Nouveau départ [Nés à Minuit]

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Mimie99

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Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

Salut à ceux et celles qui ont décidés de venir jeter un œil à ma Fanfiction. Par contre je dois préciser certaines choses. Premièrement je déconseille de la lire avant d'avoir lu la série complète de Nés à Minuit. Peut-être même le premier tome de Renaissance. Pourquoi? Pour la simple et bonne raison qu'il y a certaines choses qui sont révélés, donc je ne voudrais pas gâcher la surprise à ceux qui n'ont pas fini la série. En deuxième lieu, je ne peux pas garantir qu'il n'y aura aucune faute. Finalement, j'ai peut-être une vision différente des personnages que la vôtre et de ce fait je m'excuse à l'avance si vous n'aimez pas ce que j'ai fait de certains personnages, ainsi que du lieu que j'ai changé, mais juste sur un petit détail et à mon avis ça ne change rien. Ah, j'oubliais! Mon personnage principal n'est pas vraiment dans le livre et j'écris mon texte à la première personne ce qui fait une légère différence d'avec les livres, je peux l'accorder. Donc pour conclure mon introduction, j'espère que vous aimerez Maria Lacroix et que vous aurez de la facilité à embarquer dans son histoire... Vous trouverez ci-dessous le résumé. Voilà et n'hésitez pas à laisser vos commentaires, surtout! Bon ou mauvais! Bonne lecture!

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Nouveau départ (Tome 1) résumé


Maria Lacroix est une louve-garou et depuis ses cinq ans, soit la date de la découverte de sa véritable nature, la vie n'a pas été facile pour elle. Tout se complique lorsqu'elle est envoyée dans un pensionnat pour jeune à problème au Texas alors qu'elle se trouve être originaire du Québec. À partir de là combattre pour survivre ne sera plus une simple expression pour exprimer les difficultés de sa vie, mais la réalité. Pourra-t-elle seulement baisser la garde devant les jeunes de sa nouvelle école ou est-ce que cela se terminera en scandale comme dans les dernières?

Questionnaire en vue d'améliorer la fanfiction
Page de présentation tome 2
Présentation des personnages *\\Attention!! Risque de spoilers si vous n'avez pas lu le tome 1 de la fanfic!!//*

Voici la liste des chapitres:


Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

Chapitre 11

Chapitre 12

Chapitre 13


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Et celle des prévenus:


Jessica02

Elicia

Marine78

Roxyfox

Quetzalbleu

Lea-Luttringer

Aly_165


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Chapitre 1


Pourquoi! Mes parents en pouvaient plus de mes problèmes et avaient décidés de m’abandonner en pensionnat? Au Texas? Il y avait des endroits plus près du Québec quand même! Ok, oui, je parlais très bien l’anglais et tout… sauf que cela n’expliquait pas qu’ils m’abandonnent comme ça, sans rien dire! Je retins une larme amère, peut-être aurais-je mieux fait de leur dire la vérité quand ils me l’avaient demandée… mais ils n’auraient jamais accepté que leur fille unique se transforme en loup… non jamais! Shadow Falls, voilà l’endroit où ils m’avaient envoyée. Je me revoyais les supplier de ne pas m’abandonner, je me souvenais aussi de ma première métamorphose. Ma mère était venue me souhaiter bonne nuit un soir de Pleine Lune. Elle n’avait trouvé qu’un bébé loup qu’elle avait pris pour un chiot. Là elle m’avait jetée dehors sans savoir que c’était moi et s’était mise à crier mon nom avec une telle colère que je me souvenais avoir glapit. J’étais donc partie courir et m’étais faufilée par la trappe du chat qui m’avait toujours détestée. Je n’avais que cinq ans à ce moment-là. À partir de ce jour j’avais compris que mes parents n’étaient pas comme moi et que je devais leur cacher ce que j’étais. Je revins subitement dans le présent lorsqu’un visage gras se tourna vers moi, le chauffeur de taxi dit :
- Vous êtes arrivée.
Il me tendait sa main ouverte et j’y déposai l’argent sans un mot, le montant étant inscrit sur son compteur. Je sortis donc en traînant ma valise derrière moi ainsi qu’un gros sac de sport. Cela ne prit pas une seconde que le taxi était déjà parti dans un nuage de poussière. Je me tournai alors vers l’immense muraille qui encerclait le pensionnat en lâchant un soupir. « Pitié faites que je ne sois pas prise avec des fous… » Pensai-je amèrement. Une brise légère m’envoya mes cheveux noirs au visage alors que j’entendais une voix dire :
- Maria? Es-tu Maria Lacroix?
- Oui, c’est moi, acquiesçai-je en dardant mes yeux gris sur la femme qui m’avait interpellée.
Elle était magnifique d’ailleurs avec ses longs cheveux roux et ses beaux yeux verts. À côté d’elle se tenait un homme habillé de sombre et à l’aspect ténébreux. Il avait bien son charme d’ailleurs, mais beaucoup trop vieux pour moi. Quelque chose en moi me recommanda de montrer les crocs, mais je décidai de ne pas l’écouter. J’étais certes douée pour me battre, mais un petit quelque chose me soufflait qu’il aurait le dessus (et probablement facilement). De toute manière ce serait assez mal perçu pour un premier jour… Je m’avançai alors vers eux calmement. La femme me glissa lorsque je fus à leur hauteur :
- Bienvenue à Shadow Falls Maria! Si j’ai bien compris tu viens du Québec?
- En effet.
- Sais-tu ce que tu es? S’enquit l’homme.
- Je peux me transformer en loup, donc je suis un loup-garou. Pourquoi?
Je me mordis rageusement les lèvres, qu’est-ce qui m’avait pris de leur lâcher ça, comme ça! Ce ne devait probablement pas être la réponse à laquelle il s’attendait…
- Ne t’inquiètes pas, nous étions déjà au courant… Dès que tes parents nous ont dit que tu fuyais une fois par mois depuis que tu as cinq ans, tenta de me rassurer l’homme.
- Nous en sommes maintenant certains, d’ailleurs… En voyant ta configuration… ajouta la femme.
- Et puis… si nous t’avons posé la question c’était pour être sûr que, toi, tu sois au courant… renchérit l’homme.
- Attendez une seconde! C’est quoi une configuration? M’exclamai-je avant qu’il ne puisse ajouter quoi que ce soit. Et puis, où est-ce que je suis exactement?
Il y eut alors un long moment de silence assez gênant quand enfin l’homme se décida à reprendre la parole :
- Tu… Tu ne sais pas ce qu’est la configuration cérébrale d’une personne?
Je secouai négativement la tête, alors la femme expliqua :
- C’est ce qui montre ce que tu es. Elle permet de différencier les différents surnaturels entre eux ou entre surnaturel et humain. Cela peut ressembler un peu à ceci et cela se trouve au niveau du front…
Elle traça alors un dessin qui me rappelait quelque chose et soudainement je compris. Je lançai alors :
- Ah, mais j’en ai déjà vues alors! J’ai donc une autre faculté maintenant… Enfin… je savais que tout le monde avait ce truc étrange au front, mais j’ignorais ce que cela signifiait… Vous n’avez toujours pas répondu à ma deuxième question…
- Nous possédons un pensionnat pour jeunes surnaturels, précisa la fille.
- Et quels sont vos noms? M’enquis-je.
- Moi, c’est Burnett, répondit l’homme. Et je suis un vampire.
- Pour ma part, je m’appelle Holiday et je suis une fée, ajouta la femme.
- Tu peux regarder nos configurations pour pouvoir reconnaître les autres comme nous… m’apprit Burnett.
J’acquiesçai en silence et finit par dire :
- Le trois quart de ceux dont j’ai observé la configuration avait la même que celle de mes deux parents… Et ils ne sont pas comme moi donc… Ils sont humains. Quelles autres configurations existent-ils?
- Il y a celle des sorcières, dit Holiday.
- Il y a aussi des métamorphes, ajouta Burnett.
- Et finalement… humm… les caméléons, conclut la fée.
- Des lézards? M’enquis-je un peu perdue.
- Une nouvelle espèce surnaturelle récemment découverte, mais qui existe depuis très longtemps, rétorqua le vampire. Ils ont un peu de toutes les races en eux. Nous avons présentement trois spécimens de l’espèce ici, expliqua-t-il.
- Ok, dis-je, incertaine. Est-ce qu’il y a beaucoup de gens comme moi ici? Des loups-garou, je veux dire…
- Bien sûr! En fait cette année nous sommes un peu débordé par le nombre d’élèves qui viennent. C’est sûr qu’avant nous n’étions qu’une colonie de vacances, alors… me dit Holiday avec un sourire chaleureux. D’ailleurs nous pensons agrandir les bungalows…
- Bon… Suis-nous on va te conduire à ton bungalow d’accueil le temps que l’on puisse t’accueillir dans l’une des nouvelles chambres, conclut l’homme.
- Et c’est où? Demandai-je.
- Dans le nôtre. Mais rassure-toi, ce ne sera que pendant deux ou trois jours. Les vampires sont des travailleurs rapides, me dit Holiday en serrant affectueusement l’épaule de son collègue.
Je ne pus m’empêcher de lâcher :
- Vous êtes ensemble, non?
- On aurait presque dit Kylie, tu ne trouves pas? S’enquit la fée.
- Un peu en effet, admit Burnett. Peut-être un peu plus sombre par contre…
- Qui est Kylie? Les interrogeai-je.
- L’une des trois caméléons présents ici, et la première d’ailleurs, me répondit Holiday.
Je fronçai les sourcils, mais je n’argumentai pas. La Fae ou fée adressa un sourire moqueur à Burnett avant de dire :
- Cette fois on pourrait presque croire avoir à faire à Della.
- Est-ce que vous pourriez arrêter de me comparer! Je suis qui je suis point! Grognai-je en serrant les poings.
- Oui, je suis d’accord, commença-t-il et je crus qu’il était d’accord avec moi, mais le reste me détrompa. C’est bien le caractère de Della!
Je soupirai bruyamment avant de lâcher :
- Pouvons-nous y aller maintenant?
Holiday m’adressa un sourire et Burnett dit :
- Bien sûr! Suis-nous, après nous te montrerons le réfectoire…
Je me contentai d’acquiescer en silence et ils se mirent en marche. On croisa plusieurs jeunes de mon âge qui tous, sans exception, me dévisagèrent avant de remuer les sourcils. Je commençais à vouloir baisser les yeux au niveau du sol lorsque je croisai un regard d’un beau bleu limpide. Sans savoir pourquoi je ne pus décrocher mes yeux de ceux de cette personne. Je me mis instinctivement à ralentir pour ne pas perdre ce contact visuel et du coup je remarquai que ce mec, car s’en était un, faisait de même. Ses cheveux mi-long étaient d’un châtain doré magnifique. Une peau joliment bronzée faisait ressortir avec effet son t-shirt noir qui moulait les muscles de ses épaules. Voyant qu’il me dévisageait à son tour je détournai les yeux rapidement. Pourtant une seconde plus tard je regardais de nouveau dans sa direction, mais il avait disparu.
- Dans quel pétrin est-ce que mes parents m’ont foutu, merde! Marmonnai-je en français.
- Qu’est-ce que tu as dit? S’enquit Burnett.
- Rien d’important, répondis-je en anglais.
Il pencha la tête sur le côté, avant d’acquiescer rapidement. Je le dévisageai et Holiday m’avoua :
- Les vampires ont une ouïe très développée et peuvent savoir lorsque les autres mentent, sauf ceux pouvant contrôler leur rythme cardiaque.
- Que pouvez-vous faire d’autre? M’enquis-je.
- Nous possédons une grande force, une vitesse exceptionnelle ainsi nous pouvons même voler. Notre odorat est très développé aussi, répondit Burnett.
- Je suis plus forte que les humains, plus rapide aussi, je sens et j’entends des choses qu’ils ne peuvent percevoir. Je ne suis pas vampire pour autant, répliquai-je en plissant les yeux.
- Les vampires, sans vouloir t’offenser, sont plus rapides que les loups-garou, me contredit-il.
Je ne lui répondis pas, mais je ne pus m’empêcher de serrer les dents. Nous arrivâmes bientôt devant un grand bungalow, ils m’invitèrent alors à pénétrer à l’intérieur et c’est à cet instant que retentit un pleurnichement de bébé. Burnett disparut dans la seconde et Holiday leva les yeux au ciel avant de lui emboiter le pas en m’invitant à la suivre. Nous fûmes bientôt dans une chambre où se tenait Burnett avec une petite fille dans les bras, ainsi qu’une autre plus vieille qui devait probablement avoir mon âge. Je vérifiai alors sa configuration et je ne la reconnue pas. Donc ce n’était ni une fée, ni une vampire. Alors quoi? Je ne pus m’empêcher de demander :
- Tu es quoi?
- Ah non, alors! Ça ne va pas recommencer! Holiday, c’est qui elle? S’exclama la fille.
- Ne soit pas trop dure Jenny, la gourmanda la Fae. Elle est nouvelle et ne connaît pas toutes les configurations…
- Sérieusement? S’étonna la dénommée Jenny.
- Ouais, sérieusement! Grognai-je.
Elle remua les sourcils pour vérifier ma configuration et dit comme si tout s’expliquait :
- Loup-garou.
- Oui. Qu’est-ce que ça peut te faire? Et puis, tu es quoi, toi?
- Une caméléon, dit-elle avec un petit sourire moqueur.
Je retins un grondement et demandai d’un ton profondément calme, peut-être même un peu trop :
- Où est-ce que je vais dormir?
- Viens je vais te conduire, proposa Holiday en posant sa main sur mon bras.
Au lieu de la repousser comme je le faisais habituellement je me relâchai en sentant le calme m’envahir. Mes muscles sous la défensive se détendirent et je suivis la fée hors de la chambre. À peine avais-je disparue que j’entendis Jenny dire :
- Elle sort d’où, celle-là?
- Ses parents nous l’ont envoyée depuis le Québec, au Canada, répondit Burnett.
- Elle parle bien l’anglais en tout cas pour quelqu’un dont ce n’est pas la langue première, observa Jenny.
- En effet, acquiesça le vampire.
Je grognai légèrement et Holiday me dévisagea. Je dis donc pour ma défense :
- Ils sont en train de parler de moi…
- Ah d’accord, dit-elle en souriant.
- La petite fille que Burnett tenait dans ses bras… c’est votre enfant? Demandai-je.
- Oui, répondit-elle en entrant dans une chambre. Elle se nomme Hannah.
Elle ajouta, en voyant que je ne poursuivais pas la conversation :
- Bon, voici ta chambre pour les prochains jours. Contente-toi de déposer tes choses… Nous devons aller au réfectoire pour le diner.
- D’accord, marmonnai-je en déposant ma valise sur le lit simple.
- Suis-moi, on va aller rejoindre les autres, ajouta-t-elle en me tendant la main amicalement.
Je l’ignorai et la suivit à l’entrée où nous attendaient déjà Burnett, Hannah et Jenny. Holiday alla prendre des bras du vampire la petite et nous sortîmes du bungalow. Jenny tenta de me parler, mais je la regardai en fronçant les sourcils alors elle s’interrompit. Nous fûmes bientôt devant un grand bâtiment pouvant sans doute accueillir plusieurs dizaines de dizaines de personnes. À peine avions-nous mis les pieds à l’intérieur que les deux directeurs furent appelés, Jenny quant à elle alla rejoindre un groupe un peu plus loin. Je me retrouvai donc seule lorsque tous les visages se tournèrent vers moi avec des yeux emplis de curiosité. Je me retins de toutes mes forces pour ne pas partir à toutes jambes. Soudain Jenny et son groupe se dirigèrent vers moi, une fille blonde aux yeux bleus à leur tête. Je sentais mon cœur battre à toute vitesse et de fait je n’entendis pas ce qu’elle m’adressa, je ne vis que ses lèvres bouger. Je demandai donc en m’éclaircissant la gorge :
- Quoi? Je n’ai pas entendu…
La blonde qui m’avait parlé m’adressa un sourire compatissant alors que la fille avec un certain air asiatique à côté d’elle eut un petit sourire moqueur.
- J’ai dit que je m’appelais Kylie. Ensuite je t’ai demandé ton nom… reprit la blonde.
- Oh… Je m’appelle Maria. Maria Lacroix, répondis-je en regardant ceux qui se trouvait près de moi.
Il y avait trois gars, un blond, un châtain et un aux cheveux brun foncé presque noir. Ce dernier me dévisageait étrangement ce qui me mettait légèrement mal à l’aise. Je posai alors le regard sur les filles, en plus de Jenny, Kylie et l’asiatique, il y en avait une dernière qui se tenait près du mec blond. Elle avait les cheveux blonds, noirs, roses et verts. Je jetai alors un œil à leur configuration et j’en reconnu trois. Kylie était une caméléon, le châtain un fae et l’asiatique une vampire. Kylie reprit alors en disant :
- Je te présente mes amis, Lucas un loup-garou comme toi, Miranda une sorcière, Della une vampire, Perry un métamorphe et Derek un fae.
Lorsqu’elle me désigna le châtain comme étant le certain Derek je remarquai alors l’agressivité qu’il semblait me porter et cela en fut trop. Alors au moment où Kylie reprenait en disant :
- On te souhaite la bienvenue à Shadow…
Elle n’avait pas encore fini que je me retournai d’un bond et sortit à l’extérieur en courant, sans tenir compte du fait que Burnett m’avait demandé de l’attendre là. Je m’arrêtai cependant quelques mètres plus loin, ne sachant pas où aller. J’entendis donc un gars dire, et je sentais le sourire dans sa voix :
- Je crois que c’est la première fois que l’on te fait ce coup, n’est-ce pas Kylie?
- Je croyais pourtant que je commençais à la mettre dans ma poche, ronchonna-t-elle. Qu’est-ce que j’ai dit de mal? S’enquit-elle ensuite.
- Rien, affirma un autre mec.
- Je suis d’accord, renchérit cette fois une fille. Elle commençait à se calmer, mais quand tu as terminé les présentations… son malaise a augmenté fois dix!
- J’ai dit le nom de qui en dernier? Demanda Kylie.
- Je crois que c’est celui de Derek, répondit une autre fille. D’ailleurs je me souviens qu’elle nous a tous observé au fur et à mesure que tu nous présentais.
Un court silence s’installa avant qu’un gars s’exclame sur la défensive :
- Quoi!
Derek, présumai-je. Jenny dit alors comme pour confirmer :
- Qu’est-ce que tu as fait Derek? Dis-moi que ce n’est pas à cause de ce que je vous ai dit tout à l’heure!
- Je n’apprécie pas que l’on soit méchant avec toi, d’accord! Grogna-t-il.
Quoi? Parce qu’elle avait dit que j’avais été méchante avec elle. Je sentis mon pouls s’accélérer sous le coup de la colère et je m’apprêtai à aller lui montrer ce qu’était une Maria vraiment méchante lorsqu’elle reprit la parole, m’interrompant sans même le savoir :
- Je n’ai jamais dit qu’elle avait été méchante! Seulement qu’elle n’avait pas été super amicale. Ce qui est normale puisqu’elle ne me connaît pas et ne vient même pas des États-Unis!
- Sans vouloir rompre l’ambiance, j’aimerais vous faire savoir qu’elle est encore ici. Enfin… à quelques mètres… dit la voix de la première fille. Je sens son odeur et j’entends son cœur battre sous le coup de la colère.
- Alors elle a entendu ce que nous avons dit, marmonna le mec qui avait répondu à Kylie. Je vais aller la chercher. De loup-garou à loup-garou.
Alors ce devait être Lucas, me dis-je à moi-même. J’entendis alors des bruits de pas et, comprenant qu’il ne plaisantait pas, détalai à toute vitesse vers le bungalow où se trouvait mes choses. J’entendis tout de même :
- Elle vient de repartir à courir. Elle…
Je ne compris pas le reste, mais la personne qui me suivait venait de se mettre à courir à son tour. Je redoublai d’ardeur et réussit à le distancer. Lorsque je vis le bungalow devant moi je puisai dans mes dernières forces pour accélérer encore. En atteignant les marches du perron je bondis et ouvris la porte en une seconde. Je la claquai alors derrière moi et m’appuyai dessus, exténuée. Ce n’est qu’à cet instant que je compris que je n’entendais plus le bruit de course. Je poussai un soupir de soulagement et allai m’affaler sur le sofa, très confortable d’ailleurs. Cela ne faisait pas une minute que je relaxais que je perçus de nouveau le bruit de course. Je me redressai brusquement lorsque la personne bondit sur le perron, comme moi plus tôt. Je lâchai involontairement un grognement lorsqu’il cogna à la porte. J’espérais que mon grognement était assez clair comme message, mais apparemment il s’en moquait, car il ouvrit la porte tout de même. Il darda alors sur moi des yeux bleu foncé et en colère. Pourtant il n’eut pas le temps de dire un mot qu’il se retrouva le cul à terre à l’extérieur.
- Dégage! Grognai-je en m’essuyant les mains suite à cette légère confrontation.
En relevant la tête Lucas me donna une bonne idée du degré de sa colère avec ses yeux orangés vibrant. Normalement je supposai que l’on devait s’écraser quand il était dans cet état. Moi, par contre, je ne me laissai pas intimider et demandai :
- Qu’est-ce que tu me veux?
- Savoir pourquoi tu agis comme cela et aussi… les autres aimeraient que tu reviennes, dit-il d’un ton plutôt grondant.
- Parles pour eux, grognai-je. Derek ne m’apprécie pas… et maintenant toi non plus, ajoutai-je.
- Pourquoi dis-tu cela? S’étonna-t-il en fronçant les sourcils, mais cette fois sa voix était plus calme.
- Derek parce que j’ai apparemment mal agis avec sa copine et toi… parce que tu as que les autres aimeraient que je revienne. Donc, je ne suis pas la bienvenue ici, avec vous… De toute façon je n’aime pas être en grand groupe… répondis-je en détournant les yeux à la fin.
Il me dévisagea avec suspicion et finit par secouer la tête. La seconde suivante il se redressa en disant :
- Je ne bouge pas d’ici tant que tu ne te décideras pas à te déplacer.
Je vins pour répliquer vertement, mais il me coupa :
- Quand je parle de te déplacer… Je fais référence au fait de revenir au réfectoire. Si dans une heure je ne suis pas revenu, je suis presque sûr qu’ils vont rappliquer ici.
J’eus un petit sourire malicieux avant de susurrer :
- Très bien, tu peux rester dehors, mec! Ce n’est pas mon problème!
Sur ce je lui refermai la porte au nez. Dès que la porte cacha mon visage je perdis par contre mon sourire. Ce n’était pas intentionnel si je repoussais tout le monde, enfin pas totalement. De toute ma vie je n’avais eu qu’une seule et véritable amie. La douleur que j’avais ressentie lorsqu’elle m’avait délaissée… était encore présente aujourd’hui. Nous avions été amie pendant six ans, et elle avait décidé de ne plus être mon amie lorsqu’à nos dix ans je lui avais révélé ce qu’il m’arrivait à la Pleine Lune. Depuis ce temps j’avais toujours empêché les autres de m’approcher, croyant ainsi me mettre à l’abri de la douleur causée par le rejet des êtres aimés. J’avais eu tort, car je venais de revivre la même chose avec mes parents. Je m’éloignai alors de la porte lentement, craignant qu’il ne tente d’entrer. Une minute passa, puis deux… finalement je tournai les talons et allai m’écraser sur le lit de ma chambre d’accueil. Cela ne devait pas faire plus de dix minutes que je m’étais étendue à rêvasser que j’entendis la voix de Burnett s’exclamer :
- Que fais-tu ici, Lucas?
- Je… euh… Nous avons essayé d’intégrer la nouvelle, mais Derek l’a légèrement fait fuir et…
- Derek? S’étonna le vampire en l’interrompant.
- Oui… Enfin, j’ai suivi la nouvelle pour lui dire de revenir, mais elle n’a pas voulu. Alors j’ai…
- Suffit! Clama Burnett le coupant de nouveau. Pourquoi es-tu encore ici?
- Je… tenta encore Lucas, mais il se fit interrompre à nouveau.
- Peu importe. Tu peux y… commença-t-il avant de s’interrompre sans raison apparente.
Profitant de cet instant de répit j’ouvris la fenêtre de la chambre et sautai à l’extérieur. Je m’élançai alors à toute vitesse. Je ne devais pas avoir fait cent mètres qu’une voix me cloua sur place :
- Tu crois aller où comme ça?
Je me retournai d’un bond et me retrouvai devant l’asiatique, Della si je me souvenais bien. La seconde suivante Kylie apparut à nos côtés et cracha à l’intention de l’autre :
- Je croyais t’avoir dit que je m’en chargeais!
- Rectification. JE m’occupe de Maria et VOUS vous retournez au réfectoire! siffla Burnett me faisant du coup sursauter, ne l’ayant pas entendu arriver.
- Nous avons déjà mangé! Rétorqua Della en levant le menton.
- En plus entre filles on devrait se comprendre! Renchérit Kylie.
- C’est non les filles, retournez à votre bungalow et dites aux autres d’en faire autant, Holiday doit venir vous voir tout à l’heure, se fâcha Burnett.
Della plissa les yeux et Kylie soupira, mais toutes deux firent demi-tour.
- Maintenant toi… murmura le vampire en se tournant vers moi. Peux-tu me dire pourquoi tu ne m’as pas obéi tout à l’heure! M’hurla-t-il à la figure.
Je le regardai sans ciller malgré mon envie de m’enfuir en courant. Heureusement lorsque je lui répondis ce fut avec un ton dénué d’émotion :
- C’était ça ou un scandale. J’ai préféré le « ça ».
- Un scandale? Tu es sérieuse? S’insurgea-t-il.
- Tout à fait! Dis-je avec un petit sourire narquois totalement déplacé. Vous savez, je réagis très mal quand on me dévisage sans arrêt. En plus, lorsque je vois que l’on ne m’apprécie pas sans raison apparente… Je peux réagir un peu impulsivement… ajoutai-je les yeux dans le vague en me remémorant quelques mois plus tôt lorsque j’avais pété un câble à l’école et que je m’étais battue contre une gang de salopard.
Des salopards certes, mais des salopards qui avaient le total soutient de leur parent, contrairement à moi. C’est vrai quoi, c’était la troisième école que je fréquentais en un an… pour des causes similaires, ce qui m’avait mise en fâcheuse situation avec mes parents.
- Comme quoi? S’enquit-il apparemment suspicieux.
- Je ne crois pas que vous voudriez le savoir, m’sieur, dis-je avec un petit sourire, cette fois moqueur.
Il plissa les yeux et finit par trancher :
- Soit c’est la vérité, soit tu es une excellente menteuse.
- Je suis en effet une bonne menteuse, mais… commençai-je sans poursuivre. Seulement avec les humains normaux, si je puis dire cela ainsi, ajoutai-je rapidement en voyant qu’il venait pour répliquer. De toute manière j’aimerais bien que ce soit un mensonge pour le coup… avouai-je en détournant les yeux.
- Veux-tu bien me dire ce qu’il s’est passé avec Kylie et les autres tout à l’heure? Me demanda-t-il.
Je me raidis immédiatement et grognai :
- Vous êtes déjà au courant!
- Je voudrais entendre ta version.
- Ce n’était pas grand-chose. Seulement trop de monde qui me dévisageait et un qui me fixait avec animosité. C’est tout, maintenant j’aimerais bien aller me reposer, ajoutai-je plus durement.
Il n’eut pas le temps de répondre que je me mettais déjà à courir. Je l’entendis tout de même, distinctement, soupirer, découragé. Eh bien… il n’était pas le seul à l’être, je l’étais tout autant! Je rentrai alors à l’intérieur du bungalow et tombai sur Holiday qui patientait devant ma chambre d’accueil avec Hannah dans les bras. Elle me dit après un court silence :
- J’ai choisi tes futures colocs et j’ai décidé de te les présenter toutes les trois immédiatement. On va simplement attendre que Burnett revienne pour s’occuper d’Hannah.
- D’accord, soupirai-je en m’appuyant nonchalamment contre le mur.
Cela ne prit pas une minute que le vampire était déjà là. Il prit délicatement la fillette des bras de sa femme et lui demanda :
- Veux-tu que je vous accompagne?
- Je saurai très bien gérer les filles, merci, marmonna-t-elle.
Il hocha la tête et Holiday me fit signe de la suivre. Une fois à l’extérieur elle entama une discussion :
- Lorsque tu es arrivé tout à l’heure… Tu nous as dit que tes parents avaient une configuration humaine, c’est bien cela?
- Oui, pourquoi? Répondis-je, suspicieuse.
- Normalement il faut des êtres surnaturels comme parent pour en devenir un. Est-ce que tu as déjà rencontré tes grands-parents?
- Oui et des deux côtés. Chacun d’eux avaient la même configuration que mes parents.
Holiday plissa les yeux et sa mâchoire se contracta, mais elle continua à marcher sans rien ajouter.
- Qu’est-ce qu’il y a? m’enquis-je finalement, inquiète.
- Le gène ne saute généralement jamais une génération, alors surement pas deux. Et puis de toute manière tu es à cent pour cent une louve-garou…
- Et donc…? La pressai-je.
- Je préfère ne pas t’induire en erreur en te donnant mon hypothèse… Alors je vais te donner des informations sur le fonctionnement ici.
- D’accord, maugréai-je de mauvaise grâce.
- Chaque élève ici doit se trouver une quête personnelle dont il devra trouver la réponse. Cela peut être tout et n’importe quoi. Lorsque tu la termines, tu en trouves une autre et ainsi de suite.
- C’est bon à savoir, murmurai-je, pensive.
- Autre chose. Chaque matin vous êtes tous obligés de participer à une heure pour faire connaissance. Ceci a pour but d’apprendre au différent surnaturel à bien s’entendre.
- Je ne veux pas y participer, grognai-je.
- C’est obligatoire, alors tu n’as pas le choix…
- Bon sang, qu’est-ce que j’ai fait pour aboutir ici, marmonnai-je entre mes dents en français.
- Tu as dit quoi? S’enquit Holiday, confuse.
- Commentaire personnelle, répondis-je en revenant à l’anglais.
- Très bien… dit-elle en fronçant légèrement les sourcils.
Je soupirai légèrement en détournant les yeux et finis par demander :
- Arrivons-nous bientôt?
- Oui et j’aimerais que tu me laisses prendre un peu d’avance pour leur annoncer la nouvelle…
- Au cas où leur réaction serait négative, c’est ça?
- Je…
- C’est bon je comprends! La coupai-je.
Elle hocha la tête avec un petit sourire désolé et commença à avancer plus rapidement. Je la suivis à distance raisonnable jusqu’à un bungalow d’où s’élevait des voix féminines que je ne saisissais pas encore suffisamment pour reconnaître ou non les propriétaires. Lorsque Holiday cogna à la porte je m’approchai d’une dizaine de mètres pour bien entendre ce qui se dirait. Une fois rendu là, j’entendis Della dire :
- Voilà Holiday.
Une minute… La fée m’envoyait avec elles? Non, ce n’était pas vrai! Cela ne pouvait être vrai! Je reportai mon regard sur le bungalow lorsque Holiday prit la parole :
- Salut les filles.
- Pourquoi voulais-tu nous voir? S’enquit une voix que je reconnus sans pour autant savoir à qui elle appartenait.
- Humm… En fait je suis venue vous parler de votre future nouvelle coloc, dit Holiday.
- Quand va-t-elle venir s’installer? Demanda Kylie.
- Après-demain, car à ce moment la chambre aura été construite, mais je suis surtout venu vous dire qui allait s’installer avec vous trois…
- Mais Holiday, nous savons déjà l’identité de notre coloc. C’est Jenny! Nous te l’avions demandé, répliqua Della.
- Ce ne sera pas Jenny, désolée les filles. Celle-ci, sur la demande de son frère, va continuer à vivre avec ce dernier. Il veut garder un œil sur elle, rétorqua la fée sur un ton doux.
- Alors qui? S’enquit la fille dont j’ignorais toujours le nom.
- Ce sera Maria Lacroix, répondit Holiday.
- Quoi! S’insurgea Della. Je ne veux pas de loup-garou dans notre bungalow! S’exclama-t-elle ensuite.
- Mais on ne la connaît même pas en plus! S’écria l’autre fille.
- Pourquoi, Holiday? Je croyais que tu étais d’accord pour Jenny… marmonna Kylie.
- J’ai changé d’idée avec l’annonce de son arrivée, Kylie… Et je ne mets personne de la même espèce dans les bungalows. Pour ce qui est de ton commentaire, Miranda, dois-je vous rappeler que vous étiez de totale inconnue avant de devenir meilleure amie? Quant à toi, Della. J’aimerais que tu revoies tes priorités, sinon je serai obligé d’en parler à Burnett. Et tu sais qu’il n’est pas seulement le directeur de cette école, n’est-ce pas? Leur dit Holiday d’un ton dur.
- Ça ressemble nettement à du chantage ça! Marmonna Miranda, la sorcière.
- Reste que je n’aime pas les loups-garou, grogna Della.
- Les filles je vous… commença la fae, mais c’est à ce moment que je décidai de débarquer, l’interrompant au passage.
- Holiday, tu perds ton temps. Elles ne veulent pas de moi ici, dis-je en les regardant fixement. J’y suis habituée, vous savez…
- Tu es tellement agréable en plus! S’exclama Della, hargneuse.
- Parce que tu l’es plus, peut-être! Grognai-je.
Les yeux de la vampire s’illuminèrent de colère et ses canines s’allongèrent alors que je claquai des dents dans sa direction. Holiday vint pour me toucher le bras, mais je la repoussai brusquement, lui faisant ainsi perdre l’équilibre. Kylie me regarda immédiatement avec une colère froide, tout comme la petite sorcière et la vampire. Celle-ci grogna :
- Là tu es allé trop loin! Dégage ou je sors ton derrière de loup-garou moi-même!
- Essaye juste pour voir! Lui soufflai-je au visage tout en me campant sur mes jambes avec un petit sourire narquois.
Au moment où elle s’apprêtait à bondir Holiday cria :
- Ça suffit maintenant toutes les deux! Je ne changerai pas d’idée.
Della et moi nous nous fusillâmes du regard, quant à Kylie et Miranda elles se détendirent. D’ailleurs cette dernière lâcha :
- Peut-être que Della sera moins sur mon dos désormais!
Della grogna en même temps que moi, ce qui nous énerva encore plus.
- Va te faire voir! Siffla la vampire en foudroyant son amie du regard.
- Je crois que je vais partir! Marmonnai-je en serrant les dents.
Sur ces mots je tournai les talons et me mis à courir. À peine cent mètres plus loin je fus rejointe par Kylie. Croyait-elle que son petit air d’ange allait changer quelque chose? Elle se trompait amèrement si c’était le cas.
- Qu’est-ce que tu me veux? Grondai-je en me retenant à grande peine d’ajouter un « encore ».
- Tu aurais pu t’excuser après avoir bousculé Holiday! Me dit-elle d’une voix étrangement grave.
- Attends! Tu viens jusqu’ici pour me sermonner? M’exclamai-je, incrédule en m’interrompant de courir dans un dérapage risqué.
Elle s’interrompit brusquement à son tour et répondit :
- Je… En fait je ne sais pas exactement pourquoi je t’ai suivie. Peut-être parce que tu me fais un peu penser à moi lorsque je suis arrivée ici…
- Je ne crois pas, rétorquai-je. Tes parents ne t’ont pas envoyés dans un autre pays pour se débarrasser de toi comme les… commençai-je avant de m’interrompre brusquement au moment de révéler trop de choses sur moi.
Je n’en fus pas sauvé, car Kylie s’exclama :
- Comme les… quoi?
- Comme les autres d’où je viens, mentis-je.
- Tu mens, me fit-elle remarquer.
- C’est peut-être parce que je ne veux pas te dire la vérité? Grognai-je méchamment, car la vérité me mettait d’humeur triste et je détestais pleurer en public.
Elle garda le silence un moment avant de dire :
- Si tu gardes tout à l’intérieur et que tu n’arrêtes pas de repousser tout le monde… tu ne pourras jamais être réellement heureuse. Tu en a conscience, non?
- Tu te prends pour qui? M’écriai-je en colère. Pour ma mère, peut-être! Ajoutai-je et au moment où les mots franchirent mes lèvres je sentis ma gorge se nouer sous le coup de l’émotion.
C’était bien ça le problème. Je n’avais plus de mère. Et en avais-je vraiment eu une? Je me passai une main sur le visage pour empêcher les larmes de jaillir et recommençai à avancer. Kylie dit alors :
- Regarde je croyais aussi que mes parents m’avaient envoyés ici pour se débarrasser de moi… Enfin, surtout de la part de ma mère. Pourtant j’ai appris plus tard que c’était ma psy qui avait convaincue ma mère de m’envoyer ici. Les surnaturels font en sorte que cet endroit soit vu comme étant un établissement pour ado à problème. Avant ce n’était qu’une colo. Il n’y a pas d’endroit comme cela au Canada?
- Probablement, mais ce que tu ne comprends pas c’est que mes parents ne veulent plus de moi.
- Mais c’est impossible! Ce sont tes parents! S’exclama-t-elle, éberluée.
- Non, justement, murmurai-je pour moi-même, mais elle m’entendit.
- Quoi?
- Ils ne le sont plus s’ils m’ont abandonnée ici, me repris-je rapidement. Et pourquoi est-ce que je te parle, d’ailleurs? Tu ne veux même pas de moi, pas plus que tes deux colocs, dans votre foutu bungalow! M’exclamai-je.
- Ce n’est pas vrai! Rétorqua-t-elle.
- Ne mens pas, la prévins-je. Nous savons toutes les deux que c’est la vérité.
Au moment où elle vint pour répliquer de nouveau je repartis à courir et lançai en criant :
- Cette fois je te préviens, ne me suis pas!
Elle sembla m’écouter, car en arrivant au bungalow je n’avais perçu aucun bruit de poursuite pendant le trajet. Au moment d’entrer à l’intérieur je croisai un regard que je reconnu aussitôt. Ce bleu limpide je ne risquais pas de l’oublier de sitôt… Il dut remarquer que je l’avais aperçu puisqu’il rabattit sa capuche sur sa tête et s’éloigna à grand pas. Pourquoi avais-je l’impression qu’il me fuyait? Je ne le connaissais pourtant pas… J’ouvris alors la porte rageusement, mais je me promis que demain j’allais découvrir son identité. Malheureusement je ne savais pas trop pour quelle raison exactement je désirais la connaître… Était-ce uniquement parce qu’il me semblait louche ou… pour autre chose? Ne voulant pas y réfléchir davantage je me dirigeai vers ma chambre et m’écrasai sur le lit. Pourtant à peine deux minutes plus tard on cogna à ma fenêtre. Je maugréai en me redressant pourtant tout sens aux aguets. Je m’approchai lentement de la fenêtre et avec stupéfaction je découvris Jenny qui tenait quelque chose dans ses mains. J’ouvris alors la fenêtre et demandai :
- Que fous-tu ici?
- J’ai cru que tu aurais faim… me dit-elle en désignant ce qu’elle tenait entre les mains.
Comme pour lui donner raison mon ventre lâcha un grondement de famine. Je me souvins alors que je n’avais pas mangé de la journée… Je descendis d’un bond fluide à ses côtés et m’enquis, suspicieuse :
- Pourquoi fais-tu cela? Je n’ai pas été très sympathique avec toi…
- Ce n’est pas très grave… En plus, c’est un peu de ma faute si tu n’as pas pu manger tout à l’heure…
- Non, tu n’as rien à te reprocher… Je ne suis pas douée pour sympathiser avec les gens en général. Je suis trop habituée à tenir tout le monde loin de moi. Et de toute manière je n’aurais jamais été capable de manger avec autant de personne autour qui me dévisageait.
- Dis-toi que c’était encore pire pour Kylie. Elle était une caméléon, mais personne, y compris elle, ne savait ce qu’elle était. À l’époque nous n’étions pas connus, m’apprit-elle.
- Ne me parle pas d’elle! Grondai-je.
- Pourquoi?
- Est-ce que tu es au courant pour le…
- Ah, Holiday est allée leur annoncer alors? Dit Jenny avec une étincelle de compréhension dans le regard.
- Tu le savais déjà?
- Bien sûr, en fait je l’ai su hier matin. Et je crois que Holiday le savait depuis le moment où tes parents l’ont appelée. Si je ne leur ai pas dit, à Kylie, Della et Miranda je veux dire, c’est que la directrice ne voulait pas que j’en parle.
- Ah…
- Est-ce que tu voulais manger? Parce que plus tu attends, plus ce sera froid…
- Manger froid ne me fais pas peur, murmurai-je. C’est arrivé très souvent…
Je lui pris néanmoins l’assiette de carton des mains et commençai à manger. Au bout d’un moment de silence Jenny me demanda :
- Il y a quelque chose que je ne comprends pas… Pourquoi?
- Pourquoi quoi? M’enquis-je, perdue.
- Tu ne voulais pas m’adresser la parole et… eh bien, là, tu me parle…
- Tu m’as quand même apporté à manger, fis-je remarquer. Et pour tout te dire je ne suis pas aussi méchante que je peux en avoir l’air… Pas au point d’être grossière avec quelqu’un qui pense à m’apporter de la nourriture en tout cas!
- Un peu comme Della, en bref! Dit-elle en souriant, mais moi j’étais loin de trouver ça drôle.
- Pas du tout! Je n’ai rien avoir avec cette peste de vampire qui croit que ses petites canines font peur.
- Tu ne devrais pas la mettre à l’épreuve… car, sans vouloir t’offenser, elle te vaincra.
- Qu’est-ce que tu en sais? Tu ne connais rien de moi! Hurlai-je avec rancœur, car je commençais à en avoir marre du monde qui me sous-estimait, c’était justement ce qui s’était produit à l’autre école.
Ou devrais-je dire « aux autres » ? Je me retournai avec l’assiette vide dans les mains en direction de la fenêtre et bondit pour m’agripper au rebord. Ensuite à la simple force de mes bras je me hissai à l’intérieur. J’entendis les pas de l’autre fille commencer à se retourner, mais rempli de remord je lançai :
- Jenny?
- Quoi? Dit-elle en se retournant.
- Merci pour le repas.
- De rien, glissa-t-elle en souriant avant de recommencer à marcher.
Après tout elle n’avait pas à encaisser mon passé, pensai-je pour expliquer mon geste. Je retournai alors à la cuisine pour jeter mon assiette dans la poubelle et en me retournant pour aller à ma chambre je tombai sur Burnett.
- Qui était-ce? Me demanda-t-il.
- Jenny, comme tu le savais déjà, répondis-je simplement en le contournant.
Je sentis son regard me brûler le dos, mais par orgueil je n’accélérai pas le pas. Dès arrivée dans la chambre j’allai vers ma valise pour prendre mon pyjama et l’enfilai rapidement avant de m’étendre sur le lit. Alors, sachant qu’il devait vérifier mon rythme cardiaque pour savoir si je dormirais bientôt je fis comme ces dernières années quand je ne voulais pas parler à mes parents. Je calmai ma respiration pour faire en sorte que l’on puisse me croire endormie, malheureusement je ne saurais probablement pas si ma ruse allait fonctionner. La seule raison pourquoi je faisais cela au lieu de dormir réellement c’était que j’avais le pressentiment que Burnett et Holiday allaient parler de moi dès que cette dernière serait de retour.
Je n’eus pas à attendre très longtemps, car ce ne fut qu’environ dix minutes plus tard que la fée se pointa. Je les entendis s’assoir autour de la table et finalement le vampire demanda :
- Et puis… Comment ont-elles réagi?
- Mal, comme tu peux te l’imaginer. En particulier Della, mais nous savons tous les deux comment elle est derrière ce masque.
- En effet, dit Burnett, pensif.
- Miranda semble y avoir trouvé son compte à la fin, par contre… dit Holiday et je pus sentir le sourire dans sa voix.
- Comment ça?
- Puisque j’ai eu la regrettable constatation que Della et Maria ne s’entendent pas très bien… Miranda croit que notre petite vampire sera moins sur son dos.
- À quel point est-ce que tu crois qu’elles ne s’aiment pas? S’enquit Burnett.
- Disons seulement que nous risquons d’y aller souvent dans les premiers jours. Mais je ne sais pas si Maria aime vraiment se prendre la tête avec Della. Je crois plutôt qu’elle est toujours sur la défensive et que dès que l’on l’attaque le moindrement elle se défend. Violemment.
- Un peu comme Della, non?
- Notre jeune vampire n’est pas vraiment ainsi. Mais en effet elles ont beaucoup de chose en commun… Comme le fait qu’elle aime bien être sur le fil du rasoir. Si tu avais vu l’air de Maria quand elle a invité Della à essayer de la faire sortir dehors… Elle était comme… elle ne semblait même pas appréhender ce qui allait se produire, comme si elle s’y attendait.
- Crois-tu que cela posera problème à la longue? S’inquiéta Burnett.
- Eh bien… Probablement. Tu ne te souviens pas ce qu’on a lu sur son passé?
- Oui bien sûr, mais nous ne sommes pas au courant de tout, fit-il remarquer.
- C’est aussi ce que je me disais, mais… Elle nous cache des choses sur son passé. J’ai parlé avec Kylie tout à l’heure, alors qu’elle revenait d’une discussion avec notre nouvelle louve-garou.
- Et…? L’encouragea son mari.
- Kylie est persuadée que quelque chose la rend aussi réservé et peu encline à se rapprocher des autres… avoua la fée.
- Della semblait-elle ne pas apprécier particulièrement Maria, ou était-ce simplement à cause de son statut de loup-garou? Demanda le vampire complétement hors sujet.
- Est-ce que j’ai à faire à mon mari et co-directeur du pensionnat ou à l’agent de l’URF?
- Ton mari. Je te promets de ne pas en parler, peu importe la réponse.
- Je crois que c’était surtout Maria qui la mettait sur les nerfs, mais… à la fin elle a dit et je cite « reste que je n’aime pas les loups-garou ».
- D’accord, mais je crois que ce n’était qu’une excuse. Della a dû voir elle aussi les ressemblances entre Maria et elle, ce qui ne lui plaisait sans doute pas.
- J’espère que tu ne penses pas à… commença Holiday, mais Burnett la coupa.
- Elle serait sans doute excellente dans l’URF, Holiday… Elle n’a pas froid aux yeux et…
- Il est hors de question que tu l’embarque elle aussi! Imagine si Della et elle devaient devenir amies! Nous serions dans de beaux draps!
- Non justement! Maria semble avoir une certaine prise de conscience des risques ainsi qu’un peu plus de retenue que notre Della. Les deux ensembles en mission seraient sans doute un duo remarquable!
- Où est donc passé monsieur le Macho?
- La dernière mission m’a ouvert les yeux, tenta-t-il.
- Dis plutôt que ce n’est que pour ce cas-ci et que tu voulais me contredire, rétorqua sa femme.
- Tu as raison, admit-il.
- Nous devrions aller dormir… Nous aurons sans doute une dure journée demain…
- Ce serait bien en effet, approuva-t-il.
- Dis-moi… Tu es certain qu’elle dormait? S’enquit soudain Holiday, inquiète.
- Oui.
Je les entendis se lever de table et s’approcher de ma chambre. Je fis très attention pour ne pas dévoiler ma ruse qui avait, apparemment, fonctionnée. Lorsque je les entendis avoir une respiration plus calme je me permis enfin de m’endormir…
Dernière modification par Mimie99 le jeu. 30 mars, 2017 4:02 am, modifié 29 fois.
angel98

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par angel98 »

Salut ! J'ai beaucoup aimé ton premier chapitre. Ça faisait longtemps que je cherchait une fanfiction sur nés a minuit comme la tienne. J'ai bien aimé le personnage de Maria et j'ai hâte de lire la suite ! :D
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

Merci! Je suis ravie que ça te plaise :) Moi aussi j'en ai cherché une, mais comme j'en ai pas trouvé j'ai décidé de l'écrire... surtout que j'avais quelques idées :D Contente que tu aimes Maria ;)
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 2



Je me réveillai le lendemain sous des tambourinements agressifs contre la porte.
- Allez debout Maria! C’est l’heure du petit-déjeuner! S’exclama Burnett de l’autre côté de la porte.
Je soupirai bruyamment, mais me levai tout de même avant d’enfiler en vitesse des vêtements plus propices. Je pris trente secondes supplémentaires pour me brosser les cheveux, ensuite je sortis à l’extérieur de ma chambre. Holiday me demanda alors :
- Est-ce que tu as bien dormi?
- Autant que cela est possible quand nous ne sommes pas chez soi, répondis-je. Nous mangeons au réfectoire je suppose?
- En effet, acquiesça le vampire. Cela te pose un problème?
- Oui, dis-je sincèrement en le regardant droit dans les yeux.
Il leva les siens vers le ciel et nous fit signe de le suivre. Je me contentai de dire en le dépassant :
- Je connais le chemin, merci!
À peine m’étais-je mise à courir que j’entendis la fée s’esclaffer dans mon dos. Soit c’était ma réplique ou sinon c’était la réaction de son mari à cette dernière qui la faisait rire. En arrivant là je découvris qu’il n’y avait que très peu de personne, alors soit nous étions très en retard ou encore très en avance. Je pariais plus sur la dernière option, car après tout… Holiday et Burnett devait sans doute arriver avant les élèves? De toute manière cela m’importait peu tant qu’il n’y avait pas beaucoup de personne. J’allai alors me prendre des œufs à l’aspect visqueux et des bacons carbonisés avant de ressortir à l’extérieur pour m’éloigner ensuite vers le bois. Ce n’était que là que je pouvais me sentir moi-même. Je mangeai tout de même le plus rapidement possible, je ne voulais pas retourner là lorsque ce serait bondé. Des plans pour retomber sur Kylie et compagnie! Une fois ce petit-déjeuner peu appétissant avalé je ressorti du couvert des arbres pour aller reporter mon plateau. Je dus me forcer à prendre une attitude normale lorsque je découvris qu’il y avait déjà beaucoup plus de monde. Je savais très bien que raser les murs ou essayer d’être invisible n’attirerait qu’encore plus l’attention sur moi que si je me comportais normalement. Pourtant cela n’empêcha pas plusieurs têtes de se tourner sur mon passage. Je venais tout juste de poser mon plateau lorsque je sentis une main se poser sur mon épaule. Avant que cette personne ne puisse faire quoi que ce soit d’autre j’avais enserré sa main dans la mienne et l’avais fait passer par-dessus moi pour le faire atterrir sur le dos. Je venais tout juste de manquer à une de mes règles les plus importantes… ou plutôt deux. La première; toujours rester sur ses gardes et écouter ses sens. La deuxième; se faire discrète dans un nouvel endroit. Je remarquai qu’à ce moment qui se trouvait au sol devant moi. Lucas. Au lieu de m’excuser je crachai :
- Encore toi!
Je secouai la tête avec découragement et tournai les talons pour quitter le réfectoire le plus rapidement possible. J’étais sur le point de sortir lorsque Holiday m’arrêta net en disant :
- Maria? Où crois-tu aller comme ça? C’est bientôt une heure pour faire connaissance…
- Je ne participerai pas à cette comédie… grondai-je fermement.

Non, en effet, je ne participais pas du tout à cette comédie, pensai-je amèrement quinze minutes plus tard alors que Chris, un vampire s’apprêtait à tirer les noms. La fée avait au début proposé que je vienne m’assoir près d’elle, mais je l’avais regardé avec un air effaré, alors elle s’était tue. Donc pour le moment je me contentais de regarder du fond du réfectoire en priant pour que mon nom ne soit pas dans le tas de papier. Plusieurs nom défilèrent, mais malheureusement ce n’était pas mon jour de chance, car…
- Je crois que c’est maintenant au tour de notre nouvelle… Alors Maria tu auras le plaisir de passer une heure en compagnie de… commença-t-il tout en tirant un autre nom. En compagnie de Derek! Ajouta-t-il avec un grand sourire alors même que mes épaules s’affaissaient sous le coup du découragement.
- C’est forcément une blague, marmonnai-je dans ma langue natale, soit le français.
Je fis le tour du réfectoire du regard et trouvai rapidement Derek et il semblait autant découragé que moi. Au moins je n’avais pas à passer une heure en compagnie de Della, pensai-je pour me consoler un peu, juste un peu. Mais connaissant ma chance cela pouvait aussi bien arriver demain. Ne sachant même pas s’il allait me suivre je sortis à l’extérieur, pourtant un dernier coup d’œil en arrière me prouva qu’il me suivait. Une fois à l’extérieur je m’affalai contre le mur pour attendre le fae. À peine une minute plus tard il franchit les portes en jetant un coup d’œil autour de lui comme s’il cherchait quelque chose ou plus vraisemblablement quelqu’un. Ses yeux s’arrêtèrent sur moi et il me rejoignit contre le mur.
- Tu as l’intention de rester là pendant une heure ou est-ce que tu voulais faire quelque chose d’autre? Me demanda-t-il au bout de deux minutes d’un silence des plus complets.
- Je ne sais pas. C’est à toi de te poser la question. J’ai juste hâte que l’heure soit écoulé et que je puisse aller faire autre chose. Surtout que cela risque d’être pénible puisque tu ne m’apprécie pas.
- Ce n’est parce que j’ai été désagréable hier que tu dois…
- N’essaye pas, le coupai-je en me tournant vers lui. Je n’ai jamais eu ma place nulle part, alors je ne vois pas pourquoi cela serait différent ici. Au moins si je fugue mes parents ne me chercheront pas, ajoutai-je pour moi-même.
- Holiday et Burnett les mettraient au courant, alors cela ne changerait pas grand-chose… dit-il en plissant les yeux.
- Regarde, mes parents… Ils… Pourquoi crois-tu qu’ils m’aient envoyés ici? Au lieu d’un pensionnat plus près de chez moi… Pourquoi un autre pays? Alors oui le fait que je sois ici change quelque chose. Ils ne viendraient pas me chercher. Je sais que ma mère va appeler chaque semaine pendant le premier mois, voire chaque jour. Mais après cela s’il n’y a pas eu d’accident regrettable, ce qui est déjà mal barré, elle espacera les appels, jusqu’au moment où elle n’appellera plus du tout. À ce moment je serai libre de fuguer.
- Holiday et Burnett te chercheront pareille, rétorqua-t-il. Une fois que nous mettons les pieds ici, ils se sentent responsable de nous.
- Si je réussis à rester ici un, deux voire trois mois, crois-moi je leur ferai un cadeau en partant. Peut-être même que je devrais partir. Immédiatement, je veux dire.
- Tu es folle ou quoi? S’exclama-t-il incrédule en s’éloignant un peu.
- Ce serait sans doute mieux pour tout le monde… ajoutai-je comme si je ne l’avais pas entendu.
- Que veux-tu dire par là? S’enquit-il, curieux.
- Dans chaque établissement où je me rends quelqu’un finit par mourir, avouai-je.
- Ce n’est peut-être qu’une coïncidence? Tenta-t-il.
- En trois ans j’ai dû faire pas loin de neuf écoles différentes réparties dans trois différentes villes. Dans chacune il y a eu au moins un mort. Tout dépendamment du temps, plus je reste longtemps plus il y a des risques que plus d’une personne perde la vie.
- C’est toi qui les as tuées? Demanda-t-il sur un ton grondant.
- C’est ça le problème… Je n’en ai aucune idée! M’exclamai-je en sentant les larmes de la culpabilité me monter aux yeux.
Ne voulant pas pleurer devant ce type je me détournai avant de m’élancer à toute jambe ailleurs.
- Maria! Attends! Me cria Derek en courant à ma suite.
Je ne l’écoutai pas et continuai à courir en direction de la forêt. Une fois que je l’eus suffisamment distancé je montai à la seule force de mes bras dans un arbre et m’assis dos au tronc sur une branche largement assez large ainsi que solide pour me soutenir. Ce ne fut que cinq minutes plus tard que j’entendis de nouveau le bruit de ses pas et ils étaient encore loin. Je l’entendis dire :
- Maria, je peux sentir les émotions des gens tu sais… alors n’espère pas pouvoir te cacher.
Au moment où il passait sous mon arbre je sautai derrière lui parfaitement silencieusement et lui susurrai à l’oreille :
- Ce n’était pas très malin de ta part tu sais… Je n’ai pas dit haut et fort que ce n’était pas moi qui tuais les gens. Alors tu es peut-être seul, dans les bois, avec une présumée meurtrière…
- Je ne suis pas un humain normal. Je pourrais sans doute te maîtriser.
- Tu crois ça? Dis-je avec un sourire gourmand. Je n’en serais pas si sûr à ta place…
Il plissa les yeux et recula, indécis. Sans vouloir être méchante je ne pouvais m’empêcher de trouver ça drôle de le voir soudain beaucoup moins sûr de lui. Alors sans pouvoir me retenir j’éclatai de rire et dis avec difficulté tellement je riais :
- Tu… Tu devrais… voir… ta… tête!
Après deux bonnes minutes il finit par dire, vexé :
- Bon tu as fini là?
Je m’arrêtai brusquement de rire et le regardai avec des yeux où devaient se refléter tant de froideur qu’il recula encore de quelques pas :
- Sérieusement… Où est donc passé ton assurance de tout à l’heure?
- Je crois que tu es folle! S’exclama-t-il.
Je retins une boule de douleur de traverser ma voix lorsque je dis :
- On ne me l’as jamais faites celle-là…
- Celle-là quoi?
- On ne m’a jamais dit que j’étais folle. Et là toi tu le fais plutôt deux fois qu’une. J’ai reçu des dizaines de « tu es tellement froide », « est-ce que tu as un cœur quelque part? », « je plains tes parents », « tu es stupide » ou encore « tu devrais peut-être t’ouvrir encore ». Mais le pire c’est quand ma meilleure amie m’a demandé ce que j’avais et qu’elle m’a explicitement demandé la vérité. Je lui ai dit. Sa réaction? Elle m’a abandonné. Alors à partir de maintenant si tu ne veux pas recevoir de coup garde tes sales commentaires pour toi! Tu ne sais rien de moi! Ni de ce que j’ai vécu. Donne ce conseil aux autres aussi! Lui dis-je fermement.
Il vint pour dire autre chose, mais je me détournai une fois encore, mais cette fois je ne le laisserais pas me rattraper. Je courus et courus encore jusqu’à atteindre le réfectoire où m’avait demandé de la rejoindre Holiday. Je ne savais pas encore pourquoi elle voulait me parler, mais j’avais la ferme intention de le savoir.
Une quinzaine de minutes plus tard j’étais assise dans son bureau, elle devant moi.
- Alors comment cela s’est-il passé avec Derek?
- Il m’a traité de folle et je suis parti. Voilà en résumé ce qu’il s’est passé, répondis-je en plantant mes yeux d’acier dans le vert des siens.
- D’accord… dit-elle, apparemment mal à l’aise. Je voulais savoir si tu t’étais choisi une quête.
- Oui.
- Et qu’est-elle?
- Je suis obligée de répondre? M’enquis-je.
- Oui.
- Je veux trouver la vérité. La simple vérité sur qui je suis réellement.
- Je ne comprends pas…
- Oh que si vous comprenez! Dis-je en la regardant avec des yeux froids. Vous savez tout comme moi que je ne m’appelle pas réellement Maria Lacroix. Que ceux qui m’ont envoyés ici ne sont pas mes vrais parents.
Elle parut complétement décontenancée pendant un bon trente secondes avant de se reprendre et de demander :
- Comment es-tu au courant?
- Je le suis depuis mes… attendez que je réfléchisse, dis-je en comptant sur mes doigts. Je crois que j’avais huit ou neuf ans quand ils ont discuté de cela dans leur chambre le soir alors qu’il me croyait endormi. L’année suivante j’ai perdu ma meilleure amie. Alors si je puis le dire ainsi je n’ai pas eu la vie facile… ajoutai-je avec un sourire sarcastique.
- Je vois… Et donc tu veux découvrir l’identité de tes vrais parents?
- Non, pas juste cela… rétorquai-je. Je désire connaître la vérité. Toute la vérité. Qui sont mes vrais parents, pourquoi ils m’ont abandonnés et aussi pourquoi ceux qui m’ont adopté m’ont envoyée ici. Ma quête c’est trouver la vérité.
- D’accord, dit-elle avec un sourire compréhensif. Ce ne sera pas une quête facile, mais tu peux compter sur moi et Burnett pour t’aider à l’accomplir. Nous ne ferons pas le travail à ta place, mais nous pourrons toujours t’apporter nos conseils…
- Bien… Maintenant on fait quoi? M’enquis-je en espérant pouvoir dégager vite fait.
- Je veux que tu me raconte pourquoi tu as une aussi mauvaise réputation dans toutes tes anciennes écoles, lança la fée sans détour.
Je ravalai ma salive difficilement, pourtant j’aurais dû me douter qu’ils avaient accès à mon dossier et qu’ils finiraient par me poser la question. Je baissai pourtant les yeux et murmurai :
- Peut-être que je ne suis qu’une fille à problème sans raison pour agir ainsi?
- Je ne te crois pas. Alors dis-moi la vérité.
- Je suis toujours sur la défensive et lorsque je me sens attaquée je fonce. Sans me soucier des dommages collatéraux, comme le nez cassé de mon opposant, répondis-je d’un ton nonchalant.
- Cette réponse te va peut-être à toi, mais je suis sûre que c’est beaucoup plus profond que ce que tu viens de me dire…
- Il n’y a rien de plus. Je suis un livre ouvert, dis-je avec un grand sourire ironique.
- Non, justement. Tu sembles facile à cerner, mais ce n’est qu’un masque, me détrompa-t-elle. Alors si tu permets je vais te poser quelques questions qui risquent pour toi d’aller en difficulté croissante…
- Faites comme bon vous chante! Susurrai-je avec assurance.
Elle attendit un bon cinq minutes avant de dire quoi que ce soit. Tout ce temps elle m’observa attentivement, à tel point que cela me donna froid dans le dos. Elle finit par lâcher sans préambule :
- As-tu déjà eu un petit-ami?
- Que… Quoi? Demandai-je, incrédule.
- Je répète. As-tu déjà eu un petit-ami?
- Non, mais je ne vois pas le rapp… commençai-je, mais elle me coupa.
- Avais-tu des amis dans ta ville, à tes anciennes écoles, etc. ?
- Non, personne ne voulait m’approcher de suffisamment près pour lier une relation quelconque, répondis-je en plissant les yeux de suspicion.
Holiday soupira et dit ensuite :
- Après que ta meilleure amie t’est abandonnée, est-ce que tu as eu d’autres amis?
Je déglutis douloureusement en repensant à ma seule et unique meilleure amie, mais je finis par lâcher :
- Non.
- D’accord… Remontons à beaucoup plus loin maintenant… Est-ce que lorsque tu étais toujours en très bon terme avec ta meilleure amie tu avais d’autres amis proches?
- Je… Je… Non… Mais c’est quoi ces questions, bon sang! Grognai-je.
- Maintenant laisse-moi deviner le pourquoi tu as perdu ta meilleure amie…
- Allez-y, l’encourageai-je en retenant un grondement de colère.
- Tu as finalement décidé de lui dire la vérité sur ce que tu étais, mais elle l’a mal pris et t’a laissé tomber? Tenta-t-elle et à mes dépens elle visa parfaitement juste.
J’ouvris la bouche, mais aucun son n’en sortit. J’étais totalement éberluée. Comme je ne répondais toujours pas après deux bonnes minutes, elle conclut :
- Je crois que je te cerne maintenant Maria… Tu es quelqu’un qui a tellement souffert à cause de l’opinion des autres, en particulier des personnes proches, que tu as décidé de rejeter tout type de contact avec ceux qui t’entourent. Amitié ou autre, tu n’en veux pas, car tu refuses de souffrir encore. Ensuite je dirais aussi que tu en es venue à te détester toi-même, ne serait-ce qu’un peu. Tu te sens sans doute comme un poids lourd pour tout le monde puisque tes vrais parents, ta meilleure amie et maintenant tes parents adoptifs t’ont éloignée de leur vie. Alors autant tu t’éloignes des autres pour ne pas souffrir de nouveau, c’est aussi pour ne pas encombrer personnes. Par contre, malgré ton air parfois inoffensif tu refuses de laisser quelqu’un croire que tu es faible. Ce qui t’amènera souvent à te battre, physiquement comme oralement. Tu…
- Arrêtez! Hurlai-je en grognant. J’en ai assez entendu pour aujourd’hui! Ajoutai-je menaçante. Au revoir! Conclus-je en me levant de mon siège avant de sortir en courant tout en claquant la porte derrière moi.
Au moment de sortir du bâtiment je croisai à nouveau un regard bleu que je reconnu aussitôt. Je me figeai instinctivement, mais déjà il détournait la tête en continuant à marcher vers la forêt. Quelque chose en moi me proposait de le suivre pour voir sa réaction, mais la partie rationnelle me déconseillait de le faire. Approuvant cette dernière partie de mon cerveau je pris le chemin menant au bungalow où reposaient mes affaires. Comme nous étions dimanche aujourd’hui ils n’y avaient pas de cours et c’était vraiment tant mieux. En chemin je croisai l’un des gars qui se tenait avec Kylie la première fois que je l’avais rencontré. C’était celui avec les cheveux blonds bouclés et si je me souvenais bien son nom était Perry. Je croisai les doigts pour ne pas qu’il me remarque et qu’il continue son chemin, mais bien sûr son regard se posa sur moi avant de sourire d’un air malicieux en s’approchant de moi. Il dit alors en souriant toujours :
- Voilà donc la fameuse Maria qui a planté Lucas comme un vulgaire sac de farine dans le réfectoire!
- Qu’est-ce ça peut faire? Il ne l’a sans doute pas vu venir, voilà tout, maugréai-je en évitant son regard.
- Voilà tout? Mais tout le monde sait qu’il ne vaut mieux pas s’attirer les foudres de Lucas.
- Eh bien maintenant tu pourras dire à tout le monde d’éviter à tout prix de s’attirer les miennes. Quand j’ai quelqu’un dans le collimateur, je mords ma proie sans jamais lâcher prise, dis-je avec un sourire carnassier.
- Je ne te crois pas.
- Tu veux essayer?
- Toi tu ne devrais pas t’attaquer à un métamorphe. En particulier pas à moi. Il n’est jamais bon de mettre un métamorphe en colère, me prévint-il.
- J’ai mis bon nombre de gens en colère, crois-moi. Chaque combat que j’ai eu je les ai gagnés.
- C’était avec des humains, me fit-il remarquer.
- Je ne crois pas qu’ils l’étaient tous… murmurai-je les yeux dans le vague.
Avant qu’il ne puisse ajouter quoi que ce soit ou me demander des explications je le contournai et me remit à courir en direction du bungalow. Je l’entendis se retourner pour me suivre des yeux, mais bientôt je disparus à son regard. En apercevant le bungalow devant moi je me donnai à mon maximum et en pénétrant à l’intérieur j’eus la désagréable surprise de découvrir Kylie tenant Hannah dans ses bras. Malgré que je connaisse déjà la réponse je lâchai instinctivement :
- Qu’est-ce que tu fous ici!
- Burnett et Holiday travaille alors je garde Hannah pour eux. Hier c’était à Jenny de le faire, aujourd’hui c’est mon tour.
- Moi qui croyais avoir un moment de paix, soupirai-je très bas en français pour plus de précaution.
- Tu as dit quoi? S’enquit Kylie.
- Rien d’important, grognai-je, mais une seconde plus tard un autre grognement me répondit.
Eh merde, pensai-je en voyant arriver Lucas. Décidément je n’aurais pas la paix aujourd’hui non plus. Je vis le regard désapprobateur et ennuyé de Kylie envers Lucas, mais quelque chose me fit prendre conscience qu’ils étaient ensemble. Je décidai alors de faire comme s’ils n’étaient pas là et me dirigeai vers ma chambre, mais au moment de me glisser à côté de Lucas il me bloqua le passage. Il me dit d’un ton calme comme s’il ne s’était jamais rien passé un peu plus tôt :
- Il y a un feu de camp pour les loups-garou ce soir. Tu devrais venir.
- Non, dis-je sur un ton cassant en forçant le passage.
J’ouvris alors rapidement la porte et allai m’écraser sur mon lit. J’entendis Lucas se rapprocher de l’endroit où devait toujours se trouver Kylie et cette dernière dit :
- Elle n’est vraiment pas commode. Je me demande quand elle va nous faire confiance.
- Kylie! Elle peut nous entendre.
- Je sais, dit cette dernière. Je veux la faire réagir justement.
Alors je lui souhaitais bonne chance, ricanai-je mentalement, car maintenant qu’elle avait dit son intention cela ne fonctionnerait pas.
- Tu ne devrais peut-être pas… Vu ton statut de protectrice. Si elle entame un combat contre toi…
- Tu me défendras et là ce sera toi qu’elle combattra, ce qui signifie que je voudrai te protéger, alors elle n’aurait qu’à bien se tenir.
- Je ne crois pas que tu devrais jouer à ce petit jeu avec elle… Elle a un petit quelque chose de…
- Meurtrier? Tenta Kylie.
- Derek t’en a parlé à toi aussi, alors?
- En effet. Crois-tu que cela puisse vraiment être elle, l’auteure de ces meurtres.
- Non, répondit Lucas. Le simple fait qu’elle l’ait avoué à moitié à Derek et qu’il soit toujours en vie prouve le contraire.
- Oui, mais si elle ne sait pas ce qu’elle fait?
- Nous devrons alors garder un œil sur elle pendant un moment. Pourtant je ne crois pas, sincèrement, que ce soit elle qui a tué ces gens.
- Quoi, tu crois qu’elle n’a pas la capacité et la volonté de tuer?
- Non, la contredit-il. Elle possède les deux, mais je sens qu’elle ne tuera pas quelqu’un sans raison valable.
- Crois-tu que nous devrions en parler à Burnett et Holiday? Pour les meurtres, je veux dire.
- Ils doivent déjà être au courant, fit remarquer Lucas.
Je décidai alors de mettre ma tête sous l’oreiller pour ne plus les entendre parler de moi. Pourtant cela n’atténua pas suffisamment le son de leur voix et je les entendis discuter d’hypothèse sur hypothèse. Heureusement Burnett finit par arriver et les deux jeunes de mon âge environ s’en allèrent. Le vampire vint cogner à ma porte et dit au travers de celle-ci :
- Maria nous allons pour le déjeuner, est-ce que tu viens?
Cela ne me tentait pas plus que cela, mais comme je n’avais pas le choix. Je me levai alors et allai le rejoindre. Sur le chemin il dit :
- Cette fois au lieu d’aller manger dans les bois, j’aimerais tu ailles manger avec les autres loups-garou. Cela serait sans doute mieux.
- Je m’entends parfaitement bien avec les arbres, marmonnai-je. Ils ne sont pas compliqués, eux.
- Sans doute, mais tu es une louve-garou et en tant que telle tu te dois de manger avec les tiens.
Je ne répondis pas, mais rendue au réfectoire il me pointa la table en question, alors lorsque j’eus pris mon déjeuner… Enfin, mon diner selon mon propre vocabulaire québécois, je me dirigeai vers cette table. Je fus très surprise de découvrir que le mec aux yeux bleus limpides et à la chevelure doré s’y trouvait. Je m’affalai alors le plus loin possible des autres loups et mangeai rapidement sans regarder quiconque. Soudain j’entendis que quelqu’un se raclait la gorge, alors je levai les yeux et croisai ceux du beau mec.
- Quel est ton nom? Me demanda-t-il sur un ton grave qui me brûla la peau en lui faisant parcourir des milliers de frisson.
- Maria Lacroix, répondis-je. Je suis nouvelle ici, ajoutai-je. Toi? M’enquis-je ensuite avant d’en perdre le courage.
- Ethan Dawson, répondit-il avec un sourire. Nouveau tout comme toi.
Je répondis à son sourire, quoique plus timidement, avant de continuer à manger comme s’il n’existait plus. Pourtant au fond de moi il y avait une sorte de chaleur que je croyais ne plus jamais ressentir depuis Max. Lorsque mon assiette fut vidée je la saisis entre mes doigts et la rapportai avant de sortir du réfectoire sans jeter un dernier coup d’œil à Ethan Dawson, car je ne voulais pas ressentir quelque chose pour lui. Pour personne d’ailleurs.
Une vingtaine de minute plus tard j’étais étendue sur mon lit à rêvasser à mon enfance. Au souvenir que j’avais avant de me transformer pour la première fois. Holiday avait raison, je détestais de plus en plus la personne que j’étais devenue. Aurais-je pu faire quelque chose pour m’empêcher de devenir aussi… ingrate? Probablement. Sans doute que je n’aurais pas dû abandonner aussi facilement. N’avais-je pas lu quelque part que si tes amis ne peuvent pas accepter qui tu es vraiment, cela signifie que ce ne n’est pas les bons? Alors au lieu de m’emmurer moi-même peut-être aurais-je tout simplement dû trouver des personnes plus dignes de confiance? Des gens qui me comprendraient? Malheureusement les seules personnes qui avaient osé m’approcher devaient me détester à l’heure actuelle… Peut-être était-ce ma destinée que de rester seule? Je secouai la tête pour me retirer ces idées noires et commençai à penser au comment je ferais pour résoudre ma quête. Peut-être n’avais-je pas l’intention de rester pour toute l’année scolaire, mais… cela ne m’empêchait pas de vouloir trouver la réponse. Mieux fallait que je m’en charge maintenant, car ce ne serait plus le temps quand je deviendrais une fugitive. Pour trouver la réponse à mes trois questions je savais qu’il fallait d’abord affronter la première et qu’ainsi ce serait la clé pour trouver la réponse aux deux autres. Alors par où commencer pour trouver mes parents biologiques? Bonne question… J’y réfléchis pendant au moins une ou deux heures sans rien trouver de vraiment possible. Je ne pouvais pas demander à mes parents de me donner mon certificat d’adoption et encore moins leur demander si à tout hasard ils avaient le nom de mes parents biologiques. C’était quelque chose d’impensable. Je me redressai d’un bond dans mon lit, j’avais assez pensé à cela pour le moment. Je devais me changer les idées et vite, car je sentais ma « bonne humeur » chutée rapidement. Et comme je savais que je risquais de croiser beaucoup de monde à leur du souper, ou du diner pour eux, je devais me relaxer. Je sortis alors de ma chambre pour finir par aboutir à l’extérieur. Je laissai mes pas me conduire et sans trop l’avoir prémédité je me retrouvai dans les bois. Je commençais tout juste à monter dans un arbre que j’aperçus un bref instant une chevelure châtaine doré. Je continuai à monter tout en essayant vainement d’oublier cette chaleur malvenue qui m’étreignait au niveau de la poitrine. Surtout que c’était parfaitement possible que ce ne soit pas lui.
- Qu’est-ce que tu fous là-haut! S’exclama une voix grave qui cette fois encore me fit parcourir une multitude de frissons.
Je marmonnai entre mes dents mon manque de chance avant de jeter un coup d’œil vers le bas et de fait vers Ethan Dawson. J’espérais secrètement qu’il serait un peu moins beau vu d’en haut, mais bien évidemment je me trompais. Je lâchai alors sur un ton nonchalant :
- Je venais me procurer un peu de paix… À ce que je vois c’est ratée.
- La paix? Dit-il avec un sourire moqueur. Tu n’es pas sorti de ton bungalow pendant au moins deux heures!
- Comment le sais-tu? M’enquis-je en plissant les yeux. M’espionnerais-tu? Demandai-je ensuite avec un sourire en coin.
Il eut un grand sourire et me révéla :
- J’aime bien connaître les habitudes des gens qui m’entourent… Une vieille habitude que je tente vainement de perdre.
Je levai les yeux au ciel et me laissai tomber en bas, juste devant lui. Il recula d’un pas en manquant trébucher et mon sourire en coin s’élargit en un vrai lorsque je soupirai :
- Je crois que je vais aller me trouver un autre coin pour pouvoir relaxer.
Sur ces mots je me détournai rapidement et lâchai comme au revoir :
- À peut-être une prochaine fois!
- Probablement pour le diner! Lança-t-il, moqueur.
Je ne me retournai pas, malgré mon envie de lui dire d’aller se faire voir. Je marchai alors tranquillement et ce ne fut qu’après dix mètres environ dans un chemin dégagé que je remarquai que je n’étais plus dans le bois. Pourtant je reconnaissais ce sentier… C’était celui que j’avais pris la veille avec Holiday, bon sang! Espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard pour faire demi-tour je me retournai de nouveau tout en restant sur le sentier. Malheureusement je croisai Jenny et Derek sur le chemin, la première s’exclama alors :
- Salut Maria!
- Salut, Jenny… marmonnai-je d’un ton las.
Peut-être était-ce le temps de me racheter? Pensai-je soudain. Alors j’ajoutai :
- Salut, Derek.
La caméléon s’approcha alors avec un sourire et n’ayant pas trop le choix le fae la suivit. Elle me dit :
- Alors comment se passe ta journée jusqu’à présent?
- Si on oublie la matinée elle n’est pas trop pire…
Jenny vira les yeux vers Derek en fronçant les sourcils, mais avant que ce dernier puisse se défendre je le fis à sa place.
- Ce n’est pas à cause de lui! Lançai-je rapidement avant d’en perdre le courage. Pas seulement en tout cas, ajoutai-je, car je n’étais pas sûre si oui ou non elle pouvait détecter les mensonges.
Le jeune homme me dévisagea pendant plusieurs secondes avant que sa copine demande :
- Alors c’est quoi d’autre?
- Ma discussion avec Holiday. Elle ne s’est pas très bien déroulée…
- Ah d’accord, acquiesça-t-elle. Au fait… Tu revenais de faire quoi?
- Rien. J’étais dans le bois quand j’ai débouché sur ce sentier. Je n’ai pas voulu aller de l’autre côté, je crois que vous savez pourquoi… Je devrais sans doute aller convaincre Holiday de me mettre dans un autre bungalow…
- Je ne crois pas, non, intervint curieusement Derek.
- Pourquoi? M’enquis-je, suspicieuse.
- Ce serait comme si tu déclarais défaite à Della, dit-il en haussant les épaules à mon regard inquisiteur.
- Peut-être devrais-je vraiment le faire alors… C’est peut-être le temps de perdre un premier combat, après tout… soupirai-je. Vous qu’est-ce que vous alliez faire? Demandai-je pour changer de sujet, mais ce n’est qu’après coup que je remarquai la stupidité de ma question.
De fait à la base je n’aurais même pas dû la poser…
- Nous allions voir la gang. On s’est tous donner rendez-vous cet après-midi… Veux-tu venir avec nous? Me dit Jenny.
- Tu rigoles, j’espère! M’exclamai-je. C’est à peine si… Enfin, laisses tomber. Je gâcherais la petite fête de toute manière, ajoutai-je en baissant les yeux à la fin. Je gâche toujours tout de toute manière, marmonnai-je tout bas et en français.
Derek me regarda étrangement, mais pour ne pas qu’il ne puisse dire quoi que ce soit je lançai :
- Passez un bon moment, salut!
Alors sans leur laisser le temps de répondre je les dépassai et commençai à marcher de plus en plus rapidement, jusqu’à courir.
Je passai le restant de l’après-midi à errer dans la propriété et une fois que l’heure du souper arriva je me dépêchai de me rendre au réfectoire. Étrangement ou pas Ethan s’y trouvait déjà. Je m’installai alors à la même place que le midi, mais cette fois je fis tout pour ne pas croiser son regard et ainsi ne pas l’encourager à m’adresser la parole. En allant reporter mon plateau à la fin de mon repas je posais le pour et le contre au fait d’aller au feu de camp de ce soir. Le problème c’était que je ne savais ni où il se passait ni quand. Pourtant je sentais que cela serait sans doute une bonne idée d’y aller… même si je ne savais pas en quoi ce l’était. Je m’apprêtais à sortir lorsque l’on me retint par le bras. Je dus faire un immense effort pour ne pas propulser cette personne loin de moi.
- Maria… Attends… me dit Ethan de sa voix si reconnaissable.
- Quoi? M’enquis-je d’une voix presque muette à cause des dizaines de regard qui s’étaient tournés dans notre direction.
- Est-ce que tu viens au feu de camp, ce soir? Me demanda-t-il.
- Je ne sais même pas quand il a lieu ni où. Alors comment veux-tu que je puisse y aller! Dis-je en déglutissant difficilement.
- Je peux venir te chercher si tu veux, me proposa-t-il d’une voix de velours qui fit palpiter mon cœur.
- Tu n’as qu’à me dire c’est dans quel coin et à quelle heure, je m’arrangerai, rétorquai-je sans tenir compte de ce que je voulais vraiment.
- Si je te le dis et que tu ne viens pas, tu n’auras aucune excuse, me prévint-il.
- Qu’est-ce que ça changerait pour toi que je ne vienne pas. On ne se connaît qu’à peine! Alors lâche le morceau et on verra bien… lui dis-je durement.
- Au sud de la forêt à vingt heures, capitula-t-il.
- Bien, tu vois ce n’était pas si compliqué! Le rembarrai-je avant de me détourner et de sortir à l’extérieur.
Je pris alors immédiatement le chemin menant au bungalow et soudain je trouvai étrange de ne pas avoir revu ni Holiday ni Burnett depuis le midi… Je ne venais que tout juste de poser les pieds à l’intérieur que ce dernier me tomba dessus en grognant :
- Où étais-tu passée!
Je le dévisageai avec un air profondément ennuyé avant de répondre :
- Il y a une demi-heure j’étais au réfectoire pour manger. Avant cela j’errais sans but et encore avant je suis restée ici pendant deux heures…
Il ne répondit pas, mais je vis bien son désarroi.
- Qu’est-ce qu’il y a? m’enquis-je, inquiète.
- Durant tout ce temps tu n’es pas sorti de la propriété, c’est bien ce que tu dis? Demanda-t-il.
- Bien sûr que non! M’exclamai-je même si j’y avais pensé le matin même. Pourquoi?
Il garda le silence et se contenta de sortir en coup de vent, mais je pouvais sentir l’odeur de l’émotion qu’il avait tenté de cacher. La peur. De quoi donc pouvait-il avoir peur à ce point pour que je puisse le sentir? J’entendis alors un rire de bébé, ce qui me convainquit que Holiday devait être là. En arrivant devant la chambre pour enfant je tombai sur une porte close, alors je cognai trois coups et attendit une réponse. La porte s’ouvrit rapidement sur Holiday qui tenait Hannah dans ses bras. Avant qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit je lançai en la regardant droit dans les yeux :
- Je tenais à m’excuser pour tout à l’heure…
- Il n’y a rien, voyons! S’exclama Holiday. Je comprends parfaitement ta réaction, c’était totalement justifié.
- Non, pas tant que ça, rétorquai-je.
Elle m’adressa un petit sourire auquel je répondis et je demandai :
- Pourquoi est-ce que Burnett m’a demandé si j’étais sortie de la propriété.
Elle me dévisagea en ouvrant des yeux ronds, mais finit par répondre :
- L’alerte a sonnée et quand il est allé voir… il a cru reconnaître ton odeur.
- Quoi? Mais je ne suis même pas allé près de la muraille!
Elle acquiesça pour me faire comprendre qu’elle était au courant. Elle ajouta :
- Oui, car apparemment tu as croisé Jenny et Derek au moment même où l’alarme s’est déclenchée. Burnett est parfaitement capable de distinguer une odeur récente à une plus ancienne, ce qui signifie que quelqu’un, pour une étrange raison tient à te faire porter le chapeau.
- Je n’ai pas été très sympathique depuis mon arrivée, alors ce peut être n’importe qui…
- Nous pensons plus à quelqu’un de l’extérieur, me détrompa la fée.
- Comment cela?
- Après vérification nous avons conclu que l’individu venait de l’extérieur lorsqu’il a traversé la muraille.
Cette révélation fut comme si on m’avait jeté un seau d’eau froide sur les épaules, mais le pire c’était que j’ignorais totalement pourquoi cela m’effrayait à ce point.
- Allons Maria, on n’a rien à craindre. Le pire est derrière nous, tenta de me rassurer Holiday.
- Comment ça le pire est derrière nous?
- Nous avons eu quelques complications à cause d’une personne qui cherchait à s’emparer ou de tuer Kylie.
Ce fut à mon tour d’ouvrir des yeux ronds et je manquai en demander la raison ou carrément toute l’histoire, mais décidai de laisser tomber. Quelque chose venait de me revenir et je dis :
- Je ne sais pas si vous avez raison de dire que le pire est derrière vous…
- Pourquoi? Me demanda-t-elle en me dévisageant.
Je lui révélai alors ce qui c’était passé durant les trois dernières années. Elle resta un instant sous le choc et je compris que Lucas s’était trompé en disant qu’ils étaient au courant. Elle finit par conclure :
- Ce n’était probablement pas à cause de toi.
- Je l’espère vraiment. De tout cœur.
- Est-ce que tu comptais aller au feu de camp des loups-garou ce soir?
- Peut-être. Enfin… probablement que je vais aller y faire un tour, mais avant je crois que je vais aller m’étendre et réfléchir encore un peu au sujet de ma quête.
- Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais où me trouver.
Je hochai la tête avant de me diriger vers ma chambre. À peine avais-je refermé ma porte et que je m’étais étendue sur le lit que j’entendis Holiday composer un numéro sur son téléphone.
- Burnett? L’entendis-je dire.
Malheureusement je ne pus entendre de l’autre côté de la ligne qu’une voix, mais sans les mots.
- Maria m’a appris quelque chose et je tiens à t’en faire part…
Encore là j’entendis la voix très assourdi du vampire et ensuite la fée lui narra toute notre discussion.
Vers environ dix-neuf heures trente je sortis du bungalow et me dirigeai vers le sud de la forêt. Je ne savais pas trop à quoi ressemblerait ce feu de camp, mais de toute façon je ne comptais pas rester longtemps. Je repérai assez facilement la clairière, car déjà plusieurs loups semblaient être arrivés. Lucas était présent et il sembla surpris de me voir. Une fille se pencha vers lui pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille et apparemment il n’aima pas ce qu’il entendit, car il lui offrit un regard noir. Je m’approchai alors calmement du petit groupe et allai m’assoir sur l’une des bûches mise là à cet effet. Je n’eus pas besoin de me retourner lorsque je sentis quelqu’un s’assoir à côté de moi, je savais déjà qui c’était. Ethan. Il dit et je sentis le sourire dans sa voix :
- Tu es venue.
- Oui. Par curiosité! Dis-je.
Je me retournai juste à temps pour voir son sourire s’élargir, ce qui me fit fondre légèrement. Malheureusement il lui faudrait plus qu’un magnifique sourire pour faire tomber ma carapace de glace aussi froide que celle que l’on trouve en arctique. Il m’avoua :
- C’est mon premier feu de camp à moi aussi.
- Pauvre toi! Le plaignis-je faussement.
Il me dévisagea étrangement et je dis :
- Quoi? J’ai fait des dizaines, voire une vingtaine, de feu avec mes parents. Pas toi? Je ne vois ce que celui-ci aura de différent.
- Tu es parmi les tiens, voilà ce qu’il y a de différent, intervint Lucas.
- Peut-être, mais cela reste quand même un simple feu! Rétorquai-je en rendossant ma carapace.
Je désirai soudainement me frapper la tête contre le tronc le plus proche, j’étais venue pour sympathiser avec ceux de mon espèce et me voilà à tous les rembarrer. Je marmonnai :
- Désolée…
- Tu n’as rien dit de mal, m’assura Lucas. Tu n’as après tout que dit la vérité, ajouta-t-il avec un sourire.
Je répondis à son sourire difficilement, car je luttais en ce moment même entre le besoin de sécurité et celui de toujours vouloir repousser mes limites plus loin… Lorsque le feu fut allumé Lucas nous renseigna sur le déroulement de la soirée. Apparemment ce soir nous devions faire prendre connaissance au groupe de notre première expérience de la métamorphose. Chacun la narra un à la suite et lorsque ce fut mon tour j’eus le désagréable sentiment que ce n’était pas ce qu’ils faisaient normalement. Et qu’ils avaient changés cela à cause de moi… à moins que ce ne soit une façon d’intégrer les nouveaux. Quoi qu’il en soit, comme j’étais la dernière il tomba un calme plat lorsque j’eus terminé de raconter ma fameuse première Pleine Lune. Certain semblait désolé, d’autre s’en foutait ou encore ne savait pas comment réagir. Voyant que le feu était déjà rendu à l’état de braise je dis :
- C’était très intéressant, mais je crois que je vais y aller… Salut…
Sur ce je me redressai et me dirigeai en direction de mon bungalow sans regarder une seule fois en arrière. Je devais n’avoir fait qu’une centaine de mètres lorsque je m’interrompis brusquement et que ma vision s’obscurcit. Non, pas encore, pas si tôt! Pensai-je alors que mes yeux se fermaient de force, je n’eus que le temps d’apercevoir une dernière chose avant que ce soit le noir total. Une chevelure châtaine doré et des yeux bleus limpides qui me fixaient sans comprendre.


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:06 am, modifié 4 fois.
Elicia

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Elicia »

c'est génial !!
préviens moi pour la suite.
Marine78

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Marine78 »

Salut,
Tout d'abord, c'est génial que tu es fait une fanfiction sur Nés à Minuit ! J'en cherchais une et c'est rare à trouver. Sinon, j'ai bien aimée tes deux premiers chapitres. Au début, Maria m'énervait un peu à repousser tout le monde, mais maintenant je comprends un peu mieux pourquoi. J'espère qu'elle finira par accepter le groupe de Kylie !
J'aimerais que tu me préviennes. Hâte de lire la suite !
angel98

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par angel98 »

Salut ! C'est génial, la fin m'intrigue beaucoup j'ai trop hâte de lire la suite.
Merci de m'avoir prévenue :D
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 3



Lorsque j’ouvris les yeux je ne fus pas surprise de me retrouver dans mon lit. Ce que je n’aimais pas c’était que mes mains semblaient collantes et sales. La peur me noua les entrailles et j’eus toutes les peines du monde à me lever du lit. L’horreur que je découvris me laissa sans voix. Mes bras étaient rouges de sang jusqu’aux coudes et d’immondes marques de griffures ornaient mes poignets. À première vue celles-ci avaient été causé par des ongles humains, mais je ne pouvais en jurer. Mon premier instinct fut de vouloir courir me nettoyer et j’y obéis sans discuter, car c’était certain que si on trouvait un corps et que nous m’avions trouvé les bras en sang… ce serait moi la coupable idéale. Lorsque je revins pour refaire mon lit j’ouvris des yeux incrédules. Mes draps étaient complétement taché de sang. Je regardai à gauche et à droite totalement paniquée, la seconde suivante la porte de ma chambre s’ouvrit à la volée sur Burnett. Il vint pour dire quelque chose, mais à ce moment ses yeux se posèrent à la vitesse de la lumière sur mon lit. Je n’eus pas le temps de répondre qu’il était déjà à côté de moi et tirait les draps pour les dévoiler dans toute leur splendeur. Il grogna alors :
- Mais qu’est-ce que c’est que ça!
- Je… Je ne sais pas… bégayai-je.
- Tu mens, me fit-il remarquer.
- C’est que… Holiday vous a parlé de ce qu’il s’est passé dans les autres écoles, non?
- En effet… Tu nous as entendus?
- Seulement un côté de la conversation, avouai-je.
- Je ne vois pourtant pas le rapport entre ça et… ces draps couverts de sang.
- Pourtant tout est lié. Les meurtres, ce qu’il s’est passé hier soir et ce sang. Sans compter que tous ont un point commun, c’est-à-dire, moi.
- Quoi? Ce n’était pas le feu de camp des loups hier?
- En effet, mais je parle de ce qu’il s’est passé sur le chemin du retour.
- Et que s’est-il passé? Demanda-t-il sur un ton doucereux.
- Je ne m’en souviens pas, c’est ça le problème. Comme chaque nuit avant que l’on découvre un corps. Je suis en train de faire quelque chose et soudain ma vision commence à s’obscurcir. Et bang! Le noir total et profond. D’ailleurs à chaque fois je me réveille dans mon lit.
- Tu dis que cela s’est produit à chaque fois? Mais est-ce que c’était à chaque endroit aussi?
- Oui, affirmai-je.
- Bon… On va laisser ça comme ça et si ce soir rien ne s’est déclaré on avisera.
- Croyez-moi. Il va se produire quelque chose, grondai-je. Je le sens, ajoutai-je sur le même ton.
Il me regarda comme si j’étais quelque chose de très curieux, mais finit par retrouver son sang-froid et dit :
- Peu importe! Habille-toi et file manger. Tu as des cours aujourd’hui.
Je hochai la tête et attendit qu’il sort de ma chambre. Il ne le fit qu’une fois mes draps replacés. Lorsque la porte se referma je m’habillai en quelques secondes et sortit en trombe un sac sur le dos avec du matériel scolaire divers. En route vers le réfectoire je me souvins brusquement que j’avais vu quelqu’un juste avant de tomber dans le noir. Ethan Dawson, pensai-je, avait peut-être quelques réponses à me donner. Je ne pouvais pas savoir ce que je faisais quand j’étais dans cet état, mais lui le savait peut-être. Je m’élançai alors à courir aussi vite que j’en étais capable. J’ouvris les portes du réfectoire à toute volée et me ruai vers la table des loups-garou, mais malheureusement je n’y trouvai pas Ethan. Bien entendu, marmonnai-je intérieurement, je n’ai jamais de chance. Je posai alors mon regard sur Lucas qui se trouvait là lui aussi et je grognai :
- Où est Ethan?
- Maria est-ce que ça va? Demanda Lucas, incertain.
- Non. Où est Ethan Dawson! rugis-je.
- Il ne devait pas se sentir bien ce matin, ces colocs ne l’ont pas vu quitter sa chambre, me répondit-il en me dévisageant. Pourquoi?
Je ne fis pas attention à sa question et m’attrapai le visage entre mes mains en marmonnant en français :
- Oh non… Non, non, non! Ça ne se peut pas! Pas lui! Pas lui aussi!
Mon cerveau réfléchit alors à vive allure et je pris de nouveau conscience de mon environnement lorsque j’eus une idée. Je me tournai alors de nouveau vers Lucas et demandai :
- Où se trouve son bungalow?
- Pourquoi le cherches-tu? S’enquit mon interlocuteur de manière inquisitrice.
- J’ai des questions à lui poser.
- Et elles ne peuvent pas attendre?
- Non.
Il m’indiqua alors comment m’y rendre les dents serrés par une émotion que je n’étais pas sûre de vouloir connaître. Je ressortis alors du réfectoire comme une flèche et courut plus vite que je ne l’avais jamais fait. Lorsque je déboulai en trombe sur le perron du bungalow je dus me retenir de toutes mes forces pour ne pas défoncer la porte dans ma hâte. Je cognai quelques coups brefs et dit :
- Ethan, je sais que tu m’entends! Il faut qu’on parle. Maintenant!
J’attendis quelques minutes avant de cogner à nouveau en demandant d’une voix moins certaine :
- Ethan?
Aucune réponse. Alors sans plus de cérémonie je testai la poignée. Déverrouillée. Parfait, cela m’éviterait de défoncer une porte! J’ouvris donc cette dernière à la volée et suivit l’emprunte olfactive d’Ethan jusqu’à, le présumai-je, sa chambre. Une fois rendue là je réfléchis un instant à ce qu’il convenait de faire. Ouvrir sans frapper ou annoncer son arrivée une énième fois. Je décidai de faire les deux à la fois, j’entrouvris alors sa porte en répétant d’une voix presque muette :
- Ethan?
J’inspirai ensuite profondément par le nez pour voir si je repérais quelque chose d’inhabituelle, mais rien. Je sentais son odeur, très forte, mais comme c’était sa chambre cela ne voulait rien dire. Comme on ne m’avait pas encore répondu j’ouvris la porte en grand tout en grognant :
- Ethan, si tu es là tu vas le regret…
Je ne pus continuer ma phrase, car je le trouvai sur son lit, les bras croisés sur son torse nu et il me dévisageait avec colère. Je déglutis et tentai tant bien que mal de le regarder dans les yeux, ou enfin dans le milieu de son front. Pourtant je me repris très vite et m’exclamai, furieuse :
- Pourquoi tu ne m’as pas répondu à la fin! J’étais inquiète pour toi, moi!
- Inquiète? Pour moi? Ricana-t-il. Après ce que tu as fait hier soir?
Je voulus répliquer vertement, mais soupirai :
- J’ai été si mauvaise que ça pendant le feu de camp? Je croyais que… que je m’en étais bien tirée pourtant…
- Comment ça pendant le feu de camp? Je ne parle pas de ça! Je parle d’après ce moment-là! Quand je suis venu te rejoindre lorsque tu retournais à ton bungalow…
- Que… que s’est-il… passé? Bégayai-je en déglutissant avec peine.
- Comment ça qu’est-ce qu’il s’est passé! Gronda-t-il, furax. Tu étais présente, merde!
- Je… commençai-je avant de m’interrompre de moi-même. Il faut que je te raconte un truc, admis-je ensuite.
- Quel truc? S’enquit-il, suspicieux.
Je lui racontai alors ce qu’il s’était produit dans toutes mes écoles des trois dernières années et je terminai par le fait que je ne me souvenais jamais de ce j’avais la nuit précédant la découverte du corps. Lorsque j’eus terminé de raconter le tout j’attendis sa réaction. Qui ne vint pas. Après une dizaine de minutes il lâcha :
- Est-ce que c’est toi qui as tué ces gens?
- Je… je ne crois pas. Enfin… j’espère, avouai-je. Le problème c’est que je ne me souviens de rien…
- Pourquoi est-ce que tu étais inquiète pour moi? Demanda-t-il.
- Tu… tu étais la dernière personne que j’ai vu avant que mon regard s’assombrisse comme cela le fait à chaque fois que je suis sur le point de… perdre la mémoire, disons. Lorsque j’ai remarqué que tu n’étais pas à la table ce matin et que tes colocs ne t’avaient pas vus non plus… J’ai cru que… que… c’était toi… la victime.
- Cela ne veut pas dire qu’il y en aura une… tenta-t-il.
- Crois-moi, je suis sûre qu’il y en aura une.
- Mais nous ne sommes pas des humains ici, on est beaucoup plus dur à tuer, répliqua-t-il avec un léger sourire que je trouvais déplacé.
- Je sens que cela ne change rien.
- Nous verrons bien aujourd’hui, non?
Je hochai la tête et ajoutai ensuite :
- Je… Est-ce que je peux savoir ce qu’il s’est passé hier pour que tu sois à ce point furieux après moi?
Il eut immédiatement l’air embarrassé et se passa une main dans les cheveux comme pour le masquer. Il répondit tout de même :
- Je… J’étais venu te voir pour te proposer de te raccompagner au bungalow de Holiday et Burnett. Je me souviens maintenant que tu ne m’as pas vraiment semblé toi-même… Enfin… Alors que je te posais la question tu t’es tourné vers moi avec une telle colère que c’est la première fois de ma vie que j’ai eu envie de tourner les talons et de m’enfuir devant une fille. (En disant ces mots il détourna la tête, gêné) Tu m’as grondé de partir, mais je ne t’ai pas écouté. Je t’ai demandé si tu allais bien, mais au lieu de me répondre tu m’as hurlé de me mettre hors de ton chemin. Sans doute que je ne l’ai pas fait suffisamment vite, parce que tu m’as propulsé contre un arbre de toutes tes forces. Enfin… j’espère que c’était de toutes tes forces parce que l’arbre… et moi n’en avons pas mené large.
Voyant sans doute mon air effaré il ajouta à toute vitesse :
- Mais ça va mieux maintenant, je t’assure.
- Je… Je suis désolée! Lançai-je avant de détourner les talons.
Je vins pour m’éclipser en courant, mais je m’arrêtai sur le seuil de la porte pour poser une dernière question :
- Est-ce que tu te souviens de quelle direction j’ai prise?
- Tu m’as semblé retourner vers ton bungalow, mais… je ne suis pas trop sûr, j’étais un peu sonné à ce moment-là.
Je répondis d’un petit « ok » incertain avant de m’élancer en courant vers le réfectoire, sans tenir compte de son :
- Maria…
En arrivant là-bas je me dépêchai de prendre quelque chose à manger et l’engloutis en moins de deux, c’était bientôt Une heure pour faire connaissance. Je m’installai à la même place que la veille lorsque Chris entama le tirage. Cette fois je me retrouvai avec une certaine Helen, qui selon sa configuration était une fée comme Holiday et Derek. Je la cherchai du regard et la repérai bien vite, car elle se dirigeait dans ma direction. Je lui demandai alors qu’elle était presqu’à mon niveau :
- Est-ce que tu voulais faire quelque chose de particulier? Parce que moi je n’ai aucune idée de quoi faire.
Elle me jeta un étrange regard qui me mit mal à l’aise et jeta :
- Tu es nouvelle, alors je peux te faire faire le tour?
- Bonne idée, dis-je avec un sourire feint.
Elle eut un petit sourire timide et me fit signe de la suivre. Elle semblait un peu réservée, mais elle fit en sorte de tenir la discussion, car elle avait dû remarquer mon inexpertise en la matière. Lorsque l’Heure fut écoulée nous dûmes rejoindre nos cours et avec malchance Della en faisait partie. J’aurais bien soupiré de découragement, mais je ne voulais pas lui donner ce plaisir. Elle ne devait pas en être très contente non plus, car son visage se raidit ainsi que ses épaules. Heureusement le cours passa rapidement et on fut bientôt au deuxième sans qu’aucun incident ne se soit encore produit, pourtant bien malgré moi je me mis à me ronger les ongles au fil du temps qui passait.
Ce ne fut qu’à la troisième période, alors que j’étais en anglais et que je m’avais rongé les ongles jusqu’au sang que quelque chose se produisit. Alors que le cours ne faisait que commencer un hurlement strident de détresse retentit et me fit perdre le fil. J’avais reconnu le timbre de la voix et je murmurai :
- Helen.
Je bondis alors sur mes pieds sans même remarquer que les autres élèves en faisaient autant. J’entendis la prof murmurer :
- Décidément il se passe trop de chose pendant ma classe.
Elle tenta de nous calmer, mais tout le monde s’avançait vers la porte. Kylie qui se trouvait dans ma classe réussit à se frayer un passage et je la suivis sans attendre. Une fois à l’extérieur je courus en direction du cri qui résonnait encore. Nous arrivâmes en même temps que Burnett et Holiday qui se trouvait sur son dos. Je ne pus m’empêcher de les dévisager un instant, mais je fus ramener à l’ordre par Helen qui criait encore. Je regardai alors où les yeux de la fille se posait et je dus retenir un haut le cœur en remarquant les odeurs qui me parvenaient. Du sang, beaucoup de sang. Mais c’était surtout la mort et cette légère odeur de pourriture qui prouvait que la décomposition avait commencé, mais c’était encore très faible, ceux avec un odorat normaux ne devait même pas le percevoir. Cela signifiait que le cadavre de cette fille était récent. Suffisamment récent pour remonter à la nuit dernière. Je me sentis blêmir, mais me refusai de détourner le regard, malgré que je vis Holiday et Kylie le faire. Je tentai alors de détecter comment l’agresseur s’y était pris pour la tuer, ainsi peut-être aurais-je la chance de savoir enfin si c’était moi ou non? La pauvre fille avait été lacéré de toutes parts, partout où mon regard se posait je voyais d’immonde griffures, très profondes. Il y avait aussi une morsure, une morsure de loup. Au niveau de la gorge. Juste à la jugulaire. La panique s’empara de moi, mais je réussis à maintenir mon calme pour demander :
- Qu’était-elle?
- Elle s’appelait Kaitlyn. Et elle était à moitié métamorphe et à moitié fée, me répondit Burnett d’un ton très menaçant.
Je n’aimais pas l’intonation de sa voix, car j’ignorais si elle m’était destinée ou si ce n’était qu’à cause de la situation. Je sus la réponse lorsqu’il me foudroya sur place en me dardant des yeux aussi froids qu’en colère. Je réussis pourtant à lire une tristesse sincère derrière, mais cela ne me rassurait pas. Pas du tout.
- Où étais-tu hier soir? Gronda-t-il.
- Je… Je… commençai-je avant que Kylie ne me coupe.
- Pourquoi tu lui poses cette question?
- Tu n’as pas à tout savoir, lui dit-il avec brusquerie, mais sans la colère qu’il me destinait. Alors? Reprit-il en me regardant de nouveau.
- Je… Je suis allée au feu de camp et… sur le chemin du retour… j’ai… Je ne me souviens pas, bégayai-je en évitant son regard en sentant la honte qui m’empoignait le cœur comme sin une main glacée le pressait comme un citron.
Il s’approcha de moi à grand pas, mais avant qu’il ne m’atteigne je décidai de le surprendre en tendant mes poignets. Mon manège fonctionna, car il s’arrêta net. Je lui jetai alors à la figure :
- Passez-moi les menottes, Burnett. Apparemment vous avez décidés que c’était moi la coupable. Sans preuve. Et je vous avais prévenus que ceci arriverait.
Il parut hésiter un moment et cela permit à Holiday de lui saisir le bras en murmurant :
- Ne fais pas ça. C’est peut-être justement quelqu’un qui veux du mal à cette petite.
- Je ne vois pas pourquoi on ferait tout ce manège pour me voir… commençai-je, mais la fée me coupa.
- Je sens tes émotions, ma chère. Je sais que tu es empli de culpabilité et beaucoup trop pour que ce ne soit qu’à cause de… de… de la mort de Kaitlyn. Lorsque tu ne pourras plus le supporter… je ne veux pas savoir ce que tu feras.
- Rien, dis-je en tournant les talons et en m’éclipsant rapidement.
Kylie me rattrapa rapidement et me dit en me dévisageant :
- Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire!
- Ne fais pas l’innocente qui ne sait rien, Kylie! Grognai-je avec mauvaise humeur. Je suis sûre que Derek vous en a parlé.
Elle détourna le regard un instant avant de nouveau me dévisager en acquiesçant calmement. Elle avoua :
- Si tu ne voulais pas que…
- Tais-toi! Dis-je soudain, inquiète.
- Quoi? Qu’est-ce qu’il y a?
- Je… Je sens quelque chose.
Elle inspira par le nez à son tour, mais dit :
- Je ne sens rien!
- Tais-toi! Sifflai-je.
Je me tournai dans tous les sens pour suivre cette odeur de charogne. Ce n’était pas normal, je le savais. Pourquoi est-ce que Kylie ne l’avait pas perçu? Soudain en regardant à côté de moi je vis Kylie blêmir d’un coup. Je m’exclamai rapidement :
- Quoi! Tu as vu quelque chose?
Elle hocha de la tête avant de dire :
- Kaitlyn. Elle est devant moi.
J’ouvris les yeux bien grands. Kylie voyait les fantômes? Était-ce pour ça que je sentais cette odeur de charogne qui semblait tourner autour de nous? Je m’enquis alors :
- Elle est où?
Elle pointa ma droite, mais l’odeur n’était pas à cet endroit. Je pris alors peur et Kylie sembla sur le point de me rassurer, mais je grognai :
- Ce n’est pas le fantôme qui m’inquiète… C’est… cette odeur! Ça sent la charogne!
- Attends… Tu n’as pas peur des fantômes?
- Pourquoi? Je devrais?
- Bien… Les autres surnaturels ont tous peur d’eux, alors j’ai cru que…
- Moi aussi j’étais comme cela? Non, crois-moi, je trouve ça plutôt cool en fait… S’il n’y avait pas cette maudite odeur.
Alors que je croyais que la caméléon se tranquillisait enfin elle blêmit de nouveau et beaucoup plus que la première fois. Elle murmura alors d’une toute petite voix :
- Tu devrais peut-être avoir peur, maintenant. Du fantôme.
- Pourquoi? M’enquis-je en plissant les yeux malgré que je continue de tourner sur moi-même pour ne pas perdre l’odeur.
- Elle n’arrête pas de dire « C’est elle! C’est elle! » comme une litanie et elle… te désigne de son doigt…
- Je… commençai-je, mais c’est à ce moment que quelque chose de gros me fonça de point fouet dessus.
Mes vêtements se mirent immédiatement à sentir comme l’odeur détestable et je rugis de fureur. Je bondis sur mes pieds, car suite à la force du placage je m’étais retrouvée au sol. Je tentai immédiatement de repérer notre ennemi, mais comme je ne pouvais pas me fier à mes yeux… cela s’avérait ardu. Je réussis finalement à le retrouver grâce à mon flair et compris qu’il chargeait Kylie. Celle-ci semblait se demander pourquoi j’étais tombée. N’entendait-elle pas les grognements bestiaux de la bête qui fonçait sur elle? Alors sans réfléchir je bondis devant elle et au moment que je crus opportun je frappai dans ce qui me semblait du vide. Pourtant je touchai quelque chose. Une fourrure ruisselante, mais drue. L’espace d’un instant j’aperçu une tête immonde avec des crocs aussi longs que ma main et des pattes pourvus de griffes aussi grandes que celles d’un velociraptor. L’instant d’après je sentis quelque chose me lacéré le ventre, avant que l’odeur ne disparaisse.
- Qu’est-ce que c’était, cette chose! Siffla Kylie, les yeux grands ouverts.
Cette simple question me fit comprendre qu’elle avait vu la même chose que moi. Je n’osais pas trop regarder mon ventre, car la douleur que je ressentais était si intense que je craignais de jeter un œil.
- Je… J’en… sais… rien… haletai-je difficilement. Tout… ce… que… je… sais… c’est… qu’elle… en… avait… après… toi… ajoutai-je en tentant de retrouver ma respiration.
La caméléon sembla remarquer mon état et grogna :
- Oh, merde!
Elle s’agenouilla alors à mes côtés et posa ses mains sur mon ventre. Ses mains s’illuminèrent alors et la lumière se propagea à mon ventre en suivant la blessure qui n’était vraiment pas jolie. Elle traversait mon ventre de part en part et semblait assez profonde. Alors que Kylie avait toujours les mains posées sur mon ventre je sentis une immense chaleur se propager en moi. Au même instant je pus voir ma peau se ressouder à une vitesse hallucinante. Kylie tourna alors son visage vers moi et dit :
- Pourquoi t’avoir interposé? Je croyais que tu ne m’appréciais pas…
- Ce n’est pas parce que je n’apprécie pas quelqu’un que… je… laisse quelque chose le tué sans rien faire! M’indignai-je.
En voyant les mains de la caméléon couvertes de sang je me souvins de quelque chose d’essentiel. Je bondis sur mes pieds et je grondai :
- Il faut que j’aille voir Burnett. Immédiatement!
- Mais la chose est peut-être encore dans les parages! S’exclama-t-elle.
- Je ne sens plus son odeur et cela n’a aucune importance, sifflai-je. Merci de m’avoir guéri! Ajoutai-je rapidement avant de m’élancer dans les bois à la recherche de l’odeur du directeur vampire.
Sans que j’aie besoin de me tourner vers elle, je sus que Kylie me suivait. Elle dit :
- Pourquoi est-ce que tu étais capable de la sentir et pas moi?
- Aucune idée, soufflai-je, alors qu’étrangement je sentais encore une douleur à l’endroit où se situait l’ancienne blessure. Est-ce que tu as guéri les dommages internes? M’enquis-je alors.
- À ma connaissance oui, affirma-t-elle.
Je lâchai un soupir avant d’accélérer encore, mais je ne pus retenir un petit sifflement de douleur, alors qu’un raz-de-marée de souffrance reprenait possession de mon ventre et donc de moi. Je portai alors ma main à mon ventre et en sentant le sang recouvrir mes doigts je blêmis. Je soufflai, incrédule :
- Je crois que ta guérison n’a pas fonctionnée.
- Hein? Quoi? Dit-elle au moment où je m’écrasais au sol, les mains sur le ventre.
Je la vis s’arrêter dans un dérapage pour revenir à mes côtés. Elle blêmit alors pour la troisième fois en un court laps de temps et dit :
- Je ne comprends pas pourquoi ça n’a pas fonctionné.
Je la fis taire d’un regard furibond, surtout causé par la douleur, avant de déchiré tous les bas de mon t-shirt. Je me fis alors un bandage rudimentaire et me relevai en gémissant. Kylie marmonna alors :
- Pourquoi j’ai l’impression que ce n’est pas la première fois que ça t’arrive?
- Je ne me suis jamais fait lacérer le ventre par une créature invisible, si c’est ce que tu veux savoir! Grondai-je. Pour ce qui est de me faire des bandages avec tout et n’importe quoi… c’est vrai que ce n’est pas la première fois.
Je tentai alors de marcher, mais à chaque pas je gémissais de douleur. Au bout d’un petit moment je n’en pus plus et je m’adossai à un arbre en soufflant comme un bœuf. Kylie s’installa à mes côtés et proposa :
- Si tu veux je peux te porter jusqu’à eux?
Je lui jetai un regard noir. Se moquait-elle de moi? Elle ne semblait pas du tout assez musclé pour me porter jusque là-bas!
- Ou sinon je peux courir les chercher. Ce ne serait pas beaucoup plus long…
- Non… Ne me laisse pas ici, soufflai-je en blêmissant tant à cause de la peur que de la douleur, ou peut-être était-ce dû à la perte de sang?
- D’accord. Alors je te porte.
- Tu vas… en être… capable? Haletai-je, suspicieuse.
- Je suis une caméléon. Je peux être le surnaturel que je veux au moment où je le décide. Pour le moment ce qui nous sera utile, c’est la force et la vitesse du vampire.
Lorsque je regardai sa configuration je lus qu’effectivement elle avait celle d’un vampire. Elle me saisit alors le dos et le dessous de mes jambes avant de me lever du sol. Une fois qu’elle eut réaffirmé sa prise elle s’élança à courir comme une flèche.
À peine une minute plus tard nous étions au bureau de Holiday et Burnett. Ils nous dévisagèrent sans comprendre et avant qu’ils ne remarquent mon ventre Holiday eut le temps de s’exclamer :
- Vous ne devriez pas être en cours?
Ma tête se mit à tourner et je compris que j’allais bientôt perdre connaissance. Burnett dit alors en désignant mon ventre :
- Je crois qu’elles ont une bonne raison…
Je me concentrai alors à rester réveillé le plus longtemps possible et dis :
- Attendez… une seconde… Kylie… expliquera… ça… J’ai… quelque chose… à dire…
- Allez, on écoute, m’encouragea la directrice avec un regard inquiet, car je les avais interrompu dans leur élancement vers moi.
- Vous devez savoir… je me… suis réveillée… dans le sang… ce matin… Il y en… a partout sur… mes draps… allez voir… pour savoir… si c’est celui… de… Kaitlyn.
- Pourquoi est-ce que tu ne me l’as pas rappelé tout à l’heure au lieu de me laisser te hurler dessus! Rugis Burnett en oubliant mon état.
Je n’eus pas le loisir de répondre, car je perdis connaissance, me fondant dans le noir et les ténèbres sans fin de mon esprit. La douleur avait eu raison de moi, ou encore une fois la perte de sang.
Lorsque j’ouvris les yeux je les trouvai étrangement lourd contrairement à d’habitude. Je voulus me redresser précipitamment lorsque je remarquai que je n’étais pas dans ma chambre d’accueil et que j’étais dans un lieu inconnu.
- Calme-toi Maria! Tu es dans ta nouvelle chambre, me rassura la voix de Holiday.
- Comment… Comment suis-je… arrivée… ici? M’enquis-je avec difficulté.
- Eh bien… Burnett t’a transportée ici dans ses bras, quant à Kylie et moi nous avons amenés tes affaires.
- Quelle heure est-il? Réussis-je à dire sans avoir interruption pour respirer.
- Le moment de diner, mais compte tenu de ta blessure j’ai préféré amener ton repas ici, dit-elle en me tendant un plateau.
Je le saisis en marmonnant un remerciement reconnaissant et commençai à manger. Lorsque j’eus terminé, environ cinq minutes plus tard parce que j’avais tout avalée comme une affamée, je demandai :
- Que s’est-il passé après que je me sois évanouie?
- Nous t’avons immédiatement mise sur le bureau et Kylie a de nouveau essayé de te guérir. Malheureusement alors que nous étions sur le chemin menant ici, ta blessure s’est rouverte comme par enchantement. Alors Kylie a lâché le sac qu’elle tenait pour aller chercher autre chose. Un fil et une aiguille. Nous avons cousu la blessure de notre mieux, n’étant pas des spécialistes. Demain nous t’amènerons voir le Dr. Whitman. Il pourra examiner notre travail et lui saura peut-être pourquoi… pourquoi la guérison de Kylie ne fonctionnait pas sur toi.
- Vous a-t-elle raconté?
- Oui, du moment où elle t’a rejointe. Elle a aussi parlé du fantôme de Kaitlyn.
- Alors vous savez ce qu’elle… a dit? Dis-je en regardant mes pieds pour ne pas affronter les yeux verts de la directrice.
- Oui, mais nous devrons trouver des preuves avant tout, alors Burnett a pris les draps dont tu nous as parlé juste avant de perdre connaissance et va faire extraire le sang autant que possible pour déterminer si c’est celui de… la victime.
- D’accord, soufflai-je.
- Tu n’iras pas en cours demain, me glissa Holiday soudain, après un court silence.
- Pourquoi?
- Premièrement nous devons t’amener voir le Docteur, et comme ce n’est pas vraiment à côté, à côté… En deuxième lieu tu as perdu beaucoup de sang et tu dois te reposer.
Je hochai la tête avec lassitude, la fatigue me reprenait. La directrice vint passer sa main tendrement sur ma tête avant de quitter ma chambre alors que mes paupières lourdes se fermaient d’elle-même, me faisant tomber dans un profond sommeil.
Je me réveillais pour la deuxième fois beaucoup plus tard. Environ vers les vingt-deux heures. L’image du corps de Kaitlyn n’avait pas arrêté de me hanter dans mon sommeil et ma petite voix intérieure ne cessait de répéter que c’était ma faute. À moi. Que si je voulais que tout cela s’arrête je devais m’enfuir loin d’ici. Pourquoi est-ce qu’au moment où je commençais à me sentir bien fallait-il que je m’en aille? Je soupirai silencieusement pour ne pas que l’on m’entende. Je me levai alors de mon lit, la douleur de mon ventre était encore présente, mais supportable. Sur la pointe des pieds je mis mes vêtements les plus importants dans mon sac de sport et le hissai sur mon dos ensuite. Je me dirigeai alors vers la fenêtre et en la soulevant ça émit un faible grincement, mais suffisant fort pour alerter la vampire. Celle-ci ronchonna :
- Kylie! Tu ne pourrais pas dire à Lucas d’utiliser la porte!
Profitant de cette erreur je sautai à l’extérieur et dus retenir un petit cri de douleur en atterrissant.
- Qu’est-ce que tu racontes! Lucas n’est pas ici! S’exclama Kylie.
- Quoi? S’étonna Della. Depuis quand Perry passe-t-il par la fenêtre, Miranda! S’écria-t-elle ensuite.
Je commençai alors à marcher, je devais rapidement mettre de la distance entre moi et le bungalow, car très vite elles se rendraient compte que c’était moi qui avais fait ce bruit.
- Ce n’est pas lui! Marmonna Miranda, en colère. Il ne pouvait pas venir aujourd’hui! Ronchonna-t-elle ensuite.
Un lourd silence plana avant que la vérité prenne place dans leur esprit. Je devais être à pas loin de vingt mètres lorsque je les entendis souffler, toutes en même temps :
- Maria…
La seconde suivante j’entendis une porte claquer et mon nom fut crié par Kylie, mais je m’étais déjà mise à courir. Je zigzaguai sans vraiment chercher un point précis où me rendre, je tentais simplement de ne pas écouter la douleur de mon ventre qui me suppliait de m’arrêter. Je n’avais pas fait cent mètres supplémentaires que quelqu’un se mit sur mon chemin. Della.
- Holiday a été claire. Tu ne sors pas du bungalow. Alors qu’est-ce que tu fous! Siffla-t-elle.
- Je sauve la vie de beaucoup d’entre vous, répondis-je en tentant de la contourner.
- Quoi? Qu’est-ce que tu racontes! S’exclama-t-elle alors que Kylie nous rejoignait avec Miranda sur le dos.
Je soupirai bruyamment avant de leur expliquer dans de plus amples détails ce que j’avais déjà raconté à Derek et dont elles avaient probablement entendu parler. Je conclus en disant :
- C’est à cause de moi si elle est morte. Et d’autres mourront si je reste. Je ne veux pas avoir d’autres morts sur la conscience. Alors laissez-moi passer.
Elles me dévisageaient toutes avec étonnement, même Kylie qui m’avait admis être au courant un peu plus tôt. Je finis par siffler :
- Quoi? Qu’est-ce qu’il y a?
Elles ne répondirent pas immédiatement, continuant tout simplement à me dévisager avec des yeux ronds. Della finit par dire :
- Tu… Tu crois vraiment que c’est toi qui tue… Tous ces gens?
- Dites-moi sérieusement, j’ai l’air innocente avec des trous de mémoire la nuit précédant la mort d’une victime? Dis-je en les défiant du regard.
- Non, pas vraiment, eu le temps de répondre la vampire avant que Kylie lui donne un coup de coude.
- Regarde, dit cette dernière. Attends au moins le résultat des tests sanguins. Une fois-là tu pourras toujours demander à Holiday pour partir.
- Oh que non! Je préfère m’enfuir. Il suffit d’un coup d’œil pour savoir qu’elle n’acceptera pas, grognai-je.
- Elle n’a pas tort, renchérit Miranda.
- Ok, tu t’enfuiras alors! Seulement Burnett risque de te retrouver très rapidement. Enfin… Tu peux quand même attendre trois ou quatre jours, non? Ajouta la caméléon.
- En trois jours il peut se passer beaucoup de choses, marmonnai-je, mais pourtant j’acceptai de les suivre au bungalow.
Une fois que je fus sur mon lit, Kylie ferma la fenêtre et retourna dans sa chambre. Avec toute l’énergie que j’avais dépensée avec ma course je m’endormis avant même que je puisse me mettre dans une position plus confortable. Sois sous les draps.


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:07 am, modifié 4 fois.
Elicia

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Elicia »

génial !!!
Marine78

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Marine78 »

Salut,
Cette suite est génial ! J'ai hâte de savoir ce qui va se passer ! Faîte que Maria soit innocente !!!
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 4



Mes yeux s’ouvrirent d’eux-mêmes lorsque le bruit d’une porte que l’on claquait fortement retentit. Je fis pourtant attention à ma respiration, comme je l’avais fait pour berner Burnett. J’entendis donc la voix de Della s’exclamer :
- Qu’est-ce que tu as dit!
Elle semblait être très en colère, mais étrangement, ou pas, cela ne m’étonnait guère. Miranda dit alors :
- Que j’étais étonnée que tu sois venue avec nous hier soir. Je croyais que tu te moquais du sort de Maria!
- Elle a sauvé Kylie, je ne pouvais… commença la vampire avant de s’interrompre. De toute façon Burnett et Holiday nous ont demandé de la surveiller. C’est ce que j’ai fait, affirma-t-elle ensuite.
- Ouais, c’est ça, ricana la sorcière.
J’entendis un sifflement de rage émaner de quelqu’un avant que Kylie s’interpose :
- Du calme vous deux! Allez donc déjeuner… Je vous rejoins dès que Burnett ou Holiday vienne ici, d’accord?
Je n’écoutai pas leur réponse, mais d’un coup je bondis sur mes pieds. L’odeur de charogne était de retour, mais venant de l’extérieur. J’ouvris ma porte à la volée sans trop tenir compte de l’élancement que je ressentais et m’exclamai :
- Non! Ne sortez pas!
Della était tout juste en train de tourner la poignée, mais elle s’interrompit immédiatement en entendant mon cri. Elle soupira, exaspérée :
- Qu’est-ce que t’as?
- La chose… Elle est de retour… murmurai-je.
- Ici? Dans le bungalow? S’enquit Miranda d’une toute petite voix.
- Non. Dehors, répondis-je en jetant un regard mauvais vers la porte.
Les trois filles se tournèrent totalement vers moi et je vis de l’accusation dans le regard de la petite vampire. Je la vis prendre de grande inspiration par le nez, pencher la tête de tous les côtés. Elle finit par lâcher :
- Je n’entends ni ne sens rien d’inhabituels.
- Comment fais-tu pour manquer cette odeur? Ça empeste la mort! Une véritable charogne ambulante! Grognai-je en évitant de justesse de me boucher le nez.
- On… On aurait dit que tu es la seule à percevoir cette… chose, dit Kylie d’un ton incertain.
- C’est surement parce qu’elle est folle! Ce n’est que le fruit de son imagination! Siffla Della en levant les yeux au ciel.
- Surement! Je suis du genre à m’éventrer pour le plaisir, en plus! Grognai-je, sarcastique.
- Arrêtez, vous deux! Tempéra Kylie. Maria n’est pas folle, ajouta-t-elle à l’intention de la vampire. J’ai vu la chose moi aussi. L’espace d’une demi-seconde.
Le calme se fit brusquement et nos regards se portèrent tous vers la porte. Pourtant l’instant qui suivit ce fut comme si mes poumons respiraient de nouveau correctement, l’odeur infecte avait mystérieusement disparue. Je soupirai, soulagée :
- Je crois qu’elle est partie. Je ne sens plus son odeur.
- Pourquoi est-ce que c’est toujours à notre bungalow que se produit les trucs les plus étranges et flippants? Marmonna Miranda entre ses dents.
- Allons-y avant que cette chose ne décide de revenir, proposa Della.
La petite vampire ouvrit alors la porte et la sorcière la suivit de près. Je signalai à Kylie :
- Vas avec elles. Et courez, on ne sait jamais. Je te jure que je ne m’en irai pas.
Elle me sonda du regard, mais finit par capituler et saisit Miranda sur son dos. La seconde suivante elles partaient dans un courant d’air brusque qui referma la porte dans un claquement sonore. Dès que je fus certaine qu’elles avaient disparues je posai mon regard sur mon ventre. Il s’était remis à saigner. J’avançai alors difficilement jusqu’à ma chambre et m’étendis sur mon lit en respirant de manière plutôt précipitée.
Lorsque je fus suffisamment calmée je permis à mes pensées de divaguer et je repensai brusquement à ma quête. La même question qui me trottait dans la tête depuis plusieurs longues années me passa alors à l’esprit… Qui étais-je? Comment ferais-je pour le découvrir? me demandai-je à moi-même. Bonne question. Sans doute faudrait-il que je la pose à mes parents adoptifs, mais comme notre relation c’était légèrement envenimée dans les cinq-six dernières années… Je ne pouvais pas compter là-dessus. Une nouvelle idée de quête me vint. Peut-être devrais-je plutôt tenter de découvrir ce qu’était la créature qui m’avait attaqué? Ou encore pourquoi il y avait tous ses meurtres dans mon entourage? Je laissai rapidement tomber ces deux idées, ce n’était pas gagné et surement beaucoup trop dangereux. Surtout si je comptais partir dans trois ou quatre jours. Je soupirai et essayai de réfléchir plus intensément. Comment faire pour trouver mes parents biologiques? Déjà je savais qu’ils étaient tous deux des surnaturels et aussi c’était des loups-garou. Mais excepté cela que pouvais-je trouver d’autres sans recherche approfondie? Pas grand-chose. Je ne pouvais même pas affirmer s’ils étaient originaires du Québec ou non… Soudainement quelque chose me frappa. Pourquoi est-ce que mes parents m’avaient envoyée ici, au Texas? Il devait y avoir une sacrée bonne raison, non? Je me souvins alors que mes parents m’avaient raconté leur rencontre lorsque cela ne faisait que deux ou trois ans que j’avais eu mes capacités de loup-garou. Ils s’étaient connus ici même, alors que d’un côté comme de l’autre ils avaient décidés de s’immerger dans le monde des États-Unis. Pourquoi le Texas? Je n’avais jamais posé la question, mais maintenant je comprenais quelque chose. Mon père adoptif avait en ce moment quarante-neuf ans et ma mère adoptive quarante-sept. Cette dernière était venue s’installer ici à ses vingt-deux ans, quant à mon père cela faisait déjà quatre ans qu’il y était. Apparemment ils s’étaient croisé par hasard dans une boîte de nuit et lorsqu’ils avaient découvert qu’ils provenaient tous deux du Québec cela les avait encore plus rapprochés. Ils m’avaient dit qu’elle était tombée enceinte de moi à l’aube de ses trente ans… Ce qui signifiait qu’ils m’avaient adopté dans ce temps là… humm… Ils étaient retournés au Québec l’année suivante. La question était de savoir s’ils étaient vraiment restés un an ici avec moi… Je n’avais jamais vu de photo de ma mère enceinte et cela n’avait fait que renforcer ce qu’ils avaient murmurés le soir où ils me croyaient endormi. J’avais été adopté. Bon… Est-ce que savoir cela m’aidait réellement? Et était-ce vraiment la vérité? Car après tout ce n’était qu’une hypothèse… Je n’eus pas le loisir d’y réfléchir davantage, car on cogna à la porte. Je poussai un soupir importuné et grognai :
- Qui est-ce?
- Ce n’est que moi, me rassura Holiday d’un ton doux dont je n’avais nul besoin, tout en ouvrant la porte.
- Je vais bien. Tu n’étais pas obliger de venir, lui assurai-je.
- Bien sûr que si.
- Si tu le dis, marmonnai-je.
Elle garda le silence et je retombai dans un profond silence. La fée finit tout de même par le briser pour me dire :
- J’aimerais jeter un œil à ta blessure. Ensuite je te passerai ton petit-déjeuner.
- Nous allons voir le docteur en question quand, au juste?
- Nous partons à neuf heures. Ce qui signifie que tu auras tout de même à participer à Une heure pour faire connaissance.
- Sérieux? Sifflai-je, exaspérée.
Elle hocha la tête avant d’ajouter :
- Il ou elle te rejoindra ici. Je crois qu’avoir un peu de visite ne te fera pas de mal.
- Mais je n’en ai pas besoin puisque tu es avec moi! Fis-je remarquer en papillonnant des paupières en espérant l’amadouer.
Je préférais avoir l’air pitoyable devant elle plutôt que devant quelqu’un que je ne connaissais pas du tout. Apparemment j’avais quand même fait un bout de chemin depuis que j’étais ici, car jamais je n’aurais laissé quelqu’un me voir dans un tel moment de faiblesse. Elle soupira, mais ne prit pas la peine de répondre, se contentant d’approcher et de relever légèrement mon t-shirt de pyjama pour laisser voir le bandage qui m’enveloppait le ventre. Elle entreprit alors de le retirer et je pus voir les points de coutures noirci par le sang. Par un sang noir et visqueux. Et poisseux. Sans oublier la faible odeur de charogne qui se dégageait, mais je ne croyais pas que Holiday pouvait réellement le sentir. Étais-je en train de me transformer en cette créature de cauchemar? J’espérais bien que non! Je vis les yeux de la fée se plisser et sa mâchoire se contracter. Je glissai alors :
- Pas bon, n’est-ce pas?
Elle acquiesça rapidement avant de regarder de plus près. Holiday finit par dire :
- Je ne t’accuse de rien, mais… Est-ce que tu t’es levée? La blessure ne pourrait jamais s’être autant aggravée en une nuit d’immobilité totale.
- Je dois admettre que je me suis levée ce matin. Les filles s’apprêtaient à sortir lorsque j’ai de nouveau senti l’odeur répugnante… Celle de la créature qui nous a attaqués Kylie et moi.
- Bien… Tu sembles un peu moins les détester, apparemment.
- Je n’ai jamais dit une telle chose! Grondai-je.
Elle n’avait pas besoin de savoir que je faisais référence au fait que je ne les détestais pas. Pas vraiment, en tout cas. Je n’avais rien contre Miranda et avec Kylie c’était un peu mieux maintenant. Je ne pouvais pas en dire autant de Della, mais… je ne souhaitais pas sa mort pour autant. Ce n’était pas nécessaire de dire ceci à la fée, j’étais assez vulnérable en ce moment, pas besoin d’étaler partout ce qui pourrait bien être pris pour des points faibles! La fée me passa alors mon plateau de petit-déjeuner et au moment où elle vint pour me signifier quelque chose on cogna de nouveau.
- C’est qui cette fois? Rouspétai-je.
- Moi, murmura une voix grave qui me fit frissonner des pieds à la tête.
- Tu as tirés mon nom? M’enquis-je, suspicieuse, car cela me paraissait une étrange coïncidence.
J’aperçus parfaitement le petit sourire en coin de la femme à côté de moi avant qu’Ethan réponde :
- On peut dire cela comme ça…
Je pouvais deviner un sourire moqueur dans sa voix et cela ne me plaisait pas, absolument et irrévocablement pas. Pour la simple raison que je savais qu’il se foutait carrément de moi et je n’acceptais pas cela. Jamais. Je susurrai pourtant :
- Entre donc…
Alors que la tête à la chevelure dorée du jeune homme passait l’encadrement de la porte il me fit un sourire charmeur auquel je ne répondis pas. Ce qui sembla l’inciter à pénétrer à l’intérieur. Avant qu’il ne puisse refermer la porte Holiday s’y faufila rapidement avant de le faire à sa place. A priori nous écoutâmes tous les deux ses pas s’éloigner jusqu’à l’extérieur, sur le perron. Je ne faisais que dire a priori, puisque ses yeux étaient tournés vers la porte close, mais pour ce qui était de ses oreilles je n’avais aucun moyen de le savoir puisqu’il n’était pas sous forme de loup. Lorsqu’il tourna finalement son regard vers moi je lui demandai :
- As-tu vraiment pigé mon nom?
- Oui et non, dit-il avec un petit sourire en coin tout en s’approchant pour s’assoir sur la seule chaise de la chambre.
- Qu’est-ce que c’est censé signifier? grognai-je, mécontente.
- Ce que ça veut dire, c’est que j’aimais bien l’idée de passer une heure en ta compagnie, me dit-il en élargissant son sourire.
- Et… Je te signale que c’est seulement dû au hasard! M’écriai-je en perdant mon calme.
Il perdit son sourire et partit d’un petit ricanement qui ne me plut pas. Pas du tout, même! Il dut apercevoir quelque chose sur mon visage, car il s’interrompit aussitôt en s’exclamant, les mains relevées comme pour réclamer ma clémence :
- Désolé! Ce n’est pas ce que tu crois… Je ne me moque pas de toi. Je me trouve seulement imbécile de ne pas avoir compris que toi non plus tu ne connaissais pas la méthode pour choisir avec qui tu voulais passer une heure.
- Quelle méthode? Le questionnai-je, perdue.
- Lucas m’a dit, lorsque j’ai dit que j’espérais bien piger ton nom qu’il me suffisait d’aller voir Chris, le vampire, et de proposer une pinte de mon sang et qu’ainsi je pouvais choisir avec qui passer une heure.
- Pourquoi moi? Il y a pleins d’autres filles, dis-je sans le regarder.
Il ne répondit pas, mais je sentis un léger agacement émaner de lui. Il cracha :
- Pourquoi j’ai l’impression que tu voudrais que je sois ailleurs?
- Peut-être parce que c’est le cas! Lâchai-je méchamment.
Ethan me foudroya du regard en plissant les yeux de colère, ses yeux bleus prirent une teinte reflétant cette humeur, ce qui, je devais l’admettre ne me plut pas. En particulier parce que celle-ci était tournée contre moi… Je devais avoir une fonction de déréglée, car je n’avais pas le droit d’être touchée par sa réaction puisque je l’avais moi-même causée! Il gronda alors :
- J’étais venu voir comment tu allais… Et très sincèrement les autres filles ne me semblent pas autant intéressantes que toi.
- Je vais bien, maintenant! Tu peux peut-être t’en aller, puisque ce point est réglé. Et tu devrais réviser ton jugement. Je ne suis pas intéressante. Je suis sûre que tu trouveras mieux que moi dans cet endroit… répliquai-je froidement.
Et vlan! Je lui renvoyais une nouvelle gifle en pleine figure avec ses paroles, alors même qu’il avait trouvé la force de répondre à ma question sans trop réagir violemment. N’avais-je pas dit hier ou avant-hier que je voulais m’améliorer? Prendre un nouveau départ? Apparemment j’étais nulle pour être gentille, car j’envoyais balader ceux qui se montraient sympathique avec moi. Je l’avais fait avec Kylie, avec Lucas, Jenny et… Holiday aussi. Burnett ne comptait pas vraiment… après tout ce n’était pas comme s’il avait fait en sorte d’être compréhensif, non? Donc, maintenant je pouvais ajouter Ethan à cette liste. Je surpris les poings de ce dernier se serrer sous une émotion que je connaissais très bien. Non pas la colère, mais bien un cran plus élevé. La rage. Il était hors de lui et c’était particulièrement ma faute. Pourtant il ne bougea pas d’un pouce. Pourquoi? Il commença à prendre de grandes respirations et lorsqu’il se fut suffisamment calmé il se leva pour se rapprocher de mon lit. Ensuite il se pencha à mon niveau, tellement près que je sentis l’odeur de la forêt sur lui et aussi, quoique moins fortement, l’odeur que tout loup-garou qui se respecte repérait chez ses semblables. Celle qui signifiait que la Pleine Lune était proche. C’était très dure de la décrire… personne n’en était capable, mais c’était la meilleure odeur que je connaissais. Et tous les loups-garou devaient être de mon avis. Je plongeai mon regard métallisé dans celui d’un bleu limpide d’Ethan et lorsqu’il murmura je sentis son souffle contre mon visage :
- Je ne lâche jamais prise. Je te conseille de t’en souvenir.
Il resta un moment dans cette position avant de prendre une grande inspiration par le nez qui sembla l’atteindre d’une manière dont je préférais ne pas chercher la signification. Il lâcha ensuite en plantant de nouveau ses yeux dans les miens :
- Je suis un chasseur patient Maria. Peu importe ce que tu feras, je serai toujours quelque part, là où tu t’y attendras le moins.
- Sérieusement? Ricanai-je en me redressant suffisamment pour que nos nez se touchent, je le sentis se raidir et j’en fis autant, mais je ne le laissai pas paraître. Si tu viens dans mon terrain de jeu, tu n’y resteras pas longtemps. Je n’ai jamais permis à personne de le faire.
- Cette fois ce sera différent, dit-il en me touchant la joue du bout des doigts.
Il recula rapidement sans que je le vois venir, il se rassit alors calmement sur la chaise en concluant :
- En théorie on est censé rester ensemble une heure. Alors tu ne te débarrasseras pas de moi avant ce délai.
Je grognai sourdement, mais n’osai pas répondre quoi que ce soit de crainte de laisser paraître une émotion involontaire. Soit la frustration. Et peut-être aussi le regret? Dernièrement j’avais de plus en plus de difficulté à comprendre ce que je ressentais (sauf pour les émotions très fortes) ainsi que la cause des dites émotions. Je me recalai alors dans mon lit et me mit à contempler le plafond.
Que c’était passionnant, marmonnai-je intérieurement au bout de cinq minutes. Quant à Ethan il n’avait pas cessé de me regarder comme si j’étais ce qu’il y avait de plus intéressant dans la pièce. Peut-être était-ce le cas? Non, me morigénai-je, il ne fallait pas y penser. Surtout que dans trois jours, voire quatre je serais partie. Il finit par lâcher :
- On m’a dit que tu venais du Canada. Et que tu étais francophone à la base.
En théorie, voulus-je répondre. Enfin… qu’est-ce que j’étais en train de me raconter! J’étais francophone à la base. Peu importe quelle langue parlait mes parents biologiques, ils m’avaient abandonnée et le premier langage que j’avais connu se trouvait être le français, ce qui faisait de moi une francophone! Je répondis finalement :
- Je viens du Québec, dans le Canada. Une province où se trouve la plus grande majorité de francophones de mon pays.
- Ah d’accord… Tu habitais où? Me questionna-t-il.
- À Québec, dis-je en tachant de ne pas démontrer d’émotions.
- Humm… Je suis déjà allé visiter Montréal avec mes parents. Ils m’ont payé une journée à la Ronde. C’était plutôt cool.
- Eh bien… Tu as de la chance, marmonnai-je, car à cause de mes problèmes nocturnes mes parents ne m’avaient jamais laissée y aller malgré nos visites régulières là-bas.
Il dut comprendre qu’il n’avait pas choisi le bon sujet de conversation, car il se racla la gorge avant d’ajouter :
- Bon… Je vais te poser une question ultra personnelle.
Son sourire moqueur ne m’incitait pas confiance, mais je lui fis signe de se lancer tout de même, car la curiosité était l’un de mes défauts.
- Ta louve ressemble à quoi?
Je manquai m’étouffer avec ma propre salive. C’était ça, sa question ultra-personnelle? Il éclata alors de rire devant ma réaction. Je toussai sans tenir compte de lui et pour reprendre mon souffle je dus me redresser pour me mettre en position assise. Probablement que je m’y pris mal, car une douleur me foudroya sur place et je lâchai un gémissement plaintif. Il s’arrêta net de rire et me jeta un regard inquiet. Je me recouchai rapidement, anéanti d’avoir fait ce son devant lui. Il me demanda :
- Maria, est-ce que ça va?
- Tout va hyper bien, je ne vois pas ce que tu veux dire, crachai-je.
Il fronça les sourcils, mais un sourire moqueur étira rapidement sa bouche quand il dit :
- Je peux avoir la réponse à ma question?
- Pourquoi veux-tu savoir une telle chose? Soupirai-je en le dévisageant sans retenue, ce qui me fit me rappeler notre proximité d’un peu plus tôt.
Son sourire s’élargit lorsqu’il répondit :
- Pour savoir à quoi m’attendre et te retrouver plus facilement.
- N’y compte même pas! Lançai-je rapidement.
- Ce qui veut dire que tu ne répondras pas?
- Je n’ai pas dit une telle chose.
Ethan me dévisagea à son tour et profitant de ce moment je lâchai :
- Je suis parfaitement ordinaire comme louve. Ma fourrure est un mélange de gris, de noir, de roux, de blanc et d’un peu de doré. Sérieux, il n’y a rien de plus commun.
- Pas vraiment, me contredit-il.
Je levai les yeux au ciel à sa remarque et m’emmurai de nouveau dans le silence pour réfléchir. Quand avait lieu la Pleine Lune, déjà? Je savais que c’était bientôt, je le sentais. Mais quand? Demain ou après-demain soir? Dans tous les cas je n’aurais pas d’autres choix que de la passer avec eux… Comme s’il avait lu dans mes pensées il dit :
- Est-ce que tu vas venir à notre rassemblement demain soir? À la Pleine Lune…
Je me souvins brusquement de ma blessure et devant une telle erreur je fus très tentée de me frapper la tête contre le mur derrière moi. Je marmonnai :
- Ça va dépendre de ça.
Sur ces mots je pointai mon ventre d’un doigt accusateur.
- À ce qu’il parait il y a une fille avec un pouvoir de guérison… La copine de Lucas… Kylie, je crois? Elle t’aurait soignée à deux reprises et cela n’aurait rien changé. C’est vrai cette histoire?
- Oui. Kylie a tenté de me soigner. À deux reprises. Et les deux fois la blessure s’est guérie sur le coup avant de se rouvrir d’elle-même.
- Étrange.
- Je ne te le fais pas dire! Grognai-je.
- Bon… Ce n’est pas que je n’aime pas ta compagnie, mais j’ai des cours ce matin. L’heure est maintenant écoulée. À plus tard!
Il ne me laissa pas le temps de répondre qu’il était déjà sorti. La façon dont il avait lâché son « À plus tard », me faisait froid dans le dos. D’ailleurs un long frisson me parcourut, car le ton de sa voix laissait présager que ce n’étaient pas des mots dit rapidement, donc ils n’étaient pas dépourvus de valeur. Ce qui, entre autre, signifiait qu’il comptait me revoir dans la journée. Je pensais avoir un moment de répit, alors j’essayai de m’installer confortablement, mais Holiday entra à cet instant.
- C’est l’heure d’y aller, lâcha-t-elle simplement.
Pour toutes réponses je marmonnai silencieusement, mais j’acceptai son aide pour me relever, quoique à contrecœur. Je détestais que l’on m’apporte de l’aide, même lorsque je savais que j’en avais vraiment besoin. Sauf une fois, me souvins-je. C’était une nuit de Pleine Lune et je devais avoir dix ans, en bref peu de temps après que ma meilleure amie m’ait délaissée. Je courais comme une folle entre les arbres et soudain je m’étais sentie happer par quelque chose. Un filet. Je devais être restée coincée là pendant peut-être une heure avant qu’un autre loup passe. Il était plus robuste que moi, mais dans ses mouvements je voyais la lassitude des anciens. Un vieux loup. Ou plutôt un loup-garou comme je l’avais appris ensuite. D’un bond prodigieux il avait réussi à venir trancher le filet avec ses crocs redoutables. Ensuite il m’avait longuement observé et j’en avais fait de même de mon côté. Son odeur, sans que je puisse me l’expliquer, m’avait immédiatement inspirée confiance. Dans ses yeux j’avais lu de la tendresse comme normalement on le voyait chez nos grands-parents, mais lui je ne le connaissais pas. Je me souvenais encore de son odeur un mélange du vieux bois, de feu de bois et l’odeur du tabac, celui que l’on retrouve dans les pipes. Je m’étais couchée à ses pieds et il m’avait poussé le flanc avec sa tête. Alors nous étions parti courir ensemble et il m’avait montré comment chasser, se défendre… Je ne l’avais vu sous forme humaine qu’une seule fois, malgré nos trois Pleines Lunes ensemble. Ce moment je m’en souviendrais toujours… Je revenais tout juste de ma nuit dans les bois lorsque j’avais senti une main se refermer brutalement sur ma bouche, tandis qu’une autre réussissait sans mal à me maintenir les poignets dans le dos. Malgré que je sois plus forte que les jeunes de mon âge j’étais sans défense à ce moment-là. Surtout que deux autres types s’étaient approchés en me voyant immobilisée. J’avais eu beau me contorsionner et grogner comme une folle ils n’avaient pas cessé d’avancer. Au moment où je commençais à perdre espoir en voyant leur agissement vulgaire je l’avais aperçu. Lui. Le vieux loup. Il approchait à petit pas sans faire aucun son, les trois hommes trop occupés à vouloir me faire vivre un cauchemar éveillé ne s’en rendirent pas compte. Jusqu’à temps qu’il soit à notre niveau et que celui qui me maintenait contre lui d’une repoussante façon remarque sa présence. L’un des hommes s’étaient approchés du vénérable vieillard et avant d’avoir pu faire quoi ce soit il reçut un direct en pleine figure. Le vieil homme avait eu un sourire narquois en voyant le sang couler à flot du nez de son adversaire. Deux minutes plus tard le deuxième homme se retrouva à terre, car le loup-garou d’un simple mouvement de ses bras et de ses jambes l’avait fait culbuter vers l’arrière. À cet instant je me rappelais m’être fait jetée brutalement sur le sol et l’espoir s’était enorgueillis dans mon cœur. Il avait eu tant de facilité à vaincre les deux acolytes du dernier voyou. Malheureusement il commit l’impair de me jeter un coup d’œil pour s’assurer que j’allais bien. J’avais aperçu l’éclat métallique. Mais pas lui. J’avais voulu le prévenir. Mais je n’eus pas le temps. Le dernier tortionnaire planta profondément et rapidement le couteau dans le cœur aimable du vieux loup-garou qui avait trouvé le goût de se traîner une petite louve dans les pattes. De l’entraîner même. Il eut le temps, lui, de me dire quelque chose :
- Cours. Fuis.
Deux petits mots et avec son regard implorant rempli d’affection il s’était éteint devant mes yeux. Le seul avec qui j’avais pu partager la deuxième facette de moi-même était mort pour me protéger… La rage et la haine s’étaient frayé un chemin en moi, mais ma volonté de respecter les dernières volontés du vieil homme avait triomphé mon besoin de vengeance. Je m’étais soulevée avec peine avant de partir à courir plus vite que je n’avais jamais osé le faire, mais avec les larmes qui embrouillaient ma vue je ne voyais même pas quelle direction je prenais. L’odeur de feu de bois me picotait encore les narines lorsque j’avais finalement atteint ma maison. Je m’étais alors effondrée sur mon lit en continuant à pleurer, car mes parents dormaient toujours. Le lendemain on racontait à la télé comment une bande de voyou avait froidement assassiné un vieillard…
Je revins brusquement à la réalité lorsque je croisai les yeux inquiets de Holiday.
- Quoi? Dis-je sur la défensive.
- Rien, si ce n’est que tu fixes le vide depuis cinq minutes.
- Ah… euh… désolée. J’étais perdue dans mes pensées. On peut y aller maintenant?
Elle acquiesça rapidement et voulus m’aider à marcher, mais je la repoussai faiblement pour lui faire comprendre que je n’en avais pas besoin. Je pouvais accepter de l’aide pour me lever, mais de là à dire que j’en avais besoin pour marcher…! Je l’entendis soupirer, mais elle me suivit sans tarder. Une fois à l’extérieure ce fut elle qui prit les devants et me conduisit de nouveau jusqu’à l’entrée principale.
Un bon moment plus tard je me trouvais devant une clinique vétérinaire. Je regardai Holiday avec incrédulité en lui disant :
- Vous m’amenez ici? Sérieux?
- Oui, car en plus des animaux domestiques le Dr. Whitman s’occupe des surnaturels dans le besoin.
- Humm… marmonnai-je, peu convaincue.
Elle leva les yeux au ciel et ouvrit la porte qui produisit le même son que partout, soit un tintement qui me vrilla les tympans. Cela eut au moins le bénéfice, comme partout ailleurs, d’attirer l’attention du propriétaire. En me voyant il dit avec un grand sourire :
- Voilà donc la jeune Maria!
Je me retins de grogner de justesse, mais Holiday dut le sentir, car elle me saisit l’épaule.
- En effet, c’est bien elle, dit la directrice du pensionnat.
- Bien, vous pouvez la conduire dans la salle d’examen pendant que je l’inscrit dans mes dossiers?
- Bien sûr, approuva la fée.
Je la suivis donc de force dans une salle somme toute petite. Elle me fit signe de m’assoir sur la table d’examen et je m’exécutai de mauvaise grâce.
Deux minutes plus tard le docteur revint, enfin… devrais-je dire le vétérinaire? Malgré mon envie de le faire je ne poussai pas de soupir découragé. Il me demanda sans parole de m’étendre et encore une fois je m’exécutai. Il souleva délicatement mon t-shirt avant de découper le bandage. Il siffla en parcourant du regard la taille de la griffure. Il dit :
- Je crains d’être forcé de lui refaire ses points…
- Faites ce qu’il faut, lui commanda Holiday.
- Comme toujours.
Le silence se réinstalla alors qu’il se détournait de moi pour rapprocher son matériel. Il saisit une sorte de fil, une grosse aiguille qui me força à tout faire pour ne pas frissonner, une paire de ciseaux, des lamelles et etc. À plusieurs reprises je manquai frémir en me faisant des scénarios sur comment il allait utiliser tel accessoire, mais je réussis à me contenir. Lorsque je sentis les lames de ciseaux me toucher je ressentis une petite piqûre aigue à cause du froid. Ensuite la douleur, quoique encore supportable, me prit lorsqu’il se mit à couper et retirer les anciens points de suture. Quand il eut terminé ce détail il commença à écarteler gentiment (ou pas) ma plaie. Sans le vouloir je lâchai un grognement avant de dire :
- C’est vraiment nécessaire de jouer dans ma blessure?
- Je vérifie qu’il n’y ait pas d’infection, Maria. De plus je dois tenter de voir ce qui a pu contrer les pouvoirs d’une guérisseuse…
- Du venin? Tentai-je.
- Je ne vois aucune trace d’une telle chose…
Il continua à fourailler dans ma blessure avant de s’exclamer :
- Par tous les diables! Mais qu’est-ce que c’est que ça!
- Quoi! M’écriai-je en même temps que Holiday.
- Il y a… un résidu étrange. On aurait dit la pointe d’une griffe énorme. Je vais la retirer, mais sa risque d’être douloureux.
- Dans ce cas, il ne fallait pas me le dire! Grondai-je, car maintenant que je savais que j’allais surement souffrir ça allait être encore pire.
Il marmonna pour lui-même avant de saisir une paire de pince, je remarquai du coup que sa main était ensanglantée. Quant à me faire craindre le pire après tout… il ne fallait pas y aller à moitié! En effet quand il commença à aller un peu plus en profondeur je ne pus m’empêcher de rugir en français à cause de la douleur :
- Bon sang! Maudite merde! Ça fait mal!
Je m’étais retenue de justesse pour ne pas ajouter des mots plus vulgaires que l’on entendait trop fréquemment par chez moi… Il finit par retirer quelque chose qu’il déposa ailleurs et commença rapidement à nettoyer ma plaie avant de la recoudre à la même vitesse avec une facilité qui prouvait beaucoup d’année d’expérience.
Après un moment qui me parut interminable il annonça :
- C’est fini. Tu peux te relever.
Holiday s’avança pour m’aider, mais je fis comme si je ne l’avais pas vu et me redressai sans trop de difficulté. Si on exceptait un léger pincement ce ne fut pas douloureux, contrairement à plus tôt dans la journée. Je demandai avant qu’il nous dise de partir :
- Est-ce que… Est-ce que je pourrais voir ce que j’avais dans ma blessure?
- Bien sûr! Me dit-il en me faisant signe d’approcher.
Je fixai alors l’extrémité de la griffe courbée de la créature qui nous avait attaqués Kylie et moi. Elle était certes recouvertes de sang, de mon sang, mais je me souvenais parfaitement ce à quoi elle ressemblait.
- Puis-je la garder? M’enquis-je.
- Eh bien… j’espérais pouvoir l’étudier d’un peu plus près, car je suis prêt à parier que c’est cette petite chose qui a empêché ton amie de guérir ta blessure.
- Dommage… marmonnai-je.
- Je vous la renverrai, proposa-t-il rapidement. Ce ne devrait t’être qu’une question de jour pour quelque chose d’aussi petit.
- Si seulement, soupirai-je dans ma langue maternelle.
- Qu’est-ce que tu as dit? S’enquit le docteur, perdu.
- Oh! Rien d’important.
Je me détournai rapidement de lui et suivit Holiday à l’extérieur. Une fois dans la voiture je poussai un long soupir. Elle me demanda :
- Je… je ne sais pas si tu veux le savoir, mais… Il y a quelqu’un avec nous. En ce moment.
- Quoi? Mais il n’y a personne Holiday! Lançai-je rapidement avant de comprendre qu’elle parlait peut-être d’un fantôme. Tu parles d’un fantôme? Demandai-je avant qu’elle ne se relance.
- En effet.
- Pourquoi tu me le dis?
- Parce qu’il est là pour toi. Et qu’il veut que je te transmettre un message.
- Il? Fis-je la gorge nouée, car je sentais que je connaissais l’identité du mort en question.
Comme je l’avais appris dans la nécrologie que j’avais visitée à la suite de la mort du vieil homme j’avais appris qu’il se nommait Médric Lechasseur. Je me souvenais d’avoir eu un petit sourire en voyant son nom de famille, n’était-ce pas de circonstance qu’un loup-garou possède ce genre de nom de famille?
- Il dit s’appeler Médric Lechasseur, me coupa Holiday dans mes pensées. Il est un loup-garou. Le connais-tu?
- Oui, soufflai-je en sentant les larmes me monter aux yeux.
- Bien… Il te demande d’arrêter de culpabiliser pour sa mort. Qu’il était heureux de te sauver d’une telle situation et qu’il recommencerait encore s’il avait une deuxième chance. Il ne regrette pas non plus de t’avoir rencontré. Il dit qu’il en était très heureux. Qu’il ne croyait jamais qu’il… commença-t-elle avant de s’interrompre.
- Quoi? Qu’il ne croyait jamais qu’il… quoi? La pressai-je, les larmes aux yeux.
- Il… Je ne suis pas sûre de tout saisir, murmura la fée d’un ton lointain.
- Lance donc! La suppliai-je en sentant une larme rouler sur ma joue.
- Il ne croyait jamais qu’il aurait la chance de te revoir un jour.
- Quoi? M’exclamai-je, incrédule.
J’étais complétement sidérée, qu’est-ce que cela voulait-il dire? J’avais la certitude de ne jamais l’avoir rencontré avant… Son visage me revint en mémoire et maintenant je croyais voir une ressemblance… avec moi.
- Il ajoute maintenant que tu ressembles comme deux gouttes d’eau à ta mère.
- Hein? Mais…
- Apparemment, il voulait te dire la vérité lors de votre prochaine Pleine Lune, mais… il n’en a pas eu le temps, ajoute-t-elle en me jetant un regard désolé, car les larmes coulaient maintenant sans retenue sur mes joues.
Elle me narra alors toute l’histoire. Comme quoi Médric, qui se trouvait être mon grand-père était venu habiter au Texas avec sa femme. Là ils avaient eu trois enfants, dont ma mère Rose Lechasseur. Celle-ci dès la naissance avait montré des signes de dominance presque hors norme et n’avait pas tardé à montrer son petit caractère. Comme moi, enfin… presque. Lorsqu’elle avait atteint ses quinze ans elle avait rencontré un autre loup-garou. Matthew Parker. Je ne pus m’empêcher de tressaillir en entendant ce nom, mais j’écoutai la suite. Cet homme était, apparemment l’exact opposé de son frère et il avait la bonté dans l’âme, pour un loup-garou. Bien entendu ils tombèrent fou l’un de l’autre et etc. Lorsqu’ils atteignirent leur vingt ans, Matthew demanda la main de ma mère, cela faisait déjà plusieurs années qu’il avait renié sa famille pour elle. Une fois que mes parents furent promis l’un à l’autre cela ne prit pas bien longtemps avant que ma mère ne tombe enceinte. Malheureusement mon père devait partir à la guerre pas moins de trois mois plus tard et il ne savait jamais c’était pour combien de temps. Il va s’en dire qu’ils profitèrent de chaque seconde qu’ils avaient. Ils se questionnèrent longuement sur le nom qu’il me donnerait. Finalement ils tombèrent d’accord sur Maria pour si c’était une fille. Alors c’était vraiment comme cela que je m’appelais... Parfait. Finalement mon père dut partir, mais deux jours avant son départ ma grand-mère tomba gravement malade. Une semaine plus tard elle s’éteignait dans les bras de mon grand-père. Fou de douleur il n’était pas sûr de pouvoir survivre aux prochains mois… Pourtant l’espoir de connaître sa nouvelle petite-fille lui fit tenir le coup, car il venait d’apprendre que le bébé, moi, était une fille. Malheureusement un dernier drame se préparait dans l’ombre. Sans doute le pire après la perte récente de sa femme mon grand-père perdit aussi sa fille lorsqu’elle me donna naissance. Il n’avait pas pu le supporter et comme il se sentait sur le bord du précipice il n’avait pas été capable d’accepter que je sois remise entre ses mains. Comme on ne savait pas si mon père reviendrait, ou quand, il décida de m’emmener dans un orphelinat. Là il demanda, car telle était la dernière volonté de ma mère, que je conserve mon prénom Maria. Pourtant avant de quitter les États-Unis ils avaient une dernière chose à faire. Retrouver un couple qu’il avait croisé, des francophones, ceux-ci désirait un enfant, mais étaient incapable d’en concevoir. Il leur confia alors à la fois un mensonge et une vérité. Il dit qu’une amie était morte en couche et que sa petite fille était dorénavant sans parent (ça c’était le mensonge), ensuite qu’il aimerait que ce soit eux qui s’en occupent, car il savait qu’ils étaient des gens biens, les Lacroix (Ceci étant la vérité). Ils acceptèrent rapidement et mon grand-père le cœur rassuré s’en était retourné au Québec pour vivre ses derniers jours… ou plutôt ses dernières années, car il réussit à surmonter sa douleur. Il tenta de rappeler mes parents adoptifs au Texas, mais il ne réussit jamais à les retrouver et donc à avoir de mes nouvelles. Il chercha aussi mon père, mais lui aussi se trouva être introuvable. Et ce fut par pure hasard qu’il tomba sur moi, prisonnière de ce filet une nuit de Pleine Lune… Il avait apparemment immédiatement remarqué quelque chose chez moi, mais il ne pouvait en être sûr sans me voir en tant qu’humaine. Il m’avait donc suivit la première fois, contre le vent pour ne pas que je puisse le repérer. En peu de temps il avait été convaincu que c’était moi de par ma ressemblance frappante avec sa fille, ma mère. De plus, pour être certain de son hypothèse il avait passé devant ma maison un soir et avait reconnu mes parents adoptifs. Après cela à la seconde Pleine Lune il me suivit de nouveau et la troisième fois qu’il le fit il trouva la mort. Pourtant après ce jour il ne m’avait jamais quitté, pas même une seconde.
À la fin du récit j’avais tellement pleuré que je soupçonnais que si je me regardais dans le miroir j’aurais les yeux très rouge et très bouffis. J’étais surprise qu’autant de larmes aient pu sortir, surtout que j’avais pleuré si rarement que je ne m’y attendais pas!
- Maria est-ce que ça va? Me demanda Holiday d’une voix que je trouvai bizarre.
Ce n’est qu’en relevant la tête pour répondre et en croisant ses yeux bouffis que je compris qu’elle avait pleuré aussi.
- Toi ça va? Me moquai-je gentiment et je me surpris moi-même de le faire, car je ne me moquais jamais de quelqu’un « gentiment » d’habitude.
- Moi? Oui, bien sûr! C’est juste que cette histoire… Elle… elle n’est pas facile à raconter. Surtout avec le regard qu’avait ton grand-père en la racontant…
- Mais… Il n’a pas retrouvé ma grand-mère? Et ma mère aussi?
- Il dit qu’elles sont avec lui normalement, mais qu’elles avaient préféré rester en retrait pour ne pas… ajouter de dramatisme à l’histoire.
La fée regarda dans le vide une minute avant de hocher imperceptiblement la tête. Elle ajouta alors :
- Ta mère vient d’apparaître. Et je dois admettre que tu lui ressemble beaucoup. Même yeux, même cheveux, mais pas de la même couleur. Votre peau est semblable… Elle me dit de te dire que tu es devenue une très jolie jeune femme. Et que… tu devrais donner une chance à ce garçon. Je ne sais pas de qui elle parle. Elle ajoute que c’est à toi de voir si tu veux m’en parler ou non, car toi tu as compris.
Je levai les yeux au ciel et marmonnai :
- Elle doit sans doute parler d’Ethan Dawson.
- Parce qu’il t’intéresse?
- Pourquoi est-ce que cela à l’air de te surprendre? Grognai-je sur la défensive.
- Je… Enfin… C’est que je croyais que ce genre d’histoire ne t’intéressait pas…
Je sentais qu’elle me cachait quelque chose, mais pour une fois je décidai de laisser couler. Je marmonnai :
- Il m’intéresse, mais tu as raison… Je ne veux pas d’histoire d’amour. Cela risque de mal finir. Très mal. Je ne parle pas de cœur brisé là, ce n’est pas vraiment ça qui m’effraie… C’est que la seule fois où j’ai soupesé l’idée de m’embarquer dans une histoire, le mec… a été la première victime de l’avant dernière école où je suis allée…
Penser à Max me faisait encore souffrir d’ailleurs, quand je me laissais me souvenir de cela, bien sûr. Pourtant je ne savais même pas si cela aurait fonctionné entre nous… Probablement pas si on y réfléchissait bien.
- Je suis désolée… murmura Holiday, compatissante. Ta grand-mère dit qu’ils sont certains que ce n’est pas de ta faute.
- Pourquoi? Ils savent ce que je fais lorsque je perds mes esprits? M’enquis-je avec espoir.
En voyant la fée secouer la tête je crains le pire. Elle dit :
- Apparemment lorsque tu es dans cet état ils ne peuvent plus être auprès de toi. À moins d’être à l’extérieure d’une circonférence d’un kilomètre aux alentours de toi.
- De mieux en mieux, marmonnai-je dans ma langue maternelle.
Elle semblait agacé de me voir marmonner des commentaires qu’elle ne comprenait pas, car elle me lança un regard curieux. Et pas dans le bon sens. Je lui adressai un sourire faussement navré avant de dire pour changer de sujet :
- Bon… Avant que le Dr. Whitman ne vienne nous demander ce que nous faisons encore ici, on devrait peut-être partir, non?
- Tu as raison, admit-elle avant que son regard se porte à l’arrière de la voiture comme plus tôt quand elle me narrait l’histoire de ma famille.
Elle soupira, je le supposai, de soulagement avant de dire :
- Ils veulent que je te dise une dernière chose avant de me lâcher. Ils t’aiment tous très fort.
- Je… Je les aime aussi, croassai-je difficilement, car cela faisait très longtemps que je n’avais pas prononcés ces mots.
Si en les prononçant je croyais les dire uniquement pour leur faire plaisir (même s’ils n’étaient maintenant que des fantômes) je compris que j’avais tort. En entendant leur histoire je leur avais ouvert mon cœur de glace. Peut-être ce dernier était-il en train de fondre lentement? J’ignorais si cela était une bonne chose ou non…
Holiday démarra alors lentement et roula en direction de Shadow Falls. Après une dizaine de minute je brisai le silence pour dire :
- Une bonne partie de ma quête c’est terminé en moins d’une heure.
- Je sais… affirma la fée.
- Il me reste encore à savoir pourquoi mes parents adoptifs m’ont abandonnés à votre pensionnat. Et j’ajoute aussi le fait que je dois découvrir si mon père biologique est mort ou non. Mais je suppose qu’il est vivant puisqu’ils n’étaient pas avec mes grands-parents et ma mère.
- En effet, approuva-t-elle. Je suis parvenue à la même conclusion que toi.
- Autre chose… Lucas, le loup-garou qui sort avec Kylie… Son nom de famille c’est bien Parker, non?
- Oui, mais ses parents sont morts, jeta Holiday sans grande conviction.
- Peut-être, mais mon père avait un frère… Je me demandais si cela se pouvait que ce soit le père de Lucas…
- Il existe beaucoup de Parker aux États-Unis, tenta-t-elle.
- Certes, mais au Texas?
- Aussi.
- Bon… d’accord. Mais c’est quand même envisageable, non?
Devant son absence de réponse je me jurai de questionner Kylie et Lucas dès que j’en aurais l’occasion. J’étais presque certaine que ce n’était pas une coïncidence. Mon instinct me le criait haut et fort.
- Peut-être, finit par dire la directrice avant de replonger dans le silence.
Je marmonnai entre mes dents sur tout le chemin du retour et à voir son expression cela l’agaçait beaucoup.
Lorsqu’enfin on arriva à destination je soupirai :
- Je suppose que tu vas vouloir me raccompagner?
Elle opina de la tête et je maugréai d’agacement. Tout en marchant vers mon bungalow je me souvins de la discussion qu’ils avaient eu le premier soir de mon arrivé. Je me lançai alors :
- J’ai entendu parler de quelque chose l’autre jour et je voudrais te demander quelque chose…
- Quoi?
- Qu’est-ce que l’URF? Dis-je en la regardant avec un sérieux tel que je savais que cela la déstabiliserait.
Ce fut le cas, car elle ouvrit la bouche comme pour répondre, mais aucun son n’en sortit. Après une petite minute elle se reprit et dit :
- C’est l’unité de recherche de Fallen. Une branche du FBI pour le surnaturel. Tout ce qui a des causes surnaturelles c’est eux qui s’en occupent.
- Ah d’accord.
Elle me regarda longuement avant de soupirer :
- Tu ne dormais pas n’est-ce pas lorsque Burnett et moi avons eu cette discussion?
- Eh… non! Répondis-je avec un grand sourire.
- Il m’a pourtant affirmé le contraire…
- Il faut croire que j’ai réussi à le berner. Ne vous inquiétez pas, c’est que j’ai des années de pratique derrière moi.
- Humm… Je ne sais pas si c’est vraiment pour me rassurer.
Je la foudroyai du regard et elle éclata de rire, je compris alors qu’elle se moquait de moi.
- Très drôle, marmonnai-je.
Elle sourit et le silence se réinstalla rapidement. Lorsque j’eu en vue le bungalow je dis :
- Je crois que je peux me débrouiller, maintenant.
- Je préfère ne pas te laisser seule.
- Je crois que vous feriez mieux d’aller vous occuper de votre fille.
Elle me dévisagea un moment, mais finit par capituler. Peut-être avait-elle vu le besoin que j’avais de rester seule. J’attendis qu’elle fut suffisamment loin avant de me remettre à marcher, mais pas dans la direction de mon bungalow. Comme ma blessure était moins douloureuse je ne voyais pas le mal à aller me promener dans les bois. Seule, pendant que j’en avais encore le temps. C’était le moment idéal puisque tout le monde devait encore être dans les salles de classes. Je me dirigeai alors d’instinct à l’endroit où nous avait attaqué la créature, je devais trouver un indice qui prouvait que nous n’avions pas été seules à cet endroit.
Une fois là j’eus beau fouiller au décimètre carré le terrain je ne trouvai rien de concluant si ce n’est quelques gouttes de mon sang. Dépitée je me résignai à retourner à ma chambre.
Je venais tout juste de pénétrer à l’intérieur lorsque j’entendis un craquement sinistre. Il y avait quelqu’un d’autre avec moi. Mais qui? Ou… quoi? J’inspirai profondément par le nez, mais aucune odeur ne me parvint, ce que je trouvai étrange, car normalement il y aurait tout de même eu des odeurs résiduelles… J’avançai alors sur la pointe des pieds dans la direction d’où avait surgi le bruit. Cela provenait de ma chambre. J’entendis un hoquet alors que je poussai la porte. La scène qui se déroulait de l’autre côté me laissa sans voix.


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:07 am, modifié 4 fois.
Jessica02

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Jessica02 »

J'ai l'impression que ce chapitre était plus long. Tu mets hyper beaucoup de suspense sérieux ! J'ai trop hâte de voir ce qui se cache dans sa chambre ! J'ai trop envie que Ethan et Maria se mettent ensemble !!! Je sais pas comment elle a fait pour presque pas crier quand le docteur l'a charcuter ! C'est le chapitre que j'ai préféré ! Continue comme sa :lol:
Marine78

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Marine78 »

Salut,
Ce chapitre est génial ! Ils sont de mieux en mieux, d'ailleurs ! J'espère aussi qu'Ethan finira avec Maria ! Et que Lucas et Maria soient dans la même famille ! Tu mets trop de suspense, j'ai hâte d'avoir la suite !
angel98

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par angel98 »

Tes chapitres sont supers ! :) J'ai trop hâte de lire la suite et de savoir ce qui attend Maria dans sa chambre.
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 5


- Della? Miranda? Qu’est-ce que vous faites dans ma chambre? Grondai-je en plissant les yeux.
- Je t’avais dit que ce n’était pas une bonne idée! S’écria la petite sorcière sans tenir compte de ma question.
Miss Vampire siffla en direction de son amie et répliqua avec un air de défi :
- Ce que nous sommes censé faire! Fouiller!
- Vous cherchez quoi? Des preuves que je suis coupable de meurtre?
Cette fois elle ne dit rien, mais elle s’empourpra dangereusement tout comme Miranda. Bon… si ce n’était pas ce qu’elles faisaient, alors quoi? Qu’est-ce qui pouvait les intriguer à ce point pour que cela les incite à fouiner dans mes choses? Humm… aucune réponse satisfaisante ne me venait. Je promenai alors mon regard autour de moi pour tenter de découvrir ce qu’elles foutaient, mais les lamentations d’un chaton me déconcentrèrent.
- Il y a un chat ici? m’exclamai-je, incrédule.
- Oui… Le petit chaton de Kylie, répondit Della. Tu ne l’avais pas remarqué avec ton flair? Dit-elle, sarcastique.
- Je te signale que je suis arrivée hier sans connaissance. Que je me suis peut-être réveillée depuis, mais je ne suis pas restée très longtemps dans le bungalow. Pour ce qui est de l’odeur… On aurait dit que quelqu’un les a toutes fait disparaître, marmonnai-je et en concluant je fixai Miranda.
Elle prit immédiatement un air piteux ce qui confirma mes hypothèses, c’était elle qui avait retiré les odeurs. Je revins alors à mon questionnement initial, que faisaient-elles ici? Malgré que je fouillai du regard ma chambre, je ne voyais toujours pas pourquoi… Je finis par soupirer :
- Est-ce que je peux savoir ce que vous faites réellement?
Un silence pesant s’abattit dans la petite pièce et les deux filles évitèrent mon regard en se dévisageant l’une l’autre. Pourquoi cela semblait si dur de m’avouer la vérité? Ce n’est pas comme si j’allais les mordre! Enfin… à moins qu’elles ne me cherchent vraiment. Je croisai les bras devant moi en l’attente d’une réponse satisfaisante. Au bout d’un moment Della finit par cracher :
- On était curieuse de voir ce que tu avais trimballé avec toi. Enfin… Elle était curieuse. Moi je voulais surtout m’assurer que…
Je la coupai en sifflant :
- Que je n’étais pas un danger pour votre petite communauté?
- Pas seulement ça, dit-elle avec une étrange empathie dans le regard.
- Alors quoi?
- Je suis censée garder l’œil ouvert pour l’URF à cause du meurtre d’hier. Ils ont retrouvé de ton sang et de ta peau sous les ongles de Kaitlyn. Il te suspecte, surtout avec ton blanc tu es une cible facile. Par contre ils ne comprennent pas comment tu aurais pu causer les griffures, sauf avec de fausses griffes puisque tu ne peux pas te métamorphoser sur demande…
- Donc tu vérifiais que je n’avais pas ça ou le contraire? Et comment ça se fait que tu bosses pour eux?
- Cela n’arrive qu’une fois de temps en temps, d’accord?
- Je ne comprends pas pourquoi…
- Pourquoi quoi?
- Pourquoi tu fais ça pour moi?
- Tu as sauvé Kylie alors que tu n’y étais pas obligée. J’avais une dette envers toi et je déteste devoir quelque chose à d’autres.
Pour ça je n’avais aucun mal à la croire.
- Je te crois sur parole, dis-je avec un petit sourire narquois.
Elle me foudroya du regard et je ne pus m’empêcher d’avoir un sourire plus large avant de brusquement redevenir sérieuse en lâchant d’un ton sec :
- Maintenant vous pouvez dégager de ma chambre. Toutes les deux.
- On ne partira pas.
- Tu aimes mieux que je te sorte moi-même, p’tite vamp? Jetai-je en grognant.
Je vis son regard s’illuminer, littéralement et je sus qu’elle n’était pas de bonne humeur. Parfait, parce que moi non plus je ne serais pas d’humeur joyeuse si elles ne foutaient pas le camp de ma chambre. Pourtant son regard dévia vers ma valise et mon sac, ce qui me fit comprendre pourquoi elle ne voulait pas partir de là… en plus du fait que je lui avais à moitié ordonné, bien sûr! Je me dirigeai donc d’un pas vers ceux-ci et en voyant Miranda frissonner j’humai l’air. La peur me frappa et je consentis à perdre mon visage enragé, quelques secondes. Je saisis alors mon sac d’une main et de l’autre je le renversai sur mon lit. Je dis alors d’un ton très calme, enfin… presque :
- Regardez bien avec moi. Je ne recommencerai pas deux fois…
Alors je pris une de mes premières affaires, la leur montrai et la rejetai dans mon sac, sans me soucier de bien l’installer. Je fis cela avec chaque vêtements, choses et etc. qui se trouvait maintenant sur mon lit. Lorsque le sac fut de nouveau plein je le replaçai avant de saisir ma valise et de faire le même manège. Della semblait totalement éberluée devant ma réaction, mais je m’en moquais. Je voulais leur prouver que… que quoi? Que je n’étais pas la tueuse? Alors que pour le moment je me désignais moi-même ainsi? Alors quoi? Que je n’avais que de graves problèmes de mémoire? De mieux en mieux… Qu’elles pouvaient avoir confiance en moi? À quoi cela me servirait-il d’avoir leur confiance? La vampire ne m’aimait pas, Miranda avait pour le moment peur de moi et Kylie… je ne savais pas trop.
Au moment de leur désigner le dernier objet Della m’interrompit :
- Qu’est-ce que c’est? Une pierre?
Son ton semblait très moqueur. Je jetai un coup d’œil à la fameuse pierre, car s’en était belle et bien une. Celle-ci se fondait presque parfaitement à ma paume et elle était lisse comme après un long séjour dans l’eau salée… D’un ovale presque parfait en plus! Pourtant ce n’était pas pour cela que je l’avais ramassée. Non. Si je l’avais ramenée avec moi c’était à cause de l’étrange symbole en son centre. Premièrement il y avait une sorte de flamme et dans le centre de cette dernière se trouvait une étoile à cinq branches. Dans le centre de celle-ci on retrouvait une sorte de vague ou de griffe, je ne savais pas trop… Pourtant il y avait autre chose. Des spirales se trouvaient à chaque extrémité de la flamme. Je marmonnai :
- Qu’est-ce que ça peut te faire que je traîne une pierre?
- Rien, mais je me demande surtout pourquoi.
- Un souvenir de voyage d’avec mes parents… répondis-je. Avant que tout parte en vrille, ajoutai-je dans un soupir.
- Il remonte à quand? Me relança-t-elle et je sentis sa curiosité.
- Avant que les meurtres commencent… dis-je en regardant la pierre. Nous étions dans le Vieux Québec quand j’ai vu le symbole qui se trouve sur la pierre au sol. Ensuite je l’ai vu, elle. D’un coup je me suis sentie appelée par ceci, alors je l’ai ramassée et je l’ai mise dans mes poches. À ce moment-là nous ne vivions pas dans la ville de Québec et nous n’y allions qu’en visite… Lorsque nous sommes repassés par là le lendemain le symbole avait disparu. De retour à la maison j’ai remarqué qu’il était mystérieusement apparu sur la pierre, mais il pouvait parfaitement y être déjà. Je n’avais pas vraiment observé ma trouvaille sous toutes les coutures alors… conclus-je en les regardant de nouveau.
- Est-ce que… est-ce que je peux la voir de plus proche? Demanda la sorcière, incertaine.
- Bien sûr.
Je lui tendis alors la pierre et Miranda l’observa longuement. Finalement elle lâcha :
- Cette pierre sent la magie. Elle a une sorte d’aura, mais… je ne la comprends pas trop... Il y a en fait cinq symboles sur celle-ci, chacun représentant quelque chose. D’abord on remarque la flamme, qui tient la place de l’élément du Feu. Par la suite, c’est l’étoile, mais je vais y revenir, car je ne suis pas sûre de sa signification. Après cela, c’est le tour de la vague, qui a légèrement l’apparence d’une griffe recourbée. Ce symbole représente l’Eau. Pour les spirales, c’est simple, c’est le Vent ou l’Air. Les quatre éléments sont représentés, car avec la pierre en elle-même qui représente la Terre, un symbole était dérisoire.
- Et pour l’Étoile? S’enquit Della avant que je puisse le faire.
- Une étoile à cinq branches pourraient, je suppose seulement, représenté le surnaturel, la magie et etc. Pour ce que j’en sais elle fait souvent référence à ce genre de choses… répondit l’interrogée.
- Ah, d’accord… murmurai-je en plissant les yeux de désarroi tout en reprenant mon bien.
Un silence pesant s’installa avant que la petite vampire s’exclame comme si elle comprenait quelque chose :
- Oh, merde!
- Quoi? Marmonnai-je, mécontente.
- Tu ne t’es jamais dit que c’était peut-être la pierre qui avait attiré le malheur?
- Non, pas vraiment. Ce n’est qu’une pierre! Grognai-je sans lui laisser le loisir de voir que j’étais remplie d’effroi à cette possibilité. Maintenant… J’aimerais que vous dégagiez! Ajoutai-je d’un ton qui laissait sous-entendre ma colère. Vous avez vu ce que vous aviez à voir, alors… conclus-je en leur désignant la porte.
Della siffla dans ma direction, mais capitula tout de même Miranda à sa suite. Je me retins de soupirer de soulagement pour ne pas que la petite vampire puisse m’entendre. Décidant que je n’avais rien de mieux à faire je plaçai mes choses dans la commode. Certes j’avais dit que je partais bientôt, mais… Il ne fallait pas que je paraisse suspecte. Et puis on ne savait jamais… peut-être les meurtres allaient-ils s’interrompre d’eux-mêmes? Nan, c’était peu probable, me dis-je mentalement.
Une heure plus tard j’étais étendue sur mon lit à rien faire. J’attendais patiemment Kylie pour l’interroger sur la famille de Lucas. Certes, j’allais surement voir ce dernier à l’heure du diner (enfin… le souper), mais… il y avait beaucoup trop de monde. À moins que… Bien sûr! Je pouvais attendre à demain matin et faire comme Ethan. Payer une pinte de mon sang pour passer une heure en la compagnie de Parker! Humm… par contre je n’avais aucune idée de comment faire. Sans doute fallait-il d’abord que je trouve Chris, le vampire? Mais comment? Ça, c’était une bonne question à poser à Kylie, pensai-je. Dès que j’entendis la porte du bungalow s’ouvrir je bondis sur mes pieds et sortis de ma chambre. La caméléon se trouvait en effet bel et bien là, mais à voir son air découragé la journée n’avait pas dû être de tout repos. En m’apercevant elle dit tout de même :
- Salut Maria…
- Euh… Kylie? J’aurais une question pour toi?
- Oui? Dit-elle les yeux soudain plus brillants, comme si elle était curieuse.
Mais qu’est-ce que je raconte? Bien sûr qu’elle était curieuse! Je me risquai donc :
- Comment est-ce que ça fonctionne pour donner une pinte de notre sang… Tu sais, quand on veut passer une heure en compagnie d’une certaine personne, à l’activité le matin…
- Ah… Eh bien, ce n’est pas compliqué. Tu vas voir Chris, tu lui dis que tu veux donner de ton sang et tu lui dis avec qui tu veux passer une heure. C’est simple, non? Répondit-elle avec un grand sourire. Est-ce que c’est trop indiscret de vouloir savoir avec qui?
- Oui! Lâchai-je brusquement. Enfin… c’est que… je ne veux pas que tu… tentai-je de me reprendre en voyant son visage s’affaisser.
- Laisse tomber…
- Je ne veux pas que tu te fasses d’idée sur mon compte, mais…
- Je t’ai dit de laisser tomber, Maria! Marmonna Kylie avec mauvaise humeur.
Je lâchai un grondement involontaire, mais sans ajouter quoi que ce soit je la contournai pour sortir à l’extérieur. Il fallait que je trouve un certain vampire…
Je finis par lui tomber dessus alors que je me dirigeais au réfectoire l’espoir totalement effondré. Je criai, pas trop fort :
- Eh! Chris? Tu peux venir une minute?
Il tourna sa tête vers moi, avant de m’offrir un sourire narquois. Du coin de l’œil j’aperçus Ethan qui me regardait d’une étrange façon.
- Que veux-tu? Susurra le vampire dès qu’il fut à ma hauteur.
- J’aimerais donner de mon sang et en échange demain matin je…
- Tu veux passer une heure avec la personne de ton choix, c’est bon, je connais le refrain! Dit-il en souriant de manière moqueuse. Avec qui veux-tu passer ton Heure?
- Lucas.
Il me dévisagea avant de dire :
- Petite coquine que tu es…
- Ce n’est pas pour la raison que tu crois, grondai-je. J’ai besoin de réponse et je suis sûr qu’il pourra me l’est donner.
- C’est bon, je te crois! Dit-il, mais dans son regard je vis qu’il ne me croyait pas, du moins pas vraiment. Tu devras venir demain midi me retrouver au réfectoire. On s’occupera ainsi de ton du. Mais, t’inquiètes, demain matin tu passeras une heure avec ce cher loup-garou. Du moins… s’il le veut.
Je marmonnai de façon totalement inintelligible même pour un vampire et me détournai de lui pour rejoindre les autres pour le diner.
Lorsque je fus de nouveau au bungalow je venais à peine de m’effondrer sur mon lit que l’on cogna à ma fenêtre. Je sifflai de découragement, mais finis par me lever pour regarder par la fenêtre. Je fus à peine surprise de découvrir un certain loup-garou aux cheveux châtains doré. Il me fit signe de le rejoindre et je fus tentée de secouer la tête pour marquer mon refus, mais étrangement je me retrouvai à ouvrir la fenêtre pour ensuite bondir à l’extérieur. Il sourit avant de me dire :
- Je t’avais dit que j’allais revenir.
- Oui, en effet, répondis-je en plissant les yeux, car je ne comprenais toujours pas pourquoi j’étais descendue.
Du moins je ne voulais PAS le savoir. Il m’entraîna alors dans les bois et une fois arrivée dans une petite clairière il me fit signe de m’assoir. À peine fis-je ce qu’il disait qu’il me rejoignait et s’étendait sur le dos. Il m’invita à en faire de même et je pus ainsi admirer les milliers d’étoiles dans le ciel avec au centre de cette voûte la Lune… presque pleine. Je sentais ses rayons sur ma peau et cela ne me donnait envie de me rouler dans l’herbe, de courir comme une folle et… peut-être bien de me rapprocher de la personne couchée à mes côtés. Sentant son regard peser sur moi je lâchai :
- Quoi?
- Sais-tu à quel point tu es… commença-t-il, mais je le coupai.
- Ne dis rien. Je n’ai pas l’intention de me rapprocher de toi, d’aucune façon que ce soit.
Je vis ses yeux se rembrunir et je me souvins alors de ce que ma mère m’avait dit. Tu devrais laisser une chance à ce garçon… Peut-être bien que oui… ou peut-être que non! À vrai dire… je n’avais aucune idée quoi faire. Son odeur me parvenait beaucoup trop et je n’avais qu’une seule envie. Enfouir mon visage dans son cou. Je tentai de reprendre mes esprits en regardant ailleurs, mais en le sentant se rapprocher je me raidis.
- Tu es sourd ou quoi? Marmonnai-je, mécontente.
- Non. Je t’ai très bien entendue, seulement j’ai décidé de ne pas t’écouter! Avoua-t-il en souriant de toutes ses dents.
Je me sentis fondre l’espace d’un instant. Une petite seconde de trop. Son odeur m’envahit alors qu’il passait ma tête sous son bras pour me serrer contre lui. La main de son bras libre saisit la mienne et il glissa tendrement son doigt sur ma peau qui (j’en avais l’impression) crépitait à son contact. Sans pouvoir me retenir j’enfouis mon visage dans son cou comme j’en avais ressenti le désir pas même une seconde plus tôt. J’entendis alors Ethan émettre un drôle de son et je me sentis d’un coup très, très tentée de l’embrasser. Mon cœur s’embrasait littéralement à cette pensée et la glace fondit encore un peu. Le loup-garou me tourna alors le visage vers lui, approcha ses lèvres des miennes, mais au moment où elles allaient se toucher je bondis sur mes pieds et grognai :
- Ah non, alors! Pas de ça avec moi! Pas la veille d’une Pleine Lune! ET surtout pas alors que je ne te connais qu’à peine!
Sans lui laisser le temps de répondre je m’élançai en direction du bungalow, malgré mon envie de rester sous les rayons de la lune…
À peine une minute plus tard on me plaqua durement au sol. Je tentai de me dégager en ruant comme une folle.
- Maria, s’il-te-plaît, arrête! Je suis désolé… c’était plus fort que moi, murmura Ethan d’un ton piteux.
- Tu parle de quoi, là? Le fait que tu m’aies plaquée au sol ou de ce qui a manqué se produire plus tôt? Lui sifflai-je méchamment.
- Les deux je suppose, me dit-il en me relâchant.
- Croyais-tu réellement que j’allais me laisser faire?
- Pas vraiment, mais… c’est qu’en fait… je… j’agissais plus par instinct, ce que j’espère que tu comprendras!
En effet je comprenais, car c’était justement à cause de cela que je l’avais laissé aller aussi loin. Enfin… pas si loin que ça, mais c’était déjà trop. Je soupirai de dépit et dis :
- Bon regarde… Je vais retourner à mon bungalow et va au tien. On se reparlera peut-être demain, ou préférablement après la Pleine Lune.
Il me dévisagea d’une telle manière que je crus voir le loup apparaître dans ses yeux, il finit tout de même par acquiescer et alors qu’il tournait les talons il dit :
- Ce sera demain. Et si tu ne viens pas au réfectoire, je te trouverai. Peu importe où tu te planqueras.
Je marmonnai pour moi-même en m’élançant de nouveau entre les arbres. Lorsque j’atteignis finalement mon bungalow je bondis pour attraper le rebord de ma fenêtre, mais c’est à ce moment que ma vision s’obscurcie et que je tombai dans le noir.

Je me réveillai de nouveau dans mon lit et puisque je sentais encore de la saleté sur mes bras je craignais le pire. En effet, lorsque je retirai les draps de mon lit je me retrouvai de nouveau ensanglanté. Les draps aussi. Cette fois les marques de griffures causées par des ongles humains étaient beaucoup plus profondes. Je n’aimais vraiment pas ça. Non, c’était pire. Je détestais ça! Comme pour me renfoncer plus bas j’entendis Della, de la cuisine, s’exclamer :
- Oh, mais c’est quoi cette odeur? Ça sent drôlement bon!
J’entendis ses pas se diriger vers ma chambre, suivit par deux autres sons semblables, mais qui devaient provenir de Kylie et Miranda. Super, grinçai-je entre mes dents. La porte s’ouvrit alors à la volée et les trois filles ouvrirent leurs yeux bien grands en me voyant couverte de sang dans des draps ensanglantés.
- La vache! Alors c’est vraiment toi qui tue tous ces gens! s’exclama de nouveau la vampire, complétement éberluée.
Aucune de ses deux amies ne protestèrent, mais je ne pouvais pas leur en tenir rigueur, car même moi je ne le fis pas. Pourtant après une petite minute je lâchai :
- Aucune idée, je ne me souviens de rien, mais comme c’est la deuxième fois que… que je me réveille dans cette situation… je suppose que… que c’est moi…
- C’est sûr que c’est dur d’avoir l’air innocente, maintenant! Acquiesça la sorcière avant de se mordre les lèvres.
Je soupirai avant de dire :
- Une de vous aurait-elle l’amabilité d’appeler Burnett pour moi? Dîtes-lui qu’on a un gros problème. Du genre, vraiment gros.
J’ajoutai après une petite seconde :
- Je vais me rendre. Avec tout ce sang… c’est sûr que c’est moi.
Je vis une lueur de compassion passer dans le regard de Kylie, mais trop rapidement pour que je puisse en jurer. Della attrapa alors son téléphone et composa un numéro. Lorsque la personne qui devait être Burnett répondit, la petite vampire dit :
- Viens ici. On a un problème.
Elle ne raccrocha pas immédiatement, alors je supposai qu’il posait des questions.
- Ce n’est pas Kylie. C’est Maria, répondit-elle.
Sur ce, elle raccrocha et dit :
- Il devrait débarquer d’une minute à l’autre.
Je me redressai difficilement et portai instinctivement une main à mon ventre. Je retins un sursaut de surprise en ne sentant rien de rien sous ma main, alors que la veille j’avais une blessure qui le traversait de part en part. Qu’est-ce que c’était que cette folie? Elles durent voir quelque chose dans mes yeux, car la sorcière demanda :
- Qu’est-ce qu’il y a?
- Je… Je ne comprends pas… marmonnai-je.
- Tu ne comprends pas quoi? Grogna Della, impatiente.
- Ma blessure… Elle a disparu! M’exclamai-je, incrédule.
Elles me dévisagèrent toutes lorsque je remontai mon t-shirt de pyjama au-dessus de mon ventre. Kylie s’approcha et dit :
- À moins que je t’aie guérie en dormant… ce n’est pas moi.
- Je m’en doutais, dis-je simplement. C’est… complétement cinglé!
- Ça tu peux le dire! Acquiesça Miranda.
Alors que je laissai retomber mon haut de pyjama quelqu’un entra en coup de vent. Burnett. Il posa d’abord son regard sur les trois filles, puis sur mon lit et finalement sur moi. Il soupira avant de dire :
- Encore?
- Oui, répondis-je sincèrement.
Je tendis alors mes mains vers lui et je soupirai :
- Je crois qu’il est temps de m’enfermer, Burnett.
- Tu te souviens de quelque chose? Me demanda-t-il en plissant les yeux, suspicieux.
- Non.
- Alors on n’a aucune preuve.
- Quoi? Vous voulez rire! C’est la deuxième fois que vous me trouvez couverte de sang et vous dîtes qu’on n’a aucune preuve? M’exclamai-je, ahurie.
- Il faudra attendre les tests sanguins et aussi voir s’il y a un corps.
Je rageai intérieurement, mais je me contentai de lui obéir quand il me dit d’aller me doucher et d’aller prendre mon petit-déjeuner au réfectoire. Avant de quitter ma chambre je le vis saisir mes draps avant de disparaître aussi vite qu’il était arrivé. Décidément je ne comprendrais jamais rien à cet endroit…
Lorsque je sortis de la salle de bain, habillée et prête à me diriger vers le réfectoire je tombai sur Miranda, Della et Kylie à l’extérieur.
- On t’attendait, dit cette dernière avec un sourire. Tu pourrais peut-être manger avec nous, ce matin…
- Merci, mais non… Je… je préfère…
- Tu préfères les tiens, ça va, on a compris! Me coupa la vampire sur un ton mordant.
- Tu vas me lâcher à la fin! Grondai-je et je sentis mes yeux changer de couleur de manière inquiétante.
J’aperçus la caméléon poser une main sur le bras de la vamp et celle-ci se détourna de moi pour s’élancer à pleine vitesse. Je me sentis légèrement coupable de l’avoir forcée à quitter ses amies, mais après tout elle m’avait cherchée, non?
- Ne t’inquiètes pas, elle fait toujours ça, tenta de me rassurer la petite sorcière, quoique je ne sache pas trop pourquoi.
Je ne répondis rien, car aucun commentaire approprié ne me venait à l’esprit. Lorsqu’on arriva en vue du réfectoire, je fus presque soulagée de rejoindre la table des loups-garou, même si je me tenais à distance des autres de mon espèce. Je sentis le regard brûlant d’Ethan peser sur moi, mais je ne lui accordai aucune attention, malgré mon envie de le voir. J’avalai mon repas en quatrième vitesse et retournai porter mon plateau au même rythme. Je m’apprêtais à sortir lorsque je sentis une main se refermer sur mon poignet. À ce contact je me sentis frissonner et la douce odeur d’un certain loup-garou flotta jusqu’à moi.
- Que veux-tu? Grognai-je à Ethan.
- Savoir pourquoi tu m’ignore.
- Je ne t’ignore pas, puisque je te parle en ce moment, lui dis-je, ironique.
- Peut-être pas maintenant, convint-il. Mais il y a deux minutes, si.
Je ne répondis pas, je n’en avais aucune envie. Je sentais qu’on allait bientôt tirer les noms et je voulais à tout prix être loin de lui lorsque cela commencerait.
- On parlera plus tard, lui dis-je. Pas maintenant et pas ici.
- Ce soir? Proposa-t-il avec un sourire espiègle.
- Très drôle! Grognai-je, sarcastique.
Il s’éloigna pourtant en m’adressant un nouveau sourire. Je sentais subitement le besoin de sortir d’ici, en particulier lorsque je remarquai que beaucoup trop de regards s’étaient tournés vers moi. Je m’éclipsai alors rapidement dans le fond du réfectoire et bientôt ils se détournèrent, voyant sans doute que je n’avais rien d’intéressant.
Une dizaine de minutes plus tard Chris fit son apparition en avant. Il promena son regard sur la salle et l’arrêta sur moi. Il dit alors tout en sortant deux papiers du chapeau :
- Très bien alors nous avons pour commencer… Maria. Tu auras donc la chance de passer une heure avec…
Il patienta une seconde pour l’effet et je vis Kylie se tourner vers moi avec un sourire qu’elle perdit aussitôt lorsque le vampire prononça :
- Lucas.
Sans tenir compte de ce que disait l’animateur de l’activité, j’entendis Della dire sur un ton moqueur :
- Tu ne l’avais pas vu venir celle-là, hein, Kylie?
Suite à ces mots Lucas lui glissa :
- Si tu veux je peux ne pas y aller…
- Non, vas-y, marmonna la caméléon, mais elle m’adressa un regard froid.
Je baissai les yeux et me détournai en vitesse pour sortir à l’extérieur. Comme elle avait dit à son loup-garou d’y aller, j’espérais qu’il me suivrait. J’avançai d’une dizaine de mètres avant de m’arrêter pour l’attendre. Je me frottai les bras comme pour me réchauffer, pourtant je n’avais pas froid… ce devait être à cause de l’appréhension, j’espérais tellement obtenir des réponses! Je jetai alors un regard en direction de la porte du réfectoire au moment où elle s’ouvrait sur Lucas. Lorsqu’il m’eut rejointe je lançai avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit :
- Tu peux retourner la trouver, si tu veux. Je tiens seulement à préciser que je n’ai pas de vue sur toi et qu’ainsi ce n’est pas pour cela que j’ai payé de mon sang pour cette heure.
Il parut réfléchir avant de dire :
- Pourquoi alors?
- J’avais des questions à te demander, mais si tu aimes mieux… commençai-je, mais il me coupa.
- Et que sont-elles?
- J’aimerais mieux qu’on aille ailleurs, murmurai-je en jetant un coup d’œil autour de moi.
- Très bien alors, je te suis.
Je hochai la tête en signe de remerciement et je me dirigeai vers les bois. Lorsqu’on fut rendu bien profondément dans ceux-ci je finis par lâcher :
- J’ai découvert quelque chose sur ma famille et… mes questions ont un rapport avec ça.
- Je t’écoute, assura-t-il.
Je commençai d’abord par lui expliquer l’histoire de l’adoption et tous les mensonges que m’avaient racontés mes parents adoptifs. Ensuite j’en vins à la vérité sur qui j’étais. Je conclus en disant :
- Mon père s’appelait Matthew Parker. Et il avait un frère. Comme ils étaient tous deux des loups-garou j’en ai conclu… Enfin… je sais que ma question est déplacée puisque… tes parents sont morts et je suis désolée pour toi, sincèrement, mais… est-ce que tu saurais si ton père avait un frère?
Je vis parfaitement le visage de Lucas blêmir et je ne compris pas trop pourquoi… à moins qu’il ne détestât parler de ses parents? C’est vrai que comme ils étaient morts, il devait me trouver un peu… Il coupa court à mes pensées en disant :
- Je vais t’avouer quelque chose, mais jures-moi que tu ne répéteras cela à personne!
- Je te le jure, promis-je sérieusement.
- Mon père n’est pas réellement mort. Et… oui il a bien un frère, mais cela fait des années que je n’en ai pas entendues parlés. Mon père n’a jamais cessé de dire qu’il avait mis le déshonneur sur notre famille et etc. En partant comme il l’avait fait et avec ses idées de fou… Sérieusement, cela me l’a rendue très sympathique et j’ai essayé de le trouver. Mon père a fini par grogner son nom un moment donné.
- Et c’était quoi? M’enquis-je le cœur au bord des lèvres en sachant la vérité toute proche.
- Matthew.
- Je suppose que cela ne peut pas être une coïncidence?
- Si, mais les probabilités sont vraiment minimes. Alors cela ferait de toi…
- Je serais ta cousine, achevai-je à sa place.
- Exact, dit-il les yeux dans le vague, il semblait totalement éberlué.
Je sursautai brusquement en voyant Kylie apparaître devant moi. Je m’exclamai :
- Bon sang! Tu peux te rendre invisible!
En voyant leur regard interrogateur je compris que j’avais parlé accidentellement en français. Je répétai alors dans leur langue et la caméléon acquiesça. Elle ajouta ensuite :
- Je vous ai suivi et… je suis désolée de m’être comportée en petite garce jalouse. Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise, seulement j’ai cru que…
- Je sais. Et je ne vois pas pourquoi vous pensez tous ça. Toi, Chris et même toi, dis-je en pointant Lucas à la fin. Je ne risque pas de m’intéresser à toi de cette façon, surtout pas maintenant, si ce que nous avons « découvert » est la vérité.
- Tu me vexe un peu là, se moqua-t-il.
- Désolée! Dis-je malgré que je ne le pense pas vraiment.
- Alors vous seriez cousin? S’enquit Kylie.
- Apparemment, mais on ne peut pas en être sûr, acquiesçai-je.
- On peut toujours demander à Burnett pour passer des tests ADN, proposa Lucas.
J’acquiesçai en silence, mais je me souvenais maintenant d’autres choses. Je marmonnai alors :
- Je ne crois pas que cela servira à grand-chose. Je suis sûre que d’ici quelques jours je vais me faire envoyer en prison.
- Quoi! S’exclama-t-il, surpris.
Kylie entreprit alors de lui expliquer les dernières nouvelles pendant qu’on prenait la direction pour retourner au réfectoire. Il y eut un long silence durant lequel personne n’osa regarder personne, ou du moins moi je ne posai les yeux sur personne, mais je ne pouvais pas savoir pour les deux autres. Lucas finit par dire qu’il se moquait de ce que cela laissait présumer et qu’il était certain que ce n’était pas moi. Kylie abonda dans ce sens et je me retrouvai avec deux alliés imprévus. Sans le vouloir je sentis mon cœur se gonfler d’espoir, je ne voulais pas être la meurtrière, alors ça non!
Le reste de la journée se passa assez rapidement et malgré que je doive donner de mon sang sur l’heure du midi, j’étais d’humeur plutôt joyeuse. En particulier à cause que je sentais que bientôt je pourrais m’enfuir à quatre pattes et me défouler comme bon me semblerait. Pourtant mon humeur fut mise à rude épreuve lorsque, dans mon dernier cours, quelqu’un hurla à l’extérieur. Je bondis sur mes pieds et réussis à me frayer un passage jusqu’à la porte, malgré le professeur, M. Yates, qui tenta de m’en empêcher. Une fois dehors je réussis à rejoindre l’auteure du cri. Il me semblait bien que j’avais reconnu la voix, me dis-je en voyant Miranda devant un corps encore plus mutilé que le dernier. Cette fois c’était un mec. Je ne le connaissais pas, mais à vrai dire trouver son identité aurait été très compliqué, même pour quelqu’un le connaissant, pensai-je tristement. Kylie apparut bientôt à mes côtés, les yeux brillants d’inquiétudes pour son amie. Della ne tarda pas à son tour avec la même lueur dans les yeux. Lorsque Burnett arriva il soupira :
- Un sorcier.
Je ne peux pas rester ici, me dis-je mentalement en voyant les larmes dans les yeux de la petite sorcière aux cheveux tricolore. La caméléon et la vampire saisirent leur amie et l’entraînèrent à ma suite lorsque je partis. Une fois suffisamment loin des oreilles vampiriques du directeur je soupirai :
- Je suis un danger pour Shadow Falls. Je ferais mieux de partir.
- Non. Tu ne devrais pas fuir ton problème pour attendre que cela se produise ailleurs, rétorqua la vamp. S’il y a bien un endroit où on peut gérer ce genre de choses, c’est bien ici.
- Je ne veux pas que d’autres personnes meurent à cause de moi, geignis-je à moitié.
- C’est la première fois que j’entends un loup-garou produire ce son! Ricana Della, mais je vis dans ses yeux qu’elle n’avait pas l’humeur pour rire.
Nous marchâmes alors en silence après ce commentaire, je me sentais trop déroutée pour avoir envie de relever sa pique. De toute manière cela n’aurait strictement servi à rien. Je commençais à en avoir conscience… Pourtant à peine deux jours plus tôt je serais montée sur mes grands chevaux en moins d’une seconde… Qu’est-ce qui avait donc pu changer ma personnalité en si peu de temps? Shadow Falls, pensai-je. Il y avait quelque chose ici qui m’inspirait confiance. Quelque chose qui me permettait de baisser la garde, légèrement. Ce quelque chose me permettait de devenir celle que je voulais vraiment être. Malgré que ma logique me crie de partir, mon cœur me suppliait de rester. Alors que devais-je écouter? L’esprit ou le cœur? Était-ce nécessaire de prendre une décision immédiatement? M’enquis-je mentalement. Non, répondis-je pour moi-même.
Ce n’est qu’à ce moment que je sentis l’odeur nauséabonde m’envahir les narines. Je fus immédiatement sur mes gardes. La chose était là, tout près.
- Les filles… La chose… elle est là. Proche de nous.
- Je ne la sens pas… grogna doucement la petite vampire, légèrement hors d’elle.
Je suivis l’odeur avec mon nez et tentai de garder le contact visuelle sur l’endroit où je croyais qu’elle se trouvait. J’inspirai profondément alors qu’une idée me venait. Cela ne plairait pas aux filles, mais peut-être qu’ainsi je pourrais comprendre ce que c’était?
- Je vais essayer quelque chose. Lorsque vous me verrez agir partez à toute vitesse dans la direction opposée à la mienne. Et si vous me voyez revenir en courant vers vous… Fuyez encore plus vite.
- C’est censé nous rassurer? Railla Della en me jetant un regard mauvais.
Du coin de l’œil je vis Kylie saisir Miranda sur son dos, la vamp se positionna à côté d’eux. Je voyais bien que cela ne la plaisait pas de fuir devant un ennemi, mais elle n’avait pas le choix. Je le savais et elle le savait. La chose nous tournait autour en un cercle parfaitement exécuté, il fallait juste espérer que mes instincts de chasse rendus encore plus fort avec la Pleine Lune toute proche suffiraient pour que je puisse l’atteindre. Sans plus attendre je bondis sur l’endroit où je supposais que la créature se trouvait. Je percutai alors un corps massif à épaisse fourrure. Je lâchai un grondement tonitruant en tentant tant bien que mal de retenir mon ennemi au sol le plus longtemps possible. Mes oreilles m’avaient déjà averti que les filles étaient parties comme je l’avais demandé. Mon avantage fut rapidement perdu malheureusement. Je fus rapidement retournée sur le dos et je perçus un souffle acide et dégoûtant sur mon visage. Des pattes larges d’où sortaient apparemment de très grandes griffes reposaient sur mes épaules. Ce qui était inquiétant c’était que je ne sentais pas les pattes-arrières, ce qui signifiait que cette créature était très grande. Beaucoup trop grande. Je lâchai un cri de colère lorsqu’elle bondit à courir, dans la direction qu’avait prise celles dont je m’étais assurée la protection. Je m’élançai à sa suite en continuant à grogner de colère, forçant mes jambes déjà à pleine capacité à aller encore plus vite, mes muscles déjà épuisés à utiliser leur dernière force… Cette maudite calamité courait affreusement vite! Et sans faiblir! Pourtant je sentis peu à peu mon plaisir de chasser prendre le dessus et je ne connus plus la douleur. L’odeur de la chose me faisait saliver. Je ne rêvais plus que d’une chose. Tuer. Tuer ce que je considérais désormais comme ma proie. Ma vitesse s’accentua à tel point que je réussis de nouveau à plaquer ce que je pourchassais au sol. C’est à ce moment que Della débarqua.
- Non, mais! Je croyais vous avoir dit de partir! Grognai-je avec hargne.
- Je suis seule! Lâcha-t-elle avec dédain. Merde! Ne me dis pas que cette chose touche le sol en plus! S’exclama-t-elle en écarquillant les yeux.
Je regardai alors vers le bas et remarquai qu’à cet instant que j’étais bien à un mètre et demi du sol. Le pire dans tout ça c’était que je sentais bien que les pattes s’étaient affaissées elles aussi. Ce qui voulait dire que… Bon sang! Ce qui se trouvait sous moi mesurait au minimum deux mètres! Et avec la tête… Il ne fallait pas que j’y pense, me dis-je alors même que, surement remise du choc de la chute, la chose remuait.
- Bon, là, maintenant… Tu vas fuir! Lui criai-je.
- Non.
Je soupirai bruyamment, mais en moins d’une seconde je fus projetée comme une poupée de chiffon. Droit sur un arbre. Mon dos produit un son inquiétant, mais je ne m’en inquiétai pas trop et me remis sur pieds malgré la douleur. Je ne pouvais pas laisser la vampire affronter un ennemi qu’elle ne pouvait ni voir ni sentir. La créature s’était remise à faire des cercles autour de nous. Je ne comprenais pas… Pourquoi ne nous attaquait-elle pas?
J’aurais dû me la fermer, pensai-je amèrement en sentant son odeur foncer droit sur Della. Je réussis par miracle à arriver avant elle et à m’en sortir sans encombre. J’agrippai alors la petite vamp par le col de ses vêtements et l’entraînai à ma suite dans la direction opposée à celle de la créature. Nous courions que depuis une trentaine de secondes que je sentis ma prise lâcher alors que celle que je tenais s’effondrait au sol. Je perdis équilibre et m’affalai à mon tour de tout mon long. Malheureusement la personne derrière moi ne s’en tira pas en si bon compte. Elle se faisait littéralement traînée sur le sol à une vitesse fulgurante. Non! C’était forcément une blague! Elle pouvait courir encore plus vite que moi, était gigantesque et avait des griffes à faire mourir de peur n’importe qui, mais en plus… en plus! Elle pouvait courir aussi vite de reculons? Décidément cette chose avait tout pour elle. Je refusai malgré tout d’abandonner. Je n’appréciais peut-être pas beaucoup la vampirette, mais je ne pouvais pas non plus la laisser derrière moi. Je bondis alors sur mes pieds et m’élançai à sa suite. Tout en prenant soin d’attraper une branche assez épaisse que je me dépêchai de casser en deux, tout cela en courant comme une dératée, bien entendu. Une fois ma lance improvisée bien en main je donnai tout ce que j’avais pour rejoindre Della et la chose qui la traînait. Avec force halètement je réussis à atteindre mon but et sans réfléchir je plantai ma vulgaire branche dans ce que je supposai être le corps de la créature. J’entendis alors un hurlement à me percer les tympans et d’un coup ce que j’avais attaqué avec la lance se délogea avant de partir à courir en continuant son hurlement de la mort. J’eus un léger soupir de soulagement en sentant que l’odeur s’éloignait aussi.
- Est-ce que… cette chose est partie? S’enquit celle que je venais d’aider.
- Pour le moment je crois que oui, répondis-je en baissant les yeux vers sa cheville.
Elle saignait, mais pas de manière préoccupante. On voyait distinctement une trace de morsure et des traces de griffures. Je compris alors comment cette chose s’y était prise. Grâce à sa patte elle avait fait perdre équilibre à sa proie, soit Della et ensuite avait refermé sa gueule sur la cheville de cette dernière. Malheureusement pour moi, en m’approchant je compris que j’avais raison. Cette maudite calamité était en partie loup.
- Saleté! Lâchai-je au lieu de ce que j’avais réellement le goût de dire.
- Quoi?
- Je crois que la créature est à moitié loup…
- Pourquoi est-ce que ce ne serait pas un loup simplement? S’enquit la vamp en me dévisageant.
- Nous ne possédons pas des griffes que l’on retrouve sur des fossiles de vélociraptor, voilà pourquoi! M’exclamai-je plus durement que je le voulais.
Avec chance je vis que la cheville de ma coloc cicatrisait maintenant. Je soupirai de soulagement à nouveau et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Elle l’accepta, malgré que je sache qu’elle n’en avait pas du tout envie. Je marmonnai alors :
- Nous devrions rejoindre Kylie et Miranda. Ensuite on devra appeler Burnett.
Elle acquiesça simplement de la tête avant de s’élancer à toute vitesse vers notre bungalow. Sans même prendre la peine de m’attendre. Très sympa. Vraiment. Je maugréai en silence pour la forme, mais me résignai à la suivre, malgré mon envie de m’enfuir loin, très loin d’ici.
Je n’eus pas à courir pendant bien longtemps, le bungalow se dressa bientôt devant moi et je montai les marches du perron avec des crampes dans les jambes. Je n’avais jamais, au grand jamais couru aussi vite pendant aussi longtemps…
J’ouvris la porte avec difficulté et retrouvai les trois filles rassemblées autour de la table de la petite cuisine. Elles tournèrent leur visage en même temps dans ma direction et je pus lire sur celui de Della qu’elle n’était nullement fatiguée par les éléments des dernières minutes. Je marmonnai pour moi-même avant de lâcher :
- Sérieusement, je crois que le problème est encore pire que nous ne le croyions.
Sur ce, je m’effondrai complétement vidée de mon énergie.


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:07 am, modifié 4 fois.
roxyfox

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par roxyfox »

Salut!
Je lis ton histoire depuis le début, mais j'attends avant d'écrire un commentaire sur une fiction pour voir si je l'aime vraiment... Et je peux te le dire que ton histoire est très bonne! On retrouve l'esprit de ShadowFalls!
Alors j'aimerais être prévenue pour la suite si tu veux ;)
Rox
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 6


Mes yeux s’ouvrirent d’eux-mêmes lorsque quelqu’un eu la charmante idée de me mettre la lumière d’une lampe-torche devant ceux-ci. Je grognai légèrement contre cette agression et entendit la voix de la vampire dire :
- C’est bon elle est vivante, les filles.
Je me relevai précipitamment et demandai :
- J’ai perdu connaissance?
- Ouais, acquiesça Miranda.
Je soupirai de découragement, je savais que ma course m’avait épuisée, mais pas à ce point-là. Sérieusement? Perdre connaissance à cause d’une petite course? Il y avait de quoi être découragé! Surtout pour quelqu’un comme moi! Je me dirigeai alors à la table et me laissai tomber sur une chaise. Je lâchai alors :
- Quelqu’un peut appeler Burnett? Je crois que j’ai des choses à lui dire… Et aussi à lui demander.
- Tu crois qu’il pourrait savoir de quoi il s’agit? S’enquit Della, curieuse.
- Je ne sais pas, mais c’est lui et Holiday qui seront sans doute plus au courant que nous, répondis-je en haussant les épaules alors qu’elle venait nous rejoindre à la table.
Kylie attrapa alors son téléphone et signala un numéro. Après avoir échangé quelques paroles avec son interlocuteur elle nous lâcha :
- Ils devraient arriver d’ici une vingtaine de minutes. Ils ont plusieurs autres problèmes sur les bras. Comme le deuxième corps…
Nous hochâmes la tête et le silence fut lourd jusqu’au moment où la petite sorcière dit :
- Est-ce qu’on peut savoir ce qui s’est passé après que tu te sois jeté sur cette chose?
Je maugréai pour moi-même en français, mais consentis à leur raconter ce qu’il s’était passé, malgré le fait que je devrais le refaire plus tard.
- Alors tu dis que cette créature est plus grande, plus rapide et plus forte que toi, qu’elle est en partie loup, mais qu’en plus elle a des griffes de raptor? Récita Della.
- Ouais, marmonnai-je.
- La vache, on est mal barré, ajouta-t-elle.
- Je ne te le fais pas dire, acquiesçai-je en secouant tristement la tête.
Le silence se réinstalla et je m’étais presque endormie lorsque la porte de notre bungalow s’ouvrit à la volée. J’espérais sincèrement que ce soit Burnett et Holiday, mais évidemment j’avais tort. Et fallait que cela arrive au moment où cela ne m’arrangeait pas en plus! Je grognai alors à l’encontre d’Ethan :
- Qu’est-ce que tu fous ici!
- Apparemment vous avez encore eu des problèmes! Toi, surtout. Je suis venu voir comment tu allais, répondit-il sans me quitter des yeux ce qui me rendit mal à l’aise, surtout qu’il n’avait pas adressé, mais absolument aucun, de coup d’œil aux autres filles.
- Comment l’as-tu su? Marmonnai-je tout en le questionnant.
- Burnett.
Je me retins de justesse de grogner, ma patience avait ses limites le jour d’une Pleine Lune. Surtout après autant d’émotion forte. Malgré tout je sentis une chaleur bienfaisante monter en moi. Il s’inquiétait de mon sort! Je me repris rapidement, il ne fallait pas que je me laisse aller au sentiment maintenant. Pas aujourd’hui. Peut-être demain. Mais assurément pas maintenant! Voyant que j’avais baissé les yeux je les relevai pour le regarder. L’inquiétude sincère qu’il éprouvait pour moi se lisait sur son visage et je ne voulus qu’une chose m’effondrer dans ses bras. N’avais-je pas dit qu’il fallait que je me ressaisisse? Alors ressaisis-toi, bon sang, Maria! Me morigénai-je.
- Comme tu peux le constater je suis entière et je vais bien. Tu peux t’en aller.
Il s’approcha, mais avant qu’il n’arrive à moins d’un mètre de moi je répétai :
- Tu peux t’en aller, Ethan.
Il poussa un soupir, mais il m’obéit et tourna les talons avant de sortir en claquant très légèrement la porte. Je surpris le regard de mes trois colocs sur moi et je leur demandai :
- Quoi?
- Tu as déjà un copain? Dit Miranda avec des étincelles sournoises dans les yeux.
- Non.
- Ah… pourtant avoir comment vous vous dévisagiez… renchérit Kylie avec un petit sourire.
- Ouais et l’odeur aussi, pouffa Della en passant la main sous son nez comme pour chasser une mauvaise odeur.
- Très drôle, marmonnai-je en fronçant les sourcils.
Elles eurent un sourire complice, mais avant qu’elles ne puissent me pousser à bout, ce qu’elles auraient fait, je n’en doutais pas une seule seconde, on ouvrit la porte à nouveau. Cette fois c’était bel et bien les deux directeurs du pensionnat.
- Que s’est-il encore passé? S’enquit Burnett.
- La chose nous a encore attaqué, répondis-je. Et j’ai découvert certaines choses.
- Quelles choses? M’encouragea-t-il.
- Cette créature est d’une hauteur d’au moins deux mètres, elle mesure au niveau de la longueur plus que moi lorsque je suis étendue au sol. De plus elle possède un pelage dru, des griffes rétractiles de la taille et de la forme de celles des velociraptor et je crois qu’elle est en partie loup. La morsure ressemblait à celle d’un loup et elle a attaqué un peu à la manière des loups. Et pour encore aller avec des suppositions elle est peut-être aussi en partie féline. Les pattes ne correspondaient pas à celles d’un canidé, mais plus à leur lointain cousin.
Une fois que j’eus terminé de décrire la chose je ne ratai pas le regard inquiet que se portèrent le vampire et la fée. Apparemment mes colocs non plus, car elles les dévisageaient avec l’air de dire « vous êtes mieux de rien nous cacher ». Ce fut sans doute pour cela que je lâchai :
- Est-ce que vous savez ce que c’est? Si oui, je veux savoir.
Ils soupirèrent en même temps et Holiday finit par dire :
- Commence par nous raconter toute l’histoire et nous te dirons ensuite.
Je m’exécutai quoique à contrecœur. À peine avais-je finis qu’ils demandèrent à Kylie, Della et Miranda d’en faire de même. Quand elles eurent toute passée un long silence s’ensuivit jusqu’au moment où Burnett capitule en disant :
- Plusieurs se contentent d’appeler ça une chimère. Par contre il en existe plusieurs types… Il faudra découvrir de qu’elle sorte celle-ci est, sinon on ne saura pas comment la vaincre. Dans certain cas il faut la tuer, dans d’autre faire cela serait comme trancher la tête d’une hydre. Et que ce passe-t-il lorsque l’on coupe la tête d’une hydre?
- Deux autres repoussent, répondis-je en retenant un soupir.
Il acquiesça avant de continuer :
- Donc avant de faire quoi que ce soit nous devrons faire des recherches approfondies. Maria tu as ajouté qu’elle était puissante et très rapide. À quel point l’est-elle?
- Plus vite qu’un loup-garou, mais probablement moins qu’un vampire.
Je le vis afficher un air pensif avant que son visage redevienne neutre. La fée se permit alors d’intervenir :
- Je crois que toutes les quatre vous devriez prendre un moment pour vous reposer…
Elle se tourna alors vers moi avec des yeux inquiets et curieusement très doux.
- J’espère que tu n’auras pas de difficulté pendant ta Pleine Lune, me dit-elle en me touchant le bras.
Immédiatement je sentis un sentiment de paix m’envahir. Pour toutes réponses je hochai la tête. Alors qu’ils se dirigeaient vers la porte je demandai :
- Des résultats pour les tests sanguins?
- Pas encore, répondit Burnett avec un air sincère, mais quelque chose me soufflait qu’il mentait.
Je jetai alors un coup d’œil vers Della et m’aperçus qu’elle dévisageait l’autre vampire avec des yeux plissés par la suspicion.
- J’aimerais la vérité, lançai-je.
- Tu ne veux pas la connaître, dit Holiday en détournant les yeux.
- Alors c’est vrai? Dis-je les larmes aux yeux. C’est vraiment leur sang? Je les ai tués?
- On ne sait pas encore pour le jeune sorcier, mais… C’est possible. Pourtant il peut y avoir plein d’autre raison pourquoi tu… commença-t-il, mais je le coupai.
- Pourquoi j’étais couverte de leur sang? Non, il n’y a aucune bonne raison à cela! Surtout pas avec les blancs de mémoire que j’ai. Avant chaque mort. Je suis la coupable… Enfermez-moi…
- Je ne ferai pas une telle chose sans preuve irréfutable! Rugit le vampire, mécontent.
Je détournai le regard et me levai brusquement. Pourquoi refusait-il de se rendre à l’évidence? C’était incompréhensible… Je croisai alors le regard de mes colocs et étrangement aucune ne semblait m’être hostile. Pas même la petite vamp de Della. Pourquoi?
- Vous devriez me détester… murmurai-je alors que la porte du bungalow se refermait derrière nos visiteurs.
- On ne te déteste pas, rétorqua la vampire sans me regarder. Ne te méprends pas, je ne t’apprécie pas vraiment, mais je pense comme les autres. Je ne crois pas que ce soit toi la coupable… Ce serait trop facile. Trop simple…
Les deux autres hochèrent la tête et je finis par me laisser tomber la mienne dans le creux de la main. Dire que j’avais hâte que la nuit arrive pour aller courir sous la lune ce matin, mais là… Je craignais surtout de retomber sur la créature. Je n’avais pas oublié comment je m’étais senti en la pourchassant… et étrangement ce sentiment ne m’était pas si étranger. Je ne pouvais pas la confondre avec mes autres parties de chasse, non. Cette fois c’était en beaucoup plus intense. Et j’avais déjà ressenti cela. Mais quand? Je secouai la tête fermement et tentai de me sortir cette idée de l’esprit, c’était forcément mon imagination. Forcément. D’un simple coup d’œil aux autres personnes rassemblées autour de la table je compris que nous étions toutes dans un état de pur désappointement. J’eus alors un petit rire et demandai :
- Pourquoi vous faites cette tête-là, vous?
- Le week-end chez nos parents est pour bientôt. En fin de semaine, se lamenta Della.
- Oh… dis-je en me sentant blêmir.
- Qu’est-ce qu’il y a Maria, tu es toute pâle soudainement… dit Miranda en me dévisageant.
- Eh bien, c’est que… je ne me vois pas vraiment retourner chez mes parents, alors… Je suis censée faire quoi?
- Je suppose que Holiday te dira de rester ici… répondit Kylie en haussant les épaules.
Comme si j’avais besoin d’avoir d’autres sujets de préoccupations! Marmonnai-je intérieurement. Je soupirai et fus bientôt suivi par trois autres biens distincts. Nous nous jetâmes toutes un coup d’œil et l’ébauches d’un sourire effleura nos lèvres. Peut-être que nous ne serions pas amies, mais au moins si on ne se détestait pas… Bon, je sais que c’est moi qui aies un peu provoqué le « je vous déteste, alors détestez-moi », mais cela faisait partie de mon armure et je n’y pouvais rien. Du moins c’était ce que je m’étais mise à croire jusqu’à mon arrivée ici.
- Nous devrions peut-être aller au réfectoire pour prendre notre diner, non? Proposa la sorcière.
- Je suis d’accord, acquiesça miss vampire.
- Moi aussi! renchérit la dernière de mes colocs. Tu viens avec nous Maria?
- Pourquoi pas! Dis-je en me redressant.
Je les suivis alors à l’extérieur et nous marchâmes dans un silence très pesant, chacune d’entre nous étant sur la défensive à cause de notre petite attaque de plus tôt. Pourtant au bout d’un petit moment ma coloc aux cheveux tricolores me demanda :
- Est-ce que tu veux manger avec nous cette fois-ci?
- Pourquoi pas, répétai-je. Autant que je commence à essayer de réparer un peu des torts que je vous ai fait.
- Quels torts? Demanda la caméléon.
- Je n’ai pas été très sympa avec vous…
- Ah, ça… dit-elle en baissant les yeux.
Personne n’ajouta quoi que ce soit et je crois que nous fûmes toutes soulagées en apercevant le réfectoire devant nous après quelques minutes d’un silence gênant.
Une fois à l’intérieur nous nous prîmes toutes de quoi nous restaurer et je les suivis d’un pas raide jusqu’à leur table où se trouvait déjà leur petite compagnie. Soit Derek, Jenny, Perry et Lucas. Une fois assise parmi eux je me rendis compte que je n’avais pas ma place là. Je ne savais même pas quoi leur dire. Je finis par lâcher :
- Euh… Salut.
Ils me saluèrent tous avec une émotion différente, le fae avec gêne, la deuxième caméléon avec gentillesse, le métamorphe avec amusement et finalement mon « peut-être » cousin avec une certaine complicité. Ce dernier me demanda d’ailleurs avant que je puisse prendre ma première bouchée :
- La Pleine Lune de ce soir… Est-ce que tu vas la passer en solo ou en groupe?
- Probablement en solo. Comme je l’ai toujours fait.
Il hocha la tête et soudain il la redressa brusquement pour me dévisager. Il s’exclama la seconde suivante :
- Attends… Tu es en train de me dire que tu as toujours passé ta Pleine Lune seule?
- Bah… ouais, dis-je en fronçant les sourcils. Quel mal y a-t-il à cela?
- Aucun… enfin… si on excepte que normalement les loups solitaires ne survivent pas, me répondit-il.
- Je sais me défendre, fis-je remarquer. D’ailleurs tu en as payé les frais à une ou deux reprises, non? Ajoutai-je avec un petit sourire moqueur.
- En effet, acquiesça-t-il en répondant à mon sourire. Mais tu es sûre de n’avoir jamais croisé aucun autre loup-garou? Aucune meute?
- Je ne crois pas… Mais nous sommes probablement moins nombreux dans mon coin de pays.
Ses sourcils se froncèrent, mais il n’ajouta rien. Je passai à deux doigts de lui demander des explications, pourtant au lieu de cela j’enfournai une bouchée de mon repas dans ma bouche pour m’en empêcher. Dès qu’ils remarquèrent que je ne parlerais pas plus ils entamèrent leur discussion. J’embarquais une fois de temps en temps, mais j’étais sans cesse déconcentrer par un regard qui me brûlait presque littéralement la nuque. Je n’avais même pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s’agissait. Ethan Dawson, murmurait mon esprit. Je me forçais pourtant pour ne pas me tourner dans sa direction, je ne voulais pas lui donner ce pouvoir sur moi. Enfin… si ce n’était pas déjà fait, évidemment! Marmonnai-je intérieurement. Soudain je reçus un petit coup de coude de ma voisine, de Miranda pour être plus précise. Elle me glissa alors sur le ton de la confidence :
- Tu as conscience que ce loup-garou, Ethan… Il ne te lâche pas du regard?
- Parfaitement, grommelai-je en regardant mon assiette presque vide.
- Il est quand même canon, dans son genre, ajouta-t-elle. Mais je préfère mon Perry, conclut-elle en prenant la main de ce dernier qui se trouvait aussi à côté d’elle.
Tous les regards convergèrent vers moi et Della finit par demander sur un ton moqueur :
- Alors, toi, Maria, est-ce qu’il t’intéresse le p’tit loup-garou?
- Qu’est-ce que ça peut vous faire? Grognai-je sur la défensive.
- On veut savoir, c’est tout, dit Kylie d’un ton doux.
- Peut-être bien, mais… Enfin, cela ne vous regarde pas, marmonnai-je en détournant les yeux, ce qui se trouva être une grossière erreur.
Pourquoi est-ce que ce fut une erreur? Pour la simple raison que je restai prisonnière des yeux bleus limpide que j’avais tenté d’éviter. Ethan m’adressa un fabuleux sourire et je déglutis difficilement avant de prendre la dernière bouchée de mon souper. Je réussis finalement à détacher mon regard de celui de l’autre loup-garou, mais ce fut seulement pour croiser les yeux bleus plus foncé de Lucas, mon « possible » cousin. Il m’adressa un sourire moqueur et je sentis mes joues s’enflammer, ce qui était pratiquement une première pour moi! Je rougissais, bon sang! Il me dit alors :
- Tu sais que puisque c’est la Pleine Lune ce soir…
- Ne dis rien de plus! L’interrompis-je brutalement.
Tous ceux autour de la table éclatèrent de rire et je me surpris à embarquer. Décidément Shadow Falls m’avait bien changée en quelques jours seulement… Pourtant je ne le regrettais pas, mais maintenant l’idée de devoir partir commençait à me faire mal au cœur. Je soupirai de contentement, mais à peine une dizaine de minutes plus tard je commençais à me sentir fébrile. Le moment tant attendu depuis un mois arrivait enfin!
- Je crois que je vais sortir, leur dis-je en me redressant déjà.
- Moi aussi! ajouta Lucas. Tu viens avec moi Kylie?
Cette dernière hocha la tête et Miranda nous lança :
- Bonne Pleine Lune!
Les autres répétèrent des variantes de cette phrase et je les remerciai d’un petit sourire alors que je m’éloignais pour aller porter mon plateau.
Une fois à l’extérieur du réfectoire je pris une grande inspiration de l’air nocturne et l’excitation m’envahi. Mes craintes de plus tôt semblaient déjà s’être volatilisées et je ne m’en plaindrais pas. Lucas et Kylie me rejoignirent alors que j’atteignais l’orée de la forêt. Le premier me demanda :
- Tu es sûr de vouloir passer ta Pleine Lune en solo?
- Oui, acquiesçai-je. Surtout la transformation en tout cas… Peut-être que je vais vous rejoindre pendant la durée de la nuit, mais… Enfin, on verra bien.
Il hocha la tête et me souhaita une bonne soirée avant de s’éloigner plus loin avec la caméléon. Rendue bien profond dans les bois je m’arrêtai pour décider où je voudrais me métamorphoser. Proche de mon bungalow? Oui, j’aimais bien savoir que je serais proche des autres. Bon, restait plus qu’à se rendre là et profiter du bain de rayon de la lune en attendant la transformation.
Quand j’y arrivai enfin je m’étendis sur le dos dans l’herbe fraîche et contemplai le ciel sans nuage qui permettait de voir la Pleine Lune dans toute sa beauté. J’entendis à peine le bruit de pas avant que quelqu’un s’arrête à mon niveau et dise :
- Alors tu vas faire ta métamorphose ici?
- Sérieusement, Ethan? Tu me suis ou quoi?
- Je te l’ai dit, je te trouverai peu importe où tu te planqueras. Quoique pour le coup cela n’a pas été très compliqué.
- Très drôle, dis-je en essayant d’être cassante, mais les rayons de la lune sur ma peau me rendait presque sans énergie pour de telle futilité.
Il eut un petit sourire et s’étendit à côté de moi, mais à une distance plus respectable que la veille, ce dont je lui en étais reconnaissante, mais je ne le dirais pas. Une heure passa et je commençai à ressentir le besoin de changer de forme, alors je lâchai :
- Ethan… Veux-tu bien rentrer à ton propre bungalow pour ta métamorphose? Je veux être seule…
Il me dévisagea un moment, mais se redressa en disant :
- J’aurais préféré rester ici avec toi, mais je suppose que te courir après sous le clair de lune sera plus intéressant! Alors, à plus tard!
Sur ces mots il s’élança silencieusement dans les bois, mais à une vitesse merveilleusement tentante. J’adorais courir à ma vitesse maximale jusqu’à ce que je ne puisse presque plus respirer, cela éveillait mes sens à leur maximum et je me sentais presque… revivre. J’attendis encore quelques minutes avant de laisser mon corps devenir celui de l’autre qui sommeillait en chaque loup-garou.
Mon dos s’arqua alors étrangement, mes membres se cassèrent de toutes sortes de manière avant de se reformer pour prendre de nouvelles positions. Le pire ce n’était pas tant les os qui se cassaient, mais lorsqu’ils repoussaient. Bon, certes la douleur n’était pas vraiment atroce non plus, mais il y avait une certaine marge entre les deux. Ma fourrure se fraya alors un passage et plusieurs minutes plus tard je me tenais sur mes quatre pattes. Je poussai un hurlement de victoire avant de m’étirer comme je ne pouvais le faire que sous forme de louve. Au loin j’entendis un autre hurlement qui semblait répondre au mien et je compris que c’était Ethan. Mon sang pétilla alors au besoin de chasser et fuir. Je m’élançai alors plus avant dans les bois à la recherche d’une proie quelconque à me mettre sous les crocs. Soudain mon museau sembla retracer une odeur et avant même que mon cerveau m’informe de ce dont il s’agissait mon corps partait à sa poursuite dans un petit trot rapide que je pourrais tenir des heures durant. J’adorais la liberté de mes mouvements de louve, mais alors que je commençais à sentir l’extase que me procurait la chasse je reconnus l’odeur. Oh merde! C’était celle de la créature. La chimère, si ce que m’avait dit Burnett était fondé. Je m’apprêtais à faire demi-tour lorsque que je la vis dans toute sa splendeur. C’était une créature incroyable, vraiment. Mais aussi belle que terrifiante. Je ralentis alors, pour éviter qu’elle ne perçoive ma présence. Malheureusement elle dut m’entendre, car à peine fus-je immobile que son regard de rubis s’arrêta sur moi. Nous nous observâmes un moment, sans ciller. Je pus donc constater que j’avais eu raison sur mon hypothèse selon laquelle cette créature était en partie loup… La majorité de sa tête était celle d’un loup, ainsi que la queue si on exceptait qu’elle était un peu plus mince. Pour ce qui était du reste de son corps, c’était pour le moins étrange. Les pattes antérieures étaient celles d’un léopard où tout félin de ce genre (je n’étais pas une experte du genre félin en général, donc…), ensuite pour les pattes postérieurs c’était celles d’un tigre, là je n’avais aucune difficulté. Leur seul point commun se trouvait être les griffes de velociraptor, quoique que celles des pattes arrières se trouvaient être légèrement plus petite… Son pelage se trouvait être celui du loup de la tête au poitrail et au niveau de la queue, par contre parfois on voyait les motifs recouvrant ses pattes. Sa couleur était surtout fauve, mais parfois orange ou beige-doré.
Soudain la créature avança d’un pas dans ma direction, baissa la tête légèrement en étirant le cou et poussa un grondement sourd. Le message était clair, même si elle n’avait pas découvert ses crocs beaucoup trop longs pour une gueule de loup, elle m’interdisait d’avancer. Ou peut-être me mettait-elle au défi d’essayer? J’avançai alors d’un pas en grognant à mon tour, mais de façon beaucoup plus agressive. Alors sans plus attendre la créature bondit dans ma direction et tenta de me prendre à la gorge. C’était sans compter mes réflexes de loup, mais ils me permirent à peine de ne pas me faire égorger. Au lieu du cou elle m’atteignit à l’épaule et sa morsure, pour ne pas en rajouter, était vraiment douloureuse. Je poussai un grondement rageur et réussit à lui donner un coup de pattes dans les siennes, ce qui lui fit perdre l’équilibre. Juste assez pour mettre un bout de son corps au niveau de ma mâchoire. Sans réfléchir je plantai mes crocs dans sa chair et ne pus m’empêcher de renâcler tellement même le goût de son sang, à l’instar de son odeur, était infect. Je ne lâchai pourtant pas et raffermis même ma prise. De toutes mes forces. La chose finit par me relâcher et je n’attendis pas pour bondir de nouveau sur elle pour tenter de l’atteindre à la gorge, comme elle avait essayé de le faire avec moi. Je ne réussis pas à atteindre mon but, car elle happa ma tête dans l’étau de sa gueule et je lâchai un demi-hurlement et demi-glapissement très sonore et aigüe. Bon sang que c’était douloureux! Alors qu’elle me jetait au sol comme un vulgaire sac de patates je remarquai avec étonnement le signe peint d’un noir profond à l’arrière de son oreille droite. C’était le même. Exactement le même d’ailleurs. Celui que je voyais à chaque fois que j’étudiais la pierre qui provenait de mon voyage dans le Vieux Québec! Bon sang! Della avait raison! Je n’eus pas le temps d’y réfléchir à nouveau, car sa prise se raffermissait sur ma patte, merde! Cette chose allait me casser la patte, voire la trancher si cela continuait. Comme je ne pouvais pas faire grand-chose d’autres je refermai ma mâchoire sur son museau. Elle lâcha un glapissement de douleur très strident et relâcha prestement ma patte. C’est à ce moment que déboula ma coloc vampire, les canines bien visibles (et assez longues) ainsi que des yeux très lumineux et en colère.
- Merde! Maria, c’est toi? S’exclama-t-elle. Et c’est quoi cette odeur?
Je m’approchai d’elle sans quitter des yeux mon ennemi, mais en à peine une seconde la chose se mit à courir. De plus en plus vite, jusqu’à me donner mal au cœur. Je n’en aurais pas fait de cas si ce n’était qu’elle courait autour de nous et non loin de nous. Je tentais tant bien que mal de la suivre des yeux, mais elle courait encore plus vite que je l’avais soupçonné. J’entendis un sifflement de frustration derrière moi et alors que la petite vamp grognait :
- Je n’arrive pas à la voir. Mais je la sens! Toi? Est-ce que tu arrives à la voir.
Je hochai la tête sans cesser de tourner sur moi-même. Soudain j’entendis un bruit sourd derrière moi et vis que Della s’était effondrée au sol. Elle marmonna quelque chose comme quoi la créature allait payer cette honte et se redressa brusquement. Je remarquai alors la créature qui nous dévisageait avec une sorte de sourire carnassier canin. Et je me jurais que je ne voulais plus jamais voir ce genre de sourire de ma vie. Une fois m’avait suffi. Alors sans plus de cérémonie elle s’élança plus loin dans les bois. Cette fois elle ne nous narguait plus. Je sentis une étrange émotion monter en moi. Le besoin de chasser cette proie qui s’enfuyait. Et comme dans la journée je compris que ce n’était pas la première fois. Comme nous étions la Pleine Lune je ne pouvais pas lutter contre mon instinct. Il était trop fort. D’un bond je poursuivis la créature qui laissait dans son sillage une odeur qui m’était à la fois terriblement tentante et affreusement répugnante. Mon besoin de la pourchasser me poussait à aller encore plus vite que ma moyenne. Si en général un loup gris commun pouvait aller à 65 km/h, un loup-garou en moyenne pouvait aller de 75 à 85 km/h. Pour ma part je pouvais aller, si je me donnais à fond, jusqu’à 80 km/h, pourtant en ce moment j’allais presque à 90! Et je n’arrêtais pas d’accélérer! Je sentis soudain l’odeur de Della et compris qu’elle m’avait suivi, mais pourquoi? Cela restait à voir, j’imagine. Je me concentrai alors de toutes mes forces sur mes pattes en tentant d’accélérer encore plus. Mes muscles me cuisaient littéralement et malgré tout je ne ressentais aucune fatigue. C’est environ au moment où je commençais à gagner du terrain que je sentis mes yeux se fermer. Alors, ça non! M’exclamai-je mentalement. Je ne le permettrai pas, pas cette fois! Je luttai alors de toutes mes forces et une douleur fulgurante m’inonda les yeux alors que je peinais à les garder ouvert. Je manquai de peu de foncer dans un arbre, mais pourtant, à ma grande stupéfaction mes yeux ne luttaient plus contre moi pour se fermer! J’avais vraiment réussi? C’était presque impossible… Peut-être était-ce un effet de la Pleine Lune? Mes oreilles captèrent alors un couinement aigu de loup. Bon sang, l’un des miens était en danger. Je me sentis bouillir de l’intérieur alors que mes pattes m’entrainaient de plus en plus vers l’avant. C’est ainsi que je fonçai de plein fouet dans la chimère qui relâcha sa proie sur le coup. Je n’attendis pas qu’elle se reprenne et je plantai profondément mes crocs dans sa nuque qui ne portait déjà plus de traces de notre dernière escarmouche. La vamp qui m’avait suivi s’arrêta à mes côtés dans un freinage un peu sec, avant de s’approcher de moi et de la créature. Elle regarda profondément là où je serrais la mâchoire avant de me faire signe de relâcher prise. Là à la vitesse de l’éclair elle happa la créature avant de la lancer aussi loin qu’elle le put. Nous nous tournâmes ensuite derechef vers le loup qui agonisait lentement. La chose avait tranché la jugulaire, il ne lui restait plus beaucoup de temps. Je m’approchai alors de lui et gémis légèrement contre lui. Je ne le connaissais pas, mais c’était un loup-garou. Comme moi. Mon museau et mon poitrail se couvrirent rapidement de sang, mais je restai planter là jusqu’au dernier souffle du loup-garou. Lorsqu’il le libéra je reculai légèrement, mais avant de pouvoir faire un autre pas je sentis quelque chose se refermer sur l’arrière de ma tête. Juste avant de perdre connaissance je perçus l’odeur de charogne qui régnait autour de moi.
Lorsque j’ouvris de nouveau les yeux je me retrouvai debout devant un cadavre de loup. Qu’avais-je fait! M’exclamai-je en moi-même, car j’étais toujours sous forme de louve. Le dernier souvenir que j’avais c’était que je courais lorsque j’avais soudainement sentis mes yeux se fermer d’eux-mêmes et que j’avais tenté de le vaincre. Apparemment cela n’avait pas fonctionné… Je regardai lentement autour de moi et je ne vis aucune trace de Della, alors que j’étais pratiquement sûre qu’elle me suivait. Je posai alors les yeux au sol et crus reconnaître l’empreinte de l’une de ses chaussures. Comment cela se pouvait-il si elle n’était pas là? Sachant que rester ici risquait de m’attirer des ennuis mal venus je bondis hors de la clairière où je me trouvais et courus jusqu’au point d’eau le plus proche. Je devais vite fait me débarrasser de tout ce sang avant que quelqu’un ne me voit ainsi.
J’étais tout juste en train de sortir du ruisseau pour m’ébrouer lorsqu’un loup me tomba dessus littéralement parlant. Il était magnifique avec sa fourrure blanche, brune, noir, grise et dorée. En me libérant de son poids pas du tout léger il me lécha le bout du museau de sa langue et je compris ainsi à qui j’avais à faire. Ethan. Je refermai alors rapidement ma mâchoire sur son museau, légèrement, pour le punir. Il me bouscula alors et je décidai de laisser couler. Je m’élançai alors à sa suite lorsqu’il se précipita plus loin dans la forêt. Ce fut une de mes meilleures Pleines Lunes, à un détail près.
Le soleil se levait à peine lorsque la procédure inverse de la métamorphose se déclencha. À mon grand désarroi Ethan était toujours là et comme je ne voulais pas apparaître d’une certaine façon devant lui je courus à toute vitesse tout en laissant le changement se faire. C’était plus douloureux ainsi, mais beaucoup moins gênant, pensai-je. J’entrai alors à toute vitesse dans le bungalow dès que j’y fus et me précipitai dans ma chambre. J’enfilai alors des vêtements propres et me laissai retomber sur mon lit en tentant de ne pas penser à cette nuit. Enfin… pas au moment les plus macabres et inquiétant. Comme le fait que j’avais vraisemblablement tué quelqu’un. Ou encore que j’avais aperçu la chimère. Ouais, cela n’avait pas du tout été une nuit de repos. Je poussai un léger grognement de frustration, car je sentais que quelque chose clochait avec le déroulement de cette Pleine Lune. Je m’écrasai alors sur mon lit et sans même avoir à le chercher je trouvai le sommeil.
Mes yeux s’ouvrirent d’un coup alors qu’un haut le cœur me prenait à bras le corps. Celui-ci se convulsa à plusieurs reprises avant que je sente quelque chose remonter de mon estomac jusqu’à ma gorge et de ma gorge à ma bouche… Le goût infect qui prit possession de mes papilles me fit ouvrir la bouche et je vomis au sol. La seconde qui suivit je m’affalais par terre juste à côté de ce liquide légèrement jaune et rouge sang. Qu’est-ce que c’était? Pourquoi est-ce que je crachais ça? Je n’avais rien mangé de périmé à ma connaissance… Je réfléchis alors une minute et je me souvins d’un détail crucial. J’avais goûté le sang de la chimère et j’avais parfaitement en mémoire cette saveur particulièrement dégoûtante. À coup sûr c’était cela qui m’avait rendue malade! Un autre souvenir se faufila parmi la horde de pensées qui m’envahissaient l’esprit. Le signe! Celui de ma pierre… Celui qui se retrouvait aussi sur l’oreille de cette créature de cauchemar! Je vins alors pour me relever, mais j’en fus incapable tellement le monde se mit à tourner autour de moi. D’une main tremblante je me touchai le front et le trouvai brûlant. Anormalement brûlant. Que m’arrivait-il? Je m’apprêtais à essayer de nouveau de me lever lorsque ma porte de chambre s’ouvrit brusquement sur Della et Kylie.
- Maria? Que fais-tu… commença à dire la caméléon avant de s’interrompre en voyant ce qui se trouvait au sol, soit mon vomis.
- Ça put la pourriture! Qu’est-ce que tu as mangé pendant ta Pleine Lune? S’exclama la vamp sans détour.
- Tu ne… Tu ne…te souviens… pas? M’étonnai-je en bégayant à cause de mon impression de malaise.
- Je devrais me souvenir de quoi? Grogna-t-elle.
- Que tu… es venue… me rejoindre… cette nuit.
- Je ne suis pas… commença-t-elle à rétorquer, mais s’interrompit d’elle-même.
Kylie et moi la dévisageâmes jusqu’au moment où elle se décida à poursuivre.
- Je me souviens d’avoir entendu un glapissement de loup et d’être sorti en coup de vent du bungalow, mais après… c’est le trou noir.
- Est-ce que tu as senti un quelconque changement avant que ce soit le trou noir? Réussis-je à l’interroger sans bégayement.
- Non, pas vraiment. Ce souvenir n’est qu’un flashback…
- Je… je dois… Je dois voir Burnett, dis-je fermement.
Elles me jetèrent un coup d’œil et Miranda arriva derrière elle à ce moment-là en disant :
- Si tu veux mon avis tu n’iras pas bien loin.
La caméléon se pencha alors à mon niveau pour me toucher le front. Je ne sentis qu’un bref effleurement avant que je ne vois sa main se retirer en vitesse et qu’elle s’exclame :
- Tu es brûlante!
- Après tout ce temps à bécoter un loup-garou, tu n’as pas encore compris qu’ils ont une peau plus chaude que la normale? Railla Della.
- Je le sais parfaitement! Marmonna Kylie sans pourtant perdre son calme. Seulement c’est encore pire.
Ne supportant plus leur manège je me redressai complétement croyant que j’avais retrouvé suffisamment d’énergie. Mais comme à mon habitude ces derniers temps, j’avais tort. Je m’écroulai à terre sans grâce et je ne fus sauvée d’une méchante bosse derrière la tête que par la petite vampire. Sans ce concerté, les trois filles me redressèrent rapidement pour ensuite me coucher sur mon lit.
- Regarde. On va rester là, toi et moi. Pendant ce temps Kylie et Della vont aller prévenir Burnett que…
- Non! Coupai-je Miranda avec fermeté. Je dois… lui dire… là-bas… parce que… après… il va… m’enfermer. Il n’aura pas… le choix.
- Quoi! S’exclamèrent mes trois colocs en même temps.
Je ne pris pas la peine de répondre et me contentai de les regarder sans ciller. La vampire finit par soupirer et passa l’un de mes bras autour de son cou pour me soutenir. La caméléon fit la même chose avec mon autre et ainsi on avança jusqu’au bungalow des deux directeurs. Le trajet fut entrecoupé d’arrêts dus à mes nombreux hauts le cœur. C’était vraiment déplaisant de compter autant sur les autres! Mais tellement rassurant aussi d’avoir de l’aide en cas de besoin! Je sentais au fond de moi que je n’étais de toute évidence plus la même. De peine et de misère nous nous rendîmes à destination.
À peine cognions-nous à la porte que celle-ci s’ouvrit en grand. Le résident vampire du bungalow nous dévisagea à tour de rôle (en insistant particulièrement sur ma personne). Je lui rendis son regard malgré ma fatigue et mon état lamentable. L’instant suivant Holiday apparut et s’exclama :
- Que s’est-il passé?
Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais la curieuse impression qu’elle avait retenu un petit mot dans sa phrase, soit « encore ».
- Maria est malade et on ne sait pas pourquoi. Il s’est passé quelque chose cette nuit et je ne me souviens de rien. Apparemment j’en ai passé une partie avec Maria, mais mon seul souvenir est d’être sorti de la maison un moment donné, répondit Della d’un ton plutôt neutre. D’ailleurs, miss loup-garou ici présente voulait dire quelque chose.
- Comme quoi? S’enquit Burnett.
- Je crois que… que j’ai tué quelqu’un, lâchai-je le plus rapidement possible.
- Quoi! S’exclamèrent toutes les personnes présentes.
Un brouhaha incroyable s’ensuivit et la fée finit par le faire cesser pour demander d’une voix calme :
- Pourquoi dis-tu une telle chose?
- Je me suis réveillée devant le corps d’un autre loup-garou. En sang. Le cadavre et moi-même en étions recouverts. Alors que croyez-vous que cela signifie? Dis-je d’une traite, mais en retenant des larmes de désespoir.
En voyant l’air du vampire se durcir je sentis le nœud dans ma poitrine se resserrer jusqu’à me faire mal. Terriblement mal. Pendant une fraction de seconde je ne fus plus capable d’aspirer ne serait-ce qu’une bouffée d’air tellement je ne supportais pas de voir cette expression sur son visage. Pourtant cet air s’affaissa la seconde suivante et il dit :
- Je ne sais pas si c’est vraiment toi et quelque chose au fond de moi est certain que ce n’est pas le cas, mais… Tout semble t’incriminer. Je suis forcé pour la sécurité de mes élèves et de tous de t’amener dans une cellule de l’URF. Si jamais nous retrouvons un autre corps pendant que tu y es… tu seras libérée. Pour que cela puisse fonctionner nous devrons simuler que tu n’es plus à Shadow Falls, car quelque chose t’a amener à aller ailleurs.
- Donc les filles vous ne devez en parler à personne, ajouta Holiday.
- Pas même à Lucas? S’enquit Kylie.
- Pourquoi Lucas? S’étonna le vampire. Parce que vous sortez ensemble?
- Non, parce qu’il y a de très forte chance pour que l’on soit cousin, répondis-je à la place de la caméléon malgré un mal de tête qui pointait.
- Ce n’est pas parce que… commença la directrice, mais je la coupai brusquement.
- Il a entendu dire que son père avait un frère qui s’appelait Matthew. Comme mon père. Les chances que ce ne soit pas lui sont très mince, alors…
Personne n’ajouta quoi que ce soit jusqu’au moment où Burnett lâcha :
- Très bien dans ce cas nous avertirons Lucas aussi. Car si ce que vous dîtes est vrai il est peut-être le seul membre de ta famille et comme dans ce genre de situation nous avertissons, en général, la famille de l’accusé… Enfin, bref… Maintenant Maria, avant que nous partions pour aller à ta… cellule, peux-tu nous raconter toute l’histoire?
Je vins pour commencer mon récit, mais à cet instant la tête se mit à me tourner de façon vertigineuse et sans les épaules salutaires de mes deux colocs je me serais sans aucun doute effondrée.
- Je… Je ne crois pas… avoir… l’énergie pour le faire… crachai-je difficilement.
- Elle a raison Burnett. Maria devrait se reposer un peu… Ce sera mieux si elle peut aligner plus de quatre mots à la fois sans s’interrompre, même si pour cela on doit attendre, je me trompe? Renchérit Holiday.
- Non, acquiesça l’intéressé. Maintenant les filles, je veux votre parole que vous ne parlerez de tout cela à personne, exception faites de Lucas, d’accord?
Les trois filles promirent et sous le signe des directeurs me laissèrent aux mains du vampire pour rentrer au bungalow. Burnett me prit ainsi dans ses bras et alla m’étendre sur le canapé pour ainsi pouvoir aller se changer. La fée quant à elle s’installa près de moi et me murmura des mots de réconfort tout en me promettant de tout faire pour me sortir de là. J’aurais bien voulu lui dire que cela ne serait sans doute pas bien pire que ce que j’avais déjà vécu à une époque… malheureusement j’arrivais à peine à garder les yeux ouverts. Lorsque le vampire revint enfin me chercher nous ne prîmes pas même une minute à se rendre à sa voiture. Juste au moment où il venait pour m’assoir à l’intérieur un haut le cœur me prit et je lui vomis dessus, enfin… presque. Il avait eu juste le temps de saisir un sac de plastique et de le mettre devant mon visage, de ce fait mon vomi avait atterri dedans.
- J’avais prévu le coup, me dit-il en me tendant le sac que je pris sans discuter.
Il attacha alors ma ceinture de sécurité avant de refermer la portière et de se rendre au siège conducteur. La route se fit dans le plus profond des silences.
Une fois à destination il me descendit délicatement et me fit franchirent plusieurs portes avant de finalement s’arrêter devant une cellule complétement blanche et sans aucune fenêtre. Il n’y avait pas vraiment de barreaux gris comme dans plusieurs films. La seule chose qui me permettait de savoir que c’était là mon lieu d’emprisonnement consistait dans le simple fait que la porte n’avait qu’une mince trappe pour faire passer de la nourriture et qu’elle était faite dans un matériaux à l’aspect très, mais vraiment très solide. Surtout lorsqu’on considérait les portes de simple fer, ou encore de bois avec de large fenêtre que nous avions traversés pour venir. À l’aide d’une carte à puce il put ouvrir la porte et alla m’étendre sur une couche sans couverture digne de ce nom et un oreiller très plat (à tel point que je n’appelais « ça » un oreiller qu’uniquement parce que cela se trouvait à la place des dîtes oreillers). Je poussai un soupir parfaitement audible et Burnett s’expliqua :
- Je t’ai amené en isolement. Non pas parce que je te considère comme extrêmement instable et tout, mais simplement, car ainsi tu n’auras pas le poids des autres détenus sur le dos.
Je hochai la tête en signe de compréhension et il ajouta :
- Bon je vais te laisser maintenant et je reviendrai plus tard dans la journée avec Holiday, car je suis presque sûr qu’elle voudra venir.
Je ne répondis ni par signe ni par la parole, me contentant tout simplement de me recroqueviller sur ma couche et en serrant la couverture de toutes mes forces dans mes poings fermés. Il poussa un soupir pratiquement imperceptible et sortit rapidement en refermant la porte derrière lui. Je ne pris pas bien longtemps à m’endormir, enfin… environ une heure à cause de fréquent vomissement.
Je sentis soudain que l’on me touchait doucement la joue et avec une délicatesse toute maternelle. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas ressenti cette douceur… Ma mère adoptive avait cessé de le faire, du moins sauf quand je tombais malade. Pour ainsi dire c’était très rare, pour ne pas dire jamais. Je papillonnai alors des paupières et surprise de chez surprise! Je plantai mon regard d’acier dans le marron très clair de la personne que je n’attendais pas du tout. Mes yeux s’ouvrirent en grand et je soufflai, indécise :
- Maman?
- Maria, tu nous as fait si peur…
Quoi? Pourquoi leur avais-je fait si peur?
- Je ne comprends pas… Marmonnai-je en sondant le visage légèrement ridé avec des cheveux bruns grisonnant de ma mère.
- Ne recommence plus jamais ça! Clama mon père adoptif sur un ton dur.
- Recommencer quoi? Dis-je encore plus perdue.
- Ne fais pas l’innocente! Rugis-t-elle sur le ton que je ne connaissais que trop bien.
- Mais je ne… tentais-je de m’expliquer à nouveau, mais mon père s’approcha dangereusement le poing levé.
- Tu vas te taire petite insolente! T’enfuir avec ce garçon en moto et quoi encore! Nous t’avons envoyés à cet endroit en espérant que tu redeviennes quelqu’un de civilisé, mais… gronda l’homme qui se voulait être un parent exemplaire (mon œil, oui!).
- MARIA! Hurla quelqu’un, mais je ne pus reconnaître la voix.
Je ne tins pas compte de cette voix, car ma mère renchérit :
- Voit où cela t’a mené! Tu es en prison à cause de lui et d’une sordide histoire de drogue! Je savais que tu cachais quelque chose! Si j’avais su nous ne t’aurions jamais prise avec nous!
Cela en fut trop pour moi et je bondis sur ma mère et la plaquai brusquement sur le mur. La voix étrange reprit :
- MARIA! QU’EST-CE QUE TU FAIS? TU NE VAS PAS…
Je ne pus entendre la suite, car mon père s’interposa dangereusement entre la femme qui se prenait pour ma mère et s’écria :
- En voilà des façons! Frapper ta mère! Pauvre fillette ingrate!
Des larmes inondèrent mes joues, je ne comprenais rien à cette histoire. Étais-je tombée dans le coma? Et qui était ce mec avec qui j’avais sois disant fait de la moto et pris de la drogue? Lorsque l’homme que je ne reconnaissais plus vraiment comme un père leva la paume pour me frapper au visage je rugis :
- TU NE ME FERAS JAMAIS T’OBÉIR!
Sur ce je le projetai contre le mur et bondis sur ma mère qui me criait des insanités sans faillir. Je la plaquai alors fortement sur le mur alors que j’entendis la voix hurler :
- MERDE! MARIA, LÂCHE HOLIDAY! IMMÉDIATEMENT!
Holiday? Bon sang! C’était Burnett que j’entendais depuis tout à l’heure? D’un coup l’image de mes parents se fendilla et je commençai à percevoir nettement la personne que j’étais en train de plaquer contre le mur. Holiday. Le vampire quant à lui se trouvait à l’endroit où j’avais projeté mon père, ou du moins celui que j’avais pris comme mon père… Eh merde… Cela signifiait-il que j’avais des hallucinations en plus de tout le reste? Quelle belle pensée! Mes joues étaient toujours humides lorsque je me frottai les yeux pour être tout à fait certaine de ne pas rêver. Rassuré (ou non) sur ce fait je reculai prestement en m’écriant :
- Je suis tellement désolée! Je… Je ne comprends pas ce qui m’a pris… Pardonne-moi Holiday… Et vous aussi Burnett… Pardonnez-moi tous les deux, je ne voulais pas faire ça. Rien de tout cela…
- Peux-tu nous expliquer ce qu’il vient de se passer? S’enquit le vampire.
- Je crois que j’ai eu une hallucination. Vous deux… vous étiez mes parents. Vous aviez leur apparence et tout… répondis-je. Je… tentai-je de continuer, mais les larmes me montèrent aux yeux à nouveau.
Si Burnett ne m’avait pas ramené sur terre j’aurais sans doute pu faire beaucoup de mal à la directrice. Et ça je ne me le serais sans doute jamais pardonné. Je poussai un soupir en ravalant mes larmes et je dis :
- Vous veniez pour savoir ce qu’il s’est produit la nuit dernière, n’est-ce pas? Est-ce que vous avez trouvé le corps?
- En effet nous l’avons trouvé, acquiesça l’autre directeur.
- Et nous voulons savoir ce dont tu te souviens, ajouta Holiday.
Je hochai la tête et entreprit de leur raconter tout depuis le début sans oublier un seul détail. Au moment où j’étais rendu à narrer l’arrivée de Della, Burnett dit :
- Attends une seconde… Della, peux-tu nous rejoindre maintenant?
- Bien sûr! répondit l’intéressée d’un ton faussement joyeux.
- Pourquoi est-elle ici? m’enquis-je alors même que la vamp apparaissait dans la pièce.
- Nous espérons que ce que tu diras lui feras se souvenir de cette nuit… expliqua la fée.
- D’accord, me contentai-je de dire avant de continuer mon histoire.
Une dizaine de minutes passa sans que personne ne dise rien. Finalement ce fut le directeur vampire qui lâcha :
- Tu as donc réussi à voir cette chimère lorsque tu étais sous forme de louve?
- En effet.
- Que cela peut-il bien signifier? murmura-t-il, sans doute pour lui-même.

J'espère que le chapitre vous a plu et voici les images de Maria et d'Ethan sous forme de loup (dans l'ordre), ensuite on a la chimère (sans les griffes de raptor). À la base ce n'est pas ces images là que j'avais choisi pour Maria et Ethan, mais elles correspondent tout de même, alors... aucun problème! :D

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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:08 am, modifié 5 fois.
roxyfox

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par roxyfox »

Toujours un très bon chapitre!
Très hâte de lire la suite :D
rox
angel98

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par angel98 »

C'est vraiment super, vivement la suite :D
J'aime beaucoup les photos des loups
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 7


Personne ne prononça un seul mot suite à la remarque de Burnett, car sans doute chacun avait-il sa vision des choses? Et pour tout dire, ma vision à moi ne me donnait pas du tout envie de la partager. Alors pour alléger l’atmosphère (du moins l’espérai-je) je changeai de sujet :
- Dis, Della… Est-ce que tu te souviens de quelque chose?
En la voyant hocher la tête je ne sus si je devais m’en réjouir ou au contraire craindre ce qu’elle allait dire… Elle attendit un instant avant de lâcher :
- J’ai eu un flashback, encore. Je me souviens de t’avoir vu, toi. Tu gémissais et grondais à la fois. Ensuite cette odeur répugnante m’a envahi les narines et… Je t’ai posé des questions. La créature m’a fait tomber et je me rappelle ma fureur et aussi que je me suis sentie honteuse… Juste après, ou presque nous nous sommes mises à courir après cette chose de l’enfer. Un moment donné j’ai vu que tu as manqué foncer dans un arbre et…
Je me sentis tomber comme une masse sur mon lit alors qu’un souvenir me revenait en mémoire. L’odeur de Della m’envahissait la truffe alors que je courais après la chose. Semble-t-il qu’elle me suivait, je me posais alors brièvement la question sur le pourquoi avant de laisser tomber pour concentrer toutes mes pensées sur ma chasse. Je tentais encore et toujours d’accélérer malgré la douleur cuisante qui inondait tous mes muscles. Lorsqu’enfin je me sentais gagner du terrain mes yeux commençaient à vouloir se fermer de force. La frustration m’envahissait et je me surprenais à tenter de le combattre… La douleur gagna alors mes yeux et c’est ainsi que j’avais manqué foncer dans un arbre… Pourtant contre toutes attentes après un rapide évitement mes yeux étaient toujours ouverts et ne me faisaient plus souffrir. Comprenant que cela signifiait que j’avais réussi je sentis que je me demandais pourquoi…
Mais alors… si j’avais réussi à combattre ce trou noir pourquoi je ne me souvenais de rien? Voyant que j’étais observée de manière intensive je murmurai :
- Je me souviens de quelque chose…
- Quoi? S’enquit miss vamp.
- Ce qui m’arrive avant mes trous noirs… j’ai réussi à le vaincre la nuit dernière. Je ne comprends par contre pas pourquoi je ne suis pas en mesure de me rappeler du reste… grognai-je.
- Cela viendra j’en suis sûr! M’encouragea la fée.
J’eus un petit sourire incertain alors qu’il quittait la chambre en me disant qu’ils reviendraient ce soir. Au moment où Burnett allait sortir il s’arrêta et dit :
- Lucas va venir cet après-midi et on vous fera passer un test ADN. Mais il faut que tu sache qu’il y a très peu de chance que cela révèle quoi que ce soit de constructif… Définir si deux personnes sont cousins avec ce genre de test est beaucoup moins fiables qu’un frère et une sœur, un enfant et un parent, ou même un neveu et oncle… Alors ne te berce pas d’illusion.
- Je ne le ferai pas! Promis-je alors qu’il quittait la pièce, me laissant seule livrée à moi-même dans ce sordide endroit.
Ce n’était pas tant le fait que l’endroit ne possédait aucune identité ou couleur, ni même à cause de ceux qui géraient l’endroit (il faut dire qu’ils se sont tenus à distance, alors…). Non, la réponse ne se trouvait pas là. Pourquoi je détestais tant cet endroit et le trouvait aussi mauvais n’avait qu’une seule et unique cause. En n’importe qu’elle autre circonstance j’aurais pu me résigner à mon sort, mais là… J’avais tué plusieurs personnes et je ne m’en souvenais pas! Pire ce n’était pas délibéré! Ce qui signifiait que malgré que mon cœur ne pouvait me croire coupable et clamait mon innocence, ma logique me démontrait le contraire. Très clairement, d’ailleurs. Je me pris la tête entre les mains en sentant mon crâne sur le point d’exploser. Quelque chose n’allait pas avec moi, c’était sûr! Marmonnai-je en moi-même. Mais quoi? Je m’affalai sur ma couche et tentai d’oublier le martellement de mon crâne. Mes yeux se fermèrent d’eux-mêmes, mais pour une fois ce n’était pas dû aux maudits trous de mémoire. Je laissai une larme glisser sur ma joue alors que je tombais dans mes songes, sans toutefois dormir.
De ce fait lorsqu’environ une heure plus tard on ouvrit la porte de ma cellule je me trouvais à ouvrir les yeux d’un coup et plonger mon regard dans celui de l’intrus. Des yeux bleus plutôt foncés et des cheveux bruns assez foncés… Lucas. Je bondis sur mes pieds et m’élançai vers lui, mais m’arrêtai assez rapidement. En guise de bonjour je lâchai :
- Je déteste être enfermée dans une cage.
- Ouais, personne n’aime ça… dit-il avec un petit sourire contrit.
- Je… J’ai… J’ai tué l’un des nôtres, avouai-je en secouant la tête d’incrédulité.
- C’est ce qu’ils disent. Mais je ne le crois pas et tu ne devrais pas le croire non plus.
- Tout semble l’affirmer, répliquai-je.
- Peut-être, mais les apparences sont parfois trompeuses. Enfin… Je ne suis pas venu pour ça, alors si on allait faire les tests?
Je me contentai de hocher la tête et à peine le suivais-je à l’extérieur que je sentis des mains se refermer comme un étau sur mes bras. Je soupirai :
- Est-ce vraiment nécessaire?
- En tant que présumée meurtrière, oui c’est nécessaire! Gronda une voix dans mon dos.
Je ne dis rien, mais mes yeux devaient révéler ce que je ne disais pas. Soit colère, rancœur, découragement ainsi qu’une petite dose de résignation. Je n’allais pourtant pas me plaindre, je méritais sans doute ce traitement. Ce qu’avait dit Lucas ne comptait pas tellement, car il y avait beaucoup de preuves qui témoignaient que je n’étais pas innocente. Nous avancions dans une direction inconnue et très sincèrement je ne savais pas si je pouvais faire confiance aux gens de l’URF. Je ne connaissais pas cette organisation, je ne venais pas de cet État, ni même de ce pays. J’étais peut-être née ici, mais cela ne faisait pas de moi quelqu’un du coin. Nous arrivâmes bientôt à destination, du moins le pensai-je en nous voyant s’arrêter devant une porte où était écrit sur une petite planche de bois verni « Clinique ». Cela fut confirmé lorsque la personne qui avait parlé plus tôt marmonna tout en me relâchant :
- Vous êtes arrivés.
Lucas les remercia d’un bref hochement de tête, mais quelque chose dans sa posture me disait que ce n’était pas sincère. Il ouvrit la porte et me laissa passer devant lui, sans quitter les agents de l’URF du regard. Cela ne prit pas une seconde lorsqu’on fut à l’intérieur qu’une personne nous interpellait :
- Vous devez être Maria Lacroix et Lucas Parker…
- C’est bien nous, répondit celui qui à première vue était mon cousin.
- Très bien alors suivez-moi, dit la personne.
On accéda à sa demande et une fois qu’on eut traversé une autre porte le «médecin», si mes suppositions étaient justes, nous expliqua en gros ce qu’il ferait. L’étape suivante consistait à exécuter les tests en question. Lorsque tout ce cirque fut terminé il nous révéla :
- Nous devrions pouvoir vous donner les résultats demain dans l’après-midi ou au plus tard samedi.
- Très bien, dis-je en soupirant.
Dès qu’on fut de nouveau à l’extérieur de la clinique les deux gardes me prirent de nouveau par les bras pour me reconduire à ma cellule. Une fois là ils me jetèrent à l’intérieur sans ménagement, cela me fit trébucher et m’affaler au sol. Je me tournai d’un bond dans leur direction en lâchant un grognement de colère et en leur décochant un regard furibond. Non, mais quel toupet! Ils refermèrent la porte dans un claquement sonore et je n’eus que le temps de voir la colère apparaître dans les yeux de l’autre loup-garou. Je l’entendis s’exclamer :
- Je croyais avoir le droit de lui parler après!
- L’agent James a seulement permis le test ADN. Pas la causette. De ce fait si tu veux parler à cette fille tu n’as qu’à le faire à travers la porte, dit une voix que je ne reconnus pas, mais dont je devinais le sourire satisfait.
J’entendis deux bruits distincts de pas s’éloigner, mais pas trop loin. Ensuite Lucas murmura :
- Maria?
- Quoi? Marmonnai-je en me rapprochant.
Il attendit une petite seconde avant de continuer :
- Ne les laisse pas te vaincre, d’accord? Tu es plus forte que ça. Je ne te connais pas autant que je devrais si nous sommes bien de la même famille, mais… ce que j’ai appris au fil des derniers jours me l’a montré. Alors, sois forte. Mais très sincèrement je ne crois pas que Burnett te laissera moisir là très longtemps.
Il y eut un autre petit silence avant qu’il ne finisse par souffler :
- Ethan te cherche, Maria. Il ne croit pas au demi-mensonge que Holiday a servi. Il est venu me voir plusieurs fois pour me demander si j’en savais plus long et… j’ai dû mentir à chaque fois. Il finira par le découvrir.
- Peut-être qu’il devrait la connaître et qu’ainsi il sera tellement dégoûté qu’il me laissera tomber? Dis-je, simplement.
- Alors, tu veux qu’il te déteste?
- Non.
- Quoi, dans ce cas? Tu ne veux pas de lui?
- Ce n’est pas ça… Je ne sais pas ce que je veux… Et lui non plus s’il croit que c’est avec moi qu’il sera heureux. Je ne suis qu’une source de problème. Rien d’autre.
- Ce n’est pas vrai, répliqua-t-il.
- Tu ne peux pas le savoir. Tu n’étais pas là…
- Où, ça?
- Dans ma famille adoptive.
Il ne répondit rien immédiatement, mais il finit par conclure :
- Nous te ferons changer d’avis, Maria. Pas tout de suite, mais… crois-moi, tu nous croiras quand on te dira que tu n’es pas une source d’ennui ambulante. Je devrais pouvoir repasser ce soir… avec les autres.
- Elles ne voudront pas me voir, rétorquai-je.
- C’est ce que nous verrons, ricana-t-il.
Sans savoir pourquoi cette réponse me fit frissonner. J’entendis ses pas s’éloigner et sans pouvoir me retenir je lançai :
- Lucas! Attends!
Ses pas s’arrêtèrent, alors je criai à nouveau :
- Lucas, reviens, aller!!
Aucune réponse. Pourtant plus rien ne bougeait alors il devait toujours être présent. Cette fois j’hurlai de toutes mes forces :
- LUCAS!
La porte de ma cellule s’ouvrit à la volée et en moins d’une seconde je me retrouvai plaqué contre le mur pendant qu’on me crachait au visage :
- Non, mais tu vas te la fermer! Il est parti!
La personne me secoua alors sans ménagement et je me sentis m’enflammer. De fureur. D’une fureur sans nom et sans limite. On n’avait jamais le droit de me faire ce genre de choses. Et surtout pas de la part d’un vampire à l’ego surdimensionné! JAMAIS! Mes yeux changèrent systématiquement de couleur et je rugis, comme je ne n’avais pas encore pu le faire, car aucune personne n’avait été assez stupide pour me chercher à ce point. Enfin… jusqu’à aujourd’hui. Malheureusement mon regard furieux ne sembla pas faire peur à cette stupide chose à canine. Qu’est-ce que je disais déjà à propos de l’ego surdimensionné? Cela rend ce genre de personne faible. Et méchante. N’obéissant plus à la logique ce fut l’émotion qui prit le contrôle. J’agrippai donc les bras de mon opposant et refermai mes doigts si forts que j’entendis l’os craqué. Je ne me contentai pourtant pas de cela, non… Je resserrai donc ma prise tout en éloignant les mains de moi. En une petite seconde je passai les bras de Mr. Canine dans son dos et pliai presque jusqu’au point de rupture, mais avant d’y arriver je le plaquai contre le mur de toutes mes forces. Ce dernier s’enfonça légèrement, mais j’entendis aussi le nez de mon adversaire casser sous la force du choc. L’autre garde fit alors irruption dans la pièce et vint pour secourir son collègue, mais sans pouvoir retenir le coup, mon poing accueillit le visage de ce nouvel ennemi. Du moins je le voyais comme tel à cause de la rage qui bouillonnait dans mes veines à m’en faire mal. Je me concentrai alors de nouveau sur celui qui saignait abondamment du nez. Je me rendis soudainement compte de quelque chose… Burnett avait stipulé que les vampires étaient plus forts (puissant, en bref) que les loups-garou, sauf à la Pleine Lune. Celle-ci était passée, alors pourquoi est-ce que je n’avais aucune difficulté à maîtriser ces deux-là? Ce bref moment d’inattention me fut très défavorable. Celui que j’avais envoyé valdinguer contre l’autre mur s’était apparemment remis, car il m’attrapa les bras et me les ramena dans le dos. Permettant ainsi à son coéquipier de se libérer. Je ne m’avouais pourtant pas vaincu et donnai un coup de pied vers l’arrière pour atteindre l’entre-jambe de cet idiot. Il me relâcha certes, mais ce ne fut que pour me livrer à l’autre qui m’envoya au sol rapidement et me fit choir ainsi au sol et posant son genou sur mon dos. Son sang coulait un peu moins à flot, mais il continuait tout de même à se déverser et dans l’immédiat cela me tombait dessus. Je tentai de ruer pour me dégager, mais cela ne servit qu’à le faire ricaner, car sa position ne me permettait aucun mouvement. Malheureusement pour lui c’est exactement à ce moment qu’un autre agent arriva et s’exclama :
- Merde! Mais qu’est-ce qui se passe ici?
Les deux agents chargés de me surveiller dirent :
- Elle s’est jeté sur nous, alors on a dû agir.
L’autre parut dubitatif, alors quand il se tourna vers moi je crus qu’il allait me demander ma version, mais… non. Il se contenta de dire :
- C’est bon, maintenant. Je crois qu’elle a compris. Relâchez-la.
Les deux vampires s’exécutèrent et ne tardèrent pas à sortir. Je me contentai de rester là sans lâcher l’autre agent du regard. Je vérifiai alors sa configuration et… un métamorphe. La porte se referma dans un claquement sonore et j’entendis le système de verrouillage s’enclencher. Un soupir s’échappa de mes lèvres et je me redressai péniblement. Je sentais chaque parcelle de mon corps qui ressentait le désir de se battre encore. C’était l’un de mes plus grands défauts. Quand je commençais à me battre, arrêter était très, mais vraiment très dur. Surtout quand mon opposant n’avait pas accepté sa défaite et accepté que j’étais la plus forte. Dans ces temps-là… il valait mieux pour eux que je ne les recroise pas. Malheureusement j’avais la très forte impression que je les reverrais ces deux-là et probablement beaucoup trop tôt pour que ce soit sans risque… Ne sachant pas trop quoi faire je me mis à faire les cents pas en réfléchissant de manière approfondie. Comment avais-je pu avoir autant de force? Pour vaincre deux vampires et bien abimé ce lieu? Cet endroit devait pourtant être conçu pour éviter d’éventuelle fuite! Et malgré tout j’avais l’impression que d’un seul coup de poing je pouvais le faire voler en éclat… Je finis par me résigner à retourner m’étendre sur le mince matelas lorsque je remarquai qu’au lieu de faire les cent pas de manière calme j’étais plutôt frénétique dans mon mouvement.
Cela me parut une éternité avant que l’on vienne faire passer un plateau de nourriture par l’ouverture pourvu à cet effet. Je bondis alors dans cette direction et regardai ce qu’il y avait dessus. En voyant ce qu’il m’offrait je ne pus m’empêcher de ricaner. Sérieusement? Il m’offrait comme souper un simple jus en boîte, une tranche de pain, quelques légumes et quelques morceaux de viandes séchés? (il y avait exactement trois morceaux de cette viande) Je grognai en français et avec beaucoup de sarcasme :
- Vous êtes très généreux!
Je les entendis ce questionner sur ce que j’avais dit et cela me redonna le sourire. J’attrapai alors le plateau et allai m’assoir sur ma couche pour manger ce repas, si on pouvait appeler ça un repas… Je l’engloutis tout de même en quelques minutes, car je n’avais ni déjeuner, ni diner, alors j’étais littéralement affamée. Une faim de loup, quoi. Dès qu’il fut terminé je ramenai le plateau près de la petite porte. Elle s’ouvrit rapidement et une main se glissa à l’intérieur et je reconnus l’odeur de l’un de mes tortionnaires. J’agis alors à la vitesse de l’éclair et agrippai sa main sans la ménager. Je plantai donc profondément mes ongles, jusqu’au sang et à ce moment je grondai d’une voix lourde de menace :
- Je vous préviens toi et ton ami… Vous vous en prenez encore à moi et je ne me retiendrai pas. Vous vous en êtes pris à la mauvaise personne, vamp.
Je retirai alors ma main de la sienne et le laissai ramener le plateau. J’entendis parfaitement son sifflement de colère, mais je m’en moquai éperdument. Je savais qu’il n’avait pas oublié comment il était vulnérable face à moi un peu plus tôt. Que s’il avait été seul, il aurait été à ma merci… À cette idée un sourire se forma sur mes lèvres et je m’étendis sur ma couche en rêvassant.
Environ une heure plus tard on ouvrit la porte de ma cellule. Burnett et Holiday traversèrent l’encadrement avec lenteur, comme s’il craignait quelque chose. Ou quelqu’un. Genre, moi. Je levai les mains et jurai :
- C’est bon. Je sais que c’est vous. Aucune raison de craindre de la folie de ma part.
- Très bien, dit Burnett. Alors peux-tu m’expliquer pourquoi tu as attaqués les deux gardes qui surveillent ici?
- Je… commençai-je, mais je m’interrompis avant d’en dire plus.
- Qu’allais-tu dire? Me reprit-il.
- Que si l’un d’entre eux ne m’avait pas cherché, il ne m’aurait forcément pas trouvé, grognai-je.
- Maria, je t’en prie, calme-toi! Me demanda Holiday. Nous sommes venus voir comment tu allais.
- Ça devrait aller, merci, dis-je et sans que je le veuille ça sonnait comme si je ne voulais pas de leur présence.
Le directeur vampire me jeta un regard inquisiteur et je me contentai de m’excuser avec mes yeux. Il passa outre lorsque la fée m’adressa un sourire et me glissa :
- Bon ce n’est pas tout, mais on n’est pas les seuls à être venu te voir. Comme tu sembles aller bien, cela me rassure. Aller Burnett, laissons les autres entrer.
Il hocha la tête et la suivit à l’extérieur. La seconde suivante ma petite cellule fut envahie par sept personnes. Soit Lucas, Kylie, Miranda, Perry, Della, Derek et Jenny. J’étais assez surprise de découvrir que Perry, Derek et même Jenny était venue. Même de la part de Della je ne m’y serais pas attendue. Pourtant ils étaient tous là et semblait sincèrement s’inquiéter de mon sort. Ou peut-être était-ce de la curiosité? Peu importe la raison, ils étaient là. Pour moi. Une sensation nouvelle se fraya un chemin en moi jusqu’à ma carapace de glace et celle-ci éclata en mille morceaux. Pendant un bref instant, bien sûr, car ensuite elle se reforma, mais beaucoup moins dur que la première. La chaleur nouvelle que je sentais dans mon ventre et dans tout mon être m’était tellement étrangère que je dus m’assoir.
- Est-ce que ça va? S’enquit Lucas.
- Oui, c’est juste que… commençai-je, mais Derek me coupa.
- Tu n’es pas habitué à autant d’attention, n’est-ce pas?
Je fis oui de la tête et empêchai du mieux que je pus d’avoir les larmes aux yeux.
- Alors comment ça se passe? Demanda Kylie, comme pour briser le silence qui s’était installé.
- Pas le luxe, disons, répondis-je presque en grognant.
- Ouais, on voit ça! Dit le métamorphe avec un sourire narquois.
- Perry! S’offusqua la sorcière avec une expression faussement en colère.
J’eus un petit sourire et c’est à ce moment que la petite vampire prit la parole :
- Alors il paraît que tu as donné du fil à retordre aux gardes?
Elle m’adressa un petit sourire moqueur et j’avouai en retenant un rire malvenu :
- En effet…
- Qu’est-ce que tu as fait? Continua-t-elle.
- Eh bien… Je voulais que Lucas revienne alors j’ai crié son nom… À plusieurs reprises et je crois que cela les a mis en rogne. Donc l’un des vampires à fit irruption dans ma cellule et m’a plaqué contre le mur en m’enjoignant à me taire…
- Je t’ai entendue, mais ils m’ont forcé à quitter la place, me coupa mon possible cousin sans se préoccuper du regard furibond de Della.
- J’en ai conscience maintenant… Enfin pour en revenir à mon histoire… Disons simplement qu’étant qui je suis, je n’ai pas pu empêcher ma fureur de sortir. J’ai donc réussi à agripper le vampire par les bras, que je crois lui avoir cassé, mais je ne suis pas sûre. Ensuite je lui ai mis dans le dos avant de le plaquer, lui, contre le mur. Ensuite l’autre est venu pour intervenir, mais je l’ai propulsé de bon coup de poing dans la figure contre l’autre mur. J’ai malheureusement eu un moment d’inattention et là ils ont réussi à me mettre à terre. Ah, j’oubliais… Vous pouvez voir dans le mur l’endroit où j’ai plaqué le vampire. Ça lui a d’ailleurs brisé le nez, comme le sang sur le mur peut en témoigner…
- Dire que j’ai manqué ça! S’exclama ma coloc à l’air asiatique.
- Ils n’auraient même pas dû te toucher, clama soudain la voix de Burnett. Mais cela ne te donnait pas plus le droit de les… martyriser.
Oh merde! J’avais complétement oublié qu’il était de l’autre côté… Della avoua, sans tenir compte de l’intervention du directeur du pensionnat :
- J’aurais sans doute fait la même chose. Bien joué!
Je lui adressai alors un sourire complice et soudain un souvenir me revint. Bon sang! Le symbole sur ma pierre! J’avais oublié de leur dire qu’il se trouvait aussi sur la créature.
- Tu avais raison, dis-je en regardant la petite vampire fixement.
- Sur quoi? S’enquit-elle en plissant les yeux, confuse.
- À propos de ma pierre et de la créature. Les deux sont liés. J’ai vu le symbole sur l’oreille droite de la chimère.
Elle ouvrit la bouche bien grande avant de la refermer dans un claquement bien sonore.
- Qu’est-ce que cela peut-il signifier? Dit-elle ensuite.
J’eus un petit sourire en remarquant que c’était pratiquement la même chose que ce qu’avait dit Burnett un peu plus tôt dans la journée.
- Je n’en ai aucune idée, répondis-je après un moment.
Un autre silence s’installa pendant quelques minutes avant que Jenny le brise en disant :
- C’est bon de te revoir Maria. J’espère que tu vas vite sortir de cet… d’ici. Tu fais partie du groupe maintenant.
- Je crois qu’on va devoir partir par contre… Ils nous ont dit qu’on ne pouvait pas rester longtemps… ajouta Derek sur un ton désolé.
- Alors je suppose qu’on se reverra une prochaine fois… Enfin, si vous revenez me voir, dis-je. Ne vous sentez pas forcé, surtout! Ajoutai-je ensuite rapidement.
Ils m’adressèrent un sourire en guise d’au revoir, mais Lucas, juste avant de sortir, me promit :
- On va te sortir de là. Tu peux me croire.
J’aimerais, vraiment, pensai-je amèrement. La porte se refermait à peine qu’un pied la bloqua rapidement. Qui était-ce cette fois? Lorsque la porte dévoila la personne qui se trouvait derrière j’ouvris la bouche, mais aucun son n’en sortit. Ce n’était tout simplement pas possible. Il était mort. Mort! Pourtant ces cheveux bruns en broussailles, ces yeux marron accompagnés de cette peau bronzée ne trompaient pas. Il était là. Vraiment là. Ce n’était pas un rêve, je n’en croyais pas mes yeux… Max était là, devant moi…
- Max? Est-ce que c’est vraiment toi? Lâchai-je étourdiment dans ma langue maternelle.
- Je suis vraiment là, Maria…
- Je suis tellement, tellement désolée, continuai-je dans la même langue alors que des larmes m’emplissaient les yeux.
- Ce n’est pas vraiment de ta faute. Et je suis là maintenant.
- Pourquoi a-t-il fallu que cela t’arrive à toi… à toi aussi, murmurai-je.
- C’est la vie que veux-tu… on ne peut pas toujours avoir ce qu’on veut… soupira-t-il. Pourtant je regrette de ne pas avoir rien tenté avant… De ne pas t’avoir pris dans mes bras, de t’embrasser… comme j’en avais envie.
- Mais tu es là maintenant, tentai-je.
Il eut un sourire, celui que j’aimais tant. C’est à ce moment que j’entendis une voix féminine :
- Il fait drôlement froid…
- Un fantôme, renchérit quelqu’un d’autre.
- Je veux que tu fasses attention à toi, Maria… Promets-le moi, dit celui que j’avais aimé dans un passé qui me paraissait si loin maintenant.
- Je ne peux pas promettre une telle chose, soufflai-je d’une voix blanche.
- Pourquoi est-ce que je ne comprends pas ce que dit Maria? S’enquit une autre personne que je ne reconnus pas non plus.
- Elle parle en français, répondit un autre.
- Mais merde, qu’est-ce qu’il fout? Marmonna encore quelqu’un d’autre.
- Promets-le moi, insista Max.
- D’accord, je te le promets, consentis-je, malgré que je sache que j’allais regretter amèrement ce choix plus tard.
Il s’approcha alors de moi avec un nouveau sourire, encore plus rayonnant que le premier. Il me prit la main et glissa ensuite la sienne le long de mon bras jusqu’à atteindre mon visage. Il toucha alors tendrement ma joue et je me sentis défaillir, un torrent d’émotion enflait en moi, m’empêchant presque de respirer. Je ne pouvais plus bouger, j’étais figée par l’angoisse. Il approcha alors mon visage du sien et à peine nos lèvres se frôlèrent-elles qu’un feu dévorant me parcourut de la tête aux pieds. Une chaleur étouffante semblait émaner en moi et je me sentais électriser de l’intérieur. Si au début le baiser c’était révéler innocent, là c’était une toute autre chose. En trois mots? Passionné, brûlant et sauvage.
- Oh, Maria… Pourquoi ne me reviens-tu pas? Soupira une voix.
Ce n’était pas Max. Ce dernier ne parlait pas en anglais avec moi. Et surement pas avec l’accent américain. Qui était-ce donc?
- Maria, j’aurais tant aimé… commença la voix de Max, mais je compris alors quelque chose et cela l’empêcha de continuer.
J’étais encore en pleine illusion. Et cette fois ce n’était pas mes parents qui m’étaient apparus à la place de Burnett et Holiday. Non, c’était presque pire. Ethan… J’avais eu une illusion à propos de Max, alors même que c’était le loup-garou qui se trouvait avec moi. Dans la pièce. Ou plus précisément devant moi à quelques centimètres, après un long baiser passionné. Super. Je papillonnai alors des paupières et en voyant l’illusion de Max disparaître pour laisser le monde réel revenir je lâchai un petit soupir. Ethan dut voir une différence dans mon comportement, car il s’exclama :
- Oh merci! Tu es enfin de retour! Avec moi… Et pas ce…
Je le coupai en faisant ce qui me vint naturellement à l’esprit en pensant à un petit quelque chose en particulier. Je le giflai. Ses yeux s’emplirent de confusion en même temps que sa joue virait au rouge.
- C’était… pour quoi? Ça… me demanda-t-il, perdu.
- Pour m’avoir embrassé alors que je ne savais même pas que c’était toi! Grognai-je, mécontente. Sérieusement, la prochaine fois tu ne pourrais pas attendre que je sois en pleine possession de mes esprits?
Il parut un moment décontenancé et je compris le malentendu. J’avais encore parlé en français. Pourtant en voyant un sourire moqueur envahir son visage je compris que quelque chose clochait. Il me saisit alors par la taille pour m’approcher encore plus de lui et plaqua ses lèvres sur les miennes. Au début, pendant la première demi-seconde je fus choquée et ensuite… ensuite! Je me laissai emporter par le courant d’émotion qui m’animait. Mes mains trouvèrent d’elle-même sa nuque et je répondis à son baiser. Il embrassait divinement bien, surtout qu’en plus c’était ma première fois… je savourai chaque seconde avec délectation. Pourtant dès qu’il décolla son visage je grognai en anglais :
- Pourquoi tu ne m’as pas dit que tu parlais français!
- En fait… Je n’ai pas trouvé le moment opportun et voilà que tu me l’as donné sur un plateau! Dit-il en souriant, mais le plus beau à mes yeux c’est qu’il le dit dans ma langue.
Un sourire m’illumina le visage à mon tour et l’instant d’après j’entendis la voix de Kylie dire :
- Le fantôme est parti.
Je compris alors deux choses. Premièrement Max c’était peut-être réellement trouvé ici et secundo c’était la gang que j’avais entendu pendant mon «épisode» avec Max. Pourtant malgré mon envie de bondir à l’extérieur pour demander à Kylie des nouvelles sur le fantôme, en bref si elle l’avait vu, je décidai de laisser tomber pour me concentrer sur le mec devant moi. Max appartenait au passé et malgré que je sache que je ne pourrais jamais l’oublier, mon présent n’appartenait qu’à moi et à ce que je désirais en faire. Alors pour le moment tout ce que je voulais c’était me blottir dans les bras musclés d’Ethan. La question était : Allais-je le faire ou pas? En voyant les yeux bleus limpides du loup-garou braqué sur moi avec un million d’étincelle à l’intérieur la réponse s’amena d’elle-même, sans besoin de réfléchir. Pourquoi laisserais-je le passé m’empêcher d’être heureuse? Je me rapprochai alors de lui et m’agrippant sa chevelure châtaine-doré je l’embrassai à mon tour. Un baiser plutôt court, mais ensuite je m’appuyai la tête dans son cou et restai accrochée là. M’enivrant de son odeur si particulière, du moins pour moi. Je restai là une bonne minute sans bouger, mais bientôt Ethan me força à relever la tête pour le regarder dans les yeux.
- Je voudrais bien rester encore un peu, mais… les autres attendent après moi pour rentrer à Shadow Falls, me dit-il, contrit.
- Deux dernières questions et je te laisse partir, dis-je simplement en essayant de masquer le vide qui s’emparait de moi en me donnant presque le vertige.
- Et tu me donneras quoi en échange? Demanda-t-il, moqueur.
- Ça… murmurai-je en l’embrassant doucement du bout des lèvres.
Et dieu seul savait à quel point mon cœur chavirait à ce moment-là! Sans parler de lorsqu’il palpitait, ce qui me plaisait tellement que cela en devenait douloureux de ne plus le sentir. Il sourit d’un petit sourire satisfait avant de m’inviter à poser mes questions.
- Comment as-tu appris le français?
- Tu te souviens lorsque je t’ai dit que mes parents m’ont amenés à la Ronde une fois? Eh bien, je n’ai tout simplement pas spécifié que c’était durant les trois ans où j’ai habité là. Ils m’ont forcés à aller dans une école francophone pour m’apprendre le français disant qu’un jour cela me serait peut-être utile. Je ne me rends compte qu’aujourd’hui seulement qu’ils avaient raison. J’avais dix ans quand nous sommes arrivés et treize lorsque nous sommes revenus dans notre vrai maison.
- D’accord… dis-je pensivement. Passons à la deuxième, poursuivis-je ensuite. Comment as-tu su que je me trouvais ici?
- Ne te souviens-tu pas de ce que je t’ai dit? Que je te trouverais peu importe où tu te planquerais? Ce n’était pas des paroles en l’air… me dit-il avec un grand sourire. Sérieusement Maria, je ne compte pas te lâcher de sitôt, ajouta-t-il et je vis qu’il était totalement sérieux à l’expression de son visage. Comme j’ai observé Lucas, Kylie et compagnie aujourd’hui j’ai compris que quelque chose clochait. J’ai donc posé des questions. D’abord à Lucas, plusieurs fois. Ensuite Kylie, Miranda et Della, tes colocs. Les quatre m’ont semblés bizarres. Comme s’ils cachaient quelque chose. Alors je suis allé voir les autres du groupe, soit Derek, Jenny et Perry. Ceux-là n’ont pas eu l’air au courant, alors je leur ai demandé d’aller poser des questions à leurs amis et de me donner des nouvelles ensuite. Ils sont tous revenus en affirmant que quelque chose clochait avec ce qu’ils répondaient. Donc on s’est mis à les suivre durant la journée et ce soir lorsqu’ils ont tous quittés leur bungalow on les a suivis. En voyant qu’ils rejoignaient Burnett et Holiday, on a compris qu’ils nous avaient probablement menti. Alors sans plus attendre on est sorti de l’ombre et voilà, ils n’avaient plus le choix de nous révéler et la vérité et de nous laisser les accompagner.
Je compris encore une fois deux choses par ce qu’il venait de dire. En premier lieu, je me souvenais que maintenant qu’à la base seulement six personnes étaient au courant pour moi, mes colocs (ce qui faisait trois), ensuite les directeurs (deux personnes de plus) et finalement Lucas. Ce qui voulait dire que Perry, Jenny et Derek n’auraient jamais dû être au courant, ainsi qu’Ethan bien entendu. Le deuxième point c’était que malgré qu’il sache la vérité ce dernier tenait encore à moi, mieux encore, il me désirait. Ce n’était pas n’importe qui qui pourrait passer outre le fait qu’une personne de son entourage ait possiblement tué quelqu’un. Il l’avait fait pour moi et pour cette simple raison je me rapprochai de nouveau pour l’embrasser, mais pourtant il ne me laissa pas le temps d’être celle qui embrasse l’autre en premier. Ses mains se posèrent sur ma taille alors qu’il me pressait contre lui en m’embrassant avec une férocité de loup. Lorsqu’il recula d’un pas je me trouvai à être chancelante, comme si on m’enlevait mes béquilles alors que j’étais encore blessée. J’haletais légèrement et lui aussi, je pouvais lire dans son regard une sauvagerie qui étrangement ne me faisait pas peur, mais me donnait envie de me rapprocher encore. Pourtant il dit :
- Il vaudrait mieux que j’y aille maintenant…
- Oui, murmurai-je en me détournant pour ne pas qu’il voit la larme qui s’échappait de mon œil (maudite émotivité!).
J’entendis ses pas se rapprocher et en moins d’une seconde sa main tournait ma tête vers lui.
- Ne pleure pas… Ce n’est pas comme si je partais pour toujours, là… souffla-t-il d’un ton doux.
- Ce n’est pas vraiment ça, dis-je en essayant de me concentrer sur les mots que je prononçais, car son pouce ne cessait pas d’aller et venir sur ma joue en essuyant les larmes, ce qui me déconcentrait de manière un peu trop intense. Je déteste simplement cet endroit, admis-je ensuite.
- Je peux le comprendre, m’assura-t-il. J’ai entendu ton histoire tantôt… ajouta-t-il avant de s’interrompre une seconde. S’ils osent lever de nouveau la main sur toi, je m’occuperai de ça personnellement! Conclut-il d’un ton dur et on ne peut plus sérieux.
- Je n’ai besoin de personne pour me défendre! Rétorquai-je d’un grognement sans pouvoir me retenir.
- Je sais, souffla-t-il en souriant. Et c’est justement une chose que j’aime chez toi… mais mon instinct me pousse aussi à vouloir te protéger, même si j’arrive seulement au dernier moment et qu’il me reste simplement à terminer le travail. Je ne laisserai personne te faire de mal. Jamais. Tu peux compt…
- Non, ne dis rien de plus, le coupai-je. Ne fais aucune promesse que tu n’es pas sûr de pouvoir tenir.
- D’accord, soupira-t-il.
- Maintenant, vas-y. Ne te retourne pas, surtout.
Il eut un petit sourire, mais juste avant de se retourner il me fit un rapide baisé sur le bout des lèvres et je restai béate, comme une imbécile pendant au moins trente bonnes secondes. Lorsque je revins à moi il était déjà parti… et c’est précisément à ce moment-là que je compris l’ampleur de ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Mais bon sang, qu’avais-je fait! M’exclamai-je en moi-même. Sortir avec un garçon alors que je suis en prison? Tu parles d’un beau plan! Et pourquoi pas l’embrasser alors qu’il y a neuf personnes à l’extérieur? Dont les deux directeurs du pensionnat et ton possible cousin qui peut parfaitement t’entendre… Je me pris alors la tête entre les mains et me traitai de tous les noms en français. Sérieusement, sur ce coup-là je n’avais pas assuré du tout. Pourtant en m’étendant sur ma couche les souvenirs des baisers échangés me revinrent en mémoire et soudainement je compris que si erreur il y avait, je ne le regrettais pas. Pas du tout, même. Traiter moi de ce que vous voulez, dites que je ne sais pas ce que je veux, etc. Je m’en moque, pendant trop longtemps je suis restée dans l’ombre par… la peur, je dois l’admettre. La peur du rejet d’autrui. Maintenant, je sais qu’il me faut simplement chercher les bonnes personnes et non pas rester avec les mauvaises. À peine commençais-je à vouloir m’étendre pour dormir que je me dis qu’aller au petit coin d’abord ne serait pas de refus. Je vins tout juste pour me lever que mes yeux se fermèrent de force et que le noir m’enveloppa comme un vieil ennemi dont j’avais plus que marre. J’espérais secrètement que les murs, la porte et les gardes suffiraient à me retenir, mais j’avais des doutes. De gros doutes, genre énorme.
Lorsque j’ouvris les yeux je compris immédiatement que quelque chose clochait. Ce n’était pas tant que j’étais couverte de sang comme les autres fois, malgré que ce fût un peu inapproprié il fallait dire que je m’y étais habitué puisque c’était la troisième fois que cela m’arrivait, en quoi? Cinq, six jours? Non, ce n’était pas le sang cette fois. C’était ce matelas trop épais et cet oreiller trop moelleux qui me portait problème. Je n’étais pas censé me trouver là. Mon instinct me le criait. Ou était-ce mon ventre qui criait famine? Enfin, bref pourquoi avais-je atterri à Shadow Falls? Dans mon bungalow et dans ma chambre pour être plus exacte? Mystère, mystère… Ou peut-être pas, pensai-je en me souvenant brusquement du fait que j’étais couverte de sang et que la veille mes yeux s’étaient fermés sans mon autorisation. Cette fois-là j’avais été loin de pouvoir lutter. Je me levai alors brusquement et c’est à ce moment que mes trois colocs déboulèrent dans ma chambre, complétement en alerte.
- Merde, Maria! Qu’est-ce que tu fous, ici! s’exclama Della.
- Pour faire court? Disons simplement que l’on a encore des ennuis. Ou plutôt j’ai encore des problèmes. De mémoire pour être plus précise. Et ce n’est pas bon, pas bon du tout, marmonnai-je et en concluant je montrai tout le sang dont j’étais couverte.
- Oh mon dieu! Souffla Miranda d’une voix blanche.
- Tu ne te souviens vraiment de rien? Demanda Kylie, calmement malgré la répulsion que je lisais dans ses yeux.
- Rien de rien, affirmai-je. Maintenant appelons Burnett. Vite.
À peine Della attrapait-elle son téléphone qu’elle s’interrompit pour braquer son regard sur la porte du bungalow. La seconde suivante celle-ci s’ouvrait à la volée sur un Burnett très, très en colère.
- OÙ EST-ELLE! Rugit-il.
- Ici, dis-je en me ramassant sur moi-même.
- Tu as conscience que tu n’améliores pas ton cas, n’est-ce pas? Me dit-il en arrivant à ma hauteur en prenant un ton faussement calme.
- Ce n’est pas comme si je le décidais non plus! M’exclamai-je en oubliant ma soumission de la minute précédente.
Il me foudroya du regard, mais à mon grand désarroi je ne fus pas la seule à le lui renvoyer. Mes trois colocs vinrent à mon aide, chacune à leur tour.
- Elle n’a pas à se justifier, dit la vampire d’un ton tranchant.
- Surtout que l’on ne contrôle pas sa mémoire, ajouta la sorcière. J’en suis la preuve vivante.
- En plus, on ne peut pas affirmer sans l’ombre d’un doute des intentions de Maria lorsqu’elle perd la carte! Renchérit la caméléon.
- C’est bon les filles, j’ai compris! Clama-t-il en levant les mains comme pour appeler au calme.
Les trois filles m’adressèrent un sourire encourageant, même Della dont je ne comprenais pas du tout le soutien. Les deux autres peut-être, mais elle? Son ressentiment à mon égard était si flagrant à peine quelques jours plus tôt! Et maintenant elle me soutenait? Incompréhension totale de ma part…
- Bon, va donc prendre ta douche, ordonna le directeur. Ensuite tu vas revenir avec moi et on va ramasser le désordre que tu as… commença-t-il, mais je ne compris pas le reste, car un flashback me happa.
Je me relevais tout doucement du lit. Quelque chose semblait m’enjoindre à sortir de cet endroit et de rejoindre un autre lieu. Shadow Falls, me chuchota mon esprit. Quelque chose ou quelqu’un là-bas voulait que je m’y rende. Tout mon corps m’y poussait. Alors comme je l’avais vu tant de fois dans des séries policières j’utilisai mon pieds pour forcer la porte. D’un bon coup elle ne fit pas seulement que s’ouvrir, mais vola littéralement en éclat. Les gardes me bondirent aussitôt dessus, mais chacun leur tour je les jetai comme des pantins dans mon ancienne cellule. Ensuite je sortis à grand pas de ce lieu détesté, projetant tout ce qui se trouvait sur mon chemin contre les murs, saccageant l’endroit à moi seule. Une fois à l’extérieur mes jambes se mirent à courir à une vitesse folle vers mon destin.
Mes yeux papillotèrent un moment alors que je sentais le poids pesant des regards posés sur moi.
- Maria est-ce que ça va? Me demanda finalement le vampire.
- Je me souviens de quelque chose…murmurai-je si bas que je n’étais pas sûre que l’on m’ait entendu.
- De quoi te souviens-tu? S’enquit-il.
- De comment j’ai fait pour sortir de ma cellule et du bâtiment.
- Autre chose?
- Je me sentais comme… attiré à Shadow Falls, ajoutai-je simplement.
- Rien d’autre?
- Non, marmonnai-je. Je ne me rappelle jamais de ce qui pourrait m’être utile! Hurlai-je ensuite.
- Bon ça suffit, maintenant! Va dans la douche et je te ramène là-bas ensuite pour faire un peu de ménage…
Je ne répondis rien, car je savais bien que c’était bien mérité après ce que j’avais fait. Je bondis alors dans la direction de la salle de bain et ne regardai même pas le sang qui me recouvrait les mains ainsi que mes avant-bras. J’étais écœurée par tout ce sang qui me recouvrait, surtout à cause de ce que cela signifiait.
En sortant de la douche j’enfilai les vêtements propres que j’avais pensé à prendre avec moi. Ensuite je sortis à l’extérieur au moment où Kylie disait :
- Je peux nous rendre invisible Maria et moi. Ainsi personne ne saura qu’elle est revenue ici.
- Et pour entrer dans la voiture? Fit remarquer le directeur.
- Je n’ai qu’à vous accompagner? Proposa la caméléon.
- Ça c’est hors de question. Tu as de l’école.
- Alors vous arrêterez à un kilomètre ou plus de Shadow Falls et vous me débarquerez là. Je saurai retrouver mon chemin.
- Je ne peux pas te laisser rentrer seule! Gronda-t-il.
- Mais voyons Burnett! Je suis capable de me rendre invisible, si quelqu’un veut m’attaquer il faudrait déjà qu’il puisse me voir ou m’entendre! Protesta ma coloc.
- C’est non, point.
- Je n’ai qu’à venir avec elles. Ainsi Kylie ne rentrera pas seule, proposa Della. Elle nous rendra invisible toutes les trois sans problème, j’en suis sûre!
Au visage qu’afficha le vampire je compris qu’il capitulait. Il secoua la tête lentement et finit par lâcher :
- D’accord, d’accord…
- Donc je reste seule ici? s’enquit Miranda.
- Ce n’est que pour une question de minutes… fit remarquer ma coloc vampire.
La petite sorcière hocha de la tête et Burnett nous fit signe qu’il était temps d’y aller. J’adressai un petit signe de la main à la seule de mes colocs qui restait là et la seconde suivante Kylie prenait ma main dans la sienne, ainsi que celle de la vamp. La seconde suivante nous avions disparue. Alors l’air de rien le directeur ouvrit la porte, dit quelques paroles à Miranda le temps qu’on passe et sortit en refermant la porte derrière lui.
Arrivé à la voiture il ouvrit la portière arrière un bon trente secondes et la referma. Nous avions tout juste eu le temps d’entrer à l’intérieur, mais il ne pouvait pas le savoir. Il alla alors s’assoir au siège conducteur, démarra la voiture et nous conduit jusqu’à environ cinq kilomètres de Shadow Falls. En sentant la voiture ralentir et aller sur le bas-côté la caméléon nous rendit de nouveau visible. Alors elle descendit de la voiture accompagnée de la vampire et toutes deux disparurent bientôt, de nouveau invisible. Burnett attendit une bonne minute au moins avant de redémarrer et de s’éloigner vers le lieu que j’avais dévasté. Il attendit une bonne dizaine de minutes avant de me dire :
- Nos scientifiques ont terminés l’analyse de ton vomi…
- D’accord et quels sont les résultats? M’enquis-je.
- Il semblerait que tu aies avalé du sang avec un fort taux de toxine. Cette toxine est, apparemment, très hallucinogène et cause souvent de la nausée, des étourdissements, des maux de tête et aussi de la faiblesse musculaire. Mais ce n’est pas le plus étrange…
- Alors quoi?
- Ils n’ont trouvé aucune trace de chair de loup ou même de sang de cet animal. De ce fait, il est presque impossible que tu es tué ce loup-garou.
Je fus alors de nouveau frappé par un flashback. Enfin c’était le reste de mon trou de mémoire qui s’était produit la nuit de la Pleine Lune. Mes oreilles captèrent alors le couinement aigu d’un loup. Je reconnus sans mal le ton caractéristique des loups-garou. Comprenant que cela signifiait que ce loup était en danger je me sentis bouillonner intérieurement alors que mes pattes accéléraient encore la cadence. Sans tenir compte de mon itinéraire je ne regardai que très peu devant moi et ainsi je fonçai de plein fouet dans la chimère qui lâcha sa proie sous la force du coup. N’attendant pas qu’elle reprenne le contrôle je plantai profondément mes crocs dans sa nuque pour la deuxième fois, malgré qu’il n’en restait aucune marque visible. J’aperçu alors Della s’arrêter à mes côtés dans un freinage légèrement sec et regarda l’endroit où je serrais la mâchoire avant de me faire un petit signe qui voulait dire de relâcher ma proie. Une fois que j’eus obéi elle alla à la vitesse de l’éclair et saisit la créature avant de la projeter aussi loin que possible. D’un même mouvement nous nous tournâmes vers le loup agonisant. Comme la chose avait tranché la jugulaire le pauvre n’avait plus beaucoup de temps devant lui. Je m’approchai lentement et gémis légèrement contre lui, de ce fait mon museau ainsi que mon poitrail se couvrirent rapidement de son sang. Pourtant je restai planter là jusqu’à son dernier souffle, alors lorsqu’il le libéra je reculai un peu, mais avant de pouvoir faire un seul autre pas je sentis quelque chose se refermer sur l’arrière de ma tête. Juste avant de perdre connaissance je sentis l’odeur de charogne caractéristique de la chimère régner autour de moi... Bon sang! Je n’avais pas tué ce loup! C’était la créature qui l’avait fait et pas moi! Je me rendis soudainement compte que Burnett me dévisageait à partir du rétroviseur. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit il me demanda :
- Qu’est-ce que tu as vu cette fois?
- Je n’ai pas tué le loup-garou. Ce n’est pas moi la coupable, dis-je presque en rayonnant de bonheur.
Il hocha la tête et m’enjoignit de m’expliquer, alors sans attendre je lui partageai ce que j’avais découvert. À peine avais-je terminé qu’il rompit l’ambiance de fête en disant :
- Tu es innocenter pour ce meurtre là, mais les autres on ne peut pas en être sûr. Par contre cela donne bon espoir pour le reste.
Malgré sa dernière phrase je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir le moral à zéro. Je finis pourtant par reprendre la parole :
- Au fait… Est-ce que vous savez qui est mort cette fois?
- Non, pas encore. J’ai demandé à Della de faire le tour de Shadow Falls et de me prévenir de ce qu’elle découvrirait.
- Je ne me souviens pas de cela…
- C’était pendant que tu prenais ta douche, répondit-il simplement.
Je fis un bref signe de compréhension pour montrer que je l’avais écouté, mais le reste du trajet se fit dans le silence.
Quand nous arrivâmes finalement à destination nous ne prononçâmes rien non plus, nous contentant de descendre en silence et d’entrer à l’intérieur. Déjà dans l’entrée on pouvait voir les dégâts que j’avais causés à moi seule. Burnett me dit alors la liste des choses que j’avais à faire aujourd’hui. Donc je devais aider à ramasser les débris, faire le ménage de fond en comble ensuite, m’excuser pour mon comportement auprès des personnes que j’avais blessé (y compris les gardes de ma cellule, grrrr) et d’autres petits détails du genre avec seulement quinze minutes de pause repas. Pourtant loin de moi l’idée de montrer ma désapprobation, après tout je le méritais, non? (ou pas) Je pris une brusque inspiration et me mis au travail. La journée passa si vite avec tout ce bordel à ramasser que lorsque le directeur vampire revint me voir accompagné de Lucas en fin d’après-midi je fus stupéfaite en voyant l’heure. Comme seule explication Burnett me dit :
- Les résultats des tests. Ils les ont.
Je hochai la tête et les suivit sans un mot. En arrivant à l’intérieur de la clinique (le seul lieu ou presque à être intacte…) cela ne prit qu’une seconde avant qu’on se fasse appeler Lucas et moi. Une fois là le médecin nous révéla :
- Comme vous le savez surement les tests ADN entre cousin sont très peu révélateurs. On ne peut même pas garantir que vous l’êtes par ce simple test. Pour plus de chance il faudrait mieux faire un test avec un oncle ou une tante. Enfin, bref… Selon le résultat obtenu à ce test il y a de grandes chances pour que vous soyez effectivement des cousins.
On le remercia et en sortant je lui adressai un petit sourire alors qu’il me disait :
- Bienvenue dans la famille, Maria…
En retournant trouver Burnett on lui fit part du résultat et il hocha la tête simplement. Pourtant la seconde suivante il lâcha :
- Kylie est là et elle a une proposition à te faire.
- Ah bon? Dis-je, surprise.
Ils me firent alors signe de les suivre à l’extérieur et on trouva la caméléon affaler contre le mur en regardant ses pieds. Apparemment elle s’emmerdait en nous attendant. Pourtant en nous apercevant elle s’exclama :
- Et puis le résultat?
- Il semblerait qu’il y ait effectivement de grandes chances que l’on soit cousin, dit Lucas avec un sourire.
- Tu voulais me proposer quelque chose à ce qu’il paraît? M’enquis-je en regardant ma coloc fixement.
- Oui en effet… J’ai réussi à convaincre Burnett, avec l’aide de Holiday bien sûr, pour qu’il te donne la fin de semaine en probatoire. Malgré que l’on ait retrouvé ce vampir… commençait-elle, mais le directeur la coupa.
- Kylie! Tu n’étais pas censé en parler…
- Oups! Désolée, dit-elle, mais à son expression je compris qu’elle ne l’était pas le moins du monde.
- Alors c’est un vampire qui a été tué cette fois? Demandai-je en réfléchissant profondément.
Le vampire hocha la tête au moment où je prenais conscience de quelque chose. De quelque chose d’énorme!
- Oh, merde! Lâchai-je sans pouvoir me retenir.
- Qu’est-ce qu’il y a? s’enquit mon cousin.
- Si on considère que c’est la chimère qui tue depuis le début… ça commence avec des humains normaux, donc des proies vraiment faciles. Pourtant lorsque nous arrivons ici, c’est beaucoup plus de proie digne de ce nom. Là elle s’attaque à Kaitlyn, une surnaturelle à moitié fée et à moitié métamorphe.
- Avec prédominance fée, ajouta Burnett.
- Oui, bon, ce n’est qu’un détail qui ne fait que renforcer ma théorie. Si j’ai bien compris les pouvoirs varient d’une fée à une autre, mais je soupçonne que malgré tout ce ne sont pas les surnaturels les plus puissants. Vous êtes d’accord?
- Oui… répondirent-ils sans trop me suivre.
- Alors allons-y avec l’échelle de puissance… On a d’abord les fées, ensuite les sorcières, métamorphes, loups-garou, les vampires et finalement les caméléons, car ils possèdent de chaque espèce. Cela si on se met lors d’une journée normale sans tenir compte de la Pleine Lune.
- C’est à peu près cela, oui… accorda le directeur. Mais où veux-tu en venir?
- Vous ne remarquez pas quelque chose? Leur demandai-je.
Cela prit une bonne minute avant que ce que je leur demande fasse un chemin dans leur esprit. Finalement Kylie s’exclama :
- Oh mon dieu! La créature a suivi exactement le même schéma!
- Exact! Acquiesçai-je. Ce qui signifie que soit elle n’était pas suffisamment sûre d’elle au départ, mais restait très puissante… ou alors, dans le pire des scénarios…
- Elle augmente en puissance, conclut Lucas pour moi.
- Il ne lui reste plus que le summum des proies maintenant. La proie idéale. Un caméléon, conclus-je.
Tous nos regards se portèrent sur Kylie et elle finit par marmonner :
- Non pas encore moi! Il y a aussi M. Yates et Jenny.
- Ce qui nous rend la tâche plus facile pour vous protéger et vous surveiller, fis-je remarquer. Le problème c’est qu’il n’y a que deux personnes au pensionnat capable de percevoir la créature. Della et moi.
- Il y a une autre personne qui a plus de puissance ces jours-ci… fit à son tour remarquer Burnett.
- Vous m’accuser, maintenant? Grondai-je sourdement.
- Non, je ne fais qu’énoncer des faits. Pourtant je crois que tout ceci prend une ampleur que je n’aime pas. Et cela tourne autour de toi.
Je hochai la tête simplement, de mauvaise humeur.
- Bon suffisamment parlé de chose déplaisante! Lança la caméléon comme pour changer de sujet. Ce que je voulais te demander c’est… Voudrais-tu venir passer la fin de semaine chez moi? Ma mère est d’accord et je crois que ce serait plus cool que de rester seule au bungalow. Alors? T’en pense quoi?
- Je… commençai-je, mais sa proposition me déconcertait complétement. Tu es sûre que tu veux que je vienne?
- J’aimerais apprendre à te connaître un peu plus, après tout tu es ma coloc désormais! D’ailleurs je crois pouvoir m’arranger pour que Della et Miranda viennent samedi soir. On fera une soirée de fille. Alors, tu veux?
- J’accepte! Dis-je avec un peu trop d’empressement peut-être.
- Super! Dit-elle avec un sourire. Alors on peut rentrer à Shadow Falls et prendre quelques-unes de tes affaires… N’est-ce pas, Burnett?
- Bien sûr, marmonna ce dernier.
Nous nous dirigeâmes alors vers la voiture et sans attendre la permission nous embarquâmes à l’intérieur.
Un moment plus tard j’étais dans la voiture de la mère de Kylie et nous roulions vers leur maison.
- Où voudriez-vous manger les filles? S’enquit Mme Galen après un petit moment.
- Je ne sais pas trop, répondit Kylie en haussant les épaules.
- Et toi, Maria? Ajouta la mère de cette dernière.
- Peu importe où nous irons, je suis correcte avec ce lieu, dis-je avec un petit sourire timide.
J’entendis parfaitement la femme soupirer, apparemment nous ne l’aidions pas dans sa décision. Au final elle nous conduit à un petit resto pas trop loin de chez elles et pendant le repas elle me demanda :
- Alors toi tu es de quel type?
Je manquai recracher la gorgée d’eau que j’avais prise en même temps que Kylie s’exclamait :
- Maman!
- Quoi? J’ai le droit de savoir qui j’héberge sous mon toit, non?
- Je suis une louve-garou, répondis-je lorsque je ne toussais plus.
Je vis le visage de la mère de ma coloc blêmir et je compris que je n’aurais peut-être pas dû répondre, voire dire la vérité. La caméléon s’excusa alors pour la réaction de sa mère :
- Désolée, elle n’est pas encore très habituée avec toute cette vie surnaturelle. Il n’y a vraiment pas longtemps qu’elle est au courant pour tout.
Je hochai la tête, compréhensive. C’était surement difficile à digérer lorsque toute notre vie nous avions cru dur comme fer que les humains étaient au sommet de la chaîne alimentaire. Pour moi ce n’était pas le cas, bien entendu. Lorsqu’on commençait à se transformer en loup à nos cinq ans, c’était impensable de nier les faits. Le reste du souper se passa relativement bien et une fois rendues à leur maison nous écoutâmes un film toutes les trois ensembles. Pourtant je finis par les quitter avant la fin du film pour les laisser entre mère et fille. Je ne voulais pas prendre trop de place, donc pour passer le temps je décidai de préparer mon lit pour dormir. Dès que ce fut fait je m’approchai de la fenêtre et regardai la lune en décroissance. Parfois je pouvais rester des heures à la contempler sans rien faire et lorsque j’avais à réfléchir longuement j’attendais la nuit pour pouvoir me référer à la lune. Comme si tout était plus clair lorsque j’avais les yeux braqués sur elle. J’entendis les pas de Kylie me rejoindre environ une demi-heure après que je sois partie. En entrant dans la pièce elle me demanda :
- Qu’est-ce tu regardes?
- La lune, dis-je simplement.
Changeant complétement de sujet elle s’enquit :
- Alors avec Ethan?
Je me retournai brusquement vers elle et je remarquai son petit sourire moqueur.
- Qu’est-ce que tu veux savoir? Marmonnai-je.
- Êtes-vous ensemble ou pas?
- Je voudrais bien dire que oui, mais… je ne sais pas. Je crois que je l’aime bien, enfin… c’est plus que ça, mais… Je ne crois pas que je sois la personne qu’il lui faut. Et en même temps je ne pense pas pouvoir le voir auprès de quelqu’un d’autre. Ce qui est égoïste de ma part, et stupide.
- Je comprends… dit-elle en venant s’assoir à côté de moi près de la fenêtre.
Ne voulant pas m’attarder sur le sujet je lâchai alors :
- Est-ce que tu as des nouvelles des fantômes?
Elle sursauta et je me souvins que très peu de surnaturel ne craignait pas les fantômes, ce qui était passablement stupide à mon avis.
- Non, pas vraiment, finit-elle par répondre. Mais il y a quelque chose de bizarre avec Kaitlyn, ajouta-t-elle en se frottant vigoureusement les bras comme si elle avait froid (et effectivement je sentais que la température avait baissée). Elle n’apparaît que lorsque tu es avec moi. La première fois qu’elle est apparue elle disait sans cesse « C’est elle! C’est elle! » en te pointant, mais maintenant… Chaque fois qu’elle te regarde, ses yeux… Ils sont tristes. Comme si tu portais un lourd fardeau et qu’elle était désolée pour toi. Je ne comprends rien, mais c’est habituel avec les fantômes.
- D’accord… murmurai-je, surprise. On devrait peut-être dormir maintenant, non?
- Tu as raison…
On s’étendit alors chacune sur notre matelas et en quelques secondes je fus transportée dans le pays des rêves.
Je me réveillai brusquement au son de la sonnette de la porte. Bon sang, qui venait si tôt? En jetant un œil à ma montre je lus « 10:00 », bon d’accord il n’était pas si tôt que ça. Les pas de Mme Galen se firent alors entendre en se dirigeant vers la porte. Peu de temps après la porte s’ouvrit avec lenteur, comme si elle ne connaissait pas les personnes de l’autre côté.
- Qui êtes-vous? L’entendis-je dire.
- Êtes-vous Mme Galen? S’enquit une voix de femme que je reconnus et qui créa un élan d’émoi en moi-même.
- Oui, pourquoi? Répondit la mère de Kylie et je pouvais presque la voir plisser les yeux de suspicion.
- Nous sommes là pour Maria, où est-elle? Nous savons qu’elle est ici, ajouta la voix de la femme.
- Elle est dans la chambre de ma fille, dit prudemment mon hôte.
- Ne me dîtes pas qu’elle dort encore! S’exclama alors une voix d’homme.
Bon sang de bon sang! Ils étaient là! Tous les deux! Mais pourquoi?


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:08 am, modifié 3 fois.
angel98

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par angel98 »

Encore un super chapitre ! :)
J'aime bien la scène ou tout le monde va voir Maria dans sa cellule et celle avec Ethan aussi.
Je me demande qui peuvent être les personnes qui veulent voir Maria chez Kylie, ses parents adoptifs? J'ai hâte de lire la suite.
Marine78

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Marine78 »

Salut,
Tout d'abord, désolée de ne pas avoir mis de commentaire plus tôt... Je viens de finir de lire tes chapitres et je les aime bien. Tu t'améliores bien depuis les tout premiers chapitres ! Je suis contente que Ethan et Maria soient enfin ensembles ! Sinon, j'ai hâte de savoir qui est derrière la porte. Et aussi de connaître la rapport entre Maria et la chimère ! Bons chapitres en tout cas.
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 8



Qu’est-ce que mes parents foutaient ici, merde! Enfin… mes parents adoptifs. Aux dernières nouvelles ils étaient encore au Québec… C’était ce que je croyais en tout cas. Holiday m’avait dit que ma mère appelait effectivement à tous les jours, mais jamais elle avait mentionné qu’il revenait ici! J’entendis alors la mère de ma coloc :
- Non, je ne crois pas qu’elles dorment. Je les ai entendues discuter tout à l’heure…
C’était un mensonge, pensai-je, car il y avait une ou deux minutes je dormais encore. Enfin… s’en était peut-être pas un si elle nous avait entendues la veille au soir. Après tout, tout dépendait de notre version de « tout à l’heure ». Je me surpris alors à admirer la mère de Kylie, elle me défendait alors qu’elle n’y était pas obligée.
- Vous n’avez pas répondu à ma question, reprit-elle. Qui êtes-vous?
- Les parents de Maria, répondit ma mère.
Cela ne sembla pas perturber Mme Galen, car elle lâcha :
- Biologiques ou adoptifs?
Merde! Je n’aurais peut-être pas dû en parler dans la voiture lorsque nous revenions ici après le souper… Je croyais pourtant avoir précisé qu’ils ne savaient pas que j’étais au courant. Apparemment elle avait décidé de les mettre au courant…
- Qui vous en a parlé? Marmonna mon père. Certainement pas Maria, elle n’est pas au courant.
- Vous êtes bien loin de la connaître, alors… rétorqua la mère de Kylie.
Bon sang! Et moi qui aurais aimé mieux leur annoncer la nouvelle moi-même.
- Vous sous-entendez quoi exactement par-là, Mme Galen? S’enquit ma mère adoptive.
- Qu’elle sait qui vous êtes réellement. Soit que vous n’êtes pas ses vrais parents. À votre place je lui aurais dit moi-même avant qu’elle ne le découvre par elle-même…
- Vous n’êtes pas en droit de nous juger! Gronda mon père.
- Si, bien sûr que je le peux. Elle dort sous mon toit en ce moment, car elle savait qu’il était impossible pour elle de retourner chez vous!
- Là, vous allez trop loin! Dit ma mère en élevant le ton, et ça c’était jamais bon signe.
Il manquerait plus qu’une bagarre éclate. J’étais surprise que tout ce brouhaha n’ait pas encore réveillé Kylie… Je me levai donc pour me rapprocher du lit de cette dernière et la secouai doucement jusqu’à ce qu’elle se réveille. Elle marmonna légèrement et je lui dis :
- On a un problème.
- Pourquoi?
- Mes parents sont là…
- Tes… Attends, quoi!
- Ouais, c’est la réaction que j’ai eu aussi.
Au moment où on s’apprêtait à quitter la chambre j’entendis hurler :
- Laissez-nous passer!
- Non! S’exclama Mme Galen. Vous êtes chez moi et je ne laisserai pas n’importe qui entrer!
- Mince! C’était ta mère? Me questionna ma coloc.
- Malheureusement, oui, maugréai-je. Je crois que je ferais mieux d’y aller…
Sur ces mots je sortis de la chambre de Kylie comme une flèche et courut jusqu’à l’entrée. Une fois là je grognai à l’adresse de mes parents :
- Qu’est-ce que vous venez faire ici? Je croyais que vous m’aviez jeté dans cet endroit pour ne plus jamais me revoir.
- Ce n’est pas du tout ce que tu crois… murmura ma mère.
- Que fais-tu encore en pyjama! S’exclama mon père en colère et il ignora superbement le regard de furie que lui jeta celle qui se voulait être une «bonne» maman.
Les voir devant moi me faisait encore plus mal que je ne le pensais. Comment pouvaient-ils être ainsi… Pour une simple histoire de fugue répétitive? Où était passé les parents si aimant que j’avais eu avant ma première Pleine Lune? La douleur me vrillait le cœur et je compris maintenant l’erreur que représentait une carapace ramolli. Laisser passer les bonnes émotions, laissait aussi passer les mauvaises. Les douloureuses en particulier. Je leur jetai un regard froid et dit :
- Ce n’est pas le bon jour pour me faire la morale.
- On n’est pas venu pour ça… on n’est seulement un peu surpris c’est tout. On voulait juste… commença ma mère, mais je la coupai.
- Je me fous de ce que vous voulez! Criai-je alors même que j’entendais Kylie se poster derrière moi. Partez d’ici!
- Qui est cette fille? S’enquit mon père comme s’il ne m’avait pas entendu.
- Une amie, grondai-je. Maintenant je vous saurai gré de bien vouloir partir! Rien ne vous retient ici, M. et Mme Lacroix! Leur hurlai-je au visage.
- Tu es une Lacroix, alors tu viens avec nous, rétorqua ma mère.
- Non. Je ne vous appartiens pas… dis-je les larmes aux yeux, ma force me quittait. Je suis une Lechasseur et une Parker. Pas une Lacroix. Je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais. Vous ne méritez pas d’avoir des enfants. Vous ne me méritez pas, moi, ajoutai-je en leur montrant toute la conviction qu’il me restait.
Je sentis la main de ma coloc se poser sur mon épaule. J’étais assez fière de ne pas avoir craqué et de ne pas leur avoir dit un seul mot en français.
- C’est vraiment ce que tu crois? Me demanda ma mère.
- Oui, soupirai-je, catégorique.
- C’est moi qui t’aies éduqué alors que tes parents biologiques ne voulaient pas de toi. Tu me dois plus de respect que cela, jeune fille! Gronda-t-elle.
- Absolument pas. Tu me mens en ce moment. Je connais la véritable histoire. Mon grand-père biologique me l’a raconté (Ils n’avaient pas besoin de savoir que lorsqu’il me l’avait dit il était un fantôme, non?).
Mes parents adoptifs ne prononcèrent pas un seul mot. Je compris soudainement quelque chose… Ma mère, celle qui se trouvait devant moi, était beaucoup de chose, mais pas une menteuse. Je savais qu’elle connaissait la véritable histoire, alors pourquoi mentir? Une petite voix me souffla la bonne réponse « ce n’est pas eux… ». Au même moment la température chuta et je saisis ce que cela signifiait en sentant la main de Kylie se raidir. Un fantôme. Qui était-ce cette fois? Mon grand-père? Kaitlyn? Qui? Peu importait la réponse en fait, pensai-je. Je voulais seulement que ceux qui se trouvait devant moi, qui qu’ils soient réellement, s’en aillent. Je leur fis un signe catégorique de sortir et en affichant une mine défaite ils firent demi-tour… Dès que la porte se referma je me tournai d’un bond vers ma coloc et m’exclamai :
- Qui est le fantôme?
Elle ouvrit la bouche en grand en regardant sa mère droit dans les yeux et je me souvins brusquement que celle-ci n’était pas encore très à l’aise avec ce sujet de surnaturel. Oups! Pourtant en me tournant vers celle-ci elle ne semblait pas déconcerter. J’avais eu chaud…
- Alors? Réitérai-je.
- Encore Kaitlyn. Mais cette fois elle regardait tes parents. Fixement. Elle a dit, et je ne mens pas, « Attention… ». Ensuite elle n’a plus rien dit. Maintenant elle a disparu.
- Ça arrive souvent ce genre de chose?
- Ouais, les fantômes ne sont pas des plus bavards lorsque l’on demande des précisions…
- Je ne t’ai pas entendu parler, fis-je remarquer.
- C’est sûr! Ça se passait là-dedans! Dit-elle en pointant son crâne.
- Ah, d’accord!
Le silence s’installa rapidement, mais il fut rapidement briser par la mère de Kylie :
- Est-ce que ça vous dirait d’aller magasiner, les filles?
- Pourquoi? S’enquit sa fille, curieuse.
- Je ne veux pas rester ici toute la journée. Ils pourraient revenir… expliqua Mme Galen.
- Je ne crois pas, mais c’est vous qui voyez, dis-je simplement.
- Alors, va pour le magasinage… dit la caméléon sans vraiment d’entrain.
Plusieurs heures plus tard Kylie et moi attendions avec impatience l’arrivée de nos deux autres colocs. À une multitude de reprises pendant la journée la caméléon avait tenté de me soutirer des informations sur mon ancienne vie, mais à chaque fois j’avais changé de sujet. Je croyais donc qu’elle avait fini par comprendre, mais je fus détrompée :
- Sérieusement Maria, dis-moi donc pourquoi tu leur as parlé ainsi? Tu semblais tellement furax et c’était comme si tu leur crachais du venin au visage…
- Pourquoi veux-tu tellement que je te le dise? Tu aimerais savoir qu’il y a trois ans il n’en pouvait plus de mes fugues et qu’ils ont commencé à me frapper? Tous les deux. Ou encore que dès que je ramenais de l’argent après mon travail, du pourboire en particulier, que si je ne le cachais pas il me le prenait? Que mon compte en banque n’augmentait jamais? Ou peut-être veux-tu savoir qu’à la fin des cours ma gorge se serrait à cause de la panique? De la rage de ne pouvoir rien faire aussi? Alors? C’est ça que tu voulais savoir?
À son air épouvanté je compris que ce que j’avais révélé était pire que ce qu’elle croyait. C’était justement pour ça que je n’avais pas répondu plus tôt… Malheureusement mon tempérament avait fait en sorte que j’avais tout dit (Enfin… en partie!) de la pire façon qui soit. Finalement une question fusa :
- Pourquoi n’as-tu jamais rien dit? Souffla la voix de Della.
Attends, quoi?! Della? Je me tournai brusquement dans la direction de la vampire et la trouvai en compagnie de Miranda. Apparemment j’étais si absorbée dans mon «discours» que je ne les avais pas entendues arriver.
- La mère de Kylie nous a fait entrer et comme on connait le chemin… s’excusa presque la petite sorcière.
- Réponds, réitéra la vamp.
- C’est simple. Je ne peux pas sortir de ma mémoire les souvenirs d’avant… quand j’étais encore toutes petites. Quand je ne me transformais pas encore. Ils étaient si gentils… Attentionnés tout en étant un peu sévères. Juste parfait, en fait. Leur comportement a changé un an après ma première Pleine Lune. Et c’est devenu encore pire il y a trois ans.
- Depuis la pierre? S’enquit Kylie.
Je hochai la tête, mais mon visage s’affaissa. Et si leur comportement aussi était lié à la maudite chimère? C’était bien possible en effet et cela pourrait expliquer pourquoi ma mère avait menti tout à l’heure…
- Mais qu’est-ce que ça peut changer? Ok, oui cela signifie que la créature les dirige peut-être, mais… Ils n’étaient déjà pas commode avant qu’elle n’arrive dans le décor, alors… Peut-on changer de sujet?
- Bien sûr! S’exclama Miranda. Pourquoi ne nous raconterais-tu pas ce qu’il s’est passé entre toi et l’autre loup-garou? Ajouta-t-elle en se frottant les mains d’impatience.
Mon humeur s’assombrit encore plus. Je croyais en avoir terminé avec les questions de ce genre avec Kylie hier, mais apparemment j’avais oublié que mes deux autres colocs risquaient d’en faire de même. Je ne pus m’empêcher de fusiller la sorcière du regard, mais ensuite je me retrouvai pour je ne sais qu’elle raison à leur raconter tout en détail, y compris le fait que pendant un moment je n’étais pas du tout avec lui dans ma cellule, mais que c’était quelqu’un d’autre. Enfin… que j’avais été victime d’une illusion. Encore. Lorsque j’arrêtai finalement de parler je conclus sur un ton gêné :
- Et vous? Chez vos parents?
Une manière très peu discrète qui signifiait « Et si on changeait de sujet? ». Les deux filles perdirent leur sourire et ce fut Della qui commença :
- J’ai passé la soirée d’hier et la journée d’aujourd’hui à «prouver» à mes parents que je ne me droguais pas.
- Moi, ma mère m’a encore fait passer comme une moins que rien, maugréa Miranda.
- Sans vouloir t’offenser, mais ta mère est idiote. Lorsque les parents viendront je peux lui dire ma façon de penser, si tu veux?
- Euh, non… Je crois que ça va être correct! Dit-elle en tentant d’avoir l’air épouvanté, mais je voyais qu’elle tentait de cacher un petit sourire de remerciement.
- Et toi! Dis-je en pointant Della. Je sais que tu ne me porte pas dans ton cœur, mais… Sérieusement je déteste l’injustice parentale, alors… peu importe qui est la personne qui en souffre, et ne viens pas dire le contraire… Je peux peut-être faire un petit quelque chose…
La vamp fronça les sourcils, mais demanda néanmoins :
- Comme quoi?
- En leur montrant leur idiotie? Tentai-je pour ne pas lui dire ce que j’avais à l’esprit.
- Comment! Grogna-t-elle.
- Eh bien… Je pensais seulement à un petit quelque chose du genre… leur dire à quel point ils sont stupides de t’accuser de quelque chose que tu ne fais pas. Que peu importe comment on est, ou ce qu’on est, l’important c’est ce qui se trouve ici, terminai-je en pointant mon cœur. Tu les aimes et ça se voit. Seulement ils refusent de croire que tu peux les aimer en faisant ce qu’il croit que tu fais. Je te comprends tu sais? La vie avec mes parents ressemblaient à ça avant qu’ils ne commencent à…
- À te frapper, continua-t-elle à ma place.
- Exact. Parfois je me demande si cela aurait changé quelque chose si je leur avais dit ce que j’étais quand ils m’ont demandé ce que j’avais… Mais seulement c’est arrivé juste après que ma «meilleure amie» m’ait laissé en plan. Donc… je n’ai rien dit. Alors je ne sais pas si cela aurait été pour le mieux ou pour le pire. Mais en te voyant, je suis sûre que tu seras capable d’encaisser. Peu importe ce qu’ils feront. Ou diront. En plus tu as Kylie et Miranda pour te soutenir. Et il y a moi sur qui tu pourras te défouler autant que tu veux!
- Tu es sérieuse? S’enquit-elle en me dévisageant. Autant que je veux?
- Bien sûr! Je suis toujours partante pour me défouler et avec quelqu’un à ma hauteur c’est encore mieux! M’exclamai-je et en voyant son expression je sus que j’avais flatté son ego, mais aussi gagné sa confiance.
- Très bien. Mais je ne crois pas être capable de leur dire…
- Je peux toujours faire mon coming-out et leur faire très peur. Et toi tu t’avance pour les défendre? Proposai-je en souriant innocemment.
Della plissa légèrement les yeux, mais finit par dire :
- Nous verrons…
- Et si on se commandait une pizza? S’enquit Kylie comme pour détendre l’ambiance et aussi changer radicalement de sujet.
Nous nous tournâmes toutes vers elle avec un air affamé alors elle s’éclipsa rapidement pour aller prendre le téléphone de la maison. Quand elle fut de retour parmi nous je me permis de leur poser des questions sur Shadow Falls avant mon arrivée. J’appris donc toute la longue mésaventure de Kylie, ainsi que de Della plus récemment. Je m’enquis alors en me tournant vers elle :
- Et alors… Où sont-ils ce Steve et ce Chase?
- Ça ne te regarde pas! Siffla-t-elle et je compris qu’il y en avait une encore plus réservée que moi sur ce plan-là.
Je ne pus tout de même pas m’empêcher de m’assombrir. Je croyais que notre relation c’était légèrement amélioré, mais apparemment j’avais tort. Encore.
Après un bon cinq minutes de silence gêné je finis par demander :
- On reste plantée là comme des statues ou on fait quelque chose?
- Comme quoi? Marmonna la vamp.
- Écouter un film? Proposa Miranda.
- Comme quoi? Répéta notre coloc vampire.
- Aucune idée, soupira la sorcière.
Kylie s’éclipsa alors à nouveau et revint rapidement avec un film.
On ne l’avait commencé que depuis une vingtaine de minutes que la sonnette retentit, nous avertissant ainsi que la pizza était arrivée. Nous bondîmes toutes les trois sur nos pieds et allâmes en courant presque jusqu’à la porte. On paya rapidement notre repas avant de retourner devant le film. Nous nous tendions à peine nos pointes de pizza que je sentis une vague odeur de charogne. Je me figeai et en voyant Della faire de même je compris que je n’étais pas folle. Nous nous tournions d’un même élan en direction de l’odeur, mais notre seconde d’hésitation nous avait été fatale. Une aiguille pointue se planta dans mon cou et ma vision se brouilla avant que ce ne soit le noir complet. La seconde précédente je voyais la forme floue d’une seringue se planter dans la nuque de la petite vamp. Aucune idée de ce qui pouvait être arrivé à mes deux autres colocs…

Lorsque j’ouvris les yeux je me trouvai dans un tel état de confusion que je me surpris à les refermer. Comme si cela pouvait aider! me sermonnai-je mentalement. Les souvenirs me revinrent alors d’un coup et je lâchai en hurlant :
- Miranda! Kylie! Della!
Enfin… c’était ce que j’avais essayé de dire, mais… ce ne fut pas du tout ce qui sortit. Pourquoi? La réponse : j’étais bâillonnée. De toute manière en regardant à gauche et à droite je découvris plusieurs choses intéressantes. Primo, je m’étais faite enlevée, mais ça je n’avais pas eu besoin de mes yeux pour le découvrir, mes mains attachés dans le dos était assez révélateur. Secundo, les filles aussi s’étaient faites enlevées. Et finalement, nous étions dans un sous-sol qui empestait la moisissure ainsi que le renfermé. Ce qui signifiait que soit l’endroit était abandonné, ou que les propriétaires n’étaient pas fan du ménage. Je m’interrogeai alors… Qui avait bien pu nous enlever? Dans la maison de Kylie de surcroît? Et surtout, pourquoi nous? Bon, d’accord, la dernière question tout le monde devait se la poser lorsque cela nous arrivait, mais… malheureusement j’avais le très mauvais sentiment de savoir pourquoi. Une seule odeur me suffisait pour que mon idée tienne la route. Mes parents adoptifs, sous l’ordre de la créature, avait voulu prendre Kylie. Voilà pourquoi ils avaient voulu me voir aujourd’hui. Je mettrais ma main à couper qu’ils auraient invités ma charmante amie à venir avec nous. Le problème dans ce plan? Je me suis interposée. Et lorsqu’ils ont dû s’attaquer au plan B… Deux personnes étaient en trop. Della et Miranda. J’étais presque sûre d’avoir perçu l’odeur de mes parents lorsque nous avons ouvert la porte au livreur. Et comme mes parents ont dû nous voir toutes les quatre et qu’ils sont toujours parés à toute éventualité… Ils sont retournés chercher d’autres sédatifs. Maintenant je devais trouver un moyen de sauver la caméléon, car s’était justement à cause de cette nature surnaturelle qu’elle se trouvait ici. De plus, comme je l’avais appris elle était une protectrice, donc dans l’incapacité de se protéger elle-même. Je reniflai alors un peu et en sentant l’odeur de charogne m’envahir les narines je sus que le temps était compté. Des pas se firent entendre dans des escaliers grinçants et je commençai à me tortiller comme une folle. Mes mouvements durent dérangés Della, car elle se réveilla en sursaut. Sur son visage passa les émotions suivantes : d’abord la surprise, ensuite la confusion et finalement une fureur très intense. Tellement intense que je pouvais la sentir, ce qui voulait dire que ce n’était pas bon, pas bon du tout même. Je forçai alors du mieux que je pus pour rompre les cordes qui m’enserraient les poignets. Élément curieux, j’en fus incapable. Et doublement curieux, lorsque Della tenta sa chance cela ne fonctionna pas non plus… Je lui jetai un regard paniqué en désignant Kylie du menton et en reniflant le plus fort possible pour qu’elle saisisse le message. Elle hocha la tête pour me montrer qu’elle avait compris. Quelque chose d’étrange se passa alors. Pourtant ce n’était pas nouveau… Mes yeux tentèrent de nouveau de se fermer de force. Sachant que j’avais déjà réussi une fois à vaincre cette stupidité je me concentrai, de toute ma volonté pour ne pas perdre ce combat. La douleur m’inonda les yeux comme la première fois et sans trop comprendre je vis le visage de la vamp refléter de l’effroi. Pourtant je ne renonçai pas, car l’odeur de charogne se rapprochait encore… Après une minute entière qui me sembla durer une éternité de douleur indescriptible mes yeux s’ouvrirent en grand. J’avais réussi. Une seconde fois! Je me tournai alors en direction de l’odeur. Je me sentais envahi d’une puissance nouvelle. D’une puissance dévastatrice. Un petit quelque chose me dit que maintenant j’étais capable de détruire mes liens, mais le même quelque chose me conseilla d’attendre. Grand bien m’en fit, car soudain j’aperçus une sorte d’ombre noir qui semblait déterminer le contour d’une créature énorme. D’une créature que j’avais déjà vue. La chimère. Malgré que je tentai de le réprimer un grondement sorti de ma gorge.
- « Alors on dirait que la petite Maria se renforce… Tu peux m’entendre, n’est-ce pas? »
Je blêmis et j’entendis une sorte de grognement qui ressemblait beaucoup trop à un rire.
- « C’est bien ce que je pensais… Mais tu es bien insolente de ne pas me répondre… Tu l’as pourtant si bien fait lorsque je contrôlais ton esprit! » roucoula-t-elle.
Elle se rapprochait de moi. Je le sentais et je le voyais. Pourtant elle eut une réaction à laquelle je ne m’attendais pas :
- « Donnez-lui une correction pour qu’elle apprenne à bien se tenir fasse à un être supérieur! »
Je frémis, c’était presque mot pour mot ce que ma mère lâchait à mon père sur un ton banal, inexpressif. Elle, elle disait : Donne-lui donc une correction pour qu’elle apprenne à bien se tenir devant nous! Avec horreur je vis mon père s’approcher, lever la main et… La gifle fut encore plus terrible que les autres fois. On aurait dit qu’il était plus fort qu’auparavant… mais comment était-ce possible?
- « J’aimerais bien savoir ce que tu as à dire… Alors permets-moi de te retirer ceci… » susurra la créature tout en glissant l’une de ses griffes entre ma bouche et le bâillon.
Lorsqu’elle ramena sa griffe vers elle je la sentis s’enfoncer légèrement dans mes lèvres. La douleur réveilla en moi une colère noire et je grognai, malgré le sang qui s’écoulait dans ma bouche :
- C’est vous! C’est à cause de vous qu’ils sont comme ça!
- « Non, Maria… C’est toi. C’est toi qui m’as redonné la vie! » rétorqua-t-elle et je pouvais deviner, sans le voir son sourire carnassier.
Je remarquai alors que Miranda commençait seulement à se réveiller. Quant à Della elle semblait ne pas savoir où regarder. Trop de chose se passe en même temps, pensai-je. La créature savait l’effet que ses paroles auraient sur moi, me dis-je ensuite alors que la culpabilité m’empêchait presque de respirer. Pourtant je ne devais pas me laisser abattre, les filles se trouvaient ici par ma faute alors je devais tout faire pour les sortir de là. En particulier Kylie, puisque j’étais certaine qu’elle était la prochaine victime. Je devais faire en sorte qu’elle oublie les autres en se contentant de moi, mais surtout sur mes paroles. Ainsi je pourrais tenter quelque chose… comme me délivrer, entre autre. J’affichai alors une expression de colère pure et je n’eus même pas à me forcer pour hurler avec ressentiment :
- Tu mens! Jamais je n’aurais fait une telle chose! Je n’obéis à rien ni à personne!
Par le fait même je ne tenais informer mes deux colocs réveillés de ce qu’il se passait… Quoiqu’elle devait me croire folle de parler toute seule…
- « Tu crois que je mens? Elle est bien bonne celle-là! Je déteste devoir prouver mes dires, mais… pour cette fois… » dit-elle avec un petit quelque chose qui me disait qu’elle mentait encore, elle adorait prouver ses dires.
Je fus alors inonder d’image sanglante. J’étais elle pendant qu’elle tuait tous ses gens en se délectant de leur sang et en les lacérant de toutes parts alors qu’ils ne pouvaient même pas se défendre. J’eus un haut le cœur, mais réussi à retenir le vomissement qui arrivait. Les larmes se mirent à couler lorsqu’on en vint à Max. Je me mis à couvrir d’injure la chimère qui semblait rigoler en repassant encore et encore la mort de celui que j’avais aimé. Ensuite elle se lassa et continua avec les autres morts pour finalement arriver à la dernière en date, le vampire. J’entendis un grognement à côté de moi. Della. Parce qu’elle assistait aussi à ces images? En me tournant vers elle je lus tant de rage dans ses yeux que je n’en doutai pas un seul instant. Mais comment était-ce possible?
- « Tous ceux qui ont ma marque peuvent se faire soumettre à mon esprit. Je ne peux la contrôler, mais il m’ait possible d’envahir son esprit pour y montrer ce que je veux. » me partagea la chimère et je sentais un sourire ravi dans sa voix.
Je ne sus quoi dire, mais la fureur monta en moi à une telle vitesse que je ne saisis pas immédiatement ce qui se produisait avant que je me retrouve sans aucun lien sur mes poignets. En une seconde la vérité m’apparut lorsque je dévisageai mes mains, ou plutôt mes doigts et encore plus précisément mes ongles. Ce n’en étaient plus, au lieu de cela se trouvait maintenant d’étonnantes griffes tranchantes de couleur jaune-brun avec un peu de noir. Elle dépassait du bout de mes doigts d’un bon centimètre. Je profitai alors de l’étonnement de la créature pour trancher les liens de mes chevilles et de m’occuper ensuite des poignets à Della. Malheureusement je n’eus pas l’opportunité d’aller plus loin, car la créature s’exclama :
- « Empêchez-là! »
Mes parents bondirent alors sur moi et je dus me battre contre eux. Je ne les frappais pas bien fort, mais eux ne se gênait pas et malgré la colère qui remontait de plus en plus mes souvenirs heureux m’empêchaient de leur faire de réels dommages qui pourraient les mettre K.O. Du coin de l’œil je vis Della qui s’occupait de retirer les autres liens. Quand elle eut finit elle s’attaqua à ceux de Miranda, tout en ayant retiré son bâillon et celui de la petite sorcière au préalable. Soudain mon père me donna un coup en plein dans l’estomac avec une telle force que je fus envoyer contre le mur de ciment. Mon dos fracassa ce dernier et fit un trou béant à l’intérieur. Je me relevai alors péniblement, des étoiles pleins les yeux et c’est à ce moment que ma mère me frappa au visage. Je m’affalai alors au sol et mes parents s’avancèrent dans ma direction. Pourtant la chimère s’interposa :
- « Elle a eu son compte… Occupez-vous d’elles! »
Je sus immédiatement qu’elle voulait parler de mes deux colocs qui n’étaient plus sous l’effet du sédatif. Je poussai un grognement de colère et bondis dans la direction de la créature pour a plaquer avec force contre le mur, créant un deuxième trou au passage. Cette fois je ne me retenais pas, cette bête pouvait bien mourir que je m’en moquais éperdument. Je plantai mes toutes nouvelles griffes dans sa fourrure, mais elle semblait si épaisse que je ne parvenais pas à la peau. Je fus repousser comme une poupée de chiffon et me retrouvai de nouveau dans le mur. Mes muscles et mes os me montraient leur désaccord fasse à mon mouvement pour me redresser de maintes façons différentes, mais toutes très douloureuses. Mes efforts furent vint, car je retombai au sol avec un gémissement. En regardant en direction de mes colocs je vis Della qui semblait lutter de toutes ses forces contre mon père, mais sans parvenir à l’éloigner suffisamment. Les mains de ce dernier finirent par atteindre sa gorge et se refermèrent comme des serres. Je voulus me relever lorsque je vis que Miranda aussi se trouvait dans cette terrible situation. À les voir se ramollir je compris que c’était une question de seconde avant qu’elles ne rendent l’âme. Je me relevai… mais trop lentement. Je n’avais aucun plan sinon frapper mes parents, voire les tuer si je n’avais pas le choix. C’est précisément à cet instant que l’impensable se produit. Je n’aurais jamais cru que son jeu cruel pourrait se rendre jusque-là. Non, jamais. Je ne vis que la forme d’ombre se diriger en un éclair vers mes colocs et leur tortionnaire. Pourtant la seconde suivante quatre immondes griffures comme celle qui avait marqué mon ventre apparurent dans leur dos. Dans le dos de mes parents adoptifs. Ceux que j’aimais encore malgré tout ce qu’ils m’avaient fait. Mon cœur explosa en millier de morceaux de verres qui semblèrent me transpercer tout l’intérieur de mon corps. La douleur était indescriptible. Leurs corps s’affaissèrent alors, libérant du même coup la vamp et la sorcière qui prirent toutes deux une immense inspiration en se touchant la gorge du bout des doigts. Lorsque je me mis à courir ce ne fut pas pour aller les voir elles, non pas du tout. Je m’affalai aux côtés de mes parents en voyant une mare de sang apparaître autour d’eux. C’était fini. Ils ne pourraient jamais survivre à ça. Jamais.
- Nous sommes tellement désolés… murmura ma mère d’une voix faible.
- On ne voulait pas ça… renchérit mon père d’une voix faible et rauque à la fois.
- Chut… Chut… leur dis-je en français. Ce n’était pas de votre faute…
Ils tentèrent d’ajouter quelque chose, mais leur cœur leur fit faux bond et un dernier souffle s’échappa de leur lèvre. Je pris leur main entre les miennes et me tournai en direction de la créature. De cette chimère de malheur. Elle me souffla :
- « Tu as fait ton choix. Tout ceci est entièrement ta faute… »
Alors que je m’apprêtais à lui bondir dessus son odeur quitta mes narines et je compris ce que cela signifiait. Elle avait disparue. Je lâchai un grognement de colère. Et de désespoir. Les larmes me montèrent aux yeux lorsque je posai ces derniers sur les corps sans vie de mes parents. Les deux filles me jetèrent un coup d’œil peiné, mais leur intérêt se porta rapidement sur Kylie. Cette dernière ne s’était toujours pas réveillée, ce qui était inquiétant. Pourtant mon esprit ne pensait qu’à une seule chose. À ceux qui étaient étendu morts devant moi. Je me recroquevillai alors sur moi-même près d’eux et me balançai doucement sur les talons en laissant les larmes s’échapper de mes yeux. Un long moment se passa ainsi.
- Maria? Il faut partir maintenant… me dit une voix que je pris un bon moment à reconnaître.
Lorsque la réponse s’immisça dans mon esprit je n’eus aucune réaction. Même si c’était Ethan et que j’avais plus que tout envie de me blottir dans ses bras et pleurer encore. Soudain le déclic se fit dans mon esprit. Qu’est-ce que Ethan foutait ici, bon sang!
- Qu’est-ce que tu fous ici? marmonnai-je la langue pâteuse.
- La mère de Kylie a appelé pour dire que vous aviez disparu. Alors Burnett et quelques volontaires, dont moi, ont commencé à vous chercher. Ce n’est qu’il y a environ deux heures que Della nous a contactés depuis le téléphone à l’étage. On est là depuis une heure, car Burnett recherche des indices. Mais il n’y a rien. Alors on est censé rentré là… Tu ne t’en es pas rendu compte?
- Non, admis-je avec colère devant cette négligence.
Je me rendis alors compte que mes parents étaient encore étendus sur le sol froid et je m’exclamai :
- Pourquoi sont-ils encore là!
- En fait, les coroners ont essayés de les amené, mais tu leur as grogné après… m’apprit-il d’un ton calme, très doux.
Je rougis violemment, mais Ethan ne parut pas s’en rendre compte. Il me saisit alors par les épaules et me redressa en chuchotant :
- Allons-y maintenant, si tu le veux bien.
Il toucha alors les paupières et la joue, je ne pus retenir un gémissement. C’était douloureux. Et maintenant que j’y pensais mes épaules aussi étaient douloureuses. En fait ce n’était pas compliqué j’avais mal partout. Il gronda :
- C’est eux qui t’ont fait ça?
- Oui, mais… non. C’était la chimère qui les contrôlait… répondis-je en tentant de refouler mes larmes.
Je le sentais vibrer de colère et je ne savais que trop bien pourquoi. C’est sans doute pour cette raison que je grognai :
- Je suis capable d’assurer ma protection moi-même! Ils ne m’auraient même pas touché si, si… si j’avais été capable de me défendre correctement.
Je repensai alors à un petit détail alors qu’Ethan marmonnait tout seul. Je jetai un regard à mes doigts, mais ne retrouvai que des ongles normaux. Nous sortions à peine du bâtiment où nous avions été emprisonnés mes colocs et moi que Burnett me tombait dessus.
- Je sais que ce n’est pas le meilleur moment, mais j’ai besoin de ta déposition… me dit-il. Tandis que c’est encore frais dans ta mémoire.
Je hochai délicatement de la tête et leur racontai tout ce qu’il s’était passé. Depuis mon réveil ce matin à toute cette nuit. Lorsque j’eus terminé je m’enquis :
- Et… les filles? Comment vont-elles?
- Kylie s’est enfin réveillée, si c’est ce que tu veux savoir. Les deux autres à part de vilains bleus au cou sont hors de danger.
Burnett me dit ensuite que Miranda et Della m’avait aussi donné leur version, qu’elles concordaient effectivement avec la mienne à un détail près. Au moment où j’avais senti mes yeux se fermer, la vamp affirmait avoir vu une noirceur les envahir. Je tentai de retenir la panique d’enfler en moi, mais je fus ramener à l’ordre lorsque le directeur lâcha :
- Ce que je ne comprends pas c’est cette histoire de métamorphose partielle. Aucun loup-garou n’est capable de faire ça, c’est un fait! En plus nous ne sommes pas un soir de Pleine Lune!
- Serais-tu capable de le refaire? Me demanda Ethan doucement.
- Je ne sais pas, murmurai-je. J’étais tellement en colère que je n’ai pas remarquée quoi que ce soit...
- Essaye quand même, insista le vampire.
Je tendis alors ma main et imaginai des griffes pointer le bout de leur nez, mais… rien.
- Ça ne marche pas, leur dis-je.
- Nous regarderons ça en profondeur à Shadow Falls, m’assura Burnett. Maintenant va dans la voiture.
Je me contentai de hocher de la tête et allai m’assoir à l’arrière du minivan. Mes trois colocs m’y attendaient déjà. Elles se tournèrent toutes les trois dans ma direction avec une inquiétude sincère dans les yeux et Kylie s’enquit :
- Comment ça va?
- Ça pourrait être pire, répondis-je évasivement en allant à l’arrière complétement avec Ethan sur les talons.
Ce dernier, dès que nous fûmes assis, passa un bras autour de mes épaules et m’attira à lui. Je posai alors ma tête contre lui et m’endormis ainsi.

Lorsque je me réveillai j’étais seule. La peur m’envahit une fraction de seconde avant que la logique reprenne le contrôle et me force à regarder autour de moi. Je reconnus immédiatement ma chambre qui se trouvait à Shadow Falls. Je soupirai de soulagement et me levai pour me retrouver accoutrer dans les mêmes vêtements de la veille. Je ne m’en formalisai pas et décidai de me diriger vers la porte pour aller dans la cuisine. Une fois-là cela ne prit pas une minute que les trois autres filles sortaient à leur tour. Nous nous affalâmes toutes les quatre sur une chaise autour de la table et on se dévisagea un long moment. Je finis par lâcher :
- Je suis vraiment, mais vraiment désolée les filles… Tout ce qui se passe en ce moment est entièrement ma faute.
- Ce n’est pas vrai, rétorqua Della, ce qui me surprit à tel point que je la dévisageai avec de grands yeux incrédules. Quoi? Je dis la vérité, c’est tout… Si quelqu’un doit porter le chapeau c’est la chimère, ajouta-t-elle ensuite.
- Tu mens pourtant, la contredis-je. C’est moi qui a redonné la vie à cette créature de l’enfer. Elle l’a elle-même dit!
- Et tu la crois sur parole, peut-être? S’insurgea Miranda.
- J’ai l’intime conviction que sur ce point elle a raison, admis-je en détournant les yeux. J’ai aussi le pressentiment que le destin de cette chose est lié au mien. Par contre je n’ai aucune idée du comment.
- Nous le découvriront, me promit Kylie. Pour le moment je tiens à te remercier aussi. C’est quand même grâce à toi que la chimère ne m’a pas tué.
- C’est à cause de moi que tu as été mise en danger, fis-je remarquer.
- Est-ce que tu vas arrêter de vouloir te faire porter le chapeau, oui! S’exclama la vamp avec une colère noire dans les yeux.
- J’ai l’habitude d’être la cause de problème, grognai-je. Et en général ce n’est pas une fausse accusation.
- Ah oui? Feignit-elle de s’étonner. Je me demande pourquoi!
- Ne me cherche pas, vamp! Marmonnai-je en grinçant des dents pour ne pas lâcher un grondement de menace.
- Qu’est-ce que tu pourrais bien faire, hein? Pas grand-chose! Me cracha-t-elle au visage.
Je sentis mon visage virer au rouge et mes deux autres colocs sortirent rapidement de table. Pourtant toute ma concentration (ou presque) était rivée sur la vampire.
- Qu’est-ce que tu as dit? Murmurai-je très, très bas d’un ton doucereux.
- Que tu ne pouvais pas faire grand-chose, dit-elle avec un petit sourire en coin qui me sembla très provocateur.
Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Je sentis de nouveau la fureur m’envahir et en réaction à cette violente émotion je plaquai mes mains sur la table en tentant malgré tout de garder un minimum de contrôle. Cela n’empêcha pas la table de fendiller, mais au moins le visage de la vamp était encore en un seul morceau. Était-ce réellement une bonne chose? Me demandai-je à cause, principalement, de la colère qui m’habitait.
- Bon, enfin! S’exclama Della en regardant fixement mes mains.
Je suivis la direction de ses yeux et restai une nouvelle fois sous le choc en voyant mes griffes que j’avais eu la nuit dernière. Le lien se fit rapidement dans mon esprit et je sifflai avec encore de la fureur dans la voix :
- Es-tu en train de me dire que tout ceci n’était qu’une fichue comédie faites pour que je perde le contrôle et que ces maudites griffes apparaissent?
- Ouais! Me lâcha-t-elle avec un grand sourire. Maintenant il ne reste plus qu’à appeler Burnett! Ajouta-t-elle joyeusement.

Elle perdit rapidement son humeur lorsque plusieurs minutes plus tard le directeur nous fit part de ses plans :
- Maria. Della. Vous êtes les deux seules personnes à être capable de repérer l’odeur, en bref la présence, de cette chimère. Alors c’est sur vous que, même si j’ai horreur de l’admettre, repose nos espoirs de mettre cette chose hors d’état de nuire. D’une façon ou d’une autre. Pourtant dans ce cas-ci je suppose que nous… ou plutôt vous serez forcées de l’abattre. Donc, ce que je suis en train de vous annoncer c’est que l’URF vous propose de mener une enquête sur elle, de la chasser. Et ce en duo. Une autre tâche vous incombe par contre. La protection des trois seuls caméléons présent à Shadow Falls.
- Et nous sommes censé faire ces deux choses comment? On ne peut pas faire deux choses à la fois… marmonnai-je.
- Je suis d’accord avec elle, renchérit Della, même si je sentais qu’elle n’aimait pas trop l’idée.
Burnett soupira, mais ajouta tout de même :
- Je sais que travailler ensemble ne sera pas facile, mais tout ceci est très faisable. Premièrement dès demain vous avez les cours. Donc pendant cette partie-là ce sera beaucoup plus simple de monter la garde sur les caméléons. Kylie et Jenny traîneront avec vous. Quant à M. Yates… il est toujours entouré d’étudiant et la créature n’attaque que lorsque ses proies sont un minimum isolé. Et je dirais possède une préférence pour les adolescents. Durant les pauses vous irez rejoindre ce cher professeur, avec Kylie et Jenny bien sûr. Mais aussi avec certains de vos amis comme Miranda, Perry, Lucas, Derek et… probablement Ethan aussi. Mieux vaut prévenir que guérir, n’est-ce pas?
Nous hochâmes toutes les quatre la tête, malgré qu’il manque de conviction autant chez moi que chez Della.
- Et quand sommes-nous censés faire nos recherches? M’enquis-je.
- L’Heure pour faire connaissance sera annulée et tout le monde devra rester à l’intérieur du réfectoire. Alors vous aurez cette heure-là, sinon se sera pendant vos heures de repas. Lorsque il y aura full au réfectoire et que les filles pourront rester là avec les autres, répondit calmement le directeur vampire.
Je soupirai bruyamment. La semaine risquait d’être longue… La vamp semblait être du même avis, car elle laissa choir sa tête entre ses mains, les coudes posés sur la table. Avant de perdre la conviction de le dire, je lâchai :
- Si on a été capable de se supporter jusqu’ici… Je suppose qu’on pourra mener cette mission à bien, non?
- Probablement, dit-elle.
- Et si avec ça on enterrait l’âge de guerre? Je ne retire pas ce que je t’ai dit chez Kylie, pourtant. Tu pourras compter sur moi.
- Parfait! Dit-elle et elle m’adressa un petit sourire.
Sur ces mots elle me tendit la main et je m’empressai de la serrer. Lorsqu’on se relâcha une lueur nouvelle illuminait notre regard. La créature n’avait qu’à bien se tenir, car je sentais qu’ensemble nous serions redoutables. Un peu comme plusieurs jours auparavant, lorsque Burnett l’avait dit à Holiday…
- J’ai une dernière chose à vous faire part, annonça justement le directeur.
- Quoi? S’enquit Miranda.
- En fait cela concerne surtout Maria, dit-il en plongeant son regard dans le mien. Je tenais à t’informer personnellement que toutes charges ayant été porté contre toi par l’URF est maintenant retirées. Nous sommes aussi désolés pour les désagréments dont tu as été victime durant ton bref séjour là-bas, continua-t-il. Dernière chose… je veux que toutes les deux vous vous relayez pendant la nuit. Je peux compter sur vous?
- Absolument! Nous exclamâmes la vamp et moi en même temps.
On se jeta un léger coup d’œil et Burnett lâcha un rapide « parfait! » avant de sortir en coup de vent.
- Que faisons-nous maintenant? S’enquit Kylie.
- Jenny reste ici avec son frère, n’est-ce pas? Alors pourquoi n’irions-nous pas les rejoindre? Proposai-je.
Elles acquiescèrent toute de la tête et nous nous levâmes pour retourner chacune dans notre chambre dans l’intention de changer de vêtements.
Je ne fus jamais autant heureuse de me changer lorsque je tombai sur Ethan à l’extérieur. Ses cheveux châtains-doré étincelait littéralement au soleil et ses yeux s’illuminèrent en m’apercevant. J’oubliai d’un coup les trois filles qui se trouvait avec moi et bondis dans sa direction. Il referma ses bras autour de moi et alors qu’il cherchait ma bouche pour me voler un baiser je lâchai sans pouvoir me retenir :
- Dis-moi pourquoi tu n’es pas chez tes parents.


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:09 am, modifié 3 fois.
Elicia

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Elicia »

génial !!!
roxyfox

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par roxyfox »

Wow c'est toujours aussi parfait comme histoire ;)
Quetzalbleu

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Quetzalbleu »

Kikoulou :mrgreen: Je viens de lire les 8 chapitres et je deviens accro^^ Vraiment, c'est génial !!! Et en plus les chapitres sont super longs !! Le bonheur, quoi 8-)
Ensuite, j'ai remarqué que tu écrivais très rapidement, et vu la qualité du texte, je te félicite !! C'est très impressionnant :P ;)
J'adore ton histoire, même si je n'ai pas lu Née à Minuit, ce qui est sûrement un bonne chose dans ce cas ! J'ai plus de suspense :mrgreen: (oui oui, je suis aussi accro au suspense x)))) :lol: :lol:
Tes chapitres m'intriguent, et j'ai hâte de voir la chimère en morceaux^^ Encore félicitation !! Et est-ce que tu pourras me prévenir pour la suite s'il-te-plaît ? Ça me ferait super plaisir de lire la suite !! :)
Mimie99

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Mimie99 »

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Chapitre 9



- Ce n’est pas une obligation d’y aller, tenta-t-il, mais je savais qu’il mentait.
- Ah oui? Alors pourquoi est-ce que les filles y sont allées alors qu’elles appréhendaient autant ce moment? Grognai-je, mécontente.
Il resta un long moment silencieux et je vis qu’il n’aimait pas que je le pousse à ce point, mais j’avais besoin de savoir que je pouvais compter sur lui. Ce qui signifiait qu’il fallait que je le connaisse un peu mieux.
- Est-ce qu’on peut en parler plus tard? Quand tu seras… commença-t-il, mais je le coupai.
- Seule?
Il opina de la tête et je marmonnai :
- Le problème c’est que je n’aurai pas beaucoup de moment à moi… J’ai un horaire super chargé.
Il soupira, mais Della s’incrusta dans la conversation en lâchant :
- Je te laisse dix minutes sur l’heure du diner. Ça va me permettre de faire autre chose…
- Merci, lui dis-je avec un sourire reconnaissant.
Elle haussa des épaules et je me détournai des filles pour regarder de nouveau Ethan. Je l’embrassai alors du bout des lèvres et lui murmurai :
- On se retrouve pour déjeuner?
- Tu peux compter sur moi! M’assura-t-il en pressant doucement ma main dans la sienne.
Il la relâcha rapidement et fit demi-tour, nous laissant les quatre filles entre nous. Je les regardai sans pour autant oser aventurer mes yeux au niveau des leurs et je dis :
- Alors, on y va?
- C’est ce qui était prévu, acquiesça Kylie.
Nous descendîmes alors les marches du perron et sur le chemin menant au bungalow de M. Yates nous formâmes une petite ligne. J’étais à l’une des extrémités et Della occupait l’autre, quant aux deux autres filles elles se trouvaient dans le centre. Environ quinze minutes plus tard je cognais à la porte dudit bungalow et on attendait qu’on vienne nous ouvrir. Ce qui ne prit pas trop longtemps. Le professeur nous dévisagea un moment avant de demander :
- Pourquoi êtes-vous ici toutes les quatre?
- Burnett nous a, Della et moi, chargé de la protection des trois caméléons présent à Shadow Falls. Une chimère cherchera probablement à tuer l’un de vous trois, lui dis-je sans tourner autour du pot.
- Alors à chaque pause nous allons venir en gang vous trouver, avec Kylie et Jenny, bien sûr. Dans nos temps libre, soit le matin pour le petit-déjeuner, le midi au déjeuner et le soir au diner nous devrons faire des recherches sur comment mettre fin à tout ça et retrouver une vie normale, s’il y en a déjà eu une à Shadow Falls, renchérit la vamp avec un sourire très convaincant.
- Et que ferez-vous pour la nuit? S’enquit-il sur un ton dubitatif.
- On va se relayer à tour de rôle, répondis-je simplement.
- Et pourquoi seulement vous deux?
- Parce que nous sommes les deux seules personnes à être capable de percevoir sa présence, lâcha ma coloc vampire avec une moue moqueuse.
Il marmonna quelque chose que je ne compris pas, mais nous permit tout de même d’entrer. Nous rejoignîmes alors Jenny qui nous attendait dans la cuisine. Alors qu’on venait pour ouvrir la bouche elle soupira :
- J’ai tout entendu.
On se déplaça alors au salon et nous entamâmes un jeu de carte, car aucune de nous n’avait de meilleure idée pour se divertir. Au bout d’une heure Della grogna et jeta son paquet sur le sol en sifflant :
- J’en ai assez. Il faut qu’on trouve autre chose. Je ne pourrai pas supporter une heure de plus à jouer aux cartes.
- Très bien, alors tu proposes quoi? Demanda Kylie calmement.
- Pourquoi ne pas essayer de comprendre les nouvelles aptitudes de Maria? Ça c’était amusant!
- Et dangereux! Grognai-je. J’aurais pu te blesser!
- Comme si ça pouvait te faire quelque chose! Me jeta-t-elle au visage.
- Je croyais que nous avions fait une trêve? Et si tu veux vraiment le savoir je te considérais presque comme une amie…
- Je croyais que tu m’avais permis de me défouler sur toi?
- Tu n’as toujours pas fait ton coming-out auprès de tes parents… fis-je remarquer. Mais bon, c’est vrai que je t’aie dit que tu pourrais le faire, alors… Vas-y, marmonnai-je en me levant.
Elle se leva à son tour et s’avança vers moi, avant qu’elle ne m’ait atteint je la mis en garde :
- N’oublie simplement pas que nous sommes des escortes, hein? Et aussi nous sommes dans un bungalow, alors évite de me faire traverser le mur.
- Je compte sur toi pour en faire autant, souffla-t-elle avant de sauter sur moi.
Après une bonne dizaine de minutes à se battre à une vitesse loin d’être naturelle je finis par perdre patience et alors que j’enserrais les poignets de la vamp je sentis mes ongles transpercer sa peau. Attends… J’ai bien dit mes ongles? Ils n’étaient pas si longs que cela… Erreur! Pensai-je en jetant un coup d’œil à mes mains et plus particulièrement au bout de mes doigts. J’avais encore mes griffes de sorti. Je reculai alors d’un bond et m’affaissai contre le mur en ayant préalablement relâché Della. Elle me jeta un regard étonné en disant :
- Tes griffes sont encore sorties!
Elle ne semblait pas me tenir rigueur des légères estafilades qui parcourait ses poignets, pour cause malgré le sang qui s’écoulait paresseusement on pouvait voir qu’elles cicatrisaient. Je lâchai pourtant :
- Pardonne-moi.
- Tu n’as rien à te faire pardonné, puisque je me suis moi-même mise dans cette situation, avoua-t-elle.
- D’accord… Bon, je sais qu’il est encore tôt, mais si on allait au réfectoire? Marcher un peu ne nous fera pas de mal…
- Et que va-t-on faire une fois rendu? S’enquit Kylie avec lassitude.
Je me contentai de hausser les épaules et me dirigeai vers l’extérieur. C’est alors qu’une voix à me glacer le sang s’incrusta dans ma tête :
- « Crois-tu pouvoir les protéger longtemps de moi? Petite idiote! Tu ne fais que rapprocher l’heure de ma gloire! »
- Non, grondai-je.
- Quoi, non? Marmonna Miranda.
- « Je te croyais plus intelligente Maria… Peut-être t’ai-je surestimée? Humm, alors ce sera encore plus simple de te dominer que je ne le pensais! »
- Ce n’est pas vrai, dis-je d’un ton sourd.
- Pourquoi Maria parle toute seule? Soupira la sorcière voyant que je ne répondais pas.
- « Elles mourront toutes lorsque l’heure viendra. Et tu n’y pourras rien. Tes amies donneraient leur vie pour toi, mais tu seras incapable d’en faire autant! Quelle petite hypocrite que tu es! Une meurtrière! Tes parents méritaient mieux que cela… et toi tu les as tués! »
- Non c’est vous, soufflai-je sans conviction.
- Della… Tu es plus blême que d’habitude… remarqua Kylie.
- Je… tenta de commencer la vamp, mais si elle continua je ne l’entendis pas.
- « Comment crois-tu qu’on pourra te pardonner lorsque tu auras leur sang sur les mains? Personne ne le fera! Pas même ce jeune loup-garou que tu aimes bien, lui aussi souffrira à cause de toi… Tout le monde près de toi finit par connaître la souffrance et souvent plus qu’ils ne peuvent en supporter. Comment feras-tu pour vivre avec ça? Tu le feras sans doute, comme tu as réussi à le faire jusqu’à présent, malgré tous les morts précédents. Y compris… comment s’appelait-il déjà? Max, c’est ça? Lui aussi tu l’as tué. Il ne te le pardonnera jamais… »
- Qu’est-ce qui se passe? Gronda Jenny.
Je me rendis compte que j’avais la main sur la poignée de la porte. Et que je la serrais comme si ma vie en dépendait ou que j’étais très en colère. Cela ne me prit pas une seconde à comprendre que l’émotion qui me foudroyait de la tête aux pieds étaient une fureur sans borne.
- « Peut-être devrais-tu te livrer à moi dès maintenant? Leur éviter tant de douleur et de peine… Ce serait noble de ta part… Viens à moi, Maria Parker-Lechasseur. Es-tu la proie ou le prédateur? Prouve-moi que tu mérites ton nom de famille… » susurra la créature.
- Taisez-vous! Hurlai-je à plein poumon.
Je tournai alors la poignée et tout bas je soufflai aux filles :
- Restez à l’intérieur. Je reviens tout de suite…
Je venais pour ouvrir la porte lorsqu’une main froide m’interrompit. Je me tournai en grognant et je me cognai aux yeux furieux de la vampire.
- Tu vas vraiment l’écouter alors? Dit-elle d’une voix que je ne reconnus pas. Tu vas la laisser te manipuler ainsi? Ajouta-t-elle et je vis une larme se former dans son œil.
Quelque chose clochait… Ma coloc vampire ne me semblait pas du tout du genre à pleurer pour un rien. Alors surement pas devant la perspective de ma mort. Un rapide coup d’œil autour me permit de savoir que toute la compagnie présente, y compris le professeur Yates dont j’avais apparemment oublié la présence, me dévisageaient. Della sembla comprendre que son petit discours ne fonctionnait pas suffisamment, car elle continua d’un ton tranchant :
- Et qu’est-ce qu’on va dire à Lucas? Hein, c’est ton cousin! Il vient juste de te connaître!
Elle m’observa un instant et décida de lâcher sa bombe :
- Et pour Ethan? Il attend sans doute avec impatience de pouvoir te voir au déjeuner? Que fera-t-il quand il découvrira que non seulement tu t’es sacrifié inutilement, mais aussi qu’on ne t’en a pas empêché? Il nous en voudra… et qui sait ce qu’il fera.
Je ne voulais pas en entendre davantage, je sentais déjà mon cœur peser lourd face aux dires de la vamp et je ne voulais pas être prise d’incertitude sur la façon d’agir.
- Prends soin d’eux, me contentai-je de dire avant de me délivrer d’un mouvement sec et de sortir en claquant la porte derrière moi.
J’entendis parfaitement son sifflement de colère alors que je m’éclipsais déjà entre les arbres. Le rire dément de la chimère m’envahit la tête alors que je tentais de trouver sa trace, l’odeur démoniaque ne tarda pas à m’inonder les narines. Je renâclai comme un cheval en continuant à courir et ce, de plus en plus vite dépassant de beaucoup ma vitesse habituelle.
Je me rendis rapidement compte au fil des minutes que je tournais en rond. La créature se moquait royalement de moi et m’épuisait lentement. Je rugis comme un lion avant de m’affaisser au sol, prise de nausée et de maux de tête. Je m’attrapai la tête à deux mains en ayant l’impression de sentir mon esprit se détacher de mon corps, mon âme me quitter… comme si on m’arrachait des lambeaux de chair sans s’arrêter. J’étais sur le point de défaillir lorsque je me décidai enfin à relâcher ma tête, espérant secrètement que la douleur s’en irait… Bien sûr cela ne fut pas le cas, mais en apercevant mes doigts aux griffes saillantes et couvertes de sang je compris qu’une petite partie de ma douleur je me l’étais causée moi-même. L’odeur de mon sang sembla me ramener à l’ordre et je me rendis compte que je ne sentais plus l’odeur de la chimère. Je bondis sur mes pieds en grondant contre moi-même et alors qu’un ultime rugissement se frayait un passage à mes lèvres je me sentis déchirer de l’intérieur, ce qui changea mon rugissement d’un de fureur à celui d’une douleur sans précédent. Je m’effondrai alors au sol comme une poupée de chiffon et une sauvagerie se faufila en moi. Je reconnaissais cet instinct sauvage. J’avais exactement le même lors des nuits de Pleine Lune. À la métamorphose plus précisément. Je rejetai alors l’idée qui me venait instantanément à l’esprit. C’était impossible. Carrément impossible. Aucun loup-garou ne se transformait hors des soirs de Pleine Lune! Alors pourquoi étais-je justement en train de changer de forme?
En me redressant sur mes quatre pattes je poussai un grognement en me souvenant ce que je m’apprêtais à faire avant de tomber au sol. Je bondis alors dans les fourrées et pourchassai la créature et la direction qu’elle prenait faisait monter en flèche mon sentiment d’urgence déjà omniprésent. J’avalais les mètres à une telle vitesse que je manquai foncer dans Della qui protégeait les filles et M. Yates contre quelque chose qu’elle ne pouvait que sentir. Pourtant à mon grand étonnement je pouvais de nouveau voir la chimère… Était-ce une capacité que je possédais uniquement sous forme de louve? J’y repenserai plus tard, pensai-je en voyant mon ennemi faire valdinguer la petite vamp de l’autre côté du bungalow. Je bondis alors tous crocs dehors sur la chimère et les plantai dans la peau de son cou, mais comme elle était beaucoup plus grande que moi elle se contenta de rire en me faisant faire un rodéo improviser. Mes pattes glissaient sur sa fourrure sans que je puisse enfoncer mes griffes dans la chair et la pression que j’exerçais sur le cou de mon ennemi se relâchait de seconde en seconde.
- Qu’est-ce qu'un loup normal fait à attaquer le vide? S’informa Miranda en tremblant légèrement.
- Ce n’est pas un simple loup, marmonna M. Yates. C’est Maria. Et elle attaque la chimère.
- Quoi? Mais les loups-garou ne se transforment qu’à la Pleine Lune! S’écria Kylie, incrédule.
- Pas celle-ci, on dirait, ajouta sèchement le professeur. Et je crois qu’on a beaucoup de chance. Ne lâche pas prise Maria…
Ces derniers mots me redonnèrent un peu de force et je réussis à creuser un sillon dans la peau de la bête à l’aide des griffes de ma patte avant droite. Un rugissement emplit mes oreilles et alors que Della revenait à la charge la créature bondit hors de sa portée et s’enfuyait loin entre les arbres en sifflant :
- « Je vais me débarrasser de toi. Rassure-toi tu ne vas pas mourir. Pas tout de suite, du moins. J’ai encore besoin de toi… Mais cela m’importe peu que tu sois dans un état lamentable. Quand tu seras hors d’état de nuire je pourrai m’occuper de tes amis… »
J’aperçus, juste avant de disparaître entre les arbres, la vamp qui s’apprêtait à nous suivre. Je réussis tant bien que mal à secouer la tête et à lui jeter un regard furibond qui lui interdisait de me suivre. Je n’eus que le temps de la voir s’arrêter sec avant que la chimère se mette à accélérer et que les arbres ne me bouchent la vue. Je tentai alors de resserrer mon étreinte, mais c’est alors qu’elle se fit foncer de plein fouet dans un arbre. De dos. Ce qui signifiait que je le pris en plein dessus. Je lâchai un couinement de douleur et de fait mes crocs relâchèrent la chimère. Celle-ci ricana en me voyant chanceler, mais je réussis à tenir debout. Je devais faire tout mon possible pour ne pas qu’elle voit à tel point j’étais atteinte… Je me forçai alors à marcher droit et la tête haute en grognant contre elle. Je ne lui montrais pas à quel point le monde tournait autour de moi. Ni que j’avais l’impression que tous les os de mon corps étaient broyés. Ou encore que ma tête m’élançait à tel point qu’en plus d’avoir le monde qui tournait, j’avais des étoiles qui m’obscurcissait le champ de vision. Je bondis alors dans sa direction et la manquai de peu, mais tout en m’évitant elle m’envoya une patte entre les côtes. Une douleur fulgurante se propagea en moi, s’ajoutant aux autres, mais encore là je n’en laissais rien paraître, malgré mon sang qui s’écoulait… Je ne tiendrais pas longtemps, je le savais. J’espérais simplement que mes amies auraient le temps, et l’intelligence, de se mettre à l’abri. Je regardai alors du mieux possible mon ennemi et m’aperçus d’une chose. Elle observait chacun de mes mouvements et chaque fois que je reculais d’un pas elle en faisait un dans ma direction. Alors elle me suivait? Pouvais-je vraiment en être sûr. Je n’eus pas le temps d’y réfléchir longtemps, car elle me bondissait dessus. Et très sincèrement voir une chose de plus de deux mètres avec de grandes dents et des griffes singulièrement terrifiante vous bondir dessus était suffisant pour vous faire dresser tous les cheveux que vous avez sur la tête. Je m’écartai d’un mouvement brusque, mais cela m’arracha un petit couinement de douleur. La créature m’adressa alors son sourire carnassier si particulier et ricana dans ma tête :
- «Tu croyais pouvoir me cacher que tu n’allais pas? Me crois-tu aussi stupide que toi? Pauvre enfant ignorante! Rien ne peut me tromper! »
Quelque chose clochait avec sa voix. C’était la même en tout point à tout à l’heure, lorsque j’étais toujours sous forme humaine, mais… avec un quelque chose de plus. C’était un peu comme si c’était deux esprits qui s’infiltraient dans mes pensées. L’un empli d’incompréhension, de tristesse et de douleur… ce dernier complétement caché par l’autre empli de haine, de colère et d’envie sanguinaire! Qu’est-ce qui se cachait derrière ce deuxième esprit? D’où venait-il? Je n’eus pas le temps d’y réfléchir davantage, la chimère chargeait à nouveau. Pourtant cette fois au lieu de simplement dévier de sa trajectoire je happai sa patte à la vitesse qui m’était propre. Je plantai alors mes crocs profondément faisant rugir de douleur mon ennemi. Malgré la répugnance que j’éprouvais à encore sentir son sang répugnant couler dans ma gorge je resserrai ma prise. Je ne pouvais pas me permettre de faiblesse. Aucune. Alors rassemblant toute la force que j’avais je fis culbuter la chimère avant de secouer la tête fortement, l’entraînant dans le mouvement. Je la rejetai ensuite sur un arbre et sans plus attendre je lui bondis dessus. Malheureusement elle n’était pas salement amochée et m’accueillit en ouvrant grand la gueule qu’elle referma férocement sur une de mes pattes. Je gémis misérablement et sentis ma volonté faiblir. Je n’en pouvais plus… la douleur était insoutenable… C’était la fin, forcément. Malgré ce qu’elle avait dit la chimère allait me tuer ici et maintenant. J’eus une pensée pour Ethan, alors que je sentais la vie quitter mon corps lentement. Il m’attendrait longtemps dans le réfectoire, jusqu’au moment où Della et compagnie lui apprendrait ce qu’il s’était passé. Soudain une puissance inimaginable s’infiltra en moi et me redonna l’énergie pour me redresser. Déjà mon ennemi se détournait pour retrouver mes amis. Jamais elle ne les aurait! Rugis-je mentalement en bondissant vers elle. Je refermai alors ma gueule de toutes mes forces sur sa queue de loup et sans lui laisser le temps de répliquer je fis demi-tour et m’élançai à toute jambe(ou à toute patte) dans la forêt. Un calme étonnant m’avait envahi l’esprit et au lieu de ressentir cette présence qui était incontestablement là dans mes pensées comme intrusive j’en étais reconnaissante. Comme s’il m’encourageait à combattre cette chose sorti tout droit de l’enfer, à l’anéantir. J’eus un étrange sourire de loup en pensant à mes crocs tranchant le fil de la vie de cette créature contre-nature. J’accélérai le rythme en entendant la chimère gagner du terrain, je ne pouvais pas me permettre de me laisser rattraper. Quelque chose me poussait quelque part et j’avais l’impression qu’une fois là j’obtiendrais de l’aide. C’est alors que je l’entendis. Le bruit de l’eau tombant avec force dans une source. Tel un rugissement à mes oreilles, le son que produisaient les cascades de Shadow Falls me promettait ma vengeance tant espérée. Les cascades… Je me souvenais de la discussion que j’avais eue avec Kylie dans la voiture de sa mère en allant chez elle. Elle m’avait raconté la légende sur les cascades et les anges de la mort. M’avait révélé que tous les surnaturels, sauf ceux pouvant communiquer, avec les esprits avaient peur d’y aller. Alors pourquoi est-ce que je ressentais comme une délivrance à l’idée de m’y rendre? Le son qu’elles produisaient m’inondaient de plus en plus les oreilles jusqu’à presque faire disparaître le bruit que produisait la forêt tout autour. Un sentiment d’urgence m’étreignit alors et mes pattes accélérèrent d’elle-même. Peu importe ce qui m’attirait là, j’avais l’impression que ce n’était pas maléfique. Enfin… pas envers moi. Le sentiment de paix s’intensifia dans mon esprit, mais quelque chose de sombre s’infiltra, mais je ne percevais que des sons. Pas les paroles qui allaient avec. La chimère tentait de me dire quelque chose semble-t-il, pensai-je. Je ne réussis qu’à saisir le dernier mot :
- « … Suffit! »
Je compris avec ce tout petit mot qu’elle allait attaquer. Malheureusement savoir ne voulait pas toujours dire pouvoir et avant d’avoir pu faire le moindre mouvement je me retrouvais plaquer au sol par quelque chose qui pesait facilement trois fois mon poids. Un gémissement franchit mes lèvres et lorsque la chimère se releva je n’eus pas la force d’en faire autant. Elle eut par contre la mauvaise idée d’approcher son museau de moi, comme pour voir si j’étais définitivement hors d’état de nuire. Tristement pour elle, j’étais encore capable de me défendre. Je claquai alors mes crocs sur son museau et refermai la gueule bien fort. Elle tenta vainement de se déprendre, mais ma poigne était trop bonne. Quelque chose m’exhorta alors à me relever et sans trop comprendre comment c’était possible mon corps obéit sans discuter. Le bruit des cascades sembla alors plus puissant encore qu’auparavant et je relâchai ma proie pour m’y rendre en boitillant. La créature me suivit en rugissant, mais elle n’eut pas le temps de m’atteindre avant que moi je rejoigne l’eau de la source où tombaient les cascades. Mon sang se mélangea alors au liquide clair et limpide, mais alors que mon ennemi s’apprêtait à me rejoindre un éclair d’une grosseur alarmante foudroya le ciel suivit rapidement par son tonnerre. Chose étrange ils n’annonçaient aucun orage à la météo aujourd’hui… C’est alors que ma fourrure se hérissa en même temps qu’un frisson me traversait du museau à la queue. Une forme très sombre apparut soudainement au milieu de la source, suivit rapidement par plusieurs autres. Je n’en croyais pas mes yeux à tel point la vision étrange qui suivit fut irréaliste. Les êtres sombres encerclèrent rapidement la créature qui grognait de colère et ne cessait de rentrer et sortir ses griffes rétractiles comme un chat. C’est alors que sans crier gare elles convergèrent vers la chimère et entrèrent à l’intérieur d’elle. Celle-ci devint si sombre que je n’arrivais plus à l’apercevoir. La seconde suivante elle éclatait en un milieu d’étincelle noire. Était-ce possible? La chimère était-elle réellement morte? Soudain les chutes et la source me parurent bien peu accueillantes. Je vins pour sortir, mais les ombres noires réapparurent et s’approchèrent de moi. Une première s’arrêta à mon niveau, suivit rapidement par une deuxième. Je sentis alors un esprit étrange empli de voix spectrale m’envahir la tête pour me souffler d’une voix désincarnée :
- « La source de malheur n’a point disparue,
Dans les méandres obscurs des bois elle a été vaincue,
À l’échéance de sa disparition elle reparue,
Dans un combat sanglant se retrouveront la louve et l’âme déchue,
Une lutte sans merci se tiendra et à la fin un seul élu,
Qui vaincra par la décadence ou la vertu. »
- « Pour toujours et à jamais leur destin est lié, pour le meilleur ou pour le pire. Cela dépendra de l’élu. » ajouta une autre voix aux mêmes intonations et à l’esprit tout aussi tordu.
La deuxième ombre sombre se matérialisa alors en une forme plus humaine. Elle, ou plutôt il possédait des cheveux blonds et des yeux du même bleu que ceux de Kylie. Cela ne me prit qu’une seconde pour comprendre. C’était son père qui se tenait devant moi. Un ange de la mort. Il me souffla en me touchant le front et je ressentis une vive brûlure à son contact :
- « Tu en es capable Maria. Crois-le. »
Sur ce ils disparurent tous dans un éclair de lumière d’une blancheur éclatante et je me sentis soudain sans plus aucune énergie. Mon corps s’affaissa alors sans grâce.
Je me réveillai apparemment quelques secondes plus tard, mais je n’étais plus près des chutes d’eau. Non j’étais au milieu de la forêt… Comment était-ce possible? Cette question me revenait beaucoup trop souvent à l’esprit, pensai-je, et pas toujours pour les mêmes raisons. Je poussai un soupir et me rendis compte que j’étais toujours sous forme de louve. Je me redressai alors péniblement, j’étais encore vidée, mais pourtant à ma grande stupéfaction je ne ressentais plus aucune douleur. Je me jetai un petit coup d’œil et découvris avec étonnement que je n’avais plus aucune blessure. Nulle part. Je tournai un bon moment sur moi-même, totalement éberluée, avant de m’interrompre à cause de la nausée. Pourtant ce n’était pas seulement à cause de cela, me rappelai-je. J’avais encore bu du sang de la chimère et cela ne pouvait signifier qu’une seule chose. J’étais de nouveau malade. Bon sang de bon sang que cela m’énervait! Malgré ma rancœur, cela n’empêcha pas la bile de me monter à la gorge et je rejetai bientôt un liquide jaunâtre et plein de sang dans l’herbe tendre. Je soupirai de déception, mais une pensée alarmante me passa par l’esprit. « Les filles! ». Je me mis alors à trotter dans leur direction, à défaut de pouvoir courir. Lorsque je repérai leur trace olfactive je posai mon nez au sol et laissai mon corps faire le travail. Ma piste me mena tout juste devant le réfectoire. Je m’apprêtais à me diriger vers les portes, mais c’est à ce moment qu’un haut le cœur me prit et que je vomis à nouveau. Après avoir fait mon possible pour tout cracher je pris la direction des portes. En me mettant sur mes pattes arrière je réussis à pousser les battants avec mes pattes antérieurs. Je manquai perdre l’équilibre et me faire refermer la porte dessus, mais avec chance Della et sa vitesse vampirique me rejoignirent et m’empêchèrent de m’effondrer ou de me faire écraser. Je pus donc aller rejoindre le petit groupe qui se tenait tout au fond du réfectoire et discutait avec le directeur vampire. Ces derniers se tournèrent d’un bond vers moi et Burnett fut à mes côtés en moins de deux. Il me regarda longuement avant de lâcher en me pointant du doigt :
- Que signifie ceci?
Il devait parler du fait que j’étais sous forme de louve. Je réussis je ne sais comment à hausser les épaules, ce qui fit soupirer le vampire. Il ajouta tout de même :
- C’est bon que tu sois en un seul morceau.
Oui, surtout que je devrais être morte, pensai-je sombrement.
- Penses-tu pouvoir te retransformer en humaine? Poursuivit-il.
Je haussai de nouveau des épaules, avant de me tourner vers Della et de mordiller gentiment ses vêtements. Cette dernière s’écria :
- Non, mais ça va pas la tête!
Le directeur ne se formalisa pas et dit :
- Bien sûr qu’avec des vêtements se seraient préférable. Je vais t’en chercher immédiatement.
Il disparut en une seconde et je vis le visage de la vamp s’empourprer et elle me souffla :
- Je ne pensais pas que c’était pour ça que tu faisais ça…
Je suppose que c’était sa manière de s’excuser sans le faire réellement. Je haussai les épaules pour lui faire comprendre que cela ne me dérangeait pas avant de me diriger à pas lent vers la petite troupe. Je me couchai alors à leur pied en attendant que Burnett revienne avec quelque chose que je pourrais enfiler si je réussissais à me retransformer.
À peine une minute plus tard le vampire déboulait dans le réfectoire avec un sac en plastique contenant apparemment mes vêtements. Il me le tendit alors et après m’être redressée je le saisis dans ma gueule avant d’aller en direction d’un endroit dans l’établissement pour m’habiller sans être vue. Enfin… seulement si je réussissais ma métamorphose. Une pensée épouvantable me traversa l’esprit. Et si j’étais incapable de me retransformer et que je restais sous forme de louve jusqu’à la fin de mes jours? Non! Il ne fallait pas que cela arrive! Jamais! Certes j’adorais mon autre forme, en bref celle-ci, mais je ne voulais pas rester coincée ainsi jusqu’à ma mort… Je m’accroupis alors et me concentrai très fort pour redevenir humaine. Au bout de dix minutes je me mis à rager, puis deux minutes après je priais. Je n’étais pas très croyante, mais je suppliais la ou les forces supérieurs de me venir en aide. Voyant que cela ne suffisait pas je supposai deux choses : La première si un ou des dieux ils y avaient je n’avais pas suffisamment était croyante pour qu’il me porte attention et ainsi je subissais un châtiment, ou encore ils n’existaient tout simplement pas. Je poussai un soupir désespéré et tentai vainement de me souvenir comment se déclenchait ma métamorphose lors des nuits de Pleine Lune. Peine perdue c’était impossible de m’en rappeler. Je lâchai un petit gémissement impuissant qui dut paraître douloureux aux oreilles de Burnett, car celui-ci apparut la seconde suivante. Il me dévisagea un moment avant de me questionner :
- As-tu essayé?
Je le foudroyai du regard et il me montra les dents en une étrange grimace.
- Simple question, marmonna-t-il, mécontent. Est-ce que tu as une idée de pourquoi cela ne fonctionne pas ou simplement pourquoi tu t’es transformée hors Pleine Lune?
Je secouai la tête négativement et il dit :
- Nous allons trouver une solution, ne t’inquiète pas.
Étrangement j’avais la nette impression qu’il le disait pour se convaincre lui plus que pour me rassurer… Je roulai alors des yeux, une chose que je pouvais toujours faire sous forme de loup heureusement. Nous allâmes alors rejoindre les autres et en se retournant Kylie m’adressa un grand sourire, mais en voyant mon état je vis ses lèvres se crisper. Della lâcha alors :
- Ça n’a pas marché?
Son ton était étrangement inquiet. Je la dévisageai longuement et elle s’exclama sur la défensive :
- Quoi! Tu crois que je n’ai pas entendu ce que cette chimère te susurrait à l’oreille? Ou plutôt à l’esprit?
Elle attendit un instant avant de continuer :
- J’ai tout entendu Maria. Elle m’a fait écouter aussi. C’était un plan. Elle savait que j’allais vouloir t’empêcher de sortir. Tu me ressemble suffisamment pour que j’aie conscience qu’il ne fallait surtout pas que je te dise de rester, car tu ferais le contraire. C’est pour ça que j’ai tout tenté, mais ça n’a pas marché non plus. Quand je t’ai vu partir j’ai su que quelque chose de terrible allait se passer. Mais j’ai aussi eu l’impression que peu importe ce que tu aurais décidé elle avait un plan pour toute éventualité.
Elle prit alors une grande respiration et conclut :
- Ce que je ne comprends pas c’est comment tu as pu t’en sortir. Je ne la voyais peut-être pas et donc le combat était rude… Mais même en la voyant… je ne crois pas que je pourrais faire le poids.
Je penchai alors la tête sur le côté en la foudroyant du regard, l’air de dire : « Quoi? Tu voulais que je meure? ».
- Ce n’est pas ce que tu crois! S’indigna la vamp en roulant des yeux. Seulement je peine à y croire.
Je lui adressai un sourire canin et Burnett demanda :
- Est-ce que je peux savoir ce qu’il s’est passé? Du moins votre partie à tous sauf celle de Maria, puisqu’elle ne peut pas parler.
Je claquai de la mâchoire pour marquer mon accord. Ils se mirent alors à raconter ce que j’avais manqué. Apparemment dès que je m’étais ruée à l’extérieur, Della avait bondit à ma suite avant de s’interrompre brusquement. Elle ne pouvait pas laisser les trois caméléons seuls derrière elle. Alors elle avait marché de long en large jusqu’au moment où l’odeur de la chimère lui était parvenu et malgré la grande distance de son flair cela ne l’avait pas empêché de finir écrasé contre le mur du bungalow. Ensuite la créature c’était mise à lui hurler des insanités au visage, comme avec moi. Du moins elle le fit jusqu’au moment où elle propulsa la vampire de l’autre côté du bungalow et que je l’attaquai. À partir de ce moment Della n’avait plus rien entendu. Lorsque j’avais de nouveau disparu à leurs yeux elle s’était empressée de les escorter au réfectoire, malgré son envie de faire de la chair à pâté de la chimère. À peine la petite vamp terminait-elle que la voix de quelqu’un que je reconnu aussitôt l’interrompit :
- Qu’est-ce qui se passe?
Ethan… Cela me fit l’effet d’une gifle sur le visage. Je me retournai vers lui avec des yeux à la fois brillant de larme et aussi de joie de le revoir. Apparemment il ne m’avait pas encore remarqué. Ses yeux se posèrent finalement une petite seconde sur moi alors que ses narines avaient reniflés l’air ambiant.
- Que fait un loup… commença-t-il avant de s’interrompre brusquement.
Il me dévisagea alors avant que son visage se décompose. Il avait compris. Il savait qui j’étais. Ses jambes semblèrent le lâcher une seconde ou sinon il m’invitait à le rejoindre, enfin bref cela étant qu’il tomba à genou. Je décidai de le prendre comme une invitation et je me ruai sur lui, le faisant tomber sur le dos. Avec absolument aucune retenue je le léchai au visage et lui ne se gêna pas pour me prendre dans ses bras avec presque toutes ses forces. Je posai ma tête sur son épaule et soupirai d’aise. Il me chuchota alors à l’oreille :
- Que t’est-il encore arrivé, petite louve?
Ce surnom me plut surtout car c’était lui qui m’avait appelé ainsi, si cela avait été quelqu’un d’autre il n’aurait pas eu le temps d’ajouter autre chose ou de le répéter, je lui aurais retiré le droit à la parole. Je baissai les yeux en signe d’excuse, mais il me redressa rapidement le museau en me disant :
- Tu n’as pas à faire cette tête devant moi.
Sur ce il me pressa de nouveau contre lui, me berçant tendrement dans ses bras. Il demanda alors en fixant Burnett, du moins le supposai-je :
- Qu’est-ce qu’il s’est passé?
Le directeur raconta le peu dont il avait connaissance. Je mourrais tellement d’envie de leur faire part de ce que je savais! Surtout cette étrange prophétie, du moins je croyais que s’en était une :
La source de malheur n’a point disparue,
Dans les méandres obscurs des bois elle a été vaincue,
À l’échéance de sa disparition elle reparue,
Dans un combat sanglant se retrouveront la louve et l’âme déchue,
Une lutte sans merci se tiendra et à la fin un seul élu,
Qui vaincra par la décadence ou la vertu.

Et après ils avaient ajoutés :
Pour toujours et à jamais leur destin est lié, pour le meilleur ou pour le pire. Cela dépendra de l’élu.
Ce n’était pas franchement de bon augure, pour moi en tout cas. Je me délivrai alors des bras protecteur d’Ethan et me mis à faire les cent pas. Il fallait que je trouve une solution pour retrouver ma forme humaine. Il me fallait un point commun avec autre chose. Un élément déclencheur. Comme quoi? Me demandai-je. Je surpris alors le regard de Miranda sur moi. Elle semblait fixer mes griffes avec une attention soutenue… Pourquoi? Elle lâcha alors comme si de rien n’était :
- Est-ce que cette métamorphose complète pourrait être liée à celle partielle de la nuit dernière? Vous savez, les griffes…
Della ouvrit la bouche en grand, Kylie écarquilla les yeux, Jenny et son frère nous dévisagèrent, tandis que le visage de Burnett s’illumina. Je les regardai un à un en essayant de comprendre ce qu’elle disait. Ou plutôt ce qu’elle insinuait. C’est alors que la vérité prit place dans mon esprit. Cette nuit-là la colère et le besoin de protéger mes amies avaient poussés mes griffes à sortir. Plus tard le matin ma coloc vampire m’avait fait péter les plombs pour justement me les faire sortir. Peu après dans la journée on s’était battu à moitié et j’avais été impatiente d’en finir, encore les griffes qui pointaient. Elles avaient d’ailleurs encore montré le bout de leur nez quand j’avais eu l’impression de perdre mon âme… Encore là juste avant j’avais ressenti une telle fureur… Était-ce cela le lien? Pour une métamorphose partielle… la colère? Une colère noire. Je ne le croyais pas vraiment, mais peut-être que ce n’était qu’au début… La question maintenant était de savoir si c’était le même pour cette métamorphose complète, mais puisque c’était la première fois… je n’avais pas vraiment de moyen de comparaison. Je me récapitulai alors mentalement ce qu’il s’était passé et c’est à ce moment que je compris. Cette fois ce n’était pas la colère. Certes j’en avais bien ressenti, mais c’était un sentiment beaucoup plus fort qui m’avait poussé à prendre cette autre forme qui faisait partie de moi. C’était le sentiment de devoir que j’avais envers ceux qui m’entouraient, ceux que je ressentais le besoin de protéger. De moi, la majorité du temps… ou avait-il toujours s’agit de la chimère? Ce n’était pas le temps d’y penser, me dis-je, c’était celui de passer à l’action. Mais comment me faire ressentir le besoin des protéger? Je n’étais tout de même pas pour les mettre en danger délibérément! Je poussai un soupir dépité et tous les regards convergèrent vers moi. Peut-être devais-je simplement contrôler mes émotions et les amener à me faire changer de forme? Que ressentais-je lorsque je passais d’une forme à l’autre à la Pleine Lune? Il y avait certes la plénitude totale, mais ce n’était que lorsque je devenais la louve et non pas l’inverse. La fatigue. J’étais incroyablement fatiguée souvent lorsque mon corps entreprenait de changer de forme. Pourtant j’étais fatiguée en ce moment, non? Mais l’adrénaline que me procuraient toutes ses pensées m’empêchait peut-être d’y arriver? Je tournai alors les yeux vers le groupe et d’un regard leur fis comprendre de rester là. Je retournai donc dans mon coin avec mon sac. Là je me forçai à m’étendre et me détendre. À relâcher mes muscles contractés par la peur de voir surgir un ennemi invisible. Je pris alors une respiration calme et peu à peu je me détendis. Je ne vis pas les minutes passés, j’avais cessé de réfléchir et je me laissais bercer par ma propre respiration et l’étrange silence qui régnait.
Ce ne fut qu’une demi-heure plus tard que je sentis la sauvagerie de la louve s’éloigner en partie. Elle se refoula en moi, dans une partie de mon être. C’était douloureux, étonnamment douloureux contrairement aux nuits de Pleine Lune. J’espérais que ces dernières ne le seraient pas et que c’était justement à cause du fait que la lune n’était pas là qui donnait lieu à cette douleur. Je ne fis pourtant aucun son alors que mes os se cassaient et repoussaient dans la bonne forme. Que mes muscles se déplaçaient sous ma peau et ma fourrure refoulait dans mes pores… Lorsque la métamorphose s’interrompit je me surpris à haleter comme si j’avais couru un marathon. Je m’habillai alors avec des gestes tremblants et saccadés. Au moment où je vins pour me relever je retombai sur les fesses, exténuée. Je marmonnai entre mes dents et cela sembla être suffisant à Ethan pour signifier qu’il pouvait venir. Il apparut à mes côtés comme s’il avait toujours été là et passa un de mes bras autour de ses épaules. Il me guida alors vers les autres et je m’affalai sur une chaise. Burnett me regarda fièrement et s’enquit sur le comment j’avais réussi à me retransformer. Je lui expliquai à l’aide de mots simples et entrecoupé de longue respiration. Ensuite il m’interrogea sur ma confrontation avec la chimère.
- Tu as vu les anges de la mort! S’exclama Kylie, incrédule.
- Tu n’as pas été brûlé vive? S’étonna Miranda avec des yeux agrandis par l’incrédulité.
- Eh bien, ce n’est pas les mésaventures qui te manquent! Lâcha Della avec un petit sourire en coin.
- Humm… fis-je comme seul commentaire à toutes leurs remarques.
Ethan quant à lui se contentait de me serrer contre lui. Le directeur marmonna alors :
- Je ne sais pas ce que signifie ces vers, mais je suis presque certain, tout comme toi, qu’il s’agit d’une prophétie. Je propose que Della et toi vous vous mettiez sur cela dès que vous aurez mangé quelque chose que tu te seras reposée un peu. Ethan, reste avec eux. Je dois aller me renseigner auprès de l’URF. Peut-être ont-ils des renseignements que j’ignore sur les chimères.
- On va faire comme vous le dîtes, lui assura Ethan alors que personne ne prenait la peine de répondre.
Le vampire hocha la tête avant de s’éclipser rapidement. Je poussai un soupir de lassitude, mais cela ne m’empêcha pas de dire sur un ton ferme :
- Maintenant tu me dois quelques explications, Mr. Dawson.
Il expira avec lenteur, mais hocha néanmoins de la tête. Il imposa par contre une condition :
- C’est d’accord, mais si seulement nous mangeons d’abord. Je crève de faim et je suis certain que toi aussi.
J’acceptai d’un signe de tête et d’un commun accord nous allâmes tous nous chercher un repas. Ethan et moi nous dirigeâmes ensuite vers la table des loups-garou avec nos plats, tandis que les autres allaient à l’autre bout de la salle. Cela ne changeait rien, si cela leur chantait Della, Kylie, Jenny et son frère pouvaient nous entendre.
On mangea relativement en silence, mais dès que j’eus terminé je lançai :
- Alors pourquoi est-ce que tu n’es pas chez tes parents?
- Mes parents sont morts, voilà pourquoi, lâcha-t-il d’un ton sec qui me noua la gorge sous l’émotion.
La douleur que je lisais dans ses yeux semblait être l’écho que je ressentais au fond de moi en pensant à mes parents adoptifs, mort là sous mes yeux. J’avais l’étrange sentiment que pour lui aussi c’était ressent. Pourtant, jusqu’à maintenant il m’avait semblé allé super bien comme si tout allait sur des roulettes dans le meilleur des mondes… Il soupira avant d’ajouter d’une voix faible :
- Je ne suis pas comme toi Maria… Je n’ai pas ces dons depuis la naissance. Je ne suis pas né ainsi. J’ai été changé en loup-garou. La nuit même où mes parents sont morts.
- Ça… ça fait combien de temps? Demandai-je d’une voix cassée.
- Deux ans. Regarde, je ne regrette pas ma vie de loup-garou, mais j’aurais aimé mieux garder mes parents. Je crois que tu peux le comprendre?
Je hochai de la tête, mais ne put m’empêcher de le questionner :
- Tu… Tu habites où maintenant?
- Avec un homme que j’ai rencontré peu après ma transformation. Il a tout perdu lui aussi. C’est un loup-garou né de naissance. Il m’a tout appris ce que je sais maintenant. C’est d’ailleurs lui qui m’a inscrit ici dès que c’est devenu un pensionnat. Enfin… il faut dire que ce n’est que par hasard qu’il a entendu parler de Shadow Falls. Cela fait au moins dix-sept ans, enfin… un peu plus qu’il n’était pas venu au Texas.
- D’où viens-tu?
- J’habitais à Washington avec mes parents. Nous avons été attaqués là-bas. Ils sont morts là-bas. Et grâce à George, c’est l’autre loup-garou, je n’ai pas été envoyé en foyer. Il s’est fait passer pour un parent et m’a accueilli chez lui. Extérieurement il ne le paraît pas, mais il est assez fortuné, dit-il avec un petit sourire. Il possède une grande cour en banlieue et derrière il y a un petit boisé où nous allons courir à la Pleine Lune.
- Il a l’air sympa, dis-je en souriant légèrement.
- Oui… Il m’a aidé à tenir le choc… Il est censé venir en fin de semaine prochaine, à la visite des parents.
- Ah bon? C’est cool dans ce cas!
- Oui, affirma-t-il. Je vais pouvoir te le présenter, ajouta-t-il avec un sourire narquois.
Je le dévisageai en plissant les yeux et il eut un grand sourire réjoui, mais je voyais encore la tristesse dans son regard. Je m’aperçus alors que je détestais le voir dans cet état. Je m’approchai alors de lui et l’embrassai doucement. Il m’enserra la taille et il continua :
- Si je ne retourne pas chez moi, avec George je veux dire… C’est que cela ne servirait à rien, c’est quand même un bout d’aller à Washington! Il ne viendra pas à chaque fois non plus…
- C’est déjà bien que quelqu’un vienne te voir, lâchai-je sans pouvoir me retenir.
Ses mains se crispèrent sur ma taille et il dut lire quelque chose dans mon regard, car il dit :
- Ce n’est pas de ta faute s’ils sont morts. Alors arrête de penser le contraire.
Sur ces mots il m’embrassa longuement ce qui me fit oublier brièvement la douleur qui me vrillait le cœur à chaque fois que je pensais à la mort atroce de mes parents adoptifs.
Le reste de la journée se passa relativement bien, aucune trace de la chimère, mais aucune piste non plus sur la signification de cette étrange prophétie. Les jours se succédèrent aux autres sans jamais avoir aucune attaque de la chimère, aucun meurtre, rien. C’était presque comme s’il ne s’était jamais rien passé. La journée de la visite des parents arriva bientôt et plus nous en approchions, plus mes amies, enfin… Della et Miranda, perdaient le sourire.
Je me réveillai en baillant longuement. Sept jours. Cela faisait exactement sept jours que je cherchais sans relâche à tous mes moments de libre avec Della et que nous passions une partie de notre nuit à voyager du bungalow des Yates au nôtre pour assurer la protection des caméléons de Shadow Falls. Je me levai alors péniblement, complétement courbaturée. Je mis des vêtements suffisamment propres pour une présentation rapide, soit celle que je devais avoir avec George, le tuteur « légal » d’Ethan. Cela faisait aussi officiellement une semaine que nous sortions ensemble et que nous avions rejoint le groupe de Kylie, Lucas, Miranda, Perry, Della, Jenny et Derek. Nous étions une majorité de loups-garou, mais les autres ne semblaient pas s’en plaindre, pas même la vamp. Je brossai alors mes longs cheveux noirs et tentai de me constituer un visage engageant. Ce n’était pas facile lorsque toute notre vie ou presque on avait pris soin de faire en sorte que les autres nous fuient… Lorsque je fus « à peu près » satisfaite de mon reflet je sortis de ma chambre. Rapidement imitée par mes trois colocs. Deux d’entre elles affichaient une mine d’enterrement, alors je me crus obligé de leur dire :
- Rappelez-vous ce que je vous ai dit. Je suis prête à le faire…
- Ouais… tu m’en diras tant quand tu auras vu ma mère! Pesta Miranda d’un ton lugubre.
- Et mon père! Renchérit Della sur le même ton.
Je soupirai bruyamment, mais nous sortîmes toutes les quatre ensembles pour aller prendre notre petit-déjeuner.
Une heure plus tard nous étions assises sur un banc dans le lieu où, apparemment, on attendait les parents. À dix heures précises les portes s’ouvrirent en grand et une horde de parents pénétrèrent dans l’enceinte. La mère de Kylie apparut bientôt. Ensuite ce fut les parents de Della, elle alla les rejoindre d’une mine sombre. Finalement les parents de Miranda firent leur entré. Je sentis immédiatement de la désapprobation en voyant le regard qu’ils posèrent sur la petite sorcière que je considérais désormais comme mon amie. Ethan me rejoignit alors que je ne lâchais pas la famille de sorcier du regard. Il me prit la main, mais c’est à peine si j’y portai attention.
- Qu’as-tu réussi à faire cette semaine? Tu n’as pas trop causé d’ennui, j’espère? Grinça la voix de la femme que l’on devait probablement considérer de manière biologique comme la mère de Miranda.
- Non, m’man, dit cette dernière d’un ton tellement abattu que je crus avoir à faire à quelqu’un d’autre.
Cette femme se rendait-elle compte à qu’elle point c’était dure pour sa fille de se faire ainsi rejetée? Je comprenais trop bien le sentiment que devait ressentir mon amie en ce moment. C’est sans doute la raison pour laquelle que je m’avançai, tout sourire, vers Miranda, Ethan sur les talons. Je lâchai alors :
- Eh! Miranda! Peux-tu encore me raconter comment tu as transformé cinq hors la loi en kangourou? Ethan ne veut pas me croire!
Ce dernier embarqua avec la facilité d’un comédien dans mon manège, alors même qu’il savait que je racontais n’importe quoi (juste sur le fait qu’il ne me croyait pas, car en fait il était au courant). Miranda me jeta un étrange regard, mais compris ce que je faisais, elle se souvenait parfaitement de nous avoir raconté cet épisode justement la veille au soir, au diner. Par contre, la mère de la petite sorcière ne sembla pas du tout apprécier notre incursion dans leur « réunion » de famille. Avec un grand sourire qui n’était presque pas feint mon amie s’exclama :
- Bien sûr! Je peux comprendre, puisque, après tout, je suis dyslexique.
Elle narra ensuite l’épisode sous les yeux incrédules de sa mère. Pourtant au lieu de la fierté je ne lus que du mépris quand sa fille eut terminé, celle-ci dut le voir aussi, car la lueur enjouée dans ses yeux disparut immédiatement. La femme me gronda alors :
- Pour qui te prends-tu à débouler ainsi? Tu aurais pu te présenter au moins!
- Désolée, m’dame. Je ne viens pas d’ici, vous voyez? Alors en voyant mon amie, ici présente, dis-je en pointant Miranda du doigt à la fin. Avoir l’air de subir une condamnation, j’ai décidé de me porter volontaire pour la défense, ajoutai-je d’un ton incroyablement sérieux.
Je vis ma coloc ouvrir de grands yeux et semble-t-il qu’elle s’étouffa avec sa salive, car elle se mit à tousser. Sa mère quant à elle me foudroyait du regard et je voyais son petit doigt tressauter. Cela n’augurait rien de bon… Je sentis la main d’Ethan tressaillir entre mes doigts lorsque la femme s’exclama :
- Comme oses-tu! Tu viens nous interrompre et après tu nous insulte? Tu mériterais une bonne correction, sale petite louve-garou ingrate.
Connaissant mon caractère on aurait pu croire que j’aurais appris à prendre sur moi, mais malheureusement je vis rouge. Je sentis mes yeux s’enflammer et changer de couleur lorsque je grognai :
- Comment avez-vous osé m’appeler? PERSONNE N’A LE DROIT DE M’APPELER AVEC LE QUALIFICATIF DE PETITE À L’EXCEPTION DE LUI! (je terminai cela en pointant Ethan qui sembla se refermer en lui-même)
Je vis une brève lueur de peur dans les yeux de cette sale bonne femme, mais elle susurra sur un ton hautain :
- Mais tu es petite, la jeune. Apprends donc à respecter les adultes qui t’entourent.
C’est à ce moment-là que j’aurais dû tourner les talons et lâcher prise, mais je revoyais l’air abattue de mon amie et cela me mettait en rogne.
- Le respect ça se mérite, m’dame, commençai-je avec un sourire narquois. Et vous… vous ne le méritez pas, grognai-je avec dédain. Ceux et celles qui ne voient pas tous les efforts que leur enfant fait pour être digne à leurs yeux ne méritent aucun respect. Miranda… je ne la connais pas depuis longtemps, mais je suis fière de la qualifiée comme étant mon amie. Et aussi longtemps qu’il le faudra je vous remontrai les bretelles devant tout le monde, continuai-je. Vous semblez ne pas comprendre que votre fille est exceptionnelle. Regardez donc ce qu’elle est capable d’accomplir alors même que sa dyslexie lui pose problème! À sa place vous ne seriez rien du tout. Vous m’avez entendu? Rien du tout.
- Cette fois tu es allé trop loin! Hurla la mère de Miranda et elle leva la main, prête à frapper.
Alors que la paume de la femme arrivait à toute vitesse vers moi je m’apprêtais à reculer d’un bond, mais une main arrêta nette l’autre qui fusait vers mon visage. La femme blêmit en voyant la personne qui se trouvait derrière moi et une voix s’éleva :
- Que faites-vous là, Sorcière?
Un moment d’incertitude régna alors qu’une foule de sentiment étrange prenait possession de moi en entendant cette voix. C’est alors qu’Ethan me versa presque littéralement un seau d’eau froide sur la tête et les épaules en disant simplement un mot. Un seul.
- George? S’étonna-t-il.
Merde… Est-ce que je venais vraiment de faire une folle de moi devant le tuteur de mon petit-ami?


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Dernière modification par Mimie99 le jeu. 21 juil., 2016 4:09 am, modifié 1 fois.
Elicia

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Elicia »

génial !!
Quetzalbleu

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par Quetzalbleu »

C'était super, merci de m'avoir prévenue !!
Comment ça Maria peut se transformer hors Pleine Lune ? C'est impossible ! :shock: J'ai adoré sa réaction face à Ethan quand il est tombé à genoux, en tout cas^^ Le pauvre, il a dû être choqué :lol:
Qu'est-ce qu'a à avoir George avec notre héroïne ? Elle connaît sa voix ?! Et cette chimère qui ne repointe plus son nez... je n'arrive pas à savoir si c'est bien ou mal...
J'ai hâte de lire le prochain chapitre, j'ai adoré celui-là autant que les précédents !! :D
roxyfox

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Re: Nouveau départ [Nés à Minuit]

Message par roxyfox »

Je trouve que tu t'améliore de chapitre en chapitre.
Continue comme ça :D
Rox
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