Ombres et Poussières [Harry Potter]

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cochyo

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par cochyo »

Génial ce chapitre !!
Pensée déprimante de la soirée : un tiers de la salle mourra au moins avant la fin de la guerre.
Super fin !
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Hey !

J'ai vu que t'avais pas beaucoup de commentaire en ce moment, ça m'a rendu triste ! Du coup je voulais juste dire que tes chapitres sont aussi intéréssants et bien écrits que d'habitude, vraiment ! J'aime toujours retrouver cette atmosphère de la resistance qui s'organise, la guerre, tout ça tout ça... Et Simon et Vic qui se rapprochent ... Je les adore

Voilà, c'est tout déso. J'ai pas vrmt la tête à faire des longs commentaires en ce moment ... Mais sache que tu gères de fous, comme d'hab !!
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

BONJOUR TOUT LE MOOOONDE

Trop de chose à dire aujourd'hui

Déjà : UNE BONNE ANNEE ! 2020 s'en est allé ENFIN et j'espère que 2021 vous réservera que de la joie, du bonheur et des bonnes nouvelles ! Immense Keur sur vous <3

Info BN avant que j'oublie : j'ai un compte insta au nom de Perripuce pour mettre des aesthetics de mes personnages, donner des fufacts, des conseils ce genre de choses si ça vous intéresse ! Je me suis mise aux aes depuis cet été et je ne sais pas trop comment les mettre ici donc ça vous permettra de les voir !

Petite chronique sport? Allez !
Foot : Lyon est champion d'automne du championnat grâce à nul miraculeux face à une séduisante équipe de Rennes, mais juste derrière, Paris et Lille (HIIII) sont en embuscade pour chiper la première place après leur relance contre Brest et Nîmes !
Biathlon : Beau week-end pour les français avec la troisième place en relai mixte ET SURTOUT LA BELLE VICTOIRE en relai mixte simple avec Julia et Emilien, franchement relai PARFAIT magnifique et quelle beaaau craquage d'Eckoff (Norvège) ça faisait PLAISIR. Et on a vu Emilien Jacquelin torse nu (quoi?).
Rugby : Toulouse reprend la tête du TOP14 ! Mais une menace plane parce que les coupes d'Europes sont annulées et j'ai peur pour le Tournoi des 6 nations.

___________


Réponses aux commentaires :

Charm' : Merci pour ton com ! C'est un plaisir personnel de pouvoir travailler Remus et le rapport avec ses anciens élèves, c'est mon Maraudeur préféré ! Donc contente que ça te plaise !

Coch' : OOOH YOU'RE BACK c'est tellement bieeeeen ! Merci pour ton com ... hyper réjouissant, ton style m'avait manqué mon petit Coch <3

Chloé : OOOOH t'es trop mignonne ! Merci, ça me fait plaisir que ça continue de te plaire, et c'est pas grave si t'as pas la tête à ça, je comprends, prends soin de toi ! <3
____________


Voilà, bonne lecture ! Le chapitre est pour Chloé, parce qu'elle est trop mignonne, qu'elle le mérite et qu'il y a son homonyme dedans <3


Chapitre 7 : Un train à prendre.

Dans les faits, nous avions parlé jusque tard dans la nuit, de tous les sujets qui pouvaient éloigner ses pensées de sa famille et lui assurer la paix avant de trouver le sommeil. Pas aussi gênant que je l’avais craint mais je m’étais tout de même sauvée à l’aube, incapable de me dire si la situation était normale ou non. Je me souvenais avoir eue exactement la même sensation de gêne l’année dernière, après que j’aie été confronté mon grand-père. Simon m’avait accueilli, soutenue, aidé … Mais le lendemain, j’avais repensé au fait que je sortais avec un autre garçon qui n’aurait certainement pas apprécié que je passe la nuit avec lui. Maintenant, il n’y avait plus d’autre garçon, mais la sensation demeurait.

Cela dit, mon soutien parut donner la force à Simon de passer la semaine sereinement et le 13 août se passa sans crise. J’y veillais en l’emmenant toute la journée en vélo avec Chloé, si vite et si loin qu’il s’écroula épuisé dans son lit le soir venu.
Après ça, les vacances filèrent à une vitesse folle. Entre le Quidditch et les préparations à l’entrée dans l’Ordre, je ne voyais aucune de mes journées passées. Lupin nous avait fait ensuite passer des exercices de dissimulation qui se résumaient presque à une partie de cache-cache dans l’appartement des jumeaux. Simon, aidé par ses grandes capacités, était l’un des meilleurs à ce jeu alors que les Weasley peinaient tous deux à tenir en place et que Renata se trouvait bloquée par son manque de créativité. Et je m’étais cognée la tête en tombant de la poutre sur laquelle je m’étais perchée, causant l’hilarité absolue de mon grand-père lorsque je rentrais chez moi, un pan de glace plaquée sur mon front.

-Comment tu t’es fait ça, perelko ?
-Je suis tombée chez des amis, éludai-je en m’asseyant lourdement sur le canapé. Mamy est là ?

Mon grand-père me lança un regard pénétrant, si pénétrant que je me forçai à vider mon esprit de toute pensée. Miro n’était pas à strictement parler dans l’Ordre du phénix – il avait juste accepté de se tenir prêt si un jour Dumbledore avait besoin de lui. Je doutais qu’il connaisse réellement l’organisation et je ne tenais pas à ce qu’il sache que j’en faisais partie.

-Dans la cuisine avec ta mère. Du thé ?
-Du thé, moi, m’esclaffai-je, vaguement amusée par l’idée. Non merci, de toute manière je dois rejoindre mon amie Chloé … Qu’est-ce que tu fais là, d’ailleurs ?

Miro, qui était en train de se servir une dose généreuse de thé, me lança un regard sombre.

-Je rentre de chez les Bones. J’ai tenté de convaincre le moustique de venir faire quelques séances d’occlumencie avec moi mais … la mère a été rétive, dirons-nous.

Je levai les yeux au ciel, désabusé. Jamais Simon ne prendrait le risque de laisser son esprit entièrement à nu et à la merci de mon grand-père – et jamais Rose ne laisserait son précieux fils entre ses mains.

-Il apprendra tout seul à l’IRIS, comme un grand, rétorquai-je avant d’ajouter : et la vraie raison de ta présence chez les Bones ?
-Ma réhabilitation, avoua-t-il avec un haussement d’épaule. Amelia m’avait inscrit sur le registre du Ministère, mais d’après Rose je dois encore passer une audience et jurer qu’en tant que citoyen polonais, je ne … rompe pas les lois de la paix britannique. Comme je suis arrivé illégalement sur le territoire britannique, ils tiennent à vérifier que … je suis clean.
-Mais tu n’as pas été naturalisé il y a dix ans ?
-Côté moldu, oui.

L’idée me dit mal à l’aise. Encore quelque chose qui prouvait que les deux mondes ne s’entendaient pas, ne s’écoutaient pas. Le fait que Miro ait la nationalité britannique côté moldu n’influençait en rien la décision côté sorcier. Je dévisageai les traits tendus de mon grand-père. Il avait taillé sa barbe qui étoffait un menton assez fuyant et des joues que la vieillesse commençait à creuser.

-Ils te prennent pour le Liszka parfait, prodige de Durmstrang et adepte de la magie noire ? devinai-je avec dépit.
-Evidemment. Pourquoi penses-tu qu’il y a une audience ? (Il me jeta un bref coup d’œil de son regard clair, spectrale, la tasse au bord des lèvres). Ils demandent un témoignage pour prouver ma … moralité. Ça te dérangerait d’en faire un ? Tu es une sorcière, ta voix aura plus de poids que celle de ta mère ou ta grand-mère … C’est juste un écrit certifié.

Un goût amer se répandit dans ma bouche et mon regard glissa sur la porte vitrée qui séparait le salon de la cuisine. Ma mère et ma grand-mère discutaient, le visage grave, les traits creusés. Elles étaient toutes deux des femmes admirables, de valeur, des voix que j’écoutais avec attention depuis mon enfance. Mais on leur accorderait que peu de crédit parce qu’elles étaient des moldues … L’idée que les « gentils » dans cette guerre, le Ministère, l’organisation qui luttait contre Voldemort et ses idées nauséabondes, se laissait aller à ce genre de préjugé n’augurait rien de bon pour la suite.
Mon grand-père suivit mon regard et étouffa un grognement de dépit dans sa tasse de thé.

-Et pour tout te dire … Si on est là aujourd’hui, c’est que ta mère a besoin de notre avis sur … quelque chose.
-La rencontre avec les Selwyn, devinai-je avec un pincement au cœur. Elle hésite toujours ?

Contrairement à mon père, qui après réflexion, avait accepté l’idée qui pourtant ne lui plaisait pas. Mais c’était dans sa nature profonde de désamorcer les conflits et il voyait dans cette rencontre l’opportunité unique de le faire. Miro poussa un nouveau grognement.

-Evidemment. Et qui peut la blâmer ? Le fils a essayé de vous tuer tous les deux, ton frère et toi. Je te jure, s’il se présente devant moi …
-Je doute qu’il se présente devant toi de son plein gré, tu sais …

La réplique de Miro fut coupée par l’entrée dans le salon de ma mère et de ma grand-mère pendue à son bras. Ma mère poussa un soupir en me voyant affalée dans le canapé puis poussa un cri de surprise en remarquant ma bosse. Avec une certaine horreur, je vis défiler dans son regards mille scénarios qui auraient pu provoquer cette marque, et tous impliquaient des sorciers.

-Seigneur, qu’est-ce que tu t’es fait ? Qu’est-ce qu’il s’est passé, qui … ?
-Ce n’est rien, je suis juste tombée ! assurai-je précipitamment. Je t’assure, ça va partir …

A contre cœur, je me forçai à sortir de ma poche l’effaceur de bleu que les jumeaux m’avaient donné avant de partir. J’avais hésité à l’utiliser, peu convaincue par son efficacité – et méfiante au possible de chaque cadeau venant d’eux – mais je voulais absolument effacer l’inquiétude des yeux de ma mère. Et surtout, minimiser ses questions. Je versais prudemment la crème sur mon doigt et l’appliquai sur mon front.

-Pitié, ne me dis pas que je deviens bleue …
-Non, il me semble même que ça s’estompe, me rassura Jaga en m’observant.
-Après avoir eu les cheveux violets ce serait le comble …, maugréa ma mère, visiblement calmée. Je pensais que tu voyais Chloé …

Je tâtai ma bosse qui rétrécissait presque sous les doigts.

-Après, quand cet œuf aura disparu. Où est papa ?
-A l’église.

Je haussai les sourcils face à son regard fuyant, presque coupable. Puis je vis mon grand-père s’enfoncer dans son siège et noyer son regard dans sa tasse de thé et je compris. Mon père peinait encore à rester dans la même pièce que mon grand-père depuis les révélations du printemps dernier. Ma mère avait dû calculer pour que son père vienne au moment où son mari était occupé.
Visiblement crispée, ma mère s’assit sur un fauteuil et se servit à son tour une tasse de thé.

-Alors papa, qu’est-ce que tu en penses, finalement ?
-Je te l’ai déjà dit la première fois que l’idée a été mise sur la table, Marian. Ça n’arrivera pas sans moi.
-Oh, papa, soupira ma mère en levant les yeux au ciel. Ne cherche pas, ça n’arrivera pas, tu vas jeter de l’huile sur le feu. Ça se fera ou non, mais ça se fera sans toi.
-Alors c’est hors de question ! Comment veux-tu que je … ?
-Marian, l’interrompit ma grand-mère d’un ton neutre, l’important ce n’est pas ce que nous en pensons, mais ce que tu en penses toi. Tu veux vraiment rencontrer ces gens ?

Les doigts de ma mère se figèrent sur la hanse de sa tasse en porcelaine – le service délicat de mon arrière-grand-mère paternelle qu’elle avait reçue en cadeau de mariage. D’ordinaire, elle le sortait plus volontiers lorsque ma grand-mère Anne venait car elle adorait exposer cet héritage qu’elle n’avait pas eue sous son nez.

-Je n’en sais rien … Alexandre et Melania ont vraiment l’air d’y tenir – ce qui montre le sérieux de leur relation … Edward pense que ça pourra apaiser les conflits …
-Le problème ce ne sont pas les parents, mais le fils aîné, rappela Jaga en dressant un sourcil. En quoi rencontrer les parents apaisera-t-il le feu du petit Nestor ?

C’était bien aussi mon objection à cette rencontre. Je ne voyais pas comment cela pourrait arranger les choses concernant Nestor. La seule chose qui le pourrait serait de le mettre derrière les barreaux d’Azkaban mais là encore la solution n’était pas satisfaisante. George avait laissé entendre que la prison n’était plus si sûre depuis que les Détraqueurs l’avaient désertées. Notre regard à ce moment avait glissé vers Simon, occupé à lire plus loin.
Jugson était enfermé pour l’instant, mais que se passerait-il le jour où il pourrait quitter cette île ?
Je chassai l’idée de mon esprit et me concentrai sur le visage tiraillé de ma mère. Elle contemplait sa tasse de thé comme si elle pouvait lire la réponse dans le liquide chaud et brun.

-Je veux protéger Alexandre, maman, de tout mon cœur, souffla-t-elle sans lever les yeux. Et je me sens tellement impuissante à le faire devant toute cette magie … Je ne sais pas. Cette rencontre, évidemment que c’est infime et que ça ne changera pas le cours de l’histoire mais … Seigneur, c’est la seule chose que je puisse faire.
-Laisse-moi être là et on protégera Alexandre plus efficacement.
-Bon sang, papy, laissai-je échapper, excédée. Je doute que ce soit intelligent de révéler à une puissante famille de suprémaciste que tu es un sorcier. S’ils l’apprennent, ils vont fouiner, tout découvrir, c’est ce que tu veux ?
-Exactement ce que je lui ai dit, soupira ma grand-mère avec d’appuyer sa remarque d’un regard sur Miro. Nous ne tenons pas à ce qu’ils déterrent Agata, tu ne crois pas ? Ils pourraient s’en servir contre nous.
-Agata n’est qu’un souvenir ! s’écria-t-il avec un geste impatient de la main. Ma croix, ma croix personnelle et j’accepterais volontiers qu’ils me la revoient à la figure si ça me permet de mieux protéger ma famille ! Et elle le sera mieux si ces gens comprennent qui je suis …

Les yeux de ma mère se plissèrent.

-En sommes, tu comptes … les menacer ?
-Pas verbalement, mais …

Ma mère abaissa brutalement sa tasse de thé et foudroya son père du regard. Elle avait les mêmes yeux que Jaga – sombre et étincelants, expressifs.

-Bon sang, papa ! Tu vois, je te l’avais dit : tu vas mettre de l’huile sur le feu et on ne veut pas de ça ! On veut éteindre le feu, l’étouffer ! Alors très clairement, si ça se fait ça se fera sans toi ! Je te tiendrais au courant de l’évolution, mais il est hors de question que tu assistes !
-Je suis ton père, Marian ! Je ne le suis peut-être pas par le sang, mais je le suis par le cœur et crois-moi c’est ce qui importe ! Et ça me donne le droit de …
-Perelko, chuchota ma grand-mère en prenant le bras. Tu devrais rejoindre ton amie. Partis comme ils le sont, on en a pour quelques heures …

Je hochai la tête, presque fascinée par la dispute qui s’étoffait entre père et fille et qui me rappelait étrangement les grands affrontements entre ma mère et Alexandre. Pas de toute, le feu et la fureur de Marian Bennett lui venait de Miro.
Je pris ma veste sur le bras du canapé et m’éclipsai discrètement alors que les cris montaient crescendo. Je ne tenais pas à prendre part à ce débat, de peur qu’Alexandre m’accuse une nouvelle fois d’ingérence dans les intérêts familiaux. La remarque me brûlait toujours comme de l’acide. Tout ce que j’avais voulu faire, c’était les protéger. Puis je me rappelais que c’était exactement le but de mon grand-père et qu’au nom de ce principe, il était capable de faire pire que mieux. N’était-ce pas ce que j’avais fait ?
Passablement morose, je passai la porte du seul café de Terre-en-Landes, bondé en cet après-midi de match que diffusait la télévision installée dans la pièce. Chloé était installée de sorte à pouvoir suivre chacune des actions, ses cheveux bruns tirés en queue de cheval. Deux verres de milk-shake – fraise et chocolat – étaient déjà posés sur la table. La célébration d’un but rendit mon accession difficile mais je finis par m’écraser sur une chaise avec un soupir.

-Pas trop tôt, je pensais que tu … Oh mais attends, c’est quoi ça ?

Elle pointa mon front du doigt et je passai la main sur la bosse qui s’était résorbée mais où une légère brûlure persistait. Peut-être qu’il restait une vague trace du coup.

-Comment tu as fait pour te faire ça ?
-Je suis tombée, c’est tout.
-Nan, je suis sûre qu’il y a autre chose. Bones est impliquée ? Ou alors ton ex ?
-Chloé, persifflai-je en la frappant sur le bras.

L’Ancien, notre dernier poilu qui n’était sourd que lorsque cela l’arrangeait, mangeait son Fish and chips à deux tables de nous, avachi dans son fauteuil roulant. Et pour mon plus grand malheur, mes parents persistaient à l’inviter tous les dimanches pour le sortir de son isolation. Chloé haussa les épaules et sirota son milk-shake à la fraise.

-Vic’, ça ne te ferait pas de mal de parler de ta vie amoureuse à tes parents. Très bien ton père est pasteur, mais Alex a eu des copines et il n’a rien dit, non ?
-Alex est un mec.
-Et alors ? Parce qu’il a le service trois pièces il a le droit d’avoir des relations amoureuses avant le mariage ? Ton père est plus intelligent que ça, je pense. Tu devrais lui faire confiance.

Je ne répondis pas, répugnée à l’idée de devoir lui servir des mensonges pour cacher le fait que c’était l’identité sorcière de ma relation amoureuse qui aurait plus posée problème, et Chloé poussa un soupir de résignation.

-Enfin, ce n’est que mon avis … Mais … Tu n’as plus de nouvelles de ton ex ?
-Non.
-Tant mieux. C’est toujours plus sain de couper les ponts, je trouve … Et tes amis d’Ecosse ?

Mon cœur se serra affreusement. Emily n’avait toujours pas répondu à ma dernière lettre, mais Simon avait reçu un assortiment de bonbons venant de Honeyduckes avec une carte lui souhaitant un joyeux anniversaire – deux jours après celui-ci. Encore maintenant j’ignorais s’il était touché de l’attention, ou vexé par sa distance. Chaque fois que je tentais de parler d’elle, il était le premier à se braquer. « C’est elle qui a dit qu’elle avait besoin de temps », me rappelait-t-il sans cesse. « Si elle veut nous revoir, elle sait où nous trouver ». Je fis tourner mon milk-shake au chocolat dans mon verre.

-Pas trop. (Je jetai un petit regard à Chloé). Tu parles encore à beaucoup d’amis de lycée, toi ?

Elle passa une main dans ses cheveux bruns, les sourcils froncés. Elle avait un an de plus que moi et entrait en deuxième année d’université : inconsciemment et malgré son statue de moldue, elle était quelque peu mon exemple, mon point de repère dans l’avancée dans la vie. C’était elle qui m’avait montré le chemin pour m’imposer dans une équipe ou aider à dédramatiser l’entrée au collège. Moldus ou sorciers, les expériences de la vie restaient les mêmes.

-Quelques-uns, mais peu, admit-t-elle avec une certaine tristesse. Mais ce n’est pas surprenant, ils sont tous à Gloucester et moi je suis partie à Bristol … On ne se voit quasiment plus. Loin des yeux, loin du cœur comme on dit. Mais j’ai quelques gens sûrs que je continue d’appeler et de voir quand je reviens, ça me fait toujours plaisir. Mais c’est vrai que ce n’est plus exactement comme avant …
-Je vois …

J’étais déçue de la réponse, malgré son évidence. Ma situation était étrangement semblable à celle de Chloé. Mon groupe d’ami était complétement éclaté et cela m’arracher le cœur de voir que le destin ne nous était pas favorable … J’avais tenté de prendre contact avec Roger pour recevoir une minuscule note écrite d’une écriture indéchiffrable qui trahissait un certain épuisement qu’il manquait de temps à cause de sa préparation à la médicomagie. L’entrée dans l’âge adulte nous avait tous éclaté aux quatre coins du Royaume-Uni et sans le socle commun qu’avait été Poudlard, je ne voyais pas comment maintenir les liens … Chloé eut un petit sourire et me tapota la main.

-Mais ne t’en fais pas, je me suis refaite un groupe super à Bristol. Et ça m’a permis de faire un véritable tri dans ma vie, de ne garder que les gens qui comptent vraiment et qui se soucient de moi autant que je me soucie d’eux. Ne t’angoisse pas avec ça, vraiment. De toute façon toi, il te restera toujours Bones. Vous ne vous quitterez pas dans que l’un n’aura pas enterrer l’autre. D’ailleurs, c’est vrai que tu lui as offert un guide pour séduire les filles pour son anniversaire ?
-Je trouve sa vie amoureuse triste depuis quelques années, affirmai-je avec un éclat de rire, soudainement ragaillardie. Qui te l’a dit ?
-Susan l’a balancé à mon frère. Si Simon est prêt pour le marché, rappelle-moi de prévenir Tracy, je l’ai toujours soupçonnée d’avoir le béguin pour lui …

Secouée par un fou rire, je m’étranglais avec ma gorgée de milk-shake et Chloé me donna de grandes tapes dans le dos, hilare également. Tracy travaillait justement derrière le bar et venait de débarrasser la table de l’Ancien qui s’était fendu d’une remarque désagréable sur la couleur de ses cheveux, un pourpre que je trouvais agréable mais qui était la marque de la décadence pour le vieil homme.

-Oh mon Dieu je te jure, tu parles d’un scoop, haletai-je, remise de mon hilarité. Je te jure de prendre une photo de Simon quand je lui en parlerais …
-Non mais ça va pas, Tracy va me tuer si tu lui en parles !
-Comme si elle te faisait peur, tiens. Tu es la guerrière du groupe, Chloé. D’ailleurs, séance de sport demain matin ?

Chloé, qui avait amorcé un mouvement pour porter son verre à ses lèvres, suspendit son geste. Elle me jeta un regard désolé.

-Oh, Vic’ … J’ai oublié de te dire … Je prends le train pour Bristol, demain. Tu sais, la rentrée est bientôt et il faut que je réemménage dans ma chambre ….
-Oh.

Je fis de mon mieux pour masquer ma déception. J’avais apprécié retrouver mon amie d’enfance pendant les vacances, nos fous-rire, notre passion commune du sport et de notre amour pour le grand air du Gloucestershire. Cela m’avait permis d’étouffer la douleur liée au silence persistant d’Emily. Chloé aussi parut un instant triste avant de sourire avec enthousiasme.

-Mais puisque tu restes ici, je reviendrais, bien sûr ! Pour Halloween par exemple, on fera une soirée dans le cimetière – ou dans la maison hantée ? Tu te souviens de la fois où l’Ancien a appelé la police pour nos déloger ? Oh, et ça fait tellement longtemps que tu n’étais pas là pour la nuit de Guy Fawkes ! Préviens Alexandre, je veux qu’on fasse un magnifique feu de joie !

Mon cœur s’emballa et des étincelles dansèrent fugacement devant ses yeux. Mes doigts se crispèrent mécaniquement sur mon verre.

-Halloween à la maison hantée me semble être une super idée, abondai-je en me forçant à sourire. Ça marche, je t’attendrais de pied ferme …

Un grand sourire fendit le visage de Chloé et elle tapota ma main avec entrain.

-C’est noté, alors. Et dis à Alex de ramener sa copine. Je tiens à voir le visage de la femme qui m’a volé l’amour de ma vie. Bon, je vais devoir y aller, je dois encore faire mes cartons …

Elle laissa quelques pièces pour payer son milk-shake sur la table et m’adressa un dernier signe de main.

-Bonne chance pour la fac, Vicky.
-Alors là pas question, lançai-je immédiatement, piquée au vif. Tu sais que je déteste qu’on m’appelle comme ça …
-Ça dépend qui, s’esclaffa Chloé avec un immense sourire. Dis au revoir à Bones de ma part !

Les yeux pétillants de malice, elle s’éloigna, fit un détour pour prendre Tracy par le cou et l’embrasser bruyamment sur la joue malgré le plateau de boisson qu’elle portait, et s’en fut joyeusement.


***


Le départ de Chloé avait sonné la fin définitive des vacances. Le temps se dégrada, passant de l’heureux soleil estival à un ciel couvert et menaçant. Ma mère reprit le travail, si bien que je ne la voyais plus de la journée et Simon commençait à préparer sa rentrée pour l’IRIS prévue en septembre. Contrairement à ce que j’avais craint, il semblait excité par la perspective et avait passé une heure à me montrer les maquettes de cours qu’il allait prendre et des recherches qu’il allait entreprendre sous la direction d’un certain professeur Shelton, une pointure en enchantement selon lui. La seule mauvaise humeur qui persistait était celle de Susan, qui allait croissant avec la rentrée. Son visage s’était fermé et à présent c’était contre elle que Rose se battait. L’année précédente avait grandi notre petite Susan dont le caractère s’était développé et visiblement, sa mère ne reconnaissait plus sa petite fille docile et souriante et mettait ce changement sous le compte d’une « crise d’adolescente ».

-Celle de Caroline a été terrible, me raconta-t-elle la veille du départ de Susan pour Poudlard. A quinze ans elle fuguait pour aller voir Andrew en douce, ça donnait des disputes interminables … Mais bon, tu dois connaître ça avec ton frère … Oh mille gargouilles, heureusement que Simon m’a épargné cela …

Ça pour l’épargner, il l’avait épargné, songeai-je alors qu’elle retournait dans la cuisine, agitée. Rose était l’unique personne avec laquelle Simon avait une telle patience, sans doute parce qu’un lien spécial s’était noué entre eux ce maudit soir où elle l’avait sorti du placard. Rose l’avait résumé elle-même en me montrant l’album de famille. « En un sens, j’ai l’impression qu’il ne m’a jamais lâché … ». Mais Simon avait bel et bien eu des crises, simplement ce n’était pas Rose, mais moi qui les avais essuyées. Il les avait épargnées à sa mère.
Des pas firent grincer l’escalier et je levai les yeux sur Susan qui descendait prudemment, pieds nus, ses cheveux auburn pendant autour de son visage. Elle m’adressa un pauvre sourire.

-Ma mère se plaint encore de moi ?
-Je ne savais pas que ma petite Susan était une petite rebelle, me moquai-je en la rejoignant dans l’escalier. Tu as besoin d’aide pour ta valise ?
-Mon Dieu, oui ! soupira Susan en joignant les mains au niveau de son cœur. Je ne sais pas quoi emporter !

Je la laissai la guide jusque sa chambre au premier étage, juste à côté de la bibliothèque. La chambre était plus spacieuse que celle de Simon mais c’était sans doute parce que les murs étaient droits et que la fenêtre ouvrait magnifiquement sur le jardin de derrière. Les murs pastel s’accordaient parfaitement avec l’écharpe de Poufsouffle qu’elle avait accroché au-dessus de son lit. Sa malle était ouverte en grand sur le sol et elle y avait déjà entassé ses robes de sorcières pendant qu’une tonne de grimoire couvrait le lit. Je pris place sur une partie découverte et les observaient un à un.

-Tu comptes garder quelles matières ? lui demandai-je en observant son dictionnaire de runes.
-Sortilège, Métamorphoses, Défense contre les Forces du Mal … J’ai hésité sur la Botanique, mais ça me briserait le cœur d’abandonner la matière de Chourave … Ah et Etude des moldus, bien sûr et l’Histoire de la Magie.
-L’histoire de la magie ? répétai-je, étonnée. Tu t’infliges une nouvelle année de Binns ? Mais tu serais sans doute la seule !
-Non, je ne le serais pas, Anthony Goldestein m’a dit qu’il comptait continuer aussi. Et ce n’est pas tant Binns … Ce que tu as fait ces deux dernières années, ça m’intéresse. Faire des recherches, créer un projet, réfléchir aux événements passés … C’est en étudiant le passé qu’on peut rendre l’avenir meilleur, ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre.

Elle m’adressa un sourire éclatant et, prise de résolution, prit son Histoire de magie de Bathilda Toudesac pour le jeter dans sa malle. Le sourire de Susan diffusa une chaleur bienfaisante dans ma poitrine. Peu importait ce que pensait sa mère, ce n’était pas une crise d’adolescente. C’était Susan qui grandissait et la gamine souriante était toujours là derrière la nouvelle rebelle. Je sélectionnai tous les livres sur l’Histoire qu’elle classa dans sa valise avant de demander :

-Ça va aller ? Retourner à l’école ?

Susan haussa les épaules, sans grande conviction.

-Oui, je pense. Je me suis fait des amis l’année dernière. Hannah est très contente de retourner à Poudlard, ça commence à être pesant chez elle … (son visage se crispa et elle ajouta dans un chuchotement : ) Je crois que sa mère a reçu ses menaces. Mais Justin espère être pris dans l’équipe de Quidditch mais avec Smith en capitaine j’en doute. Et Anthony m’a promis de rendre les cours de Binns moins pénibles.

Je haussai les sourcils avant de faire disparaitre les signes de surprise. Ça faisait deux fois que le nom d’Anthony franchissait ses lèvres et je ne pouvais m’empêcher de constater que chaque fois, ses joues prenaient une très légère teinte rose. Je manipulai distraitement L’histoire de Poudlard.

-Anthony, c’est le préfet de Serdaigle c’est ça ?
-Oh … oui. Il était dans l’A.D. avec nous, il était gentil.
-Cool. Je suis contente que tu te sois fait d’autres amis.

Mon ton neutre parut intriguer Susan, qui cessa de replier ses affaires pour m’observer longuement. Son sourire se fana lentement sur ses lèvres.

-Ce ne sera pas pareil, pas vrai ? Poudlard.
-Sans doute pas, admis-je en lui laissant Affronter l’ennemi sans visage, leur nouveau livre de Défense contre les Forces du Mal. Mais ça ne pourra pas être pire que l’année dernière.
-C’est dommage. J’aimais bien l’A.D. (Elle tripota son bonnet aux couleurs de Poufsouffle). En fait, j’ai peur que … Le groupe se délite sans l’A.D. tu vois ? J’ai eu l’impression de créer plein de lien … mais sans nos réunions, est-ce qu’on va vraiment continuer de côtoyer ?

Je refermai le livre que j’étais en train de feuilleter, un sourire incertain aux lèvres. Je redécouvrais là les vieux démons de Susan, qui avait passé la majorité de sa scolarité à n’avoir que son frère et moi comme réels amis. Je me laissai glisser à terre et fis mine de réfléchir.

-Et bien … Je suppose que tu verras Hannah dans ton dortoir … Ernie dans la salle commune … Anthony en Histoire de la magie … Non, je ne vois aucune raison que vos liens se délitent.
-Mais regarde, toi. Tu avais Emily, vous étiez meilleures amies … Pareil pour Simon … Et vous ne l’avez pas eu l’été.
-Et on n’a même pas reçu une lettre, oui, confirmai-je malgré la peine qui me pinçait le cœur. Je suppose que c’est la vie. Je ne pense pas que tes parents parlent encore à leurs amis de Poudlard … (Je lui tapotai la main avec plus de conviction que je n’en ressentais). Toi, tu es encore à Poudlard, tu as encore deux belles années devant toi pour rendre tes liens solides. C’est à l’extérieur que tout explose.

Susan eut un pauvre sourire et frotta son poing contre ses cuisses, qu’elle trouvait toujours trop grosses. Sans doute ce complexe qu’elle avait sur son cœur la freinait encore pour avoir une vie sociale épanouie.

-Et Miles ? demanda-t-elle avec une certaine timidité. Ça a explosé avant la fin de Poudlard …

Le nom me donna un coup au cœur. Le coup était moins violent qu’avant, plus étouffé et ne s’accompagnait plus de la vague de culpabilité qui m’avait assailli pendant plusieurs semaines, mais persistait tout de même. Je fixai les robes de sorcière de Susan d’un regard vide.

-Ça a explosé à ce moment là parce que je voulais éviter une explosion encore plus violente en dehors. Miles et moi, ce n’était pas fait pour durer à l’épreuve de la vie.
-Tu l’aimes encore ?

La question me prit au dépourvu et Susan parut embarrassée.

-Je veux dire, si je t’écoute tu ne l’as pas quitté parce que tu ne l’aimais plus. Tu l’as quitté parce qu’en somme, vous n’avez pas pris le même train. Vous avez des trajectoires différentes. Pas parce que tu l’aimais plus.
-Oh. (Je tordis nerveusement ma chaine entre mes doigts). C’est un ensemble de chose, je pense. Mais non, Susie, je ne l’aimais plus. Pour être parfaitement honnête, je ne suis pas sûre de l’avoir réellement aimé un jour …

J’avais conscience que la phrase était dure et les échos de la vieille culpabilité flottèrent un instant en moi. Susan parut compatissante et posa sa main sur mon genou.

-Ça n’a pas dû être simple, mais je pense que tu as eu raison. Miles et toi étiez mignons, mais … ça n’avait pas l’air d’être le véritable amour, si on veut. Vous méritez mieux …

Très soudainement, ses beaux yeux verts mousses se remplirent de larmes, comme si elle les retenait depuis une éternité mais que soudainement, elle se sentait submergée. Je me dépêchai à ses côtés alors que la première larme dévalait sa joue.

-Susie …
-C’est rien, je suis désolée … C’est juste … Ça va être dure de prendre le train sans vous …
-Oh, Susie-Jolie … ça va être dur pour nous aussi de prendre le train sans toi.
-Quel train ?
-Celui qui mène à l’âge adulte. Tu le prendras dans deux ans. Le problème c’est que contrairement au Poudlard Express, on ne comprend pas réellement où il va … Alors crois-moi, je préférais largement prendre le Poudlard Express avec toi.

Des larmes d’émotion embuèrent mon regard. J’avais l’impression d’enfin réaliser que cette année je ne retournerais pas à Poudlard. Je ne retournerais pas dans le train écarlate qui traverserait la Grande Bretagne jusqu’en Ecosse, je ne referais pas le trajet en diligence pour voir les tours de Poudlard percer les cieux et se refléter dans le Lac Noir, je ne me jetterais pas dans mon lit à baldaquin aux tentures jaunes et rassurantes avec Emily. J’avais beau avoir commencé ma nouvelle vie, avoir commencer le chemin vers l’âge adulte … Arrivée à ce premier septembre, au moment où le train de l’enfance s’élançait sans moi, le changement avait quelque chose de définitif. Susan parut comprendre mon trouble et se jeta à mon cou et je l’en serrais davantage en retenant mes larmes.

-Fais attention à Smith … Qu’il ne ruine pas l’équipe que j’ai crée l’année dernière. Je lui laissé une belle base, qu’il ne gâche pas tout.
-Promis … Grâce à Harry, je suis devenue forte en maléfice, je te promets de lui montrer … Et toi … Bon sang, je le sais que tu le fais tout le temps mais … s’il te plait …
-Ne t’en fais pas, je garderais un œil sur lui. Voire les deux.

***


Elle était là, la belle locomotive rouge déversant sur le quai un panache de fumée qui rendait l’air trouble et les silhouette floues. Aujourd’hui, ce serait la première fois que je la verrais s’élancer vers le nord, sans moi à son bord.
Le quai était étrangement bondé. Malgré les menaces, les familles avaient tenu à être là pour voir leurs enfants partir pour l’Ecosse. Une première année peinait à lâcher son père. Accrochée à son cou et ses pieds pendant à quelques centimètres du sol, elle pleurait toutes les larmes de son petit corps pendant que son père caressait ses longs cheveux, l’air incapable de la laisser partir. Je vis Judy Summerby, son balai à la main, enthousiaste à l’idée d’une nouvelle saison de Quidditch et prête pour obtenir une belle place chez les Harpies de Holyhead en fin d’année. Kenneth me reprocha une nouvelle fois le choix de Zacharias Smith comme Capitaine. Harry Potter, entouré de la famille Weasley, s’apprêtait à vivre une nouvelle année difficile sous le surnom cette fois d’« Elu », qui expliquait sans doute que de nombreuse filles autour de lui le dévorait littéralement du regard. Ron Weasley avait grandi, remarquai-je alors qu’il passait devant moi. Peut-être qu’il aurait plus confiance en lui cette année pour tenir les buts de Gryffondor … Sullivan Fawley était venu sans sa sœur, et je vis Simon jeter un long regard à la mère d’Emily, qui avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds, ressemblait beaucoup à sa fille. Susan avait regardé le quai avec appréhension avant que Hannah Abbott ne fende la foule et ne la traine jusqu’à un compartiment avec Ernie et Justin. Après ça, les adieux furent pour elle moins déchirants et elle grimpa définitivement dans le Poudlard Express avec un sourire.

-J’en reviens pas d’être du côté de ce train, soupira Simon alors que les portes se refermaient une à une.

Rose était elle quelques mètres plus loin, devant la fenêtre du compartiment de Susan. Normalement, c’était plutôt George qui nous amenait au quai, mais là encore les trajectoires semblaient s’être inversées. George revenait peu chez lui, se battant avec acharnement au Magenmagot alors que Rose avait prolongé son arrêt. Elle semblait avoir autant de mal que le père de la première année à lâcher sa petite fille. Simon finit par la rejoindre et je laissai mon regard vagabonder sur le quai. Je ne voulais pas regarder le train lorsqu’il se mettrait en marche. Je m’éloignai de quelques pas, mélancolique alors que le brouillard sur le quai s’épaississait et ce faisant je m’approchai de deux hommes au visage flou. Une brise fit onduler la fumée, révélant leurs traits à ma vue.

-C’est pas vrai …

Je me figeais immédiatement en reconnaissant la chevelure brune et le sourire de Miles. Debout aux côtés de son père, il agitait la main en direction d’une fenêtre – probablement vers d’une de ses sœurs. Je me sentis stupide de ne pas avoir songé qu’il serait là pour dire au revoir à ses sœurs adorées et malgré moi, je ne pus m’empêcher de le dévisager. Il ne paraissait pas aller mal, constatai-je avec un certain soulagement. Il avait meilleure mine que la dernière fois que je lui avais parlé, près des diligences, où il m’était apparu épuisé par notre rupture et les examens. J’ignorais totalement quoi faire, si je devais aller le saluer ou fuir et finalement ma vieille nature me reprit lorsque son visage se tourna par hasard vers moi. Prise de panique, je fis un bond dans la foule avant que son regard ne puisse m’effleurer et me cachai au milieu des parents qui faisait des signes à leurs enfants. Le cœur battant, je parcourus les visages autour de moi pour m’assurer qu’il ne m’avait pas vu. Cependant, la première vision que je remarquai fut aussi déplaisante et un soupir dépité franchit mes lèvres lorsque je constatai qu’il me fixait également. Considérant que nos regards s’étaient trop accrochés pour que je puisse me détourner l’air de rien, je fis quelques pas en sa direction.

-Je suppose que j’en suis réduite à croiser des Selwyn sur le quai, c’est ça ?

Un sourire dépité retroussa les lèvres d’Ulysse Selwyn. Il avait troqué son uniforme de Poudlard pour une robe de sorcier flambant neuve noire et solennelle qui le vieillissait, le rendait plus … respectable. Et après ce qu’avait fait Nestor, la respectabilité c’était ce que je recherchais par-dessus tous les Selwyn.

-Je t’avais prévenu en fin d’année, tu n’es pas débarrassé de notre famille, Bennett. Surtout que, si je ne m’abuse, une rencontre serait en projet ? Par Merlin …

Je saisis parfaitement les nuances du juron. Par Merlin, des Selwyn traitant avec des moldus … Il ne l’avait pas prononcé à voix haute, mais cela m’énerva tout de même assez pour que je le fusille du regard. Les prunelles grise d’Ulysse étincelèrent.

-Ne me regarde pas comme ça, Bennett. Tu sais très bien que le bonheur de ma chère sœur passe avant tout … Oh, regarde !

Un long cri strident à m’en percer les oreilles avait retenti et je compris avec un moment de retard que c’était le train qui prenait enfin son envol. Me refusant toujours à le laisser repartir, je tournai résolument le dos alors que les roulements mécaniques et les aurevoirs des parents emplissaient mon espace auditif. Au contraire, Ulysse suivit la locomotive écarlate du regard, un léger sourire aux lèvres.

-Je l’admets, ça fait un truc de le voir partir sans nous. Personne dans ma famille ne pouvait mener Enoboria aujourd’hui alors c’est le petit qui s’y colle … On ne pouvait quand même pas envoyer notre elfe de maison … Alors, comment tu la sens cette rencontre ?
-Mal. Et toi ?
-Ça dépend comment est luné ma mère. Je ne sais pas si tu en as un peu parlé avec Melania mais c’est elle le problème. Elle en veut à ma sœur et à mon père pour la fuite de Nestor alors elle risque fort de t’en vouloir à toi aussi. Il va falloir du sang froid, Bennett.
-Bon sang, qu’est-ce qui a pris à mes parents d’accepter …

Ulysse haussa les épaules. A présent, le Poudlard Express devait être loin parce que la masse de parents se déplaçait vers la barrière et le sifflement du train s’était éloigné pour ne devenir qu’un écho.

-Laisse tomber, Bennett, c’est une situation qui nous échappe à tous les deux. Laissons ton frère et ma sœur se débrouiller avec nos parents.

La vérité qui transcendait dans ses paroles me gêna quelque peu. Déjà parce qu’elle émanait de lui mais surtout parce qu’elle ne plaisait pas. Pendant des années, j’avais voulu que mes parents s’intéressent à la magie, qu’elle fasse partie de leur vie pour qu’ils comprennent la mienne. A présent, je souhaitais à tout prix interrompre le processus, les protéger de cela. Mais Ulysse avait raison, en l’occurrence ça me dépassait. Peut-être que c’était un cas où je devais suivre les conseils de Lupin et accepter le fait que dans la situation présente, je ne pouvais rien faire. Me sentant réticente, Ulysse poursuivit :

-On a essayé d’intervenir, tu te souviens comment ça a fini ? Je suis sûr que ton frère t’en veut encore alors laisse-le avec ça, Bennett. Si ça se passe mal, ce sera à eux d’assumer. (Il consulta sa montre en or). Bien, j’ai un rendez-vous donc je te dis à très bientôt, Bennett. On évoque le 14 septembre pour ce dîner … Préviens Bones de se tenir, il serait dommage qu’il envenime la situation.

Je n’eus pas le temps de trouver quelque chose à rétorquer qu’il me saluait avec un sourire ironique et repartait vers la barrière en suivant le flux des familles qui murmuraient avec nostalgie et inquiétude. Difficile de se séparer de sa famille dans un moment pareil, j’imaginais … Je poussai un soupir face au vide, vaincue par la nécessité.
Susan avait pris son train. Je me devais de prendre le mien.
cochyo

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par cochyo »

Youhou
Génial !
Julian ?? XD
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Comment ça je suis mignonne ?? Je rejette cette supposition :lol: :lol: !! Ce n'est pas du tout vrai, je ne suis pas mignonne ! C'est toi qui est mignonne ! Moi je suis badass, rien à voir avec le mot "mignonne" :D :D

Breef, super chapitre comme d'haaabbb !

Susan est trop mimi ! Et trop touchante !! Bien sur qu'elle pourra toujours compter sur ces amis de l'AD !

Et Vic commence à ressentir de l'ambiguité vis a vis de Simon ! J'approuve ça à 100%. Je fais que me répéter mais j'adore tous les moments entre Simon et Vic et j'adore leur relation, j'adore voir les voir évoluer ensemble, j'adore leurs discussions, leurs délires ,j 'adore tout chez eux !

La rencontre avec les Selwynn s'annonce bien tendue ... Tu nous la tease beaucoup j'ai l'impression, peut être qu'il va se passer un truc vraiment important pour l'histoire ...

Ah la la, j'ai hâte d'en savoir plus sur l'IRIS maintenant ! Mais on en saura sans doutes pas grand chose, vu que l'histoire est racontée du point de vue de Victoria ... En vrai ça m'intéresse vachement ce centre de recherches de sorts !
(je suis en train d'écrire une fanfic HP aussi et un de mes personnages principaux est passioné par l'invention de sortilèges du coup, j'avais aussi réfléchi à un organisme de recherche en sort, plutôt à l'échelle nationale, genre lié au Ministère de la Magie, bref, j'adorerai avoir ton point de vue la dessus et découvrir l'IRIS)

Voilà voilà , merci de m'avoi "dédié" ce chapitre, c'est adorable de ta part ! Mdr, c'est vrai, écoute ,ça me fait un homonyme de plus, sans rire, ça plusieurs années que je me retrouve dans des classes où on est 3 à s'appeler Chloé ... Un jour on dominera le monde !!
PtiteCitrouille

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Yo !
Notre prof nous a posés un lapin pour le cours de 8h donc j'en profite pour commenter

Chap 6:
lui offrir Douze moyens infaillibles de séduire une sorcière.
pouahahahahaha Vic, t'as des désirs cachés ?
Sa baguette dans la bouche
Maugrey serait pas content
Mon regard glissa ostensiblement vers la chaussure de Simon
pourquoi, elle se sent seule la chaussure haha ?
Les garçons, vous avez préparé la trousse médicale ?
je serais Lupin, je vérifierais ce qu'il y a dans la trousse médicale, histoire de pas avoir de sales surprises en l'utilisant :lol:
chaque sortilège qu’il lançait était assez puissant pour que Lupin en soit ébranlé, voire peine à les parer.
heuuuuu, c'est normal qu'un simple étudiant, tout aussi doué qu'il soit, mette en difficulté un sorcier qualifié comme Remus ?

Arf, Lupin est beaucoup trop chou, je fonds
Elle les compta à voix basse avant de les contempler avec mélancolie.
elle veut pas faire une blague et enlever une bougie ? Avec ma sœur on lui avait fait ça haha, elle avait rien capté
-C’est étrange, j’ignorais que Simon était devenu proche d’eux.
awkward moment, Rose va péter un câble le jour où elle va apprendre que Simon est dans l'Ordre
En vrai Simon doit pas être facile à vivre, il fait toujours la gueule (pour des raisons valables quand même) mais il dit jamais pourquoi, donc tu te tapes sa mauvaise humeur sans savoir si c'est de ta faute ou pas. Et en plus pendant son anniv où il joue les casse ambiance
les yeux rivés sur la fenêtre qui nous reflétaient toutes les deux. Je compris qu’elle observait discrètement mes réactions par ce biais
oh merde c'est vicieux :lol: :lol: :lol:
. Enfin, heureusement qu’elle n’a pas mêlé Simon à cela. Lui dans ce genre d’organisation ? Mon Dieu, il serait capable de se détruire …
*tousse tousse* HAHA oUaIs CaRrEmEnT hAhA
-Euh …
c'est drôle, moi j'inverse et je mets le h au début "heu". Voilà, who cares
Simon leva les yeux au ciel et ne daigna pas sourire à ma pique. Il avait appuyé sa joue contre son poing et regardai son père découper le gâteau, mais son esprit ne semblait plus être avec nous
un vrai bonheur de fêter ton anniv dis donc
-Pourquoi tu viens m’embêter encore ce soir ? Ce matin ça ne t’a pas suffi ?
ok alors peu importe la raison de son humeur, je serais grave blessée à la place de Vic. Elle est toujours là pour lui et lui il la remercie en l'envoyant bouler sans même expliquer pourquoi (100% que c'est pas de la faute de Vic d'ailleurs)
Je lui fis les gros yeux devant la violence de son intervention
non je trouve qu'elle avait raison de parler ainsi et Vic, tu devrais en prendre de la graine. Je sais que c'est cool d'être indulgente et patiente, mais là c'est un coup à tout garder pour soit jusqu'à que la colère explose et c'est pas bon
Il était allongé dans son lit, les bras en croix
pendant longtemps je pensais que cette expression voulait dire que les bras étaient croisés sur la poitrine, en mode pharaon. Du coup après un sortilège de la mort je me disais que c'était chelou comme position hahaha
Il caressa le dos de ma main du pouce
wink wink, les petites touches d'affection physique commeeeennnnncent
Bonne nuit ma crevette.
ELLE A DIT "MA"
de peur que les fantômes profitent de la fragilité que donnait le sommeil pour le hanter de nouveau.
oh joli
-Tu veux que je reste ?
je peux répondre oui à sa place ?
Un sourire incertain s’étira sur les lèvres de Simon, entre gêne et attendrissement
:mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

cochyo a écrit : mar. 29 déc., 2020 11:39 pm Génial ce chapitre !!
Pensée déprimante de la soirée : un tiers de la salle mourra au moins avant la fin de la guerre.
Super fin !
Mais t'abuses mec :lol:
PtiteCitrouille

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Chap 7
Maintenant, il n’y avait plus d’autre garçon, mais la sensation demeurait.
ça paraît tellement lointain cette période où ils se détestaient
des exercices de dissimulation
j'ai lu "simulation", foutue crise
si pénétrant que je me forçai à vider mon esprit de toute pensée.
mais du coup si tu vides tes pensées, tu prouves que t'as quelque chose à cacher cqfd
Le fait que Miro ait la nationalité britannique côté moldu n’influençait en rien la décision côté sorcier.
ce qui est logique vu que les lois sont différentes
Loin des yeux, loin du cœur comme on dit.
je suis presque sûre que c'est l'inverse Perri :lol: :lol: "loin des yeux près du cœur"
Je trouve sa vie amoureuse triste depuis quelques années
well because il court after une fille qui est sa best friend depuis long time
d’un certain professeur Shelton
pouahahhaa
simplement ce n’était pas Rose, mais moi qui les avais essuyées.
doooonc t'as joué le rôle du parent. Mauvais bail pour une relation Vic, tu le sais :lol:
Mais ça ne pourra pas être pire que l’année dernière.
va dire ça à Dumbledore
au moment où le train de l’enfance s’élançait sans moi
ahhhh mon p'tit coeuuuur mais c'est trop beau cette partie sur l'âge adulte, le train de l'enfance et tout :D :cry:
Laissons ton frère et ma sœur se débrouiller avec nos parents.
il a pas tort le Selwyn, Vic va bientôt commencer à se mêler de choses qui la regardent beaucoup moins. Certes, elle est impliquée, mais faut pas virer sur de l'ingérence

De très bons chapitres Perri ! Est-ce que je suis reloue à dire que ça manque TOUJOURS de Simoria ?
annabethfan

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par annabethfan »

J'avais jusqu'à ce soir pour pas être en retard, alors allons-y Alonzo ^^ Je pense que pou cette fois je vais pas faire un full commentaire citation, mais un peu un commentaire "bloc/analyse" tout en mettant quelques citations parce que c'est marrant ^^
Et je m’étais cognée la tête en tombant de la poutre sur laquelle je m’étais perchée, causant l’hilarité absolue de mon grand-père lorsque je rentrais chez moi, un pan de glace plaquée sur mon front.
Je suis morte l'image est incroyable :lol: :lol:
l apprendra tout seul à l’IRIS, comme un grand, rétorquai-je
Parce qu'il aura d'excellents profs mouahahaha

Concernant le passage sur Miro, Marian, Jaga et Vic qui parlent de la rencontre avec les Selwyn, j'ai bien aimé les questions qu'ils se posent, les tensions que ça engendre parce que ça montre vraiment que cette rencontre est pas neutre. Et j'ai trouvé ça hyper touchant la façon dont Miro rappelle que même s'il n'est pas le père de Marian par le sang, il l'est par le coeur. On sent vraiment toute sa volonté de protéger sa famille. Et puis évidemment, juste avant ça, le rappel du fait que la voix de Victoria aurait plus de poids parce qu'elle est sorcière est bien sûr horrible mais je voulais surtout dire que tu mêles tellement bien le fond de la guerre, le Ministère etc, avec les histoires individuelles ! Genre ça fait tellement naturel !
-Alex est un mec.
Watch me rouler des yeux très fort.
Parce qu’il a le service trois pièces il a le droit d’avoir des relations amoureuses avant le mariage ?
Le service trois pièces? Mais où t'as été pêché ça ? :lol: :lol: :lol: :lol:

Sur la conversation avec Chloé et les amis qui s'en vont/se perdent de vue après le lycée : rahhh encore une fois tellement réaliste. Bon je devrais le savoir maintenant, tu tombes jamais dans le cliché, mais vraiment le fait d'inclure ça dans le récit ça résonne avec nos vies aussi et ça rend Vic encore plus attachante ^^
Vous ne vous quitterez pas dans que l’un n’aura pas enterrer l’autre.
Sourire de débile !
avait passé une heure à me montrer les maquettes de cours qu’il allait prendre et des recherches qu’il allait entreprendre sous la direction d’un certain professeur Shelton, une pointure en enchantement selon lui.
Je m'étouffe de rire et de fangirlisme !!!
Mais Simon avait bel et bien eu des crises, simplement ce n’était pas Rose, mais moi qui les avais essuyées. Il les avait épargnées à sa mère.
Je crois que je l'avais déjà dis mais je trouve cette réflexion de la dynamique Rose/Simon/Vic vraiment super intéressante.

Ca le brise le coeur quand Vic dit à Susan qu'elle a encore de belles années à Poudlard, que rien pourra être pire que l'année d'Ombrage... Quand on sait ce qui va arriver encore dans un an avec les Carrow... Mais ça me rend hyper fière de voir Susan grandir et s'affirmer, on s'y attardait évidemment pas dans les livres et le fait de la suivre vraiment à travers l'histoire depuis deux ans, ça la rend tellement plus concrète ! Par contre j'y pensais pas mais Simon va nous faire des crises d'angoisse quand il apprendra ce qui passe à Poudlard et que sa soeur doit affronter les Carrow !
Celui qui mène à l’âge adulte. Tu le prendras dans deux ans. Le problème c’est que contrairement au Poudlard Express, on ne comprend pas réellement où il va … Alors crois-moi, je préférais largement prendre le Poudlard Express avec toi.
Cette phrase est juste sublime... Tu parles souvent de ma plume, mais damn regarde la tienne !

Toute la réflexion que tu mènes sur l'entrée à l'âge adulte de manière générale me touche tellement. Tu l'exploites sur plusieurs pans en plus : la sexualité, la féminité, le détachement/attachement aux parents, la peur de l'avenir, les questionnements sur soi... C'est hyper bien mené !
Et la description du quai bondé, plein de vie... Du Poudlard Express... Toute l'écriture était emprunte d'une belle nostalgie qui fait mal quand même et c'est très fort de ta part.
J’en reviens pas d’être du côté de ce train, soupira Simon alors que les portes se refermaient une à une.
Je ne m'imagine pas l'effet que ça doit être... Je pense que quand t'es élève tu te dis que y'a le temps, tu ne t'imagines pas après Poudlard ne pas monter dans ce train. Je compare ça un peu dans ma tête à ma dernière année d'étude là. Je sais que ça va arriver, mais même là j'arrive pas à me dire qu'en septembre je ferai pas de rentrée des classes :lol:
Susan avait pris son train. Je me devais de prendre le mien.
La beauté de cette phrase, elle est d'une force...

Super chapitre !!!
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

LADY AND GENTLEMEN

Désolée du retard mais ME VOILA ! Après un week-end FANTASTIQUE de biathlon puisque les Français ne sont jamais descendu du podium (Mention spéciale à Julia Simon et sa MAGNIFIQUE double victoire sur les Mass-start d'Oberhof et Antholz (avec une spéciale : arrivée au dernier tir à la 10e position et gagner quand même QUEL TIR DEBOUT MADAME) et au relai Masculin vainqueur à Antholz (sinon les gars, c'est une bonne situation de gagner les dernier relais avant les championnats du monde?)
Belle victoire de la France en Handball contre les Portugais, ce qui nous qualifie pour les quarts de finale et en football, Lille côtoie le PSG en tête du classement (est-ce que je suis fière? Ouais un peu !)

Maintenant, réponse aux quelques commentaires :

Coch' : quel com synthétique ! (ton "Julian??" m'a tué en fait :lol: :lol: :lol: Et peut-être hihi ! Merciiii

Chloé : INFINIMENT PARDON TU ES BADASS PAS MIGNONNE, je ne ferais plus cette erreur ! Alors la réunion avec les Selwyn ça donne l'impression que je la tease de fou mais dans mes plans de base elle devait intervenir bien plus tôt, c'est juste que j'ai redécouper pas mal de chapitre donc ça traine en longueur.
OOOOOOOH t'écris une fic, c'est vrai? Sur quoi? C'est trop chouette !

Et Clem et Anna, it's done (franchement si j'ai fait une faute sur deux mots d'anglais, je crains)

CHAPITRE MAINTENANT BONNE LECTURE KEUR SUR VOUS !


***

Ecrire, c'est bien Marcus, mais n'écrivez pas pour être lu : écrivez pour être entendu.

- La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert.
***



Chapitre 8 : Amours contrariées.

Le souafle siffla à mon oreille et passa dans mon anneau central. De rage, je frappai mon balai du poing et faillis ne pas voir l’immense balle noire qui fonçait sur moi. Je me laissai tomber in extremis, les jambes et les doigts croisées sur mon balai pour ne pas dégringoler de trente mètres. Le cognard passa lui aussi dans l’anneau latéral et je fusillai Arnold du regard.

-Je ne suis pas sûre, mais je pense que c’est interdit d’attaquer le Gardien quand il est dans sa zone d’en-but ?

Arnold se fendit d’un immense sourire et fit tournoyer sa batte avec flegme.

-Ce n’est pas réglementaire, mais tu auras toujours des Batteurs peu scrupuleux qui espérerons que l’arbitre ne verra pas … Aïe !

Il venait de se recevoir le souafle sur la tempe et Eden s’écroula sur le manche de son balai, hilare. Arnold chercha le responsable jusqu’à lever les yeux au ciel et voir Swan en vol stationnaire au-dessus de lui, secouée d’un grand rire.

-L’arroseur arrosé, s’amusa-t-elle en redescendant à notre hauteur. Arrête de la martyriser, la petite. Notre premier match est dans deux semaines, si tu la blesses maintenant Dalia va te tirer les oreilles.
-Et tu seras obligé de reprendre ton poste, rappela Eden avec un sourire amusé. Moi qui pensais que tu étais heureux de reprendre la batte …
-Ah, ah. Très drôle. Tu m’as fait une bosse, Black Swan.
-Hé, les jeunes !

Nos quatre têtes se tournèrent vers les gradins. Leonidas Grims venait d’y apparaitre et nous faisait de grands signes.

-Les professionnels vont avoir besoin du terrain, il faut que vous dégagiez la place !
-Pas de problème monsieur le président ! lui cria Swan en retour avant de donner une tape sèche sur la tête d’Arnold. Va récupérer le cognard, toi.
-Bah bien sûr ..

Arnold se précipita vers le sol pour attirer la balle démoniaque pendant qu’Eden et moi nous fendions d’une dernière course autour du terrain. Au bout d’un mois d’entrainement intensif, je maniais vraiment mieux mon Nimbus et j’arrivais à apprécier sa vivacité, la façon dont il prenait parfaitement les visages les plus serré, comment il virait sans perdre de vitesse ni me désarçonner. Je comprenais enfin comment ce balai pouvait m’avantager comme Gardienne mais Eden avait un soupçon d’habilité en plus qui lui permis de me battre à la course. J’atterris, nullement vexée. J’étais habituée à être battue à la vitesse – et c’était bien pour cela que je serais une mauvaise Attrapeuse. Eden me jeta le souafle qu’il avait sous le bras et je réussis à le rattraper d’une main. Je le soupesais d’une main, interloquée.

-C’est drôle, j’ai l’impression qu’ils sont plus lourds qu’à Poudlard …
-C’est normal, confirma Swan, qui nous attendait devant la malle d’entrainement. A Poudlard, ils utilisent des balles plus légères et moins rapides pour le Vif d’Or et les cognards. Crois-moi, ça a fait tout bizarre à Joana la première fois qu’elle s’est retrouvée face à un Vif pro.
-Ou la première fois que je me suis pris un vrai cognard …, grimaça Eden.

Je déglutis nerveusement. Pour m’être pris un ou deux cognards à Poudlard et en avoir grandement souffert, je ne pouvais que craindre ces balles professionnelles plus lourdes et plus rapides. Arnold se débattait avec l’un d’entre eux et réussit à le ranger dans la malle. Il rabattit le loquet avec un grognement.

-Petite saloperie … (Il se redressa en et mit ses mains en porte-voix). Monsieur le président ? HE ! Monsieur le président !

Mais Leonidas Grims semblait occupé avec une femme qui venait d’apparaître sur les gradins. Elle était loin, mais paraissait élégante avec sa robe émeraude et ses longs cheveux bruns. Swan eut un rire entendu.

-Laisse tomber, Barberousse, madame la présidente est là, il n’écoutera plus rien.
-Madame la présidente ? répétai-je en mettant ma main en visière.

Mais Arnold la gratifia d’une claque sèche pour me la faire baisser.

-Ta maman ne t’a jamais appris à être discrète ? Ouais, c’est la femme du président, j’ai oublié son nom. Sandra ? Bref, une belle noble anglaise …
-Elle n’est pas américaine ?
-Non, il s’est marié avec une anglaise, lui. C’est peut-être pour ça qu’il a été à moitié accepté par le club. Je ne comprends pas ce qu’ils ont contre lui – Gwladys, Dalia, et l’ensemble de la ligue anglaise. C’est quelqu’un que j’apprécie énormément. D’accord les américains ont injecté de l’argent, mais ça a été salutaire, le club était au bord de la faillite et dans les bas-fonds du classement.

Swan eut une moue et rangea négligemment le souafle dans la malle. Ses sourcils s’étaient froncés au-dessus de son nez.

-Ce n’est pas le problème. Regarde comme l’équipe A a évolué en trois ans … Ils ont acheté plein de joueurs étrangers.
-Hé !
-Ne te vexe pas, Eden ! On a toujours eu des joueurs étrangers, mais des comme toi qui venaient de la formation, qui choisissaient de venir. Là, la moitié de l’équipe A a été arraché à leurs clubs et attirer par l’argent … Je ne sais pas, avant les Tornades c’était des petits mais du panache. Là, j’ai l’impression qu’ils n’ont plus d’identité … Que ça devient un club de mercenaire.

Je me laissai aller sur l’herbe, assez perplexe par l’image du club que donnait Swan – son club. Mais sans doute avait-elle connu l’époque où les Tornades n’étaient qu’un petit club et qu’elle était nostalgique de cette équipe. Eden paraissait peu content d’être ainsi considéré comme un « mercenaire » et buvait sa bouteille d’eau tout en lorgnant Swan. Elle finit par lui ébouriffer les cheveux avec un grand éclat de rire.

-Ne me regarde pas comme ça, on dirait mon fils quand je lui refuse des Chocogrenouilles ! Je te l’ai dit, je ne parlais pas de toi. Mais de la Ramirez qui est arrivée l’année dernière pour une coquette somme ou Martinescu qu’on a arraché aux Vautours …
-Et Viktor Krum vous en veut encore, commentai-je distraitement.

J’avais reçu une lettre deux jours plus tôt et chacune d’entre elle s’achevait par des copieuses insultes pour son ancien coéquipier. Eden recracha sa gorgée d’eau et me contempla, incrédule.

-Krum ? Tu le connais ? Sérieusement ?

Les yeux de Swan et Arnold se braquèrent sur moi, écarquillés. Je crispai mes mains sur ma gourde, embarrassée d’être ainsi le centre de l’attention.

-Je l’ai rencontré pendant le Tournoi des Trois sorciers, il était encore élève à Durmstrang. C’est lui qui a dit que j’avais du talent comme gardienne alors … On continue à correspondre.

Arnold émit un long sifflement admiratif et Eden battit des paupières, éberlué.

-Mon Dieu … Joana tuerait pour être à ta place.
-Ah … Alors euh, tiens ta langue ? Je n’aimerais pas être la première sur sa liste.
-Tu pourrais lui demander un autographe ? demanda Swan, excitée. Ma fille serait ravie, elle l’avait adoré à la Coupe du Monde !

Je les observai s’extasier, proprement consternée. Je n’étais pas habituée à être sous le feu des projecteurs. L’avantage quand on trainait avec Emily Fawley, Cédric Diggory ou Simon Bones, c’était qu’on n’avait pas à l’être et ça m’avait très bien aidé toutes ces années. Gênée, je me dépêchai de me lever, récupérai mon balai et mon sac pour repartir vers les vestiaires, promettant entre mes dents que je lui en toucherais un mot. Le président parlait toujours avec sa femme que je discernais plus distinctement. Elle devait avoir la cinquantaine mais son visage demeurait fin et beau et ses cheveux d’un noir sans tâche. Son regard gris se baissa sur moi et elle fronça les sourcils. Surpris du trouble de sa femme, Leonidas Grims suivit son regard et me sourit.

-Ah, Victoria ! J’ai suivi un peu votre entrainement en petit comité, vous prenez vite le rythme. Magnifique esquive sur le cognard d’Arnold …

J’eus un sourire amusé. Swan avait peut-être raison sur l’identité des Tornades, mais je ne pouvais m’empêchais d’apprécier le président. Je doutais que beaucoup de président de club soient aussi présent dans leurs locaux, à les arpenter, à observer les entrainements – même ceux de la réserve – à connaître le nom de tous son personnel jusqu’à celui d’entretien. Il gardait peut-être des traces de noblesse qui rappelaient que nous n’étions pas nés dans le même monde, j’avais la conviction que ça restait quelqu’un de bien.

-Dalia aurait dit que c’est une manœuvre qui découvrait mes buts et mettait mon équipe en danger … Mais merci.
-Et si vous avez intégré les préceptes de Dalia c’est que vous êtes sur la bonne voie, sourit monsieur Grims d’un air approbateur.

Sa femme me contemplait toujours, sourcils froncés et mine perplexe. Puis elle pivota vers son mari avec une telle vivacité que sa longue chevelure brune fouetta l’air. Intimidée, je me dépêchai d’entrer dans le vestiaire où Arnold se douchait déjà. Swan se changeait derrière les paravents magiques et Eden fouillait dans son casier. J’eus alors une vue prenante sur son nom flamand et compliqué inscrit sur sa porte. Je penchais la tête pour le déchiffrer.

-Van … Vanler …
-Vanlerenberghe, prononça Eden, caché derrière sa porte. Essaie plusieurs fois, ça vient vite après.
-Je plains le speaker qui va devoir scander ton nom …

Eden mit un coup dans la porte ; elle aurait pu me percuter si je n’avais pas lever mes mains et pousser pour qu’elle lui retombe sur le coin du nez.

-Oh les gosses ! s’écria Swan face au cri d’Eden. Si vous vous disputez, j’interviens !
-Ça va ! gémit Eden en tâtant son nez. J’ai oublié qu’il ne fallait pas taper sur plus petit que soi …
-Très drôle …

Je plaquai la porte de son casier pour observer la personnalisation d’Eden. Il avait tapissé l’intérieur de photo, de stickers de Beauxbâtons, et un drapeau belge flottait seul au fond du placard. Une fille revenait souvent sur les photos. La peau noire, grande, un immense sourire accroché aux lèvres, elle était régulièrement proche d’Eden, à sauter sur son dos, lui tenir la main ou ébouriffer ses cheveux. J’eus un sourire attendri, tant l’identité de cette fille faisait peu de mystère.

-Ta copine ?

Eden cessa net de ranger ses affaires dans son sac pour lever les yeux sur les photos. Ses joues rougirent et il se replongea dans le pliage de sa robe de Quidditch.

-Ouais. Jordane.
-Ça fait des mois qu’il essaie de la demander en mariage mais qu’il n’a pas le cran.

Eden se retourna vivement et lança la robe qu’il était en train de soigneusement plié à la figure d’un Arnold hilare. Je contemplai les photos de Jordane, puis Eden, consternée. Il était plutôt mignon avec ses yeux doux et son sourire assez timide, mais il était jeune – pas beaucoup plus âgé que moi … Alors un mariage ? Swan, occupée à se contorsionnée dans sa serviette pour se rhabiller élégamment – elle avait un sens de la pudeur qui lui était propre, mais j’avais appris à faire avec – rétorqua sèchement :

-Laisse le petit, Arnold. Si je me souviens bien, toi c’est Kate qui t’a demandé en mariage …
-Mais vous avez quel âge ? demandai-je, incapable de m’en empêcher.

Les joues d’Eden étaient devenues d’un rouge soutenu et il paraissait si embarrassé qu’il avait caché son visage dans une serviette. Il me répondit sans en émerger :

-Dix-neuf ans.
-Et elle est venue avec toi en Angleterre ?

Eden se frotta vigoureusement la figure avant de baisser enfin son rempart. Swan, enfin habillée, se glissa derrière lui et pressa son épaule avec douceur.

-Non, elle est restée en France. Cet été, c’était prévu qu’on emménage ensemble mais … avec ce qui se passe …

Eden secoua la tête avec dépit.

-Du coup, pour sûr, le mariage ce n’est pas pour toute de suite …
-Arrête, tu n’en sais rien, tenta de le consoler Swan. Peut-être qu’on arrivera à mettre rapidement Tu-Sais-Qui hors d’état de nuire … Mon mari travaille chez les Tireurs d’élite de baguette magique, ils disent qu’ils sont tous mobilisés … Ils vont l’arrêter et Jordane pourra venir te rejoindre.

Eden se fendit d’un ricanement amer. Il jeta sa serviette et sa robe en boule dans son sac et le ferma d’un coup de baguette magique rageur.

-Si j’ai bien lu les journaux, votre première guerre a duré dix ans. Et franchement avec ce qui se passe, tu crois réellement que c’est le Ministère qui gagne ? Comment elle s’appelle la haute fonctionnaire qui a été tuée …
-Amelia Bones.

De nouveau, leurs quatre regards se levèrent sur moi. Je m’étais figée au récit d’Eden, sans trop savoir si j’étais pétrifié qu’un garçon à peine plus vieux que moi soit assez mûr pour s’engager pour toujours avec son aimée ou si j’étais révoltée que Voldemort empêche leur amour de s’épanouir. Et le souvenir d’Amelia n’arrangeait rien. Je me laissai aller sur le banc et décidai d’être sincère face à leurs mines interrogatrices.

-Je la connaissais, j’habite à côté de chez son frère et je connais très bien son neveu ...
-Oh, ma belle, compatit Swan.
-Moi je suis plus intéressé par le fait qu’elle connaissait « le neveu » d’Amelia Bones, intervint Arnold avec un sourire goguenard. Dis-nous tout sur ce « neveu », Victoria.
-Ouais, je préfère parler de ça moi aussi, embraya immédiatement Eden, sans doute pour se sortir de sa morosité. C’est qui ce gars ?
-Oh je vous jure …, soupira Swan.
-Quoi ? se défendit Arnold avant de me désigner du menton. Plus d’un mois qu’elle est arrivée et elle n’a pas eu le droit à l’interrogatoire. Et en plus elle ne moufte pas, on ne sait rien de sa vie à cette petite !

Je feignis d’être absorbée par le contenu de mon sac, le cœur cognant contre ma poitrine. Ils avaient raison, ils ne savaient rien de moi. Et pourtant en mois à m’entrainer toutes les semaines avec eux, j’avais fini par en apprendre des choses sur eux, du nom des trois enfants de Swan à la passion d’Arnold pour les vieux vinyles moldus – mais j’avais de fortes raisons de croire qu’il était né-moldu comme moi ... Et pendant qu’ils s’ouvraient à moi, m’acceptant dans leur groupe, je m’étais dérobée. Il y avait des choses que je ne voulais pas expliquer, comme d’autre que je ne pouvais pas dévoiler. J’entendis Swan mettre une claque à l’arrière de la tête d’Arnold.

-Laisse-la tranquille, elle a le droit d’avoir une vie privée. Je vous laisse, je dois aller chercher mes enfants chez ma mère avant qu’ils ne retournent sa maison …

Elle m’adressa un signe de la main et partit, son sac sur l’épaule et ses cheveux bondissant à chacun de ses pas. Sur le banc en face de moi, Arnold et Eden ne me lâchaient pas du regard et je compris que la fuite de Swan m’avait exposée à leurs questions. Un sourire amusé retroussa les lèvres du belge.

-Alors, qui c’est pour toi le neveu d’Amelia Bones ?
-Euh …

C’était pourtant une question facile, pourtant je me retrouvai incapable d’y répondre, ouvrant et refermant la bouche plusieurs fois sans qu’aucun mot n’en sorte. Il n’en fallut pas plus pour qu’Eden et Arnold échangent un regard ravi qui embrasa mes joues.

-A ce point ?
-Quoi ? Non ! Simon c’est juste …

Maintenant que j’y réfléchissais, j’étais incapable de définir ce qu’était Simon pour moi. Chaque mot qui me venait à l’esprit était impropre à notre relation. Ami ? C’était pauvre pour qualifier le lien presque absolu qui nous unissait. Frère ? Je n’avais qu’un frère, c’était Alexandre et je n’arrivais pas à considérer notre relation comme filiale. Assez troublée, je me laissai tomber sur le banc devant mon casier et rangeai négligemment mon sac.

-C’est … compliqué à expliquer. Mais arrêtez de penser ce que vous pensez, ajoutai-je en remarquant que leurs sourires s’agrandissaient. Ce n’est pas ce que vous pensez, c’est juste … Mon meilleur ami, si on veut simplifier.

Mais les mots me laissèrent un goût amer dans la bouche. Déjà parce que c’était un mensonge et ensuite parce ce titre seyait davantage à Cédric. Me refusant à m’embourber dans la conversation qui s’envenimait déjà bien trop pour moi, je levai une main face à Arnold qui ouvrait la bouche, l’œil pétillant.

-Ecoutez, si vous voulez tout savoir je sors d’une relation avec l’un de mes camarades de Poudlard alors … vous comprenez que je n’ai pas très envie de parler de ça ?
-Ah, regretta Eden, soudainement pantois. Désolé …
-Le nom de cet ex ?
-Ce sera au prochain épisode, Callum.

Le président Grims venait d’apparaître dans l’encadrement la porte, ses mains plongées dans ses poches et ton éternel sourire aux lèvres. Sa femme ne l’avait visiblement pas suivi et je m’en trouvais soulagée. Je n’étais pas sûre d’avoir apprécier la manière dont elle m’avait dévisagé.

-Je suis certain que les amours de Victoria sont passionnantes, mais je suis sûr que vous avez des choses plus intéressantes à faire et on aimerait pouvoir fermer le vestiaire.
-Bien sûr, monsieur le président. (Arnold pointa son balai sur moi). On en reparlera la prochaine fois.

Il s’en fut en sifflotant joyeusement et Eden et moi échangeâmes un regard.

-Tu me défends face à ses interrogatoires et je te promets de ne plus jamais t’interroger sur Jordane.
-Deal, accepta-t-il en frappant dans ma main. A mercredi, mini-pouce.

Eden salua le président et sortit de la pièce. Je me dépêchai de ranger mes affaires et lorsque que je me redressai pour m’en aller à mon tour, je remarquai que Leonidas Grims était toujours dans l’encadrement de la porte, à m’observer les sourcils froncés, l’air de chercher quelque chose en moi. Je me figeai, prise de court.

-Monsieur ? Il y a quelque chose qu’il ne va pas ?

Le président parut sortir de sa torpeur et son sourire s’épanouit immédiatement sur ses lèvres.

-Oh non, tout va bien, c’est gentil de vous en inquiéter ! C’est juste … J’ai capté un morceau de conversation, veuillez me pardonner c’est extrêmement impoli … Vous connaissez les Bones ?
-Ah … Euh, oui. J’habite à Terre-en-Lande comme eux.
-Je n’avais pas fait le rapprochement, souffla Leonidas Grims, comme pour lui-même, avant de me sourire de nouveau. Bien Victoria, je vous dis à mercredi.

Et il retourna aussi sec dans le couloir, me laissant seule et pantoise dans le vestiaire.

***


-Répète-moi ça.
-Je te l’ai déjà répété cent fois, Vicky.
-Rogue ? Sérieusement ?

Simon repoussa la lettre de Susan, et s’occupa de ranger son sac. C’était la première que nous recevions depuis la rentrée, longue d’un rouleau de parchemin et dont un paragraphe entier était dédié à fustiger copieusement la nomination de Severus Rogue comme professeur de Défense contre les Forces du Mal. Je la pris entre mes doigts, toujours hébétée.

Pour les Potions, ils auront le professeur Slughorn maintenant. Tu te souviens, tante Amy nous en avait parlé, de lui et de ses fêtes où il réunissait tous les élèves les plus prometteurs et les mieux nés … Alors crois-moi quand j’ai vu arrivé la petite invitation dans le Poudlard Express frappé de son nom, j’ai tout de suite deviné ce qui allait se passer. Hé bien non, monsieur, ce n’est pas comme ça que se passe, je refuse d’aller à vos petites soirées privées juste parce que je m’appelle Bones. Je refuse d’être prise dans votre toile de relation. Hannah a croisé Neville Londubat dans le train, il parait qu’il y était invité – sans doute à cause de ce qui est arrivé à ses parents – et Harry bien sûr, évidemment, l’Elu … Tu verrais comment les filles bavent dessus maintenant, elles ne le trouvaient pas si séduisant l’année dernière.

-Ça, elle n’a pas tort, soufflai-je, vaguement amusé par la vergue qui transparaissait de la lettre. Qui c’est ce Slughorn ?
-Un ancien prof, répondit distraitement Simon, le nez dans les parchemins. Tante Amy nous en parlait souvent, je crois qu’elle le méprisait assez … Il a beaucoup de contact un peu partout alors il en fait profiter ses chouchous – des enfants de bonnes familles ou des gens qu’il trouvait plein de promesse … (Sa voix se réduisit à un filet). Tante Amy cochait les deux cases … Et c’est parce que c’est un système qui la dégoûtait qu’elle a arrêté d’aller aux petites soirées … Pas étonnant qu’il ait voulu Susan – et que Susan refuse d’y aller.

Simon fit tourner une plume sur son pouce, les sourcils froncés.

-Mais il était déjà vieux à l’époque de tante Amy, ça doit être un fossile… Pourquoi il est revenu ?
-Sans doute parce que le poste de Défense contre les Forces du Mal est maudit et que cette année Dumbledore n’a encore trouvé personne … C’est pour ça que le Ministère nous a imposé Ombrage, non ? Parce que Dumbledore n’avait trouvé personne … Alors il a donné le poste à Rogue parce qu’il le voulait depuis des années et il a trouvé un substitut aux Potions.
-Ouais, je suppose …

A dire vrai, il m’écoutait à peine. Il faisait pour la dixième fois l’état des lieux de son sac, comptait les bouteilles d’encres et les rouleaux de parchemins, faisait des piles des grimoires achetés pour l’IRIS ou alors passait la main dans ses cheveux pour tenter de les maintenir en place. Je le contemplai, un sourire désabusé aux lèvres. C’était bien la première fois que je voyais Simon stressé pour une rentrée, mais c’était peut-être la plus importante de sa vie. Il avait fallu le forcer à postuler à l’IRIS, un prestigieux institut de recherche dissimulé au sein de la plus prestigieuse encore université d’Oxford. C’était à un moment où Simon songeait sans doute à s’engager à cœur perdu dans la lutte contre Voldemort, mais la donne avait changé et il avait fini par adhérer au projet d’être le meilleur sorcier possible pour lutter le plus efficacement possible. Et c’était réellement la voie royale pour Simon Bones, meilleur élève baguette en main de Poudlard et malgré sa nervosité je ne pouvais m’empêcher de remarquer que ses yeux pétillaient et que ses prunelles s’étaient éclaircies, révélant un bon état d’esprit de sa part. Je souris, contaminée par son enthousiasme.

-Arrête de farfouiller, tu vas être en retard.
-J’attends La Gazette …
-Je la réceptionnerais et je mettrais sur ta table de nuit pour ce soir, ça te va ? Allez, grouille.

Je lui donnais un coup de pied par-dessous la table de salle à manger pour l’inciter à bouger et Simon grimaça. Ce fut le coucou de leur horloge qui le força à se lever et il se dépêcha de récupérer sa cape dans le placard qu’il agrafa à l’envers. J’éclatai de rire et m’arrachai de ma chaise.

-Oh Seigneur, tu es un gosse, me moquai-je en lui arrachant sa cape pour la mettre du bon sens. Laisse-moi faire, t’as l’air trop stressé pour lasser tes chaussures …

Je la réajustai sur ses épaules et me rapprochai pour nouer ses attaches d’argent à sa gorge. Sa poussée de croissance avait cessé, observai-je, rassurée qu’il n’ait qu’une demi-tête de plus que moi. Il avait poussé la bienséance à mettre du parfum, des effluves légères qui me chatouillaient les narines. Simon se laissa faire, sans doute trop angoissé pour protester.

-Nom d’une gargouille … Imagine que je loupe un simple sortilège de lévitation lors de mon premier jour …
-Alors grave chaque détail dans ta mémoire, je veux que tu me racontes ton humiliation quand tu rentreras. Ne bouge pas … C’est bon. N’oublie pas ton goûter en partant.

Je tapotai son torse du plat de la paume avec un sourire malicieux et Simon leva les yeux au ciel.

-Très bien maman. Et toi, qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? Tu n’as pas entrainement ?

Je secouai la tête et m’éloignai d’un pas pour le laisser prendre son sac et passer une énième fois la main dans ses cheveux. J’avais eu cette semaine mon premier entrainement avec les professionnels durant lequel nous avions exécuté un match pour nous préparer pour les premières journées de championnat. Nous ouvrions le bal dans une semaine alors qu’eux jouaient à la fin du mois. Ça avait été déstabilisant, car tout allait beaucoup plus vite et je m’étais prise une véritable volée de but – notamment par Josefa Ramirez, la poursuiveuse vedette dont les jumeaux rêvaient d’avoir l’autographe. J’étais descendue sur le terrain dépitée, forcée à faire bonne figure devant la mine revêche de Parkin, l’entraineur de l’équipe A. Swan avait voulu me consoler : c’était la première fois que je me trouvais face aux professionnels, en véritable situation de match, c’était toujours déstabilisant, je ne m’en étais pas si mal sorti … Mais j’avais eu tant de doutes sur mon niveau suite à cette séance que j’étais restée jusque tard m’entrainer avec Eden, sous le regard incisif de Dalia. Alors aujourd’hui, je ne voulais pas voir un balai ni un souafle.

-Non, mais je pense flâner dans votre bibliothèque, j’ai besoin de me changer les idées … Genre, une journée sans duel, sans balai, sans douleur musculaire. Juste … Un livre, un canapé.
-Et tu ne peux pas le faire chez toi ?

Je ne pus retenir la grimace qui me venait aux lèvres. La raison de ma présence si matinale chez les Bones était que Melania était venue discuter avec mes parents de la rencontre avec les siens qui prenait à présent tant forme qu’elle commençait à m’effrayer. Incapable de rester sans faire part de mes inquiétudes, j’avais préféré fuir et me réfugier dans un endroit où les problèmes ne seraient pas les miens.

-J’y retournerais quand ils auront peaufiné tous les détails pour la fameuse rencontre … Là, je veux juste me vider la tête.

Simon n’insista pas mais parut également contrarié. Lui non plus n’était pas particulièrement enthousiaste à cette idée et avait convaincu ses parents d’y assister. Il frotta distraitement mon bras.

-Ce n’est pas dans l’intérêt des Selwyn que ça se passe mal … Ce sera tendu, mais ça ira, n’angoisse pas trop pour ça. Bon, je dois y aller, je vais être en retard. A ce soir, peut-être ? Et n’oublie pas ma Gazette.

Il s’engouffra dans la cheminé et les flammes émeraudes l’avalèrent tout entier pour le mener à Oxford. Je secouai la tête, désabusée et montai à la bibliothèque. Ce faisant, je passai devant la porte de la chambre de George et Rose. Si lui était parti aux aurores, j’entendais le remue-ménage de sa femme, qui ne semblait toujours pas prête psychologiquement à reprendre le travail. Elle m’avait autorisée à rester tout en précisant qu’elle passerait sans doute la journée à trier de vieilles affaires et pourtant elle n’était pas descendue pour le premier jour de Simon en tant qu’adulte. Cela devait être douloureux pour son cœur de mère de voir ainsi grandir ses enfants … et en particulier celui-ci.

Je me glissai dans la bibliothèque, peu désireuse de la croiser et d’à nouveau la laisser m’interroger sur nos activités. Nous continuions les séances d’entrainement dans le grenier des jumeaux, où j’avais pu personnellement me frotter à Remus Lupin durant un duel acharné qui dépassait de loin en difficulté ma joute avec Nestor en juin dernier. Mais fort heureusement, le rythme fut moins fracassant que ce que j’avais crains : maintenant que j’étais habituée, j’arrivais à jongler entre le Quidditch, les duels et les moments de repos complet dans mon bain pour calmer les douleurs musculaires ou à me vider la tête dans un livre. C’était régulier, carré et presque rassurant, ça mettait un cadre dans cette nouvelle vie que j’effleurais à peine. A y craindre le moment où cela débuterait réellement, entre les matchs et les missions pour l’Ordre qui seraient réellement aléatoires … Et au point où j’en baissais ma garde. Quelque part dans la nature, Nestor Sewlyn ne devait pas avoir abandonné l’idée de se venger de sa sœur et de moi. Pour ma famille, je ne devais pas me laisser entrainer par le rythme rassurant que prenait ma vie.

Mes réflexions furent interrompues par un brouhaha à l’étage du dessous : Rose était allée ouvrir à quelqu’un, quelqu’un de fort virulent dont la voix féminine et furieuse me parvenait par bride :

- … Te cache depuis des mois … Egoïste … Tu n’es pas la seule à avoir perdue une famille … Moi aussi j’ai le droit … Cassie ne t’aurait jamais …

Rose ne répondait visiblement pas à son interlocutrice. Embarrassée, je fermais la porte pour ne plus entendre les éclats de la dispute – sans doute une employée du Ministère venue la raisonner et la convaincre de reprendre son poste. Résolue, je fouillais la bibliothèque fournie des Bones. Je découvris près de la cheminée frappée des armoiries de Poufsouffle, la Maison familiale, certains carnets manuscrits qui prenaient la poussière que je n’osais pas ouvrir ni lire de peur de violer d’intimité de quelqu’un, et particulièrement d’un mort. J’eus simplement le temps d’apercevoir un plan de Terre-en-Landes – ancien et jauni par les ans – et les esquisses d’un arbre généalogique de la famille. Plus haut, de très vieilles éditions d’ouvrage sorciers mais également moldu, marquant les origines non-magiques de la famille Bones qui gardait cet héritage dans leur culture. Simon et Susan étaient parmi les rares sorciers de Poudlard a avoir cette double culture. J’hésitais fortement à céder à la tentation et à parcourir les carnets lorsque quelques coups furent toqués à la porte. Je sursautais, perchée sur mon échelle et me rattrapai au dernier moment à un barreau.

-Ne tombe pas, je ne voudrais pas te faire rater ton premier match.

Je baissai des yeux incrédules sur la personne qui venait de passer la porte. Fière et digne dans sa robe de sorcière turquoise, Octavia McLairds me contemplait avec un sourire incertain. D’un geste élégant, elle retira le chapeau qui couvrait son opulente chevelure acajou qu’elle avait ramené en un chignon et exécuta une légère révérence.

-Ça change de l’uniforme, pas vrai ?
-Je ne te le fais pas dire, marmonnai-je en descendant de l’échelle. Qu’est-ce que tu fais ici ?
-Je passe dire le bonjour. Je m’attendais à un meilleur accueil …
-C’est toi qui criais en bas ?

Octavia fronça les sourcils et elle jeta un regard furtif à la porte qu’elle avait refermé derrière elle. Les éclats de voix s’étaient tus.

-Euh non … Mais Mrs. Bones parlait avec quelqu’un quand je suis arrivée … Je pense qu’elle a profité de mon arrivée pour la mettre à la porte, cela dit. Une affaire ministérielle, je suppose … J’ai entendu dire que c’était difficile en ce moment ici.

Le nom d’Amelia Bones flotta entre nous, tel un spectre à peine discernable. Octavia passa une main dans le sac de belle facture qu’elle portait à l’épaule et me tendit un exemplaire de La Gazette du Sorcier. Je le saisis avec automatisme et le dépliai pendant qu’elle entonnait :

-Mais j’avoue, c’est toi que je venais voir. Je suis venue ici pour connaître ton adresse, mais Mrs. Bones m’a dit que tu étais là … Je ne sais pas si tu avais vu …
-Stan Rocade ?!
-Voilà.

Je lissai le journal à plat sur une table, interdite. La photo du contrôleur boutonneux du Magicobus était coincé dans un article concernant son arrestation par les Aurors après que le jeune homme ait communiqué des informations concernant Voldemort à un bar. C’était tellement absurde qu’un rire m’échappa et je levai le regard sur Octavia.

-Mais … c’est sérieux ?
-Non seulement c’est sérieux, mais c’est que ce que notre gouvernement appelle « une excellente gestion de la crise », confirma Octavia avec l’ombre d’un sourire. C’est ce qui se dit en interne. J’ai passé la journée hier à traîner les oreilles au service juridique et certains se félicitent d’avoir attrapé un nouveau Mangemort.
-Un Mangemort ? Stan Rocade ?
-Ah, je suis d’accord. Je l’avais croisé à la Coupe du Monde de Quidditch … Bavant devant des Vélanes, prêt à assurer qu’il allait devenir le plus jeune Ministre de la Magie … (Elle tapota sa photo de son index). Ça, ce n’est ni un Mangemort, ni même quelqu’un qui a subi l’imperium – je doute qu’il serait allé se vanter dans un bar dans ce cas. C’est juste un baratineur qui a voulu se rendre intéressant … Et c’est à la Une de la Gazette. Comme une victoire contre Voldemort.

J’observai le visage boutonneux de Stan Rocade et pris lentement conscience de tout ce que je me disait Octavia. Simon avait parfaitement résumé ça en juillet : le Ministère était passé de « tout va bien » à « tout est sous contrôle ». Scrimegeour maîtrisait tout autant que Fudge – et dissimulait encore la gravité des faits à la Communauté Magique. Bon sang, où partirait le monde si Dumbledore n’avait pas mis une résistance sur pied … Il était le seul qui se dressait efficacement contre l’ombre qui écrasait notre quotidien. Les doigts d’Octavia pianotèrent sur la table de bois verni.

-Tu te souviens de l’année dernière, quand les dix Mangemorts se sont évadés et que tu m’as dit d’ouvrir les yeux ? Que le chaos était à nos portes ?
-Oh, lâchai-je, étonnée. Oui, je me souviens … J’ai peut-être été violente, désolée, j’étais à bout de nerf à ce moment-là …
-Non, me coupa Octavia en tripotant son chapeau. Non, tu étais en colère et tu étais parfaitement en droit, tu as eu raison sur toute la ligne. J’ai préféré croire Fudge dans un premier temps parce que je ne voulais pas croire que le Ministère nous mettrait sciemment en danger … Mais il l’a fait et il continue de le faire.

Elle hissa son sac sur ses genoux et sortit alors un nombre important de parchemin sur lesquels elle avait griffonné des notes, des plans que je peinais à lire. L’encre brillait encore, comme si les lettres avaient été tracé fraichement, il y avait quelques minutes. J’en pris un rouleau de parchemin et le déroulai devant moi. C’était un projet, constatai-je, intriguée. Dans la lignée de celui que nous avions fait l’an dernier pour les ASPIC sur les limites du Code Magique Internationale comme garant de la paix entre moldus et sorcier. Mais cette fois, c’était plus axé sur les moldus, remarquai-je en suivant les notes d’Octavia. Et plus axé sur la culture. Je lui jetai un regard interrogateur.

-Tu te lances dans un nouveau projet de recherche ?
-Nous nous lançons sur un nouveau projet de recherche, rectifia-t-elle avec un petit sourire. Que nous allons éditer en livre pour le diffuser à la communauté magique.
-Tu veux écrire un livre ?
-Toi et moi, oui. Victoria, on est en guerre et en guerre, il y a deux sortes de personnes : les protagonistes, qu’ils soient d’un côté ou de l’autre, et cette immense masse de la population qui n’ose pas bouger une oreille et qui pourtant peut faire tout basculer. Ce n’est pas qu’une guerre d’action, c’est aussi une guerre des idées, une idéologie. Et je ne sais pas si tu as remarqué, notre propagande reste … assez faible. Le problème d’avoir un homme d’action à la tête du gouvernement, c’est qu’il sous-estime le pouvoir des mots. Tu-Sais-Qui, lui, ne se prive pas pour diffuser ses idées. Les grandes familles reçoivent des lettres, des tracts, de la propagande qui liste les avantages qu’ils auraient s’il était au pouvoir. L’argument qui a le plus de résonnance, c’est celui de la liberté. Les sorciers libérés du joug des moldus … Le Code Internationale du Secret Magique volant en éclat – les mêmes arguments qui avaient sensibilisé sous Grindelwald … Certains sont prêt à fermer les yeux sur la magie noire, juste pour un peu de pouvoir en plus.
-Oh Seigneur … c’est chez toi que tu entends ça ?

Les lèvres d’Octavia se pincèrent. Elle était issue d’une riche famille de sorcier, de Sang-Mêlé certes, mais assez influente pour avoir donné à l’Angleterre un Ministre de la Magie et plusieurs hauts fonctionnaires. Evidemment que les Mangemorts devait leur faire les yeux doux – ou les menacer.

-Pas spécifiquement chez moi … Mais mes parents ont donné une réception la semaine dernière et j’ai entendu pas mal de chose que j’aurais préféré ne pas entendre. Mes parents ne se prononcent pas, mais je sens que ça bouillonne chez les grandes familles de sorcier. Alors j’ai essayé de trainer les oreilles, même de débattre avec eux … « Mais vous avez pensé aux conséquences que ça peut avoir sur le monde moldu ? – Les moldus s’adapteront, comme toujours », me répondait-on avec condescendance. « De plus, les sorciers ont tellement à leur apporter, ils ne seraient plus obligés de vivre avec leur techniques archaïques … ».
-Archaïque ? répétai-je, outrée. L’électricité, c’est archaïque ? Les moldus comprennent mieux le monde que les sorciers ne le feront jamais ! Eux ne s’intéressent qu’à la magie, pas à la nature ou au corps humain ou à la façon dont l’univers tourne …

Le sourire d’Octavia s’agrandit et elle pointa un index triomphal sur moi.

-Voilà. C’est pour ça que j’ai besoin de toi, Victoria Bennett. Toi et moi, on va prouver aux sorciers que ce qui fait la richesse de nos cultures, ce sont nos interactions dans un monde égal. Ce ne sont pas les sorciers qui ont inventé les radios, l’appareil photo ou les tourne-disques, c’est une technologie qu’on a volé puis ensorcelé. Un jour, on volera aussi les cinémas ou les télévisions, ce n’est qu’une question de temps. Précisément parce que le moldu connait mieux le monde, les mécanismes qui le font tourner … Nous, on est tristement ignorant de ça. De comment les moldus nous surpasse – et de loin – en terme de créativité et maîtrise de l’environnement. Je parle de science, mais aussi d’art, de lettre, de compréhension de l’esprit humain. J’ai vu Roger cet été qui m’a dit que les médicomages et psychomages se basaient sur les études moldues parce qu’elles étaient bien détaillées et complètes, plus pointu que n’importe quel travail sorcier.

Elle avait parlé si vite qu’elle dût prendre une grande inspiration. Captivée parce qu’elle disait, je fis négligemment tourner ma baguette pour faire apparaître un verre de jus de citrouille frais qu’elle avala d’un trait.

-Merci. Bref. Tu es bien placée pour savoir que les sorciers sont tristement ignorant des moldus …
-Mais il existe plein de bouquin qui leur explique, on les a utilisés en cours … ça ne veut pas dire que les sorciers s’intéressent à ce qui se passe de l’autre côté du mur.
-C’est pour ça qu’on va faire mieux. Pas un ouvrage ennuyeux qui nous explique ce qu’est l’électricité, mais pourquoi l’électricité est une prouesse, comment ça participe au fait qu’ils comprennent mieux le monde que nous. Et il ne faut pas qu’on se centre sur les moldus, mais sur les liens qu’ils ont avec les sorciers, sur nos échanges culturels. Il faut qu’on œuvre en historienne.
-Pas qu’en historienne, je pense. Il faudra aussi se pencher sur les outils sociologiques… Il y a un cursus à l’université de Gloucester, je me demande si je pourrais prendre quelques cours …

Je levai les yeux du parchemin pour voir le regard entendu d’Octavia. J’eus un sourire confus. Je me doutais qu’à la lecture de ses notes, mon visage s’était illuminé et que mes yeux s’étaient mis à pétiller. Le projet me plaisait – ce que disait Octavia me plaisait. C’était un moyen détourné d’agir, de faire ouvrir les yeux à cette masse de sorciers qui ne s’intéressaient pas au monde moldus et qui, de ce fait, les considérait comme quantité négligeable dans la guerre. C’était fin et intelligent, à l’image d’Octavia. J’enroulai le parchemin pour lui rendre.

-Et tu as eu cette idée quand ?
-Ça fait quelques semaines que j’y pense, admit-t-elle. Mais j’ai commencé à vraiment y réfléchir après la réception et que je me suis rendue compte que … personne ne m’écoutait. Je suis une fille, et la fille cadette, qui plus est. Je n’étais qu’un joli visage au milieu d’une foule, les hommes me considéraient avec condescendance – ou comme un parti à prendre pour leurs fils. Leurs fils, par ailleurs. Le grand regret de mon père est de ne pas avoir eu de fils et de savoir qu’après lui, les McLairds s’éteindront. Ma sœur a un peu de crédit parce qu’elle est l’aînée, l’héritière, mais moi je ne suis rien. Un nom et une dot. Mais j’ai une voix, et je compte bien la faire entendre au monde entier. L’arrestation de Stan a été le déclencheur, si on veut … Tu avais raison, l’année dernière. Il faut arrêter de se voiler la face.

Mon sourire s’agrandit. Evidemment que j’étais tentée par le projet d’Octavia même s’il paraissait colossal – écrire un livre pour sensibiliser les sorciers à la cause moldue … C’était vertigineux, quelque chose que je me ne serais jamais imaginé faire. Cela dit, je me serais jamais imaginée en joueuse de Quidditch professionnelle ou encore en résistante. Octavia parut sentir les restes de mon hésitation par elle insista :

-Je sais que le Quidditch doit t’occuper déjà assez, ainsi que ta famille et tout ce qui se passe avec les Selwyn …
-Tu es au courant ?

Octavia détourna le regard.

-J’en ai vu assez sur le quai et assez entendu à la réception. Melania Selwyn avec un moldu, ça fait jaser …

Je plissai les yeux, soudainement suspicieuse. Il me semblait que les joues pâles d’Octavia avaient rosies.

-Il n’y avait pas Ulysse Selwyn par hasard à cette réception ?
-Si, répondit-t-elle distraitement. Nos pères font des affaires ensemble, ça ne date pas d’hier …
-Je vois …

Mon ton dut l’interloquer car son regard se riva sur moi, interrogateur. Je fis mine de ne pas le remarquer en me plongeant dans un autre rouleau de parchemin, qui contenait des ouvrages de référence. Je savais qu’Octavia avait eu une relation avec Ulysse Selwyn, d’après une conversation que j’avais surprise en janvier dernier. Mais aux dernières nouvelles, la jeune fille avait coupé court à toute relation après avoir appris qu’il m’avait persécuté une partie de ma scolarité. Ce fut sans doute cela qui revint à sa mémoire car elle entonna avec une certaine douceur :

-Je sais que tu ne dois sans doute pas l’aimer beaucoup … J’ai entendu des choses … Mais il a changé, tu sais. J’ai un peu parlé à la réception, bien sûr et … Il a vraiment l’air de vouloir que ça se passe bien, entre ton frère et sa sœur. Ça peut paraitre étrange parce qu’il a passé des années à …
-Me harceler ?

Octavia baissa les yeux, l’air presque honteuse.

-Oui, voilà. Ce qu’il t’a fait, c’était déloyal, injustifié et condamnable. Mais il a cessé, il a changé alors … Je me doute que tu t’en fiches, que ça ne pardonne pas tout mais …

Je la fixai et cela parut l’embarrasser assez pour qu’elle en perde ses mots. Je ne comprenais pas réellement pourquoi elle me parlait ainsi d’Ulysse alors qu’elle ne me savait pas au courant, avant d’enfin réaliser que, d’une certaine façon, elle avait besoin de ma bénédiction. Mon traitement était la raison pour laquelle elle avait cessé de voir Ulysse ; elle avait besoin que je l’approuve pour la reprendre. Je rivai mon regard par la fenêtre qui donnait sur le jardin, indécise.

-Je pense que tu mérites mieux qu’Ulysse Selwyn, Octavia.

Ses yeux papillonnèrent et j’explicitai :

-Je sais qu’il s’est passé quelque chose entre vous, j’ai surpris une conversation avec Simon en janvier dernier … Mais ce n’étaient pas mes affaires alors j’ai préféré ne pas t’en parler. C’est de ça que tu me parles implicitement, c’est ça ?

Octavia paraissait sonnée par ma révélation mais eut la présence d’esprit de hocher la tête. Pour la première fois, j’avais l’impression que la princesse des glaces qu’elle était décidait de tomber le masque : elle n’était ni hautaine, ni digne, juste … tiraillée.

-Je ne savais pas … je veux dire … Simon sait aussi ?

Je confirmai et elle passa une main troublée sur son visage. Je me doutais que ça devait être embarrassant d’apprendre que son ex-petit-ami était au courant de sa nouvelle romance. Surtout quand la nouvelle romance s’appelait Ulysse Selwyn.

-Merveilleux … Mais au moins, je sais qu’il est une tombe, le jour où je le verrais parler d’amour celui-là …
-Alors c’est d’amour qu’il s’agit ?

Mon ton amusé parut rassurer Octavia. Elle effleura les bords de son chapeau de soie bleue roi, un magnifique bleu qui chatoyait aux rayons du soleil.

-Je pense, oui, souffla-t-elle, comme un aveu. Je veux dire … Par Merlin, ça doit te sembler tellement étrange, c’est juste … On ne s’était jamais vraiment parlé, jusqu’à l’été dernier. Nos pères se sont pas mal reçus et normalement, seule Melania accompagne les Selwyn – ils parlent affaire, tu comprends … J’ai toujours admiré Melania, la manière dont elle se comporte et revendique comme héritière alors qu’elle a deux frères, comment elle se donne les moyens de ses ambitions … Mais cette année, elle ne venait pas seule, Ulysse était avec eux, sans doute pour récupérer son statut et se préparer à sa vie future. Alors on s’est retrouvé à parler. Je le connaissais assez mal, mais j’ai apprécié ce que j’ai découvert. Fin, intelligent, drôle – dans le sarcasme, certes, mais j’y étais habituée avec Simon. C’était agréable de discuter et débattre avec lui, reposant parce que lui, contrairement à Simon justement, il ne s’énerve pas. Avec Simon, tu as tort, il a des idées très arrêtées. Pas Ulysse. Il écoute calmement tes arguments avant de te répondre … c’était enrichissant. J’ai fini par beaucoup aimer nos débats alors on s’envoyait des lettres, puis de retour à Poudlard on se retrouvait, cachée à la face de tous parce qu’à l’époque il sortait avec Gloria Flint et que les familles commençaient à s’organiser sur des fiançailles … Puis à Poudlard, ça a commencé à nous peser : les cachettes, les crises de jalousie de Gloria avec laquelle Ulysse ne s’entendait plus du tout, et j’ai bien senti que nos rapports n’étaient plus qu’intellectuels mais également … sentimentaux.

Octavia ne paraissait pas réaliser que j’étais devant elle, qu’en quelque sorte elle se confiait à moi. Elle n’avait sans doute pas eu ni l’occasion ni l’envie de parler à quiconque, soit par fierté, soit par volonté de garder son histoire pour elle, comme un talisman. Je la laissai poursuivre sans intervenir, se libérer des mots qu’elle avait gardé enfermé trop longtemps :

-Alors il a rompu ses fiançailles avec Gloria et j’ai commencé à envisager une relation avec lui … et c’est là que tu m’as parlée de ce qui s’était passé l’année dernière, du fait qu’il t’avait cassé le nez dans une course poursuite. Je l’ignorais et ça m’a mis mal à l’aise. Je me rendais compte que je m’étais arrêtée à la surface, que j’ignorais réellement son histoire, quelle personne il avait été toutes ses années, et quelle personne il était au fond de lui … Alors j’ai commencé mes petites recherches, j’ai interrogé Roger. Et il m’a exposé un portrait de lui qui était en total inadéquation avec l’idée que je m’étais faite d’Ulysse. Manipulateur, cruel, dangereux, le garçon duquel je commençais à tomber amoureuse avait passé les six dernières années à la tête de sa bande à terroriser des nés-moldus, Victoria Bennett en tête de liste. Je peux te dire que ça m’a foutu une sacrée claque. Alors j’ai … coupé court à tout.
-Je sais. C’est la conversation que j’ai surprise.

Octavia cligna des yeux. Malgré son trouble, son regard brun n’était pas embué.

-Ce n’était pas une période simple, ce moment là … Juste après l’évasion des Mangemorts, juste avant qu’on découvre la vérité sur Simon … C’était pesant, je ne savais pas quoi faire, je voulais prendre du recul, me remettre à respirer.
-Et qu’est-ce qui t’a décidé à lui parler de nouveau ? Le fait qu’il m’ait aidé à sauver mon frère ?
-Un peu, avoua-t-elle avec un sourire penaud. Ça m’a conforté dans ce que j’avais perçu durant tous ses mois où j’ai cogité sur nous : peu importe l’ado stupide qu’il avait été, il était en train de devenir un adulte tout autre. Moi aussi j’étais une sombre idiote durant ces années, non ? Froide, arrogante, condescendante … Je comprends qu’Emily et toi m’avez détesté.

J’essuyais un petit rire. C’était surtout vrai pour Emily, qui avait vu en cette fille magnifique et intelligente une véritable rivale, mais à titre personnel je m’étais contentée de rester loin d’elle sans savoir si je la méprisais ou l’enviais. Alors que jusque récemment, j’étais certaine de haïr Ulysse Selwyn et ce qu’il représentait. Je n’étais toujours pas certaine de l’apprécier et je ne lui pardonnais pas réellement les années de harcèlement, mais mes sentiments étaient à présent loin d’être aussi radicaux. Voyant qu’Octavia attendait ma réaction avec une certaine nervosité, je finis par lui faire part de la conclusion que j’avais faite en fin d’année dernière.

-Je pense que tu mérites mieux que ce gars, Octavia mais … Tu as raison. Il change et je pense que le fait d’être avec toi peut permettre au changement de prendre la bonne direction. Alors ce n’est pas moi qui vais t’empêcher d’entamer une relation avec lui.

Les épaules d’Octavia se détendirent et pour la première fois depuis qu’elle avait commencé à me parler d’Ulysse, elle me regarda dans les yeux.

-De toute manière, tu n’as pas besoin de ma permission, ajoutai-je précipitamment face à l’intensité du regard. Mais … je ne sais pas, si tu as besoin de ma bénédiction, je te la donne. Fais changer Selwyn, dans le bon sens.
-Je vois … Mais je te jure, Victoria, tu serais surprise. Il est vraiment … intelligent, curieux, dévoué. Et il veut vraiment extraire tout le mal qu’il avait en lui.
-J’ai déjà entendu ça … de la bouche de Miles.

Je m’en voulus presque d’évoquer cela devant Octavia et détournai les yeux. Elle avait peut-être besoin d’épancher sur ses amours, mais ce n’était pas mon cas. Moins je parlais de Miles, mieux je guérissais. Fort heureusement, elle ne renchérit que pour dire :

-Ah, ça … Je pense que Bletchley a toujours un peu envié Ulysse pour être né dans une si grande famille, mais il n’a jamais été un petit chien à sa botte comme Warrington. Il le traitait en égal et je pense que c’est pour ça qu’Ulysse le respecte. C’était la seule personne de son dortoir avec qui il pouvait réellement communiquer, à intelligence égale. Même si d’après ses dires, de votre côté c’est Miles qui mérite mieux que toi … Oh, mais ne t’en fais pas ! rit-t-elle alors que je la fixais, outrée. Je lui ai répondu que toi aussi tu méritais mieux que lui.
-Merci de m’avoir défendue, maugréai-je, toujours un peu vexée.

Octavia s’esclaffa doucement, visiblement détendue après s’être enfin libérée de son histoire et s’être assurée que je n’avais rien contre sa nouvelle romance. Elle rangea tranquillement ses parchemins.

-Je ne sais pas ce que ça donnera, disons simplement que … je vais lui donner une chance. Et comme faisait partie de la future belle-famille, je suppose que tu mérites d’être au courant de l’avancement.
-Future belle-famille, gémis-je en me prenant la tête entre les mains. Mais tu sais que je les rencontre la semaine prochaine, en plus ? Juste avant mon premier match …
-Je sais, il m’en a parlé …

Ses sourcils s’étaient froncés et je compris qu’elle partageait mes appréhensions. Elle devait mieux connaître les Selwyn que les Bones à force de les cotôyer depuis l’enfance. Pourtant, elle se voulut rassurante :

-Julius est quelqu’un d’intelligent et il a l’air de vraiment aimer ses enfants et surtout Melania. C’est sa petite perle, il ne prendra pas le risque de la perdre.
-J’ai cru comprendre que c’était de la mère que je devais me méfier …
-Thalia est une femme de l’ancienne mode. Elle ne fera rien sans l’approbation de son mari. Tiens bon pour celle-là et qui sait ? Peut-être que je serais là pour te soutenir à la prochaine.
-Pour ton âme, je n’espère pas. Pour celle de Selwyn en revanche …

Octavia eut un sourire amusé avant de baisser le regard sur les parchemins qui jonchaient la table. Je les avais tous consultés un par un, m’étais imprégnée de l’idée de son idée, l’avait mentalement enrichi des miennes. Bien documenté et bien orienté, nous aurions un solide projet qui pourrait ouvrir les yeux aux sorciers sur la réalité de notre monde …

-Ulysse est d’accord avec tout ça ?
-Ça, on s’en fiche, cingla-t-elle avec une vergue qui lui ressemblait plus. Le plus important, c’est que toi tu le sois.
-Je le suis. Mais … Je te préviens, j’avancerais à mon rythme. Entre le Quidditch et … mes problèmes familiaux que tu as souligné.
-Je comprends, moi aussi je serais assez occupée. J’ai enfin trouvé un poste à la Coopération Magique internationale, à la section britannique de la Confédération Internationale des Sorciers …
-Waho, félicitations.

Octavia esquissa un sourire fier qu’elle parvint à gommer.

-Merci. Toujours est-il qu’on va devoir s’organiser si on veut le mener à bien, mais je pense que c’est jouable. On pourrait se tabler sur une réunion par semaine, par exemple ? Et voir comment on avance … (Elle parcourut la bibliothèque des Bones des yeux). Il y a déjà beaucoup à faire ici … Et essaie de travailler Simon, je sais que l’IRIS a une bibliothèque presque plus importante que celle de Poudlard.
-Harceler Simon … Mon activité favorite.

Le sourire d’Octavia se teinta légèrement de nostalgie et elle préféra embrayer sur les premières pistes sur lesquelles se concentrer et fixa notre première réunion au jeudi prochain. Pas de pression, pas d’obligation : nous travaillerons à notre rythme en fonction de nos différentes activités et nous verrions où nos recherches nos mènerons. Je la raccompagnai à la porte, le cœur léger d’avoir accompli quelque chose dans cette journée qui était censée être celle de l’oubli. Il n’y avait rien de mieux que l’activité, quelle qu’elle soit, pour vous éviter de cogiter. Octavia salua poliment Rose qui lisait dans le canapé – celui qui avait une vue sur la cheminée d’où sortirait Simon. Elle ne se leva même pas pour mener la jeune fille à la porte et une fois Octavia partie, je contemplai cette femme qui se morfondait dans ses inquiétudes, cherchant par tous les moyens comment occuper son esprit comme son mari le faisait avec sa loi sur la sécurité des sorciers. A défaut de trouver un véritable plan, je lâchai de but en blanc :

-Rose, vous pouvez être présente au dîner avec les Selwyn ?
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Oh pauvre Victoria ! Le premier entrainement avec les pros ! Mais ça finira vite par s'arranger ! J'espère en tout cas !

Oh oui, la rentrée de Simon !! Il est stréssé, le pauvre chou ! Et Victoria qui arrive pas à définir sa relation avec Simon :D :D :D Trop chous !

Et Olivia ! Trop cool comme idée ! C'est chouette d'avoir trouvé d'autres moyens de révoltes contre les Mangemorts et le ministère que l'Ordre du Phéniix. Un livre, c'est une super idée ! Je savais pas que la famille d'Olivia était aussi "noble", je pensais pas que c'était comme ça qu'elle s'était rapprochée d'Ulysse. C'était chouette d'ailleurs de découvrir leur histoire d'ailleurs.

Bref, Victoria va avoir un emploi du temps bien chargé du coup ! C'est chouette ! Mais j'espère qu'elles vont pas devenir des cibles des Mangemorts si elles arrivent à publier leur livre. On sait tous comment finit Charity Burbage. (j'avais jamais percuté qu'elle s'appelé "charité" d'ailleurs ! grave triste).

La rencontre avec les Selwyn, c'est le chapitre suivant alors ? Ca suffit le teasing, Perri :D :D Je sais pas si tu as remarqué mais je suis bien impatiente !
Non sérieusment bravo à toi, super chapitre ! Et hâte d'en savoir plus !

Alors ma fic, ça fait 5 ans que j'essaie d'écrire une fanfic originale sur la Next Génération, notamment sur Ted et Victoire mais j'arrête pas de tout recommencer à zéro pk je trouve une meilleure idée et que je me suis lassé de l'ancienne. Je dois être à ma 6ème version :D :D :D Mais celle là, je la sens bien. J'aborde vraiment des sujets qui me font plaisir, je m'inspire vraiment de ma vie et des gens qui m'entourent, de mes autres passions, etc
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

UNBELIEEEEEVABLE
J'en profite avant d'être à nouveau assommée par le travail
Et Clem et Anna, it's done (franchement si j'ai fait une faute sur deux mots d'anglais, je crains)
si je veux faire ma reloue, t'aurais dû dire "it's already done"
Mais ça reste viteuf bon ce que tu as écrit. Viteuf <3
Il venait de se recevoir le souafle sur la tempe
vu la tronche du Souafle, je pense qu'un "AHHHHHH SA RA** BORDEL DE" aurait été plus adéquat. Ou un évanouissement aussi.
-Les professionnels vont avoir besoin du terrain, il faut que vous dégagiez la place !
comment rappeler que eux, ne sont pas des professionnels :lol:
Arnold se précipita vers le sol pour attirer la balle démoniaque
HIT ME I'M A TARGET

Non mais c'est du grand n'importe quoi cette affaire de Cognard :lol: :lol: mettez-y des pics de fer aussi pendant que vous y êtes, la tronche du joueur en sera tellement rouge de sang qu'on pourrait la confondre avec un souafle
D’accord les américains ont injecté de l’argent, mais ça a été salutaire, le club était au bord de la faillite et dans les bas-fonds du classement.
ouais parce que les joueurs ont fait comme Rennes, ils ont refusé de faire baisser leur salaire
-Krum ? Tu le connais ? Sérieusement ?
Victoria: *gonfle la poitrine et fai tle sgros bras* ouaiiis baaah tu saiiis... un peu quoiii.. j'ai failli jouer avec luiii mais voilààà j'ai refuséé"
L’avantage quand on trainait avec Emily Fawley, Cédric Diggory ou Simon Bones, c’était qu’on n’avait pas à l’être et ça m’avait très bien aidé toutes ces années.
dis comme ça, on pourrait la comparer à Peter Pettigrow :lol: :lol:
Vanlerenberghe, prononça Eden
COUCOU JEUNE ANCETRE DE MOI
les Tireurs d’élite de baguette magique, ils disent qu’ils sont tous mobilisés … Ils vont l’arrêter
les Tireurs d'élite actuellement: "le dernier qui finit son fût de bière est un Strangulot HIHIHI"
Je me laissai aller sur le banc et décidai d’être sincère face à leurs mines interrogatrices
borf, après elle pourrait juste connaître le nom hein, suffit de lire les journaux :lol:
Moi je suis plus intéressé par le fait qu’elle connaissait « le neveu » d’Amelia Bones, intervint Arnold avec un sourire goguenard. Dis-nous tout sur ce « neveu », Victoria.
VOIIIIIILA des allusions wink wink c'est CA que je veux
C'est pas bien compliqué Perri pourtant !
Et pendant qu’ils s’ouvraient à moi, m’acceptant dans leur groupe, je m’étais dérobée.
MOUAHAHAHAA je vous espionne tous en fait et je rends des comptes à Voldemort. Mais croyez moi vous lui êtes absolument pas intéressant, LA BISE

C’était pourtant une question facile, pourtant je me retrouvai incapable d’y répondre
HEHEHEEH DOUBLE WINK
Ami ?
#friendzone
Frère ?
#...je préfère pas m'engager sur ce chemin là
Vous connaissez les Bones ?
*remonte la conversation jusqu'au moment où ils ont parlé des Bones* ouais, t'as tout écouté quoi :lol:
Attends j'ai déjà oublié, c'est quoi le lien Bones/Leonidas ? Genre c'est sa femme qui est cousine ou soeur avec Rose ou un bail comme ça ? J'ai oubliééé
Je le contemplai, un sourire aguicheur aux lèvres.
eh bah alors Vic ??




Non je deconne, j'ai changé le mot désabusé pour aguicheur


Oui bon j'ai des souhaits dans cette fanfic que tu décides de ne pas réaliser alors je prends la fanfic en main ! CA VA HEIN.
je voyais Simon stressé
j'ai lu "tressé", j'ai eu une image cheloue en tête
lasser tes chaussures …
c'est un talent ça, de réussir à ennuyer des chaussures (lacer Perri hahaha)
Je la réajustai sur ses épaules et me rapprochai pour nouer ses attaches d’argent
gloussement gloussement hihihihi
Simon se laissa faire
"le regard perdu sur les lèvres de Victoria, un frisson lui parcourant tendrement la colonne vertébrale"
Très bien maman
ahhhhh alerte syndrome d'Oedipe
Entre le "Frère ?" de Vic et lui son "maman", on est pas arrivés avec ce couple moi je vous le dis
Il frotta distraitement mon bras.
je m'accroche tellement à ces petits détails :lol: :lol:
… Te cache depuis des mois … Egoïste … Tu n’es pas la seule à avoir perdue une famille … Moi aussi j’ai le droit … Cassie ne t’aurait jamais …
ça serait pas la femme de Leonidas du coup ?

Attends wait, Octavia ne fait pas partie de l'Ordre on est d'accord ? Elle travaille où déjà ? Désolée je m'embrouille haha
Ca serait intéressant d'avoir une alliée dans le Ministère pour l'Ordre (on est d'accord c'est dans le ministère qu'elle travaille ?)
-Tu veux écrire un livre ?
-Toi et moi, oui.
alors. Comment dire ?

PAS LE TIME
Autrement, le projet d'Octavia est suuuuper intéressant ! On dirait moi et la Francophonie pour gérer les relations internationales, au lieu de se focaliser sur les intérêts étatiques haha
Il y a un cursus à l’université de Gloucester, je me demande si je pourrais prendre quelques cours …
Mais ?
MAIS ? :lol: :lol: :lol:
Je meurs, elle cherche à grapiller des instants de tranquillité entre l'Ordre et ses entraînements, et là elle veut prendre des cours en plus :lol: :lol: :lol:
-Je pense que tu mérites mieux qu’Ulysse Selwyn, Octavia.
oui bon après tu peux aussi la laisser faire sa vie hahahaha

J'aime trooooop ce discours d'Octavia, et le personnage qui apparaît vraiment au delà de son ancien comportement !!
un poste à la Coopération Magique internationale, à la section britannique de la Confédération Internationale des Sorciers …
YEEEEAH badaaaass
Par contre c'est quoi ce monde de sorciers où les jeunes ont des emplois hyper stylés dès le début ? C'est QUEL MONDE CA ???
celui qui avait une vue sur la cheminée d’où sortirait Simon.
petite info détail qui veut tout dire et qui meuble très bien la personnalité de Rose
-Rose, vous pouvez être présente au dîner avec les Selwyn ?
eh bah, toi qui voulais lui occuper l'esprit, a va la faire travailler cette affaire

C'était vraiment un chapitre super cool ! Y a eu du wink wink avec Simon enfiiiiiiinnnn hahahaha
Et le projet d'Octavia est top, j'adore, c'est tellement mon truc ce genre de projet et d'ambition ! Ca se voit qu'elle veut changer le monde un peu, et c'est une personnalité plus profonde d'Octavia qui émerge (après la fille froide, puis la fille fière mais qui s'ouvrait un peu) ! Ah et j'ai hâte de voir ce dîner du coup, et aussi un compte rendu de Simon sur son école ! Ca doit faire trop bizarre cet écart entre lui et Vic, genre elle elle est dans le monde du travail et lui il continue les études, pas le même rythme haha

Bref, super chapitre, bisous !!
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Bon, j'espère commenter le bon chapitre cette fois haha (aka le 5)
Tu arrêtes des souafles avec tes petites mains ?
Ca va la condescendance là
Le tour des cuisses, maintenant …
-Euh …
-Non mais ça ne va pas !
MAIS C EST QUOI CE MEC PERRI
J’avais remarqué que Rose passait ses journées à la maison, mais ce n’était pas pour autant qu’elle semblait aller mieux
Nous, confinés, savons que rester à la maison n'est pas toujours la meilleure option haha
J’avais failli m’étrangler devant le prix affiché en boutique
#MoiEtMonMariage
soit les directives du Ministères d’un violet qui approchait celui de mes cheveux
Hahaha j'avais oublié tiens, belle façon de le rappeler
Le soleil brillait dans le ciel, pourtant l’éclat de la rue avait ternie
Ca c'est une jolie phrase aussi
C’est un glacier du Chemin de Traverse … Pourquoi … ?
On a eu une explication à ça dans HP ? Me rappelle pas. Mais c'est vrai que c'est CHELOU
Il est hors de question qu’on laisse les Mangemorts s’approcher de nos cheminée, ma petite.
Bien vu Perri
Ils veulent faire écouter toutes les conversations qui passent par-là, notamment. Ça ne part pas de rien, c’est Croupton qui avait préparé cette loi lors de la première guerre …
Tu t'inspires des lois actuelles ? :lol:
L’événement avait mis le monde sorcier en émois : tout le monde achetait sa baguette chez Ollivander et les autres fabricants étaient de bien moindre qualité.
Le grand mystère de ma vie, y a-t-il seulement d'autres fabricants ??
Evidemment, tout était plus facile lorsqu’on faisait plus d’un mètre soixante-dix …
Sauf trouver des pantalons assez longs
Je sais très bien que la taille ne compte pas
Ahem
Mel mon amour ?
Moooow ça a l'air d'aller mieux entre eux
Ce n’est pas parce que tu as une baguette magique que tu sais mieux que nous ce qui est bon pour cette famille.
BIM BIM BIM il a pas tort en vrai, je comprends qu'il l'ait mauvaise d'avori été écarté de sa propre vie, quand Vic a demandé à Mel de rompre
ça restait humiliant de prendre dix buts en dix minutes
DUR

Ah oui ça recrute dans tous les coins la réserve
-Il n’empêche que celui-là je l’ai arrêté avec mon cochon-pendu …
STYLE
Je poussai un soupir en levant les yeux au ciel – bien plus haut que le ciel, à dire vrai.
Ooooh c'est trop joli
-Je suis outré mon minet ! rugit Arnold en levant sa batte.
Il est marrant lui :lol:
Là, ma grande, ce n’était qu’un avant-goût.
oh misère
Trop simple, ça, il va falloir que je lui trouve un surnom à cette gamine. Mini-Pouce ? Barbapapa ?
Pouahahahhaha
J'adore mini-Pouce!

Eeeeh c'et déjà fini
Bon c'était déprimant un peu la partie sur le Chemin de Traverse haha, mais contente de voir George reprendre du poil de la bête !
Hâte de voir la rencontre Selwyn-Bennet, ça promeut :o :o
Et c'était chouette de rencontrer les collègues de Vic, les garçons ont l'air vraiment sympa !
cochyo

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par cochyo »

Je veux un PDV Simon.
Ça doit être incroyable !
Super chapitre !
( faut inventer des journées de 36h pour vic par contre ... ( elle me les prêtera à l’occasion XD ) )
annabethfan

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Ecrire, c'est bien Marcus, mais n'écrivez pas pour être lu : écrivez pour être entendu.

- La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert
Qu'est-ce que j'aime ce livre *emoji yeux coeur*
Il venait de se recevoir le souafle sur la tempe et Eden s’écroula sur le manche de son balai, hilare.
Il est présentement décédé :lol:
Très drôle. Tu m’as fait une bosse, Black Swan.
J'aime ce surnom :lol:
Leonidas Grims venait d’y apparaitre et nous faisait de grands signes.
*sourire débile activé*
Les professionnels vont avoir besoin du terrain, il faut que vous dégagiez la place !
Ca fait tellement "bon les enfants amateurs là, bougez les pros, les vrais, arrivent" :lol: :lol:
Je déglutis nerveusement. Pour m’être pris un ou deux cognards à Poudlard et en avoir grandement souffert, je ne pouvais que craindre ces balles professionnelles plus lourdes et plus rapides.
Déjà que c'était pas la joie elle va finir avec trois commotions cérébrales :lol:
Elle était loin, mais paraissait élégante avec sa robe émeraude et ses longs cheveux bruns.
Je sais pas comment mais j'ai su à la seconde que c'était Lysa ^^
Je ne sais pas, avant les Tornades c’était des petits mais du panache. Là, j’ai l’impression qu’ils n’ont plus d’identité … Que ça devient un club de mercenaire.
Ca va Perri l'inclusion des débats footballistique ? :lol:
-Krum ? Tu le connais ? Sérieusement ?
Oupsie pas discrète :lol:
"Oui je le connais, on a débarqué dans l'appart de mon ancienne tortionnaire en Pologne tous les deux. On est des vieux baroudeurs"
L’avantage quand on trainait avec Emily Fawley, Cédric Diggory ou Simon Bones, c’était qu’on n’avait pas à l’être et ça m’avait très bien aidé toutes ces années.
J'aime bien cette phrase, elle remet en perspective Victoria et sa façon dont le monde la perçoit je trouve...
Il gardait peut-être des traces de noblesse qui rappelaient que nous n’étions pas nés dans le même monde, j’avais la conviction que ça restait quelqu’un de bien.
Damn right
Ça fait des mois qu’il essaie de la demander en mariage mais qu’il n’a pas le cran.
Ca me rappelle quelqu'un que je surnomme blaireau. Heureusement que ça s'est arrangé khjqdkjskl!!!
Si j’ai bien lu les journaux, votre première guerre a duré dix ans.
Dix ans ? Autant ?
Moi je suis plus intéressé par le fait qu’elle connaissait « le neveu » d’Amelia Bones, intervint Arnold avec un sourire goguenard. Dis-nous tout sur ce « neveu », Victoria.
J'ai le sourire du smiley wink wink :lol:
Il y avait des choses que je ne voulais pas expliquer, comme d’autre que je ne pouvais pas dévoiler.
Je trouve cette phrase très belle. Elle est simple pourtant, mais elle est bien écrite !
Mais c'est sûr que j'imagine pas Vic sortir "bon alors le week-end je me fais des missions de surveillance pour l'Ordre, c'est génial. Dimanche dernier je suis restée à observer un châtaigner qu'on suspectait d'être un mangemort déguisé" :lol:
-A ce point ?
-Quoi ? Non !
Quoi ? Si !
Maintenant que j’y réfléchissais, j’étais incapable de définir ce qu’était Simon pour moi.
Le doute commence !!!
Le président Grims venait d’apparaître dans l’encadrement la porte, ses mains plongées dans ses poches et ton éternel sourire aux lèvres.
Je suis sûre qu'il écoutait depuis le début mouhahaha
Vous connaissez les Bones ?
-Ah … Euh, oui. J’habite à Terre-en-Lande comme eux.
-Je n’avais pas fait le rapprochement, souffla Leonidas Grims, comme pour lui-même, avant de me sourire de nouveau. Bien Victoria, je vous dis à mercredi.
Si tu savais comment je fangirl j'ai trop hâte qu'il ait la conversation avec elle où il lui avouera la vérité ^^
-Rogue ? Sérieusement ?
Notre réaction à tous oui...
et Harry bien sûr, évidemment, l’Elu … Tu verrais comment les filles bavent dessus maintenant, elles ne le trouvaient pas si séduisant l’année dernière.
La scène de Ron qui mange les chocolats/philtre d'amour de Romilda Vane ne cessera jamais de me faire rire :lol:
un prestigieux institut de recherche dissimulé au sein de la plus prestigieuse encore université d’Oxford.
Oh je savais plus si je savais ça, mais c'est une idée de génie !!!
Je la réajustai sur ses épaules et me rapprochai pour nouer ses attaches d’argent à sa gorge. Sa poussée de croissance avait cessé, observai-je, rassurée qu’il n’ait qu’une demi-tête de plus que moi. Il avait poussé la bienséance à mettre du parfum, des effluves légères qui me chatouillaient les narines. Simon se laissa faire, sans doute trop angoissé pour protester.
Tout est iconique là !
Elle lui attache sa cape, remarque son freaking parfum, et lui il bouge pas (trop angoissé tu parles, il grave le moment dans sa mémoire oui) :lol:
Il frotta distraitement mon bras.
Crois pas je t'ai pas remarqué Simon *smiley wink wink*
… Te cache depuis des mois … Egoïste … Tu n’es pas la seule à avoir perdue une famille … Moi aussi j’ai le droit … Cassie ne t’aurait jamais …
Je me demande honnêtement qui c'est...
(Ok j'ai continué le paragraphe mais je viens d'avoir une supposition donc je la mets là : ça serait pas Lysa ? ^^ Le ton vindicatif et le Cassie me mettent sur cette voie.)
-Stan Rocade ?!
Notre réaction à tous oui bis.
mais c’est que ce que notre gouvernement appelle « une excellente gestion de la crise »,
Ah Castex a pas dit ça ce soir aussi ? :lol:
-Tu veux écrire un livre ?
-Toi et moi, oui.
Il est loin le temps où elle râlait d'avoir Vic en partenaire ^^
e Code Internationale du Secret Magique volant en éclat – les mêmes arguments qui avaient sensibilisé sous Grindelwald … Certains sont prêt à fermer les yeux sur la magie noire, juste pour un peu de pouvoir en plus.
Tu le décris tellement bien. Vraiment je pense que je l'ai répété vingt fois mais plus on avance dans la guerre, plus tu l'as penses et l'analyse dans l'histoire même et c'est tellement intéressant !
Ce ne sont pas les sorciers qui ont inventé les radios, l’appareil photo ou les tourne-disques, c’est une technologie qu’on a volé puis ensorcelé. Un jour, on volera aussi les cinémas ou les télévisions, ce n’est qu’une question de temps.
Eh mais vraiment c'est juste passionnant !!!
-Je pense que tu mérites mieux qu’Ulysse Selwyn, Octavia.
Voilà le secret est dévoilé haha! Mais en vrai j'aime bien moi le couple Octavia/Ulysse ^^
Avec Simon, tu as tort, il a des idées très arrêtées
Well, Victoria peut être butée aussi, elle est peut-être la seule qui peut lui tenir tête d'ailleurs :lol:
Même si d’après ses dires, de votre côté c’est Miles qui mérite mieux que toi
Bam :lol: Mais en vrai c'est pas faux... Pas mériter je pense, mais Miles et Victoria ça n'auraient pas été correct pour lui si ça avait continué.
A défaut de trouver un véritable plan, je lâchai de but en blanc :

-Rose, vous pouvez être présente au dîner avec les Selwyn ?
Nan mais ce dîner va être iconique :lol:

Super chapitre !!!
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

HOLA ! Comment ça va ?
Bon je n'ai pas grand-chose à dire à part que le biathlon me manque mais qu'il revient mercredi POUR LES CHAMPIONNAT DU MONDE HIII et que j'attendais trop la neige cette nuit mais j'ai eu que quelques flocons grr.

Réponse aux coms :

Anna' : encore une fois c'était génial, merciiiii

Coch : tu veux un PDV Simon? Tu seras peut-être exaucé ... Et merciii pour ton com !

Clem : Tu m'as fait étouffer de rire sérieux, je tiens à le rappeler

Chloé : Merci pour ton commentaire, comme à chaque fois il est génial et j'adore ton enthousiasme ! Pour la rencontre avec les Selwyn, je sais que je la tease beaucoup et normalement elle devait être dans le chapitre que je vais poster ... Mais malheureusement, c'était trop long et j'ai dû le couper en deux ... Sinon, trop contente que l'idée du livre te plaise, c'est vraiment pour prouver comme tu l'as dit que la lutte a plusieurs formes !
Et pour ta fanfic', je me souviens que tu m'en avais parlé, une fois ! Je suis contente que tu n'aies pas abandonné l'idée, j'espère que ça se fera ! :D


Maintenant chapiiitre bonne lecture !



***



Après beaucoup d'années où le monde m'a offert beaucoup de spectacles, ce que, finalement, je sais de plus sûr sur la morale et les obligations des hommes, c'est au sport que je le dois.

- Albert Camus
***


Chapitre 9 : Jeu, dupes et match.

-Qu’est-ce que c’est ?

J’observai l’image que Lupin me collait sous le nez, celle d’une vieille zone de grande surface désaffectée et dont les mannequins qui hantait la vitrine faisaient froid dans le dos. Comme pour les trois précédentes, je dus admettre mon ignorance et Lupin la montra à Simon qui répondit immédiatement :

-C’est Ste Mangouste.
-Vous avez caché un hôpital là-dedans ? m’indignai-je, tant l’endroit paraissait miteux. Et comment tu peux savoir ça ?
-J’y suis allée à neuf ans, je me suis fait mordre par un gnome de jardin.
-Oh pauvre petit chou, railla Fred alors que George s’esclaffait. Tu sais ce qu’on en fait des gnomes de jardin ? On joue à qui le lance le plus loin. On voulait essayer avec Bennett, mais chose miraculeuse : il semble qu’elle soit trop grande pour l’activité.

Je levai les deux doigts pour faire un signe obscène de la main, ce qui redoubla le rire des jumeaux. La séance d’aujourd’hui était la plus tranquille et la plus apaisée depuis le début. Sans doute parce qu’elle était très théorique : le but était de reconnaître les lieux socles de la communauté sorcier. Le Ministère, Ste Mangouste, le chemin de Traverse, la résidence de Scrimegeour et même quelques lieux de société comme des clubs ou des bars fréquentés par les sorciers. Quelques coups furent frappés à la porte de l’appartement des jumeaux et Fred ouvrit à une Renata à moitié enveloppée dans une cape d’invisibilité. Elle la lui tendit avec un faible sourire.

-C’est pratique. Mais j’ai transplané à presque un kilomètre de la résidence du Ministre, j’ai dû marcher un peu …
-Au moins maintenant tu sais où c’est, la rassura Lupin avec un sourire indulgent. C’est important que vous sachiez vous réparer dans la carte sorcière : parfois les missions sont imprévisibles et un indice peut vous mener rapidement à l’un de ses endroits… George, à toi. L’entrée du Ministère.
-C’est pour que je fasse de l’exercice ? railla George avec une grimace.

Vous venions de l’apprendre : le Ministère avait lourdement renforcés sa sécurité. Face à la menace qui pesait sur les cheminées, seuls les hauts fonctionnaires pouvaient connectés la leur aux locaux. L’entrée officielle était protégée sur un rayon de près de cinq cent mètres qui interdisaient les transplanages et expliquait que George doive trouver l’entrée à pied. Il prit la cape délaissée par Renata et s’en drapa d’un geste somptueusement royal avant de sortir. La jeune fille reprit sa place et pointa la photo que Lupin tenait toujours.

-Ste Mangoust, récita-t-elle sur le ton d’une bonne élève avant de se tourner vers Fred. Quand j’aurais mon premier salaire, je vous achèterais sans doute l’une de vos capes. Elles sont de belles factures je trouve …
-C’est pour ça qu’elles sont à cent quarante-neuf Gallions et neuf Mornilles.

Renata grimaça. C’était une certaine somme pour n’importe quelle bourse. Simon leur jeta un regard torve.

-Et vous ne faites même pas de prix pour nous et la bonne cause ?
-Un prix pour toi ? demanda Fred, l’air amusé. Avec tout l’or qui doit dormir chez les Bones ? Rêve, va, ça te va bien. Et pour info, tu payes pour Bennett, aussi.
-Pourquoi ?
-Parce que j’ai décidé que vous faisiez un lot.
-Ça ne veut pas dire qu’il m’entretient, rétorquai-je, piquée au vif. Si je dois payer, je le ferais toute seule.

Je me retranchai dignement derrière une carte de Londres. Simon venait de lever les yeux au ciel d’un air désabusé et cela m’avait agacé. Des petites croix d’encre rouge désignaient les différents lieux de société que nous aurions à reconnaître quand les vertes indiquaient les institutions. Je me désintéressai vite de cela pour glisser sur les monuments importants de Londres. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Incroyable qu’en dix-huit ans de vie je n’aie pas visiter une seule fois la capitale … Quel anglais n’avait pas fait son pèlerinage à Buckingham Palace pour saluer la reine ? Et toutes les infrastructures culturelles … Londres, c’était le savoir. Je passai un doigt gourmant sur la National Gallery sur Trafalgar Square et baissai brusquement la carte pour fixer Simon. Il dressa un sourcil, surpris de l’attention.

-Quoi ?
-On n’irait pas faire un musée un jour ?
-Quoi ?
-Un musée. Tu sais, les grands bâtiments avec les tableaux. Pas des tableaux, forcément. J’ai toujours rêvé de faire le British Museum.

Simon cligna des yeux, puis un sourire entendu retroussa ses lèvres.

-Avoue que c’est une vaste machination pour m’enfermer dans un sarcophage …
-Ah, ça je connais ! soupira Fred en mettant une main sur son cœur, l’air soulagé de pouvoir comprendre un mot de notre conversation. On en a vu en Egypte, quand on est allé visiter mon frère Bill. On a visité des pyramides …
-Vraiment ?
-Sérieux ?

Ma réponse et celle de Simon se télescopèrent et nous échangeâmes un petit sourire. Son regard s’était mis à étinceler à la mention des pyramides et il s’était redressé, l’air aux aguets. Nos intérêts divergeaient – lui la magie qu’elles renfermaient, moi leur histoire – mais notre fascination restait la même. Fred eut l’air amusé d’avoir ainsi provoquer notre curiosité.

-On a essayé d’enfermer mon frère Percy dans l’une d’entre elles, si tu veux un tuyau, Bennett.
-Et ton frère Bill, il faisait quoi en Egypte ?
-Briseur de sorts pour Gringrotts.
-Tu t’entendrais bien avec, évalua Lupin avec un mince sourire à l’adresse de Simon. Vous avez la même élégance magique, si je puis dire.
-Oh je vous en prie, râlai-je en abaissant définitivement ma carte. Ne flattez pas son égo, je prends tellement soin à le dégonfler !
-C’est toi qui vas finir enfermer sous une pyramide, rétorqua sèchement Simon.

Lupin éclata de rire et Renata daigna esquisser un sourire. Elle s’était éloignée et je vis de la brume blanche se dissiper de son coin. Je penchai la tête, intriguée.

-Tu veux de l’aide ? proposai-je charitablement.
-Pour créer un patronus ? répliqua Fred à sa place, la commissure des lèvres relevée en un sourire ironique. Il faudrait que tu aies le tien Bennett non ?

Je levai les sourcils, indignée et glissai de nouveau mon regard vers Simon. Il me fixait calmement, son bras négligemment plié sur son genou, un pâle sourire aux lèvres. Quelque chose dans l’étincelle de ses yeux me défiait silencieusement. Et comme je n’avais jamais su résister à un défi lancer par Simon, je m’exécutai :

-Spero patronum.

Je craignis l’espace d’un instant que mon expérience tourne au court, mais ce fut bien un petit colibri argenté qui jaillit de ma baguette et s’éleva dans la pièce en battant frénétiquement des ailes. Lupin se redressa subitement, interloqué et Renata écarquilla les yeux. Mais Simon comme moi fixions Fred, qui suivait l’oiseau du regard, bouche bée. La surprise passé, Lupin éclata d’un rire tonitruant et communicatif.

-Et qu’est-ce que tu dis de ça ?
-Que je vais laisser Bones se moquer de Bennett, maugréa-t-il en se refrognant dans son fauteuil. Il fait ça mieux que moi !
-Amen mon frère, se réjouit Simon avec un sourire sarcastique.
-Mais il est tout petit, s’étonna Renata.

Elle tenta de l’effleurer du bout des doigts et la lueur argentée du patronus se refléta spectralement dans ses lunettes. Mais le petit oiseau reprit aussitôt son envol et virevolta du côté de la tête de Simon. Il souriait toujours, avec une teinte de fierté qui me mit le rouge aux rouges.

-Ce n’est pas la taille qui importe, c’est l’éclat.
-Et niveau éclat, il est plutôt pas mal, confirma Lupin avec l’analyse bienveillante du professeur. Fantastique Victoria … (Son regard se baissa sur Simon). Bon, toi, je ne te demande pas …
-Je ne voudrais pas éclipser Vicky.

Je roulai des yeux mais ne pus empêcher un sourire fier de fleurir sur mes lèvres. Je me souvenais encore de la première fois où je l’avais créé, dans la salle commune de Poufsouffle, après une soirée éprouvante en plein cœur des ASPIC où j’avais rallumé l’espoir d’un chant. L’un de mes plus beaux souvenirs de ma scolarité, sans doute.
Renata continua de suivre de colibri avec envie et je finis par le laisser voler dans la pièce. Il semblait donner des inspirations, car Fred s’essayait également. La pointe de sa baguette dégageait énormément de brume, mais une brume sans consistance, voilée et transparente qui peinait à luire comme le faisait celle de Renata. Les deux étaient encore loin d’une forme et quand je vis un pli soucieux apparaitre entre les sourcils de Lupin, je compris que ça commençait à devenir un problème. La faute aux lacunes de l’enseignement d’Ombrage …

-Pourtant, Harry a essayé de m’apprendre, marmonna Fred au bout de la troisième tentative infructueuse. Je ne comprends pas … J’ai tellement de souvenir …
-Il n’y a pas que le souvenir. Il y a la détermination et la puissance magique qui entre en compte. Il faut se concentrer, se laisser imprégner et surtout s’exercer. Ne désespère pas.

Il tapota l’épaule de Fred avec confiance. Je me glissai à côté de Simon, qui n’avait pas pris la peine de faire apparaître le sien. Magnanimité envers ceux qui n’y parvenait pas, nonchalance ou volonté de me laisser dans la lumière, je ne saurais le dire. Il fixait mon colibri qui continuait de visiter le grenier des jumeaux et baignait la pièce dans une douce lueur d’argent.

-Je serais curieux de savoir quel souvenir tu utilises pour qu’il brille comme ça, souffla-t-il. Même le mien ne brille pas autant …
-Jaloux, Bones ?
-Un peu oui.

Qu’il l’admette si facilement m’interloqua et je le lorgnai du coin de l’œil. Il ne paraissait même pas amer, juste perplexe. Dans ses yeux dansaient la belle lueur de curiosité et de vivacité qui s’allumait dès qu’il parlait de la magie.

-Ce n’est pas un souvenir, c’est plus … un sentiment, explicitai-je. Que j’en suis capable, tu sais ? Que malgré tout ce qu’on m’a dit, je vaux quelque chose. Que je peux être fière de ce que je suis.

Ma bouche se tordit et je coinçai nerveusement une mèche folle derrière mon oreille. Je n’avais jamais exprimé cela à voix haute. Jusque-là, le colibri était la seule émanation de mon acceptation de moi, dans mon entièreté. Je sentis le regard de Simon se détacher du patronus pour se planter sur moi et cela renforça assez mon malaise pour que je change de sujet.

-Il va falloir que je m’imprègne de ça pour ce week-end …
-Ce week-end ?
-Mon premier match.
-Oh.

Il papillonna des yeux, comme s’il émergeait d’un rêve. Je me trémoussai et tentai d’ignorer la boule de nervosité qui grossissait dans mon ventre à la perspective. Mon premier match comme professionnel, dans le plus vieux stade de Quidditch d’Angleterre, la Lande de Bodmin. Il y avait de quoi avoir la pression.

-Tu vas venir ?

Je n’aurais pas voulu être si frontale, mais la nervosité semblait réduire mes filtres à néant. Simon ne parut pas s’en formaliser – après tout, je venais juste de le menacer de l’enfermer dans une pyramide.

-C’est quand ?
-Samedi matin.

Ses lèvres esquissèrent une moue peinée et mon cœur se serra.

-J’ai cours …
-Un samedi matin ?
-Initiation à la recherche magique. On n’est plus à Poudlard, Vicky.

Il paraissait sincèrement peiné de m’abandonner dans cette nouvelle étape de ma vie mais également enthousiaste en évoquant cet enseignement. Pour avoir lu sa maquette, je savais qu’il s’agissait de véritable pratique, d’expérimentation en enchantement tel qu’il n’avait jamais pu en rêver à Poudlard. Je me forçai à sourire.

-Cool. Tu l’attendais ce cours, non ?
Un petit sourire s’étira sur les lèvres fines de Simon.
-Tu veux vraiment faire semblant ? Avec moi ? T’es mignonne, dis donc. (Il poussa un soupir et laissa sa tête partir vers l’arrière). Mais je te jure, si j’avais pu, je serais venu. Je n’ai pas vu tous ces matchs pour ne pas voir comment tu as fini …

Je lui flanquais un coup de coude qui n’avait absolument rien d’agressif et lui arracha même un petit rire. Prise entre angoisse et mélancolie, je fus presque tentée de poser ma tête trop lourde sur son épaule. Mais le regard de Lupin se portait trop régulièrement vers nous, comme pour vérifier que nous ne nous étripions pas. J’essuyais un petit rire. Il y avait longtemps que vous avions passé ce stade. Comme pour m’approuver silencieusement, je vis le doigt de Simon glisser sur le parquet pour effleurer le mien. Une infime, discrète mais agréable preuve de soutient qui redonna de l’éclat à mon colibri.

-Mais en tout cas, évidemment que tu peux être fière de toi, Victoria Bennett. Essaie seulement de t’en souvenir sur ton balai, d’accord ?

***


C’était plus facile à dire qu’à faire.

Les Frelons de Wimbourne était une équipe emblématique du championnat, rendue populaire dans les années soixante-dix pour ses performances exceptionnelles menées par un certain Ludovic Verpey. Club du sud de l’Angleterre, elle s’entrainait la mythique Lande de Bodmin, terre ancestrale de Quidditch. Ce qui expliquait sans doute qu’en entrant sur la pelouse de ce stade à l’allure hors norme, les joueurs de la réserve des Frelons semblaient moins impressionnés que je ne l’étais.
J’avais l’impression d’être entrée dans une bulle dès le moment où j’avais ouvert les yeux le matin même. J’avais pris un déjeuner modeste sous le regard inquiet de mes parents, subi la présence de Simon jusqu’au moment où je transplanais au centre Pumpleton, la base de mon équipe. Après un bref échauffement, Dalia nous avait mené à la grande cheminée au fond du bâtiment administratif et nous étions tous partis, balai et sac d’affaire en main, à la Lande de Bodmin. Pour être honnête, je n’avais pas écouté un traitre mot du discourt ardent de mon entraineuse. En revanche, j’avais senti la tendre accolade de Swan, entendu le trait d’esprit d’Arnold et perçu le sourire encourageant d’Eden. Swan avait rajusté le brassard de Capitaine qu’elle portait en qualité de plus ancienne joueuse et meneuse de l’attaque auprès d’Eden et de Xena. Joana, l’allemande à la mine revêche, jouait à son poste d’Attrapeuse alors que Cameron accompagnait Arnold à la batte. J’avais été rassurée de voir que beaucoup était dans le même état que moi : imperméable, concentrés sur le match au point d’en oublier le reste pour ne pas se laisser submerger par la pression. Même Cameron ne semblait plus si sûr de lui : les Frelons étaient connus pour former les meilleurs batteurs du championnat.

-On a répété le plan durant toute la semaine, vous savez ce que vous avez à faire, nous avait asséné Dalia alors que nous sortions de notre vestiaire, vêtus de notre robe bleue ciel frappé du double « T » marine. Eden, essaie de rester sur ton côté gauche et soit mobile autour de Swan, Joana n’oublie pas d’aussi regarder en l’air et Victoria … Bon courage.

Elle m’avait gratifié de tape sur l’épaule qui m’avait donné envie de rendre mon déjeuner. Je m’étais avancée dans le tunnel du stade de la Lande, lorgnant les Frelons – presque tous des garçons, plus grands que moi et faisant trois fois mon poids – en songeant que pour la première fois de ma vie, j’allais probablement enfin passer à travers mon anneau. Dommage pour lui, Simon ne serait pas là pour voir ça … La réflexion m’avait détendue et j’étais enfin entrée dans l’arène en reprenant la lumière.

-Et les quatorze acteurs entrent sur le terrain ! annonça une voix féminine qui semblait venir de partout et de nulle part. C’est parti pour le premier match de la saison à la Lande de Bodmin !

Laquelle était magnifique, je devais l’admettre. Plus vieux stade construit, ses gradins étaient en bois sculpté et certaines arrêtes se fondaient en des branches d’arbre dont le feuillage abritait les spectateurs du soleil. J’avais l’impression de me trouver au milieu d’une clairière ovale sur laquelle se déversait toute la lumière. Assis dans les tribunes officielles assignée aux Tornades, au-dessus du banc de touche occupé par Dalia et notre médicomage, Emma Spielman, le président Grims applaudissait notre entrée. Les gradins avaient été réduit de moitié pour la cession des réserves, m’avait appris Arnold. Nous attirions moins de monde que les équipes professionnelles. Pourtant, la capacité du stade devait être deux fois supérieure à celle de Poudlard et il était plein à craquer de supporters des deux équipes qui tranchaient bien l’espace avec leurs couleurs : bleues pour les Tornades, jaune et noire pour les Frelons.

Contrairement à Poudlard, nous devions tous nous serrer la main et je tentai de soutenir dans broncher les regards amusés des grands poursuiveurs des Frelons. Ils devaient avoir étudiés mon profil comme j’avais dû étudier le leur lors de la dernière quinzaine. James Whitman, un colosse anglais qui n’était certes pas fin techniquement, mais qui était également le plus à même de m’envoyer à travers mes buts. Jason Cooper, plus petit, mais capable de porter des tirs puissants et de longue portée. Tarje Boe, un norvégien d’apparence plus chétive que ses coéquipiers, mais promis à un brillant avenir en raison de sa précision au tir et de sa capacité exceptionnelle à garder un souafle. Tous les trois s’entreregardèrent une fois éloignés et je sus parfaitement interpréter leur regard.
« On va lui faire mordre la poussière à la naine ».
Mais oui. Tous les poursuiveurs qui étaient passés devant moi avaient songé la même chose. Jusqu’au premier match. Je pris une profonde inspiration et me forçai de m’imprégner des mots qu’avait laissé échapper Simon :
« Evidemment que tu peux être fière de toi. Essaie de t’en souvenir quand tu seras sur un balai ».
Swan me donna une grande claque dans le dos avant d’enfourcher son balai.

-Les supporters derrière les buts risque de « bourdonner », ne te laisse pas déconcentrer. Montre-leur que la taille n’a aucune importance, Mini-pouce. Bon courage !
-Dis à Xena de rester en arrière. Avec ses trois lascars, il ne vaut mieux pas que je sois le seul rempart …

Swan acquiesça, au moment même où l’arbitre de la rencontre siffla le début du match. Et alors que je m’envolais vers mes buts, j’avais l’impression que le somptueux décors autour de moi s’effaçait et qu’enfin, j’étais de retour à Poudlard pour jouer mon premier match de la saison avec Poufsouffle. Cooper n’était pas plus redoutable que Roger, tentai-je de me persuader alors qu’Eden avait mis la main sur le souafle. Whitman n’était pas plus massif que Warrington – et jamais je n’aurais laissé Warrington me faire passer par mes buts … J’étais plus inquiète de Boe, dont le profil était nouveau, différent de ce que j’avais pu rencontrer. Fort heureusement pour moi, c’était Whitman qui se présenta le premier devant moi et arma une frappe d’une trajectoire si prévisible qu’elle trouva mes gants sur son chemin. Des cris de rage et de déceptions des supporters des Frelons se firent entendre.

-Premier arrêt d’apparence facile de la nouvelle gardienne des Tornades, Victoria Bennett ! s’enthousiasma la speaker, que je réussis à trouver sur l’un des plus hauts gradins. Elle relance pour Vanler … Vanler … Son coéquipier belge !

Je vis Eden grimacer et lui faire payer la remarque en marquant un but en solitaire. J’eus à peine le temps de me sentir heureuse que Whitman avait déjà remis la main sur le souafle et s’élançait vers moi. Ils se passaient si vite la balle que je peinais à la suivre du regard et que j’en oubliais de surveiller les mouvements de mes adversaires. Cela me joua un tour lorsqu’au dernier moment, Boe lança à Cooper qui marqua dans mon anneau gauche.

-Egalité entre les deux équipes ! Bennett était complétement perdue sur ce coup, elle laisse l’occasion de revenir … Ah, sa passe à sa capitaine était approximative, elle perd ses moyens, pas facile de passer de Poudlard aux professionnels …
-Ne les laisse pas dire, reste concentrée ! me cria Swan avant de poursuivre Xena.

Mais Xena avait déjà perdu le souafle et Boe marqua d’une frappe si puissante que j’en poussai un cri de douleur lorsque la balle heurta ma main dans ma tentative de l’arrêter. Même les souafles étaient plus lourds – et les joueurs plus forts physiquement. Je massai mon poignet, mais Boe intercepta la balle dans l’entrejeu et marqua d’une frappe lointaine et je n’eus pas le temps de me jeter pour le sauver.
Tout allait trop vite pour moi et malgré tous mes entrainements, j’avais l’impression de redevenir la petite gamine de Poudlard qui ne croyait pas en sa force ou en son talent. J’en étais réduite à sauver un souafle de temps à autre de façon anormale – en me pendant à mon balai, en donnant des coups de pieds dedans … Tout ce que Dalia détestait, car ça laissait le temps aux poursuiveurs adversaires d’en marquer un autre. Au bout du dixième que j’encaissais, je hurlai à Swan, folle de rage :

-Bon sang, tu vois bien que je suis sous l’eau ! Pourquoi vous ne gardez pas le souafle ? Est-ce que quelqu’un défend au moins ? J’ai l’impression qu’ils sont tout le temps sur moi !
-Ce n’est pas qu’une impression, ricana Whitman avec un rictus mauvais.

Swan lui jeta un regard féroce et il fila à l’autre bout du terrain, un sourire satisfait aux lèvres. Derrière, j’entendais le bourdonnement incessant des supporters des Frelons, destinés à déstabiliser ma relance. Les lèvres pincées, Swan finit par hocher la tête.

-Je vais dire à Xena de rester derrière et aux Batteurs de viser les Poursuiveurs. Cameron préfère se concentrer sur l’attrapeur des Frelons …
-Si Joana attrape le Vif d’Or mais qu’on se prend une volée de but, ça nous fera une belle jambe !
-Alors fais ton job, rétorqué Cameron qui volait un peu plus haut. C’est toi qui es censé éviter une volée de but, non ?

Je braquai sur lui un regard ardent avant de prendre Swan à parti. Elle haussa les épaules, impuissante. Elle était peut-être la capitaine, mais il était évident que Cameron et Joana la méprisaient. Néanmoins, Xena se mit docilement sur l’entrejeu, prête à presser et à intercepter le souafle et j’eus moins l’impression d’avoir la tête sous l’eau. Je fis deux arrêts, Eden marqua deux fois : nous refaisions lentement notre retard. Arnold prenait soin de viser les poursuiveurs, mais se prenait chaque fois une remarque acerbe de Joana qui se trouvait découverte. Je savais que la stratégie était de lui laisser les clefs du jeu pour qu’elle attrape le Vif d’Or vite et éviter un match harassant face à une équipe connue pour sa rudesse, mais la seule alerte que nous avions eu émanait de l’attrapeur adverse et elle avait été sauvée in extremis par un cognard de Cameron. De toute manière, j’étais si occupée par mes buts que j’étais totalement déconnectée des jeux des attrapeurs. J’étais loin de mes standings de Poudlard, mais la présence de Xena pour freiner les adversaires me permettait de mieux m’organiser pour repousser les souafles. Je pris encore trois buts pour deux arrêts et à l’autre bout du terrain, Swan et Eden faisaient leur possible pour combler notre retard.

J’avais commencé à sentir les poursuiveurs des Frelons fébriles : même s’ils avaient l’ascendant sur moi, je sentais que je les déconcertais et qu’ils ne savaient plus vraiment où viser en arrivant devant moi. Je décidai d’accroître leur trouble d’un arrêt spectaculaire – et qui dût faire hurler Dalia d’horreur – me jetant presque à bas de mon balai pour avoir le souafle, puis en le repoussant du pied quand Boe tenta d’armer une seconde frappe. La balle écrasa son nez qui émit un craquement horrible et le sang se mit à couler abondement sur son visage. Son capitaine demanda un temps mort médical et nous nous précipitâmes sur le sol. Malgré son nez ensanglanté, le grand norvégien m’adressa un sourire.

-Pas mal, lança-t-il dans un anglais approximatif avant de laisser son médecin le soigner.
-Tu es folle ? s’écria Xena, estomaquée. Tu es chanceuse, certains arbitres auraient pu considérer ça comme une faute et ça aurait été pénalty !
-Si la seule manière que tu as trouvé de sauver tes buts c’est de nous mettre en danger …, poursuivit Cameron avec humeur.
-Et toi, tu étais où lorsque j’ai failli perdre ma course au Vif d’Or ? lança Joana à Arnold qui venait d’atterrir. Heureusement que Cameron lui a coupé la trajectoire !
-Mais tu n’as qu’à être plus rapide !

J’observai s’épanouir la dispute que j’avais provoqué et échangeai un regard déconcerté avec Eden et Swan. Ce n’était pas une équipe que j’avais devant moi, constatai-je, désespérée. C’était une somme d’individualité … La pauvre Xena qui me protégeait si bien se vit reprocher par Cameron de ne pas participer à l’attaque et Arnold fut rappelé à l’ordre pour Dalia en personne : l’important, c’était de protéger Joana et d’assurer les points du Vif d’Or. L’entraîneuse se tourna ensuite vers moi, le feu dans les yeux.

-Et veux-tu bien arrêter des arrêts dangereux et inutiles ? Tu nous fais perdre des points précieux !
-Les poursuiveurs ne savent pas comment me prendre, il faut que je continue à les déconcerter !

Je me mordis l’intérieur de la joue, consciente d’avoir été un peu trop violente avec elle. Elle m’observa longuement avant de jeter un coup d’œil aux adversaires. Ils chuchotaient en me lorgnant, l’air moins vainqueur que lorsqu’ils étaient entrés sur le terrain. Dalia se passa une main sur le visage, visiblement tiraillée.

-Les Batteurs doivent couvrir Joana, Xena assurer les points, alors dans ces cas-là laissez-moi carte blanche sur mon jeu, insistai-je d’une voix résolument plus calme. Je promets de ne rien faire de dangereux, juste de les déstabiliser pour qu’ils continuent à hésiter une fois devant moi. C’est pour ça que vous m’avez engagé, non ?
-Très bien, céda Dalia, l’air toujours indécise. Mais si tu te blesses dans tes manœuvres, Bennett, crois-moi tu n’es pas prête de revoir un match.

Elle s’en retourna immédiatement vers le banc de touche et je m’envolais vers mes buts, déterminée. Ils avaient tous l’intention de se comporter en individualité et de ne pas jouer en équipes, songeai-je avec une certaine amertume. Ce n’était pas ma mentalité, j’étais persuadée qu’une équipe solidaire et soudée était plus efficace et plus belle à jouer qu’une équipe bourrée de talent. Mais puisqu’il n’y avait personne pour jouer avec moi, il allait falloir que je ne pense qu’à moi … Alors dans les minutes qui suivirent, je fis comme à l’entrainement et pris les souafles les uns après les autres, tournoyant comme à Poudlard entre mes poteaux pour ne surgir qu’au dernier moment et botter le souafle en touche. Ça ne marchait pas toujours parce que précisément, je n’étais plus à Poudlard et les poursuiveurs en face de moi infiniment plus talentueux, mais au moins je me fis plaisir à jouer, à feinter, à faire des courses pour repousser le souafle d’un coup de pied rageur. Puis, aidée par les deux Batteurs qui coupèrent la route à l’attrapeur des Frelons, Joana remonta en piquet en tenant le Vif d’Or dans son poing, un sourire fier sur son visage. Sans fêter la victoire avec Cameron, Xena et elle, je me dépêchai de retourner vers le sol, éreintée, à bout de souffle. Le match avait duré près d’une heure et je n’avais presque rien vu du temps qui s’était écoulé tant j’avais toujours eu quelque chose à faire – un souafle à suivre ou à repousser. Une grosse main se posa sur mon épaule.

-Vraiment pas mal.

C’était Tarje Boe, le puissant poursuiveur des Frelons. Il m’adressa un sourire qui sonnait comme une promesse de revanche et rejoignit son équipe dépitée aux vestiaires. Nous avions réussi à gagner avec cent cinquante points d’avance – les points du Vif d’Or. La stratégie de Dalia avait été payante, mais j’avais un goût amer dans la bouche, mêlé à un peu de sang parce que j’avais pris un souafle en plein visage – ça lui avait évité de finir dans mes buts. Emma Spielman, notre médicomage, se précipitait d’ailleurs vers moi avec sa trousse.

-Allez, montre-moi ça … Hum, un beau bleu sur ta pommette, rien de grave, j’ai une pommade … Super match au passant !

C’était une femme d’une quarantaine d’année aux cheveux blonds comme les blés et au menton fuyant. Elle m’appliqua une pâte violette sur ma joue et je sentis la chaleur et la douleur se résorber lentement. Je fronçai les sourcils et lorgnai Dalia qui félicitait Joana.

-Vous trouvez ?

Les Tornades avaient beau avoir gagné, j’avais cette impression désagréable qu’à titre personnel, j’avais perdu. Personne, pas même Eden ou Arnold, n’était venu me voir en fin de match : tous s’étaient précipité vers notre sauveuse.

-Tu n’as pas été ridicule, me rassura-t-elle tranquillement. Dalia trouvera des défauts, Cameron te reprochera de ne pas avoir assez protéger tes buts, mais je trouve que tu as fait de ton mieux. Beaucoup craquent au moment du premier match professionnel, mais tu t’es battue et ça, Dalia a apprécié, sois en sûre.

Elle tapota doucement ma joue valide et m’ordonna de garder la pâte sur ma joue encore dix minutes. J’observai Joana faire un tour d’honneur sur son balai devant les supporters bleus des Tornades, extatiques. S’il y avait une telle foule pour la réserve, qu’est-ce que ça devait être au niveau professionnel … J’essayais d’imaginer le stade avec plusieurs étages de plus, des gradins plus remplis que ceux que j’avais devant moi et cela me donna une certaine nausée. Je n’avais réalisé que j’avais fait ce match devant tous ces gens … Que chacune de ses personnes anonymes avait vu tous mes échecs et auraient le loisir de les commenter en rentrant chez eux. Que demain dans les pages sports de La Gazette il y aurait un article qui résumerait le match et dirait un mot sur la petite gardienne désespérée qui avait tout tenté – et beaucoup raté. Mon cœur se mit à battre comme un oiseau effrayé dans ma cage thoracique et sans attendre, je rentrais dans les vestiaires, pressée d’enlever cette robe que j’avais l’impression d’usurper et d’aller passer mes nerfs en me moquant d’une héroïne de théâtre qui vivrait des aventures autrement plus dramatiques que les miennes. Peut-être même que j’ouvrirais la Gazette aux pages qui comptent pour me rappeler quels étaient mes vrais problèmes et que je commencerais à me pencher sur le projet que nous montions avec Octavia afin d’agir et d’avancer.
Parce qu’en terme de Quidditch, j’avais plutôt l’impression de régresser.
J’avais remis mes vêtements de moldus quand Leonidas Grims passa la porte du vestiaire, son chapeau à la main et l’air surpris de me voir ranger mes affaires.

-Victoria, vous ne participez pas à la fête ? C’est votre première victoire avec nous !
-Navrée, monsieur le président, répondis-je, penaude. C’est juste … Je ne crois pas que ma propre performance soit à fêter …
-Oh, vous êtes trop dure avec vous-même.

Il referma la porte derrière lui et s’assit à mes côtés sur le banc. Je le lorgnais, embarrassée, d’autant qu’il portait à sa bouche une cigarette qu’il alluma d’un coup de baguette. Il perçut mon regard et me présenta son paquet avec un sourire avenant. J’hésitai. En signant dans un club professionnel, je m’étais promis de ne plus toucher au tabac, mais le match avait été épuisant moralement et stressant pour mon organisme. Mes doigts tirèrent seuls la tige blanche.

-S’il vous plait, ne me dénoncez pas à Dalia.
-Ça ne me viendrait même pas à l’idée, assura le président en tapotant ma cigarette de sa baguette.

Le bout s’enflamma et j’en tirai une bouffée brûlante qui détendit absolument tous les muscles de mon corps. Il ne dit rien pendant longtemps, se contentant de fumer tranquillement et de tenter de faire des ronds avec sa fumée. Frustré par ses échecs, il agita sa baguette et ce fut un véritable navire à trois mats qui se dessina dans la brume grisâtre et qui s’évapora lorsque le président souffla dessus.

-Victoria, en réalité j’espérais vous parler seul à seule …

Je haussai les sourcils, prise de court par la confidence. Leonidas Grims avait perdu le sourire amusé qui le caractérisait normalement et son visage était empreint d’une certaine nervosité, ce qui expliqua sans doute qu’il tire une longue bouffée de sa cigarette.

-Jusqu’à présent je vous ai toujours croisé en présence de vos coéquipiers et je ne voulais pas vous embarrasser en vous prenant à part … Voilà … Je suis américain, certes, mais marié à une anglaise. Et dès que je vous dirais son nom, vous comprendrez pourquoi je voulais vous en parler.
-Vraiment ?
-Vraiment. Elle s’appelle Lysandra. Croupton, de son nom de jeune fille.

Je me figeai, glacée par le prénom qui sonnait en moi comme les échos d’un vieux songe. L’image d’une jeune fille brune et délicate à la droite de sa sœur aînée me revint en tête.
Bon sang, c’était là que j’avais vu la femme de Leonidas Grims. Sur la photo de mariage d’Edgar et Cassiopée Bones.
Monsieur Grims parut lire mon trouble sur mon visage car il eut un sourire penaud.

-J’en conclus que j’avais raison et que vous comprenez de quoi je voulais vous parler.

Je le fixai, en réalité sans comprendre réellement. Pourquoi voulait-il me parler de la sœur de Cassiopée … ? Puis brusquement, les liens se firent dans mon esprit et ma bouche s’assécha. J’en laissai ma cigarette s’éteindre entre mes doigts. Si elle était la sœur de Cassiopée, Lysandra était aussi la tante de Simon, au même titre que Rose Bones. Même bien plus que Rose, Rose n’était que la femme de son oncle quand Lysandra l’était par le sang …

-Vous voulez me parler de Simon. C’est cela ?
-C’est cela, confirma le président en hochant la tête, visiblement soulagé. Simon Bones, le fils de Cassie … le neveu de Lysandra. Le mien, par mariage.

Il tira une longue bouffée de sa cigarette. Je papillonnais des yeux, stupéfaite. Rose avait évoqué la sœur de Cassiopée, partie aux Etats-Unis rejoindre son mari … Mais je n’avais jamais imaginé que le destin ait pu placer le mari en question à la tête du club dans lequel j’avais signé … et si loin de l’Amérique. Je ne savais toujours pas quoi penser quand le président embraya :

-Je parlerais sans détour, Victoria. Mon épouse aimerait rencontrer son neveu et je suis venu vous demander de lui en parler.
-Je vous pensais aux Etats-Unis …

La phrase pleine d’incompréhension me valut le regard amusé de Leonidas Grims. Mais son sourire, lui, était plutôt dépité.

-Nous sommes revenus l’année dernière, quand Lysa a su pour la mort de son frère …
-Barty Croupton, réalisai-je en me souvenant de la mine revêche du directeur de la Coopération Magique. J’ai appris …
-Lysa a hérité d’une partie de sa fortune, l’autre héritier étant bien sûr le fils de son autre sœur, Simon. Ils ne s’entendaient plus depuis longtemps, ils ne se sont pas du tout contactés depuis que nous sommes retournés aux Etats-Unis après la mort de Cassie … Mais il demeurait son frère, sa dernière famille. Alors une fois les histoires d’héritages réglées et nos affaires en ordre à Boston, nous avons décidé de revenir en Angleterre. J’ai pris la présidence du club dont la famille était propriétaire depuis trois ans – bien qu’américain, j’ai toujours été un grand fan de Quidditch, j’y ai joué à Ilvermorny – et Lysa a cherché à prendre contact avec la dernière famille qui lui restait.
-Attendez …

J’étais perdue. Je comprenais parfaitement la logique de cette femme qui avait perdu toute sa famille en ces dernières années et qui avait été traumatisée au point de partir loin de l’Angleterre. Mais ce détachement total, cet exil m’interpellait tout de même. Je m’étais vaguement interrogée en découvrant la photo et l’existence de Lysandra : comment pouvait-on partir en laissant la dernière trace du passage sur terre d’un être aimé derrière soi ? Pour revenir quinze ans plus tard, qui plus est ? Et surtout …

-Pourquoi vous venez me dire ça, à moi ? m’enquis-je, troublée. Parce que vous avez entendu notre conversation la dernière fois ?
-Il y a de ça, admit Leonidas en inclinant la tête. Et puis, Lysandra a … Attendez, je vais vous montrer.

Il coinça sa cigarette au coin de ses lèvres et fouilla l’intérieur de son veston pour en sortir une enveloppe en papier kraft. Il me la tendit et j’en sortis un paquet de plusieurs photos. Je les parcourues, bouche bée. Ces photos m’étaient affreusement familières et pour cause, c’était mon enfance qui défilait sous mes yeux. Ou plus précisément, celle de Simon. Simon à quatre ans sur les bords du canal de Terre-en-Landes. Simon à six ans, deux trous dans la dentition qu’il tentait de cacher d’une main malgré Caroline qui le forçait à sourire. Simon figé sur cette photo moldue perchée sur les épaules d’Alexandre pendant que j’étais moi-même sur celles de Caroline. Notre première rentrée sur le quai de la voie 9¾, lui heureux d’enfin quitté le Gloucestershire, moi effrayée à l’idée d’être arrachée à mon foyer ...
Je poursuivis mon exploration, presque fascinée par cette vie qui me parvenait par flash, par image figée dans l’éternité et dans l’instant. Quelqu’un avait pris soin de permettre à Lysandra Croupton – Grims – de suivre l’évolution de Simon, de le voir grandir … et de percevoir qui était son entourage. Je restais de longue minute sur une photo qui nous représentait à quatre à l’âge de quinze ans, la seule fois où Simon, Emily, Cédric et moi avions été réunis pendant les vacances d’été entre notre quatrième et notre cinquième année.

-Vous étiez sur la plupart des photos, souffla doucement le président Grims alors que je fixai toujours le cliché, prise d’une vague de nostalgie. Sorcière comme moldue. Je ne vous ai pas reconnu … je n’avais même pas le nom de cette petite fille qui souriait à la caméra. Mais Lysandra a un meilleur œil que moi, elle vous a immédiatement située lorsqu’elle vous a vu sur le terrain.
-C’est pour ça qu’elle me fixait …
-Sans doute. Lysandra n’a jamais été franchement discrète … Je suis désolé si ça vous a inquiété.

Je me fis violence pour arracher mon regard à la photo de groupe et au sourire merveilleusement heureux de Cédric pour passer aux suivantes. La dernière me porta un ultime coup. C’était la photo de Simon et moi devant la maison des Bones, vêtus une dernière fois de nos uniformes. Elle avait à peine deux mois … Je baissai les clichés pour river mon regard sur le président.

-Pardonnez-moi, mais je ne vois toujours pas pourquoi vous m’en parlez à moi …
-Si vous êtes au courant, c’est que vous savez que Simon a … comment dire ça ?
- … Préféré considérer qu’il était le fils de George et Rose, je sais. Justement, c’est eux que vous devez aller voir, pas moi … Oh.

Leonidas venait de se détourner avec un ricanement amer. Il tira à nouveau une grande bouffée de sa cigarette et son pied battit nerveusement le carrelage. Je compris qu’ils avaient déjà demandé à George et Rose de voir Simon … et que la permission leur avait été refusé. Je sortis ma baguette et rallumai nerveusement ma cigarette pour aspirer les vapeurs toxiques mais détendantes.

-Ils n’ont pas voulu alors vous voulez passer par moi, verbalisai-je puisqu’il ne disait rien. Parce que vous avez vu sur les photos que j’étais proche de Simon.
-Si vous êtes d’accord. Sinon, Lysandra finira par fracasser la porte des Bones, ça fait déjà quelques semaines que je la retiens de le faire. Ce n’est pas la meilleure des manières de rencontrer son neveu …
-Ça non …

Non, ça serait même catastrophique comme première rencontre. Simon la rejetterait nécessairement, de part la façon dont elle s’imposait à lui mais également à cause de ce qu’elle était : la preuve vivante que sa mère avait été une personne vivante, qu’elle avait vécu, qu’elle l’avait aimé. Cassiopée était un souvenir infiniment plus douloureux qu’Edgar. Edgar, il pouvait facilement l’assimiler à George : même nom de famille, mêmes yeux verts, même chevelure auburn. Cassiopée elle, était étrangère, un fantôme qu’il ne pouvait rattacher à rien de concret, dissimuler nulle part. La voir se matérialiser sous les traits de sa sœur cadette … Seigneur, je le voyais déjà blêmir sous ses tâches de rousseurs.
Leonidas Grims semblait suivre le cours de mes réflexion tortueuses et osa poser la question :

-Il le pense vraiment, pas vrai ? Il est vraiment persuadé que George et Rose sont ses parents ?
-C’est compliqué, soupirai-je en baissant ma cigarette. Il a voulu s’en persuader, après est-ce qu’il a réellement oublié … Je pense que la vérité est toujours restée en embuscade dans sa tête et elle le prenait à la gorge chaque fois qu’il avait un moment de faiblesse.
-Mais il vous l’a dit ?
-Je l’ai deviné, en fait. Après l’évasion de Jugson …

Une flamme de colère embrasa les iris cobalt de Leonidas au nom de l’assassin de la famille. Ils étaient revenus en Angleterre au moment de la grande évasion de janvier dernier … Et si j’en croyais la description faite de Lysandra par le président, les murs avaient dû trembler.

-Mais ça va mieux, ajoutai-je pour éloigner le sujet de cet homme. Enfin, on travaille. Il arrive à admettre qu’ils sont ses parents depuis quelques semaines, que ce qui lui est arrivé … lui est vraiment arrivé.
-Donc il pourrait accepter de rencontrer Lysandra ?

Non, pensai-je immédiatement avec une certaine tristesse. Non, il se braquerait à la mention de cette tante dont je doutais qu’il connaisse l’existence. D’ailleurs, c’était sans doute parce qu’il le leur avait demandé que ses parents avaient refusé la rencontre … Simon devait savoir que sa tante était en Angleterre. Je serrai le poing qui ne tenait pas la cigarette, subitement furieuse. Je revoyais le sourire de défi, fin et mutin qu’il m’avait adressé dans le grenier des jumeaux et mon ventre s’en tordit douloureusement. Encore quelque chose qu’il m’avait caché …
Quand allait-il cesser de se dissimuler ainsi à moi ?

-Je vais lui en parler, promis-je entre mes dents sans pouvoir contenir la rencoeur dans ma voix. Mais je ne vous promets rien.
-C’est déjà beaucoup … Merci, Victoria.

Leonidas écrasa sa cigarette sur le bord du banc et fit disparaitre les cendres et les mégots d’un coup de baguette. Puis il arracha celle que j’avais coincé pensivement au coin de mes lèvres avec un sourire moqueur.

-Et je vous prends ça avant que Dalia ne vous prenne en flagrant délit. Je vous remercie de m’avoir écouté, Victoria et je vous revoie lundi pour le débrief du match … Je vous ai trouvé battante, une véritable lionne.
-Monsieur le président, l’interpellai-je alors qu’il se levait pour sortir. Pourquoi Lysandra a-t-elle coupé tout contact ? Je veux dire, Simon va forcément m’opposer cet argument … C’est gentil de revenir quinze ans plus tard mais … c’est trop tard.

Leonidas eut un triste sourire et il parut brusquement les soixante ans qu’il devait avoir : son visage était las, creusé, fatigué. Il remit lentement son chapeau sur ses cheveux où le sel commençait à l’emporter sur le poivre.

-Lysa … Lysa n’est pas une battante comme vous l’êtes, Victoria. La mort de Cassie dans ses circonstance … ça l’a brisé. Alors une fois certaine que son neveu serait en sécurité et bien traité – nous avions même offert à George et Rose de nous suivre aux Etats-Unis – nous avons préféré partir. Pour nous préserver, pour guérir. Pas très téméraire ni altruiste … mais humain, je suppose, lorsqu’on est confronté à ce genre de drame. Et quand la guérison a été faite, comme vous l’avez souligné … il était trop tard.

Il me salua d’un hochement de tête et s’en fut, me laissant seule dans le vestiaire avec cette information et ma colère contre Simon qui persistait. Mon regard tomba sur les photos qu’ils m’avaient laissé et mes doigts se crispèrent sur son visage souriant, comme si je pouvais enfin lui crever les yeux en perçant cette image.
Après mon match mitigé, j’avais éprouvé le besoin de me recentrer et Leonidas avait rempli le rôle à merveille. Le rappel de la guerre avec la mort de Cassie et cette partie de Simon qui malgré les discussions, malgré mes rappels de mon soutien, malgré mon acharnement à le guérir de cette situation, m’échappait toujours. Dieu que c’était difficile d’attraper un fantôme … Et cela faisait bouillonner au creux de mon estomac un mélange intense de colère et de déception et cette intensité me fit momentanément tourner la tête.
Quelque part, je me disais que c’était anormal, sans réussir à me dire en quoi ça l’était.
A côté de ça, le Quidditch, mon métier, ma passion, faisait bien pâle figure.




Voilà voilà ! J'espère que ça vous a plu et que le début de partie de manière générale vous plait - j'ai consciente qu'il est assez lent ...

A dans deux semaines !
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Yes super chapitre ! Je m'en souviens plus très bien, je l'avais lu à sa sortie mais je me rappelle qu'il m'avait beaucoup plu !

Le premier match de Quiddich, enfin !!! T'as géré comme d'habitude !! Il y avait des suspens, Vicoria était, évidemment, en difficultée mais elle s'est bien battue ! J'étais tellement frustrée que chacun joue perso ! C'est tellement plus beau un beau jeu d'équipe !

Le début étaait super aussi, l'entrainemet de l'Ordre. Vic qui gère le Patronus ! Pourquoi avoir chosi un colibri d'ailleurs ? Juste pk c'est petit et mignon où il y avait une autre raison ? J'aime tellement réfléchir à des Patronus pour des personnages ! Personellement je suis frustrée de mon test sur Pottermore où j'avais eu une libellule (youpi ! ). Mais askip, effectivement la taille des Patronus n'a rien avoir avec la puissance !

Simon et Vic sont tellement proches, encore une fois ! La pauvre, elle est déçue qu'il ne vienne pas à son match ! Et lui est triste de le rater ! Ils sont trop mignons, je fonds
cochyo

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par cochyo »

Absolument GÉNIAL
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Puisque le fiancé est en train de regarder des vidéos débiles à fond dans mon salon, je vais commenter hein haha (oui pour qui lirait ça et s'étonnerait d'entendre parler de mon fiancé -> si vous voulez le voir, on est dans un clip : https://www.youtube.com/watch?v=XHsy_hOkV8s
Allez ciao j'arrête ma pub :lol: )

DONC chapitre 6 c'est parti
Généralement, je prolongeai chaque entrainement avec Eden,
J'aime bieeeen leur relation, ça c'est sport
mon autre vie s’était de nouveau réveillée sous la forme d’une lettre de Fred Weasley m’invitant à déjeuner un dimanche dans sa boutique
OUUUUH Ca promet !

SIMOOOOOOOOOOOOOOOOOOON j(ai l'impression que j'ai cette réaction à chaque fois qu'il apparaît, et à chaque fois que Susan apparaît aussi)
Ce matin même, je m’étais arrangée pour entrer la première dans sa chambre, le réveiller à l’aide d’une casserole et une cuillère de bois et lui offrir Douze moyens infaillibles de séduire une sorcière.
Je meurs :lol: :lol: J'espère qu'il va utiliser ces douze moyens sur Victoria et qu'elle va s'en rendre compte, ce serait vraiment marrant :lol:
Et je ne suis pas sûr d’être aussi bon en voiture qu’en transplanage.
Oui ça demande un peu plus de compétences que direction, détermination et ... Discipline ? C'est quoi le dernier ? J'ia raté mon permis je crois :lol:
-Un leurre explosif, expliqua-t-il devant la mine perplexe de Simon. On vient de les mettre au point,
Ca me parâit tellement évident, l'existence des leurre-explosif, ça me fait bizarre qu'ils viennent juste de les inventer haha
Ne vous isolez pas. Ne pensez pas que vous êtes seuls.
Traduction = ne faites pas comme Peter
Haha j'ai trop aimé ce petit focus sur la chuassure de Simon, va savoir pourquoi ; j'imagine que c'est ce qui donne de la vie à ton récit aussi !
là tout de suite je ne donnerais le feu vert qu’à l’un d’entre vous et vous seriez surpris du nom.
Je vote pour Renata !
il éprouvait visiblement des grandes difficultés à ne pas prononcer ses formules et j’étais plus agile que lui.
Wep, j'imagine que cette dernière année sacrifiée à Poupou a fini par avoir des conséquences :lol: Plus sérieusement, j'aime beaucoup que tu explores cet aspect des jumeaux, parce qu'à part pour leurs expériences, leurs qualités magiques ne sont jamais évoquées !
Encore plus intéressant leur symbiose dans le combat à 2 contre 2 !
Lupin était étrangement souple et dynamique pour un professeur qui semblait passé la majorité de son temps dans les livres
Il fait du yoga dans son salon, comme tout le monde
Elle avait trouvé une place d’apothicaire dans une boutique du Chemin de Traverse mais avec ce qui se passe le propriétaire a pris peur et pense à fermer boutique …
oh non ! C'est fou comme ça résonne avec la situation actuelle :?
Et je vous jure, cette mission avec James Potter, j’ai cru qu’on allait tous y passer, je n’ose imaginer ce qui se serait passé si Maugrey en personne n’était pas intervenu
Pouehehhee ils ont dû se faire engueuler :')
J’évite de lire les journaux pour ne pas trop désespérer …
"Hein ? Confiquoi ?"
-Cet après-midi avec vos amis… Il s’est bien passé ?
"On s'est bien battu :D " Pauvre Rose
-Mais vous n’en faisiez pas partie, Simon et toi …
Le plus gros défi de Perri pour la partie 2 :lol:
Simon n’est pas assez mûr, il n’a pas la tête assez froide pour entrer dans ce genre de groupe.
OUPSIE

Elle me soûle Caroline :lol: Chais pas, elle est un peu méprisante avec Simon je trouve

Par contre je viens de noter mais: j'adore qu'il y ait la famille ET Victoria, normal quoi :lol:
et la chemise toujours boutonnée.
Dommage
Ahem
-J’ai l’âge que Matthew avait quand il est mort.
AH
J'avoue, ça m'angoisse
Non pauvre bébé il me donne envie de pleurer (pour lui hein pas pour moi)
Bonne nuit ma crevette.
MA crevette hein 8-) 8-)
Ils sont trop mignons en vrai, et je trouve ça tellement chou qu'elle sache comment le faire parler et comment le réconforter
Mes joues s’empourprèrent.
OULALA on augmente de niveau là, elle ROUGIT !!
je me fis distraitement la réflexion que malgré les piques et les moqueries … ça en valait la peine.
EVIDEMMENT

C'était cool de voir les débuts de l'Ordre pour eux ! Scène un peu triste pour l'anniversaire de Simon évidemment, mais comme toujours c'est parce que tu mets le doigt sur des sentiments très justes pour tes personnages (parce que t'es trop douée !) Mais du coup j'ai adoré cette fin plus légère et qui dit tellement sur Simon et Vic <3
annabethfan

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Commenté par vocal ^^
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Hellooo chapitre 7 yay
je m’étais tout de même sauvée à l’aube
Walk of shame, c'est du joli vic
Maintenant, il n’y avait plus d’autre garçon, mais la sensation demeurait.
Il semble bien pourtant y avoir UN GARCON dans l'équation
Simon, aidé par ses grandes capacités, était l’un des meilleurs à ce jeu
Ok je vais dire un truc affreux attention prépare toi : évidemment qu'il sait se cacher, c'est comme ça qu'il a survécu
LOL MDR
-Côté moldu, oui.
Ca c'est le grand mystère de ma vie, quelle est l'existence légale des Sorciers dans le monde moldu ?
L’idée que les « gentils » dans cette guerre, le Ministère, l’organisation qui luttait contre Voldemort et ses idées nauséabondes, se laissait aller à ce genre de préjugé n’augurait rien de bon pour la suite.
C'est très intéressant ça, et très bien vu. Non parce que Arthur avec sa passion pour les moldus passe quand même pour un illuminé auprès de TOUT le ministère, même si les gens sont pas forcément pro-voldy
Mais c’était dans sa nature profonde de désamorcer les conflits
C'est son côté Jésus est mon ami ça
En quoi rencontrer les parents apaisera-t-il le feu du petit Nestor ?
"Le petit Nestor" mais paraît un peu trop sympa pour l'énergumène
Nous ne tenons pas à ce qu’ils déterrent Agata, tu ne crois pas ?
Okay cette expression est affreuse dans la mesure où Agata est effectivement un cadavre enterré :lol: Je te jure que j'ai eu l'image des Selwyn en train de brandir son squelette

Miro essaie un peu trop de contrôler tout ce monde moi j'dis
Passablement morose, je passai la porte du seul café de Terre-en-Landes
Oh, aller dans un café :')
Parce qu’il a le service trois pièces
Ca me tue cette expression :lol:
« Si elle veut nous revoir, elle sait où nous trouver »
Déjà cette phrase montre à quel point Simon et Vic vont ensemble haha
Mais je me dis aussi que quelque part ça doit être intimidant pour Emily, maintenant qu'ils sont amis, parce qu'ils sont tous les deux, et ils sont tous l'un pour l'autre, et elle, elle est à côté. C'est plus du tout la même dynamique que quand Cédric était vivant, donc quelque part je trouve son éloignement assez logique, vu les relations assez ... eclusives entre les deux autres

Ca me fait trop bizarre que Vic reste à Terre-en-Landes sans repartir pour Poupou !
-Ça dépend qui, s’esclaffa Chloé avec un immense sourire. Dis au revoir à Bones de ma part !
Hmm hmm Chloé a l'air de voir clair dans leur petit jeu 8)
il semblait excité par la perspective et avait passé une heure à me montrer les maquettes de cours
Je dois être un peu attardée mais je comprends jamais rien aux maquettes de cours, je déteste ça :lol:
professeur Shelton, une pointure en enchantement selon lui.
WAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT c'est pas le père de Julian ça ?
J'allais commencer par te demander si tu t'étais inspirée de Sheldon haha
Ça faisait deux fois que le nom d’Anthony franchissait ses lèvres et je ne pouvais m’empêcher de constater que chaque fois, ses joues prenaient une très légère teinte rose
OUUUHU RAGOT RAGOT RAGOT
Je ne pense pas que tes parents parlent encore à leurs amis de Poudlard …
En vrai chais pas, la société sorcière est tellement réduite, et j'ai l'impression qu'un Sorcier sur deux travaille au ministère :lol: En France y 70 fonctionnaires pour 1000 habitants, chez les Sorciers c'est 1 pour 2 habitants :lol:
Vous avez des trajectoires différentes. Pas parce que tu l’aimais plus.
Elle l'a surtout jamais vraiment aimé non haha ?
AH Bah voilà
-Susie …
-C’est rien, je suis désolée … C’est juste … Ça va être dure de prendre le train sans vous …
Oh noooooooooooooooooon elle est trop chouuuuuuuuuuuu Susaaaaaan T.T
Grâce à Harry, je suis devenue forte en maléfice, je te promets de lui montrer …
Crois le ou non, je me suis demandée l'espace de 3 secondes qui était ce Harry :lol: :lol: :lol:
Harry Potter, entouré de la famille Weasley, s’apprêtait à vivre une nouvelle année difficile sous le surnom cette fois d’« Elu »
"Mais... Je suis l'élu" *BOUM*
Susan avait regardé le quai avec appréhension avant que Hannah Abbott ne fende la foule et ne la traine jusqu’à un compartiment avec Ernie et Justin
Elle a retrouvé ses amis :')
Un long cri strident à m’en percer les oreilles avait retenti et je compris avec un moment de retard que c’était le train qui prenait enfin son envol
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON
La première année ça doit être trop bizarre de pas partir le 1er septembre T.T
-Laisse tomber, Bennett, c’est une situation qui nous échappe à tous les deux. Laissons ton frère et ma sœur se débrouiller avec nos parents.
Il a tellement raison en vrai, c'est pas leur problème à gérer
Préviens Bones de se tenir, il serait dommage qu’il envenime la situation.
Et pourquoi est-ce que Simon serait là ? :lol: C'est pas le mec de Vic aux dernières nouvelles 8)
Susan avait pris son train. Je me devais de prendre le mien.
Moooow jolie conclusion

Trop contente de revoir Susan, je l'aime trop <3 J'ai hâte de cette fameuse rencontre haha
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

I'M LATE I'M LATE I'M LATE

Je suis désolée ! Je ne vais me chercher d'excuse : j'avais oublié. Enfin je m'en suis souvenue, pour zapper la seconde d'après : HONTE SUR MOI.

Mais je suis là ! Je poste en vitesse donc pas de chronique sport (est-ce que ça a à voir avec l'élimination de Lille en Ligue Europa hier? Totalement).

Non mais en plus ce chapitre est trèèès attendu. J'en suis pas vraiment satisfaite mais je ne voyais pas comment l'arranger d'autre alors disons que vous avez la moins pire des versions ! Bonne lecture !


***

Nos ennemis peuvent couper toutes les fleurs, mais ils ne seront jamais les maîtres du printemps.

- Pablo Neruda
***



Chapitre 10 : Gunpowder, treason and plot.

J’étais rentrée furieuse chez moi. Pas parce que j’avais raté mon match, pas parce que Dalia m’avait passé un savon une fois Leonidas parti parce qu’elle avait senti l’odeur du tabac sur ma personne, mais parce que Simon prénom-ridicule Bones persistait à me cacher des choses, lui qui savait chaque aspect de ma misérable vie, même les moins avouables. Le 5 novembre, mes vers de Shakespeare préférés, décrivant parfaitement ma vision de l’amour, mon grand-père et les souvenirs douloureux qui allaient avec … Il avait su, toujours tout su, et les rares fois où j’avais résisté, il me l’avait arraché.

Cette relation asymétrique me mettait hors de moi. J’avais pensé qu’on avait dépassé ça ce jour-là sur le pont où j’avais découvert tout ce pan de sa vie que je n’avais jamais soupçonné, où j’avais pris sa douleur à bras le corps pour être digne de partager ce secret. A partir de ce moment-là, je m’étais inconsciemment donné pour mission de le guérir de son amnésie, d’extraire le poison de la plaie, puisque sa famille semblait trop soucieuse de son bonheur apparent pour le faire. Alors qu’il me cache que sa tante cherchait à le rencontrer … Ce n’était peut-être rien. C’était un détail, une anecdote sur l’intimité de Simon, mais il s’ajoutait à tout le reste. Une petite voix en moi me répétait que c’était sans doute pour ça qu’il ne m’avait rien dit. Qu’il avait craint ma réaction, que je ne le force à voir sa tante alors que la situation l’effrayait. Et ça ne faisait qu’attiser ma colère, sans savoir si elle était dirigée contre moi ou contre lui.

Toujours était-il que le jour fatidique où arriva la rencontre avec Thalia et Julius Selwyn, j’étais une outre pleine, prête à déborder à la moindre goute. J’avais évité Simon durant ces quelques jours, me plongeant dans mes recherches avec Octavia ou passant mes nerfs sur les souafles. La seule fois où je fus obligée de communiquer fut la scène d’entrainement de l’Ordre, mais cette fois ce fut moi qui affrontais Remus Lupin en combat singulier. Les duels furent harassants mais purgateur et je rougis de plaisir lorsque mon ancien professeur m’avoua à mi-mots que j’étais la mieux prédisposée en terme de duel. Je n’étais pas aussi puissante que Simon, ni aussi inventive que les jumeaux, mais j’étais agile, précise et réaliste. Il commençait à nous parler des entretiens qu’ils nous feraient passer pour déterminer si nous étions prêts à œuvrer pour l’Ordre. Les jumeaux bouillonnaient : ils trouvaient ça injuste d’être ainsi mis à l’écart de l’action alors que la veille, une nouvelle famille de moldue avait été tuée au Pays de Galles. Et je voyais dans le regard désabusé de Lupin que leur impatience était précisément la raison pour laquelle ils patientaient encore.

-Bon sang, Alex, ce n’est qu’une cravate !
-Et pourquoi je ne peux pas rester ? Les parents de celui qui a voulu tuer mes petits-enfants va se trouver dans notre salon et tu veux que je reparte ?!
-Oui, papa, je te demande de partir ! Justement parce que tu es comme ça !
-Alexandre Benedict Miroslav, mets cette cravate sinon je te la jure que j’use de ma baguette !
-Comment oses-tu menacer un pauvre sans magique comme moi avec ta magie ?
-Tu es un « pauvre moldu » seulement quand ça t’arrange, Alex !
-Leur fils a mis Victoria sur un bûcher !
-Monsieur Liszka, Marian a raison … Je pense que Julius Selwyn se sentira menacé par votre présence et …
-Mais c’est bien ce que j’espère, Bones !

Enfermée dans ma chambre, je tentai de faire abstraction de la tempête qui agitait ma maison à en faire trembler les murs. Dans la pièce d’à côté, Melania mettait toute son énergie à rendre mon frère présentable aux yeux de ses parents et en bas, ma mère et George Bones tentaient d’apaiser les inquiétudes de mon grand-père pendant que mon père et Rose s’activaient aux fourneaux. C’était un véritable branlebas de combat qui s’organisait et j’étais trop épuisée moralement pour tenter de calmer le jeu. J’avais peur d’exploser et je préférais consacrer mon énergie à me calmer. J’avais ensorcelé des brouillons qui volaient à présent, pliés en forme d’oiseau et de papillons, agitant leurs ailes blanches noircie de mon écriture en cercle concentrique au-dessus de mon lit. J’observai leur vol, allongée, les bras en croix. Pour l’occasion, Rose m’avait prêté l’une des anciennes robes de sorcières de Caroline, plus sophistiquées que celles que je portais d’habitude mais je me sentais comme une gourde dedans. Caroline avait toujours été plus grande que moi, avec des formes plus généreuses et les ajustements de Rose n’avait en rien enlevé l’impression d’être engloutie dans une masse de tissus. Quelques coups furent frappés à ma porte, qui s’entrouvrit dans la foulée.

-Je peux me réfugier ici ? C’est de la folie en bas.

Simon. Une bouffée de colère remonta dans ma poitrine et je l’étouffai en gardant ma concentration bien fixée sur les volatiles en papier.

-Vas-y.

J’entendis la porte se refermer derrière lui, puis le matelas s’affaisser lorsqu’il s’installa en tailleur sur mon lit. Je tentai un coup d’œil. Il s’était nonchalamment adossé au mur et lisait la quatrième de couverture du livre que j’avais jeté sur l’oreiller. Les angoisses du mois d’août et de la rentrée étaient passées, broyée par le rythme quotidien qui s’était épris de sa vie. Les journées à l’IRIS étaient longues et je savais que comme moi avec le Quidditch, son égo et sa foi en ses capacités en avaient pris un petit coup. Et comme à chaque fois que son orgueil était touché, Simon s’était mis à travailler et c’était sans doute pour cela qu’il avait été si facile pour moi de le semer ces derniers jours. Il dut sentir mon regard sur lui car il releva les yeux du livre. Je levai immédiatement les miens sur les oiseaux de papier.

-Mon grand-père s’est résigné à partir ? demandai-je plutôt d’une voix que j’espérais neutre.
-Je pense que ta mère ne lui laissera pas le choix … Les Selwyn arrivent dans dix minutes et on n’a pas demandé à Melania de la fermer sur son identité pour qu’il se trahisse comme ça … Moins ils en savent sur ta famille, mieux c’est, non ?
-Ça, c’est sûr …

Je donnai un coup de baguette en direction du papillon. Ses ailes froufroutèrent et il décrivit un arc de cercle gracieux avant d’exécuter quelques boucles. Puis l’un de mes oiseaux heurta le papillon, abîmant son aile dans la collision. Je me redressai brusquement sur mes coudes et dardai un regard agacé sur Simon. Il avait sorti sa baguette d’acacia et m’adressa un sourire moqueur qui me donna encore de casser son grand nez d’un coup de poing.

-Tu as abîmé mon papillon !
-Vigilance constante, Vicky. Je ne savais même pas que tu savais ensorceler des parchemins comme ça …

Je ne savais pas … Je me redressai définitivement, et balançai mes jambes dans le vide, inspirant brusquement. Il fallait que lui parle de Lysandra, ne serait-ce que pour respecter la parole que j’avais donné à Leonidas Grims. Mais ce n’était certainement pas le moment.

-Comme quoi, il y a des choses que tu ignores toujours …

Simon essuya un petit rire derrière moi, un petit rire qui me mit davantage les nerfs à fleurs de peau. D’un coup de baguette un peu raide, j’interrompis le vol de tous mes oiseaux de papiers qui tournoyèrent, aspirés par la gravité. L’un d’entre eux atterrit sur la tête de Simon et il était en train de l’observer quand je lâchai :

-Je vais descendre, convaincre mon grand-père de partir … Tu peux continuer à te planquer, si tu veux …

Le mot répandit un goût de cendre dans ma bouche et je portais mes doigts à mes lèvres. Je détestai ce tourbillon de colère qui ne faisaient que s’attiser et bouillonner depuis quelques jours. Elle atteignait aujourd’hui son paroxysme parce qu’elle était conjuguée à la nervosité de la rencontre qui se jouait et je tentais de mettre cette spirale de négativité sur son compte, tout en sachant que je me fourvoyais. Je me levai et ma main eut à peine le temps de se poser sur ma poignée que la voix de Simon m’interrompit net.

-Vicky, attends.

Ma main se crispa sur la poignée. « Tu sais que je déteste qu’on m’appelle comme ça … ». « Ça dépend qui. ». Chloé avait raison, Simon jouissait d’une impunité surprenante compte tenu de ma détestation de ce surnom. La faute à sa ténacité à me faire enrager. J’avais fini par oublier à quel point j’avais haï ces deux syllabes qui sonnaient si mal à mes oreilles, uniquement quand c’était lui qui les prononçait.
Je me refusai à me retourner me contentai de lâcher du bout des lèvres :

-Quoi ?

J’entendis Simon soupirer derrière moi et le froissement délicat d’un de mes parchemins.

-Merci de me conforter dans mon impression …
-Quelle impression ?
-Que tu m’en veux. Et très honnêtement, je ne comprends pas pourquoi.

Je m’autorisai un coup d’œil en arrière. Simon était assis en tailleurs sur mon lit, ses longs doigts lissant un parchemin issu de l’un de mes oiseaux en un geste compulsif.

-Un peu comme la fois où tu as reçu le premier message de Kamila et que tu as cru que c’était moi, continua-t-il sans me regarder. Je te jure, je suis encore blessé que tu aies pensé que j’aie pu faire une chose pareille … Alors là, je ne vois pas quelle faute imaginaire j’ai encore faite, mais j’aimerais bien le savoir. Je te connais, Vicky et je vois bien que tu es furieuse. Et je vois bien que c’est contre moi.

Je ne cherchai pas à nier : je n’avais rien fait pour cacher ma colère, espérant que son accaparement par l’IRIS et le stresse dû à la rencontre en masque la véritable raison. Malheureusement, j’avais oublié à quel point je pouvais être transparente pour lui. Autant que je sois transparente avec lui. J’hésitai un instant, alors que les disputes à l’étage et au rez-de-chaussée s’envenimaient. La maison pouvait bien accepter quelques cris de plus …

-Tu n’aurais pas quelque chose à me dire ?

Simon se raidit, assez pour attiser mon ressentiment. Lentement ses yeux se détachèrent des notes qui parcouraient le parchemin pour se poser sur moi.

-Euh … De quelle nature ?
-Bon sang, Bones ! éclatai-je enfin. Il me semblait qu’on était d’accord pour en finir avec ça ?!
-Avec quoi ? demanda-t-il d’un ton presque apeuré.
-Les omissions ! Toi qui persistes à me cacher absolument tous les pans de ta vie, après tout ce que j’ai fait, après t’avoir porté à bout de bras l’année dernière, après tout le chemin qu’on a fait ensemble ! Comment tu oses encore me cacher des choses, Simon … ?

Je me mordis la lèvre au dernier moment. La tirade aurait mérité que je prononce son nom au complet … Sauf que cela aussi échappait à ma connaissance. Simon papillonna des yeux, l’air si déconcerté que ma colère monta en flèche et je poussai un cri de rage en me détournant. Si je continuai de le contempler, lui et son grand nez, je risquai de céder à mes plus bas instincts et de me jeter dessus toute griffe dehors.

-Alors là, je suis perdu.
-Bones, je vais t’arracher les yeux !
-Mais pourquoi ? s’agaça-t-il en écrasant mon parchemin dans son poing. Sérieusement, Vicky …
-Arrête de m’appeler comme ça !

La phrase m’avait échappée, venue des profondeurs de l’enfant que j’étais encore un peu dans l’écrin de Terre-en-Landes et dont les deux syllabes hérissaient chaque centimètre de peau. Les prunelles de Simon étincelèrent, mais pas de malice qui les habitaient d’habitude. Il semblait presque blessé par mon éclat.

-Vraiment ? Ça fait au moins trois ans que je t’appelle comme ça sans que tu t’énerves, et soudainement ça recommence ?
-J’ai toujours détesté ce surnom …
-Et c’est précisément pour ça que je t’appelle comme ça, me coupa Simon avec un sourire tordu. Et c’est justement parce que c’est moi que tu l’acceptes. Je suis la seule personne autorisée à te faire du mal, Vicky.

Je le contemplai, soufflée par cette vérité qui m’était jetée crument au visage. Il avait raison. J’acceptais tout, même le pire de lui, avec bien plus de bienveillance que pour n’importe qui dans ce bas monde. La violence entre nous avait été banalisée, se faire violence l’un l’autre était devenu normal, notre moyen de nous faire avancer face aux épreuves.

-Ce n’est pas le sujet, contrai-je néanmoins d’une voix plus calme.
-En fait, ça l’est un peu. Parce que l’inverse est vrai, Vicky : tu es la seule personne que j’autorise à me faire du mal. Comme sur le pont, comme chaque fois que tu me forçais à admettre que Cassie et Edgar sont mes parents … Comme m’obliger à inviter Kamila au bal, maintenant que j’y pense.

Je retins le sourire qui me venait aux lèvres. J’avais oublié cette histoire … Mon expression dût se radoucir parce que Simon parut plus serein quand il acheva, les yeux rivés sur le parchemin qu’il émiettait consciencieusement :

-Tout ça pour dire … C’est justement parce que j’accepte que tu me fasses du mal que tu es la personne qui en sait le plus sur moi. Alors peut-être que pour toi ce n’est pas évident, justement parce que … je t’ai longtemps caché un gros morceau de ma vie. Mais ça n’empêche pas que même sans ça, tu restes celle à qui je m’ouvre le plus, à qui je dis le plus de chose. Crois-moi, ce qui s’est passé sur le pont, ça m’a servi de leçon : je ne peux pas t’échapper, Vicky. Alors non, je ne te cache rien.

Au fil des mots, j’avais senti ma colère fondre jusqu’à devenir une boule chaude, étrange et douloureuse au creux de mon estomac. J’y croisai les doigts dans l’espoir d’y atténuer la sensation presque physique mais au même moment, mes joues s’étaient empourprées. Je mis ça sur le compte de la honte et de la gêne. Parce que je le croyais : Simon Bones n’était pas du genre à me faire une telle déclaration simplement pour dissimuler Lysandra Grims. Sans me regarder, il continua de morceler le morceau de parchemin donc les chiquettes tombaient sur ses genoux et un silence assez gênant s’installa entre nous. Il fut le premier à le briser, les sourcils froncés :

-Mais maintenant …. J’aimerais bien que tu m’expliques quand même.
-Euh … Oh. Oh.

J’étais si étourdie par la déferlante de chaleur et par l’embarras que j’avais oublié de réfléchir aux implications de l’aveu de Simon. Il ne savait rien concernant Lysandra Grims, pourtant d’après Leonidas, ses tentatives pour voir son neveu s’étaient soldées par un échec. Lentement, je m’assis à côté de lui sur mon lit, perplexe.

-Euh … ça risque de ne pas être agréable, comme conversation.
-C’est déjà le cas, tu sais, ricana-t-il en haussant les épaules. Vas-y, je t’écoute et tu as intérêt à être convaincante.

Mes lèvres se tordirent et la boule dans mon estomac fut chauffée à blanc. Ma fureur des derniers jours me semblaient soudainement injuste et puérile et je préférais me concentrer sur l’histoire pour ignorer cette désagréable sensation :

-Le président de mon club. Il s’appelle Leonidas Grims …

J’attendis quelques secondes, mais le nom ne parut rien évoquer à Simon, qui poursuivit son déchiquetage de parchemin sans lever les yeux de sa tâche. Je pris une grande inspiration pour continuer :

-Il … il est venu me voir. Au nom de sa femme.
-De sa femme ?
-Oui. Elle s’appelle Lysandra …

Les doigts de Simon se figèrent sur le morceau de parchemin et son visage se vida de toute expression. Profitant de son mutisme et de sa stupeur, j’en profitai pour résumer toute la conversation avec Leonidas Grims : ils étaient revenus depuis un an en Angleterre, un an durant lesquels ils avaient tenté de revoir Simon sans y parvenir. Caché dans mon dictionnaire de rune, je pris les photos que le président m’avait laissé et Simon et les parcourut, presque choqué par la nouvelle. Il les parcourait, incapable de prononcer le moindre mot, faisant défiler sa propre vie sous ses yeux.

-J’étais sur beaucoup de photos, moldues comme sorcière, achevai-je d’expliquer d’une voix douce. Alors quand on s’est rencontré, il m’a reconnu et … s’est dit que je pouvais être un lien plus direct avec toi.
-Je me souviens d’elle, souffla Simon, comme s’il ne m’avait pas entendu. Lysa … Elle avait des cheveux noirs … et elle lui ressemblait …

Il baissa les photos pour fixer le mur d’en face. Le choc passé, trop d’émotion s’étaient mises à parcourir les traits de Simon, trop pour que je puisse les identifier. Nostalgie, douleur, colère : toutes ces émotions qui restaient en embuscade dans sa poitrine, prête à surgir du gouffre auquel appartenait sa famille.

-C’était la marraine de Spencer, je crois … Mais … J’ai interrogé ma mère il y a de quoi … Deux mois de ça ? En rentrant de vacance … J’ai regardé un vieil album photo, il y avait des photos de mariage …

Mon cœur se serra presque autant qu’il s’emplisse de fierté. Quand je pensais à l’état dans lequel s’était mis Simon à cause de ce traumatisme, qu’il aille de lui-même parcourir les albums était une grande victoire, un signe que le processus de guérison était en cours. Les doigts de Simon se crispèrent sur les photos.

-Mais quand j’ai demandé à ma mère ce qui était advenu d’elle, elle m’a dit qu’elle était partie aux Etats-Unis avec son mari … Est-ce que tu crois qu’elle sait … ?
-Je n’en sais rien, le coupai-je immédiatement. Je ne sais pas du tout, je n’y ai pas réfléchi … Pour moi, c’était toi qui bloquais la rencontre et ça n’aurait pas été surprenant, ajoutai-je alors qu’il tournait un regard outré sur moi. Ils sont revenus il y a un an, Simon, souviens-toi du niveau auquel tu étais, il y a un an.
-Mais ça va mieux depuis quelques semaines, protesta-t-il, un brin vexé. Vicky, si comme ton président te l’a dit ils ont tenté de me voir, ils ont bien dû parler à quelqu’un. La personne qui leur a envoyé ça.

Il leva les photos avant de brusquement les lâcher et elles s’éparpillèrent sur mon lit avec mes oiseaux de note.

-J’en ai reconnu certaines, ce sont mes parents qui les ont prises.
-Peut-être que tes parents ont voulu te protéger, Simon. Peut-être qu’ils n’ont pas vu le chemin que tu avais fait depuis quelques semaines …
-Ils n’ont pas à décider à ma place !
-Bon sang, Simon. Tu aurais accepté ? Ta mère serait venue te voir, disons, ne serait-ce que cet été pour te dire que ta tante – qui visiblement ressemble fort à ta mère – veut te voir, est-ce que tu aurais accepté ?

Son silence furieux me donna ma réponse. J’ignorais s’il aurait réellement refusé, mais il n’aurait pas accepté sans un long combat – que j’aurais sans doute dû mener. La boule dans mon estomac chauffa et diffusa une chaleur dans mon ventre. Seigneur, il avait raison : j’étais la seule personne capable de lui faire du mal. J’eus soudainement une sensation d’étouffement et une envie de quitter cette chambre – avant de me rappeler ce qui m’attendait à l’extérieur. Quelle idée d’aborder ce sujet maintenant.

-Ecoute, je vais aller en bas, virer mon grand-père avant que les Selwyn n’arrivent, décidai-je alors. Toi, essaie de te calmer et de ne pas aller régler tes comptes avec tes parents ce soir. Ça peut attendre que les Selwyn s’en aillent …

Les épaules de Simon s’affaissèrent et il se frotta le visage avec une certaine résignation avant d’hocher la tête en signe d’assentiment. Soulagée, je passai une main d’encouragement dans son dos et me levai, prête à entrer dans une autre arène. Mais une nouvelle fois, la voix de Simon m’interrompit net.

-Vicky ? Tu étais vraiment en colère contre moi parce que tu pensais que je ne t’avais pas dit que ma tante cherchait à me voir ?

J’eus un pauvre sourire en pivotant vers lui.

-C’est vrai que c’était un peu idiot. Désolée.
-Le mot que j’avais en tête, c’est disproportionné.
-C’est parce que ça te concernait. Je réagis toujours de manière disproportionnée avec toi.

Les yeux de Simon papillonnèrent et la boule dans mon ventre surchauffa de façon si douloureuse que je décidai de ne pas m’attarder et de claquer la porte derrière moi. Pourtant, la sensation disparue d’elle-même lorsque je descendis de l’escalier et que j’eus la vision de ma mère et de mon grand-père, presque nez à nez malgré leur quinzaine de centimètre de différence, toujours à se vociférer dessus. Observant la scène sans savoir que faire, George me jeta un regard suppliant. Je poussai un soupir de résignation et descendis l’escalier avec l’impression de quitter une arène pour une autre.

-Papy, bon sang ! Je pensais qu’on s’était mis d’accord, tu rentres chez toi !
-Mais tu ne vas pas t’y mettre ! s’écria-t-il avec un grand geste du bras. Enfin perelko …
-Tu laisses mamy toute seule pendant une soirée, c’est ça que j’entends ? Imagine que Nestor ait fait des recherches sur ma famille et en profite … !

L’argument parut couper court à toutes les protestations de mon grand-père, qui parut s’étrangler avec. Ses prunelles claires me lancèrent un regard furieux avant qu’il ne croise ses bras sur sa poitrine. Evidemment qu’il ne laisserait jamais ma grand-mère seule face à un danger potentiel.

-Je te veux demain chez moi pour un compte-rendu détaillé, exigea-t-il en guise de compensation. Voire ce soir même.
-C’est hors de question, elle ne découche pas, refusa ma mère. Mais promis je la réveille aux aurores demain et je te l’envoie. C’est bon ?

Miro maugréa quelques mots en polonais et ma mère leva les yeux au ciel – elle avait assez entendu ses parents pour maîtriser les fondamentaux de la langue. Bon gré, mal gré, il finit par quitter la maison et ma mère attendit que sa voiture ait disparu de son champ de vision pour rentrer. Elle lissa les pans de sa jupe et rajusta le chemisier qu’elle avait passé, l’air épuisée.

-Combien on parie qu’il est allé se planquer quelque part pour nous espionner ?
-Du moment qu’il n’intervient pas, marmonna George.

Il était visiblement soulagé que mon grand-père soit parti. Il le connaissait de vue depuis l’enfance puisque Miro et Jaga avaient habité cette maison avant de la céder à mes parents pour leur mariage et je soupçonnais qu’en un sens, Miro avait toujours quelque peu effrayé George Bones.
Et visiblement, il avait choisi le moment idéal pour s’éclipser. Car au moment où George prononçait cette phrase, la sonnette retentit dans la maison.

Le temps parut alors s’arrêter. A l’étage, les cris de Melania et Alexandre s’étouffèrent et dans la cuisine ne subsistaient que les bouillonnements du ragoût. J’échangeai un regard nerveux avec George et ma mère, mais aucun de nous trois ne daignèrent amorcer un mouvement pour ouvrir. Il fallut que Melania en personne, vêtue de sa plus belle robe de sorcière d’un mauve profond, suivit d’un Simon monté sur ressorts, descendent en trombe des escaliers pour le temps reprenne son cours. Melania passa une main sur son chignon impeccable et demanda silencieusement la permission d’accueillir les hôtes. Ma mère le lui accorda en fuyant dans le salon et George la suivit. Je restai seule avec ma future belle-sœur quand elle ouvrit la porte à un homme grand et chauve, au regard bleu et délavé. A côté de lui, Ulysse Selwyn paraissait contenir son amusement. Enfin, un peu en retrait se tenait une femme glaciale aux cheveux d’un blonds presque blanc et au menton pointu. Son regard gris se fixa presque aussitôt sur moi et flamboya assez pour que je détourne les yeux, intimidée.
Evidemment. Tout ce que je lisais dans ce regard, c’était qu’elle découvrait enfin la sorcière qui avait brûlé le visage de son fils.

-Père, mère, les accueillit Melania avec un sourire crispé. Bienvenus chez les Bennett.

***


Ce n’est pas aussi terrible que je le pensais … pas aussi terrible …
C’était ce que je me répétais à chaque étape, où, suprêmement, tout ce se passait bien et en bonne courtoisie. Les présentations se firent par le biais de Melania avec des sourires qui paraissaient presque vrais et des poignées de main cordiales et l’apéritif ne fut tâché que par la remarque d’Ulysse sur la petite taille de notre salon – qui lui valut un regard si noir de Simon qu’il s’abstient d’autres commentaires, sans doute de peur de prendre un sort. Julius Selwyn monopolisait la parole dans sa famille et était un homme poli malgré sa distance. Sa culture sur le monde moldu me surprit énormément puisqu’il interrogea mes parents sur les élections municipales qui s’étaient déroulées en décembre ainsi que la politique européenne de monnaie unique qui commençait à poindre – chose que j’ignorais totalement. Les anglais allaient vraiment renoncer à la livre-sterling ?

-Certainement pas, répondit alors ma mère d’un ton cassant.

Nous étions tous attablés autour du repas fastueux concocté par mon père et sur lequel, visiblement, Thalia Selwyn qui s’était pourtant fendue à chaque étape d’une remarque salée, n’avait rien à redire. Ses yeux froids parcouraient la table à la recherche d’un détail sur lequel rebondir, exactement comme pouvait le faire ma grand-mère Anne quand elle voulait acculer ma mère. Rien d’insurmontable, donc.
Ce n’est pas aussi terrible que je le pensais …
Non, le plus terrible, c’était d’être assis à côté de Simon – remarquablement courtois et discret, il fallait le dire – et d’être de temps à autre assaillie par cette bouffée d’embarras qui persistait.

-Le Royaume-Uni tient à son indépendance et à sa spécificité, reprit ma mère avec une certaine fierté dans la voix. Par ailleurs, notre monnaie est forte, je ne vois pas pourquoi nous irons nous convertir à cette unique monnaie européenne qui en plus nous aliénerait à Bruxelles.

Un fin sourire ourla les lèvres de Julius Selwyn et il passa les mains dans sa barbe soigneusement taillée. La lueur d’appréciation dans son regard me rappela une phrase que Miles avait prononcé concernant Ulysse. Les Selwyn reconnaissaient l’intelligence et visiblement, le patriarche appréciait celle de Marian Bennett.

-J’avoue qu’un changement de monnaie n’arrangerait en rien mes affaires, mais je ne suis également assez mal à l’aise avec l’idée de devoir jongler entre deux monnaies différentes … Nous avons des intérêts partout en Europe.
-Nous aurons le temps de nous préparer, je pense, le Conseil ne prévoie pas d’introduire cette monnaie avant le début des années 2000, intervint Melania.

Elle était l’unique à être parfaitement à l’aise, discutant à la fois avec mes parents et les siens, puis se tournant vers les Bones sans oublier Alexandre à côté d’elle. On reconnaissait là toute l’éducation de femme du monde qu’elle avait reçu et qui semblait rendre mon frère admiratif. A défaut d’être parfaitement détendu, il ne paraissait pas intimidé ni impressionné et sa chemise lui donnait une belle allure. Il ne s’était pas démonté lorsque Julius Selwyn l’avait interrogé sur son métier ou ses perspectives d’avenir ou lorsque Thalia avait fait remarquer que ses cheveux ne tenaient pas en place et j’avais bien là reconnu mon frère dans tout son flegme. Les Selwyn l’accepteraient ou ne l’accepteraient pas : lui ne changerait pas. Et cela faisait naître un sourire fier sur mes lèvres.

-Laissons là les affaires, nous ne sommes pas là pour cela, rappela Ulysse, assis de l’autre côté de sa sœur. Votre vin est excellent, monsieur Bennett.

Il leva sa coupe vers mon père en un geste élégant et le sourire que lui servit mon père en retour me fit lever les yeux au ciel. J’avais renoncé à raconter à ma famille à quel point ce garçon avait pu gâcher la scolarité pour ne pas envenimer la situation, mais son air de perpétuel amusement me donnait envie de revenir sur ma décision.

-Un breuvage que je ne connaissais pas, je vous avoue que chez nous sommes plutôt adeptes d’un bon hydromel vieilli en fût … Nous vous en ramènerons, la prochaine fois, c’est délicieux.
-La prochaine fois ? répétai-je, suspicieuse.

Je regrettai d’avoir ouvert la bouche car les yeux de tous les Selwyn se braquèrent sur moi et je sentis Simon se tendre à mes côtés. Je m’efforçai d’être discrète car j’avais l’impression de voir en chacun de leur regard les étincelles du 5 novembre et les terribles cicatrices qui défiguraient à présent Nestor. Peu importe les agissements de celui-ci, je doutais que ses parents me pardonnent réellement ce sévisse. Particulièrement sa mère, dont je sentais le poids du regard depuis le début.

-Mais oui Bennett, je suppose qu’il y aura une prochaine fois, ce dîner est si charmant, poursuivit Ulysse avec un amusement contenu. Peut-être sans chaperon, cette fois. Monsieur Bones, je suis sûr que vous devez être débordé par ce qui se passe au Mangenmagot en ce moment …
-Ah oui, enchérit Julius en croisant ses longs doigts. La loi sur la sécurité des sorciers … Elle avance ?

George mastiqua lentement sa viande, ses yeux verts braqués sur Ulysse. Il finit par faire passer sa bouchée avec une gorgée de vin et répondit :

-Je ne peux pas parler des délibérations en cours. Tout ce que je peux vous dire, c’est que c’est laborieux. Srimegeour tient à ses amendements.
-Ah, il n’a certainement pas la souplesse qu’avait Fudge …
-Et comme elle doit vous manquer, persiffla Simon à voix basse.

Je lui écrasai le pied – sans doute trop fort car il écrasa le mien en retour. En face de nous, Rose parut comprendre parfaitement ce qui se passait et nous fusilla du regard. Je retins un soupir en me rendant compte que Simon le lui rendait parfaitement.

-Il y a eu d’autres arrestations, non ? s’enquit-t-elle sans nous lâcher des yeux. Je l’ai lu …
-Si tu considères Stan Rocade comme une arrestation, ricana George. Je serais satisfait le jour où se sera le nom de Bellatrix Lestrange qui sortira. Pour l’instant, ce que je vois, c’est que la liste des morts d’allongent.
-Oh, ce sont beaucoup de moldus en ce moment, commenta Thalia Selwyn d’un ton neutre. Pas de quoi s’inquiéter …

L’air devint soudainement irrespirable, chargé d’électricité qu’une simple étincelle pouvait faire exploser. Chacun fixa Thalia Selwyn, retenant un flot de parole ou de sorts qui nous venait en tête et chacun préféra se taire. Ma mère commença à récupérer les assiettes, mais je me levai d’un bond pour la suppléer, sautant sur l’occasion de quitter la table. J’étouffai dans cette salle, entre Simon à côté de moi et le regard de Thalia Selwyn qui ne me quittait peu et dans lequel j’entrapercevais les étincelles du cinq novembre. Je commençais par ramasser les assiettes à la main puis perçus le regard moqueur d’Ulysse Selwyn près de moi. Mes yeux se plissèrent et je sortis ma baguette pour ramener à moi toute la vaisselle qui s’empila parfaitement sur la table. Si ma mère ne put retenir un sursaut de surprise, mon père eut la décence de me remercier.

-Mieux, Bennett, me souffla Ulysse alors que je faisais léviter mon fardeau. Tu as besoin d’aide peut-être ?
-Non, merci. Reste et étouffe-toi le vin.

Je m’enfuis vers la cuisine, les assiettes et plats flottant derrière moi. Je m’adossais au mur, à bout de souffle, consciente de la tension qui m’habitait. Puis la porte s’ouvrit et je me remis en mouvement et donnai un coup de baguette qui envoya la vaisselle dans l’évier.

-Il semblerait qu’un plat vous ait échappé …

Je fis volte-face pour voir Julius Selwyn entrer, la saucière dans les mains et un sourire courtois aux lèvres. Sa vie me figea. Il ressemblait à Nestor, à ce que Nestor aurait pu être s’il n’avait pas été défiguré. Lentement, je fis l’effort de récupérer la saucière. Il ne la lâcha pas et son regard clair me dévisagea. Je tirai sur le plat.

-Je vous remercie.
-Vous êtes nerveuse, remarqua Julius sans défaire sa prise. Ça se comprend. Vous avez défiguré mon fils.

Sa voix était très calme, le ton loin d’être accusateur et pourtant mon sang ne fit qu’un tour. J’arrachai la saucière à ses mains et m’en retournai vers l’évier.

-C’était un accident, me justifiai-je néanmoins. Il menaçait de me brûler.
-Oh mais je ne le nie pas. Tous ce qu’il s’est passé est entièrement de sa faute, et s’il doit trouver un coupable, il doit se regarder dans une glace. Mais voyez-vous, depuis qu’il est défiguré, la chose est devenue relativement compliquée … Oh, ne me faites pas ses yeux là, ajouta-t-il tranquillement alors que je le contemplai, estomaquée. Je ne vous en veux pas, vous étiez jeune … Nestor avait besoin d’apprendre l’humilité. Les leçons de la vie sont les plus dures et vous m’avez dispensé de celle-ci. De plus, il aurait lamentablement ruiné mes affaires en un an avec son incompétence … Je vous en remercierais presque de l’avoir écarté de la ligne de succession.

Je le dévisageai, incrédule. Et soudainement je la vis, cette dureté derrière le sourire courtois et les mots polis. Cet homme visait l’excellence et son fils en était loin. Pas l’héritier rêvé, contrairement à Melania et Ulysse qui répondaient plus à ses exigences. Un nouveau sourire cassa son visage de fer.

-Tout cela pour vous dire de vous détendre, Victoria. Ce ne sera pas moi qui porterai le blâme de ce qui s’est passé sur vous et je ne vous demanderais jamais réparation. Laissons ce regrettable incident rester au passé auquel il appartient et concentrons-nous plutôt sur notre avenir, vous le voulez bien ?

Il me tendit une main qui se voulait amicale et que je contemplai sans esquisser un mouvement.

-Nestor fait parti de cet avenir, rétorquai-je calmement sans lâcher la main tendue du regard. Vous en avez conscience ? S’il n’a pas oublié toutes ses années, ce n’est pas maintenant qu’il le fera. Il nous fera payer, à moi, votre fille, ma famille … Vous le savez ?

La main de Julius se retira quelque peu et un éclair de contrariété traversa le visage du patriarche de la famille Selwyn. Un instant, sa ressemblance avec son aîné s’accentua assez pour que j’en sois troublée.

-Nestor n’aura jamais le cran de s’attaquer à vous ou à sa sœur.
-Il l’a déjà fait. Il y a deux mois …
-Et vous l’avez vaincu, il me semble, répliqua Julius avec une pointe d’impatience. Ce qui me dit deux choses, Victoria Bennett : premièrement, vous n’êtes pas une sorcière à prendre à la légère. Secondement, il ne recommencera pas. Première confrontation vous le défigurez, la seconde vous l’humiliez, vous pensez vraiment qu’il tentera une troisième ? Alors qu’il connait votre valeur ? Qu’il vous sait sous la protection inébranlable des Bones ? Nestor n’est pas un brave mais il n’est pas non plus complétement stupide.

Je n’en revenais pas : Julius Selwyn paraissait réellement considérer le dossier Nestor clos. Je secouai la tête, incrédule.

-Il est pire, il est déterminé et sûr de son bon droit. Vous parlez de la protection des Bones : ce n’est pas ça qui a empêché Amelia de mourir. Vous parlez de ma valeur : quelle importance cela aura s’il arrive avec des Mangemorts expérimentés devant moi ?
-Mon fils ne fraie pas avec les Mangemorts !
-Alors vous n’avez pas conscience de ce qu’il a l’intention de devenir ?

Pour moi, il y avait longtemps que c’était une évidence que Nestor Selwyn allait finir avec la Marque des Ténèbres sur la peau. Je me souvenais de l’air satisfait de Torfinn Rowle alors que Nestor laissait apercevoir son potentiel destructeur. La mâchoire de Julius Selwyn se contracta. Connaissait-il au moins son fils ? A voir son acharnement à songer qu’il demeurerait en périphérie de notre conflit et celui qui agitait le monde magique, j’en doutais.

-Nous verrons. Mais ma voix fait loi dans cette famille Victoria et je vous assure qu’aussi longtemps qu’une relation existera entre votre frère et ma fille, vous n’aurez rien à craindre de nous.

Sur ce, il s’en fut de la cuisine d’un pas digne et je contemplai le battant de la porte d’ouvrir puis se refermer, hébétée. Seigneur, le monde n’avait pas fini de s’aveugler … Sans savoir quoi penser de cette conversation, je me tournai vers la vaisselle, prête à la faire à la main pour calmer mes nerfs. Je venais à peine d’ouvrir l’eau que Simon et Alexandre entrèrent à son tour dans la pièce.

-Je rêve, ou mon glacial beau-père vient de sortir d’ici ? dit mon frère, un sourcil dressé.
-Tu ne rêves pas.
-Qu’est-ce qu’il voulait ?

Le ton péremptoire, presque agressif, de Simon me fit lever les yeux au ciel et je frottai énergiquement le plat que j’avais dans les mains pour passer la frustration.

-Rien. Juste me dire qu’il ne m’en voulait pas pour Nestor et qu’on n’avait rien à craindre de lui …
-C’est une blague ? lâcha Alexandre, l’air furieux. Après ce qui s’est passé à Bristol ?

Il porta une main à sa poitrine, comme si son corps se souvenait de la douleur qui lui avait infligé ce jour-là. Simon soupira et se laissa aller contre la porte.

-Ce n’est pas surprenant, ils veulent couper tout ce qui peut les relier aux Mangemorts … Même si ça signifie mentir – parce que c’est très clairement un mensonge.
-Et imagine que mes parents croient à ce mensonge ? s’énerva Alexandre. Qu’ils baissent la garde ? Ça risque de les mettre en danger !
-Alex, sifflai-je entre mes dents.

La seule chose qui nous séparait de la cuisine était une porte vitrée qui isolait assez mal le bruit. A travers l’ouverture rectangulaire, je voyais Melania discuter avec son père et son frère faire la conversation au mien. Enfin, je vis le regard de Thalia Selwyn, rivé sur nous et je fis rapidement volte-face, le cœur battant à tout rompre.

-Bon sang, elle fait froid dans le dos.
-La mère ? devina Alexandre en hochant la tête. Carrément. Le père fait l’effort de m’adresser la parole mais elle …

Ses lèvres se tordirent et son talon s’enfonça dans le mur pour marquer sa frustration. Simon le gratifia d’une tape sur l’épaule.

-Honnêtement, tu t’en sors bien je trouve. Tu as du caractère, tu es une forte tête et ça c’est quelque chose qu’à l’air d’apprécier Julius Selwyn, moldu ou non.
-C’est gentil de me rassurer mon crapaud, mais tout ce que j’entends dans ta phrase, c’est moldu.

Il y avait une certaine amertume dans le ton de mon frère, celle-là même qui sous-tendait sa voix chaque fois qu’il était réduit à sa condition de non-magique. Simon et moi échangeâmes un regard peiné et j’ouvris la bouche pour le rassurer. Mais je fus coupée net par le sourire amusé d’Ulysse Selwyn qui passait la porte.

-Merveilleux dîner, merveilleuse idée ! Mais tu es étrangement silencieux, Bones, tu as avalé ta langue ? En tout cas c’est d’un agréable …

La mâchoire de Simon se contracta et son regard dévia légèrement sur la porte. S’il se taisait, c’était que la colère montait en lui. Je le sentais chaque fois qu’il posait les yeux sur sa mère ou son père.

-Qu’est-ce que tu veux ?
-Vous féliciter, en fait, répondit Ulysse avec un sourire tordu. Vous vous en sortez remarquablement bien, Bennett a même pensé à rappeler qu’elle était une sorcière !
-C’est inconvenant de frapper son futur-beau-frère ? marmonna Alexandre.
-Très, affirma celui-ci sans se départir de son sourire.
-On voit qu’Octavia est de retour dans ta vie, tu es d’humeur radieuse …

Le sourire d’Ulysse se fana enfin sur ses lèvres et ma pique en fit naître un sur celles de Simon et Alexandre. Assez fière de moi, j’esquissai une petite révérence moqueuse.

-D’ailleurs, j’attends ta reconnaissance éternelle. Je pense que j’aurais pu la convaincre de ne pas te donner ta chance …

La mâchoire d’Ulysse se contracta et il glissa un bref regard sur Simon.

-Je suppose qu’elle est toujours aussi pénible ?
-Et c’est jouissif quand c’est contre d’autres personnes, confirma-t-il avec un sourire ironique. Tu comptes convaincre ton père que ton frère va rejoindre les Mangemorts ou il va continuer à se voiler la face ?

Un rictus de dépit déforma les lèvres d’Ulysse. Maintenant que la discussion avait quitté la pente glissante qu’était Octavia, il semblait plus à l’aise et poussa le vice à s’approprier l’une des chaises en bois de la cuisine. Elles étaient vieilles et j’étais en train de calculer s’il ne s’était pas assis sur celles qui grinçait depuis plusieurs semaines et menaçait de se briser.

-Il ne se voile pas la face. Il calcule le pourcentage mensonge/risque qui peut lui permettre de ressortir aussi blanc qu’une colombe de ce guêpier.
-Et toi tu acceptes ce plan ?

Il y avait un mélange de dédain et d’incrédulité dans la voix de Simon qui fit se rembrunir Ulysse. Il s’apprêtait à répliquer d’un ton sec, mais sa voix fut alors couverte par le fracas d’une porte qu’on tambourinait, suivit de cris qui me parvenaient indistinctement :

-Révérent ! Révérent !

Surprise, je daignai échanger un regard intrigué avec Simon et Alexandre, qui haussèrent les épaules. Laissant là ma vaisselle, je me dépêchai vers la salle à manger où ma mère s’était à moitié levée de sa chaise et où les cris ne discontinuaient pas :

-Révérent ! Révérent, ouvrez ! C’est l’église, elle brûle !

Mon père bondit aussitôt sur ses pieds, complétement livide. L’église, c’était sa seconde maison qui portait par un heureux hasard son nom, Saint-Edward. Il y avait vu un signe le jour il avait été affecté à ce diocèse comme prêtre et il était depuis lié à ses vieilles pierres. Il traversa la pièce, ma mère et George à sa suite et ouvrit sur une Elisabeth Fisher, l’épicière, complètement affolée. Elle se précipita vers mon père et pointa d’une main la direction de l’église. Des lueurs orangées rougeoyaient comme un halo sur la ville et colorèrent le visage blafard de ma mère.

-J’ai appelé les pompiers mais j’ai cru que vous devriez être au courant … Venez, révérent, elle brûle ! Oh Seigneur …

Mon père n’attendit pas qu’elle se calme et planta là ses invités pour courir dans la rue, suivi de George et d’Elisabeth Fisher. Je fixai le halo, le cœur battant, avant de tourner le regard vers la famille Selwyn qui s’était levée pour assister à l’échange. Et ce fut là que je le vis, le petit sourire entendu qui ourlait la fine lèvre de Thalia Selwyn alors que les éclats d’orange rendaient cuivre sa chevelure d’argent.
Mon cœur s’arrêta de battre et sans réellement l’avoir décidé, je m’élançai à mon tour à la suite de mes parents. Simon hurla mon nom derrière moi, mais je ne l’écoutai pas et courus jusque l’église située à quelques rues de chez moi. Entre temps, j’eus l’impression que la lumière diffusée par les flammes s’estompait et bientôt je me trouvais à courir dans le noir, à l’aveugle, sans rien y comprendre. Seule la connaissance indéfectible de ma ville me fit arriver à destination et je hurlai à plein poumon :

-Maman ! Papa !

L’église était là, sa tour carrée intacte et ses deux ifs gardant son entrée comme depuis des centaines d’années. Des flammes, aucune trace et pourtant je n’avais pas rêvé ce halo orange que j’avais vu depuis chez moi. Mais j’étais trop paniquée pour faire attention à ces détails et je contournais le bâtiment, le cœur battant la chamade :

-Papa !

Mais ce ne fut pas sur lui que je tombais en premier. Alors que mon regard embrassait le parvis, un éclat attira mon attention dans une ruelle adjacente, un éclat de lumière rouge qui s’imprima dans ma rétine. Mes doigts se mirent à trembler et sans réfléchir, je me dépêchai vers la ruelle, frissonnantes à l’idée de voir des sorciers s’en prendre à mes parents, mais ce n’était pas mes parents.
C’était mon grand-père.
Miro et son immense stature face à deux silhouettes vêtues de capes et encagoulée, sa baguette en bois de vigne virevoltant avec grâce et dont jaillissait des éclairs de lumières magistraux que peinaient à parer les deux autres. Face à la férocité de l’attaque de mon grand-père, qui en plus de ça était assez souple pour éviter leurs quelques maléfices, les deux assaillants reculaient et reculaient encore, à la recherche d’une issue, faisant des tentatives désespérées. L’une d’elle faillit attendre le bras de Miro mais il s’écarta avec la vivacité d’un chat et l’éclair pourpre fonça vers moi. J’eus assez de réactivité pour déployer un bouclier et le sort alla briser les briques de la maison d’en face. Mon grand-père se tourna vers moi, surpris.

-Perelko !
-C’est moi. Attention !

Je le tirai vivement pour lui faire éviter un nouveau sort qui alla se perdre dans la ruelle derrière moi et embrayai immédiatement sur un sortilège de désarmement. Pris de cours par la rapidité de l’action, il n’eut pas le temps de parer et la baguette lui sauta des mains et alla se perdre quelque part derrière moi. Comme nous l’avait conseillé Lupin, je ne perdis pas de temps à tenter de la rattraper et préparai un maléfice qui pourrait définitivement l’immobiliser, mais son compagnon le tira derrière lui et le poussa dans la ruelle pour l’incite à fuir avant de se tourner vers nous et de hurler :

-Incendio !

La gerbe de flamme grossit et prit la largeur de la ruelle en une seconde, la seconde qu’il fallut à mon grand-père pour ériger un bouclier autour de nous. Un rideau orangé s’abattit sur nous, grésilla au contact de la protection magique, nous enveloppa d’une chaleur étouffante. Terrifiée par l’image, la chaleur qui pourtant ne me faisait aucun mal et par les flammes qui dansaient autour de moi, je poussai un cri et Miro m’attira contre lui, sa baguette toujours tendue, alerte. Puis le feu passa, ne laissant derrière lui que les poutres de bois des vielles maisons enflammées et une allée vide : les deux hommes en avaient profité pour transplaner.
Je restai contre mon grand-père, haletante, le cœur battant à m’en casser la cage thoracique avec des restes de terreur pure dans les veines. Ce mot, ces flammes, elles avaient hantés mes cauchemars.
Et cette voix … C’était difficile, mais j’avais eu l’impression d’entendre derrière le cri et le sort celle de Nestor Selwyn. Nestor Selwyn qui avait promis de me brûler …

-Perelko …

Il fallut que mon grand-père caresse mes cheveux pour comprendre que je tremblais comme une feuille. Paniquée, je levai les yeux sur lui. Son visage était marqué, ses prunelles luisaient d’un éclat anxieux mais il paraissait aller bien.

-Je suis désolée … j’ai paniqué, je …
-Ce n’est rien, Perelko, ce n’est rien … Allez. (Il m’enveloppa dans une étreinte d’ours et plaqua un baiser dans mes cheveux). Tu as été parfaite juste avant, ce n’est rien. Maintenant éteignons les flammes avant que ça n’atteigne les autres maisons et allons voir ce qu’ils ont fait de l’église …

L’église. J’en avais presque oublié pourquoi j’avais couru à perdre l’haleine jusque ici … Mon regard embrassa la ruelle qui fumait et brûlait pas endroit et Miro se chargea d’éteindre les débuts d’incendie de sa baguette. Il fallut m’y prendre à deux fois à cause de ma main peu assurée et je réussis à réparer les trous dans les murs et à effacer les traces de brûlures et de combat. Comme par magie, l’allée retrouva son aspect et sa tranquillité et Miro et moi nous hâtâmes jusque l’église qui elle aussi était déconcertante de quiétude. Malgré tout, j’avais toujours l’impression qu’une ombre rougeoyait dans la nuit et je n’arrivais pas à me défaire de la sensation de chaleur et d’étouffement que j’avais éprouvé alors que les flammes m’enveloppaient.

-Tu n’étais pas parti, murmurai-je à l’adresse de mon grand-père. Pas vrai ?
-Evidemment que non, rétorqua-t-il d’un ton bourru. Je voulais être certain qu’il n’arriverait rien et je voulais sonder les attentions de cette famille … Malheureusement, tous étaient occlumens – quoique le fils un petit peu moins, mais il n’était pas assez ouvert pour que je puisse m’introduire en lui sans qu’il ne le sente … Bref. Heureusement que je suis resté, Perelko … Dès que j’ai vu l’église brûler, j’ai compris. J’ai coincé ces deux là alors qu’ils observaient les flammes … Ils faisaient moins le malin au combat … Des gamins, ils ont cherché tout de suite à fuir …
-Je crois … je ne suis pas sûre, mais je crois que c’était Nestor …

Une main glacée se referma sur mon cœur alors que Miro se fendait d’une floppée de jurons en polonais. Il fallait que je retrouve mes parents … Mon pas s’allongea et devant l’urgence et l’angoisse de la situation, la sensation de chaleur et d’étouffement se dissipa enfin. Je contournai le bâtiment, le sang battant à mes tempes en criant le nom de mes parents.

-Papa !
-Je suis là, chérie.

Là, il l’était, devant l’entrée latérale de l’église, sain et sauf. Je poussai un immense soupir de soulagement en constatant que ma mère était juste derrière et inspectait l’église avec George Bones. Mon grand-père se précipita vers sa fille. Elle ne parut pas surprise ni courroucée de sa présence et se laissa étreindre comme si elle était encore une enfant. Moi je me jetai dans les bras de mon père, négligeant une Elisabeth Fisher visiblement perplexe qui balbutiait :

-Mais révérent … je vous jure, elle brûlait, j’ai vu les flammes … J’habite juste à côté, elles atteignaient mon jardin, je … je ne comprends pas révérent … je vous jure que …
-Je vous crois, Elisabeth, assura mon père quand je m’écartai. Seigneur, qu’est-ce que … ?
-Une illusion, avança Miro en fronçant du nez. Les flammes n’avaient aucune chaleur donc c’est même une illusion très mal faite, seulement pour attirer votre attention …
-Attendez, protesta Mrs. Fisher en fronçant les sourcils. De quoi vous … ?

Elle ne finit pas sa phrase : mon grand-père avait déjà fait un large mouvement de baguette. Soudainement, son regard se vida de toute expression, de toute envie. Machinalement, elle tourna les talons et s’enfonça dans la nuit d’un pas mécanique. Ma mère se tourna vers lui, choquée.

-Papa !
-Il le fallait Marian, le défendit George Bones en posant une main sur son épaule. S’il ne l’avait pas fait, je l’aurais fait … (Il lorgna mon grand-père, qui s’était détournée au cri de ma mère). J’espère juste que ce n’était pas Imperium …
-Vous me prenez pour qui Bones ? grogna-t-il, vexé par l’allusion. Je sais faire ça proprement, merci. Regardez-moi plutôt ça …

Ma mère, malgré sa réticence, avança d’un pas pour regarder la partie du mur que désignait Miro. Elle plaqua une main sur sa bouche, et attrapa mon bras dès que je fus à sa hauteur. George alluma la pointe de sa baguette. Le faisceau de lumière éclaira alors ce qui épouvantait ainsi ma mère, des lettres tracés comme avec du sang et qui luisait sous nos yeux effarés.

REMEMBER REMEMBER : YOUR TURN TO BURN
cochyo

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par cochyo »

INCREDIBLE
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Oh la la ! Nestor est bien déterminé à aller jusqu'au bout ! Victoria n'en fera qu'une bouchée de toute façon !

Miro assure de ouf, quelle classe !
Vic et Simon sont si chous à être gênée ! Vivement que Victoria prenne conscience de ce qu'elle ressent !! J'ai trop hâte !

(PS Je suis désolée pour Lille au fait !)
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