Imagine la scène ! [Description]

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Skalyon

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Imagine la scène ! [Description]

Message par Skalyon »

Bonjour à tous,

Une brûlante envie d'écrire en ce moment. Des idées de livres post-apo, SF à foison. Le truc ? Je n'ai jamais écrit de livres, ni mêmes de nouvelles, tout au plus quelques pages, par ci par là, d'histoires rocambolesques et la dernière fois que j'ai écris, c'était de colère il y a de cela plusieurs années. Depuis, rien. Alors, pour éviter les erreurs, pour m'organiser, avoir de la matière, renouer avec les mots, un petit exercice que j'adore déjà : décrire une image, une œuvre, un tableau.

Je me suis prêtée au jeu, qui libère mon imagination ! Voici donc ma première histoire inspirée du tableau :

"L'automne et la pluie sur Paris" - Edouard Cortes.

Je compte faire une série, qui sera réunie autour du thème "Imagine La Scène !".
A la fin, je mettrai l'image en question que j'ai utilisée. Libre à vous d'écrire votre interprétation :)
Avis bienvenus, corrections aussi car je ne suis pas en parfaite maîtrise de la langue !!!

Merci d'avance pour votre lecture et vos retours, à très vite !

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Le clocher sonnait enfin six heures. Le peintre, emmitouflé dans son manteau, commença à ranger son stand en prenant soin de manier ses toiles et illustrations avec une grande délicatesse malgré le vent et les feuilles mortes qui venaient s’infiltrer partout. Cette journée d’automne était décidément triste. L’église sonna sa dernière cloche tandis que les passants hâtaient le pas, engaillardis par le rappel du clocher pour rentrer rapidement chez eux.
L’homme finit de ranger son matériel et referma les coffres. Tout son art était là, dans ces quelques coffres en bois intégrés dans la pierre qui bordait l’avenue. On aurait dit un ancien rempart, reconvertit en dizaines de stands, prêts à s’ouvrir pour exposer au monde leurs contenus. Ils étaient dotés de solides planches en bois et il suffisait de soulever ce toit-couvercle pour faire apparaître les étals, étagères, escaliers de velours et autres multiples cachettes et rangements où trônaient milles trésors, œuvres de toute sa vie, tantôt suspendues à des cordelettes au toit ouvrant, tantôt posées pêle-mêle dans un cocon de couleurs et de textures.

A côté de lui, un autre homme remit son béret sur la tête après l’avoir épousseté. Il fit de même avec son pantalon qui avait accumulé la poussière des arbres, les bouts de feuilles mortes, les brindilles. Il vint faire quelques pas sur les dalles en pierre de l’avenue passante pour détendre un peu ses muscles, engourdis par l’immobilité et la raideur exigée par le violon. Il avait joué toute la journée, accompagnant son acolyte pendant ces longues heures à peindre, parfois sans parler. La musique accompagnait le peintre et le peintre comprenait. Il faisait parler la mélodie à travers ses gestes, élégants et maîtrisés.
Mais désormais, la journée s’éteignant au fur et à mesure que les lampadaires étaient allumés, il ne fallait pas trop tarder. Les nuages n’avaient pas quitté le ciel et seules quelques éclaircies avaient pu amener un peu de répit à cette longue journée de création, de déambulation de passants, de regards parfois émerveillés, parfois déjà trop sages, quelques fois amoureux du style, ou de l’ambiance enivrante que les parfums de l’automne amenaient avec lui.

Image

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A bientôt !!
Dernière modification par Skalyon le dim. 06 sept., 2020 2:39 am, modifié 2 fois.
FelRose

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Re: L'automne et la pluie sur Paris [Description]

Message par FelRose »

Coucou! J'aime à penser pouvoir t'aider dans ta démarche d'écriture, aussi je vais te communiquer les petites erreurs que j'ai pu relever. Je te rassure, rien de bien insurmontable^^.

Répétition
- Au début, tu fais une petite répétition de "stand" dans les phrases : « Tout son art était là, dans ces quelques stands en bois intégrés dans la pierre qui bordait l’avenue. On aurait dit un ancien rempart, reconvertit en dizaines de stands

Fautes d'orthographe
- « en prenant soin de manier ces toiles » (je pense que tu as voulu signifier "les toiles du peintre" donc dans ce cas, tu aurais dû écrire "ses")
- ou trônaient
- seuls quelques éclaircies

Erreurs d'expressions
-le "chant de l'église" c'est plutôt bancale, même si je comprend ta volonté d'intégrer des expressions poétiques.

-"en pèle-mêle" n'est pas un nom, c'est un adverbe.
Il faudrait plutôt écrire : « tantôt posées pêle-mêle parmi les couleurs et autres textures. »

Contradictions
-"parfois sans parler une seule fois". C'est donc que c'est habituel ? Sinon ça ne peut pas être les deux. Soit il lui parle de temps en temps soit il n'a rien dit du tout.

- "frénétique" ne va pas avec l'idée que cette journée renvoie. J'ai plutôt l'impression qu'elle se déroule lentement, comme tu le développe après d'ailleurs notamment avec l'emploi du mot « envoûtant » vers la toute fin. Donc il y a une contradiction de ton.

À préciser
« les lampadaires s'allumaient» : cela se passe avant l'invention de l'électricité ou après ? (parce qu'avant il y avait des allumeurs de lampadaire.)

Syntaxe
- La phrase « La musique accompagnait...» pourrait se terminer à « et le peintre comprenait.» Ça serait plus impactant.
Quand tu dis "ces gestes" sont-ce les gestes propres au peintre ou est-ce juste une désignation ? Possessif ou démonstratif ?

Dans le dernier cas cela donnerait : « La musique accompagnait le peintre et le peintre comprenait. Il faisait parler la mélodie à travers ses gestes, élégants et maîtrisés. »

Voilà, voilà ! Ce sont de petites coquilles, parce que dans l'ensemble ton texte est très bien, et assez évocateur, j'ai beaucoup apprécié. ^^
Skalyon

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Re: L'automne et la pluie sur Paris [Description]

Message par Skalyon »

Bonjour à toi FelRose,

Merci d'avoir lu ce petit texte et surtout merci pour ces précieux retours. Je vais de ce pas corriger les petites coquilles. C'est vrai que ce sont des subtilités auxquelles je ne pense pas mais qui ont leur importance.
Contente qu'il t'ait plu, si tu as d'autres choses à ajouter n'hésites pas, même sur le style d'écriture en lui-même. Merci, encore :D

Au plaisir :)
Skalyon

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Re: Imagine la scène ! [Description]

Message par Skalyon »

Bonjour à tous,

Et voici le second texte, toujours inspiré d'un tableau. Cette fois, c'est l'intriguant Jusepe RIBERA qui est passé sous ma plume avec son oeuvre :


"La femme à barbe" - Jusepe RIBERA.

Iel se tient là, droit comme un I. Et pourtant, ce sein, aussi rond qu’un melon, pend négligemment depuis le haut du buste, comme s’il s’était placé à l’endroit du cœur. Au bout du mamelon tendu, une bouche. On ne sait si celle-ci reste fermée suite à un copieux repas ou si elle est sur le point de le commencer. À voir la peau tendue du sein, près à exploser, on pourrait dire que le festin va débuter. Le bébé, fermement maintenu par les mains puissantes d’iel, est enguirlandé dans un amas de draps et autres tissus.

Iel nous fixe. Tout comme son époux, légèrement en retrait. Ils ont tous les deux un regard original mais qui traduisent des émotions très différentes et nuancées. Iel a un regard mêlé de défi, de gravité et de nonchalance. Un implacable sérieux. Si la possibilité de vous moquer aura pu vous traverser l’esprit l’espace d’une fraction de seconde, son regard vous aura vite refroidit. On ne rigole pas avec ça, surtout pas iel.

Face à nous, dans toute sa splendeur, iel nous montre, sans aucun tabou ni gêne, toute la beauté et la complexité de l’homme, de la femme, du masculin et du féminin réunis dans un même corps.
Un front dégarni, une barbe généreuse et broussailleuse, des pommettes anguleuses, des plis marqués autour du nez, les sourcils froncés. Et puis ce regard.

Ah ce regard !

Et voilà iel, portant et nourrissant son enfant, dans sa robe et son châle modestes. Aussi fière qu’immobile. Ce n’est pas à iel de changer, de s’adapter ou de se justifier. Le message est clair.

Son mari, lui, a peur. Peur de lui, peur d’iel, peur de nous, qu’en sait-on ? Mais son regard ne trahit pas. Bien que complexe, les sourcils à la fois froncés et levés en même temps, on le sent fébrile. En attente d’un jugement. Le nôtre ? Le sien ? Lui-même ne semble pas savoir mais il attend. On voit d’ailleurs qu’il ne sait pas où se placer ni que faire de ces mains. Il attend. De toute façon, il est dans l’ombre d’iel. Alors il attend. Il se méfie de nous, qui n’avons pas encore ri. Comment pourrait-on ? Ce serait, dans le fond, se moquer de nous-même.

Oui, on voit un corps à la fois homme et à la fois femme nourrir un bébé. C’est exactement cela qu’il se passe. Ni plus, ni moins. Alors ? Qu’attendez-vous pour passer votre chemin ?

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Ce texte est inspiré du tableau éponyme de Jusepe RIBERA.
Image


A très vite pour vos retours !
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