L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

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annabethfan

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L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Bonjour à tous,

Je suis ravie de vous retrouver avec cette nouvelle histoire. Ou peut-être de vous rencontrer. Je suppose que la plupart d'entre vous aura déjà lu Au temps des Maraudeurs avant de venir ici, mais ce n'est pas obligatoire et ça me fait très plaisir que vous ayez pris la peine de donner une chance à cette fanfiction plus originale.

Vous vous demandez en effet sûrement dans quoi je vous embarque ! Ce que je vous propose est simple : traverser l'Atlantique et découvrir le monde sorcier américain. Si les Animaux Fantastiques ont déjà posé les bases, mon ambition est d'écrire sur Ilvermorny, l'école de sorcellerie américaine. Le but sera d'aborder ce nouveau monde, si familier et déroutant à la fois, à travers les yeux d'un personnage original : Julian Shelton. Plusieurs thèmes seront ainsi explorés, comme les relations familiales compliquées, le manque du pays natal, la guerre des sorciers, l'homosexualité et les sentiments naissants. L'intrigue sera fortement liée à l'histoire américaine sorcière qui aura d'ailleurs une grande place dans le récit, et la situation contemporaine en Angleterre ne sera pas oubliée pour autant car elle aura aussi son rôle.

Autre point à savoir (et qui en ravira certains j'en suis sûre), vous retrouverez au fil du récit des éléments et des personnages apparus dans Au temps des Maraudeurs, mais aussi dans Ombres et Poussières de Perripuce. C'est un peu un univers partagé que nous avons mis en place donc il y aurait quelques clins d'œil et références. Rien d'extrême, mais nous avons trouvé ça sympathique.

J'ai conscience que cette histoire est moins "familière" que celle de ATDM puisque vous veniez en sachant déjà ce que alliez plus ou moins y trouver. Ici, ma marge de manœuvre est bien plus large et j'espère vraiment réussir à vous embarquer dans cette histoire qui me tient à cœur. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis, ça me fait toujours plaisir et ça me permet de progresser !

Pour la liste des prévenus, il suffit de laisser un commentaire ou de m'envoyer un message sur mon mur, je me ferai un plaisir de vous y ajouter. Le forum est un peu mort en ce moment, mais j'espère vraiment voir du monde revenir un peu :lol:

Liste des prévenus :

https://booknode.com/goto-username/elohane
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https://booknode.com/Quetzalbleu_2971374
https://booknode.com/HermioneSerdaigle_23613904
https://booknode.com/cochyo_21092444


Sans plus attendre, je vous souhaite une bonne lecture ! :D


L'héritage d'Ilvermorny
Tome 1 : La baguette de Salazar Serpentard

Couvertures Fanfictions.jpg
Couvertures Fanfictions.jpg (270.22 Kio) Consulté 796 fois
Prologue : La fin d'une ère

« Il n'y a pas de fin. Il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie »

- Frederico Fellini -


// 18 Janvier 1963 //

- Est-ce que tu veux que... que je prévienne ta sœur ? Ton frère ? Ou tes parents ?

Aurélia Shelton ne parvint pas à détacher les yeux du nouveau-né dans ses bras et les mots de son mari se réduisirent à un murmure dans son esprit épuisé. Tout son corps la faisait souffrir, comme si elle avait tenté de jeter un sort particulièrement puissant et qu'elle tentait désormais de reprendre son souffle.

- Non, murmura-t-elle. Non...

- Ou Leonidas... ?

- Non, s'il te plaît.

Elle secouait la tête une fois de plus, incapable d'accorder son attention à la personne qu'elle pensait la plus importante dans sa vie il y a encore quelques heures. Contre son sein, le bébé s'agita et elle le contempla, fascinée, déplier ses doigts avant de les refermer en un minuscule poing.

- Il est si petit, dit-elle dans un souffle. Tu veux le tenir ?

- Moi ?

- Non, rit-elle, Dumbledore. Il est derrière la porte. Oui toi, Ethan ! C'est ton fils.

- Mon fils... répéta-t-il.

Dans sa voix, elle entendit toute l'incrédulité que cette perspective engendrait chez lui. Elle savait qu'il avait du mal à prendre conscience de ce que cet enfant impliquait, ce petit être concret si éloigné de son univers théorique, de ses grimoires et de ses études de sortilèges. Elle était tombée amoureuse d'Ethan pour ce regard unique sur le monde, même si à cet instant elle ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver une certaine déception face au fait qu'il ne partage pas son émerveillement, même si elle était certaine qu'il viendrait. Ethan avait souvent un temps de retard en ce qui concernait les émotions.

Avant qu'il puisse rassembler le courage de tendre les bras pour prendre le nouveau-né, la porte de la chambre s'ouvrit. La sage-femme qui l'avait aidé à accoucher moins d'une demi-heure plus tôt entra en souriant.

- Ah les Shelton ! Comment ça se passe ? Tout va bien ?

- Fatiguée, avoua Aurélia.

- C'est normal ! Vous venez de donner naissance à un beau petit bonhomme ! Je reviens pour lui, est-ce qu'il a un prénom ?

- Justement... On hésite encore. J'avais choisi Charlotte pour une fille, mais pour un garçon...

- Vous avez besoin de réfléchir, compléta la sage-femme, compréhensive. Je comprends. Je repasserai demain matin, mais il faudra me donner une réponse. En attendant, essayez de vous reposer, il est déjà presque 3h. Vous avez besoin de quelque chose ?

- Je suppose que vous n'avez pas de jus de citrouille ? Plaisanta-t-elle.

- A la cafétéria, si...

Ethan se redressa et remonta précipitamment ses lunettes à monture écaille.

- J'y vais ! Dit-il. Je vais t'en chercher, ma chérie.

Il était déjà presque hors de la chambre. Elle n'eut pas le cœur de lui dire qu'elle pouvait très bien boire de l'eau et se laissa aller contre l'oreiller qui soutenait son corps douloureux. Le bébé émit un bruit, mais ne se réveilla pas.

- Il est très beau en tout cas, commenta la sage-femme. Encore félicitations.

- Merci...

- On se voit demain pour le prénom donc ?

- Oui, promis. J'aurais trouvé.

La sage-femme lui rendit son sourire et commença à se diriger vers la porte. La main sur la poignée, elle se retourna brusquement.

- Oh Merlin, j'allais oublier, s'exclama-t-elle en plongeant la main dans la poche de sa blouse. Un hibou a déposé cette lettre pour vous tout à l'heure à notre service courrier. Tenez.

D'un bras, Aurélia se saisit de l'enveloppe et la garda suspendue dans la main. La sage-femme mit une seconde à se rendre compte du problème.

- Vous voulez que je le mette dans son berceau ? Proposa-t-elle. Je peux le mettre juste à côté de vous.

- Oui... merci. Faites attention.

Dès que la remarque quitta ses lèvres, elle se trouva idiote. C'était évident qu'une sage-femme savait tenir un bébé. Cette dernière ne parut pas lui en tenir rigueur et se contenta de sourire en soulevant son fils d'un geste expert pour le mettre dans le petit couffin bleu à sa droite. Aussitôt, le petit lit se mit à bercer tout seul.

- Et voilà ! A tout à l'heure, Mrs Shelton. Reposez-vous !

Cette fois-ci, elle quitta la chambre sans se retourner, sûrement pour continuer sa tournée nocturne. Aurélia resta plusieurs secondes à contempler son bébé, allongé sur le dos les poings serrés au niveau de sa tête, et tenta d'occulter le sentiment de manque qui montait en elle maintenant qu'il n'était plus dans ses bras.

La sensation du papier contre sa peau lui rappela la lettre dans sa main et elle détourna finalement le regard. L'enveloppe n'était pas en papier normal, mais en parchemin ancien. Ce n'était donc pas Jeanne, la mère d'Ethan, qui lui écrivait. Il faudrait d'ailleurs qu'ils pensent à l'appeler dès le matin pour lui annoncer l'accouchement. Sa belle-mère habitait à plus de trois heures de Londres, à la campagne, et n'avait pas pu faire le déplacement. Il fallait dire que les contractions étaient arrivées par surprise, à plus d'une semaine du terme annoncé, et ni elle ni Ethan n'avaient été prêts ce soir ou n'avaient pensé à téléphoner à leurs proches.

Sur le coin de l'enveloppe, le cachet indiquait qu'elle provenait des Etats-Unis. Aurélia sentit son cœur s'emballer.

Elle n'avait gardé contact avec personne dans son pays natal. Ni sa famille, ni ses amis. Quand elle avait obtenu son diplôme d'Ilvermorny en 1952, elle s'était exilée à l'autre bout du pays, en Californie, le plus loin possible de New York et de lui. Elle y était restée deux ans, puis le Ministère anglais lui avait offert une place aux archives historiques. Sans réfléchir, elle avait sauté dans un avion pour la première fois de sa vie et avait quitté les Etats-Unis. Tout avait été dépaysant en Angleterre. Le vocabulaire, les institutions, la nourriture, les accents. Par Morgane, beaucoup trop d'accents. Et en février 1956, par un jour d'hiver pluvieux, elle avait rencontré Ethan à un congrès de chercheurs. Il n'était pas ce qu'elle avait imaginé quand elle rêvait au sorcier charmant enfant. Ethan et ses lunettes écailles détonnaient partout, il paraissait plus comprendre les textes anciens dans les grimoires que les émotions humaines, mais il avait trouvé en elle un ancrage dans la réalité comme elle avait trouvé en lui une autre vision du monde. Il l'avait compris et avait vu au-delà de la façade de la jolie femme blonde américaine qui lui valaient souvent des regards grivois d'hommes en costume au bureau. Elle avait enfin eu l'impression de trouver sa place dans son pays d'adoption.

Les mains tremblantes, Aurélia retourna l'enveloppe. Instantanément, elle reconnut le sceau qui la scellait et, cette fois, son cœur dévala dans sa poitrine. Trois corbeaux en plein envol. Les Grims. Son esprit songea d'abord à son père. Il était le seul qui avait pris sa défense quand leur famille s'était déchirée et était le seul susceptible de lui écrire. Puis elle songea à son cousin Leonidas. Malgré leur un an d'écart, elle s'était toujours bien entendu avec lui. Elle l'avait vu grandir, devenir un adolescent réservé mais brillant, et elle savait qu'il venait tout juste d'obtenir une promotion à l'Ambassade de Londres. Peut-être qu'il lui écrivait pour prendre de ses nouvelles après le nouvel an passé ensemble alors que son ventre l'empêchait presque de se relever seule. Elle pourrait lui présenter son fils tout juste né.

Délicatement, elle fit céder le sceau et sortit la lettre. Cette fois, ce fut son ventre qui se contracta, comme s'il tentait d'avaler son cœur qui avait dévalé une seconde auparavant. L'écriture n'était pas celle de son père, ni celle de Leonidas. C'était celle de Cordelia.

Ma petite sœur,

J'espère que tu recevras cette lettre en Angleterre et que tu ne la jetteras pas au feu avant de la lire. Tu dois sûrement te demander si Ronan m'a demandé de t'écrire, mais la décision vient de moi seule, il n'est pas au courant. J'espère qu'un jour tu reconnaîtras quel grand homme il est néanmoins.

A vrai dire, je t'écris car la nouvelle m'est parvenue par Barenne que tu étais enceinte. Je trouve ça assez hypocrite de ta part de lui annoncer à lui et non à ta propre famille, surtout que tu devrais lui reprocher les mêmes choses qu'à moi, tu ne crois pas ? Après tout, lui aussi était là ce soir-là.

Mais qu'importe. Je voulais t'adresser mes félicitations, même s'il est sans doute un peu tard. Je ne sais pas de combien de mois tu étais enceinte, j'espère que ma lettre est encore d'actualité. J'avoue avoir été surprise malgré tout. Nous n'avons même pas rencontré ton mari. Ce n'est pas parce que tu considères le mien comme « un fou fanatique » (tes mots, si tu te rappelles bien le jour où tu as claqué la porte) que j'en ferai de même. Il est né Non-Maj' c'est bien cela ?

Enfin, ma lettre a un autre but. Je voulais faire ce que tu n'as pas fait et te l'annoncer moi-même. Ronan et moi attendons un enfant. Ou plutôt des enfants. Des jumeaux. Je viens de passer les trois mois. J'espère que tu reviendras nous voir à leur naissance.

Donne-nous des nouvelles.

Cordelia


Aurélia relut la lettre à deux reprises, médusée par ce ton passif-agressif. Du Cordelia dans toute sa splendeur. La remarque sur Ethan et son statut de né-moldu piquait plus que le reste. Les préjugés des vieilles familles sang-purs avaient la vie dure, elle le savait pour y avoir grandi, mais Cordelia n'avait vraiment aucune retenu. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait osé mentionner Ronan et... ce soir-là.

Rien que d'y repenser, elle fut saisie de nausée. Derrière ses paupières, l'image de ses mains couvertes de sang s'imprima. Instinctivement, elle porta la main à sa gorge et toucha son collier dont l'horloge incrustée dans le pendentif ne fonctionnait plus depuis cette nuit fatale.

« - Il est mort ! Il est mort !

- Tais-toi par Morgane ! Tais-toi ! On doit le faire, Heather ! Sinon ils sauront !

Son poing se crispa autour de la lettre.

- Aurélia, aide-moi.

Elle luta contre les larmes.

- Le sang... le sang veut pas partir...

- Arrête !
»

Brusquement, la porte de la chambre se rouvrit et les échos des voix du passé s'évanouirent. Aurélia, glacée par le souvenir d'une peur vieille de treize ans, cacha la lettre sous les couvertures précipitamment. Ce n'était qu'Ethan, une bouteille entière de jus de citrouille dans les mains.

- Je t'en ai pris une bouteille, je ne savais pas si tu en voulais beaucoup ou... commença-t-il à expliquer avant de s'interrompre, sourcils froncés. Tu te sens bien, ma chérie ? Tu... tu es toute pâle. Tu veux que j'aille chercher un médicomage ?

Le souffle court, Aurélia se força à sourire, sincèrement touchée par son attention et son inquiétude. Elle secoua la tête.

- Ce n'est rien, mentit-elle. Juste le contre-coup de l'accouchement.

- Oh... Oui, j'ai lu que ça pouvait arriver.

- Evidemment que tu as lu sur le sujet, s'amusa-t-elle.

Ethan lui sourit, embarrassé, et vint se poser sur le lit à côté d'elle. Ils observèrent leur fils.

- Tu as raison... Il est minuscule...

- Hum hum... acquiesça-t-elle, épuisée.

- Et pour le prénom... ?

- Oui ?

- Je crois que j'ai une idée...

Étonnée, elle reporta son attention sur son mari. Ce n'était pas son genre de prendre ce type de décision et elle l'encouragea en prenant sa main dans la sienne.

- Julian, proposa-t-il. Je... j'aime bien ce prénom... Aucun grand chercheur ne l'a porté, c'est vrai, mais un des hommes qui s'est battu avec mon père pendant la guerre – celle des moldus – s'appelait Julian et l'a sauvé pendant un bombardement. Je pensais... enfin la symbolique était belle...

- Julian Shelton, essaya-t-elle à voix haute. Oui... j'aime beaucoup.

Comme si le bébé avait compris qu'on parlait de lui, il ouvrit ses grands yeux. Aurélia sourit, la poitrine comprimée par l'émotion. Elle se rappela les mots qu'avait prononcé sa mère, il y a longtemps, un jour où elles parlaient de la maternité. « Quand j'ai t'ai eu, toi, ta sœur et ton frère ; j'ai su que c'était terminé. Le jour où j'ai donné la vie, je suis morte. Je n'étais plus que mère ». Adolescente, elle avait trouvé la vision de sa mère dramatique et antiféministe. Aujourd'hui, dans la même position, elle comprenait enfin ce qu'elle avait voulu dire. Elle aimait cet enfant à en mourir.

- Bienvenue dans ce monde, Julian, chuchota-t-elle. Bienvenue dans ce nouveau monde.

Prochain post : Chapitre 1 - Mercredi 16 septembre 2020
Dernière modification par annabethfan le jeu. 04 févr., 2021 12:39 pm, modifié 5 fois.
elohane

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par elohane »

Coucou ! ;)
Je suis en train de lire ta fanfic' Au temps des Maraudeurs et je l'aurais très bientôt fini.
( je t'enverrai un commentaire sur cette fanfic' quand je l'aurais fini pour te dévoiler mon amour pour elle :lol: )
Et j'ai très hâte de lire aussi celle-ci !
J'adore Harry Potter et j'adore ta manière d'écrire.
Bises !
Perripuce

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Perripuce »

annabethfan a écrit :Bonjour à tous, BONJOUR

Je suis ravie de vous retrouver avec cette nouvelle histoire. Ou peut-être de vous rencontrer LOL. Je suppose que la plupart d'entre vous aura déjà lu Au temps des Maraudeurs avant de venir ici, mais ce n'est pas obligatoire et ça me fait très plaisir que vous ayez pris la peine de donner une chance à cette fanfiction plus originale.

Vous vous demandez en effet sûrement dans quoi je vous embarque ! Ce que je vous propose est simple : traverser l'Atlantique et découvrir le monde sorcier américain. Si les Animaux Fantastiques ont déjà posé les bases, mon ambition est d'écrire sur Ilvermorny, l'école de sorcellerie américaine. Le but sera d'aborder ce nouveau monde, si familier et déroutant à la fois, à travers les yeux d'un personnage original : Julian Shelton. Plusieurs thèmes seront ainsi explorés, comme les relations familiales compliquées, le manque du pays natal, la guerre des sorciers, l'homosexualité et les sentiments naissants. L'intrigue sera fortement liée à l'histoire américaine sorcière qui aura d'ailleurs une grande place dans le récit, et la situation contemporaine en Angleterre ne sera pas oubliée pour autant car elle aura aussi son rôle.

Autre point à savoir (et qui en ravira certains j'en suis sûre), vous retrouverez au fil du récit des éléments et des personnages apparus dans Au temps des Maraudeurs, mais aussi dans Ombres et Poussières de Perripuce PERRIPUCE sérieux Anna', Perripuce ... . C'est un peu un univers partagé que nous avons mis en place donc il y aurait quelques clins d'œil et références. Rien d'extrême, mais nous avons trouvé ça sympathique. Des clins d'oeil qui sont devenus des piliers héhé

J'ai conscience que cette histoire est moins "familière" que celle de ATDM puisque vous veniez en sachant déjà ce que alliez plus ou moins y trouver. Ici, ma marge de manœuvre est bien plus large et j'espère vraiment réussir à vous embarquer dans cette histoire qui me tient à cœur. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis, ça me fait toujours plaisir et ça me permet de progresser !

Pour la liste des prévenus, il suffit de laisser un commentaire ou de m'envoyer un message sur mon mur, je me ferai un plaisir de vous y ajouter. Le forum est un peu mort en ce moment, mais j'espère vraiment voir du monde revenir un peu :lol:

Sans plus attendre, je vous souhaite une bonne lecture ! :D


L'héritage d'Ilvermorny
Tome 1 : La baguette de Salazar Serpentard

Couvertures Fanfictions.jpg

Encore une fois, quelle magnifique couverture ma petite Marion, quel talent :mrgreen:
Prologue : La fin d'une ère

« Il n'y a pas de fin. Il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie »

- Frederico Fellini -


// 18 Janvier 1963 //

- Est-ce que tu veux que... que je prévienne ta sœur ? Ton frère ? Ou tes parents ?

Aurélia Shelton ne parvint pas à détacher les yeux du nouveau-né dans ses bras et les mots de son mari se réduisirent à un murmure dans son esprit épuisé Quel plaisir de retrouver ton écriture, toujours juste, toujours belle, YOU'RE BACK *danse dans son lit* *se prend un regard courroucé de son chat* . Tout son corps la faisait souffrir, comme si elle avait tenté de jeter un sort particulièrement puissant et qu'elle tentait désormais de reprendre son souffle.

- Non, murmura-t-elle. Non...

- Ou Leonidas... ? TIENS UN AMI

- Non, s'il te plaît.

Elle secouait la tête une fois de plus, incapable d'accorder son attention à la personne qu'elle pensait la plus importante dans sa vie il y a encore quelques heures. Contre son sein, le bébé s'agita et elle le contempla, fascinée, déplier ses doigts avant de les refermer en un minuscule poing. OOOOH BEBE DJULIAAAAANNE

- Il est si petit, dit-elle dans un souffle. Tu veux le tenir ?

- Moi ?

- Non, rit-elle, Dumbledore. Il est derrière la porte. Oui toi, Ethan ! C'est ton fils.

- Mon fils... répéta-t-il.

Dans sa voix, elle entendit toute l'incrédulité que cette perspective engendrait chez lui. Elle savait qu'il avait du mal à prendre conscience de ce que cet enfant impliquait, ce petit être concret si éloigné de son univers théorique, de ses grimoires et de ses études de sortilèges. Elle était tombée amoureuse d'Ethan pour ce regard unique sur le monde, même si à cet instant elle ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver une certaine déception face au fait qu'il ne partage pas son émerveillement, même si elle était certaine qu'il viendrait. Ethan avait souvent un temps de retard en ce qui concernait les émotions. J''adore comment tu les décris, surtout Ethan c'est quelque chose à laquelle je suis sensible. J'aime bien voir leurs différences mais comment tu montres comment ses différences font leur amour aussi, c'est touchant.

Avant qu'il puisse rassembler le courage de tendre les bras pour prendre le nouveau-né, la porte de la chambre s'ouvrit "OH MAAAAAN" *se réjouit secrètement* . La sage-femme qui l'avait aidé à accoucher moins d'une demi-heure plus tôt entra en souriant.

- Ah les Shelton ! Comment ça se passe ? Tout va bien ?

- Fatiguée, avoua Aurélia.

- C'est normal ! Vous venez de donner naissance à un beau petit bonhomme ! Je reviens pour lui, est-ce qu'il a un prénom ?

- Justement... On hésite encore. J'avais choisi Charlotte pour une fille, mais pour un garçon... Ahaha, heureusement qu'ils ont le nom pour la fille !

- Vous avez besoin de réfléchir, compléta la sage-femme, compréhensive. Je comprends. Je repasserai demain matin, mais il faudra me donner une réponse. En attendant, essayez de vous reposer, il est déjà presque 3h. Vous avez besoin de quelque chose ?

- Je suppose que vous n'avez pas de jus de citrouille ? Plaisanta-t-elle.

- A la cafétéria, si...

Ethan se redressa et remonta précipitamment ses lunettes à monture écaille.

- J'y vais ! Dit-il. Je vais t'en chercher, ma chérie. "Ouf, j'ai évité de prendre le bébé dans mes bras ..."

Il était déjà presque hors de la chambre. Elle n'eut pas le cœur de lui dire qu'elle pouvait très bien boire de l'eau et se laissa aller contre l'oreiller qui soutenait son corps douloureux. Le bébé émit un bruit, mais ne se réveilla pas.

- Il est très beau en tout cas, commenta la sage-femme. Encore félicitations.

- Merci...

- On se voit demain pour le prénom donc ?

- Oui, promis. J'aurais trouvé.

La sage-femme lui rendit son sourire et commença à se diriger vers la porte. La main sur la poignée, elle se retourna brusquement.

- Oh Merlin, j'allais oublier, s'exclama-t-elle en plongeant la main dans la poche de sa blouse. Un hibou a déposé cette lettre pour vous tout à l'heure à notre service courrier. Tenez.

D'un bras, Aurélia se saisit de l'enveloppe et la garda suspendue dans la main. La sage-femme mit une seconde à se rendre compte du problème.

- Vous voulez que je le mette dans son berceau ? Proposa-t-elle. Je peux le mettre juste à côté de vous.

- Oui... merci. Faites attention.

Dès que la remarque quitta ses lèvres, elle se trouva idiote Désolée Aurelia, mais je l'ai trouvé idiote aussi elle connait son métier la madame :lol: :lol: :lol: . C'était évident qu'une sage-femme savait tenir un bébé. Cette dernière ne parut pas lui en tenir rigueur et se contenta de sourire en soulevant son fils d'un geste expert pour le mettre dans le petit couffin bleu à sa droite. Aussitôt, le petit lit se mit à bercer tout seul.Ce genre de petit détails de la magie j'aime trop !

- Et voilà ! A tout à l'heure, Mrs Shelton. Reposez-vous !

Cette fois-ci, elle quitta la chambre sans se retourner, sûrement pour continuer sa tournée nocturne. Aurélia resta plusieurs secondes à contempler son bébé, allongé sur le dos les poings serrés au niveau de sa tête Oh je vois tellement la scène je fonds de fooou, et tenta d'occulter le sentiment de manque qui montait en elle maintenant qu'il n'était plus dans ses bras.

La sensation du papier contre sa peau lui rappela la lettre dans sa main et elle détourna finalement le regard. L'enveloppe n'était pas en papier normal, mais en parchemin ancien. Ce n'était donc pas Jeanne, la mère d'Ethan, qui lui écrivait. Il faudrait d'ailleurs qu'ils pensent à l'appeler dès le matin pour lui annoncer l'accouchement. Sa belle-mère habitait à plus de trois heures de Londres, à la campagne, et n'avait pas pu faire le déplacement. Il fallait dire que les contractions étaient arrivées par surprise, à plus d'une semaine du terme annoncé, et ni elle ni Ethan n'avaient été prêts ce soir ou n'avaient pensé à téléphoner à leurs proches.téléphoner, comme c'est étrange d'avoir se réflexe pour des sorciers ... Cheminer? Non. Je ne sais pas.

Sur le coin de l'enveloppe, le cachet indiquait qu'elle provenait des Etats-Unis. Aurélia sentit son cœur s'emballer.

Elle n'avait gardé contact avec personne dans son pays natal. Ni sa famille, ni ses amis. Quand elle avait obtenu son diplôme d'Ilvermorny en 1952 On sent le plan dans la tête :lol: :lol: Je vois tes lignes de calculs :lol: , elle s'était exilée à l'autre bout du pays, en Californie, le plus loin possible de New York et de lui MAIS QUI EST IL. Elle y était restée deux ans, puis le Ministère anglais lui avait offert une place aux archives historiques Ouh j'adore :mrgreen: :mrgreen: . Sans réfléchir, elle avait sauté dans un avion pour la première fois de sa vie et avait quitté les Etats-Unis. Tout avait été dépaysant en Angleterre. Le vocabulaire, les institutions, la nourriture, les accents. Par Morgane, beaucoup trop d'accents C'est drôle parce qu'aux US y'en a pas mal non plus? Peut-être moins prononcé que la différence entre Gallois et anglais? . Et en février 1956, par un jour d'hiver pluvieux, elle avait rencontré Ethan à un congrès de chercheurs. Il n'était pas ce qu'elle avait imaginé quand elle rêvait au sorcier charmant enfant. Ethan et ses lunettes écailles détonnaient partout, il paraissait plus comprendre les textes anciens dans les grimoires que les émotions humaines, mais il avait trouvé en elle un ancrage dans la réalité comme elle avait trouvé en lui une autre vision du monde. Il l'avait compris et avait vu au-delà de la façade de la jolie femme blonde américaine qui lui valaient souvent des regards grivois d'hommes en costume au bureau ooooh j'aime beaucoup cette phrase et j'aime beaucoup cet amour, à la fois incongru mais sincère.
Par contre, je pense qu'Ethan ça devait être un sacré blaireau en amour :lol: :lol:
. Elle avait enfin eu l'impression de trouver sa place dans son pays d'adoption.

Les mains tremblantes, Aurélia retourna l'enveloppe. Instantanément, elle reconnut le sceau qui la scellait et, cette fois, son cœur dévala dans sa poitrine. Trois corbeaux en plein envol. Les Grims. Son esprit songea d'abord à son père. Il était le seul qui avait pris sa défense quand leur famille s'était déchirée et était le seul susceptible de lui écrire. Puis elle songea à son cousin Leonidas héhéhé. Malgré leur un an d'écart, elle s'était toujours bien entendu avec lui. Elle l'avait vu grandir, devenir un adolescent réservé mais brillant, et elle savait qu'il venait tout juste d'obtenir une promotion à l'Ambassade de Londres. Peut-être qu'il lui écrivait pour prendre de ses nouvelles après le nouvel an passé ensemble alors que son ventre l'empêchait presque de se relever seule. Elle pourrait lui présenter son fils tout juste né.

Délicatement, elle fit céder le sceau et sortit la lettre. Cette fois, ce fut son ventre qui se contracta, comme s'il tentait d'avaler son cœur qui avait dévalé une seconde auparavant. L'écriture n'était pas celle de son père, ni celle de Leonidas. C'était celle de Cordelia.

Ma petite sœur,

J'espère que tu recevras cette lettre en Angleterre et que tu ne la jetteras pas au feu avant de la lire. Tu dois sûrement te demander si Ronan m'a demandé de t'écrire, mais la décision vient de moi seule, il n'est pas au courant. bah ça rassure cette affaire J'espère qu'un jour tu reconnaîtras quel grand homme il est néanmoins.

A vrai dire, je t'écris car la nouvelle m'est parvenue par Barenne who? que tu étais enceinte. Je trouve ça assez hypocrite de ta part de lui annoncer à lui et non à ta propre famille, surtout que tu devrais lui reprocher les mêmes choses qu'à moi, tu ne crois pas ? Après tout, lui aussi était là ce soir-là. what?

Mais qu'importe. Je voulais t'adresser mes félicitations, même s'il est sans doute un peu tard. Je ne sais pas de combien de mois tu étais enceinte, j'espère que ma lettre est encore d'actualité. J'avoue avoir été surprise malgré tout. Nous n'avons même pas rencontré ton mari. Ce n'est pas parce que tu considères le mien comme « un fou fanatique » (tes mots, si tu te rappelles bien le jour où tu as claqué la porte) que j'en ferai de même. Il est né Non-Maj' Ouais alors faudra qu'on remplace cette formule. Je ne sais pas encore comment, mais je suis sûre qu'il y a plus esthétique c'est bien cela ?

Enfin, ma lettre a un autre but. Je voulais faire ce que tu n'as pas fait et te l'annoncer moi-même. Ronan et moi attendons un enfant. Ou plutôt des enfants. Des jumeaux. Je viens de passer les trois mois. J'espère que tu reviendras nous voir à leur naissance.Well, j'crois pas

Donne-nous des nouvelles.

Cordelia


Aurélia relut la lettre à deux reprises, médusée par ce ton passif-agressif. Du Cordelia dans toute sa splendeur. La remarque sur Ethan et son statut de né-moldu piquait plus que le reste ouais j'ai pas halluciné, ça passe pas l'origine d'Ethan ... . Les préjugés des vieilles familles sang-purs avaient la vie dure, elle le savait pour y avoir grandi, mais Cordelia n'avait vraiment aucune retenu. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait osé mentionner Ronan et... ce soir-là.

Rien que d'y repenser, elle fut saisie de nausée. Derrière ses paupières, l'image de ses mains couvertes de sang s'imprimaAlors là tu nous teases de fou, du sang sur les mains c'est grave violent .... Instinctivement, elle porta la main à sa gorge et toucha son collier dont l'horloge incrustée dans le pendentif ne fonctionnait plus depuis cette nuit fatale. Ce genre de petits détails - et j'adore l'idée de l'horloge-pendentif ! j'adore j'adore j'adore !

« - Il est mort ! Il est mort !

- Tais-toi par Morgane ! Tais-toi ! On doit le faire, Heather ! Sinon ils sauront ! Heather? Mort? TROP D'INFO ET SANS REPONSES ALALALA dès les premières lignes tu nous tiens en haleine Marion !!

Son poing se crispa autour de la lettre.

- Aurélia, aide-moi.

Elle luta contre les larmes.

- Le sang... le sang veut pas partir...

- Arrête !
»

Ce passage, entre la succession de souvenir et les réactions d'Aurelia, c'est vraiment très poignant, je vois la scène comme dans un film avec les flashs de ses mains qui se serrent qui laissent place à des mains plein de sang. C'est beau, Anna.

Brusquement, la porte de la chambre se rouvrit et les échos des voix du passé s'évanouirent. Aurélia, glacée par le souvenir d'une peur vieille de treize ans, cacha la lettre sous les couvertures précipitamment. Ce n'était qu'Ethan, une bouteille entière de jus de citrouille dans les mains.

- Je t'en ai pris une bouteille, je ne savais pas si tu en voulais beaucoup ou... commença-t-il à expliquer avant de s'interrompre, sourcils froncés. Tu te sens bien, ma chérie ? Tu... tu es toute pâle. Tu veux que j'aille chercher un médicomage ? Boh, il est pas si éloigné de la réalité que ça ... Il voit bien qu'elle est mal la pauvre enfant !

Le souffle court, Aurélia se força à sourire, sincèrement touchée par son attention et son inquiétude. Elle secoua la tête.

- Ce n'est rien, mentit-elle. Juste le contre-coup de l'accouchement.

- Oh... Oui, j'ai lu que ça pouvait arriver.

- Evidemment que tu as lu sur le sujet, s'amusa-t-elle. Oh mais ce genre de petite remarques qui nous donne la coloration des personnages, je trouve ça bien joué et trop mignon.

Ethan lui sourit, embarrassé, et vint se poser sur le lit à côté d'elle. Ils observèrent leur fils.

- Tu as raison... Il est minuscule...

- Hum hum... acquiesça-t-elle, épuisée.

- Et pour le prénom... ?

- Oui ?

- Je crois que j'ai une idée...

Étonnée, elle reporta son attention sur son mari. Ce n'était pas son genre de prendre ce type de décision et elle l'encouragea en prenant sa main dans la sienne. C'est ce que j'étais en train de me dire, genre il laisse pas la responsabilité du prénom à sa femme :lol: :lol:

- Julian, proposa-t-il. Je... j'aime bien ce prénom... Aucun grand chercheur ne l'a porté, c'est vrai BAH OUI C'EST L'IMPORTANT , mais un des hommes qui s'est battu avec mon père pendant la guerre – celle des moldus – s'appelait Julian et l'a sauvé pendant un bombardement C'est aussi le nom d'un grand champion de cyclisme français, auquel l'orthographe de ce prénom est à tout jamais lié. C'est pour ça que tu es rebaptisé Djoulianne. . Je pensais... enfin la symbolique était belle... MAAAAIS la symbolique est belle, c'est vrai, c'est adorable je fooooonds

- Julian Shelton, essaya-t-elle à voix haute. Oui... j'aime beaucoup.

Comme si le bébé avait compris qu'on parlait de lui, il ouvrit ses grands yeux. Aurélia sourit, la poitrine comprimée par l'émotion. Elle se rappela les mots qu'avait prononcé sa mère, il y a longtemps, un jour où elles parlaient de la maternité. « Quand j'ai t'ai eu, toi, ta sœur et ton frère ; j'ai su que c'était terminé. Le jour où j'ai donné la vie, je suis morte. Je n'étais plus que mère ». Adolescente, elle avait trouvé la vision de sa mère dramatique et antiféministe. Aujourd'hui, dans la même position, elle comprenait enfin ce qu'elle avait voulu dire. Elle aimait cet enfant à en mourir.
Ce paragraphe, Anna.
Je te l'ai déjà dit, mais je le trouve magnifique, de la phrase sur la maternité qui est définitivement magnifiquement formulée à al réalisation d'Aurelia qui est sans doute l'écho de tant de femme, incapable de savoir quelle mère elles seront avant de tenir l'enfant dans leurs bras ... Franchement, ça m'a beaucoup touché !


- Bienvenue dans ce monde, Julian, chuchota-t-elle. Bienvenue dans ce nouveau monde.
Le chapitre 1, c'est pas "bienvenu dans le nouveau monde" en plus? :lol: :lol:

Prochain post : Chapitre 1 - Mercredi 16 septembre 2020

Faut-il rappeler que je suis emballée, archi-emballée, archi-archi-emballée?
Non mais franchement tu connais mon avis sur l'histoire ! Le prologue est à la hauteur de mes attentes, que ce soit par la forme ou par le fond ! La forme, ton écriture m'avait tellement manqué, Marion, j'avais oublié que tu écrivais si bien, si juste ! Et le fond ... L'intrigue qui prend forme, le mystère autour d'Aurelia, de cette nuit, les bases des Grims ... ET LA VENUE ENFIN DU DIVIN DJOULIANNE qu'on attend depuis un an :mrgreen: :mrgreen: JE SUIS EXTATIQUE !!

Et bien sûr, je serais là un mercredi sur deux pour lire Anna' :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:
Charmimnachirachiva

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hey coucou !
Je suis trop contente, le forum reprend vie !!! :D
En plus ta nouvelle histoire à l'air super ;)
Sur l'écriture, rien à redire et j'aime déjà les perso donc...
Je trouve aussi intéressant que tu ais décidé de faire ta fanfic sur Ilvermorny, ça permet de sortir de l'univers (certes absolument génial) de Poudlard ! Par contre, les Animaux fantastiques ne m'avaient pas convaincus de l'univers ''gouvernemental'' des USA, mais je pense que, ce n'est pas un gros obstacle (il ne tient qu'à toi de me faire changer d'avis ;) )
Est-ce que tu pourrais me prévenir pour la suite ???
annabethfan

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Charmimnachirachiva a écrit :Hey coucou !
Je suis trop contente, le forum reprend vie !!! :D
En plus ta nouvelle histoire à l'air super ;)
Sur l'écriture, rien à redire et j'aime déjà les perso donc...
Je trouve aussi intéressant que tu ais décidé de faire ta fanfic sur Ilvermorny, ça permet de sortir de l'univers (certes absolument génial) de Poudlard ! Par contre, les Animaux fantastiques ne m'avaient pas convaincus de l'univers ''gouvernemental'' des USA, mais je pense que, ce n'est pas un gros obstacle (il ne tient qu'à toi de me faire changer d'avis ;) )
Est-ce que tu pourrais me prévenir pour la suite ???
Et oui, on est presque toutes de retour :lol: :lol:
Je suis hyper contente de te revoir en tout cas, vraiment !
Ca fait me plaisir que tu trouves ce projet intéressant. Je parlerai moins de l'aspect gouvernemental que scolaire et surtout historique donc j'espère que tu accrocheras davantage sous forme de fanfic ;)
Je t'ajoute à la liste des prévenus sans problème et avec plaisir !
Merci pour ton commentaire!!! :D
annabethfan

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Chapitre 1 : Vers le Nouveau Monde

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »
- Antonio Gramsci -


// 26 Août 1979 //

- Lottie, allez, ouvre la porte.

De l’autre côté du battant, Julian n’entendit que des sanglots. Aucune réponse. Il soupira et ferma les yeux en posant le front contre le bois, fatigué. Il aurait lui aussi voulu aller se coucher, s’enfermer dans sa chambre, mais il ne pouvait pas ignorer les pleurs de Charlotte qui n’avaient pas cessé depuis une heure.
Le couloir en pente de la maison de leur grand-mère Jeanne était plongé dans la pénombre, seulement éclairé par le ray de lumière qui filtrait de sa propre chambre dont il avait laissé la porte entre-ouverte. Il n’avait pas voulu allumer la lumière pour éviter de réveiller son père qui dormait juste à côté sur le canapé du bureau et, encore mineur, il ne pouvait pas utiliser sa baguette pendant les vacances.
L’été touchait presque à son terme et l’Angleterre suffoquait depuis une dizaine de jours. L’air chaud s’était infiltré dans la maison toute la journée, imprégnant l’atmosphère moite. Julian sentait son t-shirt lui coller à la peau et songea avec nostalgie au vent frais d’Ecosse qu’il avait quitté à la fin du mois de juin en même temps que le château. Château où il ne remettrait apparemment plus les pieds.
A cette idée qui avait en fait hanté son esprit toute la journée – voire toute la semaine depuis que son père leur avait annoncé la nouvelle – son cœur se contracta douloureusement.

- Lottie, s’il te plait… murmura-t-il, las.
- Laisse-moi tranquille, répondit-elle d’une voix étouffée.
- Si tu arrêtes de pleurer et que tu ouvres la porte.
- Va-t’en, Ju’. Je veux être toute seule.

Julian colla un peu plus son oreille contre le battant, persuadé que la voix de sa sœur s’était rapprochée.

- Charlotte. Ouvre.
- Je veux être toute seule… martela-t-elle.
- J’ai des dragées surprises ? Tenta-t-il.

Les bruits de pas derrière la porte s’interrompirent quelques secondes et un élan d’espoir le traversa avant qu’elle ne s’ouvre doucement pour révéler le visage pâle de Charlotte.

- C’est un coup bas, marmonna-t-elle en fronçant le nez. Entre. Et j’espère que t’as pas mangé toutes celles au caramel.

D’un mouvement souple, elle s’effaça pour le laisser se glisser dans sa chambre sans faire grincer le parquet. Réveiller son père était la dernière chose qu’il voulait. Sans un mot, il lui lança le paquet immédiatement et elle le rattrapa avec agilité malgré l’heure tardive grâce à ses réflexes acquis après des années de Quidditch.
Julian la laissa piocher une dragée sans la brusquer et attendit même qu’elle vienne s’assoir avec lui sur le lit. Sa lampe de chevet éclairait les reflets blonds de ses longs cheveux qui pendaient misérablement sur ses épaules. Il ressentit un coup au cœur en voyant son teint blême et ses yeux rougis.
Il n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que Charlotte le devança :

- N’essaye même pas de me dire que ce n’est pas si terrible ou que ça va aller, prévint-elle. Je n’ai vraiment pas envie d’entendre ça ce soir…
- Lottie…
- Et arrête avec ce surnom. J’ai plus quatre ans.
- Et comment tu veux que je t’appelles ? Charly ? Comme tout le monde ? Je trouve ça stupide.
- Tu trouves tous mes amis stupides de toute façon, protesta-t-elle, les yeux baissés sur son paquet de dragées surprises. Juste parce qu’on n’a pas des Optimales partout comme toi.

Julian faillit rouler les yeux et lui faire remarquer qu’il n’avait pas que des Optimales, loin de là ; mais il se retint. Sa sœur n’était manifestement pas d’humeur et il ne pouvait pas lui en vouloir. Lui aussi avait presque envie de pleurer depuis la visite de cette femme ce matin. Presque. A vrai dire, il ne savait pas très bien lui-même s’il était soulagé de fuir l’Angleterre ou dévasté d’en partir.

L’Angleterre représentait trop de souvenirs. C’était le pays qui lui avait enlevé sa mère.

La gorge soudain nouée, il détourna la tête et son regard tomba sur la photographie que Lottie gardait sur sa table de nuit, à portée de main, comme si leur mère pouvait être près d’elle d’une certaine façon. Sur la photo, Aurélia Shelton souriait, ses longs cheveux blond cendré balayés par le vent. Elle tenait Charlotte dans ses bras, à peine âgée de deux ans, et la faisait rebondir doucement en lui montrant l’objectif.

Julian ne se souvenait pas de ce jour-là, mais ça n’avait pas d’importance. Il se rappelait tous les autres jours avec sa mère et de toutes les fois où elle l’avait tenu contre elle, où elle l’avait embrassé ou lui avait souri. Enfant, c’était surtout elle qui s’occupait d’eux, malgré son travail à plein temps au département d’Histoire des Archives du Monde Magique du Ministère. Si leur père était plus présent à la maison, il ne l’était que physiquement. Ethan Shelton était chercheur en sortilèges, un chercheur reconnu par ses pairs et passionné… peut-être trop. Parfois, il pouvait passer des jours entiers dans son bureau, son « laboratoire » comme leur mère l’avait surnommé, pour étudier le fonctionnement d’un sortilège ou les couches de magie qui le composaient. Il n’avait juste pas le même rapport au monde que les autres.
La mort de sa femme, fin juin, l’avait plongé dans une torpeur douloureuse et Julian comprenait son besoin de partir, de s’éloigner de la guerre qui menaçait tous les jours un peu plus. En tant que né-moldu, Ethan Shelton avait eu toutes les raisons de craindre Voldemort et la folie de ses mangemorts. Mais il n’avait pris conscience de la gravité de cette menace qu’il y a deux mois lorsque le bâtiment des Archives qui se trouvait à quelques centaines de mètres du Ministère avait explosé, tuant dix-sept employés sur le coup. Aurélia faisait partie des victimes. Les journaux moldus avaient parlé d’une fuite de gaz, mais le monde magique n’était pas dupe et la marque des ténèbres qui avait flotté dans le ciel était une signature que tous les sorciers avaient appris à reconnaître ces dernières années.

Deux mois après cet incident, et alors que la liste des disparus et des morts ne cessait de s’allonger, Julian avait soudain vu son père sortir de sa torpeur, comme s’il avait réalisé que ce n’était pas en s’enfermant dans son bureau que la guerre allait disparaitre. Qu’elle avait déjà fait éclater leur famille, mais qu’elle pouvait encore davantage le faire. Ethan avait décidé de déménager, de partir pour protéger ses enfants et de tout laisser derrière eux. De laisser le souvenir d’Aurélia derrière eux.

Charlotte remarqua ce qu’il regardait et se pencha pour attraper la photo, les yeux humides.

- Elle me manque… murmura-t-elle.

Sa voix se brisa et Julian sentit son cœur se briser en écho. Il aurait aimé pouvoir prendre toute la peine de Lottie, même si ça voulait dire rendre la sienne deux fois plus douloureuse.

- A moi aussi… souffla-t-il. A moi aussi…

En reniflant, Charlotte plongea à nouveau la main dans le paquet de dragée surprise et contempla la poignée colorée qu’elle venait de prendre, pensive.

- Elle n’aurait pas voulu qu’on parte, déclara-t-elle brusquement. Elle détestait l’Amérique, elle disait que venir en Angleterre avait été la meilleure décision de sa vie parce qu’elle…
- … avait rencontré papa ici et nous avait eu, compléta-t-il sans pouvoir s’en empêcher. (Comme Charlotte, il avait entendu leur mère prononcer cette phrase des dizaines de fois). Je sais. Mais on ne peut pas rester, pas avec tout ce qui passe.
- Mais il ne nous arrivera rien à Poudlard. Tu-Sais-Qui a trop peur de Dumbledore…
- Et papa ? Il ne peut pas venir à Poudlard. C’est peut-être pour le mieux, Lottie. Recommencer là-bas, se faire de nouveaux amis, apprendre une autre culture.

Agacé contre lui-même, il se rendit compte qu’il parlait comme son père ; mais il était à court d’argument. Il ne savait pas comment réconforter sa sœur quand lui-même ne croyait pas à ce qu’il disait. Et c’était pire pour elle. Charlotte avait toujours été plus sociable que lui, elle allait devoir quitter toutes ses amies et son équipe de Quidditch alors qu’elle avait enfin réussi à intégrer la sélection de Poufsouffle en milieu d’année dernière quand l’un des poursuiveurs en titre avait abandonné après s’être pris trois cognards en même temps à l’entraînement.

- Je sais, reconnut-elle à voix basse. Mais…

Le silence suspendu qui suivit son « mais » était plus parlant que tout ce qu’elle aurait pu dire.

- J’ai même pas pu gagner un titre de Quidditch… déplora-t-elle. J’aurais pu faire partie de l’équipe plus tôt en plus si Diggory m’avait laissé une chance au lieu de garder les mêmes joueurs d’année en année.
- Gryffondor aurait quand même gagné, remarqua Julian. Même moi qui n’allait pas aux matchs je le sais.
- C’est parce qu’ils avaient Potter en capitaine.

Malgré le ton de sa sœur, il perçu la note d’admiration dans sa voix. Il savait qu’elle avait toujours eu le béguin pour James Potter, comme à peu près la moitié des filles de Poudlard, même s’il devait avouer qu’à choisir entre les quatre garçons de Gryffondor il préférait Sirius Black. Perturbé par sa propre pensée, il secoua la tête.

- Tu pourras toujours jouer à Ilvermorny, dit-il d’une voix étrange, mais Charlotte ne parut pas le remarquer.
- Les américains jouent pas au Quidditch, Ju’. Ils sont nuls.
- Justement, tu leur apprendras. Et tu seras forcément la meilleure.

Son raisonnement lui arracha un faible sourire et Julian ressentit une chaleur à la poitrine. Il aimait voir sa sœur sourire, surtout ces derniers temps.

- Ju’ ?
- Oui Lottie ?

Charlotte fronça le nez mais ne commenta pas le surnom. Au lieu de ça, elle leva l’élastique entouré à son poignet.

- Tu me fais une tresse ?

Il soupira. Depuis toute petite, Charlotte n’avait jamais appris à faire une tresse et, en tant que grand frère, il avait alors voulu apprendre lui-même vers dix ans pour pouvoir l’aider. Avec une patience infinie, sa mère lui avait elle-même appris, amusée par sa dévotion envers sa cadette et son application. Charlotte aimait bien en profiter.
Mais comme il l’avait dit, il faisait tout pour la voir sourire en ce moment.

- Tourne-toi, accepta-t-il. Tresse collée ?
- S’il te plait… Et Ju’ ?
- Hum ? Marmonna-t-il en séparant ses cheveux en trois, l’élastique entre les dents.
- Merci d’être venu ce soir…

Julian réprima un sourire.

Silencieusement, il s’appliqua dans la pénombre ; et à mesure qu’il tressait, il repensa à la femme de ce matin. Elle s’était présentée comme la directrice d’Ilvermorny, l’école de sorciers en Amérique. Il avait déjà vaguement entendu sa mère mentionner ce nom quand elle parlait de sa jeunesse et de sa scolarité, mais elle n’était jamais entrée dans les détails. Elle n’aimait pas parler de l’Amérique et de sa famille.

***

- Les enfants ! Appela leur grand-mère depuis le rez-de-chaussée. Venez ! C’est pour… Vous savez, c’est pour votre nouvelle école !

La tête enfouie dans son oreiller, Charlotte grogna et Julian se contenta de lui tapoter le dos.

- Allez, encouragea-t-il. C’est juste pour avoir les infos.

Ils s’étaient réfugiés tous les deux depuis le déjeuner dans la « chambre à jouet », celle de leur enfance où ils avaient passé toutes leurs après-midis d’hiver à jouer à même le sol. La maison de leur grand-mère, située dans un petit village près de Canterburry, comptait quatre chambres : la sienne, une pour chacun de ses petits-enfants, et une qu’elle avait aménagé en pièce dédiée aux jeux. Julian ne se rappelait pas de vacances où il n’avait pas passé des heures ici, enfermé dans son propre monde.

A vrai dire, il avait toujours grandi entre deux mondes : celui des sorciers et celui des moldus. Sa mère était une sang-pur américaine et son père un sorcier né-moldu anglais. De la culture américaine, Aurélia ne lui avait jamais rien transmis. Seul son accent (et son aversion pour le thé) trahissait sa nationalité. Mais elle avait mis un point d’honneur à ramener la magie dans leur petit appartement en banlieue londonienne. Julian avait le souvenir de grimoires entassés sur la table basse, de carte d’astronomie épinglée au mur, et fioles de potions rangées avec les épices dans les placards de la cuisine. L’univers moldu de son père, il l’avait expérimenté dans cette chambre à jouet justement, quand il rendait visite à sa grand-mère Jeanne qui s’effrayait dès qu’elle voyait une petite voiture voler mais qui se reprenait immédiatement pour lui faire des scones à la confiture.

- Les enfants… ?
- On arrive, mamie ! Cria-t-il. Bouge, Lottie.

De mauvaise grâce, sa sœur roula sur elle-même et ils descendirent tous les deux. Les marches craquèrent sous leurs pas. Au pied de l’escalier, grand-mère Jeanne leur adressa un sourire avant de s’éclipser dans le jardin, son arrosoir à la main. Elle n’aimait pas se mêler à « ces histoires de magiciens ».

Sans même se concerter, ils se placèrent côté à côté, plantés au milieu du salon. Alors que la voix de son père lui parvenait depuis la porte d’entrée, il sentit la main de Lottie frôler la sienne et il serra brièvement ses doigts pour la rassurer, comme un soutien silencieux.

- Entrez, entrez. Je vous présente mes enfants, Julian et Charlotte. Ce sont eux.

D’un pas élégant, une femme qui devait avoir la soixantaine entra dans le salon avec un léger sourire aux lèvres. Elle portait un tailleur et une cape de voyage dont l’attache dorée en forme de nœud gordien, qui contrastait avec sa peau sombre marquée de rides, accrochait l’œil. Ses cheveux bruns striés de mèches grises, coupés au niveau de la nuque, formaient des boucles parfaites sous son chapeau bleu à large bord qu’elle déposa sur la table.

- Enchantée, Eulalie Hicks, se présenta-t-elle d’un air avenant. Directrice d’Ilvermorny.

Julian la salua d’un hochement de tête et du coin de l’œil il remarqua Charlotte la jauger du regard.

- Vous ne ressemblez pas à Dumbledore… marmonna-t-elle.
- Charly ! Réprimanda leur père.

La directrice Hicks balaya la remarque d’un rire cristallin.

- Personne ne ressemble à Albus, et encore moins moi, convint-elle. Je n’ai peut-être pas une barbe aussi belle que la sienne, mais j’espère que vous aimerez autant l’éducation qu’Ilvermorny va vous offrir que celle que vous avez reçu à Poudlard.

Julian garda le silence, le visage neutre. C’était sans doute un patriotisme inconscient, mais il n’arrivait pas à s’imaginer une école aussi bien que Poudlard. Et même si Eulalie Hicks projetait une sorte d’aura autour d’elle, elle ne lui faisait pas l’effet de fascination qu’exerçait Dumbledore dès qu’il entrait dans une salle ou se levait pour prononcer ses discours loufoques aux banquets. Mais peut-être qu’il était trop exigeant. Comme elle l’avait elle-même fait remarquer, personne ne ressemblait à Dumbledore.

Alors qu’un léger silence qui commençait à devenir gênant s’étirait, Ethan reprit la parole, une main enfoncée dans la poche de son pantalon à pince, hésitant :

- On pourrait… je veux dire… on pourrait peut-être s’installer ? Pour discuter ?
- Avec plaisir.
- Bien. Magnifique. Hum… Vous voulez du thé ? Proposa-t-il.

La directrice Hicks eut l’air amusé, comme si elle trouvait l’idée pittoresque, et accepta d’un hochement de tête gracieux.
Ils prirent tous place dans les canapés et les fauteuils à motifs floraux de grand-mère Jeanne, disposés autour de la table basse, et les quatre cuillères se mirent à tourner toutes seules dans les tasses en porcelaine.

Julian hésita à lancer la conversation en voyant que Lottie gardait la bouche fermée en dévisageant ouvertement Hicks ; mais, vicieusement sans doute, il ressentit un certain plaisir à voir son père rendu mal à l’aise par cette soudaine interaction sociale. Ça devait lui changer de ses livres et de son « laboratoire ».

- Vous… C’est la première que… que vous venez en Grande-Bretagne ? Articula-t-il maladroitement.
- Non, répondit-elle après avoir bu une gorgée. Je suis déjà venue à quelques reprises et j’étais justement en voyage cette semaine avant que les cours ne reprennent. Je me suis dit que compte-tenu du caractère… particulier, allons-nous dire, du transfert de vos enfants ; je pouvais venir vous expliquer moi-même. Cela fait longtemps qu’Ilvermorny n’a pas accueilli d’élèves étrangers, surtout en cours de cursus.
- A ce propos… J’espérais que… Enfin, vous pourriez leur expliquer un peu le fonctionnement de l’école ? Je n’ai pas eu le temps de me renseigner…
- C’est compréhensible, le déménagement et les préparatifs du départ doivent vous occuper, sans compter tout ce qui passe. Les attaques qui touchent la Grande-Bretagne sont vraiment tragiques, déplora-t-elle, des rides anxieuses creusant son front. Encore toutes mes condoléances d’ailleurs pour votre femme, monsieur Shelton. Je me souviens d’Aurélia quand elle était élève, c’était une jeune fille remarquable.

Malgré les bons sentiments évidents de la directrice Hicks, Julian vit le visage de son père perdre de ses couleurs, comme à chaque fois que sa femme décédée était mentionnée dans une conversation, et il enfonça ses ongles dans la paume de sa main pour éviter d’avoir la même réaction.

- Merci, dit-il d’une voix étranglée. Pour Ilvermorny… ?
- Oui, bien sûr. Comme je le disais, votre cas sera un peu particulier puisque vous arriverez en cours de cursus scolaire et notre programme présente quelques différences avec Poudlard. Néanmoins, j’ai vu vos bulletins et les appréciations de vos professeurs, il n’y a aucune raison que vous ayez des difficultés. En quelle année devez-vous rentrer déjà, pardonnez-moi ?
- Cinquième, répondit Charlotte en se mordant la lèvre.
- Et moi en Sixième année, ajouta-t-il.
- Oui c’est bien ce que j’avais noté, approuva Hicks. Tenez, j’ai pris soin de vous apporter la liste des fournitures et des matières que vous suivrez cette année.

Elle sortit de son sac des rouleaux de parchemin et les leur remis avec cérémonie. Julian déroula le sien sur lequel s’étalait une fine écriture penchée.

Curriculum d’Ilvermorny, école de sorcellerie

Dès le début de sa scolarité, l’élève devra obligatoirement suivre tous les cours du tronc commun ainsi que deux options à partir de la troisième année. Lors de la cinquième année, l’élève pourra se spécialiser dans l’une des deux options.
En parallèle, l’élève devra s’inscrire à au moins un club proposé par le comité des activités parascolaires dès son année junior. Ce club, bien que n’étant pas évalué, sera inscrit dans le livret scolaire de l’élève. Si ce dernier souhaite participer à plusieurs clubs, il ou elle devra en informer son directeur de maison qui approuvera ou refusera son choix en fonction de ses résultats scolaires.
La liste des matières communes, des options puis spécialisation, et des clubs est la suivante :

• Tronc commun

- Enchantements
- Métamorphose
- Défense contre les Arts Magiques Obscurs (DAMO)
- Potions et Elixirs
- Histoire de la Magie Américaine
- Arts Occultes
- Herbologie

• Options (deux en 3e et 4e année) et Spécialisation (une à partir de la 5e année)

- Etude des runes
- Culture des Non-Maj’
- Magizoologie
- Initiation à l’arithmancie
- Histoire de la magie des sorciers natifs amérindiens
- Droit magique américain et internationale

• Clubs (un obligatoire)

- Course sur balais
- Balais acrobatiques
- Duel
- Astronomie
- Echec
- Quidditch
- Quodpot
- Journal de l’école

Pour tout changement en cours d’année, l’élève devra s’adresser au professeur ou au référent concerné ainsi qu’à son directeur de maison.
Eulalie Hicks, directrice d’Ilvermorny


Julian relu la liste deux fois pour être sûr de bien tout mémoriser. Si les matières communes avaient parfois un intitulé différent, il reconnaissait quand même celles de Poudlard derrière. Les clubs étaient quelque chose de nouveau. Aucun d’entre eux ne lui sautait aux yeux comme passionnant, sûrement au contraire de Charlotte qui idolâtrait tout ce qui touchait de près ou de loin à un sport avec balai. Si Julian devait se trouver un talent, il aurait sûrement dit les sortilèges. Ou les enchantements dans leur version américaine visiblement. Héritage d’un père chercheur et d’un directeur de maison spécialiste dans cette discipline sans aucun doute.

- « Culture des Non-Maj’ »… Qu’est-ce que c’est ? Demanda Charlotte.
- Un cours où les étudiants peuvent apprendre les coutumes et le fonctionnement du monde des Non-Maj’, répondit la directrice simplement.
- Les moldus, ajouta Ethan, mal à l’aise. C’est le terme américain. L’équivalent d’Etude des moldus. Vous ne l’aviez pas pris à Poudlard, mais rien ne vous en empêche après tout…
- Mais maman ne disait jamais ça…

Un nouveau tic nerveux agita la bouche de son père et il remonta ses lunettes à fine monture en fer sur son nez.

- Elle a abandonné l’expression après quelques années ici, expliqua-t-il. Elle disait que ça faisait plus « authentique ».

Julian sentit une boule chauffée à blanc se former dans sa gorge. Il pouvait presque entendre la voix riante de sa mère répéter le mot « moldu » avec son faux accent anglais, les yeux pétillants. Merlin ce qu’il aurait voulu réentendre sa voix, rien qu’une seule fois. Il avait déjà l’impression qu’elle s’évadait de sa mémoire, comme de la fumée s’envolant dans le ciel jusqu’à disparaître.

- Oui désolée, parfois j’oublie que certains termes sont différents entre nos pays, s’excusa la directrice Hicks. N’hésitez pas à me demander si vous ne comprenez pas quelque chose. Ou si vous avez des questions.
- Il y a des maisons aussi à Ilvermorny ? On va être répartie ?
- Bien sûr. Notre fondatrice, Ilsolt Sayre, était originaire d’Irlande. Bien qu’elle n’ait jamais pu aller à Poudlard, elle s’en est inspirée en créant l’école. Nous avons quatre maisons : Oiseau Tonnerre, Puckwoodgenie, Serpent Cornu, et Womatou.

Elles représentent respectivement les valeurs que nous souhaitons incarner : l’âme, le cœur, l’esprit et le corps. D’ordinaire, nos élèves sont répartis le premier jour de leur année junior – c’est comme ça que nous appelons la première année –, mais dans votre cas vous participerez à notre cérémonie de répartition avec eux. (Elle marqua une pause, un léger sourire amusé accroché aux lèvres). Je vous laisse la surprise de découvrir comment elle se déroule.
- Vous n’avez pas de Choixpeau ?
- Non, Charlotte. Mais notre répartition est tout aussi efficace, vous verrez.

Julian retint un haussement de sourcil. Il n’avait jamais entendu un professeur s’adresser à un élève par son prénom. Il essaya d’imaginer Minerva McGonagall, la très stricte directrice des Gryffondor, faire de même et en fut incapable. Même son propre directeur de maison, le professeur Flitwick, qui était moins sévère et plus souple, ne se le permettait pas.

- Si j’ai bien compris, vous déménagerez mercredi ? Reprit Hicks.
- C’est ça, confirma son père. A New York. La… la famille de ma femme va nous héberger le temps que je trouve un logement.
- Les Grims ? S’étonna-t-elle, une drôle d’expression sur le visage.
- Oui… oui. Je ne les ai jamais rencontrés, mais j’ai échangé des lettres avec Isadora, la mère d’Aurélia. Elle a tenu à ce qu’on vienne à New York.

Encore une inconnue de taille dans ce déménagement. Sa famille maternelle : les Grims. Julian n’en avait même pas vraiment entendu parler jusqu’à maintenant. Sa mère détestait en parler et il avait compris, au fil de remarques ou de conversations surprises à la volée, qu’elle s’était brouillée avec eux il y a des années quand elle avait quitté les Etats-Unis en 1954, soit neuf ans avant sa naissance.

Quand son père avait commencé à chercher où vivre outre Atlantique, il s’était vite heurté aux lois drastiques de la communauté américaine. Il était extrêmement compliqué de s’installer aux Etats-Unis, même dans le monde magique. Entre la cicatrice qu’avait laissé le souvenir de Grindelwald il n’y a pas si longtemps et la phobie des moldus tout au long de leur histoire, le pays s’était refermé sur lui-même. Grâce aux dossiers d’archives historiques que sa mère laissait traîner à la maison, Julian avait d’ailleurs lu pas mal d’articles sur le procès des sorcières de Salem et sur la loi Rappaport, abrogée seulement en 1965, qui avait établi une véritable ségrégation entre sorciers et moldus pendant des siècles. Mais finalement, leur situation et problèmes d’immigration s’étaient débloqués grâce à l’aide de leur grand-mère Isadora. Elle était apparemment allée elle-même faire les démarches au MACUSA, le congrès américain s’il avait bien compris, et ils avaient reçu leurs visas aussi bien moldus que sorciers hier grâce aux liens de sang du côté maternelle.

L’étonnement de la directrice à la mention de cette famille le surpris pourtant. Charlotte se chargea de poser la question pour lui.

- Vous les connaissez ? La famille de notre mère ? Demanda-t-elle de but en blanc.
- Charly, ce n’est pas…
- Non laissez, rassura-t-elle. C’est normal. Oui je les connais, répondit-elle après un court silence où elle parut rassembler ses pensées. Le Grims sont une des plus vieilles familles de notre communauté. Gerbert Grims, le défunt mari d’Isadora, était le Président des élèves quand nous étions à Ilvermorny. Avant d’être directrice, j’ai également été le professeur d’enchantements de leurs trois enfants, dont votre mère. Cependant, je ne les connais pas personnellement. Mais je suis sûre que vous apprécierez New York le temps de votre séjour.

Cette fois-ci, son sourire se fit moins franc et Julian eut la sensation qu’elle ne disait pas tout ce qu’elle pensait des Grims. Mais avant qu’il puisse lui demander d’avantage de détails, Charlotte lui coupa à nouveau le feu sous le chaudron.

- Qu’est-ce que c’est Président des élèves ?
- Je pense que c’est l’équivalent de ce que vous appelez des Préfets en Chefs, les éclaira Hicks d’un ton patient. Nous en avons deux pour l’ensemble de l’école, un garçon et une fille choisis par le corps professoral, peu importe la maison. Nous avons aussi des Référents élus par les élèves eux-mêmes lors d’élections. Il y a en a un par niveau, soit 7 en tout. Si vous avez un problème ou une question, votre Référent est là pour y répondre ou en informer les professeurs.

Elle ponctua son explication d’un mouvement de menton ferme, comme pour affermir ses propos, et Julian fut rassuré par la familiarité du système d’Ilvermorny. Encore une fois, les noms étaient peut-être différents, mais rien ne changeait radicalement.

- Je ne veux pas vous surcharger d’informations ; mais dans tous les cas, tout sera plus clair pour vous en arrivant au château. Et je le répète, si vous avez des interrogations, tout le personnel d’Ilvermorny pourra vous aider au mieux. On vous a indiqué comment vous rendre au train le 3 septembre ?
- Oui brièvement, répondit Ethan. La gare de Grand Central, c’est cela ?
- Tout à fait. Il vous faudra trouver la barrière en fer qui délimite l’entrée. Un sortilège repousse Non-Maj’ a été jeté autour et notre contrôleur se charge de faire passer les élèves. Mais je pense que les Grims vous montrerons, après tout votre nièce et votre neveu doivent également s’y rendre.

Son père hocha la tête, mal à l’aise. Julian savait très bien pourquoi. Jusqu’il y a encore quelques semaines, aucun d’eux n’avait vraiment eu connaissance de ces membres étendus de la famille. Peut-être qu’Aurélia avait appris que son frère et sa sœur avaient eu eux-mêmes des enfants, mais elle ne l’avait pas partagé outre-mesure. Julian ne connaissait même pas leur nom.

- Bien, si vous n’avez pas d’autres questions, je vais devoir y aller. J’ai rendez-vous avec Dumbledore, il m’a promis de me faire goûter des bonbons au citron et des dragées surprises de Bertie quelque chose.
- Bertie Crochue, s’empressa de compléter Charlotte, les yeux soudain brillants. C’est délicieux !

L’enthousiasme de sa sœur parut amuser Hicks et Julian se promit mentalement de lui en ramener un paquet ce soir, juste pour la voir sourire comme ça.

- Vraiment ? S’enquit-elle en se levant. J’ai hâte de les découvrir dans ce cas !
- Vous… vous n’en avez pas en Amérique ? S’horrifia Charlotte.

La directrice Hicks fit une moue gênée et secoua la tête, l’air contrite.

- Je suis désolée… Mais nous avons plein d’autres spécialités, vous verrez. (Elle replaça son large chapeau sur sa tête et reprit son sac). Ah, j’allais oublier. Vos uniformes devraient arriver d’ici demain, ne les oubliez surtout pas.
- Merci encore de vous être déplacée, remercia Ethan. Nous apprécions réellement.
- C’est normal, assura-t-elle avant d’hésiter quelques secondes, comme si elle voulait ajouter quelque chose. (Les sourcils froncés, elle pinça les lèvres avant d’expirer, défaite). Encore une fois, dit-elle finalement, je regrette que cela soit en pareilles circonstances. Je… Je gardais un bon souvenir d’Aurélia Grims. De sa famille, elle était sans doute la moins… Enfin je veux dire, c’était quelqu’un de bien. Une jeune femme charmante et une grande historienne.

Après cet écart émotionnel, son masque de directrice se remit en place tandis que celui d’Ethan s’effritait et il ne put qu’hocher la tête poliment. Aussitôt, Julian s’avança pour occulter la vue de sa sœur et entreprit de la raccompagner vers l’entrée d’un geste de la main. Heureusement, elle le suivit sans un mot. Arrivé dans le hall, il ouvrit la porte et lui adressa un sourire qu’il savait crispé.

- Au revoir, madame, dit-il d’une voix étonnamment stable. Merci pour votre temps.
- C’était avec plaisir, Julian. A bientôt à Ilvermorny.

Son sac à main fermement accroché au bras, elle posa le pied sur la première marche du perron. Juste avant de transplaner, elle se retourna une dernière fois en faisant rebondir ses boucles grises.

- Oh Julian ? Appela-t-elle.
- Oui ?

Il releva la tête et leur regard s’accrochèrent. Dans les yeux de la vieille femme, il remarqua une lueur espiègle étrangement familière et, au moment où elle commençait à disparaitre, il réalisa que c’était celle qui faisait briller l’œil de Dumbledore lorsqu’il s’adressait chaleureusement à ses élèves.

- Bon voyage vers le Nouveau Monde, dit-elle alors que sa voix résonnait en écho, déjà lointaine.

Et voilà le premier chapitre ! Le deuxième arrivera dans deux semaines :D
Mimie99

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Mimie99 »

C'était un retour auquel je ne m'attendais pas! Mais je suis ravie de te voir de retour par ici pour une nouvelle fanfic! Après, je n'ai pas été très présente niveau « actualité ». La preuve, c'est que je ne constate l'existence de ta nouvelle fanfic qu'à la parution de ton premier chapitre et non pas de ton prologue! (Je te promets que je vais aller lire ton bonus à propos de Reg bientôt, mais ma vie a pris une tournure catastrophique et chaotique dernièrement...) Breeef, concernant ton prologue et ton premier chapitre...

Je n'ai absolument rien à redire! C'est un bonheur de te retrouver, que ce soit ta manière d'écrire, de présenter les personnages et tout le reste! Ça m'avait tellement manqué! Et de ce fait, je te demande humblement de bien vouloir m'ajouter à ta liste de prévenus :mrgreen: Parce que j'avoue que je suis très curieuse de voir tout ce que tu nous réserves avec cette école de sorcellerie dont on ne sait que très peu de choses. Bon, je n'ai pas fouillé énormément non plus, mais bref. D'ailleurs question un peu hors sujet, mais, à tes yeux, tu crois que s'il existait des sorciers québécois ils se feraient intégrer à quelle école? (Je ne serais pas plus étonnée qu'on soit simplement oublié, mais bref xD) Je me demandais puisque j'en suis une et que toutes les écoles sauf une ont une langue différente du français et majoritairement anglophone :lol:

Pour revenir à ta fanfic. J'aime beaucoup la relation entre Julian et sa soeur! Et j'ai vraiment hâte d'en apprendre plus sur eux, sur la directrice et aussi de voir comment tout va se dérouler à Ilvermorny! Bon, en vérité, j'ai hâte de voir point. Tout. Absolument tout. Je suis sûre que ce sera génial si je me fie à Au temps des Maraudeurs!

Je vais essayer de venir à tous les deux semaines lorsque tu publieras, mais ça va dépendre de ma volonté et capacité à gérer mon temps de manière adéquate :roll: J'ai toutefois très hâte à la suite et bonne continuation d'écriture! À bientôt! :D
mythik

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par mythik »

Mais c'est que ça a l'air super cette fic ! J'adore l'idée de nous faire découvrir l'univers d'Ilvermorny (nan mais sérieux, c'est quoi ces noms de maisons ?? Aucun style, ces ricains !). Julian est très prometteur comme personnage (déjà, il est pas à Griffondor de base, ça nous change). En tout cas, j'ai hâte de lire la suite. Tu peux me mettre sur la liste des prévenus stp ?
Charmimnachirachiva

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Un super premier chapitre, on rentre direct dans l'esprit de Julian et ton écriture est bien fluide.
En plus, tu introduis le mystère (nouvel environnement, les Grims..) dès le début ...ce qui donne encore plus envie d'avoir la suite !
J'ai lu le bonus de Perri et je trouve ça cool l'univers partagé (des perso secondaires dont on apprend des choses dans l'autre fanfic les rendent plus vivant dans la première) (c'est pas clair ce que je dis :lol: ).
Perripuce

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Perripuce »

HEY COUCOU C'EST MOI

Tu sais que je me suis déter' à faire un com-cit avant de me souvenir qu'on avait pas le chapitre sur leque j'aurais voulu fangirler de fou? :lol: :lol: Ce n'est pas grave, j'attendrais patiemment ! Du coup, com plus rapide sur le premier chapitre, comme je l'avais déjà lu !
De l’autre côté du battant, Julian n’entendit que des sanglots
Ok tu mets bien l'ambiance dès le début du chapitre, tout un art
- C’est un coup bas, marmonna-t-elle en fronçant le nez. Entre. Et j’espère que t’as pas mangé toutes celles au caramel.
C'est drôle parce que je me retrouve à la fois dans Julian, mais aussi dans Lottie :lol: :lol: Moi aussi je serais capable de beaucoup de chose pour de la nourriture, surtout lorsqu'elle est sucrée et que c'est du caramel. Djulianne saura y faire pour draguer : ce n'est pas au coeur qu'il faut parler, mais à l'estomac.
sans faire grincer le parquet
PARQUET

Charly doit avoir un tel sentiment d'infériorité par rapport à Julian ... Je ne sais pas, ils ont un peu aux antipodes : elle est solaire, polulaire, joueuse de Quidditch, Julian est hyper sérieux, destiné à prendre le rôle de parent, plus renfermé mais je pense que tous les adultes doivent le prendre en exemple parce que c'est l'enfant sérieux et intelligent par excellence. Je ne sais pas, je vois qu'ils sont proches mais je suis sûre qu'au fond ils s'envient ou se jalousent l'un l'autre parce que chacun a des qualités que l'autre n'a pas.
Sa voix se brisa et Julian sentit son cœur se briser en écho
je crois que je l'avais déjà préciser, mais je trouve cette phrase très jolie.

AAAAAH mais c'est horrible ce que tu leur fais vivre n'empêche : la mort de leur mère, tu les arranches à leur pays, à tout ce qu'ils connaissent ... On sait très bien pourquoi, mais ça brise le coeur tout de même, je comprends la réticence de Charlotte.
même s’il devait avouer qu’à choisir entre les quatre garçons de Gryffondor il préférait Sirius Black. Perturbé par sa propre pensée, il secoua la tête.
Et ça je continue de me dire que c'est la phrase la plus géniale que j'ai lue jusque ici :lol: :lol: :lol: :lol:

J'y pense, mais elle pense quoi de tout ça la mère d'Ethan? Genre son fils va partir avec ses petits enfants, et ça ne l'embête pas?
Julian ne se rappelait pas de vacances où il n’avait pas passé des heures ici, enfermé dans son propre monde.
Cette idée qu'il est enfermé dans son propre monde, ça me rapproche tellement de Julian, je suis sensible à cette idée.
L'aversion pour le thé d'Aurelia, ça me fait tellement rire c'est le genre de détails qui sont beaucoup trop drôle à la lecture :lol: Et qui ajoutent la touche parfaite à la construction d'un personnage. J'imagine trop les anglais avoir une aversion pour le café.

Ouh, il me reste 7min avant la SONNERIE GOGOGOGO

Bon, désolée je vais faire vite du coup, j'ai relu le passage et je l'ai trouvé plus fluide que la première fois, je n'ai pas capté tous les ajouts, mais ils ont étaient bienvenus ! J'ai tellement hâte de découvrir Ilvermorny autrement que théoriquement !
En tout cas, les explications étaient claires, j'aime comment tu as réussi à nous détacher du fonctionnement de Poudlard en donnant à l'école une coloration purement américaine (avec les président d'élève par exemple). La directrice a vraiment l'air bienveillante, j'ai hâte de la voir plus et d'en savoir plus sur elle aussi.

Bref, c'était une merveilleuse mise en bouche de ton nouvel univers, Marion ! La prochaine fois je repasses aux commentaires citations, promis ! Bisous !
annabethfan

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Merci pour vos commentaires :D

WARNING A LIRE IMPERATIVEMENT !!!


(Imaginez ça en rouge avec des paillettes et des éclairs!!!)

Je précise dans cette intro une chose essentielle. Pour ceux qui lisent Ombres et Poussières de Perripuce, vous remarquerez dans ce chapitre des références et des personnages de son histoire. Notre univers partagé prend forme haha ! Pour ceux qui ne lisent pas Ombres et Poussières, pas de panique, on peut parfaitement comprendre sans (quelques mentions de personnages vous sembleront peut-être un peu floues mais n'hésitez pas à me demander si besoin).

Pour ceux qui reconnaîtront les clins d'oeil, je vais vous demander une chose: vous pouvez exprimer votre fangirlisme (Perri et moi on le fait h24 ^^) mais je vous en supplie NE SPOILEZ PAS. Il y a notamment un fait qui constitue un plot-twist majeur chez Perripuce et j'ai fait exprès de laisser vague ce point pour que seuls ceux qui ont déjà lu son histoire comprennent sans que cela soit explicite. Donc même si vous reconnaissez ce fait, je vous en conjure : PAS UN MOT EN COMMENTAIRE! Ca ne serait ni respectueux envers les autres, ni le travail de Perri.

A part ça, j'espère que ça vous amusera de repérer les références. D'ailleurs, il y en a même quelques unes qui concernent Au temps des Maraudeurs haha! A vous de jouer!

Merci à tous !

PS : On se rappelle, pas un spoil, pitié!

Anna'

**************************************************************************
Chapitre 2 : Mettre sa vie en cartons

«Il y a dans tout changement quelque chose d'infâme et d'agréable à la fois, quelque chose qui tient de l'infidélité et du déménagement. Cela suffit à expliquer la Révolution française.»

- Charles Baudelaire -


// 28 août 1979 //

Avant de devoir mettre toute sa vie dans des cartons soigneusement étiquetés, Julian ne s'était jamais douté de toutes les affaires qu'il avait accumulé en seize ans d'existence. Assis au milieu de sa chambre, il était entouré par une pile précaire de cartons à moitié remplis d'objets en tout genre : ses romans, ses livres de cours, son chaudron en étain, ses carnets à dessins et ses boîtes à crayons. Il poussa un soupir défaitiste en voyant tout ce qui restait à emballer. Depuis trois jours, il préparait leur déménagement avec acharnement. Plus il s'activait, moins il pensait. De toute façon, il fallait bien que quelqu'un s'en charge car ce n'était pas son père, toujours enfermé dans son bureau, ni Charlotte, trop occupée à faire le tour de Londres pour dire au revoir à ses amis, qui allait l'aider.

Sa sœur avait toujours été plus sociable que lui. A Poudlard, Lottie paraissait rayonner à l'image des couleurs de sa maison. Elle avait un groupe d'amis soudé et attirait spontanément la sympathie des autres. Au mois de mars dernier, il l'avait vu donner des conseils à des troisièmes années en sortilèges. Jonas Gallagher et Artemisia Meadowes l'avaient regardé comme une héroïne alors qu'elle leur réexpliquait patiemment le principe du maléfice du Saucisson. Il s'était fait la réflexion que, même si sa sœur aimait prétendre qu'il était l'intello de la famille, elle ne se débrouillait pas si mal. Grandir avec des parents chercheurs laissait nécessairement des traces. Il s'était d'ailleurs toujours dit qu'il avait atterri à Serdaigle par fibre génétique.

Il allait refermer un carton justement rempli de ses affaires scolaires lorsque sa sœur passa la tête dans l'encadrement de la porte. Elle portait sa veste en jean préférée sur une robe jaune à volants qu'elle avait dû trouver dans une friperie pendant une de ses escapades dans le Londres moldu.

- Eh Ju' ! Lança-t-elle d'une voix enjouée. Si je rejoins Mary cet après-midi, c'est bon ?

- Mary ?

- McDonald. Tu sais, l'ancienne capitaine des Gryffondor l'année dernière ! Elle vient d'aoir son diplôme et elle a proposé à plusieurs joueurs de se retrouver sur le Chemin de Traverse pour aller boire un verre avant la rentrée, peu importe la maison. Même si je ne fais techniquement plus partie de l'équipe, je me disais que je pouvais y aller ?

- Ah... Mais t'as terminé tes cartons ?

Charlotte se mordit la lèvre et il se remit debout, les genoux douloureux.

- Je le ferai demain ? Tenta-t-elle.

- Lottie...

- Charly, corrigea-t-elle.

- Lottie, Charly, Charlotte, peu importe. On part dans trois jours et tout doit être prêt.

- Je sais, je sais... Mais je ne reverrai sûrement pas les autres avant Noël.

- Si on revient pour Noël, soupira-t-il.

Encore une énième inconnue dans cette vaste entreprise. Leur père avait été clair. Il voulait les emmener loin de la guerre et personne ne savait si la situation n'empirerait pas d'ici le mois de décembre. A la simple idée de ne pas revoir grand-mère Jeanne le soir du réveillon, il vit la colère de Charlotte inscrite sur son visage.

- Quoi ? Bien sûr qu'on va revenir pour les vacances ! Pas vrai ?

- J'en sais rien, avoua-t-il honnêtement. Tiens, aide-moi.

Mécaniquement, elle tendit les bras et l'aida à placer le carton en haut de la pile de ceux qui s'entassaient déjà contre le mur.

- Ju' !

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? S'agaça-t-il. Que Tu-Sais-Qui aura disparu pour Noël ? Que les mangemorts seront occupés à déballer leurs cadeaux et nous laisserons tranquille ? Je ne sais pas, Lottie. Si tu crois que ça me fait plaisir, tu te trompes, mais pour l'instant on doit mettre nos vies dans des cartons et tu n'avances pas !

- Excuse-moi de me soucier des gens que je vais laisser derrière moi !

Julian retint un juron, énervé. Si elle croyait qu'il ne ressentait rien, elle se trompait lourdement. Il n'avait aucune envie de quitter l'Angleterre, Poudlard, ses amis, sa grand-mère... A la simple idée de la laisser seule dans un pays en guerre, il sentit la panique monter au creux de son ventre. Il fallait aussi qu'il se soucie de l'appartement qu'ils allaient louer à un couple sorcier. Les papiers traînaient encore sur le coin de la table basse dans le salon... Merlin, la table basse. Il devrait sûrement lui jeter des sorts de protection avant de remettre les clés, elle pourrait facilement se casser et sa mère y tenait beaucoup...

- Julian ! Claqua sa sœur. Tu m'écoutes ?

Il releva la tête.

- Quoi ?

- Oh laisse tomber, s'énerva-t-elle. Je vais rejoindre Mary McDonald, je ferai mes cartons ce soir ou demain matin. Tu préviens papa ?

- Lottie, non !

- Sérieusement Ju', t'es pas ma mèr...

Le mot s'étrangla dans sa gorge et refusa de passer ses lèvres. Julian blêmit. Ils restèrent face à face un long moment, la formule pourtant si banale suspendue entre eux, puis Charlotte tourna les talons. Figé, Julian tressaillit en entendant la porte claquer et il se laissa glisser au sol. La paniqué liée à sa grand-mère ou à l'appartement avait laissé place à un étrange sentiment de vide. « T'es pas ma mère ». Il l'avait bien remarqué. Depuis plusieurs semaines, il ne savait pas gérer les sautes d'humeurs de sa sœur. Elle paraissait elle-même la plupart du temps, mais il avait l'impression de constamment dire un mot de travers ou faire ce qu'il ne fallait pas. Il aurait aimé que son père intervienne, joue le rôle qu'Aurélia avait assumé jusqu'ici, mais il savait qu'aucun sortilège ne pourrait faire comprendre à son père l'importance du contrat de location posé sur leur table basse. Quand Julian avait essayé de lui expliquer où il devait signer et pourquoi, son père l'avait à peine écouté avant de barrer le bas de la page de quelques coups de plume approximatifs qui ressemblaient vaguement à sa signature.

En y repensant, Julian appuya fermement ses paumes contre ses yeux, fatigué. Depuis deux mois, il avait l'impression de porter sa famille à bout de bras. Il n'en voulait pas vraiment à son père ou à Charlotte. Ils faisaient leur deuil à leur manière et il ne pouvait pas attendre d'eux plus qu'ils n'étaient prêts à faire. Pourtant, depuis l'enterrement de sa mère, il n'avait jamais autant souhaité qu'elle soit encore là. Une boule chauffée à blanc au creux de la gorge, il lutta contre les larmes. Il en avait assez de pleurer dès que son souvenir venait lui hanter l'esprit.

Comme une mauvaise blague, son regard tomba sur la vieille pile de journaux qu'ils avaient entassé ces derniers mois sans les jeter. Sur le dessus, la Gazette du 23 juin 1979 étalait à sa une l'image d'un bâtiment en flamme, entouré par une dizaine de Pyromages, l'équivalent sorcier des pompiers. Habillés en rouge, ils brandissaient leurs baguettes et arrosaient sans relâche les Archives du Monde Magique. Pour y être entré toute son enfance, Julian savait que l'aile consacrée à l'Histoire, celle où avait travaillé sa mère, se situait tout à gauche. Sur la photo en noir et blanc, les fenêtres étaient avalées par les flammes et la porte principale n'était plus qu'un tas de gravats. Le titre s'étalait en grand juste au-dessus : Notre mémoire en feu : 17 morts et 6 blessés.

Au bord de la nausée, Julian se saisit du journal d'une main tremblante. Il avait beau ne pas avoir vu cette une depuis deux mois, l'image au centre était gravée dans son esprit pour toujours, tout comme l'encadré éditorial sur le côté.

Cinq heures. Ce ne sont pas moins de cinq heures dont les Pyromages ont eu besoin pour éteindre l'incendie qui ravageait hier les Archives du Monde Magique, bâtiment annexe du Ministère depuis sa création en 1894. D'après l'enquête préliminaire ouverte par Amelia Bones sous l'autorité de Bartemius Croupton au Département de la Justice Magique, l'incendie ne serait que la conséquence d'une explosion – ou de plusieurs selon certains témoins – ayant eu lieu en début de soirée. A cette heure-ci, la majorité des employés des Archives et des chercheurs était heureusement hors du bâtiment, mais malheureusement plusieurs personnes se trouvaient encore à l'intérieur au moment où les flammes ont dévoré l'édifice.

Les Aurors, menés par Alastor Maugrey, ont pu faire évacuer un certain nombre de blessés parmi lesquelles la cheffe du Département d'Histoire, Bathilda Tourdesac. L'historienne renommée, qui n'était pas dans son bureau au moment des faits, a eu la vie sauve grâce à cette intervention de secours menée contre l'avis du Ministre qui craignait que le bilan funeste ne s'alourdisse. Peu blessée mais profondément choquée, B. Tourdesac a déclaré qu'elle ne souhaitait pas s'exprimer sur le sujet et ne ressentait qu'une profonde tristesse pour tous ses collègues décédées.

17 sorciers et sorcières ont en effet perdu la vie et une cérémonie sera organisée en leur mémoire dans les jours suivants par le Ministère. La question qui demeure désormais est de savoir comment une telle tragédie a pu se produire. Des rumeurs affirment que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom pourrait être à l'origine de ce drame, la Marque des Ténèbres ayant revendiquée l'explosion. La thèse accidentelle, bien qu'elle soit envisageable, paraît dès lors peu convaincre Alastor Maugrey lui-même selon les témoins de la scène, mais il est aujourd'hui trop tôt pour privilégier une piste plutôt qu'une autre. Ces derniers temps, des imitateurs ont émergés dans tout le territoire et cherchent à camoufler leur crime sous le signe à la tête de mort, rendant le travail des Aurors parfois long et compliqué.

Nous souhaitons bien évidemment toutes nos condoléances aux familles touchées par la perte d'un être cher. [Plus d'informations en p.5]


Les yeux brûlants, Julian relu inlassablement la dernière phrase et sa colère se réveilla. « Un être cher ». Il n'avait pas perdu un être cher, il avait perdu sa mère... Et à ses yeux, ça changeait tout. Ça ne lui échappait pas non plus que le Ministère avait essayé d'orienter l'article malgré la bonne volonté du journaliste à relayer les faits. Une thèse accidentelle envisageable ? Avec la Marque des Ténèbres au-dessus des Archives ? C'était prendre les gens pour des idiots, c'était détourner la tête en espérant que le mouvement de terreur des mangemorts s'évapore de lui-même.

Julian contempla autour de lui les nombreux cartons qui restaient à remplir et une vague de découragement le submergea. Si Lottie avait le droit à une escapade, il ne voyait pas pourquoi il ne pourrait pas en faire de même. Avant de changer d'avis, il se remit sur ses pieds, repoussa un carton d'un coup de genoux et attrapa sa veste dans l'entrée.

- Papa ! Hurla-t-il à travers l'appartement. Je vais chez Matthew ! Je reviens pour le dîner !

Aucune réponse. Soit son père ne l'avait pas entendu, trop absorbé par son étude, soit il n'avait pas pris le temps de lui répondre. Par précaution, Julian laissa un mot sur la table basse – à laquelle il faudrait qu'il applique un sort de protection en revenant se rappela-t-il – puis il claqua la porte avec force. A l'extérieur, le soleil tapait si fort que l'asphalte commençait à fondre par endroit et il regretta immédiatement d'avoir pris sa veste par habitude. Il aurait aimé déjà savoir transplaner pour s'éviter le trajet, mais en attendant il se contenta d'agiter sa baguette après s'être assuré que personne ne le voyait depuis la ruelle où il s'était réfugié. Dans un bang sonore, le magicobus se matérialisa devant lui.

- Kevin Mells, maugréa une voix, bienvenue à bord du magicobus. Votre destination ?

- Euh... Terre-en-Lande.

- Trois mornilles.

Mécaniquement, Julian tendit les pièces au jeune homme. Son visage lui disait vaguement quelque chose et ce n'est que lorsqu'il s'installa au fond du bus que la mémoire lui revint. Kevin Mells était un Gryffondor un peu plus âgé que lui qui avait été renvoyé de Poudlard il y a trois ans, mais personne n'avait jamais su pourquoi exactement. En vérité, le lien avec les agressions envers les nés-moldus qui avaient touché le château cette année-là n'était pas si dur à faire et Julian se demanda s'il avait fait partie de la bande à Rosier. Si c'était le cas, ça ne lui avait pas réussi. Finir contrôleur du magicobus à peine majeur n'était pas un plan de carrière enviable.

Kevin Mells dû sentir son regard sur lui car il tourna la tête et le fusilla du regard. Julian s'empressa de reporter son attention sur la vitre derrière laquelle Londres défilait trop vite pour qu'il enregistre les détails. Ils firent trois arrêts avant le sien, dont un dans le Sussex où les nuages avaient remplacé le soleil, comme un micro-climat. Pourtant, à Terre-en-Lande, les portes s'ouvrirent sur une chaleur aussi étouffante que celle qu'il avait laissé à Londres. Sans accorder un autre regard au contrôleur, Julian descendit et inspira fortement l'air de la campagne.

Terre-en-Lande. Le fief des Bones, là il avait passé plusieurs de ses vacances à battre les chemins de campagne à vélo avec Matthew et à se baigner dans la mare à quelques kilomètres. Les rues du village ne lui étaient pas familières comme celles de son quartier fait de béton et de pierre, mais les petites maisons et les champs environnants lui évoquaient un goût de soleil et d'insouciance. En passant près de la vieille église, il croisa le pasteur, un homme d'une trentaine d'année au sourire chaleureux et il lui adressa un hochement de tête en guise de bonjour respectueux. Il avait beau ne pas avoir été élevé dans la religion, sa grand-mère Jeanne priait tous les jours. Le pasteur lui rendit son salut et réajusta sa prise sur le bébé qu'il tenait dans les bras, une petite fille au vu de la robe qu'elle portait. Un énorme chapeau lui couvrait la tête pour la protéger du soleil. En remarquant un passant, elle s'agita doucement et Julian se surprit à sourire. Il allait continuer son chemin lorsqu'un éclat doré attira son regard. Il se baissa automatiquement et ramassa une minuscule médaille.

- Révérend, appela-t-il. Vous avez fait tomber ça.

Le pasteur se retourna.

- Oh ! Merci. La médaille de baptême toute neuve, ça aurait été embêtant. N'est-ce pas Victoria ? Gardons Saint-Georges près de toi encore un peu.

Sur ces bonnes paroles et avec un dernier souvenir avenant, l'homme d'église s'éloigna. Julian était en train de se dire qu'il aurait dû lui aussi mettre un chapeau lorsqu'il arriva sur le perron de la maison des Bones. C'était une vieille demeure Victorienne qui, même si elle n'était pas si imposante, restait la plus grande du village. Dégoulinant de sueur, il toqua à la porte et le battant s'ouvrit au bout de quelques secondes sur Cassie Bones, la mère de Matthew. Les traits tirés, elle tenait également un bébé dans les bras, le petit nouveau de la famille âgé d'un an maintenant, et elle lui adressa un grand sourire.

- Oh Julian ! Quelle bonne surprise ! Matt ne m'avait pas dit que tu devais venir

- Il ne le savait pas... Je voulais juste passer lui dire au revoir avant mon... départ.

- Oui, j'ai appris que tu déménageais aux Etats-Unis. En ce moment, c'est compréhensible bien sûr, mais tu vas nous manquer... Un scandale vraiment, tout ce qui se passe ! Si tu reviens pour les vacances, surtout n'hésite pas, on serait ravie de t'accueillir avec Edgar.

La gentillesse et la force de caractère de Cassie Bones faillit lui ramener les larmes aux yeux. Il avait toujours aimé la mère de Matthew, son humour, son esprit libre, sa détermination. Elle lui faisait parfois penser à sa propre mère et si le bébé ne s'était pas mis à pleurer à ce moment-là, il l'aurait sans doute remercié pour toutes les fois où elle l'avait fait se sentir chez lui dans cette grande maison.

- Ah je crois qu'il a faim. Pire que Matthew quand il était petit, un vrai ventre ! S'exclama-t-elle. Mais ne reste pas là, monte, vas-y. Les garçons sont à l'étage.

Elle s'engouffra dans le salon et il referma la porte dans son dos. Cassie n'était pas le genre à jouer la parfaite maîtresse de maison et elle savait qu'il connaissait parfaitement le chemin. Il se demanda si elle s'était ennuyée lors de son congé maternité ; elle, l'Auror si combattive qui avait besoin d'action malgré tout l'amour qu'elle donnait à ses fils. Il n'était pas assez courageux pour lui poser la question. Au lieu de ça, il entreprit de monter à l'étage. Les escaliers grincèrent à peine sous son poids grâce au parquet recouvert d'un épais tapis cramoisi brodé. Au bout du couloir, la porte de la chambre de Matthew était fermée et il hésita à toquer avant de finalement entrer dans la pièce sans s'annoncer.

- Spencer, je te jure que je vais te donner à manger à une goule si tu... Oh ! S'interrompit Matthew. Julian ! Merlin, qu'est-ce que tu fiches ici ?

Affalé sur son lit, Matthew tenait une BD au-dessus de sa tête. Ses cheveux auburn, illuminés par le soleil, accrochaient à son front à cause de la chaleur et ses tâches de rousseur ressortaient sur son long nez droit et sa peau pâle.

- T'as l'air d'un souafle ! Se moqua-t-il en avisant son teint rougi.

- Très drôle. Essaye d'être roux en été et on reparlera. Et pour ta gouverne, on dirait que t'es en train de fondre.

- Honnêtement, je me le demande, dit Julian.

Sans cérémonie, il se laissa tomber sur le lit de Matthew qui pesta en ramenant ses jambes sous lui pour leur faire de la place à tous les deux.

- Mais sérieux, tu devais venir ? Parce que j'ai complètement oublié, si j'avais su j'aurais sorti les vélos ou les balais.

- Non, j'ai juste eu envie d'échapper aux cartons. Désolé, si t'avais des trucs à faire je peux y aller...

Matthew roula des yeux.

- Comme si ma mère allait accepter que je te mette à la porte. En plus, il fait tellement chaud que j'arrive à peine à lire.

- Spiderman ? Déchiffra Julian en attrapant la BD. Depuis quand tu lis des trucs moldus ?

- Depuis que la voisine m'en a passé, figure-toi ! Elle a dit qu'on pourrait en « discuter » si j'aimais bien.

- Quelle technique de drague...

- C'est ça, moque-toi, maugréa-t-il en souriant malgré tout. Qu'est-ce que tu as fait, toi, pour que Hanna te tombe dans les bras déjà ? Tu lui as servi d'oreiller pendant les cours de Binns ?

Julian éclata de rire. Il revoyait Hanna, la tête chancelante, qui luttait pour ne pas s'endormir pendant les cours d'Histoire de la Magie. En repensant à leur professeur fantôme, son sourire s'évanouit.

- Je crois qu'il va me manquer... Binns, précisa-t-il devant l'air perplexe de Matthew.

- Sympathique pour Hanna...

- Pas dans ce sens-là, crétin. J'arrive juste pas à me dire que je ne remettrai pas les pieds à Poudlard. Je n'ai même pas dis au revoir aux autres, à Flitwick...

- Sois pas dramatique, l'enjoignit Matthew. Peut-être que tout sera bientôt terminé, que vous reviendrez l'année prochaine...

Le regard dans le vague, Matthew paraissait vouloir se convaincre lui-même et Julian s'adossa contre le mur, contemplant une écharpe de Gryffondor qui traînait avec nostalgie.

- Je sais pas, avoua-t-il. J'aimerais me dire que c'est juste temporaire, mais... Les mangemorts mènent de plus en plus d'actions contre les nés-moldus, le Ministère fait comme si tout allait bien.... Ça n'a pas l'air de vouloir s'arranger.

- Si on doit attendre le Ministère, c'est sûr, ricana Matthew sans joie. Heureusement que certains font quelque chose.

La note féroce dans sa voix rappela à Julian le côté parfois dangereusement téméraire de Matthew et il fonça les sourcils.

- Certains ? Répéta-t-il. Comme qui ?

Seul le silence lui répondit et il tourna la tête vers son ami. Avec les années, il avait appris à deviner lorsque Matthew lui cachait quelque chose ou était sur la réserve, attitude qui ne lui allait pas du tout en passant. Il avait hérité de l'audace et du franc-parler des Bones et ce n'était pas dans sa nature d'hésiter, tout simplement.

- Matt, insista-t-il. Tu sais quelque chose que la Gazette ne dit pas ?

- Non, c'étaient juste des paroles comme ça. Je veux dire, y'a sûrement des gens qui n'approuvent pas ce que fait Minchum. Genre, la moitié de la population sorcière au moins.

- C'est faux, les gens soutiennent Minchum et tu le sais, ta tante Amelia râlait contre eux aux vacances de Pâques. Qui fait quelque chose ?

Matthew soupira et la résolution vacilla dans ses yeux gris, si semblables à ceux de sa mère.

- Tu ne jures de rien dire ?

- Quoi ? Les Bones prévoient d'assassiner Minchum pour que ta tante puisse devenir Ministre à sa place ?

- Très drôle, dit-il d'un ton dépourvu d'humour. Ju', c'est sérieux. Je ne suis même pas censé être au courant, mais j'ai entendu papa en parler l'autre jour avec un des frères Prewett qui était passé à la maison. Ils pensaient que j'étais dans le jardin...

- Et alors ? Qu'est-ce qu'ils disaient ? Pressa-t-il.

Il avait douloureusement conscience de son cœur qui battait soudain plus vite dans sa poitrine, comme si un mince espoir que des gens s'opposent à cette guerre à venir pourrait le sauver de l'exil. Pourrait venger sa mère...

- Dumbledore, chuchota Matthew et le nom sonna comme une promesse, un secret empli d'espoir. On dit qu'il a rassemblé des gens, fondé une sorte de groupe de résistance.

- Et ton père... ?

Matthew haussa les épaules.

- Je pense... Je veux dire, il a toujours été proche de Dumbledore et je sais ce qu'il pense de Tu-Sais-Qui. En tout cas, si c'est vrai, j'espère qu'il me laissera aider !

- Toi ? A seize ans ?

- Pourquoi pas ? Je suis doué en sortilège !

- Moi aussi, répondit-il par réflexe en prenant conscience avec un temps de retard de son manque de modestie. Mais pas assez pour me battre contre des mangemorts.

- Des lâches qui se cachent derrière des masques, tu veux dire ? Tu crois que ça me fait peur ?

- Ça devrait, oui !

- Allez, Ju', réfléchis. Tu ne voudrais pas...

- Non, coupa-t-il fermement.

A son tour, Matthew se redressa. Une lueur déterminée, presque fiévreuse, s'était allumée dans ses yeux et Julian y reconnu toute la volonté inébranlable des Bones. Il aurait voulu éteindre cette flamme, l'étouffer comme on souffle une bougie, mais il savait que le feu avait déjà pris.

- Pourquoi ? Insista Matthew. Si tu avais l'occasion de te battre contre Tu-Sais-Qui, tu ne le ferai pas ?

- Pas maintenant.

- Alors quoi ? Faudrait attendre que la liste des morts s'allongent ?

Cette fois, le cœur de Julian dévala au creux de son ventre. Matthew n'avait pas l'air de s'en rendre compte, mais pour lui, un visage flottait au-dessus de cette conversation et la sensation glacée qui se répandait dans ses veines devenait douloureuse.

- La liste où le nom de ma mère est inscrit, tu veux dire ? Rétorqua-t-il, cassant.

La véhémence de Matthew retomba immédiatement et il blêmit.

- Julian... s'étrangla-t-il.

- C'est bon, désolé...

- Non, non, c'est moi qui suis désolé... Je n'ai pas pensé que...

- Quelle chance, railla-t-il. Moi je ne pense qu'à ça.

Et voilà, elle était de retour. Cette foutu boule chauffée à blanc au creux de sa gorge. Les yeux brûlants, il lutta contre les larmes derrière ses paupières et se mordit l'intérieur de la joue jusqu'à en avoir un goût cuivré sur la langue. Il refusait de se mettre à pleurer en plein milieu de la chambre de son meilleur ami, un jour d'été, pour une conversation si banale. Matthew et lui était peut-être proches, mais pleurer en face de l'autre ne faisait pas partie de leur habitude. A vrai dire, il n'avait jamais vu Matthew pleurer et, même s'il avait été plus qu'ébranlé à l'enterrement de sa mère en juin dernier, il n'avait pas versé une larme, trop occupé à soutenir une Charlotte au visage dévoré par les sanglots. L'image de sa sœur ce jour-là lui serra un peu plus la gorge.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Matt ? Articula-t-il dans un souffle. Que j'ai peur des gens qui ont fait exploser un bâtiment sur elle ? Que je ne pourrais pas me battre en duel contre eux sans penser chaque seconde que s'il m'arrivait quelque chose, je laisserais mon père et Lottie seuls ?

- C'est normal...

- Et pourtant tu veux te battre toi, non ?

- Certains sont plus utiles ailleurs, nuança Matthew. Dumbledore ne doit pas se battre physiquement, il serait trop exposé, trop reconnaissable. Il finira peut-être par le faire, comme contre Grindelwald, mais pour l'instant si j'ai bien compris il supervise, contacte des gens... C'est essentiel aussi.

- Sans doute, oui, approuva-t-il sans conviction.

Une peur nouvelle germa dans son esprit et il détourna à nouveau le regard vers l'écharpe de Gryffondor qui traînait au sol. Rouge et jaune. Le sang et l'or, le sacrifice et la puissance. Des mots qui correspondaient bien aux Bones, pensa-t-il ironiquement.

- Tu ne vas pas vraiment te battre, pas vrai ?

- Tout de suite ? Aucune chance. Maman ne me laisserait pas faire. Papa non plus, tu me diras. Mais je suis content de me dire que certains agissent. Ce qu'ils font, Tu-Sais-Qui et les mangemorts, ça ne restera pas impuni. Je te le promets.

Julian n'en doutait pas. La solennité qui résonna dans la promesse de Matthew ne lui échappait pas, mais il espérait que lui et sa famille seraient préservés de cette guerre. Epuisé, il jeta un coup d'œil à sa montre et réalisa avec défaitisme qu'il était sûrement l'heure de rentrer.

- Il faut que j'y aille, annonça-t-il. Les cartons attendent !

- Déjà ?

- Désolé, Lottie est partie en ville voir des amis des équipes de Quidditch. Faut bien que quelqu'un avance.

- Je t'ai déjà dit que ta pathologie a toujours tout faire pour ta frangine est inquiétante ?

Julian se contenta de sourire. Au fond de lui, il le savait, ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait remarqué, mais il pouvait bien survivre à quelques cartons. Il se remit sur ses pieds, l'esprit soudain vide. Matthew ne paraissait pas plus que lui savoir comment dire au revoir.

- Reviens pas avec l'accent américain, dit-il finalement, un sourire en coin accroché aux lèvres.

- Aucune chance.

- Cool... Oh tiens, attends. Un cadeau de départ.

Il se pencha, tête en bas, et attrapa une boîte en fer ouvragé dissimulée sous son lit avant de la lui tendre avec cérémonie.

- Pour quand t'auras le mal du pays, dit Matthew, l'air fier de lui.

Julian s'attendait presque au pire. Lorsqu'il souleva le couvercle pourtant, une odeur familière lui parvint et il éclata de rire.

- Du thé ? S'esclaffa-t-il. Sérieusement ?

- Je t'ai jamais vu commencer une journée sans tasse de thé. Et je fais pas confiance aux américains pour te fournir ta dose quotidienne. Alors voilà ! En provenance direct du Chemin de Traverse ! Faudra que tu me donnes ton adresse là-bas, je pourrais t'en envoyer quand t'en auras plus.

- On sera chez ma grand-mère je crois. Enfin, l'autre, la mère de ma mère, explicita-t-il. Mais je t'écrirai.

La boîte de thé fermement serré contre lui, Julian baissa la tête, encore une fois incapable de trouver les mots. Matthew le regarda longuement puis leva les bras vers le ciel en jurant :

- Oh Merlin, viens la Ju' !

Il l'engloutit dans une étreinte qui allait justement au-delà des mots. Son coude formant un angle étrange pour tenir la boîte de thé, Julian lui donna une tape dans le dos, une de celle qui aurait fait dire à Hanna que « franchement, les garçons, vous êtes bizarres ». Il s'en fichait. Pour la dernière fois avant il ne savait pas combien de temps, il puisa de la force dans la présence de son meilleur ami, puis s'écarta, reconnaissant.

- Allez, va faire tes cartons ! Ordonna Matthew en le poussant vers la porte. Et oublies pas tes notes d'Histoire de la Magie, j'ai fait de supers dessins dessus !

- Promis ! Et maintenant que je suis plus là, je t'autorise de faire gagner la Coupe des Quatre Maisons à Gryffondor.

- Comme si j'avais besoin de ta permission. Même sans Lily Evans pour nous gagner des points, on va vous écraser !

Le rire de Matthew raisonna jusque dans le hall de la maison. Le pas léger, Julian passa la tête dans l'embrasure de la porte et adressa un signe de la main à Cassie Bones, en train de bercer le bébé sur le canapé. Dans la lumière estivale qui se déversait par la fenêtre, son épaisse chevelure dorée semblait étincelée comme une coulée d'or sur ses épaules. Elle ressemblait à une lionne, belle et féroce, qui veillait sur sa progéniture.

- Tu repars déjà ? S'étonna-t-elle en levant les yeux vers lui.

- Oui, j'ai encore des tonnes de choses à emballer et à ranger avant de partir.

- Je me doute. Ça va, ton père s'en sort ?

Par politesse et esprit de convenance, Julian retint l'exclamation sarcastique qui lui montait aux lèvres. Si son père avait fait ne serait-ce que deux cartons, il voulait bien avaler un crapaud.

- Il est encore affecté mais on avance, mentit-il. C'est juste qu'il y a beaucoup de choses à gérer. L'administration pour entrer aux Etats-Unis est assez lourde, la famille de ma mère a dû intervenir pour nous obtenir un visa.

- Oh oui, j'en ai entendu parler, abonda Cassie. Le MACUSA est prudent depuis Grindelwald. Et la famille de ta mère, elle vit à New York c'est ça ? Tu ne les a jamais vu ?

- Non, ma mère n'en parlait jamais. Je crois qu'elle s'était disputée avec sa sœur ou plusieurs autres membres. C'était compliqué.

- Comme dans toutes les familles. Crois-moi, les sœurs sont les pires ! Affirma-t-elle avec fatalisme sans cesser de sourire, comme si elle parlait d'expérience. Tu connais leur nom de famille au moins ?

- Les Grims. Grimsditch je crois à l'origine, mais ils l'ont raccourci pendant la guerre. Celle moldue, je veux dire, vous savez. Pour que ça sonne moins allemand et... Tout va bien, madame ?

Les traits de Cassie Bones s'étaient soudain figés et elle avait arrêté de bercer le bébé, immobile. Il essaya de se repasser mentalement ce qu'il venait dire et il espéra qu'elle n'avait perdu personne de sa famille pendant la seconde guerre mondiale moldue, même si cette éventualité paraissait peu probable.

- Oui, pardon. Je ne m'attendais pas à... enfin disons que je connais les Grims.

- Vraiment ?

- Improbable, n'est-ce pas ? S'amusa-t-elle-même si son ton restait tendu. Mais je te raconterai tout ça une autre fois, tu dois y aller. Rentre avant que la nuit tombe, les jours raccourcissent maintenant que septembre approche.

Il aurait voulu insister, mais il s'en garda bien. Pour avoir vu de rares fois Cassie Bones en colère, il savait qu'il valait mieux ne pas la contrarier. Rongé par la curiosité, il se promit intérieurement d'envoyer une lettre à Matthew pour avoir des informations dès qu'il arriverait aux Etats-Unis.

- Bonne soirée, Mrs Bones.

- Bon voyage, Julian, lui souhaita-t-elle. J'espère qu'on se reverra vite !

- Moi aussi. Passez le bonjour à Mr. Bones pour moi.

- Je n'y manquerai pas.

Sur le perron, il fut à nouveau ébloui par le soleil, mais il ne jeta pas un regard en arrière alors qu'il retraversait Terre-en-Lande en sens inverse.

***************************************************

Pour ceux qui se demandaient : Matthew Bones et sa mère, Cassie, appartiennent à Perripuce. Et si vous avez lu son dernier bonus, ça vous fait quelque chose de les retrouver ici... Ahhh! Bref ! Cassie est donc la femme d'Edgar Bones et Matthew un de ses fils. Vous retrouverez Matthew plus tard dans la fanfic, c'est promis ! Quant au bébé dans les bras du révérend, c'est bien sûr la seule et unique Victoria, vous l'aurez deviné ^^

Et allez lire Ombres et Poussières, c'est une merveille !

Merci à tous !
MelleChachow

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par MelleChachow »

Ouh j'adore toutes ces petites références ! Que ce soit de Ombres et Poussières ou de ton ancienne fanfiction ! :D

C'est toujours aussi bien écrit et j'ai tellement hâte de connaitre tous les liens entre les personnages ! C'est juste super de faire un univers partagé !
Hate de lire la suite :)
Bff47

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Bff47 »

PEJDKLLEHHS ! Je m'y attendais pas !! J'ai parlerai pas du spoil !! A part que c'était une trop bonne idée, je suis ravie !!

Bref; salut ! J'avais déjà commencer ton histoire il y a pas longtemps et j'avais même fait un long commentaire sur les deux premiers chapitres mais je sais pas pourquoi, alors que j'avais presque fini, tout s'est supprimé. Du coup j'ai rage quit et j'ai eu la flemme de recommencer !

Je disais qu'en gros j'adore le concept, je préfère les fics originales, j'aime pas trop lire des fics trop classiques, j'en ai déjà lu plein et du coup je confonds tout. La, au moins, avec Ilvermony, y a matière à beaucoup de créativité et de nouveautés, beaucoup de potentiel !
Julian et Charlotte ont l'air très cool ! Hâte de rencontrer les affreux cousins !
Ravie de voir un personnage principal LGBT ! Sujet qui me tient beaucoup à coeur , j'espère que tu le traiteras de façon intéréssante !

Mes pronostics pour l'intant sont Julian à Serpent cornu et Charly à Womatou ... Ca me semble évident pour le côté érudit de Julian et sportif de Charly mais bon, peut être que tu nous surprendre. J'ai hâte de mieux comprendre les caractéristiques des quatre maisons, personnellement je sais pas quelle maison je préfère, je suis strictement incapable de choisir entre le corps, le coeur, l'âme ou l'esprit. Et entre Guerrier, erudit, gérisseur ou aventuriers ... Ah la la; la aussi le choix est trop compliqué !
Perripuce

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Perripuce »

annabethfan a écrit : mar. 29 sept., 2020 4:40 pm Merci pour vos commentaires :D Je me sens très conne, j'ai d'abord chercher le chapitre sur ATDM... Avant de réaliser que NON ce n'était pas ça ... Bref. Liège Bastonne Liège vient de s'élancer et comme promis, je suis là !

WARNING A LIRE IMPERATIVEMENT !!!


(Imaginez ça en rouge avec des paillettes et des éclairs!!!)

Je précise dans cette intro une chose essentielle. Pour ceux qui lisent Ombres et Poussières de Perripuce, vous remarquerez dans ce chapitre des références et des personnages de son histoire. Notre univers partagé prend forme haha ! Pour ceux qui ne lisent pas Ombres et Poussières, pas de panique, on peut parfaitement comprendre sans (quelques mentions de personnages vous sembleront peut-être un peu floues mais n'hésitez pas à me demander si besoin).

Pour ceux qui reconnaîtront les clins d'oeil, je vais vous demander une chose: vous pouvez exprimer votre fangirlisme (Perri et moi on le fait h24 ^^) mais je vous en supplie NE SPOILEZ PAS. Il y a notamment un fait qui constitue un plot-twist majeur chez Perripuce et j'ai fait exprès de laisser vague ce point pour que seuls ceux qui ont déjà lu son histoire comprennent sans que cela soit explicite. Donc même si vous reconnaissez ce fait, je vous en conjure : PAS UN MOT EN COMMENTAIRE! Ca ne serait ni respectueux envers les autres, ni le travail de Perri.

A part ça, j'espère que ça vous amusera de repérer les références. D'ailleurs, il y en a même quelques unes qui concernent Au temps des Maraudeurs haha! A vous de jouer!

Merci à tous !

PS : On se rappelle, pas un spoil, pitié!

Anna'

**************************************************************************
Chapitre 2 : Mettre sa vie en cartons

«Il y a dans tout changement quelque chose d'infâme et d'agréable à la fois, quelque chose qui tient de l'infidélité et du déménagement. Cela suffit à expliquer la Révolution française.» Je connaissais pas cette citation mais je la trouve très jolie.

- Charles Baudelaire -


// 28 août 1979 //

Avant de devoir mettre toute sa vie dans des cartons soigneusement étiquetés, Julian ne s'était jamais douté de toutes les affaires qu'il avait accumulé en seize ans d'existence Cette première phrase, on sent tellement l'expérience :lol: C'est ce que tu t'es dit quand tu t'es retrouvée devant tes cartons? . Assis au milieu de sa chambre, il était entouré par une pile précaire de cartons à moitié remplis d'objets en tout genre : ses romans, ses livres de cours, son chaudron en étain, ses carnets à dessins et ses boîtes à crayons Je te jure, j'ai tellement hâte de découvrir tous les aspects de Julian ... Tu commences son portrait par touche, par petit détail, mais rien que cette mention de carnet à dessin j'ai envie de voir une scène où il dessine pour de vrai. . Il poussa un soupir défaitiste en voyant tout ce qui restait à emballer. Depuis trois jours, il préparait leur déménagement avec acharnement. Plus il s'activait, moins il pensait. De toute façon, il fallait bien que quelqu'un s'en charge car ce n'était pas son père, toujours enfermé dans son bureau, ni Charlotte, trop occupée à faire le tour de Londres pour dire au revoir à ses amis, qui allait l'aider.

Sa sœur avait toujours été plus sociable que lui. A Poudlard, Lottie paraissait rayonner à l'image des couleurs de sa maison Il y a tellement de pont entre Victoria et Charlotte, sur le côté rayonnement même si elles ne rayonnent pas pareil . Elle avait un groupe d'amis soudé et attirait spontanément la sympathie des autres. Au mois de mars dernier, il l'avait vu donner des conseils à des troisièmes années en sortilèges. Jonas Gallagher et Artemisia Meadowes héhéhé coucou toi. l'avaient regardé comme une héroïne alors qu'elle leur réexpliquait patiemment le principe du maléfice du Saucisson. Il s'était fait la réflexion que, même si sa sœur aimait prétendre qu'il était l'intello de la famille, elle ne se débrouillait pas si mal. Grandir avec des parents chercheurs laissait nécessairement des traces. Il s'était d'ailleurs toujours dit qu'il avait atterri à Serdaigle par fibre génétique. :lol: :lol: :lol: :lol:

Il allait refermer un carton justement rempli de ses affaires scolaires lorsque sa sœur passa la tête dans l'encadrement de la porte. Elle portait sa veste en jean préférée sur une robe jaune à volants qu'elle avait dû trouver dans une friperie pendant une de ses escapades dans le Londres moldu.

- Eh Ju' ! Lança-t-elle d'une voix enjouée. Si je rejoins Mary cet après-midi, c'est bon ?

- Mary ?

- McDonald. Tu sais, l'ancienne capitaine des Gryffondor l'année dernière ! Elle vient d'aoir son diplôme et elle a proposé à plusieurs joueurs de se retrouver sur le Chemin de Traverse pour aller boire un verre avant la rentrée, peu importe la maison. Même si je ne fais techniquement plus partie de l'équipe, je me disais que je pouvais y aller ? Euh. C'est prudent en temps de Covi... pardon, en temps de guerre? Genre là quand je relis le 6 et que je vois le Chaudron Baveur désert ...

- Ah... Mais t'as terminé tes cartons ?

Charlotte se mordit la lèvre et il se remit debout, les genoux douloureux.

- Je le ferai demain ? Tenta-t-elle. High Five Lottie

- Lottie...

- Charly, corrigea-t-elle.

- Lottie, Charly, Charlotte, peu importe Trop de surnom pour une seule personne :lol: :lol: . On part dans trois jours et tout doit être prêt.

- Je sais, je sais... Mais je ne reverrai sûrement pas les autres avant Noël.

- Si on revient pour Noël, soupira-t-il. T'es quelqu'un de vachement encourageant mon cher Djulianne. Là t'es en train de lui donner un argument.

Encore une énième inconnue dans cette vaste entreprise. Leur père avait été clair. Il voulait les emmener loin de la guerre et personne ne savait si la situation n'empirerait pas d'ici le mois de décembre. A la simple idée de ne pas revoir grand-mère Jeanne le soir du réveillon, il vit la colère de Charlotte inscrite sur son visage.

- Quoi ? Bien sûr qu'on va revenir pour les vacances ! Pas vrai ?

- J'en sais rien Avoue t'en sais rien toi-même Marion ahah , avoua-t-il honnêtement. Tiens, aide-moi.

Mécaniquement, elle tendit les bras et l'aida à placer le carton en haut de la pile de ceux qui s'entassaient déjà contre le mur.

- Ju' !

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? S'agaça-t-il. Que Tu-Sais-Qui aura disparu pour Noël ? Que les mangemorts seront occupés à déballer leurs cadeaux et nous laisserons tranquille ? :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: Je ne sais pas, Lottie. Si tu crois que ça me fait plaisir, tu te trompes, mais pour l'instant on doit mettre nos vies dans des cartons et tu n'avances pas !

- Excuse-moi de me soucier des gens que je vais laisser derrière moi ! Wha, c'est violent et presque méchant. Je comprends que la situation soit moins facile pour Charlotte parce qu'elle a l'air moins mûre et plus expensive que son frère mais quand même ...

Julian retint un juron, énervé. Si elle croyait qu'il ne ressentait rien, elle se trompait lourdement. Il n'avait aucune envie de quitter l'Angleterre, Poudlard, ses amis, sa grand-mère... A la simple idée de la laisser seule dans un pays en guerre, il sentit la panique monter au creux de son ventre. Il fallait aussi qu'il se soucie de l'appartement qu'ils allaient louer à un couple sorcier. Les papiers traînaient encore sur le coin de la table basse dans le salon... Merlin, la table basse. Il devrait sûrement lui jeter des sorts de protection avant de remettre les clés, elle pourrait facilement se casser et sa mère y tenait beaucoup...

- Julian ! Claqua sa sœur. Tu m'écoutes ? DAMN IT CHARLY LAISSE LE ETRE LE SEUL ADULTE DE CETTE FAMILLE.
Non, sérieusement, ça me saoule un peu son comportement. Je sais qu'elle est jeune, que la situation est atroce, mais elle laisse l'entier poids de la responsabilité à Julian pour après l'engueuler, c'est pas fou quand même. Je veux dire, elle voit bien que son père prend absolument rien en charge, elle est assez grande pour se dire qu'elle va un peu aider son frère. Elle pense un peu qu'à elle là et même si je me dis que c'est humain parce que son monde est en train de valser et qu'elle a besoin de se raccrocher à ça, mais j'ai franchement de la peine pour Julian, à sa place je me sentirais abandonné, seul au monde, ce qui n'est pas le meilleur des sentiments après la mort de sa mère ...


Il releva la tête.

- Quoi ?
andant la porte claquer et il se laissa glisser au sol Oh bébé chat *calin* . La paniqué liée à sa grand-mère ou à l'appartement avait laissé place à un étrange sentiment de vide. « T'es pas ma mère ». Il l'avait bien remarqué. Depuis plusieurs semaines, il ne savait pas gérer les sautes d'humeurs de sa sœur. Elle paraissait elle-même la plupart du temps, mais il avaitsaient avalées par les flammes et la porte principale n'était plus qu'un tas de gravats. Le titre i

Merde. Bon tu vois la photo? Mon chat est monté sur mon clavier et a effacé mes commentaires qui comprenaient mon repas et LA CHUTE DE JULIAN et PIRE CELLE DE WARREN BARGUIL que j'aime d'amour même si c'est incompréhensible parce que ce n'est pas le meilleur français mais je ne sais pas, je suis fan.

17 sorciers et sorcières ont en effet perdu la vie et une cérémonie sera organisée en leur mémoire dans les jours suivants par le Ministère. La question qui demeure désormais est de savoir comment une telle tragédie a pu se produire. Des rumeurs affirment que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom pourrait être à l'origine de ce drame, la Marque des Ténèbres ayant revendiquée l'explosion. La thèse accidentelle, bien qu'elle soit envisageable, paraît dès lors peu convaincre Alastor Maugrey lui-même selon les témoins de la scène, mais il est aujourd'hui trop tôt pour privilégier une piste plutôt qu'une autre. Ces derniers temps, des imitateurs ont émergés dans tout le territoire et cherchent à camoufler leur crime sous le signe à la tête de mort, rendant le travail des Aurors parfois long et compliqué.

Nous souhaitons bien évidemment toutes nos condoléances aux familles touchées par la perte d'un être cher. [Plus d'informations en p.5][/i]

Les yeux brûlants, Julian relu inlassablement la dernière phrase et sa colère se réveilla. « Un être cher ». Il n'avait pas perdu un être cher, il avait perdu sa mère... Et à ses yeux, ça changeait tout. Oooh ... Je n'avais jamais vu les choses comme ça ... Ça ne lui échappait pas non plus que le Ministère avait essayé d'orienter l'article malgré la bonne volonté du journaliste à relayer les faits. Une thèse accidentelle envisageable ? Avec la Marque des Ténèbres au-dessus des Archives ? C'était prendre les gens pour des idiots, c'était détourner la tête en espérant que le mouvement de terreur des mangemorts s'évapore de lui-même. Ah ça ...

Julian contempla autour de lui les nombreux cartons qui restaient à remplir et une vague de découragement le submergea. Si Lottie avait le droit à une escapade, il ne voyait pas pourquoi il ne pourrait pas en faire de même. Avant de changer d'avis, il se remit sur ses pieds, repoussa un carton d'un coup de genoux et attrapa sa veste dans l'entrée.

- Papa ! Hurla-t-il à travers l'appartement. Je vais chez Matthew ! Je reviens pour le dîner ! AAAAAAH

Aucune réponse. Soit son père ne l'avait pas entendu, trop absorbé par son étude, soit il n'avait pas pris le temps de lui répondre. Par précaution, Julian laissa un mot sur la table basse – à laquelle il faudrait qu'il applique un sort de protection en revenant se rappela-t-il – puis il claqua la porte avec force. A l'extérieur, le soleil tapait si fort que l'asphalte commençait à fondre par endroit et il regretta immédiatement d'avoir pris sa veste par habitude Ce genre de détail à qui on s'identifie immédiatement :lol: :lol: Le nombre de fois où j'ai pu regretter d'avoir pris une veste . Il aurait aimé déjà savoir transplaner pour s'éviter le trajet, mais en attendant il se contenta d'agiter sa baguette après s'être assuré que personne ne le voyait depuis la ruelle où il s'était réfugié. Dans un bang sonore, le magicobus se matérialisa devant lui.

- Kevin Mells, maugréa une voix, bienvenue à bord du magicobus. Votre destination ? Franchement c'est du GENIE.

- Euh... Terre-en-Lande.

- Trois mornilles.

Mécaniquement, Julian tendit les pièces au jeune homme. Son visage lui disait vaguement quelque chose et ce n'est que lorsqu'il s'installa au fond du bus que la mémoire lui revint. Kevin Mells était un Gryffondor un peu plus âgé que lui qui avait été renvoyé de Poudlard il y a trois ans, mais personne n'avait jamais su pourquoi exactement. En vérité, le lien avec les agressions envers les nés-moldus qui avaient touché le château cette année-là n'était pas si dur à faire et Julian se demanda s'il avait fait partie de la bande à Rosier. Si c'était le cas, ça ne lui avait pas réussi. Finir contrôleur du magicobus à peine majeur n'était pas un plan de carrière enviable. Ah ça effectivement :lol: Mais c'est franchement génial ce lien avec ta fanfiction !
Par contre je ne comprends pas. S'il a été renvoyé, est-ce que sa baguette a été détruite, comme celle d'Hagrid? Chose que je trouve évidemment injuste et abusive, de briser la baguette de quiconque se fait renvoyer de l'école.


Kevin Mells dû sentir son regard sur lui car il tourna la tête et le fusilla du regard. Julian s'empressa de reporter son attention sur la vitre derrière laquelle Londres défilait trop vite pour qu'il enregistre les détails. Ils firent trois arrêts avant le sien, dont un dans le Sussex où les nuages avaient remplacé le soleil, comme un micro-climat. Pourtant, à Terre-en-Lande, les portes s'ouvrirent sur une chaleur aussi étouffante que celle qu'il avait laissé à Londres. Sans accorder un autre regard au contrôleur, Julian descendit et inspira fortement l'air de la campagne.

Terre-en-Lande. Le fief des Bones, J'ai un sourire ému. là il avait passé plusieurs de ses vacances à battre les chemins de campagne à vélo avec Matthew et à se baigner dans la mare à quelques kilomètres. Les rues du village ne lui étaient pas familières comme celles de son quartier fait de béton et de pierre, mais les petites maisons et les champs environnants lui évoquaient un goût de soleil et d'insouciance. En passant près de la vieille église, il croisa le pasteur, un homme d'une trentaine d'année au sourire chaleureux et il lui adressa un hochement de tête en guise de bonjour respectueux. Il avait beau ne pas avoir été élevé dans la religsion, sa grand-mère Jeanne priait tous les jours. Le pasteur lui rendit son salut et réajusta sa prise sur le bébé qu'il tenait dans les bras, une petite fille au vu de la robe qu'elle portait Hé coucou toi :mrgreen: . Un énorme chapeau lui couvrait la tête pour la protéger du soleil *prend en note ce genre de détail* . En remarquant un passant, elle s'agita doucement et Julian se surprit à sourire. Il allait continuer son chemin lorsqu'un éclat doré attira son regard. Il se baissa automatiquement et ramassa une minuscule médaille.

- Révérend, appela-t-il. Vous avez fait tomber ça.

Le pasteur se retourna.

- Oh ! Merci. La médaille de baptême toute neuve, ça aurait été embêtant. N'est-ce pas Victoria ? Gardons Saint-Georges près de toi encore un peu. *sourire ému*

Sur ces bonnes paroles et avec un dernier souvenir avenant, l'homme d'église s'éloigna. Julian était en train de se dire qu'il aurait dû lui aussi mettre un chapeau lorsqu'il arriva sur le perron de la maison des Bones. C'était une vieille demeure Victorienne qui, même si elle n'était pas si imposante, restait la plus grande du village. Dégoulinant de sueur, il toqua à la porte et le battant s'ouvrit au bout de quelques secondes sur Cassie Bones, la mère de Matthew. Les traits tirés, elle tenait également un bébé dans les bras, le petit nouveau de la famille âgé d'un an maintenant, et elle lui adressa un grand sourire.

- Oh Julian ! Quelle bonne surprise ! Matt ne m'avait pas dit que tu devais venir

- Il ne le savait pas... Je voulais juste passer lui dire au revoir avant mon... départ.

- Oui, j'ai appris que tu déménageais aux Etats-Unis. En ce moment, c'est compréhensible bien sûr, mais tu vas nous manquer... Un scandale vraiment, tout ce qui se passe ! Si tu reviens pour les vacances, surtout n'hésite pas, on serait ravie de t'accueillir avec Edgar.

La gentillesse et la force de caractère de Cassie Bones faillit lui ramener les larmes aux yeux. Il avait toujours aimé la mère de Matthew, son humour, son esprit libre, sa détermination. Elle lui faisait parfois penser à sa propre mère et si le bébé ne s'était pas mis à pleurer à ce moment-là, il l'aurait sans doute remercié pour toutes les fois où elle l'avait fait se sentir chez lui da ns cette grande maison.

- Ah je crois qu'il a faim. Pire que Matthew quand il était petit, un vrai ventre ! S'exclama-t-elle. Mais ne reste pas là, monte, vas-y. Les garçons sont à l'étage.

Elle s'engouffra dans le salon et il referma la porte dans son dos. Cassie n'était pas le genre à jouer la parfaite maîtresse de maison et elle savait qu'il connaissait parfaitement le chemin Tu l'as tellement bien cernée ahah :lol: :lol: Elle serait tellement du genre à te claquer un "débrouille toi !" :lol: . Il se demanda si elle s'était ennuyée lors de son congé maternité ; elle, l'Auror si combattive qui avait besoin d'action malgré tout l'amour qu'elle donnait à ses fils. Il n'était pas assez courageux pour lui poser la question. Au lieu de ça, il entreprit de monter à l'étage. Les escaliers grincèrent à peine sous son poids grâce au parquet recouvert d'un épais tapis cramoisi brodé. Au bout du couloir, la porte de la chambre de Matthew était fermée et il hésita à toquer avant de finalement entrer dans la pièce sans s'annoncer.

- Spencer, je te jure que je vais te donner à manger à une goule si tu... :lol: :lol: Enfin mon garçon, comment tu parles à ton frère ! Oh ! S'interrompit Matthew. Julian ! Merlin, qu'est-ce que tu fiches ici ?

Affalé sur son lit, Matthew tenait une BD au-dessus de sa tête. Ses cheveux auburn, illuminés par le soleil, accrochaient à son front à cause de la chaleur et ses tâches de rousseur ressortaient sur son long nez droit le nez de papa héhé et sa peau pâle.

- T'as l'air d'un souafle ! Se moqua-t-il en avisant son teint rougi.

- Très drôle. Essaye d'être roux en été et on reparlera Tu nous parles encore d'expérience Marion?
Putain j'ai carressé mon chat, j'ai la lèvre qui commence à enfler. Quelle tristesse d'être un peu allergique ...
. Et pour ta gouverne, on dirait que t'es en train de fondre.

- Honnêtement, je me le demande, dit Julian.

Sans cérémonie, il se laissa tomber sur le lit de Matthew qui pesta en ramenant ses jambes sous lui pour leur faire de la place à tous les deux.

- Mais sérieux, tu devais venir ? Parce que j'ai complètement oublié, si j'avais su j'aurais sorti les vélos ou les balais.Je ne suis pas sûre mais je ne suis pas certaine que Julian soit super à l'aise sur un balai :lol: :lol: Quoique genre Arwen je l'imagine adorer voler mais incapable d'avoir une coordination de mouvement qui lui permettrait de jouer au Quidditch, peut-être que Julian c'est pareil. ça lui va bien peut-être j'adorer juste voler. Oh ça me rappelle un poème de Baudelaire, L'élévation. Ou l'albatros.

- Non, j'ai juste eu envie d'échapper aux cartons. Désolé, si t'avais des trucs à faire je peux y aller...

Matthew roula des yeux.

- Comme si ma mère allait accepter que je te mette à la porte. En plus, il fait tellement chaud que j'arrive à peine à lire.

- Spiderman ? Déchiffra Julian en attrapant la BD. Depuis quand tu lis des trucs moldus ?

- Depuis que la voisine m'en a passé, figure-toi ! Elle a dit qu'on pourrait en « discuter » si j'aimais bien. Vasy tu me brises le coeur. Peut-être que dans mon imaginaire, c'est avec cette voisine qu'il s'est marié. C'est si triste, je vais finir par écrire un UA où ils ont tous survécu.

- Quelle technique de drague...

- C'est ça, moque-toi, maugréa-t-il en souriant malgré tout. Qu'est-ce que tu as fait, toi, pour que Hanna te tombe dans les bras déjà ? Tu lui as servi d'oreiller pendant les cours de Binns ?

Julian éclata de rire. Il revoyait Hanna, la tête chancelante, qui luttait pour ne pas s'endormir pendant les cours d'Histoire de la Magie. En repensant à leur professeur fantôme, son sourire s'évanouit.p

- Je crois qu'il va me manquer... Binns, précisa-t-il devant l'air perplexe de Matthew.

- Sympathique pour Hanna... J'avoue :lol: :lol: :lol:

- Pas dans ce sens-là, crétin. J'arrive juste pas à me dire que je ne remettrai pas les pieds à Poudlard. Je n'ai même pas dis au revoir aux autres, à Flitwick...

- Sois pas dramatique, l'enjoignit Matthew. Peut-être que tout sera bientôt terminé, que vous reviendrez l'année prochaine... Matthew, arrête de parler. Tu me brises le coeur. Mon dieu quand je repenses à ce que j'ai écris ...

Le regard dans le vague, Matthew paraissait vouloir se convaincre lui-même et Julian s'adossa contre le mur, contemplant une écharpe de Gryffondor qui traînait avec nostalgie.

- Je sais pas, avoua-t-il. J'aimerais me dire que c'est juste temporaire, mais... Les mangemorts mènent de plus en plus d'actions contre les nés-moldus, le Ministère fait comme si tout allait bien.... Ça n'a pas l'air de vouloir s'arranger.

- Si on doit attendre le Ministère, c'est sûr, ricana Matthew sans joie. Heureusement que certains font quelque chose. CERTAINS N'EST CE PAS

La note féroce dans sa voix rappela à Julian le côté parfois dangereusement téméraire de Matthew et il fonça les sourcils.

- Certains ? Répéta-t-il. Comme qui ?

Seul le silence lui répondit et il tourna la tête vers son ami. Avec les années, il avait appris à deviner lorsque Matthew lui cachait quelque chose ou était sur la réserve, attitude qui ne lui allait pas du tout en passant. Il avait hérité de l'audace et du franc-parler des Bones et ce n'était pas dans sa nature d'hésiter, tout simplement.a a? C'est mon chat qui a effacé aussi cette phrase?

- Matt, insista-t-il. Tu sais quelque chose que la Gazette ne dit pas ?

- Non, c'étaient juste des paroles comme ça. Je veux dire, y'a sûrement des gens qui n'approuvent pas ce que fait Minchum. Genre, la moitié de la population sorcière au moins.

- C'est faux, les gens soutiennent Minchum et tu le sais, ta tante Amelia râlait contre eux aux vacances de Pâques. Qui fait quelque chose ?

Matthew soupira et la résolution vacilla dans ses yeux gris, si semblables à ceux de sa mère.

- Tu ne jures de rien dire ?

- Quoi ? Les Bones prévoient d'assassiner Minchum pour que ta tante puisse devenir Ministre à sa place ? A dire vrai à l'heure H ce serait plus Edgar qu'Amelia je suppose ...

- Très drôle, dit-il d'un ton dépourvu d'humour. Ju', c'est sérieux. Je ne suis même pas censé être au courant, mais j'ai entendu papa en parler l'autre jour avec un des frères Prewett qui était passé à la maison. Ils pensaient que j'étais dans le jardin... Tu sais que Gliocas a imaginé une relation entre Edgar et ... Gideon ou Fabian? Je ne sais plus, un des deux.

- Et alors ? Qu'est-ce qu'ils disaient ? Pressa-t-il.

Il avait douloureusement conscience de son cœur qui battait soudain plus vite dans sa poitrine, comme si un mince espoir que des gens s'opposent à cette guerre à venir pourrait le sauver de l'exil. Pourrait venger sa mère...

- Dumbledore, chuchota Matthew et le nom sonna comme une promesse, un secret empli d'espoir. On dit qu'il a rassemblé des gens, fondé une sorte de groupe de résistance.s

- Et ton père... ?

Matthew haussa les épaules.

- Je pense... Je veux dire, il a toujours été proche de Dumbledore et je sais ce qu'il pense de Tu-Sais-Qui. En tout cas, si c'est vrai, j'espère qu'il me laissera aider !

- Toi ? A seize ans ? Je repense à ce que tu as dit. "Il n'aurait même pas eu le temps de se battre ..." ... Je vais mourir.

- Pourquoi pas ? Je suis doué en sortilège !

- Moi aussi, répondit-il par réflexe en prenant conscience avec un temps de retard de son manque de modestie. Mais pas assez pour me battre contre des mangemorts.

- Des lâches qui se cachent derrière des masques, tu veux dire ? Tu crois que ça me fait peur ? Toi t'es bien le fils de ta mère et le frère de ton frère.

- Ça devrait, oui !

- Allez, Ju', réfléchis. Tu ne voudrais pas...

- Non, coupa-t-il fermement.

A son tour, Matthew se redressa. Une lueur déterminée, presque fiévreuse, s'était allumée dans ses yeux et Julian y reconnu toute la volonté inébranlable des Bones T'as tellement cerné mon univers Anna'. J'adore ce qu'on a crée à deux. . Il aurait voulu éteindre cette flamme, l'étouffer comme on souffle une bougie, mais il savait que le feu avait déjà pris. J'adore cette phrase, je l'avais déjà repérée à la première lecture elle m'avait frappé dans l'oeil.

- Pourquoi ? Insista Matthew. Si tu avais l'occasion de te battre contre Tu-Sais-Qui, tu ne le ferai pas ?

- Pas maintenant.

- Alors quoi ? Faudrait attendre que la liste des morts s'allongent ? ET ALLEZ. Sérieux t'as une délicatesse proche du néant. Je sais que je t'ai imaginé comme ça mais quand même mon grand t'abuse.

Cette fois, le cœur de Julian dévala au creux de son ventre. Matthew n'avait pas l'air de s'en rendre compte, mais pour lui, un visage flottait au-dessus de cette conversation et la sensation glacée qui se répandait dans ses veines devenait douloureuse.

- La liste où le nom de ma mère est inscrit, tu veux dire ? Rétorqua-t-il, cassant.

La véhémence de Matthew retomba immédiatement et il blêmit.

- Julian... s'étrangla-t-il.

- C'est bon, désolé... Mais pourquoi tu t'excuses? VASY EXPLOSE laisse quelqu'un - Matthew - t'aider puisque tu dois tout porter tout seul !

- Non, non, c'est moi qui suis désolé... Je n'ai pas pensé que...

- Quelle chance, railla-t-il. Moi je ne pense qu'à ça.

Et voilà, elle était de retour. Cette foutu boule chauffée à blanc au creux de sa gorge. Les yeux brûlants, il lutta contre les larmes derrière ses paupières et se mordit l'intérieur de la joue jusqu'à en avoir un goût cuivré sur la langue. Il refusait de se mettre à pleurer en plein milieu de la chambre de son meilleur ami, un jour d'été, pour une conversation si banale Pourtant ça te ferait du bien ... Tu portes tout à bout de bras, toi aussi tu as le droit d'être porté de temps à autre. Tiens, soudainement c'est lui qui m'évoques Vic. . Matthew et lui était peut-être proches, mais pleurer en face de l'autre ne faisait pas partie de leur habitude. A vrai dire, il n'avait jamais vu Matthew pleurer et, même s'il avait été plus qu'ébranlé à l'enterrement de sa mère en juin dernier, il n'avait pas versé une larme, trop occupé à soutenir une Charlotte au visage dévoré par les sanglots. L'image de sa sœur ce jour-là lui serra un peu plus la gorge. Olalala mais Julian ... *l'étouffe dans un calin*

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, Matt ? Articula-t-il dans un souffle. Que j'ai peur des gens qui ont fait exploser un bâtiment sur elle ? Que je ne pourrais pas me battre en duel contre eux sans penser chaque seconde que s'il m'arrivait quelque chose, je laisserais mon père et Lottie seuls ?

- C'est normal...

- Et pourtant tu veux te battre toi, non ?

- Certains sont plus utiles ailleurs, nuança Matthew. Dumbledore ne doit pas se battre physiquement, il serait trop exposé, trop reconnaissable. Il finira peut-être par le faire, comme contre Grindelwald, mais pour l'instant si j'ai bien compris il supervise, contacte des gens... C'est essentiel aussi.

- Sans doute, oui, approuva-t-il sans conviction.

Une peur nouvelle germa dans son esprit et il détourna à nouveau le regard vers l'écharpe de Gryffondor qui traînait au sol. Rouge et jaune. Le sang et l'or, le sacrifice et la puissance. Des mots qui correspondaient bien aux Bones, pensa-t-il ironiquement. Ce qui est drôle parce que les Bones sont des Poufsouffle ... Mais sinon cette description des couleurs de Gryffondor aaaargh tu penses tellement bien, écrit tellement bien Anna' !

- Tu ne vas pas vraiment te battre, pas vrai ?

- Tout de suite ? Aucune chance. Maman ne me laisserait pas faire. Papa non plus, tu me diras. Mais je suis content de me dire que certains agissent. Ce qu'ils font, Tu-Sais-Qui et les mangemorts, ça ne restera pas impuni. Je te le promets.

Julian n'en doutait pas. La solennité qui résonna dans la promesse de Matthew ne lui échappait pas, mais il espérait que lui et sa famille seraient préservés de cette guerre Cette phrase est d'une cruauté sans nom. . Epuisé, il jeta un coup d'œil à sa montre et réalisa avec défaitisme qu'il était sûrement l'heure de rentrer.

- Il faut que j'y aille, annonça-t-il. Les cartons attendent !

- Déjà ?

- Désolé, Lottie est partie en ville voir des amis des équipes de Quidditch. Faut bien que quelqu'un avance.

- Je t'ai déjà dit que ta pathologie a toujours tout faire pour ta frangine est inquiétante ? Ouaip, point pour Matthew.

Julian se contenta de sourire. Au fond de lui, il le savait, ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait remarqué, mais il pouvait bien survivre à quelques cartons. Il se remit sur ses pieds, l'esprit soudain vide. Matthew ne paraissait pas plus que lui savoir comment dire au revoir.

- Reviens pas avec l'accent américain, dit-il finalement, un sourire en coin accroché aux lèvres.

- Aucune chance.

- Cool... Oh tiens, attends. Un cadeau de départ.

Il se pencha, tête en bas, et attrapa une boîte en fer ouvragé dissimulée sous son lit avant de la lui tendre avec cérémonie.

- Pour quand t'auras le mal du pays, dit Matthew, l'air fier de lui.

Julian s'attendait presque au pire. Lorsqu'il souleva le couvercle pourtant, une odeur familière lui parvint et il éclata de rire.

- Du thé ? S'esclaffa-t-il. Sérieusement ? Je trouve ça tellement adorable. J'allais dire un truc, mais ça va spoiler, wait.

- Je t'ai jamais vu commencer une journée sans tasse de thé. Et je fais pas confiance aux américains pour te fournir ta dose quotidienne. Alors voilà ! En provenance direct du Chemin de Traverse ! Faudra que tu me donnes ton adresse là-bas, je pourrais t'en envoyer quand t'en auras plus. Et ne te convertis pas au café.

- On sera chez ma grand-mère je crois. Enfin, l'autre, la mère de ma mère, explicita-t-il. Mais je t'écrirai.

La boîte de thé fermement serré contre lui, Julian baissa la tête, encore une fois incapable de trouver les mots. Matthew le regarda longuement puis leva les bras vers le ciel en jurant :

- Oh Merlin, viens la Ju' ! OOOOOOOH AAAWWWW je fonds, tu nous as fait une belle amitié ...
Marion, j'ai trop de truc à regarder, entre le cyclisme et le tennis. ET EN PLUS LILLE JOUE 1-0 YEAH

e
Il l'engloutit dans une étreinte qui allait justement au-delà des mots. Son coude formant un angle étrange pour tenir la boîte de thé, Julian lui donna une tape dans le dos, une de celle qui aurait fait dire à Hanna que « franchement, les garçons, vous êtes bizarres ». Il s'en fichait. Pour la dernière fois avant il ne savait pas combien de temps, il puisa de la force dans la présence de son meilleur ami, puis s'écarta, reconnaissant. Oh c'est trop beau ... et ça brise salement le coeur cette affaire. SALEMENT.
DAMN IT CAROLINE (pas la nôtre, Garcia) NE DECONNE PAS (elle vient de perdre le premier set sèchement.


- Allez, va faire tes cartons ! Ordonna Matthew en le poussant vers la porte. Et oublies pas tes notes d'Histoire de la Magie, j'ai fait de supers dessins dessus ! Oh c'est trop choooou

- Promis ! Et maintenant que je suis plus là, je t'autorise de faire gagner la Coupe des Quatre Maisons à Gryffondor.

- Comme si j'avais besoin de ta permission. Même sans Lily Evans pour nous gagner des points, on va vous écraser !

Le rire de Matthew raisonna jusque dans le hall de la maison. Le pas léger, Julian passa la tête dans l'embrasure de la porte et adressa un signe de la main à Cassie Bones, en train de bercer le bébé sur le canapé. Dans la lumière estivale qui se déversait par la fenêtre, son épaisse chevelure dorée semblait étincelée comme une coulée d'or sur ses épaules Toi tu as l'image des mèches d'or coupée par Lysa dans la tête :lol: :lol: :lol: . Elle ressemblait à une lionne, belle et féroce, qui veillait sur sa progéniture. Pourquoi j'ai écrit ce bonus? POURQUOI?

- Tu repars déjà ? S'étonna-t-elle en levant les yeux vers lui.

- Oui, j'ai encore des tonnes de choses à emballer et à ranger avant de partir.

- Je me doute. Ça va, ton père s'en sort ?

Par politesse et esprit de convenance, Julian retint l'exclamation sarcastique qui lui montait aux lèvres. Si son père avait fait ne serait-ce que deux cartons, il voulait bien avaler un crapaud.

- Il est encore affecté mais on avance, mentit-il Ouais, TU AVANCES plutôt. Les autres, ils fuient. . C'est juste qu'il y a beaucoup de choses à gérer. L'administration pour entrer aux Etats-Unis est assez lourde, la famille de ma mère a dû intervenir pour nous obtenir un visa.

- Oh oui, j'en ai entendu parler, abonda Cassie. Le MACUSA est prudent depuis Grindelwald. Et la famille de ta mère, elle vit à New York c'est ça ? Tu ne les a jamais vu ?

- Non, ma mère n'en parlait jamais. Je crois qu'elle s'était disputée avec sa sœur ou plusieurs autres membres. C'était compliqué.

- Comme dans toutes les familles. Crois-moi, les sœurs sont les pires Oh comment t'es méchante avec ta soeur ! C'est ton frère le pire, plutôt ! ! Affirma-t-elle avec fatalisme sans cesser de sourire, comme si elle parlait d'expérience. Tu connais leur nom de famille au moins ?

- Les Grims. Grimsditch je crois à l'origine, mais ils l'ont raccourci pendant la guerre Je continue d'adorer cette idée. . Celle moldue, je veux dire, vous savez. Pour que ça sonne moins allemand et... Tout va bien, madame ?

Les traits de Cassie Bones s'étaient soudain figés et elle avait arrêté de bercer le bébé, immobile. Il essaya de se repasser mentalement ce qu'il venait dire et il espéra qu'elle n'avait perdu personne de sa famille pendant la seconde guerre mondiale moldue, même si cette éventualité paraissait peu probable.

- Oui, pardon. Je ne m'attendais pas à... enfin disons que je connais les Grims. Je nous adore.

- Vraiment ?

- Improbable, n'est-ce pas ? S'amusa-t-elle-même si son ton restait tendu. Mais je te raconterai tout ça une autre fois, tu dois y aller. Rentre avant que la nuit tombe, les jours raccourcissent maintenant que septembre approche.

Il aurait voulu insister, mais il s'en garda bien. Pour avoir vu de rares fois Cassie Bones en colère, il savait qu'il valait mieux ne pas la contrarier Sinon tu te retrouves face à une lionne. . Rongé par la curiosité, il se promit intérieurement d'envoyer une lettre à Matthew pour avoir des informations dès qu'il arriverait aux Etats-Unis. héhéhé

- Bonne soirée, Mrs Bones.

- Bon voyage, Julian, lui souhaita-t-elle. J'espère qu'on se reverra vite !

- Moi aussi. Passez le bonjour à Mr. Bones pour moi.

- Je n'y manquerai pas.

Sur le perron, il fut à nouveau ébloui par le soleil, mais il ne jeta pas un regard en arrière alors qu'il retraversait Terre-en-Lande en sens inverse.

***************************************************

Pour ceux qui se demandaient : Matthew Bones et sa mère, Cassie, appartiennent à Perripuce. Et si vous avez lu son dernier bonus, ça vous fait quelque chose de les retrouver ici... Ahhh! Bref ! Cassie est donc la femme d'Edgar Bones et Matthew un de ses fils. Vous retrouverez Matthew plus tard dans la fanfic, c'est promis ! Quant au bébé dans les bras du révérend, c'est bien sûr la seule et unique Victoria, vous l'aurez deviné ^^

Et allez lire Ombres et Poussières, c'est une merveille ! AAAAAWWW

Merci à tous !
Peut-être que je n'ai pas beaucoup commenté mais pour ma décharge, j'avais déjà lu la deuxième partie ! Alors c'est toujours aussi bien ma petite Anna', j'aime de plus en plus Julian, sa dévotion sans condition envers sa famille et sans rencoeur - un vrai saint, ce garçon, je ne sais pas d'où il tire cette force ... Il a un petit côté Poufsouffle sur les bords, mais on sent son côté Serdaigle avec un léger manque de modestie 'je suis bon en sortilège - MAIS MOI AUSSI" :lol: :lol: Genre il a des capacité, il en est fier, il est analytique et méthodique et légèrement handicapé des sentiments. On a envie de lui faire des câlins.
Hâte de lire les prochains chapitres en tout cas ! :mrgreen: :mrgreen:
annabethfan

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Chapitre 3 : New York, New York

« Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout »

- Louis-Ferdinand Céline -


// 1er septembre 1979 //

Le Nouveau Monde. C'étaient les derniers mots que lui avait adressé la directrice Hicks, juste avant de transplaner sur le perron de sa grand-mère Jeanne. Et c'est sur ce même perron que Julian avait dit adieu à son Ancien Monde ce matin même, le 1er septembre 1979. Il aurait dû être dans le Poudlard Express aujourd'hui. Il aurait dû passer la barrière à King's Cross et traversé le quai 9 ¾, retrouvé ses amis de Serdaigle.

Au lieu de ça, il avait laissé l'Ancien Monde derrière lui.

- Vous ferez attention, hein ? Aux Amériques ? Avait articulé grand-mère Jeanne, la gorge serrée par l'émotion. Ethan ? Tu feras attention aux enfants, n'est-ce pas ?

- Oui maman... Et toi ? Ça ira, toi ? Si tu as besoin, tu as juste à m'appeler, j'essayerai d'avoir un téléphone là-bas... Et... je ne sais pas, mais fais attention et lis les nouvelles dans le journal. Tu-Sais-Qui pourrait s'en prendre aux moldus dans les campagnes...

Julian avait trouvé ça riche qu'il propose son aide à la dernière minute, juste avant de partir comme un voleur. Ce n'était pas comme si son père était resté enfermé dans son bureau pendant des semaines à faire son deuil, puis les semaines encore suivantes à préparer leur déménagement, porte close. C'était lui qui avait dû s'occuper des cartons, de sa sœur, de jeter les sortilèges de protection autour de la maison de grand-mère Jeanne avec la baguette de son père en espérant que le Ministère n'y regarde pas de trop près.

- Ne t'en fais pas pour moi, l'avait-elle rassuré. J'ai survécu aux nazis, ce n'est pas votre mage noir qui m'aura. Occupe-toi des enfants !

Malgré la confiance de sa grand-mère, Julian savait ce que Tu-Sais-Qui et ses mangemorts pouvaient faire. Ce n'étaient pas ses talents magiques qui avaient protégé sa mère le jour de sa mort, et Jeanne Shelton, toute moldue et déterminée qu'elle était, ne pourrait pas les arrêter s'ils décidaient de marquer sa maison de leur marque des ténèbres.

- Et prenez soin les uns et des autres. Faites attention.

Désormais de l'autre côté de l'Atlantique, la tête posée contre la vitre fraîche du taxi jaune qui traversait les rues new-yorkaises, Julian battit des cils pour chasser les larmes qui lui montaient aux yeux en repensant à l'inquiétude de sa grand-mère. Au moment de partir, elle l'avait serré si fort contre elle qu'il avait senti ses côtes protester, mais il l'avait laissé faire, conscient que c'était sans doute la dernière fois avant un moment. Les pleurs qui maculaient son visage ridé se reflétaient sur celui de Charlotte qui hoquetaient, étranglée par les sanglots.

Plusieurs heures plus tard, elle avait arrêté de pleurer mais restait prostrée à côté de lui en regardant par le parebrise en face d'elle le trafic dense de la Grosse Pomme. Julian ne pouvait pas lui en vouloir. Tout lui paraissait fascinant, derrière cette barrière en plexi glace. Les gens arpentaient les trottoirs à toute vitesse en slalomant entre les touristes et leurs appareils photos. Les vêtements aux couleurs fluos et les coupes de cheveux crépues se mêlaient aux costumes trois pièces des banquiers d'affaires. Et puis évidemment il y avait les gratte-ciels qui paraissaient indestructibles ; ces tours de verres et d'aciers qui surplombaient la ville, masquant presque le ciel. New York était autant le symbole d'un pays démesuré que Londres était un témoignage de l'histoire d'un pays qui l'avait été.

Le taxi continua de rouler et passa par Time Square dont les lumières des néons s'imprimèrent derrière les rétines de Julian et il cligna des yeux, déboussolé. A l'avant, son père regardait nerveusement la route devant lui, tout aussi perdu, et il se demanda ce que ça lui faisait de se prendre le monde extérieur si brutalement en pleine face après des mois enfermé dans son « laboratoire ». Cette rancœur qu'il avait appris à reconnaître se réveilla une seconde, mais Julian l'ignora comme d'habitude et reprit sa contemplation par la vitre.

Petit à petit, le chauffeur de taxi, un homme d'une cinquantaine d'année au front dégarni commença à quitter les grands axes en longeant Central Park et ils s'engagèrent dans des quartiers plus résidentiels où la pierre remplaça le verre. Le bras négligemment posé sur le rebord de fenêtre, sa troisième cigarette coincée entre les dents, il appuya sur un bouton pour lancer la musique. Le silence devait commencer à être pesant pour lui aussi. La radio crachota une seconde avant que It's a Heartache, de Bonnie Tyler, ne résonne dans l'habitacle. Julian laissa échapper un rire amer devant l'ironie du titre et Charlotte tourna la tête vers lui.

Elle avait encore les yeux rouges mais ses joues avaient repris des couleurs.

- J'ai l'impression de juste partir en vacances, avoua-t-elle doucement en jouant avec la chaîne de son collier. Qu'on sera de retour à la maison la semaine prochaine et que je pourrais tout raconter à Leah...

Leah était sa meilleure amie et Julian ne comptait plus le nombre de soirées pyjamas où il avait dû taper contre le mur pour faire cesser leurs gloussements. Elle était venue dire au revoir à Charlotte le week-end dernier avec une partie de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle et elles s'étaient promis de se revoir à noël, s'ils pouvaient revenir en Angleterre.

- Tu la reverras, assura-t-il, même si intérieurement il n'en savait rien. Ce n'est qu'un océan après tout.

Elle se mordit la lèvre et tira un peu plus sur son collier, l'air peu convaincu.

- Ça ne va pas te manquer toi ? Murmura-t-elle pour que le chauffeur de taxi ne l'entende pas par-dessus la musique. Poudlard ? Ta salle commune ? Matthew et Hanna ?

Le cœur douloureux, la vision de sa salle commune aux étoffes de soie bleues et bronzes, au dôme parsemé d'étoiles, et à la grande bibliothèque nichée dans l'alcôve de Rowena Serdaigle s'imposa dans son esprit. Avec Matthew Bones, son meilleur ami à Gryffondor, il avait passé des heures à discuter et à faire des parties d'échec dans les fauteuils moelleux de la salle d'étude sous la plus grande fenêtre qui donnait sur les montagnes écossaises.

Matthew et lui étaient tout de suite devenus amis, dès le jour de la répartition à leur arrivée à l'école. Ils étaient tous les deux travailleurs, bons joueurs d'échec, et passionnés par l'exploration du château. Les premières semaines, ils s'étaient amusés à arpenter le labyrinthe des couloirs ou à se retrouver coincés sur les escaliers mouvants. Matthew, qui venait d'une famille de sang-pur juriste assez vieille école, avait adoré la liberté qu'offrait Poudlard ; et Julian, pour cette première année-là du moins, avait pu penser à lui sans s'inquiéter pour Charlotte.

La deuxième semaine des vacances de noël de cette première année, il avait même passé un week-end chez les Bones. Il avait fait la rencontre d'Edgar Bones, le père de Matthew, un homme impressionnant à la pipe toujours calée entre les mâchoires ; Spencer, le jeune frère toujours dans leurs jambes ; et la mère de Matthew, Cassie, une femme à l'esprit tranchant et bienveillante. Cette immersion dans un univers traditionnel entièrement sorcier lui avait fait prendre conscience de la modernité de leur propre mode de vie à la maison. Malgré le statut sang-pur de sa mère qu'elle détestait évoquer, leur père avait réussi à faire entrer au sein de leurs murs les innovations techniques avec lesquels il avait grandi en tant que né-moldu. Si les lumières de sort et les flammes des lampes à pétrole amplifiées par magie avaient été amusantes pour un week-end, il était resté bien content de retrouver l'électricité en rentrant.

Concernant Hanna, il avait horreur de l'admettre, mais il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir un certain soulagement. Ils avaient commencé à sortir ensemble au retour des vacances de noël de cette année après avoir été camarades de classe à Serdaigle depuis leurs onze ans. Hanna Faucett était une fille intelligente et pleine de vie, il s'entendait avec elle comme avec Matthew ; mais il ne savait pas s'il était amoureux d'elle. Il n'était même pas sûr de savoir ce que ce mot signifiait. Il avait vu beaucoup de personnes amoureuses dans sa vie : sa grand-mère Jeanne, qui regardait avec la même tendresse nostalgique le portrait de son défunt mari décédé pendant la guerre en 1944 alors que son père avait onze ans; ses parents évidemment, qui disaient souvent qu'ils s'étaient sauvés l'un l'autre sans que Julian comprenne réellement ce qu'ils voulaient dire par là ; et les couples de Poudlard, comme James Potter et Lily Evans, deux septième année qui avait fini leurs études il y a un an et sur qui il n'aurait pourtant pas misé au départ.

Quand son père lui avait annoncé leur déménagement, Julian avait quand même envoyé une lettre à Hanna pour la mettre au courant. Il n'avait même pas eu le temps de la revoir, puisqu'elle passait les deux mois d'été en Grèce, et honteusement il était plus soulagé qu'attristé. Il devait déjà gérer les pleurs de Charlotte, il n'aurait pas eu la force de la consoler elle aussi.

- Ju' ? L'interpella Charlotte, le ramenant sur terre.

- Désolé, marmonna-t-il en secouant la tête. Euh... si, si évidemment que ça va me manquer...

Sa sœur le regarda d'un drôle d'air, mais parut comprendre qu'il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Elle soupira en reportant une fois de plus son attention dehors où une famille moldue avec une poussette traversait au passage piéton sous le regard torve de leur chauffeur, impatient.

- J'pensais pas que c'était si grand, New York, commenta Charlotte, en mordillant la chaîne de son collier. On doit aller jusqu'où comme ça ?

- Jusqu'à... Carnegie Hill dans l'Upper East Side, répondit leur père à l'avant, la carte sur les genoux. C'est là qu'ils vivent d'après la lettre d'Isadora.

- Mais tu les as déjà vu, papa ? Les Grims ?

Son ton avide trahissait la curiosité que Julian ressentait depuis des semaines. Leur père croisa leur regard dans le rétroviseur et dû le lire sur leur visage.

- Non, répondit-il après une brève hésitation. Non, jamais. Ils ne sont pas venus à notre mariage, ni pour votre naissance. Votre mère ne voulait pas les prévenir de toute façon. Je n'ai jamais su toute l'histoire, mais je crois qu'Aurélia ne s'entendait pas avec sa sœur, Cordelia. Elles se sont disputées pendant des années et le reste de la famille s'est rangé à la cause de Cordelia si j'ai bien compris. Votre mère a finalement pris la décision de partir en Angleterre quand on lui a proposé un stage d'historienne deux ans après ses études pour s'éloigner d'eux.

- Et elle n'est jamais rentrée...

Leur père sourit tristement.

- C'est vrai. Elle l'a décidé définitivement quand on s'est mariés.

- Le 13 août 1959, dit Julian à voix basse.

Il connaissait la date par cœur pour l'avoir vu toute sa vie, gravée dans le bois du chambranle de l'entrée, dans leur appartement londonien. C'était sa mère qui l'avait fait de la pointe de sa baguette lorsqu'ils l'avaient acheté quand il avait un an.

Après ça, Charlotte sembla renoncer à poser des questions et s'enfonça dans son siège. Leur chauffeur alluma sa quatrième cigarette, enfumant l'intérieur du taxi, puis s'engagea dans une longue rue bordée d'arbres où les immeubles immenses en grès et aux façades percées de hautes fenêtres en fer côtoyaient les demeures grand siècle, vestige d'une autre époque.

Julian se demanda à quoi pouvait bien ressembler les Grims. Il n'avait jamais vu de photos d'eux, c'était à peine s'il connaissait leur nom. Sa grand-mère Isadora avait été la seule à communiquer avec son père pour préparer leur arrivée et il en avait déduit qu'elle devait être une sorte de cheffe de famille. Tous les Grims vivaient dans le quartier de Carnegie Hill, près de Central Park, dans une même maison qui était dans la famille depuis des générations. Quand son père lui avait indiqué l'endroit sur une carte, Julian avait haussé un sourcil. Il ne connaissait peut-être pas grand-chose au prix du marché newyorkais, mais il ne fallait pas être agent immobilier pour se douter du coût exorbitant d'un bien pareil. A moins que le dit bien ne soit pas référencé chez les moldus et appartienne exclusivement au monde sorcier, ce qui n'était pas impossible vu son ancienneté.

Julian avait tenté de faire des recherches sur les lieux sorciers à New York, mais il avait trouvé peu de documents dans les affaires de sa mère. La seule carte qu'il avait trouvée indiquait qu'une partie de Central Park était un territoire de Doxy et que le Woolworth Building, au cœur de Broadway, abritait le congrès américain sorcier, le MACUSA, depuis 1893. La gare de Grand Central constituait également un passage vers un quai dissimulé qui permettait de se rendre à Ilvermorny au Massachussetts.

Ce manque de développement s'expliquait avant tout par le caractère récent de la société sorcière américaine. Pendant des siècles, les sorciers avaient vécu aux quatre coins du pays, dans des espaces éclatés. Ils avaient été longtemps persécutés et traqués aussi bien par les moldus, dont les procès de Salem était le symbole, que par d'autres sorciers corrompus qui pourchassaient leurs semblables pour l'appât du gain, les Ratisseurs.

Cette peur incessante d'être découvert avait poussé les sorciers américains à ne jamais se figer quelque part. Leurs institutions, notamment le siège du MACUSA, n'avait pas cessé de bouger au cours du temps. La loi Rappaport en 1790 et sa ségrégation entre moldus et sorcier avaient fini de forger cette spécificité américaine.

Par peur que le secret du monde magique soit révélé, les pouvoirs publics avaient même refusé de créer des lieux dédiés uniquement aux sorciers, ce que Julian avait trouvé paradoxal étant donné qu'ils n'avaient déjà pas le droit de se mêler aux moldus et qu'en plus ils ne pouvaient pas se retrouver entre eux. C'était pour cela que New York comptait une multitude de bars et de cafés clandestins cachés aux moldus, tenus par des sorciers, et dont l'emplacement s'était fait connaître grâce aux bouches à oreille.

- Arrête de penser, lança soudain Charlotte.

Surpris, il manqua de sursauter et son esprit mit une seconde à se reconnecter au monde autour de lui.

- Quoi ?

- Je te regarde depuis dix minutes et tu fais ta tête, dit-elle, amusée.

- Quelle tête ? Je fais pas « de tête », protesta-t-il.

Charlotte se tourna de trois quarts pour lui faire face, son sourire de petite sœur agaçante aux lèvres. Il se retint de la repousser en arrière.

- Si ! Affirma-t-elle. Je suis sûre que tu récites intérieurement tout ce que t'as eu le temps de lire sur les Etats-Unis. Pour avoir l'impression de maîtriser.

Malheureusement, elle avait raison, même si en vérité il n'avait pas eu le temps de lire grand-chose en un mois avec tout ce qu'il avait eu à faire. A peine deux livres.

- Tais-toi, maugréa-t-il malgré tout.

Charlotte eut un rictus supérieur et tira à nouveau sur la chaîne de son collier. Il lui donna une tape sèche sur les doigts.

- Arrête, tu vas le casser, prévint-il.

- Il est déjà cassé...

Là encore, elle n'avait pas tort. Son collier, une horloge imbriquée dans un cœur ouvragé en or suspendu à une simple chaîne dorée, avait appartenu à leur mère. Julian ne l'avait jamais vu sans, à part le jour de sa mort. Elle l'avait oublié à la maison. La petite horloge à l'intérieur du cœur n'avait jamais fonctionné et les aiguilles étaient restées bloquées sur 23h48.

- Je veux dire la chaîne, précisa-t-il.

- Hum, fit-elle, peu convaincue. C'est encore long ?

- C'est l'heure de pointe à New York, il y a juste pas mal de trafic. Essaye de dormir ?

- J'ai dormi 5h dans l'avion.

Julian grimaça. Il n'avait jamais pris l'avion avant aujourd'hui et il n'était pas pressé de renouveler l'expérience. Les secousses lui avaient semblé interminables, sans parler de ses oreilles qui sifflaient encore à cause de leur passage en altitude. Pendant l'atterrissage, il s'était fait la promesse que si un jour il devenait chercheur en sortilège, il essayerait d'inventer un portoloin qui traverserait l'Atlantique. Et il écrirait une lettre ouverte au MACUSA pour que les étrangers tout juste débarqués sur le sol américain puissent emprunter une cheminée ou un portoloin même sans s'être rendu à l'Ambassade au lieu de prendre un taxi coincé dans les embouteillages.

- Je ne sais pas, Lottie, soupira-t-il finalement. Compte les arbres.

Elle leva les yeux au ciel, puis se tourna à nouveau vers lui. Il sut qu'elle allait lui demander quelque chose rien qu'à son expression de bébé veau-de-lune.

- Ju', tu me racontes l'histoire de maman ?

- Lottie...

- S'il te plait ! Tu la racontes trop bien !

Pas aussi bien que maman, songea-t-il avec une pointe de tristesse. Il ne savait même plus quand est-ce qu'elle avait commencé à leur raconter l'histoire du Cercle des Animaux, comme ils l'avaient baptisée avec le temps. C'était un petit conte, ni tout à fait sorcier ni tout à fait moldu, qu'Aurélia avait inventé pour les endormir le soir.

- Il était une fois...commença-t-il d'une voix résignée.

- « Il était jadis », corrigea Charlotte mécaniquement. Maman aimait bien faire dans l'original.

- Alors que la convention poétique d'un conte devrait être...

- Ju' ! L'histoire !

- Oui, pardon... Il était jadis cinq animaux. Tous différents mais unis par un but, ils formaient un Cercle, une égalité parfaite, une harmonie au cœur de la forêt argentée. Il y avait un corbeau qui aimait voler au-dessus des cimes. De tous temps et de toutes circonstances, le corbeau restait au côté de son meilleur ami le rouge-gorge. Le petit oiseau frêle n'était pas originaire de la région et trouvait refuge auprès de la protection du corbeau. L'un téméraire, l'autre prudent, ils volaient côte à côte et exploraient la forêt. La famille du corbeau ne voyait pas d'un très bon bec cette amitié, mais il la tolérait. Le frère du corbeau se joignait parfois à eux. A ce trio étrange se joignit bientôt deux autres animaux : un puma, fort et courageux, et un perroquet aux couleurs chatoyantes. Si les quatre oiseaux voyageaient dans les airs, le puma, lui, arpentaient le sol de la forêt argentée pour prévenir le danger. Un jour, le Cercle des Animaux entendit parler d'un objet magique : un objet si ancien qu'il aurait appartenu à un voyageur, un véritable fondateur de pays lointains, dont le symbole magique aurait été perdu dans les bois. Conscients de l'enjeu que représentait cet objet, les animaux se mirent à le chercher avec acharnement. Le puma parcouraient des lieux entiers chaque jour tandis que les oiseaux écumaient le ciel. Ils en oublièrent le reste, leur famille et les autres animaux de la forêt qui ne pouvaient les approcher tant le Cercle se consacrait à sa recherche. Un jour fatidique, les cinq amis se séparèrent en deux groupes : les frères corbeaux et le puma se rendirent près d'un arbre sacré aux propriétés extraordinaires selon la légende, tandis que le rouge-gorge et le perroquet suivirent un cours d'eau qui s'enfonçaient sous terre dans une grotte obscure.

- Ténébreuse, murmura Charlotte.

Coupé dans son élan, Julian cligna des yeux. Il hocha la tête pour lui accorder le point et reprit son récit :

- Une grotte ténébreuse, oui, dit-il. Le rouge-gorge et le perroquet ne trouvèrent rien, ils voletèrent près des parois sans trouver le mystérieux objet magique, la couleur de leur plumage à peine visible dans le noir de la grotte. Au contraire, le puma et les frères corbeaux crurent enfin découvrir ce qu'ils désiraient tant. L'arbre avait bien des propriétés étranges et semblait l'endroit parfait pour accueillir en son sein un tel objet. Téméraire, peut-être trop, le puma bondit sur l'arbre sous les avertissements des corbeaux. Impuissants, ils ne purent que voir leur ami subir le mauvais sort que réservaient les protections de l'arbre à ceux qui tentaient de s'emparer de l'objet sans connaissance. Sans vie devant eux, le puma avait succombé à sa soif de pouvoir. Alertés par les croassements de leurs amis aux plumes noirs, les oiseaux colorés accoururent...

- S'ils volent, est-ce qu'on peut dire qu'ils accourent ? Coupa soudain leur père à l'avant du taxi.

D'un même mouvement, Julian se retourna vers lui avec Charlotte. La question était si pragmatique, si terre-à-terre, qu'il en resta muet sur le coup avant de réaliser que la remarque n'était pas si bête. Quand leur mère leur racontait l'histoire, il ne s'était jamais posé la question et un doute s'immisça au fond de son esprit. S'il ne l'avait jamais remarqué, c'était peut-être parce que ce n'était pas le mot qu'elle employait... Avait-il confondu ? Comme avec obscure et ténébreuse ? A la simple idée d'oublier ce qu'elle lui avait pourtant raconté une centaine de fois pendant son enfance, il fut pris de panique.

- Maman disait accourir, je crois, dit Charlotte en fronçant les sourcils. Mais c'est vrai que c'est bizarre...

- Les oiseaux peuvent marcher, intervint le chauffeur de taxi avec un fort accent américain. C'est possible, non ?

Cette fois, les trois Shelton le dévisagèrent et Julian retint un éclat de rire. Si même leur chauffeur s'y mettait...

- Peu importe, s'impatienta Charlotte. Continu, Ju' !

- Ah... Euh oui, balbutia-t-il en essayant de reprendre le fil de l'histoire. Donc... Le rouge-gorge et le perroquet arrivèrent sur les lieux. Ils pleurèrent tous leur ami à quatre pattes, si brave et courageux, avant que la réalité ne les rattrape. Les autres animaux de la forêt allaient bientôt se réveiller et découvrir la mort de ce noble animal. Le blâme retomberait sur eux car après tout ils l'avaient entraîné dans leur quête insensée. Que faire ? Il fallait faire passer la mort du puma pour un accident... Mais qui aurait pu vaincre cette montagne de courage et de muscles ? Seul l'ours aurait peut-être pu y parvenir. Les quatre oiseaux se mirent alors à lacérer le corps de coups de bec et de coups de griffes pour faire croire à une attaque d'ours. Le lendemain, les animaux de la forêt découvrirent le puma et lui rendirent hommage, sans jamais se douter de la supercherie. Mais cette aventure ne fut pas sans conséquence. Les quatre animaux du Cercle se séparèrent, rongés par leur secret : les frères corbeaux s'exilèrent chacun à un bout de la forêt, le rouge-gorge resta au même endroit et décida d'honorer la mémoire de son ami défunt. Le perroquet, cet oiseau de paraître qui aimait faire le spectacle devant les autres, fut traumatisé par cette tragique soirée. Il en perdit son éclat et arrêta de chanter. Encore aujourd'hui, on raconte que l'objet magique serait toujours dans la forêt...

Sa voix s'éteignit et seule la chanson qui passait à la radio emplit l'habitacle. Julian coula un regard en direction de sa sœur. Elle s'était remise à jouer avec son collier, la tête contre la fenêtre et un petit sourire nostalgique jouait sur ses lèvres. Le simple fait d'avoir réussi à la faire sourire l'apaisa.

- Arrête avec ton collier, admonestera-t-il.

Avant même que Charlotte ait pu dénouer ses doigts entremêlés, le taxi freina brusquement et ils manquèrent d'être projetés en avant. Instinctivement, Julian tendit le bras pour retenir sa sœur.

- Désolé, s'excusa leur chauffeur. Vous avez dit le n°6 ?

- Oui... Oui c'est ça, confirma Ethan en scrutant la carte. Le n°6 sur 91th Street

- Bah y'a pas de n°6, m'sieur. On est devant le n°4 et ça passe au n°8 ensuite...

- Oh... Oui, j'ai dû... j'ai dû me tromper. On va se débrouiller ici.

- Vous êtes sûr ?

- Certain. Merci beaucoup.

Sans attendre, il tendit un billet de cinquante dollars au chauffeur et leur fit signe de descendre. Julian ouvrit sa portière et se retrouva sur le trottoir, son sac à dos sur l'épaule. C'était le seul bagage qu'il avait gardé avec lui pour le voyage, histoire de conserver au moins sa baguette et quelques affaires. Le reste de leurs valises avait été envoyé la veille de leur départ chez les Grims.

Le taxi s'éloigna avec un signe de la main et un « ces anglais... » sonore.

- Alors ? Dit Charlotte. On toque à quelle porte si le n°6 n'existe pas ?

- Il existe, contredit son père. Mais pas pour les moldus. Avancez un peu tous les deux.

Julian regarda devant lui, incertain. Techniquement, le chauffeur avait eu raison. Les façades brunes des immeubles s'alignaient, séparées du trottoir seulement par de petites allées délimitées par des grilles en fer ouvragé. De ce côté de la rue, les numéros pairs se succédaient, même si le n°6 manquait effectivement à l'appel. Mais si Julian avait appris quelque chose en grandissant entre deux mondes, c'était que les apparences pouvaient être trompeuses du point de vue moldu.

A la suite de Charlotte, il entra dans la petite allée juste devant eux. Dès qu'il passa les grilles, la façade parut se transformer sous ses yeux. Le changement se produit si vite, comme s'il avait franchi un voile invisible, qu'il vit flou un instant. Là où une seconde auparavant deux immeubles mitoyens bordaient la rue, une maison était désormais intercalée entre les deux. Ses murs ne touchaient aucun des deux immeubles : deux bandes d'herbe, de part et d'autre de la maison, l'entouraient et laissaient deviner un jardin à l'arrière.

La maison en elle-même semblait bien plus ancienne que les deux immeubles. Sa pierre de grès, bien qu'identique, était plus patinée par le temps. Elle avait tout du manoir gothique avec sa façade ornée de fioritures architecturales. Son fronton colonial en forme d'arc de cercle soutenait un balcon qui donnait sur le premier étage. Deux rangées de fenêtres, aux rideaux tirés, étaient encore visibles au-dessus et le toit mansardé était percé d'une petite lucarne ronde qui devait être le grenier.

Juste au pied des marches qui menaient au perron, une pancarte en acier devenue presque noir indiquait le nom du manoir : « Le Saranna ».

- Ils habitent là ? Murmura Charlotte, comme si elle avait peur d'élever la voix.

- D'après la lettre d'Isadora... Et je ne pense pas qu'il y ait plusieurs maisons enchantées dans le quartier. Ça ne peut être qu'ici.

Pourtant, ni Charlotte ni son père ne fit mine de s'avancer. Julian roula des yeux. Constatant que ni l'un ni l'autre ne semblait prêt à bouger, il prit les devants et gravit les marches. Avant d'avoir le temps d'hésiter, il empoigna le lourd heurtoir en bronze gravé d'un corbeau en plein vol et donna trois coups secs contre la porte. Le corbeau du heurtoir lui rappela celui du conte.

Il sentit son pouls s'accélérer et, pendant une seconde, espéra presque que personne ne vienne répondre. Il ne savait pas à quoi s'attendre, ni qui comment seraient ces gens. Dans son dos, il entendit son père et Charlotte l'imiter, mais ils restèrent derrière lui.

Brusquement, le battant s'ouvrit et Julian redressa les épaules. Une jeune fille qui devait avoir son âge se tenait devant eux dans l'embrasure de la porte, impassible. Elle avait de longs cheveux bruns, un nez retroussé parsemé de quelques tâches de rousseurs, et le teint pâle. Elle les gratifia d'un regard presque moqueur.

- Bienvenue dans la famille la plus dysfonctionnel d'Amérique, les accueillit-t-elle.

******************

Merci pour vos commentaires, j'espère vraiment que vous allez continuer à aimer !

Prochain post : Chapitre 4 - Mercredi 14 octobre
elohane

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par elohane »

Preums !
J'adore tellement !
Bon là pas le temps de te faire une description de tout ce que j'adore, mais promis je t'envoie un commentaire plus long la prochaine fois ! Encore bravo pour ton talent !
bye !
Bff47

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Bff47 »

Ah la la ! Cette coupure juste avant de rencontrer les Grims m'a énormément frustrée :D :D :D

C'était super le conte, j'ai adoré. Je me demande, quel sera son rôle dans l'histoire... J'ai vu que le titre de cette partie s'appelle : La baguette de Salazar Serpentard ! J'imagine que c'est ça l'objet magique... Mais du coup c'est bizarre que ça fasse partie de l'intrigue alors que l'action va se situer en Amérique et que Salazar est anglais. Après, l'arbre magique m'a fait pensé au sureau, je me suis dit que peut être c'était le conte équivalent américain des Trois Frères, et que du coup on parle de la baguette de sureau mais ça a encore moins de sens !!

Après, peu de choses sont dévoilées sur le passé de Serpentard, tu as très bien pu inventé un repli en Amérique etc ... Je me demande ce qu'est la symbolique derrière les 2 corbeaux, le perroquet, le rouge gorge et le puma. Pourquoi pas faire 5 animaux différents plutôtt que prendre 3 animaux différents et deux corbeaux ? Pourquoi choisir un mammifère et 4 oiseaux ?? je comprends rien mdr !
Peut être que les 5 animaux représentent les 5 Patronus de personnes qui ont existés ? Je tiens quelque chose là ?

J'adore faire des théories !

Oh mon dieu, je viens de trouver une page sur illvermony qui explique l'histoire de l'école ! Peut être je vais m'arrêter là, pour éviter de spoiler des trucs ! Il faut que je me renseigne !

Bref, c'était vraiment un super chapitre, c'est passé très vite, j'ai pas l'impression qu'il se soit passé grand chose mais c'était super, comme d'habitude !
mythik

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par mythik »

Salut !

J'ai adoré ce chapitre, j'avais trop hâte qu'ils arrivent enfin aux Etats-Unis ! Rhhaa, ce suspense à propos de la famille Grimms !!! M'enfin, on les rencontre au prochain chapitre donc il n'y a plus trop à attendre :D
Pour moi, le conte décrit l'histoire d'Aurélia (enfin je pense). Les deux corbeaux : son frère et sa sœur (elle a bien un frère et une sœur ?) ; le puma : un ami qui est mort ; le rouge-gorge : le/la compagnon/compagne de l'ami ; le perroquet : elle ??? Du coup, la raison pour laquelle elle aurait quitté sa famille, ça serait la mort d'un de ses amis ? Bref, il faut que j'arrête de m'embrouiller les neurones :lol: De toute façon, on aura bientôt la réponse à tout ça ;)
Vivement qu'ils arrivent à Ilvermorny ! C'est quand la rentrée ?

A mercredi !!!
Charmimnachirachiva

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Coucou !
Déjà, désolée de pas avoir com le dernier chapitre (la procrastination aura ma peau...)
Sinon, ces deux chapitres sont super !
L'histoire se met bien en place, tu as introduit les USA dans le chapitre (eh oui Julian, c'est pénible les embouteillages !!). J'ai super hate de connaitre un peu plus les Grims...
Je suis contente qu'on en apprenne un peu plus sur l'adolescence de Juju (c'est acté, à partir de maintenant Julian s'appelle Juju ! :lol: ). Et j'aime pas Hanna, c'est juste une impression comme ça ...
Et bien sûr, l'univers partagé avec perri me fait juste ressentir beaucoup trop d'émotions ( ne pas spoiler, ne pas spoiler :lol: )
Je pense que l'on va réentendre parler de ce conte (très touchant vu que c'est Aurelia qui le racontait) par la suite !
Cazolie

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Cazolie »

HEY SALUT

histoire moins familière que ATDM haha, t'as suivi les conseils de Perri sur l'écriture d'une fanfic c'est tant mieux :lol:
J'avais oublié cette couverture, toujours si jolie (woooh consultée 247 fois ??? MAIS QUI SONT SES CONSULTEURS D IMAGE FANTOMES)

Leonidas => chocolat
Oh eh Aurelia le premier enfant du couple c'est le couple alors Ethan RESTE IMPORTANT DANS TA VIE
Petit paragraphe sur Ethan qui campe déjà bien le personnage, bien joué ! Ce qui est marrant c'est que ça contribue à façonner son aspect physique dans mon cerveau haha

Okay donc elle a juste pas réfléchi à l'éventualité d'avoir un garçon ? :lol: C'était une chance sur deux pourtant cocotte :lol:
"Service courrier", c'esdt vrai qu'avoir des hiboux qui débarquent dans la salle de naissance ce serait pas très hygiénique
Sa belle-mère habitait à plus de trois heures de Londres, à la campagne, et n'avait pas pu faire le déplacement.
Avait-elle vriament envie d'avoir sa belle-mère pour accoucher ?
Y a un cachet de la poste sur une lettre par hibou ? :lol: (je rigole, on pourrait trouver des tas d'explications à ça vu que c'est transatlantique)

loin de LUI ? qui est LUI ??
"Le sorcier charmant" ça me fait marrer haha
TOUT CE MYSTERE AUTOUR DE CE SOIR LA
Je sais pas ce qu'il se passait dans mon cerveau avnat mais ça y est, "né non-Maj" a du sens pour moi haha

Ah ça commence bien ce petit souvenir (mais merci de ne pas nouis faire lanterner plus longtemps :lol: )
Je retire ce que j'ai dit, je ressors de ces quatre lignes AVEC ENCORE PLUS DE QUESTIONS

SALUT DJOULIANNE
Le dernier paragraphe est trop beau Anna', les idées et l'écriture !

Let's go pour le chapitre 1, il me reste 30 min de train haha

J'aime trop tes citations ! T'en as tout un recueil ou tu vas les chercher exprès pour chaque chapitre ?
Pourquoi on parle que de son père, Aurelia est morte ?
Ju' = Djou ? C'est pas terrible comme surnom, on va rester sur Ju :lol:

Okay je comprends pas la passion des sorciers pour les dragées surprises, j'espère vraiment que le ratio bonnes/mauvaises et en faveur des bonnes haha

AH
QU EST IL ARRIVE A AURELIA
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON
Je sais que tu connais pas l'histoire mais c'est marrant parce que ça m'évoque pas mal Fullmetal Alchemist. Les deux garçons sont principalement élevés par leur mère pendant que leur père est à l'étranger pour faire des recherches, jusqu'au moment où elle meurt
bref voilà :lol:
Ah mais oui je suis à l'ouest moi, j'avais pas capté que c'était lié à la guerre. Tain j'aurais pu utiliser cet événement dans L&J, moi aussi je veux un univers partagé :lol:
"se faire de nouveaux amis" EXCUSE MOI perspective terrifiante (dit la meuf condamnée à changer de ville tous les 3 ans)

Déso pour le poursuiveur mais j'ai ri aux "trois cognards en même temps" :lol:

James <3
Hahaha la pensée de Julian après

Est-ce qu'il lui fait ses tresses à l'école aussi ? C'est trop mignon haha, je pense que mes frères font pas la différence entre une tresse et une queue de cheval

Okay mamie Jeanne a l'air trop cool
Ca aurait été dommage pour cette pauvre femme qu'elle ressemble à Dumbledore :lol:
Hahaha elle est trop drôle :lol:

Ce détail 70's du pantalon à pince haha
Fais attention avec les clichés Anna', tu vas te retrouver dans une situation à la Emily in Paris :lol:

J'aime troooooooooop ta liste sur l'organisation à Ilvermorny là
Histoire de la magie des sorciers natifs amérindiens ça a l'air trop bien ! (moi historienne dans l'âme ? noooon)
BALAIS ACROBATIQUE HAHAHHA
Il pouvait presque entendre la voix riante de sa mère répéter le mot « moldu » avec son faux accent anglais
Est-ce que je viens d'essqayer de le dire derrière mon masque avec des accents différents ? Oui

Isolationnisme américain bonjouuuur
Okay c'est trop intéressant tous les trucs sur le monde magique aux USA haha, je suis fan ! Tu présentes ça super bien en plus, c'est précis mais pas trop long
Charlotte lui coupa à nouveau le feu sous le chaudron.
Yeees j'adore haha

Hahaha Charlotte horrifiée apr l'absence de dragées aux USA
De sa famille, elle était sans doute la moins… Enfin je veux dire, c’était quelqu’un de bien
MDR ça veut tout dire ça

Yeaaaah c'était un super premier chapitre ! Tu poses pas mal de mystères encore héhé, en tout cas j'ai hâte de découvrir Ilvermorny, les Grims et l'Amérique (pas dans cet ordre là)
Charlotte et Julian sont trop mignons et Ethan me fait de la peine, qu'est-ce qu'il va faire tout seul au miliey des Grims quand ils seront partis ? :o
Perripuce

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Perripuce »

annabethfan a écrit : mer. 07 oct., 2020 7:50 pm Chapitre 3 : New York, New York

« Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout »

- Louis-Ferdinand Céline -


// 1er septembre 1979 // Comme promis, me voilà pendant la finale de RG où Djoko est breaké d'entrée. Je ne sais pas pourquoi, je sais que Rafa vole vers son 13e titre.

Le Nouveau Monde. C'étaient les derniers mots que lui avait adressé la directrice Hicks, juste avant de transplaner sur le perron de sa grand-mère Jeanne. Et c'est sur ce même perron que Julian avait dit adieu à son Ancien Monde ce matin même, le 1er septembre 1979. Il aurait dû être dans le Poudlard Express aujourd'hui. Il aurait dû passer la barrière à King's Cross et traversé le quai 9 ¾, retrouvé ses amis de Serdaigle.

Au lieu de ça, il avait laissé l'Ancien Monde derrière lui. J'adore cette analogie ancien monde/nouveau monde par rapport à l'Histoire mais aussi par rapport à l'histoire personnelle de Djoulianne, c'est un beau parallèle.
OH NON MON CHAT EST DE RETOUR ELLE VA ENCORE MONTER SUR MON CLAVIER.


- Vous ferez attention, hein ? Aux Amériques ? Avait articulé grand-mère Jeanne, la gorge serrée par l'émotion. Ethan ? Tu feras attention aux enfants, n'est-ce pas ? Non mais la pauvre, elle voit toute sa famille partir. Sérieusement, ils auraient pu la prendre avec elle ...

- Oui maman... Et toi ? Ça ira, toi ? Si tu as besoin, tu as juste à m'appeler, j'essayerai d'avoir un téléphone là-bas... Dans une maison de sorcier? Well, si j'étais toi je compterais sur les cabines téléphoniques ... Et... je ne sais pas, mais fais attention et lis les nouvelles dans le journal. Tu-Sais-Qui pourrait s'en prendre aux moldus dans les campagnes... Mais franchement pauvre Jeanne, laissée toute seule au pire moment. Je suis sûre qu'elle prend pas de place, quelqu'un veut pas la prendre dans ses valises?

Julian avait trouvé ça riche qu'il propose son aide à la dernière minute, juste avant de partir comme un voleur. Ce n'était pas comme si son père était resté enfermé dans son bureau pendant des semaines à faire son deuil, puis les semaines encore suivantes à préparer leur déménagement, porte close. C'était lui qui avait dû s'occuper des cartons, de sa sœur, de jeter les sortilèges de protection autour de la maison de grand-mère Jeanne avec la baguette de son père en espérant que le Ministère n'y regarde pas de trop près. Ouah tu joues avec le feu mon garçon ... Mais cette histoire de la Trace, je continue de trouver ça étrange mine de rien. Le côté on repère l'acte magique mais pas celui qui le commet

- Ne t'en fais pas pour moi, l'avait-elle rassuré. J'ai survécu aux nazis, ce n'est pas votre mage noir qui m'aura Ah ça ... . Occupe-toi des enfants !

Malgré la confiance de sa grand-mère, Julian savait ce que Tu-Sais-Qui et ses mangemorts pouvaient faire. Ce n'étaient pas ses talents magiques qui avaient protégé sa mère le jour de sa mort, et Jeanne Shelton, toute moldue et déterminée qu'elle était, ne pourrait pas les arrêter s'ils décidaient de marquer sa maison de leur marque des ténèbres.

- Et prenez soin les uns et des autres. Faites attention.
ac
Désormais de l'autre côté de l'Atlantique, la tête posée contre la vitre fraîche du taxi jaune qui traversait les rues new-yorkaises, Julian battit des cils pour chasser les larmes qui lui montaient aux yeux en repensant à l'inquiétude de sa grand-mère. Au moment de partir, elle l'avait serré si fort contre elle qu'il avait senti ses côtes protester, mais il l'avait laissé faire, conscient que c'était sans doute la dernière fois avant un moment. Les pleurs qui maculaient son visage ridé se reflétaient sur celui de Charlotte qui hoquetaient, étranglée par les sanglots. Oh cette image T.T C'est vraiment affreux d'être arraché comme ça à tout ce que tu connais ...
Damn it, balle de double break.
OUH SAUVEE trop beau point.


Plusieurs heures plus tard, elle avait arrêté de pleurer mais restait prostrée à côté de lui en regardant par le parebrise en face d'elle le trafic dense de la Grosse Pomme. Julian ne pouvait pas lui en vouloir. Tout lui paraissait fascinant, derrière cette barrière en plexi glace. Les gens arpentaient les trottoirs à toute vitesse en slalomant entre les touristes et leurs appareils photos. Les vêtements aux couleurs fluos et les coupes de cheveux crépues se mêlaient aux costumes trois pièces des banquiers d'affaires Ah, New York New York ... . Et puis évidemment il y avait les gratte-ciels qui paraissaient indestructibles ; ces tours de verres et d'aciers qui surplombaient la ville, masquant presque le ciel. New York était autant le symbole d'un pays démesuré que Londres était un témoignage de l'histoire d'un pays qui l'avait été. Oh quelle belle phrase qui résume parfaitement la différence d'esprit entre les deux pays ... Et qui explique à elle seule pourquoi j'ai largement préféré Londres à NY ahah
Et damn, double Break ...

Le taxi continua de rouler et passa par Time Square dont les lumières des néons s'imprimèrent derrière les rétines de Julian et il cligna des yeux, déboussolé C'est particulier Time Square, tu as énormément de monde et tu as l'impression d'avoir en permanence un projecteur braqué sur toi; . A l'avant, son père regardait nerveusement la route devant lui, tout aussi perdu, et il se demanda ce que ça lui faisait de se prendre le monde extérieur si brutalement en pleine face après des mois enfermé dans son « laboratoire » Ah ça passer de sa grotte à NY, il y a de quoi faire une crise de panique ... . Cette rancœur qu'il avait appris à reconnaître se réveilla une seconde, mais Julian l'ignora comme d'habitude et reprit sa contemplation par la vitre.Là il est en train de nourrir le dragon. Et un jour le dragon va se réveiller ...

Petit à petit, le chauffeur de taxi, un homme d'une cinquantaine d'année au front dégarni commença à quitter les grands axes en longeant Central Park et ils s'engagèrent dans des quartiers plus résidentiels où la pierre remplaça le verre Ils vivent dans Manathan même? Parce que pour le coup moi j'avais trouvé Brooklyn plus agréable justement parce que c'était fait de pierre. . Le bras négligemment posé sur le rebord de fenêtre, sa troisième cigarette coincée entre les dents, il appuya sur un bouton pour lancer la musique. Le silence devait commencer à être pesant pour lui aussi. La radio crachota une seconde avant que It's a Heartache, de Bonnie Tyler, ne résonne dans l'habitacle. Julian laissa échapper un rire amer devant l'ironie du titre et Charlotte tourna la tête vers lui.

Elle avait encore les yeux rouges mais ses joues avaient repris des couleurs.

- J'ai l'impression de juste partir en vacances, avoua-t-elle doucement en jouant avec la chaîne de son collier. Qu'on sera de retour à la maison la semaine prochaine et que je pourrais tout raconter à Leah...

Leah était sa meilleure amie et Julian ne comptait plus le nombre de soirées pyjamas où il avait dû taper contre le mur pour faire cesser leurs gloussements J'imagine tellement Djulianne frapper le mur c'est trop drôle ahah . Elle était venue dire au revoir à Charlotte le week-end dernier avec une partie de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle et elles s'étaient promis de se revoir à noël, s'ils pouvaient revenir en Angleterre.

- Tu la reverras, assura-t-il, même si intérieurement il n'en savait rien. Ce n'est qu'un océan après tout.Et une guerre. C'est surtout la guerre qui est problématique.

Elle se mordit la lèvre et tira un peu plus sur son collier, l'air peu convaincu.

- Ça ne va pas te manquer toi ? Murmura-t-elle pour que le chauffeur de taxi ne l'entende pas par-dessus la musique. Poudlard ? Ta salle commune ? Matthew et Hanna ?

Le cœur douloureux, la vision de sa salle commune aux étoffes de soie bleues et bronzes, au dôme parsemé d'étoiles, et à la grande bibliothèque nichée dans l'alcôve de Rowena Serdaigle s'imposa dans son esprit En vrai. J'adore celle de Poufsouffle parce qu'elle est cosy, mais celle de Serdaigle c'est quand même la plus stylée.
OLALALA NADAL MET 5-0 à Djoko mais c'est quoi ça.
. Avec Matthew Bones, son meilleur ami à Gryffondor, il avait passé des heures à discuter et à faire des parties d'échec dans les fauteuils moelleux de la salle d'étude sous la plus grande fenêtre qui donnait sur les montagnes écossaises.

Matthew et lui étaient tout de suite devenus amis, dès le jour de la répartition à leur arrivée à l'école. Ils étaient tous les deux travailleurs, bons joueurs d'échec, et passionnés par l'exploration du château Je vois bien Matthew être le maraudeur - dans le sens stricte du terme - de son année ahah . Les premières semaines, ils s'étaient amusés à arpenter le labyrinthe des couloirs ou à se retrouver coincés sur les escaliers mouvants. Matthew, qui venait d'une famille de sang-pur juriste assez vieille école, avait adoré la liberté qu'offrait Poudlard ; et Julian, pour cette première année-là du moins, avait pu penser à lui sans s'inquiéter pour Charlotte.
Après ce débat enflammé sur la conv, je reviens. Oh, Nadal a gagné le premier set 6-0. ça, au moins, c'est fait. Avec mon père on est sur le cul.
La deuxième semaine des vacances de noël de cette première année, il avait même passé un week-end chez les Bones. Il avait fait la rencontre d'Edgar Bones, le père de Matthew, un homme impressionnant à la pipe toujours calée entre les mâchoires Cette pipe, c'est un truc de famille. Tiens, peut-être que celle qu'Amelia fume c'est celle d'Edgar ... ; Spencer, le jeune frère toujours dans leurs jambes ; et la mère de Matthew, Cassie, une femme à l'esprit tranchant et bienveillante. Cette immersion dans un univers traditionnel entièrement sorcier lui avait fait prendre conscience de la modernité de leur propre mode de vie à la maison. Malgré le statut sang-pur de sa mère qu'elle détestait évoquer, leur père avait réussi à faire entrer au sein de leurs murs les innovations techniques avec lesquels il avait grandi en tant que né-moldu. Si les lumières de sort et les flammes des lampes à pétrole amplifiées par magie avaient été amusantes pour un week-end, il était resté bien content de retrouver l'électricité en rentrant.
OOOOUH premier jeu pour Djoko.
Concernant Hanna, il avait horreur de l'admettre, mais il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir un certain soulagement. Ils avaient commencé à sortir ensemble au retour des vacances de noël de cette année après avoir été camarades de classe à Serdaigle depuis leurs onze ans. Hanna Faucett était une fille intelligente et pleine de vie, il s'entendait avec elle comme avec Matthew ; mais il ne savait pas s'il était amoureux d'elle. Il n'était même pas sûr de savoir ce que ce mot signifiait. Il avait vu beaucoup de personnes amoureuses dans sa vie : sa grand-mère Jeanne, qui regardait avec la même tendresse nostalgique le portrait de son défunt mari décédé pendant la guerre en 1944 alors que son père avait onze ans; ses parents évidemment, qui disaient souvent qu'ils s'étaient sauvés l'un l'autre sans que Julian comprenne réellement ce qu'ils voulaient dire par là Olalala c'est adorable ; et les couples de Poudlard, comme James Potter et Lily Evans, deux septième année qui avait fini leurs études il y a un an et sur qui il n'aurait pourtant pas misé au départ. J'adore ce paragraphe. ça montre parfaitement l'adolescent qui n'a jamais connu l'amour, qui ne sait pas ce que c'est, ne sait pas définir et ne sait pas associé de sensation à la définition que tous donnent à l'amour. C'est l'adolescent qui se construit, lui et son expérience, et je trouve ça très beau.

Quand son père lui avait annoncé leur déménagement, Julian avait quand même envoyé une lettre à Hanna pour la mettre au courant. Il n'avait même pas eu le temps de la revoir, puisqu'elle passait les deux mois d'été en Grèce, et honteusement il était plus soulagé qu'attristé. Il devait déjà gérer les pleurs de Charlotte, il n'aurait pas eu la force de la consoler elle aussi. ça aussi, c'est un sentiment hyper humain. Lâche certes, mais dans le contexte et vu les sentiments qu'il a pour cette fille, ça se comprend parfaitement. Par contre si un jour ils se revoient ça va chauffer.

- Ju' ? L'interpella Charlotte, le ramenant sur terre.

- Désolé, marmonna-t-il en secouant la tête. Euh... si, si évidemment que ça va me manquer...

Sa sœur le regarda d'un drôle d'air, mais parut comprendre qu'il n'avait pas envie de s'étendre sur le sujet. Elle soupira en reportant une fois de plus son attention dehors où une famille moldue avec une poussette traversait au passage piéton sous le regard torve de leur chauffeur, impatient.

- J'pensais pas que c'était si grand, New York, commenta Charlotte, en mordillant la chaîne de son collier. On doit aller jusqu'où comme ça ?

- Jusqu'à... Carnegie Hill dans l'Upper East Side OK très clairement dans ma tête j'entends "Bisous bisous Gossip Girl, répondit leur père à l'avant, la carte sur les genoux. C'est là qu'ils vivent d'après la lettre d'Isadora.

- Mais tu les as déjà vu, papa ? Les Grims ?

Son ton avide trahissait la curiosité que Julian ressentait depuis des semaines. Leur père croisa leur regard dans le rétroviseur et dû le lire sur leur visage.

- Non, répondit-il après une brève hésitation. Non, jamais. Ils ne sont pas venus à notre mariage, ni pour votre naissance. Votre mère ne voulait pas les prévenir de toute façon. Je n'ai jamais su toute l'histoire, mais je crois qu'Aurélia ne s'entendait pas avec sa sœur, Cordelia. Elles se sont disputées pendant des années et le reste de la famille s'est rangé à la cause de Cordelia si j'ai bien compris. Votre mère a finalement pris la décision de partir en Angleterre quand on lui a proposé un stage d'historienne deux ans après ses études pour s'éloigner d'eux.

- Et elle n'est jamais rentrée...

Leur père sourit tristement.

- C'est vrai. Elle l'a décidé définitivement quand on s'est mariés.

- Le 13 août 1959, dit Julian à voix basse. Cette date, décidemment, il l'a marqué au fer rouge dans son coeur.

Il connaissait la date par cœur pour l'avoir vu toute sa vie, gravée dans le bois du chambranle de l'entrée, dans leur appartement londonien. C'était sa mère qui l'avait fait de la pointe de sa baguette lorsqu'ils l'avaient acheté quand il avait un an.

Après ça, Charlotte sembla renoncer à poser des questions et s'enfonça dans son siège. Leur chauffeur alluma sa quatrième cigarette, enfumant l'intérieur du taxi, puis s'engagea dans une longue rue bordée d'arbres où les immeubles immenses en grès et aux façades percées de hautes fenêtres en fer côtoyaient les demeures grand siècle, vestige d'une autre époque.

Julian se demanda à quoi pouvait bien ressembler les Grims. Il n'avait jamais vu de photos d'eux, c'était à peine s'il connaissait leur nom. Sa grand-mère Isadora avait été la seule à communiquer avec son père pour préparer leur arrivée et il en avait déduit qu'elle devait être une sorte de cheffe de famille Comme la mamy de Gwen dans Rouge Rubis. Fais pas genre, je sais que les Grims sont copiés sur les Montrose. . Tous les Grims vivaient dans le quartier de Carnegie Hill, près de Central Park, dans une même maison qui était dans la famille depuis des générations. Quand son père lui avait indiqué l'endroit sur une carte, Julian avait haussé un sourcil. Il ne connaissait peut-être pas grand-chose au prix du marché newyorkais, mais il ne fallait pas être agent immobilier pour se douter du coût exorbitant d'un bien pareil Déjà ils habitent à Manhattan mon chou. ça te donne une idée ... . A moins que le dit bien ne soit pas référencé chez les moldus et appartienne exclusivement au monde sorcier, ce qui n'était pas impossible vu son ancienneté.

Julian avait tenté de faire des recherches sur les lieux sorciers à New York, mais il avait trouvé peu de documents dans les affaires de sa mère. La seule carte qu'il avait trouvée indiquait qu'une partie de Central Park était un territoire de Doxy Hyper rassurant, c'est pas toxique ces machins? et que le Woolworth Building, au cœur de Broadway, abritait le congrès américain sorcier, le MACUSA, depuis 1893. La gare de Grand Central constituait également un passage vers un quai dissimulé qui permettait de se rendre à Ilvermorny au Massachussetts.

Ce manque de développement s'expliquait avant tout par le caractère récent de la société sorcière américaine. Pendant des siècles, les sorciers avaient vécu aux quatre coins du pays, dans des espaces éclatés. Ils avaient été longtemps persécutés et traqués aussi bien par les moldus, dont les procès de Salem était le symbole, que par d'autres sorciers corrompus qui pourchassaient leurs semblables pour l'appât du gain, les Ratisseurs. On sent les recherches que tu as du faire et c'est super intéressant !

Cette peur incessante d'être découvert avait poussé les sorciers américains à ne jamais se figer quelque part. Leurs institutions, notamment le siège du MACUSA, n'avait pas cessé de bouger au cours du temps. La loi Rappaport en 1790 et sa ségrégation entre moldus et sorcier avaient fini de forger cette spécificité américaine. Ooooh c'est super intéressant comme conception, ça marque bien la différence avec le monde anglo saxon, j'adooooore !

Par peur que le secret du monde magique soit révélé, les pouvoirs publics avaient même refusé de créer des lieux dédiés uniquement aux sorciers, ce que Julian avait trouvé paradoxal étant donné qu'ils n'avaient déjà pas le droit de se mêler aux moldus et qu'en plus ils ne pouvaient pas se retrouver entre eux. C'était pour cela que New York comptait une multitude de bars et de cafés clandestins cachés aux moldus, tenus par des sorciers, et dont l'emplacement s'était fait connaître grâce aux bouches à oreille.cc FB

- Arrête de penser, lança soudain Charlotte.

Surpris, il manqua de sursauter et son esprit mit une seconde à se reconnecter au monde autour de lui.

- Quoi ?

- Je te regarde depuis dix minutes et tu fais ta tête, dit-elle, amusée.

- Quelle tête ? Je fais pas « de tête », protesta-t-il. On le croit tous ahah mais malheureusement mon petit Djulianne, on ne sait pas quelle tête on fait parce qu'on ne peut pas voir nos expressions héhé.

Charlotte se tourna de trois quarts pour lui faire face, son sourire de petite sœur agaçante aux lèvres. Il se retint de la repousser en arrière.

- Si ! Affirma-t-elle. Je suis sûre que tu récites intérieurement tout ce que t'as eu le temps de lire sur les Etats-Unis. Pour avoir l'impression de maîtriser. Comment elle l'a cerné ahah c'est trop drôle. Et j'aime bien toutes ses touches sur la personnalité de Djulianne, c'est cohérent et super bien fait.

Malheureusement, elle avait raison, même si en vérité il n'avait pas eu le temps de lire grand-chose en un mois avec tout ce qu'il avait eu à faire. A peine deux livres. :lol: :lol: :lol: :lol: :lol: ça me fait trop rire, on drait moi qui dit que mon chapitre ne fait "que" 7000 mots.

- Tais-toi, maugréa-t-il malgré tout.

Charlotte eut un rictus supérieur et tira à nouveau sur la chaîne de son collier. Il lui donna une tape sèche sur les doigts.

- Arrête, tu vas le casser, prévint-il.

- Il est déjà cassé...

Là encore, elle n'avait pas tort. Son collier, une horloge imbriquée dans un cœur ouvragé en or suspendu à une simple chaîne dorée, avait appartenu à leur mère Et ce genre de détail j'aime tellement, c'est le genre d'objet, de détail, qui ne caractérise un personnage. . Julian ne l'avait jamais vu sans, à part le jour de sa mort. Elle l'avait oublié à la maison. La petite horloge à l'intérieur du cœur n'avait jamais fonctionné et les aiguilles étaient restées bloquées sur 23h48.

- Je veux dire la chaîne, précisa-t-il.

- Hum, fit-elle, peu convaincue. C'est encore long ?

- C'est l'heure de pointe à New York, il y a juste pas mal de trafic. Essaye de dormir ?

- J'ai dormi 5h dans l'avion.

Julian grimaça. Il n'avait jamais pris l'avion avant aujourd'hui et il n'était pas pressé de renouveler l'expérience. Les secousses lui avaient semblé interminables, sans parler de ses oreilles qui sifflaient encore à cause de leur passage en altitude Moi j'avais adoré le vol pour NY parce qu'on passe par le Canada et en pas on voyait les plaines et montagnes eneignées c'était magnifique je suis restée deux heures collée au hublot. . Pendant l'atterrissage, il s'était fait la promesse que si un jour il devenait chercheur en sortilège, il essayerait d'inventer un portoloin qui traverserait l'Atlantique A l'IRIS ;)
Je reviens après avoir été reconduit mes cousines. Nadal mène deux set à rien.
Oh et Djoko vient débeaker dans le 3e, cette rage là ALLEZ WAKE à défaut de nous offrir du suspens offre nous du spectacle.
. Et il écrirait une lettre ouverte au MACUSA pour que les étrangers tout juste débarqués sur le sol américain puissent emprunter une cheminée ou un portoloin même sans s'être rendu à l'Ambassade au lieu de prendre un taxi coincé dans les embouteillages. Mais quelles idées il a ce petit, on sent le cerveau qui chauffe et le Serdaigle en lui.

- Je ne sais pas, Lottie, soupira-t-il finalement. Compte les arbres. Par contre là t'es d'une utilité proche de 0.

Elle leva les yeux au ciel, puis se tourna à nouveau vers lui. Il sut qu'elle allait lui demander quelque chose rien qu'à son expression de bébé veau-de-lune.

- Ju', tu me racontes l'histoire de maman ?

- Lottie...

- S'il te plait ! Tu la racontes trop bien ! Cette envie de Charlotte ... Elle cherche un peu sa mère en son frère et en un sens son frère est devenu sa mère puisqu'il a pris sa place puisqu'il a pris le rôle parental ... C'est pas hyper sain ma petite Charlotte.

Pas aussi bien que maman, songea-t-il avec une pointe de tristesse. Il ne savait même plus quand est-ce qu'elle avait commencé à leur raconter l'histoire du Cercle des Animaux, comme ils l'avaient baptisée avec le temps. C'était un petit conte, ni tout à fait sorcier ni tout à fait moldu, qu'Aurélia avait inventé pour les endormir le soir.

- Il était une fois...commença-t-il d'une voix résignée.

- « Il était jadis », corrigea Charlotte mécaniquement. Maman aimait bien faire dans l'original.

- Alors que la convention poétique d'un conte devrait être...

- Ju' ! L'histoire ! Non puis c'est quoi cette réplique de Serdaigle à l'esprit étriqué là :lol: :lol:

- Oui, pardon... Il était jadis cinq animaux. Tous différents mais unis par un but, ils formaient un Cercle, une égalité parfaite, une harmonie au cœur de la forêt argentée LA LOUTRE ET LE HEROON SONT MES AMIIIIIIS ET NOUS TOURNONS TOUS ENSEMBLE AU FIL DES JOURS DANS UN CERCLE UNE RONDE A L'INFINIIIIIII
LA HAAAAAUT LE SYCOMORE DORT COMME L'AIGLE ROYAL IL TRONE IMPERIAAAAAL LES CREATURES DE LA NATURE ONT BESOIN D'AIR PUR ET QU'IMPORTE LA COULEUR DE LEUR PEAAAAU
pardon j'arrête et je reprends.
. Il y avait un corbeau qui aimait voler au-dessus des cimes BAH TIENS UN CORBEAU. De tous temps et de toutes circonstances, le corbeau restait au côté de son meilleur ami le rouge-gorge. Le petit oiseau frêle n'était pas originaire de la région et trouvait refuge auprès de la protection du corbeau. L'un téméraire, l'autre prudent, ils volaient côte à côte et exploraient la forêt. La famille du corbeau ne voyait pas d'un très bon bec cette amitié J'adore cette expression :lol: :lol: :lol: :lol: , mais il la tolérait. Le frère du corbeau se joignait parfois à eux. A ce trio étrange se joignit bientôt deux autres animaux : un puma, fort et courageux, et un perroquet aux couleurs chatoyantes Quatre oiseaux et un puma ... Hum. Les deux corbeaux ce sont Cordelia et Aurelia? . Si les quatre oiseaux voyageaient dans les airs, le puma, lui, arpentaient le sol de la forêt argentée pour prévenir le danger. Un jour, le Cercle des Animaux entendit parler d'un objet magique : un objet si ancien qu'il aurait appartenu à un voyageur, un véritable fondateur de pays lointains, dont le symbole magique aurait été perdu dans les bois JE ME DEMANDE CE QUE C'EST DIS DONC. . Conscients de l'enjeu que représentait cet objet, les animaux se mirent à le chercher avec acharnement ça fait un peu la quête des reliques de Dumbledore et Grindelwald parce que je prévoie un déchirement dans cette quête de pouvoir ... . Le puma parcouraient des lieux entiers chaque jour tandis que les oiseaux écumaient le ciel. Ils en oublièrent le reste, leur famille et les autres animaux de la forêt qui ne pouvaient les approcher tant le Cercle se consacrait à sa recherche. Un jour fatidique, les cinq amis se séparèrent en deux groupes : les frères corbeaux et le puma se rendirent près d'un arbre sacré aux propriétés extraordinaires selon la légende, tandis que le rouge-gorge et le perroquet suivirent un cours d'eau qui s'enfonçaient sous terre dans une grotte obscure.

- Ténébreuse, murmura Charlotte. Pourquoi tu coupes le conte comme ça Charlotte?

Coupé dans son élan, Julian cligna des yeux. Il hocha la tête pour lui accorder le point et reprit son récit :

- Une grotte ténébreuse, oui, dit-il. Le rouge-gorge et le perroquet ne trouvèrent rien, ils voletèrent près des parois sans trouver le mystérieux objet magique, la couleur de leur plumage à peine visible dans le noir de la grotte. Au contraire, le puma et les frères corbeaux crurent enfin découvrir ce qu'ils désiraient tant Hey. Mais genre. Corbeau et puma = noirs et Rouge-Gorge et Perroquet = couleurs. Est-ce que ça a une incidence ...? . L'arbre avait bien des propriétés étranges et semblait l'endroit parfait pour accueillir en son sein un tel objet. Téméraire, peut-être trop, le puma bondit sur l'arbre sous les avertissements des corbeaux. Impuissants, ils ne purent que voir leur ami subir le mauvais sort que réservaient les protections de l'arbre à ceux qui tentaient de s'emparer de l'objet sans connaissance. Sans vie devant eux, le puma avait succombé à sa soif de pouvoir Mais c'est horrible comme conte. ça me rappelle quand j'ai lu la chêve de monsieur Seguin à mon frère et que j'ai découvert qu'elle se faisait dévorée, j'étais plus choquée que lui. . Alertés par les croassements de leurs amis aux plumes noirs, les oiseaux colorés accoururent...

- S'ils volent, est-ce qu'on peut dire qu'ils accourent ? Coupa soudain leur père à l'avant du taxi.Mais qu'est-ce qu'on s'en fiche :lol: :lol: Laissez moi avoir la fin de l'histoire !

D'un même mouvement, Julian se retourna vers lui avec Charlotte. La question était si pragmatique, si terre-à-terre, qu'il en resta muet sur le coup avant de réaliser que la remarque n'était pas si bête Oui mais c'est un conte. C'est comme la mort qui parle alors qu'elle est pas censée parler, bah là les oiseaux accourent. . Quand leur mère leur racontait l'histoire, il ne s'était jamais posé la question et un doute s'immisça au fond de son esprit. S'il ne l'avait jamais remarqué, c'était peut-être parce que ce n'était pas le mot qu'elle employait... Avait-il confondu ? Comme avec obscure et ténébreuse ? A la simple idée d'oublier ce qu'elle lui avait pourtant raconté une centaine de fois pendant son enfance, il fut pris de panique. Ou alors c'est que sa mère elle avait les oiseaux en tête mais les humains ...

- Maman disait accourir, je crois, dit Charlotte en fronçant les sourcils. Mais c'est vrai que c'est bizarre...

- Les oiseaux peuvent marcher, intervint le chauffeur de taxi avec un fort accent américain. C'est possible, non ? Bon on arrête la question de sémantique et on donne l'histoire à Perri please.

Cette fois, les trois Shelton le dévisagèrent et Julian retint un éclat de rire. Si même leur chauffeur s'y mettait...

- Peu importe, s'impatienta Charlotte. Continu, Ju' ! THANK YOU CHARLY.

- Ah... Euh oui, balbutia-t-il en essayant de reprendre le fil de l'histoire. Donc... Le rouge-gorge et le perroquet arrivèrent sur les lieux. Ils pleurèrent tous leur ami à quatre pattes, si brave et courageux, avant que la réalité ne les rattrape La personne qui est morte? Le sang sur les mains d'Aurelia? . Les autres animaux de la forêt allaient bientôt se réveiller et découvrir la mort de ce noble animal. Le blâme retomberait sur eux car après tout ils l'avaient entraîné dans leur quête insensée. Que faire ? Il fallait faire passer la mort du puma pour un accident... Mais qui aurait pu vaincre cette montagne de courage et de muscles ? Seul l'ours aurait peut-être pu y parvenir. Les quatre oiseaux se mirent alors à lacérer le corps de coups de bec et de coups de griffes pour faire croire à une attaque d'ours Oh mon dieu ma gorge s'est fermé. Damn it Aurelia, qu'as-tu fait ...? . Le lendemain, les animaux de la forêt découvrirent le puma et lui rendirent hommage, sans jamais se douter de la supercherie. Mais cette aventure ne fut pas sans conséquence. Les quatre animaux du Cercle se séparèrent, rongés par leur secret : les frères corbeaux s'exilèrent chacun à un bout de la forêt Décidément c'est Cordelia et Aurelia. , le rouge-gorge resta au même endroit et décida d'honorer la mémoire de son ami défunt. Le perroquet, cet oiseau de paraître qui aimait faire le spectacle devant les autres, fut traumatisé par cette tragique soirée. Il en perdit son éclat et arrêta de chanter. Encore aujourd'hui, on raconte que l'objet magique serait toujours dans la forêt... Par contre le perroquet et le rouge-gorge, je sèche.
Bon. ça raconte cette fameuse nuit qui a figé le pendentif et c'est hyper intriguant, franchement tu nous tiens en haleine avec tous ces teasing. Mais je trouve ça super gore à raconter aux enfants :lol: :lol: :lol:


Sa voix s'éteignit et seule la chanson qui passait à la radio emplit l'habitacle. Julian coula un regard en direction de sa sœur. Elle s'était remise à jouer avec son collier, la tête contre la fenêtre et un petit sourire nostalgique jouait sur ses lèvres. Le simple fait d'avoir réussi à la faire sourire l'apaisa.

- Arrête avec ton collier, admonestera-t-il.

Avant même que Charlotte ait pu dénouer ses doigts entremêlés, le taxi freina brusquement et ils manquèrent d'être projetés en avant. Instinctivement, Julian tendit le bras pour retenir sa sœur.

- Désolé, s'excusa leur chauffeur. Vous avez dit le n°6 ?

- Oui... Oui c'est ça, confirma Ethan en scrutant la carte. Le n°6 sur 91th Street Where the street have no naaame

- Bah y'a pas de n°6, m'sieur. On est devant le n°4 et ça passe au n°8 ensuite...

- Oh... Oui, j'ai dû... j'ai dû me tromper. On va se débrouiller ici.

- Vous êtes sûr ?

- Certain. Merci beaucoup.

Sans attendre, il tendit un billet de cinquante dollars au chauffeur et leur fit signe de descendre. Julian ouvrit sa portière et se retrouva sur le trottoir, son sac à dos sur l'épaule. C'était le seul bagage qu'il avait gardé avec lui pour le voyage, histoire de conserver au moins sa baguette et quelques affaires. Le reste de leurs valises avait été envoyé la veille de leur départ chez les Grims.

Le taxi s'éloigna avec un signe de la main et un « ces anglais... » sonore.

- Alors ? Dit Charlotte. On toque à quelle porte si le n°6 n'existe pas ?

- Il existe, contredit son père. Mais pas pour les moldus. Avancez un peu tous les deux.

Julian regarda devant lui, incertain. Techniquement, le chauffeur avait eu raison. Les façades brunes des immeubles s'alignaient, séparées du trottoir seulement par de petites allées délimitées par des grilles en fer ouvragé. De ce côté de la rue, les numéros pairs se succédaient, même si le n°6 manquait effectivement à l'appel. Mais si Julian avait appris quelque chose en grandissant entre deux mondes, c'était que les apparences pouvaient être trompeuses du point de vue moldu.

A la suite de Charlotte, il entra dans la petite allée juste devant eux. Dès qu'il passa les grilles, la façade parut se transformer sous ses yeux. Le changement se produit si vite, comme s'il avait franchi un voile invisible, qu'il vit flou un instant. Là où une seconde auparavant deux immeubles mitoyens bordaient la rue, une maison était désormais intercalée entre les deux. Ses murs ne touchaient aucun des deux immeubles : deux bandes d'herbe, de part et d'autre de la maison, l'entouraient et laissaient deviner un jardin à l'arrière.

La maison en elle-même semblait bien plus ancienne que les deux immeubles. Sa pierre de grès, bien qu'identique, était plus patinée par le temps. Elle avait tout du manoir gothique avec sa façade ornée de fioritures architecturales. Son fronton colonial en forme d'arc de cercle soutenait un balcon qui donnait sur le premier étage. Deux rangées de fenêtres, aux rideaux tirés, étaient encore visibles au-dessus et le toit mansardé était percé d'une petite lucarne ronde qui devait être le grenier. Elle est super cette description de la maison, je l'adore ! Genre hyper précise, hyper visuelle, on la voit très bien !

Juste au pied des marches qui menaient au perron, une pancarte en acier devenue presque noir indiquait le nom du manoir : « Le Saranna ». C'est censé vouloir dire quelque chose ...?

- Ils habitent là ? Murmura Charlotte, comme si elle avait peur d'élever la voix.

- D'après la lettre d'Isadora... Et je ne pense pas qu'il y ait plusieurs maisons enchantées dans le quartier. Ça ne peut être qu'ici. C'est élémentaire :lol: :lol: :lol:

Pourtant, ni Charlotte ni son père ne fit mine de s'avancer. Julian roula des yeux. Constatant que ni l'un ni l'autre ne semblait prêt à bouger, il prit les devants et gravit les marches. Avant d'avoir le temps d'hésiter, il empoigna le lourd heurtoir en bronze gravé d'un corbeau en plein vol TIENS UN CORBEAU et donna trois coups secs contre la porte. Le corbeau du heurtoir lui rappela celui du conte. COMME C'EST ETRANGE EN EFFET

Il sentit son pouls s'accélérer et, pendant une seconde, espéra presque que personne ne vienne répondre. Il ne savait pas à quoi s'attendre, ni qui comment seraient ces gens. Dans son dos, il entendit son père et Charlotte l'imiter, mais ils restèrent derrière lui.

Brusquement, le battant s'ouvrit et Julian redressa les épaules. Une jeune fille qui devait avoir son âge se tenait devant eux dans l'embrasure de la porte, impassible. Elle avait de longs cheveux bruns, un nez retroussé parsemé de quelques tâches de rousseurs, et le teint pâle. Coucou Thea ! Elle les gratifia d'un regard presque moqueur.

- Bienvenue dans la famille la plus dysfonctionnel d'Amérique, les accueillit-t-elle. C'est sympa comme entrée en matière :lol: :lol: :lol:

******************

Merci pour vos commentaires, j'espère vraiment que vous allez continuer à aimer !

Prochain post : Chapitre 4 - Mercredi 14 octobre

Bon ça a été un peu décousue, j'ai été interrompue (N'EST CE PAS)
OUH NADAL SERT POUR LE MATCH

Mais j'ai adoré ce chapitre, la description de NY, le trajet en voiture, l'intrigant conte dont j'ai hâte à connaître tous les secrets ET TU FINIS AU PIRE MOMENT j'ai trop hâte de voir les Grims moi ! J'attendrais de pied ferme mercredi ! Bisous Marion !
MelleChachow

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par MelleChachow »

J'adore l'histoire racontée dans le voiture où finalement tout le monde met son petit grain de sel !! xD
Hate de rencontrer cette fameuse famille Grims !
Tu écris vraiment toujours aussi bien ! ;)
annabethfan

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Je suis complètement à l'ouest j'ai oublié de poster hier :lol: Sorry !

Sinon dans ce chapitre vous allez découvrir la fameuse famille Grims. Le nom complet et canon est Grimsditch, mais j'ai pris la liberté de changer pour des raisons historiques qui seront expliquées. Vous allez également découvrir un personnage important (ou plutôt le redécouvrir pour ceux qui ont lu le bonus La Divine Tragédie de Perripuce) : Leonidas Grims. Issu à l'origine de L'héritage d'Ilvermorny, c'est lui qui a été le premier trait d'union entre nos univers à Perri et moi, et finalement il nous appartient un peu à toutes les deux. Voire il a été inventé pour créer cet univers partagé haha ! J'espère que vous aimerez !

J'ai conscience que l'histoire va doucement à se mettre en place mais il y a tellement d'informations et de nouveaux personnages que je préfère y aller doucement pour ne pas vous engloutir. Dites-vous que ce rythme sert l'histoire et j'espère que ça vous plait (et que ça vous plaira).

Donc avant le début du chapitre, voici les réponses aux commentaires !

@elohane : Même un commentaire court me fait plaisir, merci beaucoup :D Trop contente que tu aimes !

@Bff47: C'était le but du cliffhanger mouahaha! J'espère que la découverte des Grims dans ce chapitre va te plaire ! Oui, le titre dévoile un peu l'objet, je le savais. Après je me suis dis que c'est comme Harry Potter 1 où on se demande ce qui est caché dans le château alors que la pierre philosophale est littéralement dans le titre :lol: (enfin en anglais ^^) Tu verras comment tout est relié à l'Amérique par contre ;) C'est normal de rien comprendre au conte :lol: A suivre ^^
Tu peux allez lire l'histoire d'Ilvermorny et les infos sur le monde américain si ça t'intéresse. Après, ça constitue la bonne base de mon intrigue/histoire donc tu te spoileras peut-être un peu le plaisir de la découverte.
Je sais, j'ai aussi cette impression de "pas grand chose se passe", mais c'est le début et je me dis que j'ai besoin de poser l'univers... Ravie que tu aies aimé en tout cas !

@mythik: Eh oui, ça y est ton attente est terminée :lol: J'aime beaucoup tes hypothèses ! Je te laisse la surprise :lol: La rentrée se fera un peu plus tard dans quelques chapitres, le temps de poser les bases ! Merci pour ton commentaire en tout cas! :D

@Charmi : Oh t'inquiète pas, c'est déjà hyper sympa de commenter de temps en temps ! J'essaye vraiment effectivement d'introduire l'univers, les personnages, etc doucement.
Juju je meurs :lol: :lol: :lol:
Surtout ne pas spoiler mais on comprend, nous aussi on fangirl :lol: Si tu veux dire des choses sur l'univers partagé, hésite pas à le faire en MP par exemple ;)

@Cazo : Cf. conversation Whatssap

@Perri : Cf. Cazo

@MelleChachow : Oh merci pour ton commentaire, ça me fait vraiment plaisir *keur*

Bonne lecture !


******************************


Chapitre 4 : Le manoir des Grims

« Il existe des secrets de patrie comme des secrets de famille »

- Alfred Capus -


// 1er septembre 1979 //

Les pieds fermement ancrés dans le sol, Julian se retint de tourner sur lui-même pour avoir une vision globale du hall d'entrée. Juste le hall d'entrée. La pièce à elle seule devait faire l'équivalent de son salon dans leur appartement londonien. Même le lustre en cristal qui surplombait le tapis brodé de fils rouge et or devait valoir plus que toutes ses affaires. A côté de lui, Charlotte n'avait pas sa retenu et observait tout autour d'elle avec les yeux écarquillés. Elle paraissait encore plus jeune avec cette expression.

Instinctivement, Julian suivit son regard et leva les yeux vers les tableaux accrochés au-dessus de la rampe d'escalier. Une boule d'appréhension grandit au creux de son ventre en constatant que plusieurs peintures le dévisageaient ouvertement, l'air surpris ou consterné. Il ne savait pas si c'était à cause de leur arrivée ou de l'accueil de la jeune fille qui venait de leur ouvrir la porte.

Elle se tenait toujours dans l'embrasure et les regardait avec la même curiosité que les tableaux, une touche de mépris en prime s'il avait dû analyser la façon dont elle les détaillait sans vergogne. Julian tenta de lui trouver une quelconque ressemblance avec sa mère, Charlotte ou lui-même, mais elle avait des cheveux presque noirs et des yeux qui tiraient sur le bleu cobalt, ce qui tranchait avec leurs propres cheveux blond cendré et leurs prunelles vertes.

En constatant que sa cousine ne disait rien – du moins il supposait qu'elle devait être l'une de ses cousines – Julian reporta à nouveau son attention sur les tableaux et garda obstinément le silence lui aussi. Il en avait marre d'être toujours celui qui faisait le premier pas et qui brisait la glace parce que son père était incapable d'interagir avec le monde. Il était l'adulte, il était celui qui les avait forcés à déménager ; il était donc hors de question qu'il se renferme dans son mutisme habituel en ce moment déterminant.

- Ju'... regarde ! Chuchota Charlotte si bas qu'il faillit ne pas l'entendre.

Julian tourna la tête et son regard accrocha celui d'un tableau, tout en haut de l'escalier, qui toisait le hall de sa place. C'était celui d'une petite fille d'une dizaine d'année au milieu de plusieurs autres personnes. Un portrait de famille sûrement. Pourtant, elle lui semblait étrangement familière.

Avant qu'il ait pu y réfléchir davantage, le cœur battant, un autre portrait prit soudain la parole et le déstabilisa.

- Qui sont ces gens ? Geignit une femme en robe d'époque et à la lourde perruque poudrée. Miss Théodora, qui faites-vous encore entrer chez moi ?

- Oh tais-toi, s'exaspéra la dénommée Théodora. Ou je te remets du produit nettoyant dans les yeux. Je vous présente la grande tante Saranna, ajouta-t-elle d'un ton railleur. Vous allez l'adorer.

Les sourcils de la grande tante manquèrent de disparaître sous sa perruque poudrée sous le coup de l'indignation et elle pinça les lèvres avant de simplement disparaître de son cadre dans un reniflement vexé.

- Saranna... ? Répéta Charlotte, incapable de réfréner ses questions. Comme le nom de la maison ?

- Elle-même. C'était l'épouse du fondateur de la maison, notre ancêtre glorieux et bien-aimé.

Le ton de Théodora dégoulinait de sarcasme et Julian haussa un sourcil. Il n'arrivait pas à déterminer si elle était sérieuse ou non.

- Robert Grimsditch était un grand homme, intervint brusquement une voix. Et tu serais mieux avisée de ne pas te moquer de celui qui a bâti le toit que tu as la chance d'avoir au-dessus de la tête.

Julian se retourna pour faire face à la voix. Depuis ce qui semblait être le salon, une veille femme venait de faire son apparition. Appuyée sur une canne au pommeau en argent où trois corbeaux en plein vol étaient gravés, elle se tenait absolument droite dans sa longue robe au col en dentelle. De grands yeux verts, les mêmes que les leurs, lui mangeaient le visage et ressortaient encore davantage grâce à son front haut et ses traits anguleux.

- De plus, je ne crois pas t'avoir entendu souhaiter la bienvenue à nos invités. Cela serait très mal élevée, tu ne crois pas ?

- Oui grand-mère...

Théodora avait soudain perdu de sa superbe et son sourire moqueur, mais Julian pouvait voir qu'elle trouvait tout ce cérémonial aussi ridicule que le portrait de la grande tante Saranna.

- Eh bien ? S'impatienta la vieille femme en agitant sa canne. Qu'est-ce que tu attends ?

- Désolée... Bienvenue. J'espère que vous avez fait un bon voyage.

Le ton n'aurait pas pu être plus atone et la vieille femme soupira, l'air las et agacé à la fois.

- Bien, ça suffit. Va chercher ta mère et envoie un message à ton oncle. Dis-lui qu'il est attendu et que les Shelton sont arrivés. Je ne tolérerai aucun retard ni aucune absence au dîner. Allez, va.

D'un nouveau geste de sa canne, elle la congédia et Théodora s'éclipsa, non sans un dernier regard dans leur direction.

Le silence retomba dans le hall, rompu uniquement par le chuchotement incessant des tableaux. Julian crut vaguement entendre le nom de sa mère, mais il n'en jurait pas non plus tant un bourdonnement lancinant lui emplissait les oreilles. Entre le réveil à l'aurore, le voyage et le décalage horaire, la tête lui tournait presque. Il aurait aimé que son père prenne les devants pour le laisser respirer deux minutes, mais ce dernier était en train d'observer la bibliothèque basse près de la porte.

- Est-ce que c'est un exemplaire original de l'Abrégé des sortilèges communs et de leurs contre-attaques ? S'extasia son père.

- L'un des dix premiers exemplaires, oui, confirma la vieille femme. Il appartenait justement à Robert Grimsditch. Mais en tant que chercheur, je suppose que vous le connaissez par cœur ?

- Oui évidemment... C'est un ouvrage brillant. Mais les éditions originales avaient sans doute des annotations plus précises ou devaient être différentes de celles d'aujourd'hui et certains spécialistes pensent même que...

- Papa, coupa Julian, épuisé. On pourra peut-être en parler un autre jour, non ?

Son père s'interrompit, surpris, mais sa voix s'éteignit et il redressa ses lunettes sur son nez d'un air contrit. Julian se sentit mal sur le coup, surtout en sentant le regard de sa sœur peser sur lui, mais il n'avait pas la force d'entendre un énième discours sur les éditions originales.

- Evidemment, nous aurons tout le temps d'en parler plus tard, convint la vieille femme. Vous devez tous être fatigués. Julian et Charlotte, je présume ?

- Oui madame... murmura Lottie.

- S'il vous plait : Isadora. Je pense que « grand-mère » serait un peu précipité pour vous comme pour moi. Mais je suis ravie que vous ayez pu venir avant votre rentrée à Ilvermorny. Cela faisait longtemps que j'attendais de vous rencontrer. Vraiment.

Julian aurait aimé lui dire que c'était réciproque, mais ça aurait été mentir. Encore une fois, il se demanda pourquoi il n'avait jamais entendu parler d'elle, ni d'aucun membre de cette famille.

- Si vous voulez, je vais vous montrer vos chambres et on viendra vous prévenir quand le dîner sera servi. Vous pourrez rencontrer tout le monde.

Elle indiqua l'escalier du bout de sa canne, mais son père la retint. Il parut hésiter sur ses mots une seconde avant de se décider :

- Merci... dit-il. Pour tout, je veux dire. Merci de nous accueillir chez vous.

- Ethan, c'est aussi chez vous. En ce qui me concerne, Aurélia n'aurait jamais dû partir, ce n'est qu'un juste retour des choses à leur place. Maintenant suivez-moi.

Cette fois, Isadora n'attendit pas leur réponse et s'engouffra dans les escaliers, sa canne rythmant ses pas à chaque marche. Julian s'empressa d'attraper son sac et celui de Lottie, puis lui emboîta le pas. Le sang lui battait contre les tempes. Il ne savait pas comment prendre la remarque de sa grand-mère. Pourquoi Aurélia aurait dû rester si elle était en froid avec le reste de sa famille ? Et les qualifier de « choses » était peut-être un peu excessif ? Au vu de l'expression de Charlotte – il connaissait sa sœur par cœur – elle pensait comme lui.

Les bras douloureux, il poursuivit malgré tout sa montée de l'escalier mais s'arrêta instinctivement au niveau du portrait de famille qui avait attiré son attention en arrivant. Avec quelques secondes de retard, il reconnut au centre grand-mère Isadora, bien plus jeune, les cheveux blonds rassemblés en chignon mais toujours vêtue d'une robe à col haut en dentelle. Elle était le portrait d'Aurélia. A ses côtés se tenaient un homme à la moustache auburn fournie, un jeune adolescent brun et deux petites filles d'une dizaine d'année. Si l'une avait de belles boucles auburn comme son père, celle qui avait accroché son regard un peu plus tôt arborait une chevelure blonde semblable à celle de grand-mère Isadora plus jeune et une expression boudeuse qu'il mit encore plus longtemps à reconnaître. Sous le coup de la stupeur, il faillit en lâcher les sacs et seul le réflexe de Charlotte leur permis de ne pas dévaler les escaliers.

- Ju', qu'est-ce que tu fais par Merlin ? Râla-t-elle en ployant sous le poids de son sac. Avance ! Cette maison est tellement grande qu'on risque de se perde si on ne la suit pas et on connait ton sens de l'o...

- Lottie ! L'interrompit-il avec urgence. Regarde.

- Quoi ?

- Le portrait !

Charlotte finit par tourner la tête et il sut qu'il avait raison en voyant son corps se raidir. Elle contempla la peinture plusieurs secondes, sa bouche s'ouvrant et se refermant plusieurs fois comme si elle voulait dire quelque chose mais que les mots lui manquaient.

- C'est maman... murmura-t-elle. C'est elle, pas vrai ?

Il acquiesça doucement.

- Oui... Elle devait avoir dix ans, pas plus...

- Huit, corrigea soudain Isadora qui était revenue sur ses pas.

Julian manqua de sursauter, mais la stupeur paralysait sans doute trop sans corps pour véritablement obtenir une réaction extérieure. Au contraire, son cœur s'emballait – sûrement pour la dixième fois aujourd'hui – et il sentait ses entrailles se contracter douloureusement. C'était étrange de voir sa mère si jeune, encore une enfant. Il avait l'impression de découvrir une nouvelle personne et en même temps il retrouvait ses traits familiers. Ses yeux surtout. A la maison, il n'y avait pratiquement aucune photo d'elle plus jeune. Elle avait dû tout laisser en Amérique en partant.

- Elle avait huit ans. C'était son anniversaire ce jour-là, se remémora-t-elle. Nous voulions immortaliser l'évènement et une peinture semblait plus marquante qu'une simple photographie. Le problème c'est que cela prend évidemment plus de temps à réaliser et Aurélia n'aimait pas rester immobile bien longtemps. Elle a fait la tête tout le long.

Julian déglutit. Il ne s'habituait toujours pas à entendre parler d'elle au passé.

- Aurélia pouvait être butée, oui, admit son père. Elle a toujours refusé qu'on fasse des portraits sorciers, juste des photos. Je comprends mieux...

- Je ne pensais pas la traumatiser à ce point.

Malgré le visage impassible d'Isadora, Julian perçut la pointe d'émotion dans sa voix. Il avait tellement passé la journée à angoisser à l'idée de découvrir les Grims qu'il ne s'était jamais demandé ce que sa grand-mère pouvait bien ressentir en les voyant arriver, près de vingt-cinq ans après le départ de sa cadette, sur le pas de sa porte.

- C'est vous, là ? Demanda soudain Charlotte en pointant le tableau.

- Oui, c'est moi, confirma-t-elle. J'avais bien moins de rides, mais c'est bien moi. Et là, à ma droite, c'est mon défunt mari. Votre grand-père Gerbert. Et nos trois enfants : Robert, Cordelia et évidemment votre mère. Je sais, ils ne se ressemblent pas, n'est-ce pas ? Ajouta-t-elle avec un amusement pincé. Vous les rencontrerez au dîner ce soir avec leurs propres enfants, même si vous avez déjà eu un aperçu de Théodora.

Il ne risquait effectivement pas d'oublier sa rencontre si chaleureuse avec sa cousine quelques minutes plus tôt.

- Mais allons-y, ne nous attardons pas ! Je dois encore vous montrer la maison.

Son émotion envolée, Isadora se remit en marche. Julian ne la connaissait peut-être pas, mais elle lui renvoyait l'image d'une femme qui ne s'attardait pas sur ses sentiments si elle avait quelque chose d'utilitaire à faire. Même si le sentiment en question était le souvenir de sa fille.

Instinctivement, Julian se remit en marche, et il eut presque l'impression que le portrait de sa mère le brûlait derrière la tête et le suivait du regard. Ils ne s'arrêtèrent pas au premier étage. Isadora continua de monter les escaliers, le bruit de sa canne amorti par le tapis rouge qui recouvrait les marches. Ils venaient de dépasser le palier du deuxième étage lorsqu'elle reprit la parole en s'adressant à eux par-dessus son épaule :

- La maison a été construite sur des fondations magiques, expliqua-t-elle. Elle s'agrandit ou rétrécit au fil des générations, selon le nombre de membres de la famille. Pour l'instant, les espaces communs – le salon, la cuisine, le bureau, la salle-à-manger et la bibliothèque – se trouvent au rez-de-chaussée. Le premier étage est réservé à mes appartements et je vous prierai donc de ne pas vous y rendre sans mon autorisation.

- Bien sûr, approuva son père, nerveux.

- Mon fils Robert habite le deuxième étage avec sa femme et son fils. Et Cordelia et Théodora occupent le troisième étage toutes les deux. Comme vous ne resterez que quelques jours, vous y demeurerez aussi. Il reste deux chambres. Ethan, vous pouvez bien entendu en prendre une, et la deuxième sera pour toi Julian. Charlotte, tu as le choix. Tu peux dormir avec Théodora ou avec ton frère. Je ne savais pas si à ton âge... ?

Ils se tenaient désormais en haut des escaliers, dans le couloir du troisième étage, et Charly ne paraissait pas essoufflée contrairement à lui. Son endurance ne lui permit donc même pas de faire passer son hésitation pour un manque de souffle.

- Je... je ne sais pas...

- Théodora n'est pas méchante, rassura Isadora. Un peu... sauvage de prime abord, c'est tout.

L'argument ne parut pas rassurer Charly plus que ça. Julian attendit fébrilement sa réponse. Ils n'avaient jamais partagé une chambre, mais la simple idée que sa sœur disparaisse de son champ de vision à l'heure actuelle l'angoissait. Il ne dut pas parvenir à cacher son sentiment car dès que Charly croisa son regard, elle se tourna vers leur grand-père, déterminée.

- Je pense que je vais rester avec Ju'... Pour deux nuits, ça devrait aller...

- Comme tu préfères. Je vous laisse donc vous installer. Vos chambres sont juste là, au bout du couloir. Notre elfe viendra vous chercher quand le dîner sera servi.

Elle parut vouloir ajouter quelque chose, peut-être des mots moins procéduriers, mais elle y renonça avant de s'éloigner en s'appuyant sur sa canne. Julian la regarda redescendre l'escalier, incapable de se décider sur ce qu'il ressentait vis-à-vis de la vieille femme. Elle ne lui avait pas paru très chaleureuse, mais pas froide non plus.

- On va poser nos affaires ? Proposa Charlotte, ployant toujours sous le poids de son sac. Tu vas t'en sortir, papa ?

- Hum ? Oh bien sûr, ma chérie. On se retrouve pour le dîner, je vais étudier un peu en attendant.

Surprenant, pensa Julian avec ironie. Une fatigue sourde lui tomba soudain dessus et il abandonna l'idée de faire une remarque à son père qui visiblement ne voyait pas de problème à les laisser se débrouiller dans une maison, une famille et un pays inconnus.

- Comme tu veux, marmonna-t-il sans le regarder. A tout à l'heure.

Il traina les pieds jusqu'à la porte qu'avait indiqué grand-mère Isadora, Charlotte sur les talons. Il espéra ne pas se tromper de pièce et ouvrit le battant en bois sombre. Derrière lui, sa sœur siffla.

- Est-ce que tout est grand ici ? S'émerveilla-t-elle.

- C'est un truc américain...

La chambre, recouverte de lambris, aurait pu être sombre sans le lustre en fer forgé qui illuminait la pièce grâce à de la lumière de sort. Nimbée d'une aura dorée, les meubles anciens donnaient un aspect chaleureux surprenant à la chambre, et les flammes qui crépitaient dans l'âtre de la cheminée renforçaient son ambiance feutrée. Un grand lit à baldaquin, dont les pieds étaient gravés en forme de corbeau, trônait au milieu.

D'un bond souple, Charlotte se hissa sur le matelas qui s'enfonça sous son poids et elle rebondit, un grand sourire aux lèvres.

- Merlin, Ju' ! Regarde ! On dirait un lit de princesse !

- Ce n'est que pour deux nuits tu sais...

- Oh arrête de faire ton rabat-joie, râla-t-elle. Viens !

Amusé, il traversa la chambre pour la rejoindre. Il pouvait bien le reconnaître, être sur ce lit donnait l'impression de se trouver dans un conte de fée.

- Pas mal, apprécia-t-il.

- Génial oui !

Ils éclatèrent de rire. Charlotte bascula sur le dos, le souffle court, et vrilla ses yeux verts si semblables aux siens et à ceux de leur mère – et à ceux de leur grand-père Isadora désormais – avant de soupirer.

- Alors ? Souffla-t-elle. T'en penses quoi, toi ?

- De ?

- D'Isadora... De la maison, de tout... ?

Julian garda le silence de longues secondes. Toutes ses pensées se bousculaient dans sa tête et il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ce qu'il ressentait. Il détestait ça.

- Je ne sais pas encore, avoua-t-il. La maison fait un peu vieux jeu et sang-pur. C'est pire que chez les Bones. Et pour Isadora... Pareil, elle m'a l'air un peu « sorcière traditionnelle », mais pas méchante. Je veux dire, elle paraissait contente de nous rencontrer, non ?

- Si, je crois, confirma Charlotte. Et je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait voulu que maman s'en aille donc elle n'a pas dû la mettre dehors après ses études.

- Non, c'est sûr. Si maman est partie, c'est soit parce qu'elle le voulait, soit parce qu'on l'y a forcé, mais ça ne devait pas être grand-mère Isadora... Peut-être son père ? Le moustachu, là, sur le tableau ?

Un éclat de rire raisonna depuis la porte et ils se redressèrent tous les deux, surpris. Le cœur battant, Julian remarque soudain le garçon adossé au chambranle. Il ne l'avait pas entendu arriver. Grand et fin, il devait être plus âgé que lui de quelques années. Malgré ses oreilles un peu décollées et ses yeux bleus cobalt rapprochés, il dégageait une certaine prestance avec son dos bien droit et sa robe de sorcier de qualité.

- Le moustachu, comme tu dis, lança-t-il, aurait été incapable de faire du mal à un veau-de-lune. Grand-père Gerbert était l'homme le plus gentil au monde, ce n'est pas lui qui aurait mis sa fille à la porte. Si votre mère est partie, c'est qu'elle l'a voulu.

- Désolée, on ne voulait pas...

- C'est notre chambre, coupa Charlotte. Et c'est mal poli d'écouter les conversations !

- C'est ma maison, rétorqua le garçon.

Sans y être invité, il entra dans la chambre. Il avisa leurs valises, posées près du lit à baldaquin, et les détailla du regard d'un air indéchiffrable.

- Les cousins anglais, j'imagine ? Dit-il. Julian et Charlotte ?

- Charly, corrigea sa sœur.

Julian se retint de lever les yeux au ciel mais il ne voulait pas présenter autre chose qu'un front uni devant cet inconnu.

- Charly... Noté. Moi, c'est Archer.

En voyant que son nom ne leur évoquait rien, il précisa :

- Archer Grims. Le fils de Robert.

- Robert, le frère de notre mère ? Se rappela Charlotte. Donc tu es notre cousin ? Comme Théodora ?

Il hocha la tête et Julian tenta de suivre tous les liens de parentés, dessinant un arbre généalogique mental dans sa tête.

- Si tu veux qu'on t'appelle Charly, je te conseille d'appeler Théodora Théa. Sinon elle mord, prévint-t-il presque avec sérieux. Et Théa est ma cousine, la fille de ma tante Cordelia. Vous suivez, c'est bon ?

- Non, répondirent-ils en cœur.

Archer eut un rictus suffisant.

- Quoi ? On ne vous apprend pas la généalogie en Angleterre ?

Julian savait grâce à Matthew que certaines familles sang-pur accordaient beaucoup d'importance à la généalogie tant la pureté du sang leur était précieuse. Ce n'était pas le cas des Bones dont le nom remontait pourtant au XIXe siècle et qui comptait parmi les branches de leur famille des Dumbledore ou des Greengrass. A l'inverse, il avait entendu dire que les Malefoy et les Black par exemple enseignaient à leurs enfants leur arbre généalogique et ceux des grandes familles sur le bout de la baguette et que cette coutume faisait partie intégrante de l'éducation sang-pur. Était-ce le cas pour Archer et Théa ?

- Pas dans notre famille, non, répondit-il finalement.

Cette information arracha un froncement de sourcil à Archer.

- Votre père vient d'une famille Non-Maj', c'est ça ?

- Un problème ? S'enquit Charlotte, cassante.

- Oh non, aucun, c'était juste pour situer le contexte. Pas d'inquiétude, on n'a rien contre les Non-Maj' ici du moment qu'ils nous laissent tranquille. Et un sorcier est un sorcier, pas vrai ?

Etrangement, Julian n'avait pas l'impression que son cousin mentait. Isadora elle-même avait eu un comportement tout à fait normal vis-à-vis de son père. Il supposa que toutes les familles sang-pur n'étaient pas les mêmes.

Archer avait l'air de vouloir continuer la conversation, mais la tête d'un elfe de maison à la peau fripée apparue soudain depuis le couloir.

- Maître Archer, maître Julian, maîtresse Charlotte, salua-t-il respectueusement. Le dîner est près, Lady Isadora me fait venir vous chercher.

- Arrête de l'appeler Lady, s'agaça Archer. Elle n'est pas noble qu'on sache.

- Lady Isadora mérite le plus grand respect et le plus grand honneur, affirma l'elfe. Tikky le sait.

- Il perd la boule, confia Archer en désignant sa tête d'un geste équivoque. Allez, venez.

Pas reposé le moins du monde, Julian se força malgré tout à se lever. Il n'avait pas prévu de défaire ses affaires pour deux jours de toute façon et ses valises pouvaient bien attendre. Alors qu'ils allaient descendre, Théa arriva elle-même de l'étage au-dessus. Elle ralentit en les apercevant en compagnie d'Archer et plissa les yeux.

- Archer ! Tu nous fais l'honneur de sortir de ta chambre ?

- Très drôle...

- Quoi c'est vrai, non ? Comment avance ta correspondance avec ta mystérieuse inconnue ?

Le visage d'Archer s'enflamma. Julian se retint de sourire et il se positionna légèrement devant Charlotte pour dissimuler son expression trop amusée pour être polie.

- Théa, gronda leur cousin. Tais-toi par Morgane !

Pour toute réponse, Théa les dépassa en souriant, l'air fière d'elle. Sans un mot, Archer lui emboîta le pas et ils suivirent le mouvement sans broncher. S'il les perdait, Julian avait peur de ne pas réussir à retrouver la salle à manger. En arrivant dans le hall, il prit soin d'éviter de regarder le tableau représentant sa mère plus jeune et il se demanda une seconde s'il aurait dû attendre son père pour descendre dîner. Il faillit rebrousser chemin, mais les autres se dirigeaient déjà vers la sortie et il renonça.

Heureusement, Tikky l'elfe de maison avait dû prévenir son père avant eux car il était déjà attablé devant un énorme plat de dinde aux champignons à côté de grand-mère Isadora et d'une femme au visage sévère mais gracieux. Julian la reconnut avec difficulté grâce au portrait de famille. Une seule des petites filles avaient les cheveux auburn du patriarche et la femme devant lui arborait précisément cette même couleur, même si les boucles et les rubans de l'enfance avaient été remplacés par un chignon élégant. Il s'arrêta net, frappé par sa ressemblance avec sa mère. Si on excluait la couleur des cheveux, les deux sœurs avaient la même bouche fine, le même front bombé, le même nez trop en trompette pour être harmonieux, et surtout les mêmes yeux vert pâle. Sous le coup de la surprise, son nom lui échappa et elle parut trop choquée en les voyant pour se présenter.

- Morgane... souffla-t-elle.

- Non, ce n'est que nous maman, railla Théa.

- Très spirituel, commenta Archer, on ne l'avait pas fait dix fois celle-là.

- Théa, arrête de faire la maligne, assieds-toi, sermonna leur grand-mère. Ce n'est facile pour personne. Et Cordelia, reprend-toi.

Mais les yeux de Cordelia restèrent fixer sur eux. Julian imaginait que s'il voyait l'image de sa mère en elle, la réciproque devait être vraie. De leur père, ils avaient peut être hérité leur menton rond et leur taille moyenne, mais c'est à leur mère qu'ils devaient tous les deux leurs cheveux d'un blond cendré et leurs yeux verts.

- Cordelia, insista Isadora d'une voix ferme. La politesse, voyons !

- Bien sûr, pardon, murmura-t-elle finalement. Enchantée.

Julian tiqua devant son ton cérémonieux. Tout, dans cette famille, lui paraissait décidément procédurier, comme une parodie de retrouvailles. Tout le monde avait l'air d'en avoir conscience, particulièrement Théa, mais personne n'avait pourtant l'air de vouloir se laisser aller à une quelconque spontanéité.

- Bonjour, dit Charlotte à côté de lui. Ravie de vous rencontrer...

- Allons, nous n'allons pas nous vouvoyer non plus, rabroua à nouveau leur grand-mère. Ethan, les enfants, je vous présente donc ma fille cadette, Cordelia.

Sur sa droite, Julian remarqua le tic de son père et il se rappela ce qu'il avait dit dans le taxi. D'après lui, si sa mère avait quitté les Etats-Unis, c'était à cause d'une dispute avec sa sœur aînée.

- Où est Robert ? Continua-t-elle. Archer, où sont tes parents ? J'avais dit que tout le monde devait être là !

- Aucune idée... Ils sont partis vers midi pour le travail, je pensais qu'ils reviendraient ce soir, mais tu les connais. Les Dragots, ça n'attend pas.

Isadora jura tout bas.

- Je vous prie de m'excuser, dit-elle. Mon fils et son épouse travaillent au Gouvernement des Finances et des Dragots à un poste important et ils doivent se rendre disponibles en cas de besoin. Même si l'économie se porte bien, le cours du Dragot a quelque peu chuté ces derniers mois à cause des investisseurs anglais qui se retirent. La Grande Bretagne n'est pas dans un moment facile, évidemment...

- Vous n'avez pas de Mornilles ? Ou de Noises et de Galions ? Demanda Charlotte, sûrement pour éviter de s'étendre sur la situation du pays.

- Non, pardon, ça me semblait évident. La monnaie ici est le Dragot. Je vous emmènerai faire du change si vous le souhaitez, Ethan.

- Oui... Merci...

Vu son expression, il venait de se rappeler que la monnaie n'était effectivement pas la même et Julian se maudit de pas avoir anticipé. En face d'eux, Archer et Théa regardaient son père avec circonspection et il sentit son ventre se serrer. Si les Grims se rendaient compte au bout de seulement dix minutes de repas à quel point leur père était incapable de gérer les affaires quotidiennes, la situation allait devenir compliquée.

Presque comme si le destin avait entendu son inquiétude, l'attention générale fut détournée lorsque Tikky l'elfe de maison arriva. Ses petites oreilles en triangle arrivaient à peine au niveau de la table.

- Lady Isadora, dit-il en s'inclinant. On sonne à la porte.

- Ah ! Est-ce enfin Robert et Dilysa ?

- Non, ma Lady. Il s'agit de monsieur Leonidas.

De concert, Cordelia et Archer laissèrent échapper un soupir agacé. Grand-mère Isadora les fusilla du regard.

- Il est venu de Boston ? Je comptais ne le prévenir que demain de l'arrivée des Shelton. Celui-là, vraiment... maugréa-t-elle. Fais-le entrer, Tikky. Il ne va pas rester sur le perron.

L'elfe s'inclina et s'empressa de repartir vers le hall. Julian essaya de tendre l'oreille, curieux. Le nom de Leonidas lui disait vaguement quelque chose, peut-être parce que sa mère avait dû le laisser échapper, mais il n'avait pas la moindre idée de qui il pouvait s'agir.

L'homme qui entra dans la salle à manger quelques secondes plus tard se révéla être grand et élégant. D'un air avenant, il enleva son chapeau et son long manteau marine, et son imposante mâchoire carrée s'étira en un sourire ironique.

- Eh bien, quel accueil ! Vous pourriez au moins faire semblant d'être heureux de me revoir après tous ces mois.

- Tu n'étais pas attendu ce soir, Leo, rétorqua Isadora. Tu aurais, pour ta part, au moins pu envoyer une lettre pour nous prévenir.

- Oh, ma chère tante, toujours aussi chaleureuse. Votre réaction est précisément la raison pour laquelle je n'ai pas prévenu. Cordelia, cache cette grimace, tu vas vieillir prématurément. Et ce n'est pas une façon de dire bonjour à ton cousin préféré.

- Seul cousin, siffla Cordelia. Je m'en passerais bien.

- Tu as la rancœur au cœur, ma pauvre amie.

- Comment est-ce que je pourrais ne pas l'avoir ? Sans toi, elle serait peut-être là ce soir avec nous.

Leonidas perdit brusquement son sourire de comédien. Le sang battant à ses oreilles, Julian repassa la phrase de sa tante. « Elle ». Parlait-elle de sa mère ? Il ne voyait pas bien ce qu'un cousin inconnu pouvait bien faire là-dedans.

- Toujours la même rengaine, dit-il d'une voix dure. Regarde-toi en face si tu cherches un coupable. Et je vous remercie au passage de m'avoir prévenu que sa famille débarquait aujourd'hui, ajouta-t-il, sardonique. Je vois que vous avez, vous aussi, perdu votre papier à lettre.

- Il suffit ! Enragea soudain grand-mère Isadora, faisant sursauter tout le monde. Quel spectacle sommes-nous en train de donner ! Mon pauvre Gerbert se retournerait dans sa tombe ! Maintenant, Leo, puisque tu es là, je t'en prie prend la place de Robert, il n'arrivera sûrement plus. Et je ne veux plus un mot sur le départ d'Aurélia, est-ce que c'est clair ? Ce n'est ni le moment, ni l'occasion. Nous sommes là pour rencontrer les Shelton et ne pas leur donner l'envie de fuir au premier repas de famille.

L'ambiance, tendue, devint glaciale. Leonidas s'assit finalement, le dos raide, puis se tourna vers eux avec la même curiosité que s'il découvrait une terre étrangère.

- Les voilà donc, s'exclama-t-il chaleureusement. Ethan, bien sûr. Ça fait longtemps, évidemment. Ravi de te revoir.

- Moi de même. Aurélia parlait encore de vous... Elle vous aimait beaucoup.

Si le sentiment de son père était louable, Julian le maudit malgré tout. Au vu des expressions d'Isadora et de Cordelia, elles n'avaient pas reçu les mêmes égards. Ce constat parut ravir Leonidas.

- Et Julian et Charlotte, évidemment ! J'aurais aimé vous rencontrer plus tôt et en d'autres circonstances.

Cette fois, le « moi aussi » resta coincé dans la gorge de Julian. Ça semblait hypocrite et dénué de sens devant un homme dont il ne connaissait pas l'existence il y a encore dix minutes. Leonidas ne parut pas s'en formaliser et se servit une généreuse part de dinde. La montre à gousset accroché à son veston étincela dans la lumière du chandelier central.

- Vous savez, j'étais le cousin de votre mère. Nous passions tous nos étés ensemble, enfants.

- Où ça ? Demanda sa sœur.

- En France. Nous y possédons une magnifique villa dans le Sud. Vous pourrez y venir cet été.

- Tu n'y viens plus depuis des années, intervint Cordelia.

Il se tourna vers elle avec ce même air faussement avenant.

- Et bien peut-être que j'ai envie de changement. Après tout, c'est à l'ordre du jour, non ? D'ailleurs, j'ai entendu dire que tu avais été nommé Président des élèves par tes professeurs, Archer ? Félicitations ! Tes parents doivent être fiers.

Archer redressa le menton, pompeux.

- Nous sommes tous très fiers d'Archer, confirma grand-mère Isadora. Il a passé l'été à se préparer pour sa nomination et ses efforts sont récompensés.

- Tu parles, se moqua Théa, il envoyait des lettres à son inconnue oui !

- Théa, laisse-le tranquille par Morgane...

- Elle dit ça parce que même dans ses rêves un troll ne voudrait pas de sa réputation...

- Archer ! S'écria si froidement tante Cordelia que même Tikky, qui arrivait avec un plateau de victuailles, battit en retraite. Un de mot de plus et je te fais sortir de cette table, est-ce que je suis claire ?

Il déglutit et hocha la tête. Julian dévisagea sa tante. Elle n'avait pas l'air de plaisanter et était devenue presque livide sous son fard à paupière. Leonidas la regardait même avec une certaine tristesse. Complètement perdu, son père gardait le nez dans son assiette et sa sœur n'osait plus bouger un muscle. Pour une fois, il les comprenait tous les deux. Ce dîner n'avait aucun sens et tout le monde semblait prêt à se sauter à la gorge.

- Très bien, je pense que nous devrions tous reprendre nos esprits, dit lentement Isadora. Tikky, amène donc la suite. Quant à nous, laissons un peu la parole à nos invités.

Pris de panique, Julian réprima l'envie de secouer la tête. Il n'avait aucune envie de prendre la parole.

- Alors Charlotte, dis-nous, que...

- Charly, rectifia Julian spontanément. Elle préfère Charly.

Surprise, Charlotte lui coula un regard interrogateur. Depuis un an, il refusait d'utiliser ce surnom, mais ce soir, entouré d'inconnus, il voulait lui faire plaisir et lui donner le sentiment qu'elle pouvait être elle-même.

- Charly, bien. Aimes-tu quelque chose en particulier ? Une matière ou une activité ?

- Le Quidditch, répondit-elle sans réfléchir.

- Le quoi ? Chuchota Théa.

Personne ne fit l'effort de lui expliquer.

- Noble sport, approuva Leonidas. Tu jouais dans une équipe à Poudlard ?

- Oui, j'étais poursuiveuse pour Poufsouffle ... Enfin, je venais encore d'être prise comme remplaçante pour le dernier match, et le capitaine m'avait dit que je serai sûrement titularisée à la rentrée mais...

- Vous avez déménagé.

- Oui... Peut-être que si Vous-Savez-Qui est arrêté bientôt, je pourrais reprendre mon poste en revenant...

- Vous-Savez-Qui ? Répéta Théa, presque goguenarde. Qu'est-ce que c'est encore que ce nom ?

- C'est juste... Le mage noir... On n'aime pas prononcer son nom, expliqua Charlotte sans se démonter et Julian ressentit un élan de fierté envers elle. Il y a une sorte de tabou autour, comme si ça pouvait le maintenir à distance... Certains disent que si on prononce son nom, il nous retrouvera. Les mangemorts pourraient débarquer chez vous. Je suppose que ça rassure les gens, ça le rend moins concret à leurs yeux.

- C'est quoi des mangemorts ?

La question parut déstabiliser Charlotte et Julian la comprenait. Ça lui paraissait aberrant à lui aussi que quelqu'un ne sache pas qui étaient les mangemorts.

- Les partisans de Vous-Savez-Qui, répondit son père factuellement.

C'était la première fois depuis plusieurs minutes qu'il ouvrait la bouche.

- Son armée, renchérit Julian. Ce sont eux qui parcourent le pays la plupart du temps pour menacer les gens ou... ou les tuer...

- Et personne ne fait rien ? Votre gouvernement reste inactif ? Ils devraient être arrêtés non ?

- Ce n'est pas si simple, Archer, nuança Leonidas, visiblement irrité par l'attitude du fils de sa cousine. Si les pouvoirs publics pouvaient arrêter cette guerre, ils le feraient...

- Et alors ? Qu'est-ce qu'ils attendent ? Des gens sont morts, non ?

De l'autre côté de la table, Charlotte blêmit et son père resta figé sur sa chaise, prostré, comme s'il avait oublié son repas. Julian dévisagea son cousin. Il leur rappelait à eux que des gens étaient morts ? Comme s'ils ne le savaient pas et comme si l'absence de sa mère à cette table – voire leur présence en elle-même – n'étaient pas déjà des rappels assez douloureux.

- Ils sont masqués, rétorqua Julian, incapable de se retenir plus longtemps. On ne sait pas qui se cachent sous les cagoules, ils agissent en toute impunité grâce à la protection de Vous-Savez-Qui. Et lui non plus, on ne sait pas qu'il est... Ils sont tous des fantômes.

- Evidemment, si vous persistez à ne pas les appeler par leur nom, objecta Théa.

- C'est idiot, renchérit Archer. Je veux dire, c'est un simple nom. Les gens s'accrochent à du folklore.

Julian ressentit une montée de colère en lui et il serra sa fourchette à s'en faire blanchir les jointures. Ni Théa ni Archer ne comprenaient. C'était facile de critiquer quand on était de l'autre côté d'un océan, loin des attaques et de la peur qui avait infiltré chaque foyer d'Angleterre.

- Ils s'accrochent à l'espoir, répliqua sèchement Charlotte.

Avec Archer, ils se fusillèrent du regard par-dessus le gâteau à la fraise ramené par Tikky.

- Et Dumbledore ? Lança brusquement Leonidas. Il va agir, j'en suis sûr. J'ai des contacts en Angleterre qui me donnent des nouvelles, notamment sur lui. Il doit aider le Ministère ou faire quelque chose. C'est ce que rapportent les rumeurs.

- Qui sait, avec Dumbledore ? Lui répondit Isadora. Cet homme est imprévisible !

Visiblement, la réputation du directeur de Poudlard dépassait les frontières et Julian ressentit un maigre soulagement devant ce nom familier qui lui évoquait des banquets et de remises de Coupe des Quatre Maisons.

- D'ailleurs, Leo, en parlant de tes contacts en Angleterre. Pourquoi Lysandra n'est pas avec toi ?

- Lysa devait retrouver une amie. Tu la connais, je n'allais pas l'obliger à venir.

- Déjà que tu n'étais pas invité, marmonna Cordelia.

Leonidas l'ignora et se tourna vers eux.

- Lysandra est ma femme, expliqua-t-il. Elle est anglaise, elle aussi. Je pense que vous vous entendrez bien.

Julian acquiesça poliment. Il se sentait épuisé à essayer de retenir tous ces noms qu'on lui envoyait à la figure. Sa fatigue dû se lire sur son visage car Isadora attrapa soudain sa canne posée près d'elle et donna un coup sec sur le plancher.

- Bien, je pense que nous pouvons tous nous retirer. La journée a été longue et votre voyage d'autant plus fatiguant. Nous parlerons demain. Leo, tu es le bienvenu si tu veux rester pour la nuit... ?

- Non merci, ma tante. Lysa m'attend. Mais je reviendrai demain ou avant votre départ pour Ilvermorny.

Ilvermorny, songea Julian. Pas de doute, il avait hâte d'y aller, juste pour quitter cet endroit. Côte à côte avec Charlotte, ils fuirent presque la salle à manger et remontèrent dans leur chambre. Le lit à baldaquin lui évoquait d'un coup moins celui d'un conte de fée.

***************************************

Alors ? Verdict ? ^^

Eléments tirés du canon/de Pottemore :

- Le Gouvernement des Finances et des Dragots existe. J'ai donc imaginé que le Dragot était la monnaie des Etats-Unis à partir de cette information.

- Même si la famille Grimsditch existe, les membres mentionnés ici sont tous issus de mon imagination. Seul le fondateur de la famille, Robert Ier, vient de Rowling. Je lui ai inventé une femme et une descendance, mais j'en reparlerai.

- Leonidas Grims est mon personnage à l'origine, mais il a été inventé pour mettre en place mon univers partagé avec Perripuce. Il lui appartient donc également, ne soyez pas surpris de le retrouver dans ses écrits !

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Prochain poste : Chapitre 5 - Mercredi 28 octobre
Dernière modification par annabethfan le mer. 28 oct., 2020 6:33 pm, modifié 1 fois.
mythik

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par mythik »

Ouh mais quelle famille !!! Ca promet ^^
Isadora a l'air super gentille ! En fait, toute la famille a l'air cool même s'ils sont un peu guindés. Du coup, c'est bizarre qu'Aurélia n'ait jamais parlé d'eux.
Pauvres Ju' et Charly !! Ils comprennent rien à qui est qui et ya des nouveaux membres de la famille qui popent toutes les trois secondes :lol: :lol: Un conseil Archer : si tu veux qu'ils comprennent l'arbre généalogique, fais des dessins :D
Le rythme du chapitre est bien, ça permet de découvrir un peu chaque membre de la famille Grims et de les situer (qui est relié à qui par quels liens).
Hâte d'avoir la suite (dans deux semaines :cry: :cry: )
elohane

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par elohane »

Super chapitre 4 !
Mes impressions : J'avoue, j'aime pas du tout Théa et Archer...Ils ne comprennent rien à Voldemort, franchement ils m'énervent...J'ai hâte de voir Ilvermony !!! Charlotte et Julian sont les meilleurs, je les adore et j'apprécie leurs complicité de frère et de soeur.
J'aime bien Isadora et Leonidas. Pas trop Cornelia...J'avoue elle est effrayante ^^
Bravo ! Et j'attends la suite avec impatience ! :D
MelleChachow

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par MelleChachow »

Très contente de rencontrer la plupart des membres de la famille Grims !
Je pense qu'Isadora est très gentille, tout comme Leonidas !
Mais alors Cornelia et les deux enfants !! Pour le moment, ça ne passe pas !! xD
Et comment ils parlent de la guerre alors qu'ils ne savent rien !!! Raah !!
Bref ! J'adore !
Et j'ai vraiment hâte de savoir ce qu'il s'est passé pour qu'Aurelia soit partie !
Charmimnachirachiva

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Charmimnachirachiva »

Hello !
Ton histoire est trop bien ! Définitivement :D
J'aime bien les nouveaux perso que tu as introduit, surtout Théa et Archer !
Les pauvres, ils sont complètement paumés dans leur arbre généalogique et ...moi aussi :lol: . Bon après, Ethan il aide pas beaucoup (je sens que mon Juju ;) il va rapidement en avoir marre !)
Après, Léonidas, même si c'est le seul qu'Aurelia aimait bien, il me met mal à l'aise... Je sais pas trop, comme si il faisait tout le temps semblant... Bref, on sent de LOURDS secrets (sympa l'ambiance à table !) qui donne juste ultra envie de découvrir la suite !
Et la relation Juju-Lottie et juste trop choupi !!!!
Perripuce

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Perripuce »

annabethfan a écrit : jeu. 15 oct., 2020 3:17 pm Je suis complètement à l'ouest j'ai oublié de poster hier :lol: Sorry !

Sinon dans ce chapitre vous allez découvrir la fameuse famille Grims. Le nom complet et canon est Grimsditch, mais j'ai pris la liberté de changer pour des raisons historiques qui seront expliquées. Vous allez également découvrir un personnage important (ou plutôt le redécouvrir pour ceux qui ont lu le bonus La Divine Tragédie de Perripuce) : Leonidas Grims Hé coucou toi ! . Issu à l'origine de L'héritage d'Ilvermorny, c'est lui qui a été le premier trait d'union entre nos univers à Perri et moi, et finalement il nous appartient un peu à toutes les deux. Voire il a été inventé pour créer cet univers partagé haha ! J'espère que vous aimerez !

J'ai conscience que l'histoire va doucement à se mettre en place mais il y a tellement d'informations et de nouveaux personnages que je préfère y aller doucement pour ne pas vous engloutir. Dites-vous que ce rythme sert l'histoire et j'espère que ça vous plait (et que ça vous plaira).

Donc avant le début du chapitre, voici les réponses aux commentaires !

@elohane : Même un commentaire court me fait plaisir, merci beaucoup :D Trop contente que tu aimes !

@Bff47: C'était le but du cliffhanger mouahaha! J'espère que la découverte des Grims dans ce chapitre va te plaire ! Oui, le titre dévoile un peu l'objet, je le savais. Après je me suis dis que c'est comme Harry Potter 1 où on se demande ce qui est caché dans le château alors que la pierre philosophale est littéralement dans le titre :lol: (enfin en anglais ^^) Tu verras comment tout est relié à l'Amérique par contre ;) C'est normal de rien comprendre au conte :lol: A suivre ^^
Tu peux allez lire l'histoire d'Ilvermorny et les infos sur le monde américain si ça t'intéresse. Après, ça constitue la bonne base de mon intrigue/histoire donc tu te spoileras peut-être un peu le plaisir de la découverte.
Je sais, j'ai aussi cette impression de "pas grand chose se passe", mais c'est le début et je me dis que j'ai besoin de poser l'univers... Ravie que tu aies aimé en tout cas !

@mythik: Eh oui, ça y est ton attente est terminée :lol: J'aime beaucoup tes hypothèses ! Je te laisse la surprise :lol: La rentrée se fera un peu plus tard dans quelques chapitres, le temps de poser les bases ! Merci pour ton commentaire en tout cas! :D

@Charmi : Oh t'inquiète pas, c'est déjà hyper sympa de commenter de temps en temps ! J'essaye vraiment effectivement d'introduire l'univers, les personnages, etc doucement.
Juju je meurs :lol: :lol: :lol:
Surtout ne pas spoiler mais on comprend, nous aussi on fangirl :lol: Si tu veux dire des choses sur l'univers partagé, hésite pas à le faire en MP par exemple ;)

@Cazo : Cf. conversation Whatssap

@Perri : Cf. Cazo

@MelleChachow : Oh merci pour ton commentaire, ça me fait vraiment plaisir *keur*

Bonne lecture !


******************************


Chapitre 4 : Le manoir des Grims

« Il existe des secrets de patrie comme des secrets de famille »

- Alfred Capus -


// 1er septembre 1979 //

Les pieds fermement ancrés dans le sol, Julian se retint de tourner sur lui-même pour avoir une vision globale du hall d'entrée. Juste le hall d'entrée. La pièce à elle seule devait faire l'équivalent de son salon dans leur appartement londonien. Même le lustre en cristal qui surplombait le tapis brodé de fils rouge et or devait valoir plus que toutes ses affaires Et là tu dois te sentir trop mal, genre pas à ta place face à ce genre de constatation. . A côté de lui, Charlotte n'avait pas sa retenu et observait tout autour d'elle avec les yeux écarquillés. Elle paraissait encore plus jeune avec cette expression.

Instinctivement, Julian suivit son regard et leva les yeux vers les tableaux accrochés au-dessus de la rampe d'escalier. Une boule d'appréhension grandit au creux de son ventre en constatant que plusieurs peintures le dévisageaient ouvertement, l'air surpris ou consterné. Il ne savait pas si c'était à cause de leur arrivée ou de l'accueil de la jeune fille qui venait de leur ouvrir la porte.

Elle se tenait toujours dans l'embrasure et les regardait avec la même curiosité que les tableaux, une touche de mépris en prime s'il avait dû analyser la façon dont elle les détaillait sans vergogne. Julian tenta de lui trouver une quelconque ressemblance avec sa mère, Charlotte ou lui-même, mais elle avait des cheveux presque noirs et des yeux qui tiraient sur le bleu cobalt Le fameux bleu cobalt ahah , ce qui tranchait avec leurs propres cheveux blond cendré et leurs prunelles vertes.

En constatant que sa cousine ne disait rien – du moins il supposait qu'elle devait être l'une de ses cousines – Julian reporta à nouveau son attention sur les tableaux et garda obstinément le silence lui aussi. Il en avait marre d'être toujours celui qui faisait le premier pas et qui brisait la glace parce que son père était incapable d'interagir avec le monde. Il était l'adulte, il était celui qui les avait forcés à déménager ; il était donc hors de question qu'il se renferme dans son mutisme habituel en ce moment déterminant.

- Ju'... regarde ! Chuchota Charlotte si bas qu'il faillit ne pas l'entendre.
Franchement ces petites touches de la vie d'Aurelia ça brise le coeur ...
Julian tourna la tête et son regard accrocha celui d'un tableau, tout en haut de l'escalier, qui toisait le hall de sa place. C'était celui d'une petite fille d'une dizaine d'année au milieu de plusieurs autres personnes. Un portrait de famille sûrement. Pourtant, elle lui semblait étrangement familière.

Avant qu'il ait pu y réfléchir davantage, le cœur battant, un autre portrait prit soudain la parole et le déstabilisa.

- Qui sont ces gens ? Geignit une femme en robe d'époque et à la lourde perruque poudrée. Miss Théodora, qui faites-vous encore entrer chez moi ?

- Oh tais-toi, s'exaspéra la dénommée Théodora Quelle sympathie cette jeune fille ... J'adore :lol: :lol: :lol: . Ou je te remets du produit nettoyant dans les yeux. Je vous présente la grande tante Saranna, ajouta-t-elle d'un ton railleur. Vous allez l'adorer.

Les sourcils de la grande tante manquèrent de disparaître sous sa perruque poudrée sous le coup de l'indignation et elle pinça les lèvres avant de simplement disparaître de son cadre dans un reniflement vexé.

- Saranna... ? Répéta Charlotte, incapable de réfréner ses questions. Comme le nom de la maison ?

- Elle-même. C'était l'épouse du fondateur de la maison, notre ancêtre glorieux et bien-aimé.

Le ton de Théodora dégoulinait de sarcasme et Julian haussa un sourcil. Il n'arrivait pas à déterminer si elle était sérieuse ou non. En vrai la position de Théa doit pas être facile. Genre, l'héritier, celui à qui on inculque tout ça c'est Archer. Thea elle a un peu dû être la laissée pour compte surtout *s'étouffe pour ne pas spoiler* I'M COMING ANNA

- Robert Grimsditch était un grand homme, intervint brusquement une voix. Et tu serais mieux avisée de ne pas te moquer de celui qui a bâti le toit que tu as la chance d'avoir au-dessus de la tête.

Julian se retourna pour faire face à la voix. Depuis ce qui semblait être le salon, une veille femme venait de faire son apparition. Appuyée sur une canne au pommeau en argent où trois corbeaux en plein vol étaient gravés, elle se tenait absolument droite dans sa longue robe au col en dentelle. De grands yeux verts, les mêmes que les leurs, lui mangeaient le visage et ressortaient encore davantage grâce à son front haut et ses traits anguleux. Franchement elle me fait trop penser à Lady Arista. N'essaie pas de te cacher, je sais où sont tes références ...

- De plus, je ne crois pas t'avoir entendu souhaiter la bienvenue à nos invités. Cela serait très mal élevée, tu ne crois pas ?

- Oui grand-mère...

Théodora avait soudain perdu de sa superbe et son sourire moqueur, mais Julian pouvait voir qu'elle trouvait tout ce cérémonial aussi ridicule que le portrait de la grande tante Saranna.

- Eh bien ? S'impatienta la vieille femme en agitant sa canne. Qu'est-ce que tu attends ?

- Désolée... Bienvenue. J'espère que vous avez fait un bon voyage.

Le ton n'aurait pas pu être plus atone et la vieille femme soupira, l'air las et agacé à la fois. J'avoue je ne sens pas la moindre trace d'amabilité et de conviction dans sa voix :lol: :lol:

- Bien, ça suffit. Va chercher ta mère et envoie un message à ton oncle. Dis-lui qu'il est attendu et que les Shelton sont arrivés. Je ne tolérerai aucun retard ni aucune absence au dîner. Allez, va.

D'un nouveau geste de sa canne, elle la congédia et Théodora s'éclipsa, non sans un dernier regard dans leur direction.

Le silence retomba dans le hall, rompu uniquement par le chuchotement incessant des tableaux. Julian crut vaguement entendre le nom de sa mère, mais il n'en jurait pas non plus tant un bourdonnement lancinant lui emplissait les oreilles. Entre le réveil à l'aurore, le voyage et le décalage horaire, la tête lui tournait presque. Il aurait aimé que son père prenne les devants pour le laisser respirer deux minutes, mais ce dernier était en train d'observer la bibliothèque basse près de la porte. Il en a des priorités :lol: :lol:

- Est-ce que c'est un exemplaire original de l'Abrégé des sortilèges communs et de leurs contre-attaques ? S'extasia son père. Bon on va voir le bon côté des choses. Au moins il ouvre la bouche et prend la conversation à son compte.

- L'un des dix premiers exemplaires, oui, confirma la vieille femme. Il appartenait justement à Robert Grimsditch. Mais en tant que chercheur, je suppose que vous le connaissez par cœur ?

- Oui évidemment... C'est un ouvrage brillant. Mais les éditions originales avaient sans doute des annotations plus précises ou devaient être différentes de celles d'aujourd'hui et certains spécialistes pensent même que...

- Papa, coupa Julian, épuisé. On pourra peut-être en parler un autre jour, non ? Pour une fois qu'il parle, Jules, je l'aurais laissé faire ...

Son père s'interrompit, surpris, mais sa voix s'éteignit et il redressa ses lunettes sur son nez d'un air contrit. Julian se sentit mal sur le coup, surtout en sentant le regard de sa sœur peser sur lui, mais il n'avait pas la force d'entendre un énième discours sur les éditions originales.

- Evidemment, nous aurons tout le temps d'en parler plus tard, convint la vieille femme. Vous devez tous être fatigués. Julian et Charlotte, je présume ? ça doit lui faire tellement bizarre ... et ça me renvoit un peu à la conversation que je prévois avec Lysa, elle doit tellement chercher sa fille dans ses petits-enfants ...

- Oui madame... murmura Lottie.

- S'il vous plait : Isadora. Je pense que « grand-mère » serait un peu précipité pour vous comme pour moi Et "grand-mère" c'est hyper protocolaire aussi, ça reste froid ... Mais bon, on est dans une grande famille de Sang Pur. . Mais je suis ravie que vous ayez pu venir avant votre rentrée à Ilvermorny. Cela faisait longtemps que j'attendais de vous rencontrer. Vraiment.

Julian aurait aimé lui dire que c'était réciproque, mais ça aurait été mentir. Encore une fois, il se demanda pourquoi il n'avait jamais entendu parler d'elle, ni d'aucun membre de cette famille.

- Si vous voulez, je vais vous montrer vos chambres et on viendra vous prévenir quand le dîner sera servi. Vous pourrez rencontrer tout le monde.

Elle indiqua l'escalier du bout de sa canne, mais son père la retint. Il parut hésiter sur ses mots une seconde avant de se décider :

- Merci... dit-il. Pour tout, je veux dire. Merci de nous accueillir chez vous.

- Ethan, c'est aussi chez vous. En ce qui me concerne, Aurélia n'aurait jamais dû partir, ce n'est qu'un juste retour des choses à leur place. Maintenant suivez-moi.

Cette fois, Isadora n'attendit pas leur réponse et s'engouffra dans les escaliers, sa canne rythmant ses pas à chaque marche. Julian s'empressa d'attraper son sac et celui de Lottie, puis lui emboîta le pas. Le sang lui battait contre les tempes. Il ne savait pas comment prendre la remarque de sa grand-mère. Pourquoi Aurélia aurait dû rester si elle était en froid avec le reste de sa famille ? Et les qualifier de « choses » était peut-être un peu excessif ? Au vu de l'expression de Charlotte – il connaissait sa sœur par cœur – elle pensait comme lui.

Les bras douloureux, il poursuivit malgré tout sa montée de l'escalier mais s'arrêta instinctivement au niveau du portrait de famille qui avait attiré son attention en arrivant. Avec quelques secondes de retard, il reconnut au centre grand-mère Isadora, bien plus jeune, les cheveux blonds rassemblés en chignon mais toujours vêtue d'une robe à col haut en dentelle. Elle était le portrait d'Aurélia. A ses côtés se tenaient un homme à la moustache auburn fournie, un jeune adolescent brun et deux petites filles d'une dizaine d'année. Si l'une avait de belles boucles auburn comme son père, celle qui avait accroché son regard un peu plus tôt arborait une chevelure blonde semblable à celle de grand-mère Isadora plus jeune et une expression boudeuse qu'il mit encore plus longtemps à reconnaître. Sous le coup de la stupeur, il faillit en lâcher les sacs et seul le réflexe de Charlotte leur permis de ne pas dévaler les escaliers. On sent la joueuse de Quidditch ahah !

- Ju', qu'est-ce que tu fais par Merlin ? Râla-t-elle en ployant sous le poids de son sac. Avance ! Cette maison est tellement grande qu'on risque de se perde si on ne la suit pas et on connait ton sens de l'o...

- Lottie ! L'interrompit-il avec urgence. Regarde.

- Quoi ?

- Le portrait !

Charlotte finit par tourner la tête et il sut qu'il avait raison en voyant son corps se raidir. Elle contempla la peinture plusieurs secondes, sa bouche s'ouvrant et se refermant plusieurs fois comme si elle voulait dire quelque chose mais que les mots lui manquaient.

- C'est maman... murmura-t-elle. C'est elle, pas vrai ? En vrai j'y pense, mais pour Isadora c'est Charlotte qui doit être la plus douloureuse ... Elle a l'air de ressembler à sa mère, elle est à mi chemin entre la fille du portrait et l'Aurelia qui a quitté la maison.

Il acquiesça doucement.

- Oui... Elle devait avoir dix ans, pas plus...

- Huit, corrigea soudain Isadora qui était revenue sur ses pas.

Julian manqua de sursauter, mais la stupeur paralysait sans doute trop sans corps pour véritablement obtenir une réaction extérieure. Au contraire, son cœur s'emballait – sûrement pour la dixième fois aujourd'hui – et il sentait ses entrailles se contracter douloureusement. C'était étrange de voir sa mère si jeune, encore une enfant. Il avait l'impression de découvrir une nouvelle personne et en même temps il retrouvait ses traits familiers. Ses yeux surtout. A la maison, il n'y avait pratiquement aucune photo d'elle plus jeune. Elle avait dû tout laisser en Amérique en partant.

- Elle avait huit ans. C'était son anniversaire ce jour-là, se remémora-t-elle. Nous voulions immortaliser l'évènement et une peinture semblait plus marquante qu'une simple photographie. Le problème c'est que cela prend évidemment plus de temps à réaliser et Aurélia n'aimait pas rester immobile bien longtemps. Elle a fait la tête tout le long. Et c'est resté marqué dans le portrait ...

Julian déglutit. Il ne s'habituait toujours pas à entendre parler d'elle au passé. Oh bébé chat *câlin*

- Aurélia pouvait être butée, oui, admit son père. Elle a toujours refusé qu'on fasse des portraits sorciers, juste des photos. Je comprends mieux...

- Je ne pensais pas la traumatiser à ce point. En vrai la situation d'Isadora me touche énormément. Le nom d'Aurelia doit être tabou depuis plusieurs années, elle doit tellement avoir envie d'en parler, de rattraper ... Elle doit tellement s'en vouloir aussi.

Malgré le visage impassible d'Isadora, Julian perçut la pointe d'émotion dans sa voix. Il avait tellement passé la journée à angoisser à l'idée de découvrir les Grims qu'il ne s'était jamais demandé ce que sa grand-mère pouvait bien ressentir en les voyant arriver, près de vingt-cinq ans après le départ de sa cadette, sur le pas de sa porte.

- C'est vous, là ? Demanda soudain Charlotte en pointant le tableau.

- Oui, c'est moi, confirma-t-elle. J'avais bien moins de rides, mais c'est bien moi. Et là, à ma droite, c'est mon défunt mari. Votre grand-père Gerbert. Et nos trois enfants : Robert, Cordelia et évidemment votre mère. Je sais, ils ne se ressemblent pas, n'est-ce pas ? Ajouta-t-elle avec un amusement pincé. Vous les rencontrerez au dîner ce soir avec leurs propres enfants, même si vous avez déjà eu un aperçu de Théodora. C'est Charlotte et la tante ... Glenna? Je ne sais plus ! Mais je te jure tu me donnes envie de relire Rouge Rubis :lol: :lol: :lol:

Il ne risquait effectivement pas d'oublier sa rencontre si chaleureuse avec sa cousine quelques minutes plus tôt.

- Mais allons-y, ne nous attardons pas ! Je dois encore vous montrer la maison.

Son émotion envolée, Isadora se remit en marche. Julian ne la connaissait peut-être pas, mais elle lui renvoyait l'image d'une femme qui ne s'attardait pas sur ses sentiments si elle avait quelque chose d'utilitaire à faire. Même si le sentiment en question était le souvenir de sa fille. Je trouve Isadora fascinante. Je commande un bonus sur elle, Marion.

Instinctivement, Julian se remit en marche, et il eut presque l'impression que le portrait de sa mère le brûlait derrière la tête et le suivait du regard. Ils ne s'arrêtèrent pas au premier étage. Isadora continua de monter les escaliers, le bruit de sa canne amorti par le tapis rouge qui recouvrait les marches. Ils venaient de dépasser le palier du deuxième étage lorsqu'elle reprit la parole en s'adressant à eux par-dessus son épaule :

- La maison a été construite sur des fondations magiques, expliqua-t-elle. Elle s'agrandit ou rétrécit au fil des générations, selon le nombre de membres de la famille Pratique. Je me dis que le Terrier a dû faire pareil après la NextGen. . Pour l'instant, les espaces communs – le salon, la cuisine, le bureau, la salle-à-manger et la bibliothèque – se trouvent au rez-de-chaussée. Le premier étage est réservé à mes appartements et je vous prierai donc de ne pas vous y rendre sans mon autorisation. ON SE DEMANDE OU EST L'INSPIRATION

- Bien sûr, approuva son père, nerveux.

- Mon fils Robert habite le deuxième étage avec sa femme et son fils. Et Cordelia et Théodora occupent le troisième étage toutes les deux. Comme vous ne resterez que quelques jours, vous y demeurerez aussi. Il reste deux chambres. Ethan, vous pouvez bien entendu en prendre une, et la deuxième sera pour toi Julian. Charlotte, tu as le choix. Tu peux dormir avec Théodora ou avec ton frère. Je ne savais pas si à ton âge... ? *Pas avec Thea, elle fait flipper, pas avec Thea ...*
Et le fait de l'appeler par son nom complet, ça me rappelle trop ma propre grand-mère. Elle est incapable de nous appeler par des surnoms, genre elle est la seule à appeler mon cousin "Geoffrey" alors qu'on l'appelle tous Jo ahah


Ils se tenaient désormais en haut des escaliers, dans le couloir du troisième étage, et Charly ne paraissait pas essoufflée contrairement à lui. Son endurance ne lui permit donc même pas de faire passer son hésitation pour un manque de souffle.

- Je... je ne sais pas...

- Théodora n'est pas méchante, rassura Isadora. Un peu... sauvage de prime abord, c'est tout.

L'argument ne parut pas rassurer Charly plus que ça. Julian attendit fébrilement sa réponse. Ils n'avaient jamais partagé une chambre, mais la simple idée que sa sœur disparaisse de son champ de vision à l'heure actuelle l'angoissait. Il ne dut pas parvenir à cacher son sentiment car dès que Charly croisa son regard, elle se tourna vers leur grand-père, déterminée.

- Je pense que je vais rester avec Ju'... Pour deux nuits, ça devrait aller... Tu ne vas pas mourir t'inquiète ma grande

- Comme tu préfères. Je vous laisse donc vous installer. Vos chambres sont juste là, au bout du couloir. Notre elfe viendra vous chercher quand le dîner sera servi.

Elle parut vouloir ajouter quelque chose, peut-être des mots moins procéduriers, mais elle y renonça avant de s'éloigner en s'appuyant sur sa canne. Julian la regarda redescendre l'escalier, incapable de se décider sur ce qu'il ressentait vis-à-vis de la vieille femme. Elle ne lui avait pas paru très chaleureuse, mais pas froide non plus. Je l'ai trouvée assez gentille moi, effectievment pas froide mais ... gênée, comme si le poids des années pesaient entre eux. Et surtout, le souvenir d'Aurelia.

- On va poser nos affaires ? Proposa Charlotte, ployant toujours sous le poids de son sac. Tu vas t'en sortir, papa ?

- Hum ? Oh bien sûr, ma chérie. On se retrouve pour le dîner, je vais étudier un peu en attendant. Le vocabulaire est surprenant pour un adulte :lol: :lol:

Surprenant, pensa Julian avec ironie. Une fatigue sourde lui tomba soudain dessus et il abandonna l'idée de faire une remarque à son père qui visiblement ne voyait pas de problème à les laisser se débrouiller dans une maison, une famille et un pays inconnus.

- Comme tu veux, marmonna-t-il sans le regarder. A tout à l'heure.

Il traina les pieds jusqu'à la porte qu'avait indiqué grand-mère Isadora, Charlotte sur les talons. Il espéra ne pas se tromper de pièce et ouvrit le battant en bois sombre. Derrière lui, sa sœur siffla.

- Est-ce que tout est grand ici ? S'émerveilla-t-elle.

- C'est un truc américain... Non mon petit : un truc de riche.

La chambre, recouverte de lambris, aurait pu être sombre sans le lustre en fer forgé qui illuminait la pièce grâce à de la lumière de sort. Nimbée d'une aura dorée, les meubles anciens donnaient un aspect chaleureux surprenant à la chambre, et les flammes qui crépitaient dans l'âtre de la cheminée renforçaient son ambiance feutrée. Un grand lit à baldaquin, dont les pieds étaient gravés en forme de corbeau, trônait au milieu.

D'un bond souple, Charlotte se hissa sur le matelas qui s'enfonça sous son poids et elle rebondit, un grand sourire aux lèvres.

- Merlin, Ju' ! Regarde ! On dirait un lit de princesse ! J'adore cette simple phrase venant de Charlotte, ça donne une idée de toute sa spontanéité, toute sa fraicheur et j'aime beaucoup !

- Ce n'est que pour deux nuits tu sais...

- Oh arrête de faire ton rabat-joie, râla-t-elle. Viens !

Amusé, il traversa la chambre pour la rejoindre. Il pouvait bien le reconnaître, être sur ce lit donnait l'impression de se trouver dans un conte de fée.

- Pas mal, apprécia-t-il.

- Génial oui !

Ils éclatèrent de rire. Charlotte bascula sur le dos, le souffle court, et vrilla ses yeux verts si semblables aux siens et à ceux de leur mère – et à ceux de leur grand-père Isadora désormais – avant de soupirer.

- Alors ? Souffla-t-elle. T'en penses quoi, toi ?

- De ?

- D'Isadora... De la maison, de tout... ?

Julian garda le silence de longues secondes. Toutes ses pensées se bousculaient dans sa tête et il n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ce qu'il ressentait. Il détestait ça. Oui vu comment tu aimes l'ordre et obligé à tout contrôler dans ta maison, ça ne me surprend absolument pas venant de toi mon garçon.

- Je ne sais pas encore, avoua-t-il. La maison fait un peu vieux jeu et sang-pur. C'est pire que chez les Bones en même temps ils sont nouveaux dans le milieu (genre, arriviste, nouveaux riches) et surtout euh ... pas sang pur mon grand. . Et pour Isadora... Pareil, elle m'a l'air un peu « sorcière traditionnelle », mais pas méchante. Je veux dire, elle paraissait contente de nous rencontrer, non ?

- Si, je crois, confirma Charlotte. Et je n'ai pas eu l'impression qu'elle avait voulu que maman s'en aille donc elle n'a pas dû la mettre dehors après ses études.

- Non, c'est sûr. Si maman est partie, c'est soit parce qu'elle le voulait, soit parce qu'on l'y a forcé, mais ça ne devait pas être grand-mère Isadora... Peut-être son père ? Le moustachu, là, sur le tableau ? "Le moustachu" il fallait bien se raccrocher à quelque chose :lol: :lol: :lol: :lol:

Un éclat de rire raisonna depuis la porte et ils se redressèrent tous les deux, surpris. Le cœur battant, Julian remarque soudain le garçon adossé au chambranle. Il ne l'avait pas entendu arriver. Grand et fin, il devait être plus âgé que lui de quelques années. Malgré ses oreilles un peu décollées et ses yeux bleus cobalt rapprochés, il dégageait une certaine prestance avec son dos bien droit et sa robe de sorcier de qualité.

- Le moustachu, comme tu dis, lança-t-il, aurait été incapable de faire du mal à un veau-de-lune. Grand-père Gerbert était l'homme le plus gentil au monde, ce n'est pas lui qui aurait mis sa fille à la porte. Si votre mère est partie, c'est qu'elle l'a voulu. Et tu le sais bien sûr parce que tu as vécu la situation et l'a vue de tes propres yeux?

- Désolée, on ne voulait pas...

- C'est notre chambre, coupa Charlotte. Et c'est mal poli d'écouter les conversations ! J'adore la différence de réponse du frère et de la soeur, c'est beaucoup trop drôle ce contraste et ça marque encore la personnalité contrôle de Julian et spontanée de Charlotte.

- C'est ma maison, rétorqua le garçon. Dans tous les sens du terme puisqu'il va en hériter

Sans y être invité, il entra dans la chambre. Il avisa leurs valises, posées près du lit à baldaquin, et les détailla du regard d'un air indéchiffrable.

- Les cousins anglais, j'imagine ? Dit-il. Julian et Charlotte ?

- Charly, corrigea sa sœur.

Julian se retint de lever les yeux au ciel mais il ne voulait pas présenter autre chose qu'un front uni devant cet inconnu.

- Charly... Noté. Moi, c'est Archer.

En voyant que son nom ne leur évoquait rien, il précisa :

- Archer Grims. Le fils de Robert.

- Robert, le frère de notre mère ? Se rappela Charlotte. Donc tu es notre cousin ? Comme Théodora ? Je suis contente d'avoir étudié ton histoire avant parce que je suis bien rôdée sur les noms et les liens, je me sens hyper puissante

Il hocha la tête et Julian tenta de suivre tous les liens de parentés, dessinant un arbre généalogique mental dans sa tête.

- Si tu veux qu'on t'appelle Charly, je te conseille d'appeler Théodora Théa. Sinon elle mord Je veux voir Thea mordre quelqu'un. , prévint-t-il presque avec sérieux. Et Théa est ma cousine, la fille de ma tante Cordelia. Vous suivez, c'est bon ?

- Non, répondirent-ils en cœur.

Archer eut un rictus suffisant.

- Quoi ? On ne vous apprend pas la généalogie en Angleterre ?

Julian savait grâce à Matthew que certaines familles sang-pur accordaient beaucoup d'importance à la généalogie tant la pureté du sang leur était précieuse Pas besoin d'être sang pure comme ça, hein Clem? . Ce n'était pas le cas des Bones dont le nom remontait pourtant au XIXe siècle et qui comptait parmi les branches de leur famille des Dumbledore ou des Greengrass hééé coucou moi . A l'inverse, il avait entendu dire que les Malefoy et les Black par exemple enseignaient à leurs enfants leur arbre généalogique et ceux des grandes familles sur le bout de la baguette et que cette coutume faisait partie intégrante de l'éducation sang-pur. Était-ce le cas pour Archer et Théa ?

- Pas dans notre famille, non, répondit-il finalement.

Cette information arracha un froncement de sourcil à Archer.

- Votre père vient d'une famille Non-Maj', c'est ça ?

- Un problème ? S'enquit Charlotte, cassante.

- Oh non, aucun, c'était juste pour situer le contexte Ouais mais on s'en fiche mon gars en fait. Si c'est normal, on le mentionne pas. . Pas d'inquiétude, on n'a rien contre les Non-Maj' ici du moment qu'ils nous laissent tranquille Cette phrase me crispe. Franchement, c'est une façon très dérangeante de voir les choses, comme si chaque fois c'était les Non Maj le problème. . Et un sorcier est un sorcier, pas vrai ?

Etrangement, Julian n'avait pas l'impression que son cousin mentait. Isadora elle-même avait eu un comportement tout à fait normal vis-à-vis de son père. Il supposa que toutes les familles sang-pur n'étaient pas les mêmes.

Archer avait l'air de vouloir continuer la conversation, mais la tête d'un elfe de maison à la peau fripée apparue soudain depuis le couloir.

- Maître Archer, maître Julian, maîtresse Charlotte, salua-t-il respectueusement. Le dîner est près, Lady Isadora me fait venir vous chercher. *Se sent pousser une âme d'Hermione et scande "LIBEREZ LES ELFES LIBEREZ LES ELFES!"

- Arrête de l'appeler Lady, s'agaça Archer. Elle n'est pas noble qu'on sache. Oh c'est tout comme

- Lady Isadora mérite le plus grand respect et le plus grand honneur, affirma l'elfe. Tikky le sait.

- Il perd la boule, confia Archer en désignant sa tête d'un geste équivoque. Allez, venez. Et toi tu n'aurais pas été copain avec Hermione. Dans un autre monde, elle t'aurait passé un sacré savon pendant que Perri mangerait du pop-corn.

Pas reposé le moins du monde, Julian se força malgré tout à se lever. Il n'avait pas prévu de défaire ses affaires pour deux jours de toute façon et ses valises pouvaient bien attendre. Alors qu'ils allaient descendre, Théa arriva elle-même de l'étage au-dessus. Elle ralentit en les apercevant en compagnie d'Archer et plissa les yeux.

- Archer ! Tu nous fais l'honneur de sortir de ta chambre ?

- Très drôle...

- Quoi c'est vrai, non ? Comment avance ta correspondance avec ta mystérieuse inconnue ? *smiley suggestif* CALIENTE

Le visage d'Archer s'enflamma. Julian se retint de sourire et il se positionna légèrement devant Charlotte pour dissimuler son expression trop amusée pour être polie.

- Théa, gronda leur cousin. Tais-toi par Morgane !

Pour toute réponse, Théa les dépassa en souriant, l'air fière d'elle. Sans un mot, Archer lui emboîta le pas et ils suivirent le mouvement sans broncher. S'il les perdait, Julian avait peur de ne pas réussir à retrouver la salle à manger. En arrivant dans le hall, il prit soin d'éviter de regarder le tableau représentant sa mère plus jeune et il se demanda une seconde s'il aurait dû attendre son père pour descendre dîner. Il faillit rebrousser chemin, mais les autres se dirigeaient déjà vers la sortie et il renonça.

Heureusement, Tikky l'elfe de maison avait dû prévenir son père avant eux car il était déjà attablé devant un énorme plat de dinde aux champignons à côté de grand-mère Isadora et d'une femme au visage sévère mais gracieux. Julian la reconnut avec difficulté grâce au portrait de famille. Une seule des petites filles avaient les cheveux auburn du patriarche et la femme devant lui arborait précisément cette même couleur, même si les boucles et les rubans de l'enfance avaient été remplacés par un chignon élégant. Il s'arrêta net, frappé par sa ressemblance avec sa mère. Si on excluait la couleur des cheveux, les deux sœurs avaient la même bouche fine, le même front bombé, le même nez trop en trompette pour être harmonieux, et surtout les mêmes yeux vert pâle. Sous le coup de la surprise, son nom lui échappa et elle parut trop choquée en les voyant pour se présenter.

- Morgane... souffla-t-elle. Fais pas genre t'es émue, toi j'ai décidé que je ne t'aimais pas. Peut-être justement parce que je l'associe à la tante Glenna :lol: :lol: :lol:

- Non, ce n'est que nous maman, railla Théa.

- Très spirituel, commenta Archer, on ne l'avait pas fait dix fois celle-là.

- Théa, arrête de faire la maligne, assieds-toi, sermonna leur grand-mère. Ce n'est facile pour personne. Et Cordelia, reprend-toi.

Mais les yeux de Cordelia restèrent fixer sur eux. Julian imaginait que s'il voyait l'image de sa mère en elle, la réciproque devait être vraie. De leur père, ils avaient peut être hérité leur menton rond et leur taille moyenne, mais c'est à leur mère qu'ils devaient tous les deux leurs cheveux d'un blond cendré et leurs yeux verts.

- Cordelia, insista Isadora d'une voix ferme. La politesse, voyons !

- Bien sûr, pardon, murmura-t-elle finalement. Enchantée.

Julian tiqua devant son ton cérémonieux. Tout, dans cette famille, lui paraissait décidément procédurier, comme une parodie de retrouvailles C'est également le sentiment que j'ai... On sent qu'il y a le souvenir de son départ qui flotte tout autour de ces retrouvailles et que ça agit comme un mur, presque plus que le côté guindé de la famille. . Tout le monde avait l'air d'en avoir conscience, particulièrement Théa, mais personne n'avait pourtant l'air de vouloir se laisser aller à une quelconque spontanéité.

- Bonjour, dit Charlotte à côté de lui. Ravie de vous rencontrer...

- Allons, nous n'allons pas nous vouvoyer non plus, rabroua à nouveau leur grand-mère. Ethan, les enfants, je vous présente donc ma fille cadette, Cordelia.

Sur sa droite, Julian remarqua le tic de son père et il se rappela ce qu'il avait dit dans le taxi. D'après lui, si sa mère avait quitté les Etats-Unis, c'était à cause d'une dispute avec sa sœur aînée.

- Où est Robert ? Continua-t-elle. Archer, où sont tes parents ? J'avais dit que tout le monde devait être là !

- Aucune idée... Ils sont partis vers midi pour le travail, je pensais qu'ils reviendraient ce soir, mais tu les connais. Les Dragots, ça n'attend pas.

Isadora jura tout bas.

- Je vous prie de m'excuser, dit-elle. Mon fils et son épouse travaillent au Gouvernement des Finances et des Dragots à un poste important et ils doivent se rendre disponibles en cas de besoin. Même si l'économie se porte bien, le cours du Dragot a quelque peu chuté ces derniers mois à cause des investisseurs anglais qui se retirent. La Grande Bretagne n'est pas dans un moment facile, évidemment...

- Vous n'avez pas de Mornilles ? Ou de Noises et de Galions ? Demanda Charlotte, sûrement pour éviter de s'étendre sur la situation du pays.

- Non, pardon, ça me semblait évident. La monnaie ici est le Dragot. Je vous emmènerai faire du change si vous le souhaitez, Ethan.

- Oui... Merci...

Vu son expression, il venait de se rappeler que la monnaie n'était effectivement pas la même et Julian se maudit de pas avoir anticipé Calme toi mon grand, tu ne peux pas tout contrôler et tout savoir ... . En face d'eux, Archer et Théa regardaient son père avec circonspection et il sentit son ventre se serrer. Si les Grims se rendaient compte au bout de seulement dix minutes de repas à quel point leur père était incapable de gérer les affaires quotidiennes, la situation allait devenir compliquée.

Presque comme si le destin avait entendu son inquiétude, l'attention générale fut détournée lorsque Tikky l'elfe de maison arriva. Ses petites oreilles en triangle arrivaient à peine au niveau de la table.

- Lady Isadora, dit-il en s'inclinant. On sonne à la porte. OUUUUUI ISA ON SONNE LA !!

- Ah ! Est-ce enfin Robert et Dilysa ?

- Non, ma Lady. Il s'agit de monsieur Leonidas. Est ce que j'ai un immense sourire ? Parfaitement.

De concert, Cordelia et Archer laissèrent échapper un soupir agacé. Grand-mère Isadora les fusilla du regard.

- Il est venu de Boston ? Je comptais ne le prévenir que demain de l'arrivée des Shelton. Celui-là, vraiment... maugréa-t-elle. Fais-le entrer, Tikky. Il ne va pas rester sur le perron.

L'elfe s'inclina et s'empressa de repartir vers le hall. Julian essaya de tendre l'oreille, curieux. Le nom de Leonidas lui disait vaguement quelque chose, peut-être parce que sa mère avait dû le laisser échapper, mais il n'avait pas la moindre idée de qui il pouvait s'agir.

L'homme qui entra dans la salle à manger quelques secondes plus tard se révéla être grand et élégant. D'un air avenant, il enleva son chapeau et son long manteau marine, et son imposante mâchoire carrée s'étira en un sourire ironique.

- Eh bien, quel accueil ! Vous pourriez au moins faire semblant d'être heureux de me revoir après tous ces mois.

- Tu n'étais pas attendu ce soir, Leo, rétorqua Isadora. Tu aurais, pour ta part, au moins pu envoyer une lettre pour nous prévenir.

- Oh, ma chère tante, toujours aussi chaleureuse. Votre réaction est précisément la raison pour laquelle je n'ai pas prévenu. Cordelia, cache cette grimace, tu vas vieillir prématurément. Et ce n'est pas une façon de dire bonjour à ton cousin préféré. J'adore comment, à peine arrivé, il clash tout le monde, c'est beaucoup trop drôle. En vrai il doit bien s'entendre avec Thea ahah

- Seul cousin, siffla Cordelia. Je m'en passerais bien.

- Tu as la rancœur au cœur, ma pauvre amie.

- Comment est-ce que je pourrais ne pas l'avoir ? Sans toi, elle serait peut-être là ce soir avec nous.

Leonidas perdit brusquement son sourire de comédien. Le sang battant à ses oreilles, Julian repassa la phrase de sa tante. « Elle ». Parlait-elle de sa mère ? Il ne voyait pas bien ce qu'un cousin inconnu pouvait bien faire là-dedans.

- Toujours la même rengaine, dit-il d'une voix dure. Regarde-toi en face si tu cherches un coupable. Et je vous remercie au passage de m'avoir prévenu que sa famille débarquait aujourd'hui, ajouta-t-il, sardonique. Je vois que vous avez, vous aussi, perdu votre papier à lettre. BAM BAM BAM ça part en drama et règlement de compte *cours chercher des pop corn*

- Il suffit ! Enragea soudain grand-mère Isadora, faisant sursauter tout le monde. Quel spectacle sommes-nous en train de donner ! Mon pauvre Gerbert se retournerait dans sa tombe c'est bien une phrase de grand-mère ça ! Maintenant, Leo, puisque tu es là, je t'en prie prend la place de Robert, il n'arrivera sûrement plus. Et je ne veux plus un mot sur le départ d'Aurélia, est-ce que c'est clair ? Ce n'est ni le moment, ni l'occasion. Nous sommes là pour rencontrer les Shelton et ne pas leur donner l'envie de fuir au premier repas de famille. *lâche le pop corn avec déception*

L'ambiance, tendue, devint glaciale. Leonidas s'assit finalement, le dos raide, puis se tourna vers eux avec la même curiosité que s'il découvrait une terre étrangère.

- Les voilà donc, s'exclama-t-il chaleureusement. Ethan, bien sûr. Ça fait longtemps, évidemment. Ravi de te revoir.

- Moi de même. Aurélia parlait encore de vous... Elle vous aimait beaucoup.

Si le sentiment de son père était louable, Julian le maudit malgré tout. Au vu des expressions d'Isadora et de Cordelia, elles n'avaient pas reçu les mêmes égards aîe aîe aîe en effet . Ce constat parut ravir Leonidas.

- Et Julian et Charlotte, évidemment ! J'aurais aimé vous rencontrer plus tôt et en d'autres circonstances.

Cette fois, le « moi aussi » resta coincé dans la gorge de Julian. Ça semblait hypocrite et dénué de sens devant un homme dont il ne connaissait pas l'existence il y a encore dix minutes. Leonidas ne parut pas s'en formaliser et se servit une généreuse part de dinde. La montre à gousset accroché à son veston étincela dans la lumière du chandelier central.

- Vous savez, j'étais le cousin de votre mère. Nous passions tous nos étés ensemble, enfants.

- Où ça ? Demanda sa sœur.

- En France. Nous y possédons une magnifique villa dans le Sud Dans la French Riverra ? Pourquoi j'ai l'intuition d'en avoir défoncer l'orthographe? D'ailleurs pourquoi en France quand on a les Caraïbes plus à côté? . Vous pourrez y venir cet été.

- Tu n'y viens plus depuis des années, intervint Cordelia.

Il se tourna vers elle avec ce même air faussement avenant.

- Et bien peut-être que j'ai envie de changement. Après tout, c'est à l'ordre du jour, non ? D'ailleurs, j'ai entendu dire que tu avais été nommé Président des élèves par tes professeurs, Archer ? Félicitations ! Tes parents doivent être fiers. Le bon petit Grims héritier parfait !

Archer redressa le menton, pompeux.

- Nous sommes tous très fiers d'Archer, confirma grand-mère Isadora. Il a passé l'été à se préparer pour sa nomination et ses efforts sont récompensés. ... Récompense qui n'est en rien dû à son joli nom de famille ? Ou alors au porte-feuille de ses parents?

- Tu parles, se moqua Théa, il envoyait des lettres à son inconnue oui ! :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen: :lol: :lol:

- Théa, laisse-le tranquille par Morgane...

- Elle dit ça parce que même dans ses rêves un troll ne voudrait pas de sa réputation... Sa réputation? AAAH tu me donnes envie d'aller à Ilvermorny découvrir tout ça, plus que deux chapitres à tenir !!

- Archer ! S'écria si froidement tante Cordelia que même Tikky, qui arrivait avec un plateau de victuailles, battit en retraite. Un de mot de plus et je te fais sortir de cette table, est-ce que je suis claire ?

Il déglutit et hocha la tête. Julian dévisagea sa tante. Elle n'avait pas l'air de plaisanter et était devenue presque livide sous son fard à paupière. Leonidas la regardait même avec une certaine tristesse. Complètement perdu, son père gardait le nez dans son assiette et sa sœur n'osait plus bouger un muscle. Pour une fois, il les comprenait tous les deux. Ce dîner n'avait aucun sens et tout le monde semblait prêt à se sauter à la gorge.

- Très bien, je pense que nous devrions tous reprendre nos esprits, dit lentement Isadora. Tikky, amène donc la suite. Quant à nous, laissons un peu la parole à nos invités.

Pris de panique, Julian réprima l'envie de secouer la tête. Il n'avait aucune envie de prendre la parole.

- Alors Charlotte, dis-nous, que...

- Charly, rectifia Julian spontanément. Elle préfère Charly.

Surprise, Charlotte lui coula un regard interrogateur. Depuis un an, il refusait d'utiliser ce surnom, mais ce soir, entouré d'inconnus, il voulait lui faire plaisir et lui donner le sentiment qu'elle pouvait être elle-même. C'est franchement beau cette phrase et cette attention de la part de Julian ... C'est vraiment touchant.

- Charly, bien. Aimes-tu quelque chose en particulier ? Une matière ou une activité ?

- Le Quidditch, répondit-elle sans réfléchir.

- Le quoi ? Chuchota Théa. Ce choc des cultures :lol: :lol:

Personne ne fit l'effort de lui expliquer.

- Noble sport, approuva Leonidas et tu t'y connais en Quidditch .... Tu jouais dans une équipe à Poudlard ?

- Oui, j'étais poursuiveuse pour Poufsouffle AH je me demandais justement quel poste, je ne me souvenais plus. ... Enfin, je venais encore d'être prise comme remplaçante pour le dernier match, et le capitaine m'avait dit que je serai sûrement titularisée à la rentrée mais...

- Vous avez déménagé.

- Oui... Peut-être que si Vous-Savez-Qui est arrêté bientôt, je pourrais reprendre mon poste en revenant... Oh Charly ...

- Vous-Savez-Qui ? Répéta Théa, presque goguenarde. Qu'est-ce que c'est encore que ce nom ?

- C'est juste... Le mage noir... On n'aime pas prononcer son nom, expliqua Charlotte sans se démonter et Julian ressentit un élan de fierté envers elle. Il y a une sorte de tabou autour, comme si ça pouvait le maintenir à distance... Certains disent que si on prononce son nom, il nous retrouvera. Les mangemorts pourraient débarquer chez vous. Je suppose que ça rassure les gens, ça le rend moins concret à leurs yeux. C'est chouette de voir comment tu justifies ça parce que c'est vrai que dans les HP et même dans les fanfic', on prend ça pour acquis de l'appeler Tu Sais Qui et personne ne songe à expliquer l'origine du phénomène donc c'est super bien analysé !

- C'est quoi des mangemorts ?

La question parut déstabiliser Charlotte et Julian la comprenait. Ça lui paraissait aberrant à lui aussi que quelqu'un ne sache pas qui étaient les mangemorts.

- Les partisans de Vous-Savez-Qui, répondit son père factuellement.

C'était la première fois depuis plusieurs minutes qu'il ouvrait la bouche.

- Son armée, renchérit Julian. Ce sont eux qui parcourent le pays la plupart du temps pour menacer les gens ou... ou les tuer... Ouais, surtout tuer.

- Et personne ne fait rien ? Votre gouvernement reste inactif ? Ils devraient être arrêtés non ? Toi je vais jeter Hermione Granger sur toi tu vas rien comprendre à ta vie.

- Ce n'est pas si simple, Archer, nuança Leonidas, visiblement irrité par l'attitude du fils de sa cousine. Si les pouvoirs publics pouvaient arrêter cette guerre, ils le feraient...

- Et alors ? Qu'est-ce qu'ils attendent ? Des gens sont morts, non ? SANS DECONNER ET VAS Y TOI ARRETER LA GUERRE DU HAUT DE TES DIX SEPT ANS

De l'autre côté de la table, Charlotte blêmit et son père resta figé sur sa chaise, prostré, comme s'il avait oublié son repas. Julian dévisagea son cousin. Il leur rappelait à eux que des gens étaient morts ? Comme s'ils ne le savaient pas et comme si l'absence de sa mère à cette table – voire leur présence en elle-même – n'étaient pas déjà des rappels assez douloureux.

- Ils sont masqués, rétorqua Julian, incapable de se retenir plus longtemps. On ne sait pas qui se cachent sous les cagoules, ils agissent en toute impunité grâce à la protection de Vous-Savez-Qui. Et lui non plus, on ne sait pas qu'il est... Ils sont tous des fantômes. Je trouve ce passage génial, très poignant, comment tu montres le gouffre entre leurs réalités mais aussi dans leurs valeurs ..

- Evidemment, si vous persistez à ne pas les appeler par leur nom, objecta Théa.

- C'est idiot, renchérit Archer. Je veux dire, c'est un simple nom. Les gens s'accrochent à du folklore. Tu l'auras voulu *va chercher Hermione*

Julian ressentit une montée de colère en lui et il serra sa fourchette à s'en faire blanchir les jointures. Ni Théa ni Archer ne comprenaient. C'était facile de critiquer quand on était de l'autre côté d'un océan, loin des attaques et de la peur qui avait infiltré chaque foyer d'Angleterre.

- Ils s'accrochent à l'espoir, répliqua sèchement Charlotte. Oui Charlotte <3 Comme c'est beau !

Avec Archer, ils se fusillèrent du regard par-dessus le gâteau à la fraise ramené par Tikky.

- Et Dumbledore ? Lança brusquement Leonidas. Il va agir, j'en suis sûr. J'ai des contacts en Angleterre qui me donnent des nouvelles, notamment sur lui. Il doit aider le Ministère ou faire quelque chose. C'est ce que rapportent les rumeurs.

- Qui sait, avec Dumbledore ? Lui répondit Isadora. Cet homme est imprévisible !

Visiblement, la réputation du directeur de Poudlard dépassait les frontières et Julian ressentit un maigre soulagement devant ce nom familier qui lui évoquait des banquets et de remises de Coupe des Quatre Maisons.

- D'ailleurs, Leo, en parlant de tes contacts en Angleterre. Pourquoi Lysandra n'est pas avec toi ? HIIIIIIIIIII

- Lysa devait retrouver une amie. Tu la connais, je n'allais pas l'obliger à venir.

- Déjà que tu n'étais pas invité, marmonna Cordelia.

Leonidas l'ignora et se tourna vers eux.

- Lysandra est ma femme, expliqua-t-il. Elle est anglaise, elle aussi. Je pense que vous vous entendrez bien. HIIIIIIII

Julian acquiesça poliment. Il se sentait épuisé à essayer de retenir tous ces noms qu'on lui envoyait à la figure. Sa fatigue dû se lire sur son visage car Isadora attrapa soudain sa canne posée près d'elle et donna un coup sec sur le plancher.

- Bien, je pense que nous pouvons tous nous retirer. La journée a été longue et votre voyage d'autant plus fatiguant. Nous parlerons demain. Leo, tu es le bienvenu si tu veux rester pour la nuit... ?

- Non merci, ma tante. Lysa m'attend. Mais je reviendrai demain ou avant votre départ pour Ilvermorny.

Ilvermorny, songea Julian. Pas de doute, il avait hâte d'y aller, juste pour quitter cet endroit. Côte à côte avec Charlotte, ils fuirent presque la salle à manger et remontèrent dans leur chambre. Le lit à baldaquin lui évoquait d'un coup moins celui d'un conte de fée.

***************************************

Alors ? Verdict ? ^^

Eléments tirés du canon/de Pottemore :

- Le Gouvernement des Finances et des Dragots existe. J'ai donc imaginé que le Dragot était la monnaie des Etats-Unis à partir de cette information.

- Même si la famille Grimsditch existe, les membres mentionnés ici sont tous issus de mon imagination. Seul le fondateur de la famille, Robert Ier, vient de Rowling. Je lui ai inventé une femme et une descendance, mais j'en reparlerai.

- Leonidas Grims est mon personnage à l'origine, mais il a été inventé pour mettre en place mon univers partagé avec Perripuce. Il lui appartient donc également, ne soyez pas surpris de le retrouver dans ses écrits !

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Prochain poste : Chapitre 5 - Mercredi 28 octobre

ALORS
J'avais déjà commenté donc tu connais mes impressions déjà mais bon, je ne résiste jamais à un com citation !
J'ai vraiment adoré comment tu as montré le gouffre entre les deux familles, dans tous les sens du terme. Déjà dès l'entrée où tout est trop grand, trop luxueux : les Shelton ne sont pas à leur place. Gouffre dans les valeurs aussi avec Archer qui est hautain avec une mentalité parfois limite. Asymétrie dans les informations aussi avec le départ d'Aurelia qui est présent partout dans le texte sans être évoqué, qui marque une barrière entre les deux familles - plus que les années ... Et puis un gouffre de réalité aussi, avec le milieu privilégié et épargné des Grims et les Shelton dévastés par la guerre et la perte.
Le seul lien entre tout, au finale, il tient au portrait d'Aurelia qu'on voit, figée à 10 ans, qui est là comme pour montrer que si, les familles sont nouées et n'en forment qu'une seule. Et puis il y a Leonidas également, le seul Grims qui se met à la hauteur des Shelton ... Et que j'ai été très heureuse de revoir !

VOILAAAA j'attends la suite avec la plus grande des impatience ! Et bien sûr, toujours une plume magnifique Marion !
Alanna2

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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par Alanna2 »

Hello ! Je viens de tomber sur ta fanfic par hasard mais j'ai lu Au temps des Maraudeurs pendant le confinement. Ravie de cette surprise, j'avais adoré ta fanfic précédente et je suis très intriguée par cette nouvelle histoire ! C'est très chouette que tu prennes le temps de tout introduire ça rend toutes ces nouvelles informations plus digestes et d'autant plus intéressantes. C'est vrai que cela s'éloigne pas mal du monde que l'on connait et des personnages auxquels on tient mais les petits clins d'oeil vers Sirius James et Lily ou encore vers l'univers d'Ombres et Poussières que je suis également rend le passage moins brutal et on est de suite charmé par le monde magique Américain, hâte d'en découvrir plus.
Pourrais-je être prévenu de la suite ?
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Re: L'héritage d'Ilvermorny [Harry Potter]

Message par annabethfan »

Salut à tous !

Voici le chapitre de cette semaine. Vous allez voir, j'y évoque la généalogie des Grims plus en détails. Pas de panique si vous êtes perdu, un arbre généalogique réalisé par mes soins vous attend à la fin du chapitre pour vous aider !

Au programme sinon, vous allez découvrir davantage Leonidas et les autres membres de la famille, mais aussi le mystérieux passé d'Aurélia. En espérant que cela vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture !

Réponse aux commentaires :

@Mythik : Je voulais représenter une famille un peu nuancée ^^ Genre guindée mais pas froide nécessairement, genre ce ne sont pas les Black non plus. Je suis contente que tu aies aimé les découvrir en tout cas !
Ah justement en parlant de dessin pour l'arbre généalogique, c'est pour aujourd'hui ;)
Oui j'essaye de prendre un bon rythme, de ne pas aller trop vite pour ne pas vous perde ^^
Merci pour ton commentaire :D

@ Elohane : C'est normal que Théa et Archer ne comprennent pas, ils ne vivent pas la réalité de la guerre et je voulais le montrer ^^ Je suis hyper contente que tu aimes en tout cas ! Merci beaucoup :D

@MelleChachow : Je voulais vraiment montrer l'écart de ressenti entre ceux qui vivent la guerre et ceux qui en entendent parler ^^ Mais je suis ravie que tu aimes l'histoire et les personnages pour l'instant ! ;)

@ Charmi : Ah non désolée de t'avoir paumée avec la généalogie haha ! Tu me diras si ça va mieux avec l'arbre là ^^ Oui Leonidas est un peu toujours comme dans une représentation de théâtre, il se prétend différent de la famille mais est comme eux par cet aspect là ^^ Je comprends ta sensation :lol:
Je suis contente que t'aimes la relation Julian-Charly !
Merci pour ton commentaire !!! :)

@Perri : Je le redis mais merci, tes commentaires m'aident à trouver des idées t'es la meilleure :mrgreen: Et OUI Rouge Rubis m'a inspiré :lol: :lol:

@Alanna2 : Oh bienvenue! C'est super gentil de ta part d'avoir laissé un commentaire, ça me fait très plaisir :D Je suis super contente que tu aies aimé ATDM et surtout que tu trouves cette nouvelle fanfiction plus originale intéressante. J'avais un peu peur que ça ne plaise pas donc ça me rassure ! Et oui les références à Ombres et Poussières ou aux Maraudeurs rendent la transition moins violente on va dire ^^
Je t'ajoute à la liste des prévenus sans problème ! Encore merci !


****************************************************


Chapitre 5 : Les Chroniques des Grims

« Nous sommes reliés par le sang et le sang est une mémoire sans langage »

- Joyce Carol Oates -



// 3 septembre 1979 //

Depuis deux jours, Julian avait l'impression d'être en décalage perpétuel. Décalage horaire, décalage de vie. Il voyait bien que les Grims faisaient des efforts, notamment grand-mère Isadora, mais eux aussi semblaient être en équilibre précaire dans cette relation naissante. Cordelia sortait à peine de ses appartements et sautait même des repas, comme si elle était effrayée de revoir leur visage, et Théa et Archer n'avaient pas l'air à mettre beaucoup de bonne volonté envers ces étrangers qui débarquaient du jour au lendemain dans leur maison. Julian ne les blâmait pas : il se sentait effectivement étranger.

Ce matin, la date du jour lui avait bien rappelé ce sentiment. 3 septembre. Pour des milliers de sorciers en Amérique, ce jour était synonyme de rentrée scolaire, de voyage en train, de retrouvailles dans un château. Julian, lui, se disait qu'il aurait dû être à Poudlard depuis deux jours. Il se demanda si Matthew aimait son emploi du temps cette année. Il n'avait pas arrêté de se plaindre des cours d'Astronomie tardifs l'an passé et des devoirs de Métamorphose qui tombaient toujours en même temps que ceux de Sortilèges, comme si McGonagall et Flitwick se passaient le mot.

Les paupières lourdes de sommeil, il se força malgré tout à sortir du lit. Sur sa droite, Charlotte dormait encore, lovée comme un chat, et il n'eut pas le cœur à la réveiller. Ils devaient partir à midi pour être à la gare de Grand Central une demi-heure plus tard si tout allait bien. Le train partait à treize heures tapantes. Dans la semi-pénombre, Julian enfila un pull et un pantalon sans faire de bruit, puis traversa la chambre sur la pointe des pieds. Le parquet en bois grinça à peine et il referma la porte derrière lui sans réveiller sa sœur. La lumière du couloir lui fit plisser les yeux. Visiblement, le soleil était déjà bien levé, mais sa lumière crue indiquait qu'il ne devait pas être tard non plus. Julian estima que c'était un progrès. La première nuit, il avait dormi jusqu'en milieu de journée à cause du décalage horaire.

En face, la porte de son père était toujours fermée. Il hésita à aller frapper. Soit son père dormait encore, soit il s'était remis à étudier et il ne voulait pas le déranger dans un cas comme dans l'autre. Finalement, il prit la décision de descendre. Isadora avait l'air d'être du genre matinal et elle serait sans doute réveillée. Quand il passa dans le hall, le portrait de son ancêtre, la grande tante Saranna, le regarda d'un œil inquisiteur, comme si elle s'assurait qu'il ne dégrade rien dans sa maison.

- Ah Julian, lança une voix. Déjà réveillé ?

Il se retourna. Dans l'encadrement qui menait au salon se tenait sa grand-mère, vêtue de sa robe au haut col en dentelle et appuyée sur sa canne en argent.

- Oui, je voulais préparer notre départ.

- C'est consciencieux de ta part, approuva-t-elle, mais ne t'en fais pas Tikky s'est occupé de tout. Vos valises sont déjà chargées dans la diligence, il ne manquera plus que les affaires que vous avez gardées avec vous.

Julian hocha la tête, mal à l'aise. Le soir de son arrivée, il avait été bien trop perturbé pour vraiment prêter attention à l'elfe de maison aux petites oreilles triangulaires, mais depuis deux jours il n'arrivait pas à se débarrasser de la sensation gênée qu'il éprouvait dès qu'il se faisait servir par la créature. A la maison, il n'avait jamais eu d'elfe. Ils auraient pu en faire la demande auprès du Ministère, mais ses parents trouvaient que ce n'était pas nécessaire. Ils étaient bien tous capable de s'occuper de leur appartement londonien.

Soudain, il repassa mentalement la phrase de sa grand-mère et haussa un sourcil.

- Pardon... La diligence ?

- Et bien oui. Pour se rendre à la gare. Comment pensais-tu traverser New York autrement ?

En métro ? En taxi ? En tout sauf en diligence, pensa-t-il, abasourdi.

- Mais... Une vraie diligence ?

Isadora sourit. D'un mouvement de canne, elle l'invita à la suivre.

- Tu verras par toi-même tout à l'heure. Viens donc, le petit déjeuner est servi.

Toujours en train d'essayer d'imaginer une diligence en pleine grosse pomme, Julian la suivit. A table il n'y avaient qu'Archer et Leonidas. Apparemment, il avait tenu sa promesse et était revenu pour leur départ. Ce n'était pas le cas des parents d'Archer qui n'étaient jamais rentrés après leur journée de travail. Apparemment, ils avaient dû partir pour Washington en urgence après une alerte de sécurité à la banque américaine.

- Le cousin, marmonna Archer. T'as réussi à te réveiller aujourd'hui ?

- Faut croire...

- Le décalage horaire est une horreur, lança Leonidas en mordant d'un coup vif dans son toast. Même après toutes ces années, je mets toujours des jours à m'en remettre. Lysandra ne ressent rien, elle. Ça doit être une question d'horloge interne.

Julian haussa les épaules.

- Leo est ambassadeur en Angleterre, précisa Isadora. Il s'occupe des affaires d'immigration entre les deux pays. C'est grâce à lui que j'ai pu vous avoir un visa si vite d'ailleurs. Alors même s'il habite une grande partie de l'année à Londres, il revient au moins deux ou trois fois par mois à Boston pour les affaires.

- Et voir ma chère famille, ajouta-t-il, presque avec ironie.

- Voyons, tu n'es même pas venue pour l'anniversaire de Cordelia.

Il émit un bruit étouffé qui ressemblait fortement à un ricanement.

- Parce qu'elle n'aurait pas voulu de moi ! Et au cas où tu l'aurais oublié, ma mère demande aussi que je la visite. Je ne peux pas être partout.

- Bien sûr... dit Isadora d'un ton peu convaincu mais poli. Comment va-t-elle d'ailleurs ?

- Toujours aussi malade. Les médicomages espèrent que ses poumons passeront l'hiver...

- Oh Leo... Je suis désolée de l'apprendre. Surtout, si elle a besoin de venir ici pour ne pas être seule, nous serions ravis de nous occuper d'elle.

- J'y songerai, merci ma tante.

Julian n'en jurerait pas, mais il était à peu près sûr que Leonidas n'envisageait pas une seconde cette possibilité. Sa mâchoire carrée mastiquant pensivement un œuf sur le plat, il jeta un œil vers Archer qui ne paraissait pas suivre la conversation.

- Tu rêvasses Arch ? Lança-t-il. Ta mystérieuse inconnue dont parlait Théa ?

Archer le fusilla du regard.

- Théa ne sait rien du tout, maugréa-t-il.

- Mais tu ne déments pas non plus, s'amusa Leonidas.

- Leo, laisse-le.

Isadora paraissait pourtant elle aussi vouloir des informations, mais elle devait davantage avoir pitié de l'air paniqué d'Archer. Leonidas se tourna donc vers lui.

- Et toi Julian ? S'enquit-il. Une petite amie ?

La question, bien qu'innocente, sous-tendait une curiosité certaine. L'espace d'un instant, Julian eut la vision des yeux rieurs d'Hanna Faucett, sa camarade de Serdaigle avec qui il était sorti environ six mois. Il ne l'avait pas revu avant de déménager puisqu'elle était en Grèce pour l'été et ils n'avaient pas exactement mis des mots sur le statut de leur relation dans leurs dernières lettres.

- Non, pas pour le moment, répondit-il finalement.

Il pria pour ne pas rougir. Ce n'était qu'une demi-vérité.

- Ah ça viendra ! Assura Leonidas. Conquérir le cœur d'une fille, c'est une quête à long terme, crois-moi. Regarde notre ancêtre Robert ! Il a fallu qu'il construise ce manoir pour obtenir la main de sa femme.

Archer roula des yeux. Le nez dans son assiette, Julian tenta de ne croiser le regard de personne. Ce n'était vraiment pas le genre de conversations qu'il appréciait. Il se servit une tasse de thé et grimaça en sentant le goût âcre se répandre sur sa langue. Le thé américain n'avait rien à voir avec celui anglais. Pour essayer de cacher sa réaction, il releva la tête et tenta de se rappeler qui était la femme de Robert premier du nom.

- Saranna, c'est ça ? Il a donné son nom à la maison ?

- Tu vois la généalogie commence à rentrer, dit Archer avant d'ajouter en direction des deux autres, l'air incrédule : ils n'ont jamais pris de cours de généalogie ! Rien !

- Vraiment ?

- Voyons ma tante, s'exclama Leonidas, ça vous surprend ? Il me semble qu'Aurélia a été assez claire sur ce qu'elle voulait laisser derrière elle, n'est-ce pas ? Crois-moi, Julian, tu n'as rien perdu, ce sont de longues séances de cours ennuyeuses.

Les lèvres de sa grand-mère se pincèrent comme si elle venait de mordre dans un citron. Julian n'osa pas donner son avis, mais intérieurement il était d'accord avec Leonidas. La perspective de rester enfermer pour apprendre par cœur les noms des membres de la famille sur plusieurs siècles ne lui paraissait pas réjouissante. Leonidas dû néanmoins percevoir la désapprobation d'Isadora car il modéra soudain ses propos :

- Après, c'est une tradition qu'il convint de garder vivante dans les mémoires. Viens avec moi, Julian, je vais te montrer.

- Leo...

- Ne vous en faites pas, ma tante, je vais lui donner une leçon en accéléré. Et Archer, redresse-toi, tu vas finir bossu.

Pris sur le fait, Archer se redressa si brusquement qu'une pile de livres aurait pu tenir en équilibre sur le sommet de son crâne et Julian, pris au dépourvu, mit une seconde à comprendre qu'il fallait qu'il se lève. Abandonnant le reste de son toast et sa tasse de thé infect, il pressa le pas pour suivre Leonidas.

- Je t'emmène à la bibliothèque, indiqua-t-il par-dessus son épaule en traversant le hall. Tu l'as déjà vu ?

- Non, pas encore...

- Tu vas voir, la famille a amassé une impressionnante collection. Tu pourras le dire à ton père, ça l'intéressa sûrement. Il travaille sur quoi en ce moment ?

- Euh... Je ne sais pas, j'ai été occupé avec le déménagement... Je ne lui ai pas demandé...

Leonidas haussa un sourcil et ses yeux bleu cobalt brillèrent d'un éclat surpris.

- Tu t'es occupé du déménagement ?

- Avec mon père, s'empressa-t-il de mentir. Mais il y avait beaucoup de choses à faire... Merci pour les visas d'ailleurs.

- Ce n'était rien, la moindre des choses. Un juste retour, même, si on peut dire. (Il sourit, désabusé). C'est moi qui ai fourni ses papiers à Aurélia quand elle a voulu quitter les Etats-Unis. J'avais à peine dix-neuf ans, je commençais tout juste ma carrière à l'Ambassade et j'ai peut-être magouillé un peu. Sa demande d'expatriation aurait été bien plus longue sans mon intervention et elle m'avait demandé de l'aide. C'était ma cousine préférée, je pouvais bien faire cela pour elle.

Pour la énième fois, Julian sentit la curiosité le dévorer. Il avait l'impression qu'on lui jetait les pièces d'un immense puzzle à la figure et il tentait tant bien que mal de reconstituer l'image floue qui en émergeait.

- C'est pour ça que Cordelia est en colère contre vous ? Au dîner, l'autre soir, elle a dit que c'était votre faute si elle était partie...

Leonidas balaya l'air de la main. Malgré son ton désinvolte et ses manières moins guindées, Julian discernait malgré tout son statut sang-pur dans des gestes comme ceux-là ou dans des paroles trop formelles.

- Cordelia est amère, rongée par des regrets, dit-il sans ambages. Elle cherche à rejeter la faute sur les autres alors qu'elle est responsable. Ce n'est pas mon aide qui a permis à Aurélia de partir, elle l'aurait fait sans mon intervention. Ce n'était qu'une question de temps.

- Pourquoi ? Pressa Julian, avide. Pourquoi elle est partie ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous le savez, vous ?

- Pas précisément, non. Elle refusait d'en parler. Mais j'ai compris des choses au fil des années.

- Comme quoi ?

Cette fois, Leonidas marqua une pause, comme s'il hésitait. Il paraissait sur le point de reprendre la parole lorsque des éclats de voix leur parvinrent depuis l'intérieur de la pièce devant laquelle ils venaient de s'arrêter. La bibliothèque, devina Julian. Il mit une seconde à reconnaître la voix froide et agacée de Théa, et celle encore plus glaciale de la tante Cordelia. Par l'interstice de la porte, il devinait leur silhouette en contre-jour.

- Quoi encore ? S'agaçait Théa. J'ai mal fait les choses, comme d'habitude ?

- Je n'ai pas dit ça.

- A peine. Ça se lit sur ton visage. J'ai passé ma journée à faire le ménage avec Tikky avant qu'ils arrivent alors qu'Archer restait bouclé dans sa chambre. C'est injuste ! S'il était venu m'aider, peut-être que les vitres auraient été faites correctement.

- Si tu n'es pas capable de nettoyer trois fenêtres à ton âge, Théodora...

Théa émit une exclamation indignée.

- Trois fenêtres ? Ou toutes celles du manoir ? Et calme-toi, ils ne sont pas de la brigade d'hygiène. Ils viennent de traverser l'Atlantique, un grain de poussière sera sûrement la dernière de leur préoccupation.

- Ce sont nos invités.

- C'est notre famille. Ce sont deux enfants qui viennent de perdre leur mère et un mari qui vient de perdre sa femme. Encore une fois, je pense que l'état de la maison leur importe peu.

Julian recula d'un pas comme si Théa l'avait frappé physiquement. Par l'ouverture de la porte, il vit le visage de Cordelia se vider de ses couleurs. Il ne la connaissait que depuis deux jours, mais Cordelia Grims n'avait jamais eu des traits expressifs, elle paraissait porter un masque de marbre de l'instant où elle quittait sa chambre le matin jusqu'au moment elle la regagnait le soir. En la voyant ainsi, il eut l'impression d'assister à une scène intime, comme le soir où elle les avait vu pour la première fois.

- Et je viens de perdre ma sœur, rétorqua-t-elle d'un ton tranchant. Si tu crois que ce genre de choses est facile...

Elle s'interrompit brusquement. A côté de lui, Julian sentit Leonidas se tendre.

- Tu me dis ça à moi ? S'étrangla Théa. Tu oses me dire ça à moi ?

- Théodora...

- Fais-les toi-même tes carreaux et laisse-moi tranquille, cracha-t-elle d'une voix venimeuse. Je repars à Ilvermorny aujourd'hui, tu seras débarrassée.

Julian ne comprenait plus rien. Il n'eut même pas le temps de s'écarter avant que la porte ne s'ouvre en grand sur Théa, le visage crispé. Elle leur décocha une œillade assassine en les découvrant dans le couloir et les dépassa sans s'attarder. A sa suite, Cordelia sortit d'un pas plus mesuré, le teint blême. Elle marqua une pause, surprise.

- Je ne savais pas que vous étiez là, souffla-t-elle.

- Je venais juste montrer à Julian les archives généalogiques, dit Leonidas. Nous ne voulions pas...

- Pas un mot, Leo. Je ne veux rien entendre.

- Cordelia...

- Si c'est pour me redire que je suis une mère indigne, je n'en ai pas besoin. Aie un peu de décence.

Pour une fois, l'expression de Leonidas était dépourvue de toute ironie. Une main glissée dans sa poche de veston, il avait l'air plus désolé qu'autre chose.

- Tu sais bien que je regrette ce que je t'ai dit l'année dernière...

- Peut-être bien, admit-elle. Les problèmes avec les regrets, c'est qu'ils nous hantent longtemps.

D'un mouvement d'épaule, elle le dépassa, sa robe traînant derrière elle. Julian resta figé. Il n'osait pas lever les yeux sur Leonidas ni émettre le moindre commentaire, même pour alléger l'atmosphère. Celui-ci regardait droit devant lui, son imposante mâchoire carrée contractée. Au bout de longues secondes, il finit par soupirer et un sourire qui avait du mal à paraître tout à fait sincère refit surface sur ses lèvres.

- Désolé pour cette scène, s'excusa-t-il. Tu l'as sûrement déjà compris, cette famille est un peu compliquée. Je sais que Cordelia et Théa peuvent semblées froides, mais leur vie n'a pas été facile.

Julian hocha la tête. Il ne voyait pas bien ce qu'il y avait de difficile à vivre dans un manoir victorien en plein cœur de New York dans une famille qui ne manquait visiblement de rien.

- Bien ! Annonça-t-il. Nous étions là pour une raison. Viens voir, la généalogie de la famille est conservée ici dans ce volume. Il a été ensorcelé par Robert premier du nom, celui qui a immigré avec les douze premiers Aurors. Il s'actualise tout seul à chaque naissance et mariage de Grims grâce à un sortilège renouvelé par le chef de famille. C'est comme ça qu'on a appris votre naissance à ta sœur et à toi.

Julian s'approcha du livre posé sur un pupitre en bronze. Derrière, l'imposante bibliothèque croulait sous les ouvrages et les grimoires anciens. Sur la couverture d'un vert foncé s'étalait en lettres d'or « Chroniques de la famille Grimsditch ».

- Grimsditch ? S'étonna-t-il avant de se rappeler brusquement qu'il s'agissait du véritable nom de la famille.

- Le nom entier de la famille, expliqua Leonidas. Son vrai nom, en vérité. C'est mon grand-père Edward – le grand-père de ta mère aussi en fait – qui a raccourci le nom pour qu'il sonne moins allemand pendant la première guerre mondiale. Tu sais, c'était mal vu à cette époque. Personne ne l'a jamais rechangé.

Julian se souvint soudain de ce fait. Il connaissait ce sentiment anti-allemand. Il était anglais après tout et même la famille royale avait changé de nom pendant la guerre. Si les Windsor le faisait, il ne voyait pas pourquoi les Grims ne pouvaient pas en faire de même.

- Je peux ? Demanda-t-il en désignant l'épais volume.

- Bien sûr. Le début représente notre arbre généalogique avec les portraits de tous les membres de la famille qui ont porté le nom. Les filles mariées y apparaissent avec leurs enfants le temps de vie de cette génération puis les noms de la descendance s'effacent. Ce n'est pas très féministe, je te l'accorde. Ta mère apparaît encore, on suppose que c'est parce que Robert, Cordelia et moi sommes encore vivants. Et sur les pages suivantes, tu as la biographie des membres éminents de la famille, à commencer par Robert Ier.

Presque avec révérence, Julian ouvrit le livre. Malgré son âge, il ne craquelait pas et le papier restait de bonne qualité. Il devait être protégé par un sortilège de longévité, comme le Choixpeau de Poudlard. Ce genre de sortilège était aussi complexe que puissant et Julian laissa ses mains parcourir le livre pour sentir la magie qui circulait dedans. C'était comme un léger picotement au bout de ses doigts qu'il ne sentait qu'en se concentrant avec force. Il avait toujours été fasciné par les sortilèges et les strates de la magie qui pouvaient donner vie à des enchantements incroyables. Flitwick, son directeur de maison, lui disait souvent qu'il pourrait envisager une carrière de chercheur ou de Briseur de sorts s'il voulait.

Julian se pencha pour mieux voir l'arbre. Il s'étendait sur deux pages et se modifiait à mesure qu'il baissait le regard pour parcourir les générations, comme un rouleau de parchemin qui se déplierait et se dévoilerait progressivement. Tout en haut de l'arbre, Robert Ier et sa femme, Saranna Rappaport, jetaient un regard à la fois doux et ferme sur leurs descendances. Les noms et les visages inconnus défilèrent jusqu'à ce qu'il arrive à celui de grand-mère Isadora dont le nom était lié par un fil d'or à celui de Gerbert. Il découvrit avec surprise que son nom de jeune fille était Goldstein et ce nom lui dit vaguement quelque chose. Apparemment, les yeux cobalt dont avaient hérités aussi bien Gerbert et son frère Dorian – le père de Leonidas – que Robert V, Cordelia et Théa venaient de son arrière-grand-mère, une certaine Eugénie Perrot, dont la beauté et la chevelure auburn étaient encore perceptibles à travers l'image en médaillon accolée à son nom.

A côté du nom de Leonidas, ses sourcils s'envolèrent en découvrant le nom de jeune fille de sa femme Lysandra.

- Croupton ? S'étouffa-t-il. Comme Bartemius Croupton ? Celui de la Justice au Ministère ?

- Je vois que la réputation précède le nom, déplora Leonidas.

Il s'était reculé légèrement pour lui laisser de l'espace et, adossé à la fenêtre ouverte, fumait une cigarette dont la fumée dansait dans les rayons du soleil et prenait des formes diverses pendant de brèves secondes. Julian distingua un corbeau et un bateau à trois mats avant que les images ne s'évanouissent.

- Mais oui, bien vu. Bartemius est le frère de Lysa.

Julian tenta d'assimiler l'information. Il avait croisé Bartemius Croupton, le jour de la cérémonie en mémoire des victimes de l'explosion des Archives du Monde Magique. Il lui avait fait l'effet d'un homme politique détaché qui, bien que touché par le drame, récitait surtout un discours de convenance et des mots creux aux familles.

- Tu ne l'aimes pas beaucoup, observa Leonidas. Tu le connais ?

- Non, dit-il honnêtement. Je l'ai juste croisé au Ministère... Il avait organisé une espèce de cérémonie pour rendre hommage aux victimes. Je n'ai pas... Enfin, je veux dire...

- Que ça t'a semblé vide de sens ? Devina-t-il.

- Oui, un peu...

- C'est bien normal, Julian.

L'entendre valider ce qu'il ressentait soulagea Julian. Sous ses airs détachés, il commençait à bien aimer Leonidas. Il se demanda un instant pourquoi il ne l'avait jamais vu. S'il était ambassadeur à Londres les trois quarts de l'année et qu'il était le seul à avoir maintenu un lien ténu avec sa mère, il trouvait étonnant qu'ils ne se soient jamais rencontrés.

- Vous parliez toujours à ma mère ? Demanda-t-il sans le regarder, feignant d'être absorbé par la lecture de l'arbre.

- Pas depuis quelques années, non.

Leonidas marqua une pause et tira une bouffée de sa cigarette, comme pour se laisser le temps de réfléchir.

- Je lui parlais au début, après son départ. Si ma mémoire est bonne, Aurélia est partie en 1954... Oui, ça devait être ça, la Coupe du Monde de Quidditch allait débuter. L'Allemagne a gagné cette année-là – enfin la RFA – grâce à un coup de cognard qui a envoyé l'attrapeur hongrois au tapis. Un scandale. Enfin, peu importe, se reprit-il. Ta mère ne connaissait personne en Angleterre, je l'ai aidé à s'installer, je lui ai présenté quelques personnes. On se voyait de temps en temps lorsque nos emplois du temps le permettaient. Elle avait une règle : on ne parlait pas de la famille. Elle ne voulait pas. Deux ans plus tard, elle me présentait ton père. Elle n'avait jamais présenté personne, j'ai su que c'était sérieux.

Il sourit, nostalgique, et Julian sentait son cœur s'emballer. Les images dansaient dans son esprit. Il essayait d'imaginer sa mère et son père, plus jeunes, assis à la terrasse d'un café près de la Tamise face à Leonidas. A travers ce portrait, il avait l'impression de découvrir une nouvelle facette d'elle... Le temps d'un récit, elle était toujours avec lui.

- C'est à ce moment-là qu'on a commencé à moins se voir, poursuit-il. Elle avait Ethan et moi Lysa, nous avions nos carrières et nos problèmes respectifs. Je l'ai revu pour son mariage évidemment.

- 13 août 1959, souffla Julian.

- C'est ça. J'étais le seul Grims présent. Je savais que l'absence de son père lui pesait malgré tout et c'est moi qui lui ait fait remonter l'allée jusqu'à l'autel. Elle était magnifique.

Pour avoir vu des photos du mariage de ses parents, Julian ne pouvait que confirmer.

- Ensuite, la vie a continué. Je ne la voyais qu'en de rares occasions, comme noël ou un anniversaire. Nous avions passé le nouvel an de 1963 ensemble. L'année de ta naissance si je me souviens bien ? C'est un peu flou parfois, mais je la revois cette nuit-là. Enceinte jusqu'aux yeux !

- Oui... Je suis né en janvier...

Leonidas sourit à nouveau. Il avait terminé sa cigarette qui continuait à se consumer lentement. Avant de se brûler les doigts, il la jeta par la fenêtre derrière lui puis porta sa main à ses lèvres, mimant de tourner une clé à double tours.

- Pas un mot, sinon Isadora va me tomber dessus.

Julian hocha vivement la tête. Il avait trop peur que Leonidas arrête de parler.

- Donc, où est-ce que j'en étais ? Ah oui, ta naissance. J'ai reçu un faire-part avec ta photo, c'est tout. Je crois qu'avoir un enfant a fait peur à Aurélia. D'un coup, elle a coupé les ponts plus franchement, comme si elle voulait que la rupture avec les Grims soit complète. Moi y compris. Je ne l'ai revu que deux fois après cela. Le jour où Cordelia a accouché quelques mois plus tard, je voulais prévenir Aurélia moi-même. Une ultime tentative de ressouder les liens, j'imagine. Elle était émue, je le voyais bien, mais ça n'a pas changé sa décision. Je ne sais pas ce qui lui faisait peur... J'ai mes doutes, bien sûr... Mais je n'ai jamais su. La deuxième fois, c'était plusieurs années plus tard. Je n'oublierais jamais la date. 10 avril 1968. Le Chemin de Traverse était envahi par des manifestations. Il y avait des émeutes sang-purs partout pour protester contre les marches en faveur des droits des cracmols. Eugenia Jenkins qui était Ministre à l'époque faisait des déclarations quotidiennes.

Dans le fond de son esprit, Julian se rappela vaguement que Binns avait évoqué les évènements de 1968, mais à cet instant il s'en souciait autant que du classement des équipes de Quidditch. Perdu dans ses souvenirs, Leonidas semblait avoir oublié ce dont il parlait.

- Qu'est-ce qui s'est passé le 10 avril 1968 ? Le rappela-t-il à l'ordre.

- Hum ? Oh oui pardon... Que s'est-il passé ? Une tragédie, Julian. Une tragédie que personne ne devrait avoir à vivre.

Il paraissait profondément triste. Brûlant de curiosité, Julian allait à nouveau poser la question quand Leonidas désigna le livre des Chroniques d'un mouvement résigné.

- Tu peux comprendre par toi-même, dit-il.

Surpris, Julian se pencha à nouveau sur le vieil ouvrage. Pour la génération des années 30, les noms de Robert V, Cordelia, Aurélia et Leonidas s'inscrivaient les uns après les autres. Pourtant, quelque chose n'allait pas. S'ils étaient tous mariés, un rond noir, presque ovale, recouvrait le nom qui aurait dû être celui du mari de Cordelia. Aucune photo, aucun nom, juste ce rond noir qui ressemblait à une tâche d'encre éparse sur la page, comme si quelqu'un avait jeté un sortilège puissant pour modifier l'enchantement originel. Julian s'apprêtait à demander ce qui s'était passé lorsque son œil fut attiré par un autre détail. Un nom était inscrit à côté de celui de Théa : Théophilius. Et contrairement aux autres, deux dates étaient marquées. 1963-1968. Une pierre glacée parut lui tomber au fond de l'estomac.

- Oh... murmura-t-il.

- Théophilius était le frère jumeau de Théa, dit Leonidas. Il est mort d'une maladie infantile, une dragoncelle sévère. Il avait cinq ans... J'ai annoncé la nouvelle à ta mère moi-même. Elle ne l'avait jamais vu, mais c'était son neveu. C'est la seule lettre qu'elle a envoyé à Cordelia après son départ.

Contrairement à celle de Théa, la photo qui représentait Théophilius était toujours celle d'un petit garçon, figé pour l'éternité avec une dent en moins et un sourire espiègle. Julian contempla longuement son visage. Il aurait pu être celui qui lui avait ouvert la porte s'il avait vécu. Cette idée lui noua l'estomac. Il n'avait jamais vu ni connu ce petit garçon, pourtant s'imaginer la mort d'un enfant si jeune lui donnait l'impression de perdre pied.

- Je suis désolé... souffla-t-il.

Il se maudit immédiatement. Il en était venu à détester les gens qui lui disaient ces mots en apprenant la mort de sa mère et il ne trouvait rien de mieux à dire.

- C'était il y a longtemps, dit Leonidas. Je pensais juste que tu devais être au courant. Théa en a gardé un souvenir... douloureux, je dirais.

A la simple pensée de perdre Charlotte, son ventre se contracta encore plus violemment. Il ravisa son jugement sur Théa. Sa froideur initiale était peut-être plus compréhensible qu'il ne le croyait.

- Et le point noir ici ? Demanda-t-il finalement pour éviter de s'attarder sur le souvenir de Théophilius. Le père de Théa ? Pourquoi est-ce qu'il a été effacé ? Et pourquoi il n'y a pas la date... enfin pourquoi il n'y a que la date de naissance de ma mère ?

Les traits de Leonidas se crispèrent. De peinée, il devint plus dur et il balaya la question d'un geste agacé.

- C'est une histoire encore plus tragique et pour un autre jour. Quant à ta mère, bonne question. Je suppose qu'Isadora n'a pas pensé à relancer le sortilège dernièrement, ça ne sera tarder. (Il soupira, puis referma la fenêtre). Nous devrions retourner dans le salon, ta grand-mère doit justement me maudire de t'enlever à elle alors que tu pars dans une heure.

Il referma lui-même le livre des Chroniques des Grimsditch et Julian ne put s'empêcher de ressentir une pointe de déception. Il aurait voulu en savoir plus sur tous les noms inscrits sur cet arbre. Depuis Robert premier du nom jusqu'à Théa, ils avaient tous une histoire que Leonidas devait connaître et il était avide d'en savoir plus sur chacun d'eux. Jusqu'ici, sa famille s'était résumée à ses parents, sa sœur et sa grand-mère Jeanne. Avec ce livre, c'était comme si une porte s'ouvrait sur des racines inconnues.

- Attends, le retint soudain Leonidas alors qu'ils allaient sortir de la bibliothèque. Une dernière chose... Je ne suis pas sûr que tu sois au courant... Connaissant Aurélia, tu ne l'es pas et je ne sais pas si c'est bien utile de t'en parler...

A nouveau, sa curiosité s'enflamma.

- Je veux savoir, affirma-t-il avec conviction. Dites-moi.

Il planta fermement ses yeux dans ceux de Leonidas. Une nouvelle émotion jouait sur son visage et Julian mit quelques secondes à comprendre qu'il était nerveux tant cela lui allait mal. Leonidas n'avait pas l'air d'être un homme gagné souvent par la nervosité. Intérieurement, ce constat lui fit plaisir ou du moins le soulagea. Il n'aimait pas être le seul à être sur les nerfs, constamment déstabilisé par les évènements des derniers jours. Etrange et étranger dans cette maison trop grande et trop vieille.

- Je dois t'avouer, Julian, commença-t-il en se passant une main songeuse sur son imposante mâchoire, que je voulais te rencontré depuis longtemps. J'ai hésité à venir vous voir à Londres, plusieurs fois même, mais je me disais que je devais respecter ce qu'Aurélia voulait... Evidemment, je le regrette aujourd'hui.

- Vous ne pouviez pas savoir...

- Non, c'est vrai, admit-il. Personne ne le pouvait. Enfin, peu importe... Tout ça pour dire que quand tu es né, ta mère et moi nous étions déjà éloignés l'un de l'autre, mais elle restait ma cousine préférée – ne répète pas ça à Cordelia, par pitié, j'en entendrai parler jusqu'à ma mort – et j'aime à penser que je comptais pour elle.

Julian acquiesça. Il voulait que Leonidas en arrive au fait, par Merlin !

- Et donc... Il n'y a pas cent manières de le dire : elle a fait de moi ton parrain à ta naissance. Je voulais que tu le saches.

Les mots mirent quelques secondes à prendre forme dans son esprit. Julian dévisagea l'homme devant lui sous un jour nouveau. Il n'était même pas sûr de bien comprendre ce que le terme de « parrain » impliquait, mais une étrange boule germa au creux de son ventre. Il n'aurait su dire si elle était agréable ou douloureuse.

- Oh, laissa-t-il échapper en guise de réponse.

- Tu n'as rien de plus à dire, crois-moi. J'ai bien conscience que tout ça doit déjà être bien assez déstabilisant et les choses se feront progressivement. Souviens-toi juste de ceci : si tu as besoin de quoique ce soit, et cela en va de même pour ta sœur bien sûr, n'hésite pas à m'écrire ou à me contacter. Je serai là.

La promesse, prononcée sur un ton solennel, était teintée de regrets, d'un temps perdu qui ne pourrait pas être rattrapé, mais Julian la grava dans sa mémoire. A choisir, il préférait sans doute parler à Leonidas qu'à Isadora si un problème venait à se présenter.

- Merci, souffla-t-il, incapable de penser à autre chose. C'est gentil à vous...

- Et je t'en prie, tutoies-moi par Morgane ! Enfin, quand tu seras à l'aise avec l'idée, je ne te...

- Vous pourriez... Je veux dire, tu pourrais me promettre quelque chose dès maintenant ? Coupa-t-il brusquement.

Leonidas parut surpris. Il mit une seconde à se reprendre et hocha la tête.

- Bien entendu, je t'écoute.

- Mon père, dit-il précipitamment. Tu pourrais garder un œil sur lui ? Il est parfois absorbé par son travail et... c'est bien de lui rappeler de temps en temps que le monde réel existe aussi, surtout depuis...

Julian n'acheva pas sa phrase. Les mots s'étaient bousculés contre ses lèvres, mus par une peur instinctive. Il n'avait jamais laissé son père seul depuis le décès de sa mère. Leonidas l'observa longuement, une main à nouveau glissée dans la poche de son veston, comme pour se donner une constance.

- Je te le promets, Julian. Ne t'inquiète pas.

Rassuré, il se laissa guider hors de la bibliothèque avec l'impression d'avoir découvert plus que des noms sur un simple arbre généalogique.

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Verdict ? ^^

J'ai conscience que la généalogie ne doit pas être facile à retenir ou à se représenter. Pour vous aider, voici un arbre généalogique réalisée par moi-même qui pourra sans doute vous éclairer. Il est en deux parties parce que tout ne tenait pas sur une seule image, mais les deux sont évidemment liées et il faut lire de haut en bas.

J'ai inventé tous les noms qui s'y trouvent à l'exception de Robert Ier et Lysandra, imaginés par Rowling et Perripuce respectivement. J'ai réalisé cette arbre en juillet pour m'y retrouver moi-même et je pense que ça vous sera utile. D'ailleurs, j'en ai réalisé aussi un pour Perripuce qu'elle vous dévoilera bientôt (teasing oh la la) en plus de ceux qu'elle a elle-même brillamment fait ensuite.


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Eléments tirés du canon/Pottermore :


- Robert Ier est un des premiers Aurors à être arrivé sur le continent américain au XVIe siècle et c'est pour cela que je suis partie de lui pour élaborer l'arbre.

- Certains noms sont repris du canon et font partis des familles qui sont arrivées aux Etats-Unis au XVIIe siècle : Goldstein (oui comme Anthony, Tina et Queenie haha), Potter (ahhh), Rappaport, Wilkison, Piquery, Jauncey... Pareil pour Grimsditch d'ailleurs ! Ce sont des noms connus chez les sorciers américains.

- En 1968, il y a bien eu des manifestations et émeutes sang-purs pour protester contre les droits des cracmols. Eugenia Jenkins était bien Ministre à l'époque.

- Clin d'oeil à la véritable Coupe du Monde de football en 1954 qui a bien vu s'affronter l'Allemagne et la Hongrie avec la victoire des premiers (comme toujours). J'ai transposé au Quidditch comme clin d'oeil !


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Prochain post : Chapitre 6 - 11 novembre
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