Une nouvelle menace [Harry Potter]

Vous écrivez une fan fiction et vous voulez la partager avec la communauté Booknode? Faire vivre à vos personnages favoris des aventures inédites?
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Comment trouvez-vous ma Fanfiction? Quels sont vos deux personnages préférés?

Ce n'est pas mon genre de Fanfic.
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Nulle!
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Bonne.
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Très intéressante!
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6%
Géniale!
12
33%
Allison
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Albus
2
6%
Rose
3
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Scorpius
4
11%
James
7
19%
Autre
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Nombre total de votes : 36
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

Hey, ma petite ecrivaine!
Je sais que je suis PLUS qu'en retard mais j'ai littéralement foiré mes exams... Chose qui n'etait jamais arrivée et donc tu vois j'ai eu ma petite depression passagère. Bref. Il est 3:13 du matin et vers 1h je me suis dit :" Tiens! Es si je profitais de mes insomnies pour faire quelque chose de productif?"
Me revoila donc...
J'ai relu le 24 pour remettre dans le bain et j'ai pas pu résister, j'ai fini le tome 1
Juste pour te préciser, j'ai mit 2h a tt lire. Tu écris merveilleusement bien et c'est un plaisir de te lire mais , bon sang, que tu ecris BEAUCOUP!
Mais tant pis pour moi, j'adore te lire.
Le chapitre du match:
J'etais hyper stresse pour Gryffondor je te jure
Le soulagement a la fin!!
Phoebe est genial, jéspere qu'on la reverra l'année prochaine!
Bon apres je me rappele pas ce qu'il vient...
Toujours est-il que le combat final ... OH MON DIEUUU... Je m'en rougeai les ongles ( paix à leur ames)
Et Parkinson je l'aime ce gars...
J'aime vraiment la fin, qui laisse une belle ouverture, mais qui montre bien que tout n'est pas rose...
Ca risque d'être compliqué cette histoire d'Ancre, Mais s'il te plait !!! Fais des chapitres sur l'ete, il va etre genial!
En tout cas, encore desolée pour ma petite depression de " je suis la personne la pire au monde" !
J'ai bien vu tte les questions et j'y repondrai à toutes mais là Morphée me tend les bras!
Bye ma petite ecrivaine!
PS: le seigneur des Anneaux, le fou rire que je me suis pris
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

addbook a écrit :Coucou! Je vais commencer à commenter et lire les chapitres et en 45minutes, je viens de finir le 24! Donc plus que deux avant la fin
BRRRR
Ca me déprime...
Bref!
J'aime qu'Alison devienne un peu plus humain on va dire, en s'occupant d'elle et se faisant belle pour un gars,parceque la je sais pas comment elle fait pour vivre tout ca sans exploser.... Tu sais quoi? Moi aussi xD
Al mon petit chaton ton mignon...
Je m'inquite pas trop pour Parkinson, je sens qu'il va survivre Pour le coup, tu avais raison ;)
Sinon pour l'epouvantard c'est sur que ca a pas du etre facile...
Voila! Merci pour ton commentaire!! Ça fait vraiment, vraiment plaisir de savoir que l'on écrit pas seulement dans le vide! Je sais, je sais, je réponds à ton comm' vraiment tard, mais... Bon, je n'ai aucune excuse. :oops:
addbook a écrit :Hey, ma petite ecrivaine! Salut!
Je sais que je suis PLUS qu'en retard mais j'ai littéralement foiré mes exams... Chose qui n'etait jamais arrivée et donc tu vois j'ai eu ma petite depression passagère. Bon sang... Je compatis avec toi :shock: Bref. Il est 3:13 du matin et vers 1h je me suis dit :" Tiens! Es si je profitais de mes insomnies pour faire quelque chose de productif?" Merlin! Il faut le faire commencer ma fanfic à cette heure-là :lol:
Me revoila donc...
J'ai relu le 24 pour remettre dans le bain et j'ai pas pu résister, j'ai fini le tome 1 Je répète, il faut le faire :shock: En plus les derniers chapitres sont... Comment dire? Énooooormément long? :roll:
Juste pour te préciser, j'ai mit 2h a tt lire. Tu écris merveilleusement bien et c'est un plaisir de te lire mais , bon sang, que tu ecris BEAUCOUP! Qu'est-ce que je disais! Franchement, je suis désolée. J'avoue qu'à la réflexion j'aurais dû diviser en plusieurs autres chapitres, mais... Mes chapitres ne seraient peut-être jamais arrivés doooonc. Enfin, désolée. Mais merci!
Mais tant pis pour moi, j'adore te lire. Voilà qui me soulage xD
Le chapitre du match:
J'etais hyper stresse pour Gryffondor je te jure Je dois avouer que je ne me souviens plus trop du match :oops:
Le soulagement a la fin!!
Phoebe est genial, jéspere qu'on la reverra l'année prochaine! En théorie, oui, on devrait la revoir ;)
Bon apres je me rappele pas ce qu'il vient...
Toujours est-il que le combat final ... OH MON DIEUUU... Je m'en rougeai les ongles ( paix à leur ames) Et moi qui croyait que le combat final avait été un peu... baclé et pas trop inquiétant malgré que je voulais faire quelque chose d'intense... :roll: Enfin, c'est bon de voir que ça n'a pas été complètement raté! Merci :D
Et Parkinson je l'aime ce gars... Est-ce que tu dis ça à cause de la passe à l'infirmerie? À tout hasard? :lol: Bref, Alli a de quoi devenir folle avec James et Parkinson :lol:
J'aime vraiment la fin, qui laisse une belle ouverture, mais qui montre bien que tout n'est pas rose... Et moi qui trouvais que ça avait été trop « simple ». Après tout, il n'y a eu qu'un seul mort :roll: En tout cas, tant mieux si tu l'as aimé! Ça me fait hyper plaisir! :mrgreen:
Ca risque d'être compliqué cette histoire d'Ancre, Mais s'il te plait !!! Fais des chapitres sur l'ete, il va etre genial! Malheureusement, il ne va y avoir qu'un seul chapitre où il y aura des passages concernant une partie de l'été. Après, rien ne m'empêcherait de faire des bonus :roll: ;) Oui, cette histoire d'ancre va être compliqué :twisted:
En tout cas, encore desolée pour ma petite depression de " je suis la personne la pire au monde" ! Mais non! Ne dis pas ça! S'il y a quelqu'un qui est la pire personne au monde c'est moi :oops: La lenteur à laquelle arrive mes chapitres... Ici ou dans mon autre fanfic... C'est horrible :shock:
J'ai bien vu tte les questions et j'y repondrai à toutes mais là Morphée me tend les bras! Ne te sens pas obligée de répondre à toute! Il y en a tellement xD Mais quelques-unes se serait vraiment sympathique pour que je puisse savoir ce que je dois améliorer pour le tome 2 (que je devrais bientôt continuer sérieusement à écrire, car jusqu'ici je n'ai que quatre pages d'écrites :oops: )
Bye ma petite ecrivaine! À la prochaine!! Encore un gros, gros merci pour ton commentaire. Tu es toujours constante et ça, c'est cool. (le retard n'est pas important) En tout cas, merci encore. Ça motive vraiment à continuer :D
PS: le seigneur des Anneaux, le fou rire que je me suis pris Bah quoi? SDA c'est la vie avec HP (pour moi) Alors combiner les deux c'est juste... parfait. Et bon, ça met un peu de divertissement positif au drame constant de la vie d'Alli xD En tout cas, c'est bien que ça t'a fait rire. C'était l'intention :lol: Tu dirais plus le discours de James ou celui d'Allison qui était le plus drôle?
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

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Des choses terribles s’annoncent à Poudlard pour la sixième année d’Allison, Rose, Albus, Scorpius et leurs amis. Malgré que l’année s’annonce sans accroc pour le quatuor, ils se rendront rapidement compte que ce n’est pas le cas. Qui plus est James et Alexander entrent dans leur dernière année, ce qui implique les ASPICs, sauf que ce sera le cadet de leurs soucis. Entre les problèmes familiaux de certains, la perte de mémoire et la séparation, ils devront tous faire face sur un front commun pour arriver à découvrir ce qu’il se passe à Poudlard. Mais comment faire s’ils ne sont pas toujours tous ensembles? Et quand il y a plusieurs mystères à résoudre en même temps? Que faire lorsque certaines personnes que l’on connait depuis longtemps ne nous reconnaissent pas et qu’ils ne sont plus les mêmes?

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Eh oui, il y a des prérequis pour ce tome-ci! Bien évidemment il faut avoir lu le tome 1 de ma fanfic, sinon il y a plusieurs choses qui risquent d’arriver. 1. Vous ne comprendrez rien. 2. Vous allez vous spoiler un bon nombre de choses et ce n’est pas toujours super intéressant comme expérience. Après, c’est à vous la vie.

Ensuite, il y en a un autre. Il s’agit notamment d’avoir lu (et c’est VRAIMENT préférable) Harry Potter et l’Enfant maudit. Car dans ce deuxième tome, il y aura beaucoup, beaucoup de référence à ce qu'il s'est produit dans ce tome-là des HP (même si ce n’est pas tant un tome en soit). Donc, encore là c’est à vous de voir ce que vous voulez faire. Mais autant pour une meilleure compréhension que pour ne pas vous spoiler je vous conseille de le lire. Et bon, vous n’avez pas à l’acheter, suffit de l’emprunter à un ami ou à la bibliothèque et le tour est joué! Par ailleurs… Vous n’aurez pas besoin de l’avoir lu avant… le chapitre 3. Ou plus, dépendant de la longueur des premiers chapitres, je vais peut-être couper et en faire plusieurs au lieu de chapitres énormément longs. Et je ne publierai probablement pas le premier chapitre avant un mois, donc vous avez amplement le temps de lire ça, compte tenu que le moment où vous en aurez vraiment besoin risque d’être dans trois mois (sauf si j’arrive à écrire de manière constante).

Bah, voilà, c’est tout pour les prérequis.

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Page de présentation tome 1

Présentation des lieux et des animaux

Présentation des personnages partie 1

Présentation des personnages partie 2

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aly_165

addbook

DarkPhoenix

Charmimnachirachiva

Annnnnaaa

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Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Chapitre 7

Chapitre 8

Bonus 1

Chapitre 9

Bonus 2

Chapitre 10

Bonus 3

Chapitre 11

Chapitre 12

Bonus 4

Chapitre 13

Bonus 5

Chapitre 14

Bonus 6

Chapitre 15

Chapitre 16

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Eh bien voilà pour la page de présentation du tome 2! J’espère que vous l’aimez bien et que le petit résumé ou aperçu vous donnera envie de lire ce qui s’en vient! On va donc se revoir dans environ un mois, peut-être. Enfin, ceux qui viendront. Un dernier petit mot pour la fin… Si jamais certains d’entre vous aimeriez avoir un ou des extraits de chapitre en avant-première, je peux en fournir. Sinon, ça ira à dans un mois minimum!

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Dernière modification par Mimie99 le lun. 01 mars, 2021 9:06 pm, modifié 28 fois.
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

Mimie99 a écrit :
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Des choses terribles s’annoncent à Poudlard pour la sixième année d’Allison, Rose, Albus, Scorpius et leurs amisGenial, ils vont jamais avoir de repos mes pauvres.... Malgré que l’année s’annonce sans accroc pour le quatuor, ils se rendront rapidement compte que ce n’est pas le cas. Qui plus est James et Alexander entrent dans leur dernière année, ce qui implique les ASPICs, sauf que ce sera le cadet de leurs soucis. Entre les problèmes familiaux de certainsParkinson -Alli? Potter ? Weasley? Scorpy? , la perte de mémoireManquait plus que ca... et la séparation, ils devront tous faire face sur un front commun pour arriver à découvrir ce qu’il se passe à Poudlard. Mais comment faire s’ils ne sont pas toujours tous ensembles? Et quand il y a plusieurs mystères à résoudre en même temps? Que faire lorsque certaines personnes que l’on connait depuis longtemps ne nous reconnaissent pas et qu’ils ne sont plus les mêmes?
On sent l'histoire qui te donne des insomnies :lol:
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Eh oui, il y a des prérequis pour ce tome-ci! Bien évidemment il faut avoir lu le tome 1 de ma fanfic 1- Fait, sinon il y a plusieurs choses qui risquent d’arriver. 1. Vous ne comprendrez rien. 2. Vous allez vous spoiler un bon nombre de choses et ce n’est pas toujours super intéressant comme expérience. Après, c’est à vous la vie.

Ensuite, il y en a un autre. Il s’agit notamment d’avoir lu (et c’est VRAIMENT préférable) Harry Potter et l’Enfant maudit.2 - Fait Car dans ce deuxième tome, il y aura beaucoup, beaucoup de référence à ce qu'il s'est produit dans ce tome-là des HP (même si ce n’est pas tant un tome en soit). Donc, encore là c’est à vous de voir ce que vous voulez faire. Mais autant pour une meilleure compréhension que pour ne pas vous spoiler je vous conseille de le lire. Et bon, vous n’avez pas à l’acheter, suffit de l’emprunter à un ami ou à la bibliothèque et le tour est joué! Par ailleurs… Vous n’aurez pas besoin de l’avoir lu avant… le chapitre 3. Ou plus, dépendant de la longueur des premiers chapitres, je vais peut-être couper et en faire plusieurs au lieu de chapitres énormément longs. Et je ne publierai probablement pas le premier chapitre avant un mois, donc vous avez amplement le temps de lire ça, compte tenu que le moment où vous en aurez vraiment besoin risque d’être dans trois mois (sauf si j’arrive à écrire de manière constante).

Bah, voilà, c’est tout pour les prérequis.
PARFAITTT
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Page de présentation tome 1

Présentation des lieux et des animaux

Présentation des personnages partie 1

Présentation des personnages partie 2

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Eh bien voilà pour la page de présentation du tome 2! J’espère que vous l’aimez bien et que le petit résumé ou aperçu vous donnera envie de lire ce qui s’en vient! On va donc se revoir dans environ un mois, peut-être. Enfin, ceux qui viendront. Un dernier petit mot pour la fin… Si jamais certains d’entre vous aimeriez avoir un ou des extraits de chapitre en avant-première, je peux en fournir. Sinon, ça ira à dans un mois minimum!

MIMI, comme d'habitude previens moi, je t'en supplie! J'ai trop envie de lire le Tome 2...Image
MERCII présentation des plus parfaite! ;) Ca te generait pas de faire comme le tome 1 ? m'envoyer des extraits et tout ? MERCII❤️❤️
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

HELLOOOO
I'm back!
Tellement Hate du tome 2, brrrr!

- Question 1: Comment avez-vous trouvé la fanfiction dans son ensemble?
Rien à redire, toujours une agréable lecture, une super trame, des persos hilarants et puis une belle plume !

- Question 2: Quel(s) chapitre(s) avez-vous préférés? Pourquoi?

WAAAA ... Je me souviens plus de rien on dirait! Si attend une seconde...
J'ai bien aimé le chapitre final bien sur! Je l'ai même adoré !
Et celui de l'anniversaire d'Albus etait super, parce qu'il nous laisse un peu respirer entre deux combats sanglants :lol:

- Question 3: Quel(s) chapitre(s) avez-vous moins aimés? Pourquoi?

Le premier, car l'ecriture n'etait pas top, mais tu t'es transendée depuis
Celui où la mère d'allison meurt, parceque je m'y attendais et donc pas vraiment d'effet de surprise ...

- Question 4: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'aimez vous le plus?

La fluidité de ta plume, elle s'adapte à tout pdv. Et puis c'est tres recherché comme style. Bref, j'adore

- Question 5: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'aimez-vous le moins?

Peut-être les dialogues, un peu trop...pas littéraire? Mais c'est hautement supportable, je cherche la petite bête !

- Question 6: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'est-ce que je devrais améliorer ou changer?

Dialogue comme précisé plus haut

- Question 7: Est-ce que vous voyez un inconvénient au fait que j'insère parfois des extraits des Harry Potter dans la fanfic?

Nan, c'est même mieux, ca rend concret l'histoire.

- Question 8: Est-ce que vous voyez un inconvénient à ce que j'insère des références à d'autres oeuvres? (exemple: Le Seigneur des Anneaux ou Star Trek)

Nan, ca me tue :lol: J'adore ça me fait tellement rire.

- Question 9: Qu'avez-vous pensé des deux points de vue que j'ai présenté? Celui de Rose et de James.

Justement, ta plume c'est super bien adaptée, j'ai adoré, et surtout je pense vraiment que c'est ton point fort

- Question 10: De qui aimeriez-vous avoir le point de vue à l'avenir?

Albus / Ruby

- Question 11: Quel(s) est(sont) votre(vos) personnage(s) préféré(s)? Pourquoi?

James ❤️ Mon bébé
Parcequ'il est con et qu'il me fait rire
Et Allie aussi, bien sur, parcequ'elle est vraiment badass :lol:

- Question 12: Aimeriez-vous que j'insère d'autres éléments d'Harry Potter dans le tome 2? Si oui, lesquels?

Oui, aucune idée desquels, désolée mais ca me ferait vraiment plaisir !

- Question 13: Aimeriez-vous que je développe davantage certains des personnages secondaires? Si oui, lesquels?

Albus, mème si il est pas secondaire, j'ai l'impression de le connaitre a peine et pourquoi pas le pere de Scorpy ?

- Question 14: Aimez-vous ou non le caractère que j'ai donné aux personnages déjà présent dans l'univers d'HP et qui sont la propriété de J.K. Rowling? Pourquoi?

Bah ouais, ils sont biens vraiment, même si Ron est un peu différent.

- Question 15: Est-ce que vous êtes ennuyé par la longueur des derniers chapitres? Préférez-vous lorsqu'ils sont plus courts? Ou est-ce que la longueur vous importe peu?


Non, j'aime si ils sont longs. La longeure est pas HYPER importante mais pas trop court non plus.

- Question 16: Avez-vous des interrogations, de n'importe quel type, dont vous aimeriez avoir la réponse? Si oui, posez-les moi et je répondrai :D


Nope, tout est clair comme la roche mais merci!!
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

addbook a écrit :HELLOOOO
I'm back!
Tellement Hate du tome 2, brrrr! Ça va peut-être prendre un petit moment, car j'ai une tonne de trucs à faire :cry: Mais j'ai hâte de m'y mettre pour de bon :twisted:

- Question 1: Comment avez-vous trouvé la fanfiction dans son ensemble?
Rien à redire, toujours une agréable lecture, une super trame, des persos hilarants et puis une belle plume !

- Question 2: Quel(s) chapitre(s) avez-vous préférés? Pourquoi?

WAAAA ... Je me souviens plus de rien on dirait! Si attend une seconde...
J'ai bien aimé le chapitre final bien sur! Je l'ai même adoré !
Et celui de l'anniversaire d'Albus etait super, parce qu'il nous laisse un peu respirer entre deux combats sanglants :lol:

- Question 3: Quel(s) chapitre(s) avez-vous moins aimés? Pourquoi?

Le premier, car l'ecriture n'etait pas top, mais tu t'es transendée depuis
Celui où la mère d'allison meurt, parceque je m'y attendais et donc pas vraiment d'effet de surprise ...

- Question 4: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'aimez vous le plus?

La fluidité de ta plume, elle s'adapte à tout pdv. Et puis c'est tres recherché comme style. Bref, j'adore Tant mieux si tu trouves que je réussis bien les pdv, car il va y en avoir plusieurs dans le prochain tome :twisted:

- Question 5: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'aimez-vous le moins?

Peut-être les dialogues, un peu trop...pas littéraire? Mais c'est hautement supportable, je cherche la petite bête ! Bon, je dois avouer que je ne comprends pas ce que tu veux dire ici... Est-ce que tu veux dire que ce n'est pas ASSEZ littéraire? Ou que ce l'est TROP? Je suis un peu confuse, désolée :?

- Question 6: Niveau de mon écriture, de mon style... Qu'est-ce que je devrais améliorer ou changer?

Dialogue comme précisé plus haut

- Question 7: Est-ce que vous voyez un inconvénient au fait que j'insère parfois des extraits des Harry Potter dans la fanfic?

Nan, c'est même mieux, ca rend concret l'histoire.

- Question 8: Est-ce que vous voyez un inconvénient à ce que j'insère des références à d'autres oeuvres? (exemple: Le Seigneur des Anneaux ou Star Trek)

Nan, ca me tue :lol: J'adore ça me fait tellement rire. Parfait, alors je vais pouvoir en mettre d'autres :mrgreen:

- Question 9: Qu'avez-vous pensé des deux points de vue que j'ai présenté? Celui de Rose et de James.

Justement, ta plume c'est super bien adaptée, j'ai adoré, et surtout je pense vraiment que c'est ton point fort

- Question 10: De qui aimeriez-vous avoir le point de vue à l'avenir?

Albus / Ruby Je peux déjà t'affirmer que tu les auras ;)

- Question 11: Quel(s) est(sont) votre(vos) personnage(s) préféré(s)? Pourquoi?

James ❤️ Mon bébé
Parcequ'il est con et qu'il me fait rire
Et Allie aussi, bien sur, parcequ'elle est vraiment badass :lol:

- Question 12: Aimeriez-vous que j'insère d'autres éléments d'Harry Potter dans le tome 2? Si oui, lesquels?

Oui, aucune idée desquels, désolée mais ca me ferait vraiment plaisir ! Je vais voir ce que je peux faire alors!

- Question 13: Aimeriez-vous que je développe davantage certains des personnages secondaires? Si oui, lesquels?

Albus, mème si il est pas secondaire, j'ai l'impression de le connaitre a peine et pourquoi pas le pere de Scorpy ? Je vais voir ce que je peux faire ;)

- Question 14: Aimez-vous ou non le caractère que j'ai donné aux personnages déjà présent dans l'univers d'HP et qui sont la propriété de J.K. Rowling? Pourquoi?

Bah ouais, ils sont biens vraiment, même si Ron est un peu différent.

- Question 15: Est-ce que vous êtes ennuyé par la longueur des derniers chapitres? Préférez-vous lorsqu'ils sont plus courts? Ou est-ce que la longueur vous importe peu?


Non, j'aime si ils sont longs. La longeure est pas HYPER importante mais pas trop court non plus.

- Question 16: Avez-vous des interrogations, de n'importe quel type, dont vous aimeriez avoir la réponse? Si oui, posez-les moi et je répondrai :D


Nope, tout est clair comme la roche mais merci!!
Merciiiii! D'avoir répondu à toutes ces questions, ça va vraiment m'aider!
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

WELL...
Je reviens pour répondre à ta question sur ma reponse à ta question...
Fais pas genre, je sais que tu m' as comprise !
Alors, déjà sache que tu pourrais tres bien ingnorer ma remarque, ta fanfic resterai génial et a vrai dire, tu changerai un grain de poussiere si tu m´ecoutais

En fait, meme si tu ne publiera jamais cette fanfic pour la bonne raison que ćest une fanfic, Il serait peut-être intéressant de rajouter à ton style des dialogues quelque chose de plus professionnel, moins " enfantin " on va dire.
Les point d'exclamation, les majuscules... Je sais pas moi.. c'est tellemnt minime comme changement!
Je ne sais pas si tu m´a comprise...
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

HEY! C'est moi! Près d'un mois après la publication de la présentation du tome 2. Et je ne suis pas là les mains vides, c'est bien sûr le tout premier chapitre. Bon, évidemment, je dois vous prévenir... Il est loooooong. Et il ne se passe pas les choses les plus palpitantes qui soient nécessairement :roll: C'est un peu le calme avant la tempête, on va dire :twisted: Bref, si vous voulez être prévenu pour la suite, dites-le moi pour que je puisse vous ajouter à la liste des prévenus. (sauf ceux qui me l'ont déjà dit, évidemment) :D Je dois avouer qu'il y aura sans doute des erreurs et je m'en excuse (et je m'excuse d'avance pour la même raison pour les prochains chapitres). Parlant des prochains chapitres... Je ne sais pas quand le deuxième va arriver, car je dois terminer trois chapitres d'une autre fanfiction avant. Donc, vous n'aurez peut-être pas d'autres chapitres avant fin juillet :? Bon, est-ce que j'ai tout dit? Je crois que.. non! J'oubliais, il y rapprochement entre Alli et Al d'un peu plus... important que le précédent (lors des « excuses » d'Albus, si vous voyez ce que je veux dire). Je tenais à préciser au cas où il y aurait de jeunes âmes un peu trop innocentes (et très prude?). Alors, bref maintenant bonne lecture!! :mrgreen:


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Chapitre 1



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Quand je me prends à repenser à ma cinquième année, à tout ce qui s’y est passée… Je me dis que c’est incroyable que j’aie réussi à survivre cette année-là. Après, je me souviens aussi m’être dit qu’il ne pouvait rien m’arriver de pire et que ma sixième année allait être d’un calme plat en comparaison. Si seulement je n’avais pas eu tort… Mais, je vais vous laisser vous faire votre propre opinion à ce sujet. Peut-être que je ne suis pas très objective à ce sujet? Humm… J’ai des doutes. Enfin, jugez par vous-même, car maintenant c’est l’heure de l’histoire de ma sixième année. Au moins, cette fois, ce n’est pas les B.U.S.E.

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais l’année de mes B.U.S.E a été un vrai calvaire. Avec toutes ces morts, tous ces blessés… et les examens. C’est étonnant que je ne sois pas devenue folle avec tout ça. Bon, en même temps, James et Scorp diraient sans doute que c’est sujet à discussion. Suis-je folle? Je ne le crois pas. Je suis aussi saine d’esprit que je le pourrais en de telles circonstances. Je n’ai pas changé non plus. Je suis toujours aussi impulsive et irréfléchie. Enfin, peut-être un peu moins irréfléchie. J’ai quand même un peu appris de tout ça. Je crois. Je n’ai pas eu le choix, non plus. Mais… Qu’importe. J’avais beaucoup d’espoir pour ma sixième année. Qu’elle serait le début d’une petite vie simple et rangée (ne le dîtes pas à Rose, Scorp et Al, mais je crois que je m’ennuierais si tout était toujours d’un calme plat. Cela dit, toujours être en train d’échapper à la mort n’est pas nécessairement marrant non plus).


*********************

J’étais ENFIN chez moi! Après de longs mois et de longues semaines, j’étais enfin de retour chez moi. Certes je n’y resterais pas très longtemps, mais au moins je pourrais en profiter quelques temps. Et le plus beau, c’était que j’avais ma maison pour moi seule et avec Al. Oh, bien sûr Nesta était là aussi pour « superviser ». Superviser qui? Nous deux, évidemment. Je n’étais pas idiote. Certes, mon don pouvait toujours attirer la convoitise aux gens malhonnêtes ou désespérés, mais je ne me berçais pas d’illusion. La raison de la présence de Nesta était avant tout pour éviter que l’on ne fasse de bêtises, Al et moi. Personnellement, je ne crois pas que ce serait une bêtise après tout ce que nous avions traversé. On se connaissait très bien, même s’ils nous arrivaient encore de nous surprendre mutuellement.

En entrant finalement dans le hall d’entrée, je ressentis un léger pincement à la poitrine. Ma mère n’était pas là. Et l’ambiance dans la maison était bien différente. C’était froid. Sans vie. Du moins, presque.

WROUARF!

Et voilà Spock junior qui me passait entre les pattes et s’élançait à l’intérieur avec une joie pure et totalement innocente. Un léger sourire étira mes lèvres en le voyant disparaître au coin du couloir. Je sentis soudain la main d’Al dans la mienne et il me demanda :

- Contente d’être chez toi?

- Oui… Je crois que oui…

Je n’eus pas besoin de spécifier le pourquoi de mon incertitude qu’il pressait déjà tendrement mes doigts entre les siens. Je lus dans ses yeux la tristesse qu’il ressentait pour moi. Et sa compassion. Mais il ne prononça pas un mot en ce sens. Ce que j’appréciais, car ça faisait déjà… un long moment. Et je ne supportais pas que l’on soit trop triste pour moi.

J’entrai un peu plus à l’intérieur de ma maison en entraînant Al à ma suite. Il n’était venu qu’une seule fois. Et c’était lors d’une mission totalement interdite. En pleine nuit. Il avait vu la maison de mes grands-parents avant même celle où j’avais grandi. Ou du moins, celle où se trouvaient tous mes souvenirs d’enfance dont je me rappelais. Au cours de l’été, j’avais appris par le père d’Al que l’ancienne maison de mon père et ma mère m’était légué, du moins quand je serais majeure. Mon père m’avait mise sur le testament qu’il avait confié dans une totale discrétion à mon parrain. Tout comme je me trouvais sur celui de ma mère où il était dit que cette maison-ci, où je me trouvais, me revenait aussi.

Je ne tardai pas à rejoindre les escaliers, en tâchant d’oublier toutes ces histoires d’héritage. Ça m’était tombé dessus si brusquement que j’avais encore de la difficulté à me faire à cette idée… Je secouai légèrement la tête pour cesser d’y penser et me concentrer sur l’endroit où je voulais me rendre. Avec ma valise et Al avec la sienne.

En arrivant devant ma chambre, je me tournai vers lui avec un petit sourire moqueur :

- Tu préfères une chambre d’ami ou la mienne?

Nous avions trois chambres d’amis, ce qui était plutôt surprenant quand même. Considérant le fait que ma mère était célibataire et n’avait qu’un enfant. Moi. Nous n’avions pratiquement jamais reçu beaucoup de personne. Rarement plus de deux. Et c’était mes grands-parents. Donc ils dormaient dans la même chambre.

Si je proposais à Al ma chambre, c’était simplement pour le gêner un peu. Quoique, en même temps, ce ne serait pas nouveau. Durant tout l’été jusqu’à présent, ils nous étaient arrivés assez souvent de dormir ensembles. À certains moment je m’étais réveillée d’un coup après des visions-dormantes particulièrement inquiétantes. À chaque fois c’était la même chose. Al était à Serpentard avec Scorp, Rose était seule à Gryffondor avec James… et moi je n’étais pas là. J’avais tellement peur de me retrouver toute seule que les deux premières nuits j’étais allée rejoindre Al dans sa chambre. Ensuite, nous nous étions souvent rejoints dans le couloir avant de finir dans la chambre d’ami qui me servait de chambre. Harry et Ginny n’étaient pas au courant que nous avions partagé le même lit, Al et moi, plusieurs fois. On avait toujours fait en sorte de regagner notre chambre très tôt au petit matin.

- Ce sera une chambre d’ami, Allison Lévesque! Gronda Nesta Nightingal en arrivant derrière nous.

- C’est Allison Williams, maintenant, Nesta, grommelai-je. Et pourquoi on ne pourrait pas partager la même chambre, hein? Je ne vois pas où est le mal. On est plus au dix-huitième siècle, non?

- Allison… me prévint-elle en fronçant les sourcils.

- Quoi? dis-je en arquant le mien. J’ai seulement envie d’être avec lui. De le sentir. De le toucher. De… de ne pas être seule, soufflai-je en détournant le regard.

Du coin de l’œil je crus lire la compréhension apparaître dans les yeux de Nesta. Elle poussa un soupir immense qui me poussa à croire qu’elle avait trouvé une solution même si elle capitulait. Elle lâcha sur un ton autoritaire :

- Très bien. Vous partagerez la même chambre! Mais à condition que vous laissiez la porte de la chambre ouverte en toute occasion.

- Rose et Scorp vont sans doute vouloir faire de même, l’avertis-je avec un sourire amusé.

- Ce sera la même règle! S’écria-t-elle en levant les bras d’exaspération.

Sur ces mots, elle s’éloigna de nous rapidement, sa valise derrière elle. Elle allait sans doute prendre la chambre d’ami entre celles que je réservais pour mes amis et ma chambre. La chambre de ma mère étant la première du couloir et la mienne la seconde suivie par les trois chambres d’amis.

Al me regarda avec cet air qui semblait hésiter entre la fierté et l’exaspération. Comme il affichait souvent cet air-là, je ne m’en préoccupai pas trop et pénétrai dans ma chambre.

Tout était comme je l’avais laissé.

Mon lit était bien fait, le couvre-lit bien droit, sans un seul pli. Deux coussins et une montagne de peluches se trouvaient dessus… Il se positionnait au fin fond de ma chambre relativement grande, à gauche. Quand nous entrions il y avait le long du mur de gauche une grande garde-robe où se trouvait autant de linge que de trucs en tout genre. Le long du mur de la porte, à la droite de celle-ci, se trouvait ma commode tandis qu’une armoire se tenait sur le mur de droite.

Mon lit et sa tête en particulier était complètement appuyé sur le mur de gauche et il touchait aussi au mur du fond. Je dormais toujours seule dans mon lit, donc la nécessité de laisser la place de l’autre côté ne m’avait jamais paru importante. Au pied de mon lit, on trouvait mon bureau qui faisait face à la fenêtre du mur du fond. La seule et unique fenêtre de ma chambre. Mais elle était très grande, alors elle suffisait à éclairer toute ma chambre. Pour l’instant des rideaux d’un noir d’encre empêchaient la lumière d’entrer.

Je savais qu’en allant à mon bureau, dans le deuxième tiroir à partir du bas, je trouverais quatre cahiers. Un pour chaque année à Poudlard. C’était là que j’avais rangé au fil des années tous mes cahiers où je notais mes visions.

- Je ne m’étais jamais imaginé les murs de ta chambre vert émeraude… me dit Al, pensif.

- C’est en souvenir de tes beaux yeux, minaudai-je en papillotant des paupières dans sa direction, légèrement moqueuse.

Il rougit légèrement et un sourire profondément amusé étira mes lèvres. J’ajoutai avant qu’il ne fasse une seule remarque :

- Ma pierre de naissance est une malachite… Et j’ai toujours eu un faible pour le vert émeraude. Et je te signale qu’il n’y a que deux murs verts. Les deux autres sont blancs.

- J’avais vu, affirma-t-il avec un sourire.

Je lui offris une grimace très peu mature avant de déposer ma valise sur le coffre qui se trouvait à côté de mon bureau. Bureau qui avait encore quelques parchemins et feuilles mobiles éparpillés un peu partout dessus. Et il y avait au moins trois livres qui reposaient sur ma table de chevet en attente d’être rangés dans ma bibliothèque énorme qui se trouvait sur le mur de droite.

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Albus déposa sa valise à côté de la mienne et, profitant sans doute de mon moment d’inattention, me prit par la taille pour me retourner de son côté. Nos deux nez se frôlèrent et tandis qu’un petit sourire étirait mes lèvres, il m’embrassa. L’instant suivant, il me demanda sur un ton narquois :

- Que comptais-tu faire aujourd’hui?

- Premièrement, une visite de ma maison ne te serait pas de refus, je crois. Et après, que dirais-tu d’aller un peu nous promener dans les environs?

- Tu ne veux pas que l’on regarde un film? S’étonna-t-il.

- Al, on a toute une semaine rien qu’à nous. Je crois qu’on aura amplement le temps de se faire une journée film. Et puis, il fait beau aujourd’hui.

Il leva les yeux à ma dernière remarque. Apparemment, la température extérieure ne lui importait pas. D’ailleurs, elle ne m’importait pas non plus, ce qui expliquait sans doute sa réaction. Que je m’explique, nous avions joué plus d’une fois au Quidditch peu importe la météo. Qu’il pleut ou qu’il neige, on s’en foutait. Que ce soit des matches amicales ou non, n’importait pas non plus. Beau temps, mauvais temps, le Quidditch l’emportait.

- Comme si ça changeait quelque chose… marmonna-t-il ensuite en croisant les bras.

- Ce que ça change, c’est qu’on aura pas une certaine personne sur les basques! Susurrai-je en plissant les yeux, malicieuse.

Il se détourna une seconde, sans doute dans l’intention de lever les yeux au ciel à nouveau, mais en cachette cette fois, sauf que je ne lui laissai pas le temps de trop réfléchir à combien je pouvais être exaspérante. À peine se détournait-il donc que je plaquai un baiser sur sa joue avant de m’écrier en sortant en trombe de la chambre :

- Le dernier arrivé dehors devra donner toutes ses cartes de chocogrenouille à l’autre!

Je tournais à peine le cadre de ma porte qu’Albus était déjà sur mes talons et tentait de prendre les devants. Ça faisait plusieurs années qu’Al et moi avions une certaine compétition au niveau des cartes. J’en avais certaine qu’il n’avait pas, des cartes plutôt rares qui le faisait jalouser ma collection et lui en possédait bien plus puisque sa collection était beaucoup plus ancienne que la mienne.

Bref, comme au Quidditch, la collection de cartes de chocogrenouille était sacrée et n’admettait aucune émotion d’aucune sorte. Du moins, c’était le cas pour Al et moi. Scorp et Rose nous traitaient tous deux de « fous aux cartes ». Cela dit, Scorpius s’était déjà montré aussi acharné que nous une fois, quand Rose n’avait pas été là. Depuis, lorsqu’il nous lançait ce surnom, on le regardait de travers.

Le chemin menant à la sortie fut donc violent, on se bouscula sans ménagement et en riant (ce qui retirait un peu de la crédibilité à notre course), car Spocky junior nous suivait en jappant comme un dingue avec entrain, croyant sans doute à un jeu particulièrement intéressant.

Au moment d’arriver à la porte je repoussai violemment Al vers l’arrière en lui écrasant le pied par le fait même. Il grimaça et s’arrêta une demi-seconde de trop, car je pus ainsi franchir la porte d’un bond.

- C’est de la triche, ça! S’énerva-t-il.

- Quoi? Moi? Tricher? Je n’oserais jamaaaais, dis-je avec un ton faussement outré.

Je me retournai vers lui avec un grand sourire amusé aux lèvres. Il poussa un soupir, leva les yeux au ciel et en lâchant un nouveau soupir, mais cette fois déchirant, il bougonna :

- Très bien, tu auras mes cartes…

- Je plaisantais, Al. Je ne vais pas te prendre tes cartes. Enfin, pas tout de suite. Lors d’un autre défi, peut-être.

- Ce qui a été dit, a été dit, rétorqua-t-il. Dès que l’on rentrera chez moi, je te donne mes cartes. Ou du moins… Que dirais-tu de mes doubles? J’ai plusieurs doubles que tu n’as pas…

- Marché conclu! Acceptai-je rapidement en le rejoignant de nouveau à l’intérieur pour déposer un baiser rapide sur sa bouche.

Il resta immobile une seconde, sans doute surpris et j’eus ainsi le temps de reculer de deux pas. Lorsqu’il revint complètement à lui, je lui tendis la main et avec un grand sourire lui demandai :

- Alors, on va se promener?

- Tu ne m’as pas trop laissé le choix, dit-il en haussant les épaules, sauf qu’il me prit rapidement la main en souriant.

- Idiot, va, grommelai-je en l’entraînant à ma suite.

On marcha plusieurs minutes dans un silence complet et au hasard des rues de mon quartier lorsqu’il me demanda de le conduire à l’endroit où j’avais eu ma première vision qui me permettait d’influer sur les évènements. Je fis en sorte de ne pas le montrer, mais je n’aimais pas l’idée d’y retourner. C’était à ce moment-là que tout avait empiré dans ma vie. C’était à ce moment-là que j’avais compris la réelle dimension de mon pouvoir. De son côté dangereux…

Je consentis néanmoins à le conduire au parc où presque un an auparavant j’avais fait semblant de regarder les nuages en compagnie de Rose et Scorpius. Ça me semblait remonter à tellement plus longtemps que ça, pourtant… Un an… Juste ça. Depuis, j’étais passée près de la mort beaucoup trop souvent pour le compter. Et j’avais perdu plus que ma part d’êtres chers…

Il ne faut pas y penser…

Ne surtout pas y penser, Allison. Ne surtout, surtout pas y penser. Je pris une grande inspiration pour empêcher les larmes de monter à mes yeux. Ça faisait déjà près de deux mois que tout était fini. Je n’allais quand même pas craquer maintenant. Pas alors que je tenais la main d’Albus dans la mienne et qu’il souriait en regardant un peu autour de lui. Regardant le paysage qui avait bercé mon enfance. Du moins… la partie dont je me souvenais.

Je pris donc sur moi et laissai un sourire étirer mes lèvres. Après tout, peut-être que si je faisais semblant d’être légère et pleine de vie, je le deviendrais? Nan, peu probable… mais ça valait le coup de l’essayer. De toute manière, je ne risquais plus rien maintenant. Donc je n’avais pas de raison de… De quoi? De me sentir triste? Le fait de ne plus risquer rien, ne veut pas dire que ce qu’il y a eu avant n’est plus douloureux, Allison! Me morigénai-je vertement et mentalement.

- Alli, ça va? S’enquit Al avec un ton inquiet.

- Oui… Seulement… Cet endroit me rappelle beaucoup de souvenirs et…

- Ta mère, comprit-il rapidement en me serrant la main un peu plus fort.

Je hochai de la tête et refoulai les larmes que je sentais monter. Comme je ne désirais pas plus que ça m’effondrer ici et maintenant alors qu’il faisait beau, que la journée était belle et que j’étais seule avec Albus, j’accélérai le mouvement en l’entraînant de force à ma suite. Je l’entendis soupirer, sauf que j’en avais l’habitude de ses soupirs.

- Alli, refouler ne mènera à rien.

- Je sais, Al. Mais je n’ai pas envie de m’effondrer ic… commençai-je sauf qu’alors que je franchissais la limite entre la rue et le parc une voix m’interrompit.

- Quelle surprise! Allison Lévesque! Ça fait quoi… déjà un an depuis la dernière fois?

Cette voix… Je ne pouvais pas dire que je la détestais plus que celle de Berkeley, mais ça y ressemblait beaucoup. Je ne l’avais jamais apprécié, spécialement depuis le jour où elle avait décidé de faire tuer mon chien sur caprice de garce. Parce que c’était ce qu’elle était. Et je ne le répèterais jamais assez.

- Mais dis-moi, qui est avec toi? Un membre de la famille? Car c’est impossible qu’un gars comme lui s’intéresse à toi… à moins que ce soit pour une seule raison… Alors, mon mignon? Tu es qui? Persista Shannon dans sa mesquinerie, mais elle prit un ton de velours en s’adressant à Al.

Je vis les yeux de ce dernier se plisser et il me retint fermement par la main lorsque je vins pour amorcer un pas dans la direction de la garce de l’année. Enfin, non, peut-être pas de l’année, car Rebecca avait amplement remporté ce prix. En même temps, pour ne rien retirer à la détestabilité de Shannon… je ne l’avais pas fréquenté suffisamment longtemps pour qu’elle puisse remporter le prix. Une chose était sûre, j’étais bien contente qu’elles appartiennent à deux mondes entièrement différents, sinon… Par Merlin, je ne voulais même pas m’imaginer.

Je m’apprêtais à ouvrir la bouche, mais Al me devança en me demandant d’un ton interrogatif :

- Dis-moi, Alli, est-ce ces trois Moldues qui t’ont causé des ennuis pas très sérieux l’été dernier?

Je fronçai les sourcils en l’entendant les traiter de Moldu avec un ton aussi dédaigneux. Ce n’était pas vraiment Al de se mettre dans la discrimination raciale. Sauf que je compris d’un coup, en voyant l’air rageur de Shannon, que son but c’était de leur faire croire que c’était une terrible insulte. Et pour certains sorciers, c’en était effectivement une, mais bon, elles n’avaient aucun moyen de le savoir…

- Tu as dit quoi, mon mignon? Grommela Shannon d’un ton lourd de menaces.

Menaces qui ne nous faisaient ni chaud ni froid à tous les deux, on avait affronté pire que trois Moldues idiotes et pas très fortes. La pire chose que Shannon pourrait faire, c’est me gifler. Et elle recevrait mon poing à la figure en retour. Je répondis à Al distraitement :

- Ouais, c’est bien ces trois-là.

Il sembla réfléchir un moment, mais peu à peu son visage se fit de plus en plus dur. Je ne savais pas ce à quoi il pouvait bien penser en ce moment, mais ce n’était clairement pas quelque chose d’agréable. Et je craignais ce que cette soudaine ombre sur son visage allait bien pouvoir apporter. Bon, non, d’accord, si je voulais être parfaitement honnête, je mourrais d’envie de savoir ce qui était sur le point de se produire. Dans cinq… quatre… trois… deux… u…

- Et qui est Shannon, parmi les trois?

L’intéressée reprit immédiatement un grand sourire enjôleur et roucoula presque :

- Elle t’a parlé de moi, alors?

- Oui, mais elle m’a entre autres dit que tu avais… comment dire? Tuer son chien. Ou si tu préfères « fait tuer » son chien. Spock, rétorqua Albus sur un ton profondément froid que même pendant notre « mauvaise passe » il ne m’avait jamais accordé.

Shannon prit immédiatement un air confus. Apparemment elle ne se souvenait pas. Mon poing libre se referma violemment et mes mâchoires se contractèrent. Cette sale garce hypocrite! J’allais lui rafraîchir la mémoire, moi! Je vins pour m’avancer à nouveau, mais Al ne me lâcha pas et me maintint fermement planter à côté de lui. Je lui aurais bien grogné dessus si ce n’est que je fus interrompue par une voix qui me ramena loin en arrière :

- Tu as le culot de jouer à l’innocente, Shannon? Tu parles encore de la manière dont est mort ce stupide chien, comme tu dis. Mais si tu veux mon avis… tu es bien plus idiote qu’il ne l’a jamais été! Mais bon, ça ne surprend personne.

Je me retournai au ralenti vers l’arrière et Al me suivit dans mon mouvement. Je restai une seconde pétrifiée en voyant devant moi deux autres fantômes de mon passé. L’une portait ses longs cheveux buns-roux bouclés en queue de cheval et défiait Shannon du regard avec son regard d’un brun sombre pénétrant. Tandis que l’autre, un peu moins expressive avaient ces cheveux caramel attachés en deux tresses lâches de chaque côté de sa tête et ses yeux noisettes dévisageaient avec un profond désaccord les trois autres filles. En d’autres mots, il s’agissait de Megan et Kelly. Mais que faisaient-elles ici?

- Megan, Kelly… Quelle surprise! S’exclama avec un faux enthousiaste la reine des idiotes. Et vous parliez de ce clébard? Il était inutile…

Cette fois je vis rouge et je me dépris violemment de la poigne d’Albus et me ruai sur Shannon. Elle était allée trop loin. Je sentais un bouillonnement furieux au niveau de la poitrine et il fallait que je l’évacue. Et il n’y avait qu’un moyen. Je n’étais qu’à cinquante centimètres de Shannon lorsqu’elle reçut une violente gifle au visage de la part de Megan. Apparemment, elle m’avait devancé…

- Là, tu vas te taire! Gronda mon ancienne amie, mais avec cette même fougue que je lui avais toujours connue. Et tu dégages! Tu gâches le paysage…

Shannon poussa un sifflement de colère en portant la main à sa joue, sauf que comme j’avais le poing clairement en position pour atterrir prochainement sur son visage, elle fit marche arrière et s’en alla rapidement avec les deux autres cruches. Dès qu’elles furent bien loin, Megan se tourna vers moi et avec un sourire me dit :

- Salut, Allison. Ça fait longtemps…

- Oui… marmonnai-je. Désolée de ne pas avoir donné de nouvelles pendant toutes ces années.

- On prend tous des chemins différents un jour ou l’autre, non? Me fit-elle remarquer. Et puis, c’est mieux comme ça que si on s’était quitté en mauvais terme. Toutes les trois.

Elle invita Kelly à se joindre à nous et cette dernière le fit en rougissant un peu. Et je me doutais pourquoi. La dernière fois que nous nous étions vues, elle était avec le groupe de Shannon. Je lui dis rapidement :

- Je ne t’en veux pas. J’ai connu pire depuis.

J’eus un petit sourire moqueur à la fin en voyant Al me jeter un regard furibond et mimer avec ses lèvres « Tu vas me payer ça ». Bien sûr, Al, bien sûr. Il ajouta en voyant sans doute mon air amusé « Oublie les chocogrenouilles ». Je le foudroyai du regard, mais c’était à son tour de sourire.

- Je peux savoir ce que sont des chocogrenouilles? S’enquit Megan sur un ton malicieux.

Merde! J’avais oublié ça! Megan pouvait lire sur les lèvres très facilement, chose que je lui avais longtemps enviée pour être honnête. C’était super pratique quand on voulait savoir ce que mijotaient nos parents… Et on avait fait bien des bêtises à cause des informations que l’on récoltait grâce à sa capacité. Je répondis rapidement :

- C’est un truc d’échange à notre école. Des sortes de… cartes.

- Et c’est là que tu apprends à disparaître comme par… magie? Me demanda-t-elle sur un ton plus sérieux et en croisant les bras.

L’air choqué qu’afficha à ce moment-là Al n’aida pas du tout notre cause. Je me retins de le foudroyer du regard et marmonnai :

- De quoi tu parles, Megan? Je ne disparais jamais comme par magie.

- Bien sûr que si, c’est toi qui m’as libérée. Tu ne t’en rappelles pas? Poursuivit-elle en plissant les yeux pour me sonder. Tu ne peux pas me mentir, Alli. Tu le sais, je le sais, Kelly le sait… Et maintenant ton petit-ami le sait.

- Hein? Quoi? Comment tu sais que je… commença Al, mais Kelly le coupa.

- C’est simple, même moi je l’ai compris. Tu l’as retenu par la main assez longtemps. N’importe qui d’autre, pour obtenir quelque chose de plus effectif, attraperait Alli par le bras. Mais toi, il suffisait que tu la tiennes par la main pour qu’elle ne bouge pas.

- Elle est quand même partie, fit remarquer Albus en croisant les bras.

Je dus faire un effort particulier pour ne pas mater les muscles des bras d’Al qui apparaissaient visiblement en l’absence de manche longue. Ou de cape. Je me reconcentrai rapidement sur les filles et Megan rigola :

- Mais c’est sûr, on parle d’Alli. Même à six ans, elle se bataillait avec ceux de huit et dix. Enfin, elle ne se bataillait pas toujours physiquement, mais…

Elle s’interrompit et ajouta :

- Je veux des réponses, Alli. Je sais qu’en théorie tu ne me dois rien, car tu m’as sauvé la vie, mais… Au nom de notre amitié passée…

- Je ne peux rien dire… car je n’ai rien fait.

- Tu mens, Alli. Et je suis sûre que ton école et ce que tu as fait ont un lien. Tu oublies que j’y suis allée avec toi, cette nuit-là à la bibliothèque. Et tu n’y as pas porté attention, mais moi oui. Tout le matériel électronique de sécurité s’est détraqué à la seconde où nous sommes entrées. À la seconde où tu es entrée.

Je jetai un coup d’œil à Al, essayant d’obtenir son aide, mais tout ce que j’en récoltai fut le regard me suppliant de ne rien dire. Car je n’avais pas le droit de dire quoi que ce soit, de toute manière. Je poussai un soupir et me passai la main sur le visage avant de marmonner :

- Je ne peux rien dire, Megan. Autant par obligation que par nécessité. C’est dangereux…

- Qu’est-ce qui est dangereux? S’enquit-elle en fronçant les sourcils.

- L’homme qui t’a enlevé… Il a fait plusieurs trucs horribles… et je le connais… J’ai… J’ai tout perdu à cause de lui.

Famille. Amis. Ma vie d’avant… Je ne pouvais pas dire mon innocence, car celle-ci n’avait pratiquement jamais existée chez moi, c’était trop encombrant.

- Je… On a appris pour ta mère. Ça fait des semaines depuis le début de l’été que l’on va cogner à ta porte pour… pour te voir. Et ce n’est qu’aujourd’hui que quelqu’un a répondu. Une femme et elle a dit que tu étais partie te promener avec quelqu’un. Alors je me suis dit que tu irais au parc. Tu vas toujours au parc… souffla Megan d’une voix éteinte.

C’était bizarre de constater que je n’avais pas changé sur ce point. Je venais toujours au parc. Sans doute, car j’y avais vécu plus de bons souvenirs que de mauvais et que c’était mon refuge depuis longtemps. Au même titre que les arbres.

- On est vraiment désolée, ajouta Kelly en s’approchant un peu plus.

- Et maintenant que tu as dit la vérité sur le fait que tu ne peux rien dire et que c’est dangereux… je ne te questionnerai plus, affirma Megan. Même si je trouve ça… dommage. Tu reviendras nous voir?

- C’est sûr. Je ne sais pas quand, car je ne suis pas ici très longtemps… Mais je peux… je peux vous écrire.

Elles me dévisagèrent comme si j’étais folle et Kelly demanda :

- Tu veux dire par texto?

- Je n’ai pas de portable, marmonnai-je. Alors ce sera des lettres. Et en plus… il n’y a pas de réseau là où je vais.

- Bon sang, ça doit être horrible! S’exclama Megan avec des yeux ronds.

- Il y a des endroits bien pires! Protesta Al avec véhémence.

Les deux filles haussèrent des épaules et j’entendis mon amie plus téméraire marmonner :

- Ce n’est pas comme si on savait c’était quoi l’école non plus…

Après quoi elles me saluèrent, mais avant qu’elles ne s’en aillent je lançai :

- Attendez! Merci pour être venu rabattre le caquet de Shannon, je ne m’étais pas rendue compte à quel point ça m’avait manqué de vous avoir… Et Kelly… Je suis désolée pour ce que j’ai dit l’été passé…

- T’inquiète, Alli, dit l’intéressée avec un sourire timide. C’est moi qui devrais m’excuser. Je n’avais pas à la rejoindre, même si je vous avais perdu Megan et toi… C’était stupide… soupira-t-elle.

J’affichai une moue toujours navrée et elle me la rendit. Après quoi on échangea un sourire et Megan lâcha :

- Ça me manque vraiment. D’être ensembles toutes les trois. On était les meilleurs trois mousquetaires féminins, c’est moi qui vous le dis! Et… bon, en fait, tu nous manques, Alli.

- Vous me manquez aussi, dis-je sincèrement, même s’il y avait un petit quelque chose en moi qui sentais que c’était un peu un mensonge.

- Tu mens… Ou du moins en partie, mais ce n’est pas grave. C’est dur de te remplacer, Alli, car il n’y en a pas deux comme toi…

- Je ne vous ai jamais oublié, grommelai-je. Et je ne le ferai jamais.

- C’est ce qui compte, affirma-t-elle et malgré qu’elle déteste ce genre d’effusion elle vint me serrer dans ses bras.
Kelly s’invita rapidement à la partie pour un câlin collectif. Al suivait le tout avec à la fois un grand intérêt et une grande confusion. Une minute plus tard, elles étaient parti de leur côté et je me balançais avec Al dans le parc, lentement.

- Je ne comprends jamais rien à ce qui se passe autour de toi, affirma-t-il la seconde suivante.

- Même chose pour moi, rétorquai-je avec un sourire moqueur.

- Très, très drôle.

Je me contentai de lui offrir mon plus beau sourire innocent et il leva les yeux au ciel. Pourtant l’instant suivant il souriait et me tendait la main, que je saisis aussitôt en me sentant enfin véritablement calme depuis mon départ de Poudlard, deux mois plus tôt. On passa une bonne partie de l’après-midi à fureter dans mon quartier et je lui racontais certaines anecdotes de mon enfance.

Quand on revint chez moi pour le souper Nesta nous avait préparés de la pizza. Nous mangeâmes tous à la table de la salle à manger, car personnellement je me sentais mal pour elle. Elle devait quand même nous surveiller et rester à la maison en permanence. Seule, car Albus et moi on en profitait pour faire des activités plus normales de couple. Personnellement, chez les Potter, c’était impossible. Pas avec James qui mettait son nez partout et s’évertuait à nous rendre fou. Et à nous gêner au maximum. Quant à chez leur grand-mère… c’était encore pire. Surtout lors de la réunion de la famille Weasley.

Enfin, pendant le souper elle nous questionna sur nos activités de la journée sans être trop envahissante avec ses questions et on discuta un peu de tout et de rien par la suite. Une conversation un peu ordinaire donc. Mais personnellement, l’ordinaire était presque réconfortant après tout ce qui s’était produit l’année dernière. Malgré tout, on ne resta pas bien longtemps après avoir fini de manger. J’avais promis à Al son tout premier film. Je le conduisis donc au sous-sol où se trouvait notre petit cinéma maison à ma mère et moi. Enfin, seulement à moi désormais… Pense douloureuse, pensée douloureuse, n’y penses plus, Allison…

En entrant dans la pièce une foule de souvenirs remonta à la surface, mais je fis en sorte de les refouler avec les émotions qui semblaient en bonne voie pour me nouer la gorge. Je me permis toutefois d’admirer la pièce et cette étrange odeur de popcorn qui régnait toujours ici, étrangement.

Dans le fond de la salle nous avions l’écran qui était en fait une toile bien étirée et sans défaut qui aurait pu nuire à la qualité des images. Les murs étaient peints en gris sombre avec un plafond d’un noir d’encre où se trouvait accroché le projecteur tout aussi noir et se fondant ainsi pratiquement dans le décor. Le plancher, composé de bois franc sombre était en fait en plusieurs paliers délimités par des escaliers et ce jusqu’au lecteur Blu-ray déposé sur une table basse noire sous la toile.

Comme nous entrions par la gauche complètement de la salle, on apercevait à notre droite, immédiatement en entrant, la machine à popcorn d’un magnifique rouge. Ensuite, en la contournant (et en la gardant toujours à notre droite) on avait devant nous une sorte de lit pour deux où l’on pouvait élever la tête pour être un peu plus assis. Après quoi, si on s’y rendait, on avait à notre gauche les escaliers menant au prochain palier.

Sur ce dernier, il y avait d’un côté et de l’autre deux sièges en cuir gris sombre avec une place pour déposer un verre. Et c’était la même chose pour le palier suivant. Quant au tout dernier il permettait de se rendre à l’écran et au lecteur Blu-ray et contrairement aux deux autres paliers on y avait accès par deux escaliers aux extrémités gauche et droite de la salle contrairement au milieu.

Par ailleurs, si on se rendait jusqu’en face de la table basse, en se retournant vers le palier supérieur qui s’arrêtait avec une arrête bien droite et verticale (et non pas diagonale) on découvrait des étagères insérées à l’intérieur même du palier. Là se trouvait une partie de nos films, ceux qu’on était plus susceptible de regarder régulièrement.

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J’attirai donc Al jusqu’au dernier palier et en m’accroupissant devant les étagères je lui demandai :

- Que veux-tu voir?

- Je crois que tu as déjà ta petite idée sur la question. Tu me dois toujours mon cadeau, tu te rappelles? Me dit-il avec un sourire taquin.

- Je t’accorde ce point. Alors va pour Star Trek.

J’affichai un sourire réjoui alors que je sortais le disque de son boîtier protecteur. Ah, Merlin, ça faisait trop longtemps que je n’avais pas regardé ce film. Bon, pour être tout à fait honnête, ça ne faisait qu’un an puisque l’été dernier j’avais passé une partie de mes vacances à regarder film après film. S’il y avait bien une chose qui me manquait à Poudlard, c’était bien celle-là! Les films. Enfin, et certaines petites choses supplémentaires qui impliquaient de la magie moldue, soit en bref, la technologie.

J’appuyai ensuite sur le bouton permettant d’ouvrir le lecteur Blu-ray et au moment où le plateau sur lequel je devais déposer le disque s’ouvrit, Al s’exclama :

- Merlin! Comment tu as fait ça?

- De… commençai-je, ne comprenant pas où il voulait en venir. Oh! Ça! C’est simple, c’est de la technologie et de l’électricité, Al.

L’écran s’ouvrit à son tour, comme par une réaction en chaîne et je déposai rapidement le disque sur son support avant de faire retourner ce dernier à l’intérieur de l’appareil. Je saisis ensuite la télécommande qui se trouvait dans un tiroir de la table basse. Après je dis à Al :

- Bon, avant de regarder le film… Je nous fais du popcorn, c’est un incontournable. Humm… Un peu de slush ne serait pas mal non plus… Mais il est un peu tard pour aller en chercher…

- Euh… d’accord. Je ne suis pas certain de complètement te suivre…

- Ce n’est pas important, contente-toi de t’asseoir! Lui dis-je sur un ton autoritaire.

- Oui, madame, consentit-il en faisant la révérence, un sourire aux lèvres.

Sourire auquel je répondis aussitôt. Après quoi je le suivis quelques secondes avant de le dépasser pour me rendre près de l’entrée de la pièce et mis rapidement la machine en fonction, insérai les grains de maïs ainsi que le beurre et le mélange, puis me retournai pour rejoindre Al en attendant que tout commence à sauter. Sauf qu’Al était à mon niveau. Je lui fonçai ainsi de plein fouet dedans et il lâcha quand j’enfonçai un peu trop mon pied sur le sien :

- Aïe…

- Merlin, pardonne-moi! M’exclamai-je en reculant d’un pas.

Du moins, je tentai de le faire, mais Al me rattrapa par la taille pour me plaquer un baiser sur les lèvres. Je restai surprise la première demi-seconde avant de répondre à son baiser avec un léger soupir d’aise et en enroulant mes bras autour de son cou.

Je passai à deux doigts de lui mordre la langue quand il sursauta violemment en entendant le maïs se mettre à éclater. En me relâchant il s’exclama, les yeux ronds :

- Par la barbe de Merlin, Alli! Ce… ce truc explose! Fais quelque chose!

- Nan, je crois pas… c’est dans le principe même du popcorn, Al.

Son air complètement ahuri ne me laissa guère d’autres choix que d’éclater de rire. Je n’avais pas pensé qu’il ne savait pas comment fonctionnait le popcorn, ou sinon c’était peut-être la machine… Mais enfin, les sorciers ne pouvaient quand même pas ne pas connaître le popcorn, pas vrai? Ou au moins Harry devait être au courant, non?

Comme il me dévisageait toujours autant, je l’embrassai à nouveau du bout des lèvres avant d’ajouter :

- Tu sais, je ne me lasse pas de te surprendre, Al. Même si ce n’est qu’avec du popcorn!

Il fronça les sourcils, mais la seconde suivante il approchait son visage très près du mien, un sourire très invitant aux lèvres et me souffla en frôlant mes lèvres de sa bouche :

- Et moi, je ne me lasse pas de faire ça.

Il s’empara alors bien gentiment de mes lèvres pour m’embrasser à la fois tendrement et… voracement. Enfin, c’était peut-être moi qui me montrais vorace. Ou pas. Nous y étions sans doute pour beaucoup tous les deux, mais nous avions une bonne raison. Les occasions de s’embrasser avaient été très rares, récemment.

Je rompis toutefois notre baiser pour arrêter la machine, car tous les grains de maïs avaient éclatés et il en profita pour me dire :

- Tu sais quoi? Cette semaine s’annonce vraiment intéressante. Pas de James, pas de parents… Personne. Personne pour venir au mauvais moment et tout gâcher. Aucun casse-pied.

- Tu oublies Nesta, lui fis-je remarquer en me retournant vers lui, un sourcil arqué.

- Elle n’est pas du tout comparable à James, à mon père ou encore moins à Mamie Weasley et mon oncle George.

Je rougis violemment au souvenir de son oncle George. Non seulement nous avait-il surpris lorsque l’on s’était finalement avoué nos sentiments l’un pour l’autre pendant les vacances de Noël passées, mais… il était encore tombé sur nous cet été pendant la réunion annuel des Weasley. On ne faisait rien de mal à proprement parlé… on s’embrassait dans la chambre que j’occupais avec Rose, Lily et quelques-unes de leurs cousines quand il était venu nous annoncer que les autres voulaient faire une partie de Quidditch, les anciens contre les jeunes. Il s’était, bien entendu, bien moqué de nous. Mais heureusement n’en avait pas soufflé un mot à Harry. Bon, en même temps le sourire très moqueur qu’il avait au visage en revenant avec nous deux n’avait échappé à personne. Ce qui nous avait valu un regard chargé d’amusement de la part de James, Rose, Scorpius et les autres.

- Tu as raison, concédai-je rapidement. Bon, maintenant, c’est l’heure du film.

Je me détournai d’Al pour saisir un bol à popcorn suffisamment grand pour nous deux et le rempli au complet. Quand il fit mine d’en prendre un, je lui tapai sur les doigts en grommelant :

- Pas avant qu’il ne commence!

Puis je m’éloignai, un sourire amusé aux lèvres vers les sièges du fond du côté droit. Al s’installa au fond complètement et je m’installai sur le bord. Ce n’était pas comme si j’avais d’autres possibilités, de toute manière. Sauf peut-être d’aller vers d’autres duos de sièges, mais… ce n’était pas vraiment l’intention.

Sous le regard à nouveau ahuri d’Al je me mis à régler les paramètres du film. Enfin, il n’y avait pas grand-chose à faire puisque nous le regardions en anglais, mais quand même. Une fois que ces petits réglages furent terminés, j’appuyai sur l’icône pour démarrer le film.

À peine la première image apparaissait-elle à l’écran, seulement l’écriture, qu’Al s’exclama :

- Par Merlin! Comment est-ce qu’ils ont fait ça? Et comment est-ce que ça, ça peut se retrouver sur ton truc rond et mince que tu as mis dans l’autre truc… Et comment ça se transfère? Ils utilisent un sortilège ou…

- Al… Si tu parles tout le temps, ça ne fonctionnera pas. Et je ne suis pas très informée sur comment toute la technologie fonctionne, je sais seulement comment la faire fonctionner, de manière basique.

- Mais… commença-t-il à protester.

- Écoute, on regarde le film en silence. Puis après, je réponds à toutes tes questions et si j’en suis incapable, je te ferai connaître la joie d’Internet.

- Inter... quoi?

- Internet. Maintenant, tais-toi, soupirai-je.

Il grommela entre ses dents, mais se tut tout de même. Pour le réconforter légèrement dans son mécontentement, je lui offris du popcorn en signe de paix. Il l’accepta volontiers avec un sourire et à peine mettait-il le premier dans sa bouche qu’il ouvrit des yeux ronds. Je le dévisageai et ne prêtai pratiquement pas attention au fait que l’on commençait à voir les premiers personnages.

- Hé, mais c’est bon ce truc! Lâcha-t-il finalement.

Sans me préoccuper du fait qu’il avait encore parlé, j’éclatai de rire. Je lui dis ensuite sur un ton très sérieux :

- Le popcorn, c’est la clé pour passer des moments parfaits à regarder des films.

Il fronça les sourcils, sauf que le chaos qui s’emparait soudain de l’écran le détourna rapidement de moi et il se mit à regarder ce qui se passait avec une expression d’horreur croissante au visage. Lorsqu’une femme se vit aspirer par un trou dans la paroi du vaisseau, il s’écria, scandalisé :

- Non, mais attends! Ils l’ont tué seulement pour faire un film?! Mais c’est quoi cette…

Je poussai un soupir entre l’amusement et le découragement avant de mettre le film en arrêt, ce qui bouleversa à nouveau Al, et je lui expliquai :

- Al, c’est de la fiction. La moitié du matériel que l’on voit à l’écran ne sont pas réels. Et personne n’est mort.

- Tu veux dire que… rien, rien de tout ça n’est vrai?

- C’est un scénario, affirmai-je. Certains décors sont la réalité, mais… Enfin, je te montrerai les vidéos de comment ils ont créé tout ça après le film, d’accord?

- J’y compte bien!

Je levai les yeux au ciel et alors que je m’apprêtais à remettre le tout en marche, il s’enquit :

- Tu es certaine qu’ils n’ont pas utilisé la magie? Jamais?

- Certaine et jamais, affirmai-je, ce qui sembla le troubler encore davantage, car il fronça les sourcils.

J’eus un sourire amusé en appuyant à nouveau sur le bouton pour continuer le film. Cela dit, ce fut le plus long et exaspérant visionnage de ce film que je n’avais jamais eu. Merlin! C’est qu’il s’en posait des questions! Enfin, au moins, en regardant les « special features » du film, il en comprit certaines par lui-même ce qui m’économisa beaucoup de salive. Nesta passa d’ailleurs à un moment où je m’évertuais à lui faire comprendre ce qu’étaient les effets spéciaux et à voir son sourire amusé elle trouvait cette situation fort intéressante et divertissante. Elle ne resta toutefois pas très longtemps, car elle s’assurait simplement que tout allait bien pour nous.

Après cette heure horrible d’explication, Al me convainquit de mettre le deuxième et qu’il ne poserait pas autant de questions, cette fois. Mais, cela ne prit pas cinq minutes qu’il en avait une nouvelle. J’eus l’envie certaine de me cacher la tête entre les mains, mais je lui répondis avec tout le calme que je pouvais en cet instant, c’est-à-dire aucun. Il ne s’en offusqua toutefois pas et contre toute attente, il n’en posa effectivement pas autant que pendant le premier.
Alors que les écritures de fin s’affichaient sur l’écran, Al me dit :

- Donc… Tu as appelé ton chien comme le personnage aux oreilles pointues qui a quelques difficultés avec les sentiments et les trucs humains en général?

- Ne juge pas Spock! M’exclamai-je.

- Je ne vois simplement pas le rapport avec ton chien… avoua-t-il. Sinon, le personnage est… intéressant. Mais tu es sûre que c’est du maquillage tout ça? Les oreilles ont l’air si…

- Al. Je t’assure que rien de tout ça n’était réel! Et… euh… c’est un peu à cause des oreilles.

- Ton seul lien entre ton chien et ce type c’est… les oreilles? S’étrangla-t-il et je compris qu’il se retenait pour ne pas éclater de rire.

Je le foudroyai du regard en croisant les bras. Non, mais! Il n’y comprenait rien à rien! Bon, d’accord, ce n’était pas le choix le plus judicieux de toute mon existence, je l’avoue. Mais j’avais seulement sept ans quand j’ai décidé d’appeler mon premier chien Spock. Et il avait des oreilles pointues comme le personnage, donc dans ma tête d’enfant c’était un lien facile, et logique. Je m’offusquai toutefois rapidement en lâchant brusquement :

- J’avais sept ans, Al!

Sauf que la seconde suivante on éclatait tous les deux de rire. Je suppose que c’était en partie la fatigue qui se faisait sentir, car on se tenait tous les deux le ventre deux minutes plus tard en riant toujours autant. Je finis toutefois par devoir me calmer, car je commençais à avoir peine à respirer, Al devait être dans la même situation, puisqu’il s’interrompit aussi. Nos épaules tressautaient par contre encore tandis qu’on cherchait à retrouver notre souffle.

- On met l’autre? S’enquit-il avec de l’espoir dans la voix et une fois qu’il eut retrouvé un rythme respiratoire à peu près normal.

- Pourquoi pas, on peut bien se permettre une nuit blanche, pas vrai? Dis-je avec enthousiasme.

Il hocha de la tête et se pencha vers moi avant que je ne me lève pour changer le disque. Je l’embrassai rapidement et me dépêchai à descendre et changer les disques. J’adorais faire des marathons de films! Enfin, même si pour le coup il avait été autant oral que visuel. Cela dit, c’était quand même dix fois mieux de le faire avec Al que toute seule, si on exceptait les désavantages des questions évidemment.

Dès que le disque fut insérer, je revins rapidement m’asseoir et alors que je commençais à régler les paramètres du film, j’eus une idée merveilleuse. Je déposai donc la télécommande sur l’accoudoir de mon siège et me tournai vers Al pour lui dire, un sourire au coin des lèvres :

- Que dirais-tu que l’on aille se mettre en pyjama et qu’on s’installe sur le lit en arrière? On serait plus confortable après c’est presque cinq heures assis ici…

Une étincelle éclaira immédiatement son regard et il affirma :

- Ça me semble une excellente idée!

On se leva d’un même mouvement et c’est à nouveau en faisant la course que l’on se rendit à ma chambre. En faisant sans doute un peu trop de bruit que nécessaire, car Nesta grommela, à moitié endormie :

- Hé, les jeunes! Vous pourriez par respecter les horaires de nuit? J’essaie de dormir!

- Désolée! M’excusai-je rapidement en retenant un fou rire lorsqu’elle se contenta de grommeler autre chose trop bas pour que je puisse savoir ce que c’était.

Al et moi on pouffa en silence avant de sortir nos pyjamas respectifs. Il se rendit ensuite à la salle de bain pour se changer tandis que je restais dans ma chambre. Je retirai rapidement mon t-shirt et mon soutien-gorge ainsi que mes jeans courts pour enfiler un chandail large noir à manche courte et des pantalons qui m’arrêtaient en haut de la mi-cuisse, mais sans être vulgaire, tout aussi noir.

J’étais en train de réfléchir à si je devais mettre les pantalons longs que je mettais habituellement par-dessus pour me promener dans la maison lorsqu’Al fit son entrée. En ouvrant la porte. Sans frapper. Je me retournai brusquement vers lui et lui lançai la première chose qui me tomba sous la main, à savoir mon t-shirt de la journée, en m’écriant à voix basse :
- Non, mais tu es idiot, ou quoi?! J’aurais pu être encore en train de me changer.

Il rougit violemment, mais affirma l’instant suivant avec un sourire légèrement moqueur :

- Et puis, je n’aurais rien regretté, tu sais… Toi?

Je lui envoyai rapidement mon oreiller par la tête devant son insinuation en rougissant à mon tour. Sauf que pour être tout à fait honnête… ça ne m’aurait pas gêné non plus. J’avais quand même passé tout l’été à partager son lit. Et malgré que les premières nuits je m’étais sentie mal à l’aise d’être avec lui sans soutien-gorge, je m’y étais rapidement habituée.

- On ne le saura jamais, finis-je par lui susurrer sur un ton de velours.

Il afficha immédiatement un air choqué avant de jeter un œil à mes jambes pratiquement nues. Voyant sans doute que je tenais toujours mes pantalons longs dans la main gauche, il trancha mon dilemme en disant :

- Oublie-les.

J’haussai un sourcil interrogateur et il me lança en échange son regard le plus innocent en suppliant :

- S’il-te-plaît!

Je levai les yeux au ciel, mais reposai mes pantalons longs sur mon lit. Après quoi j’attrapai l’une de mes couvertures chaudes et douces avant de sortir de ma chambre en lâchant :

- Ne traînes pas, tu me dois toujours des chocogrenouilles et je pourrais bien t’en demander davantage!

Il me suivit sans tarder et on se remit à courir jusqu’au sous-sol, en entendant quelqu’un grommeler bruyamment quelque chose comme « Ah, ces ados vont avoir ma peau ». Chose qui me donna plus envie de sourire que de vouloir me calmer.
Une fois arrivée dans la salle du cinéma maison, on s’installa rapidement sur le lit, je fis démarrer le film avant de déposer la télécommande par terre à côté du lit et je me blottis rapidement contre Al sous la couverture qu’il venait d’étendre sur nous deux. Je posai ensuite ma tête sur son épaule nue au moment où le Capitaine James Tiberius Kirk tentait de conclure une entente entre deux peuples récemment découverts. Chose qui s’avéra bien plus compliqué que prévue. Al marmonna :

- Et ça, c’est aussi fait par les… ordinateurs? Ces espèces de petites bestioles?

- Oui, Al, dis-je en souriant.

Il fronça à nouveau les sourcils, mais le reste du film se déroula dans un silence plutôt complet de notre part à tous les deux. Quand il se termina, Al et moi on poussa un bâillement sonore et je l’informai :

- Il en reste un quatrième, mais…

- Il va attendre à demain, affirma-t-il en bâillant à nouveau. Et je veux que tu me montre le film dans lequel mon frère a pris les répliques pour le discours du match de Quidditch.

- Pas de problème, il nous reste encore six jours pour faire ça…

Je m’apprêtais à me lever pour m’étirer et ramasser un peu les choses qui traînaient lorsqu’Al me retint par le bras. Il me ramena vers lui avec un sourire aux lèvres et m’embrassa doucement du bout des lèvres. Comme je n’avais plus vraiment de volonté (et que même si j’en avais vraiment eu je n’aurais rien fait) je le laissai faire et répondis tranquillement à son baiser. Par contre je l’interrompis quelques secondes plus tard pour lui dire :

- Je ferais mieux de ranger ça. Puis après on monte et on se couche.

Il hocha de la tête avec une grimace quand je fis mention du ménage, mais comme il était assez sympathique pour cela, il m’aida à ramasser ce qu’on avait laissé traîner, à sa savoir nos bouteilles et le bol de popcorn. D’ailleurs, s’il ne l’avait pas fait, j’aurais trouvé le moyen pour le forcer à le faire.

Dès que ce petit rangement fut fait, j’éteignis tous les appareils électroniques ouverts dans la pièce et on put remonter à ma chambre. À peine est-ce que je fermais la lumière et la porte, que je rouvris par la suite en me souvenant de la consigne de Nesta, Al était déjà étendu sur le dos dans mon lit. Je le rejoignis sans tarder et tout en me glissant sous les couvertures je me blottis à nouveau contre lui avant de souffler contre son épaule :

- Je n’ai pas envie de dormir, Al.

- Je sais, soupira-t-il avec cette même intonation inquiète que toutes les fois précédentes.

- Je n’ai pas envie de…

- Je sais, me coupa-t-il en me serrant contre lui.

Je retins un frisson en enfouissant mon visage dans son épaule. Nous avions cette même conversation depuis deux mois. Chaque soir, je revivais le chaos de cette fameuse nuit contre Berkeley, je revoyais encore son corps chaud et poisseux de sang. Les bois de James bien enfoncés dans son ventre… le bruit de succion lorsque j’avais libéré le frère d’Al… Je me retins pour ne pas secouer la tête en y repensant.

Mais il n’y avait pas que ça. Et malgré l’atrocité de ces images, je ne regrettais pas du tout la manière dont avait rendu l’âme Berkeley, même si pour ma part j’aurais préféré le tuer de ma main. Cela dit, il était du passé maintenant. Il ne pouvait plus me faire de mal. Sauf que depuis cette nuit-là, je faisais sans cesse les mêmes visions-dormantes. Je voyais la Répartition de première année, notre Répartition. Mais Al était envoyé chez Serpentard. Et je n’y étais pas. Je ne comprenais rien à tout ça et ça me faisait peur. Et s’il nous arrivait quelque chose? Si je venais à mourir ou pire… disparaître tout simplement? Et si je finissais seule? Sans plus personne… Un frisson me parcourut le dos et Al me serra encore un peu plus fort contre lui.

- Alli, on ne peut pas être totalement certains qu’il s’agit de vision, non?

- Al, tu les as vu aussi, alors ce n’est pas seulement le fruit de mon imagination.

Il poussa un soupir et n’ajouta rien. J’avais l’impression que l’on revenait toujours aux mêmes arguments et qu’on pataugeait dans quelque chose de trop grand pour nous. J’avais hésité à en parler à Rose et Scorpius, mais ni Al ni moi ne voulions les inquiéter, alors on gardait le silence. Et on faisait toujours comme si nous passions de fabuleuses nuits récupératrices.

- Ça sera peut-être différent, cette nuit… proposa-t-il.

Si je me fiais à son ton, il n’y croyait pas vraiment. Ce qui était compréhensible, car ça faisait un mois qu’il disait cette phrase sans que rien ne change. Je poussai un soupir et marmonnai :

- Je n’en ai pas l’impression.

Un nouveau soupir s’échappa de ses lèvres, mais il me surprit en soufflant immédiatement après à mon oreille :

- Alors on n’a qu’à ne pas dormir cette nuit. Une petite pause…

Je m’apprêtais à lui demander ce qu’il pouvait bien avoir par la tête lorsque je sentis son souffle dans mes cheveux. Je me redressai légèrement la tête pour essayer de le dévisager dans le noir, mais il en profita pour s’emparer de mes lèvres. J’oubliai instantanément la fatigue que j’avais ressentie un peu plus tôt en sentant le désir qu’il avait, rien qu’à la pression qu’il exerçait avec ses lèvres sur les miennes. J’échappai un petit soupir lorsqu’il me renversa sur le dos.

N.A: Le passage Alli/Al est surtout dans le début de la prochaine publication.
Dernière modification par Mimie99 le mar. 21 août, 2018 4:52 pm, modifié 2 fois.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Je sentis un sourire poindre sur ses lèvres tandis qu’il continuait à m’embrasser, mais plus doucement cette fois. Puis il se mit à descendre le long de ma mâchoire jusqu’à mon cou, provoquant une suite de frisson plutôt agréable le long de ma colonne vertébrale. Ses mains qui s’étaient auparavant posées de chaque côté de ma tête glissèrent lentement jusqu’à mes hanches pendant que sa bouche descendait à la mince parcelle de peau que découvrait le col rond de mon t-shirt de pyjama.

Il commençait lentement à remonter les mains le long de ma taille, de mes côtes lorsqu’il ramena sa bouche à mes oreilles et me souffla, incertain :

- Dis-moi… Tu n’es pas contre?

- Contre l’idée de ne pas dormir? Ou contre le fait d’aller à l’étape suivante de notre relation? Lui demandai-je avec un ton moqueur, mais en chuchotant.

- Les deux, je suppose, dit-il et malgré que les ténèbres règnent dans ma chambre, je jurerais qu’il venait de rougir.

- Saches donc que je ne suis pas vraiment le genre de fille à vouloir attendre à après le mariage, Al. Même si je ne précipiterais pas les choses non plus… Cela dit, je ne suis vraiment pas contre le fait de passer à la prochaine étape et qu’on… couche ensemble. Enfin, de manière plus intime.

J’étais presque certaine qu’il venait de rougir à nouveau si je me fiais au fait qu’il semblait avoir légèrement sursauté en m’entendant le dire de manière plus explicite. J’ajoutai donc pour à la fois le prévenir et le rendre un peu plus mal à l’aise :

- Toutefois, je tiens à te prévenir de deux choses. Je ne sais pas s’il est judicieux d’aller au bout des choses ici avec Nesta à côté… et la porte ouverte. Ensuite, tu te protège. J’ignore totalement comment ça marche exactement pour les sorciers, mais de mon côté moldu, c’est avec des condoms. Tu sais ce que c’est? Si ce n’est pas le cas, rassure-toi, j’en ai et je te dirai ce que c’est exactement. Personnellement, je n’ai pas plus qu’envie que ça d’avoir un enfant à mon âge. Je suis déjà bien trop irresponsable pour pouvoir m’occuper d’un enfant. Et…

- Tu sais que tu es incroyable? Me coupa-t-il sur un ton à la fois amusé, mais exaspéré et légèrement dur.

- Dans le bon ou le mauvais sens?

- Les deux, répondit-il. Et pour ta gouverne… je sais ce qu’est un condom. Mon père ne m’a peut-être pas appris ce qu’est un film, un lecteur DVD et tous ces autres trucs moldus, mais il a pris soin de m’apprendre ce que c’était. Et je n’ai pas plus l’intention de… d’avoir des enfants maintenant. Et donc de te mettre enceinte.

- Bon, alors parfait! Dis-je en souriant même s’il ne pouvait pas le voir et en rougissant quelque peu aussi.

C’était une conversation beaucoup trop bizarre que nous venions d’avoir, même si, en fait, elle était normale et tout à fait nécessaire avant de faire quoi que ce soit. Al devait être du même avis, car pendant une bonne seconde, ses mains ne bougèrent plus du tout d’où elles étaient, en bref au niveau du nombril. Tout ce que l’on pouvait entendre, c’était le bruit légèrement accéléré de nos respirations et les bruits nocturnes habituels d’une maison la nuit.

Comme il ne se décidait pas à reprendre les devants, je décidai de le faire pour lui. Je me redressai donc légèrement pour rapprocher mon visage du sien et commençai à l’embrasser doucement, sans pression. Ses mains se resserrèrent instinctivement sur ma peau tandis qu’il répondait à mon baiser. Je me mis donc à descendre à mon tour et goûtai à la peau de son cou, de son torse… de son abdomen. À ce moment-là, je n’eus pas le loisir de poursuivre mon exploration, car Al reprit le contrôle et continua à relever mon t-shirt. Jusqu’au moment où il se retrouva sur l’oreiller.

Je mentirais si je disais que je ne me sentais pas nerveuse à sentir ma peau nue de tout le haut de mon corps sous les couvertures en même temps qu’Al y était. Toutefois, je me sentais bien aussi. Sans doute étais-je aidée en cela par le fait qu’il avait recommencé à m’embrasser le cou et descendait le long de ma clavicule. Je lâchai un petit râle alors qu’il continuait à descendre un peu plus bas… en même temps que ces mains se rapprochaient du même but.

Au moment où Al s’apprêtait à frôler une certaine partie de mon anatomie qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de voir, j’entendis le bruit caractéristique de mon chien qui courrait en direction de ma chambre. Et avant que l’on ait pu changer nos positions, Spocky junior venait de bondir sur le lit et poussa un jappement sonore. Suivit rapidement d’un grommellement indigné de la part de Nesta, puis du bruit de quelqu’un qui se lève.

Je réagis au quart de tour et attrapai d’un mouvement vif mon t-shirt que j’enfilai tout aussi rapidement. Au moment où Nesta apparut dans le cadre de ma porte éclairée par une boule de lumière au bout de sa baguette, Al et moi avions retrouvé une position normale pour dormir, avec en surplus Spock sur l’oreiller.

- Je peux savoir ce qu’il se passe? Grommela-t-elle en arquant un sourcil.

Je dus faire preuve de beaucoup de volonté (et de violence envers moi-même) pour ne pas éclater de rire, ou faire des commentaires, devant les cheveux totalement emmêlés et ébouriffés de Nesta. Je me mordis un instant les lèvres avant de répondre :

- C’est Spock.

- Ça, j’avais compris. Mais pourquoi est-ce qu’il a jappé?

- Il… Il fait ça parfois, répondis-je, légèrement honteuse. Il dort, puis il rêve et son rêve doit être particulièrement fort, parce que parfois il gémit dans ces moments-là. Enfin, une fois sur deux il se réveille en poussant un jappement.

Elle me jeta un regard en haussant un sourcil interrogateur et lâcha :

- Vraiment?

- Oui. Tu demanderas à Rose quand elle viendra, ça l’énerve assez souvent pour qu’elle s’en souvienne. Tu sais, Rose est une grande dormeuse pendant les congés.

- C’est bon, je te crois, Allison, soupira Nesta en se massant le front. À demain matin, ajouta-t-elle en faisant demi-tour.

Je suivis à l’oreille les bruits de pas de Nesta jusqu’à sa chambre d’amis, puis le son du matelas qui se ploie sous le poids d’un corps. C’est seulement cinq minutes plus tard, alors que nous étions à peu près sûr qu’elle ne reviendrait pas qu’Al lâcha :

- Tu sais, je vais en venir à croire que Spock c’est exactement ce qui se passe et que ça ne lui plaît pas.

Je lâchai un petit rire et ajoutai :

- Moi aussi. C’est fou comment il tombe toujours au mauvais moment.

- Pour le coup, je crois qu’on ferait mieux de dormir, finalement, poursuivit-il. Ou essayer, en tout cas. Est-ce qu’il dort là, d’habitude? Demanda-t-il en faisant référence à Spock qui dormait sur mon oreiller en poussant de petit sifflement.

- Oui. Et je suis d’accord, dormons.

Je reposai ma tête sur l’oreiller tout en restant plutôt près d’Al, malgré que l’on se soit mis dos à dos. Je fermais tout juste les yeux lorsqu’il marmonna à nouveau :

- Non, mais quand même… ton chien à un sens du timing pourri!

J’eus un sourire silencieux et m’endormis dans les secondes suivantes, le sourire toujours aux lèvres.

Je ne fis aucun rêve cette nuit-là et aucune vision non plus. On passa la journée à regarder des films, car apparemment la pluie avait décidé de pointer le bout de son nez. Par contre, on discuta aussi à certains moments de nos lettres du Ministère que nous avions reçu. C’était nos résultats à nos BUSEs, mais on s’était promis, Al, Scorp, Rose et moi de ne pas les ouvrir avant d’être tous ensembles, alors… on devait attendre. Mais c’était une véritable torture. Pour éviter de laisser Nesta s’ennuyer toute seule dans son coin on l’invita à regarder quelques films avec nous.

Le reste de la semaine se déroula plutôt rapidement et malgré que les premiers jours avec seulement Albus furent exaltants, on avait tous les deux hâte que nos meilleurs amis viennent nous retrouver. On formait un quatuor, après tout. Alors rester séparé trop longtemps, on n’aimait pas ça. Même si nos Cartes des Marcheurs d’Ombres nous permettaient de garder contact peu importe où nous nous trouvions. Sauf que ce n’était pas du tout la même chose.

La journée de leur arrivée je m’installai rapidement dans le salon pour les attendre, Al à mes côtés. Et Spock aussi, car je lui avais annoncé que Rose amenait Nuage avec elle, alors au nom de son meilleur ami il était devenu complètement fou de joie et incontrôlable. Raison pour laquelle il ne cessait de courir du salon à l’entrée comme un dingue. Depuis ce moment-là. Et ça remontait déjà à… vingt minutes.

- Tu crois qu’ils vont venir en voiture ou en transplanant avec leurs parents?

- Je crois que Rose va venir en voiture avec tante Hermione et oncle Ron. Pour Scorp, je paris pour le transplanage. Je n’ai pas l’impression que son père a pris la peine d’apprendre à conduire une voiture…

- Tu as sans doute raison, mais je crois que… commençai-je à répondre, mais je m’interrompis brusquement en entendant une sorte de claquement provenir de derrière la maison.

Al et moi on bondit d’un même mouvement sur nos pieds avant de se ruer vers l’arrière de la maison. Spock nous suivit en se mettant à japper comme un fou et je dus me retenir pour ne pas éclater de rire lorsqu’il passa à deux doigts de foncer de plein fouet dans la porte en voyant Scorp de l’autre côté. Je précise qu’il s’agit d’une porte-vitrée. J’ouvris rapidement cette dernière et me ruai vers mon ami, qui n’avait qu’à peine déposé sa valise que je le prenais dans mes bras et le serrais contre moi à lui en briser les os.

- Hé, Oh! Du calme, Alli! Ça fait seulement un mois qu’on ne s’est pas vu! S’exclama-t-il en tentant d’échapper à ma prise.

- Seulement un mois? De ce que j’ai pu voir, tu te plaignais déjà de l’absence de Rose après une semaine! Rétorquai-je en le foudroyant du regard.

- Ce n’est pas du tout… Attends une seconde… Comment est-ce que tu peux être au courant! Al m’a juré que tu dormais! Protesta mon ami en jetant un regard furieux à Albus qui me dévisageait, déboussolé.

- Vous saurez tous les deux que j’ai perfectionné l’art de faire semblant de dormir! Et donc… j’ai suivi en cachette votre petite discussion sur la Carte.

- Rose n’est pas… commença Scorp, mais il fut coupé par quelqu’un d’autre.

- Rose n’est pas quoi? s’enquit l’intéressée en arrivant dans notre dos.

Spock se remit instantanément à japper et dès qu’il aperçut Nuage, qui se trouvait dans les bras de Rose, il courut vers elle. Ma meilleure amie eut la présence d’esprit de déposer son chat au sol, car ce dernier commençait aussi à s’agiter. Ce fut ensuite la retrouvaille des deux meilleurs amis. Je me retournai à ce moment vers Scorpius et constatai rapidement la rougeur sur ses joues.

- Alors, je ne suis pas quoi? réitéra Rose avec un sourire narquois.

- Que Scorp ne peut pas vivre sans toi, lui glissai-je avec un sourire.

Elle m’adressa un sourire amusé et complice, car je lui avais déjà fait part de tout ça par ma lettre il y a un moment. Avec Ember. Cette dernière semblait d’ailleurs approuvé toutes mes lettres et répondait toujours présente à ce moment-là. Sans doute trouvait-elle qu’elle ne travaillait pas suffisamment et qu’elle s’ennuyait.

Je m’approchai d’elle rapidement et elle en fit de même, c’est à peine si je prenais conscience de tous les adultes autour (soit Drago et sa femme ainsi que Ron et Hermione) en m’exclamant :

- Tu m’as tellement manqué!

- Toi aussi! Répliqua Rose et elle me serra aussi fort que je le faisais avec elle.

Je captai finalement les regards légèrement ahuris de tous les parents présents et je dus me mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire. D’autant plus que Ron et Drago ne semblaient pas vraiment très à l’aise en la compagnie l’un de l’autre, plus que lorsqu’ils avaient appris que Rose et Scorp étaient ensembles, toutefois. Je m’emparai rapidement des bagages de mes meilleurs amis en lançant :

- Je vais vous débarrasser de tout ça… Vous voulez venir à l’intérieur?

Je demandais surtout pour les parents qui ne semblaient pas trop quoi faire. Ma marraine m’adressa un sourire qui semblait vouloir dire oui quant à Ron, il dansait d’un pied sur l’autre, indécis. Je me tournai vers Drago et… quel était le nom de la mère de Scorp, déjà? Astoria. Voilà. Tous deux semblaient hésitants, malgré que je sentais un peu de curiosité chez la mère de mon meilleur ami.

- On peut venir un petit moment, accepta finalement Drago et j’aperçus le sourire réjoui de Scorp.

Je me doutais bien de ce qu’il devait ressentir. Jusqu’ici son père n’avait jamais fait le déplacement jusqu’à la maison et il n’était pas au courant de tout ce que son père m’avait dit au début de l’été, lorsque nous étions tous à l’hôpital pour veiller Rose. Et Malia et Teena, évidemment. Donc il ne savait pas que son père acceptait pleinement notre amitié à tous les quatre.

Albus me prit une valise des mains me permettant ainsi de rouvrir la porte et je la leur tins ouverte le temps qu’ils entrent tous. Je les conduisis ainsi à la cuisine où se trouvait Nesta et elle les accueillit gentiment. Je leur dis :

- Je vais porter tout ça en haut… et je reviens.

Ils m’offrirent un sourire qui pour certains étaient hésitants, pour d’autres chaleureux et encore pour d’autres amusés. Je sortis donc rapidement de la pièce, Al et mes meilleurs amis sur les talons.

Une fois en haut, je demandai avec un sourire amusé :

- Chambre individuelle ou à deux?

- N’importe laquelle me… commença Rose avant de s’interrompre.

- Attends, à deux?! S’écria Scorp avec des yeux exorbités.

Al et moi on échangea un regard profondément amusé avant qu’Albus n’affirme :

- Oui, à deux, Scorp. Alli et moi…

- On dort ensemble depuis toute la semaine dernière, ajoutai-je.

- La porte ouverte, compléta-t-il avec un sourire très moqueur.

- Vous… vous dormiez ensembles? S’interloqua Rose.

- En fait, on a dormi ensemble tout l’été, précisai-je.

- Tu… quoi? s’indigna ma meilleure amie ce qui me fit froncer les sourcils. Et tu ne m’as rien dit?! S’offusqua-t-elle.

- Je ne voulais pas que certaines personnes le saches, m’expliquai-je, contrite.

- Nous ne voulions pas que certaines personnes le saches, précisa Al.

Rose et Scorp affichèrent immédiatement un regard compréhensif, alors je me permis de changer de sujet :

- Donc? Individuelle ou à deux?

Les deux tourtereaux se jetèrent un regard et je compris soudain qu’en fait, Al et moi n’étions pas les seuls à avoir une certaine habitude de se retrouver la nuit. Je ne fus donc nullement surprise lorsque Rose affirma :

- À deux. Et je suppose que nous devons aussi laisser la porte ouverte?

Je hochai de la tête et les conduisis dans la chambre d’ami que j’avais prévu pour eux deux. Après quoi, en redescendant je soufflai à l’oreille de ma sœur de tout sauf par le sang :

- Et c’est moi qui suis cachottière?!

- Ne commence pas. On en parlera… plus tard, me souffla-t-elle à son tour.

Al et Scorp semblaient eux aussi dans une conversation silencieuse de leur côté. Ça faisait tellement du bien d’être de nouveaux tous les quatre, j’avais l’impression d’être à nouveau totalement entière. C’est donc avec un sourire étalé au visage que je rejoins la cuisine. Et on entra juste à temps pour entendre Ron dire :

- Et vous allez les surveiller, n’est-ce pas? Correctement?

- Oui, Weasley! Je ne vais rien laisser se produire sous ce toit! Grommela Nesta en croisant les bras.

Al et moi, nous réussîmes par je ne sais quel miracle à ne pas rougir et encore moins à s’étouffer, ce qui, dans mon cas, avait passé à deux doigts de se produire. Car personnellement, sans l'intervention désastreuse de Spock, j’ai bien l’impression que tout aurait été bien plus… sérieux. Rose et Scorp rougirent d’un coup. Jusqu’aux oreilles dans le cas de ma meilleure amie. Il était assez clair que ce que demandait le père de cette dernière la concernait elle et Scorp. Je me retins pour ne pas rire et demandai d’une voix innocente :

- Surveiller qui?

- Le chien et le chat, répondit spontanément Nesta en m’adressant un clin d’œil discret. Le père de ton amie semble craindre qu’ils ne s’attaquent où je ne sais trop et il n’est pas intéressé dans l’idée de devoir avoir un nouveau chat chez lui.

Ron semblait très embarrassé, mais il hocha de la tête pour confirmer les dires de Nesta, ce qui lui attira un regard furieux de la part de sa fille et l’air découragé de ma marraine. Quant à Drago, il semblait à la fois honteux et tout aussi découragé qu’Hermione, Astoria de son côté semblait trouvé la situation à la fois amusante et décourageante.

- Je suis vraiment navré, Allison, mais je crois que nous allons devoir y aller pour notre part, dit Drago d’un ton qui me semblait assez soulagé et désolé à la fois.

- Vous venez tout juste d’entrer, fis-je remarquer en fronçant légèrement les sourcils.

- Nous avons un rendez-vous urgent, s’excusa poliment Astoria et elle me semblait sincèrement désolée. Mais tu as une très charmante… cuisine, ajouta-t-elle.

Je la remerciai d’un sourire et l’instant suivant Ron lança :

- On va devoir y aller aussi, Allison.

Je lui jetai un regard soupçonneux, mais comme son visage affichait une profonde sincérité je me contentai de croiser les bras. Par Merlin, pourquoi est-ce qu’il s’en allait tous? Ils avaient peur de quatre ados et une Aurore ou quoi? À moins que ce soit dû au fait que j’aie laissé sous-entendre que j’avais entendu l’intégralité de la conversation alors que c’était faux? Mais de quoi d’autres avaient-ils bien pu parler, exceptés l’interdiction de nous laisser devenir trop intimes avec nos partenaires respectifs?

Je décidai de ne pas créer de scandale pour cette fois, permettant ainsi à Rose et Scorpius de saluer leurs parents calmement. Toutefois, dès qu’ils eurent tous disparu du terrain de la maison, on se rassembla tous les quatre dans ma chambre et Rose et moi on s’exclama en même temps, tandis que du côté de Scorp et Al ils laissaient retomber leur tête entre leurs mains :

- Maintenant les résultats des BUSEs!

- C’est vraiment nécessaire? Se lamenta Al.

- On pourrait très bien avoir échoué et je n’ai pas du tout envie d’avoir ça sur la conscience maintenant, ajouta Scorp.

- Tu veux rire? Rétorquai-je. Après Rose et moi, c’est vous deux qui avez les meilleures notes de la classe. Enfin, dans toutes celles que nous avons en commun.

Il m’adressa une grimace, mais consentit à aller chercher sa lettre dans sa valise, rapidement suivit par Rose. Pendant qu’ils allaient chercher les leur, Al et moi on sortit les nôtres.

- J’espère vraiment que tout s’est bien passé, car on a commencé assez tard à étudier, marmonna Al.

- Je suis sûre que tout s’est bien passé, affirmai-je malgré la sueur froide qui s’empara de mon dos.

Nos deux meilleurs amis ne tardèrent pas à revenir et on démarra un décompte au bout duquel on devait tous ouvrir nos lettres en même temps. Lorsque l’on prononça le « go », le bruit de papier déchiré remplit le silence angoissant qui régnait la seconde auparavant et bientôt nous fîmes tous les quatre glisser le parchemin épais contenant nos résultats scolaires. Merlin, Merlin, Merlin… grommelai-je intérieurement alors que je dépliais le tout avec fébrilité. Je me mis ensuite à lire rapidement ce qu’il y avait d’écrit en même temps que mes trois amis faisaient de même de leur côté (et à voix basse dans le cas de Rose) :

BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ÉLÉMENTAIRE


Le candidat est admis s’il obtient l’une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)


Le candidat est recalé s’il obtient l’une des notes suivantes :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)


ALLISON ATHENA LÉVESQUE A OBTENU :


Astronomie :
O

Soins aux créatures magiques :
O

Sortilèges :
O

Défense contre les forces du Mal :
O

Divination :
E

Botanique :
O

Histoire de la Magie :
O

Potions :
O

Métamorphose :
O


Je ressentis un soulagement palpable en arrivant à la fin du parchemin, j’avais tout réussit à la perfection! Enfin, presque tout. Mais dans le cours de Divination, j’étais presque certaine qu’il était impossible d’obtenir un Optimal. Par contre, j’aurais sans doute dû prendre plus de matières optionnelles. Après tout, ça paraissait toujours bien d’avoir plus de BUSEs que ce que l’on recommandait à la base. Je soupçonnais Rose de se faire une réflexion similaire, car elle je la voyais se mordre les lèvres du coin de l’œil.

- Alors, vos résultats? M’enquis-je en relevant les yeux de mon parchemin.

Quand ils en firent eux-mêmes, je pus constater le soulagement palpable dans chacun de leur regard. Scorpius eut même un petit sourire et me tendit son parchemin avant de lancer sur un ton de défi :

- Regarde par toi-même!

Je ne répondis rien, mais lui tendis le mien en saisissant le sien. Du coin de l’œil j’aperçus Rose et Albus en faire autant, alors je me mis sans gêne à lire le parchemin de mon meilleur ami.

BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ÉLÉMENTAIRE


Le candidat est admis s’il obtient l’une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)


Le candidat est recalé s’il obtient l’une des notes suivantes :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)


SCORPIUS HYPERION MALEFOY A OBTENU :


Astronomie :
E

Arithmancie :
O

Sortilèges :
O

Défense contre les forces du Mal :
O

Études des Moldus :
O

Botanique :
O

Histoire de la Magie :
E

Potions :
O

Métamorphose :
O


J’échangeai un regard éloquent avec mon meilleur ami et il me renvoya une grimace. Ils avaient le culot de dire que nous étions les plus intelligentes alors qu’eux-mêmes avaient de tout aussi bons résultats? D’accord, oui, je n’avais pas encore vu ceux d’Albus, mais quand même. Scorp et lui étaient du même niveau, alors, je ne me faisais pas de soucis. Je me retins pour ne pas lever les yeux au ciel, tandis qu’Al me passait les résultats de Rose.

J’étais encore plus curieuse de voir les résultats de ma meilleure amie pour voir si nous avions des résultats similaires ou non. Enfin, cela dit, je mettrais volontiers ma main au feu qu’elle avait obtenu que des Optimal, car si la seule raison pour laquelle j’avais un Effort Exceptionnel qui gâchait le tableau était dû à la Divination, elle avait forcément un résultat extrêmement satisfaisant. Je lus donc avec une avidité vorace :

BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ÉLÉMENTAIRE


Le candidat est admis s’il obtient l’une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)


Le candidat est recalé s’il obtient l’une des notes suivantes :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)


ROSE WEASLEY A OBTENU :


Astronomie :
O

Arithmancie :
O

Sortilèges :
O

Défense contre les forces du Mal :
O
Études des Runes :
O

Botanique :
O

Histoire de la Magie :
O

Potions :
O

Métamorphose :
O


Je le savais! En même temps, Rose ne pouvait décemment pas avoir raté ses examens, c’était aussi inenvisageable que de voir un jour le soleil se coucher d’ouest en est. Toutefois, je partageais toujours les mêmes craintes que ma meilleure amie concernant nos résultats, car si nous ne pensions pas réellement être en mesure d’échouer complètement, on craignait toujours d’obtenir une note médiocre qui ne reflétait pas nos capacités. Par exemple, une note Acceptable était inacceptable pour nous. On tenait toujours à se tenir au plus haut niveau possible, car l’échec était… eh bien… inacceptable, quoi.

Je lançai un sourire enthousiaste à ma meilleure amie et elle en fit de même avec moi, car elle savait aussi bien que moi l’impossibilité d’avoir un Optimal en Divination. J’échangeai alors à nouveau avec Scorp nos parchemins et cette fois j’arrivai avec les derniers résultats, ceux d’Albus. Je lui jetai un regard en coin avant de regarder sur le parchemin :

BREVET UNIVERSEL DE SORCELLERIE ÉLÉMENTAIRE


Le candidat est admis s’il obtient l’une des notes suivantes :
Optimal (O)
Effort Exceptionnel (E)
Acceptable (A)
Le candidat est recalé s’il obtient l’une des notes suivantes :
Piètre (P)
Désolant (D)
Troll (T)


ALBUS SEVERUS POTTER A OBTENU :


Astronomie :
E

Soins aux créatures magiques :
O

Sortilèges :
O

Défense contre les forces du Mal :
O

Divination :
A

Botanique :
O

Histoire de la Magie :
E

Potions :
O

Métamorphose :
O


Un sourire plein de fierté étira mes lèvres en voyant qu’il avait obtenu la note de passage pour Divination. Ce qui faisait en sorte que nous avions tous toutes nos BUSEs pour chacun de nos cours. Évidemment, je me doutais très bien qu’il n’aurait que passablement envie de poursuivre en Divination. Moi-même je n’étais pas certaine de si j’en avais très envie. Évidemment, je ne tenais pas à froisser le professeur Trelawney, mais j’avais l’impression d’avoir appris tout ce que j’avais à apprendre sur la matière.

Je n’étais pas particulièrement surprise du fait qu’Albus ait obtenu, tout comme Scorpius, seulement un Effort Exceptionnel en Histoire de la Magie, car s’il y avait bien une matière qu’ils exécraient tous les deux, c’était celle-là. Rose ne tarda pas à me sortir de mes pensées en s’exclamant :

- Vous disiez quoi, déjà? Que vous pourriez avoir échoués? ÉCHOUÉS? Par Merlin, vous êtes aussi forts que nous, c’est quand que vous allez vous en rendre compte!

- Primo, on ne l’est pas du tout, aussi fort que vous deux, protesta Scorpius.

- Deuzio, c’est en grande partie grâce à vos notes. Par exemple, je n’aurais jamais passé Divination si ça n’avait été d’Alli, poursuivit Al en croisant les bras.

- Tertio, vous pouvez bien parler toutes les deux! Vous n’avez eu que des Optimal! Conclut Scorp en croisant les bras à son tour et en redressant le menton en signe de défi.

- Je te signale que j’ai un Effort Exceptionnel dans mes résultats, le repris-je en croisant les bras à mon tour.

- Tu sais très bien ce que l’on veut dire! S’exclama Al en levant les yeux au ciel.

Rose et moi on poussa un soupir avant de se jeter un regard. La mine toujours légèrement énervée, je ramassai tous les parchemins avant d’aller les déposer sur mon bureau que j’avais pris la peine de ranger la veille. Ensuite, je jetai un nouveau coup d’œil à Rose et mimai avec mes lèvres « maintenant ».

On s’empara toutes les deux à ce moment d’un oreiller sur mon lit et on asséna un coup sur la tête des deux concernés en grondant :

- Arrêtez de vous donner des excuses!

Les deux gars portèrent leur bras au-dessus de leur tête pour se protéger, mais la seconde suivante ils se chargèrent d’un coussin chacun et commencèrent à contre attaquer. On se mit ainsi à courir tous en rond dans ma chambre en se jetant des oreillers et des coussins à la figure (et même quelques peluches). Avec chance, Spock et Nuage n’étaient pas dans la pièce, sinon… ça aurait vraiment été n’importe quoi.

Donc, oui, j’avais fait le ménage, mais… il a été de courte durée. Lorsque l’on décida de mettre fin à notre combat d’oreillers et de coussins, ma chambre était complètement en désordre et on était écrasé au sol, sans souffle à force de rire. C’est comme ça que nous retrouva Nesta lorsqu’elle passa la tête par la porte. Elle s’enquit alors :

- Et puis? Les BUSEs?

- Huit Optimal et un Effort Exceptionnel en Divination, répondis-je après un moment, le temps de calmer ma respiration saccadée.

- Neuf Optimal, lâcha Rose l’instant suivant.

- Sept Optimal et deux Effort Exceptionnel, ajouta Scorpius en se redressant et en essayant de remettre en état ses cheveux blonds complètement en désordre (autant qu’Al, ce qui voulait tout dire).

- Six Optimal, deux Effort Exceptionnel et un Acceptable en Divination, conclut Al.

- C’est excellent, vraiment excellent! Affirma-t-elle avec un sourire. Je ne vous dérange pas plus longtemps, j’étais simplement curieuse de savoir.

On lui adressa tous les quatre un sourire avant qu’elle ne sorte et dès que l’on entendit ses pas qui s’éloignaient, on se retourna les uns vers les autres.

- On devrait peut-être ranger un peu? Proposa Rose après une minute de silence.

J’acquiesçai vigoureusement de la tête, car je n’avais pas plus qu’envie que ça de devoir tout ranger seule à nouveau. D’autant plus que nous avions fait tout qu’un beau désordre. On quitta donc le sol qui n’était pas si confortable que l’on pourrait le croire après nous avoir vus couché dessus et on se mit à ramasser. En commençant par jeter les oreillers et les coussins sur mon lit. Puis en replaçant les quelques meubles que nous avions déplacés et les objets divers qui avaient connus quelques tragiques accidents.

Dès que l’ordre fut rétabli dans ma chambre on s’installa à nouveau par terre et on se regarda tous dans le blanc des yeux. Enfin, pas vraiment, mais ça m’amusait de me l’imaginer ainsi. Après quelques secondes, je leur demandai :

- Alors, que vous voulez-vous faire aujourd’hui?

- Tout ce que nous devons décider, c’est que faire du temps qui nous ait imparti, souffla Al sur ton mystérieux et j’eus l’envie pressante de lui frapper le bras et de rire à la fois.

- Bonne question… commença Rose sans se préoccuper de l’intervention farfelue de son cousin et en se prenant le menton entre le pouce et l’index montrant qu’elle réfléchissait. Tu nous montres ce qu’est un film! Trancha-t-elle la seconde suivante. Et plus particulièrement celui dans lequel mon cousin a tiré son idée de discours de Quidditch.

Je dus me mordre les lèvres pour ne pas éclater de rire. Rose ne savait pas dans quoi elle s’était mis les pieds, car Al semblait être tout aussi obsédé par le Seigneur des Anneaux que l’était son frère. Je l’avais bien découvert lorsqu’après avoir regardé le premier, il s’était mis à me bloquer le passage en me lançant des « Vous ne passerez pas! » à la figure. À vrai dire, nous l’avions regardé une deuxième fois par la suite et c’était sans doute pourquoi il avait les répliques aussi fraîchement en tête.

- Fuyez, pauvres fous! Siffla-t-il soudain en se levant d’un bond et en sortant de ma chambre rapidement.

On l’entendit ensuite ajouter de l’autre côté :

- Ou sinon, je prends toutes les chocogrenouilles du dernier arrivé…

Non, mais! Quel sale petit voleur! Je bondis toutefois sur mes pieds en même temps que Scorpius et on se bouscula pour sortir, laissant Rose fermer la marche. Je l’entendis distinctement pousser un soupir, mais contre toute attente elle ne tarda pas à nous rejoindre et à jouer des coudes!

À peine étions-nous au rez-de-chaussée qu’Albus avoua :

- Je plaisantais, hein. Je voulais simplement que vous vous bougiez le derrière, car… c’est un film fabuleux. Vous allez voir, le meilleur de tous les temps…

- Al, tu n’as vu que… sept films différents dans ta vie, je ne crois pas que ça fasse de toi un expert.

Il me foudroya du regard et lâcha :

- Peut-être que oui, peut-être que non.

Je levai les yeux au ciel, mais on éclata tous les deux de rire sous le regard incrédule de Rose et Scorp. On lâcha alors en même temps :

- Vous comprendrez plus tard.

Cette fois nous rîmes tous les quatre de bon cœur avant de reprendre le chemin du sous-sol, je soufflai toutefois à Rose au passage :

- Je te préviens, Al était insupportable après le premier visionnage et deux fois pire après le second.

- Vous l’avez-vu deux fois?

- Les trois, spécifiai-je.

- Les TROIS? S’écria-t-elle avec stupeur.

Les deux gars nous jetèrent un regard étonné, mais pour ma part je ne pus m’empêcher de lâcher un petit rire. Il était clair que Rose n’était pas du tout habitué à tout ce qu’était un film, alors encore moins aux suites. Je restai avec un sourire amusé et tandis que mon pied touchait la première marche des escaliers menant au sous-sol et que je m’apprêtais à lui répondre quelque chose j’entendis Spock se mettre à japper de manière infernale à l’extérieur.

J’entendis ensuite des grognements (et quelques feulements de chat), puis le son de quelqu’un qui renversait les poubelles qui étaient rangées en arrière de la maison. Je me détournai rapidement de ma destination pour m’élancer vers la porte arrière, mes amis sur les talons.

- Allison, je t’interdis de sortir de la maison! Hurla Nesta depuis la cuisine.

Je ne prêtai absolument aucune attention à ce qu’elle me demandait de ne pas faire, car j’avais reconnu les jappements de Spock. Et c’était ses jappements joyeux. Ceux qu’il adressait à des gens qu’il connaissait. Et appréciait. Je sus rapidement de qui il était question lorsque j’entendis :

- Par Merlin, Spock! Du calme! Je ne voulais pas me faire remarquer…

Un sourire moqueur étira mes lèvres et j’ouvris en grand la porte pour accueillir cet invité surprise en clamant :

- Bien sûr, c’est très crédible, ça James. Tu ne veux jamais te faire remarquer…

Après quoi, je me mis à rire sans pouvoir m’arrêter en voyant qu’il était tombé sur le dos, en renversant les poubelles, et que maintenant Spock l’accueillait à grands coups de langue sur le visage. Et que Nuage lui faisait le dos rond. Al, Rose et Scorp ne tardèrent pas à me rejoindre dans mon hilarité en découvrant la scène ce qui fit s’empourprer James.

Une minute plus tard, James réussit à repousser Spock et se releva. Il épousseta alors ses vêtements avant de râler d’un ton geignard :

- C’est bon, vous avez fini de rigoler?

- Non! Répliqua son frère en riant de plus belle. Laisse-moi deviner… Tu as transplané jusqu’ici et tu t’es planté?

L’aîné des Potter poussa un soupir, se passa une main dans les cheveux puis marmonna :

- Tu as tout faux. J’ai transplané et je suis tombé devant Spock qui a été très surpris de me voir apparaître. Ensuite Nuage est apparu aussi de nulle part. Et les deux se sont mis après moi. Spock m’a sauté dessus et avec l’élan qu’il avait pris il m’a fait tomber sur les poubelles que j’ai… renversé.

Je vins pour dire autre chose, mais Nesta arriva à ce moment et gronda :

- Allison Lévesque! Je croyais t’avoir dit de ne pas sortir!

- C’est Allison Williams, Nesta! Protestai-je en lui jetant un regard ennuyé. Et puis, ce n’était que James

Elle leva son visage vers le ciel et tout en brandissant les bras vers le ciel, comme si elle le prenait comme témoin, elle grommela :

- Ces jeunes vont finir par avoir ma peau, par Merlin!

Elle jeta ensuite un regard furieux à James et rentra à l’intérieur, tout en restant assez près pour garder un œil sur nous. Je levai à nouveau les yeux au ciel. Pourquoi croyaient-ils tous qu’il allait m’arriver quelque chose? Non, mais c’est vrai quoi? Berkeley était mort. Qui d’autre pourrait bien en avoir après moi? Personne. Oui, d’accord, j’avais bien ennuyé une ou deux personnes, mais c’était tous des élèves de l’école pour la plupart, alors que pourraient-ils bien faire? Laissant tomber mon exaspération, je me tournai vers James et lui demandai :

- Donc, James, qu’est-ce qui nous vous l’honneur de ta visite impromptue?

J’arquai à la fin un sourcil et croisai les bras pour mettre plus de poids à ma question. Il me dévisagea une seconde avec cet air qui disait « Et pourquoi ne pourrais-je pas venir? », mais il finit par lâcher :

- J’ai cru entendre à la maison que vous alliez faire une journée ou une soirée film, prochainement. Alors, je me suis dit que ça pourrait être intéressant et que je voulais m’inviter.

Voyant sans doute les regards complètement désemparés et catastrophés de tout le monde, moi compris, il ajouta en se grattant la nuque :

- Une fois. Juste une fois. Je n’ai pas plus envie que ça de rester plus longtemps, moi non plus.

Il nous regarda à nouveau et voyant sans doute notre air quelque peu réconforté et soulagé, il poussa un soupir en levant les yeux au ciel et secoua légèrement la tête, découragé. Par Merlin, il était impossible… Il retrouva pourtant rapidement une attitude neutre, même plutôt jovial et lança sur un ton très enjoué :

- Donc, quand aviez-vous l’intention de regarder des films?

Il nous analysa chacun notre tour avec ce même enthousiasme et je ne pus m’empêcher de capituler. Il avait parfois un peu trop le caractère d’un gamin, mais ça faisait son charme. Je répondis avec un sourire amusé :

- À vrai dire, on y allait maintenant. Mais tu ne crois pas que tu aurais pu nous écrire?

- Par Merlin, non! S’exclama-t-il. Vous auriez pu éviter de me répondre ou, dans le cas présent, il serait arrivé trop tard et j’aurais manqué la fête, ajouta-t-il. Bon, alors on y va? Conclut-il en se frottant les mains d’excitation.

Al, Scorp, Rose et moi nous levâmes les yeux au ciel, mais je consentis à l’inviter à l’intérieur. Il nous suivit avec ce sourire absolument énervant qu’il avait quand il réussissait à obtenir ce qu’il voulait. Et bien évidemment, c’était le cas maintenant. Je fronçai les sourcils. Non, non, non… Je ne pouvais pas laisser les choses aller ainsi. Pas sans obtenir quelque chose en contrepartie. Oh, évidemment, on allait tous se moquer de lui à nouveau en entendant le discours d’Aragorn dans le Retour du Roi, mais… quand même. Il fallait quelque chose de… plus.

Un sourire étira mes lèvres alors que je les conduisais au sous-sol. Mais oui, je pouvais faire ça ce soir. Ce serait encore mieux puisque nous viendrions tout juste de regarder des films, ils seraient tous à moitié endormi (sauf Albus, les films du Seigneur des Anneaux semblaient le tenir éveillé plus qu’autre chose). Bien sûr, j’avais prévu de les initier plus tard dans la semaine, mais je suppose que ce serait parfait maintenant. Enfin, cette nuit.

J’ouvrais tout juste la porte du cinéma maison lorsque je proposai :

- Dis-moi, James… Est-ce que ça te dirais d’être initier à un autre truc Moldu en même temps que mes trois amis ici présents. Cette nuit. Je t’assure, ça vaut le coup.

Il me jeta un regard soupçonneux et il demanda :

- Ce ne sera pas ennuyant? Car Papy Weasley a déjà essayé et je me suis endormi lorsqu’il faisait l’éloge d’un canard en caoutchouc, je crois… et du fait que les Moldus le mettait dans leur lit? Non, ce n’était pas ça. Enfin, peu importe…

Je manquai m’étouffer. Oh, oui, bien sûr! Les Moldus avaient toujours un canard en caoutchouc dans leur lit, c’est clair! Je me mordis les lèvres pour m’empêcher de rire, puis une fois certaine que je n’éclaterais pas, je répondis :

- Comme je t’ai dit, ça vaut le coup.

- Alors, c’est d’accord. Mais, comme Maman m’a fait promettre solennellement de ne pas transplaner de nuit… J’hésite entre croire que c’est pour lui éviter une crise cardiaque que le fait que je pourrais aussi bien transplaner dans un meuble, ce qui je te jure, est strictement impossible, car j’ai un…

- Talent inné pour transplaner, le coupa Albus en levant les yeux au ciel.

- Exactement, p’tit frère! Approuva James avec un grand sourire satisfait.

Je levai les yeux au ciel, mais je ne pus m’empêcher de sourire. James adorait fanfaronner, mais il était le premier à se mettre dans l’embarras si ça pouvait aider à faire sourire un proche qui souffrait ou simplement pour l’aider. Ou encore pour créer une diversion totalement réussie.

- Au fait, tu ne nous as pas parlé de cet autre apprentissage… que tu prévoyais faire ce soir, fit remarquer Al tandis que je remettais le premier disque de la version longue de la Communauté de l’Anneau.

- C’était censé être une surprise et, pour ton information, je vous en ai parlé… il y a deux mois de ça, je crois. Mais tu n’étais pas parmi nous, à ce moment-là, Fangs. Alors je te pardonne.

Un frisson me traversa le dos en me remémorant la raison de l’absence d’Albus au moment où j’avais mentionné ce nouvel apprentissage obligatoire. Al fronça les sourcils, mais je vis le regard de Rose s’illuminer. Lors de notre séjour au Terrier, nous avions réitéré nos vœux de Marcheurs d’Ombres de nous appeler par nos surnoms, mais en y mettant une nouvelle variante. Que ce n’était légitime qu’à Poudlard. Après tout, notre carte représentait Poudlard et pas notre maison, etc. Cela dit, Rose devait se souvenir de la toute première fois où nous avions formulé tout ceci, car après tout, son pseudo était très, très près du personnage auquel j’allais les initier.

Je ne pris pas la peine de répondre à sa question muette ni à l’air un peu perdu d’Albus, car je décidai de commencer le film. Dès lors, aucun des deux ne chercha plus à obtenir des réponses. Al était trop préoccupé par le film en lui-même et aussi par le fait qu’il observait avec un sourire en coin les réactions de Rose et Scorpius.

Du côté de ma meilleure amie, elle avait la bouche grande ouverte et regardait tout défiler avec un air de profond ahurissement. Je regrettais sincèrement de ne pas avoir d’appareil photo… Du coin de l’œil j’aperçus un mouvement en provenance de James et je retins un rire en voyant qu’il photographiait Rose et Scorpius.

Qui ne tardèrent pas à me bombarder de question l’un comme l’autre.

Et si je trouvais qu’Albus avait été pénible, ce n’était rien à comparer avec Rose. Non, vraiment. Rien du tout. Elle posait à la fois des questions d’ordre plus superficiel, mais aussi quelques questions tellement techniques que je ne savais pas trop quoi répondre. Et Scorpius n’était pas en reste. Il posait toutes les autres questions auxquelles Rose n’avait pas pensé, à tel point qu’à la fin j’avais mal à la gorge. Et qu’Al et James étaient un peu frustré de ne pas avoir pu apprécier le film.

Le visionnage du deuxième se déroula avec beaucoup moins de question et à certains moments, j’entendis Rose et Scorpius s’exclamer « Ah, ah! Voilà, bien jouer! » ou encore « Je savais qu’il ne pouvait pas être mort! ». Autant pour Gandalf que pour Aragorn. J’avais mal au ventre à force de rire silencieusement et aussi de me retenir pour ne pas rire trop fort justement.

Comme je m’en doutais, lors du troisième volet je dus mettre le film sur pause lorsqu’Aragorn termina son discours. Rose riait tellement qu’elle masquait tous les autres sons en provenance du film. Elle finit par souffler par à coup, manquant apparemment de souffle :

- Par Merlin! James… tu n’étais… vraiment pas… subtil!

- Pas vrai! Renchérit Al en riant avec elle.

De son côté, James s’empourpra énormément et Scorpius regardait le tout avec les sourcils froncés, visiblement en état d’incompréhension avancé. Apparemment, malgré qu’on lui ait raconté l’anecdote, il ne voyait toujours pas ce qu’il y avait de si drôle. Il fallait y être, je suppose.

Quand le fou rire de ma meilleure amie et Albus se fut calmer, je repris le film pour les quelques minutes qui restaient. Rose eut une mimique de dégoût en voyant la main de Frodon auquel il manquait un doigt et à voir son air profondément en colère, elle avait une envie de meurtre à l’encontre de Gollum. Ce qui me donnait une furieuse envie de rire.

Alors que l’écriture de fin apparaissait à l’écran, Rose s’écria :

- Mais non! Non, non! C’est pas possible, Gandalf ne peut pas quitter la Terre-du-Milieu. Enfin, Alli, c’est… c’est impossible. Et Frodon non plus… Ils étaient… Avec Sam, Merry et Pippin ils formaient un quatuor!

- C’est le genre d’injustice qui arrive parfois. Mais crois-moi, Rose… Dans le livre, la fin est un peu plus compréhensible… lui dis-je sur un ton compatissant.

- Attends… IL Y A UN LIVRE?

- Oui, enfin, il y en a trois, mais j’ai l’intégral et il doit faire dans les… quoi? Mille deux cents pages? Environ?

- On s’en fout! Il me le faut! Dit-elle avec ce ton avide qui me promettait un vol si je ne lui prêtais pas.

Je souris légèrement et affirmai :

- Promis, je te le passe. Je vais te le remet juste avant de partir d’ici…

- Dis, vous ne trouvez pas que… que Gandalf ressemble à Dumbledore? S’enquit Al sur un ton incertain.

Je fronçai les sourcils et commençai à réfléchir un peu. C’est vrai qu’ils avaient quelques ressemblances, notamment au niveau de la barbe et de la puissance magique, mais sinon… Non.

- C’est vrai qu’ils se ressemblent un peu, p’tit frère, approuva James sur un ton songeur. Qui croyez-vous qui est le plus fort? Gandalf ou Dumbledore?

- Dumbledore, affirmai-je avant qu’aucun d’eux ne puissent prononcer quoi que ce soit. Pour la simple et bonne raison que Gandalf, qui je précise, est mon personnage préféré… n’est qu’un personnage justement. De la pure fiction. Et il est interprété par un acteur qui n’a aucun pouvoir magique. Je le sais, j’ai vérifié.

- Attends… Tu es en train de me dire que tu as vérifié? S’interloqua Rose.

- Euh… oui?

- Mais pourquoi? C’était certain qu’il ne pouvait pas être sorcier, sinon il ne serait pas devenu acteur!

Je plissai les paupières en la foudroyant du regard. Je lâchai ensuite sur un ton très, très sûr de moi et un brin agressif :

- Rose… Écoute-moi bien… Il aurait très bien pu être un sorcier Né-Moldu. Ou encore un Cracmol!

- C’est vrai que c’est plausible, admit-elle en prenant une expression pensive. Mais donc, ça n’a rien donné?

- Non, et en première année, je dois te dire que ça été ma plus grosse déception, soupirai-je.

- Mais si Gandalf n’était pas un personnage fictif, vous pensez qu’il… recommença James avant que je le coupe.

- Ça suffit, James! Mais je suppose qu’il serait plus fort que Dumbledore… dans le sens où il a appris plus de leçons, est plus sage et a vécu extrêmement longtemps.

- Ça ne fait pas de toi quelqu’un de très puissant… fit remarquer Scorpius en fronçant les sourcils.

Je le foudroyai du regard et marmonnai :

- On s’en fout! De toute manière, cette conversation n’a pas lieu d’être puisque c’est un personnage fictif.

- Mais s’il…

- James, tais-toi! nous écriâmes Rose et moi en même temps. Bon, c’est leur des bougies… poursuivis-je seule ce qui m’attira plusieurs regards interrogatifs.

- Des bougies? S’étonna Scorp.

Je me contentai de pousser un soupir et de les enjoindre au silence pendant que je les menais au salon. À ce niveau, je leur recommandai de rester là et allai chercher tout le matériel dont j’avais besoin. À savoir des chandelles et des allumettes. Je n’avais besoin de rien d’autre, si ce n’était d’un miroir, mais je commencerais par leur raconter toute l’histoire, ou les histoires, avant. Ce qui risquait de prendre un moment.

Avant de retourner les trouver, je m’assurai que Spock et Nuage étaient bien sages à dormir, puis vérifiai que Nesta dormait aussi, car je n’étais pas particulièrement certaine qu’elle approuverait. Enfin, en même temps ce n’était pas vraiment du Ouija que j’allais faire. Humm… Si je faisais du Ouija en appelant Sir Nicholas, est-ce qu’il serait attiré ici ou pas? Bonne question… Enfin, je serais mieux de ne pas en parler à James, car il pourrait aussi bien décider de le faire… Bon, de toute manière je n’avais pas de planche, donc tout bien considérer ça ne pourrait pas marcher dans tous les cas.

Dès que j’eus réuni tout ce dont j’avais besoin et que je fus certaine que nous ne serions pas dérangés, je rejoins mes amis en affichant un sourire énigmatique sur mes lèvres, choses qu’ils ne semblèrent pas particulièrement appréciés, car ce n’était pas particulièrement bon signe. Je déposais tout juste mon matériel au sol que James me demanda :

- Pourquoi on utiliserait pas un Lumos? Ça serait plus pratique, non?

- Tu es le seul à avoir le droit de le faire, je te signal, grommelai-je.

- Et alors? Pourquoi je ne peux pas le faire?

- Peut-être parce que ça ne donnera pas du tout la même ambiance? Soupirai-je en plaçant mes trois chandelles au sol avec leur réceptacle.

Je fis ensuite signe à mes amis de se mettre en cercle et je sortis une première allumette de sa boîte. Au moment où je vins pour l’allumer, James me lança à nouveau :

- Et pourquoi je ne pourrais pas allumer les bougies avec…

- James! M’exclamai-je. Si j’avais su que t’allais être aussi énervant je ne t’aurais pas proposé de te joindre à nous!

- Oh, ne le prends pas comme ça! Je me disais simplement que c’était plus… commençait-il à s’expliquer, mais Al le coupa pour s’adresser à Rose et Scorpius.

- C’est comme ça depuis le début de l’été… Depuis qu’il est majeur…

- Je suis majeur depuis décembre dernier, p’tit frère, alors…

On lui jeta tous un regard en biais et il soupira avec mauvaise humeur. Je repris pour changer de sujet :

- Bon, vous me laissez préparer ça, ou pas?

Ils hochèrent de la tête, mais comme il faisait plutôt noir, on ne voyait que des ombres bouger. Décidant que ces ténèbres avaient assez duré, je pris correctement mon allumette que je tenais entre les doigts et fit en sorte qu’elle prenne en feu. Après quoi, j’allumai mes deux chandelles.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Je laissai un instant la lumière des flammes danser sur mon visage et je pris un air un peu plus sombre, inquiétant. Puis d’une voix un peu plus de gorge et sinistre à souhait, je leur soufflai :

- Je vais vous raconter l’histoire… Non, les histoires de Bloody Mary.

Certaine la connaisse sous le nom de Bloody Mary, d’autres sous celui de Marie la Sanglante. Personnellement, j’ai toujours entendu Bloody Mary. Plusieurs histoires l’entourent et toutes sont plus angoissantes les unes que les autres. Mais je ne m’intéresserai pas à la Reine de ce nom, ce n’est pas mon truc…

Dans une version de l’histoire, Marie est une jeune femme qui serait morte en couche. Ou encore aurait tué son enfant nouveau-né, ou bien aurait perdu son enfant et se serait suicidée. D’où la présence du sang, si on se fie au premier scénario.

L’une des versions les plus horribles de l’histoire de Mary, c’est celle où elle a contracté la diphtérie. Une maladie plutôt contagieuse et incurable, ce qui a forcé le père docteur de la pauvre Mary… a l’isolé. Pendant qu’elle dormait. Dans un tombeau ou un coffre, qu’il a enterré. Oui, il a enterré sa propre fille vivante. Mais il avait laissé une petite cloche reliée à au poignet de Mary par une corde pour que cette dernière puisse l’avertir si jamais elle devait se réveiller. Au départ, sa femme veilla longtemps auprès de l’endroit où il avait enterré leur fille, mais il réussit à la convaincre de cesser de surveiller la petite cloche pour ne pas qu’elle attrape froid. Mais le lendemain matin, quand le bon docteur revint voir la petite cloche… celle-ci était tombée par terre. Il s’est donc empressé de la déterrer. Mais il était trop tard, Mary était morte. Et elle avait les mains en sang à force d’avoir essayé de gratter le bois pour sortir. Il ne l’a pas remarqué tout de suite, mais sa pauvre fille s’était arrachée les ongles avec ses tentatives de sortir. Une histoire horrible, pas vrai? Mais c’est une bonne leçon. On n’enterre pas les gens vivants pas même en prenant toutes les précautions possibles et imaginables. Voilà. Une chose est sûre, on peut d’ores et déjà savoir d’où peut provenir le sang de l’apparition. Car oui, elle revient parfois nous voir, cette bonne vieille Mary. Il existe même un moyen de l’invoquer. Et c’est là que tout se complique réellement.

Dans un des scénarios, il faut se trouver devant un miroir toutes lumières éteintes excepté deux bougies mises de part et d’autre du miroir. Généralement les gens font ça dans leur salle de bain, allez savoir pourquoi. Une fois la scène mise en place, la personne doit se placer devant le miroir et prononce Bloody Mary trois fois. Dans certains cas, la femme fera son apparition dans le miroir et il sera même possible de lui poser des questions si on réussit à se concentrer uniquement sur notre propre reflet dans le miroir. Mais d’autres fois… elle sera beaucoup plus maligne. Méchante, plutôt.

Oui, parce que certains sont assez stupides pour ajouter « I killed your baby » après avoir prononcé son nom trois fois. À ce moment, elle cherchera à vous attaquer et probablement vous tuer par la suite.

Une autre manière, apparemment, de l’invoquer c’est en disant treize fois son nom en faisant un tour sur soi-même à chaque fois. Et en criant son nom de plus en plus fort. Toujours devant un miroir, évidemment. Là, il semblerait que l’on voit apparaître son visage dans le miroir. Un visage terrifiant couvert de sang et de blessures multiples. Par ailleurs, elle chercherait à attraper et ramener quiconque croiserait son regard.

Je conclus, un sourire au bord des lèvres en les voyant tous complètement éberlué :

- Et voici donc, l’histoire de Bloody Mary. Purement Moldu.

Ils restèrent silencieux un moment et je me contentai d’observer le reflet des flammes danser sur leur visage. Rose me semblait un peu tétaniser, mais je ne savais pas trop pour quelle partie de l’histoire. Je pariais sur le fait qu’elle se demandait comment des gens pouvaient être assez stupide pour tenter une expérience de ce…

- On essaie? S’enquit James avec un sourire qui me sembla presque diabolique à la lueur des flammes.

- Tu es complètement dingue, ou quoi? protesta Rose en le foudroyant du regard.

- Je dois admettre que je suis curieux, mais aussi très sceptique, lâcha Scorpius. C’est un truc de Moldu, alors ça ne fonctionne probablement pas…

- Donc, on essaie? Réitéra James.

Ma meilleure amie tourna son regard vers Albus et moi en quête de soutient, mais… je devais avouer que j’étais plutôt curieuse de voir le résultat. D’autant plus qu’en règle générale les gens faisaient ce genre de chose seul. Pas en groupe. Du coup, peut-être qu’il ne se passerait rien du tout ou que dans le pire des cas nous serions suffisamment nombreux pour en venir à bout. D’autant plus qu’après avoir connu Peeves et les fantômes de Poudlard, on a presque tout connu, non?

- Allez, Rose! Supplia James avec un sourire de gamin. Qu’est-ce que tu crois qu’il pourrait se passer? On est tous des sorciers, non? Un peu de magie et le tour est joué. Et il y a une bonne probabilité pour qu’il ne se passe rien du tout… plaida-t-il. Quel mal y a-t-il à se divertir un peu?

Rose poussa un soupir dépité, mais voyant que nous étions tous prêt à le faire, elle capitula. Sauf qu’elle tint tout de même à nous prévenir :

- Si les choses tournent mal, rappelez-vous que c’était votre idée. Et si je finis de l’autre côté du miroir, ne vous avisez jamais de nommer mon nom devant quelques miroirs que ce soit, car vous êtes mort.

Et suite à ces si charmantes paroles, elle attrapa l’une des bougies et se dirigea vers le sous-sol. Ce qui était un bon choix, car il était hors de question d’aller faire cela dans la salle de bain de l’étage, ni celle du rez-de-chaussée puisque la proximité avec Nesta était beaucoup trop grande. Je suivis donc rapidement mon amie en attrapant à mon tour une bougie au passage. Scorp et Al fermèrent la marche en emportant la dernière bougie, tandis que James vint se poster à mes côtés.

Quand on fut tous dans la salle de bain, porte fermée et les bougies disposées sur le comptoir à intervalle régulier en suivant le long miroir, Al demanda :

- On essaie quelle méthode en premier?

- Celui avec le trois fois, évidemment, répondit Rose en levant les yeux au ciel.

- Et qui le dit? S’enquit Scorp.

- Je vais le faire, proposai-je.

- Et je ferai celui des treize fois, ajouta James avec un sourire. Mais avant… je vais mettre un petit sort d’impassibilité… pour éviter de réveiller qui que ce soit…

- Oui, fait donc ça, James, c’est une très bonne idée, ironisa Rose en croisant les bras.

Je poussai un soupir. En un sens, j’avais vraiment hâte que James reparte demain. Ce n’est pas que je ne l’apprécie pas, mais… en ce moment, il semblait plus mettre la discorde qu’autre chose. Ce qui est dommage, car une chose est sûre, il met beaucoup d’ambiance.

J’attendis patiemment que James parvienne à mettre en place son enchantement et lorsqu’il me fit signe je me plaçai devant le miroir, dans le milieu. Mes amis se placèrent tous derrière moi, dans l’ombre. Je pris une grande inspiration pour me donner du courage. Une part de moi se rebellait contre cette idée complètement stupide, tandis que l’autre était beaucoup trop curieuse de voir le résultat. Je finis toutefois par lancer d’un ton neutre et clair :

- Bloody Mary… Bloody Mary… Bloody Mary…

Je scrutai ostensiblement le miroir à la recherche de la moindre petite variation dans les ombres qui pourraient annoncer la visite d’une entité quelconque, mais rien. Il n’y avait rien du tout. Nous poussâmes tous, Rose compris, un petit soupir légèrement déçu.

- Bon, c’est à mon tour! S’enthousiasma James et nous échangeâmes de place.

En regardant le reflet de James dans le miroir, je le vis prendre un air profondément sérieux et c’est avec une vois exprimant cette même attitude, qu’il prononça à voix normale :

- Bloody Mary.

Il fit alors un tour complet sur lui-même et une fois de nouveau face à son reflet il lâcha d’un ton plus fort :

- Bloody Mary!

Un nouveau tour sur lui-même puis :

- Bloody Mary!!

S’ensuivit huit autres tours sur lui-même et Bloody Mary crié de plus en plus fort.

- BLOODY MARY! Hurla-t-il presque de toute la force de ses boîtes vocales.

Il fit son douzième tour sur lui-même et il s’apprêtait à prononcer pour la treizième fois le nom de l’entité lorsque la porte de la salle de bain s’ouvrit d’un coup sec sur une ombre noire.

On poussa tous un petit cri étouffé de terreur, jusqu’à ce que le visage de la personne apparaisse dû aux bougies et que Nesta s’exclament :

- Est-ce que je peux savoir à quoi vous jouez?!

- Euh… on… commençai-je sans trouver quoi dire. Je croyais que tu avais ensorcelé la porte! Sifflai-je tout bas à l’intention de James.

- Je croyais aussi! Se défendit-il un peu trop fort.

- Vous avez quel âge, par Merlin? Vous ne savez donc pas qu’il est très peu recommandé de…

- Je vous l’avais bien dit! S’écria Rose.

- Miss Weasley, si tant est que vous étiez d’accord avec moi, vous seriez venu me le dire, ou au moins, vous ne seriez pas ici.

Rose ouvrit la bouche pour protester, mais n’ayant sans doute rien à dire pour sa défense la referma et prit un air légèrement désolé. Mais vraiment que très légèrement désolé, car elle me semblait plus déçue. Comme quoi, elle aussi aurait bien voulu savoir ce qu’il se serait produit sans l’intervention de Nesta. Nous ne le serions probablement jamais, désormais.

Nesta nous ordonna alors d’aller nous coucher de ce pas et James se vit attribuer ma dernière chambre d’amis. Cette nuit-là, je fis le cauchemar de me voir en compagnie d’une femme ensanglantée en regardant mon reflet dans le miroir. Bon, en fait, c’était plutôt très étrange, car j’aurais juré qu’elle m’avait dit de faire attention. Mais attention à quoi? Aucune idée.

Le lendemain, James transplana après le petit-déjeuner et me remercia pour l’avoir laisser passer quelques temps en notre compagnie. À ces mots, nous avions tous levé les yeux au ciel, mais avec un petit sourire. Chacun de nous se souvenait parfaitement des évènements de la veille. Nesta comprit.

- Je n’arrive pas à croire que vous ayez pu être immature au point de… commença-t-elle à dire pour la énième fois.

- Moi je ne comprends pas comment tu peux savoir qui est… la coupai-je avant d’être coupé à mon tour.

- Ça n’a aucune importance! Tout ce que tu devrais savoir, c’est qu’il est très dangereux de jouer avec des forces que l’on ne connaît pas, me gronda Nesta.

La conversation s’arrêta là et on n’échangea pratiquement plus un mot jusqu’à la fin de mon séjour chez moi avec mes amis. Comme promis, je remis à Rose mon livre de l’intégral du Seigneur des Anneaux et elle s’en trouva particulièrement ravie. Nous avions visionné une deuxième fois, pour Scorp et Rose, les films. Pour Al et moi, on en était à notre quatrième visionnage en deux semaines, mais aucun de nous deux ne s’en plaignit.

On se laissa avec quelques rires en se promettant de se rejoindre à la Gare de King’s Cross. À peine Rose et Scorp étaient-ils partis que mon parrain apparut pour nous faire retourner à la maison familiale des Potter. À peine étions-nous arrivé, que Ginny nous demanda ce qu’était nos résultats aux BUSEs. Al et moi on poussa un soupir, mais on répondit rapidement. Harry et elle nous félicitèrent chaleureusement et décidèrent de préparer un petit repas festif pour célébrer l’occasion. Ce qui sembla beaucoup amuser Lily qui n’arrêta pas de nous charrier avec ça.

Les derniers jours chez les Potter se déroulèrent plutôt rapidement et avec l’aide d’Harry nous réussîmes à transférer l’intégralité des Seigneurs des Anneaux et des Star Trek sur un accessoire sorcier qui permettrait de regarder les films bien tranquillement pendant que nous serions à Poudlard. C’était une technique plutôt complexe, mais je réussis à arracher une promesse à mon parrain de m’apprendre le sortilège pendant les vacances de Noël, car à ce moment-là j’aurais obtenu ma majorité et je pourrais utiliser la magie à la maison.

Le matin du grand retour à Poudlard, je me réveillai avec une étrange appréhension au ventre. J’avais l’impression que quelque chose de bizarre se préparait. Mais ce n’était peut-être que mon appréhension de revoir mon frère après tout ce temps. On s’était revu à la fin Juillet pour aller officialiser nos nouveaux noms de famille et deuxième nom, ainsi que les questions d’héritages. Malheureusement, malgré qu’il soit majeur il n’avait pas été autorisé à quitter ses tuteurs légaux hérités de sa mère adoptive sous prétexte qu’il étudiait toujours à Poudlard. Alors, nous n’avions pas eu l’occasion de nous revoir depuis. Et j’appréhendais beaucoup ces retrouvailles.

- Êtes-vous prêts? Lança soudain Ginny sur un ton un peu paniqué. Si vous n’arrivez pas dans cinq minutes vous risquez tous de rater le train!

Je sortis brusquement de mes pensées et m’empressai de jeter un coup d’œil dans ma chambre d’accueil. J’avais rangé tous mes livres et mes vêtements la veille, ainsi que tout le reste de mon matériel scolaire, dans ma valise. Il n’y avait plus rien sur les bureaux ou la table de chevet. Rien non plus qui traînait par terre. Bon, j’avais aussi la nourriture pour Spock dans une petite valise juste pour lui avec ses jouets, ses bols et tout son nécessaire de toilettes, etc. Ainsi que certaines choses pour Ember… Bien, alors je n’oubliais rien.

J’attrapai rapidement ma valise ainsi que celle de Spock et dégringolai les escaliers, Spocky à ma suite, pour aller porter le tout dans l’entrée tandis que mon parrain s’occupait de tout mettre dans la voiture. Je remontai ensuite à ma chambre pour prendre la cage d’Ember et revérifier que je n’oubliais rien. Ce n’était pas le cas, alors je redescendis en compagnie d’Ember et de Spock, car il ne cessait de me suivre partout depuis que nous étions rentrés. Histoire d’accélérer le processus, j’allai placer Ember en compagnie des Hiboux d’Al et de James, puis je pris place dans la voiture en prenant Spock sur mes genoux.

Peu de temps après, Lily me rejoint avec son furet, puis James et Albus se joignirent à nous à l’arrière. Après quoi, les deux adultes prirent place à l’avant et Ginny demanda :

- Tout le monde est là? Vous n’avez rien oublié?

Nous secouâmes tous négativement de la tête pour la dernière question et d’un simple coup d’œil, elle constata que nous étions tous bien là. Harry ne perdit donc pas de temps et s’engagea dans la rue en route pour se rendre à la Gare. Le chemin y menant se déroula plutôt silencieusement. Enfin, presque. C’était si on ne comptait pas les babillages de James concernant le fait qu’il avait hâte de retrouver Dylan et Liam pour leur parler de certains trucs. Lily quant à elle, s’efforçait d’empêcher son furet de s’attaquer à Spocky qui, pour sa part, regardait l’autre animal avec un air un peu éberlué.

Quand on arriva enfin, James se rua à l’extérieur cherché non pas des chariots, mais un seul. Il mit toutes ses affaires sur le chariot en question et disparut rapidement sur la voie 9 ¾. Al et moi on se chargea rapidement d’aller chercher les autres avec l’aide de Lily et quand on revint à la voiture, Harry et Ginny nous prêtèrent mains fortes pour tout embarquer. Après quoi, en s’assurant que personne ne nous voyait, nous traversâmes tous sur la voie 9 ¾.

Une fois de l’autre côté, Lily salua et embrassa ses parents avec quelques geignements avant de se dépêcher à rejoindre le train où elle eut droit à l’aide d’Hugo pour embarquer toutes ses choses à l’intérieur. Après avoir salué ses parents, Al et moi on s’apprêtait à partir aussi, mais Harry nous coupa dans notre élan en disant :

- Allison, je peux te parler un instant?

- Oui, pas de problème, dis-je avec un sourire.

- Je vais aller voir où sont Rose et Scorpius, d’accord? Proposa Al.

- Je vous rejoins dès que je peux, lui répondis-je avec un sourire.

Il m’embrassa fugacement du bout des lèvres et s’éloigna en direction du train avec son chariot. Une fois qu’il eut disparut à mon regard, je me retournai vers Harry qui me semblait avoir un air passablement sombre. Je fronçai les sourcils en le dévisageant. Il finit par dire :

- Allison. Je sais qu’avec la menace de Berkeley loin derrière nous, l’idée de garder tout ça secret peut te sembler superficielle, mais nous aimerions que tu gardes ton don le plus secret possible. N’en parle qu’avec ceux qui sont au courant et même là, fais-le le moins possible, car on ignore qui peut entendre nos conversations. Particulièrement à Poudlard où les ragots se propagent plutôt rapidement…

- Compris, marmonnai-je.

- Et sois prudente, ajouta Ginny. Tu fais partie de la famille, maintenant.

- D’accord, d’accord, je ne commettrai pas d’imprudences! Promis-je. Je peux y aller, maintenant? Car raté le train ne serait pas très bien vu, je crois.

Ils levèrent les yeux au ciel, mais consentirent à me laisser partir après m’avoir serré dans leur bras une dernière fois. Je saisis alors Spock dans mes bras pour le déposer avec Ember qui était sur le chariot, après quoi je me dirigeai vers le train. En jetant un dernier coup d’œil derrière moi, je remarquai qu’Harry et Ginny avaient déjà disparu de l’autre côté.

J’effectuais une manœuvre d’évitement de plusieurs autres élèves avec mon chariot dans ma quête pour rejoindre le train lorsque je sentis un frisson très désagréable me traverser le dos. Comprenant ce que cela signifiait, mes mains se refermèrent sur le chariot avec force comme la panique affluait en moi et je me mis à courir en direction du train. À une vitesse folle, je passai à plusieurs reprises proche de renverser à la fois des personnes et mon chariot. Mais tout cela s’avéra en vain, car à peine atteignais-je le train que je sentis la vision m’emporter…

Nulle part.

C’est ce que je découvris lorsque je rouvris les yeux après mon moment de pur panique à l’idée d’avoir été emporté dans une vision loin de tout le monde et sans possibilité de retour. Enfin, c’était quand même bizarre. Je marmonnai à l’adresse de Spock :

- Bizarre, non? J’aurais pourtant parié que c’était une vision… Peut-être qu’elle est passée à côté, cette fois. Qu’est-ce que tu en dis?

Malgré tout, il y avait quelque chose que je trouvais profondément bizarre. Ce n’était pas normal. J’avais clairement ressenti la sensation habituelle qui signifie que j’étais transportée dans une vision. Sauf qu’autour de moi, rien ne me semblait changé. Avais-je eu la mémoire effacée et ainsi je ne me souvenais pas de ce que j’avais fait? Mais non, enfin, c’était impossible… Mais l’air anxieux de Spock ne m’inspirait pas confiance non plus. Je décidai toutefois d’embarquer dans le train et de me lancer à la recherche de mes amis. C’était la seule solution pour en avoir le cœur net.

Je déchargeai donc rapidement toutes mes choses et réussit par je ne sais quel miracle accrocher la valise de Spock à ma taille. Quant à Spock lui-même il me suivait avec précaution, car je me démenais pour entrer ma valise et Ember en même temps dans le train.

Alors que j’avançais péniblement dans l’allée, je manquai me faire foncer dedans par un James frénétique et je lâchai avec énervement :

- Par Merlin, James! Tu pourrais pas faire attention?!

Il me regarda de travers avant de poursuivre sa route. D’accord… ça c’était bizarre. Sans doute qu’il était trop pressé et qu’il n’avait pas le temps de m’adresser quelques mots. N’est-ce pas? N’est-ce pas que ça devait être ça? Je décidai de poursuivre ma route sans trop me préoccuper de cet incident ni du fait que les gens dévisageait Spock avec insistance et que ce dernier les dévisageait tout autant. Mon seul salut, c’était de retrouver Albus, Rose et Scorpius.

Je parcourus un assez long trajet avant d’enfin trouver le compartiment dans lequel ils étaient. J’ouvris rapidement la porte avec une mine soulagée, car aucun d’eux semblaient particulièrement sur leur garde. En laissant tomber ma valise dans le compartiment, je lâchai :

- Par Merlin! Vous êtes là! Al, tu n’as rien senti de bizarre tout à l’heure ?

Ils me jetèrent tous un regard si surpris que pendant un moment je me demandai si ce que je venais de dire était si incongru que cela. Puis je constatai un élément étrange qui jeta un froid sur mon cœur. Il n’y avait aucun Nuage en vue. Je m’enquérais rapidement :

- Euh… Rose? Tu n’as pas oublié Nuage, dis-moi?

Cette fois, ce n’était plus de la surprise qu’ils exprimaient. Non, c’était de l’inquiétude et du désarroi. Alors, quoi? Nuage était là et je ne le voyais tout simplement pas ou…

- Rassurez-moi, je ne suis pas le seul à ne pas connaître cette fille, hein? S’enquit soudain Al avec un air un peu paniqué.

Ces paroles toutes simples me donnèrent l’impression que mes entrailles venaient de me tomber dans les talons. Je me figeai totalement et c’est là que je compris une chose. Spock n’était allé voir aucun d’eux. Alors qu’habituellement ils les adoraient tous les trois et qu’ils bondissaient de joie à chaque fois qu’ils les voyaient. Même si ça ne faisait que cinq minutes qu’ils s’étaient quittés. Mais, par Merlin, où est-ce que j’avais bien pu atterrir?

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Et puis? Ce premier chapitre? Comment l'avez-vous trouvé? Ennuyeux ou pas? Enfin, j'espère que les images/plans vous auront été utiles et que vous avez aimé le chapitre. Après, une petite question... À quel point dois-je prévenir pour les scènes dans le genre entre Al et Alli? J'avoue que je n'étais pas certaine si je devais ou non prévenir, alors je l'ai fait au cas où... À l'avenir est-ce que je continue à prévenir ou pas à votre avis? Je tiens aussi à préciser que je ne recommande pas de faire comme Allison, Albus, Scorpius, Rose et James, laissez Bloody Mary dans ses miroirs :lol: Sur ce, j'espère revenir bientôt par ici! :D Bonnes vacances en avance pour ceux et celles qui n'y sont pas encore ;)


Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

OUUUUIIIIII LE TOME 2
J'ai atteint un stade de bonheur inimaginable.
J'aime trop l'intro, elle est marrante.
J'adore le fait que l'été soit là, on a plaisir a voir que Alli est une ado aussi...
Hahahah Alli elle est tellement direct avec Al sur le sexe je suis morte. Mais Spock a pas l'air d'apprécier :lol:
Et Bloody Mary, je connaissais pas, chez moi on invoque plutôt la Dame Blanche.
Et PUTAIN
C'est quoi cette fin ?
C'est ça une nouvelle réalité, pas vrai ?
Elle est dans un autre multi-vers ou ce genre de délire ?
Et ca t'AMUSE DE FAIRE CA ?
Parceque moi ça m'amuse pas .
Vraiment pas.
Putain mais dans quelle merde on est maintenant...
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

addbook a écrit :OUUUUIIIIII LE TOME 2
J'ai atteint un stade de bonheur inimaginable. Ravie que tu sois heureuse du retour d'Alli ;)
J'aime trop l'intro, elle est marrante. Je ne vois pas du tout en quoi... :roll: :lol:
J'adore le fait que l'été soit là, on a plaisir a voir que Alli est une ado aussi...
Hahahah Alli elle est tellement direct avec Al sur le sexe je suis morte. Mais Spock a pas l'air d'apprécier :lol: Nan, Spock n'apprécie pas :lol:
Et Bloody Mary, je connaissais pas, chez moi on invoque plutôt la Dame Blanche. C'est bon à savoir que je t'ai appris quelque chose ;)
Et PUTAIN
C'est quoi cette fin ?
C'est ça une nouvelle réalité, pas vrai ?
Elle est dans un autre multi-vers ou ce genre de délire ? Je crois que le prochain chapitre va t'aider à confirmer ta théorie :lol:
Et ca t'AMUSE DE FAIRE CA ? Laisse-moi y réfléchir... OUI. Oui, ça m'amuse beaucoup. Je ne faisais que penser à ce moment pendant toute l'écriture du chapitre (et même du précédent tome :lol: )
Parceque moi ça m'amuse pas .
Vraiment pas.
Putain mais dans quelle merde on est maintenant... Je confirme et ça n'ira pas en s'améliorant :twisted:
Tu m'en vois navrée si j'avais déjà répondu à ton comm' ailleurs :roll: :lol: En tout cas, j'espère que le prochain chapitre, qui devrait arriver dans la prochaine heure, te plaira... ;) Pour ma part, j'ai un avis mitigé dessus... :|
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey! C'est moi, j'avais dit fin juillet et on est pas mal en fin juillet, pas vrai? Alors j'ai tenu parole! Pour une fois :oops: Par contre, j'ai l'horreur d'admettre que... j'ai pris du retard. Je devais écrire des chapitres d'avance pour pouvoir les poster quand même pendant ma pause de fanfiction (pas volontaire) lorsque les cours vont reprendre. Bientôt. Beaucoup trop tôt pour moi :cry: Breeeef, je suis désolée, mais il me faut prévenir (et je voulais me plaindre :lol: ). Donc, à cause des cours, je ne pourrai probablement pas (plus que probable, même) poursuivre la fanfiction avant décembre. C'est loin, n'est-ce pas? Je sais, c'est horrible. Je m'en veux aussi pour une autre absence aussi longue. Mais je dois écrire un livre pour mon programme, donc, je vais me concentrer là-dessus, je crois. Cela dit, si par un miracle insoupçonné je parviens à terminer la première écriture de ce livre en avance, que mes cours ne m'enterrent pas sous les devoirs... je m’attellerai à HP! Je le promets! Cela dit, je vais essayer d'écrire rapidement le chapitre 3. Comme ça, si je réussis, vous aurez un chapitre fin août, début septembre, peut-être. Et l'attente sera un peu moins longue. Donc... Est-ce que j'ai autre chose à ajouter? Ah oui, je vous demande pardon. Je suis trop volatile et j'ai commencé une autre fanfiction et c'est la raison principale pour laquelle j'ai pris du retard dans HP. Je suis vraiment désolée :oops: Et aussi... Bah, le fait que je n'avais aucune motivation dans mon autre fanfic que je devais terminé cet été et j'ai pris trop de temps avant d'admettre que je devais la laisser encore de côté pendant un certain temps. Voilà, pour les curieux, mon autre fanfiction est sur l'Épreuve : Le labyrinthe (la terre brûlée et le remède mortel en feront aussi partie). Déjà six chapitres de complété. Je précise qu'elle n'est pas sur booknode. Bon, trêve de bavardage. J'en ai encore trop dit. Bon, je dois vous avouer que je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre, et j'en suis profondément désolée. (Oui, je suis très désolée pour beaucoup de choses dans la vie) Sur ce... Bonne lecture!


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Chapitre 2



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Ça avait été horrible. Mais alors là, vraiment horrible. Il n’avait pas osé en parler avec Allison lorsqu’ils s’étaient vus pendant l’été, mais en l’absence de sa mère adoptive, ou plutôt pendant qu’elle purgeait sa peine, il avait dû être hébergé chez les Aylin. Endroit où résidait aussi Joshua. Mais la famille Aylin, à l’exception de Joshua et de ses cousines, était tout sauf sympathique. Et Alexander le savait depuis un bon moment déjà. En fait, il était au courant de bien des choses qui se passaient dans cette maison. Et encore plus après avoir passé l’intégralité de son été avec eux.

La première chose à savoir, c’était que c’était violent, par là. Et si ce n’était pas de ses dernières années comme Serpentard pur et dur complètement con, Alexander n’aurait pas eu beaucoup de chance non plus. Mais heureusement, deux choses jouaient en sa faveur pour éviter de subir le même traitement que les autres élèves là. La première était évidemment son passé dont il n’était pas très fier jusqu’à présent. Puis la seconde, son statut de majeur chez les sorciers. Il pouvait, jusqu’à un certain point, faire ce qu’il voulait. Alors souvent, il s’éclipsait. Mais depuis qu’il avait appris à connaître Joshua grâce à sa sœur… Il se sentait coupable à chaque fois qu’ils laissaient les autres jeunes derrière. Et furieux quand les deux parents croyaient qu’il avait été soumis aux sortilèges de l’Imperium pour aider Allison. Ils étaient tellement loin de la vérité… et sur tellement de sujets.

Il poussa un soupir désespéré lorsqu’il entendit les cris furieux provenant de l’étage en dessous. Il était présentement étendu sur son lit d’emprunt, les bras croisés sous sa tête et patientait tranquillement. Du moins, il essayait de patienter. Mais c’était très dur. Il n’avait qu’une hâte, c’était de rejoindre le Poudlard Express. Et Allison. Et Malia. Il n’avait pas eu l’occasion de la voir de tout l’été et n’avaient pu lui écrire autant de lettres qu’il l’aurait voulu. Et ce pour deux raisons, là encore. Premièrement, il ne savait jamais quoi y écrire. Comment se passait ses vacances? C’était d’une atrocité sans pareille, mais bien moins pénible que celles de Joshua. Ensuite… l’oncle et la tante de Joshua ne pouvait en aucun cas savoir qu’il parlait avec qui que ce soit.

- JE T’AI DÉJÀ DIT QUE SI JE REVOYAIS CE STUPIDE FURET HORS DE SA CAGE, IL FINIRAIT EN PÂTURE POUR LES… commençait à hurler la tante de Joshua, Freya, qu’elle s’appelait.

- D’abord, c’est une fille! S’écria à son tour Joshua, la coupant brutalement. Et ensuite… Elle n’aime pas être enfermée tout le temps!

Il entendit un hurlement de rage et se dit que Joshua devrait sans doute se dépêcher de rentrer Scylla dans sa cage avant que le vrai drame ne survienne. Mais en même temps, il admirait le courage que faisait preuve son condisciple de Serpentard. Sauf qu’il ne devrait pas tenter le diable et faire l’idiot non plus. Ça, c’était normalement la spécialité des Gryffondors de faire des trucs stupidement héroïques.

Au moment où les choses commençaient à vraiment s’envenimer, mais sur un autre sujet, cette fois il était question des deux cousines, les jumelles. Il put entendre distinctement le grondement de fureur mélangé à de l’angoisse de Joshua lorsqu’il hurla :

- SORTEZ D’ICI, TOUT DE SUITE.

Mince. Ça s’annonçait mal. Vraiment mal. Car Joshua ne s’adressait qu’à deux personnes sur ce ton. Et ne prononcerait ces mots que pour deux personnes également. Les mêmes, évidemment. Alexander ne fut que très guère surpris de voir apparaître les deux jeunes cousines de Joshua à sa porte de chambre. Il les détailla un instant alors que Mae, la plus intrépide des deux lança :

- Jo-Josh… il nous a dit de venir te voir si… si les choses empiraient et qu’il nous demandait de partir.

Il eut un sourire indulgent. Normalement, il ne savait pas trop s’y prendre avec les jeunes. Non, vraiment. Mais il y avait quelque chose de facile avec elles. Peut-être, car elles agissaient comme des jeunes filles plus âgées que leur âge véritable. Elles avaient onze ans. Mais onze ans d’horreur. Et maintenant, heureusement, elles entreraient à Poudlard avec leur cousin et délaisseraient leurs parents pour quelques mois.

Il analysa leurs traits attentivement. Les deux jumelles se ressemblaient atrocement, mais avec le temps il avait appris à les distinguer. Elles possédaient certes des traits de visages identiques, mais les expressions qu’elles y mettaient étaient différentes. Le bleu fascinant de leurs yeux pouvait sembler identique, mais ceux d’Amy étaient plus lumineux et clairs. Après quoi, il y avait aussi que le visage de Mae possédait plus de taches de rousseur que celui d’Amy, ce qui la rendait encore plus malicieuse que sa sœur. Et bien sûr, elles étaient de physionomie semblable et possédait la même chevelure brune-doré qui étincelait au soleil.

Il repensa à ce que venait de lui dire Mae et songea que l’année dernière, même date, il aurait songé à charrier Joshua avec ce surnom, mais plus maintenant. Non, maintenant il se disait que si ce genre de surnom tombait dans de mauvaises oreilles… Joshua aurait encore des problèmes. Il n’était pas fier de pouvoir affirmer qu’il était l’un de ceux qui s’en prenaient à Joshua Flint, car il déshonorait sa famille et leur Maison. Heureusement pour tous les deux, Alexander avait changé. Un peu. Certaines habitudes étaient quand même difficiles à perdre. Supposant qu’il serait tout de même bien de leur répondre, il sourit légèrement et leur dit :

- Pas de problème. Entrez toutes les deux.

Les deux jeunes filles ne se firent pas prier et pénétrèrent d’un bond dans la chambre. Il pouvait voir à quel point elles étaient inquiètes. Le lien qui les unissait à Joshua était indescriptible. Il était à la fois leur cousin, leur grand frère et aussi une figure paternelle par moment. Alexander les enviait, parfois, d’avoir un tel lien. Mais il n’aurait jamais voulu qu’Allison et lui se retrouvent dans le même genre de situation que les cousins. Non, du tout. Ce n’était pas une situation qu’il enviait.

Mais il n’aurait pas détesté avoir une meilleure relation avec sa sœur.

Enfin, les choses pourront changer, cette année, pensa-t-il. Il ferait le nécessaire pour ça. Il ne pouvait pas rester indéfiniment un connard, n’est-ce pas? Toutefois, il ne pouvait pas se permettre d’y réfléchir tout de suite. Il avait à s’occuper des deux jeunes filles qui se trouvaient dans sa chambre. Il leur adressa un sourire et demanda :

- Avez-vous hâte de finalement entrer à Poudlard?

- Oui, affirma Amy. Jo-Josh nous a dit que ce serait super.

- Et puis, on ne sera pas ici, alors… ajouta Mae en baissant les yeux.

- Vous n’avez pas peur des fantômes, alors? Plaisanta-t-il.

Mae lui jeta un regard torve en croisant les bras, tandis qu’Amy fronçait les sourcils. La première jumelle lâcha rapidement :

- Les fantômes ne peuvent pas nous faire grand-chose. Tu n’arriveras pas à nous faire peur.

- Oh, mais il y a aussi un Esprit Frappeur. Peeves, qu’il s’appelle. Il attire toujours des ennuis à tout le monde…

Cette fois, Mae fronça à son tour les sourcils tandis qu’Amy prenait une moue inquiète. J’eus un petit sourire, car j’aimais mieux leur faire peur à propos d’un truc bénin pour qu’elles évitent de penser à ce qu’il se déroulait probablement en bas. Ils s’apprêtaient à ajouter quelque chose lorsque la voix de Mr Aylin retentit avec force :

- TU DEVRAIS ÊTRE PLUS RECONNAISSANT, GAMIN PRÉTENTIEUX!

Il y eut un silence et il constata que les deux sœurs s’étaient immobilisées avec un air paniqué. Amy tremblait même légèrement tandis que Mae avait les poings serrés si fort que les jointures avaient blanchies. Il se leva rapidement de son lit, sachant que d’une minute à l’autre il risquait d’y avoir une bombe. Il s’approcha des filles et leur dit :

- Aller vous asseoir sur mon lit. Et bouchez-vous les oreilles.

- Pourquoi on t’écouterait? Grommela Mae. Tu n’as jamais rien fait pour…

- Mae, tais-toi et écoute-le, la rabroua Amy en suivant mes consignes.

Je comprenais exactement pourquoi Mae réagissait aussi négativement. Après Joshua, c’était elle la plus à même d’essayer de protéger sa sœur, ou même son cousin. Elle cherchait même parfois les ennuis par exprès pour faire enrager ses parents et les faire changer de cible. Sauf que Joshua laissait rarement passer, alors tout retombait sur lui. Encore.

Cette fois, il était décidé à changer la donne. Alexander n’en pouvait plus de voir, d’entendre des choses qu’il aurait préféré ne jamais voir et entendre. Il s’assura donc que les deux jumelles étaient bien en position sur le lit, les oreilles bouchées et il sortit de la chambre, en refermant soigneusement la porte derrière lui. Il jeta rapidement un sort d’assourdissement sur cette dernière, ce qui les empêcherait définitivement d’entendre quoi que ce soit et il se dirigea vers les escaliers menant au rez-de-chaussée du manoir des Aylin après avoir verrouiller la porte de sa chambre. Il n’avait pas confiance en Mae pour lui obéir aveuglément, elle ne le faisait qu’avec un seule personne et c’était son cousin.

À peine posait-il le pied sur la première marche qu’il entendit Joshua s’énerver :

- Je suis prétentieux?! Prétentieux, moi?! Et de quoi est-ce que je devrais être reconnaissant, au juste? De me faire battre toutes les semaines parce que je ne suis pas assez bien pour vous?!

Il y eut un bruit sourd et celui d’un souffle que l’on venait d’un coup de perdre. Il descendit rapidement les marches, craignant que la situation empire encore, mais il n’allait pas suffisamment vite…

- Qu’est-ce que je disais, hein?! Cracha Joshua. Je n’ai pas de quoi être…

- Tais-toi, insolent! Siffla la tante de Joshua.

Il entendit le bruit brutal d’une gifle qui s’abattait sur une joue et il grinça des dents. Par Merlin, Joshua, tais-toi! Il y eut un nouveau bruit sourd et le son d’un corps qui tombait par terre. Lourdement. Le sang ne fit qu’un tour dans les veines d’Alexander. Il n’était pas prêt à revoir une scène du genre. S’il n’avait jamais été particulièrement agréable, il n’avait jamais été la brute de son groupe d’amis. C’était Theo, la brute. Lui-même était le plus mesquin, le plus cruel avec les mots. Mais jamais il n’avait élevé la main sur quelqu’un. Pour le coup, Allison était plus méchante que lui lorsqu’il en venait de frapper quelqu’un.

Lorsqu’il arriva finalement à l’endroit où se déroulait la scène, il put voir Joshua relevé la tête, la lèvre fendue et leur asséner au visage :

- Je ne serai jamais reconnaissant à votre égard.

Au moment où Mr Aylin prenait de l’élan pour envoyer violemment son pied dans le ventre de Joshua, il intervint en prenant un ton blasé :

- Désolé de vous interrompre, Mr Aylin. Mais serait-il possible que j’exerce certains sortilèges sur Joshua?

L’intéressé lui adressa un regard mauvais, mais Alexander n’en tint aucun compte et se contenta de prendre l’air hautain qui lui avait été si longtemps familier et arqua un sourcil en direction des adultes Aylin. Ces derniers se jetèrent un regard peu amène, semblant réfléchir à la question. Refuser cela à leur invité et continuer à corriger Joshua, ou accepter et espérer que les sortilèges en question seraient douloureux? Il sentit de la sueur couler dans son dos, mais il fit comme si de rien était et attendit. Il se mit même à taper du pied lorsque cela fit près d’une minute de silence.

- Très bien. Amène-le et fais ce que bon te semble, Alexander, finit par lâcher Mr Aylin d’un ton ennuyé.

- Et toi, gamin, ramasse ta sale bestiole, ajouta sa tante.

- Je vous remercie grandement de m’offrir cette opportunité, dit-il avec un ton distinguer aux accents mauvais.

Il vit parfaitement le visage de Joshua blêmir alors qu’il devait serrer les dents pour ne pas ajouter une remarque désagréable. Pour éviter de lui laisser le temps de changer d’avis, il s’approcha rapidement et le redressa en le prenant par le cou, sans tenir compte des grimaces douloureuses que fit son cadet. Il y avait plus urgent, rejoindre les cousines de celui qu’il tenait par la peau du cou, par exemple. Dès que Joshua fut sur ses deux pieds, il repéra rapidement Scylla cachée sous un meuble et il s’empressa de plaquer son propriétaire contre le mur pour aller la ramasser avec une grimace de dégoût.
Ce qui était feint, car il adorait le furet de Joshua. C’était une femelle angora argentée tout simplement magnifique avec ses poils noirs, gris et blanc. Longs, duveteux. Et elle avait un excellent caractère. La preuve, c’est qu’elle se laissa prendre sans rechigner. Ou le mordre. Mais ce n’était pas certain. Car il avait bien vu un échange de regard entre Joshua et l’animal. Alors peut-être que ce dernier agissait sous les consignes silencieuses de son propriétaire. Alexander n’en avait pas la moindre idée et pour l’heure, il s’en moquait.

Il rattrapa rapidement Joshua par la nuque et l’entraîna jusqu’à sa chambre sans prendre de pincette. Il fut soulagé de constater que les deux enfants se trouvaient toujours sur le lit, malgré que leurs oreilles n’étaient plus couvertes de leurs mains. Il referma la porte, la verrouilla et empêcha que l’on puisse entendre ce qui se passait dans la pièce. Tout ceci sans lâcher la nuque de Joshua. Il avait toutefois passé Scylla à son propriétaire dès qu’ils étaient parvenus à sa porte.

- Lâche mon cousin tout de suite! Gronda Mae.

Il lui jeta un regard ennuyé tandis qu’Amy donnait un coup de coude furieux à sa sœur. Alexander tourna son attention vers Joshua et le relâcha en disant :

- Est-ce que je peux savoir ce qui t’a pris de faire le malin? Tu veux qu’ils te…

Le regard flamboyant que lui jeta Joshua à ce moment l’empêcha d’aller plus loin. Le Serpentard d’un an son cadet grommela ensuite :

- Je n’ai pas à t’expliquer mes décisions. Mais… c’était ma dernière occasion de leur dire ce que je pensais réellement. Je vais être majeur en novembre. Et je vais toucher mon héritage de mes parents, le seul bienfait qu’ils ne m’auront jamais fait… Je n’ai pas l’intention de passer un autre été ici, Parkinson.

- C’est Williams, maintenant, marmonna Alexander d’un ton énervé. S’il-te-plaît, ajouta-t-il, plus gentiment. Et j’espère que tu avais compris que c’était une mise en scène! Conclut-il en croisant les bras.

- Tu joues plutôt bien la comédie, alors non, je n’étais pas certain, soupira Joshua en se massant le visage.

En le voyant grimacer, il remarqua que Joshua avait clairement la trace de la main de sa tante sur le visage. Il sentit une certaine indignation monter en lui. Ce n’était pas normal. D’accord, il n’avait jamais été un enfant de cœur, mais il n’avait jamais battu quelqu’un. Il serait à le faire sans hésiter pour sa sœur, évidemment. Mais être prêt à faire quelque chose et l’avoir déjà fait étaient deux choses bien différentes.

- Je suis désolé de n’avoir rien fait plus tôt, soupira-t-il en se passant une main dans les cheveux.

- Bah, ça n’aurait rien changé. Ils t’aiment bien, mais il y a une limite. Ils auraient aussi bien pu décider de se mettre à te frapper aussi.

- Humm… fit-il dubitatif. Tu veux bien me montrer ton ventre? Je peux peut-être essayer quelque chose.

- Pas question, cracha Joshua et il jeta un coup d’œil en coin, discret, à ses cousines.

Il n’en fallut pas plus pour qu’il comprenne le message. Il poussa néanmoins un soupir et invita Joshua à s’asseoir à son bureau alors que lui-même s’appuya négligemment contre une commode. Il se retourna ensuite vers l’autre Serpentard, les bras toujours croisés et demanda :

- C’est quoi ton plan lorsque tu auras l’argent? Te sauver d’ici? Je ne te croyais pas du genre à te sauver en abandonnant ta famille…

- J’ai l’intention d’acheter un endroit et d’obtenir la garde de mes cousines. Tout simplement.

- Tout simplement? Dit-il, ironique. Sois réaliste, Joshua! Tu n’y arriveras pas. Tu vas à peine avoir eu ta majorité, jamais le Ministère acceptera de…

- Tu as une meilleure idée, peut-être?! Que je les abandonne? Que je revienne ici et que mon oncle et ma tante me vident mon compte chez Gringotts? Ils n’ont pas pu jusqu’ici, car je suis le seul à y avoir accès selon le testament de mes parents. Bien la seule chose de bien que je sais à leur propos…

- En fait, oui, j’ai une meilleure idée. Ma sœur, Allison, elle m’a parlé d’un truc par une lettre cet été. Rien de vraiment concret, mais elle a fouillé dans les affaires de sa mère… notre mère… Enfin, elle a trouvé un très vieux testament où… il semblerait que j’hérite d’une maison. Celle que nos parents, à Allison et moi, avaient avant qu’ils soient forcés de déménager et… et de… m’abandonner.

Les mots avaient encore du mal à franchir ses lèvres. Il regrettait amèrement que ses parents, les vrais, aient dû l’abandonner. Parfois il se disait qu’il aurait préféré être avec eux. Quitte à mourir. Au moins, il aurait connu Allison plus tôt de manière moins… dramatique. Et par-dessus tout… il aurait connu ses parents. Cette idée qu’il avait tout manqué lui restait en travers de la gorge à chaque fois qu’il y songeait. Encore plus quand il se disait qu’Allison n’aurait jamais véritablement besoin de lui. Elle avait toujours vécu sa vie loin. Avec des amis qui la considéraient comme partie intégrante de leur famille. James Potter comme un frère aîné. Rose Weasley comme une sœur. Même Scorpius Malefoy…

Et Alexander, de son côté, trimballait tout le passé le plus lourd qu’on pouvait imaginer.

Mais ce n’était rien à comparer avec celui de Joshua, ça, il en avait bien conscience. Malheureusement les vieux réflexes avaient la vie dure et il préférait encore souvent se lamenter sur sa propre situation déplaisante plutôt que voire que son terrain était plus vert que celui du voisin.

- Tu veux me faire paraître encore plus crétin ou quoi? grommela Joshua. Ou tu avais un but de me partager que tu avais hérité d’une maison?

- J’avais une idée derrière la tête, figure-toi! s’indigna-t-il, vertement. Je me disais que la maison risquait d’être particulièrement vide si j’étais seul là-bas. Je suppose qu’Allison viendra une fois de temps en temps, mais… Tu sais, elle a l’autre maison. Et en quittant Poudlard, elle s’installera sans doute là. Avec Potter, qui sait. Et peut-être même Weasley et Malefoy, j’en serais pas plus étonné que ça, marmonna-t-il. Bref, ça va être vide. Alors je me disais que, si tu crois pouvoir me supporter comme colocataire… Tu pourrais venir t’installer. Et je n’ai rien contre tes cousines, tant qu’elles ne foutent pas le bordel partout.

Joshua eut l’air totalement sonné. Il se tenait là, immobile, sur sa chaise, la bouche entrouverte. Il se redressa soudain légèrement, un sourire incertain aux lèvres et s’enquit :

- Tu es sérieux? Tu es vraiment sérieux?

- Ouais. La solitude, ça ne me va pas trop, avoua-t-il d’un haussement d’épaule. Si ça peut t’aider. Bien sûr, éventuellement si tu veux partir tu feras bien ce que tu veux. Mais le fait est qu’avoir déjà un toit, ça paraîtra beaucoup mieux si tu veux obtenir la garde de l’ange et du démon qui te sert de cousines.

- Je ne sais pas quoi dire, admit Joshua, l’air complètement ahuri. Je ne me serais jamais attendu à ça de ta part…

- Les choses changent sans qu’on s’y attende. Tu pourras remercier Allison. C’est quand j’ai réalisé que j’avais une sœur depuis le début et que la première chose que j’avais faite en la rencontrant c’était…

- Ça n’a pas d’importance. Le passé est le passé, affirma Joshua. Et j’aime bien le nouveau Parkinson. Enfin, pardon, Williams. Beaucoup plus agréable, même si toujours un peu casse-pied.

Il leva les yeux au ciel, mais après quoi ils discutèrent longuement des arrangements qu’ils devraient prendre pour faire en sorte que le nom de Joshua apparaisse comme étant aussi un propriétaire de la maison. Ensuite, ils commencèrent à discuter de comment ils pourraient s’y prendre pour obtenir la garde des cousines. Celles-ci se joignirent à la discussion en affirmant (du moins Amy) qu’elle n’hésiterait pas à parler devant le juge. Du côté de Mae, c’était plutôt « je vais fuguer jusqu’à ce qu’ils comprennent que je ne veux pas rester ici, avec eux ». La différence entre les deux sœurs était parfois très flagrante.

Puis ils durent se quitter pour l’heure du diner qui fut dans un silence total, pesant. Aucun des élèves présents, n’osèrent se jeter un coup d’œil. Toutefois, comme convenu, Joshua affichait parfois des grimaces douloureuses en se prenant le bras, ou tremblait légèrement de la main pour faire croire qu’il avait reçu des sortilèges de sa part. Et évidemment, il lui jetait des regards furibonds. Alexander la jouait hautain et légèrement cruel en ignorant tout ça. Par contre, il eut du mal à cacher son rire en voyant Mae lui jeter des regards torves elle aussi. Elle s’en donnait à cœur joie pour faire paraître tout ça le plus réel possible, cette petite.

Le lendemain arriva rapidement pour son plus grand bonheur. Il avait tellement hâte de revoir Allison! Il se demanda si elle avait bien changé depuis la dernière fois, car elle avait tendance à changer radicalement entre deux années scolaires. Il avait toujours été surpris, même lorsqu’il n’était pas au courant de leur lien fraternel, de voir comment elle pouvait changer en l’espace de deux mois. Bien sûr, sa croissance avait probablement diminué, mais il n’aurait pas été surpris qu’elle ait encore grandi.

Lorsque l’oncle et la tante de Joshua leur hurla de descendre avec leur bagage, car apparemment ils sauteraient tous le petit-déjeuner, il attrapa sa valise, mis sa baguette dans sa ceinture et sortit de sa chambre rapidement sans prendre la peine de nettoyer derrière lui. Il n’avait jamais été particulièrement soigné et comme il n’avait plus aucun respect pour ses hôtes, il ne voyait pas pourquoi il devrait leur donner ce privilège que de ravoir une chambre propre et rangée.
Il croisa Joshua en chemin et lui souffla :

- Ne fais rien de stupide.

L’intéressé leva les yeux au ciel, mais acquiesça doucement de la tête avant de se mettre à descendre les escaliers à toute vitesse, malgré la présence d’une cage et d’une valise dans ses mains. Alexander le suivit d’un pas moins empressé, mais il comprit la raison de l’empressement de Joshua en voyant s’avancer derrière lui Mae et Amy qui peinaient à traîner leurs deux valises. Il accéléra donc à son tour la cadence et à peine mettait-il le pied sur le plancher du rez-de-chaussée que Joshua remontait déjà les marches quatre à quatre.

Tout en se dirigeant vers la voiture, il saisit la valise de Joshua comme si de rien était, puis continua sa route. Les parents des jumelles embarquèrent le tout sans lui adresser un regard et l’homme se contenta de lui grogner :

- Monte.

L’envie de rétorquer quelque chose de très mesquin lui piqua la gorge, mais il se retint de justesse. Ce n’était pas le moment de détruire sa couverture. Ils l’apprendraient bien assez tôt lorsque Joshua leur dirait chez qui il irait vivre dorénavant. Dès qu’il atteindrait sa majorité. Alexander se réjouissait d’avance de leur réaction. Il laissa un petit sourire mauvais étirer ses lèvres comme ça faisait longtemps qu’il ne l’avait pas fait. Avec sincérité.

Joshua et les jumelles arrivèrent peu de temps après, et le père de famille jeta les deux dernières valises dans le coffre de la voiture tandis que sa femme rejoignait avec toute la dignité et le dégoût dont elle était capable le siège avant. Je suppose que si ça n’avait pas été du fait qu’il y avait Joshua et moi, ils seraient contentés de conduire leurs filles là-bas en transplanant… Mais comme ils avaient une image à conserver, ils devaient se diminuer en utilisant un transport moldu. Il se retint pour ne pas secouer la tête. Ce serait son premier voyage en voiture, même s’il en avait déjà vu beaucoup à la Gare.

Quand les portes claquèrent sur les derniers à embarquer, ça ne prit pas deux minutes avant que Mr Aylin commence à se plaindre concernant la lenteur de ce moyen de communication et de toutes les choses plus intéressantes qu’ils auraient pu faire pendant cet effroyable voyage. Il grinça quelque peu des dents et constata du coin de l’œil que le regard de Joshua était maintenant flamboyant. Voire furieux et provocateur. Par Merlin, il n’allait pas encore…

- Si c’était un tel dérangement de nous accompagner jusqu’à la Gare, vous n’aviez qu’à me laisser les filles! gronda Joshua en foudroyant le conducteur et le passager assis à l’avant.

- Quelle charmante idée! ironisa sa tante. Tu nous prends pour des imbéciles? Tu exerces une mauvaise influence sur elles, on te laissera jamais avec elles quand on a le choix! Siffla-t-elle ensuite.

Les sourcils de Joshua s’élevèrent en aillant l’air de dire « Oh, vraiment?! », mais aucun des deux adultes ne prit la peine de le reprendre sur cette impolitesse. Alexander en laissa échapper un léger soupir de soulagement. C’était déjà une chance que la trace de main ait disparu de la joue de l’autre Serpentard, ce n’était pas le moment d’en ajouter une autre…
Le reste du trajet en voiture se passa dans un silence sépulcral. Et pour être totalement honnête, Alexander en était particulièrement ravi. Il n’avait aucune envie de devoir discuter de sujets qui ne l’intéressaient plus et encore moins d’entendre les disputes continuelles entre le Flint et les Aylin. L’idéal c’était que tout le monde fasse profil bas pour le moment. Jusqu’à ce qu’ils soient dans le train, plus précisément.

En arrivant à la Gare de King’s Cross, il s’efforça de ravaler le sourire qui voulait étirer ses lèvres à la seule idée de revoir Allison. Mais aussi… Malia. S’il n’avait pas été aussi… dressé à être un vrai connard, il aurait sans doute rougi. Il avait été tellement surpris lorsqu’il avait commencé à ressentir quelque chose. Quelque chose de fort. Mais loin d’être négatif comme il en avait si longtemps eu l’habitude. C’était avec elle, avec Malia, qu’il avait appris ce que signifiait l’amour. Cette chaleur étrange dans son ventre. Ce sourire idiot qui lui venait en pensant à elle. Ou en la voyant. Elle était si forte, mais si timide à la fois. C’était ce qu’il aimait. Elle n’était pas aussi extravagante qu’Allison, mais elle était forte aussi. À sa manière.

Il attrapa sa valise sans vraiment regarder les autres autour de lui, perdu dans ses pensées. Par Merlin, il avait une de ses hâtes de la revoir! De la serrer dans ses bras. De s’assurer qu’il ne rêvait pas et que la seule personne… la seule personne à avoir jamais cru en lui. À avoir cru qu’il pouvait être différent… Qu’elle croit toujours en lui. Qu’elle l’aime encore. Et que tout ça ne soit pas un mirage.

C’était Malia qui l’avait aidé à changer sa perception de tout. De la famille. Des liens que les membres d’une famille entretiennent. Et peu de temps après, il avait su pour Allison. La gifle avait été brutale. Il n’avait rien dit sur le moment à Malia. Il n’en avait pas été capable. Car cela aurait signifié qu’elle le lui dise, à sa sœur. Et il n’avait pas été prêt pour ça. Par ailleurs, il voulait être courageux, pour une fois dans sa vie, et le lui dire lui-même.

Alors qu’il commençait à s’éloigner en compagnie des jumelles et de Joshua, ce dernier s’écria, sur un ton de défi, en se retournant :

- Ne vous inquiétez pas, surtout! Je vais prendre soin d’elles!

Alexander eut l’envie très forte de frapper brusquement l’arrière du crâne de son cadet, mais il refréna sa pulsion et se contenta de le pousser brutalement vers l’avant pour l’enjoindre à se taire. Son compatriote de Serpentard se retourna vers lui avec un sourire goguenard :

- Tu es certain de vouloir m’accueillir chez toi?

- Je me le demande, ironisa-t-il. Je n’ai pas changé d’idée, affirma-t-il ensuite. Je sais très bien quel genre de mec tu es, Joshua. Et puis, bon, tu fais partie des amis d’Allison maintenant, alors je n’ai pas besoin de plus.

L’autre Serpentard sourit, espiègle. C’était étonnant à quel point il changeait d’un coup dès que son oncle et sa tante n’étaient pas dans les parages. Ou qu’ils n’avaient plus aucun pouvoir sur lui ou sur ses cousines. Il jeta un coup d’œil aux cousins et ne put s’empêcher d’avoir un léger sourire en voyant Joshua taquiner ses cousines en faisant dévier leur chariot qu’elles tentaient de diriger correctement vers la voie 9 ¾. Ils étaient si proches, tous les trois. Un soupir dépité s’échappa de ses lèvres en se disant qu’il ne connaîtrait probablement jamais ce genre de relation. À moins de fonder une famille un jour… Cette idée le surpris. Il n’avait jamais envisagé réellement cette possibilité. Il s’était toujours vu… seul. Avec une carrière prolifique. Montant les grades rapidement avec son sourire mauvais et hautain aux lèvres. Mais tout avait changé. D’abord avec l’arrivée de Malia dans sa vie. Puis celle d’Allison.

Mais avoir des enfants ne changerait pas le fait que sa relation avec Allison ne serait sans doute jamais aussi complice que celle qu’entretenait Joshua et ses cousines. Et sans qu’il le veuille il sentit une piqure de jalousie lui comprimer le cœur. Ce n’était pas une sensation agréable. Et il ne connaissait que trop bien la jalousie. Pendant des années il n’avait connu que ça, car il y avait toujours quelqu’un de meilleur que lui. Même sa sœur était meilleure que lui. Dans tellement de domaines… Il poussa un soupir.

Ils franchirent rapidement la voie 9 ¾ et il aida Joshua à monter les valises dans le train. Toutefois, il marqua un temps d’arrêt en constatant que ce dernier s’installait avec Kieran Bletchey, Amy Derrick et Ruby Shepherd. Il avait oublié. Joshua avait des amis. Et lui… non. Il n’en avait plus. Il se crispa légèrement, mais aida néanmoins Joshua à hisser les trois valises dans les portes bagages. Il s’apprêtait ensuite à repartir en quête d’un compartiment vide, lorsque Joshua l’arrêta en disant :

- Tu ne restes pas avec nous? S’étonna-t-il.

- Je… Je ne pensais pas que vous voudriez que je reste, avoua-t-il.

- Personnellement, je n’en ai pas particulièrement envie, lâcha Shepherd en lui adressant un regard soupçonneux.

Super, elle ne lui faisait toujours pas confiance. Sauf que soudain, un sourire amusé étira ses lèvres et elle s’exclama :

- Ne fais pas cette tête, je rigole, c’est tout! T’es le frère d’Allison, alors on va bien te laisser faire le trajet avec nous. Surtout que tu n’as plus vraiment d’amis…

Merci de me rappeler ce charmant détail, pensa-t-il amèrement. Toutefois, la mention de sa sœur lui rappela brutalement qu’il voulait la revoir. Et immédiatement. Il dit tranquillement :

- Merci de ton accueil, Shepherd. J’accepte l’invitation.

Il pénétra à nouveau dans le compartiment et réussit difficilement à installer sa valise dans le porte bagage. Il faut dire qu’à la base, il n’était pas fait pour accueillir sept valises. Toutefois, il solidifia le tout à l’aide d’un sort. Alors que Joshua lui faisait signe de s’asseoir en compagnie de lui et ses cousines, il préféra lui dire :

- Je vais aller parler avec Allison, avant. Et peut-être essayer de trouver Malia. Mais je devrais revenir un peu plus tard…

- D’accord, et bien, moi je vais en profiter pour dormir! Plaisanta Joshua, un grand sourire aux lèvres. Sérieux, je n’ai pas fermé les yeux de la nuit pendant une semaine!

Malgré le ton qui était à la plaisanterie, il se sentit mal. Car il savait que ce n’était pas un mensonge, ni une exagération. Les nuits n’avaient pas été très drôles pour Joshua pendant la dernière semaine. Il constata, en regardant les autres occupants du compartiment, que personne ne souriait avec sincérité. Ils étaient au courant…

- Dis, Jo-Josh… Je peux aller aux toilettes, tu crois? S’enquit soudain Amy.

- Je vais lui montrer où c’est, se proposa-t-il immédiatement.

Joshua lui adressa un sourire de remerciement avant d’ajouter à l’intention des autres, tandis qu’Alexander sortait du compartiment en compagnie d’Amy :

- Je vous laisse le soin de surveiller Mae, et Amy quand elle reviendra. Bonne chance, c’est une vraie petite diablesse ma cousine Mae!

Il retint un petit rire en l’entendant parler ainsi de sa cousine, mais c’était la vérité. Même Amy eut un sourire en refermant la porte du compartiment. Il la conduisit ensuite rapidement jusqu’à la salle de bain la plus proche, pour les filles, et après s’être assuré auprès d’elle qu’elle saurait retrouver son chemin (ce qui la fit pousser un soupir) il se mit à chercher dans les compartiments sa sœur.

Alors qu’il commençait à croire qu’il ne la trouverait jamais, il tomba sur un Albus qui courrait dans le corridor. Avant de s’interrompre brutalement et de prendre un air perdu. Ce qui, pour être honnête, ne l’étonnait pas plus que ça. Il avait toujours pensé que le Potter junior était plus perdu, ou perturbé que son frère aîné. Même si, en un sens, il était dur de faire plus perturbé mentalement que James Potter. Il était tellement… incroyablement chiant, celui-là… Mais il n’avait pas été autant une ordure qu’Albus Potter envers sa sœur.

- Hé, Potter! Le héla-t-il.

L’intéressé leva des yeux surpris vers lui avant de froncer des sourcils et de grommeler :

- Qu’est-ce que tu me veux, Parkinson?

- C’est Williams, maintenant! marmonna-t-il. Tu étais là quand on a changé de nom, Allison et moi!

- Allison qui? S’enquit Albus les sourcils encore plus froncer.

- Ta copine, pauvre abruti! S’énerva Alexander. Arrête de me faire marcher, et dis-moi donc où est votre compartiment…

- Malia n’y est pas, dit le cadet des Potter en soupirant d’un air blasé.

- Ce n’est pas à Malia que je veux parler, mais à Allison, pauvre idiot! S’emporta-t-il.

- Il n’y a pas d’Allison dans notre compartiment! S’écria à son tour Albus.

Il fronça des sourcils. Si c’était une blague, il commençait à ne pas la trouver drôle. Toutefois, comme Potter lui faisait signe de le suivre d’un mouvement sec et énervé, il le suivit sans hésiter. Ce devait être une blague. Sans doute une idée d’Allison pour le faire paniquer un peu ou l’énerver. Elle était douée pour ça, énerver les autres. Ou les taquiner. Et ça pourrait être parfaitement son truc de faire quelque chose du genre.

Mais il dut rapidement se rendre à l’évidence.

Quand il arriva de la porte du compartiment de Potter, Weasley et Malefoy, il n’y avait aucune trace d’Allison. Il y avait bien le chat de Weasley qui traînait toujours avec le chien de sa sœur, mais… pas d’Allison. Il sentit une grande partie de son univers s’écrouler. Tous ses bons sentiments partir en éclat. Que s’était-il passé?! La fureur monta en lui comme un raz de marée et sans pouvoir empêcher sa pulsion colérique, il empoigna Albus par le col et le plaqua durement contre la porte du compartiment en lui crachant au visage :

- Qu’est-ce que tu as fait?! Qu’est-ce que tu as fait, pauvre abruti?! Tu la laisser seule?! Tu l’as perdue?!

La fureur devait déformer ses traits, car Le Gryffondor d’un an plus jeune que lui sembla se faire légèrement plus petit dans sa poigne. Sauf que cela ne dura qu’un instant. La seconde suivante, la porte s’ouvrait brusquement derrière Albus et le compartiment les avala tous les deux.

Potter s’écroula au sol, n’ayant pas anticipé de devoir s’empêcher de tomber, car jusque-là il avait été retenu contre un mur. Quant à lui, il parvint de justesse à ne pas s’écrouler sur l’autre idiot par terre. Mais ce fut pour mieux recevoir un coup de poing en pleine poitrine de la part de Weasley qui s’exclama :

- Qu’est-ce que tu fous, Parkinson! Tu sors peut-être avec Malia, mais je n’aurai pas de scrupule à te faire sortir!

- C’est Williams, maintenant! s’écria-t-il, furieux. Et qu’est-ce que vous avez tous, par Merlin! Où est Allison! Arrêtez cette blague stupide et dites-moi où elle est!

La fureur laissa place, au fur et à mesure de ses mots, à de l’effroi. Du désarroi. Il était complètement paniqué. Il ne venait quand même pas de perdre sa sœur? Pas alors qu’il venait tout juste de la retrouver… D’avoir une relation plus… sympathique. Normale. Il sentit son rythme cardiaque s'accélérer et des sueurs froides lui couvrir le dos. Non. Non, c’était impossible. Elle ne pouvait pas être partie… Et même si c’était vraiment le cas… Pourquoi auraient-ils tous oubliés?

- C’est qui, Allison? S’étonna Rose Weasley avec un sursaut.

- Aucune idée, répondit Scorpius Malefoy. Je ne sais pas non plus d’où lui vient l’idée que son nom de famille, c’est Williams, ajouta-t-il en ricanant.

Ces paroles tournèrent au ralenti dans sa tête et tous les sons autour semblèrent diminuer en intensité. Tout s’alourdissait. Il lui sembla que tout ce qui se passait était au ralenti, comme si le monde avait soudainement changé d’atmosphère. Il s’agrippa brusquement au chambranle de la porte tandis que l’air lui manquait et qu’il sentit ses jambes flageoler. Elle avait disparu. C’était la seule explication. Mais ça n’expliquait pas la perte de mémoire…

- Vous ne blaguez pas? S’enquit-il et sa propre voix lui sembla lointaine.

- Crois-moi, je n’aurais pas l’idée de plaisanter en ce moment, affirma Scorpius. Tu as l’air sur le point d’être malade comme un chien. Tu ferais peut-être mieux de sortir…

Il sentit sa main libre trembler. Ce n’était pas bon, tout ça. Pas bon du tout. Il n’y a pas vingt minutes, Shepherd avait mentionné sa sœur! Et la veille, Joshua ne semblait pas surpris. La panique le saisit à nouveau et il sortit précipitamment du compartiment de ceux qui avaient toujours été les meilleurs amis d’Allison. De sa sœur. Sa petite sœur. Qui avait disparu avant même qu’il puisse la revoir… Il s’enfonça en vitesse dans le corridor du train, à la recherche de Malia. Peut-être qu’elle… Qu’elle, elle allait se souvenir de sa sœur. Qu’il n’était pas seul à s’en souvenir… Une pensée noire, horrible, lui traversa soudain l’esprit… Et si sa sœur n’était le fruit que de son imagination? Non. Non, c’était impossible… Impossible…

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Scorpius fronça immédiatement les sourcils en suivant Parkinson des yeux alors qu’il sortait de leur compartiment avec un air hagard, mais un pas empressé. Il n’arrivait pas à comprendre comment ce mec de sa Maison pouvait avoir ainsi, du jour au lendemain, complètement perdu l’esprit. Certes, il ne l’avait jamais pris pour un grand penseur, mais il y avait une limite entre agir en connard et inventé des personnes qui n’existent pas…

- Je suis le seul à être… perdu? S’enquit soudain Al, attirant ainsi son attention sur autre chose.

Son meilleur ami était en train de se frotter la région où Parkinson l’avait empoigné pour le plaquer contre le mur. Même cet élan de violence ne ressemblait pas au Serpentard de Septième année… Perdre patience, hurler et insulter les autres, oui. Mais passer aux contacts physiques? Non. Pas du tout. Il décida de calmer un peu l’ambiance en lâchant avec un sourire ironique :

- Il s’est peut-être fait assommer avec un balai par Josh durant l’été!

- Scorp, franchement, marmonna Rose en lui jetant à la fois un regard ennuyé et amusé ce qui le fit sourire, d’autant plus amusé. Il ne m’a pas paru normal. Et donc, tu n’es pas le seul à être perdu, affirma-t-elle en regardant son cousin.

- Est-ce que vous avez une idée de qui pourrait être cette Allison dont il parle? Demanda Albus en se relevant et en allant s’asseoir sur la banquette vide.

Pourquoi était-elle vide? Pourquoi avait-il cette désagréable impression que quelqu’un d’autre devait être assis là. Être ici, avec eux? Nan, il se faisait sans doute des idées. C’était à cause de Parkinson, il lui avait embrouillé l’esprit, se dit-il avec une grimace.

- Pourquoi tu grimaces? S’enquit Rose en le dévisageant.

- Parce que c’est débile, grommela-t-il. On ne connaît pas d’Allison. Si c’était le cas, je crois que je m’en serais souvenu avec toute cette agitation…

- C’est sûr, admit-elle. Mais c’est bizarre, quand même. Il avait l’air d’être très sûr de lui.

Al et lui hochèrent de la tête de concert. En effet, c’était bizarre. Tout comme cette sensation qui persistait à lui dire que quelque chose n’allait pas. Mais comme il ne pourrait dire avec exactitude ce que c’était, il supposa que c’était une fois encore dû à la visite impromptue et étrange d’Alexander Parkinson. Enfin, en même temps, il ne pouvait pas en être totalement sûr. Quelque chose d’autre lui disait que ça n’avait rien avoir. Mais comment cela pourrait-il être possible? Il ne serait pas incompétent au point d’oublier un ami, non? Si tel était le cas, il perdrait définitivement tout sens du respect envers sa propre personne…

- Vous ne savez pas le pire, lâcha soudain Albus. Quand on était dans le couloir, il a dit qu’elle était ma copine. Mais je n’ai pas de petite-amie, continua-t-il. C’est complètement ridicule.

- Quoi? s’étonna Scorpius sans pouvoir s’en empêcher. La seule petite amie c’était Rebecca au Bec de Canard. Au fait… C’est qui, qui lui a trouvé ce surnom? S’enquit-il.

- Aucune idée. Probablement, James, c’est lui qui donne des surnoms ridicule aux gens… affirma Rose. Mais c’est vrai que c’est stupide, tu es célibataire depuis l’automne passé…

Quelque chose dérangea Scorpius dans cette phrase. Pourquoi avait-il l’impression d’avoir vu, plus récemment que ça, son meilleur ami embrassé quelqu’un? C’étant sans doute un gage de la part de James, pensa-t-il. Ou encore, ils étaient souls et Al avait agi stupidement. Ce ne serait pas la première fois. Il pouvait tellement être débile, parfois. Mais c’était surement l’apanage des Gémeaux avec leurs deux facettes. Il rigola tout seul en se remémorant la fois où il avait parlé d’une fille qu’Al aimait bien à ce dernier et qu’il avait fait une magnifique culbute avec son balai.

Il chercha un moment qui était la fille en question, mais il ne parvint pas à mettre le doigt dessus. Bizarre… Enfin, sans doute que ça remontait à trop loin. Probablement. Humm… Non, il y avait quelque chose de bizarre avec sa mémoire. Il le sentait. Il avait l’impression qu’encore une fois on avait trifouillée dans sa tête. Mais d’où lui venait l’idée que l’on avait déjà trifouillée dans sa tête? Il n’y avait aucune bonne raison à ça. Il fronça les sourcils, incertain.

- Est-ce que ça va, Scorp?

- Ouais, ouais, ça va. J’ai juste… Je me demande vraiment pourquoi il croyait qu’on connaissait une Allison, se reprit-il rapidement.

Étrangement, il n’avait pas envie de faire part à ses amis ce qui le taraudait. Il se souvenait d’avoir fait quelque chose d’énorme juste avant la fin de l’école. Il se souvenait aussi du fait que Rebecca au Bec de Canard avait été suspendue pour une certaine période. Mais il ne se souvenait pas pourquoi. Ni ce qu’il avait fait exactement. Sans doute un truc idiot, pour qu’il ne s’en souvienne pas, songea-t-il. Mais il était dubitatif. Quelque chose ne tournait pas rond, mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.

- Est-ce que vous vous souvenez pourquoi Rebecca a été suspendu? Demanda-t-il, l’air de rien.

- Je ne sais plus, mais ce n’est pas une grande perte, assura Rose.

- Je ne dirai pas le contraire, affirma-t-il en souriant, mais quelque chose en lui se brisa.

Rose ne se souvenait pas? Il avait toujours classé ce genre de phénomène parmi les trucs impossibles. Elle se souvenait toujours de tout. Elle ainsi que… Nan, juste elle. Personne d’autre n’avait une mémoire aussi incroyable. Il sourit légèrement en la regardant. Il ne savait même plus comment leur relation avait même été possible. Il se souvenait de toutes les fois où il la regardait du coin de l’œil alors qu’ils marchaient tous les quatre pour se rendre à un cours… Une seconde… Tous les quatre?! D’où est-ce que lui venait cette idée saugrenue? Il n’avait toujours été que… trois. Non? Pourquoi cette idée sonnait-elle aussi fausse?

- J’aimerais qu’on ne parle pas de mon ex, si possible, soupira soudain Albus en se passant une main dans ses cheveux emmêlés qui s’emmêlèrent encore plus.

- Pas de problème, Al, dit-il simplement tandis que Rose acquiesçait.

Il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas. Du tout. Mais il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Malgré tout il savait une chose. C’était lié à sa mémoire. Comme si on en avait modifié une partie, ou enlevée complètement. Non… c’était modifié. Il tenta de se remémorer l’été qu’il avait passé. Rien de bien palpitant, sauf la période chez la grand-mère de Rose et Albus. Puis une autre courte période… dans une autre maison. Il se souvint que l’une des premières choses qu’ils avaient faites, c’était de se dire leur résultat. Comme d’habitude, Rose avait eu les meilleurs. Après il y avait aussi eu un… presque parfait. Huit Optimal et un Effort Exceptionnel, s’il se souvenait bien. Sauf que ce n’était pas un résultat qui appartenait à Albus ou lui, il en était certain. Mais à qui, alors?

- Vous vous souvenez qui a eu huit Optimal et un Effort Exceptionnel? S’enquit-il en prenant un air songeur, mais surtout amusé pour ne pas leur montrer qu’il trouvait cette question très importante.

- Aucune idée, avança Rose. Peut-être que c’est quelqu’un parmi notre charmant groupe de Serpentard. Ruby, peut-être?

Oui, peut-être… Mais il n’en avait pas l’impression. Ruby était certes douée en classe. Mais… pas au point d’avoir huit Optimal. Il en était persuadé. Pourquoi y avait-il soudainement autant de mystère? Il sentit de la frustration monter. C’était forcément à cause de Parkinson! Il l’avait complètement perturbé avec son charabia. L’imbécile…

Il se força à sourire à nouveau avec cette petite expression narquois dont il avait le secret et saisi la main de Rose entre ses mains. La sensation ne partait toujours pas depuis tout ce temps. Il avait toujours l’impression d’être à sa place. Accepté, pleinement et simplement. Quand il tenait sa main, il se sentait comme n’importe qui d’autre. Et pas comme le fils de Drago Malefoy, Mangemort fils de Mangemort. Il se sentait lui, tout simplement. Et bien sûr, il y avait toujours cette sensation merveilleuse qui survenait chaque fois que leur peau entrait en contact.

Il caressa distraitement du pouce le dessus de la main de Rose et alors qu’il s’apprêtait à dire quelque chose, la porte de leur compartiment s’ouvrit à nouveau. Il jeta un regard ennuyé vers la porte en croyant que c’était à nouveau Parkinson, mais… non. C’était seulement James.

- Je n’arrive pas à croire que c’est la dernière fois que j’entre dans ce train en direction de Poudlard, dit-il un sourire aux lèvres en s’appuyant négligemment contre le chambranle de la porte.

- Je n’arrive pas à croire que je vais être débarrassé de toi pendant un an, affirma Albus la seconde suivante.

- La belle vie, on va enfin pouvoir montrer à Poudlard que James Potter n’est pas le seul plaisantin de l’école! Renchérit-il avec un sourire moqueur.

Il ne savait même pas pourquoi il disait ça. Mais ça lui était venu comme ça. James arqua un sourcil, son sourire amusé encore plus grand et lâcha :

- Vous prévoyez me détrôner?

- Peut-être? Dit Rose sur un ton de défi. Tu ne nous en crois pas capable?

- En un an? J’ai des doutes, avoua-t-il en rigolant légèrement.

- Bah, on a quand même… commença Rose avant de s’interrompre brusquement, l’air perdu.

- Vous avez quoi? s’enquit James en fronçant les sourcils. Une arme dévastatrice? Plaisanta-t-il.

- Non. On a l’intelligence! Assura sa cousine en le foudroyant du regard, mais elle avait un léger sourire narquois.

Il éclata de rire tandis que James foudroyait sa cousine du regard. Pourtant, l’instant suivant, il éclatait de rire à son tour. Albus souriait comme un bienheureux de son côté, car toutes les occasions d’humilier son frère ou l’agacer l’amusait tout particulièrement. Ce qui était compréhensible, car Al devait subir les humiliations de son aîné depuis très longtemps. Et si lui-même n’aimait pas particulièrement quand James lui jouait des tours, alors que ça ne ferait bientôt que deux ans, alors il n’imaginait pas pour son meilleur ami.

Rien qu’au souvenir du jour où il avait eu les cheveux clignotants le fit grincer des dents. Enfin, il ne pouvait pas nier que ça avait été intéressant à voir. L’espace d’une seconde. Il se rappela avec un sourire la fois où James avait eu droit à une attaque, lui aussi. On s’était vengé… Mais qui? Il n’arrivait pas à s’en souvenir. Que lui arrivait-il, par Merlin? Il n’aurait jamais dû oublier l’auteur de cette farce, James avait été muet pendant une semaine entière!

- Dis, James, est-ce que le nom d’Allison te dit quelque chose? Demanda Rose, brutalement.

- Je ne sais pas… dit-il rapidement avant de songer y réfléchir. Humm… Je crois que oui. Il y a Alyson Daniels de mon année à Poufsouffle. C’est d’elle dont tu parles.

- Je ne la connais pas, alors non, lâcha Rose avec un froncement de sourcil. Est-ce que tu as croisé Parkinson?

- En fait, oui, avoua James. Et il m’a demandé si j’avais vu une certaine… Allison. J’en conclus qu’il vous a fait une scène à vous aussi?

- Ouais, marmonna-t-il.

- Et il croyait qu’elle était ma copine, ajouta Albus en levant les yeux au ciel.

- Je ne crois pas qu’aucune des Allison que je connais ne serait assez désespérée pour sortir avec toi, plaisanta le frère de son meilleur ami. Je plaisante, petit frère, je plaisante, ajouta-t-il en voyant Albus lui jeter un regard mauvais. Non, mais sérieusement! Je m’en souviendrais si tu sortais avec quelqu’un du nom d’Allison! Ou avec quelqu’un tout court! Comme par exemple cette erreur monumentale que tu as faite en sortant avec Rebecca au Bec de Canard.

- C’est donc toi qui lui as donné ce surnom! S’écria Scorpius, soulagé.

- Euh… non. Je crois que pour ma part, c’était Rebasha. Ou Basha tout simplement. Ou peut-être Rebashy? Je ne m’en souviens pas, ça n’a pas duré assez longtemps…

Albus grommela entre ses dents et Scorpius eut un sourire. Pour sa part, c’était loin de lui avoir déplu que la relation entre Albus et Rebecca dure si peu de temps. À peine après une semaine et il en avait déjà eu marre de cette fille. Une peste, il ne voyait pas d’autre mot. Rose devait partager sa réflexion, car elle eut une grimace. Toutefois, il ne parvenait pas à passer outre le fait que… ce n’était pas normal. Qui était la personne à avoir surnommé Rebecca ainsi?

Il poussa un soupir. Apparemment, il ne s’en souviendrait pas de sitôt. Il continua à chercher pendant quelques minutes fouillant plus profondément qu’il ne l’aurait cru dans ses souvenirs. Mais rien ne lui venait. Il perdit rapidement patience et décida qu’il y reviendrait une autre fois. Il reprit conscience de ce qui l’entourait lorsque Rose lâcha :

- Euh… Scorp?

- Quoi? dit-il avec un sourire tranquille.

- Tu n’as pas écouté ce qu’on a dit, n’est-ce pas?

Il regarda autour de lui et constata que James avait déjà quitté le compartiment. Pour le moment, du moins. Il adorait passer à l’improviste. À plusieurs reprises. C’était l’un de ses petits plaisirs que de venir taquiner son frère. Et tout le monde au passage.

- Pouvez-vous répéter, alors? S’excusa-t-il en souriant d’un air gêné.

Il se passa la main dans les cheveux, quoique, à la différence d’Albus, il fit en sorte de suivre sa coupe au lieu de tout mettre de travers. Il n’accordait peut-être pas la plus grande des importances à son apparence, mais certainement plus que son ami qui ne prenait apparemment jamais la peine de se peigner le matin. Cela dit, pour avoir passé plusieurs semaines en sa compagnie, il avait déjà constaté que c’était totalement inutile qu’Albus se peigne, car il n’y avait jamais de différence entre le avant et le après.

- Rose voulait déjà que l’on discute à propos des cours optionnels de l’année passée, ce que l’on pensait prendre cette année et aussi des duels, soupira son meilleur ami.

- On ne pourrait pas discuter de Quidditch, en premier? J’ai une envie particulière de me plaindre, marmonna-t-il.

Et il y avait de quoi se plaindre. Après tout, une bonne majorité de son équipe devait être remplacé. Quatre joueurs, plus précisément. Ce qui signifiait qu’il ne restait que Ruby, Arya Eastwood et lui-même. Que des filles. Il n’était plus qu’avec des filles. Il était presque certain de pouvoir entraîner ses amis Serpentard à tenter l’équipe, mais il savait très bien que ce serait à Arya d’en décider, car c’était à elle qu’on avait remis le badge de capitaine. Ce qui était le choix le plus logique, puisqu’elle était la plus âgée. Il avait tout de même bon espoir qu’elle les choisisse, car Joshua, lors de leurs matches amicaux entre amis, était un excellent batteur tandis que Kieran gardait plutôt bien les buts. Quant à Amy, elle avait comme un sixième sens qui la reliait à Ruby, alors c’est deux-là formait un formidable duo. Il ne manquerait donc plus qu’une personne pour compléter l’équipe…

- Pas une mauvaise idée! approuva Albus en souriant.

- On va encore vous battre cette année, renchérit Rose. James ne pourra jamais accepter une défaite pour quitter Poudlard.

- Et pourquoi on ne viserait pas une égalité? Rétorqua-t-il, un sourire moqueur aux lèvres. Ça rendrait fou tout le monde! Je suis presque certain que ça n’a jamais été fait…

Les deux Gryffondors le dévisagèrent avec de grands yeux, mais la seconde suivante ils se mirent à parler en même temps avec enthousiasme. Apparemment, ils étaient d’accord avec lui concernant une chose. À défaut d’obtenir la victoire, James adorerait causer de la pagaille pour sa dernière année. Une énorme et grande pagaille. Toutefois, les autres équipes ne risquaient pas de rendre les choses plus aisées. Et puis, était-ce seulement possible?

La réponse à la question ne lui importait pas vraiment, il aimait seulement débattre de Quidditch avec ses amis, tranquillement. D’autant plus que ça l’empêchait de songer à autre chose. À cette absence bizarre qui lui nouait le ventre. Soudain, une question traversa son esprit et avant d'avoir pu l’arrêter, il s’enquit :

- Au fait, vos deux batteurs c’est qui déjà?

- Il y a Samuel! Répondit Albus rapidement.

- Et l’autre… l’autre c’est… Bizarre. Je ne m’en rappelle pas, ajouta Rose.

- Oui, moi non plus… Je ne comprends pas… renchérit son meilleur ami en fronçant les sourcils.

Il y avait quelque chose qui clochait. C’était clair maintenant. Clair comme de l’eau de roche, s’il pouvait le dire ainsi. Malgré tout, il haussa des épaules, comme pour tranquilliser ses amis et changea de sujet. Il n’avait pas envie de ruiner leur voyage en train pour essayer d’élucider un nouveau mystère… Pourquoi un nouveau mystère? Avaient-ils déjà élucidé un mystère auparavant?

La question le tarauda un moment, malgré qu’il discutait avec ses amis de sujets et d’autres en rigolant ensembles lorsqu’ils se rappelaient certaines anecdotes. Mais il y avait toujours quelque chose de faux avec ces anecdotes, mais à chaque fois qu’il y songeait, il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. C’était une sensation de vide. Très étrange.
Après une heure ou deux de trajet, James revint les voir pour charrier un peu Albus, même s’il n’y donnait pas tout le cœur qu’il le ferait normalement. Ce qui intrigua Scorpius. Pourquoi semblait-il avoir une certaine retenu? Il doutait fortement que ce soit une soudaine sagesse ou maturité chez le Gryffondor. Il semblait plutôt… perturbé. Mais par quoi?

Rose mentionna alors l’idée qu’il avait eu de terminer la saison de Quidditch sur une égalité et James s’écria :

- Tu veux rire de moi?! Ce serait un échec! Et je n’accepterai aucun échec pour ma dernière année!

Il jeta un regard très insistant et menaçant sur Rose et Albus, ce qui fit lever les yeux de Scorpius au ciel. Ce qu’il pouvait agir comme un enfant, parfois, James. Il le supportait assez bien la majorité du temps, mais il y avait quelque chose chez le frère d’Al qui l’énervait un peu. Le fait qu’il tente toujours d’être le centre de l’attention et qu’il soit quelque peu arrogant, entre autre. Il poussa un soupir, mais avant qu’il ait pu dire quoi que ce soit, la porte du compartiment s’ouvrit à nouveau, mais cette fois sur Amy. Toutes les têtes se tournèrent vers elle.

Il constata rapidement qu’elle semblait essoufflée et complètement paniquée. Il se sentit blêmir, que se passait-il donc? Il lâcha d’un ton qui sembla inquiet même à ses oreilles :

- Amy? Qu’est-ce qu’il se passe?

- C’est Josh.

Il n’en fallut pas plus pour qu’il se lève d’un bond. Il sortit en courant du compartiment et c’est à peine s’il prit conscience que ses amis et James le suivaient. La simple mention de son meilleur ami chez les Serpentards lui avait comprendre ce dont il s’agissait. Somnambulisme. Probablement. Il ne voyait pas ce que ça pourrait être d’autre. Toutefois, jamais encore Josh n’avait eu de crise pendant les voyages en train. Jamais.
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Quand il arriva au compartiment de ses amis Serpentard, il comprit rapidement que c’était encore pire que toutes les fois précédentes. Kieran avait été propulsé contre la porte du compartiment, tandis que Ruby et sans doute l’une des cousines de Joshua qu’il n’avait jamais rencontré se tenait de l’autre côté. Quant à Josh lui-même… Il plaquait violemment Parkinson contre le sol du compartiment entre les deux banquettes.

Ce qui était particulièrement étrange, c’était le fait que Josh ne portait plus son t-shirt. Scorp eut une grimace en voyant le dos de son meilleur ami couvert des immondes cicatrices de son passé quelque peu houleux. Sans attendre, il se jeta sur ce dernier en l’empoigna par la taille pour l’éloigner de Parkinson. Il entendit Ruby grommeler à côté :

- Non, mais c’est pas vrai… Pas encore lui!

- Il y a des choses plus importantes qui se passent en ce moment que ne pas supporter ma présence, Shepherd! Gronda James et Scorpius le vis apparaître à ses côtés pour l’aider à éloigner Josh de Parkinson.

Ils n’avaient toutefois pas prévu que ce son ami Serpentard allait se débattre. Il reçut un coup de coude dans le ventre et un sifflement douloureux s’échappa de sa bouche. Par Merlin, Josh ne connaissait pas sa force… Il ruait, se débattait, tant et si bien qu’il finit par se libérer et il lâcha en tomba à genoux :

- Horrible… Horrible… Ne… pas les filles… Moi… Douleur…

Scorpius jeta un coup d’œil inquiet à la cousine de son meilleur ami Serpentard et il vit qu’elle avait des yeux exorbités par la terreur, l’inquiétude et… la rage? Il semblerait bien. Il vit Rose s’approcher et il n’avait aucune idée de ce qui pouvait bien avoir convaincu la petite de lui faire confiance, mais déjà elle se laissait cacher la vue par Rosie.
Joshua se redressa soudain d’un coup et Scorp remarqua qu’à ce moment le sang qui perlait aux coins de ses lèvres. Il fallait le réveiller, ils n’avaient plus le choix. Il jeta un coup d’œil à Kieran et avec un air entendu, ils fondirent sur leur ami, mais ce dernier les devança en s’élançant vers la fenêtre. Rapidement. Très rapidement.

Peut-être un peu trop rapidement.

Il fonça de plein fouet et ils entendirent tous distinctement le son du choc se répercuter. Puis, il se mit à frapper avec force contre la fenêtre. À répétition. Et si fortement, que pendant une terrible seconde Scorpius craignit que son ami ne la défonce et tombe en bas du train. Sauf qu’aussi rapidement qu’il avait commencé, il s’arrêta d’un coup. Et il se retourna vers eux, l’air hagard et le nez en sang.

- Que… que s’est-il passé?

Quelque chose dans le regard de son ami lui apprit qu’il était parfaitement au courant de ce qui s’était produit. Qu’il ne demandait que dans l’espoir que ses craintes ne soient pas avérées. Et par-dessus tout, que sa cousine n’ait pas été témoin de tout ça. Car si Scorpius avait appris quelque chose chez son ami, c’était bien qu’il ne se dévoilait pas facilement. Et que jamais, ô grand jamais, il ne voulait que ses cousines voient leur vie gâchée.

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Je me réveillai brusquement, la tête inondée. La panique enfla en moi alors que de l'eau s'infiltrait dans mes poumons et je tentais de prendre une grande inspiration sur le coup de la surprise. La première chose que j'aperçus en ouvrant les yeux fut mon oncle. Et le sourire mauvais qui étira ses lèvres me donnèrent froid dans le dos. Je me recroquevillai sur moi-même, mais je ne pouvais rien contre lui, je n'avais que treize ans et j’étais trop faible pour changer quoi que ce soit. Il me tira sauvagement par le bras et me mit sur mes deux pieds en hurlant méchamment :

- Debout, petit écervelé! Tu n'as que trop dormi!

Il n'était que trois heures du matin, par Merlin! Et j'avais... j'avais besoin de... de sommeil. Un bâillement s'échappa de ma bouche et la seconde suivante je reçus une gifle cinglante sur le visage, alors même que ma bouche n'était pas encore refermée. Je sentis mes dents claquer sur ma langue et le goût du sang emplit ma bouche.

Je regardai mon oncle avec effroi alors que je touchai délicatement ma langue du bout du doigt. Je lui hurlai alors:

- Tu m'as fait me mordre!

Ce à quoi il me répond en levant les yeux au ciel:

- Tu ne geindrais pas pour si peu si tu étais comme ton père. Même ta mère avait plus de retenue que toi!

Je ne répondis rien de plus, mais je commençai à me débattre avec vigueur. Je réussis finalement à me déprendre de sa prise en me laissant me pendre de tout mon poids sur son bras qui me retenait. Il me lâcha en grimaçant et j'en profitai pour le repousser loin de moi avec toute la force que j'avais. Mon oncle recula de quelques pas, mais voilà que mes cousines arrivèrent dans le sous-sol, poursuivie par ma tante qui hurlait :

- Revenez tout de suite, c'est entre votre cousin et votre père que ça se passe!

Celles-ci ne l'écoutèrent pas et vinrent immédiatement me rejoindre toutes tremblantes. Mais voilà que mon oncle revenait à la charge. Il s'apprêta à prendre Mae par le bras violemment, mais je le repoussai encore tout en m'assurant de placer mes deux cousines dans mon dos.

Mon oncle n'approuva pas mon mouvement de rébellion et m'envoya son poing au visage. Je ne lâchai pas un cri, pas un gémissement et j'endurai alors qu'il me jetait au sol. Je parvins à jeter un coup d'œil vers mes cousines et elles comprirent vite le message. Partir. Elles devaient partir. Elles s'enfuirent donc en courant en évitant parfaitement leur mère.

Mon oncle me roua alors de coups plus forts les uns que les autres. D'abord un dans le ventre, puis un coup de pied sur les chevilles et il termina par deux ou trois coups de poing au visage. J'avais le nez en sang, la lèvre fendue, mais je m'en foutais. Il ne réussirait pas à me changer. Je suis qui je suis et je resterai tel quel. Je refermai mes bras autour de ma tête et me recroquevillai de nouveau sur moi-même lorsque je le vis prendre l'air qui dit « Je n'ai pas terminé ».

Je finis par relever la tête, mais j'avais peur. La peur était littéralement en train de me ronger de l'intérieur. Je sentis ses petites dents qui me grignotent les entrailles de plus en plus, au même rythme que le regard évaluateur de mon oncle. Je vis bien ses petits yeux malsains qui cherchaient l'endroit le plus propice pour enfin me faire comprendre que je devais changer. Que je devais m'endurcir. Mais il ne comprenait pas. Si j'étais faible, ça ferait longtemps que j'aurais changé. Soudain son regard s'illumina et un sourire mauvais étira ses lèvres tandis qu'il me disait d'un ton froid et qui voulait paraître désintéressé :

- Retire ton t-shirt Joshua.

Il n'utilisait jamais mon prénom. Je fermai les yeux une seconde, très fort. S'il l'avait dit c'était parce qu'il préparait quelque chose de particulièrement horrible. Les yeux toujours fermés, je compris immédiatement de ce dont il s'agissait lorsque j'entendis le bruit d'une ceinture que l'on retirait. Ma respiration s'accéléra. J'avais peur. Affreusement peur. J'avais peur de lâcher et... et d'abandonner mes cousines. Je ne pouvais pas faire ça. JE NE POUVAIS PAS FAIRE ÇA. Elles avaient besoin de moi. Besoin que je sois fort. Je pris une grande inspiration et je rouvris les yeux.

- Tu vas m'obéir, oui?! Relève-toi et retire-moi ça sur-le-champ! s'exclama mon oncle avec fureur.

Je ne devais pas aller assez vite, car il me saisit par les épaules et me redressa en me secouant comme un prunier.
Avec des doigts qui tremblaient de manière presque imperceptible, je retirai mon t-shirt. D'une poussée il me fit tomber à quatre pattes, dos à vue. Je déglutis et parvins à ne pas fermer les yeux lorsque je l'entendis préparer son arme de torture. Il ne m'aurait pas. Il ne m'aurait jamais. Je devais m'en convaincre.

Le premier coup me fit grimacer. Mais j'arrivai à tenir pour les autres et aucune plainte ne sortit de ma bouche. Ce qui dut enrager mon oncle, car ses coups se firent de plus en plus violents. Ma respiration commença à devenir saccadée. Mais cette fois ce n'était pas la peur. C'était de la colère. Une colère noire. J'avais l'impression d'entendre de drôles de bourdonnements, mais je ne m'en préoccupai pas. Mon oncle était autrement plus important. Et pas dans le bon sens du terme...

Soudain j'entendis de nouveau des pas dans les escaliers. Je regardai dans cette direction et voilà mes deux cousines qui réapparaissaient. J'ouvris de grands yeux interloqués et la panique enfla en moi en voyant mon oncle lever la main lorsqu'elles s’approchèrent. Une main toute prête à frapper. Sans plus réfléchir je bondis sur mes pieds en retenant une grimace et lui sautai dessus. Le plaquant au sol de tout mon poids. Je grondai alors à mes cousines:

- Partez, j'ai dit! Et ne revenez pas!

Dès que je les vis s'enfuir en courant à nouveau, je poussai un soupir. Mais voilà mon oncle qui me projetait sur le mur. Mon dos le rencontra assez violemment et la douleur m'inonda complètement. Je fis la grimace et en le voyant me fondre dessus, je ne réfléchis plus et m'enfuis à toute vitesse vers les escaliers. Avant de... BOUM!!


Il avait l’impression que ses oreilles bourdonnaient. Un son constant, régulier. Mais hautement désagréable. Il papillota des paupières quelques instants avant de comprendre ce qu’il voyait devant lui. Il se voyait. Lui. Dans le reflet de la fenêtre. La fenêtre du train. Son souffle se bloqua alors qu’il constatait qu’il n’était pas seul. Dans la fenêtre, derrière lui, se trouvait ses amis Scorp, Ruby, Amy et Kieran. Ainsi que Parkinson, James et Albus Potter et Rose Weasley.

Que… La panique lui noua la gorge en comprenant ce qui avait dû se produire.

Il chercha rapidement ses cousines des yeux, mais ne repéra que Mae, caché derrière Weasley. Où était Amy? Sa cousine. L’une des deux qu’il devait absolument protéger envers et contre tout? Il sentit un étau glacé se refermer sur son cœur, mais préféra se retourner vers ses amis, en ayant encore l’air perdu. Car, en fait, à tout bien y réfléchir. Il l’était.

C’est au moment de croiser les regards de tout le monde qu’il constata qu’il ne portait plus son t-shirt. Et qu’ainsi, l’hématome qui marquait son ventre était purement apparent. Il lâcha pour tenter de changer les idées de tout le monde et que ça passe inaperçu le temps de retrouver et enfiler son t-shirt :

- Que… Que s’est-il passé?

Il savait pourtant exactement ce qu’il avait vécu. Une crise. Une crise de somnambulisme pour être plus exact. Il chercha avidement son haut du regard en frissonnant sous le poids des regards. Lorsqu’il releva la tête, il vit le regard empli de peur et d’effarement dans les yeux de Rose. Elle n’avait jamais su. Non, jamais. Il n’avait jamais rien dit, même si depuis qu’elle était avec Scorp elle les fréquentait plus. Personne ne savait excepter son petit groupe restreint d’amis.

Du moins, c’était le cas avant aujourd’hui.

- Tu as eu une crise, Josh, souffla Ruby sur un ton désolé.

- Pire que d’habitude, ajouta Kieran en se massant le poignet, signifiant qu’il était particulièrement mal à l’aise.

Il frissonna à nouveau. À quel point est-ce que ça avait été terrible? Il n’aimait pas ça du tout. Son attention se reporta rapidement sur Mae et il sentit à nouveau la panique lui vriller le cœur. Amy. Où était Amy? Il ramassa rapidement son t-shirt qui traînait par terre et le renfila. Alors qu’il s’apprêtait à poser la question qui le taraudait, James Potter lui demanda :

- Est-ce qu’on peut savoir qui t’a fait ça, Joshua? Ce truc, sur ton ventre. Pour un peu, j’aurais cru à un Cognard. Mais à tu ne serais pas seulement dans cet état.

- Ça ne te regarde pas, grinça-t-il.

- On pourrait peut-être t’aider, avança Rose avec une lueur déterminée dans le regard.

Il poussa un soupir. Il ne voulait pas leur attirer des problèmes. Et encore moins… Encore moins attirer encore plus l’attention de son oncle et sa tante en fréquentant des gens qu’ils ne jugeaient pas fréquentable. Amy, Kieran et Scorp, ça allaient pour eux. Même s’ils n’appréciaient pas les fréquentations de Scorpius. Toutefois, il n’avait jamais mentionné Ruby. Car à ce moment-là, il aurait été bon pour… Il préférait ne pas y penser.

- Je n’ai pas besoin d’aide. J’ai déjà un plan.

Toutes les personnes du compartiment, à l’exception de Parkinson et Mae, le dévisagèrent en ayant l’air de dire « Ah oui? ». Un nouveau soupir lui échappa et il se frotta les yeux. Il n’avait pas de temps à perdre avec ça. Ses problèmes familiaux n’étaient rien comparés à… à ce qui se passait présentement. Amy. Amy était importante. Et elle n’était pas là!

- Peu importe, gronda-t-il. Où est ma cousine? Où est Amy?

Il vit une lueur inquiète traverser les yeux de Mae et il se maudit pour ne pas avoir pensé à le demander discrètement. Il s’approcha alors et bouscula sans vraiment faire attention tout le monde pour rejoindre sa deuxième cousine et la prendre dans ses bras. Il lui chuchota doucement :

- Hé, ne t’inquiète pas. Tu sais à quel point je m’inquiète toujours pour vous et souvent pour rien. Je suis certain qu’Amy a simplement rencontré quelqu’un et qu’ils font connaissance…

Il n’était pas certain de savoir si c’était à elle qu’il essayait de convaincre ou lui-même. Il releva les yeux sur les autres et les interrogea du regard. Ruby se mordit les lèvres et il sut immédiatement que ça s’annonçait mal. Il sentit à nouveau la panique lui mettre le ventre de travers. Puis, Amy, son amie, avoua :

- On ne l’a pas revu depuis… depuis qu’elle est partie aux toilettes.

- Avec Parkinson, fit soudain remarquer Ruby avec un regard éloquent de méfiance.

- Qu’est-ce que tu as fait, Parkinson! Gronda James avant même que Joshua ait pu dire quelque chose.

- Je ne m’appelle plus Parkinson! Rugit ce dernier ce qui désappointa Joshua.

Il y avait quelque chose qui sonnait à la fois vrai et faux dans ce qu’il disait. Mais il ne trouva pas la force de chercher à creuser. Ni l’envie. Sa cousine était autrement plus importante. Et il se foutait maintenant que l’héritage de Parkinson puisse l’aider à sortir ses cousines des griffes de leurs parents. Tout ce qu’il voulait, c’était des réponses.

- Dis-moi où est ma cousine! S’énerva-t-il en foudroyant son aîné du regard.

- J’en ai aucune idée! s’écria Parkinson. Pour ce que j’en sais, elle est allée aux toilettes. Et puis… aucune idée.

- N’essaie pas de mentir, Parkinson! Grommela Ruby en le foudroyant du regard.

- Je ne m’appelle pas Parkinson! Cracha-t-il. C’est Williams, maintenant! Faites-vous à l’idée! Ça va être la même chose pour Allison!

- Allison? C’est qui, Allison? S’enquit Ruby en fronçant les sourcils.

Lui non plus ne comprenait pas. Qui était cette Allison? Ce nom résonnait comme du vide dans son esprit. Il tenta de chercher dans sa mémoire, mais en vain. Mais en même temps, il n’était pas très concentré.

- Vous n’allez pas recommencer! Gronda Parkinson, mais sans ajouter quoi que ce soit, il ressortit du compartiment en bousculant tout le monde sur son passage.

Apparemment il était furieux. Mais en quoi pouvait-il bien l’être? Que pouvait-il y avoir de frustrant à l’idée qu’aucun d’eux ne connaissent cette Allison dont il parlait? Il poussa un soupir et frotta le dos de Mae tendrement alors que celle-ci tremblait contre lui. Il savait à quel point elle était forte. Mais lorsqu’il était question de sa sœur, il n’y avait que deux possibilités. Elle devenait complètement folle furieuse ou encore toutes les insécurités qui l’habitaient à cause de ses parents refaisaient surfaces et elle tremblait comme une feuille.

Il ne pouvait pas rester là.

Il regarda ses amis tour à tour, cherchant à savoir si quelqu’un lui cachait quelque chose, mais se rendant rapidement compte que non. Il prit la main de sa cousine et annonça :

- Je vais chercher Amy.

- Je viens avec toi! s’empressa aussitôt de dire Ruby. C’est en partie de ma faute. J’aurais dû voir qu’elle n’était pas encore revenue après tout ce temps.

- C’est de notre faute à tous, ajouta l’homologue de sa cousine.

- Alors on vient avec toi, renchérit Kieran.

- Ce n’est pas…

- Nous aussi, ajouta Scorpius en se désignant lui ainsi que Rose et Albus, ceux-ci acquiescèrent rapidement, montrant leur accord.

- Et moi, conclut James avec un grand sourire. Plus on sera nombreux à chercher, plus vite on la retrouvera! Assura-t-il.

- Non, tu ne viens pas! S’énerva Ruby. J’en ai déjà assez de te…

- Il a raison, alors il vient, la coupa-t-il rapidement.

Plus ils seraient nombreux à chercher Amy et plus ils auraient de chance de la retrouver rapidement. Il détestait la lueur inquiète dans les yeux de Mae. Et il détestait encore plus ce sentiment d’impuissance qui l’étreignait alors qu’il songeait à toutes les horreurs qui pouvaient s’être produit.

- Donc, elle ressemble à quoi? demanda James quelques pas plus loin.

- Une copie presque conforme de Mae, répondit-il en désignant sa deuxième cousine.

- Parfait, alors je vais aller chercher Dyl’ et Liam pour donner un coup de main. Je vous envoie un petit message si je la trouve.

Sur ces mots, l’aîné des Gryffondors présent s’éloigna à grand pas en regardant dans toutes les cabines devant lesquelles il passait. Joshua s’en sentit grandement soulagé de savoir qu’ils seraient encore un peu plus nombreux pour chercher sa cousine. Il avait… tellement peur. Il se sentait comme à ses treize ans. Faible. Inutile. Incapable de les protéger comme il se devait…

Pour les quelques heures qui restaient au voyage en train, ils fouillèrent. Ils cherchèrent dans tous les recoins du train. Partout. Ils questionnèrent toutes les personnes qui voulurent bien leur répondre. Mais personne ne l’avait vu. Nulle part. Chaque minute supplémentaire laissait des sueurs froides dans son dos. Et plus le temps passait, plus la poigne de Mae se resserrait. Il ne sentait plus ses doigts à présent. Mais il s’en moquait, il ne voulait surtout pas qu’elle le lâche.

Ils durent rapidement se rendre à l’évidence et retourner à leur compartiment respectif pour prendre leur bagage. Mais Joshua était loin d’avoir le cœur à ça. Vraiment loin, loin de là. Il n’avait qu’une envie, s’était de s’écrouler et se laisser au désespoir. Mais il ne pouvait pas. Il avait une deuxième cousine qui avait besoin de lui.

Il attrapa donc tous leurs bagages, chargea Mae de prendre soin de Scylla et Kieran se chargea de la valise d’Amy. Ils rejoignirent ses autres amis dans le couloir. Ce terme comprenant les personnes suivantes : Scorpius, Albus et Rose. James avait décidé de retourner fouiller l’autre côté du train. Joshua bouscula ses amis pour se frayer un passage alors que le train ralentissait. Il voulait être le premier dehors. Pour pouvoir surveiller tous ceux qui sortiraient en espérant trouver Amy.

Il réussit à se rendre jusqu’à la porte menant à l’extérieur du train. Il l’ouvrit et repéra rapidement la grande silhouette d’Hagrid accompagné d’un énorme chien qui avait encore l’apparence d’un chiot, mais qu’il n’avait encore jamais vu. Ainsi que de sa fidèle lanterne. Le sourire du demi-géant sembla toutefois se fendiller lorsqu’il s’arrêta. Et baissa la tête vers le sol en éclairant quelque chose de sa lanterne.

Joshua baissa à nouveau son regard et passa très près de manquer la marche menant au sol quand il vit ce qui se trouvait par terre. Dans une position grotesque, il y avait un corps. Un corps minuscule avec de longs cheveux qui semblait bruns. Bruns avec des reflets dorés rapportés par la lanterne. C’était Amy. Le corps inerte était Amy. Le souffle lui manqua, comme si tout l’air de ses poumons était ressorti d’un coup. Il hurla en sautant à terre et en se mettant à courir, tirant Mae derrière lui :

- AMY!

La peur faisait tambouriner son cœur. La panique le faisait se fendiller. Car le corps… le corps ne bougeait pas. Elle avait l’air morte. Mais il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas le supporter. Rien qu’à cette idée et son cœur vola en éclat. Puis il se souvint… « Ne vous inquiétez pas, surtout! Je vais prendre soin d’elles! » avait-il hurler à son oncle et sa tante. Quelle. Bonne. Blague. À peine arrivait-il près du corps de sa cousine, qu’il tomba à genoux.

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Alors, comment était ce chapitre? (Autre que plus court :lol: ) Nul? Acceptable? Très nul? J'ai eu plus de difficulté que je ne le croyais à me glisser dans les différents personnages à mon avis... Alors, je me demandais... Est-ce que vous seriez d'accord pour que j'écrive à la première personne avec les autres PDV? Puisque de toute manière, j'annonce de qui serait le PDV avant d'écrire et tout...? Car ça résoudrait peut-être mon problème. Cela dit... si vous préférez que je reste à la troisième personne, je m'y attellerai! C'est dans l'adversité qu'on trouve sa force, n'est-ce pas? :lol: Bon, sinon, qu'avez-vous pensé des nouveaux personnages introduits (ou du passé de certains :twisted: )? La petite Amy et Mae... D'ailleurs, en parlant de ces dernières, voici leur apparence (dans le spoiler). Amy en premier et Mae ensuite.

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P.S: Je me suis rendue compte, après coup, que mon message d'introduction était vraiment... long. Alors je m'en excuse :lol: Oui, encore des excuses! :roll: :lol: Et une info gratuite, histoire de vous torturer davantage... le prochain chapitre sera du point de vue d'Allison :twisted: À bientôt! (J'espère)


Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par DarkPhoenix »

Coucou, oh une nouvelle :D un peu en retard, mais c'est pas grave
Mimie, ta fanfic est génial !!!!
Même si j'aurais aimé voir Louis, mais c'est pas grave,je me répéter un peu non ? Parce que il y a James et Allisson (même si Allison n'est que dans ta fanfic je l'aime quand même)
Mais pourquoi tu as fait ça, c'est pas sympa pour Alli, moi à sa place je me serai (déjà) enterré six pieds sous terre, j'aime pas être ignoré, je déteste être ignoré :?
En tous cas j'ai hâte de lire la suite !!!!
Est ce que tu pourras me prévenir pour le prochain chapitre stp
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

DarkPhoenix a écrit :Coucou, oh une nouvelle :D un peu en retard, mais c'est pas grave Mieux vaut tard que jamais, comme on dit ;)
Mimie, ta fanfic est génial !!!! Merci beaucoup :D Ça fait plaisir à entendre :mrgreen:
Même si j'aurais aimé voir Louis, mais c'est pas grave,je me répéter un peu non ? Parce que il y a James et Allisson (même si Allison n'est que dans ta fanfic je l'aime quand même) Tant mieux si tu aimes Allison, sinon la fanfic serait longue :lol: Quant à Louis... Je pourrais toujours voir si je peux l'intégrer dans le tome deux puisque je vais exploiter plus qu'un seul point de vue ;)
Mais pourquoi tu as fait ça, c'est pas sympa pour Alli, moi à sa place je me serai (déjà) enterré six pieds sous terre, j'aime pas être ignoré, je déteste être ignoré :? J'ai besoin de précision... Tu as lu la fanfic au complet? Du genre le tome 1?
En tous cas j'ai hâte de lire la suite !!!! Et moi j'ai hâte de l'avoir écrit :lol: :roll:
Est ce que tu pourras me prévenir pour le prochain chapitre stp Sans problème! Juste, il faut que je sois certaine que tu sois bien rendu au tome 2 :lol:
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Saluuuut! Est-ce que je suis en retard? Oui. Est-ce que j'ai une bonne raison, cette fois? Oui. L'école et les devoirs qui m'ont légèrement enterrée vivante. Bref, là, je suis là! Pour le chapitre 3! M'enfin, je ne sais pas quand va arriver le chapitre 4, par contre. Probablement pas avant les congés de Noël... C'est pourquoi j'ai aussi préféré attendre un peu avant de publier le chapitre... Bon, trève de blabla. Bonne lecture!

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Chapitre 3

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Je les dévisageai à tour de rôle, avec des yeux ronds. Ils ne se souvenaient pas de moi? Ou était-ce encore pire que cela et qu’ils… qu’ils ne me connaissaient pas du tout? Mon cœur rata un battement à l’idée même d’avoir mes meilleurs amis sous les yeux et qu’eux ne sachent même pas ce simple fait. Qu’ils ne sachent même pas qui j’étais.

- Rassure-toi, Al, je ne la connais pas. Et je n’ai aucune idée de qui peut bien être ce Nuage dont elle parle, répondit Rose, les sourcils froncés.

Je me sentis blêmir d’un coup. Jusqu’ici j’avais encore l’espoir que ce n’était qu’un petit malentendu dû à une perte de mémoire, mais maintenant je savais clairement que ce n’était pas le cas. Rose n’aurait jamais pu oublier son chat. Mais j’étais où, par Merlin? Je croyais que mon pouvoir me permettait seulement de remonter dans le temps et quelques autres petits trucs. Ou est-ce que j’avais signé pour avoir la possibilité d’aller dans une autre réalité?! Nulle part! Je n’avais rien demandé.

Rien demandé, du tout.

Je n’avais jamais rien demandé, en fait. Mais apparemment, mon manque de chance était encore pire que je le croyais… Je dus me retenir contre le chambranle de la porte du compartiment pour m’éviter de tomber par terre. Mes jambes étaient atrocement molles. Flageolantes. Si au moins, pour une fois, je pouvais savoir ce qui se passait…

- Vous… vous ne me connaissez vraiment pas? Soufflai-je, avec une dernière once d’espoir.

- Non, affirma Scorpius en me jetant un regard incrédule. Tu es qui?

J’eus l’impression que le monde se mettait à tourner autour de moi et je m’agrippai plus fortement au chambranle de la porte. Oh, Merlin, Merlin, Merlin, Merlin… Où est-ce que j’avais mis les pieds? Rien de tout ça n’était bon signe. Comment allai-je faire pour rentrer chez moi si… si…

Un gémissement s’échappa de ma bouche ce qui attira le regard interloqué des trois autres que je connaissais, mais que je ne connaissais pas.

- C’est peut-être une nouvelle qui se donne un genre… particulier, lâcha Rose d’un ton incertain. Elle vient d’arriver, elle sait qui nous sommes et se cherche des amis…

Ces mots me donnèrent à la fois envie de vomir et de lui cracher au visage. Je n’avais jamais connu une émotion aussi violente à l’égard de mon amie. Sauf que sa manière de s’exprimer me faisait bien comprendre une chose. Elle n’était pas celle que je connaissais. Loin de là, même.

- Peut-être pour vous, mais moi? S’étonna Scorpius.

- Elle s’en fout probablement et ne pouvait pas savoir que tu étais là, grinça celle qui avait l’apparence de ma meilleure amie, mais en beaucoup plus revêche et sèche.

Je lâchai rapidement le chambranle de la porte pour me pincer et comme la douleur fut intense, j’étais dans la certitude de ne pas rêver. J’échappai un soupir et me frottai le visage. Ça n’allait pas du tout, vraiment pas du tout. Rose se leva alors de la banquette et vint se planter devant moi en disant :

- Youhou? Est-ce que tu vas nous dire qui tu es? Et quitter ce compartiment…

Je grinçai des dents et crispai les poings. Je. N’étais. Pas. D’humeur. À. Me. Faire. Marcher. Sur. Les. Pieds. Je m’avançai rapidement d’un pas plus près d’elle, si près que je pouvais sentir son souffle sur mon visage et je crachai :

- Surveille tes manières, Rose Weasley, ou je vais croire que tu es un croisement avec une goule.

- Tu as dit quoi? protesta-t-elle.

- Je ne suis pas d’humeur à recevoir tes petits sermons! Grommelai-je. Alors garde-les pour toi!

- Elle a du caractère, commenta Albus.

- Ouais, confirma Scorpius. Ça va mal se terminer…

- Probablement, acquiesça Al.

Le visage de Rose devant moi devint écarlate et elle siffla :

- Je suis Rose Granger-Wealsey! Fille de la Ministre de la Magie.

- De la… quoi? m’étonnai-je en ayant l’impression que ma mâchoire venait de rejoindre mes pieds.

- Ministre. De. La. Magie, répéta-t-elle, comme si elle s’adressait à une personne particulièrement stupide.

- Non… Non, c’est impossible, marmonnai-je pour moi-même.

- Est-ce que tu es en train d’insulter ma mère?! S’énerva-t-elle.

- Depuis quand tu es aussi susceptible! m’écriai-je en m’énervant à mon tour. C’est quoi cet endroit de fous?! Argh! Il faut que je sorte d’ici…

Alors que je m’apprêtais à faire demi-tour, Spock lâcha un jappement furieux au moment précis où je sentis une poigne de fer s’emparer de mon poignet. La poigne était solide. De la même solidité que celle de ma meilleure amie. Et je n’avais aucun mal à croire que c’était… son double qui me tenait ainsi. Toutefois, à l’inverse d’avec celle qui était ma meilleure amie, Spock lui grondait férocement dessus.

- Pourquoi tu parles de moi comme si tu me connaissais? Me demanda Rose, alors que je lui tournais le dos, mais avec un ton moins froid.

Il me semblait plus… inquiet. Voire interrogatif. L’incompréhension vibrait dans sa voix. Je levai légèrement la tête vers le plafond, à la recherche d’un quelconque signe de soutien, poussai un soupir et me retournai :

- Je pourrais bien te répondre, mais tu ne me croirais pas. Personne ne pourrait y croire. C’est simplement trop fou. Tu vas dire que je suis folle et j’ai assez enduré pour aujourd’hui vos remarques désobligeantes.

- Hé! Mais on n’a rien dit, nous! Protesta Scorpius.

J’arquai un sourcil dans sa direction. Il n’avait peut-être rien dit, mais il n’avait rien fait pour arranger la situation désagréable dans laquelle m’avait placé Rose. Cela dit, il n’aurait sans doute pas pu, quelque chose me disait qu’ici ils étaient loin de s’apprécier. Ou du moins, Rose ne l’appréciait pas. Ce qui était étrange, car… j’avais toujours été persuadée qu’ils seraient devenus amis même si je n’avais pas été là. Je suppose que je constatais maintenant à quel point j’avais eu tort. Et ça m’attristait.

- Dis toujours, poursuivit Albus. On a connu notre lot de trucs incroyables et bizarres…

- Mais attends, souffla soudain Rose. Je te connais. Enfin, pas particulièrement, on a dû se rencontrer qu’une ou deux fois, mais… Ta mère, elle est la directrice du bureau de la Justice magique, non? Marianne Lévesque-Williams.

Je me sentis à nouveau blêmir et mes mains se mirent à trembler. Ma mère? Une boule douloureuse d’émotions se coinça dans ma gorge et mes yeux s’embuèrent. Je refoulai mes larmes indésirables en me mordant les lèvres. Ne pleure pas, Allison. Ce n’est pas le moment, me dis-je. Pas devant eux.

Quelle ironie, pensai-je amèrement.

Normalement, ceux qui étaient là, devant mes yeux, devraient être ceux en qui je pouvais avoir le plus confiance. Mais là, j’ignorais totalement comment réagir avec eux. Pour la première fois en six ans. Je déglutis difficilement et m’apprêtais à poser la question la plus idiote de mon existence lorsqu’Albus lança :

- Ah oui! Je m’en souviens aussi. L’année dernière tante Hermione a organisé cette soirée où elle avait invité plusieurs des employés importants avec leur famille. Tu étais là… Désolé, mais j’ai oublié ton nom.

- C’est Allison Lévesque-Williams, répondit Rose avant que je n’aie pu prononcer un seul mot. Son père était Auror avant de changer de voie. Mais… qu’est-ce que tu fais ici? Tu n’étudies pas à Beauxbâtons, normalement?

Je sentis à nouveau mes jambes devenir molles et d’une voix faible je demandai :

- Est-ce que… Est-ce que je peux m’asseoir?

- Oui, bien sûr! Répondit Scorpius avec enthousiasme alors que le visage de Rose se fermait.

Sympathique. Très sympathique. Je n’étais pas certaine d’apprécier la nouvelle Rose. Du tout. Je m’installai rapidement sur la banquette vide où Rose était assise quelques instants plus tôt et j’enfonçai ma tête entre mes mains pour cacher mon visage. Je n’avais aucune idée de quoi faire. La seule envie que j’avais, c’était de rentrer chez moi. De ravoir mes amis. Et pas… Pas cet endroit qui me ramenait tous pleins de choses en plein visage. Comme par exemple, la vie que j’avais manquée. Mon père. Ma mère. Ils étaient en vie. Et sans doute tous les autres membres de ma famille. Et Ana? L’était-elle aussi? Ou n’existait-elle tout simplement pas ici? Et Teena, et Malia? Et Ruby? Est-ce que je les avais tous perdu?

Un nouveau gémissement s’échappa de ma gorge et cette fois je ne pus empêcher les larmes de couler. C’en était trop. Trop pour moi. J’avais tout perdu, d’un coup. Et je n’avais pas la moindre idée de comment j’allais faire pour rentrer chez moi. Pour retourner à la maison…

Spock vint rapidement se placer sur mes genoux et commença à me lécher les mains avec conviction. Au moins je les avais Ember et lui. Je n’étais pas complètement seule. Je m’essuyai brusquement les yeux et regardai les trois autres personnes du compartiment avec un regard très sérieux. Et loin d’être larmoyant. Je lâchai rapidement :

- Je ne suis pas cette fille. Et je le suis aussi. C’est compliqué, croyez-moi.

- Je ne sais pas si on a une tête d’idiots à ce point, mais tu peux toujours expliquer. Car là, je suis curieux. Et je n’ai pas envie de rester dans le néant plus longtemps, avança Scorpius.

- Ouais, moi non plus, renchérit Albus.

- Quant à moi, je veux surtout comprendre pourquoi tu sembles nous connaître, ajouta Rose. Et aussi pourquoi tu enfreins le règlement en ayant un chien.

Je poussai un soupir et marmonnai pour moi-même :

- Je suis en plein délire. Forcément.

Puis, je les regardai à nouveau en disant avec sérieux :

- Vous allez me prendre pour une folle.

- On va essayer de garder l’esprit ouvert! Affirma Scorpius. J’en ai entendu des folies dans ma vie, alors parle.

- Le problème avec ce que je vais dire, c’est que c’est la vérité, grommelai-je.

Il haussa des épaules et Albus m’enjoignit à parler. Je devais me faire violence pour ne pas le regarder trop longtemps. Il lui ressemblait tellement… Je n’avais qu’une envie c’était de me jeter dans ses bras et de pleurer un coup, ou de simplement rester là, sans bouger. Lui prendre la main… Mais je ne pouvais pas. Ce n’était pas lui. Une nouvelle boule douloureuse se coinça dans ma gorge et je dus déglutir avec difficulté pour être en mesure de parler. Je lâchai ensuite la bombe en une phrase :

- Je viens d’une autre réalité.

Je m’attendais à presque toutes les réactions. Des cris furieux, qu’ils me traitent de folle, qu’ils éclatent de rire… Qu’ils me regardent comme si j’étais la plus dégénérée des dégénérées qu’ils avaient vu… Oui, je m’attendais à tout. À tout, sauf à ça :

- Ah, non, pas encore! Protesta Scorpius.

- Je croyais qu’on en avait fini avec cette mésaventure de quatrième année, geignit Al.

- Le passé vous rattrape, apparemment, soupira Rose et elle vint s’asseoir sur la banquette, à une certaine distance de moi.

- Pourquoi… vous ne semblez pas… étonné? Dis-je en fronçant les sourcils.

- Ça n’a pas d’importance. Comment tu t’es ramassée ici? Tu as utilisé un Retourneur de Temps ou…

- Je suis née avec un don, le coupai-je. Celui de pouvoir voir le futur, le passé et le présent. Et de pouvoir y voyager comme bon me semble à la simple condition d’avoir toujours mon Ancre avec moi. Sauf que l’Ancre en question est une personne. Et… j’ai été emporté par une Vision, ou du moins c’était ce que je croyais, avant d’avoir pu le rejoindre.

- Attends, une minute! S’exclama Rose. Recommence depuis le début, je ne comprends rien à ce que tu viens de dire.

- Non, avant, je veux savoir pourquoi vous n’êtes pas plus surpris! Grommelai-je.

- C’est simple, Albus et moi on a eu l’occasion de faire l’expérience de certaines autres réalités, répondit Scorpius. Maintenant, répète tout depuis le début.

- Ça va être long si je vous raconte tout, précisai-je.

- Alors contente-toi de l’essentiel pour le moment, proposa Rose.

Je soupirai en me massant le front, mais décidai tout de même de m’expliquer. Peut-être qu’ils allaient avoir une solution à mon problème. Enfin, pour ça il faudrait que je leur raconte tout, absolument tout. Mais comme je m’en tenais à l’essentiel, je me contentai de leur expliquer quel don je possédais, en insistant bien sur le fait qu’ils ne devaient le dire à personne. J’expliquai aussi comment il fonctionnait, et donc l’histoire d’Ancre.

- Ma mère ne croit pas en la divination, fut la première chose que lâcha Rose.

Je poussai un soupir. Je me doutais bien que ça avait été beaucoup trop simple jusqu’ici. Enfin, simple était un peu… un euphémisme. Mais relativement leur réaction n’avait pas été celle que je m’attendais au départ. Celle-ci, par contre, me semblait énormément plus… cohérente avec mon idée de départ. Je m’apprêtais à dire quelque chose lorsque la porte du compartiment, que j’avais fermée avant de me mettre à raconter, s’ouvrit brusquement.

Sur James.

Apparemment, certaines choses ne changeaient pas. Peu importe où on se trouvait, James restait… James. Il lança :

- Hé, p’tit frère? Comment ça va ici? Pas trop inquiet pour cette sixième année chez les Serp…

Son regard se braqua soudainement sur moi et il s’exclama :

- Hé, mais je t’ai vu tout à l’heure! Tu es qui? Nouvelle?

- Quelqu’un, marmonnai-je. Et non, je ne suis pas…

Je m’interrompis brusquement. À leurs yeux, j’étais nouvelle. Le seul problème, c’était que je connaissais Poudlard comme ma poche. Je me mordis les lèvres et préférai garder le silence. Si j’ajoutais quoi que ce soit, je risquais de révéler des trucs qui ne valaient mieux pas.

- Tu n’es pas quoi? insista-t-il. En fait, tu me dis quelque chose…

- C’est la fille de Marianne Lévesque-Williams, lâcha Rose.

- Tu veux dire de… commença James, mais son frère le coupa.

- Oui, lui aussi.

- Intéressant… Je croyais que t’allais à Beauxbâtons avec ton frère.

- Un changement de plan! Lança Scorpius.

Je sentis mon cœur tomber dans mes talons à la mention de mon frère. Et de la nouvelle mention de ma mère. Bon sang, ça faisait mal. J’avais perdu tout le monde en même temps. Et pourtant, j’en avais une partie devant moi. Comment j’allais faire pour survivre… Et c’était quoi, cette histoire de changement de plan?

- Je n’ai pas chan… commençai-je, mais Scorpius me foudroya du regard.

- Humm? Fit James en m’interrogeant du regard. En tout cas, tu es plus mignonne que la dernière fois que je t’ai vu, ajouta-t-il en me jaugeant.

Je fronçai les sourcils et me levai d’un bond de la banquette pour me planter devant lui. Je plantai alors mon doigt dans son torse et grommelai :

- Écoute-moi bien, James Sirius Potter, n’essaie pas ce genre de chose avec moi. Ça ne marchera pas. Et puis, je suis déjà prise. Alors, va voir ailleurs. Tu n’as pas des amis dans ce train?

Je me mordis les lèvres ensuite. Oh, mince. Toute cette surdose d’émotions n’était pas bonne du tout pour mon impulsivité. J’étais dans de beaux draps, par Merlin… Je jetai un coup d’œil nerveux autour de moi et constatai qu’Albus ainsi que Scorpius étouffaient un rire, tandis que Rose semblait désapprobatrice. Pour ce qui est de James, il me regardait avec des yeux exorbités.

Je reculai doucement et marmonnai :

- Je suis désolée. Je suis à cran. Et impulsive. Et…

- Je peux savoir comment tu connais mon nom complet? S’enquit soudain James comme si je n’avais rien dit d’autre.

- Je connais bien des choses et tu adorerais savoir quoi. Ou comment. Mais je vais garder ça pour moi, susurrai-je.

- J’espère que tu seras à Gryffondor, en tout cas! On aurait bien besoin de quelqu’un comme toi.

Du coin de l’œil je vis Rose avoir un air plus fermé et je me fis la réflexion que ce n’était pas pour lui plaire à elle. Je me demandais sincèrement… qu’est-ce que ma présence dans ma réalité avait bien pu changer pour faire en sorte que ma meilleure amie soit ce qu’elle était. James nous salua en adressant un sourire malicieux à son frère, puis sortit du compartiment à la même vitesse qu’il y était entré.

À peine fut-il sorti que je me retournai vers Scorpius et Albus en lâchant :

- Je peux savoir ce qui vous fait rire, au juste?

- Bah, toi. Et la réaction de mon frère, s’esclaffa Albus. C’est qu’il ne s’est jamais fait envoyé sur les roses comme ça.

- Jamais aussi rapidement, pouffa Scorpius.

- Peu importe, ce n’est pas important, grommela Rose. Je crois qu’Allison n’est pas sincère.

- Pas sincère? Grinçai-je. Tu crois que je raconterais tous ces trucs seulement pour être… quoi? Intéressante?

- Eh bien, tu es nouvelle ici. Et tu te trouves en compagnie de deux enfants de sorciers célèbres, précisa-t-elle sur un ton qui ne me plut pas du tout.

Pour la première fois, j’eus l’envie irrésistible de me montrer particulièrement… méchante à l’égard de mon amie. De ma meilleure amie. De ma sœur. Je pris entre mes mains mon collier d’amitié à Rose et moi, lui demandai intérieurement de me pardonner et puis je crachai :

- Écoute, Rose Granger-Weasley. D’où je viens tu n’es pas aussi vache, et je m’ennuie sincèrement de cette Rose-là. Et si tu veux mon avis, vous, vous n’êtes pas célèbres. Alors arrête de prendre la grosse tête. À moins que tu aies accompli un exploit quelconque? Celle que je connais, oui.

La bouche de Rose s’ouvrit en grand tandis qu’elle s’immobilisait, interloquée. Puis, elle se leva aussi raide qu’un piquet et dit d’un ton dédaigneux :

- J’y crois pas, tu es incroyablement énervante. Je vais aller dans un autre compartiment. Au revoir, Albus. Scorpius… n’hésites pas à conduire l’autre folle au professeur McGonagall.

Sur ces mots, elle quitta le compartiment en faisant claquer la porte derrière elle. Et j’eus presque le sentiment que la porte s’était refermée sur mon cœur, tellement il me faisait mal. L’autre folle. C’était tout ce que j’étais pour elle. Je m’agrippai plus sérieusement à mon collier d’amie et allai m’asseoir en refoulant mes larmes. Merlin, je n’en pouvais plus.

- Ma cousine n’est pas toujours facile, avoua Albus.

- Mais elle s’adoucit avec le temps! Tenta de me réconforter Scorpius.

- Scorp, ça fait déjà plus de cinq ans et elle t’adresse la parole que parce que tu es préfet.

- Je peux savoir pourquoi vous me parlez encore, tous les deux? M’enquis-je en caressant doucement Spock, le regard vague.

- Eh bien, comme on t’a dit, on a connu certaines autres réalités. Alors ce n’est pas particulièrement… impossible à nos yeux, répondit Al.

- Et puis, tu es la première fille à entrer dans ce compartiment, quand on y est, et à nous parler, renchérit Scorp en souriant. Les autres nous fuient. En fait, tout le monde nous fuit.

Je fronçai les sourcils. Ce n’était pas vraiment ce dont je me souvenais de ma réalité. Je n’avais jamais eu l’impression que quiconque cherchait à fuir Al ou Scorp. C’était même plutôt le contraire, en fait. Je lâchai avec de l’interrogation plein la voix :

- Pourquoi ils vous fuient? À cause de votre amitié Serpentard-Gryffondor?

Cette fois, ce fut leur tour de froncer les sourcils et de se jeter un regard. Qu’est-ce que j’avais dit de mal? Ce n’était que la vérité, non? Je les dévisageai avec insistance jusqu’au moment où Scorpius lâcha :

- Amitié Serpentard-Gryffondor? On est tous les deux des Serpentards, Allison.

- Hein, quoi? soufflai-je incrédule.

- D’où tu viens… L’un de nous est à Gryffondor? S’étonna Albus.

- Oui, toi, dis-je. Et on est tous meilleur ami. Scorpius, Rose, toi et moi.

- Rose aussi? S’étonna Scorpius avec des yeux ronds.

- Oui, à vrai dire… Rose et toi… Vous sortez ensembles, d’où je viens.

Cette fois, sa mâchoire se décrocha et ses yeux pétillèrent. Puis il se tourna vers Albus et s’exclama :

- Je t’avais bien dit! Il suffit d’être patient!

- Mais vous ne le seriez pas si ça n’avait pas été… de moi. Enfin, ça aurait pris plus de temps, car vous êtes de vraies têtes de mule qui vous en faites trop avec l’opinion de vos parents.

Je vis le visage de Scorpius blêmir légèrement, sans que je sache trop pourquoi. Je m’apprêtais à lui demander, lorsqu’Albus lâcha :

- Mais au fait… Tu as dit à mon frère que tu étais en couple, tout à l’heure. C’était un mensonge ou la vérité?

Je me mordis la langue accidentellement et grimaçai sous le coup de la douleur. Je me sentis rougir comme une tomate et regardai par terre en me frottant le visage, espérant en vain que ça effacerait la rougeur de mes joues.

- Ce n’était pas un mensonge, avouai-je le cœur au bord des lèvres, car je me doutais de la prochaine question.

- Et c’est qui? S’enquit-il et je remarquai du coin de l’œil que Scorpius semblait aussi intéressé par la question, même si à voir son air amusé il se doutait de la réponse.

- Toi, lâchai-je du bout des lèvres.

Je passai à deux doigts d’éclater de rire en voyant l’air d’incrédulité total que prit Albus. Il semblait complètement décontenancé. Scorpius, pour sa part, ne s’en priva pas et éclata de rire. Ce qui me fit rougir encore davantage et Albus avec cette fois. Je songeai avec amertume que j’aurais parfaitement pu mentir. Et qu’en fait, ça aurait été la chose la plus logique à faire.

- Est-ce que c’est normal d’être jaloux de soi-même? Soupira soudainement Albus. Oh, Merlin! Je n’ai pas dit ça à voix haute!

- Si, tu l’as dit, s’étrangla presque Scorpius. Mais je ressens la même chose. Rose et moi. Ensembles. J’en rêve depuis la première année. Enfin… presque.

- Eh bien, de mon côté, je trouve que la Allison d’ici est bien chanceuse… marmonnai-je en sentant une boule se former dans ma gorge.

- Pourquoi? s’étonna Albus.

- Elle a toute sa famille, soufflai-je.

- Qu’est-ce que tu veux dire? S’enquit Scorpius d’une voix blanche.

- Toute ma famille est morte, grondai-je d’un ton dur. Tous ses membres. Jusqu’au dernier. Enfin, non, il me reste mon frère. Sauf que je n’ai su que l’année dernière que nous l’étions. Et on a un passé houleux.

Je sentis de nouveau les larmes m’emplirent les yeux alors que je repensais à mes proches disparus. Mes proches décédés. Maman. Mon père. Ana… Et tous les autres que je n’avais pas eu la chance de connaître, mais qui étaient morts. Partis pour toujours. Je m’essuyai rageusement les yeux et regardai à nouveau vers Scorpius et Albus. Le dernier ne semblait pas du tout savoir comment réagir, figé. Quant au premier, il s’était figé aussi, mais je voyais bien dans ses yeux gris une douleur qui faisait échos à la mienne. Il me dit :

- Je suis vraiment désolé pour toi. Et je comprends ta douleur.

- Comment ça? M’étonnai-je.

- Avant ma troisième année, ma mère… elle est… elle est morte, souffla-t-il d’un ton éteint.

Je blêmis à nouveau et j’eus la très forte envie de le prendre dans mes bras. Sauf qu’il n’était pas mon meilleur ami. Seulement une autre version de lui. Et la version présente ne risquait pas d’aimer qu’une inconnue le prenne dans ses bras. Je me frottai vigoureusement les bras en disant :

- Moi aussi, je suis désolée. Mais au moins, tu n’as pas à porter le fardeau de savoir qu’elle est morte pour toi. Pour te protéger. Moi… Moi ils sont tous morts à cause de moi. De mon don.

- Comment ça? S’enquit Albus.

- Il y a un homme… Il voulait faire revenir Voldemort. Et il a entendu une prophétie à mon propos. Il savait pour mon don. Mais il ne savait pas qui j’étais. Seulement que j’étais reliée aux Williams. Alors il les a tous torturé. Puis assassiné. Froidement. Et mon don… il m’a fait assister à tout ça. Depuis mes onze ans. Sauf que je n’ai su qui ils étaient que plus tard.

- Et maintenant? Il est où cet homme? S’enquit Scorpius.

- Mort, dis-je d’un ton sans émotion. Mes amis et moi… On l’a affronté.

Ils me dévisagèrent si intensément que je me demandai pendant une seconde si je n’avais pas quelque chose au visage. Certes, ça avait de quoi surprendre, mais quand même…

- C’est complètement dingue ton histoire, lâcha Al.

- Mais… je n’ai pas l’impression que tu mentes. Je ne vois pas ce que ça t’apporterait, ajouta Scorp.

J’acquiesçai de la tête et m’appuyai plus confortablement contre le dossier de la banquette. J’installai alors la cage d’Ember à côté de moi et me fit la réflexion que je n’aurais personne à qui envoyer du courrier cette année. Ou… peu importe le temps que je resterai coincée ici. Mais il me fallait trouver une solution. Je l’avais promis à Albus. L’autre Albus. Mon meilleur ami. Mon petit-ami. Celui sans qui je n’étais pas exactement complète… et stable. Si c’était lui qui avait été là, les choses ne se seraient pas autant détériorées entre Rose et moi. Et je n’aurais pas été aussi brusque avec James.

Mais il n’était pas là.

Ce n’était pas lui qui était assis là, en face de moi, en compagnie de Scorpius. Aucun des deux n’était celui que je connaissais. Ils pourraient être totalement différents de mes amis. Mais j’étais piégée ici. Dans ce compartiment, car ils étaient les seuls à être un élément familier. Et les seuls à m’adresser la parole.

- Au fait, c’est quoi le nom de ton chien? S’enquit Scorpius.

- Spock, dis-je rapidement. Ou plutôt Spock Junior. Mais je l’appelle aussi Spocky par moment.

- J’espère que McGonagall voudra que tu le gardes, ajouta Albus.

- Elle a déjà accepté une fois. Pourquoi pas deux? Marmonnai-je en haussant des épaules. Je crois que… je vais essayer de dormir un peu.

Ils haussèrent des épaules, témoignant bien que ça leur était égal. Heureusement, ils n’avaient pas décelé le mensonge dans ce que j’avais dit, car je n’avais aucunement l’intention de dormir. Je voulais simplement… Ne plus leur parler. Ne plus répondre à des questions. Être tranquille. Et pouvoir me lamenter intérieurement tranquillement.

Par commodité, je décidai de sortir ma robe de sorcière et mon uniforme au complet de ma valise et sortis sans dire un mot du compartiment. Je remarquai bien du coin de l’œil le regard que les deux garçons se jetèrent et je n’avais aucun doute qu’ils risquaient de parler de moi, mais je m’en moquais un peu. C’était normal. J’étais nouvelle. Bizarre. Et je venais très clairement de chambouler une partie de leur existence.

Je poussai un soupir et me rendis jusqu’à la salle de bain du train pour pouvoir me changer tranquillement. Je croisai quelques visages familiers en cours de route. Certains membres de la famille d’Al, James et Rose. Ayant retenu la leçon je ne prononçai pas un mot pour les saluer. Je ne les côtoyais certes pas si souvent, mais… je les connaissais quand même assez pour leur dire salut lorsque je les croisais normalement. Notamment pour avoir résidé quelques temps chez leurs grands-parents communs. Et lors des réunions familiales entre cousins à l’école. Où j’avais pu me rendre quelques fois, tout comme Scorp.

Une fois dans une cabine de la salle de bain des filles, je m’empressai de me changer en ressentant un certain soulagement à l’idée de porter quelque chose d’aussi familier. Je me sentais un peu moins… perdue. Je ressortis rapidement de la salle de bain et repris le chemin jusqu’au compartiment où se trouvait la nouvelle version de mes meilleurs amis.

Je n’eus pas le temps de faire trois pas dans le corridor que l’on m’arrêta par le bras. Je me retournai avec un rictus irrité aux lèvres et reconnus sans mal Rose. Je fronçai les sourcils un peu plus et grommelai :

- Tu peux me lâcher, oui?!

- Qu’est-ce que tu fous avec des vêtements de Gryffondor! Me gronda-t-elle à la figure sans me lâcher.

Je sentis à nouveau mon visage se mettre à bouillir. Mais pas de gêne ou de honte, cette fois. Non, c’était de la colère. Je réussis avec un mouvement sec et précis du poignet à la faire lâcher prise et lui enfonçai rapidement un doigt dans la clavicule en m’exclamant :

- Écoute-moi bien, car je ne me répèterai pas… Tu vas changer de ton quand tu me parles, je ne t’ai rien fait! Alors ton stupide ton de Miss-La-Préfète-Au-Dessus-Des-Autres, tu vas te le garder pour toi. J’en ai marre. Considère-moi comme une menteuse si ça te chante, mais c’était la vérité ce que j’ai dit. Maintenant, va donc enquiquiner quelqu’un d’autre!

Je vis son visage rougir instantanément et à voir la lueur meurtrière dans ses yeux, je n’eus aucun doute sur l’émotion qui l’habitait. Elle éloigna d’un mouvement dédaigneux ma main et cracha :

- Je pourrais te retirer des points pour me parler comme ça!

- Mais, ma cocotte… Tu ne sais pas encore dans quelle Maison je vais être, même si tu peux avoir un doute… lui soufflai-je d’un ton compatissant et je poussai le vice à lui tapoter l’épaule.

Elle se libéra rapidement de ma main avec un grognement, me foudroya rageusement du regard avant de grommeler :

- Fais attention. Dès que je le saurai…

- Oui, bien sûr, la coupai-je en sentant mon cœur se serrer. Tu me retireras des points en Miss-Préfète-Parfaite que tu es. Mais si tu ne viens pas m’embêter, tu n’auras pas l’occasion de le faire. Car je n’adresserai jamais la parole à la Rose que tu es.

Sur ces mots, je lui adressai un salut de la main et un sourire ironique avant de m’en aller sans me retourner. J’avais l’impression que mon cœur saignait et c’est à peine si je me préoccupai du regard que me portèrent Albus et Scorpius quand j’entrai. Tout ce que je voyais, c’était ma douleur. Et ce sentiment terrible de perte. Ma meilleure amie… Je m’étais montrée mesquine et méchante avec ma meilleure amie. Avec ma sœur de cœur… Je sentis les larmes me monter aux yeux, mais je les ravalai furieusement en m’assoyant comme une masse sur ma banquette aux côtés de Spock. Puis, je m’appuyai la tête contre le dossier et fermai les yeux pour feindre le sommeil.

Je n’arrivais tout simplement pas à y croire. C’était impossible, il me semble… Comment mon don pouvait-il avoir encore des particularités que je ne connaissais pas? Comment ma meilleure amie pouvait être autant une… vache? Elle avait les mêmes parents, non? J’avais tant de choses à penser… Comment allais-je bien pouvoir faire pour rentrer chez moi? Et retrouver mes amis?

Je dus me retenir pour ne pas me frotter le visage et rester immobile. Je continuai un moment à réfléchir à tout ça, en essayant d’y voir plus clair, mais après une quinzaine de minutes à rester immobile les yeux fermés, je sentis le sommeil m’envahir et je m’endormis pour de bon.

Mes yeux s’ouvrirent soudainement dans un endroit sombre, froid et plein de pierres foncées à l’aspect lugubre. C’est à peine si je pouvais clairement apercevoir ce qui se trouvait autour de moi, dû au fait qu’il y avait très peu de torches pour éclairer le sombre corridor où je pouvais voir une silhouette.

J’étais rassurée de ne pas sentir le sol sous mes pieds, car ça signifiait que je n’avais pas encore le genre de Vision qui me vaudrait d’être encore plus perdue que je ne l’étais déjà. Je remarquai rapidement que je pouvais entendre un son de raclement contre la pierre. Comme si l’élève, car il me semblait plutôt jeune pour être un professeur, malgré qu’il devait avoir approximativement mon âge…

Alors que le jeune homme, du moins je le supposai par sa carrure, s’éloignait de la paroi du mur, des bruits de pas se firent entendre. Il se retourna dans ma direction, regardant quelque chose derrière moi et l’une des rares torches éclaira son visage. Un visage quelque peu séduisant, mais avec des traits un peu trop dur à mon goût. Les cheveux blonds dorés, ce n’étaient pas trop mon genre. J’aimais mieux les cheveux noirs… avec des yeux verts de préférence. Un peu plus grand que moi. Humm… Albus, donc.

Les bruits de pas se rapprochèrent et la lueur blanchâtre que l’on obtenait avec « Lumos » illumina un peu le visage de l’élève en question lorsqu’une voix rauque, tranchante et autoritaire lâcha :

- Mr Grindelwald, que faites-vous encore à traîner dans l’école la nuit?

- Rien du tout, professeur, assura le garçon avec un sourire et une voix mielleuse. Je n’arrivais pas à dormir… Alors j’ai décidé de marcher. Je retourne à ma chambre de ce pas, ajouta-t-il.

Je me tournai rapidement vers le professeur, assez rapidement pour voir son air suspicieux. Il autorisa toutefois l’élève à repartir et continua son chemin. Alors qu’il passait à côté de l’endroit où s’était tenu ce qui semblait être le jeune Gellert Grindelwald sa baguette illumina l’inscription qu’il avait faite dans la pierre. Un triangle ayant en son centre un cercle qui était barré d’un trait vertical. Un frisson intérieur me parcourut. C’était les Reliques de la Mort. Leur symbole. Mais aussi celui de… Gellert Grindelwald. Dès que tout redevint sombre, je me sentis attirée à nouveau là où se trouvait mon corps physique.


Je fus tirée du sommeil par quelqu’un qui me secouait doucement par l’épaule. J’ouvris les yeux en papillonnant légèrement des paupières et ce fut pour mieux tomber face à face avec Albus. J’avançai mon visage l’espace d’une seconde avant de brusquement me recaler dans mon siège en ayant un rappel brutal. Ce n’était pas mon Albus. Je me frottai rapidement les yeux pour cacher mon trouble et replaçai une seconde mes cheveux en désordre avant de regarder les deux garçons qui me fixaient des yeux.

- On est arrivé, m’apprit Scorpius. Tu ferais mieux de cacher ton chien…

Je hochai tranquillement de la tête en me souvenant brusquement du rêve que j’avais fait. Enfin, la vision-dormante, plutôt. J’eus un frisson en songeant à ce que cela pouvait bien vouloir signifier. Pourquoi est-ce que je rêvais précisément à ce gars-là? À Gellert Grindelwald. L’un des sorciers les plus terribles de l’Histoire… Du présent âge, du moins.

Je me levai en y réfléchissant encore un peu, attrapai Spock en prenant soin de le cacher sous ma cape et suivis rapidement Scorpius et Albus hors du compartiment. Sur le chemin menant vers la sortie, je surpris plusieurs regards inquisiteurs dans ma direction, particulièrement en provenance des Gryffondors. Et je me doutais bien pourquoi… J’avais un visage inconnu, mais je portais tout de même les accessoires de leur Maison.

D’une main je retirai discrètement les accessoires qui servaient de signes d’appartenance à notre Maison et les enfouis dans une poche de ma robe avec le cœur serré. C’était ma Maison. Mon deuxième chez moi. Allai-je réellement être dépourvu d’absolument tout? On arriva finalement à l’extérieur et en suivant toujours les deux gars, je lâchai suffisamment fort pour qu’ils m’entendent :

- Euh… Humm… Ça ne vous dérange pas si… si je m’installe avec vous?

- Pas du tout! Assura rapidement Albus. Ça va faire changement…

- Et puis, Rose avait raison. Je vais devoir t’amener voir McGonagall. Avant la Répartition, ajouta Scorpius en se grattant la nuque. Pendant que tu dormais je lui ai envoyé une lettre pour la prévenir…

- Pourquoi tu fais cette tête? M’étonnai-je en voyant qu’il semblait très, très embarrassé.

Il s’empourpra encore un peu plus avant d’avouer :

- Parce que… Eh bien… Ni Albus ni moi n’avons de hiboux… Alors j’ai… euh… emprunté ta chouette.

Je fronçai les sourcils en lâchant :

- Elle t’a laissé faire?

- Oui, même si j’ai dû avoir l’air stupide en parlant à ta chouette, car au début elle a essayé de m’arracher un doigt.

- Je confirme que tu avais l’air stupide, rigola Albus en donnant une bourrade à son ami.

- Je ne t’en veux pas, affirmai-je. Pour l’emprunt. De toute manière, c’est à cause de moi que tu as eu à le faire…

- J’espère seulement qu’elle le recevra avant que l’on arrive… soupira Scorpius.

J’acquiesçai de la tête et on embarqua sans attendre dans l’une des diligences. Heureusement, même si c’était un peu étrange, personne d’autres ne vint s’installer avec nous et la diligence partit immédiatement. Ou plutôt, les Sombrals se mirent aussitôt en marche après que l’on soit monté.

Je devais avoir le visage un peu trop fixé sur les créatures, car Albus me demanda :

- Tu les vois, toi aussi?

- Oui… soufflai-je d’une voix morte. Toi?

- Depuis un peu plus d’un an, déjà, oui, répondit-il en leur jetant un rapide coup d’œil avant de détourner le regard.

Je n’eus pas besoin de demander à Scorpius pour savoir ce qu’il en était de son côté. Il avait blêmi et regardait obstinément ailleurs. J’avais la vague impression qu’il avait commencé à les voir suite à la mort de sa mère. Je déglutis difficilement et ne prononçai pas un mot, malgré mon envie de le faire. Je poussai discrètement un soupir dépité avant de regarder le décor défiler devant mes yeux tout en m’assurant que Spock reste bien caché.

C’était le même endroit. Les mêmes arbres où je mourrais toujours autant d’envie de grimper. Mais où était le plaisir quand je savais que je pourrais y aller sans même me faire claquer par les doigts par ma meilleure amie? Et qu’en fait, personne ne s’en préoccuperait que je veuille faire ça. Ils s’en foutraient tous que je veuille me mettre ainsi en danger. C’était le même endroit… et en même temps, pas du tout. Un lieu était autant associé à une image précise, une description qu’aux personnes qui s’y trouvent. Qu’aux souvenirs que l’on y a. Quand l’une de ces choses manque… ce n’est plus le même endroit.

Un nouveau soupir s’échappa de ma bouche, attirant à nouveau l’attention des garçons sur moi. Scorpius me demanda d’une voix à la fois intriguée et quelque peu inquiète :

- Est-ce que ça va?

- Oui, répondis-je en haussant des épaules. C’est juste… C’est juste le fait que tout soit pareil. Et en même temps non. En ce moment, chez moi, Rose serait sans doute en train d’essayer de me convaincre de ne pas faire une bêtise dès le premier soir.

- Quel genre de bêtise? S’étonna Albus.

- Aller dans la Forêt interdite, dis-je doucement avec un sourire.

Voir leur visage à cet instant précis me donna la folle envie d’éclater de rire. Ce que, au final, je fis tout de même en me prenant le ventre. Ils avaient les yeux tellement écarquillés que je craignais presque qu’ils ne leur sortent par les orbites.

- T’es sérieuse? S’écria finalement Albus.

- Oui, j’y vais pour grimper aux arbres, principalement, expliquai-je. Depuis ma première année, c’est devenu une tradition. Et… on y est allé ensemble tous les trois avec… avec James aussi. La toute première fois. Un mois à peine après le début des cours.

Leurs yeux s’écarquillèrent encore plus, ce que j’aurais cru impossible. Et la seconde suivante, je me fis bombarder de question concernant cette fameuse sortie dans la Forêt interdite et si nous avions rencontré des trucs horribles ou non. Au bout du compte, je me retrouvai à leur raconter plusieurs de mes sorties dans la Forêt. En évitant toutefois celle où j’avais pris ma forme d’Animagus. Je n’allais quand même pas tout leur raconter… Car quand bien même ils ressemblaient beaucoup à ceux que je connaissais, ils n’étaient pas eux. Et, de ce fait, je devais faire attention. Je ne pouvais pas leur faire autant confiance qu’avec mes meilleurs amis. Pas sans les connaître davantage. Je n’étais peut-être là que depuis quelques heures, mais j’avais très vite compris que plusieurs choses étaient bien différentes ici…

Oui, vraiment différentes, pensai-je en repensant à Rose.

Dès que nous arrivâmes au château, Scorpius et moi on quitta Albus pour rejoindre le bureau de la directrice. Et je le fis en prenant un peu d’avance, sachant pertinemment où je devais me rendre pour l’avoir fait très, très souvent. Je surpris le regard intéressé de mon ami qui ne l’était pas vraiment sur moi et ne fut que très peu surprise lorsqu’il prit la parole.

- C’est clair que tu n’es pas l’autre Allison. Elle n’a jamais mis les pieds à Poudlard. Je sais bien que contrairement aux deux autres et à James, je ne t’ai pas rencontré… Mais je sais qu’elle n’est jamais venue ici. Ou du moins, pas suffisamment pour connaître autant l’école.

- Ta confiance me touche, dis-je sincèrement, mais sans le regarder.

Il eut un petit sourire qui me rappela brutalement celui de mon meilleur ami et je me crispai imperceptiblement. Ils me manquaient tous tellement. Je donnerais n’importe quoi pour être en ce moment même dans la Grande Salle avec eux, à échanger des plaisanteries… À humilier James pour qu’il arrête de s’en prendre à Al. Enfin, l’humilier… l’agacer, surtout. Entendre les jacasseries de Teena sur tous les gars qu’elle aura rencontrés pendant l’été me manquait aussi, même si je n’aurais jamais cru.

On arriva bientôt devant la statue qui gardait l’accès menant au bureau du directeur, ou de la directrice dans le cas présent, et… on resta planter là comme deux idiots, car on avait oublié un tout petit détail assez crucial.

Le mot de passe.

À l’instant où on se jetait un regard témoignant de notre stupidité mutuelle, la statue bougea pour laisser place à une McGonagall… qui semblait légèrement contrariée. Elle nous regarda en pinçant les lèvres. Elle ouvrit ensuite la bouche avec ce même air pincé et commença :

- Mr Malefoy, j’espère que vous avez une excellente raison de m’avoir envoyé cette chouette en affirmant que c’était urgent, puisque…

Elle s’interrompit brusquement avant de poser son regard sur moi avec un air de surprise si intense que je craignis un instant qu’elle frôle l’arrêt cardiaque. Elle ouvrit la bouche, la referma, puis la rouvrit avant de la refermer à nouveau. Scorpius à côté nous regardait à tour de rôle avec incompréhension. Et soudain, la directrice lâcha d’un ton scandalisé :

- Que faites-vous ici, jeune fille! Vous devriez être à votre école présentement!

- Je suis à mon école, professeur McGonagall, dis-je d’un ton légèrement sec, plus que je ne l’aurais souhaité.

Sauf que ce n’était pas vraiment de ma faute. J’étais simplement déçue qu’elle ne me reconnaisse pas. Enfin, non… J’étais déçue qu’elle ne soit pas comme celle que je connaissais. D’accord, je devais l’admettre, notre relation n’était pas merveilleuse dernièrement… Mais… J’avais plus l’impression de pouvoir compter sur cette McGonagall-là que sur celle-ci. Qui semblait sur le point de me faire transplaner à Beauxbâtons sans même me demander mon avis. Enfin, si cela avait été possible… Quoique… Elle était la directrice. Et ça changeait peut-être la donne.

- Miss Lévesque-Williams, vous êtes une élève de Beauxbâtons, pas de Poudlard. Ce n’est pas, car… commença-t-elle d’un ton autoritaire et froid, mais je la coupai vertement.

- Je ne suis pas Allison Lévesque-Williams, professeur. Je ne suis qu’Allison Williams… Sauf votre respect, je ne viens pas d’ici. C’est ça, la situation urgente dont parlait Scorpius. Je suis cette situation. Je suis prête à tout vous expliquer, mais seulement si on monte dans votre bureau.

Je vis les yeux de Scorpius s’arrondir, sans doute dû à mon ton légèrement autoritaire et sec que j’avais utilisé pour parler à la directrice de l’école. Cette dernière fronça les sourcils et pinça un peu plus les lèvres. Elle m’analysa un instant du regard avant de jeter un regard à Scorpius et de demander en arquant un sourcil :

- Est-ce vraiment la raison de votre venue?

- Oui, professeur.

- Très bien, alors vous pouvez repartir à la Grande Salle, Mr Malefoy. Et prévenez le professeur Londubat que la Répartition risque de devoir attendre un moment…

Scorpius hocha de la tête avec sérieux avant de m’adresser un coup d’œil qui semblait me souhaiter bonne chance. J’eus un mince sourire et il s’en alla sans attendre. Je pris une grande inspiration en me tournant à nouveau vers la directrice. Celle-ci m’analysait encore et les sourcils toujours froncés, elle me dit :

- Bien, maintenant, montons à mon bureau, Miss Williams.

Elle insista particulièrement sur mon nom de famille et j’eus immédiatement la certitude qu’elle ne me croyait pas le moins du monde, mais qu’elle voulait me sermonner bien gentiment sans les oreilles de Scorpius présentes. Et le reste de sa personne, évidemment. McGonagall me tourna ensuite le dos, murmura un mot si bas que je ne l’entendis pas et la statue se déplaça à nouveau pour nous permettre de monter.

Elle s’engagea rapidement dans les escaliers et je la suivis tout aussi vite. Tout en montant, je cherchai le meilleur moyen de la convaincre. Et bien que je préférais éviter d’en arriver à de telles extrémités… j’avais une petite idée qui pourrait possiblement jouer en ma faveur. Ou me faire envoyer tout droit en détention rapprochée. Ou encore me faire renvoyer. Ou pire me faire renvoyer chez moi, alors que ce n’était pas mon chez moi.

Lorsque nous arrivâmes dans son bureau, je marquai un temps d’arrêt incroyable. Les meubles n’étaient pas disposés de la même façon. Et plus que tout… il manquait un petit chat sur le bureau. Je déglutis difficilement en détournant le regard de la pièce pour plutôt regarder mes pieds tandis que la porte du bureau se refermait dans mon dos avec un peu plus de force que nécessaire. Je sentais clairement le sermon venir.

Virulent, le sermon.

J’entendis le claquement sec de la langue que l’on fait lorsqu’on est énervé en provenance de McGonagall, puis elle prit une grande inspiration par le nez qui me donna envie de me cacher sous terre. Ou sous le plancher dans le cas présent. Car la terre était un peu loin… Sauf qu’au moment où je croyais qu’elle allait prendre la parole, ce fut une autre voix qui rompit le silence de la pièce :

- Bonsoir, Miss Icy… Je vous avais bien dit que nous nous reverrions…

Je relevai brusquement les yeux n’en croyant pas mes oreilles. Et ce fut pour mieux croiser le regard pétillant d’amusement d’Albus Dumbledore version tableau. Il ne m’avait encore jamais adressé la parole dans ses tableaux auparavant. Pas même alors que j’avais passé une longue période dans ce bureau bien longtemps après notre rencontre.

- Professeur Dumbledore? S’étonna McGonagall en se retournant.

- Pas encore cette gamine, grommela Rogue juste à côté avec un regard froid et ennuyé dans ma direction.

Je fronçai les sourcils, mais répondit tout de même en souriant à Dumbledore :

- Ravie de vous revoir, professeur.

La directrice actuelle se tourna à nouveau vers moi rapidement, les sourcils bien froncés. Elle lâcha d’un ton légèrement sec :

- Que signifie tout ceci!

Je supportai son regard accusateur pendant trois secondes entières avant de détourner les yeux lorsque le plus grand directeur que l’école ait jamais connu intervint :

- Minerva, écoutez simplement ce que cette jeune fille a à vous dire.

- Ce ne sera qu’un tissu de mensonges odieux qui feront hontes à ses parents! Protesta la directrice.

Je croisai les bras en fronçant les sourcils plus encore. Décidemment, je n’aimais pas du tout comment les gens ici étaient. C’était quoi, ce fouillis?! Je ne pourrais pas simplement retrouver toutes mes bonnes vieilles versions d’eux comme je les connais? S’il-vous-plaît? Non? D’accord, j’ai compris. Je poussai un soupir et Rogue reprit à ce moment la parole de sa voix légèrement dédaigneuse :

- C’est possible. Ou bien, elle dira la vérité.

- Minerva, cette jeune fille n’est pas l’enfant de la Marianne et du Charles que vous connaissez. Je peux vous l’assurer.

McGonagall fronça les sourcils, puis poussa un soupir de résignation avant d’aller s’asseoir à son bureau d’une démarche lasse. Je me grattai nerveusement la nuque avant de me tordre les mains devant moi lorsqu’elle me fit signe de venir m’asseoir.

- Très bien, Miss Williams. Je vous écoute. Racontez-moi donc votre histoire.

- J’en ai pour un moment, mais d’accord, dis-je le plus posément possible malgré la panique que je sentais naître en moi.

Je me tordis encore un peu plus les mains, mais le sourire bienveillant de Dumbledore derrière McGonagall me redonna un peu courage. Je pris grand soin de ne pas regarder Rogue. Puis, après avoir pris une grande inspiration pour me donner plus de courage encore, je me lançai dans mes explications. En narrant toute mon histoire, d’où je venais. Le contexte politique dans lequel j’étais, les rôles importants étaient occupés par qui. Mais par-dessus tout, mon histoire.

Mon don, en particulier. Et tout ce que j’avais traversé, moi ainsi que ma famille, à cause de ce dernier. Je remarquai avec un certain soulagement qu’elle semblait tout de même extrêmement émue en m’écoutant. Oui, ma vie n’avait clairement pas été simple. Toutefois, la suspicion qui restait dans un coin de son regard me peinait un peu.

Une fois que j’eus terminé, ma main droite se porta d’elle-même à mon collier qui me venait de ma mère et j’eus une nouvelle idée pour prouver mes dires. Je me levai alors de ma chaise et en tournant le dos à la directrice, je lançai :

- Je sais que vous ne me croyez toujours pas. Peut-être que vous pensez que je suis quelqu’un d’autre, que j’ai utilisé du polynectar, ou autre. Mais ce visage m’appartient. Et je ne suis pas celle que vous connaissez, professeur. Envoyez une lettre à… à mes parents, si vous voulez. Ils vous diront bien que leur petite Allison se trouve bien à Beauxbâtons. Mais j’ai deux preuves pour appuyer mes dires.

- Des preuves? S’étonna-t-elle sur un ton plus doux que tout ce qu’elle avait eu auparavant.

- Oui, affirmai-je en me retournant vers elle avec détermination. Comme je l’ai dit en vous racontant mon histoire. Je suis une Animagus. Et je le suis devenue grâce à vous. Il y a peu, j’ai été déclaré par chez moi. Mais pas ici. Et je suis certaine que l’autre Allison n’est pas une Animagus. Déclaré ou non.

Elle eut un regard dubitatif qui m’énerva grandement. Je remarquai une lueur d’amusement traverser les yeux bleus perçants de Dumbledore et cela me donna envie de sourire. Ce que je fis sans réserve. J’adressai mon plus bel air de défi à cette nouvelle McGonagall et sans attendre je changeai de forme.

Une fois sur quatre pattes et avec mes yeux de loup je la vis porter la main à son cœur en s’exclamant :

- Par Merlin!

Je repris rapidement forme humaine et malgré que mes vêtements n’étaient pas froissés, je les replaçai avec lenteur et un peu, je dis bien un peu, de suffisance. Je relevai les yeux sur elle et lui demandai d’un ton innocent :

- Alors, vous me croyez que je suis une Animagus, maintenant?

Elle me jeta un regard noir, mais aussi appréciateur. Bien, j’avais gagné des points. Tant mieux si je pouvais un peu monter dans son estime! Je ne pouvais pas me battre avec toutes mes connaissances inconnues, pas vrai? Elle se frotta un peu le visage, mais à ce que je pouvais constater, elle me croyait désormais sur ce point.

- Vous avez mentionné une deuxième preuve?

- Oui, acquiesçai-je en me rapprochant.

Je lui tendis alors mon collier et lui expliquai brièvement comment il fonctionnait. Elle parut intriguée, mais suivit rapidement mes indications et commença à regarder plusieurs de mes souvenirs, mais surtout ceux de ma mère. Plus les minutes passaient, plus elle voyait de souvenirs et plus ses sourcils se froncèrent.

Lorsqu’elle posa finalement mon collier sur le bureau et que je le récupérai à toute vitesse pour le remettre autour de mon cou, elle soupira en se frottant les yeux sous ses lunettes :

- Cette situation est apparemment bien compliquée…

Je hochai de la tête d’un air entendu, puis demandai :

- Je ne sais pas comment rentrer chez moi. Mais je n’ai pas l’intention de me tourner les pouces en attendant. Alors j’aimerais poursuivre ma scolarité. Ici. Avec mon chien.

- Je ne sais toujours pas si je dois vous croire ou non, Miss Williams. Mais toute cette histoire me semble trop… importante pour n’être que des tissus de mensonges.

Je déglutis difficilement et elle ajouta d’une voix quelque peu mal à l’aise :

- Vous pouvez garder votre chien. Et vous pourrez faire partie des élèves de cette école. Mais à une condition. Ou plutôt deux.

- Lesquelles? M’étonnai-je en fronçant les sourcils.

- Les élèves tout comme les professeurs vont se poser des questions. Nous dirons donc que vous êtes effectivement Allison Lévesque-Williams. Et que vous avez décidé de faire un transfert pour cette année. De ce fait, vous devrez repasser sous le Choixpeau.

- Mais… tentai-je de protester, mais elle me coupa en levant la main.

- Ce sera comme cela, Miss. Vous reviendrez me voir à la fin du repas pour que nous puissions mettre en place le tout de manière plus… formelle.

- Très bien, grommelai-je. En attendant, je laisse mon petit Spock où?

- Il restera ici. Dans la cage.

Je laissai échapper un gémissement en même temps que mon chien, mais me résignai à devoir l’y enfermer lorsque le professeur McGonagall fit apparaître la cage en question et la pointa du menton. J’y amenai donc mon chien avec un soupir et je dus me mordre les joues pour ne pas me laisser attendrir par les petits glapissements qu’il poussait. Il détestait être enfermé.

Et pour ma part, ça me rappelait beaucoup trop… de mauvais souvenirs.

Dès que la porte de la cage fut refermée, Spock interrompit ses glapissements pour me lancer le regard qui tue. Celui du chien qui se sent trahi. Je déglutis avec encore plus de difficulté avant de lui tourner le dos pour suivre McGonagall à la sortie. La descente fut tout aussi silencieuse que la montée et je me mis à réfléchir longuement.

Comment voulait-elle que je puisse jouer le rôle de mon autre moi? Ce n’était pas comme si je la connaissais! Et si j’avais autant changé mes amis par ma simple présence, il devait en être de même pour moi! Enfin, ça ne pouvait pas qu’être d’un seul côté… J’ignorais jusqu’où nous n’étions plus la même personne, elle et moi. En plus, avoir vieilli avec Parkinson… Enfin, Alexander devait bouleverser pleins de choses. Jusqu’à mes onze ans, je m’étais toujours considérée comme enfant unique. Après, avec Rose, Scorp et Al. Puis James… Tout avait changé. Mais ici… Je n’avais eu aucun d’eux. Mais j’avais eu mes deux parents et mon frère. Une vraie famille. Sans doute mes oncles et mes tantes aussi. Peut-être même des cousins et cousines? En avais-je eu? J’ignorais encore tant de choses à propos de ma famille…

Je poussai un soupir en marchant dans l’ombre de la directrice. Il y avait à nouveau trop de questions et trop peu de réponses. McGonagall me jeta un coup d’œil à la fois énervé et interrogatif avant de reporter son attention sur le chemin que nous prenions. Je me retins pour ne pas soupirer à nouveau. Et moi qui croyais que ma sixième année allait être plus tranquille, histoire de respirer un peu avant ma septième… et dernière année. Je n’aurais pas pu avoir plus tort que ça, ça, c’est sûr.

On arriva bientôt devant les portes de la Grande Salle et je vis parfaitement les épaules de la directrice se tendre en voyant que les premières années n’étaient plus là. Elle ouvrit alors les portes en grand et marcha d’un pas rapide jusqu’à la table des professeurs. En laissant les portes se refermer violemment dans notre dos. Je tressaillis légèrement en voyant tous les regards se tourner vers nous. Ou plutôt… vers moi.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Je pris sur moi pour ne regarder personne. Je refusais de croiser des regards que je risquais de reconnaître. Sans que l’on ne me reconnaisse moi. À nouveau je ressentis ce léger pincement à la poitrine. C’était horrible. Tout simplement horrible. Je déglutis avec difficulté alors qu’on arrivait au niveau des premières années.

Et ils étaient… minuscules.

Au cours de l’année dernière et pendant l’été, j’avais encore pris trois centimètres. En bref, un pouce. Je mesurais donc cinq pieds dix ou un mètre soixante-dix-huit. Et je devais avouer que présentement, plus que jamais, j’étais un peu complexée par ma taille. J’avais l’impression d’être une géante! Je me demandai soudain si Hagrid avait la même pensée en nous voyant… Humm… Je relevai rapidement les yeux de la marée de premières années pour observer l’endroit où se trouvait normalement Hagrid.

Il n’était pas là.

QUOI?!

Je n’eus pas le temps d’en apprendre davantage ou de me lamenter davantage que déjà McGonagall se tournait vers moi pour me commander de rester ici et monta sur l’estrade rejoindre le professeur Londubat. Elle dit alors :

- Professeur Londubat, désolée pour cette attente, mais j’ai dû régler le cas d’une… inscription tardive. Elle se fera répartir à la fin. Il s’agit d’Allison Lévesque-Williams.

Le professeur Londubat se tourna si brusquement vers moi et m’observa avec une telle intensité que je me demandai soudain si je n’avais pas une marque sur le front proclamant « bête de foire, ne vous gênez pas pour regarder! ». Je dus réfréner l’envie pressante de me frotter le front avec vigueur. Il détourna finalement la tête avant d’acquiescer.

La directrice me jeta ensuite un dernier regard avant de rejoindre la table des professeurs et de se pencher vers son voisin. J’aurais sans doute été tentée de continuer à l’observer, mais à ce moment le professeur Londubat sortit le Choixpeau et ce dernier se lança dans son éternelle chanson de début d’année qui changeait à chaque fois.

Je me rendis alors compte de quelque chose d’élémentaire.

J’allais à nouveau être réparti. Et encore avec les premières années. Mais je n’étais plus une première année. Je jetai un regard nerveux vers l’arrière et je pus constater que tous les visages, mais absolument tous sans exception, étaient rivés sur moi.

Je me sentis rougir brusquement. Fantastique. Oh, oui, vraiment fantastique. C’était en plein ce qu’il me fallait. Attirer l’attention. Encore. Je grommelai entre mes dents, m’attirant cette fois l’attention des premières années complètement terrifié et nerveux qui se trouvaient là. J’aurais pu les rassurer, mais tout ce que je trouvai à faire fut de les inviter gentiment d’un regard mauvais à regarder ailleurs.

Désolée les jeunes, je ne suis pas d’humeur.

Le Choixpeau termina enfin ses interminables vers et on put enfin commencer la Répartition. Mon cœur se mit à battre à tout rompre dans ma poitrine alors que le groupe de premières années diminuait à vue d’œil. Ça va être bientôt à moi, pensai-je. Tu n’as aucune raison de t’inquiéter, tu sais déjà à quoi t’attendre. Je m’efforçai de calmer ma respiration. Je connaissais déjà le résultat, il n’y avait aucun besoin d’en faire tout un plat, pas vrai? Je sursautai tout de même violemment lorsque la voix du professeur Londubat annonça, haut et clair :

- Lévesque-Williams, Allison.

La première pensée qui me vint à ce moment fut : je n’ai pas envie d’être coincée avec Rose. Chose qui était stupide, car avant aujourd’hui j’aurais tout fait, mais absolument tout fait pour rester avec ma meilleure amie. Mais apparemment, quelques heures et un double différent pouvaient changer ce fait pourtant purement établi depuis ma première année.
D’une démarche légèrement angoissée je me dirigeai vers le tabouret. Qui était ridiculement petit pour moi. Je me tordis les mains ensembles en m’assoyant dessus et sans attendre le professeur Londubat me déposa le Choixpeau sur la tête. Et encore une fois j’eus l’impression que l’on envahissait ma tête. Puis, il lâcha avec dégoût et déception :

- Oh… Encore toi.

Hein?! De quoi il parlait, lui?! Je n’étais jamais venu ici et…

- Arrête de t’époumoner… Et laisse-moi réfléchir… Humm… Gryffondor… Gryffondor t’a appris tout ce que tu avais à apprendre d’eux…

Je le sentis fouiller dans mes souvenirs les plus récents. Ceux de ma cinquième année et il murmura :

- Humm… Intéressant… Tu as changé. Non… Tu t’es développée, plutôt… Intéressant. Très intéressant. Serdaigle ne te sera d’aucune utilité… Poufsouffle pas davantage… Oui, je ne vois qu’une seule possibilité.

Je me tordis davantage les mains. Qu’est-ce que cela pouvait bien vouloir dire?! Je n’avais qu’une place où je pouvais aller! Et c’était Gryffondor! C’était là, ma place! Depuis ma première année, il en avait été décidé ainsi. Ça ne pouvait pas changer comme ça, du jour au lend…

- SERPENTARD! S’écria-t-il alors d’une voix tonitruante qui me vrilla les tympans.

Je me sentis blêmir d’un coup et j’eus l’impression de flotter en plein cauchemar. Non… Non, c’était impossible. Impossible. J’étais une Gryffondor. Pas une Serpentard. Non… Non, je n’y croyais pas! Je m’apprêtais à bondir sur mes pieds pour invectiver le Choixpeau, mais le professeur Londubat me porta alors un regard sévère et me pointa la table des Serpentards.

Comme si j’ignorais où c’était! M’écriai-je intérieurement avec colère.

Le désarroi et l’indignation se retrouvèrent instantanément remplacés par la colère. Une colère noire et sans limite. Si on continuait à se comporter avec moi comme si… comme si je ne venais pas d’ici… j’allais péter un câble. Et un gros. Je savais, je savais bien qu’ils ne pouvaient pas savoir. Mais ça m’énervait tout de même royalement.

Je me levai avec raideur du tabouret où j’étais assise et je me dirigeai d’un pas de condamnée jusqu’à la table des Serpentards. Au moins, point positif de l’affaire, je n’aurais pas à partager un dortoir avec la Rose actuelle. Mais il faudrait que je fasse très attention avec Scorpius et Albus. Ils n’étaient pas ceux que je connaissais. Et le moindre faux pas pourrait… entraîner des conséquences. Peut-être désastreuses. Peut-être bénignes. Je n’en savais rien.

C’était bien le problème, d’ailleurs. Je ne savais rien du tout.

En arrivant à la table, je jetai un coup d’œil alentour pour voir que tous les élèves me dévisageaient avec attention. Les deux seuls qui ne me regardaient pas comme si j’étais une extraterrestre ou une attraction particulièrement intéressante étaient Scorpius et Albus. Ils me firent signes d’approcher en souriant et j’eus un moment d’hésitation.

Est-ce que j’étais tentée d’y aller, car ils ressemblaient à et étaient, en un sens, mes meilleurs amis? Ou était-ce, car ils avaient été les seuls à m’accueillir gentiment et sans me traiter de folle? Sans doute les deux. Mais dans ce cas, est-ce qu’il était judicieux d’y aller? Je risquais de me piéger moi-même. Pourtant… en voyant tous les regards avides sur moi, je ne pris qu’une seconde à me décider et m’écrasai entre eux en voyant qu’ils me faisaient une place.

- Merci, soufflai-je avec un sourire légèrement crispé.

- Tu ne voulais pas être à Serpentard, pas vrai? S’enquit Scorpius avec un léger dépit.

- Ce n’est pas ça! Dis-je rapidement en me souvenant du désespoir de l’ancien Scorpius à ce propos. Ce n’est pas à cause de la Maison ou quoi que ce soit… C’est juste… J’ai vécu… commençai-je à un ton normal avant de baisser la voix pour qu’ils soient les seuls à m’entendre. Pendant cinq ans j’étais une Gryffondor. Et là…

- Ça se comprend, je suppose, lâcha Albus. Je crois que ça me ferait bizarre aussi d’aller dans une autre Maison.

- C’est vrai, admit Scorpius.

Nous nous tûmes à ce moment, car la directrice revenait en avant de la scène pour son annuel petit discours. Elle répéta encore une fois le moment où aurait lieu les essais de Quidditch et si au départ je me contentai de hocher de la tête avec lassitude, je finis par me souvenir d’une chose.

Je ne faisais plus partie de l’équipe de Quidditch.

Je n’étais même plus dans la bonne Maison, par Merlin!

Dès que les bruits de conversation revinrent et que le buffet fut servi, je me tournai brusquement vers Albus en disant :

- Hey! Dis-moi, est-ce qu’il y a des postes qui se libèrent en Quidditch, cette année?

- Euh… Peut-être? Je ne suis pas très au courant…

- Quoi? m’étonnai-je. Tu ne joues pas?

- Non, je n’aime pas vraiment le Quidditch, admit-il en rougissant.

J’ouvris de grands yeux surpris. Oh. Bon. Sang. Albus n’aimait pas le Quidditch? Mais comment, par Merlin, était-ce même possible? Celui que je connaissais adorait le Quidditch et c’était une passion existante avant même que je ne débarque dans le décor! Qu’avait-il bien pu se passer pour que…

- Je suppose que d’où tu viens… commença-t-il.

- On fait partie de l’équipe de Quidditch. Tous les quatre. Rose, toi et moi pour les Gryffondors. Scorpius pour les Serpentards. On est dans l’équipe depuis notre troisième année, soufflai-je, peinant encore à croire que ce ne soit pas de même ici.

- Rose joue au Quidditch, affirma Scorpius. Et pour répondre à ta question… Je crois que la place de Griggs vient de se libérer. Mais il était Batteur. Après, il y avait un autre élève de Septième dans l’équipe, mais je ne me souviens pas c’est qui. On pourra peut-être demander à Joshua plus tard.

Il grimaça à la fin de sa phrase comme si l’idée de demander quoi que ce soit à Joshua lui répugnait. Je fronçai les sourcils, troublée. À quel point est-ce que j’ignorais des choses, exactement? Car d’où je venais ils étaient de très bons amis, tous les deux. Était-il à ce point différent? Je frissonnai en essayant de m’imaginer à quoi pouvait ressembler cet autre Joshua. L’imaginer sans le sourire aux lèvres me semblait… impossible. Je revins toutefois à ma préoccupation première, tout en me promettant de les questionner à ce sujet plus tard :

- Donc, un poste de Batteur est disponible?

- Oui, mais… commença Albus, mais je le coupai.

- Mais quoi?

- Tu es une fille, continua Scorpius.

- Et alors? Ça fait trois ans que j’occupe le poste de Batteur pour… Enfin. Et toi aussi, dis-je en pointant Scorpius du menton.

- Sérieusement? Moi? S’étonna-t-il avant d’afficher un air pensif lorsque j’acquiesçai de la tête.

- D’ailleurs, lors des matches Gryffondor-Serpentard, ils nous arrivaient souvent d’échanger des Cognards quand c’était trop calme.

- Décidément, les choses sont bien différentes entre ici et d’où tu viens, marmonna Albus.

- Je ne te le fais pas dire, soupirai-je en jetant un regard torve à mon assiette vide.

Avec un nouveau soupir, je la remplis un peu, mais je n’avais pas vraiment faim. Tout ce dont j’avais envie, c’était de m’écraser quelque part et dormir. Ou me cacher quelque part et… geindre toute seule. Sans que personne ne me voit. Ironiquement, j’avais l’impression que je retournerais dans un placard à balai. J’aimerais bien savoir pourquoi c’était les endroits de prédilections pour se cacher ou avoir des rencontres secrètes.

Le reste du repas fut plutôt silencieux, je n’étais pas spécialement obnubilée par mon assiette, mais j’avais pu constater que tous les regards n’avaient pas cessé d’être sur moi. Et qu’en fait, c’était encore pire depuis que je m’étais installée avec Scorpius et Albus. Heureusement, tous les deux me servaient un peu de rempart, mais… pas suffisamment. Toute cette attention me coupait à la fois l’envie de manger, mais aussi celle de dire quoi que ce soit.

Donc, tout en continuant à regarder mon assiette avec ennui je continuai à réfléchir. À comment je pourrais bien faire pour me sortir de ce mauvais pas. Et pour la première depuis que j’étais apparue ici, je me demandai… comment allaient-ils tous? Se faisaient-ils du souci à mon sujet? Me cherchaient-ils? Et Al? S’en voulaient-ils? J’espérais que non, car rien dans tout ça n’était de sa faute. Certes, nous n’aurions peut-être pas dû nous séparer, mais… quand même, nous n’étions pas si loin non plus. Seulement, la vision avait été si… puissante. Rapide. J’étais partie en une seconde. Il n’avait suffi que d’une seconde pour que toute ma vie s’écroule. À nouveau.

Je retins un grondement, car soudainement le silence s’était fait pour permettre à McGonagall de dire quelques mots encore avant de nous libérer. Et je n’avais pas plus envie qu’il ne le fallait que d’attirer toute l’attention sur moi. À nouveau. Nan, du tout. Le tout concernant en particulier le règlement de l’école. Je poussai un léger soupir de soulagement lorsqu’elle eut terminé et me levai en même temps que les deux… doubles de mes amis.

Alors qu’on se dirigeait vers la sortie de la Grande Salle je leur annonçai :

- Je vais devoir vous laisser. McGonagall voulait me revoir à son bureau…

- Tu vas être capable de te retrouver jusqu’à la Salle Commune? S’enquit Scorpius.

- Je connais peut-être mieux celle des Gryffondors, mais je sais très bien où se trouve la Salle Commune des Serpentards et tout autant ce à quoi elle… Humm… Enfin, je sais à quoi ressemble celle d’où je viens.

Ils acquiescèrent de la tête et une fois que nous eûmes franchis les grandes portes de la Grande Salle, on se sépara. Ça me faisait à la fois bizarre de me séparer d’eux et en même temps… j’étais soulagée. Je ne savais pas trop sur quel pied danser quand j’étais avec eux. J’ignorais jusqu’à quel point je pouvais être moi. Sans qu’ils ne me jugent. Chose pour laquelle je ne m’inquièterais pas en temps normal. Je poussai un soupir déchiré avant de prendre rapidement le chemin menant au bureau de la directrice.

Une fois là-bas, je n’eus pas à attendre bien longtemps avant qu’elle n’arrive. À voir son air un peu tendu, j’en déduisis qu’elle appréhendait encore notre rencontre. Fantastique. Ou peut-être avait-elle encore des doutes à mon sujet? Cette ignorance commençait à me tuer, c’était clair! Pensai-je en sentant mon cœur se serrer douloureusement.
Nous montâmes jusqu’à son bureau en silence et une fois en haut, elle me dit de but en blanc :

- Votre répartition a été pour le moins… surprenante.

- Pourquoi dites-vous cela, Minerva? S’enquit Dumbledore.

- J’ai été répartie à Serpentard, dis-je avec un froncement de sourcils.

- Intéressant, dit-il avec un air mystérieux au visage.

- Cette… cette petite peste a été admise à Serpentard? S’insurgea Rogue. Le Choixpeau devrait peut-être prendre sa retraite, il commence à dérayer.

McGonagall poussa un long soupir et moi j’en profitai pour sortir mes accessoires de Gryffondor de mes poches avec nostalgie. Pourquoi en plus de perdre tous mes proches et tous ceux qui me connaissaient, je devais encore plus être dépaysé? S’il y avait une justice en ce monde, elle n’était probablement pas pour moi…

- Nous allons devoir arranger tout ceci… annonça soudain la directrice.

- Hein, quoi? m’étonnai-je en sortant de ma rêverie et en relevant la tête.

- Tout ceci, précisa-t-elle en pointant ce que j’avais entre les mains. Nous devons les mettre en symbiose avec votre nouvelle Maison.

- Hein, quoi?! Non! M’exclamai-je, mais il était déjà trop tard.

McGonagall avait déjà levé sa baguette et d’un mouvement simple, sans un mot prononcé, je vis ce que j’avais entre les mains passer du rouge et or de Gryffondor au vert et argent de Serpentard. Pour un peu et j’aurais gémis. Et voilà mes derniers souvenirs qui s’envolaient en fumée! Merci, McGonagall. Vraiment, merci beaucoup.

Je m’efforçai de garder mon regard sur mes accessoires, car si je relevais les yeux sur la directrice, je risquais de m’énerver. De lui demander de quel droit elle avait osé toucher à mes choses. À les changer. Pour un peu, j’aurais grogné aussi. Je me retins toutefois de faire tout cela en gardant fixement le regard rivé sur ce que je tenais entre mes mains à m’en blanchir les jointures.

Elle reprit ensuite la parole comme si de rien était et tout du long je l’écoutai sans rien dire, les dents serrées. J’avais beau être à Poudlard en ce moment, mais je me sentais plus seule que je ne l’avais encore été. Pourtant rien était à proprement parlé sinistre… Mais j’étais seule. Seule et perdue au milieu d’inconnus. D’inconnus que je connaissais et ne connaissais pas à la fois. J’en avais déjà marre et pourtant… pourtant ça ne faisait même pas encore vingt-quatre heures.

Lorsqu’elle m’eut répété pour la énième fois de faire bien attention à ne rien révéler à qui que ce soit d’autres d’où je venais, elle me laissa enfin m’en aller. En me révélant le mot de passe de ma Salle Commune. Parfait, merci, pensai-je en m’éloignant. Je sortis rapidement de son bureau, en attrapant Spock dans mes bras au passage, sans même lui dire au revoir ou quoi que ce soit. Je n’avais qu’une hâte et c’était partir d’ici.

Une fois de nouveau dans les corridors du château, j’attachai rapidement tous les petits accessoires représentant ma nouvelle Maison à mes vêtements. Et ce, tout en marchant à bonne vitesse. Je ne voulais plus qu’une chose et c’était de retrouver mon lit… Enfin, un lit. Et m’effondrer dessus. Dormir. Oublier mes problèmes l’espace de quelques secondes.

Je rejoins assez rapidement les cachots et avec chance, sans croiser personne. Ce qui pourrait paraître étonnant, si ça n’avait été le fait que McGonagall m’avait retenu pendant au moins une heure et demie dans son bureau. Ce qui voulait dire que le couvre-feu était passé. Et donc… personne n’était dehors à cette heure-ci. Sauf peut-être James et les autres.
Un nouveau soupir m’échappa en pensant à eux et je lâchai à mon chien dans un souffle dépité :

- Comment on va faire, Spock? On ne peut pas rester ici…

Il m’offrit son regard le plus abattu, mais à la fois tellement mignon que je laissai un sourire attendri étirer mes lèvres. Je ne pouvais pas baisser les bras. Ni pour moi, ni pour lui. Ni pour ceux qui m’attendaient peut-être de là où je venais. J’avais fait une promesse. Et j’avais bien l’intention de la tenir. Quoiqu’il m’en coûte.

Je m’arrêtai de marcher avec une moue étrange au visage lorsque j’atteignis le passage menant à la Salle Commune des Serpentards. À ma Salle Commune. Ça faisait vraiment trop bizarre de me dire que c’était là que j’allais vivre désormais… Oui, vraiment trop bizarre, pensai-je en regardant un peu autour de moi. Prenant mon courage de Gryffondorienne à deux mains, je soufflai :

- Anguis.

Sans attendre, le passage me fut ouvert et j’entrai à l’intérieur… Pour mieux me faire dévisager par tous les élèves présents. Et pas d’une manière agréable. Plutôt comme si j’étais une intruse. Un insecte qu’on adorerait pouvoir écraser, mais que malheureusement on n’avait pas le droit de le faire.

Je croisai parmi la foule les regards un peu plus réjoui de Scorpius et Albus, mais sentant l’émotion m’envahir (autant une envie de pleurer que le goût de frapper quelques personnes) je m’empressai de traverser la Salle Commune et me diriger vers les dortoirs pour filles. J’entendis dans mon dos Scorpius crier mon nom, mais je fis la sourde oreille. Je n’avais pas envie d’en subir d’avantage pour aujourd’hui.

Mais apparemment c’était trop demandé, car en entrant dans le dortoir des filles de sixièmes années, je reconnus en une seconde les cheveux bruns, la carrure de l’une des filles qui me faisait dos. Ruby. Ici, elle avait troqué ses mèches rouges pour des vertes, mais elle semblait… la même.

Sans doute en m’entendant entrer, elle se retourna brusquement en même temps que toutes les autres et je ne m’attendais absolument pas à la réaction qu’elle eut. Son visage s’illumina avec chaleur et elle s’écria :

- Allison! Tu es enfin là!

Sur ces mots, elle s’élança sur moi et referma ses bras autour de moi, manquant d’écraser Spock au passage. Puis elle s’enthousiasma :

- Pourquoi tu ne m’as rien dit?! Tu aurais pu venir dans mon compartiment dans le train! Comment est-ce que tu as réussi à me cacher ça? On a presque passé l’intégralité de l’été ensemble!

Eh… merde. Me voilà dans de beaux draps, maintenant… J’étais censée faire quoi? Mentir reviendrait à m’enfoncer davantage dans la bouse de dragon qui s’étendait déjà à mes pieds. Le moindre faux pas et le pot aux roses serait découvert. Et McGonagall qui voulait que je joue la comédie… Pour le coup, c’était sans doute raté avant même d’avoir pu commencer réellement.

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Et puis? Vous en pensez quoi de ce nouveau chapitre? :twisted:

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hello, je viens de tout lire et je trouve ça génial. Tu pourrais me prévenir quand tu postera le prochain s'il te plait !!
C'EST GENIAL :D :D
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Hello, je viens de tout lire et je trouve ça génial. Tu pourrais me prévenir quand tu postera le prochain s'il te plait !!
C'EST GENIAL :D :D
Tant mieux si ça t'a plu! :D Et j'ai la vague impression que cela a dû te prendre un petit moment à tout lire :lol: Parce qu'on ne peut pas dire que les chapitres sont courts xD Je t'ajoute sans problème à ma liste de prévenu :mrgreen: En tout cas, ça fait vraiment plaisir à voir :D
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Ok, merci par contre je ne crois pas que je t'ai prévenu mais sache que moi et les commentaires constructifs on s'entend pas très bien... :oops:
On a toujours le temps pour lire !!! Et gare a celui (ou celle) qui dira le contraire :evil: :evil:
addbook

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

HELLO
I'M BACK
Nan, plus sérieusement je tiens à m'excuser. Et crois pas que je le fais pas politesse mais parceque vraiment, quoi.
Je suis submergée de travail et évidemment ( notons l'ironie..) au meilleur moment !
Ça me soule parceque toi tu bosses, et que bah voilà je suis pas là et tt.
Sinon, je lis. Je rattappe mais WA que c'est long. ( en meme temps c'est trop bien donc je devore et je le couche à 5h )
Pour le chapitre 2 !
Alors déja j'adore les diffs points de vues, c'est une belle façon d'écrire.
La partie Alex est touchante, avec le " maintenant c'est Williams " et tout.
Mais la partie où on est chez Joshua, elle fait mal. J'ai lu 36000 textes sur des enfants maltraités mais là c'est prenant quoi.
AH! Pauvre Alexander imagine tout le monde autour de toi a oublié qqn d'hyper important pour toi.... impossible à gérer!
Et Scorp, trop chou comme d'hab'
La partie où il sent qu'il lui manque Alli est très bien écrite, On aurait pu s'attendre à des redondances mais c'est très bien maîtrisé
Bon, je m'attele à la suite
BYEEEE
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par addbook »

Une demi-heure
Une demi-heure pour lire le chapitre 3
Mais j'ai survécu et me VOILÀ !
Alors on va mettre les choses au point : ça craint vrm vrm beaucoup.
Déjà euhhh juste
ROSE PUTAIN ROSE WEASLEY
Elle est où le petit amour qu'on a d'habitude?
ELLE EST OÙ PUTAIN ?
Je la hais je la hais jelahais
McGo elle me fait rire mdr alors qu'elle est meme pas drôle...MERCI
Et sinon je vois ABSOLUMENT pas comment elle va rentrer.
Normalement j'ai des théories mais là le vide
Bon.
Espèrons que ça se passera bien avec Ruby
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

addbook a écrit :HELLO
I'M BACK I'M SO HAPPY!
Nan, plus sérieusement je tiens à m'excuser. Et crois pas que je le fais pas politesse mais parceque vraiment, quoi.
Je suis submergée de travail et évidemment ( notons l'ironie..) au meilleur moment !
Ça me soule parceque toi tu bosses, et que bah voilà je suis pas là et tt. Si ça peut te rassurer, là, moi aussi je travaille beaucoup et je n'ai pas le temps d'écrire ici :cry: Alors ne t'en fais pas, je comprends tout à fait. Cela dit, c'est bon de te revoir :mrgreen:
Sinon, je lis. Je rattappe mais WA que c'est long. ( en meme temps c'est trop bien donc je devore et je le couche à 5h ) J'hésite entre m'excuser ou te dire « de rien » :roll: Alors on va dire que je te dis les deux :lol:
Pour le chapitre 2 !
Alors déja j'adore les diffs points de vues, c'est une belle façon d'écrire.
La partie Alex est touchante, avec le " maintenant c'est Williams " et tout.
Mais la partie où on est chez Joshua, elle fait mal. J'ai lu 36000 textes sur des enfants maltraités mais là c'est prenant quoi. Et on n'a pas fini d'en apprendre sur le pauvre petit Joshua :cry:
AH! Pauvre Alexander imagine tout le monde autour de toi a oublié qqn d'hyper important pour toi.... impossible à gérer!
Et Scorp, trop chou comme d'hab' Je ne me souviens pas en quoi il est chou, mais je te crois ;)
La partie où il sent qu'il lui manque Alli est très bien écrite, On aurait pu s'attendre à des redondances mais c'est très bien maîtrisé C'est bon à savoir :D
Bon, je m'attele à la suite
BYEEEE
addbook a écrit :Une demi-heure
Une demi-heure pour lire le chapitre 3 Paaardon :roll:
Mais j'ai survécu et me VOILÀ !
Alors on va mettre les choses au point : ça craint vrm vrm beaucoup. Absolument.
Déjà euhhh juste
ROSE PUTAIN ROSE WEASLEY
Elle est où le petit amour qu'on a d'habitude?
ELLE EST OÙ PUTAIN ? Je me le demande aussi. Tout comme Alli.
Je la hais je la hais jelahais Je la hais aussi, mais c'est la Rose que j'ai entraperçu dans l'Enfant maudit. Enfin, je l'ai peut-être un peu exagéré... :roll: Ou pas.
McGo elle me fait rire mdr alors qu'elle est meme pas drôle...MERCI
Et sinon je vois ABSOLUMENT pas comment elle va rentrer.
Normalement j'ai des théories mais là le vide Tant mieux :twisted: M'enfin, ça viendra sans doute avec le temps. ;)
Bon.
Espèrons que ça se passera bien avec Ruby En effet, espérons-le! :twisted:
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey! Me revoilà! Je sais que ça fait vraiment trop longtemps et j'en suis franchement désolée, mais j'ai été débordée pendant les cours et je l'ai aussi été pendant les vacances, ce qui explique le retard. Je ne suis pas particulièrement satisfaite du chapitre, j'ai l'impression qu'il est long sans amener grand-chose. Enfin, vous verrez bien ;) En même temps, il faut bien que je mette tout en place... Bref, ce n'est pas important. J'espère que vous l'apprécierez tout de même et que vous ne m'en voudrez pas trop s'il n'est pas aussi bien que d'autres chapitres... Au fait, DarkPhoenix, il y a une petite surprise pour toi :roll: Sur ce, bonne lecture! (et j'espère que vous avez passé un agréable temps des fêtes :D)

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Chapitre 4

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Il redressa brusquement la tête en ayant l’impression d’avoir entendu quelqu’un crier le nom de la personne qu’il cherchait. Son cœur se mit à battre plus rapidement tandis qu’il réentendait le tout dans sa tête. Il connaissait la voix de la personne qui avait crié.

Joshua.

Il attrapa rapidement par le col ses deux meilleurs amis et se contenta d’un mouvement de la tête en direction de son cousin. Ils n’avaient pas besoin de plus entre eux pour se comprendre. Ils étaient nés à quelques jours à peine d’intervalle et malgré qu’ils ne se ressemblaient nullement physiquement, on les traitait toujours comme des jumeaux.
James Potter et Louis Weasley, les jumeaux non officiels de la famille Potter-Weasley, mais en fait chaque enfant de la famille, ou presque, possédait un cousin qui lui correspondait en âge. Lily et Hugo. Al et Rose.

- Qu’est-ce qu’il se passe? s’enquit rapidement son cousin en fronçant ses sourcils d’une blondeur presque étincelante.

- C’est Joshua, se contenta-t-il de répondre, son cœur tambourinant à ses oreilles.

Il ne se gêna pas pour bousculer les personnes qui se trouvaient sur son chemin et son petit quatuor ne s’en priva pas non plus. Pourtant, il leur fallut un bon moment avant de se rendre aux premières portes pour sortir du train. Et déjà, ils pouvaient entendre des hurlements. Des hurlements d’effroi. Des hurlements de panique.

La sueur se mit rapidement à s’écouler le long du dos de James alors qu’il s’extirpait du train en manquant renverser quelqu’un. Il regretta presque immédiatement d’avoir réussi à sortir, car il ne s’était pas attendu à tomber sur cette scène.
Sur un Joshua écrasé au sol aux pieds d’un corps inerte.

Un corps beaucoup trop inerte.

Sa main droite trembla un instant et il sentit la main de son cousin se refermer sur son épaule avant qu’il ne lâche dans un souffle horrifié :

- Par Merlin, c’est quoi ça!

Il ne sut quoi répondre pendant un moment, trop pétrifié pour parler. Comment pourrait-il savoir quoi dire de toute manière? La gamine était peut-être morte! Et il n’était pas connu pour dire des choses sérieuses. Non, James était farceur. James était le clown de service. Les choses sérieuses et lui, ça faisait deux. Du moins, c’était ce que la majorité des gens croyaient. Mais il en était tout autre. Toutefois, il ne pouvait nier qu’il aimait mieux être farceur qu’être sérieux. Sauf que ce n’était pas du tout le moment de plaisanter. Du tout.

- Je… Je ne sais pas. Mais c’est pas bon.

Le sentiment qui lui était parvenu plus tôt l’étreignit à nouveau. Comme si quelque chose était vide en lui. Comme s’il y avait quelque chose qui n’était plus là. Et ce sentiment renforçait celui qui lui prédisait que ce qu’annonçait cet évènement n’était pas bien du tout. Son flair lui disait que quelque chose de grave se tramait, et sans vouloir se vanter, il avait plutôt le nez pour ce genre de chose, un truc Potterien…

Il s’empressa d’avancer sans prêter attention à son cousin qui tenta de le retenir par l’épaule, il se contenta de se libérer de sa prise d’un haussement d’épaules. Il pouvait déjà apercevoir Ruby et les autres arriver auprès de Joshua qui semblait incroyablement immobile, presque aussi inerte que sa cousine étendue par terre. Il songea une seconde à comment il réagirait s’il devait se trouver dans la même posture que Joshua. Si c’était Rose qui était couchée-là…

Il accéléra la cadence en se disant qu’il ne se sentirait pas du tout bien s’il devait un jour voir sa cousine dans un tel état d’immobilisme. En fait, il serait en colère. Dans une colère si grande qu’il risquerait d’éclater contre quiconque le contrariait le moindrement.

Alors qu’il rejoignait enfin les autres, il put constater qu’ils affichaient tous un visage extrêmement blême. En baissant les yeux sur le corps étendu par terre, il comprit immédiatement pourquoi. La pauvre était recouverte d’une multitude de blessures. Des mineures et des… plus graves. Il dut faire un effort considérable pour ne pas détourner le regard et pour chercher à voir s’il pouvait faire quoi que ce soit. Mais il n’arrivait presque pas à se concentrer à tel point la rage et l’horreur l’étouffaient.

On aurait dit qu’elle avait été rouée de coups. Mais encore pire que ce qui était arrivé à Hugo l’année dernière. Car en plus des coups, elle semblait avoir subi plusieurs sortilèges dont il ignorait le nom. De fines coupures recouvraient son visage ainsi que des hématomes immondes. Elle était à ce point défigurée qu’elle n’avait plus que la chevelure de semblable à sa sœur. Et encore. Ses cheveux bruns aux reflets dorés étaient ternes et semblaient avoir absorbé du sang, car ils étaient répartis en mèches épaisses et figées.

Il fut tiré de son observation morbide par Hagrid qui s’écria :

- Poussez-vous! Allez, éloignez-vous! Il n’y a rien à voir!

Mots qui furent suivis d’un grondement canin inquiétant. James risqua un regard en direction de l’animal et si la situation n’avait pas été aussi critique, il aurait souri. Hagrid avait apparemment décidé de se procurer un nouvel animal. Et pas un petit, encore une fois. Quoique… moins imposant que ses goûts habituels en guise d’animal.

- Les jeunes, vous ne devriez pas rester ici… ajouta Hagrid.

- C’est ma cousine! cracha Joshua avec un air mauvais que James ne lui avait jamais connu.

En réalité, si James devait nommer le Serpentard le plus souriant, ce serait bien le nom de Joshua qui sortirait de ses lèvres. Scorpius était aussi un bon candidat, mais il y avait une joie de vivre qui ressortait chez Joshua… qui lui avait toujours sauté aux yeux. Même s’il ne lui avait jamais adressé la parole. Sauf l’année dernière quand… quand quoi? Il n’arrivait pas à se souvenir pourquoi ils s’étaient soudainement tous rapprochés. Il commença à y songer, quand une pression sur son épaule le ramena sur terre à nouveau.

- On devrait l’écouter, James, souffla son cousin. Et essayer d’éloigner les Niffleurs.

James tiqua à la mention de Niffleurs, car c’était leur nom de code pour décrire les personnes du genre fouineur. Par exemple, cette stupide Judy Lucas. En pensant à cette dernière, il eut envie de grincer des dents et malgré qu’il chercha une seconde la raison de cette émotion aussi virulente rien ne lui parvint. Il fronça les sourcils à cette constatation, mais ne tenta pas d’approfondir. Il avait d’autres préoccupations pour le moment que sa mémoire défaillante.

Il jeta un coup d’œil derrière lui et put confirmer qu’il y avait toute une troupe de Niffleurs. Il laissa échapper un grondement rageur avant de reconcentrer son attention sur Joshua et sa cousine. Il répondit à Louis tout en s’approchant :

- Dylan et toi, allez-y. Liam peut aller chercher un professeur.

Il s’agenouilla aux côtés de Joshua dès que son cousin lui confirma d’un signe de tête qu’il s’en chargeait, puis sortit rapidement sa baguette de la poche de sa robe. Il s’apprêtait à commencer quelques soins de base, lorsque Ruby grommela :

- Tu fous quoi, Potter!

- Ce qu’aucun d’entre vous ne peut faire en ce moment. L’aider.

Il croyait avoir réussi à s’en tirer aussi facilement, mais à peine commençait-il à passer lentement sa baguette au-dessus du corps de la jeune fille que la Serpentarde recommença :

- Et comment penses-tu que tu pourrais l’aider, toi?

Il poussa un soupir et préféra garder le silence. C’était de sa faute à lui, après tout, si elle lui en voulait autant. Mais en même temps, elle était franchement exaspérante de toujours lui en vouloir pour une bêtise qu’il avait commise alors qu’il n’avait que douze ans. En tout cas, s’il avait pu apprendre une chose de cet incident, c’était bien qu’elle était rancunière. Il avait donc fait en sorte de ne jamais, au grand jamais, la toucher avec l’une de ses farces. Avec Dylan, Liam et souvent Louis aussi, ils avaient sans doute fait un coup à tous les élèves, plus jeune comme plus vieux. Mais il avait toujours refusé de s’en prendre à elle.

- Tu vas me répondre, Potter?

- J’aimerais aussi savoir ce que tu fous avec ma cousine, grommela Joshua en lui jetant un regard soupçonneux.

Bien, très bien, songea-t-il. Il éloigna sa baguette du corps de la jeune fille dans l’intention de répondre quelque chose à ce préjugé facile le concernant. Comme quoi il n’était bon qu’à faire des farces et rien d’autre. Il ne recevait aucun crédit pour l’intelligence qu’il y avait derrière la majorité, l’ingéniosité… Non, rien de tel. Que des reproches. Toujours des reproches. Ou des représailles am… Des représailles? Non, personne ne lui avait jamais rendu la monnaie de sa pièce… Perturbé par cette pensée étrange, il sursauta lorsque son frère prit la parole :

- Autant que je suis le premier à critiquer mon frère… Là, vous êtes un peu injuste. James est majeur. Alors il peut utiliser la magie. Et… il a suivi un cours en soins magique cet été. Qui est nécessaire pour…

- Devenir Médicomage, souffla Rose, impressionnée.

- J’hésite entre ça, Auror ou me joindre au magasin de ton père et Oncle George, marmonna-t-il en évitant les regards pour à nouveau prêter son attention à la jeune Amy.

Personne ne souffla mot après ça et il put enfin pratiquer en silence. Ou du moins presque, il pouvait entendre le remue-ménage que causaient Louis et Dylan pour attirer l’attention des Idiots-Faux-Niffleurs. Et aussi les mêmes demandes que lançait Hagrid à tous les élèves. Apparemment, il avait décidé d’abandonner l’idée de faire partir leur groupe, sans doute que la remarque de Joshua avait aidé en ce sens. Enfin, même si ce qu’il avait dit n’aurait dû que lui permettre à lui d’être là.

À peine deux minutes plus tard, il se releva. Il ne pouvait rien faire de plus et ça n’avait pas été grand-chose. Il n’avait pu soigner que quelques ecchymoses mineures, quelques coupures, mais rien dans les blessures plus importantes. Il ploya des épaules une seconde face à cet échec, mais se résigna à les redresser pour tenter de donner un peu d’assurance au groupe, de donner l’exemple…

- Je ne peux rien faire d’autre, mais Liam est allé chercher un professeur. Celui de Runes… Le professeur James, je crois? Est toujours dans le train avec le professeur Montgomery d’Études des Moldus.

- Le professeur Montgomery est brillante! affirma Louis en arrivant de nulle part et le faisant sursauter.

- T’es pas censé être en train de les faire regarder ailleurs? gronda-t-il en foudroyant son cousin du regard pour l’avoir fait sursauter.

- Désolé, mais on a besoin de toi pour y arriver parfaitement, affirma le fauteur de troubles blond en l’attrapant par les épaules pour le faire avancer, puis en le poussant dans le dos.

Il freina sec pour empêcher son cousin de l’emmener plus avant et regarda chacun de ceux qui étaient auprès de Joshua, ses yeux s’arrêtèrent une seconde supplémentaire sur Ruby, mais cette dernière regardait obstinément ailleurs. Il dit rapidement en regardant son frère, sa cousine et Scorpius :

- Ça va aller, d’accord? Elle est vivante et je suis certain qu’elle va le rester. Maintenant j’aurais besoin de vous pour attirer l’attention de…

- James… Sans vouloir te retirer cet incroyable sérieux et cette honorabilité soudaine… Aucun de nous n’a l’étoffe pour… « attirer l’attention » ou « distraire » qui que ce soit, rétorqua sa cousine sans lui laisser la chance de terminer.

Il fronça les sourcils. Non pas à cause de l’interdiction, mais surtout, car il était certain que l’un d’entre eux était vraiment capable de pouvoir attirer l’attention et distraire une foule. Ou les forcer à regarder ailleurs. Il dut à nouveau laisser tomber cette nouvelle preuve de sa mémoire dégénérée pour s’éloigner en disant :

- Tant pis alors. Je vais m’en charger seul…

- Bah, faudrait quand même pas nous oublier, grommela Louis.

- Je croyais que tu avais dit que vous aviez besoin de moi? rétorqua-t-il avec un sourire moqueur.

- Un est peut-être bien, deux c’est peut-être mieux, mais trois c’est merveilleux! Et ce serait parfait si Liam était là, mais bon, on va faire avec ce qu’on a.

- Pourquoi tu n’utilises pas tes dons de Vélane?

- Tu sais très bien pourquoi! gronda son cousin en le foudroyant du regard.

James ne put s’empêcher de rigoler en donnant une bourrade dans le dos de son cousin. Oh que oui, il savait pourquoi Louis n’aimait pas particulièrement se servir de son pouvoir Vélane. Et c’était dû en partie au fait que… comme il n’était qu’à un huitième Vélane. Et ça lui avait pris un temps fou avant d’arriver à contrôler son don… beaucoup plus qu’à ses sœurs, Victoire et Dominique, avant lui. Il y avait notamment eu une scène qui avait bien fait rire ces dernières. Celle qui ne donnait qu’une maigre envie à Louis d’utiliser ses dons. Il s’agissait de la fois où il avait accidentellement déclenché son pouvoir en plein cours en troisième année et toutes les filles de la classe s’étaient tournées vers lui en même temps. Heureusement, la professeure avait réussi à ne pas succomber au charme, car ça aurait été autrement plus embarrassant. En particulier, car lorsque Louis s’était levé avec l’intention de s’enfuir de la classe le temps que son don s’arrête de lui-même… eh bien… toutes les filles s’étaient ruées sur lui pour l’engloutir sous des paroles mielleuses.

Le pire dans tout ça étant bien entendu le fait que le malaise de Louis amplifiait ses pouvoirs. Ce qui donc… avait résulté en la disparition d’un Louis sous une masse féminine et par quelques mots forts étranges de la part de notre professeure de Sortilèges. Chose quand même embarrassante pour le professeur Jorkins puisqu’elle s’adressait à un élève de troisième année. Enfin, bref, James n’avait jamais oublié l’épisode, car il avait passé l’intégralité de la période à rire aux éclats d’abord, puis discrètement par la suite quand le cours avait repris avec le départ obligatoire d’un Louis rouge tomate.
Et son cousin n’avait jamais oublié cette honteuse expérience.

Et bon, ni James ni Victoire et Dominique ne lui avaient permis de l’oublier.

Toutefois, il réussit tout de même à conserver son envie de rire, car la situation ne s’y prêtait pas vraiment et se concentra pour trouver la diversion parfaite pour distraire tous ces personnages avides. Parfois, il trouvait vraiment désespérante l’attirance des gens pour les malheurs des autres. Et après avoir assisté à la Bataille de Poudlard, il trouvait tout cela encore plus détestable. Il n’y avait rien de beau dans le malheur. Rien de beau dans la mort. Une seconde… Pourquoi croyait-il qu’il avait assisté à la Bataille de Poudlard? C’était certes l’une des raisons qui lui avait fait songer à la possibilité de Médicomage, mais… Il n’avait jamais été sur le champ de bataille. Non, jamais. C’était tout simplement impossible. Sans doute que le fait qu’il avait forcé son père à tout lui raconter pouvait expliquer ce fait… Mais…

Il secoua la tête pour extirper toutes ses pensées étranges de sa tête et s’avança les épaules droites, la tête haute et son habituel sourire charmeur qu’il affichait en présence de foule. Il lança ensuite de sa voix la plus charismatique qu’il pouvait faire en pareille circonstance :

- Hé, mais qu’est-ce que vous pensez que vous faites? Par Merlin, il y a plus intéressant à voir… J’vous assure. Par exemple, pourquoi est-ce que Johnatan Smithers a maintenant les cheveux verts fluorescents?

- Hein, quoi? s’écria l’intéressé, un Serpentard de septième année aux cheveux bruns épais et frisés.

James ne prit pas la peine de répondre et se contenta de plonger la main dans sa robe de sorcier pour en sortir son petit sac magique. Puis, avec un sourire jusqu’aux oreilles, il en projeta une pincée en direction du Serpentard qui se retrouva instantanément avec des cheveux verts fluorescents. Louis et Dylan éclatèrent de rire en même temps que plusieurs élèves entourant le Serpentard. Ce dernier par contre tourna au rouge et envoya un regard incendiaire au trio, mais plus particulièrement à James.

- POTTER! RETIRE-MOI ÇA TOUT DE SUITE!

- Pourquoi je ferais une telle chose? s’étonna-t-il en plaquant une main contre sa poitrine comme si l’idée même de le faire lui faisait mal.

Puis, avec un sourire narquois et un clin d’œil à ses acolytes, il sortit tout son arsenal. Il aurait sans doute préféré avoir le temps de prévoir un peu mieux son premier coup d’éclat de l’année, mais… qui n’a pas les moyens d’attendre, n’attend pas. Ou encore, tout ce que nous avons à décider, c’est de quoi faire du temps qui nous est imparti. Ce qui dans l’instant présent signifiait qu’il devait improviser. Il claqua rapidement dans ses mains pour s’assurer que l’attention était bel et bien sur lui, puis il s’écria :

- C’est la rentrée, bandes de gobelins au sang vert! Et est-ce que vous savez ce que ça signifie?!

Il attendit un instant pour l’effet, savourant par le fait même la sensation de tous ces regards rivés sur lui, et s’exclama :

- C’est la fooolie!

Après quoi, d’un même mouvement, James, Louis et Dylan ramassèrent par poignée de la poudre de différentes couleurs et la jetèrent pêle-mêle sur les élèves qui semblèrent trop éberlués pour réagir. Du moins, pour la première vague de poudre, car pour la seconde… ils se mirent tous à courir partout comme des dingues, tentant d’échapper à leur sort. James ne put s’empêcher d’éclater de rire en continuant à jeter toute sa réserve de poudre transformatrice tout en courant pour rattraper les fuyards.

Assez rapidement toute l’assemblée, James et ses meilleurs amis compris, se retrouva avec des cheveux de toutes les couleurs et qui pour certains clignotaient quand pour d’autres ils luisaient faiblement dans l’obscurité de ce soir du 1er septembre. James poussa un soupir en passant la main dans ses cheveux argentés parsemés de mèches dorées qui clignotaient. Il se tourna ensuite vers Louis qui avait troqué ses cheveux blonds pour des rouges bordeaux pourvus de mèches écarlates qui luisaient faiblement dans la nuit.

- Alors, que pensez-vous de cette rentrée? demanda-t-il d’abord avec un sourire avant de reprendre son sérieux à la fin en se souvenant brutalement de l’attaque.

- Elle aurait pu être mieux, affirma son cousin.

- Ils n’oublieront pas longtemps l’attaque, pas vraie? grommela Dylan en jetant un regard angoissé vers le groupe où se trouvaient désormais deux professeurs.

Celui de Runes et celle d’Études des Moldus. James observa tranquillement la scène sans quitter du coin de l’œil les élèves complètement hystériques. Il put ainsi voir le professeur James envoyer un Patronus qui ressemblait vaguement à une gerbille. Puis, le professeur Montgomery se tourna vers la foule d’élèves qui s’étaient soudainement immobilisés et hurla, usant d’un Sonorus sans nécessité, car elle avait suffisamment de voix comme cela :

- TOUT LE MONDE SANS EXCEPTION, ALLER AUX DILIGENCES. LES PREMIÈRES ANNÉES, SUIVEZ HAGRID.

L’intéressé s’avança et répéta d’une voix forte :

- Les premières années, avec moi!

La foule se mit rapidement en mouvement et James ne put retenir un sourire en les voyant tous manifester leur mécontentement face à leur nouvelle couleur de cheveux. Ou plusieurs couleurs dans certains cas. Il ne rata pas non plus les regards meurtriers de tout le monde dans sa direction et il se contenta de les saluer innocemment de la main en compagnie de Louis et Dylan.

Alors que la gare s’était finalement vidée en grande majorité, il sentit à nouveau l’amertume le prendre en songeant à ce qui était arrivé à la cousine de Joshua. Il rejoignit donc le groupe, mais n’eut pas l’occasion de s’avancer beaucoup, car il fut arrêté par la femme aux cheveux noirs retenue en deux couettes de chaque côté de la tête et vêtue d’une robe sorcière plutôt… en dentelle et à l’apparence gothique.

- Professeur Montgomery, il s’agit de mes amis et ma famille, là, dit-il rapidement avant qu’elle n’ait le temps de le réprimander.

- Ils s’en vont eux aussi, Mr Potter, lui apprit-elle en pointant le chemin des diligences du doigt.

Il poussa un soupir, mais constata en s’éloignant qu’elle avait raison, car déjà Rose, Albus, Scorpius, Teena, Malia, Parkinson, Ruby, Amy (celle encore debout) et Kieran s’éloignaient en même temps que Louis, Dylan, Liam et lui. Presque l’intégralité de deux équipes de Quidditch! M’enfin ce n’était pas le moment de penser à ça, se dit-il intérieurement. Ils marchèrent en silence, personne n’éprouvant apparemment le besoin de parler de l’incident. Ni de l’explosion colérique de Parkinson, car il serait supposément un Williams maintenant. Mais ça provenait d’où cette histoire de Moldu détraqué? Il avait fort probablement pété les plombs. Ce ne serait pas étonnant venant de lui.

Au moment d’embarquer dans les diligences, ils se divisèrent en quatre groupes. Comme à l’habitude, Rose, Al et Scorpius allèrent de leur côté. Puis Ruby, Amy et Kieran d’un autre. Après Teena, Malia et Parkinson partirent aussi de leur côté. Laissant son quatuor habituel intact et sans surplus. Il embarqua rapidement dans la diligence à la suite de son cousin et suivit par leurs deux acolytes.

Préférant ne pas aborder le sujet le plus dramatique du jour, car il avait déjà l’intention de le faire, mais pas maintenant. Non, il attendrait d’avoir rassemblé toute la troupe habituelle et il tenterait de voir s’ils pouvaient tous y comprendre quelque chose. Oui, ils n’étaient que des élèves, mais ils avaient déjà connu pires… Pire? Pourquoi… Humm… Le problème de sa mémoire serait aussi un bon point à aborder, songea-t-il.

- Bon… Louis. J’ai une question très importante pour toi.

- Non.

- Tu ne m’as même pas entendu! S’offusqua-t-il en foudroyant son cousin du regard.

- Je sais déjà ce que tu vas me demander. Et c’est non. N-O-N. Non.

James soupira théâtralement, mais comme il était particulièrement têtu et qu’il n’avait pas l’intention de perdre la Coupe de Quidditch pendant sa scolarité… et qu’il connaissait parfaitement le niveau de son cousin. Et plus particulièrement au poste de Gardien. Poste qui était dorénavant disponible. Et il était déterminé à faire entrer bon gré, mal gré son cousin dans l’équipe. Et il utiliserait la torture si nécessaire!

- Tu vas rejoindre l’équipe, lâcha-t-il.

- Non.

- Je te dis que si, insista-t-il.

- Je te dis que non.

- Tu sais, je te connais très bien, Louis Weasley. Et je connais ta faiblesse.

- Et moi la tienne, rétorqua son cousin en croisant les bras.

- Je n’ai pas de faiblesse.

- En fait, si, tu en as une, lâcha Dylan avec un sourire.

- Non, je n’en ai pas!

- Oh que si! enchaîna Liam. Et son nom est Ruby Shepherd.

- Pas du tout! s’écria-t-il en sentant ses joues s’enflammer.

- Alors pourquoi tu rougis? ricana son cousin avec un sourire.

James fronça les sourcils et crispa des poings. La seule chose qui existait entre Ruby et lui c’était… de l’exaspération. Autant de son côté à lui que de son côté à elle, mais les raisons étaient bien, bien différentes. Lui en avait marre de se faire jeter des œufs à la figure (au sens figuré, bien sûr) à tout ce qu’il disait ou faisait. Mais il endurait, car en un sens il pouvait comprendre la colère de la Serpentarde. Toutefois, elle était d’une rancunièrité énervante. Évidemment, il ne pourrait pas nier qu’elle était plutôt jolie. Particulièrement au Quidditch quand ses cheveux battaient derrière elle et qu’elle avait les joues rougies.

- Je rougis face à vos insinuations honteuses et déplacées! Elle me déteste et je la trouve exaspérante de toujours autant me détester après tout ce temps. Fin à l’histoire.

- Si tu le dis, ricana Louis.

- Écoute, cousin. Shepherd n’est pas importante en ce moment. Je parlais de toi avant votre scandaleuse insinuation. De toi. De Quidditch. Et de Gryffondor.

Son cousin poussa un énorme soupir et plongea le visage dans ses mains comme si le fait de ne pas voir James pourrait le faire changer d’idée. Mais rien ne changerait les idées de James avant la descente de la diligence et l’autre sujet à l’ordre de la nuit.

- Vois-tu, comme je le disais, je connais ta faiblesse. Et j’ai deux semaines pour te convaincre de te joindre à nous. C’est peut-être les ASPICs cette année, mais j’ai l’intention de remporter la Coupe, encore une fois. Et je sais qu’avec toi, Rose, Al, Samuel et… et… Enfin, bref, qu’avec toi on a toutes nos chances.

- Est-ce que tu as vraiment utilisé un discours du Seigneur des Anneaux au match final de Quidditch l’année dernière? s’enquit Louis en arquant un sourcil.

James s’empourpra à nouveau et ce fut à son tour d’enfouir la tête entre ses mains tandis que ses trois amis éclataient de rire. Apparemment, cette histoire allait le poursuivre jusqu’à la fin des temps. Mais malgré son embarras à ce sujet, il sentait comme une pression étrange au ventre quand il songeait à nouveau à l’équipe. Qui était le second Batteur? Pourquoi avait-il dans l’idée qu’il ne lui manquait qu’un Gardien?

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Rose s’écrasa mollement dans la diligence, laissant reposer sa tête sur le dossier de la banquette en échappant un soupir. C’était complètement incompréhensible. Comment, par la divine barbe de Merlin non divin, était-il possible qu’une attaque ait lieu en plein début d’année? Certes, elle avait elle-même eu quelques difficultés l’année dernière pour une raison qui lui semblait plus qu’obscure, mais... sans doute était-ce quelque chose de particulièrement idiot pour qu’elle ne s’en souvienne pas. Et elle devrait sans doute ne pas y penser plus que cela.

Le problème c’était qu’elle s’appelait Rose Weasley. Fille d’Hermione Granger, maintenant Weasley. Et cela signifiait que Rose, oui, elle, Rose n’oubliait jamais rien. Que ce soit la plus petite des bêtises, à la phrase la plus idiote jamais entendue ou une conversation très importante dont elle avait retenu chaque mot. Oui, donc, elle se souvenait toujours de tout. Toujours. Elle n’oubliait jamais rien. Et le fait de ne pas savoir pourquoi elle avait été attaquée. Et pourquoi Lily et Hugo l’avaient été aussi… l’angoissait. Horriblement.

Elle porta machinalement la main au collier qu’elle portait autour du cou et qui ne la quittait jamais avant de le relâcher pour redresser la tête en entendant son cousin échapper un soupir tout aussi sonore que le sien.

- Je ne comprends pas, marmonna d’ailleurs l’intéressé.

- Tu ne comprends pas quoi? s’enquit Scorpius qui était assis à côté d’elle et qui venait de lui prendre la main.

- Pourquoi on ne peut pas avoir une année tranquille. Mais surtout… j’ai l’impression depuis qu’on est embarqué dans le train que… tout part en n’importe quoi.

- J’ai la même impression, avoua-t-elle.

- Pour ma part, je m’inquiète surtout pour Josh… et sa cousine. Ses cousines. Ils n’avaient pas besoin de ça.

- Pourquoi tu dis ça comme ça? s’étonna-t-elle.

Scorpius haussa les épaules, mais comme elle arquait un sourcil particulièrement insistant, il soupira et avoua :

- Ce n’est pas à moi de vous le dire. C’est un secret qui n’est pas le mien.

- La dernière fois que tu as gardé un secret, ça s’est plutôt mal terminé, alors je te conseille de nous le partager, Scorpius Hyperion Malefoy! gronda-t-elle.

- De quoi est-ce que tu parles? s’étonna Albus. Scorp n’a jamais fait de mal à qui que ce soit en gardant sa langue…

- Je… commença-t-elle, mais elle n’arriva pas à poursuivre.

Bon, là c’était certain, quelque chose n’allait décidément pas avec elle. Mais quoi exactement? Elle ne souvenait pas avoir eu un quelconque problème à la tête pendant l’été. Elle se souvenait même avoir eu énormément de plaisir. Alors si ce n’était pas un problème cérébral… qu’avait-elle? Pourquoi ne se souvenait-elle de rien? Elle s’arrêta de justesse avant d’en arriver à se mordre les lèvres, soucieuse, car elle ne voulait pas les inquiéter. Ce n’était pas le moment d’en rajouter. Déjà que tout était… à l’envers. En plus avec un Parkinson délirant…

- Ce que je voulais dire, c’est que ce n’est pas bon de garder des secrets. Surtout quand ça concerne la santé ou le bien-être de quelqu’un… se reprit-elle rapidement.

- Humm, humm? Fit Al en la dévisageant.

- Tu agis bizarrement, Rose, lâcha Scorpius en fronçant les sourcils.

- Je suis simplement perturbée par… par tout ce qui se passe en ce moment. C’est dingue, l’année vient seulement de commencer et…

Les deux garçons hochèrent de la tête de concert et le seul son qui les accompagna par la suite fut le bruit des roues des diligences se dirigeant immanquablement vers Poudlard. Quelque part, au fond d’elle, elle avait une certaine gêne face à ce retour à l’école. Sans doute était-ce dû à toute cette question de mémoire étrangement défaillante. Elle se promit d’aller voir Madame Pomfresh et Hannah dès qu’elle aurait l’occasion. C’était la meilleure manière d’en avoir le cœur net. Et probablement la seule. Enfin, elle pourrait sans doute se plonger le nez dans des grimoires poussiéreux jusqu’à pas d’heure, mais… ce ne serait pas judicieux dès la rentrée que d’enfreindre le règlement. Encore moins pour une préfète. Pour le reste du trajet, elle continua à songer à tout ce qui venait de se produire ainsi qu’à ses problèmes personnels, tout en triturant son collier distraitement.

Elle passa à deux doigts de hurler à la manière de la Grosse Dame, mais de manière involontaire, en voyant apparaître à la fenêtre de la diligence son cousin. De l’un de ses nombreux cousins. Louis leur adressa un immense sourire en voyant l’air scandalisé des trois occupants de la diligence. Parfois, Rose se demandait sincèrement qui avait eu la brillante idée de faire en sorte que Louis et James naissent à un si petit intervalle. C’était à en devenir fou. Ou folle, dans son cas.

- Est-ce que t’es dingue ou quoi? grommela-t-elle.

- Ne te transforme pas en harpie, Rosie. Ou tes cheveux vont prendre feu… rétorqua-t-il avec un sourire goguenard. Cela dit, je ne suis pas venu vous ennuyer. James veut qu’on parle. Tout le monde.

- Tout le monde? s’enquit Scorp, les sourcils à nouveau froncés.

Louis se contenta d’une expression indéchiffrable avant de leur faire un signe empressé les incitant à descendre. Rose leva les yeux au ciel en soupirant, mais raffermis sa prise sur son sac qui renfermait Nuage et suivit son cousin à l’extérieur alors même que la diligence s’arrêtait tout juste, Scorp et Al sur les talons.

Tout en suivant son cousin, qui avec ses deux sœurs, était le seul blond de la famille, elle se demanda ce que James pouvait bien vouloir à rapatrier tout le monde ainsi. Et quand il disait tout le monde, apparemment, que son cousin voulait vraiment dire tout le monde, car elle put constater que déjà Ruby, les autres Serpentards, Lily et Hugo, Malia, Teena… ils suivaient tous son cousin hyperactif qui se retournaient fréquemment pour les inciter à avancer plus vite.

- Mon frère est complètement dingue, marmonna Albus.

- Je crois que c’est de famille, argua Scorpius ce qui lui valut un regard courroucé de son meilleur ami.

Rose se contenta pour sa part de lever les yeux au ciel en accélérant le pas, suivit rapidement par son cousin et son petit-ami. Quand ils pénétrèrent tous à l’intérieur du château, James se dirigea d’un coup vers… elle aurait dû s’en douter, un placard à balai. Elle attendit une seconde que quelqu’un fasse la remarque que c’était complètement débile de continuer à tenir des réunions dans un placard à balai, mais seul le silence meubla le couloir. Aucune remarque. Pourtant elle était tellement convaincue que quelqu’un allait dire quelque chose… À moins que c’était elle? Non. Elle l’aurait dit immédiatement si ça avait été le cas. Elle secoua légèrement la tête, indécise. Décidément, elle avait des réflexions bizarres aujourd’hui.

Dès que la porte se referma sur la dernière personne, elle grommela :

- Merlin, Al, c’est mon pied, ça!

- Désolé, grommela l’intéressé. Mais c’est que mon frère devrait trouver des lieux plus adaptés au nombre d’individus pour ces stupides rencontres!

- Merci, petit frère, j’en tiendrai compte la prochaine fois, railla James, quelque part dans le fond.

Il faisait noir comme dans le ventre d’un dragon. Pas qu’elle y soit réellement déjà allée, dans un ventre de dragon, mais elle avait l’impression que ça devait y ressembler. Une chaleur étouffante, le bruit incroyable fort de respiration, l’étroitesse… Oui, Rose n’avait aucun mal à imaginer que ce soit semblable. Elle pourrait sans doute demander quelques informations à son Oncle Charlie à ce propos, si elle n’avait pas la conviction qu’il avait été suffisamment maladroit pour se retrouver en situation de finir dans le ventre d’un dragon.

- Je peux savoir pourquoi on est là? s’enquit Ruby d’un ton énervé qui semblait provenir de sa droite.

- Il faut qu’on parle. De l’attaque. Et aussi du nouveau symptôme de démence chez Parkinson, répondit l’instigateur de cette rencontre fort peu confortable.

- C’est Williams, maintenant. Combien de fois je vais devoir le dire avant que ça rentre dans ta stupide tête de Potter? s’indigna Alexander Parkinson, en provenance de la porte.

- Rectification pour James, les nouveaux symptômes de démence, ajouta Louis d’un ton nonchalant.

- Ferme-la, Weasley! gronda Parkinson, furieux.

- On peut en revenir au vif du sujet? demanda Lily d’un ton calme. C’est-à-dire, l’attaque…

Heureusement que Lily a la tête froide, se dit-elle. Avec les deux frères qu’elle avait, elle aurait pu devenir aussi… Enfin. Elle adorait ses cousins côté Potter de la famille, mais parfois se servir de leur tête pour prendre la meilleure décision, ou dire ce qu’il fallait au bon moment, n’étaient pas, du tout, leur point fort. Ils agissaient très bien en cas de pression, généralement, lors d’un danger mortel, entre autres, mais… dans des situations qui demandent plus de tacts, ce n’est pas toujours très simple pour eux de choisir leur voie.

- Et pourquoi on doit en discuter, tout d’abord? questionna Kieran.

Question assez légitime, songea-t-elle. Certes, ils étaient souvent entraînés dans des trucs pas simples et se fourraient le nez là où ils ne devraient pas… mais là c’était une tout autre paire de manches. C’était plus du ressort des professeurs. Oh, bien évidemment, s’ils avaient eu des informations en plus que les intéressés principaux de l’affaire n’avaient pas, peut-être que l’idée de s’en mêler serait attrayante. Mais là… elle n’en avait aucune idée.

- Pour mener une enquête. Et pour essayer d’y comprendre quelque chose. Avant qu’on ait la version altérée des professeurs, révéla James. En plus, l’attaque a frappé un membre de la famille du groupe. On ne peut pas simplement rester les bras ballants à ne rien faire!

- Et tu crois qu’ici, on est les mieux placés pour déterminer… ce qui s’est passé? S’étonna Al. Désolé de te l’apprendre, mais personne ici n’est un génie. Sauf peut-être Rose.

- Je ne suis pas un génie! s’indigna-t-elle.

- Il n’y a vraiment que toi pour s’indigner d’une telle chose, lâcha Scorpius en lui saisissant la main.

Elle eut un petit sourire avant de le faire disparaître immédiatement par une grimace tandis que la baguette de quelqu’un jetait un rayon de lumière aveuglant dans tout le placard à balai. Aveuglant tout le monde au passage.

- Merci de me rendre aveugle, Potter, grinça Ruby.

- Bon, ça va, là! gronda Louis d’un ton sonore et autoritaire. Que tout le monde oublie ses griefs personnels contre James, sachez que je ne vise absolument personne ici. Je n’ai pas été très présent dans les machinations ces dernières années…

- Parce que tu étais trop occupée à courir après… c’est quoi le nom de cette fille, déjà? Le coupa Dylan.

- Tu peux bien parler, Dyl’, grommela Liam et malgré qu’elle ne pouvait pas le voir, elle se doutait qu’il avait secoué la tête.

- Elle s’appelle… Mais, Merlin, ce n’est pas important! Arrêter de faire vos bébés et d’éviter de parler de ce qui s’est passé! s’emporta à nouveau son cousin blond. Est-ce que l’on peut dire ce que l’on sait, tout le monde? Et voir si quelque chose cloche? Mis à part le résultat.

- Pour commencer, celle qui a été attaquée, c’est Amy Aylin, la cousine de Josh, affirma Scorpius.

- Euh… Est-ce qu’elle est liée à Eleanor Aylin? s’enquit Louis d’un ton blême.

- Aucune idée, avoua Ruby. Josh ne parle pas beaucoup de sa famille.

- Je… Je peux vous dire que vous. Tout comme il est lié à Kieran Aylin, Gryffondor, et Ethan Aylin, Poufsouffle, avoua Parkinson d’un ton moins venimeux que lors de toutes ses interventions précédentes. Les Aylin de ce côté-là sont assez bien connus chez les familles de Sangs-Purs. Du moins, certaines parmi les plus radicales.

- Et tu sais ça, car…? demanda James, avec de la curiosité. Et pourquoi ils sont plus connus?

- On m’a dit de ne jamais en parler. Plusieurs fois. Mais je le sais, car ma mère est une sang-pure, grommela Parkinson d’un ton sec.

- Mais ne garde pas des infos pour… commença à s’indigner James, mais elle se décida à le couper.

- On s’en fout, James! Pour l’instant, les secrets de cette branche-là de la famille Aylin, ce n’est pas important. Qu’est-ce qu’on sait d’autre?

Elle n’était peut-être pas particulièrement à l’aise avec l’idée de mener une enquête, surtout sur l’attaque qui avait eu lieu, mais maintenant qu’elle avait les deux pieds dedans, autant s’y mettre un peu. Après tout, James avait raison, c’était un membre de la famille d’un ami qui avait été attaqué, ils se devaient de faire quelque chose. Ils se serraient toujours les coudes, en englobant autant la famille que les amis et la famille desdits amis. Quoi qu’il arrive, ils devaient rester soudés. C’était presque leur dicton personnel.

- On sait qu’elle est partie du compartiment direction la salle de bain, après la crise de somnambulisme de Josh, dit Ruby, décidant sans doute de prendre part elle aussi à la chose malgré ses mauvais sentiments à l’égard de James.

- Et qu’elle était accompagnée de Parkinson! Accusa l’homonyme de la victime, Amy.

- Mais combien de fois je vais devoir dire que… voulut protester Parkinson, mais Malia le coupa.

- Il est venu me rejoindre tout de suite après! Il n’a pas pu faire ça, d’accord? Arrêter de le blâmer pour tout. Ce n’est pas, car l’année dernière et les autres où il a commis… contre… à la fin il était… on…

- Mal? s’inquiéta-t-elle.

- Ce n’est rien, affirma l’intéressée, seulement un trou de mémoire. Ça doit seulement être à cause de… tu sais… le P.P.A.M.

- Le quoi? s’interloqua Ruby.

Rose savait exactement de quoi il s’agissait. Tout comme James, Al, Teena et Scorp. Ainsi que Parkinson, évidemment. Il avait même été le premier à le savoir. La deuxième avait été… Teena, sans doute. Ça sonnait faux à ses oreilles mentales, mais tant pis. Le P.P.A.M., dit P-Pam, était l’acronyme pour Problème de Pilosité Abusive Mensuelle. Elle ne se souvenait plus qui avait trouvé le nom, mais il était resté pour pouvoir discuter du problème de Pleine Lune de Malia en présence d’oreilles indiscrètes.

- C’est un léger problème de santé qui affecte la mémoire, parfois, répondit-elle rapidement, voyant que personne ne répondait, même après une minute de silence pesant. Mais revenons à ce dont il était question avant.

- Parkinson ne peut pas être le coupable, avança Albus. On a une preuve irréfutable provenant de Malia. Sinon, on peut en déduire que personne, parmi nous, ne l’a vu depuis. Et que donc, la dernière place où elle aurait été, jusqu’à preuve du contraire, c’est la salle de bain des filles du train.

- Bon raisonnement, petit frère, je suis fier de toi.

Elle entendit le grondement sourd du cadet à ses côtés et dû retenir un rire. Ces deux-là finiraient par déclencher une véritable guerre qui se conclurait avec un fratricide. Et elle était prête à parier que Lily s’installerait dans un coin et mangerait tranquillement des chocogrenouilles en les regardant.

- Est-ce qu’on peut émettre d’autres conclusions? S’informa Louis.

- Eh bien… on ne sait pas si ça va recommencer? proposa Hugo. C’est vrai, quoi. Ça pourrait être un cas isolé…

- Hugo n’a pas tort, s’empressa-t-elle de renchérir pour soutenir son jeune frère.

- C’est vrai, affirma James. Autre chose?

- Elle était seulement une première année, avança Teena. Ça compte, non?

Elle vit l’ombre de la tête de son cousin aller de haut en bas dans un hochement spectaculaire dû à l’ombre, surtout. En plus, ça lui donnait presque une aussi grosse tête qu’il semblait donner l’impression parfois en les prenant de haut. En croyant tout savoir, puisqu’il était l’aîné. Chose qu’elle se faisait un plaisir de réfuter dès qu’elle en avait l’occasion, ce qui, au grand dam de son cousin, arrivait assez souvent. Mais elle ne s’en plaindrait jamais, de son côté. Sauf peut-être lorsque la réponse ne lui plaisait pas particulièrement.

- Bon, donc résumons. Nous avons une attaque qui a probablement eu lieu dans la salle de bain. Le ou la coupable a traîné ensuite, sans être vue, la victime dehors. Victime de première année, du nom d’Amy Aylin et dont le cousin est Joshua, répéta James. Garder les oreilles bien ouvertes, tous. Si vous trouvez des informations pertinentes ou intéressantes, venez me voir et je m’assurerai que tout le monde soit mis au courant.

- Mais c’est que tu prends tout ça au sérieux, Potter! s’exclama Ruby sur un ton ironique.

- Eh bien, Shepherd, je dirais que comme c’est ma dernière année, j’aimerais autant m’en rappeler de manière positive, plutôt que négative! Rétorqua l’intéressé sur un ton sec. Maintenant, tout le monde dehors avant que quelqu’un s’aperçoive qu’on n’est pas dans la Grande Salle.

Suite à ces mots, Louis et lui poussèrent toute la troupe et Rose se retrouva à s’écraser contre Scorp, et Albus contre elle. Ils étaient tous bien collés les uns sur les autres lorsque quelqu’un réussit finalement à ouvrir la porte, manquant les faire tous tomber par terre, en une masse bien imposante de corps. Al, Scorp et elle se rattrapèrent juste à temps entre eux pour s’éviter une chute douloureuse et ils s’éloignèrent. Chacun parti par petit groupe pour éviter de trop attirer l’attention.

Ils franchissaient tout juste la porte de la Grande Salle quand Scorp lâcha :

- Je vais sans doute passer à l’infirmerie avec les autres après le repas…

- On va t’y rejoindre, lui assura-t-elle.

- C’est quand même incroyable à quel point ton frère a l’air… préoccupé, ajouta Scorp en regardant Al.

- Ça doit être à cause de son stage cet été. Ou des ASPICs, ou du fait de sa dernière année. C’est James. Je ne cherche plus à le comprendre depuis que j’ai onze ans, répondit Albus en haussant des épaules.

- Pas faux, bon… alors à tout à l’heure.

Ils hochèrent de la tête, Al et elle, avant de poursuivre leur chemin du côté de la table des Gryffondors, Scorp s’éloignant de son côté pour rejoindre les Serpentards. Elle se tourna rapidement sur sa droite comme pour s’adresser à quelqu’un, mais n’y trouvant que du vide, elle fronça les sourcils avant de se tourner à sa gauche pour dire à son cousin :

- J’espère sincèrement que c’est un cas isolé. Sinon, James ne lâchera pas l’affaire… et je n’ai pas envie de voir quiconque d’autres subir… ça.

- Je suis d’accord. Mais si James rassemble tout le monde pour s’occuper de ça, j’ai peur que la première pratique de Quidditch soit… épouvantable.

- Sans parler des essais, maugréa-t-elle.

Albus approuva rapidement et ils prirent place à leur table. À peine une minute plus tard, Malia et Teena s’installèrent lourdement à leur côté. Suivi rapidement par Louis, James, Liam et Dylan, mais ils allèrent s’asseoir plus loin et à voir l’air de son cousin blond, il n’était pas très content. Rose avait une bonne idée du pourquoi. Le Quidditch. Ils avaient perdu un joueur, par sa graduation, et maintenant ils avaient besoin d’un nouveau. Et ça faisait des années que James tentait de faire entrer Louis dans l’équipe, car que son cousin le nie ne changeait pas le fait qu’il était très doué. Elle le pensait, et elle aurait volontiers aidé James à parvenir à ses fins, si ça n’avait été qu’elle n’aimerait pas qu’on lui force la main. Ainsi que… la dernière année n’avait pas particulièrement reposante pour Louis. Pour elle non plus, mais… Non. Non, l’année passée avait été horrible pour Louis, pas pour elle. Pourquoi pensait-elle que…

- Silence s’il-vous-plaît!

La voix de la directrice coupa court à ses pensées et la força à relever la tête. Normalement les discours d’avant repas de la directrice n’étaient pas trop longs. Enfin, d’autant plus que… la Répartition n’avait pas encore eu lieu. Son regard se posa sur la rangée d’élèves minuscules… sauf une. C’était une fille de taille moyenne, aux cheveux bruns et au teint basané. Elle semblait beaucoup trop vieille, et grande, pour être une première année. Mais alors… que faisait-elle avec ces derniers? Elle plissa des paupières, songeuse, mais reporta son attention sur la directrice puisque cette dernière avait finalement réussi à obtenir le silence.

- Je tiens à calmer tout le monde concernant ce qui s’est produit à la sortie du train. La situation est sous contrôle. Je tenais ensuite à vous faire part de l’ajout d’une nouvelle employée dans les rangs. Vous ferez sa connaissance après le repas. Finalement, je tiens à prévenir d’avance les Préfets et Préfets en chef, que vous devrez venir me rencontrer à mon bureau après avoir accompagné les premières années à leur dortoir. Bonne Répartition à tous!

Elle retourna rapidement s’asseoir à sa place à la table des professeurs et le parrain de son cousin s’avança à son tour pour commencer la Répartition. Tous les élèves de premières années s’avancèrent un à un pour être jugés par le Choixpeau. Au moment où elle commençait à désespérer de savoir qui était l’élève plus âgée, le professeur Londubat annonça le dernier nom :

- Parker, Autumn.

À ce moment, la fille s’avança jusqu’au Choixpeau et Louis lâcha sur un ton intéressé :

- Il paraît qu’elle vient d’Ilvermorny.

- Hein, quoi? s’étonna Rose en le dévisageant. Tu sais ça comment!

- J’ai mes sources, lui dit-il avec un sourire malicieux.

Elle le foudroya du regard, mais cela ne diminua pas l’intensité d’amusement de son cousin. Elle secoua la tête légèrement, découragée. Il avait toujours aimé garder pour lui les informations qu’il glanait, et surtout d’où il les tenait. Mais elles s’avéraient toujours exactes. Ce qui avait le don de l’agacer prodigieusement. Elle revint à elle lorsque le Choixpeau hurla :

- POUFSOUFFLE!

Ils purent discerner son visage tandis qu’elle se dirigeait vers la table des Poufsouffle qui l’acclamait, comme pour tous les précédents arrivants. Son regard sombre semblait doux, mais malicieux. Très légèrement. En tout cas, elle ne manquait pas de charme, c’était sûr. Le repas fut rapidement annoncé, ce qui la déconcentra de la nouvelle, mais le sujet fut rapidement remis au tapis par Albus qui lâcha :

- En tout cas, elle est plutôt jolie.

Elle se tourna vivement vers son cousin avec un air scandalisé. Comment pouvait-il dire ça alors qu’il… qu’il… qu’il… quoi? Il n’était pas en couple. Pourquoi agissait-elle comme s’il venait de prononcer une énormité? Sa mémoire lui faisait forcément défaut…

- Je suis d’accord, approuva Louis. Elle a son charme.

- Alors je te la laisse, marmonna Al. De toute manière, j’aime mieux les cheveux noirs. Des yeux bleus… Un teint clair…

- Tu es très spécifique, par Merlin! s’étonna James en regardant son cadet les sourcils froncés. Tu ne nous cacherais pas quelque chose? Ajouta-t-il en pointant une fourchette pleine vers son frère.

Albus rougit violemment, mais secoua la tête, l’air confus. Rose lui tapota l’épaule par compassion, mais ne pouvait pas s’empêcher de se dire, qu’en effet, c’était des traits très spécifiques. Un peu trop spécifique. Quelque chose n’allait pas. Une pensée bien étrange lui traversa l’esprit… Se pouvait-il que Parkinson ne mentait pas? Mais c’était impossible. Impossible que ce soit la vérité. Après tout, aucun sortilège n’était assez puissant pour faire perdre la mémoire à autant de personnes. Et pourquoi Parkinson serait-il le seul à se souvenir? Ça ne tournait pas rond.

Tout comme ma mémoire, pensa-t-elle amèrement.

Dans l’espoir de noyer ses pensées, elle commença à se servir de quelques mets à sa portée. Mais d’une main, elle jouait distraitement avec son collier. Et les pensées continuaient à la turlupiner, sans faillir. Son problème de mémoire semblait toucher beaucoup trop de points pour que ce soit normal. Elle se promit d’aller fouiller à la bibliothèque dès qu’elle en aurait l’occasion. Voire de s’y glisser de nuit s’il le fallait. Elle n’aurait aucun mal à faire main basse sur la cape d’invisibilité de James. Puis, en tant que Préfète, elle pouvait prétendre être en train de faire une ronde… Du moins, tant qu’elle n’était pas prise en flagrant délit dans la bibliothèque même. Après, elle s’en moquait un peu. Ce serait son premier délit confirmé. Elle n’avait jamais été prise pendant les autres… La seule chose qui prendrait un coup, c’était sa réputation d’élève modèle à laquelle elle tenait. Elle secoua légèrement la tête et se mit à manger avec plus d’application en discutant avec Malia et Teena qu’elles n’avaient pas vu de tout l’été.

À peine tout le monde était-il repu à souhait que la directrice se levait à nouveau, suivie d’une femme somme toute jeune qui souriait à pleines dents. De ce genre de sourire que Rose trouvait agaçant par son hypocrisie. Comme si la femme se faisait sécher les dents plus que d’essayer d’avoir l’air sincère. Ses cheveux blonds aux boucles peu naturelles lui tombaient un peu en bas des épaules, une peau blanche qui semblait dépourvue de défaut et un regard qui devait être pâle, mais elle ne parvenait pas à distinguer la couleur de l’endroit où elle se trouvait. Elle remarqua par contre le collier qu’elle portait, composé de sept pierres qui étincelaient à la lumière des bougies. Sans pouvoir en être certaine, Rose jurerait qu’il s’agissait d’œil-de-tigre. Un étrange sentiment lui serra le cœur sans qu’elle n’arrive à déterminer pourquoi.

- Un peu de silence! réclama rapidement McGonagall d’une voix forte.

Tous les élèves se turent presque instantanément, mus par une curiosité bien visible face à la femme qui prenait place aux côtés de leur directrice.

- Chers élèves, je vous présente Breeta Skeeter. Elle s’occupera du diverti…

C’était une blague? C’était forcément une blague. L’autre idiote n’aurait jamais pu avoir d’enfant…

Image

Albus eut un sursaut en entendant le nom de la femme et n’entendit rien de tout ce que la directrice annonça concernant cette Breeta Skeeter. Tout ce à quoi il arrivait à penser c’était… une autre Skeeter? Il n’avait jamais entendu parler de quoi que ce soit à propos d’une nouvelle Skeeter. Non, jamais. Et son père n’aurait pas manqué d’en parler, puisqu’il adorait se plaindre à propos de l’autre Skeeter, celle de sa génération. Malgré l’étrangeté de la situation, et de ce qu’elle pouvait signifier, il était soulagé d’avoir autre chose à penser.

- C’est une plaisanterie? lança soudain sa cousine d’un ton aigre.

- J’ai pas l’impression… marmonna-t-il en fronçant les sourcils en direction de l’estrade où se trouvait la table des professeurs.

Un brouhaha incroyable avait pris possession de toutes les tables des élèves et il songea que malgré le Sonorus de la directrice, il y avait peu de chance que quiconque ait compris la suite. Tout le monde connaissait le nom de Skeeter, sauf peut-être les nés-moldus. Il se tourna pour regarder de l’autre côté de Rose, mais ne tomba que sur Malia et Teena, toutes deux ayant toujours appartenu au monde sorcier, en partie au moins. Il fronça les sourcils. Pourquoi croyait-il tomber… Il secoua la tête, préférant ne pas s’y attarder.

- SILENCE! hurla la directrice et il eut l’impression d’entendre des cloches sonner dans sa tête.

D’après son père, McGonagall avait toujours eu de la voix… maintenant, il n’en avait plus aucun doute, c’était sûr. La présence du Sonorus n’avait qu’accentué sa voix normale. Et c’était beaucoup trop pour ses tympans. En tout cas, ça avait dû avoir le même effet sur les autres, car le silence était de nouveau présent. Et pesant.

- Je vous inviterais maintenant à rester calme. Il n’y a aucunement de quoi s’affoler pour si peu… reprit McGonagall.

Sauf peut-être l’attaque, ajouta-t-il intérieurement.

- Breeta Skeeter sera la coordonnatrice des activités à Poudlard dorénavant, précisa, sans doute à nouveau, la directrice.

Comme c’est rassurant… songea-t-il. Il échangea un regard particulièrement soupçonneux avec sa cousine et il put y lire les mêmes craintes qu’il possédait concernant la présence d’une Skeeter à la tête de l’organisation des activités de Poudlard. Et quelles seraient ces activités? Jusqu’ici les seuls moments vraiment intéressants étaient les matches de Quidditch, Halloween, Noël… et les sorties à Pré-au-Lard. Que pourraient-ils y avoir de plus? Le concours de Duel. Et sinon? Rien. Ils devaient bien tous réussir leur scolarité, non?

- Bien, maintenant que tout ceci est bien clair, d’autres informations vous seront transmises dans la matinée de demain. Notamment concernant les duels. Bonne soirée à tous!

À peine terminait-elle de prononcer ces mots, que les élèves commençaient à se lever. Comme à leur habitude il se leva avec sa cousine et commença à rapatrier toutes les nouvelles recrues de Gryffondor. Il n’arrivait toujours pas à se faire à l’idée qu’il avait un jour été aussi petit. Ainsi que ses amis. En tout cas le temps avait fait son œuvre et maintenant ils dépassaient de beaucoup tous les élèves de premières années.

Sur le chemin menant à leur Salle Commune, Rose lui demanda :

- Je me demande ce que le professeur McGonagall tient à nous dire…

- Moi aussi, admit-il. J’ai l’impression que ce ne sera pas particulièrement… amusant comme discussion.

- Probablement pas…

Ils se turent tous les deux, conscients que les élèves de premières années ne manqueraient pas une miette de la conversation. Mais ça ne l’empêchait pas de réfléchir de son côté. Il avait l’infime conviction que la directrice risquait de leur parler plus sérieusement à propos de l’attaque. Jusqu’à quel point? Il n’en avait aucune idée, mais il n’en espérait pas grand-chose. Les adultes étaient connus pour leur cacher des choses. Souvent pour leur sécurité… Il n’arrivait pas particulièrement à comprendre comment les conserver dans l’ignorance pouvait leur être d’une quelconque protection, toutefois.

Il se passa une main dans les cheveux, légèrement lasse. Il ne comprenait pas très bien ce qui se passait en ce moment. Il avait cette boule au ventre qui ne voulait pas partir, cette impression que quelque chose clochait sans arriver à dire quoi exactement. Il se sentait comme si quelque chose lui manquait. Et il n’aimait pas particulièrement ça, car en y réfléchissant il ne voyait pas ce qui pourrait lui manquer. Malgré tout, il se sentait alourdi par le poids d’une catastrophe sans nom. Une catastrophe qui s’était produite. Il se souvenait encore de s’être arrêté dans l’allée du train, le cœur battant la chamade, sans aucun souvenir du pourquoi il était allé là.

Mais comme toujours, il repoussa son problème.

Il y repenserait plus tard.

Lorsqu’il lui reviendrait en plein visage avec tous les intérêts amassés pendant cette courte ou longue période de déni.
C’était comme ça qu’il faisait, depuis toujours. Repousser, toujours repousser. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et que tout lui revienne à la figure. Jusqu’à ce qu’il crache le venin qui l’empoisonnait sur la première personne proche ou la cause du problème. Oh, certes, ça ne lui arrivait pas toujours, la preuve c’était avec James, il s’était habitué à ce que son frère l’agace, le taquine, l’énerve… Il n’aimait pas ça pour autant, sauf qu’il ne risquait pas d’exploser comme avec d’autres. Comme avec… avec…

Aucun nom ne lui venait.

Mais il savait. Il était certain qu’il devrait y avoir quelqu’un. Il en était à ce point convaincu qu’en y réfléchissant il se demandait si ce n’était pas là le problème. Il ne se souvenait pas de quelque chose. De quelqu’un. Et au fond de lui, il sentait bien que ce quelqu’un était très important. Au point que malgré son problème de mémoire il avait eu l’impression de dire une énormité en avouant que la nouvelle était plutôt jolie. Il avait eu l’impression de trahir quelqu’un. Et il avait bien vu la réaction de sa cousine quand il avait prononcé ces mots, avant qu’elle n’affiche un air confus. Il n’avait rien montré de ce coup de poignard intérieur qu’il avait eu en prononçant ces mots. Ni à ceux qui avaient suivi. La description avait été si claire… si précise. L’espace d’un instant… l’espace d’un instant, il avait cru revoir un visage. Pourtant, l’instant suivant il ne se souvenait plus de ses traits. Le seul souvenir qui lui restait de cette vision fugace c’était le sourire, mais encore sans aucun trait particulier, seulement la sensation que ce dernier avait laissée. Un sourire moqueur, malicieux. Un sourire plein de vie et qui annonçait soit des problèmes ou bien des rires.

Mais peut-être que ce n’était que des mirages de son esprit? Peut-être que rien de tout ça n’était réel? Pourtant… il ne sentait ni débile ni fou. Certains membres de sa famille s’amusaient bien à l’embêter en disant le contraire, mais aucun n’y croyait réellement, il le savait. Bien évidemment, il y avait aussi le fait que, quelque part, le nom que Parkinson avait prononcé lui disait quelque chose. Ce n’était rien de concret, absolument rien de concret. Comme le souvenir d’un souvenir de quelqu’un d’autre. C’était confus, intangible. Mais c’était là. Le prénom d’Allison résonnait longuement en lui comme une balle qui chercherait la sortie, sans jamais la trouver et continuerait ainsi à se fracasser contre les parois. Indéfiniment.

- Al?
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Il sursauta brusquement et constata avec étonnement qu’il se trouvait déjà dans la Salle Commune et que sa cousine le dévisageait avec un air inquiet. Il eut un sourire d’excuse avant de dire :

- J’étais perdu dans mes pensées, désolé. On va au bureau de McGonagall, maintenant?

- Oui, acquiesça Rose, mais sans perdre son air inquiet.

Il leva les yeux au ciel et poussa dans le dos de sa cousine et meilleure amie. Pourquoi les gens qui l’entouraient semblaient-il toujours douter de sa santé mentale? C’était désolant, quand même. Il secoua un peu la tête en soupirant. Il ne voulait pas les tracasser avec ça. Avec tout ce qui se passait dans sa tête en ce moment. Non, ça ne servirait à rien. Déjà qu’ils semblaient avoir leur propre inquiétude. Personne ne semblait l’avoir remarqué, mais il observait beaucoup. Il savait généralement quand l’un de ses proches ne se sentait pas particulièrement bien. Ou quand l’un d’eux s’apprêtait à agir de manière exagérée. Et il avait bien vu que ni Scorp ni Rose ne semblaient dans leur état normal. Ce qui n’était pas pour lui plaire, car il n’était pas le meilleur pour remédier à ce genre de situation.

- Je te dis que je vais bien, grommela-t-il quelques minutes plus tard, après beaucoup trop de regards inquiets de la part de sa cousine.

- Si tu le dis, fit-elle, dubitative.

- C’est seulement l’attaque… mentit-il.

- Al. Je sais toujours quand tu mens…

Nouveau soupir.

- Même si je te disais ce qui me tracasse, tu ne pourrais rien y faire.

- D’accord, je te crois. Je pensais seulement qu’on se disait tout, tous les qua… tous les trois.

La rougeur qui apparut sur les joues de sa cousine l’angoissa un peu à nouveau. Elle avait d’instinct voulu dire qu’ils étaient quatre. Alors que c’était faux. Ils n’étaient que trois. Sauf que cette affirmation avait un goût de cendre dans sa bouche. Il ne dit toutefois rien à la remarque de sa cousine. C’était vrai ce qu’elle avait dit. Évidemment. Mais… il voulait régler ça tout seul. Ou au moins, essayez d’en comprendre un peu avant de leur dire qu’il craignait que ce que Parkinson disait soit la vérité. Mais il ne voulait pas vraiment l’envisager. Car comment ferait-il pour accepter l’idée qu’il ait pu oublier quelqu’un? Quelqu’un proche de lui. Quelqu’un avec qui il avait peut-être des centaines et des centaines de souvenirs. Il n’en serait jamais capable. Il s’en voudrait.

En arrivant au bureau du professeur McGonagall, il constata que déjà la majorité des autres préfets étaient déjà là, y compris Scorpius. La directrice les avait fait placer en un demi-cercle parfait devant elle. Il s’approcha et se rangea aux côtés de son meilleur ami, suivit rapidement par Rose qui semblait avoir décidé d’afficher le même air sombre que la directrice.

- Je vous remercie à tous d’avoir fait le déplacement, entama rapidement le professeur McGonagall après s’être, sans doute, assuré que tout le monde était présent.

Son air sombre sembla encore plus s’affaisser lorsqu’elle prit une grande inspiration. Apparemment, les nouvelles qu’elles voulaient leur apprendre n’étaient pas particulièrement réjouissantes… Il eut envie de soupirer à son tour, mais s’en empêcha pour éviter d’attirer l’attention des deux personnes qui l’entouraient. Il ne voulait pas avoir à supporter leurs regards inquiets.

- Comme vous le savez tous, une élève a été attaquée à la sortie du train, continua la directrice en les englobant tous dans son regard. Je vous inviterais maintenant à garder les prochaines informations pour vous, ajouta-t-elle et il eut la certitude que son regard s’était fait plus insistant sur Scorp, Rose et lui. Pendant la nuit des Aurors et quelques-uns des professeurs de l’école feront une enquête approfondie pour savoir ce qui a pu se produire. Je suis certaine qu’ils parviendront à un résultat. Toutefois, il faut soupeser l’éventualité qu’une attaque se reproduise. C’est pourquoi que jusqu’à preuve du contraire aucun élève ne devra sortir de son dortoir ou être dans les couloirs après vingt heures. Et cela vous concerne aussi. Vos rondes de préfet se feront simplement dans vos dortoirs et vous veillerez à ne laisser sortir personne. Aucun d’entre vous. Les pénalités pour une entorse à la règle seront sévères. Jusqu’au retrait de cent points pour la Maison de l’élève fautif. Ce n’est pas l’heure de jouer aux héros, jeunes gens. Votre poste vous a été donné pour que vous aidiez à maintenir la discipline. Et c’est ce que vous devez faire. Tout préfet ou préfet-en-chef qui devrait être pris en faute… fera perdre le double des points à sa Maison. Me suis-je bien fait comprendre?

Ils hochèrent tous de la tête et ce faisant, Albus songea que les temps seraient loin d’être particulièrement sympathique. James risquait de ne pas du tout être ravi de la situation, en tout cas. Lui qui adorait toujours faire des mauvais coups et se promener libre comme l’air dans le château, de jour comme de nuit. C’était quand même plutôt étrange que des mesures aussi strictes soient prises avec une seule attaque. Elle était terrible, certes, mais il n’y en avait pas eu d’autres.

Mais ça ne fait que quelques heures, souffla une petite voix dans sa tête.

Comme c’était rassurant, il aurait bien préféré ne pas y penser, à ce point. Mais c’était important. Très important, même. Ce devait bien être l’une des premières fois qu’un élève était attaqué à la sortie du train. En arrivant tout juste à Poudlard. Il ne croyait pas particulièrement que l’attaque avait eu lieu à l’extérieur du train, mais tout au moins, c’était pire de penser que ça avait eu lieu à l’intérieur même.

- Je compte sur vous tous pour faire passer le message aux élèves de vos Maisons respectives, les prévint la directrice. Je vous aviserai tous dès que ces mesures seront obsolètes. Vous pouvez retourner à vos Salles Communes. Sans traîner, conclut-elle.

Il marmonna intérieurement. C’était injuste, ils ne pourraient même pas discuter avec Scorpius! Ils échangèrent un regard tous les trois avant de s’éloigner ensemble. Comme ils pouvaient rester ensemble pendant un moment, ils avancèrent tous les trois dans les couloirs.

- Ça s’annonce… compliqué, soupira Scorpius.

- Je ne sais même pas comment on va pouvoir convaincre mon frère de rester à l’intérieur, grommela-t-il.

- Moi non plus, acquiesça Rose. Ça va être pénible, en tout cas.

Ils hochèrent tous deux de la tête, Scorp et lui. James n’aimerait pas, ni aucun des autres de son groupe. Y compris leur cousin Louis. Enfin, même si ce dernier avait un peu moins fait de mauvais coups dans la dernière année. Malgré tout, il y avait une différence entre ne pas en faire par choix et ne pas en faire par obligation supérieure. Connaissant son frère et son cousin, ça pourrait les pousser à en faire encore plus dans le simple but de contrarier…

Ils durent rapidement se séparer de Scorpius puisque pour leur part, à Rose et lui, ils devaient monter. Ils se saluèrent, maussades. Rien que l’idée de devoir annoncer tout ça aux élèves de sa Maison l’angoissait. Les réactions risquaient d’être vives, voire virulentes. Et ça ne s’améliorerait pas s’il y avait un premier délit. Cent points d’un coup. S’il n’en était pas l’instigateur, James risquait de faire une syncope, lui qui désirait si fort faire de cette dernière année la plus parfaite de toutes.

- Rose… tenta-t-il, mais elle le coupa aussitôt.

- Non!

- Tu ne sais même pas ce que j’allais dire!

- Tu es mon plus proche cousin, Al. Je peux presque toujours deviner ce que tu as l’intention de dire avant que tu ne le fasses! Alors c’est non!

- Mais…

- Non!

- S’il-te-plaît, Rose! Tu es celle avec le plus d’autorité, entre nous deux.

- Si tu fais comme au début de l’année dernière, tu n’auras aucun mal de te faire entendre d’eux, rétorqua-t-elle en le foudroyant du regard.

Ce qu’il… quoi? Il avait fait quoi, au juste? Au début de l’année dernière… Il plissa des yeux, cherchant dans sa mémoire. Qu’avait-il fait? Il s’était mis en couple avec Rebecca. Et puis après? Rien de particulièrement… Humm… Il avait été en froid. Avec sa famille. Mais pourquoi? Et il arrivait à se souvenir d’avoir eu des conversations virulentes avec Scorp… avec Rose… avec James. Avec Rebecca… Avec… Avec qui d’autres? Dans tous les cas, le sujet ne lui revenait pas en mémoire. Ce qui était en tout point détestable.

- Et j’ai fait quoi? s’enquit-il, espérant qu’elle saurait lui répondre.

- Tu… Tu as… Tu étais…

Il se tourna vers sa cousine, les sourcils froncés. Rose n’oubliait jamais. Et là… ce n’était pas la première fois dans la journée que ça se produisait. Ce qui… ne l’enthousiasmait pas.

- Est-ce que ça va?

- Oui, souffla-t-elle, mais elle était tellement blême qu’il en doutait fortement.

Malgré tout, il n’ajouta rien. Pourquoi insisterait-il alors qu’il ne voulait même pas discuter de ces propres problèmes et intuitions avec elle? Non, en fait, il voulait le faire, mais craignait simplement beaucoup trop ce qui en sortirait. Après tout, qu’est-ce qui lui disait que c’était la vérité? Et comment être certain que sa cousine, Scorp ou les autres ne le prennent pas pour un fou? L’idéal serait sans doute d’aller confronter Parkinson, mais… il n’en avait pas particulièrement envie.

Ils arrivèrent rapidement à la Salle Commune, échangèrent un regard pour se donner courage et prononcèrent le mot de passe. Le portrait de la Grosse Dame pivota pour les laisser passer. Tandis que peu à peu le salon de la Salle Commune apparaissait en laissant entrevoir la foule d’élèves qui s’y trouvait, il inspira longuement. Rose était encore un peu blême ce qui l’angoissa un peu plus. Par Merlin, il n’avait pas envie de devoir tout annoncer de lui-même.

Dès qu’ils posèrent le pied à l’intérieur, le silence se fit instantanément. Il n’avait jamais particulièrement apprécié d’être autant observer sans en avoir l’intention. S’il pouvait ridiculiser son frère, il le faisait. S’il avait un peu trop bu… aussi. Mais dans la situation actuelle, l’idée d’être autant le centre de l’attention ne l’enthousiasmait pas du tout. Il se souvenait encore d’à quel point il paniquait de l’intérieur lors de sa première entrée dans la Grande Salle. Pour sa Répartition. Puis soudainement, la peur avait…

- Quelles nouvelles, préfets? lança son frère avec un air amusé.

Il échangea un regard avec sa cousine et voyant qu’elle semblait encore perturbée, il prit les devants, malgré l’impression que son estomac lui tombait dans les talons. C’est à peine s’il prit conscience que son frère avait encore fait référence à un film de manière plus ou moins subtile.

- Pas vraiment bonnes. On n’a plus le droit de faire des rondes, lâcha-t-il. Et…

Il hésita.

- Et quoi? le tança Louis.

- Tout élève surpris en dehors de sa Salle Commune pendant le couvre-feu… fera perdre cent points à sa Maison. Et… si c’est un préfet… c’est le double, dit-il en évitant les regards.

- QUOI? s’écria son frère sur un ton scandalisé.

- On ne fait pas les règles, James, gronda Rose. Et on montera la garde à la porte maintenant qu’on n’a plus de rondes à faire.

- C’est tout? maugréa James avec un air courroucé.

- Oui, affirma-t-il.

Presque aussitôt une multitude de voix se fit entendre, beaucoup avec des accents de colère. Il pouvait le comprendre, il était peut-être préfet, mais il avait eu plus que sa part de sortie nocturne illégale par le passé. En fait, énormément. La seule raison pour laquelle il devait être à ce poste s’expliquait sans doute avec le fait qu’il ne s’était jamais fait prendre les deux pieds dans le plat. Il se tourna vers sa cousine, bouleversé, et marmonna :

- Je vais aller me coucher.

- Déjà? s’étonna Rose en fronçant les sourcils.

- J’ai besoin d’être un peu seul…

Elle sembla comprendre et il fut étonné de la voir le suivre. Du moins pendant quelques mètres, car elle se dirigea pour sa part du côté des escaliers menant aux dortoirs des filles. Il la regarda disparaître dans les escaliers en se demandant pourquoi il avait l’impression que… qu’il… Il repoussa cette pensée. Ce n’était pas le moment d’y réfléchir. Il s’engouffra rapidement dans l’escalier menant à son dortoir et dès qu’il y fut, il s’écrasa sur son lit et s’endormit aussitôt sans même avoir à chercher le sommeil.

Ses yeux s’ouvrirent soudainement dans un endroit sombre, froid et recouvert de pierres foncées à l’aspect lugubre. C’est à peine s’il pouvait clairement apercevoir ce qui se trouvait autour de lui, dû à la presque absence complète de torches pour éclairer le corridor. Toutefois, en plissant les yeux, il réussit à apercevoir une silhouette à quelques pas de lui. Mais ce n’est pas ça qui lui coupa le souffle, ni même le fait qu’il ne sentait pas le sol sous ses pieds ou encore la température du lieu.
Non, ce qui lui avait retiré l’envie de respirer, c’était cette autre silhouette. Fantomatique. Et c’était une fille… Une fille plutôt grande possédant de longs cheveux noirs et elle portaient l’uniforme de Poudlard. Son cœur battit un peu plus vite qu’à l’ordinaire en l’analysant. Il y avait quelque chose de familier avec elle…

Son attention fut attirée ailleurs lorsqu’il entendit ce qui semblait être un raclement de quelque chose contre de la pierre. Il posa son regard à l’endroit qu’il soupçonnait être l’origine du bruit et constata que c’était l’autre silhouette, celle qui semblait avoir une réelle consistance. Ses yeux s’étant finalement habitués à l’obscurité de l’endroit il réussit à supposer qu’il s’agissait d’un élève et probablement de son âge, ou du moins pas très loin.

Il suivit du regard celui qu’il jugeait être, tout comme lui, un gars, s’éloigner de la paroi du mur. Albus entendit des bruits de pas provenir de derrière lui et il recula encore en voyant l’autre se retourner dans sa direction. L’une des rares torches éclaira alors son visage et il put analyser l’autre qui, heureusement, ne semblait pas le voir. Les traits du visage étaient… ciselés, durs. Le regard si déterminé qu’il en faisait froid dans le dos. Son visage était accompagné d’une tignasse blonde dorée bien plus ordonnée que ses propres cheveux, gracieuseté de son père.

Les bruits de pas semblèrent soudain beaucoup plus proches et il sursauta en voyant un corps lui passer au travers. Il ne ressentit rien en soi, mais voir soudain quelqu’un surgir à travers lui… ça lui donna envie de vomir. Ce nouvel arrivant semblait être un professeur qui éclairait le chemin devant lui à l’aide d’un Lumos. Il prit d’ailleurs la parole d’un ton rauque, tranchant et autoritaire :

- Mr Grindelwald, que faites-vous encore à traîner dans l’école la nuit?

- Rien du tout, professeur, assura le garçon avec un sourire et une voix mielleuse. Je n’arrivais pas à dormir… Alors j’ai décidé de marcher. Je retourne à ma chambre de ce pas, ajouta-t-il.

Il y eut une seconde d’attente où aucune des deux personnes ne bougea d’un iota. La troisième, par contre, se retourna brusquement vers lui et il eut le souffle coupé à nouveau. Ses yeux… Ils étaient bleus. D’un bleu intense et incroyable. Et son teint… il était clair. Son rythme cardiaque s’accéléra encore tandis qu’il avait l’impression d’étouffer. Il remarqua à peine que le professeur faisait signe à l’élève de s’éloigner. Toutefois, son attention fut attirée par le symbole sur le mur qui fut éclairé lorsque le professeur passa à côté sans le voir. Il connaissait ce symbole.

Un triangle ayant en son centre un cercle qui était barré d’un trait vertical. Il eut un frisson incontrôlable. Son père lui avait appris ce qu’était ce symbole. Et tante Hermione lui avait raconté bien des choses à son propos… C’était les Reliques de la Mort. Leur symbole. Mais il avait aussi été celui de Gellert Grindelwald. Que seul Dumbledore avait su arrêter. Il n’eut plus aucun doute quant à l’identité de l’adolescent qu’il avait vu. C’était Gellert Grindelwald. Cette pensée le traversait tout juste qu’il eut l’impression d’être aspiré dans un vortex d’une puissance phénoménale.


Il se releva brusquement dans son lit en ouvrant les yeux d’un coup. Son cœur battait si vite et si fort qu’il avait l’impression qu’il lui sortirait de la poitrine sous peu. De la sueur recouvrait son torse et imbibait ses vêtements. Il n’avait pas pris la peine de les retirer avant de se coucher… car à la base il n’avait pas eu l’intention de dormir sur-le-champ.
Il s’assit rapidement sur le bord de son lit en tentant de calmer sa respiration. Il ne comprenait pas, mais alors là, pas du tout. Depuis faisait-il des rêves aussi étranges? Depuis quand rêvait-il de… cette fille? Il chassa ces pensées de sa tête, ça ne servait à rien de ressasser tout ça dès maintenant. Il retira ses vêtements trempés avec une grimace et chercha à l’aveuglette son pyjama dans sa valise.

Une fois enfilé, il s’éclipsa de la chambre pour descendre au salon. Personne ne devait être debout à cette heure indue, après tout la majorité de ses camarades de dortoirs dormaient à poings fermés lorsqu’il les avait quittés… Pourtant en approchant du foyer, il remarqua une silhouette assise devant. Il reconnut sans mal la tignasse blonde de son cousin et s’approcha encore un peu.

- Salut, Al, lâcha Louis d’un ton monotone.

- Ça va? s’enquit-il en fronçant les sourcils.

Il n’était pas surpris que Louis ait su qu’il était là, car maintenant qu’il était plus proche il pouvait voir la Carte du Maraudeur dans sa main. Il s’approcha encore un peu et s’installa aux côtés de son cousin. Il n’était pas aussi proche de lui que l’était James, mais comme parmi la panoplie qu’il avait Louis était l’un des plus proches de lui en âge, il l’appréciait quand même. Surtout qu’il était bien moins casse-pied avec lui que l’était son frère.

- Je m’inquiète seulement pour ma sœur, avoua son cousin. Dominique…

- Je croyais qu’elle allait mieux depuis le début de l’été?

- C’est vrai, mais elle a été malade pendant un an… Enfin, peu importe. Sinon, qu’est-ce qui t’amène ici, toi?

- Un rêve bizarre, marmonna-t-il en se frottant la nuque.

- Alors, garde-le pour toi, ricana Louis.

Il leva des yeux au ciel avant de rétorquer :

- Ce n’est pas ce genre de rêve là.

- Alors quoi?

Il hésita. Était-ce une bonne idée d’en parler? Peut-être son cousin le prendrait-il pour un fou? Il analysa longuement le regard de Louis, cherchant une trace de moquerie ou quoi que ce soit susceptible de le pousser à croire que son cousin ne cherchait qu’à l’embarrasser, mais… rien. Il haussa donc des épaules avant de se lancer dans la narration de son rêve. Plus il en racontait et plus il avait l’impression d’être dingue. Pourtant, plus il parlait et plus son cousin fronçait les sourcils. Dès qu’il se tut, ça ne prit qu’une seconde avant que Louis ne lâche :

- Cette fille que tu as vue… ce n’est pas l’exacte description de ta fille idéale? Celle que tu as faite pendant le repas?

Il hocha sombrement de la tête.

- Ce n’est pas seulement ce qui te préoccupe, je me trompe? s’enquit Louis en arquant un sourcil.

Il secoua de la tête avant d’ajouter :

- Mais je n’ai pas particulièrement envie d’en parler.

- Comme tu veux. C’est à toi la tête, lui dit son cousin en souriant. Moi, il n’y a pas que ma sœur qui me préoccupe. C’est aussi… Parkinson. Et son délire à propos de cette Allison. Si délire il y a, en tout cas.

- Pourquoi tu dis ça?

Il avait l’impression d’avoir le cœur au bord des lèvres. Il était à la fois très intrigué par ce que semblait insinuer son cousin et aussi infiniment effrayé. Rien qu’énoncer le fait d’avoir peur lui tordit les tripes. Il aurait préféré pouvoir dire qu’il se moquait du résultat final, à savoir si oui ou non Parkinson disait la vérité… sauf que c’était faux. Dans l’un des scénarios, il perdrait foi en sa propre personne.

- Je dis ça, car à l’aide de certaines techniques qui me sont propres… j’ai découvert quelque chose d’étrange. Quelqu’un d’autre, semble-t-il, se souvient d’une personne. De cette même personne. Et la personne qui se souvient de cette personne ne devrait pas être ici présentement.

- Je n’ai rien compris à ce que tu viens de dire… grommela-t-il, hargneux contre lui-même.

- Peu importe. Reste ici. Je vais chercher quelque chose. Et après, toi et moi on va se faire une petite sortie.

- Mais c’est…

- Je crois que trouver réponse à cette question est plus important que l’interdiction, alors tais-toi, monsieur le préfet imparfait!

Sur ces mots, Louis retira un chapeau imaginaire de sa tête pour le saluer et s’éclipsa en courant dans les escaliers, sans émettre un seul bruit. À peine une minute plus tard, il revenait avec la cape d’invisibilité. Un sourire éclatant sur les lèvres, son cousin lui dit :

- Ton frère devrait apprendre à mieux veiller sur la cape. C’est presque trop facile de la lui prendre.

- Tout le monde sait, dans la famille, qu’il dort comme une bûche. On pourrait lui voler n’importe quoi… Les autres n’oseraient pas.

- Tu n’as pas tort, ricana-t-il.

Il se sentit que très légèrement penaud de suivre son cousin à l’extérieur, caché sous la cape qui… peinait à les couvrir tous les deux. Ils n’étaient plus des gamins maintenant, alors sa taille avait une limite. Une fois dehors il n’eut plus du tout de remords à ne pas respecter le couvre-feu. Ils étaient invisibles et en plus avec la Carte du Maraudeur, personne ne pourrait les surprendre. Par contre, il se força au silence pour ne pas risquer d’attirer l’attention des tableaux qui pourraient très bien avoir été mis à contribution pour surveiller les élèves.

Louis marchait d’un bon pas et il peinait un peu à le suivre sans s’enfarger dans la cape ou dans ses propres pieds. Pourtant après une quinzaine de minutes il se mit à ralentir et il eut un haut-le-cœur en voyant le nom qui figurait tout près d’eux sur la Carte.

Rebecca Corner.

Sans qu’il n’ait le temps de protester, Louis se dégagea de la Cape et lança :

- Salut, Rebecca.

- Louis, lui dit-elle d’un ton qu’il trouva révoltant.

Il se dégagea à son tour de la Cape et Rebecca tourna son regard vers lui, un regard qui s’illumina à la fois de joie et d’étincelles malicieuses.

- Albus, ça fait plaisir de te revoir. Lévesque n’est pas avec toi?

Son ton débordait de moquerie et d’accent mielleux. Son visage se ferma. Elle se moquait de lui superbement. Et prenait son pied se faisant.

- Lévesque qui? gronda-t-il.

- Allison. Allison Lévesque, susurra Rebecca.

- Qui? souffla-t-il d’une voix blanche.

Son cœur se mit à nouveau à tambouriner dans sa poitrine. Allison Lévesque. Ce nom résonnait en lui sans qu’il ne sache pourquoi. Du coin de l’œil il vit Louis afficher un air pensif, puis déterminé. Albus eut immédiatement un très mauvais pressentiment concernant la suite des choses…

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Alors, ce chapitre? :? Et DarkPhoenix, je ne sais pas si tu apprécies cette nouvelle version de Louis (pour le peu que tu as pu en voir), mais ta remarque m'a fait penser que ce serait bien de l'intégrer aussi :roll: Et pour tous, je suis vraiment désolée pour cette horrible attente :(

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!!!! ENFIN
J'en venais à désespérée

Très bon chapitre malgré le fait que les personnages soit assez dur à distinguer comme il y a plusieurs points de vus et beaucoup de dialogue
DarkPhoenix

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par DarkPhoenix »

Mimie99 a écrit :Hey! Me revoilà! Je sais que ça fait vraiment trop longtemps et j'en suis franchement désolée, mais j'ai été débordée pendant les cours et je l'ai aussi été pendant les vacances, ce qui explique le retard. Je ne suis pas particulièrement satisfaite du chapitre, j'ai l'impression qu'il est long sans amener grand-chose. Enfin, vous verrez bien ;) En même temps, il faut bien que je mette tout en place... Bref, ce n'est pas important. J'espère que vous l'apprécierez tout de même et que vous ne m'en voudrez pas trop s'il n'est pas aussi bien que d'autres chapitres... Au fait, DarkPhoenix,il y a une petite surprise pour toi :roll: Sur ce, bonne lecture! (et j'espère que vous avez passé un agréable temps des fêtes :D) Est ce que la surprise ne s'appelerai pas Louis Weasley par hasard :mrgreen:

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Chapitre 4

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Il redressa brusquement la tête en ayant l’impression d’avoir entendu quelqu’un crier le nom de la personne qu’il cherchait. Son cœur se mit à battre plus rapidement tandis qu’il réentendait le tout dans sa tête. Il connaissait la voix de la personne qui avait crié.

Joshua.

Il attrapa rapidement par le col ses deux meilleurs amis et se contenta d’un mouvement de la tête en direction de son cousin. Ils n’avaient pas besoin de plus entre eux pour se comprendre. Ils étaient nés à quelques jours à peine d’intervalle et malgré qu’ils ne se ressemblaient nullement physiquement, on les traitait toujours comme des jumeaux.
James Potter et Louis Weasley, les jumeaux non officiels de la famille Potter-Weasley, mais en fait chaque enfant de la famille, ou presque, possédait un cousin qui lui correspondait en âge. Lily et Hugo. Al et Rose. OUAIS !!! LOUIS !! Bon je vais lire la suite et je te dirai ce que j'en pense^^
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par DarkPhoenix »

Alors, heuu.. Du coup j'ai un truc(voir plusieurs) à dire,
De 1 le chapitre est GÉNIAL !!
De 2 je suis super contente que tu ais enfin posté la suite :mrgreen:
De 3 j'aime beaucoup ton petit aperçus de Louis
De 4D'OU Y'A UNE AUTRE PERSONNE QUI CONNAÎT ALLISON ?
(kalm down :?)
De 5 À quand la suite ?
Voili voilou à la prochaine. :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!!!!!!!!!!! ENFIN
J'en venais à désespérée Je suis sincèrement désolée :(

Très bon chapitre malgré le fait que les personnages soit assez dur à distinguer comme il y a plusieurs points de vus et beaucoup de dialogue Le problème serait peut-être un peu moindre si j'écrivais à la première personne pour tous les personnages :? Mais les images avec les prénoms sont là pour justement mettre en évidence c'est le point de vue de qui. En tout cas, merci pour ton commentaire!
DarkPhoenix a écrit :Alors, heuu.. Du coup j'ai un truc(voir plusieurs) à dire,
De 1 le chapitre est GÉNIAL !! Tant mieux! Je le trouvais un peu... long.
De 2 je suis super contente que tu ais enfin posté la suite :mrgreen: J'ai eu quelques embêtements pour le terminer :roll:
De 3 j'aime beaucoup ton petit aperçus de Louis Ça me fait plaisir à entendre :D
De 4D'OU Y'A UNE AUTRE PERSONNE QUI CONNAÎT ALLISON ? La petite chipie de Rebecca :roll:
(kalm down :?)
De 5 À quand la suite ? Bonne question :roll: Je suis en train de l'écrire. Normalement, vous devriez l'avoir dans un mois. Et si j'ai de la chance niveau disponibilité... il y en aura un autre le mois suivant.
Voili voilou à la prochaine. :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: Oui, à la prochaine! Et merci de ton commentaire!
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