minerva, et le papier lui fit douloureusement rappeler l’ampleur de son mensonge.

Lewis secoua la tête, abasourdi.

- Tu t’entends parler ? Je ne comprends pas, tu étais la première à vouloir te lancer dans cette enquête, qu’est-ce qui a changé ?
- S’il a vraiment fait ce dont il est accusé, alors il est dangereux, fou. Il faut être prudent.

Minerva tenta d’adoucir sa voix.

- On a chacun une famille… Ce sont les vivants que je veux protéger aussi.
- En fermant les yeux, conclut sèchement Lewis.
- En ne tombant pas dans la vengeance ! contra Minerva sévèrement. Ce que tu ne parviens pas à faire Mouaiiiiiis je suis un peu d'accord avec les deux là, elle est peut-être un peu trop prudente (je comprends vraiment pas pourquoi elle a rien dit pour le papier). Si tu veux jouer au justicier, libre à toi, mais je refuse de te rejoindre dans une vendetta malsaine.

Elle recula de quelques pas et transplana sans transition, laissant Lewis derrière elle.
Sur le chemin sablé qui menait à l’entrée du presbytère, elle songea à sa réaction. Elle savait qu’elle avait brillamment tourné la conversation à son avantage. Elle sentait sa lâcheté lui crever la peau, sa peur engloutir son esprit Ooooh j'aime trop cette phrase, mais ses pensées étaient parvenues à accuser Lewis de perte de contrôle sur lui-même. Elle avait transposé la faute sur quelqu’un d’autre. Et le pire dans tout cela, c’était qu’en pensant bien fort, elle pouvait même croire à son argument et ainsi oublier sa honte.
Quand elle entra, son père, au téléphone, écarta le combiné de son oreille et chuchota :

- C’est ton grand-père, tu veux lui parler ?

Enfermée dans son tourbillon d’émotions, Minerva secoua la tête.

- Embrasse-le pour moi, dit-elle en traversant la pièce, je le rappellerai plus tard.

Son père lui lança un regard de reproche, ce qui agaça encore plus sa fille. Oui elle n’était qu’une adolescente ingrate, lâche et indigne, elle le savait déjà Une ado, quoi :lol: . Elle soupira lourdement et s’affala sur son lit, les bras croisés derrière la tête. Elle savait qu’elle exagérait. Son grand-père ne méritait pas son humeur et encore moins qu’elle refuse de lui parler. Elle roula sur le côté et se leva, choisissant plutôt de faire amendement en descendant. En bas des escaliers, elle se rendit compte que son père avait déjà raccroché et s’affairait dans le découpage de légumes.

- Ton grand-père est parti faire des courses, lui indiqua-t-il. Tu le rappelleras quand tu auras une place dans ton emploi du temps de ministre.

Minerva grimaça sous l’accusation acide.

- Je suis désolée…
- C’est à lui qu’il faut s’excuser, Minerva, soupira Robert en se frottant l’arête du nez. Cela fait un moment qu’il n’a pas eu de tes nouvelles, et toi des siennes.

Minerva baissa la tête, coupable. C’était vrai qu’elle n’avait fait que reporter l’écriture de sa lettre ou d’un appel téléphonique.

- Pardon, c’est juste que… j’ai trop de choses auxquelles penser depuis quelques temps, dit-elle en empoignant un oignon et un couteau.

Le visage de Robert s’adoucit. Minerva avait toujours trouvé qu’il ne restait jamais en colère très longtemps et qu’un jour cela lui coûterait, mais à ce moment précis, elle était bien contente de l’indulgence paternelle.

- Je l’ai bien remarqué, ma chérie. Qu’est-ce qui te tracasse ?

Minerva haussa vaguement les épaules, comme pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas spécialement envie de s’ouvrir mais que s’il forçait un peu, elle le ferait peut-être parce que c’était ce dont elle avait besoin mais qu’elle n’osait pas le dire Ah, être une fille :lol: :lol: :lol: Parfois je me rends compte que je fais ça avec J. donc je m'oblige à m'exprimer parce que je réalise à quel point c'est insupportable :lol: . Elle commença à émincer son oignon tandis que son père s’adossait au plan de travail. Ce qui était bien avec un père pasteur, c’était qu’il savait écouter. La conversation était souvent à sens unique pendant un long moment, mais Minerva savait que cela plaisait aux paroissiens. Elle avait très vite découvert que les gens aimaient parler de leur vie sans que l’autre ne surenchérisse derrière. Son père disait que cela permettait une libération des troubles et des doutes du cœur des hommes. Minerva trouvait que certains en profitaient très clairement pour s’étaler sur leur existence, mais Robert dans tous les cas, écoutait inlassablement. Cependant ce n’était pas ce Robert là qu’elle avait en face. Son père avait rapidement compris que la religion fonctionnait très peu sur ses enfants et en particulier sur sa fille.

- Disons…, commença-t-elle sous le regard patient de son père, que j’ai des doutes. Je ne sais pas quoi faire.
- A quel sujet ?

Minerva secoua la tête.

- Je ne veux pas… rentrer dans les détails, souffla-t-elle, tu sais, ce sont des trucs sur… la magie.

Robert fit un « oh » silencieux et Minerva sentit que son sourire se faisait plus lointain. J'aime trop cette image (au moins il continue à sourire)

- Je suis face à deux avis différents sur une question, continua-t-elle prudemment. Je ne suis pas d’accord avec un ami. Il pense faire quelque chose de juste, mais j’ai l’impression qu’il n’a que la vengeance qui lui importe.
- La vengeance ? répéta Robert en fronçant les sourcils.
- Rien de grave, assura précipitamment Minerva, du moins pour l’instant. Il dit que je suis aveuglée, mais je ne le suis pas, si ?

Robert passa une main sur les cheveux de sa fille et celle-ci éminça frénétiquement son oignon.

- Tu as un esprit vif, ma chérie, dit son père d’une voix douce.

A vrai dire, Minerva ne savait plus quoi faire. Fermait-elle les yeux sur la vérité ? Sa lâcheté était-elle si blâmable ? N’y avait-il pas un fond de vrai dans son opinion, n’avait-elle pas raison de vouloir protéger sa famille, ses amis ? Elle sentit ses yeux la picoter et une larme affleura à ses cils. Elle l’essuya d’un air rageur et souffla :

- Fichu oignon… IL A BON DOS

Robert se pencha vers elle avec un œil inquiet.

- Mon ange, cette histoire n’est pas bonne si elle te met dans un tel état… En ce qui me concerne, toi et ton ami n’avez pas l’âge pour discuter de vengeance, qu’elle qu’en soit l’échelle. Religion ou pas religion, la vengeance est un acte malsain qui n’apporte rien si ce n’est encore plus de colère et d’obscurité.

Minerva acquiesça et courba les épaules.

- Tu as un bel esprit Minerva, et je ne veux pas que de telles pensées viennent l’assombrir. Tu comprends ?

Minerva cligna des yeux, ce qu’elle espérait faire passer pour un accord. Robert lui enleva le couteau des mains, une idée sage étant donné que sa fille voyait de moins en moins ce qu’elle faisait à travers ses yeux brouillés de larmes, et il la prit dans ses bras. Cela faisait tellement longtemps que son père ne l’avait pas embrassée ainsi que Minerva ne sut pas tout de suite comment réagir. Aaaaaw ils sont trop chouuuuuuux Finalement elle referma ses bras autour de lui et après un silence, murmura :

- Tu n’en parles pas à maman, hein ? Elle s’inquièterait trop.

Robert s’écarta et sourit.

- Alors sèche-moi ces larmes, sinon elle va me poser des questions et tu sais bien que je devrai lui répondre.
- C’est l’oignon je te dis, protesta Minerva et elle reçut aussitôt une pichenette sur le nez.
- Dis donc, pas de mensonges dans cette maison, rit doucement son père.

Minerva lui rendit un sourire plus tendu. Elle savait qu’il ne plaisantait qu’à moitié. La religion lui prônait de toujours dire la vérité et il se faisait un devoir de transmettre cette vertu à ses enfants, du moins dans son périmètre de contrôle qui se limitait à leur habitat. Minerva soupçonnait qu’il soit particulièrement insistant suite aux premières années de mariage mensongères qu’il avait vécues avec Isobel. Robert sembla percevoir le changement chez sa fille aussi, il se dépêcha de lui signaler l’oignon qu’elle n’avait pas fini de couper.

- Travaille pour gagner ton pain, sourit-il avant de lui tourner le dos.

A ce moment-là, Isobel surgit à la porte en compagnie de Robert Jr. Celui-ci brandissait son poing en l’air tandis que sa mère le tirait vers la cuisine d’un pas pressé.

- Viens te rincer la bouche, chéri, tu vas mettre du sang sur ta chemise.
- Du sang ? s’exclamèrent de cœur Minerva et son père.

Robert grimpa sur un tabouret et plongea la tête dans l’évier, sa mère allumant le robinet.

- Il a perdu une dent, soupira Isobel, de toute façon elle était à deux doigts de tomber, il était temps.
- Mais tu es devenu un grand garçon maintenant ! s’écria Robert. Ta première dent !

Son fils releva la tête et leur offrit un sourire édenté. Minerva s’esclaffa devant le gros trou qu’il affichait en plein milieu.

- Minerva, réprimanda Isobel, sois gentille je te prie.

Pour toute réponse, Minerva haussa les épaules et entreprit de couper du fenouil avec une grimace de dégoût. Les elfes à Poudlard au moins eux, avaient bien compris que les élèves ne mangeaient jamais le fenouil servi durant les repas. C'est frites tous les jours c'est ça ? :lol:
Robert Jr descendit du tabouret et la rejoignit au plan de travail. Avec un grand sourire, il ouvrit sa main et fit tomber sa dent dans les cubes de fenouil.

- Robert ! Mais c’est dégoûtant, va-t’en ! Dégueu :lol: :lol: :lol: :lol:
- Minerva, tu parles autrement à ton frère, soupira Isobel. Robert, ça suffit.
- Mais il exagère, se plaignit sa fille, il fait ce qu’il veut dans cette maison. Eh, récupère ta dent, j’en veux pas moi !

Robert éclata de rire, reprit sa dent et courut à l’étage.

- C’est le fardeau de la grande sœur, taquina son père, tu seras toujours l’enfant malheureuse de la famille.
- Très drôle.

Minerva continua de bougonner pour la forme tandis qu’Isobel prenait les assiettes et les amenait sur la table de la salle à manger.

- Au fait, Isobel, des nouvelles concernant ce qu’il s’est passé en février ? demanda Robert en posant les coudes sur le plan de travail.

Le couteau de Minerva dérapa et son père lui jeta un regard intrigué.

- Tu as dû en entendre parler non ?

Minerva reprit son morceau de fenouil et s’enquit de manière nonchalante :

- Tu veux dire ces problèmes de fuites de gaz ?

Robert acquiesça et entreprit de chercher des couverts dans le tiroir. Minerva en profita pour lever les yeux vers sa mère qui l’observait déjà. Elle vit tout de suite dans son regard qu’elle non plus ne pensait pas à un accident et qu’elle luttait afin de savoir si elle allait en parler à son mari. Celui-ci se racla la gorge et Minerva comprit qu’il avait remarqué leur échange silencieux.

- Isobel, dit-il en fronçant les sourcils, n’essaie pas de me mentir…

Il n’acheva pas sa phrase, mais Minerva sentit les derniers mots « une nouvelle fois » flotter dans l’air entre le couple. Oups

- Je ne comptais pas mentir, se défendit Isobel en croisant les bras.

Minerva se retint de hausser les sourcils. Elle connaissait assez bien sa mère pour avoir deviné ses intentions : dissimuler une vérité possiblement dangereuse lui semblait un bon compromis pour éviter de mentionner aussi crûment les tares du monde magique. Elle la comprenait. Elle faisait pareil envers Lewis.
Isobel vérifia que ses fils n’étaient pas dans les environs. Robert devait sûrement être en train d’admirer sa dent fraîchement tombée et Malcolm à rêvasser niaisement de Beth. Minerva était bien contente que ses parents la considèrent assez grande pour écouter leur discussion.

- C’est juste que c’est un sujet délicat qui concerne la magie, continua sa mère en baissant la voix sur ce dernier mot, et comme tu détestes ça…
- Je ne déteste pas la magie, coupa Robert d’une voix ferme même s’il buta sur le fameux mot. Sinon cela voudrait dire que je déteste ma femme et mes enfants. Tu sais où est le vrai problème, Isobel, nous en avons déjà parlé.

Minerva tordit la bouche. Il avait beau parler d’une voix calme, elle n’aimait pas la tournure que prenait la conversation.

- On peut en revenir au sujet principal s’il vous plaît ? préféra-t-elle intervenir.
- Mais c’est le sujet principal, chérie.
- Oui exactement, fit sèchement Minerva en coupant son père sous son regard surpris, cela fait treize ans maintenant que ça l’est. Tu ne crois pas que ça suffit ? On sait tous quel est le problème, et je te remercie de le ramener sur la table dès que tu en as l’opportunité.

Minerva ne savait pas qui était le plus surpris entre son père et sa mère. Le premier parce qu’elle ne lui avait jamais parlé de cette manière de toute sa vie, la deuxième parce qu’elle avait rarement pris sa défense ainsi.

- Minerva, dit Robert d’un ton presque indigné, un jour peut-être tu comprendras mon point de vue…

Minerva lâcha brutalement son couteau.

- Rah, sérieusement ? Hahaha l'ado s'exprime
- S’il vous plaît…, fit la voix plaintive d’Isobel.

Cela eut le mérite d’attirer l’attention des deux autres.

- Je vous en prie, que l’on arrête avec ses disputes, dit-elle d’une voix fatiguée tout en se tordant les mains. C’est vrai, j’ai fait une erreur il y de çà treize ans et je m’en veux tous les jours. Je ne vois pas quoi faire d’autre, Robert.

Minerva jeta un regard accusateur à son père et celui-ci soupira et pressa ses doigts sur ses paupières. Il resta un long moment silencieux avant de redresser la tête.

- Tu as raison. Je n’aurais pas dû parler de cela. Excuse-moi.

Isobel hocha la tête avec un sourire contrit mais Minerva ne manqua pas de noter qu’il ne s’était pas excusé pour son comportement des treize dernières années. Officiellement il lui avait pardonné son mensonge ; officieusement, Isobel luttait pour rétablir leur ancienne confiance de couple. Sans succès. Robert se débattait lui-même entre son âme chrétienne qui offrait le pardon, et celle qui refusait de vivre une vie faite de dissimulations. En vrai c'est beau qu'ils continuent quand même à deux :') Bref, ça me fait plaisir que tu t'attardes sur ces problèmes là
Il s’éclaircit la gorge :

- Et donc, pour ces fuites de gaz ?

Minerva laissa le soin à sa mère de répondre et chercha des yeux un autre légume à couper. Elle avait fini, aussi elle se mit à examiner ses ongles, espérant qu’on ne lui demanderait pas son avis.

- Je ne pense pas que ce soit des fuites de gaz, répondit prudemment Isobel, ses yeux virevoltant entre sa fille et son mari. Les circonstances sont étranges. Il y aurait dû y avoir plus d’enquêtes, or les journaux n’en parlent plus désormais… Aucun journal.
Minerva devina que par « aucun » elle voulait dire moldu et sorcier.
- Tu veux dire qu’ils étouffent l’affaire ? demanda Robert en se mordant la lèvre.

Isobel jeta un coup d’œil à sa fille et celle-ci sut tout de suite ce qui l’attendait.

- Tu appelles tes frères, s’il te plaît ? On va bientôt dîner.

Minerva souffla son mécontentement mais ne répliqua pas. Elle sortit de la cuisine et s’éloigna doucement, puis s’arrêta en bas des escaliers, tendant l’oreille. La voix de sa mère lui parvint, sourde.

- C’est comme il y a dix ans, Robert. Des tragédies similaires survenaient, chez les moldus comme chez les sorciers. Et si l’histoire se répétait ?
- Isobel, la guerre est finie depuis longtemps, personne ne veut y retourner. Et quand bien même il y en aurait une, personne n’atteindra jamais notre patrie. Et qu’ils essaient de poser un pied en Ecosse, tiens !
- Oh Robert, si seulement c’était aussi simple…

Minerva, contre le mur en bas des marches, écoutait attentivement, le cœur battant. Sa mère devait réellement être inquiète pour parler aussi librement du monde magique à son mari.

- Penses-tu qu’il y ait un danger ? s’enquit Robert d’une voix douce. Pour notre famille ?

Minerva attendit la réponse, les yeux écarquillés dans l’obscurité du couloir. Elle pouvait voir son ombre sur le mur d’en face, immobile comme une statue de sel. J'aime trooop tous ces détaiiiils

- Je n’en sais rien, Robert… Peut-être pas pour l’instant. Les enfants sont en sécurité à Poudlard. Mais il faut être prudent, faire attention.

Minerva expira lentement l’air qu’elle avait emmagasiné dans ses poumons. Ainsi, avait-elle peut être fait le bon choix en taisant la note alarmante de Jimmy à Lewis. Elle fila à l’étage appeler ses frères ; Robert était assis sur son lit, sa couette au-dessus de sa tête.

- C’est ma cabane, la mienne, fit sa voix étouffée. Pas la tienne.
- C’est ça. Allez, descends on va manger.
- Le fenouil c’est pas bon, se plaignit son petit frère de sous la couette. J’en veux pas.
- Tu mangeras le maïs. Allez, sors de là.

Minerva gratta délicatement à la couette et après quelques secondes, la tête de Robert Jr émergea. Comme prévu, il tenait sa dent dans son poing. Il bougonna puis sauta du lit et alla la ranger précieusement dans un coffret que Minerva savait rempli d’objets de toutes sortes. Il traîna des pieds jusqu’aux escaliers qu’il descendit lourdement afin de manifester son mécontentement. Malcolm sortit à ce moment-là de sa chambre, un sourire béat sur le visage. Minerva eut une moue écœurée.

- Beth vient de m’écrire ! Tu sais qu’elle dit regretter notre duo en potions ?
- Super, maintenant efface moi cet air niais ou je vais croire que j’ai un troll pour frère. J'ose croire que les trolls ont plutôt tendance à ne pas avoir l'air niais :lol:

Malcolm haussa les épaules et la dépassa d’une démarche enjouée.

- Quand tu trouveras quelqu’un, je ne manquerai pas de te le rappeler !
- Tu penseras bien à me réveiller si ça m’arrive. Histoire de me sortir de ce cauchemar. Sympa :lol:

En bas, ses parents s’affairaient comme si rien ne s’était passé. Les fumées de volaille chaude ramenèrent le sourire à un Robert dégoûté des légumes et c’est avec un air satisfait qu’il s’installa à table. Isobel frappa d’une cuillère en bois la main de son fils qui se dirigeait avec gourmandise sur le pain. Elle lui fit les gros yeux. La famille s’assit et Robert prit son rôle de pasteur et récita une prière. Minerva sourit en imaginant Malcolm lever les yeux au ciel. Elle n’avait jamais vu un esprit aussi cartésien que celui de son frère. Elle, cela ne la dérangeait pas. C’était le rituel avant chaque repas, et elle savait que cela tenait son père à cœur. Isobel également murmurait quelques mots, mais selon Minerva, elle aurait tout aussi bien pu prier à une étoile filante que cela aurait eu le même effet. Elle doutait que sa mère s’adressât réellement à une entité divine. Elle prie peut-être Merlin
Les trois enfants grimacèrent de concert lorsqu’ils furent forcés de prendre du fenouil et stratégiquement, Minerva s’en débarrassa en premier. Elle jeta un regard affligé à Robert, dont l’espoir que sa mère oublie de lui faire manger le légume diabolique, l’avait poussé à le mettre sur le côté. Comme à son habitude, il avait trié chaque légume en des ronds parfaits.
Durant tout le repas, Robert Jr s’amusa à faire passer un morceau de maïs à travers le trou de sa dent, sous le regard mi-affligé mi-amusé de sa sœur. Oh ça me dégoûte :lol: Elle était contente de le voir aussi enjoué, lui qui avait longtemps été silencieux. Il restait cependant renfermé en présence d’inconnus ou dans un environnement qui ne lui était pas familier, et Minerva s’inquiétait de son intégration à Poudlard, même si Malcolm serait là encore une année.

- Tu n’oublies pas ton fenouil Robert, j’espère ? fit soudainement la voix moqueuse de son père.

Le visage du benjamin s’affaissa d’un air si catastrophé, que la tablée éclata de rire.
Le repas terminé, Robert fila se brosser les dents, encore traumatisé des dernières bouchées infligées à son estomac, et Minerva aida ses parents à faire la vaisselle, le tout en silence.

- Une petite partie d’échecs ? proposa son père une fois la corvée achevée.

Minerva grimaça.

- Cela fait trop longtemps que je n’ai pas joué…

Depuis son entrée à Poudlard, elle n’avait fait que quelques parties contre les rares étudiants qui en appréciaient l’art. Mais les études et le Quidditch avaient pris le pas sur cette passion qu’elle partageait avec son père, et elle en avait eu marre que ses pièces contredisent tous ses mouvements, voire même fanfaronnent face à l’adversaire au risque de saboter la partie. Les échecs nécessitaient calme et concentration. Elle avait bien essayé de promouvoir les échecs moldus au château, mais les autres étudiants n’avaient pas eu l’air d’en voir l’intérêt. Quant à Alan, il en avait eu assez de se faire battre à plate couture à chaque partie, et Minerva voulait bien avouer qu’elle s’ennuyait un peu face à lui.

- Justement ma fille, reprit Robert, ça te fera du bien !

Elle regarda son père et vit dans son regard une petite lueur d’espoir. Il ne voulait pas le dire, mais les parties contre sa fille lui manquaient. Puisqu’il était un excellent joueur, Minerva accepta d’un hochement de tête.
Isobel décida de rester un peu et elle se lova sur le canapé, les pieds repliés sous ses jambes. Robert empoigna deux chaises en paille et sa fille une petite table carrée en bois simple.

- Vous ne préférez pas un siège plus confortable ? s’enquit Isobel et observant d’un œil circonspect les brins de paille sortir de l’assise.
- Moins la chaise est agréable, plus la concentration est affutée, répondit Robert en sortant les pièces. Un esprit aiguisé se paire avec un fessier endolori, très chère. Pouahahahhahaha je dirai ça à mes élèves

Minerva pouffa et s’installa, plaçant ses pièces. Avec le jeu sorcier, les pièces préféraient se placer toutes seules et une fois, elle avait été confrontée à une révolte de ses pions qui avaient refusé de se mettre en première ligne, arguant qu’ils en avaient assez que le roi se réfugie derrière ses sujets. La dame avait réglé la question en abattant un des pions et les autres s’étaient rués à leur poste sans plus rien dire.
Son père lui présenta ses poings et ouvrit celui que Minerva pointa.

- Blanc. Chanceuse, à toi l’honneur, lui annonça Robert avec un petit sourire.

La partie débuta sans surprise. Elle joua son premier pion contre lequel son père opposa son homologue, de même pour son autre pion en e5. Puis elle avança son cavalier, en protection de son second pion.

- Ah, sourit Robert, une ouverture écossaise. C’est bien, ma fille.
- Joue. Rolala, autoritaire Minnie

Robert obéit tandis qu’Isobel se penchait.

- C’est quoi une ouverture écossaise ? #QueensGambit

Minerva désigna du menton le plateau.

- C’est ça.
- C’est une manière d’ouvrir le jeu, expliqua patiemment Robert. Elle évolue à chaque mouvement de pièce. Par exemple, avant que Minerva ne bouge son cavalier, nous étions dans un autre type de défense dont je t’épargnerai le nom.

Un de ses pions prit le pion de Minerva, contre lequel celle-ci envoya son cavalier.

- Et là Robert, tu ne peux pas lui prendre son cheval avec le tien ? demanda Isobel en désignant du doigt les deux pièces.

Minerva roula des yeux.

- C’est un cavalier maman…

Robert sourit.

- Je pourrais. Mais ce serait un très mauvais coup. En prenant son cavalier, je me mets dans la ligne d’attaque de sa dame. Le but étant de contrôler l’échiquier, je serais en fâcheuse posture de savoir sa dame au centre du jeu, avec une portée infinie et dans toutes les directions. Tu comprends ? A la place, je vais dégager mon fou et l’avancer dans cette diagonale.

Son fou était désormais dans la même diagonale que le roi de Minerva, c’est pourquoi elle avança un de ses pions pour faire barrage. Robert, imperturbable, expliqua le coup à sa femme.

- Là elle empêche mon fou d’atteindre son roi. J’aurais eu honte si elle n’avait pas vu ce danger, je dois dire. Son pion m’empêche d’avancer.
- Et tu ne peux pas prendre son pion ? s’enquit Isobel qui tentait vainement de comprendre un jeu qu’elle n’appréciait pourtant pas spécialement. J’imagine qu’un fou est plus puissant qu’un pion, non ? On dirait moi (j'apprécie l'effort pour se rapprocher de son mari)

Robert secoua la tête.

- Toutes les pièces peuvent se prendre les unes les autres. Elles ont des valeurs différentes, mais ça, c’est une autre histoire. Si mon fou prend son pion, très bien, elle en aura perdu un, mais son autre pion prendra sans hésiter mon fou dans la foulée. Action d’aucune utilité de ma part donc.
- Bon, tu joues papa ? râla Minerva qui n’aimait guère qu’il voie à travers tout son jeu.

Certes, elle se doutait bien qu’il n’allait pas se faire avoir aussi facilement et c’était tant mieux : elle jouait pour le défi, pas pour écraser son père. Qui pourrait être à son niveau alors ? Elle avait conscience qu’elle avait un comportement prétentieux en songeant cela, mais ça n’en n’était pas moins vrai. Parfois, lorsqu’elle pensait ainsi, elle se disait qu’elle aurait pu aller chez les Serpentard.

- Patience, ma fille, je te rappelle qu’à tes débuts, tu réfléchissais pendant plusieurs minutes avant de jouer. C’était long.
- J’avais six ans, répliqua Minerva en observant le nouveau mouvement de son père (un cavalier).

Minerva avança un de ses fous à travers l’échiquier, le rendant ainsi menaçant pour les défenses noires. Elle restait tout de même inquiète pour son roi qu’elle n’avait toujours pas mis à l’abri. Robert décida de sacrifier son fou en le faisant prendre un de ses pions. Minerva empocha le fou avec un autre pion, sauvant ainsi son roi d’un échec cuisant. Elle sentit son père se concentrer, regrettant sûrement de s’être éparpillé à vouloir expliquer les règles du jeu à sa femme. Isobel sentit qu’elle n’obtiendrait rien de plus, aussi elle se leva et souhaita une bonne partie avant de monter les escaliers.
Maintenant que les pions étaient presque tous placés dans cette ouverture, le milieu de partie allait pouvoir commencer, et Minerva comptait bien être sans pitié Okay okay, t'as créé la partie toute seule ou t'as suivi un modèle ? :lol: je suis très impressionnée. La mine concentrée de Robert lui indiqua que lui non plus n’allait pas se laisser faire. Sa fille grimaça lorsqu’il parvint à mettre son roi à l’abri. Elle sortit son second fou et l’avança sur l’échiquier, lui libérant un espace pour pouvoir également imiter la stratégie de son père. Minerva cacha son sourire. Son adversaire payait son manque de concentration : alors qu’il n’avait que deux cavaliers lancés dans le centre de l’échiquier, Minerva avait pu placer deux fous et un cavalier. Les autres pièces essentielles de Robert étaient encore coincées derrière une rangée de pions. Le temps qu’il les dégage, elle avait l’opportunité de donner quelques attaques rapides et douloureuses.
Au fur et à mesure du jeu, la victoire lui parut évidente : elle déplaça stratégiquement son fou de façon à ce que son père ne le trouve pas menaçant dans l’immédiat. Robert choisit de déplacer un cavalier au lieu de s’emparer de celui de sa fille avec sa tour. Minerva avança son fou et bloqua le passage de la tour. Robert sembla comprendre le danger car il fit intervenir sa dame, prenant ainsi le cavalier de Minerva. Mais c’était son but : en sacrifiant ainsi son cavalier, son second fou put empocher la dame sous la grimace de Robert, permettant ainsi aux deux fous de la jeune fille de couvrir les deux seules portes de sortie du roi, qui s’était acculé dans le coin de droite de l’échiquier. Les seules possibilités de Robert seraient de prendre un fou avec la tour mais laisser son roi à sa case, permettant donc au second fou de faire échec et mat. L’autre étant de bouger son roi sur sa case de gauche, ce qui autoriserait le premier fou à porter le coup final. En d’autres termes, son père était coincé.
Robert soupira, se gratta la joue, tordit son nez. Puis il leva le regard vers sa fille et sourit :

- J’abandonne.

Minerva s’affaissa contre le dossier avec soulagement.

- Tu es plus audacieuse qu’avant, remarqua Robert en l’imitant. Je me rappelle encore quand tu n’osais pas sortir ta dame parce que selon toi elle était trop précieuse. Ce soir, tu as délibérément choisi de la sacrifier, j’aurais dû me méfier. On n’abandonne pas sa dame ainsi.
- Quelle idée de me laisser m’approcher de ton roi, je ne suis pas une débutante.

Robert leva les mains en signe de mea culpa.

- Je l’avoue, j’avais compté sur ton manque d’entraînement récent. Grossière erreur.

Il ne dit rien pendant un moment et l’observa. Minerva se tortilla sur sa chaise.

- Tu veux faire une seconde partie ? proposa-t-elle.

Robert eut l’air d’hésiter. Au lieu de cela, il se leva et alla s’asseoir sur le canapé. Il tapota la place à côté de lui.

- J’aimerais que l’on parle un peu… si cela te convient bien sûr.

Minerva fronça les sourcils.

- Parler de quoi ?
- De plein de choses, soupira Robert. De ton enfance, de celle de tes frères, de ta mère…

Minerva plissa les yeux, interloquée, mais obéit.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?

Son père sembla chercher ses mots, car il resta silencieux. Puis il se tourna vers elle :

- C’est par rapport à la discussion de tout à l’heure.

Ils avaient eu plusieurs discussions, mais Minerva ne douta pas qu’il faisait référence à la dispute dans la cuisine.

- Tu… ça t’a beaucoup pesée tout ce mensonge ?

Minerva tiqua. Elle n’appréciait guère le sous-entendu qu’il avait glissé dans sa phrase, certes sûrement de manière inconsciente, mais bien là.

- Ce n’est pas le mensonge qui m’a pesée, répondit-elle. Je ne sais même pas si ça a vraiment impacté sur ma vie d’ailleurs. Ça s’est ressenti. Entre vous deux, ajouta-t-elle.

Robert hocha la tête, compréhensif. Minerva continua :

- Tu ne peux pas éternellement rejeter la faute sur maman. Elle a fait ce qui lui semblait juste, tout en respectant notre loi.
- « Notre » loi, souleva Robert avec un sourire que Minerva qualifia de triste. C’est tout le temps ainsi j’imagine ? Quand un ou une… sorcière a des enfants avec une personne qui n’a pas de magie. Vous allez dans une autre école, vous avez des amis sorciers, vous rejetez la religion, vous prévoyez de travailler dans une entreprise de votre monde… Qu’est-ce que je vous donne, moi ? Qu’est-ce que je vous lègue ? Ooooh Robert T.T

Alors Minerva comprit. Il n’avait pas seulement été frustré et trahi de savoir que sa femme lui avait menti de manière si éhontée et pendant des années, que leur relation et leur premier enfant avaient été basés sur des tromperies. Il avait également le sentiment de n’avoir aucun rôle dans leur vie. Il ne pouvait pas contrôler leurs devoirs d’école, ne pouvait pas les aider dans leurs sortilèges, il ne parvenait pas à leur donner la foi en Dieu, était incapable de les conseiller dans leurs projets puisque ceux-ci étaient toujours reliés au monde magique… Tout ce qu’il pouvait réaliser, c’était de leur inculquer ses valeurs. Ce qui paraissait beaucoup à Minerva, mais pour l’heure Robert ne semblait pas en voir les résultats. Aussi, elle se rapprocha de son père et le plus tendrement possible, elle l’enlaça et posa sa joue contre son épaule. Lui qui savait sa fille peu friande des embrassades, il n’hésita pas à lui rendre l’enlacement, comme s’il voulait l’empêcher de s’écarter.

- Je t’aimerai toujours papa, murmura Minerva contre lui avant d’ajouter : mais je continuerai à t’écraser aux échecs.

Son père rit doucement et resserra son emprise sur elle.

- J’espère bien, ma fille. J’espère bien.
ILS SONT SI CHOUX

Hâte de voir les retrouvailles avec Lewis parce que c'était un peu tendu là haha
C'était hyper chouette ce passage familial, j'ai beaucoup aimé toutes les discussions et la normalité du truc, et les relations que tu tisses entre les membres de la famille ! Et la fin était trop chouuuu
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Coucou !

Voici la suite, j'espère que vous allez aimer, j'avoue je me suis bien amusée quand je l'ai écrit haha ! N'hésitez pas à laisser un avis ! :D Bonne lecture !

Chapitre 23 : Sous l’œil brillant de la lune


- Recommence !
- Mais cela fait plus d’une heure que je fais la même chose !
- Je veux que ça soit mécanique, naturel. Recommence.

Grace souffla mais présenta sa batte et Minerva lança la balle de baseball. Grace frappa si fort qu’elle survola la maison. Minerva siffla.

- Joli tir. Bon, si tu veux être une bonne batteuse, il faut aussi savoir viser. Je vais te lancer la balle et tu devras me tirer dessus. Je serai sur mon balai.
- Tu es sûre de toi ? hésita Grace.

Pour toute réponse, Minerva grimpa sur son balai sous le regard envieux de sa camarade qui était restée clouée au sol tout l’après-midi.

- Prête ?

Grace raffermit sa prise sur la batte et son visage se fit concentré. Minerva fut surprise de voir qu’au bout de quelques tirs, son amie était capable de la viser parfaitement, même quand elle bougea. Bien sûr, elle n’était pas en situation de match, mais Grace progressait rapidement. Si rapidement, que Minerva put lui proposer de monter sur son balai.
Enjouée, Grace déchanta très vite lorsqu’elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas tenir son balai et frapper avec sa batte. Elle n’aurait pas la force dans un seul bras, du moins pas sans élan.

- Je veux que tu apprennes à jouer de la plus difficile des manières, dit Minerva. Tu auras parfois l’occasion de te tenir au manche du balai, mais tu auras d’autres moments où tu devras le lâcher, te mettant ainsi en position précaire. Je veux que tu puisses maîtriser cette situation. C’est ce qui te démarquera des autres lors des sélections.

Grace hocha la tête et lâcha d’une main tremblante son balai.

- Si tu ne te sens pas de lâcher tout de suite, n’hésite pas à t’agripper au balai. Je ne veux pas que tu tombes non plus.

En bonne Gryffondor à la tête dure, Grace décida qu’elle allait commencer sans tenir le balai. Dès qu’elle frappa la balle, elle bascula et dut se rattraper de justesse.

- Il faut que tu sois gainée, rappela Minerva. Tu devras travailler les abdominaux cet été.

Grace grimaça et les deux filles continuèrent. A la fin, elles parvenaient à jouer tout en volant, ce qui était une grande avancée. Grace se rattrapait régulièrement à son balai, mais elle ne manqua aucune balle. Même Minerva était transpirante à force d’avoir volé dans tous les sens et avec la chaleur du mois de juillet.

- La prochaine fois, on jouera avec les Cognards.

Grace eut un frisson que Minerva jugea d’excitation et d’angoisse cumulées.

- Tout se passera bien, s’amusa-t-elle. Envoie-moi un hibou pour me donner tes disponibilités. Je ne peux pas venir ce week-end, j’ai un mariage.

Encore une fois, Grace lui fit faire le tour de la maison, mais quand Minerva jeta un coup d’œil par la fenêtre, elle aperçut Carwood qui les observait de derrière la vitre. Il disparut aussitôt mais Minerva fut contente de savoir que le père s’intéressait à sa fille, même s’il ne le montrait plus depuis quelques temps.
Elle transplana et dès qu’elle arriva à la maison, se félicita d’être apparue loin de l’entrée, car ils semblaient avoir des visiteurs. Repoussant une mèche trempée de sueur de son front, son balai sur l’épaule, elle s’avança, la porte d’entrée du presbytère se révélant grande ouverte, des éclats de rire parvenant de l’intérieur. Intriguée, Minerva s’approcha, ne songeant même pas à cacher son balai. Si elle n’avait pas entendu la bonne humeur de son père, elle aurait imaginé que Lewis était de retour -et à cette pensée, son cœur s’emballa. Mais ce n’était pas du tout lui qui était là, dans son salon, un verre de citronnade à la main. Les trois hommes se levèrent de concert en la voyant débarquer et Robert sourit.

- Ah, Minerva, tu tombes bien ! Voici Hamish McGregor, il vient de racheter la ferme juste en face. Tu reconnais Dougal, ton grand-père m’a dit que vous vous étiez déjà rencontrés… ?

Minerva déglutit devant le sourire malicieux du jeune Dougal.

- Comme on se retrouve, la salua-t-il, ses yeux chocolat pétillant de bonne humeur.
- Heu… Bonjour.

Elle ne se sentait étrangement pas à sa place, devant ces trois hommes, elle, transpirante et vêtue de sa tunique de sport, un coffret rempli de balles enchantées dans une main et un balai dans l’autre. Balai que les McGregor ne manquèrent pas de remarquer avec une curiosité mal placée. Isobel apparut soudainement de la cuisine et comprit immédiatement le malaise.

- Minerva ! Tu as pu nettoyer le perron de Mme Deverney ? Cette pauvre dame vient de se coincer le dos, ajouta-t-elle avec un sourire navré à l’encontre des McGregor.

Robert se tendit en entendant le mensonge mais ne souffla mot. Minerva fusilla aussi discrètement que possible sa mère du regard, estimant qu’elle aurait pu trouver mieux comme excuse.

- Nous allons bientôt passer à table, signala Isobel, les McGregor restent pour dîner. Tu veux bien aller te laver avant chérie ? Ce grand nettoyage t’a donné chaud.

Minerva rougit brutalement et sembla gonfler intérieurement. Dougal plissa les yeux d’amusement tandis qu’Hamish était retourné à sa discussion avec Robert.

- Ah, et range le balai dans la remise je te prie, termina Isobel en retournant dans la cuisine.

Son balai ? Dans la remise ? Minerva n’en revenait pas des mots honteux que sa mère, pourtant amoureuse de Quidditch, était capable de dire pour sauver des situations pareilles. Elle prit une douche rapide, songeant à la bonne tranche de rigolade que devait se payer le Dougal.

- Il aurait pu faire semblant de ne pas écouter au lieu d’assister à mon humiliation, marmonna-t-elle en s’essuyant furieusement les pieds dans sa serviette.

Elle enfila une blouse blanche et un pantalon acheté récemment -le style vestimentaire de Grace l’avait inspirée- puis descendit, son balai bel et bien rangé dans sa chambre.
En bas, Dougal, qui apportait un plat de petits-fours donné par Isobel, s’arrêta à sa hauteur. Instinctivement, Minerva recula.

- Elle est là-haut votre remise ? fit-il remarquer avec un léger sourire.

Non mais quel culot ! Minerva redressa le menton et l’ignora, rejoignant sa mère dans la cuisine.

- Le perron de Mme Deverney ? s’indigna-t-elle dès qu’elle franchit la porte. C’est qui elle d’ailleurs ?
- C’est personne, j’ai inventé, chuchota Isobel. Oh là là, j’avais espéré que tu arrives avant eux…
- Tu n’avais pas besoin de trouver des excuses, au pire ils se posaient des questions. Aucune chance qu’ils se doutent qu’on soit sorcières, littéralement aucune !
- J’ai paniqué, répliqua Isobel. Et ton père, tu as vu sa réaction quand j’ai menti ? Ces mensonges me reviennent beaucoup trop facilement…
- Ne mentionne pas ce moment et peut-être qu’il n’en parlera pas, suggéra Minerva. Où sont Malcolm et Robert Jr ?

Isobel soupira.

- Malcolm est chez Beth, Robert… il faut l’appeler. Par Merlin, et s’il fait de la magie ?

Elle gémit et plongea sa tête dans ses mains.

- Je vais faire attention, promit Minerva. Détends-toi, je vais le chercher et lui expliquer avant d’accord ?

Isobel hocha la tête et lui tendit un plateau.

- T’en profiteras pour apporter ça sur la table ?
- Humpf.

Minerva empoigna et à la sortie de la cuisine, faillit percuter Dougal qui revenait. Il la laissa passer avec un geste de main exagéré. Elle continua son chemin, roulant des yeux en entendant le jeune homme s’enquérir :

- Besoin d’aide, madame McGonagall ?
- Oh appelle-moi Isobel, voyons !

Minerva posa le plateau sur la table et fila chercher son frère. Celui-ci était plongé dans un livre d’images, silencieux comme d’habitude. S’il ne descendait pas manger, Minerva aurait pu croire qu’elle n’avait pas de petit frère hormis Malcolm. Elle s’assit sur le bord du lit et attendit qu’il lui prête de l’attention. Voyant qu’il ne réagissait pas, elle tapota du doigt son livre.

- Robert ? Il y a des gens en bas qui viennent dîner. Il faut descendre.

Elle remarqua un éclair de panique dans les yeux de son frère.

- Ne t’en fais pas, ils sont gentils. Ce sont les nouveaux voisins, et tu sais bien que jamais nos voisins ne peuvent être méchants.

Robert était le seul pour qui elle pouvait prendre une voix aussi douce. Même Malcolm n’avait pas eu droit à ce côté de sa personnalité. Il avait été plus perturbateur et avait donc plutôt eu besoin de se faire réprimander dans sa jeunesse. Robert Jr, lui, était tellement silencieux et angoissé du monde qu’il ne connaissait pas, qu’il inquiétait sa sœur.

- Tu veux bien me regarder ? demanda-t-elle.

Robert leva ses yeux noisette -le seul enfant à avoir hérité de ceux de leur mère- mais ne la regarda pas directement.

- Tu vois comment papa est différent de maman, Malcolm, toi et moi ?

Robert hocha la tête. Il était discret, mais généralement il compensait avec un sens de l’observation aigu.

- Eh bien les gens en bas, ils sont comme papa. Ils ne savent pas ce que nous pouvons faire et ils ne doivent pas savoir.

Minerva hésita longuement dans son choix de mots. Elle ne devait pas brusquer son frère et ne devait surtout pas l’angoisser.

- Alors maman, toi et moi, on va tous se concentrer très très fort, et ne pas utiliser nos pouvoirs. D’accord ?

Robert fronça les sourcils.

- C’est un jeu ? demanda-t-il. J’aime bien les jeux, je suis fort aux jeux.
- Exactement ! Et celui qui n’utilise pas sa magie a gagné. Mais c’est un jeu entre maman, toi et moi, alors il faut en parler à personne d’autres.

Elle se pencha à l’oreille de son frère et rajouta en chuchotant :

- Ce sera notre secret à tous les trois, d’accord ?

Robert hocha vivement la tête et se leva du lit.

- Moi, je suis sûre que tu peux gagner, affirma Minerva en posant une main apaisante sur le haut du dos de son frère.

Étrangement, elle était une des rares à pouvoir espérer le toucher. Isobel y parvenait de temps en temps mais elle évitait car il lui était visiblement douloureux de voir son propre fils se rétracter à son contact par moments.

- Je sais, murmura Robert en sortant de sa chambre. Mais chut maintenant !

Minerva posa le doigt sur les lèvres et ils descendirent tous les deux. Bien sûr, il y avait toujours le sortilège pour leur effacer la mémoire, mais Minerva doutait qu’Isobel sache encore le lancer. Quant à elle, elle doutait d'en être capable. Sans parler du choc que cela aurait sur son père. Elle ne savait si leur famille supporterait un tel coup.

- Ah, voilà le petit dernier, je présume ? dit Hamish en se levant avec un grand sourire. Bonsoir petit !

Robert Jr se figea, ses petits bras crispés sous les doigts de sa sœur.

- C’est lui, intervint Isobel avec un sourire crispé. Excusez-nous, il n’est pas à l’aise avec les étrangers… Mais cela va s’arranger !
- Il va très bien, maman, répliqua Minerva d’un ton sec.
- Je… Je ne suis pas petit ! On est tous grands ici, ajouta Robert avec des yeux virevoltant tout autour de lui.
- Ce n’est pas ce qu’il voulait dire, expliqua Minerva en jetant un bref coup d'œil critique envers sa mère.

Elle ne supportait pas quand sa mère parlait ainsi de son petit frère comme s’il n’était pas là. Il observait, il écoutait et il comprenait ce que l’on disait sur lui. Lui parler de ses peurs ne ferait que les empirer. Minerva ne fit pas attention au regard curieux mais sérieux que lui lançait Dougal, et le petit monde s’installa à table. Isobel retint sa fille par le bras et murmura :

- Un pantalon, alors que nous avons des invités ? Minerva, tu aurais pu faire un effort.

Minerva se dégagea et s’assit à côté de son frère. Il serait rassuré de la savoir tout proche et elle aussi l’était, même si cela signifiait être également à la gauche de Dougal McGregor.

- Alors cette chambre, ça donne quoi ?

Minerva se tourna vers son voisin.

- Pardon ?
- La chambre, chez ton grand-père. Celle que vous avez peinte en rouge, précisa Dougal en levant les sourcils.
- Ah. Bien, très bien.
- J’ai vu ton grand-père récemment d’ailleurs. Tu lui manques.

Minerva serra les dents. Elle ne savait pas ce qui l’agaçait le plus. Qu’il se mêle d’affaires qui n’étaient pas les siennes, ou que ce soit lui qui lui dise qu’elle manquait à son grand-père. Peut-être la deuxième, parce qu’elle sentait le reproche sous les mots : elle n’avait pas donné de nouvelle depuis un long moment et c’était un inconnu qui soulevait cet aspect-là.

- Je me rends à Halkirk demain matin pour récupérer des derniers cartons. Je peux t’y emmener si tu le souhaites.

Minerva se mordit la lèvre afin de s’empêcher de refuser vertement. Elle détestait que ce garçon tente de se faire passer pour un chevalier servant. Elle était bien capable d’aller chez son grand-père par elle-même. Alors tu attends quoi ? lui souffla une voix dans son esprit. De toute manière, elle se devait d’aller à Halkirk. Elle avait trop souvent reporté cette visite. Elle aurait préféré transplaner mais refuser l’offre de Dougal aurait soulevé trop de questions. Alors, elle se racla la gorge dignement, redressa le dos et marmonna aussi distinctement possible mais pas trop non plus :

- Très bien, je viendrai.

Dougal l’observa un moment. Puis il eut un sourire en coin :

- Ça t’a fait mal d’accepter, n’est-ce pas ?

Il n’attendit pas sa réponse et retourna à la conversation du groupe d’adulte, son sourire toujours aux lèvres. Robert Jr, qui était resté muet comme une carpe hormis quelques marmonnements dans son tri de nourriture, se pencha vers sa sœur :

- Pour l’instant, on gagne tous au jeu, chuchota-t-il.
- Oui, mais rappelle-toi : silence.

Minerva lui lança un regard entendu et essaya d’écouter les paroles des autres convives. Robert Sr expliquait le principe de sa paroisse et Hamish écoutait religieusement. Isobel, sûrement par habitude, participait à la conversation comme si elle avait toujours fait partie intégrante de la paroisse. Minerva jeta un coup d’œil à Dougal qui semblait prêter vaguement attention aux détails. Il nota son regard et s’adossa à sa chaise, murmurant :

- Excuse-moi, je n’ai pas entendu ce que ton père a dit sur les activités caritatives… tu m’aides ?

Minerva lui lança un regard noir, bien consciente qu’il savait qu’elle n’écoutait pas. Son énième sourire malicieux lui donna envie de lui jeter un sort de Furonculose qui lui effacerait en un rien de temps cette petite fossette sur la joue gauche.

- Minerva, tu veux bien ramasser les assiettes et rapporter le dessert ? demanda sa mère empêchant sa fille de mettre en œuvre sa vengeance.

La jeune fille s’obligea bien volontiers et fusa dans la cuisine. Elle déposa les assiettes dans l’évier avec fracas quand une voix la fit sursauter :

- Ils vous ont entendues jusqu’à Inverness, toi et tes assiettes.

Dougal, évidemment.

- Qu’est-ce que tu fais là ? siffla Minerva à son encontre. Je peux me débrouiller toute seule.
- Ta mère a dit qu’on mangeait un Cranachan pour le dessert. Tu auras besoin de mon aide pour transporter tous les plats.

Minerva gonfla des narines mais dut admettre qu’il avait raison. Chaque invité devait constituer son propre Cranachan avec les différents ingrédients disposés sur la table. Quand elle ouvrit le frigo, les relents de flocons d’avoines macérés dans le whisky la firent froncer le nez, et elle sortit le saladier coupable avec grimace.

- Wow, tes parents n’ont pas eu la main morte avec le whisky, souffla Dougal en reniflant les céréales. Tu crois qu’on va finir soûls à la fin du dîner ? ajouta-t-il en plaisantant.

Les lèvres de Minerva tremblotèrent dans un semblant de sourire qu’elle cacha immédiatement. Pas question qu’il pense qu’elle l’avait trouvé amusant.

- Toi peut-être, répliqua-t-elle, avec ton corps de gringalet.

Il n’était absolument pas gringalet, bien sûr. Mais elle le dépassait en taille de quelques courts centimètres, et cela lui suffisait. Dougal eut un petit rire.

- C’est de bonne guerre. Je vais essayer de ne pas m’évanouir à cause des odeurs en l’apportant alors, dit-il en s’apprêtant à quitter la cuisine.
- Attends un peu, l’arrêta Minerva. Tu as deux mains, non ? Alors prends le miel avec toi.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et lui fourra le pot dans la main. Quant à elle, elle attrapa les framboises, la crème ainsi que des couverts et les rejoignit alors qu’Hamish humait avec délice le saladier.

- Je vois ici la patte de votre père. En voilà un vrai Cranachan !

Ils se servirent tous un à un dans les plats, chacun leur tour comme le voulait la tradition. Minerva surveilla la quantité de flocons que prenait son frère, bien trop jeune pour de l’alcool même macéré.

- Un bon verre de whisky se doit d’accompagner tout Cranachan, intervint Robert en se levant. Combien ?
- Ah j’en prendrais bien deux ! plaisanta Hamish faisant rire Robert et rouler des yeux Dougal.

Celui-ci accepta un verre et Robert se tourna vers sa fille :

- Minerva ?

Dougal la regarda, les sourcils levés. Elle n’aimait pas particulièrement le whisky, trop fort pour elle mais elle vit dans les prunelles de son voisin, un défi qu’elle se devait de relever. Pas question de s’écraser et de terminer le repas sans whisky. Alors elle forma un joli sourire et accepta l’offre, à la grande surprise de ses parents. Isobel cacha un sourire et reprit sa discussion avec Hamish.

- Alors comme ça tu aimes le whisky ? la testa Dougal en croisant les bras sur son torse.
- Une grande buveuse, affirma Minerva avant de réaliser ses mots. Enfin non, je ne suis pas alcoolique ! Je sais me gérer.

Dougal hocha la tête avec une expression qui signifiait qu’il ne la croyait pas pour deux sous concernant sa connaissance de l’alcool. Robert revint avec des verres, ces maudits verres copita que son père ne sortait que pour son whisky.

- Dieu merci, vous ne faites pas comme ces Américains avec leur verre plats à picots.
- Voyons, Hamish, gronda Robert, je suis Ecossais.

Minerva retint la grimace qui lui monta aux lèvres, en partie parce que Dougal la surveillait.

- Sláinte !
- Sláinte
, marmonna Minerva, la bile lui montant dans la gorge.

Elle faillit recracher sa première gorgée, âcre, et Dougal cligna des yeux dans sa direction.

- Ah ouais, tu le bois pur, toi ?
- Il faut, non ? croassa Minerva les yeux larmoyants.
- Pas forcément, s’esclaffa Dougal. Tu peux rajouter de l’eau fraîche, ça fera ressortir les arômes.
- Mais c’est pas bon…, gémit Minerva en abandonnant toute tentative de professionnalisme de whisky.
- Tu bois et puis c’est tout, intervint Robert Jr en la pointant du doigt. Moi j’ai dû manger mon fenouil la dernière fois.

Dougal éclata d’un rire franc tandis que Minerva jetait un regard outré à son frère. Il était encore secoué de spasmes de rire quand il la servit en eau. Minerva goûta à nouveau mais secoua la tête.

- Non, pas bon, éructa-t-elle en secouant la tête.
- Ça t’apprendra à faire ta dure, ricana Dougal en lui enlevant le verre des mains. Une grande buveuse, hein ?

Minerva souffla mais ne répondit pas. Effectivement, cela lui apprendra.
Le dîner s’acheva -Dougal avait terminé leur deux verres- et Minerva vit Hamish et son fils les quitter avec soulagement. Puis elle grimaça songeant qu’elle allait devoir aller jusqu’à Halkirk avec lui, dans la même voiture.
Robert Jr vint lui tirer la manche.

- Du coup, on a tous gagné le jeu ?
- Ouais, Robert, soupira Minerva, on a tous gagné.

Robert fit la moue et partit se coucher, sa sœur l’imitant après avoir essuyé la montagne de vaisselle que ses parents nettoyaient.
Le lendemain, Dougal vint la chercher à onze heures tapantes.

- Tu as un sandwich ? On mangera sur la route, lui informa-t-il alors que Minerva se ruait dans le frigo pour composer un repas décent.

Malcolm, qui était rentré après le dîner la veille, décrocha son regard de la télévision et fit un signe de main à Dougal qui attendait dans l’entrée. Les parents, après avoir donné leur accord à leur fille pour prendre la voiture avec le voisin, étaient partis au marché du village.

- Qu’est-ce que tu regardes encore ? demanda Minerva en emballant son repas.

Malcolm haussa les épaules.

- Je sais pas, j’allais éteindre.

Il se leva pour tourner le bouton lorsque Minerva reconnut la maison qui apparaissait à l’écran.

- Attends.

Elle se rapprocha, ignorant Dougal qui l’attendait toujours. La maisonnette, avec son bout de jardin bien entretenu à l’avant, était sans conteste celle de Polly Gardner.

- Vous vous rappelez sans doute la tragédie qui a eu lieu entre les murs de la maison voisine, fit le journaliste sur place alors que la caméra faisait un va et vient sur l’ancienne maison de Jimmy et celle de Gardner. Aujourd’hui, c’est avec regret que nous apprenons la mort de Polly Gardner, que nous avions interviewée il y a quelques jours.

Le sang de Minerva sembla se glacer dans ses veines et elle se rendit à peine compte que Dougal l’avait rejointe.

- Ah j’ai entendu parler de ce jeune homme, dit-il à voix basse. Quelle horreur…
- Minerva le connaissait, annonça nonchalamment Malcolm à la grande horreur de sa sœur.

Moins Dougal en savait sur leur monde, mieux ils se porteraient tous. Elle répondit vaguement au regard interrogateur du jeune homme.

- On était à l’école ensemble, dit-elle avec un pincement au cœur.

Elle devait tellement plus à Jimmy que de le présenter comme simple camarade d’école.

- Mince alors, je suis désolé…

Minerva ne dit rien et écouta le journaliste.

- Il semblerait que Mme Gardner ait été addict aux médicaments, racontait celui-ci avec un air navré, ce qui l’aurait tuée. Les enquêteurs ont en effet découvert, dans un tiroir de sa table de chevet, un nombre incalculable de pilules calmantes. Une boîte entière a été trouvée vide à côté du corps, indiquant probablement une mort par surdose.

Minerva déglutit. Elle se demanda si un passant avait par hasard vu un éclair de lumière verte à travers les rideaux de la chambre. Elle secoua la tête et fit signe à Dougal qu’elle était prête à partir.
C’était la première fois qu’elle montait dans une voiture. Son père ne se déplaçait qu’en bicyclette et même s’il lui avait déjà expliqué le fonctionnement, elle resta perdue sur la démarche à suivre. Galant, Dougal lui ouvrit la portière, lui évitant ainsi une première déconvenue. Elle l’observa s’attacher avec la ceinture -si elle se souvenait bien du nom- avant de l’imiter. Devait-elle faire autre chose ? Dougal n’avait pas l’air d’attendre quoique ce soit, aussi elle se détendit.
Il démarra la voiture et Minerva tenta tant bien que mal de ne pas sursauter et d’agir comme si tout était normal et naturel. Dougal sembla prendre son silence pour de la peine car il lui demanda d’une voix sans une once de son sarcasme habituel :

- Tu le connaissais bien, ce Jimmy ?

Minerva se raidit. C’était ce qu’elle avait craint pour ce trajet : des questions personnelles. Elle n’avait encore jamais dû jongler entre deux mondes à part avec son grand-père pendant un certain moment. Elle avait du mal à comprendre comment sa mère avait pu vivre ainsi pendant plusieurs années. Elle préféra lui dire qu’elle avait discuté quelques fois avec lui mais que n’ayant pas été du même âge, ils n’avaient pu créer de vrais liens. Cela lui fit mal au cœur de mentir ainsi sur son ami, mais elle ne se voyait pas remplacer le Quidditch par un autre sport. Elle serait incapable de discuter de sports moldus si jamais Dougal cherchait à lui poser des questions.

- Tu étudies toujours ? lui demanda-t-il, curieux.

Minerva acquiesça.

- Je rentre en dernière année. Je suis dans le même pensionnat que celui où était ma mère. Et toi ?

Dougal lui apprit qu’il avait 19 ans, qu’il avait fini le lycée et ne prévoyait pas de continuer.

- Mon père a acheté cette terre pour que je la reprenne après sa mort. C’est un joyeux luron mon père, ajouta-t-il avec un rire. Le magasin ne fonctionnait plus à Halkirk. Pour l’instant on vit ensemble, mais quand j’aurai une famille on agrandira l’espace avec une annexe.
- Wow, déjà des projets de famille, fit remarquer Minerva en plissant le nez.
- Pas toi ?

Pas vraiment non. A la place elle haussa une épaule.

- Je n’y ai jamais vraiment pensé. Je voudrais une situation stable, j’imagine.
- Parce que cultiver une terre ce n’est pas stable ?

Minerva rougit furieusement.

- Non, ce n’est pas…, balbutia-t-elle, ce n’est pas ce que…
- Détends-toi, je te taquine.

Dougal avait son éternel sourire vissé aux lèvres, son regard concentré sur la route.

- Mais j’aurais pensé que tu voudrais rester auprès de ta famille, expliqua-t-il, elle a l’air d’être importante à tes yeux.
- Tu veux me faire comprendre que j’ai été ingrate envers mon grand-père, c’est ça ?

Dougal parut surpris.

- Pas du tout, se défendit-il. Au contraire. Ton grand-père m’a fait comprendre que c’était toi qui avais repris contact avec lui.

Minerva ne dit rien. Elle ne savait pas ce que Dougal connaissait de son histoire familiale, de la fuite d’Isobel avec son futur mari, du scandale des Ross. Mieux valait ne pas creuser dans le sujet au risque de s’embourber dans des explications et mensonges.
Le trajet fut heureusement coupé par le repas où Minerva ne se sentit pas obligée de discuter, et ce fut avec soulagement que Minerva aperçut au bout d’une heure et demie le clocher de l’église de Halkirk. Dougal arrêta la voiture en bas de l’allée qui menait chez le grand-père de Minerva.

- Je ne peux pas y engager la voiture, la ruelle est trop étroite, indiqua-t-il. On se retrouve ici à seize heures ?

Minerva acquiesça et se tourna vers la portière avant de réaliser qu’elle n’avait aucune idée de comment l’ouvrir. Dougal se pencha au-dessus de l’embrayage et actionna la poignée avec un sourire mi-amusé, mi-intrigué. Minerva eut un rire nerveux et s’empressa de sortir avec un « à tout à l’heure » furtif. Elle épousseta les miettes de son repas et remonta la ruelle, toujours aussi inchangée depuis la dernière fois. En arrivant devant la maison, elle remarqua que la bicyclette de son grand-père n’était plus appuyée contre le mur. La terre avait séché et les fleurs qui avaient été plantées ne semblaient pas avoir été arrosées depuis un moment. Minerva fronça les sourcils. Son grand-père avait toujours aimé prendre soin de ses plantes depuis qu’il avait retrouvé sa famille. Inquiète, elle frappa à la porte. Des pas résonnèrent à l’intérieur, mais ce ne fut pas Eugene McGonagall qui lui ouvrit. Une femme a l’air revêche, âgée probablement d’une quarantaine d’années, la détailla des pieds à la tête. Elle était vêtue d’une blouse blanche d’infirmière avec un logo doré d’un caducée sur la poitrine.

- C’est pour quoi ? demanda-t-elle sèchement.
- Heu, est-ce que M. Eugene McGonagall est là ? Je suis sa petite-fille.

L’infirmière ne dit rien pendant un moment avant de s’effacer pour la laisser entrer. Elle la suivit bien attentivement jusqu’à ce qu’Eugene, assis sur un fauteuil, apparaisse.

- Minerva ! s’écria-t-il avec un sourire éclatant. Comme je suis content de te voir ! Tu aurais dû me prévenir, j’aurais préparé des biscuits au gingembre.

Minerva ne bougea pas. Figée, elle fixa son grand-père qui semblait avoir pris vingt ans depuis janvier dernier. Sa voix était plus faible, et il n’était pas vêtu de son ensemble habituel mais d’une simple chemise qu’il n’avait même pas rentré dans son pantalon. Ses cheveux avaient également nettement blanchi. Minerva sentit les larmes lui monter aux yeux. Était-ce elle la responsable de son état ?

- Approche, fit Eugene en tendant la main, je ne vais pas te manger.

Minerva le rejoignit et l’embrassa sur le front, tendrement.

- Tu viens de rencontrer ma chère infirmière, dit Eugene en regardant la femme, Arleta Agrepine.

Il se pencha vers sa petite-fille et chuchota :

- Mais elle veut qu’on l’appelle Mme Agrepine. N’est-ce pas Arleta ? ajouta-t-il à l’encontre de l’infirmière qui roula des yeux.
- Je vais vous laisser, fit celle-ci en prenant ses affaires. Reposez-vous, ne vous ménagez pas. Je reviens dans deux jours.

Eugene lui fit un signe de la main puis, une fois qu’elle fut partie, se tourna vers sa petite-fille avec un clin d’œil.

- Je crois bien qu’elle est comme toi cette femme.
- Comment ça ?

Eugene fit un vague geste de la main.

- Mais tu sais, avec votre bâton magique. J’ai vu le sien la dernière fois, dans sa mallette. Elle pense que je ne sais rien, ah !

Minerva fit les yeux ronds.

- C’est une sorcière ? Mais qu’est-ce qu’elle ferait ici ?

Eugene se leva avec un grognement et s’appuya sur sa petite-fille.

- Viens sur le canapé avec moi, tu ne vas pas rester debout penchée sur ma tête tout ce temps. Quant à sa présence ici… Eh bien, elle vient régulièrement depuis ma jambe cassée. Soi-disant elle fait partie d’une association qui ne veut faire aucune distinction entre communautés. Eh bien, dans quelle communauté je suis moi ? Les éclopés ou les vieux ?
- Tu n’es pas vieux, grand-père, soupira Minerva en s’asseyant à côté de lui. C’est quoi le nom cette association ?
- La Mangoustine, je crois bien. « Main dans la main, nous sommes tous humains », qu’elle m’a dit la première fois.

La Mangoustine ? Peut-être que son grand-père n’avait pas totalement tort et que Mme Agrepine était bel et bien une sorcière. Mais que venait faire une sorcière infirmière dans la maison d’un moldu et qui plus est, à le soigner ? Pas que cela dérangeait particulièrement Minerva, mais elle ne pouvait nier que cela l’intriguait.

- Comment vas-tu, ma petite-fille préférée ?
- Je suis ta seule petite-fille, répliqua Minerva avec un fin sourire et récoltant une pichenette sur le nez. Aïe ! Toi, comment vas-tu ? Et ton vélo ? Et tes fleurs ?
- Ah le vélo… Arleta m’interdit d’en faire, apparemment c’est devenu dangereux pour moi. Elle a même caché mon tabac ! Si tu le trouves, préviens-moi. Quant aux fleurs… Mon dos refuse de se courber. Que veux-tu, je suis un vieux bonhomme maintenant !

Eugene McGonagall n’avait que soixante ans, mais il paraissait en faire tellement plus. Elle enroula ses bas autour du sien et posa sa tête contre son épaule.

- Pardon de ne pas être venue plus tôt.
- Heureusement que tu n’es pas venue plus tôt ! Je m’inquiéterais de savoir que tu n’as pas d’autres activités que de venir voir ton grand-père.

Minerva resta silencieuse, le cœur en berne. Elle ne supportait pas de voir son grand-père dans un tel état.

- Tu n’as pas de bagages, releva Eugene en balayant la pièce du regard, tu restes dormir quand même ?

Minerva secoua la tête, désolée.

- Je ne peux pas, c’est Dougal McGregor qui me ramène en voiture.
- Dougal McGregor ? répéta son grand-père. Le petit gars du magasin de bricolage ?
- Lui-même. Enfin, maintenant il se destine dans les champs. C’est notre voisin, précisa Minerva. Il doit récupérer quelques cartons dans sa maison et il revient me chercher vers seize heures.

Eugene regarda sa montre tout en marmonnant.

- Alors il n’y a pas de temps à perdre, raconte-moi les dernières nouvelles. Je ne te promets pas de tout comprendre sur ton école mais je vais faire un effort.

Minerva cacha son sourire dans le creux de son épaule. Elle avait été tellement soulagée que son grand-père ne la repousse pas en apprenant sa condition. Le voir aussi prêt à discuter de son monde lui mettait du baume au cœur. Il était la seule personne à éprouver autant de curiosité sur la magie et Minerva était ravie de pouvoir partager son univers, rire de ses réactions (notamment lorsqu’il avait appris qu’elle passait à travers un mur tous les 1er septembre). C’était pesant de toujours devoir marcher sur des œufs avec son père. Elle remarqua du coin de l’œil la photo d’elle et d’Alan qu’elle lui avait envoyée quelques mois auparavant, dans un cadre posé à côté du fauteuil fétiche de son grand-père. Celui-ci suivit son regard et sourit :

- Ah, cette photo. Elle m’accompagne tous les jours, tu sais. Je suis surpris que Mme Agrepine n’ait jamais fait de réflexions.
- Peut-être qu’elle l’a vue, et qu’elle pense que tu es un sorcier et bien gonflé de te faire passer pour quelqu’un sans magie ayant besoin de son association.

Eugene rit de bon cœur et se leva.

- Allez, séance biscuits au gingembre !

Eugene semblait avoir retrouvé une nouvelle vigueur, comme si la venue de sa petite-fille avait réglé tous ses problèmes de santé. Son visage, marqué par les rides, était plus lumineux et ses yeux brillaient d’un entrain qu’ils n’avaient pas quand Minerva était arrivée.
Lorsque seize heures sonnèrent après de longues discussions et une avalanche de biscuits (dont elle ramenait la moitié), elle eut du mal à quitter son grand-père dont elle réalisait enfin la fragilité.

- Je reviens très vite, je te le promets, chuchota-t-elle, ses bras enlacés autour du cou d’Eugene.

Celui-ci l’embrassa et passa une main dans ses cheveux, avant de la conduire jusqu’à la porte.

- Embrasse ta famille pour moi, dit-il et Minerva trouva sa voix rauque.

Après un dernier signe de main, elle rejoignit la voiture de Dougal qui attendait déjà patiemment.

- Ça s’est bien passé ? s’enquit-il en allumant le contact.

Minerva ne parvint qu’à hocher la tête. Elle ne souhaitait pas particulièrement se confier sur l’état de santé de son grand-père à Dougal, ni sur ce qu’elle ressentait depuis qu’elle l’avait vu assis dans ce fauteuil aussi usé que lui.

- Merci de m’avoir amenée, dit-elle tout de même, car c’était grâce à lui qu’elle avait arrêté sa malheureuse procrastination qui aurait pu mal finir.

Cette fois-ci le trajet se déroula dans un silence reposant hormis quelques conversations éparses de temps en temps, Minerva tenant contre elle le sachet emballé de biscuits au gingembre, les biscuits de son grand-père.

***


Elle s’observa avec appréhension dans le miroir. Les retouches qu’avait apportées sa mère étaient impeccables : la jupe affleurait à ses légères bottines sur lesquelles Isobel avait jeté un sort pour éviter à sa fille d’avoir trop chaud. En bas des escaliers, sa mère l’attendait, un accessoire doré à la main. Elle s’approcha et dit avec un sourire fier :

- Cette broche m’appartenait quand j’étais plus jeune. Elle te revient désormais.

Minerva observa le joyau. Il était bleu marine, presque noir et autour, s’entrelaçaient de fins serpents d’or. La broche habillait joliment le haut de sa poitrine. Habillée ainsi, elle avait l’impression de porter avec elle les femmes de sa famille maternelle. Il ne manquait plus qu’Anthéa Ross, mais Minerva ne savait si elle avait le désir de la rencontrer. Minerva regarda sa mère et, prise d’une rare pulsion affective envers elle, la serra dans ses bras. Si elle était surprise, celle-ci ne le montra pas et se décida la première à s’écarter pour la pousser vers l’entrée.

- C’est Lewis qui vient te chercher ?
- Il a insisté, bougonna Minerva. J’avais proposé que l’on se retrouve là-bas mais ça a paru le surprendre.
- Minerva !
- Quoi ?

Isobel avait l’air tout bonnement outrée et affligée.

- Ma fille, un jour tu comprendras qu’un duo qui se rend à un mariage, c’est un couple du début à la fin.

Minerva rougit.

- On n’est pas un couple, bredouilla-t-elle en ouvrant la porte d’entrée. La vache !

Dougal McGregor se tenait sur le seuil, le poing levé comme s’il allait frapper sur le battant.

- Minerva, ton langage, reprocha Isobel.

Dougal cligna des yeux devant les vêtements de Minerva puis eut un sourire sarcastique et s’inclina ironiquement devant elle.

- Madame la comtesse, fit-il avec un ton prétentieux.
- Très drôle, répondit Minerva en le dépassant.

Elle savait qu’il venait voir son père concernant un détail sur la paroisse, chose dont Minerva n’avait cure. Alors qu’elle descendait les marches de l’entrée, le tumulte du Magicobus, par lequel devait arriver Lewis, la figea au sol. Dougal ouvrit la bouche puis la referma, si bien que Minerva se demandait ce qu’il pouvait voir. Le bus violet pimpant et fumant, attendait patiemment que Lewis fasse le tour et vienne récupérer la jeune fille. Le Serpentard apparut et s’arrêta net en voyant Dougal. Il sembla rapidement comprendre la situation mais ce fut Isobel qui tira le moldu dans la maison avec force sourires. Dougal se laissa faire, sûrement parce qu’il ne comprenait guère ce qu’il se passait. Minerva attrapa vivement Lewis par la main et le ramena dare-dare dans le bus.

- Encore vous ? rit le contrôleur. Eh bien, j’imagine que vous n’allez pas vous entraîner cette fois, vu vos vêtements ?

Minerva paya sa course, donna la destination et continua de traîner le Serpentard au fond du bus.

- Je peux marcher tout seul, tu sais ? plaisanta celui-ci.

Elle rosit et lui lâcha la main.

- C’était un moldu devant chez toi ? demanda Lewis, intrigué.

Minerva hocha la tête.

- Le nouveau voisin.

Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas pris le temps d’observer son cavalier (les mots de sa mère) et fut surprise de voir son camarade vêtu autrement que d’un uniforme ou du classique chemise et pantalon. Cette fois, il avait choisi la chemise blanche aux manches retroussées, un gilet de costume gris perle et d’un pantalon de la même couleur. Il avait également osé les bretelles noires et le béret anthracite, ce qui lui donnait un côté moldu qui lui allait à merveille selon Minerva. Une chose était sûre, il avait une certaine classe.

- Cela te va bien, cet ensemble, dit Lewis en la désignant. Tu voulais faire passer un message politique ?

Minerva pouffa et secoua la tête. Le Serpentard s’affala à côté d’elle.

- Ça craint d’aller à un mariage en Magicobus, non ? grimaça-t-il.

Un peu. Ils auraient pu s’y rendre en Transplanant si Minerva était déjà allée chez Fleamont, ce qui n’était pas le cas.

- C’est bien Potter qui faisait des recherches sur Jedusor ? continua Lewis.
- Ne parle pas de ça ici, siffla Minerva en surveillant autour d’elle.

Lewis l’imita et tourna un regard blasé dans sa direction.

- Tu es un peu paranoïaque, non ?
- Peu importe. C’est son mariage, il aura autre chose en tête. Quelque chose de plus joyeux, tu vois ?

Lewis leva les mains.

- C’était juste pour savoir, je n’allais pas lui demander.

Il s’adossa avec un soupir et enleva son béret de la tête pour le triturer des mains.

- Tu ne t’es pas coiffé ? remarqua Minerva en jetant un œil critique sur les mèches d’habitude domptées à la perfection.

Lewis arrêta son geste.

- Ça ne va pas ? Je savais que j’aurais dû, râla-t-il, c’est un mariage.
- Non, coupa Minerva en rougissant, ça heu… ça te va bien.

A partir de ce moment-là, Minerva décida de rester coite tout le reste du trajet, jusqu’à leur arrivée à Godric’s Hollow, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

- Apparemment Euphemia s’est battue avec le ministère pour pouvoir célébrer le mariage dans leur toute nouvelle maison, dit-elle alors qu’ils venaient de descendre du Magicobus. Toute une délégation est venue pour sécuriser le lieu et déposer un sortilège de camouflage anti-moldu tout autour de la propriété.

Lewis siffla d’admiration et pointa du doigt un chapiteau plus loin.

- Laisse-moi deviner, c’est juste là ?
- On a qu’à suivre les cris, proposa Minerva.

En effet, sachant que les moldus ne risquaient pas de les découvrir, les sorciers ne faisaient aucun effort pour se faire discret. Un couple, habillé de robes de sorciers colorées et de chapeaux pointus, gloussait et se chatouillait niaisement dans la rue.

- Qu’ils sortent leur baguette, marmonna Lewis, comme ça on les remarquera encore plus. Ridicules.
- Quoi, tu ne veux pas que je te chatouille ? plaisanta Minerva avant de réaliser ce qu’elle venait de dire et de reculer violemment. Enfin, non !

Lewis mit un moment à réagir mais il éclata de rire alors qu’elle continuait à avancer, la tête rentrée dans les épaules.

La maison du futur couple Potter était immense et sur deux niveaux, avec un magnifique jardin entouré d’une haie bien taillée, précieuse pour se cacher du regard des moldus. Le portillon de fer était déjà ouvert, appelant les invités à entrer. Lewis essuyait encore des larmes de rire quand il la rejoint.

- Bon, ça va, bougonna-t-elle, tu peux te calmer.

Lewis effaça son rire, mais ses yeux brillaient toujours d’amusement contenu. Il lui attrapa le bras et Minerva rougit du contact, tout en se maudissant de réagir ainsi dès qu’il la touchait.

- Puisque je suis ton cavalier et toi la mienne, autant arriver comme un couple, tu ne crois pas ?

Minerva répondit de manière inintelligible et pressa le pas.
La majorité des invités était déjà présente, discutant joyeusement avant la cérémonie qui devait avoir lieu dans le jardin même. Des chaises avaient été installées en rang d’oignons devant un autel immaculé et derrière, une arche de fleurs avait été tressée et tenait sûrement par magie. Sous le chapiteau que Lewis avait remarqué plus tôt, étaient entreposées de longues tables recouvertes de nappes colorées et de flûtes de champagne disposées en pyramide. Minerva localisa rapidement l’endroit à éviter à tout prix, à savoir la piste de danse. Si elle pouvait rester à table toute la soirée, elle le ferait : le buffet avant tout.

- Minerva !

La jeune fille se retourna au son de la voix du futur marié, un Fleamont Potter au sourire étincelant, les cheveux incroyablement bien coiffés et une rose blanche sur son veston noir.

- Quelle prestance, s’exclama-t-il en s’approchant à grands pas.
- Bonjour Fleamont, sourit-elle en le serrant dans ses bras.

Fleamont se tourna vers Lewis en haussant les sourcils. Celui-ci lui tendit la main en se présentant.

- J’aurais pensé que tu viendrais avec Vendrars, dit Potter en serrant néanmoins la main du Serpentard. Gibbins, hurla-t-il soudainement à l’encontre d’un sorcier rondelet qui traînait près des tables de buffet, ne touche pas aux coupes par Merlin !

Et Fleamont se rua vers ledit Gibbins.
Lewis et elle restèrent silencieux, se tenant droits au milieu de tout le petit monde joyeux.

- Ce ne serait pas ton attrapeuse, là-bas ? fit-il soudainement.

Le cœur de Minerva fit un bond en reconnaissant la chevelure blonde de Holly, sa taille menue enserrée dans une robe bronze. Elle fut ravie de pouvoir la rejoindre et de s’échapper de cette situation embarrassante où Lewis et elle agissaient en plantes vertes au milieu du jardin.
Holly ouvrit de grands yeux en la remarquant et, après l’avoir embrassée, ne manqua pas de lui jeter un regard malicieux lorsqu’elle aperçut qui l’accompagnait.

- Eh bien, ce ne serait pas notre adversaire de Quidditch que je vois là ?

Lewis eut à peine le temps de la saluer que Holly entraînait déjà son amie plus loin, abandonnant le Serpentard au milieu d’une nuée d’invités.

- Euh, je ne devrais peut-être pas le laisser…, commença Minerva en jetant un regard en arrière vers son cavalier.
- C’est un grand garçon, coupa Holly en balayant l’air d’un geste de la main. Alors comme ça, avec Rollin ?

Minerva rougit.

- Nous ne sommes pas ensemble, si tu veux savoir.

Holly haussa les épaules.

- Si tu le dis. Je suis venue avec un camarade de Quidditch de mon quartier.

Elle désigna un jeune homme de petite taille qui était en train de glisser un pétard dans le sac à main d’une sorcière. Holly s’éclaircit la gorge et embraya sur sa carrière de Quidditch pendant que Minerva ricanait. La jeune attrapeuse s’entraînait très dur au sein de la réserve, mais elle était enchantée d’avoir sa place au sein de l’équipe. Elle avait même pu obtenir un autographe de Gwendolyn Morgan la capitaine de l’équipe.
Elle fut interrompue par l’arrivée du responsable de cérémonie qui invita tous les convives à s’asseoir sur leur chaise respective. En dehors de la famille qui se plaçait à l’avant, les autres sorciers pouvaient prendre place où ils le souhaitaient. Minerva chercha du regard son partenaire et eut un sourire en le voyant la rejoindre.

- Déjà assisté à un mariage sorcier ? demanda-t-il en rajustant son gilet lorsqu’il s’assit.

Minerva secoua la tête.

- Mais mon père est pasteur, informa-t-elle, et peut-être que ce n’est pas si différent des mariages moldus.

Fleamont rejoignit le responsable de cérémonie, soudain beaucoup moins loquace que tout à l’heure. Son témoin était un jeune homme que Minerva ne connaissait pas. Elle se demanda si Jimmy aurait eu cet honneur s’il avait encore été vivant. Elle devina très rapidement que la mariée arrivait en entendant les soupirs. Minerva roula des yeux et se tourna. Euphemia était effectivement resplendissante, mais il ne fallait pas non plus exagérer et se fendre en murmures émouvants. La future Potter était vêtue d’une robe blanche évasée vers le bas et arrivant jusqu’à mi-mollets. De la fine dentelle ornait son col croisé sur l’avant et son bouquet de fleurs sauvages apportait une touche de lumière vive sur la pureté de son ensemble.
Le maître de cérémonie porta sa baguette à sa gorge et amplifia le son de sa voix. Puis, après quelques mots de bienvenue, il s’adressa à la première rangée des invités :

- Madame Alphina Potter ? Je vous en prie.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? chuchota Minerva en voyant la mère de Fleamont se lever, un ruban rouge à la main.

Devant le silence interrogateur de Lewis, Holly leur répondit :

- C’est le déroulé de la cérémonie. Treize membres de la famille et proches doivent nouer un ruban de couleur autour de leurs poignets avant de prononcer les vœux.
- Un ruban ?

Holly lui fit signe de prêter attention à la cérémonie et Minerva obéit, intriguée.

- Le rouge de la passion, déclama le maître tandis qu’Alphina finissait le premier nœud, puissiez-vous la vivre éternellement.
- Argh, commenta Minerva provoquant un rire étouffé de la part de Lewis.

Puis ce fut au tour de Madame Prewett de se lever et d’attacher un ruban jaune.

- La confiance, continuait le maître, puissiez-vous en savourer chaque moment.

Les rubans s’enchaînèrent un à un, le vert -la prospérité-, le bleu de la sincérité, l’argent des valeurs, le gris de l’apaisement, le blanc de la paix ou encore le noir du succès et de la sagesse. A la fin, Minerva avait l’impression que tous ces rubans leur coupaient la circulation du sang. Apparemment non, puisqu’ils souriaient tous les deux tout aussi niaisement. Le maître de cérémonie prononça des mots de recueillement, durant lequel un long silence plana, Fleamont et Euphemia se regardant les yeux dans les yeux. Minerva s’empêcha de se tortiller sur sa chaise, consciente que ce moment leur était précieux. Enfin le maître reprit la parole et l’esprit de Minerva se mit à gambader autour d’elle. Tous les convives écoutaient dans un silence religieux, certains la larme à l’œil, tandis que les deux élus s’échangeaient leurs vœux. Elle songea à Dougal qui semblait vouloir prendre le même chemin que son ami, et se marier pour fonder une famille. Elle retint une grimace à cette pensée. Il était à peine plus âgé et souhaitait déjà s’engager, ou plutôt selon Minerva, s’enchaîner -mais cela, c’était une autre histoire. Après le mariage, suivaient les enfants, et cela, la jeune fille en avait des frissons. Accoucher, ou subir le regard de la société. Quitte à lui faire face, Minerva préférait ne pas se marier du tout. La solitude lui allait plutôt bien. Il était tellement plus facile de refouler ses sentiments plutôt que de les délivrer à quelqu’un sur un plateau d’argent. Se mettre à nu n’était pas chose aisée, et Minerva se sentait plus en sécurité à protéger ses états d’âme enfermés à double tour.

- A quoi tu penses ? murmura Lewis à son oreille.
- A la meilleure stratégie pour exploser les Serpentard l’année prochaine, répondit aussitôt Minerva.

Lewis pouffa.

- Cela te ressemblerait bien, mais je ne te crois pas.

Il n’insista pas et de toute façon n’aurait pas pu car les convives se mirent à sortir leur baguette et jeter des sortilèges de toutes les couleurs lorsque les Potter s’embrassèrent. Minerva sortit la sienne et émit une nuée rouge dans le ciel.

***


La nuit était tombée. Le repas achevé. La musique lancée.
Minerva frissonna : elle avait eu beau supplier dans sa tête tous les invités à ne pas aller sur la piste de danse, rien n’y avait fait. Fleamont et Euphemia s’étaient élancés, magnifique couple amoureux qu’ils formaient, et d’autres avaient suivi. Lewis, qui partageait sa table avec elle et d’autres convives, ne semblait pas prêt à lui proposer une danse -ou alors il était assez galant pour ne pas le faire. Bref, Minerva ne bougeait pas d’un pouce dans l’espoir de se fondre dans le paysage. Elle entendit les raclements de la chaise de Lewis alors qu’il se rapprochait d’elle, une tartelette au citron à la main.

- Tu m’as l’air à l’aise, dis-moi, se moqua-t-il en engloutissant la pâtisserie.
- Très drôle, je…
- Eh Minerva !

Fleamont approchait, tout sourire. Apparemment il était parvenu à lâcher sa femme, à laquelle il était restée engluée toute la soirée.

- Tes yeux ne se sont pas noyés dans ceux d’Euphemia ? ironisa Minerva en portant sa coupe de jus de groseille aux lèvres.
- Tu le ferais si tu étais moi, soupira rêveusement Fleamont.
- J’ai de la chance de ne pas l’être, alors. Le monde fait bien les choses, non ?

Lewis ricana et l’ancien Gryffondor roula des yeux.

- Cela suffit maintenant, tu me dois une danse.
- Ah bon ?

Minerva se redressa, se sentant prise au piège. Fleamont lui attrapa la main.

- Mais oui, pour avoir été une plaie durant tout mon capitanat avec toi en joueuse, certifia-t-il. (Il s’adressa à Lewis) Je te la rends juste après !
- Non, non je t’en prie Fleamont, paniqua Minerva en se faisant traîner vers son enfer personnel. Lewis ! appela-t-elle.

Par Merlin, si Fleamont n’avait pas été le marié de la soirée, elle l’aurait frappé sans hésitation. Soudain, quelqu’un attrapa son autre main libre : c’était Lewis. Il avait l’air gêné, mais ce fut avec un sourire qu’il s’adressa à Fleamont :

- Désolé, c’est ma cavalière et nous n’avons pas encore eu de première danse… Tu permets ?

Fleamont eut un grognement de dépit, sûrement déçu de ne pas faire subir à son amie ce qu’elle détestait le plus au monde, et lui lança un regard d’avertissement :

- Tu ne t’en sortiras pas comme ça !

Et il abandonna Minerva, main dans la main avec Lewis, au milieu de la piste de danse.

- Lewis, tu sais…
- Ouais, coupa le Serpentard avec un sourire, je sais. Fleamont ne regarde pas, on s’enfuit ?

Minerva fut la première à faire un pas, loin, très loin de tous ces gens qui remuaient leur corps dans tous les sens. Lewis tentait de ne pas rire de son malaise, et Minerva se rendit à peine compte qu’ils se tenaient toujours la main. Alors qu’ils s’éloignaient de la tente, l’ambiance était moins étouffante, plus calme et apaisante. La pleine lune éclairait leur pas et ils se dirigèrent d’un commun accord vers le fond du jardin.

- Ce n’était pas si différent d’un mariage moldu, finalement, nota Lewis en s’asseyant dans l’herbe.

Leur main s’étaient lâchées, mais leurs épaules se frôlaient. Gênée par le soudain silence qui s’installait entre eux, Minerva rajusta sa jupe sur ses jambes, attirant le regard du Serpentard.

- Elle te va bien, fit-il remarquer.
- Ouais… tu l’as déjà dit.
- Je n’ai pas le droit de te complimenter une deuxième fois ? s’amusa Lewis en plissant les yeux, chose qu’il faisait souvent dès que Minerva agissait de manière maladroite.
- Si, enfin… merci, éructa difficilement Minerva, les joues rouges d’embarras.

Pourquoi ne pouvait-elle pas se contrôler, par Merlin ?

- Tu te rappelles la fois où tu m’as conseillé de me faire des amis au lieu de tout garder pour moi ? reprit Lewis d’une voix douce.
Minerva acquiesça. C’était quand il leur avait avoué, à elle et Alan, les raisons de ses recherches sur Jedusor, qu’il accusait d’avoir tué son frère. Une période durant laquelle elle se méfiait encore de lui, où elle ne préférait pas lui partager tout ce qu’elle savait sur Jedusor. Amusant comment après tant de mois, elle agissait de manière identique mais pour des motifs différents.
- Tu avais raison, ça fait du bien aussi de ne pas travailler seul.
- Lewis, soupira Minerva, on avait dit qu’on ne parlerait pas de lui…

Elle était franchement de moins en moins à l’aise à aborder ce sujet, surtout depuis leur visite chez Jimmy. Lewis leva une main apaisante.

- Je le sais. Je voulais juste…

Il s’interrompit et sembla chercher ses mots. En le regardant, Minerva se rendit compte qu’il avait sur son visage une expression troublée.

- Ces moments qu’on a passé ensemble… pas ceux où nous enquêtions, les autres.
Minerva songea au Lewis qui était venu chez elle, qui avait bu de la citronnade à ses côtés, et elle sentit son estomac faire des loopings.

- J’ai apprécié ces moments, reprit Lewis d’un ton plus bas, et… j’aimerais beaucoup que nous passions plus de temps ensemble, si tu en as envie.

Minerva le regarda. Plus de temps ? Il voulait la voir plus souvent ? Cela lui allait, elle en serait même ravie. Elle plongea ses prunelles dans celles de Lewis. A moins que…

- Tu veux dire…, fit Minerva d’une voix qui ne semblait pas lui appartenir. Plus que partenaires ? Que camarades ? Enfin, bredouilla-t-elle en secouant la tête pour s’éclaircir les idées, autre que amis ? Parce que…
- Et si je t’embrassais ? coupa Lewis avec des yeux attentifs à la moindre réaction de la jeune fille.

Minerva s’empêcha d’ouvrir la bouche : elle risquait de s’humilier encore plus en gargouillant des stupidités. Elle vit le visage de Lewis se rapprocher tout doucement, comme pour lui laisser le temps de s’écarter si elle refusait. Son cerveau tournait à plein régime. Ils allaient vraiment s’embrasser ? Et après que se passerait-il ? Ils seraient… en couple ? Et comment cela fonctionnait-il ? Il faudrait se voir régulièrement ? Serait-elle gênée par leur changement de relation ?
Fichu cerveau, arrête de penser ! Dans un élan de courage, elle approcha son visage et déposa ses lèvres sur celles du Serpentard. Aussitôt qu’elle lâcha le contrôle sur sa raison, ce fut comme si elle n’était plus elle-même et qu’une autre Minerva avait pris les rênes de son corps.
Les lèvres de Lewis étaient douces, à la fois patientes et pressantes. Ce n’était pas comme ce que s’était imaginé Minerva. Pas désagréable, pas agréable. Juste différent. Elle n’était pas habituée à ce que ses lèvres soient touchées ainsi par quelqu’un d’autre et cela lui procurait une sensation étrange. La main de Lewis vint agripper le haut de sa mâchoire pour approfondir le baiser et Minerva sentit ses papillons au ventre s’affoler.
Quand ils rompirent le baiser, Minerva cligna des yeux et sa raison reprit le dessus sur ses sentiments. Elle rougit furieusement en baissant les yeux.

- Je ne te l’ai pas dit jusque-là mais je trouve cela extrêmement amusant de te voir réagir ainsi.

Elle le frappa d’un coup de poing sur l’épaule.

- Ferme-la, Rollin, maugréa-t-elle alors qu’il éclatait de rire.

Et Minerva se surprit à sourire avec lui.
annabethfan

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Pour te remonter le moral entre deux quintes de toux ma citrouille !
Chapitre 23 : Sous l’œil brillant de la lune
Cf mes commentaires sur tes titres dernièrement parce que damn je les adore !
En bonne Gryffondor à la tête dure, Grace décida qu’elle allait commencer sans tenir le balai.
Quand elle fera une chute de quinze mètres elle regrettera :lol:
- Il faut que tu sois gainée, rappela Minerva. Tu devras travailler les abdominaux cet été.
#nous
#onatoujourspascommencé
#lecovidabondos
Si elle n’avait pas entendu la bonne humeur de son père, elle aurait imaginé que Lewis était de retour -et à cette pensée, son cœur s’emballa.
Cette phrase m'a fait sourire de façon wink wink pour deux choses : Minerva qui a le coeur qui s'emballe à la pensée de Lewis, et l'idée même que Lewis se tape l'inscruste chez eux de manière régulière maintenant parce que ça me fait marrer (faute de taper Minerva quoi *cri choqué de Cazo*)
Tu reconnais Dougal, ton grand-père m’a dit que vous vous étiez déjà rencontrés… ?
Nan mais Lewis d'abord lààààà
Minerva fusilla aussi discrètement que possible sa mère du regard, estimant qu’elle aurait pu trouver mieux comme excuse.
Ah bon ? Bah vas-y sors nous un truc pour justifier le balai à la main :lol:
- C’est personne, j’ai inventé, chuchota Isobel.
Ils vont chercher la pauvre femme au dos bloqué pour l'aider dans tout le village indéfiniment :lol: :lol:
- Il va très bien, maman, répliqua Minerva d’un ton sec.
Vraiment les problèmes de cette famille sont si authentiques et ils me font de la peine...
La chambre, chez ton grand-père. Celle que vous avez peinte en rouge, précisa Dougal en levant les sourcils.
Ah ouais ça date :lol:
- Ça t’a fait mal d’accepter, n’est-ce pas ?
Bon allez j'admets, il est perceptif comme Lewis :lol:
- Pour l’instant, on gagne tous au jeu, chuchota-t-il.
Oh petit bonhomme !
Ils vous ont entendues jusqu’à Inverness, toi et tes assiettes.
C'était pas là la bataille des Géants ? Si oui, aucun risque :lol:
Minerva gonfla des narines
Elle le fait encore adulte, ça me flingue ce genre de détails :lol:
- Une grande buveuse, affirma Minerva avant de réaliser ses mots. Enfin non, je ne suis pas alcoolique !
Je glousse :lol: :lol: :lol:
- Non, pas bon, éructa-t-elle en secouant la tête.
- Ça t’apprendra à faire ta dure, ricana Dougal en lui enlevant le verre des mains. Une grande buveuse, hein ?
Ok c'est bon je les ship aussi
Comment t'as fait pour me faire aimer Lewis ET Dougal ? D'habitude j'ai un camp et je m'y tiens :lol:
Aujourd’hui, c’est avec regret que nous apprenons la mort de Polly Gardner, que nous avions interviewée il y a quelques jours.
Je l'avais vu venir mais j'ai un coup au coeur quand même...
- Je n’y ai jamais vraiment pensé. Je voudrais une situation stable, j’imagine.
- Parce que cultiver une terre ce n’est pas stable ?
Ah oui le gars se projette direct avec elle :lol:
Dougal se pencha au-dessus de l’embrayage et actionna la poignée avec un sourire mi-amusé, mi-intrigué. Minerva eut un rire nerveux et s’empressa de sortir avec un « à tout à l’heure » furtif.
Nan mais ce genre de scène je meurs :lol: (Je suis la seule à trouver sexy Dougal qui se penche pour lui ouvrir la portière ?)
- La Mangoustine, je crois bien. « Main dans la main, nous sommes tous humains », qu’elle m’a dit la première fois.
C'est du GENIE! C'est toi qui l'a inventé ? J'adore trop !!!
Peut-être que son grand-père n’avait pas totalement tort et que Mme Agrepine était bel et bien une sorcière.
Avec un nom pareil en même temps
- Je reviens très vite, je te le promets, chuchota-t-elle, ses bras enlacés autour du cou d’Eugene.
Vraiment c'est hyper touchant sa relation avec son grand-père, ça me rappelle le mien et je te jure que ça me serre la poitrine mais dans le bon sens parce que c'est si adorable...
Dougal McGregor se tenait sur le seuil, le poing levé comme s’il allait frapper sur le battant.
Ou sur Minerva donc :lol:
- Madame la comtesse, fit-il avec un ton prétentieux.
- Très drôle, répondit Minerva en le dépassant.
Je me marre trop :lol: :lol:
- Non, coupa Minerva en rougissant, ça heu… ça te va bien.
Ah les mecs aux cheveux décoiffés *wink wink*
Des chaises avaient été installées en rang d’oignons
J'ai repensé à ta vidéo d'oignon décédé :lol: :lol:
Si elle pouvait rester à table toute la soirée, elle le ferait : le buffet avant tout.
ELLE EST DES NOTRES!
Lewis eut à peine le temps de la saluer que Holly entraînait déjà son amie plus loin, abandonnant le Serpentard au milieu d’une nuée d’invités.
- Euh, je ne devrais peut-être pas le laisser…, commença Minerva en jetant un regard en arrière vers son cavalier.
Le pauvre :lol: :lol: :lol: Je l'imagine seul planté sur la pelouse avec la musique "i'm so lonely" en arrière fond
Minerva roula des yeux et se tourna. Euphemia était effectivement resplendissante, mais il ne fallait pas non plus exagérer et se fendre en murmures émouvants
Quelle sans coeur :lol: Moi je me fendrai de murmure émouvants devant Cazo nah !
Les rubans s’enchaînèrent un à un, le vert -la prospérité-, le bleu de la sincérité, l’argent des valeurs, le gris de l’apaisement, le blanc de la paix ou encore le noir du succès et de la sagesse.
Mais j'adore c'est encore tellement bien trouvé! Ca aussi tu l'as inventé ? je suis trop fan !!
A la fin, Minerva avait l’impression que tous ces rubans leur coupaient la circulation du sang.
Pragmatique
Définition dans le dictionnaire : Minerva
- A quoi tu penses ? murmura Lewis à son oreille.
- A la meilleure stratégie pour exploser les Serpentard l’année prochaine, répondit aussitôt Minerva.
:lol: :lol: :lol: :lol:
Minerva sortit la sienne et émit une nuée rouge dans le ciel.
La passion donc !! *wink wink*
Elle entendit les raclements de la chaise de Lewis alors qu’il se rapprochait d’elle, une tartelette au citron à la main.
Mais of course que y'a des tartes au citron au mariage des parents de James :lol: :lol: :lol: C'est une réf ou une coïncidence ? :lol: :lol:
- Désolé, c’est ma cavalière et nous n’avons pas encore eu de première danse… Tu permets ?
JE GLOUSSE
Ce tableau de Minerva, une main prise par Fleamont et Lewis, prête à aller danser mais je... izbHFkJDN
- Ouais, coupa le Serpentard avec un sourire, je sais. Fleamont ne regarde pas, on s’enfuit ?
Ok je l'aime trop
Mais je te jure je souris comme une débile
- J’ai apprécié ces moments, reprit Lewis d’un ton plus bas, et… j’aimerais beaucoup que nous passions plus de temps ensemble, si tu en as envie
Je contrôle plus mon visage
Genre j'ai un sourire de débile et un rire niais coincé dans la poitrine
- Et si je t’embrassais ? coupa Lewis avec des yeux attentifs à la moindre réaction de la jeune fille.
Je respire plus
Il faudrait se voir régulièrement ?
Cette question mais merci :lol: Minerva je me reconnais trop en elle !
Elle n’était pas habituée à ce que ses lèvres soient touchées ainsi par quelqu’un d’autre et cela lui procurait une sensation étrange.
#embrasserc'estbizarre

C'était super comme chapitre! De supers idées, pleins de dialogues incroyables et vraiment j'ai trop aimé !!
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

LOOOOOOOOOL en fait je suis seulement au chapitre posté par Anna, elle abuse :lol:

Eh bien, tout un programme ce titre

Pourquoi la mère d'Alan lui fait ranger sa chambre quand Minerva est là alors :lol: Alan a tellement passé son temps à s'affirmer dans les chapitres d'avant que ça fait bizarre de le voir se faire commander par sa mère, j'ai l'impression qu'il a à nouveau 12 ans
Mais que fait M. Churchill ?
Je m'y attendais tellement pas :lol: :lol:
Oh il est tellement rude le journaliste avec ses calmants là
C'est Rita Skeeter mais moldu ce mec ou quoi, je le déteste
Bon ça en est où tes recherches de robe pour le mariage de Fleamont ?
Je vois qu'on passe d'un problème grave à un autre :lol:
Cora, c’était un bloc d’argile sèche : solide en apparence, mais friable dès que l’on grattait la surface.
Ooooh joli cette comparaison
mais sa pire crainte, celle qu’Isobel fasse son achat sans elle, s’était réalisée.
Ouais, c'est rarement une expérience concluante
Minerva aimait tout particulièrement le motif de l’ensemble : un tartan rouge et noir, aux fines rayures d’or.
Okay je me rappelle d'une certaine conversation maintenant :lol:
l’âme du tartan se couplait au piquant du chardon.
Tant de belles formules :')
- C’est bien avec Alan que tu y vas, non ? fit sa mère en haussant un sourcil
HAHAHAHA

Olala et Robert qui monte sur ses grands chevaux
Minerva prit la lettre et offrit à manger au jeune hibou.
Je ne sais comment, j'ai réussi à comperndre qu'elle donnait la lettre à manger au hibou
Le contrôleur siffla.

- Ça fait une trotte ça !
Comme si c'était un problème pour le magicobus

Ola
Il fait pas rêver le père de Grace
Sa poignée était ferme, signe qu’il restait des cendres de l’homme qu’il avait été par le passé.
MAIS C EST TRIIIIIIIISTE
- Tu veux que j’apprenne à sauter, donc ?
Pouehehe
J'aime bien la façon dont tu nous montres les capacités pédagogiques de Minerva dans plusieurs domaines ! Tu t'inspires dans ton passé au Handball haha ?
- Qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle un peu brusquement.
- Salut, Minerva, répondit nonchalamment Lewis.
LOOOOOOOOOOl awkward
Et qui d’ailleurs, s’était amené tout seul
:lol: :lol: :lol:
Sa paume était chaude et douce, et Minerva se surprit à rester immobile au lieu de la retirer comme elle l’aurait dû normalement.
WOUHOUHOUUUUU !!
MAIS ROBERT LA RENTRE DANS LA MAISON

J'aime bien ces chapitres un peu tranquille, et puis ces scènes avec Robert :lol:
HATE DE LIRE LE CHAPITRE 23
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Hellooooo ! Qui est à l'heure, c'est moi !

Oulala que se passe-t-il sous l'oeil brillant de la lune ? 8-) 8-) 8-)
Grace frappa si fort qu’elle survola la maison. Minerva siffla.
WOOZAH
Je vais te lancer la balle et tu devras me tirer dessus. Je serai sur mon balai.
J'ai vu trop de compil de ramassaeurs qui se prennent une balle dans les tournois de tennis pour ne pas être inquiétée par cette idée
Enjouée, Grace déchanta très vite lorsqu’elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas tenir son balai et frapper avec sa batte.
A moins de soudain avoir 4 bras ça risque d'être compliqué :lol:
- Il faut que tu sois gainée, rappela Minerva. Tu devras travailler les abdominaux cet été.
Je vois que tout le monde se lance dans les programmes sportifs cet été
- La prochaine fois, on jouera avec les Cognards.

Grace eut un frisson que Minerva jugea d’excitation et d’angoisse cumulées.
On a le droit de se servir des balles de Quidditch comme ça ? :lol: Tu me diras, pourquoi pas, mais c'est juste que c'est un peu incontrôlable les Cognards
Si elle n’avait pas entendu la bonne humeur de son père, elle aurait imaginé que Lewis était de retour -et à cette pensée, son cœur s’emballa.
Son coeur s'emballe, carrément ??
- Comme on se retrouve, la salua-t-il, ses yeux chocolat pétillant de bonne humeur.
- Heu… Bonjour.
Elle est aussi éloquente qu'une carpe celle-là
Son balai ? Dans la remise ? Minerva n’en revenait pas des mots honteux que sa mère
Nan mais les joueurs de Quidditch et leur balai :lol:
- Elle est là-haut votre remise ? fit-il remarquer avec un léger sourire.
Et pourquoi PAS
Minerva empoigna et à la sortie de la cuisine, faillit percuter Dougal qui revenait
Je me tape des barres hahahaha tous ces presque-contacts
Robert Jr, lui, était tellement silencieux et angoissé du monde qu’il ne connaissait pas, qu’il inquiétait sa sœur.
Oh mais bébééééé ! Elle est trop chou avec lui [insérer le smiley des grands yeux mouillés de larmes]
Elle se pencha à l’oreille de son frère et rajouta en chuchotant :

- Ce sera notre secret à tous les trois, d’accord ?
Mais quelle pédagogue encore une fois :')
Bien sûr, il y avait toujours le sortilège pour leur effacer la mémoire
Oui puis bonjour l'amitié que tu construis après avoir oublietté quelqu'un haha
- Je me rends à Halkirk demain matin pour récupérer des derniers cartons. Je peux t’y emmener si tu le souhaites.
Aaaaaaaaah une autre conversation me revient en mémoire :lol:
Puis il eut un sourire en coin :

- Ça t’a fait mal d’accepter, n’est-ce pas ?
Il est insupportable :lol:

Nan mais Dougal :lol: Il est là juste pour la titiller en fait
- Ils vous ont entendues jusqu’à Inverness, toi et tes assiettes.

Dougal, évidemment.
J'ai envie de lui fourrer une éponge dans la bouche pour qu'il arrête :lol:
Chaque invité devait constituer son propre Cranachan avec les différents ingrédients disposés sur la table. Quand elle ouvrit le frigo, les relents de flocons d’avoines macérés dans le whisky la firent froncer le nez, et elle sortit le saladier coupable avec grimace.
Mais qu'est-ce que c'est que cette chose ? :lol: Ca se prononce comment ? cranarane ?
- Toi peut-être, répliqua-t-elle, avec ton corps de gringalet.
BIM BIM BIM

Attends ils prennent un verre de whisky en plus ? Ils vont rouler sous la table :lol:
Elle n’aimait pas particulièrement le whisky, trop fort pour elle mais elle vit dans les prunelles de son voisin, un défi qu’elle se devait de relever. Pas question de s’écraser et de terminer le repas sans whisky
Oh misère :lol: Je roule des yeux, sa fierté la perdra :lol:
"Je sais me gérer" mais Minerva :lol: :lol: :lol:

Okay c'est quoi cette connaissance du vocabulaire pour désigner les verres, je suis obligée d'aller sur google images maintenant
- Mais c’est pas bon…, gémit Minerva en abandonnant toute tentative de professionnalisme de whisky.
- Tu bois et puis c’est tout, intervint Robert Jr en la pointant du doigt. Moi j’ai dû manger mon fenouil la dernière fois.
Mais Robert Jr :lol: :lol:
Ce dîner est tellement absurde je meurs :lol:
-Dougal avait terminé leur deux verres-
Il doit être frais :lol:
Aujourd’hui, c’est avec regret que nous apprenons la mort de Polly Gardner, que nous avions interviewée il y a quelques jours.
Oh nooooooooooon !!
Devait-elle faire autre chose ? Dougal n’avait pas l’air d’attendre quoique ce soit, aussi elle se détendit.
C'est tellement gênant :lol: Bonjour, j'ai 17 ans, je suis jamais montée dans une voiture
C’était ce qu’elle avait craint pour ce trajet : des questions personnelles.
Ca, c'est le piège de la voiture haha
- Wow, déjà des projets de famille, fit remarquer Minerva en plissant le nez.
- Pas toi ?
8-) 8-) 8-) 8-) 8-) 8-)
ce fut avec soulagement que Minerva aperçut au bout d’une heure et demie le clocher de l’église de Halkirk
Ah oui c'est mieux que les 27h de trajet prévues au départ :lol:
Elle était vêtue d’une blouse blanche d’infirmière avec un logo doré d’un caducée sur la poitrine.
Oho...
d’une simple chemise qu’il n’avait même pas rentré dans son pantalon.
SACRILEGE ULTIME
Non plus sérieusement c'est triste T.T
Reposez-vous, ne vous ménagez pas.
Comment ça, reposez-vous mais ne vous ménagez pas ? :lol:

Le bâton magique pouahahha

C'est trop marrant cette histoire de Mangoustine ! Tu le tiens d'où ?

C'est ouf de voir Minerva aussi affectueuse et tactile avec son grand-père ! Elle est pas du tout comme ça avec les autres haha
Son visage, marqué par les rides, était plus lumineux et ses yeux brillaient d’un entrain qu’ils n’avaient pas quand Minerva était arrivée.
C'est si chouuuuuuu
Il était bleu marine, presque noir et autour, s’entrelaçaient de fins serpents d’or.
Joliiiiiii
- On n’est pas un couple, bredouilla-t-elle en ouvrant la porte d’entrée. La vache !
Bah :lol: C'est pas très ladylike :lol:
Elle savait qu’il venait voir son père concernant un détail sur la paroisse, chose dont Minerva n’avait cure.
Et pourtant, une paroisse c'est aussi une cure
LOL
Dougal ouvrit la bouche puis la referma, si bien que Minerva se demandait ce qu’il pouvait voir.
EXCELLENTE QUESTION
Cette fois, il avait choisi la chemise blanche aux manches retroussées,
Merci Clem :'))))
- Ça craint d’aller à un mariage en Magicobus, non ? grimaça-t-il.
C'est vrai ça Lewis, où est la limo
- C’était juste pour savoir, je n’allais pas lui demander.
"Félicitations et au fait, ce psychopathe ?"
Un couple, habillé de robes de sorciers colorées et de chapeaux pointus, gloussait et se chatouillait niaisement dans la rue.
Mais quoi :lol: :lol:
Le portillon de fer était déjà ouvert,
Pas le portilloooooooooooooon
Si elle pouvait rester à table toute la soirée, elle le ferait : le buffet avant tout.
Au cas où je n'en étais pas déjà certaine, je saurai où vous trouver le jour de mon mariage
Fleamont Potter au sourire étincelant, les cheveux incroyablement bien coiffés et une rose blanche
Alors j'ia lu" une robe rose", j'étais très perturbée :lol: :lol: :lol:
où Lewis et elle agissaient en plantes vertes au milieu du jardin.
:lol: :lol: :lol:
Lewis eut à peine le temps de la saluer que Holly entraînait déjà son amie plus loin, abandonnant le Serpentard au milieu d’une nuée d’invités.
Ah bah super, pauvre Lewis :lol:
Elle désigna un jeune homme de petite taille qui était en train de glisser un pétard dans le sac à main d’une sorcière.
Quoi :lol: :lol:
- C’est le déroulé de la cérémonie. Treize membres de la famille et proches doivent nouer un ruban de couleur autour de leurs poignets avant de prononcer les vœux.
Oh waouh ! Tu t'es inspirée d'une tradition quelque part dans le monde ou t'as inventé ?

Vazy t'as massacré la symbolique des couleurs :lol: Chez nous c'est rouge pour la charité/l'amour (so far so good), vert pour l'espérance et jaune pour la joie
J'espère que tu vas pas juger mon mariage comme Minerva juge celui-là :lol: :lol:
ou plutôt selon Minerva, s’enchaîner
Roooh Minerva fait un effort
Il était tellement plus facile de refouler ses sentiments plutôt que de les délivrer à quelqu’un sur un plateau d’argent
Mais noooooooooooon, c'est triiiiiiiiiiiiiste
Apparemment il était parvenu à lâcher sa femme, à laquelle il était restée engluée toute la soirée.
Tous les termes choisis jugent tellement c'est terrible :lol: :lol:
Il avait l’air gêné, mais ce fut avec un sourire qu’il s’adressa à Fleamont :
Prise en sandwich entre deux hommes, eh beh
Fleamont ne regarde pas, on s’enfuit ?
AH
Minerva se rendit à peine compte qu’ils se tenaient toujours la main
OULOULOU !!
- Si, enfin… merci, éructa difficilement Minerva, les joues rouges d’embarras.
Rolalala je souris de façon moqueuse et attendrie
- Ces moments qu’on a passé ensemble… pas ceux où nous enquêtions, les autres.
AAAAAAAAAAAAAAAAAHJDFKEJHKSHJRNKHLJRKLSHJ
Cela lui allait, elle en serait même ravie
Elle est tellement à côté de ses pompes :lol: :lol:
- Et si je t’embrassais ? coupa Lewis avec des yeux attentifs à la moindre réaction de la jeune fille.
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHFGIHJTJHJLERGHRJEH JE MEURS
Il faudrait se voir régulièrement ?
Elle me tue :lol: :lol: :lol:

AAAAAUIHERHJEJKEGZGZRGZGZGZGZGHK CETTE FIN DE CHAPITRE
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

Bref :lol: :lol: :lol: C'était un super chapitre :lol: Beaucoup trop d'hommes dans la vie de Minerva par ailleurs
Elle me tue, on va lui acheter "être en couple pour les nuls"
Alan va pas en revenir :lol: Et Robert va le tuer !
Charmimnachirachiva

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Bon, je fais un commentaire rapide (je verrais si j'en fais un plus détaillé dans les jours à venir...) mais je ne peux pas laisser passer ça !!!!
MINERVA A EMBRASSE LEWIS !!!! Je ne m'en remets pas ! Je trouve que tu as super bien écrit cette scène (comme toutes les autres mais ...voilà quoi). Les papillons dans le ventre et la certitude un peu niaise d'avoir trouver son âme soeur au premier baiser n'aurait pas vraiment correspondu à Minerva !
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Bonjour bonjour !
J'espère que tout le monde va bien ^^
Charm : Merci pour ton commentaire, je suis trop contente que cette version de baiser pour Minerva t'ai plu !! :D
Anna,Cazo, c'est déjà répondu mais merciiii encore :D

Bonne lecture pour ce chapitre, warning : il est pas fun


Chapitre 24 : Et dans un dernier souffle

Minerva était adossée au mur de la maison de Grace, buvant un grand verre d’eau fraîche. Sa camarade, épuisée à côté d’elle, avait un immense sourire aux lèvres : son acharnement aux entraînements portait leurs fruits et elle devenait une très bonne joueuse. Minerva espérait sincèrement qu’elle serait la meilleure aux sélections, car elle s’était attachée à la jeune fille et à sa forte volonté. Grace aurait besoin d’exceller pour prouver à tous qu’elle jouerait un beau rôle dans l’équipe. Minerva s’était mise dans une position délicate en tant que capitaine en choisissant de l’aider. Certains pourraient crier à l’injustice et d’autres dénoncer du favoritisme lors des sélections, c’est pourquoi Grace ne devait laisser place à aucun doute quant à son talent.
La porte de derrière de la maison s’ouvrit et laissa apparaître à la grande surprise des filles Carwood Mallony, ses mains enfoncées dans ses poches. Il sembla hésiter un instant, le regard fuyant avant de marmonner à sa fille :

- C’est bien, mais tu devrais te tenir moins droite, tu perds en puissance.

Minerva fronça les sourcils mais Grace l’empêcha d’ouvrir la bouche en se redressant, le regard brillant :

- C’est promis, j’y penserai ! Merci, papa.

Carwood hocha la tête et rentra silencieusement tandis que Grace se retournait avec un sourire vers Minerva.

- Tu as vu ? Il s’intéresse à ce que je fais !

Minerva l’observa un instant. Elle savait combien son amie brûlait d’envie de voir son père redevenir comme il l’était avant. L’entendre donner des conseils la ramenait à son enfance lorsqu’il prenait le temps de l’entraîner dans le but de devenir une grande joueuse de baseball, comme lui et sa mère. Aussi, elle fut gênée de devoir le contredire :

- Tu sais, je crois plutôt que te tenir trop droite ne t’apportera pas grand-chose… Ce n’est pas uniquement de la force dont tu auras besoin, mais également de la précision. Avec la vitesse des Cognards, jamais tu n’auras le temps de te redresser. Tu seras soit allongée sur ton balai, soit à moitié tordue…
- Qu’est-ce que tu racontes ? coupa Grace en crispant les lèvres. Mon père est un excellent joueur de baseball, je pense qu’après plus de vingt ans d’expérience il sait de quoi il parle.

Minerva ne s’offusqua pas de son ton.

- Justement, de baseball, souligna-t-elle. Nous jouons au Quidditch, et je me rends compte maintenant que tu as trop tendance à rapprocher le rôle de frappeur de baseball et de batteur de Quidditch. J’en suis désolée, ajouta-t-elle, je t’ai sûrement entraînée dans cette pensée. Les deux postes frappent dans une balle, mais la ressemblance s’arrête là.

Le visage de Grace se referma et elle fouetta l’herbe de sa batte. En regardant ses cheveux blonds tomber devant ses yeux, Minerva se souvint de la photo sur la console de la télévision.

- Pourquoi veux-tu jouer au Quidditch ? demanda-t-elle soudainement. Réellement.

Grace parut surprise avant de hausser les épaules.

- Parce que le poste de batteur me rappelle le baseball ? Cela me rassure que nos deux mondes puissent se retrouver sur certains points.
- Tu veux surtout être comme ta mère, souffla Minerva.

Grace stoppa le mouvement répétitif de sa batte et se figea. Minerva avait longuement réfléchi à cette supposition. Alma Mallony avait été une excellente joueuse, et la jeune Gryffondor était prête à mettre sa main au feu qu’elle entraînait sa fille avec Carwood. Son père avait fait des plans pour la faire devenir la meilleure joueuse de baseball et la faire intégrer la même université que lui et que sa mère. Si auparavant Grace avait pu être dans la parfaite lignée parentale, ce n’était désormais plus le cas aujourd’hui. Minerva se rappelait son rejet du monde sorcier lorsqu’elle l’avait vue dans la cabane de Hagrid. Avoir découvert qu’elle était une sorcière avait écrasé toute possibilité de reprendre le flambeau familial. Puis, avec la mort de Mme Mallony, leur déménagement forcé, Grace avait dû se sentir responsable de la déception de son père. Lui qui avait porté tant d’espoirs en elle, se voyait contredit par la nature de sa fille.
Et plus Grace grandissait, plus elle prenait les traits de sa mère ; Minerva s’était souvent fait la réflexion de croiser un double plus jeune d’Alma. Une mère au passé sportif glorieux et qui était la responsable de la moitié des coupes entreposées fièrement dans l’étagère, la capitaine que la fille tentait inlassablement d’imiter.

- La première fois que je suis venue, continua Minerva en regardant les réactions de Grace, je t’avais dit que tu ferais honneur à ta mère, et j’ai senti ton rejet, ton hésitation. Tu fais du Quidditch en tant que batteuse pas juste parce que cela te rappelle le monde moldu, mais aussi parce que c’est ce qui se rapproche le plus de la destinée que ton père espérait pour toi.

Grace baissa la tête et Minerva sut qu’elle avait visé juste.

- Tu devais aller à l’université d’Atlanta et fouler le même chemin que tes parents, que ta mère. Et le monde sorcier t’a enlevé ce projet.
- Tu ne comprends pas, murmura Grace. Si j’intègre l’équipe en tant que batteuse, que je suis assez douée pour peser durant un match, que j’aide à rapporter des coupes… alors peut-être que mon père se rendra compte que je suis comme elle.
- Mais ce n’est pas le cas, répliqua Minerva peut-être plus durement qu’elle ne l’avait souhaité. Tu es Grace, tu es une sorcière. Tu vas à Poudlard, pas à l’université d’Atlanta, tu joues au Quidditch, non pas au baseball. Et tu es Grace, pas ta mère.
- Mais mon père…
- On s’en fiche de ce que veut ton père ! Tu te souviens de ta peur d’être rejetée par tes camarades de Gryffondor ? Je t’avais répondu qu’avant d’être acceptée par les autres il fallait s’accepter soi-même. Alors sois Grace, et non Alma.

Minerva se leva, épousseta son pantalon et reprit son balai et son coffre.

- Je ne me permettrai pas de juger, dit-elle, et peut-être que je me trompe en disant cela, mais nous savons toutes les deux que ton père vit encore avec le souvenir de ta mère, sans réussir à s’en détacher. Tu penses y être parvenue, mais de ce que je vois, c’est tout le contraire.

Elle hésita un instant avant de continuer :

- En revanche, je peux t’affirmer une chose : je refuse de t’intégrer dans l’équipe si tu postules pour faire plaisir à ton père. Tu es une sorcière née-moldue et tu dois l’accepter. Je veux d’une Grace, pas d’une Alma. Contacte-moi lorsque tu seras prête à l’être, ou retrouve-moi aux sélections.

Elle lui fit un dernier sourire entendu pour adoucir ses reproches, puis tourna les talons pour rentrer chez elle.

***


- C’était horrible, j’ai peut-être été un peu dure dans mes paroles. Ou peut-être que j’aurais dû rester avec elle.
- Et pour lui dire quoi ? C’est une Gryffondor : après des critiques elle préfèrerait rester seule pour penser et surtout pour essayer d’assumer ses erreurs. Un peu comme toi.
- Ce n’est pas vrai, j’assume mes erreurs, répliqua vertement Minerva.

Lewis leva les yeux de son café qu’il était en train de préparer.

- Tu vois, tu n’assumes pas là.

Minerva croisa les bras et fit une mine boudeuse.

- Il n’empêche que je l’ai rejetée, comme tous les autres. Alors que je n’ai eu de cesse de lui dire qu’on acceptait tout le monde dans l’équipe.
- Alors déjà, elle n’est pas encore dans l’équipe, répondit Lewis, ensuite tu ne la rejettes techniquement pas. Tu rejettes la seconde version d’Alma, en attendant de voir Grace.

Minerva gémit en plongeant son visage dans ses bras, affalée sur la table de la cuisine des Rollin.

- Je ne sais même pas si elle va me contacter, cela fait presque un mois. Si ça se trouve, je viens de perdre une excellente joueuse.
- J’aimerais compatir pour ton équipe, mais je n’en trouve pas la force.

Minerva jeta un regard peu amène au Serpentard qui eut un sourire innocent en la rejoignant. Il s’assit juste à côté d’elle, et elle fut ravie de ne pas sentir ses joues rosir. Depuis leur baiser, ils s’étaient revus quelques fois et si à la première les deux avaient paru gênés (surtout Minerva), ils avaient réussi à retrouver cette relation qu’ils appréciaient. Minerva avait encore du mal à ne pas sursauter lorsqu’il s’approchait plus près que d’habitude, ou lorsqu’il l’embrassait rapidement sur la joue.

- Pourquoi je te parle de mes stratégies d’équipe, au fait ?

Lewis pouffa dans sa tasse.

- Tu baisses ta garde, Minerva, fais attention. Tu es sûre que tu ne veux pas boire quelque chose ?

Minerva secoua la tête et promena son regard sur la pièce qui était ouverte sur la salle à manger. C’était la première fois qu’elle venait chez les Rollin, et cela lui faisait étrange de voir un environnement où régnait la magie. La poudre de cheminette était rassemblée dans un récipient d’étain accroché à l’âtre et des plumes rédigeaient des notes pour le compte de M. Rollin qui était journaliste pour Les Nouvelles du Monde Sorcier, un journal qui tentait de garder la tête hors de l’eau face à la montée en notoriété de la Gazette du Sorcier. Minerva savait que la famille Rollin refusait de s’abonner à la Gazette, réputée selon certains d’avoir des avis biaisés et surtout, d’arranger la classe politique. Il suffisait de voir que même si la maison-mère se trouvait sur le Chemin de Traverse, un bureau avait été installé au sein même du Ministère, sous l’œil vigilant des conseillers du Ministre. Les Nouvelles du Monde Sorcier, lui, avait refusé l’injonction du gouvernement et faisait face désormais à une baisse drastique d’abonnés. En subventionnant la Gazette, le Ministère tenait le journal sous sa coupe (sans grande protestation de celui-ci) et assurait une chute drastique des prix pour les consommateurs, à savoir une Mornille. Les Nouvelles ne pouvait se permettre cela, et offrait un abonnement à cinq Mornilles afin de pouvoir survivre. Autant dire que les abonnés avaient très vite changé d’allégeance, au risque de se faire abrutir d’informations déplorables. Minerva s’était abonnée aux Nouvelles, pas seulement parce que le père de Lewis y travaillait, mais surtout parce qu’elle avait eu l’occasion de lire un article très critique sur les lois gouvernementales et notamment sur le code du Secret International Magique.
Son regard fut attiré par l’image de deux jeunes garçons, s’agitant sur une photo posée dans un cadre sur une étagère. Minerva se leva et s’approcha pour la prendre en main. Elle reconnut sans difficulté Lewis plus jeune, sûrement âgé d’à peine dix ans. Le garçon à ses côtés était sans aucun doute le fameux frère pour qui le Serpentard s’échinait tant à découvrir la vérité. Ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau : mêmes cheveux blonds, des prunelles bleues et un sourire sarcastique identique. Minerva sentit Lewis se rapprocher d’elle, son regard songeur posé sur le cadre.

- C’est Albert, mon frère, commenta-t-il, confirmant la pensée de Minerva. Juste avant qu’il ne se renferme sur lui-même.

Comme lorsqu’il lui en avait parlé dans le couloir qui menaient aux cachots, Minerva remarqua cette éternelle lueur blessée dans son regard.

- J’allais rentrer à Poudlard quand il a définitivement changé, murmura Lewis les yeux fixes. Cela avait commencé durant sa dernière année, c’était étrange, mais nous étions toujours aussi proches. Et puis cela s’est détérioré dès que je suis rentré à Poudlard. Quand je suis revenu pour les vacances de Noël, je ne reconnaissais plus mon frère.
- Tu l’as confronté à ce propos ? s’enquit Minerva.

Lewis secoua la tête.

- Je comptais le faire, mais je me suis dit qu’en revenant pour les vacances d’été, il serait redevenu mon frère avec qui je passais tellement de temps. Pas cet étranger. A la place, dès février, j’ai reçu une lettre de sa part. Il m’annonçait qu’il quittait l’Angleterre et que cela valait mieux. Malgré les lettres de mes parents, je crois que j’avais toujours espéré qu’il serait à la maison en juin. Qu’il m’avait juste fait une blague de très mauvais goût tel qu’il en était le spécialiste.
- Mais… il est décédé beaucoup plus tard, non ? remarqua Minerva d’un ton prudent.

Lewis but une gorgée de son café et acquiesça.

- J’ai appris sa mort durant les vacances de Noël 1950. (Il frissonna) Mes parents ont reçu son corps en novembre, ils ont dû l’enterrer avant mon retour. C’est eux qui m’ont dit qu’il avait été assassiné, par le sortilège de la mort.
- Comment connaissaient-ils la raison ?
- J’imagine que quand tu vois ton fils allongé dans une boîte, les yeux ouverts et aucune trace quelconque sur le corps, tu devines facilement la cause, répliqua Lewis avec un ton sec.

Minerva se raidit.

- Tu as raison, je suis désolée, dit-elle bien consciente qu’elle n’avait pas été délicate.

Lewis soupira, posa sa tasse et se frotta les paupières.

- Ce n’est rien, souffla-t-il, c’est juste que… quand je suis rentré et qu’ils ont dû m’annoncer la nouvelle… Jamais je n’oublierai leur regard. Il avait disparu depuis presque trois ans, l’espoir de le retrouver était infime, et pourtant… à chaque vacance, j’espérais qu’il serait là, à m’accueillir sur le pas de la porte. Qu’il serait redevenu lui-même, qu’il s’excuserait de son comportement. Ou juste qu’il me serrerait dans ses bras.

Lewis posa ses mains à plat sur la table, les épaules voûtées, et Minerva entrevit le petit garçon qui avait tant cherché son frère et qui n’avait jamais compris pourquoi il avait été abandonné ainsi. Elle s’approcha de lui et mue par un instinct dont elle ne disposait que très rarement, passa une main dans son dos et l’attira contre elle. Il se laissa faire et déposa sa tête sur son épaule en l’enlaçant. Elle n’osait imaginer la douleur qu’elle ressentirait s’il arrivait quoique ce soit à Malcolm ou Robert Jr. Aussitôt, l’ombre de Jedusor et sa menace semblèrent planer plus longuement sur ses épaules, et ce fut elle qui frissonna.
L’ouverture de la porte d’entrée les firent s’écarter et Minerva se retourna pour voir Faye Rollin, anciennement Bridgeburn, entrer avec un soupir. Son visage eut une moue surprise en voyant la jeune fille et Minerva rosit. Elle n’avait encore jamais rencontré les parents de Lewis et apparemment celui-ci ne l’avait pas prévu non plus car il se redressa d’un coup.

- Déjà rentrée ?
- Oui, je terminerai mes dossiers ici, au calme. Tu me présentes ton amie ?

Minerva s’avança et tendit la main en s’annonçant. Le visage s’étira en un mince sourire mais qui ne parvint pas à illuminer pleinement ses traits fatigués.

- Ah, la fameuse… Enchantée de te rencontrer enfin. Pardonnez-moi, je ne m’attarde pas, j’ai du travail.

Alors seulement lorsqu’elle lâcha la main de Minerva remarqua-t-elle le cadre photo que la jeune fille tenait. Aussitôt, son visage se tordit de peine.

- Dès sa première visite tu lui montres ça ?

Elle avait tenté de prendre un ton sarcastique, mais Minerva ne comprit pas l’agacement qu’elle sentait poindre derrière. Lewis se crispa.

- Elle était déjà au courant avant maman, elle ne fait que mettre un visage sur un nom.
- Déjà au courant ?
- Désolée madame, intervint Minerva, il m’a expliqué ce qu’il s’était passé, j’en suis sincèrement navrée…

Elle amorça un geste pour remettre la photo sur son étagère quand Faye leva la main pour l’arrêter et se tourner vers son fils.

- Tu cherches encore des réponses ?

Lewis serra les dents.

- Tant que je n’en n’aurais pas, oui.

Faye lâcha son sac et se prit la tête dans les mains.

- Mais par Merlin, quelles autres réponses veux-tu ? Il est mort, Lewis ! Tu crois qu’il voudrait que tu gaspilles ta vie à poursuivre un fantôme ?
- Une chose est sûre, répliqua Lewis en faisant un pas en avant furieux, c’est qu’il voudrait que justice lui soit rendue ! Que l’on ne se satisfasse pas de l’avis d’un nécromage. Il n’est pas seulement mort, il a été assassiné ! Et tu dis ne pas vouloir de réponse ?
- Je veux surtout tourner la page, Lewis ! cria Faye les yeux brillants. A force de chercher tu vas te brûler les ailes et il va t’arriver quelque chose à toi aussi ! Tu crois que je veux perdre un deuxième fils ?
- Laisse tomber, fit Lewis en la dépassant avec rage et en sortant de la maison après avoir claqué la porte.

Minerva resta immobile un instant, pétrifiée par la soudaine dispute. Pétrifié et désarçonnée, car elle avait l’impression de mener le même discours que Mme Rollin, avec certes moins d’éclats, mais le même fil de pensée. Faye se passa la main sur les paupières, les épaules basses et, sans dire un mot de plus, reprit son sac et se faufila silencieusement à l’étage. Minerva reposa le cadre en déglutissant difficilement, les yeux bleus d’Albert se confondant avec ceux de son frère plus jeune. Étant donné leur ressemblance, Faye voyait sûrement en son cadet son fils aîné, seulement avec plus de feu en lui, et moins de bride. Elle qui avait découvert les yeux vides d’Albert dans cette affreuse boîte, peut-être les prédestinait-elle une nouvelle fois dans ceux de Lewis.
Lorsqu’elle sortit rejoindre le jeune Serpentard qui faisait les cent pas au fond du jardin, le visage dur, Minerva songea que Faye n’aurait jamais les compétences ni le poids pour endiguer la frénésie vengeresse qui animait son fils, et que ce feu qui l’habitait, finirait par le consumer à la fin.

***


La rentrée approchait à grands pas, et Minerva avait décidé de rendre une dernière fois visite à son grand-père avant de retourner à Poudlard. Mme Agrepine était encore là et ce fut avec résignation qu’elle la laissa rentrer.

- Je reste, au cas où vous auriez besoin de moi, prévint-elle en s’éclipsant néanmoins dans le bureau attenant la pièce à vivre.

Minerva haussa les épaules. Si cela lui faisait plaisir. Mais très vite, elle se rendit compte que ce n’était pas une question d’envie, mais de prudence. Eugene était affalé dans son fauteuil usé, dormant profondément. Ses traits étaient tirés, ses cheveux blanchis et il semblait avoir maigri car sa robe de chambre paraissait l’engloutir. Mme Agrepine passa la tête par la porte du bureau.

- Allez-y doucement, chuchota-t-elle, il est très affaibli.

Minerva hocha la tête et s’assit silencieusement sur le canapé. Là, elle prit la main ridée de son grand-père et la serra délicatement. Son regard se fixa sur sa poitrine qui se soulevait de manière régulière. Cela la rassura. Seul le souffle un peu sifflant de sa respiration lui tordait l’estomac. Si elle se concentrait exclusivement sur ce buste qui montait et descendait, qu’elle ignorait la main molle dans la sienne, la présence de l’infirmière à quelques pas d’eux ou encore la pâleur du teint de son grand-père, alors elle pouvait se convaincre que tout irait bien.

- Minerva… ?

Celle-ci sursauta et croisa le regard vert brillant de son grand-père.

- Comment tu te sens ? murmura-t-elle.

Eugene grogna et Minerva l’aida à se redresser.

- Pas besoin de parler aussi bas, mes oreilles vont bien.

Elle sourit et pressa sa main, au grand déplaisir d’Eugene.

- Pas de sentimentalisme, ma grande. Tu pleureras sur ma tombe.
- Grand-père !

Eugene grimaça mais ne répondit pas. Minerva se leva et alla chercher des biscuits et un thé qu’elle lui apporta.

- C’est moi qui devrais m’occuper de toi, marmonna Eugene en portant d’une main tremblante la tasse à ses lèvres, pas l’inverse.

Minerva resta silencieuse et grignota du bout des dents son biscuit. Elle n’avait pas faim, mais cela lui permettait de se concentrer sur autre chose que sur les gestes incertains de son grand-père.

- Allons, ne fais pas cette tête-là, gronda-t-il gentiment. Je ne souffre pas, tu sais.
- Arrête de parler comme ça.
- Comme ça quoi ? Comme si j’allais mourir ? Et tu penses que ne pas en parler va me faire vivre éternellement ?
- Non, mais tu peux accepter que certains ne préfèrent pas en discuter.

Eugene la regarda longuement avant de soupirer.

- Ma chérie. Tout le monde doit partir un jour. Bien sûr que c’est triste. Mais si tu as vécu une vie aussi remplie que la mienne, pourquoi l’être ? Ce n’est pas le nombre d’années qui définit si oui ou non quelqu’un part trop tôt, c’est ce qu’a fait cette personne de sa vie.

Minerva n’osa pas croiser le regard de son grand-père et celui-ci lui tapota la main.

- J’ai pu me marier avec la femme de ma vie. Tout le monde n’a pas cette chance. Et lorsque j’ai failli tout gâcher avec ma famille, tu es apparue et tu as réparé les pots cassés. Tu es revenue à temps, avant qu’il ne soit trop tard. Ce n’est pas triste, au contraire. Maintenant, redresse-moi ces coussins, je suis en train de tomber.

Minerva s’empressa d’obéir, afin de cacher ses yeux qui se brouillaient de larmes contenues alors qu’Eugene refermait ses paupières. Elle qui avait fait face à la mort brutale de Jimmy, était désormais mise à l’épreuve devant la faiblesse croissante de son grand-père. Son père l’avait prévenue que l’état d’Eugene se détériorait, mais sûrement avait-il essayé de protéger sa fille en taisant le plus gros. Eugene allait mal et lui-même le savait, le sentait au plus profond de son être. C’était un fait et il l’appréhendait avec sérénité. Peut-être parce qu’il retrouverait Moira, perdue depuis bien trop d’années. Minerva l’observa, ses traits plus détendus dans les prémices du repos.

- Je t’aime, grand-père, souffla-t-elle alors qu’il semblait prêt à s’endormir à nouveau.

Il rouvrit les yeux, ces yeux si semblables à ceux de son fils et de sa petite-fille, et Minerva y vit, comme dans un miroir, tout l’amour qu’il lui portait. Il sourit et lui pressa la main.

***


Minerva pouvait presque entendre sa respiration alors qu’elle écoutait la conversation qui avait lieu en bas. Les mots ne lui parvenaient pas, juste des murmures étouffés d’un homme et de sa mère, dans l’entrée de la maison. Puis la porte principale se referma et Minerva fit de même avec la sienne dans un mouvement silencieux. Elle appuya son front contre le battant, le souffle court, les secondes s’égrenant. Puis les sanglots de Malcolm percèrent l’attente et Minerva pressa les paupières. Très vite, elle entendit son petit frère monter les escaliers en courant, ses pleurs l’accompagnant. Robert Jr sembla sortir de sa chambre et Minerva entendit sa mère lui chuchoter des mots qu’elle n’avait pas besoin d’écouter pour comprendre.
Elle s’éloigna d’un pas chancelant de sa porte, le regard virevoltant, semblant vouloir chercher quelque chose à laquelle se raccrocher. Mais son esprit, lui, était amarré à une seule pensée, à une seule image, celle de son grand-père arborant le dernier sourire qu’il lui avait offert. Un lourd sanglot resta coincé dans sa gorge et elle hoqueta, une main sur les lèvres. Elle s’entendit à peine gémir et s’assit sur le bord de son lit. Elle se pencha en avant, croisa les bras autour de son ventre, porta les mains à sa bouche. Comme si elle pouvait retenir ses pleurs par la seule force de ses doigts pressés sur sa peau. Et puis une première larme roula le long de sa joue, qu’elle tenta d’écraser. Mais très vite, une seconde la suivit, une troisième et elle fut incapable de les empêcher de couler.
Derrière elle, la porte de sa chambre s’entrouvrit. Minerva ne réagit pas, devinant que c’était sa mère, venue la consoler. Elle laissa sa tête rentrée dans les épaules, lui tournant obstinément le dos et ne prononça mot. Elle ne voulait pas être consolée, elle ne voulait pas qu’on la regarde pleurer. Elle espérait qu’elle partirait. Au lieu de cela, Isobel s’approcha et Minerva sentit son lit s’affaisser. Sa main se posa sur son épaule et Minerva se tendit. Ne voyait-elle pas qu’elle voulait être seule ? Ne voyait-elle pas qu’un simple contact ne lui avait jamais servi, ne lui avait jamais apporté de réconfort ? Pire encore, qu’espérait-elle, en agissant ainsi ? Elle ne voulait pas pleurer devant sa mère, ne voulait pas rester dans un silence absolu ou aucun mot n’était prononcé, tout simplement parce qu’aucun mot n’était utile. Il n’y avait qu’une seule personne avec qui elle acceptait de pleurer, c’était elle. A quoi cela servait-il de l’observer sangloter ? Elle la détestait de rester dans son dos et elle se détestait de penser d’une telle manière.

- Pars, éructa-t-elle dans un souffle.

La main sur son épaule tressaillit, puis s’enleva. Il y eut un bref silence durant lequel Minerva put presque ressentir la douleur de sa mère la heurter.

- Tu n’as pas besoin de me parler ainsi non plus, murmura doucement Isobel avant de se retirer du lit.

Minerva ne réagit pas, et ce ne fut que quand elle entendit sa porte se refermer qu’elle laissa échapper un autre gémissement. Elle perçut la voix de sa mère consoler ses deux frères. Eux, qui l’avaient acceptée dans leurs bras sans hésitation, parce qu’ils n’avaient pas peur de montrer leurs émotions les plus intimes devant leur mère. Sûrement, était-ce normal. Et probablement également, avaient-ils compris que leur maman avait peut-être elle aussi besoin de réconfort.
Mais Minerva était ingrate ce soir. Elle ne voulait personne auprès d’elle, juste sa douleur et le souvenir de son grand-père. C’était sa manière de prendre à bras-le-corps la tragédie. Elle savait que cela allait arriver très bientôt : son père était parti deux jours auparavant en urgence et depuis, les McGonagall attendaient que le couperet tombe. Minerva se souvint de sa dernière visite, du biscuit qui avait eu un goût rance, du sourire qui s’était avéré être le dernier, de ses dernières paroles « je t’aime ».
Minerva éclata en sanglots, son corps se balançant d’avant en arrière. C’était comme si ses membres échappaient à tout contrôle, comme si, alors que son grand-père s’effaçait lentement de sa vie, son cerveau perdait finalement pied. Son corps laissait libre cours à sa détresse et seule dans sa chambre, Minerva se laissait transporter.

***


Le temps était si clair, si lumineux, qu’il brûlait les yeux gonflés de Minerva. Elle avait passé ses derniers jours dans un état catatonique, parfois le regard vide, d’autres fois à pleurer d’un seul coup. Souvent, elle avait eu l’impression de sortir de son corps et d’assister à la détresse d’une coquille vide. Elle avait été incapable d’aller dans la maison de son grand-père et Robert y était allé en voiture afin de commencer à trier, ranger, jeter. Hamish McGregor l’avait accompagné à la requête d’Isobel qui se refusait à laisser ses enfants seuls tout en craignant que son mari ne flanche et ne parvienne à surmonter l’épreuve par lui-même.
Durant les cinq derniers jours après la mort d’Eugene, l’ambiance dans la maison McGonagall avait été feutrée. Isobel cousait silencieusement, et chacun des enfants était dans sa chambre. Minerva se doutait que cette manière de faire face aux conséquences de la Mort n’était pas approuvée par tous, mais c’était en tout cas sa manière à elle. Pomona lui avait envoyée une plante grimpante qui s’était enroulée autour de sa lampe de bureau, Filius un oiseau de papier enchanté, et Alan et Lewis étaient passés la voir. Ils n’étaient pas restés longtemps, car Minerva n’avait pas été loquace et leur avait fait comprendre que la solitude lui faisait plus de bien. Dougal leur avait également rendu visite, mais pour la famille entière, aussi Minerva n’était pas descendue, ne se sentant pas obligée de faire acte de présence.
C’était comme si sa propre vie s’était arrêtée, qu’elle était entrée dans un monde parallèle, un monde qui se refermerait après le décompte qui la menait vers l’enterrement. Après, commencerait la période de deuil, de cicatrisation, peu importe le temps que cela prendrait.
Habillée de noir, elle avançait en compagnie de sa mère et de ses frères, en direction de l’église de Halkirk. Eugene avait émis le souhait d’être enterré avec sa femme, bien entendu. Quelques personnes du village s’étaient rassemblées, peut-être même la majorité. Dans un lieu si petit, tout le monde se connaissait. Robert discutait avec le pasteur qui officierait la cérémonie, le regard sombre. Il les aperçut, conclut sa conversation et vint les rejoindre. Il embrassa sa femme sur le front et Minerva remarqua ses cernes qui s’étaient marquées depuis ces cinq jours durant lesquels elle ne l’avait pas vu. Il prit chacun de ses enfants dans ses bras et Malcolm commença à sangloter. Robert Jr, sûrement sous le choc, tripotait mécaniquement les manches de sa veste, tête baissée et les épaules agitées de spasmes. Minerva, qui s’était promis et s’était dit qu’elle ne verserait pas de larmes devant tous ces inconnus, sentit ses yeux piquer. Elle serra les poings un instant et suivit sa famille vers l’église. Celle-ci était construite de pierre grise et d’un toit d’ardoise, une immense rosace construite au centre. La tour était située au-dessus de l’entrée, sur la gauche du bâtiment, et en y posant le pied, Minerva ne prêta qu’un simple coup d’œil à la plaque commémorative qui honorait le dessinateur du bâtiment, un certain Alexander Ross. Elle se cala sur la cadence de son père et lui demanda :

- Tu vas bien ?

Robert lui fit un faible sourire et passa une main dans le dos de sa fille.

- J’ai eu cinq jours pour le pleurer.

Elle doutait que cinq furent suffisants, mais c’était là son papa qui lui parlait. Ils prirent place sur les bancs et Minerva évita du regard le cercueil qui reposait au centre du foyer avec quelques rares bouquets de fleurs autour, et quatre cierges.

- Eh, murmura une voix derrière elle alors qu’une main douce se posait sur son épaule.

Minerva se retourna pour voir Alan en compagnie de Lewis, qui étaient venus en soutien. Il était rare de voir les deux ensemble sans qu’ils ne se chamaillent, aussi Minerva leur fit un petit sourire de remerciement avant que la cérémonie ne commence.
C’était plus dur que ce qu’elle ne pensait, et infiniment long. Robert et quelques autres se levaient pour dire quelques mots qu’ils avaient préparés : des souvenirs avec Eugene, les accomplissements de sa longue vie, ses joies comme ses peines, et Minerva se souvint de la dernière conversation qu’elle avait eue avec son grand-père, écho des paroles qui résonnaient dans l’église ce jourd’hui.
Lorsqu’ils sortirent après quarante-cinq minutes de cérémonie, Minerva frissonna en apercevant le corbillard noir d’encre qui attendait à quelques mètres. Les portes sombres étaient ouvertes, prêtes à engloutir le corps de son grand-père. Elle sentit la main de Lewis se glisser dans la sienne et elle s’y accrocha, presque inconsciemment, les dents serrées. Ils se rendirent dans une procession lente et austère jusqu’au cimetière, où le caveau avait été ouvert, des fossoyeurs attendant silencieusement. Quelles étaient leurs pensées à eux dont le travail était de mettre en terre, de porter une conclusion à une vie terrestre devant les regards éplorés de la famille et des amis ?
La mise en terre fut longue, éternelle, étirée par une descente dans cette fosse sombre qui semblait avaler cercueil, corps, âme. Le regard vide, les yeux secs d’avoir trop pleuré, Minerva fixa longuement ce trou sur lequel le pasteur bénit une dernière fois l’esprit de son grand-père, destiné à vivre éternellement auprès de sa femme Moira. Peut-être était-il plus facile de croire en une force divine afin de pouvoir faire face à la mort sans crainte, ou que les proches soient assurés de retrouver l’être cher perdu.
Robert s’approcha de la tombe, courba la tête et murmura quelques mots silencieux avant de jeter une poignée de terre. Isobel fit de même et Minerva sut qu’elle devait être en train de vivre ce que sa mère avait vécu il y a presque vingt ans. Quand ce fut son tour, elle ne put retenir le sanglot qui lui obstruait la gorge depuis le début et elle fut incapable de dire quoique ce soit. Quand elle plongea son regard dans la profondeur de la fosse, mélange de terre et de pierres, elle songea aux paroles de son grand-père, quelques jours plus tôt : il était préférable de pleurer de douleur devant cette tombe plutôt que de pleurer de regret devant un grand-père qu’elle aurait tardé à contacter.
Elle sortit du cimetière en compagnie de Lewis et Alan qui n’avaient dit mot depuis leur arrivée.

- Mademoiselle McGonagall ?

Minerva se retourna vers la voix de femme qui l’avait appelée. Elle reconnut Mme Agrepine qui s’avançait, les mains croisées devant elle.

- Puis-je vous parler un instant ? demanda-t-elle en jetant un bref coup d’œil aux garçons.

Ceux-ci comprirent le message et s’éloignèrent après un dernier regard pour leur amie. Agrepine marcha aux côtés de la jeune fille, silencieuses durant quelques secondes.

- Mes condoléances pour votre grand-père, fit-elle finalement, obtenant un bref hochement de tête de la part de Minerva. C’était un brave homme.
- Vous êtes une sorcière ? s’enquit brusquement Minerva, récoltant un regard surpris de la part de la femme.
- Risqué d’émettre une telle hypothèse. Mais oui, comme vous, si j’ai bien deviné. Par votre mère, n’est-ce pas ?

Minerva acquiesça.

- Que faisiez-vous chez mon grand-père ? Vous travaillez pour Sainte-Mangouste ? Qu’est-ce que l’hôpital vient faire chez les malades moldus ?
- Je ne travaille pas seulement pour Sainte-Mangouste. Il existe un réseau appelé la Mangoustine et qui essaie de travailler en coopération avec les services médicaux moldus. Ce n’est pas bien développé, beaucoup de sorciers pensent être supérieurs en matière d’avancée sanitaire et nous manquons de fonds financiers. Sainte-Mangouste se charge de nous faire parvenir ce dont nous avons besoin, mais la communauté sorcière est bien évidemment privilégiée en premier recours. La vérité est, que les sorciers ont autant besoin des moldus que les moldus ont besoin de nous.
- Cela ne brise-t-il pas le code du Secret International magique ? se risqua à dire Minerva en plissant les yeux.

Agrepine leva un sourcil à son encontre.

- Vous et moi savons très bien que ce secret est rarement respecté dans les faits. Votre famille en est l’exemple parfait. Mais il est vrai que cette loi nous empêche de parfaitement nous étendre car il nous faut nous limiter à un réseau limité de médecins moldus. De plus, notre organisation est récente et n’a émergé qu’après la guerre mondiale moldue.

Agrepine soupira et s’arrêta de marcher.

- Quoiqu’il en soit, l’organisation a été contactée pour votre grand-père. Je dois vous avouer que je ne pouvais guère faire quelque chose pour améliorer son état.
- Vous lui avez tenu compagnie, assura Minerva la gorge nouée. Cela lui a fait du bien. Je vous remercie.

Agrepine se permit de poser une main sur son épaule et lui fit un bref sourire avant de lui tourner le dos. Minerva allait retourner auprès de ses amis lorsque Dougal la rejoignit, le visage sérieux.

- C’était une belle cérémonie, dit-il, Eugene aurait été touché.

Minerva en ignorait l’utilité si le principal concerné n’était pas là pour la voir, mais elle appréciait qu’il ne lui présente pas ses condoléances ou dise qu’il était désolé. Des mots bien sûr de circonstances et toujours recevables, mais à son sens vides. Pourtant, c’était souvent la seule chose qui venait à l’esprit des gens dans ce genre de situation. Peut-être même qu’Eugene se serait exclamé « Désolé ? Mais désolé de quoi ? Tu ne m’as pas tué à ce que je sache ! ». La mort n’était pour lui qu’une étape, un tournant avant sa deuxième vie de retour auprès de sa chère femme. Minerva savait que Dougal avait perdu sa mère étant enfant, une des raisons pour lesquelles il tenait tant à rester auprès de son père plus tard. Il avait souffert de cette douleur et appliquait sûrement aux autres ce qu’il aurait voulu qu’on lui dise.
Dougal semblait hésiter à continuer ses mots, mais il fut de toute manière, interrompu par l’arrivée de Lewis et Alan. Il fronça les sourcils à l’intention du Serpentard.

- Nous nous sommes déjà vus, n’est-ce pas ?

Lewis croisa très brièvement le regard de Minerva avant de serrer la main que le moldu lui tendait.

- Devant chez les McGonagall, oui. Lewis Rollin, le petit-ami de Minerva, précisa-t-il.
- Oh.

Dougal hocha la tête, jeta un coup d’œil à sa voisine et lâcha la main de Lewis avant d’adresser un salut de la tête à Alan et de s’éloigner.

- Moi c’est Alan Vendrars, enchanté, marmonna celui-ci en enfonçant les mains dans ses poches de costume.

Minerva esquissa un sourire, à la grande joie de son ami.

- C’est mon voisin, dit-elle, il habitait dans ce village avant et connaissait bien mon grand-père.

Elle buta sur l’usage du passé mais fit semblant de ne rien laisser paraître. Après une courte discussion, il fut temps de partir pour la maison d’Eugene, où un dernier hommage lui était rendu. Minerva avait du mal à concevoir que les gens pouvaient manger de manière aussi sereine, comme si le pire était passé. Elle ne parvenait pas à avaler quoique ce soit, elle souhaitait juste rentrer et achever cette longue journée épuisante émotionnellement. Des albums photos d’Eugene étaient ouverts à disposition de tous ceux qui souhaitaient s’y pencher. Ce fut d’autant plus douloureux pour Minerva de voir qu’elle et ses frères n’étaient présents que dans les dernières pages, étant eux-mêmes les deniers à être revenus auprès d’Eugene.
Son père lui fit signe à l’autre bout de la salle. Elle le rejoignit et il lui tendit une chouquette qu’elle grignota à contrecœur du bout des dents. Robert sortit un bout de papier plié en quatre de sa poche de veste.

- Ton grand-père voulait te donner ceci.

Minerva eut du mal à avaler sa bouchée. Elle n’avait jamais songé à la question des legs qu’elle et ses frères pouvaient recevoir. A vrai dire, il lui semblait qu’Eugene avait décidé de donner tous ses biens à des associations caritatives et à la paroisse. Elle attrapa le papier et le déplia. A première vue, elle pensa à une liste puis en s’y penchant un peu, elle découvrit qu’il s’agissant en fait de la recette des biscuits au gingembre, la fameuse recette de Moira. Là où il était, il n’en n’avait sûrement pas besoin puisque sa femme devait la connaître par cœur.
Ce n’était qu’un bout de papier, mais Minerva sentit ses yeux s’embuer d’émotion.

- J’ai aussi mis la photo que tu lui avais envoyé dans le cercueil. Il aurait aimé qu’elle soit avec lui.

Minerva articula un remerciement et fut incapable de finir sa chouquette, une boule de chagrin lui obstruant la gorge. Robert lui caressa les cheveux, doucement, et sa fille se laissa faire pour une fois. Alan et Lewis finirent par partir et le Gryffondor ramena Lewis chez lui comme à l’aller. Cela fit bizarre de les voir quitter les lieux comme de bons amis. Ce qu’ils n’étaient pas précisément, mais peut-être que pour elle, ils avaient décidé de faire une trêve.
Lorsque ce furent leur tour à elle, sa mère et ses frères, elle accueillit avec un soulagement coupable la nouvelle. Robert restait encore pour terminer les dons, aussi Minerva se chargea de faire transplaner le reste de sa famille à l’écart des derniers invités qui s’éloignaient. La main de Robert Jr tressaillait dans sa main lors du voyage. La sensation ne devait certainement pas être agréable pour un enfant de son âge : l’impression de ne plus pouvoir respirer, la poitrine compressée, l’obscurité et les yeux engoncés dans les orbites…
La vision de sa maison ramenait une touche de normalité à la journée et Minerva s’engouffra avec un sentiment de consolation dans sa chambre, le cœur en berne. Aujourd’hui avait été long, douloureux, et elle voulait être au lendemain pour pouvoir continuer à marcher sans penser avec peine à Eugene.
Un jour, la blessure allait cicatriser ; elle ne serait pas oubliée, mais cela finirait par aller mieux.
Minerva enleva ses vêtements et enfila sa chemise de nuit avant de se rouler en boule dans son lit, les paupières pressées sur ses yeux.
Aujourd’hui devait s’achever.
annabethfan

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Pile le jour même : c'est pas être à l'heure ça ? ^^
Minerva espérait sincèrement qu’elle serait la meilleure aux sélections
Ca serait tellement le seum si après tout ça quelqu'un de meilleur débarque de nulle part :lol: En mode un première année à la Harry prodige sur balai version batteur :lol:
Grace se retournait avec un sourire vers Minerva.
- Tu as vu ? Il s’intéresse à ce que je fais !
Oh choupette....
- Tu veux surtout être comme ta mère, souffla Minerva.
Oh c'est bien pensé... Et tragique aussi dans un sens, même si ça rend le personnage de Grace tellement complexe
Tu es Grace, tu es une sorcière. Tu vas à Poudlard, pas à l’université d’Atlanta, tu joues au Quidditch, non pas au baseball. Et tu es Grace, pas ta mère.
C'est pourtant simple mais si joliment écrit, très poignant !
Contacte-moi lorsque tu seras prête à l’être, ou retrouve-moi aux sélections.
Par contre Minerva a vraiment un côté dur et cassant parfois. Mais c'est bien, ça contribue aussi aux "défauts" du personnage si on peut appeler ça comme ça parce que dans le fond elle a raison...
Tu rejettes la seconde version d’Alma, en attendant de voir Grace.
Est-ce que t'as choisis le nom Alma avant ou après The Queen's Gambit ? ^^
Minerva avait encore du mal à ne pas sursauter lorsqu’il s’approchait plus près que d’habitude, ou lorsqu’il l’embrassait rapidement sur la joue.
Ouais les moments wink wink c'est pas pour tout de suite :lol:
Minerva s’était abonnée aux Nouvelles, pas seulement parce que le père de Lewis y travaillait, mais surtout parce qu’elle avait eu l’occasion de lire un article très critique sur les lois gouvernementales et notamment sur le code du Secret International Magique.
Très intéressant ce paragraphe sur la presse et son fonctionnement ! Je serai curieuse de voir ce que disait l'article, genre peut-être pas l'écrire en entier mais en faire ressortir les idées principales si tu veux creuser le sujet ^^
Et puis cela s’est détérioré dès que je suis rentré à Poudlard. Quand je suis revenu pour les vacances de Noël, je ne reconnaissais plus mon frère.
Dans ma tête j'ai peux pas m'empêcher de faire un parallèle Sirius/Regulus...
Elle s’approcha de lui et mue par un instinct dont elle ne disposait que très rarement, passa une main dans son dos et l’attira contre elle. Il se laissa faire et déposa sa tête sur son épaule en l’enlaçant.

J'avoue j'ai écarquillé les yeux, mais en vrai ils sont trop adorables ensemble !
Minerva se retourna pour voir Faye Rollin, anciennement Bridgeburn, entrer avec un soupir.
C'est parfait ça : pile pour voir le câlin :lol: :lol:
- Tu cherches encore des réponses ?
Ouch ça va dégénérer...
J'avais pas prévu la dispute avec la mère qui ne voudrait pas chercher des réponses et savoir, mais c'est très bien pensé ! En même il y a tellement en jeu, Lewis pourrait facilement finir comme son frère. (Si ça se trouve t'as prévu ça et je vais te détester).
ce feu qui l’habitait, finirait par le consumer à la fin.
Y'a pas à dore les métaphores sur le feu, ça claque à chaque fois !
Ses traits étaient tirés, ses cheveux blanchis et il semblait avoir maigri car sa robe de chambre paraissait l’engloutir.
C'est juste affreux cette description parce que ça dépeint tellement bien la vieillesse qui emporte doucement un corps... C'est simple j'ai eu la vision de mon grand-père, c'était exactement ça. Et donc ça me brise le coeur d'avance parce que je sais que sa mort va finir par arriver et va toucher Minerva. Et je sais que tu vas l'écrire magistralement et ça va faire mal...
- Pas de sentimentalisme, ma grande. Tu pleureras sur ma tombe.
Je ris avec les larmes aux yeux sérieux ^^
Ce n’est pas le nombre d’années qui définit si oui ou non quelqu’un part trop tôt, c’est ce qu’a fait cette personne de sa vie.
On dirait un truc que le Docteur pourrait dire ^^
Il rouvrit les yeux, ces yeux si semblables à ceux de son fils et de sa petite-fille, et Minerva y vit, comme dans un miroir, tout l’amour qu’il lui portait. Il sourit et lui pressa la main.
Ok je te jure que je pleure... Je pleure jamais en lisant, genre je peux m'émouvoir et taper des "ahhh" ou des "hgdkqdh" sur mon clavier pour rendre l'émotion, mais là j'ai les yeux littéralement remplis de larmes
Un lourd sanglot resta coincé dans sa gorge et elle hoqueta, une main sur les lèvres. Elle s’entendit à peine gémir et s’assit sur le bord de son lit.
Ok je pensais pas que ça serait ce chapitre-là...
Et en fait je dois faire des pauses en lisant... Cette image de Minerva c'est moi genre et vraiment tu le décris si bien. Y'a un travail émotionnel de dingue dans ce que t'écris, c'est incroyable
Pire encore, qu’espérait-elle, en agissant ainsi ?
A la fois je comprends Minerva et à la fois c'est injuste pour sa mère... En plus être seule est pas forcément la solution, elle pense qu'elle veut rester seule alors que laisser sa mère être là pourrait l'aider
C’était comme si sa propre vie s’était arrêtée, qu’elle était entrée dans un monde parallèle, un monde qui se refermerait après le décompte qui la menait vers l’enterrement.
C'est tellement bien pensé cette période de décompte, comme s'il fallait attendre l'enterrement pour clore vraiment le chapitre de la mort en elle-même... C'est une attente hors du temps et très paradoxale
Ce n’est pas bien développé, beaucoup de sorciers pensent être supérieurs en matière d’avancée sanitaire et nous manquons de fonds financiers.
Alors qu'ils ont même pas de points de sutures :lol:
Dougal semblait hésiter à continuer ses mots, mais il fut de toute manière, interrompu par l’arrivée de Lewis et Alan.

Le trio de prétendants qu'on a tous shippé avec Minerva à un moment :lol: :lol:
Devant chez les McGonagall, oui. Lewis Rollin, le petit-ami de Minerva, précisa-t-il.
- Oh.
"Oh mais je comptais la demander en mariage" :lol:
A première vue, elle pensa à une liste puis en s’y penchant un peu, elle découvrit qu’il s’agissant en fait de la recette des biscuits au gingembre, la fameuse recette de Moira.
Putain Clem les larmes reviennent... Oh mais c'est tellement beau et symbolique comme cadeau...
Un jour, la blessure allait cicatriser ; elle ne serait pas oubliée, mais cela finirait par aller mieux.
C'est une description du deuil en une phrase, simple mais si juste et sublime

Ce chapitre était magnifiquement écrit, rempli d'émotions et de justesse Clem ! Franchement bravo !
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

C'est parti, chapitre 24 ! Ce titre PUE DU TROUFFION ooooh le Puy de Dôme ! Byebye l'Auvergne !

Okay après une petite pause émue, c'est parti

Mais wesh t'es sérieuse on reprend pas juste après le baiser ! J'ai cru que je m'étais plantée de chapitre :lol: BOUUUUH
Le visage de Grace se referma et elle fouetta l’herbe de sa batte
J'ai lu "et elle brouta" :lol:
- Tu veux surtout être comme ta mère, souffla Minerva.
Elle est tellement violente parfois :lol:
Avoir découvert qu’elle était une sorcière avait écrasé toute possibilité de reprendre le flambeau familial.
J'allais demander ce qu'il se passe quand un Sorcier refuse son héritage mais en fait je sais, ils risquent de devenir des ... Zut le nom m'échappe, comme dans Les Animaux fantastiques là
- Tu devais aller à l’université d’Atlanta et fouler le même chemin que tes parents, que ta mère. Et le monde sorcier t’a enlevé ce projet.
Roh mais elle a fini de lui balancer des trucs comme ça là, on dirait qu'elle la bourre de coups (oui c'est l'impression que ça me donne haha)
- En revanche, je peux t’affirmer une chose : je refuse de t’intégrer dans l’équipe si tu postules pour faire plaisir à ton père.
Rolala elle est dure :shock:
Minerva savait que la famille Rollin refusait de s’abonner à la Gazette, réputée selon certains d’avoir des avis biaisés et surtout, d’arranger la classe politique
Lol je vois que certaines choses ne changent pas
Tu l'as inventé, les trucs sur la Gazette ? C'est très intéressant en tout cas
- C’est Albert, mon frère, commenta-t-il, confirmant la pensée de Minerva. Juste avant qu’il ne se renferme sur lui-même.
Inspi la révolution ? :lol: Le petit frère qui a perdu son grand frère Albert hmm ? (je plaisante)

Roooh c'est horrible cette histoire Clem
Elle s’approcha de lui et mue par un instinct dont elle ne disposait que très rarement, passa une main dans son dos et l’attira contre elle.
Oulala Minervaaa ! Nan mais c'est cool qu'elle s'occupe de lui
Minerva resta immobile un instant, pétrifiée par la soudaine dispute. Pétrifié et désarçonnée, car elle avait l’impression de mener le même discours que Mme Rollin

Ca doit être sympa l'ambiance maintenant que Minerva est toute seule avec la mère en colère

J'aime trop le prénom Faye
Si elle se concentrait exclusivement sur ce buste qui montait et descendait, qu’elle ignorait la main molle dans la sienne, la présence de l’infirmière à quelques pas d’eux ou encore la pâleur du teint de son grand-père, alors elle pouvait se convaincre que tout irait bien.
WELP ça fait quand même beaucoup de choses à ignorer
Il rouvrit les yeux, ces yeux si semblables à ceux de son fils et de sa petite-fille, et Minerva y vit, comme dans un miroir, tout l’amour qu’il lui portait. Il sourit et lui pressa la main.
Mooooh
Bon du coup je sais qui va mourir ce chapitre (enfin j'espère que tu vas pas nous assassiner Lewis en traître)
C'était mignon ce petit intermède avec le grand-père

Nooooooooooooooooooooooon c'était horrible Anna' a raison t'écris trop bien T.T C'est hyper dur delire sa réaction face à sa mère et en même temps c'est criant de vérité

AH Désolée je peux pas lire l'enterrement et les trucs qui s'y rapportent ça me rappelle trop de choses
- Devant chez les McGonagall, oui. Lewis Rollin, le petit-ami de Minerva, précisa-t-il.
AH c'est donc officiel ça :lol:
Et j'aime trop l'idée de la Mangoustine ahha (j'ai failli écrire Langoustine)

AAAAW LA RECETTE trop chou

Roh c'était dur comme chapitre, entre Minerva qui balance ddes trucs affreux, la famille de Lewis et le grand-père
Mais c'était très bien écrit !
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Hello !

Bon j'ai galéré avec ce chapitre donc il est plus court mais j'espère que ça vous plaira quand même ^^ Désolée pour le chapitre précédent au fait :roll:
Je vous laisse avec cette suite plutôt introductive de la 7ème année et j'en profite pour signaler que cette année sera plus courte que la 6ème parce que sinon j'y suis encore à 57 ans dans cette fanfic :lol:
Bonne lecture !


Chapitre 25 : La boucle finale de l’enfance

Elle était de retour à Poudlard. Tout semblait identique ; elle retrouvait le même château qu’elle avait quitté et en cela, elle en fut soulagée après la dernière semaine d’été qui avait été morose et minée par la tristesse. Pomona et Filius avaient accouru immédiatement en la voyant, leur regard incertain quant au comportement qu’ils devaient emprunter. De peur que l’atmosphère ne s’alourdisse, Minerva plongea la main dans sa poche et leur montra le badge rouge pimpant qu’elle avait reçu quelques jours auparavant. Les yeux de Filius s’arrondirent.

- Préfète-en-cheffe ? s’exclama-t-il. Incroyable !

Minerva ne retint pas son sourire orgueilleux alors que Pomona la félicitait et qu’Alan roulait des yeux pour au moins la vingtième fois depuis qu’ils avaient quitté le quai 9 ¾.

- Préfète-en-cheffe alors que ça arrache les feuilles de Mandragore, traîne dans la Forêt Interdite… Le favoritisme de Dumbledore te monte à la tête. Je suis certain qu’il a forcé Dippet à te nommer.

- Tu es juste jaloux, intervint Filius, moi je pense qu’elle sera parfaite !

Minerva ricana et Alan fusilla le Serdaigle du regard.

- Combien elle t’a payé ?

Minerva eut un bref rire avant de descendre du train, suivie de ses amis, et de rejoindre les calèches qui les mèneraient au château.

- Apparemment Poudlard a prévu une nouveauté cette année, fit Alan en se calant dans le coin de la banquette de velours. Une sorte d'événement dans l’école.

- Comme si on n’avait pas assez avec nos ASPICS et BUSES, râla Minerva en s’adossant. Qui t’a dit ça ?

- Cora entend pas mal de rumeurs au Chaudron Baveur. Elle n’en sait rien de plus.

Pomona s’enfonça sur son banc et se tourna vers le jeune homme.

- Où est Cora d’ailleurs ? s’enquit-elle.

Alan grimaça.

- Rendez-vous médical à Sainte-Mangouste. Rien de grave, juste un contrôle de routine.

- J’espère que tout ira bien alors, souhaita Pomona.

- Ou pas, marmonna Alan. Si les médecins détectent une rechute, peut-être qu’elle va arrêter de jouer à l’imbécile.

- Tu n’y penses pas, réprimanda Filius en fronçant les sourcils et Alan grogna pour la forme.

- Travailler comme elle fait au Chaudron Baveur est inconscient.

Et la discussion fut close dès cet instant et jusqu’à leur arrivée à Poudlard. Minerva ressentit un petit frisson habituel en apercevant les douves et les hautes tours qui perçaient les lourds nuages d’Ecosse. Un frisson d’ailleurs exacerbé en songeant que c’était la dernière fois qu’elle réalisait ce trajet dans ce sens. C’était en fait l’année des dernières fois, en y pensant un peu plus. Elle n’avait même pas pu pleinement profiter de son dernier voyage avec ses amis car elle avait été appelée en sa qualité de Préfète-en-cheffe afin de définir les missions qui lui incomberaient durant l’année ainsi qu’au Préfets. Dès le soir même, elle aurait à surveiller les Préfets mener les nouveaux Premières années jusqu’au dortoir des Gryffondor.

La Grande Salle n’avait absolument pas changé et c’était quelque peu rassurant de voir que Poudlard restait le même alors que Minerva devait de son côté choisir tant de changements et s’adapter à d’autres univers. Elle ne pouvait guère demander conseil à sa mère puisque celle-ci s’était enfuie avec son futur mari et était tombée enceinte peu après. S’il y avait bien une voie qu’elle ne souhaitait pas prendre, c’était celle-là.

Elle s’installa en face d’Alan qui, arrivé à sa dernière année, attendait patiemment la fin de la Répartition au lieu de se plaindre qu’il était affamé. Le Choixpeau chanta son air habituel sous les bouilles surprises des futurs Premières années. Tout ce rituel allait très certainement lui manquer plus tard.

Gryffondor récupéra neuf nouveaux élèves avant que Dippet ne se lève pour son annonce de l’année. Il s’éclaircit la gorge et Minerva l’observa avec un air circonspect. Le directeur paraissait constamment perdu en présence de ses élèves et elle se demandait parfois ce qui lui avait pris de prendre ce poste. Il lança quelques mots de bienvenue, creux comme d’habitude avant de reprendre après une gorgée de jus de citrouille :

- Comme vous le savez pour certains d’entre vous, notre très cher professeur Beery dispose de certains talents dans le théâtre. Afin d’animer les périodes de Noël, il a eu l’excellente idée de mettre en scène un tout nouveau spectacle.

Minerva gémit et enfouit son visage dans ses mains. Il ne manquait plus que ça. A quoi pourrait bien servir un tel spectacle, elle se le demandait. Au loin, elle aperçut Lewis qui ricanait à son encontre et elle le fusilla du regard.

- Il va sans dire qu’un tel événement coûte cher, c’est pourquoi nous portons un très grand espoir en la qualité de ce spectacle.

Dippet ponctua ses mots avec une longue oeillade au professeur de botanique, qui semblait être le seul membre du corps enseignant à se réjouir d’une telle annonce. Beery appréciait tout particulièrement les spectacles et être remarqué, aussi n’était-il pas étonnant qu’il ait forcé Dippet à l’introduire.

- Toutes les graines d’artistes sont invitées à se présenter à lui pour intégrer la troupe, continua d’une voix encore moins enjouée le directeur. Cette participation sera bien évidemment prise en compte dans votre dossier scolaire.

- C’est quoi encore cette histoire ? marmonna Alan en se frottant la nuque. La dernière fois qu’il a organisé quelque chose j’ai failli me faire tuer par cette fichue plante.

Beery se leva pour vanter son projet (« l’expérience d’une vie ») et Dippet fut obligé de le couper afin que les élèves qui s’agrippaient à leur ventre affamé puissent commencer le festin. Alan continua à râler tout le long du repas contre les idées rocambolesques du professeur de botanique, Cora et son inconscience et son couteau qui ne coupait pas. Minerva l’observa un instant, se demandant comment il parvenait à supporter cette inquiétude perpétuelle qui grignotait son cœur, mais aussi comment Cora pouvait lui infliger cela. Elle soupira et enfourna une bouchée de purée avant de dire quelque chose qu’elle regretterait.

***


Avec le succès de l’équipe de Gryffondor de l’année précédente, les étudiants souhaitant remplacer Alfie, Holly et Charlie s’étaient rués sur la fiche d’inscription, et offraient une joyeuse bande d’aspirants au Quidditch plus ou moins doués. Olga était présente, frêle 3ème année encore plus silencieuse que sa sœur.

En observant ce groupe bruyant et disparate, Minerva se sentit un instant découragée. Elle aurait souhaité se tourner vers Holly pour l’aider à tous les rassembler, mais Holly avait rejoint les Harpies de Holyhead et volait désormais dans un autre domaine que celui de Poudlard. Fabio semblait particulièrement angoissé de savoir qui serait son nouveau binôme. Lui qui avait eu besoin de s’adapter à Alfie et y était parvenu à force de travail, craignait de voir son travail réduit à néant avec l’arrivée d’une nouvelle recrue. Alexandra, jamais trop inquiète, mâchonnait nonchalamment la corde de son sweat-shirt, les bras croisés.

Minerva s'apprêtait à appeler Etna lorsque celle-ci surgit brusquement à ses côtés, le regard sévère.

- Peut-être qu’on devrait déjà virer ceux qui n’ont pas de balai, suggéra-t-elle en roulant des yeux.

- Ils ont cru que c’était fourni ? grogna la capitaine avec agacement avant de faire partir les concernés.

Elle indiqua à tous les postulants de se répartir en fonction du poste visé. Celui d’attrapeur remportait le plus de succès et Minerva espérait dégoter quelqu’un d’assez talentueux pour assurer la transition avec Holly. Chez les gardiens, il n’y avait que trois étudiants, sûrement parce que ce poste était selon certains, réservé pour les plus masochistes. Olga et sa minuscule stature donnaient l’impression de s’être trompées de groupe. Enfin, les batteurs offraient un panel des moins diverses avec, à première vue, une seule fille qui rentrait la tête dans les épaules. Puis, en périphérie du groupe, une personne encapuchonnée attendait le regard vissé sur la pelouse et les mains dans les poches, le balai coincé sous le bras. Minerva n’eut aucun mal à reconnaître les mèches blondes hérissées qui sortaient de la capuche.

- Tu as pu travailler avec Mallony cet été ? s’enquit Etna, curieuse en suivant son regard.

Minerva acquiesça.

- Je ne suis pas inquiète pour le prochain batteur, ni pour le gardien. Olga est une bonne opportunité, nous verrons s’il y a meilleur qu’elle ou pas. J’espère juste que nous aurons de bons joueurs chez les attrapeurs.

- Il faudrait absolument miser sur l’agilité, non ? fit Etna. Je veux dire, plus que la normale, ajouta-t-elle et Minerva hocha la tête, ravie qu’Etna ait bien étudié la question.

- On doit miser sur ça effectivement, plus que sur la rapidité. L’attrapeuse la plus rapide, en dehors d’Holly, c’était Tchekovla mais elle a quitté Poudlard. Les autres attrapeurs sont bons mais les plus gros dangers seront les batteurs. Notre attrapeur sera continuellement visé donc il ou elle devra être capable d’éviter les Cognards à tout prix.

- Dawson est redoutable, remarqua Etna, on aura qu’à se baser sur lui pour faire notre choix.

Eli Dawson était même devenu le capitaine de l’équipe de Poufsouffle alors qu'il n’était qu’en 4ème année. Malcolm en avait poussé un cri de frustration lorsque Beth le lui avait appris au détour d’une lettre à la fin de l’été.

Minerva voulut commencer par les attrapeurs le temps que Fabio et Alexandra se chauffent les muscles avant d’être envoyés dans les airs. Etna et Minerva resteraient statiques quelques temps avant d'effectuer des tirs face aux gardiens. Elle fut très surprise de remarquer une certaine qualité dans le vol des étudiants. Elle en élimina deux qui avaient des mouvements moins fluides que les autres tout en leur enjoignant de continuer à s’entraîner pour de possibles prochaines sélections.

Elle en sélectionna deux qui étaient particulièrement intéressants et Etna approuva vivement.

- Je connais celui-là, dit-elle en désignant un des postulants aux cheveux roux, Audric Pimberton, il est de mon année.

Minerva grimaça. Il ne resterait donc que deux ans avant que le ou la capitaine après Etna ne doive le remplacer. En comparaison, l’autre étudiant était tout aussi doué et en 4ème année, donc plus rentable. Elle soupira.

- Faisons-les jouer avec les batteurs qui seront pré-sélectionnés, proposa-t-elle, l’un des deux se démarquera peut-être.

Etna acquiesça et fit signe aux batteurs de s’avancer. Minerva leur imposa des exercices de vols et de frappes. Puis Grace s’avança, retira sa capuche et enfourcha son balai.

- Oh Mallony ! s’écria une voix masculine. Ca alors, tu es là !

C’était l’un des deux attrapeurs, Zimmerman, auquel Grace ne répondit pas.

- Un ami ? suggéra Etna. Cela peut être bien pour la cohésion du groupe.

Minerva ne dit rien mais plissa les yeux à l’encontre du jeune homme. Elle se souvenait très bien avoir entendu Grace dire ne pas avoir d’amis. Dans des mots qu’elle n'entendit pas, Zimmerman s’adressa à Audric en désignant Grace sur son balai, et ce dernier se trémoussa, l’air mal à l’aise. Minerva se détourna pour observer Grace effectuer les exercices imposés. Elle semblait s’être entraînée de son côté car la capitaine remarquait une mécanique dans ses mouvements qui ne pouvait être dû qu’à force de répétitions. Elle fut d’une précision admirable lorsqu’elle fut ordonnée de viser Pimberton et Zimmerman.

- Elle frappe drôlement fort, s’étonna Etna alors que Grace envoyait un boulet de canon en direction de Zimmerman qui y échappa au dernier moment.

Minerva ne répondit pas et fronça les sourcils. Il était vrai que la jeune fille ne se ménageait pas mais Minerva pouvait presque sentir une frustration dans ses gestes envers Zimmerman, une frustration qu’elle n’avait pas pour Pimberton. S’ils n’étaient pas amis, ils se connaissaient forcément. Zimmerman l’avait apostrophée et Grace n’avait pas daigné lui répondre. Elle avait toujours eu des relations conflictuelles avec les camarades de sa promotion, et Zimmerman en faisait probablement partie. Désormais, elle lui répondait à coup de Cognards bien placés. Si Zimmerman n’avait pas été aussi doué, peut-être aurait-il pu être blessé. Minerva décida de couper court à l’exercice avant que cela ne tourne mal.

- Mallony est la plus douée, dit Etna, mais…

- Mais elle est très émotive, termina Minerva. Je crois qu’elle s’entend très mal avec Zimmerman.

Comme pour appuyer ses mots, elle captura le regard lourd de reproches que Grace envoyait à son camarade alors qu’elle atterrissait.

- On ne peut pas les prendre tous les deux, remarqua Etna d’une voix basse alors qu’elles se rapprochaient des gardiens pour les envoyer devant leurs cercles.

Minerva eut une mine songeuse en grimpant sur son balai. Etna avait raison, il était hors de question de sélectionner deux joueurs qui ne se supportaient pas. C’était même pire que cela : Grace le détestait mais la réciproque n’était pas forcément vraie. Zimmerman possédait une sorte d’ascendance sur la jeune fille qui ne parvenait à se défendre que sur le terrain, à moitié caché par le jeu. Zimmerman était doué et avait l’avantage d’être plus jeune que Pimberton. Mais s’il faisait partie des harceleurs de Grace… Minerva se refusait de le sélectionner, d’autant plus qu’elle avait Pimberton sous la main.

Elle eut tout le temps d’y penser en tirant sur les gardiens et lorsqu’elle redescendit, son choix était fait. Etna l’écouta attentivement et le reste de l’équipe fut appelé.

- Je vous propose des noms, faites-moi signe s’il y a des objections, commença Minerva. Olga comme gardienne. Elle s’est améliorée par rapport à l’année dernière et son petit gabarit lui permet d’être plus imprévisible.

Le reste acquiesça silencieusement. Le sort d’Olga avait été scellé assez rapidement : petite sœur de Charlie, elle avait été rapidement adoptée comme successeure et son talent la légitimait.

Lorsque Grace et Pimberton furent annoncés, Alexandra tiqua légèrement. Minerva lui expliqua sa crainte dans les relations avec Zimmerman.

- Tant que Mallony convient à Fabio, je vous suis, dit Alexandra en se tournant vers le jeune batteur.

Celui-ci rosit sous les regards mais hocha lentement la tête.

- Je pense… Je pense que ça ira.

- T’en fais pas, rassura Minerva, Grace apprend vite, elle s’adaptera à toi.

A l’annonce des choix, Olga fut gentiment applaudie par les autres gardiens qui avaient été leurrés par ce petit bout de Gryffondor et impressionnés par ses capacités.

- Au poste de batteur, Grace Mallony, annonça Minerva d’une voix neutre, et Audric Pimberton en attrapeur. Félicitations à vous trois, les autres, merci d’être venus, vous avez fait du très bon travail.

Il y eu des remous chez les candidats. Tout connaisseur au Quidditch aurait remarqué que Zimmerman et Pimberton étaient au coude à coude et que le dernier partait avec un handicap à cause de son âge. Les raisons du choix final étant personnelles, Minerva ne pouvait guère expliquer pourquoi Pimberton avait été sélectionné. En voyant un éclair de soulagement traverser les yeux de Grace, Minerva sentit qu’elle avait pris la bonne décision.

Finalement, les étudiants s’éparpillèrent et Etna partit rejoindre Audric et Olga tandis que Minerva retenait Grace.

- C’était qui ce Zimmerman? demanda-t-elle sans préambule.

Grace haussa les épaules.

- Il est de mon année.

- Mais encore ?

Grace resta silencieuse.

- Écoute, reprit Minerva, tu crois que je n’ai pas remarqué ton comportement sur le terrain ? J’ai compris que tu ne l’appréciais pas et c’est bien pour ça que je l’ai recalé. J’espère avoir eu raison et je veux m’assurer que ta perte de sang-froid ne concernait que lui et ne deviendra pas une habitude. Tu aurais pu le blesser.

Grace baissa la tête et enfonça les mains dans ses poches.

- Désolée. Cela ne se reproduira plus. C’est spécifique à Zimmerman, je n’ai aucun problème avec les autres joueurs.

Minerva hocha la tête. Elle ne souhaitait pas qu’il y ait de griefs au sein de son équipe, mais elle se promit de surveiller sa jeune recrue durant les premières semaines. Elle continua à la suivre suspicieusement du regard avant de se tourner vers Etna qui finissait d’expliquer les consignes d’équipe aux deux autres nouveaux. Grace les avait rejoints et observait un silence de circonstance, tout en semblant tendue après sa discussion avec sa capitaine. Minerva attendit un moment avant de filer aux vestiaires. Elle avait rendez-vous avec Lewis et après plusieurs jours de croisement sans fin et furtifs, elle se devait d’honorer quelques heures en sa présence. Elle avait également besoin de se changer les idées depuis la rentrée. Son grand-père hantait son esprit régulièrement, à n’importe quelle heure de la journée, comme un revers perpétuel de sa disparition. Une bulle de nostalgie commença à gonfler dans son cœur et elle se ferma ses émotions. Songer à Lewis lui permettait d’avoir la tête ailleurs, mais les pensées qu’elle avait en sa présence la troublaient. Si ses quelques gestes d’affection l’embarrassaient toujours, d’une manière ou d’une autre, leurs conversations les menaient irrémédiablement vers cette ombre nauséabonde que représentait Jedusor. Ou alors était-ce le cerveau de Minerva qui faisait des raccourcis avec le sujet. Quoi qu’il en soit, une boule au ventre naissait régulièrement au creux de son estomac et ne se dénouait qu’au lendemain, après avoir tourné la page.

Elle retrouva donc Lewis dans le parc, profitant des dernières lueurs mordorées du soleil de septembre, les jambes étirées devant lui. Elle s’assit avec un soupir, encore tendue par les sélections de Quidditch.

- Tu n’as jamais le temps en ce moment, remarqua le Serpentard avec un sourire amusé. Je sors avec la ministre ?

Minerva eut une moue gênée. Il était vrai qu’ils ne se croisaient pas souvent récemment. Ils parvenaient à se saluer dans les couloirs, à discuter à la fin d’un cours si les professeurs leur laissaient une pause au milieu de l’amas de travail qu’ils leur donnaient. Mais c’était la première fois qu’ils prenaient un instant pour s’asseoir et discuter sans avoir une activité à faire derrière. Minerva sentait le poids des ASPICS, de son rôle de Préfète-en-cheffe et de capitaine peser de plus en plus lourd sur ses épaules. Pas qu’elle se plaignait, car elle appréciait occuper son esprit, mais elle ne trouvait guère le temps pour caser Lewis entre un entraînement et une formation de Préfets. En outre, l’obtention de son diplôme approchait et elle sentait les professeurs insinuer régulièrement que le monde du travail les attendait à la sortie du château, et cela angoissait la jeune fille. Le Serpentard aussi semblait courir avec sa propre équipe de Quidditch : Miller ne digérait pas leur troisième place de l’année précédente, et souhaitait à tout prix rétablir la place des verts en haut du podium, même s’il fallait pour ça pousser à bout ses joueurs.

Ainsi, la dernière vraie conversation qu’ils avaient eue tous les deux remontait à l’été, lorsque Mme Rollin avait découvert la photo de son fils décédé Albert dans les mains de Minerva. L’esclandre qui avait suivie avait jeté un froid entre elle et son fils et Minerva ne savait dans quel état d’esprit ces deux-là s’étaient séparés avant Poudlard. Elle s’en voulait un peu de ne pas avoir pris de ses nouvelles, mais la mort de son grand-père avait accaparé son esprit et son cœur pendant trop longtemps. Aujourd’hui encore, quand elle pensait au dernier sourire qu’il lui avait offert, son cœur se contractait dans sa poitrine et sa gorge se serrait douloureusement. Ce n’était pas son absence qui lui faisait plus mal, car elle avait l’habitude de le voir que très peu. C’était savoir qu’elle ne le reverrait plus, que tout ce qu’elle ne lui avait jamais dit resterait dans le silence pour toujours. Ils auraient pu avoir tellement plus de temps. Et pourtant, la première chose qu’Eugene lui aurait dit à cette pensée, c’était qu’ils auraient pu tout aussi bien n’avoir rien du tout. Parfois, quand son fantôme se faisait plus présent dans son absence, Minerva se disait que ne pas l’avoir connu aurait rendu sa disparition éphémère et impassible. Puis elle se morigénait de penser ainsi. Et tout ceci, sans compter le malaise qu’elle éprouvait face à son copain, avec Jedusor au-dessus de leur tête.

- Ça va ta famille ? demanda Lewis comme s’il avait suivi le fil de ses pensées sur son grand-père.

Minerva haussa une épaule.

- Y a pas le choix. Mon père est le plus touché mais il se console en disant qu’il est aux côtés de ma grand-mère. Robert Jr est peut-être un peu jeune pour réaliser pleinement ce qu’il s’est passé.

Elle sentit que la prochaine question que lui poserait le Serpentard la concernerait, alors elle coupa court en changeant de sujet :

- Ta mère va mieux ?

Lewis grimaça et passa une main sur son crâne.

- Elle a tout raconté à mon père et il a semblé d’accord avec elle. Plus mesuré dans ses propos, mais d’accord. Ils ont refusé d’en parler plus longuement, qu’il fallait que je tourne la page.

Il se tourna vers elle, le regard torturé.

- Tu te rends compte ? Tourner la page ? Comment ils voudraient que je fasse ça ? Comment peuvent-ils faire cela ? Je ne comprends pas. C’était leur fils. Mon frère, ajouta-t-il d’une voix plus éteinte.

Minerva posa une main gênée sur son épaule. Elle ne savait trop que dire. Elle comprenait son désir de trouver des réponses. Mais en même temps, sa frénésie lui faisait peur, car elle n’arrivait pas à le suivre et elle craignait qu’il n’aille trop loin. Alors elle se retrouvait entre deux feux, à le soutenir tout autant qu’à le retenir. Elle doutait que cela fût une position tenable dans le temps, et un jour, il lui faudrait certainement choisir.

Elle ôta sa main et la reposa sur ses genoux. Elle n’avait jamais été à l’aise avec les contacts physiques et c’était encore pire avec Lewis. Pour un observateur extérieur, il lui aurait été difficile de préciser la nature exacte de leur relation : s’ils apparaissaient proches, ils ne partageaient que très peu d’activités ensemble. Alan et Cora trouvaient toujours un moyen de déjeuner rien que tous les deux, de se promener autour du lac. Minerva et Lewis étaient pris par leurs propres devoirs, et c’était d’autant plus le cas pour la jeune fille qui donnait presque l’impression de fuir tout contact intime avec le Serpentard. Elle répugnait à embrasser en public ou à se montrer affectueuse. C’était peut-être stupide d’y avoir pensé, mais ce contrat de couple ne s’arrêtait pas à l’officialisation avec le baiser. Il y commençait plutôt et nécessitait un travail continuel que Minerva doutait pouvoir réaliser. Et sûrement parce qu’elle était trop lâche pour y poser des mots, elle agissait presque comme si rien ne s’était passé entre eux. Elle adorait discuter avec lui et être en sa présence et elle devait bien admettre que quand il lui avait manifesté de l’intérêt, elle s’était sentie flattée. Il était toujours plaisant d’être appréciée et de réaliser qu’elle, elle la fille trop sérieuse et froide au corps osseux et sec, pouvait plaire.

- Ils ont un comportement lâche par moment, reprit Lewis la sortant de ses pensées coupables. Je ne les comprends pas parfois.

- Mets-toi à leur place, fit Minerva, j’ose à peine imaginer ce qu’ils ont dû ressentir en voyant le corps de ton frère…

Lewis arracha des touffes d’herbes dans de gestes rageux.

- Je n’arrive pas à croire qu’ils l’aient enterré sans moi. Poudlard m’aurait autorisé à sortir à la minute où ils auraient prévenu.

Il tourna sa tête vers elle :

- Soi-disant qu’ils ne voulaient pas m’infliger cette douleur. N’est-on pas censés la partager entre nous ? Tu ne voudrais pas ça toi, si c’était un de tes frères ?

Minerva frissonna violemment.

- Arrête, ne fais pas ça, réprimanda-t-elle.

Lewis courba la tête et s’excusa.

- J’ai longuement pensé à notre fouille chez ton ami Jimmy, lança-t-il à nouveau. Quelque chose nous a forcément échappé. Jedusor n’a pu effacer tous les indices compromettants…

Minerva songea au papier qu’elle avait découvert sous la radio et se trémoussa.

- J’ai entendu dire que la voisine de Jimmy était décédée cet été, continua Lewis avec un regard appuyé.

Minerva se demanda un instant comme il était au courant lui qui venait d’une famille de sorciers qui ne disposait pas de la télévision. Mais Lewis avait un certain intérêt pour le monde moldu, peut-être avait-il vu la nouvelle dans un journal. Il haussa un sourcil face à son silence.

- Tu n’as pas l’air surprise.

Minerva tordit sa bouche, embarrassée.

- J’ai vu l’information passer effectivement.

- Et tu ne t’es pas dit que je pouvais être mis au courant ? Je suis tombé par hasard sur un article plus d’un mois et demi après son décès ! Peu après que l’on soit passés chez ton ami… C’est étrange, non ?

Elle rougit. Elle songea à l’entretien entre Polly Gardner et le journaliste, la mention de Jimmy et sa mort suspicieuse quelques jours plus tard.

- Cela ne peut pas être une coïncidence, continua Lewis pour lui-même, pas encore. Il se passe tellement de choses étranges sans que je parvienne à les assembler.

Minerva nota l’usage du pronom. Qu’il ne l’ait pas inclue dans ses recherches en disait long sur son propre comportement : inconsciemment, il comprenait qu’elle s’échappait peu à peu de l’enquête. Elle n’avait même pas songé à l’informer pour Gardner et taisait une nouvelle fois le contenu de l’entretien dans lequel elle parlait à demi-mots de sortilèges, de son hypothèse sur la mort de Jimmy qui ne serait que la première avant la tuerie de février dernier. Bien sûr, il y avait cette histoire de calmants qui auraient pu altérer sa vision, mais Minerva sentait que si elle la mentionnait, elle se ferait encore plus honte à elle-même qu’elle ne se le faisait déjà.

Lewis soupira et se frotta les yeux. Il la regarda.

- Ne me cache plus ce genre de chose, c’est d’accord ?

Minerva l’observa. Dans ses yeux bleus elle retrouva ceux terrifiés de sa mère Faye, ceux colériques qu’il avait eus après sa dispute avec celle-ci, et ceux morts d’Albert. Elle frissonna. De manière hasardeuse, Lewis ne disposait d’aucun indice ou information ; c’était toujours Minerva qui en découvrait, qui les cachait. D’une certaine manière, le Serpentard était dépendant du bon-vouloir de la jeune fille. Taire serait le protéger de lui-même mais aussi trahir. Parler serait l’aider mais risquer qu’il aille trop loin. Minerva réalisa qu’elle était le tison qui rallumait constamment les flammes de la cendre vengeresse qui habitait Lewis.

Alors, pour un instant, au lieu de tout révéler, elle préféra étouffer les fumées naissantes et souffla :

- C’est d’accord.
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Incroyable mais vrai je suis la première à commenter un chapitre ouloulou
parce que sinon j'y suis encore à 57 ans dans cette fanfic
Tu veux pas faire ça pour nous t'abuses :lol:
- Préfète-en-cheffe ? s’exclama-t-il. Incroyable !
Est-ce étonnant, pourtant
Il a pas tort Alan, quelle délinquante :lol:
Une sorte d'événement dans l’école.
OUUUH un tournoi sportif ? Un concours de crachat ? Un concours de qui mange le plus de saucisses en 10min ?
Elle ne pouvait guère demander conseil à sa mère puisque celle-ci s’était enfuie avec son futur mari et était tombée enceinte peu après. S’il y avait bien une voie qu’elle ne souhaitait pas prendre, c’était celle-là.
LOOOOOOOOOL effectivement bonjour le conseil d'orientation
Il lança quelques mots de bienvenue, creux comme d’habitude avant de reprendre après une gorgée de jus de citrouille :
Est-ce pire que le discours composé de mots absurdes de Dumby, je ne crois pas

DU THEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAATRE ça promet tiens
les élèves qui s’agrippaient à leur ventre affamé puissent commencer le festin
Nan mais les drama queens là :lol:
Alexandra, jamais trop inquiète, mâchonnait nonchalamment la corde de son sweat-shirt, les bras croisés.
MOOD
Oh la bande de bras cassés :lol:
En comparaison, l’autre étudiant était tout aussi doué et en 4ème année, donc plus rentable.
Ces calculs, rololo
- Un ami ? suggéra Etna. Cela peut être bien pour la cohésion du groupe.
Vu que Grace lui a pas répondu, je sais pas si on peut vraiment dire que c'est un ami :lol:
Oh noooooooooooooooon elle eput pas virer Grace T.T
Elle avait rendez-vous avec Lewis et après plusieurs jours de croisement sans fin et furtifs, elle se devait d’honorer quelques heures en sa présence.
Je suis sûre que c'est le genre à écrire dans son agenda : "penser à passer du temps avec Lewis"
SpOnTAnéItE Minerva
Elle adorait discuter avec lui et être en sa présence et elle devait bien admettre que quand il lui avait manifesté de l’intérêt, elle s’était sentie flattée. Il était toujours plaisant d’être appréciée et de réaliser qu’elle, elle la fille trop sérieuse et froide au corps osseux et sec, pouvait plaire.
Tant de justesse dans ta description de leur relation ! Par contre ça pue grave pour Lewis haha
Alors, pour un instant, au lieu de tout révéler, elle préféra étouffer les fumées naissantes et souffla :

- C’est d’accord.
UUUUURGH c'est horrible parce que je comprends son choix et en même temps mentir ça craint, surtout à Lewis
Ca va tellement exploser entre eux T.T

Très bon chapitre de transition la citrouille, hâte de voir comment ça va EXPLOSER et puis où on va avec Cora et Alan aussi
Et la pièce ! J'imagine qu'ils vont être impliqués dedans mais je me demande comment :lol: Y aura-t-il un mort sur scène ?????
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Bonsoir !
Désolée ce chapitre arrive un peu tard, mais le voilà !!
Très bonne lecture à tous ! (oui c'est court comme intro haha)


Chapitre 26 : La morsure de la déception

« Ma chère fille,

Tu passeras le bonjour à ton frère puisqu’il ne semble toujours pas décidé à nous envoyer une lettre, malgré nos demandes. La maison est bien calme avec vous deux en moins. La cornemuse de votre père sonne un peu plus triste sur la colline et je sens que vous lui manquez déjà. A moi aussi, bien sûr. J’ai remarqué que tu n’avais pas emmené ta robe du mariage du jeune Potter à Poudlard… C’est dommage, elle aurait pu te servir, notamment pour ce spectacle dont tu m’as parlé dans ta dernière lettre. »


Minerva roula des yeux et râla pour la forme. Elle doutait même assister au spectacle, à moins qu’il soit obligatoire, alors s’embarrasser d’une robe, aussi belle soit-elle…

« Robert Jr s’est encore enfermé durant des heures sous sa couette après votre départ. Impossible de le faire sortir de là, il a même manqué le début du dîner avant que votre père ne s’énerve. Je ne sais que trop en penser. Il a encore trois ans à attendre, ça va lui paraître long. Je n’ose imaginer sa réaction quand tu vas quitter Poudlard et voler de tes propres ailes. Mais ce n’est pas pour tout de suite, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, Robert Jr n’est descendu qu’après l’abandon de ton père. J’étais d’avis à le laisser dans son univers et ne pas le brusquer puisqu’il est sensible, mais bon… C’était différent avec toi et Malcolm, là j’ai comme l’impression qu’il ne réagit pas des fois quand je lui parle et quand il me répond c’est parfois sans rapport. Aurions-nous loupé quelque chose ? Je crains son entrée à Poudlard.

Embrasse ton frère, dis-lui de ne pas trop courir après cette Beth, travaillez bien et bonne chance pour ton premier match de l’année.

Maman »


Minerva reposa sa lettre plus soucieuse que rassurée d’avoir des nouvelles de sa famille. Le cas de Robert Jr l’intriguait, voire l’inquiétait. Elle avait depuis quelques temps remarqué son comportement effacé, d’abord mis sur le compte d’une timidité et d’une introversion importantes. Mais cela ne l’empêchait pas de tiquer aux mots de sa mère : elle n’avait jamais réalisé l’effet que son départ pour Poudlard provoquait chez son plus jeune frère. Elle n’avait pas besoin de demander à Alan si sa petite sœur réagissait ainsi quand lui partait pour son année scolaire. Ce n’était pas juste qu’il osait à peine s’approcher des enfants de son âge, il en avait presque peur. Il se satisfaisait de sa bulle solitaire et imperméable au monde extérieur. Le jardin et les champs étaient ses limites les plus extrêmes. Parfois, Minerva se demandait s’ils avaient trop restreint sa magie lorsqu’il était plus jeune. Il était vrai qu’ils avaient fait en sorte qu’il reste éloigné des autres enfants tant qu’il ne maîtrisait pas sa magie ou du moins, tant qu’il ne comprenait pas l’importance de la dissimuler. Minerva et Malcolm, tous deux très précoces, avaient rapidement fait usage de leurs dons mais avaient vite réalisé dans quel environnement ils pouvaient relâcher leur contrôle. Robert Jr restait instable. Certes il était encore jeune du haut de ses huit ans, mais Minerva se demandait si ce retard accumulé n’allait pas lui être préjudiciable une fois arrivé à Poudlard.

Elle soupira et rejoignit Lewis sur un banc de pierre près de la Grande Salle. Il remarqua son air soucieux et une fois qu’il se fut décalé pour lui laisser la place, s’enquit de son état.

- On dirait que tu réfléchis au meilleur moyen de me faire tomber de mon balai pour le prochain match.

Minerva plissa les yeux à son encontre. Le premier match opposant Poufsouffle à Serdaigle s’était déroulé la veille et celui de Gryffondor contre les Serpentard s’enchaînait la semaine prochaine. Un bon moyen pour lancer les nouveaux dans le bain sanglant du Quidditch. Audric l’attrapeur en était malade depuis quelques jours.

- Pas besoin de réfléchir pour ça, répliqua-t-elle. Non, j’ai reçu ça de ma mère, dit-elle en lui tendant la lettre.

Elle avait très vite compris que Lewis était de bonne écoute et de bons conseils. Elle se souvenait parfaitement de cette conversation qu’ils avaient eus dans la Grande Salle, lorsqu’elle l’avait aidé à travailler ses BUSES. Si elle avait été gênée et mal à l’aise, sa clairvoyance avait visé juste. Elle reniait les compliments qu’elle pensait factices et Lewis avait taxé cette fausse modestie comme un manque d’estime de soi. En outre, celui-ci étant son copain à présent (même si cela lui paraissait étrange de le dire), elle estimait que peut-être il avait droit à ce qu’elle lui demande conseils. Inutile de tout garder pour elle. Peut-être cela noierait-il tous les autres secrets qu’elle gardait loin de lui.

Lewis lut avec attention la lettre en fronçant les sourcils. A la fin, il releva les yeux et demanda :

- Malcolm n’est pas comme ça, non ?

Minerva secoua la tête.

- Il n’est pas exubérant mais enfant c’était une petite terreur. Robert Jr, lui… Des fois je me demande si mes parents ne souhaiteraient pas qu’il fasse une bêtise comme n’importe quel enfant. Je ne te raconte pas sa tête quand on a des invités, j’ai l’impression que le monstre sous son lit vient le récupérer et l’emmener sur une autre planète.

- Le monstre sous son lit ? répéta Lewis en penchant la tête.

Minerva haussa les épaules. Elle avait tellement entendu cette histoire qu’elle était habituée à en parler comme si la situation était logique.

- Je ne sais pas trop ce que c’est. Tout ce qu’il n’aime pas, il les met sous son lit, cachés. Généralement, il se réfugie sous sa couette ensuite, comme si elle allait le protéger de tout. Impossible de l’en faire sortir tant qu’il ne l’a pas décidé.

- Et avec toi, il agit comment ?

Minerva prit un instant de réflexion avant de répondre. Etrangement, Robert Jr semblait plus apaisé en sa présence. Il ne résistait pas à ses caresses sur les cheveux ou à sa proximité. Devant sa propre mère, il reculait. C’était des gestes que la jeune fille avait régulièrement remarqués, des gestes particulièrement douloureux pour Isobel. Il était surprenant de voir la confiance que son frère lui témoignait alors qu’elle avait été absente durant plusieurs années dû à sa scolarité. Peut-être son inconscient avait gardé un souvenir vif et heureux de sa présence quand il était très jeune. En effet, Minerva avait dix ans lors la naissance de son frère et son esprit prompt avait bien compris l’importance de dissimuler la magie aux yeux des villageois. Pour une fois, Minerva avait donné plus de leste à son frère, contrairement à sa mère. Sans en avoir conscience, peut-être que Robert Jr en tenait rigueur à Isobel. Quand elle raconta tout ceci au Serpentard, il s’adossa au mur de pierre, l’air de réfléchir.

- Il semble comprendre ce qu’il se passe autour de lui, ajouta Minerva, mais c’est comme s’il était… déphasé. Tu peux lui dire n’importe quoi, s’il juge que ce n’est pas intéressant pour lui il ne te répondra pas. En revanche, si tu mentionnes ses sujets favoris, tu ne pourras pas l’arrêter de parler. Il serait même capable de discuter avec des inconnus.

Lewis resta silencieux de longues secondes.

- Il a déjà consulté un médecin ? s’enquit-il avec prudence.

Minerva le regarda avec un air étonné.

- Quel genre de médecin ? Sorcier, moldu ? On ne sait même pas s’il a réellement quelque chose qui ne va pas, qui veux-tu qu’on aille voir ?

- Peut-être pour savoir si son comportement est considéré comme normal ? Pourquoi tu ne l’emmènerais pas voir cette infirmière de la Mangoustine ?

Minerva se redressa. Mme Agrepine pourrait peut-être l’aider. Elle avait certifié que certains médecins moldus et médicomages travaillaient ensemble. Le seul problème semblait être leur manque de moyens financiers, mais cela valait le coup d’essayer. Elle se tourna vers Lewis avec un grand sourire, ce qui parut l’étonner, car il cligna des yeux d’un air ahuri.

- Arrête, tu vas m’aveugler.

Minerva eut un bref ricanement et le frappa à l’épaule. Elle proposerait cette solution à sa mère, ou du moins lui en toucherait deux mots. Restait à savoir si celle-ci allait accepter l’éventualité d’un possible traitement.

Un peu plus loin, elle vit Pomona traverser les couloirs d’un air affairé, une montagne de parchemins dans ses bras. Elle avait émis le souhait de partir à l’étranger pour sa sixième année, à l’école d’Amérique du Sud de Castelobruxo, réputée pour ses professeurs émérites en botanique. L’échange étant encore à son statut expérimental, Pomona se retrouvait à fournir de multiples papiers ainsi qu’un dossier de motivation afin d’espérer d’être acceptée.

Lewis suivit son regard et croisa les bras.

- Elle a une sacrée persévérance, ton amie, commenta-t-il. Elle file tout droit et sait déjà quoi faire après ses études. J’aimerais savoir moi aussi.

- T’as encore du temps, grogna Minerva en se rencognant sur le banc.

- Je parie que tu te disais la même chose il y a deux ans, taquina-t-il en se tournant vers elle. Mais le temps passe vite, n’est-ce pas ?

Minerva ne répondit pas tout de suite. Elle ne le montrait guère, mais tout cela l’angoissait. Sa famille commençait à lui demander ce qu’elle comptait faire après ses études. Sans parler des professeurs qui leur imposait une forte pression sur leurs examens de fin d’année. Leur premier emploi dépendrait de leurs résultats. Minerva n’était pas la plus à plaindre étant donné ses excellentes notes, mais sortir du cocon rassurant de Poudlard l’inquiétait. Elle qui n’avait aucune expérience dans le monde du travail, comme comptait-elle trouver sa voie ? Elle entendait parler du Ministère, mais quels types d’emplois pouvait-elle y trouver ? A quel poste pouvait-elle prétendre avec seulement un diplôme et une expérience qui se réduisait à s’asseoir sur une chaise et à écouter un cours ?

Lewis sembla comprendre que sa blague n’avait pas eu l’effet escompté car il perdit son sourire.

- Eh, tu vas trouver, ne t’en fais pas. Dans le pire des cas, tu resteras chez tes parents le temps de réfléchir.

- Génial, râla Minerva en roulant des yeux, je vais vraiment me sentir utile comme ça.

- Tu ne sais pas ce que l’avenir te réserve…

- Ça c'est sûr…

- Arrête d’être cynique tu veux, coupa Lewis. Qui sait ce que tu vas vivre cette année, qui tu vas rencontrer ? Tu ne peux pas tout maîtriser dans ta vie, et tu ne pourras pas toujours tout contrôler et tout provoquer. Des fois, tout ce que tu auras à faire, c’est saisir ta chance en plein vol. Parfois, cela fonctionnera, parfois non. Et dans ce cas-là, ce ne sera pas grave. A même pas vingt ans, tu as le luxe de pouvoir essayer, tâtonner, échouer, essayer à nouveau, expérimenter… Pourquoi perdre ton temps à angoisser ?

Minerva papillonna des yeux. Parfois, elle oubliait qu’il était plus jeune qu’elle tellement il paraissait plus mature. Pas seulement plus mature, mais également plus posé, plus détendu. Quelque chose que Minerva souhaiterait être capable de faire. C’était fatiguant de toujours craindre le futur, de s’y rendre à contre cœur voire à reculons. Alors que Minerva tentait vainement d’y résister et observait l’échéance avec des sueurs froides, Lewis semblait se laisser porter sans peur aucune. Cette maturité qu’il avait sûrement acquise à force de se frotter à l’ombre de Jedusor et qui à la fois contrastait avec l’apaisement qu’il affichait sur d’autres sujets. Il y avait forcément à y gagner à se comporter ainsi, mais Minerva avait toujours tout réussi : Animagus, meilleure élève de sa promotion, meilleurs résultats aux BUSES, capitaine de l’équipe de Quidditch… Et pourtant, elle avait encore tant à apprendre, même sur le monde magique. Avec un père moldu et une mère ligotant sa magie, elle n’avait guère pu explorer ce à quoi la vie après Poudlard pouvait ressembler. Allait-elle devoir quitter sa famille et prendre un appartement ? A cette idée, elle eut un frisson de doute. Elle ne savait même pas ce qu’elle allait faire de sa vie, alors prendre son envol et se débrouiller toute seule… ? Elle avait grandi avec ses deux parents, deux frères, puis avait suivi des études, accompagnée de jeunes étudiantes de son âge. Serait-elle heureuse à manger son plat à peine réchauffé, le regard fixé sur un mur blanchâtre et éclairé par une vieille ampoule vacillante ? C’était peut-être une version dramatique de la vie en solitaire qu’elle avait en tête, mais il lui était impossible d’imaginer sa vie si loin de sa famille. Et surtout si Robert Jr ne supportait pas son absence.

Elle se souvenait de sa conversation avec le professeur Dumbledore l’année précédente. Si le département de la Justice Magique semblait attrayant et ambitieux, il restait vague : quel emploi pouvait-elle y occuper ? Combien de temps avant qu’elle puisse réellement changer les choses au sein de la société magique ? Cela pouvait sonner prétentieux, mais elle avait grandi entre deux mondes, ou du moins dans deux mondes, et elle avait vu les dégâts causés par la séparation des communautés. Saurait-elle se plaire au Ministère ? Après tout, sa mère aussi prévoyait de s’y rendre… Elle soupira discrètement et laissa Lewis déblatérer à ses côtés sur les exigences de son professeur d’études moldues, puis ferma son esprit à ses doutes.

***

Difficile de savoir qui était le plus pâle chez les joueurs de l’équipe de Gryffondor. Minerva observait ses coéquipiers avec un malaise grandissant. Audric était presque translucide sous ses tâches de rousseurs et sa main tremblait tellement qu’il aurait pu en lâcher son balai. Olga était la plus calme. Ou du moins, elle semblait, car sa nature silencieuse lui permettait de dissimuler plus facilement ses émotions. Même Alexandra affichait une mine inquiète, se grignotant un ongle tandis que Fabio jetait des coups d’œil méfiants envers Grace qui arborait une tête boudeuse. Les entraînements en sa compagnie avaient été particulièrement difficiles. Chacun de ses échecs s’accompagnait d’une frustration croissante qui finissait par la rendre de mauvaise humeur pendant plusieurs heures. Ses coéquipiers avaient beau affirmer que ce n’était pas grave de ne pas réussir à chaque fois, elle ne semblait pas les croire. Alexandra avait fini par hausser le ton, agacée, ce qui avait envoyé Grace dans un mutisme profond. Depuis, les deux évitaient de s’adresser la parole et Minerva gémissait intérieurement. Grace n’était très clairement pas prête à s’ouvrir comme elle l’avait fait à sa capitaine.

Elle remarqua Audric s’essuyer discrètement ses mains moites contre sa robe et elle détourna le regard. Si elle ne les regardait pas, peut-être leur stress ne l’atteindrait pas. Le match s’annonçait particulièrement ardu et éprouvant. Ses nouvelles recrues n’étaient pas prêtes pour jouer contre les Serpentard. Audric était toujours en retard sur le Vif, Grace écrasait Fabio par sa personnalité bruyante et imposante et Olga avait tendance à reculer lorsqu’un joueur arrivait trop rapidement sur elle. Minerva savait que le début allait être difficile mais au fond d’elle, elle avait espéré dégotter les recrues qui permettraient à Gryffondor de l’emporter une nouvelle fois. En outre, Minerva refusait de quitter Poudlard dans la défaite, à la fois pour elle mais également pour son dossier scolaire. Elle ne savait pas quelle voie prendre après, alors elle devait avoir toutes les cartes en main pour s’assurer un panel de solutions.

C’est avec la boule au ventre qu’elle franchit les portes du stade, les deux autres poursuiveurs à ses côtés. Si elle devait nommer sa plus grande crainte, ce serait Mallony. Elle s’était révélée imprévisible durant les entraînements et elle espérait que l’équipe, et en particulier Fabio, n’en paierait pas les frais.

- … un match qui s’annonce fort intéressant puisque nous allons voir si les Serpentard se sont relevés de leur année bien difficile, et si les Gryffondor ont été capables de reconstituer une équipe capable de tenir la compétition !

Quand Minerva alla serrer la main de Miller, elle vit dans ses yeux une flamme qu’elle reconnut immédiatement comme le désir incomparable de vouloir vaincre son adversaire : cette année était une nouvelle année, et il fallait effacer de l’ardoise les échecs récents. Lui aussi en dernière année, il ne laisserait certainement pas passer sa chance d’écraser ceux qui l’avaient envoyé en troisième place. A travers les conversations qu’elle avait eu avec Lewis, elle avait réussi à comprendre que les Serpentard étaient parvenus à prendre des joueurs prometteurs. Mais cela aurait pu tout aussi bien être du bluff de la part de son copain.

Les gradins étaient particulièrement bruyants, et Minerva ne prêta qu’une brève attention aux banderoles déployées au milieu des élèves. Elle se propulsa dans les airs au coup de sifflet et laissa Etna s’emparer du Souafle. Elle vérifia qu’Audric était bien parti au-dessus de leur tête et fila contrer un Serpentard qui fusait vers Etna pour la déstabiliser. Peu de temps après, elle dut virer dans la catastrophe alors qu’un Cognard venait à son encontre. Passant outre, elle récupéra le Souafle auprès d’Alexandra et marqua les premiers points des rouges.

Le nouveau Poursuiveur des Serpentard était doué dans le genre anguille : très agile, il leur filait entre les doigts et établissait des prouesses sur son balai. Il aurait pu être attrapeur, mais Minerva comprit rapidement pourquoi ce n’était le cas lorsqu’elle aperçut l’attrapeur officiel faire une feinte au pauvre Audric qui tomba dans le piège. L’attrapeur remplaçant de l’année précédente n’avait pas été gardé, sans surprise. Minerva commença à craindre pour ce match. Audric était un joueur doué, mais la pression du match lui était monté à la tête, ou peut-être n’avait-il pas réalisé que le niveau serait si élevé et sans pitié. Malgré tout, les trois Poursuiveuses parvenaient à réaliser leur mission et marquaient continuellement. Olga tenait la route en sortant de jolis arrêts. Même s’il lui manquait les mécanismes de l’habitude et de l’expérience, Minerva avait bon espoir d’en faire une joueuse prometteuse.

Celle qui pêchait le plus se tenait avec sa batte à la main. Grace avait une mine concentrée et frappait avec vigueur et précision sur les Cognards. Elle avait en revanche plus de difficultés à communiquer avec son partenaire Fabio et le moindre échec la mettait dans tous ses états. Peu à peu, Minerva nota son jeu de plus en plus effacé. Après qu’Etna ait failli chuter de son balai à la suite d’un Cognard qui était passé sous la vigilance de Mallony, la capitaine prit le temps de lancer à la batteuse :

- Grace, reprends-toi ! On a besoin de toi, ici !

Des voix dans les gradins semblèrent répéter ses paroles mais elle n’y fit pas plus attention et retourna au jeu. Malheureusement, elle entendit à plusieurs reprises Grace pousser des cris de frustration difficiles à ignorer. Les rires des Serpentard qui les accompagnaient ne faisaient qu’empirer la situation. S’il y avait bien une chose que Minerva avait comprise à propos de Grace, c’était que celle-ci cachait une basse estime de soi derrière une armure d’agressivité. Au lieu de s’ouvrir elle repoussait aussi violemment qu’elle pouvait, et lorsqu’elle acceptait une intrusion dans son intimité comme elle l’avait fait avec Minerva et le Quidditch, elle préférait s’auto-fustiger. Avoir l’air en colère contre soi-même lui paraissait sûrement plus acceptable que de devoir admettre directement sa faiblesse.

Si Minerva ne la canalisait pas maintenant, elle risquait de provoquer un désastre. La capitaine demanda un temps mort et s’enquit de l’état de ses joueurs. Olga semblait maîtriser la situation et Audric tentait tant bien que mal de se maintenir face à son adversaire. Grace haussa les épaules. Minerva fit mine de changer de sujet, mais après ses dernières recommandations à l’équipe, elle prit Grace à part.

- Que se passe-t-il ? C’est la pression du premier match ?

Grace se mordilla la lèvre et repoussa une mèche de cheveux trempée de sueur. Avec stupéfaction, Minerva crut apercevoir un éclat brillant dans les yeux de la batteuse avant que celle-ci ne souffle :

- T’avais dit que ça changerait. Qu’ils changeraient d’avis sur moi.

- Pardon ?

Minerva n’eut pas le temps de plus la questionner car l’arbitre sifflait la fin du temps mort. Troublée, elle retourna dans les airs sans vraiment comprendre ce que Grace avait voulu dire par là.

La reprise du match fut laborieuse. Fabio luttait continuellement pour s’aligner sur la technique de frappe de Grace. La jeune fille ne parvenant pas à se caler sur celle du garçon car peu expérimentée, celui-ci avait décidé de suivre une stratégie identique afin d’instaurer un semblant d’unité dans leur jeu. En cela, le batteur avait bien changé depuis le début de son intégration dans le groupe. S’il était toujours aussi timide et silencieux, il avait gagné en confiance durant les matchs et parvenait à prendre ses responsabilités et des décisions quand il le fallait. Cependant, il avait beau être doué, il ne pouvait pas rattraper les erreurs de Grace qui finissaient irrémédiablement par impacter les Poursuiveuses. Sans leur ancienneté, celles-ci seraient tombées à terre depuis bien longtemps.

A la énième embardée d’Etna, une acclamation ironique retentit chez les mêmes étudiants qui se moquaient de Grace plus tôt. Minerva se tordit le cou pour les fusiller du regard et faillit tomber de son balai. Ce n’était pas des Serpentard qui étaient irrespectueux depuis le début du match envers la batteuse, mais bel et bien des Gryffondor. A y regarder de plus près, la capitaine pouvait même reconnaître Zimmerman, l’élève qu’elle avait recalé aux sélections face à Audric.

- La ferme ! cria Grace à leur égard.

- Laisse couler, avertit Minerva avec un regard sévère.

Elle lui avait promis qu’elle n’aurait pas de problème avec Zimmerman s’il ne jouait pas, alors elle avait intérêt à tenir sa parole. Elle avait besoin que sa batteuse sache se fermer aux cris des gradins lorsqu’elle jouait. Mais elle en était incapable.

Ce qui devait arriver arriva et, lorsque Zimmerman et sa bande mimèrent une Ola lorsque Grace rata sa frappe, celle-ci craqua et envoya de toutes ses forces un Cognard sur le jeune homme. Minerva hurla si fort qu’elle se demanda si cela ne pouvait pas faire arrêter le Cognard par la seule force de ses cordes vocales. Mais Zimmerman se prit le Cognard au ras du front, assez pour lui arracher une touffe de cheveux et le blesser. L’arbitre siffla l’arrêt de match et imposa une sortie définitive de Grace du terrain. Pour toute personne qui n’avait pas suivi la tension grandissante entre la joueuse et le groupe, ce coup apparaissait comme une erreur de manœuvre comme cela arrivait souvent au Quidditch. Mais Minerva, seule témoin, resta un long moment à flotter dans les airs, le coup vengeur de la batteuse passant en boucle dans sa tête.

***

Ils avaient perdu. Avec une batteuse en moins, le moral était tombé au plus bas et l’attrapeur de Serpentard en avait profité pour laisser Audric sur place et fuser vers le Vif d’or. En quelques secondes, le match s’était terminé sous les cris de joie des Serpentard. Cette fois, c’était les verts qui renaissaient de leurs cendres tandis que les rouges se consumaient.

Minerva atterrit brutalement. Ce n’était pas tant la défaite qui la décevait, mais plus le comportement de Grace. Elle comprenait sa colère face aux élèves de sa promotion qui lui menaient la vie dure. Mais cela ne justifiait en aucun cas de lancer un Cognard par pur esprit de vengeance. S’il y avait bien un moment où l’impulsivité des Gryffondor était déplorable, c’était bien celui-là.

Elle trouva Grace dans les vestiaires, après y être entrée en faisant claquer la porte contre le mur derrière.

- C’était quoi ce bordel ?

Elle était si frustrée contre sa coéquipière qu’elle en devenait vulgaire. Grace leva un visage outré.

- Mais tu les as entendus, non ? Tous, ils étaient tous en train de se moquer ! Durant tout le match !

- Et cela te donne le droit de blesser Zimmerman ?

- Le coup m’a échappé.

- Arrête de mentir, riposta Minerva. Aux sélections, lorsque tu m’as promis que tu ne poserais pas de problèmes avec Zimmerman, ça aussi c’était un mensonge ?

Grace se leva brutalement.

- Ce n’est pas moi le problème, c’est lui !

- J’en n’ai rien à faire de qui est responsable. Moi ce que je vois c’est que j’ai une joueuse qui n’est pas capable de passer outre des commentaires désobligeants lorsqu’elle joue au Quidditch. Je t’ai choisie toi avec l’équipe, je t’ai entraînée parce que je croyais en toi. Pas Zimmerman. Quelle légitimité il a lui, à juger tes capacités sur le terrain ? Aucune ! Je t’ai demandée de passer outre, tu n’en n’as fait qu’à ta tête.

Elle était dure. Elle le savait. Plus dure qu’avec n’importe qui. Mais elle était si déçue, si déçue d’avoir vu un tel geste de la part de la jeune fille qu’elle avait pris tant de temps d’entraîner, en qui elle avait donné sa confiance. Et peut-être parce qu’elle voyait en elle sa protégée, elle lui montrait encore moins d’affection, était plus exigeante. Se retrouvait-elle en cette batteuse, elle ne saurait le dire.

- Tu crois que tes problèmes personnels se règlent sur le terrain ? continua Minerva en se rapprochant de la jeune fille.

- J’ai l’impression que ça vaut mieux, quand la préfète-en-cheffe n’est pas fichue de reporter le harcèlement d’un élève sur un autre aux professeurs, siffla Grace. C’est bien toi, non ? C’est ton rôle ?

Minerva ne répliqua pas. Grace n’avait pas tort. C’était même un de ses devoirs, pas seulement un rôle à avoir.

- Et toi, qui me parlait de mensonge, reprit Grace, ce n’est pas toi qui m’avais promis que les autres étudiants me verraient d’un bon œil si je rejoignais l’équipe ? T’as l’impression que ça me réussit ?

Minerva vit rouge.

- Si tu as rejoint l’équipe juste pour ça, tu peux tout aussi bien la quitter. Je t’ai déjà dit que nous n’étions pas un refuge pour âmes égarées. Et si tu croyais que tes problèmes allaient se résoudre dès l’annonce de ton intégration, tu te trompais lourdement. Tu es incapable d’attendre…

- Mais j’en ai marre d’attendre ! cria soudainement Grace en s’éloignant de Minerva. J’en ai marre, tu comprends ? Je veux qu’ils paient !

Le visage de Minerva se ferma brutalement. Elle regarda froidement sa batteuse.

- Tu m’as déjà déçue une fois, Mallony. Fais attention à ne pas dépasser les bornes.

Grace revint, les traits colériques, à la limite du mépris et souffla d’un ton furieux :

- Tu crois que j’en ai quelque chose à faire de ton avis sur moi ? Que ce soit ta pitié, tes remarques, tes déceptions, rien de ce qui sort chez toi n’est bon à prendre.

- Ça suffit !

Etna surgit dans les vestiaires, essoufflée encore de sa course pour les retrouver. Ses yeux firent un va-et-vient entre les deux jeunes filles et elle s’approcha doucement afin de leur imposer une distance.

Minerva ne savait quelle émotion était la plus forte dans son esprit : la colère noyait tout, comme à son habitude, la culpabilité, la honte, la déception se mélangeaient entre elles. Avoir déçu, également. Sa fierté, plus loin derrière, était bridée afin qu’aucun mot regrettable ne franchisse ses lèvres pincées.

Préférant en rester là, la capitaine lança un dernier regard indéchiffrable à Grace et lui tourna le dos, quittant les vestiaires dans un pas lourd. Lourd de quoi, elle ne savait pas précisément.
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