Une nouvelle menace [Harry Potter]

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Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey!! C'est moi après une absence d'un mois, presque jour pour jour! Je suis fière :lol: Bref, je n'ai pas grand-chose à dire, si ce n'est que j'espère que vous apprécierez le chapitre et que j'espère aussi être en mesure de vous donner le chapitre 6 dans un mois aussi ;) Mais comme je n'ai que deux pages d'écrites et que j'ai beaucoup de réécriture et de lecture pour autre chose (l'école...), alors on verra bien :roll: Sur ce, bonne lecture!


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Chapitre 5

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Je ne savais pas exactement si c’est parce que j’étais restée les bras ballants sans lui rendre son étreinte ou due à Spock qui se débattait dans mes bras… mais toujours est-il que Ruby recula de plusieurs pas pour me jeter un regard suspicieux. Bien… c’est le moment de dire quelque chose d’intelligent. De réfléchis. Pas d’impulsif.

- Je… suis désolée, soufflai-je.

Que quelqu’un me frappe. C’était quoi cette réponse inutilement laide et stupéfiante de médiocrité? Non, mais par Merlin! J’aurais pu trouver mieux. À voir les yeux écarquillés de Ruby, elle pensait la même chose. Je poussai un soupir, me massai le front et me reprit en la voyant arquer un sourcil :

- Je suis vraiment désolée… C’est seulement que… je n’étais pas certaine que le transfert aurait lieu. Que… ça fonctionnerait.

- Je vois… lâcha-t-elle sur un ton soupçonneux. Et ton chien? Ce n’est pas celui que tu as chez toi. Et on n’a pas le droit d’en avoir ici…

Réfléchis, réfléchis…

- Je l’ai pris dans un refuge, une journée avant de venir. Mes… Mes parents ont accepté et j’ai réussi à avoir une permission spéciale de la directrice.

- Vraiment? Tu es sûre que tu n’es pas malade, plutôt? Tu agis… bizarrement.

- Fatiguée, c’est tout.

J’essayais à grande peine de retenir les larmes qui avaient voulu me monter aux yeux en mentionnant mes parents. J’aurais eu envie de lui dire la vérité, pour ne pas qu’elle se fasse de fausses idées et pour ne pas risquer de perdre toute crédibilité au plus mauvais moment. À quoi McGonagall pensait-elle en voulant me faire jouer le rôle de la moi d’ici? Pour ce que j’en savais, on devait être deux personnes complètement et irrévocablement différentes.

- Au fait… Pourquoi il n’y a que toi qui fais un transfert? s’enquit-elle à nouveau. Ton frère, lui?

Bonne question.

- Il ne tenait pas particulièrement à m’avoir sur le dos maintenant qu’il avait le choix. Et puis… c’est sa dernière année, ça ne lui apporterait rien.

- Sauf que tu ne devais pas faire tes B.U.S.E. ou en tout cas leur équivalent cette année?

Touchée, pensai-je en moi-même. Comment expliquer ça? J’étais effectivement au courant que les élèves de Beauxbâtons devaient normalement faire leurs équivalents d’examens de B.U.S.E en sixième année d’études… Mais moi je les avais déjà faits. Et c’était vrai que pour faire un transfert à ce stade-ci de mes études de Beauxbâtons, si on suivait la logique de McGonagall, n’avait aucun sens. À moins d’être moi. Sauf comment savoir si mon moi d’ici était particulièrement studieuse?

- Ça fait un moment que je pense à faire un transfert, en fait, avouai-je en regardant mes pieds. Mais ma mère tenait absolument à ce que je fasse au moins cinq ans à Beauxbâtons. Enfin, c’est surtout aussi que lorsque j’ai eu l’idée plus en tête, il était trop tard pour demander un transfert. Alors on a décidé de faire la demande pour ma sixième année. Ce qui impliquait de prendre des arrangements avec la direction de l’école pour que je puisse étudier davantage et passer mes examens avec les sixièmes années.

- Vraiment? s’étonna-t-elle.

- Oui.

Et ce n’était pas vraiment un mensonge. J’avais effectivement appris bien des choses que je ne devais voir que cette année… Ce qui risquait, d’un certain côté, de m’attirer quelques ennuis avec mes camarades. Mais le plus gros du problème était le fait que ceux qui me connaissaient… je ne les connaissais pas ici. J’ignorais quels souvenirs nous devions avoir en commun. J’ignorais les possibles techniques d’échanges silencieux mis en place… Je repartais à zéro avec des personnes qui me connaissaient déjà. Je me sentis faiblir un instant.

C’était comme si j’avais perdu la mémoire.

Était-ce ce que l’on ressentait après avoir subi un choc et perdu l’intégralité de sa mémoire? Quand on ne reconnaissait ni amis ni parents? Je déglutis difficilement et marmonnai d’un ton légèrement faible :

- Je crois qu’il faut que je m’asseye…

- Tu es sûre que ça va? s’inquiéta Ruby.

- Oui… Beaucoup de fatigue… c’est tout.

- Tu as encore fait des nuits blanches pour lire, c’est ça?

- Exactement, admis-je.

Elle m’indiqua rapidement un lit supplémentaire. Oh, Merlin. Elles étaient quatre normalement. Maintenant… elles étaient cinq. À cause de moi. J’aurais pu me retrouver dans n’importe quel dortoir d’élèves de sixièmes années Serpentard, pourquoi avait-il fallu que ce soit celui où se trouvait une personne qui me connaissait de visage? Davantage, même. C’était… incompréhensible. Ou peut-être que tous les autres avaient déjà cinq élèves dans leur dortoir. C’était plausible.

Je m’installai rapidement sur le lit et déposai Spock à mes côtés. Je me mis à triturer distraitement la cravate de mon uniforme, gémissant intérieurement de la voir verte et argent. C’était ma cravate. Une cravate de Gryffondor. Et McGonagall l’avait… elle l’avait… changée. Je retins un grondement et alors que je m’apprêtais à dire à Ruby que je voulais dormir pour pouvoir me morfondre en paix, autre chose me vint à l’esprit.

- Est-ce qu’il y a de la place dans l’équipe de Quidditch? M’enquis-je.

- Il y a une place de Batteur et de Poursuiveur qui s’est libérée. C’était les deux septièmes années, me répondit-elle.

- Qui est le Capitaine?

- Joshua Flint. Sa cousine Eleanor Aylin lui a cédé la place, c’était elle la Poursuiveuse de septième.

Je frémis intérieurement en l’entendant prononcer le nom en entier. Qu’est-ce que c’était censé vouloir dire, au juste? N’étaient-ils pas amis? Et pourquoi Scorpius disait-il que personne chez les filles ne leur parlait? Amy et Ruby ne le faisaient-ils pas? Pourquoi les choses devaient-elles être à ce point différent? Je ne connaissais le nom d’Eleanor que parce que son frère faisait partie de mon année. Kieran Aylin. Il avait essayé de faire partie de l’équipe de Quidditch, sans succès. Mais de ce que je savais de sa sœur… c’était qu’elle était à Serdaigle. Pas à Serpentard. Je me sentis à nouveau blêmir.

- Tu veux faire partie de l’équipe? s’enquit Ruby avec une étincelle de joie dans les yeux.

- Oui, affirmai-je.

- Essaie le poste de Poursuiveuse, comme ça on pourra vraiment jouer ensemble!

- En fait… je voulais passer les essais pour Batteur, dis-je piteusement.

- Rah… toujours aussi violente, pas vraie, Alli? soupira-t-elle.

Je lui offris un sourire contrit en retenant une mimique étrange. Ruby était l’une des seules personnes, normalement, parmi mes amis proches à m’appeler par mon prénom au lieu de mon surnom. La voir le faire à présent me laissait un goût de cendre dans la bouche. Elle me tapota l’épaule gentiment avec un sourire sincère et dénué de la suspicion qui semblait l’avoir habité auparavant, puis elle lâcha :

- Bon, je te laisse te reposer, prendre tes aises avec ton nouveau chien. Moi je dois rejoindre James.

- James? m’étonnai-je.

- Je t’en ai parlé par lettre l’année dernière, Alli! James Potter! Je croyais que toi, contrairement à mes parents, comprendrais qui il était. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment c’est arrivé… Enfin, tu le sais bien, non? En tout cas, sortir avec lui m’a montré qu’il n’était pas seulement un farceur et je ne regrette pas ma décision, même si j’ai passé près de perdre mon poste au Quidditch. Sauf que Joshua avait bien trop besoin de mes talents pour me virer! ricana-t-elle.

- Désolée, c’est simplement que je n’arrive pas à croire que tu sors avec James Potter! Le fils d’Harry Potter. C’est simplement incroyable…

Tellement incroyable que ça aurait dû être impossible. Elle le détestait, non? Sauf que c’était lié à la mort de sa mère qui, si je me fiais à ce qu’elle avait dit, n’avait pas eu lieu ici. Comme le fait que la mort de la mère de Scorpius n’avait pas eu lieu dans ma réalité à moi. Par Merlin, tout ça devenait beaucoup trop compliqué.

- Tu devrais commencer à t’habituer, Alli. Ça fait déjà six mois, maintenant, et on en a tellement parlé cet été que j’aurais cru que… Bon, enfin, ce n’est pas important. Tu n’as qu’à essayer d’attraper Albus Potter, même si… enfin, peu importe.

Je rougis violemment ce qui la poussa à sourire malicieusement à mon encontre et je n’aimais pas du tout ce sourire. J’avais le mauvais pressentiment qu’elle avait une idée derrière la tête. Et cette idée, je n’avais pas l’impression qu’elle allait me plaire… Surtout s’il était question de jouer les entremetteuses. Chose dont je n’avais aucune envie, car j’avais déjà un Albus. Le mien. Le seul qui comptait vraiment. Non, pas que celui d’ici était à négliger, mais… je ne pourrais pas être plus qu’une amie. Sinon, j’aurais l’impression de me trahir moi-même et de trahir la confiance qu’Al m’avait donnée.

En la voyant s’éloigner, je songeai que dès demain, j’allais devoir avoir une petite discussion avec la directrice. Ça ne fonctionnerait pas. Je ne pouvais pas me faire passer pour mon autre moi si une personne qui me connaissait, d’une certaine manière, ignorait la vérité. Ce n’était pas correct vis-à-vis de Ruby ni envers ma santé mentale. J’allais devenir dingue si je devais jouer la comédie sans aucune carte en main. Elle pensait quoi, McGonagall, au juste? Que j’étais brillante au point de réussir à me débrouiller sans rien? Ou peut-être que son but c’était de me discréditer? Ou encore… elle ne me croyait toujours pas. Ce qui expliquerait pourquoi elle voulait que je joue le rôle de ma moi d’ici. Puisqu’elle pensait que j’étais elle.

À moins que je doive aller à la pêche aux infos moi-même.

Ce qui, à la réflexion, serait la chose la plus judicieuse à faire. Restait à savoir comment le faire maintenant… L’idéal serait sans doute d’aller voir des gens susceptibles de me connaître. Mais comment faire pour obtenir des informations sans risquer de… tout foutre en l’air? En allant voir des personnes qui connaissaient mon histoire. Et me croyaient. Un soupir s’échappa de ma bouche à cette pensée. Ça me ramenait à Albus et Scorpius. Rose… je n’arriverais jamais à tenir une conversation sans risquer de perdre les pédales dangereusement. La voir aussi… chiante, ne me donnait que l’envie de revoir celle que je connaissais davantage. D’être de nouveau parmi mes amis.

Je pris une grande inspiration et comme je m’étais momentanément absentée dans mon esprit, je remarquai avec étonnement que les autres filles étaient parties. Je n’avais même pas pensé à vérifier si Amy était là, elle aussi. Ou en tout cas, je n’avais pas eu le temps de le faire. Tant pis. Maintenant, il fallait que je ravale les émotions qui manquaient de m’étouffer à tout moment et de me lâcher dans cette réalité pour voir à quel point elle était différente de la mienne.

Mon regard s’attarda sur mon lit lorsque j’y déposai Spock. J’avais très envie de me laisser tomber complètement dessus et de m’endormir. Ou d’en profiter pour pleurer tandis que personne n’était là pour le voir. Sauf que je refusais… je refusais de me laisser abattre autant par les évènements. J’allais surmonter ça. Comme j’avais surmonté les obstacles de ma dernière année. J’allais retrouver mes amis, qu’importe ce qu’il m’en coûterait.

Je me relevai d’un bond du lit, assignai Spock à rester sur celui-ci et sortis d’un bon pas du dortoir. Ma mission de la soirée : trouver des informations. J’espérais simplement que le tout ne s’allongerait pas sur une mission de cinq ans. Je n’avais pas cinq ans à perdre ici. Une boule se forma dans ma gorge alors que le souvenir d’avoir vu les Star Trek en compagnie de mes amis me revenait en tête. Après l’avoir vu, ils n’avaient toujours pas compris pourquoi j’avais nommé mon chien Spock, malgré qu’ils aient aimé le personnage. Le souvenir flotta un instant derrière mes paupières malgré que je continuais à avancer vers la Salle Commune des Serpentards, qui, soit dit en passant, n’était en aucun cas différente de celle que je connaissais.

Je me tenais sur l’un des fauteuils de cinéma dans ma maison, assise comme à l’habitude à côté d’Albus tandis que Rose et Scorpius étaient de l’autre côté de l’allée. À peine les écritures de fin commençaient-elles et que je mettais le tout sur pause qu’ils se tournèrent tous vers moi avec un regard interrogatif. Y compris Albus, malgré que ce soit son deuxième visionnage du premier film.

- Donc… tu as appelé ton premier chien Spock… d’après ce personnage? Lâcha Rose.

Je poussai un soupir de dépit fasse à la question de ma meilleure amie. Pourquoi tant de remise en question? Je n’avais que sept ans à l’époque, par Merlin! Et elle avait bien appelé son chat Nuage, non? Était-ce vraiment plus original? Je ne pensais pas.

- Oui, je l’ai nommé d’après ce personnage. Je te saurais gré de ne pas me juger sur ça. J’avais sept ans, rétorquai-je.

- Oui, mais… je ne comprends pas.

- Ça, vois-tu, j’ai pu le constater, grommelai-je.

- Moi non plus je ne comprends pas, avoua Scorpius.

J’eus de nouveau envie de pousser un soupir tonitruant, mais je me résignai à ne pas le faire. Il ne fallait pas autant prendre à cœur ce genre de chose. Du moins…

- Merlin, ce n’est pas sorcier pourtant.

- Ce n’est pas quoi? s’étonna Al.

- C’est une expression, grommelai-je. Écoutez, ça aurait pu être pire. Certaines personnes vont jusqu’à nommer leurs enfants à partir de films ou de série. Vous ne savez pas à quel point les trucs qui sortent de l’ordinaire peuvent obséder les Moldus, expliquai-je. Une partie en tout cas, ajoutai-je en voyant l’air dubitatif d’Al. Un jour je vous ferai écouter une série magistrale qui a enflammé ceux qui l’ont vu. Le Trône de Fer… c’est tout qu’un phénomène.

- Le… commença Rose avant de s’interrompre.

- Oh… oubliez ça, marmonnai-je en me détournant.

Je me levai avec raideur et m’éloignai sans leur adresser un regard. Non, mais… ils viennent seulement de découvrir ce que c’est que des films, comment pourrait-il comprendre l’engouement? Oh, évidemment Al l’a plutôt bien compris, même si sans le savoir apparemment, avec le Seigneur des Anneaux.

- Tu boudes Alli? S’enquit Rose et je devinais son sourire.

- Vous êtes des ignorants qui ne méritent pas mon attention immédiate, répliquai-je.

- Voyons, Alli, tu ne prends pas ça au sérieux à ce…

- Et le Quidditch? Vous prenez ça au sérieux? Et les chocogrenouilles? Soyez donc ouverts d’esprit…

- Je suis très ouverte! Argua Rose d’un ton légèrement outré.

- Ah bon? m’étonnai-je. Il faudrait que tu arrêtes de juger mon choix de nom pour mon chien, alors Miss-Je-Nomme-Mon-Chat-Nuage.

Je me retournai avec un sourire aux coins des lèvres et je l’aperçus me jeter un regard mauvais. Elle mima avec ses lèvres :

- Tu es terrible.

- Pas plus que toi, lui dis-je en usant de la même méthode.

- Il vient de se passer quoi, au juste? demanda Al, les sourcils froncés.

- Aucune idée, affirma Scorp. Mais c’est insultant de se faire ainsi mettre à l’écart.

Rose et moi on leva les yeux au ciel. Ce qu’ils pouvaient être ridicules, parfois. Je me retournai vers le lecteur Blu-ray et y insérai rapidement le deuxième film en remplacement du premier. J’allais les rendre accros. J’allais leur faire comprendre mon point de vue, que ce soit en usant de la manière douce ou forte. Ils finiraient bien par comprendre mon engouement.


- Arrête-toi! m’ordonna une voix arrogante et autoritaire.

Ce brusque rappel à la réalité fit disparaître les dernières traces brumeuses de mon souvenir d’un seul coup et je me retrouvai devant une personne qui… me donna horreur. Son sourire auparavant resplendissant était remplacé par un rictus dédaigneux et plein de suffisance. Ses doux yeux bruns, parfois illuminés par un éclair de malice, n’étaient plus que deux billes froides, calculatrices et dominantes. Seule la carrure n'avait pas changé et c’est par ce fait que je me rendis compte qu’il était imposant, quand même.

Oui, Joshua Flint était imposant.

Il n’avait peut-être qu’un centimètre de plus que moi, mais il était assez bien bâti. Je ne l’avais jamais vraiment remarqué, car tout ce que je voyais c’était son sourire, son tempérament calme et bon vivant. Une personne qui aimait la vie et tentait d’en tirer le maximum pour améliorer celles de ses amis. Ce qui semblait loin d’être les intérêts de la version que j’avais devant moi. Celui-là semblait plutôt du genre à pouvoir vendre ses amis aux plus offrants, balancer sa mère dans un gouffre et planifier l’assassinat de son père pour hériter de la fortune familiale. D’accord, j’exagérais sans doute un peu. Juste un peu.

Je le regardai droit dans les yeux, prenant sans doute la pire attitude à adopter dans ce genre de situation, soit avec de l’insolence. De l’arrogance. Autant qu’il en avait. Je n’avais aucun doute que si je devais trouver ma place ici, à Serpentard, c’était en prouvant que je ne me laisserais pas marcher sur les pieds, que j’étais digne d’être ici. Et comme la majorité des Serpentards que je connaissais possédaient une touche de suffisance…

- Tu me veux quoi? grommelai-je.

Les yeux d’un brun chocolat normalement sympathique de Joshua se plissèrent sous, je le supposais seulement, un orgueil endommagé. Il ne devait pas être habitué à se faire parler sur ce ton. Malgré que la prudence soit maîtresse de sureté… je n’avais aucune envie de lui donner ce qu’il voulait. Et prudence et moi, ça n’allait pas bien ensemble.

- Tu es sa fille.

Je fronçai les sourcils. Qu’est-ce que cela sous-entendait, au juste? Je n’en avais pas la moindre idée, mais apparemment ce n’était pas une bonne chose à ses yeux. Maintenant… était-il judicieux d’entrer encore plus dans le jeu sans savoir ce qu’il en retournait? Ou devais-je esquiver la question? Autant esquiver pour le moment, pensai-je.

- Tu me veux quoi? répétai-je sur un ton plus blasé. J’ai d’autres chats à fouetter que toi.

J’aurais bien ajouté un Flint ou un qui que tu sois, mais… je ne savais pas si nous nous connaissions. Et si oui, jusqu’à quel point. Alors autant rester neutre.

- Alors tu es sa fille, répéta-t-il à son tour, mais d’un ton infiniment plus dur.

Si je devais me prononcer, maintenant, je pencherais pour l’inimitié. Combien de personnes, exactement, dans cette réalité me détestaient, au juste? Parmi ceux qui, normalement, m’appréciaient? Le summum de la stupidité serait de croiser Rebecca et qu’elle soit gentille envers moi. Ça… ça, je n’arriverais pas à le supporter. Ça m’embêterait beaucoup, mais vraiment beaucoup. Je remarquai rapidement Albus et Scorpius qui s’avançaient dans ma direction et j’eus soudainement très envie d’en finir avec cette rencontre déplaisante. Je crachai rapidement :

- Et alors? Tu pourrais préciser. Des parents, j’en ai deux. Ils déplaisent à monsieur, peut-être? Qu’est-ce que ça peut me faire? Dis-moi? Tu veux me cracher au visage les insultes que tu ne peux pas leur dire, c’est ça? Alors, viens. Dis-les. Ne te gêne pas…

Il sembla si choqué, que malgré que je pris soin de ne rien dire pendant plusieurs secondes, il ne trouva rien à répliquer. Était-il si redouté par tout le monde? Merlin, c’était incroyable. Pour la première fois, j’avais l’impression que je servirais réellement à quelque chose ici. J’ajoutai en prenant la liberté de lui tapoter l’épaule :

- Tu sais, ce n’est pas grave d’avoir le bec cloué. Mais… je n’ai pas que ça à faire, attendre après toi, mon petit bonhomme. J’ai d’autres chats à fouetter. Alors tu es aussi bien de garder ta langue fourchue derrière tes dents!

Je vis sa mâchoire se contracter et je dus retenir un petit rire, en songeant d’où me venait ma dernière répartie. Mais tandis que j’amorçais un mouvement pour le contourner, et ainsi rejoindre mes deux seuls semblants d’amis à Serpentard, il me retint par le bras pour souffler d’un ton plutôt furieux :

- Tu es sa fille. À lui. À ce sale con de pr…

- Tu vas arrêter de geindre, Flint? S’exclama soudain Scorpius. Ou ça t’ennuie que pour une fois quelqu’un te réponde?

Je manquai m’étrangler de rire en voyant l’air de Joshua et je parierais sans doute tout l’argent que j’avais à Gringotts que jamais, au grand jamais, Scorpius l’avait interrompu. Apparemment, j’avais déjà une mauvaise influence sur lui… Était-ce vraiment ce genre d’héritage que j’avais offert à mon meilleur ami? C’était presque… triste. Si ce n’était que ça. Sauf que… c’était une partie de ce qu’avait dit Joshua qui m’empêcha de rire, le forçant à rester coincé dans ma gorge.

- Est-ce que tu es en train d’insulter mon père? Grondai-je en sentant le sang chauffer dans mes veines.

Je n’avais pas connu mon père. Ou très peu. Mais s’il y avait bien une chose que je savais, c’était que ce n’était pas un sale con.

- Ça t’énerve, Beauxbâtons? Tu devrais peut-être rentrer chez toi, dans ce cas.

- Tu veux que je rentre chez moi? Tu veux vraiment que je rentre chez moi? Sifflai-je. Bah, je suis désolée, mais ça n’arrivera pas. Je fais ce que je veux, quand je veux, où je veux et comme je veux. Ce n’est pas un petit avorton imbécile d’idiotie qui me fera partir. Je suis sûre que d’un claquement de doigts je te mets à mes pieds, Flint.

En voyant la veine palpiter à sa tempe, je songeai avec un très léger sentiment de « Ah, bah merde, j’ai fait une gaffe » que j’étais potentiellement allée trop loin. Mais… je ne regrettais rien. Sauf peut-être d’être impulsive. Ça n’avait jamais que du bon, ce genre de truc. Plutôt le contraire. Malheureusement, j’étais sans doute trop inconsciente pour m’en préoccuper réellement.

- Tu ferais mieux d’apprendre à fermer ta gueule et à rester à ta place, Beauxbâtons, gronda-t-il d’un ton sec.

- Oh, tu trouves que j’ai une grande gueule? Lâchai-je, avec suffisance. Et où est ma place, exactement, Flint?

Cette fois je vis sa mâchoire se contracter, ce qui n’annonçait rien de bon. Pour moi, du moins. Je voyais du coin de l’œil Scorpius secouer la tête, tentant de me convaincre d’abandonner et de partir, mais il ne me connaissait pas. Il ne savait pas, contrairement à mon meilleur ami, à mes meilleurs amis… qu’il ne fallait pas essayer de me convaincre, mais plutôt m’obliger à partir. Par la force. Le peu de contrôle que j’avais réussi à obtenir ces dernières années venait de disparaître. En même temps que mon monde d’origine. Tout ce que je voulais, c’était être chez moi. Avec ma famille, mes amis. Pas leur simulacre. Je ne voulais pas de mensonges.

Je ne m’intéressai donc plus à Scorpius et Albus pour me concentrer totalement sur Joshua, chose qui me permit au moins de prévoir ce qu’il avait en tête. Il voulait me remettre à ma place. J’étais en train de remettre en question l’autorité qu’il avait acquise depuis… sans doute un bon moment. Mais pourquoi m’en préoccuperais-je?

Lorsque ses bras se tendirent vers moi avec une force que je n’aurais pas soupçonnée, je m’étais préparée. Du moins un peu. Je reculai de plusieurs pas en arrière, mais je ne me retrouvai pas sur le derrière, comme il en avait certainement eu l’intention. Je m’époussetai négligemment les épaules, là où il m’avait touché, en y mettant toute l’arrogance et la défiance que je pouvais. Je pouvais jouer longtemps à ce genre de jeux. Je pouvais me montrer vicieuse dans ce genre de jeux. Il cracha d’un ton énervé :

- Tu ne mérites pas ta place, ici, Beauxbâtons.

- Oh, tu crois? Répliquai-je en m’approchant de lui avec un début de fureur.

Je m’approchai si près que je constatai avec un certain étonnement qu’il était légèrement plus grand que je ne l’avais cru. Et plus costaud aussi. Je ne me laissai toutefois pas démonter par ce détail, j’avais combattu des brutes bien pires que lui. Sauf que ça faisait mal… Tellement mal… Joshua n’était pas une brute. Comment en était-il arrivé là? Pourquoi? Qu’y avaient-ils de différent entre ici et d’où je venais?

- Oui, je le crois, fulmina-t-il. Aucune vermine dans ton genre ne devrait être à Serpentard.

- Oh, vraiment? Dis-je d’un ton doucereux et sans qu’il ne s’en aperçoive je sortis ma baguette de ma poche et la lui enfonçai dans les côtes.

Je lui adressai un magnifique sourire malicieux empli de défi et de provocation. Il n’y avait plus personne pour m’arrêter, alors pourquoi le faire en si bon chemin. D’ailleurs, si je devais intégrer l’équipe il me fallait monter dans son estime. Et me recroqueviller devant lui ne m’amènerait pas bien loin. Enfin, c’était ma théorie qui collait le mieux avec mon tempérament. J’avais toujours eu quelques difficultés avec les figures d’autorités…

- Écoute-moi bien, Flint. Tout peut bien se terminer si tu me fous la paix. Je viens peut-être de Beauxbâtons, mais je suis certaine que je suis plus forte que toi. Et en ce moment, tu n’es pas en position de me dicter quoi faire. Je n’aurais même pas à remuer les lèvres pour te saucissonner. Ou pour te faire dormir. Veux-tu rester maître de toi ou perdre la face devant tout le monde? C’est à toi de voir.

Je le sentais bouillir de fureur, mais je voyais très clairement dans ses yeux qu’il savait qu’il était en mauvaise posture. Qu’il n’était plus aux commandes. Dans les deux scénarios, il perdrait la face que ce soit en abandonnant l’idée de me faire mordre la poussière sous sa soi-disant supériorité ou en se prenant l’un de mes sortilèges en plein ventre. Aucun des deux scénarios n’était valable pour lui. Après tout, il semblait affectionner le fait de commander par ici. Et moi, j’étais une nouvelle qui le défiait. Il ne pouvait pas se permettre de capituler, pas devant autant de témoins. Enfin, cela s’il tenait à sa réputation…

Sauf que s’il me demandait mon avis, sa réputation venait déjà d’en prendre un sacré coup. Alors il devrait s’épargner une plus grande humiliation. Sinon, ça risquait d’être très affligeant pour lui dans les prochains jours… prochaines semaines… mois? J’espérais sincèrement que ça n’irait pas plus loin. Je ne voulais pas rester des années coincées dans cet endroit. Ce n’était pas chez moi. Ce n’était pas ici que j’avais ma place.

D’autant plus qu’il y en avait déjà une. Une Allison.

Ils n’étaient pas prêts à en avoir deux.

En partant du principe que nous nous ressemblions…

- T’as du culot, Beauxbâtons. Et de la répartie. Mais ça ne te sauvera pas toujours, grommela Joshua en levant les mains et reculant d’un pas.

Ses mouvements étaient raides, preuve qui lui était difficile de se retirer. Je lui adressai à nouveau mon sourire malicieux et ajoutai :

- Ça m’a toujours réussi jusqu’ici, Flint. Et sache que je veux faire partie de l’équipe de Quidditch.

- Hors de question, siffla-t-il.

J’arquai un sourcil et lâchai d’un ton nonchalant :

- J’étais l’une des meilleures Batteuses de mon équipe, Flint. Te priver de mes talents serait une erreur… d’autant plus que je peux me montrer très… rancunière et vicieuse lorsque vient l’heure de me venger.

Il sembla réfléchir un instant à mes menaces voilées et marmonna en levant les yeux au ciel :

- Si tu le dis, Beauxbâtons. Peut-être que le Choixpeau n’est pas complètement détraqué, tout compte fait. Viens aux essais la semaine prochaine et on verra bien ce que tu vaux.

- Tu peux compter sur moi! Lui lançai-je alors qu’il s’éloignait déjà.

Tout compte fait, ça s’était plutôt bien déroulé comme altercation… Mieux que je l’aurais cru au départ. Après tout, je ne l’avais pas frappé, n’est-ce pas?

- Est-ce que tu es complètement dingue? Lâcha Scorpius sur un ton ahuri en m’attrapant vivement par le bras pour m’entraîner plus loin.

- Non… Pourquoi? grommelai-je en lui jetant un regard suspicieux.

- Tu n’aurais pas dû répliquer, maintenant il risque d’encore plus te prêter attention et vouloir t’écraser, plusieurs fois, au passage, répondit Albus.

- Je crois plutôt que cette fois-ci, j’ai gagné son respect. Et je n’arrive jamais à m’écraser devant des brutes épaisses.

- Je suis d’accord que c’est une brute, avança Scorpius. Mais il est loin d’être idiot.

- Je suis au courant, affirmai-je, ce qui me valut le regard surpris de mes deux compatriotes. Vous oubliez que je viens d’un autre Poudlard?

Les derniers mots avaient été prononcés dans un chuchotement pour éviter que je me fasse entendre des personnes à proximité.

- D’accord… mais pourquoi tu le traites de brute épaisse? S’enquit Albus.

Je poussai un soupir de découragement avant de répondre :

- Parce que c’est un moyen comme un autre de désamorcer l’impact négatif des brutes. Et parce que non-idiot ou pas, je reste la meilleure.

Avec un sourire ironique, j’envoyai valser mes cheveux vers l’arrière, affichant l’air de la petite bonne femme qui se prend pour une autre. C’était tout simplement trop drôle de jouer la comédie comme ça.

- Tu es… je ne sais pas ce qui correspond le plus entre étrange et stupéfiante, lâcha Scorpius.

- Va pour les deux! Lançai-je en souriant.

D’un sourire faux. Terriblement faux. C’était le genre de commentaire que n’aurait jamais prononcé l’autre Scorp. Nous nous connaissions tous trop bien pour être surpris par les agissements de l’un et l’autre. Enfin, sauf ceux d’Albus par moment, lui… lui il était un phénomène sans même chercher à l’être. Après, certains pourraient dire la même chose de moi. Toujours est-il, qu’aucun des deux normalement ne m’aurait questionné sur le choix de mes mots pour décrire une brute. Un nouveau soupir se fraya un chemin dans ma gorge jusqu’à ma bouche, mais je le réfrénai.

- Toi et toi. J’ai besoin de vous.

En prononçant les deux toi, j’agrippai les deux garçons par le bras et les entraînai vers la sortie sous les regards à la fois curieux et outragés des autres Serpentards. Je ne prêtai pas attention aux vaines tentatives pour se libérer des deux Serpentards que j’enlevais, possiblement contre leur gré. Je me contentais simplement de tirer plus fortement en resserrant ma prise.

Bon, maintenant… où aller?

Je me maudis intérieurement face à la première idée qui me vint à l’esprit en arrivant dans le couloir des cachots. Merlin, je n’allais pas vraiment utiliser cet endroit que je commençais à profondément mépriser?

Apparemment que si, pensai-je, en forçant les deux êtres récalcitrants à s’enfermer dans un placard à balai avec moi.

- Euh… pourquoi tu nous as amenés dans un placard à balai? Demanda Albus avec ce qui me semblait un ton très… confus.

- J’ai besoin d’informations pour ne pas que quiconque se demande pourquoi je ne suis pas l’autre Allison, expliquai-je en chuchotant. Et on ne pouvait pas rester dans la Salle Commune.

- Pas faux, approuva Scorpius. Et la seule manière pour toi d’obtenir des informations sans te dévoiler, c’est avec nous. Puisqu’on sait qui tu es.

- Exactement, acquiesçai-je.

- Que veux-tu savoir? Participa Albus, semblant beaucoup plus à l’aise maintenant.

Je m’empressai de créer de la lumière avec un Lumos silencieux et comme le placard le permettait, je me glissai au sol pour m’asseoir. Les deux autres Serpentards en firent autant. Je pris ensuite une grande inspiration pour me donner du courage et je lâchai :

- Je veux tout savoir. Ce qu’il s’est passé dans les dernières années à Poudlard depuis que vous êtes là, les histoires que vous savez à propos de tout le monde sur qui vous pouvez me renseigner et… enfin. Tout. Absolument tout ce que vous pouvez me dire.

Ils se jetèrent un regard qui semblait en dire très long.

- Il y a seulement un problème dans ce que tu demandes… marmonna Scorpius.

- Lequel?

- On est les parias de l’école, répondit Albus.

- Et alors? Vous avez certainement prêté attention à des trucs… Non?

Ils poussèrent un soupir qui me donna envie de grogner. Merlin, pourquoi possédaient-ils si peu de foi? C’en était désolant.

- Écoute, Allison… Je crois que le mieux, c’est que tu nous demandes ce qui est vrai ou pas selon ce que tu sais à propos de certains individus. Et quant aux évènements de l’école, ça on peut t’être utile quand même, proposa Scorpius.

C’était mieux que rien, songeai-je. Pourtant… j’aurais préféré obtenir plus… tellement plus. Tout reposait sur ma capacité à bien m’intégrer ici. Et je n’avais jamais été une as de l’intégration. Le fait que j’aie réussi à le faire là d’où je venais résultait de mon arrivée en première année alors que tout le monde pouvait encore avoir espoir que la jeune écervelée que j’étais se calme. Chose qui n’était pas arrivée. Et maintenant… j’étais en sixième. Personne ne s’attendra à ce que je change de comportement. Alors m’accepter n’en sera qu’encore plus ardu.

- Très bien, alors je vais poser des questions… soupirai-je.

Mais avant de poser les questions, je devais réfléchir à ce dont j’avais réellement besoin. Tout d’abord, toutes les informations concernant la troupe Weasley/Potter. Ensuite, les professeurs de l’école. Après… Après… Malia. Teena. Amy. Kieran. Liam? Dylan? Ruby. Quoi d’autre? Joshua.

Une fois certaine d’avoir accumulé toutes les questions qui me seraient nécessaires pour avoir un tant soit peu de chance de réussir ici, je plongeai mon regard dans celui des deux gars qui se trouvaient assis avec moi dans un placard à balai. Sans plus de préoccupations, je les bombardai tous les deux de questions et les réponses furent… quelque peu surprenantes.
Poudlard n’avait en soi aucune différence d’avec celui que je connaissais, si ce n’était leur aventure à eux en quatrième année. Deux choses qui différenciaient quand même mon Poudlard du leur, c’était en premier lieu certain des professeurs qui n’étaient pas les mêmes, comprenant le professeur de Divination qui n’était pas Trelawney. Puis ensuite c’était le fait qu’il n’y avait pas de Tournoi de duel. Ni rien dans le genre de mélanger les cours optionnels. Cette nouvelle me donna envie de soupirer, moi qui croyais que j’allais enfin pouvoir apprendre certaines choses concernant les runes dont Rose me parlait! Ou encore les complications de l’arithmétique! Mais non. Rien de tout ça. Fabuleux. Vraiment, il n’y avait pas d’autres mots pour décrire cette situation.

Après quoi j’eus la joie d’apprendre que Malia McDonald et Teena Bones existaient bel et bien. Que la dernière était l’une des filles qui avaient connu le plus de gars dans toute l’école et que la première ne semblait plus être la même depuis l’année dernière. Apparemment, Malia était l’une des seules filles à leur adresser la parole gentiment. Elle et Teena étaient amies, mais depuis un incident l’année dernière, elles ne parlaient plus à Rose qui était pourtant une excellente amie. Selon Albus, ça remontait à Noël. Cette nouvelle me donna un goût de cendre dans la bouche et quelques sueurs froides. J’avais un très étrange pressentiment concernant la raison de la dispute et le pourquoi Malia avait changé. Et ça se résumait en quelques lettres.

P.P.A.M.

Problème de Pilosité Abusive Mensuelle. Loup-garou.

Et elle était toute seule…

Une boule se forma dans ma gorge et je déglutis avec difficulté. Je pourrais l’aider… Mais elle ne me connaissait pas. Et je ne connaissais pas cette version d’elle. Je ne pouvais pas être certaine qu’elle garderait le secret à mon propos. Après… rien ne m’empêchait de me faufiler dehors lors des Pleines Lunes pour la rejoindre et lui permettre de passer un moment plus agréable. Oui, c’était ce que j’allais faire!

La suite ne me parut pas particulièrement sympathique non plus, au vu des résultats que ça avait donnés. Joshua Flint n’avait pas perdu ses parents, il était effectivement ami avec un Kieran Bletchey et ce dernier n’était pas particulièrement plus sympathique, même s’il était le moindre des deux maux. Concernant Ruby, ses parents allaient effectivement bien tous les deux et malgré qu’elle ne les rabaisse pas, elle ne les appréciait pas particulièrement non plus. Pendant presque cinq ans, James et elle avaient eu plusieurs altercations très… proches de la drague ouverte avant de finalement aboutir.

Sinon, la seule chose qui était différente de mon chez-moi, c’était le fait qu’Hermione était Ministre de la Magie. Tous les autres membres de la famille occupaient les mêmes postes que ceux de chez moi.

- Sinon, il y a aussi une chose que tu devrais savoir… commença Albus.

- Laqu…

- Ce n’est pas important, voyons, Al! S’emporta Scorpius en foudroyant son ami du regard.

- Qu’est-ce qui…

- Bien sûr que c’est important! S’empourpra le premier en renvoyant un regard mauvais.

- Je peux sav…

- Non, ce ne l’est pas! S’écria le Serpentard pure souche.

- Mais elle va bien…

- Je peux savoir ce qu’il y a, à la fin! Hurlai-je en interrompant volontairement Albus.

Les deux tournèrent un regard à la fois estomaqué et effrayé dans ma direction avant d’ouvrir la bouche, dans l’intention claire de dire quelque chose. Malheureusement, ils n’en eurent pas l’opportunité, car à ce même moment la porte s’ouvrit sur l’air revêche de Rusard. Il arborait un sourire triomphant qui ne me plaisait pas. Du tout.

- Enfin! S’écria-t-il. Des élèves qui outrepassent le couvre-feu!

J’eus envie de disparaître dans la plancher. J’avais complètement oublié le couvre-feu (quoique, en y réfléchissant, je n’y avais que très rarement prêté attention…). Nous avions parlé beaucoup plus longtemps que prévu… Merlin.

*******

- Ce n’est pas de ma faute! M’offusquai-je vivement alors que je me trouvais dans la Salle des Trophées en compagnie de Scorpius et Albus.

Et on astiquait avec force soupirs tous les trophées et autres qui étaient contenus dans la salle. Du moins, c’était ce que l’on faisait jusqu’à ce qu’ils m’accusent de nous avoir coincés là. Ce qui n’était pas l’exacte vérité, s’ils voulaient mon avis.

- Bien sûr que si! Protesta Albus. C’est toi qui as commencé à hurler!

- Peut-être. Mais c’est qui exactement qui cherchait à me cacher des trucs? Vous deux!

- C’est Scorpius qui veut te cacher des trucs! Rétorqua le seul Potter Serpentard depuis des générations.

- Hé! J’ai mes raisons! S’indigna l’intéressé.

Ça faisait plus mal que ça ne le devrait. Ils n’étaient pas mes amis. Pourquoi est-ce que ma tête s’entêtait-elle à croire le contraire? Après c’était mon cœur qui en souffrait et j’en avais marre de ces émotions douloureuses à la noix. J’en avais marre qu’on me piétine le cœur, qu’on me martèle les côtes à coup de pioche… Tout ce que je voulais…

C’était rentrer chez moi.

Retrouver ma famille inexistante et mes amis.

Retrouver ce qui faisait de moi… moi.

Retrouver ceux en qui j’avais confiance et ce à quoi je tenais.

Merlin, être ici c’était tellement…

Une plaie.

Je me détournai d’eux pour éviter qu’ils voient mes yeux s’embuer. Je me sentais comme une gamine qu’on avait laissée chez une tante pour une semaine. Qu’on avait abandonné. Mais c’était stupide, un sentiment stupide. D’autant plus que personne n’avait contrôlé ce changement de réalité. Si ce n’était mon don, en tout cas.

- Allison? S’enquit Scorpius.

Ils devaient avoir constaté que je m’étais détournée. Je soupesai l’idée de l’ignorer, mais comme ce n’était pas particulièrement dans mes habitudes (contrairement à certaines personnes que je connaissais) j’entrepris de soupirer longuement et de marmonner :

- Je n’ai pas envie de parler, d’accord? Est-ce que vous avez idée à quel point c’est difficile?

- Qu’est-ce qui est difficile? S’étonna Albus. L’astiquage? Si oui, je suis d’accord.

- Non. Le fait d’être ici. Dans… dans votre réalité. Je ne suis pas chez moi. Tout me le rappelle.

- Comment ça? Me questionna Scorpius et je sentais presque de la compassion derrière ces mots.

- Vous. Rose. Vous n’êtes pas ceux que je connais. Je n’ai pas ma place ici. Je le vois. Je le sens. Mais je suis ici. Il faut que je m’adapte. Mais vous ressemblez à ceux que je connais. Alors…

- Tu n’arrêtes pas de nous confondre, c’est ça? Devina Scorpius.

Je hochai de la tête et le silence s’installa. Je ne savais pas si c’était dans le but de respecter ma volonté de ne pas parler ou si c’était dû au fait qu’ils réfléchissaient à ce j’avais dit… Comme j’étais dans l’incapacité de lire les pensées d’autrui, je ne saurais probablement jamais ce qu’il en était. D’autant plus que cinq minutes plus tard, Rusard venait annoncer aux gars qu’ils pouvaient rentrer à la Salle Commune. Je m’apprêtais à les suivre, croyant que c’était simplement un oubli du concierge, mais il cracha à mon intention :

- Pas toi.

- Pourquoi? m’étonnai-je en ouvrant grand les yeux.

- Tu es nouvelle.

- Justement, je ne connaissais pas les règles… correctement!

Le plus gros mensonge de ma vie. Enfin, pas le plus gros, mais presque.

- Ce n’est pas une excuse! Persifla-t-il. Maintenant, continue à astiquer! Je reviendrai dans une heure!

Dès qu’il me tourna le dos, je lui envoyai un rictus hargneux. Il y avait quelque chose qui ne fonctionnait pas avec son comportement. Certes, Rusard n’était jamais sympathique, mais il ne se montrait pas autant… injuste envers une personne. Je manquai échapper mon chiffon lorsque je le surpris marmonner, quelques mètres plus loin :

- Maintenant, je peux enfin rendre la pareille à ce satané Williams.

Ma gorge se serra à un tel point que si quelqu’un me voyait en ce moment, j’étais certaine qu’il me trouverait plus blême que d’habitude. Mon père… Il parlait de mon père. Comment était-il possible qu’il se souvienne de lui? Bon, en même temps, mon père avait côtoyé Harry Potter, donc peut-être que par association… Mais pourquoi aurait-il une dent contre lui?
Je poussai un soupir rageur devant l’exactitude qu’il me serait impossible de trouver la réponse. À moins de la demander à l’un des deux concernés de l’affaire. Ce qui était… très, très déconseillé. Je pourrais sans doute fouiller et essayer de glaner des informations ici et là, mais si, comme je le soupçonnais, cela remontait à l’époque où mon père avait fréquenté l’école… les seules personnes susceptibles de me répondre seraient les professeurs. Chose qui ne me semblait pas particulièrement adéquate.

Un jour, peut-être, j’arrêterais d’avoir des questions qui ne peuvent pas avoir de réponse.

Un jour.

Ou jamais.

Avec ma merveilleuse chance, je pariais plus sur la dernière option.

Je me remis sans grand enthousiasme au nettoyage des trophées et autres babioles. Tout en me tuant à la tâche ingrate que l’on m’avait donnée, je me perdis dans mes souvenirs, en rêvant partiellement que ceux à qui je tenais étaient là. Je voyais presque l’air à la fois amusé et énervé de James à mes côtés, Rose s’appliquant réellement à rendre les trophées plus jolis. Scorp qui tentait de faire de même, mais en grommelant entre ses dents. Et Al… Al qui fait tout de travers en jetant des regards rageurs à son frère quand ce dernier lui jette son chiffon à la figure. Je voyais tout.

Mais il n’y avait rien.

J’avais l’impression que mon cœur s’effritait dans ma poitrine.

Et ce fut précisément à ce moment que débarqua de manière totalement fracassante Peeves.

Je sursautai violemment et échappai mon chiffon par terre. Le rire énervant de Peeves résonna dans l’air et je lui retournai un regard rageur ce qui ne le fit que rire davantage.

- Allison… c’est les trophées que tu dois astiquer, pas le plancher! Se moqua-t-il.

- Ta gueule, Peeves, répliquai-je sèchement par pur réflexe.

Mais je n’étais pas censé le connaître. Ou en tout cas, pas censé le reconnaître aussi rapidement.

- Tu es une bien vilaine joueuse, Allison Lévesque.

- Attends… quoi? m’écriai-je.

- Allison la Perdue. Allison la Perturbatrice. Où vas-tu? Que fais-tu? me nargua-t-il.

- Tu me connais! L’accusai-je. Tu sais qui je suis et d’où je viens!

- Peut-être que oui? Peut-être que non? Comment savoir?

- Tu le sais! insistai-je.

- Bien, bien, comme tu veux. Je sais qui tu es et d’où tu viens.

Je dévisageai avec étonnement ses petits yeux noirs et méchants. Sa bouche large s’étirait en un sourire à la fois moqueur et méchant. Je n’avais jamais eu de réels problèmes avec Peeves, encore plus depuis mon coup d’éclat contre James et sa période de mutisme. Et aussi par ma propension à… perturber les choses et ne pas respecter le règlement.

- Comment?

- Comment? Répéta-t-il.

- Peeves!

- Tu es un chaos ambulant, Allison. Je me souviens du chaos. Je suis le chaos. Maintenant, si tu veux bien m’excuser, je dois aller perturber le professeur W…

Le visage de Peeves changea soudainement du tout au tout, prenant un aspect solennel que je ne connaissais pas. Que je n’avais jamais vu. Il flottait toujours dans les airs, mais son dos était maintenant droit, son regard lointain comme s’il écoutait des paroles que lui seul pouvait entendre.

Peeves.

Solennel.

Un Peeves solennel.

Non! Non, ça n’avait rien de cohérent! Je me secouai la tête et me pinçai le bras pour être certaine que je ne rêvais pas.

Je ne rêvais pas.

Il était toujours là, avec un air attentif et solennel. Merlin! C’était quoi le délire? Soudain, il se redressa encore un peu et posa à nouveau son regard froid et méchant sur moi. Un frisson me parcourut de la tête aux pieds, car… quelque chose dans ses yeux… était différent. Il était sérieux. Il lâcha abruptement, faisant accélérer considérablement mon rythme cardiaque :

- Allison, j’ai un message pour toi.

Puis, sa voix changea du tout au tout. C’était maintenant la voix d’une femme autoritaire et douce à la fois qui poursuivit :

- Là où toutes choses se trouvent, tu devras chercher. Dans les méandres de l’instrument trompeur, tu me trouveras. Dis mon nom et je viendrai à toi. Ignore mon appel et jamais les tiens tu ne rejoindras. Ils sont si près… et si loin. Leur parler tu as besoin. Si tu échoues, la mort t’attendra.

- Qui êtes-vous? Soufflai-je, ne tenant pas compte de ce qu’elle m’avait dit.

- Tu me connais. Je suis toi. Tu es moi. Réponds à mon appel, Allison Lévesque. Réponds-y, ou échoue et sois vouée à disparaître parmi les ombres.

- Je ne comprends pas… marmonnai-je.

Peeves-qui-n’agissait-pas-comme-Peeves secoua la tête légèrement et répéta ce qu’il avait déjà dit avant de paraître se vider d’une essence vitale étrange. Il reprit aussitôt son air habituel et me gratifia d’un salut plein de bonhomie avant de partir d’un coup sec, laissant l’écho de son rire derrière lui.

Merlin.

C’était tout ce que je trouvais à dire dans l’instant. Je ne comprenais absolument rien à ce qui venait de se passer. J’ignorais tout de la femme qui avait pris la parole à travers la bouche de Peeves. Et encore moins comment c’était même possible. Je croyais que les esprits frappeurs apparaissaient comme ça et qu’il ne répondait à rien ni personne. Ils faisaient partie des non-être. Alors pourquoi mon instinct me hurlait-il qu’il obéissait à la voix de la femme? Enfin, pas la voix, mais la femme, point. Qui qu’elle fût.

Et qu’est-ce que je devais en déduire au juste? De ce qu’elle avait dit. Je n’arrivais pas à réfléchir logiquement, là. Je pris la peine de respirer longuement, avant de songer que j’y réfléchirais plus tard, dans mon lit. Avec Spock. Là, valait mieux que je me remette au travail si je ne voulais pas que Rusard, à son retour, me trouve fainéante et décide de me laisser ici encore une heure. Merlin, il était déjà vingt-trois heures passé… Il voulait me faire astiquer jusqu’à minuit? Espérons que non, j’avais besoin de dormir. Et si je devais passer la moitié de ce qui me restait de nuit à me creuser la cervelle pour comprendre ce que cette stupide mise en garde voulait dire… autant aller à mon lit aussi vite que possible!

Quand Rusard revint finalement me trouver, il me dit rapidement que je pouvais y aller. Je m’empressai de le faire sans réclamer mon reste et une fois dans les couloirs je me mis à avancer de plus en plus rapidement. Je n’avais plus qu’une hâte et c’était de rejoindre mon lit qui n’était pas mon lit, puis dormir. Ou réfléchir et ensuite dormir. Enfin, je verrai bien selon ce qui arrivera en premier. De toute manière, je ne risque pas d’oublier les paroles de la femme…J’avais l’impression qu’elle me les avait écrites de manière indélébile dans la tête.

Je n’avais tourné qu’un ou deux couloirs lorsque je sentis que l’on m’attrapait brusquement par la main pour m’entraîner… dans un placard à balai. Encore?! Je lâchai un grondement outré et fatigué, ce qui ne m’attira pour réponse qu’un rire. Un rire que je reconnus aussitôt et je fus conforté dans mon idée concernant l’identité de mon ravisseur puisque je ne pouvais pas le voir. Et il y avait une seule personne qui avait ce rire et la possibilité d’être invisible.

- Allison Lévesque-Williams. On s’attire déjà des ennuis? Et on entraîne mon frère et son ami dans le coup… Vilaine, me nargua le pas seul et pas unique James Sirius Potter.

J’avais encore plus envie de grogner, soudainement. Je n’avais pas de temps à perdre, non d’un Merlin enrhumé! Pourquoi fallait-il qu’on me tombe dessus au plus mauvais moment?

- Qu’est-ce que tu veux? Grommelai-je.

- Mais quel ton familier! Rigola-t-il. Tu prends tes marques rapidement, pas vrai?

- Qu’est-ce que tu me veux? Répétai-je d’un ton plus dur.

- Pas grand-chose, avoua-t-il. Je cherche seulement à apprendre à connaître la fille qui se retrouve déjà en retenue la première journée de cours. Surtout que, je ne l’apprends que maintenant, tu es la meilleure amie de Ruby.

- Vous êtes vraiment ensemble?

J’avais toujours le plus grand mal à y croire.

- Oui, tu ne crois pas ton amie?

- Bien sûr! Seulement je ne croyais pas que ça pourrait fonctionner entre vous, répliquai-je.

- Et pourquoi ça? M’interrogea-t-il.

Mon cœur rata un battement et ce ne fut que par un miracle miraculeux que je lâchai spontanément :

- J’ai entendu des rumeurs à ton propos, James Sirius Potter.

- Ah oui?

Je pouvais entendre son sourire dans sa voix. Et je me doutais qu’elle serait la prochaine question. Je poussai un soupir léger et discret en attente du coup de grâce.

- Quel genre de rumeurs? S’enquit-il rapidement, confirmant mes soupçons.

Je me mordis les lèvres, regardai le plafond du placard à balai sans le voir et me questionnai sur ce qu’il convenait de répondre. Sans avoir l’air de le connaître par cœur. Exagérons les traits, pensai-je.

- Que tu es immature, ambivalent. Tu ne sais jamais sur quel pied danser et tout ce à quoi tu penses, c’est ton prochain gros coup. Oh, et apparemment tu serais un bourreau des cœurs.

Le dernier point était plus ou moins vrai. Il avait bel et bien brisé bien des cœurs si je me fiais à ce que disait les filles d’où je venais, mais c’était principalement dû au fait qu’il ne prêtait réellement attention à aucune et les éconduisait toutes. Dans un sens, il était un bourreau des cœurs de manière involontaire. Après, je ne voyais pas vraiment ce qu’elles lui trouvaient toutes. Si j’avais dû finir avec James, l’un de nous deux aurait fini par péter un câble. On était trop semblable sur plusieurs points et aucun de nous n’était du genre à vouloir arrêter l’autre s’il dépassait les limites.

C’était pour ça que j’aimais Albus.

Il était plus… calme que moi. Et il me permettait de réduire mon niveau d’impulsivité. Il me permettait d’agir de manière moins stupide et violente. Il était mon Ancre à bien des niveaux. Et maintenant…

Maintenant il n’était plus là.

Je retins un sanglot non désiré pour éviter d’attirer l’attention de James, ce dernier étant étrangement muet. Je compris pourquoi lorsqu’il marmonna :

- Je n’avais aucune idée que des rumeurs de cette sorte faisaient rage à mon propos. Et qu’elles allaient jusqu’à Beauxbâtons.

Je me sentis blêmir et je remerciai le placard à balai d’être aussi sombre. James ajouta rapidement :

- Dis-moi, Allison… Tu ne me cacherais pas quelque chose?

- Absolument pas! Rétorquai-je rapidement. Maintenant, si tu veux bien m’excuser… j’ai sommeil! Continuai-je sur un ton hargneux et je le bousculai pour sortir.

Je refermai rapidement la porte derrière moi pour avoir quelques secondes d’avance sur lui. Je me mis toutefois à courir lorsque je l’entendis hurler :

- ALLISON!

J’accélérai la cadence pour tourner à un coin lorsqu’en jetant un coup d’œil je le vis sortir sa baguette pour me lancer un sort. Ledit sort passa à un cheveu de mon épaule et me força à accélérer encore plus. Je me félicitai intérieurement pour toutes ses années d’entraînement physique qui me permettait maintenant de maintenir la cadence.

Pendant une seconde et quart, je soupesai la possibilité de prendre ma forme d’Animagus, mais je laissai tomber en me rappelant que James allait sans doute utiliser la Carte du Maraudeur pour me retrouver. Et qu’à ce moment… il découvrirait le pot aux roses s’il voyait mon nom apparaître à l’endroit où se trouvait un loup.

Ouais, assurément, il comprendrait assez rapidement.

Je risquais aussi de me faire d’autant plus soupçonner qu’il ne le faisait déjà si j’utilisais des passages secrets. Cela dit… c’était moins risqué que d’avoir une conversation avec lui sur l’origine des rumeurs. D’autant plus avec mon état de fatigue actuel. Enfin, physiquement. Mentalement pour l’instant, mes pensées tournaient dans tous les sens. Et ce à cause d’une seule petite raison…

La Carte du Maraudeur.

La Carte des Marcheurs d’Ombre.

La femme avait mentionné des ombres. Je ne pensais pas que ça avait un lien, mais là aussi ça aurait pu faire tilt. J’avais un moyen de communiquer avec mes amis. À condition que ça fonctionne toujours. Il le fallait. Je sentis mon cœur se gonfler d’un espoir de fou. Merlin… me revoilà à faire dans la citation du Seigneur des Anneaux.

Une bouffée de nostalgie me prit à la gorge. J’avais les films. Je pourrais les revoir. Sauf que j’avais eu l’intention de les visionner avec mes meilleurs amis et quelques autres lors d’une soirée absolument interdite par les règles de l’école puisqu’elle n’aurait pas lieu dans notre Salle Commune et, très fort probablement, après le couvre-feu.

Lorsque je m’engouffrai finalement dans ma Salle Commune, j’avais presque envie de pleurer et mon oral était au plus bas. Je n’avais donc aucune envie de parler à qui que ce soit. Malheureusement pour moi, ceux qui étaient la copie conforme de mes meilleurs amis devaient s’être donné le mot, car Albus et Scorpius m’attendaient assis sur le divan du salon. Dès que je pénétrai dans la pièce, ils se tournèrent derechef vers moi et la première chose que qui sortit de leurs lèvres fut :

- Pourquoi Rusard t’a retenu?

- Aucune idée.

- Essaie encore, proposa Scorpius en m’adressant un regard avec un peu de reproches.

- Parce que je suis celle qu’il a entendu hurler.

Je n’aimais pas du tout où mes pensées me conduisaient maintenant…

- Je ne te crois pas, affirma Albus.

Je poussai un soupir déchirant avant de répondre :

- Il a dit que c’était… enfin, c’était de manière détournée… mais il a dit que c’était à cause de mon père. Ce qui est absurde, car mon père n’a pas mis les pieds ici depuis la fin de sa scolarité, pas vrai?

Ils se jetèrent un regard qui me semblait beaucoup trop… entendu. De ce genre de regard qui insinue qu’ils ne me disaient pas quelque chose.

- Vous recommencez avec votre rétention d’information? Grommelai-je.

- Ce n’est pas… commença Scorpius, mais je le coupai.

- Je suis trop crevée pour gérer vos cachotteries, assénai-je. Quand vous penserez que je suis digne d’avoir cette information, je vais être tout ouïe. Maintenant, je vais me coucher. À demain.

- Allison… tenta Albus, mais je m’éloignais déjà à grands pas.

Mais c’était beaucoup plus dur qu’escompter. Sa voix… sa voix lui ressemblait tellement. Je déglutis avec difficulté et m’incrustai sans un bruit dans mon dortoir. Les lumières étaient toutes éteintes, mais je réussis à me retrouver sans foncer dans quoi que ce soit. J’entendis les discrets mouvements de mon chien et le rejoignis sans attendre sur mon lit. Il glissa son museau dans mon cou en se blottissant contre moi et ce fut à moment que je craquai.

Des larmes se mirent à glisser le long de mes joues sans que je ne puisse les retenir. Ça ne faisait qu’une soirée. Une seule soirée que j’étais ici et j’étais déjà complètement… perdue. Peut-être que demain serait mieux, peut-être. Mais j’avais d’énormes doutes à ce sujet. Les choses ne commenceraient sans doute à se calmer qu’après la première semaine et avant que tout soit relativement normal, ça n’irait pas avant un mois.

Un soupir à moitié étranglé par mes sanglots silencieux s’échappa de ma bouche et Spocky me couvrit instantanément le visage, sans m’étouffer, bien sûr. Sa présence me rassurait. Je me promis instantanément d’aller voir Ember dès demain pour m’assurer que tout allait bien pour elle à la Volière. Je prendrai soin d’eux deux. Ils étaient tout ce qu’il me restait de mon chez-moi. De la réalité d’où je venais.

Je gratouillai rapidement mon chien derrière les oreilles en ravalant mes larmes et m’enfouis rapidement sous les couvertures. Je sortis ensuite à la fois ma Carte des Marcheurs d’Ombre et ma baguette avec laquelle je créai rapidement l’orbe magique me permettant d’y voir plus clair. Des larmes se formèrent à nouveau dans mes yeux lorsque la page de présentation de la Carte commença à apparaître à ma demande…

La Carte des Marcheurs d’Ombres

Que cette Carte puisse t’être utile à toi qui lis ces mots, voici les messages des premiers Marcheurs d’Ombres :

Par la Furtivité du Loup, jamais découvert, tu seras! Te dit Icyeyes.

Par le Camouflage du Tigre, dans les Ombres, tu seras! Ajoute Cruelfangs.

Par la Vue Perçante du Faucon, loin des pièges, tu seras! Renchérit Bloodyclaws.

Et par la Ruse du Renard, la calamité de tes ennemis, tu seras! Conclut Darkhaze.

Maintenant, va accomplir le dessein qui t’a poussé à ouvrir cette carte!

Ma respiration s’accéléra d’elle-même tandis que je posais l’extrémité de ma baguette sur le carré vide de la Carte qui permettait de discuter. Je prononçai mentalement le mot de passe et rapidement par la suite je vis s’afficher :

Icyeyes : Bloody? Fangs? Haze? Vous êtes là?

Mon cœur se serra davantage en voyant les secondes s’écouler sans qu’aucune réponse ne me parvienne. L’absence de mots de leur part m’en disait long aussi. Normalement… s’ils se souvenaient de moi… ils y auraient tout de suite pensé. Là…

N’y tenant plus, je recommençai :

Icyeyes : Je vous en prie… répondez.

Cinq minutes plus tard…

Icyeyes : Rose, Al, Scorp… Vous êtes où?

Dix minutes…

Icyeyes : Je me sens tellement seule…

Un nouveau sanglot me secoua les épaules et je me forçai à refermer la Carte. Il était clair maintenant qu’ils ne répondraient pas. Je la glissai toutefois comme à l’habitude sous mon oreiller. Comme nous l’avions tous toujours fait depuis sa création. Peut-être… peut-être aurais-je une réponse demain matin?
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

J’éteignis ensuite ma baguette sans prononcer un mot et m’enfouis le visage dans l’oreiller en essayant de trouver le sommeil. Je n’avais pas envie de réfléchir aux conséquences de ce que m’avait dit la personne qui avait possédé Peeves, alias la femme que j’étais censée connaître. Mais qui était-elle? Et qu’étais-je censée faire? Comprendre?

Les pensées se bousculaient sans relâche dans ma tête.

À tel point que je dus me rendre à l’évidence que je devais y mettre un peu d’ordre en réfléchissant à tout ça. Sinon, je le ferais quand même et je n’arriverais jamais à dormir. Or, j’avais besoin de tout le sommeil que je pourrais me procurer cette nuit. Ce qui se résumait à… pas grand-chose. Je pris une grande inspiration pour me donner le courage d’affronter cette horde démoniaque de perturbations intérieures.

Allons-y phrase par phrase, pensai-je. Donc la première…

« Là où toutes choses se trouvent, tu devras chercher. »

Bon… Je devrai chercher quelque chose quelque part. C’était à peu près tout ce que je pouvais comprendre de cette phrase. Mais quel est ce lieu où peut se trouver toutes… Merlin! Non. Non, ça ne pouvait pas être là. Si? Je pouvais certainement me tromper… n’est-ce pas? Mais en même temps… c’était le seul lieu, ici, à Poudlard qui avait amassé une capacité phénoménale d’objets divers. Son nom?

La Salle sur Demande.

Le seul problème avec cette possibilité, c’était le fait que je pourrais passer dix ans dans cette Salle sans arriver à savoir ce que je devais trouver. Et dans le meilleur des scénarios, je ne pourrais pas être certaine si j’avais effectivement trouvé le bon objet. Enfin, je verrai bien, passons à la prochaine phrase.

« Dans les méandres de l’instrument trompeur, tu me trouveras. »

Était-ce l’objet que j’allais devoir trouver? Mais c’était quoi un instrument trompeur, par Merlin? Une chose était certaine, une fois que j’aurais trouvé cet objet, elle allait y être aussi. Ce qui signifiait que je saurais immanquablement si je me trompais d’objet. Bien, c’était déjà un point positif. Si on exceptait le fait que je ne savais toujours pas ce dont il était question. Je n’avais qu’un indice. Instrument trompeur. Je poussai un soupir en songeant que je pouvais toujours y revenir plus tard. Donc la phrase suivante…

« Dis mon nom et je viendrai à toi. »

Ça, ça signifiait que je devais connaître son nom. Or, je n’avais pas la moindre idée de qui il pouvait bien s’agir. Sauf que la manière dont elle l’avait dit… insinuait que je la connaissais. Ce qui était étrange, car j’étais certaine de ne connaître personne qui pouvait posséder un être qui n’en était pas un. Et dans le cas contraire, je m’en souviendrais forcément, n’est-ce pas?

« Ignore mon appel et jamais les tiens tu ne rejoindras. »

Je n’aimais pas cette phrase. Mais alors là… Pas du tout. Ça semblait vraiment indiquer que si j’échouais à comprendre son stupide message, mes déjà maigres chances de rejoindre les miens seraient réduites à néant. Mais en quoi pourrait-elle m’aider à les rejoindre, exactement?

« Ils sont si près… et si loin. »

Elle parlait des miens. Ça, c’était la chose de claire dans ses propos. Mais… pourquoi disait-elle qu’ils étaient si près? Ils ne l’étaient pas du tout! Sauf si elle parlait de leur copie physique, et parfois au niveau du caractère également, qui se trouvait ici. Ou encore… il était question d’une autre chose qui ne m’apparaîtrait que lorsque j’aurais découvert les autres trucs obscurs se trouvant dans ce qu’elle avait dit. Même cette phrase me semblait dénuée de sens…

« Leur parler tu as besoin. »

Euh… oui! C’était un fait indéniable que je ne croyais pas avoir besoin de spécifier à nouveau. Avait-elle quelque chose de plus concret à m’apprendre? À moins qu’elle voulait dire que j’avais besoin de leur parler pour quelque chose de plus important qu’un soutien moral?

« Si tu échoues, la mort t’attendra. »

Bien. Elle avait effectivement quelque chose de plus concret à m’apprendre. Et ça expliquait parfaitement pourquoi elle disait plus haut que si j’ignorais son appel, je ne retrouverais jamais les miens. C’était clair que si je mourais, je ne pourrais pas les rejoindre. À moins de devenir un fantôme. Mais qu’est-ce qui me disait que si je mourais ici, je pourrais rejoindre mes amis dans notre réalité? Mon fantôme resterait peut-être d’autant plus coincé ici. Pour une raison que je ne m’expliquais pas… je n’avais pas peur de mourir. Sans doute que je m’étais un peu endurcie fait à l’éventualité de mon trépas l’année dernière. Après tout avec Berkeley…

« Tu me connais. Je suis toi. Tu es moi. »

La voilà qui répétait que je la connaissais! Mais Merlin, c’était faux! Ou peut-être était-ce la vérité? Peut-être est-ce que je ne pensais tout simplement pas assez loin que je réfléchissais trop profondément à la question alors que la réponse était toute simple, voire stupide. Mais qu’en était-il du elle est moi et je suis elle? Ça n’avait aucun sens… À moins que…

Une boule se forma dans ma gorge à cette pensée.

Se pourrait-il que cette personne, celle qui se disait moi… soit comme moi? Qu’elle possède mon don? C’était la seule chose qui pouvait donner du sens à ces mots. Sauf que peut-être que ça allait encore plus loin… mais comment savoir? Mais une chose était certaine, j’avais l’intuition que ma conclusion était juste. Qui que fût cette personne, elle possédait mon don. Ou l’avait possédé.

« Réponds à mon appel, Allison Lévesque. Réponds-y, ou échoue et sois vouée à disparaître parmi les ombres. »

Ces dernières phrases étaient plus une répétition du reste. Mais ça restait loin d’être rassurant tout ça. D’autant plus que c’était la première fois qu’elle utilisait mon prénom complet. Et celui que j’avais utilisé toutes ces années dans ma réalité. Je ne me rappelais peut-être pas la connaître, mais elle… elle, elle me connaissait.

Mon cerveau continua à réfléchir pendant une autre dizaine de minutes à propos de tout ce qu’elle m’avait dit et des déductions que j’avais faites avant que je m’endorme finalement avec comme conclusion-bilan : je devais chercher à obtenir des informations sur les gens comme moi.

Je me réveillai le lendemain matin, complètement courbaturée et encore plus fatiguée que je n’aurais dû l’être après cinq ou six heures de sommeil. Un grondement sortit de ma bouche et je me redressai lentement en ayant l’impression que quelque chose avait fait son nid dans mes cheveux.

- Dur réveil, Allison? S’enquit la voix amusée de Ruby.

Je tournai la tête dans la direction de la voix et eus un léger moment d’arrêt en voyant les mèches vertes dans ses cheveux. Ce n’était pas la Ruby que je connaissais. Je ne me sentais pas suffisamment en forme pour prononcer un seul mot, alors je me contentai de hocher la tête. Je caressai une seconde la tête de Spock avant de me lever et de me rendre à la salle de bain où je pris une courte douche. Courte, mais rafraîchissante. Aujourd’hui… Aujourd’hui j’allais essayer d’obtenir des réponses et j’allais rencontrer à nouveau McGonagall pour qu’on planifie beaucoup mieux que ça mon intégration. Aujourd’hui serait un jour chargé, en somme.

En enfilant mon uniforme, je pris connaissance de l’horaire avec un sourire. Eh bien, l’avantage d’avoir atterri ici était sans conteste le fait de commencer en Défense contre les Forces du Mal. Je ramassai rapidement mes livres, les déposai dans mon sac et soufflai à l’intention de Spock :

- Je reviens sur l’heure du diner, Spocky. Et on ira voir Ember.

Je n’aimais pas lire la tristesse qui se trouvait dans ses yeux bruns, car je me doutais qu’elle faisait écho à la mienne. Il s’ennuyait. De Nuage, sans doute. La mention d’Ember lui avait rendu un peu de jovialité, mais pas beaucoup. Je sortis du dortoir en soupirant avant de plaquer ma main contre ma bouche en tombant face à face avec Ruby.

- Merlin, Ruby! Lâchai-je tout bonnement.

- Tu croyais que j’allais partir sans toi, peut-être? Tu es ma meilleure amie, Alli. Et pour une fois que tu es à Poudlard…

Je hochai distraitement de la tête en lui souriant, malgré que le cœur n’y était pas. Je n’avais rien contre Ruby, pas même contre la Ruby d’ici (contrairement à Rose…), mais j’avais simplement l’impression de marcher la tête à l’envers ou de patauger dans un monde dont je ne connaissais rien. Tous mes repaires… n’en étaient plus. Toutes mes relations… n’existaient plus. C’était un peu comme si j’avais fait une réinitialisation des relations dans les Sims. Tout à recommencer. Tu ne savais plus rien sur personne…

Cela dit, c’était moins frustrant dans les Sims. Notamment, car…

C’était généralement voulu.

- Tu t’es réveillée du mauvais pied? Me demanda-t-elle en me jaugeant du regard.

- Mal dormi, plutôt.

- Ah, oui… Tu es toujours bougonne quand tu dors mal! S’amusa-t-elle et je me contentai de lever les yeux au ciel.

Elle m’attrapa par le bras pour me forcer à la suivre et ajouta :

- C’est donc le parfait moment pour aller manger!

Ce fut bien malgré moi qu’un sourire étira mes lèvres. Je la suivis sans piper mot et j’étais presque certaine que tous les coups d’œil qu’elle me jetait étaient justement à cause de mon absence de parole. Mais j’étais simplement trop absorbé par tout ce que je devais faire aujourd’hui entre les cours. Si je m’étais trouvée chez moi, j’aurais pu soupeser l’idée d’y aller pendant les cours. Mais si j’avais été chez moi, je n’aurais pas eu besoin de le faire.

Je m’écrasais tout juste sur le banc de la table des Serpentards, en même temps que Ruby, que quelqu’un s’exclama :

- Hey, Ruby! C’est affreux! La Gazette vient d’annoncer qu’un…

- T’as besoin de hurler, Derrick? Grommela la voix de Scorpius.

Il parlait à Amy. Je croisai le regard du blond et j’y lus de l’inquiétude. Encore de la satanée rétention d’informations! Je poussai un grondement, mais avant d’avoir pu m’énerver, Ruby s’en chargea à ma place :

- C’est quoi ton problème, Malefoy? On t’a pas sonné! Qu’est-ce qu’il y a, Amy?

- Un détenu s’est échappé d’Azkaban.

- Quoi?! s’écria mon amie Serpentarde.

Elle arracha la Gazette des mains d’Amy et lut d’une traite la page couverture. Moi, j’étais trop occupée à dévisager Scorpius et Albus d’un regard mauvais. Je n’en étais pas aux envies de meurtres, mais pas loin.

- Regarde ça! Souffla d’un ton horrifié Ruby en me passant la Gazette.

- Non, ne regarde pas! S’empressa de s’écrier Albus.

C’était quoi leur problème à tous les deux? Ils paraissaient plus blêmes qu’en temps normal, en tout cas, mais ça n’expliquait pas pourquoi ils s’évertuaient à me…

- T’as un problème aussi, Potter? Si tu essaies d’attirer l’attention d’Alli, tu t’y prends de la mauvaise manière, mon vieux, grommela Ruby en foudroyant d’un regard noir les deux membres de sa Maison.

Je rougis violemment, mais Albus en fit tout autant, voire même… beaucoup plus. La brune me planta la Gazette dans les mains en me faisant clairement signe de lire. Je pris une grande inspiration et sans tenir compte des secouements de tête désapprobateurs de ceux qui ressemblaient à mes meilleurs amis, je me mis à lire.

ALERTE À LA POPULATION! ÉVASION À AZKABAN!


Le meurtrier et Mangemort notoire du nom d’Elliot Berkeley se serait évadé de sa cellule capitonnée d’Azkaban pendant la nuit. L’heure approximative donnée pour cette évasion serait vers les une heure du matin. Personne ne sait comment il s’y est pris pour s’en sortir, notamment avec la surveillance accrue de sa cellule. Il n’aurait reçu aucune visite dans les six mois et le dernier à lui avoir donné signe de vie était un membre du Ministère. On ignore pour le moment tout de la raison de l’évasion de Berkeley, de ses intentions et de ses déplacements. Quiconque détiendrait des informations à son propos est prié d’en informer les membres de l’ordre les plus proches ou le Ministère directement. On vous rappelle d’être prudent, les crimes de Berkeley étant nombreux et ainsi nommés…

Je parcourus d’un œil agile le reste de l’article qui narrait les différents méfaits de Berkeley. Mes mains tremblaient fortement, mais mon visage restait de marbre. Du moins, j’avais probablement blêmi… Quand j’atteignis la fin de la page, ce n’était que pour mentionner amende et récompense.

Une amende de 3 000 milles Gallions sera donnée à tout individu découvert en train de cacher le prisonnier. En récompense d’informations menant à la capture d’Elliot Berkeley, des récompenses de 500 Gallions sont de mises.

SOYEZ VIGILANT!

Mes mains tremblaient de plus belle maintenant et je crispais tant et tant des mâchoires que le moindre mouvement de côté risquait de déchausser toutes mes dents. Mon regard s’éleva quelque part devant moi et mes mains se refermèrent comme des serres sur le journal. Un feu se propageait en moi me donnant envie de sortir en dehors de cet endroit maudit et me mettre en chasse. Ma respiration se fit plus bruyante et j’étais sur le point d’écouter mon instinct, mon besoin impérial de sortir, quand quelqu’un lâcha :

- Allison?

Je papillonnai des paupières. C’était la voix de Ruby. Et elle devait être profondément inquiète pour avoir dit mon nom complet.

- Est-ce que ça va?

Je sentis sa main se poser sur mon épaule et immédiatement je me forçai à me détendre. J’inspirai longuement de manière discrète avant de lâcher :

- Oui. Oui, ça va… Je… C’est simplement…

- Je comprends… après ce que ce salaud à fait à ta tante… compatit Ruby en me tapotant le dos de la main.

À ma tante? Je dus faire un effort considérable pour ne pas me tourner et dévisager Ruby. Je ne me montrai sans doute pas suffisamment discrète, par contre, face à mon étonnement, car Scorpius et Albus me jetaient des regards discrets stipulant « peu importe ce que tu ressens et ce à quoi tu penses, ferme-la ».

C’était très réconfortant.

- Je… je crois qu’il faut… il faut que j’y aille, lâchai-je et sans même prendre quelque chose à manger, je descendis du banc avant de me rendre à grands pas vers la sortie.

Je les avais vus dire quelque chose, mais je n’avais rien entendu. C’était à peine si je m’étais rendu compte que j’avais gardé la Gazette dans mes mains. Or, je le constatais à présent, je l’avais bel et bien encore dans les mains. Dès que j’eus franchi les portes de la Grande Salle, je m’enfuis en courant, sans prêter attention aux regards suspicieux ou éberlués des autres élèves. J’avais besoin de décompresser.

Et le mieux serait quelque part où personne ne me trouverait.

Le truc, c’était que j’avais faim.

Je me retrouvai donc à prendre le chemin menant aux cuisines, gracieuseté de James de chez moi, je savais où c’était. Mais ça remontait à si loin…

Je déboulai comme une furie au milieu des Elfes de Maison qui portaient tous des vêtements qui… n’avaient aucun lien entre eux. J’y étais par contre habituée, alors je me contentai d’aller m’écraser dans un coin, tandis que l’un d’entre eux s’approchait lentement de moi, avec la tête légèrement penchée sur le côté comme s’il était interloqué.

- Désirez-vous quelque chose?

Sa voix était aussi haute perchée que n’importe quel individu de son espèce. Je hochai tranquillement de la tête avant de lui demander deux toasts au beurre. Je le remerciai rapidement et enroulai rapidement mes bras autour de mes jambes repliées.

Il était libre.

Il était libre et moi j’étais…

Ici.

Je n’avais jamais été une grande fan des coïncidences et là… je n’y croyais pas du tout. C’était impossible que j’aie débarqué ici et que la journée suivante on annonce l’évasion de Berkeley sans qu’il y ait un lien entre les deux. Mais pourquoi? Je sentais déjà le mal de tête poindre…

Je me frottai le front vigoureusement. Si tout le monde ou presque était différent de l’endroit d’où je venais, à quel point Berkeley était-il différent? Et était-ce en pire ou en moins pire? Je réfléchissais encore à tout ça en faisant tourner les questions et mes réponses personnelles à cent à l’heure, lorsque l’elfe de maison m’apporta mes toasts. Je le remerciai à nouveau, mais avant d’avoir pu prendre une bouchée quelqu’un s’écria :

- Par Merlin, tu es là, Alli!

Ruby.

Je tournai la tête et si j’avais eu une bouchée dans la bouche à cet instant, je l’aurais recraché. Devant moi se trouvait Ruby, James, Albus et Scorpius. L’espace d’une seconde, je revis une autre scène du même genre, se produisant des années plus tôt. Pendant ma première année. Après une première altercation avec Parkinson. Cette fois où je m’étais réfugiée dans les toilettes pour pleurer. Et que Rose, Scorpius, Al et James étaient venus me rejoindre pour m’enjoindre à parler…

C’était presque identique… à l’exception d’un détail.

C’était Ruby et non pas Rose qui était ici.

Et la différence se ressentait.

Les larmes montèrent et passèrent à deux doigts de s’échapper, mais je ravalai rapidement le trop-plein d’émotion pour demander :

- Vous faites quoi, là?

- Et toi? rétorqua James.

- On n’est pas ami, répliquai-je en le défiant du regard.

Cette phrase me donna un goût de cendre dans la bouche. Non, il n’était pas un ami. Pas ici. Et même chez moi… Il était plus qu’un ami. C’était comme un grand frère. D’ailleurs… il l’était de manière plus étroite depuis que je sortais avec Al. Était-ce maintenant un passé révolu pour toujours?

- Peut-être pas, admit-il. Mais tu es la meilleure amie de ma copine.

- C’est très profond, ça, James, ironisa Ruby en levant les yeux au ciel. On est venu s’assurer que tout allait bien. J’avais besoin de James pour te trouver… Et les deux autres ils…

- Tu es sympathique et tu nous parles gentiment, si on peut dire, avança Scorpius.

- Alors on ne pouvait pas te laisser partir dans cet état, renchérit Albus.

Je les dévisageai les uns après les autres avec incompréhension. Tout ça devenait beaucoup trop compliqué pour moi. Tout ça… commençait beaucoup trop à ressembler à mon chez-moi. Ma respiration s’accéléra à nouveau et comme je sentais encore les émotions me monter à la gorge, je grommelai :

- Ça va. Maintenant, si vous voulez m’excuser, je vais aller en classe.

- Mais les cours ne commencent pas avant trois quarts d’heure! Protesta Ruby.

- Peu importe.

Je les bousculai alors pour passer, délaissant mon déjeuner non entamé par terre. Cette fois, je pris soin de ne pas courir dans les couloirs et aussi de suivre les déplacements des doubles de mes amis. La Carte ne fonctionnait peut-être pas pour communiquer avec mes vrais amis, mais au moins… je pouvais quand même suivre les déplacements de tout le monde ici.
En arrivant en classe, j’allai rapidement m’installer au premier rang, sachant que c’était là que je risquais le moins de me faire déranger par les regards chargés de curiosité de tous les autres élèves. Je fus d’autant plus ravie de ma décision lorsque trente minutes plus tard le professeur franchit la porte de la classe d’un bon pas énergique, un regard pétillant de vitalité dans ses yeux bleus.

Du même bleu que les miens.

Il passa rapidement une main dans ses cheveux bruns qui commençaient à peine à grisonner aux tempes. Alors qu’il passait à côté de mon bureau, il y eut un temps d’arrêt où nos regards se croisèrent. Sa vitesse de marche ralentit… et son regard se plissa légèrement, révélant des rides qui annonçaient un passé souriant. Un passé qui n’avait pas été raccourci par une mort brutale et douloureuse.

Mes mains se crispèrent sur mon manuel scolaire et lui il continua son avancée jusqu’à son bureau d’une démarche plus raide. Le silence était tel qu’on aurait pu entendre une mouche voler dans la salle de classe. Ma propre respiration saccadée me semblait plutôt bruyante.

Quelqu’un s’écrasa lourdement à côté de moi et la voix d’Albus me parvint, quoique beaucoup trop faiblement pour que ce soit normal :

- C’est de ça que je voulais te parler.

Je me tournai vers lui lentement avec un regard écarquillé et il se pencha un peu vers moi pour ajouter :

- Écoute, ça va aller. McGonagall lui a forcément parlé. Maintenant, calme-toi avant que les autres se posent des questions.

Je pris une grande inspiration pour me calmer et affichai rapidement une attitude plus neutre. Malgré tout, ce n’était qu’une façade. Je passai toute la durée du cours à jeter des regards nerveux à l’homme devant moi, à éviter son regard quand il posait le sien sur moi. Je supposai que le sentiment devait être réciproque, car il ne me prêtait pratiquement aucune attention.

Lorsque la fin du cours arriva enfin, je m’empressai de rassembler mes choses comme tous les autres, mais alors que je me levais pour suivre les autres jusqu’à la sortie une voix dans mon dos m’en empêcha :

- Allison, reste ici.

C’était sa voix. Celle du professeur. Je me faisais convoquer par le professeur. Je me faisais convoquer par mon père. Mon père décédé, mais bien vivant ici. Mon rythme cardiaque s’accéléra alors que je faisais lentement demi-tour.


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Ce chapitre était un peu plus long, peut-être deux ou trois pages de plus, que ce que je fais normalement. Alors, comment l'avez-vous trouvé?

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Oui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un chapitre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

C'est trop bien :!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mais c'est bizarre, dans le chapitre précédent, tu disais pas que James et Ruby étaient ensemble

Pauvre Alli, ça craint les prophéties !!!!!!!
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Oui !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Un chapitre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

C'est trop bien :!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mais c'est bizarre, dans le chapitre précédent, tu disais pas que James et Ruby étaient ensemble Quand tu dis le « précédent », c'est l'autre chapitre d'Allison ou celui avec James, Al et Rose? Car si tu parles de ce dernier, c'est normal puisqu'ils ne sont pas dans la même réalité. Sinon, pour l'autre, ils n'ont pas vraiment eu l'occasion d'en parler.

Pauvre Alli, ça craint les prophéties !!!!!!! C'est clair :lol:
Merci pour ton commentaire :D
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Salut! J'ai du retard... c'est tellement surprenant :roll: Mais j'ai été bombardé par pleins de choses et je n'avais jamais le temps de m'accorder quelques minutes (plusieurs en fait) pour publier ce chapitre. Ça fait déjà quelques semaines (peut-être deux) que j'ai terminé de l'écrire, mais je n'ai pas réussi à me libérer pour vous le partager, honte à moi :oops: Je n'ai aucune idée de quand je pourrai publier le prochain (il faudrait que je commence par l'écrire)... Je suppose que ça n'ira pas avant la fin mai, à moins qu'un miracle se produise et que je puisse le faire avant, mais il ne faut pas trop espérer, mon mois d'avril va être complètement fou! Et mai guère moins. Je tiens à m'excuser pour mon retard, mais aussi, car je ne crois pas que ce chapitre soit vraiment palpitant... j'ai l'impression d'avoir eu beaucoup trop de difficulté à l'écrire, et ce pour aucune raison... :? Bref, je vous souhaite quand même une bonne lecture!

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Chapitre 6

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- Tu dis qu’il a fait quoi? s’étonna brusquement Scorpius.

Il se trouvait présentement dans un placard à balai en compagnie de Rose et Al. Ce dernier venant tout juste de leur raconter ce qu’il s’était produit la nuit dernière. En commençant par le rêve, puis par la discussion qu’il avait eue avec son cousin Louis et finalement par leur sortie illégale dans les couloirs où ils avaient rencontré…

- Qu’est-ce que cette folle fait à l’école! S’emporta Rose les sourcils froncés par la colère.

- Aucune idée, mais ce n’est pas le plus important, argua-t-il. Qu’a fait Louis, au juste? répéta-t-il un sourire narquois au visage.

Sourire qui s’agrandit encore davantage en voyant son meilleur ami rougir comme un débile. Il ne prenait peut-être pas autant plaisir qu’une certaine personne de sa connaissance à agacer Albus, mais parfois, c’était simplement plus fort que lui. Il arqua un sourcil poussant Al à se passer une main dans les cheveux, les emmêlant encore plus.

- Il a attrapé Rebecca par le bras, et moi avec, avant de nous entraîner vers un placard à balai. Là… il m’a dit « si jamais ça dérape, assomme-la ». Puis il a… il a utilisé son côté Vélane, répondit son meilleur ami en regardant ses pieds. C’était exigu… alors… je crois que Louis a surestimé la puissance nécessaire. Et… elle… elle a répondu à ses questions… mais…

- Mais quoi? s’enquit Rose en fronçant les sourcils encore davantage.

- Rebecca… elle a disjoncté. Elle s’est jetée sur lui. Et Louis… il était tellement blanc comme un linge qu’il n’a rien fait pour les trois premières secondes. Moi non plus… ajouta Albus en rougissant. Et j’aurais préféré ne pas avoir été là. C’était… c’était sauvage.

Il grimaça ce qui le fit éclater de rire. Il aurait payé cher pour voir Weasley dans cette position. Et surtout la suite. Enfermer Rebecca dans le placard à balai. Louis qui tombe le derrière par terre. Albus qui retient la porte complètement ahuri... Pourquoi, par Merlin, avait-il fallu qu’il manque tout ça?

- Et qu’est-ce qu’elle a dit? Exactement? s’enquit-il dès que son fou rire se fut tari.

- Pas grand-chose de concret. Sauf qu’apparemment… selon elle… on forme effectivement un quatuor normalement.

- Et tu veux qu’on la croie? grommela Rose en croisant les bras.

- Je ne sais pas… marmonna Albus.

Il n’eut aucun mal à deviner pourquoi. Son meilleur ami détestait cette époque avec Rebecca. Il avait plusieurs fois dit que c’était la plus grosse erreur de sa vie. Toutefois, cela n’empêchait pas qu’il l’avait quand même aimé, pendant un certain temps. Mais c’était aussi l’insinuation muette qui devait l’embêter. Albus n’accepterait jamais le fait qu’il ait pu oublier une amie, encore moins quelqu’un qui aurait, semble-t-il, été encore plus proche. Et très proche d’eux trois. Scorpius aussi n’aimait pas cette idée, il n’arrivait pas à croire que ça puisse être la vérité. Après tout… comment cela se pourrait-il? Personne n’avait le pouvoir de faire oublier une personne à autant de gens… Mais qu’en était-il de ses trous de mémoire? Et des deux personnes qui s’en souvenaient? Mais pouvaient-ils vraiment se fier à eux? Rebecca Corner et Alexander Parkinson n’étaient pas les personnes les plus recommandables. Pas même si le dernier semblait s’être racheté.

Il avait du mal à oublier.

Du mal à pardonner.

Et encore plus du mal à faire confiance.

Sauf cette première fois… à la barque.

Même ce souvenir lui semblait flou…

Mais pourquoi?

- Louis dit lui-même qu’il ne maîtrise pas totalement ses dons… et il ne les utilise jamais. Et Rebecca… elle ment comme elle respire, argua Rose. Je ne sais pas si on peut se fier à ce qu’elle a dit…

- Mais comment expliques-tu que Parkinson et elle parlent tous deux d’une Allison? s’enquit-il. Ils ne se sont jamais parlé.

Albus opina rapidement du chef pour approuver ses propos et Scorpius eut tout le loisir de voir le visage de Rose se fermer. Ce n’était pas bon… pas bon du tout. Quand elle affichait cet air-là, généralement, elle risquait de disjoncter la seconde suivante au moindre faux pas de leur part. Et malheureusement pour ses oreilles, ils faisaient tous deux trop souvent des faux pas. Parfois, il se demandait même s’ils n’étaient pas tous les deux maudits. Malgré tout, il resta profondément surpris lorsque sa copine leur présenta…

Un livre?

- Euh… je peux savoir quel lien ça peut avoir avec notre conversation? L’interrogea-t-il en essayant de ne pas insinuer que c’était complètement hors de propos.

Bon, évidemment, il insinuait exactement ça, mais elle n’avait pas besoin de le savoir.

- Lisez le titre.

- Il est effacé! protesta Albus.

- Sur le côté! S’emporta Rose en dardant un regard mauvais à son cousin.

- Le… Le Seigneur des Anneaux, intégrale, lut-il rapidement. Attends, une seconde… Tu veux dire que…

- C’est le livre des films que l’on a vus cet été? s’étonna Al.

- Oui. Et je sais que c’est quelqu’un qui me l’a prêté. À ce moment-là. Mais j’ignore qui. Est-ce que vous vous souvenez où nous les avons visionnés? Parce que moi non.

Un poids alourdit à nouveau son cœur à cette énième mention d’une perte de mémoire de la part de Rose. Est-ce qu’ils étaient tous en train de devenir dingues? Séniles? Il n’avait que seize ans, par merlin! Il n’était pas un peu trop tôt pour rattraper ses aïeux? Il laissa de côté la question de son début de folie pour tenter de résoudre le mystère qui entourait la question de sa meilleure amie. Où avaient-ils vu ces films? Il eut l’impression de sentir ses veines se glacer de plus en plus tandis qu’il creusait, creusait, creusait encore… sans trouver de réponse. Tout ce qu’il voyait c’était un flou total.

- Non, admirent-ils, Albus et lui, en même temps.

- Et pourtant on les a forcément vus quelque part. J’ai trouvé le livre dans ma valise… avec un jouet pour chien.

- Spock! s’écria-t-il.

- Hein? soufflèrent les deux cousins en le dévisageant.

- Je…

Il n’arriva pas à poursuivre. En premier lieu, car il n’avait aucune idée du pourquoi il avait hurlé ce prénom. De personnage fictif. C’était l’un des quelques films qu’ils avaient tous vus pendant l’été. Il y avait une raison derrière le visionnement de ces films, il le sentait… mais la réponse ne lui venait toujours pas. Il poussa un grondement frustré avant de grommeler :

- Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça.

- Mais il y a forcément une raison, argua Rose. J’ai l’impression que quelqu’un nous a tous retiré une partie de notre mémoire.

- Alors tu crois finalement Parkinson et Rebecca disent la vérité? Lui demanda son cousin.

- Je ne sais pas. Peut-être. Mais il n’y a qu’une manière de vérifier.

- Et c’est laquelle? s’enquit-il en lui jetant un regard intéressé.

Il préférait demander, car personnellement, il n’avait aucune idée du comment ils pourraient bien faire pour trouver une réponse. Pour trouver les preuves qui confirmeraient ou infirmeraient les dires de ces deux personnes qui, pendant un temps, ils avaient tout fait pour éviter. Enfin, c’était toujours le cas pour Rebecca, c’était une garce déplumée. Une Serdaigle, elle? Plutôt une Seràrien. Malheureusement, cette Maison n’existait pas à Poudlard. Sinon, il verrait bien plusieurs de ses camarades de classe dans cette dernière.

- La bibliothèque, bien sûr. Je crois que, quelque part, il y a un registre avec tous les élèves que Poudlard n’ait jamais comptés, avec leur Maison et les titres qu’ils ont eus, le cas échéant, répondit sa petite-amie avec cette flamme dans le regard qui annonçait qu’il y avait un problème avec cette solution.

- Et où se trouve le piège? la questionna Al, sans doute avait-il lui aussi vu le regard spécial de Rose.

- Dans la Réserve. Le registre se trouve dans la Réserve. Ils l’ont mis là, car certains élèves s’amusaient parfois à modifier des choses, à retirer ou ajoute des noms, entre autres.

- Et comment on y va? L’interrogea-t-il à son tour.

- Cette nuit. Quand tout le monde dort. Et aussi… je vais réquisitionner quelques autres volumes. Il va falloir la cape de James.

- Il ne voudra qu’à une seule condition, se plaignit Al.

- Je sais, c’est pour ça que tout le monde va devoir être debout.

- Tout… tout le monde? s’étonna-t-il. Ça comprend qui?

- Tous ceux du placard à balai.

- Sérieusement? lâcha son cousin.

- Sérieusement.

Les voilà dans la merde, songea-t-il. Rose n’en démordrait sans doute pas. Il poussa un léger soupir en se disant que ça allait être quelque chose de convaincre tout le monde de se lever en plein milieu de la nuit. Surtout certains de ses amis Serpentards qui n’étaient pas vraiment du genre à aimer se faire réveiller en plein milieu de la nuit. À savoir, Kieran. Même Amy risquait de faire des siennes, mais elle, elle serait le problème de Ruby.

Alors que Rose se mettait à leur expliquer comment ils s’y prendraient, il la dévisagea. Son plan était complet, sans faille ou presque et diablement réfléchi. Comment pouvait-elle avoir mis ça au point en à peine… une minute? Soit, elle était encore plus brillante qu’il ne le pensait, soit il y avait une autre explication qui ne lui venait pas.

- Euh… Rose…

- Quoi, Al?

- Ton plan… il est…

- Incroyablement complet! compléta-t-il.

- Bien sûr, j’y ai pensé toute la nuit.

- Toute… Toute la nuit! s’écria-t-il.

Devant le soupir de sa rouquine préférée, il comprit qu’elle aurait préféré qu’il ne pose pas de question. Malheureusement, son cerveau n’était pas connecté à celui de Rose, alors comment aurait-il pu le deviner? Elle grommela quelques instants avant de leur avouer qu’elle avait passé la nuit à y réfléchir, notamment dû au fait qu’elle était allée voir Madame Pomfresh et Hannah tard la veille au soir pour leur parler de ses troubles de mémoire.

Résultat? Elle n’a rien.

Rien du tout.

Pas même un problème qui pourrait être relié au choc qu’elle a eu à la tête à la fin de l’année dernière.
Malgré que cette explication n’aurait pas donné de réponse à tous ceux qui avaient des trous de mémoire depuis la rentrée. En commençant par Al et lui. Puis, tous les autres. Tous les autres que Parkinson avait accusés d’avoir oublié quelqu’un. Mais c’était inconcevable… Comment auraient-ils pu tous oublier? Tous oubliés sauf Parkinson? C’était tout simplement impossible!

- Tu n’as jamais de trouble de mémoire. Elles n’ont pas trouvé ça étrange? s’étonna Albus.

Avec raison, songea-t-il.

- Non. Elles n’ont pas réagi. Elles ont seulement dit que je devrais ne pas trop m’en faire avec l’année présente, que je n’avais aucune raison de stresser. Je leur ai dit que je n’étais pas inquiète, mais apparemment, c’était leur seule explication. J’ai pris la chance de lâcher le nom d’Allison, pour voir… et aucune des deux n’a eu de réaction particulière. Enfin, à part peut-être cette phrase de Madame Pomfresh « Le Quidditch, ça leur fait perdre la tête. Tous ces coups de Cognard sur la tête… »

- Tu n’as jamais été frappé à la tête par un Cognard, marmonna-t-il.

- Exactement.

- Al non plus, ajouta-t-il.

- En effet, acquiesça l’intéressé.

Ils se jetèrent tous un regard inquiet. Plus ils avançaient dans leur recherche, malgré qu’elle ne commence tout juste, et plus il semblait cohérent qu’ils aient oublié quelqu’un. Le seul problème, c’est qu’il n’était pas du tout cohérent qu’autant de personnes aient oublié une personne, encore moins la même. C’était… impossible. Du moins à ses yeux. Sauf s’il avait oublié une partie de la théorie ou…

Qu’il ne possédait pas encore l’information.

Un miaulement pitoyable provenant de l’extérieur du placard à balai détourna leur attention.

- Nuage! lança Rose en ouvrant brusquement la porte.

En moins de deux secondes, elle était de retour avec eux, la porte était de nouveau fermée, mais en prime ils avaient accueilli un chat dans leur cercle de discussion.

- Miaou? lâcha le chat qu’il trouvait incroyablement… pelucheux.

À vrai dire, il ne le trouvait pas particulièrement charmant non plus, mais il n’oserait, et n’avait jamais osé, le dire à Rose. Elle le vénérait presque son chat! Le premier imbécile venu qui l’insulterait, sauf si c’était un membre de sa famille, finirait suspendu par la cravate à la Tour d’Astronomie. Il exagérait peut-être. Peut-être. Bien sûr, même les amis et les membres de la famille ne s’en tireraient pas à si bon compte s’ils devaient avoir l’audace de l’insulter. Jusqu’ici, il n’y avait qu’Albus qui avait subi les foudres de Rose. Il espérait d’ailleurs ne jamais avoir à vivre la même expérience que son meilleur ami.

- Qu’est-ce qu’il a Nuage?

Al semblait presque inquiet. Il l’était aussi. Il pouvait bien ne pas particulièrement aimer l’aspect extérieur du chat, et parfois le mauvais caractère qu’il démontrait, mais dans ses moments sympathiques, il l’aimait bien, ce chat. Alors le voir avec ce regard fuyant, ce poil qui manquait de lustre… Il n’aimait pas ça du tout. D’autant plus que la veille, tout allait pour le mieux!

- Je ne sais pas, souffla Rose. Il n’arrête pas de miauler depuis hier soir comme s’il se languissait. Il est allé plusieurs fois sur le lit vide dans ma chambre…

Le regard avide qu’il pointa sur elle au moment où elle s’interrompit dans sa phrase lui permit de constater qu’elle était sous le choc.

- Le… le lit vide? Répéta Albus.

- Par Merlin! s’écria Rose. Ça commence à être du sérieux! En plus, je crois que… qu’il a commencé à réagir comme ça quand j’ai… quand j’ai sorti le jouet pour chien de ma valise.

- Spock, souffla-t-il en ayant une soudaine illumination.

Le regard avide que braqua sur lui Nuage sembla réfréner tous les commentaires qu’Al et Rose s’apprêtaient à lui servir pour avoir ramené son moment d’égarement sur le tapis. Il leva rapidement un doigt en énumérant :

- Jouet pour chien. (Il leva un second doigt) Spock. (Puis un troisième doigt) Lit vide. (Il en éleva un quatrième) Comportement étrange de Nuage. (Le lever du cinquième doigt) On a tous des trous de mémoire.

Il avait en tout cinq doigts dans les airs quand il posa un regard sombre sur ses amis.

- Tout est lié, continua-t-il. J’en ai la conviction. J’irais même jusqu’à dire que Spock est un chien. Et son propriétaire est celui du lit vide. Nuage et ce Spock devaient même être très amis, d’où le comportement de Nuage. Et comme les animaux ne réagissent pas comme nous, il a peut-être échappé à ce qui a altéré notre mémoire.

- Et cette personne qui occupe le quatrième lit… je crois qu’elle fait partie de notre équipe de Quidditch, Al, ajouta Rose qui semblait approuver ses propos.

Ça aurait été dur d’insinuer le contraire quand on voyait avec quelle attention Nuage l’avait dévisagé toutes les fois où il avait prononcé le nom « Spock ».

- Et elle serait le Batteur dont on ne souvient plus, devina Al.

Rose opina du chef et Scorpius eut un froncement de sourcils. Froncement qui s’accentua quand il constata qu’il ignorait la raison même du froncement de sourcils. Était-ce seulement, car il n’arrivait pas non plus à se souvenir qui était l’autre Batteur? Ou pour autre chose?

- Je crois qu’on peut affirmer, en toute logique, que nous avons perdu la mémoire.

Il était d’accord avec Rose, cependant…

- Mais comment peut-on tous avoir perdu la mémoire sans que Rebecca et Parkinson n’aient été touchés? Et est-ce que c’est seulement à l’école? Ou à plus grande échelle?

- Je peux demander à mes parents. Si j’ai eu une petite-amie dont j’étais aussi proche que Parkinson le prétend, je leur en ai forcément parlé, argua Albus.

- Je vais aussi en parler à mes parents, renchérit sa copine.

- Je ferais bien la même chose, mais j’ai des doutes…

Les deux cousins hochèrent de la tête avec un air compréhensif.

- Si c’est à grande échelle, il va falloir fouiller pour comprendre comment on nous a fait perdre la mémoire. Puis comment la retrouver.

Al et lui hochèrent face aux propos de la rouquine. Il espérait presque que ce ne serait pas à grande échelle, au moins, comme ça, les recherches en seraient diminuées. Du moins, elles risquaient moins de les mener dans la Réserve. En même temps, ils s’y rendaient le soir même, alors si cette excursion s’avérait réussie… une deuxième ne devrait pas leur donner bien du fil à retordre.

- Est-ce qu’on a tout couvert? s’enquit-il.

- Non… souffla Al en détournant les yeux.

- Qu’est-ce que tu nous caches, Albus Potter! gronda Rose.

- J’ai trouvé ça dans ma valise hier soir…

Albus leur tendit une petite photo sur laquelle se trouvait une fille. Seule. Elle avait un grand sourire d’étampé sur le visage, elle les saluait de la main avec une lueur malicieuse dans son regard d’un bleu étonnant. Soudain, elle levait les yeux au ciel, sans doute face à une remarque de la personne derrière la caméra. Ses longs cheveux noirs très légèrement bouclés lui couvrirent le visage alors qu’elle secouait la tête. Derrière elle, contrastant avec la peau pâle de ses bras on pouvait apercevoir des murs vert émeraude.

Sans trop savoir pourquoi, un léger sourire lui étira les lèvres. Il le perdit par contre assez rapidement lorsque Rose lâcha :

- Elle a exactement… les traits que tu as nommés hier.

- De quoi on parle?

- Des goûts en matière de filles d’Al.

- Merci, Rose, grommela l’intéressé.

- Et tu avais cette photo dans ta valise? se moqua-t-il gentiment.

Albus rougit violemment avant de protester :

- Pour ma défense, si ce que dit Parkinson est vrai, c’est ma copine!

- Le décor me dit quelque chose, fit remarquer Rose. Pas vous?

- Si, admit Al. C’est pourquoi j’ai trouvé frustrant de ne pas reconnaître la fille.

- Juste ça? rigola-t-il.

- Scorp, tais-toi.

Il offrit une bourrade amicale à son meilleur ami avant de dire avec plus de sérieux :

- Moi aussi, ça me dit quelque chose. Mais… c’est aussi toute la scène. Elle me donne envie de sourire. Je ne sais pas pourquoi.

- Vous croyiez que nous y étions? s’enquit Rose.

Al et lui haussèrent tous deux des épaules. Comment savoir? Il aurait fallu qu’ils se souviennent de tout… et malheureusement, ce n’était pas le cas. Il n’arrivait même pas à dire si cette fille lui disait quelque chose. Contrairement au prénom d’Allison qui éveillait un tout petit quelque chose chez lui, le visage de cette fille lui semblait totalement inconnu. Et pourtant, selon ce que disait Parkinson, le prénom et ce visage allaient forcément ensemble. Enfin, sauf si l’image n’avait aucun rapport.

- On pourra toujours demander à Parkinson si cette fille est celle que nous sommes censés connaître, argua-t-il sur un ton pensif.

- Bonne idée, approuva sa petite-amie, mais avec les sourcils légèrement froncés. Vous savez… j’espère encore que c’est faux. Tout ça.

- Moi aussi, admit-il, rapidement approuvé par Al.

Aucun d’eux n’avait envie de savoir qu’ils avaient éjecté de leur esprit tous les souvenirs d’une personne qui était auparavant chère à leur cœur. Aucun d’eux ne pouvait accepter le fait d’avoir réussi oublier quelqu’un d’aussi important. Et pourtant, le vide qu’il ressentait maintenant en présence de ses amis semblait en témoigner. Il se languissait de quelque chose… ou de quelqu’un. Tout comme Nuage. Il abhorrait ce sentiment. Tout ce qu’il voulait, c’était se sentir de nouveau complet. Et s’il avait vraiment oublié l’une de ses amis et qu’elle avait disparu, il voulait qu’elle revienne. Peu importe qui était cette personne. Il espérait simplement que s’il la revoyait un jour, elle ne lui en voudrait pas trop. Ou que tout au moins, sa réaction ne serait pas trop violente. Malheureusement, si elle était ne serait-ce qu’un peu comme Rose, il risquait gros. Très gros.

- Est-ce qu’on a terminé?

Il ne voyait pas ce qu’ils pouvaient dire d’autre, mais dans le doute il préférait poser la question. Se contenter de partir sans rien dire ne risquait pas de plaire à sa rouquine de toute manière.

- Oui, autant aller prévenir tout le monde, maintenant, approuva la rouquine en question.

- Questions importantes! Lança Al. On se rejoint à quelle heure et où?

- Que tout le monde se rassemble à la Salle sur Demande. À trois heures du matin, les informa Rose. Je vais réquisitionner la cape de James et y aller. Je dupliquerai toutes les informations importantes que je trouve.

- Tu y vas seule? Ça risque d’être long… fit-il remarquer.

- Oh, Al viendra avec moi. Ou peut-être même James! Il ne voudra peut-être me laisser la cape qu’à la condition qu’il puisse venir.

- Pas faux, affirma son meilleur ami.

Il hocha de la tête et Rose lui fit signe d’ouvrir la porte du placard à balai. Il lui obéit immédiatement en s’empressant de libérer la place. Dès qu’ils furent tous les trois dehors, ils se saluèrent avant de s’éclipser chacun dans des directions différentes pour aller retrouver toutes les personnes de leur groupe. Groupe qui avait connu un agrandissement phénoménal.

Il dirigea rapidement ses pas vers la Salle Commune des Serpentards. À cette heure-ci, c’était l’endroit le plus susceptible de regrouper tous ceux qu’il cherchait. À savoir, Josh, Ruby, Amy, Kie’ et Parkinson. Il n’était pas complètement certain concernant le premier, mais il l’espérait. Josh n’avait pas du tout besoin de rester plus longtemps que nécessaire à l’infirmerie. Il y avait déjà passé beaucoup trop de temps et voir ses cousines dans cet état ne l’aiderait certainement pas. Il frissonna en songeant à cette fois où il était allé chez Josh. Du moins chez l’oncle et la tante de ce dernier.

« Scorpius jeta un coup d’œil à l’intérieur de la maison. C’était la première fois qu’il mettait les pieds ici, même si ça faisait déjà trois ans qu’il connaissait et était ami avec Joshua. Ce dernier ne l’avait jamais invité chez lui, jusqu’à présent. Et encore, maintenant ce n’était pas du fait de Josh. Apparemment, l’oncle et la tante de son ami avaient émis le désir de le rencontrer. Pourquoi? Il n’en avait pas la moindre idée. Ça ne le rassurait pas particulièrement, car même si Josh était très secret concernant sa vie chez lui… Amy, Ruby, Kie’ et lui avaient réussi à lire entre les lignes pour savoir que tout n’allait pas bien. Ce qui avait mené à quelques confessions l’année dernière de la part de leur ami.

Confessions qui le hantaient encore.

Un long frisson lui parcourut le dos lorsqu’il entendit :

- JOSHUA FLINT! DESCENDS TOUT DE SUITE!

Des bruits de pas qui dévalaient les marches.

Un gémissement sourd.

Le bruit d’un corps qui s’affaisse lourdement au sol.

Il déglutit avec un peu de difficulté et se décida à avancer un peu plus avant. On lui avait permis d’entrer, mais il se demandait si ça ne signifiait pas seulement de rester dans l’entrée et attendre un accueil officiel. Sauf que ce qu’il avait entendu l’inquiétait.

Il aurait dû rester dans l’entrée.

Josh se tenait à genoux par terre, les bras autour du ventre, une grimace lui tordant le visage. Quand la tête de son ami se tourna vers lui, il remarqua sa lèvre fendue. Son père à lui, Scorpius, ne l’avait jamais frappé. Il n’était peut-être pas le plus tendre et le plus démonstratif, mais il n’avait jamais douté de l’amour de son père. Ni douté qu’il ne lèverait jamais la main sur lui. Du moins, sauf s’il perdait la tête et devenait complètement dingue. Chose qui, heureusement, n’était jamais arrivée.

Mais pas à Joshua, apparemment.

Il grinça des dents en grommelant pour lui-même. Il n’avait aucune idée entre l’oncle ou la tante de Joshua qui avait bien pu abattre sa colère sur ce dernier. Il ignorait encore plus la raison. Sauf que ça l’enrageait quand même. Son ami se redressa tant bien que mal, jeta un coup d’œil en arrière en faisant signe à deux jeunes filles, des jumelles, de le rejoindre. Josh se força à sourire en le regardant, puis il lui dit :

- Content de te voir, Scorp’. Viens, mon oncle et ma tante t’attendent au salon…

Sans ajouter quoi que ce soit, son ami s’éloigna. Sans doute en direction du salon. Scorpius resta figé une seconde face à la force de son ami. Il jouait les durs depuis trop longtemps… un jour, ça se retournerait contre lui. Comment faisait-il pour ne pas se laisser aller au désespoir? Il n’était pas certain de savoir comment, lui, il réussirait à faire face à une torture lente et douloureuse. À des coups qui revenaient chaque jour. Chaque été. Tout le temps. Il déglutit avec difficulté avant de se forcer à avancer, sous le regard curieux des deux petites filles.
»

Il cligna des paupières pour évacuer le souvenir. Il n’en voulait pas. Pas maintenant. Pas alors que tout était déjà bien assez compliqué comme ça. Un ami tourmenté, une amie disparue et oubliée, des attaques… Cette année à Poudlard s’annonçait vraiment… catastrophique.
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Ruby dévisagea longuement Parkinson, essayant tant bien que mal de retenir le grondement qu’elle sentait monter dans sa gorge. Elle avait envie de lui cracher à la figure face à ses allusions stupides. Elle, oublier une amie? Elle n’en avait pas assez pour se permettre d’en oublier une! Elle n’avait qu’Amy chez les filles. Les autres la supportaient et c’était tout. Enfin, chez les Serpentards.

- Il faut que je te le dise en quelle langue, espèce de crétin! Je. Ne. Connais. Pas. D’Allison, persifla-t-elle en lui offrant son regard le plus noir.

- Mais vous êtes complètement détraqué, par Merlin! s’énerva son interlocuteur en l’assassinant de son regard bleu-gris.

Parkinson était très doué pour lancer des regards qui tuent. Elle en avait payé les frais bien souvent, mais ne s’était jamais laissé abattre. Jamais. Elle n’avait jamais plié non plus, alors elle ne comptait pas commencer aujourd’hui.

- Est-ce que tu te rends compte à quel point tu as l’air d’un siphonné? Est-ce qu’il te reste un soupçon de cervelle, là-dedans?

Elle ne prit pas compte des regards de prévention que lui jetèrent Kieran et Amy. Non, elle avait les yeux rivés sur l’imbécile qui se tenait devant elle et qui essayait, encore et encore, depuis la dernière demi-heure à lui faire croire à ses balivernes. Elle n’avait pas d’autres amies! Enfin, sauf peut-être Rose Weasley, mais c’était tout récent. Tout comme sa fréquentation de Malia et Teena.

- Ma santé intellectuelle et mentale vont très bien, gronda Parkinson. Tout comme ma cervelle. Je ne suis pas fou. Allison existe. Elle est ma sœur. Et ton amie!

- Je n’ai pas d’amie du nom d’Allison, par Merlin!

Parkinson franchit les deux pas qui les séparaient pour la saisir par les épaules et la secouer tout en s’écriant :

- Non, mais réveille-toi, Shepherd!

- Non, mais lâche-moi!

Et voilà! Il était bel et bien complètement dingue! Et elle qui pensait qu’on ne trouvait pas plus siphonné que Potter! Elle écrasa son pied lourdement sur celui de Parkinson ce qui eut pour effet qu’il la relâche, d’un coup, sous le choc de la douleur qui devait irradier dans son pied dûment écrasé. Pour faire bonne mesure, elle le repoussa brusquement et il tomba par terre. Assez… fort. Elle eut une grimace, elle n’aurait pas voulu être à la place de l’imbécile écrasé par terre, il devait avoir un de ces maux de derrière…

- Quelqu’un va devoir m’écouter! s’énerva l’énergumène toujours assis par terre. Quelqu’un va devoir m’écouter où je vais devenir fou! Je ne rêve pas. J’ai une sœur. J’ai déjà manqué la perdre une fois, par Merlin! Par ma faute! C’est hors de question que je la perds pour de bon! Je m’y refuse…

Il se releva lentement et elle le dévisagea. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état. Elle ne l’avait jamais vu avec des larmes dans les yeux. Jamais. Il n’avait toujours eu qu’un air froid. Supérieur. Arrogant… Mais là… Là, il semblait la supplier de se souvenir. Mais elle n’avait pas oublié d’amie!

Mais alors pourquoi l’air de Parkinson la stupéfiait-il autant?

Pourquoi s’entêtait-il?

Ça ne lui apporterait rien.

Rien du tout.

Alors pourquoi?

Elle s’apprêtait à prononcer quelque chose lorsque la voix de Scorpius s’éleva :

- Désolé de m’immiscer dans votre passionnante conversation amicale, mais il faut qu’on parle.

- Qu’est-ce que tu me veux, Malefoy? gronda son précédent interlocuteur.

- Je dois vous parler. À tous les deux, mais aussi à Kie’, Josh et Amy.

- Qu’est-ce que tu veux? s’enquit-elle à son tour.

- C’est au sujet du délire de Parkinson, lâcha Scorp’ en souriant.

- Je n’ai aucun délire! Et c’est Williams!

- Justement, on va tous vérifier ça. Ce soir, lâcha son ami en s’approchant d’eux pour les saisir par les bras. Cette nuit, à trois heures du matin, nous allons nous rendre à la Salle sur Demande. Rose a un plan pour vérifier les dires de Parkinson, ajouta-t-il en les rapprochant pour que personne ne puisse les entendre.

- Qui fait partie du nous? demanda-t-elle, suspicieuse.

- Toi, lui. Amy. Josh. Kie’. Rose, Al. James. Teena. Malia. Probablement Louis aussi, ainsi que Dylan et Liam.

Elle grinça les dents en entendant le nom de ce siphonné de Potter. Chaque fois qu’elle le voyait, chaque fois qu’elle entendait son nom ou sa voix, elle revenait plusieurs années plus tôt. Dans ce couloir. Des larmes dévalant ses joues. C’était la seule fois qu’il s’était montré gentil. La seule fois qu’ils avaient discutée alors qu’elle était en première année et assez intimidée par son nom.

Ça n’avait pas duré.

Il lui avait fait un coup bas et depuis lors, elle ne désirait qu’une chose. Lui tordre le cou. D’accord, peut-être pas littéralement. Mais il s’en était tiré beaucoup trop bien. Il avait brisé ses illusions. Briser sa solitude qui lui permettait de pleurer sans être vue. Elle avait été humiliée. Ce n’était peut-être pas l’intention de cet idiot de Potter, mais le résultat avait été le même. Elle s’était sentie déshonorée. Et encore plus brisée. Elle aurait eu besoin de quelqu’un.

Mais elle ne l’avait pas dit.

Elle aurait eu besoin de quelqu’un.

Et il était là.

Sauf qu’il avait foutu le camp. Et ça…

Elle ne l’oublierait pas.

Jamais.

- Faites passer le mot, si vous les voyez, lâcha Scorp, la tirant de ses pensées. Je vais continuer à chercher, mais au cas où vous les voyez avant moi…

- Je passerai le mot à tous les Serpentards du groupe, assura-t-elle.

- Je ne voulais pas seulement dir…

- Je passerai le mot à tous les Serpentards du groupe, insista-t-elle en lui coupant la parole.

Scorpius leva les yeux au ciel en poussant un soupir, mais n’argumenta pas davantage et s’éloigna derechef. Sans doute pour chercher les autres, songea-t-elle. Devoir se lever en pleine nuit? Elle n’était pas certaine d’approuver. Elle aimait bien dormir et à moins d’un cas de force majeure, elle ne voulait pas se réveiller en plein milieu de la nuit. Peut-être que c’était bien un cas de force majeure. Ou peut-être pas. Elle avait l’intuition que ce n’était qu’une stupidité inventée par Parkinson.

Enfin, elle en aurait été beaucoup plus persuadée si elle n’avait pas vu le regard légèrement soucieux de Scorp’ alors qu’il s’en allait. Malgré tout, ce qu’elle ne voulait pas, surtout, c’était se retrouver une nouvelle fois coincé avec Potter. Ce dernier ne se souvenait pas, ou peut-être ne comprenait-il tout simplement pas, sauf qu’elle s’en moquait. Elle, elle n’oublierait pas. Et ne pardonnerait pas, non plus.

« Elle retint sa respiration alors que les pas précipités de Rusard passaient devant la porte du placard à balai où elle avait réussi à se cacher en entendant les grommellements énervés du concierge. Les larmes continuaient à rouler sur ses joues alors que son poing était refermé fortement sur la lettre. Elle se moquait d’endommager le papier. Elle aurait voulu ne jamais recevoir cette lettre. Jamais.

Elle ravala et étouffa un sanglot en plaquant sa main devant sa bouche. Rusard était encore trop proche… Il valait mieux faire attention. Mais comment se soucier d’une chose aussi bénigne alors qu’il semblait que quelqu’un venait de plonger sa main dans son ventre, avait remonté et lui avait arraché le cœur, détruisant tout sur son passage. Ça faisait si mal… Un gémissement s’échappa de ses lèvres closes, mais ce n’était pas suffisant. Elle avait envie de frapper quelque chose. De crier jusqu’à ne plus avoir de voix.

Mais elle ravala.

Sa mère ne voudrait pas qu’elle s’effondre ainsi.

Mais ça faisait tellement mal…

Elle se redressa péniblement en respirant par saccade pour éviter de pleurer trop fort. Marcher, il fallait marcher, se dit-elle. Elle connaissait bien le château maintenant. Et sa mère l’avait connu à travers elle. Elle lui avait tout décrit, tout sur tout. Avec tous les détails insignifiants, mais importants pour faire comprendre tout le côté grandiose des lieux. Son père lui transmettait les réponses de sa mère, cette dernière étant un peu trop faible pour lui écrire elle-même.

Un sanglot la secoua alors qu’elle tournait un coin pour pénétrer dans un nouveau couloir. Elle tendit l’oreille avant de se laisser glisser contre le mur jusqu’à être assise par terre. Aucun son synonyme de danger ne lui était parvenu. Danger était un peu exagéré, sans doute, mais elle ne voulait pas écoper d’une retenue pour avoir flâné dans les couloirs après le couvre-feu. Quel message cela enverrait-il à son père alors que sa mère venait tout juste de…

Même y songer, elle en était incapable.

Des bruits de pas rapides la figèrent surplace, la tête cachée entre ses bras, ceux-ci appuyés sur ses genoux repliés contre elle. Elle ravala ses sanglots et déglutit avec difficulté lorsque la personne qui avait provoqué les bruits de pas s’arrêta à son niveau. Elle rougit légèrement en reconnaissant la voix qui l’interpella :

- Ça alors! Une Serpy qui pleure, en quel honneur?

Elle serra les dents pour éviter de lâcher un gémissement. James Sirius Potter, fils du grand Harry Potter. Elle s’était toujours sentie intimidée face à lui quand elle le croisait dans les couloirs. Elle rasait les murs pour éviter d’attirer l’attention, jusqu’ici, ça avait bien fonctionné. Jusqu’ici.

Quelqu’un s’accroupit à genoux près d’elle, avant qu’elle ne l’entende souffler :

- Hé, ça va? Qu’est-ce que tu as? Pourquoi tu pleurs?

Elle releva doucement la tête, les larmes s’écoulant de plus belle alors qu’elle tentait pourtant de se contenir. Mais y repenser lui faisait trop mal pour que ses larmes lui obéissent. Elle tenta de le foudroyer du regard comme elle le faisait avec tous ceux qui l’embêtaient, mais ça n’eut aucun effet. En même temps, il avait un petit frère. Et une petite sœur aussi, à ce qu’il paraît. Alors son regard à elle ne devait pas l’intimider. En tout cas, elle ne lut qu’une réelle sollicitude dans les yeux bruns de James Potter.

- Bon… Tu es muette, c’est ça? Je vois bien que ça ne va pas… mais je ne peux pas t’aider si tu fais la muette. Ce n’est jamais une bonne technique, lâcha-t-il ensuite en soutenant son regard mauvais.

- Je ne suis pas muette! gronda-t-elle. Et je ne fais pas la muette non plus!

- Alors pourquoi tu ne réponds pas?

Elle s’essuya les yeux d’une main rageuse, la lettre toujours fermement écrasée dans l’autre. Elle pouvait bien essayer de toutes les essuyer, ces stupides larmes, ça ne servait à rien… d’autres mouillaient à nouveau ses joues. Au fur et à mesure qu’elle faisait disparaître les précédentes. Elle renifla avant de bredouiller, le regard baissé :

- Je… je ne peux pas.

- Qu’est-ce que tu tiens dans la main?

Elle releva les yeux sur lui en serrant encore davantage la lettre de son père, comme si elle craignait qu’il lui vole. Pourtant, elle se surprit à desserrer les doigts lentement, le cœur lui battant aux oreilles et semblant prêt à lui défoncer la cage thoracique. Une fois que la lettre fut délivrée de sa poigne, elle lui tendit le bout de papier en évitant soigneusement le regard brun de l’autre.

- Tu es sûre que tu veux que je lise? Tu sais, je suis loin d’être muet, moi!

Elle se contenta de hocher de la tête, des larmes recommençant à dévaler sur ses joues. Elle n’avait aucune envie de relever sa réplique sur le « muet ». Bien sûr, c’était forcément un rappel du fait qu’il avait dit qu’elle était « muette », mais pour le moment, elle s’en moquait. Elle sut qu’il avait commencé à lire en voyant qu’il n’ajoutait rien. Ses mains s’agrippèrent l’une à l’autre pendant cette horrible attente. Qu’allait-il dire? Pourquoi dirait-il quelque chose? songea-t-elle ensuite. Ce n’est que… que ma mère. Ses sanglots redoublèrent à cette seule pensée.

- Debout! tonna soudainement la voix de James.

- Que… Quoi? souffla-t-elle d’une petite voix en relevant les yeux sur lui.

Il se trouvait toujours devant elle, mais cette fois il était debout et lui tendait la main. Elle hésita de longues secondes, si bien qu’il ajouta :

- Je préfère ne pas rester ici… et tu ne devrais pas non plus. Tu n’as pas des amis?

Cette question fit remonter un raz de marée si puissant et virulent qu’elle cracha :

- Oui! Mais qu’est-ce que ça change!

- Rien, sauf… que les amis sont là pour ça. Allez, debout maintenant!

- Pourquoi?

- Tu vas arrêter de poser des questions?

Sans attendre, il l’attrapa par la main en jetant un coup d’œil nerveux dans la direction qu’il semblait prêt à fuir à toutes jambes. Il tira sur son bras et elle se retrouva rapidement sur ses deux pieds. Un peu trop près de lui. Elle recula d’un pas, la vision brouillée par les larmes.

- Suis-moi! lança rapidement James avec un sourire avant de détaler plus loin dans le couloir.

Leurs mains toujours emprisonnées l’une de l’autre.

Elle se sentit tirer brusquement et dut se mettre à courir à son tour pour ne pas risquer de tomber, ou de les faire tomber. Elle s’agrippa un peu plus à la main du Gryffondor d’un an son aîné tandis que ce dernier lui faisait parcourir bon nombre de couloirs du château en quête d’un endroit bien mystérieux.

La course l’empêchait de trop réfléchir, mais les larmes continuaient à rouler sur ses joues. Son corps eut un soubresaut lorsqu’une voix revêche s’écria dans leur dos :

- Arrêtez-vous, sales garnements!

Rusard.

Elle s’étouffa presque avec sa salive et manqua perdre pied lorsque James relâcha sa main en se tournant vers Rusard. Elle songea pendant une seconde qu’il devait avoir une bonne idée pour les couvrir, après tout, il était l’un des fauteurs de troubles les plus connus de l’école malgré qu’il ne soit qu’en deuxième année! Mais… non.

- Hé, Rusard! Regarde par-là, tu en as oublié un qui était aussi dans le coup! dit James en pointant une direction.

À la seconde où l’attention du concierge fut détournée, il s’engouffra… dans le mur? Elle ne comprenait pas… Restant plantée comme une idiote, elle ne pensa à s’enfuir que lorsqu’il fut trop tard. Rusard l’avait empoigné par le bras sans tenir compte des larmes qui roulaient sur ses joues. Il lui cracha :

- Alors comme ça, on croit qu’on peut ignorer le couvre-feu et redécorer mon bureau, hein, petite? Tu vas voir, moi, ce que je fais de ceux qui outrepasse leurs droits…

- Je n’ai pas… tenta-t-elle.

- Silence, Potter t’a planqué là, mais je n’ai aucun doute que tu l’as suivi dans son coup!

La dure réalité la frappa d’un coup et un ouragan s’empara de ses larmes pour laisser place à un incendie dévastateur. Ses yeux s’asséchèrent et elle crispa de la mâchoire. Il l’avait utilisé! Il l’avait trompé! Il l’avait… abandonné! Et il avait sa lettre! La fureur qui l’habitait lui fit encore plus mal que la tristesse qui l’avait envahi plus tôt. Avec l’envie de faire payer ce stupide Potter, elle suivit Rusard sans faire d’histoire, mais elle se jura bien de ne plus jamais adresser la parole à cet idiot de Gryffondor et qu’elle allait se venger. Comment? Elle l’ignorait encore, mais ça viendrait.
»

Les dernières images du souvenir se dissipèrent rapidement dans son esprit tandis que sa mâchoire était aussi crispée qu’à l’époque. Elle n’avait pas dit toute la vérité à son groupe d’amis de Serpentard concernant l’incident. Elle avait même menti à… Pourquoi pensait-elle l’avoir dit à quelqu’un d’autre? Elle secoua la tête pour essayer de se sortir cette idée de la tête. Elle préférait ne pas trop y penser. Toute cette histoire faisait encore mal quand elle y réfléchissait. Et elle se trouvait toujours idiote d’avoir agi comme elle avait agi…

- Alors, Ruby, qu’est-ce que tu as contre Potter? Hormis le fait qu’il soit stupide et incroyablement désespérant? s’enquit Parkinson, la coupant net dans ses réflexions.

- Fous-moi la paix, cracha-t-elle.

- C’est si pire que ça? ricana son interlocuteur.

- Tais-toi.

- Pourquoi tu ne réponds pas? Ne me dis pas que… Argh, non!

Un air profondément dégoûté imprégna les traits de celui qui avait été l’un de ses plus talentueux tortionnaires pendant ses premières années à Poudlard. Elle plissa des yeux dans sa direction, les sourcils froncés, en s’enquérant :

- À quoi tu penses?

- Je préfère éviter d’y penser. J’ai envie de vomir à cette simple idée.

Ses sourcils se froncèrent davantage. À quoi pouvaient-ils bien faire allusion?
Image

Alexander maintint le regard pesant de Ruby sans ciller. Il n’avait aucunement l’intention de dire ce qui lui était venu à l’esprit. Il ne pouvait tout simplement pas imaginer que Potter puisse sortir avec une fille de sa Maison. Déjà qu’il devait supporter que sa sœur soit en couple avec un Potter qui s’était un peu trop moqué d’elle à son goût à lui… et qui avait fait la bêtise de la perdre. Il ne supporterait pas de voir Ruby tomber dans les bras de James. Il grimaça à nouveau à cette simple idée.

- Tu ferais mieux de dire le fond de ta pensée avant que je ne m’énerve sérieusement, lui gronda Ruby à la figure.

Son ton le prit à rebrousse-poil. Sa mâchoire se crispa et il susurra :

- Tu es certaine que tu peux encaisser la vérité?

- Tu me prends pour qui, Parkinson? Après tout ce que tu m’as fait endurer… tu penses vraiment que tes mots peuvent me toucher?

- Très bien si tu le dis…

- Je le dis, affirma-t-elle ce qui fit étirer ses lèvres en un immense sourire malicieux.

Toujours avec ce même sourire, il lui souffla d’un ton moqueur :

- On dirait une petite fille qui cache une attirance frustrée sous le masque de la colère. Alors, c’est ça, dis-moi? Tu en pinces pour Potter? Tu n’aurais pas pu choisir quelqu’un d’autre à Gryffondor? Sérieusement, Potter?

La réaction de Shepherd le satisfit énormément. Elle avait tellement blêmi qu’elle était plus blafarde qu’un drap, son regard normalement accusateur et provocateur était écarquillé. Et s’il ne se trompait pas, ses mains tremblaient. Maintenant, il restait à savoir si c’était par peur de la vérité, par peur qu’il ait tout deviné ou par colère. Avec elle, tout était possible. Avec Allison, il l’aurait su dans la seconde si ça avait été de la colère.

- Tu… as dit quoi? rugit-elle.

Il sourit encore davantage oubliant son écœurement dû au fait de si ce qu’il avait dit était juste. Son sourire se fana néanmoins légèrement quand Ruby l’attrapa par la cravate de son uniforme pour ensuite le saisir par l’épaule et le plaquer contre le mur, les mains maintenant son col dans un étau… très ferme. Quelques élèves de leur Maison se tournèrent dans leur direction et il leur adressa un salut ironique pour qu’ils regardent ailleurs.

Ce qu’ils firent sans hésiter.

Avec Theo hors du coup, ainsi que les autres imbéciles, il restait la figure la plus détestée par ici.

Détestée, mais respectée pour éviter les ennuis.

Enfin, respecté par presque tout le monde.

Il reporta son regard sur la brune qui le plaquait sur le mur et marmonna :

- Tu sais… Je n’ai pas peur de toi. Allison en colère vaut plus la peine de perdre sa stabilité cardiaque.

La prise que Ruby avait sur son col se desserra brusquement alors que son visage exprimait un tout autre genre de choc que le précédent. Il la dévisagea en fronçant les sourcils et encore plus lorsqu’elle tituba vers l’arrière. Il l’attrapa par le poignet avant qu’elle ne s’écroule par terre et marmonna :

- Shepherd?

- Oh, Merlin…

Elle s’agrippa la tête à une main et malgré qu’il la maintienne toujours debout, elle se laissa pendre jusqu’à ce qu’il n’ait d’autres choix que de la lâcher. Décidément, il ne comprenait rien aux filles… Pourquoi, par Merlin, réagissait-elle ainsi? Il avait simplement dit qu’il n’avait pas peur d’elle… il n’y avait pas de quoi en faire tout un drame, non? D’autant plus que ce n’était pas le genre de Shepherd de faire des scènes pour rien.

- Allison…

La voix de Ruby était si faible qu’il manqua en perdre le sens du mot qu’elle avait prononcé. Mais ce ne fut pas le cas. Il tiqua fortement à la mention du prénom de sa sœur et sous le coup en relâcha le poignet de sa comparse de Serpentard. Il ne savait même plus comment respirer. Se pouvait-il… se pouvait-il seulement que… qu’elle se souvienne?

Le regard de Shepherd se posa sur lui et il y lut une douleur qui reflétait la sienne. Elle se souvenait. Mais comment était-ce possible? Que s’était-il produit? Qu’avait-il dit? Qu’avait-il fait? Était-ce lié à lui? Ou ce n’était qu’un hasard? Il s’accroupit aux côtés de Ruby et murmura :

- Tu… tu te souviens?

- J’ai oublié. J’ai oublié mon amie.

- De quoi te souviens-tu? la pressa-t-il en s’accroupissant à ses côtés.

Elle frissonna.

- De tout. Je me souviens de Berkeley. Je me souviens que l’on s’est battu.

- Comment es-tu arrivé à te souvenir?

- Aucune idée. Je n’ai pas essayé. J’ai seulement été frappé par… un souvenir.

Un nouveau frisson sembla la parcourir, car elle se frotta les bras. Son regard se fit moins dur sur elle, mais il avait besoin de savoir. Peut-être que ça pourrait l’aider à redonner la mémoire aux autres. Il ne pourrait pas supporter d’être le seul à se souvenir. Il ne pourrait pas supporter d’avouer à Allison, s’il la revoyait un jour, qu’il n’avait rien fait pour aider ses amis à se souvenir d’elle. Il avait déjà fait bien des bêtises qu’Allison ne lui pardonnerait peut-être jamais… alors il ne voulait pas ajouter ça à la liste.

Non, vraiment.

- Quel souvenir?

- Quand on est allé chercher la Pierre que cachait Ashley dans notre dortoir. Mais… ça n’a aucun lien avec ce que tu as dit. Je… je ne comprends pas.

Ruby se massa le front comme si ça pouvait l’aider à comprendre et lui resta complètement immobile dû à une incompréhension flagrante. Ça n’avait effectivement aucun lien avec ce qu’il avait dit. L’incident lui avait été raconté pendant l’été. Allison elle-même le lui avait dit. Elle n’avait peut-être pas été particulièrement aimable à ce moment-là, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire. Bien loin du genre de colère qui faisait peur. Il devait lui manquer une information… Mais laquelle? Le mouvement de Shepherd attira son attention, elle arquait des sourcils dans sa direction. Probablement en attente d’une réponse ou commentaire de sa part. Il se passa la main dans les cheveux en grommelant :

- Je ne comprends pas non plus. Mais il y a forcément une raison. On ne la connaît tout simplement pas encore… Il suffit sans doute d’y réfléchir plus sérieusement…

- Je suis désolée.

- Hein?

- Je suis désolée de tout ce que je t’ai jeté à la figure. Désolée de ne pas t’avoir cru.

Il haussa des épaules. Il n’était pas particulièrement étonné de leur réaction, à tous. Il n’avait jamais été aimable avec aucun d’entre eux et comme ils avaient tous oublié les seuls éléments qui pouvaient le racheter… ce n’était pas surprenant qu’ils lui crachent tous dessus. Tout de même, ça lui restait un peu en travers de la gorge. Il faisait des efforts… et on les lui renvoyait en plein visage, tout droit dans les dents. C’était douloureux. Sauf qu’il ne l’admettrait pour rien au monde.

- Je te pardonne si tu arrêtes de m’appeler Parkinson, lui dit-il avec un sourire moqueur.

Elle leva les yeux au ciel.

- Très bien, Williams.

Son sourire devint plus sincère et il ajouta :

- Bon… Il ne nous reste plus qu’à arriver à se faire souvenir tous les autres.

- Combien de personnes ne se souviennent pas?

- Tout le monde.

- Tout le monde du groupe? s’étonna-t-elle.

- Non, toute l’école. Sauf cette idiote de Rebecca, semble-t-il. Et toi maintenant.

- Et tu veux qu’on leur rafraîchisse tous la mémoire!

- Non, au moins ceux du groupe. Peut-être McGonagall aussi…

- Tu es allée la voir?

- Oui et elle n’avait aucune idée de qui je parlais…

- Donc, tout le monde du groupe et McGonagall. Et après?

- On verra. Ça fait déjà beaucoup.

- Peut-être, mais je me souviens maintenant! Et ça ne fait même pas quarante-huit heures!

Il acquiesça distraitement. Peut-être que ça ne faisait pas encore quarante-huit heures qu’elle avait oublié qui était Allison. Mais qu’est-ce qui leur disait que plus le temps passe et plus ça ne deviendrait pas compliqué? Que plus le temps passe et moins ils risquent d’arriver à se souvenir? Il ne voulait pas que cela arrive, en aucun cas, mais il n’avait aucun contrôle là-dessus.

Absolument aucun.

- Est-ce que tu sais si on a tout le temps du monde devant nous? Est-ce que tu sais s’ils ne finiront pas par perdre complètement leurs souvenirs avec le temps?

Son regard était dur sur Shepherd, mais ce n’était pas important. Il marmonna quelques mots entre ses dents face à l’absence de réponse de son interlocutrice. Mais ce silence voulait dire beaucoup. Il était rempli de mots non prononcés qui lui donnaient froid dans le dos.

Elle n’en savait rien.

Elle ne connaissait pas la réponse.

Elle était tout aussi ignorante que lui.

- On se revoit ce soir, se contenta-t-il de dire.

Il n’avait plus rien à lui dire. Il se redressa et s’éloigna sans attendre. Il avait besoin de changer d’air. Il avait besoin de sa bouffée d’air frais.

Mali.

Ils avaient rendez-vous maintenant de toute manière. Il sortit d’un pas rapide de la Salle Commune sans même chercher à voir si Ruby s’en sortait après les révélations qu’il avait lâchées. Mais à quoi bon s’attarder? Y songer davantage n’apporterait rien de plus. Ils ne parviendraient jamais à trouver une réponse dès maintenant. Par contre, il pouvait essayer de faire en sorte que quelqu’un d’autre se souvienne.

Il accéléra les pas dans les couloirs pour rejoindre l’endroit où Mali et lui se donnaient rendez-vous depuis… le tout début. Alors qu’elle cachait encore à ses amies sa relation avec lui. Il ne s’en était pas particulièrement offusqué. Pourquoi l’aurait-il fait, après tout? Il avait rendu misérable une partie de l’existence de sa sœur et d’une de ses amies. Personne ne l’appréciait particulièrement pour cette même raison dans le groupe des Potter, Weasley et compagnie. Mais avec Mali… tout était différent. Il ne saurait dire en quoi, par contre.

Le principal, c’était que ce l’était. Et il n’y changerait rien.

Non, il n’y changerait rien du tout.

Ça lui allait parfaitement tel que c’était.

Un petit sourire étira ses lèvres lorsqu’il aperçut Malia qui l’attendait de pied ferme à côté de la sorcière borgne. Ça pourrait sembler un drôle d’endroit pour se rencontrer… quand on ignorait le passage secret qui se trouvait juste derrière. Il reporta son attention sur sa principale attraction personnelle. Elle lui tournait le dos, sans doute croyait-elle qu’il allait arriver de l’autre côté. Normalement c’était le cas.

Il s’approcha à pas de loups, ou plutôt de coyote dans son cas, puis avant qu’elle ne sente sa présence il lui attrapa la main, la souleva au-dessus de sa tête et lui fit faire un tour pour la tourner face à lui. Elle sursauta violemment, mais il se contenta de sourire davantage face à son visage furieux. Il regrettait de ne pas l’avoir connu avant. Comme ça, il aurait pu passer toute une soirée avec elle. La faire danser. Et sourire aussi.

Il se reprendrait bien cette année, songea-t-il.

S’il ne foutait rien en l’air d’ici là, bien sûr.

- Idiot, tu m’as fait peur! gronda Malia en lui frappant le torse de son poing disponible.

- Je cherchais simplement le loup! souffla-t-il en rapprochant son visage du sien.

- Très drôle. Vraiment.

Il sourit plus tranquillement avant d’abaisser leurs mains à un niveau plus acceptable. Il ne le dirait pas, ne l’avouerait encore moins, mais il commençait à faiblir à le laisser dans les airs comme ça. Il exerça une légère pression sur la main de Mali et sa réponse identique à son contact le soulagea d’un poids.

Elle ne lui en voulait pas.

- Je suis désolé, lui murmura-t-il à l’oreille.

- Je n’aurais pas dû m’emporter non plus, dit-elle en haussant des épaules.

Il lui caressa la joue avec son pouce et lui demanda :

- Tu me crois?

- Je te crois quand tu dis que tu es désolé! le taquina-t-elle.

Il baissa les yeux en s’éloignant de quelques centimètres. C’était une taquinerie, certes, mais il avait l’impression qu’elle venait de le poignarder entre les côtes. Leur dispute de la veille au soir, juste avant qu’ils ne rejoignent tous leur dortoir lui restait encore en travers de la gorge. Il avait insisté, sans doute beaucoup trop, pour la convaincre qu’elle avait oublié Allison. Enfin, pour la convaincre, mais surtout pour lui faire rappeler.

Sans succès.

Il avait essayé de lui remémorer plusieurs souvenirs. Comment Allison avait convaincu plusieurs de ses amis de devenir Animagus. Leur combat à la fin de l’année. Le fait qu’elle n’avait pas si mal pris leur relation à elle et lui. Sauf que rien n’y avait fait. Malia n’avait eu aucune révélation. Par contre, elle s’était emportée, les forçant à se séparer s’ils ne voulaient pas en venir à des propos qu’ils regretteraient tous les deux.

Heureusement, elle avait accepté de le voir aujourd’hui.

Mais apparemment, elle ne le croyait toujours pas. Il pouvait comprendre que ce soit dur de l’accepter. Mais… entre toutes ces personnes pour qui il ne possédait aucune réelle affection et qu’il essayait de réveiller… il aurait voulu qu’à tout le moins, elle, elle le croit. C’était la seule qui lui importait vraiment. La seule dont les mots pouvaient vraiment l’atteindre. Facilement. Il se rapprocha encore un peu et murmura :

- Mali?

Elle ne répondit rien.

Mais sa poigne sur sa main ne faiblissait pas, ce qui le rassura sur une chose.

Elle n’avait pas l’intention de l’abandonner.

Par contre, lorsqu’elle recula il dut serrer les dents pour ne pas broncher. Très bien, elle mettait une distance physique entre…

La porte du passage secret s’ouvrit soudainement et elle l’entraîna à l’intérieur, il la suivit avec un léger ahurissement. Certes, c’était dans leur habitude de se retrouver dans ce passage secret, d’autant plus qu’il y a deux ans il avait découvert une bifurcation qui menait à une sorte de petite salle poussiéreuse. Son utilité? Il n’en avait pas la moindre idée. Par contre, c’était un lieu de rencontre parfait. D’autant plus que le couloir qui y menait était suffisamment discret pour passer inaperçu et suffisamment long pour éviter que de la lumière dévoile sa position.

Malia les éclaira d’un Lumos et il ne tarda pas à en faire de même, la suivant sans trop avoir besoin de réfléchir. Il savait pertinemment où elle se rendait. Il n’y avait aucune raison pour qu’elle n’aille pas à leur cachette à eux deux, non?
Dès qu’ils y furent, elle déposa sa baguette au sol et il l’imita. Il y avait des torches et des chandelles à proximité, mais les baguettes étaient plus discrètes. Quand elle se tourna enfin vers lui, son cœur se mit à battre un peu plus vite. Par crainte. Peut-être qu’elle voulait lui dire que ça ne marcherait pas s’il continuait à lui parler d’Allison? Qu’elle ne pouvait pas le suivre dans ce « délire »? Ses mâchoires se crispèrent et il attendit le verdict.

- Je ne crois pas que tu délires, finit-elle par chuchoter en s’approchant de lui pour saisir sa deuxième main. Je ne sais pas si j’ai oublié… Mais je ne crois pas que tu délires.

- Tu… tu me crois, donc?

- Oui, je te crois. J’y ai réfléchi toute la nuit et s’il y a une chose que je sais sur toi, c’est que tu ne mentirais jamais au sujet de ta famille. Alors, si tu dis que tu as une sœur, je te crois.

Le soulagement qui l’envahit était presque trop fort. Il l’attira doucement à elle pour plaquer ses lèvres sur les siennes. Ça lui avait manqué. Pendant tout l’été, ça lui avait manqué. Sa présence. Sa bouche. L’odeur de ses cheveux… Il inspira doucement par le nez en se détachant de sa bouche, mais en conservant son front contre le sien.

- Je t’aime, Mali.

C’était la première fois qu’il prononçait ces mots, mais il lui semblait juste de le dire maintenant. Après tout, elle lui donnait toute sa confiance sur une chose qui aurait pu être un délire annonciateur d’une folie précoce. Sa déclaration sembla la surprendre, car ses mains devinrent glacées dans les siennes. Puis, les mots sortirent dans un murmure presque inaudible :

- Moi aussi.

Il l’embrassa à nouveau avec un léger sourire aux lèvres, puis il ajouta, toujours en chuchotant :

- Tu sais… pour le bal de cette année… tu veux bien être ma cavalière?

- Tu crois que je voudrais y aller avec quelqu’un d’autre? s’offusqua-t-elle.

- J’en serais très mécontent si c’est le cas.

- Ce que tu peux être idiot! Bien sûr que je vais y aller avec toi!

- Ça… ça me soulage beaucoup le fait que tu me crois.

- Quand je suis partie hier… presque immédiatement, j’ai compris que c’était stupide. Tu as bien des défauts, mais tu ne m’as jamais menti sur ta famille. Alors je ne voyais pas comment tu aurais pu commencer maintenant.

- Merci quand même. De me croire.

Il sentit son sourire sur ses lèvres avant qu’elle ne prenne les devants pour la première fois de la journée. Elle l’embrassa avec la délicatesse qui la caractérisait. Du moins, lorsqu’ils étaient loin d’une pleine lune. Quand le loup commençait à se faire sentir, il arrivait qu’elle morde. Étrangement ou non, ça ne l’embêtait pas. Pas du tout, même.

*****

Un soupir lui échappa tandis qu’il était étendu sur son lit. Il aurait bien préféré dormir plutôt que se lever pour ensuite se coltiner toute la petite troupe. Pourtant, il devait bien faire cet effort, n’est-ce pas? Tous autant qu’ils étaient, c’était des amis d’Allison. Il ne voulait pas que la première chose qu’elle sache en revenant, soit qu’il n’avait pas fait un petit effort pour être aimable. Ce n’était certes pas son point fort, mais jusqu’ici ce n’était pas lui qui avait été le plus… virulent.

Il l’avait peut-être cherché… mais il y avait des limites quand même!
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Il secoua la tête en se redressant. Son dortoir était presque entièrement vide. En l’absence de certains de ses anciens compagnons. Enfin, l’absence obligatoire. Pas de Theo. Pas de Keegan. Et les deux autres qui partageaient sa chambre ronflaient si fort que c’était surprenant qu’ils ne se réveillent pas eux-mêmes, ou mutuellement. Pour sa part, il avait plusieurs fois envisagé d’enfouir leur tête sous leurs oreillers, mais… il ne désirait pas particulièrement être accusé de meurtre s’ils étaient trop bêtes pour ne pas se réveiller en commençant à étouffer. Il ne voudrait pas non plus connaître l’opinion de la police magique en apprenant que son mobile était le ronflement de ses partenaires de dortoir…

Toujours en secouant un peu la tête, histoire de se changer les idées, il s’éclipsa en silence pour rejoindre les autres dans leur Salle Commune. Une moue apparut sur sa bouche lorsqu’il aperçut Joshua avec les épaules affaissées et l’air de quelqu’un qui ne dormait pas. Pas du tout. Est-ce que les jumelles s’en sortaient? La petite Amy allait mieux, non? Il l’avait vu à la table des Serdaigles pendant le repas du soir. Tout comme il avait aperçu Mae aux côtés de la troupe de Potter et Weasley parmi les Gryffondors. Les parents des jumelles ne devaient pas être particulièrement ravis de la Répartition des filles. Très loin de là, sans doute. Il les rejoignit rapidement et sans prêter attention aux autres il s’enquit :

- Est-ce qu’Amy va bien?

- Je vais très bien, merci, Parkinson, ironisa l’homonyme de la cousine de Joshua.

- Je ne te parlais pas, Derrick, grinça-t-il en regardant plus fixement Flint.

L’intéressé poussa un soupir avant de dire en se passant une main dans les cheveux d’un air las :

- Elle va mieux… mais je ne crois pas qu’elle dort beaucoup, elle non plus.

- C’est normal, affirma-t-il.

- Depuis quand tu t’inquiètes de ce genre de choses, hein, Parkinson? l’interpella Bletchey.

- Va voir ailleurs si j’y suis! grommela-t-il.

- Calmez-vous, un peu! Vous avez une gelée molle et coléreuse à la place du cerveau, ou quoi? s’emporta Ruby.

Puis, en échangeant un regard avec Scorpius, ils entreprirent de pousser tout le monde dehors de la Salle Commune. Dès qu’ils eurent tous franchi un pas à l’extérieur, plus personne n’osa prononcer un mot. Il y avait peu de chance de croiser des professeurs ou Rusard à cette heure, mais il valait mieux être prudent. Il n’avait pas franchement envie de se retrouver en détention pour avoir erré dans les couloirs. Enfin, c’est l’excuse qu’il donnerait pour sa présence en dehors de sa Salle Commune.

Il eut un pincement au cœur en arrivant devant la Salle sur Commande, tous les autres s’y trouvaient. Du moins, ceux qui n’étaient pas à la bibliothèque ce qui se résumait à Mali, Teena, Louis, Lily, Hugo, Liam et Dylan. Apparemment, les deux Potter et la Weasley étaient le groupe chargé d’enquêter à la bibliothèque. Surprenant que l’autre Weasley du groupe des emmerdeurs de Poudlard ne se trouvaient pas avec eux!

Il s’apprêtait à ouvrir la bouche pour interpeller Weasley et l’agacer par le fait même, mais un regard en direction de Malia l’en dissuada. Certes, le Weasley n’était pas parmi les amis proches d’Allison, mais comme il se trouvait ici, autant l’inclure parmi les personnes à ne pas embêter. S’il voulait une meilleure relation avec sa sœur, ça commençait par éviter de froisser ses proches. Il réprima un soupir et préféra demander :

- Alors, est-ce qu’on entre?

Plusieurs haussèrent des épaules et Louis prit les devants en disant :

- Pourquoi pas!

Il s’avança alors jusqu’à l’emplacement de la porte et fit le manège habituel pour pouvoir y entrer. Dès que la porte apparut, ils se faufilèrent tous à l’intérieur. Étrangement, il se retrouva le dernier à entrer. Comme c’est surprenant, marmonna-t-il intérieurement. Lui ferait-on un jour confiance? Le traiterait-il un jour un peu mieux? Ou resterait-il le seul à faire quelques efforts en ce sens?

Apparemment, non.

- J’ai quelque chose à dire, annonça rapidement Ruby.

Il tourna brusquement la tête dans sa direction, le cœur palpitant.

- Quoi? s’enquit Scorpius en fronçant les sourcils.

- Parkin… Je veux dire, Williams dit la vérité, affirma-t-elle en défiant du regard toutes les personnes présentes. Il a bel et bien une sœur. Allison. Et elle était notre amie…

On pouvait sentir les larmes refoulées dans sa voix. Il crispa les mâchoires alors que le choc apparaissait sur tous les visages dans la pièce. Le choc, mais aussi le doute, la suspicion, la colère… et l’angoisse.

- Est-ce que tu es tombée sur la tête aussi? gronda Bletchey.

- Tu es vraiment en train de douter de ma parole? s’énerva Ruby à son tour.

- Shepherd, tu devrais arriver à nous comprendre… tenta Louis.

- Non! Je suis butée, je le sais! Mais on avait une bonne raison de douter de la parole de Park… enfin, de lui! Mais moi?
Moi, pourquoi vous doutez de moi? s’emporta-t-elle de plus belle en foudroyant Weasley du regard.

Personne ne le croyait. Il n’aurait jamais pensé tomber aussi bas dans sa petite existence…

Il était pathétique.

- Je les crois aussi, lâcha Malia en se plantant à ses côtés.

- Et moi aussi, lâcha Scorpius. Je suis désolé, sauf que ma mémoire est trop détraquée pour ne pas qu’il y ait un problème avec elle. D’ailleurs vous ne savez pas tout…

Puis, Malefoy commença à tout expliquer. Tout ce que Rose Weasley avait essayé et le résultat qui en résultait. À la fin, plus personne n’osait prononcer un mot. Par honte ou par dépit? Il ne saurait le dire. Toutefois, il avait sérieusement envie qu’Allison revienne pour tous leur faire leur fête. Oh, elle ne leur en voudrait certainement pas de ne pas l’avoir cru, lui, mais de ne pas avoir cru en la parole de Ruby, c’était une autre histoire.

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Bon, ben voilà! C'est la fin de ce chapitre, qu'en pensez-vous? J'espère qu'il ne vous aura pas trop déçu en tout cas... :oops:

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Dsl, mon ordi marchait plus du coup, c'était galère de poster un commentaire.

Un bon chapitre, ils se sont enfin souvenus !
Par contre, tu pourrais mettre des numéros aux réalités, sinon j'arrive pas à m'y retrouver stp ?
Et l'intrigue commence à se faire attendre :?
Tu écris toujours aussi bien !
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Dsl, mon ordi marchait plus du coup, c'était galère de poster un commentaire.

Un bon chapitre, ils se sont enfin souvenus !
Par contre, tu pourrais mettre des numéros aux réalités, sinon j'arrive pas à m'y retrouver stp ? Eh bien déjà l’image de départ à chaque début de chapitre change selon la réalité. Par exemple, quand c’est l’image avec un Serpentard/Gryffonor et qu’il est écrit « Hell wants me, heaven won’t take me » c’est la réalité d’Allison. Ensuite pour l’autre ça alterne entre une image de gryffondor seulement ou de serpentard seulement. Selon les protagonistes qui prennent la parole. Par ailleurs les personnages qui sont dans la réalité de base d’Allison ont leur point de vue à la troisième personne contrairement à Allison qui est à la première. Enfin, si ce n’est toujours pas clair je peux essayer de faire quelque chose de plus... Dis-le moi en tout cas si c’est toujours confus après mes quelques précisions pour que je puisse rectifier le tir.
Et l'intrigue commence à se faire attendre :? Je sais :| Le problème c’est que j’ai vraiment de la difficulté à me pencher sur la fanfic en ce moment et je fais trop de chose en même temps, l’école et les passes temps. Mais normalement, ça devrait commencer à débouler dès le prochain chapitre. Mais comme il y a une intrigue dans chaque réalité plus une autre que les deux se partagent... ça rend les choses plus compliquées et je dois bien placer le tout...
Tu écris toujours aussi bien ! Merci! Ton commentaire fait plaisir et j’arrangerai ce qu’il y a à arranger au besoin dès que je peux me remettre sur la fanfic! J’espère pouvoir me ramener avec un chapitre à la fin mai ou début juin. Je ne pourrai probablement pas avant :cry:
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Mimie99 a écrit :
Charmimnachirachiva a écrit :Dsl, mon ordi marchait plus du coup, c'était galère de poster un commentaire.

Un bon chapitre, ils se sont enfin souvenus !
Par contre, tu pourrais mettre des numéros aux réalités, sinon j'arrive pas à m'y retrouver stp ? Eh bien déjà l’image de départ à chaque début de chapitre change selon la réalité. Par exemple, quand c’est l’image avec un Serpentard/Gryffonor et qu’il est écrit « Hell wants me, heaven won’t take me » c’est la réalité d’Allison. Ensuite pour l’autre ça alterne entre une image de gryffondor seulement ou de serpentard seulement. Selon les protagonistes qui prennent la parole. Par ailleurs les personnages qui sont dans la réalité de base d’Allison ont leur point de vue à la troisième personne contrairement à Allison qui est à la première. Enfin, si ce n’est toujours pas clair je peux essayer de faire quelque chose de plus... Dis-le moi en tout cas si c’est toujours confus après mes quelques précisions pour que je puisse rectifier le tir. Ah ok, et feraisi plus attention d'habitude mon regard est plutôt concentré sur le chapitre... :oops: 8-) Merci :)
Et l'intrigue commence à se faire attendre :? Je sais :| Le problème c’est que j’ai vraiment de la difficulté à me pencher sur la fanfic en ce moment et je fais trop de chose en même temps, l’école et les passes temps. Mais normalement, ça devrait commencer à débouler dès le prochain chapitre. Mais comme il y a une intrigue dans chaque réalité plus une autre que les deux se partagent... ça rend les choses plus compliquées et je dois bien placer le tout... Tout ça me semble bien compliqué ! :lol:, du coup, ça me donne envie encore plus pour le prochain.... 8-)
Tu écris toujours aussi bien ! Merci! Ton commentaire fait plaisir et j’arrangerai ce qu’il y a à arranger au besoin dès que je peux me remettre sur la fanfic! J’espère pouvoir me ramener avec un chapitre à la fin mai ou début juin. Je ne pourrai probablement pas avant :cry: t'inquiète, je comprends :)
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey! Je dois admettre que je n'ai aucune réelle excuse pour mon si long retour. Et je pense que j'en ai marre autant que vous (peut-être?). Ça me révolte de mettre autant de temps avant de poster la suite ou, dans mon cas, de l'écrire. Parfois, j'en ai vraiment envie, mais je n'ai pas le temps. (Entre autre cette fois j'ai déménagé, trouvé un travail, fini mes études, etc.) Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira (la fin est un peu moyenne, j'ai eu un problème d'ordinateur). Bonne lecture!

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Chapitre 7

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- Je vais t’attendre dehors, d’accord? proposa Albus. Avec Ruby et Scorp.

Je hochai lentement de la tête en déglutissant avec difficulté. Comment pouvais-je avoir la poisse à ce point? Comment pouvait-il être possible que parmi toutes les réalités où j’aurais pu tomber avec mon père bien vivant, il fallait que ce soit celle où il enseignait comme professeur de Défense à Poudlard? Hein, comment! Est-ce qu’un jour j’aurais la paix de tous ces satanés de problème à la con? Je n’avais pas besoin de ça. Pas besoin de ça du tout. Déjà que suivre le cours était pénible... car je ne voulais pas le regarder. Autant que je le voulais. Mais ça faisait…

Ça faisait tellement mal.

Je ravalai les larmes qui me montaient spontanément aux yeux et me retournai pour faire face à mon père. Pour faire face à ce regard bleu que je voyais tous les jours devant le miroir. Sauf que le visage auquel il appartenait n’était pas le mien. C’était celui d’un inconnu connu. Je crispai les mains autour de mes livres pour éviter qu’elles ne tremblent. La dernière chose que je voulais, c’était de paraître faible devant mon père. Même si ce n’était pas mon père.

Sauf qu’ils étaient les mêmes.

Comment se sentait-il, lui? Pensait-il que j’étais vraiment sa fille et que je mentais effrontément? Était-il déçu de me voir suivre un chemin aussi… peu scrupuleux? Me croirait-il si je lui disais d’où je venais? La directrice lui avait-elle vraiment parlé? Avait-il des questions à me poser? Moi j'en avais des centaines. Avait-il été Auror? Comment s’était-il retrouvé ici? Est-ce que…

- Approche-toi, veux-tu? lâcha-t-il d’un ton à l’émotion que je ne pouvais identifier.

Je fis quelques pas timides dans sa direction en évitant soigneusement de regarder devant moi. Ce n’était pas dans mon habitude d’éviter la confrontation visuelle ou même physique. Je n’étais pas d’un naturel timide normalement. Mais en même temps… la dernière fois que j’avais vu mon père en face à face… il était mort devant mes yeux. Je n’avais rien pu faire. Je n’avais pas été capable d’y changer quoi que ce soit…

Lorsque j’arrivai à seulement deux pas de lui, il pencha la tête sur le côté pour m’observer sans sourciller. Je restai, de mon côté, le regard figé sur mes deux mains qui serraient mes livres à s’en blanchir les jointures. Le cœur me débattait autant que toutes les fois où j’ai passé à deux doigts de me faire percuter par un Cognard ou bien que j’ai passées tout près de la mort. Étonnamment, la mort m’avait côtoyée beaucoup plus que les Cognards… Ce n’était pas, du tout, une bonne chose.

- Si je n’avais pas eu la confirmation ce matin que ma fille se trouvait bien à Beauxbâtons en ce moment, j’aurais cru que tu étais elle, m’interrompit-il sans même le savoir.

De toute manière ce n’était rien d’autre que des pensées un peu morbides…

- Tout le monde le croit, affirmai-je.

- J’aimerais savoir comment c’est possible. Que tu sois elle sans l’être… vraiment.

- De mon point de vue c’est le contraire… mais j’aimerais tout autant le savoir que vous, professeur.

Les mots s’arrachèrent de ma bouche plus qu’ils n’en sortirent. C’était mon père qui était là. Mon père! Sauf qu’il ne l’était pas non plus. Je ne pouvais pas l’appeler « papa ». Même pas monsieur. Ici, dans cette réalité… il n’était que mon professeur. Rien d’autre. Je ne pouvais pas me permettre de dire quoi que ce soit d’autre. Ce ne serait pas correct. Vis-à-vis de lui, tout comme de moi. Je devais trouver un moyen de m’en aller et lorsque je le ferais, je ne devais pas avoir de doutes. D’hésitation. Je devais foncer et rejoindre là où était ma juste place. Là où je ne me sentirais pas comme une bête de foire, une moins que rien... une inconnue.

- Relève la tête quand tu me parles et sois honnête aussi. À moins que tes parents ne t’aient pas aussi bien éduqué que…

Je relevai la tête avec des éclairs dans les yeux, mes livres tombèrent sur le sol lorsque je refermai mes poings.

- Ma mère m’a bien éduqué! Vous remettez en doute les manières de votre femme, professeur? Et vous… vous n’auriez pas pu faire grand-chose dans mon éducation puisque vous êtes mort de là où je viens! Mort!

Il blêmit de manière si drastique que j’eus envie de me frapper jusqu’à en perdre connaissance. Je n’étais pas censée perdre le contrôle à ce point. Non, je n’étais pas censée. Merlin que je détestais mon impulsivité parfois!

- Le professeur McGonagall n’a pas mentionné que…

- Elle gardait sans doute les détails désagréables pour plus tard… marmonnai-je en détournant les yeux pour lui cacher les larmes qui s’y accumulaient. Est-ce que je peux m’en aller?

La réponse ne vint pas. Je crispai les mâchoires pour retenir les émotions qui tourbillonnaient en moi, encore plus fortement que lorsque j’avais appris que Berkeley s’était échappé d’Azkaban. Je n’avais pas réussi à lui dire que mes deux parents étaient morts. Je n’avais pas réussi à lui dire que ma mère était morte, elle aussi. Je ne pouvais pas lui dire à quel point c’était dur de le voir devant moi, maintenant, en cet instant précis. Et si le Berkeley d’ici essayait de les tuer, eux aussi? Et si l’histoire se répétait une nouvelle fois?

- Non, trancha-t-il soudainement. J’ai quelques petites choses à te dire et à te demander, avant.

- Lesquelles? m’enquis-je à nouveau.

- Regarde-moi. S’il-te-plaît. Tu n’es peut-être pas ma fille, mais j’ai l’impression que prochainement nous serons dans l’obligation de faire comme si c’était le cas.

Je tournai à nouveau ma tête vers lui, plongeant à nouveau mon regard, cette fois humide, dans le sien. Étrangement, il semblait aussi triste que moi…

- Je suis désolé, Allison. Je ne savais pas. Si tu n’y vois pas d’inconvénient… Peux-tu me dire comment c’est arrivé?

- Une personne en voulait… en voulait à mon don. Depuis que je suis née. Mon père est mort pour me protéger. Je n’avais que trois ans à sa mort. Trois ans et seize ans en même temps, à vrai dire…

- Comment est-ce…

- Comment c’est possible? Mon don. J’ai… J’ai eu… J’ai eu une vision où… où je l’ai retrouvée… J’aurais pu… J’aurais pu le sauver… mais… il… il n’a pas… il n’a pas voulu…

Les larmes s’écrasèrent les unes après les autres au fur et à mesure que je prononçais les mots qui me charcutaient de l’intérieur.

- Il est mort devant tes yeux? Me demanda-t-il.

Je hochai de la tête doucement en essayant d’essuyer mes larmes, j’ajoutai la seconde suivante d’un ton sans vie :

- Devant les miens et… et ceux de mon petit-ami.

- Un petit-ami? s’étonna-t-il.

Je hochai de nouveau la tête. Je n’aimais pas le ton paternel qu’il venait d’utiliser en le disant. Il n’était pas mon père. Ce n’était pas le mien. Et le plus tôt je me rentrerais cette idée dans le crâne, le mieux je me porterai. Au moment où je détournais les yeux à nouveau, il me serra l’épaule d’une main en soufflant :

- Je suis de nouveau désolé pour mon manque de tact. Je tâcherai de faire mieux à l’avenir.

Il relâcha mon épaule et se pencha pour ramasser mes livres qu’il me tendit avec un léger sourire :

- Je n’attends pas de toi que tu agisses comme ma fille. Même si votre énorme ressemblance risque d’être problématique. Mais sois franche, d’accord?

- Je le suis toujours, sauf en cas d’enjeux majeurs, dis-je avec sincérité.

Par exemple m’enfuir de l’école pour aller me battre contre un sorcier maléfique. Il eut un petit rire en me tapotant l’épaule. Cette fois, je réussis à retirer toutes les larmes qui parsemaient mon visage et je relevai les yeux sur lui. Son sourire me faisait mal. Mais il faisait du bien aussi. Il semblait approbateur. Je ne m’étais même pas rendu compte jusqu’ici à quel point ça me manquait d’avoir l’approbation de quelqu’un.

De quelqu’un qui comptait vraiment.

Je retins de nouvelles larmes qui voulaient tomber et demandai :

- C’est tout?

- Non, affirma-t-il. Je dois aussi te dire que nous devons rejoindre McGonagall à son bureau pendant le repas de ce midi. Elle veut s’entretenir avec nous au sujet de… enfin.

Je poussai un soupir. Apparemment, je n’aurai pas l’occasion d’aller voir Ember sur l’heure du diner.

- Je serai là, promis-je.

- Très bien. Tu peux y aller maintenant.

Je lui pris rapidement mes livres des mains, le saluai d’un mouvement de la tête et m’enfuis sans demander mon reste. C’était assez d’interactions avec lui pour aujourd’hui. Oh, oui, plus qu’assez! Malheureusement, il semblerait que j’allais devoir subir à nouveau cette torture sur l’heure du diner. Que de joie, que de joie!

Je franchissais tout juste le seuil de la porte de la classe lorsque je sentis une main se refermer sur mon bras. Un simple coup d’œil sur le côté me permit de constater que c’était Ruby, Albus et Scorpius se tenaient non loin, tout en ayant quand même un certain retrait.

- Il te voulait quoi ton père? s’enquit celle pour qui j’étais la meilleure amie.

- Savoir comment tout se déroulait jusqu’ici… mentis-je en essayant d’être convaincante.

- Alors pourquoi tu as la tête d’Alli qui ne va pas bien?

Foutue réalité! me lamentai-je intérieurement. Pourquoi fallait-il que Ruby sache tout de même repérer les mêmes signaux sur moi que sur l’autre Allison? Je n’aurais pas pu avoir la chance de garder ce qui se passait à l’intérieur de moi, pour moi? C’est trop demander, peut-être? Un soupir enfla dans ma bouche, mais je le retins de justesse. Pour mieux le recracher lorsque Albus lâcha :

- C’est vrai que tu n’as pas une bonne tête en ce moment.

- Potter! gronda Ruby, mais je perdis tout intérêt dans la suite lorsque le sol sembla se dérober sous mes pieds.

Je me rattrapai brusquement au mur, échappant tous mes manuels scolaires du même coup et essayant tant bien que mal de garder une attitude neutre alors que tout ce qui se trouvait devant moi disparaissait. C’était le retour des anciennes visions…

« Je ne voyais qu’un stupide poignet. Un poignet d’homme, pour être plus exacte. Ce qui était, toutefois, inquiétant à propos de ce poignet, c’était le symbole tatoué qui se trouvait dessus. Le symbole des reliques de la mort. Le symbole de Grindelwald. Ça n’annonçait rien de bon. Je le sentais jusque dans mes os. La tête qui n’était pas la mienne se redressa enfin et je tombai face à face avec un visage qui me donna envie de m’arracher les yeux pour ne plus le voir. Mon sang bouillait dans mes veines à tel point qu’avoir été moi, j’aurais sans doute vu de la fumer s’échapper des pores de ma peau.

Berkeley était là.

Se regardant tranquillement dans le miroir.

Il posa la main sur sa joue mal rasée, la frotta un peu comme s’il cherchait à voir ce qu’il convenait de faire. Il devrait se trancher la gorge, s’il devait demander mon avis. De son autre main, il apposa la pointe de sa baguette sur son menton et presque immédiatement il perdit la majorité de ses poils faciaux. Du moins, une bonne longueur. Il ne restait plus qu’une petite barbe de deux jours qui le rendaient beaucoup plus… civilisé.

Il baissa à nouveau le regard au niveau de ses mains, mais cette fois je pus apercevoir une table basse d’un bois vieux et… en piteux état. Sauf que ce n’était pas le plus important. Non, le plus important, c’était la lettre qui y était déposée. Je me mis à lire frénétiquement, mais n’eut pas le temps de parvenir à la fin :

Mon frère,

Je t’ai promis que nous nous retrouverons et je tiendrai cette promesse. J’ai réussi à toutes les récolter. Je les ai assemblés et au moment où tu sortiras de cette cellule pénible et seras à couvert… je serai déjà loin. -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Tu m’as bien comprise?
Ta sœur


Donc… qu’est-ce que ça voulait dire tout ça? Depuis quand Berkeley avait-il une sœur? En avait-il une dans ma réalité et je ne m’en souvenais tout simplement pas? Ou peut-être était-elle morte avant et… l’information n’était pas venue jusqu’à moi, car elle n’était pas importante? Mais qu’est-ce qu’elle a récolté? Si seulement j’avais réussi à lire la suite avant que ce salaud ne referme la lettre…

Mais…

Il bougeait!

Je me reconcentrai immédiatement sur ce qui se passait dans le moment présent en oubliant tout de la lettre. Il franchissait un couloir… des escaliers… une porte délabrée…

Un coffre!

Il l’ouvrit lentement en faisant grincer péniblement les jointures et si j’avais pu me boucher les oreilles je l’aurais fait. Lorsqu’il eut complètement ouvert le coffre, je restai muette devant ce qui se trouvait à l’intérieur. C’était un grimoire, tout épais, sale, plein d’égratignures. Il avait du vécu. Sur le dessus… des inscriptions en runes qui me brûlaient les yeux.
Il tendit la main pour le prendre et au moment où il glissait les doigts entre les pages, je me sentis brusquement ramener.
»

En retombant dans mes pieds, j’inspirai brusquement. Des éclats de voix me parvenaient avec autant de finesse que si je me trouvais un mètre sous l’eau. Je relevai un regard confus et sursautai lorsque mes tympans retrouvèrent enfin une ouïe normale et que les voix me parvinrent :

- Allison! hurla Albus.

- Alli, qu’est-ce que tu as! s’écriait Ruby.

- Ne meurs pas! renchérit Scorpius.

Je dévisageai ce dernier avec un air exaspéré. Ils étaient tous beaucoup trop près de moi. Je grommelai rapidement entre mes dents :

- Je suis là… Maintenant, reculez. Je vais bien et je ne vais certainement pas mourir.

Je conclus ma phrase en levant les yeux au ciel. Non, mais quand même. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre… Je n’étais pas morte dans des situations bien plus dramatiques que celle-ci, alors pourquoi est-ce que je partirais comme ça? Et puis, j’avais des trucs beaucoup trop importants à faire pour mourir bêtement. Mais ce que j’avais vu… ça risquait de compliquer les choses. Et les messages de Peeves aussi.

- J’espère bien que tu ne vas pas mourir! s’énerva Ruby. Maintenant, peux-tu me dire ce qui se passe? Je ne t’ai jamais vu comme ça…

- Je vais bien… J’ai simplement oublié d’aller voir mon père hier soir. Rien de plus, rien de moins, répondis-je.

Mentir me donnait l’impression de m’arracher la gorge à coup de griffes. Je n’aimais pas ça, d’autant plus que la Ruby d’ici semblait m’accorder une encore plus grande considération que celle d’où je venais. Nous devions être amies depuis… des années. Depuis avant Poudlard. Notre relation ici était peut-être plus forte que celle que je partageais avec Rose, si cela était même possible.

Repenser à ma meilleure amie me donna l’impression de me gifler moi-même. Elle n’était pas là et sa représentation ici était loin d’être sympathique. La voix de Ruby me tira brusquement de mes pensées lorsqu’elle gronda :

- Allison Lévesque-Williams! Tu es en train de me mentir!

- Non, je ne…

- Mais qu’est-ce qui t’arrive à la fin, par Merlin! Depuis que tu es à Poudlard, j’ai l’impression que tu n’es plus la même! s’exclama-t-elle et je vis des larmes apparaître dans ses yeux.

- Je…

- Si c’est encore pour mentir, tu peux aussi bien t’abstenir, Allison! Reviens me voir si tu juges un jour que j’ai droit à la vérité!

Sur ces mots, elle s’éloigna à grands pas. Je la regardai partir en ayant l’impression que je venais de perdre l’une des seules personnes qui m’aimaient bien ici. Et que je venais de trahir une amie, même si aucun des souvenirs que nous avions en commun ici ne me disait quoi que ce soit. Je crispai des poings en m’efforçant de ne pas éclater. Que ce soit la colère ou la tristesse qui voulaient sortir, ça n’avait aucune importance. Les deux ne pourraient amener rien de bon. À moi, comme aux autres.

- Est-ce que ça va? s’enquit doucement Albus.

- Est-ce que j’ai l’air d’aller! m’écriai-je, la fureur s’emparant définitivement de moi. Je suis perdue ici, ma meilleure amie est une harpie, mes meilleurs amis ne sont pas l’ombre de ce qu’ils sont, mon père est vivant, ma mère est vivante, je viens de torturer une amie que j’apprécie chez moi en n’étant pas celle qu’elle connaît, et j’ai appris hier que j’allais mourir si je ne trouve pas comment rentrer chez moi. Comment est-ce que ça pourrait bien aller, hein! Dites-le-moi!

Ils me dévisagèrent sans rien dire pendant une minute entière avant que Scorpius ne dise :

- On va être en retard en classe si on ne part pas tout de suite.

Je levai les yeux au ciel et me détournai d’eux sans même prononcer un mot. Il fallait que je prenne l’air. Mais je ne pouvais pas me permettre de manquer un seul cours. Pas maintenant. Pas alors que mon père était un professeur ici. Je grommelai quelques mots entre mes dents et pris la direction du prochain cours d’un pas rapide. Avec un peu de chance, il serait moins riche en problématiques…

Au moins, je savais de source sûre que ni Albus ni Scorpius ne s’y retrouvaient. Et Ruby non plus pour ce que j’en savais. C’était le cours de Divination. Alors, avec un peu plus de chance Rose non plus ne s’y trouvait pas. Ça serait bien la pire chose qui pourrait m’arriver… Après tout, elle m’avait affirmé ne pas croire en la Divination. Non, en fait elle avait dit que sa mère n’y croyait pas. Sauf qu’avec la Rose d’ici, c’était sans doute du pareil au même. Si sa mère n’y croyait pas, elle non plus. C’était… exaspérant.

En pénétrant dans la salle de classe, un frisson me parcourut la colonne vertébrale. Je relevai les yeux une seconde pour mieux croiser le regard bleu vert du professeur. Elle avait le teint clair. Des cheveux noirs. Ma mâchoire se bloqua. Merlin… elle me ressemblait un peu! Pas énormément, mais elle avait quelques ressemblances. Et elle me dévisageait aussi. Si je me fiais au frisson qui venait de la parcourir…

J’aperçus rapidement les mains du professeur Maeva Blacksen se crisper à son bureau, ses jointures blanchirent et… un élève lâcha :

- Ah, non, pas encore!

Tous les élèves arrivés se tournèrent dans sa direction et un autre ajouta en soupirant :

- Encore une vision…

Cette fois, ce fut à moi d’avoir les mains si crispées autour de mes choses que mes jointures blanchirent sous l’effort. Par la barbe de Merlin! Ce n’était pas possible! Avait-elle un don similaire au mien? Peut-être en sous-développé. Sinon, McGonagall aurait su que je disais la vérité. Tout de suite. Je déposai mes effets personnels sur le bureau le plus proche de l’avant de la classe, où personne ne semblait vouloir s’installer, et je m’approchai du professeur.

- Si j’étais toi, la nouvelle, je n’irais pas, me souffla une voix. C’est parfois dangereux d’être trop près d’elle…

Je connaissais cette voix.

En faisant tout mon possible pour éviter d’avoir l’air d’une enragée, je me retournai lentement pour voir qui venait de interpeller.

Rebecca.

Rebecca Corner.

Rebecca au bec-de-canard.

Je retins un soupir de s’échapper de mes lèvres et décidai de ne pas écouter ce que m’avait conseillé celle que j’exécrais énormément pour plus d’une raison. Je n’allais pas l’écouter. Je n’étais pas douée pour écouter les gens, de toute manière. Je n’en faisais toujours qu’à ma tête, pas vrai? Alors pourquoi n’avais-je rien dit à Ruby dès le début? Je me secouai mentalement la tête avant de déposer ma main près de celle du professeur. Je murmurai tout doucement :

- Professeur?

- Non, mais elle est folle? siffla quelqu’un derrière moi.

- Elle veut certainement se faire tuer, approuva un autre.

- Professeur Blacksen, réitérai-je sans me laisser démonter.

Ne voyant toujours aucune réaction, je pris sur moi de déposer ma main sur celle du professeur. À l’instant même où notre peau entra en contact, je ressentis un vif choc électrique qui me poussa à vouloir retirer ma main. Sauf qu’aussi vive que l’éclair, la main du professeur se referma comme un serre de rapace autour de mon poignet. Elle marmonna d’une voix légèrement rauque :

- Tu dois y aller. Elle t’attend. Ne reste pas ici, ou tu mourras. Ton obstination sera ton tombeau. Ne tarde pas à partir. Les ombres s’étendent…

Alors que le dernier mot quittait ses lèvres, elle papillota des paupières et sembla revenir à elle. Son regard se posa sur moi, brusque. Vif et totalement éveillé. Calculateur. Ses sourcils se froncèrent lorsqu’elle me dit :

- Vous aurez l’amabilité de rester à la fin de la classe, Miss…

- Lévesque-Williams, lâchai-je d’un ton ennuyé.

D’un mouvement de sourcil, elle me fit signe de m’éloigner et elle me relâcha le poignet. Je lui jetai un discret regard perplexe avant de m’exécuter. Est-ce que je croyais vraiment que ce cours serait moins pénible que les autres? Merlin, ce que je pouvais être stupide, parfois. Mais qu’est-ce que signifiait ce qu’elle avait dit, alors?

Je rejoignis ma place en regrettant quelque peu de m’être placé en avant. Au moins, je pouvais éviter les regards qui accompagnaient les commentaires tout sauf discret de ceux qui se questionnaient sur la manière dont j’allais mourir. Charmant… tout à fait… charmant.

- Toutes mes condoléances, dit une voix juste à côté de moi.

Je fermai les yeux en croisant les doigts pour être en train de rêver, mais lorsque je tournai le visage vers ma nouvelle voisine, j’eus le grand déplaisir d’y découvrir Rebecca. Elle me tendit la main et ajouta :

- Rebecca Corner. Je ne sais pas ce que voulait dire ce que le professeur Blacksen t’a prophétisé, mais tu devrais faire attention. Jusqu’ici… elle ne s’est jamais trompée. Elle n’a jamais annoncé la mort de quelqu’un, par contre.

- Allison, me présentai-je.

- Je sais, affirma-t-elle en souriant. Tu es la fille du professeur Williams.

Je poussai un soupir en hochant tranquillement de la tête. Pourquoi est-ce que je me retrouvais dans l’obligation de me coltiner Rebecca, au juste? Qu’avais-je fait pour mériter autant de poisses?

- Je sais aussi que tu sembles plutôt bien t’entendre avec Albus Potter et Scorpius Malefoy. Un conseil tout simple, tu devrais peut-être les éviter. Ils ne sont pas vraiment… comment dire… fréquentables.

- Je sais reconnaître les gens fréquentables de ceux qui ne le sont pas, grommelai-je. Si ça ne t’ennuie pas, je crois que le cours va commencer…

- Oui, bien sûr, acquiesça-t-elle en souriant.

Mon vain espoir de la voir s’en aller avec ses mots se réduisit à néant lorsqu’elle commença à disposer son livre, son cahier et ses crayons sur la table de travail. Je me retins de soupirer à nouveau. Ce n’était pas le moment de la rendre antipathique. Même si j’en venais presque à regretter l’ancienne Rebecca. Sauf que ce n’était pas nouveau dans cette réalité. Tout le monde était différent et tous me manquaient.

Je n’aurais simplement pas cru que Rebecca Corner, la détestable Rebecca Corner de chez moi, me manquerait.
Mais c’était le cas, aussi surprenant que ça pouvait l’être.

J’eus toutes les difficultés du monde de me concentrer pendant la classe, car Rebecca ne cessait de parler, parler et parler encore. Je n’aurais jamais cru qu’elle pourrait être autant pie. Vipère, oui, mais une pie? Par Merlin! J’en avais la tête qui tournait et les oreilles qui bourdonnaient. Et j’avais encore des séances d’écoute qui s’approchaient!

- Ce n’est pas bien sorcier, pas vrai, la divination? Il suffit d’écouter et après tout ça passe bien. Tu n’as pas besoin d’étudier beaucoup, simplement de comprendre les principes de base et après tu laisses tout ça aller. Je ne pensais pas que j’allais continuer sur cette voie pour mes ASPICs, mais j’ai…

- Je suis désolée de t’interrompre, Rebecca, mais le professeur Blacksen désirait me parler à la fin du cours…

- Oh, je peux t’attendre dehors si tu veux! proposa-t-elle avec un grand sourire.

- Pas la peine! m’exclamai-je. Je veux dire… Ça va peut-être être long et je dois voir le professeur McGonagall, après…

- Je vois, alors à la prochaine, Allison!

Sur ces mots, elle s’éloigna avec un air passablement déçu. J’aurais pu me sentir coupable. Vraiment. Mais ce n’était pas du tout le cas. J’en avais déjà assez entendu et malgré qu’elle m’avait explicitement dit qu’Albus et Scorpius n’étaient pas vraiment fréquentables, je voyais très bien, par tout ce qu’elle m’avait dit, qu’elle en pinçait pour lui. Heureusement, je n’avais pas prévu de finir avec le Albus d’ici. Alors il serait tout à elle.

Même si cette idée me donnait envie de vomir.

- Allison Lévesque.

Je frissonnai en entendant ce nom. C’était le mien. Oui. Mais… je n’arrivais pas à comprendre comment… Je me tournai vers le professeur et je lus de la curiosité dans son regard.

- Lévesque-Williams? proposai-je en essayant de conserver les apparences.

- Ce n’est pas ton nom, assura-t-elle. Je l’ai vu. Et vous ne venez pas d’ici.

- Je ne suis pas censée en discuter sans la présence de mon avocat, affirmai-je.

- Malgré tous les efforts du professeur McGonagall, elle ne pourrait pas me cacher certaines choses si je cherchais à les savoir. Tu peux parler sans crainte, nous partageons un don semblable, après tout.

- D’accord, alors, vous avez raison, je ne viens pas d’ici.

Elle eut un petit sourire et m’invita à m’asseoir près de son bureau. Je m’exécutai lentement, perplexe qu’elle semble aussi… comment dire… ouverte. Sympathique. Gentille. C’était la première fois que je voyais une réaction du genre ici. D’accord, Albus et Scorpius l’avaient plutôt accepté, mais pas… autant.

- Je n’aurais jamais cru rencontrer quelqu’un comme toi. Les personnes qui possèdent mon don sont déjà plutôt rares… mais le tien… vous êtes presque des légendes. L’une de mes ancêtres… Il y a plusieurs siècles de cela, elle le possédait.

- Ah bon?

- Oui. Et comme toute tragédie féminine, c’est un homme qui l’a tuée.

- Oh… Vous… vous l’avez vu?

- Non, mes visions ne remontent pas facilement aussi loin, mais son histoire a été transmise de génération en génération. Elle s’appelait Mary.

- Elle est morte… comment?

- Ce n’est pas vraiment important pour le moment, m’assura-t-elle. Je voudrais surtout savoir pourquoi tu as pris ce cours alors que tu n’as plus rien à apprendre.

- C’est faux! J’ai encore plein de choses à apprendre, comme… comment faire pour rentrer chez moi? C’est la première fois que j’arrive dans une réalité différente…

Le professeur Blacksen fronça les sourcils avant de lâcher :

- Tu n’es pas venue de ton plein gré?

- Non, vous ne l’avez pas vu?

- Je n’ai vu que des brides de ton passé. Assez pour que je puisse dire toutes mes condoléances.

Je sentis les larmes me monter aux yeux et manquai bondir dans les airs lorsqu’elle posa une main sur la mienne.

- J’ai aussi vu une partie du futur que tu es susceptible d’emprunter… et je crois que tu ferais bien d’analyser toutes tes décisions.

- Sinon je vais mourir? grommelai-je.

- Oui.

Elle se pinça les lèvres et ajouta :

- Les personnes comme toi sont rares. Ne commets rien d’inconsidéré.

- Je ne fais que des choses inconsidérées, marmonnai-je.

- Alors, entoure-toi de personnes qui t’empêcheront de les commettre.

- Comme qui?

- Moi. Je ne sais pas ce que tu feras qui risque de te mener à la tombe, mais je peux essayer de t’aider à rentrer chez toi. Je peux essayer de t’aider à trouver les réponses dont tu as besoin.

Je posai le regard sur mes mains. Comment pourrait-elle m’aider? Elle ne possédait pas le même don que moi, ou du moins le même niveau. Elle ne me serait d’aucuns secours… sauf qu’essayer de trouver des réponses à deux irait sans doute plus vite.

- Je vais réfléchir à votre proposition, professeur, affirmai-je. Mais je dois aller voir le professeur McGonagall, maintenant.

Elle acquiesça doucement de la tête avec un léger sourire, presque énigmatique. Je n’avais aucune idée du pourquoi elle faisait cette tête, mais j’avais l’impression qu’il faudrait que je fasse attention à ceux avec qui je devenais amis. Ou à qui j’accordais ma confiance. Elle ne me semblait pas maléfique ou quoi que ce soit, mais l’idée que je risquais de mourir cette année aussi ne m’enchantait pas trop et étant seule… je préférais être doublement prudente.

Je me levai rapidement de la chaise qu’elle m’avait avancée, la saluai d’un hochement de tête et attrapai mes trucs avant de m’éclipser rapidement. Je n’étais pas certaine de savoir quoi penser de tout ça. Mais il y avait quelque chose qui me tourmentait énormément avec ce qu’elle m’avait dit. À propos de son ancêtre qui s’appelait Mary et qui était morte à cause d’un homme… Cette histoire me disait quelque chose. Mais pourquoi?

Je n’aurais sans doute aucune réponse sans poser de question…

Mais ça irait à une autre fois.

Maintenant je devais me faire émotionnellement à l’idée de revoir mon père et de parler de choses dont je n’avais aucune envie. Et aussi de mettre les points sur les i avec McGonagall. Je ne pouvais pas garder le secret pour tout le monde. Pour commencer, il vaudrait mieux que je mette Ruby dans la confidence, ne serait-ce pour éviter des accidents. Après tout, elles devaient bien s’écrire la Allison d’ici et elle, non?

Ce qui risquait de compliquer les choses si Ruby recevait une lettre.

Car comment expliquer que je lui envoyais une lettre de Beauxbâtons alors que j’étais à Poudlard?

Je n’arriverais jamais à trouver une excuse crédible… Même la vérité risquait d’être dure à avaler. Sauf que c’était la seule solution si je voulais éviter à tout prix de me retrouver dans une situation embarrassante. Je vais sans doute la décevoir, par contre. Elle semblait si contente d’avoir son amie ici… Un soupir s’échappa de ma bouche alors que j’empruntais le premier couloir menant dans la bonne direction. Celle du bureau de McGonagall.

Je n’avais aucune envie d’affronter tout ça, mais je n’avais pas le choix.

Et en plus, j’avais faim.

Pour le moment, en tout cas. Je pariais la dernière chocogrenouille qui me restait dans ma valise que je n’aurais plus envie de manger quoi que ce soit après cette rencontre indésirée. Comment le pourrais-je lorsque tout ce dont il sera question dans cette discussion sont des choses, des personnes… que je n’avais plus? Ou certaines que j’ai retrouvées…. sans qu’elles ne me connaissent moi. Non, je n’aurais certainement pas envie de manger après ça.

Au bout de quelques minutes, je parvins finalement au passage menant au bureau de la directrice. Je connaissais cet endroit par cœur. Ou presque. Peut-être que le bureau d’ici n’était pas exactement le même, mais j’y rattachais les souvenirs de l’autre. C’était plus fort que moi.

Une fois en haut, je cognai deux coups contre la porte et ouvris cette dernière à l’instant même où McGonagall lâcha :

- Entrez!

Dès que je pointai mon nez à l’intérieur, je remarquai qu’il n’y avait que la directrice. Aucune trace de mon père pour le moment. Je ne pus m’empêcher de soupirer de soulagement. Je pourrais facilement aborder les points importants pour moi avant qu’il entre dans la partie, dans ce cas!

- Professeur, je dois vous dire quelque chose…

- Je t’écoute.

- Ça ne marchera pas.

- Qu’est-ce qui ne marchera pas?

- Votre plan, marmonnai-je. Je ne peux pas me faire passer pour celle que je ne suis pas vraiment. Apparemment, Ruby Shepherd est ma meilleure amie dans votre réalité… je n’arriverai jamais à la berner.

Devant son regard scrutateur, je crus bon de préciser :

- Elle se doute déjà de quelque chose. Je ne veux pas envenimer les choses. Et…

- Et quoi?

- Si la Allison d’ici écrit une lettre à Ruby, on est foutue.

Les deux McGonagall n’étaient peut-être pas identiques, mais elles possédaient les mêmes airs. Et en ce moment, celle que je ne connaissais pas vraiment affichait celui d’une immense réflexion. À quoi exactement elle réfléchissait par rapport à ce que j’avais dit? J’en avais pas la moindre idée.

- Je suppose que tu veux la mettre au courant? Finit-elle par dire après quelques secondes qui me parurent beaucoup trop longues.

- Oui, ce serait plus juste pour elle.

Et pour moi. Mais ça ne servait à rien de le spécifier, elle devait bien s’en douter, non? J’analysai à nouveau le visage de la directrice qui semblait encore vouloir garder le silence pour une période indéterminée. Si je me fiais à son regard braqué sur moi, elle m’analysait tout autant. Le pli soucieux à son front ne m’inspirait pas trop confiance. Pourrait-elle vraiment… vouloir que je garde le silence? Ce serait la chose la plus incongrue, la plus stupide, la moins intelligente que je pourrais faire! Et très peu digne d’elle. J’étais peut-être dernièrement en froid avec la McGonagall de chez moi, mais je l’ai toujours admiré pour son intelligence. Pouvait-il y avoir des différences à ce point entre les deux directrices?

Au souvenir de Rose, je songeai avec amertume que le fait d’être amer pouvait parfaitement altérer le jugement et l’intelligence de quelqu’un. Mais était-ce le cas pour la personne devant moi?

- Très bien, acquiesça-t-elle. Mais assurez-vous, je vous prie de ne pas vous lancer dans des explications interminables qui risquent de la perdre plus qu’autre chose. Allez-y simplement. Et n’essayez pas de la retenir si elle vous fuie, mais faites en sorte de lui tirer la promesse de ne rien dire à qui que ce soit d’autre. Elle pourra toujours en discuter avec le professeur Williams ou moi si elle y tient et qu’elle ne veut pas en parler avec vous.

Ces derniers mots furent aussi efficaces qu’un couteau empoisonné pour me perforer le cœur et me donner l’impression que je me noyais dans de l’acide. Je ne sais pas si c’était son intention de m’attaquer ainsi, mais ce n’en était pas moins le résultat.

- Qui est-ce qui voudrait discuter de quoi avec moi? s’enquit la voix de mon père dans mon dos.

Rectification, ce n’était pas la voix de mon père. Seulement une version de lui. Le problème, c’était que même une version de lui valait mieux que de ne pas l’avoir du tout. Mais il avait déjà une Allison. Il avait déjà une fille. Et il n’avait pas perdu une seule minute de la vie de cette dernière tout comme d’elle avec lui. Ils devaient même avoir quelques langages discrets entre eux que je ne saurais déceler. Ce genre de langage qui se développait entre un enfant et son parent lorsqu’ils avaient une excellente relation. J’avais eu quelque chose de similaire avec ma mère. Les larmes me montèrent aux yeux au moment où le professeur McGonagall répondit :

- Ruby Shepherd. La meilleure amie de votre fille. Elle se douterait de quelque chose. Allison ici présente croit qu’il est sage de lui dire la vérité. Et avec les informations que j’ai, je ne peux pas dire le contraire. Il se pourrait donc qu’une fois qu’elle saura qu’elle désire en parler avec vous ou moi.

- C’est très possible en effet. Ruby et ma fille sont liées comme les doigts de la main. J’aurais d’ailleurs dû penser que cela poserait problème.

- Connaît-elle qui que ce soit d’autre à Poudlard? demanda la directrice en abaissant ses lunettes pour regarder mon père.

PAS MON PÈRE. Merlin, quand est-ce que ça allait me rentrer dans la tête?

- Elle a rencontré les enfants d’Harry, Ginny, Hermione et Ron, mais pas suffisamment longtemps pour qu’ils se créent de véritables liens.

- Très bien, dans ce cas il ne devrait pas y avoir de problèmes avec qui que ce soit d’au…

- À vrai dire, le professeur Blacksen le sait.

McGonagall poussa un soupir et j’aurais parié que si elle avait été seule, elle aurait enfoncé son visage dans sa main.

- Son don, je présume? hasarda le professeur Williams.

Ça sonnait tellement mal…

Je hochai de la tête tranquillement en essayant de faire taire les voix dans ma tête qui me disait que je pouvais bien l’appeler comme je voulais, que ça ne pourrait pas me faire plus de mal que le fait de le voir mourir.

Mais là était le problème, ce n’était pas lui que j’avais vu mourir. C’était mon père, le mien. Il était mort sous mes yeux et maintenant une version de lui qui n’était pas lui se trouvait dans la même pièce que moi. Il était tangible. Vivant. Il lui ressemblait trait pour trait sans que je puisse savoir si niveau comportement ils étaient identiques.

Car je n’avais pas connu mon père.

Et je ne pouvais pas me permettre de me reprendre en apprenant à connaître celui qui était bien vivant. Je ne le pouvais pas, car je ne pourrais pas m’empêcher de les superposer, de le voir comme celui qui me manquait. Un peu comme je faisais avec Scorpius et Albus. Même Ruby et James. Rose… c’était elle qui m’avait donné le moins de fil à retordre pour distinguer les deux. Avec Joshua, évidemment. Mais c’était aussi agréable qu’un arrachage de dents de les voir tous et de faire cette liaison involontaire. Il me fallait apprendre à tous les dissocier et vite si je ne voulais pas finir par me perdre moi-même dans des illusions. Je ne voulais pas aller à cet endroit d’où je ne pourrais pas revenir. Je ne voulais pas me briser.

Mais c’était ce qui allait se produire si je n’arrivais pas à les prendre tous pour des individus à part et pas pour des reflets de ceux que je connaissais.

- Je n’y crois pas un instant, trancha McGonagall à quelque chose que je n’avais pas entendu.

- Ce n’est pas parce que Trelawney passait son temps à faire de fausses prophéties que tous ceux possédant ce don mentent.

- De quoi on parle? m’enquis-je d’une petite voix.

Énième soupir du professeur McGonagall.

- D’une prophétie qu’a énoncée le professeur Blacksen à son premier jour de travail.

- Et qu’était-elle? m’enquérais-je avec un froncement de sourcil, ayant beaucoup trop en mémoire ce qu’elle m’avait dit.

- Un jour viendra où tous douteront. Mais de la parole de la Passagère, ils se réfractèrent. À son arrivée, le retour des maux oubliés. À son départ, la mort sera à Poudlard, récita tranquillement le professeur Williams.

Ma mâchoire se décrocha presque et un frisson me parcourut. D’accord… Pas de panique. Ça ne voulait rien dire. Ce n’était pas parce qu’elle avait peut-être anticipé mon arrivée dans leur réalité que ça voulait dire que… que c’était bien de moi qu’elle parlait. Il y avait sans doute bien d’autres déductions possibles. Notamment, la mort qui serait à Poudlard ne serait pas forcément la mienne. Même si on pouvait toujours interpréter le « à son départ » comme un départ vers l’au-delà.

D’accord…

Je paniquais, maintenant.

Super!

- Allison? Pourquoi es-tu aussi blanche qu’un drap?

Seulement parce que j’allais mourir? Non, ce n’était pas une bonne réponse…

- Peut-être parce qu’il est question de mort dans cette prophétie et que j’ai déjà trop fréquenté la mort à mon goût? proposai-je.

Si seulement ça ne pouvait être que ça. Non pas que je voudrais que quelqu’un meure à ma place… mais je n’avais pas envie de mourir. Pas maintenant. Pas ici. Pas seule. Je sentis des larmes apparaître dans mes yeux, mais je réussis à les faire disparaître avant que Charles Williams 2.0 ne s’avance vers moi pour poser une main sur mon épaule :

- Personne ne va mourir, m’assura-t-il. Les prophéties se réalisent lorsqu’on les prend trop au sérieux et qu’on les prend au sens littéral.

J’admirais son optimisme, vraiment. Mais je connaissais le pouvoir des prophéties, le pouvoir de voir l’avenir ou le passé. Même le présent ne pouvait rien me cacher si je décidais d’y fouiller. Sauf si quelqu’un possédait les pierres, évidemment.

- Je vous crois, affirmai-je tout de même après quelques secondes.

Je n’avais pas du tout pris ce temps pour savourer le contact d’une main paternel. Non, du tout. Pour n’en avoir jamais eu, je trouvais que ça m’avait bien manqué, pendant tout ce temps…

- Croyez-vous, Miss Lévesque que vous seriez en mesure de voir cette prophétie, s’enquit soudain le professeur McGonagall.

- Je n’ai jamais énoncé de prophétie, bougonnai-je. Ce n’est peut-être que lorsqu’on est plus vieille que ça commence à arriver? J’ignore encore bien des choses sur mon don. À commencer comment c’est possible de changer de réalité comme ça…

- Un deuxième avis aurait été utile pourtant…

- Mais pourquoi parliez-vous de cette prophétie au juste?

- Parce qu’elle te concerne, Allison, lâcha le professeur Williams. Je n’étais pas encore là lorsque Maeva, le professeur Blacksen, a énoncé cette prophétie. Mais mes collègues m’ont bien renseigné… Personne ne savait ce qu’était…

- Personne ne savait ce qu’était une Passagère, poursuivit le professeur McGonagall. Nous sommes donc allés au Ministère, à la bibliothèque qui s’y trouve, pour découvrir ce que cela pouvait être. Il s’est avéré que c’était en lien avec le don de Voyance. J’ai été très sceptique à partir de ce moment, mais les renseignements venaient avant l’avis personnel. Nous avons ainsi découvert que c’était le nom donné aux gens comme toi. Les Passagers ou Passagères sont ceux qui peuvent voir l’avenir, le présent et le passé ainsi que les modifier si tel est leur désir. Et ils peuvent, à l’apogée de leur pouvoir aller dans d’autres réalités que la leur.

- Y avait-il d’autres informations sur les gens comme moi? Demandai-je avec curiosité, et bien évidemment, une idée derrière la tête.

- Non, trancha si rapidement la directrice que mes sourcils se froncèrent.

Et ils le firent encore davantage lorsque mon père qui ne l’était pas changea de sujet :

- Qu’y a-t-il à ton sujet, Allison, que je ne connais pas encore? Il serait bien que je sache tout ce qui concerne ton côté pour te donner les informations qui concernent ma fille. Si tu veux pouvoir tromper plus facilement les autres…

Je poussai un soupir face à cette tentative d’esquiver la question, mais maintenant que je savais qu’ils ne voulaient pas que je sache, ce qui signifiait qu’il y avait quelque chose à savoir… j’allais tout faire pour le découvrir. Et si ça signifiait que je devais m’infiltrer au Ministère, alors soit. Mais pour ça, il me fallait éviter d’attirer les soupçons. J’expliquai alors rapidement tout ce qui me concernait de l’endroit d’où je venais. Les informations sur ma vie et, etc., y compris ma date de naissance, celle de mon frère et… enfin, tout. À la fin, le professeur Williams était songeur.

- Bien, finit-il par souffler. Vous possédez le même anniversaire, tout comme pour mon fils, ton frère. Par contre, ton parrain n’est pas Harry, même s’il est un bon ami à moi. Ton parrain est le père de Ruby, qui était un bon ami de ma femme, ta mère… Enfin, tu comprends ce que je veux dire? Ta marraine n’est pas non plus Hermione, mais Abigail, ma sœur.

J’assimilai rapidement les informations et compris assez rapidement le pourquoi Ruby et moi devions être si proches dans cette réalité-ci. Ou pourquoi nous avions passé un été complet ensemble sans qu’aucune de nous deux ait eu un problème comme le meurtre de toute sa famille pour l’expliquer.

- Miss Lévesque, enchaîna rapidement le professeur McGonagall. J’aimerais que vous veniez me voir si jamais vous aviez le moindre doute ou inquiétude au sujet de personnes qui sauraient pour votre véritable origine.

Devrais-je leur parler de Berkeley? pensai-je. Pas tout de suite… Il n’était pas nécessaire de les inquiéter au sujet de quelque chose qui ne risquait pas de se produire. Mais si je devais avoir une quelconque autre vision… qui devait aller dans un sens plus clair et que mon histoire devait se répéter… je n’aurai pas d’autres choix. Je n’accepterais jamais que quelqu’un, surtout pas moi, vivent ce que j’avais vécu.

- Je le ferai, promis-je rapidement. Est-ce que je peux m’en aller maintenant? J’aimerais rejoindre Spock et Ember.

- Spock? s’étonna mon faux père. Comme dans Star Trek?

- Oui, c’est le nom que j’ai donné à mon chien. Je suppose que vous connaissez Spock à cause de ma mèr… de Marianne?

Il acquiesça doucement avec une ombre sur le visage. J’ignorais s’il affichait cette tête à cause de ma bévue verbale et que ça lui déplaisait ou qu’il se sentait désolé pour moi pour cette même bévue. Je jetai un coup d’œil au professeur McGonagall et elle me fit un signe de tête rapide. Je n’attendis pas que l’on me questionne à nouveau et m’éclipsai rapidement. Cette rencontre ne m’avait offert aucune réponse, mais m’avait inondée de nouvelles questions. Mais avec un moyen pour obtenir quelques réponses.

La bibliothèque du Ministère.

Le seul problème avec cet endroit, c’est que tu ne pouvais pas y entrer si facilement… Y avait-il moyen d’y aller en tant que visiteur? Mais j’étais toujours une élève, il me faudrait une excellente raison pour m’y rendre pendant l’année scolaire. Dommage que je ne savais pas déjà transplaner… Ça me serait utile… Sauf qu’on nous l’apprenait cette année. Mais avais-je envie d’attendre d’avoir mon permis? Pas vraiment. Alors… comment y aller? Une chose était certaine, il valait mieux que j’attende à mon anniversaire. Je serais majeure à ce moment-là. Donc on ne pourrait plus me suivre à la trace et je pourrai utiliser la magie à l’extérieur de Poudlard, tant et aussi longtemps que je faisais attention.

Il y avait toujours ma forme d’Animagus qui pourrait m’être utile pour m’éclipser hors du château et de son enceinte. Je pourrais sans doute facilement me rendre à Pré-au-Lard sur mes quatre pattes. Et de là… Y avait-il moyen de se rendre au Chemin de Traverse à partir de là? Des cheminées, peut-être? Je pourrai sans doute tâter le terrain à la première sortie à Pré-au-Lard.

Mon plan allait devoir être parfait.

J’étais seule ici. Je ne pouvais compter sur personne pour couvrir mes arrières ou trouver une idée plus brillante. Je n’avais plus Rose ni Al ni Scorp. Mes trois partenaires de crime préférés. Même James se serait montré utile. Et tous les autres aussi…

Je poussai un soupir en secouant la tête. Ça ne servait à rien d’y penser. J’étais seule et ce fait ne changerait pas. Je ne pouvais pas entraîner des répliques d’amis dans les emmerdes. D’autant plus qu’ils ne me suivraient sans doute pas. J’étais une intruse. Une inconnue. Ou une piètre réplique, pour certains. Toutefois, réfléchir le ventre vide ne servait à rien, alors autant aller manger un morceau, ou plutôt prendre quelque chose à manger et rejoindre mes deux seuls vrais amis ici.

À savoir, Spock et Ember.

En entrant dans la Grande Salle, je repérai rapidement toutes les personnes que je ne voulais ni ne devait voir. J’avais développé un de ces instincts avec les années pour tous les trouver… Je réprimai un soupir et m’empressai de me diriger vers la table des Serpentards, passant tout près d’aller à celle des Gryffondor.

Le réflexe serait vraiment dur à perdre…

J’avisai rapidement Scorpius et Albus, qui semblaient m’avoir repéré aussi si je me fiais à leur signe de main pour m’inviter à leur coin de table. Je secouai doucement de la tête, attrapai quelques victuailles que je pouvais facilement prendre dans mes mains sans me salir et repartit à grands pas. Je viendrais pour le souper, mais je n’avais pas besoin de m’infliger plus de mal que nécessaire. D’autant plus que je devais m’assurer que Spock et Ember s’en sortaient de leur côté.
Peut-être que, oui, je me donnais des obligations inutiles.

Mais je ne savais pas à quoi me raccrocher d’autre.

Ou à qui.

J’arrivai rapidement dans mon dortoir et en me voyant, Spock junior me sauta sur les jambes en poussant quelques jappements énervés. Je m’accroupis à son niveau pour le caresser avec un léger sourire aux lèvres. Qu’aurais-je fait s’il n’avait pas été là? Probablement que j’aurais été d’autant plus perdu.

Ou que j’aurais eu une dépression magistrale.

- Alors, Spocky! Ça te dit d’aller voir Ember?

Il jappa une fois pour marquer son accord et je n’eus pas besoin de prononcer quoi que ce soit d’autre qu’il me suivit sans hésiter lorsque je me dirigeai vers la sortie. Il n’y avait rien que j’aimais plus que les chiens. Ils te suivent où que tu ailles, feraient n’importe quoi pour te faire plaisir. Ils se tueraient pour ne pas être distancés… Je jetai un coup d’œil à Spocky et eut la désagréable pensée que s’il m’arrivait quelque chose ici, il resterait tout seul avec Ember. Qui s’occuperait de lui? Y avait-il un moyen que je le retourne d’où je viens? Lui et seulement lui? Peut-être avec Ember? Au moins, là-bas, il retrouverait Nuage et mes amis… Des personnes en qui lui et moi avions confiance.

Je ne pris à peine conscience du chemin parcouru jusqu’à la Volière, tout ce que j’en retins, c’était une absence presque inquiétante de pensées, comme si je m’étais mise en transe sans le savoir… Avec toutes les choses bizarres qui m’étaient arrivées, je n’en aurais pas été si surprise que ça…

- Hey, Ember… soufflai-je en tendant le bras.

Presque immédiatement elle décolla de son perchoir et vint se poser sur mon bras avec un léger roucoulement. Je souris et lui caressai les plumes de la tête en disant :

- Je suis désolée d’avoir été moins présente ces dernières années, Ember. Maintenant que je n’ai plus personne d’autre que toi et Spocky… Et je t’ai choisi avec Maman…

Une larme perla au coin de mon œil, mais je ne m’arrêtai pas :

- Je vais trouver un moyen pour qu’on rentre tous à la maison, c’est promis. Et si je ne me rends pas… je saurai trouver comment vous faire retourner tous les deux à la maison. Rose, Al et Scorp s’occuperont de vous deux.

Autant ma chouette que mon chien tournèrent la tête vers moi avec empressement. Spock geignit un peu et ma Ember appuya sa tête contre ma main avec plus de force.

- Je sais… ils me manquent aussi.

J’ajoutai pour moi-même :

- Comment se rendre au Ministère? Comment…

- Ça t’arrive souvent de parler à ta chouette? s’enquit soudain une voix derrière moi.

Je me retournai au moment où une deuxième voix demanda :

- Pourquoi tu te forces à rester toute seule?

Scorpius et Albus.

Mon ton était aigre lorsque je grommelai :

- Parce que vous voulez toujours me parler? Ce matin, vous aviez surtout l’air de vouloir que je m’en aille.

- Ce n’est pas vrai! protesta Albus.

- On ne savait pas comment réagir, avoua Scorpius. On n’avait pas compris complètement… ce que ça signifiait pour toi. Tout ça.

- Oh, vraiment? grinçai-je. Et pourquoi vous êtes là maintenant?

- Parce que même si on n’est pas tes amis de chez toi, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas l’être, argua le sosie de mon petit-ami.

- D’autant plus que parler à une chouette n’offre pas beaucoup de réponses, affirma la copie conforme de mon meilleur ami.

Oh, bon sang… Je n’avais pas besoin de ça. Toutefois, Ember ne semblait pas apprécier le commentaire de Scorpius, car elle lui offrit son regard le plus noir. Il recula d’un pas et fière de son coup Ember se redressa un peu. Je secouai lentement de la tête devant tout ça.

- Mais pourquoi le voudriez-vous? J’attire les ennuis comme la lumière les papillons!

- Étrange choix de comparaison… Mais tu es sympathique. Alors pourquoi on ne le voudrait pas? rétorqua Scorpius.

Je poussai un soupir et Albus s’enquit :

- Donc… Pourquoi as-tu sous-entendu qu’il pourrait t’arriver quelque chose?

Nouveau soupir.

- Parce que le professeur Blacksen me l’a confirmé. Et que j’ai eu droit à un étrange message de Peeves, qui soi-disant passant sait d’où je viens. Et il y a aussi cette toute première prophétie du professeur Blacksen.

- Attends… tu peux répéter l’histoire depuis le début?

Je réprimai un soupir avant de me lancer dans la narration des derniers évènements. Lorsque je me tus, ils avaient tous les deux la bouche grande ouverte et me dévisageaient comme si je leur avais dit que j’avais couru de Tombouctou jusqu’ici sans m’arrêter ni sans boire ou manger. Ou que j’ignorais qui était Dumbledore.

- Pourquoi tu ne leur as rien dit! Finit par s’étonner Scorpius. À McGonagall et Williams!

- Parce que je ne veux pas qu’une fois encore on me colle un garde du corps au basque ou qu’on m’empêche de m’empêtrer dans des situations dangereuses. Les ennuis me collent à la peau, mais si je ne peux pas y répondre, c’est embêtant.

- Mais tu pourrais mourir! s’écria Albus.

- Merci, je sais. Mais je vais résoudre ça toute seule.

- Rectification, on va régler ça tous les trois. Seule, tu risques d’y passer l’année, avança Scorpius.

Et moi qui espérais pouvoir les éviter… Je n’avais aucune envie de les impliquer là-dedans, et ce pour plusieurs raisons. La première étant bien entendu le fait que je n’avais pas du tout envie qu’ils leur arrivent quelque chose. D’autant plus qu’ici nous n’étions a priori pas suffisamment proches pour qu’ils veuillent s’impliquer autant que ceux que j’aimais de tout mon cœur. Ensuite… je ne voulais pas qu’ils soient aussi impliqués que ceux d’où je venais. Ça ne serait que d’autant plus dur pour faire la distinction entre chacun. Chaque fois que la dure réalité me revenait au visage, j’avais envie d’éclater en sanglots. Mais j’étais plus forte que ça, pas vrai? Je pouvais surmonter cette épreuve…

Comme j’avais surmonté toutes les autres.

Mais qu’arrivera-t-il lorsqu’il y aura l’épreuve de trop? Qu’arrivera-t-il lorsque je ne pourrai plus les mettre de côté, que je n’arriverai pas à nier l’évidence. À nier que je souffrais. Que je souffrais encore de toutes les épreuves précédentes. Que je n’arrivais à faire mon deuil que d’une seule manière. En niant tout en bloc. Que j’agissais à chaque jour comme si rien ne s’était passé. Comme si ma mère m’attendait quelque part et que j’allais la rejoindre un de ces jours.

Comme si elle n’était pas… morte.

- Non, déclarai-je d’un ton dur.

- Non quoi? s’étonna Albus.

- Vous ne m’aiderez pas. Je ne peux pas. Je n’ai besoin de personne.

Faux. J’avais de certaines personnes, mais elles étaient trop loin pour le faire. Trop loin. Trop inaccessible. Disparues. Je déglutis discrètement en sentant les larmes inondées mes yeux sans s’écouler. Mon cœur se mit à battre plus vite tandis ma respiration s’accélérait aussi. J’avais envie d’être seule, était-ce trop demandé? Je voulais me laisser aller, cette fois et seulement cette fois. Ensuite, je passerai à autre chose. Me forcerai à oublier. Oublier cette pulsation qui secouait tout mon corps en m’arrachant tout l’intérieur à chaque coup. C’était comme si on m’avait arraché une côte pour me la planter dans le poumon. Je la sentais à chaque inspiration.

- Bien sûr que si on va t’aider. Parce que c’est ce qu’on doit faire quand on apprécie quelqu’un. C’est ce qu’on doit faire quand on veut être ami avec quelqu’un, rétorqua Scorpius.

- Alors vous êtes vraiment attiré par les ennuis et les possibilités de mort certaine? Car jusqu’ici, c’est ce que j’offre à mes amis.

- De ce qu’on sait, tous tes amis de là-bas sont encore en vie! Fit remarquer Albus.

- Trois d’entre elles auraient pu mourir! grondai-je. Tout comme tous les autres.

- Allison, grommela Scorpius. Laisse-nous t’aider, d’accord? Au moins à trouver des informations ou je ne sais trop. Pour le moment, c’est tout ce qu’on demande.

- Et pourquoi?

- Parce qu’on veut être tes amis, s’exclama Albus en levant les yeux au ciel.

- Mais pourquoi?

Les deux amis se regardèrent avant qu’Albus ne haussât les épaules et que Scorpius poursuivit :

- Tu as été gentille avec nous. Et puis tu es sympa. Un peu bizarre, mais sympa.

- Et tu es la seule à répliquer à ma cousine. Elle peut être une vraie plaie par moment, mais tout le monde la vénère.

Je grimaçai à ces paroles. Rose, une plaie? C’était toujours aussi dur à entendre, mais pourtant c’était la dure et triste réalité. Je m’en étais aperçue très tôt en arrivant dans cette réalité vraiment bizarre et énervante. Mais ça n’en restait pas moins douloureux. Rose n’était pas ainsi. Elle n’était pas prétentieuse, ne pensait pas qu’à elle. Elle se souciait des autres et ne criait jamais au menteur, sauf avec certains personnages que tout le monde savait qu’ils avaient la manie de mentir comme ils respiraient. Elle n’était pas parfaite, mais à mes yeux, celle d’ici était un diable qui voulait être perçu comme un ange. Ou comme une déesse, au choix.

- Ça vous suffit pour vouloir faire de moi votre amie?

- Tu ne nous prends pas pour des fous et déjà, c’est un bon point de départ! argua Scorpius.

- Et puis, il y a parfois ces moments où tu sais qu’une personne doit devenir ton ami.

La réplique d’Albus me coupa l’herbe sous le pied et me donna envie de vomir. Et d’éclater en sanglots. C’était ce que j’avais ressenti. Ce lien, ténu à l’époque de notre rencontre, mais qui s’était renforcé avec les jours, les semaines, les mois… puis les années. Dès que nous nous étions tous croisés aux barques, j’avais su. Au fin fond de moi je le savais que nous deviendrions amis.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Et ici aussi je l’avais ressenti.

Un peu.

Mais j’étais certaine que c’était en lien avec le fait qu’ils ressemblaient tous à mes amis. Que ça n’avait rien à voir avec la réalité. Sauf qu’apparemment eux aussi l’avaient senti. Ma mâchoire se crispa, mais malgré mes maigres efforts je ne pus retenir quelques larmes. Je me retournai prestement pour ne pas qu’ils me voient, mais je ne fus pas assez rapide apparemment.

- Oh… merde… Tu pleures? J’ai dit quelque chose qui ne fallait pas?

- Probablement, idiot! marmonna Scorpius.

Je levai les yeux au ciel même s’ils ne pouvaient pas me voir. Ce qu’ils pouvaient être stupides, ces deux-là. Étrangement, alors que les larmes continuaient de rouler sur mes joies sans que je puisse les arrêter, je compris la réelle différence entre les Al et les Scorpius que je connaissais. Ceux d’ici étaient plus renfermés et à la fois plus ouverts, ils désiraient ardemment la compagnie des autres tout en étant rejetés. Et il y avait aussi le fait qu’ils étaient aussi… maladroits l’un que l’autre avec les gens, chacun à leur manière. Relativement le contraire de mes amis que je connaissais depuis des années. Eux ne deviendraient pas amis avec un ou un inconnu aussi rapidement, ils étaient tous les deux maladroits, mais différemment. De plus, ils avaient une assurance que ceux d’ici ne possédaient pas. Une assurance qui avait dû se construire dans notre amitié commune à Rose, Al, Scorp et moi…

Mais les Al et Scorp d’ici n’y avaient pas eu droit.

Une idée horrible, mais terriblement tentante me traversa l’esprit. Faire en sorte qu’au moins une partie de notre quatuor se reconstitue. Nous avions tous, Al, Scorp et moi ressentie le même lien que j’avais ressenti plusieurs années plus tôt avec mes amis. Le même. Et je mettrais ma main à couper que Rose l’avait ressenti aussi, mais à l’inverse de là où je venais, je n’avais pas été là pour forcer le premier contact. Pour les conduire où ils étaient aujourd’hui. Al de ma réalité avait choisi Gryffondor… sans doute à cause de moi. Rose avait changé de point de vue sur bien des choses à cause de moi. Mais ce n’était pas à cause de moi directement qu’elle avait adopté la personnalité que j’aimais tant… Non. C’était dû à sa relation avec Scorpius. Abandonner ses présuppositions à son propos lui avait ouvert l’esprit et de là était apparue la gentillesse latente qui demeurait en elle.

Quant à Scorp…

Notre amitié à tous les trois lui avaient offert l’assurance qu’il pouvait être aimé et supporté malgré le passé de sa famille, ainsi que malgré celui des parents de mes deux amis. De ce simple fait étaient nées son assurance plus marquée et sa capacité à comprendre mieux les autres.

Mais ici…

Ils avaient manqué tout ça.

Cette simple idée me donnait envie de pleurer encore plus. Tous ces souvenirs en commun… Toutes ces fois où j’avais permis à Al d’oublier son frère, où je m’écrasais sur le lit de Rose avec cette dernière pour étudier… toutes les discussions que j’avais eues avec Scorp. Nos délires à tous les quatre. Ils ne les connaissaient pas, ceux d’ici. Al avait laissé sa relation avec son frère dégénéré, sans doute. Rose avait tourné le dos à ceux qu’elle avait senti, au plus profond d’elle-même, qu’ils devaient devenir amis seulement parce que son père ne le voulait pas. Et Scorp…

Je déglutis difficilement et malgré que ce devait être la pire de mes idées, je me promis d’essayer d’arranger les choses. Même si pour ce faire je devais me battre contre Rose et endurer de voir la conséquence de toutes ces années de manque. Mais était-ce vraiment pour cela qu’elle pouvait être aussi aigrie? En même temps, Al n’avait-il pas dit que sa cousine était vénérée par les autres? Malgré qu’elle puisse être une plaie? Était-elle une plaie avec tous les autres ou seulement avec Albus, Scorpius et moi? Ça pourrait très bien s’expliquer par le fait qu’elle… ne voulait pas admettre ce qu’elle ressentait.

Ce ne serait pas nouveau.

Je me frappai brusquement le front de la main pour ne pas avoir fait le lien plus tôt. Ember me donna un coup de tête pour ce mouvement trop brusque. Je m’excusai rapidement d’une caresse et Scorpius s’enquit sur un ton incertain :

- On… on peut savoir ce qui se passe maintenant?

- Non. Enfin, je veux dire oui… dis-je en me fourvoyant au départ. Je viens simplement de saisir un truc.

- Quel truc? demanda Albus.

- Sur la différence majeure entre nos deux réalités.

- Qui est?

- Je n’y étais pas, répondis-je à Scorp.

- Euh… d’accord?

- Ce que je veux dire, c’est qu’en étant pas là, plusieurs choses n’ont pas pu se produire. Au départ je ne croyais pas avoir pu faire une aussi grande différence, mais maintenant… c’est l’une des seules explications logiques. Et puis… tout le monde sait que changer un seul petit détail, aussi insignifiant soit-il peut tout changer au futur… expliquai-je en me tournant vers Al.

- Oh, ça oui, on est au courant! confirmèrent-ils en même temps.

J’esquissai un sourire et lâchai :

- La raison pour laquelle j’ai perdu mes moyens, c’est parce qu’Albus a mentionné « ce lien ». Cette sensation qui dit que l’on devrait être ami avec une personne. Je l’ai ressenti la première fois que j’ai rencontré les vous de chez moi. Et… cette sensation est reparue quand je vous ai rencontré. Même avec… même avec Rose, grimaçai-je.

- Oh, Merlin, lâcha Albus en ouvrant des yeux ronds.

- C’est… assez particulier, accorda Scorpius. Elle n’a pas été particulièrement agréable avec toi.

- Je la forcerai à avoir un point de vue différent sur ma personne. Elle est peut-être une tête de mule endurcie, mais ce n’est rien comparé à moi.

- Aucun mal à te croire! affirmèrent-ils ensemble, encore une fois.

Cette fois j’eus un petit rire et tout en m’assurant de ne pas déranger Ember, je me frottai les mains ensemble pour à la fois me réchauffer un peu, mais surtout me préparer à attaquer la partie la plus importante pour le moment. L’étape de me réconcilier avec Rose pouvait attendre. Savoir comment ou pourquoi je risquais de mourir ne le pouvait pas en revanche. C’était la meilleure manière de finir dans la tombe que de ne pas élucider ce détail en premier. De brut en blanc je demandai :

- Donc… passons aux choses sérieuses. L’un de vous a-t-il une idée de ce que pourraient être les éléments qu’a formulés Peeves? Et aussi… comment se rendre à la bibliothèque du Ministère?

La réponse me vint de la personne à laquelle je m’attendais le moins, aller savoir pourquoi.

- Ça ne pourrait pas être un miroir? L’objet trompeur.

J’étais une idiote.

Et si ce n’était pas le cas…

Comment expliquer que cette déduction toute simple ne me soit jamais venue à l’esprit? Je devais vraiment être perdue ailleurs pour ne pas y songer. Merlin, c’était tellement logique en plus! Il n’y a rien de plus trompeur, comme objet, qu’un miroir! Les sens sont inversés. Tout n’est que réflexion, rien n’est tangible, rien n’est réel. Ce que l’on voit dans le miroir peut être détourné par nos pensées. Un miroir est un instrument trompeur. Maintenant, il suffisait de déterminer quel miroir exactement je devais trouver. Et aussi… qui était la personne que je devais appeler.

- J’ai aussi une idée de comment se rendre au Ministère. Pour ce qui est de la bibliothèque… il faudra voir, intervint à nouveau Albus.

Je me tournai plus directement vers lui avec surprise et je remarquai instantanément que Scorpius en faisait de même.

- N’ayez pas l’air aussi surpris, grommela-t-il. Simplement, j’ai un frère idiot qui se trouve avoir une meilleure relation avec notre père. Père qui travaille au Ministère… Alors… si tu réussis à devenir ami avec lui, tu arriveras peut-être à obtenir un droit de visite au Ministère.

- Ça serait sans doute plus rapide que l’idée que j’avais, accorda Scorpius.

- Euh… quelle idée? m’étonnai-je.

- Eh bien, il va y avoir des visites de différentes branches pour nos métiers futurs dans le mois de mars. Alors il suffirait de fausser compagnie à notre groupe lorsque le temps sera venu d’aller au Ministère. On les suit pour entrer, on repère la bibliothèque et on y va. Si quelqu’un nous surprend à fouiner… Eh bien, on dira que l’on s’est perdu.

Je les dévisageai tous les deux. D’accord… ces plans avaient tous de bonnes chances de fonctionner. Mais comment choisir? Comment déterminer lequel serait le plus avantageux? Réfléchissons… Je me remémorai rapidement tout ce qui m’avait été dit, principalement les mises en garde.

- Mon obstination sera mon tombeau, soufflai-je doucement.

- Euh, oui? C’est bien une phrase que t’a dite le professeur Blacksen, mais… commença Albus, mais je le coupai.

- Je suis très obstinée. Et généralement, le plus rapidement je peux mener quelque chose à bien, le mieux c’est. Mais ici… je ne crois pas que je peux me précipiter. Je ne peux pas me précipiter tête baissée dans le danger comme je l’ai fait jusqu’à présent. Je dois réfléchir et laisser l’impulsivité derrière moi…

- Tu es impulsive? s’étonna Scorpius.

- Oui. Toutes mes interactions avec Rose l’ont prouvé jusqu’à présent…

Il haussa des épaules et Al s’enquit :

- Alors que proposes-tu pour y aller lentement?

- Il va me falloir une autre tête.

- Hein? s’exclamèrent mes deux nouveaux « amis » avec des points d’interrogation dans les yeux.

Un léger sourire étira mes lèvres malgré mon manque d’envie de rire ou de sourire. Je n’étais pas certaine si j’allais être capable de mener à bien ce qui s’approchait et se profilait dans mes plans pour arriver à mes fins. Apparemment je ne pourrais pas attendre pour me réconcilier avec Rose. Il fallait que je le fasse dès aujourd’hui. Dès maintenant. Enfin, pas maintenant, maintenant… mais très prochainement. Lui faire changer d’opinion sur mon compte ne serait pas chose aisée… oh, ça non… Ça demanderait du temps. Mais rien ne m’empêchait de commencer à faire de la recherche sur les autres informations manquantes à toute cette histoire. Comme cette femme qui semblait être comme moi. Celle qui voulait que je la contacte. Et pourquoi l’ancêtre du professeur Blacksen me semblait-elle aussi importante? Y avait-il réellement quelque chose de crucial à son propos? Si oui, où est-ce que j’aurais pu en entendre parler? Sans doute que la meilleure manière de le savoir serait d’approfondir le sujet avec le professeur Blacksen elle-même… Mais lui faisais-je suffisamment confiance pour cela? Et cela reviendrait à accepter sa proposition et je n’étais pas certaine de le vouloir.

Oh, Merlin… pourquoi la vie était-elle toujours aussi compliquée pour moi?

Je revins à moi en voyant Albus et Scorpius se pencher. Tous deux me dévisageaient étrangement, me poussant à leur demander :

- Oui?

- Pourquoi deux têtes? Enfin, pourquoi une autre tête? S’enquit le premier.

- Oh, lâchai-je. Simplement que je vais avoir besoin de ta cousine.

- Tu veux dire… Rose? S’interloqua Scorpius.

- Oui.

- Tu es au courant qu’elle te déteste, avança le cousin de la réplique désolante de ma meilleure amie.

- Ouais.

- Ça ne te fait rien? s’étonna la réplique de mon meilleur ami.

- Encore oui, mais je n’ai pas d’autres choix.

Ils me dévisagèrent tous les deux, mais je me contentai de lever les yeux au ciel. Était-ce si incroyable que cela que je devais faire en sorte de me rapprocher de Rose, alias la Harpie? Sans doute, mais je n’avais guère le choix. Comme je venais tout juste de leur dire, il n’y avait pas d’autres solutions. Bon, je ne leur avais pas vraiment expliqué en quoi il n’y avait pas d’autres solutions et pourquoi c’était nécessaire, mais ce n’était pas important. Il fallait juste que moi je sois au courant.

- On peut savoir pourquoi? m’interrogea Scorp.

- Disons simplement que je crois que certaines choses doivent redevenir comme elles devraient l’être.

- C’est-à-dire? Maugréa Al.

- Je dois faire en sorte de reformer le quatuor que je connais. Rétablir ce qui devrait être. Vous avez ressenti le lien? Moi aussi. Et je suis certaine que Rose la Harpie Weasley-Granger l’a ressenti aussi, mais qu’elle est trop bornée pour s’en rendre compte par elle-même, ou pour l’accepter.

Le regard qu’ils avaient tous les deux dans l’instant était merveilleusement estomaqué et avoir eu un appareil photo, j’aurais très certainement pris la peine de l’immortaliser. Je voyais la lueur dans leurs yeux que j’avais souvent vue dans celui de mes amis, un mélange de crainte que je sois atteinte de folie et qu’au contraire je sois une génie.

J’opterais pour ni l’un ni l’autre, dans mon cas.

Je pouvais avoir des idées brillantes comme stupides, mais je n’étais pas folle pour autant. Pas vrai? D’un autre côté, la réponse à cette question n’importait pas si au final je faisais ce qui devait être fait. Que j’avais raison d’agir comme je l’entendais.

Mais il faudrait que je guette un peu plus mes pas, désormais.

Question de survie légitime.

Même si je ne l’avais jamais vraiment fait auparavant…

- Bon, et si on allait à notre cours de Sortilèges en commun avec les Gryffondors? lançai-je avec un grand sourire qui annonçait un mauvais coup.

Aucun des deux ne sembla y lire un quelconque signe annonciateur de danger non létal, ni même l’appréhension et le mal de ventre que je ressentais à la simple idée d’affronter Rose volontairement et sur une longue durée. Combien de temps cela prendrait-il avant qu’elle ne veuille m’adresser la parole gentiment? Et combien encore avant que nous ne soyons amies?

Sans doute longtemps…

Je poussai un soupir tout en grattant une dernière fois la nuque d’Ember avant de lui faire signe de retourner à son perchoir. Ce qu’elle fit en hululant longuement. Dès qu’elle fut bien installée, je descendis rapidement les escaliers de la Volière en compagnie de Scorpius et Albus. Ces derniers ne semblaient toujours pas convaincus par mon idée d’intégrer Rose dans le cercle, mais ils ne la rejetaient pas non plus. Ils semblaient surtout ne pas y croire. Ce qui était compréhensible, en soi. Tout en reconduisant Spock à notre Salle Commune, je leur communiquai certaines parties de mon plan et on prépara aussi ma mise en contact avec James. Celle-ci ne devant débuter que lorsque je me serais entretenue avec Ruby. Chose qui devrait se produire ce soir.

En entrant dans la salle de Sortilèges, mes mains se tordirent sous mes livres et ma gorge se noua. Je me forçais toutefois à afficher un masque aimable tout en marchant vers l’avant de la classe où se tenait Rose. Pour le moment elle était seule, mais je savais grâce à Albus que sa cousine s’asseyait toujours avec une certaine Eleonora Strikers pendant les cours de Sortilèges. Et cette Eleonora venait tout juste d’entrer. Ma bouche affichant auparavant un masque aimable et neutre se transforma en un sourire moqueur lorsque je pris bruyamment place aux côtés de la Harpie Gryffondorienne première du nom. Je tournai la tête vers ma voisine, le sourire toujours aux lèvres en soufflant :

- Salut, Rose Weasley-Granger. Comme on se retrouve!

Le regard qu’elle me porta me donna à la fois envie de gémir, de me frapper et d’éclater de rire. Sauf que je ne permis qu’à mon sourire de s’élargir et m’efforçai de masquer tout le reste. C’était maintenant que ça se jouait.

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Et voilà! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais n'hésitez pas à m'en faire part. Que vous vouliez le faire ici directement ou sur mon mur, ou encore par message privé. ;)

Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
meige

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par meige »

Ce chapitre est vraiment trop bien. J'attends la suite ! ;)
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hello, hello tout le monde! Je ne sais pas combien de personne sont encore intéressées par la suite de cette fanfic puisque je suis vraiment douée pour m'absenter pendant de loooongues périodes :oops: Mais bref, dernièrement je suis revenue vivre chez ma mère (comme prévu après un an) et j'ai un peu abandonné la fanfic pendant ma période d'expérience en appartement. À vrai dire je n'ai presque touché à rien, sauf aux RPGs pendant cette période (et même eux ont eu une absence). Déjà, mon ordinateur a eu des problèmes pendant près d'un mois ou deux. Donc pas moyen d'écrire. Ensuite, avec le travail et la colocation avec ma meilleure amie, j'avoue que mon assiduité déjà peu présente a pris un coup :oops: Sinon, dernièrement j'ai repris les fanfictions, mais j'ai mis comme point d'honneur à terminer le deuxième tome de celle que j'ai commencé il y a très longtemps sur Nés à Minuit. (il me restait que deux chapitres et demi) :roll: Maintenant que c'est fait, je reprends ma charmante petite fanfic ici présente :mrgreen:

J'ai déjà deux tiers du prochain chapitre de fait, mais comme je n'écrirai ma fanfic que le samedi et le dimanche (de nuit), vous ne l'aurez probablement pas avant la fin de semaine prochaine (sauf si je décide de continuer en journée par motivation excessive :lol: ) La raison pour laquelle je n'écrirai que de fin de semaine et de nuit, c'est parce que la semaine j'ai d'autres trucs sur les bras, donc un blog personnel que je tiens avec une amie et où on publie des articles en style journalistique. (comme nous ne sommes pas journalistes, je ne peux pas vraiment les décrire comme tel). Mais bref passons. J'ai aussi les RPGs et mes propres histoires sur lesquelles je devrais travailler, sans parler des tâches ménagères et blablabla. Il faudra aussi éventuellement que je me trouve un travail. :roll:

Mais bon, tout ceci était pour vous dire que je reprends la fanfic, que la fin de semaine prochaine vous aurez un chapitre à vous mettre sous la dent avec les points de vue de Malia, Rose et James. Et qu'après la publication de ce chapitre là, je devrais pouvoir essayer de publier un chapitre par mois au moins. Dans le meilleur des mondes se serait aux deux semaines, mais je préfère dire un mois. Ça correspond plus à ce que j'ai toujours fait à l'époque où j'étais « régulière ». (À quand remonte cette époque? Bonne question.)

Sur ce, j'espère de revoir certaines des personnes qui commentaient sur cette fanfic, ou des nouvelles, qui sait! À bientôt! :D
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Comme promis me revoilà! Après une semaine précisément! J'ai vraiment voulu travailler sur le chapitre cette semaine, mais j'ai été enterré sous un million d'obligation :roll: Mais bon, j'ai terminé le chapitre hier soir, alors ça va!
À la base, je devais ajouter une scène à ce chapitre, mais je me trouvais que finir le chapitre tel qu'il finit maintenant était intéressant :lol: Mais si jamais vous voulez, je pourrai toujours ajouté la scène en bonus (parce que de toute manière je vais l'écrire), mais sinon elle ne fera pas partie des chapitres... Breeef, j'espère que vous apprécierez ce chapitre même si ça fait une éternité que cette fanfic a été mise en suspens. Sur ce, bonne lecture!



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Chapitre 8


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Les minutes s’égrenaient, lentes et fastidieuses. Laborieuses, même. Malia ne comprenait pas très bien pourquoi tout le monde était rassemblé ici. Enfin, non, elle savait très bien pourquoi ils étaient là. Apparemment, ils avaient oublié l’une de leurs amis proches. Elle n’arrivait pas à affirmer que c’était le cas, mais elle n’arrivait pas à l’infirmer non plus. D’autant qu’Alex lui jurait que c’était la vérité. Et s’il affirmait que c’était sa sœur…

Puis il y avait aussi eu leur conversation quotidienne entre filles de la veille… Tout du long, elle n’avait pas pu s’empêcher de se dire qu’il manquait quelque chose. Des commentaires autres. Une opinion bien différente de la sienne. Un comportement, bien différent du sien. Et puis, il y avait ce lit vide, évidemment. Ajouté à ça que le chat de Rose n’agissait pas normalement.

Quelque chose ne tournait pas rond.

Un peu comme ma tête en ce moment, songea-t-elle, légèrement étourdie.

Rien de plus normal quand tu n’as pas dormi de la nuit, ajouta une voix, celle de la raison.

Et apparemment je ne dormirai pas plus ce soir, soupira-t-elle intérieurement.

La veille elle n’avait cessé de retourner et retourner sa dispute avec Alex dans sa tête. Elle avait été idiote de s’emporter autant. Et elle ne pouvait même pas blâmer la pleine lune! Elle n’aurait lieu que dans quinze jours. Elle soupira doucement en serrant doucement les mains d’Alex sans même y réfléchir. C’est sa réponse à sa pression qui lui fit savoir qu’elle avait resserré sa prise.

Elle doutait d’arriver à dormir lorsqu’elle remonterait à son dortoir. Elle ignorait encore les réponses qu’apporteraient le trio en expédition, et si réponses il y aurait, mais déjà… il y avait la révélation présente. Ruby se souvenait aussi. Et maintenant encore plus que jamais, elle savait, au fond d’elle-même, qu’ils disaient la vérité. Et ça répondait à tellement de questions…

Sauf peut-être le pourquoi Louis Weasley semblait avoir avalé un citron de travers. Il dévisageait ses souliers comme si ces derniers avaient insulté sa famille une fois de trop. Ça, elle n’avait aucune explication pour le clarifier.

- Tu veux quelque chose, McDonald? grommela le Weasley en lui jetant un regard énervé.

- Un trio McCroquettes, ça fonctionne pour toi? rétorqua-t-elle avec un ton aussi agressif que le sien.

- Hein?

Cette fois, la colère fut remplacée par de l’incompréhension de toutes les personnes de la pièce, sauf de Ruby. Elle éclata de rire, ce qui lui permit de sourire. Elle ne laissait jamais personne se moquer de son nom de famille mise à part elle-même. Et puis, très peu à Poudlard saisissait la référence. Ah… la nourriture du McDo lui manquait par moment.

- Trucs de Moldus, souffla Ruby ce qui sembla rendre Louis encore plus perplexe.

- Plus sérieusement, pourquoi tu as l’air de vouloir assassiner tes souliers, Weasley? s’enquit-elle en haussant un sourcil.

- Je ne sais pas? Peut-être parce qu’apparemment on aurait oublié quelqu’un? répliqua-t-il sur un ton sarcastique.

Malia fronça les sourcils en voyant l’air préoccupé qu’avait Louis Weasley. Elle n’avait jamais été suffisamment idiote pour se jeter aux pieds de l’un des membres du quatuor que formait habituellement James avec Louis, Liam et Dylan. Même Teena ne s’était pas aventuré dans ce terrain… Parce que toutes les filles suffisamment éclairées évitaient d’aller les voir. Certes, Liam ne semblait pas vraiment s’y intéresser, James y prenait un bon intérêt, mais personne jusqu’ici n’avait été vu le fréquenter plus d’une fois. Dylan en revanche…

Elle n’avait pas envie d’y réfléchir.

Toujours était-il que Louis Weasley avait toujours été… un aimant pour la majorité des filles. Malia pouvait reconnaître qu’il avait un certain charme et c’était justement le problème. Tout le monde était au courant qu’il portait en lui du sang de Vélane, ce qui signifiait qu’il possédait un certain pouvoir sur leur capacité de perception.

Et elle n’aimait pas du tout cette idée.

Sauf que ce n’était pas ce fait qui l’étonnait en ce moment. Elle n’aurait pas cru que ce Weasley se préoccuperait de la situation. De ce qu’elle pouvait en juger, il n’avait jamais vraiment discuté avec aucune d’entre elles ici, excepté Lily puisqu’elle était sa cousine. L’année dernière, elle se souvenait qu’il n’avait pas été présent parce que sa sœur avait été très malade. Personne ne savait ce dont elle avait souffert, sauf peut-être les membres de sa famille, mais personne n’avait rien dit.

Autre chose qui la chicotait, c’était que Louis Weasley était reconnu pour avoir tout un tas d’informations dans son sac. Concernant presque tout le monde. Il avait toujours cet air qui disait qu’il en connaissait plus que tout le monde. Sauf que maintenant… oui, maintenant, il semblait complètement perdu et désemparé. Elle fut prouvée dans ses réflexions lorsqu’il continua à parler avec plus de rancœur dans sa voix :

- Je connais le nom de tout le monde ici. J’y associe les visages. Je connais les secrets de beaucoup. Je sais qui demandera à qui pour le bal de Noël, je connais tous les couples populaires, impopulaires et méconnus de l’école. Je sais qui est intéressé par qui et qui déteste qui. Je sais pratiquement tout, par Merlin! Mais ça? Ça, je ne m’en rappelle pas. Mais je sais, je sais que je la connais. Je connais cette Allison. Son souvenir est marqué dans ma mémoire, son prénom y est gravé… Mais rien ne me revient. Je ne sais pas pourquoi elle me marque autant ni pourquoi j’ai oublié. Parce que dans ma tête le prénom d’Allison est associé à inoubliable!

Les derniers mots sortirent en hurlant et elle aurait préféré qu’Alex se taise quand il lâcha :

- Tu n’as pas tort sur ce point. C’est dur de l’oublier. Excepté que vous l’avez tous fait, bien entendu.

- Alex, tais-toi!

Commentaire bien inutile compte tenu du regard incendiaire de la majorité des personnes de la pièce pointée en direction de son Serpentard. Cela dit, le plus enragé était celui de Louis Weasley et de Scorpius. Elle n’avait aucun mal à comprendre la colère de celui qui sortait avec Rose. Selon les dires de Ruby et Alex, Allison était sa meilleure amie. Elle-même était en colère. Mais pas contre Alex. Il ne disait, après tout, que la vérité.

- Ça explique certaines choses. Comme pourquoi tu as fait ce que tu as fait en compagnie d’Albus et de Rebecca.

Le commentaire de Scorpius, complètement désintéressé sembla ramener tout le monde à l’ordre.

- Qu’est-ce que Lulu a fait, au juste? s’enquit Lily.

- Lily… Je croyais t’avoir dit de ne plus jamais utiliser ce surnom devant qui que ce soit, marmonna Louis en rougissant légèrement.

Malgré elle, Malia ne put retenir un sourire. La petite sœur d’Albus avait vraiment un don pour calmer l’atmosphère et souvent au détriment des membres les plus… turbulents de sa famille. Elle serra toutefois la main d’Alex suffisamment fort pour retenir le commentaire qu’elle sentait poindre sur les lèvres de son petit-ami. Son instinct semblait être bon, car le rictus moqueur qu’il affichait disparut rapidement avec un soupir et un regard dépité dans sa direction.

- J’aimerais bien savoir aussi, Lulu, reprit Hugo avec un sourire moqueur.

- Par Merlin, vous n’allez jamais me lâcher avec ça? geignit leur cousin plus âgé.

- Non, rétorquèrent Lily et Hugo avec la synchronisation de jumeaux.

- Maintenant, parle, l’encouragea sa cousine.

Louis poussa un soupir. Puis, il se mit à parler. Comme quoi Albus et lui s’étaient enfermés dans un placard à balai avec Rebecca, car le Weasley avait eu vent du fait que cette dernière possédait des informations sur la certaine Allison Lévesque dont parlait Alex. Lorsqu’il mentionna avoir utilisé ses pouvoirs contre elle, Malia frissonna. Elle n’aurait jamais désiré être à la place de Rebecca. Jamais. Toutefois, elle ne nierait pas que les réponses obtenues pouvaient valoir la peine, malgré qu’elles semblaient avoir aggravé l’angoisse de Louis. Ce qu’elle pouvait juger vu la manière dont il racontait le tout. Elle ne s’attendait toutefois pas à la dernière phrase…

- Le plus agaçant, c’est que pendant que j’utilisais mon don… j’avais l’impression que quelque chose se passait dans ma tête, soupira Weasley.

- Je crois que ça fait longtemps qu’il se passe quelque chose là-dedans, avança Alex avec un sourire moqueur.

Elle lui offrit un furieux coup de coude et il grimaça en la foudroyant du regard. Il reprit toutefois une expression plus neutre et elle lui offrit un sourire de fierté. Il aurait sans doute préféré des excuses, mais il avait mérité son châtiment.

- Tu te rapprochais des souvenirs d’Allison, c’est ça? lâcha Ruby.

- Oui.

- Tu crois que… c’est lié à ta nature en partie Vélane? L’interrogea Scorpius.

- J’en suis presque sûr. Tout le monde est au courant que la magie fonctionne moins bien sur les créatures déjà… enfin. Vous voyez ce dont je veux parler? Comme les géants, demi-géants, etc.

- Donc… Pour trouver des réponses, pour te rappeler complètement… il faudrait que tu tentes à nouveau d’utiliser tes pouvoirs? C’est ce que tu insinues, n’est-ce pas? demanda Lily.

Louis hocha lentement de la tête et tout ce qu’arrivait à penser Malia se résumait par un mot : non. Non, non, non et non! Elle refusait de participer à peu importe ce que serait cette opération. Elle n’avait aucun désir d’en être. Et si elle se fiait à l’air de la majorité des autres filles présentes, ce n’était pas leur cas non plus. Ni au goût d’Alex non plus si elle se fiait à ses sourcils froncés.

- C’est hors de question! Clama-t-il la seconde suivante.

- C’est peut-être le seul moyen que je me souvienne de ta sœur, Williams, gronda le plus âgé des Weasley présents.

Autant la mention de sa sœur et du nom de famille qu’il affirmait dorénavant posséder le poussa à n’émettre aucune nouvelle objection. L’air dur et cassant qu’avait affiché Louis sembla s’étioler et il ajouta sur un ton plus calme :

- De toute manière, par mesure de précaution vous maintiendrez toutes les filles de la pièce avec vous. Et je vais m’éloigner autant que possible…

Autant que tous les autres, elle entendit le murmure qui suivit :

- Je ne sais simplement pas à quelle puissance je dois me rendre…

Cette information, elle aurait préféré ne pas la posséder. Vraiment, elle aurait parfaitement pu s’en passer. L’air inquiet des autres filles, ainsi que renfrogné dans le cas de Ruby, ne lui échappa pas non plus et ça la rassura. Au moins, elle n’avait pas à prétendre qu’elle était correcte avec l’idée, puisque toutes les autres semblaient partager son avis. Mais malgré son manque d’intérêt pour cette solution, elle en voyait la nécessité, car peu importe ce que rapporterait le trio parti en exploration… le plus d’entre eux qui se souviendrait, et le mieux ils se porteraient.

- Bon, reprit Louis. Park… Williams, tu te charges de Malia. Hugo, charge-toi de Lily. Dylan, Teena. Scorpius, Ruby. Kieran, Amy. Liam et Joshua, vous serez en renfort, on sait jamais… ajouta-t-il et en se détournant pour rejoindre le fond de la salle il eut un rictus amusé.

Malia fronça les sourcils face à cette réaction et au moment où Alex la saisissait par le bras, elle l’interrompit d’un geste et rejoignit le Weasley isolé. Ce dernier sembla l’entendre approcher, car il se retourna en fronçant les sourcils.

- Je préférais que tu sois plus loin. Beaucoup plus loin.

- Moi aussi, je t’assure, grommela-t-elle. Mais je veux savoir pourquoi tu sembles autant amusé par la situation.

- Je ne suis pas amusé par la situation.

- Si. Tu l’étais il y a pas même une minute.

Le rictus réapparut sur le visage de Louis et dans ces moments-là, il aurait pu être le frère jumeau de James. Tous les deux possédaient ce sourire amusé, à l’orée de la moquerie qui les rendait à la fois détestables. Et attirants. Elle adorerait pouvoir le nier, mais le mensonge, c’était mal.

- Je vois… Mais non, je ne suis pas amusé par la situation. Mais est-ce que j’en profite? Absolument. C’est vraiment dommage que James ne soit pas là…

- De quoi est-ce que tu parles…?

Malia était complètement perdue. Premièrement, le mot « profiter » lui donnait envie de vomir, ensuite la mention de James ne faisait qu’enfoncer le clou de l’incompréhension dans son esprit déjà surcharger par l’absence de réponses à plusieurs questions. Toutefois, sa question sembla amuser encore plus Louis Weasley et le rictus s’accentua. Il croisa légèrement les bras et il lâcha :

- Tu te souviens que j’ai dit que je savais bien des choses? Eh bien, je connais les petites attirances de certains. Et de toutes les personnes présentes dans cette pièce.

- Hein? Mais pourquoi mentionner James?

- À cause de Ruby, bien sûr.

Le sourire de Louis était encore plus tangible.

- Je ne comprends pas…

- J’ai un flair incroyable pour ce genre de chose, alors je ne dirais pas que je suis étonné de ta réponse.

- Merci pour l’insulte.

- De ce que j’en sais, c’est Teena qui est la plus portée dans tout ce qui consiste « relation intime ».

Elle rougit violemment à ces mots. Mais il n’avait pas tort, alors elle ne répondit rien.

- Regarde. Toi et Par… Enfin, Williams. Toi et Williams, vous êtes ensemble alors je vous ai coincé ensemble. Dylan a un petit quelque chose pour Teena depuis un long moment. Et je dirais qu’elle aussi. Kieran et Amy, c’est étonnant qu’ils ne soient toujours pas ensemble. Si James avait été là, je l’aurais coincé avec Ruby. Mais vu qu’il n’était pas là, j’ai choisi Scorpius, car il n’y a aucune chance que ça apporte quelques illuminations sentimentales que ce soit entre eux. Hugo et Lily… Parce qu’ils sont mes cousins et que personne ne s’occupera de Lily à l’exception de la famille. Joshua et Liam ne s’occupent de personne, car ils n’ont aucune potentielle partenaire dans la salle.

Elle le regarda, médusée. Elle aurait vraiment voulu pouvoir argumenter quoi que ce soit à tout ce qu’il avait dit, mais elle ne trouvait rien. Les duos avaient du sens. Surtout dans le cas de Dylan et Teena, ainsi que celui pour Kieran et Amy. Elle ne les connaissait pas très bien tous les deux, mais de ce qu’elle avait pu voir ils étaient effectivement très proches. Quant aux premiers… Elle connaissait très bien Teena, et Dylan suffisamment également. Elle avait repéré une ou deux fois un regard tourné vers l’autre de la part des deux intéressés. La seule chose qui clochait c’était…

- James et Ruby, vraiment?

Les esclandres violents entre ces deux-là avaient été suffisamment nombreux pour être connu et que tous sachent qu’il n’y avait qu’inimitié entre eux. Comment Louis pourrait-il croire qu’il y avait autre chose derrière tout ça? C’était hautement improbable.

- Bien sûr! Mais il faut connaître leur antécédent pour comprendre. Et tu n’étais pas là dans le dortoir ces cinq dernières années pour entendre James parler d’une certaine Serpentard… lâcha son interlocuteur avec un air de conspirateur. Mais bien entendu, je ne t’ai rien dit.

Elle ne put s’empêcher d’afficher elle aussi un rictus amusé et elle affirma :

- Bien entendu.

Ce n’était pas nécessairement une information complètement nécessaire, mais cette connaissance la rendait particulièrement amusée. Parce qu’elle se doutait que jamais aucun des deux intéressés n’admettrait quoi que ce soit. Toutefois, les moments à venir risquaient d’être à s’en délecter. Par souci d’éviter les dommages collatéraux, elle éviterait toutefois de le mentionner à Alex. Il avait le don pour s’attirer des ennuis et elle préférait ne lui donner aucune munition supplémentaire.

Elle revint rapidement auprès des autres qui étaient tous en position. Et ils la regardaient tous avec une certaine interrogation. Et beaucoup, vraiment beaucoup de suspicion du côté d’Alex. Il vint pour ouvrir la bouche, mais ce fut la voix de Lily qui brisa le silence :

- Je n’ai pas besoin d’être retenue, Lulu! Tu es mon cousin!

- Dans l’histoire moldue, certaines familles mariaient des cousins entre eux, répliqua son cousin plus âgé. Et je ne suis pas complètement certain de ce que je fais, alors s’il-te-plaît…

La benjamine des Potter leva les yeux au ciel, mais elle s’exécuta sans ajouter un mot. Et s’exécuter se résumait à se laisser saisir les bras par Hugo, posté derrière elle. Tout le monde se trouvait dans cette position. Assis au sol. Alex ne tarda pas à l’inviter à en faire de même et au lieu de la saisir par les bras, il passa les siens autour d’elle, bloquant du même coup une bonne partie de son corps et la restreignant efficacement dans ses mouvements.

- Tout le monde est prêt? s’enquit Louis.

Avec l’approbation verbale de tout le monde, l’héritier de sang Vélane leur annonça qu’il allait commencer. Ils l’entendirent tous prendre une grande inspiration et la seconde suivante, elle eut l’impression qu’une onde de chaleur la percutait toute entière. Un frisson agréable lui traversa l’épine dorsale et elle se débattit légèrement pour se débarrasser de la force qui la retenait. Ce n’était pas n’importe quelle force.

Alex.

Ce prénom la réchauffa également et lui permit d’éclaircir son esprit qui s’était embrumé. Son regard se braqua sur la minuscule partie de visage qui lui était possible de percevoir de celui qui la retenait. Il plaqua sa joue contre la sienne et elle eut l’impression qu’on lui posait une compresse d’eau froide en pleine canicule. L’envie qui s’était faite en elle d’aller rejoindre Louis, de le voir et de le toucher s’étouffa presque complètement.

Jusqu’au moment où une nouvelle vague de chaleur déferla, deux fois plus puissante que la première. Cette fois, elle se débattit beaucoup plus fortement, tentant même d’envoyer sa tête contre celle d’Alex. Son corps se battait pour rejoindre quelqu’un d’autre. Son cœur se battait contre sa tête et son corps, car elle se foutait de Louis Weasley. Sauf qu’en l’instant, c’était la tête et le corps qui contrôlait tout.

Son regard se tourna sur Louis et elle eut l’impression qu’il était auréolé de doré. Ses cheveux blonds brillaient comme autant de filaments d’or. Sa peau luisait avec la même clarté des étoiles. Ou de la lune. Lune qui l’appelait tous les mois… Elle avait envie de poser les doigts dans cette chevelure qui semblait aussi douce que du velours. Des grondements se firent entendre autour d’elle.

Grondements qui furent rapidement accompagnés de rugissements la seconde suivante lorsque la troisième vague de pouvoir la submergea. Elle. Et tous les autres aussi. Cette fois, elle rua. Hurla. Tenta par tous les moyens de se délivrer, mais sans succès. Comme les autres, elle grogna. Comme les autres, elle invectiva. Comme toutes les autres, elle rugit.
Et puis, d’un coup, il n’y eut plus rien et elle arrêta de bouger.

Elle sentit Alex se raidir et la relâcher doucement, mais elle était presque certaine que ce n’était pas parce qu’elle avait cessé de se débattre. Non, parce qu’il l’avait relâchée complètement. Et il n’aurait jamais fait ça avant d’être certain que c’était fini. Et même encore. Elle releva les yeux vers lui pour constater que les siens étaient complètement écarquillés et qu’il fixait dans la direction de Weasley.

Elle suivit son regard.

Pour ensuite ouvrir la bouche d’incrédulité. Ce qui se passait devant ses yeux incrédules, elle n’aurait jamais misé dessus. Non… Elle n’y aurait jamais pensé. Ni même soupçonné que ce fut possible. Pour plusieurs raisons. Mais la première étant qu’elle était certaine d’avoir déjà vu Louis avec plusieurs filles. Et même presque certaine qu’il en avait embrassé une ou deux. Et c’était approximativement la même chose pour le deuxième élément sous ses yeux. Pour la deuxième personne qui se trouvait là…

Joshua.

Joshua qui semblait avoir plaqué Louis contre le mur.

Pour mieux l’embrasser.

Il y avait encore des traces de choc sur le visage de Louis et ça expliquait sans doute pourquoi il avait cessé d’utiliser ses pouvoirs d’un seul coup. Ce qui n’était pas vraiment compréhensible dans l’instant c’était pourquoi il n’avait pas repoussé le Serpentard.

Enfin, elle se doutait de la réponse.

Joshua devait être plutôt un bon coup à embrasser, parce que Louis semblait maintenant plutôt engagé dans l’action et loin de simplement être inactif dû au choc. Elle ne put s’empêcher d’avoir un nouveau rictus amusé, parce que le commentaire de son comparse Gryffondor lui revint en mémoire. « Joshua et Liam ne s’occupent de personne, car ils n’ont aucune potentielle partenaire dans la salle. » Apparemment, il avait oublié une variable. Celle du « partenaire potentiel ». D’un autre côté, elle n’aurait pas soupçonné que Joshua puisse être intéressé par les gars. Peut-être l’était-il par les deux? Mais elle était presque certaine de n’avoir jamais relevé quelques indices pouvant lui laisser penser ça…

La scène en tout ne devait avoir duré que deux secondes sous son regard et après ce délai, elle constata rapidement les épaules de Joshua tressauté avant qu’il ne fasse un bond prodigieux vers l’arrière. Louis sembla vouloir perdre l’équilibre une seconde et sembla tout aussi confus que le Serpentard.

- Qu’est-ce que… prononça le Gryffondor.

La voix de ce dernier sembla ramener Joshua parmi eux et elle put constater d’où elle était son visage se décomposer. Il recula de quelques pas qui lui semblèrent hautement incertains, presque faibles. La main du Serpentard se tendit vers sa tête tout en marmonnant :

- Non… Non…. Non!

- Joshua?

Elle perçut assez facilement le visage de l’intéressé s’enflammer brusquement en entendant la voix de la personne qu’il venait tout juste d’embrasser. Devant tout le monde. Cette information sembla lui revenir parce qu’il jeta un coup d’œil derrière lui et rougit encore davantage. Il devait être confus et elle pouvait le comprendre. Surtout s’il ne s’était pas lui-même douté de quoi que ce soit à ce niveau.

Mais elle n’aurait pas cru pouvoir percevoir ce regard empli de frayeur qui apparut la seconde suivante. Elle fut encore plus perdue lorsqu’elle sentit Alex remuer derrière elle pour se lever en lâchant :

- Joshua… Tout va…

La voix de son petit-ami semblait vouloir se montrer rassurante. Sauf que ça n’empêcha pas l’autre Serpentard de le couper sèchement.

- Ne dis rien!

La fureur et la terreur qui dévoraient les traits du Serpentard le plus souriant qu’elle connaissait lui fit mal. Elle ne comprenait pas. Pourquoi avait-il une réaction aussi… virulente? Certes, c’était une expérience pour le moins surprenante et sans doute qu’il avait du mal à tout mettre au clair dans sa tête. Mais pourquoi se montrer aussi… brusque?

Elle regarda avec angoisse le Gryffondor de septième année qui avait été impliqué dans l’affaire présente alors qu’il s’approchait de Joshua. Il le saisit par l’avant-bras avant de dire d’une voix calme :

- Ce n’est pas grave, Joshua.

- Il ne s’est rien passé! s’écria ce dernier en se libérant d’un mouvement sec.

Suite à ces mots, il s’avança à grands pas vers les portes de la Grande Salle. Juste avant de pouvoir franchir les portes, il se fit arrêter par Ruby et Scorpius.

- Josh… souffla la Serpentarde.

- Il n’y a aucun mal, Josh, ajouta le Serpentard.

- Laissez-moi! gronda leur ami en les bousculant d’un coup d’épaule.

Coup qui sembla relativement douloureux, car autant Scorpius que Ruby eurent une grimace.

- Je rentre au dortoir, conclut Joshua juste avant de disparaître entre les portes en coup de vent.

Ils eurent tous un tressaillement au moment où les portes claquèrent dans son dos. Et tous continuèrent à dévisager la porte. Comme s’ils n’arrivaient pas encore à saisir tout ce qui venait de se produire. En tout cas, elle, Malia, ne comprenait pas exactement tout ce que ceci pouvait bien signifier. Pourquoi ça c’était produit. Cette réaction aussi violente. Elle pouvait comprendre qu’apprendre sous ces circonstances qu’on était intéressé par le même sexe que soi pouvait être surprenant. Du moins, cela si elle avait bien deviné. Mais comme aucun des autres gars autour d’elle n’avait eu d’intérêt particulier d’éveiller… Elle n’avait qu’une conclusion en tête.

Il pouvait en exister d’autres, évidemment.

Dès qu’elle réussit à se sortir de sa contemplation de la porte, elle jeta un regard en direction de Louis. Il semblait troublé, perplexe, triste et… en colère. La raison de cette dernière tout comme de tous les autres sentiments qu’elle avait relevée ne lui venait pas en tête. Sauf peut-être pour le trouble et la perplexité. Car elle était presque certaine qu’il n’y avait pas que Joshua qui venait de faire une certaine découverte cette nuit.

- Je crois que j’ai vraiment merdé… souffla Louis et tous les regards auparavant tournés vers la porte se tournèrent vers lui.

- Tu n’aurais pas pu deviner… Ni moi, d’ailleurs… marmonna Liam.

- N’empêche… soupira Weasley.

Elle sentit la tristesse dans sa voix. Et bien que quelques secondes auparavant elle n’avait pas compris son origine ni celle de la colère. Maintenant elle comprenait. Maintenant elle savait. Il était en colère contre lui-même, car Joshua s’était enfui. Et il devait se sentir triste pour la même raison. De là à savoir exactement la raison pour laquelle le départ du Serpentard pouvait le rendre dans cet état, elle ne jurait de rien. Son Alex étant ce qu’il était, il rompit l’ambiance présente en demandant :

- Alors, est-ce que tu t’en souviens?

Cette question brusque sembla détourner les pensées du Gryffondor et il eut un petit rictus amusé, même s’il était teinté par les autres émotions. Il acquiesça du chef en lâchant :

- Oui et je suis vraiment ravi d’avoir retrouvé le souvenir d’un James aussi bleu qu’un glaçon.

Malia fronça les sourcils comme la majorité des autres, sauf que son Serpentard, lui, sourit de toutes ses dents.

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- James, par Merlin! C’est mon pied! grommela Rose en tentant en vain de foudroyer son cousin le plus âgé.

- Pardon, Rosie, mais on est plutôt à l’étroit…

- Ça n’aurait pas été le cas si tu n’étais pas venu t’incruster! marmonna son autre cousin et elle était certaine qu’il venait de jeter un regard furieux à son aîné.

Elle soupira silencieusement, attendant la réplique de James qui ne tarderait sans doute pas. Elle connaissait ses cousins aussi bien que son propre frère et parfois elle se disait que ce n’était pas une bonne chose. Notamment, car elle devait supporter leurs éternelles luttes stupides.

- Je te rappelle que c’est toi qui m’as demandé la cape, rétorqua James d’un ton froid.

- C’est Rose qui la voulait! protesta le cadet.

Rose soupira franchement et donna un coup de coude dans les côtes d’Albus et de James en grondant :

- Vous allez la boucler, oui ou non? N’importe qui pourrait nous surprendre avec tout ce tapage!

Albus grommela entre ses dents et James marmonna quelque chose qui ressemblait à « si on ne peut plus agacer son frère… », ce à quoi elle eut envie de se frapper le front. Par Merlin, pourquoi avait-elle décidé d’entraîner ces deux idiots de cousins avec elle? Elle aurait mieux fait de choisir Lily… au moins, elle, elle savait bien se tenir! Enfin, plus que ses frères.

Les deux frères cessèrent toutefois assez rapidement leurs petites messes basses solitaires pour se concentrer sur les alentours. Rose aussi avait les oreilles plus aux aguets maintenant puisqu’ils approchaient de la bibliothèque. Maintenant, ils devaient vraiment faire plus attention, aux moindres faux pas ils pourraient se retrouver avec de sérieux ennuis. Très, très sérieux. D’autant plus qu’Al et elle étaient préfets. Puis James… avec tous les ennuis qu’il avait déjà eus, ça n’aiderait pas.

Elle retint sa respiration le temps qu’ils pénètrent à l’intérieur de la bibliothèque. Il y faisait si sombre qu’on n’apercevait presque rien devant soi. Il faisait frais aussi, à tel point qu’elle sentit la chair de poule recouvrir ses bras. Il y avait quelque chose… quelque chose qui lui retournait l’estomac et lui donnait l’impression que l’air était dense, irrespirable.

- Vous ne trouvez pas qu’il fait froid? chuchota Albus.

- Oui, acquiescèrent Rose et son autre cousin en même temps.

Elle attrapa instinctivement et vivement la main de son cousin du même âge et passa près de faire un arrêt cardiaque lorsqu’elle sentit une main se saisir de son autre. Mais ce n’était que James. Elle inspira discrètement pour se donner du courage et ils continuèrent à avancer à petits pas. Son instinct lui soufflait toutefois que l’atmosphère lugubre de l’endroit n’était pas normale.

Ils sursautèrent violemment lorsqu’un livre, plus loin sur leur droite, tomba d’une étagère dans un boucan épouvantable. Ils se retournèrent presque immédiatement par la suite, relâchant leurs mains entrelacées pour attraper leur baguette. D’un mouvement si précis et naturel qu’elle se demanda s’ils s’étaient déjà trouvés en pareille situation. Situation actuelle dont elle ne comprenait pas pourquoi elle la mettait dans un état pareil. Après tout, elle était venue des milliers de fois dans la bibliothèque, non?

Même plusieurs pendant la nuit…

À l’insu de ses cousins, bien sûr.

Donc, oui, elle était déjà venue la nuit. Alors pourquoi réagissait-elle aussi fortement? D’autant plus que ses cousins étaient avec elle… Était-ce dû à l’attaque qui s’était produite?

- C’était un livre? s’enquit James de manière presque inaudible.

- Oui, acquiesça-t-elle du même ton.

- Et il est tombé comment? Demanda Al d’un ton incertain.

- Peeves? proposa-t-elle sans y croire.

- Selon la carte il n’est pas ici… affirma son cousin le plus âgé.

Elle le savait. Elle l’avait vu aussi, mais espérait tout de même que ce soit Peeves. Car qui pourrait être là? Et pourquoi cette personne n’apparaissait pas sur la carte? Tout le monde apparaissait sur la carte… Même cette plaie de Skeeter! Elle crispa la main gauche, la droite étant occupée à tenir sa baguette et avec une inspiration pour se donner du courage, elle avança. Ses cousins n’eurent pas d’autres choix que de la suivre et ils se glissèrent telles des ombres invisibles dans le cœur de la bibliothèque.

Son sang battait à ses tempes avec une fureur qu’elle ne se souvenait pas d’avoir jamais connue et pourtant… ça lui était horriblement familier. La moiteur de ses mains aussi était quelque chose qu’elle n’avait pas le souvenir d’avoir vécu, mais encore une fois… Elle inspira à nouveau et expira lentement, relâchant autant que possible ses muscles tendus.

Ils traversèrent une première rangée d’étagères… mais rien dans les allées.

Elle soupira de soulagement en même temps que ses deux cousins. La tension baissa d’un cran et elle se permet d’abaisser un peu la baguette. Toutefois, elle ne perdit pas cette impression que quelque chose d’horrible se préparait. Ses sens étaient à leurs plus hauts aguets. Après tout, elle enfreignait plus d’une règle en ce moment.

Mais ce n’était pas pour autant qu’elle se permit de tourner les talons.

Ils devaient se rendre dans la Réserve, coûte que coûte. Ils devaient en avoir le cœur net une bonne fois pour toutes. Des réponses, c’était tout ce dont elle avait besoin, malgré qu’elle ne voulait pas croire qu’elle avait oublié la personne qu’elle considérait apparemment comme sa meilleure amie. Rose détesterait qu’on l’oublie de cette manière… alors pourquoi ferait-elle la même chose à quelqu’un qu’elle appréciait autant?

Ce n’était certainement pas de son fait, ça, elle en était sûre.

Du moins, si tout ceci était réel. Malgré tout… son cœur lui criait que quelque chose, ou plutôt quelqu’un manquait à sa vie. C’était comme si on serrait son cœur dans une main gantée de fer parcouru d’horribles pointes tranchantes. À chaque battement… la pression se resserrait un peu plus, au point que respirer lui était douloureux.

Elle faisait toutefois en sorte de l’ignorer autant que possible.

Plutôt disparaître plutôt que de le montrer et donner une sensation de satisfaction à Parkinson, ou pire… Rebecca.

- Alohomora, chuchota-t-elle en arrivant devant la porte qui empêchait les élèves de se rendre dans la Réserve.

Elle glissa rapidement sa main hors de la cape pour pouvoir ouvrir la porte. Celle-ci se déplaça sans un bruit à un rythme extrêmement lent. Rose ne voulait pas se précipiter au risque de commettre un impair, ou pire… que la porte émette un son particulièrement sonore qui risquerait d’attirer l’attention des professeurs.

Ses cousins devaient être du même avis, car aucun d’eux ne s’indigna de la lenteur de sa manœuvre. Et c’est à peine si elle arrivait à entendre leur respiration alors qu’ils se trouvaient juste à côté d’elle! Dès que la porte fut entièrement ouverte, ils s’engouffrèrent à l’intérieur à pas de loup. Cette expression lui donna un sourire au visage avant qu’elle ne l’efface aussitôt. Pourquoi souriait-elle à l’énonciation d’un loup? Pourquoi lorsqu’elle y réfléchissait avec un peu plus de soin, avait-elle l’impression de s’enfoncer dans un abysse particulièrement profond et insondable? Quelque chose ne tournait définitivement pas rond.

- Où crois-tu que ça peut se trouver? S’enquit Al en tournant la tête d’un côté comme de l’autre.

Rose vint pour hausser les épaules, mais en constatant que non seulement Al, mais aussi James avaient maintenant la tête tournée vers elle… elle capitula. Elle ne pouvait pas se laisser aller à la facilité. Réfléchis, Rose, s’enjoignit-elle. À gauche c’est tout ce qui a trait aux sortilèges et autres formules. Donc ça ne pouvait pas se trouver là… À droite, les créatures dangereuses et autres choses sympathiques de ce genre. Dans la rangée suivante, c’était toutes les potions… Puis celle d’après… Oh, celle d’après, c’était les artefacts magiques qu’on pouvait retrouver dans le monde entier. Des artefacts dangereux entre de mauvaises mains, ou en n’importe quelle main pour certains d’entre eux. Quant à celle qui suivait… c’était tout ce qui avait trait à la magie noire, et les Horcruxe en faisaient partie. Elle inspira.

Où?

Où est-ce que ça pouvait se trouver?

Elle avait fouiné par ici des dizaines et des dizaines de fois. Parfois avec une autorisation, parfois non. Elle savait où se trouvait la majorité des choses dont elle avait besoin. Mais ça? Ça… Ça, elle l’ignorait. Après tout, cela ne risquait pas vraiment de lui être utile, pas vrai?

Elle soupira.

Puis elle retint son souffle.

Par Merlin! Pouvait-elle se frapper le front violemment contre une étagère maintenant? Comment n’y avait-elle pas pensé plus tôt! Ce devait forcément être ça! Elle murmura d’une voix à peine audible :

- Par ici.

Puis elle continua tout droit.

Il était là, juste devant. Un immense grimoire suffisamment usé pour rappeler à quel point l’école était vieille. Et il était surplombé d’un dôme protecteur, évidemment. Elle pouvait avoir tort. Elle espérait avoir tort. Elle ne voulait pas que ce soit le livre qu’elle cherchait… car désamorcé le dôme ne risquait pas d’être simple. Et forcément… ça allait attirer l’attention. De la directrice… et sans doute de tous les professeurs.

Une fois juste devant le grimoire, elle se positionna sur la pointe des pieds, pointa sa baguette vers le livre et souffla :

- Lumos.

Un petit faisceau de lumière apparut immédiatement au bout de sa baguette et elle put lire :

« Registre des élèves de l’école de sorcellerie Poudlard »

Elle poussa un léger soupir alors que James dit d’un ton aussi bas que le sien :

- On y est!

Elle hocha de la tête et sentit immédiatement ses mains devenir moites à nouveau. Rose se cramponna toutefois à son courage et expliqua calmement :

- Albus, tu vas m’éclairer. James, tu surveilles tout ce qui se passe derrière nous. Je vais désamorcer le dôme qui protège le registre pour qu’on puisse le consulter… mais dès que ce sera fait, McGonagall le sentira. Alors tous les professeurs vont rappliquer ici.

- Tu sais comment faire pour… pour désamorcer le dôme? S’enquit Al.

- Oui, il faut utiliser l’antisort général. La théorie est simple, mais la mise en pratique est plus compliquée…

- En quoi? demanda James.

Rose poussa un soupir et expliqua :

- Ça risque de prendre un moment et selon ma force ça ira plus ou moins rapidement. Mais le plus longtemps je prends à défaire le dôme… le moins on aura pour feuilleter le grimoire, car…

- McGonagall et les profs vont débarquer, compléta Albus. D’accord, alors allons-y! Lumos!

Dès que lumière de la baguette de son cousin l’éclaira, elle annula son propre sortilège d’un Nox et entreprit d’inspirer puis d’expirer lentement. Elle avait besoin de toute sa concentration et d’avoir les idées le plus claires possible. Elle ne possédait qu’une chance, aucun droit à l’erreur n’était admissible, car dès qu’elle commencerait… si elle n’arrivait pas à obtenir une réponse avant l’arrivée des professeurs, ils n’auraient pas d’autres chances. Les professeurs y veilleraient.

Elle inspira une dernière fois et dès qu’elle fut certaine que James était à son poste de surveillance, elle lâcha en pointant le dôme protecteur :

- Finite Incantatem!

Presque immédiatement sa main se mit à trembler et sa baguette également alors que sa magie essayait de contrer celle de la personne qui avait mis en place la protection. Ici, il était question de volonté et de puissance magique. Elle y mit toute la détermination qu’elle avait pour retrouver la mémoire, pour comprendre ce qui se passait avec tout le monde… pour savoir à quel point elle avait pu être une assez mauvaise amie pour oublier celle à laquelle elle aurait ajouté le qualificatif de « meilleure ».

Aux tremblements s’ajouta rapidement la sueur. Elle la sentait rouler sur son front, passer tout près de son œil. Ses mains étaient de plus en plus moites, sa baguette de plus en plus brûlante…

Trente secondes passèrent ainsi.

Puis vint la minute.

Et d’un coup le dôme explosa en un vif éclat de lumière brut qui lui grilla la rétine et elle cligna des paupières avec une grimace. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, ce fut pour apercevoir son cousin se frotter les yeux avec une grimace semblable à la sienne. Elle ne perdit toutefois pas de temps et s’empressa d’ouvrir le grimoire, presque immédiatement Albus se pencha au-dessus du livre autant qu’elle.

- McGonagall et les professeurs se dirigent par ici… marmonna James. Ils en ont peut-être pour cinq minutes, mais…

À nouveau un bruit de livre qui tombe le coupa et ils se figèrent tous les trois.

- Plus vite, plus vite, murmura Albus alors que James se mettait en position défensive derrière eux.

Elle tourna les pages avec frénésie, ne sachant trop ce qu’elle cherchait la manœuvre n’en était que plus compliquée. Enfin, elle savait. Elle savait ce qu’elle cherchait, mais pas exactement où chercher. À quel endroit dans le livre se trouvait-il l’information dont elle avait besoin? Son œil capta rapidement des dates.

C’était les dates des cohortes!

Il y avait celle de son père et sa mère… Celle de sa tante… Elle tourna encore plus rapidement les pages, passant tout près d’en déchirer plusieurs. Puis finalement… Oh, oui, finalement elle la trouva! Leur cohorte à Scorp, Al et elle. Sa mâchoire passa tout près de se décrocher lorsqu’elle trouva le nom qu’elle cherchait.

« Allison Lévesque »

Juste en dessous du prénom, on pouvait y lire qu’elle avait été la Batteuse de l’équipe de Gryffondor de sa troisième année à sa cinquième.

Rose était sous le choc.

Mais pas à cause du fait qu’elle avait trouvé cette fille. Pas non plus à cause du fait que son existence était prouvée… Non, elle était figée pour une seule et unique raison. Sa mâchoire se contracta et elle se mordit les lèvres.

- Pourquoi son nom est barré? Souffla Al d’une voix blanche.

Une possibilité… une possibilité terrible s’imposait à son esprit, mais elle ne voulait pas y croire. Ça ne pouvait pas être vrai. Non, ça ne pouvait pas… Elle se mit rapidement à tourner les pages dans l’autre sens, remontant des dizaines d’années en arrière jusqu’à ce qu’elle atteigne ce qu’elle cherchait. Elle la trouva enfin et un gémissement s’échappa de ses lèvres.

« Myrtle Elizabeth Warren »

Son nom était barré aussi. Le nom de Mimi Geignarde. Mimi Geignarde qui était maintenant… un fantôme. Mimi Geignarde qui était morte. C’était presque comme si on venait de lui donner un coup en plein ventre.

- Non… Non! C’est impossible! gronda Albus d’une voix sourde.

Elle comprenait son désarroi. Sa crainte. Ses doutes. Elle tenta de lui prendre la main, mais il la repoussa avec une certaine colère. À son tour, son cousin commença à fouiller dans le livre. Avec une frénésie encore plus grande que la sienne. Elle ignorait ce qu’il cherchait, mais… elle comprit lorsqu’il arrêta de tourner les pages avec fureur.

« En mémoire de nos élèves partis trop tôt… »

Quelque chose se coinça dans sa gorge, mais elle regarda elle aussi. Quand son cousin tressaillit, elle tressaillit aussi. Tous ces noms… Elle reconnut plusieurs d’entre eux provenant de l’année 1998. Son oncle. Des amis. Les parents de Teddy… Des larmes lui montèrent aux yeux lorsqu’elle découvrit l’unique prénom qui apparaissait à l’année 2023. Allison Lévesque. Se pouvait-il…

Se pouvait-il qu’elle soit vraiment… morte?

Cette pensée, alors même qu’elle ne se souvenait plus de la fille en question, lui fit aussi mal que si c’était un membre de sa famille connue. Comme si elle venait de lire le nom de son frère, de ses parents… de ses cousins et cousines. Ou le nom de Scorp. La main d’Albus s’agrippa vivement à la sienne, lui écrasant les doigts si fort qu’elle craignit de ne plus pouvoir utiliser sa main par la suite. Sauf qu’elle ne put s’empêcher de serrer la main de son cousin avec la même force. Elle frappa l’épaule de son autre cousin de la main gauche.

- Qu’est-ce qu’il y a? grommela James. Il faut qu’on déguerpisse d’ic…

Il s’arrêta en pleine phrase en lisant ce que l’on trouvait sur la page. Son air se décomposa et l’incompréhension y prit place, mais ça ne dura qu’un instant. La seconde suivante, son air devenait plus dur et au son des portes de la bibliothèque qui s’ouvraient, il les enveloppa sous la cape d’un grand mouvement ample.

- Plus un son, chuchota-t-il.

Ils acquiescèrent doucement et tous les trois commencèrent à sortir de la Réserve par un chemin détourné. Toutefois, ils venaient simplement de quitter la Réserve qu’un cri épouvanté leur parvint.

On aurait dit McGonagall, songea-t-elle.

- Par Merlin! s’exclama leur professeur de Défense.

- Le pauvre enfant, souffla celle de Sortilèges.

Ils se figèrent tous les trois une seconde avant de reprendre lentement leur procession, mais cette fois en direction des voix. La tension tendait tous ses muscles et sa main ne semblait pas vouloir lâcher prise sur celle d’Albus. Ce dernier n’effectuait toutefois aucune tentative pour se déprendre. Sa main gauche toujours libre se trouva rapidement coincée dans celle de James. Elle lui jeta un regard de côté en constatant qu’il tremblait. C’est là qu’elle regarda la carte. Celle qu’il tenait dans sa main gauche tout aussi tremblante que le reste de son corps.

Les professeurs étaient tous là… avec un surplus.

Un élève.

Il s’agissait de Bradley Smith et si sa mémoire était bonne… c’était un élève de Poufsouffle, en troisième année.

Que faisait-il là?

Rien de bon, si elle se fiait à la réaction des professeurs. Elle se mordit les lèvres d’appréhension. Peut-être que ce n’était rien… peut-être qu’elle se faisait simplement des idées… Peut-être…

Mais elle en doutait.

Elle sentait jusque dans ses os que quelque chose n’allait pas du tout. Quelque chose de terrible devait s’être produit. Elle ne voulait pas voir, ne voulait pas savoir… Mais elle le devait. Elle en avait le devoir depuis qu’avec ses cousins et ses amis ils s’étaient donnés comme mission d’enquêter de leur côté. De s’impliquer. Et s’impliquer…

S’impliquer signifiait de supporter.

Le terrible comme le fantastique.

Elle inspira doucement et brusquement à la fois lorsqu’ils tournèrent aux coins d’une rangée d’étagères. En un instant ils furent tous les trois pétrifiés, comme s’il venait de voir le reflet des yeux de serpent d’un Basilic. Elle se sentit immédiatement frigorifiée et se mit à trembler comme son cousin de gauche. La scène qui était juste sous ses yeux…

L’élève de Poufsouffle était prostrée dans une position fœtale. De son visage on ne reconnaissait presque rien, si ça n’avait pas été de la carte, elle n’aurait jamais su qui se trouvait devant eux. Il était tuméfié jusqu’au méconnaissable. Et les os de ses bras et de ses jambes… tordues de manière incompréhensible. Plus que tout elle eut envie de fermer les yeux face à ce spectacle, mais elle se força à regarder, à analyser.

Il y avait plusieurs traces de sang tout autour du jeune élève. Des marques aussi sanglantes qu’épouvantables. Des traces de lutte… il y en avait partout. Elle frissonna en constatant que les mains de Bradley étaient couvertes d’écorchures semblables aux marques laissées par le verre.

C’est là qu’elle remarqua la lampe à l’huile dont le verre était répandu en millier de morceaux sur le sol. Des morceaux dont plusieurs étaient couverts de sang. La main de ses cousins, ainsi que les siennes, se serrèrent davantage. Elle n’était pas seule, ils étaient là. Ils veilleraient les uns sur les autres, comme ils l’avaient toujours fait jusqu’à présent.

- Il respire encore, affirma le professeur Andrews. Il vit encore, mais ça ne tient qu’à un bien malheureux fil.

- Eleonora, prodiguez-lui quelques soins et nous l’emporterons aussitôt à l’infirmerie, ordonna McGonagall. Deaton, allez tout de suite enquérir la présence de Médicomages. Ils se chargeront des soins nécessaires pour le transport du jeune Smith jusqu’à Sainte-Mangouste. Evan… suivez-moi, nous allons faire un tour de la bibliothèque…

- Très bien professeur, mais je crains que la personne qui ait fait ça ne soit plus dans les parages, argua le professeur de Défense, Evan Andrews.

La directrice hocha résolument de la tête et ils se dirigèrent tous deux hors de l’allée. James, Albus et elle n’eurent que le temps de se déplacer pour ne pas se faire entrer dedans. D’un commun accord, sans aucun échange verbal, ils suivirent les deux adultes. Ceux-ci se dirigeaient directement vers la Réserve.

- Vous croyez que qui que ce soit cette personne ils ont pu y trouver un renseignement utile? Ce n’est que la liste des élèves… s’enquit leur professeur.

- Certes, en surface, affirma McGonagall.

- Que voulez-vous dire?

- Pas ici, Evan. J’en parlerai à tous les autres tout à l’heure, il faudra réveiller tout le monde…

Les trois Gryffondor se jetèrent un coup d’œil intrigué. Qu’est-ce que pouvait contenir le Grimoire si ce n’était le nom de tous les élèves? Qu’est-ce qui semblait tant inquiéter le professeur McGonagall? Elle se retint de pousser un soupir pour éviter d’attirer l’attention.

D’un coup de coude James lui fit savoir à Albus et elle qu’ils feraient mieux de faire demi-tour, ce qu’ils s’empressèrent de faire. Mieux valait ne pas rester ici tandis qu’il était toujours possible de passer inaperçu et de ne pas être découvert hors de leur Salle Commune. Et ce, malgré le couvre-feu. Les conséquences en seraient beaucoup trop dramatiques pour tous les trois pour que Rose puisse envisager de rester une seconde de plus. D’autant plus qu’ils ne risquaient pas de découvrir quoi que ce soit d’autre.

Ils restèrent silencieux tout le long de leur cheminement dans les couloirs du château. Elle ne savait pas ce qui se passait dans la tête de ses cousins pour qu’ils gardent le silence ainsi. Rose de son côté n’arrêtait pas se remémorer les différents renseignements qu’ils venaient d’apprendre. Elle les ruminait, surtout. Peut-être était-ce la même chose du côté de ses cousins. Sans doute, même.

Allison Lévesque était morte.

Un nouvel élève avait été attaqué.

Celui ou celle ou l’être quelconque qui attaquait les élèves… n’apparaissait pas sur la carte.

C’était ça qui l’effrayait le plus. Ils n’avaient aucun moyen de savoir c’était qui ou quoi. Aucun moyen de savoir s’ils étaient avec eux. Se rappeler des deux fois où un livre était tombé lui donnait maintenant la chair de poule. Ils avaient été en présence de quelqu’un ou quelque chose de suffisamment fou et dangereux pour attaquer des élèves.

Elle ne s’expliquait toutefois toujours pas la présence de cet élève à cet endroit précis. Elle ne le connaissait certes pas aussi bien qu’elle aurait pu… Mais il n’était pas de sa Maison. Il ne jouait pas au Quidditch. Et ils étaient loin d’être de la même année.

Il y avait tant de choses à penser qu’elle sentit un mal de tête poindre le bout de son nez… et elle n’avait même pas encore essayé de le raconter aux autres! Comment prendraient-ils ces nouvelles? Et Joshua… Joshua qui venait déjà de vivre une terrible épreuve… Elle n’avait pas envie de lui ramener tout ça au visage…

Ce qui l’angoissait le plus, pourtant, ce n’était pas d’annoncer cette nouvelle agression à ses amis. Non, ce qui l’angoissait le plus, c’était de leur annoncer que cette personne, Allison, existait bel et bien. Ou plutôt, avait existé. Car apparemment, maintenant, il semblerait qu’elle soit morte. Comment réagiraient-ils à tout ça? Comment le prendrait Parkinson? Il affirmait qu’elle était sa sœur… Elle frissonna rien qu’à l’idée de ce que ça lui ferait si on lui annonçait la mort de son frère… sans qu’on puisse lui dire ce qui était arrivé. Elle serait dévastée…

Et très en colère.

Elle n’avait aucune envie d’affronter la colère de Parkinson. Ni sa douleur. Elle ne le connaissait pas assez bien pour pouvoir gérer sa souffrance. Et comment pourrait-elle alléger cette dernière alors qu’elle ne se souvenait même pas de ce que représentait Allison pour elle? Des mots n’étaient que des mots. Elle ne faisait pas confiance à Parkinson. Et certes, Ruby affirmait maintenant la même chose, mais… Elles n’étaient pas proches depuis suffisamment longtemps pour croire tout à fait ce qu’elle lui disait. C’est pourquoi elle tordait son collier entre ses doigts lorsqu’ils pénétrèrent dans la Salle sur Demande et que tous les regards se tournèrent vers eux.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

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James redressa les épaules dès l’instant où il ouvrit les portes de la Salle sur Demande. Peut-être qu’aucune des personnes qui se trouvaient là ne comptait sur lui pour garder les apparences, mais ils voulaient se montrer fort. Pour sa famille. Il frissonnait encore des récents évènements, mais pour rien au monde il ne le montrerait. Il voyait déjà l’effet que créaient ces mêmes évènements sur sa cousine et son frère. Il lisait la tension dans les épaules d’Al, la crispation compulsive de la main de Rose sur son collier… Signes bien annonciateurs.

Ce qui l’étonnait, en ce moment, c’était la tension qui régnait déjà dans la pièce. Tout le groupe était énormément tendu. Ce qui n’avait aucun sens puisqu’il n’était au courant de rien pour le moment. Alors pourquoi? Son regard s’attarda sur Ruby et ses bras croisés. Puis dévia sur Malia qui regardait obstinément le plafond. Et Lily qui tapait du pied. Son cousin, par contre…

- Content de voir que vous êtes de retour, grinça Louis en croisant les bras.

Il fronça les sourcils en dévisageant son cousin. Déjà, pourquoi se trouvait-il dans un coin à l’écart de tout le monde? Ensuite, il adorerait comprendre pourquoi tout le monde semblait dans un état aussi… étrange. Il analysa à nouveau la pièce, s’attardant sur tous les visages, et ce pour constater une chose. Il manquait quelqu’un.

- Où est Joshua? s’enquit Rose avant qu’il n’ait pu en faire de même.

Se faisant il nota toutefois la légère rougeur, très légère, qui imprégna les joues de Louis ainsi que l’embarras général. Son regard fut attiré vers Shepherd lorsqu’elle lâcha :

- Il est parti.

- Il a rejoint de notre Salle Commune, ajouta Scorpius.

- Pourquoi? demanda-t-il en fronçant les sourcils davantage.

Il entendit le soupir de son cousin, puis sa voix retentit :

- Ce n’est pas important. Maintenant, pouvez-vous nous dire ce que vous avez découvert à la bibliothèque concernant celle qui t’a changé en glaçon vivant, James?

- En glaçon… attends! C’est quoi cette histoire? Tu te souviens! s’écria-t-il.

Seul un sourire moqueur de la part de Louis lui répondit, malgré qu’il ne fût pas exactement aussi moqueur qu’à l’habitude. Ce qui commençait à l’inquiéter. Suffisamment pour le pousser à creuser la question dès qu’ils seraient dans leur dortoir. Car quelque chose lui disait qu’il n’arriverait pas à tirer les vers du nez de quiconque ici. Et encore moins de son cousin. Sauf s’ils se retrouvaient seuls.

Ce qui le ramenait à la question de Louis.

Et ça n’améliorait pas son humeur ni ne détendrait celle présente dans la pièce pour tous les autres. Il échangea un regard avec son frère et sa cousine. Comment présenter les choses? Il nota un échange plus prononcé entre ses deux partenaires d’escapade de la nuit et songea que leur laisser mener la chose ne pourrait pas faire de mal. Il fut toutefois perplexe de voir son frère sortir une photo de sa poche.

Il l’était d’autant plus parce qu’il y avait une fille dessus.

La question qui prenait maintenant la place de toutes les autres dans son esprit était : pourquoi son frère avait-il la photo d’une fille dans sa poche? Celle qui suivait étant : pourquoi la sortait-il maintenant? À vrai dire, James se posait tout un tas de questions à propos de cette photo uniquement. Malgré l’envie qu’il en avait de taquiner son frère, il s’abstint. Tout comme il s’abstint de lui poser toutes les questions qui lui taraudaient l’esprit.

- Parkinson, lâcha soudain Albus. Est-ce que la fille dont tu parles, c’est celle-là?

À ces mots, il tendit la photo de façon à ce que tout le monde puisse la voir. James, tout comme tous les autres, l’examina en détail dans l’espoir que des souvenirs lui reviennent. D’autant plus que Louis semblait avoir des souvenirs étranges étant reliés à la fille qu’ils avaient tous oublié. Après avoir observé la photo une seconde, il posa son regard sur Parkinson. Ce dernier semblait complètement figé et s’il ne le connaissait pas aussi bien, il dirait même que le Serpentard avait les yeux embués. Presque immédiatement après, il avança une main tremblante vers la photo.

- Je peux?

Albus hocha de la tête et Parkinson se saisit de la photo sans attendre, la main toujours tremblante. James jetait tout juste un coup d’œil du côté de Ruby et de Louis, constatant que tous les deux semblaient à la fois tristes et mal à l’aise.

- Je savais que je ne pouvais pas l’avoir imaginé… souffla le Serpentard avant de soupirer de soulagement.

- Alors c’est bien la bonne fille? s’enquit à nouveau son frère cadet.

- Oui, affirmèrent à la fois Parkinson, Ruby et Louis.

Il échangea un coup d’œil avec sa cousine et son frère. Il comprenait maintenant l’importance de cette photo. Et si les propos de Parkinson étaient exacts, c’était tout à fait normal qu’Albus ait la photo de cette fille en sa possession. Le seul problème… c’était qu’ils n’apportaient pas de bonnes nouvelles. Et qu’ils avaient tous espéré, quoique lui inconsciemment, que cette photo n’avait rien avoir avec cette histoire. Parce que maintenant ils devaient annoncer qu’elle était probablement morte. Et il y avait l’autre chose… Il déglutit et il fut presque certain de voir les deux membres de sa famille, ceux qui revenaient de la bibliothèque, avoir la même réaction.

- Alors, est-ce que vous avez trouvé des infos? les interrogea Lily.

Ils hochèrent tous les trois de la tête.

- Qu’est-ce que vous attendez pour parler? grommela Amy.

- On a une bonne et deux mauvaises nouvelles, lâcha James.

- Qui sont? demanda Hugo.

- La bonne nouvelle c’est qu’on a trouvé une preuve de l’existence d’Allison Lévesque, répondit Albus.

- Et les mauvaises? les questionna Scorpius en regardant Rose avec inquiétude.

- Il y a eu une nouvelle attaque à la bibliothèque. Et… Il est fort à parier qu’Allison est morte.

- QUOI!

Le mot fut hurlé par toutes les personnes de la pièce excepté les trois qui revenaient d’expédition. À voir l’horreur sur tous les visages ainsi que de la tristesse sur celui d’un des deux qui se souvenaient… Il nota un deuxième visage avec de la tristesse, mais détourna rapidement son attention de Shepherd. De toute manière ça ne changeait pas un fait : ils en avaient pour quelques heures à tout remettre en ordre. James était coutumier aux nuits blanches, mais pour une fois, il n’aurait pas détesté pouvoir aller dormir. Sauf qu’il y avait bien des choses à comprendre. À planifier. À s’enquérir.

- Une nouvelle attaque?

- Allison est… morte?

- Comment?

- Pourquoi!

Les questions survinrent pêle-mêle de plusieurs bouches différentes en même temps et si deux d’entre elles pouvaient facilement être différenciées des deux éléments d’interrogation présents… les autres ne l’étaient pas. Il se massa un peu les tempes et au moment où il vint pour prendre la parole pour réclamer un peu de silence au charabia qui s’intensifiait… son cousin prit la parole sur un ton qui força tout le monde à se taire pour le dévisager.

- Allison n’est pas morte. Ou du moins, je ne crois pas.

Le ton était sec, froid… sans chaleur. Un ton qu’il n’avait jamais vu Louis prendre dans toutes leurs années de cohabitation rapprochée. Si James connaissait quelqu’un sur le bout des doigts excepté lui-même, c’était bien son cousin du même âge. Ce n’était pas pour rien qu’un regard extérieur et inexpérimenté pensait toujours qu’ils étaient frères. Ils ne l’étaient pas de la manière traditionnelle, certes, mais à ses yeux il se sentait tout aussi proche de Louis que d’Albus. À vrai dire, parfois il comprenait mieux son cousin que son propre frère. Et dans l’instant, ce ton qu’il n’avait jamais entendu n’annonçait pas de bonnes nouvelles.

Pourtant, ça devrait être le cas puisqu’il semblait croire qu’elle n’était pas morte!

Sauf qu’il reconnaissait le regard d’intense concentration de son cousin, malgré qu’il soit caché par son air aussi peu chaleureux que son ton. Quelque chose rendait Louis perplexe. Une interrogation à laquelle il n’avait pas de réponse. Les questions sans réponse étaient sans contexte la pire épine que pouvait avoir son cousin et meilleur ami dans le pied.

- Si elle n’est pas morte, elle est où?

James eut du mal à reconnaître la voix de Parkinson tellement était cassée. On pouvait sentir chaque fibre d’émotions dans sa voix. De la tristesse, du désespoir, de la rage… la honte. Il lui jeta un coup d’œil curieux avant de reporter son attention sur la personne possédant la réponse à la question qu’avait posée le Serpentard.

- Je me souviens d’avoir vu Allison à la gare. Je me souviens avoir voulu lui dire un mot après l’avoir vu échangé avec Harry et Ginny. Je me souviens de l’avoir vu partir en courant avant de disparaître d’un coup avec toutes ses affaires et sa chouette. Y compris un chien. Quelqu’un peut m’expliquer?

Il perçut un mouvement du coin de l’œil, mais avant d’avoir pu se tourner il entendit un gémissement sourd rapidement enterré par un rugissement.

- ALORS TU L’AS VRAIMENT LAISSÉE SEULE, ABRUTI!

Parkinson.

Il se tourna d’un bond dans la direction des intéressés pour mieux apercevoir Parkinson qui retenait Albus par le col contre le mur. Un bref coup d’œil tout autour lui apprit que Ruby ne semblait pas vraiment ravie par l’annonce non plus. Mais pourquoi? Tous les autres semblaient perplexes. Et Louis… il semblait encore moins comprendre ce qu’il se passait. Il avait dépassé le stade de la perplexité.

- Lâche-moi! gronda Al en foudroyant le Serpentard du regard. Je ne sais pas de quoi tu parles!

- C’est bien ça ton problème, idiot de Potter! répliqua l’intéressé.

James était autant intrigué par la confrontation qui se déroulait sous ses yeux que par avoir une réponse à la question de Louis. Quelque part, en lui, ce que disait son cousin lui disait quelque chose… Sauf qu’il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Or, comment faire si on avait trifouillé sa mémoire? D’ailleurs, il faudrait bien qu’il interroge son cousin à ce sujet. Mais plus tard.

Les évènements devinrent encore plus intéressants lorsque Scorpius s’avança fermement avec mauvaise humeur vers les deux individus qui se dévisageaient avec hargne. Il attrapa violemment Parkinson par les épaules et le força à reculer en grommelant :

- Ça suffit, oui! Vous ne trouvez pas qu’on a déjà d’ennuis comme ça, tous les deux?

- Surtout que pour le moment, trouvez des réponses est plus important que se battre entre nous ou d’émettre des accusations, ajouta Rose.

Parkinson repoussa rapidement Scorpius pour retrouver Malia, dès qu’il fut à ses côtés il croisa les bras et ne prononça plus un seul mot. Dans une synchronisation presque parfaite, toutes les personnes de la pièce se tournèrent vers Ruby. Enfin, tout le monde sauf Albus, Rose et lui. Sauf qu’en voyant la concentration de tous se porter sur Shepherd, ils en firent de même. Une question brûlait les lèvres de James, mais même s’il commençait à additionner les éléments pour donner une hypothèse valable… il ne voulait pas se précipiter. Par ailleurs, poser une question à Ruby, lui, signerait son arrêt de mort.

L’intéressée poussa un soupir devant l’attention que lui prodiguaient toutes les personnes de la pièce. Après s’être frotté le visage, sans doute pour y chasser le sommeil, elle annonça :

- De ce que je sais, tous ceux qui ont oublié Allison… vous avez aussi oublié une partie d’elle qui n’est pas très… négligeable. Et de ceux qui se souviennent, je suppose que je suis la seule avec Park… Williams avoir été au courant.

- Attends… tu veux dire que tu te souviens? s’exclama-t-il sans pouvoir s’en empêcher.

- Oui, Potter. Je me souviens. Et c’est assez honteux de ta part de l’avoir oubliée…

Il entendit les non-dits dans sa phrase comme, sans doute, tous les autres de la pièce, car ils affichèrent tous une mine embarrassée. À l’exception de Louis et Parkinson, évidemment. Il ne broncha pas pour sa part, il commençait à avoir l’habitude de se faire charrier ou juger par la Serpentard. Une fois de plus ou de moins…

Toujours est-il que ça ne faisait pas moins mal…

- Peu importe, reprit Ruby en se frottant à nouveau le visage. Allison possédait un don. Pour faire court, c’était un don de voyance à un niveau presque jamais vu. Elle pouvait voyager dans le passé, le futur et le présent. Mais elle avait besoin d’une ancre pour être capable de rentrer…

Le visage de Shepherd se tourna brièvement vers Albus et celui-ci devint brusquement rouge tomate avant de prendre la même teinte que celle que l’on retrouvait sur les cadavres.

- Tu veux dire que…

- Oui, le coupa Ruby. Elle a sans doute été entraînée dans une vision, ce qui lui arrive parfois, et sans toi, qui étais son ancre, elle ne peut pas rentrer. Alors vraiment, bravo Potter pour ta grande réussite. Tu as réussi à égarer Allison et on n’a aucun moyen de savoir où!

La colère était si vibrante dans le ton de la Serpentard que son frère sembla blêmir encore davantage. Enfin, non, il était plutôt vert, maintenant. Même si ce commentaire ne lui était pas adressé, James ne put s’empêcher d’essayer de se faire un petit peu plus petit. Il n’avait aucun doute que tous les autres de la pièce avaient envie de faire de même, s’il se fiait à leur expression. Au bas mot, c’était de la peur qui se reflétait partout.

- Si elle avait un don de cette importance… Et que vous étiez tous au courant… Pourquoi pas moi? s’étonna Louis.

- Une partie d’entre nous ne l’avons appris que l’année dernière… commenta Parkinson. Moi compris. Tout comme je n’ai su qu’elle était ma sœur à ce moment-là. Mais les parents des Potter et de Rose le sont aussi.

- Attendez… ça me dit quelque chose! souffla son cousin en se frottant les tempes. Je me souviens d’une discussion vraiment bizarre qu’ont eue tous les adultes lors du Noël de ma troisième année. Ils parlaient d’Allison et de quelque chose qu’elle avait fait. Je n’ai pas réussi à savoir quoi et par après je n’y ai pas repensé… ajouta-t-il. Mais ça veut dire que vous m’avez tous mis à l’écart? Les accusa-t-il avec un peu de rancune.

- Je suis presque certaine que seuls les Weasley et Potter présents ici étaient au courant, parmi les enfants, tenta de le tranquilliser Ruby. Sauf…

- Sauf moi, compléta l’intéressé. Compris.

- J’aimerais bien pouvoir me justifier, mais je ne me souviens de rien, gronda Rose.

- Je suis presque certain que c’est en lien avec Dominique, affirma-t-il. Je ne t’en aurais pas parlé, parce que je n’aurais pas voulu t’inquiéter.

- Mais avant? Pourquoi pas avant?

- Allison tenait vraiment à garder le secret, souffla Shepherd. Je ne l’aurais jamais su ni Josh ni Amy ni Kieran si on n’avait pas poussé pour savoir.

Cette réponse sembla légèrement calmer Louis, malgré que James pouvait encore voir le sentiment de rejet dans le regard de son cousin. À son expression, il se doutait des pensées qui devaient traverser la tête de son meilleur ami. Des quelques propos qu’il avait prononcés à propos d’Allison, il savait que Louis l’appréciait. Et quand ce dernier appréciait quelqu’un, il n’aimait pas être mis à l’écart. Surtout lorsqu’il était question de secret. D’ailleurs, c’était étonnant qu’il n’avait jamais découvert le pot aux roses par lui-même… Toujours est-il que son cousin savait tenir sa langue et qu’il n’aurait jamais rien dit.

Le silence s’éternisa quelques minutes avant qu’il ne décide de le briser :

- Il commence à se faire tard… On devrait probablement tous retourner à nos dortoirs…

- James, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, avoua Rose.

- Pourquoi?

- L’attaque, précisa Albus.

- Oh…

- Tous les professeurs vont être aux aguets, ajouta sa cousine.

Il se passa une main dans les cheveux dans une vaine tentative de se mettre les idées en ordre. Il commençait à avoir sommeil et tout ce qui se passait ne faisait que resserrer le nœud des incompréhensions qui l’habitait. Il finit toutefois par secouer la tête avant de faire part de ses pensées :

- On n’a pas le choix. Je suis certain que dès demain matin ils seront de pieds fermes devant la porte de chacune de nos Salles Communes et feront le compte des élèves. Il faut qu’on y retourne, maintenant.

- Et comment tu veux qu’on fasse ça? s’enquit Malia en levant un sourcil.

- Avec ma carte, se contenta-t-il de répondre en la sortant de sa poche.

- J’ai besoin d’avoir deux mots avec toi, Potter, grommela Ruby.

Il ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux et il sentit ses joues s’empourprer en voyant à la fois les regards estomaqués de tous ceux autour, mais surtout le sourire moqueur de Louis. Ce dernier lui attrapa la carte des mains et avec une bourrade lui lança :

- Je m’occupe de ramener le troupeau en sécurité. Bonne chance!

Il resta figer une bonne minute et à peine prit-il conscience qu’Al lui plaqua la cape dans les mains avant de sortir. Dès qu’il n’y eut plus aucune personne dans la pièce excepté Shepherd et lui, il sembla reprendre conscience de ce qui se passait. Juste à temps pour recevoir une gifle cinglante de la Serpentard.

Chose qui eut tôt fait de le réveiller complètement.

- Mais c’était pour quoi, ça! s’insurgea-t-il.

Il pouvait accepter n’importe qu’elle insulte, mais la gifle? C’était abusé!

- Je crois que je pourrais nommer tout un tas de raison pour le justifier, rugit-elle. Et la première d’entre tous, c’est parce que tu as oublié Allison!

- Mais je ne suis pas le seul! Et toi aussi tu avais oublié!

Il commençait à regretter l’époque où elle l’évitait religieusement. Les confrontations verbales entre eux n’étaient jamais simples et il n’était pas du tout d’humeur pour gérer les crises de la fille face à lui. Peu importe à quel point il aimait ces confrontations pour le simple plaisir de la voir. Devant lui. Souvent pas très loin. Il envoya balader cette pensée très loin. Ce n’était pas le moment.

Sauf qu’il aimait bien quand elle était en colère…

Par Merlin, James! Un peu de concentration, se morigéna-t-il. Sans succès. Il perdait toute assurance dès qu’il se retrouvait seul avec elle. Et ce n’était pas arrivé souvent. Mais à chaque fois il agissait comme un idiot. Il n’apprenait jamais de ses erreurs lorsqu’il était question d’elle, parce que les erreurs qu’il commettait étaient hors de son contrôle.

- Ça n’a aucune importance!

La voix de Ruby claqua comme un fouet à ses oreilles et il ne put retenir un frémissement. Il espérait sincèrement ne jamais voir sa mère, sa grand-mère maternelle et Shepherd dans la même pièce. Encore moins si elles devaient toutes être en rogne, à cause de lui. Ce scénario l’effrayait et pour une raison étrange l’intriguait à la fois. Est-ce qu’il développait un goût pour les engueulades dirigées vers lui? Il espérait que non, mais la pensée ne disparaissait pas pour autant.

- Explique-moi.

Il n’avait pas prévu que son ton sonne aussi plaintif. Et apparemment Ruby non plus, car elle resta la bouche ouverte une seconde de trop, incrédule. Dans tous les cas, il voulait vraiment savoir. Parce qu’il sentait au fond de lui que quelque chose lui manquait. Il avait réussi à ignorer ce vide jusqu’à présent en se disant que ce n’était qu’une bizarrerie de plus et que ça devait être dû au fait que c’était sa dernière année à Poudlard… et qu’il n’avait pas vraiment envie de partir. Sauf que maintenant il se doutait que ce n’était pas le cas. Il se languissait de quelqu’un. De quelqu’un qui pouvait tout autant que lui attirer l’attention des autres. Quelqu’un qu’il respectait profondément. Quelqu’un qu’il avait apparemment… oublié.

Cette idée le révoltait.

Il en détestait chaque fibre, chaque morceau. Il voudrait pouvoir nier jusqu’à ce qu’il y croit… mais il savait que c’était impossible. C’était impossible parce que le manque ne partirait jamais tant qu’il n’aurait pas réglé ce problème. Mais comment régler une chose qu’on avait oubliée? Une chose qu’on ne comprenait plus?

- Tu étais plus proche d’elle que moi. Presque plus proche que n’importe qui parmi tous ceux qui sont au courant. Les seuls qui étaient encore plus proches d’elle étaient Rose, Scorpius et Albus. Tu agissais comme un grand frère avec elle, et elle comme une sœur avec toi. Je le voyais bien, même avant que je ne devienne son amie!

La voix de la Serpentard semblait sur le point de rompre. Il l’avait déjà entendu quand elle était brisée et il n’était pas certain de pouvoir le supporter à nouveau. Il n’était pas doué pour parler avec elle. Surtout pas lorsqu’elle était vulnérable. La seule chose qu'il savait faire, c’était la mettre en colère. Lorsqu’il essayait de se montrer plus sympathique avec elle, elle s’en allait. Ou son état empirait. Il aimait sa compagnie. Plus qu’il ne l’avouerait à qui que ce soit. Et certainement pas à son cousin, il était déjà suffisamment agaçant pour ça.

- Je ne m’en souviens pas.

Cette simple phrase sembla la ramener à l’ordre du jour, soit à sa colère contre lui.

- Ça, je l’avais bien remarqué! gronda-t-elle. Explique-moi pourquoi, veux-tu! Parce que je ne comprends pas pourquoi Parkinson se souvient et pas toi! Il est peut-être son frère de sang, mais il n’a jamais agi comme tel…

Son ton était si cinglant au début et jusqu’à la fin qu’il ne comprit pas tout de suite qu’elle s’était arrêtée dans son discours. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle aurait continué encore plusieurs minutes si ça n’avait pas été que quelque chose lui avait traversé l’esprit.

- Quoi? Qu’est-ce qu’il y a?

Elle lui jeta un regard mauvais et il se contenta de la fixer en croisant les bras.

- Écoute, tu peux m’engueuler comme tu veux, mais j’aimerais au moins savoir pourquoi tu t’es interrompue, tu semblais si bien partie… lâcha-t-il sur un ton profondément ironique vers la fin.

Il vit le moment précis où Ruby abandonna ses griefs. Sans doute pas éternellement, toutefois.

- Rebecca. Elle détestait Allison. Et elle se souvient. Parkinson… Ils se sont réconciliés, mais leur passé est vraiment houleux.

- Tu es en train d’insinuer que les seules personnes qui n’ont pas perdu la mémoire sont celles qui avaient la pire relation avec elle?

- Ça colle pour Rebecca. Quant à Parkinson, ça peut autant être dû au fait qu’il partage le même sang.

Il réfléchit quelques secondes à toutes les implications qu’apportaient les propos de la Serpentard. Quelque chose commençait à poindre dans son esprit, une hypothèse, une hypothèse qu’il espérait fausse. Il l’espérait terriblement.

- Est-ce que… Est-ce que tu crois… Penses-tu que plus quelqu’un a une moins bonne relation avec Allison, plus il y a de chances qu’ils se souviennent?

Le silence de Ruby lui apprit une chose. Elle avait pensé à la même chose.

- Mais je ne suis pas celle qui la connaît le moins!

- Certes, sauf que Parkinson a insisté beaucoup avec toi. Jusqu’à ce que ça revienne, fit-il remarquer.

À voir le teint soudain blême de la Serpentard, elle n’aimait pas du tout l’idée. Sauf qu’elle ne niait pas que c’était probable. Il aurait préféré qu’elle lui prouve qu’il avait tort. Peu importe de quelle manière elle pourrait vouloir s’y prendre.

- Je crois que je vais rentrer à mon dortoir, maintenant.

Elle s’éloignait déjà vers la porte, mais il la retint rapidement par le bras :

- Ça serait plus prudent si je te raccompagne.

Un rire ironique secoua Ruby et sa façon de le dévisager le rendit mal à l’aise. Il savait ce que son regard lui lançait. La dernière fois qu’elle l’avait suivi, ça s’était mal terminé. Elle n’avait pas confiance en lui et ne l’aurait jamais. Il poussa un soupir en levant les yeux au ciel, s’efforçant de masquer que ces insinuations muettes lui faisaient mal. Il leva la cape d’invisibilité devant le nez de la Serpentard et lança :

- J’ai une cape qui nous cache à la vue des autres. Toi non. Ce n’est pas le moment pour tomber sur les mauvaises personnes.

Il sut qu’elle capitulait au moment où elle lâcha un profond soupir. Elle ne prononça rien, mais hocha de la tête. Il mit rapidement la cape au-dessus d’eux et dès qu’il fut certain qu’ils ne pouvaient pas être vu, il se glissa à l’extérieur avec Ruby. La proximité excessive de Shepherd le rendait hautement mal à l’aise, mais il tâcha d’éloigner toutes pensées compromettantes de sa tête pendant tout le chemin menant à la Salle Commune des Serpentards.

Il y avait un seul inconvénient.

Ne pas penser à certaines choses, le poussait à réfléchir à cette nuit où il avait profondément tout gâché. S’il avait agi de manière moins stupide, peut-être qu’ils n’en seraient pas là aujourd’hui. S’il n’avait pas été idiot, peut-être qu’il aurait pu la consoler cette nuit-là… plus qu’il ne l’avait fait certainement. En voyant apparaître les portes de la Salle Commune se situant dans les cachots, il les découvrit et avant de pouvoir ravaler les mots, il lâcha :

- Ruby… Je suis vraiment désolé. Pour tout.

Sans lui laisser le temps de prononcer un mot, il se couvrit à nouveau de la cape et l’abandonna devant la porte de sa Salle Commune. Avant de se mettre à courir vers la sienne. Ces simples mots l’avaient brûlé de l’intérieur ces cinq dernières années, sauf qu’il n’avait jamais eu le courage nécessaire pour les prononcer. Et cette nuit encore, il ne semblait pas suffisamment courageux pour supporter ce qu’apporteraient ces mots de sa part.

Car il se doutait de la réaction de Ruby.

Et il se souvenait que trop bien de cette autre nuit. Où il l’avait trouvée en train de pleurer, seule, dans un couloir. Il n’avait pas su quoi faire. Il avait été complètement chamboulé par cette vision. Et par elle, point. Il se souvenait encore du contact de sa main dans la sienne. Du moment où elle avait lâché prise. Du moment où il l’avait abandonné par accident. Trop stupide pour se rappeler qu’elle ne connaissait certainement pas les passages secrets de l’école. Pas autant que lui, c’était certain.

Par frustration, il traversa comme une flèche sa Salle Commune dès qu’il y arriva, puis monta les marches quatre à quatre jusqu’à son dortoir avant de refermer la porte violemment derrière lui. Samuel ne se réveilla pas et cela l’arrangea. Par contre, Liam, Dylan et bien évidemment son cousin étaient tous bien réveillés. Et avec le même air moqueur sur le visage.

- Alooors, comment ça s’est passé avec Shepherd? s’enquit Louis avec un grand sourire.

Il foudroya son meilleur ami pour la forme, puis lâcha :

- Atroce.

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Alors voilà le chapitre! Qu'est-ce que vous en pensez? De toutes les révélations faites et aussi de la découverte de Louis et Joshua? D'ailleurs la scène dont je parlais plus haut, c'est la petite discussion entre Louis et James concernant Joshua, justement. Alors, est-ce que vous la voulez en bonus? C'est sûr que ce ne sera sans doute pas très long, mais en attendant le prochain chapitre je pourrais toujours l'écrire! Justement, car il ne fera pas trente pages :lol: J'attends de vos nouvelles si le coeur vous en dit ;)

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Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Ca fait longtemps tout ça !!! Mais t'inquiète, c'est toujours un plaisir de retrouver Allison et tout les autres (ouais on a pas vu Alli ce chapitre mais bon... :lol: )
Après je dois t'avouer qu'il me manque quelques souvenirs de ce qu'il s'est passé avant mais j'en ai suffisamment pour suivre donc c'est cool (peut-être que je relirai la fanfic, je sais pas encore...)
Sinon je suis hyper contente de la réaction de Josh ! Dans ma tête je me disais "je suis sûre qu'il va y avoir un garçon à qui Louis va faire effet allezzzzzzz!!!" Perso dans toute les fanfic je vois vraiment Louis gay donc je suis encore plus hyper contente !!!!!! :D Et OUI JE VEUX AVOIR LA DISCUSSION LOUIS/JAMES !!!!
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Coucou !
Ca fait longtemps tout ça !!! Mais t'inquiète, c'est toujours un plaisir de retrouver Allison et tout les autres (ouais on a pas vu Alli ce chapitre mais bon... :lol: ) Elle arrive au prochain ;)
Après je dois t'avouer qu'il me manque quelques souvenirs de ce qu'il s'est passé avant mais j'en ai suffisamment pour suivre donc c'est cool (peut-être que je relirai la fanfic, je sais pas encore...) Si tu relis, le tome 2 devrait suffire, normalement, et ça serait beaucoup moins long :lol:
Sinon je suis hyper contente de la réaction de Josh ! Dans ma tête je me disais "je suis sûre qu'il va y avoir un garçon à qui Louis va faire effet allezzzzzzz!!!" Perso dans toute les fanfic je vois vraiment Louis gay donc je suis encore plus hyper contente !!!!!! :D Tant mieux alors! ;) Et OUI JE VEUX AVOIR LA DISCUSSION LOUIS/JAMES !!!! Parfait, alors dès que ce sera écrit je vais le publier :twisted:
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Hey! Je suis là! Bon, ce n'est pas pour un chapitre, hein, parce que quand même... Mais c'est pour le bonus! Et aussi pour vous informer d'une chose importante que j'aurais dû vous dire bien plus tôt. Bon pour commencer, on retrouvera ici le bonus concernant la conversation entre James et Louis concernant à la fois l'altercation entre le premier et Ruby ainsi que l'incident entre le second et Joshua. J'espère que vous apprécierez et j'ai l'impression que ce ne sera pas le dernier bonus qui apparaîtra par ici :lol: Peut-être pas prochainement, prochainement, mais bref! Ensuite, je dois vous informer qu'il y a de bonne chance que je termine le chapitre 9 dès la fin de semaine prochaine! N'est-ce pas incroyable? :lol: Sinon, la dernière chose et non la moindre, je peux vous affirmer que ce tome 2 aura au minimum 35 chapitres avec possibilité d'avoir un épilogue. Un tome 3? Je ne sais pas encore :oops: Je n'ai pas vraiment d'idées d'intrigue alors... Sauf pour le fait que ce serait la septième année d'Alli. (Mais est-ce que vous arrivez à vous imaginer Poudlard sans Jiminy? Parce que moi j'ai du mal :shock: ) Enfin, bref, c'est tout! Je vous souhaite une agréable, quoique courte, lecture! Et j'espère que vous l'apprécierez! :D


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Bonus


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# 1
Louis & James – Dortoir – En plein milieu de la nuit


Par frustration, James traversa comme une flèche sa Salle Commune dès qu’il y arriva, puis monta les marches quatre à quatre jusqu’à son dortoir avant de refermer la porte violemment derrière lui. Samuel ne se réveilla pas et cela l’arrangea. Par contre, Liam, Dylan et bien évidemment son cousin étaient tous bien réveillés. Et avec le même air moqueur sur le visage.

- Alooors, comment ça s’est passé avec Shepherd? s’enquit Louis avec un grand sourire.

Il foudroya son meilleur ami pour la forme, puis lâcha :

- Atroce.

Ses trois meilleurs amis échangèrent des sourires moqueurs ce qui le poussa à lever les yeux au ciel. Pourquoi ça les faisait autant rigoler à chaque fois qu’il se disputait avec Ruby? Et les insinuations de son cousin étaient complètement insensées! S’il était intéressé par la Serpentard, ce qui n’était absolument pas le cas (ou du moins pas dans le sens où il l’entendait), il lui dirait! À elle. James n’était pas du genre à cacher ses sentiments. La majorité du temps. Presque tout le temps. Peu importe!

- Si pire que ça, hein? ricana Louis.

- Mais encore? insista Liam.

- Elle m’a engueulé.

- Et? l’encouragea Dylan.

- Et elle m’a engueulé, grommela-t-il. Qu’est-ce que vous vous imaginiez!

Ils levèrent tous les trois les yeux au ciel et si ça ne suffisait pas, ils se laissèrent tomber sur leur lit respectif en soupirant. La seule personne qui continua, c’était bien évidemment son cousin et il le fit comme il le faisait toujours, avec un ton moqueur et cette touche de je-sais-quelque-chose-et-tu-voudrais-vraiment-savoir-quoi. James détestait ce ton. Il l’exécrait. Pour la simple et bonne raison qu’il n’arrivait pas à se battre contre ce ton, tous ses arguments tombaient à plat ou donnaient de nouveaux points à son jumeau-non-officiel.

- Étant donné que vous étiez seuls tous les deux? J’aurais pensé que la colère de Shepherd et ta frustration vous aurait mené quelque part. Tu sais, à un centimètre l’un de l’autre.

- Tu devrais vraiment arrêter avec tes idées farfelues, mon vieux. Ça va mal se terminer…

- Pourquoi tu rougis, alors? Tu y as pensé, avoue-le! l’asticota Liam.

Il n’avait pas besoin de regarder en direction de l’intéressé pour savoir qu’il avait un grand sourire aux lèvres. Il se contenta de secouer de la tête devant leurs dires stupides et alla s’écraser sur son lit en soupirant. Mais il avait effectivement les joues en feu. Est-ce qu’il nierait qu’il trouvait Ruby attirante? Non. Ou du moins, pas en lui-même. Est-ce qu’il pouvait nier avoir déjà soupesé l’idée de l’embrasser comme l’insinuaient Liam et Louis? Non. Encore une fois, pas pour lui-même. Sauf qu’il ne le ferait jamais. Parce qu’elle le détestait et que ce ne serait pas bien.

Il lui avait fait du mal.

Même si ça n’avait jamais été son intention.

Il poussa un nouveau soupir en se tournant sur le côté. Il tendit une main vers sa table de chevet et en ouvrit un tiroir. Parmi la multitude de parchemins en tout genre, il en ressortit une lettre. Ce n’était pas la sienne. Mais celle qui appartenait à Ruby. Il n’avait jamais réussi, en cinq ans, à trouver la force de la lui rendre. Il s’était contenté de la mettre dans son tiroir et ne la ressortait de là presque jamais. Les seules fois où ça arrivait, c’était lorsqu’ils avaient une énième altercation épineuse avec la Serpentard.

- Je me suis excusé.

Les mots étaient sortis sans qu’il ne cherche à les prononcer. Il entendit distinctement les sifflements surpris de ses trois meilleurs amis, mais ne se tourna pas dans leur direction. Il avait le regard figé sur la lettre, l’un de ses doigts la caressant distraitement.

- Ça t’en aura pris du temps, lâcha son cousin.

- Qu’est-ce qu’elle a dit? s’enquit Liam.

Il se sentit rougir davantage lorsqu’il avoua :

- Je suis parti avant qu’elle n’ait le temps de parler. Mais je crois qu’elle était sous le choc, parce que je ne l’ai pas entendu hurler.

- Tu es un cas désespéré, vraiment, soupira Dylan.

- Et elle a autant pu être sous le choc qu’assez intelligente pour se taire, avança Louis. Les temps sont troubles, rappela-t-il.

Il hocha de la tête et sans avoir à se retourner, il savait que ses deux autres meilleurs amis en faisaient de même. La vision cauchemardesque de l’élève qui avait été attaqué cette nuit lui revint et il se releva brusquement sur son lit. Debout, il se mit à faire les cent pas sur le matelas.

- Et c’est reparti… marmonna Liam.

- Il y a beaucoup de choses à faire. Et Shepherd n’est pas la chose la plus importante.

- Vraiment?

Il renvoya la remarque de son cousin d’un revers de la main, malgré le tiraillement que ce commentaire lui avait fait. Évidemment que Ruby était importante! Mais à côté de tous les problèmes qu’ils avaient sur les épaules? Son importance était au niveau de sa cheville. Les autres? Au-dessus de sa tête. Il supporterait bien assez tôt les conséquences de sa fuite dès qu’il reverrait la Serpentard de toute façon… il en était convaincu. Elle ne le laisserait jamais s’en tirer comme ça.

- Oui, vraiment! Il y a eu une nouvelle attaque. Précisément pendant que j’étais à la bibliothèque avec Rose et Albus. La chose ou la personne était là, en même temps que nous.

- Et vous n’avez rien vu? s’étonna Dylan.

Il secoua la tête. Une boule douloureuse venait de se former dans sa gorge. Il devait faire quelque chose. Il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas rester là à rien faire. Les professeurs étaient compétents, ils n’en doutaient pas, sauf que certains détails pouvaient leur échapper. Déjà parce que qui ou quoi que cela pouvait être… les professeurs étaient les personnes à éviter à tout prix. Mais les élèves? Ils n’étaient que des cibles, semble-t-il. Et une cible potentielle n’était pas aussi redoutable.

Sauf lorsqu’il était question de ses amis et lui.

- Quel plan débile est-ce que tu as en tête?

- Retourner à la bibliothèque, répondit-il à son cousin.

- Maintenant? geignit Liam.

- Oui, maintenant.

- Et moi qui croyais pouvoir dormir… soupira Dylan.

James leva à nouveau les yeux au ciel avant de se tourner vers ses meilleurs amis en disant :

- Une nouvelle enquête commence.

- Je n’aime vraiment pas ce sourire, marmonna Louis.

- Tu ne devrais pas t’inquiéter à ce propos. On va enquêter et demain on rassemble tout le monde pour faire le point. Sur cette Allison, sur les attaques et sur tout le reste.

- Est-ce que tu oublies qu’on a les ASPICs cette année, James? lui fit remarquer le seul membre de sa famille présent.

- On fera nos devoirs en même temps! Ça nous donnera une excuse pour être tous ensemble!

- Merlin…

Mot prononcé par les trois autres personnes réveillées de la pièce. Un sourire encore plus moqueur étira ses lèvres et il ajouta :

- Mais avant de partir en expédition… J’ai mon propre interrogatoire à passer.

- C’est hors de question! s’exclama Louis.

- Si tu ne veux pas que je fasse une scène demain à la Grande Salle, tu es mieux de me répondre cette nuit, ici, maintenant.

Il ne rata pas l’air embarrassé qui apparut sur le visage de Liam et Dylan ni toutes les émotions qu’il avait précédemment constatées chez son cousin. Quelque chose s’était passé et ça avait un lien avec Joshua. Du moins, il le soupçonnait puisque ce dernier avait été présent avant de subitement s’en aller. Pour quelle raison? C’était ce qui lui restait à découvrir. Tout comme le pourquoi cette question pouvait faire rougir d’embarras Louis.

- Dooonc… Est-ce que je peux savoir ce qu’il s’est passé pendant que j’étais à la bibliothèque? Parce que je suis presque sûr que lorsque nous sommes partis d’ici, tu ne te souvenais pas d’une certaine Allison.

Il était toujours debout sur son lit et regardait son cousin fixement pendant que ce dernier avait les yeux obstinément tournés vers le plafond. Après ce qui sembla être une éternité pour James, il entendit son faux jumeau soupirer. Quoi qu’il ait à dire, ça semblait le ronger de l’intérieur. Ou du moins, ses pensées étaient entièrement tournées vers cet élément au détriment de tous les autres. Et comme il ne l’avait jamais vu comme ça, obsédé à ce point sur un sujet quelconque, ça avait de quoi le surprendre et… l’inquiéter aussi.

- J’ai retrouvé des bribes de souvenirs sur Allison quand j’étais avec Albus et Rebecca.

- Moment où tu as utilisé tes pouvoirs de Vélane, se souvint James.

- Oui. Alors… j’en ai tiré une certaine conclusion.

- Hein? Laquelle? De qu’est-ce… Oh.

Il commençait à replacer les évènements, ou du moins ce qu’il lui était possible de déduire. Probablement que Louis avait voulu retenter l’expérience. À plus grande échelle. Chercher à en apprendre davantage, mais ça impliquait d’utiliser ses dons. Et comme il se trouvait en présence de plusieurs personnes… Enfin, le problème de cette solution était surtout les filles. Mais quel était le rapport avec Joshua? De ce qu’il en savait, le pouvoir de son cousin n’atteignait pas les mecs, alors…

- Donc, oui, j’ai utilisé mes pouvoirs cette nuit pendant que tu étais absent. J’ai pris soin d’empêcher les filles de bouger, par mesure de précaution.

- Et?

- Eh bien… il ne s’est rien passé avec elles.

Ça il s’en doutait, mais ça n’expliquait toujours pas pourquoi Joshua était parti ni pourquoi tout le monde semblait à cran quand ils étaient revenus Rose, Albus et lui. Il avait peut-être une idée, mais c’était complètement invraisemblable. Le nombre de conversations que Louis et lui avaient eu concernant des filles… Serait-il possible que son cousin…? Mais non, ce n’était pas comme ça que ça fonctionnait. Les pouvoirs de Louis n’étaient pas affectés par les attirances de ce dernier. Si tel était le cas, il y aurait sans doute eu beaucoup plus de personnes dans cette pièce à avoir été sous le charme… Sans doute comme lors de ce fameux incident qui avait poussé son cousin a ignoré ses dons, mais en pire. Bien, bien pire. Un rictus amusé étira ses lèvres à cette idée.

- Je ne veux même pas savoir à quoi tu as pu penser pour avoir cet air-là… grommela l’intéressé.

- Tu es certain? Pourtant c’est une pensée très intéressante!

- Absolument.

- Enfin, ce n’est pas important. Tu allais me raconter la suite, c’est ça?

Il y eut un nouveau soupir du côté de son meilleur ami et il l’analysa rapidement. Il semblait s’être soudainement beaucoup plus tendu, à l’instar de ces deux autres meilleurs amis. Par Merlin, il avait manqué quoi au juste! Cette réaction commune n’était pas habituelle pour aucun des trois, alors tous en même temps? D’habitude, c’était lui-même qui se retrouvait dans les situations les plus embarrassantes! Comme la fois où une fille s’était tout simplement jetée sur lui pour l’embrasser. Il avait été surpris. Très surpris. Et très, mais vraiment très dégoûté aussi. On le prenait pour quoi? Un trophée? Un jouet?

Il revint au moment présent en voyant son cousin prendre une grande inspiration et pour la première fois de sa vie il entendit ce dernier avoir un ton hésitant, inquiet, perdu… Il n’avait jamais vu celui qu’il considérait comme son frère, son jumeau, se montrer aussi vulnérable et être complètement noyé dans l’incompréhension.

- Je… J’étais toujours en train d’amplifier la force de mes pouvoirs lorsque… lorsque… quelqu’un m’a plaqué contre le mur. J’ai perdu ma concentration… et complètement arrêté ce que je faisais. Inconsciemment. Quand… Quand… Humm… Joshua…

- Oui…? Joshua… l’encouragea-t-il.

Le visage de Louis tourna à l’écarlate presque instantanément. On aurait presque dit une tomate trop mûre sur le point d’exploser. Sans doute qu’à ce moment Liam et Dylan décidèrent que leur ami faisait un peu trop pitié à être incapable de parler, car ils ajoutèrent à tour de rôle :

- Joshua a plaqué Louis contre le mur.

- Et l’a embrassé.

Joshua? Joshua avait… embrassé Louis? Le cerveau de James tourna au ralenti pendant au moins une minute à essayer d’analyser cette information. D’accord… Mais où était le problème exactement? D’accord, ça avait dû ébranler son cousin, parce que déjà qu’il avait des problèmes avec les filles à cause de son don, maintenant c’était encore pire. Mais Joshua? Il n’avait jamais vraiment beaucoup discuté avec lui, alors il ne pouvait pas être complètement certain dans quelle branche il se situait… Filles, mecs, les deux? Aucun? Bon, il pouvait maintenant exclure des possibilités le « aucun » et le « filles uniquement ». Mais si Joshua était intéressé par les mecs ou les deux sexes, pourquoi aurait-il quitté la Salle sur Demande précipitamment?

- Tu l’as repoussé? C’est pour ça qu’il est parti?

Il pensait que son cousin avait atteint la teinte maximale de rouge qu’un être humain pouvait avoir, mais apparemment il avait tort. Il devrait sans doute aller chercher un seau d’eau froide… ou peut-être qu’un sortilège d’eau suffirait? Un petit Aguamenti et c’est fini? Humm…

- Je… Pas vraiment.

- Qu’est-ce que ça veut dire « pas vraiment »?

Aucune réponse. Louis semblait sur le point de perdre connaissance. James tourna donc la tête vers les deux autres, en quête d’une réponse provenant des deux témoins de la scène qui étaient présents.

- Il ne l’a pas repoussé, commença Dylan.

- C’est… C’est Joshua, en fait.

- Oh…

Bien, apparemment il pouvait maintenant classer son meilleur ami dans la catégorie des « allons pour les deux! ». Mais… Ça voulait dire que… Ses sourcils se froncèrent et il s’exclama :

- Ça, c’est fort! Tu ne m’as jamais rien dit espèce de vieux cachotier! (Un petit sourire amusé étira ses lèvres) Alors… comme ça tu as deux océans dans lesquels pêcher?

- Très, très drôle, Potter! gronda Louis.

Il hoqueta de surprise. Les seules fois où son cousin l’appelait par son nom de famille c’était parce qu’il était vraiment confus ou effroyablement en colère. Parfois les deux. James commença à se dandiner surplace, ne sachant pas trop ce qu’il devait dire ou faire. Il ne savait jamais sur quel pied danser quand son meilleur ami était dans cet état. Et généralement, le mieux à faire était d’attendre que la bulle explose. Chose qui devrait arriver dans dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un…

- Comment peux-tu croire que je te cacherais quelque chose comme ça, au juste? Et puis comment aurais-tu voulu que je te dise quelque chose alors que je l’ignorais? Et je suis censé savoir comment si c’est vraiment le cas ou si c’était l’histoire d’une seule fois? Et pourquoi Joshua est parti comme ça? Il n’avait rien fait de mal, et je lui ai dit! Mais il est parti quand même! Est-ce parce qu’il regrette? Mais pourquoi il regretterait quelque chose qui n’est pas de sa faute, mais la mienne? Est-ce qu’il m’en veut et c’est pour ça qu’il est parti?

James resta muet un moment après que le dernier mot se soit enfoncé dans le silence. Enfin, un presque silence puisqu’ils pouvaient tous très bien entendre les ronflements semi-discrets de Samuel. Dans tous les cas, aucun d’eux ne parlait. Et il n’était pas certain de ce qu’il devrait dire de toute façon. C’était toutes des questions pertinentes que se posait son cousin. Sauf qu’il n’avait aucune réponse à lui fournir. Sauf à l’une des questions, mais c’était la moins importante. Mais il le devait bien.

- Je le sais bien, c’était seulement pour plaisanter.

- Je n’ai pas vraiment envie de plaisanter, James.

- À ce point-là? s’étonna-t-il.

Pour que Louis n’arrive pas à prendre les plaisanteries sur le sujet, c’était qu’il le trouvait vraiment important. Il s’efforça autant que possible de ne pas sourire moqueusement alors qu’il commençait à y voir un peu plus clair. Il n’était pas certain que son cousin soit parvenu aux mêmes conclusions que lui, mais il ne serait pas surpris que ce soit effectivement le cas et que c’était pour cette raison qu’il était autant à fleur de peau.

Parce Louis venait de découvrir quelque chose.

Que ce soit simplement pour un individu seulement ou pour tous ceux de sexe masculin, son meilleur ami venait de découvrir qu’il n’était pas indifférent. Il y avait seulement une raison pour laquelle il pourrait être autant inquiet au sujet de Joshua et ses motivations. C’était parce que ce dernier avait fait une très forte impression chez son cousin. Était-ce seulement passager? Ça il ne pouvait pas en être certain. Une chose était certaine, toutefois, et c’était qu’il était loin d’être indifférent au Serpentard. Pour l’unique et bonne raison qu’il ne l’avait pas repoussé. Et avec les sous-entendus contenus dans les réponses de ces deux autres meilleurs amis, il savait que le moment entre Joshua et Louis avait duré plus longtemps que l’aurait permis l’élément de surprise. Et si ce n’était pas le dernier qui avait rompu le tout… Ouais, c’était clair.

Son cher jumeau-non-officiel avait un petit faible.

Enfin! Il avait la contre-attaque parfaite pour toutes les fois où son cousin amènerait Ruby dans leurs conversations! Pas qu’il ressentait quelque chose pour elle… Pas dans le sens sous-entendu par son cercle d’amis, en tout cas. Mais bref. Ce n’était pas important. Pour une fois, Louis semblait vraiment en pincer pour quelqu’un. Peut-être que ce ne serait pas sur le long terme. Peut-être que c’était passager. Mais comme pour un certain autre évènement… James ne lui permettrait jamais d’oublier celui-là. Oh que non!

- Tu devrais peut-être aller lui parler, finit-il par ajouter en voyant que le silence s’éternisait.

- Tu rigoles, pas vrai? Toi? Toi tu me dis que je devrais aller lui en parler? Alors même que tu refuses de le faire avec Shepherd?!

- Il n’y a rien entre Shepherd et moi, à la fin! s’énerva-t-il. Et ne change pas de sujet!

Son cousin leva les yeux au ciel en secouant la tête.

- Tu vas aller lui parler, insista-t-il. Tu ne peux pas continuer à te torturer l’esprit avec ces questions. Et si vous êtes seul à seul, je ne vois pas pourquoi ça se passerait mal. Peut-être que tu n’es pas le seul à avoir fait une découverte. Peut-être que Joshua est plus timide et…

- C’est bon, ça suffit!

- Non! Tu vas aller lui parler, sinon je te dénie le droit d’être chez les Gryffondor! Et je suis sûr que Joshua a autant besoin que toi d’avoir cette discussion!

- Ce n’est pas si simple…

- En quoi exactement? Tu vas le voir, tu lui demandes de parler seul à seul et tu poses tes questions. Tu aurais pu tomber sur pire que Joshua…

- Hein?

- T’imagines si ça avait été Parkinson?

L’air complètement épouvanté de son cousin l’obligea à afficher son fidèle sourire en coin. Rien de mieux que d’horrifier sur une situation autre, bien pire que celle présente pour gagner quelques points.

- D’accord… D’accord. J’irai lui parler. Mais pas tout de suite. Après-demain peut-être. J’ai besoin…

- De réfléchir, oui, je connais la chanson. Mais si tu n’y es pas allé après-demain, tu peux compter sur moi pour faire en sorte de vous coincer tous les deux dans un placard à balai pendant deux heures! Et exigu le placard à balai!

L’air mutin qu’il afficha en prononçant les derniers mots fit en sorte que le rouge prenne à nouveau possession des joues de Louis et qu’il le foudroie du regard. Sauf que James ne retirerait jamais ses paroles. Parce qu’elles étaient vraies. Si son cousin ne respectait pas sa parole, il ferait en sorte de les coincer quelque part ensemble. Quelque part de restreint. Rien de mieux qu’une forte proximité pour forcer deux personnes à se parler. Pour éviter l’inconfortable silence et essayer d’ignorer la situation embarrassante. Et il y a aussi le fait de parler pour éviter d’en arriver à une autre activité. Même si parler pouvait aussi entraîner cette action, de fil en aiguille… Et s’il se fiait au visage de son meilleur ami, cette idée l’angoissait, le paniquait et l’intéressait.

Pour un peu, et il serait presque prêt à embrasser Joshua pour voir.

Sauf que son cousin le tuerait pour ça. Et il n’était pas du genre à embrasser sans raison valable non plus. La situation était déjà suffisamment compliquée comme ça… Mais Joshua devait vraiment être doué pour avoir laissé une telle impression sur Louis. Cette idée lui donnait toujours autant envie de sourire. Et de ricaner. Sauf qu’il s’en empêcha. Il y avait des choses plus importantes à faire pour le moment.

- Bien, reprit-il après quelques minutes de silence. Prêts pour une dernière quête nocturne?

Ses trois meilleurs amis hochèrent la tête avec à la fois de l’intérêt et un manque de conviction. Il comprenait ce sentiment, lui aussi aurait voulu dormir… mais s’ils n’y allaient pas ils rateraient leur chance. Et James n’arriverait pas à fermer l’œil de la nuit. Chose qu’aucun d’eux, lui compris, ne souhaitait.

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Alors voilà pour ce charmant petit bonus! J'ai maintenant une nouvelle question pour vous... Est-ce que vous voudriez que j'écrive en bonus ce que vont découvrir James, Louis, Dylan et Liam? Je n'écrirai pas ce passage dans les chapitres même s'ils reviendront dessus. Quant à cette fameuse discussion entre Louis et Joshua, elle aura lieu dans le chapitre 10 :twisted: Au fait, si jamais vous vouliez un certain bonus sur des évènements antérieurs ou des demandes spéciales, quelles qu'elles soient, dites-le! Et je verrai ce que je peux faire :D Je sais déjà que je planifie en faire un ou deux sur Jo-Josh et Lulu :lol:
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Ouiiiiii !
Ah, j'adore vraiment trop James et Louis 8-) :D .
Le tact, James, le tact ! James me fait vraiment trop rire avec ses sourire narquois et ses remarques :lol:
Ce dernier souffre d'ailleurs d'Allisonite (maladie dont le principal symptôme est de nier être amoureux de quelqu'un) mais moins qu'elle quand même !
Sinon j'attends avec GRANDE impatience le discussion Louis/Josh (dans un placard à balais exigu s'il vous plait ! :lol: 8-) )
Après, pour le bonus, je suis pas contre (voir même pour...) sauf si ça te fait perdre du temps d'écriture ou si ça t'embête... ;)

Ps : Je relis vraiment la fic en entier et j'en suis déjà au milieu du T1 Alor que j'ai commencé hier matin... Je me déprime ! :roll:
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Ouiiiiii !
Ah, j'adore vraiment trop James et Louis 8-) :D .
Le tact, James, le tact ! James me fait vraiment trop rire avec ses sourire narquois et ses remarques :lol: James est tout aussi marrant à écrire xD
Ce dernier souffre d'ailleurs d'Allisonite (maladie dont le principal symptôme est de nier être amoureux de quelqu'un) mais moins qu'elle quand même ! On ne peut pas faire pire qu'Alli xD Quoique James est particulièrement doué quand même :lol:
Sinon j'attends avec GRANDE impatience le discussion Louis/Josh (dans un placard à balais exigu s'il vous plait ! :lol: 8-) ) Je pense que Louis ne se risquera pas à tester James, tout le monde sait que James tient ses promesses quand ça concerne ce genre de chose :roll: :lol: Mais je ne dis pas qu'une scène du genre n'arrivera jamais :twisted:
Après, pour le bonus, je suis pas contre (voir même pour...) sauf si ça te fait perdre du temps d'écriture ou si ça t'embête... ;) Je ne pense pas que ça me fera perdre du temps d'écriture, et ça m'embête encore moins. Normalement je m'arrange pour écrire les bonus dans des moments autres que ceux que je prévois pour écrire les chapitres en tant que tel :D

Ps : Je relis vraiment la fic en entier et j'en suis déjà au milieu du T1 Alor que j'ai commencé hier matin... Je me déprime ! :roll: Merlin :shock: Tu es à fond! :lol: À ce rythme tu vas l'avoir relu au complet pour la sortie du chapitre 9 :lol: En tout cas, bonne continuation :mrgreen:
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Est-ce que j'aurais dû dormir au lieu de publier ce chapitre passé 2h du matin? Probablement. Est-ce que je pouvais attendre? Nope. Pourquoi? J'avais l'intention de le publier dans la journée de samedi et que voilà, ça n'a pas fonctionné. Et puis, me connaissant, je ne vais pas m'endormir avant trois heures du matin... Alors qu'est-ce que ça pouvait faire? Bref, peu importe. Re-bonjour pour ceux et celles qui sont venus il y a une semaine exactement (pas heure pour heure, mais on s'en fout!). Hello pour ceux qui débarqueraient maintenant! Comme vous allez rapidement le constater et que je n'ai pas changé mes habitudes... on est passé à Alli! :mrgreen: Je ne sais pas si vous trouvez encore que l'intrigue est longue à venir (ou à avancer), mais normalement l'une d'elles est en voie de commencement et une autre jaillira tout bonnement quelque part dans le chapitre. (Rappel qu'il y aura trois intrigues dans ce tome ;)) Je m'excuse donc si c'est lent, mais compte tenu qu'il y aura 35 chapitres... et que j'ai besoin de développer d'autres éléments que les intrigues principales :roll: J'espère au moins que mes chapitres ne sont pas barbants (ça serait vraiment triste, vu leur longueur :shock: :cry: ) Donc... Au sujet du bonus d'expédition de James et ses trois compatriotes, normalement je devrais le publier à mi-chemin entre le chapitre présent et le prochain. Je n'ai pas encore commencé à écrire ni l'un ni l'autre, mais je m'y mettrai demain soir pour le chapitre et dans la semaine (sans doute) pour le bonus. :mrgreen: Bon, j'arrête le blabla ici. J'espère que ce chapitre ne vous décevra pas et je vous conseille (pour ceux qui n'ont pas relu le tome 2 au complet) de retourner voir la fin du chapitre 7. Sur ce, bonne lecture!


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Chapitre 9


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- Dégage! me grogna-t-elle au visage en voyant que je ne réagissais pas à son regard furibond.

- J’adorerais, vraiment. Mais tu ne vois pas que le professeur est sur le point de commencer son cours? susurrai-je avec un grand sourire moqueur.

Je pouvais presque voir la fumée s’échapper de ses oreilles alors qu’elle expirait avec ce même air furieux. C’était sans doute la pire idée que j’avais eue… ou la meilleure. Je n’arrivais pas à savoir si ça me faisait mal au cœur de la voir comme ça ou si je trouvais trop intéressant de l’asticoter comme ça. Peut-être était-ce les deux?

- Je suis sûre qu’on va bien s’amuser! affirmai-je en élargissement volontairement mon sourire jusqu’à en avoir mal aux joues.

J’entendis distinctement son grondement, mais c’était probablement dû au fait que j’étais toute proche. Du moins, c’était ce que je me disais puisque personne ne s’était tourné vers nous. Du coin de l’œil, je vis Eleonora Strikers s’arrêter brusquement et me dévisager avec les yeux grands ouverts. Elle ouvrit la bouche avant de la refermer et de regarder à gauche et à droite.

- Miss Strikers? Attendez-vous une permission pour vous asseoir? l’interrogea le professeur.

- Non, professeur.

- Alors que faites-vous debout?

- Je… J’y vais immédiatement, professeur.

Je me sentis quelques secondes désolée pour elle, mais elle ne semblait pas vraiment s’émouvoir de s’asseoir à côté de quelqu’un d’autre. Se faire interpeler ainsi par un professeur lors de la première journée de cours, par contre… Ça ne devait pas être joyeux. Surtout que d’un coup d’œil j’étais prête à affirmer qu’elle était studieuse. Bien, maintenant, il fallait mettre le plan en œuvre.

Et idéalement sans précipitation.

Ce qui signifiait que je ne pouvais pas derechef essayer d’être amicale avec Harpie-Rose. De toute manière, si j’essayais, elle m’enverrait dans le Lac Noir. L’idéal c’était de me montrer tel que j’étais pour les premières semaines. Et de la forcer à me côtoyer autant que possible. Mais seulement pendant les cours. Si j’insistais trop pour être autour d’elle, elle suspecterait quelque chose. Si je m’en tenais aux cours, elle pensera que j’essayais seulement de l’agacer.

Évidemment, c’était en partie le cas.

Sauf que ce n’était pas le but premier. Là, en ce moment, je devais lui montrer indirectement que j’étais tout aussi studieuse et sérieuse qu’elle. Si je m’exécutais correctement, elle finirait par en déduire que je ne pouvais pas vraiment être du genre à inventer des histoires sans queue ni tête. Même si, pour être honnête, c’était le cas. On ne pouvait pas répliquer aux coups de James sans avoir une dose de folie en soi. Et folie impliquait souvent des scénarios grotesques.

Je pris donc un soin calculé à placer chacun des objets dont j’aurais besoin pour le cours. Un encrier, deux plumes et des parchemins. Disposer à la fois de manière organisée et désorganisée. Faire comme si chacun de mes choix et mouvements n’était pas orchestré. Chose qui n’était pas simple lorsque c’était effectivement le cas. La seconde suivante, j’adressais un nouveau sourire à Rose avant de me tourner vers l’avant de la classe, et donc le professeur Jenkins. D’ailleurs, celle-ci tourna son attention vers nous et demanda :

- Miss Granger-Weasley, n’êtes-vous pas habituellement assise avec Miss Strikers?

Je levai rapidement la main avant de dire :

- C’est ma faute, professeur Jenkins! J’ai demandé au professeur McGonagall s’il m’était possible d’avoir une personne de Poudlard pour me prêter main-forte pendant les cours… et Rose Granger-Weasley s’est proposée. Pour les cours que je partage avec les Gryffondor, bien sûr!

- Excellente initiative, Miss Granger-Weasley. Cinq points pour Gryffondor. Mais vous êtes?

La question m’était adressée. Et malgré que je devais m’empêcher de ne pas grincer des dents face aux points accordés, je répondis avec courtoisie :

- Allison Lévesque-Williams.

- Je me disais bien que vous me sembliez familière. Bien. Je vous souhaite la bienvenue à Poudlard, Miss Lévesque-Williams. Je suis certaine que vous vous y plairez.

- J’en suis convaincue aussi, affirmai-je.

Si on exceptait quelques détails, je ne me sentais nulle part mieux qu’à Poudlard!

- Fort bien. Maintenant, commençons. Aujourd’hui, je n’ai pas prévu un horaire trop chargé, je préfère que l’année débute en douceur. Ne vous faites toutefois pas de faux espoirs, il y aura des devoirs.

Plusieurs soupirs se firent entendre, mais elle poursuivit tout de même.

- Vous commencerez la première moitié de cours par quelques exercices de révision de la matière apprise l’an dernier. Je parle bien entendu d’exercices pratiques. Et je vous conseille grandement de faire équipe avec vos partenaires de bureau. Voici les sortilèges que je souhaite vous voir pratiquer.

D’un mouvement de baguette, elle inscrivit une liste de dix sortilèges sur le tableau derrière elle. Elle conclut ensuite :

- Nous conclurons le cours avec de la théorie que vous devrez réviser pour le prochain cours. Évidemment, je vous ferai part plus en détail tout à l’heure de ce que j’attends exactement de vous pour ce devoir. Veuillez vous préparer, maintenant.

Pendant les cinq minutes suivantes, tout ne fut que brouhaha incompréhensible alors que tous les élèves ouvraient leur manuel, sortaient des notes de cours, plaçaient divers objets et discutaient de tout, que ce soit relié au cours ou non. Lorsque le débit sonore se calma enfin suffisamment pour s’entendre parler, Harpie-Rose se tourna vers moi en plaçant des objets avec la même crispation qui possédait sa mâchoire lorsqu’elle dit :

- Pourquoi tu as fait ça?

- Pourquoi j’ai fait quoi? lâchai-je sur un ton innocent en préparant mon propre matériel.

- Pourquoi tu as dit au professeur Jenkins que je m’étais portée volontaire pour t’aider?

- Je n’avais pas envie que tu trouves un prétexte pour me jeter dehors de ce bureau. Et puis, d’après ce qu’on dit, tu es l’élève la plus douée chez les sixièmes années. Je serais idiote pour ne pas en profiter.

- Alors tu ne cherches qu’à m’utiliser?

- Pas exactement. Je crois que tu comprendras rapidement que je peux t’être tout aussi utile… avançai-je en exécutant un sortilège particulièrement compliqué que nous avions appris l’année précédente.

Elle m’observa un moment, la manière dont j’avais de tenir ma baguette, mon degré de concentration, ma posture. Lorsqu’elle posa à nouveau ses yeux au niveau des miens, elle trancha :

- Tu n’as pas besoin de mon aide.

J’eus un léger sourire en coin avant de répondre :

- Bien sûr que si, Granger. J’ai affreusement besoin de ton aide…

Je fis de mon mieux pour rater la fin du sortilège de manière crédible, mais ma voisine fronça les sourcils avant de répéter :

- Tu n’as pas besoin de mon aide.

- Je te répète que si. J’ai besoin d’une adversaire à ma mesure. L’es-tu?

Ses sourcils se froncèrent davantage et elle marmonna :

- Tu joues avec moi.

- Absolument pas. Mais je déteste m’entraîner avec des gens qui n’arrivent pas à suivre.

C’était faux. Complètement faux. Mais je ne pouvais pas nier que j’adorais m’entraîner avec Rose, car j’avais l’impression d’avancer plutôt que de piétiner. Par ailleurs, c’était avec quelqu’un du même niveau que toi que tu pouvais vraiment exercer ta capacité à exercer un sortilège. Certes, avec quelqu’un d’encore plus doué tu pouvais repérer tes erreurs et apprendre plus vite… mais il y avait une certaine saveur à savoir que peu importe tes efforts, tu ne pouvais ni gagner ni perdre. Que tu étais condamné aux matches nuls.

Chose qui avait toujours été le cas avec Rose.

- Très bien, soupira Harpie-Rose. Mais que les choses soient claires, je ne t’aime pas ni ne t’apprécie. On ne deviendra jamais amies. Et si tu penses que je vais croire tes délires…

- Pas besoin de me faire un dessin, j’ai compris.

Je levai les yeux au ciel à la fin. Ça m’avait tout pris pour ne pas laisser paraître la douleur que ces mots m’avaient causée. En ce moment, j’aurais tout donné pour pouvoir la remettre à sa place, la faire taire. Lui crier dessus. Dire qu’elle était injuste. Égoïste. Égoïste parce qu’en ignorant le lien qui nous liait Albus, Scorpius, elle et moi… ça affectait tout le monde. Et plus particulièrement les deux premiers intéressés. Elle les avait privés de quelque chose de tellement important…

J’avais envie de la secouer rien que d’y penser.

Sauf que ce n’était pas le moment. Et de toute manière, je savais très bien que j’étais la plus têtue des deux lorsque j’avais une idée en tête. Elle avait peut-être réussi à éviter Scorpius et Albus pendant cinq ans… mais moi? Oh, moi, elle ne me connaissait pas. Elle ne savait pas à quel point j’allais lui faire regretter les paroles prononcées à mon encontre. Elle pensait qu’on ne deviendrait jamais amies? Eh bien, moi je disais que oui. Et elle ne pourrait rien faire pour empêcher que ça arrive, car elle n’avait aucun moyen pour se protéger contre moi. Le seul obstacle à ma réussite serait ma propre précipitation.

La clé, c’était de prendre mon temps.

Étais-je capable de mesurer chacun de mes pas, de me fondre dans un moule jusqu’au moment de donner le coup de grâce? De piéger ma proie? J’en étais presque certaine, mais faire preuve de patience, ce n’était pas toujours ma tasse de thé. Mais j’allais faire en sorte d’y arriver. Je n’avais pas droit à l’erreur. Parce qu’au bout du compte, si j’échouais ici… je pouvais déjà demander à ce que l’on me prépare mon cercueil.

Je reléguai ces pensées dans un coin de ma tête et pendant toute la partie du cours consacrée à la pratique de l’ancienne théorie je m’efforçai d’agir le plus neutre que possible vis-à-vis de Rose. Heureusement pour moi, elle semblait posséder le même niveau que celle qui était ma meilleure amie. Tant mieux, au moins ça, ce n’était pas différent…

Lorsque la partie théorique commença, on s’ignora toutes les deux pour le reste du cours. Je pris en note tout ce que disait le professeur Jenkins avec soin et elle en faisait de même, je le voyais bien du coin de l’œil. Je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir ce pincement au cœur à l’idée que tout était si semblable… et à la fois complètement différent. Ma Rose me manquait. Bloodyclaws me manquait. Ma meilleure amie… Je chassai à nouveau cette pensée pour me concentrer pleinement au cours. À l’annonce du devoir, j’eus un petit sourire. Il fallait simplement connaître la théorie de la journée aussi bien que possible pour la semaine suivante, car nous serions interrogés là-dessus, d’ailleurs il valait mieux l’avoir assimilé puisqu’un début d’exercice pratique serait en vigueur. L’ironie de tout ça, c’était que je connaissais déjà le sortilège. Et comme je le maîtrisais… Bref.

J’adressai un sourire factice à Rose en lui hochant un signe de tête, elle répondit de même et on quitta la salle de classe sans échanger un mot. Elle se devait de conserver les apparences pour le professeur Jenkins. Et évidemment, elle n’aurait d’autres choix que de faire la même chose pour tous les autres cours où Serpentard et Gryffondor auraient en commun. C’était une partie du plan. Dès que j’arrivai dans les couloirs, je croisai le regard de Ruby et une boule se forma dans ma gorge.

Une autre tâche difficile m’attendait encore avant que la journée se termine.

Et celle-ci serait sans doute la plus difficile, car je briserais systématiquement tous les espoirs d’une personne que j’appréciais énormément. Mais avant… il fallait que je mange. Je ne pouvais pas me permettre de ne rien avaler. Parce que si je n’avalais rien, je risquais de perdre connaissance avant même d’avoir pu dire quoi que ce soit à Ruby. Et ça, ce serait encore pire.

Mais je n’eus pas le temps d’y réfléchir davantage que l’on m’attrapait par le bras pour m’éloigner de la foule d’élèves qui sortaient pour se diriger pour certains vers la Grande Salle pour d’autres leur Salle Commune ou peu importe où pouvaient aller se diriger le reste. Toujours était-il que la majorité allait tous dans la même direction, mais que les doubles d’Albus et de Scorpius l’avaient entraînée jusqu’à un coin relativement calme.

- Alors, comment ça s’est passé? s’enquit le dernier.

- Étant donné qu’elle ne m’a pas arraché la tête ni essayé de le faire… Je dirais plutôt bien.

- Étonnant à quel point tu as bien saisi ma cousine alors que ça ne fait pas deux jours que tu es ici!

- Que veux-tu, c’est naturel chez moi! lançai-je avec un sourire moqueur.

- Ah, oui, très drôle, marmonna Albus.

Mon sourire s’élargit, mais disparut à l’instant où ils me questionnèrent plus en profondeur sur comment s’était déroulé l’après-midi. Au fur et à mesure que je parlais, ils commencèrent à me dire ce qui avait été une bonne idée et ce qui l’était moins. Non pas que je leur avais demandé leur avis, sauf que pour certains points, ils n’avaient pas tort. Comme pour le fait que je ne devrais pas abuser des taquineries, parce que sinon elle finirait vraiment par m’arracher la tête. Ou pire, décidé que je n’étais vraiment pas quelqu’un de fréquentable.

Chose qui était précisément l’inverse de ce que je voulais.

Mais je ne pouvais pas complètement abdiquer non plus, car ça ne ferait que porter Rose à émettre des soupçons à mon égard. Encore une fois il faudrait que j’y aille graduellement. J’espérais vraiment en sortir grandie de cette épreuve, car il n’y avait rien de plus contre nature pour moi d’y aller graduellement. Je faisais tout ou presque sur un coup de tête. Sauf l’étude. Mais le reste? Le reste c’était toujours sur un coup de tête. Peu importe quel moment de ma vie on regardait, on retrouvait toujours cet élément qui démontrait que j’étais une tête brûlée. Je pouvais aussi mettre bien du temps et de la planification pour une vengeance. Mais là n’était pas la question.

Très loin de là, même.

- Bon, après dîner tu vas parler avec Ruby, c’est ça? me demanda Albus alors qu’on arrivait à notre Salle Commune.

- Oui. Et j’espère ne pas mourir.

- Elle est quand même gentille, je ne crois pas qu’elle… commença Scorpius.

- Crois-moi, elle en serait capable.

Ils me regardèrent tous deux avec les sourcils froncés, mais je les ignorai pour me rendre dans mon dortoir. J’avais besoin de deux minutes pour décompresser, me changer les idées, fermer les yeux et prendre une grande inspiration pour me calmer. Car j’aurai besoin d’être détendue pour traverser le reste de cette journée. Et survivre à la panique qui enflait en moi. Mais était-ce seulement possible? Parce qu’il y avait aussi la colère sourde résultant de l’évasion de Berkeley. La fureur de ne pas être avec mes amis. Le désarroi aussi. Vraiment il y avait plusieurs éléments qui nécessitaient que je prenne un moment pour me calm…

- Alors, le clébard, qu’est-ce que ça fait d’être suspendu au plafond?

Clébard? Plafond? Mon sang ne fit qu’un tour et je passai tout proche de défoncer la porte menant à mon dortoir dans ma hâte de savoir ce qui se passait. Une fois à l’intérieur mon visage tourna au rouge tomate, ma respiration fut coupée et si un regard pouvait tué la fille devant moi serait six pieds sous terre. Après avoir subi mille et une tortures que mon esprit n’avait pas encore réussi à mettre dans une liste concrète. Mais ça ferait mal.

Oui, parce qu’Ashley Davidson se trouvait devant moi. Spock face à elle. Ou plutôt au-dessus de sa tête. Suspendu dans le vide par une patte. Je pouvais lire la terreur dans ses yeux bruns. Et les gémissements de panique? J’en aurais pour des mois à en faire des cauchemars.

- ASHLEY DAVIDSON! rugis-je. RELÂCHE MON CHIEN OU JE TE JURE QUE TU AIMERAIS MIEUX ÊTRE MORTE!

La pire chose qu’elle pouvait faire… elle le fit. Elle se mit à ricaner et avec un ton condescendant qui se voulait compatissant elle souffla :

- Qu’est-ce qu’il y a, Beauxbâtons? Ça fait mal à ton petit cœur de voir ton bâtard de chien comme ça?

Est-ce qu’un jour je cesserai d’avoir des mauvaises surprises avec cette réalité? Par Morgane! Je n’avais rien demandé de tout ça! Qu’avais-je fait pour… mériter toutes ces choses? Toutes ces horreurs? Tous ces… cadeaux empoisonnés? Rien! Ou en tout cas, rien qui ne justifiait de telles choses.

- Relâche. Mon. Chien.

- Mais on s’amusait bien, lui et moi… susurra-t-elle.

En moins d’une seconde ma baguette apparaissait entre mes doigts et je la pointais en direction de la Serpentard qui, d’où je venais, était loin d’être aussi garce. En ce moment, elle arrivait presque à la hauteur de Rebecca et vraiment… celle-là était sans doute la pire. Avec Shannon. Je n’oublierais jamais celle-là. Maintenant que j’y réfléchissais, cette nouvelle Ashley ressemblait énormément à Shannon. Et les deux avaient la mauvaise idée de s’attaquer à mon chien.

- Je ne me répèterai pas, Davidson. Relâche-le.

- Tu n’as vraiment aucun sens de l’humour, Beauxbâtons. C’est navrant.

- J’en ai un, mais je ne crois pas que tu veuilles le découvrir.

D’un mouvement de baguette, elle libéra Spock et ce dernier me rejoignit dans la seconde avant de grogner férocement contre l’autre Serpentard. Je n’avais toujours pas abaissé ma baguette. Je mourrais d’envie de la frapper avec. Ou de lui jeter un sort. Mais j’avais encore en mémoire les propos de la McGonagall de chez moi « Je n’accepte pas la violence dans mon école ». Et même si nous étions en froid toutes les deux… Un sourire en coin se forma sur mes lèvres et en murmurant les paroles à voix basse je le lançai en direction d’Ashley.

Du moins, je le lui laissai croire.

Comme escomptée, elle évita d’un bond mon sortilège qui atteignit son lit à la place, sauf que ça, elle ne sembla pas l’avoir remarqué. Pourquoi? Pour la simple raison qu’elle m’adressa un immense sourire triomphant et supérieur avant de lâcher avec arrogance :

- Tu as encore du travail à faire avant d’atteindre le niveau des élèves de Poudlard, Beauxbâtons.

- Tu as sans doute raison, admis-je faussement en ployant des épaules comme si je me sentais honteuse.

Ce qui était loin d’être le cas. Vraiment. Et elle le comprendrait peut-être dès le lendemain matin lorsqu’elle se lèverait de son lit. Avoir connu James pendant cinq ans pouvait vraiment changer quelqu’un. Et toujours vouloir se venger forçait à toujours se surpasser, car lui ne cessait pas d’y arriver. Ce qui pouvait être vraiment énervant, quoique stupéfiant. J’ignorais si le James d’ici était aussi ingénieux, mais au moins il y aurait peu de chance qu’il me prenne pour cible puisqu’il ne me connaissait pas.

Ou peut-être serait-ce l’inverse?

Peu importe, je verrai selon ce qui adviendra. Ce ne sera qu’encore plus amusant s’il s’en prend à moi sans connaître ma tendance à rendre coup pour coup… Oh oui, je l’apprécierais grandement, celle-là! Et s’il était possible de prendre une photo, version sorcier, de sa réaction pour la garder en souvenir… Magnifique, tout simplement magnifique. Un sourire étira mes lèvres dès l’instant qu’Ashley eut disparu. Pour ma vengeance toute proche, mais aussi pour la perspective de prendre James à son propre piège.

En rejoignant Albus et Scorpius à l’extérieur de notre Salle Commune quelques minutes plus tard, le premier me fit remarquer :

- Tu as l’air de meilleure humeur…

- Rien de mieux qu’une petite vengeance pour redonner le moral!

- Quelle vengeance? s’inquiéta Scorpius.

- J’ai surpris Ashley s’en prendre à mon chien. Demain matin, elle aura une mauvaise surprise, dis-je en souriant de toutes mes dents. Dommage pour elle qu’elle me prend pour une imbécile.

- Elle te prend vraiment pour une imbécile? s’étonna Albus.

Il semblait si surpris que quelqu’un puisse le penser que je le regardai en haussant un sourcil. Le Albus que je connaissais aurait sans doute eu cette réaction, ainsi que Scorp, mais ceux d’ici? Parce que oui, Scorpius aussi semblait étonné. Pourquoi serait-il surpris? Personne ne me connaissait, je venais de Beauxbâtons à leurs yeux et aussi, j’étais la fille de l’un de leurs professeurs. J’étais une cible parfaite.

- Quoi! On pouvait très bien constater que tu étais douée pendant notre cours de Sortilèges! Et tu avais l’air de déjà connaître la matière donnée en théorie... s’expliqua-t-il.

Je fis un énorme effort pour ne pas froncer les sourcils et le dévisager davantage, histoire de ne pas le mettre encore plus mal à l’aise. Ainsi qu’éviter d’appuyer un soupçon avec d’autres éléments compromettants. Cet effort fut toutefois anéanti par mon autre déclaré ami qui lâcha :

- Je n’avais pas prêté attention pendant le cours… Mais pour ma part, je dirais que tu n’as pas l’air imbécile du tout. Plutôt de quelqu’un qui n’hésiterait pas à s’en prendre à quiconque te marcherait sur les pieds. Preuve incontestable que presque tous les Serpentards ont été témoins : ton altercation avec Joshua Flint.

- Ah, oui, ça. D’ailleurs les essais sont quel jour? m’enquis-je.

- Mardi. De la semaine prochaine.

- Ça, je le savais déjà, Albus. Mais merci.

- Bon, on va manger?

J’acquiesçai de la tête en direction de Scorpius et me retins de toutes mes forces pour ne pas jeter un coup d’œil en biais à Albus. Parce que j’étais presque certaine de l’avoir vu rougir légèrement un peu plus tôt et qu’il venait de rougir encore un peu plus après ce que j’avais dit. Je ne voulais pas que mes soupçons soient les bons. Si dans ma réalité et l’année dernière j’avais regretté, ne pas avoir remarqué les signes en provenance de mon Al… Là, maintenant, j’aurais préféré revenir à l’époque où j’étais aveugle.

Le problème c’était que j’avais appris à prêter plus attention.

Et qu’il soit d’ici ou de chez moi, Albus avait quand même le physique d’Albus. La même voix, le même visage, le même corps. Même certaines mimiques étaient semblables! Alors j’étais censé faire comment pour ignorer sans ignorer? Je devais m’arranger de quelle manière pour ne pas tomber dans le piège de les confondre? Il me manquait tellement…

Ils me manquaient tous.

Le sourire que j’affichais jusqu’alors se fendilla légèrement. Comme chaque fois que je songeais trop à mes amis, à la famille que j’avais d’où je venais… mon cœur pesait lourd dans ma poitrine. Ma tête me faisait mal à essayer de me remémorer tous les souvenirs partagés. Les bons comme les mauvais. Je voulais être de retour avec eux. Je voulais rire avec eux. M’amuser. Profiter de mon avant-dernière année à Poudlard avec les personnes que j’aimais le plus! Ennuyer James pour qu’il n’oublie jamais cette dernière année! Profiter de mon ami aussi…

Si je ne revenais pas avant la fin des cours…

Je ne le reverrais jamais à Poudlard. Bon, évidemment, ce serait déjà bien que j’arrive à revenir dans ma réalité. Sans mourir. Mais l’idée de voir pendant une année complète Poudlard sans la présence de James et ses trois autres Cavaliers de l’Apocalypse… Ça faisait mal. Certes, l’année dernière Louis n’avait pas été présent. Ça s’était senti, un peu. Mais James était le pilier central de leurs mauvais coups.

Contrairement à ce qu’avait laissé soupeser ma sortie de la Salle Commune, je ne fus que très peu loquace pendant toute la durée du dîner. Mes pensées étaient à des milliers de réalités d’où j’étais ou encore quelques heures dans le futur. Sauf que là, alors que je sortais de la Grande Salle en courant presque, mes pensées étaient on ne peut plus dans le présent.

Il fallait que je rattrape Ruby.

Parce qu’elle semblait s’être mise en tête que m’éviter était une bonne idée. Je finis toutefois par réussir à l’arrêter par le bras deux couloirs plus loin. Elle se retourna avec une mine à la fois agacée et énervée qui ne présageait rien de bon. J’en tins toutefois aucunement compte et continuai à la tenir par le bras pour dire :

- Il faut qu’on parle.

- Je n’accepte pas les mensonges, Allison Lévesque-Williams.

- Ce ne sera pas des mensonges, promis.

Ses yeux se plissèrent, suspicieux. Je maintins son regard, tentant de lui montrer toute l’honnêteté donc j’étais capable. Elle finit par soupirer et hocher de la tête. Ce qui me poussa à soupirer et sourire légèrement. Je la relâchai également avant de lui faire signe de me suivre. On marcha quelques minutes en silence jusqu’à un placard à balai. Je grommelai entre mes dents quelques secondes, pour la forme en refermant la porte sur nous. Au moment où j’allais prendre la parole, la porte s’entrebâilla suffisamment pour laisser passer une tête. Et pas n’importe laquelle.

Celle de James.

- Alors… Qu’est-ce que vous faites ici, toutes les deux?

- Des manigances! lançai-je ironique.

Pourquoi est-ce que les choses ne pouvaient pas être simples, pour une fois?

- C’est bien ce que je croyais! Rigola le Gryffondor avant d’ouvrir la porte et d’entrer.

Que Merlin abrège mes souffrances…

- Qu’est-ce que vous mijotez? s’enquit l’intrus connu sur un ton de conspirateur.

- Rien, Jiminy. Seulement, Alli voulait m’avouer la vérité.

- J’aimerais mieux qu’on soit… commençai-je, mais Ruby me coupa.

- Peu importe ce que tu as à me dire, tu peux le dire devant lui.

- Ce n’est pas vraiment aussi… aussi simple…

J’étais toujours sous le choc du nom qu’elle avait donné à James. Jiminy. C’était le surnom que j’avais moi-même trouvé pour agacer mon ami. Comment se faisait-il qu’elle possédait le même? C’était… c’était impossible.

- Ça va devoir l’être pourtant, grommela mon amie.

Apparemment, le fait que j’étais réticente à parler devant James ne faisait que confirmer l’envie de Ruby de l’avoir ici… Je poussai un soupir, mais consentit à inclure James dans la discussion, même s’il ne faisait que compliquer les choses. Au moins, il serait là pour réconforter Ruby… J’espérais toujours qu’elle n’aurait pas besoin d’être réconfortée. Que peut-être savoir que je n’étais pas vraiment son amie, celle qu’elle aimait comme une sœur, serait un soulagement. Puisque ça signifierait qu’elle ne lui avait pas menti ni caché la vérité.

Je ne me faisais pas d’illusion toutefois.

Si Ruby ne sentait pas anéantie par cette nouvelle, ça ne voulait pas dire pour autant qu’elle ne m’en voudrait pas. Elle n’allait pas me pardonner si facilement et je n’avais pas l’impression qu’elle y songerait seulement. Ce qui me semblait le plus probable, c’était qu’elle arrêterait de me parler. Tout simplement. Je n’existerais pas plus à ses yeux que d’autres de sa Maison. Je serais une fille parmi tant d’autres. Dans le même registre où elle classe Albus et Scorpius.

- Qu’as-tu à dire exactement?

Le ton de James semblait surtout curieux, ce qui signifiait sans doute que malgré ce qu’avait dû lui dire Ruby, il conservait une attitude neutre. Ce qui n’était pas pour me déplaire, car lorsque monsieur se laissait aller à ses émotions ça finissait généralement très mal. Et je n’avais pas envie de me faire détester par deux personnes qui comptaient énormément pour moi. Même s’ils étaient une version de ceux que je connaissais.

- Je ne suis pas Allison Lévesque-Williams, dis-je d’un ton aussi neutre que possible.

C’était la manière la plus simple, quoique brutale, de commencer.

- Tu te moques de moi? Tu m’as dit que tu allais me dire la vérité! s’écria Ruby.

Bien sûr, cette entrée en matière avait son lot de désavantages.

- Et c’est ce que je fais, Ruby Shepherd. Si tu me laisses m’expliquer, tu comprendras, grondai-je tout en l’attrapant par le bras pour l’empêcher de partir.

- Alors, vas-y, parle! répliqua-t-elle sèchement en se délivrant d’un mouvement sec.

- Je ne suis pas la Allison que tu connais. Je viens d’une autre réalité. Celle d’où je viens, on me connaît sous le nom d’Allison Lévesque et j’ai fait changer mon nom de famille pour Williams. Ma famille est entièrement morte à l’exception de mon frère et nous sommes tous les deux allés à Poudlard. Mais on a appris que nous étions de la même famille que l’année dernière. Je n’ai jamais mis les pieds à Beauxbâtons et on n’a jamais été de grandes amies avant l’année dernière. Je formais un quatuor avec Rose Weasley, ici connu sous le nom de Rose Granger-Weasley, et aussi d’Albus Potter et Scorpius Malefoy. J’avais comme grand frère d’adoption l’énergumène qui te sert de petit-ami…

- Hé! s’indigna James, mais je poursuivis comme si de rien était.

- D’où je viens, tu es bonne amie avec Joshua Flint, Amy Derrick et Kieran Bletchey. Ainsi que de Scorpius. Tu as aussi des mèches rouges au lieu de vertes. Et de ce que j’en sais tu détestes toujours autant ce même énergumène ici présent.

- Est-ce que tu vas arrêter de… commença l’intéressé, mais je le coupai.

- Au solstice d’été, vous m’avez tous aidé à vaincre un ennemi de ma famille qui cherchait à utiliser mes dons pour ramener Voldemort. À cause de ces mêmes dons, je me suis retrouvée coincée ici.

Je n’avais pas pris la peine de préciser de quels dons je parlais, car je me doutais qu’elle chercherait à savoir, peu importe si j’abordais le sujet. Et je ne voulais pas l’assaillir d’informations trop monumentales pour la ménager. Déjà, je pouvais voir que son esprit semblait avoir de la difficulté à assimiler tout ce que je lui disais. Quant à James il semblait tout aussi pensif, mais son air pensif était surpassé par son air indigné. Ce qu’il pouvait être idiot parfois…

Qui pourrait nier que James Sirius Potter était un énergumène?

Personne. Ou en tout cas, certainement pas moi!

- Tu appelles ça la vérité? s’interloqua Ruby en me dévisageant comme si j’étais folle.

Était-ce mauvais signe si je commençais à être habitué à cette expression? Tournée vers moi, plus spécifiquement. Probablement. Ou peut-être pas. Mais je n’avais pas vraiment le temps pour y réfléchir plus en profondeur. Parce que déjà je devais commencer à entamer ma défense. J’y avais réfléchi presque tout l’après-midi puisque je n’avais pas vraiment échangé de paroles avec Rose. Et puis, je pouvais faire les deux en même temps, surtout parce que la Harpie n’était pas ma meilleure amie. Pas encore.

Elle ne serait sans doute jamais la mienne.

Ne pourrait jamais remplacer la mienne.

Sauf qu’elle pouvait le devenir pour deux de mes amis d’ici.

Et je ferais une faveur à Poudlard en lui retirant toute cette amertume qui la rendait aussi hargneuse. C’était vraiment incroyable qu’on puisse l’adorer comme elle était en ce moment! Sauf si elle savait vraiment bien cacher son jeu. Ce qui, à la réflexion, devait effectivement être le cas. Pauvres gens… Ils ne savaient pas à quel point ils leur manquaient un pilier essentiel. Je pris une grande inspiration pour me chasser toutes ces idées de la tête et lâchai :

- C’est la vérité. J’ai une histoire à te raconter. La mienne. Ça risque de prendre un moment, alors on ferait mieux de s’asseoir. Je ne te connais pas toi comme je connais celle de ma réalité, mais je suis certaine que vous vous ressemblez assez pour que je puisse dire que celle qui est ton amie ici… tu la connais sur le bout des doigts. Est-ce qu’elle te mentirait? Est-ce qu’elle se jouerait de toi? Pourrait-elle inventer des bobards aussi débiles pour essayer de te leurrer toi? De ce que j’ai pu comprendre, vous êtes comme les doigts de la main, vous êtes comme je suis avec la Rose de chez moi. Des sœurs. Et des sœurs ne se mentent pas. Alors pourquoi le ferait-elle dans un but aussi… obscur?

Lentement, très lentement, je vis la réalisation apparaître dans les traits de Ruby. Elle savait que j’avais raison. Que je ne pouvais pas être celle qui était sa meilleure amie, car elle ne ferait jamais une telle chose. Pourquoi le ferait-elle? On ne se jouait pas de sa sœur de cœur comme ça! Je ne le ferais jamais avec Rose, tout comme elle ne le ferait jamais avec moi! Évidemment, dans le cas présent, je le faisais un peu. Mais ce n’était pas ma Rose. C’était sa version d’ici. Et sa version d’ici n’était pas elle. Enfin, pas vraiment.

Tout ça était affreusement compliqué.

Pour ce que ça valait, je pouvais constater que James aussi semblait accorder du mérite à mes propos. D’ailleurs, il n’avait pas vraiment répliqué quoi que ce soit ni affirmé que je mentais. La seule chose qui l’avait interpellé c’était quand je le décrivais comme un énergumène. Ce qu’il était, qu’il veuille l’admettre ou non. L’ego de James ne semblait pas avoir fui cette réalité. C’était à la fois dommage et une bonne chose. Je ne voulais pas savoir à quoi il ressemblerait sans elle, car elle faisait partie intégrante de son être.

- Je t’accorde ce point. Alli ne ferait jamais ça, finit par dire Ruby.

Ça faisait toujours aussi mal de l’entendre m’appeler comme ça. Ce qui était une réaction complètement débile puisque mes meilleurs amis m’appelaient comme ça. Mais Ruby avait toujours tenu à ce que ce soit différent avec moi. Comme James. Je n’aimais pas ce changement. Du tout.

- Toutefois, continua-t-elle. Ça ne veut pas dire que tu es vraiment la personne que tu affirmes être.

- On ne trouverait pas paroles plus véridiques, admis-je. C’est pourquoi je vais te raconter toute mon histoire. Tu pourras voir les liens avec celle que tu connais. Et des choses que ce n’est pas tout le monde qui pourrait connaître. Alors je ne pourrais pas… être un imposteur. Mais vous en jugerez bien par vous-même.

Comme l’avait dit McGonagall, pourquoi aurais-je inventé une telle histoire? Ça ne m’apportait rien. Et puis, il me resterait toujours le coup de mon collier et de mes souvenirs. Des choses qu’on ne pouvait pas aussi facilement falsifier. Surtout pas à mon âge. Enfin, pour la moyenne des sorciers et sorcières de mon âge.

- Vas-y, on t’écoute, m’encouragea James.

J’inspirai doucement en m’efforçant de conserver à l’esprit que pleurer ne m’amènerait nulle part. Que je devais conserver mon calme. Ne pas succomber à la tristesse ni à la colère. Malgré que raconter à nouveau tous ces évènements me causerait bien du mal. Je remuerais sciemment le couteau dans la plaie, dans plusieurs plaies. Plusieurs qui n’avaient pas encore cicatrisées, d’ailleurs. Avec un peu de chance, ça leur permettraient de guérir plus vite.

Vraiment avec un peu de chance.

Ça faisait toutefois longtemps que j’avais arrêté de croire en la chance. Sauf que cette absence de croyance ne changeait pas le fait présent. Je devais parler. Et remonter au tout début, ce qui signifiait bien avant ma naissance. La rencontre de mes parents pour être plus précis. Et alors que j’ouvrais la bouche sans savoir comment formuler toutes ces informations, les mots coulèrent dans ma bouche comme si je les avais répétés mille fois. Ce qui n’était pas le cas.

Le récit de la rencontre de mes parents et du reste allant jusqu’à ma naissance me prouva que je les tenais déjà. James et Ruby ne me lâchaient pas du regard, allant même jusqu’à avoir les yeux écarquillés. Par moment je lus la malice, la joie, l’horreur et la tristesse sur leurs visages. Et pourtant tout ceci était rien à côté du reste. Dès que j’entamai ma petite enfance, ils conservèrent un air d’effroi pendant toute la période où je leur expliquais la disparition des membres de la famille Williams et les tortures qu’ils avaient endurées. Ce que j’avais moi-même vécu pendant cette époque tout comme ma mère.

Lorsque je passai à mon entrée à Poudlard, ils prirent une expression émerveillée, stupéfaite pour tous les évènements allant jusqu’au début de ma cinquième année. Je ne laissai rien sous silence, mentionnant l’horreur des visions qui m’assaillaient, leur augmentation en puissance d’année en année. Ma relation avec mes amis et les coups que nous avions faits. Toutes les fois où James m’avait entraînée dans ses bêtises. Les longues discussions avec Rose et les filles. Mon attirance pour la forêt interdite. Ma relation avec Liam. Les sorties de Quidditch avec mon quatuor pour me sortir de la douleur que la rupture m’avait causée. Les vacances d’été chez mes grands-parents… Je passai tout en revue. Je ne voulais rien laisser au hasard, car je savais qu’avoir une histoire aussi complète était impossible, sauf en cas de vérité.

On ne pouvait pas aussi bien mentir.

Pas sans finir par se tromper à un moment où un autre.

En arrivant à ma cinquième année, ils passèrent d’une émotion à l’autre sans sembler pouvoir s’en empêcher. De la stupéfaction à la colère, de l’incrédulité à l’effroi. De l’amusement à la compassion. De l’émerveillement à l’horreur. Que ce soit en lien avec les coups de James et les miens pour me venger, de la relation conflictuelle que j’avais entretenue avec Albus au tout début et par moment ensuite… Par la fausse trahison de Scorp. Ou encore la torture que j’avais subie. Ou comment j’avais assisté à la mort de mon père… Sans négliger les autres visions, Spock junior, les matches de Quidditch, le combat final contre Berkeley, la Bataille de Poudlard… Et ses conséquences sur mes amis et moi. Le dernier été passé avec mes amis. Les films visionnés. Évidemment, je mentionnai le discours prononcé par James lors du dernier match de Quidditch. La rougeur qui imprégna les joues de la version présente me poussa à croire que s’il ne l’avait pas fait, il y avait au moins pensé.

La seule chose que je gardai sous silence fut tout ce qui touchait à ma condition d’Animagus et de celle des autres. Pour que fonctionne, je changeai quelques détails mineurs. Un jour, lorsque les choses se seraient calmées, peut-être juste avant de partir, je le leur dirai. Mais aujourd’hui n’était pas le bon moment. C’était ma botte secrète. Je ne pouvais pas m’en départir maintenant alors que j’ignorais qui seraient mes ennemis et qui seraient mes amis. Je ne pouvais pas m’en départir alors que j’ignorais quand j’en aurais besoin. Ou si ça resterait secret. Dès qu’une personne était au courant… ça pouvait mal se terminer.

Et je n’avais aucun désir prématuré de mourir.

Certaines personnes pourraient être tentées de me contredire sur ce point, et je ne pourrais pas nier que mes actions démontraient souvent d’une complète insouciance face à la probabilité de ma propre mort. Mais quand on se faisait annoncer qu’on risquait de mourir faute de ne pas faire attention… On prêtait un peu plus attention à chacun de ses mouvements. Enfin, presque. Il y avait une limite. Je ne regardais pas chaque centimètre de plancher avant de mettre le pied dessus… Mais garder un secret malgré l’envie de le révéler? Je pouvais le faire. C’était horrible, mais faisable.
Alors aucune information sur les Animagus de ma connaissance. Ni de ma nature.

De toute manière, j’étais presque certaine que ça n’aurait rien changé à l’expression qu’ils affichaient en ce moment. Une expression plutôt grotesque puisqu’elle mélangeait toutes les émotions qui les avaient traversés un peu plus tôt. Je n’aurais jamais cru que c’était possible d’afficher autant d’émotions, parfois même contradictoires, en même temps! D’un autre côté, je ne devrais pas vraiment être surprise que James en soit capable. Il arrivait à faire des choses tellement insensées parfois!

- Bref, pour une raison que je ne comprends pas mon pouvoir m’a entraîné ici et comme Albus, le mien, n’est pas avec moi… Je ne peux pas rentrer chez moi par le moyen conventionnel. Et j’essaie de remédier à ce problème, conclus-je. McGonagall m’a demandé de jouer le rôle de la fille du professeur Williams pour éviter quelques ennuis… Et elle veut aussi que vous sachiez, même si à la base James ne devait pas être au courant, que vous pouvez lui en parler à elle, ou encore à mon pè… Au professeur Williams, ajoutai-je.

Pourquoi? Pourquoi est-ce qu’il avait fallu que je me fourvoie la deuxième fois que je devais mentionner celui qui était la version de mon père ici? Il ne l’était pas. Pas vraiment. Même si des tests ADN prouveraient sans doute le contraire, sauf qu’il n’existait pas de choses du genre chez les sorciers! Enfin… pas à ma connaissance. En existaient-ils? Je fus coupé dans ma réflexion soudaine par mes deux interlocuteurs.

- C’est… incroyable. Je… Je ne suis pas certaine de savoir quoi en penser, souffla Ruby avec un léger froncement de sourcils indicateur d’une intense réflexion.

- Je crois que j’aurais besoin d’une discussion avec mon moi de ta réalité! s’exclama James avec une lueur de malice dans le regard qui n’annonçait rien de bon.

Heureusement, je n’avais aucun moyen de communiquer avec ceux de chez moi!

Aïe…

Pensée douloureuse, pensée douloureuse! Penses à autre chose! m’enjoignis-je.

Sans succès.

- Ah, Merlin! Qu’est-ce que j’ai dit! soupira James avec un ton à la fois paniqué et inquiet.

Ce fut seulement à leur regard braqué sur mon visage que je compris que des larmes s’écoulaient. Je les frottai rapidement avec rage et marmonnai :

- Rien. C’est moi.

- Ça… va? s’enquit Ruby avec une lueur d’inquiétude elle aussi.

- Oui. Ou ça va aller. Mes pensées ne sont pas toujours très charmantes ces derniers jours…

Mon ton était plus froid que je ne le voulais, sauf que je ne pouvais pas m’en empêcher. Leur sollicitude faisait encore plus mal que les pensées que j’avais eues. Je ne voulais pas imaginer deux James s’alliant pour faire des mauvais coups, sauf que j’adorerais pouvoir revoir celui qui était aussi important qu’agaçant à mes yeux. Typique d’un grand frère… même s’il n’était pas de son sang. Et Ruby… Elle me manquait elle aussi. Notre complicité naissante me manquait. Et la relation qu’ils avaient tous les deux aussi. J’avais encore du mal à les voir ensemble. Main dans la main. Serrés l’un contre l’autre sur le plancher froid du placard à balai. Je pouvais voir ce qu’avait voulu dire Joshua en ce moment.

Et j’avais bien l’impression que j’allais devoir des chocogrenouilles à ce Serpentard de ma connaissance. Pour peu que les deux individus présents se retrouvant dans ma réalité réussissent à délaisser leurs différends pour en arriver là. Chose qui ne serait sans doute pas simple vu leur caractère à tous deux et leurs passifs. Histoire de briser le silence qui commençait à s’installer insidieusement, je lâchai :

- Je ne crois pas avoir besoin de spécifier que vous devez garder ça pour vous? Les seules personnes à qui vous pouvez en parler c’est McGonagall et le professeur Williams.

- Et toi? On ne peut pas t’en parler, à toi? me demanda Ruby avec un nouveau froncement de sourcils.

- J’étais partie du principe que tu ne voudrais plus m’adresser la parole, avouai-je d’un haussement d’épaules.

- Pourquoi!

- Eh bien… Parce que j’ai essayé de te jouer la comédie? De te faire marcher? Et puis qu’est-ce que c’est censé vouloir dire, au juste, cette question? Vous me croyez?

- Ouais, affirma James en croisant les bras. Tu pensais quoi, qu’on était débiles? On peut être d’excellents acteurs, mais si tu l’avais été, tu n’aurais jamais permis à Ruby d’avoir des soupçons te concernant. Et même si c’était dans ton plan… Ton histoire… C’est juste trop complètement dingue pour que quelqu’un de sain d’esprit pense que quelqu’un goberait ça!

- Et si j’étais dingue?

- Tu ne l’es pas, s’énerva Ruby en levant les yeux au ciel. Et sérieusement, on pouvait voir l’effet que ça te faisait de raconter tout ça. Et que tu craques seulement après coup ne fait que renforcer la théorie que tu dis la vérité. Aussi stupéfiante soit-elle.

Ne sachant quoi répondre à ce plaidoyer, j’optai pour le silence. C’était sans doute la meilleure solution de toute manière. Qu’aurais-je pu dire d’autre, de toute manière? Que j’étais ravie qu’ils me croient, car déjà que Rose me traitait de menteuse… Non… Non, ça serait débile. Et toute mon histoire pouvait déjà ressembler à une lamentation en soi et j’en avais assez de me lamenter. Un soupir m’échappa. Certes, j’en avais assez, mais je ne pouvais pas m’empêcher de le faire dans mes pensées intimes. Parce que toute cette satanée situation était incroyablement chiante! Et exaspérante! Et je n’avais plus la force de rester la tête haute, le dos droit et le sourire à la bouche! Non!

- Alors… Si on veut t’en parler, est-ce qu’on peut? m’interrogea à nouveau Ruby. Pas maintenant, car il faut vraiment retourner au dortoir, mais… peut-être bientôt?

- Si vous voulez, soupirai-je. Et tu as raison, on devrait rentrer.

- Toujours quand ça devient intéressant! bougonna James.

- Arrête de faire ton bébé, James, marmonnai-je sans pouvoir m’en empêcher.

Au lieu d’afficher l’air offusqué auquel je m’attendais pour lui avoir parlé sur ce ton alors qu’on ne se connaissait pas, la version de mon ami se contenta d’avoir un sourire en coin en se levant. Je n’aimais pas ce sourire en coin. D’autant plus qu’en voyant que je l’avais remarqué il s’élargit un peu. Il le perdit toutefois au moment de tendre une main à Ruby pour l’aider à se relever. En les voyant aussi proches l’un de l’autre, autant physiquement que sur un plan plus relationnel, je m’éclipsai en leur souhaitant bonne soirée.

J’en avais déjà trop vue pour mon pauvre état émotionnel.

Tout en refoulant mes larmes, je m’enfonçai dans les couloirs du château comme une ombre. Sortant machinalement ma carte de mes poches pour m’assurer de ne croiser personne. Bien évidemment, dès que j’entrai dans la Salle Commune des Serpentards, je fus repéré par Albus et Scorpius. Je savais parfaitement que mes joues devaient être encore visiblement humides. Et malgré mon envie d’aller m’écraser sur mon lit, je me résignai à les laisser me rejoindre. On devait parler de toute façon et aussi…

- Aller chercher vos devoirs si vous voulez qu’on en discute, lançai-je.

Sur ces mots, je me dirigeai vers mon dortoir pour récupérer mes affaires qui me seraient nécessaires. Je n’avais pas l’intention de prendre du retard dans mes cours! Et comme le passé me l’avait prouvé à mainte reprise, m’enfoncer dans mes devoirs était la clé pour éviter de ressentir mes émotions! Mon passé m’avait aussi prouvé que j’avais tendance à me retrouver à l’infirmerie par la suite, mais ce n’était pas vraiment important comme notion pour le moment.

J’étais certaine à quatre-vingt-dix-neuf pour cent que faire mes devoirs ne serait pas ce qui causerait ma perte. Du moins pas directement. Je pouvais toujours tomber de fatigue et donc ne pas être suffisamment réactive à une menace… Ceci dit, ce n’était pas l’élément important maintenant! J’inspirai brusquement, ramassai tout ce dont j’avais besoin, puis Spock sur les talons je retournai à la Salle Commune. Albus et Scorpius s’y trouvaient déjà, armés de leurs propres devoirs.

- C’est quand même étonnant que l’on ait autant de devoirs une première journée, lâcha Scorpius.

- Ouais, grommela Albus.

- J’ai connu pire, affirmai-je en laissant tomber mes livres et parchemins sur le sol avant de m’étaler à plat ventre.

Mes abdominaux allaient vouloir me tuer à la fin, mais tant pis. Je n’avais pas envie d’avoir à faire face aux deux Serpentards à mes côtés pour ce qui allait suivre et la position la plus adéquate, c’était par terre. Et puis, ce ne serait pas la première que je ferais des devoirs à même le plancher. J’ouvris rapidement le manuel de Défense contre les forces du Mal, attrapai ma plume et un parchemin, puis me mis à rédiger tranquillement.

- Comment ça, pire? s’étonna le deuxième à avoir parlé.

- Oublie ça, marmonna l’autre. Comment ça s’est passé?

- Eh bien, pour commencer j’ai dû m’expliquer à deux personnes.

- Hein? Qui!

- Ton frère.

- JAMES? s’étrangla Albus.

- Oui. Mais ce n’est pas important. Au début, Ruby semblait… suspicieuse. Sauf qu’elle a fini par admettre que la Allison qu’elle connaît ne lui jouerait jamais de coups bas comme ça. Ensuite, je leur ai raconté.

- Raconté quoi? s’enquit le seul blond du groupe.

- Mon histoire. Toute l’histoire.

- Oh, Merlin, lâchèrent-ils en même temps.

J’eus un petit sourire, mais bien maigre, car déjà je sentais l’émotion monter à nouveau. Mais il n’y avait pas pire moment pour laisser échapper des larmes, car je venais d’apercevoir à la fois Ashley Davidson et Joshua apparaître dans mon champ de vision. Spock et moi émîmes un grondement en même temps en les voyant approcher. Je n’avais aucune envie d’avoir à les gérer maintenant! La seconde suivante, juste avant qu’ils ne mettent les pieds devant mon visage, je me souvins de ce qui attendait Ashley et je me sentis immédiatement mieux.

- Dégage, clébard! grogna-t-elle à l’intention de mon chien.

Peut-être que la mort serait plus adéquate, finalement.

- Hé, oh, qu’est-ce que tu fous, Davidson, s’énerva Joshua en repoussant Ashley avec une grimace alors qu’elle semblait avoir été prête à donner un coup de pied à Spock.

Je fronçai les sourcils et dévisageai le Serpentard à partir du sol. Il me renvoya mon regard, mais en surplus avec un air mauvais. Je pointai un doigt sur lui et lançai :

- Je rêve où tu viens de défendre mon chien?

- Et qu’est-ce que ça peut bien te faire, Beauxbâtons? susurra-t-il.

- J’aurais pourtant cru que tu serais le premier à le jeter au feu, répondis-je en arquant un sourcil.

L’air complètement horrifié qu’il afficha me ramena au bon vieux Joshua que je connaissais et pas à cet arrogant tas de bouse de dragon. Mais l’effet ne dura pas, car la seconde suivante ses traits se durcirent à nouveau et il me donna l’impression d’avoir très envie de me mettre son poing ou son pied au visage. En le voyant s’abstenir, je ne pus m’empêcher de lui renvoyer mon plus beau sourire. J’eus l’immense satisfaction de le voir maugréer entre ses dents et Ashley me fusilla du regard.

- Que me vaut l’honneur de votre agréable visite? minaudai-je en me levant pour effectuer une fausse révérence.

- Quidditch, mais si ça ne t’intéresse plus… lâcha Joshua tout en commençant à faire demi-tour.

- Les essais sont mardi prochain au soir, dis-je. Et j’y serai.

- Justement, il y aura des préessais. Si tu veux vraiment prouver ce dont tu es capable, c’est demain soir que ça se passe.

Sur ces mots il m’adressa un hochement de tête et alors qu’il me tournait le dos il ajouta :

- Et pour ta gouverne, Beauxbâtons. On n’a jamais eu de chien à Poudlard, dans l’enceinte de l’école. Et le premier à entrer appartient à un Serpentard. Que les autres disent et fassent ce qu’ils veulent de toi, mais ton chien est hors limite.

Avant que je n’aie pu dire quoi que ce soit, il s’éloigna pour de bon en entraînant Ashley de force. Je le regardai partir les sourcils froncés. Je n’étais pas certaine si je devais voir tout ça comme un bon signe ou un mauvais. Le fait que celui qui effrayait la moitié de la maison ait déclaré mon chien hors limite me soulageait d’un poids, mais… le reste? Les préessais? Que mon sort ne lui faisait rien? Bon, d’accord, ça n’avait rien de surprenant pour le dernier point. Mais pourquoi un revirement de situation?

- Merlin, tu lui as fait une sacrée impression pour qu’il t’invite à la session non officielle d’essais.

- Hum? dis-je revenant aux deux seuls amis que j’avais ici.

- Ils n’invitent pratiquement personne sauf des privilégiés pour la session non officielle d’essais, reprit Scorpius. C’est toujours comme ça que ça fonctionne depuis qu’on est arrivé à Poudlard.

- Vraiment?

- Ouais, acquiesça Albus. C’est un honneur d’y être invité et généralement ceux qui y vont sont choisis. Ou ont de meilleures chances de l’être.

- Évidemment, ça peut être un piège pour que tu finisses blessée et incapable de faire les prochains essais, argua mon autre ami.

- Si je veux survivre ici, j’ai besoin de faire du Quidditch. Alors j’irai, affirmai-je. Est-ce vous n’aimez vraiment pas le Quidditch, vous deux, ou est-ce que le fait de n’avoir aucune chance de faire partie de l’équipe vous a obligé à abandonner…

- Je ne déteste pas le Quidditch! s’écria Scorpius. Et oui, on m’a fait comprendre dès mon arrivée que je n’aurais jamais ma place dans l’équipe. Même si j’étais le meilleur joueur de tous les temps.

- Je n’aime pas, point, marmonna Albus sans développer.

Je plissai des paupières en l’observant longuement et en tirai une conclusion. Il ne disait pas la vérité et ce que j’avais dit était effectivement une cause qui le poussait à affirmer ne pas aimer le Quidditch, ou même à y croire sincèrement. Mais il y avait autre chose. Et j’étais prête à parier qu’elle s’appelait James Potter. Leur relation ici était vraiment, mais vraiment pire que ce que je croyais. Est-ce qu’il y avait un moyen de le réparer? Et si c’était possible… comment? Et est-ce que je serais en mesure de changer la perception de tous les Serpentards, voire de la majorité de l’école, qu’ils avaient d’Albus et Scorpius? Je ne pouvais pas partir d’ici la conscience tranquille en sachant qu’eux vivaient misérablement leur expérience scolaire.

Peut-être qu’une fois que Rose serait avec nous…

Oui! Bien sûr! C’était ça la clé! Dès que Rose la Harpie ne serait plus une Harpie, elle serait l’élément essentiel pour changer la vision des gens sur son cousin et Scorpius! Et si James et Albus se réconciliaient… Bingo! Je pouvais même essayer de voir si Ruby pouvait participer. Après tout, elle ne devait pas vraiment détester Albus pour avoir insinué que je pouvais le choisir comme petit-ami. Ça ne serait pas un plan facile à mettre en place et il dépendait de beaucoup trop de variables pour avoir une chance de réussir.

Mais je me devais de le faire.

Revenant au moment actuel, peut-être trois secondes après la dernière participation verbale d’Albus, je haussai des épaules sans prononcer un mot, puis je m’installai à nouveau au sol aux côtés de mes devoirs. Spock vint se blottir contre mes côtes et je me mis tranquillement à écrire, tout en enjoignant d’un coup d’œil mes deux compatriotes à en faire de même. Ils s’exécutèrent avec mauvaise grâce, mais sans prononcer une seule protestation.

Le lendemain matin je fus réveillée au son d’un hurlement strident à faire lever les morts. J’étais presque certaine que Dumbledore l’avait entendu de là où il était! J’ouvris un œil mauvais pour voir ce qui causait tout ce boucan pour mieux éclater de rire en voyant l’apparence, et la réaction à long terme, d’Ashley Davidson. Elle possédait la peau verte d’une personne sur le point de rendre son dernier repas et la peau aussi flasque qu’une pâte à pizza que l’on aurait trop étirée. Crue, la pâte.

Plusieurs grondements de personne réveillée trop brutalement se firent entendre la seconde suivante, mais presque immédiatement je fus rejointe dans mon hilarité par Ruby et Amy. Réactions qui semblèrent exacerber la fureur d’Ashley, car elle se tourna vers nous les yeux complètement rouges tellement ils étaient ouverts trop grands. Elle hurla :

- Taisez-vous! Taisez-vous, tous autant que vous êtes! Ça doit être encore ton idiot de Potter, Shepherd! Je te préviens, il va en entendre parler!

- Navrée de te décevoir, mais je suis presque certaine que ce n’est pas lui, affirma Ruby en essayant de retenir un rire.

Sauf qu’il éclata la seconde suivante. Avec un nouveau hurlement de rage, Ashley sortit en coup de vent du dortoir et je ne pus empêcher un sourire légèrement satisfait d’étirer mes lèvres. Y avait-il quelque chose de mieux que d’être réveillé par les hurlements de rage de sa victime? Je ne pensais pas. Surtout que ça ne pouvait faire de mal qu’à son ego et à sa popularité. Et pouvait-on vraiment dire que c’était un mal?

Je n’étais pas de cet avis.

Peut-être que se venger n’était pas la chose à faire… mais elle faisait drôlement du bien pour le moral quand il s’agissait de ridiculiser des tyrans. Le sourire toujours aux lèvres, je me levai de mon lit et m’empressai à m’habiller, puis en attrapant mes affaires d’une main je sortis à mon tour du dortoir. Ensuite, accompagné d’Albus et Scorpius je me dirigeai vers la Grande Salle pour le petit-déjeuner.

Cours de métamorphose avec les Poufsouffle, période libre, déjeuner, cours de potion avec les Gryffondor et histoire de la magie avec les Poufsouffle aussi. C’était ma journée. Bon, il y aurait aussi le diner et la séance exclusive d’essais de Quidditch. Sauf que je ne m’inquiétais pas vraiment pour ces deux parties de la journée. Ce qui m’angoissait le plus c’était le cours de Potion. Car à nouveau j’allais devoir affronter Rose de manière aussi directe que subtile.
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Ma période libre arriva assez rapidement, aussi rapidement que fût la main qui sortit d’un passage secret pour m’entraîner où se trouvait le reste du corps. Encore une fois, je n’avais pas besoin de réfléchir longuement pour savoir qui m’avait entraîné là. Au moins cette fois ce n’était pas un placard à balai…

- Si tu continues comme ça, je vais commencer à croire que tu as pris la mauvaise habitude de m’entraîner dans des recoins sombres, Potter, lâchai-je. Soit ça, soit que tu apprécies particulièrement de m’y emmener.

- Oh, laisse tomber ton sérieux, Allison! J’ai à te parler, c’est tout.

- Et on n’aurait pas pu le faire dans le couloir?

- C’est moins amusant, affirma-t-il et je pouvais sentir le sourire dans sa voix.

- Ce que tu peux être…

- Ne va pas plus loin! me coupa-t-il sur un ton de reproche.

J’acceptai de ne pas poursuivre ma phrase, mais pour une seule raison.

- Qu’est-ce que tu me veux, cette fois? Je n’ai pas eu de nouvelle retenue je te signale!

- Ça, c’est seulement parce que personne n’arrive à savoir qui a jeté un sort à Ashley Davidson. Beaucoup disent que c’est moi… Mais on sait tous les deux que ce n’est pas vrai, n’est-ce pas?

Son ton était beaucoup trop accusateur et malicieux pour ne pas que mes sourcils se froncent. Pourquoi semblait-il si certain que c’était moi? Oui, je lui avais raconté les bêtises que j’avais faites, oui il savait que je me vengeais toujours. Mais je n’avais pas annoncé que le sortilège utilisé m’était connu ni même que je l’avais déjà utilisé. À vrai dire, c’était la première fois que je le testais… mais sans doute pas la dernière.

- Et c’est qui si ce n’est pas toi? demandai-je, feignant l’ignorance.

- Ne joue pas à l’imbécile avec moi, Allison! J’ai mes sources, et mes sources disent que c’est toi.

- Mais quelle accusation grotesque! m’exclamai-je en plaquant la main sur mon cœur, comme si ses propos me touchaient profondément.

Intérieurement, j’avais envie d’éclater de rire à nouveau, sauf que ce serait mal vu lorsque tu affirmais n’avoir pas fait ce dont on t’accusait.

- Tu peux nier comme tu veux, mais je sais que c’est toi, argua-t-il et je l’entendis croiser les bras.

- Qui sont tes sources pour déblatérer des bêtises pareilles?

En prononçant ces mots, je compris immédiatement de qui il parlait. Il n’y avait que quelques personnes qui pouvaient avoir la confiance de James au point qu’ils ne remettent pas leurs paroles en doute lorsqu’ils lui ramenaient une information. Et ils s’appelaient Dylan Faucett, Liam Coote et Louis Weasley. Et l’as des informations était le dernier. Je poussai un soupir et marmonnai :

- C’est Louis, c’est ça? Mais comment, par Morgane, il a pu être au courant?

- Il a des yeux et des oreilles partout, affirma James sur un ton énigmatique. Et il a entendu Ashley Davidson raconter à quelqu’un ce qu’elle avait fait à ton chien.

- Je vois. Et avec les informations que tu as eues hier, tu as additionné deux et deux.

Je ne voyais toujours rien devant moi, mais je sentais très clairement qu’il souriait comme un imbécile qui avait bien réussi son coup. Et c’était le cas. Il avait réussi. Sauf qu’il était aussi un imbécile. L’un n’annulait pas l’autre.

- Exact! Et le seul moyen d’avoir pu avoir Ashley sans qu’elle s’en rende compte, c’était dans son dortoir. Et quand Louis m’a dit qu’elle avait raconté que tu avais raté ta cible avec ton sortilège, alors que vous vous trouviez dans votre dortoir… Tu visais son lit, pas vrai?

- Oui, dis-je en me mordant la lèvre pour éviter d’éclater de rire à nouveau.

Sans succès, car dès que j’eus admis ce que j’avais fait, James partit d’un grand rire et je le suivis presque immédiatement. Je me souvenais que trop bien de l’air qu’avait eu Ashley lorsque j’avais « raté » ma cible comme elle disait. Maintenant elle riait beaucoup moins et le plus drôle était évidemment qu’elle ne comprenait toujours pas que c’était moi! Sous la demande de James, je lui racontai l’anecdote au complet et on se retrouva de nouveau pris dans un fou rire interminable.

Qui me laissa un goût de cendre dans la bouche lorsque je réussis à me reprendre suffisamment. Ce n’était pas mon James devant moi, ce n’était pas le James qui était mon ami. Il fallait que j’arrête. Il fallait que j’arrête tout de suite. Je sentis des larmes me monter aux yeux et je lâchai d’une toute petite voix :

- Je... Je dois y aller. Des devoirs.

Au moment où je vins pour sortir du passage secret, James me retint à nouveau par le bras et cette fois il utilisa un Lumos avec sa baguette pour nous éclairer. En voyant mon visage, il me demanda :

- Ça va?

- Très bien, Potter! grommelai-je.

- Nan… Nan, ça ne va pas. Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal?

- Non… trouvai-je la force de souffler.

- Tu veux réessayer sans mentir?

Ne pleure pas, ne pleure pas…

- Mon ami me manque, soufflai-je. Mes amis. Mes amis me manquent.

Son visage prit immédiatement un air de compréhension et il me relâcha doucement avant d’ajouter :

- Je suis désolé, Allison. Ça doit… Je n’arrive pas à imaginer à quel point ça doit être compliqué… et dur, pour toi d’être ici.

- Tu sais que tu peux m’appeler Alli. Ruby le faisait bien…

- Et pourquoi je ferais comme Ruby? De ce que j’ai compris, c’est comme ça que tout le monde t’appelle!

Il m’aurait frappé en plein ventre et ça n’aurait pas fait plus mal. Pourquoi fallait-il que les deux James se ressemblent autant? Pourquoi lui ne semblait pas être différent de celui par chez moi? Est-ce que cela signifiait que ma présence n’avait rien changé chez James alors que ça semblait le cas chez beaucoup de mes amis? J’essayai. J’essayai vraiment de retenir les larmes, sauf qu’elles commencèrent quand même à s’écouler. Une à une elles envahirent mes joues. Je me détournai brusquement pour le cacher, sauf que James était perspicace. Quand il le voulait.

Il m’attrapa à nouveau par le bras pour me retourner vers lui et avec un sourire en coin que je trouvai profondément déplacé. Je le dévisageai avec un début de fureur, mais celle-ci disparut à la seconde où il lâcha :

- Je ne te dirai pas de ne pas pleurer, car toutes les larmes ne sont pas un mal.

Ce fut plus fort que moi et j’eus un bref éclat de rire. Surtout nerveux, mais intérieurement je n’avais qu’une envie et c’était tout de même de rire.

- Ce que tu peux être idiot!

- Hé! J’essayais simplement de te remonter le moral! Et ça semble avoir fonctionné!

- Tu as utilisé une réplique du Seigneur des Anneaux sciemment, pas vrai?

- Bien sûr! De ce que j’en sais, tu connais le film aussi bien que moi! Et comme tu sembles avoir bien aimé te moquer de mon moi de chez toi pour l’utilisation d’un certain discours… Je me suis dit…

- Tu as bien pensé, admis-je en reniflant.

J’essuyai du revers de la main les larmes qui s’écoulaient encore. Bien sûr, la citation avait aidé à me remonter un peu le moral, mais en ce moment… tout ceci ressemblait à quelque chose qui aurait pu se produire avec le James que je connaissais sur le bout des doigts. À celui qui était aussi casse-pied que n’importe quel grand frère.

- Tu sais, tu n’as pas besoin de… de te sentir coupable.

- Coupable? m’étonnai-je.

- De bien t’entendre avec nous. Et tu ne devrais pas avoir peur de ne plus arriver à nous différencier. Tu les connais assez bien pour arriver à nous faire comprendre comment vous étiez liés. Ce n’est pas quelque chose qu’on efface comme ça…

- Tu veux devenir psychologue ou quoi, James?

- Psycho… quoi?

- Laisse tomber…

- Enfin. Ce que je veux dire c’est que… tu peux devenir notre amie à nous aussi, tu sais.

Une boule se forma dans ma gorge.

- Je ne sais pas si j’en suis capable…

- Pourquoi? Parce qu’ils te manquent trop?

- Oui… et non.

- Pourquoi non?

- J’ai peur… j’ai peur de ne pas arriver à partir si je trouve un moyen. J’ai peur… de trop m’attacher.

Le silence s’installa presque instantanément après que mon dernier mot fut prononcé. Le visage de James était sans expression, aussi figé que le marbre. Il me dévisageait sans bouger d’un millimètre comme s’il avait été changé en pierre. Est-ce que Méduse se trouvait derrière moi? Je jetai un rapide coup d’œil dans cette direction et mon infime mouvement sembla le faire revenir parmi nous.

- Tu sais… Si tu arrives à partir, ça voudra dire que tu auras retrouvé tous tes amis. Y compris ton Albus, celui qui t’aide à revenir de partout où tu te rends.

- Oui… Où veux-tu en venir?

- Si tu t’attaches au point que tu hésites à partir, tu peux quand même t’en aller. Et revenir nous rendre visite de temps en temps. Puisque tu auras ton moyen pour rentrer…

Savait-il à quel point ces simples mots venaient de me retirer un énorme poids des épaules? J’avais eu peur que de me rapprocher autant d’Albus, Scorpius, Rose et tous les autres… que ça fasse en sorte que je n’aie plus envie de partir. Sauf que ce que venait d’affirmer James avait énormément de sens. Peut-être que revenir serait compliqué, car j’ignorais comment je m’étais rendue jusqu’ici… Malgré tout, puisque j’étais venue, c’était que je pouvais y arriver. Et qu’il me serait possible de revenir si l’envie m’en prenait. Bon, évidemment l’idée de faire rencontrer plusieurs versions de la même personne pourrait s’avérer… ardue. Dangereux même.

- Je ne le redirai pas, mais tu es un génie! m’écriai-je et je le serrai dans mes bras sous le coup de l’émotion.

Je le relâchai presque immédiatement.

- Que veux-tu, on est comme ça chez Gryffondor!

Je lui donnai un coup de poing sur l’épaule en grognant :

- Crétin, va! Un peu d’humilité de Poufsouffle ne te ferait pas de mal!

Il eut un sourire moqueur et tendit la main devant lui :

- Alors… Amis?

- Amis! acquiesçai-je en prenant sa main.

Dès que je l’eus relâché, je m’essuyai à nouveau le visage pour être certaine d’en retirer toutes les traces de larmes. Une fois que je fus à peu près certaine d’avoir une apparence convenable, je lâchai :

- Bon, maintenant, je te laisse. J’ai des devoirs à faire!

- Tu as encore à apprendre, apparemment… soupira James en me voyant me glisser par la porte.

- Si c’est que tu crois, Potter, gare à toi!

À peine le dernier mot sortit de mes lèvres, la porte du passage secret se referma me laissant dans un couloir vide. Je m’éloignai immédiatement d’un bon pas en direction de la bibliothèque. Je n’avais pas vraiment de devoirs qui étaient à terminer immédiatement, mais c’était la meilleure excuse pour quelqu’un qui me trouverait là-bas. Il fallait bien que je m’assure que je ne pouvais trouver aucune information intéressante à la bibliothèque de Poudlard avant d’affirmer que je devais impérativement aller ailleurs!

Lorsque je ressortis de là un bon moment plus tard, je ne pouvais que me rendre à une évidence : si je devais vraiment passer au peigne fin toute la bibliothèque seule, j’allais devoir passer l’intégralité de mes périodes libres des prochains mois ici. Mais ce n’était pas comme si j’avais mieux à faire de toute manière, songeai-je. J’aurais amplement de temps d’ici le moment où nous aurions l’occasion d’aller au Ministère de la Magie pour rassembler des informations…

Et ce, seulement s’il y en avait.

Mais comme tout mon plan se basait là-dessus, je m’y accrochais de toutes mes forces. Je n’avais pas envie d’avoir un jour à abandonner. Une promesse était une promesse. Je ne tenais pas à ce qu’Al se torture plus que nécessaire face à une situation qui avait été au-delà de notre contrôle à tous les deux. On aurait pu prévoir cette éventualité. On aurait pu essayer de ne pas se séparer à plus d’un mètre. Sauf que quelque chose me disait que je n’étais pas ici par hasard. Il y avait une raison. Laquelle? Il me restait encore à la découvrir.

Mais d’abord, il fallait que je commence par survivre à cette journée. Ou du moins à ce qu’il en restait, mais ce n’était pas les parties les plus amusantes. Il fallait d’abord survivre à mon cours de Potion que j’avais en commun avec Rose la Harpie. Ensuite pour bien terminer cet enchaînement, il y avait celui d’Histoire de la Magie où j’aurais sans aucun doute à me coltiner Rebecca. Beaucoup de joie en perspective. Surtout en comptant le fait qu’après le repas du soir, j’avais les préessais de Quidditch. Aurais-je la patience nécessaire pour ne pas flancher? Avec aucun des individus qui risqueraient de me poser problème?

Je n’en avais pas la moindre idée.

Mais étonnamment je réussis à m’en sortir avec grâce pour mes deux derniers cours de la journée. Manger ne se révéla pas un problème et même si j’avais voulu faire un passe-droit côté nourriture, Maman Scorpius et Papa Albus m’en auraient empêchée. Ou du moins, c’était ce que je me disais si je me fiais à leur regard scrutateur pendant toute la durée du repas. Ils suivaient presque les mouvements de ma fourchette vers ma bouche tout du long. C’était étrange.

Très étrange.

Mais tout de même familier. Enfin, pas que Scorp et Al aient eu l’habitude de le faire à mon Poudlard, mais je pouvais toujours compter sur Rose et la deuxième personne variait souvent entre les frères Potter. Je réprimai un soupir en me faisant la remarque qu’ils risquaient d’être encore plus sur leur garde dès que je les retrouverais. J’espérais vraiment qu’ils ne s’inquiétaient pas trop pour moi. Après tout, j’aurais pu tomber plus mal. Beaucoup plus mal.

- Vous pouvez me lâcher du regard, je ne vais pas disparaître! grondai-je à l’intention de mes deux nouveaux amis Serpentards. C’est juste une présélection…

- Tes antécédents parlent pour toi! s’exclama Scorpius, présentement installé, ou plutôt écrasé, dans l’un des fauteuils de notre Salle Commune.

- Et si c’est vraiment seulement une présélection, pourquoi tu n’arrêtes pas de faire les cent pas depuis qu’on est arrivé? renchérit Albus en arquant un sourcil.

Je m’arrêtai immédiatement pour les dévisager en fronçant les sourcils. Et tout particulièrement le Gryffondor/Serpentard de ma connaissance. Il se tenait devant Scorpius et moi, adossé contre une armoire à l’aspect ancienne. Les bras croisés, il me rendit mon regard en continuant :

- Tu as raison d’être nerveuse. Puisque c’est probablement un piège! Pourquoi y aller?

- Al… Tes compétences sociales dépérissent vraiment de jour en jour, par Merlin! marmonna son meilleur ami en s’enfonçant la tête entre les mains.

- Si vous voulez éviter que je fasse une crise de nerfs ou que je m’énerve sérieusement à plusieurs reprises dans les prochains mois, il vaut mieux que je fasse du Quidditch, rétorquai-je. Et puis, je n’ai pas peur de Joshua. Ni de ses amis. J’ai affronté bien pire que lui.

- On te croit, m’assura Scorpius. Même si l’idiot à côté n’en a pas l’air.

- Hé! s’indigna l’intéressé.

Je levai les yeux au ciel et jetai un coup d’œil vers l’horloge. C’était bientôt l’heure. Si je voulais avoir le temps de me changer, de me rendre jusqu’au terrain de Quidditch et m’échauffer un peu… Il vaudrait mieux que je me mette en marche dès maintenant. j’inspirai doucement et au moment où je vins pour l’annoncer à mes deux compatriotes, Albus lâcha :

- On peut t’accompagner.

- Quoi? m’étonnai-je. Vous détestez le Quidditch.

- Je ne déteste pas. Et ce n’est pas une idée idiote, admit Scorpius. Comme ça, tu auras du soutien et de l’aide en cas de besoin.

Ça avait du sens. Pour toute réponse, je haussai des épaules en affirmant :

- C’est comme vous voulez. Mais là je dois me préparer.

Sur ces mots, je m’éloignai vers mon dortoir, mais juste avant d’être trop loin, je pus entendre :

- Qu’est-ce que tu sous-entends par « ce n’est pas une idée idiote »?

Le ton à la fois embarrassé et énervé d’Albus me donna envie de sourire. Si je n’avais pas été aussi empressée de rejoindre le terrain de Quidditch, j’aurais sans doute essayé d’épier leur conversation. Sauf qu’en l’occurrence, j’avais plus important à faire, alors je me ruai vers mon dortoir et enfilai rapidement des robes de Quidditch de couleur neutre. Généralement, elles me servaient pour les entraînements. Ma gorge se serra un peu en tombant sur celles qui me servaient pour les matches. Avec les couleurs de Gryffondor. Je ne les remettrai pas cette année…

Un soupir et un secouement de tête plus tard, je sortis précipitamment des dortoirs Spock sur les talons et traversai en flèche la Salle Commune, obligeant ainsi mes deux amis à suivre le rythme sans avertissement préalable. Albus avait raison sur un point… J’étais nerveuse. Ce n’était pas comme la première fois où j’avais passé les essais pour ma Maison. Cette fois, je savais ce que je valais. Je savais que j’avais ce qu’il faut pour faire partie d’une équipe… de Poudlard. De mon Poudlard, en tout cas. Mais serait-ce suffisant ici? Allais-je vraiment tomber dans un piège en allant aux présélections ou Joshua avait-il vraiment été impressionné par ma manière de lui tenir tête?

C’était d’excellentes questions.

Mais je n’aurais malheureusement de réponses que lorsqu’il serait trop tard pour reculer. En espérant que ça ne finirait pas en drame susceptible de m’empêcher de participer aux essais officiels! Connaissant ma chance, ça pouvait tout aussi bien arriver. Ou sinon je pouvais faire une mauvaise chute et mourir bêtement, ce qui signifierait que mon obstination avait effectivement été mon tombeau. Que de jolies pensées, Allison! me félicitai-je mentalement de manière profondément sarcastique.

Un peu de concentration, par Morgane!

Sans en prendre conscience, je traversai l’entièreté du trajet menant au terrain de Quidditch sans prononcer un mot et sans même vraiment prêter attention à ce qui se trouvait devant moi. Comme une aveugle en terrain connu. En voyant qu’il n’y avait toujours personne, je fronçai un peu les sourcils. Était-ce un piège débile pour me faire perdre la face? Si tel était le cas… ça ne m’empêchait pas de faire des étirements. Et ça ne pouvait pas faire de mal vu la tension qui m’habitait. Tout en caressant tendrement l’arrière des oreilles de mon chien, je lâchai :

- Je vais m’étirer un peu…

Mes deux amis hochèrent de la tête et je commençai à enchaîner les étirements. En commençant par les pieds et en terminant par la tête. Une fois que mon corps fut suffisamment échauffé, je pris position sur mon balai et fit quelque tour. Ce fut du haut des airs que je les remarquai. La dizaine de Serpentards qui s’approchait du terrain. Apparemment, j’étais arrivée en avance… ou ils n’avaient aucun sens de la ponctualité.

- Tu peux redescendre, Beauxbâtons! tonna la voix de Joshua.

Je m’exécutai sans attendre et atterri avec la grâce de plusieurs années d’expérience. Dès que j’eus mis pied à terre, le capitaine de l’équipe se positionna de sorte à être face à tout le monde. D’un coup d’œil, j’analysai les personnes présentes. Je reconnus quelques visages d’élèves de mon âge, d’autres plus vieux et plus jeunes. Certains, je m’en doutais, devaient appartenir à des membres déjà actifs de l’équipe. Parce que Ruby était là.

Alors les autres certainement.

Joshua toussota un peu pour attirer l’attention de tout le monde et d’un ton dur lança :

- Bien. À ce que je vois, tous ceux qui ont reçu l’invitation sont là. Tant mieux. C’est une chance que peu reçoit. Savourez-la.

Je captai rapidement le roulement d’yeux de Ruby et retins un sourire, car le capitaine continuait :

- Si vous êtes là, c’est soit parce que vous avez d’excellentes relations ou que vous vous êtes montrés dignes d’intérêt. Que ce privilège soit justifié ou non, nous le saurons ce soir. Que vous soyez invité ou non à revenir aux prochains essais, vous pouvez décider de venir ou de ne pas venir. C’est votre choix. Mais je ne change pas souvent d’opinion, tout comme mes prédécesseurs.

Étais-je en train de rêver ou son regard semblait peser plus lourdement sur moi? songeai-je intérieurement. Probablement que je ne rêvais pas, il avait des doutes sur mon compte. Je ne pouvais pas le blâmer. Pas vraiment. Il ne me connaissait pas. Sauf qu’il apprendrait à me connaître, et probablement à ses dépens. Je continuai d’écouter d’une oreille discrète le discours de Joshua alors qu’il expliquait ce que l’on allait pratiquer, les postes ouverts et tout le blabla nécessaire. À plusieurs reprises il insista sur le fait que c’était une occasion en or que d’être ici. Je dus prendre énormément sur moi pour ne pas lever les yeux au ciel. Ce n’était pas le moment de s’attirer les foudres de la personne qu’on espérait impressionner.

Non?

Non.

Je ravalai rapidement tout comportement désobligeant qui me venait à l’esprit concernant les méthodes du capitaine et écoutai jusqu’au bout. D’une oreille. Mais c’était l’intention qui comptait. Dès qu’il nous fit monter sur nos balais pour des exercices de routines, je m’exécutai avec la même concentration que je mettais dans les matches. Même si j’aurais pu le faire les yeux fermés et en chant à l’alouette. Peut-être pas en chantant. Je me casserais moi-même les oreilles…
Les choses intéressantes commencèrent un bon trois quarts d’heure plus tard. Il nous divisa en deux équipes. Des aspirants et joueurs mélangés pour équilibrer les forces pour commencer. Il échangea à plusieurs reprises des personnes pour les mettre dans d’autres équipes. À un moment, chacun des aspirants se retrouva accompagné de tous les joueurs actifs, excepté Joshua puisqu’il observait. Lorsque vint mon tour, j’eus un sourire goguenard à l’adresse des aspirants Batteurs de l’autre côté. Je fus presque certaine de voir l’un des deux blêmir.

- Jeu! hurla le capitaine en lançant les différentes balles.

Presque immédiatement je fonçai vers les Cognards et les déviai pour éviter qu’ils ne s’attaquent aux membres de mon équipe. En ce moment, j’étais seule de mon côté pour maîtriser les deux balles. Par mesure de précaution, je voyais bien que Joshua tenait sa batte et son balai fermement, prêt à intervenir.

Parce que oui, évidemment, c’était lui l’autre Batteur.

Pendant un bon trois minutes, je ne tins pas compte de ce qui se passait autour de moi. J’interceptais les Cognards sans sourciller et les renvoyais vers les autres aspirants. Ma conscience fut autrement plus interpellée au moment où un éclair de douleur traversa mon pied droit en même temps qu’une flèche de Cognard poursuivait sa route. Mon regard se transforma en un beaucoup plus hargneux et je le tournai dans la direction d’où était arrivé le Cognard.

Le sale petit salopard!

C’était celui qui avait blêmi! Apparemment, il n’avait pas aimé mon attitude! Je lâchai un grondement tout aussi hargneux que mes yeux et sans perdre une seule fois cet air, je restai en place. Je ne lui donnerais pas la satisfaction de lui montrer ma douleur. Ni de demander une pause. Jamais. Mais il allait drôlement le regretter. Maintenant… ou plus tard.

- Beauxbâtons! Est-ce que le Cognard t’a touchée? s’enquit Joshua d’un ton ennuyé.

- Non, affirmai-je d’une voix forte, mais grondante de colère.

Je remarquai l’air suspicieux de Ruby ainsi que d’un autre joueur, mais personne ne prononça un mot. Pas même Joshua qui me regardait avec encore plus de suspicion que les deux autres. Dès que le jeu fut relancé, je m’y attelai avec hargne. Tout en prenant bien soin d’éviter de songer à la douleur de mon pied droit, à mon envie et non envie d’y jeter un coup d’œil et en renvoyant le Cognard à celui qui m’avait attaqué à chaque fois que l’occasion se présentait. Et sans y aller dans la douceur. À plusieurs reprises, il manqua tomber de son balai et je retins mon sourire à chaque fois. Ce n’était pas le moment de tout gâcher…

Le soulagement que je ressentis lorsque Joshua ordonna d’arrêter me fit comprendre que mon pied devait vraiment être dans un sale état. En entamant la descente, je pris encore plus grand soin de ne pas y jeter un coup d’œil. Je craignais sincèrement ce que j’allais constater comme dégât et la dernière chose qu’il me fallait c’était bien de tourner de l’œil en plein vol! J’avais assez donné à ce niveau…

- Mon pied, mon pied, mon pied… marmonnai-je en atterrissant du pied gauche pour éviter d’empirer le droit.

Albus et Scorpius arrivèrent en courant en affichant un air complètement atterré et ahuri en même temps. Dès qu’ils furent à mon niveau, le second grimaça avant de lâcher :

- Tu es bonne pour l’infirmerie…

- Non! C’est hors de question!

- Et tu sais comment soigner ton pied, peut-être? ironisa Albus.

- Je peux l’apprendre!

- C’est l’infirmerie, Beauxbâtons, grinça une voix que je reconnus aisément.

Joshua.

Le jour où j’entendrais à nouveau la voix de celui que je connaissais, j’allais devoir courir vers lui et le prendre dans mes bras. Merlin, ce que celui d’ici pouvait être énervant et… horrible. J’affichai un air indigné et furieux pour faire face à ce Serpentard qui ne méritait pas de porter le nom de Joshua Flint. En voyant mon expression, il recula d’un pas et j’eus un sourire mauvais. Je grognai :

- Un Cognard sur le pied, c’est rien. J’en ai reçu plusieurs sur la tête. Ce n’est pas pour ça que j’arrêterai de jouer!

- Je ne sais pas si tu l’as remarqué, Beauxbâtons, mais ça fait déjà une heure et demie que l’on est ici… C’est l’heure du couvre-feu.

- Oh.

Il m’analysa un moment, les paupières légèrement plissées. Je n’avais aucune idée de ce à quoi il songeait, mais j’aurais donné cher pour le savoir! Après quelques secondes à se dévisager mutuellement, il haussa les épaules et lança :

- On se revoit dans une semaine, Beauxbâtons.

Il ne mentionna aucun autre nom. Alors que pourtant, il y avait six autres personnes parmi les participants de ces présélections. Une grimace s’afficha sur mon visage au lieu du sourire dont j’avais eu l’intention. Je venais de poser le pied droit sur le sol. Un gémissement m’échappa et en jetant un coup d’œil à l’élément perturbateur de mon corps j’en émis un autre. Ce n’était… clairement pas… le bon angle que devrait avoir mon pied.

- L’infirmerie. Maintenant, gronda Scorpius.

Je poussai un soupir. Il avait raison, mais je ne pus m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsqu’Albus et lui me saisirent par les bras pour les passer autour de leurs épaules. Magnifique. Vraiment. J’allais retourner au château sur une jambe en étant soutenu par mes deux amis. C’était très intimidant comme vision, j’en étais certaine! Avec un nouveau soupir, je me résignai à avancer. Et tout en avalant les mètres à la vitesse d’un escargot étourdi, je ne pouvais pas m’empêcher une crainte insidieuse de s’infiltrer en moi. Et si cette blessure ne guérissait pas d’ici une semaine?

Mais me revoilà pourtant, une semaine plus tard! À quitter ce même terrain de Quidditch. Mais cette fois, avec un sourire triomphant aux lèvres. J’avais bien vu le moment exact où Joshua avait capitulé. Je n’aurais pas manqué son hochement de tête pour rien au monde. Il signifiait sa capitulation. Il abandonnait. J’avais gagné le pari non formulé qu’il y avait eu entre nous. J’étais douée. Et il ne pouvait plus le nier. Il ne pouvait même pas prendre un autre joueur au poste de Batteur sans perdre la face devant toutes les personnes qui se trouvaient aux essais et qui m’avaient vu joué.

Mais non seulement avais-je constaté cette réaction chez ce Serpentard-là, mais j’en avais constaté une chez un autre. Un que je connaissais très bien et très peu à la fois. Albus. Il avait eu le regard. Ce même regard chargé d’étincelles et d’intérêts. Un regard avide et sans peur. Celui qui le prenait chaque fois que l’adrénaline s’emparait de lui lors d’un match de Quidditch, qu’il soit amical ou non. L’envie de jouer. Le Albus d’ici pouvait dire ce qu’il voulait à propos de son dédain pour ce jeu sorcier, mais c’était des sornettes.

Il aimait le Quidditch.

Et il n’aurait pas fini d’en entendre parler! Je l’assaillirai de pique jusqu’à ce qu’il l’admette. Ou qu’il crie grâce. Pas avant. Et je sais pertinemment qu’il admettra. Comment pourrait-il le nier? Il finira par se trahir d’une manière ou d’une autre lorsque je le bombarderai. J’étais prête à parier qu’il connaissait toutes les règles du Quidditch par cœur. Les mouvements et attaques possibles par tous les postes. Je n’avais aucun doute qu’à chaque match auquel il assistait, il les formulait dans sa tête.

J’avais toujours le sourire aux lèvres en me rendant aux vestiaires. Et en sortant. Lorsqu’Albus et Scorpius me demandèrent pourquoi je souriais, je ne formulai qu’une partie de la réponse. Joshua. Ils sourirent à leur tour et nous échangeâmes quelques plaisanteries concernant la défaite de notre comparse Serpentard. Sauf que l’on perdit instantanément nos sourires et notre envie de rire en entrant dans le château. On pouvait entendre des bruits profonds, lourds et sonores provenir du couloir voisin. La seconde suivante, une forme humaine en pleine course jaillit du couloir voisin et nous rentra dedans de plein fouet. En sentant une main se refermer comme des serres sur mon poignet, je n’eus aucune difficulté à reconnaître l’identité de cette personne.

- Un troll! lâcha Rose la Harpie d’un ton paniqué, mais dépourvue de dédain.

Sans nous demander notre avis, elle entraîna Albus, Scorpius et moi dans la direction opposée à celle que nous devions prendre.

Image


Aloooors, qu'est-ce que vous en pensez? Avez-vous une impression de déjà-vu avec quelque chose d'autre? :lol: Normalement, les trois intrigues sont relativement mises en place, maintenant. Et leur avancement va se poursuivre dès les prochains chapitres. Et on sait tous qu'il y aura une fameuse conversation dans le chapitre 10 :twisted:
(pour être honnête, j'ai eu un moment d'incapacité à finir ce chapitre, car je voulais sauter au dixième... :roll: ) Bref, on se revoit dans deux semaines probablement pour le bonus et un mois pour le chapitre (au maximum).


Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Ma parole, ça fait un mois que je me dis qu'il faut que je com et un mois que j'ai pas com :lol: :?
Du coup, très bon chapitre (comme d'hab).
L'évolution d'Alli est très belle, elle est plus ouverte et moins impulsive.
Et mon petit James ! Il est vraiment génial (quelque soit sa version).
Sinon j'ai hâte d'avoir le prochain chapitre !!! (et une FAMEUSE discussion ;) )
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Ma parole, ça fait un mois que je me dis qu'il faut que je com et un mois que j'ai pas com :lol: :? Pas de problème ;) La procrastination, je connais :lol:
Du coup, très bon chapitre (comme d'hab). Tant mieux :D
L'évolution d'Alli est très belle, elle est plus ouverte et moins impulsive.
Et mon petit James ! Il est vraiment génial (quelque soit sa version). Comme l'a dit Allison, James n'a pratiquement pas changé :lol:
Sinon j'ai hâte d'avoir le prochain chapitre !!! (et une FAMEUSE discussion ;) ) Je m'en doute que tu as hâte à cette fameuse discussion :lol: Et elle viendra. Éventuellement. :roll:
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Salut! J'ai pris un peu de retard, mais il y a plusieurs choses vraiment imprévues qui me sont tombées dessus ces dernières semaines... Alors j'ai mis du temps à écrire ce bonus que je vous offre aujourd'hui et... on s'en doute le chapitre tardera encore un peu :? Le fait est que je viens juste de me trouver un emploi trois jours semaines de 16h à minuit. Mais ce n'est pas la partie la plus déstabilisante... Il y a un peu plus d'un mois, ma grand-mère qui a toujours habité avec ma mère et moi est entrée à l'hôpital, mais normalement elle devait rentrer à la maison après un certain temps. Sauf qu'il y a eu des complications avec son cas et finalement il y a environ deux semaines, elle est décédée. :cry: Bref, j'ai un peu de mal à me retrouver dans tout ça et parfois j'ai vraiment juste envie de ne rien faire. :( Mais bon, je tiens vraiment à cette fanfic et comme je suis dans un déni total de la situation, je vais essayer de continuer. Alors, c'est pour ça que le bonus arrive maintenant! ;) Normalement... j'ai presque la moitié du chapitre dix d'écrit. Alors peut-être dans une ou deux semaines est-ce que je le publierai! J'espère vraiment que ça ne sera pas plus long... Je tiens à m'excuser si le bonus est court, mais bon... Ce n'est qu'un bonus! Et le chapitre sera aussi long que d'habitude. Breeef, maintenant je vous dis bonne lecture!


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Bonus


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# 2
James, Louis, Liam & Dylan – Bibliothèque – En pleine nuit


La cape d’invisibilité sous le bras et la carte dans l’autre main, James sortit avec ses trois meilleurs amis de leur Salle Commune. Il régnait un silence palpable dans le château. Normalement, il aurait trouvé cette ambiance normale et n’y aurait pas réfléchi à deux fois. Sauf que cette nuit… avec ce qu’il s’était passé un peu plus tôt… il ne pouvait s’empêcher de trouver tout ça plutôt lugubre.

- Personne en vue? s’enquit son cousin.

- Non. Tous les professeurs sont dans le bureau de McGonagall.

- Parfait, s’enthousiasma Dylan une seconde trop tôt.

- Rusard est à la bibliothèque.

- Merlin, grommela Liam. Vous croyez qu’on arriverait à le faire sortir de là?

Il ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire en coin. La question n’était même pas la bonne à se poser. Faire sortir Rusard de là serait un vrai jeu d’enfant. Ce qu’il devait se demander, maintenant, c’était que faire du temps qui lui était imparti. Les professeurs ne resteraient pas longtemps dans le bureau de la directrice. Ils allaient rapidement prendre de nouvelles actions. La preuve étant que seul Rusard se trouvait à la bibliothèque. Avec cet intervalle de temps plutôt court pour poser une action et avoir une possibilité de fouiller la bibliothèque… que pouvaient-ils faire pour obliger le concierge à sortir? Avec un nouveau sourire, il avança :

- Quelle question mortelle! Il n’y a que toi pour y penser, pas vrai? Je ne nous surnomme pas les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse pour rien, il me semble!

- C’est une apocalypse avec toi chaque jour, James, marmonna Louis.

Le sourire qu’affichait son cousin ne lui échappa pas, alors il ne commenta pas.

- Il fallait vraiment que tu ramènes ça sur le tapis, n’est-ce pas, Guerre ambulante que tu es! soupira Liam. Je ne comprends toujours pas pourquoi vous pensez que je devrais être la Mort!

- Parce que tu fais peur à voir, le taquina Dylan.

- Toi on n’a pas à se demander pourquoi tu es Conquête, hein, Dylan! Rigola le seul Weasley du groupe.

- Et toi non plus, Famine, rétorqua l’intéressé. Tu affames les poulettes sans rien donner pour satisfaire leur faim. C’est un comportement horrible. Cela dit, tu sembles être prêt à nourrir un certain poulet…

- Te la fermer pourrait être une bonne option.

Le visage soudain fermé de son meilleur ami, lui apprit que le commentaire de Dylan en était peut-être un de trop. Cela dit, il ne put s’en empêcher et éclata de rire tout comme Liam. Simplement, l’image de Joshua et d’un poulet venait de fusionner dans son esprit.

- Alors maintenant on l’appelle le Coq ou le Poulet? s’enquit-il en riant de plus belle.

- Vous êtes impossible! s’indigna Louis, sauf qu’un léger soubresaut de ses épaules démentit son ton furieux.

Parce que oui, évidemment que son cousin s’empêchait d’éclater de rire maintenant. Dylan et Liam, quant à eux, ne s’en privèrent pas. Ils reprirent toutefois leur sérieux au fur et à mesure qu’ils approchèrent de la bibliothèque. L’heure n’était plus aux plaisanteries enfantines, mais à l’exécution d’un plan bien orchestré, précis et pensé dans les moindres détails.

L’improvisation devrait le faire…

- CHARGEZ! hurlèrent d’une même voix Dylan et Liam dans le couloir menant à la bibliothèque.

En prononçant ce simple mot, ils passèrent en trombe devant les portes dudit endroit pendant que les deux cousins s’empressaient de se couvrir de la cape. Par mesure de précaution, leurs deux amis avaient pris la carte avec eux. En voyant surgir un Rusard fou de rage, James dut prendre sur lui pour ne pas éclater de rire ou faire en sorte que les cheveux épars du concierge de l’école clignotent comme des lumières de Noël. L’envie ne manquait pas, sauf qu’il ne pouvait pas se permettre cette écartée. Pas maintenant. Une autre fois, peut-être.

- Cette fois, je vais vous avoir, sales garnements! s’écria Rusard en se lançant à la poursuite des fuyards hilares.

Dès qu’il fut suffisamment loin, les deux cousins entrèrent discrètement dans la bibliothèque et ils manquèrent s’étouffer tellement l’air semblait épais. Saturé. Saturé par quoi? S’il se fiait au fait que les poils de ses avant-bras et de sa nuque se redressaient comme en présence d’une menace, il ne pouvait y avoir qu’une cause. La magie. Et en grande quantité pour laisser cet effet sur l’air ambiant. Ils avancèrent de deux pas, mais plus il semblait aller vers le fond et pire c’était.

- Ce n’est pas normal… affirma Louis.

Il se contenta de hocher de la tête et tous deux continuèrent d’avancer, mais de plus en plus lentement, sur leur garde. James n’aimait pas vraiment l’ambiance qui régnait. Il aurait menti en disant qu’il n’aimait pas s’aventurer quelque part sans savoir ce qui l’attendait… parce qu’il le faisait trop souvent pour que ce soit crédible. Mais ici? Ici c’était différent. Une force quelconque montait la garde. Et avec toutes les histoires qui avaient bercé son enfance, il savait que la directrice ne devait pas être sous-estimée. Et ils étaient présentement quelque part où elle ne voulait pas qu’ils se trouvent…

Ça va mal se terminer… soupira-t-il intérieurement.

Sauf qu’ils n’avaient pas le choix de trouver des réponses. D’en chercher tout au moins. Ils n’auraient pas d’autres chances pour le faire, c’était maintenant ou jamais. Au moment où ils franchirent la rangée où s’était déroulée l’attaque, un bruit assourdissant retentit. En continu. Il tenta de se boucher les oreilles de ses mains, mais rien n’y faisait. Ça résonnait dans sa tête. D’un commun accord, son cousin et lui retirèrent la cape de sur leurs épaules.

- Mais que vois-je, que vois-je! souffla moqueusement une voix. Ne serait-ce pas les perturbateurs en chefs de l’école?

- On n’a pas de temps pour ça, Peeves. Va t-en! grommela-t-il.

- Que de gentillesse…

Au lieu de s’en aller, il se mit à virevolter autour d’eux. James fit en sorte de l’ignorer et commença à fouiller. L’élève qui avait été attaqué n’était plus là, mais il y avait encore des traces de sang ici et là. Un frisson le parcourut et il aurait sans doute eu un peu plus la chair de poule, si l’agacement qu’étaient Peeves et l’alarme ne l’accaparait pas autant.

- Il faut qu’on se dépêche, James.

- Je sais…

Son regard suivit chaque recoin de l’allée où s’était produite l’attaque avec un soin qu’il espérait suffisant pour repérer quelque chose d’inhabituel. Ses yeux passèrent rapidement sur un parchemin qui traînait avant d’y revenir brusquement. Il s’en saisit vivement et au moment où il vint pour lire ce qu’il y avait dessus… il se retrouva à froncer les sourcils. Des runes. Il n’avait pas pris cette option. Il poussa un soupir, mais l’enfonça dans ses poches.

- Il faudrait qu’on y aille. Tu as trouvé quelque chose? lâcha Louis, inquiet.

- Peut-être. Toi?

- Non.

- Alors, allons-y…

Ils commençaient à rebrousser chemin lorsque Peeves reprit :

- C’est honteux de votre part.

- Hein? s’étonnèrent-ils en même temps.

Avaient-ils négligé un indice?

- Vous vous efforcez de résoudre la mauvaise énigme.

L’esprit frappeur ricana un peu en voyant leur air encore plus perdu et poursuivit ensuite :

- La seule personne qui pourrait vous aider à tout comprendre n’est pas ici. La seule personne dont vous ayez vraiment besoin. Quelle honte que vous l’ayez oublié. Comment croyez-vous qu’elle va le prendre lorsqu’elle saura que vous l’avez tous oublié? Elle qui fait tout ce qu’elle peut pour revenir…

Il se sentit blêmir d’un seul coup. La question qui lui brûlait les lèvres sortit de la bouche de son cousin :

- De qui tu parles, Peeves?

- D’Allison Lévesque, bien sûr!

Il en resta sans voix. Une seconde de trop. Ce ne fut que grâce aux réflexes de Louis qu’ils ne furent pas découverts par les professeurs qui entrèrent en trombe dans la bibliothèque. Maintenant caché sous la cape d’invisibilité, son cousin l’entraîna plus loin sous le rire de Peeves et le bruit assourdissant de l’alarme. Il revint à lui au moment où ils franchirent une porte qui n’aurait pas dû se trouver là. Au fond de la bibliothèque. Ils débouchèrent dans un passage secret et cette découverte lui redonna la voix en même temps que Louis les débarrassait de la cape.

- Tu ne m’as jamais parlé de ce passage secret! s’indigna-t-il.

- Si je l’avais fait, j’aurais perdu le seul endroit où je pouvais me cacher des autres et toi.

- Hé!

- Parfois, c’est bien d’avoir un peu d’intimité.

- Attends une seconde… C’est ici que toi et…

- Oui. On se retrouvait ici.

- Comment est-ce que tu as trouvé le passage?

- Ce n’est pas moi. C’est… C’est elle.

- Oh.

Il décida de ne pas fouiller plus loin. Cette histoire entre la Serdaigle et son cousin remontait à loin. À lorsqu’ils étaient en deuxième année et elle perdurait encore aujourd’hui. Elle avait eu un aboutissement pendant leur cinquième année. Puis elle y avait mis un terme pour cause d’ennuis familiaux, ou d’une vie trop compliquée. Quelque chose comme ça.

Mais cette fille avait toujours eu un certain impact sur Louis.

Et encore aujourd’hui. Même s’il avait relativement réussi à passer à autre chose. Toute l’histoire autour de sa sœur avait dû l’y aider. Au moins Dominique allait-elle mieux maintenant… Ils n’en parlaient pas souvent, car tout comme pour cette fille dont il avait été extrêmement proche, c’était un sujet sensible. Évidemment, James n’hésiterait pas à titiller son cousin concernant une certaine Serdaigle si ça pouvait l’amener à se joindre à l’équipe de Quidditch. D’un autre côté, à quel point est-ce que c’était toujours une information d’actualité.

Car Joshua venait d’entrer en jeu, lui aussi.

Étonnant, quand même. Son cousin avait des goûts bien spécifiques… Un intérêt pour une seule famille. Il se retint de ne pas lâcher un petit rire, mais de toute manière ce dernier s’étouffa dans sa gorge lorsqu’il leva les yeux. Pour tomber face à face avec Peeves. Ce dernier avait encore son sourire typique de fou à lier. Du moins, James le considérait-il comme tel. Il recula d’un bond, coinça sans le vouloir son pied dans un objet quelconque traînant par terre et tomba lourdement sur le dos. Le bruit qu’il provoqua poussa Louis à se retourner et sans autre forme de procès il éclata de rire. Et évidemment, Peeves aussi.

- Qu’est-ce que tu fais par terre, James? Peeves t’a fait peur?

- Le plancher voulait faire connaissance, je ne pouvais pas le décevoir! répliqua-t-il sarcastiquement, mais sa voix était aussi teintée d’agacement. Qu’est-ce que tu veux Peeves?

- J’étais venu vous voir pour la faveur que vous m’aviez demandée, avança l’esprit avec un sourire narquois.

- Il s’est passé quelque chose d’autre? s’étonna son cousin.

- Pas exactement. Quelqu’un est arrivé. Un nouveau fantôme… À deux couloirs de l’entrée.

- Un nouveau… commença-t-il à s’exclamer avant d’être coupé.

- Sur ce, je dois y aller! Et souvenez-vous de ce que j’ai dit. Allison sera très déçue de voir que vous l’avez tous oublié!

Un nœud se forma de nouveau dans sa gorge à la mention de la fille. Il avait vu la photo. Celle de son frère. Quelque chose lui semblait familier, mais il n’arrivait pas à faire de lien. Depuis qu’ils étaient rentrés à Poudlard, il se retrouvait souvent à faire l’inventaire de toutes les têtes de Gryffondor, lorsqu’ils étaient dans la Salle Commune ou dans la Grande Salle. À chaque fois il ne trouvait pas la personne qu’il cherchait. Au début il ne comprenait pas pourquoi…

Maintenant si.

Et l’idée de décevoir quelqu’un à ce niveau, même si ce n’était pas de sa faute, l’attristait. Et l’énervait. Il désirait savoir plus que tout. Il aimerait que tout ça ne soit qu’un cauchemar. Il savait qu’Al avait l’intention d’envoyer une lettre à leur père avec Hedwige, deuxième du nom. Pour poser des questions. Et peut-être avoir des réponses. Sauf que James craignait sincèrement que leur père n’en saurait rien. Sinon il l’aurait mentionné dans la lettre qu’ils avaient reçue le matin de la rentrée.

- James? Ça va?

L’interrogation de son cousin le ramena à l’ordre.

- Pourquoi tu demandes ça?

- Parce que tu es aussi blanc qu’un drap.

- C’est juste… je réfléchissais.

- Et ça te demande autant d’efforts? ricana Louis.

- Très drôle.

- Sérieusement, qu’est-ce que t’as?

Il poussa un soupir et en regardant son meilleur ami droit dans les yeux, il demanda :

- Est-ce que c’est vrai? Est-ce que j’étais aussi proche de cette fille, cette Allison, que tout le monde le prétend? Parmi ceux qui se souviennent.

L’air tout à fait sérieux et navré que son cousin afficha lui fit courber les épaules. L’idée d’avoir pu oublier quelqu’un d’aussi important… le rendait malade. Il soupira à nouveau, mais tendit l’oreille lorsque Louis prit la parole :

- Oui. Je me souviens qu’en deuxième année, tu étais extatique à l’idée qu’elle soit chez Gryffondor. Tu as réussi à l’entraîner dans certains de nos coups et elle faisait fuir les chats. En troisième année, c’est la première fois que tu as dit qu’elle était ton amie. En quatrième année, je t’ai dit que d’ici la fin de ses études, elle et ton frère sortiraient ensemble. D’ailleurs, tu me dois les cinq chocogrenouilles de notre pari! Après, j’avais aussi prévu Scorpius et Rose, mais ça s’est produit plus rapidement que prévu à cause d’Allison. En cinquième année, c’est la première fois que tu m’as dit que tu la considérais un peu comme ta sœur. Elle a toujours rendu coup pour coup et tu trouvais ça divertissant. Te forçait à toujours t’améliorer dans tes farces. Je me souviens que nos coups d’éclat avaient toujours plus d’imprévus quand elle venait avec nous, même si ce n’est pas arrivé très souvent lorsqu’elle est entrée en troisième année. Je me souviens que dans une lettre l’année dernière, tu m’as dit que tu t’inquiétais pour elle, parce qu’Al se comportait comme un abruti. Puis il y a eu son enlèvement à Noël, tu en étais malade.

- Son enlèvement?

- Oui. D’ailleurs, je suis désolé.

- Pourquoi?

- Parce que je n’ai pas été là.

Il balaya l’air de sa main en disant :

- Je ne m’en souviens pas. Et sincèrement… ta situation n’était pas mieux que la mienne devait l’être.

Son cousin hocha de la tête. Pendant quelques minutes ils restèrent là, sans bouger. Plonger tous deux profondément dans leurs pensées. Rapidement, pourtant, James se souvint qu’ils avaient une nouvelle enquête à mener. Et elle était au sujet de ce nouveau fantôme qu’avait mentionné Peeves. Qui était-il? Pourquoi l’esprit frappeur avait-il été aussi prompt à s’en aller sans répondre? Il était plus loquace que ça avec eux, d’habitude…

Leur en voulait-il pour quelque chose?

Allison?

Peu probable… Sauf s’il y avait autre chose qu’ils ignoraient à propos de cette situation. Mais comment se pourrait-il que ce soit ça? Il n’y avait aucun lien entre Allison et Peeves. Ce dernier était un non-être et ne répondait à rien ni personne plus souvent qu’autrement… Il secoua la tête pour retirer ces interrogations de son esprit et se redressa.

- Le fantôme? devina son meilleur ami.

- Le fantôme, approuva-t-il.

Sur ces mots, ils s’éclipsèrent plus avant dans le passage secret et au moment d’en sortir, ils se recouvrirent à nouveau de la cape d’invisibilité. À son avis, Liam et Dylan devaient être de retour dans leur Salle Commune. C’était le plan, normalement. Et dès que Louis et James arriveraient, ils se pencheraient quelque temps sur ce qui avait été découvert. Avant de finalement dormir. L’idée de rejoindre son lit était réjouissante, mais ils leur restaient encore beaucoup de travail.

Ils atteignirent assez rapidement le couloir nommé par Peeves. Au loin ils pouvaient apercevoir une lueur. Ils s’approchèrent doucement et il se raidit. Devant eux se trouvait un fantôme. Oh, évidemment ça n’avait rien d’étonnant. Ils étaient là pour ça, après tout. Sauf qu’il y avait une chose qui complexifiait tout. Ce n’était pas un inconnu. Il le connaissait très bien. Enfin, presque. Il ne l’avait pas connu ainsi, toutefois.

Comme étant un fantôme.

- Kieran? lâchèrent-ils en même temps.

James se sentit blêmir d’un seul coup lorsque le fantôme de Kieran Aylin se retourna vers eux en plissant de ses paupières fantomatiques. De ce qu’il pouvait voir, son visage était énormément tuméfié. Et à plusieurs endroits, on pouvait apercevoir ce qui ressemblait à du sang…

- Qui est là? s’enquit le cousin de Joshua.

Pouvait-il être… mort?

Ce que tu peux être débile, James! Il n’y a pas cinquante manières de devenir un fantôme! grommela-t-il intérieurement.
Louis leur retira la cape et d’une voix blanche demanda :

- Comment… Qu’est-ce que… Tu es…

- Je sais que je suis mort, Louis.

L’air catastrophé qui défigura le visage de son cousin était compréhensible. La panique et la peur aussi. Après tout… il avait été très, très proche de la sœur de celui qui se trouvait devant eux. Eleanor Aylin, Serdaigle, septième année. La seule fille avec qui son cousin avait vraiment été en couple. Même si ça avait plus été une relation secrète qu’autre chose. Enfin, ça l’aurait été s’ils s’étaient retrouvés n’importe où ailleurs qu’à Poudlard… En moins d’un mois, tout le monde avait été au courant!

Bon, évidemment, lui ainsi que Liam et Dylan l’avaient su dès le départ.

C’était difficile pour chacun d’entre eux de se cacher des trucs les uns des autres. Voire impossible. Ils se connaissaient trop bien et ils possédaient suffisamment d’astuces pour parvenir à se garder informés. Ou à garder l’œil ouvert sur les autres.

- Comment est-ce que c’est arrivé? Est-ce que… commença Louis, mais il fut coupé.

- Quelqu’un s’est infiltré à la maison, répondit Kieran, le regard perdu. Mon frère et ma sœur sont en vie, si c’est ce que tu voulais savoir.

Il entendit très bien le soupir soulagé de son cousin. Lui aussi soupira de soulagement. Du moins un peu. Car ça restait quand même que le Gryffondor du même âge que son frère… devant lui était… mort.

- Pourquoi es-tu devenu un fantôme? La peur de la mort? l’interrogea-t-il.

- Non… Ma famille. Ils ont besoin de moi.

- Mais…c’est permanent! s’écria son cousin. Elee n’aurait jamais voulu ça!

- Peut-être, mais c’est ma décision!

L’air furieux de Louis aurait été très à sa place s’il était toujours en couple avec l’intéressée de l’affaire présente, mais ce n’était pas le cas. D’un autre côté, il l’avait très bien connu et même s’il ne devait plus avoir de sentiments de ce type pour elle, James n’avait aucun mal à croire que son cousin se soucierait toujours d’elle. Parce qu’ils étaient toujours ainsi dans sa famille, ils se souciaient des leurs, qu’ils soient parents, amis ou autres connaissances.

- Tu vas la faire souffrir.

- Je sais. Mais je ne peux pas les laisser seuls.

- Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que tu as menti? Pourquoi est-ce que j’ai toujours l’impression que vous me cachez la vérité concernant votre famille? gronda son cousin.

- Je n’ai pas menti. Et notre famille, c’est notre affaire.

- Ça, je l’ai compris il y a un moment. Mais je ne sais toujours pas pourquoi…

Il se doutait que ça devait faire mal à son cousin. Les cachoteries, ils n’aimaient pas. Surtout lorsque c’était relié à des gens pour qui ils avaient de l’affection et dont ils se souciaient. Et maintenant… avec ce qui se passait… Il inspira doucement pour éviter de soupirer bruyamment.

- Si tu veux des réponses, ce n’est pas à moi qu’il faudra les demander, répliqua Kieran.

- Elle m’a dit clairement que c’était fini. Et quand elle dit que c’est fini… C’est qu’elle ne veut plus en parler. Et ne plus en parler, ça signifie aussi qu’elle ne veut plus me voir.

Aïe… Si James avait su que Louis avait sorti avec Eleanor, il n’avait pas eu les détails de leur rupture. Les conséquences, oui. Il en grimaçait encore rien que d’y penser.

- Elle a toujours mis nos vies en avant aux dépens de la sienne. Elle fait toujours tout pour nous protéger. Elle ne te détruira pas sur place si tu vas la voir, affirma Kieran.

Son cousin fronça les sourcils avant de hausser les épaules. Signifiant ainsi qu’il verrait bien. Sauf qu’une nouvelle tension venait apparemment de s’installer dans ses épaules. Et il avait une petite idée du pourquoi. Son cousin se trouvait déchirer entre deux intérêts. Ou du moins un seul, mais les complications amenées par la situation présente ne l’enthousiasmait pas.

- Je devrais essayer d’aller la rejoindre… Elle vient d’arriver…

- Attends! s’écria Louis.

- Quoi?

- Est-ce que tu connais Allison? Allison Lévesque.

- Tu parles d’une question! lâcha Kieran en riant. Tout le monde la connaît et c’est la seule à arriver à tourner en ridicule ton dérangé de cousin!

- Hé! s’indigna James en foudroyant l’ancien Gryffondor du regard.

Sauf qu’ensuite la réalisation se fit dans son esprit en voyant le fantôme d’un de ses anciens camarades de Maison s’éloigner. Il échangea un regard avec son cousin le souffle coupé et une sensation étrange au creux du ventre.
Il connaissait Allison.

Il s’en souvenait.

Mais comment?

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Je répète que si vous avez des demandes spéciales concernant d'autres bonus, dites-le moi ;) Car celui que j'ai en tête pour Louis et Joshua, je ne sais pas s'il viendra entre le chapitre 10 et le chapitre 11, mais peut-être plus loin. Comme j'ai dit précédemment, ça peut être quelque chose qui remonte au tome 1 ou encore plus tôt dans ce tome-ci, ou encore des évènements mentionnés, mais que je revisite en utilisant un autre point de vu. Bref, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce bonus! Et question : quel surnom vous préférez pour Joshua de la part de James et les autres? Le Poulet, le Coq ou (je viens juste d'y penser) le Poussin? :lol: À la prochaine pour le chapitre 10! :D
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Alors, d'abord je tiens à te dire que je suis désolée et prend le temps qu'il te faut...
Sinon, ce bonus :
AAAAAAAAAAA Jamie se souvient !!!!!!!!! (ça me rend super heureuse !!!)
Et le fait que tu écrives du pdv de plein de perso permet d'explorer de nouvelles possibilité (exemple le groupe de James ou le couple Alex/Malia) et je trouve ça super (on ne voit plus les perso uniquement comme ''l'ami d'Ali'' mais aussi comme eux-mêmes si tu vois ce que je veux dire...).
Liam et Dylan me font trop rire ( "CHARGEZ !") :lol:
Sinon je vote pour le Poulet (j'ai l'image de Josh avec des ailes de poulet dans la tête :lol: :lol: )
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Charmimnachirachiva a écrit :Coucou !
Alors, d'abord je tiens à te dire que je suis désolée et prend le temps qu'il te faut...Merci
Sinon, ce bonus :
AAAAAAAAAAA Jamie se souvient !!!!!!!!! (ça me rend super heureuse !!!)Je me sens hyper mal de t’annoncer ça, mais... Ce n’est pas James qui se souvient, mais le fantôme de Kieran Aylin :?
Et le fait que tu écrives du pdv de plein de perso permet d'explorer de nouvelles possibilité (exemple le groupe de James ou le couple Alex/Malia) et je trouve ça super (on ne voit plus les perso uniquement comme ''l'ami d'Ali'' mais aussi comme eux-mêmes si tu vois ce que je veux dire...). Je vois très bien ce que tu veux dire ;) Mais on se cachera pas que lorsque j’écris les pdv de James en particulier je me marre à chaque fois :lol:
Liam et Dylan me font trop rire ( "CHARGEZ !") :lol: Ils ne sont pas amis avec James et Louis pour rien :lol: Tous plus débiles les uns que les autres!
Sinon je vote pour le Poulet (j'ai l'image de Josh avec des ailes de poulet dans la tête :lol: :lol: ) Merci pour cette image, je l’ai aussi dans la tête maintenant :lol: Et autant les ailes de poulet avec plume que sans plume :lol:
Je tiens à te remercier pour tes commentaires réguliers sur mes chapitres / bonus, ça m’encourage vraiment à continuer lorsque je me sens un peu plus « down ». J’ai pas d’autres mots plus appropriés qui le viennent à l’esprit :roll: Alors, sache que ça fait vraiment plaisir! Et c’est aussi intéressant de savoir ce que tu penses de certaines scènes (voir si je me marre vraiment toute seule à certains moments ou non :lol: ) Bref, merci à toi :D
Mimie99

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

Alors, alors... Bien le bonjour à tous et à toutes! Ou le bonsoir? Dans mon cas, il est présentement 23h37 quand j'écris ces quelques lignes. À quel moment le chapitre sera publié? C'est une excellente question! Ça dépend de ma lenteur à l'éditer! :lol: Bref, ce n'est pas important. Ce qui l'est, c'est le chapitre! Et de m'excuser si ça été long avant que vous le receviez... :oops: Mais bon, je dois aussi vous dire qu'il est un tantinet plus long que les précédents, mais pas de beaucoup. Dans le ton de 36 pages au lieu de 30. Mais bon, assez de blabla! Je vous laisse retrouver Jo-Josh, Ruby et Scorpius! :D Bonne lecture!


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Chapitre 10


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Joshua n’esquissa pas un seul mouvement lorsque Scorpius et Kieran revinrent dans leur dortoir un long moment après qu’ils l’aient tous quitté pour se rendre à la Salle sur Demande. Il n’aurait pas cru que les évènements prendraient une tournure aussi… aussi étrange. Surprenante. Effrayante. Il s’était un peu inquiété lorsque Louis Weasley avait mentionné vouloir utiliser son pouvoir… mais il s’était inquiété pour les filles, pas pour lui-même.

Il aurait peut-être dû…

Plus que tout, il aurait envie de s’arracher la tête en ce moment, ou la peau du visage. Au choix. Déjà avec Amy… Et sans compter l’attitude légèrement hagarde de Mae… Leur première année à Poudlard devait être une libération! Une bouffée d’air frais! Pas… Pas un nouveau problème! Et lui non plus n’en voulait pas d’autres! Sauf qu’apparemment tout déraillait cette année. L’attaque de sa cousine, son apparente perte de mémoire à propos d’une Allison, puis… ça. Ce qu’il avait fait. Il n’aurait jamais cru que ce soit même possible. Il n’avait jamais… pas pour… pourquoi…

Pourquoi avait-il fallu que ça arrive?

Il n’avait pas besoin de ça! Absolument pas! Et ça l’avait horrifié de le découvrir. Terrifié aussi. Si son oncle et sa tante l’apprenaient… S’ils apprenaient ce qu’il avait fait. Avec un autre mec par-dessus le marché. Et un Weasley. Il était bon pour la tombe. Enfin… non. Mais il ne reverrait pas le soleil de l’été, il en était certain! Et c’était du pareil au même. Son oncle et sa tante auraient mieux pris la nouvelle s’il avait appris qu’il avait embrassé une née-moldue. Comme Ruby…

Il avait eu un faible pour Ruby à l’époque.

Jusqu’à ce qu’il voit ce qui se passait entre elle et James Potter. Après cette constatation son intérêt avait lentement évolué en autre chose. Une amitié pure et simple. Sans aucune attente, sans aucun désir supplémentaire. Il avait eu quelques intérêts pour d’autres filles par la suite. Dont une… qu’il n’arrivait pas à se rappeler du nom. Quelque chose en lui criait que c’était pourtant à la fois récent et ancien. Sauf que le nom restait inaccessible. Même le visage… Malgré tout, il semblait se souvenir qu’il n’avait pas tenté sa chance pour la simple et bonne raison qu’elle s’était mise en couple.

Il n’arrivait pas à savoir exactement avec qui.

Mais de toute manière, la majorité des filles pour qui il avait eu de l’intérêt avait trouvé quelqu’un d’autre que lui. Il ne pouvait pas leur en tenir rigueur puisqu’il n’avait jamais rien dit, rien tenté non plus. Sa vie familiale était déjà bien compliquée comme ça… Alors, impliquer quelqu’un là-dedans? Par Merlin, ça lui était inconcevable. Cependant, dans tous les cas, ça avait toujours été des filles. Aucun mec. Il n’avait jamais connu d’attirance pour qui que ce soit du même sexe que lui…

Du moins jusqu’à aujourd’hui.

- Josh? s’enquit Scorpius, le tirant de ses pensées.

Il ne répondit pas.

- On sait que tu ne dors pas, mon vieux, ajouta Kieran.

Joshua poussa un soupir et marmonna :

- Je n’ai toujours pas envie d’en parler.

- Ça, on s’en doutait, affirma le premier à avoir pris la parole.

- Mais on croit que c’est dans ton intérêt de parler, renchérit le second.

Il poussa un nouveau soupir. Il n’avait aucune, mais vraiment aucune envie d’en parler. Parce qu’en parler le ramènerait à plus tôt cette nuit-là. À cet incident qui avait bouleversé sa vie de la plus déplaisante des manières. Notamment parce que… parce qu’il… n’avait pas vraiment détesté ça. Un frisson lui parcourut la colonne vertébrale alors qu’il s’y revoyait. Il n’avait rien ressenti pour la première vague du pouvoir de Weasley. La seconde… un frisson bizarre l’avait traversé. Puis à la troisième… C’était comme si on avait déverrouillé quelque chose en lui. Cette découverte l’avait laissé perplexe une seconde de trop, car la suivante il était devant Louis. Et pas juste devant.

Il se souvenait de la proximité de leurs deux corps. De la chaleur que celui de Louis dégageait. Il se rappelait beaucoup trop bien la sensation de ses lèvres contre celles de l’autre Gryffondor. Du moment où le pouvoir de ce dernier avait cessé d’agir. Sauf qu’il n’avait pas complètement… retrouvé tous ses esprits. Parce qu’il n’aurait jamais pensé que celui qu’il embrassait y répondrait. Et il aurait encore moins pensé…

Aimer ça.

Sauf que c’était le cas. Et c’était en faisant cette réalisation qu’il s’était séparé brusquement de Louis Weasley et de tous les problèmes que ce rapprochement engendrait. Il ne pouvait pas! Il ne pouvait pas être comme ça. Pas dans sa vie compliquée. Pas avec les tuteurs légaux qu’il avait. Pas alors même qu’il essayait de voir s’il pourrait prendre la charge de ses cousines! Il avait autre chose à faire que ça! Mais peu importe à quel point il essayait, ses pensées revenaient à ce satané blondinet de Gryffondor!

Il n’était pas obsédé.

Mais confus.

Et intrigué.

Il ne pouvait pourtant pas se laisser aller à cette intrigue. Il n’avait pas l’énergie nécessaire à accorder aux possibilités qui pouvait en découler. Il n’avait ni le temps de s’effondrer ni le temps de se prendre dans les filets d’une relation. Ses cousines comptaient sur lui. Et elles passeraient avant tout. Elles passeraient toujours avant. Comme ça avait toujours été. Il réprima un nouveau soupir. Arrête d’y penser, se conjura-t-il. Le plus tôt ça arriverait, le mieux ce serait…

- Hé, Oh, Josh! le rappela à l’ordre Scorpius. Arrête de nous ignorer.

- Je ne vous ignore pas!

- Trop plongé dans ses pensées, le taquina Kieran.

- Non!

- Ça, c’était une réponse rapide, ricana le blond.

- Est-ce qu’il faut vraiment qu’on te le dise? continua le brun.

- Me dire quoi?

- Qu’on ne pense pas différemment de toi à cause de ce qui s’est passé ce soir, précisa le seul Malefoy à être vraiment décent depuis des générations.

Le soupir qu’il retenait s’échappa. Bien sûr qu’il en avait conscience! Il connaissait bien ses amis. Il savait qu’ils pouvaient compter sur eux. Il le savait depuis le jour où il leur avait plus ou moins avoué ce qui se passait chez lui. À l’endroit qui devrait être sa maison, son foyer. Son refuge. Mais le refuge était ici, à Poudlard. Du moins ça l’avait été jusqu’à cette année. Maintenant… il n’en était plus aussi certain.

Ses amis avaient tenté par tous les moyens de lui faire prendre des mesures pour quitter cet endroit de fou qu’était la maison de son oncle et sa tante. Mais il savait. Oh oui, il savait que les autres perspectives n’étaient guère plus reluisantes et qu’elles poseraient un problème de taille. Il n’arriverait jamais à avoir la conscience tranquille en allant vivre ailleurs… parce que ses cousines ne suivraient sans doute pas. Et même si elles suivaient, le premier endroit où on les conduirait serait chez son autre oncle et tante. D’autres Aylin. Les parents d’Ethan, Kieran et Eleanor Aylin. Ses cousins et cousines.
À qui il n’avait pas parlé depuis des années.

Parce qu’ils avaient un passé horrible en commun. Si l’oncle et la tante qu’ils se partageaient étaient horribles, ça n’avait rien avoir avec les parents de ses cousins et cousine. Eux, ils étaient inégalables lorsqu’il était question de faire souffrir. Ce n’était pas pour rien qu’il tenait… cet endroit. Pour les parents Sangs-Purs qui croyaient encore en cette pureté du sang et par les principes qui y étaient associés. Connaissant cette famille, il savait très bien que l’endroit où il était… serait un paradis pour Eleanor et compagnie. Le petit Ethan n’avait qu’un an de plus que ses cousines… Kieran était du même âge que son homonyme de Serpentard et lui-même. Sauf qu’il était à Gryffondor, partageant un dortoir avec Albus et d’autres gars. Et Eleanor… Septième année. Serdaigle. Préfète-en-Chef, qui plus est.

- Je le sais très bien, finit-il par répondre à ses amis. Ce n’est pas vous le problème.

- Ton oncle et ta tante, devina l’homonyme de son cousin.

- Oui, eux. Mais… pas seulement.

- Qui d’autre? s’étonnèrent ses deux amis en même temps avant que l’un des deux ajoute quelque chose.

- Toi?

Scorpius avait raison. Il était une partie du problème. Il espérait encore que ce soit un terrible cauchemar. Qu’il se réveillerait le lendemain et que rien de tout ça ne se serait passé. S’il avait cru en une divinité, il aurait prié. Sauf qu’il s’était vite rendu à l’évidence que ça ne pouvait pas être le cas. Il avait connu la cruauté de si près qu’il ne pouvait pas croire qu’un être possédant autant de pouvoir qu’on en donnait aux dieux… puisse ne rien faire en voyant tout cela.

- Pourquoi? Tu avais pourtant l’air d’apprécier! affirma Kieran.

Juste pour ce commentaire, Joshua se retourna vers ses amis et lança un regard noir à celui d’entre les deux qui venait de dire une telle chose. Même si ce n’était pas vraiment un mensonge. N’y pense pas, n’y pense surtout pas, se conjura-t-il à nouveau.

- Laisse tomber le débile à côté et dis-nous pourquoi, lâcha Scorpius sur un ton blasé, sans doute dû au commentaire de leur ami.

- Je ne dis que ce que j’ai vu! tenta de s’expliquer l’intéressé.

- Personne n’a envie d’entendre tes observations, Kie’, répliqua son autre ami. Alors… Pourquoi?

- Je n’ai vraiment pas envie d’en parler.

Il se sentit rougir un peu en se remémorant bien malgré lui, à nouveau, les évènements survenus plus tôt dans la nuit.

- Ça tu l’as déjà dit, grommela le Batteur de leur équipe de Quidditch.

- Alors peux-tu parler?

- Je ne sais pas, souffla-t-il. Je ne sais pas pourquoi. Mais… Je ne peux pas. Pas en ce moment. Jamais, préférablement. J’ai déjà… suffisamment de problèmes.

- Alors, au fond, c’est vraiment à cause de ton oncle et ta tante. Et de tout ce qui en retourne, simplifia son deuxième ami et qui faisait office de meilleur ami débile.

Joshua haussa des épaules tout en étant toujours étendu sur son lit. Il n’arrivait pas à se retirer ces images de la tête. Il n’arrivait pas non plus à en retirer les émotions qui venaient avec. À ce moment-là, ça ne lui avait pas apparu effrayant ni terrifiant. Ni même de mauvais goût. Tout semblait… parfaitement en ordre. Juste. Parfait. Mais il ne pouvait pas penser comme ça. Et il ne pouvait pas se permettre de rougir encore plus en songeant à ce que ça pourrait être d’embrasser à nouveau Louis Weasley, mais sans le pouvoir de ce dernier.

Non, il ne pouvait surtout pas penser à ça.

- Je crois que je vais dormir, grinça-t-il.

- Et sans nous dire ce qui t’a traversé l’esprit pour te laisser aussi rouge qu’une tomate bien mûre? s’indigna Kieran.

Un grondement lui échappa.

- Je suis sûr qu’il s’est imaginé en train d’embrasser Louis Weasley! ricana Scorpius. Qui ne le ferait pas, hein? C’est un vrai tombeur de ses dames… et de ses hommes!

Ses deux amis éclatèrent d’un grand rire alors même qu’il poussait un nouveau grondement en effectuant un mouvement pour leur tourner sciemment le dos. Ça ne servait à rien qu’il réplique quoi que ce soit. Ses joues avaient déjà atteint un niveau de rouge bien au-delà de la limite acceptable. Et les commentaires de ses amis ne faisaient qu’empirer les choses! Il enfouit sa tête sous l’oreiller pour ne plus rien entendre, mais les commentaires précédents ne pouvaient pas être effacés de son esprit. Il avait entendu une autre réplique de Kie’. Comme quoi, lui, Joshua, s’était imaginé être seul à seul avec Louis Weasley dans un endroit fermé et sans témoin. Et s’il avait compris, les vêtements étaient optionnels. Malgré qu’il soit sous l’oreiller, ses joues se mirent à bouillir encore plus furieusement.

Il n’avait absolument pas besoin de cette image-là aussi.

Et il n’avait pas besoin d’avoir cet intérêt soudain pour l’apparence de Louis Weasley sans l’uniforme de Poudlard! Il n’arriverait jamais à se retirer cette pensée de l’esprit maintenant! Parce qu’elle l’obsédait et tournait en boucle dans sa tête. Il avait envie de savoir. Mais il ne devait pas savoir. Ce n’était pas une bonne idée… Mais comment ferait-il pour revoir Louis Weasley sans rougir? C’était impossible! Tout ce qu’il arriverait à faire, c’était de se poser à nouveau la question, mais cette fois avec le principal intéressé devant lui!

Avec un nouveau grondement, Joshua rabattit son oreiller plus férocement autour de sa tête. Arrêter d’y penser… c’était ce qu’il devait faire. Pour son propre bien et celui de ses cousines. Surtout celui de ses cousines. Il ne pouvait pas se laisser distraire par quoi que ce soit. Ou qui que ce soit. Son entière attention devait être concentrée sur obtenir la garde de ses cousines et les protéger du mieux qu’il pouvait. Rien d’autre ne comptait. Aucune distraction n’était permise. Il se repassa ces phrases en tête sans s’arrêter jusqu’au moment où le sommeil interrompit sa litanie mentale.

Rien n’alla en s’améliorant le lendemain. Déjà, en se réveillant, il se souvint immédiatement des évènements de la nuit et eut ainsi la preuve que ce n’était pas un odieux cauchemar. Ensuite… ce fut son propre enlèvement par sa cousine quelques minutes avant son premier cours. Et alors que déjà un peu plus de deux heures s’étaient écoulées depuis l’incident, il en avait encore des sueurs froides. Ce qu’elle lui avait appris…

« Il marchait tranquillement en direction de son double cours de métamorphose lorsqu’il sentit une main ferme l’attraper par le bras et l’entraîner dans un placard à balai. Son rythme cardiaque s’accéléra l’espace d’une seconde en pensant que c’était Louis Weasley, mais la réalité le rattrapa assez rapidement. La main était beaucoup trop petite…

Il releva les yeux et croisa le regard vert de sa cousine. Eleanor… Ça faisait des années qu’ils ne s’étaient pas parlé. À peu près deux ans avant le moment où elle était entrée à Poudlard et que Joshua avait cessé de fréquenter l’établissement que tenaient les parents de la jeune femme. Il analysa longuement le regard de celle face à lui et constata un changement par rapport aux années dernières. L’air d’un sérieux froid qu’affichait normalement sa cousine n’existait plus, en ce moment, elle semblait… sur le bord d’un précipice. Une lueur de crainte hantait ses yeux ainsi qu’une profonde douleur. Avait-elle su pour Amy? Il connaissait bien Eleanor pour savoir qu’elle se préoccupait énormément du bien-être de sa famille… rapprochée. De ses frères. Mais peut-être…

Non. Non, ça ne pouvait pas être ça.

Si c’était le cas, elle aurait été là l’avant-veille. Lorsque… Lorsque tout s’était déroulé. Bien malgré lui, Joshua sentit ses épaules se tendre. Quelque chose n’allait pas. Encore. Il avait énormément envie de se boucher les oreilles, sachant que les paroles que prononcerait sa cousine ne pouvaient pas être agréables à entendre. Sauf qu’il ne le fit pas. Car il n’était pas lâche. Et… Et aussi parce que si Eleanor jugeait bon de rompre leur serment muet qu’ils s’étaient fait longtemps auparavant… Ça voulait dire que les choses allaient vraiment mal.

Parfois, il songeait qu’être égoïste pourrait l’aider.

Il avait déjà suffisamment de problèmes sur les bras, pourquoi s’embarrasser de ceux des autres? Mais il n’était pas comme ça. Il n’arriverait jamais à fermer les yeux si quelqu’un avait besoin de lui. Enfin… sauf peut-être si c’était ses oncles et ses tantes. La souffrance qu’ils lui avaient causée à lui ainsi qu’à ses cousins et cousines supprimait toute empathie qu’il pourrait avoir à l’égard de leurs bourreaux.

- Joshua… Il faut qu’on parle, finit par lâcher Eleanor sur un ton qui le pétrifia encore un peu plus. Et tu ne dois répéter à personne ce que je te dirai.

Il n’aimait pas cette obligation. Il ne l’aimait pas, car elle annonçait une catastrophe d’encore plus grande envergure qu’il ne l’avait supposé. Tout comme le ton qu’elle avait pris. Il se passa une main dans les cheveux avant de descendre la paume vers sa nuque pour la masser. D’une voix incertaine, il répondit :

- Je t’écoute… Et je ne dirai rien. Tu as ma parole.

- Kieran est mort.

Ses paroles résonnèrent en lui comme un coup de gong et il tomba à genoux. Il n’avait jamais vraiment été proche de son cousin à Poudlard. Ils l’avaient été à l’époque où il devait se rendre… chez ses cousins. Un peu. Plus qu’aujourd’hui. Et plus qu’ils ne pourraient jamais l’être apparemment. Il s’était toujours dit qu’après Poudlard, une fois libre… il pourrait essayer de renouer avec ses cousins et sa cousine perdus de vue…

Sauf que ça ne pourrait jamais arriver avec l’un d’entre eux.

Sa main droite se mit à trembler lorsqu’il tenta de refouler les larmes qu’il sentait monter. Ce n’était pas le moment de pleurer. Il avait vu ces dernières dans les yeux de sa cousine. Une faiblesse qu’il voyait pour la première fois. Il craignait de poser la question qui lui brûlait les lèvres… car il se doutait de la réponse. Et il savait que si elle s’avérait exacte, ça s’annonçait encore plus mal pour la suite des choses. Et ça compliquerait énormément la prise en charge de ses cousines qu’il envisageait. Malgré ses appréhensions, il parvint à articuler le seul mot qui englobait sa question :

- Comment?

En voyant Eleanor ployer les genoux pour se mettre à son niveau, il sut que la réponse serait encore moins agréable à entendre que l’annonce précédente. Et que ses doutes seraient fort probablement confirmés. Elle posa les deux mains sur ses épaules avant de l’aider à se relever. Une fois qu’il fut debout, elle ne retira pas ses mains de ses épaules et lui souffla :

- Comment tu crois? Mon père. C’est notre père qui l’a tué.

L’horreur déforma son visage. Il avait vraiment espéré avoir tort. Il aurait donné n’importe quoi pour que ce soit autre chose, un accident extérieur à leur vie si… compliquée et intolérable. Sauf que la vie n’était pas juste et il le savait depuis longtemps qu’il n’aurait même pas dû en être autant horrifié. Mais la mort était tellement plus définitive que les blessures physiques… ou mentales. L’une et l’autre pouvaient disparaître avec le temps, mais rien ne pouvait défaire la mort. Lorsqu’elle passait, il ne restait plus rien.

- Mais… Pourquoi?

Les mots sortirent de sa bouche sans qu’il puisse les retenir. Les mains d’Eleanor glissèrent de ses épaules pour revenir contre elle. Elle poussa un soupir en battant des cils. Comme il pouvait voir briller ses yeux à la lueur du Lumos qu’elle avait invoqué en entrant… il sut qu’elle s’empêchait de pleurer. Si ça avait été ses jeunes cousines ou l’une de ses amies, il l’aurait prise dans ses bras. Mais il connaissait bien sa cousine plus âgée, ou du moins il soupçonnait bien la connaître. Elle ne prendrait pas bien une telle démonstration d’affection, pas pour le moment.

- Nous avons tenté de fuir, cet été. Mais notre plan a mal tourné et j’ai été coincé derrière. Kie’ et Ethy ont réussi à s’enfuir… Pendant un temps. Sauf qu’il… il les a retrouvés. Il les a ramenés. Puis il s’est mis à battre Kie’. Sans s’arrêter. Et il a eu le culot de pleurer en voyant qu’il était mort! Mort sous ses coups!

Les derniers mots, elle les avait hurlés. Sa voix était presque un murmure par la suite lorsqu’elle ajouta :

- Je… Je n’ai rien fait. Tout ce que… Tout ce que j’ai réussi à faire, c’est épargner Ethy…

Malgré qu’il se doutait qu’elle allait le repousser, il ne put s’en empêcher et il referma ses bras autour de sa cousine pour l’attirer à lui. Il lui dit alors d’un ton brusque à l’oreille :

- Ce n’est pas de ta faute. Tu m’entends? Ce n’est pas de ta faute. Tu n’aurais rien pu faire.

- J’aurais pu le tuer, rétorqua-t-elle d’un ton froid en se dégageant.

- Et qu’est-ce que ça aurait changé! s’emporta-t-il. On t’aurait envoyé à Azkaban pour ça! Et tu le sais! Qui se serait occupé de tes frères, alors?

- Toi.

- Moi? Tu rigoles? C’est à peine si j’arrive à… si j’arrive à…

- J’ai appris pour Amy.

Le visage de Joshua se ferma en entier. La rage prit possession de ses traits et il cracha :

- Ah ouais? Alors qu’est-ce que tu as fait, hein? Pourquoi tu n’es pas venu? C’est ta cousine à toi aussi! Mais tu n’es pas venu! Tu es restée dans ton coin! Et tu as le culot de venir me demander de prendre soin des tiens? Tu sais quoi, on reparlera plus tard. J’en ai assez entendu!

- Joshua, attends… murmura-t-elle d’un ton si brisé qu’il songea à revenir sur ses pas.

Sauf que la porte se referma dans son dos, mettant un mur entre sa cousine et lui. Il n’avait pas envie de faire demi-tour. Pas envie d’entendre ses excuses qui manqueraient de sens. Alors il avança, sans se retourner une seule fois. En plus, avec tout ça, il arriverait en retard à son cours de métamorphose!
»

Ce souvenir si récent était énormément douloureux. Notamment, car il connaissait la raison pour laquelle Eleanor n’était pas venue l’aider. Il avait posé une ou deux questions discrètement pendant son cours à quelques Serdaigle, puisque les Serpentards partageaient le cours de métamorphose avec eux. Ce fut de cette manière qu’il apprit qu’Eleanor était arrivée tard dans la nuit. Elle n’était pas là au train. C’était les funérailles de son frère. Elle n’avait pas été là de la journée de la veille non plus.

Elle était venue directement à lui dès qu’il avait été seul, sans ses cousines. Elle avait dû le suivre tout le matin, attendant qu’il les ait reconduites à leur classe respective. Elle n’avait pas attendu. Et encore moins rien fait. Amy venait de lui apprendre qu’une élève de septième année blonde l’avait aidé à se rendre à la Grande Salle.

Évidemment que c’était Eleanor.

- Joshua?

Il se retourna vivement, forçant ses deux jeunes cousines à en faire de même. Pendant une seconde il avait espéré que ce soit Eleanor. Mais non. Il le sut en tombant face à face avec un blond et en songeant que la voix avait été trop grave pour être celle de sa cousine. C’était Louis. Presque immédiatement, il se raidit et il tenta de toutes ses forces de ne pas rougir. Ni penser à toutes choses qui pourraient balayer ses efforts.

Mais ça ne fonctionnait jamais.

Il sentit immédiatement ses joues s’échauffer en repensant aux choses qu’avaient dites ses amis avant qu’il ne s’endorme. Merlin, pourquoi n’avaient-ils pas pu se taire! Était-ce trop demandé que…

- Jo-Josh, c’est qui le blondinet? s’enquit Mae avec un sourire beaucoup trop narquois.

Elle regardait ses joues. Oh, que Merlin ait pitié de son âme! Elle était suffisamment maligne pour additionner deux et deux.

- Alors ça, s’exclama soudain le Gryffondor avec un air offusqué. Tu m’as déjà oublié, apprenti Lion?

- Ah! Ça me revient! Tu es Louis Weazy! reprit Mae avec un grand sourire.

Encore plus narquois que le précédent.

- Weasley, corrigea calmement le septième année. Les filles, vous croyez que je peux m’entretenir un instant avec votre cousin?

- Seul à seul? demanda la jeune Gryffondor avec de l’amusement palpable dans la voix. Aïe!

- Oui, on peut! affirma Amy après avoir jeté un regard de reproche à sa jumelle, et de lui avoir donné un coup de coude.

C’était toujours la même chose avec ces deux-là. La première était tout en affront et défi, tandis que la seconde était plus calme, mais généralement vicieuse lorsqu’elle décidait de s’y mettre. Pour une fois, il se sentait soulagé qu’Amy n’ait pas suivi sa sœur, car lorsqu’elles s’y mettaient toutes les deux pour l’embarrasser, ça n’en finissait pas… Il regarda ses deux jeunes cousines s’éloigner vers les portes de la Grande Salle qu’ils pouvaient tous apercevoir un peu plus loin. Il se sentait à la fois soulagé et inquiet. Il savait pourquoi le Gryffondor était là. Et il n’avait toujours pas envie d’avoir cette discussion.

- Qu’est-ce que tu veux? s’enquit Joshua dès qu’il fut certain que personne n’était aux alentours.

- Te parler. Seulement… te parler.

Le Serpentard sentit ses joues s’échauffer encore un peu plus. Louis n’aurait pas dû avoir besoin de spécifier qu’il ne voulait que parler avec lui. Et il dut faire un effort incommensurable pour ne pas détailler le Gryffondor devant lui et l’imaginer… Ne surtout pas aller plus loin, par Merlin! se gronda-t-il intérieurement.

- De quoi est-ce que tu veux parler…?

- De ce qui s’est passé cette nuit. De pourquoi tu es parti comme ça… avoua Louis et pour la première fois, il vit le septième année baisser le regard devant quelqu’un.

Et s’il ne se trompait pas, il y avait aussi une rougeur sur ses joues! Alors il n’était pas le seul à en être embarrassé? Quelque part en lui, son cœur se serra légèrement, est-ce que tout cela n’était plus qu’un moment embarrassant, une erreur de passage?

- Je ne vois pas ce qu’on pourrait…

- Est-ce que tu m’en veux?

La question était brusque et sans détour. Joshua ouvrit des yeux ronds en dévisageant la personne devant lui. Cette question semblait littéralement torturer le Gryffondor. Avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, Louis continua :

- Est-ce que tu m’en veux? Est-ce que tu es parti par colère? Je ne voulais pas… Je suis désolé. Est-ce que tu regrettes? Parce que ce serait stupide. Ce n’était pas de ta faute… ce n’était pas… c’était à cause de moi. Et de ce stupide don que je ne contrôle pas. Je… Je suis vraiment désolé. Je comprendrais que tu ne veuilles pas me reparler… J’aurais dû… Je suis tellement stu…

- Une minute! Attends, une minute!

Ces simples mots semblèrent suffisants pour que le septième année se referme comme une huître. Quelque chose dans les paroles qu’il avait prononcées lui donnait mal au ventre et l’horrifiait. Il n’avait jamais vraiment remarqué que Louis Weasley, fils de deux personnes relativement connues, puisse détester ses dons. Pourtant, ça avait du sens. Malgré la personnalité similaire aux trois amis qu’ils fréquentaient, Weasley n’avait jamais fait usage de ses dons pour attirer l’attention. Jamais. Joshua reprit rapidement :

- Pourquoi est-ce que je t’en voudrais? Tu as fait et dit tout ce qu’il fallait avant pour que tout le monde… Enfin, les filles, mais ça revient au même. Que tout le monde fasse attention. Ce n’est pas de ta faute si… si je…

Il n’arriva pas à poursuivre et rougit de plus belle. Il réussit toutefois à ajouter :

- Je ne t’en veux pas.

- Alors… pourquoi tu es parti?

- Ma vie est compliquée. Je n’avais pas besoin de… de complications supplémentaires.

- Oh… Je vois.

Le ton de Louis ressemblait à une grimace, comme s’il venait de lui donner un coup de poing dans le ventre. Qu’avait-il dit pour que… Oh.

- Ce n’est pas… Je veux dire… Je ne veux impliquer personne.

- Ce ne serait pas la première fois que je suis intéressé par quelqu’un à la vie compliquée, affirma le Gryffondor. Ni la première où ça se termine abruptement pour cette même raison.

Il le regarda tourner les talons et s’éloigner dans la direction opposée avant que la réalisation se fasse dans son esprit. Est-ce que Louis venait d’admettre que lui, Joshua, l’intéressait? Il sentit son rythme cardiaque s’accélérer. C’était sans doute qu’une passe, tenta-t-il de se convaincre pour calmer son affolement. Forcément. Et qui donc avait été proche de ce dernier et avait eu la bonne idée de tout jeter par la fenêtre pour la raison « d’une vie compliquée ». Il se sentit blêmir au moment exact où les souvenirs lui revenaient. Il était en quatrième année à l’époque… Mais toute l’école en avait parlé. Louis Weasley avait été en couple!

Avec sa cousine.

La plus âgée, évidemment.

- Ah, j’oubliais! lança soudain Louis, le ramenant sur terre. On a une réunion pour parler d’une certaine personne ce soir. À 19h. À la même salle qu’hier. On a du nouveau. Tu peux amener tes devoirs. Et peut-être des cache-oreilles.

- Des cache-oreilles? s’étonna-t-il en oubliant d’un coup tout le reste.

- Ouais, je sens que Ruby va s’énerver contre James!

Il se souvint avec un moment de retard les grommellements offusqués de son amie lors du petit-déjeuner. Un léger sourire lui étira les lèvres.

- C’est vrai, ton cousin s’est excusé et s’est enfui, paraît-il.

- James n’est pas doué pour faire face à ses émotions, ricana Louis. Sinon, ça ferait longtemps qu’il aurait essayé quelque chose.

- Avec Ruby?

- Bien sûr! Qui d’autre? Son balai? C’est vrai que c’est l’amour fou entre les deux!

Il eut un léger rire qui s’interrompit net lorsqu’un souvenir se fraya un chemin dans son esprit. Un souvenir à la fois ancien et récent. Le souvenir d’un pari. Le souvenir de quelqu’un qui avait été éjecté de sa mémoire…

« Il s’interrompit brusquement de parler lorsqu’Allison le coupa pour dire :

- Nous sommes amies, en fait, Ruby et moi.

- C’est bien ce que j’avais cru comprendre en l’entendant dire à quel tu avais assuré comme une bête pour te venger de Potter.

Un sourire narquois naquit sur les lèvres de son interlocutrice lorsqu’elle lui demanda :

- Lequel?

Il ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel devant cette question pourtant évidente. Certes, elle pouvait très bien se venger des deux, mais un seul des deux pouvait énerver Ruby au point qu’elle jubile lorsqu’on se vengeait de lui! Il laissa toutefois échapper un petit rire en lâchant :

- James, bien sûr. D’ailleurs, je suis sûr qu’il y a quelque chose de plus que de la simple fureur chez Ruby, le concernant.

- Je ne parierais pas là-dessus. Est-ce que tu es au courant de tout?

- Oui, mais je maintiens ce que je dis.

La voir froncer les sourcils lui donna envie de sourire. Il pouvait parfaitement constater que ses propos agitaient son esprit. Sans doute se demandait-elle comment il pouvait en être aussi certain? Il n’aurait pas de réponse à lui offrir si elle lui demandait, sauf peut-être qu’il avait connu Ruby avant l’incident. Il avait toujours été un bon observateur. Allison finit toutefois par dire :

- Je paris trois chocogrenouilles que tu as tort.

- Pari tenu, déclara-t-il avec un sourire très amusé.

Il pouvait presque déjà goûter la saveur des chocogrenouilles!
»

- Joshua?

À nouveau la voix de Louis le ramena sur terre. Sauf que cela ne l’empêcha pas de tomber à genoux par terre pour la deuxième fois de la journée. Mais cette fois, c’était dû à la surdose de souvenirs qui refaisait surface. Toutes les fois où il avait observé Allison. Toutes les fois où ils avaient échangé des paroles. Il se souvenait de son faible pour elle qui avait perduré pendant qu’elle sortait avec Liam Coote de Gryffondor. Avant de s’arrêter lorsqu’elle avait finalement admis les sentiments qu’elle possédait pour le second idiot des Potter. En se massant le visage, il souffla, encore plus blême qu’avant :

- Je me souviens. Je me souviens d’elle.

Image

Les pas de Ruby claquaient fortement contre le marbre du sol alors qu’elle tentait de suivre cet idiot fini qui parlait et s’enfuyait pour ne pas subir les conséquences de ses paroles! Sauf qu’elle ne le laisserait pas la fuir éternellement! Oh, ça non! Lorsqu’elle l’aperçut au bout du couloir menant à la Salle sur Demande, elle hurla, furieuse :

- Potter!

Évidemment, il eut la bêtise d’accélérer le pas. Elle en fit de même et parvint à le rattraper in extremis avant qu’il ne se faufile à l’intérieur de la Salle. Juste avant qu’il ne disparaisse, elle le saisit par la cravate et le tira vers l’arrière. Il émit un son à moitié étranglé, mais elle continua à le tirer derrière elle. Hors de question qu’il ne lui échappe cette fois! Il avait réussi à l’éviter toute la journée, mais ça n’arriverait pas maintenant!

C’était une chance qu’il n’y ait personne autour.

Elle était quand même en train de se montrer en spectacle, à agir comme ça. Mais il l’avait énervée au-delà de l’imaginable! Alors quelle importance si le prix à payer c’était d’avoir l’air complètement dingue? Car il n’y avait pas trente-six manières d’interpréter son comportement, elle le tenait quand même par la cravate! Et suffisamment fort pour qu’il indique un début d’étouffement. Rien de plus normal, sans doute, puisqu’il était plus grand qu’elle d’au moins une tête. Allison avait toujours été la plus grande de toutes les filles de leur groupe. Et même elle n’était pas aussi grande que James. Alors Ruby…

Un bruit d’étranglement un peu plus prononcé la poussa à revenir à ses moutons.

James. Potter.

En voyant qu’il commençait à avoir le teint plutôt rouge, elle le relâcha en rougissant légèrement. Elle pouvait être en colère noire contre lui, mais de là à vouloir le tuer… Il y avait un pas, quand même! Ce n’était pas comme s’il avait tué quelqu’un de sa famille… Là, elle ne permettrait aucun quartier! Sauf que Potter n’avait agi que comme un idiot. Et conserver sa lettre. Enfin, il l’avait sans doute mise à la poubelle maintenant! Ça faisait quand même cinq ans!

Mais elle n’oublierait jamais.

Oh, que non! Jamais!

Et pardonner? Encore moins!

- Tu vas arrêter de me fuir. Dès maintenant. Sinon, cette conversation va simplement se produire à l’intérieur. Devant tout le monde.

Elle n’était pas plus embêtée que cela de faire une scène devant leurs amis. Elle avait déjà constaté que Scorpius, Joshua et Amy avaient emporté des cache-oreilles avec eux. Ce qui l’avait poussé à lever les yeux au ciel. Peut-être que faire une scène ne l’embêtait pas, mais l’idée que tout le monde sache ce dont il était question. Peut-être. Au moins, elle était certaine que l’idiot de Potter en avait encore moins envie qu’elle!

- Je tiens à ma gorge, merci, grommela d’ailleurs l’intéressé.

Il se massa lentement à l’endroit qui devait être douloureux et Ruby eut un début d’embarras en voyant qu’une trace rouge était apparue au niveau du cou du Gryffondor. Elle inspira et soupira pour se remettre d’aplomb. Ce n’était pas le moment de culpabiliser. Mais elle avait peut-être agi un peu trop fortement? Arrête, Ruby! se morigéna-t-elle en grondant. Il n’avait qu’à ne pas passer son temps à la fuir et elle n’aurait pas été aussi en colère!

- Qu’est-ce que tu veux? s’enquit sa victime en reprenant la parole.

À voir son regard, il savait exactement ce dont il était question. Était-ce par politesse ou pour l’agacer qu’il posait la question? Elle l’ignorait, mais le résultat n’aurait sans doute pas changé.

- NON, MAIS TU TE MOQUES DE MOI! lui hurla-t-elle au visage.

Il sembla se replier sur lui-même, mais elle continua :

- TU M’AS SORTI DES EXCUSES DE NULLE PART ET TU T’ENFUIES EN COURANT? TU T’ATTENDAIS À QUOI DE MA PART, PAR MORGANE? QUE JE ME PROSTERNE À TES PIEDS EN DISANT QUE TOUT EST PARDONNÉ?

Il se replia encore un peu plus et elle passa à deux doigts de manquer sa réponse :

- Non. Mais je tenais à éviter le sermon…

- LE SERMON?! s’écria-t-elle.

Peut-être qu’elle avait effectivement l’air de le sermonner. Mais qu’est-ce ça pouvait bien faire si c’était le cas? Il s’était montré complètement débile! S’il pouvait devenir plus mature, peut-être qu’il recevrait moins de sermons! Y avait-il déjà pensé! La main de Potter cessa de se masser le cou pour passer à sa nuque et il eut l’air immensément embarrassé lorsqu’il souffla :

- Je suis désolé. Vraiment désolé. Pour ça. Pour le reste. Mais je… je ne tenais pas à ajouter une engueulade supplémentaire à la liste de choses horribles et désolantes qui se sont produites hier.

Le rappel brutal de l’attaque et de toutes les autres choses apprises dans la journée et nuit d’hier la laissa pantoise un instant, lui faisant oublier ce qu’avait prononcé le Gryffondor face à elle. Lorsque tout revint, avec force encore une fois, ses sourcils se froncèrent à nouveau. Elle avait très envie de se remettre à hurler, sauf qu’elle s’abstint et préféra prendre un ton froid pour annoncer :

- Tu crois vraiment que je peux te pardonner? Ça fait cinq ans que tu me les dois, tes excuses!

- Je sais…

Le voir baisser les yeux la surprit plus qu’elle ne voudrait l’admettre. C’était l’une des premières fois qu’elle le voyait dans un état aussi vulnérable, instable. Comme s’il était sur le point de se briser. D’un autre côté… c’était compréhensible. Avec tout ce qui se passait en ce début d’année, n’importe qui se sentirait dépassé. Sauf que ce n’était pas vraiment n’importe qui devant elle. Et elle ne se laisserait pas embobiner dans ce qui pouvait être un autre coup tordu.

- Alors pourquoi maintenant! Pourquoi pas avant! s’insurgea-t-elle.

Elle eut envie de se gifler pour avoir prononcé la dernière phrase. On aurait presque dit qu’elle avait attendu ses excuses! Alors que ce n’était pas le cas! Pas vraiment. Elle aurait au moins voulu récupérer sa lettre. Déjà, ça aurait été un bon point de départ.

- Parce que je suis lent à la détente?

Cette réponse ressemblait plus à une question qu’à une affirmation, songea-t-elle. Alors elle attendit la suite. Car il y en aurait forcément une. Même si, elle ne niait pas que ça devait être un fond de vérité.

- Je ne voulais pas être aussi long… C’est juste qu’orgueil, incompréhension et mésentente ne favorisent pas vraiment l’action de s’excuser…

- Comment ça, incompréhension? Tu ne sais pas pourquoi tu te devais t’excuser, peut-être!

Il ne pouvait pas être débile à ce point, quand même!

- Je sais pourquoi. Je ne comprends tout simplement toujours pas comment… comment ça a pu se produire. J’étais certain, tellement certain que tu allais me suivre! Quand je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas, Rusard avait déjà mis la main sur toi. Et si j’étais revenu, ça aurait été dix fois pire.

- Je ne vois pas comment ça aurait pu être pire, grommela-t-elle, mais le venin dans sa voix avait un peu diminué.
Disait-il vrai? Se pourrait-il que depuis tout ce temps elle ait eu tort? Que ce qui s’était produit était un simple accident? Il pouvait y avoir du vrai là-dedans, songea-t-elle. Après tout… elle se souvenait encore avec quelle force il l’avait traîné derrière lui. Il l’aurait sans doute encore fait si ça n’avait pas été que Rusard leur tombe dessus.

- Ça, c’est parce que tu n’as jamais été prise la main dans le sac avec l’un de nous, ou avec nous tous.

Elle n’avait aucune difficulté à comprendre à qui il faisait allusion par le « nous ». Il parlait de lui et sa bande évidemment. Il avait sans doute raison quand il disait que ça aurait été pire s’il s’était montré. Sans doute. Mais elle ne le saurait jamais. Car il n’était pas question qu’elle participe à une seule des imbécilités de Potter et ses amis! Ça n’aurait jamais lieu!

- Tu aurais pu revenir et lui dire la vérité, argua-t-elle.

- C’était sans doute une inattention, car je ne crois pas que tu sois naïve au point de penser qu’il m’aurait cru… pas vrai?

Il marquait un point.

- Pas faux.

- Le mieux aurait été que je ne sois pas aussi distrait et que je m’assure que tu me suivais lorsque j’ai emprunté le passage secret.

- Distrait?

En voyant la rougeur apparaître sur les joues de Potter, et cette fois une rougeur qui n’avait rien à voir avec le fait de se faire étranglé, cette réaction la poussa à froncer encore plus les sourcils qu’elle ne l’avait fait avant. Qu’y avait-il d’embarrassant avec sa question?

- Il y avait trop de choses qui se passaient en même temps, ce soir-là, précisa-t-il.

Sa réponse sonnait à la fois comme la vérité… et un mensonge. Mais pourquoi? Elle aurait sans doute voulu creuser, mais elle commençait à se sentir mal à l’aise avec leur conversation. Elle ne parlait jamais sur un ton neutre avec Potter et lui n’était jamais aussi… sérieux. Ses yeux bruns fixés sur elle avec un mélange de désespoir, de tristesse, de sollicitude et de manque de sommeil… c’était nouveau. Et ça la ramenait cinq ans en arrière. Elle inspira brusquement et annonça pour se changer les idées :

- Je ne crois pas que ça t’étonnera, mais je ne peux pas te pardonner.

Pas tout de suite. Peut-être jamais.

- En plus, tu as encore ma lettre, ajouta-t-elle.

Elle le vit se figer et elle fit de son mieux pour ravaler les larmes qu’elle sentait monter. C’était maintenant clair. Il s’était bel et bien débarrassé de sa lettre. Elle poussa un soupir et conclut :

- Bon, je vais aller rejoindre les autres. Ils doivent nous attendre.

Avec des cache-oreilles, poursuivit-elle mentalement et elle s’efforça de ne pas sourire. Ce ne fut qu’en pénétrant dans la Salle sur Demande qu’elle constata que Potter ne l’avait pas suivie. Qu’avait-elle dit pour le pousser à l’immobilisme aussi total? Elle haussa mentalement des épaules et en regardant autour d’elle, elle constata que tout le monde semblait incroyablement tendu. Que s’était-il produit cette fois? Pourquoi Rose triturait-elle aussi nerveusement un bout de papier?

Elle n’avait aucun mal à imaginer la raison qui poussait Josh et Louis Weasley à être tendus, et chacun à une extrémité différente de la pièce… Mais pourquoi les autres? Était-ce seulement dû au sujet qui les amenait tous ici ou autre chose? Elle n’en avait pas la moindre idée. Ses sourcils qui s’étaient déjà froncés auparavant à cause de Potter le firent davantage lorsqu’elle demanda :

- J’ai raté quelque chose?

- Tu veux la vérité ou un mensonge? s’enquit sa meilleure amie, Amy.

Ça, ça s’annonçait mal.

- La vérité.

- Très bien… Alors… On a tout entendu, avoua Scorpius. Enfin, la partie où tu lui hurlais dessus. D’ailleurs, il fait quoi dehors?

- Aucune idée, c’est Potter! grommela-t-elle.

Elle surprit tout juste les sourires en coin des trois acolytes de l’intéressé avant qu’Albus prenne la parole :

- Qu’est-ce que j’ai fait!

- Al, ne commence pas! s’énerva sa cousine.

- Ah, vous parlez de James. Désolé, je n’ai pas suivi…

Elle posa le regard sur le Gryffondor pour mieux constater qu’il ne regardait personne dans la pièce. Il avait les yeux fixés sur une photo qu’il tenait à la main. Son visage reflétait de la confusion, du désespoir et de la douleur. Ruby était presque certaine qu’il ne se souvenait de rien… Alors à quoi tout cela ressemblerait-il au moment où tous ses souvenirs lui seraient rendus? Elle refusait de croire que ce soit impossible. Déjà, certains d’entre eux commençaient à se souvenir. Elle avait tout fait pour que ça fonctionne. Et avec deux de ses amis, ça avait été concluant. Et Joshua leur avait avoué sur l’heure du souper s’être souvenu aussi. Il n’avait pas précisé le souvenir qui avait ravivé sa mémoire.

Mais ce n’était pas encore très important.

Car jusqu’à maintenant tout semblait aléatoire. Un souvenir avec presque aucune signification permettait à certains de tout se rappeler. Mais était-ce le cas pour tout le monde? Peut-être que plus quelqu’un était proche d’Allison, plus le souvenir devait être significatif… Mais pourquoi avait-elle réussi à se souvenir à cause de cette histoire avec Ashley et la pierre?

- Qu’est-ce que vous vous êtes dit en dernier? l’interrogea Louis Weasley avec un sourire narquois.

Elle détestait ce sourire. Et elle ignorait pourquoi!

- Je lui ai rappelé qu’il ne m’avait toujours pas rendu… un de mes trucs. Une babiole. Alors il l’a sans doute jeté… répondit-elle.

Elle plissa des yeux en direction du Gryffondor en remarquant qu’il échangeait un regard entendu avec Liam et Dylan. Pourquoi? Qu’avait-elle dit qui pourr…

- Tu parles d’une lettre ou je me trompe?

Elle dévisagea le Weasley avec des yeux ronds, mais au même moment Potter décida de faire son entrée. Il se figea presque immédiatement en voyant toutes les têtes se tourner vers lui et alors même qu’elle aurait juré qu’il était habitué à être le centre de l’attention, il tourna à l’écarlate en une fraction de seconde. Louis regarda son cousin en souriant et en se tournant vers elle lui dit :

- On en parlera plus tard, Ruby.

- Parler de quoi? demanda Potter sur un ton suspicieux.

- De tout et de rien, cousin! Parole de Cavalier!

C’était quoi cette histoire de Cavaliers?

Elle acquiesça toutefois de la tête en direction du Gryffondor et alla rejoindre ses amis. En se postant aux côtés de Joshua, elle lui souffla :

- Ça va?

- Oui. Enfin… presque.

Elle se doutait que sa réponse comportait plusieurs sujets. Autant l’attaque sur sa cousine que tous les autres tracas habituels qui pesaient sur les épaules de son ami depuis bien trop longtemps. Et maintenant s’ajoutait un certain blond à la liste. Si elle n’était pas certaine que Scorpy et Kie’ l’avaient fait plus que nécessaire, elle aurait sans doute taquiné Josh aussi. Mais dans l’état actuel des choses, elle préférait se taire. D’autant plus… que l’instant était plutôt mal choisi.

En entendant toussoter, elle se tourna derechef et tomba sur Potter. Sa bouche forma une moue presque immédiatement. Elle n’avait aucune envie d’être ici, en présence de cet imbécile. Mais elle le devait à Allison. Ils étaient tous là pour elle. Juste pour elle. Dès qu’ils auraient réglé le problème la concernant, et ils le régleraient d’une façon ou d’une autre, elle n’aurait plus besoin de le côtoyer aussi fréquemment.

Elle espérait régler ce problème très bientôt.

- Tu as mal à la gorge, Jam-Jam? le taquina sa jeune sœur.

- Lily, tu as vraiment envie de nous ramener nos surnoms à la figure ou quoi! s’empourpra son frère.

- Faites qu’elle m’oublie, murmura Albus, mais tout le monde l’entendit.

- Qu’est-ce que tu as dit, Bubu?

L’atmosphère se détendit presque instantanément en voyant les deux frères Potter rougirent jusqu’aux oreilles. Enfin plus que ce n’était déjà le cas pour Potter Premier Des Imbéciles. Elle fut même certaine d’avoir entendu quelques rires, provenant entre autres de Liam, Dylan, Rose et Scorpius. À vrai dire, les deux derniers riaient plus franchement que les premiers.

- Bubu? répéta le seul Serpentard du lot en riant de plus belle.

- Merci, Lily. Vraiment.

Ruby esquissa un sourire, mais ce n’était pas à cause du surnom d’Albus, même si ça restait une perle. Non, elle se souviendrait surtout du surnom de James Stupide Potter. Comptait-elle l’utiliser contre lui? Absolument. Quand? Elle l’ignorait, mais dès que l’occasion de lui clouer le bec se présenterait et serait nécessaire… Oh, oui, elle l’utiliserait!

- Maintenant que tout le monde a bien rigolé, est-ce qu’on peut reprendre notre sérieux? marmonna l’un des deux intéressés.

Venait-il vraiment de dire ça? Depuis quand se souciait-il d’être sérieux! Elle tenta d’ignorer la petite voix dans sa tête qui lui disait qu’elle se montrait injuste envers lui. Parce qu’elle savait qu’il pouvait être sérieux et qu’il prenait au sérieux certaines choses. Seulement, elle préférait ne pas y penser… D’un coup d’œil alentour, elle vit que tout le monde hochait la tête, alors elle en fit de même.

- Je ne sais pas pour tous les autres, mais dans la nuit, après notre précédente rencontre, je suis allé fureter à la bibliothèque avec Louis, Dylan et Liam pour trouver d’autres infos. J’ai trouvé un truc. J’ignore encore ce que c’est. Mais on a aussi appris d’autres choses. Et… et avant d’en faire part, j’aimerais savoir si certains d’entre vous ont du nouveau?

Elle n’avait pas raté le coup d’œil qu’il avait jeté à Josh, mais pourquoi? Son cousin lui avait-il dit que ce dernier se souvenait ou… était-ce pour autre chose? Il avait eu l’air inquiet en prononçant ces mots…

- Bah déjà, je suppose que ce serait bien qu’on vous dise que Kie et moi on se souvient d’Allison, affirma Amy en brisant la glace du même coup. On se souvient de tout. Y compris ce qu’il s’est passé à la fin de l’année dernière. Et de tout le reste.

- C’est bien, lâcha celui qui semblait diriger leur rencontre, à son plus grand malheur. Quelqu’un d’autre?

- Je me souviens aussi, ajouta Joshua. Et de tout.

- Parfait! Autre chose, quelqu’un?

- Moi. J’ai quelque chose. Mais… Je ne me souviens pas d’elle. Pas encore.

Il y avait quelque chose de déterminé dans la voix de Rose Weasley. Ruby n’avait aucune peine à croire que si la Gryffondor ne se souvenait pas maintenant, ce serait bientôt le cas. Elle ne l’avait peut-être pas dit, mais c’était écrit sur son visage qu’elle venait d’en prendre la résolution et qu’elle ferait tout pour y parvenir. Et elle la croyait capable de réussir par simple volonté.

- Qu’as-tu à dire, Rosie?

- J’ai trouvé ce papier dans mes affaires et j’ai eu… une sorte de souvenir de souvenir. Je me souviens que j’allais voir le professeur James pour en apprendra davantage sur les runes qui se trouvent dessus… mais que je n’ai pas pu me rendre. Je ne me souviens pas pourquoi. Je suis allée voir le professeur aujourd’hui et…

- Et quoi? la pressa Potter.

- Rien. Il dit que les runes doivent être vraiment très anciennes, car il ne les connaît pas. Mais…

- Mais quoi?

- James! Laisse-moi finir! Mais il m’a conseillé quelques livres qui répertorient des alphabets runiques et la signification de chaque caractère. Il m’a aussi dit que si je ne trouvais rien, il pouvait essayer de contacter quelques personnes.

- Tu peux nous montrer le papier?

La rousse acquiesça à la demande de son cousin et lui tendit le papier qu’elle avait à la main. Ruby remarqua presque immédiatement Potter blêmir au point où elle se demanda s’il n’allait pas perdre connaissance. Le même phénomène se produisit avec les trois compatriotes de l’intéressé lorsqu’ils se passèrent le papier. Aucun des autres, elle comprit, n’eut une réaction aussi prononcée. Ce n’était qu’un papier où il était impossible de comprendre ce qui était écrit.

Les quatre Gryffondors avaient-ils une information qu’ils ne possédaient pas?

C’était la seule explication qui donnait du sens à leur réaction. Qui en donnait vraiment et qui n’était pas complètement improbable. Comme le fait de savoir ce qui était écrit dessus. De comprendre l’alphabet. C’était complètement impossible. Peut-être qu’ils n’étaient pas idiots, mais si Rose Weasley ne connaissait pas cet alphabet, il était impossible qu’eux oui! Encore moins maintenant qu’il avait été annoncé que le professeur James non plus ne les connaissait pas.

- Qu’est-ce que tu caches, Potter! gronda Park… Williams avec colère.

- Rien. J’allais vous montrer ce qu’on a trouvé dès que tout le monde aurait dit ce qu’ils avaient à dire, rétorqua l’intéressé. Quelqu’un?

Seul le silence lui répondit.

- Bon, alors… Si j’ai été surpris par ce que Rose nous a montré, c’est parce que j’ai trouvé un papier sur la scène de crime à la bibliothèque. Un papier où se trouvaient les mêmes runes. Mais elles ne sont pas assemblées de la même manière. Donc ce n’est pas la même chose.

- Est-ce que les deux pourraient être liés? l’interrogea sa cousine.

- J’en suis presque certain. Mais il faudra les traduire pour le savoir… C’était notre seul indice… Mais j’aimerais que tu t’en occupes, Rosie. Si ça ne t’ennuie pas trop…

- Sans problème! Je vais m’y atteler dès que j’aurai les livres!

- Parfait… Quant aux autres informations…

Potter avait l’air hésitant maintenant. Elle repéra son regard angoissé en direction de Joshua, tout comme celui de Louis. Les deux cousins semblaient inquiets pour ou à propos de son ami? Elle l’ignorait. Et encore moins la raison de cette inquiétude. Mais elle repéra une attitude similaire du côté de Liam et Dylan. Apparemment, ils étaient tous au courant de quelque chose. D’une chose qui touchait Josh. De près ou de loin? Là était la question…

- Déjà, on a croisé Peeves à la bibliothèque, recommença le Gryffondor après quelques secondes d’interruption. Et après nous avoir un peu charriés, comme il en a l’habitude… il nous a dit qu’Allison serait déçue et en colère si elle apprenait qu’on l’avait tous oublié.

Pour ça, elle n’avait aucun mal à le croire.

- Surtout parce qu’elle fait tout ce qu’elle peut pour revenir, ajouta-t-il ce qui la laissa sans voix.

Déjà, le fait que Peeves l’esprit frappeur puisse se souvenir d’elle était quelque chose, mais qu’en plus il sache ce qu’elle faisait? Ça signifiait qu’il savait où elle se trouvait! Mais comment! S’il pouvait le découvrir, peut-être parviendraient-ils à la ramener parmi eux! Elle retrouverait ainsi enfin son amie et se débarrasserait de la présence omniprésente de Potter du même coup!

- Attends, quoi? s’exclama Albus. Il se souvient d’elle? Il sait où elle se trouve? Mais c’est où!

Il y avait une très haute note de désespoir dans la voix du cadet des Potter et ça lui faisait mal à entendre, même si elle lui en voulait, car d’une certaine manière c’était de sa faute si Allison n’était plus avec eux. Enfin, en partie sa faute. Il fallait être deux pour créer de la distance.

- Je ne sais pas. Et je suis certain que si j’avais posé des questions… il ne m’aurait pas répondu. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne avec lui. J’ai essayé aujourd’hui et… Peu importe.

Potter baissa les yeux une seconde, mais lorsqu’il le releva pour affronter tous leurs regards il semblait beaucoup plus nerveux.

- Toutefois… Peeves nous a appris autre chose. Pendant la nuit. Juste au moment où on songeait repartir pour notre dortoir, Louis et moi…

- Dylan et Liam étaient où? s’étonna Lily.

- On a fait diversion pour la bibliothèque, mini Potter, répondit Dylan. Rusard s’y trouvait quand on est arrivé. Après, on devait se rejoindre au dortoir.

- Qu’est-ce que Peeves vous a dit, à Lulu et toi? s’enquit Hugo.

- Ah, Merlin, bougonna Louis.

- Qu’il.. Qu’il y avait un nouveau fantôme à Poudlard, annonça Potter et il jeta un bref regard à Josh, si subtil qu’elle passa à deux doigts de le manquer.

- Un nouveau fantôme? s’exclama la majorité des personnes présentes.

Elle le vit prendre une grande inspiration et échanger un regard avec son cousin. Ce dernier ne semblait pas en mener large et si elle ne se trompait pas, il faisait tout ce qu’il pouvait pour ne pas regarder dans la direction de Joshua. Elle ne pourrait pas nier qu’elle avait été surprise de voir Josh embrasser Louis. En premier lieu, car il ne lui avait jamais rien dit. Et en second… elle l’avait surtout vue regarder les filles en biais. Alors elle n’aurait jamais soupçonné… Enfin.

- Oui, un nouveau fantôme, acquiesça Potter. Et on le connaît. On le connaît tous de plus ou moins près.

À ces mots, elle sentit sa gorge se nouer. Elle se doutait fortement qu’elle n’avait aucune envie d’entendre ce qui allait être dit. Elle ne voulait pas savoir qui était ce fantôme. Non. Car la manière dont le prononçait la catastrophe ambulante devant elle… ça laissait entendre qu’il l’avait connu… vivant. Et connu vivant signifiait que quelqu’un qu’elle connaissait était mort, puis devenu un fantôme. Quelque chose d’irréversible et qui ne permettrait jamais le repos.

Et elle aperçut le visage blafard de Joshua.

Puis celui d’Albus.

Qui… Qui cela pouvait-il bien être? Pour que ces deux-là réagissent ainsi! Une réponse commença à poindre le bout de son nez dans son esprit. Une réponse qu’elle n’avait pas demandée. Il n’y avait qu’une possibilité pour que Josh et Albus réagissent ainsi. Ils le connaissaient tous les deux. Et la seule personne qu’ils pouvaient avoir en commun et qui ne se trouvait pas ici…

- Non… Non, c’est pas possible… souffla le seul Gryffondor de son âge.

- Il… Il est… Il est un fantôme? bredouilla Josh.

Ce n’était pas exactement ce qu’elle s’attendait à entendre de la bouche de son ami. Elle le dévisagea en fronçant les sourcils et du coin de l’œil constata que les autres connaissant l’identité du fantôme en faisaient de même.

- Qui c’est, James? s’enquit la benjamine des Potter d’une toute petite voix.

- Kieran. Kieran Aylin de Gryffondor. Sixième année, annonça Louis et son regard reflétait une immense compassion lorsqu’il le posa sur Josh.

- Mais… Mais… lâcha d’ailleurs ce dernier. Non! Il ne peut pas… Pourquoi est-ce qu’il serait devenu… Oh.

Apparemment il venait de trouver la réponse à sa propre question, mais ça ne répondait pas à la sienne, ni à celle de tous les autres présents. De quoi est-ce qu’il pouvait bien parler? Pourquoi est-ce qu’il semblait aussi peu touché par l’annonce de la mort de son cousin? Non… Non, il était touché. Elle le voyait bien à sa posture. Au tremblement dans sa voix. Mais si ça ne le choquait pas comme eux tous… ça voulait dire… Était-il déjà au courant?

- De quoi est-ce que tu parles, Joshua? l’interrogea Potter en fronçant les sourcils. Pourquoi est-ce que tu sembles en savoir plus que nous?

- Eleanor m’en avait déjà parlé, avoua son ami. Mais j’ignorais… J’ignorais que… qu’il…

- Tu en sais plus que ça.

- Non!

- Oui, tu en sais plus, confirma Ruby à contrecœur. Ça se lit sur ton visage, Josh. Est-ce que… Est-ce que tu sais comment…?

Le visage de l’un de ses meilleurs amis ici se ferma et elle put lire la douleur sur ses traits. Une douleur qu’elle connaissait très bien pour l’avoir vu et revu sur son visage. Ça concernait sa famille. Et si ça concernait sa famille, ça ne pouvait pas être tout rose. Horrible serait sans doute plus adéquat.

- Je le sais. Mais j’ai promis à ma cousine de ne rien dire. Alors, ne comptez pas sur moi pour le faire, déclara-t-il fermement.

Sur ces mots, il quitta pour la deuxième fois la Salle sur Demande avant tout le monde, mais cette fois ce n’était pas pour la même raison. Non, c’était la colère qui l’avait envahi en franchissant les portes. Elle l’avait bien vu dans la raideur de ses épaules. Elle poussa un soupir et réprima l’envie de s’écraser par terre qu’elle sentait monter. Trop de choses se déroulaient en même temps… Beaucoup trop.
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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

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Scorpius n’arrivait pas à se débarrasser de la rencontre de tout le groupe d’une semaine plus tôt. Sans doute, car depuis ce temps la rumeur avait fait le tour de l’école concernant le nouveau fantôme, ainsi que la nouvelle attaque et… Tout. Et peut-être aussi parce que depuis une semaine, il ne voyait pratiquement plus Rose, sauf lors des rencontres de groupe où ils faisaient tous leur devoir. Dans ses temps libres, sa rouquine préférée se tuait les yeux dans de vieux grimoires traitants d’anciennes runes.

Ça n’avait toujours rien donné.

Mais il n’y avait pas seulement l’absence de Rose qui lui plombait le moral. Ne pas arriver à se souvenir de l’une de ses amies était un poids sur sa conscience. Puis il y avait le fait que Joshua évitait tout le monde depuis plus ou moins une semaine. Sans compter que son meilleur ami aussi se repliait sur lui-même! Il poussa un soupir et passa une main agacée dans sa tignasse blonde, tout en prenant garde à ne pas lui donner la même apparence qu’à celle d’Al. Même si ça ne changerait sans doute pas grand-chose, car il se trouvait présentement sur le terrain de Quidditch pour les essais de son équipe. Arya avait été très claire concernant le fait qu’il conservait son poste, tout comme Ruby et les quelques autres encore présents à l’école. Mais il y avait quand même des postes à combler. D’où les essais et leur présence.

Mais ça n’enlevait rien au fait qu’il ne possédait aucune envie d’être présent.

Ayant assisté aux essais de Quidditch de l’équipe d’Al, Rose et James il savait qu’ils auraient du boulot à faire ici s’ils voulaient gagner la coupe. Déjà, parce qu’apparemment le cousin de sa petite-amie avait trouvé le moyen de convaincre Louis Weasley de passer les essais. L’année dernière, il se souvenait que Josh avait annoncé qu’il essaierait peut-être de joindre l’équipe cette année. Au poste de Batteur, lui aussi.

Et Scorpius savait très bien que son ami était un excellent Batteur.

Mais à quel point avait-il toujours envie de faire partie de l’équipe? Avec toutes les choses qui se passaient présentement et qui touchaient de près sa famille… Il n’arrivait pas à se retirer de l’esprit que ça ne risquerait jamais d’arriver. Il y avait trop de variables qui influenceraient son choix dans la mauvaise direction.

- Jo-Josh! Arrête de flâner! Tu nous as promis! Et on te fera tenir parole! s’écria une voix qu’il reconnut aussitôt.
Mae Aylin. La jeune cousine de Josh.

- Je veux voir du Quidditch, Jo-Josh. Et si tu joues, c’est encore mieux. Je te promets d’arrêter de parler de Weazy si…

- Mae! Ça suffit! gronda son ami sur un ton furieux.

- Il n’y a qu’une manière pour l’arrêter et tu le sais, fit remarquer l’autre cousine de Joshua, Amy.

Eh bien… Apparemment il n’avait plus à s’inquiéter concernant la non-participation de son ami! Si les cousines de Josh s’en mêlaient, il n’y aurait aucun moyen qu’il puisse refuser d’essayer. Le plus dur serait d’obtenir le poste… mais il n’avait aucun doute concernant les chances de son ami d’être pris dans l’équipe! Il échangea un regard avec Ruby même si cette dernière se montrait un peu plus distante depuis quelques jours… Cela avait-il un lien avec la conversation qu’elle avait eue avec Louis Weasley? Elle n’avait rien voulu leur dire à eux… mais il mettrait sa main à couper qu’Amy, pas la cousine de Josh cette fois, en savait plus qu’eux. Enfin, d’un autre côté, Ruby était très discrète.

Mais elle répondit tout de même à son regard en souriant.

Ce n’était même pas un euphémisme que de dire qu’ils s’étaient tous inquiétés pour leur compatriote. Ce qui n’était pas spécialement nouveau, puisque depuis qu’ils étaient tous au courant pour la vie familiale plus que désagréable de Joshua, ils le surveillaient de près. Il en faisait même des cauchemars, parfois. Et ça ne s’était pas arrangé depuis qu’ils avaient su pour son cousin. Malgré tous les efforts qu’ils avaient tous employés, leur ami n’avait pas soufflé un seul mot sur ce qui s’était passé. Sur ce qu’il savait. Mais si c’était vraiment une histoire de famille… Scorpius n’avait pas besoin de grand-chose pour additionner deux et deux. Un drame s’était produit dans la famille de son ami. Le niveau de gravité restait toujours à déterminer…

Il revint dans l’instant présent au son du sifflement strident d’Arya. Ses oreilles tintèrent quelques secondes après qu’il eut cessé. S’y ferait-il un jour? Il l’espérait sincèrement, car elle ne venait que de commencer à s’en servir que ça lui perturbait déjà l’ouïe! Il se frotta l’oreille problématique d’une main et tenta de se concentrer sur les propos de sa nouvelle capitaine.

- Est-ce que tous les aspirants sont là? s’enquit-elle.

Il se souvint d’un coup qu’elle avait mis une feuille d’inscription à l’intention de tous ceux qui désiraient rejoindre l’équipe. C’était, apparemment, une manière pour elle d’être certaine qu’il n’y aurait pas d’invités imprévus. La logique n’était pas mauvaise, mais ça empêchait aussi des candidats retardataires d’en faire partie. Mais connaissant Arya, il y avait sans doute plus qu’une simple question de logistique dans toute cette histoire, songea-t-il. Il écouta distraitement tandis qu’elle énumérait des noms et que les différents aspirants, Joshua compris, confirmaient leur présence.

- Alexander Parkinson, annonça soudain Arya, le faisant sursauter.

Moment de silence.

Pourquoi avait-il mis son nom là? Depuis qu’il était arrivé à Poudlard, Parkinson n’avait jamais, au grand jamais, paru intéressé par le Quidditch. Se moquer des autres semblait toujours plus intéressant pour lui. En tout cas, à l’époque. Maintenant, il n’en était plus très certain. Il aurait apprécié pouvoir avoir une certitude dans un sens ou dans l’autre, mais avec l’absence de tous ses souvenirs…

Il sentit son cœur se serrer comme à chaque fois qu’il songeait à l’horreur de la situation dans laquelle il se retrouvait.
Il n’avait jamais eu assez d’amis pour pouvoir se permettre de s’en moquer. Et il ne voudrait pas le faire, même s’il en avait eu des tonnes. Il n’était pas comme ça. Son père lui avait toujours dit que se faire de bons amis, c’était important. Des personnes avec qui on s’entendait non seulement très bien, mais pour qui on serait prêt à faire n’importe quoi. Il lui avait répété des dizaines de fois que c’était vraiment très important, qu’il ne voulait pas que son fils, donc lui Scorpius, face les mêmes erreurs que lui.

Et ce n’était pas arrivé.

Il avait trouvé Rose et Albus. Même s’il ignorait encore comment ça avait pu être possible. Enfin, en ce moment. Sans doute que cette partie brumeuse dans sa mémoire trouverait tout son sens lorsqu’il se souviendrait. Mais comment arriverait-il à se pardonner, alors? Si tout s’avérait exact et que c’était grâce à cette fille, à cette Allison qu’il avait les amis qu’il possédait maintenant?

- Bon, apparemment, il n’est pas…

La voix d’Arya le ramena dans le moment présent aussi surement que celle qui surgit ensuite :

- C’est Williams, maintenant, Eastwood. Tu ne sais pas lire?

La voix grinçante de son aîné le poussa à lever les yeux au ciel. D’un autre côté, il avait constaté que partout, on faisait désormais référence à Alexander Parkinson comme étant un Williams. Alors… le ressentiment du septième année pouvait se comprendre. Surtout que personne parmi les élèves ne semblait respecter ce fait.

- L’habitude, c’est tout, répliqua d’un ton froid la capitaine. Si tu veux une chance d’avoir le poste, surveille tes manières.

Cette réplique fit hausser les sourcils de l’intéressé ce qui amusa légèrement Scorpius. Après tout, Parkinson avait été bien moins mesquin qu’il aurait pu l’être et Arya en avait forcément connaissance. C’était connu que Parkinson n’avait pas la langue dans sa poche et qu’il pouvait vous rabaisser énormément en utilisant que très peu de mots. C’était un talent rare, mais horriblement déplaisant et pas très… enfin, pas le genre dont tu te vantes sur tous les toits, sauf si tu t’en moquais comme son aîné de Serpentard s’en était un jour moqué.

- À vos ordres, ma capitaine! affirma d’ailleurs ce dernier avec un sourire narquois.

En voyant le sourire en coin d’Arya, il fronça les sourcils. Depuis quand ces deux-là semblaient-ils s’entendre aussi bien? L’attrapeuse de leur équipe avait toujours eu un don pour rabattre le caquet de Parkinson lorsqu’il allait trop loin. Qu’est-ce qui avait changé depuis? Pour que maintenant ils se taquinent comme ça, en public!

- Bon, ça va! On n’a pas seulement ça à faire! Tous sur vos balais! s’écria-t-elle en leur lançant à tous un regard déterminé.

Elle jeta un coup d’œil du côté des cousines de Joshua, vint pour dire quelque chose, puis s’interrompit. Il ne fallait pas réfléchir trop longtemps pour comprendre pourquoi. Tout le monde savait pour la jeune Amy de Serdaigle, tout comme toute l’école était au courant pour Kieran Aylin. On murmurait dans les couloirs que la famille devait être maudite pour subir autant de désolation en si peu de temps. Certains poussaient le vice à éviter volontairement de s’approcher des jeunes jumelles Aylin ou encore d’Ethan et Eleanor. Même Josh était visé, parfois.

Mais le pire restait les commérages et les questions.

Les plus curieux de l’école ne semblaient pas en mesure de comprendre que certaines questions étaient indiscrètes et douloureuses. Ils s’acharnaient à les poser aux principaux intéressés de l’histoire. Sans relâche et avec peu de délicatesse. Cette stupide Breeta Skeeter faisait partie du lot. On la voyait rôder un peu partout, glanant des informations, observant…

Il ne l’aimait pas.

Alors que pourtant elle n’avait rien fait d’irrépréhensible pour le moment! Ou en tout cas, guère plus que des questions mal placées. Pas d’article débile comme le faisait sa mère ni rien de ce genre. Mais il n’appréciait pas l’idée de la savoir dans l’ombre à écouter et observer. Espionner. Il était presque certain qu’elle avait plus d’un tour dans son sac pour connaître tout un tas d’informations qu’ils souhaiteraient tous garder pour eux.

D’autant plus que dans leur groupe, ils agissaient tous illégalement.

En parfaite connaissance de cause.

Le pire dans tout ça était sans doute qu’il s’en moquait éperdument. Il était préfet, mais il n’était pas très pointilleux au niveau de faire respecter le règlement. Bon, déjà, il faudrait que pour ça, il ne soit pas autant impliqué dans des activités illicites qui allaient à l’encontre de la nouvelle règle imposée, mais… Il essaierait qu’il ne pourrait pas s’en empêcher. Cette tendance à la désobéissance lui était venu en fréquentant Poudlard. Il n’arrivait pas à savoir pourquoi. Parce que ni Rose ni Albus n’avaient le désir inné de vouloir faire des bêtises. Tous deux appréciaient le faire, mais il les connaissait, ça ne pouvait pas être eux qui l’aie poussé à désobéir aux règlements. Et comme aucun de ses amis de Serpentards n’aurait pu l’entraîner dans des bêtises du genre… Ça ne laissait qu’une personne. Celle dont il ne se souvenait pas.

Allison.

Mais ce n’était pas le moment d’y penser. Ni de songer au fait que son meilleur ami semblait en complète détresse psychologique et émotionnelle, qu’il n’avait aucune idée de comment l’aider alors qu’il ne savait pas comment lui-même se sortir de leur situation actuelle… et qu’Albus était aussi têtu et facile à faire changer d’idée que de convaincre un dragon de ne pas vous jeter le feu de ses entrailles dessus. D’accord, d’accord, Hagrid ne serait sans doute pas d’accord avec lui, mais quand même! Les dragons n’étaient pas des chiens tout mignons et gentils qui venaient te voir en frétillant de la queue!

Ne pas y penser.

Se concentrer sur le Quidditch…

Juste sur ça.

Sur les essais. Essayer d’aider son ami à intégrer l’équipe sans que ça se remarque. Ça ne devrait pas être trop compliqué, car Ruby aussi le ferait. Et puis bon, Joshua n’aurait sans doute pas besoin d’un très gros coup de main de leur part. Il avait le talent nécessaire pour attirer l’attention d’Arya. Le problème serait sans doute sa concentrat…

- Montre-leur, Jo-Josh! hurla Mae. Fais-les tomber par terre!

- Sans les blesser! ajouta Amy.

Un coup d’œil vers les deux premières années suffit pour lui donner l’envie de sourire, toutes les deux avaient le même moqueur au visage, cette expression qui disait qu’elles appréciaient embêter leur cousin autant qu’elle l’adorait. Peut-être que leur propos n’aiderait pas à la concentration de ce dernier, mais à son moral surement, car il suffisait de les regarder dans cet état de camaraderie taquine pour se sentir bien.

Et en effet, la présence de ses cousines sembla grandement favoriser Joshua pendant les essais. À tel point qu’il fut retenu comme candidat. La partie à la fois étonnante et moins agréable fut que Parkinson fut aussi retenu, pour combler le poste de Gardien. Malgré tout, Scorpius ne pouvait pas nier qu’il était doué pour garder les buts. Peut-être aurait-il une chance de gagner la Coupe cette année.

Il l’espérait vraiment.

Ou tout au moins de mener la vie dure aux Gryffondor! Il adorait Rose et Albus, mais quand il était question de Quidditch… c’était autre chose. Lui aussi voulait gagner. Et ce serait le cas. Cette année serait la bonne. Et pour une fois, il pourrait envoyer un sourire moqueur à ses amis lorsque ce serait lui qui irait fêter sa victoire! Il se moquait pas mal de perdre la Coupe des Quatre Maisons, ça faisait longtemps qu’il avait cessé de s’en soucier. Même si ce n’était pas pour autant qu’il aimait faire perdre des points à sa Maison…

Mais le Quidditch… c’était le Quidditch.

Il ne faisait jamais la tête à ses amis pour autant lorsque leur équipe gagnait et pas la sienne. Il pouvait se montrer rancunier, mais pas pour ça. Son engouement avait une limite, quand même. Il chassa assez rapidement ses pensées sur le Quidditch pour ce qui se trouvait devant lui en voyant son meilleur ami sortir de la Grande Salle avec un air mélangeant la colère à la douleur. Que s’était-il passé cette fois? Est-ce que James avait prononcé les mots de trop? Non… Le frère d’Al disait bien des choses sur son cadet, mais il ne lui ferait jamais sciemment du mal. Or, ça semblait être le cas.

Scorpius sentit l’appréhension lui monter à la gorge en voyant quelque chose qui ressemblait à un journal roulé dans le poing d’Albus. Ça ne pouvait pas être bon signe. Est-ce que quelque chose s’était produit à nouveau dans sa famille? Pourtant, ça ne ressemblait pas à la Gazette. Dans la forme du journal et son apparence. Pour le contenu… on ne pouvait pas en dire autant.

Son meilleur ami était à ce point perdu dans sa tête qu’il ne le remarqua même pas. Sachant qu’Al n’apprécierait pas une esclandre démontrant à quel point il semblait bouleversé, même si tout le monde pouvait le constater en se servant de ses yeux, il l’attrapa par l’épaule et le bouscula suffisamment fort pour le forcer à prendre la direction qu’il désirait.
Tant pis pour son souper…

- Toi et moi, c’est l’heure qu’on passe un peu de temps ensemble, l’ami. Entre toi et Rose qui prenez vos distances, je commence à me sentir comme le dernier des imbéciles à être seul dans mon coin.

Tout ce qui lui répondit fut un soupir.

D’accord… Apparemment les choses étaient pires qu’il le croyait. Merveilleux.

Éloignant ses mauvaises pensées, il entraîna son meilleur ami plus loin, mais constata tout de même du coin de l’œil que si une main d’Albus était occupée par le journal, l’autre tenait encore cette photo. S’il continuait à se torturer avec ça, il finirait par devenir dingue! Pas qu’il était lui-même un exemple à suivre, mais… quand même. Fixer cette photo en ruminant des pensées désagréables ne pouvait pas aider!

Ils marchèrent un moment dans le silence. Scorpius n’avait aucune envie de discuter d’un certain sujet en plein milieu du couloir, alors que n’importe qui pouvait arriver de n’importe où et tout surprendre! Non pas que ça devait rester dans la plus grande ignorance, mais s’il se fiait à l’air hanté de son meilleur ami… il n’aimerait pas en parler maintenant. Et s’ils tombaient sur quelqu’un, il se refermerait comme une huître et ça prendrait encore mille ans à lui faire cracher le morceau.

Lorsqu’ils arrivèrent enfin à la pièce qu’il avait en tête, il referma la porte derrière eux avant de faire signe à Al d’aller s’asseoir dans un coin au fond de la salle. D’un sort rapide et efficace, il verrouilla la porte et fit en sorte que personne ne puisse entendre ce qui se passait à l’intérieur. Suite à quoi il s’écrasa aux côtés de son meilleur ami qui fixait encore la photo sans même sembler cligner des paupières.

- Dis-moi… T’as bien l’intention d’arrêter un jour de te torturer, pas vrai?

- Je ne me souviens pas d’elle, Scorp, protesta Al en le foudroyant du regard. Et d’après Ruby, Joshua, Amy, Kieran ET Parkinson, c’est ma copine. Son nom me dit quelque chose. Son visage me semble familier. Mais je ne pourrais pas te dire ça couleur préférée ni son sport ou quoi que ce soit d’autre!

- Pour la couleur, je dirais que le vert est un bon début! Le mur derrière elle est vert! Et tes yeux aussi. C’est peut-être pour ça qu’elle a eu un faible pour toi!

- Par Merlin, Scorp!

Voir Albus lever les yeux au ciel était une victoire en soi, puisqu’il ne regardait plus cette stupide photo! Il mentirait, bien sûr, s’il disait que ça ne lui faisait rien de regarder cette photo en se disant que normalement… normalement il devrait reconnaître cette personne. Avoir un millier de souvenirs qui remontent à sa mémoire en voyant ce sourire et cette lueur malicieuse dans les yeux de la fille. Mais non.

- Ils disent tous que c’est ma faute…

Ça, c’était sans doute le nœud du problème.

- Ruby a dit… Elle a dit qu’après toutes les bêtises que j’ai faites avec elle, ça, c’est bien la plus grosse! Mais quel genre de bêtises?

- Tu devrais arrêter de te torturer avec ça, Al. En ce moment on est dans le néant, Rose, toi et moi. Et si aucun souvenir ne t’est revenu en regardant cette photo pendant des heures, ce n’est pas en continuant de le faire que ça viendra!

- Mais j’ai besoin de savoir, par Morgane! Quelque chose… quelque chose en moi me dit qu’un truc horrible va se passer.

- Il s’en est déjà produit…

Un frisson le traversa en se souvenant des attaques. Et de… Du cousin de Josh.

- C’est quelque chose de pire, Scorp. Et…

- Et quoi? Ne t’arrête pas maintenant, par Merlin!

- Tu te souviens de ma sortie nocturne avec Louis?

Il opina. Ce n’était pas comme s’il arriverait un jour à oublier tout ce qu’il s’était passé à ce moment-là! Savoir que cette peste de Rebecca se souvenait et pas eux? C’était la goutte d’eau! Enfin, à ce moment-là, il ignorait que son impression de perte était réellement justifiée.

- Alors tu te souviens du rêve? Parce que j’en ai fait un autre...

- T’es sérieux? Et à quel sujet cette fois?

- Je crois… Je crois que ça avait un lien avec l’autre. Mais je ne suis pas certain. La fille était encore là. On suivait les actions d’un type. Il a sorti une lettre d’un coffre et il y avait un très gros livre aussi. Il a lu la lettre.

- Est-ce que tu as pu voir ce qu’il y avait d’écrit?

Il avait à la fois très envie que son ami lui dise que oui… autant que ce soit le contraire. Quelque chose sur le visage d’Albus lui disait que ce qu’annonçait cette lettre était loin d’être une bonne nouvelle. Que si ce que pressentait son meilleur ami se produisait… les attaques paraîtraient comme un élément bénin sur l’échelle de gravité des horreurs possibles. Ce n’était pas quelque chose dont il avait envie. Déjà que leurs problèmes actuels semblaient insolubles…

- Oui.

Fabuleux. Une réponse aussi courte avec un ton aussi grave ne l’aidait pas vraiment à ne pas appréhender la suite. À vrai dire, il se mit même à tapoter du pied.

- Mais tu connais ma tendance particulière à ne pas lire dans le bon ordre, pas vrai?

Encore mieux.

- Tu as eu le temps de lire quoi?

- La cinquième et la sixième phrase. Puis, de la huitième à la onzième.

- Pour un total de combien de phrases?

- Quatorze.

C’était vraiment bizarre la faculté d’analyse sans le chercher d’Albus. Il était capable de te dire le nombre de phrases que possédait un texte, mais il pouvait tout aussi bien en avoir complètement oublié le contenu. Ou sinon, il se rappelait d’une partie. Et rarement le début ou la fin.

- Qu’est-ce que ça disait?

- Quand je me suis réveillé, je les ai notés pour être sûr de ne pas les oublier…

- Pourquoi tu n’en as pas parlé à James?

- C’est arrivé cette nuit…

Il inspira doucement en prenant le bout de parchemin que lui tendait son meilleur ami. Il avait moyennement envie de lire ce qui s’y trouvait, mais il n’avait pas trop le choix. Il se mit donc à parcourir les informations retenues par Albus et à chaque mot il blêmissait un peu plus.

Mon frère,

Première phrase (12 mots)
Deuxième phrase (6 mots)
Troisième phrase (22 mots)
Quatrième phrase (6 mots)
Cinquième phrase (12 mots) : Tout est sous contrôle, ma couverture, mon nom d’emprunt, une nouvelle apparence.
Sixième phrase (12 mots) : J’ai tout planifié et suivi à la lettre les informations du Grimoire.
Septième phrase (20 mots)
Huitième phrase (8 mots) : Écoute-moi bien, tu dois te rendre à Poudlard.
Neuvième phrase (5 mots) : Tu dois retrouver Allison Lévesque.
Dixième phrase (10 mots) : Il y en a deux, mais une seule à Poudlard.
Onzième phrase (18 mots) : Elle pourra nous permettre de rejoindre notre digne aïeul et ensemble nous atteindrons ce qu’il a toujours souhaité.
Douzième phrase (11 mots)
Treizième phrase (11 mots)
Quatorzième phrase (4 mots)

Ta soeur


La gorge de Scorpius se serra légèrement, mais il ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel face à l’assiduité d’Albus. Son meilleur ami disait peut-être que Rose était la plus studieuse, mais il avait devant les yeux la preuve qu’ils se valaient l’un et l’autre! La seule différence, c’était qu’Al agissait plus souvent en crétin que Rosie. Mais ce qu’il y avait d’écrit était plus important et était on ne peut plus inquiétant.

- Tu en as parlé à Rose?

- Si je l’avais vu plus qu’une minute, surement.

Pas faux.

- L’aïeul… Tu penses qu’il s’agit de Grindelwald?

- Oui. Et tout comme avec Voldemort, rien qui ne l’implique peut présager quelque chose de bon…

- Bah, au moins, même si on n’a pas Albus Dumbledore, toi, tu es là!

- Très, très drôle.

Il laissa échapper un petit rire, la réplique avait été trop facile à dire. Il s’excusa pourtant d’une bourrade sur l’épaule, mais l’air sombre de son meilleur ami fit taire son moment de camaraderie.

- Qu’est-ce qu’il y a encore?

- Ça.

Sur ce simple mot, Albus lui tendit le journal qu’il avait tenu à la main un très long moment. Au fur et à mesure qu’il lisait, il ressentit le besoin pressant de disparaître sous terre. Il comprenait maintenant pourquoi son meilleur ami quittait la Grande Salle alors que le repas n’allait que commencer!

Les Murs Ont Des Oreilles
Journal de Poudlard

Votre rédactrice en chef,
Breeta Skeeter,
vous présente

UNE BONNE NOUVELLE!

Bonjour à toutes et à tous, résidents de Poudlard! J’ai la joie immense de vous annoncer qu’à partir de maintenant vous aurez accès à un journal ne possédant que des nouvelles de Poudlard. Avec les tristes évènements actuels, un peu de divertissement ne pourra que vous faire un plus grand bien. C’est ici que seront annoncées toutes les nouvelles de l’heure concernant l’école et si l’obtention d’un accord de la directrice est possible, c’est ici que vous serez tenu au courant de l’avancée de l’enquête concernant les enquêtes!

Mais ce n’est pas tout, mes p’tits choux! Il y aura plusieurs sujets qui vous seront énoncés un peu plus bas! Un numéro du journal paraîtra tous les mois et fera un bilan des évènements qui se sont produits et de ce qui approche! Il y aura parfois de petites exceptions, donc des numéros spéciaux! Et chaque élève aura droit à sa copie du journal, n’est-ce pas merveilleux? Vous verrez, une année incroyable se profile à nos pieds! Préparez-vous si vous ne voulez pas être éjectés!


SCANDALE CHEZ LES ÉLÈVES!

Mes petits oiseaux m’ont appris que beaucoup de chahut a eu lieu ces derniers jours dans l’école. Des élèves se sont regroupés, se rejoignant dans des lieux secrets et à l’écart, à des heures… peu recommandables. Alors même qu’une nouvelle règle a été mise en place, les élèves suivants ont décidé d’enfreindre le couvre-feu et les règles mises en place.

Mr James Potter.
Mr Louis Weasley.
Mr Liam Coote.
Mr Dylan Faucett.
Mr Albus Potter.
Mr Scorpius Malefoy.
Miss Rose Weasley.
Miss Lily Potter.
Mr Hugo Weasley.
Miss Ruby Shepherd.
Mr Joshua Flint.
Miss Amy Derrick.
Mr Kieran Bletchey.
Miss Malia Mcdonald.
Miss Teena Bones.
Mr Alexander Parkinson.

Que faisaient-ils? Pourquoi sortaient-ils alors que tant de choses effroyables se produisaient? Pourquoi l’un d’entre eux, qui a déjà tant souffert, se met en pareil danger? Mais la question la plus importante est la suivante : qu’adviendra-t-il d’eux? La maison Serpentard et Gryffondor risquent d’avoir la vie dure en ce début d’année…


À VENIR!

Les différentes sections de chaque numéro porteront sur :

- La Coupe de Quatre Maisons.
- La Coupe de Quidditch
- Les couples ou les rapprochements
- Les rumeurs
- Les méfaits accomplis
- Les évènements à venir

À bientôt, mes p’tits choux.
Votre dévouée,
Breeta Skeeter
Oh, Merlin. Ils étaient tous dans le pire tas de bouse de dragon de toute l’histoire de l’humanité. Il posa son regard sur Albus et su presque immédiatement qu’une partie de son absence de réponse lorsqu’il était venu le chercher était dû à ce journal. Tout serait beaucoup, mais vraiment beaucoup plus compliqué… Mais comment l’avait-elle su? Comment cette sorcière de la pire espèce avait-elle fait pour savoir qu’ils avaient été hors de leur dortoir pendant les heures comprises dans le couvre-feu?

- MR JAMES POTTER, MR LOUIS WEASLEY, MR LIAM COOTE, MR DYLAN FAUCETT, MR ALBUS POTTER, MR SCORPIUS MALEFOY, MISS ROSE WEASLEY, MISS LILY POTTER, MR HUGO WEASLEY, MISS RUBY SHEPHERD, MR JOSHUA FLINT, MISS AMY DERRICK, MR KIERAN BLETCHEY, MISS MALIA MCDONALD, MISS TEENA BONES ET MR ALEXANDER PARKINSON! JE VOUS ATTENDS TOUS À MON BUREAU SANS FAUTE À 19H30! Hurla le professeur McGonagall avec un Sonorus si puissant qu’ils l’entendirent d’où ils étaient.

Il échangea à nouveau un coup d’œil avec son meilleur ami et ils lâchèrent en même temps :

- On est foutu.

Image


Eh bien? Qu'est-ce que vous en pensez? Ça va bien, ça va mal pour eux? Et la petite discussion entre Lulu et Jo-Josh, vous en pensez quoi? Je tiens à revenir sur un détail que j'ai mis précédemment, même si ça doit mieux se voir avec le chapitre. Ce n'était pas James qui se souvenait d'Allison dans le Bonus, mais Kieran le cousin de Joshua (bref, le fantôme). Sinon... J'ai une question pour vous. Pour le prochain bonus, soit celui entre le chapitre 10 et 11, vous voulez avoir quoi?

- La discussion entre Louis et Eleanor (du point de vue de Louis)
- La discussion entre Ruby et Louis (du point de vue de Ruby)
- Autre chose? qui se rapporte au passé de la fanfic, mais du point de vue d'un autre personnage?

Bref, dites-moi ce que vous préférez!

P.S: Je prévois faire un bonus entre Louis et Joshua (pas la passe dans un placard à balai étroit), entre le chapitre 11 et 12.


Une nouvelle réalité
Une nouvelle menace
Charmimnachirachiva

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Re: Une nouvelle menace [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

MAIS ELLE SE MELE DE QUOI SKEETER !!!!

Bon ok, je me calme :lol: , donc je reprend depuis le début :
Alors d'abord sache que j'ai bien aimé la discussion entre Jo-Josh et Lulu (Weazy, les jumelles m'ont tuées). On sent que Louis veut l'aidé et tout et tout ! Je veux que tu me les mettes en couple !!! (m'en fous si c'est pas prévu dans le scénario :twisted: ) Et au fait, la discussion entre Scorp, Josh et Kieran m'a également beaucoup fait rire (courage Josh, on espère tous qu'un jour tu reprendras ta couleur normale :lol: :lol: ).
Sinon, un peu dégoutée que mon Jamie se souvienne de rien (aussi, heureuse que Josh et Amy se souvienne d'Alli!!) PAR CONTRE la scène Ruby / James une vraie pépite ! En plus il a la lettre et ahhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!
Et enfin, comme tu l'auras compris :roll: , j'"ai vraiment envie de mettre des claques à skeeter, nan mais ça sert à quoi de faire ça exactement ? Hein sale vipère ?
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