Lily & James [Harry Potter] - Terminée

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Cazolie

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par Cazolie »

SALUT

EH OUI C EST MOI
INCROYABLE

Bref haha, salut tout le monde, j'espère que tout le monde va bien ! Je viens vous poster un petit spin-off, écrit pour l'anniversaire de notre admirable Perri, qui a dû le fêter coincée chez elle. J'espère que ça vous plaira ! Oubliez pas d'aller lire la fanfic de notre Coch' national, et aussi celle de Perri ! Et qui sait, peut-être qu'Anna' et PtiteCitrouille vont revenir en fanfare un de ces autre 8-) La bise tout le monde !


Bavboules



Partie 1 : tu tires ou tu pointes ?

Poudlard, 1969 – Cinquième année

Emmeline Vance mordilla sa plume avant de grimacer, des poils sur la langue. Après cinq ans à Poudlard, elle continuait à se faire avoir. Elle crachota discrètement dans la salle commune bondée de Serdaigle. Après le dîner, la plupart des étudiants se prélassaient dans les fauteuils et bavardaient, exception faite de ceux qui passaient des examens cette année-là – Emmeline était du nombre. Après avoir écrit sa phrase sans autre incident de plume, elle consulta sa montre et grommela pour elle-même. Il était temps qu’elle y aille. Elle roula soigneusement son parchemin, le fourra dans sa sacoche avec sa plume, son encrier et ses livres, et chargea le sac bien alourdi sur son épaule. « Quelle corvée », songea-t-elle en saluant quelques camarades du club de Bavboules qui discutaient du dernier championnat, assis près d’une fenêtre. Elle aurait préféré se joindre à eux ou, mieux encore, terminer tranquillement son devoir dans son dortoir.

Traînant les pieds, elle se dirigea vers la salle de retenue. Son insigne de préfète captait les éclats des flambeaux lorsqu’elle passait près d’eux. D’habitude fière de cette distinction que le professeur Flitwick lui avait attribuée au début de l’année, elle aurait préféré, pour l’heure actuelle, laisser sa fonction à quelqu’un d’autre.

Le pédant préfet-en-chef, Rodolphus Lestrange, l’avait coincée sur le chemin qui menait aux serres pour la convaincre de surveiller un élève qu’il avait collé. Emmeline ne savait pas dire non – encore moins quand on la coinçait de la sorte. Elle jeta un coup d’oeil peu amène à une statue qui se grattait le heaume avec des grincements stridents, agacée. Parvenue devant la salle de retenue entrouverte, elle la poussa de l’épaule et considéra avec surprise le grand adolescent qui, avachi sur sa chaise, fixait le plafond d’un air vide.

- Fenwick ?

Le dénommé Fenwick lui lança un regard peu intéressé. Ses boucles châtains clairs tombaient sur yeux et lui conféraient un côté négligé qui agaçait Emmeline.

- Salut, Vance. T’es collée ?
- Bien sûr que non, répondit-elle en laissant tomber sa sacoche avec un bruit sourd sur le bureau qui dominait la salle. Je suis là pour te surveiller.

Une vague expression surprise passa sur son visage mais il ne releva pas et reprit sa contemplation du plafond. Emmeline était étonnée de le trouver là ; Benjy Fenwick n’était pas du genre fauteur de troubles. Jeune homme taciturne, il participait peu en classe, ne chahutait pas, ne bousculait pas ses camarades dans les couloirs. Lestrange ne lui avait pas dit ce qu’il faisait là.

Tout en réfléchissant, Emmeline sortit son devoir de potions et le déroula. Elle saisit sa plume, faillit la porter à sa bouche mais se ravisa à temps. Alors qu’elle se plongeait dans la lecture de son dernier paragraphe, un bruit agaçant la tira de ses réflexions. Elle redressa vivement la tête, le regard assassin, et avisa Benjy qui tapotait à un rythme régulier sur son bureau avec sa baguette tout en fredonnant ce qui ressemblait vaguement à la dernière chanson de Magic Cauldron, saccagée au Bulbopus.

- Tu n’as pas quelque chose à faire ? Lâcha-t-elle sèchement. Lestrange ne t’a pas donné de tâche ?

Benjy cessa son concert et haussa les épaules.

- Non.

Emmeline leva les yeux au ciel tout en songeant « Préfet-en-chef à la noix ».

- Eh bien laisse les honnêtes gens travailler, au moins.

Le jeune homme fronça aussitôt les sourcils et ses yeux lancèrent des éclairs.

- Je ne sais pas ce qu’il t’a dit mais je suis aussi une honnête personne, gronda-t-il.
- Oh, eh, calme ! Je disais ça comme ça ! Lestrange ne m’a rien dit.

Benjy chassa une boucle de son front et la considéra d’un air torve. Emmeline soutint son regard, agacée. Il n’avait aucune raison de s’énerver contre elle de la sorte. Avec un soupir, Benjy capitula silencieusement et expliqua :

- J’ai insulté ce petit enfoiré de Walden Macnair. Et je l’ai attrapé par le col de sa chemise. (Il fit mine de réfléchir avant de se fendre d’un sourire mauvais). Et je l’ai un peu secoué.
- Mais pourquoi ? s’étonna Emmeline, choquée.

Pour ce qu’elle en savait, Macnair était un Serpentard de sixième année pas très malin mais costaud, qui trouvait sa joie dans le fait de frapper des cognards. Pas l’âme sœur d’Emmeline, a priori, mais il fallait de tout pour faire un monde.
Benjy se dandina un instant sur sa chaise en entendant sa question, la mine sombre. Finalement, il marmonna :

- Il avait insulté ma mère.

Se sentant franchement idiote, Emmeline répéta :

- Mais pourquoi ?
- Elle tient une boutique de vêtements dans Londres. Avec une section sorcière, et une moldue. Macnair considère que c’est trahir les Sorciers.

Il avait craché les derniers mots d’un air dégoûté, les poings serrés. Emmeline le considéra avec étonnement. Elle connaissait Benjy car ils suivaient les mêmes options qu’elle, elle l’avait aidé plus d’une fois en arithmancie et lui en potions. Pourtant, elle ne connaissait rien de sa vie. Elle ne savait pas d’où il venait, quels étaient ses amis à Poudlard. Elle le connaissait sans le connaître, et tout à coup cette idée la mettait mal à l’aise.

Benjy la regardait comme s’il attendait son jugement, qu’Emmeline ne se sentait nullement en droit de donner. Elle se contenta de répondre prudemment :

- Je ne vois pas en quoi ça pose un problème à Macnair.
- Tu vis tellement hors de ton monde que ça, Vance ? Railla-t-il. Tu n’as pas remarqué que depuis deux ou trois ans les agressions contre les Nés-Moldus ou autres Sorciers proches de leur monde se multipliaient ?
- Oh, si, mais je …

Emmeline se tut, rougissante. Pour tout avouer, elle ne se concentrait pas sur grand-chose à part ses études et les résultats de Bavboules.

- Je n’avais pas fait le lien, compléta-t-elle faiblement.

Son devoir de potion complètement oublié, elle déposa sa plume sur le bureau et considéra Benjy avec un intérêt renouvelé.

- Ça arrive souvent, ce genre de choses ? A Poudlard ?
- J’en sais rien. On n’y fait jamais vraiment attention avant d’en être soi-même victime.

Dotée d’un fort sens de la justice, Emmeline se sentit envahie de colère à l’idée de toutes ces insultes restées impunies.

- J’imagine que Macnair n’a rien pris pour son insulte ?
- Merlin, non. Depuis quand Lestrange s’en prend aux types de sa maison ?

La jeune fille lui concéda cela d’un hochement de tête. Il arrivait souvent que les préfets-en-chef favorisent leur maison, et c’était encore plus vrai avec Lestrange.

- C’est injuste, déclara-t-elle. Il faut faire quelque chose.

Benjy leva les yeux au ciel.

- On ne va pas aller voir McGonagall. J’ai déjà eu de la chance que Lestrange se contente de sa punition sans en référer aux profs.

Si Emmeline avait eu une boulette de papier, elle la lui aurait envoyée à la figure.

- Eh, tu me prends pour qui ? On peut se faire justice nous-même.
- Nous ? Releva-t-il. Ce ne sont pas tes affaires.
- Trop tard, rétorqua-t-elle avec un sourire mutin, le premier de la soirée.
- Bon et qu’est-ce que tu vas faire ? Marmonna-t-il, renfrogné. Avoir une meilleure note que lui en Métamorphose ?
- J’ai toujours de meilleures notes que lui, je te remercie. Non, on va mettre à contribution le club de Bavboules.
- Oh, Merlin tout puissant, gémit-il en enfouissant son visage entre ses bras. J’aurais mieux fait de me taire. (Il redressa la tête pour la fusiller du regard). Hors de question que le club de Bavboules participe à tout ça. Toi comprise.
- Chut, répondit-elle, la tête penchée sur un parchemin vierge. Je réfléchis.
- Vance ! s’agaça-t-il.

Elle releva la tête, chassa une mèche brune de son visage et ouvrit de grands yeux.

- Fenwick ! C’est quoi ton problème ? Laisse-moi t’aider.
- Je n’ai pas besoin…
- Oh, ça suffit le Gryffondor. Votre orgueil stupide ça va deux secondes.
- VANCE ! Ragea-t-il à nouveau, en abattant ses deux mains sur la table.

Emmeline se contenta de lui répondre par un sourire innocent, plaça un doigt sur sa bouche pour lui signifier de se taire et commença à griffonner sur son parchemin. Benjy se leva dans un grincement de chaise et voulut lui arracher le papier, mais elle l’arrêta d’un geste et lui tendit son devoir de potions à la place :

- On fait un marché : tu me laisses t’aider, et en échange je mets mon propre orgueil de côté et je te laisse corriger mon devoir.

Le visage impassible, il la considéra un silence quelques instants avant d’émettre un râle agacé.

- Très bien.

Emmeline dissimula son sourire vainqueur derrière ses cheveux, toujours penchée sur son parchemin. Aider Benjy était sa manière de se disculper pour le peu d’attention qu’elle portait au monde en temps normal, et elle ne le laisserait pas lui enlever ça.

***


Le jeudi suivant, l’entraînement de Bavboule eut lieu comme d’habitude à l’extérieur. Le club s’efforçait de s’entraîner par tous les temps afin d’être capable de faire face à toutes les situations. Emmeline retrouva ses quelques camarades du club avec plaisir, dans l’air froid de novembre. Ils se trouvaient dans un coin de la cour principale du château, endroit que la foule d’élèves avait l’habitude d’éviter. Personne ne souhaitait être la victime malencontreuse d’une bavboule en pleine défaite. La petite Miranda Blewett, première année, se proposa pour tracer le cercle au sol, en guise d’entraînement pour ses cours de sortilège. Mélusine Salathiel, une Serdaigle de septième année, annonçait les opposants pour les matchs d’entraînement. Emmeline n’écoutait que d’une oreille et surveillait le chemin qui menait aux serres. Si Chourave ne terminait pas son cours en avance comme il lui arrivait parfois, les Sixième années de Serpentard et Poufsouffle devraient passer par là environ une demi-heure plus tard.

Du coin de l’oeil, Emmeline aperçut Benjy qui se dissimulait dans un coin de la cour, le nez plongé dans un livre volumineux. Le plan de la jeune fille n’avait pas demandé beaucoup de préparation ; après avoir vérifié l’emploi du temps de Macnair, elle s’était arrangée avec Mélusine pour jouer au bon moment puis s’était efforcée de mettre sa fierté de côté. Elle en était parfaitement capable dès lors qu’elle souhaitait absolument obtenir quelque chose. Benjy ignorait ce qui allait se passer ; elle lui avait seulement ordonné d’être là.

L’entraînement de Bavboule commença, sans Oliver Bletchley, leur meilleur joueur, qui se trouvait en cours de botanique. Alors que Miranda perdait lamentablement contre Mélusine, puis Mélusine contre Eustace Fawley, en quatrième année à Poufsouffle, Emmeline peinait à prêter attention à l’entraînement. Elle ne pouvait s’empêcher de consulter sa montre, nerveuse à l’idée que leur programme ne coïncide pas avec le plan qu’elle avait prévu. C’était sans compter sur Mélusine, qui n’hésitait pas à interrompre une partie pour rester dans les temps. Alors que la cloche de Poudlard sonnait dix-huit heures, des élèves commencèrent à remonter le chemin qui menait aux serres. Mélusine n’avait plus que cinq minutes pour prendre sa revanche sur Eustace. Emmeline, le cœur battant, se tourna vers le chemin. Elle ne tarda pas à apercevoir Walden, entouré de sa bande d’amis. Elle avança à grands pas vers le chemin, tandis que derrière elle Eustace poussait un cri alors que la bavboule de Mélusine lui crachait dans l’oeil. Emmeline ramena une mèche de cheveux derrière son oreille, afficha un sourire qu’elle espérait aguicheur et s’exclama :

- Wouhou ! Walden !

Le Serpentard tourna machinalement les yeux vers elle, en même temps que tous ses camarades. Emmeline se sentit rougir mais ne se démonta pas et avança un peu plus vers eux. Curieux, la petite bande s’arrêta. La jeune fille, de taille moyenne, se sentit minuscule par rapport à ce gorille de Walden, qui n’était pas batteur pour rien, et ces trois amis tous plus grands qu’elle. Elle s’efforça de ne pas leur prêter attention et adressa un sourire éclatant à Macnair. « Merlin, prendre tous ces cognards dans la figure ne l’a pas arrangé », songea-t-elle.

- Salut, Walden. Je suis Emmeline, Emmeline Vance.

Elle lui tendit une main qu’il serra machinalement, l’air stupide. A croire qu’aucune fille ne lui avait jamais adressé la parole. A dire vrai, Emmeline y comptait.

- Tu vois, je suis une fan de Quidditch, et j’admire tellement ton jeu.

Sa voix de midinette lui donnait envie de grincer des dents. Elle semblait avoir complètement assommé Walden.

- Ah. Ben. Merci ?

Elle gloussa comme s’il était hilarant et replaça une nouvelle fois une mèche de cheveux derrière son oreille. Walden suivit le mouvement de sa main, comme hypnotisé. Ses amis ricanèrent lui assénèrent une tape dans le dos et déclarèrent qu’ils allaient continuer sans lui. Walden ressemblait à un condamné à mort. Un instant, Emmeline songea que cette conversation était peut-être une torture suffisante. Mélusine, qui la réclamait à grands cris, la ramena à son plan d’origine.

- Écoute, moi aussi je pratique un peu le sport. Tu voudrais jouer un peu avec moi ? On pourrait apprendre à se connaître un peu !

Nouveau large sourire. Walden cligna plusieurs fois des yeux, hébété. Emmeline décréta que son silence était un acquiescement et lui attrapa le bras sans façon pour le tirer vers le terrain de Bavboules. Mélusine fit une grimace de dégoût. Emmeline l’ignora et lança d’un ton joyeux :

- Je vais initier Walden aux Bavboules ! Ça ne vous dérange pas, hein ?

Mélusine consulta son plan, répondit du bout de lèvre que puisque Bletchley était un retard, elle pouvait, et s’écarta du terrain.

- Quelqu’un peut prêter ses Bavboules à Walden ? Ah, super, merci Eustace. Alors, Walden, tu connais un peu les règles ?

Comme le Serpentard secouait la tête, toujours mutique, Emmeline entreprit de lui expliquer. Elle n’osait tourner la tête du côté de Benjy, de peur d’attirer l’attention de Walden sur lui. Les règles étant plutôt simple, ils commencèrent bientôt à jouer. Par un coup de chance aberrant, Walden remporta tout d’abord deux points qui valurent à Emmeline de se faire arroser par ses Bavboules. Cependant la chance du débutant cessa bien vite et la jeune fille sortit plusieurs Bavboules du cercle, coup sur coup. Walden esquiva la première giclée (grâce à son entraînement de joueur de Quidditch sans doute), mais les deux suivantes le frappèrent droit dans l’oeil. Il jura la première fois, jura plus fort encore la seconde. La troisième fois, il fut si surpris qu’il trébucha, roula sur ses propres Bavboules qu’il envoya valser hors du cercle, tomba au sol et se fit asperger par toutes les billes qu’il avait sorties sans le vouloir. La petite Miranda ne put s’empêcher d’éclater de rire. Oliver Bletchley était arrivé au milieu de la partie et considérait son camarade avec un amusement non dissimulé. Quant à Mélusine, elle faisait semblant d’être penchée sur son sac de billes pour cacher qu’elle riait.

Emmeline prit un air catastrophé, secrètement ravie de la tournure que prenaient les événements, et se précipita sur Walden pour l’aider. Couvert du liquide pestilentiel que dégageaient les Bavboules, Walden la repoussa avec un juron et se releva tout seul.

- Stupide jeu ! Cracha-t-il. Mauvaise… Mauvaise idée !
- Je suis désolée ! s’exclama Emmeline. Tellement désolée, je voulais juste… Je voulais juste qu’on apprenne à se connaître, je…
- Mauvais idée ! Répéta Walden encore plus fort avant de se précipiter vers l’intérieur du château, humilié.
- Moi qui pensais que tu étais une fille intelligente, Vance, commenta Mélusine. Quelle idée de s’enticher de cet idiot de Macnair ?

Emmeline prit sur elle pour cacher son sourire triomphant et répondit d’une voix aussi piteuse que possible :

- Il est si bon au Quidditch.

Mélusine et Oliver la dévisagèrent d’un air atterré. Les deux Troisième années du groupe, des jumeaux répartis à Gryffondor et Poufsouffle, tentaient de se faire entendre pour savoir s’ils pouvaient jouer. Comme Emmeline sentait qu’elle ne pourrait jouer son rôle bien plus longtemps, elle rassembla en vitesse ses Bavboules, déclara qu’elle abandonnait l’entraînement pour ce soir-là et s’enfuit sans demander son reste. Elle rentra dans le château et monta lentement l’escalier principal. Au bout de quelques marches seulement, Benjy la rejoignit.

- Merlin, mais quelle idée absurde ! s’exclama-t-il avant de partir d’un grand rire.

Emmeline ne put retenir celui qu’elle réprimait depuis cinq minutes. Ils s’arrêtèrent sur le palier du premier étage, incapable de continuer plus loin, essoufflés. Ils étaient seuls, la majeure partie des élèves étant dans leur salle commune ou à la bibliothèque. Comme le concierge, Apollon Picott, passait au rez-de-chaussée et les gratifiait d’un regard surpris, ils s’empressèrent de disparaître dans un couloir afin d’éviter les questions.

- Je ne sais pas où tu es allée pêcher une idée pareille, rit Benjy alors qu’ils passaient devant le portrait d’une petite fille en robe rose sur une balançoire qui se mouvait toute seule.

Emmeline haussa les épaules, amusée.

- J’aime les Bavboules, je pense Bavboules. Ça m’a paru évident. La première chose que tu apprends lorsque tu commences ce jeu, c’est à supporter l’humiliation. Si si peu de personnes l’apprécient, c’est qu’ils ont l’impression de se ridiculiser à la moindre erreur. Je me doutais que Macnair était de ce genre-là.

Ils s’immobilisèrent devant la salle d’étude des runes et Benjy se laissa glisser au sol, le dos appuyé contre la porte. Emmeline fit de même, le dos appuyé contre le mur opposé. Elle sourit au jeune homme, dont le visage s’était ouvert. Ses yeux pétillaient, ses lèvres étaient légèrement retroussées, prêtes à sourire.

- Tu n’as pas peur qu’il t’en veuille ? Interrogea-t-il.

Elle haussa les épaules.

- Au pire, il m’évitera. Pourquoi m’en voudrait-il ? Tout ce que j’ai fait c’est manifester de l’admiration pour lui. Je ne vois pas comment il pourrait faire le lien entre nous, on ne traîne pas ensemble.

A ces mots, l’expression joyeuse de Benjy se fana quelque peu.

- C’est vrai. Pourquoi tu as fait ça pour moi ?

Emmeline ramena ses genoux contre sa poitrine, le temps de trouver une réponse adéquate. Elle fit tournicoter une mèche de cheveux entre ses doigts puis répondit lentement :

- Ma mère me reproche souvent de vivre un peu dans mon petit monde, de ne pas faire attention aux autres. Je sais que c’est vrai, et j’aimerais changer ça. Alors c’était une manière de m’investir, j’imagine.

Consciente que sa réponse donnait l’impression que Benjy en lui-même ne l’intéressait pas, elle continua :

- Et puis ça me sidère que Macnair ait insulté ta mère comme ça. Il méritait d’être puni.

Benjy hocha gravement la tête puis baissa les yeux, silencieux. Emmeline avait eu le temps de constater que son visage s’était à nouveau fermé. Paniquée à l’idée de l’avoir blessé, elle balbutia :

- Je suis désolée, je ne suis pas très douée pour… pour tout ça. L’amitié. Je… Je n’ai pas beaucoup d’amis, en dehors du club de Bavboules…

Elle rougit furieusement en l’avouant et ramena ses cheveux devant son visage d’un mouvement d’épaule pour se cacher derrière eux. Le rire de Benjy la tira de sa cachette. Elle osa jeter un coup d’oeil dans sa direction. Il lui souriait, l’air légèrement sardonique.

- C’est quoi cette amitié basée sur des billes qui crachent du pus ? Drôle de relation.
- Ce n’est pas du pus, s’insurgea Emmeline.

Il rit à nouveau, se leva et lui tendit la main pour l’aider à faire de même.

- C’est vraiment toute ta vie les Bavboules, hein ?
- Eh bien, ça et mes études, oui, avoua-t-elle, sans trop savoir si elle devait être fière ou gênée.
- Et un certain sens de la justice, apparemment, compléta Benjy en fourrant ses mains dans ses poches. Ravi de te rencontrer enfin, Emmeline Vance.

La jeune fille lui adressa un sourire franc et désigna l’escalier tout proche d’un mouvement de la tête.

- Tu viens ? Ça va bientôt l’heure de dîner et j’aimerais déposer mes Bavboules au dortoir avant.
Ils prirent donc le chemin de leur salle commune respective, côte à côte dans l’escalier, un sac de Bavboules entre eux.

Partie 2 : « Bavboule d’amour ! »

1979

- Où est-ce qu’on va ?
- Tu verras.
- Benjy !

Le jeune homme rit dans la nuit claire de Cornouailles et tendit la main à Emmeline, qui avait revêtu une belle robe de soirée de couleur pourpre pour l’occasion.

- On transplane. Je t’emmène.

Elle grimaça, les mains sur les hanches.

- Tu sais que chez les Moldus, on se rend au restaurant en voiture et l’homme peut ouvrir la portière de sa cavalière s’il veut être galant ? C’est bien moins violent que le transplanage d’escorte.

Benjy leva les yeux au ciel.

- J’y vais tout seul, si tu préfères.
- Pas maintenant que j’ai mis cette robe, non.
- Merlin, Vance, ce que tu es agaçante.

Elle lui sourit largement, pris finalement sa main et la secoua dans tous les sens.

- Alors ? On y va ?

Sans plus attendre, Benjy fit un pas en avant et pivota, Emmeline accrochée à sa main. Ils débarquèrent en plein Londres, dans une ruelle déserte qui débouchait sur une rue plus animée. Benjy guida la jeune femme vers un petit restaurant sympathique – et moldu – que lui avait conseillé Margaret. Il avait promis à Emmeline de l’emmener en restaurant pour qu’ils se changent les idées. Le contrat était clair : ils ne parleraient pas de la guerre. Ce soir-là, ils étaient deux vieux amis qui se retrouvaient pour partager un dîner, et non deux vétérans harassés.

Durant leur repas, Emmeline le harcela à propos des Bavboules. Il était le seul, au QG, à connaître sa passion pour ce jeu. Elle refusait d’en parler devant les autres, persuadée qu’ils se moqueraient d’elle. Elle en profitait donc dès qu’ils se trouvaient seuls, Benjy et elle, pour lui faire des compte-rendus détaillés de l’actualité Bavboules.

Tout en l’écoutant, il songeait avec tendresse à la jeune Serdaigle qu’il avait appris à connaître dix ans plus tôt. Après l’affaire Macnair, ils étaient vite devenus inséparables. Il l’avait sortie de son cercle exclusif de joueurs de Bavboules et Emmeline s’était rendue compte qu’elle appréciait la société des autres, plus qu’elle ne l’aurait pensé. Fidèle à sa volonté de s’investir plus dans le monde qui l’entourait, elle avait fait des efforts avec les amis de Benjy, qui étaient vite devenus les siens, mais aussi avec ses camarades de Bavboules. Elle avait appris à connaître autre chose que leurs qualités au jeu. Benjy l’avait regardée s’ouvrir avec bonheur, cette drôle de fille qui se fichait du regard des autres et adorait faire ses devoirs. Emmeline lui avait dit un jour que sans lui, jamais elle ne serait devenue préfète-en-chef. Trop renfermée sur elle-même, elle n’aurait pas fait une bonne candidate. Benjy lui avait ouvert des horizons nouveaux.

A ce jour encore, assis en face d’elle dans cette salle de restaurant moldue, Benjy ignorait ce qui l’avait poussé à s’attacher à elle, durant leur cinquième année. Peut-être était-ce plutôt Emmeline qui avait choisi de rester auprès de lui. Toujours là pour le harceler, pour le forcer à dire ce qu’il avait sur le cœur. Taciturne devant tous, il se laissait toujours aller devant Emmeline. Il aurait pu tomber amoureux d’elle si elle l’avait laissé faire. Mais Emmeline adolescente n’était pas intéressée par la romance. Ses quelques tentatives de flirt s’étaient soldées par des échecs retentissants, qui étaient vite devenus une blague entre eux. Par la suite, le cœur rongé par la vengeance, c’était lui qui s’était refuser à lui offrir plus.

- Ben ? Tu m’écoutes ?

Il sourit face à l’air agacé de la jeune femme et répondit docilement :

- Ils ont annulé le championnat d’Angleterre.
- Ça n’a pas l’air de t’attrister ! s’insurgea-t-elle. C’est une catastrophe !

Il se mit à rire et l’écouta énumérer tous les désavantages de cet événement pendant qu’il mangeait son dessert.



- Où est-ce qu’on va ?
- Tu as fini de me poser cette question en permanence ?
- Tu fais des mystères !
- Enjambe cette barrière.
- Quoi ?

Excédé, Benjy lui désigna la barrière du petit square londonien devant lequel ils se trouvaient. Emmeline lui jeta un regard circonspect, releva ses jupes et enjamba le petit portillon. Benjy fit de même puis l’entraîna au cœur du square, là où on ne les verrait pas de la rue.

- Donne moi ton sac à main, demanda-t-il alors qu’elle regardait autour d’elle, perplexe.

Elle le lui tendit, une mine méfiante sur le visage. Benjy farfouilla n’eut pas besoin de chercher longtemps pour trouver ce qu’il voulait. Il sortit un sac en toile, usé jusqu’à la corde, dont la vue fit rougir Emmeline.

- Je savais que tu les emmènerais, triompha-t-il.

La jeune femme lui confisqua son sac de Bavboules, l’air farouche.

- On ne sait jamais dans quelles circonstances on pourrait être amené à jouer !

Benjy s’abstint d’un commentaire sarcastique sur le fait que les Mangemorts la défieraient certainement pour se fendre d’un sourire vainqueur.

- Effectivement. D’ailleurs c’est ce qui nous amène ici.

Emmeline l’observa quelques secondes en silence pour vérifier qu’il était sérieux puis poussa un cri de joie. Elle s’empressa de préparer le terrain, ravie, tandis que Benjy se préparait mentalement à se faire recouvrir de jus pestilentiel. Emmeline revint vers lui en sautillant et lui pinça la joue avec humour.

- T’es vraiment une Bavboule d’amour, toi.
- Vance, geignit-il. Ne m’appellepas comme ça !

Elle éclata de rire, alla s’installer de son côté du cercle et entama la partie.



Après avoir raccompagné Emmeline chez elle, Benjy se rendit sur le lieu de sa garde de nuit. Il n’avait pas dit à la jeune femme qu’il ne rentrait pas directement au QG. Elle aurait tenu à rester avec lui. Appuyé contre un réverbère, caché sous une cape d’invisibilité d’assez mauvaise facture, il laissa la nostalgie l’envahir. La vie lui paraissait tellement difficile, lorsqu’il était adolescent. A présent, il aurait donné n’importe quoi pour revenir à la douce époque de Poudlard. Avant qu’il ne perde son âme dans la guerre.

Dans la nuit silencieuse, il se rappela l’horreur de l’assassinat de ses parents, la soif de vengeance, et le crime, le sang sur ses mains. Le noir désespoir d’Azkaban ensuite, puis Dumbledore lui expliquant qu’il n’était pas perdu à jamais.
Emmeline ne l’avait pas abandonné même pendant cette période de sa vie. Ce n’était pas faute de l’avoir repoussé. Elle s’était accrochée comme un Véracrasse à son aquarium. Elle était là à l’enterrement de ses parents, elle était là à sa sortie d’Azkaban. Elle était là lorsqu’il s’était enfin laisser aller à pleurer. Et quand il se détestait tellement qu’il avait souhaité se donner la mort, elle l’avait aimé assez pour deux.

Le lien qui les unissait allait au-delà de l’amitié, au-delà de l’amour romantique qu’ils auraient pu partager. Emmeline était le lien qui le rattachait à la vie. Ils s’étaient mutuellement sauvés plus d’une fois au cours de leurs années de guerre.
Benjy laissa aller sa tête contre le réverbère et à, travers le tissu invisible de sa cape, contempla les étoiles. Ce lien plus fort que tout était tout ce qui comptait.

Une brusque bourrasque de vent le ramena à la réalité et il se secoua. Il ne cessait de rappeler à l’ordre les nouvelles recrues afin qu’elles restent concentrées, ce n’était pas le moment de se laisser distraire. Il se redressa, serra ses doigts autour de sa baguette et commença sa garde pour de bon.

***


Mai 1981

Benjy fut réveillé en sursaut par quelqu’un qui tambourinait à la porte. Il ne se pressa pas, bien conscient que ce n’était pas dans le style des Mangemorts de s’annoncer de la sorte. Encore incapable d’ouvrir les yeux, il se retourna sur le dos, grommela, passa une main dans ses cheveux emmêlés et enfin ouvrit un œil. Emmeline dormait toujours à côté de lui, ses cheveux bruns étalés sur l’oreiller. Il était sûr qu’elle faisait semblant juste pour qu’il y aille.

Il grommela, ouvrit le deuxième œil et se redressa enfin. On venait de frapper pour la troisième fois à la porte. Avec un suprême effort, il sortit du lit, pensa à attraper sa baguette et tituba jusqu’à la porte d’entrée.

- Qui est là ? Grogna-t-il.
- Euh, Remus Lupin, annonça la voix étouffée du jeune homme.

Benjy s’adossa contre le battant de la porte, l’esprit embrumé. Aucune question de sécurité ne lui venait à l’esprit. Prit d’une subite inspiration, il interrogea :

- Comment s’appelle le chat des Potter ?
- Gandalf.

Il pouvait presque entendre le sourire dans la voix de Remus. Il ouvrit la porte, sa baguette sortit, au cas où et fit face à l’expression surprise de son jeune collègue. Benjy se rappelle soudain qu’il ne portait qu’un caleçon et qu’il était chez Emmeline. Oh, au diable les ragots.

- Maugrey m’a demandé d’apporter ça à Emmeline, expliqua-t-il en tendant une cape et un vieux grimoire, que Benjy prit sans broncher. Désolé d’être passé si tôt, ajouta-t-il, l’air vaguement gêné.

Benjy haussa les épaules et lui claqua la porta au nez sans plus de cérémonie. Il abandonna les objets par terre, devant la porte de la chambre, et s’y faufila sans bruit. Emmeline n’avait pas bougé. Il se glissa entre les draps et se pressa contre la jeune femme, un bras passé au-dessus de sa hanche. Lorsqu’il effleura son épaule d’un baiser, il l’entendit murmurer :

- Bavboule d’amour.
- Emmeline !

Elle rit tout bas, sa cala plus confortablement contre lui et replongea dans le sommeil. Benjy, le nez enfoui dans ses cheveux, ne put s’empêcher de sourire.

- Bavboule d’amour toi-même.
Perripuce

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par Perripuce »

Cazolie a écrit :SALUT

EH OUI C EST MOI
INCROYABLE

Bref haha, salut tout le monde, j'espère que tout le monde va bien ! Je viens vous poster un petit spin-off, écrit pour l'anniversaire de notre admirable Perri, qui a dû le fêter coincée chez elle. Happy birthday to meeee !! J'espère que ça vous plaira ! Oubliez pas d'aller lire la fanfic de notre Coch' national, et aussi celle de Perri ! Et qui sait, peut-être qu'Anna' et PtiteCitrouille vont revenir en fanfare un de ces autre 8-) QUI SAIT La bise tout le monde !


Bavboules



Partie 1 : tu tires ou tu pointes ? Je lis tellement ça avec l'accent marseillais

Poudlard, 1969 – Cinquième année ils sont VIEUX - pardon

Emmeline Vance mordilla sa plume avant de grimacer, des poils sur la langue. Après cinq ans à Poudlard, elle continuait à se faire avoir. Elle crachota discrètement dans la salle commune bondée de Serdaigle. Après le dîner, la plupart des étudiants se prélassaient dans les fauteuils et bavardaient, exception faite de ceux qui passaient des examens cette année-là – Emmeline était du nombre. Après avoir écrit sa phrase sans autre incident de plume, elle consulta sa montre et grommela pour elle-même. Il était temps qu’elle y aille. Elle roula soigneusement son parchemin, le fourra dans sa sacoche avec sa plume, son encrier et ses livres, et chargea le sac bien alourdi sur son épaule. « Quelle corvée », songea-t-elle en saluant quelques camarades du club de Bavboules qui discutaient du dernier championnat, assis près d’une fenêtre. Elle aurait préféré se joindre à eux ou, mieux encore, terminer tranquillement son devoir dans son dortoir. Tellement associale ahah j'adoooore

Traînant les pieds, elle se dirigea vers la salle de retenue. Son insigne de préfète captait les éclats des flambeaux lorsqu’elle passait près d’eux. D’habitude fière de cette distinction que le professeur Flitwick lui avait attribuée au début de l’année, elle aurait préféré, pour l’heure actuelle, laisser sa fonction à quelqu’un d’autre.

Le pédant préfet-en-chef, Rodolphus Lestrange Qui a eu cette drôle d'idée? , l’avait coincée sur le chemin qui menait aux serres pour la convaincre de surveiller un élève qu’il avait collé. Emmeline ne savait pas dire non – encore moins quand on la coinçait de la sorte Pauvre chérie :( . Elle jeta un coup d’oeil peu amène à une statue qui se grattait le heaume avec des grincements stridents, agacée. Parvenue devant la salle de retenue entrouverte, elle la poussa de l’épaule et considéra avec surprise le grand adolescent qui, avachi sur sa chaise, fixait le plafond d’un air vide.

- Fenwick ?

Le dénommé Fenwick lui lança un regard peu intéressé. Ses boucles châtains clairs tombaient sur yeux et lui conféraient un côté négligé qui agaçait Emmeline. ça t'agace au début, mais tu vas adorer à la fin j'suis sûre

- Salut, Vance. T’es collée ?
- Bien sûr que non, répondit-elle en laissant tomber sa sacoche avec un bruit sourd sur le bureau qui dominait la salle. Je suis là pour te surveiller.

Une vague expression surprise passa sur son visage mais il ne releva pas et reprit sa contemplation du plafond. Emmeline était étonnée de le trouver là ; Benjy Fenwick n’était pas du genre fauteur de troubles. Jeune homme taciturne, il participait peu en classe, ne chahutait pas, ne bousculait pas ses camarades dans les couloirs. Lestrange ne lui avait pas dit ce qu’il faisait là.

Tout en réfléchissant, Emmeline sortit son devoir de potions et le déroula. Elle saisit sa plume, faillit la porter à sa bouche mais se ravisa à temps Sinon elle va se remettre à cracher partout - et vu le contexte c'est pas une bonne idée. Alors qu’elle se plongeait dans la lecture de son dernier paragraphe, un bruit agaçant la tira de ses réflexions. Elle redressa vivement la tête, le regard assassin, et avisa Benjy qui tapotait à un rythme régulier sur son bureau avec sa baguette tout en fredonnant ce qui ressemblait vaguement à la dernière chanson de Magic Cauldron, saccagée au Bulbopus. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

- Tu n’as pas quelque chose à faire ? Lâcha-t-elle sèchement. Lestrange ne t’a pas donné de tâche ?

Benjy cessa son concert et haussa les épaules.

- Non.

Emmeline leva les yeux au ciel tout en songeant « Préfet-en-chef à la noix ».

- Eh bien laisse les honnêtes gens travailler, au moins.

Le jeune homme fronça aussitôt les sourcils et ses yeux lancèrent des éclairs.

- Je ne sais pas ce qu’il t’a dit mais je suis aussi une honnête personne, gronda-t-il.
- Oh, eh, calme ! Je disais ça comme ça ! Lestrange ne m’a rien dit.

Benjy chassa une boucle de son front et la considéra d’un air torve. Emmeline soutint son regard, agacée. Il n’avait aucune raison de s’énerver contre elle de la sorte. Avec un soupir, Benjy capitula silencieusement et expliqua :

- J’ai insulté ce petit enfoiré de Walden Macnair Une bonne chose. Et je l’ai attrapé par le col de sa chemise. (Il fit mine de réfléchir avant de se fendre d’un sourire mauvais). Et je l’ai un peu secoué. :lol: :lol: J'imagine tellement sa façon de dire ça
- Mais pourquoi ? s’étonna Emmeline, choquée. Ma grande, un jour tu te retourneras vers une bande de garçon pour le dire "A poil !". Joue pas les effarouchées avec nous.

Pour ce qu’elle en savait, Macnair était un Serpentard de sixième année pas très malin mais costaud, qui trouvait sa joie dans le fait de frapper des cognards. Pas l’âme sœur d’Emmeline, a priori, mais il fallait de tout pour faire un monde.
Benjy se dandina un instant sur sa chaise en entendant sa question, la mine sombre. Finalement, il marmonna :

- Il avait insulté ma mère. ESPECE DE SALE PETIT ALNGRAM VJBAJB VABJUARGB

Se sentant franchement idiote, Emmeline répéta :

- Mais pourquoi ? Effectivement ça fait un peu idiot :lol: :lol:
- Elle tient une boutique de vêtements dans Londres. Avec une section sorcière, et une moldue. Macnair considère que c’est trahir les Sorciers. Macnair est un imbécile, mais j'adore l'idée de la maman de Benjy !!

Il avait craché les derniers mots d’un air dégoûté, les poings serrés. Emmeline le considéra avec étonnement. Elle connaissait Benjy car ils suivaient les mêmes options qu’elle, elle l’avait aidé plus d’une fois en arithmancie et lui en potions. Pourtant, elle ne connaissait rien de sa vie. Elle ne savait pas d’où il venait, quels étaient ses amis à Poudlard. Elle le connaissait sans le connaître, et tout à coup cette idée la mettait mal à l’aise. OK je suis une buse : il est dans quelle maison?

Benjy la regardait comme s’il attendait son jugement, qu’Emmeline ne se sentait nullement en droit de donner. Elle se contenta de répondre prudemment :

- Je ne vois pas en quoi ça pose un problème à Macnair.
- Tu vis tellement hors de ton monde que ça, Vance ? Railla-t-il. Tu n’as pas remarqué que depuis deux ou trois ans les agressions contre les Nés-Moldus ou autres Sorciers proches de leur monde se multipliaient ?
- Oh, si, mais je …

Emmeline se tut, rougissante. Pour tout avouer, elle ne se concentrait pas sur grand-chose à part ses études et les résultats de Bavboules. Le chemin qu'elle a faaaaait maaah brave petite Emmeline

- Je n’avais pas fait le lien, compléta-t-elle faiblement.

Son devoir de potion complètement oublié, elle déposa sa plume sur le bureau et considéra Benjy avec un intérêt renouvelé.

- Ça arrive souvent, ce genre de choses ? A Poudlard ?
- J’en sais rien. On n’y fait jamais vraiment attention avant d’en être soi-même victime. ça c'est tellement vrai.

Dotée d’un fort sens de la justice, Emmeline se sentit envahie de colère à l’idée de toutes ces insultes restées impunies.

- J’imagine que Macnair n’a rien pris pour son insulte ?
- Merlin, non. Depuis quand Lestrange s’en prend aux types de sa maison ?

La jeune fille lui concéda cela d’un hochement de tête. Il arrivait souvent que les préfets-en-chef favorisent leur maison, et c’était encore plus vrai avec Lestrange.

- C’est injuste, déclara-t-elle. Il faut faire quelque chose.

Benjy leva les yeux au ciel.

- On ne va pas aller voir McGonagall. J’ai déjà eu de la chance que Lestrange se contente de sa punition sans en référer aux profs.

Si Emmeline avait eu une boulette de papier, elle la lui aurait envoyée à la figure.

- Eh, tu me prends pour qui ? On peut se faire justice nous-même. QUEL AUDACE LA JE LA RECONNAIS
- Nous ? Releva-t-il. Ce ne sont pas tes affaires.
- Trop tard, rétorqua-t-elle avec un sourire mutin, le premier de la soirée.
- Bon et qu’est-ce que tu vas faire ? Marmonna-t-il, renfrogné. Avoir une meilleure note que lui en Métamorphose ?
- J’ai toujours de meilleures notes que lui, je te remercie. Non, on va mettre à contribution le club de Bavboules.Ooooouh
- Oh, Merlin tout puissant, gémit-il en enfouissant son visage entre ses bras. J’aurais mieux fait de me taire. (Il redressa la tête pour la fusiller du regard). Hors de question que le club de Bavboules participe à tout ça. Toi comprise.
- Chut, répondit-elle, la tête penchée sur un parchemin vierge. Je réfléchis. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
- Vance ! s’agaça-t-il. Ils sont adorable :lol: :lol: J'aime tellement cette version d'Emmeline :lol: :lol:

Elle releva la tête, chassa une mèche brune de son visage et ouvrit de grands yeux.

- Fenwick ! C’est quoi ton problème ? Laisse-moi t’aider.
- Je n’ai pas besoin…
- Oh, ça suffit le Gryffondor AH OUI. Je me disais bien qu'il y avait un petit air. . Votre orgueil stupide ça va deux secondes.
- VANCE ! Ragea-t-il à nouveau, en abattant ses deux mains sur la table.

Emmeline se contenta de lui répondre par un sourire innocent, plaça un doigt sur sa bouche pour lui signifier de se taire et commença à griffonner sur son parchemin. Benjy se leva dans un grincement de chaise et voulut lui arracher le papier, mais elle l’arrêta d’un geste et lui tendit son devoir de potions à la place :

- On fait un marché : tu me laisses t’aider, et en échange je mets mon propre orgueil de côté et je te laisse corriger mon devoir.

Le visage impassible, il la considéra un silence quelques instants avant d’émettre un râle agacé.

- Très bien.

Emmeline dissimula son sourire vainqueur derrière ses cheveux, toujours penchée sur son parchemin. Aider Benjy était sa manière de se disculper pour le peu d’attention qu’elle portait au monde en temps normal, et elle ne le laisserait pas lui enlever ça. Oh mais elle est trop mignonne.
J'adore ce début de relation qui se pose entre les deux et puis revoir les aspects simples de la vie à Poudlard : les retenues, le club des bavboules (je sais plus qui avait la réflexion qu'on voyait jamais les autres clubs que le Quidditch), tout ça ... C'est adorable !


***


Le jeudi suivant, l’entraînement de Bavboule eut lieu comme d’habitude à l’extérieur. Le club s’efforçait de s’entraîner par tous les temps afin d’être capable de faire face à toutes les situations. Emmeline retrouva ses quelques camarades du club avec plaisir, dans l’air froid de novembre LOOOOIN DU FROOOID DE DECEEEEMBREUH. Ils se trouvaient dans un coin de la cour principale du château, endroit que la foule d’élèves avait l’habitude d’éviter. Personne ne souhaitait être la victime malencontreuse d’une bavboule en pleine défaite. La petite Miranda Blewett, première année, se proposa pour tracer le cercle au sol, en guise d’entraînement pour ses cours de sortilège. Mélusine Salathiel, une Serdaigle de septième année, annonçait les opposants pour les matchs d’entraînement. Emmeline n’écoutait que d’une oreille et surveillait le chemin qui menait aux serres. Si Chourave ne terminait pas son cours en avance comme il lui arrivait parfois C'est vrai que Chourave ce serait tellement le genre à terminer quelques minutes avant juste pour faire plaisir aux élèves :lol: :lol: , les Sixième années de Serpentard et Poufsouffle devraient passer par là environ une demi-heure plus tard.

Du coin de l’oeil, Emmeline aperçut Benjy qui se dissimulait dans un coin de la cour, le nez plongé dans un livre volumineux. Le plan de la jeune fille n’avait pas demandé beaucoup de préparation ; après avoir vérifié l’emploi du temps de Macnair, elle s’était arrangée avec Mélusine pour jouer au bon moment puis s’était efforcée de mettre sa fierté de côté. Elle en était parfaitement capable dès lors qu’elle souhaitait absolument obtenir quelque chose. Benjy ignorait ce qui allait se passer ; elle lui avait seulement ordonné d’être là.

L’entraînement de Bavboule commença, sans Oliver Bletchley COUCOU TOI , leur meilleur joueur, qui se trouvait en cours de botanique Je vais essayer de le caser quelque part, en plus les bavboule ça va très bien avec la personnalité que j'ai fait pour le père de Miles :lol: :lol: . Alors que Miranda perdait lamentablement contre Mélusine, puis Mélusine contre Eustace Fawley COUCOU TOI x 2, en quatrième année à Poufsouffle, Emmeline peinait à prêter attention à l’entraînement. Elle ne pouvait s’empêcher de consulter sa montre, nerveuse à l’idée que leur programme ne coïncide pas avec le plan qu’elle avait prévu. C’était sans compter sur Mélusine, qui n’hésitait pas à interrompre une partie pour rester dans les temps. Alors que la cloche de Poudlard sonnait dix-huit heures, des élèves commencèrent à remonter le chemin qui menait aux serres. Mélusine n’avait plus que cinq minutes pour prendre sa revanche sur Eustace. Emmeline, le cœur battant, se tourna vers le chemin. Elle ne tarda pas à apercevoir Walden, entouré de sa bande d’amis. Elle avança à grands pas vers le chemin, tandis que derrière elle Eustace poussait un cri alors que la bavboule de Mélusine lui crachait dans l’oeil Dangereux le jeu. Emmeline ramena une mèche de cheveux derrière son oreille, afficha un sourire qu’elle espérait aguicheur et s’exclama :

- Wouhou ! Walden ! Là on commence à voir la fille qui demande à Sirius Black et James Potter de se mettre à poile

Le Serpentard tourna machinalement les yeux vers elle, en même temps que tous ses camarades. Emmeline se sentit rougir mais ne se démonta pas et avança un peu plus vers eux. Curieux, la petite bande s’arrêta. La jeune fille, de taille moyenne, se sentit minuscule par rapport à ce gorille de Walden, qui n’était pas batteur pour rien, et ces trois amis tous plus grands qu’elle. Elle s’efforça de ne pas leur prêter attention et adressa un sourire éclatant à Macnair. « Merlin, prendre tous ces cognards dans la figure ne l’a pas arrangé », songea-t-elle. :lol: :lol: :lol: Vous croyez que les dents de Flint c'est à cause de ça?

- Salut, Walden. Je suis Emmeline, Emmeline Vance.

Elle lui tendit une main qu’il serra machinalement, l’air stupide. A croire qu’aucune fille ne lui avait jamais adressé la parole. A dire vrai, Emmeline y comptait.

- Tu vois, je suis une fan de Quidditch, et j’admire tellement ton jeu.

Sa voix de midinette lui donnait envie de grincer des dents. Elle semblait avoir complètement assommé Walden.

- Ah. Ben. Merci ? Cela dit que répondre d'autre? :lol: :lol: :lol:

Elle gloussa comme s’il était hilarant et replaça une nouvelle fois une mèche de cheveux derrière son oreille. Walden suivit le mouvement de sa main, comme hypnotisé. Ses amis ricanèrent lui assénèrent une tape dans le dos et déclarèrent qu’ils allaient continuer sans lui. Walden ressemblait à un condamné à mort. Un instant, Emmeline songea que cette conversation était peut-être une torture suffisante. Mélusine, qui la réclamait à grands cris, la ramena à son plan d’origine.

- Écoute, moi aussi je pratique un peu le sport. Tu voudrais jouer un peu avec moi ? On pourrait apprendre à se connaître un peu ! Elle va lui faire perdre pour pouvoir lui crever l'oeil?

Nouveau large sourire. Walden cligna plusieurs fois des yeux, hébété. Emmeline décréta que son silence était un acquiescement et lui attrapa le bras sans façon pour le tirer vers le terrain de Bavboules. Mélusine fit une grimace de dégoût. Emmeline l’ignora et lança d’un ton joyeux :

- Je vais initier Walden aux Bavboules ! Ça ne vous dérange pas, hein ?

Mélusine consulta son plan, répondit du bout de lèvre que puisque Bletchley était un retard, elle pouvait, et s’écarta du terrain.

- Quelqu’un peut prêter ses Bavboules à Walden ? Ah, super, merci Eustace. Alors, Walden, tu connais un peu les règles ?

Comme le Serpentard secouait la tête, toujours mutique, Emmeline entreprit de lui expliquer. Elle n’osait tourner la tête du côté de Benjy, de peur d’attirer l’attention de Walden sur lui. Les règles étant plutôt simple, ils commencèrent bientôt à jouer. Par un coup de chance aberrant, Walden remporta tout d’abord deux points qui valurent à Emmeline de se faire arroser par ses Bavboules. Cependant la chance du débutant cessa bien vite et la jeune fille sortit plusieurs Bavboules du cercle, coup sur coup. Walden esquiva la première giclée (grâce à son entraînement de joueur de Quidditch sans doute), mais les deux suivantes le frappèrent droit dans l’oeil. Il jura la première fois, jura plus fort encore la seconde. La troisième fois, il fut si surpris qu’il trébucha, roula sur ses propres Bavboules qu’il envoya valser hors du cercle, tomba au sol et se fit asperger par toutes les billes qu’il avait sorties sans le vouloir. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: La petite Miranda ne put s’empêcher d’éclater de rire. Oliver Bletchley était arrivé au milieu de la partie et considérait son camarade avec un amusement non dissimulé. Quant à Mélusine, elle faisait semblant d’être penchée sur son sac de billes pour cacher qu’elle riait.

Emmeline prit un air catastrophé, secrètement ravie de la tournure que prenaient les événements, et se précipita sur Walden pour l’aider. Couvert du liquide pestilentiel que dégageaient les Bavboules, Walden la repoussa avec un juron et se releva tout seul.

- Stupide jeu ! Cracha-t-il. Mauvaise… Mauvaise idée ! Il sait parler genre ... correctement?
- Je suis désolée ! s’exclama Emmeline. Tellement désolée, je voulais juste… Je voulais juste qu’on apprenne à se connaître, je…
- Mauvais idée ! Répéta Walden encore plus fort avant de se précipiter vers l’intérieur du château, humilié.
- Moi qui pensais que tu étais une fille intelligente, Vance, commenta Mélusine. Quelle idée de s’enticher de cet idiot de Macnair ? Justement parce qu'elle est intelligente 8-)

Emmeline prit sur elle pour cacher son sourire triomphant et répondit d’une voix aussi piteuse que possible :

- Il est si bon au Quidditch.

Mélusine et Oliver la dévisagèrent d’un air atterré. Les deux Troisième années du groupe, des jumeaux répartis à Gryffondor et Poufsouffle, tentaient de se faire entendre pour savoir s’ils pouvaient jouer. Comme Emmeline sentait qu’elle ne pourrait jouer son rôle bien plus longtemps, elle rassembla en vitesse ses Bavboules, déclara qu’elle abandonnait l’entraînement pour ce soir-là et s’enfuit sans demander son reste. Elle rentra dans le château et monta lentement l’escalier principal. Au bout de quelques marches seulement, Benjy la rejoignit.

- Merlin, mais quelle idée absurde ! s’exclama-t-il avant de partir d’un grand rire. Absurde mais ça t'a fait rire quand même ahah

Emmeline ne put retenir celui qu’elle réprimait depuis cinq minutes. Ils s’arrêtèrent sur le palier du premier étage, incapable de continuer plus loin, essoufflés. Ils étaient seuls, la majeure partie des élèves étant dans leur salle commune ou à la bibliothèque. Comme le concierge, Apollon Picott, passait au rez-de-chaussée et les gratifiait d’un regard surpris, ils s’empressèrent de disparaître dans un couloir afin d’éviter les questions.

- Je ne sais pas où tu es allée pêcher une idée pareille, rit Benjy alors qu’ils passaient devant le portrait d’une petite fille en robe rose sur une balançoire qui se mouvait toute seule.

Emmeline haussa les épaules, amusée.

- J’aime les Bavboules, je pense Bavboules ELLE VIT BAVBOULE. Ça m’a paru évident. La première chose que tu apprends lorsque tu commences ce jeu, c’est à supporter l’humiliation. Si si peu de personnes l’apprécient, c’est qu’ils ont l’impression de se ridiculiser à la moindre erreur. Je me doutais que Macnair était de ce genre-là. Evidemment

Ils s’immobilisèrent devant la salle d’étude des runes et Benjy se laissa glisser au sol, le dos appuyé contre la porte. Emmeline fit de même, le dos appuyé contre le mur opposé. Elle sourit au jeune homme, dont le visage s’était ouvert. Ses yeux pétillaient, ses lèvres étaient légèrement retroussées, prêtes à sourire.

- Tu n’as pas peur qu’il t’en veuille ? Interrogea-t-il.

Elle haussa les épaules.

- Au pire, il m’évitera. Pourquoi m’en voudrait-il ? Tout ce que j’ai fait c’est manifester de l’admiration pour lui. Je ne vois pas comment il pourrait faire le lien entre nous, on ne traîne pas ensemble.

A ces mots, l’expression joyeuse de Benjy se fana quelque peu.

- C’est vrai. Pourquoi tu as fait ça pour moi ?

Emmeline ramena ses genoux contre sa poitrine, le temps de trouver une réponse adéquate. Elle fit tournicoter une mèche de cheveux entre ses doigts puis répondit lentement :

- Ma mère me reproche souvent de vivre un peu dans mon petit monde OUPS, de ne pas faire attention aux autres OUPS x2. Je sais que c’est vrai, et j’aimerais changer ça. Alors c’était une manière de m’investir, j’imagine. Mwooooooh

Consciente que sa réponse donnait l’impression que Benjy en lui-même ne l’intéressait pas, elle continua :

- Et puis ça me sidère que Macnair ait insulté ta mère comme ça. Il méritait d’être puni.

Benjy hocha gravement la tête puis baissa les yeux, silencieux. Emmeline avait eu le temps de constater que son visage s’était à nouveau fermé. Paniquée à l’idée de l’avoir blessé, elle balbutia :

- Je suis désolée, je ne suis pas très douée pour… pour tout ça. L’amitié. Je… Je n’ai pas beaucoup d’amis, en dehors du club de Bavboules… mwoooh elle est trop choue *lui fais un calin*

Elle rougit furieusement en l’avouant et ramena ses cheveux devant son visage d’un mouvement d’épaule pour se cacher derrière eux. Le rire de Benjy la tira de sa cachette. Elle osa jeter un coup d’oeil dans sa direction. Il lui souriait, l’air légèrement sardonique.

- C’est quoi cette amitié basée sur des billes qui crachent du pus ? Drôle de relation. :lol: :lol: :lol: :lol:
- Ce n’est pas du pus, s’insurgea Emmeline.

Il rit à nouveau, se leva et lui tendit la main pour l’aider à faire de même.

- C’est vraiment toute ta vie les Bavboules, hein ?
- Eh bien, ça et mes études, oui, avoua-t-elle, sans trop savoir si elle devait être fière ou gênée.
- Et un certain sens de la justice, apparemment, compléta Benjy en fourrant ses mains dans ses poches. Ravi de te rencontrer enfin, Emmeline Vance. C'est booooooo

La jeune fille lui adressa un sourire franc et désigna l’escalier tout proche d’un mouvement de la tête.

- Tu viens ? Ça va bientôt l’heure de dîner et j’aimerais déposer mes Bavboules au dortoir avant.
Ils prirent donc le chemin de leur salle commune respective, côte à côte dans l’escalier, un sac de Bavboules entre eux.

Tellement adorable cette amitié naissante ! Et tellement beau que ce soit grâce et pour Benjy qu'Emmeline force sa nature et s'ouvre !

Partie 2 : « Bavboule d’amour ! »

1979 Victoria a un an.

- Où est-ce qu’on va ?
- Tu verras.
- Benjy !

Le jeune homme rit dans la nuit claire de Cornouailles et tendit la main à Emmeline, qui avait revêtu une belle robe de soirée de couleur pourpre pour l’occasion. Elle doit être siii belle

- On transplane. Je t’emmène.

Elle grimaça, les mains sur les hanches.

- Tu sais que chez les Moldus, on se rend au restaurant en voiture et l’homme peut ouvrir la portière de sa cavalière s’il veut être galant ? C’est bien moins violent que le transplanage d’escorte.

Benjy leva les yeux au ciel.

- J’y vais tout seul, si tu préfères.
- Pas maintenant que j’ai mis cette robe, non.
- Merlin, Vance, ce que tu es agaçante. C'est pour ça que tu l'aimes 8-)

Elle lui sourit largement, pris finalement sa main et la secoua dans tous les sens.

- Alors ? On y va ?

Sans plus attendre, Benjy fit un pas en avant et pivota, Emmeline accrochée à sa main. Ils débarquèrent en plein Londres, dans une ruelle déserte qui débouchait sur une rue plus animée. Benjy guida la jeune femme vers un petit restaurant sympathique – et moldu – que lui avait conseillé Margaret OOOh adorable de voir des noms sortir comme ça ! . Il avait promis à Emmeline de l’emmener en restaurant pour qu’ils se changent les idées. Le contrat était clair : ils ne parleraient pas de la guerre. Ce soir-là, ils étaient deux vieux amis qui se retrouvaient pour partager un dîner, et non deux vétérans harassés.

Durant leur repas, Emmeline le harcela à propos des Bavboules. Il était le seul, au QG, à connaître sa passion pour ce jeu. Elle refusait d’en parler devant les autres, persuadée qu’ils se moqueraient d’elle Et je pense qu'elle a raison d'en être persuadée. Elle en profitait donc dès qu’ils se trouvaient seuls, Benjy et elle, pour lui faire des compte-rendus détaillés de l’actualité Bavboules. :lol: :lol: :lol: Mon dieu ce que ça doit être (OK, je suis mal placée pour me moquer)

Tout en l’écoutant, il songeait avec tendresse à la jeune Serdaigle qu’il avait appris à connaître dix ans plus tôt. Après l’affaire Macnair, ils étaient vite devenus inséparables. Il l’avait sortie de son cercle exclusif de joueurs de Bavboules et Emmeline s’était rendue compte qu’elle appréciait la société des autres, plus qu’elle ne l’aurait pensé. Fidèle à sa volonté de s’investir plus dans le monde qui l’entourait, elle avait fait des efforts avec les amis de Benjy, qui étaient vite devenus les siens, mais aussi avec ses camarades de Bavboules. Elle avait appris à connaître autre chose que leurs qualités au jeu. Benjy l’avait regardée s’ouvrir avec bonheur, cette drôle de fille qui se fichait du regard des autres et adorait faire ses devoirs. Emmeline lui avait dit un jour que sans lui, jamais elle ne serait devenue préfète-en-chef. Trop renfermée sur elle-même, elle n’aurait pas fait une bonne candidate. Benjy lui avait ouvert des horizons nouveaux. C'est beau cette rétrospective sur leur relation ! On sent tellement la tendresse de Benjy, c'est adorable

A ce jour encore, assis en face d’elle dans cette salle de restaurant moldue, Benjy ignorait ce qui l’avait poussé à s’attacher à elle, durant leur cinquième année. Peut-être était-ce plutôt Emmeline qui avait choisi de rester auprès de lui. Toujours là pour le harceler, pour le forcer à dire ce qu’il avait sur le cœur. Taciturne devant tous, il se laissait toujours aller devant Emmeline. Il aurait pu tomber amoureux d’elle si elle l’avait laissé faire. Mais Emmeline adolescente n’était pas intéressée par la romance. Ses quelques tentatives de flirt s’étaient soldées par des échecs retentissants, qui étaient vite devenus une blague entre eux. Par la suite, le cœur rongé par la vengeance, c’était lui qui s’était refuser à lui offrir plus. Cruel que le timing arrive en période de guerre ...

- Ben ? Tu m’écoutes ?

Il sourit face à l’air agacé de la jeune femme et répondit docilement :

- Ils ont annulé le championnat d’Angleterre.
- Ça n’a pas l’air de t’attrister ! s’insurgea-t-elle. C’est une catastrophe ! COMME PARCE QU'ILS REPORTENT L'EURO OU LES JO OU QU'ILS ANNULENT MA DERNIERE ETAPE DE BIATHLON OU ... *reprend son souffle * * Ok, arrête*

Il se mit à rire et l’écouta énumérer tous les désavantages de cet événement pendant qu’il mangeait son dessert.



- Où est-ce qu’on va ?
- Tu as fini de me poser cette question en permanence ?
- Tu fais des mystères !
- Enjambe cette barrière. Emmeline. "Les gars, à poile". Remember? désolée, mais cette scène me tuera toute ma vie :lol: :lol: :lol:
- Quoi ?

Excédé, Benjy lui désigna la barrière du petit square londonien devant lequel ils se trouvaient. Emmeline lui jeta un regard circonspect, releva ses jupes et enjamba le petit portillon. Benjy fit de même puis l’entraîna au cœur du square, là où on ne les verrait pas de la rue.

- Donne moi ton sac à main, demanda-t-il alors qu’elle regardait autour d’elle, perplexe.

Elle le lui tendit, une mine méfiante sur le visage. Benjy farfouilla n’eut pas besoin de chercher longtemps pour trouver ce qu’il voulait. Il sortit un sac en toile, usé jusqu’à la corde, dont la vue fit rougir Emmeline.

- Je savais que tu les emmènerais, triompha-t-il. :lol: :lol: :lol: :lol: Genre elle les emmène partout?

La jeune femme lui confisqua son sac de Bavboules, l’air farouche.

- On ne sait jamais dans quelles circonstances on pourrait être amené à jouer ! :lol: :lol: J'imagine bien jeter les billes sur des Mangemorts lors d'une course poursuite ahah

Benjy s’abstint d’un commentaire sarcastique sur le fait que les Mangemorts la défieraient certainement pour se fendre d’un sourire vainqueur. :lol: :lol: :lol:

- Effectivement. D’ailleurs c’est ce qui nous amène ici.

Emmeline l’observa quelques secondes en silence pour vérifier qu’il était sérieux puis poussa un cri de joie. Elle s’empressa de préparer le terrain, ravie, tandis que Benjy se préparait mentalement à se faire recouvrir de jus pestilentiel. Emmeline revint vers lui en sautillant et lui pinça la joue avec humour.

- T’es vraiment une Bavboule d’amour, toi. Mais je fonds, ils sont adorables - cf le gif
- Vance, geignit-il. Ne m’appellepas comme ça !

Elle éclata de rire, alla s’installer de son côté du cercle et entama la partie.



Après avoir raccompagné Emmeline chez elle, Benjy se rendit sur le lieu de sa garde de nuit. Il n’avait pas dit à la jeune femme qu’il ne rentrait pas directement au QG. Elle aurait tenu à rester avec lui. Appuyé contre un réverbère, caché sous une cape d’invisibilité d’assez mauvaise facture, il laissa la nostalgie l’envahir Si elle est de mauvaise facture, il faudrait pas rester caché sur un réverbère, si? Mais j'adore cette image de Benjy solitaire sous le réverbère en train de penser à Emmeline ! . La vie lui paraissait tellement difficile, lorsqu’il était adolescent. A présent, il aurait donné n’importe quoi pour revenir à la douce époque de Poudlard. Avant qu’il ne perde son âme dans la guerre.

Dans la nuit silencieuse, il se rappela l’horreur de l’assassinat de ses parents, la soif de vengeance, et le crime, le sang sur ses mains. Le noir désespoir d’Azkaban ensuite, puis Dumbledore lui expliquant qu’il n’était pas perdu à jamais.
Emmeline ne l’avait pas abandonné même pendant cette période de sa vie. Ce n’était pas faute de l’avoir repoussé. Elle s’était accrochée comme un Véracrasse à son aquarium Ils ont un côté Vic et Simon, Vic aussi elle s'accroche comme un Véracrasse à son aquarium - quelle expression d'ailleurs :lol: :lol: :lol: . Elle était là à l’enterrement de ses parents, elle était là à sa sortie d’Azkaban. Elle était là lorsqu’il s’était enfin laisser aller à pleurer. Et quand il se détestait tellement qu’il avait souhaité se donner la mort, elle l’avait aimé assez pour deux. OOOOOOOOOOH C'EST BEAU JE LES AIME AAAAH.
Cazo, tu vas devoir écrire une fic entière sur eux, plus le choix là, tu leur as fait une trop belle histoire.


Le lien qui les unissait allait au-delà de l’amitié, au-delà de l’amour romantique qu’ils auraient pu partager. Emmeline était le lien qui le rattachait à la vie Une très belle analyse ... . Ils s’étaient mutuellement sauvés plus d’une fois au cours de leurs années de guerre.
Benjy laissa aller sa tête contre le réverbère et à, travers le tissu invisible de sa cape, contempla les étoiles. Ce lien plus fort que tout était tout ce qui comptait. MON COEUR VA EXPLOSER C'EST ADORABLE TROP MIGNON PLEIN DE GUIMAUVE AAAAH (t'inquiète Cochyo tu vas survivre)
Non mais franchement trop adorable


Une brusque bourrasque de vent le ramena à la réalité et il se secoua. Il ne cessait de rappeler à l’ordre les nouvelles recrues afin qu’elles restent concentrées, ce n’était pas le moment de se laisser distraire. Il se redressa, serra ses doigts autour de sa baguette et commença sa garde pour de bon.

***


Mai 1981

Benjy fut réveillé en sursaut par quelqu’un qui tambourinait à la porte. Il ne se pressa pas, bien conscient que ce n’était pas dans le style des Mangemorts de s’annoncer de la sorte "COUCOU C'EST NOUS ON VIENT POUR TUER". Encore incapable d’ouvrir les yeux, il se retourna sur le dos, grommela, passa une main dans ses cheveux emmêlés et enfin ouvrit un œil. Emmeline dormait toujours à côté de lui, ses cheveux bruns étalés sur l’oreiller. Il était sûr qu’elle faisait semblant juste pour qu’il y aille. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Tellement stratégique ahah

Il grommela, ouvrit le deuxième œil et se redressa enfin. On venait de frapper pour la troisième fois à la porte. Avec un suprême effort, il sortit du lit, pensa à attraper sa baguette et tituba jusqu’à la porte d’entrée.

- Qui est là ? Grogna-t-il.
- Euh, Remus Lupin, annonça la voix étouffée du jeune homme.

Benjy s’adossa contre le battant de la porte, l’esprit embrumé. Aucune question de sécurité ne lui venait à l’esprit. Prit d’une subite inspiration, il interrogea :

- Comment s’appelle le chat des Potter ?
- Gandalf. LE GRIIIIIIIIS

Il pouvait presque entendre le sourire dans la voix de Remus. Il ouvrit la porte, sa baguette sortit, au cas où et fit face à l’expression surprise de son jeune collègue. Benjy se rappelle soudain qu’il ne portait qu’un caleçon et qu’il était chez Emmeline. Oh, au diable les ragots. C'est cette scène dont j'avais un vague souvenir :lol: :lol: :lol:

- Maugrey m’a demandé d’apporter ça à Emmeline, expliqua-t-il en tendant une cape et un vieux grimoire, que Benjy prit sans broncher. Désolé d’être passé si tôt, ajouta-t-il, l’air vaguement gêné.

Benjy haussa les épaules et lui claqua la porta au nez sans plus de cérémonie Fallait pas passer de si bon matin Remus :lol: :lol: :lol: . Il abandonna les objets par terre, devant la porte de la chambre, et s’y faufila sans bruit. Emmeline n’avait pas bougé. Il se glissa entre les draps et se pressa contre la jeune femme, un bras passé au-dessus de sa hanche. Lorsqu’il effleura son épaule d’un baiser, il l’entendit murmurer :

- Bavboule d’amour.
- Emmeline !

Elle rit tout bas, sa cala plus confortablement contre lui et replongea dans le sommeil. Benjy, le nez enfoui dans ses cheveux, ne put s’empêcher de sourire.

- Bavboule d’amour toi-même. Décidement, ils ont quelque chose de Simon et Vic :lol: :lol:
C'était un super OS Cazo, encore mille fois merci de l'avoir écrit pour moi, je l'ai ADORE ! Je suis devenue une flaque de Perri dans mon lit ahah, tellement c'était fondant !
Mille Keur sur toi <3
Charmimnachirachiva

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Ça faisait longtemps... Mais du coup j'adore retrouver tous ces noms, le monde sorcier et tout et tout 8-)
Ils sont trop chou ! Emmeline a pas mal changée depuis le temps :lol:
Le lien Benji-Emmeline (même avant qu'ils soit en couple) est juste génial !
La remarque sur les Gryffondors et leur orgueil stupide m'a tué !
Voila voila donc c'est super et je trouve ça trop cool (une manière de répété super sans le dire :lol: ) et j'adore (je me répète ?) et j'espère qu'on aura le droit à d'autres petits bonus de temps en temps ? (j'ai le droit d’espérer !)
MelleChachow

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par MelleChachow »

Mooooh !! C'est juste adorable ! J'ai adoré aussi ce bonus, retrouver ta plume, les perso !
Ils sont justes trop mimi. J'ai fondu d'amour !!
J'ai bien envie de tout relire maintenant pour les retrouver !! :lol:
Merci pour ce petit moment de bonheur pendant ma journée de boulot (peu productive certes xD).
annabethfan

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par annabethfan »

Perripuce a écrit :
Cazolie a écrit :SALUT

EH OUI C EST MOI
INCROYABLE

Bref haha, salut tout le monde, j'espère que tout le monde va bien ! Je viens vous poster un petit spin-off, écrit pour l'anniversaire de notre admirable Perri, qui a dû le fêter coincée chez elle. Happy birthday to meeee !! J'espère que ça vous plaira ! Oubliez pas d'aller lire la fanfic de notre Coch' national, et aussi celle de Perri ! Et qui sait, peut-être qu'Anna' et PtiteCitrouille vont revenir en fanfare un de ces autre 8-) QUI SAIT Alors déjà j'ai décidé de commenter sur le com de Perri parce que c'est marrant et ensuite promis je poste un bonus bientôt ^^La bise tout le monde !


Bavboules



Partie 1 : tu tires ou tu pointes ? Je lis tellement ça avec l'accent marseillais Vous voulez que je vous le fasse avec l'accent du Sud-Ouest en vocal ? Clem adooore mon accent :lol:

Poudlard, 1969 – Cinquième année ils sont VIEUX - pardon

Emmeline Vance mordilla sa plume avant de grimacer, des poils sur la langue. Pas malinAprès cinq ans à Poudlard, elle continuait à se faire avoir. Elle crachota discrètement dans la salle commune bondée de Serdaigle. En mode boule de poile comme un chat :lol: Après le dîner, la plupart des étudiants se prélassaient dans les fauteuils et bavardaient, exception faite de ceux qui passaient des examens cette année-là – Emmeline était du nombre. Après avoir écrit sa phrase sans autre incident de plume, elle consulta sa montre et grommela pour elle-même. Il était temps qu’elle y aille. Elle roula soigneusement son parchemin, le fourra dans sa sacoche avec sa plume, son encrier et ses livres, et chargea le sac bien alourdi sur son épaule. « Quelle corvée », songea-t-elle en saluant quelques camarades du club de Bavboules qui discutaient du dernier championnat, assis près d’une fenêtre. Elle aurait préféré se joindre à eux ou, mieux encore, terminer tranquillement son devoir dans son dortoir. Tellement associale ahah j'adoooore

Traînant les pieds, elle se dirigea vers la salle de retenue. Son insigne de préfète captait les éclats des flambeaux lorsqu’elle passait près d’eux. D’habitude fière de cette distinction que le professeur Flitwick lui avait attribuée au début de l’année, elle aurait préféré, pour l’heure actuelle, laisser sa fonction à quelqu’un d’autre.

Le pédant préfet-en-chef, Rodolphus Lestrange Qui a eu cette drôle d'idée? ,Mais qui l'a nommé lui?! l’avait coincée sur le chemin qui menait aux serres pour la convaincre de surveiller un élève qu’il avait collé. Emmeline ne savait pas dire non – encore moins quand on la coinçait de la sorte Pauvre chérie :( . Elle jeta un coup d’oeil peu amène à une statue qui se grattait le heaume avec des grincements stridents, agacée. Parvenue devant la salle de retenue entrouverte, elle la poussa de l’épaule et considéra avec surprise le grand adolescent qui, avachi sur sa chaise, fixait le plafond d’un air vide.

- Fenwick ?

Le dénommé Fenwick lui lança un regard peu intéressé. Ses boucles châtains clairs tombaient sur yeux et lui conféraient un côté négligé qui agaçait Emmeline. ça t'agace au début, mais tu vas adorer à la fin j'suis sûre Les cheveux de James agaçait Lily au début 8-)

- Salut, Vance. T’es collée ?
- Bien sûr que non, répondit-elle en laissant tomber sa sacoche avec un bruit sourd sur le bureau qui dominait la salle. Je suis là pour te surveiller.

Une vague expression surprise passa sur son visage mais il ne releva pas et reprit sa contemplation du plafond. Emmeline était étonnée de le trouver là ; Benjy Fenwick n’était pas du genre fauteur de troubles. Jeune homme taciturne, il participait peu en classe, ne chahutait pas, ne bousculait pas ses camarades dans les couloirs. Lestrange ne lui avait pas dit ce qu’il faisait là.

Tout en réfléchissant, Emmeline sortit son devoir de potions et le déroula. Elle saisit sa plume, faillit la porter à sa bouche mais se ravisa à temps Sinon elle va se remettre à cracher partout - et vu le contexte c'est pas une bonne idée. Alors qu’elle se plongeait dans la lecture de son dernier paragraphe, un bruit agaçant la tira de ses réflexions. Elle redressa vivement la tête, le regard assassin, et avisa Benjy qui tapotait à un rythme régulier sur son bureau avec sa baguette tout en fredonnant ce qui ressemblait vaguement à la dernière chanson de Magic Cauldron, saccagée au Bulbopus. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

- Tu n’as pas quelque chose à faire ? Lâcha-t-elle sèchement. Lestrange ne t’a pas donné de tâche ?

Benjy cessa son concert et haussa les épaules.

- Non.

Emmeline leva les yeux au ciel tout en songeant « Préfet-en-chef à la noix ».Je propose de le destituer

- Eh bien laisse les honnêtes gens travailler, au moins.

Le jeune homme fronça aussitôt les sourcils et ses yeux lancèrent des éclairs.

- Je ne sais pas ce qu’il t’a dit mais je suis aussi une honnête personne, gronda-t-il.
- Oh, eh, calme ! Je disais ça comme ça ! Lestrange ne m’a rien dit.

Benjy chassa une boucle de son front et la considéra d’un air torve. Emmeline soutint son regard, agacée. Il n’avait aucune raison de s’énerver contre elle de la sorte. Avec un soupir, Benjy capitula silencieusement et expliqua :

- J’ai insulté ce petit enfoiré de Walden Macnair Une bonne chose. Et je l’ai attrapé par le col de sa chemise. (Il fit mine de réfléchir avant de se fendre d’un sourire mauvais). Et je l’ai un peu secoué. :lol: :lol: J'imagine tellement sa façon de dire ça
- Mais pourquoi ? s’étonna Emmeline, choquée. Ma grande, un jour tu te retourneras vers une bande de garçon pour le dire "A poil !". Joue pas les effarouchées avec nous. Ce moment :lol: :lol: :lol: :lol:

Pour ce qu’elle en savait, Macnair était un Serpentard de sixième année pas très malin mais costaud, qui trouvait sa joie dans le fait de frapper des cognards. Pas l’âme sœur d’Emmeline, a priori, mais il fallait de tout pour faire un monde.Même des bourreaux...
Benjy se dandina un instant sur sa chaise en entendant sa question, la mine sombre. Finalement, il marmonna :

- Il avait insulté ma mère. ESPECE DE SALE PETIT ALNGRAM VJBAJB VABJUARGB On touche pas aux mamans!!

Se sentant franchement idiote, Emmeline répéta :

- Mais pourquoi ? Effectivement ça fait un peu idiot :lol: :lol:
- Elle tient une boutique de vêtements dans Londres. Avec une section sorcière, et une moldue. Macnair considère que c’est trahir les Sorciers. Macnair est un imbécile, mais j'adore l'idée de la maman de Benjy !!

Il avait craché les derniers mots d’un air dégoûté, les poings serrés. Emmeline le considéra avec étonnement. Elle connaissait Benjy car ils suivaient les mêmes options qu’elle, elle l’avait aidé plus d’une fois en arithmancie et lui en potions. Pourtant, elle ne connaissait rien de sa vie. Elle ne savait pas d’où il venait, quels étaient ses amis à Poudlard. Elle le connaissait sans le connaître, et tout à coup cette idée la mettait mal à l’aise. OK je suis une buse : il est dans quelle maison?

Benjy la regardait comme s’il attendait son jugement, qu’Emmeline ne se sentait nullement en droit de donner. Elle se contenta de répondre prudemment :

- Je ne vois pas en quoi ça pose un problème à Macnair.
- Tu vis tellement hors de ton monde que ça, Vance ? Railla-t-il. Tu n’as pas remarqué que depuis deux ou trois ans les agressions contre les Nés-Moldus ou autres Sorciers proches de leur monde se multipliaient ?
- Oh, si, mais je …"mais je m'en tape pour le moment" Ahh y'a du chemin jusqu'à l'Ordre ^^

Emmeline se tut, rougissante. Pour tout avouer, elle ne se concentrait pas sur grand-chose à part ses études et les résultats de Bavboules. Le chemin qu'elle a faaaaait maaah brave petite Emmeline

- Je n’avais pas fait le lien, compléta-t-elle faiblement.

Son devoir de potion complètement oublié, elle déposa sa plume sur le bureau et considéra Benjy avec un intérêt renouvelé.

- Ça arrive souvent, ce genre de choses ? A Poudlard ?
- J’en sais rien. On n’y fait jamais vraiment attention avant d’en être soi-même victime. ça c'est tellement vrai.

Dotée d’un fort sens de la justice, Emmeline se sentit envahie de colère à l’idée de toutes ces insultes restées impunies.

- J’imagine que Macnair n’a rien pris pour son insulte ?
- Merlin, non. Depuis quand Lestrange s’en prend aux types de sa maison ?

La jeune fille lui concéda cela d’un hochement de tête. Il arrivait souvent que les préfets-en-chef favorisent leur maison, et c’était encore plus vrai avec Lestrange.

- C’est injuste, déclara-t-elle. Il faut faire quelque chose.RÉVOLUTION! Aux barricades! Vas-y Clem c'est ton moment :lol: :lol:

Benjy leva les yeux au ciel.

- On ne va pas aller voir McGonagall. J’ai déjà eu de la chance que Lestrange se contente de sa punition sans en référer aux profs.

Si Emmeline avait eu une boulette de papier, elle la lui aurait envoyée à la figure.

- Eh, tu me prends pour qui ? On peut se faire justice nous-même. QUEL AUDACE LA JE LA RECONNAIS C'est pas très éthique mais...
- Nous ? Releva-t-il. Ce ne sont pas tes affaires.
- Trop tard, rétorqua-t-elle avec un sourire mutin, le premier de la soirée.
- Bon et qu’est-ce que tu vas faire ? Marmonna-t-il, renfrogné. Avoir une meilleure note que lui en Métamorphose ?
- J’ai toujours de meilleures notes que lui, je te remercie. Non, on va mettre à contribution le club de Bavboules.Ooooouh J'adore :lol: :lol: :lol:
- Oh, Merlin tout puissant, gémit-il en enfouissant son visage entre ses bras. J’aurais mieux fait de me taire. (Il redressa la tête pour la fusiller du regard). Hors de question que le club de Bavboules participe à tout ça. Toi comprise.
- Chut, répondit-elle, la tête penchée sur un parchemin vierge. Je réfléchis. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:
- Vance ! s’agaça-t-il. Ils sont adorable :lol: :lol: J'aime tellement cette version d'Emmeline :lol: :lol:

Elle releva la tête, chassa une mèche brune de son visage et ouvrit de grands yeux.

- Fenwick ! C’est quoi ton problème ? Laisse-moi t’aider.
- Je n’ai pas besoin…
- Oh, ça suffit le Gryffondor AH OUI. Je me disais bien qu'il y avait un petit air. . Votre orgueil stupide ça va deux secondes.
- VANCE ! Ragea-t-il à nouveau, en abattant ses deux mains sur la table.

Emmeline se contenta de lui répondre par un sourire innocent, plaça un doigt sur sa bouche pour lui signifier de se taire et commença à griffonner sur son parchemin. Benjy se leva dans un grincement de chaise et voulut lui arracher le papier, mais elle l’arrêta d’un geste et lui tendit son devoir de potions à la place :

- On fait un marché : tu me laisses t’aider, et en échange je mets mon propre orgueil de côté et je te laisse corriger mon devoir.

Le visage impassible, il la considéra un silence quelques instants avant d’émettre un râle agacé.

- Très bien.

Emmeline dissimula son sourire vainqueur derrière ses cheveux, toujours penchée sur son parchemin. Aider Benjy était sa manière de se disculper pour le peu d’attention qu’elle portait au monde en temps normal, et elle ne le laisserait pas lui enlever ça. Oh mais elle est trop mignonne.
J'adore ce début de relation qui se pose entre les deux et puis revoir les aspects simples de la vie à Poudlard : les retenues, le club des bavboules (je sais plus qui avait la réflexion qu'on voyait jamais les autres clubs que le Quidditch), tout ça ... C'est adorable !


***


Le jeudi suivant, l’entraînement de Bavboule eut lieu comme d’habitude à l’extérieur. Le club s’efforçait de s’entraîner par tous les temps afin d’être capable de faire face à toutes les situations. Emmeline retrouva ses quelques camarades du club avec plaisir, dans l’air froid de novembre LOOOOIN DU FROOOID DE DECEEEEMBREUH. Ils se trouvaient dans un coin de la cour principale du château, endroit que la foule d’élèves avait l’habitude d’éviter. Personne ne souhaitait être la victime malencontreuse d’une bavboule en pleine défaite. La petite Miranda Blewett, première année, se proposa pour tracer le cercle au sol, en guise d’entraînement pour ses cours de sortilège. Mélusine Salathiel, une Serdaigle de septième année, annonçait les opposants pour les matchs d’entraînement. Emmeline n’écoutait que d’une oreille et surveillait le chemin qui menait aux serres. Si Chourave ne terminait pas son cours en avance comme il lui arrivait parfois C'est vrai que Chourave ce serait tellement le genre à terminer quelques minutes avant juste pour faire plaisir aux élèves :lol: :lol: , les Sixième années de Serpentard et Poufsouffle devraient passer par là environ une demi-heure plus tard.

Du coin de l’oeil, Emmeline aperçut Benjy qui se dissimulait dans un coin de la cour, le nez plongé dans un livre volumineux. Le plan de la jeune fille n’avait pas demandé beaucoup de préparation ; après avoir vérifié l’emploi du temps de Macnair, elle s’était arrangée avec Mélusine pour jouer au bon moment puis s’était efforcée de mettre sa fierté de côté. Elle en était parfaitement capable dès lors qu’elle souhaitait absolument obtenir quelque chose. On en doute pas ^^Benjy ignorait ce qui allait se passer ; elle lui avait seulement ordonné d’être là.

L’entraînement de Bavboule commença, sans Oliver Bletchley COUCOU TOI , leur meilleur joueur, qui se trouvait en cours de botanique Je vais essayer de le caser quelque part, en plus les bavboule ça va très bien avec la personnalité que j'ai fait pour le père de Miles :lol: :lol: . Alors que Miranda perdait lamentablement contre Mélusine, puis Mélusine contre Eustace Fawley COUCOU TOI x 2, en quatrième année à Poufsouffle, Emmeline peinait à prêter attention à l’entraînement. Elle ne pouvait s’empêcher de consulter sa montre, nerveuse à l’idée que leur programme ne coïncide pas avec le plan qu’elle avait prévu. C’était sans compter sur Mélusine, qui n’hésitait pas à interrompre une partie pour rester dans les temps. Alors que la cloche de Poudlard sonnait dix-huit heures, des élèves commencèrent à remonter le chemin qui menait aux serres. Mélusine n’avait plus que cinq minutes pour prendre sa revanche sur Eustace. Emmeline, le cœur battant, se tourna vers le chemin. Elle ne tarda pas à apercevoir Walden, entouré de sa bande d’amis. Elle avança à grands pas vers le chemin, tandis que derrière elle Eustace poussait un cri alors que la bavboule de Mélusine lui crachait dans l’oeil Dangereux le jeu. Emmeline ramena une mèche de cheveux derrière son oreille, afficha un sourire qu’elle espérait aguicheur et s’exclama : Je l'imagine avec un sourire aguicheur :lol: :lol:

- Wouhou ! Walden ! Là on commence à voir la fille qui demande à Sirius Black et James Potter de se mettre à poile

Le Serpentard tourna machinalement les yeux vers elle, en même temps que tous ses camarades. Emmeline se sentit rougir mais ne se démonta pas et avança un peu plus vers eux. Curieux, la petite bande s’arrêta. La jeune fille, de taille moyenne, se sentit minuscule par rapport à ce gorille de Walden, qui n’était pas batteur pour rien, et ces trois amis tous plus grands qu’elle. Elle s’efforça de ne pas leur prêter attention et adressa un sourire éclatant à Macnair. « Merlin, prendre tous ces cognards dans la figure ne l’a pas arrangé », songea-t-elle. :lol: :lol: :lol: Vous croyez que les dents de Flint c'est à cause de ça?

- Salut, Walden. Je suis Emmeline, Emmeline Vance.

Elle lui tendit une main qu’il serra machinalement, l’air stupide. C'est hyper bizarre de se serrer la main entre jeunes je trouve :lol: A croire qu’aucune fille ne lui avait jamais adressé la parole. A dire vrai, Emmeline y comptait.

- Tu vois, je suis une fan de Quidditch, et j’admire tellement ton jeu.

Sa voix de midinette lui donnait envie de grincer des dents. Elle semblait avoir complètement assommé Walden.

- Ah. Ben. Merci ? Cela dit que répondre d'autre? :lol: :lol: :lol: Lui-même il comprend rien ^^

Elle gloussa comme s’il était hilarant et replaça une nouvelle fois une mèche de cheveux derrière son oreille. La vision :lol: Walden suivit le mouvement de sa main, comme hypnotisé. Ses amis ricanèrent lui assénèrent une tape dans le dos et déclarèrent qu’ils allaient continuer sans lui. Walden ressemblait à un condamné à mort. Un instant, Emmeline songea que cette conversation était peut-être une torture suffisante. Mélusine, qui la réclamait à grands cris, la ramena à son plan d’origine.

- Écoute, moi aussi je pratique un peu le sport. Tu voudrais jouer un peu avec moi ? On pourrait apprendre à se connaître un peu ! Elle va lui faire perdre pour pouvoir lui crever l'oeil?

Nouveau large sourire. Walden cligna plusieurs fois des yeux, hébété. Emmeline décréta que son silence était un acquiescement et lui attrapa le bras sans façon pour le tirer vers le terrain de Bavboules. Mélusine fit une grimace de dégoût. Emmeline l’ignora et lança d’un ton joyeux :

- Je vais initier Walden aux Bavboules ! Ça ne vous dérange pas, hein ?

Mélusine consulta son plan, répondit du bout de lèvre que puisque Bletchley était un retard, elle pouvait, et s’écarta du terrain.

- Quelqu’un peut prêter ses Bavboules à Walden ? Ah, super, merci Eustace. Alors, Walden, tu connais un peu les règles ?

Comme le Serpentard secouait la tête, toujours mutique, Emmeline entreprit de lui expliquer. Elle n’osait tourner la tête du côté de Benjy, de peur d’attirer l’attention de Walden sur lui. Les règles étant plutôt simple, ils commencèrent bientôt à jouer. Par un coup de chance aberrant, Walden remporta tout d’abord deux points qui valurent à Emmeline de se faire arroser par ses Bavboules. Ce jeu n'empêche :lol: :lol: :lol: Cependant la chance du débutant cessa bien vite et la jeune fille sortit plusieurs Bavboules du cercle, coup sur coup. Walden esquiva la première giclée (grâce à son entraînement de joueur de Quidditch sans doute), mais les deux suivantes le frappèrent droit dans l’oeil. Il jura la première fois, jura plus fort encore la seconde. La troisième fois, il fut si surpris qu’il trébucha, roula sur ses propres Bavboules qu’il envoya valser hors du cercle, tomba au sol et se fit asperger par toutes les billes qu’il avait sorties sans le vouloir. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: La petite Miranda ne put s’empêcher d’éclater de rire. Oliver Bletchley était arrivé au milieu de la partie et considérait son camarade avec un amusement non dissimulé. Quant à Mélusine, elle faisait semblant d’être penchée sur son sac de billes pour cacher qu’elle riait.

Emmeline prit un air catastrophé, secrètement ravie de la tournure que prenaient les événements, et se précipita sur Walden pour l’aider. Couvert du liquide pestilentiel que dégageaient les Bavboules, Walden la repoussa avec un juron et se releva tout seul.

- Stupide jeu ! Cracha-t-il. Mauvaise… Mauvaise idée ! Il sait parler genre ... correctement?
- Je suis désolée ! s’exclama Emmeline. Tellement désolée, je voulais juste… Je voulais juste qu’on apprenne à se connaître, je…
- Mauvais idée ! Répéta Walden encore plus fort avant de se précipiter vers l’intérieur du château, humilié.
- Moi qui pensais que tu étais une fille intelligente, Vance, commenta Mélusine. Quelle idée de s’enticher de cet idiot de Macnair ? Justement parce qu'elle est intelligente 8-)

Emmeline prit sur elle pour cacher son sourire triomphant et répondit d’une voix aussi piteuse que possible :

- Il est si bon au Quidditch.

Mélusine et Oliver la dévisagèrent d’un air atterré. Ils doivent rien comprendre les pauvres :lol: :lol: Les deux Troisième années du groupe, des jumeaux répartis à Gryffondor et Poufsouffle, tentaient de se faire entendre pour savoir s’ils pouvaient jouer. Comme Emmeline sentait qu’elle ne pourrait jouer son rôle bien plus longtemps, elle rassembla en vitesse ses Bavboules, déclara qu’elle abandonnait l’entraînement pour ce soir-là et s’enfuit sans demander son reste. Elle rentra dans le château et monta lentement l’escalier principal. Au bout de quelques marches seulement, Benjy la rejoignit.

- Merlin, mais quelle idée absurde ! s’exclama-t-il avant de partir d’un grand rire. Absurde mais ça t'a fait rire quand même ahah

Emmeline ne put retenir celui qu’elle réprimait depuis cinq minutes. Ils s’arrêtèrent sur le palier du premier étage, incapable de continuer plus loin, essoufflés. Ils étaient seuls, la majeure partie des élèves étant dans leur salle commune ou à la bibliothèque. Comme le concierge, Apollon Picott, passait au rez-de-chaussée et les gratifiait d’un regard surpris, ils s’empressèrent de disparaître dans un couloir afin d’éviter les questions.

- Je ne sais pas où tu es allée pêcher une idée pareille, rit Benjy alors qu’ils passaient devant le portrait d’une petite fille en robe rose sur une balançoire qui se mouvait toute seule.

Emmeline haussa les épaules, amusée.

- J’aime les Bavboules, je pense Bavboules ELLE VIT BAVBOULE. Ça m’a paru évident. La première chose que tu apprends lorsque tu commences ce jeu, c’est à supporter l’humiliation. Si si peu de personnes l’apprécient, c’est qu’ils ont l’impression de se ridiculiser à la moindre erreur. Je me doutais que Macnair était de ce genre-là. Evidemment

Ils s’immobilisèrent devant la salle d’étude des runes et Benjy se laissa glisser au sol, le dos appuyé contre la porte. Emmeline fit de même, le dos appuyé contre le mur opposé. Elle sourit au jeune homme, dont le visage s’était ouvert. Ses yeux pétillaient, ses lèvres étaient légèrement retroussées, prêtes à sourire.

- Tu n’as pas peur qu’il t’en veuille ? Interrogea-t-il.Il pourra lui en vouloir plus tard pour bien d'autres raisons...

Elle haussa les épaules.

- Au pire, il m’évitera. Pourquoi m’en voudrait-il ? Tout ce que j’ai fait c’est manifester de l’admiration pour lui. Je ne vois pas comment il pourrait faire le lien entre nous, on ne traîne pas ensemble.

A ces mots, l’expression joyeuse de Benjy se fana quelque peu.

- C’est vrai. Pourquoi tu as fait ça pour moi ?

Emmeline ramena ses genoux contre sa poitrine, le temps de trouver une réponse adéquate. Elle fit tournicoter une mèche de cheveux entre ses doigts puis répondit lentement :

- Ma mère me reproche souvent de vivre un peu dans mon petit monde OUPS, de ne pas faire attention aux autres OUPS x2. Je sais que c’est vrai, et j’aimerais changer ça. Alors c’était une manière de m’investir, j’imagine. Mwooooooh Perri, tu sais ce qu'il te reste à faire :lol:

Consciente que sa réponse donnait l’impression que Benjy en lui-même ne l’intéressait pas, elle continua :

- Et puis ça me sidère que Macnair ait insulté ta mère comme ça. Il méritait d’être puni.

Benjy hocha gravement la tête puis baissa les yeux, silencieux. Emmeline avait eu le temps de constater que son visage s’était à nouveau fermé. Paniquée à l’idée de l’avoir blessé, elle balbutia :

- Je suis désolée, je ne suis pas très douée pour… pour tout ça. L’amitié. Je… Je n’ai pas beaucoup d’amis, en dehors du club de Bavboules… mwoooh elle est trop choue *lui fais un calin* T'as demandé son consentement avant de lui faire un câlin ? :lol:

Elle rougit furieusement en l’avouant et ramena ses cheveux devant son visage d’un mouvement d’épaule pour se cacher derrière eux. Le rire de Benjy la tira de sa cachette. Elle osa jeter un coup d’oeil dans sa direction. Il lui souriait, l’air légèrement sardonique.

- C’est quoi cette amitié basée sur des billes qui crachent du pus ? Drôle de relation. :lol: :lol: :lol: :lol:
- Ce n’est pas du pus, s’insurgea Emmeline.

Il rit à nouveau, se leva et lui tendit la main pour l’aider à faire de même.

- C’est vraiment toute ta vie les Bavboules, hein ?
- Eh bien, ça et mes études, oui, avoua-t-elle, sans trop savoir si elle devait être fière ou gênée.
- Et un certain sens de la justice, apparemment, compléta Benjy en fourrant ses mains dans ses poches. Ravi de te rencontrer enfin, Emmeline Vance. C'est booooooo

La jeune fille lui adressa un sourire franc et désigna l’escalier tout proche d’un mouvement de la tête.

- Tu viens ? Ça va bientôt l’heure de dîner et j’aimerais déposer mes Bavboules au dortoir avant.
Ils prirent donc le chemin de leur salle commune respective, côte à côte dans l’escalier, un sac de Bavboules entre eux.

Tellement adorable cette amitié naissante ! Et tellement beau que ce soit grâce et pour Benjy qu'Emmeline force sa nature et s'ouvre !

Partie 2 : « Bavboule d’amour ! »

1979 Victoria a un an.

- Où est-ce qu’on va ?
- Tu verras.
- Benjy !

Le jeune homme rit dans la nuit claire de Cornouailles et tendit la main à Emmeline, qui avait revêtu une belle robe de soirée de couleur pourpre pour l’occasion. Elle doit être siii belle

- On transplane. Je t’emmène.

Elle grimaça, les mains sur les hanches.

- Tu sais que chez les Moldus, on se rend au restaurant en voiture et l’homme peut ouvrir la portière de sa cavalière s’il veut être galant ? C’est bien moins violent que le transplanage d’escorte.

Benjy leva les yeux au ciel.

- J’y vais tout seul, si tu préfères.
- Pas maintenant que j’ai mis cette robe, non.HAHAHA :lol:
- Merlin, Vance, ce que tu es agaçante. C'est pour ça que tu l'aimes 8-)

Elle lui sourit largement, pris finalement sa main et la secoua dans tous les sens.

- Alors ? On y va ?

Sans plus attendre, Benjy fit un pas en avant et pivota, Emmeline accrochée à sa main. Ils débarquèrent en plein Londres, dans une ruelle déserte qui débouchait sur une rue plus animée. Benjy guida la jeune femme vers un petit restaurant sympathique – et moldu – que lui avait conseillé Margaret OOOh adorable de voir des noms sortir comme ça ! . Il avait promis à Emmeline de l’emmener en restaurant pour qu’ils se changent les idées. Le contrat était clair : ils ne parleraient pas de la guerre. Ce soir-là, ils étaient deux vieux amis qui se retrouvaient pour partager un dîner, et non deux vétérans harassés.Je suis heureuse pour eux...

Durant leur repas, Emmeline le harcela à propos des Bavboules. Il était le seul, au QG, à connaître sa passion pour ce jeu. Elle refusait d’en parler devant les autres, persuadée qu’ils se moqueraient d’elle Et je pense qu'elle a raison d'en être persuadée. James, Sirius et les frères Prewett se fouteraient d'elle c'est sûr :lol: :lol: Elle en profitait donc dès qu’ils se trouvaient seuls, Benjy et elle, pour lui faire des compte-rendus détaillés de l’actualité Bavboules. :lol: :lol: :lol: Mon dieu ce que ça doit être (OK, je suis mal placée pour me moquer)

Tout en l’écoutant, il songeait avec tendresse à la jeune Serdaigle qu’il avait appris à connaître dix ans plus tôt. Après l’affaire Macnair, ils étaient vite devenus inséparables. Il l’avait sortie de son cercle exclusif de joueurs de Bavboules et Emmeline s’était rendue compte qu’elle appréciait la société des autres, plus qu’elle ne l’aurait pensé. Fidèle à sa volonté de s’investir plus dans le monde qui l’entourait, elle avait fait des efforts avec les amis de Benjy, qui étaient vite devenus les siens, mais aussi avec ses camarades de Bavboules. Elle avait appris à connaître autre chose que leurs qualités au jeu. Benjy l’avait regardée s’ouvrir avec bonheur, cette drôle de fille qui se fichait du regard des autres et adorait faire ses devoirs. Emmeline lui avait dit un jour que sans lui, jamais elle ne serait devenue préfète-en-chef. Trop renfermée sur elle-même, elle n’aurait pas fait une bonne candidate. Benjy lui avait ouvert des horizons nouveaux. C'est beau cette rétrospective sur leur relation ! On sent tellement la tendresse de Benjy, c'est adorable

A ce jour encore, assis en face d’elle dans cette salle de restaurant moldue, Benjy ignorait ce qui l’avait poussé à s’attacher à elle, durant leur cinquième année. Peut-être était-ce plutôt Emmeline qui avait choisi de rester auprès de lui. Toujours là pour le harceler, pour le forcer à dire ce qu’il avait sur le cœur. Taciturne devant tous, il se laissait toujours aller devant Emmeline. Il aurait pu tomber amoureux d’elle si elle l’avait laissé faire. Mais Emmeline adolescente n’était pas intéressée par la romance. J'aime bien cette idée qu'elle ait mis du temps à le voir comme ça!Ses quelques tentatives de flirt s’étaient soldées par des échecs retentissants, qui étaient vite devenus une blague entre eux. Par la suite, le cœur rongé par la vengeance, c’était lui qui s’était refuser à lui offrir plus. Cruel que le timing arrive en période de guerre ...

- Ben ? Tu m’écoutes ?

Il sourit face à l’air agacé de la jeune femme et répondit docilement :

- Ils ont annulé le championnat d’Angleterre.
- Ça n’a pas l’air de t’attrister ! s’insurgea-t-elle. C’est une catastrophe ! COMME PARCE QU'ILS REPORTENT L'EURO OU LES JO OU QU'ILS ANNULENT MA DERNIERE ETAPE DE BIATHLON OU ... *reprend son souffle * * Ok, arrête*

Il se mit à rire et l’écouta énumérer tous les désavantages de cet événement pendant qu’il mangeait son dessert.



- Où est-ce qu’on va ?
- Tu as fini de me poser cette question en permanence ?
- Tu fais des mystères !
- Enjambe cette barrière. Emmeline. "Les gars, à poile". Remember? désolée, mais cette scène me tuera toute ma vie :lol: :lol: :lol:
- Quoi ?

Excédé, Benjy lui désigna la barrière du petit square londonien devant lequel ils se trouvaient. Emmeline lui jeta un regard circonspect, releva ses jupes et enjamba le petit portillon. Benjy fit de même puis l’entraîna au cœur du square, là où on ne les verrait pas de la rue.

- Donne moi ton sac à main, demanda-t-il alors qu’elle regardait autour d’elle, perplexe.Et là il se barre avec :lol: :lol:

Elle le lui tendit, une mine méfiante sur le visage. Benjy farfouilla n’eut pas besoin de chercher longtemps pour trouver ce qu’il voulait. Il sortit un sac en toile, usé jusqu’à la corde, dont la vue fit rougir Emmeline.

- Je savais que tu les emmènerais, triompha-t-il. :lol: :lol: :lol: :lol: Genre elle les emmène partout? T'imagine, ça serait grave pour combattre les mangemorts :lol: :lol: :lol:

La jeune femme lui confisqua son sac de Bavboules, l’air farouche.

- On ne sait jamais dans quelles circonstances on pourrait être amené à jouer ! :lol: :lol: J'imagine bien jeter les billes sur des Mangemorts lors d'une course poursuite ahah Ah bah qu'est-ce que je disais :lol:

Benjy s’abstint d’un commentaire sarcastique sur le fait que les Mangemorts la défieraient certainement pour se fendre d’un sourire vainqueur. :lol: :lol: :lol:

- Effectivement. D’ailleurs c’est ce qui nous amène ici.

Emmeline l’observa quelques secondes en silence pour vérifier qu’il était sérieux puis poussa un cri de joie. Elle s’empressa de préparer le terrain, ravie, tandis que Benjy se préparait mentalement à se faire recouvrir de jus pestilentiel. Emmeline revint vers lui en sautillant et lui pinça la joue avec humour.

- T’es vraiment une Bavboule d’amour, toi. Mais je fonds, ils sont adorables - cf le gif
- Vance, geignit-il. Ne m’appellepas comme ça !Ohhh :lol: :lol:

Elle éclata de rire, alla s’installer de son côté du cercle et entama la partie.



Après avoir raccompagné Emmeline chez elle, Benjy se rendit sur le lieu de sa garde de nuit. Il n’avait pas dit à la jeune femme qu’il ne rentrait pas directement au QG. Elle aurait tenu à rester avec lui. Appuyé contre un réverbère, caché sous une cape d’invisibilité d’assez mauvaise facture, il laissa la nostalgie l’envahir Si elle est de mauvaise facture, il faudrait pas rester caché sur un réverbère, si? Mais j'adore cette image de Benjy solitaire sous le réverbère en train de penser à Emmeline ! . La vie lui paraissait tellement difficile, lorsqu’il était adolescent. A présent, il aurait donné n’importe quoi pour revenir à la douce époque de Poudlard. Avant qu’il ne perde son âme dans la guerre.

Dans la nuit silencieuse, il se rappela l’horreur de l’assassinat de ses parents, la soif de vengeance, et le crime, le sang sur ses mains. Le noir désespoir d’Azkaban ensuite, puis Dumbledore lui expliquant qu’il n’était pas perdu à jamais. J'avais oublié ça sur lui...
Emmeline ne l’avait pas abandonné même pendant cette période de sa vie. Ce n’était pas faute de l’avoir repoussé. Elle s’était accrochée comme un Véracrasse à son aquarium Ils ont un côté Vic et Simon, Vic aussi elle s'accroche comme un Véracrasse à son aquarium - quelle expression d'ailleurs :lol: :lol: :lol: . Elle était là à l’enterrement de ses parents, elle était là à sa sortie d’Azkaban. Elle était là lorsqu’il s’était enfin laisser aller à pleurer. Et quand il se détestait tellement qu’il avait souhaité se donner la mort, elle l’avait aimé assez pour deux. OOOOOOOOOOH C'EST BEAU JE LES AIME AAAAH.
Cazo, tu vas devoir écrire une fic entière sur eux, plus le choix là, tu leur as fait une trop belle histoire.


Le lien qui les unissait allait au-delà de l’amitié, au-delà de l’amour romantique qu’ils auraient pu partager. Emmeline était le lien qui le rattachait à la vie Une très belle analyse ... . Ils s’étaient mutuellement sauvés plus d’une fois au cours de leurs années de guerre. Mais c'est trop beau!!!
Benjy laissa aller sa tête contre le réverbère et à, travers le tissu invisible de sa cape, contempla les étoiles. Ce lien plus fort que tout était tout ce qui comptait. MON COEUR VA EXPLOSER C'EST ADORABLE TROP MIGNON PLEIN DE GUIMAUVE AAAAH (t'inquiète Cochyo tu vas survivre)
Non mais franchement trop adorable


Une brusque bourrasque de vent le ramena à la réalité et il se secoua. Il ne cessait de rappeler à l’ordre les nouvelles recrues afin qu’elles restent concentrées, ce n’était pas le moment de se laisser distraire. Il se redressa, serra ses doigts autour de sa baguette et commença sa garde pour de bon.

***


Mai 1981

Benjy fut réveillé en sursaut par quelqu’un qui tambourinait à la porte. Il ne se pressa pas, bien conscient que ce n’était pas dans le style des Mangemorts de s’annoncer de la sorte "COUCOU C'EST NOUS ON VIENT POUR TUER".Tu m'as tuée Perri :lol: :lol: :lol: T'imagine Bellatrix en mode grand sourire ? :lol: Encore incapable d’ouvrir les yeux, il se retourna sur le dos, grommela, passa une main dans ses cheveux emmêlés et enfin ouvrit un œil. Emmeline dormait toujours à côté de lui, ses cheveux bruns étalés sur l’oreiller. Il était sûr qu’elle faisait semblant juste pour qu’il y aille. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Tellement stratégique ahah

Il grommela, ouvrit le deuxième œil et se redressa enfin. On venait de frapper pour la troisième fois à la porte. Avec un suprême effort, il sortit du lit, pensa à attraper sa baguette et tituba jusqu’à la porte d’entrée.

- Qui est là ? Grogna-t-il.
- Euh, Remus Lupin, annonça la voix étouffée du jeune homme.

Benjy s’adossa contre le battant de la porte, l’esprit embrumé. Aucune question de sécurité ne lui venait à l’esprit. Prit d’une subite inspiration, il interrogea :

- Comment s’appelle le chat des Potter ?
- Gandalf. LE GRIIIIIIIIS

Il pouvait presque entendre le sourire dans la voix de Remus. Keur sur RemusIl ouvrit la porte, sa baguette sortit, au cas où et fit face à l’expression surprise de son jeune collègue. Benjy se rappelle soudain qu’il ne portait qu’un caleçon et qu’il était chez Emmeline. Oh, au diable les ragots. C'est cette scène dont j'avais un vague souvenir :lol: :lol: :lol:

- Maugrey m’a demandé d’apporter ça à Emmeline, expliqua-t-il en tendant une cape et un vieux grimoire, que Benjy prit sans broncher. Désolé d’être passé si tôt, ajouta-t-il, l’air vaguement gêné.

Benjy haussa les épaules et lui claqua la porta au nez sans plus de cérémonie Fallait pas passer de si bon matin Remus :lol: :lol: :lol: . Il abandonna les objets par terre, devant la porte de la chambre, et s’y faufila sans bruit. Emmeline n’avait pas bougé. Il se glissa entre les draps et se pressa contre la jeune femme, un bras passé au-dessus de sa hanche. Lorsqu’il effleura son épaule d’un baiser, il l’entendit murmurer :

- Bavboule d’amour.
- Emmeline !

Elle rit tout bas, sa cala plus confortablement contre lui et replongea dans le sommeil. Benjy, le nez enfoui dans ses cheveux, ne put s’empêcher de sourire.

- Bavboule d’amour toi-même. Décidement, ils ont quelque chose de Simon et Vic :lol: :lol:
C'était un super OS Cazo, encore mille fois merci de l'avoir écrit pour moi, je l'ai ADORE ! Je suis devenue une flaque de Perri dans mon lit ahah, tellement c'était fondant !
Mille Keur sur toi <3
C'était trop chouuuuuuu
PtiteCitrouille

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par PtiteCitrouille »

Mais quiiii voilà ??? oh mon dieuuuuu
Bref désolée j'arrive enfin :lol:
Partie 1 : tu tires ou tu pointes ?
j'ai lu ça avec un accent du sud "oh tu tireu ou tu pointeu du con ?"
avant de grimacer, des poils sur la langue
moi quand j'embrasse mon chat (mais casse de rire que tu parles de ça, on pointe jamais assez les petits détails de mordiller sa plume :lol: )
- Fenwick ?
*sors les pop-corn* 8-)
la dernière chanson de Magic Cauldron, saccagée au Bulbopus
mais je suis pliée, comment t'as trouvé ce nom de chanson ? :lol: :lol: :lol: :lol:
Avec une section sorcière, et une moldue
ohhh mais c'est trop cool ça !
- Ça arrive souvent, ce genre de choses ? A Poudlard ?
ah ouaiiiis elle est salement perdue dis moi :lol:

Donc très clairement, cet OS sera un savant mélange de romance et de vengeance justicière ?
*voix rauque* j'adore 8-)

Ce que j'aime aussi c'est le club de bavboules, on parle toujours du Quidditch, mais il doit forcément y avoir d'autre asso et clubs !
Miranda Blewett,
la cousine des Prewett, mais avec un rhume
Oliver Bletchley,
I see what you're doing here
REFERENCE SPOTTED
Eustace Fawley,
OH c'est du fan service là :lol: :lol: (tu sais que j'adore)
Sa voix de midinette lui donnait envie de grincer des dents
à moi aussi arrrrgh
Walden suivit le mouvement de sa main, comme hypnotisé. Ses amis ricanèrent lui assénèrent une tape dans le dos et déclarèrent qu’ils allaient continuer sans lui.
mais je suis morte :lol: :lol: :lol:
Walden ressemblait à un condamné à mort.
ouhouuu Victoooor Huuug.... pardon

Mais j'adooore ce jeu il est génial :lol: :lol:
Bon Emmeline a quand même accepté de faire sa midinette pour venger Benjy (on va pas se mentir, avant que ça soit contre les réflexions et violences de certains élèves, c'était avant tout pour Benjy hein)
Consciente que sa réponse donnait l’impression que Benjy en lui-même ne l’intéressait pas, elle continua :
HAHA BEN OUI allez vas-y va le péchooooooo

Mais par contre je te déteste là, leur relation était un peu travaillée mais pas autant que d'autres, mais là maintenant j'imagine la mort de Benjy, la réaction d'Emmeline après jusqu'à sa mort dans HP5 ET JE TE DETEEEEESTE
deux vieux amis qui se retrouvaient pour partager un dîner, et non deux vétérans harassés.
"amis" hein ? Mais BORDEL vous avez pas le temps pour être amis, ça part en amant direct !
Ses quelques tentatives de flirt s’étaient soldées par des échecs retentissants, qui étaient vite devenus une blague entre eux. Par la suite, le cœur rongé par la vengeance, c’était lui qui s’était refuser à lui offrir plus.
mon 'tit cœur :cry: :cry: :cry: :cry:
La jeune femme lui confisqua son sac de Bavboules, l’air farouche.
mais c'est pas possible :lol: :lol: :lol: "au cas où on s'ennuie" :lol: en même temps, je trouve ça adorable qu'elle ait ce côté de sa personnalité aussi fidèle
Elle s’empressa de préparer le terrain, ravie, tandis que Benjy se préparait mentalement à se faire recouvrir de jus pestilentiel.
mais ça c'est de l'amour *-*
Et quand il se détestait tellement qu’il avait souhaité se donner la mort, elle l’avait aimé assez pour deux.
tu veux me faire chialer Cazo ?
Mais en attendant c'est trop beau, trop mignon, mais aussi tellement douloureux
- Bavboule d’amour.
- Emmeline !
"maiiiis euuuuu on avait dit pas ce surnom !!" :lol: :lol: :lol: (au fait, on est d'accord que c'est une scène de L&J que tu nous as faite avec Remus ?? trop trop cool !)
- Bavboule d’amour toi-même.
pendant un bref moment j'ai cru que t'allais faire ta sadique avec la mort de Benjy et tout, mais OUF c'ets aps le cas
Mais maintenant je repense à sa mort et du coup j'ai envie de relire L&J mais à Poudlard où c'était plus joyeux, plus innocent et sans guerre ni trahison, je veux de l'amouuur (de la joie de la bonne hu.. pardon) et où le plus gros problème pour Lily c'était d'avoir des heures de retenues et non pas de savoir si son fils et mari allaient survivre
et VOILA maintenant je déprime MERCI

Non, autrement c'était trop mignon, comment une activité banale pour mener à plus grand
J'adore leur relation à Benjy et Emmeline, elle est atypique, pas classique, marquée par le pardon, la confiance, la douleur mais leur amitié et amour qui passent au-dessus de tout ça, et je trouve ça génial

en tout cas ça m'a fait trop trop plaisir de relire ton écriture, c'était génial comme d'habitude ! *-*
Cazolie

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par Cazolie »

BONJOUR BONJOUR

J'ai un bonus pour vous.

Vous allez pleurer.

Je n'ai rien à ajouter :lol:

Ah si ! Big up à Anna' pour le titre de la Revue des Deux mondes, venu tout droit de sa nouvelle fanfic, et merci pour le brainstorming sur le nom des Guérimages !!


Requiem


Margaret referma la porte de la chambre de son patient avec un soupir. Elle était épuisée. Son stage à Sainte-Mangouste à sa sortie de Poudlard n’avait pas été de tout repos, mais c’était à présent bien pire. Elle devait travailler deux fois plus que les autres pour prouver sa valeur et passait ses nuits à apprendre le nom qu’on donnait aux plantes ici, aux Etats-Unis.

La jeune femme avait pu partir pour l’Amérique après quelques semaines passées en France. Grâce à l’entremise de Dumbledore, elle avait trouvé un poste d’assistante-guérimage dans l’hôpital sorcier du Missouri. En fait d’hôpital, c’était plutôt une clinique. Le Missouri n’accueillait que peu de Sorciers aussi le nombre de services était-il très réduit. Les Guérimages, l’équivalent américain des Médicomages, n’étaient qu’une dizaine. Ils se reposaient beaucoup sur les assistants, qui effectuaient toutes les basses besognes tandis que les Guérimages se chargeaient des tâches plus délicates. Margaret avait été accueillie en tant que stagiaire, étant donné qu’elle n’avait suivi qu’une formation accélérée de Médicomage à Sainte-Mangouste. En réalité, elle soupçonnait qu’on l’avait reléguée à ce poste car les Guérimages ne faisaient pas confiance à leurs confrères britanniques. On lui avait clairement fait comprendre qu’il n’était pas acquis qu’elle obtienne un poste durable à l’issue de son stage. Margaret travaillait donc d’arrache-pied pour montrer de quoi elle était capable.

Elle entra dans la salle de garde, heureusement vide, pour prendre un café. Ses collègues, alors même qu’elle était là depuis près de sept mois, se montraient toujours méfiants envers cette jeune Anglaise arrivée de nulle part. Les réfugiés britanniques qui fuyaient Voldemort étaient généralement mal vus aux Etats-Unis, où les habitants craignaient que leur arrivée n’amène la guerre chez eux. Les cicatrices qu’arboraient Margaret n’arrangeaient pas son cas. Ses collègues savaient bien que les seules cicatrices qu’on ne pouvait effacer étaient dues à la magie noire. Margaret songeait souvent que son passage par l’Ordre l’avait endurcie, sans quoi elle n’aurait jamais été capable de quitter tout ce qu’elle connaissait pour faire sa vie dans un milieu hostile. C’était les seuls moments où elle s’autorisait à penser à l’Ordre du Phénix. Pour échapper à la culpabilité d’avoir abandonné tout le monde, elle avait choisi d’oublier l’Angleterre. C’était d’autant plus facile que le Bureau des Aurors avait annoncé à sa famille qu’elle avait été tuée lors d’une mission. C’était, d’après Maugrey, le seul moyen d’assurer pleinement sa sécurité.

Les murs de la salle où elle se trouvait à présent étaient peints d’un jaune réconfortant qui rappelait à Margaret les couleurs de Poufsouffle. Bien que petite, elle était meublée de gros fauteuils confortables. Une table basse brinquebalante ainsi qu’un poêle sur lequel se trouvait toujours une cafetière complétaient l’ensemble. Margaret se servit une tasse de café tout en surveillant nerveusement l’heure sur la pendule accrochée au mur. Elle n’avait droit qu’à vingt minutes de pause. Afin de cesser de penser aux tâches qui l’attendaient, elle se pencha et attrapa sur la table le dernier numéro de la Revue du Nouveau Monde, le journal sorcier des Etats-Unis. Son cœur rata un battement lorsqu’elle lut le gros titre : « La légende de Harry Potter : qui est l’enfant qui a sauvé la Grande-Bretagne ? ». L’horreur des mois de guerre s’imposa soudain à elle alors qu’elle fixait la une du journal, incrédule.
Margaret avait conscience que Harry Potter était un patronyme répandu, mais elle doutait qu’il existe plusieurs enfants sorciers de ce nom. Sa tasse toujours à la main, elle tourna fébrilement les pages du journal pour atteindre l’article. Les yeux écarquillés, elle découvrit que Voldemort avait disparu dans la nuit du 31 octobre et que Harry Potter était impliqué. Habitée par un mélange de joie, d’excitation et d’angoisse, Margaret lisait l’article en diagonale, à la recherche des noms qui lui permettraient d’identifier Harry comme le fils de sa meilleure amie. Sa tasse s’écrasa au sol sans même qu’elle s’en rende compte lorsqu’elle vit enfin le nom de Lily, jeté entre deux lignes, comme insignifiant : « … l’enfant de Lily et James Potter, à présent orphelin, a accompli un exploit hors du commun qui… ». Margaret fut incapable de finir de lire la phrase. Elle fixait ces quelques mots sans parvenir à accepter la réalité.

- « Orphelin » ? murmura-t-elle. C’est impossible…

Elle tourna la page, comme si cacher les lignes qui sous-entendaient la mort de Lily et James allait suffire à les ramener à la vie. Elle ne put retenir un sanglot lorsque ses yeux tombèrent sur une minuscule photo de leur mariage, accompagnée de seulement quelques mots : « Mariage de Lily et James Potter, juillet 1979. Nés en 1960, les deux jeunes parents sont morts pour protéger leur fils de celui que les Britanniques appellent Lord Voldemort. Un hommage national leur sera rendu le 7 novembre ». Il n’y avait rien d’autre sur le couple. Ces amis que Margaret avait tant aimés ne valaient, aux yeux des journalistes américains, qu’une demi-colonne.

Tout ce qu’elle avait fui la rattrapait de la pire des manières. Jamais elle n’avait imaginé qu’elle aurait des nouvelles de ses amis par les journaux, ni que ces nouvelles seraient si tragiques. Assise dans cette petite salle de garde au beau milieu du Missouri, elle réalisa que jamais elle ne pourrait laisser derrière elle les mois de guerre qu’elle avait vécus. Elle avait sous les yeux la preuve qu’ils la rattraperaient toujours. Elle ne pouvait pas ignorer les événements.
Elle se leva, s’aperçut enfin qu’elle avait lâché sa tasse et nettoya les dégâts, puis quitta la salle de garde. Elle devait obtenir un congé, et si on ne le lui accorderait pas, elle démissionnerait. Elle devait se rendre à l’enterrement de Lily et James.

***


Malgré la disparition de Voldemort, les portoloins directs entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis n’avaient toujours pas été rétablis. Margaret obtint de partir pour la France. L’officier chargé de l’immigration des Sorciers lui annonça qu’on ne la laisserait peut-être pas revenir, mais elle s’obstina dans son projet. Sous son regard inflexible, il lui tendit son billet pour le portoloin international New York-Paris. De là, elle trouva une place à la dernière minute pour Londres, où elle arriva le 6 novembre. Revenir à Londres alors qu’elle pensait avoir abandonné l’Angleterre lui fit un choc. Tout en parcourant les rues en direction du Chaudron Baveur, elle se rappelait l’angoisse qui l’étreignait chaque fois qu’elle patrouillait dans ces mêmes rues. Elle sentait bien que l’ambiance était différente. Les Moldus, bien qu’inconscients de la menace qui avait disparu, semblaient plus légers. La jeune femme surprit même quelques Sorciers visiblement enivrés qui parcouraient les rues du Londres moldu sans la moindre gêne. Toute cette allégresse la heurtait, elle qui était rentrée au pays pour enterrer ses amis. Elle avait du mal à réconcilier dans son esprit le Londres de la guerre et celui qu’elle voyait à présent. Il lui semblait que ce n’était pas onze mois mais toute une vie qui s’était écoulée depuis son départ.

Les journaux américains n’avaient donné que peu de détails sur les événements et elle s’interrogeait toujours. La situation avait-elle basculé brusquement ou bien le camp de Voldemort avait-il commencé à décliner depuis des mois ? Était-elle partie alors même que la situation s’améliorait ? Arrivée au Chaudron Baveur, elle prit une chambre et s’autorisa enfin à respirer. Ces lieux n’avaient pas changé, pas plus que Tom, fidèle derrière son comptoir. Elle puisa dans ces éléments permanents un peu de stabilité. Grâce au concours du barman, elle se procura tous les numéros de la Gazette du Sorcier des dernières semaines. Elle passa sa soirée et une partie de sa nuit à les éplucher. Elle finit ainsi par apprendre tous les deuils qui avaient frappé l’Ordre.
Assise sur le plancher de sa chambre, éclairée par une petite lampe à huile, elle n’essayait même plus d’arrêter les larmes qui coulaient le long de ses joues tandis qu’elle tournait les pages des journaux. Le tableau apocalyptique qui se dressait dans son esprit ne faisait que renforcer la culpabilité qu’elle ressentait depuis son départ. Elle songea à Marlène, jeune femme si brillante et charmante, aux frères Prewett qui avaient toujours prodigué leurs conseils aux jeunes recrues de l’Ordre, à la mystérieuse Dorcas qui n’eut droit qu’à une ligne dans la rubrique nécrologique. Elle avait l’impression de les avoir trahis en ayant continué à vivre sans même savoir qu’ils étaient morts. Les journaux les plus récents étaient les pires. Margaret apprit tout ce qu’on savait sur les événements de Godric’s Hollow, c'est-à-dire peu de choses. Les articles sur la trahison de Sirius la rendirent presque physiquement malade. Tout lui semblait impossible. Elle qui avait regardé avec parfois un peu de jalousie l’amitié toujours plus grande entre Lily et Sirius ne pouvait envisager qu’il les ait trahis. Elle pensa à Remus, le dernier des Maraudeurs à avoir survécu au 31 octobre.

Contrairement aux journalistes américains, les britanniques se montrèrent bien plus prolixes sur Lily et James. Des pages entières leur étaient consacrés dans tous les numéros de la Gazette parus depuis le 1er novembre. On y racontait leur histoire d’amour mouvementée, leur palmarès à Poudlard, leur mariage très jeunes et leur engagement dans la guerre – sans pour autant faire mention de l’Ordre du Phénix. Ils étaient présentés comme des héros tragiques, dont l’histoire, romantique à souhait, séduisait les foules. Dans ces lignes, Margaret ne retrouvait rien de leur humour à tous deux, de l’amour qu’ils avaient éprouvé l’un pour l’autre, de leurs doutes qui rendaient leur courage plus grand encore. Lorsqu’elle referma le dernier numéro, elle songea qu’aucun journaliste n’avait su rendre justice aux personnes qu’ils avaient été. Quelque part, c’était un soulagement. Le souvenir de Lily et James restait la propriété de ceux qui les avaient côtoyés.

Elle s’endormit à force de larmes, en songeant qu’on n’était jamais prêt à enterrer ses amis.

***


Le village de Godric’s Hollow était pris d’assaut par la foule de Sorciers venus assister à l’enterrement de Lily et James. Margaret se fondit dans foule, le cœur gros. Elle parvint à rejoindre la maison de Lily et James, où elle s’était rendue quelques fois avant son départ de l’Angleterre. Cependant, la vue des ruines lui fut vite insoutenable et elle quitta les lieux en trébuchant sur sa robe noire. Elle était arrivée avec une heure d’avance pour l’enterrement, qui devait avoir lieu dans la petite église du village. Margaret désespérait de pouvoir y entrer.

Accablée, elle rôdait devant l’édifice religieux lorsqu’une silhouette attira son attention. L’homme était planté face à l’église, immobile malgré la foule de Sorciers qui s’agitaient autour de lui. Margaret aurait reconnu ses cheveux châtains et ses épaules légèrement voûtées n’importe où. Elle renifla, s’approcha et appela doucement :

- Remus ?

Il se retourna d’un bloc et la dévisagea, les yeux écarquillés, la main sur sa baguette. Margaret ne s’offusqua pas de cette méfiance. Elle le trouva très amaigri, pâle, l’air maladif. Rien d’anormal, songea-t-elle, compte tenu de ce qu’il avait vécu ces derniers jours.

Les deux jeunes gens se dévisagèrent un instant en silence. Margaret savait que Remus ne ferait pas le premier pas, aussi s’avança-t-elle vers lui sans attendre d’invitation pour le serrer dans ses bras. A la force de son étreinte, Margaret mesura sa détresse. Ils restèrent un moment enlacés au milieu des passants, l’exilée et le survivant entourés de leurs fantômes.
Quand la jeune femme ouvrit les yeux, elle s’aperçut que plusieurs personnes les regardaient avec curiosité. Elle se détacha donc de Remus et lui lança :

- Viens, trouvons un endroit calme.

Il hocha la tête, toujours aussi silencieux. La première pensée de Margaret avait été de trouver un endroit isolé dans le village, mais en voyant la pâleur de son ami elle songea soudain au petit café qu’elle avait croisé un peu plus loin. Les Sorciers ne s’y intéressaient pas car il s’agissait d’un établissement moldu ; ils y seraient tranquilles pour se réchauffer grâce à un chocolat chaud. Remus la suivit sur les quelques mètres qui les séparaient de l’endroit sans poser de questions, ce qui serra le cœur de Margaret. Jamais elle ne l’avait vu si démuni. A la façon dont il s’était accroché à elle, elle avait senti à quel point il avait besoin d’un point de repère après avoir tout perdu.

Le café était situé dans une maison ancienne du village, qui rappelait douloureusement à Margaret celle des Potter. La salle de restaurant était petite et chaleureuse, réchauffée par un feu de cheminée qui pétillait dans un âtre décoré de toiles d’araignées, sorcières et citrouilles. Fort heureusement, il restait une table libre dans un coin de la pièce. Margaret et Remus s’y précipitèrent et la jeune femme se chargea de commander deux chocolats chauds au serveur qui se matérialisa presque immédiatement à leurs côtés. Remus lui adresse un faible sourire en entendant la commande, puis un silence gêné s’installa entre eux deux tandis qu’ils se dévisageaient, incapables de savoir quoi dire dans de telles circonstances. Margaret avait douloureusement conscience des conversations gaies et des rires des enfants qui s’élevaient vers les vieilles poutres de la maison.

Finalement, Remus brisa le silence d’une voix éraillée :

- Je ne pensais pas que tu viendrais.

Margaret secoua la tête en se mordant légèrement la lèvre inférieure.

- Comment est-ce que j’aurais pu rater ça ? J’ai organisé mon voyage dès que j’ai su.
- Ils t’ont laissée partir sans problème ?
- Pour quelques jours seulement, et il a fallu insister un peu.

Comme s’il cherchait désespérément à se changer les idées, il interrogea :

- Comment c’est, là-bas ?

Margaret chercha quelques secondes quelle réponse donner pour ne pas avoir l’air insensible. Sa première pensée fut « solitaire », mais elle avait bien conscience qu’elle avait délibérément choisi de quitter une bande d’amis. Elle songea ensuite à « difficile », puis se rappela que Remus était resté se battre, lui. Comme il attendait toujours une réponse, elle opta finalement pour une idée neutre :

- Différent. Les Sorciers, et même les Moldus, ne vivent pas du tout comme nous.

Il hocha la tête, mais Margaret voyait bien qu’il n’était pas réellement intéressé. Elle décida finalement de crever l’abcès :

- Mais je suis heureuse d’être ici, de ne pas te laisser seul pour… pour l’enterrement.

Prononcer ce mot lui serra la gorge mais elle parvint à contenir sa détresse alors que Remus fermait les yeux, comme sous le coup d’une douleur subite.

- Il n’y a plus que moi, murmura-t-il.

Au même moment, le serveur jovial déposa deux tasses sur la table. Margaret sursauta ; elle avait presque oublié où ils se trouvaient. Remus s’empressa de plonger les lèvres dans son chocolat chaud mais, contrairement à d’habitude, il ne sembla pas aller mieux lorsqu’il releva la tête vers elle.

- Alice et Frank doivent venir, mais je ne les ai pas encore vus, reprit-il d’une voix plus assurée que Margaret ne l’avait imaginée. Nous avons des places réservées à l’avant. On m’a … On m’a demandé si je voulais dire un mot mais j’ai refusé. (Il hésita, et Margaret vit ses yeux s'emplirent de larmes). Ils savaient déjà.

Elle n'eut pas besoin de lui demander de qui il parlait. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais Remus ne semblait plus pouvoir s’arrêter maintenant qu’il avait commencé à parler. Il trébuchait sur les mots, comme s’ils se précipitaient pour sortir de sa bouche, comme si les prononcer le plus vite possible lui permettrait de mettre la douleur derrière lui.

- J’ai hésité à venir, mais je… j’ai besoin de ça pour l’accepter, je crois. Tout semble si irréel, j’ai tout appris par les… par les journaux, je ne savais même pas… Black, il… Il aurait dû être là, il aurait dû voir ce qu’il a fait…

L’avalanche de mots s’interrompit aussi brusquement qu’elle avait commencé et Remus resta là, silencieux, ses mains crispées autour de sa tasse et la bouche entrouverte, une larme sur la joue.

- Je ne comprends pas comment il a pu faire ça, souffla Margaret. Ça me paraît impossible.
- Pourtant c’est vrai, répliqua Remus d’un ton dur en essuyant rageusement sa joue. C’est vrai.
- Je sais, soupira-t-elle. Je sais mais… ils étaient tellement fusionnels.
- L’amitié n’est pas éternelle.

Ces mots firent mal à Margaret, elle qui s’en voulait déjà d’avoir abandonné ses amis. Elle prit le temps de boire une gorgée de chocolat avant de demander d’une petite voix :

- Est-ce que vous m’en avez voulu, d’être partie ?

Ce n’est qu’à la fin de sa phrase qu’elle osa lever les yeux vers Remus. Il lui adressa un petit sourire triste.

- Bien sûr que non. Tu avais toutes les raisons du monde de partir.
- Même Lily ? insista-t-elle sans se soucier de sentir sa voix trembler.
- Elle était surtout triste. Et déçue de l’avoir appris par une simple lettre.

Margaret reposa bruyamment sa tasse sur la table pour s’essuyer les yeux.

- Je sais. Je n’arrête pas d’y penser depuis que… depuis que j’ai appris. J’aurais dû aller la voir, une dernière fois.
- Ca ne fait rien, dit-il doucement. Elle ne t’en voulait pas. Quand tout le monde est mort, on s’est dit que tu avais eu bien raison de partir.

Elle sursauta si fort à ces mots qu’un peu de chocolat se répandit sur la nappe à carreaux rouges et blancs. Elle ne s’était pas attendue à des mots si durs, qui qualifiaient sans doute les six derniers mois au cours desquels l’Ordre avait connu des pertes terribles. Remus fixait sa tasse sans la voir, les mâchoires crispées.

- Mais toi tu as survécu, souffla-t-elle.
- Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? marmonna-t-il.
- Remus, ne dis pas ça.

Il lui adressa un regard frondeur, qui ne dura qu’un instant. Il se renfonça ensuite dans son siège, les traits affaissés, et avala d’une traite son chocolat chaud. Dehors, la cloche de l’église sonnait l’heure.

- Il faut qu’on y aille, lança-t-il d’un ton neutre en se levant.

Margaret abandonna sa tasse à peine entamée, laissa l’argent sur la table et suivit Remus. Les Sorciers étaient agglutinés devant l’église, aux portes de laquelle des agents de la Brigade magique s’efforçaient de réguler les entrées. Sans s’embarrasser de politesse, Remus se fraya un passage à coup de coudes dans la foule, Margaret dans son sillage. La jeune femme, hébétée, était déconcertée par les bribes de conversation qui lui parvenaient ; tous ces gens étaient là pour le spectacle. Aucun ne connaissait Lily et James. Soudain, ils furent dans l’église : il avait suffi d’un signe de Remus aux agents, qui le connaissaient, pour qu’ils parviennent à l’intérieur. L’atmosphère était bien plus calme. Les signes religieux avaient été recouverts de draps noirs, et les personnes déjà assises – des officiels pour la plupart, chuchotaient dans un silence respectueux. Margaret s’empressa de détourner les yeux des supports, au bout de l’allée centrale, destinés à accueillir les cercueils des Potter. Remus regardait droit devant lui et marchait à grandes enjambées décidées vers l’avant de l’église. Il semblait avoir résolu que puisqu’il fallait y assister, il le ferait avec dignité. Il se glissa enfin sur le banc du premier rang, marqué d’un panneau « réservé », et Margaret s’assit près de lui. Ils avaient encore une dizaine de minutes avant le début de la cérémonie.

Oppressée par le décor, Margaret tenta de se changer les idées en demandant :

- Pourquoi une église ?
- Dumbledore voulait un endroit petit afin d’éviter un attroupement encore plus important que celui-ci, répondit-il dans un murmure. Il m’a aussi dit que c’était la tradition pour les Sorciers du village, qui partagent le cimetière avec les Moldus.

Margaret hocha la tête. La distraction avait été de courte durée. Alors que les rangs se remplissaient autour d’eux, elle réalisa soudain que quelqu’un manquait.

- Remus… Où est Harry ?

Un air malheureux remplaça le visage de marbre du jeune homme.

- Chez la sœur de Lily.
- Pétunia ?!

Margaret avait parlé bien plus haut que prévu, et plusieurs têtes se tournèrent vers eux. Elle n’y prêta pas attention, atterrée.

- Mais elle déteste la magie !
- Je sais. Dumbledore n’a rien voulu entendre. Il a déjà fallu insister pour qu’il me révèle où il se trouve ; peu de personnes le savent.

Margaret, qui s’était tournée vers Remus pour leur conversation, s’adossa à nouveau au banc inconfortable et reporta son attention vers l’avant. Déjà soufflée par cette nouvelle, elle crut mourir lorsqu’elle s’aperçut qu’un nouvel élément avait été apporté pendant leur discussion : une photo de Lily et James, prise le jour de leur mariage. Mains jointes devant Dumbledore, ils se souriaient de cette façon dont ils avaient le secret, comme s’ils étaient seuls au monde. C’était une photo magique mais on ne voyait que Dumbledore agiter sa baguette tandis qu’il nouait autour d’eux les liens du mariage. Lily et James étaient immobiles, les yeux fixés l’un sur l’autre. Le monde autour de Margaret se réduisit à cette photo et, lorsqu’on leur demanda de se lever, elle ne put s’empêcher de prendre la main de Remus dans la sienne, bien consciente que seule, elle n’y arriverait jamais.

***


Elle prêta à peine attention à la cérémonie, n’écouta pas un mot des discours officiels qui furent déblatérés au sujet de la bravoure des Potter, par des membres du Ministère de la magie qui n’avaient jamais entendu Lily insulter James après une blague idiote. A côté d’elle, Remus semblait changé en pierre ; seule sa main glacée serrant convulsivement la sienne attestait qu’il prêtait attention à ce qu’il se passait. Ni l’un ni l’autre ne bougèrent lorsqu’une procession partit vers le cimetière, guidée par huit hommes qui portaient sur leurs épaules les cercueils fermés de Lily et James Potter. Longtemps, Margaret et Remus restèrent dans l’église, assis sur leur banc inconfortable, épaule contre épaule. Ce n’est que lorsque le bruit de la foule à l’extérieur disparut que Margaret fit un mouvement pour se lever. Remus lui adressa un regard éperdu mais elle le tira par la main. Ils devaient le faire.

La nuit était en train de tomber et le cimetière était presque vide. Ca et là, des groupes de Sorciers discutaient encore mais, par respect pour les morts, ils s’étaient éloignés de la tombe. Margaret la repéra aussitôt. Sa couleur blanc immaculé tranchait parmi les pierres tombales plus anciennes. Elle était également couverte de fleurs. Dans la lueur du crépuscule, Remus et Margaret s’approchèrent, le cœur gros.

- « Le dernier ennemi qui sera vaincu, c’est la mort », murmura-t-elle.

A côté d’elle, Remus se laissa tomber sur le sol couvert de feuilles mortes et fondit en larmes. Margaret aurait voulu le réconforter mais elle en était incapable. Les yeux fixés sur le nom de celle qui avait été l’une de ses meilleures amies, elle prit soudain conscience qu’elle ne la verrait plus jamais. Un fugace instant, l’image de la porte de la chambre de Jenny s’imposa à elle, les monceaux de fleurs que chacun faisait apparaître devant après sa mort. Elle aurait voulu que Val soit là, mais Val aussi avait disparu, d’une façon qui lui paraissait toute aussi définitive.

Les quelques personnes qui étaient encore dans le cimetière le désertèrent lorsqu’ils entendirent les sanglots de Remus qui déchiraient la nuit. Le bruit de la grille du cimetière qui se referma en claquant ramena soudain Margaret à la réalité. Elle s’accroupit et prit Remus dans ses bras, sans chercher à prononcer le moindre mot. Face à la mort, ils étaient vains.

***


- Remus ? Oh…

Margaret venait de lever la tête vers Benjy Fenwick, qui se tenait près de la tombe, le visage en partie éclairé par la lueur des réverbères. Sa barbe était négligée, son teint pâle. Il fixait les deux jeunes gens assis devant la tombe sans tourner les yeux vers celle-ci. Margaret se rappela soudain son amitié inattendue avec Lily et se demanda ce qu’il ressentait. Toujours imperturbable, il n’avait jamais été du genre à s’appesantir sur les décès qui frappaient l’Ordre.

- Je ne savais pas que tu viendrais, commenta-t-il d’un ton égal en la dévisageant.

Elle haussa les épaules. Même si elle avait voulu émettre une réponse plus élaborée, elle en aurait été incapable. Tant pleurer l’avait vidée de ses forces. Benjy se pencha un peu pour regarder Remus, qu’elle enlaçait toujours. Ses larmes avaient fini par se tarir et il fixait la tombe blanche et ses inscriptions dorées, le visage hâve.

- Je voulais venir plus tôt, dit doucement Benjy à son intention, mais on a eu quelques soucis.

Margaret frissonna ; rien n’était terminé. La voix de Remu s’éleva alors, caverneuse :

- Pas grave. Ca ne change rien, de toute façon.
- C’est vrai, admit Benjy en se décidant enfin à faire face à la tombe, les mains dans les poches. Ca ne change rien.

Le silence régna quelques minutes, tandis qu’ils fixaient tous trois la pierre blanche sous laquelle reposaient leurs amis. Benjy soupira finalement et tendit la main à Margaret pour l’aider à se relever.

- Venez, vous avez assez traîné ici. Il faut être prudent, en ce moment.

Remus se laissa mettre debout, mais il restait tourné vers la tombe alors que Benjy s’engageait déjà vers la rue.

- Je ne peux pas partir, murmura-t-il.
- Tu l’as dit toi-même, répondit Margaret d’une voix éraillée. Ca ne change rien.
- Je… Je sais mais j’ai l’impression… Ici, j’ai l’impression d’être encore avec eux. Que si je pars… Si je pars, je les perdrai à nouveau.
- Tu reviendras, lui assura-t-elle en glissant son bras sous le sien, tandis que Benjy, depuis le portail du cimetière, leur faisait signe. Il faut y aller, Remus.

Il ne répondit rien mais se laissa traîner loin de la dernière demeure des Potter. Une fois dans la rue, il cligna plusieurs fois des yeux, comme surpris que la vie continue son cours. Benjy regardait autour de lui d’un air inquiet, la main au fond de sa poche où il serrait très certainement sa baguette.

- Est-ce que tu peux rentrer tout seul ? demanda-t-il à Remus. Je peux te faire transplaner.
- Moi aussi, proposa Margaret.

Remus semblait à peine les avoir entendus. En revanche, Benjy adressa un regard dur à la jeune femme.

- Non. Pour des raisons de sécurité, il vaut mieux que tu ne saches pas où il vit. On est tous recherchés par les Mangemorts, on ne peut pas prendre de risque.
- Mais je…
- Tu ne fais plus partie de l’Ordre, coupa-t-il. Nos secrets ne sont plus les tiens.

La sécheresse du ton de Benjy semblait avoir réveillé Remus, qui regardait à présent la jeune femme d’un air circonspect.

- Il a raison, dit-il doucement. De toute façon, tu repars demain, non ? Autant qu’on se sépare ici.

Margaret fut à nouveau prise d’une envie de pleurer. Tout lui glissait entre les doigts. Elle allait à nouveau protester, lorsqu’elle comprit qu’elle n’en avait pas le droit : c’était ce qu’elle avait voulu. Elle se mordit donc la lèvre inférieure, ferma un instant les yeux pour tenter de ravaler ses larmes puis planta son regard embué dans celui de Remus.

- Je suis désolée, balbutia-t-elle. J’aurais voulu… j’aurais voulu faire plus. J’aurais voulu être là pour toi.

Il prit une inspiration tremblotante et, sans crier gare, la serra farouchement contre lui. Le visage enfoui contre son écharpe, elle entendit à peine ses derniers mots :

- Tu étais là aujourd’hui. Adieu, Maggie.

Il la lâcha aussi brusquement qu’il l’avait enlacée et se détourna aussitôt pour partir à grands pas dans la direction opposée. Benjy se contenta de lui recommander la prudence avant de le suivre. Ils disparurent bien vite au détour d’une ruelle, tandis qu’autour de Margaret les rares passants se hâtaient de rentrer chez eux. Le silence tomba sur Godric’s Hollow et sur la tombe blanche, ensevelie dans la nuit.
PtiteCitrouille

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par PtiteCitrouille »

Bring it on.
Oui j'avais déjà dit ça sur mon précédent commentaire qui a été effacé, mais je le redis x2 parce que BORDEL, déprimer 2 fois de suite c'est ma passion (Cazo je t'attends)
C'est comme réécrire mes chapitres perdus mdrrr, j'essaie de me souvenir de ce que j'ai écrit *se tire une balle*
Les réfugiés britanniques qui fuyaient Voldemort étaient généralement mal vus aux Etats-Unis
bon j'avais pas cité cette phrase dans mon précédent commentaire, mais tout ça pour dire que je suis déééééésolée j'avais totalement oublié que Margaret état partie en France et avait quitté l'Ordre
C’était d’autant plus facile que le Bureau des Aurors avait annoncé à sa famille qu’elle avait été tuée lors d’une mission
oh la VACHE. Faut vraiment vouloir partir pour infliger ça à sa famille...
Un hommage national leur sera rendu le 7 novembre
oh god

C'est extrêmement bien écrit tout ce travail sur la tentative de Margaret de fermer les yeux sur la guerre. C'est frappant comment elle n'y avait jamais pensé alors qu'un jour ou l'autre c'était sûr que ça la rattraperait, que Voldemort perde la guerre ou pas.
Pareil, son chemin dans Londres est impactant (oui je voulais pas dire une nouvelle fois "frappant"), tout ces souvenirs qui lui reviennent en pleine figure, comme les réminiscences (oui je voulais pas dire encore "souvenir") d'une autre vie qui pourtant n'est pas si lointaine
la mystérieuse Dorcas qui n’eut droit qu’à une ligne dans la rubrique nécrologique
non mais ça c'est horrible, c'est tellement ingrat de faire partie de l'Ordre, pas de reconnaissance au mieux, au pire, traités de groupe clandestin même par ton propre gouvernement. C'est injuste
Elle pensa à Remus, le dernier des Maraudeurs à avoir survécu au 31 octobre.
cette phrase...
- Remus ?
c'est horrible comment on revient tous à Remus quand il s'agit de faire un OS sur le deuil et les Maraudeurs. Evidemment qu'on revient à lui, mais on dirait qu'on s'acharne tous à presser la moindre parcelle de ses sentiments

Plus on avance dans l'OS plus je me demande comment Remus s'en est sorti après octobre 81, je suis étonnée qu'il n'ait pas sombré encore plus que ce que l'on connaît (à la base je devais dire ça plus tard dans le commentaire mais j'avais peur de l'oublier hahaha)

Le travail sur Margaret est superbe: sa culpabilité mordante, sa douleur et cette incertitude quant à savoir si elle a fait le bon choix en partant
On m’a … On m’a demandé si je voulais dire un mot mais j’ai refusé. Ils savaient déjà
et c'est douloureux aussi de dire une mot..
Black, il…
je sais pas ce qui est le plus douloureux: que Sirius soit éternellement accusé comme ça alors qu'il est innocent, ou que Remus l'appelle "Black"
- Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? marmonna-t-il.
ok, je glisse doucement vers la PLS Cazo

J'ai pas réagi à la cérémonie, mais c'était magnifiquement bien écrit, très poignant mais aussi pesant
C'est carrément affreux que la guerre soit fini et que 1) ils ne puissent pas s'en réjouir, 2) qu'ils ne puissent pas honorer correctement la mémoire de Lily et James par crainte d'être attaqués

Encore une fois, tu as fait un travail formidable sur Margaret et sa culpabilité. La fin
- Tu étais là aujourd’hui. Adieu, Maggie.
est tellement logique en soit... Comme elle le dit c'était ce "qu'elle avait voulu" et désormais y a un monde entre elle et les autres..

Bon Cazo. C'était magnifique comme OS. Douloureux évidemment, poignant, ça prend au tripes et on a plus aucune envie de sourire après je te REMERCIE
Mais on est plongés dans l'ambiance pesante générale et on a du mal à voir que la guerre est finie: à quel prix ?
C'était superbement bien écrit, malheureusement Cazo

Gros bisous <3
cochyo

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par cochyo »

Eh bah.
Magnifique.
annabethfan

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Re: Lily & James [Harry Potter] - Terminée

Message par annabethfan »

Margaret referma la porte de la chambre de son patient avec un soupir.
Revoir Margaret me fait presque bizarre, genre boucle temporelle :lol: Ca fait tellement longtemps, j'ai un coup de nostalgie !!
Elle devait travailler deux fois plus que les autres pour prouver sa valeur et passait ses nuits à apprendre le nom qu’on donnait aux plantes ici, aux Etats-Unis.
J'avais tellement oublié qu'elle était aux Etats-Unis ^^ Je lui ferai peut-être faire un caméo dans Ilvermorny comme ça nous aussi on aura un univers partagé 8-) :lol:
Les Guérimages, l’équivalent américain des Médicomages, n’étaient qu’une dizaine.
Trop fière de ce nom :lol:
On lui avait clairement fait comprendre qu’il n’était pas acquis qu’elle obtienne un poste durable à l’issue de son stage.
Le stress ultime ça...
Les réfugiés britanniques qui fuyaient Voldemort étaient généralement mal vus aux Etats-Unis, où les habitants craignaient que leur arrivée n’amène la guerre chez eux.
Ohhh mais faut que j'exploite ça moi !!
Ses collègues savaient bien que les seules cicatrices qu’on ne pouvait effacer étaient dues à la magie noire. Margaret songeait souvent que son passage par l’Ordre l’avait endurcie, sans quoi elle n’aurait jamais été capable de quitter tout ce qu’elle connaissait pour faire sa vie dans un milieu hostile.
Je trouve ça tellement fort qu'elle soit marquée littéralement par son passage dans l'Ordre et on comprend mieux aussi les raisons qui l'ont poussé à partir... Finalement, je me dis que Peter aurait dû faire la même chose: partir en voyant que ce n'était pour lui avant qu'il ne soit trop tard. Mais ça démontre la différence entre le groupe des filles et les Maraudeurs. Lily se faisait la réflexion que son groupe d'amies avait explosé, mais peut-être que ça a sauvé Margaret ça. Elle n'a pas eu l'impression qu'elle ne pouvait pas partir. Peter, lui, faisait partie des Maraudeurs et à ce titre il s'est senti obligé de rester jusqu'au bout.
Les murs de la salle où elle se trouvait à présent étaient peints d’un jaune réconfortant qui rappelait à Margaret les couleurs de Poufsouffle.
Oh j'aime bien, ça me réconforte moi-même ^^
Son cœur rata un battement lorsqu’elle lut le gros titre : « La légende de Harry Potter : qui est l’enfant qui a sauvé la Grande-Bretagne ? ».
Même moi je me suis figée... Ca doit être tellement le choc de voir ça dans le journal.
qu’elle s’en rende compte lorsqu’elle vit enfin le nom de Lily, jeté entre deux lignes, comme insignifiant : « … l’enfant de Lily et James Potter, à présent orphelin, a accompli un exploit hors du commun qui… ».
C'est affreux que leur mort soit juste mentionné comme ça, comme si c'était pas important. Mais ça montre aussi comment l'information est traitée différemment aux Etats-Unis alors qu'en Angleterre leur mort va avoir plus de place à côté de "Harry le Survivant". Mais ça me brise le coeur... L'apprendre comme ça...
Il n’y avait rien d’autre sur le couple. Ces amis que Margaret avait tant aimés ne valaient, aux yeux des journalistes américains, qu’une demi-colonne.
Voilà, c'est ce que je disais...
Tout ce qu’elle avait fui la rattrapait de la pire des manières. Jamais elle n’avait imaginé qu’elle aurait des nouvelles de ses amis par les journaux, ni que ces nouvelles seraient si tragiques.
Et c'est là où elle peut regretter d'avoir coupé les ponts, de ne pas avoir pris au moins quelques nouvelles, juste pour dire quelques mots... Parce que là elle peut se demander : qu'est-ce que je leur dis la dernière fois? Elle n'a pas pu dire au revoir...
elle réalisa que jamais elle ne pourrait laisser derrière elle les mois de guerre qu’elle avait vécus. Elle avait sous les yeux la preuve qu’ils la rattraperaient toujours.
C'est tellement fort comme idée.
La jeune femme surprit même quelques Sorciers visiblement enivrés qui parcouraient les rues du Londres moldu sans la moindre gêne. Toute cette allégresse la heurtait, elle qui était rentrée au pays pour enterrer ses amis.
Ce décalage... Ca me rappelle le bonus que j'avais fait sur Remus un an après pour noël qui regardait la joie des gens dans la rue. C'est d'une violence ça. Et c'est tellement fort de le voir à travers les yeux de Margaret qui vient juste de revenir.
Était-elle partie alors même que la situation s’améliorait ?
Ouhh cette question si angoissante....
es lieux n’avaient pas changé, pas plus que Tom, fidèle derrière son comptoir.
Tom il a 400 ans :lol: :lol:
Grâce au concours du barman
J'ai bugué au début je croyais qu'il fallait passer un concours pour être barman :lol: :lol:
Elle songea à Marlène, jeune femme si brillante et charmante, aux frères Prewett qui avaient toujours prodigué leurs conseils aux jeunes recrues de l’Ordre, à la mystérieuse Dorcas qui n’eut droit qu’à une ligne dans la rubrique nécrologique. Elle avait l’impression de les avoir trahis en ayant continué à vivre sans même savoir qu’ils étaient morts.
Mon coeur.... Chaque nom est affreux. Et se dire que Margaret était même pas au courant, qu'elle s'est coupée à ce point...
Les articles sur la trahison de Sirius la rendirent presque physiquement malade. Tout lui semblait impossible.
J'arrive pas à croire que personne ne se soit dit "non c'est vraiment impossible, j'y crois pas"...
Contrairement aux journalistes américains, les britanniques se montrèrent bien plus prolixes sur Lily et James. Des pages entières leur étaient consacrés dans tous les numéros de la Gazette parus depuis le 1er novembre.
Ah j'avais cette même vision !
Lorsqu’elle referma le dernier numéro, elle songea qu’aucun journaliste n’avait su rendre justice aux personnes qu’ils avaient été. Quelque part, c’était un soulagement. Le souvenir de Lily et James restait la propriété de ceux qui les avaient côtoyés.
J'ai pas les mots, c'est tellement fort et beau comme idée/analyse....
L’homme était planté face à l’église, immobile malgré la foule de Sorciers qui s’agitaient autour de lui. Margaret aurait reconnu ses cheveux châtains et ses épaules légèrement voûtées n’importe où.
C'est tellement visuelle comme description... Je le vois littéralement.
Jamais elle ne l’avait vu si démuni. A la façon dont il s’était accroché à elle, elle avait senti à quel point il avait besoin d’un point de repère après avoir tout perdu.
Vas-y prends mon coeur j'en ai pas besoin...
Sa première pensée fut « solitaire », mais elle avait bien conscience qu’elle avait délibérément choisi de quitter une bande d’amis. Elle songea ensuite à « difficile », puis se rappela que Remus était resté se battre, lui.
Et puis surtout dire "solitaire" à Remus là maintenant, c'est pas une bonne idée... J'imagine même pas sa solitude.
Alice et Frank doivent venir, mais je ne les ai pas encore vus
CAZO
No! God no!
Black, il… Il aurait dû être là, il aurait dû voir ce qu’il a fait…
Il l'appelle Black... Je... Je n'ai pas les mots.
- Je sais, soupira-t-elle. Je sais mais… ils étaient tellement fusionnels.
- L’amitié n’est pas éternelle.
J'ai littéralement mal au ventre...
’atmosphère était bien plus calme. Les signes religieux avaient été recouverts de draps noirs, et les personnes déjà assises – des officiels pour la plupart, chuchotaient dans un silence respectueux.
L'atmosphère que tu retranscris est tellement singulière. C'est entre un enterrement et un spectacle effectivement, ça n'a rien d'intime, c'est un hommage de la communauté sorcière entière et ça fait très étrange.
- Remus… Où est Harry ?
The question
A côté d’elle, Remus semblait changé en pierre ; seule sa main glacée serrant convulsivement la sienne attestait qu’il prêtait attention à ce qu’il se passait.
J'ai les larmes aux yeux vraiment. Quelle plume Cazo...
A côté d’elle, Remus se laissa tomber sur le sol couvert de feuilles mortes et fondit en larmes.
Je te hais
elle prit soudain conscience qu’elle ne la verrait plus jamais.
Je crois que c'est le pire dans un dueil... Réaliser que tu ne pourras plus jamais voir ou parler avec cette personne. Même pas pour dire ou redire au revoir, juste pour avoir une conversation normale...
Face à la mort, ils étaient vains.
Le talent en une petite phrase. J'aime tellement ton écriture, elle est si belle et poignante!
- Je… Je sais mais j’ai l’impression… Ici, j’ai l’impression d’être encore avec eux. Que si je pars… Si je pars, je les perdrai à nouveau.
Eh mais Cazo tu m'achèves... Je me prends cet OS en pleine gueule littéralement.
- Tu ne fais plus partie de l’Ordre, coupa-t-il. Nos secrets ne sont plus les tiens.
C'est violent mais vrai... C'est peut-être violent parce que c'est vrai même.
Margaret fut à nouveau prise d’une envie de pleurer. Tout lui glissait entre les doigts. Elle allait à nouveau protester, lorsqu’elle comprit qu’elle n’en avait pas le droit : c’était ce qu’elle avait voulu.
Elle me fait de la peine quand même, mais je ne peux pas en vouloir à Remus d'être dur avec elle surtout ce jour-là.
Le silence tomba sur Godric’s Hollow et sur la tombe blanche, ensevelie dans la nuit.
C'était magnifique....

Ton écriture m'avait tellement manqué. Au début, quand tu as dis que tu ferai un OS sur Margaret, je n'étais pas convaincue mais ce que tu viens de faire c'est du haut-vol. J'en ai le ventre noué parce que c'était beau, triste, tragique, mais surtout écrit avec une justesse sublime. T'es mon héroïne Cazo!
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