Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

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x-Key

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Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par x-Key »

Bonjour à tous !

le thème du concours d'écriture du mois d'avril est : scène de repas ! Pour rentrer dans le cadre du thème, vous devez écrire un texte qui décrit un repas, peu importe lequel, à plusieurs, en tête à tête ou en solitaire, chez soi, à l'extérieur, au restaurant, entre amis ou en famille... Laissez libre court à votre imagination !
Pour rappel :

♦ Vous avez tout le mois (et pas plus !) pour poster votre texte sur le sujet, nous n'accepterons pas les retardataires.
♦ Un jury composé de plusieurs personnes lira ensuite vos créations littéraires et désignera le texte vainqueur. Le gagnant sera récompensé d'un badge spécial et d'une petite surprise.
♦ Tous les types de textes sont acceptés (fiction, histoire vraie, nouvelle, essai, en vers, en prose) du moment qu'ils collent au thème !
♦ Il n'y a pas de limites minimum de caractères. En terme de taille, le format d'une nouvelle de 15 000 signes (environ 7 pages) est le maximum qui sera accepté.
♦ Faites attention à votre expression et à votre orthographe, il est toujours plus agréable de lire des textes écrits dans un français correct ;)
♦ Les textes écrits avant le concours ne seront pas acceptés. Vos textes doivent avoir été écrits spécifiquement dans le cadre du concours.
♦ Attention : Seuls les membres de Booknode dont le profit sera un minimum complété (quelques livres en biblio et infos sur le profil) pourront participer, peu importe votre date d'inscription. Vous pouvez très bien vous être inscrits la veille, il n'y a aucun soucis, tant qu'il est clair que vous ne vous êtes pas inscrits sur le site juste pour participer et ne jamais y revenir ;)

Bonne chance à tous ! :)
Anais39

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Anais39 »

Voici mon texte, un souvenir d'enfance qui m'a beaucoup marquée ! =) :D
Je me souviens, c'était un soir d'hiver et l'on voyait la neige tomber à travers les carreaux. Ma sœur et moi étions à table, nous chamaillant pour une histoire moindre. Ma mère et mon père se tenaient près des fourneaux et discutaient de mon frère qui, comme l'attestait le ventre rond de ma mère, allait bientôt arriver. Ce soir-la, mon père avait voulu tester une de ses nouvelles recettes. Il avait l'air très confiant lorsqu'il touillait le mélange que contenait la marmite. Un fumet commença à s'en dégager et à partir de ce moment, je sus que cela n'allait pas me plaire. Lorsqu'il mit la mixture dans nos assiettes, je vis le regard soupçonneux de ma mère et l'incertitude de ma sœur. Mon père, lui, rayonnait et ne se rendait pas compte de notre désarroi, pourtant fort évident à mon humble avis. J'attrapais ma cuillère et la trempa dans la soupe. Je la ramenais à ma bouche, inspectant le liquide grisâtre qui gisait à l'intérieur. Avant de le mettre dans ma bouche, je demandais à mon père : "Qu'est-ce que c'est ?"
Et il me répondit, d'un ton de fierté : "Une soupe de poissons"
Je vis les yeux de ma mère s'arrondir d'effroi et la bouche de ma sœur s'ouvrir de stupéfaction. Courageuse comme je suis, et ne voulant pas blesser mon paternel, j'avalais l'objet de mon étonnement d'un trait et... le temps paru s'arrêter. Dans ma bouche, c'était la pagaille. J'avais l'impression que mon corps entier réagissait à la soupe. Ma langue s'ankylosait de dégoût et mon cerveau me lançait des signaux de détresse qui disaient : "Recrache, recrache !"
Chaque cellule de mon corps me poussait à m'évanouir. Je n'avais jamais mangé quelque chose d'aussi affreux, répugnant et amer. J'avais l'impression d'avoir de l'acide corrosif dans la bouche.
Mais par respect pour mon père, j'avalais et je pris une grande goulée d'air. Tout le monde autour de la table me fixait comme si ils avaient vu le Messie, je fis donc un effort pour sourire, tant bien que mal. N'y arrivant pas, je laissais échapper : "C'est dégoûtant."

Voilà mon texte ! Mon pauvre papa il en a pris plein le visage ! Mais ne t'inquiète pas papa je t'aime quand même !
viaoli

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par viaoli »

Par un jour de décembre. Non... Un Noël de décembre. Assise à la table du réveillon dans un pull trop grand et trop moche, j'attends que s'ouvre les festivités. La table est remplie, presque à déborder, de gourmandise. Mes yeux d'enfants s'en émerveillent.
Petits choux fourrées, salade, foie gras, toasts, canapé, jambon, huîtres, gelées en tout genre etc. Plus de choses que je ne pourrai jamais en manger. Aujourd'hui, on le sait c'est un jour de fête. Avec mes petits doigts boudinés, j'attrape un petit pain rond recouvert d'un mélange rose. Aussitôt attrapé, aussitôt engloutit. Les conversations vont bon train. Tout le monde rit et sourit, pendant que mes petites pattes choppent tous ce qui passent à porter d'elles.
Je me souviens encore de cette petite "pogne" comme aimait le dire ma mère... Si grasse et luisante! Je n'aimais pas être poisseuse comme ça. Alors je me suis essuyée dans la belle nappe aux couleurs criardes. Laissant la trace de mon crime à jamais graver dans le tissu.
Soudain, une porte claque, un homme entre.
Tiens, un invité de plus? Je ne le connais pas. Je suis sûre de l'avoir jamais vu.
Tout le monde semble surpris, le silence se fait de plomb. Il alourdi l'atmosphère. Mais mon attention est focalisé sur la table. Elle est presque vide! Je salive d'avance. On approche de sa venue. Elle sera bientôt là, trônant fièrement sur la table. Ronde, luisante, appétissante. Je n'attends qu'elle depuis le début. La dinde!
Quand je reviens de mes rêveries, l'homme est parti. Les adultes ont la mine sombre. L'esprit est parti lui aussi par la porte? Plus aucun sourire, plus aucun rire.
Je me mords la bouche, je veux ma dinde. Mais je sens que quelque chose a changé. Il n'est plus temps d'être joyeux. Il faut être sérieux et sage!
Ma mère se lève, tête basse et part dans la cuisine. Je la suis du regard. Je ne peux m'empêcher de me trémousser sur mon siège. J'ai si hâte qu'elle arrive!
Les plats sont remportés en cuisine. Ma mère arrive les bras chargés du plat argenté. Celui qu'on ne sort que pour les grandes occasions. Elle est fièrement ficelée. Remplie de la recette spéciale de ma mère. Sa farce secrète et si délicieuse!
Ma mère pose le plat au milieu de la table. Mon père suit de près, un énorme couteau à la main et une étrange fourchette. Je l'ai toujours pris pour le loup méchant de mon dessin animé préféré. Celui qui voulait dévorer les petits cochons, la bave aux babines. Il me faisait un peu peur pendant qu'il coupait la dinde. Alors je me cachais sous la table, jusqu'à ce qu'il me tapote la tête. Signal réconfortant pour me dire que tout danger était écarté. Qu'il était redevenu, le gentil papa à sa fifille.
Mais ce jour là, il n'y a pas eu de signal...
La peur au ventre mais impatiente de déguster ma dinde. Je me suis relevée lentement, les yeux aux ras de la table. J'ai guetté tout danger. Mais je n'ai vu que mon morceau de dinde sur mon assiette. Un énorme bout de cuisse recouvert de sauce brillante. Je me suis rassise toute seule comme une grande fille et j'ai attrapé la cuisse. J'ai mordu dedans à belle dent.
Quelqu'un a dit: "Mmmmh toujours aussi délicieuse ta dinde farcie!"
Et mon père s'exclamant de sa grosse voix: "Ca elle est farcie la dinde!"
Dernière modification par viaoli le lun. 26 avr., 2021 1:08 pm, modifié 1 fois.
Micum

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Micum »

Voici ma participation ! En espérant qu'elle soit dans le thème...

Au menu, un cordon-bleu. Qu’il est chiche dans mon assiette en porcelaine albâtre ! Cela peut prêter à confusion. L’assiette est en porcelaine, mais la porcelaine est albâtre comme l’écrivent les poètes. « Ce n’est pas une métaphore, c’est une périphrase »… ou un pléonasme pour le coup !
Mais pourquoi se casser les dents sur un tel problème ? Je vous le demande. D’ailleurs, est-ce un problème ou un souci ? J’avais lu un truc à ce propos chez Capelo, mais je ne vais pas laisser refroidir ma pitance.

Action !

Elle l’embroche, ma fourchette… Les dents (pas encore les miennes) s’enfoncent dans sa chair morte cependant qu’un semi-liquide s’exfiltre de ses quatre plaies. Il ne bouge plus. Mon épée de table découpe un maigre morceau. Ça y est, mes dents perforent ses maillons de corps pour que mes papilles s’emplissent de saveur.

Miam, c’était bon. F(a)i(m)n! (sacrée écriture exclusivement inclusive…)

Non. Je ne peux pas l’abandonner à cette simple épithète ! Il m’a rendu un service, je lui en dois bien un.
Alors, cherchons.

Il était savoureux, oui c’est le terme ! Ou succulent… ? Merdum cacadum. Les deux peut-être, sans être papa de pléonasme.
Savoureux…succulent…
Savoureux, qui a beaucoup de saveur, un très-bon goût ; succulent, qui est plein de suc et très-nourrissant. Ainsi le mot savoureux exprime la propriété du corps relative au sens du goût ; et le mot succulent, la nature de l’aliment et sa propriété nutritive. Je dis la nature de l’aliment ; car succulent ne s’applique qu’aux viandes, aux mets, aux potages, etc. ; au lieu que tout corps peut être appelé savoureux dès qu’il a du goût. Un mets succulent est sans doute savoureux ; mais il y a beaucoup de mets savoureux qui ne sont nullement succulents. (C’est pas bonnet albâtre et albâtre bonnet en somme !)
Un bon cordon-bleu sera tout à la fois succulent et savoureux : les champignons sont savoureux sans être succulents. (Un peu d’histoire !) Artaxerxès Memnon, réduit (figurativement hein !), en fuyant (au sens premier hein), à manger du pain d’orge et des figues sèches, ne put s’empêcher de reconnaître qu’il n’avait jusqu’alors rien goûté de si savoureux, et ce repas n’était point succulent.
Est-ce à force de se nourrir de mets succulents qu’on oublie le mot savoureux, et qu’on substitue sans cesse le premier de ces mots au second, pour désigner le goût exquis d’un aliment ?
Il faut à un convalescent une nourriture succulente, mais modique, pour restaurer ses forces. A un homme blasé il faut des jus, des coulis, des essences, des épices, tout ce qu’il y a de plus succulent et de plus irritant, pour qu’il y trouve quelque chose de savoureux.
Des mets simples, mais savoureux, voilà, selon la nature, la bonne chère (non non pas chair) : ils sont toujours assez succulents pour vous nourrir comme elle le demande.

Plus je réfléchis plus je me dis que bon convenait tout bonnement. Au diable les synonymes faux-derches ! :roll:

Merci de votre lecture !
Abbygaelle

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Abbygaelle »

Hello! Voici mon petit texte sur le thème du repas et ce que ça m'a inspiré. ;)
Bonne lecture!

La première bouchée était comme un concerto silencieux. Solennel, exaltant, appréciable.
Le cliquetis des couverts contre l’assiette faisait remonter ces petits frissons d’excitations le long des bras, comme si le corps savait à l’avance que les bris de nourriture méticuleusement découpés se révélaient être des petits bouts de trésors fondants.
Les plats soigneusement présentés rependaient une odeur douçâtre, non trop vive, mais juste assez envoutante pour éveiller cette idée alléchante de ce qu’il serait une fois posé sur le palais. Délicieux, volatil, captivant.
Ce cortège de saveurs semblait durer à la fois un instant et une éternité.
La combinaison des parfums, et des arômes transportaient l’espace d’un petit moment, dans un monde unique où tout prenait sens. L’équilibre parfait.
A la dernière bouchée, venait le temps de la nostalgie. C’était un rappel que tout était éphémère et que les souvenirs heureux ne durent jamais longtemps, mais que c’était un plaisir à savourer à chaque instant.
Dernière modification par Abbygaelle le mar. 27 avr., 2021 4:45 pm, modifié 1 fois.
LiliRubis

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par LiliRubis »

J'avais envie d'écrire alors je me suis dit que même si ce n'est pas extraordinaire cela ne coutait rien d'essayer.

Manger ? Repas ? Pour certains cette table remplie de divers plats fumants et dont l'odeur épicée constitue le paradis sur Terre, pour moins c’est une torture. Une torture des plus douloureuse, car je n’ai aucun goût. Je ne sens rien. Rien de rien. Nada. Nothing. Mes papilles sont hors-services.

- Tu veux bien encore un peu de gâteau ? s’exclame ma grand-mère toujours prête à me faire grossir. Il fond dans la bouche et l’on sent bien le goût de la framboise, poursuit-elle.
Des larmes de rages affluent au coin de mon œil. Cela fait des années que mes papilles me font défaut et pourtant toute ma famille continue de parler avec délice des fabuleux gâteaux de mon aïeule. Je sais bien qu’ils ne le font exprès, mais qu’est-ce que c’est frustrant. Seul mon oncle semble soucieux de m’aider.
Tout à l’heure, il m’a parlé d’essais cliniques que des médecins voudraient faire sur des personnes qui n’ont pas de goût. Depuis le début de la pandémie de Covid les journalistes interview de nombreuses personnes qui ont perdu le goût. Oh et bien moi, je n’en ai jamais eu et on n'en fait pas une montagne !
Mon oncle, qui est lui aussi clinicien, m’a proposé une place dans un des centres qui étudie les personnes ayant perdu le goût. Il est très optimiste quant à la réussite de ces expériences.
Peut-être que dans un futur proche - plus proche que ce que je n’aurais pu imaginer - je sentirais enfin le goût du gâteau chocolat framboise de mamie. Je comprendrais enfin pourquoi les gens aiment les crêpes ou frites. Ce handicap me sera enfin retiré et je pourrais goûter avec joie tous les mets de l’univers.

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Si vous avez aimé venez découvrir d'autres de mes histoires sur mon compte wattpad @Lilirubis-18
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

UN REPAS

Partie I
12h devant le restau…
I
l était là devant moi, il me tournait le dos. Il patientait en lisant le menu sur l'étroite devanture de ce petit restaurant du Cours où on devait déjeuner ensemble. Il se tenait à portée de ma main, attentif à la liste des plats proposés.
Écrite sans soin, en grosses lettres marron italique, sur une affiche à la présentation sommaire, la liste n’annonçait rien de très gourmand. Mais il m’attendait quand même pour un repas fixé ce jour là et pas un autre. Comme s’il y avait eu soudain une urgence vitale à se revoir vite, très vite.

On était 35 ans après la rupture, et on ne s’était plus jamais revus. Un passage par une soirée vaguement mondaine avait suffi à provoquer ce qu’on appelle souvent un hasard. Je n'ai jamais cru au hasard, au destin, à ce qui est écrit, pas plus qu’à tout autre fait qui ne s’explique pas. "C’est parce que c’était elle, c’est parce que c’était moi" me faisait toujours beaucoup rire. Il était là, moi aussi et c’était tout. On s’était croisés au cours de cette soirée, rien de plus. Juste après une conférence qui ne pouvait que nous intéresser l’un et l’autre parce que nous étions profs et qu’elle traitait d’un sujet commun à nos domaines de recherche. Le hasard c’était juste de la logique pure. – Mais qu’est-ce que tu fais là ?! Ça alors !! D’un ton exagérément stupéfait il s’était adressé à moi. Sans embarras particulier il avait exprimé une envie de me retrouver pour tout se raconter après des années et des années. Une proposition de déjeuner ensemble, et tout s’était précipité. J’avais spontanément répondu “oui pour un rencard au restau“.
Après tout un «rencard» c'était léger, jeune et frais, donc aucun risque de dérapage. Pour un rendez-vous, en revanche, j’aurais dit non. Ça rendait les choses bien trop sérieuses à mon goût et surtout j’imaginais très mal mon prénom inscrit à la ligne (n + 1) de la liste interminable de son agenda d’homme très convoité et toujours très pressé…
J’ignorais la raison de son envie pressante et suspecte de me revoir, mais je ressentais intimement le danger d’aller me perdre à nouveau avec lui. Et pourtant mon sms avait dit oui...

*

Tu es débile et grotesque ma pauvre. Tu ne vas tout de même pas déjeuner avec lui comme s’il n’avait pas lézardé ta jeunesse!! Tu te souviens de toi après lui? Bien sûr que tu t’en souviens, alors tu ne vas pas y aller. Bordel, ressaisis toi !! Après le oui par texto je me sentais stupide et en colère contre moi.
Depuis notre sale rupture, 35 ans de silence. Clairement ce repas en tête à tête ne pourrait que sonner creux. Avec des vides à occuper par une parole qui ne dit rien ou qui en dit trop. Je n’avais pas envie d’un dialogue à trous.
Mais on s’était dit ok presque d’instinct, sans hésiter une seule seconde et on était là devant l’entrée du petit restau, sur le point d’en franchir la porte vitrée.
De là où j’étais, je lisais moi aussi le menu, cachée tout près sans qu’il puisse m’apercevoir. J’avais ainsi tout le loisir de le regarder pour rapatrier son allure dans ma mémoire floue.
Droit, fin et élancé, sûr de lui comme toujours, presque hautain, il était là. Je l’avais côtoyé de très près, mais vu comme ça, je ne le reconnaissais plus. Et j’allais déjeuner avec un inconnu. Aimer ou détester mon plat, parler bêtement de la qualité du sien à quelqu’un que je ne reconnaissais vraiment plus. Il m’était devenu trop étranger depuis tout ce temps.
J’avais peur de ce silence plombant que je pressentais, au point que je décidai de me tirer de là en vitesse.

Curieusement je ne fis rien. Au contraire je restai là à le fixer encore et encore, je ne pouvais m’empêcher de le regarder. Je ne comprenais pas mon attitude de voyeuse embusquée. Je le détaillais, je guettais le moindre de ses gestes, je l’imaginais comme je le voulais. Tout ça en me répétant que ce "rencard" n’avait aucun sens et qu’il sentait le malsain.
Je percevais des échos, des signaux d’alarme stridents. Il fallait partir vite et cependant je ne bougeais pas, je gardais mon immobilité parfaite, les yeux désespérément posés sur sa silhouette.
Il ne me dévoilait de lui que le verso d'une image que je trépignais de découvrir de face. Mais sans qu'il ait à se retourner, je savais déjà que contre ce magnétisme là, je ne pourrais rien et je prévoyais l’effet certain de son regard glaçant. Je redoutais un repas façon mise à mort d’une midinette un peu cruche.
Non ! Même comme ça, cette fois tu ne m’auras pas et le point, ce sera pour moi.
Déterminée et conditionnée comme un chien d’attaque après dressage, j’étais sûre de mordre fort et dur cette fois. Je voulais le contrôler tout au long du repas pour le crocheter violemment et le quitter tout de suite après, aussi libre de lui que je l’étais avant d’arriver au restau. J’étais venue chercher mon émancipation définitive et je ne lâcherais pas.
Je sortirais gagnante d’un petit jeu sadique et cynique “d’attrape moi si tu peux“ qui avait toujours existé entre nous, même sans se voir. Au jeu de massacre, ce jour là c’est moi qui le mettrais KO.
Si je voulais à tout prix m’émanciper de lui et de mes souvenirs minables, il fallait que je reste. Je déjeunerais donc avec lui pour gagner, prendre le dessus et connaître enfin le pourquoi du sale petit jeu. Il parlerait et pour ça il fallait vraiment que je reste…
Le cœur me signalait pourtant l'angoisse et le trac trop présents. Il tapait et s’emballait contre la paroi douloureuse de ma poitrine, pour reprendre ensuite des pulsations calmes et régulières. Mes jambes vacillaient sous moi mais je me jurais que j'irais quand même au bout pour obtenir ce que je voulais.
Dans une seconde il se retournerait, il me dirait simplement «bonjour» comme si… Et on entrerait dans ce restau pour grignotages à la va-vite, choisi dans ce quartier de la ville, inondé de soleil ce jour là, grouillant de monde, bruyant et peuplé de silhouettes atypiques...

Partie II
Autour de la table

On y était, on entrait dans ce petit restau-bar, en avançant côte à côte comme on avançait avant, en rang deux par deux pour entrer en classe. Sages et disciplinés. Quelques pas vers le fond de cet espace réduit où se mêlaient les odeurs grasses des fritures, celles des épices, les odeurs lourdes des ragoûts, à l'odeur libératrice d'un café très corsé, et un serveur agité et zélé arriva.
– Et voici votre table messieurs dam’. Je vous laisse vous installer. La table était très petite et carrée, dressée comme une table de pause déjeuner pour se rassasier en vitesse avant "d'y retourner". Sur des sets en papier floqué, fourchette, couteau et verre à pied retourné avaient été posés dans un geste routinier de mise en place qui se voulait soignée. Sel et poivre se côtoyaient étroitement dans de petits contenants aux couleurs contrastées. Le blanc sur le gris poivré, était repérable et inversement. Des serviettes en papier avaient été pliées avec soin, façon origami. Le cendrier était là, on n’était pas encore dans les années fumeurs/non fumeurs. Un peu surélevée, placée dans une minuscule alcôve, la table était accessible en franchissant une petite marche en bois. Je pensais qu’y trébucher sous ses yeux serait le début d’un long repas en enfer. Alors je pris mon temps pour poser sans risque mes talons aiguilles au sol.
L'endroit était plutôt feutré ; éclairage tamisé, comme si tout avait été prévu et prémédité pour créer l’atmosphère «bêtement» romantique de retrouvailles. À l’écart des autres, et autour d'un plat dont probablement je ne me souviendrais pas, on allait se regarder sans se lâcher. Et après ? On allait se parler et se servir une soupe aux souvenirs ? Se dire qu’on s’était manqué? Et tout un tas de mots passe-partout d’un très mauvais roman à l’eau de roses ? Impossible pour moi. Ce méli mélo de mièvreries n’était surtout pas à mon goût et ne correspondait en rien à notre brève histoire qui, elle, était glauque. Elle n’était pas très jolie ni très glorieuse. Elle était complexe, paradoxale tout autant que bizarre. Douloureuse et assassine pour l’un de nous, objet de délectation pour l’autre. On n’aurait probablement pas envie d’en parler telle qu’elle avait été.

*

Très vite installés face à face, yeux à yeux, presque face contre face tant l'endroit était exigu, on commençait à se parler. Tout en me tartinant d’une savoureuse tapenade maison de petites tranches de pain grillé, il se mit à débiter un flot de questions. Aussi vite que possible pour en savoir un maximum sur ce temps qui nous avait tenus bien à distance… J’ignorais où il m’emmenait avec ses questions et ce qu’il m’en coûterait de lui répondre mais je jouais le jeu. On échangeait dans un défilé poli, ordonné et sans aucun intérêt de “comment vas-tu depuis ?“, “t’es mariée, t’as des enfants ?“, “tu fais quoi dans la vie ?“, “c’est dingue, tu es la même, je revois la poupée que tu étais à la fac, j’ai encore ta voix dans les oreilles“.
Mots débiles et vides pour moi, proches des paroles d’une chanson qui avait hystérisé les foules. Vraiment très proches. “On s'était dit rendez-vous dans dix ans. La la la la la la. La la …
Pendant que ce non dialogue creux s’installait, moi je ne le quittais pas des yeux, j’étais bien. plus silencieuse. Par la simple observation je devinais tout de lui. Il me semblait qu’il avait quelque chose de changé, quelque chose de très nouveau et de très troublant. Il y avait un truc, oui c’est ça, un truc. Mais un truc que je ressentais sans pouvoir en dire un seul mot. C’était du côté de l’élégance et du charme. Un charme assez irrésistible dont les années passées lui avaient fait cadeau. Il avait de la chance. Il affichait ce charme insolite, nouveau et indescriptible qui me saisissait. Je ne voyais que ses cheveux entièrement blancs, ils faisaient l’essentiel de cette classe folle. Je trouvais que cette “non couleur“, indice d’un âge qui s'installe magnifiquement bien chez certains mecs, lui apportait ce plus.
Il me faisait penser à un mannequin senior grand luxe ou à un homme d’affaires séduisant à souhait. Images de ces fringuants vieux qui crevaient l’écran ou faisaient parfois la couverture très glamour de magazines en vogue.

STOP !! Rêver ça suffit maintenant. Bouge !!
Je faisais signe mais en vain. Quand ce maudit serveur allait-il rappliquer au pas de course, prendre la commande et enfin nous servir? Ça devenait urgent, il était temps de stopper la séquence questions. On comblait avec des riens et j’avais envie que ça s’arrête là, maintenant, et tout de suite.
L’imagination cesserait de galoper, nos paroles sans relief ne s’ajouteraient plus au brouhaha ambiant et le vrai silence reviendrait dans ce recoin à l’écart des autres.
Occupé à manger il n’alignerait plus ses questions pressantes pour me convaincre qu’il voulait tout savoir de “son amour de jeunesse“. La formule mièvre et mielleuse me donnait la nausée et je me demandais comment j’allais justifier que je ne pouvais rien avaler.
Le serveur était enfin là, planté devant nous avec ses deux cartes.
Il en avait mis du temps celui-là, il m’exaspérait ! – Voici la carte Madame. – Et pour vous Monsieur.
Sur cette carte aux rebords légèrement gras mes yeux ne se posèrent même pas. En face de moi, lui, en revanche, en examinait avec intérêt chaque partie, se demandant de quoi il allait se régaler. Au hasard d’une ligne un peu plus apparente je vis “daurade grillée“.
– Daurade grillé pour moi s’il vous plaît !
– Haricots verts ? Frites ?
– Haricots verts.
Je me sentais petite, totalement décalée. Je ne l’accrochais pas plus qu’avant, c’était d’une évidence insolente. Alors pourquoi m’avoir amenée ici? Encore un sale coup. De ceux dont on jouit...
Je recommençais à me perdre à lui répondre, à lui en dire trop de moi alors que je me refusais à semer le moindre indice sur ma vie.
Je n'étais pas venue pour ça. Je voulais juste couper le lien d’un coup sec, d’un seul. Comme pour l’inauguration d’un musée. j'allais couper net le large ruban satiné, jeter un œil au musée et y laisser définitivement nos vestiges. Les souvenirs seraient définitivement enfermés sous clé et ils ne me reviendraient plus. Je ne pensais qu’à ça. Il fallait que je me ressaisisse pour ne me centrer que sur cette envie. Être bouleversée par un ex c’est dangereux. Tiens toi droite stable et forte sous son regard!
En attendant nos plats, peu originaux, du vu et revu dans ce type de repas, chacun regardait l'autre. Il posait sur moi ses yeux glaçants et paralysants que je lui connaissais bien. Ils m'avaient souvent terrifiée avant… Regard assassin doublé d’un plissement du bas du nez jusqu'à la lèvre supérieure. Une grimace discrètement malicieuse et bienveillante qui contrebalançait l’expression de ces yeux là…
L'opacité de l’homme était restée intacte, et je retrouvais cet inconnu insondable, aux émotions brouillées, comme dans un jeu de piste où il fallait à tout prix égarer l’autre.
Les deux verres à pied se retournèrent ensemble pour accueillir un petit blanc frais et s'entrechoquer ensuite. On allait trinquer à nos retrouvailles. Je ne sais même plus si nous avons trinqué béatement.
Probablement non car ce n'était pas du tout son genre et ce n’était plus du tout le mien.
--Et voici messieurs dam’ ! Daurade grillée, magret de canard, un peu de pain et bon appétit !
Sans délicatesse particulière, le serveur avait bruyamment posé sur la table une bouteille d’eau fraîche aux parois embuées. Signe que la bouteille était restée stockée au frigo trop longtemps.
Je percevais d'avance ce goût désagréable d'une eau gâchée dans un frigo trop rempli mais je savais que je la boirais parce que j'avais trop soif.
La couleur vive fuchsia du verre épais de la bouteille n'y changeait rien, l’eau dans cette bouteille trop rose était vraiment dégueulasse.
- Bon appétit me dit-il poliment.
- Merci. Bon appétit à toi aussi,
La politesse était navrante. Il fallait absolument que je m’occupe à quelque chose. Si je recommençais à répondre à ses questions en chaîne, je ne pourrais pas en venir à ce que je voulais. Quand il ne me questionnait pas on comblait avec des riens et je n’avais pas envie d’un dialogue à trous.
Je décidai, pour me sortir de là, de me lancer dans le découpage minutieux de ma daurade. La tête penchée sur une assiette aux couleurs marines et ordinaires, je m’appliquais à découpé ce poisson plat sans y laisser la moindre arête. Les écailles brillaient encore, zébrées du marron charbonneux des rails du grill où le poisson, probablement congelé, avait fini sa vie.
Mes gestes étaient très approximatifs et maladroits pour extraire ces filets blancs nacrés de leur enveloppe de peau souple et pailletée.
Mais ma main ne tremblerait pas, je me le répétais en boucle.
Je contrôlerais tout, tout le temps. J’avais décidé que cette fois, il ne m'aurait pas.
Ni dans la paume de sa main, ni dans les replis de ses draps

Et si je m’en allais ? Après tout ce n’était pas plus mal de le laisser là devant ce magret de canard au miel qu’il savourait avec un plaisir évident. La pièce de volaille, dorée et croustillante en surface, paraissait tendre. Ça se voyait à sa façon de la mâcher. La chair rosée à point donnait envie de s’en gaver comme une gloutonne et pourtant je n’avais vraiment pas faim, je n’avais rien mangé. J’étais écoeurée par cette daurade faussement pêchée du jour. Et dégoûtée par l’indifférence claire qu’il affichait à mon égard.
Avec les prouesses d’un esprit brillant il avait réussi à me persuader que c’était le moment de me dire pourquoi il m’avait exécutée en règle 35 ans avant. Et pire je l’avais cru! Mais je comprenais maintenant qu’il se tairait sur l’essentiel et que je n’aurais pas ce que j’étais venue chercher. Je perdais mon temps, je l’avais déjà trop perdu et l’envie d’une gifle furieuse me démangeait. La main crispée dans la poche de mon jean moulant j’étais en train d’en massacrer la toile épaisse. Dans un tic de colère j’en grattais les fibres pour retenir la gifle.. Et si je me tirais de là maintenant, tout de suite et en vitesse? Il serait sidéré et surtout ulcéré par le geste, puis il partirait et le serveur hébété libèrerait la table pour un joli petit couple, un duo de copines solidaires et rieuses, deux sinistres hommes pressés ou deux des ouvriers qui refaisaient plus bas dans le Cours une portion de trottoir. Encore fallait-il préférer partir à préférer savoir…

*

Premier set perdu. J’étais encore à table, et lui aussi. L’inspiration me manquait, alors je pris la décision de tout autre chose. D’un geste lent et très légèrement aguicheur, je piquai sans aucune gêne un pomme frite dans son assiette gourmande et je le fixai avec un sourire à déchiffrer. Je voulais qu’il s’interroge. Mais qu’est ce qu'elle fout? Elle m’allume? Je rêve?. Je lui répondais sans lui parler. Mais bien sûr que oui tu rêves. Tu te prends pour qui? Il enchaîna pour éviter un silence définitif.
– Toujours envie de grignoter dans mon assiette comme avant?
– Toujours autant et même davantage…
Grand blanc et sourire contrarié de prédateur… L’astuce fonctionnait, il voulait comprendre le “davantage“ et j’avais la main. – Grignoter dans ton assiette et te grignoter toi?
– Je croyais qu’on était fâchés.
– Et alors? Même si c'était le cas, l'un n’empêche pas l’autre. Au contraire on pourrait se grignoter férocement. Tu vas aimer, c’est sûr. ..
J’étais encore trop bienveillante pour lui éclater de rire au nez mais son expression stupéfaite était tellement cocasse que je n’arrivais pas à me retenir. Il ne comprenait sûrement pas que le sage joujou de la fac puisse lui proposer ce jeu torride et sulfureux. Je le sentais égaré en face de la dévergondée et ça le dérangeait. Je lui déplaisais dans la peau de ce personnage inattendu, peut-être même que je le dégoûtais. Mais c’était dans le plan, alors je pouvais continuer à lui déplaire. Du même air très allumeur je lui proposai de nous commander un petit dessert. –Et si on prenait un dessert ? Hmmmmm ! J’ai envie…
Je savais qu’à ce moment précis il pouvait devenir violent. Le ton de garce dominatrice ne m’allait pas du tout, je forçais la dose et ça allait le rendre furieux. C’était toujours lui qui dominait, le contraire ne pouvait que le rendre fou de colère. Il avait déjà été violent, un jour où j’avais refusé de le suivre pour aller passer mon traditionnel week end chez lui en famille. Comme la parfaite et gentille future belle fille, taillée exactement comme ses parents aimants l’avaient imaginée pour lui… D’un geste enragé il avait attrapé ma chemise pour me tirer vers lui et le tissu blanc s’était déchiré net en deux. Je ressentais encore la terreur de ce moment.

Tant pis, je voulais aller au bout et j’irais. Je voulais lui faire vomir combien je l’avais toujours exaspéré et pourquoi il avait cependant entretenu ce lien de lui à moi.
Le serveur arrivait et je stoppai sa course en lui demandant un moelleux au chocolat. Lui ne commanda qu’un café. Quand le moelleux arriva devant moi je regardai mon assiette avec des yeux de nymphomane gourmande. Plus j’exagérais dans cette mise en scène grotesque et vulgaire, plus je surjouais ce que je n’étais pas, plus j’avais de chances qu’il explose et parle. Une fois qu’il “se serait mis à table“, parole de flic, je pourrais me lever et partir sans dire au revoir. Je mordais dans le moelleux avec délectation, je lui montrais que la bouchée chocolatée fondait sous ma langue et que le plaisir était sans limite.
–Hmmmmm ! Trop bon. T’en veux pas un peu ? Allez goûte.
Là il fallait s’arrêter et surtout ne pas approcher ma cuillère de sa bouche. Il restait totalement immobile, silencieux et le regard en disait long. Les dents grinçaient, je le voyais dans le discret mouvement de ses joues creuses. Mais rien, pas un mot. Il résistait et il résisterait toujours. Que pouvait-il avoir de si terrible à m’avouer sur cette ancienne relation glauque et destructrice ? Ça devait être sacrément lourd...

Partie III
L’addition

Je réfléchissais et tout à coup je stoppai net ce rentre-dedans ridicule et bas de gamme. Finalement était-ce si intéressant que ça pour moi de l’entendre m’expliquer, alors que je n’avais qu’une envie, la sérénité que rien ni personne ne s’aviserait de venir troubler ? La conclusion était lumineuse. Il fallait décrocher et lâcher l’affaire. Accepter c’était ça remporter la partie. Je la remportais sur moi et j’étais donc libre. Libre de mon obsession, libre de ses raisons minables et secrètes, donc libre aussi et surtout de lui. Mon émancipation je la tenais.
Le serveur avait posé la note sur un coin de table sans qu'il le remarque. J'en profitais. D’un geste tranquille je la pris et je regardai le total. Je rappelai le serveur.
– On peut avoir deux coupes de champagne s’il vous plaît ?
– Bien sûr tout de suite !
Les flûtes remplies de la boisson finement pétillante ne tardèrent pas à arriver. – Et voici messieurs dam'!
Il était muet, perdu dans le jeu de piste infernal. Je pris mon verre et j’avalais le champagne cul sec. La finesse de ses bulles aromatisées décuplait mon plaisir et je me sentais détendue, heureuse. – Mais qu’est ce que tu fais ? Il ne comprenait plus rien.
Je le regardai, je passai le dos de ma main sur sa joue et j’effleurai une mèche de ses cheveux blancs. C’était toujours aussi bon ce geste de plume légère et douce. Sans aucune pause, je me levai et je m'adressai à lui sur un ton mi-moqueur, mi-faussement inquiète.
– Mais enfin, on n'avait pas trinqué à nos retrouvailles! Tu as oublié? Il fallait fêter ça, non?
Je lui montrai sous la note un billet que j’y avais glissé sans qu’il me voie et je déposai dans la paume de sa main un petit papier blanc déchiré à la va-vite de mon agenda. Après quelques pas lents et prudents sur mes talons aiguilles, j’étais à la porte et je pouvais enfin sortir. Il faisait beau, je savourais une brise rafraîchissante et j’avais envie d’aller chiner dans les boutiques de fringues et de déco au style baroque qu’on ne trouvait que sur le Cours. Lui était encore à l’intérieur, il sentait les odeurs grasses, lourdes ou épicées et il fallait qu’il sorte s’en défaire. Il n’allait tout de même pas poursuivre sa journée dans un costume classe imprégné des odeurs de ces pauses déjeuner de qualité médiocre. Pour un mec comme lui ce n’était juste pas possible.
Il sortit à la hâte du petit restau-bar. Une fois dehors il stoppa son élan. Il déplia le petit papier déchiré irrégulièrement et en déchiffra le contenu. On pouvait y lire trois mots : “Merci pour tout“... Il regarda vers le bas du Cours, le milieu, le haut.
La rue était vide, paisible, et à cette heure plus aucun passant n’y flânait…
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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par petite_larme_bleue »

SCÈNE DE REPAS - Eugène Rasquin

Eugène Rasquin était un jeune homme solitaire, travaillant depuis peu au sein d'une usine de production d'oreiller. Il était grand, terriblement grand. Si grand que sa tête était toujours penchée sur le côté et que son dos commençait à se courber de plus en plus au fil des années. Aussi fin qu'un cure dent, il avait de raides cheveux noirs tombant platement de chaque côté de son visage pâle et anguleux. Si son physique disgracieux effrayait les enfants dans la rue et suscitait de nombreuses moqueries chez les plus vieux, son caractère épouvantable achevait de le mettre à l'écart de toute relation sociale. Les gens faisaient des détours pour ne pas le croiser au sein d'un couloir, tandis que d'autres s'amusaient à imaginer d'improbables histoires le mettant en scène avec des démons et autres créatures monstrueuses.
Il vivait seul avec son fidèle chien, au dernier étage d'un immeuble à l'écart de la ville. Lorsqu'il rentrait de son travail, qu'il détestait, il s'enfermait dans le seul endroit au monde qui le rende réellement heureux, sa chambre. En réalité, elle s'apparentait plus à un bureau débordant de figurines et de posters de vaisseaux, mais caché parmi les télescopes et les piles de livres aux couvertures étoilées, se cachait le lit. Eugène, malgré toute la froideur qu'il pouvait inspirer, avait une seule et unique passion : l'espace. C'était un astronaute raté qui aurait rêvé d'aller sur la lune mais qui avait fini par emplumer des oreillers. Cette pièce était alors son petit havre de paix, un endroit où il pouvait enfin côtoyer les étoiles.

L'histoire commence en hiver, à l'approche de Noël. Eugène Rasquin détestait Noël, les files d'attentes à la caisse qui n'en finissaient plus, la neige qui chaque année le faisait glisser déclenchant chez des gamins une salve d'éclats de rires, ou encore les illuminations dans les rues qu'il finissait toujours par se prendre en pleine tête. Par dessus tout Eugène détestait l'évocation même des « repas de famille », parce que lui n'en avait tout simplement pas. Il passait le soir du Réveillon enroulé dans sa couette avec son chien dans une vaine tentative d'étouffer les chants des familles voisines qui transperçaient la fine paroi de son mur.
On était donc à une semaine de cette satanée date, et Eugène Rasquin devenait de plus en plus bougon. Ses stupides collègues avaient eu d'autant plus la merveilleuse idée de décorer le hall d'entrée de l'usine, ce qui avait le don de l'énerver profondément. Lorsqu'il passa la porte de la fabrique, toujours en étant obligé de courber son interminable dos, il sentit tout de suite que quelque chose sortait du commun. Des banderoles de bienvenue étaient accrochées sur un mur et une vague d’excitation semblait parcourir chacun de ses collègues.
Le jeune homme avait souvent l'habitude d'ignorer ce genre de chose, même si cela lui occasionnait souvent des regards noirs et peu aimables. Seulement il avait tellement l'habitude que ça ne le dérangeait plus. Il déposa son long manteau noir dans son casier et entama sa longue journée de travail dans un océan de plumes. En général, il se dépêchait de finir son travail pour pouvoir partir aussi tôt qu'il était autorisé à le faire, mais cette fois-ci, le destin en décida autrement.
Un autre homme se planta derrière son casier, et tendit une main potelée vers lui. Eugène mit un certain temps avant de comprendre que ce bras lui était tendu, et de décider qu'il devait trop être sale pour être serré. Il se contenta de le regarder d'un air absent. Il dévisagea alors le nouveau venu en baissant la tête, sans le reconnaître. Il faisait trois tête de moins que lui, et avait des cheveux couleur carotte. Ses grandes oreilles étaient décollées, et ses yeux marrons le dévisageaient curieusement.

— Anatole, fit le garçon. Je suis le nouveau collègue.

Déjà profondément fatigué d'entamer une discussion, Eugène fit claquer la porte de son casier et voulu se diriger vers la sortie.

— J'ai entendu plein de choses intrigantes sur toi, continua Anatole en le suivant pas le moins du monde vexé. J'avoue être assez curieux, j'aime bien rencontrer des nouvelles personnes mais si il y a en plus des histoires rigolotes sur eux, et bien ça me donne d'autant plus envie.

Eugène fronça méchamment le nez et émit un reniflement énervé.

— Oh, je te dérange ? demanda Anatole d'une voix sincèrement désolée. Tiens que dirais tu qu'on se voit un de ces quatre ? D'ailleurs j'ai cru comprendre que tu vivais seul, ça te dirais de venir chez moi à Noël ? Plus on est de fous, plus on rit !
— C'est ça, répondit Eugène d'une voix glaciale avant de s'enfuir vers sa station de métro.

Quelques jours plus tard, il reçut dans son casier une carte de Noël accompagnée d'une adresse. Son premier mouvement fut de vouloir la jeter dans la corbeille la plus proche mais la curiosité se fit plus forte, et il finit par l'enfouir dans sa poche.
Il s'efforça tant bien que mal de l'ignorer mais elle devint vite pour lui une obsession. Une part de lui s'efforçait de le convaincre que passer le Réveillon enroulé dans sa couette était amusant mais l'autre ne pouvait s'empêcher d'imaginer ce qu'il avait toujours banni de ses pensées : le fameux « repas de famille ». Les gens étaient-ils aussi joyeux que dans les films ? Les repas étaient-ils aussi bon que ce qu'on disait ? Et la magie de Noël qui paraissait si fabuleuse, existait-elle vraiment ?
Un détail cependant acheva de le persuader. Anatole portait des grands sweat bariolés qui aurait eu plutôt tendance à l’écœuré si ce n'est que ceux-ci avaient pour la grande majorité de grands vaisseaux en guise de motifs. Cela classait donc le garçon dans la catégorie de personnes potentiellement appréciables. Eugène, qui ne nous voilons pas la face était empli d'une grande curiosité, décida qu'il s'y rendrait à titre expérimental, simplement pour observer. Ainsi lorsqu'il affirmerait qu'il déteste Noël, il pourrait enfin expliquer précisément pourquoi.
Et ce fut la première fois qu'Eugène Rasquin attendit impatiemment le Réveillon.

Ce fut rongé par le trac qu'il se rendit le soir du 24 décembre à l'adresse que lui avait donné Anatole. Il était comme à son habitude tout de noir vêtu refusant malgré l'évènement de céder à toute excentricité. Pour marquer le coup il avait quand même soigneusement plaqué ses cheveux noirs derrière ses oreilles, chose qu'il ne faisait d'habitude jamais.
Ignorant la petite voix en lui qui trouvait tout ceci ridicule, il toqua à la porte. Anatole lui ouvrit et son visage, au début surpris, se fendit d'un large sourire. Lui s'était totalement abandonné à toutes les extravagances qu'Eugène avait tenté de contourner. Il portait un pull incroyablement laid de Noël. Un bonnet rouge avec au bout un petit pom-pom blanc était enfoncé sur sa tête, et lorsqu'Eugène baissa les yeux, embarrassé, il aperçut une paire hideuse de chausson en forme de tête de cerf. Eugène fronça le nez mais retint de justesse son petit reniflement dédaigneux. Pour une fois que quelqu'un ne l'avait pas de le collimateur, il pouvait bien faire un effort. Anatole qui ne s'en était absolument pas aperçu le laissa pénétrer dans la maison.
Eugène remarqua avec stupeur que la salle à manger était déjà remplie de monde. Les gens lui adressèrent tout d'abord un regard curieux, on ne voyait pas quelqu'un d'aussi grand et courbé tous les jours, puis le jugeant sans doute pas si intéressant, ils reportèrent leur attention sur les alléchants mets disposés de part et d'autres sur la table. Tant et si bien que malgré son allure de croquemort, il passa totalement inaperçu. Il y eut certes quelques soulèvements de sourcils de la part de certains gamins qui le dévisagèrent un instant mais rien de trop gênant.
On se mit ensuit à table. Si les gens parlèrent tout d'abord de la joie de se retrouver, cela enchaîna vite avec les récits du quotidien de chacun. Ils commencèrent à parler de leurs travails, de leurs enfants et de toutes les histoires insolites qui avaient pu leur arriver depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu. Eugène les écouta distraitement. Ses pensées étaient plutôt attirés devant tous les plats succulents qui passaient devant son nez. De l'entrée au fromage, il se régala. C'était bon, bien plus savoureux que le bol de riz que, ne sachant pas si bien cuisiner, il prenait habituellement.
Tout en attendant le dessert, Eugène se surprit à observer toutes les différentes personnalités qui échangeaient autour de la table. Il y avait ceux qui parlaient énormément pour ne rien dire, ponctuant la conversation de remarques lourdes quand celle-ci prenait un tournant trop sérieux à leur goût. Il y avait ceux qui animait la discussion de bout en bout peu importe le sujet, ceux qui l'écoutait silencieusement d'un œil critique ajoutant occasionnellement leur avis lorsqu'elle déviait sur un sujet qui les touchait. Il y avait ceux encore qui parlait entre-eux, à deux. Les enfants désertaient toujours la table à chaque fin de plat pour ne revenir que lorsqu'une nouvelle chose apparaissait sur la table.
Tout était nouveau pour lui, et malgré quelques points qu'il trouva profondément étranges, ennuyeux et parfois même répugnants, Eugène trouva l'ambiance chaleureuse excepté le fait qu'il se sentit un peu de trop. Il n'avait même pas sa place ici et les efforts d'Anatole pour l'inclure dans la conversation n'y changèrent rien. Mais pour tout dire, Eugène n'en avait pas grand chose à faire. Il aimait sa place un peu invisible et observatrice, qui profite silencieusement du bonheur des autres sans avoir à le troubler, n'y a y participer. Il se trouva pour la première fois maladroit et regretta d'être autant une étoile solitaire.
La bûche arriva alors à table. Les gens se redressèrent, prenant cette arrivée très au sérieux. Eugène ne fut pas déçu, le goût était délicieux. Il s'adossa contre le dossier de sa chaise, complétement repu. Cette soirée avait été haute en couleur, remplie de nouvelles sensations. Les gens lui faisaient penser à des petites étoiles formant de par leurs liens une grande constellation. En faire parti semblait effrayant, vertigineux mais Eugène Rasquin eut, pour la première fois de sa vie, envie de fonder la sienne.
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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par leaszecel »

Un diner d'enfer.

Petit avant-propos, si vous n'êtes pas adeptes des scènes gores explicites, je vous déconseille l'histoire.

Nous sommes tous assis autours d'une table, chacun avec une personne en face de lui. Table rectangulaire, nous sommes au nombre de huit. La décoration est somptueuse, tout comme le festin sur la table. Je me sens groggy, j'essaie de reprendre mes esprits doucement mais je ne me souviens de rien. Je ne sais pas qui je suis ni comment je suis arrivé là, alors j'observe autour de moi pour me rappeler. La pièce s'étend très loin en longueur mais je peux voir les limites de sa largeur en face de moi. Un lourd velours rouge sang tapisse les murs. La chaise sur laquelle je suis assise est en soie de la même teinte que les murs. J'en déduis que je suis dans un endroit extrêmement luxueux. De même que la table remplie de plats que je n'ai même jamais pu me payer, je le sais. Alors que je veux me lever pour aller inspecter la pièce, un cliquetis me rappelle à l'ordre. Mes deux pieds, nus, sont enchaînés à la table. Je grogne et décide d'observer les autres, en attendant de comprendre ce qui se passe, ce qu'on attend de moi.Me fait face un homme plutôt quelconque, avec des rouflaquettes et des lunettes d'une autre époque. Mis à part ça, il ne me paraît pas étrange.
A sa droite se trouve une femme dans la trentaine, plutôt bien portante. Elle à des cheveux bruns, retenus dans un chignon stricte me faisant penser a de vieilles photos en noir et blanc.
De mon côté se trouve une femme avec un visage dur et fatigué. Ses cheveux sales, gras et mal colorés pendouillent mollement de part et d'autre de son visage. Avec ses vêtements, elle a vraiment une dégaine de plouc.
De l'autre côté, à ma droite, se trouve un homme avec un pur visage américain, ses cheveux clairs coupés en brosse. Il porte des lunettes à montures carrées comme dans les 60' et a un visage plutôt amical.
A la droite de rouflaquettes, je peux remarquer un homme plutôt vieux, avec un visage effrayant, aux traits tirés et anguleux. Il porte également une petite barbe et arbore des vêtements très luxueux et chics, ce qui contraste encore plus avec ses traits malades. En bout de table, toujours sur ma droite, se trouve une magnifique créature aux traits délicats, avec de beaux cheveux légèrement roux, retenus par une coiffe aussi élégante qu'elle. Je ne peux m'empêcher de remarquer que sa peau de lait est magnifique.
Alors que j'en suis là de mes pensées, je remarque que les autres ont commencé à se parler et à crier les uns sur les autres. La femme au chignon éructe sur le vieil homme malade alors que la plouc crache sur le mec aux lunettes carrées, manquant de peu MON visage. Alors que je veux enfoncer ma fourchette dans les yeux de la femme, un claquement de main retentit et tout le monde regarde vers l'autre bout de la table.Là, se trouve un bel homme, avec des cheveux bouclés foncés et une peau mat. Il n'est pas incroyablement beau mais il a une présence très impressionnante, on dirait que sa peau irradie. Il nous regarde en souriant et dit en tendant les mains vers nous:
-Et maintenant, mangez!
Sa voix est amicale mais son ton est impérieux. Des personnes sans visages apparaissent alors derrière chacun de nous. Elle se dirige vers la table et soulève les cloches. Et là, ça recommence.
D'abord, le malade. Le "serveur" en costume derrière lui soulève sa cloche et lui ouvre le crâne avec se qui ressemble à un sceptre, laissant la cervelle couler dans son assiette.
Ensuite, c'est le tour de la très belle femme. Deux personne sans visage, portant des robes, soulèvent les deux cloches devant elle.L' une en sort un fer chauffé à blanc, l'autre une longue lame effilée. Elles s'en servent pour la brûler et l'écharper pendant de longues minutes jusqu'à ce que ses cris se transforment en un dernier gargouillis, étouffée dans son sang.
C'est au tour de rouflaquettes. Une robe-sans visage soulève sa cloche, en sort un grand couteau et lui soulève la tête en le tenant par les cheveux. D'un coup sec, elle lui tranche la gorge d'une oreille à l'autre avant de l'étriper.
La femme potelée. Un serveur relève sa cloche et en sort une petite hache. Il prend son élan et lui plante en plein milieu du crâne, le fendant en deux, la cervelle et le sang giclant un peu partout sur la table.
Monsieur amérique se fait approcher par un homme et une femme sans visage alors que l'un lui tire dessus, l'autre le poignarde. Ils lui jettent un papier où se trouve le même dessins qu'un viseur. Ils disparaissent ensuite dans l'ombre des murs de velours, comme les précédents.
Maintenant, la plouc. Le sans visage en costume enlève la cloche et dévoile une seringue. Il la prend, lui agrippe violemment les cheveux pour dévoiler son cou et, sans ménagement, enfonce la seringue dedans. Le bruit sourd de sa tête qui retombe mollement sur son assiette et ses yeux de poisson mort me fixent, ce qui me dégoûte profondément.
Et enfin. J'entends des bruits de pas derrière moi. Il y a deux cloches devant moi. Deux paires de mains les soulèvent. Sous une se trouve une cuillère, sur l'autre une perceuse électrique. Deux mains m'agrippent le visage et le tournent vers le haut. Je vois la petite cuillère s'approcher. ploc, ploc. Mes yeux tombent comme des petites balles dans mon assiettes. Je hurle mais les mains me maintiennent le visage et j'entends le bruit de la perceuse. J'entends le bruit de mon crâne contre la mèche de la perceuse. Mes cris se font de plus en plus doucement à mesure qu'elle pénètre mon cerveau et qu'un liquide chaud coule à l'intérieur.
De loin, je vois toujours l'homme magnifique en blanc, qui rigole, son visage se déformant monstrueusement.

Nous sommes tous assis autours d'une table, chacun avec une personne en face de lui. Table rectangulaire, nous sommes au nombre de huit. La décoration est somptueuse, tout comme le festin sur la table. Je me sens groggy, j'essaie de reprendre mes esprits doucement mais je ne me souviens de rien. Je ne sais pas qui je suis ni comment je suis arrivée là, alors j'observe autour de moi pour me rappeler.



L'homme aux boucles noirs est debout, face à 7 fenêtres. Au dessus de chacune d'elle, se trouve une petite plaque dorée portant respectivement les inscriptions: Ivan IV Vassiliévitch, Élisabeth Báthory, Jack, Lizzie Borden, Kirill Zedoac, Aileen Wuornos.
La dernière plaque est illisible. Par ces fenêtres, se jouent la même scène, 7 fois. Seuls les décors et les vêtements changent, ressemblant à des pièces de théâtre contant différentes époques. Et dans chaque pièce la scène se finit de la même manière. L'homme en blanc éclate d'un rire tonitruant et déclare joyeusement devant les sept cadavres:
-Bienvenue au purgatoire!
Dernière modification par leaszecel le lun. 17 mai, 2021 3:35 pm, modifié 1 fois.
LiliRubis

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par LiliRubis »

Hello
Par simple curiosité je voudrais savoir qui a gagné ce concours mensuel ?
Anais39

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Anais39 »

LiliRubis a écrit : sam. 15 mai, 2021 11:36 am Hello
Par simple curiosité je voudrais savoir qui a gagné ce concours mensuel ?
Bonjour ! Je me demandais aussi quand es ce qu'on aurait les résultats et où ?
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

On aimerait lire les textes sur le podium. Et si on n'y est pas on aimerait que nos textes soient lus par ceux qui écrivent aussi ou lisent seulement. . Savoir si nos textes plaisent ou déplaisent, emportent quelque part. S'ils captivent, émeuvent, interrogent.
Ou s'ils ne font aucun effet ou font rire pleurer, font écho, effraient, font méditer à des choses passées inaperçues c'est sympa.
Créer un espace où les retrouver tous est une idée à creuser.
Pour moi écrire consiste en "une véritable activité de production à la puissance libératrice"...
Les mots de mon seul Booknode favori qui se reconnaîtra s'il me lit, un ami très cher depuis si longtemps qui connait un peu mon parcours de vie et comprend parfois pourquoi mettre sur le papier m'aide à tenir dans les moments terribles . Ceux de nos existences que nous traversons à peu près tous. Sinon on est sacrément verni et tant mieux
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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par leaszecel »

Bonjour créateurs et lecteurs, en voyant le message d'un autre booknode dans le sujet de janvier, je me suis dit que son idée était bonne. Si nous n'avons pas de retours de l'organisateur de ce sujet et de son jury (qui sont censés arrivés vers le 15 du mois suivant le concours, selon le règlement), pourquoi ne pas juger nous-mêmes? Comme l'a mentionné le commentaire précédent, je pense que nous aimons tous avoir des retours, ce qui nous permets de nous perfectionner, d'affiner notre plume et parfois nous encourage grandement. Alors je vous propose, écrivains et lecteurs, de faire votre propre podium, votre propre top 3. Certes, c'est purement officieux et plus de badge à la clef mais ça restera une compétition et chacun pourra élire son gagnant.

Pour mon podium je mettrais en troisième place le texte d'anais39: le style est un peu brouillon mais j'ai aimé l'hommage à ton père et la description de cette (affreuse) soupe. En deuxième position, micum: j'ai adoré la manière dont tu joues avec la langue, ton style est particulier et travaillé. On aime ou on aime pas, personnellement j'ai aimé!
Et en première place: Eugène Rasquin. Tu as un style soigné, plutôt normal. Mais la manière dont tu écris me fait penser à des contes que j'ai pu lire et j'aime beaucoup ça. L'histoire est belle et j'aime ton happy end. (+10 points aussi car Eugène a un chien!)
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

Bien sûr le badge et le podium ça compte.
Mais au-delà de cela, ce qui est intéressant c'est d'échanger entre nous de ce que nous faisons passer par notre écriture.
Personnellement j'adore écrire et ça m'aide. Et bien plus que d'être couronnée j'attends de lire ce que mes mots ont pu ou pas apporter aux lecteurs ou aux écrivains/lecteurs .
Anais39

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Anais39 »

Bonjour ! Je trouve que c'est une très bonne idée de chacun mettre son top 3 donc je vais le faire aussi. Tout d'abord merci à toi leaszecel pour la place que tu m'as attribué, cela me fait très plaisir. Alors je mettrai en troisième le texte leaszecel pour la fin qui m'a retourné le cerveau même si le texte était peut être un petit peu trop gore à mon goût. en deuxième position je mettrais le texte de Marie_pas_aimer car je le trouve très bien écrit et l'histoire très intéressante (surtout avec, même si ne suis pas sûre, la possibilité que le monsieur soit un manipulateur) mais je n'aurais peut être pas vu la fin de cette manière ce qui explique la deuxième position. et pour finir en première position je mettrais celui de Viaioli que j'ai adoré pour le sous entendus de la fin et le personnage utilisé qui était un enfant ce qui contrastait avec la gravité de la situation. Voilà en tout cas vraiment ils étaient tous très bien écrits donc félicitations !
Micum

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Micum »

Bonjour à tous !

Marie_pas_Aimer, ta remarque propositionnelle fait sens. Aussi, je vais relire plus posément, et dans avec un esprit critique chacun de vos textes, et vous en faire un retour. J'espère avoir le temps pour ça de manière à publier mon compte-rendu mardi.

leaszecel, je te remercie pour la place que tu m'as accordée ! Je vais faire en sorte de conserver cette place pour mai :)
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

Bonsoir à tous.
Mon podium:
1. Eugène Rasquin m'a vraiment séduite par le raffinement de son style, l'humour fin et la qualité évidente de l'écriture. L'humour subtile rajoute vraiment de l'étoffe pour cette belle plume.
2. Anaïs, un récit croustillant d'un souvenir d'enfance écrit avec un côté coquin, jeune et frais. Le souvenir d'une petite fille espiègle mais aussi très disciplinée, si soucieuse de ses parents. Le choc d'un goût absolument dégueulasse est remarquablement bien décrit et le contraste entre la sagesse de cette petite fille et sa réaction violente et débridée est très bien rendu.
Et enfin il y a un amour infini pour un papa gâteau que l'on ressent intimement sans qu'il ne soit très évoqué pourtant.
3. Vaioli qui sublime les qualités gustatives d'un repas de réveillon qui fait écho à nos souvenirs à tous.
J'ai eu beaucoup de mal à choisir vraiment car j'ai trouvé tous les textes bourrés de qualités remarquables tout en étant très différentes. Alors bravo à nous tous.
Merci pour avoir placé mon texte en seconde position d'un podium.
J'avais envie d'une fin féroce, comme ma lectrice l'aurait voulu. Une vraie vengeance froide pour terminer. Mais certains points autobiographiques m'ont retenue de faire subir ça virtuellement à l'individu en question...
Et j'ai préféré tourner la page et poser la plume en amenant mon héroïne chiner et profiter de l'air à peine frais et odorant du Cours au printemps.
Sérénité.....
viaoli

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par viaoli »

Désolée
J'espère que je ne suis pas en retard pour mettre mon classement.
Pour moi en 1 je mets Anaïs pour son côté enfantin et XD qui nous prouve que l'amour est plus fort que tout. Je te l'ai déjà dit mais vraiment j'aime ton texte.
Je place en 2 Marie pas aimer pour cette maturité, cette assurance et cette leçon de vie. Pour surtout ce côté je m'en foutisme qui s'assume et que j'adore. Mis en deuxième position seulement car la fin à mon goût n'était pas à la hauteur de l'intégralité du texte. "Merci pour tout" pourquoi avec une description si négative du personnage masculin ?
Et enfin en 3ème position je classe leaszecel. J'ai aimé totalement cet univers gore. La conclusion m'a charmé. J'aurai préféré un "jeu de la mort" pour garder du suspens jusqu'au bout car le rythme me semble trop rapide. Il est difficile d'apprécier véritablement chaque mort. Mais l'idée est tellement original que ça a marqué un gros point dans mon choix.
Voilà pour mon classement. Bonne continuation à tous. Et j'espère x) vous retrouver lors de prochains concours !
Roxane10th

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Roxane10th »

Hello les amis !! Je suis vraiment ravie que mon idée vous plaise, et surtout que vous l'ayez suivi ! :)
Je vais essayez de vous faire des retour pour ce mois ci un peu plus tard, en tout cas n'hésitez vraiment pas à aller voir également sur les topics des autres mois pour également leur faire un petit retour ! :) (Et j'avoue honteusement que j'apprécierais avoir un retour sur le texte que j'ai écrit en pour Mars x3. Moi ? J'abuse ? Nooon pas du tout ;3) (Merci si vous le faites ;) ) Je vais essayer de vous faire un retour sur vos textes ici aussi :)
Micum

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Micum »

Anais39 a écrit : ven. 09 avr., 2021 8:01 pm Voici mon texte, un souvenir d'enfance qui m'a beaucoup marquée ! =) :D
Je me souviens, c'était un soir d'hiver et l'on voyait la neige tomber à travers les carreaux. Ma sœur et moi étions à table, nous chamaillant pour une histoire moindre. Ma mère et mon père se tenaient près des fourneaux et discutaient de mon frère qui, comme l'attestait le ventre rond de ma mère, allait bientôt arriver. Ce soir-la, mon père avait voulu tester une de ses nouvelles recettes. Il avait l'air très confiant lorsqu'il touillait le mélange que contenait la marmite. Un fumet commença à s'en dégager et à partir de ce moment, je sus que cela n'allait pas me plaire. Lorsqu'il mit la mixture dans nos assiettes, je vis le regard soupçonneux de ma mère et l'incertitude de ma sœur. Mon père, lui, rayonnait et ne se rendait pas compte de notre désarroi, pourtant fort évident à mon humble avis. J'attrapais ma cuillère et la trempa dans la soupe. Je la ramenais à ma bouche, inspectant le liquide grisâtre qui gisait à l'intérieur. Avant de le mettre dans ma bouche, je demandais à mon père : "Qu'est-ce que c'est ?"
Et il me répondit, d'un ton de fierté : "Une soupe de poissons"
Je vis les yeux de ma mère s'arrondir d'effroi et la bouche de ma sœur s'ouvrir de stupéfaction. Courageuse comme je suis, et ne voulant pas blesser mon paternel, j'avalais l'objet de mon étonnement d'un trait et... le temps paru s'arrêter. Dans ma bouche, c'était la pagaille. J'avais l'impression que mon corps entier réagissait à la soupe. Ma langue s'ankylosait de dégoût et mon cerveau me lançait des signaux de détresse qui disaient : "Recrache, recrache !"
Chaque cellule de mon corps me poussait à m'évanouir. Je n'avais jamais mangé quelque chose d'aussi affreux, répugnant et amer. J'avais l'impression d'avoir de l'acide corrosif dans la bouche.
Mais par respect pour mon père, j'avalais et je pris une grande goulée d'air. Tout le monde autour de la table me fixait comme si ils avaient vu le Messie, je fis donc un effort pour sourire, tant bien que mal. N'y arrivant pas, je laissais échapper : "C'est dégoûtant."

Voilà mon texte ! Mon pauvre papa il en a pris plein le visage ! Mais ne t'inquiète pas papa je t'aime quand même !
J'ai trouvé ton texte très drôle :lol: On s'imagine très largement la scène et je pense qu'y assister "à distance" est préférable que y avoir été protagoniste.. Très plaisant !

Abbygaelle a écrit : dim. 25 avr., 2021 8:36 pm Hello! Voici mon petit texte sur le thème du repas et ce que ça m'a inspiré. ;)
Bonne lecture!

La première bouchée était comme un concerto silencieux. Solennel, exaltant, appréciable.
Le cliquetis des couverts contre l’assiette faisait remonter ces petits frissons d’excitations le long des bras, comme si le corps savait à l’avance que les bris de nourriture méticuleusement découpés se révélaient être des petits bouts de trésors fondants.
Les plats soigneusement présentés rependaient une odeur douçâtre, non trop vive, mais juste assez envoutante pour éveiller cette idée alléchante de ce qu’il serait une fois posé sur le palais. Délicieux, volatil, captivant.
Ce cortège de saveurs semblait durer à la fois un instant et une éternité.
La combinaison des parfums, et des arômes transportaient l’espace d’un petit moment, dans un monde unique où tout prenait sens. L’équilibre parfait.
A la dernière bouchée, venait le temps de la nostalgie. C’était un rappel que tout était éphémère et que les souvenirs heureux ne durent jamais longtemps, mais que c’était un plaisir à savourer à chaque instant.
Court, mais agréable aussi ! ça fait un peu morale, je trouve, du style, profitez un maximum du moment présent.
Peut-être que ce plaisir est fugace mais tant qu'il y a mémoire, il n'est jamais mort.
Anais39

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Anais39 »

Micum a écrit : mar. 18 mai, 2021 8:11 pm
Anais39 a écrit : ven. 09 avr., 2021 8:01 pm Voici mon texte, un souvenir d'enfance qui m'a beaucoup marquée ! =) :D
Je me souviens, c'était un soir d'hiver et l'on voyait la neige tomber à travers les carreaux. Ma sœur et moi étions à table, nous chamaillant pour une histoire moindre. Ma mère et mon père se tenaient près des fourneaux et discutaient de mon frère qui, comme l'attestait le ventre rond de ma mère, allait bientôt arriver. Ce soir-la, mon père avait voulu tester une de ses nouvelles recettes. Il avait l'air très confiant lorsqu'il touillait le mélange que contenait la marmite. Un fumet commença à s'en dégager et à partir de ce moment, je sus que cela n'allait pas me plaire. Lorsqu'il mit la mixture dans nos assiettes, je vis le regard soupçonneux de ma mère et l'incertitude de ma sœur. Mon père, lui, rayonnait et ne se rendait pas compte de notre désarroi, pourtant fort évident à mon humble avis. J'attrapais ma cuillère et la trempa dans la soupe. Je la ramenais à ma bouche, inspectant le liquide grisâtre qui gisait à l'intérieur. Avant de le mettre dans ma bouche, je demandais à mon père : "Qu'est-ce que c'est ?"
Et il me répondit, d'un ton de fierté : "Une soupe de poissons"
Je vis les yeux de ma mère s'arrondir d'effroi et la bouche de ma sœur s'ouvrir de stupéfaction. Courageuse comme je suis, et ne voulant pas blesser mon paternel, j'avalais l'objet de mon étonnement d'un trait et... le temps paru s'arrêter. Dans ma bouche, c'était la pagaille. J'avais l'impression que mon corps entier réagissait à la soupe. Ma langue s'ankylosait de dégoût et mon cerveau me lançait des signaux de détresse qui disaient : "Recrache, recrache !"
Chaque cellule de mon corps me poussait à m'évanouir. Je n'avais jamais mangé quelque chose d'aussi affreux, répugnant et amer. J'avais l'impression d'avoir de l'acide corrosif dans la bouche.
Mais par respect pour mon père, j'avalais et je pris une grande goulée d'air. Tout le monde autour de la table me fixait comme si ils avaient vu le Messie, je fis donc un effort pour sourire, tant bien que mal. N'y arrivant pas, je laissais échapper : "C'est dégoûtant."

Voilà mon texte ! Mon pauvre papa il en a pris plein le visage ! Mais ne t'inquiète pas papa je t'aime quand même !
J'ai trouvé ton texte très drôle :lol: On s'imagine très largement la scène et je pense qu'y assister "à distance" est préférable que y avoir été protagoniste.. Très plaisant !


Merci beaucoup ça me fait super plaisir, et je te l'accorde, il ne valait mieux pas être dans la scène car ce repas est le pire que j'ai jamais mangé (bon ça reste à voir). J'ai également trouvé le tien intéressant de par certains mots que tu employais et que j'ai rarement entendus mais qui donnaient une certaine tonalité et une certaine musicalité à ton écrit grâce à la manière dont ils étaient utilisés et arrangés ce qui a rendu ton histoire légère et ironique (du moins c'est la vision que j'en ai) :D
Je ne sais pas si l'un d'entre vous va participer au concours de ce mois sur les justicières mais si vous avez le temps et l'envie, n'hésitez pas à aller lire le texte que j'ai posté et à me faire un petit retour ;) Bonne soirée !
leaszecel

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par leaszecel »

viaoli a écrit : mar. 18 mai, 2021 10:21 am Désolée
J'espère que je ne suis pas en retard pour mettre mon classement.
Pour moi en 1 je mets Anaïs pour son côté enfantin et XD qui nous prouve que l'amour est plus fort que tout. Je te l'ai déjà dit mais vraiment j'aime ton texte.
Je place en 2 Marie pas aimer pour cette maturité, cette assurance et cette leçon de vie. Pour surtout ce côté je m'en foutisme qui s'assume et que j'adore. Mis en deuxième position seulement car la fin à mon goût n'était pas à la hauteur de l'intégralité du texte. "Merci pour tout" pourquoi avec une description si négative du personnage masculin ?
Et enfin en 3ème position je classe leaszecel. J'ai aimé totalement cet univers gore. La conclusion m'a charmé. J'aurai préféré un "jeu de la mort" pour garder du suspens jusqu'au bout car le rythme me semble trop rapide. Il est difficile d'apprécier véritablement chaque mort. Mais l'idée est tellement original que ça a marqué un gros point dans mon choix.
Voilà pour mon classement. Bonne continuation à tous. Et j'espère x) vous retrouver lors de prochains concours !
Merci pour cette place aha effectivement c'était purement une tuerie à la chaîne. Je t'avoue que cette petite histoire était plus un énorme clin d'oeil aux monstres de l'histoire pour leurs "fans" et à leur modus operandi qu'autre chose ;) (mis à part pour le dernier qui sortait de mon imagination, je l'espère!).
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

;) ;)
Dernière modification par Marie_pas_Aimer le ven. 21 mai, 2021 3:33 am, modifié 2 fois.
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

Marie_pas_Aimer a écrit : ven. 21 mai, 2021 3:12 am Merci de cette seconde place Vaioli. Je ne suis pas surprise de la raison du classement car la fin déçoit j'ai bien compris pourquoi.
"Merci pour tout" c'est une phrase d'humour cynique.
"Mercî pour tout parce que tout ce que tu m'as fait m'a permis de revenir à mon essentiel.
Donc avec ton cynisme manipulateur tu m'as libérée de toi. Je n'ai pas eu besoin de m'y fatiguer."
Tous vos textes, en tout cas ceux des écrivains qui commentent m'ont ènormément plu et c'est compliqué de n'en garder que trois.
À bientôt pour nos justiciers.
viaoli

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par viaoli »

Marie_pas_Aimer a écrit : ven. 21 mai, 2021 3:12 am
Marie_pas_Aimer a écrit : ven. 21 mai, 2021 3:12 am Merci de cette seconde place Vaioli. Je ne suis pas surprise de la raison du classement car la fin déçoit j'ai bien compris pourquoi.
"Merci pour tout" c'est une phrase d'humour cynique.
"Mercî pour tout parce que tout ce que tu m'as fait m'a permis de revenir à mon essentiel.
Donc avec ton cynisme manipulateur tu m'as libérée de toi. Je n'ai pas eu besoin de m'y fatiguer."
Tous vos textes, en tout cas ceux des écrivains qui commentent m'ont ènormément plu et c'est compliqué de n'en garder que trois.
À bientôt pour nos justiciers.
Je comprends l'explication. Merci de me la dire. C'est vrai que j'aurais aimé quelque chose de plus impactant étant donné le caractère fort du personnage. "Merci pour tout" est une bonne leçon et une bonne fin. Elle méritait juste un peu plus de clarté :). En tout cas je te remercie pour ton texte. Il est impactant.
Marie_pas_Aimer

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Re: Concours d'écriture - Avril 2021 : Scène de repas

Message par Marie_pas_Aimer »

Bonjour Vaioli.
Il est des choses vécues qui laissent des traces..
Il fallait que ça ait de l'impact et ça m'a aussi servi à voir ce passé lointain de très loin, et à le laisser dans le passé.
L'écriture me sert souvent à voir clair et/ou à me débarrasser de certaines "casseroles".
Merci à toi pour ton écriture et pour nos échanges.
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