Ombres et Poussières [Harry Potter]

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Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Punaise le truc des statues, c'est tellement bien trouvé ! Très innovant, très émouvant bravo à toi Perri !!
Sinon, toutes les discussions entre Vicky et Simon sont mes moments préférés de ta fic, vraiment j'aimer trop ces deux personnages et leur relation !
Je suis vraiment émue là, c'est fou les émotions que tu nous transmet !
Charmimnachirachiva

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Je suis vraiment désolééééée de pas avoir répondu avant malgré ce que j'avais dit :? (je me déprime mais j'ai excuse pour les derniers jours (au moins...) : j'étais dans un coin paumé du Jura avec pas de connexion et des messages qui mettaient cinq minutes à s'envoyer ... )
Donc :
petit point sur le prologue :
Très bonne idée ces articles et ces lettres, très bien rédigées et qui s'inscrivent bien dans l'esprit de la série !
et sur le chapitre (ouais, pas de com-cit cette fois-ci, soooory, mais je reprends du service la semaine pro)
Le début ça sent la rupture entre Miles et Vic... Genre on s'en est toujours douté mais ils faisaient un joli petit couple alors ça passait mais maintenant c'est sûr... Après je suis toujours pas à fond pour Simon et Vic. En tout cas pas tout suite et pas de niaiserie si ça arrive S'IL TE PLAIT. Ca me détruirait toute l'image que j'ai d'eux. De la tendresse oui, de la niaiserie non !
ce qui nous amène à la seconde partie :
C'est juste trop beau cette magie (même si je me rappelle pas qu'il y ait eu mention de ça dans HP 5 mais on s'en fiche).
J'ai mis la musique (je l'ai toujours dans les oreilles d’ailleurs ! :lol: ) et c'est juste magique. Vraiment, ces instants hors de la guerre tout en étant dedans. L'espoir qui s'en dégage, c'est magnifique. Franchement ça doit être une de mes scènes préférés de la partie II.
Et en passant j'ai regardé l'extrait et je suis sûre qu'à un moment on voit l'acteur de Norbert Dragonneau (oui je les aient vu au cinéma donc j'utilise la version française...)
Dernière modification par Charmimnachirachiva le mar. 07 juil., 2020 12:16 pm, modifié 1 fois.
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

SALUT
non je ne suis pas en retard ahem
C'est ton cadeau 1er jour d'épreuve :mrgreen:

Alleeez chapitre 24 partie 1
Très bien. Mais pourquoi moi je ne savais pas ?
bim bim bim ça va barder pour papa Benett
cet homme à qui je ressemblais tant et qui m’avait caché, au même titre que Simon, cette vérité essentielle
En même temps vu comme ils se chamaillaient je comprends qu'il n'ait pas estimé que Victoria avait besoin de cette information pour vivre :lol:
Chérie, cette histoire n’était pas à moi. J’ai très peu parlé à George et Rose, je n’avais pas les mêmes rapports avec qu’eux qu’avec Edgar et Cassiopée et j’ai très vite deviné que de toute manière … Simon préférait oublier. Ce n’était pas à moi de décider s’il devait se souvenir ou non.
J'avoue c'est tellement pas son genre de colporter des ragots
Sans doute le concept devait-il être étrange pour une sorcière dont l’unique croyance dans ce monde était celle en la force de la magie.
En vrai, pourquoi les Sorciers ne croiraient pas en Dieu ? Y a un truc à creuser haha
l’histoire de mamy nous apprend que les Allemands faisaient ça très bien.
Les Nazis, siouplaît :D pas d'amalgame haha Je connais des Allemands très bien qui ne tuent pas les enfants :lol:
Je sais, Victoria, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, assura mon père d’une voix douce. Dieu nous a laissé le libre arbitre qui est à la fois son cadeau le plus précieux et le plus dangereux et c’est grâce à ce libre arbitre que l’homme est capable du meilleur comme du pire. Et ne te trompe pas : si Dieu veille sur nous, il veille sur ton monde également, c’est quelque chose que j’ai mis longtemps à assimiler … Mais je l’ai toujours considéré comme un Dieu universel et vous faites parti de notre universalité. Seulement je me demande quels pouvoirs peut bien posséder Dieu contre la magie. C’est assez … déstabilisant.
C'est bien réfléchi tout ça dis donc Perri
Tu t'en poses des questions haha
Mais sérieusement, beau paragraphe intéressant !
J’avouai y entrer avec un certain malaise depuis que je savais quels drames s’étaient déroulés dans cette maison
TU M ETONNES
l’un des rares français qui ait mon respect.
Mais Perri t'as fini de nous défoncer comme ça :lol:
Rose tourna lentement les pages et je pus le voir grandir, ses cheveux pousser et devenir roux
Il y a beaucoup de roux dans HP. Vous aviez capté que Dumby était roux quand il était jeune ? J'ai trouvé ça fou. Et en relisant le 6, je suis tombée sur quelqu'un d'autre qui tirait sur le roux mais je sais plus qui c'était
Mais l’enfant qui grandissait devant mes yeux n’était pas celui dont j’avais le souvenir : il était en bonne santé avec les rondeurs qui caractérisaient la petite enfance et une taille acceptable pour son âge. Avec une impression glacée au creux du ventre, je songeai que c’était le drame qui avait affecté sa croissance
Naaaaaaaaaaan c'est horriiiible
et en même temps c'est bien vu
Ca brise le coeur tout ce passage T.T
L’impression se confirma lorsque je tournais la page sur le vide et les cases sombres d’une vie fauchée.
Cette phrase est horrible. J'en frissonne T.T
Je l’ai sorti de là, et il s’est accroché à moi … J’ai l’impression qu’il ne m’a jamais lâché, en un sens.
C'est horrible pauvre bébé
C’était le frère aîné de Cassiopée.
MAIS NON !!!! Tu nous l'avais dit ? J'ai raté cette info ? aurais-tu gardé pour toi UN SPOIL ? Je suis choquée par cette information
Noooooooooooooooooooooooooon mais quoiiiiiiiiiiii
Je te jure que si cette crapule de Barty avait pu me l’arracher pour réussir avec lui tout ce qu’il avait raté avec son fils, il l’aurait fait.
Voilà qui aurait été moche
soit c’était lui qui détruirait le Ministère
Je l'ai visualisé en Hulk pendant 2 secondes, va savoir pourquoi

ALLEZ je fais la partie 2
Son père, Oliver Bletchley
Champion de Bavboules s'il vous plaît
l’air d’évaluer si la petite fille chétive que j’étais serait capable de porter ses petits-enfants
Sympa :lol: Hier pendant le déménagement je portais des palettes toute seule et la belle-mère m'a sorti : "bah ça alors ! Une gringalette comme toi, tu portes ça toute seule !" Mais oh eh oh :lol:
Comme ça tu m’auras des places !
C'est trop mignon haha
pendant que Miles et moi révisions dans le salon.
Sympa le rencard dis donc
Et c’était peut-être cette attitude de soumission constante qui provoquait la contrariété dans ceux de son fils.
J'aurais aimé que ce soit plus chouette entre eux et en même temps c'est tellement plus réaliste une relation pas toute rose. Et ça ajoute tellement au caractère de Miles ! T'es trop forte
Pressée d’entendre les explications, je jetais un sortilège de séchage si puissant que même l’eau dans l’évier s’évapora
Hahahaha bien joué Vic :lol:
Bon sang, il n’a aucune dignité
Mais c'est horrible de dire ça de son pèèèère
l’enfant en moi n’en crispa que plus les mains sur la chaise pour être certaine que toute Victoria y reste soudée.
Elle a peur de se faire désartibuler ? :lol:
Les BUSEs avaient été arrachés dans plusieurs matières (qui nécessitait des compétences magiques) et mes points forts se situaient sur des disciplines souvent targuées d’inutilité telle l’Histoire de la Magie ou l’Etude des Runes.
Vic c'est une L en fait :lol:
C’était inutile d’agiter devant le nez de Miles un spectre qui ne lui était rien et par ailleurs je n’en avais pas la moindre envie. Car c’était également ce qui me plaisait chez lui : il n’avait pas de problème.
Enfin c'est quand même un peu embêtant dans un couple de ne pas parler de ses problèmes haha D'ailleurs peut-être que Miles fait la même chose finalement

Mooooooooooooooooooooooh ils sont mignons
C'était très bien fait Perri :)

Super chapitre, j'aime trop les voir en dehors de Poudlard aussi ! Tu mêles super bien les vies moldue et sorcière, c'est trop chouette
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Perripuce a écrit :COUCOU TOUT LE MONDE ! Salut marraine 8-)

LE FOOT REPREND SES DROITS SUR LA PLANETE SPORT MESDAMES ET MESSIEURS c'est l'immense retour de tout les grands championnat SAUF le nôtre ! MAIS moi je voulais du tennis, de l'Euro, des JO, DU CYCLISME mais je n'ai rien de tout ça donc je prends mon mal en patience.

En plus la seule compétion qui importait depuis que le sport s'est éteint s'est finie de la plus cruelle des manières ... Adrien dans mon coeur tu as gagné Top Chef T.T Puahahah

VOILA j'arrête de parler et je vous livre le chapitre. BONNE LECTURE BISOUS !

Chapitre 25 : La croisée des chemins.

Comme c’était difficile d’entrer dans la vie d’adulte. Ma mère m’incitait de plus en plus à faire mes lessives seules Hahahah ça va c'est pas le plus difficile de la vie d'adulte que de faire sa lessive :lol: et je dus laver toutes mes robes à l’aide désastreuse d’Alexandre le week-end avant la rentrée. Mon père ne m’aida pas davantage quand il fallut réparer mon vélo crevé Ca je saurais pas faire mais j'ai même plus de vélo donc tout va bien, arguant en plus que j’avais la magie pour m’y aider. Vers la fin de semaine, la question de l’orientation devint prégnante pour Rose et George, qui profitaient de nos derniers instants de libre parole pour nous prodiguer leurs conseils sur nos vies futures. Le repas où ils invitèrent mes parents à déjeuner tourna presque exclusivement autour de cela, puisque ni mon père ni ma mère ne s’y connaissaient en carrière magique La mère de Vic devait pas se sentir bien. J’avais été surprise que ma mère accepte l’invitation sans rechigner Ah bah qu'est-ce que je disais, mais j’avais vite déchanté lorsqu’elle avait précautionneusement interrogé Rose sur mes chances dans chacun des domaines possibles et qu’elle avait poussé un véritable grognement de mépris lorsqu’elle avait évoqué le Quidditch. Je comprenais sa réticence : dans le monde moldu, c’était comme si j’entreprenais une carrière de footballeuse et c’était loin d’être une voie crédible J'avoue haha. Puis mon père s’intéressa aux aspirations de Simon, ce à quoi ses deux parents s’extasièrent sur une possible carrière d’Auror devant laquelle Simon pâlit. J’avais conscience qu’inconsciemment, George et Rose devaient être fier de le voir suivre les traces de sa véritable mère malgré le déni de Simon – et que c’était probablement l’une des choses qui le rebutait. Mais je faillis m’étrangler lorsque Caroline, l’aînée de la famille exceptionnellement présente, évoqua l’idée que Simon prenne un appartement à la sortie de Poudlard.

-Ose faire ça et m’abandonner, Bones et je te promets que cette fois je t’arracherais les yeux pour de bon, le prévins-je profitant que nous faisions la vaisselle dans la cuisine. Tu ne quitteras cette ville que lorsque je l’aurais décidé. Ils ont qu'à vivre ensemble :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

Simon leva les yeux au ciel avec un sourire désabusé. Il avait décidé de nettoyer les assiettes à la main – pour se calmer ou parce qu’il ne savait toujours pas jeter un sortilège ménager, je l’ignorais – et en profita pour faire gicler de l’eau sur moi. Je poussai un cri en glapissant :

-Tu es insupportable !
-Et c’est pour ça que tu veux me supporter encore plus Mais j'avoue hahaha comment est-ce qu'elle peut encore se voiler la face, railla Simon en retournant à sa tâche. D’ailleurs, arrête de paniquer : je ne compte pas prendre mon indépendance maintenant, je préfère rester ici dans un premier temps. Si je change tout d’un coup je vais être perdu.

Je me retournai pour prendre une serviette et m’éponger le visage, mais également pour masquer mon soulagement. Dans l’optique qui m’attendait une fois sortie de Poudlard, j’avouai que c’était rassurant de continuer d’avoir Simon sous la main. Mais le soulagement fut de courte durée car je reçus une nouvelle giclée d’eau et cette fois accompagnée de bulles savonneuses qui s’éparpillèrent dans mes cheveux. Je fis prestement volte-face et mon pied qui avait décollé du sol atteint l’arrière de son genou avec une précision chirurgicale. Mécaniquement, Simon se trouva déséquilibré et dut se rattraper à l’évier de façon maladroite, faisant valser une partie de la vaisselle qui séchait sur son bord. Elle s’écrasa sur le sol avec un grand fracas et nous contemplâmes les débris avant d’échanger un regard. Sans pouvoir nous en empêcher, nous éclatâmes synchroniquement d’un grand rire et ce fut dans cet état absurde d’hilarité que nous retrouva Caroline, sans doute attirée par l’agitation. Ses yeux bleus s’écarquillèrent lorsqu’elle observa le sol jonché de porcelaine et la mousse dans mes cheveux. Bien joué :lol: :lol: :lol:

-Moi qui pensais qu’on pouvait enfin vous laisser seuls sans que vous ne provoquiez de catastrophe ! JAMAIS rouspéta-t-elle en donnant un coup sec de baguette pour réparer nos dégâts.
-Oh, on pouvait le faire tous seuls, on est grand maintenant, protestai-je alors qu’elle rangeait les assiettes dans le buffet.
-Moi peut-être, toi tu es toujours cantonné à un mètre cinquante-six, rétorqua Simon avec un sourire cynique. Je ne suis pas sûre que tu aies pris un seul centimètre depuis que tu es entrée à Poudlard. Ca va Perri, tu le vis pas trop mal ? :lol:

Je le fusillai du regard, mais la présence bougonnante de Caroline m’empêchait de riposter physiquement à la pique. Elle était d’humeur massacrante depuis son arrivée qui s’expliquait par sa récente rupture avec son petit-ami Andrew. La chose avait ravi Susan, qui avait toujours fustigé contre la niaiserie du couple Eh oh laissez les braves couples être niais ok, et George qui ne s’était jamais entendu avec le jeune homme. Elle repoussa une mèche de cheveux auburn et nous jeta un regard ennuyé.

-Bien, évitez de provoquer d’autres catastrophes, râla-t-elle, une main sur la porte. Surtout que tante Amelia vient sans doute pour le café …

Là-dessus, elle retourna dans la salle à manger, nous laissant pantois avec le reste de la vaisselle à faire. Je nettoyais mes boucles en m’aidant du reflet dans la vitre pendant que Simon rageait et songeait que finalement, il allait s’arranger pour remettre Caroline avec Andrew. Une fois la vaisselle finie il m’arracha le torchon des mains pour essuyer les siennes, la bouche tordue.

-Cela dit, Vicky, entonna-t-il doucement, tu parles de moi mais … Tu n’avais une proposition de poste en Bulgarie ?

Je fronçai les sourcils, prise de court. J’avais presque totalement occulté les mots de Viktor Krum Et après elle en veut à Simon d'occulter son passé, lol , réitérer par deux fois et qui m’invitaient à faire des essais pour son club, les Vautours de Vratsa. J’avais été touchée par la proposition de l’un des meilleurs joueurs au monde et je suivais depuis avec un certain intérêt les résultats de l’équipe des Carpates, mais je n’avais jamais songé à y donner suite.

-Enfin, Simon, je ne vais pas aller en Bulgarie. Tu me vois laisser mes parents avec tout ce qui se passe ? Et Alexandre après ce que j’ai fait ? Marrant qu'elle ne songe même pas à Miles 8)
-Je n’en sais rien. Mais peut-être que Nestor Selwyn ne pensera pas à venir te chercher si tu es en Bulgarie.
-Non, refusai-je immédiatement, soudainement effrayée. Non, Simon, je ne quitte pas l’Angleterre, je ne laisse pas … Enfin …

Je le considérais un instant alors qu’il essuyait toujours ses mains avec un soin tout particulier. Il avait été le premier à être réticent à l’idée que j’accepte la proposition de Viktor Krum, pourquoi me le rappelait-t-il maintenant… ? Une explication me vint à l’esprit, mais elle me mit immédiatement si en colère que je la chassais : ce n’était pas le moment de me mettre à vociférer contre lui alors que mes parents se trouvaient dans la pièce d’à côté. Je donnai un coup sec de baguette pour ranger la vaisselle et assénai avec fermeté :

-Il est hors de question que je quitte l’Angleterre maintenant. D’ailleurs je ne suis pas sûre de poursuivre dans le Quidditch alors cette discussion attendra. J’en discuterais avec Chourave, je pense. D’ailleurs, toi. Quand est-ce que tu vas dire à tes parents que tu n’as pas la moindre intention de devenir Auror ?
-Oh je t’en prie, tu les as vu, renifla Simon avec une certaine amertume. Tu as bien vu comment ils sont fiers que je devienne comme …

Le reste de sa phrase s’étouffa dans sa gorge et il plongea son regard par la fenêtre pour ne pas avoir à la finir. Je le fixai, retrouvant en ses traits chaque caractéristique de chacun des membres de sa famille disparue, passablement agacée par le silence qui se prolongeait.

-Dis la fin. Quelle forceuse haha, jamais j'aurais pu faire ça, je sais pas où elle va chercher ça dans son caractère de Pouffy

Simon fronça les sourcils et darda un regard exaspéré sur moi.

-Ce n’est pas difficile à deviner.
-J’ai parfaitement deviné, Simon, mais je veux quand même que tu finisses ta phrase. Et que tu la finisses bien. Que tu deviennes comme qui ?

Il me lança le torchon à la figure pour s’éviter de répondre mais j’étais trop rapide pour lui : j’eus le temps de le rattraper, de sortir ma baguette et de verrouiller la porte au moment où il mettait la main sur sa poignée. Il poussa un grognement de frustration lorsque la porte trembla sans céder lorsqu’il tira dessus et il finit par s’adosser au battant, les bras croisés sur sa poitrine.

-Non, sérieusement, tu es sûre que la Bulgarie n’est pas envisageable ?
-Je suis certaine que tu serais ravi de te débarrasser de moi, Simon, mais il me semblait d’avoir prévenu que tu m’aurais sur ton dos toute ta vie. Finis ta phrase.

J’avais toujours ma baguette en main, mais je ne tiendrais pas longtemps si lui sortait la sienne. J’avais beau avoir une vitesse d’exécution plus rapide, s’il mettait toute sa puissance magique contre moi, je finirais en charpie. Pourtant, il n’amorça pas le moindre mouvement pour la brandir, se contentant de me lorgner hostilement, les bras toujours croisés sur sa maigre poitrine, la mâchoire si contractée que je doutais qu’il ne laisse échapper le moindre mot. Pourtant, il finit par lâcher avec brusquerie :

-Comme ma mère. Tu es contente ? C ETAIT PAS SI DIFFICILE

Un mince sourire s’étira sur mes lèvres et je levai le sortilège sans un mot. La porte s’ouvrit alors, déséquilibrant Simon qui se rattrapa à la poignée Pouahhaah l'autre jour dans le métro un mec était adossé à la porte et avait des écouteurs dans les oreilles, du coup il a pas fait attention au fait qu'on arrivait, et il a failli tomber en arrière quand la porte s'est ouverte. Voilà c'est tout :lol: et m’arrachant un nouvel éclat de rire. Il me jeta un énième regard noir et je le suivis dans le salon d’un pas bondissant, très fière de moi. C’était infiniment peu, mais c’était les seules choses que je pouvais espérer de lui et c’était par ces petits mots que peu à peu nous pourrions déconstruire le déni et rétablir la vérité en lui. Une nouvelle personne était assise à table, trônant telle une reine et son monocle en guise de couronne J'ai eu une drôle de vision dans la tête. La pipe qui fumait paraissait grandement incommodé mes parents mais elle n’en avait visiblement cure car elle la bourra d’une nouvelle dose de tabac. Elle discutait avec Caroline avec un certain agacement :

-… a complétement perdu le contrôle d’Azkaban et le pire c’est qu’il refuse d’envoyer davantage d’Aurors là-bas … fcg C'est un nouveau juron ? :lol:
-Les Aurors ont mieux à faire tante Amy, tu ne penses pas ? rétorqua Caroline d’un ton digne.
-Et quoi donc, assurer la protection de Fudge ? répondit Amelia avec un souverain mépris. Si seulement c’était pour les bonnes raisons … (Elle tourna son œil vert au monocle sur Simon). Ne reste pas planter là et viens embrasser ta tante, toi. Au moins ça c'est pas un mensonge (le fait que c'est sa tante)

Simon s’exécuta pendant que je prenais place à côté de ma mère. Elle fixait la pipe d’Amelia Bones avait tant d’intensité qu’elle semblait capable de l’éteindre de son simple regard et mon père faisait de son mieux pour éviter le nuage gris que la sorcière rejetait dans l’air à chaque expiration.

-Rose nous a expliqué qu’elle était une sorte de ministre de la justice, m’apprit ma mère à mi-voix, tout en gardant un œil sur la pipe. Je ne savais pas que leur famille était si haut …

Je fus amusée du respect nouveau que semblait éprouver ma mère pour les Bones. Mon père avait fait un travail remarquable pour lui faire accepter la magie en quelques mois et je ne doutais pas qu’Alexandre avait également ajouté sa pierre à l’édifice, fort d’année d’expérience à faire enrager Marian Bennett. Avec un pincement au cœur, je songeais que ça l’aiderait à probablement mieux accepter la nature de son père adoptif. Je n’avais pas de nouvelle de mes grands-parents depuis que j’étais allée les voir en début de vacance avec Simon mais j’avais fini par assimiler qu’il faudrait du temps avant que ma grand-mère n’accepte que Miro revienne à la vie magique. Au cas où, j’avais raconté la véritable histoire à George et Rose qui avaient failli tomber de leur chaise en apprenant l’identité réelle de l’homme qui avait habité notre maison avant nous Haha tu m'étonnes. George m’avait tout de même avoué en confidence que son père, Nicholas, s’était toujours méfié de Miro et s’était toujours interrogé sur sa véritable nature, aussi n’était-il qu’à moitié surpris.
Amelia nous parla longuement de l’ambiance de plus en plus tendue au Ministère : Fudge ressentait chaque jour plus la pression d’un Mangenmagot de plus en plus convaincu qu’un Mage Noir arpentait librement le pays. Et plus l’opposition était forte, plus le Ministre s’accrochait à son trône et à ses convictions.

-J’ai essayé de lui faire entendre raison après l’évasion massive, mais il n’a rien voulu savoir, poursuivit-t-elle avec un certain dépit. Pour lui, c’est simplement Black …
-Je n’ai jamais compris pourquoi Sirius Black s’était rangé du côté des forces obscures, murmura Rose, songeuse. Cassie le connaissait bien, elle serait tombée des nues en l’apprenant …
-Et Cassie avait un solide instinct, ce n’était pas le genre de femme à se laisser embobiner, admit Amelia en recrachant un nuage de fumée. La patte de Maugrey, ça …
-Vigilance constante, citai-je machinalement. James sursaute dans sa tombe

Amelia m’adressa un sourire approbateur. Pendant la discussion, j’avais observé George et Caroline, les deux membres réticents à l’idée d’admettre que Voldemort était de retour. Mais chez le père de famille, tout semblait avoir changé car je le sentais davantage prêts à coller son immense poing dans la figure du Ministre – l’évasion de l’assassin de son frère avait dû changer son idée. Tu m'étonnes

-Certains membres du Mangemagot pensent de plus en plus à le mettre en minorité à la chambre et à t’appeler à sa place, Amy, avoua-t-il alors, un sourire faisant frémir sa barbe Triste de savoir qu'elle va mourir avant (et peut-être se faire assassiner à cause de ça ?). Le problème, c’est qu’il a encore de solides appuis, notamment dans les grandes familles sorcières qui auraient beaucoup à y perdre si quelqu’un de moins complaisant venait à la tête du Ministère …

Amelia ne parut pas surprise que son nom soit cité pour devenir la prochaine Ministre de la magie et elle ignora superbement la mine ébahie de ses nièces et de mes parents. Elle se fendit d’un grognement.

-Les Malefoy, les Selwyn, les Yaxley … Je vois très bien de quelles familles tu parles, George, de grandes puissances financières qui profitent de l’aveuglement soit pour rejoindre Tu-Sais-Qui, soit pour agrandir leur empire. Julius Selwyn a profité de la démission d’un membre du Mangemagot pour protester contre la politique de Fudge pour tenter d’y placer son fils aîné mais la demande a été refusée. Mais je n’aurais pas été contre l’idée qu’il nous propose sa fille, j’ai déjà échangé avec elle, c’est une femme d’une incroyable finesse cette … MELANIAAAAA HAHAHA
-Donc il n’y a aucun moyen qu’on soit débarrassé de Fudge ? la coupa précipitamment Simon.

La bouche d’Amelia se tordit et j’en profitai pour adresser un « merci » silencieux à Simon. Cela aurait été dramatique si elle avait laissé échapper le nom de Melania devant mes parents.

-Pas tant que Tu-Sais-Qui restera caché, je pense, évalua sombrement Amelia. Une partie conséquente du Mangemagot veut le mettre en minorité, mais l’immense majorité de la cour est silencieuse, craintive. Ils n’osent pas, ils murmurent. Ils ont peur de perdre leur poste s’ils se découvrent trop en faveur d’une démission et je suis aussi persuadé que les grandes familles comme les Malefoy sont à la manœuvre pour les intimider. La pauvre Elisabeth Lewis a été forcée à la démission après avoir ouvertement comploté pour déposer Fudge, ils ont fait sortir un scandale de corruption que je pense inventé de toute pièce …
-Je soupçonne Albert Rucorn d’être derrière tout ça, intervint Rose d’un air dégoûté. Il est très doué pour falsifier les documents de manière crédible.
-Mais votre monde est une dictature, lâcha mon père, abasourdi. :lol: :lol: :lol: Pas plus que certains pays moldus
-On en s’en rapproche mais ça n’ira pas jusque-là, promit Amelia, l’œil brillant d’un éclat presque inquiétant. Pas si je peux l’en empêcher. Je n’ai pas eu le temps de prouver que les pièces contre Elisabeth Lewis étaient fausses, mais je les attends de pied ferme pour tout autre démission qui paraitrait suspecte. De toute manière, Vous-Savez-Qui refera un jour surface et Fudge sera bien obligé de se démettre.
-A votre profit, devina ma mère.

Amelia inclina humblement la tête avec un sourire figé.

-A dire vrai, ma chère madame, ce seront les urnes qui décideront. Mais si tel est le cas je me ferais un plaisir d’autoriser Dumbledore à revenir à Poudlard et de dégager Dolores Ombrage du Ministère à grand coup de pied dans son derrière rose. Pouahhahahahha BIEN DIT, elle devrait faire alliance avec les jumeaux
-Amy ! s’offusqua George alors que Simon, Susan et moi éclations de rire.

Amelia nous adressa un discret clin d’œil et glissa la conversation en s’intéressant aux métiers de mes parents et ne plus s’attirer les foudres de son frère. Elle discutait avec mon père de la vision de la religion dans le monde sorcier et je voyais régulièrement le regard de ma mère glisser sur le portrait d’Edgar au fond de la pièce, puis sur Simon et la photo de Matthew et Spencer sur la console de l’entrer. Caroline vantait à Susan les bienfaits que cela avait de travailler au Ministère et je profitai de n’être acculé par personne pour observer l’extérieur de la maison baigné par le soleil printanier. Demain, nous serions dans le train pour Poudlard, et notre ultime trimestre au sein de cette école. Malgré l’ambiance plus que pesante qui régnait, mon cœur fut étreint par la nostalgie lorsque je me rendis compte que je ferais le trajet allé pour la dernière fois. En compagnies de Miles … Mes joues s’échauffèrent et je croisai les bras sur ma poitrine, refoulant le malaise qui s’éprenait de moi.

J’avais quitté la maison des Bletchley le matin, après avoir salué le père et sans avoir revu ma mère. Miles m’avait embrassé avant d’échanger avec moi un sourire complice que j’avais eu peine à lui rendre. Pourtant, tout c’était passé à merveille. Là où j’aurais pu craindre du sang et une grande douleur, je n’avais eu qu’une vague souffrance due au stresse qui était vite passée, emportée par la fièvre. Pourtant, les souvenirs de cette nuit continuaient de me troubler. J’aurais aimé en parler avec ma mère une fois rentrée. Nous prenions notre repas à deux et j’avais eu les confidences au bord des lèvres. Mais j’ignorais totalement comment elle réagirait en apprenant que sa fille avait perdu sa virginité avec un sorcier avant même le mariage – peut-être trop jeune selon ses critères. Alors je me surprenais à attendre avec impatience mon retour à Poudlard pour pouvoir échanger avec Emily. J’avais désespérément besoin d’un retour d’expérience. Pour une fois qu'elle veut bien en parler de son plein gré avec Emily haha
Le bruit d’une voiture se garant me tira de ma rêverie – et l’émergence fut plus brutale lorsque je reconnus la vieille Vauxhall de mon grand-père. Et ce fut bien lui, un béret planté sur son crâne et sa crinière grise nouée sur sa nuque, qui sortit de la voiture. Mon sang ne fit qu’un tour. J'ai eu la vision de Murtagh dans Outlander (il ne porte plus son béret dans la dernière saison mais fais un mélange des deux images haha : https://tse1.mm.bing.net/th?id=OIP.Gi-o ... Dt&pid=Api
https://tse4.mm.bing.net/th?id=OIP.gvab ... FN&pid=Api


-Je vais prendre l’air, je reviens, annonçai-je à Rose.

Je n’attendis pas sa réponse pour m’élancer sur sa terrasse et me précipiter à la rencontre de mon grand-père. Un immense sourire fendit son visage lorsqu’il m’aperçut.

-Ah, Perelko ! ça tombe bien que tu sois là, je viens …
-Et bien figure-toi que je ne suis pas la seule ici ! l’interrompis-je sèchement en ouvrant la porte de sa voiture. Maman est là également !

Miro pâlit et lança un regard presque effrayé au perron des Bones. Il n’avait sans doute pas dans l’idée d’affronter ma mère dans l’immédiat, aussi se dépêcha-t-il de grimper dans sa voiture et de mettre le contact. Je fermais ma propre portière et le laissai démarrer.

-Je pensais qu’elle n’aimait pas la magie, ta mère, commenta-t-il en rejoignant la route. Enfin, je suppose que c’était une bonne chose … Si elle l’accepte pour toi, elle l’acceptera peut-être pour moi.
-Evidemment qu’elle l’acceptera, ce ne sera pas la magie le problème, mais tes mensonges BIM BIM BIM, répondis-je en endiguant les restes de rancœur qui tentait de percer ma voix. Mais du coup … Mamy est d’accord ?

Miro me jeta un regard à la dérobée avant de hocher la tête avec lenteur. Il s’enfonça dans la ville jusqu’au parking devant l’unique superette du village et s’y engagea avant de se garer. L’endroit était désert en cette heure creuse du midi et de toute manière beaucoup préféraient faire leurs courses dans la grande ville proche qui avait plus de choix. Miro tira le frein à main et poussa un profond soupir.

-Ça n’a pas été facile pour elle d’accepter. Mais elle a fini par tomber d’accord avec moi : si on peut faire la moindre chose, même la moins significative pour protéger notre famille, alors c’est de notre devoir de le faire. Et elle m’a fait juré d’être raisonnable et de ne pas partir à l’aventure, je pense que la prochaine fois que tu viendras elle te demandera de faire un serment inviolable …

C’était dit sur le ton de la plaisanterie mais cela ne m’arracha pas le moindre sourire. Je fixai Miro, muette, à la fois ému et gênée par sa prise de décision. Elle me rappelait que malgré son passé, malgré Agata, rien ne comptait plus pour lui que la famille qu’il s’était construite.
Rien ne comptait plus pour lui que nous.
Et c’était un amour absolu qui forçait le respect.
N’y tenant plus, je pris la main qu’il avait laissé sur le frein à main, comme s’il s’apprêtait à repartir. Il parut étonné de cette marque de tendresse – ça devait être notre premier contact physique depuis noël – mais il couvrit ma main de la sienne, bien plus grande, réconfortante. Mooooow

-Merci, soufflai-je, la gorge compressée par l’émotion. Merci de ne pas me laisser seule face à ça …
-Oh, Perelko… (Mon grand-père planta son regard dans le mien). Tu n’as jamais été seule. Tu ne le seras jamais. On veut te faire croire que tu l’es, mais c’est faux. Dans les mois à venir, il va te falloir être forte pour surmonter tout cela et il va falloir que tu te raccroches à cette réalité : où que tu sois, quoique tu fasses, tu n’es pas seule. Et dans cette bataille, je serais à tes côtés. C'est beauuu ce discouuuurs

***

J’avais passé les dix minutes qui avait suivi à convaincre Miro de d’abord parler à ma mère avant d’aller voir les Bones, de ne pas la mettre devant le fait accompli C'est bien un mec, de vouloir faire ça. Je lui avais même proposé de le faire le soir-même, mais il avait balayé l’idée d’un revers de main : j’en avais déjà bien assez fait, c’était à lui et Jaga de gérer les conséquences de leurs mensonges et non à moi Il a bien raison, MERCI, Vic n'a pas à porter le poids du monde. Et peut-être que lorsque je reviendrais de Poudlard, les choses se seraient suffisamment apaisés pour qu’elles aillent de soi. Je passai donc le trajet qui me ramenait en Ecosse à imaginer la tête que ma mère ferait en apprenant que son père n’était en réalité pas son père, à celle de mon père lorsqu’il comprendrait qu’il était un sorcier, et à celle d’Alexandre lorsqu’il saurait que je lui avais caché cela. Cela provoquait en moi un mélange désagréable d’amusement et d’angoisse que je trompais en lisant Hamlet par-dessus l’épaule de Simon ou en révisant les Sortilèges avec Miles. Je m’activais tellement que le trajet passa à une vitesse folle et je retrouvais bientôt l’image rassurante et familière du château qui se découpait gracieusement dans la nuit.
Et évidemment, les petites joies qui faisaient Poudlard depuis qu’Ombrage avait planté ses griffes dedans.

A notre arrivée, une note nous attendait pour nous prévenir que les cinquièmes et septièmes année avaient le droit à un entretien avec notre Directeur de Maison sur notre orientation. Et Chourave apporta à Simon une précision sur le sien : Ombrage souhaitait y assister. Cela l’avait mis dans un tel état de rage que j’avais discrètement demandé au professeur si je ne pouvais pas être présente à l’entretien, pour être certaine que Simon s’y tiendrait bien – ce à quoi elle avait répondu que s’il ne se tenait pas bien, elle se ferait un plaisir de l’enfermer dans une pièce remplie de ses plantes les plus dangereuses, et ce sans baguette. Simon avait entendu la réponse et ravaler toutes ses protestations pour promettre qu’il se tiendrait.

-C’est franchement d’une injustice criante, râla-t-il en me suivant jusqu’au bureau de Chourave où j’avais mon entretien juste avant lui. Il a pas tort en même temps

C’était le lundi de la rentrée et nous avions quitté ensemble le cours de Sortilège matinal sous l’œil peu scrupuleux de Flitwick. Et visiblement Simon ne semblait pas avoir avalé les révélations faites la veille par Chourave.

-Elle ne va pas voir Renata qui est celle qui a le plus répondu pendant les cours, elle ne va pas voir non plus Charles qui a passé la moitié d’entre eux à dormir, non, il faut qu’elle s’acharne sur moi alors que j’ai passé toute l’année à me retenir !
-Tout le monde n’est pas le brillant neveu d’Amelia Bones, répondis-je avec lassitude. Elle a peur de la menace que tu pourrais devenir pour elle une fois au Ministère. Elle doit déjà se battre contre Amelia, peut-être ton père, si te joins à eux … Sans compter qu’elle doit voir Edgar en toi et que ça ne doit pas la rassurer.

Je vis la paume d’Adam de Simon remonter et descendre nerveusement et il ne renchérit pas sur le dernier argument. Pour éviter qu’il ne plonge dans une mauvaise humeur avant son entretien, je le pris par le bras et le secouer.

-Mais fais-lui miroiter ça, dis à Chourave que tu veux entrer au Ministère et devenir Ministre, et après prends une photo de sa tête ! ça doit être une des visions des plus effrayantes pour elle …

Cela eut pour mérite d’arracher un sourire aux lèvres de Simon au moment même où nous arrivions devant la porte du bureau de Chourave. Avec une certaine gêne et un pincement au cœur, je me souvins que la dernière fois que je m’étais retrouvée dans ce bureau avait été lorsqu’une potion de feu avait failli m’arracher le bras et que Cédric avait découvert que je sortais avec Miles. C’était si loin … Je donnais un coup de coude à Simon.

-Reste tranquille, je n’en ai pas pour longtemps. Et médite un peu pour être sûr de ne pas perdre tes moyens. Si ça se trouve, elle ne va pas même pas intervenir, alors ne fais pas toute une montagne de sa présence, d’accord ? Ca se transforme toujours en montagne avec Ombrage

Simon me jeta un regard ennuyé où pointait également la résignation et j’enfonçai le clou en enfonçant un index dans sa maigre poitrine.

-Et je sais que tu as acheté des oreilles à rallonges aux jumeaux, ils me l’ont dit, alors je te promets que si je sais que tu les as utilisées, je te jette dans le lac noir, tu m’as comprise ?
-Je vais finir par croire que tu as les mêmes pouvoirs que ton grand-père, maugréa-t-il tout en extrayant de sa poche une longue ficelle couleur chair.

J’eus un sourire désabusé en récupérant les oreilles à rallonge. Fred avait été absolument ravi de m’annoncer qu’il comptait à présent un préfet-en-chef dans leurs clients et je l’avais harcelé jusqu’à qu’il m’avoue l’objet de leur transaction.

-Je te connais juste par cœur, Bones. Ne cherche pas, tu ne peux plus rien me cacher, je finis toujours par tout découvrir C'est flippant un peu. A toute, crevette !
-Crevette toi-même.

Je levai les yeux au ciel en frappant à la porte de ma directrice de maison. Le battant s’ouvrir de lui-même et j’adressai un dernier regard d’avertissement à Simon avant d’entrer. Chourave s’occupait d’une très belle plante à pipaillon au bord de sa fenêtre ronde à la façon de celle des Hobbits et m’adressa un sourire radieux.

-Bennett ! Asseyez-vous, j’arrive tout de suite. Ma plante faisait grise mine pendant les vacances, elle demande un soin tout particulier … Comment allez-vous ? Comme mes géraniums T.T
-Très bien, professeur, affirmai-je en prenant place sur la maigre chaise devant son bureau.
-Pas de problème d’aucunes sortes ? Révisions, familiaux … Selwyn ?

Je répondis par la négative, touchée par la sollicitude de ma Directrice de Maison malgré le décret d’éducation numéro vingt-six qui l’empêchait de parler de choses qui ne concernait pas directement sa matière et ses missions Est-ce que s'occuper de ses élèves n'est pas sa mission de directrice de maison ? . Elle acheva de rempoter la plante avant de s’essuyer les mains sur un chiffon déjà fort sale et se laissa lourdement tomber sur son fauteuil. Le soupir dont elle se fendit fit voler les mèches grises qui lui tombait devant les yeux et elle les repoussa d’un geste impatient.

-Victoria Bennett, s’activa-t-elle en fouillant son bureau jonché de parchemins et de brochures en tout genre. Non, ça c’est plus pour les cinquièmes année cet après-midi … Evidemment, ce n’est pas exactement le même entretien, à dire vrai c’est plus une discussion pour éclaircir les voies d’avenir qui s’offrent à vous maintenant que vous arrivez au bout de votre parcours, certaines formations demande la construction de solides dossier … Voyons … Milles gorgones, je passe si peu de temps ici qu’à chaque fois que je viens, je suis perdue mais Dolores a refusé que je fasse passer mes entretiens dans mes serres … Ah, voilà votre dossier ! Elle est trop mignonne haha, j'adore Chourave

Elle sortit une liasse de parchemin et chaussa de petites lunettes rondes qu’elle percha au bout de son nez épaté.

-Victoria donc … Des résultats correctes, élève courageuse et appliquée qui met tout en œuvre pour surmonter ses difficultés … Excellentes notes en runes anciennes et Etudes des moldus … (elle abaissa le dossier et lissa les feuilles). Et bien sûr, j’ai un mot de Madame Bibine qui ne cesse de vanter vos qualités en tant que joueuse de Quidditch. Ne tournons pas autour du pot, Bennett, il est évident que cet entretien servira à déterminer si vous êtes prête ou non à vous lancer dans une carrière professionnelle. Vous avez pu y réfléchir depuis la proposions de Gwladys Sayer ?

Je me trémoussai sur ma chaise et rassemblai dans mon esprit tous les arguments que j’avais pu réunir durant les vacances de mes discussions avec les Bones et avec Miles. Je les exposais avec patience au professeur Chourave : mon envie d’être utile dans ce monde, notamment en ces temps troublés, malgré mes pauvres moyens, ma peur qu’une carrière dans le Quidditch ou l’Histoire de la magie soit complétement vaine … Chourave m’écouta avec bienveillance, sans m’interrompre un seul instant. Lorsque j’achevais mon exposé, un sourire entendu flottait sur ses lèvres.

-Et vous avez des idées ?
-Aucune, avouai-je en me tordant les mains. Soit je n’ai pas les notes qu’il faut, soit ça me rebute. Le Ministère par exemple … quand bien même je pourrais y entrer, je vous avoue que … je ne suis pas sûre de partager les valeurs de l’institution.

Et revoir le sourire de crapaud d’Ombrage ce matin au petit-déjeuner m’avait conforté dans cette idée. Un peu à l’image de Simon, je doutais être capable de m’épanouir et de rester stoïque sous l’administration de Fudge. Chourave secoua la tête avec un sourire désabusé.

-Bennett, ça fait sept ans que je vous ai en cours, je commence à vous connaître. Vous êtes une passionnée : vous êtes bonnes en Histoire parce que vous adorez cela, vous étiez une calamité en Potion parce que vous n’aviez aucun goût pour la chose, vous travaillez les sortilèges parce qu’ils vous plaisent. Très honnêtement, je ne vous pense pas capable de vous épanouir dans un domaine qui ne vous passionne pas. Alors le Ministère …
-Je serais sans doute malheureuse comme les pierres, admis-je, vaincue. Mais professeur … Allez jouer au Quidditch alors que dehors …
-Bennett, vous serez en équipe de réserve, me rappela Chourave avec une certaine douceur. Ce n’est pas encore le haut niveau, ça vous laissera du temps. Du temps pour réfléchir à ce que vous voulez réellement faire de votre vie, du temps libre, également, pour … vous rendre utile, si c’est ce que vous souhaitez, vous me suivez ? COOUCOU L ORDRE

Mes lèvres se pincèrent, indécises. Devant mon hésitation apparente, Chourave se sentit obliger de poursuivre :

-Et l’avenir n’est bien sûr pas figé dans le marbre, bien sûr. Décider de rejoindre une équipe de Quidditch ne signifie bien sûr pas que vous y ferez carrière toute votre vie. Mais vous êtes douée, très douée, même et vous êtes une véritable passionnée, vous vivez votre sport. C’est un conseil que je vous donne : ne faites pas un travail qui n’est pas fait pour vous et dans lequel vous seriez peut-être mauvaise simplement parce que ça vous semble plus sécurisant, ou plus utile. Vous entendez les enfants ne faites pas S juste parce que "ça ouvre plus de portes" (ah oui la S n'existe plus, ça y est on est vieux)(Elle se pencha vers moi pour se permettre de baisser la voix). Vous trouvez le Ministère utile ces derniers temps ?

Un rire nerveux s’échappa de ma poitrine et je secouai la tête, conscience des limites de mon argumentaire. Chourave se fendit d’un sourire maternel dont elle avait le secret et qui m’avait mis si à l’aise lors de mes premiers jours à Poudlard où j’étais littéralement terrifiée par la nouvelle vie qui s’offrait à moi. A présent, j’étais à une nouvelle croisée des chemins avec une voie qui semblait se fondre dans le noir et c’était de ce sourire rassurant dont j’avais besoin pour m’assurer que tout irait bien.

-Alors … Vous me conseillez réellement de devenir joueuse professionnelle ?
-Comme à chacun de mes étudiants, je vous conseille d’aller dans une voie sur laquelle je suis sûre que vous vous épanouirez, dit Chourave. Parce que c’est ce qui compte, que vous soyez bien dans ce que vous faites, en accord avec vos capacités et vos valeurs. Le sport est porteur de belles valeurs et a une belle visibilité qui permet de les porter haut et loin, Bennett, pensez à ça.

Je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle et l’idée me faisait rougir. Quelqu’un qui perçait dans le sport devenait célèbre, je le constatai bien dans le football ou face à la popularité qu’avait la Capitaine des Harpies de Holyhead, Gwenog Jones. Et si l’idée était effrayante pour une fille aussi anonyme que moi, j’admettais qu’elle pouvait donner des capacité presque infini en terme de visibilité et de défense de valeurs.
Et ça, je voulais bien avouer que c’était utile.

-J’avais pensé à approfondir mes recherches en Histoire de la Magie, aussi, continuai-je par acquis de conscience, puisque c’était un autre domaine qui me passionnait. Mon projet avec Octavia avance très bien et j’avoue que je me sens frustrée de ne pas pouvoir l’approfondir d’avantage …
-Hum … Le problème avec la notion de chercheuse, c’est que c’est moins lucratif et plus aléatoire que le Quidditch. Mais encore une fois, une carrière dans le Quidditch vous laissera amplement le temps de vous adonner à d’autres activités et puis, ce sont des carrières qui se terminent vite, vous ne pouvez pas rester sur un balai jusque vos quarante ans … C'est rien 40 ans pour un sorcier en plus haha

L’âge m’arracha un rire nerveux. Seigneur, que c’était difficile de se projeter aussi loin … Mais malgré le côté vertigineux de la projection, j’avais l’impression d’entrapercevoir un rayon de lumière dans mon sombre avenir qui éclaira pas un mais plusieurs chemins qui serpentait dans l’obscurité, s’entrelaçait parfois ou plongeaient dans la brume. Mon avenir n’était pas figé, il pourrait évoluer au fil de ma vie, de mes envies. Un instant, je m’imaginais prendre l’un de ces chemins, l’arpentant jusqu’à un nouveau croisement et mon cerveau se mit à imaginer un nombre incalculable de scénario.

-Je suppose que de toute manière je ne saurais pas si ça me convient si je n’essaie pas …, évaluai-je lentement. Je veux dire … L’Histoire de la magie, j’aurais toute ma vie pour m’y mettre mais le Quidditch … ils ne recrutent qu’après Poudlard, c’est ça ?
-Ou au sein d’autres équipes, oui, confirma Chourave avec un sourire radieux.

Mon cœur manqua un battement. Elle avait raison me concernant sur un point : j’étais passionnée de Quidditch. Il n’y avait que sur un balai que j’arrivais à oublier tous mes problèmes, prendre de la hauteur et évacuer toute la frustration du quotidien. J’avais douté d’en faire mon métier, de peur de perdre la magie, de peur de me sentir coupable de tant de frivolité alors que le monde valsait. Mais maintenant que j’avais vu tous les chemins qui s’ouvraient à moi, l’idée de me fermer cette porte si tentante me rendait triste. Je me posai une main sur la trempe, et contemplai longuement ma professeure. Elle eut un pauvre sourire.

-Vous avez encore peur, Bennett ? Vous ne faites pas confiance à votre talent, malgré sa reconnaissance par tous ?
-Ce n’est pas de moi que j’ai peur, professeur. C’est du monde autour …

Chourave poussa un gros soupir et frappa une fois dans ces mains, presque exaspérée par ma réticence. Elle repoussa ses lunettes sur son front pour me fixer avec une certaine gravité.

-Le monde autour, Bennett, parlons-en. Au train où vont les choses, votre vie sera déjà bien assez compliquée comme ça une fois hors des murs de cette école. Vous voulez vraiment vous rajoutez du malheur avec un métier que vous n’apprécierez pas ?
-Non, bien sûr, professeur …
-Alors qu’est-ce que vous attendez, Bennett ?

Je papillonnais des yeux, surprise par le ton ferme qu’avait adopté Chourave Chouchou <3333 et qui ne lui ressemblait pas. Puis j’eus un sourire penaud, soudainement consciente d’avoir une route presque royale qui s’étendait à mes pieds et que je dédaignais à l’agacement de tous pour des raisons qui n’étaient peut-être pas les bonnes.

-Je réfléchis trop, c’est ça ?
-Je pense qu’effectivement, vous vous prenez la tête, mais c’est compréhensible. Vous avez toutes les cartes, c’est inutile d’angoisser et de vous adapter à des faits sur lesquels vous n’avez aucunes prises. Ne vous rendez pas la vie plus compliquée qu’elle ne l’est, et pour une fois, laissez-vous porter par l’évidence. C’est le conseil qu’une vieille sage vous donnera.
-Enfin professeure, vous n’êtes pas si vieille …

Chourave éclata d’un rire sonore qui me détendit définitivement. Dehors, un éclat de soleil tapa contre la vitre et, touchée par la chaleur, la plante à pipaillon sembla ronronner, guérie par les bons soins de la botaniste. Celle-ci allongea le bras et me tapota la main, les yeux pétillants.

-Ah, Bennett … Vous faites partie des élèves qui me manqueront, l’année prochaine. Alors faites en sorte que j’entende parler de vous et même en dehors de Poudlard … n’oubliez pas de porter haut les couleurs de Poufsouffle. POUFSOUFFLE FOREVEEEEER
Sur cette note enthousiaste je vais faire une pause de commentage parce que j'ai faim et c'est l'heure du petit-déj ET QUE LE FORMULAIRE COMPTE TROP DE CARACTERE
Dernière modification par Cazolie le dim. 19 juil., 2020 10:03 pm, modifié 1 fois.
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

COUCOU TOUT LE MONDE

JE SUIS LIBEREE DELIVREE DES CONCOURS YOUHOOOOU ! ET LE SPORT VA REVENIR comme ça je pourrais BIEN ME DETENDRE MOUAHAHAH c'est merveilleux. Sinon à part ça j'espère que vous allez tous bien et que vous profitez bien de vos vacances !

Bonne lecture pour ce chapitre qui est en une partie (oui ça m'arrive). BISOUS à dans deux semaines !


Chapitre 27 : La chute

L’état de grâce dura huit jours, huit jours où je me faisais une joie de fredonner quotidiennement Do your hear the people sing ? devant une armure, provoquant une réaction en chaîne qui ne manquait pas d’enchanter les élèves et de mettre Ombrage dans un état de rage indicible. Mais le chant n’était pas mort avec le sortilège de Simon : lorsque les armures cessèrent de répondre à ma voix, ce furent les élèves qui le firent et on entendait régulièrement quelqu’un siffloter l’air avec insouciance dans les couloirs. Bien sûr, Ombrage voyait cela comme une preuve manifeste d’insubordination mais comme lui avait fait vertement remarquer McGonagall, elle ne pouvait pas plus nous empêcher de chanter que d’être malade pendant ses cours. Et si la nouvelle directrice n’avait pas pu prouver que Simon était à l’origine de l’enchantement, les professeurs, eux, ne s’y trompèrent pas : il n’y avait qu’un élève dans cet école capable de modifier les sortilèges ancestraux de Poudlard. En sortilège, Flitwick lui apporta une boite de souris en sucre qu’il partagea avec moi et McGonagall accorda mystérieusement trente points à Poufsouffle après avoir décréter que la métamorphose du furet de Simon en mésange était l’une des plus belles réussites qui eue été faite dans l’école. Les marques de fierté des professeurs montraient bien la complexité de ce que Simon avait eu à accomplir et cela avait un effet bénéfique sur son humeur. Son acte de rébellion, si simple et anonyme était-il, l’avait grandement apaisé et même si nous n’avions pas reparlé de notre conversation qui avait suivi l’enchantement, j’avais à présent l’espoir que son engouement étouffe ses envies de vengeance. En tout cas, il souriait plus, riait plus et c’était fait une joie de me réveiller en fanfare le jour de mes dix-huit ans avant que je ne découvre le pull jaune et noir à rayure le plus hideux qui n’ait jamais été tricoté sur cette terre, rappel de mon idée de nous acheter pour nos anniversaires les cadeaux les plus moches qui soient. Le présent de Miles avait été plus satisfaisant avec une boussole à balai flambant neuve et un exemplaire Quidditch à travers les âges, pour me renseigner, avait-il ajouter avec un sourire entendu. Roger avait également été inspiré par ce qui semblait être mon avenir avec une écharpe des Tornades et celle des Vautours. Emily m’avait quant à elle proposé une trousse remplie de produit diverses confectionnés par ses soins et j’avais reconnu avec une grande gêne la potion contraceptive parmi les flacons. Mais le plus touchant de mes cadeaux vint de mes parents : pour ma majorité dans le monde moldu, ils me proposaient de me payer cet été un voyage à Cracovie, la ville de mes ancêtres et que j’avais toujours rêvé de visiter. Alexandre était prêt à partir avec moi et même Jaga se trouvait étrangement intéressée par l’idée de retrouver les rues de son enfance, malgré ce qui s’était passé pendant la guerre, m’avoua-t-elle dans la première lettre que je recevais d’elle à Poudlard. Il était tant pour elle s’affronter ses fantômes.

-C’est dommage que tu n’y ailles que cet été, maugréa Octavia alors que nous étions affairées à la bibliothèque. Ça aurait été parfait d’avoir accès aux archives polonaise pour donner plus de solidité à notre devoir …
-De toute façon, le devoir est figé, on rédige, fis-je valoir en observant les parchemins qui s’étalaient devant nous.

Je massai ma main, qui après près de trois heures de recopie effréné devenait raide et douloureuse. Roger, occupé à réviser son arithmancie devant nous, lorgna le morceau de parchemin qui couvrait son manuel.

-Vous en prenez de la place pour une simple rédaction …
-Ça on t’avait prévenu, le tança sèchement Octavia. C’est vous qui avez insisté pour vous installer ici.
-La bibliothèque est bondée, rappela Simon en tournant négligemment une page d’Hamlet. On sent les examens se rapprochent …

Octavia lui jeta un regard mauvais. La pièce était peut-être pleine d’élève qui révisaient, particulièrement des cinquièmes et septièmes année dont les échéances approchaient à grands pas, mais leur stresse ne paraissait pas atteindre Simon, qui continuait de lire tranquillement, la joue appuyée contre son poing.

-Oh oui, on voit que les examens approchent pour toi, ironisa-t-elle en dressant un sourcil. Tranquillement occupé à lire pendant que nous on s’acharne …
-Je n’y peux rien si je suis naturellement doué … Non Vicky ne me frappe pas !

J’avais armé ma main, anticipant la vantardise, mais devant son mouvement de recul je changeais de stratégie et écrasai son pied sous mon talon. Avec une grimace de douleur, Simon se laissa aller contre la table et j’eus un sourire satisfait.

-Bouge, Bones, tu baves sur mon devoir.
-Je te déteste.
-Moi aussi, Minus. Maintenant, bouge.

Roger laissa échapper un petit rire alors que Simon se redressait en maugréant et éloignait sa chaise de moi pour palier à d’autres mouvements d’humeurs de ma part.

-Si tu es si naturellement doué, aide-moi à comprendre l’arithmancie, il faut absolument que j’aie au moins un effort exceptionnel si je veux être accepté en médicomagie …
-Tu veux être guérisseur ? s’étonna Simon en dressant un sourcil.

Roger poussa un profond soupir avant de lui jeter un regard contrarié. Visiblement, il n’était pas le premier à être surpris par le choix de carrière du Capitaine de Serdaigle. J’avouais l’avoir également été, jusqu’à ce que Roger m’explique comme il me fit à Simon :

-Quand j’étais petit, j’ai attrapé une forme très rare de dragoncelle, très violente, presque mortelle. Je suis resté presque un an à Ste Mangouste et quand j’en suis sorti, on m’a dit que je ne pourrais jamais faire de sport, ou de trop gros efforts, je n’étais même pas sûr de pouvoir aller à Poudlard. Mais une guérisseuse m’a prise en sympathie et est venue presque tous les jours chez moi pour me remettre sur pied et pour que je puisse avoir la vie que je mérite. C’est la femme la plus admirable que je connaisse et c’est grâce à elle que j’en suis ici maintenant. Disons qu’elle m’inspire.
-Je ne savais pas, souffla Octavia, stupéfaite. Mais euh … Ta belle-mère n’est pas guérisseuse, aussi ?

Un large sourire fendit le visage de Roger.

-En fait, c’est elle. Mon père et elle ont fini par tomber amoureux, c’est une belle histoire, quand on y pense. Bon, ma mère n’était pas ravie, mais c’est elle qui avait voulu se séparer de mon père alors …
-Les sorciers divorcent ? murmurai-je discrètement à Simon.

Bien qu’il paraissait encore vexé par le coup, il hocha la tête pour confirmer. Roger était le premier enfant du divorce que je croisais à Poudlard, chacun de mes camarades semblait avoir grandi dans une famille plus ou moins unie. J’avais fini par me dire que les couples sorciers ne se séparaient pas, qu’après le mariage, une sorte de magie amoureuse les liaient à jamais. L’idée était absurde, mais lorsqu’on observait le nombre de divorce exploser dans le monde moldu, il semblait impensable que la société magique n’en soit pas impactée.

-Et toi, McLairds ? ajouta Roger avec un doux sourire. Tu t’es décidée pour le Ministère ?
-Je pense que je vais postuler à la Coopération Magique internationale, confirma-t-elle d’un ton résolu. Tous les travaux que j’ai fait sur le Code donneront du poids à mon dossier et qui sait, peut-être même que je pourrais approfondir mes recherches.
-Si tu sors un livre, n’oublie pas de noter quelque part que j’ai participé, marmonnai-je, vaguement jalouse.

Octavia eut un sourire énigmatique.

-Peut-être que tu auras le temps de m’aider, entre deux entrainements de Quidditch. Tu as reçu d’autres propositions ?
-En juin, je pense, après la finale, évaluai-je en faisant tourner ma plume entre mes doigts. Gwladys Sayer m’a dit que les recruteurs venaient plus aux matchs de fin d’année …
-Tu as intérêt à faire mordre la poussière à ton copain alors, plaisanta Roger. En plus tu as de la chance, je pense vraiment que Montague sera forfait !

Le capitaine de Serpentard ne se remettait définitivement pas de son passage dans l’armoire à disparaitre et restait cloué à l’infirmerie. En plus de prendre la gestion de l’équipe, Miles avait été chargé de lui transmettre les cours, puisque ni Warrington, trop idiot, ni Selwyn dont la tâche était indigne de son rang n’avait souhaité le faire. Je jetai un regard de biais à Octavia. Plusieurs fois, alors que nous étions penchées sur nos parchemins respectifs, j’avais tenté de lui avouer la scène que j’avais surpris avec Simon quelques semaines plus tôt, curieuse de savoir où en étaient les choses. J’eus un sourire crispé.

-On verra bien, le Poursuiveur que Miles a recruté a l’air très fort … Mais c’est un attaquant, comme Pucey et Warrington.
-Et ? se troubla Roger.

Mon sourire se fit presque machiavélique et je m’en voulus aussitôt. Ce n’était pas gentil que d’espérer le malheur de mon petit-ami, mais j’avais une idée assez précise du match qui allait se profiler.

-Miles est habitué à avoir au moins Montague qui reste en arrière et qui défend – et sacrément bien. Il ne sait pas ce que c’est que d’être livré à lui-même face aux poursuiveurs adverses, il n’a jamais été acculé devant ses buts … ça va lui faire tout drôle, parce que mes poursuiveurs aiment beaucoup ce genre de situation.

Roger frappa son poing contre sa table, faisant sursauter Octavia et des cinquièmes années qui révisaient derrière nous. Il pointa un doigt triomphant sur moi.

-Ah ah ! Je savais qu’il y avait une pointe de méchanceté chez toi, Sainte Madame-j-ai-le-nom-d-un-reine !
Simon lui jeta un regard torve par-dessus Hamlet.
-Ça fait six ans que tu la vois me frapper et tu viens seulement de te rendre compte qu’elle était méchante ?

Pour toute réponse, je donnai un coup à son livre qui alla s’écrasa sur son nez. Cette fois, Simon sortit sa baguette et je me repliai, heurtant presque Octavia au passage, brandissant la mienne dans le même temps.

-Bon sang, vous êtes insupportables ! râla la jeune fille en me repoussant, avant de fusiller Simon du regard. Et range ça, s’il te plait, j’ai encore au moins vingt centimètres de parchemin à écrire, je ne tiens pas à ce que Pince me vire de la bibliothèque par ta faute.

Le regard rivé sur moi, Simon finit à contrecœur par ranger sa baguette et je fis de même, le lorgnant du coin de l’œil au cas où il lui prendrait l’idée saugrenue de m’attaquer physiquement. Roger me jetait un regard où je pouvais presque lire la fierté.

-Tu vois, c’est pour ce genre de raison que tu peux poursuivre dans le Quidditch et pas moi. C’est le genre de facteur que je ne prends absolument pas en compte, je me contente de jouer, d’adapter mon jeu au match. Toi, tu réfléchis vraiment en amont, tu es fine dans ton analyse et tu ne te contentes pas que de ton poste. Non, vraiment, je serais super content que ce soit toi qui brandisses la coupe.
-Oh, Davies, me moquai-je, bien que touchée par la marque de confiance. Ce n’est pas fait, tu sais, je suis peut-être plus habituée que Miles à être livrée à moi-même, mais je ne suis pas infaillible, je sais que je vais me prendre une volée de but … Et si je me blesse en essayant de sauver un souafle bien … ils sont foutus. Notre stratégie de jeu ne marche que parce que je suis là pour assurer derrière.
-Et c’est moi qui manque d’humilité ? s’offusqua Simon.
-Mais tu vas baisser d’un ton ? ragea Octavia en pointant sa plume sur lui. Elle est juste derrière !

En effet, Mrs. Pince arpentait les rayonnages, apostrophant vertement un groupe de troisième année qui mangeait des friandises à même le sol. Elle les vira à grands renforts de cris qui plongèrent la bibliothèque dans un silence pesant et stressé. Hermione Granger venait d’entrer, visiblement anxieuse, trainant à sa suite des Harry et Ron qui la fixait l’air consterné. La colère de la bibliothécaire nous avait nous aussi réduit au mutisme et j’en profitais pour achever la rédaction de notre deuxième partie, longue de deux rouleaux de parchemins. Seigneur, je ne pourrais plus écrire aux ASPICs après avoir rédigé ce devoir. Lorsque j’y posais le point final, je me laissai aller contre mon dossier avec un grand soupir. Ce faisant, je croisais le regard vert et pétillant de Simon planté sur moi. Je me raidis sur ma chaise, alerte.

-Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Un sourire effleura ses lèvres, et il reposa les yeux sur son livre avant de me contempler à nouveau. C’était peut-être une illusion donnée par le soleil couchant qui rougeoyait dans la pièce, mais il me semblait qu’au-delà de cette lumière les joues de Simon avaient légèrement rosies.

-Je pense que cette fois, je les ai. Doute que les étoiles ne soient que flammes, doute que le soleil n’accomplisse son tour, doute que la vérité soit menteuse infame … mais ne doute jamais de mon amour.

Il avait gardé les yeux rivés sur les pages, un sourire incertain aux lèvres. Ses doigts tapotèrent nerveusement la couverture mais je n’y portais pas attention, toute occupée que j’étais à piquer un fard face au regard presque choqué que Roger portait sur nous.

-C’est dans la pièce ! explicitai-je précipitamment. J’avais mis Simon au défi de trouver mes vers préférés !
-Et c’est ça ? interrogea Octavia, l’air amusé.

Ce fut le moment que choisit Simon pour relever la tête et darder son regard intense sur moi. Mes joues s’enflammèrent pour de bon mais je fus forcée d’acquiescer à contrecœur. Simon brandit triomphalement le poing en l’air avec un éclat de rire. J’utilisai l’un de mes morceaux de parchemin pour m’éventer et apaiser le feu sur mon visage. Je m’étais attendue à subir les moqueries de Simon, mais pas à devoir le faire en public.

-Victoria Anne Jadwiga Bennett, tu es une romantique, conclut-t-il avec un sourire satisfait. Et ça j’avoue que c’est une surprise, je ne m’attendais pas à ce que ce soient des vers de cet acabit … mais je dois admettre que c’est assez joliment dit.
-Tu rêves que Bletchley te prononce ces phrases ? s’enquit Roger, qui lui aussi s’était esclaffé.

Mon cœur tomba dans ma poitrine et en un éclair, je vis Miles penchée sur moi et me susurrant les mots à l’oreille. Cela glaça le feu sur mon visage. C’était une vision plus angoissante que romantique. Mon estomac se contracta.
Bon sang, Roger avait raison. J’adorais ces vers, c’était l’amour faite de poésie, et c’était réellement comme ça que je me représentais le sentiment amoureux : quelque chose de pérenne en laquelle j’avais une confiance et une foi absolue. J’étais censé rêvé que le garçon que j’aimais me regarde droit dans les yeux et me les déclame.

-Victoria ? Ça va ?

Visiblement, je devais faire une tête étrange si Octavia McLairds me posait cette question avec tant de sollicitude. J’observais la tablée et je constatais avec embarras que tout le monde me fixait, l’air surpris de ma réaction. Roger en ferma son manuel d’arithmancie pour se pencher sur moi.

-Euh … Loin de moi l’idée de faire mon « Emily », mais … ça va bien avec Bletchley ?

Je déglutis un peu trop nerveusement, ce qui accentua l’insistance dans leurs regards. Je fis tournoyer ma plume dans ma main, me concentrant sur son mouvement lent et gracieux pour éviter d’avoir à leur faire face. Ils avaient parfaitement vu ma réaction à l’idée que Miles me déclame ces mots, leur mentir serait stupide. Surtout à Simon qui me connaissait si bien.

-Ça va … C’est juste … il se passe trop de choses en ce moment, et je ne suis pas sûre d’être prête. (Je toussotai, consciente que la phrase portait à confusion). Il m’a proposé d’aller vivre avec lui après Poudlard, par exemple.
-Et alors ? lâcha Roger, étonné. On y réfléchit aussi avec Emily …

Mais Simon eut un sourire entendu. Il ne me regardait pas : il continuait de lire Hamlet malgré la fin du défi, se balançant sur sa chaise avec une certaine nonchalance. Même Octavia me lança une petite œillade supérieure qui me fut insupportable, mais que je compris : elle m’avait prévenue.

-Je suppose que Bennett est moins au fait des coutumes sociétales sorcières, explicita-t-elle à un Roger abasourdi. Pour nous c’est normal d’envisager sa vie entière avec la personne avec laquelle on est à Poudlard et de quitter le nid familial immédiatement après l’école. Mais Victoria qui a été élevée dans un autre monde …
-Au-delà de ça, intervint Simon en jetant un regard peu amène à son ex-petite-amie, chacun fait comme il le sent parce que chacun est différent et a un rapport à l’avenir différent. Je ne compte pas prendre mon indépendance immédiatement après Poudlard non plus. C’est idiot de ramener ça à sa condition de née-moldue.

Octavia le contempla longuement avant d’incliner la tête pour lui accorder ce point, soudainement penaude. Elle m’adressa un regard désolé avant de reprendre avec plus de douceur :

-Bon, du coup … Qu’est-ce qui te fait peur ? C’est l’idée de quitter le nid ou … c’est Miles ?

Le nid. Miles. Les deux. Oui, les deux à la réflexion. J’avais beau ne pas être proche de lui et être loin de la situation qui m’avait amené à ressentir ce vide émotif, et pourtant j’avais l’impression de l’effleurer à nouveau quand je le confronter aux doux mots de Shakespeare. Doute que les étoiles ne soient que flammes, doute que le soleil n’accomplisse son tour, doute que la vérité soit menteuse infâme mais ne doute jamais de mon amour. Ma gorge se serra.
Non seulement j’étais incapable de les entendre… Mais j’étais incapable de les prononcer.
Je fermais les yeux et me pris la tête entre les mains, indifférente aux regards qui pesaient toujours sur moi. Seigneur, je ne pouvais plus fermer les yeux, il fallait que je me rende à l’évidence. J’avais beau apprécier Miles, son contact, sa compagnie, m’être tendrement attachée à lui … l’amour, lui n’était jamais venu.
***


Je n’avais pas eu le courage de faire part de mes conclusions à mes camarades de tablée, qui n’avait pas insisté davantage, sentant sans doute que j’avais besoin d’y réfléchir seule. Je m’étais attendue à ce que Simon revienne sur le sujet lorsque nous nous étions retrouvés seuls dans la Salle Commune, mais il m’avait surpris en me demandant seulement de l’aider pour une traduction de rune. Il ne s’était jamais intéressé à ma relation avec Miles, sauf après la mort de Cédric pour m’inciter à rester avec lui. Mais Simon avait toujours été avare de détails concernant les histoires d’amour, que ce soit les siennes ou celles des autres. A part quelques piques avant que je ne sois avec Miles, une ou deux plaisanteries sur Roger et Emily, il n’avait jamais émis le moindre avis sur nos relations amoureuses. Et le pire avait été le concernant : il n’avait rien laissé filtrer sur son histoire avec Octavia jusqu’à ce qu’il nous l’annonce après quelques semaines voire quelques mois de silence. Pourtant, j’aurais aimé avoir son retour d’expérience, comme il avait vécu sa relation avec Octavia … quand est-ce qu’il avait su qu’il devait y mettre fin. Parce qu’à présent que j’avais établi les choses, c’était bien la question qui se posait : devais-je oui ou non mettre fin à notre couple ?

J’en devenais bipolaire. Un jour j’étais persuadée que ce n’était pas grave, que ma relation avec lui m’était agréable, j’étais globalement heureuse avec lui et qu’au fond, c’était ce qui importait. L’amour viendrait avec le temps. Puis l’instant d’après, je paniquais : lui et moi n’avions absolument pas la même perception de l’avenir, que ce soit pour nous-même ou pour notre couple. Notre relation n’était pas viable en dehors des murs de Poudlard.

Mais avant que je ne puisse réellement poser la réflexion, la réalité de Poudlard me happa de nouveau. Ombrage continuait de rependre son venin, mais nous continuions de lui résister avec nos armes : deux classes supplémentaires avaient eu le droit à une retenue collective après une épidémie massive d’« Ombragite Chronique », le Do you hear the people sing résonnait régulièrement dans les couloirs, sous forme de discrets sifflements ou de chants fredonnés à mi-voix et Peeves était devenu plus nuisible et plus populaire que jamais. Et alors que cette guerre clandestine contre la dictature Ombragienne battait son plein, le Quidditch et les examens reprirent leurs droits sur les esprits.

-Je suis sûre qu’on va gagner la coupe, Capitaine, me rassura Judy après une séance particulièrement harassante à une semaine du match. Je ne vois pas comment elle peut nous échapper, même si on perd le match, il faudrait que Serpentard gagne largement pour nous dépasser …
-Et avec la future gardiennes des Tornades de Tutshill dans les buts, autant dire que c’est peine perdue pour eux ! enchérit joyeusement Evelyn avec un sourire éclatant.
-Boh, râla Smith en fronçant du nez. Bennett est tellement pleine de bons sentiments qu’elle serait capable de laisser gagner son copain.

Judy, juste derrière lui, commença à lever sa batte de façon menaçante mais je la devançai en frappant le crâne de Smith du manche de ma Comète. Il se frotta l’arrière de la tête en me jetant un regard courroucé que je lui rendis bien.

-Contente-toi de faire des efforts défensifs, Smith, au lieu de douter de moi. Ce sera de l’énergie mieux dépensée.
-Bien parlé !

Je vis volte-face. Nous venions de pénétrer dans le hall et Miles venait à ma rencontre, un immense sourire aux lèvres. L’insigne de Capitaine qui semblait lui être promis pour le dernier match étincelait sur sa poitrine, tranchant avec le vert de sa robe de Quidditch. Mes entrailles se nouèrent lorsqu’il passa un bras derrière mes épaules et qu’il adressa un sourire goguenard à Smith.

-Parce ne croyez pas que Serpentard a abandonné l’idée de gagner la coupe. Alors prépare-toi, Smith, ce sera plus difficile que les matchs précédents.
-Mais plus facile qu’à l’entrainement, rétorqua le poursuiveur avec un regard brûlant. Salut.

Il jeta son balai sur son épaule et s’éloigna en direction de notre Salle Commune. Une partie de l’équipe lui emboita le bas, lorgnant Miles l’air méfiant et je fus presque déçue de voir Kenneth partir à son tour après m’avoir salué. Quand ils eurent tous disparus, je me tournai vivement vers Miles et pointai le manche de mon balai sur sa poitrine.

-Attention, Bletchley. On avait dit pas de provocation d’avant-match.
-Oh mais Vic’, c’est une simple pique ! Tu en acceptes des pires de Davies !

Ce n’était pas faux, mais j’étais certaine que celles de Roger atteignaient ses limites morales. Concernant certains membres de l’équipe de Serpentard, j’en étais moins sûre. Miles eut un petit sourire.

-En plus quand tu regardes, la réponse de Smith c’était un compliment pour toi. « Moins dur qu’aux entrainements »… il t’estime comme Gardienne.
-J’espère bien, vu les efforts que je fais pour rattraper ces conneries … Mais pourquoi je te parle de ça, moi ? (Je le poussai de mon balai pour m’arracher à sa prise). Je pensais qu’on avait aussi dit qu’on ne parlait pas de Quidditch jusqu’aux finales ?
-Nom d’un dragon, tu es intransigeante, râla Miles en levant les bras au ciel. De toute façon, j’ai mon propre entrainement qui m’attend, Uquhart est déjà sur le terrain … On se revoit après ?

Je déclinai l’invitation, arguant que j’allais sans doute plutôt prendre une bonne douche et sombrer dans le coma, puis Miles se pencha vers moi pour m’embrasser. Je le laissai faire, le cœur battant, analysant mes émotions de façon absurde jusqu’à ce qu’il se détache et s’en aille, le balai sur l’épaule. Je pestai contre moi-même. Avec mes interrogations absurdes, je gâchai chaque moment que j’avais avec lui. Exaspérée, je me dirigeais vers ma Salle Commune avec l’intention d’aller noyer mes problèmes dans l’eau chaude, mais une main agrippa vertement mon bras, m’entrainant dans une direction opposée à celle que je voulais prendre. Avec stupeur, je reconnus le visage d’Ulysse Selwyn.

-Sois naturelle, Bennett, ne fais pas comme si je t’avais kidnappé, me chuchota-t-il en me faisant avancer dans le couloir.
-Mais qu’est-ce que tu me veux ?!

J’aurais voulu me détacher, mais sa prise sur mon bras était trop forte et il me dirigea avec une poigne autoritaire. Il ne me lâcha qu’une fois arrivée dans un recoin désert pour croiser les bras sur sa poitrine et de me contempler comme si j’étais la source de tous ses maux.

-Ma sœur a eu la stupidité de donner notre adresse à ton frère qui depuis lui envoie toutes les semaines – voire plusieurs fois par semaine – des lettres. Il faut que tu lui dises de mettre fin à ça.
-Alex envoie des lettres à Mel ? répétai-je, incrédule.

Mon frère, taxé d’illettrisme tant son parcours scolaire avait été chaotique, le premier à se moquer du romantisme, le garçon cynique par excellence envoyait des lettres d’amour … L’idée m’arracha un rire qui se noya dans un gémissement. C’était absurde, mais cela montrait tout l’attachement d’Alexandre à Melania. Selwyn poussa un grognement.

-Oui et c’est problématique figure-toi. On n’a pas de boite aux lettres, on reçoit le courrier par hiboux donc le facteur moldu frappe à notre porte régulièrement pour nous livrer des lettres pour Melania. Pour l’instant elle arrive à les récupérer à temps et à le justifier auprès de mon père et de mon frère, mais il n’empêche que c’est suspect.

L’envie de rire me passa instantanément et je compris vite quel problème posait le romantisme de mon frère. Si par malheur Nestor ouvrait l’une de ses lettres à la place de sa sœur … Mon cerveau surchauffa un instant avant que je n’hoche la tête d’un air résolu.

-D’accord, oui. Je sais exactement qui missionner. Je vais arranger ça.
-Quelle capacité de réaction, se moqua Selywn, la mine néanmoins satisfaite. On peut dire que tu sais rebondir, Bennett. Je te remercie.
-Merci à toi. Je veux dire, de m’avoir prévenu.

Selwyn parut surpris de la politesse mais malgré ma détestation du personnage, je ne pouvais qu’admettre que son aide avait été précieuse et l’était encore. Je n’étais pas ingrate. Il eut un léger sourire, inclina la tête et sans attendre son reste s’éloigna. Je restai un instant dans le couloir, le regard porté dehors. Il faudrait que j’envoie une lettre ce soir à mon grand-père, il était l’unique personne avec ma grand-mère à être au courant pour Melania, il n’y avait que lui qui pouvait agir en mon nom dehors et convaincre Alexandre de cesser ces lettres. Ma poitrine fut étreinte par la culpabilité. Seigneur, il devait vraiment être fou d’elle … Serait-il capable de ressentir à nouveau ce dont je l’avais privé ?
Avant que la réflexion ne puisse glisser sur ma propre relation avec Miles, un bruit métallique attira mon attention. Un groupe de Serpentard venait d’arriver sur le palier et je reconnus Warrington avec un grand déplaisir. Il n’avait pas deviné que j’étais à l’origine de l’infection de la peau qui avait mis pour ma plus grande fierté plusieurs jours à disparaitre, mais je préférais l’éviter par prudence. Son œil malfaisant se vrilla sur moi et il chuchota quelque chose à l’oreille de Drago Malefoy à côté de lui en désignant, lui arrachant un sourire qui me donna froid dans le dos. Lui-même était entouré de ses deux gorilles qui jouaient à présent comme batteur. Tous portaient le badge argenté de la brigade inquisitoriale et portaient la robe émeraude des joueurs de Serpentard.
Oh Seigneur, ça faisait longtemps …
Sentant le danger venir d’être seule face à une telle engeance, je fis volte-face, une main plongée dans ma poche, effleurant ma baguette et l’autre serrée sur mon balai, prête à l’asséner de toutes mes forces sur la tête dure de Warrington. Au moment où j’allais tourner et peut-être me mettre à courir, j’entendis une agitation caractéristique derrière moi. Retenant un soupir face à une situation qui était devenue presque familière, je me retournais vivement pour déployer un bouclier sur lequel s’écrasèrent deux éclaires rouges qui ricochèrent pour aller se perdre sur les vieilles pierres du château. Sans attendre qu’ils se remettent de leur surprise de me voir réagir si vite, je me mis à courir pour de bon. Je pensais être meilleure duelliste que chacun de ces garçons, seule contre quatre je ne donnais pas cher de ma peau.

-Bennett ! rugit Warrington en me coursant. Arrête-toi, sinon on te met en retenue ! Tu ne joueras pas le match, Bennett !

Un sortilège frôla mon oreille et brûla ma peau. J’y portais la main : je saignais. Peu importe le maléfice, il devait être agressif. En un éclair, je me souvins que le père Malefoy avait été cité par Harry comme l’un de ceux qui avait rejoint Voldemort le soir de son retour. Mon rythme cardiaque s’emballa.
Là, j’entrais dans la vraie vie.
Tournant à un angle, je me cachais dans une alcôve derrière la statue d’une sorcière dont les yeux étaient bandés, la respiration haletante, la baguette entre les doigts. Ils me découvriraient vite, mais à terme je savais qu’ils pouvaient me rattraper : ils étaient sportifs et avaient des plus grandes jambes que moi. Mais j’avais l’avantage de la magie sur eux tous : j’étais vive et je maitrisais les sortilèges informulés mieux que la plupart de mes camarades. Alors je restais masquée dans l’ombre de la sorcière jusqu’à ce qu’ils me dépassent tous. Avant qu’ils ne se rendent compte que je n’étais plus devant eux, je brandis ma baguette : le maléfice du saucisson frappa le plus gros des deux acolytes entre les omoplates et il s’écroula face contre terre. Je bondis de ma cachette lorsque les autres s’immobilisèrent avec stupeur et eut le temps lancer un sortilège de stupéfixion sur le second Batteur avant de prendre la fuite de là où je venais.

-Cinquante points en moins pour Poufsouffle, Bennett ! vociféra Warrington en s’élançant à ma poursuite.

Mais il croit sérieusement que ça me faire arrêter de courir ?! Cela parut également consterné Malefoy, qui lui lança avec agacement :

-Mais tu crois qu’on est encore chez les bébés ? Tu veux enlever des points à une Sang-de-Bourbe, c’est ça ta réponse ?

Le sang battait si fort à mes tempes que je n’entendis pas la réponse de Warrington, ni le sortilège qu’ils tentèrent de nouveau de me lancer et qui allait ricocher sur un mur. Mes poumons me brûlaient si fort que chaque inspiration ne m’apportait presque plus d’énergie, aussi-je me fis-je violence pour faire brusquement volte-face. Ils ne sont que deux … moins forts que moi … moins fort que moi … Les mots du faux-Maugrey me flottèrent dans mon esprit. « Ce n’est pas trop mal, Bennett, mais un jour, il va falloir songer à attaquer ». Ma résolution parut ravir Drago Malefoy qui s’écria :

-Stupéfix !

Je parai sans aucune difficulté et sans attendre un nouvel assaut, ma baguette fendit l’air et une nuée de chauve-souris attaquèrent mes assaillants. J’entendis leur cri de surprise et les vis se débattre avec les rongeurs volants qui me masquaient à eux et ce fut pour moi la plus belle des victoires. Sans attendre de pouvoir la contempler, je me remis à courir mais d’une allure moins soutenue tant je peinais à trouver mon souffle, mon balai fermement tenu dans une main. J’arrivai avec soulagement à un escalier dans lequel j’entendais une agitation rassurante : la foule serait mon meilleur allié. Mais avant que je ne puisse m’y mêler, avant même que je ne puisse descendre la moindre marche, la voix trainante de Drago Malefoy retentit derrière moi :

-Pas si vite la Sang-de-Bourbe.

Je n’eus pas le temps de me retourner : soudainement, mon dos me brûla, si cruellement que cela m’arracha un cri. Je sentis mes forces m’abandonner et tout mon corps se relâcha : laissant tomber ma baguette et mon balai, je m’écroulai et les escaliers m’avalèrent dans une douloureuse obscurité.

***

Mon corps et mon esprit protestèrent tout deux lorsque je décidai d’ouvrir un œil. La lumière me parut trop agressive et je fermai aussitôt mes paupières. Des points douloureux se manifestèrent alors un peu partout en moi, m’arrachant un gémissement. Je voulus rouler sur le côté mais ce fut pire : mos dos cria grâce et une brûlure souffla une surface un peu en dessous de mes omoplates. J’entendis des pas précipités s’approcher de moi et une voix rouspéta avec une douceur surprenante :

-Oh, non, non, Bennett, restez tranquille, sur le côté … Voilà, comme ça …

Des mains fermes me ramenèrent dans ma position initiale alors que d’autres pas se faisaient entendre :

-Madame Pomfresh ? Comment elle va ?
-Elle est réveillée ?
-Sortez tous d’ici ! exigea Pomfresh avec autorité. Vous viendrez la voir lorsqu’elle sera consciente, oust, dehors !

Je fus reconnaissante à l’infirmière de me laisser ce répit : j’éprouvais des difficultés à maintenir les yeux ouverts, luttant contre les douleurs qui semblaient irradier dans mon corps avec mes omoplates comme foyer. Mon lit s’affaissa : Pomfresh inclina délicatement mon visage et appuya quelque chose de froid contre mes lèvres.

-Allez Bennett, buvez, vous vous sentirez mieux … Allez, faites un effort …

Je parvins à avaler quelques gouttes d’un liquide amer. Cela m’arracha une quinte de toux qui me déchira la poitrine et m’obligea à ouvrir les yeux. J’étais bien dans l’infirmerie baignée par la lumière du soleil couchant, allongée sur le côté en blouse. Mon poignet et mon thorax étaient couverts de bandage et maintenant que j’y faisais attention, j’avais l’impression qu’une substance huileuse et épaisse recouvrait mon dos. Pomfresh s’était relevée et rangeait des flacons dans ma table de nuit. Elle m’adressa un long regard grave.

-Comment vous vous sentez ?
-Un peu mieux, répondis-je d’une voix rauque.

La potion semblait faire effet et couper le lien qui reliait mes nerfs à mon cerveau pour atténuer ma souffrance : j’avais l’impression qu’une couverture chaude m’enveloppait un soir de nuit glaciale. Malgré tout, je sentais que je ne pouvais pas effectuer le moindre mouvement sans me remettre à gémir de douleur.

-Madame Pomfresh … Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

J’avais de vagues souvenirs : Warrington, Malefoy et ses acolytes, la course poursuite, le maléfice devant l’escalier … Mes bandages devaient s’expliquer par la chute subie. Pomfresh pinça les lèvres et je vis une lueur furieuse envahir son regard.

-Une attitude méprisable, Bennett, lâche et méprisable. Quatre contre une … Votre chute dans l’escalier a fait des dégâts : le poignet et deux côtes cassées, mais pour celles-ci j’ai supposé que le maléfice qui vous a atteint au dos a dû les fragiliser. Lui par contre … C’est un sortilège très limite, Bennett, je ne sais pas qui vous a fait ça ni où il l’a appris, mais vous devriez aller en parler à votre directrice de Maison, ce n’est pas le genre de sortilège qu’Albus Dumbledore accepterait à Poudlard. Je pense que je vais vous garder quelques jours.

Quelques jours … Mes idées se remirent en place de façon brusque et je tentai de me redresser, affolée. Mon corps protesta à grand cri et je m’affalai dans mon lit avec un cri de frustration, les larmes aux yeux. Pomfresh me ramena contre mon matelas avec douceur et fermeté.

-Mais madame …, protestai-je faiblement, j’ai un match dans une semaine …
-Je suis désolée Bennett, vous ne pourrez pas tenir votre rang. Déjà avec les fractures je ne suis pas sûre que je vous aurais laissée monter sur un balai mais avec votre dos, il en est tout simplement hors de question.

Les larmes me montèrent de nouveau aux yeux mais cette fois, la douleur n’en était pas en cause. C’était la déception amère qui ruissela sur mon visage alors que je voyais s’envoler mes espoirs de brandir la coupe lors de ma dernière année à Poudlard. Et elle s’intensifia, s’acidifia tel un poison lorsque je me rappelais que la plupart des recruteurs venaient observer ce match. J’avais beau avoir déjà les essais des Tornades, ils n’étaient pas l’assurance que je serais prise et j’aurais aimé avoir d’autres portes ouvertes. Mais elles se fermaient devant moi avec un claquement sonore. Pomfresh frotta doucement mon bras et fit apparaitre un mouchoir du bout de sa baguette.

-Je suis vraiment navrée Bennett … Vous voulez que je permette à vos amis de venir ? Ils sauront sans doute vous remonter le moral …
-Qui ? croassai-je en essuyant mes larmes tant bien que mal.
-Bones, Davies, Fawley et Bletchley.

La mention de Miles me donna une furieuse envie de marteler mon lit de coup de poings. Il était si fier d’être capitaine : c’était à lui de faire en sorte que ses joueurs ne me coursent pas dans les couloirs. Mais quand bien même il leur aurait demandé de ne pas le faire, je doutais que des gens comme Malefoy, fiers de leur nom et de leur sang, ne lui accorde le moindre crédit. Voilà pourquoi Miles n’avait pas été nommé capitaine dans un premier temps. Je pris plusieurs inspirations pour faire disparaitre cette colère subite et refouler les larmes avant de hocher la tête à l’adresse de Pomfresh. Elle réajusta pudiquement ma couverture sur moi et disparut derrière le paravent qui me dissimulait aux yeux des autres. Là où je m’attendais à voir Simon surgir le premier, ce fut Susan qui se précipita vers moi pour attraper ma main, les yeux écarquillés.

-Par Merlin Vic’, qu’est-ce qu’ils t’ont fait … ?

Je lui adressai un léger sourire pour la rassurer mais il fut gâché par des larmes qui s’échappèrent de nouveau de mes yeux. Les doigts de Susan serrèrent les miens et elle s’accroupit pour être à ma hauteur.

-Je vais poser une question stupide mais … comment tu vas … ?
-Pas très bien, je l’avoue …

Emily, Roger et Miles étaient arrivés silencieusement derrière elle. Ma meilleure amie avait la main plaquée contre mon visage et Roger s’autorisa à s’assoir sur mon lit et me tapota les jambes dans un geste qui se voulait encourageant. Il eut un sourire à mi-chemin entre le dépit et la fierté.

-Tu nous en réserves des surprises. Seule contre quatre et tu réussis presque à t’en sortir. Pour un bout de fille comme toi, ce n’est pas trop mal.
-Roger, par pitié, tais-toi, souffla Emily en prenant place sur l’unique chaise qui se trouvait à mon chevet. Mille gorgones …

Miles était resté à l’entrée du paravent, comme paralysé. Je lui adressai un regard qui fit remonter la colère en moi et préférai me concentrer sur Roger. Il semblait le seul à garder le contrôle de ses émotions.

-Et qu’est-ce qu’ils ont eu, eux ?

Je m’attendais à la réponse, mais j’avais qu’un espoir battait follement en moi que, face à la catastrophe, la justice triompherait enfin. Mais les yeux baissés de Miles et le regard qu’échangea Roger avec Susan le brisa en mille éclats. Mon amie serra doucement mes doigts.

-Ils ont dit que tu les avais attaqués à Ombrage, m’avoua-t-elle alors avec lenteur, comme si cela pouvait rendre les mots moins pénibles. Parce qu’ils étaient membres de la brigade inquisitoriales et de l’équipe de Serpentard. Que tu t’étais cachée et que tu avais attendu qu’ils passent pour jeter un sort à Crabbe et Goyle … alors tu t’imagines, ils se sont défendus et c’est en se défendant que tu serais tombée dans l’escalier.

L’injustice de la situation provoqua rire et larmes : c’était si représentatif de ce qu’avait instauré Ombrage ces derniers mois … Et je savais que j’aurais beau protester, clamer mon innocence, la directrice n’en aurait cure. Roger me frotta de nouveau les jambes et ajouta :

-Ombrage a retiré des points à Poufsouffle et voulait te mettre en retenue mais c’est là qu’on a su que ton état était … critique et Chourave a réussi à t’éviter ça en arguant que tu étais déjà assez punie physiquement.

Il échangea un nouveau regard avec Susan, puis avec Emily qui leva brièvement les yeux au ciel. Alors je remarquais l’immanquable. Mon cœur manqua un battement.

-Où est Simon ?

Un nouvel échange de regard me prouva que j’avais posé la question qui les gênait. La bouche d’Emily se tordit, Roger se trouva une passion soudaine pour la contemplation de son bouton de manche, et Miles poussa un infime grognement. Devant tant de réaction de repli, je me tournai vers Susan, dont l’agacement et la résignation me donnèrent ma réponse.

-On va dire … que devant la décision de la directrice, il s’est laissé emporter, soupira Emily.
-Mais très honnêtement, ne lui en veux pas, poursuivit Susan en crispant ses mains sur les miennes, comme pour m’éviter une réaction physique. Je peux comprendre, c’est … c’est scandaleux, on était tous là à vociférer, à te défendre, dire que tu étais une fille adorable qui ne ferait pas de mal à une mouche …
-En soit, ce qu’il a dit reflétait notre pensée, ajouta Roger avec défaitisme. Et ce n’était pas beaucoup pire que ce qu’on disait, en réalité. Mais il a explicité des choses – le lien qu’elle a avec le père Malefoy, le fait qu’elle-même a sans doute un petit côté anti-né-moldus, et puis simplement, il a crié plus vite et plus fort que tout le monde.
-Je pense que si on ne l’avait pas retenu, il aurait lancé un sort à Warrington aussi, ajouta Emily, dépitée. Et je n’aurais pas été contre, tu aurais vu le sourire qu’il avait … Enfin bref, une semaine de retenue et son badge de préfet-en-chef retiré. Elle l’a donné à Selwyn.
-De toute façon, on savait que ce n’était qu’une question de temps, conclut Susan avec un haussement d’épaule. Depuis le début de l’année elle rêve de se payer le neveu d’Amelia Bones et depuis le début de l’année on doit le retenir. Je trouve même que c’est un véritable miracle qu’il ait tenu jusque mai.

Elle me serra la main avec un sourire complice, frissonnant sur ses lèvres comme pour se donner courage. Il y avait du vrai, dans la conclusion de Susan, ce n’était jamais que l’inéluctable qui se déroulait. Pourtant, j’avais tout de même un étau qui me compressait la poitrine et une envie de tirer les oreilles de Simon. Avec un certain dépit, je songeai que j’allais être privée de cela : j’aurais trop pitié de lui lorsque je poserais les yeux sur sa main charcutée. En réalité, c’était déjà cela qui primait et la culpabilité née du fait que c’était de ma faute qu’il devait supporter ça.

-D’accord … ce n’est pas très grave, juste … (en un éclair, l’attaque me revint en tête et un détail m’interpella). Au fait, quelqu’un a récupéré mon balai ?

Le nouvel échange de regard fit tomber mon cœur comme une pierre dans ma poitrine. Je me souvenais l’avoir lâché en tombant dans les escaliers … Susan pressa mes doigts, caressant doucement le dos de ma main avec des geste qui me semblaient trop précipités.

-On a retrouvé ta baguette avec toi et quand on a cherché ton balai …
-On l’a retrouvé à l’étage, Victoria, poursuivit Emily d’une voix douce. Complétement brisé, ils l’ont cassé en plusieurs morceaux … Des morceaux irréparables. On a essayé avec Simon, mais même on arrivait à le reconstituer, ses sortilèges ont été affectés … Je suis désolée.

Je ne sus comment je réussis à retenir mes larmes. Ma vieille et fidèle Comète, pour laquelle j’avais dépensé une somme colossale au début de mes études, qui m’avait accompagnée durant tant de victoire et de déception … Je me laissai aller contre mes oreillers, les paupières closes pour rassembler mes pensées et ne pas laisser la panique me gagner. J’aurais tout le temps de laisser mes émotions me submerger lorsque je serais seule cette nuit.

-Très bien … D’accord … Euh … Où sont mes affaires ?

Emily se dressa de sa chaise et alla me chercher un petit sac qui contenait ma tenue de Quidditch et ma baguette. Preuve de la violence du sortilège qui m’avait heurté, le dos du tissu était troué et noirci aux bords. Réprimant ma nausée, je demandai à Susan de décrocher l’insigne de capitaine. Je battis des cils pour chasser les larmes. Ce ne serait pas moi qui le porterait pour le dernier match.

-Va le donner à Smith et demande-lui d’organiser des essais dès demain. On va essayer de limiter les dégâts.
-Smith ? s’étonna-t-elle, les yeux écarquillés. Tu es sûre ?

Je hochai difficilement la tête. Oui, j’étais sûre de moi. J’avais réfléchi à ma succession ces dernières semaines et malgré mon désamour total pour sa personnalité, je devais avouer que Smith était un candidat naturel : il avait une très belle vision du jeu et paraissait supporter mieux que Judy et Kenneth la pression des cours. Donner aux batteurs le brassard pour leur année d’ASPICs les handicaperait lourdement, ainsi que l’équipe.

-Oui, Smith. Et tu lui dis d’avoir l’esprit ouvert, de demander à ceux qui ont joué comme gardien dans des sports moldus, c’est comme ça que j’ai commencé. Et de venir me voir demain, aussi, c’est très important il faudra que je lui parle.

Susan acquiesça, un peu surprise. Je me tournai ensuite vers Emily.

-Je vais devoir rester quelques jours ici, alors je veux bien que tu m’apportes mes affaires pour que je ne perde pas mon temps et que je révise un peu …
-Oui, bien sûr, aucun problème … Mais Vic’, repose-toi aussi … Ce que tu as au dos, je l’ai vu en aidant Pomfresh à t’enlever ta robe, c’est vraiment moche …
-D’ailleurs on ferait bien te laisser, enchérit Roger avec un doux sourire. On va aller dîner et tu as une mine à faire peur … Mais on reviendra demain, promis.

Il tapota une dernière fois ma jambe avant de se lever, suivi d’Emily qui en plus m’embrassa sur la joue. Susan garda ses doigts entrelacés jusqu’au bout aux miens et ne suivit le couple qu’à contrecœur, lorsque je lui fis comprendre d’un regard que j’avais un dernier compte à régler. Miles ne bougea pas d’un iota, toujours adossé au paravent, fuyant mon regard, les mains dans les poches. Je le fixai sans rien dire jusqu’à qu’il daigne lever les yeux sur moi. Je lisais tout son malaise et sa culpabilité dans ses prunelles brunes et pourtant cela en fit qu’enfler mon courroux.

-Est-ce qu’au moins tu leur as dit ? lâchai-je d’une voix relativement égale. Est-ce qu’au moins tu leur as dit que tu refusais qu’il y ait ce genre de provocation d’avant match ?

Le regard de Miles se porta de manière magnétique sur ses chaussures.

-J’ai essayé … J’ai essayé, je te jure mais … ils ne m’ont pas écouté, ils …

Evidemment qu’ils ne l’avaient pas écouté. Evidemment qu’un Drago Malefoy n’obéissait pas aux ordres d’un Miles Bletchley. Et Warrington ne suivait que les forts. En un sens, Miles n’y pouvait rien, mais l’idée qu’il soit leur capitaine et qu’il n’ait pu empêcher ça répandait un goût amer dans ma bouche. Sans que je ne puisse les en empêcher, de nouvelles larmes me montèrent aux yeux et roulèrent sur mes joues et Miles parut un instant désœuvré. Il s’avança vers moi, tendant une main mais je me repliai instinctivement sur moi, réactivant les douleurs un peu partout sur mon corps. Miles se figea et laissa retomber sa main. Le geste parut presque l’atteindre physiquement.

-Ecoute Victoria … Si tu savais à quel point je n’en veux de ne pas avoir su les tenir … Mais même si j’avais pu … Vic’, c’est parce que tu es une née-moldue qu’ils t’ont fait ça … pas seulement à cause du Quidditch.

Il y avait du vrai, mais le match avait compté. Le cri de Warrington résonnait encore à mes oreilles : « tu ne joueras pas ce match, Bennett ! ». Il avait eu ce qu’il voulait, je ne le jouerais pas. Les larmes se firent brûlante et j’enfonçai mon visage dans l’oreiller pour les masquer à Miles. C’était injuste de lui en vouloir à lui, me répétai-je sans pouvoir empêcher un sentiment de trahison me grignoter le ventre. C’était injuste … Toute cette situation n’était qu’injustice.

-Il y avait les deux, fis-je valoir d’une voix lente. Miles je … je vais me reposer, maintenant, s’il te plait.
-D’accord, souffla-t-il, l’air rassuré de me voir moins virulente. Je reviendrais demain aussi … Prends soin de toi.

Il parut hésiter quelques secondes avant de se pencher sur moi et de m’embrasser sur la joue. Le baiser manquait de naturel, même de sa part et alors je la sentis nettement, presque physiquement, cette fracture entre nous, ce trou béant qui s’était ouvert ces dernières semaines, ce vide émotif qui m’effrayait depuis mon retour de vacance. Il ne se retourna même pas alors qu’il quittait l’infirmerie à pas lourd. Enfin seule, je laissai libre court à mes larmes et Pomfresh eut la décence de faire semblant de ne pas les voir. Elle attendit patiemment qu’elles se tarissent pour m’apporter un plateau pour le dîner mais je n’avais jamais eu moins faim de ma vie. De plus, pour ce faire, elle avait dû me redresser avec une immense douleur et difficulté et je devais me tenir droite sans appuyer mon dos pour ne pas réveiller d’avantage la brûlure. Je réussis à manger quelques pommes-de-terre pour faire plaisir à l’infirmière, vidée de toute énergie, même incapable de penser : c’était trop, l’outre était pleine. La nuit était tombée dans l’infirmerie et Pomfresh me faisait boire différentes potions destinées à guérir mon dos quand la porte s’ouvrit. Avec un grognement, elle se leva en me donnant un flacon d’une couleur verte fort peu ragoûtante.

-Buvez-ça cul sec, Bennett, ce n’est pas la meilleure de mes potions, m’enjoignit-elle avant de sortir du paravent. Les visites sont terminées depuis une demi-heure !
-Je ne resterais pas longtemps, je viens juste déposer ça.

Je faillis recracher la potion, à la fois parce son goût était infect mais également parce que j’aurais reconnu cette voix entre mille. Pomfresh hésita, l’air contrarié et finit par hocher la tête. Son regard était peu amène.

-Et je vais vous préparer de l’essence de Murlap, aussi, ça fera du bien à cette main.
-Ne vous donnez la …

Mais Pomfresh avait déjà disparu dans sa réserve, l’air proprement énervée – mais je n’étais pas sûre que la cause de sa colère soit la visite impromptue. Simon apparut un instant plus tard, des livres et des parchemins plein les bras, ainsi que l’horrible pull qu’il m’avait offert pour mon anniversaire. Pour la première fois depuis que je m’étais réveillée, je me sentis sourire sincèrement.

-Tu espères vraiment que je vais mettre ça ?

Simon ne répondit pas tout de suite, occupé à poser toutes les affaires sur l’étroite table de nuit. Mes révisions, mes manuels, et même quelques pièces de théâtre … ils avaient pensé à tout. Et alors qu’il rangeait mes parchemins avec minutie, mon regard se posa sur sa main gauche couverte de bandages et que le sang commençait à colorer au dos. Mon souffle se bloqua dans ma gorge. Simon capta mon regard et dissimula sa main derrière son dos. Son visage s’était fermé.

-Si tu pouvais ne pas te mettre en colère, la situation est déjà bien assez pénible.
-Je n’en avais pas l’intention, affirmai-je à mi-voix, la trachée comprimée. Simon … Je suis désolée …

Il m’adressa un regard consterné, la stupéfaction balayant toutes les émotions que j’avais pu entrapercevoir sur son visage grave quand il était entré dans la pièce. Ses yeux glissèrent ostensiblement sur mon poignet enrubanné et s’y fixèrent. Une flamme de colère embrasa son regard et de nouveau, le vert mousse s’endurcit en l’émeraude.

-Vicky, surtout, mais alors surtout, ne t’excuse pas. Tout ce qui est arrivé n’est absolument pas ta faute, tu es une victime, c’est à toi t’attendre des excuses.
-Ombrage t’a collé … ça ne serait pas arrivé si …

Mais Simon balaya tout d’un revers de main agacé – sa main bandée et dont la tâche de sang s’élargissait. Le geste lui arracha une grimace et il la dissimula à nouveau pour se fendre d’un rictus amer.

-La colle, je ne la dois qu’à moi, Vicky, ne t’inquiète pas. La preuve que si tu n’es pas là pour me tenir la main je suis totalement en roue libre … Mais arrête, ne t’en fais pas ! ajouta-t-il précipitamment en constatant que je blêmissais. Je sais que je n’aurais pas dû m’énerver comme ça, que de toute manière ça n’aurait absolument rien changer mais …

Sa mâchoire se contracta, étouffant ses mots et son regard d’émeraude se riva de nouveau sur mon poignet cassé. Plus je la voyais, plus je détestai cette couleur dans ces yeux, cette couleur sombre et froide qui signifiaient que trop d’émotions négatives le parcouraient. Avant que je ne puisse ouvrir la bouche, le rassurer, faire disparaitre cette couleur, Madame Pomfresh fit irruption dans le paravent, tenant dans ses mains un bol de liquide ambré qu’elle tendit à Simon.

-Mettez votre main là-dedans, Bones, ça ira mieux après.

Simon pâlit sous ses tâches de rousseurs.

-Merci Madame, mais ça ira …
-Simon, intervins-je avec fermeté. Mets ta main dans ce bol, ou je le fais. Et même diminuée je suis capable de te battre, fais attention.

Un léger sourire flotta sur les lèvres de l’infirmière alors que Simon me jetait un regard ennuyé, presque déchiré. Considérant l’affaire comme résolue, Pomfresh mit le bol sur ses genoux et s’en retourna aux soins de Montague, alité de l’autre côté de la pièce. Avec un soupir qui sonnait comme une reddition, Simon se mit à dérouler son bandage, la paume tournée vers moi pour que je ne puisse pas voir la blessure sur sa main. Mais alors qu’il devait la plonger dans le liquide, je réussi à apercevoir la plaie sanglante couverte de sang séché qui m’empêcha de lire l’inscription.

-Qu’est-ce qu’elle t’a fait écrire ? s’enquis-je d’une voix tremblante.

Les lèvres de Simon se tordirent et pourtant, un instant plus tard, il poussa un infime soupir de soulagement alors que les effets curateurs de l’essence pénétraient dans la plaie. Cela détendit son visage et le vert de ses yeux s’éclaircit.

-« Je dois respecter l’autorité », murmura-t-il finalement. Un moyen de remettre les Bones à leur juste place, je suppose … En dessous d’elle.

Il garda un moment le silence et je sentis qu’il y avait autre chose, autre chose que la colle moyenâgeuse qui avait creusé ce message absurde dans sa chaire. J’attendis patiemment, le dos en feu après être restée si longtemps assise dans appuis, qu’il ne se lâche. Les lèvres pincées, il finit par le faire :

-Elle m’a parlé d’Egard et … de mes parents, rectifia-t-il de lui-même et ce fut une mini-victoire pour moi. De ma famille en générale, que les Bones étaient une immense imposture, que mon père avait usurpé sa place … Que je ressemblais à ma mère … et que je risquais de finir comme elle. Bref, pas des choses très agréables. Je pense que si j’avais eu ma baguette sous la main, j’aurais peut-être craqué.
-Quelle saloperie, soufflai-je, révoltée qu’elle ait profité de ce moment pour le torturer psychologiquement. Simon …

J’avançai ma main pour prendre la sienne, la saine, et serrer ses doigts. Le mouvement étira la blessure dans mon dos et je retins une grimace. Simon sourit courageusement, faiblement, de façon infime. Il caressa le dos de ma main de son pouce.

-Mais … il y a eu un truc bénéfique, tu sais. Parce que pendant que je l’entendais rependre son venin sur ma famille, sur mes parents surtout … j’ai réalisé qu’en fin de compte … j’étais fier d’être leur fils.

Sa voix se brisa sur la fin et mon cœur se brisa en écho. Je vis les larmes lui monter aux yeux et il les chassa d’un battement de paupière. Si j’en avais eu la force, j’aurais été tentée de me lever pour l’enlacer. C’était la plus belle preuve d’acceptation dont il pouvait faire preuve. Je serrais ses doigts d’un geste tremblant.

-Je suis fière de toi, Simon un-jour-je-saurais-ton-second-prénom Bones.

Il essuya un petit rire qui détendit définitivement les traits de son visage et éclaircit son regard. Il caressa du bout des doigts les bandages sur mon poignet, qui avait nécessité que l’on me retire la montre que ses parents m’avaient offert pour les dix-sept ans.

-Et moi je suis presque vexé que tu aies trouvé d’autres personnes à martyriser.
-Ce ne sera jamais aussi drôle que te martyriser toi, protestai-je avec un faible sourire, avant de me rembrunir. Bon sang, j’ai été bête … J’avais réussi à tous les semer, et j’ai baissé la garde …
-Au moins ça t’apprendra pour la prochaine fois. N’oublie jamais ce que nous as appris le faux-Maugrey, Vicky …
-Vigilance constante, achevai-je, entre amertume et détermination. Oui, je n’oublierais plus jamais.
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Le dernier chapitre Do you hear the people sing était une merveille ! Au delà de la fin, si magnifique et puissante, tout était superbement bien mené. La lettre de la mère de Vic m'a fait avoir les larmes aux yeux parce que je m'y attendais absolument pas, elle était belle, pleine de remords et d'amour. La relation entre Vic et Miles est aussi douce-amère, on sent qu'ils s'éloignent ou du moins qu'ils ne sont pas en phase, et même si c'était le cas depuis un moment, ça se ressentait particulièrement ici quand Miles demande à Victoria de venir vivre avec lui alors qu'elle veut au contraire rester attacher à son enfance, sa famille... L'écart se creuse sur le plan idéologique avec sa réaction au sortilège de Vic, sur le plan intime... Et c'est encore plus frappant quand on voit à quel point elle est proche de Simon physiquement et psychologiquement à la fin. Elle pose sa tête contre sa joue, parle de se battre avec lui, du fait que Simon représente son enfance (et finalement donc son avenir)... Tout ça montre par contraste le vide qui s'installe entre Vic et Miles. Bref c'était tellement beau, tellement bien écrit !

Maintenant le chapitre de cette semaine :D
e mettre Ombrage dans un état de rage indicible.
Et Merlin que c'est jouissif !
il n’y avait qu’un élève dans cet école capable de modifier les sortilèges ancestraux de Poudlard.
J'allais dire Hermione aussi, mais bon en 5e année on n'est pas capable des mêmes choses qu'en 7e ^^ Simon, tellement doué :lol:
j’avais reconnu avec une grande gêne la potion contraceptive parmi les flacons.
Je meurs, c'est un drôle de cadeau d'anniversaire mais so Emily :lol: :lol:
La bibliothèque est bondée, rappela Simon en tournant négligemment une page d’Hamlet.
J'adore comment il le lit toujours et on en a des rappels par petites touches !
Les sorciers divorcent ? murmurai-je discrètement à Simon.
Bonne question ça ^^
Est-ce que le divorce choque quand même Vic un peu ? Même si elle croit plus en Dieu ?
Hermione Granger venait d’entrer, visiblement anxieuse, trainant à sa suite des Harry et Ron qui la fixait l’air consterné.
"Hermione ! Tu oses nous traîner à la bibliothèque ?" Est très certainement en train de dire Ron :lol: :lol:
mais il me semblait qu’au-delà de cette lumière les joues de Simon avaient légèrement rosies.

-Je pense que cette fois, je les ai. Doute que les étoiles ne soient que flammes, doute que le soleil n’accomplisse son tour, doute que la vérité soit menteuse infame … mais ne doute jamais de mon amour.
Mon coeur est en train d'exploser !!! La façon dont il le dit, on dirait évidemment qu'il lui récite à elle et j'ai un sourire niais aux lèvres mais d'une force :lol: :lol:
J’utilisai l’un de mes morceaux de parchemin pour m’éventer et apaiser le feu sur mon visage. Je m’étais attendue à subir les moqueries de Simon, mais pas à devoir le faire en public.
Ce qui rend la scène encore meilleure ^^
Mon cœur tomba dans ma poitrine et en un éclair, je vis Miles penchée sur moi et me susurrant les mots à l’oreille. Cela glaça le feu sur mon visage. C’était une vision plus angoissante que romantique.
Au-delà du fait que la formule "glaça le feu sur mon visage" est magnifique, ça dit tout sur sa relation avec Miles... C'est hyper violent...
Euh … Loin de moi l’idée de faire mon « Emily », mais … ça va bien avec Bletchley ?
:lol: :lol: :lol: :lol: Faire mon Emily j'adore :lol:
Pour nous c’est normal d’envisager sa vie entière avec la personne avec laquelle on est à Poudlard et de quitter le nid familial immédiatement après l’école.
C'est vrai que quand on y pense on a une tonne d'exemples... Lily et James, Alice et Frank sans doute, Molly et Arthur, Harry et Ginny probablement, pareil pour Ron et Hermione...
J’avais beau apprécier Miles, son contact, sa compagnie, m’être tendrement attachée à lui … l’amour, lui n’était jamais venu.
Et c'est moi qui fait des formules coup de poing ? Tu t'es lu ? C'est magique!!
Je le laissai faire, le cœur battant, analysant mes émotions de façon absurde
C'est affreux ça de s'auto-analyser quand tu embrasses quelqu'un ^^
Mais tu crois qu’on est encore chez les bébés ? Tu veux enlever des points à une Sang-de-Bourbe, c’est ça ta réponse ?
Je sais pas pourquoi mais la consternation de Malefoy m'a fait rire :lol: :lol:
Déjà avec les fractures je ne suis pas sûre que je vous aurais laissée monter sur un balai mais avec votre dos, il en est tout simplement hors de question.
Ca me fait trop de peine...
Là où je m’attendais à voir Simon surgir le premier, ce fut Susan qui se précipita vers moi pour attraper ma main, les yeux écarquillés.
Si le "Bones" c'était Susan... Où est Simon ? Est-ce qu'on parie qu'il est après ceux qui ont fait ça ? Je parie en tout cas !
Alors je remarquais l’immanquable. Mon cœur manqua un battement.
J'avais remarqué avant ! J'attendais qu'elle réalise!
il a crié plus vite et plus fort que tout le monde.
That's my boy!
Vicky, surtout, mais alors surtout, ne t’excuse pas.
Je sais pas pourquoi mais je trouve cette phrase tellement puissante, on ressent sa colère juste comme ça...
j’ai réalisé qu’en fin de compte … j’étais fier d’être leur fils.
Oh bébé...
Vigilance constante, achevai-je, entre amertume et détermination. Oui, je n’oublierais plus jamais.
....

C'était trop beau !!! Superbe chapitre !
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

-J’ai été la première à le dire !
-Tu le répètes depuis des semaines …
-La première a te proposer le Quidditch et tu ne m’as pas écoutée, moi …
-Comme toi quand je te parle de Voldemort, les grands esprits se rencontrent, pas vrai ? BIM BIM BIM CA CLASHE

Passé le glapissement coutumier, Emily me fusilla du regard mais eut la décence ne pas renchérir. Nous venions de sortir de notre dernier cours et j’avais accompagné Emily jusque la volière où elle devait envoyer une lettre résumant son entretien avec Chourave quelques heures plus tôt. Pour dissiper le malaise, elle me tourna le dos pour faire face aux nombreux hiboux de la volière qui attendait sur leurs perchoirs, se nettoyant les plumes ou nous observant de leurs yeux jaunes. Je m’étais toujours sentie très mal à l’aise dans la volière et c’était pour cela que j’étais fière de n’y avoir posé que deux ou trois fois l’orteil lors de ma scolarité. Il y avait trop de volatile à l’œil affuté de rapace et aux serres aiguisées pour que je sois parfaitement à mon aise. Emily ne paraissait pas avoir de problème car elle offrit sans crainte son bras à une chouette effraie qui lui tendit docilement la patte.

-Alors, tes vacances ? lança-t-elle d’un ton neutre dans l’espoir de dissiper le malaise. Tu as vu Miles, je suppose ? ça sent l'insinuatiooooon

Mes joues s’échauffèrent et instinctivement, je croisai mes bras sur mon ventre. Je sentis plus que je ne vis le regard suspicieux d’Emily sur mon geste, mais elle me surprit en s’abstenant de toute commentaire. Je pris une profonde inspiration. J’avais besoin d’en parler, sinon j’allais cogiter des heures dessus.

-Oui je l’ai vu, répondis-je alors. J’ai rencontré ses parents la semaine dernière et … j’ai passé la nuit chez lui.
Devant le clair sous-entendu, Emily cessa de caresser la chouette pour me considérer longuement, les yeux brillants d’une question silencieuse qui semblait lui brûler les lèvres Franchement, elle s'est améliorée. Je finis par me fendre d’un profond soupir et explicitai :
-Et oui on l’a fait.

Emily poussa un petit cri de triomphe qui effraya la chouette Parce que c'était une chouette effraie LOLILOOOOL car elle s’envola brusquement pour retrouver son perchoir avec un hululement perçant. Ignorant l’animal qui la lorgnait toujours d’un air mauvais, elle s’avança vers moi avec un sourire beaucoup plus doux que j’avais pu le craindre. Mais c’était souvent comme cela avec Emily : elle s’excitait tellement sur ma vie privée que j’avais peur de ses réactions excessive, mais chaque fois elle était sérieuse et attentionnée. Une pépite d’or dans un écrin de fer.

-Alors ? ça s’est bien passé ?
-Je n’en sais rien, répondis-je en toute sincérité.

Je brûlais tellement d’en parler depuis quelques jours que les mots s’engouffrèrent dans la bouche, pressés de sortir et d’exprimer toutes les émotions contradictoires qui bouillonnaient en moi chaque fois que je repensais à cette nuit. Alors sans attendre qu’elle me questionne d’avantage, je poursuivis :

-Je n’ai pas beaucoup eu mal, juste au début et je n’ai pas saigné …
-Mais ?
Je déglutis et me trémoussai d’un pied à l’autre. Emily me scrutait avec une inquiétude que je sentais vraie, sincère.
-C’est juste que … Enfin … (Je sentis mon visage s’embraser). C’est normal que … je n’ai rien ressenti ?

Emily me dévisagea, perplexe et la rougeur s’étendit à mes oreilles. Elle passa une main songeuse sur la lettre qu’elle tenait à la main.

-Hum … Tu sais, chaque expérience est différente, je ne saurais pas te dire si c’est normal. C’est assez idiot de considérer qu’il y a une « première fois » type, tu vois ce que je veux dire ? Chacun réagit de manière différente … Mais quand tu dis « rien ressenti », c’est … à quel niveau ?

Ma bouche se tordit nerveusement. A dire vrai, il s’agissait de tous les niveaux. Je ne m’inquiétais pas de mes sensations physiques, certes pas exceptionnelles mais que je mettais sous le compte de l’inexpérience, du manque de connaissance de nos corps respectifs. C’était quelque chose qui pouvait évoluer avec le temps, comme j’avais pu le constater le lendemain matin et où nous avions pu renouveler l’expérience qui avait été sensiblement plus agréable. Mais c’était au niveau de mes émotions que je m’étais inquiétée. Peut-être que j’avais trop sacralisé l’acte, que le manque de plaisir réel avait joué sur ma perception de l’instant … mais j’avais été tout de même troublée par le vide émotif que j’avais senti en moi Duuuuuuuuuur. C’était simple : alors que Miles était au plus proche de moi qu’il ne pourrait jamais l’être, alors que nos corps étaient entremêlés le plus étroitement possible, mon cœur ne m’avait jamais semblé aussi loin de lui. Et j’ignorais totalement si c’était simplement dû à une sorte de déception de l’expérience physique ou si …
Ou si c’était révélateur de mes sentiments.
Ça s’était bien passé. Je n’avais presque pas eu mal, pas saigné, et j’avais même réussi à commencer à comprendre comment la chose pouvait être agréable. Pourtant j’étais ressortie de chez les Bletchley avec plus de tracas que lorsque j’étais rentrée.
Je tentais tant bien que mal de mettre des mots sur mes sentiments face à une Emily d’un remarquable sérieux. Pendant ce temps, elle avait réussi à attirer sur son bras une autre chouette à la patte de laquelle elle attachait sa lettre avec des gestes lents et précautionneux.

-C’est peut-être parce qu’il y a eu un décalage avec ce que tu attendais, suggéra-t-elle, reprenant le cours de ma réflexion. Tu t’attendais à la douleur, tu ne l’as pas eue alors tu t’attendais à l’extase et ce n’était pas ça non plus …
-Je veux bien le croire, ça, mais Emily … Comment ça fait que je n’ai rien ressenti là ?

Je posais mes mains sur mon cœur qui s’était mis à cogner fort contre ma poitrine. Emily acheva de fermement attacher la lettre avant de lâcher la chouette dans l’air. Nous l’observâmes un long moment s’envoler toujours plus haut dans les cieux dénués de nuage du mois d’avril, avant qu’Emily ne soupire :

-Je n’en sais rien, Victoria. Je n’ai pas la réponse universelle, là-dessus, je te l’ai dit, chaque expérience est différente, surtout de ce point de vue là … Je t’avoue que personnellement, la première fois que j’ai couché avec Roger l’année dernière, c’est le moment où j’ai compris qu’en fin de compte, je l’aimais sans doute. C’est pour ça que ça m’a fait si mal quand je me suis rendue compte que pour lui … ça n’avait pas eu d’importance. Dur bis (je suis désolée je commente rien là haha, sans doute parce qu'on en a déjà parlé)
-Ça en avait sans doute … Sinon vous ne seriez pas ensemble maintenant, non ?

Emily eut un petit sourire, mais un sourire qui illumina son visage plus efficacement que les rayons du soleil qui frappait sa peau pâle et faisait étinceler l’or dans ses cheveux.

-On peut dire ça … Enfin, pas à l’époque, il pensait réellement que ça n’avait pas d’importance, que vous étions deux jeunes gens qui avaient simplement décidé d’avoir un peu de bon temps … Puis il s’est rendu compte que peu importe la fille avec laquelle il sortait, il finissait toujours par repenser à moi. (Son sourire se fit plus rêveur) Il m’a fait mal, mais … Malgré tout, il a su m’avouer tout ça. Il a su être là au moment où j’en avais le plus cruellement besoin … et ça, ça compte.

Elle me frotta le bras avec un sourire rassurant.

-Il a l’air de se passer beaucoup de chose dans ta vie, Vic’, tu subis beaucoup de stresse. Simon se repose beaucoup trop sur toi, les ASPICs, la finale de Quidditch qui approche … Peut-être que tout ça te trouble. Ne fais pas de conclusion hâtive, attends de voir comment ça évolue. Peut-être que c’est une impression passagère, plus dû au contexte général …
-Comment tu peux être d’une telle sagesse dans ce genre de moment et une hystérique la plupart du temps ? m’amusai-je.BONNE QUESTION

Emily eut un sourire espiègle et passa son bras par-dessous le mien pour nous engager dans les escaliers, et descendre enfin de cette affreuse volière.

-Je suis une femme pleine de surprise, plaisanta-t-elle d’un ton mutin. Mais cela dit, je ne compte pas m’arrêter là, je n’ai toujours pas désespéré de faire avouer à Simon jusqu’où il a été avec Octavia … La dernière fois que je lui en ai parlé, j’ai cru que je pourrais faire cuire un œuf sur ses joues. J'aimerais bien savoir aussi tiens

Mon éclat de rire se répercuta joyeusement dans le couloir et acheva de dissiper la tension que je ressentais depuis ce matin. Luttant contre mon hilarité, je lui racontai ma tentative malheureuse de lui extorquer l’information à l’aide de mon frère aux vacances de noël. Elle fit alors des suggestions à en faire rougir les plus avertis mais je ne pus m’empêcher de rire à m’en tenir les côtes J'aime bien les voir comme ça, ça change agréablement. Ce fut sans doute notre hilarité qui détourna notre attention alors que nous mettions le pied dans le couloir du cinquième étage. Nous ne pûmes alors percevoir les deux têtes rousses qui achevaient de semer ce qui semblaient être des cailloux verts et que l’autre agitait sa baguette avec un éclat de rire que les nôtres couvraient. Avant que je ne puisse comprendre, les têtes rousses avaient disparues et le sol semblait se dérober sous nos pieds : mes chaussures collaient à la pâte visqueuse qui semblait couvrir les dalles. Emily se raccrocha au bras d’une armure avec un cri quand ses jambes s’enfoncèrent largement dans le sol, devenu vert et épais.

-Mais qu’est-ce qui se passe ? glapit-t-elle. Le fameux marais portatif ("de la très belle magie" - Filius Flitwick)

Je ne pus lui répondre, m’enfonçant moi-même avec une certaine panique dans une substance qui ressemblait à s’y méprendre à de la vase. Emily, qui avait ensorcelé l’armure pour qu’elle puisse la tirer de la substance, me tendit la main. J’arrivai à l’agripper in extremis alors que j’étais engloutie jusque la taille et il fallut les efforts combinés de l’armure et d’Emily pour m’arracher à la vase Je viens de m'imaginer que tu termines là sur la mort de Victoria dans le marais des jumeaux. Ca ça aurait été une fin choc dis donc. Je grimpai sur le piédestal, pataugeant dans la plus grande des confusions, grelottante et mon uniforme chargé d’humidité poisseuse. Mon nez se fronça devant l’odeur nauséabonde qui emplissait le couloir et mon regard se porta au loin. Mes yeux s’écarquillèrent.

-Mon dieu …

L’ensemble du couloir semblait avoir été transformé en ce qui semblait être vraisemblablement un marécage. Autour de nous, des élèves moins chanceux étaient immergés et se débattaient dans les eaux boueuses, atteignant la partie non transformée du couloir avec peines et cris. Rusard, sans doute averti par un élève qui avait échappé au sinistre, éructait littéralement face au couloir, comme si sa seule colère pouvait faire disparaître le marécage.

-C’est une honte ! Je vais immédiatement prévenir la directrice, trop c’est trop ! Vous ! (il pointa un doigt crochu sur une Serdaigle qui venait d’atteindre le bord, épuisée et couverte de crasse). Vous me pourrissez la vie depuis des années, vous vous fichez de mon travail, vous faites éclater des bombabouzes partout mais là trop, c’est trop ! Si ça, ça ne mérite pas que je vous pende par les pieds dans les cachots, alors je ne réponds plus de rien !
-Mais enfin, regardez autour de vous, on est tous en galère ! s’époumona Emily, hors d’elle. Vous pensez vraiment que si on avait fait apparaître ce truc on serait coincés dedans ?! justement c'est LE CRIME PARFAIT

Tous les élèves présents crièrent plus ou moins leur approbation devant un Rusard fulminant C EST LA REVOLUTIOOOOON. Je cherchai des yeux une solution pour rejoindre le bord sans replonger dans l’eau, mais la seule de crédible était de longer les alcôves par le petit bord mince à quelques centimètres du niveau de l’eau. Je commençai à prendre mes prises et à glisser mon pied le long de la pierre pendant que Rusard se remettait à vociférer :

-Vous êtes complices ! Je sais, tous solidaire, sales petits morveux, vous vous protégez les uns les autres … Mais maintenant, c’est fini, vous ne me ferez plus tourner en bourrique, lorsque j’aurais retrouvé les responsables … Tu l'écris si bien haha
-Oh pitié, il a vraiment un doute ? râlai-je à voix basse, les mains écorchées par la pierre. C’est signé Weasley, ça !

Maintenant que j’y songeais, il me semblait les avoir entendu évoquer un marécage … Mais cette fois, j’étais prise en plein dans leur piège et je devais avouer que malgré mon affection pour eux et pour leurs pitreries, je trouvais ça relativement désagréable. Avec soulagement, je posais un pied sur la terre ferme au moment où un garçon aux cheveux presque blancs et au menton pointu émergeait de l’escalier, une expression triomphale indécente sur le visage. Drago Malefoy, l’insigne de la brigade inquisitoriale brillant sur sa poitrine.

-Mr. Rusard, la directrice a besoin de vous ! Warrington, Parkinson et Bullstrote les ont eus, ils sont dans le hall ! Elle m’a demandé de vous dire qu’elle vous donne enfin l’autorisation de donner des coups de fouet et qu’il fallait que vous alliez chercher le formulaire dans son bureau …

Aussitôt, le visage de Rusard s’illumina comme jamais il ne s’était illuminé. Il me sembla même apercevoir une humidité suspecte dans son regard délavé C'est malsaiiiiiiiiiiin. Après un instant où il sembla en extase – et c’était réellement une vision répugnante Tu l'as dit – il poussa un petit cri qui ressembler à un sanglot et s’éloigna en jouant des coudes, écartant les curieux qui observaient le marécage et qui aidaient les élèves piégés à en sortir. Roger figurait parmi eux et tendit la main à Emily qui achever sa traversée, les dents serrées. Elle lui sauta dans les bras pour s’éviter les derniers centimètres d’équilibristes et malgré son état peu soigné, il la serra contre lui. Nous restâmes quelques minutes pantelants et haletants, cherchant notre souffle en tentant de trouver un sens à ce qui s’était passé.

-Par Merlin, qu’est-ce que c’est que ça ? s’étrangla Roger en contemplant le marécage par-dessus la tête d’Emily.
-Les Weasley, sans doute, évaluai-je, le cœur serré. Malefoy a dit qu’ils avaient été attrapés, et qu’ils étaient dans le Hall …
-Et vous avez entendu Malefoy ? enchérit Emily d’une voix blanche. Sur les … ?

Elle préféra ne pas achever sa phrase, laissant un silence horrifié s’installer entre nous. A dire vrai, j’avais souhaité avoir mal entendu, certaine que rien n’irait jusque là … Avant de me souvenir qu’à présent elle avait les pleins pouvoirs de directrice et qu’elle était capable de faire faire des lignes aux élèves avec leur propre sang.

-Non, lâchai-je d’une voix rauque, épouvantée. Non, ça ne peut pas se passer comme ça … pitié, pas ici, pas à Poudlard … Des coups de fouets ? Mais où on est, au Moyen-âge ?!
-Elle a raison, on ne peut pas laisser faire ça, approuva Roger avec un vif hochement de tête. C’est criminel, trop c’est trop, si cette fois on ne dit rien, on en devient complice … On ne peut pas … (il se tourna vers Emily, l’œil brillant d’une idée). Tu es préfète-en-cheffe, tu penses que tu peux faire quelque chose … ?

Emily parut terrifiée : les rares couleurs qui lui restaient désertèrent son visage. Son indécision parut agacer Roger qui l’attrapa fermement par les épaules :

-Em’ ! Si tu ne fais rien, je me ferais un plaisir de rappeler les droits de l’homme à cette femme et je suis sûre que Victoria m’y aidera ! Mais ça aurait plus de poids si ça vient d’une personne d’autorité ! Si tu n’arrives pas à le faire diplomatiquement … Il est mignon mais affronter Ombrage c'est pas une mince affaire. IL a fallu un TROUPEAU DE CENTAURES pour en venir à bout

J’appuyais Roger d’un vigoureux hochement, tête, malgré tout assez surprise de la véhémence du ton du Serdaigle qui semblait réellement hors de lui. Indignée, je l’étais aussi, et prête comme lui à m’insurger contre le spectre d’un châtiment corporel venu d’une autre époque. Après plusieurs secondes d’hésitations face à nos regards insistants, elle finit par hocher la tête et à promettre dans un filet de voix qu’elle allait essayer. Roger la prit par la main et nous nous élançâmes dans l’escaliers pour les dévaler à une vitesse pharamineuse. Alors que vous descendions au premier étage, un sifflement se fit entendre derrière nous. J’eus juste le temps de me retourner pour voir foncer sur nous deux balais dépourvus de cavaliers tirant derrière eux une lourde chaine et un pitron de fer.

-BAISSEZ-VOUS ! hurlai-je en me jetant sur Roger pour lui faire baisser son immense tête. Toute cette scène est tellement absurde, Poudlard qui part en cacahuète

Nous nous écrasâmes lourdement et douloureusement sur le palier avant que les balais et leur lourd fardeau ne nous frôle, le décoiffant à peine au passage. Malgré tout ce qui venait de se passer, Roger qui pestait contre l’univers et mon cœur qui battait la chamade, un sourire absurde s’étira sur mes lèvres.
Si on avait besoin de balai, c’était pour voler …
Galvanisée, j’avalai si vite les dernières marches que j’en semais Roger et Emily. Le hall était plein à craquer d’élève, de fantômes et de professeur qui encerclaient une Ombrage hors d’elle et Rusard qui contemplait bouche bée Fred et George Weasley, balai enfourchés. Peeves observait la scène d’un air intéressé et je vis une lueur de fierté briller dans les yeux de McGonagall. Simon que je vis près de la porte de la Grande Salle semblait retenir à grand mal son rire, et Angelina tenter de considérer les jumeaux l’air désabusé, mais je la trouvais plutôt admirative. Le silence était tel que mes pas résonnèrent dans le hall mais ils furent couverts par le cri hystérique d’Ombrage :

-ARRÊTEZ-LES !

Sa brigade inquisitoriale, bien en ordre derrière elle, s’élança, mais les jumeaux donnèrent synchroniquement un grand coup de pied sur le sol et décollaient pour se porter à la hauteur de l’esprit frappeur qui flottait toujours près du plafond.

-Rends-lui la vie impossible à cette vieille folle, Peeves.

C’était une scène des plus incroyables, celles qui semblait pouvoir nous faire croire aux miracles, que tout était possible si en avait le cran, que n’importe quel espoir était à portée de main Je frissoooooonne. Car Peeves, que personnes n’avait jamais su faire obéir excepté les autorités respectivement imposantes et morbides de Dumbledore et du Baron Sanglant, ôta son chapeau et se mit strictement au garde à vous avec une rigueur qui aurait fait pâlir l’Ancien d’envie. Alors les jumeaux s’élancèrent au dehors et les élèves bravèrent la fureur d’Ombrage en applaudissant triomphalement leur fuite. La directrice fixait chacun d’entre nous, comme si elle rêvait de crier « UNE RETENUE ! POUR TOUT LE MONDE ! » mais elle paraissait dépassée par notre nombre et notre enthousiasme. Je me tournais vers Emily et Roger, le regard brillant.
La dictature Ombragienne s’épaississait. Les jumeaux, principaux agitateurs, ceux qui maintenaient l’espoir, étaient partis. Pourtant, je sentais quelque chose de pérenne semblait s’élever des applaudissements dont je sentais les vibrations dans chaque fibre de mon corps.
Sans transition, le trimestre nous happait totalement. Mais étrangement, je trouvais qu’il commençait sous le meilleur des auspices.
Tu as super bien raconté cette scène d'un autre point de vue Perri ! Tu gères vraiment super bien le parallèle avec la série, t'es trop forte
Sinon la discussion entre Emily et Vic était top, au-delà du sujet important à aborder, ça fait vraiment plaisir de les voir complices. Ca faisait longtemps :')
Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à finir ce commentaire !!
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

Bonjour à tous ! J'espère que vous va bien pour vous, que vous profitez de vos vacances, que vous continuez de bien mettre votre masque et vous lavez les mains et tout ça !

Je poste un peu en avance parce que je n'aurais pas le temps. Bref. Pas grand-chose à dire, alors je me contenterais de finir par : BONNE LECTURE !!


Chapitre 28 : Au carrefour de la vie

-Pucey à Urquhart, Urquhart qui lance à Warrington, il évite Shelby pour se présenter devant Cooper et … (Lee Jordan poussa un grognement sonore). Il marque. Bon sang, ça avec Bennett, ce ne serait jamais passé.

Je pestai dans mon lit d’infirmerie, fulminante, alors que Montague quelques lits plus loin brandissait le poing en l’air. C’était le jour du match et Pomfresh nous avait laissé seuls pour superviser les possibles blessés pendant la rencontre. Smith avait redoublé d’effort, multipliant les séances pour préparer mon remplaçant, un garçon de troisième année, John Cooper, mais visiblement, ce n’avait pas été assez.
Mais, avec un plaisir coupable, j’avais pu constater que Miles était exactement dans la situation que j’avais prévue : en grande difficulté face à l’abandon de ses poursuiveurs. Malgré la faiblesse de Cooper aux buts, le score était serré et tournait souvent à l’avantage de Poufsouffle. Montague poussa un juron lorsqu’Evelyn marqua notre quinzième but.

-Bon sang, quand je ne suis pas là, ça craint …
-Et moi donc, maugréai-je en me laissant aller contre mes oreillers.

La brûlure dans mon dos avait fini par cicatriser et je pouvais presque me déplacer sans gênes, à présent. Mais Pomfresh avait refusé que je me rende au stade avec mes amis, craignant que l’agitation de rouvre ma blessure et ne m’oblige à quelques jours d’infirmerie supplémentaire. J’avais obtempéré de bonne grâce : les ASPICs étaient dans trois semaines, je ne pouvais pas me permettre de faire durer la blessure. Simon aurait souhaité rester avec moi mais je l’avais forcé à sortir et à aller profiter du soleil et du spectacle. Je regrettais presque ma décision : cela m’aurait détendu de passer ma frustration sur lui.

-Et 170 à 140 pour Poufsouffle ! annonça joyeusement Lee Jordan. Quelle attaque de feu, les poursuiveurs sont survoltés !

A dire vrai, toute mon équipe l’était. Ils étaient venus me visiter après chaque entrainement et dix minutes étaient vouées à cracher sur les Serpentard, mes agresseurs comme Miles qui n’avait pas su jouer son rôle de Capitaine. Judy et Kenneth avaient voulu faire en sorte que Malefoy ne puisse pas participer à la rencontre, mais j’avais fermement refusé. S’ils s’attaquaient à un protégé d’Ombrage, l’équipe aurait été encore plus diminuée. S’ils devaient se venger, c’était sur le terrain. Alors quand j’entendais Lee Jordan s’extasier sur un coup de Judy ou sur un geste technique d’Evelyn, mon cœur se gonflait d’orgueil. Montague planta un regard noir sur moi.

-Tu vas voir qu’ils vont aller la gagner pour toi, maugréa-t-il en nouant ses doigts à l’arrière de sa nuque. En plus Jordan fait ta pub, là, donc c’est pas perdu pour les recruteurs.

Montague alternait entre moment d’absences et crises d’angoisse, mais le match semblait le sortir de sa léthargie. Peu de personne venaient le visiter et je le voyais parfois fixer ma table de chevet pleine de friandises et de nourriture que mes amis me ramenaient avec envie. Roger avait même poussé le vice à me ramener des fleurs et j’avais été rassurée de voir Emily exploser de rire en le voyant faire. Montague était étrangement courtois mais c’était un phénomène que je comprenais : nous étions les deux capitaines qui auraient dû se tenir sur le terrain pour se disputer la coupe. A lieu de cela, nous étions cloués à l’infirmerie, partageant notre frustration et notre exaltation.
Je haussai les épaules, le cœur serré. Je préférais ne pas me faire d’illusion concernant le recrutement. Il faudrait que je donne tout lors de mon essai pour les Tornades. Judy m’avait déjà proposé son balai en remplacement du mien pour pouvoir les passer, un brossdur 9 plus performant, mais j’avais peur de perdre mes repères avec un nouveau balai. Alors que je sombrais dans la morosité, la voix de Lee Jordan s’emballa :

-Malefoy a repéré le Vif d’Or ! Summerby est à l’autre bout du terrain, il le prend en chasse … Mais attendais, je ne le vois pas il … Oh c’est très vilain, ça, c’est vicieux ! Il est de l’autre côté ! Malefoy fait volte-face, mais c’est trop tard pour Summerby, oh le pauvre petit il est perdu par la feinte … Malefoy à quelques centimètres et …

La voix de Lee se perdit dans la grande clameur qui monta du stade. Je pris un oreiller pour le plaquer contre mon visage et laisser éclater ma frustration et ma rage dessus. L’espace d’un instant, j’avais cru à la victoire impossible … Mais ce que j’avais craint depuis le début c’était produit : Aaron était beaucoup trop tendre face à Malefoy. Montague sauta sur ses pieds pour bondir en l’air, le poing dressé avec un cri victorieux et j’écartai l’oreiller de mon visage pour lui jeter à la figure.

-Un peu de décence, il y en a qui souffrent !
-Laisse-moi exulter, Bennett, j’ai jamais cru qu’on gagnerait ! 170 à 290, bon sang … On prend la tête du championnat ! Et avec le bon roi Weasley, Gryffondor va lamentablement perdre la semaine prochaine, c’est comme si on avait déjà la coupe !

Un deuxième oreiller s’écrasa sur son visage. Il le brandit et tenta de me le jeter à son tour, mais je sortis ma baguette et parvins à le ralentir pour qu’il se place en douceur derrière mon dos. Montague leva les yeux au ciel, mais avant qu’il ne puisse ouvrir la bouche, la voix de Lee se fit à nouveau entendre :

-On rappellera tout de même la lamentable tricherie de Serpentard qui a conduit au forfait de la capitaine de Poufsouffle et incroyable gardienne Victoria Bennett. Sans ça, Serpentard n’aurait jamais gagné ce match, ce qui fait que me concernant, Poufsouffle est champion dans mon cœur, qu’est-ce que vous en dites ?

Je n’entendis pas l’habituelle réprimande de McGonagall, mais en revanche, les applaudissements nourris qui répondirent à Lee m’allèrent droit au cœur. Lee avait sans doute raison, ma présence aurait pu éviter la défaite de Poufsouffle et nous garantir la coupe : j’aurais fait plus d’arrêts que Cooper et j’aurais peut-être pu maintenir un écart assez grand pour nous permettre de perdre les points du Vif d’Or. Mais cela, nous ne le saurions jamais. Montague s’était remis à bougonner dans son coin, marmonnant que les allégations de Jordan gâchaient leur victoire. Quelques minutes plus tard, la porte de l’infirmerie s’ouvrit avec fracas sur mon équipe maussade qui m’entoura, la mine défaite. Touchée, je frottai le bras d’Evelyn avec douceur.

-Vous vous êtes bien battus, vous y étiez presque …
-Ce qui écœurant c’est que si tu avais été là, on les aurait battus, renifla Smith avec mépris. Bletchley était fébrile, si avait pu creuser l’écart …
-On est désolé, Capitaine, conclut Kenneth avec un gros soupir. Mais si ça peut te rassurer, j’ai envoyé à cognard à Warrignton qui l’a mis K.O., je lui ai fait perdre quelques neurones supplémentaires.
-Et Judy a été impériale sur Malefoy, elle lui a coupé la course chaque fois qu’il voyait le Vif d’Or, ajouta Owen avec un regard admiratif pour la batteuse.

Kenneth ne parut pas apprécier ce regard, car il se rapprocha de son amie et passa derrière ses épaules un bras qui me parut un brin protecteur. J’avais l’impression que c’était presque une ambiance de deuil qui s’épaississait autour de nous, pesante et suintante, jusqu’à ce que la porte ne s’ouvre de nouveau, cette fois avec force d’éclat qui firent sursauter Montague.

-C’est moi qui lui donne ! C’est à moi que Chourave les a données !
-Mais Emily, on peut faire une chacun ! Allez, s’il te plait !
-Vous êtes vraiment des gosses …
-Alors toi, tais-toi ! Je supporte tes disputes avec Vic’ depuis des années, tu vas bien supporter quelques cris !

Emily fut la première sur moi, à la fois furibonde et surexcitée. Elle se planta devant mon lit avec un immense sourire, les mains cachées dans le dos, pendant que Roger prenait place sur une chaise d’un air bougon. Simon fut le dernier à arriver et se plaça à côté d’Emily, un sourire malicieux aux lèvres. Difficile de songer que notre équipe venait de perdre quand je voyais leur visage radieux.

-Allez, Victoria, quelle main ? entonna Emily, bondissant presque sur place.

Perplexe mais décidant de me prêter au jeu, je pointai sa gauche. Elle me tendit alors une lettre cachetée par un sceau de cire orange creusé de deux « C ». En le remarquant, Kenneth m’arracha presque la lettre des mains pour l’observer d’un peu plus près, les yeux écarquillés.

-Mais c’est l’emblème des Canons de Chudley, ça !
-Sérieux ? se recria Evelyn, incrédule. Allez, ouvre Vic !
-Et vous, donnez l’autre ! ajouta Judy en pointant sa batte sur Emily et Simon. Je n’ai pas fendu un seul crâne de la saison, ce serait dommage que je commence par vous !
-Et j’espère que ça vaut mieux que les Canons, maugréa Smith, nullement impressionné.

Emily leva les yeux au ciel mais consentit à me tendre la seconde enveloppe, scellée elle par un symbole que je connaissais plus : la serre dorée des Harpies de Holyhead. Le cœur battant, je les ouvris toutes deux avec des gestes fébriles. Un sourire insensé s’étira sur mes lèvres et je levai le regard sur mes camarades qui attendaient tous la sentence en retenant leur souffle.

-Ce sont des propositions d’essais.

Malgré la défaite et la fatigue, tous éclatèrent de joie – enfin, si on pouvait compter le vague grognement d’approbation de Smith comme un signe de joie. Evelyn m’embrassa sur la joue en me faisant promettre de lui acquérir des places VIP quand je serais professionnelle, Judy et Kenneth se mirent immédiatement à me donner de nombreux conseils sur les clubs, exaltés et comme à son habitude, Emily rappela qu’elle était la première qui m’avait proposé le Quidditch. Je tapai mon poing contre celui de Roger qui me félicita avec un immense sourire. Même Montague, seul dans son lit, m’adressa un signe de la tête approbateur. Aucun joueur de son équipe n’était venu fêter la victoire avec lui. Je relus les lettres, galvanisée par leur promesse. Je n’avais pas joué et pourtant ils tenaient à me voir faire mes preuves … J’allais finir par croire que j’étais réellement douée pour ce que je faisais. Madame Pomfresh passa outre sa règle des six visiteurs à la fois pour laisser mon équipe et mes amis fêter l’événement avec moi et après quelques minutes d’hésitation, une biéraubeurre fut offerte à Graham Montague. Il l’accepta de la main de Roger, un peu surpris et presque choqué lorsqu’il lui donna une tape qu’on pourrait qualifiée d’amicale sur l’épaule. J’eus un sourire désabusé. Mon équipe avait perdue et jamais je ne connaitrais la joie de brandir la coupe de Quidditch devant tout Poudlard. Pourtant, les deux lettres m’offraient l’espoir d’avoir tellement plus …

***


Serpentard était à présent favori pour gagner la coupe, ce qui était inacceptable pour une grande partie de l’école, ulcérée par la façon dont il avait construit leur succès – l’éviction de la moitié de l’équipe de Gryffondor en novembre, ma blessure … Aussi la plupart des élèves se resserrèrent autour de l’équipe d’Angelina la semaine suivante, seule à pouvoir encore détrôner Serpentard car Serdaigle avec deux défaites était trop loin. A peine sortie de l’infirmerie, j’avais pris Ron Weasley par une oreille et l’avait entrainé jusqu’au terrain de Quidditch sous les regards amusés des Gryffondors. La victoire passait par une bonne performance de leur gardien. Et j’avais pu constater, perchée sur le balai prêté par Judy, que Ron était loin d’être mauvais, en réalité. Il était capable d’avoir la main sûre et avant une bonne vision du jeu, une bonne anticipation du geste. Pas réellement remise de ma blessure, je ne pus lui donner l’exemple, mais je passai deux heures à lui donner des conseils en tous genres, sur son jeu mais aussi sur sa façon de gérer le stress. Alors que nous rangions les balles, je pus apercevoir sa baguette et la ressemblance avec la mienne me frappa. Elle était plus longue et plus épaisse, mais c’était indéniablement du bois de saule. Un sourire avait fendu mon visage.

-Tu sais quels sorciers choisit la baguette de bois de saule ? avait-je lancé, le balai sur l’épaule, prête à partir.

Ron avait secoué la tête, perplexe et mon sourire s’était agrandi.

-Des sorciers au grand potentiel mais au sentiment d’insécurité injustifié. Tu es bon, Weasley, il serait peut-être temps de te faire un peu confiance. Conseil de la gardienne adoubée par Viktor Krum. Tu peux le faire.

Et je l’avais planté là, médusé, contemplant sa baguette comme si c’était la première fois qu’il la voyait. Et étrangement, j’avais eu l’intuition que son match contre Serdaigle serait bien meilleur que les précédents. Cela ne manqua pas. Pour la première fois, Ron réalisa un match complet qui offrit la victoire et la coupe à Gryffondor. Humiliée par Ginny Weasley, Cho en jeta son balai par terre et Roger parut momentanément m’en vouloir d’avoir aidé Ron qui n’avait laissé passer qu’un seul souafle. Mais même Serdaigle finit par exulter : la coupe échappait à Serpentard et je fêtai la victoire d’Angelina, en larme alors qu’elle brandissait le trophée, comme si c’était la mienne.

En revanche, mon soutien ouvert à Gryffondor avait réellement occasionné la rancœur de Miles, qui en plus avait été critiqué pour sa fébrilité lors du match contre Poufsouffle. L’instant de grâce de Quidditch avait pour lui éclater le jour où je m’étais faite agressée et malgré le fait qu’il disait parfaitement comprendre ma haine pour l’équipe de Serpentard qui m’avait privée de finale, je sentais que ces gestes à mon égard s’étaient faits plus forcés, moins naturels. La fracture entre nous était plus que consommée et plus je réfléchissais, plus j’avais la certitude qu’il était impossible que notre couple survive à Poudlard. Nos vies une fois à l’extérieur seraient bien trop différentes, nous n’aurions absolument pas les mêmes préoccupations. Et j’avais eu les échos de la réunion qui s’était faite autour d’Ombrage après mon agression : Miles était celui qui s’était le plus tu, de peur de s’attirer les foudres de sa directrice et je n’avais pas oublié son envie de s’effacer alors que Warrington martyrisait un pauvre enfant. Il n’avait pas de cause à défendre dans cette guerre et je ne consistais pas une raison suffisante de lutter – ce qui en soit pouvait également être révélateur de ses sentiments à mon égard. Mais moi je ne pouvais pas me contenter de ça et j’ignorais s’il était prêt à l’accepter.

Cela me mettait d’humeur sombre alors que les révisions pour les ASPIC s’intensifiaient. Mon avenir était presque assuré avec trois équipes différentes qui sollicitaient mes services, mais elles demandaient toutes de réussir l’examen à hauteur de quatre ASPIC pour espérer entrer dans l’équipe et de toute manière, je voulais mettre à point d’honneur à finir convenablement ma scolarité. Les cours n’étaient plus que consacrés à la préparation de l’échéance où nous révisions ce qui était le plus susceptible de tomber et on sentait la fébrilité des professeurs face au jour qui approchait. Ils avaient beaucoup d’espoir sur notre génération avec plusieurs élèves aux capacités plus élevées que la moyenne : Simon, Emily, Roger, Gloria Flint … Et alors qu’ils évoquaient notre avenir, je voyais souvent le regard de mes professeurs vagabonder sur une chaise vide qui avait un jour accueilli Cédric. S’il avait vécu, lui aussi aurait été le porteur de tous les espoirs de Poufsouffle et de l’école. McGonagall apostropha vertement Simon qui lisait plutôt que révisait à la bibliothèque, Flitwick donnait des cours particuliers à certains de ses élèves presque tous les soirs et Chourave passait quotidiennement dans notre Salle Commune pour échanger avec nous. Dix jours avant, elle accrocha au tableau d’affichage les horaires et modalités d’examens pour les cinquièmes et septième année. Susan avait verdi en les lisant.

-Le pire dans tout ça, c’est que si on réussit tous bien Ombrage utilisera ça à son compte, fit sombrement remarquer Renata en recopiant les horaires. De quoi foirer ses examens juste pour prouver que non, son système n’est pas idéal …
-Ça ne servirait à rien, évalua Emily avec défaitisme. Si échec il y a, elle dira que c’est la faute des professeurs et elle les renverra tous …
-Merci de penser à nous, Fawley, mais c’est surtout à vous qu’il faut penser, déclara Chourave en tapotant son épaule. Ne gâchez pas votre avenir pour une raison si futile, donnez le meilleur de vous-même … Par ailleurs … (Elle nous adressa à tous un sourire tordu). Je ne pense pas qu’il y aura de problème avec vous, mais la directrice a fait savoir que toute triche sera sévèrement punie, bla-bla …

L’ennui de Chourave à nous donner l’information arracha un éclat de rire à la Salle et creva quelque peu la tension dans laquelle elle baignait. Une immense majorité d’élève travaillait d’arrache-pied et Emily était si stressée qu’elle en avait donné une retenue à un deuxième année qui avait eu l’audace de jouer aux échecs version sorcier sur la table où elle révisait. Chourave comme Helga Poufousffle dans son cadre au-dessus de la cheminée posa sur nous un regard maternel.

-De toute manière, j’ai une confiance absolue en chacun d’entre vous. Par contre, Bones, si Minerva nous voyait ne pas réviser, elle vous transformerait en porcelet, vous êtes au courant ça ?
-Oh, vous pensez qu’elle pourrait plutôt le transformer en crevette ? enchéris-je avec un immense sourire. J’en rêve depuis des années !

Simon, assis juste à côté de moi, asséna son livre sur mon crâne et toute la Salle partit d’un grand rire, y compris notre directrice de Maison. Celle-ci s’installa dans le fauteuil en face de nous comme si elle était une élève parmi d’autres et nous scruta de son regard brillant.

-Et comment ça va, vous deux ? La main, monsieur Bones, ça ira pour les ASPIC ?

Déroutée, Simon jeta un regard à sa main gauche. La plaie avait arrêté de saigner depuis longtemps et il garderait sans doute les cicatrices du « je dois respecter l’autorité ». Pour ne pas avoir à contempler le fruit de son injuste heure de colle, il gardait en permanence la main bandée.

-Ça ira, je n’ai plus mal, affirma-t-il avec un sourire. Je vous remercie, professeur.
-Et vous, Bennett ? Votre dos ?

Je haussai les épaules. J’étais toujours un peu raide, si bien que je m’étais mise à craindre pour les essais mais une lettre de la Ligue, informée de mon état par Madame Bibine, m’avait assuré qu’ils pouvaient être repoussé en cas de blessure. J’avais eu peur de garder la cicatrice en l’état qu’elle avait la première fois que je l’avais contemplée, large, brune et fripée dans mon dos mais Pomfresh me fournissait chaque jour une pommade de ses soins qui faisait effet et réduisait la marque.

-Je pense que ça ira aussi, professeur. Je pense même que je pourrais faire mes essais comme il était prévu la semaine qui suit les ASPIC.
-N’oubliez pas d’envoyer une demande d’autorisation à vos parents pour qu’ils nous la renvoient signée, me rappela pour la cinquantième fois Chourave. La directrice ne vous laissera pas sortir sans cela … Comment prennent-ils votre choix de carrière ?
-Assez bien, étrangement, assurai-je avec sincérité. Il faudra que j’aille élever un temple en l’honneur des parents de Simon.
-On a déjà un mausolée dans le cimetière de Terre-en-Landes, tu pourras aller y brûler un cierge.
-Vous avez carrément un mausolée ?!

Chourave eut un sourire attendri en nous observant. Je voyais parfaitement la nostalgie briller dans ses yeux : elles avaient vu deux crevettes en train de se battre arriver un jour à Poudlard et elle les quittait à présent toujours crevette et un peu moins crevette, un peu moins en train de se battre, sept ans plus tard. J’ignorais si c’était un déchirement pour elle de voir partir chaque génération, ou si ça avait fini par devenir une habitude. Mais Pomona Chourave ne semblait pas femme à s’habituer aux adieux. Elle nous observa réviser d’un œil scrupuleux, particulièrement planté sur Simon qui n’avait même pas daigné ouvrir un manuel. Il se contentait d’aider Susan pour son sortilège de disparition plus qu’aléatoire.

-Bones, entonna la professeure, suspicieuse, vous avez pensé à notre entretien ?

Simon détourna les yeux d’Ogma, qu’était censé faire disparaitre Susan – et auquel elle avait à la place donné une couleur fuchsia qui avait indigné l’oiseau. La pauvre semblait désespérée.

-Mais j’y arrivais la dernière fois …
-C’est le stress, Susie, essaie de te détendre, la rassura Simon en passant une main dans son dos, avant de se tourner plus franchement vers Chourave. Pardon, professeur, quoi ?
-Votre orientation, asséna-t-elle, l’air contrarié. L’IRIS demande qu’un dossier soit envoyé avant-même les ASPIC et tous les professeurs vous ont fait une lettre de recommandation. Vous vous êtes décidé ?

L’ensemble de la tablée, composée d’Emily, Susan, Ernie, Hannah et moi, se tourna vers Simon, perplexe. La rougeur de celui-ci avait effacé ses tâches de rousseurs et il se trouva une passion soudaine pour la contemplation des plumes roses d’Ogma.

-L’IRIS ? répéta Emily, incrédule. Mais tu n’entres pas au Ministère ?
-Qu’est-ce que c’est ? chuchota Hannah à Ernie.
-L’Institut de Recherche Intensitive en Sortilèges, un grand centre de recherche de magie, expliqua-t-il en jetant un coup d’œil presque révérencieux à Simon. Mais il fait avoir un niveau très élevé en tout ce qui est sortilège, métamorphose, maléfice, ça pousse vraiment très loin les limites de la magie et ils ont un partenariat avec le département des mystères de toute l’Europe … Des sorciers du monde entier et de tout âge viennent y étudier tant c’est prestigieux …
-Mais peu de gens l’intègre après leurs études, normalement ! ajouta Emily, éberluée. Il faut avoir une recommandation d’une institution, du Ministère, par exemple …

Les explications d’Ernie et d’Emily paraissaient avoir accentuer la gêne de Simon, qui pour la masquer rendit à Ogma sa couleur naturelle avec une infinie lenteur, presque plume par plume. Je le contemplai, médusée. J’ignorais qu’un tel institut existait, ni même qu’il pouvait intéresser Simon. Mais McGonagall l’avait bien perçu : Simon ne faisait qu’effleurer son potentiel. Sans doute étaient-ils beaucoup à songer qu’il y avait trop de magie brute en lui pour le lancer dans une carrière sans un dernier affinage … Chourave continua de le fixer jusqu’à ce qu’il lâche du bout des lèvres :

-Je n’ai pas particulièrement eu le temps d’y songer, professeur …
-Oui bien sûr, vous n’avez pas eu le temps de songer à grand-chose, bougonna Chourave, les sourcils froncés. Est-ce qu’au moins vous avez commencé le moindre dossier ?

Le silence de Simon était éloquent et je me retins de le frapper avec mon dictionnaire de rune. Avec un certain agacement – et un véritable nœud dans le ventre – je songeai que son attentisme devait signifier qu’il aurait sans doute mieux à faire dehors que des études supplémentaires. Et par Merlin que ça donnait envie de lui tirer les oreilles. Et les cheveux. Puis achever le tout d’un coup de poing dans le nez.

-T’es un idiot, Bones, le tançai-je, exaspérée. Franchement, est-ce qu’il y a une voie qui te plairait plus que ça ?

Simon me lorgna l’air agacé mais Chourave me lança un regard entendu, presque soulagé. Soudainement, je me fis la réflexion qu’elle en parlait sans doute ouvertement pour que Susan et moi soyons au courant et qu’on le pousse à constituer le dossier.

-C’est à Oxford, marmonna Simon, comme si cela justifiait tout.
-Et alors ? contrattaqua Susan, irritée. Tu y transplaneras et en plus ce n’est pas loin de la maison ! l’IRIS, c’est une opportunité en or si tu peux y entrer ! Vic’ a raison, c’est tout ce que tu aimes, tu vas continuer d’étudier la magie tout en ayant un salaire ! Comment tu peux refuser ça ?
-Je ne suis pas sûr d’être pris.
-Ah ça c’est sûr que si tu ne fais pas de dossier, tu ne seras pas pris ! Va chercher tes papiers au lieu de glander sur cette table !

C’était la première fois que je voyais Susan s’énerver véritablement sur Simon, bien plus que pour l’histoire de l’A.D. où elle avait simplement semblé craquer. Là, c’était de la colère froide qui émanait d’elle et je voyais dans ses yeux verts qu’elle retenait la moitié des paroles qu’elle pouvait prononcer – sans doute parce qu’elles concernaient ses parents. Simon la considéra, entre fierté de voir sa sœur s’affirmer et agacement que ce soit contre lui.

-Je ne sais pas si …
-Est-ce qu’il faut vraiment que je me joigne à Susan ? soupirai-je d’un ton théâtral. Parce que là tu n’y survivras pas, Bones. Va chercher ces papiers.
-Et je les aiderais, renchérit Emily avec empressement. L’IRIS, Simon, par le caleçon de Merlin, qu’est-ce qui te prend ?

Simon rejeta sa tête en arrière avec un grognement étouffé, vaincu par notre coalition. Il finit par se lever l’air bougon et j’attendis qu’il disparaisse dans le couloir qui menait à sa chambre pour lever la main à l’adresse de Susan. Elle y frappa avec entrain avant de toquer dans le poing qu’Emily lui présentera. Mon amie avait sans doute été le facteur X dans la reddition de Simon : à nous il pouvait expliquer qu’il refuse mais pas à elle. Chourave sourit d’un air radieux.

-Merci les filles, je savais que je pouvais compter sur vous. Ça fait des semaines que Filius me harcèle pour savoir s’il a transmis son dossier … ça fait presque dix ans qu’on n’a pas réussi à placer d’élève à l’IRIS, le seul autre étudiant à Poudlard qui en aurait les capacités serait Hermione Granger, mais je la vois plus au Ministère … Et j’avoue que je serais très fière que ce soit un élève de ma Maison.
-On va l’y faire rentrer, de gré ou de force, assurai-je à ma professeure. Même s’il faut que je l’amène à Oxford chaque matin pour cela.

Chourave parut ravie, d’autant que Simon revenait de son dortoir, une liasse de parchemin à la main. Sa mission achevée, elle nous laissa à nos révisions avec un dernier sourire et Emily la regarda s’éloigner, l’air rêveur.

-Rien pour elle, ça vaut le coup d’être tombé ici … Vous vous souvenez de notre répartition ?
-Je me souviens de Vic’ qui se collait à moi comme un enfant, maugréa Simon en déroulant les parchemins devant lui.
-Tu es obligé de tout le temps la rappeler, celle-là ? grinçai-je en relevant les yeux de mon dictionnaire de rune.

Malgré son agacement évidement, Simon eut un doux sourire qui me rappela également que cette fois-là il ne m’avait pas repoussé : il avait accepté que je me cache derrière lui au moment où je faisais mon entrée dans le monde de la magie, et la poussette qu’il m’avait faite au moment où, tétanisée, je devais m’avancer vers le Choixpeau avait été loin d’être brusque. Pour la première fois, je pris conscience qu’il m’avait accompagné ce soir-là plus gentiment qu’il le ferait les cinq années qui suivirent. Alors malgré ma contrariété, je lui rendis son sourire et je me levai en refermant mon dictionnaire.

-Bon, je suppose qu’affairés comme on l’est, on n’ira pas prendre notre dîner dans la Grande Salle. Je ramène des sandwichs ?
-Pour nous aussi, Vic’, s’il te plait ! me supplia Hannah en portant ses mains jointes au niveau du cœur. Je ne finirais jamais de réviser les potions !
-Et la personne qui rit comme une baleine près du feu est priée de se la fermer ! s’écria férocement Emily, les yeux dardés sur un groupe de troisième année.
-Je vais venir d’aider, j’ai besoin d’une pause, décréta Renata en fermant son grimoire.

Réprimant ma surprise, je la laissai me suivre hors de la Salle Commune. Depuis que la pression des examens s’était intensifiée, Renata s’était de nouveau renfermée dans sa bulle, agressant silencieusement chaque personne qui la dérangeait. Je savais qu’elle souhaitait poursuivre dans l’astronomie, une matière qui la passionnait – et cela ne me surprenait pas, c’était une activité solitaire loin des préoccupations humaines. Elle passait des heures entières sur ses cartes du ciel et ses calculs d’Arithmancie. J’eus un pincement au cœur lorsque je chatouillai la poire et que le tableau bascula pour me dévoiler la cuisine. L’endroit avait perdu de sa saveur depuis que je n’étais plus susceptible d’y rencontrer Fred et George. Et surtout, il m’évoquait trop mes souvenirs avec Miles. Fort heureusement, avant que je ne sombre dans la morosité, Dobby se planta devant moi, vêtu d’un pull violet et d’un affreux cache-théière en laine.

-Miss Victoria Bennett ! Vous êtes venue chercher du chocolat ?
-Non, pas cette fois Dobby, répondis-je précipitamment alors que Renata esquissait un sourire amusé. En fait on voudrait … une vingtaine de sandwich, si ça ne te demande pas trop de travail, bien sûr … Sinon, on ira à la Grande Salle …
-Mais non, enfin, Dobby est très content d’aider la gentille Victoria Bennett ! affirma l’elfe avec un sourire qui dévoila ses dents pointues. Ça ne lui prendra que peu de temps … Restez-là !
-Il t’aime bien, remarqua Renata en dressant un sourcil.

Je haussai les épaules pour éluder la remarquer. Ma relation avec les elfes de maison de Poudlard était bonne parce que j’étais l’une des rares à être gentille et polie avec eux. J’aurais voulu faire plus, leur parler de liberté … Mais on voyait bien à la façon dont ils mettaient le seul elfe libre à l’écart qu’ils n’étaient pas prêts. Mais peut-être qu’un jour, il y aurait d’autres Dobby. Il revint avec rapidité, portant deux plateaux remplis de beaucoup plus de sandwich que j’en avais demandé. Je pourrais nourrir la moitié de la Salle Commune avec cela. Nous prîmes les plateaux et je remerciai chaleureusement le petit elfe qui bondissait devant moi. Renata dut s’y reprendre à deux fois pour trouver la porte du fait de son chargement, et se faisant, elle fit tomber un papier de la poche de sa cape. Laissant mon plateau sur un buffet, je me penchai pour le ramasser.

-Renata, tu as …

Je me figeai en posant les yeux sur le papier. C’était une photo, en réalité.
Une photo de Cédric.
Je reconnus le moment : c’était après notre victoire contre Gryffondor en cinquième année. Il était encore vêtu de sa robe de Quidditch, trempé jusqu’aux os et je me vis en arrière-plan de la Salle Commune en train de secouée mes boucles mouillées. La photo avait été prise sur le vif, capturant Cédric en plein éclat de rire face à une personne hors du cadre. J’eus l’impression de recevoir un violent coup de poing dans l’estomac et lentement, je relevai les yeux sur elle. Mon cœur s’arrêta de battre et Renata blêmit si fort que je craignis qu’elle ne défaille. Pour la première fois depuis que je la connaissais, son visage exprima autre chose que de la désapprobation ou de l’agressivité : une onde de terreur et de douleur balaya tout le reste.

-Ne le dis pas, supplia-t-elle à mi-voix. S’il te plait, Victoria …

Je la fixai, le cerveau étrangement vide. Ne pas dire quoi ? Pourquoi se promenait-t-elle avec la photo de Cédric dans sa poche ? Et soudainement, alors que Renata me fixait avec une certaine détresse que je n’aurais jamais pu imaginer de sa part, la vérité me frappa de plein fouet. Je me félicitai d’avoir posé le plateau, car en cet instant, j’aurais tout laissé tomber. Des larmes me vinrent aux yeux.

-Oh, Renata …

Les yeux de Renata restèrent eux parfaitement sec derrière ses lunettes. Posant à son tour son plateau, elle m’arracha sèchement la photo des mains pour la remettre dans sa poche d’un geste fébrile.

-Ce n’est rien, éluda-t-elle à voix basse. Ce n’est rien, simplement … Ne le dis à personne, d’accord ?

Incapable d’articuler le moindre mot, je hochai la tête. Renata ferma les yeux un instant, l’air de vouloir désespérément ses esprits, et bien que son visage ait retrouvé son impassibilité habituelle je parvins encore à distinguer quelques éclats de douleurs dans le pli de ses lèvres et la lassitude de son regard. D’un air digne, elle reprit son plateau et repartit sans m’adresser ni un mot, ni un coup d’œil. Pantelante, il me fallut un long moment pour songer à faire de même, sonnée parce que je venais de découvrir. Ça dépassait totalement l’entendement et cela rouvrait une plaie que j’avais pensée cicatrisée depuis quelques semaines.
Renata Morton, l’impassible, l’agressive, la solitaire, avait été amoureuse de Cédric Diggory. Elle l’avait vu risqué sa vie dans le tournoi, sortir avec Cho … puis mourir dans le labyrinthe.

***


Comme elle l’avait souhaité, je ne parlais à personne de ma découverte sur Renata. C’était une histoire qui lui appartenait, qu’elle gardait comme un trésor au plus profond d’elle-même. Depuis quand, comment, pourquoi … Je n’avais pas voulu savoir. Cela aurait de nouveau solidifier le fantôme de Cédric qui s’était effacé avec les semaines et je n’avais pas besoin de cela. Malgré tout, cela m’avait permis d’expliquer de nombreuses choses concernant ma camarade de classe : son mépris pour le tournoi, son opposition surprenante à Ombrage en début d’année au nom de la mémoire de Cédric, les larmes qui étaient apparues dans ses yeux lorsque j’avais lu l’article de Harry … Renata était toujours hantée par Cédric et déterminée à se battre contre ceux qui lui avaient enlevé. L’amour avait survécu à la mort et la profondeur manifeste de ses sentiments m’avaient amené à réfléchir.

Avec tous nos efforts combinés, Simon avait achevé son dossier pour l’IRIS, y ajoutant les lettres de recommandations de tous les enseignants, ainsi que celle de sa tante Amelia. La seule ombre au tableau : Dolores Jane Ombrage. A mi-mot pendant le cours de Défense contre les Forces du Mal, elle avait fait savoir qu’une lettre de sa part pouvait mettre fin à toutes ses ambitions et j’avais dû sacrifiée ma main, écrasée par Simon pour passer la frustration ne pas pouvoir faire subir de maléfice au sourire de crapaud d’Ombrage.

-Pour une fois que je suis un petit peu motivé pour quelque chose, elle veut me l’enlever ! éructa-t-il en sortant, hors de lui.
-Ravie de voir que ton entrée à l’IRIS te tienne finalement à cœur, chantonnai-je joyeusement en le suivant dans le couloir. Dois-je en conclure que tes plans pour dehors ont changés ?

Simon me jeta un regard exaspéré mais resta coi. Jubilant intérieurement, je me gardai d’insister. Il montrait quelques signes positifs depuis son sortilège sur les armures de Poudlard et surtout, depuis ma blessure. Susan m’avait appris, rayonnante, qu’il s’en était voulu de m’avoir laissée seule alors que le climat était propice à une attaque et cela paraissait jouer sur sa perception de l’après-Poudlard : serait-il capable de me laisser seule face à une bien plus grande menace ? J’en avais néanmoins ressenti un grand malaise. Je n’avais plus réfléchi à cet aspect-là de notre relation depuis Pré-au-Lard et le moment où il m’était paru évident que nous étions tous deux près à de grandes extrémités l’un pour l’autre. Sans comprendre pourquoi, cela continuait de me troubler et je repoussai la réflexion pour passer sur des choses plus urgentes. Les ASPIC étaient dans une semaine et je sentais chaque jour la pression me gagner. Notre devoir était achevé avec Octavia et nous devions préparer la soutenance qui nous servait d’épreuve pour l’examen. J’avais acquis une aisance rassurante en sortilège, maléfice et contre-maléfice grâce à Simon et Flitwick m’avait assuré que ma remarquable maîtrise des sortilèges informulés seraient un atout indéniable, car une partie de l’épreuve pratique se déroulait silencieusement. En revanche, je continuais de pécher en métamorphose. J’avais l’impression d’avoir cette année atteint mon plafond de verre en cette matière et ce fut sans doute pour cette raison que j’y travaillais avec un acharnement assez inutile compte tenu des maigres résultats.

-Il faudra que tu m’aides pour le sortilège protéiforme, j’ai encore un peu de mal … Ah et le sortilège du patronus, aussi.

En quelques mois d’essai, je n’avais jamais réussi à faire mieux qu’une brume blanche, relativement épaisse qui restait encourageante mais qui persistait à ne prendre aucune forme. Simon eut un sourire désabusé.

-On connait tous les deux le problème de ton patronus. Ton souvenir n’est pas assez puissant, Vicky. Et je sais même exactement ce qui se passe : tu penses d’abord à un souvenir avec Cédric, mais tu te rends compte que ça ne peut pas marcher alors tu changes, mais tu restes triste parce que tu as pensé à lui. J’ai tort ?

Je lui jetai un regard contrarié. Non, c’était d’une justesse déconcertante. Seigneur, y-avait-il un aspect de moi qu’il ignorait un tant soit peu ? Maintenant qu’il connaissait mes vers préférés de Shakespeare et mon penchant inavoué pour une forme de romantisme, j’en doutais. Simon parut satisfait.

-D’ailleurs, tu t’es vraiment améliorée cette année. Je t’assure, c’est un patronus assez solide pour te permettre d’échapper au pouvoir paralysant des Détraqueurs et de transplaner. Et ce sera mieux que la plupart des élèves qui, grâce aux fantastiques cours de notre professeur, ne se sont sans doute jamais exercés. En plus il ne manque pas grand-chose pour qu’il devienne corporel.

Je le lorgnai obliquement.

-Et vais-je un jour voir à quoi ressemble ton patronus corporel ? Je vais finir par croire que tu ne peux plus en produire …

Face à sa réticence à lancer le sortilège devant tous, j’avais fini par croire qu’après la mort de Cédric et la résurgence du fantôme de sa famille lui avait faire perdre la faculté de produire un patronus. Mais il me surprit : après avoir vérifié que le couloir était désert, il sortit sa baguette et ferma les yeux, l’air concentré. Puis après quelques inspirations, son visage se détendit et il souffla :

-Spero patronum.

L’habituelle brume argentée jaillit de la pointe de sa baguette mais au lieu de se répandre dans l’espace comme pouvait le faire le mien, elle se massifia et se solidifia en une silhouette munie d’ailes et d’un bec acéré. Une seconde plus tard, un faucon baignant dans une belle lumière d’argent fendait les airs, gracieux et puissant. Il fit quelques tours de couloir jusqu’à qu’il exécute un virage serré pour foncer sur moi. Je me retranchai derrière Simon avec un cri pour l’éviter et il disparut dans le mur du château sous les éclats de rire de celui-ci.

-Pas de panique, Vic’, il n’allait rien te faire ! s’esclaffa Simon en me repoussant.
-Tu m’en diras tant, glapis-je, émerveillée malgré moi. Mais … pourquoi tu ne t’es pas vanté avant ?

Le sourire de Simon se fit gêné et il se passa une main sur la nuque.

-Boh … Tu sais, un patronus, c’est personnel. C’est un peu comme l’épouvantard et l’amortentia : c’est représentatif de ce que tu es au fond de toi, ça révèle un peu de ta personnalité, un peu de ton âme. Je ne me sentais pas de le montrer à tout le monde, c’est tout.

Et étrangement, je le croyais sur parole. Simon était quelqu’un de très pudique malgré ses fanfaronnades. Je fus d’autant plus touchée d’avoir ainsi insisté à la formation d’un patronus de sa part. Je lui cachais mon sourire attendri avant qu’il ne se fasse plus railleur.

-Alors si tu me connais par cœur, il devrait deviner la forme du mien avant même que je le produise non ?
-A dire vrai, je parierais sur un chien, dit Simon avec un grand sérieux. Un labrador, ou peut-être un berger allemand.

Avant que je n’aie pu me sentir vexée ou impressionnée par la rapidité de sa réponse, je me figeai au milieu du couloir. A quelques mètres devant nous, Miles relisait la copie rendue par Ombrage – calamiteuse pour tous, mais personne n’y donnait de cœur. Mon cœur s’emballa et je fus l’espace d’un instant tentée de faucher le coude de Simon et de faire volte-face pour avoir à éviter de lui parler. Mais au moment où je mettais mon plan à exécution, Simon poussa un immense soupir et lâcha :

-Vicky … tu ne serais pas en train de faire la technique de la fuyarde, par le plus grand des hasards ?

J’eus un sourire crispé. Je fuyais quand j’avais peur, Simon le savait pertinemment. J’avais fui Miles par peur de mes sentiments naissants pour lui … et j’étais à présent terrifiée à l’idée de les sentir mourir.

-Euh … ça se pourrait bien. Tu vas m’obliger à aller lui parler ?
-Je ne vais t’obliger à rien du tout, répondit-t-il précipitamment d’un ton sec. C’est à toi de voir comment tu veux gérer ça, je n’ai aucun conseil à te donner.
-Mais … pourtant … Avec Octavia …
-Chaque situation est différente. Mais ce que je sais, c’est que ce n’est pas forcément sympa de la laisser s’envenimer.

Je rentrai la tête dans les épaules devant le reproche voilé. Il avait raison, j’évitai Miles depuis quelques jours ; mais j’avais la nette impression que l’inverse était également vrai, il n’avait pas digéré que j’aide Gryffondor à le battre. Simon prenait soin de ne pas me regarder, sans doute pour que je ne connaisse pas le fond de sa pensée et que je décide par moi-même. Il gardait son regard perdu dans le parc, une expression étrangement neutre sur le visage.

-Ecoute, toi tu fais ce que tu veux, mais moi je vais aller réviser, annonça-t-il finalement à mi-voix. Quoiqu’il arrive, on se retrouve dans la Salle Commune pour travailler ton sortilège protéiforme, d’accord ?

Et sans me laisser le temps de répondre, il fit volte-face comme j’avais rêvé de le faire et remonta le couloir. Pendant une affreuse seconde, je dus lutter pour ne pas le suivre mais je fus assez forte pour le regarder s’éloigner et disparaitre à un angle. La tentation passée, je pus tourner mon regard vers Miles et mon cœur se serra. Avec une certaine appréhension, j’avançai vers moi avec l’impression qu’il était au bout d’un tunnel long comme la distance qui nous séparait de Londres. Je le rejoignis après ce qui me parut une éternité où trop de choses se mélangèrent dans mon esprit et posai une main peu sûre sur son bras. Il sursauta en levant les yeux de sa copie, et me sourit.

-Ah, c’est toi. Je ne t’ai pas vue à la fin du cours.
-Je calmai Simon, Ombrage l’a énervé. Alors, qu’est-ce que ça donne ?

La question badine sonnait affreusement faux à mes oreilles, pourtant, je fis un effort pour m’intéresser aux nombreux commentaires d’Ombrage, pour la plupart cassant et dénués d’intérêt pédagogiques. L’œil de Miles était sombre.

-J’ai vu la copie d’Ulysse, elle n’était pas aussi, critique, plutôt élogieuse, même …
-Son père doit l’avoir dans la poche, c’est pour ça qu’elle l’a nommé préfet-en-chef à la place de Simon, évaluai-je prudemment pour ne pas froisser Miles. C’est comme ça qu’elle fonctionne, à l’influence et à ce qui fait grandir la sienne.

Avec un grognement, Miles froissa son parchemin et le rangea dans son sac. Je pressai doucement son bras.

-Arrête, cette femme ne s’y connait pas en enseignement, ses devoirs ne veulent strictement rien dire …
-Je sais, mais c’est la façon dont le monde fonctionne qui me dépite. Quel inconvénient d’être né Bletchley …
-Tu préférerais être né Selwyn dans une famille à l’éthique plus que douteuse ? Ou McLairds à devoir sacrifier bonheur et ambition au nom de la famille ? répliquai-je en tentant de ne pas être cassante. Au moins en étant né Bletchley, tu as pu développer ta propre personnalité et ça te laisse une liberté de manœuvre dans ton avenir. Je ne suis pas sûre qu’on étant né Selwyn tu aurais été autorisé à entrer au Département de régulation des créatures magiques.

Les lèvres de Miles se déformèrent en une moue contrite, mais il parut m’accorder silencieusement ce point. Le couloir se vidait : les élèves se précipitaient soit dehors pour profiter du soleil de juin, soit dans la bibliothèque et les Salles Communes pour réviser leurs examens. Avec un pincement au cœur, je me rendis compte que c’était la première fois que je me retrouvais seule avec Miles depuis qu’il m’avait proposé de vivre avec lui après l’école. Autant dire une éternité. Il parut également s’en rendre compte car il se trémoussa, comme embarrassé.

-Au fait, ton dos … ça va mieux ?
-Oui, la crème de Pomfresh fait effet. Je vais pouvoir passer mes essais après les ASPIC.
-Tu veux mon balai ?

Je ne pus retenir une furtive grimace de dégoût. Le balai de Miles, un sublime Nimbus 2001, lui avait été offert par le père Malefoy en échange duquel son fils Drago pourrait entrer dans l’équipe. Je savais que c’était la plus belle chose qu’il possédait et il en prenait un soin particulier, mais la qualité du balai était pour moi ternie par la façon dont il se l’était approprié.

-Non merci, ça va, je m’entraine avec celui de Judy depuis une semaine, je commence à prendre mes marques. Peut-être que je prendrais un Brossdur cet été …
-Les Nimbus sont mieux, plus fins et plus sûrs. Un nouveau modèle va sortir cet été, le 3000. Moins performant que l’éclair de feu, bien sûr, mais de belle gamme quand même.

Qui du coup serait sans doute hors de prix, songeai-je à part moi. Mais je me gardai d’en faire part à Miles et lui promis de réfléchir à cela une fois que je saurais où je serais prise – et si je l’étais. Il leva les yeux face à tant de prudence qu’il devait juger excessive. Je me rendis compte au fil des mots que c’était devenu presque douloureux pour nous de parler de Quidditch avec ce qu’il s’était passé ses dernières semaines et je voyais bien la retenue de Miles dans chaque mot. Je finis par demander du bout des lèvres pour crever l’abcès :

-Tu m’en veux encore d’avoir aidé Ron ?

Miles s’assit sur le parapet sous les arcades qui bordaient la cour, la bouche tordue par l’indécision.

-Je dois avouer que quand j’ai vu que ma copine faisait tout son possible pour que la coupe m’échappe, je ne l’ai pas très bien pris. Mais je te l’ai dit, je comprends que ce n’était pas contre moi mais contre les autres et c’est ton droit d’avoir la haine contre eux. Simplement … je ne sais pas, j’étais là, aussi, ça aurait dû compter.

J’avais beau déjà avoir eu cette discussion avec lui, cela me gênait toujours autant que ça me mettait en colère. J’aurais voulu me taire, juste m’excuser, assurer que de toute manière ça n’arriverait plus et franchir d’un bond ce gouffre qui semblait toujours plus s’ouvrir entre nous … Mais il commençait à être profond, ce gouffre. Et malgré toute ma bonne volonté, malgré tout le positif que j’avais pu tirer de notre couple, je sentais à présent que ça n’en valait plus la peine. Le cœur en miette, je décidai de contrattaquer avec douceur :

-Et moi, j’ai compté ? Quand je t’ai demandé de faire en sorte qu’il n’y ait pas de provocation d’avant-match et que tu t’es rendu compte que tes joueurs n’étaient pas réceptifs à l’idée, est-ce que j’ai compté ?

Miles papillonna des yeux, étonné que je réponde ainsi au moment où j’aurais dû passer l’éponge. Mais je ne pouvais plus simplement pardonner et oublier comme ça avait été le cas pour son aveuglement de début d’année. Ce n’était pas viable.
-Mais bien sûr, Vic’, comment tu peux dire ça ? Simplement, comment tu voulais que je les empêche … ?

-En me prévenant, par exemple. Moi je pensais que tu les tenais, j’ai totalement baissé ma garde. Me prévenir que je risquais quelque chose, ça aurait été déjà bien.

Son visage se décomposa et il parut désarçonné par ma répartie. J’avais eu le temps de réfléchir à tout cela, allongée dans mon lit à laisser libre court à mes angoisses, à tout ce qui avait pu déraper entre nous, et je m’étais rendue compte que je n’étais pas l’unique responsable, moi et mon vide émotif pour lequel je culpabilisais. Miles avait cédé à de vieux travers que j’avais décidé d’ignorer et qu’il avait évité durant un an avant que la pression de les mette de nouveau en exergue. Je fermais les yeux.

-Tu aurais pu demander de l’aide à Montague aussi. La seule fois où j’ai été blessée il a passé un savon à Warrington parce qu’il avait faussé le match, qu’il n’avait pas su ce qu’il valait parce qu’il ne s’était pas mesuré à moi. Mais non, Montague est resté seul à l’infirmerie, vous n’êtes même pas venus le voir après la victoire …

Je rouvris les yeux. Miles était livide, les bras croisés sur sa poitrine avec une nonchalance feinte. J’étais peut-être injuste … Mais c’était des choses que j’aurais faite pour lui, vide émotif ou non. Elles ne lui avaient pas effleuré l’esprit.

-Donc tu vois, il y avait des choses que tu pouvais mettre en place, sans te mettre en danger. Mais tu as préféré ne pas le faire. Pour garder l’approbation factice de tes joueurs ou simplement parce que tu n’y as pas songé … Que tu croyais que tes mots suffisaient …

Mais le pincement des lèvres de Miles me prouvait bien que ces mots n’avaient pas suffi et qu’il en avait été conscient. Sans doute avait-il décidé de passer sur ce point, tout fier d’être le Capitaine et enivré par la perspective d’une victoire. Cette constatation me conforta dans mon choix et mon analyse. Je n’avais pas été parfaite … mais il ne l’avait pas été non plus.

-Et contre Ombrage ? poursuivis-je avec douceur, la gorge compressée. Tu es le seul qui n’a pas pris la parole en ma faveur. Pourtant, la parole du capitaine de Serpentard contre ses joueurs ça aurait peut-être eu du poids …
-Elle avait déjà collé Bones, tu as vu l’état de sa main après une semaine ?!
-Simon n’était pas le seul, Emily et Roger aussi ont parlés !
-Arrête de tout me mettre sur le dos ! finit par s’écrier Miles en faisant un large mouvement du bras. N’essaie pas de te justifier comme ça, Victoria, je vois très bien ce que tu es en train de faire !

Il s’immobilisa, une main sur la tempe, la mâchoire contractée. Je m’étais tendue face à cet éclat et la culpabilité à présent familière vint se lover de nouveau au creux de mon ventre.

-Ne crois pas que je ne vois pas ce qui se passe depuis le retour des vacances, Victoria, poursuivit-il d’une voix rauque, sans me regarder. Ne crois pas que je ne te sens pas t’éloigner, que je ne vois pas comment tu te crispes dès que je te touche, que je ne remarque pas que tu fais tout pour m’éviter. Ça a commencé avant ta blessure, ça, Victoria. Et je pense que je n’ai rien fait pour le provoquer.

Non, absolument rien …, admis-je à part moi, soudainement honteuse d’avoir voulu mettre notre éloignement sur le compte de cette affaire. Il avait raison, ça précédait bien ma blessure – et ça la dépassait. Ce n’était pas une question de Quidditch. C’était une question de perception de l’avenir, de valeur, d’un écart qui avait toujours été visible entre nous mais sur lesquels les événements avaient jeté une lumière crue. Un écart infranchissable, me rendais-je compte, une boule au ventre.
Alors à quoi bon perdre du souffle à le combler ?

-Je suis désolée, Miles, vraiment … Mais … je pense que je ne peux pas venir vivre avec toi après Poudlard. Et à dire vrai … je doute même qu’on ait un avenir après Poudlard.

Les mots m’écorchèrent les lèvres et me brûlèrent la langue. J’avais beau ne pas être tombée amoureuse, je m’étais tendrement attachée à Miles, à notre couple et prononcer ces quelques phrases qui pouvait en sonner le glas m’était douloureux. Miles, dont le regard s’était perdu dans le parc, le riva de nouveau sur moi. La résignation qui faisait luire ses prunelles m’indiquait que ces derniers jours, son esprit avait fait le même cheminement que le mien.

-C’est ce que j’ai fini par comprendre aussi, confirma-t-il d’une voix défaite. Qu’on avait des perspectives totalement différentes. Que pour l’instant on tenait … mais que dehors, tout éclaterait.

Un bouchon douloureux se forma dans ma gorge. Cela me faisait mal de l’entendre mettre des mots sur des réflexions qui me taraudait depuis des semaines, mais ça me soulageait aussi, en un sens. Nous étions sur la même longueur d’onde. Miles soupira en se frotta le visage, les traits crispés par ce qui était en train de se jouer entre nous.

-Bien sûr, il y avait quelques petites choses évidentes, comme le fait que tu veuilles absolument rentrer chez toi après Poudlard, que tu ne sembles pas prête à t’engager plus sérieusement … Et comme je te l’ai dit, ça fait des semaines que je te sens t’éloigner, des semaines que je me demande ce que j’ai fait pour que ça arrive, que j’essaie de trouver un sens …
-Je suis vraiment désolée …

Mais il balaya mes excuses d’un geste de la main et ses lèvres se retroussèrent en un rictus dépité.

-C’est après que tu aies lancé un maléfice à Warrington que j’ai ouvert les yeux, ajouta-t-il d’un ton qui se voulait neutre. Que j’ai compris. Tu avais simplement réalisé avant moi … Je ne pouvais pas te suivre dans la voie que tu choisissais. Tu ne pourrais pas rester inactive dehors, Vic’. Tu ne comptes pas te laisser faire et j’admire réellement que tu es le courage de t’opposer à des forces qui te dépassent, mais moi je ne l’ai pas. Je suis vraiment désolé mais … j’en suis tout simplement incapable.

Le « pas même pour toi » était implicite, mais je le sentis tout de même me traverser comme une lame glacée dans mes entrailles. Lui aussi avait dû sentir une sorte de vide, un moment où il s’était rendu compte qu’il ne m’aimait pas assez pour sacrifier la moindre partie de lui.

-Je comprends, soufflai-je, un étau compressant ma gorge. Vraiment, je comprends et je ne t’en veux pas.

Miles se fendit d’un petit rire singulièrement dépourvu de joie.

-Sainte Victoria. Tu es d’une incroyable patience et compréhension avec tout le monde : moi, Bones, Emily … Je n’ai jamais compris comme tu as pu me pardonner de ne pas t’avoir cru pour Tu-Sais-Qui. Comment tu as pu me supporter pendant des mois, m’entendre le nier avec tout ce que tu risquais …
-Je ne dis pas que ça a été facile, déclarai-je avec prudence. Simplement, je ne voulais pas te perdre et je savais qu’un jour, à un moment ou un autre, la vérité triompherait. C’est pour ça que je ne perds pas espoir avec Emily. Mais … Miles, j’atteins mes limites. Tu as vu juste, je ne peux pas fermer les yeux et laissez d’autre mener un combat, laisser mon monde valser sans rien faire. (je fermai les yeux et mes paupières tressaillirent). On n’est juste pas assez fort pour survivre à ça.

Je voulais par-là dire que notre amour n’était pas assez fort pour qu’on se permette de conséquentes concessions et Miles parut le comprendre ainsi. Sans me démentir, il détourna le regard pour le river vers le parc. En contrebas, des élèves révisaient à même l’herbe fraiche et verdoyante, profitant de l’éclat du soleil pour chasser la noirceur de leur quotidien. Mathilda et Erwin traversèrent la cour, main dans la main, et se souriant d’un air radieux qui contrastait avec la tension sur le visage de Miles.

-Alors qu’est-ce qu’on fait ? murmura-t-il, presque pour lui-même.

Les larmes me brûlèrent les yeux et je les refoulai d’un battement de cil. La réponse était évidente, mais ni lui ni moi n’avions le cœur à la prononcer. Alors un épais silence, lourd de sous-entendu et non-dit nous enveloppa désagréablement et nous restâmes longuement figé, paralysée par ces mots qui flottaient entre nous comme un spectre qui refusait de prendre consistance. Ce fut Miles qui fut assez courageux pour prendre une tremblante inspiration et les prononcer :

-C’est peut-être mieux qu’on s’arrête-là. Avant qu’on se détruise, avant qu’on devienne un poids l’un pour l’autre. De toute manière … ça a quelque chose d’inéluctable. Tu l’as dit, on est simplement … pas assez fort.

De nouveau, les larmes menacèrent de me submerger et je m’avançai vers lui sans pouvoir m’en empêcher, comme finalement terrifiée que les choses entre nous se finissent. Mais il avait raison, c’était inéluctable … A quoi bon s’échiner à maintenir à flot une relation dépourvue d’avenir et de réel amour ? Nous méritions mieux, l’un comme l’autre. Alors je pris sa main avec douceur et la serrai. Miles me laissa faire comme une poupée de chiffon.

-Oui. Je pense aussi …

Miles eut un léger sourire, tremblant et vaincu. Il ne semblait pas sur le point de pleurer, mais je le sentais tout de même blessé, meurtri … mais également soulagé. Une légère pointe de soulagement dans l’océan de désolation que représentait son regard. Celle qu’il allait passer à autre chose et pouvoir vivre la vie qu’il souhaitait, sans obstacle. Elle n’aurait pas grande importance cette lueur, mais un jour elle grossirait et nous nous rendrions compte que nous avions fait le bon choix. Alors m’accrochant à elle, je me dressai sur la pointe des pieds pour poser délicatement mes lèvres sur sa joue, un ultime baiser, un baiser d’adieu qui scellaient nos paroles et solidifiait la réalité entre nous.

-Je ne regrette rien, murmurai-je en m’écartant. Je te promets.

Miles eut un petit ricanement et, lentement, dénoua ses doigts des miens, comme pour matérialiser ce lien entre nous qui s’effritait et ne laissait à présent que les souvenirs. Puis il recula d’un pas, réajusta son sac sur son épaule et me sourit.

-Moi non plus… Tu en valais le coup, Victoria Bennett. Bonne chance.

Et au moment où il paraissait se laisser submerger par l’émotion, il fit volte-face et s’éloigna à grand-pas au rythme desquels battit mon cœur pendant quelques secondes. Je laissai enfin échapper une larme, sans savoir si elle avait le goût de la douleur ou du soulagement. Un an ne s’effaçait pas d’un claquement de doigt, malgré les marques évidentes il me faudrait du temps. Mais j’avais maintenant une nouvelle perspective d’avenir devant moi qui se libérait. Avant de me mettre à pleurer pour de bon, je m’ébrouai à mon tour et quittai ce couloir qui comptait à présent à autre spectre, celle d’un couple tendre, confiant, et uni mais dont la réalité avait mis en lumière le manque de sentiment réel. Et soudain, le fantôme s’effrita, devint une ombre à peine discernable qui retourna à la poussière dont elle était née.
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »


-Qu’est-ce qui se passe ? tonna Warrington. Qui est là-bas ?!
-Tiens, ta montre, murmurai-je en le prenant par l’épaule et Miles par la main avant que Warrington n’ait la brillante idée de suivre notre piste. Allez, cours !
-Espèce d’immonde petit Sang-de-Bourbe ! Reviens ici toute suite !

L’insulte me coupa les jambes alors que le Gryffondor et Miles n’attendait Bravo le courage Miles pas leur reste pour fuir dans le couloir. Je me retournai et en un éclair, je vis mon pied se fendre pour s’abattre dans les parties intimes d’Ulysse Selwyn, les étincelles danser autour de mon bûcher de fortune, la marque des Ténèbres brillant dans le ciel lors de la Coupe du monde de Quidditch. Et pire que tout, je vis les quelques chiffres tatoués sur le bras de ma grand-mère s’imprimer dans ma rétine.
Ne les laisse pas te faire ce qu’ils nous ont fait.
Quelque chose s’embrasa en moi et ma baguette se leva toute seule au moment où Warrington tournait à l’angle. Il n’eut pas le temps de me voir, le sortilège siffla si vite qu’il recula immédiatement, les mains crispées sur son visage avec un cri de couleur.

-AÏE !

Je n’attendis pas mon reste : c’était mon tour d’être lâche et égoïste. Sans attendre d’observer l’effet du maléfice, je fis volte-face et courus dans le couloir à en perdre haleine. Miles m’attendait au bout, bouche bée et je me dépêchai d’attraper sa main pour nous élancer dans le couloir avant que Warrington ne puisse nous apercevoir. Devant nous, le petit Gryffondor ne s’était pas arrêté et son chemin se sépara du notre au moment où il prit une volée de marche pour grimper dans les tours. Il eut juste le temps de m’adresser un claironnant mais essoufflé « merci beaucoup ! » avant de disparaître dans les étages. A bout de souffle une fois arrivé près des cuisines, Miles s’immobilisa, les mains sur les genoux, la tête penchée en avant.

-Mais Vic’ … Je peux savoir ce que tu as fait ?!
-Je pense que c’était limpide, répliquai-je, une main sur ma poitrine qui se soulevait à un rythme erratique. Cet imbécile va aller à l’infirmerie avec une vilaine infection de la peau. Si le maléfice marche bien, on devrait avoir l’impression qu’il est recouvert de corn flakes. C'est dégueuuuuu

Miles se redressa et me dévisagea, proprement consterné. Une étonnante flamme de colère vacilla dans son regard.

-Tu es sérieuse ? J’ai fait quelque chose du même acabit à Alicia Spinnett et c’était la fin du monde pour toi ! Mais toi tu as le droit de jeter un sort à l’un de mes joueurs ? MAIS ELLE AVAIT RIEN FAIT ALICIA MAIS MILES T ES SERIEUX
-Mais tu as entendu ce que ton joueur a dit ?! m’écriai-je, furibonde. Tu l’as entendu racketter le petit, le menacer, le traiter de « Sang-de-Bourbe » ?! Tu l’as entendu ?!

J’ignorais ce qui me mettait dans un tel état de fureur : les actes lamentables de Warrington ou que Miles semble m’en vouloir d’avoir jeté ce maléfice. C’était la première fois en bientôt sept ans d’étude que je me permettais de telles extrémités – et je me rendais à présent compte que c’était une réaction bien maigre. Miles écarquilla les yeux, l’air étonné par mon éclat.

-Très bien, le contexte est différent … Mais tu n’as jamais réagi jusque-là, c’est surprenant de te voir … Enfin, si Ombrage le découvre …
-Et bien qu’elle le découvre, je me ferais charcuter la main, et après ? (Je pointai le doigt de l’escalier dont nous venions et je me rendis compte avec horreur qu’il tremblait). Il n’a pas le droit d’utiliser ces mots, pas le droit ! Si je les laisse nous insulter, alors j’ouvre la voie à pire encore ! ça commence par des insultes, ça finit par des gestes ! ça commence par Poudlard, et ça se transmet dehors ! Si je ne fais rien pour une insulte à Poudlard, alors qu’est-ce que je ferais dehors, Miles, lorsqu’on viendra me tabasser parce que moi aussi je suis une « Sang-de-Bourbe » ?!

Mes mots parurent atteindre physiquement Miles car il recula jusqu’au mur – et il aurait reculer davantage s’il l’avait pu. Tout mon être tremblait et alors que je me demandais pourquoi pour la première fois de ma vie je réagissais si violemment à ce mot qu’on m’avait jeté à au visage si souvent au cours de ma scolarité, je me rendis compte que, paradoxalement, c’était la première fois que je l’entendais depuis que Voldemort était revenu. Cela jeta un éclairage cru sur les changements qui s’étaient opérés en moi durant cette année où le feu de la révolte n’avait cessé de gronder en mon sein : une révolte pour ma famille, une révolte pour la justice, une révolte pour la dignité humaine. Moi aussi j’étais une sorcière et je l’avais très prouvé à Nestor Selwyn le soir où je lui avais brûlé le visage sans me servir de sa baguette : c’était dans mes veines, au même titre que lui et que tous les sorciers qui peuplait cette heure. Enfin je comprenais ce qui avait tant énervé Simon chaque fois que quelqu’un avait sous-entendu que je n’étais pas une « vraie » sorcière. Si on laissait les gens faire une hiérarchie, on ouvrait la brèche aux discriminations.
Je me passai les mains sur le visage dans l’espoir de me tranquilliser. Voilà que je mettais à réagir comme Simon, songeai-je en riant intérieurement. Il serait fier de moi. Hoplà, revoilà Simon

-Je ne peux plus accepter ça, Miles, conclus-je d’une voix plus calme, résolue. Je ne peux plus … simplement prendre la fuite. Si je fais ça, je les laisse gagner.

Miles parut rassuré de constater que ma colère s’était apaisée et se décolla prudemment du mur pour s’avancer vers moi. Mon cœur s’assécha lorsque je me rendis compte qu’il restait tout de même à distance respectable, comme s’il craignait que je ne tourne ma baguette vers lui pour lui faire subir le même sort que Warrington.

-Ecoute, je comprends parfaitement ce que tu veux dire, vraiment, entonna-t-il avec une certaine douceur qui faillit m’attendrir. Mais on n’est qu’à Poudlard, Victoria et ce n’était même pas toi qui étais concernée … On n’a plus que quelques mois à faire à l’école, quelques mois à serrer les dents face à Ombrage et ses sbires, ce n’est pas le moment de se prendre un blâme qui t’empêchera de …
-Mais enfin, Miles, lâchai-je d’une voix blanche, tu te rends compte qu’une fois dehors ce sera pire ?

La bouche de Miles se pinça à une mince ligne et il détourna le regard. Il savait mon passé avec Nestor Selwyn, il avait été confronté à mon angoisse quand Alexandre avait été l’espace d’un instant en danger de mort par sa faute, Ulysse Selwyn en personne avait admis que son frère souhaitait me tuer … Ma situation devait être tangible pour lui, l’unique chose qui le raccroche à la réalité du monde tel qu’il risquait de l’être une fois nos études achevées. Alors que je m’apprêtais à réellement m’énerver contre lui, contre les traces d’un aveuglement qui persistait, Miles lâcha du bout des lèvres :

-Je me rends compte, Vic’. Je sais que le jour où Tu-Sais-Qui reviendra pour de bon, ça va barder pour les gens comme toi, c’est juste que … Vic’, tu as déjà entendu parler de ses pouvoirs ? Des pouvoirs de ses Mangemorts ? Ce sont des forces qui nous dépassent totalement ! Bon sang, on est que des gosses sortis de l’école, ce n’est pas à nous de lutter contre ça.
-Ah oui ? cinglai-je d’un ton ironique. Et à qui, au Ministère ? D’une efficacité redoutable.
-Fudge ne sera plus là quand ce sera le cas, tu l’as dit toi-même et tu as raison, c’est impossible qu’il résiste à un tel désaveu. Alors le Ministère sera actif et toi tu n’auras pas à t’occuper de ça, d’éviter que les gens t’insultent ou pire … Tu pourras vivre normalement. Peut-être avec moi, qui sait.

Une rougeur suspecte s’étala sur les joues de Miles et la fin de sa phrase alla se perdre dans une toux qui me semblait forcée. Je papillonnais des yeux, interdite par ce brusque changement de sujet J'avoue, quelle subtilité :lol: Il veut pas donner des cours à mon mec ? Il est vachement plus entreprenant qui me sembla tomber tel un pavé dans une mare.

-Excuse-moi ?

Miles se trémoussa d’un pied à l’autre et finit par expliciter :

-Tu le sais, je vais sans doute prendre un appartement dès que j’aurais trouvé un travail. Alors je me suis dit puisque toi aussi tu es presque assurée d’avoir un salaire, que ça fait un an qu’on sort ensemble … que ce serait sympa que …

Ses joues avaient beau avoir pris une délicate couleur cramoisie, il semblait presque soulagé de m’avoir attirée sur cette conversation. Parfaitement consciente que c’était sans doute un stratagème pour ne pas avoir à affronter en face la réalité de la guerre qui se profilait, je n’en restais pas moins interdite.

-Que je vienne vivre avec toi ? complétai-je avec lenteur.
-Euh. Ouais, c’est ça. Enfin, ça m’a effleuré l’esprit. Je sais que tu préfères passer un peu de temps chez toi, mais … Ce serait sympa que tu y réfléchisses. C ETAIT TOUT CE QUE JE DEMANDAIS

J’ouvris la bouche avant de me rendre compte que je n’avais absolument rien à répondre à cela. Moi qui étais une outre pleine d’émotion qui bouillonnait en moi à m’en faire exploser, j’avais l’impression de m’être vidée de tout en l’espace de quelques secondes. Le vide se remplit d’une fatigue qui m’enserra les tempes. Je lui fus presque reconnaissante de m’envelopper telle une couverture qui empêchait l’angoisse de m’atteindre.

-Miles …

Mais il leva une main pour m’interrompre. Constatant que sa proposition m’avait coupé toute envie de vociférer, il franchit l’espace qui nous séparer pour m’embrasser sur le front. Je me figeai comme une statue de sel, tant la situation me semblait peu naturelle.

-Ne réponds pas tout de suite, je pense que ce sera non, chuchota-t-il en s’écartant. Mais penses-y, d’accord ?

Et me planta là, pantelante et épuisée, ma baguette toujours tremblante à la main pour s’éloigner en direction des cachots, les oreilles rougies par la gêne.

***


Il me fallut un moment pour retrouver le chemin de ma Salle Commune. J’avais la tête pleine de tout ce qui s’était joué en quelques minutes de temps, tous les doutes qui m’assaillaient soudainement et que je ne voulais pas écouter pour ne pas laisser mon monde et mon équilibre précaire valser. Je bouillonnais de beaucoup trop d’émotions contradictoire pour réfléchir posément à la proposition de Miles et j’étais profondément plongée dans ma bulle lorsque j’arrivais enfin dans le couloir qui menait à nos tonneaux de bois. Alors je ne m’apprêtais à brandir ma baguette, la porte s’ouvrit brusquement et Simon sortit en trombe.

-Bones ! râlai-je en m’écartant d’un pas pour le laisser passer, au même moment où il s’écriait :
-Vicky ! Bon sang, ça fait presque une heure que je te cherche !

Je le dévisageai avec une certaine appréhension, mais un large sourire fendait son visage. Cependant, je n’étais pas certaine d’être rassurée par ce sourire, ce genre de sourire aux accents cyniques et d’avertissement, le genre qui me rappelaient désagréablement la fois où il avait caché une grenouille morte dans ma poche de blouson.

-Seigneur, Bones, qu’est-ce que tu as fait ?

Le sourire de Simon s’élargit, et il m’attrapa par le poignet pour m’inciter à le suivre dans le couloir. C’était si soudain que je ne pensais pas à me dégager, et il profita de mon mutisme médusé pour expliquer :

-Trois fois rien, je te promets, mais j’ai besoin de toi pour finir !
-De moi ? Mais pour finir quoi ? Simon, qu’est-ce que tu as fait ?!

Mais Simon se fendit d’un nouveau sourire malicieux qui ne me rassura en rien et garda le silence alors que nous montions les étages du château, en contre-sens total du flot d’élève qui descendait à la Grande Salle pour le dîner. Malgré mes suppliques et mes menaces jusqu’à l’aile est du château, un endroit que l’on visitait peu, il garda son sourire énigmatique et finit par s’arrêter devant une alcôve où reposait une armure qui inclina galamment la tête sur notre passage. Toujours sans m’adresser un mot, il sortit sa baguette et effleura son heaume. L’air vibra et un halo orangé pulsa autour de du métal qui enveloppait la silhouette à peine humaine et je me mis à battre impatiemment du pied, lorgnant avec inquiétude l’épée rouillée que l’armure tenait entre ses mains gantées.

-C’est quoi l’idée ? La lancer à l’assaut d’Ombrage ? Ou à celle de Jugson ?

Le sourire qui flottait sur les lèvres de Simon s’estompa légèrement et il pointa sa baguette sur moi avec une telle vivacité que j’en sortis précipitamment la mienne en faisant un bond en arrière.

-Ça va, désolée, glapis-je, prête à déployer un bouclier au moindre mouvement de baguette. Range ça !
-Chante, Vicky. Mais le mec :lol: 0 explication quoi

J’abaissai légèrement ma baguette, stupéfaite par l’injonction. Si le sourire s’était définitivement effacé de ses lèvres, ses yeux verts pétillaient, étincelant d’un éclat que je n’avais plus perçu depuis une éternité. C’était quelque chose de sain qui brûlait dans ses prunelles, qui n’avait rien de dur, rien de primaire … rien de vengeur. Intriguée, je laissai mon bras retomber le long de mon corps en fronçant les sourcils.

-Pourquoi ?

La commissure de ses lèvres se releva en un fin sourire fier qu’il ne put retenir.

-Pour ta gouverne, un puissant sortilège protège les statues et armures de Poudlard, je pense que seule l’autorité du directeur puisse les faire bouger de leur socle. En revanche, si on les travaille un peu, on se rend compte en étudiant bien qu’un lien les lit toutes les unes aux autres et si on a un brin d’habilité on peut modifier le sortilège de conformisation de façon infime, pour les faire parler, par exemple. Hiiiiiiiiii explication trop stylééééééééée

Je dressai un sourcil et mon regard alla de l’armure qui baignait toujours dans une douce lueur orange qui se réfractaient en filament qui semblaient vouloir ramper vers sa congénère la plus proche avant de se focaliser de nouveau sur Simon. Il se frottait la tempe de sa baguette, l’air d’attendre ma réaction avec une appréhension à peine dissimulée.

-Bon, je ne suis pas sûr que ça tiendra plus d’une semaine, les enchantements de Poudlard sont anciens et puissants et grignoteront nécessairement le mien mais … Une semaine, c’est déjà ça …
-Comment tu as eu cette idée ?

Simon parut étonné de la question et il écarta sa baguette de sa tête pour la faire tournoyer d’un air gracieux. Des notes de musiques multicolores apparurent au-dessus de moi et tombèrent sur moi telle de doux flocons qui se fondirent en éclat brillant sur ma peau. Je tournai sur moi-même, émerveillée par la magie de Simon et tendit la main pour effleurer une clef de sol qui venait d’apparaitre à hauteur de mes yeux. Elle s’évapora en une brume argentée à mon contact. Simon me rejoignit sous sa pluie de musique, un sourire rêveur aux lèvres Voilà qui est romantique dis donc, comme si lui aussi était impressionné par ce qu’il était capable de produire. Cela devait être un simple sortilège, mais Dieu que c’était beau. Il souffla avec douceur sur une note mauve qui alla s’écraser contre mon front, et sourit.

-Je ne sais pas si tu te souviens, mais Dumbledore disait que la musique était plus magique que tout ce qu’on ne pourrait jamais nous apprendre ici. Et je veux bien le croire, la musique a un certain pouvoir sur les cœurs, ça m’avait déjà frappé … Quand on jouait à Terre-en-Landes, dans la Salle Commune … Tu interprètes bien, Vicky, tu as toujours donné du corps à tes chants, à transmettre les émotions que véhiculent les paroles.

J’aurais voulu me mettre à me moquer de lui de m’adresser un compliment, mais la triste vérité fut que j’en fus bouche bée et piquai un fard. Cela parut vaguement amuser Simon, qui poursuivit avec un léger sourire :

-Et tout ce qui se passe m’a prouvé quelque chose : on peut lutter sans rien dire. Les jumeaux, tous ceux qui sèchent le cours d’Ombrage avec les boites à flemmes, le génie qui a mis un Niffleur dans son bureau … Il y a des tonnes de façons de montrer sa désapprobation et toutes ne nécessitent pas vraiment se battre. Et même si j’ai une voix pas trop moche, la tienne est quand même un peu mieux, alors … ça te dit ?

Mon cœur parut soudainement trop gros pour ma poitrine et je levai les yeux sur les notes qui continuaient de tomber majestueusement sur nous, dansant dans l’air avec la grâce d’un flocon en plein hiver, brillant comme l’espoir. Mes doigts enserrèrent la baguette qui, pour un mot qui ne devait pas être Jolie formilation, avait lancé un maléfice à Cassius Warrington et je posai de nouveau regard sur Simon, un sourire tremblant sur mes lèvres.

-Ouais. Je veux dire, oui, oui ça me dit bien. Euh … Qu’est-ce que je dois faire ?

Simon eut un sourire entendu, comme s’il savait pertinemment que j’allais accepter et il fit tournoyer sa baguette entre ses doigts. Des étincelles jaillirent de sa pointe, trahissant son impatience.

-Tu as juste à chanter, je m’occupe du reste, assura-t-il avec douceur. Mais ce qui se passera, c’est que pendant quelques jours, les armures ne réagiront qu’à ton chant et à ta voix, mais ne l’imiteront pas, d’accord ? Ombrage ne saura pas que c’est nous. Tu as une idée de chanson ?

J’acquiesçai, le cœur battant la chamade. Oui, et elle m’était venue avec une facilité déconcertante. C’était la chanson qui tournait en boucle dans mon poste de radio cet été, la chanson qui m’avait donné le courage d’affronter mon deuil et la montagne de devoir que Poudlard m’imposait. Je pris plusieurs inspirations pour vider l’air de mes poumons et me donner un maximum de souffle Chanson ambitieuse en plus avant d’adresser un hochement de tête résolu à Simon pour signifier que j’étais prête. Son sourire s’élargit et s’avança lentement vers moi, tapotant sa baguette contre sa cuisse avant de la lever.

-N’aie pas peur, j’ai juste besoin de la tenir contre sa gorge pour transmettre les vibrations, chuchota-t-il. Promis, je ne te jette pas de sortilège de mutisme en passant.

J’essuyai un petit rire et laissai Simon effleurer ma gorge de la pointe de sa baguette, à l’endroit où la peau tendre résonnait le plus du chant entonné. Je sentis une chaleur agréable se répandre de la pointe jusque dans ma chair, comme si un enchantement tissait un lien entre elle et mes cordes vocales Ou alors c'est la proximité de Simooooooooon. Je pris une dernière inspiration avant de me mettre à chanter. Simon ne parut pas surpris par mon choix et échangea un regard complice avec moi, tendant ce fil qui nous unissait depuis l’enfance et dans lequel je puisais pour maintenir ma voix et achever la chanson. Sa baguette semblait aspirer une substance qui glissait comme de l’eau sur ma peau et la faisait vibrer au rythme de la chanson. Lorsque la dernière note s’envola et que Simon détacha sa baguette de ma gorge, un filament brumeux scintillant dans la semi-obscurité aux nuances agréable d’orange et de rouge qui rappelaient les couleurs éclatantes d’un soleil couchant y était accrochée. Il murmura quelques mots à voix basse et déposa la baguette sur le heaume de l’armure. Elle sembla soudainement prise dans une toile d’araignée qui l’enveloppa toute entière, blanchie avant d’être absorbée. Je sentis un vent invisible me traversait et les notes résonnèrent en moi comme un souvenir lointain. Simon tapota l’armure de sa baguette, l’air songeur.

-Hum … Je pense bien que ça a fonctionné. (Il me jeta un petit coup d’œil, un sourire aux lèvres). Tu veux bien me faire l’honneur, Victoria ?
-Donc … Si je chante, toutes les armures de Poudlard vont chanter ?
-On va le savoir tout de suite.

Simon me tendit la main d’un geste spontanée. La dernière fois que je l’avais vu si enjoué, si excité, c’était le soir de ses dix-sept ans, à quelques secondes de pouvoir user enfin de la magie librement. Le souvenir mit un baume sur mon cœur et je répondis à son sourire tout en prenant sa main. Il m’entraina alors dans le couloir pendant que je chantonnai à mi-voix, ayant à moitié peur de me faire prendre :


Do you hear the people sing?
Singing the song of angry men?
It is the music of the people
Who will not be slaves again!
THE MIIISSSSSSSSSSSSSSSSSSSS
Je me rendis rapidement compte que ma voix n’était plus la seule à s’élever : derrière nous résonnait puissamment le baryton de l’armure tandis que les échos des autres les plus proches prenait le pas à chaque mot, reprenant le chant dans un cœur que je n’aurais jamais pu penser si harmonieux J'entends un choeur d'homme dans ma tête c'est stylé. J’adressai un regard interdit à Simon, et sans attendre je me dirigeai vers la cage d’escalier la plus proche, de ceux qui s’ouvraient sur le vide et les étages, m’élançant pour écouter l’école crier son appel à la révolte. Je m’étais tue, mais la magie qui veinait les antiques pierres du château agissait toujours : par-delà les étages et les murs, j’entendais cet écho qui semblait fourmiller dans les couloirs et s’étendre chaque mot davantage, prendre de la voix, prendre du corps.

When the beating of your heart
Echoes the beating of the drums
There is a life about to start
When tomorrow comes!

Will you join in our crusade?
Who will be strong and stand with me?
Beyond the barricade
Is there a world you long to see?
Then join in the fight
That will give you the right to be free! FREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE

Do you hear the people sing?
Singing the songs of angry men?
It is the music of the people
Who will not be slaves again!
When the beating of your heart
Echoes the beating of the drums
There is a life about to start
When tomorrow comes!

Will you give all you can give
So that our banner may advance ?
Some will fall and some will live
Will you stand up and take your chance?
The blood of the martyrs
Will water the meadows of France! C'est bien je connaissais bof les paroles en fait haha

Do you hear the people sing?
Singing the song of angry men?
It is the music of the people
Who will not be slaves again!
When the beating of your heart
Echoes the beating of the drums
There is a life about to start
When tomorrow comes !



L’ultime note de la chanson résonna mille fois en moi, se fragmentant chaque seconde davantage pour atteindre les tréfonds de mon être. Le chœur avait été si puissant que je sentais les mots s’imprégner dans mon esprit et mon cœur battre au rythme de la musique. Accoudée à la balustrade de l’escalier, je l’écoutais se répercuter dans l’immensité de l’école C'est tellement stylééééééééé et ce ne fut que lorsque Simon passa une main légère dans mon dos que je me rendis compte que je pleurais, enivrée par les mots et les notes qui semblaient se graver dans mon âme.

-Whao.

J’essuyais un petit rire au mot de Simon et me redressai pour l’observer. Il contemplait les hauteurs du château, les escaliers qui se mouvaient au-dessus de nous comme à leur habitude, fixant les environs comme s’il pouvait voir les notes qui s’évaporaient dans le silence. Je savais que Simon était incroyablement doué, mais j’avais rarement l’occasion de le constater. Et chaque fois que je le faisais, cela m’émerveillait.

-Bien joué, Crevette, dis-je d’une voix étouffée en tamponnant mes yeux de ma manche. C’est … c’est vraiment de la très belle magie.

Simon sourit et sa main s’immobilisa sur mon bras pour le presser doucement.

-C’est ta magie aussi, Vicky. Trop chouuuuuu

Un bouchon douloureux se forma dans ma gorge et une phrase prononcée par un ami un an plus tôt flotta dans mon esprit. D’autres larmes me montèrent aux yeux je parvins à prendre une inspiration tremblante et les refouler.

-Cédric l’avait dit … On peut faire des choses extraordinaires, quand on est allié. Ils sont tellement plus complices que Miles et Vic, c'est triste à dire

Le sourire de Simon se fit plus triste, mélancolique. Sa main se crispa mécaniquement sur mon bras et je lui jetai un regard oblique, d’autres mots remontant en moi avec le souvenir.

-Il a dit ça quand ?
-Quand on a su pour Cho et lui, soufflai-je, avant d’ajouter d’un ton prudent. Tu as bien écouté la chanson, Simon ? Will you join in our crusade? Who will be strong and stand with me? Beyond the barricade is there a world you long to see?

Une armure devait avoir entendu ma voix car le chœur se remit immédiatement à chanter à en faire vibrer la vieille carcasse du château. Cela creva la bulle de nostalgie de Simon et son sourire s’effaça pour de bon. Il laissa retomber la main qui me tenait pour s’accouder à son tour sur la balustrade. J’aurais voulu garder l’instant de grâce, qu’il conserve cette belle énergie, ne pas couper ce fil entre nous qui paraissaient se distendre beaucoup trop parfois … Mais si je ne voulais pas qu’il se coupe définitivement, il fallait que je profite de l’occasion. Simon baissa le nez et promena son regard sur les escaliers en contrebas. Des élèves commençaient à remonter, observant le château l’air étonné, se demandant quelle magie était à l’œuvre pour qu’il puisse chanter ainsi. Comme il ne répondait pas mais que je savais à sa mine mi-furieuse, mi-contrite qu’il avait parfaitement comprit ce que je sous-entendais, je poursuivis :

-Je n’irais pas en Bulgarie, Simon. Je reste ici et … Je ne sais pas, peut-être que je me joindrais à la croisade, à ma manière. Je resterais forte à tes côtés pour qu’un jour, on puisse voir ce qu’il y a de l’autre côté de la barricade. Mais pour ça il faut qu’on soit deux, Simon. Je … Je ne suis pas assez forte pour lutter toute seule. Je sais que je dois faire quelque chose, que dehors je vais sans doute devoir me battre parce qu’il le faut et … ça me terrifie ….

Ma voix trembla mais je réussis à refouler les larmes que la peur faisait monter dans mes yeux. Cette supplique, elle était autant pour moi que pour lui. La perte de Cédric m’avait fait réaliser à quel point j’avais besoin de Simon dans ma vie, et l’idée de le perdre prenait chaque jour plus son sens et morcelait mon existence. Allez embrasseez vous là (Cazo en manque de niaisierie) Simon Bones, c’était mon enfance, c’était la magie qui s’était introduite dans ma vie, c’était les confidences un soir de cinq novembre et les sanglots le soir de la mort de Cédric. Les gens ne cessaient de répéter à quel point j’étais forte, mais personne n’avait conscience que s’il n’y avait pas eu Simon pour prendre une partie de ma peine chaque fois qu’un malheur apparaissait sur ma route, je me serais écroulée depuis longtemps. Et maintenant que l’idée de m’engager dans le combat contre Voldemort prenait elle aussi de l’ampleur, je me rendais compte que j’étais paralysée. Encore une fois, j’avais besoin que ce soit Simon qui m’emporte dans ce combat. Je ne pouvais pas le mener seule.
Ni me permettre qu’il prenne le moindre risque de mourir.
Je serrai mes mains l’une contre l’autre pour leur éviter de trembler, joignant étroitement les paumes et entrelaçant douloureusement mes doigts. Je sentais la brûlure du regard de Simon sur moi, mais je gardais le mien fixé sur l’escalier un peu plus bas. J’avais peur de ne pas pouvoir retenir mes larmes ou mes coups si je le regardais dans les yeux. Et alors que le chant s’éteignait de nouveau et que le silence se faisait de plus en plus lourd entre nous, je l’entendis lâcher du bout des lèvres :

-Il a tué mes parents, Vicky. Ca va Harry
- Voldemort aussi, répondis-je du tac au tac. C’est lui qui a donné l’ordre. C’est aussi lui qui a tué Cédric, c’est lui qui menace le monde magique et qui risque d’être à l’origine de nouvelles tueries. (Je fermai les yeux, rassemblant mes arguments). Remettre Jugson derrière les barreaux, ou hors d’état de nuire … ça n’empêchera pas Voldemort de prendre le pouvoir. Et s’il le prend … Tu risques de perdre d’autres personnes, comme tu as perdu tes parents. C’est à toi de voir si tu veux dépenser ton énergie et risquer ta vie pour les morts … ou pour ceux qui vivent.

Simon ne répondit rien. Je risquai un coup d’œil sur lui pour observer qu’il fixait le mur en face de nous comme si le visage de ses fantômes y étaient gravés, comme s’il pouvait simplement les atteindre de son seul regard. Mon cœur tomba dans ma poitrine quand je remarquais que lui aussi serrait ses mains l’une contre l’autre pour les éviter de trembler et semblait au bord des larmes. N’y tenant plus, je m’approchais de lui, pris son bras et me mit sur la pointe des pieds – Seigneur, il avait tant grandi … Il ferma les yeux lorsque je l’embrassai avec douceur sur la joue avant de poser mon front contre elle, frissonnante, les doigts crispés sur sa manche. Ils sont trop mignooooooooooooons

-S’il te plait … Pour une fois dans ta vie, écoute-moi …

Une larme dévala la joue de Simon et alla se perdre dans mes cheveux. Mais il resta coi, la mâchoire obstinément contractée, et je finis par comprendre que je n’en tirais rien d’autre. Il faudrait attendre que le message fraye son chemin dans son esprit dévasté. Alors je pressai mon front contre sa joue avant de le lâcher et de redescendre les marches, les bras croisés sur mon ventre noué. Sans pouvoir m’en empêcher, le chant me revint aux lèvres avec une facilité déconcertante et je me surpris à entonner à voix basse :

Will you join in our crusade?
Who will be strong and stand with me?
Somewhere beyond the barricade
Is there a world you long to see?

Do you hear the people sing ?
Say do you hear the distant drums ?
It is the future what we bring when tomorrow comes !

C’était merveilleux la magie. Car tout Poudlard chanta avec moi, et lorsque je tournais à l’angle pour me rendre dans ma Salle Commune, je vis qu’un sourire avant remplacé les larmes sur le visage de Simon, un sourire entendu. Un sourire complice. C’était le garçon de Terre-en-Landes qui refaisait surface et cela m’insufflait plus d’espoir que n’importe quoi.
Ils sont trop chouuuuuuuuuux je suis désolée pour Miles mais il a 0 chance
C'était un super chapitre Perri, la meilleure surprise étant la lettre de Marian. Elle remonte dans mon estime !
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Perripuce a écrit :"Et après promis j'arrête de faire n'importe quoi avec mes postes"
Spoile alert, c'était un mensonge. C'est pour ça que je suis duper toutes les semaines
Non mais plus sérieusement : concours la semaine prochaine, Perrine stressée, le week-end prochain je vais juste essayer de me mettre dans une bulle donc on va décaler un peu ! Désolééé QUELLE EXCUSE POURRIE non je rigole
J'espère que vous vous êtes imprégnés de la chanson ! VOus allez en avoir besoin vers la fin du chapitre ! Avec Clem, pas le choix (de qui je me moque, avec vous deux)

Le chapitre est BIEN EVIDEMMENT dédié à ma Citrouille d'amour qui ne mérite pas autant d'amour AHAHA DUUUUUUUR, qu'elle lira après être rentrée de sa piscine (sérieux tu me dégoûtes, là actuellement IL PLEUT chez moi).
bref, bonne lecture !


Chapitre 26 : Do you hear the people sing?

-Mais donc tu vas vraiment choisir le Quidditch ?

Susan avait un grand sourire qui s’accentua Elle est si chouuu SUSAAAAn lorsque le sortilège de transfert qu’elle tenta d’une abeille à une fleur fonctionna : la marguerite se retrouva avec des ailes bourdonnantes qui l’arrachèrent de sa tige et la firent s’envoler au loin. Je mis ma main en visière pour la suivre des yeux, presque agressée par la lumière du soleil. Avril commençait à s’étirer pour laisser place à mai mais Poudlard gardait du printemps les effluves de l’espoir Jolie phrase. Depuis l’évasion des jumeaux, chaque élève semblait s’être donné le mot : Ombrage n’était pas en pays conquis. Cette étrangère incapable de donner un cours qui voulait nous imposer une dictature injuste ne pouvait pas se croire maîtresse toute puissante de l’école, pas si nous avions notre mot à dire. Et à présent, tout le monde avait son mot à dire. J’eus un sourire face à la surface scintillante du Lac Noir. C’était une ambiance grisante, je devais l’admettre.

-Je suppose, ça s’oriente dessus, évaluai-je prudemment. J’irais faire les essais qu’on me propose, toujours C'est toujours la meilleure solution. Bibine m’a dit qu’ils me convoqueraient tous la même journée pour que je puisse passer toute une série et revenir à Poudlard rapidement, juste après les ASPICs.
-Et tu as déjà réfléchi au club que tu voudrais ?

Je haussai les épaules. J’avouai qu’entre deux séances de révision intensive en vue des examens, j’avais regardé plus attentivement l’historique, localisations et infrastructure des différentes équipes de Quidditch d’Angleterre et d’Irlande #Perri qui nous fait des vocaux de 3 min trois jours de suite pour essayer d'établir le fonctionnement des équipes, mais je préférais ne pas me projeter tant que je n’aurais pas de proposition concrète.

-Les Tornades sont pas mal, admis-je néanmoins. C’est juste à côté de la maison, de l’autre côté du canal de Bristol … Et ça ne me déplait pas, je ne veux pas à avoir à faire un gros trajet, ni à m’éloigner de Terre-en-Landes.
-Donc tu fais une croix sur les Vautours ? interrogea Susan d’un ton détaché. Dommage, c’était un beau challenge.

Je lorgnai mon amie du coin de l’œil, suspicieuse. Elle tentait à présent de faire pousser des petites pattes à une pierre sans le moindre succès, mais son efficacité s’expliquait sans doute par l’air distrait qu’elle abordait.

-Dis-moi, Susie-jolie, tu as parlé à ton frère, récemment ?

Susan soupira et leva des yeux désolés sur moi.

-On a vaguement parlé du fait que tu serais sans doute plus en sécurité en Bulgarie Euuuuuh qu’ici, oui. Et Vic’, il n’a pas tort, tu devrais y réfléchir … Mais loin de tout le monde c'est bof en cas de problème
-Non.

Je donnais un coup de baguette rageur à un galet et le sortilège protéiforme fut si efficace qu’il se dupliqua en une dizaine d’exemplaire. Mais presque tous étaient petits et bosselés, ce qui prouvait le manque de maîtrise que je continuais d’avoir. Une colère sourde bouillonnait en moi et j’étais incapable de la réprimer.

-Il ne veut pas me mettre à l’abri, il veut se débarrasser de moi, répliquai-je en abaissant ma baguette. C’est pour ça qu’il me reparle de la Bulgarie alors qu’il ne voulait pas en entendre parler avant, c’est pour ça qu’il m’a poussé à demander à mon grand-père de m’aider pour protéger mes parents … Tout ça, c’est pour que lui n’aie pas à le faire, pour qu’il ait les mains libres pour faire autre chose. Mais c'est horrible de dire çaaaa

Et s’il n’avait rien tenté, contrairement à ce que j’avais pu craindre, pendant les vacances d’avril, c’était justement parce que tout n’était pas mis en place, rageai-je, et mon sortilège de réduction réduisit un rocher à l’état de misérable pierre. Mais il mettait lentement son plan en action … Il s’assurait que ma famille et moi soyons protégés sans avoir besoin de lui et qu’il puisse … Qu’il puisse … Le son de l’explosion de galets sous mon coup de baguette fit sursauter Susan et je me tournai vers elle avec un regard d’excuse.

-Pardon, je ne devrais pas m’énerver contre toi … Mais s’il pense que je vais le laisser faire … Le laisser aller pourchasser Jugson sans rien faire …
-Tu n’es pas la seule, tu sais, rétorqua Susan d’un ton féroce. Moi non plus je ne laisserais pas faire et mes parents non plus. Même si ça signifie le séquestrer à la maison tout l’été. Dans un placard

Elle riva son regard sur le lac comme si elle rêvait de plonger le visage de son frère dedans Ca va Lucy. Je me rassis à ses côtés, adoucie par la mine déterminée de Susan. J’avais tendance à oublier qu’elle était ma meilleure alliée contre les plans absurdes de son frère.

-Tante Amelia a tenté de lui parler, pendant les vacances, poursuivit-t-elle avec lenteur. De ce qu’il allait faire après Poudlard, notamment, même si ça ne concernait pas le Ministère. Mais j’ai l’impression que ça ne l’intéresse même pas, tout ce qu’il a su dire, c’est demander où en étaient les recherches. Je te le donne en mille : au point mort. Je comprends qu’il veuille le faire. Qu’il veuille que Jugson purge sa peine, je connais mon frère, il n’irait pas au point de le tuer – quoique parfois il me fait peur – mais … Nom d’une gargouille, dans quoi il va se fourrer ? Ses parents ne sont pas morts pour qu’ils prennent des risques insensés, enfin !
-Cela dit, même s’il n’y avait pas eu Jugson, il serait rentré dans une sorte de résistance, comme ses parents justement HMM HMM ON SE DEMANDE LAQUELLE
-Mais c’est totalement différent ! Cassie et Edgar étaient dans une organisation dirigée par Dumbledore, les risques étaient calculés, pas absurde et surtout il y avait un but bien défini au bout, un objectif sain et louable. Ce que fait Simon, ce n’est ni sain, ni louable. C’est totalement dénigrer la mémoire et le combat d’Edgar et Cassiopée que de se jeter à corps perdu à la poursuite d’un homme qui n’en vaut pas la peine. Il vaut mieux que de s’adonner à des instincts aussi bas que la vengeance. Qui s’y adonne ? Nestor Selwyn ! Tu te rends compte qu’il s’abaisse au même niveau de Nestor Selwyn ? Bien parlé Susan ! SUSAN PRESIDENTE SUSAN PRESIDEEEEENTE

Je dévisageai Susan, surprise de la ferveur dans son ton et au feu qui brûlait dans son regard vert. Elle avait pris en maturité et en assurance au cours de l’année et je ne pouvais m’empêcher de songer que les cours de l’A.D. n’y étaient pas pour rien. Ça lui avait permis de s’émanciper et de constater qu’elle avait une force en elle. J’eus un pauvre sourire.

-En voilà une qui est prête à plaider devant le Mangenmagot …

Ses yeux papillonnèrent et un adorable sourire s’étala sur ses lèvres.

-Ce ne sera pas Simon, il faut bien que ce soit moi, plaisanta-t-elle. Enfin, je ne suis pas encore sûre mais … ça me tient à cœur que ce monde soit juste et contrairement à Simon, j’ai le recul nécessaire pour analyser les situations. Chourave m’a dit qu’elle m’y voyait bien, de toute manière … Je n’ai plus qu’à travailler pour avoir les BUSEs nécessaire. Je pense que je vais arrêter de travailler la Potion et me concentrer sur d’autres matières plus essentielles, comme la Métamorphose ou même l’Etude des Moldus, c’est un aspect important de la Justice Magique le lien avec les moldus et il y a beaucoup de choses à améliorer dans ce domaine … Elle est trop mignonne jai envie de lui offrir des gâteaux
-Ça c’est ma Susie, l’approuvai-je avec un grand sourire. Je suis fière de toi.
-Qu’est-ce que tu crois, vivre avec toi au milieu des moldus de Terre-en-Landes ça ouvre des perspective … (son beau regard s’assombrit). Mais Vic’ … Le plan de Simon est peut-être stupide, mais … Dans sa stupidité, il n’a peut-être pas tort sur Vratsa …

Je couvris la main de Susan de la mienne et souris d’un air que j’espérais rassurant.

-Tu sais, si Nestor veut ma peau, ce n’est pas les frontières qui l’empêcheront de l’avoir. Et il est hors de question que j’abandonne ma famille. Ni mon pays, d’ailleurs. Je préfère rester et faire en sorte que Voldemort n’accède jamais au pouvoir.

Susan tressaillit à peine au nom du Mage Noir et me lança un long regard où je lisais une question silencieuse. Je dressai un sourcil pour l’inciter à expliciter et elle toussota, l’air gêné.

-Alors … toi aussi tu comptes … te battre ?

Ma bouche se tordit. Les mots de Dumbledore prononcés sur le terrain de Quidditch résonnèrent puissamment en moi :
Avant de retourner à la poussière, nous nous battrons.
A dire vrai, je n’avais pas réellement eu le temps d’y réfléchir, mais je me rendais compte que tous mes actes concernant Voldemort penchaient dans le même sens : tout mettre en œuvre pour qu’il n’atteigne pas le pouvoir et ne puisse pas détruire ma famille, comme les nazis l’avaient fait avec celle de ma grand-mère. Pour l’instant, mon action se cantonnait à la sphère privée et familiale mais je me rendais compte que pour sauvegarder mes proches, il fallait élargir ma vision. Comme l’avait souligné Miro, pour être certain que rien ne vous arriverait, il fallait s’attaquer à la racine. C’était une perspective vertigineuse qui faisait poindre la frayeur et la nausée en moi, mais ce n’était rien par rapport à l’épouvante que pouvait m’apporter l’idée que ma famille se fasse exterminée parce qu’elle était moldue. J’étais certaine que si je croisais un épouvatard, il prendrait la forme de l’un des membres de ma famille, rendu inerte par la mort comme l’avait été Cédric.

-Je ne peux pas laisser faire ça, Susan, soufflai-je, l’estomac noué. Je … je ne sais pas si j’en aurais la force ou même si je serais utile mais … Je ne peux prendre le risque que Voldemort s’élève. Si moi qui serais directement impactée par sa politique ne fait rien, qui le fera ? Envoie lui un souaffle dans la gueule, ça lui cassera le nez
OU PAS

-Tu ne seras pas seule, Vic’, me rassura-t-elle en pressant ma main. Et je suis sûre que tu seras utile, tu es une bonne sorcière, tu es intelligente. (Elle m’adressa un pauvre sourire). Peut-être que si on parvenait à convaincre Simon que c’est Tu-Sais … (Elle marqua un temps de pause, prit une profonde inspiration et rectifia : ) Voldemort le responsable du meurtre de ses parents, et non Jugson, il se mettrait à penser comme toi …
-Il pense déjà comme moi, mais son obsession pour Jugson prend trop d’importance … Mais ce n’est pas idiot, il faudrait réussir à faire glisser la responsabilité de la main à la tête … Après tout, Jugson n’aurait jamais tué ses parents si Voldemort ne n’en avait pas donné l’ordre.

Susan hocha vigoureusement la tête, galvanisée. Lointainement, la cloche retentit, sonnant la fin de la pause et elle se dressa sur ses pieds avant de ramasser ses affaires. Elle avait cours de Potion à l’autre bout du château.

-Je lui en parlerais ce soir, pendant que tu seras à ton entrainement, enfin, j’essaierais de glisser ça habilement, promit-t-elle avec un clin d’œil. Je te jure, ce qu’il nous fait faire … Ah, au fait ! (Elle tira une lettre qui dépassait de son sac). C’est arrivé pour toi ce matin, mais comme tu n’étais pas là …
-Je n’ai pas entendu mon réveil, répondis-je en prenant la lettre. Bonne chance pour ton cours !

Elle me fit un petit signe de main et se dépêcha de remonter jusqu’au château, sans doute de crainte de s’attirer les foudres du taciturne professeur de Potion. Je m’étonnai toujours qu’un homme qui ait un jour éprouvait de l’attrait pour les forces du Mal et Voldemort soit autorisé à enseigner à Poudlard Comme tout le monde ma petite, mais comme Rogue semblait aussi désagréable que de coutume et fermement ancré à son poste, j’avais fini par cesser de m’interroger sur son compte. Contrairement à Susan, je pris tout mon temps pour me rendre à mon cours de Défense contre les Forces du Mal qui ces derniers temps prenaient une véritable tournure de farce. J’ouvris la lettre reconnus l’écriture soignée de ma mère. Elle me sembla anormalement longue et je compris pourquoi en lisant les premiers mots :

Ma chérie,

Ton grand-père vient de partir et la première chose qui m’est venue à l’esprit est de t’écrire pour m’excuser. Pardon, ma chérie, pardon de ne pas t’avoir comprise, de ne pas avoir tenté de comprendre ton monde, de t’avoir abandonné au moment où peut-être tu avais le plus besoin de moi … J’ai dressé un mur absurde entre nous et à cause de cela, tu n’as pas eu assez confiance en moi pour venir me voir au moment où c’était important. J’espère sincèrement que tu trouveras en toi la force de me pardonner et je n’ai pas les mots pour te dire à quel point je regrette d’avoir eu l’esprit si fermé. Okay déjà c'est trop chou que ce soit sa première impulsion alors qu'elle aurait pu parler d'autres trucs, vu ce qu'il lui a dit

Comme tu dois le comprendre, mon père nous a dit toute sa vérité. Je n’en veux pas d’avoir gardé son secret ces derniers mois … Simplement parce que j’ai fait la même chose ces quinze dernières années. Ça fait longtemps que je sais qu’il n’est pas mon père biologique : je m’étais interrogée dans mon adolescence en voyant que ni moi, ni Beata ne lui ressemblions. Alors j’ai profité qu’il soit malade pour le forcer à faire une prise de sang que j’ai comparé avec la mienne et celle de ma mère, notamment les groupes sanguins. Elle est A+, lui AB+ et moi O. C’est strictement impossible si les deux sont mes parents et je pense trop ressembler à ma mère pour songer que j’ai été totalement adopté, alors la seule explication que j’avais été que mon père n’était pas mon père. Maintenant que j’y pense, il y avait des irrégularités étranges dans la prise de sang … qui s’expliquent maintenant.

J’ai préféré me taire. Parce que j’aimais sincèrement mon père et que je ne voulais pas mettre une barrière entre nous en explicitant le fait qu’il ne l’était pas pour de vrai. Parce que je voulais que vous grandissiez dans une famille unie, parce que Beata n’était pas prête à entendre ça … Même ton père n’a jamais rien su. Mais ça m’a permis d’atténuer le choc pour les révélations d’aujourd’hui Ah oui du coup … Seigneur, quelle histoire, si j’avais pu me douter … Sans doute aurais-je été une meilleure mère pour la sorcière que tu es. Alexandre est choqué aussi, bien sûr, mais au moins ça lui change les idées de Mel … Et ton père … Oh, ton père est un Saint, il se contente de me rassurer et de prendre soin de moi sans laisser filtrer ce qu’il pense vraiment. Mais je pense que ce qui s’est passé à Gdansk qui reste en travers de la gorge … A moi aussi du reste, mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que c’était la guerre. Et que si ça n’était pas arrivé, rien n’aurait été pareil. Je ne sais pas si je pardonne mais j’admets qu’il y a des réalités plus urgentes qui demandent toute notre attention.

Nous avons commencé à nous organiser avec nos voisins pour ton retour. Je ne sais pas ce que l’avenir nous prépare, ma chérie, mais sache qu’on restera soudé autour de toi, quoiqu’il arrive. J’ai parfaitement conscience de ce qui se passe, de ce qui pourrait se passer – ma mère s’est bien chargé de me faire miroiter les pires possibilités. Ça n’arrivera pas, Victoria, pas si nous avons notre mot à dire, et je pense qu’avec l’aide de ton grand-père et de nos voisins, nous l’avons. Je suis trop contente que Marian prenne enfin ses responsabilités en main, et qu'elle s'affirme tout de suite auprès de Victoria. Elles se ressemblent, finalement

Prends soin de toi, ma chérie. J’attendrais ta prochaine lettre avec impatience – même si elle arrive dans notre salon par hibou … Je t’aime.

Maman.

Je lisais toujours en entrant dans ma salle de cours et m’étais installée sur ma chaise en pilotage automatique. Ma mère avait été remarquable de discrétion dans sa lettre pour passer la censure d’Ombrage. Simon était déjà là à faire léviter nonchalamment sa plume alors notre directrice s’égosillait face à deux garçons de Serdaigle qui se tenait la narine pour éviter de laisser couler un flot important de sang. Octavia, qui retenait à grand peine son rire, les défendait vaillamment :

-Mais professeur, il faut les laisser aller à l’infirmerie, ils se vident de leur sang ! En plus Henry est en train de vomir ses trippes devant la salle ! Mais quel carnage :lol: :lol:
-Mais qu’est-ce que vous avez tous, à la fin ?! s’écria Ombrage, furieuse.

-Ze zuis pas zûr, probesseur, articula l’un des malades avec difficulté. Mais za rezemble à une Ombrazite aigüe … :lol: :lol: :lol: :lol:

Emily s’écroula sur sa table, les épaules secouées par l’hilarité. Ce n’était pas la première fois que ce genre de scène avait lieu : à chaque cours, Ombrage avait le droit à son lot d’élève qui usait des boites à flemmes de Fred et George pour quitter la classe, la rendant folle de rage. L’un de leurs nombreux héritages qui rendait l’esprit de leur rébellion pérenne dans l’école … Simon ricana à côté de moi et laissa retomber sa plume.

-Ils feraient bien de faire attention, elle a déjà collé deux classes pour savoir comment ils s’y prenaient pour tomber malade et ça m’énerverait qu’on soit la prochaine alors que je suis par ailleurs si sage … Hey, ça va ?

Simon fronça les sourcils, soudainement inquiet. Je souris malgré les larmes qui m’étaient montées aux yeux pendant ma lecture. Décidemment, tout le monde semblait se donner le mot : avant de retourner à la poussière, nous nous battrons. C’était ce que comptait faire ma mère malgré son monde qui valsait et je me devais de suivre l’exemple.

***


Le mois d’avril laissa place à un mai qui commença sous la pluie : les séances de Quidditch se faisaient dans des conditions extrêmes Sympa mais avaient pour mérite d’être réellement satisfaisante pour moi. Evelyn devenait meilleure en interception et si on moyennait cela et que je faisais un grand match, nous étions sûrs de minimiser le nombre de but inscrit par Serpentard. C’était important car Aaron, malgré un net progrès tout au long de la saison, restait tendre face à un Drago Malefoy véritablement vicelard J'ai jamais réussi à déterminer si Drago valait quelque chose au Quidditch ou non. Un véritable statu quo existait au niveau de l’attaque car les poursuiveurs de Serpentard étaient très forts, mais leurs batteurs étaient des brutes et en toute modestie, je me savais être meilleure que Miles dans les buts. A chaque entrainement, je me surprenais à rêver de la coupe, de la porter aux cieux pour la dédier à celui qui aurait dû la brandir si la vie n’avait pas été si cruelle. Oui, pour Cédric, j’étais capable de gagner ce match. Ooooooh
Mais c’était sans compter Miles.

-Pour la millième fois, je ne parlerais pas Quidditch avec toi tant que les finales ne seront pas passées, lui répétai-je, passablement agacée. Je ne te fais pas tout à fait confiance pour garder la moindre miette d’information pour toi.

Miles eut un sourire coupable et je poussai un grognement de dépit. A sa décharge, l’inverse était vrai : s’il laissait filtrer la moindre tactique, j’étais certaine d’adopter la mienne en conséquence, ce qui rendait nos discussions difficiles parce que je craignais les intox Ah bah sympa hahaha pratique pour papoter. La nuit tombait sur le château et nous revenions d’une séance de révision à la bibliothèque où j’avais dû jongler entre vocabulaire de runes anciennes et évitement de la question du Quidditch avec Miles. Montague n’était toujours pas remis et le spectre d’un forfait du meilleur poursuiveur et Capitaine de Serpentard se précisait de jour en jour. De fait, Miles gardait le brassard et s’en délectait véritablement. Il avait recruté en prévision du match un nouveau poursuiveur, Urquhart, bien plus malin et doué que ne pouvait l’être Warrington. Et en plus il me compliquait la tâche en reformant une équipe compétitive …

-C’est bien, Vic’, tu perds en naïveté, se moqua-t-il doucement. Il en sait quelque chose AHEM AHEM

-Enfin si, une dernière chose, me repris-je avant de pointer un index sur sa poitrine. Pas de provocation d’avant-match. Les finales arrivent à peine trois semaines avant les ASPICs … on aura tous bien plus important à penser que de se battre inutilement avant même le match, non ? Sans compter que c’est une pratique des plus pitoyables.

Les lèvres de Miles se déformèrent en une moue contrariée. Les provocations d’avant-match, certains membres de son équipe aimaient ça plus que le jeu en lui-même.

-Même pas deux ou trois piques ?
-Pour toi ce sera deux ou trois piques, mais pour Malefoy ou Warrington ce sera la porte ouverte à toutes les bassesses, fis-je valoir. Tu es fier d’être capitaine, et bien sois-le : un capitaine est responsable de ses joueurs et doit être capable de les gérer. Je ne veux pas que Malefoy me terrifie Aaron avant même qu’il n’entre sur le terrain.

Les yeux de Miles roulèrent dans leurs orbites mais devant mon regard inflexible, il finit par abdiquer :
-OK, j’essaierais d’en toucher un mot … (Puis un sourire fendit son visage et il ajouta : ) Maintenant, on arrête de parler Quidditch … enfin, presque ! Tu t’es décidée, tu restes en Angleterre ?
La colère sourde que je nourrissais toujours contre Simon et son idée absurde de m’envoyer en Bulgarie gronda en moi. J'adore comme quand elle parle avec Miles elle en revient toujours à Simon dans sa tête Pourtant je parvins à garder une voix calme pour répondre à mon petit-ami :
-Oui, évidemment que je reste, ce serait lâche de partir maintenant, je trouve … Et puis, Tutshill sont juste à côté de chez moi, donc si je suis prise ce serait parfait …
Miles me renvoya un regard surpris et haussa les sourcils.
-Tu comptes rester chez toi ? Même si tu as un salaire ?
-Euh … oui. Enfin, pas toute la vie, mais je ne sais pas, au moins un an, rattraper tout le temps perdu avec mes parents, avec mon frère … Ma vie là-bas m’a manqué pendant que j’étais à Poudlard, je te jure. Un jour, je te ferais visiter, c’est vraiment une très belle région. On est juste à côté du canal de Bristol – qui par ailleurs, est une très belle ville – et je suis souvent allée faire du camping dans la forêt de Dean quand j’étais petite … Tutshill la jouxte, donc si je vais là-bas je ne serais pas dépaysée.

La main de Miles sembla se figer dans la mienne, mais l’impression fut passagère parce qu’il me sourit avec une certaine tendresse.

-Je trouve ça amusant comment tu es attachée à ta région, de façon presque filiale …
-Que veux-tu, chaque enfant de Terre-en-Landes a ça dans le sang, plaisantai-je gaiement. Mon amie Chloé a même une photo des champs de derrière chez elle dans sa chambre à Bristol, juste pour avoir l’impression d’être là-bas Coucou le moulin. On y a tous beaucoup de souvenir.

Ceux-ci affleurèrent à mon esprit et m’arrachèrent un sourire. La rare fois où j’avais pu voir Chloé pendant ces vacances, nous nous étions arrangés pour organiser une grande réunion cet été. Un grand fracas me sortit de ma rêverie lorsque nous passâmes devant une armure qui semblait étrangement pousser des miaulements de fureur et de terreur. Miles partit d’un grand rire et me prit la main pour nous éloigner de ce couloir.

-Quelqu’un a encore dû enfermer Miss Teigne ! s’esclaffa-t-il, les yeux pétillants. C’est la deuxième fois que ça arrive, Rusard va être fou de rage …
-Vieille goule hurlante, maugréai-je en suivant Miles dans les escaliers. Quand on était coincés dans le marécage, il n’a pas levé le petit doigt pour nous aider et tu aurais vu sa tête lorsqu’il a reçu l’autorisation pour les fouets … Il ne vaut pas mieux qu’Ombrage, j’espère que Dumbledore le virera lorsqu’il reviendra.
-Si Dumbledore revient …

Mon cœur manqua un battement à l’éventualité. Malgré tout, l’hypothèse me semblait fantaisiste : il était certain pour moi qu’un jour, le légitime directeur reprendrait sa place dans son bureau – qui, par ailleurs, refusait de s’ouvrir à Ombrage pour notre plus grand bonheur.

-Dumbledore reviendra, affirmai-je avec conviction. Parce qu’un jour, Voldemort n’aura pas d’autre choix que de réapparaitre et que ce jour-là, on sera débarrassé de Fudge et d’Ombrage.
-Personnellement, je me dis que ce jour-là, il deviendra peut-être Ministre de la Magie, évalua Miles d’un ton songeur. Bon certes, il est vieux, mais il est loin d’être sénile …
-Seigneur, j’aurais dû t’enregistrer en début d’année …, m’amusai-je, lui faisant piquer un fard. Mais je ne pense pas : il n’a pas voulu être ministre pour la première guerre, je ne vois pas pourquoi il prendrait le poste maintenant. Je penche plus pour Amelia Bones. En tout cas s’il faut voter, je voterais pour elle. C'eût été si bien

Le sourire de Miles se fit légèrement amer, comme chaque fois que j’évoquais la prestigieuse famille Bones et le lien privilégié que j’entretenais avec elle. Avec un certain amusement, je me demandais quelle tête il ferait s’il savait qu’en plus d’être un Bones, Simon était l’héritier de l’une des plus grandes et plus nobles familles de la Communauté Magique. Même pas l’héritier, réalisai-je soudainement. Il a déjà hérité de la fortune des Croupton… Un couinement de souris resta coincé dans ma gorge. Alors comme ça, Simon était sans doute l’une des personnes les plus riches du Monde Magique C EST UN BON PARTI APPELEZ MRS BENNETT DIX MILLES LIVRES DE RENTE ET UNE DEMEURE DANS LA CAMPAGNE ANGLAISE… Cela faillit m’arracher un éclat de rire absurde. Il avait plutôt intérêt à m’acheter quelque chose de mieux qu’un livre pour mon anniversaire Steuplaît y a rien de mieux qu'un livre. Pour éviter que Miles ne sombre dans une certaine morosité, j’enroulai mon bras autour du sien pour demander d’un ton enjoué :

-Alors, qu’est-ce qu’on fait la semaine prochaine pour mon anniversaire ? Tu m’emmènes encore faire une balade absolument pas romantique dans la Forêt Interdite ?

Miles laissa échapper un petit rire au souvenir de notre désastreuse escapade de l’an dernier.

-Nom d’une gargouille, pas question ! Surtout pas avec Ombrage qui veille …
-Hé bien, monsieur le téméraire, où est donc passé ta fascination pour l’interdit ?

Il secoua la tête, désabusé avant de se pencher sur moi pour poser ses lèvres sur les miennes. Je lui rendis son baiser, une main sur sa nuque et l’autre pressant mes livres contre moi. Malgré le doute qui pulsait toujours insidieusement en moi, je tentais d’appliquer le conseil d’Emily : ne pas me précipiter, attendre et voir si l’impression était passagère. Et j’étais rassurée de constater que c’était toujours une sensation agréable lorsque Miles m’embrassait. Peut-être que je m’étais faite des idées … Il s’écarta avec un petit sourire entendu et le pétillement dans son regard me fit rougir. Sa main glissa ostensiblement sous ma chemise et effleura la peau de mon dos.

-Peut-être que maintenant que je suis Capitaine aussi, on peut avoir tous les deux accès à la salle de bain des préfets, suggéra-t-il tout bas à mon oreille d’une voix rauque. C’est assez romantique pour toi ?

Je fermai les yeux, soudainement paniquée à l’idée de me retrouver dans la même situation que pendant les vacances, à m’interroger sur ce vide émotif que j’avais ressentis alors que nous n’avions jamais été aussi proche. J’avais cru qu’au moins à Poudlard le manque d’intimité était tel que l’occasion ne se représenterait plus … Mais effectivement, la salle de bain des préfets pouvait offrir un écrin parfait à ce genre d’activité. Ça faisait battre mon cœur à une vitesse affolante, mais pas pour les mêmes raisons qu’avant.
Non, réellement, je ne voulais plus effleurer ce vide. J’avais peur de trop me questionner après cela. Le jour où j’avais décidé de sortir avec Miles, j’avais décidé d’arrêter de prendre la tête. J’étais bien avec lui, j’aimais qu’il m’embrasse, j’aimais discuter avec lui, j’aimais sa façon attendrissante de me sourire chaque fois que je disais quelque chose qui sortait de l’ordinaire pour lui. Je ne voulais pas découvrir qu’au fond de tout cela, je ne l’aimais pas lui. C'est vrai que ce serait moche
Je m’écartai d’un souffle avec un sourire que j’espérais naturel.

-Elle n’est pas hyper hermétique la salle de bain et avec Ombrage et Rusard qui trainent …
-On sera prudent …
-Mais … Tu ne penses pas …

Des pas dans le couloir adjacent étouffèrent mes mots dans ma gorge et força Miles à s’écarter de moi pour avoir une posture décente. Les cas furent accompagnés d’un petit cri quand un bruit sourd se fit attendre, comme la chute de quelque chose.

-Mais laisse-moi !
-Pas question, rétorqua la grosse voix de Warrington d’un ton extrêmement fier. Maintenant, file la belle montre que tu as au poignet.
-Mais elle était à mon grand-père, cette montre …
-File, je te dis ! Sinon je vais voir Ombrage et elle te mettra en retenue jusque la fin de l’année, jusqu’à ce que ta main devienne un amas de viande sanglante et que tu ne puisses plus t’en servir ! Sympaaaaaaaaaaa

Un sanglot lui répondit, affreusement étouffé. Affolée, je me faufilais jusque l’angle pour entrapercevoir un jeune garçon, sans doute en deuxième année, aux couleurs de Gryffondor. Il était prostré sur le sol, secoué par les pleurs et une vilaine bosse sur le front à l’endroit où sa tête avait heurté le sol. Warrington le fixait avec une avidité presque indécente, les bras fièrement croisés sur sa poitrine où brillait le badge de la brigade inquisitoriale qui lui donnait une telle immunité. Tout mon être se révolta lorsque le garçon, ravalant ses sanglots, ôta la montre de son poignet avec des gestes tremblants pour la tendre à Warrington. Miles poussa un grognement de dépit et se détourna, dégoûté. Mais c'est horriiiible et Miles fait rien ?

-Le pire c’est qu’il a raison, il fait partie de la brigade inquisitoriale, quoiqu’il dise à Ombrage elle le croira … Allez, viens, ne restons pas là … Oh, Vic’, je peux savoir ce que tu fais ?

J’avais discrètement sorti ma baguette pour la pointer sur la montre que Warrington tenait à présent entre ses gros doigts, ricanant de satisfaction. J’étais si à l’aise avec les sortilèges informulés que je n’eus besoin de parler pour attirer le bijou à moi et je faillis éclater de rire devant l’expression béate de Warrington lorsque la montre lui échappa. Le garçon n’attendit pas et fut assez vif pour profiter de la distraction pour se relever d’un pas chancelant et de courir dans notre direction. Il s’arrêta net en nous croisant, l’air terrifié, mais je mis immédiatement une main rassurante sur son épaule.
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

AH QUE D EMOTIONS !!

J'ai adoré ces deux derniers chapitre !!!
Et j'aime tellement voir la relation entre Victoria et Simon se développer !! L'IRIS est une super bonne idée au fait !
Ombrage et Malefoy sont toujours aussi insupportables !
La rupture avec Miles était très bien décrite.
Chourave était trop chou !
Les vers de Shakespeare étaient top !!

Bref, j'ai passé un super moment !
annabethfan

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Simon aurait souhaité rester avec moi mais je l’avais forcé à sortir et à aller profiter du soleil et du spectacle.
Mowww il voulait rester avec elle *smiley suggestif*
En plus Jordan fait ta pub, là, donc c’est pas perdu pour les recruteurs.
Ca c'est top parce que c'est frustrant de pas la voir s'illustrer ^^
Et avec le bon roi Weasley, Gryffondor va lamentablement perdre la semaine prochaine, c’est comme si on avait déjà la coupe !
Minute mon coco.
j’ai envoyé à cognard à Warrignton qui l’a mis K.O., je lui ai fait perdre quelques neurones supplémentaires.
Ce qui fait qu'il n'en a plus aucune ^^
Mais c’est l’emblème des Canons de Chudley, ça !
Les recruteurs sont à l'affut !
Ce sont des propositions d’essais.
Malgré la défaite et la fatigue, tous éclatèrent de joie
J'imagine tellement la scène, ça me fait chaud au coeur toute cette bande !
Aucun joueur de son équipe n’était venu fêter la victoire avec lui.
Oh non, ça me fait trop de peine...
J’eus un sourire désabusé. Mon équipe avait perdue et jamais je ne connaitrais la joie de brandir la coupe de Quidditch devant tout Poudlard. Pourtant, les deux lettres m’offraient l’espoir d’avoir tellement plus …
Cette note douce-amère j'adore vraiment, c'est à l'image de l'avenir qui se profile pour eux tous !
Pas réellement remise de ma blessure, je ne pus lui donner l’exemple, mais je passai deux heures à lui donner des conseils en tous genres
L'entraînement de Ron par Vic je l'avais pas vu venir !! C'est génial !
Des sorciers au grand potentiel mais au sentiment d’insécurité injustifié. Tu es bon, Weasley, il serait peut-être temps de te faire un peu confiance.
VAS-Y RON!!! Franchement c'est trop touchant et bien fait, l'histoire de Vic qui s'entremêle comme ça avec e Trio d'Or !
En revanche, mon soutien ouvert à Gryffondor avait réellement occasionné la rancœur de Miles, qui en plus avait été critiqué pour sa fébrilité lors du match contre Poufsouffle.
Ah oui j'y pensais pas mais c'est vrai que c'est limite... Ca aurait été dans l'autre sens elle aurait été vexée...
Il n’avait pas de cause à défendre dans cette guerre et je ne consistais pas une raison suffisante de lutter – ce qui en soit pouvait également être révélateur de ses sentiments à mon égard.
Les deux parties de cette phrase sont frappantes. De un, Miles ne l'aime pas au sens propre du mot, ou du moins il l'aime comme on peut aimer à l'adolescence et c'est tout à fait normal. Et de deux, ça montre que tout le monde n'est pas fait pour se battre et se révolter dans une guerre. La plupart des gens n'y arrivent pas parce que tout le monde n'a pas cette force d'esprit et de conviction, et finalement même si d'un regard extérieur ça pourrait être condamnable il faut se demander si on ne serait pas pareil à sa place.
Ils avaient beaucoup d’espoir sur notre génération avec plusieurs élèves aux capacités plus élevées que la moyenne : Simon, Emily, Roger, Gloria Flint …
Cette promo de surdoués là :lol: :lol:
Je ne pense pas qu’il y aura de problème avec vous, mais la directrice a fait savoir que toute triche sera sévèrement punie, bla-bla …
Ce trollage de Chourave j'adore :lol: :lol: :lol:
-Et vous, Bennett ? Votre dos ?
Pendant le concours de l'ENS à la fin de la semaine et à force d'être penchée sur une table en bois inconfortable j'avais des douleurs dans le dos c'était affreux, j'arrivais à peine à composer ^^
N’oubliez pas d’envoyer une demande d’autorisation à vos parents pour qu’ils nous la renvoient signée, me rappela pour la cinquantième fois Chourave. La directrice ne vous laissera pas sortir sans cela …
Sauf si le second en chef du Bureau des Aurors vous y autorise, n'est-ce pas Sirius ? :lol: #autoréférence
elles avaient vu deux crevettes en train de se battre arriver un jour à Poudlard et elle les quittait à présent toujours crevette et un peu moins crevette, un peu moins en train de se battre, sept ans plus tard.
Trop d'émotion !
Les explications d’Ernie et d’Emily paraissaient avoir accentuer la gêne de Simon
Simon, notre grosse tête préférée !
Soudainement, je me fis la réflexion qu’elle en parlait sans doute ouvertement pour que Susan et moi soyons au courant et qu’on le pousse à constituer le dossier.

Stratégique ^^
Là, c’était de la colère froide qui émanait d’elle et je voyais dans ses yeux verts qu’elle retenait la moitié des paroles qu’elle pouvait prononcer – sans doute parce qu’elles concernaient ses parents.
Susan se révèle de plus en plus cette année. Je pense que l'AD a révélé bien des potentiels, Harry se rend pas compte de ce que ça a apporté à des gens comme Susan, Neville, Luna, voire Ginny qui était jusque là coincée dans l'image d'éternelle petite soeur.
ça fait presque dix ans qu’on n’a pas réussi à placer d’élève à l’IRIS, le seul autre étudiant à Poudlard qui en aurait les capacités serait Hermione Granger, mais je la vois plus au Ministère … Et j’avoue que je serais très fière que ce soit un élève de ma Maison.
Ah Hermione !
Et la personne qui rit comme une baleine près du feu est priée de se la fermer ! s’écria férocement Emily, les yeux dardés sur un groupe de troisième année.
Je suis au sol :lol: :lol: :lol:
Mais non, enfin, Dobby est très content d’aider la gentille Victoria Bennett ! affirma l’elfe avec un sourire qui dévoila ses dents pointues.
J'en ai les larmes aux yeux... Oh Dobby...
Renata, tu as …
Je me figeai en posant les yeux sur le papier. C’était une photo, en réalité.
Une photo de Cédric.
Je crois que t'en avais parlé mais je suis quand même hyper surprise ^^
Renata Morton, l’impassible, l’agressive, la solitaire, avait été amoureuse de Cédric Diggory. Elle l’avait vu risqué sa vie dans le tournoi, sortir avec Cho … puis mourir dans le labyrinthe.
C'est étrange quand même l'amour...
L’amour avait survécu à la mort
Jolie formule...
serait-il capable de me laisser seule face à une bien plus grande menace ?
Spoiler alert : non ^^
Je lui jetai un regard contrarié. Non, c’était d’une justesse déconcertante. Seigneur, y-avait-il un aspect de moi qu’il ignorait un tant soit peu ? Maintenant qu’il connaissait mes vers préférés de Shakespeare et mon penchant inavoué pour une forme de romantisme, j’en doutais. Simon parut satisfait.
Ce genre de détail, cette construction de leur relation... Ah nan mais je fonds !!
Je ne vais t’obliger à rien du tout, répondit-t-il précipitamment d’un ton sec
Est-ce que le ton sec serait la forme de sa jalousie naissante ? ^^
Je dois avouer que quand j’ai vu que ma copine faisait tout son possible pour que la coupe m’échappe, je ne l’ai pas très bien pris. Mais je te l’ai dit, je comprends que ce n’était pas contre moi mais contre les autres et c’est ton droit d’avoir la haine contre eux. Simplement … je ne sais pas, j’étais là, aussi, ça aurait dû compter.
Son ressenti est compréhensible quand même, il me fait aussi de la peine dans un sens...
Il avait raison, ça précédait bien ma blessure – et ça la dépassait. Ce n’était pas une question de Quidditch. C’était une question de perception de l’avenir, de valeur, d’un écart qui avait toujours été visible entre nous mais sur lesquels les événements avaient jeté une lumière crue. Un écart infranchissable, me rendais-je compte, une boule au ventre.
Alors à quoi bon perdre du souffle à le combler ?
C'est tellement bien écrit, si bien pensé. La faute n'est ni sur l'un ni sur l'autre, c'était juste une relation qui n'était pas vouée à durer mais qui a été belle un temps. J'aime cette idée et ce qu'elle représente : l'amour c'est fluctuant, ce n'est pas une chose sûre et décidée, ça se construit avec le temps, avec la vie, les joies et les peines. La différence entre sa relation avec Miles et avec Simon est là. Elle n'avait rien construit de profond avec Miles, juste des sentiments et des moments de vie en surface. Et ça se ressent au bout d'un moment.
Tu ne pourrais pas rester inactive dehors, Vic’. Tu ne comptes pas te laisser faire et j’admire réellement que tu es le courage de t’opposer à des forces qui te dépassent, mais moi je ne l’ai pas. Je suis vraiment désolé mais … j’en suis tout simplement incapable.
C'est ce que je disais plus haut... Tout le monde, voire la plupart, n'a pas ce courage ni cette volonté. Et c'est tellement compréhensible quand on voit l'ampleur de la tâche...
Une légère pointe de soulagement dans l’océan de désolation que représentait son regard.
Tellement belle cette phrase...
Je m’ébrouai à mon tour et quittai ce couloir qui comptait à présent à autre spectre, celle d’un couple tendre, confiant, et uni mais dont la réalité avait mis en lumière le manque de sentiment réel. Et soudain, le fantôme s’effrita, devint une ombre à peine discernable qui retourna à la poussière dont elle était née.
CE TALENT ! Franchement, les phrases coups de poings, c'est toi qui les a... C'est juste sublime !!
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières - 29 -1 [Harry Potter]

Message par Perripuce »

... Ce sera en deux parties Ladies and Cochyo ...

BON petite pause dans mes vacances normandes pour vous livrer le chapitre parce que demain je fais trois heures de bus vers un lieux qui n'a pas d'électricité ! Donc faisons le pendant que je suis encore connectée à la civilisation ahah

J'espère que vous allez tous bien, que vous passez de bonnes vacances tout en restant vigilent car, comme le dit le spot qui va finir par nous rendre fous et folles "LE VIRUS CIRCULE TOUJOURS". N'empêche, personne n'a envie d'être reconfinés alors soyez prudent et gardez le masque !

GROS CHAPITRE DU COUP qui sera coupé en deux parties (oh ça va, ça faisait longtemps)

BONNE LECTURE !


Chapitre 29 (1/2) : le retour du phénix.


Après réflexion, j’avais compris que la semaine avant les ASPIC était sans doute le pire moment possible pour rompre.
Déjà, il y avait le regard des autres. J’avais passé une soirée à pleurer dans mon lit et Emily avait très vite compris où était le problème : Mathilda et elle avaient tenues à me réconforter alors que la seule chose dont j’avais besoin était de me plonger dans mes livres. Tous les jours, au moins une personne venait me voir pour me demander si j’étais encore avec Miles, remuant ainsi le couteau dans une plaie déjà ouverte et béante. Je faillis assassiner Erwin qui soutint pendant une heure que ce n’était que passager, un stress dû aux ASPIC et que demain notre couple se reformerait, mais Susan me sauva la mise en testant son sortilège de mutisme sur lui.

Puis on ajoutait à cela la reconstruction personnelle. On ne sortait d’un an de relation indemne : il fallait réapprendre à vivre seule, déconstruire nombre d’habitude. Changer de place en Sortilège où j’étais à côté de Miles, cesser d’échanger quelques mots avec lui à la fin de chaque cours, ne plus chercher son regard lorsque je m’ennuyais. Des pans entiers de ma journée se trouvaient à présent vides et c’était dans ces moments, dans tous les petits rappels qui avaient fait la joie de ma relation avec Miles où le manque se faisait cruellement subir. J’avais beau ne pas regretter ma décision, ce vide restait douloureux, comme la vision du visage fermé et marqué de Miles presque quotidiennement. L’amour n’était jamais apparu, mais la tendresse avait été présente et je m’en voulais de lui imposer cela avant une échéance si importante.
Car le jour où ils arrivèrent, les ASPIC nous écrasèrent totalement. L’avenir de nombre d’entre nous dépendaient de cette quinzaine, et j’avais senti l’immense tension dans le groupe de cinquième et septième année qui attendaient l’ouverture des portes de la Grande Salle le lundi. De plus et pour ma grande gêne, vous étions répartis par ordre alphabétique et je me retrouvai au premier rang avec Miles dans mon dos et Simon encore derrière qui avait passé une grande partie de son examen de métamorphose à regarder par la fenêtre malgré un parchemin fort fourni. L’épreuve pratique l’après-midi faillit occasionner pour moi une crise d’angoisse car je me retrouvais également avec Miles, avec qui la communication était devenue gênante et difficile et Simon, l’un des élèves les plus brillants de l’école et à côté duquel nous avions tous l’air de singe armés de bâton. J’étais d’ailleurs certaine que ce fut de son entière faute et des remarques enthousiastes de son examinateur, Mr. Tofty, que je ratais cette épreuve. La fille de Gryffondor qui passait avec nous, April Callen, fut tellement angoissée par la perfection des sortilèges de Simon qu’elle quitta la salle en pleurs. C’était d’autant plus agaçant qu’après cela, l’examinateur l’avait retenu de longues minutes, m’obligeant à l’attendre de pied ferme en dehors de la place pour le voir sortir avec un sourire immensément satisfait. De quoi lui donner de grandes claques sur ses joues couvertes de tâches de rousseurs.

Le mardi eut lieu l’épreuve de sortilège, qui se passa plus sereinement maintenant que je savais à quoi m’attendre : j’évitai soigneusement de me retourner en épreuve théorique et je fis en sorte de tourner le dos à Simon lors de mon teste de pratique. Cette fois, c’était moi que le professeur Tofty interrogeait et il fut enchanté de me voir pratiquer l’ensemble de l’épreuve sans prononcer la moindre formule quand Miles et April devait encore le faire pour les sortilèges les plus complexes. Galvanisée par cette marque d’encouragement, j’abordais la Défense contre les Forces du mal avec confiance et réussis même à faire apparaitre un patronus qui commençait presque à définir les formes d’une petite silhouette, réduisant à néant les allégations de Simon sur un possible chien. Bien sûr ce n’était rien comparé au faucon qui fendit l’air, écœurant littéralement Miles et April. Du fait du manque de pratique de Défense contre les Forces du mal, j’ignorais combien d’élève avaient leur patronus corporel. Emily me confirma qu’elle n’avait pas réussi à en produire, à sa grande frustration car Gloria Flint à côté d’elle avait fait apparaitre un magnifique corbeau et le professeur Flitwick nous avoua à mi-mots que c’était anormal d’avoir une génération de septième année aussi peu avancée en termes de maléfice et contre-sorts. Seuls ceux qui avaient pratiqués par eux-mêmes et certains membres de l’A.D. comme Angelina et Alicia réussirent brillamment l’examen.

La Botanique se déroula sans le moindre problème et je fus prématurément en week-end lorsque Simon et Emily passèrent leur épreuve de Potion. J’en profitai pour flâner seule dans le parc et expier toute la tension qui s’était éprise de moi pendant cette dure semaine. Avec toute cette intensité, je n’avais pas eu la moindre seconde pour songer à quoique ce soit d’autres qui ne concernait pas un sort, une définition, une traduction et maintenant que les épreuves s’étiolaient j’avais l’impression que l’adrénaline retombait pour ne laisser qu’une immense fatigue. Je laissai mes jambes me porter dans la chaleur de juin et fit un véritable bond en croisant quelqu’un au pied de l’une des tours du château. La personne en face de moi poussa un cri de surprise.

-AH ! Bennett, il faut pas me faire des frayeurs pareilles ! Avec ta petite taille et tes cheveux bouclés, j’ai cru que tu étais Ombrage !
-Excuse-moi ?! me récriai-je, à la fois blessée et incrédule.

Lee Jordan eut un sourire d’excuse, serrant contre sa poitrine un sac qui semblait étrangement frétiller. Le Gryffondor était tristement solitaire depuis le départ des jumeaux, errant comme une âme en peine dans Poudlard et retrouvant parfois un peu de gaieté en trainant avec Angelina et Alicia. Celle-ci se trouvait avec lui et lui jeta un regard peu amène.

-Tu es horrible, la tança-t-elle en lui donnant un coup sur la main.

Lee ne cachait pas la fine marque, moins creusée que celle de Simon, sur le dos de sa main et qui clamait : « Je dois obéir aux règles ». Je lui jetai un regard hargneux.

-Oui, tu as raison, Victoria est quand même plus mignonne, plaisanta Lee, sans doute dans l’espoir de te racheter. Ça a été la semaine ?
-J’ai raté la pratique en métamorphose, mais le reste je pense que ça a été, oui. Et vous ?
-Très bien, assura Alicia avec un sourire, avant que Lee n’ajoute :
-Niquel, j’ai même réussi à faire rire la vieille Marchebanck en sortilège. Il faut dire qu’avec les jumeaux, j’en ai appris des bonnes …

Une certaine nostalgie fit briller ses prunelles et il jeta un long regard mélancolique sur le parc qu’il avait dû arpenter si fréquemment avec eux, plus ou moins légalement. J’eus un sourire attendri. Cela devait être douloureux d’achever sa vie à Poudlard sans eux.

-Tu as quelques nouvelles ?

Lee haussa les épaules.

-Non, aucune. Je pense qu’Ombrage censure toutes leurs lettres et qu’ils sont de toute manière trop occupés par la boutique …
-Et tu vas les rejoindre dans la boutique, après Poudlard ?

A ma grande surprise, Lee secoua la tête, fouettant ses épaules de ses dreadlocks. Son sac se mit à nouveau à s’agiter et il le pressa un peu plus contre lui. Avant que je n’aie pu l’interroger sur son contenu, il embraya précipitamment :

-Non, la boutique c’était leur idée. Ils me donnent un pourcentage sur les produits que j’ai aidé à conceptualiser, mais c’est leur projet, leur bébé, le fruit de leur vie, pratiquement. Ils m’ont proposé d’être leur associé, mais je préfère le leur laisser, je comprendrais moins qu’eux. Et puis, je n’ai pas envie de faire dans la Farce et Attrape, plus dans le Quidditch, à dire vrai. J’ai postulé à la radio pour les émissions de sport et dans plusieurs stades pour un poste de gestion de la communication du club ou de speaker, Bibine et McGonagall m’ont fait de belles lettres de recommandations. (Il nous adressa un grand sourire). Qui sait, peut-être que l’année prochaine je commenterais vos matchs.

Alicia et moi échangeâmes un regard entendu et gêné. Nous étions les seules joueuses de l’école à avoir reçu des propositions de club, mais les siennes étaient au nombre de deux : le club des Flaquemare, qui avait sa préférence en raison de la présence de son petit-ami et ancien Gardien de Gryffondor Olivier Dubois, et les Faucons de Falmouth. Angelina avait elle reçue une proposition des Harpies qu’elle avait décliné, préférant un poste comme potionniste. Alicia s’avança vers moi et me frotta le bras avec un pauvre sourire.

-Tu sais, Lee avait raison pendant le match, tu aurais mérité la coupe de Quidditch. Si ces enfoirés ne t’avaient pas blessé … (son inflexion baissa et elle sembla hésiter). Euh … c’est à cause de ça que tu n’es plus avec Miles ?

Je reçus la question comme un coup de poing dans l’estomac et mon sourire se fana sur mes lèvres. Alicia parut désemparée et échangea un regard paniqué avec Lee. Je n’avais pas eu le temps de songer à Miles durant la semaine écoulée, contrairement à la semaine précédente de révision qui avait presque tournée au tour de cela. Et j’avouai ne pas être heureuse de revoir ce spectre venir me hanter. Je déglutis et m’efforçai d’ânonner une nouvelle fois :

-Non, pas seulement. On n’était simplement plus en phase.
-Bon, dans ce cas …
-Moi je trouve ça bien, intervint Lee avec sérieux. Je pense vraiment que tu mérites mieux que Bletchley, Bennett.

Je me gardai de lui répondre ou même de sourire, une impression de vide au creux du cœur. Je ne voulais pas me laisser aller à l’angoisse qui, selon Emily, était naturelle après une rupture, que je ne retrouverais jamais quelqu’un d’aussi bien.

-On verra bien, je n’ai pas très envie d’en parler, éludai-je au moment où le sac bougeait à nouveau. Mais sérieux, vous allez me dire ce qu’il y a là-dedans ?

Alicia jeta un regard exaspéré à Lee puis à la bosse qui continuait de tressauter sous le cuire du sac. Avec un grand soupir, il mit celui-ci en bandoulière et entreprit d’extraire une étrange créature de l’intérieur. Son nez plat frétilla une fois à l’air libre, humant les effluves de juin avec avidité. Il me fit vaguement penser à un ornithorynque au pelage d’un gris bleuté et aux yeux noirs et brillants. Je ne pus retenir une exclamation attendrie lorsqu’elle renifla en ma direction qui arracha un immense sourire à Lee.

-Tu vois, je t’avais dit qu’un Niffleur ça peut marcher du feu de Dieu avec les filles, lança-t-il à Alicia. Tu veux le prendre, Bennett ?
-Alors c’était toi le Niffleur dans le bureau d’Ombrage ? réalisai-je en refermant prudemment mes mains sur la créature.

Son pelage était rêche mais sa façon de remuer sa petite truffe était absolument adorable. Avant que je n’aie pu l’en empêcher, il se mit à fourrer son nez contre ma peau, suivant mon poignet où brillait ma montre, puis ses petites pattes griffues allèrent gratter du côté de ma gorge et agrippèrent ma chaine en or. Aussitôt, Lee bondit pour arracher le Niffleur de mon cou, ce qui m’étrangla presque parce que la créature avait refermé sa petite patte sur la chaine.

-Jordan, bon sang !
-Lâche ça petit voleur ! râla le Gryffondor en se débattant avec le Niffleur. Je vais te donner une bien meilleure victime … Alicia, aide-moi !

La créature avait une sacrée poigne, et avant que la pousuiveuse ne puisse intervenir, le fermoir de ma chaine se brisa, faisait choir mes deux breloques qui y pendaient. Pendant que je me penchais précipitamment pour les récupérer, le Niffleur se dépêcha de ranger son butin dans une sorte de poche sur son ventre. Mais Lee pendit cruellement l’animal par ses pieds et, mu par la gravité, le précieux trésor tomba à terre sous forme de quelques gallions d’or, un bracelet en diamant et quelques boucles d’oreilles. Alicia ouvrit de gros yeux outrés devant le recelle étalé sur l’herbe.

-Mais c’est à moi, ça ! s’écria-t-elle en récupérant le bracelet. Et ces boucles d’oreilles sont à April ! Lee, je pensais que tu le gérais !
-Que veux-tu, c’est un sale petit vicelard ! Tiens, Bennett (Il avait récupéré la fine chaine d’or qu’il me tendit). Maintenant, toi petite chose, hop ! Chez le crapaud !

A genoux dans l’herbe, récupérant précieusement mes breloques et ma chaine, je vis Lee faire léviter le Niffleur qui battit des pattes d’un air paniqué. Il s’éleva, s’éleva, s’éleva jusqu’au cinquième étage où une fenêtre était entrebâillée pour laisser entrer l’air. Attirée par le trésor que recelait la pièce, la créature s’engouffra immédiatement dans l’ouverture. Lee se fendit d’un petit « hum » satisfait, mais Alicia se mordait anxieusement la lèvre.

-On ferait bien de partir … Si Ombrage nous voit … J’en reviens pas que tu me pousses à l’illégalité, Jordan.
-Je ne l’aurais pas fait si ça n’avait pas été anonyme, rétorqua-t-il en caressant vaguement le dos de sa main qui devait être couverte de cicatrice. Qu’est-ce que tu crois, moi non plus je n’ai pas envie de retourner dans son bureau et de me faire charcuter, pourquoi penses-tu que je sois si discret ces temps-ci ? Mais … C’était le dernier héritage de Fred et George, il fallait bien qu’il arrive à son but …

Lee renifla et Alicia lui jeta un regard circonspect.

-Oh mon dieu, tu ne vas pas te mettre à pleurer ?

Le ton incrédule d’Alicia m’arracha un éclat de rire et j’achevai de glisser les breloques sur la chaine avant de la réparer de ma baguette. Mais Lee semblait bel et bien avoir une poussière dans l’œil qu’il fit mine d’essuyer avec un reniflement feint et adressa un signe d’adieu à la fenêtre.

-Au revoir, vaillant compagnon ! Tu resteras dans mon cœur comme celui qui mettra Ombrage dans une telle rage qu’elle en deviendra aussi rose que son cardigan !
-Non mais je vous jure, s’amusa Alicia en levant les yeux au ciel. Bon, ne restons pas là, il ne faudrait pas qu’on nous prenne sur le vif …
-On va boire un thé chez Hagrid ? proposai-je avec un sourire. Histoire de se détendre après cette folle semaine …
-Et d’oublier un certain Serpentard, excellente idée, ça te changera les idées avant la deuxième semaine d’examen ! approuva Lee en nous prenant par l’épaule. Tournée générale de thé brûlant et de biscuits dégueux !

***


Simon revint bougon de son examen de Potion. Il n’avait pas aussi bien réussi qu’Emily qui elle était rayonnante, persuadée d’avoir décroché un Optimal. Je fus donc ravie d’avoir eu l’occasion d’avoir pu me détendre en compagne de Lee, Alicia et Angelina qui nous avait rejoins après son épreuve avant d’affronter leurs humeurs. Les deux étaient encore très stressés par leur examen d’arithmancie qui arrivait pendant la seconde semaine, plus consacrée aux options. La matière était très exigeante et cruciale pour leurs deux formations. Mais à titre personnel, je vis avec joie arriver le lundi matin mon épreuve d’étude des moldus (dont le nom me crispait chaque jour un peu plus. C’était les animaux qu’on étudiait, pas les humains). Je pris un plaisir particulier à faire ma rédaction sur « lien art et histoire dans le monde des moldus » et j’en ressortis avec un immense sourire qui exaspéra Roger. Le mardi fut une journée de révision intensive pour Simon et Emily en vue de l’arithmancie le mercredi après-midi. Avec soulagement, je les vis arriver pour le diner assez confiant sur leurs performances et je révisais jusqu’à une heure avancée mon vocabulaire de rune avec Simon pendant qu’Emily jubilait : elle avait fini ses ASPIC.

-C’est fantastique, se réjouit-t-elle en avalant une dragée surprise de chez Bertie Crochu.
-Ferme-la, il nous reste encore un examen, maugréa Simon en me montrant une rune. C’est « organiser » ou « défendre » ?
-Je crois que c’est « abattre » en fait … Et pour ta gouverne, il me reste deux examens. J’ai ma soutenance d’Histoire de la Magie avec Octavia demain après-midi.
-Ça, c’est toi qui l’as choisi, chantonna doucement Emily.

Ce fut étrangement jouissif de la voir s’étouffer avec son dragée goût piment qui la fit rougir comme une pivoine. Elle s’éventa désespérément le visage avec l’un de nos parchemins qui trainait sur la table, les larmes aux yeux. Il était plus de vingt-trois heures et la Salle Commune s’était vidée des cinquième années partis pour leur épreuve d’Astronomie. Quelques septièmes années avaient fini comme Emily leurs ASPIC et profitaient bruyamment de leur liberté. Cela finit par agacer Renata qui retourna dans notre dortoir avec raideur. Je la suivis des yeux un instant, tiraillée. Ma camarade de dortoir prenait un soin tout particulier à me fuir depuis l’incident dans la cuisine. J’aurais voulu qu’elle ne se sente pas seule dans sa douleur, mais la jeune fille semblait être de celles qui souffraient en silence et en solitaire. Le bruit sourd d’un livre qui se fermait me sortit de ma rêverie. Simon venait de rabattre rageusement son dictionnaire de rune, un œil noir dardé sur le groupe qui s’esclaffait bruyamment un peu plus loin, ignorant ceux qui révisaient encore.

-Je vais finir de relire tout ça dans ma chambre, ils m’agacent. Bonne nuit, les filles.
-Oui, on va y aller aussi, assura Emily, toujours rayonnante. On fêtera tout ça demain soir !

Je la suivis dans notre dortoir, des livres et parchemins plein les bras. Malheureusement pour moi, la fatigue commençait à me tomber sur les épaules et je m’écroulais sur mon lit avec un grognement sonore qui fit rire Emily.

-Va dormir, Victoria, il faut que tu sois en forme pour demain, fit-t-elle valoir en retirant ses chaussures. Enfin, tu es bonne en étude des runes, ça devrait aller …
-Je pense, oui. Je m’inquiète plus de l’après-midi … Je n’ai pas l’habitude de ce genre d’exercice …
-Oh … Laisse Octavia faire, elle adore s’écouter parler.

Octavia était certes bien plus à l’aise que je ne l’étais à l’oral, mais nous serions notées toutes deux distinctement en fonction de nos performances, j’avais donc plutôt intérêt à être bonne dans l’exercice. Malgré tout, je sentais que la pression s’amenuiser de jour en jour. Il ne me restait que deux épreuves, deux épreuves que, sauf immense catastrophe, je pouvais assurer. Un sourire insensé retroussa mes lèvres lorsque je me rendis compte que, contre toute attente, j’avais survécu aux ASPIC. Puis la nostalgie s’abattit sur moi et me comprima ma poitrine : cela signifiait que Poudlard était bientôt fini pour moi. Que dans deux semaines à peine, je prendrais une dernière fois le Poudlard Express pour rentrer chez moi. Et malgré ma hâte de retourner à Terre-en-Landes et de revivre une vie qui m’avait tant manquée, je ne pouvais m’empêcher de de me sentir déçue de quitter de vieux château, sa magie, ses mystères. Emily vint s’asseoir au bout de mon lit et me contempla un moment.

-Tu as l’air songeuse.
-Hum ? Oh, t’inquiète, je suis juste perdue dans mes pensées.

Les lèvres d’Emily se pincèrent.

-Vic’, tu sais que si tu veux parler de Miles …

Je n’y avais pas songé, mais à présent que les ASPIC quittaient un à un mon esprit, le manque se fit cruellement ressentir. Je l’avais croisé chaque jour d’épreuve, parfois assis derrière moi en théorique, ou passant en même temps que moi la pratique. Nous avions soigneusement évité de nous parler, et même de nous regarder. C’était douloureux, mais c’était le prix à payer pour définitivement se détacher l’un de l’autre. Je me redressai, assez contrariée de revoir le sujet venir sur la table alors que je pensais avoir réussi à le chasser de mon esprit.

-Emily, ça va …
-Tu n’en as presque pas parlé, insista-t-elle néanmoins. Je veux dire, je comprends que tu aies préféré te concentrer sur tes ASPICs mais … A un moment, il va falloir que ça sorte, que tu en parles et que tu lui parles. Vous vous entendiez bien, ce serait dommage que vous perdiez totalement contact …
-Non, refusai-je immédiatement. Non, Emily… j’ai besoin de prendre du recul, de me concentrer sur moi, de réapprendre à vivre sans lui. Et lui aussi. Il vaut mieux qu’on ne se parle pas pour l’instant, vraiment …
-Victoria Bennett, faire l’autruche, ce n’est pas la solution …
-Oh ça te va bien de dire ça …

Je me mordis aussitôt la lèvre mais c’était trop tard et les mots s’envolèrent de ma bouche. Emily blêmit et parut choquée. Nous faisions tout pour éviter de parler de Voldemort, surtout depuis qu’elle se trouvait en minorité au sein de l’école et où elle semblait moins encline à clamer haut et fort sa conviction.

-Ce n’est pas …, bredouilla-t-elle, interdite. C’est juste que …
-Qu’est-ce que c’est ?

Renata venait de se lever vivement de son lit pour s’avancer vers notre fenêtre qui donnait sur le parc. Elle ouvrit en grand le battant et se hissa sur le rebord pour observer les alentour, l’éclat de la lune de reflétant spectralement dans le verre de ses lunettes. Mathilda s’était avancée à sa hauteur et tentait également d’apercevoir l’extérieur, soudainement inquiète.

-Moi aussi je l’ai vu, on aurait dit un sort de stupéfixion, il était rouge, exactement pareil … (elle plaqua sa main contre sa bouche, soudainement effrayée). Vous pensez que les Mangemorts …
-Ne dis pas de bêtise, Poudlard est protégé, la rabroua Emily d’un air bougon.
-Taisez-vous toutes ! exigea Renata en se penchant un peu plus.

Je tendis l’oreille comme elle. Un grand tumulte semblait se faire entendre de l’extérieur, de vagues cris bestiaux et le son de coups portés … Nous échangeâmes des regards horrifiés. C’était l’écho d’une scène de bagarre. J’ouvris une autre fenêtre et montai sur le chambranle pour mieux apercevoir l’extérieur, mais nous n’avions vu que sur la partie est du parc. Au moment où je basculais mes jambes de l’autre côté avec la ferme intention de voir d’où venaient ses cris, Emily me rattrapa par le bras et m’obligea à descendre.

-Mais où tu crois aller ? C’est le couvre-feu, si Ombrage te voit dehors …
-Mais il se passe quelque chose !
-Les cinquième année ont peut-être vu de la Tour d’Astronomie, suggéra Mathilda avant de consulter sa montre. Ils doivent bientôt avoir terminé …

Mathilda avait raison : quelques instants plus tard, les cinquième année entrèrent en masse dans la Salle Commune, discutant avec animation. Lorsque j’y pénétrais avec les filles, certains d’entre eux avaient le visage couvert de larmes et paraissaient pétrifiés parce qu’ils venaient de voir. Hannah se précipita vers Emily, paniquée.

-C’est terrible ! gémit-t-elle en tordant l’une de ses nattes entre ses doigts. Franchement, c’est atroce …
-Ce n’est pas atroce, c’est scandaleux ! s’écria Susan, qui elle semblait en colère. Franchement, quelle harpie, quelle pourriture …
-Bon sang, jura Emily.

Devant l’agitation croissante qui consumaient nos cadets, elle se hissa sur une table et pointa sa baguette sur sa gorge pour amplifier sa voix.

-TAISEZ-VOUS !

Son cri résonna dans la Salle Commune et tous se turent enfin pour se tourner vers la préfète-en-cheffe. Mais elle n’avait pas fait que les réduire au silence : ceux qui n’avaient pas été réveillés par le tumulte le furent par elle et je vis Simon entrer, le regard ensommeillé et les cheveux en bataille.

-Je peux savoir ce qui se passe ?!
-C’est ce qu’on essaie de déterminer, répliqua Emily avant de promener son regard impérieux sur la Salle. Quelqu’un peu calmement m’expliquer ?

Ce fut Hannah qui s’en chargea. Lorsqu’elle acheva son récit, tous gardèrent le silence, trop sonnés pour réagir. Simon s’était écroulé dans un fauteuil, la tête entre les mains et je m’étais assise en tailleur sur le sol, proprement déroutée et la culpabilité me rongeant les entrailles. Je n’arrivais tout simplement pas à assimiler ce que je venais d’entendre …

-C’est une catastrophe, laissa échapper Erwin. Je veux dire, McGonagall était l’une des seules à pouvoir encore s’opposer à Ombrage et Hagrid … enfin, c’est un demi-géant mais …
-Et alors ? rétorqua vertement Susan. C’est une personne adorable ! Elle l’a surprise en pleine nuit, sans sommation avec quatre Aurors ! Voilà à quoi sont utilisés les Aurors du Ministère, à coffrer des innocents !
-On savait tous que Hagrid serait le prochain, fit remarquer Ernie d’une voix morte. Elle pensait que c’était lui qui avait mis des Niffleurs dans son bureau, et il était trop proche de Dumbledore.

C’était bien ce que j’avais songé. Le Niffleur. Comment pouvais-je ne pas avoir anticipé qu’Ombrage accuserait Hagrid ? Pourquoi n’avais-je pas empêché Lee de l’introduire dans son bureau ? Et Miles adorait Hagrid, sa fuite le troublerait sans aucun doute … Et la pauvre professeur McGonagall qui s’était prise quatre éclairs de stupéfixion dans la poitrine … Mathilda posa à Simon la question que tous avaient au bord des lèvres sans oser la laisser échapper :

-Mais … à son âge … est-ce qu’elle peut survivre… ?

Le visage de Simon émergea de ses mains. Ses prunelles avaient repris la couleur sombre de l’émeraude et je le sentais en proie à un grand conflit intérieur. McGonagall, malgré sa sécheresse et son appartenance à Gryffondor, était peut-être la professeure pour laquelle il avait le plus d’estime.

-Je préfère ne pas me dire le contraire. En tout cas je pense que ça l’aura envoyé à Ste Mangouste, c’est un gros choc …
-Un Poudlard sans Dumbledore ni McGonagall, ni Hagrid …, soupira Hannah avec un certain désespoir. Elle est en train d’émietter notre école … Je pensais que Dumbledore reviendrait vite, que tout rentrerait dans l’ordre mais … Je ne sais plus, j’ai l’impression que tout est perdu …

Un silence de plomb accueillit les paroles défaitistes de la préfète et personne ne songea à la démentir, plongeant l’assemblée dans une atmosphère de deuil qui me parut insupportable. Je pouvais presque voir toutes leurs petites flammes intérieures lentement vaciller jusqu’à se réduire à une braise à peine rougeoyante, soufflée par les agissements totalitaires et injustifiés d’Ombrage. Avec cette impression que malgré toute notre bonne volonté, elle restait intouchable.

-C’est franchement immonde, éructa Renata, tremblante d’indignation. Susan a raison, voilà à quoi sont utilisés les Aurors, à attaquer les professeurs de Poudlard … pendant qu’un pire danger croupi dehors … mais pour ça, bien sûr, le Ministère ne fait rien.
-Oh, ça va recommencer, grinça Emily entre ses dents.

Je lui jetai un regard oblique, mais sa réaction d’opposition ne fut pas la seule. Elle n’était pas l’ultime représentante de la pensée du Ministère : d’autres encore songeaient que Harry mentait et que Voldemort n’était pas revenu. Je les observai tous, les sceptiques, les déçus, les défaits avec l’impression que la révolte insufflée par les jumeaux en partant de Poudlard se mourraient enfin. Qu’Ombrage gagnait. Et alors que le silence s’épaississait, lourd de non-dits, de fracture et d’abandon, je me mis à chanter, sans trop savoir quel effet cela aurait, sans trop savoir pourquoi réellement, les mots s’envolaient de ma bouche. Mais moi aussi j’avais besoin de raviver mon espoir.

-Do you hear the people sing, singing the song of angry men? It is a music of a people who will not be slaves again … !

Je fus rassurée de voir que quelques voix, reconnaissant l’air qui avait résonné dans Poudlard pendant quelques jours, se joignirent rapidement à moi, machinalement ou avec entrain. Bientôt, ce fut un chœur de Poufsouffle, cherchant désespérément un espoir dans le chant et puisant dans la force de nos voix unies, qui s’éleva, résonnant devant une Helga Poufsouffle dont les yeux peint s’étaient mis à étrangement briller :

When the beating of your heart
Echoes the beating of the drums
There is a life about to start
When tomorrow comes!


Plusieurs refrains furent chantés, prenant chaque fois plus de puissance, une autre couleur, une autre voix. Puis le chœur s’éteignit, se perdit dans le silence, mais je sentais qu’il continuait de résonner dans les âmes. Mes camarades étaient plus apaisés, moins abattus et la flamme en eux flambait de nouveau. Renata, assise sur un canapé auquel j’étais adossé, posa une main sur mon épaule et m’adressa l’un de ses rares sourires. Ses yeux brillaient étrangement.

-Cédric disait que tu étais le « petit soleil de Poufsouffle ». Il ne s’est pas trompé. Je pense que sans toi, beaucoup se seraient éteint cette année.
-C’est vrai, Vic’, intervint Judy en hochant la tête. Rien qu’avec le Quidditch … Jusqu’au bout, on y aura cru et c’est grâce à toi.
-Tu as été la gardienne de la paix, il n’y a que toi qui arrivais à faire le lien entre ceux qui croyaient et ceux qui s’aveuglaient, ajouta Mathilda avec un sourire tenu. Mais tu as su secouer ceux qu’il fallait au bon moment. Vraiment, merci.
-Tu vas nous manquer l’année prochaine, acheva Hannah, les larmes aux yeux. Et bien sûr, tous les autres, hein … La Salle Commune sera bien triste sans Simon et toi qui hurlent tout le temps dedans.

Un immense rire secoua l’assemblée. Je n’osais répondre, trop émue pour articuler le moindre mot sans craquer. Chaque mot m’avait touchée droit au cœur et je me rendis compte, alors que tous se levaient pour repartir dans leurs dortoirs, tapant dans mon dos et me souriant, que la petite Victoria Bennett, l’anonyme, la personne que personne ne remarquait, était lentement devenue un pilier de Poufsouffle. Je n’avais pas eu conscience de l’importance que j’étais capable d’avoir dans un groupe. Alors que le dortoir se vidait, mue d’une inspiration soudaine, je m’avançai vers la fenêtre et l’ouvrit lentement. Puis pointant ma baguette vers les cieux, je fermai mes paupières et pris plusieurs grandes inspirations, m’imprégnant de toutes les émotions que je venais de ressentir : espoir, joie, fierté … Le chœur de voix de Poufsouffle se mêla à celui de Poudlard et lorsque le chant retentit puissamment en moi, je relâchai toute la pression pour souffler :

-Spero patronum.

Je n’ouvris pas immédiatement les yeux, de peur d’avoir échoué, que mon intuition ait été mauvaise. Mais lorsque j’en eus le courage, mon cœur fit un bond : une petite silhouette argentée virevoltait dans la nuit, éclairant le frêne devant la fenêtre de sa douce lueur. Je l’observai, fascinée par ses petites ailes qui battait frénétiquement, si vite qu’elles s’étaient plus qu’un halo argenté autour de son corps.

-C’est un colibri.

Je sursautai : Simon s’était glissé à mes côtés et contemplait le petit oiseau qui volait de façon stationnaire avec un léger sourire. Je le considérai un instant, puis reportai mon attention sur le patronus.

-Il est si petit …
-Ça n’a pas d’importance, me rassura Simon. Il y a déjà eu le cas de sorciers capable de produire des patronus très puissant magiquement et qui pourtant avaient la forme d’une coccinelle ou d’une souris. L’important, c’est la puissance des émotions que tu mets dedans.

Je hochai la tête pour signifier que j’avais compris et continuai de regarder le colibri virevoltait autour des feuilles du frênes, passé son long bec sans ses plumes. Je n’en revenais pas d’avoir réussi à le produire alors même qu’Amelia m’avait prévenu que certain des sorciers les plus expérimentés n’arrivaient à faire de patronus corporels. Ils n’étaient que deux dans notre année à avoir pu exécuter parfaitement le sortilège à l’épreuve d’ASPIC et j’aurais pu être la troisième. Le patronus brilla plus fort au moment où la fierté irradiait en moi. Alors qu’il fallait me persuader que j’étais une vraie sorcière et que ma place était dans ce monde, c’était à la nuit du cinq novembre que je me renvoyais, au moment où ma magie avait agi sans ma baguette pour la canaliser. Mais je savais que ce colibri en était également une preuve indéniable : j’étais une enfant de la magie, capable de réussir dans ce monde, capable d’y être quelqu’un et peut-être même quelqu’un d’important. Et c’était la plus belle chose que venait de m’apporter Poudlard : l’estime de moi.
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

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*2e partie*


***


McGonagall avait été transférée à Ste Mangouste, m’avait appris Madame Pomfresh tout en vérifiant la cicatrice dans mon dos, à présent presque réduite à une tâche plus foncée sur ma peau. Elle paraissait bouleversée par l’attaque de la directrice-adjointe et m’avait assuré qu’elle aurait démissionné s’il n’y avait pas eu à prendre soin des élèves. Mais malgré les événements, la vie reprit son cours inéluctable et notamment celle des épreuves d’ASPIC : l’épreuve d’étude des runes le lendemain matin fut un véritable calvaire pour moi. J’avais très mal et trop peu dormi et les runes dansaient devant mes yeux, m’empêchant de me concentrer correctement. Je pensais avoir rendu une traduction correcte mais loin de mes standards habituels et je m’obligeai le midi à faire une sieste avant mon oral d’Histoire de la Magie. J’avais craint cette épreuve mais elle ne se déroula pas trop mal : le sujet me tenait tant à cœur que j’étais extrêmement à l’aise devant une Griselda Marchebank très intéressée par notre propos. L’entretien fut plus une discussion et un débat qui me passionna tout autant et l’examinatrice nous proposa de revenir la voir si jamais nous décidions d’approfondir notre thèse. Elle avait également promis à Octavia de parler de son remarquable travail au Département de Coopération Magique Internationale et la Serdaigle était sortie de la pièce radieuse. Nous avions enfin pu aller fêter la fin des épreuves avec nos camarades et malgré les évènements dramatiques qui avaient eu lieu la veille, une fête en bonne et due forme s’était organisée dans la Salle Commune de Poufsouffle. Simon avait ressorti sa guitare, je l’avais accompagné au chant et de nombreux Do you hear the people sing avaient retentis. Je bus beaucoup trop de biéraubeurre, évitai Emily qui voulait absolument que je parle de Miles et profitai pleinement de ce premier moment de quiétude et d’oubli depuis une éternité. Ce qui expliquait mon impression d’avoir un lutin de Cornouaille dans la tête lorsque quelqu’un vint me secouer lendemain matin. J’ouvris un œil mais le refermai aussitôt tant la brûlure me semblait insupportable. Un étau m’enserrait douloureusement les tempes. Mais quelqu’un continua de me secouer l’épaule.

-Vicky, s’il te plait réveille-toi … Victoria …

Je ne répondis que par un vague gémissement en ramenant les couvertures sous mon menton. Le lutin continuait de danser dans mon esprit et embrouillait tout. La main se crispa sur mon bras.

-Ils ont attrapé Jugson, Vicky …

Cette fois et malgré l’atroce brûlure, mes yeux s’ouvrirent. Simon s’était glissé dans mon lit et avait refermé les rideaux sur lui. Encore vêtu de son pyjama, il haletait comme s’il avait couru un marathon, ses yeux brillants dans la semi-obscurité. A présent parfaitement réveillée par l’annonce, je me redressai précipitamment et attrapai l’une de ses mains, le cœur battant.

-C’est vrai ?

Simon acquiesça lentement et baissa les yeux sur ma couverture. Ma vue était encore brouillée par les voiles du sommeil et je ne sus déterminer s’il en était soulagé ou non.

-Chourave est venue me réveiller, il y a dix minutes. Elle voulait que je sois le premier au courant. Apparemment, il y a eu une sorte d’attaque au Ministère, des Mangemorts et Tommy lui-même s’y sont introduits … C’était assez confus … Elle m’a dit t’attendre La Gazette pour plus de détail … Mais en tout cas, Fudge l’a vu et une partie des Mangemorts ont pu être arrêté … dont lui.

J’eus l’impression qu’un barrage craquer en moi et laissa déverser un mélange brûlant de soulagement et de frayeur dans mes veines. Je serrai la main de Simon à m’en blanchir les jointures. C’était ce qu’on attendant depuis un an, depuis plusieurs mois, un nouveau spectre qui s’effritait devant nos yeux … Voldemort avait enfin fini par se montrer. Le temps des fractures était enfin terminé et tout allait pouvoir enfin rentrer dans l’ordre.
Cependant, j’avais l’impression que peu importait pour Simon. Ce qu’il avait espéré depuis si longtemps devait sembler secondaire : l’homme qui avait assassiné sa famille était de nouveau derrière les barreaux. Emergeant définitivement du sommeil, j’emprisonnai sa main dans la mienne. Elle était glaciale.

-Comment tu te sens ? m’enquis-je avec douceur.

Simon haussa vaguement les épaules. A dire vrai, je lui trouvai l’air extrêmement fatigué, ce qui expliquait après notre courte nuit et les deux semaines d’épreuve intensives subies. Mais là c’était une autre sorte de lassitude, un épuisement mental. Cette impression se confirma lorsqu’il se frotta le visage pour répondre :

-Je ne sais pas … J’ai l’impression de … de ne pas avoir intégré. Je suis totalement vidé et je commence à en avoir un peu assez que l’univers joue avec mes nerfs.
-Tu as encore l’impression de manger un chocolat à la liqueur ?

Ma pitoyable tentative de plaisanterie arracha le frémissement d’un sourire sur les lèvres de Simon. Pourtant, son regard demeurait grave et alerte, rivé sur le bracelet de perle jaune et noire au petit soleil que m’avait offert Cédric. Il effleura la breloque du bout de l’index et finit par poursuivre du bout des lèvres :

-Il y a autre chose. Chourave m’a dit que Dumbledore voulait nous voir à dix heures.
-Dumbledore ? répétai-je et mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Alors il est … ?
-Apparemment, il était au Ministère, c’est lui qui a fait fuir Tommy… Et il est rentré à Poudlard dans la foulée.
-Mais Fudge n’a rien dit ? Et Ombrage ? Ombrage n’a pas dû se laisser faire !

Mais Simon n’avait visiblement pas les réponses, et je doutai même qu’il les ait réellement cherchées. Son regard était fixé sur ma breloque et pourtant j’avais la certitude que son esprit était ailleurs, bien plus loin. Il finit par refermer sa main sur mon poignet pour doucement me secouer.

-Tu lui demanderas. Mais dépêche-toi de te préparer, on doit y être dans une demi-heure …

Je bondis de mon lit, comme si des ailes m’étaient poussées en l’espace d’une seconde. Malgré tout, malgré la détresse qui semblait toujours briller dans les yeux de Simon, un immense sourire se dessinait sur mon visage lorsque je croisai mon reflet dans le miroir de la salle de bain, atténuant mes cernes et illuminant ma peau cireuse. J’avais enfin l’impression de recevoir une véritable bonne nouvelle, de celles qui changeaient les choses avec profondeur, celle qui faisaient d’embraser l’espoir qui n’était plus que fictif. Je me dépêchai de me doucher et d’enfiler un uniforme propre. Simon m’attendait dans la Salle Commune, le regard toujours étrangement éteint et se leva lorsque je sortis. Nous nous dépêchâmes de retrouver le bureau du directeur. Ce qui me frappa en arpentant les couloirs, ce fut que j’eus l’impression qu’un sortilège d’allégresse avait frappé l’école. Les visages étaient rayonnants et les élèves bondissaient devant un nouveau panneau de bois qui clamait :

PAR ORDRE DU MINISTERE DE LA MAGIE

Albus Wulfric Perceval Bryan Dumbledore est rétabli dans sa fonction de directeur de l’école de sorcellerie Poudlard, avec effet immédiat.
Les décrets d’éducation numéros 22 à 27 sont abolis à ce jour.

Signé : Cornelius Oswald Fudge.

Même Simon sourit en passant devant, pendant que les élèves massés devant le panneau discutaient, extatiques.

-Il parait qu’Ombrage est à l’infirmerie et que Dumbledore a demandé son renvoi ! On est débarrassé de sa vieille harpie !
-Mais qu’est-ce qu’il s’est passé, quelqu’un le sait ?
-Je ne sais pas, ça un rapport avec Tu-Sais-Qui … La Gazette n’était pas claire, ce matin …
-Et apparemment, Dumbledore est allé chercher Ombrage dans la forêt interdite. Michael l’a vu, elle était dans un sale état, ne me demande pas ce qu’elle faisait là-bas …
-Et bien, ça a déjà fait le tour de l’école, remarquai-je avec un sourire.

J’avais l’impression que les veilles pierres du château se remettait à respirer et que l’ambiance nauséabonde qui régnait depuis qu’Ombrage avait pris le pouvoir se dissiper enfin. Je souriais toujours lorsque j’arrivais devant le bureau du directeur, pourtant en m’immobilisant devant la gargouille qui m’avait tant effrayé étant petite, toute mon excitation retomba telle un soufflé pour ne laisser qu’une migraine qui témoignait de ma folle soirée et une inquiétude grandissante alors que la gargouille me dévisageait de ses yeux de pierre. Mon sourire se fana alors et je jetai un regard nerveux à Simon.

-Pourquoi il veut nous voir, à ton avis ? Je veux dire, toi, je comprends mais … Moi ?

Simon haussa les épaules avant de se frotter le visage pour se donner contenance. La commissure de ses lèvres se releva dans l’ébauche d’un sourire qu’il n’avait vraisemblablement pas la force d’esquisser.

-Peut-être qu’il a compris que tu étais la meilleure manière de me museler. Je ne sais pas si je dois bien prendre la chose … Bon, euh … Chourave m’a dit que Dumbledore était dans sa période « nid de cafard », tu crois que … ?

Il fut interrompu par l’agitation de la gargouille et du mur qui pivota pour révéler l’escalier mobile qui menait au bureau du professeur. Devant l’air surpris de Simon, j’eus un sourire amusé.

-… Que c’est son mot de passe ? Mais certainement.
-Ne fais pas la maline, toi, marmonna Simon en levant les yeux au ciel. Je te rappelle que tu vas voir Albus Dumbledore avec un début de gueule de bois.

Je lui jetai un regard noir – d’autant plus noir que la migraine se faisait de plus en plus cruellement sentir – et le laissai poser le premier le pied sur l’escalier. Bien sûr, il fut déséquilibré lorsque les marches s’élevèrent seule et je retins mon rire de mon mieux en le suivant jusque la porte de chêne massif. Ce fut sans doute dans l’empressement d’étouffer mon hilarité que Simon frappa à la porte en ignorant le heurtoir en forme d’aigle, les joues rouges de confusion.

-Entrez !

Le timbre de voix fit bondir mon cœur et m’arracha un sourire absurde. Et il s’agrandit encore lorsque Simon ouvrit la porte et que je vis Albus Dumbledore assis derrière son bureau à lire un parchemin, le soleil faisait scintiller l’argent de sa barbe et de ses cheveux. A ses côtés, Fumseck le phénix, plus petit et aux couleurs moins chatoyantes que la dernière fois que je l’avais vu, lissait ses plumes avec entrain. La vision rassurante diffusa une chaleur dans ma poitrine et ce fut sans crainte que je pénétrais dans le bureau avant même que Simon n’ait pu esquisser un mouvement.

-Heureuse de vous revoir, professeur.

Dumbledore sourit et lâcha son parchemin qui s’enroula gracieusement sur lui-même en effleurant le bureau.

-Le plaisir est partagé, Victoria. Je vous en prie, prenez un siège … Vous aussi, Monsieur. Bones, mettez-vous à l’aise … (Il poussa vers nous une boite argentée alors que nous installions). Un bonbon au citron ?

Nous refusâmes d’un identique mouvement de tête. Simon était tendu sur sa chaise, le dos raide, les mains nerveusement nouées sur ses genoux.

-Professeur, comme l’a dit Victoria, nous sommes absolument ravis de vous revoir … n’en doutez pas, simplement … comment… ?
-Par un malheureux hasard, entonna Dumbledore avec un fin sourire. Il se trouve que des événements ont amenés certains de mes élèves à se battre contre une partie des forces de Voldemort au Département des Mystères. Bien sûr, j’y ai accouru dès que j’ai su et c’est ainsi que je me suis retrouvé face à lui. Il s’est enfui au moment où bon nombre d’employés arrivaient pour commencer leur journée, dont le ministre lui-même qui a ainsi pu constater que monsieur Potter et moi-même n’avons cessé de dire la vérité depuis l’été dernier. J’ai considéré alors que j’avais la liberté de reprendre mon poste à Poudlard et de mettre fin aux fonctions de Dolores Ombrage. Vous n’aurez plus à souffrir de ses décrets absurdes, ni de ses décisions, ni même ses lamentables cours … Je suis navré de vous avoir laisser livrés à vous-même si longtemps.
-Ce n’est pas de votre faute, professeur, le rassurai-je avec un sourire. C’est celle du ministre … il va démissionner, d’ailleurs ?

Le léger sourire de Dumbledore se teinta d’un certain dépit.

-Malheureusement, j’ai bien peur que Cornelius Fudge ne tienne à son poste malgré ce revers. Mais peu importe les sombres manœuvres politiques, Victoria. Je vous ai convoqué là dans un but qui les dépassent et qui dépassent également ce qui se passe à Poudlard. Mais avant d’en venir … (Il se tourna vers Simon, qui écoutait le directeur sans le regarder, la mâchoire contractée). Je sais que le professeur Chourave vous a prévenu de la nouvelle incarcération de Robert Jugson … Comment vous sentez-vous, Simon ?

Il parut surpris – de la question comme de l’utilisation de ce prénom par l’éminent directeur. Puis une ombre s’abattit de nouveau sur son visage et ses doigts pianotèrent nerveusement sur ses genoux de façon méthodique, comme un code.

-Je n’en sais rien, avoua-t-il, sentant sans doute qu’il était inutile de mentir à Albus Dumbledore. J’essaie de me dire que c’est une bonne chose qu’il soit de nouveau à Azkaban, mais … professeur, il s’en est échappé une fois. Je ne peux pas croire qu’il en sortira une seconde fois. La prison échappe totalement au Ministère maintenant que les Détraqueurs suivent Tommy – euh Vous-Savez-Qui.

Un sourire fit frémir la barbe argentée de Dumbledore au lapsus de Simon et ses yeux étincelèrent de plus belle. Visiblement, c’était un surnom qui avait son approbation.

-Il est évident qu’il y aura un jour une nouvelle évasion massive, vous avez entièrement raison, mais je pense que Voldemort attendra un petit peu avant de la mettre en œuvre. Ce qui s’est passé au Département des Mystères a affaibli ses forces et fait voler en éclat son anonymat. Il va devoir trouver un nouveau plan d’action se réorganiser et pendant ce temps-là Robert Jugson restera à Azkaban.

Fumseck sur son perchoir poussa un cri, si pur, si tremblant qu’il sembla résonner au plus profond de mon être. Simon sembla également ressentir sa magie car les traits de son visage se détendirent et ses mains cessèrent de pianoter nerveusement. Dumbledore caressa les plumes écarlates de son oiseau.

-Ah, la musique … Plus magique que quiconque pourrait le penser … Mais vous vous en êtes rendu compte, Simon. Le professeur Flitwick m’a parlé de votre enchantement, une véritable prouesse quand on connait la force des sortilèges de Poudlard … Vous êtes talentueux, ne gâchez pas tout en poursuivant un fantôme.
-Je sais professeur, assura Simon d’un ton nettement plus froid. J’ai fini par le comprendre.
-C’est vrai ?

Je me mordis la lèvre trop tard : je n’avais pas pu endiguer ma surprise. J’avais beau deviner qu’un changement progressif s’opérait chez Simon, nous n’avions plus reparler de ses intentions envers Jugson depuis l’enchantement des armures. Il tourna la tête vers moi, un sourcil dressé, l’air vaguement agacé par mon intervention. Pourtant, un sourire releva la commissure de ses lèvres et son regard sembla s’éclairer pour la première fois depuis qu’il m’avait réveillé.

-Qu’est-ce que tu crois, je ne vais pas te laisser seule, Vicky. Regarde ce que ça donne, tu te fais courser dans les couloirs.
-Une affaire dont nous reparlerons, évidemment, intervint Dumbledore d’un air sombre. Scandaleusement menée …

J’écoutai à peine le directeur. Aux mots de Simon, j’avais eu une étrange réaction, entre l’envie de le gifler à toute volée et celle de lui sauter au cou et cela me laissa dans une situation de silence assez gênant où je le contemplais avec de grands yeux, le cœur battant la chamade. Des semaines à tenter de lui faire entendre raison … A user de tous les procédés à l’aide Susan … J’ignorais réellement ce que je ressentais à l’idée d’avoir réussi, de savoir que je n’avais plus à m’inquiéter de sa présence ou non dans ma vie future et alors que le soulagement déferlait en moi, je me rendis compte à quel point j’avais eu peur de le perdre, à quel point la simple possibilité qu’il s’éloigne m’avait tendu, crispé. J’eus l’impression de me détendre pour la première fois depuis des mois, depuis cette sortie à Pré-au-Lard où je l’avais senti m’échapper.
Peu importait ce qui se passerait une fois dehors. Il serait là.
Simon sembla lire tout cela car son sourire s’accentua, entendu, complice et le lien qui semblait se distendre entre nous se dressa une nouvelle fois, cette fois solidement. Puis un toussotement léger se fit entendre : Dumbledore nous contemplait, un léger sourire aux lèvres, attendant patiemment notre attention. Gênée, je pivotai vers lui, les joues rougissantes, mais le regard du directeur était plus particulièrement porté vers Simon, étrangement ému.

-Je vous félicite, Simon. Et permettez-moi d’ajouter … J’ai assez connu Edgar Bones pour savoir que s’il voyait l’homme que vous êtes en passe de devenir, il serait indéniablement fier de vous.

Simon déglutit, perdant soudainement son sourire et le peu d’assurance qu’il avait réussi à réunir. J’adressai un sourire approbateur au directeur. C’était précisément le genre de phrase que Simon avait besoin d’entendre pour remplir ce gouffre qui s’était ouvert en lui au moment où ses souvenirs s’étaient faits vivaces. Laissant les paroles pénétrer l’âme de Simon, Dumbledore pivota vers moi.

-Sachez également, ma chère Victoria, que pendant mon exil je suis allé visiter vos grands-parents dans leur charmante demeure de Portishead.
-Pardon ? me récriai-je, surprise.

Je réprimai la grimace qui me venait aux lèvres face à mon éclat et portai une discrète main à ma tempe. J’avais l’impression que mon cri se répercutait à l’infini dans ma boite crânienne. Dumbledore eut un vague sourire et agita souplement sa baguette pour faire apparaitre un verre d’eau qu’il fit léviter jusque moi. Je m’en saisis, vaguement honteuse de mon état.

-Oui, en effet. Ils ont été assez généreux pour m’accueillir une journée. Ce sont des gens très charmants et les pierogis de votre grand-mère sont absolument succulents … Je crains d’ailleurs avoir pris quelques kilos malvenus pendant mon dîner chez eux …

Je papillonnais des yeux, hébétées. J’avais beau tenté de me l’imaginer, l’image d’Albus Dumbledore avec sa longue barbe argentée et sa robe de sorcier dans l’impeccable salon de Jaga face à Miroslav Liszka peinait à s’imposer à mon esprit. Une sensation glacée vint m’étreindre, dissipant quelque peu ma migraine.

-Professeur … puis-je vous demander pour quelle raison vous avez rendu visite à mes grands-parents ?

A dire vrai, j’avais une idée assez précise de la réponse et cela acheva de totalement m’éveiller. Le regard magnétique du directeur dont l’intensité était si semblable à celle de mon grand-père était rivé sur moi. Pour une fois, nulle trace de pétillement ou d’amusement : juste de la gravité. Il ne paraissait pas presser de me délivrer sa réponse, alors ce fut Simon lui lâcha d’une voix abrupte :

-Vous lui avez proposé de se battre. C’est cela ?
-C’est cela, admit Dumbledore en inclinant légèrement la tête.
-Je vois, soufflai-je sans savoir si j’étais estomaquée ou vexée. Liszka, légilimens et ancien grand sorcier … un bel atout pour vous, pas vrai ?

Mon directeur ne se laissa pas déstabiliser par mon ton accusateur, mais Simon m’adressa tout de même un regard d’avertissement. J’avais beau le savoir, le sentiment de trahison se distilla dans mes veines comme un venin.

-Je dois admettre qu’une personne comme votre grand-père serait très utile dans la guerre qui se profile, avoua Dumbledore sans sourciller. Et d’ailleurs, il n’a pas hésité une seconde avant d’accepter ma proposition – après que votre grand-mère m’a fait promettre par divers serments dont certains étaient en polonais et en hébreu que je le laisserais défendre sa famille en priorité, ce à quoi j’ai bien sûr consenti. Amelia Bones lui a expressément livré l’autorisation de s’acheter une baguette et lorsque je l’ai vu, il était en train de se réhabituer à la magie. Il a gardé des réflexes remarquables.

Miro avait toujours eu une stature impressionnante mais l’idée de le voir utiliser une baguette me semblait presque terrifiante. Un instant, je regrettai ma décision de lui avoir demandé de reprendre le combat avant de me donner une bonne claque mentale : c’était pour le bien de ma famille. Le Miro Liszka qui m’avait élevé n’avait plus rien du meurtrier de Gdansk. Simon plissa les yeux et ses doigts se remirent à pianoter nerveusement.

-Et vous allez nous faire la même proposition, c’est bien cela ?

Les lèvres de Dumbledore se retoussèrent en fin sourire devant la perspicacité de Simon. Ça avait beau être une forte possibilité depuis que j’étais entrée dans ce bureau, mon cœur ne s’en serra pas moins. L’appréhension ne parvint pas à chasser la gêne d’avoir possiblement été utilisée par Dumbledore pour atteindre mon grand-père et je fus heureuse de voir le directeur croiser ses longs doigts face à son visage pour entonner :

-C’est effectivement que je comptais faire, Simon. Excusez-moi de vous prendre de court de si bon matin alors que vous êtes sans doute épuisés par vos semaines d’examen et éprouvés par les nouvelles matinales, mais le temps presse. La guerre que j’annonce depuis un an sort de la clandestinité pour se faire plus ouverte et le Ministère a déjà montré ses limites à pouvoir la mener de front. Il est souvent infiltré de toutes parts par des partisans de Voldemort, lent à la réaction en fonction des divergences au sein du pouvoir décisionnaire et paralysé par de puissantes familles, parfois partisanes qui ne souhaite pas voir leur beau monde bouger. Devant l’inertie du Ministère lors de la première guerre, j’ai constitué une association avec l’aide de certaines personnes dont vous connaissez sans doute les noms qui avait pour but de lutter contre Voldemort le plus efficacement possible, pour protéger la population et empêcher sa prise de pouvoir.

Son regard avait furtivement passé sur Simon lorsqu’il avait évoqué la fondation de son association, si bien que je fus persuadé qu’Edgar avait été l’un de ceux qui l’avait mis en place. Je n’osais imaginer ce qui pouvait bien être en train de battre dans le cœur de Simon. En un sens, cette association, c’était son héritage.

-Elle a pour nom l’Ordre du phénix, ajouta Dumbledore avec gravité. Je tiens à mettre les choses au clair, ce n’est pas une armée. C’est une association de personne qui œuvre pour le bien commun, guidé par des idéaux très clairs et ce, en marge du Ministère. C’est un aspect très important qu’il ne faut pas que vous négligiez : il s’agit d’actions officiellement clandestines. Bien sûr, le nom de l’Ordre du phénix est connu des hauts fonctionnaires comme des Mangemorts, mais il n’est pas reconnu officiellement et nous ne sommes pas affiliés au Ministère même s’il nous est arrivé de collaborer avec lui. Si dans une mission l’un des membres enfreint la loi, il sera donc susceptible d’être condamné par le Mangenmagot.
-C’est quelque chose de totalement illégal, alors, réalisai-je, assez embarrassée.
-C’est bien cela. Je vous demande ouvertement d’enfreindre la loi pour le bien commun.

Un frisson me parcourut l’échine face aux mots choisis. « Pour le bien commun » sonnait dans ma tête d’historienne comme un double vertueux de la devise de Grindelwald. A quelles extrémités avait-il été réduit pour accomplir ce qu’il pensait être « le plus grand bien » ? Et à quelles extrémités je serais moi réduite pour « le bien commun » ? L’illégalité avait tant de facette que j’avais commencé à effleurer cette année … Le maléfice contre Warrington, le sortilège des armures … C’était grisant d’effleurer les limites de Poudlard, mais dehors c’était une autre échelle – et des conséquences autrement plus importantes. Je lorgnais Simon du coin de l’œil en espérant lire son visage des appréhension semblables aux miennes, mais il était remarquablement impassible malgré sa fatigue manifeste. Il se frotta le visage, sans doute dans l’espoir de mettre de l’ordre dans ses pensées.

-J’ai entrepris depuis le début d’année d’observer ceux qui étaient susceptible d’avoir l’intention d’entrer dans la lutte contre Voldemort, poursuivit patiemment Dumbledore devant notre mutisme. Vous êtes tous deux des personnes droites et honnêtes et dont l’un des moteurs sont vos idéaux, votre grand sens de la justice et du combat pour la dignité humaine. Vous l’avez prouvé notamment en vous opposant d’une quelconque manière à Dolores Ombrage.
-Nous n’étions pas les seuls, protestai-je en croisant les bras sur ma poitrine. Et moi, je n’ai rien fait de probant, juste … chanter.
-Ne sous-estimez pas ce que vous avez fait, Victoria. Ce chant a apporté à Poudlard plus de force et d’espoir que la plupart des modestes éclats de vos camarades.
-C’était Simon. Son idée et sa magie.
-Tu as fini oui ? finit par s’agacer celui-ci en me fusillant du regard. Tu as autant à offrir que n’importe que qui, Vicky. Voire plus.

Dumbledore eut un sourire entendu alors que je posais un regard interdit sur Simon. Je n’étais pas habituée à ce qu’il me valorise ainsi et lui-même paraissait surpris par ses mots parce qu’il se trouva une passion soudaine pour la contemplation des étranges objets qui garnissaient le bureau du directeur.

-J’ajouterais à cela, enchérit Dumbledore, les yeux étincelants, qu’il est peu courant de voir une jeune fille être occlumente complète à seulement dix-huit ans. Et au-delà des capacités, Victoria, ce sont des personnalités que je recherche. Des personnes droites, honnêtes et loyales capables de se battre pour les bonnes valeurs. De plus vous avez un profile qui est des plus intéressants, Victoria : vous êtes calme et réfléchie, et les événements des derniers mois ont prouvés que vous étiez capable d’encaisser une grosse charge émotionnelle – la vôtre et celle des autres – sans plier. Vous êtes forte, Victoria et j’ai besoin de personnes fortes dans l’Ordre.

Mon visage s’embrasa alors que Simon cachait sa stupéfaction dans une petite toux. Dumbledore vrilla alors un regard entendu sur lui.

-Et c’est également pour cette raison que vous ai convoqué en même temps. Vous n’êtes évidemment pas les seuls de l’école auxquels j’ai pensé, mais j’ai préféré vous faire des propositions séparées afin que vous puissiez réfléchir seuls en votre âme et conscience. Simplement, d’après les dires du professeur Chourave qui m’a gentiment renseignée, vous êtes un cas … particulier.
-Particulier ? répéta Simon, dubitatif.
-Le professeur Chourave fait parti de l’Ordre ?

Je préférais me pencher sur ce dernier point plutôt que sur la dernière partie qui embrasait d’avantage mon visage. Et j’avouai caresser l’espoir que ma directrice de Maison en laquelle j’avais une foi absolue puisse me guider sur cet Ordre comme elle m’avait guidé à Poudlard, mais Dumbledore me déçut en secouant la tête.

-Non. Il ne m’appartient évidemment pas de révéler les identités des membres de l’Ordre qui demeurent secrètes – parfois même en son sein – mais je peux vous assurer que Pomona Chourave n’en fait pas parti. Son travail comme professeur lui prend toute son énergie, même s’il arrive parfois qu’elle me fournisse quelques plantes utiles pour nos potionistes … Enfin. Donc oui, monsieur Bones, « particulier ». Autant pour le reste de mes possibles recrues, j’ai préféré les laisser réfléchir sans pression extérieure, autant j’ai l’intuition que vous aurez besoin l’un de l’autre pour prendre la bonne décision. Intuition bien sûr guidée par Pomona Chourave.

Son regard se fit encore plus sérieux quand il se planta particulièrement sur Simon.

-J’ajouterais que l’Ordre du Phénix demande plus que des capacités certaines et une certaine force mentale. J’exige de ses membres une loyauté sans pareille mais également d’obéir aux ordres, que ce sont les miens ou de ceux à qui je délègue l’autorité. Cela nécessitera parfois de faire des choses contre lesquelles pour une raison ou pour une autre, nous sommes en désaccord et très souvent, cela demandera un grand sang-froid. Il est hors de question qu’un membre de l’Ordre compromette une mission en se laissant envahir par des émotions et des troubles personnels. Me suis-je bien fait comprendre sur ce point ?
-C’est vous qui ne m’avez pas entendu, professeur, rétorqua Simon avec un brin de sécheresse. Je vous ai dit que je n’avais pas l’intention de poursuivre des fantômes. Quant à entrer dans votre Ordre … (Sa bouche se tordit, marquant son indécision). Professeur, j’ai commencé un dossier pour entrer à l’IRIS et Victoria …
-Je ne vous demande pas d’abandonner tout cela, bien sûr. Il me semble évident que je ne vous demande pas sacrifier votre avenir. Vous pourrez bien sûr entrer à l’IRIS et miss Bennett devenir la future gardienne de l’équipe nationale. Vous pourrez aussi si c’est votre choix vous consacrer entièrement à l’Ordre, mais dans votre cas je ne vous le conseille pas. Si vous souhaitez vraiment être utile, il faut que votre formation comme sorcier soit complète et que vous sachiez pour quoi vous vous battez, que vous ne perdez pas le pied avec la réalité. Un homme trop enfermé dans sa lutte finir par perdre le contact avec le monde réel et fait des erreurs. En revanche, si c’est absolument nécessaire, il se peut qu’on vous appelle à un moment où vous serez indisposé par un cours ou par un match, une journée de travail, ce sont des choses qui pourront arriver. Et bien sûr vous serez très souvent sollicité durant votre temps libre.
-Ce serait donc mener une sorte de double-vie, conclus-je avec lenteur, saisie par l’enjeu. Et … concernant notre identité …
-L’identité des membres demeure secrète, comme je vous l’ai dit. A dire vrai, moi seul sait exactement le nombre de personne faisant parti de l’Ordre. Après, il se peut que lors d’une rixe avec des partisans de Voldemort, vous puissiez être reconnus et catégorisés comme appartement à l’Ordre du phénix.
-Sans compter les risques que cela pourrait occasionner pour nos familles si jamais nous sommes reconnus, réfléchit Simon. Nos familles et nos proches.

Dumbledore ne le démentit pas, se contentant d’une très légère inclinaison de la tête. J’appuyais mon pouce et mon index sur mes paupières, espérant que l’obscurité m’aide à réfléchir et à réinstaurer le calme en moi.

-Bon sang … C’est tellement …
-Encore une fois, je ne vous demande pas une décision immédiate, la rassura Dumbledore. Elle pourra attendre la fin de l’année scolaire. C’est pour cela que je vous ai si vite convoqué après mon retour, pour vous laisser au moins une bonne semaine pour réfléchir posément à ma proposition. Jusqu’au banquet de fin d’année, en réalité. Si vous avez des questions supplémentaires, je reste à votre entière disponibilité, vous connaissez mon mot de passe. Mais passé ce délai, je considérerais que votre réponse est négative et j’effacerais vos souvenirs. Je respecte le droit de chacun à vivre et à lutter comme il l’entend.

Je hochai distraitement la tête, l’esprit bouillonnant. J’avais l’impression de recevoir un flot d’information et d’émotion, et la fatigue et la migraine n’aidait en rien à ma réflexion. Malgré tout, alors que j’analysais mes sentiments, je fus surprise de l’étrange sérénité qui demeurait en moi. Je m’étais préparée à cela depuis ce jour sur le terrain de Quidditch où j’avais compris ce qui avait coûté la vie à Cédric et que cela même pouvait anéantir ma famille et mes proches. Et si cela était demeuré une hypothèse lointaine à l’époque, la résolution avait finir par enfler en moi, par plusieurs étapes. Le meurtre de mon meilleur ami. La menace qui pesait de tout son poids sur ma famille. Les révélations sur le destin des Bones – plus jamais ça … Ces « Sang-de-Bourbe » qui m’étaient devenu insupportable. Etais-je prête à mourir pour empêcher Voldemort d’accomplir son dessein ? Je l’ignorais et la perspective continuait de faire trembler mon être. Mais je ne pouvais simplement rester inactive alors que le monde valsait et menaçait ceux que j’aimais. Alors que j’étais en train de démêler tout cela, j’entendis la voix de Simon s’élever d’un ton suspicieux :

-Professeur … Est-ce que c’est pour convaincre que Victoria que vous avez commencé par parler de l’engagement de son grand-père ?
-Bien sûr que non, répondit immédiatement Dumbledore alors que je sursautais. J’ai parlé de cela pour qu’elle sache où en sont les choses chez elle, je doute que vous ayez eu beaucoup de nouvelle du fait de la censure de Dolores … Par ailleurs, sachez que vos familles se sont organisées si un jour, l’une de vos trois maisons était attaquée. Un système efficace, je dois le dire, ils vous expliqueront cela cet été. Et j’ai pu croiser votre frère aîné, Victoria, qui malgré une détresse émotionnelle semblait se porter comme un charme. Il a facilement accepté la nature de votre grand-père.

Malgré le goût aigre qui me montait à la bouche, je fus rassurée de savoir qu’un semblant d’organisation semblait prendre place entre les Bennett, les Bones et les Liszka. C’était en se regroupant et en comptant les uns sur les autres que l’on pourrait faire face à ce qui nous attendait. Dumbledore avait raison : j’avais reçu quelques lettres de ma mère mais totalement dénuées de véritables nouvelles, réduites à des banalités. Entendre cela était une véritable bouffée d’oxygène.

-Très bien, c’est une bonne chose, chuchotai-je, avant de m’éclaircir la gorge et d’ajouter plus haut : merci, professeur.
Malgré le sentiment aigre-doux qui entourait le lien entre Dumbledore et ma famille, je me refusais à en oublier la politesse.
-Un plaisir, Victoria. A présent, je vais vous laisser réfléchir à ma proposition – bien que je pense que c’est une décision qui a déjà longuement maturé en chacun d’entre vous. Victoria, bon courage pour vos essais lundi. Et Simon, j’ai très personnellement écrit à la directrice l’IRIS pour soutenir votre candidature. Je pense que vous aurez sa réponse au cours de l’été …
-Merci, professeur.

Nous finîmes par nous lever de nos chaises et après un dernier « au revoir » adressé au directeur, je suivis Simon hors du bureau, assez troublée par le choix qui s’imposait à moi, à la fois si évident et si difficile. Bien sûr que je voulais me battre, protéger ma famille, m’assurer un avenir dans un monde juste. Bien sûr qu’en cela, joindre cet Ordre du phénix semblait être la porte rêvée puisque le Ministère refusait d’avancer.
Mais à quel prix ?
Je secouai la tête et grimaçai devant l’élancement que cela causa. Je n’étais pas en état de prendre une décision. Il faudrait me servir de la semaine accordée par Dumbledore. J’attendis d’avoir dévaler les marches mouvantes avant de rejoindre Simon d’un bond et enrouler mon bras autour du sien, m’appuyant sur lui comme je l’avais toujours fait. Il ne repoussa pas, il ne marqua pas le moindre signe d’agacement ou de moquerie : il me laissa faire avec bienveillance. Ma main se crispa sur son bras alors que les mots qui avaient ouverts l’entretien me revenaient en mémoire.

-Alors comme ça, tu resteras debout et fort à mes côtés ?

Un léger sourire retroussa les lèvres de Simon mais il évita soigneusement de me regarder. J’ignorais si l’entretien l’avait apaisé, mais son visage était moins las, plus déterminé, plus résolu. Une belle énergie semblait irradier en son sein.

-Pour un jour voir quel monde il y a de l’autre côté de la barricade, acheva-t-il avant de reprendre son sérieux. C’est toi qui m’as dit que je valais mieux que de l’ombre et la poussière, Vicky. Au final, il se peut que tu avais raison. Je n’ai pas le droit de me laisser sombrer. Pour moi et pour les autres.

J’acquiesçai, soulagée au-delà des mots de l’entendre prononcer ces phrases. J’avais l’impression que monde vacillant se stabilisait, atténuant l’angoisse que je ressentais à l’idée de ce qu’il m’attendait, de l’imminente guerre que je devrais mener pour me protéger moi et mes proches. C’était incroyable comme tout semblait plus facile lorsqu’on avait la plus profonde certitude que, quoiqu’il arrivait, on n’avançait pas seul. Cette force qu’avait loué Albus Dumbledore en personne, j’en avais besoin et elle n’existait que parce que Simon était à mes côtés. Pressant son bras, je lui souris, un sourire de défi, de remerciement, de résolution.

-Mais avant de retourner à la poussière, on se battra. Pas vrai ?

Simon s’immobilisa pour enfin tourner les yeux vers moi. L’émeraude avait enfin céder à la couleur naturelle de ses prunelles, ce vert mousse, clair et chatoyant qui semblait se réfracter en milles nuances différentes, une couleur plus belle, celle de l’espoir. Les yeux que son père lui avaient légués. Sa main descendit jusque la mienne et il noua les doigts aux miens pour les serrer.

-Oui, Victoria, on se battra.
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Ah!! Super chapitre comm d'hab !!

Oui, je suis trop contente de cette discussion avec Dumbledore. Il y avait plein de détails, de dialogues super intéressants ! Vraiment ça m'as trop plu. J'ai hâte de voir Simon et Vicky au sein de l'ordre !

Le moment ou Vic fait son Patronus m'a beaucoup émue aussi !! Le fait que Poudlard lui ait apporté l'estime de soi. Je trouve ça très beau et très juste ! On en parle pas assez de l'estime de soi alors que c'est vraiment un sujet capital je trouve, j'adore en parler avec des gens persos.
Et un faucon et un colibri ! C'est super mignon !

Bref, hâte de voir leurs relations évoluée ! C'est abusé comme Dumbledore et Chourave shippent Simon et Vic ! C'est grave chou !
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Coucou ! Je ne m'excuse même plus de mon retard haha

Chapitre 27 goooooooo

Déjà le titre m'évoque Javert hein
AND IF I FAAAALL AS LUCIFER FEEEEEEEEEEELL I LL FAAAA-AAAAL IN FLAAAAAAAAAAAAAAAAAMES (with flames ? Tais toi Clem :lol:)
lorsque les armures cessèrent de répondre à ma voix, ce furent les élèves qui le firent et on entendait régulièrement quelqu’un siffloter l’air avec insouciance dans les couloirs
C'est beauuuu
comme lui avait fait vertement remarquer McGonagall, elle ne pouvait pas plus nous empêcher de chanter que d’être malade pendant ses cours
Elle doit tellement y prendre un malin plaisir haha
Flitwick lui apporta une boite de souris en sucre qu’il partagea avec moi et McGonagall accorda mystérieusement trente points à Poufsouffle après avoir décréter que la métamorphose du furet de Simon en mésange était l’une des plus belles réussites qui eue été faite dans l’école.
Ils me tuent hahaha ils sont tellement pas discrets
Emily m’avait quant à elle proposé une trousse remplie de produit diverses confectionnés par ses soins et j’avais reconnu avec une grande gêne la potion contraceptive parmi les flacons.
L'idée de cadeau est hyper stylé mais en vrai c'est trop bizarre d'offrir cette dernière potion :lol: "Tiens une boîte de capotes, joyeux anniversaire"
OOOOh le cadeau de ses pareeeeeeeeennts
Ça aurait été parfait d’avoir accès aux archives polonaise pour donner plus de solidité à notre devoir …
Il faut savoir arrêter son travail de recherche à un moment haha
Je n’y peux rien si je suis naturellement doué … Non Vicky ne me frappe pas !
Pouahahahahahahah
En fait, c’est elle. Mon père et elle ont fini par tomber amoureux, c’est une belle histoire
Trop chouuuuuuuuu je peux écrire un spin-off dessus ? :lol:
Simon lui jeta un regard torve par-dessus Hamlet.
-Ça fait six ans que tu la vois me frapper et tu viens seulement de te rendre compte qu’elle était méchante ?
Il peut parler le corniaud :lol:
trainant à sa suite des Harry et Ron qui la fixait l’air consterné
Je me demande le nombre de fois où les garçons ont regardé Hermione avec cet air :lol: La pauvre haha
mais il me semblait qu’au-delà de cette lumière les joues de Simon avaient légèrement rosies.
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIH
Ce fut le moment que choisit Simon pour relever la tête et darder son regard intense sur moi. Mes joues s’enflammèrent pour de bon mais je fus forcée d’acquiescer à contrecœur
Argjsklfjlmakfzejbvkrhbgjqcokl,sdmlogjaiqdjkslhfljdgh
-Bon, du coup … Qu’est-ce qui te fait peur ? C’est l’idée de quitter le nid ou … c’est Miles ?
J'adore comment ça devient une conversation hyper gênante alors que c'est même pas ses meilleurs potes haha (surtout Octavia)
l’amour, lui n’était jamais venu.
C'est horriiiiible
Bennett est tellement pleine de bons sentiments qu’elle serait capable de laisser gagner son copain.
Lol il la connaît pas du tout ou quoi
-Ma sœur a eu la stupidité de donner notre adresse à ton frère qui depuis lui envoie toutes les semaines – voire plusieurs fois par semaine – des lettres
mais non :lol: Pas très digne Alexandre
soudainement, mon dos me brûla, si cruellement que cela m’arracha un cri. Je sentis mes forces m’abandonner et tout mon corps se relâcha : laissant tomber ma baguette et mon balai, je m’écroulai et les escaliers m’avalèrent dans une douloureuse obscurité.
Mais quoiiiiiiiiiii c'est scandaleux ! J'ai pas trop commenté parce que j'étais prise dans l'action, c'était super bien narré Perri ! (haha j'entends ma nièce qui chante dans son lit dans la chambre au-dessus de la mienne)
Et elle s’intensifia, s’acidifia tel un poison lorsque je me rappelais que la plupart des recruteurs venaient observer ce match.
Mais c'est horrible làààààààààààà
Ils ont dit que tu les avais attaqués à Ombrage
Rah les sales rats
il a crié plus vite et plus fort que tout le monde.
-Je pense que si on ne l’avait pas retenu, il aurait lancé un sort à Warrington aussi,
Simon je t'aime <3 Quand on voit le décalage avec l'attitude de Miles c'est triste
C’était injuste de lui en vouloir à lui, me répétai-je sans pouvoir empêcher un sentiment de trahison me grignoter le ventre. C’était injuste … Toute cette situation n’était qu’injustice.
Ouais enfin c'est lui qui aurait dû gueuler à la place de Simon
La preuve que si tu n’es pas là pour me tenir la main je suis totalement en roue libre …
Il s'en rend compte :')
Un léger sourire flotta sur les lèvres de l’infirmière
Est-ce qu'elle a fait des paris haha ?
Elle m’a parlé d’Egard et … de mes parents, rectifia-t-il de lui-même et ce fut une mini-victoire pour moi. De ma famille en générale, que les Bones étaient une immense imposture, que mon père avait usurpé sa place … Que je ressemblais à ma mère … et que je risquais de finir comme elle. Bref, pas des choses très agréables. Je pense que si j’avais eu ma baguette sous la main, j’aurais peut-être craqué.
Mais elle est sérieuse c'est quoi cette torture psychologique je la déteste là
j’ai réalisé qu’en fin de compte … j’étais fier d’être leur fils.
Oh Simon T.T T.T T.T T.T T.T
Oui, je n’oublierais plus jamais.
C'est ce qu'on dit et on finit par oublier sa baguette sur le canapé
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Huullo !
Et dire que c'est à partir de CE chapitre que j'ai pas commenté BOUUUUUH *se passe les mains sous le fer à repasser*
mais Poudlard gardait du printemps les effluves de l’espoir
oooh bah c'est zoli comme phrase
C’était une ambiance grisante, je devais l’admettre.
REVLUTIOOOON

Je préviens, je risque de faire ma révolutionnaire dans ce chapitre, il prête trop à la révolte (ET BORDEL J'ARRIVE PAS A TAPER SUR LE CLAVIER)
qu’ils me convoqueraient tous la même journée
mais elle va être fatiguée pour le dernier non ? Et si c'est son préféré et qu'elle rate la sélection à cause de sa fatigue ?
tu serais sans doute plus en sécurité en Bulgarie qu’ici
Mais ARRRRGH arrêtez de vouloir l'éloigner de l'action, c'est un sentiment de lâcheté que tu ressens si tu pars en exil !
Ses parents ne sont pas morts pour qu’ils prennent des risques insensés, enfin !
il va nous faire une Martin le Simon (N'EST-CE PAS CAZO)
Mais ce n’est pas idiot, il faudrait réussir à faire glisser la responsabilité de la main à la tête …
Vic: *plaide pour cette technique*
Simon *prépare des plans pour tuer Voldemort*
Ça fait longtemps que je sais qu’il n’est pas mon père biologique
AH OK PARFAIT
Elle est A+, lui AB+ et moi O
BON. On va dire qu'elle a eu de la chance parce que A+ c'est la grosse majorité de la population, si elle était aussi A+ elle aurait rien pu deviner :lol:
Mais sinon c'est cool qu'elle change de mentalité la maman
donc si je vais là-bas je ne serais pas dépaysée.
c'est là que je me dis que sur ce niveau je suis pas DU TOUT comme Vic, je voudrais tellement pas rester dans la région où j'ai vécu toute ma vie haha
Allez, viens, ne restons pas là …
Mais
QUOI ??? Mais tu fous quoi Miiiiiiilleeess
Et bien qu’elle le découvre, je me ferais charcuter la main, et après ?
ouiiiii révolte toiiiii
Des pouvoirs de ses Mangemorts ? Ce sont des forces qui nous dépassent totalement !
mais je comprends paaas aaaah, il faut se battre là, c'est les premiers concernés, si tout le monde se dit ça Voldemort gagne c'est sûr quoi
Que je vienne vivre avec toi ? complétai-je avec lenteur.
mayday mayday
j’en fus bouche bée et piquai un fard
mouahahahaah première étape pour dire que Simon sort de la friendzone :lol:
’était la chanson qui tournait en boucle dans mon poste de radio cet été,
* dans mon ordi et portable cette année
Do you hear the people sing?
IIIIIIIIIIIIIIIIIIYYYYYYYYYYYYYYAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH
Limite je finis debout sur mon bureau avec un drapeau français dans la main
Accoudée à la balustrade de l’escalier
j'ai lu barricade
Une armure devait avoir entendu ma voix car le chœur se remit immédiatement à chanter
pouahaha donc dès qu'elle dit un bout de chanson, du genre "will you" qui est très classique dans les conversations, t'as toutes les armures qui vont se mettre à chanter c'est ça ? :lol: :lol: "non mais non, mais bouclez là vous!" :lol: :lol: on dirait un vieux mythe grec d'un vœu qui tourne en malédiction, en mode Midas :lol:
peut-être que je me joindrais à la croisade,
*armures qui chantent* JOIN IN OUR CRUSADE
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Chap 27
ce furent les élèves qui le firent et on entendait régulièrement quelqu’un siffloter l’air avec insouciance dans les couloirs
trooooop COOOL
Tranquillement occupé à lire pendant que nous on s’acharne …
lire Hamlet, c'est pas tranquille, surtout en anglais (eh il va peut-être trouver les vers de Vic)
on m’a dit que je ne pourrais jamais faire de sport,
"finis le sport Roger !"
*devient capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle*
une sorte de magie amoureuse les liaient à jamais. L’idée était absurde,
heu. Ouais ? désolée hein, mais je me doutais bien que ça existait les divorces haha
la Coopération Magique internationale
BADASS (copine d'étude sup <3)
je donnai un coup à son livre qui alla s’écrasa sur son nez.
ehhhh mais tu vas lui péter le nez fais gaffe :lol:
-Et c’est moi qui manque d’humilité ? s’offusqua Simon.
mais grave c'était hyper prétentieux :lol:
mais il me semblait qu’au-delà de cette lumière les joues de Simon avaient légèrement rosies.
iiiiiiiiiiihh ahhahahahahaha je fonds, surtout avec la phrase d'après
Doute que les étoiles ne soient que flammes, doute que le soleil n’accomplisse son tour, doute que la vérité soit menteuse infame … mais ne doute jamais de mon amour.
de 1) je suis soûlée parce que je voulais utiliser cette citation pour mes annonces de chap, de 2) c'est abusé cette phrase parce que Hamlet était un gros co*** avec Ophelia, donc je trouve assez hypocrite de sa part
darder son regard intense sur moi
*wink wink* *smiley ambiguë*
-Tu rêves que Bletchley te prononce ces phrases ?
gros silence malaise (je vois trop Simon perdre son sourire ahhhh le pauuuvre)
C’était une vision plus angoissante que romantique.
AOUUUUCH
J’étais censé rêvé que le garçon que j’aimais me regarde droit dans les yeux et me les déclame.
sommage, Simon ne la regardait pas... (la prochaine fois ? :mrgreen: :mrgreen: )
Pour nous c’est normal d’envisager sa vie entière avec la personne avec laquelle on est à Poudlard
eh mais Simon a dû flipper lui, parce que les normes sorcières il les connaît, il a dû se dire "c'est râpé pour pécho Vic, elle va se marier avec l'autre Bletchley" :lol:
l’amour, lui n’était jamais venu.
*about to break up*
-Sois naturelle, Bennett, ne fais pas comme si je t’avais kidnappé, me chuchota-t-il en me faisant avancer dans le couloir.
-Mais qu’est-ce que tu me veux ?!

J’aurais voulu me détacher, mais sa prise sur mon bras était trop forte et il me dirigea avec une poigne autoritaire.
j'ai l'impression de vivre la scène de Minerva avec Lewis :D (si jamais quelqu'un s'en souvient après tout ce temps)
Alex envoie des lettres à Mel ?
c'est horrible, ça fait harceleur là :? :lol: (ok je lis la suite, il envoie des lettres d'amour, mais mec elle t'a quitté quand même)
Cinquante points en moins pour Poufsouffle, Bennett !
oh nooon on avait dit pas les poiiints
La vache le Malefoy faut le pendre par les pieds aux cachots
Me dis pas que le match est passé et que Poufsouffle a dû déclarer forfait quand même
-Je suis désolée Bennett, vous ne pourrez pas tenir votre rang.
NON NOOOOON Putain c'est trop injuste j'ai la haine
Non mais vraiment, genre j'ai envie de les éclater contre le mur
La mention de Miles me donna une furieuse envie de marteler mon lit de coup de poings
justement, j'allais dire qu'il allait s'en prendre plein la tronche
Ils ont dit que tu les avais attaqués à Ombrage,
si j'avais été à la place de Miles, je crois que j'aurais démissionné de mon poste de capitaine + de gardien de l'équipe, afin de bien boycotter l'équipe de Serpentard. Impossible de cautionner ce qu'il s'est passé, le problème c'est que Miles a son ambition trop forte pour faire ça...
Et je n’aurais pas été contre, tu aurais vu le sourire qu’il avait …
oh j'ai des pulsions violentes et sanguinaires qui me viennent
HOLD ME BACK
une semaine de retenue et son badge de préfet-en-chef retiré. Elle l’a donné à Selwyn.
boh, ça va, exclu de Poudlard ça aurait catastrophique parce que pas de diplôme, mais clairement, à 1 mois de sa fin d'année, il en a que faire de son badge de préfet en chef, surtout que Selwyn est pas trop radical, c'est même pas Warrington qui l'a obtenu
Complétement brisé, ils l’ont cassé en plusieurs morceaux … Des morceaux irréparables.
mais vraiment Perri j'ai tellement la haine
Prends soin de toi.
*Garnier*
s’en retourna aux soins de Montague
borf, on peut le laisser gémir dans son lit lui, non ?
« Je dois respecter l’autorité »
encore plus douloureux que la punition physique

La douleur de Vic est très bien décrite, j'avais tellement la haine, la rage et la colère (et aussi tellement de frustration) j'aurais voulu éclater les Serpentard responsables
Et la scène Simon/Vic est douce et amère, j'aime beaucoup qu'il accepte enfin son ascendance familiale
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Chap 28
Bon sang, ça avec Bennett, ce ne serait jamais passé.
ficèle à Vic mais pas cool pour le pauvre petit gardien/ne qui remplace
Je pestai dans mon lit d’infirmerie, fulminante, alors que Montague quelques lits plus loin brandissait le poing en l’air.
va y avoir un fight dans l'infirmerie, je l'étouffe avec l'oreiller
Tu vas voir qu’ils vont aller la gagner pour toi, maugréa-t-il en nouant ses doigts à l’arrière de sa nuque. En plus Jordan fait ta pub, là, donc c’est pas perdu pour les recruteurs.
ah ok, pas si virulent que ça le Montague

Mais D'OU MALEFOY CHOPPE LE VIF ???? D'OU ???
Et avec le bon roi Weasley, Gryffondor va lamentablement perdre la semaine prochaine, c’est comme si on avait déjà la coupe !
Que tu crois mouahahaha
j’ai envoyé à cognard à Warrignton qui l’a mis K.O., je lui ai fait perdre quelques neurones supplémentaires.
pas possible, tu peux pas faire perdre des neurones à quelqu'un qui n'en a pas à la base voyons
la serre dorée des Harpies de Holyhead
ah non hein, y a déjà Holly dans Minerva qui veut aller chez les Harpies ça suffit là, les gens vont m'accuser de plagiat entre Benett, Cora et ça
Aucun joueur de son équipe n’était venu fêter la victoire avec lui
ah dur

J'aime trop al relation des Poufsouffle avec Chourave, c'est un peu leur maman de Poudlard haha
Oh, vous pensez qu’elle pourrait plutôt le transformer en crevette ? enchéris-je avec un immense sourire. J’en rêve depuis des années !
*ouvre son fichier word, mets des lunettes badass* je m'en charge

C'est un peu vexant que Simon n'ait pas parlé de l'IRIS à ses amis non ?
e seul autre étudiant à Poudlard qui en aurait les capacités serait Hermione Granger,
ouais peut-être, mais Hermione c'est plus de l'intelligence brut parce qu'elle mange les livres (elle aussi sûrement des capacité intellectuelles très élevées), alors que Simon c'est un instinct et c'est naturel

Aw Dobby <3
Une photo de Cédric.
wait
WHAT
elle était amoureuse de Cédric ?
WHAT WHAT WHAT
Oh noooon c'est horriiiible
Faudrait que je regarde dans la T1 si y a des signes qu'elle l'aimait, y en a ?

Tu sais ce que je pense de la scène de rupture entre elle et Miles, c'est vraiment doux-amer mais au moins les complications à ce niveau là s'arrêtent
C'est quand même triste mais on savait que ça allait arriver, du coup on ressent bien les sentiments conflictuels de Vic, que cette rupture, même si douloureuse, était nécessaire
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Chzp 29 (oh la la le gros chapitre)
au moins une personne venait me voir pour me demander si j’étais encore avec Miles
oh les relous "eh eh, c'est vrai que t'as rompu avec Miles ?"
à côté duquel nous avions tous l’air de singe armés de bâton.
cette comparaison :lol:
Avec ta petite taille et tes cheveux bouclés, j’ai cru que tu étais Ombrage !
c'est cadeau c'est gratuit :lol:
McGonagall m’ont fait de belles lettres de recommandations.
"d'une impartialité douteuse, Mr Jordan compose tout de même avec humour et décadence, afin de garantir du bon temps à tout un chacun"
Je pense vraiment que tu mérites mieux que Bletchley, Bennett.
j'aime pas quand les gens disent ça, ça sous entend que la personne avait zéro intérêt et que c'était une erreur d'avoir été en couple avec elle (ce qui n'est pas le cas pour Miles)
puis ses petites pattes griffues allèrent gratter du côté de ma gorge et agrippèrent ma chaine en or.
putain on dirait mon chat, aussi vicieux quoi; le mien il nous amadoue pour ensuite essayer de chopper la bouffe dans notre assiette
C’est « organiser » ou « défendre » ?
-Je crois que c’est « abattre » en fait …
OUIIIII A L'AAATTAAAAAAQQUUEEE
la jeune fille semblait être de celles qui souffraient en silence et en solitaire
well, typiquement moi
-Victoria Bennett, faire l’autruche, ce n’est pas la solution …
-Oh ça te va bien de dire ça …
pouahahaahaha alles, CHEH
Moi aussi je l’ai vu, on aurait dit un sort de stupéfixion, il était rouge,
ah mais oui naaaaaaan Minervaaaa
La Salle Commune sera bien triste sans Simon et toi qui hurlent tout le temps dedans.
ah mais oui c'est vrai ça va faire vide
j'aime bien que plusieurs élèves de différentes années soient aussi proches à Gryffondor par exemple y a beaucoup plus de hiérarchies entre les âges
OH c'est trop cool qu'elle réussisse son patronus comme ça !! :D bonne idée !
les Détraqueurs suivent Tommy – euh Vous-Savez-Qui.
il serait peut-être temps de l'appeler Voldemort au moins quand tu veux pas dire Tommy non ?
Puis un toussotement léger se fit entendre
ça va je vous dérange pas ? :lol: :lol: oh je t'ai raconté la fois où avec une amie en plein cours d'éco au lycée on parlait en langue des signes et le prof nous a crâmées ? :lol:
-Sachez également, ma chère Victoria, que pendant mon exil je suis allé visiter vos grands-parents dans leur charmante demeure de Portishead.
Wuuut au calme il est passé prendre le thé :lol:
Liszka, légilimens et ancien grand sorcier … un bel atout pour vous, pas vrai ?
son accusation de manipulation est même pas cachée quoi :lol: :lol:
C’est une association de personne
"ce sont des bénévoles qui distribuent des stylos et des T-shirts "mort à Tommy" dans les rues de Grande-Bretagne. Z'êtes partants ?"
-C’est quelque chose de totalement illégal, alors,
so exciting, RESISTAAAANCE
Je vous demande ouvertement d’enfreindre la loi pour le bien commun.
#politique de Martin Luther King
la contemplation des étranges objets qui garnissaient le bureau du directeur.
objets qui vont être fracassés dans le prochain entretien étudiant
Vous êtes forte, Victoria et j’ai besoin de personnes fortes dans l’Ordre.
Alors explique ce que PETER PETTIGROW faisait au sein de l'Ordre ???
Et … concernant notre identité …
"vous aurez des pseudos. Victoria, vous serez Petit soleil volant, et Simon je vous nomme Bonnet orange miteux."
Sans compter les risques que cela pourrait occasionner pour nos familles si jamais nous sommes reconnus, réfléchit Simon. Nos familles et nos proches.
mais quand même... ils ont 17 ans quoi, c'est pas trop normal de demander ça à des gamins... Moi à 17 ans je me préoccupais du bac hein, c'est pas le même délire
Elle pourra attendre la fin de l’année scolaire.
qui est dans une semaine, top chrono
Et Simon, j’ai très personnellement écrit à la directrice l’IRIS pour soutenir votre candidature.
obligé il est pris si Dumbledore fait une lettre :lol: :lol: (c'est une technique pour que Simon accepte de faire partie de l'Ordre)
Mais à quel prix ?
bah c'est pas elle qui hésitait de faire un job dans le Quidditch parce qu'elle ne se sentirait pas utile ? Voilà ta chance je comprends pas là :lol:
-Pour un jour voir quel monde il y a de l’autre côté de la barricade,
GHJJKKYYY
-Oui, Victoria, on se battra.
Vive la France !
Quoi mauvais fandom ? oups

Voilàààà fini de rattraper le retard, je veux bien promettre que j'aurais plus de retard, mais comme je tiens jamais mes promesses à ce niveau là, bah je dirai rien, mais j'essaierai :lol: en tout cas c'était vraiment trop bien à lire d'un coup, on rentre dans la bataille ET CA c'est cool et excitant ! :mrgreen: :mrgreen:

BISOUS
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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Alleeeeeeeeeeeeeez
Bon sang, ça avec Bennett, ce ne serait jamais passé.
Pas très impartial ça Lee
Je regrettais presque ma décision : cela m’aurait détendu de passer ma frustration sur lui.
Le pauvre haha, il a été suffisamment blessé comme ça par Ombrage
S’ils devaient se venger, c’était sur le terrain
Quel bon capitaine, cette Victoria :')
Montague planta un regard noir sur moi.

-Tu vas voir qu’ils vont aller la gagner pour toi, maugréa-t-il en nouant ses doigts à l’arrière de sa nuque. En plus Jordan fait ta pub, là, donc c’est pas perdu pour les recruteurs.
J'ai eu l'impression de voir Marcus là haha
(MARCUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUS)
Et avec le bon roi Weasley, Gryffondor va lamentablement perdre la semaine prochaine, c’est comme si on avait déjà la coupe !
OH TOI TAIS TOI HEIN
Franchement, un des trucs les plus cruels inventés par les élèves de Poudlard ce truc
Poufsouffle est champion dans mon cœur
POUFSOUFFLE CHAMPION DANS MON COEUR FOREVER
Elle me tendit alors une lettre cachetée par un sceau de cire orange creusé de deux « C ». En le remarquant, Kenneth m’arracha presque la lettre des mains pour l’observer d’un peu plus près, les yeux écarquillés.

-Mais c’est l’emblème des Canons de Chudley, ça !
J EN ETAIS SURE HAHAHAHAHA
Même Montague, seul dans son lit, m’adressa un signe de la tête approbateur
Marcuuuuuus (bon j'arrête)

Je suis trop contente pour Viiiiiic et puis que tous la soutiennent ça fait tellement plaisir
l’éviction de la moitié de l’équipe de Gryffondor en novembre
J'avais oublié tiens. Pauvre Harry
Elle était plus longue et plus épaisse, mais c’était indéniablement du bois de saule
Perri Passion Baguette / résultat du confinement
La fracture entre nous était plus que consommée et plus je réfléchissais, plus j’avais la certitude qu’il était impossible que notre couple survive à Poudlard.
Ca me rend trop triste, parce que j'espère bien ne jamais devoir vivre ça un jour T.T
Et alors qu’ils évoquaient notre avenir, je voyais souvent le regard de mes professeurs vagabonder sur une chaise vide qui avait un jour accueilli Cédric
Ca va, heureuse de nous ENFONCER ?
Elle nous observa réviser d’un œil scrupuleux, particulièrement planté sur Simon qui n’avait même pas daigné ouvrir un manuel.
Ca me dégoûte ce genre de personne haha
L’IRIS demande qu’un dossier soit envoyé avant-même les ASPIC et tous les professeurs vous ont fait une lettre de recommandation. Vous vous êtes décidé ?
Le quoi ? ?
Okay j'ai lu : MAIS C EST TROP STYLEEEE
T’es un idiot, Bones, le tançai-je, exaspérée. Franchement, est-ce qu’il y a une voie qui te plairait plus que ça ?

Simon me lorgna l’air agacé mais Chourave me lança un regard entendu, presque soulagé.
Les profs s'appuient tellement sur Vic pour le gérer, c'est abusé :lol: :lol:
Simon rejeta sa tête en arrière avec un grognement étouffé, vaincu par notre coalition.
Ils sont tous en mode coalition depuis 2 chapitres haha
En fait on voudrait … une vingtaine de sandwich, si ça ne te demande pas trop de travail, bien sûr
Tellement un truc de Pouffy de faire un pique-nique géant dans leur salle commune haha
-Renata, tu as …

Je me figeai en posant les yeux sur le papier. C’était une photo, en réalité.
Une photo de Cédric.
NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN
PERRI, ça me donne envie de pleurer, c'"est trop triste qu'elle se balade une photo de lui un an après
Elle l’avait vu risqué sa vie dans le tournoi, sortir avec Cho … puis mourir dans le labyrinthe.
Cette phrase est si bien construite et tellement horrible du coup. Je te déteste Perri T.T
Sans comprendre pourquoi, cela continuait de me troubler et je repoussai la réflexion pour passer sur des choses plus urgentes
C EST PAS URGENT CA PEUT ETRE
nous devions préparer la soutenance qui nous servait d’épreuve pour l’examen.
Traumatiiiiisme
L’habituelle brume argentée jaillit de la pointe de sa baguette mais au lieu de se répandre dans l’espace comme pouvait le faire le mien, elle se massifia et se solidifia en une silhouette munie d’ailes et d’un bec acéré.
Résultat du confinement 2
Simon était quelqu’un de très pudique malgré ses fanfaronnades. Je fus d’autant plus touchée d’avoir ainsi insisté à la formation d’un patronus de sa part.
Il va pas rester pudique longtemps avec elle 8) (bon j'arrête)
La tentation passée, je pus tourner mon regard vers Miles et mon cœur se serra.
C'est horriiiiiiiible c'est horrible je veux pas lire ça
Simplement … je ne sais pas, j’étais là, aussi, ça aurait dû compter.
EXCUSE MOI comme ça aurait dû compter qu'ils attaquent Vic
AH bah voilà elle est d'accord avec moi
Elles ne lui avaient pas effleuré l’esprit.
C'est tellement un mec. Parfois, je vous déteste les gars :lol: :lol:
un moment où il s’était rendu compte qu’il ne m’aimait pas assez pour sacrifier la moindre partie de lui.
Cette comparaison avec le moment juste avant où Vic dit que Simon et elle sont prêts à tout sacrifier l'un pour l'autre

J'ai pas beaucoup commenté parce que c'était horriiiiiiiiiiiiiiible, c'est bien plus affreux cette rupture sans cri, avec l'acceptation de l'amour qui meurt. C'est monstrueux, et tellement réaliste que j'ai envie de pleurer T.T C'était vraiment un super passage Perri, et tu as superbement mené leur relation tout le long jusqu'à ce point de rupture
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Allez j'ai bientôt rattrapé mon retard haha (tout ça pour en reprendre dès le 7 septembre agreg oblige)

Chapitre 29
Tous les jours, au moins une personne venait me voir pour me demander si j’étais encore avec Miles, remuant ainsi le couteau dans une plaie déjà ouverte et béante.
Nan mais à Poudlard on se croirait dans gossip girl
Susan me sauva la mise en testant son sortilège de mutisme sur lui.
Susan :')
Changer de place en Sortilège où j’étais à côté de Miles, cesser d’échanger quelques mots avec lui à la fin de chaque cours, ne plus chercher son regard lorsque je m’ennuyais.
Ah vazy le genre de détails auxquels j'aurais jamais pensé
à côté duquel nous avions tous l’air de singe armés de bâton.
Dur cette comparaison :lol:
j’abordais la Défense contre les Forces du mal avec confiance et réussis même à faire apparaitre un patronus qui commençait presque à définir les formes d’une petite silhouette, réduisant à néant les allégations de Simon sur un possible chien.
Bravooooooooo ! Pardon je suis fière d'elle haha
j’avais l’impression que l’adrénaline retombait pour ne laisser qu’une immense fatigue.
Je sais d'où t'inspire pour ce sentiment haha
serrant contre sa poitrine un sac qui semblait étrangement frétiller.
Serait-ce un niffleur ?
J’ai postulé à la radio pour les émissions de sport et dans plusieurs stades pour un poste de gestion de la communication du club ou de speaker, Bibine et McGonagall m’ont fait de belles lettres de recommandations. (Il nous adressa un grand sourire). Qui sait, peut-être que l’année prochaine je commenterais vos matchs.
C'est hyper stylé comme idée ! Trop forte Perri
Tu vois, je t’avais dit qu’un Niffleur ça peut marcher du feu de Dieu avec les filles
Mais ça ne marchera jamais aussi bien que Rio haha
Mais Lee pendit cruellement l’animal par ses pieds et, mu par la gravité, le précieux trésor tomba à terre sous forme de quelques gallions d’or, un bracelet en diamant et quelques boucles d’oreilles.
Cette scène dans les AF me tue haha, franchement le premier est tellement génial
je vis Lee faire léviter le Niffleur qui battit des pattes d’un air paniqué
Pauvre bête :lol: c'est inhumain :lol:
Mais Lee semblait bel et bien avoir une poussière dans l’œil qu’il fit mine d’essuyer avec un reniflement feint et adressa un signe d’adieu à la fenêtre.
Pauvre Leeeeeeeeeeeee, j'aime trop ton idée d'exploiter un peu sa relation aux jumeaux :)
Et d’oublier un certain Serpentard
SI T ARRETAIS D EN PARLER CA AIDERAIT, BOLOSSE

Code : Tout sélectionner

C’était les animaux qu’on étudiait, pas les humains
... C'est pas faux. Civilisation moldue ?
-C’est fantastique, se réjouit-t-elle en avalant une dragée surprise de chez Bertie Crochu.
Je me demande toujours pourquoi ils continuent à en manger. Les bonnes doivent être TRES bonnes peut-être ?
Oh … Laisse Octavia faire, elle adore s’écouter parler.
Hahaha dur
. Il ne me restait que deux épreuves, deux épreuves que, sauf immense catastrophe, je pouvais assurer.
Qu'est-ce que j'aimerais que le concours soit seulement un examen
Moi aussi je l’ai vu, on aurait dit un sort de stupéfixion
Pauvre McGo T.T C'est scandaleux
Je pouvais presque voir toutes leurs petites flammes intérieures lentement vaciller jusqu’à se réduire à une braise à peine rougeoyante, soufflée par les agissements totalitaires et injustifiés d’Ombrage.
C'est une très belle façon de résumer la situation ma petite Perri, très jolie phrase
je me mis à chanter
C'est Disney cette fanfic, les gens se mettent tout à coup à chanter :lol:
Je n’osais répondre, trop émue pour articuler le moindre mot sans craquer.
Tout le petit discours avant, on se croirait sur notre conversation haha C'est toi notre petit soleil Perri <3
Et c’était la plus belle chose que venait de m’apporter Poudlard : l’estime de moi.
J'aime tellement le développement du personnage ! T'es trop forte Perri

Je ferai la deuxième partie plus tard haha
annabethfan

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Re: Ombres et Poussières - 29 -1 [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Perripuce a écrit :... Ce sera en deux parties Ladies and Cochyo ...

BON petite pause dans mes vacances normandes pour vous livrer le chapitre parce que demain je fais trois heures de bus vers un lieux qui n'a pas d'électricité ! Donc faisons le pendant que je suis encore connectée à la civilisation ahah

J'espère que vous allez tous bien, que vous passez de bonnes vacances tout en restant vigilent car, comme le dit le spot qui va finir par nous rendre fous et folles "LE VIRUS CIRCULE TOUJOURS". N'empêche, personne n'a envie d'être reconfinés alors soyez prudent et gardez le masque !

GROS CHAPITRE DU COUP qui sera coupé en deux parties (oh ça va, ça faisait longtemps) Du coup, comme j'ai déjà commenté la partie 2 dans un vocal de 5min, je te fais un vrai com-cit' sur la partie 1 ^^

BONNE LECTURE !


Chapitre 29 (1/2) : le retour du phénix.


Après réflexion, j’avais compris que la semaine avant les ASPIC était sans doute le pire moment possible pour rompre.
Déjà, il y avait le regard des autres. J’avais passé une soirée à pleurer dans mon lit et Emily avait très vite compris où était le problème : Mathilda et elle avaient tenues à me réconforter alors que la seule chose dont j’avais besoin était de me plonger dans mes livres. Victoria c'est nous! Tous les jours, au moins une personne venait me voir pour me demander si j’étais encore avec Miles, remuant ainsi le couteau dans une plaie déjà ouverte et béante. Je faillis assassiner Erwin qui soutint pendant une heure que ce n’était que passager, un stress dû aux ASPIC et que demain notre couple se reformerait, mais Susan me sauva la mise en testant son sortilège de mutisme sur lui.

Puis on ajoutait à cela la reconstruction personnelle. On ne sortait d’un an de relation indemne : il fallait réapprendre à vivre seule, déconstruire nombre d’habitude. Changer de place en Sortilège où j’étais à côté de Miles, cesser d’échanger quelques mots avec lui à la fin de chaque cours, ne plus chercher son regard lorsque je m’ennuyais. Des pans entiers de ma journée se trouvaient à présent vides et c’était dans ces moments, dans tous les petits rappels qui avaient fait la joie de ma relation avec Miles où le manque se faisait cruellement subir. Ce genre de détails, c'est tellement violent mais bien pensé, parce que ça doit changer radicalement de ne plus avoir une personne dans ta vie si tu es habituée à elle. J’avais beau ne pas regretter ma décision, ce vide restait douloureux, comme la vision du visage fermé et marqué de Miles presque quotidiennement. L’amour n’était jamais apparu, mais la tendresse avait été présente et je m’en voulais de lui imposer cela avant une échéance si importante. Cette nuance est si belle, et c'est pour ça que je ne pourrais jamais détester sa relation avec Miles, elle était touchante pour ce qu'elle était.
Car le jour où ils arrivèrent, les ASPIC nous écrasèrent totalement. Ah les examens!L’avenir de nombre d’entre nous dépendaient de cette quinzaine, et j’avais senti l’immense tension dans le groupe de cinquième et septième année qui attendaient l’ouverture des portes de la Grande Salle le lundi. De plus et pour ma grande gêne, vous étions répartis par ordre alphabétique et je me retrouvai au premier rang avec Miles dans mon dos et Simon encore derrière qui avait passé une grande partie de son examen de métamorphose à regarder par la fenêtre malgré un parchemin fort fourni. Ce hasard de l'ordre alphabétique quand même, c'est si bien ^^ L’épreuve pratique l’après-midi faillit occasionner pour moi une crise d’angoisse car je me retrouvais également avec Miles, avec qui la communication était devenue gênante et difficile et Simon, l’un des élèves les plus brillants de l’école et à côté duquel nous avions tous l’air de singe armés de bâton.Cette phrase me fait penser à McGo ^^ Elle aurait pu prononcer cette phrase haha J’étais d’ailleurs certaine que ce fut de son entière faute et des remarques enthousiastes de son examinateur, Mr. Tofty, que je ratais cette épreuve. La fille de Gryffondor qui passait avec nous, April Callen, fut tellement angoissée par la perfection des sortilèges de Simon qu’elle quitta la salle en pleurs. C’était d’autant plus agaçant qu’après cela, l’examinateur l’avait retenu de longues minutes, m’obligeant à l’attendre de pied ferme en dehors de la place pour le voir sortir avec un sourire immensément satisfait. De quoi lui donner de grandes claques sur ses joues couvertes de tâches de rousseurs. :lol: :lol: :lol:

Le mardi eut lieu l’épreuve de sortilège, qui se passa plus sereinement maintenant que je savais à quoi m’attendre : j’évitai soigneusement de me retourner en épreuve théorique et je fis en sorte de tourner le dos à Simon lors de mon teste de pratique. Cette fois, c’était moi que le professeur Tofty interrogeait et il fut enchanté de me voir pratiquer l’ensemble de l’épreuve sans prononcer la moindre formule quand Miles et April devait encore le faire pour les sortilèges les plus complexes. Galvanisée par cette marque d’encouragement, j’abordais la Défense contre les Forces du mal avec confiance et réussis même à faire apparaitre un patronus qui commençait presque à définir les formes d’une petite silhouette, réduisant à néant les allégations de Simon sur un possible chien. Que de débats sur cette forme! Bien sûr ce n’était rien comparé au faucon qui fendit l’air, écœurant littéralement Miles et April. April elle doit le détester, elle va être traumatisée à vie :lol: Du fait du manque de pratique de Défense contre les Forces du mal, j’ignorais combien d’élève avaient leur patronus corporel. Emily me confirma qu’elle n’avait pas réussi à en produire, à sa grande frustration car Gloria Flint à côté d’elle avait fait apparaitre un magnifique corbeau et le professeur Flitwick nous avoua à mi-mots que c’était anormal d’avoir une génération de septième année aussi peu avancée en termes de maléfice et contre-sorts. Quand on voit les profs qu'ils ont eu, surtout cette année ^^ Enfin après le patronus c'est normal! Seuls ceux qui avaient pratiqués par eux-mêmes et certains membres de l’A.D. comme Angelina et Alicia réussirent brillamment l’examen. Harry devrait devenir prof en vrai :lol:

La Botanique se déroula sans le moindre problème et je fus prématurément en week-end lorsque Simon et Emily passèrent leur épreuve de Potion. J’en profitai pour flâner seule dans le parc et expier toute la tension qui s’était éprise de moi pendant cette dure semaine. Avec toute cette intensité, je n’avais pas eu la moindre seconde pour songer à quoique ce soit d’autres qui ne concernait pas un sort, une définition, une traduction et maintenant que les épreuves s’étiolaient j’avais l’impression que l’adrénaline retombait pour ne laisser qu’une immense fatigue. Je laissai mes jambes me porter dans la chaleur de juin et fit un véritable bond en croisant quelqu’un au pied de l’une des tours du château. La personne en face de moi poussa un cri de surprise.

-AH ! Bennett, il faut pas me faire des frayeurs pareilles ! Avec ta petite taille et tes cheveux bouclés, j’ai cru que tu étais Ombrage ! Insulte ultime :lol:
-Excuse-moi ?! me récriai-je, à la fois blessée et incrédule.

Lee Jordan eut un sourire d’excuse, serrant contre sa poitrine un sac qui semblait étrangement frétiller. Le Gryffondor était tristement solitaire depuis le départ des jumeaux, errant comme une âme en peine dans Poudlard et retrouvant parfois un peu de gaieté en trainant avec Angelina et Alicia.Il me fait de la peine... Celle-ci se trouvait avec lui et lui jeta un regard peu amène.

-Tu es horrible, la tança-t-elle en lui donnant un coup sur la main.

Lee ne cachait pas la fine marque, moins creusée que celle de Simon, sur le dos de sa main et qui clamait : « Je dois obéir aux règles ». Je lui jetai un regard hargneux.

-Oui, tu as raison, Victoria est quand même plus mignonne, plaisanta Lee, sans doute dans l’espoir de te racheter. Ça a été la semaine ?
-J’ai raté la pratique en métamorphose, mais le reste je pense que ça a été, oui. Et vous ?
-Très bien, assura Alicia avec un sourire, avant que Lee n’ajoute :
-Niquel, j’ai même réussi à faire rire la vieille Marchebanck en sortilège. Il faut dire qu’avec les jumeaux, j’en ai appris des bonnes … Vraiment ça me brise le coeur qu'ils soient plus là, hâte de les revoir!

Une certaine nostalgie fit briller ses prunelles et il jeta un long regard mélancolique sur le parc qu’il avait dû arpenter si fréquemment avec eux, plus ou moins légalement. J’eus un sourire attendri. Cela devait être douloureux d’achever sa vie à Poudlard sans eux.

-Tu as quelques nouvelles ?

Lee haussa les épaules.

-Non, aucune. Je pense qu’Ombrage censure toutes leurs lettres et qu’ils sont de toute manière trop occupés par la boutique …
-Et tu vas les rejoindre dans la boutique, après Poudlard ?

A ma grande surprise, Lee secoua la tête, fouettant ses épaules de ses dreadlocks. Son sac se mit à nouveau à s’agiter et il le pressa un peu plus contre lui. Avant que je n’aie pu l’interroger sur son contenu, il embraya précipitamment :

-Non, la boutique c’était leur idée. Ils me donnent un pourcentage sur les produits que j’ai aidé à conceptualiser, mais c’est leur projet, leur bébé, le fruit de leur vie, pratiquement. Ils m’ont proposé d’être leur associé, mais je préfère le leur laisser, je comprendrais moins qu’eux. C'est marrant ça c'est vrai, j'ai jamais réfléchi à pourquoi Lee n'a pas suivi les jumeaux dans l'aventure de la boutique, mais c'est peut-être pas si surprenant. Même s'il aime les jumeaux, ça doit être dur d'être celui entre eux. Et puis, je n’ai pas envie de faire dans la Farce et Attrape, plus dans le Quidditch, à dire vrai. J’ai postulé à la radio pour les émissions de sport et dans plusieurs stades pour un poste de gestion de la communication du club ou de speaker, Bibine et McGonagall m’ont fait de belles lettres de recommandations. (Il nous adressa un grand sourire). Qui sait, peut-être que l’année prochaine je commenterais vos matchs. Juste pour le revoir ça serait super! Et il ferait des refs à Poudlard :lol:

Alicia et moi échangeâmes un regard entendu et gêné. Nous étions les seules joueuses de l’école à avoir reçu des propositions de club, mais les siennes étaient au nombre de deux : le club des Flaquemare, qui avait sa préférence en raison de la présence de son petit-ami et ancien Gardien de Gryffondor Olivier Dubois, et les Faucons de Falmouth. Angelina avait elle reçue une proposition des Harpies qu’elle avait décliné, préférant un poste comme potionniste.C'est quoi ces jeunes à peine sortie de l'école qui ont déjà des postes! Alors que moi je sais pas quoi faire de ma vie ! Alicia s’avança vers moi et me frotta le bras avec un pauvre sourire.

-Tu sais, Lee avait raison pendant le match, tu aurais mérité la coupe de Quidditch. Si ces enfoirés ne t’avaient pas blessé … (son inflexion baissa et elle sembla hésiter). Euh … c’est à cause de ça que tu n’es plus avec Miles ? Allez hop, histoire de faire un peu mal

Je reçus la question comme un coup de poing dans l’estomac et mon sourire se fana sur mes lèvres. Alicia parut désemparée et échangea un regard paniqué avec Lee. Je n’avais pas eu le temps de songer à Miles durant la semaine écoulée, contrairement à la semaine précédente de révision qui avait presque tournée au tour de cela. Et j’avouai ne pas être heureuse de revoir ce spectre venir me hanter. Je déglutis et m’efforçai d’ânonner une nouvelle fois :

-Non, pas seulement. On n’était simplement plus en phase.
-Bon, dans ce cas …
-Moi je trouve ça bien, intervint Lee avec sérieux. Je pense vraiment que tu mérites mieux que Bletchley, Bennett. Un Bones peut-être...

Je me gardai de lui répondre ou même de sourire, une impression de vide au creux du cœur. Je ne voulais pas me laisser aller à l’angoisse qui, selon Emily, était naturelle après une rupture, que je ne retrouverais jamais quelqu’un d’aussi bien.

-On verra bien, je n’ai pas très envie d’en parler, éludai-je au moment où le sac bougeait à nouveau. Mais sérieux, vous allez me dire ce qu’il y a là-dedans ?

Alicia jeta un regard exaspéré à Lee puis à la bosse qui continuait de tressauter sous le cuire du sac. Avec un grand soupir, il mit celui-ci en bandoulière et entreprit d’extraire une étrange créature de l’intérieur. Son nez plat frétilla une fois à l’air libre, humant les effluves de juin avec avidité. Il me fit vaguement penser à un ornithorynque au pelage d’un gris bleuté et aux yeux noirs et brillants.Tu le décris tellement bien!! Je ne pus retenir une exclamation attendrie lorsqu’elle renifla en ma direction qui arracha un immense sourire à Lee.

-Tu vois, je t’avais dit qu’un Niffleur ça peut marcher du feu de Dieu avec les filles, lança-t-il à Alicia. Tu veux le prendre, Bennett ?
-Alors c’était toi le Niffleur dans le bureau d’Ombrage ? réalisai-je en refermant prudemment mes mains sur la créature. D'y avoir pensé c'est du génie!

Son pelage était rêche mais sa façon de remuer sa petite truffe était absolument adorable. Avant que je n’aie pu l’en empêcher, il se mit à fourrer son nez contre ma peau, suivant mon poignet où brillait ma montre, puis ses petites pattes griffues allèrent gratter du côté de ma gorge et agrippèrent ma chaine en or.Je trouve ça trop bien écrit, vraiment ! Aussitôt, Lee bondit pour arracher le Niffleur de mon cou, ce qui m’étrangla presque parce que la créature avait refermé sa petite patte sur la chaine.

-Jordan, bon sang !
-Lâche ça petit voleur ! râla le Gryffondor en se débattant avec le Niffleur. Je vais te donner une bien meilleure victime … Alicia, aide-moi !

La créature avait une sacrée poigne, et avant que la pousuiveuse ne puisse intervenir, le fermoir de ma chaine se brisa, faisait choir mes deux breloques qui y pendaient. Pendant que je me penchais précipitamment pour les récupérer, le Niffleur se dépêcha de ranger son butin dans une sorte de poche sur son ventre. Mais Lee pendit cruellement l’animal par ses pieds et, mu par la gravité, le précieux trésor tomba à terre sous forme de quelques gallions d’or, un bracelet en diamant et quelques boucles d’oreilles. Alicia ouvrit de gros yeux outrés devant le recelle étalé sur l’herbe.

-Mais c’est à moi, ça ! s’écria-t-elle en récupérant le bracelet. Et ces boucles d’oreilles sont à April ! Lee, je pensais que tu le gérais ! :lol: :lol: :lol:
-Que veux-tu, c’est un sale petit vicelard ! Tiens, Bennett (Il avait récupéré la fine chaine d’or qu’il me tendit). Maintenant, toi petite chose, hop ! Chez le crapaud !

A genoux dans l’herbe, récupérant précieusement mes breloques et ma chaine, je vis Lee faire léviter le Niffleur qui battit des pattes d’un air paniqué. Il s’éleva, s’éleva, s’éleva jusqu’au cinquième étage où une fenêtre était entrebâillée pour laisser entrer l’air. Attirée par le trésor que recelait la pièce, la créature s’engouffra immédiatement dans l’ouverture. Lee se fendit d’un petit « hum » satisfait, mais Alicia se mordait anxieusement la lèvre. J'aimerais avoir la scène du pov d'Ombrage en le découvrant mouhaha

-On ferait bien de partir … Si Ombrage nous voit … J’en reviens pas que tu me pousses à l’illégalité, Jordan.
-Je ne l’aurais pas fait si ça n’avait pas été anonyme, rétorqua-t-il en caressant vaguement le dos de sa main qui devait être couverte de cicatrice. Qu’est-ce que tu crois, moi non plus je n’ai pas envie de retourner dans son bureau et de me faire charcuter, pourquoi penses-tu que je sois si discret ces temps-ci ? Mais … C’était le dernier héritage de Fred et George, il fallait bien qu’il arrive à son but … Mowww

Lee renifla et Alicia lui jeta un regard circonspect.

-Oh mon dieu, tu ne vas pas te mettre à pleurer ? Et bah moi je me demande

Le ton incrédule d’Alicia m’arracha un éclat de rire et j’achevai de glisser les breloques sur la chaine avant de la réparer de ma baguette. Mais Lee semblait bel et bien avoir une poussière dans l’œil qu’il fit mine d’essuyer avec un reniflement feint et adressa un signe d’adieu à la fenêtre.

-Au revoir, vaillant compagnon ! Tu resteras dans mon cœur comme celui qui mettra Ombrage dans une telle rage qu’elle en deviendra aussi rose que son cardigan ! Je meurs :lol:
-Non mais je vous jure, s’amusa Alicia en levant les yeux au ciel. Bon, ne restons pas là, il ne faudrait pas qu’on nous prenne sur le vif …
-On va boire un thé chez Hagrid ? proposai-je avec un sourire. Histoire de se détendre après cette folle semaine …
-Et d’oublier un certain Serpentard, excellente idée, ça te changera les idées avant la deuxième semaine d’examen ! approuva Lee en nous prenant par l’épaule. Tournée générale de thé brûlant et de biscuits dégueux !

***


Simon revint bougon de son examen de Potion. Il n’avait pas aussi bien réussi qu’Emily qui elle était rayonnante, persuadée d’avoir décroché un Optimal. Je fus donc ravie d’avoir eu l’occasion d’avoir pu me détendre en compagne de Lee, Alicia et Angelina qui nous avait rejoins après son épreuve avant d’affronter leurs humeurs. Les deux étaient encore très stressés par leur examen d’arithmancie qui arrivait pendant la seconde semaine, plus consacrée aux options. La matière était très exigeante et cruciale pour leurs deux formations. Mais à titre personnel, je vis avec joie arriver le lundi matin mon épreuve d’étude des moldus (dont le nom me crispait chaque jour un peu plus. C’était les animaux qu’on étudiait, pas les humains J'y avais jamais pensé ). Je pris un plaisir particulier à faire ma rédaction sur « lien art et histoire dans le monde des moldus » et j’en ressortis avec un immense sourire qui exaspéra Roger. Le mardi fut une journée de révision intensive pour Simon et Emily en vue de l’arithmancie le mercredi après-midi. Avec soulagement, je les vis arriver pour le diner assez confiant sur leurs performances et je révisais jusqu’à une heure avancée mon vocabulaire de rune avec Simon pendant qu’Emily jubilait : elle avait fini ses ASPIC.

-C’est fantastique, se réjouit-t-elle en avalant une dragée surprise de chez Bertie Crochu.
-Ferme-la, il nous reste encore un examen, maugréa Simon en me montrant une rune. C’est « organiser » ou « défendre » ?
-Je crois que c’est « abattre » en fait … Et pour ta gouverne, il me reste deux examens. J’ai ma soutenance d’Histoire de la Magie avec Octavia demain après-midi.
-Ça, c’est toi qui l’as choisi, chantonna doucement Emily.

Ce fut étrangement jouissif de la voir s’étouffer avec son dragée goût piment qui la fit rougir comme une pivoine. Elle s’éventa désespérément le visage avec l’un de nos parchemins qui trainait sur la table, les larmes aux yeux.C'est tellement visuelle comme scène j'adore :lol: :D Il était plus de vingt-trois heures et la Salle Commune s’était vidée des cinquième années partis pour leur épreuve d’Astronomie. Quelques septièmes années avaient fini comme Emily leurs ASPIC et profitaient bruyamment de leur liberté. Cela finit par agacer Renata qui retourna dans notre dortoir avec raideur. Je la suivis des yeux un instant, tiraillée. Ma camarade de dortoir prenait un soin tout particulier à me fuir depuis l’incident dans la cuisine. J’aurais voulu qu’elle ne se sente pas seule dans sa douleur, mais la jeune fille semblait être de celles qui souffraient en silence et en solitaire. Le bruit sourd d’un livre qui se fermait me sortit de ma rêverie. Simon venait de rabattre rageusement son dictionnaire de rune, un œil noir dardé sur le groupe qui s’esclaffait bruyamment un peu plus loin, ignorant ceux qui révisaient encore.

-Je vais finir de relire tout ça dans ma chambre, ils m’agacent. Bonne nuit, les filles.
-Oui, on va y aller aussi, assura Emily, toujours rayonnante. On fêtera tout ça demain soir !

Je la suivis dans notre dortoir, des livres et parchemins plein les bras. Malheureusement pour moi, la fatigue commençait à me tomber sur les épaules et je m’écroulais sur mon lit avec un grognement sonore qui fit rire Emily.

-Va dormir, Victoria, il faut que tu sois en forme pour demain, fit-t-elle valoir en retirant ses chaussures. Enfin, tu es bonne en étude des runes, ça devrait aller …
-Je pense, oui. Je m’inquiète plus de l’après-midi … Je n’ai pas l’habitude de ce genre d’exercice …
-Oh … Laisse Octavia faire, elle adore s’écouter parler. Cette vision :lol:

Octavia était certes bien plus à l’aise que je ne l’étais à l’oral, mais nous serions notées toutes deux distinctement en fonction de nos performances, j’avais donc plutôt intérêt à être bonne dans l’exercice. Malgré tout, je sentais que la pression s’amenuiser de jour en jour. Il ne me restait que deux épreuves, deux épreuves que, sauf immense catastrophe, je pouvais assurer. Un sourire insensé retroussa mes lèvres lorsque je me rendis compte que, contre toute attente, j’avais survécu aux ASPIC. Puis la nostalgie s’abattit sur moi et me comprima ma poitrine : cela signifiait que Poudlard était bientôt fini pour moi. Nan mais la nostalgie pour tout le monde...Que dans deux semaines à peine, je prendrais une dernière fois le Poudlard Express pour rentrer chez moi. Et malgré ma hâte de retourner à Terre-en-Landes et de revivre une vie qui m’avait tant manquée, je ne pouvais m’empêcher de de me sentir déçue de quitter de vieux château, sa magie, ses mystères. Emily vint s’asseoir au bout de mon lit et me contempla un moment.

-Tu as l’air songeuse.
-Hum ? Oh, t’inquiète, je suis juste perdue dans mes pensées.

Les lèvres d’Emily se pincèrent.

-Vic’, tu sais que si tu veux parler de Miles …

Je n’y avais pas songé, le fait qu'elle y songe pas...mais à présent que les ASPIC quittaient un à un mon esprit, le manque se fit cruellement ressentir. Oui bon un peu quand même...Je l’avais croisé chaque jour d’épreuve, parfois assis derrière moi en théorique, ou passant en même temps que moi la pratique. Nous avions soigneusement évité de nous parler, et même de nous regarder. C’était douloureux, mais c’était le prix à payer pour définitivement se détacher l’un de l’autre. Je me redressai, assez contrariée de revoir le sujet venir sur la table alors que je pensais avoir réussi à le chasser de mon esprit.

-Emily, ça va …
-Tu n’en as presque pas parlé, insista-t-elle néanmoins. Je veux dire, je comprends que tu aies préféré te concentrer sur tes ASPICs mais … A un moment, il va falloir que ça sorte, que tu en parles et que tu lui parles. Vous vous entendiez bien, ce serait dommage que vous perdiez totalement contact …
-Non, refusai-je immédiatement. Non, Emily… j’ai besoin de prendre du recul, de me concentrer sur moi, de réapprendre à vivre sans lui. Et lui aussi. Il vaut mieux qu’on ne se parle pas pour l’instant, vraiment …
-Victoria Bennett, faire l’autruche, ce n’est pas la solution …
-Oh ça te va bien de dire ça … Notre petite Vic répond ^^

Je me mordis aussitôt la lèvre mais c’était trop tard et les mots s’envolèrent de ma bouche. Emily blêmit et parut choquée. Nous faisions tout pour éviter de parler de Voldemort, surtout depuis qu’elle se trouvait en minorité au sein de l’école et où elle semblait moins encline à clamer haut et fort sa conviction.

-Ce n’est pas …, bredouilla-t-elle, interdite. C’est juste que …
-Qu’est-ce que c’est ?

Renata venait de se lever vivement de son lit pour s’avancer vers notre fenêtre qui donnait sur le parc. Elle ouvrit en grand le battant et se hissa sur le rebord pour observer les alentour, l’éclat de la lune de reflétant spectralement dans le verre de ses lunettes. Trop belle phrase! Mathilda s’était avancée à sa hauteur et tentait également d’apercevoir l’extérieur, soudainement inquiète.

-Moi aussi je l’ai vu, on aurait dit un sort de stupéfixion, il était rouge, exactement pareil … (elle plaqua sa main contre sa bouche, soudainement effrayée). Vous pensez que les Mangemorts … Cette scène, tellement affreuse...
-Ne dis pas de bêtise, Poudlard est protégé, la rabroua Emily d’un air bougon.
-Taisez-vous toutes ! exigea Renata en se penchant un peu plus.

Je tendis l’oreille comme elle. Un grand tumulte semblait se faire entendre de l’extérieur, de vagues cris bestiaux et le son de coups portés … Nous échangeâmes des regards horrifiés. C’était l’écho d’une scène de bagarre. J’ouvris une autre fenêtre et montai sur le chambranle pour mieux apercevoir l’extérieur, mais nous n’avions vu que sur la partie est du parc. Au moment où je basculais mes jambes de l’autre côté avec la ferme intention de voir d’où venaient ses cris, Emily me rattrapa par le bras et m’obligea à descendre.

-Mais où tu crois aller ? C’est le couvre-feu, si Ombrage te voit dehors …
-Mais il se passe quelque chose !
-Les cinquième année ont peut-être vu de la Tour d’Astronomie, suggéra Mathilda avant de consulter sa montre. Ils doivent bientôt avoir terminé …

Mathilda avait raison : quelques instants plus tard, les cinquième année entrèrent en masse dans la Salle Commune, discutant avec animation. Lorsque j’y pénétrais avec les filles, certains d’entre eux avaient le visage couvert de larmes et paraissaient pétrifiés parce qu’ils venaient de voir. Hannah se précipita vers Emily, paniquée.

-C’est terrible ! gémit-t-elle en tordant l’une de ses nattes entre ses doigts. Franchement, c’est atroce …
-Ce n’est pas atroce, c’est scandaleux ! s’écria Susan, qui elle semblait en colère. Le feu de Susan se révèle de plus en plus! Franchement, quelle harpie, quelle pourriture …
-Bon sang, jura Emily.

Devant l’agitation croissante qui consumaient nos cadets, elle se hissa sur une table et pointa sa baguette sur sa gorge pour amplifier sa voix.

-TAISEZ-VOUS !

Son cri résonna dans la Salle Commune et tous se turent enfin pour se tourner vers la préfète-en-cheffe. Mais elle n’avait pas fait que les réduire au silence : ceux qui n’avaient pas été réveillés par le tumulte le furent par elle et je vis Simon entrer, le regard ensommeillé et les cheveux en bataille. Une vision de rêve ^^

-Je peux savoir ce qui se passe ?!
-C’est ce qu’on essaie de déterminer, répliqua Emily avant de promener son regard impérieux sur la Salle. Quelqu’un peu calmement m’expliquer ?

Ce fut Hannah qui s’en chargea. Lorsqu’elle acheva son récit, tous gardèrent le silence, trop sonnés pour réagir. Simon s’était écroulé dans un fauteuil, la tête entre les mains et je m’étais assise en tailleur sur le sol, proprement déroutée et la culpabilité me rongeant les entrailles. Je n’arrivais tout simplement pas à assimiler ce que je venais d’entendre …

-C’est une catastrophe, laissa échapper Erwin. Je veux dire, McGonagall était l’une des seules à pouvoir encore s’opposer à Ombrage et Hagrid … enfin, c’est un demi-géant mais …
-Et alors ? rétorqua vertement Susan. C’est une personne adorable ! Elle l’a surprise en pleine nuit, sans sommation avec quatre Aurors ! Voilà à quoi sont utilisés les Aurors du Ministère, à coffrer des innocents !
-On savait tous que Hagrid serait le prochain, fit remarquer Ernie d’une voix morte. Elle pensait que c’était lui qui avait mis des Niffleurs dans son bureau, et il était trop proche de Dumbledore.

C’était bien ce que j’avais songé. Le Niffleur. Comment pouvais-je ne pas avoir anticipé qu’Ombrage accuserait Hagrid ? Pourquoi n’avais-je pas empêché Lee de l’introduire dans son bureau ? Et Miles adorait Hagrid, sa fuite le troublerait sans aucun doute … Et la pauvre professeur McGonagall qui s’était prise quatre éclairs de stupéfixion dans la poitrine … Mathilda posa à Simon la question que tous avaient au bord des lèvres sans oser la laisser échapper :

-Mais … à son âge … est-ce qu’elle peut survivre… ? Cette question tellement glauque

Le visage de Simon émergea de ses mains. Ses prunelles avaient repris la couleur sombre de l’émeraude et je le sentais en proie à un grand conflit intérieur. McGonagall, malgré sa sécheresse et son appartenance à Gryffondor, était peut-être la professeure pour laquelle il avait le plus d’estime. Damn right!

-Je préfère ne pas me dire le contraire. En tout cas je pense que ça l’aura envoyé à Ste Mangouste, c’est un gros choc …
-Un Poudlard sans Dumbledore ni McGonagall, ni Hagrid …, soupira Hannah avec un certain désespoir. Elle est en train d’émietter notre école … Je pensais que Dumbledore reviendrait vite, que tout rentrerait dans l’ordre mais … Je ne sais plus, j’ai l’impression que tout est perdu … Reste Harry quand même!

Un silence de plomb accueillit les paroles défaitistes de la préfète et personne ne songea à la démentir, plongeant l’assemblée dans une atmosphère de deuil qui me parut insupportable. Je pouvais presque voir toutes leurs petites flammes intérieures lentement vaciller jusqu’à se réduire à une braise à peine rougeoyante, soufflée par les agissements totalitaires et injustifiés d’Ombrage. Avec cette impression que malgré toute notre bonne volonté, elle restait intouchable.

-C’est franchement immonde, éructa Renata, tremblante d’indignation. Susan a raison, voilà à quoi sont utilisés les Aurors, à attaquer les professeurs de Poudlard … pendant qu’un pire danger croupi dehors … mais pour ça, bien sûr, le Ministère ne fait rien.
-Oh, ça va recommencer, grinça Emily entre ses dents. Elle va tomber de tellement haut.. J'ai vraiment hâte de voir sa réaction et la confrontation que ça peut donner.

Je lui jetai un regard oblique, mais sa réaction d’opposition ne fut pas la seule. Elle n’était pas l’ultime représentante de la pensée du Ministère : d’autres encore songeaient que Harry mentait et que Voldemort n’était pas revenu. Je les observai tous, les sceptiques, les déçus, les défaits avec l’impression que la révolte insufflée par les jumeaux en partant de Poudlard se mourraient enfin. Qu’Ombrage gagnait. Et alors que le silence s’épaississait, lourd de non-dits, de fracture et d’abandon, je me mis à chanter, sans trop savoir quel effet cela aurait, sans trop savoir pourquoi réellement, les mots s’envolaient de ma bouche. Mais moi aussi j’avais besoin de raviver mon espoir.

-Do you hear the people sing, singing the song of angry men? It is a music of a people who will not be slaves again … !Et Clem se lève et se met à chanter ^^

Je fus rassurée de voir que quelques voix, reconnaissant l’air qui avait résonné dans Poudlard pendant quelques jours, se joignirent rapidement à moi, machinalement ou avec entrain. Bientôt, ce fut un chœur de Poufsouffle, cherchant désespérément un espoir dans le chant et puisant dans la force de nos voix unies, qui s’éleva, résonnant devant une Helga Poufsouffle dont les yeux peint s’étaient mis à étrangement briller :

When the beating of your heart
Echoes the beating of the drums
There is a life about to start
When tomorrow comes!
N'empêche le parolier a assuré !

Plusieurs refrains furent chantés, prenant chaque fois plus de puissance, une autre couleur, une autre voix. Puis le chœur s’éteignit, se perdit dans le silence, mais je sentais qu’il continuait de résonner dans les âmes. Mes camarades étaient plus apaisés, moins abattus et la flamme en eux flambait de nouveau. Renata, assise sur un canapé auquel j’étais adossé, posa une main sur mon épaule et m’adressa l’un de ses rares sourires. Ses yeux brillaient étrangement.

-Cédric disait que tu étais le « petit soleil de Poufsouffle ». Il ne s’est pas trompé. Je pense que sans toi, beaucoup se seraient éteint cette année. La façon dont Cédric est encore un peu présent dans les souvenirs de tous est adorable je trouve.
-C’est vrai, Vic’, intervint Judy en hochant la tête. Rien qu’avec le Quidditch … Jusqu’au bout, on y aura cru et c’est grâce à toi.
-Tu as été la gardienne de la paix, il n’y a que toi qui arrivais à faire le lien entre ceux qui croyaient et ceux qui s’aveuglaient, ajouta Mathilda avec un sourire tenu. Mais tu as su secouer ceux qu’il fallait au bon moment. Vraiment, merci.
-Tu vas nous manquer l’année prochaine, acheva Hannah, les larmes aux yeux. Et bien sûr, tous les autres, hein … La Salle Commune sera bien triste sans Simon et toi qui hurlent tout le temps dedans. Cet éloge est tellement touchant et ça rend Victoria si tangible, comme si elle faisait partie du canon depuis le début mais qu'on l'avait juste oublié...

Un immense rire secoua l’assemblée. Je n’osais répondre, trop émue pour articuler le moindre mot sans craquer. Chaque mot m’avait touchée droit au cœur et je me rendis compte, alors que tous se levaient pour repartir dans leurs dortoirs, tapant dans mon dos et me souriant, que la petite Victoria Bennett, l’anonyme, la personne que personne ne remarquait, était lentement devenue un pilier de Poufsouffle. CETTE PHRASEJe n’avais pas eu conscience de l’importance que j’étais capable d’avoir dans un groupe. Alors que le dortoir se vidait, mue d’une inspiration soudaine, je m’avançai vers la fenêtre et l’ouvrit lentement. Puis pointant ma baguette vers les cieux, je fermai mes paupières et pris plusieurs grandes inspirations, m’imprégnant de toutes les émotions que je venais de ressentir : espoir, joie, fierté … Le chœur de voix de Poufsouffle se mêla à celui de Poudlard et lorsque le chant retentit puissamment en moi, je relâchai toute la pression pour souffler :

-Spero patronum.

Je n’ouvris pas immédiatement les yeux, de peur d’avoir échoué, que mon intuition ait été mauvaise. Mais lorsque j’en eus le courage, mon cœur fit un bond : une petite silhouette argentée virevoltait dans la nuit, éclairant le frêne devant la fenêtre de sa douce lueur. Je l’observai, fascinée par ses petites ailes qui battait frénétiquement, si vite qu’elles s’étaient plus qu’un halo argenté autour de son corps.

-C’est un colibri.

Je sursautai : Simon s’était glissé à mes côtés et contemplait le petit oiseau qui volait de façon stationnaire avec un léger sourire. Je le considérai un instant, puis reportai mon attention sur le patronus. Je visualise tellement cette scène, c'est si touchant, si poignant qu'il soit là à côté d'elle à observer la manifestation même de l'espoir.Je veux dire, le symbole est magnifique !

-Il est si petit …
-Ça n’a pas d’importance, me rassura Simon. Il y a déjà eu le cas de sorciers capable de produire des patronus très puissant magiquement et qui pourtant avaient la forme d’une coccinelle ou d’une souris. L’important, c’est la puissance des émotions que tu mets dedans.

Je hochai la tête pour signifier que j’avais compris et continuai de regarder le colibri virevoltait autour des feuilles du frênes, passé son long bec sans ses plumes. Je n’en revenais pas d’avoir réussi à le produire alors même qu’Amelia m’avait prévenu que certain des sorciers les plus expérimentés n’arrivaient à faire de patronus corporels. Ils n’étaient que deux dans notre année à avoir pu exécuter parfaitement le sortilège à l’épreuve d’ASPIC et j’aurais pu être la troisième. Le patronus brilla plus fort au moment où la fierté irradiait en moi. Alors qu’il fallait me persuader que j’étais une vraie sorcière et que ma place était dans ce monde, c’était à la nuit du cinq novembre que je me renvoyais, au moment où ma magie avait agi sans ma baguette pour la canaliser. Le lien entre ces deux moments est si bien trouvé, si parlant et évocateur du chemin parcouru mais surtout de son identité. Mais je savais que ce colibri en était également une preuve indéniable : j’étais une enfant de la magie, capable de réussir dans ce monde, capable d’y être quelqu’un et peut-être même quelqu’un d’important. Et c’était la plus belle chose que venait de m’apporter Poudlard : l’estime de moi.Voilà, c'est ce que je voulais dire sur son identité, ça résume Victoria et ses doutes et ses forces et ses faiblesses et ses combats et ses croyances!
Superbe partie de chapitre !
Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

BONJOUR TOUT LE MONDE !

J'ai un jour de retard, désolée je rentre de Toscane (magnifique région par ailleurs si vous avez envie d'ailleurs, franchement superbe ! et Dieu que ça va être dur de reprendre la consommation de pâte pazzani ...). J'espère que vos vacances se sont bien passées !

WELL on arrive sur la fin de la 2e partie. A dire vrai, il ne reste qu'un chapitre ... Après ce chapitre, avant de poster la troisième partie qui avance lentement, mais surement, je posterais un bonus sur un événement évoqué dans l'histoire, mais qui se passe avant (je suis hyper claire ahah mais voilà) et il y aura le chapitre de transition d'un point de vue extérieur.

Le chapitre est long et donc en deux parties (on ne change pas les bonnes habitudes ahah). BONNE LECTURE !


Chapitre 30 : Ce qu’on fait par amour.

C’était incroyable. Incroyable comment le changement d’une seule personne pouvait changer l’ambiance d’un endroit.
Dumbledore était revenu et l’humeur de l’école s’en ressentait. C’était comme si la lumière avait fendu le brouillard et que le monde était redevenu en couleur. Tous les décrets avaient été annulés, Ombrage était calfeutrée à l’infirmerie, et la vie reprenait ses droits au sein des vieilles pierres du château. Même McGonagall après les soins à Ste Mangouste était de retour, appuyée contre une canne, mais l’air toujours aussi digne et revêche et son apparition dans la Grande Salle lui avait valu un tonnerre d’applaudissement. Il avait fallu attendre la dernière semaine, mais je retrouvais enfin le Poudlard que je connaissais et cela coulait en moi comme une source régénératrice. Dans ce cadre idyllique où la joie et l’espoir faisaient loi, difficile de croire que dehors, le monde se déchainait. Le seul indice était Harry Potter, qui semblait hanter le château comme une âme en peine depuis son retour du Ministère de la Magie, où, d’après les rumeurs, il avait de nouveau affronté son ennemi juré et révélé enfin son existence au monde entier. Les fils du destin entre eux deux semblaient se resserrer d’année en année de façon inexplicable. Autour de moi, les gens murmuraient, se demandaient ce qui poussait le Mage Noir à détruire par tous les moyens possibles ce garçon. Un mystère qui s’épaississait et qui rendait l’aura autour de Harry encore plus nébuleuse.

Fudge avait fini par publiquement admettre son erreur : Lord Voldemort était de retour. Les résistaient qui avaient suivi l’aveuglement du Ministère en étaient tombés des nues et même ceux qui avaient fini par croire Harry avaient accusé le coup. C’était une chose quand la menace était à peine perceptible, c’était autre chose de la voir étalée en Une de La Gazette. Emily nous évitait depuis avec un soin tout particulier. Roger m’avait avoué qu’elle avait honte, honte d’elle, honte des propos blessants qu’elle avait pu sortir, honte de ne pas nous avoir cru. Elle n’osait tout simplement plus nous regarder en face après cette immense désillusion. J’avais décidé de lui laisser le temps et avait forcé Simon à faire de mêmes. Ce n’était pas une gloire d’avoir eu raison. A présent, c’était à elle de faire le point, et ça prendrait du temps. J’avais d’autres choses à me préoccuper que les états d’âmes de mon amie.

Plus le temps avançait, plus je songeais sérieusement à accepter la proposition de Dumbledore concernant l’Ordre du phénix. J’avais beau garder une sorte d’amertume à l’idée qu’il ait utilisé mon histoire pour atteindre mon grand-père, j’avais besoin de cette activité. J’étais préparée à l’éventualité depuis près d’un an et Simon depuis plus encore. La perspective m’effrayait toujours mais j’avais été rassurée de voir le calme de Simon et je ne voyais pas d’autre manière de m’engager dans la lutte. Le Ministère n’avait rien fait pendant un an et avait été inefficace pendant la première guerre : il faudrait passer outre.

Simon et moi avions tenté de deviner à quels autres élèves de notre année Dumbledore avait bien pu faire la proposition. Les jumeaux Weasley avaient dû être contactés, peut-être également Roger qui semblait bien silencieux depuis quelques jours ou Angelina qui paraissait irritable … Et bien entendu, en tête de notre liste demeurait Renata Morton, qui depuis la fin des épreuves et le retour officiel de Voldemort s’était encore plus enveloppée dans le mutisme et la solitude, écartant même sa sœur jumelle. Mais le 24 juin, un an jour pour jour après la mort de Cédric et alors que je me dirigeais avec un bouquet de fleur vers le terrain de Quidditch, je l’avais croisé sur les gradins, solitaire, la tête basse. Déposant les fleurs au centre de la pelouse, je l’avais laissée à son recueillement – et à sa réflexion. Pour elle comme pour Emily, j’avais fini par comprendre que j’étais inutile. Seul le temps et silence l’étaient.

Mes essais arrivèrent dans ce moment confus. J’avais passé la journée à sillonner l’Angleterre, mon sac sur l’épaule et le balai de Judy dans une main. Durant le week-end, je m’étais entrainée dur avec Angelina, Roger, Alicia, Evelyn et même Smith et je volais chaque jour sur le balai de Judy. Le rythme injecté fut salvateur : j’eus l’intuition d’avoir réussi les tests. Je n’avais pas d’idée réelle sur le niveau attendu et les entraineurs de chaque équipe n’avaient pas laissé filtrer la moindre information. Mais j’avais donné le meilleur dont j’étais capable, presque mon maximum et j’arrivai chez mes grands-parents totalement rincée, vidée, courbaturée. Les délicieux sablés de Jaga ne suffirent pas à me donner de l’énergie et je laissai mon grand-père lire La Gazette de la veille à voix haute :

La déclaration du ministre a été accueillie avec consternation et inquiétude par la communauté des sorciers qui, pas plus tard que mercredi dernier, recevait du ministère l’assurance qu’il n’y avait « aucune espèce de vérité dans les rumeurs persistances selon lesquelles Vous-Savez-Qui se manifesterait à nouveau parmi nous ». Rah, ça vous apprendra à élire un imbécile … Mettez Dumbledore à la tête du pays, quel meilleur homme pour lutter contre votre magicien de pacotille que le vainqueur de Grindelwald ?
-Arrête de faire la comparaison tout le temps, ce n’est pas la même guerre, répétai-je pour la dixième fois depuis que j’étais arrivée. Voldemort n’est pas assez fou pour chercher la confrontation avec Dumbledore comme l’a fait Grindelwald, bien au contraire, il est plus insaisissable, c’est un serpent de fumée. D’ailleurs, je ne suis pas sûre que Dumbledore veuille quitter l’école, il est bien où il est.

Miro parut dubitatif. Après avoir achevé l’article qui finissait sur une hypocrite éloge de Harry, il replia le journal en deux et le repoussa.

-Boh, des conneries, tout ça. Et le pire c’est qu’il ne parle absolument pas de démissionner … On a une idée de ce qu’il s’est passé dans le Département des Mystères ?
-Pas vraiment. Apparemment, Harry Potter devait y aller, il a emmené un groupe d’élève avec lui et ils sont tombés sur des Mangemorts … Voldemort a fini par les rejoindre. Après, le pourquoi du comment, Dumbledore a été avare de détail dessus …
-Hum … Il doit exister des choses étranges au Département des Mystères … Peut-être que Voldemort voulait s’adjuger une nouvelle magie, une nouvelle technologie qui y avait été développée …

Je l’écoutais à peine. Je feuilletais La Gazette de vendredi et j’étais retombée sur un article noyé dans la masse d’information qui annonçait la mort de Sirius Black, le partisan de Voldemort et qui avait causé la mort de treize moldus. Cette annonce était presque passée inaperçue face au retour du Mage Noir, et malgré tout, je trouvais le journal étrangement sobre et discret sur la fin d’un feuilleton qui avait défrayé la chronique. Rien n’était dit sur les circonstances de sa mort et je ne pouvais m’empêcher de songer que cela avait un rapport avec ce qui s’était passé au Ministère jeudi soir.

-En tout cas, il n’a pas réussi, intervint Jaga d’un ton cassant. Maintenant peut-on parler d’autre chose ?
-Ouais, approuvai-je en repliant le journal. Où est Alex ? Je pars dans une heure, moi …

Alexandre devait me rejoindre ici avant que je ne retourne à Poudlard. Chourave m’avait prévenu que je pouvais faire ce que je voulais de mon temps, du moment que ça comportait les essais et que j’étais de retour à l’heure convenue. Mes parents étant tous deux occupés aujourd’hui, j’avais décidé de me faire violence et de rendre visite à Jaga et Miro. J’avais failli défaillir lorsque Miro m’avait ouvert d’un coup de sa nouvelle baguette magique achetée au Chemin de Traverse qu’il avait découvert avec George Bones. Elle était en bois de vigne et contenait une plume de phénix, ce qui était presque à l’opposée de la première baguette qu’il avait acheté avant son entrée à Durmstrang. C’était pour lui le signe définitif qu’il n’était plus le même homme et il avait pu s’adonner au réapprentissage de la magie en toute quiétude. Dumbledore avait raison, il avait gardé quelques excellents réflexes dans la gestuelle, mais il se trouvait obliger de prononcer toutes ses formules et de s’entrainer sur les sortilèges les plus complexes. Si sa tentative de patronus n’avait pas été une franche réussite – mais il m’avait avoué à mi-voix qu’il n’avait jamais réussi à faire apparaitre un patronus corporel – mon colibri avait grandement intrigué ma grand-mère. Je voyais que cette magie utilisée à tort et à travers la troublait, mais elle s’efforçait de s’y intéresser pour atténuer l’appréhension.

-Il devait repasser chez lui se changer avant de venir, je crois, me répondit Jaga en me resservant du thé.
-Et vous avez réussi à lui faire arrêter l’envoi des lettres à Mel ?
-Je pense, affirma tranquillement ma grand-mère. On l’a invité plusieurs fois et on a beaucoup parlé, y compris d’elle … Je pense qu’il a compris que pour leur bien à tous les deux, il valait mieux qu’il la laisse partir.

J’acquiesçai, la gorge compressée. Puis mon regard se porta sur notre portrait de famille au-dessus du canapé et mon cœur se serra davantage.

-Vous avez parlé à tante Beata ?

Les doigts noueux de Jaga se crispèrent sur sa tasse et elle échangea un long regard avec Miro.

-Pas encore. Elle sort de maladie … Ta mère nous a demandé d’attendre, d’attendre qu’elle-même intègre totalement la réalité.
-Ça n’a pas été trop difficile ? D’en parler à maman ?

Miro poussa un grognement d’ours qui m’arracha un sourire et caressa sa barbe mal taillée.

-Evidemment que ça a été dur. Mais étrangement, elle m’a très vite cru, très vite assimilé – apparemment, elle savait déjà que je n’étais pas son père … Mais le pire a été quand j’ai évoqué Agata. Ça, je pense qu’Edward ne me l’a pas pardonné, à dire vrai et il ne le fera pas. Je ne le blâme pas, je ne me pardonne pas moi-même … Mais les parents du moustique étaient là, ils m’ont aidé, notamment concernant l’utilité que je reprenne la magie.
-Simon, rectifiai-je avec un vague sourire amusé. Le moustique s’appelle Simon.

Mais à présent que j’y songeais, il y avait une certaine ressemblance entre Simon et le jeune « Moustique » de Merlin l’Enchanteur. Mon grand-père eut un vague mouvement d’épaule.

-Hum. Il a appris à fermer son esprit, lui ?

A dire vrai, Simon s’intéressait de très près à l’occlumencie depuis qu’il s’était retrouvé face à Miro, son esprit mis à nu, dénué de la moindre protection. C’était quelque chose qui l’avait effrayé et je pensais qu’il était terrifié à l’idée de rencontrer à nouveau mon grand-père. J’assurai à Miro qu’il essayait et il se fendit d’un grognement satisfait. Je consultai ma montre. J’avais devoir songer à rentrer à Poudlard, mais j’aurais aimé voir mon frère avant … J’avais beau fini les cours dans moins d’une semaine, je voulais tout de même m’assurer qu’il allait bien.

-Je vais aller chez Alex, décidai-je en me levant. Si je l’attends, je vais arriver en retard à l’école.
-Aucun problème, perelko, fit ma grand-mère avant de se redresser à son tour. Je vais te préparer des sablées et une gamelle pour lui, il mange mal en ce moment.

Elle disparut dans la cuisine et mon grand-père la regarda faire amoureusement, un sourire entendu aux lèvres. J’avais craint que la révélation sur sa véritable nature ne fasse voler la famille en éclat, mais c’était tout le contraire qui s’était produit. Face à la menace imminente, nous nous étions tous resserré les uns sur les autres. J’y voyais la preuve que Miro et Jaga, malgré leurs mensonges, avaient bâti une famille solide, unie, solidaire. Si elle pouvait survivre à cela, alors rien ne pourrait l’ébranler. Et alors que je constatai cela, une grande quiétude s’empara de moi. Mon monde qui avait paru tanguer si fort qu’il allait s’en écrouler se stabilisait de nouveau, pilier par pilier. Et c’était grâce à cette force que je pourrais rester debout face à la guerre qui se profilait. Jaga revint de la cuisine avec trois gamelles pour Alexandre et une boite en fer contenant les sablée, et mon grand-père me raccompagna sur la plage.

-Je ne préfère pas encore transplaner, m’apprit-t-il d’un ton bourru. Je n’aimais déjà pas ça avant …
-Ça va revenir, c’est comme tout. Tu étais un grand sorcier et qui sait, peut-être que maintenant que tu es en plus en paix tu réussiras des choses que tu n’avais jamais atteintes en Pologne.

Miro m’adressa un sourire en s’immobilisant. Le vent emmêlait sa crinière grise qu’il n’avait pas pris le temps d’attacher et il tira sur le col de sa chemise avec une grimace. Le soleil brillait sur cette partie de l’Angleterre et laissait présageait un été agréable.

-Et toi, perelko … Tu sais combien de sorciers meurent sans jamais réussir à produire un patronus corporel ?

La fierté qui brillait dans le regard de mon grand-père m’embarrassa autant qu’elle me remplissait de joie. Je fis tourner ma baguette plusieurs fois dans la main, résistant à la tentation de faire de nouveau apparaitre le colibri d’argent qui m’avait prouvé que, même magiquement, j’étais capable de grandes choses.

-Je ne sais pas comment j’ai fait, je t’avoue …
-Tu y étais prédisposée. Comme l’occlumencie et les sortilèges informulés, ce sont deux arts magiques qui demandent une grande force mentale et un grand contrôle de soi. Le patronus, lui, réussit bien aux personnes au cœur pur qui se battent pour de nobles idéaux. Si tu ne corresponds pas à cette description alors je veux bien casser ma baguette de nouveau.

Un léger rire me secoua et je souris à mon grand-père. Une partie de moi m’aliénait encore et m’empêchait d’être totalement naturelle, de l’enlacer comme j’aurais envie de le faire … Mais elle s’amenuisait de jour en jour. Je n’avais pas de place à donner au doute et à la méfiance dans les jours qui venaient. Nous restâmes un moment immobile l’un en face de l’autre, figé face à ce mur invisible qui se dressait toujours entre nous.

-Si on va à Cracovie cet été, entonnai-je lentement, tu viendras ?

Miro se raidit et une flamme embrasa ses iris. J’avais prévu cette réaction : la Pologne était le berceau de douloureux souvenirs pour lui. Et, contrairement à Jaga, il risquait de croiser à Cracovie des anciennes connaissances, des sorciers et des sorcières qui le croient morts depuis près de cinquante ans. Je comprenais qu’il soit réticent à faire le voyage.

-Je vais y réfléchir, Perelko, promit-t-il d’une voix lente. Mais comprends bien que ma sœur, ses enfants et ses petits-enfants vivent encore là-bas, le centre politique sorcier se trouve encore à Cracovie …
-Je comprends. C’était juste … pour savoir. Mais on aura le temps d’en rediscuter. A plus, papy.

Je gratifiai mon grand-père d’un signe de la main avant de reculer d’un pas. Comprenant ce que j’allais faire, je vis une pointe d’envie transpercer son regard alors que je tournai sur moi-même. Ma magie m’emporta dans ce désagréable tube qui me broya et m’empêcha de respirer durant quelques secondes et je me retrouvai haletante dans la ruelle adjacente à l’immeuble d’Alexandre à Bristol. Grimaçant face à la douleur de mes muscles qui avaient été réveillés par l’exercice, je me mis difficilement en marche, dissimulant mon balai tant bien que mal le long de mon corps avant d’entrer dans l’immeuble. Il régnait dans les rues un indéniable parfum d’été. En cette douce chaleur de juin, les gens en profitaient pour ouvrir les fenêtres et sortir les jupes et sandales. J’entendais même des rires gars et sonores en provenance du toit de l’immeuble d’Alexandre, trahissant la présence de jeunes profitant du beau temps. J’avais eu l’occasion de voir la moto de mon frère garée dans la rue, solidement accrochée entre quelques vélos et ce fut assurée de le retrouver dans son appartement que je pris l’ascenseur. J’étais incapable de monter jusqu’au troisième étage ainsi et je me fis vaguement la réflexion en entonnant mon ascension qu’il faudrait que je m’habitue à une vie faite d’effort physique à présent que je me dirigeais vers le Quidditch. Ce ne serait plus des matchs trois fois par an, mais tous les mois juègvv, avec des entrainements presque tous les jours de la semaine. Un rythme harassant pour lequel il faudrait que je me refasse une santé. J’étais en train de préparer mentalement un planning de remise en forme lorsqu’une fille me heurta de plein fouet dans le couloir, me faisant lâcher mon balai et mon sac d’affaire et réactivant toutes mes douleurs musculaires. Je raffermis au dernier moment ma prise sur la pile de gamelle que m’avait confiée ma grand-mère et évitai que ses rognons de bœuf ne finissent par tapisser le sol.

-Aïe !
-Mon dieu je suis désolée, je ne voulais pas, c’est juste …

La fille s’arrêta de babiller en posant les yeux sur le balai que j’avais précipitamment ramassé, rouge de gêne. Puis nos regards se croisèrent et nous nous figeâmes toutes deux.

-Mel ?
-Victoria ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, tu devrais être à Poudlard !

Et elle ne devrait pas être là, songeai-je avec une certaine colère. Pourtant, c’était bien Melania Selwyn qui se tenait devant moi, sa longue chevelure châtain ramenée en une tresse sur son épaule et baguette à la main. Ses yeux gris luisaient dans la semi-obscurité du couloir et elle me paraissait fort agitée. Perplexe, je levai la main qui tenais mon balai.

-Je suis libérée pour des essais de Quidditch. Et toi, qu’est-ce que tu fais ici ?

Le ton accusateur rembrunit Melania et elle jeta un regard nerveux par-dessus son épaule. Elle n’avait même pas pris la peine de s’habiller comme une moldue et portait une légère cape d’un mauve sombre à attache d’or. Elle parut hésiter quelques secondes jusqu’à ce que les larmes lui montent aux yeux.

-Je … je ne sais pas si Ulysse t’a parlé des lettres …
-Si, mais je pensais que c’était réglé …

Le silence de Melania fit lentement monter la peur en moi. Mes doigts se crispèrent fort sur mon balai que mes jointures en blanchirent.

-Mel, lâchai-je d’une voix résolument calme, c’est réglé, pas vrai ?

Mais Melania plaqua une main contre sa bouche en fermant les yeux, étouffant ce qui semblait être un gémissement angoissé. Mon cœur manqua un battement et je voulus la dépasser pour m’élancer dans le couloir qui menait à l’appartement de mon frère. Mais elle m’attrapa fermement par le bras, le visage défait.

-Je suis déjà allée voir. Sa porte est grande ouverte, les clefs sont sur la serrure mais … il n’est pas à l’intérieur …
Une larme dévala la joue de Melania.
-C’est Nestor … Il est entré dans ma chambre, il a découvert les lettres, il a compris … Je suis tellement désolée, j’ai été si idiote …

L’angoisse courut si rapidement mes veines que je m’en trouvais paralysée, la bouche béante et l’esprit figé. Le souffle coupé, je m’appuyai contre le mur, tentant désespérément de mettre de l’ordre dans mes pensées qui s’embrouillaient depuis plusieurs secondes, couvrant divers scénarios. Chaque image pompa l’adrénaline et l’effroi en moi.

-Tu penses … tu penses qu’il … ?

Melania acquiesça. Elle se tordait les mains si fort que ça devait en être douloureux.

-Je suis venue dès que j’ai pu … Je suis rentrée du Ministère et j’ai vu notre elfe de maison brûler les lettres, elle m’a dit que c’était Nestor qui lui avait demandé, qu’il venait de sortir… (elle plaqua ses mains contre son visage). Bon sang, Victoria, je ne sais pas où ils ont pu l’emmener, où il …

J’agrippai le bras de Melania, le cerveau surchauffant totalement pour m’éviter de sombrer dans la panique. L’odeur d’huile de moteur que dégageait Alexandre lorsque je l’avais enlacé presque deux ans plus tôt, me jurant de le protéger si un jour le partie sombre de mon monde le menaçait m’emplit douloureusement les narines. Puis ce furent des rires gras qui transpercèrent mon espace auditif et je levai instinctivement les yeux au plafond. Melania suivit mon regard avant de reporter son attention sur moi. Ses prunelles luisaient d’effroi mais aussi d’une furieuse détermination.

-Tu penses qu’ils seraient montés ?

Je haussai les épaules, incertaine pour être honnête, mais je m’élançai tout de même vers la cage d’escalier que je savais mener au toit. Je n’avais pas commencé à grimper les marches que mon cœur s’arrêta net de battre : des voix indistinctes me parvenaient, ainsi que l’air doux et caressant qui s’échappait de la porte ouverte. Melania me dépassa prestement et je laissai tomber mes affaires dans l’escalier pour la suivre. Elle avait passé prudemment sa tête par l’entrebâillement, la baguette tirée. Ses yeux s’étaient asséchés et son visage étaient animé d’une telle fureur qu’il en devenait inquiétant.

-Espèce d’immonde petite pourriture …
-Ils sont là ? Et Alex ?

Mais Melania me fit rapidement le signe de me taire et se pencha un peu plus pour tenter d’apercevoir la scène. L’angoisse grignotait mes entrailles comme un poison et je n’y tins plus : je montai jusque elle et jeta un coup d’œil sur le toit. Il me fallut quelques secondes pour m’accoutumer au soleil, mais je finis par les voir, les quelques hommes et femmes qui riaient à gorge déployée en touchant du bout du pied un corps inerte étalé sur le sol. Les battements de mon cœur se firent si assourdissant que je n’entendis plus que cela. Impossible de ne pas reconnaitre la tignasse brune d’Alexandre. Mon souffle se bloqua dans ma gorge et j’agrippai machinalement le bras de Melania. Elle serra ma main en retour et je sus que nos émotions étaient l’écho l’une de l’autre. Un seul ne riait pas. Sans doute parce que cela étirerait trop cruellement les terribles cicatrices sur son visage et annihilerait cet air de profond dégoût qui semblait animer ses traits alors qu’il fixait mon frère.

-Qu’est-ce qu’on va faire de ce sale petit rat ? s’enquit l’un des compagnons en poussant la main d’Alexandre du bout du pied. On le réveille pour jouer un peu ?

Il tourna la tête vers l’un des hommes, qui semblait plus âgé, plus mûr et plus en retrait. Grand et massif, ses cheveux blonds étincelaient sous le soleil. Malgré le soleil implacable il portait une longue cape noire dont le col était remonté sur son visage. Une grimace de dédain vint déformer ses lèvres et il se détourna lentement du spectacle.

-J’avoue que lorsque vous m’aviez dit que vous allions servir l’œuvre du Seigneur des Ténèbres, je m’attendais à mieux … Je suis déçu.
-C’est un immonde bâtard ! protesta l’homme qui l’avait interpellé. Raconte-lui, Nestor !
-Il a souillé ma sœur, confirma Selwyn d’une voix grave et menaçante. Ce sale détritus pas même digne de torcher ses gaudasses a posé ses doigts dégueulasse sur ma jumelle, a tenté de mêler son indigne sang au mien …

Melania fut piquée au vif par la réponse et voulut soudainement sortir de notre cachette mais je la retins par le bras, paniquée. Ils étaient cinq, dont le grand homme dont je me doutais qu’il était plus expérimenté que les jeunes, et avec cette révélation elle ne serait pas mieux considérée qu’Alexandre … Elle avait exposé le sang pur des Selwyn à la souillure et je doutais que Nestor puisse lui pardonner l’affront. Elle me jeta un regard furibond.

-Victoria, tu as compris ce qui se passe ? Tu as compris ce qu’ils allaient lui faire ?!

Mon sang se figea dans mes veines. Bien sûr que j’avais compris, bien sûr que je l’observai comme elle cette lueur meurtrière dans les yeux de Nestor Selwyn et cet air d’avidité impatiente qui se peignait sur le visage de ses compagnons. Comme pour faire montrer notre pression, l’homme à la cape noire répondit d’un ton sec :

-Et c’est en donnant des coups de pieds que vous le punissez ? Vous pensez que c’est en jetant des sortilèges aussi minables que les vôtres que Lucius Malefoy a consenti à me présenter à notre Maître ? Vous êtes des enfants … Vous ne méritez pas d’avoir l’infime honneur d’avoir la marque tatouée sur votre bras …
-Toi non plus, tu ne l’as pas, répliqua une fille avec un amusement sadique.

L’homme sortit sa baguette si vite que mon œil ne put percevoir le mouvement. En revanche, j’entendis clairement le cri de douleur qui déchira l’air estival, perçant mes tempes et m’obligeant à me courber contre Melania pour échapper à ce son de pure détresse humaine, un son arraché à la chair, au tréfond de l’âme et qui semblait douloureusement résonner dans la mienne. Melania referma ses bras sur moi et ce ne fut que lorsqu’elle me serra contre elle que je compris que je tremblais. Et pourtant, c’était une parfaite inconnue qui hurlait, une inconnue qui menaçait mon frère, mais je me sentais frémir d’horreur. Puis enfin, le cri cessa enfin, et la voix de l’homme blond claqua comme un fouet :

-J’espère que tu as compris. Ce ne sont pas vos sorts d’enfant plein de bons sentiments qu’Albus Dumbledore vous a appris qui fera de vous des serviteurs de notre Maître. Par ailleurs, cette chose n’est pas l’unique responsable. C’est ta sœur Selwyn qui a trahi votre sang, ta sœur la pure sorcière qui a exposé ta famille à la dégénérescence. Si tu veux vraiment servir notre Maître c’est elle qu’il faudra punir. Si elle a pu coucher avec cette sale engeance, elle sera le refaire avec un autre.
-Le châtiment de Melania sera prévu, assura Nestor avec une sorte de fureur sourde qui rendait sa voix presque inhumaine. Mais je commencerais par lui apporter la tête de son moldu.

Je poussai un couinement de souris dans le cou de Melania, littéralement pétrifiée. Tout mon être se rebella face à l’image qui venait de s’imposer dans mon esprit, cette image sanglante et révoltante qui fit trembler mon âme. Je vous protégerais. Je vous jure que je vous protégerais. Alors pourquoi avais-je l’impression que mes jambes étaient soudainement incapables de bouger, incapable de s’arracher à la torpeur ? Melania m’avait serrée un peu plus fort contre elle, tremblante comme moi de tout son dégoût, toute sa peur, tout son amour.

-Ecoute-moi bien Victoria, chuchota-t-elle à mon oreille. Il va falloir être forte, d’accord ? On n’a pas le temps, il faut faire vite. Je vais y aller, les faire parler. Je vais te mettre sous un sortilège de désillusion, tu vas contourner la porte et te tenir prête, dès que tu as la moindre ouverture, d’accord ?

Ce fut mon cœur plus que ma tête qui hocha frénétiquement la tête contre son épaule, déterminé malgré les tremblements qui me secouaient toujours.

-D’accord … La première qui atteint Alex transplane chez les Bones. Immédiatement.

Melania mit un certain temps avant de lentement acquiescer. Puis elle se détacha enfin de moi et leva sa baguette. Lorsqu’elle l’abattit sur ma tête, je sentis un liquide froid glacer ma peau et me rafraichir les idées, réaffirmant ma détermination. Lorsque je baissai les yeux sur les mains, elles se fondaient avec le gris terne des escaliers au sol. Melania pressa une dernière fois mon épaule et, sans attendre, s’élança hors de la cage, prenant toute la lumière sur elle en s’écriant :

-Inutile d’attendre, mon frère, je suis là !

Je ne restais pas contempler la réaction des aspirants Mangemorts – et à ce stade, j’étais persuadée qu’ils l’étaient – et bondis hors de notre cachette avant de me tapir dans le premier coin d’ombre que j’atteins. Le sortilège de désillusion était facilement détectable en pleine lumière et le toit était inondé de soleil. Melania ne prit pas la peine d’avancer, restant proche de la porte pour espérer aspirer les assaillants vers elle et qu’ils découvrent Alexandre. Ils s’étaient tous mis à murmurer à l’apparition de Melania, la lorgnant d’un air ravi qui me semblait indécent et me donnait envie de rendre les sablés de ma grand-mère. Nestor considéra longuement sa sœur jumelle et durant un affreux moment, ils se ressemblèrent affreusement : leurs yeux gris et luisaient, leur chevelure châtain agitée par la brise, le visage animé d’une identique fureur.

-Comment tu as pu oser, entonna Nestor d’une voix sourde. Toi, la fierté de père, la tête de proue de la famille … Nous trahir si ignoblement …
-C’est toi qui as trahi notre famille et ses valeurs, cracha Melania en reculant un peu plus. Les Selwyn ne sont pas des meurtriers, ils ne s’adonnent pas à la magie noire, ils exècrent les gens comme Tu-Sais-Qui qui mettent notre monde et notre puissance en péril …

Nestor avança de plusieurs pas vers elle et ses camarades suivirent mécaniquement, l’entourant tels des conseillers démoniaques, un sourire insidieusement radieux sur leurs lèvres. Avec un grognement de frustration, je constatai que l’homme plus âgé lui était resté en retrait, lorgnant Alexandre avec un mépris palpable. Et avec une horreur encore plus grande, je vis les doigts de mon frère tressauter, signe qu’il revenait lentement à lui. Je n’ai juste qu’à le stupéfixier … Le stupéfixier et courir vers Alex, et transplaner … Si seulement ils pouvaient s’éloigner un peu plus … Mais ils étaient encore trop proche pour que je puisse attaquer l’homme et atteindre mon frère pour que j’en sorte indemne, même sous sortilège de désillusion.

-Les grands principes de père ne sont là que pour cacher sa faiblesse ! protesta Nestor, brandissant sa baguette face à sa sœur. Il n’a pas la force de conserver la pureté de notre race, il s’abaisse à commercer avec ces rats … il ne comprend pas qu’avec de telles bassesses, il nous affaiblit ! Mère et moi avons tenté de lui faire entendre raison mais il n’écoute pas … il t’écoute toi, c’est toi qui provoques notre déchéance, mais je n’avais pas compris à quel point … Tu ne sais pas, non, tu n’as pas idée à quel point leur sang peut être nuisible, destructeur … Non, tu ne sais pas …

Sa baguette tremblait et je sus que c’était mon visage qui apparaissait devant ses yeux furieux, mon visage le jour où j’avais mis le feu à son écharpe et où sa vie s’était embrasée. Bien sûr, il ne pouvait pas asséner cet argument ultime que le sang moldu était malveillant par nature : la fierté le forcer à contracter à la mâchoire et à planter un regard ardent sur sa sœur. Mais elle avait parfaitement compris les mots qui se trouvaient derrière la colère brûlante de son frère, la douleur qu’il ne pouvait laisser éclater et cela parut un instant l’ébranler.

-Nestor, souffla Melania. Nestor, tu n’es pas obligé de répondre à la violence par la violence … ça aussi, c’est de la faiblesse. D’ailleurs si vraiment c’était le destin que tu t’étais donné, il y a longtemps que tu le ferais mais non … Il a fallu que tu attendes … attendes que Tu-Sais-Qui se montre … attendes de trouver les lettres et une raison valable d’agir … ça montre bien que tout ne va pas que de soi. Que même dans ta tête il n’y a pas un ordre absolu de l’univers … Sinon tu n’aurais pas attendu ce moment pour agir.
-Oh, assez parlé, lâcha l’homme blond d’une voix sonore. Si vous voulez suivre la voie tracée par notre Maître et espérer le servir, vous savez ce qu’il faut faire à cette traitresse à son sang. Qu’elle serve d’exemple à tous ceux qui auraient l’idée impure de fricoter avec les moldus. A vous de prouver que vous êtes dignes du Seigneur des Ténèbres et ça ne passe pas par des paroles. Ça passe par des actes. Des actes comme ceux-là. Endoloris !

Il pointa la baguette sur Alexandre qui venait d’ouvrir un œil hagard sur le ciel. Je me figeai, me collai, m’imprégnai totalement de la terre lorsque le sort le frappa et que le cri de mon frère s’éleva, inhumain, que son corps d’arcbouta pour échapper à la souffrance, que Melania hurla en écho, horrifiée, folle de douleur mentale. Elle voulut lancer un sortilège à l’homme, mais tous les compagnons de Nestor firent barrage, baguette tirée, pendant que lui protestait en tentant de couvrir les cris de sa voix :

-Non ! Non, ils sont à moi ! A moi, vous m’entendez ?

Mais la bataille s’était engagée entre ses amis et sa sœur et Alexandre hurlait toujours sous les yeux sadiques de l’homme en noir. Alors mon cœur et ma chaire ne purent en supporter plus et je bondis de ma cachette pour me fendre et atteindre la baguette destructrice d’un sortilège de désarmement. Alors enfin, mon frère cessa de s’époumoner et retomba sur le sol, tremblant, cherchant désespérément son souffle. Le soulagement eut à peine le temps de m’envahir que l’homme avait les yeux dardés sur ma silhouette rendue visible par le soleil de plomb.

-Il y en a une autre ! cria-t-il aux garçons qui s’acharnaient sur Melania. Là !

Faisant prestement volte-face, je parai le premier sortilège qui tenta de m’atteindre et usai de ma transparence relative pour surprendre les deux hommes qui s’étaient retournés sur moi. Je maudissais intérieurement ma lenteur : paralysée par le cri de mon frère, je n’avais pas su me dépêcher de le mettre à l’abri et l’homme en noir se précipitait maintenant vers sa baguette qui avait roulé quelques mètres plus loin. La jeune femme et le garçon face à moi étaient relativement jeunes, de l’âge de Nestor et Melania et seul lui maîtrisait parfaitement les sortilèges informulés. Je me baissai pour éviter un éclair rouge tout en jeta un sortilège de stupéfixion qui atteignit sa camarade en pleine poitrine. Alors que je me détendais enfin en me retrouvant à force égale, je vis ma main apparaitre devant moi. Mon regard se porta sur la scène derrière mon assaillant : Melania, acculée par trois adversaires, était tombée à terre, touchée par un sortilège qui lui avait entaillée sérieusement le bras. Sa puissance magique vacillante, son sortilège de désillusion fut brisé et Nestor, qui regardait sans intervenir, écarquilla les yeux en me voyant brusquement apparaitre. Pendant un instant, j’eus l’impression d’être projetée dans cette froide nuit de novembre et la lueur des sortilèges se mua en cruelles étincelles. Mon cœur se mit à battre à tout rompre dans ma poitrine, mais avant que lui ou n’eûmes pu bouger un muscle, le garçon me lança un sortilège qui me plaqua au sol. Mes poumons se vidèrent sous le choc qui réveilla les blessures de l’attaque des Serpentard et ma baguette m’échappa. Le garçon se précipita vers moi, frémissant d’excitation à l’idée de m’avoir à sa merci mais je réagis instinctivement en dressant brusquement la jambe qu’il enjamba : les parties intimes heurtées, il poussa un gémissement pitoyable et s’écroula à genoux. J’eus alors le loisir d’enfoncer le clou d’un coup de pied dans le visage qui le projeta par terre, totalement sonné et profitai du répit pour récupérer ma baguette. Ce fut au moment où je rampais que je m’aperçus que l’homme en noir avait récupérer la sienne et qu’il la pointait sur moi avec un sourire cynique. J’eus à peine le temps de déployer un bouclier avant que le sortilège ne fuse et me dépêchai de me relever, les membres douloureux après ma chute. J’étais presque certaine que l’une des mes côtes s’était fêlée. L’homme n’attendit pas un seul instant et attaqua, plus vite, plus fort et plus vivement que ne l’avais fait les camarades de Nestor et je fus réduite à parer, parer encore et encore chaque éclair de couleur sombre qui fonçaient vers moi, présageant des sortilèges bien plus ravageurs et avancés que semblaient capable de produire les autres. L’homme eut une moue contrariée.

-Mais c’est qu’elle est coriace … Mais est-ce que tu pourras parer ça, ma jolie ? Endoloris !

Je fis un bond sur le côté pour éviter le sort qui frappa le mur de brique derrière moi, explosant certaines d’entre elles, et me baisser précipitamment quand le second jaillit. Mon rythme cardiaque s’emballa si fort que je crus que mon cœur allait sortir de ma poitrine. C’est comme éviter un cognard, Victoria … C’est comme éviter un cognard … Le troisième fut lui dévié par Nestor, qui surgit avec un rugissement de frustration en refermant sa main sur le bras de l’homme pour l’abaisser. Son regard brûlait plus ardemment que les flammes qui lui avaient mangé le visage le soir du cinq novembre.

-Elle aussi, elle est à moi, tu m’entends Rowle ? Si quelqu’un soit l’entendre hurler, c’est moi !

Sa voix fut couverte du cri que poussa Melania : par-dessus un corps inerte, elle se tordait de douleur alors qu’un des compagnons de son frère éclatait d’un rire jouissif.

-Je le fais ! Regardez, je le … !

Mais la fin de sa phrase s’étouffa et il s’effondra sur le sol. Derrière lui se tenait Alexandre, haletant, une barre de fer à la main. Tremblant de rage, il asséna un coup dans les côtes de l’homme à terre en assénant à chaque fois :

-Ne … la … touche pas !

Un autre se précipita pour le mettre hors d’état de nuire mais Alexandre se retourna souplement et lui asséna la barre de fer en plein visage. Melania en profita alors pour récupérer sa baguette et lui jeter un maléfice du saucisson qui l’envoya au tapis. L’homme en noir devant moi arracha sa prise à Nestor et lui adressa un sourire cynique.

-D’accord, la danseuse est à toi. Moi, je vais faire voler les tourtereaux.

Il para avec une facilité déconcertante le maléfice que je tentai de lui lancer et sans attendre la riposte, fit volte-face vers Alexandre qui aidait Melania à se redresser. Aussitôt, elle se posta devant lui malgré sa faiblesse manifeste et le regard de mon frère accrocha le mien. Ma gorge se comprima, et je me serais sans doute mis à pleurer de frayeur et de soulagement si Nestor n’avait pas choisi ce moment-là pour hurler :

-Endoloris !

Je fis prestement un bond sur le côté et profitai de l’énervement de Nestor pour jeter un sortilège cuisant à Rowle. Hurlant de rage et de douleur, il se détourna du couple pour revenir sur moi. Melania, qui semblait s’affaiblir chaque seconde davantage, accrocha mon regard et hocha lentement la tête, me faisant comprendre qu’elle n’avait pas oublié notre plan de départ. Alors rassemblant ses dernières forces, elle agrippa Alexandre par le bras et pivota prestement. Comprenant ce qu’elle voulait faire, mon frère tenta de se dégager et j’eus le temps de l’entendre hurler :

-Tory !

Et ils disparurent tous deux avec un « crac » sonore. Je voulus faire de même, profiter de leur stupéfaction pour leur échapper, mais avant que je ne puisse mobiliser ma magie, Rowle pointa sa baguette sur le sol et les dalles de béton se veinèrent d’éclair bleuâtre. Un sourire sinistre s’étira sur ses lèvres. Il se tenait toujours le bras qui avait reçu mon maléfice et qui gonflait de manière anormale et sans doute douloureuse.

-Sortilège antitransplanage, petite danseuse. Il semblerait qu’ils ne restent que nous sur ce toit …

Je savais qu’il ne mentait pas : je sentais comme des attaches invisibles s’enrouler autour de mes chevilles et bloquer ma magie voyageuse. La panique se mit à me faire perdre le sens commun et je jetai un regard de bête prise au piège aux alentour. De toute manière, je ne me sentais pas assez forte pour transplaner : entre la peur, les douleurs et la fébrilité, j’étais certaine de manquer de Détermination et de me désartibuler. Mais cela restait mon unique moyen de partir d’ici …

-Non, répliqua Nestor en pointant sa baguette sur ma tête. C’est entre elle et moi.

Oui. En un sens, toute cette histoire absurde, c’était entre lui et moi. Je levai ma baguette, prête à me défendre comme ce soir de cinq Novembre où tout avait commencé, mon cœur battant la panique et la fureur de vivre exactement comme ce jour, exactement comme lorsque je m’étais tenue à la merci de la baguette de Kamila Tokarsky. Respectant sa volonté, Rowle s’était détourné avec un ricanement.

-Je t’en prie, fais-toi plaisir. Vu sa tête, elle doit être à Poudlard, c’est à ta portée …
-En réalité ça ne l’est pas, rétorquai-je d’une voix tremblante. Mais je suppose que tu te souviens, Nestor ? Remember, remember, the fifth of November ?

Nestor blêmit sous ses cicatrices et je profitai de son trouble pour me fendre d’un sort désarmement que Rowle para à sa place. Certaines autres commençaient à bouger, et je me retrouverais bientôt drastiquement inférieure en nombre. Déjà que le presque-Mangemort semblait bien trop coriace pour moi … Je jetais un autre regard paniqué au toit, dépourvu de solution : Rowle me bloquait l’accès à la porte. Rien que des dalles grises sous l’implacable soleil et le vide derrière. Je posais un regard désespéré sur la porte qui m’était bouchée et je vis un morceau de bois bloquer la fermeture de la porte lorsque Rowle la rabattit négligemment. Une idée folle prit forme dans mon esprit mais avant que je ne puisse l’élaborer, Nestor cria :

-Stupéfix !

Mais je parai sans difficulté. Et alors qu’il s’engageait avec plus de vigueur dans le combat, hurlant ses formules comme si sa puissance vocale pouvait lui donner plus de force, je compris ce que Melania voulait dire lorsqu’elle avait suggéré que Nestor était gérable. Il ne maîtrisait rien, l’énervement rendant des gestes approximatifs et l’empêchait de se concentrer assez pour taire ses formules – si tant est qu’il en soit capable. Cela fit naitre un rire absurde dans la poitrine, absurde car deux de ses camarades venaient se de lever pour observer le duel que j’étais en train de dominer, de plus en plus largement face à la fureur croissante de Nestor. Certes, cette colère profonde et destructrice donnait aux plus noirs de ses sortilèges une force inouïe, mais son manque de précision et le prononcement de ses formules me permettait de facilement les éviter, magiquement ou physiquement. Un de mes sortilèges cuisant l’avait atteint au pied et il se déplaçait à présent difficilement, luttant contre mes maléfices qui se faisaient plus attaquants, plus pressants. Les deux amis debout derrière lui se tenaient prêts à le suppléer et Rowle observait la scène, vaguement intrigué par le potentiel destructeur que pourrait avoir Nestor, me barrant toujours l’accès à la porte. N’ayant plus d’autres choix pour m’en sortir que l’idée inconsciente que j’avais eue, j’en fus réduite à attendre que Nestor me laisse une ouverture. Mais pour qu’il fasse des erreurs, il fallait attiser sa rage.

-Je dois te remercie, en fait ! lançai-je en tentant de mettre toute ma conviction dans mes mots. C’est grâce à ce qui s’est passé ce soir-là que j’ai pu découvrir que j’étais une vraie sorcière ! La magie coule dans mes veines de née-moldue, tu me l’as prouvée !

Le visage de Nestor se crispa de manière inquiétante et il marqua un temps d’arrêt qui me permit de glisser les yeux vers la porte. Le mouvement de baguette que je fis ne fut pas perçu par Nestor, qui hurla avec hargne :

-C’est faux ! C’est une magie impure, un simulacre de poussière, quelque chose d’infime, d’impur, de mauvais …
-Mais ça a suffi à te brûler le visage ! Alors qui gagne, la née-moldue ou le Sang-Pur ?

Avec un hurlement de rage, Nestor se rua vers moi, la baguette brandit, la bouche ouverte en un sort qu’il ne put prononcer car je le cueillais d’un maléfice du saucisson en pleine poitrine. Je n’attendis pas qu’il s’écrase sur le sol pour faire volte-face et réceptionner le balai de Judy qui s’était élancé, mu par mon sortilège d’attraction. Un sort me frôla le bras et je me dépêchai de l’enfourcher, les mains tremblantes et tendue comme je l’avais rarement été sur un balai.
-Tu ne peux pas t’enfuir, la petite danseuse ! s’écria Rowle en pointant sa baguette sur moi.
Mais j’avais déjà frappé un grand coup sur le sol et mon équilibre de gardienne me permit de lâcher le balai d’une main pour parer sommairement les sortilèges qui fusaient vers moi alors que je m’élevai dans le ciel de Bristol. Ma main trésaillait si violemment que j’avais peur d’être touchée mais bientôt le toit de l’immeuble disparut à ma vue et leurs silhouettes furent réduit à des points noirs derrière moi. Le vent hurlant à mes oreilles et les battements affolés de mon cœur devirent bientôt ma seule réalité et je me couchai sur le balai, épuisé et haletante pendant que Bristol défilait sous moi et que l’adrénaline quittait mes veines. Et alors que je m’éloignais enfin, je me détendis face à la sensation familière du balai sur moi, de l’air qui me chatouillait les joues et ébouriffer mes boucles, de cette sensation incroyable de liberté qui s’éprenait de moi chaque fois que je volais.

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Perripuce

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Perripuce »

*2e partie*


Je ne songeais même pas à tenter de transplaner : j’étais éprouvée par le duel, incapable de me concentrer sur ma destination, et les essais de Quidditch avaient réveillé de vieilles douleurs. Alors je poursuivis ma course, volant vite et haut pour éviter d’être vue des moldus. Le ciel sans nuage offrait peu de cachette mais à l’altitude et la vitesse à laquelle j’étais, j’espérais qu’ils me prendraient pour un étrange oiseau. Je descendais aléatoirement pour suivre la route jusque chez moi et je vis arriver avec un indicible soulagement la belle maison victorienne des Bones. J’atterris lourdement dans le jardin, le souffle court, le corps broyé. Ce fut George, posté dans la terrasse à m’attendre, qui m’atteint le premier. Les jambes tremblantes et l’adrénaline s’effritant pour ne laisser qu’un épuisement moral et physique, il dût me porter jusque la maison où m’attendaient Alexandre, secoué, choqué mais indemne et Melania, le bras enveloppé dans une tonne de tissu et qui devrait sans doute faire un passage à Ste Mangouste pour cette blessure. Amelia était également présente, prévenue par Rose qui était allée avertir les Aurors qu’une attaque contre un moldu était en cours à Bristol. Possédant les rudiments de la magie curative, elle m’avait examinée et ressoudée les deux côtes qui s’étaient cassées dans ma chute mais j’avais bien senti que son esprit était à mille lieues de cette maison.

-Ils ne perdent pas de temps, râla-t-elle après m’avoir aidé à me redresser. Et même pas des Mangemorts, des aspirants d’aspirants, des gens qui profitent du retour de Vous-Savez-Qui pour accomplir des « exploits » personnels en espérant que les temps troublés les couvrent et que les Mangemorts les revendiquent … C’était déjà comme ça pendant la première guerre, des cas extrêmement difficiles à établir car on n’arrivait pas à tisser un lien tangible avec Lui. Regarde, ce n’est pas comme si Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom leur avait demandé de châtier Alexandre ?
-Mais ils ne l’auraient pas fait si son retour n’avait pas été officiel, protesta faiblement Melania.

Elle avait le teint blême du fait du sang qui s’écoulait toujours de sa blessure. Malgré tout, ni George ni Amelia ne préférait lui faire subir le transplanage, de peur d’aggraver la plaie magique. Alexandre était assis sur le bras de son fauteuil, prêt à la soutenir si jamais elle défaillait, mais la jeune femme se tenait aussi éloignée de lui que possible et évitai soigneusement de le regarder. Je la comprenais : il portait les stigmates des tortures qu’on lui avait fait subir, avec sa pâleur, les lèvres et le tee-shirt maculé du sang qui avait coulé de son nez cassé, et se tenait également les côtes d’une main. Amelia avait voulu plusieurs fois l’ausculter mais il avait refusé, préférant qu’elle s’occupe de Melania et moi en premier. La jeune femme avait les larmes aux yeux.

-Mais même là … Je ne pensais pas qu’il aurait la force … Qu’il aurait l’audace … Je veux dire, ça ne fait que trois jours que Fudge a admis son retour et Nestor …

Sa voix se brisa et elle pressa ses paupières pour retenir ses larmes. Elle devait sans doute se maudire d’avoir gardé ces lettres qui l’avaient découverte aux yeux de son frère jumeau et mis le feu aux poudres déjà fort inflammable de Nestor. George tapota son épaule avec douceur.

-Ne t’en veux pas, tu n’y es pour rien dans ce qui s’est passé. La seule personne à blâmer, c’est son frère et … (il nous interrogea tous du regard). Qui était avec eux ? Rowle ?
-Thorfinn Rowle, oui, confirma Melania sans rouvrir les yeux. Je l’ai reconnu tout de suite, il sert de secrétaire à Lucius Malefoy, son père est issu d’une grande famille de Sang-Pur …
-Je vois parfaitement qui sont les Rowle, ça ne me surprend pas que l’un d’entre eux passe Mangemort, maugréa Amelia. Tu aurais d’autres noms à nous fournir ? Avec la fuite de Victoria, je doute qu’ils y en aient beaucoup qui soient restés sur place, les Aurors n’auront pas grand-monde …

Melania acquiesça avec une lenteur qui trahissait sa faiblesse. Alexandre la contemplait et je sentais que tout son être ne souhait que l’envelopper de ses bras, pourtant il demeura immobile sur le bras du fauteuil. Mes entrailles se contractèrent quand je pris conscience des chocs physiques et émotionnels qu’avaient dû subir mon frère cette dernière heure. Tout ce quoi j’aurais voulu le protéger depuis des mois lui étaient tombé dessus avec une violence brutale.

-Alex … Je suis tellement désolée …

Mon frère vrilla son regard gris et étrangement éteint sur moi. Lentement, il se leva pour se laisser glisser dans le fauteuil d’à côté et pouvoir laisser enfin s’exprimer toute la fatigue qu’il devait ressentir. Il se frotta la mâchoire puis le visage, comme s’il espérait se réveiller d’un cauchemar.

-Ecoute, Tory … Je … je n’ai pas encore assimilé tout ce qui s’est passé, alors … Est-ce qu’on peut juste … Je ne sais pas, m’expliquer ce qui s’est passé, en fait ?

Melania tourna la tête pour ne pas avoir à affronter son regard et je vis les larmes emplir ses yeux gris. Amelia et George parurent comprendre qu’il nous fallait de l’intimité car ils s’isolèrent dans la cuisine pour attendre le retour de Rose. Ravalant ses pleurs, Melania se fit violence et finit par lâcher du bout des lèvres :

-Disons que … Tu as eu une rencontre un peu brutale avec mon frère jumeau …

Elle porta son poing au creux de sa gorge et s’interrompit, visiblement incapable de poursuivre sans craquer. Mon cœur saigna pour elle qui devait tant culpabiliser de la situation, mais je partageais sa responsabilité dans ce qui s’était passé. Ce fut pour cela que je poursuivis d’une voix éraillée :

-La famille Selwyn est l’une de celles qui considère que parce qu’ils n’ont eu que des sorciers dans leur famille, ils valent mieux que les autres, et surtout mieux que les non-magiques. Alors ce ne sont pas les pires, le père a fini par comprendre que leur monde changeait et ils n’aiment pas la Magie Noire, mais … ils ont produit tout de même un cas extrême en la personne de Nestor. (Je déglutis pour faire passer la boule chauffée à blanc qui s’était formée dans la gorge). Quand j’étais en première année, il a voulu me faire payer d’avoir donné un coup de pied à leur petit frère qui m’avait insulté et … en me défendant, j’ai brûlé son écharpe, sans le faire exprès … et …

Mais je n’eus besoin de poursuivre, Alexandre avait compris. Il avait vu les terribles cicatrices qui mangeaient une partie de la mâchoire de Nestor Selwyn. Il se prit la tête entre les mains avec un soupir avant de m’observer à travers ses doigts écartés, l’horreur et la colère se battant dans ses prunelles. Je reconnus là le frère qui m’avait toujours protégé : peu importait que j’aie accidentellement brûlé le visage de Nestor Selwyn. Ce qui comptait, c’était que lui m’avait attaqué et qu’Alexandre n’avait pas été là pour me défendre. Mais avant qu’il n’ait pu s’indigner, la voix de Melania s’éleva faiblement :

-Personne n’a jamais rien su sur ce qui s’était passé, mon père a voulu étouffer l’affaire parce que Nestor était en faute et Victoria n’a jamais rien dit parce qu’elle avait peur des conséquences. Mais il n’a jamais oublié, cette nuit-là a été lourde d’incidence pour lui … au-delà de la perte d’une partie de son visage … Alors quand on s’est rencontré je ne savais pas … j’étais loin de me douter, jamais … (elle se couvrit les yeux d’une main). Je t’ai caché que j’étais une sorcière parce que je préférais attendre d’être sûre que ce soit solide entre nous avant de te l’avouer. A dire vrai, j’étais déterminée à le faire … Mais Simon Bones m’a reconnue et a prévenu Victoria de qui j’étais. La sœur de qui j’étais. Nestor était déjà assez instable et ma famille bancale alors … alors …
-Alors tu m’as quitté, acheva Alexandre d’une voix morte, sans la regarder. Parce que tu as pensé que ça me protégerait de ton psychopathe de frère …

Il s’était tendu et les traits de son visage s’étaient crispés, animés par une sorte de colère froide. Mais il y avait quelque chose de positif dans la voix d’Alexandre, un peu rancœur, certes, mais aussi une vibration qui ressemblait à celle de l’espoir. Ce n’était pas l’amour la cause de cette rupture. Puis son regard se posa sur moi et cette fois j’y vis une touche de reproche.

-Et tu as approuvé ça, Tory… ?

Mon souffle se bloqua dans ma gorge mais je hochai la tête. La lueur s’embrasa dans les yeux de mon frère et il se leva de son fauteuil en grimaçant, malgré Melania qui s’était retournée vers lui pour la première fois depuis que j’étais revenue.

-Alex, on voulait t’éloigner de Nestor, me défendit-t-elle. Ça fait des années qu’il rêvait de se venger de Victoria et mon père et moi espérions réussir de le maintenir du bout côté de la magie …
-C’est une réussite …
-Je ne le nie pas, admit Melania en pâlissant encore. Il m’a prouvé aujourd’hui que peu importe ce qu’on aurait fait, il a une prédisposition pour la magie noire et un penchant pour les forces de Tu-Sais-Qui … Mais même dans cette optique … on pensait que si je te quittais, ça augmentait les chances que Nestor s’intéresse à Victoria et seulement à Victoria. Que tu puisses rester en dehors de ça …
-Alors c’était ça votre plan brillant ? explosa Alexandre, laissant éclater sa colère. Votre plan brillant c’était de me briser le cœur pour laisser ma petite sœur seule face au danger, c’est ça ?!

Melania détourna les yeux face à ceux furieux de mon frère. Malgré ses douleurs manifestes aux côtes, celui-ci se mit à faire les cent-pas dans le salon des Bones, tournoyant tel un lion en cage.

-Et vous avez fait tout ça dans mon dos … Vous ne m’avez caché ça, vous ne m’avez même pas laissé voix au chapitre !
-Evidemment qu’on ne l’a pas fait, Alex ! m’exclamai-je, par souci ardent de justifier ce que je lui avais fait. Parce qu’on te connait et qu’on sait très bien que peu importe le nombre de danger qu’on t’aurait miroité, tu t’en serais fichu. Tu es du genre à foncer tête baissée, sans réfléchir et moi je ne pouvais pas permettre ça, je ne pouvais pas permettre que tu te mettes plus en danger que tu ne le serais déjà ! Bon sang, tu as vu ce qu’il s’est passé ?! Tu peux m’en vouloir d’avoir voulu éviter que ça t’arrive ?
-Mais c’est arrivé, Tory ! C’est arrivé, ils m’ont assommé quand je sortais de mon appart et amené sur le toit pour … (il se prit la tête entre les mains et je sus qu’il ressentait l’écho de ce que Doloris lui avait fait ressentir). Je ne savais même pas ce que c’était, j’ai simplement cru que j’allais en mourir …

Melania amorça un mouvement pour se lever, mais à peine redressée elle vacilla et devint blanche comme un linge avant de se laisser retomber sur le fauteuil. Dos à elle, Alexandre n’avait pas fini d’étaler son trouble et poursuivit avec ardeur :

-En plus derrière j’apprends que ma copine était une sorcière – et après avoir appris que papy l’était, qui plus est ! Bordel, si quelqu’un de mon entourage est sorcier sans me le dire, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais !
-Votre grand-père ? s’étonna Melania dans un filet de voix.
-Pas biologique, rectifiai-je avant qu’elle n’ait pu s’imaginer qu’Alexandre ait du sang sorcier. Une longue histoire, elle attendra …
-Mais tu t’imagines ce que ça a été pour nous ? s’enquit mon frère à mon adresse. Pour papa, pour maman, d’apprendre que papy était un sorcier en plus de ne pas être notre grand-père ? Sans compter que lui avait le droit de savoir, lui avait le droit de se battre ?
-Lui a une baguette ! rétorquai-je. Lui peut se défendre si des sorciers viennent et nous attaquent, Alex, pas toi !
-Alors pardon ! Pardon d’être la sorte de rat et de vermine inutile qu’ils tabassent sans qu’il ne puisse rien y faire, même pas assez important pour qu’on puisse lui permettre de tout comprendre ! Parce que c’est ça, si j’avais eu la magie, vous m’auriez tout dit, vous ne m’auriez pas laissé à l’écart, mais je suis un pauvre « moldu » !
-Alex …

Il y avait la moitié d’un sanglot dans le gémissement de Melania et cela parut momentanément apaiser le courroux d’Alexandre. Je m’étais moi-même recroquevillée contre le canapé, recevant les mots de mon frère comme des lames glacées plantées dans mes entrailles. Il y avait du vrai et de l’inacceptable dans ces paroles qui firent remonter la bile dans ma gorge. Mais avant que je n’aie pu trouver une réponse acceptable à lui fournir, des flammes émeraudes envahirent la cheminée, faisant faire un véritable bond à Alexandre qui se tenait devant elle et Rose émergea, affolée. Elle poussa un immense soupir de soulagement en me remarquant dans le canapé et se précipita sur moi pour m’enlacer.

-Mille gorgones tu vas bien ! J’ai eu peur, si tu savais …

J’agrippai le bras de Rose, rassurée moi aussi de retrouver sa douce présence au moment où mon cœur semblait se déchirer. Et alors que je m’autorisais enfin à me détendre, une voix bourrue retentit derrière elle depuis la cheminée :

-Dépêchons-nous, Bones, la gamine doit retourner à Poudlard. J’ai promis de faire vite à Dumbledore.

Poudlard. Ça faisait plus d’une heure que devait être de retour à l’école … A regret, Rose se détacha de moi pour porter un regard peu amène sur l’homme qui se tenait toujours devant la cheminée. C’était quelqu’un de massif à la longue crinière grise qui n’était pas sans rappeler celle d’un vieux lion et aux lunettes cerclées de fer. Melania écarquilla les yeux, s’affalant toujours plus sur son canapé et George, qui était revenu dans la pièce au retour de sa femme, se rembrunit.

-Et pourquoi le directeur du bureau des Aurors vient-il en personne ?
-Parce que ça concerne Vous-Savez-Qui, Bones. Il n’y a pas une seconde à perdre.

Un rire absurde me déchira la gorge et j’y portais la main pour le réprimer. Mais l’Auror m’avait perçu et darda un regard de glace sur moi. Rose se plaça devant moi en un geste protecteur pour me dérober aux yeux de l’homme.

-En réalité, je doute que ça concerne directement Vous-Savez-Qui, Scrimegeour, comme j’ai tenté de vous l’expliquer, cingla-t-elle d’une voix froide.
-C’est plus de l’ordre d’un gang de sympathisant qui ont voulu faire un coup d’éclat, enchérit Amelia. Mais si vous voulez vous donner bonne conscience …

Scrimegeour contempla la directrice de la Justice Magique avec une certaine stupeur, ne s’attendant sans doute pas à trouver sa patronne ici. Derrière lui, un autre homme en blouse bleue s’était approché de Melania et examinait son bras d’un œil critique.

-Mrs. Bones, je vous pensais en réunion avec le ministre …
-Une réunion pour déterminer la meilleure stratégie pour éviter son éviction, renifla Amelia avec un souverain mépris. J’ai mieux à faire de mon temps, Scrimegeour, les jours de Fudge sont comptés. Il n’en a simplement pas encore conscience. Par ailleurs, vous l’avez dit vous-même, Victoria doit vite rentrer à Poudlard alors si vous pouviez cesser de rester planter là et d’enfin faire le travail qu’on attend d’un Auror, j’en serais heureuse.
-Attendez, vous allez la renvoyer dans son école juste comme ça ? intervint Alexandre, incrédule. Après ce qui s’est passé ?
-Mon sortilège de guérison est fragile et elle a besoin des soins de l’infirmière de l’école, précisa Amelia. Et je pense que malgré tout, Victoria voudra profiter de ses derniers jours à Poudlard …

Mon cœur manqua un battement face à ce rappel que je vivais mes derniers instants dans l’école qui m’avait accueilli pendant sept ans. Je hochai la tête à l’adresse d’Amelia Bones qui eut un léger sourire, entendu. Melania, malgré le guérisseur qui s’occupait de son bras de sa baguette magique, intervint à son tour :

-Vous pouvez même la faire rentrer tout de suite, j’expliquerais tout à monsieur Scrimegeour, sans rien omettre. J’ai identifié mieux qu’elle les personnes qui étaient sur ce toit …
-Mais …, protestai-je faiblement.
-Excellente idée, je pense par ailleurs que Victoria a besoin de se reposer et se défouler sur mon neveu pour les prochaines heures, approuva Amelia avec un fin sourire.

La référence arracha un impensable sourire à Alexandre et cela me soulagea assez pour que j’arrête de protester contre mon renvoi à Poudlard. De toute manière, j’étais trop épuisée pour lutter contre la volonté de fer d’Amelia Bones. Rose m’aida à me relever mais avant de rejoindre George qui devait me raccompagner à Poudlard, je me précipitai vers Melania. La jeune femme se dressa maladroitement sur ses pieds pour m’étreindre de son bras valide. J’ignorais ce qui se serait passé si elle n’avait pas été là, si l’amour ne l’avait pas conduite à craindre pour mon frère et si elle n’avait pas été assez courageuse pour se dresser, seule face à toute cette bande enragée, prenant toute la lumière au risque d’en perdre la vie.

-Merci …
-Ne me remercie pas, tu as été extraordinaire, souffla-t-elle avant de se détacher de moi et de caresser mes cheveux. Tu es une battante, Victoria et une très bonne sorcière. Ils ne t’auront pas comme ça.

J’opinai du chef, la gorge serrée. C’était au moins ce que j’avais appris sur ce toit alors que les sortilèges fusaient de partout et que même sans baguette j’arrivais à leur échapper : j’en étais capable. J’avais l’énergie et la puissance magique nécessaire, une force que je ne soupçonnais pas et qui m’avait poussé à prendre ma baguette et avancer sur ce toit pour sauver mon frère. Au fond de moi, j’avais ce feu essentiel pour lutter et qui brûlait de milles flammes différentes : l’amour, la soif de justice, la volonté de ne pas se laisser faire … La proposition de Dumbledore me revint à l’esprit. Je comptais l’accepter, l’accepter malgré les risques, malgré ma peur de ce que cela pourrait engendrer mais ce qui s’était passé raffermi ma résolution. Je ne pouvais plus laisser ça arriver et j’étais capable de le faire. Melania m’adressa un dernier sourire avant que George ne me prenne par le bras et ne m’emmène vers le jardin. Je n’osais regarder Alexandre, dont les mots m’avaient blessée, ni Scrimegeour qui me fixait avec une certaine désapprobation. Je suivis George sur la terrasse, vannée mais avant qu’on ne puisse descendre la volée de marche qui menait à la pelouse, la porte s’ouvrit à la volée.

-Tory, attends !

Alexandre me retint par le bras et m’attira contre lui si brusquement que cela réveilla la douleur de mes côtes. Malgré tout, je me laissai faire, trop heureuse de pouvoir me plonger dans cette étreinte, enserrant son corps de mes bras, savourant son contact. Seigneur, j’aurais pu jamais le reprendre dans mes bras … Cette réalité que j’avais tenté d’occulter de mon esprit pour ne pas me troubler m’écrasa alors de tout son poids et je me sentis trembler. Alexandre raffermit sa prise sur moi.

-Ecoute … Je ne réalise pas réellement … Et je t’en veux mais … Juste … merci d’être venue. Vraiment. Je ne pensais pas que ma petite sœur était devenue une grande … mais ça m’a permis de le voir. Tu es devenue grande, Tory.

L’émotion menaça de me submerger alors que j’enfouissais un peu plus mon visage dans le tee-shirt de mon frère. George ne songea pas à nous séparer : il nous laissa nous étreindre, nous rappeler à quel point nous comptions l’un pour l’autre et l’un sur l’autre, malgré ma tromperie, malgré sa non-magie, malgré tout. Au bout de ce qui me sembla une éternité, je parvins à me détacher d’Alexandre. Il s’éloigna d’un pas, le regard toujours voilé. Sa lèvre tressaillit en l’ombre d’un sourire.

-Rappelle au crapaud qu’il a promis de prendre soin de toi en mon absence. Je le saurais s’il ne le fait pas.
-Oh Seigneur, il va me tuer …
-Il n’a pas intérêt, je suis toujours plus fort que lui.

J’essuyai un petit rire et enlaçai une dernière fois mon frère avant de m’éloigner en compagnie de George dans le jardin. Je doutais avoir la force nécessaire pour transplaner alors il me prit le bras avec une certaine douceur, m’adressant un sourire qui fit pétiller ses yeux d’un vert chatoyant dans lesquels le soleil faisait réfracter des éclats d’or.

-Tu es prête ?

Je hochai la tête. Oui, j’étais prête. Prête à transplaner et affronter la mauvaise humeur de Simon lorsqu’il apprendrait ce qu’il s’était passé. Prête à recommencer, à saisir ma baguette si Nestor tentait à nouveau de s’en prendre à mon frère. Prête à me battre, encore et encore, de me laisser consumer par la fureur de vivre avant de retourner à la poussière. Mais pour l’heure, il ne s’agissait que de transplaner alors la poigne de George se fit plus ferme. Alors sa magie nous emporta sous les yeux déchirés d’Alexandre.
Charmimnachirachiva

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Perripuce a écrit :BONJOUR TOUT LE MONDE ! Bonjour Perri !
Je m'excuse pour l'absence de com ces derniers chapitres mais les vacances au fin fond du Jura et de la Bretagne ne sont pas très riches en connexion... Du coup c'est avec plaisir que j'ai lu les chapitres que j'avais manqués mais je ne commente que le dernier (je dirai juste que tous les autres étaient super !!!)


J'ai un jour de retard, désolée je rentre de Toscane (magnifique région par ailleurs si vous avez envie d'ailleurs, franchement superbe ! et Dieu que ça va être dur de reprendre la consommation de pâte pazzani ...haha je compatis...). J'espère que vos vacances se sont bien passées !

WELL on arrive sur la fin de la 2e partie. A dire vrai, il ne reste qu'un chapitre ... Je m'en étais pas rendu compte mais ce qui est bien sur cette fanfic c'est que le chapitre suivant est toujours pret ;) Après ce chapitre, avant de poster la troisième partie qui avance lentement, mais surement, je posterais un bonus sur un événement évoqué dans l'histoire, mais qui se passe avant (je suis hyper claire ahah mais voilà euh, là comme ça je vois pas trop mais bon...) et il y aura le chapitre de transition d'un point de vue extérieur.

Le chapitre est long et donc en deux parties (on ne change pas les bonnes habitudes ahah) :lol: . BONNE LECTURE !


Chapitre 30 : Ce qu’on fait par amour.

C’était incroyable. Incroyable comment le changement d’une seule personne pouvait changer l’ambiance d’un endroit.
Dumbledore était revenu et l’humeur de l’école s’en ressentait. C’était comme si la lumière avait fendu le brouillard et que le monde était redevenu en couleur. Tous les décrets avaient été annulés, Ombrage était calfeutrée à l’infirmerie, et la vie reprenait ses droits au sein des vieilles pierres du château. Même McGonagall après les soins à Ste Mangouste était de retour, appuyée contre une canne, mais l’air toujours aussi digne et revêche et son apparition dans la Grande Salle lui avait valu un tonnerre d’applaudissement. Il avait fallu attendre la dernière semaine, mais je retrouvais enfin le Poudlard que je connaissais et cela coulait en moi comme une source régénératrice. Dans ce cadre idyllique où la joie et l’espoir faisaient loi, difficile de croire que dehors, le monde se déchainait. Le seul indice était Harry Potter, qui semblait hanter le château comme une âme en peine depuis son retour du Ministère de la Magie, Sirrriuuuuuuuussss :cry: où, d’après les rumeurs, il avait de nouveau affronté son ennemi juré et révélé enfin son existence au monde entier. Les fils du destin entre eux deux semblaient se resserrer d’année en année de façon inexplicable. Autour de moi, les gens murmuraient, se demandaient ce qui poussait le Mage Noir à détruire par tous les moyens possibles ce garçon. Un mystère qui s’épaississait et qui rendait l’aura autour de Harry encore plus nébuleuse.

Fudge avait fini par publiquement admettre son erreur : Lord Voldemort était de retour. Les résistaient qui avaient suivi l’aveuglement du Ministère en étaient tombés des nues et même ceux qui avaient fini par croire Harry avaient accusé le coup. C’était une chose quand la menace était à peine perceptible, c’était autre chose de la voir étalée en Une de La Gazette. Emily nous évitait depuis avec un soin tout particulier. Roger m’avait avoué qu’elle avait honte, honte d’elle, honte des propos blessants qu’elle avait pu sortir, honte de ne pas nous avoir cru. Elle n’osait tout simplement plus nous regarder en face après cette immense désillusion. J’avais décidé de lui laisser le temps et avait forcé Simon à faire de mêmes. Ce n’était pas une gloire d’avoir eu raison. A présent, c’était à elle de faire le point, et ça prendrait du temps. J’avais d’autres choses à me préoccuper que les états d’âmes de mon amie. D'un côté je suis contente qu'Em se soit rendu compte de son erreur, de l'autre j'ai un peu pitié d'elle...

Plus le temps avançait, plus je songeais sérieusement à accepter la proposition de Dumbledore concernant l’Ordre du phénix. J’avais beau garder une sorte d’amertume à l’idée qu’il ait utilisé mon histoire pour atteindre mon grand-père, j’avais besoin de cette activité. J’étais préparée à l’éventualité depuis près d’un an et Simon depuis plus encore. La perspective m’effrayait toujours mais j’avais été rassurée de voir le calme de Simon et je ne voyais pas d’autre manière de m’engager dans la lutte. Le Ministère n’avait rien fait pendant un an et avait été inefficace pendant la première guerre : il faudrait passer outre.

Simon et moi avions tenté de deviner à quels autres élèves de notre année Dumbledore avait bien pu faire la proposition. Les jumeaux Weasley avaient dû être contactés,comment les oublier ??? :lol: peut-être également Roger qui semblait bien silencieux depuis quelques jours ou Angelina qui paraissait irritable Les deux me semblent réalistes… Et bien entendu, en tête de notre liste demeurait Renata Morton, qui depuis la fin des épreuves et le retour officiel de Voldemort s’était encore plus enveloppée dans le mutisme et la solitude, écartant même sa sœur jumelle. Mais le 24 juin, un an jour pour jour après la mort de Cédric et alors que je me dirigeais avec un bouquet de fleur vers le terrain de Quidditch, je l’avais croisé sur les gradins, solitaire, la tête basse. Déposant les fleurs au centre de la pelouse, je l’avais laissée à son recueillement – et à sa réflexion. Pour elle comme pour Emily, j’avais fini par comprendre que j’étais inutile. Seul le temps et silence l’étaient. :cry: :cry:

Mes essais arrivèrent dans ce moment confus. J’avais passé la journée à sillonner l’Angleterre, mon sac sur l’épaule et le balai de Judy dans une main. Durant le week-end, je m’étais entrainée dur avec Angelina, Roger, Alicia, Evelyn et même Smith et je volais chaque jour sur le balai de Judy. Le rythme injecté fut salvateur : j’eus l’intuition d’avoir réussi les tests. Je n’avais pas d’idée réelle sur le niveau attendu et les entraineurs de chaque équipe n’avaient pas laissé filtrer la moindre information. Mais j’avais donné le meilleur dont j’étais capable, presque mon maximum Je veux qu'elle soit prise par les tornades ! par contre j'aurais bien aimé avoir les essais écrits mais c'est pas très graves si ils n'y sont pas...et j’arrivai chez mes grands-parents totalement rincée, vidée, courbaturée. Les délicieux sablés de Jaga ne suffirent pas à me donner de l’énergie et je laissai mon grand-père lire La Gazette de la veille à voix haute :

La déclaration du ministre a été accueillie avec consternation et inquiétude par la communauté des sorciers qui, pas plus tard que mercredi dernier, recevait du ministère l’assurance qu’il n’y avait « aucune espèce de vérité dans les rumeurs persistances selon lesquelles Vous-Savez-Qui se manifesterait à nouveau parmi nous ».dans tes dents Fudge Rah, ça vous apprendra à élire un imbécile … Mettez Dumbledore à la tête du pays, quel meilleur homme pour lutter contre votre magicien de pacotille que le vainqueur de Grindelwald ?
-Arrête de faire la comparaison tout le temps, ce n’est pas la même guerre, répétai-je pour la dixième fois depuis que j’étais arrivée. Voldemort n’est pas assez fou pour chercher la confrontation avec Dumbledore comme l’a fait Grindelwald, bien au contraire, il est plus insaisissable, c’est un serpent de fumée. D’ailleurs, je ne suis pas sûre que Dumbledore veuille quitter l’école, il est bien où il est. I agree même si il n'y restera plus très longtemps :cry: :cry:

Miro parut dubitatif. Après avoir achevé l’article qui finissait sur une hypocrite éloge de Harry, il replia le journal en deux et le repoussa.

-Boh, des conneries, tout ça. Et le pire c’est qu’il ne parle absolument pas de démissionner … On a une idée de ce qu’il s’est passé dans le Département des Mystères ?
-Pas vraiment. Apparemment, Harry Potter devait y aller, il a emmené un groupe d’élève avec lui et ils sont tombés sur des Mangemorts … Voldemort a fini par les rejoindre. Après, le pourquoi du comment, Dumbledore a été avare de détail dessus …
-Hum … Il doit exister des choses étranges au Département des Mystères … Peut-être que Voldemort voulait s’adjuger une nouvelle magie, une nouvelle technologie qui y avait été développée … pas exactemement... C'est drôle de voir comme la ''théorie" d'Ombrage est reprise involontairement (et sur une autre application évidement)

Je l’écoutais à peine. Je feuilletais La Gazette de vendredi et j’étais retombée sur un article noyé dans la masse d’information qui annonçait la mort de Sirius Black, :cry: :cry: le partisan de Voldemort et qui avait causé la mort de treize moldus. Cette annonce était presque passée inaperçue face au retour du Mage Noir, et malgré tout, je trouvais le journal étrangement sobre et discret sur la fin d’un feuilleton qui avait défrayé la chronique. Rien n’était dit sur les circonstances de sa mort et je ne pouvais m’empêcher de songer que cela avait un rapport avec ce qui s’était passé au Ministère jeudi soir. A peine... Et ça me rend triste, j'avais oubliée que Vic croyait que Sirius était méchant

-En tout cas, il n’a pas réussi, intervint Jaga d’un ton cassant. Maintenant peut-on parler d’autre chose ?
-Ouais, approuvai-je en repliant le journal. Où est Alex ? Je pars dans une heure, moi …

Alexandre devait me rejoindre ici avant que je ne retourne à Poudlard. Chourave m’avait prévenu que je pouvais faire ce que je voulais de mon temps, du moment que ça comportait les essais et que j’étais de retour à l’heure convenue. Mes parents étant tous deux occupés aujourd’hui, j’avais décidé de me faire violence et de rendre visite à Jaga et Miro. J’avais failli défaillir lorsque Miro m’avait ouvert d’un coup de sa nouvelle baguette magique achetée au Chemin de Traverse qu’il avait découvert avec George Bones. Elle était en bois de vigne et contenait une plume de phénix, ce qui était presque à l’opposée de la première baguette qu’il avait acheté avant son entrée à Durmstrang. C’était pour lui le signe définitif qu’il n’était plus le même homme c'est beau comme son changement de personnalité est reconnu par sa baguetteet il avait pu s’adonner au réapprentissage de la magie en toute quiétude. Dumbledore avait raison, il avait gardé quelques excellents réflexes dans la gestuelle, mais il se trouvait obliger de prononcer toutes ses formules et de s’entrainer sur les sortilèges les plus complexes. Si sa tentative de patronus n’avait pas été une franche réussite – mais il m’avait avoué à mi-voix qu’il n’avait jamais réussi à faire apparaitre un patronus corporel – mon colibri avait grandement intrigué ma grand-mère. Je voyais que cette magie utilisée à tort et à travers la troublait, mais elle s’efforçait de s’y intéresser pour atténuer l’appréhension. L'ignorance engendre la peur *dit ça avec un air très sage sur le visage* :lol:

-Il devait repasser chez lui se changer avant de venir, je crois, me répondit Jaga en me resservant du thé.
-Et vous avez réussi à lui faire arrêter l’envoi des lettres à Mel ?
-Je pense, affirma tranquillement ma grand-mère. On l’a invité plusieurs fois et on a beaucoup parlé, y compris d’elle … Je pense qu’il a compris que pour leur bien à tous les deux, il valait mieux qu’il la laisse partir. J'éspère pour lui

J’acquiesçai, la gorge compressée. Puis mon regard se porta sur notre portrait de famille au-dessus du canapé et mon cœur se serra davantage.

-Vous avez parlé à tante Beata ?

Les doigts noueux de Jaga se crispèrent sur sa tasse et elle échangea un long regard avec Miro.

-Pas encore. Elle sort de maladie … Ta mère nous a demandé d’attendre, d’attendre qu’elle-même intègre totalement la réalité.
-Ça n’a pas été trop difficile ? D’en parler à maman ?

Miro poussa un grognement d’ours qui m’arracha un sourire et caressa sa barbe mal taillée.

-Evidemment que ça a été dur. Mais étrangement, elle m’a très vite cru, très vite assimilé – apparemment, elle savait déjà que je n’étais pas son père … Mais le pire a été quand j’ai évoqué Agata. Ça, je pense qu’Edward ne me l’a pas pardonné, à dire vrai et il ne le fera pas. Je ne le blâme pas, je ne me pardonne pas moi-même … Mais les parents du moustique étaient là, ils m’ont aidé, notamment concernant l’utilité que je reprenne la magie.
-Simon, rectifiai-je avec un vague sourire amusé. Le moustique s’appelle Simon.de la personne qui l'appelle crevette ...

Mais à présent que j’y songeais, il y avait une certaine ressemblance entre Simon et le jeune « Moustique » de Merlin l’Enchanteur. Mon grand-père eut un vague mouvement d’épaule.

-Hum. Il a appris à fermer son esprit, lui ?

A dire vrai, Simon s’intéressait de très près à l’occlumencie depuis qu’il s’était retrouvé face à Miro, son esprit mis à nu, dénué de la moindre protection. C’était quelque chose qui l’avait effrayé et je pensais qu’il était terrifié à l’idée de rencontrer à nouveau mon grand-père. J’assurai à Miro qu’il essayait et il se fendit d’un grognement satisfait. Je consultai ma montre. J’avais devoir songer à rentrer à Poudlard, mais j’aurais aimé voir mon frère avant … J’avais beau fini les cours dans moins d’une semaine, je voulais tout de même m’assurer qu’il allait bien.

-Je vais aller chez Alex, décidai-je en me levant. Si je l’attends, je vais arriver en retard à l’école.
-Aucun problème, perelko, fit ma grand-mère avant de se redresser à son tour. Je vais te préparer des sablées et une gamelle pour lui, il mange mal en ce moment. Viens me faire un câlin Alex (je déteste Nestor à ce moment-là :evil:

Elle disparut dans la cuisine et mon grand-père la regarda faire amoureusement, un sourire entendu aux lèvres. J’avais craint que la révélation sur sa véritable nature ne fasse voler la famille en éclat, mais c’était tout le contraire qui s’était produit. Face à la menace imminente, nous nous étions tous resserré les uns sur les autres. J’y voyais la preuve que Miro et Jaga, malgré leurs mensonges, avaient bâti une famille solide, unie, solidaire. Si elle pouvait survivre à cela, alors rien ne pourrait l’ébranler. Et alors que je constatai cela, une grande quiétude c'est ton mot dans ce chapitre ;) , je crois que je l'ai déjà vu une ou deux fois (mais c'est pas grave du tout) s’empara de moi. Mon monde qui avait paru tanguer si fort qu’il allait s’en écrouler se stabilisait de nouveau, pilier par pilier. Et c’était grâce à cette force que je pourrais rester debout face à la guerre qui se profilait. Jaga revint de la cuisine avec trois gamelles pour Alexandre et une boite en fer contenant les sablée, et mon grand-père me raccompagna sur la plage.

-Je ne préfère pas encore transplaner, m’apprit-t-il d’un ton bourru. Je n’aimais déjà pas ça avant …
-Ça va revenir, c’est comme tout. Tu étais un grand sorcier et qui sait, peut-être que maintenant que tu es en plus en paix tu réussiras des choses que tu n’avais jamais atteintes en Pologne. C'est vrai...

Miro m’adressa un sourire en s’immobilisant. Le vent emmêlait sa crinière grise qu’il n’avait pas pris le temps d’attacher et il tira sur le col de sa chemise avec une grimace. Le soleil brillait sur cette partie de l’Angleterre et laissait présageait un été agréable.

-Et toi, perelko … Tu sais combien de sorciers meurent sans jamais réussir à produire un patronus corporel ? Ait fois en toi Vic, même ton grand-père te le dit !

La fierté qui brillait dans le regard de mon grand-père m’embarrassa autant qu’elle me remplissait de joie. Je fis tourner ma baguette plusieurs fois dans la main, résistant à la tentation de faire de nouveau apparaitre le colibri d’argent qui m’avait prouvé que, même magiquement, j’étais capable de grandes choses.

-Je ne sais pas comment j’ai fait, je t’avoue …
-Tu y étais prédisposée. Comme l’occlumencie et les sortilèges informulés, ce sont deux arts magiques qui demandent une grande force mentale et un grand contrôle de soi. Le patronus, lui, réussit bien aux personnes au cœur pur qui se battent pour de nobles idéaux. Si tu ne corresponds pas à cette description alors je veux bien casser ma baguette de nouveau.
Je trouve que si dans ta fanfic il y a un truc qui est vraiment super bien fait, c'est d'avoir réussit à faire une héroïne "réaliste", avec des défauts mais aussi des qualités, sans tomber dans le cliché ou le redondant. Victoria est vraiment un personnage très complet et je trouve ça génial. Par exemple je n'ai aucun mal imaginer qu'un jour j'ai pu croiser quelqu'un dans le rue qui était Vic, je ne l'aurais pas vu plus de deux secondes, j'aurais oublié cette rencontre mais elle aurait été réelle... (c'est pas très clair tout ça... désolée, j'éspère que tu parviendras à saisir ce que je veux dire malgré la non-clareté de mes propos...)

Un léger rire me secoua et je souris à mon grand-père. Une partie de moi m’aliénait encore et m’empêchait d’être totalement naturelle, de l’enlacer comme j’aurais envie de le faire … Mais elle s’amenuisait de jour en jour. Je n’avais pas de place à donner au doute et à la méfiance dans les jours qui venaient. Nous restâmes un moment immobile l’un en face de l’autre, figé face à ce mur invisible qui se dressait toujours entre nous.

-Si on va à Cracovie cet été, entonnai-je lentement, tu viendras ?

Miro se raidit et une flamme embrasa ses iris. J’avais prévu cette réaction : la Pologne était le berceau de douloureux souvenirs pour lui. Et, contrairement à Jaga, il risquait de croiser à Cracovie des anciennes connaissances, des sorciers et des sorcières qui le croient morts depuis près de cinquante ans. Je comprenais qu’il soit réticent à faire le voyage.

-Je vais y réfléchir, Perelko, promit-t-il d’une voix lente. Mais comprends bien que ma sœur, ses enfants et ses petits-enfants vivent encore là-bas, le centre politique sorcier se trouve encore à Cracovie …
-Je comprends. C’était juste … pour savoir. Mais on aura le temps d’en rediscuter. A plus, papy.

Je gratifiai mon grand-père d’un signe de la main avant de reculer d’un pas. Comprenant ce que j’allais faire, je vis une pointe d’envie transpercer son regard alors que je tournai sur moi-même. Ma magie m’emporta dans ce désagréable tube qui me broya et m’empêcha de respirer durant quelques secondes et je me retrouvai haletante dans la ruelle adjacente à l’immeuble d’Alexandre à Bristol. Grimaçant face à la douleur de mes muscles qui avaient été réveillés par l’exercice, je me mis difficilement en marche, dissimulant mon balai tant bien que mal le long de mon corps avant d’entrer dans l’immeuble. Il régnait dans les rues un indéniable parfum d’été. En cette douce chaleur de juin, les gens en profitaient pour ouvrir les fenêtres et sortir les jupes et sandales. J’entendais même des rires gars et sonores en provenance du toit de l’immeuble d’Alexandre, trahissant la présence de jeunes profitant du beau temps. J’avais eu l’occasion de voir la moto de mon frère garée dans la rue, solidement accrochée entre quelques vélos et ce fut assurée de le retrouver dans son appartement que je pris l’ascenseur. Euh cette phrase me fait sentir des ennuis en approche...J’étais incapable de monter jusqu’au troisième étage ainsi et je me fis vaguement la réflexion en entonnant mon ascension qu’il faudrait que je m’habitue à une vie faite d’effort physique à présent que je me dirigeais vers le Quidditch. Ce ne serait plus des matchs trois fois par an, mais tous les mois juègvv, avec des entrainements presque tous les jours de la semaine. Un rythme harassant pour lequel il faudrait que je me refasse une santé. J’étais en train de préparer mentalement un planning de remise en forme lorsqu’une fille me heurta de plein fouet dans le couloir, me faisant lâcher mon balai et mon sac d’affaire et réactivant toutes mes douleurs musculaires. Je raffermis au dernier moment ma prise sur la pile de gamelle que m’avait confiée ma grand-mère et évitai que ses rognons de bœuf ne finissent par tapisser le sol.

-Aïe !
-Mon dieu je suis désolée, je ne voulais pas, c’est juste …

La fille s’arrêta de babiller en posant les yeux sur le balai que j’avais précipitamment ramassé, rouge de gêne. Puis nos regards se croisèrent et nous nous figeâmes toutes deux.

-Mel ?
-Victoria ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, tu devrais être à Poudlard !
Qu'est ce qu'elle fait là Mel ??? Ca sent les embrouilles...

Et elle ne devrait pas être là, songeai-je avec une certaine colère. Pourtant, c’était bien Melania Selwyn qui se tenait devant moi, sa longue chevelure châtain ramenée en une tresse sur son épaule et baguette à la main. Ses yeux gris luisaient dans la semi-obscurité du couloir et elle me paraissait fort agitée. Perplexe, je levai la main qui tenais mon balai.

-Je suis libérée pour des essais de Quidditch. Et toi, qu’est-ce que tu fais ici ?

Le ton accusateur rembrunit Melania et elle jeta un regard nerveux par-dessus son épaule. Elle n’avait même pas pris la peine de s’habiller comme une moldue et portait une légère cape d’un mauve sombre à attache d’or. Elle parut hésiter quelques secondes jusqu’à ce que les larmes lui montent aux yeux.

-Je … je ne sais pas si Ulysse t’a parlé des lettres …
-Si, mais je pensais que c’était réglé …

Le silence de Melania fit lentement monter la peur en moi. Mes doigts se crispèrent fort sur mon balai que mes jointures en blanchirent.

-Mel, lâchai-je d’une voix résolument calme, c’est réglé, pas vrai ?

Mais Melania plaqua une main contre sa bouche en fermant les yeux, étouffant ce qui semblait être un gémissement angoissé. Mon cœur manqua un battement et je voulus la dépasser pour m’élancer dans le couloir qui menait à l’appartement de mon frère. Mais elle m’attrapa fermement par le bras, le visage défait.

-Je suis déjà allée voir. Sa porte est grande ouverte, les clefs sont sur la serrure mais … il n’est pas à l’intérieur …
Une larme dévala la joue de Melania.
-C’est Nestor … Il est entré dans ma chambre, il a découvert les lettres, il a compris … Je suis tellement désolée, j’ai été si idiote …

L’angoisse courut si rapidement mes veines que je m’en trouvais paralysée, la bouche béante et l’esprit figé. Le souffle coupé, je m’appuyai contre le mur, tentant désespérément de mettre de l’ordre dans mes pensées qui s’embrouillaient depuis plusieurs secondes, couvrant divers scénarios. Chaque image pompa l’adrénaline et l’effroi en moi.

-Tu penses … tu penses qu’il … ? PAS ALEX, si tu le tue ça va être ta fête Perri :twisted:

Melania acquiesça. Elle se tordait les mains si fort que ça devait en être douloureux.

-Je suis venue dès que j’ai pu … Je suis rentrée du Ministère et j’ai vu notre elfe de maison brûler les lettres, elle m’a dit que c’était Nestor qui lui avait demandé, qu’il venait de sortir… (elle plaqua ses mains contre son visage). Bon sang, Victoria, je ne sais pas où ils ont pu l’emmener, où il …

J’agrippai le bras de Melania, le cerveau surchauffant totalement pour m’éviter de sombrer dans la panique. L’odeur d’huile de moteur que dégageait Alexandre lorsque je l’avais enlacé presque deux ans plus tôt, me jurant de le protéger si un jour le partie sombre de mon monde le menaçait m’emplit douloureusement les narines. Puis ce furent des rires gras qui transpercèrent mon espace auditif et je levai instinctivement les yeux au plafond. Melania suivit mon regard avant de reporter son attention sur moi. Ses prunelles luisaient d’effroi mais aussi d’une furieuse détermination.

-Tu penses qu’ils seraient montés ?

Je haussai les épaules, incertaine pour être honnête, mais je m’élançai tout de même vers la cage d’escalier que je savais mener au toit. Je n’avais pas commencé à grimper les marches que mon cœur s’arrêta net de battre : des voix indistinctes me parvenaient, ainsi que l’air doux et caressant qui s’échappait de la porte ouverte. Melania me dépassa prestement et je laissai tomber mes affaires dans l’escalier pour la suivre. Elle avait passé prudemment sa tête par l’entrebâillement, la baguette tirée. Ses yeux s’étaient asséchés et son visage étaient animé d’une telle fureur qu’il en devenait inquiétant.

-Espèce d’immonde petite pourriture …
-Ils sont là ? Et Alex ?

Mais Melania me fit rapidement le signe de me taire et se pencha un peu plus pour tenter d’apercevoir la scène. L’angoisse grignotait mes entrailles comme un poison et je n’y tins plus : je montai jusque elle et jeta un coup d’œil sur le toit. Il me fallut quelques secondes pour m’accoutumer au soleil, mais je finis par les voir, les quelques hommes et femmes qui riaient à gorge déployée en touchant du bout du pied un corps inerte étalé sur le sol. Les battements de mon cœur se firent si assourdissant que je n’entendis plus que cela. Impossible de ne pas reconnaitre la tignasse brune d’Alexandre je ne dis pas mieux Mel. Mon souffle se bloqua dans ma gorge et j’agrippai machinalement le bras de Melania. Elle serra ma main en retour et je sus que nos émotions étaient l’écho l’une de l’autre. Un seul ne riait pas. Sans doute parce que cela étirerait trop cruellement les terribles cicatrices sur son visage et annihilerait cet air de profond dégoût qui semblait animer ses traits alors qu’il fixait mon frère.

-Qu’est-ce qu’on va faire de ce sale petit rat ? s’enquit l’un des compagnons en poussant la main d’Alexandre du bout du pied. On le réveille pour jouer un peu ?

Il tourna la tête vers l’un des hommes, qui semblait plus âgé, plus mûr et plus en retrait. Grand et massif, ses cheveux blonds étincelaient sous le soleil. Malgré le soleil implacable il portait une longue cape noire dont le col était remonté sur son visage. Une grimace de dédain vint déformer ses lèvres et il se détourna lentement du spectacle.

-J’avoue que lorsque vous m’aviez dit que vous allions servir l’œuvre du Seigneur des Ténèbres, je m’attendais à mieux … Je suis déçu.
-C’est un immonde bâtard ! protesta l’homme qui l’avait interpellé. Raconte-lui, Nestor !
-Il a souillé ma sœur, confirma Selwyn d’une voix grave et menaçante. Ce sale détritus pas même digne de torcher ses gaudasses a posé ses doigts dégueulasse sur ma jumelle, a tenté de mêler son indigne sang au mien …

Melania fut piquée au vif par la réponse et voulut soudainement sortir de notre cachette mais je la retins par le bras, paniquée. On peut compter la Poufsouffle pour ne pas y aller précipitamment Ils étaient cinq, dont le grand homme dont je me doutais qu’il était plus expérimenté que les jeunes, et avec cette révélation elle ne serait pas mieux considérée qu’Alexandre … Elle avait exposé le sang pur des Selwyn à la souillure et je doutais que Nestor puisse lui pardonner l’affront. Elle me jeta un regard furibond.

-Victoria, tu as compris ce qui se passe ? Tu as compris ce qu’ils allaient lui faire ?!

Mon sang se figea dans mes veines. Bien sûr que j’avais compris, bien sûr que je l’observai comme elle cette lueur meurtrière dans les yeux de Nestor Selwyn et cet air d’avidité impatiente qui se peignait sur le visage de ses compagnons. Comme pour faire montrer notre pression, l’homme à la cape noire répondit d’un ton sec :

-Et c’est en donnant des coups de pieds que vous le punissez ? Vous pensez que c’est en jetant des sortilèges aussi minables que les vôtres que Lucius Malefoy a consenti à me présenter à notre Maître ? Vous êtes des enfants … Vous ne méritez pas d’avoir l’infime honneur d’avoir la marque tatouée sur votre bras …
-Toi non plus, tu ne l’as pas, répliqua une fille avec un amusement sadique.

L’homme sortit sa baguette si vite que mon œil ne put percevoir le mouvement. En revanche, j’entendis clairement le cri de douleur qui déchira l’air estival, perçant mes tempes et m’obligeant à me courber contre Melania pour échapper à ce son de pure détresse humaine, un son arraché à la chair, au tréfond de l’âme et qui semblait douloureusement résonner dans la mienne. Melania referma ses bras sur moi et ce ne fut que lorsqu’elle me serra contre elle que je compris que je tremblais. Et pourtant, c’était une parfaite inconnue qui hurlait, une inconnue qui menaçait mon frère, mais je me sentais frémir d’horreur. Puis enfin, le cri cessa enfin, et la voix de l’homme blond claqua comme un fouet :

-J’espère que tu as compris. Ce ne sont pas vos sorts d’enfant plein de bons sentiments qu’Albus Dumbledore vous a appris qui fera de vous des serviteurs de notre Maître. Par ailleurs, cette chose n’est pas l’unique responsable. C’est ta sœur Selwyn qui a trahi votre sang, ta sœur la pure sorcière qui a exposé ta famille à la dégénérescence. Si tu veux vraiment servir notre Maître c’est elle qu’il faudra punir. Si elle a pu coucher avec cette sale engeance, elle sera le refaire avec un autre.
-Le châtiment de Melania sera prévu, assura Nestor avec une sorte de fureur sourde qui rendait sa voix presque inhumaine. Mais je commencerais par lui apporter la tête de son moldu. Je. Le. Déteste.

Je poussai un couinement de souris dans le cou de Melania, littéralement pétrifiée. Tout mon être se rebella face à l’image qui venait de s’imposer dans mon esprit, cette image sanglante et révoltante qui fit trembler mon âme. Je vous protégerais. Je vous jure que je vous protégerais. Alors pourquoi avais-je l’impression que mes jambes étaient soudainement incapables de bouger, incapable de s’arracher à la torpeur ? Melania m’avait serrée un peu plus fort contre elle, tremblante comme moi de tout son dégoût, toute sa peur, tout son amour.

-Ecoute-moi bien Victoria, chuchota-t-elle à mon oreille. Il va falloir être forte, d’accord ? On n’a pas le temps, il faut faire vite. Je vais y aller, les faire parler. Je vais te mettre sous un sortilège de désillusion, tu vas contourner la porte et te tenir prête, dès que tu as la moindre ouverture, d’accord ?

Ce fut mon cœur plus que ma tête qui hocha frénétiquement la tête contre son épaule, déterminé malgré les tremblements qui me secouaient toujours.

-D’accord … La première qui atteint Alex transplane chez les Bones. Immédiatement.

Melania mit un certain temps avant de lentement acquiescer. Puis elle se détacha enfin de moi et leva sa baguette. Lorsqu’elle l’abattit sur ma tête, je sentis un liquide froid glacer ma peau et me rafraichir les idées, réaffirmant ma détermination. Lorsque je baissai les yeux sur les mains, elles se fondaient avec le gris terne des escaliers au sol. Melania pressa une dernière fois mon épaule et, sans attendre, s’élança hors de la cage, prenant toute la lumière sur elle en s’écriant :

-Inutile d’attendre, mon frère, je suis là !

Je ne restais pas contempler la réaction des aspirants Mangemorts – et à ce stade, j’étais persuadée qu’ils l’étaient – et bondis hors de notre cachette avant de me tapir dans le premier coin d’ombre que j’atteins. Le sortilège de désillusion était facilement détectable en pleine lumière et le toit était inondé de soleil. Melania ne prit pas la peine d’avancer, restant proche de la porte pour espérer aspirer les assaillants vers elle et qu’ils découvrent Alexandre. Ils s’étaient tous mis à murmurer à l’apparition de Melania, la lorgnant d’un air ravi qui me semblait indécent et me donnait envie de rendre les sablés de ma grand-mère. Nestor considéra longuement sa sœur jumelle et durant un affreux moment, ils se ressemblèrent affreusement : leurs yeux gris et luisaient, leur chevelure châtain agitée par la brise, le visage animé d’une identique fureur.

-Comment tu as pu oser, entonna Nestor d’une voix sourde. Toi, la fierté de père, la tête de proue de la famille … Nous trahir si ignoblement …
-C’est toi qui as trahi notre famille et ses valeurs, cracha Melania en reculant un peu plus. Les Selwyn ne sont pas des meurtriers, ils ne s’adonnent pas à la magie noire, ils exècrent les gens comme Tu-Sais-Qui qui mettent notre monde et notre puissance en péril …

Nestor avança de plusieurs pas vers elle et ses camarades suivirent mécaniquement, l’entourant tels des conseillers démoniaques, un sourire insidieusement radieux sur leurs lèvres. Avec un grognement de frustration, je constatai que l’homme plus âgé lui était resté en retrait, lorgnant Alexandre avec un mépris palpable. Et avec une horreur encore plus grande, je vis les doigts de mon frère tressauter, signe qu’il revenait lentement à lui. Je n’ai juste qu’à le stupéfixier … Le stupéfixier et courir vers Alex, et transplaner … Si seulement ils pouvaient s’éloigner un peu plus … Mais ils étaient encore trop proche pour que je puisse attaquer l’homme et atteindre mon frère pour que j’en sorte indemne, même sous sortilège de désillusion.

-Les grands principes de père ne sont là que pour cacher sa faiblesse ! protesta Nestor, brandissant sa baguette face à sa sœur. Il n’a pas la force de conserver la pureté de notre race, il s’abaisse à commercer avec ces rats … il ne comprend pas qu’avec de telles bassesses, il nous affaiblit ! Mère et moi avons tenté de lui faire entendre raison mais il n’écoute pas … il t’écoute toi, c’est toi qui provoques notre déchéance, mais je n’avais pas compris à quel point … Tu ne sais pas, non, tu n’as pas idée à quel point leur sang peut être nuisible, destructeur … Non, tu ne sais pas … Le plus ironique c'est qu'elle sait très bien...

Sa baguette tremblait et je sus que c’était mon visage qui apparaissait devant ses yeux furieux, mon visage le jour où j’avais mis le feu à son écharpe et où sa vie s’était embrasée. Bien sûr, il ne pouvait pas asséner cet argument ultime que le sang moldu était malveillant par nature : la fierté le forcer à contracter à la mâchoire et à planter un regard ardent sur sa sœur. Mais elle avait parfaitement compris les mots qui se trouvaient derrière la colère brûlante de son frère, la douleur qu’il ne pouvait laisser éclater et cela parut un instant l’ébranler.

-Nestor, souffla Melania. Nestor, tu n’es pas obligé de répondre à la violence par la violence … ça aussi, c’est de la faiblesse. D’ailleurs si vraiment c’était le destin que tu t’étais donné, il y a longtemps que tu le ferais mais non … Il a fallu que tu attendes … attendes que Tu-Sais-Qui se montre … attendes de trouver les lettres et une raison valable d’agir … ça montre bien que tout ne va pas que de soi. Que même dans ta tête il n’y a pas un ordre absolu de l’univers … Sinon tu n’aurais pas attendu ce moment pour agir. Bonne réflexion
-Oh, assez parlé, lâcha l’homme blond d’une voix sonore. Si vous voulez suivre la voie tracée par notre Maître et espérer le servir, vous savez ce qu’il faut faire à cette traitresse à son sang. Qu’elle serve d’exemple à tous ceux qui auraient l’idée impure de fricoter avec les moldus. A vous de prouver que vous êtes dignes du Seigneur des Ténèbres et ça ne passe pas par des paroles. Ça passe par des actes. Des actes comme ceux-là. Endoloris !

Il pointa la baguette sur Alexandre qui venait d’ouvrir un œil hagard sur le ciel. Je me figeai, me collai, m’imprégnai totalement de la terre lorsque le sort le frappa et que le cri de mon frère s’éleva, inhumain, que son corps d’arcbouta pour échapper à la souffrance, que Melania hurla en écho, horrifiée, folle de douleur mentale. Elle voulut lancer un sortilège à l’homme, mais tous les compagnons de Nestor firent barrage, baguette tirée, pendant que lui protestait en tentant de couvrir les cris de sa voix :

-Non ! Non, ils sont à moi ! A moi, vous m’entendez ?

Mais la bataille s’était engagée entre ses amis et sa sœur et Alexandre hurlait toujours sous les yeux sadiques de l’homme en noir. Alors mon cœur et ma chaire ne purent en supporter plus et je bondis de ma cachette pour me fendre et atteindre la baguette destructrice d’un sortilège de désarmement. Alors enfin, mon frère cessa de s’époumoner et retomba sur le sol, tremblant, cherchant désespérément son souffle. Le soulagement eut à peine le temps de m’envahir que l’homme avait les yeux dardés sur ma silhouette rendue visible par le soleil de plomb.

-Il y en a une autre ! cria-t-il aux garçons qui s’acharnaient sur Melania. Là !

Faisant prestement volte-face, je parai le premier sortilège qui tenta de m’atteindre et usai de ma transparence relative pour surprendre les deux hommes qui s’étaient retournés sur moi. Je maudissais intérieurement ma lenteur : paralysée par le cri de mon frère, je n’avais pas su me dépêcher de le mettre à l’abri et l’homme en noir se précipitait maintenant vers sa baguette qui avait roulé quelques mètres plus loin. La jeune femme et le garçon face à moi étaient relativement jeunes, de l’âge de Nestor et Melania et seul lui maîtrisait parfaitement les sortilèges informulés. Je me baissai pour éviter un éclair rouge tout en jeta un sortilège de stupéfixion qui atteignit sa camarade en pleine poitrine. Alors que je me détendais enfin en me retrouvant à force égale, je vis ma main apparaitre devant moi. Mon regard se porta sur la scène derrière mon assaillant : Melania, acculée par trois adversaires, était tombée à terre, touchée par un sortilège qui lui avait entaillée sérieusement le bras. Sa puissance magique vacillante, son sortilège de désillusion fut brisé et Nestor, qui regardait sans intervenir, écarquilla les yeux en me voyant brusquement apparaitre. Pendant un instant, j’eus l’impression d’être projetée dans cette froide nuit de novembre et la lueur des sortilèges se mua en cruelles étincelles. Mon cœur se mit à battre à tout rompre dans ma poitrine, mais avant que lui ou n’eûmes pu bouger un muscle, le garçon me lança un sortilège qui me plaqua au sol. Mes poumons se vidèrent sous le choc qui réveilla les blessures de l’attaque des Serpentard et ma baguette m’échappa. Le garçon se précipita vers moi, frémissant d’excitation à l’idée de m’avoir à sa merci mais je réagis instinctivement en dressant brusquement la jambe qu’il enjamba : les parties intimes heurtées, il poussa un gémissement pitoyable et s’écroula à genoux. Ca devient une habitude pour Vic de donner des coups à cet endroit chez les Selwyn ??? :lol: J’eus alors le loisir d’enfoncer le clou d’un coup de pied dans le visage qui le projeta par terre, totalement sonné et profitai du répit pour récupérer ma baguette. Ce fut au moment où je rampais que je m’aperçus que l’homme en noir avait récupérer la sienne et qu’il la pointait sur moi avec un sourire cynique. J’eus à peine le temps de déployer un bouclier avant que le sortilège ne fuse et me dépêchai de me relever, les membres douloureux après ma chute. J’étais presque certaine que l’une des mes côtes s’était fêlée. L’homme n’attendit pas un seul instant et attaqua, plus vite, plus fort et plus vivement que ne l’avais fait les camarades de Nestor et je fus réduite à parer, parer encore et encore chaque éclair de couleur sombre qui fonçaient vers moi, présageant des sortilèges bien plus ravageurs et avancés que semblaient capable de produire les autres. L’homme eut une moue contrariée.

-Mais c’est qu’elle est coriace … Mais est-ce que tu pourras parer ça, ma jolie ? Endoloris !

Je fis un bond sur le côté pour éviter le sort qui frappa le mur de brique derrière moi, explosant certaines d’entre elles, et me baisser précipitamment quand le second jaillit. Mon rythme cardiaque s’emballa si fort que je crus que mon cœur allait sortir de ma poitrine. C’est comme éviter un cognard, Victoria … C’est comme éviter un cognard … Le troisième fut lui dévié par Nestor, qui surgit avec un rugissement de frustration en refermant sa main sur le bras de l’homme pour l’abaisser. Son regard brûlait plus ardemment que les flammes qui lui avaient mangé le visage le soir du cinq novembre.

-Elle aussi, elle est à moi, tu m’entends Rowle ça m'étonne pas que ce soit lui, j'hésitait avec plusieurs autres noms... ? Si quelqu’un soit l’entendre hurler, c’est moi !

Sa voix fut couverte du cri que poussa Melania : par-dessus un corps inerte, elle se tordait de douleur alors qu’un des compagnons de son frère éclatait d’un rire jouissif.

-Je le fais ! Regardez, je le … ! Comment tu peux être fier de savoir jeter un doloris :x

Mais la fin de sa phrase s’étouffa et il s’effondra sur le sol. Derrière lui se tenait Alexandre, haletant, une barre de fer à la main. Tremblant de rage, il asséna un coup dans les côtes de l’homme à terre en assénant à chaque fois :

-Ne … la … touche pas ! Ca c'est Alex, dans votre face les sorciers

Un autre se précipita pour le mettre hors d’état de nuire mais Alexandre se retourna souplement et lui asséna la barre de fer en plein visage. Melania en profita alors pour récupérer sa baguette et lui jeter un maléfice du saucisson qui l’envoya au tapis. L’homme en noir devant moi arracha sa prise à Nestor et lui adressa un sourire cynique.

-D’accord, la danseuse est à toi. Moi, je vais faire voler les tourtereaux.

Il para avec une facilité déconcertante le maléfice que je tentai de lui lancer et sans attendre la riposte, fit volte-face vers Alexandre qui aidait Melania à se redresser. Aussitôt, elle se posta devant lui malgré sa faiblesse manifeste et le regard de mon frère accrocha le mien. Ma gorge se comprima, et je me serais sans doute mis à pleurer de frayeur et de soulagement si Nestor n’avait pas choisi ce moment-là pour hurler :

-Endoloris !

Je fis prestement un bond sur le côté et profitai de l’énervement de Nestor pour jeter un sortilège cuisant à Rowle. Hurlant de rage et de douleur, il se détourna du couple pour revenir sur moi. Melania, qui semblait s’affaiblir chaque seconde davantage, accrocha mon regard et hocha lentement la tête, me faisant comprendre qu’elle n’avait pas oublié notre plan de départ. Alors rassemblant ses dernières forces, elle agrippa Alexandre par le bras et pivota prestement. Comprenant ce qu’elle voulait faire, mon frère tenta de se dégager et j’eus le temps de l’entendre hurler :

-Tory !

Et ils disparurent tous deux avec un « crac » sonore. Je voulus faire de même, profiter de leur stupéfaction pour leur échapper, mais avant que je ne puisse mobiliser ma magie, Rowle pointa sa baguette sur le sol et les dalles de béton se veinèrent d’éclair bleuâtre. Un sourire sinistre s’étira sur ses lèvres. Il se tenait toujours le bras qui avait reçu mon maléfice et qui gonflait de manière anormale et sans doute douloureuse.

-Sortilège antitransplanage, petite danseuse. Il semblerait qu’ils ne restent que nous sur ce toit … Vic, t'es la meilleure, ne l'oublie pas même si j'ai aucune idée de comment tu vas pouvoir t'en sortir...

Je savais qu’il ne mentait pas : je sentais comme des attaches invisibles s’enrouler autour de mes chevilles et bloquer ma magie voyageuse. La panique se mit à me faire perdre le sens commun et je jetai un regard de bête prise au piège aux alentour. De toute manière, je ne me sentais pas assez forte pour transplaner : entre la peur, les douleurs et la fébrilité, j’étais certaine de manquer de Détermination et de me désartibuler. Mais cela restait mon unique moyen de partir d’ici …

-Non, répliqua Nestor en pointant sa baguette sur ma tête. C’est entre elle et moi.

Oui. En un sens, toute cette histoire absurde, c’était entre lui et moi. Je levai ma baguette, prête à me défendre comme ce soir de cinq Novembre où tout avait commencé, mon cœur battant la panique et la fureur de vivre exactement comme ce jour, exactement comme lorsque je m’étais tenue à la merci de la baguette de Kamila Tokarsky. Respectant sa volonté, Rowle s’était détourné avec un ricanement.

-Je t’en prie, fais-toi plaisir. Vu sa tête, elle doit être à Poudlard, c’est à ta portée …
-En réalité ça ne l’est pas, rétorquai-je d’une voix tremblante. Mais je suppose que tu te souviens, Nestor ? Remember, remember, the fifth of November ? Après tout, c'est bien avec cette phrase qu'à commencé la première partie...

Nestor blêmit sous ses cicatrices et je profitai de son trouble pour me fendre d’un sort désarmement que Rowle para à sa place. Pathétique Nestor, vraiment Certaines autres commençaient à bouger, et je me retrouverais bientôt drastiquement inférieure en nombre. Déjà que le presque-Mangemort semblait bien trop coriace pour moi … Je jetais un autre regard paniqué au toit, dépourvu de solution : Rowle me bloquait l’accès à la porte. Rien que des dalles grises sous l’implacable soleil et le vide derrière. Je posais un regard désespéré sur la porte qui m’était bouchée et je vis un morceau de bois bloquer la fermeture de la porte lorsque Rowle la rabattit négligemment. Une idée folle prit forme dans mon esprit mais avant que je ne puisse l’élaborer, Nestor cria :

-Stupéfix !

Mais je parai sans difficulté. Et alors qu’il s’engageait avec plus de vigueur dans le combat, hurlant ses formules comme si sa puissance vocale pouvait lui donner plus de force, je compris ce que Melania voulait dire lorsqu’elle avait suggéré que Nestor était gérable. Il ne maîtrisait rien, l’énervement rendant des gestes approximatifs et l’empêchait de se concentrer assez pour taire ses formules – si tant est qu’il en soit capable. Cela fit naitre un rire absurde dans la poitrine, absurde car deux de ses camarades venaient se de lever pour observer le duel que j’étais en train de dominer, de plus en plus largement face à la fureur croissante de Nestor. Certes, cette colère profonde et destructrice donnait aux plus noirs de ses sortilèges une force inouïe, mais son manque de précision et le prononcement de ses formules me permettait de facilement les éviter, magiquement ou physiquement. Un de mes sortilèges cuisant l’avait atteint au pied et il se déplaçait à présent difficilement, luttant contre mes maléfices qui se faisaient plus attaquants, plus pressants. Les deux amis debout derrière lui se tenaient prêts à le suppléer et Rowle observait la scène, vaguement intrigué par le potentiel destructeur que pourrait avoir Nestor, me barrant toujours l’accès à la porte. N’ayant plus d’autres choix pour m’en sortir que l’idée inconsciente que j’avais eue, j’en fus réduite à attendre que Nestor me laisse une ouverture. Mais pour qu’il fasse des erreurs, il fallait attiser sa rage.

-Je dois te remercie, en fait ! lançai-je en tentant de mettre toute ma conviction dans mes mots. C’est grâce à ce qui s’est passé ce soir-là que j’ai pu découvrir que j’étais une vraie sorcière ! La magie coule dans mes veines de née-moldue, tu me l’as prouvée !

Le visage de Nestor se crispa de manière inquiétante et il marqua un temps d’arrêt qui me permit de glisser les yeux vers la porte. Le mouvement de baguette que je fis ne fut pas perçu par Nestor, qui hurla avec hargne :

-C’est faux ! C’est une magie impure, un simulacre de poussière, quelque chose d’infime, d’impur, de mauvais …
-Mais ça a suffi à te brûler le visage ! Alors qui gagne, la née-moldue ou le Sang-Pur ?

Avec un hurlement de rage, Nestor se rua vers moi, la baguette brandit, la bouche ouverte en un sort qu’il ne put prononcer car je le cueillais d’un maléfice du saucisson en pleine poitrine. Je n’attendis pas qu’il s’écrase sur le sol pour faire volte-face et réceptionner le balai de Judy qui s’était élancé, mu par mon sortilège d’attraction. Un sort me frôla le bras et je me dépêchai de l’enfourcher, les mains tremblantes et tendue comme je l’avais rarement été sur un balai.
-Tu ne peux pas t’enfuir, la petite danseuse ! s’écria Rowle en pointant sa baguette sur moi.
Mais j’avais déjà frappé un grand coup sur le sol et mon équilibre de gardienne me permit de lâcher le balai d’une main pour parer sommairement les sortilèges qui fusaient vers moi alors que je m’élevai dans le ciel de Bristol. Ma main trésaillait si violemment que j’avais peur d’être touchée mais bientôt le toit de l’immeuble disparut à ma vue et leurs silhouettes furent réduit à des points noirs derrière moi. Le vent hurlant à mes oreilles et les battements affolés de mon cœur devirent bientôt ma seule réalité et je me couchai sur le balai, épuisé et haletante pendant que Bristol défilait sous moi et que l’adrénaline quittait mes veines. Et alors que je m’éloignais enfin, je me détendis face à la sensation familière du balai sur moi, de l’air qui me chatouillait les joues et ébouriffer mes boucles, de cette sensation incroyable de liberté qui s’éprenait de moi chaque fois que je volais.

Très belle scène de combat, chapeau
***
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Je profite du tgv pour commenter la 2e partie du 29 ! J'aurais pu faire le 30 mais c'est ENCORE DEUX PARTIES (je t'aime Perri allez c'est pas grave)
Elle paraissait bouleversée par l’attaque de la directrice-adjointe et m’avait assuré qu’elle aurait démissionné s’il n’y avait pas eu à prendre soin des élèves
Tellement la maman de Poudlard
Nous avions enfin pu aller fêter la fin des épreuves avec nos camarades et malgré les évènements dramatiques qui avaient eu lieu la veille, une fête en bonne et due forme s’était organisée dans la Salle Commune de Poufsouffle
Je réalise seulement que c'est la fin de l'année et ça me rend triste en fait haha
Ils ont attrapé Jugson, Vicky …
Aaaaah !!!
Apparemment, il était au Ministère, c’est lui qui a fait fuir Tommy… Et il est rentré à Poudlard dans la foulée.
-Mais Fudge n’a rien dit ? Et Ombrage ? Ombrage n’a pas dû se laisser faire !
Ca fait trop bizarre de voir tous ces événements majeurs qui se sont passés et ils en ont pas la moindre idée :lol: C'est passé tellement vite haha, c'est si étrange
Pourquoi il veut nous voir, à ton avis ? Je veux dire, toi, je comprends mais … Moi ?
Il veut les supplier de se mettre ensemble :mrgreen:
Je te rappelle que tu vas voir Albus Dumbledore avec un début de gueule de bois.
J'avoue c'est pas très glorieux
Malheureusement, j’ai bien peur que Cornelius Fudge ne tienne à son poste malgré ce revers.
Qu'est-il advenu de Cornelius Fudge d'ailleurs ?
-Qu’est-ce que tu crois, je ne vais pas te laisser seule, Vicky.
Mais c'est bon là, admettez que vous ne pouvez pas vous passer l'un de l'autre
je me rendis compte à quel point j’avais eu peur de le perdre, à quel point la simple possibilité qu’il s’éloigne m’avait tendu, crispé.
BAH VOILA MERCIIIIIIIII
Puis un toussotement léger se fit entendre : Dumbledore nous contemplait, un léger sourire aux lèvres, attendant patiemment notre attention.
Il est content, il va gagner son pari
Je m’en saisis, vaguement honteuse de mon état.
C'est la honte quand même :lol: :lol:
Le regard magnétique du directeur dont l’intensité était si semblable à celle de mon grand-père était rivé sur moi.
ils sont FRERES C EST CA ? LE PHENIIIIX (je rigole bien sûr)
. Liszka, légilimens et ancien grand sorcier … un bel atout pour vous, pas vrai ?
Et c'est là qu'on comprend qui est Dumbledore dans le foooond
j’ai constitué une association
"On vend des calendriers à Noël pour s'acheter des bombes"
C’est bien cela. Je vous demande ouvertement d’enfreindre la loi pour le bien commun.
POUR LE PLUS GRAND BIEN
c'est bizarre pour leur directeur d'école haha
Tu as fini oui ? finit par s’agacer celui-ci en me fusillant du regard. Tu as autant à offrir que n’importe que qui, Vicky. Voire plus.
Pouahahahahah C EST BIEN SIMON
autant j’ai l’intuition que vous aurez besoin l’un de l’autre pour prendre la bonne décision.
"Autant je sais que vous allez vous marier donc autant agir comme si vous l'étiez déjà"
espérant que l’obscurité m’aide à réfléchir et à réinstaurer le calme en moi.
* soulage ma gueule de bois
je fus rassurée de savoir qu’un semblant d’organisation semblait prendre place entre les Bennett, les Bones et les Liszka. C’était en se regroupant et en comptant les uns sur les autres que l’on pourrait faire face à ce qui nous attendait.
J'ai vraiment hâte de voir la partie 3, avec la vie dans le monde moldu ! (no pressure). Déjà tu le présentes super bien et t'as l'air de vouloir aborder plein de thématiques super intéressantes qu'on connaît pas trop
J AI HATE
Pour un jour voir quel monde il y a de l’autre côté de la barricade
J'avais pas compris que c'était une citation "debout et fort" :lol: BREF, je voulais juste dire : COUCOU CLEM
Sa main descendit jusque la mienne et il noua les doigts aux miens pour les serrer.

-Oui, Victoria, on se battra.
OH MAIS ALLEZ LA

BREF, c'était un très bon chapitre Perri (ça sent le cornichon ici). Franchement c'est trop bizarre de voir l'affaire du ministère évoquée comme ça en passant haha, mais comme d'habitude tu as très bien géré le lien aux romans ! Je vais essayer de commenter la suite mais j'ai plus beaucoup de batterie
Cazolie

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Moment de vérité, est-ce que je vais devoir bouger parce que j'ai la place de quelqu'un qui monte à Bourg-en-bresse ? We shall see
désolée je rentre de Toscane (magnifique région par ailleurs si vous avez envie d'ailleurs, franchement superbe !
J. trouve que c'est un beau prénom Toscane. Il est ouf lui, j'appellerai pas mon fils Toscane
Chapitre 30 : Ce qu’on fait par amour.
Ca promet
(la petite fille devant moi, à son papa : Je te dis ce qu'il y a dans ma salade papa ? Bon bah elle est à base de feuilles de salade. Pouahahha je ris sous mon masque)
C’était comme si la lumière avait fendu le brouillard
IL FAUT SE RAPPELER D ALLUMER LA LUMIERE (lol y a personne sur le quai je suis rassurée)
Même McGonagall après les soins à Ste Mangouste était de retour, appuyée contre une canne,
La duchesse douairière dans Downton Abbey quoi
Le seul indice était Harry Potter, qui semblait hanter le château comme une âme en peine depuis son retour du Ministère de la Magie
Sirius T.T
Emily nous évitait depuis avec un soin tout particulier
Euh ils sont pas meilleurs potes ? Comment ils font ?

Les annonces sont en 3 langues parce que l TGV vient de Genève, du coup j'arrive pas à me concentrer sur ce que je lis et ça dure 150 ANS
J’avais passé la journée à sillonner l’Angleterre, mon sac sur l’épaule et le balai de Judy dans une main.
Dur de faire ses essais sans son propre balai quand même

Sérieux j'y arrive pas, annonce sur les mesures covid qui durent 5 min par langue, en anglais maintenant, help. Il vient de dire "if you have any question", j'ai compris, "if you are christian" j'ai bugué hahahha
Il doit exister des choses étranges au Département des Mystères
C'est le principe Sherlock
Chourave m’avait prévenu que je pouvais faire ce que je voulais de mon temps, du moment que ça comportait les essais et que j’étais de retour à l’heure convenue.
J'étais complètement duper A CAUSE DES ANNONCES, j'ai cru qu'elle était déjà en vacances haha
Bref, makes sense comme règle
Ça, je pense qu’Edward ne me l’a pas pardonné, à dire vrai et il ne le fera pas
AH il est censé, en temps que pasteur. Enfin pas le condamner, en tout cas
Bref haha
Mais les parents du moustique
Looooooooooool c'est pire que la crevette
Face à la menace imminente, nous nous étions tous resserré les uns sur les autres. J’y voyais la preuve que Miro et Jaga, malgré leurs mensonges, avaient bâti une famille solide, unie, solidaire.
Merci de présenter une famille qui tient le choc malgré les difficultés <3 J'ai li'mpression que souvent soit on donne l'image d'une famille parfaite, soit elle vole juste en éclat sans que personne se batte pour, et je trouve ça triste de ne véhiculer que cette image
Bref, merci haha, et tu fais ça merveilleusement en plus. Ce sont vraiment des thématiques super intéressantes
dissimulant mon balai tant bien que mal le long de mon corps avant d’entrer dans l’immeuble.
Elle a le droit de se promener avec un balai, peut-être qu'elle a envie de récurer les trottoirs :lol:
tous les mois juègvv
Ton chat a marché sur le clavier ? :lol:
Je suis déjà allée voir. Sa porte est grande ouverte, les clefs sont sur la serrure mais … il n’est pas à l’intérieur …
Une larme dévala la joue de Melania.
-C’est Nestor … Il est entré dans ma chambre, il a découvert les lettres, il a compris … Je suis tellement désolée, j’ai été si idiote …
WHAAAAAAAAAAAAT MAIS JE MY ATTENDAIS PAS JE CROYAIS QUE LES ENNUIS ETAIENT FINIS POUR CETTE PARTIE AAAAAAAAAAH PERRIIIIIIIIIIIIII
Le châtiment de Melania sera prévu, assura Nestor avec une sorte de fureur sourde qui rendait sa voix presque inhumaine. Mais je commencerais par lui apporter la tête de son moldu.
Ca va la faide là
Déso je commente pas beaucoup mais je suis trop prise dans le truc haha
l pointa la baguette sur Alexandre qui venait d’ouvrir un œil hagard sur le ciel. Je me figeai, me collai, m’imprégnai totalement de la terre lorsque le sort le frappa et que le cri de mon frère s’éleva, inhumain, que son corps d’arcbouta pour échapper à la souffrance
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON MAIS PERRI
Derrière lui se tenait Alexandre, haletant, une barre de fer à la main. Tremblant de rage, il asséna un coup dans les côtes de l’homme à terre en assénant à chaque fois :

-Ne … la … touche pas !
YEEEEEEEES VAS Y ALEX
Comprenant ce qu’elle voulait faire, mon frère tenta de se dégager et j’eus le temps de l’entendre hurler :
AAAAAArgh c'es thorrible
tu m'as réduite aux onomatopées et aux fautes
Certaines autres commençaient à bouger, et je me retrouverais bientôt drastiquement inférieure en nombre
Oooooh je sens que Simon va débarquer et qu'ikl ne va PAS ETRE CONTENT
Rien que des dalles grises sous l’implacable soleil et le vide derrière.
Fallait garder ton balai
OH ! ACCIO BALAi !
pour faire volte-face et réceptionner le balai de Judy qui s’était élancé, mu par mon sortilège d’attraction.
Tu vois, le balai m'a entendue

Bon okay Simon va pas débarquer mais il va gueuler
Et je suis obligée de lire la suite maintenant espèce de fourbe
mis le feu aux poudres déjà fort inflammable de Nestor.
Jai eu l'image de Mushu avec ses feux d'artifice accrochés au dos
Et tu as approuvé ça, Tory… ?
Je veux pas qu'ils se dispuuuutent
Lui peut se défendre si des sorciers viennent et nous attaquent, Alex, pas toi !
Sauf qu'il a prouvé qu'il arrivait quand même à se défendre
Alexandre me retint par le bras et m’attira contre lui si brusquement que cela réveilla la douleur de mes côtes
Ah bah quand même

AAAAAAAAAAAAH c'était un chapitre très prenant ma Perri ! Tu as superbement décrit la bagarre, c'était vraiment palpitant ! Bravoooo
Trop triste que cette partie soit bientôt finie mais j'ai vraiment hâte de voir ce que tu vas faire hors de Pou-Pou

ET J AI RATTRAPE MON RETARD
Bff47

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par Bff47 »

J'avais lu mais pas eu le temps de commenter ! Zut, je me souviens plus de tout !

J'ai adoré cette scène d'action, ça faisait longtemps ! Tout était bien décrit et tout était très cohérent ! C'était super satisfaisant de voir Victoria assurer en duel ! J'ai hâte de voir ce qu'elle va accomplir au sein de l'Ordre du Phénix ! La technique du balai, évidemment ! Contente qu'elle ait géré ses essais aussi !

J'avais jamais pensé au sortilège anti-transplanage, mais c'est grave une bonne idée ! C'est vrai que c'est cohérent ... Sinon, ce serait trop facile pour des sorciers qu'a chaque fois qu'ils se font attaquer par des Mangemorts, ils ont qu'à translaner ... ça eviterait pas mal d'ennuis ! Pourquoi, ils faisaient pas ça dans les Harry Potter, hein ?

Bref, hâte de lire la suite ! J'ai envie de retrouver Simon !
PtiteCitrouille

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Re: Ombres et Poussières [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Hellloooo

J'ai qu'un chap à commenter ? Quelle sensation étrange tiens
une source régénératrice
rééégénératioooooooon (si t'avais regardé Doctor Who tu le sauraiiiis)
Dans ce cadre idyllique où la joie et l’espoir faisaient loi,
c'est un peut les bisounours là :lol: on rappelle un peu ce qu'il s'est passé dans les chap précédents ?
Lord Voldemort était de retour
oH mAiS çA aLoRs C'EsT dInGuE jE sAvAiS pAs
Emily nous évitait depuis avec un soin tout particulier. Roger m’avait avoué qu’elle avait honte, honte d’elle, honte des propos blessants qu’elle avait pu sortir, honte de ne pas nous avoir cru.
CHEH
Désolée mais vraiment, c'est un peu bien fait pour elle, ça lui apprendra, elle m'a soûlée :lol:
je laissai mon grand-père lire La Gazette de la veille à voix haute
ça fait bizarre, y a genre 5 mois c'était pas possible :lol:
qui annonçait la mort de Sirius Black,
WHY PERRI WHYYYYYYY
-Simon, rectifiai-je avec un vague sourire amusé. Le moustique s’appelle Simon.
Puahahahaa après le poussin crevé, le moustique :lol: :lol: (insupportables ceux là)
Et, contrairement à Jaga, il risquait de croiser à Cracovie des anciennes connaissances, des sorciers et des sorcières qui le croient morts depuis près de cinquante ans.
biiiiin surtout qu'il était pas un mec innocent à cette époque, il va se faire cracher dessus
-Victoria ? Mais qu’est-ce que tu fais ici, tu devrais être à Poudlard !
well je te retorune la question cocotte (ils se sont expliqués avec Alex ?? *-*)
-Je suis déjà allée voir. Sa porte est grande ouverte, les clefs sont sur la serrure mais … il n’est pas à l’intérieur …
i knew it que something s'était passé
Ses yeux s’étaient asséchés et son visage étaient animé d’une telle fureur qu’il en devenait inquiétant.
ouuuh badass Mel, j'aime cette personne
Le châtiment de Melania sera prévu, assura Nestor avec une sorte de fureur sourde qui rendait sa voix presque inhumaine. Mais je commencerais par lui apporter la tête de son moldu.
mais c'est horrible arf
C'est assez flippant Perri dis moi là, mais bien mené
où sa vie s’était embrasée.
LOL comme sa tronche
les parties intimes heurtées
ça va être sa signature maintenant :lol: :lol:
Derrière lui se tenait Alexandre, haletant, une barre de fer à la main.
de la bonne violence mais GO ALEXAAAANNNDRE
-D’accord, la danseuse est à toi. Moi, je vais faire voler les tourtereaux.
et donc là Vic, tu pouvais pas en profiter pour te débarrasser de l'un des deux ?
-Sortilège antitransplanage, petite danseuse. Il semblerait qu’ils ne restent que nous sur ce toit …
AH
Well well welll
Y a plus qu'à tenir jusqu'à l'arrivée des Bones et de SIMOOOOOON HAHAHAAH
Pardon
réceptionner le balai de Judy qui s’était élancé
YOOUHOUUUUUU YOU GOT IT GUUUUURL
Franchement elle peut être grave fière, en tout cas l'attaque et le combat étaient super bien menés, et j'avais oublié le balais qu'elle avait lâché dans les escaliers!
Bon pendant son petit vol, y a toute la famille Bones qui fout quoi ? Parce que franchement, même pas ils viennent ? :lol:

Et où est Simon moi je vous le demande

AH oui, je viens d'avoir m réponse mdr A L'ECOOOLE
Stupide Clémence

Bon Mel elle peut plus rentrer chez elle très clairement, ça risque d'être tendu avec le jumeau :lol:
-Et tu as approuvé ça, Tory… ?
non non pas approuvé surtout pas, pro-po-sé
Pas la même chose
-Mille gorgones tu vas bien ! J’ai eu peur, si tu savais …
sinon y a Mel et Alex qui ont été en danger aussi hein :lol:
la gamine doit retourner à Poudlard
héhéhéhé, Simon va être lààààààà 8-) 8-) 8-)
Rappelle au crapaud
ce Simon il est tout, sauf un humain j'ai l'impression :lol:

Ce chapitre était vraiiiment cool, j'avoue j'ai angoissé pendant la bataille, c'était super bien écrit, et les émotions post-bataille étaient parfaites !! (iiiiih Mel et Alex vont se remettre ensemmmbleuh), par contre t'abuses, je voulais voir la réaction de Simooooon

Bisous !!
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