Minerva McGonagall [Harry Potter]

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PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Coucou !

Dernier chapitre du triptyque, je sais, le titre n'annonce rien de bon..!

Petite annonce à la fin du chapitre, et je vous souhaite une très bonne lecture !

Chapitre 44 : Triptyque III, meurs


Telle une condamnée, elle s’apprêtait à fermer les yeux sur un monde qu’elle avait à peine entrevu. Telle une bourreau, elle s’apprêtait à trancher les liens qui l’unissait à l’homme qu’elle aimait. La mort dans l’âme, elle se leva avec difficultés du sol de sa chambre. Chaque geste lui semblait une épreuve, chaque muscle qu’elle actionnait portait un cri de souffrance, une volonté de ne pas obéir et de laisser la nuit s’étioler doucement, d’attendre le lever du soleil et de continuer ainsi les jours suivants, les mois, les années à venir. Chaque pas en avant était une dernière expiration, et seule sa baguette dans sa main la ranimait, inlassablement.

L’agonie s’enfonçait en elle alors que ses pas descendaient l’escalier de la maison ignorante du supplice d’une de ses habitantes. Minerva affronterait la douleur seule. Qui pourrait la comprendre ? A qui pourrait-elle parler de son histoire ? Elle n’aurait aucune épaule sur laquelle pleurer. Elle partirait pour Londres le jour même, et réussirait son entretien. Elle quitterait Caithness et ses souvenirs désormais au goût de larmes, à l’odeur de l’amertume et du regret.

Ce qui la menait au bord du désespoir, c’était qu’elle sentait que c’était la seule décision qu’elle devait prendre. Renoncer à Dougal était le coup de poignard nécessaire pour qu’elle puisse s’envoler. Et ô combien ce geste lui demandait toute sa force, tout son cœur lacéré. O combien cette obligation la poussait à la limite du précipice. Si elle pouvait revenir en arrière, jamais elle n’aurait laissé Dougal l’atteindre. Pas pour se protéger elle. Mais pour lui. Il lui avait tant apportée, et elle, s’apprêtait à lui arracher encore plus. Si elle avait l’occasion de recommencer l’été 1954, elle était plus que prête à renoncer à elle-même si cela pouvait préserver Dougal.

L’air étonnamment doux de l’aube ne parvenait pas à réchauffer Minerva. Elle avait froid au cœur, au corps. Avant même de prononcer les mots fatidiques, elle sentait les bras chaleureux de Dougal la lâcher, s’éloigner. Elle sentait son cœur à lui cesser de battre pour elle. Elle sentait déjà que leur couple se séparait en deux pour prendre une route différente. Son regard se faisait distant dans son esprit, son souffle se faisait plus faible, son sourire plus triste…

Minerva s’arrêta un instant, le poing serré sur sa poitrine. Si elle pleurait maintenant, elle ne savait pas si elle serait capable de continuer. Parce qu’elle ne voulait pas continuer, son cœur ne le souhaitait pas. Mais elle comprenait que si sa raison seule ne devait pas gouverner, ses émotions non plus ne pouvaient pas prendre entièrement le contrôle. Elle devait trouver l’équilibre. Et l’équilibre lui demandait de sacrifier Dougal. De sacrifier son amour. Il avait peut-être stabilisé sa vie de moldue… mais ce n’était pas ce qu’elle était. Elle, Minerva McGonagall, était à moitié moldue, et à moitié sorcière. Et cette dernière part d’elle-même qu’elle avait récemment renié, rejeté, répudié, elle la faisait sienne pleinement, aux détriments de Dougal McGregor.

Le chemin vers l’annexe, très court, lui parut infini. Sa douleur était telle qu’elle ne semblait pas avancer. Elle repoussait le moment fatidique et s’en rendait malade. Et d’un autre côté, il était aussi trop court, car elle s’apprêtait à mettre un terme à la joie de son fiancé… Et ce mot, fiancé, qui avait une saveur particulière dans sa bouche, elle voulait le garder longtemps. Elle aurait voulu être la fiancée de Dougal pendant plus d’heures, de jours, de mois. Elle ne pouvait être sa femme, mais elle aurait souhaité rester sa fiancée juste un peu plus de temps.

Elle était devant la porte de l’annexe. Cette annexe, elle avait failli y vivre. Quelques mois de plus, et elle aurait eu les clefs des lieux. Dedans, aurait pu se jouer cette autre vie qu’elle avait failli choisir. Y aurait-elle élevé des enfants ? Auraient-ils, elle et Dougal, attendu quelques années avant de fonder une famille plus grande ? Quelles disputes auraient-ils subi, quelles joies auraient-ils accueilli ? Combien de rires cette annexe aurait-elle absorbé ? Combien de câlins, de baisers, ces murs auraient dissimulé aux yeux des plus pudiques ? Elle ne le saurait jamais. Et peut-être, était-ce là un regret nécessaire qu’elle traînerait avec elle toute sa vie.

Le cœur glacé, la main froide et le souffle figé, Minerva frappa au battant de la porte. Elle espérait qu’il ne répondrait pas, qu’elle puisse repousser son acte, retourner chez elle et oublier ce terrible cauchemar.

La porte s’entrouvrit sur l’œil curieux de Dougal. Sa pupille chocolat, similaire à celle de son rêve, brilla un instant face à la personne qui lui rendait visite.

- Minerva ! Que fais-tu là ? Rentre… Non, attends, viens avec moi.

Il referma la porte derrière lui, attrapa la main de sa fiancée et l’entraîna avec lui. Elle n’eut pas le cœur à se dégager. Elle voulait profiter une dernière fois de son toucher, de sa main chaude et calleuse, réconfortante, douce et amoureuse. Il avait l’air si heureux de la voir. Ses yeux scintillaient, son visage était éclairé malgré l’heure matinale, et son sourire… son sourire si joyeux… Par Merlin, elle ne le méritait pas.

Il la conduisit, sans surprise, vers leur coin habituel. Ce cerisier brisa le cœur de la jeune sorcière. Il avait été leur point de rendez-vous, le centre de leurs rencontres, le gardien de leurs secrets, le chaperon de leurs baisers. Durant l’été, ils s’étaient toujours dirigés vers ce même endroit, et celui-ci en était désormais leur dernier. Il avait vu leur premier baiser, il verrait leur dernier regard.

- Tu devrais dormir, murmura Dougal d’une voix chaude en passant des doigts délicats derrière l’oreille de Minerva.

- Je ne pouvais pas.

- C’est annoncer notre mariage à tes parents qui te tracasse ? demanda-t-il tendrement. Je viendrai avec toi si cela te rassure.

Notre mariage. Celui-ci n’existait pas, n’existait plus. Le ventre de Minerva se noua.

- Tu n’auras pas besoin de venir, souffla-t-elle. Il n’y aura pas de mariage.

Dougal fronça très légèrement les sourcils. Il avait le regard de ceux qui ne comprennent pas une situation qui n’était pas prévue. Minerva prit la main de Dougal, et celui-ci suivit de son regard son geste. D’un mouvement douloureux, qui lui arrachait le cœur, elle plaça la bague dans la paume de son ex-fiancé.

- Je ne peux pas…

Son murmure, qu’elle avait voulu simplement regretté, renfermait une peine sans nom. Elle espérait qu’il sentirait qu’elle n’avait pas le choix, qu’elle l’aimait du plus profond de son cœur, qu’elle se tuait un peu en lui disant son adieu.

- Je ne comprends pas…, fit Dougal avec un air incertain et inquiet. De quoi parles-tu exactement ?

Minerva observa ses yeux noisette, éclairés par le soleil qui se levait peu à peu. Ils étaient emplis de doutes, elle savait qu’il espérait se tromper. Mais ses yeux à elle, désespérés, affligés, déchirés par la tristesse, ne mentaient pas. Elle arracha sa main à celle de Dougal. Le froid envahit son cœur.

- Je suis désolée, continua-t-elle et elle haït la voix tremblante qu’elle avait, mais je ne peux pas t’épouser.

Elle haïssait ces chevrotements, ces larmes qui embuaient ses yeux. Elle se haïssait de souffrir alors qu’elle infligeait le pire à Dougal. Elle se haïssait de ne même pas pouvoir donner une explication sur son changement d’avis, au risque de le payer de sa place au Ministère.

- Je ne peux pas me marier avec toi, répéta-t-elle alors qu’il ne réagissait pas, sonné.

Dougal continua à l’observer et elle trouva impossible de soutenir ses yeux qu’elle aimait tant, qu’elle connaissait tant, qu’elle attendait tant chaque matin, chaque soir. Elle devrait partir, là maintenant. Mais comment le pouvait-elle, alors qu’elle espérait encore entendre sa voix une dernière fois ? Comment pouvait-elle détourner le regard alors qu’elle souhaitait tant encore se remémorer les traits de son visage ? Comment pouvait-elle s’éloigner alors que sa présence lui était encore essentielle ?

- Explique-moi, je t’en prie… implora Dougal d’une voix soudainement rauque. Peu importe le souci, nous saurons faire face. Laisse-moi t’aider.

Minerva sentit son cœur imploser en un millier de fragments. Jamais il ne pourrait faire face à ce qu’elle affrontait. Jamais leur monde respectif n’autoriserait cela. Elle voulait le supplier de la repousser, de rendre les choses moins difficiles.

- C’est impossible… Dougal, je t’en prie… arrête. Pour notre bien à tous les deux…

Minerva s’arrêta un instant, un poids dans la gorge. Elle cligna des yeux pour disperser les larmes qui brouillaient sa vision et l’empêchaient d’absorber le visage de son amour. Celles-ci roulèrent sur ses joues.

- Pour ton bien… oublie-moi.

Elle fit un pas en arrière, tremblant, récalcitrant, intolérable. Dougal lui attrapa la main, l’empêcha de continuer.

- Minerva…

- Lâche-moi, s’il te plaît.

Elle baissa les yeux, et réitéra sa demande, l’âme brisée. Il y eut un instant de silence, les branches du cerisier immobiles au-dessus d’eux, comme si elles aussi, retenaient leur souffle. Finalement, lentement, doucement, malgré la promesse qu’il lui avait faite la veille, Dougal la lâcha. Parce qu’il l’aimait si fort, il n’irait pas à l’encontre de son souhait. Minerva sentit son cœur s’effondrer, avec une impression que plus jamais il ne serait entier à nouveau. Elle aurait voulu qu’il la retienne aujourd’hui, demain, les mois et les années qui viendraient. Mais sa main à elle pendait le long de son corps, comme détachée, ne lui appartenant plus, mais n’appartenant pas non plus à l’homme qu’elle aimait. Elle voulait le serrer dans ses bras une dernière fois avant de disparaître à tout jamais de sa vie. Mais au risque qu’elle ne parvienne pas à le quitter, elle recula d’un nouveau pas, plus franc.

Et elle lui tourna le dos, rompant le lien qui l’unissait à Dougal, laissant l’amour de sa vie sous un cerisier qui n’attendrait plus personne.

***


La femme qui s’avançait d’une démarche faussement assurée, vêtue d’une longue robe foncée, ne se sentait que l’ombre d’elle-même. C’était elle, Minerva, qui parcourait le grand hall du Ministère de la Magie. Entourée de sorciers à l’allure pressée, de hiboux apportant les courriers, de journaux dont les photos s’animaient, de cheminées laissant surgir les employés dans un flash vert… Tout ceci, elle ne le voyait pas. Elle marchait en regardant droit devant elle, en se focalisant sur son but, cet ascenseur qui la mènerait vers son entretien. L’entretien qui lui avait tant coûté, au fond.

Elle secoua la tête. Y penser ne servirait à rien. Elle était venue jusqu’ici, elle repartirait avec un emploi. Elle rajusta le pansement autour de son doigt. Quelques heures plus tôt, elle avait enfilé une tunique de sorcière pour la première fois depuis des semaines, avait attrapé sa baguette magique, avait laissé un mot à ses parents encore endormis et avait transplané pour Londres. A l’arrivée, elle s’était désartibulé et avait perdu l’ongle de son annulaire gauche. Dans son sac, se trouvaient des pansements, que Dougal lui avait donné un jour. Elle en avait posé un sur son doigt ensanglanté, taisant la douleur lancinante de son cœur.

- 2ème étage, annonça la voix féminine de l’ascenseur, département de la Justice Magique et bureau des Aurors.

Mécaniquement, Minerva sortit, le dos droit et le regard fixe et concentré. Elle devait réussir cet entretien. Pas par intérêt pour le poste ; elle postulait pour un travail au service d’administration du Magenmagot. Rien qui la faisait rêver, mais elle devait s’éloigner de Caithness. Fuir.

Elle frappa au battant de la porte et entra. Un homme, probablement le responsable des Ressources Humaines, M. Gordon, se leva.

- Mademoiselle McGonagall ? Bienvenue, asseyez-vous donc. Thé ?

Minerva refusa d’un sourire poli.

- Du whisky peut-être ? plaisanta-t-il.

Elle releva la tête et le fixa sans rien dire. Dougal aurait dit la même chose, tout en sachant très bien qu’elle n’en n’aimait pas le goût. Il aurait pris un malin plaisir à la taquiner et elle serait très sûrement tombée dans son piège.

- C’était une plaisanterie, reprit Gordon en notant son silence. Bien, nous allons commencer alors.

Elle n’écouta que d’une oreille son monologue. Comme prévu, le poste consistait à assister un des membres du Magenmagot : entretien des documents juridiques, se maintenir informée des dates et horaires des procès et gérer le planning du juge auquel elle serait associée, assurer le déroulé des procédures juridiques… Peut-être qu’elle aussi, comme Alan, elle finirait par faire les cafés. Il fallait bien commencer quelque part.

Puis ce fut à son tour de se présenter et de vanter ses qualités. Elle n’allait pas mentir, il lui était facile de paraître crédible et responsable aux vues de ses résultats aux examens, de son statut d’ancienne Préfète-en-Cheffe ou encore de sa capacité à se transformer en chat. Tout cela lui semblait si aisé. Ce qui était plus compliqué, c’était se remémorer toute sa vie de sorcière. Par exemple, depuis combien de temps n’avait-elle pas pris sa forme d’Animagus ? Était-elle même encore capable de se transformer ? Retrouver ce pan de sa vie était tout autant un bol d’air qu’un étouffement : en le récupérant, elle rayait un été complet de sa vie.

Elle répondit aux questions, offrit même un sourire de circonstance pour ne pas avoir l’air d’une porte de prison.

- Bien, bien, c’est très bien tout cela, commenta Gordon. Si vous êtes sélectionnée vous serez l’assistante de Mme Griselda Marchbank. A vrai dire, lorsqu’elle a eu besoin d’aide administrative, elle a pensé à vous. Ce n’est peut-être qu’un poste d’assistante, mais vous serez au Ministère. Les perspectives d’évolution sont légions.

Minerva eut pour la première fois une réaction sincère. Elle gardait un bon souvenir de la sorcière qui l’avait évaluée lors de ses BUSES et qui l’avait encouragée dans son processus d’Animagus. Travailler à ses côtés apaiserait peut-être sa nouvelle solitude.

- Êtes-vous mariée ? Si oui, moldu, sang-mêlé, sang-pur… ?

Elle s’attendait à cette question. Elle était loin d’être anodine. Un candidat marié à un moldu perdait ses chances pour le poste, quel qu’il soit. Elle resta longtemps silencieuse, le regardant longuement. Était-ce là les derniers mots tranchants qu’elle allait devoir prononcer avant de pouvoir tourner la page ?

- Non, souffla-t-elle. Je suis seule.

Très seule.

L’entretien s’acheva. Elle serra la main de Gordon, le remercia, et repartit comme elle était venue. En silence, le cœur vide, le visage inexpressif.

Sa mère l’attendait dans la cuisine. Elle avait lu son mot et son visage trahissait son excitation lorsque sa fille passa le pas de la porte de derrière. Celle-ci avait fait exprès de ne pas emprunter le chemin principal, au risque de croiser Dougal.

- Alors ? Comment ça s’est passé ? s’enquit Isobel. Depuis quand cet entretien est-il prévu ? Nous n’étions pas au courant !

Parce que Minerva n’avait d’abord pas eu l’intention de répondre positivement à l’annonce. Parce qu’elle avait soudainement changé de vie, de projets. Parce qu’elle s’était à la fois trouvée et perdue et qu’aujourd’hui, elle n’arrivait pas à savoir si elle se battait pour se maintenir à la surface, ou si elle se laissait couler lentement.

- Bien, répondit-elle. Ça s’est bien passé.

- Au Ministère ! s’exclama Isobel. Oh, je suis si fière de toi !

Minerva l’observa. Sa mère aussi avait eu des prétentions pour un poste au Ministère. Elle avait été tout aussi brillante durant ses études. Aujourd’hui, elle voyait sa fille accomplir ce qu’elle n’avait pas pu vivre, mais savait-elle quel prix Minerva avait dû payer ? Elle pouvait l’imaginer. Après tout, elles avaient vécu les mêmes doutes, les mêmes tiraillements, les mêmes conflits internes. Elles avaient juste emprunté le chemin opposé. Isobel ne s’était jamais ouverte à sa fille sur les incertitudes qui l’avaient assaillie. Mais par procuration, elle avait vu sa fille aller à Poudlard, perpétuer son sang. Elle l’avait vue exceller en magie comme elle, voler haut grâce au Quidditch. Quand Minerva avait posé à jamais son balai, Isobel avait été incapable de la consoler. Elle aurait pu avoir les mots, elle aurait compris l’arrachement que sa fille avait subi ce jour-là. Mais silencieuse, elle avait baissé la tête. Aujourd’hui, Minerva refusait de mentionner Dougal. Aurait-elle été si fière d’elle si elle savait que contrairement à elle, sa fille n’avait pu tirer un trait sur la magie ? Aurait-elle toujours ce sourire en comprenant que sa propre chair, avait fait son choix inverse presque vingt ans plus tard, et avait brûlé son cœur à vif ? Isobel avait pu se confier à sa grand-mère Minerva, mais ironiquement, Minerva ne pouvait se confier à Isobel.

Si Minerva s’était appuyée sur sa mère, aurait-elle choisi différemment ?

Elle ferait face seule. Elle n’avait jamais été consolée, n’avait jamais voulu l’être. Le seul qui avait pu, et qui aurait pu, c’était Dougal. Mais il était désormais la source de son chagrin. Que faire lorsque l’un des piliers s’effondrait ?

Il fallait se tenir plus droit, regarder plus haut et plus loin, supporter deux fois plus de poids et de peines. Ce que Dougal lui avait offert, elle allait tout garder et en faire une force. Il l’avait aimée si fort, qu’elle s’était rendue compte qu’elle pouvait s’aimer en retour. Maintenant qu’il n’était plus là, elle ne lui ferait pas déshonneur en oubliant. Elle allait continuer à s’aimer, parce que Dougal lui avait prouvé qu’elle en avait le droit, et parce qu’elle savait qu’elle le méritait aussi. Elle allait s’aimer parce qu’elle pouvait s’aimer, devait, voulait. Aussi forts étaient ses sentiments pour Dougal, elle ne serait plus dépendante de l’amour qu’il lui portait pour s’y accrocher.

***


- J’ai juste besoin de quatre semaines de loyer, après je me débrouillerai, c’est promis.

Isobel et Robert Sr observaient leur fille faire ses valises, l’air inquiet.

- Mais tout est si soudain…, tempéra sa mère, tu es sûre que tu ne veux pas attendre au moins une ou deux semaines ?

- Pourquoi cela ? demanda Minerva en levant la tête de sa malle. Le Ministère vient de m’embaucher, je suis disponible. Pourquoi attendre ? J’ai déjà passé tout mon été ici.

- Oui mais…

- Je trouverai une chambre pas chère et mon salaire suffira pour plus tard. Il faut que je commence à travailler, si je ne me bouge pas maintenant, quand le ferais-je ? Tous mes amis trouvent leur voie, je ne suis pas différente.

Isobel ne prononça plus mot.

- Tu reviendras régulièrement, n’est-ce pas ? fit son père doucement.

Minerva hocha vaguement la tête. Il allait se passer plusieurs mois avant qu’elle ne pose à nouveau les pieds à Caithness. Croiser Dougal lui serait au-dessus de ses forces pendant un long moment. Voilà pourquoi elle partait si rapidement, trois jours après l’entretien. Dougal n’avait pas essayé de la voir, probablement sous le choc et à essayer de comprendre ce qu’il croyait avoir raté dans leur relation. Mais plus elle restait chez ses parents, plus elle diminuait leur chance de pouvoir tourner la page. Alors elle préparait sa valise, prête à louer la première chambre libre qu’elle trouverait.

Robert Sr fit une moue légèrement attristée avant de quitter la chambre. Isobel resta silencieuse quelques instants.

- Tout va bien ? s’enquit-elle au bout d’un moment.

- Pourquoi cela n’irait pas ?

Minerva respira profondément et reprit d’une voix plus posée :

- Oui, tout va bien, ne t’en fais pas.

Comme elle l’avait déjà décidé, elle gérerait ses émotions et son chagrin toute seule, comme elle l’avait toujours fait. Avec la distance, tout serait plus facile. D’ailleurs, l’enchaînement de l’entretien, de son retour et faire sa valise avait déjà un effet positif sur son moral, car elle se sentait moins en détresse qu’auparavant. Oui, tout irait bien.

Elle traîna sa valise dans les escaliers, sa mère lui emboîtant le pas, serrant un châle autour d’elle. Malcolm attendait, affalé dans le canapé, et Robert Jr se tenait debout sur ses petites jambes, un soldat de plomb serré entre ses doigts. Il paraissait soucieux du départ de sa sœur et Minerva se sentit coupable de l’abandonner ainsi, en particulier après l’avoir délaissé tout l’été au profit de Dougal. Elle se promit qu’à son retour, elle jouerait avec lui, lui ferait des tours de magie. Elle espérait revenir, mais la présence de Dougal l’empêchait d’appréhender un retour sans inquiétude. Et sans douleur.

- T’enverras des cartes postales de Londres, hein ? demanda Malcolm qui semblait être le seul à ne pas trouver son départ étrange.

- J’y vais pour travailler, pas pour faire du tourisme.

Malcolm mima un bâillement et retourna à sa position avachie. Robert Jr s’approcha à petits pas timides et tendit silencieusement le soldat de plomb. Celui-ci avait perdu son fusil et ses bras pliés vers l’avant semblaient se tendre vers un objet, une personne inatteignable.

- C’est pour moi ? s’enquit-elle, et son frère hocha la tête. Merci.

Elle ébouriffa tendrement ses cheveux avant de se tourner vers ses parents.

- Bon, c’est le moment. Je vais y aller.

Isobel détourna le regard, le contour de ses yeux devenant rouge. Minerva l’observa et étrangement, se reconnut un peu en elle : elle regardait ailleurs, semblant vouloir occuper son esprit vers un point invisible afin de ne pas pleurer. Mais elle savait que tout ce à quoi son cerveau pouvait penser actuellement, c’était l’envol de son premier enfant. Malgré les sept années à Poudlard, il y avait un parfum différent dans l’air lorsque l’aîné quittait le nid pour en fonder un autre. Minerva quittait la maison familiale. Son bazar sur le bureau aurait disparu, ses chaussons ne traîneraient plus dans le salon, un de ses livres n’attendrait plus sur la table de la cuisine, sa brosse à dents ne serait plus posée sur le bord du lavabo avec les autres, il n’y aurait plus que quatre serviettes de bain accrochées à la porte de la salle d’eau, des repas à préparer pour seulement quatre personnes… Et ce, sans pouvoir se dire que sa fille reviendrait de toute façon pour les prochaines vacances.

Robert Sr lui, la serra dans ses bras sans un mot. Il verserait probablement quelques larmes plus tard, quand chacun aurait le dos tourné. Peut-être, jouerait-il de la cornemuse, perdu dans ses pensées. Minerva toucha du bout des doigts l’épaule de sa mère qui lui fit un sourire tremblotant. Elle l’entoura avec un amour qu’elle démontrait rarement.

- Je suis fière de toi, souffla-t-elle, et Minerva sentit sa gorge se nouer.

Cette affection physique lui était si inconnue qu’elle toucha une corde sensible dont elle n’avait pas conscience jusqu’à lors. Se raclant la gorge, elle s’écarta et fit un bref sourire en baissant le regard.

- A bientôt, alors. Je vous donnerai des nouvelles très vite, c’est promis.

Elle empoigna sa valise, sa cage de hibou et sortit de la maison. Elle jeta un regard craintif vers chez les McGregor. Tellement de choses s’étaient passées en si peu de temps. Elle n’arrivait pas à croire qu’elle partait pour Londres ainsi, sans un adieu … sans le voir une dernière fois. Elle effleura pendant un bref instant l’idée de faire comme si rien ne s’était passé, simuler un passage chez la famille McGregor et espérer tomber sur Dougal… mais pour lui dire quoi ? Pour retourner le couteau dans la plaie, partir à l’autre bout du pays sans même lui donner de raison ? C’était non seulement insensé et égoïste, mais aussi cruel.

Elle secoua la tête et sortit sa baguette. Elle fit un geste de la main, appelant le Magicobus qui débarqua comme à son habitude, dans un concert de klaxons et de crissements de pneus. La porte s’ouvrit.

- C’est pour aller où ? s’écria le chauffeur.

- Londres, annonça Minerva, au Chemin de Traverse.

- Vous n’êtes pas la seule, montez !

Elle obéit, paya sa course, jeta un dernier coup d’œil à sa mère, ainsi qu’à son père et ses frères qui se tenaient dans l’entrée de la maison.

Le chauffeur referma les portes et Minerva partit s’installer sur un siège. Soudain, elle vit sa mère s’agiter en direction de la maison des voisins. Elle leva une main en direction de Minerva, l’air de vouloir lui dire d’attendre un peu. Sa fille détourna les yeux et fit semblant de n’avoir rien vu. Si c’était Dougal qui sortait de chez lui, qui cherchait à savoir qui partait ainsi, ou tout simplement pour obtenir des explications après avoir surmonté le choc de la rupture… Minerva ne pourrait pas le supporter.

Elle fixa son regard droit devant elle, ignorant les gestes de sa mère et laissa le Magicobus l’emmener loin ; loin de sa famille, loin de son bonheur et de sa peine, loin des souffrances qu’elle avait causées et loin d’un passé qui n’était pas parvenu à devenir un futur.



(Très mauvais bail de s'attacher à ses propres personnages)

Certain.es connaissaient déjà l'histoire de Minerva et n'ont donc aucune surprise quant à cette rupture, d'autres ne s'y attendaient pas du tout je crois bien au vu des commentaires sur les chap précédents... Bref, j'espère avoir bien retranscrit des émotions justes et crédibles et j'espère que vous avez apprécié !

Annonce : je vous avais dit que pour la relation Minerva/Dougal je posterai toutes les semaines. Bon, la relation est terminée (argh) et je comptais vous poster un dernier chapitre samedi prochain pour pas faire la transition trop brutale, maiiiiis il se trouve que je suis en plein déménagement donc ça m'arrange de reprendre les posts toutes les 2 semaines. Donc je suis au regret de vous annoncer que nous nous retrouverons le samedi 30 avril... Sorryyyy ! (si jamais je finis le chapitre pour la semaine pro je vous le poste sans souci hein mais je préfère mettre des warning)

Bisous à tous, profitez du beau temps pour ceux qui l'ont et à bientôt !!
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Coucou !
Merci Marion pour tes commentaires !! :D :D

Bonne lecture !

Chapitre 45 : Entre les mains du Ministère


Après plusieurs nuits dans une auberge coincée au milieu d'une allée grisâtre du chemin de Traverse, Minerva était parvenue à dégotter un petit studio dans une pension, composé d'un lit au matelas dur, d'une table au pied bancal et d'une fenêtre qui laissait passer assez de lumière pour survivre. Une étagère et une kitchenette couronnaient le tout. Une salle d'eau avec deux douches et deux toilettes se trouvait sur le palier et était partagée entre les locataires de l'étage, toutes des filles à la demande de la gérante.

Minerva déposa sa valise et la cage de Bonnie qui était partie faire un tour. Elle contempla le petit espace en silence pendant un long instant. De sa fenêtre, elle avait vue sur la ruelle, peu passante, mais si elle se tordait le cou et se penchait en avant, elle pouvait apercevoir un bout de l'allée principale du Chemin de Traverse, plus lumineux, plus joyeux, plus vivant. Elle soupira et retourna à sa valise qu'elle commença à doucement déballer. Elle était contente de commencer au Ministère dès le lendemain, car elle n'aurait pas su quoi faire. Alan et Cora travaillaient et disposaient de si peu de temps pour eux deux qu'elle se voyait mal débarquer dans leur appartement. Comme Alan l'avait proposé, ils iraient manger une glace chez ce fameux Fortarôme un jour. Cela lui changerait sûrement les idées.

Quelques courses, une lettre à ses parents et un repas avalé sur le pouce plus tard, Minerva se demanda quoi faire. Elle avait encore l'impression d'être en transition de logement ; elle n'était plus chez ses parents mais elle n'était pas chez elle non plus. Bonnie n'était toujours pas revenue ; depuis que Minerva avait posé des distances inconscientes, la chouette avait pris l'habitude de traîner plus longtemps à l'extérieur.

Elle prit son pyjama ainsi que son savon et passa une tête dans le couloir. Personne. Elle se faufila dans la salle d'eau, encore humide des douches précédentes.

Il était tard, et la plupart des filles étaient déjà retournées dans leur studio. Seule une longue tunique bleu indigo était déposée au-dessus de la porte d'un box occupé. Minerva se glissa dans une douche à l'opposé et lorsqu'elle en ressortit, tomba sur la jeune fille qui récupérait ses affaires posées sur le rebord du lavabo. La longue tunique bleue était en fait un long drapé de tissu qui enveloppait la femme qui lui faisait face. Elles se regardèrent un instant, l'air de se jauger. La fille devait avoir l'âge de Minerva, peut-être un peu plus âgée. Ses cheveux noirs très brillants étaient attachés dans son dos par un anneau argenté. Elle avait un teint plus basané que n'importe quelle britannique et ses yeux foncés paraissaient méfiants. Elle récupéra de lourds bijoux disposés à côté d'elle et les mis dans une boîte à bijoux vert d'eau et aux motifs fleuris.

- Heu, bonjour, tenta Minerva d'une voix mal assurée alors que l'autre ne disait toujours rien. Vous vivez ici ?

Elle se frappa mentalement. Bien sûr qu'elle vivait ici. La fille pencha la tête.

- Tu es nouvelle.

Ce n'était pas une question, c'était un constat. Elle avait un fort accent, avec des 'r' roulés et des consonnes durcies.

- Je viens d'arriver, expliqua Minerva.

- Je sais, je t'ai entendue durant mon Puja.

- Ton... ? répéta Minerva en empruntant elle aussi le tutoiement.

La boîte à bijoux s'illumina d'un vert fluo et la fille l'attrapa et l'ouvrit. Elle regarda dedans et fit un léger sourire tout en secouant la main. Elle prononça quelques mots dans une langue que Minerva ne connaissait pas puis redressa la tête.

- Ma famille m'appelle. Au revoir.

Minerva n'eut pas le temps de lui répondre que la fille était déjà partie. L'ancienne Gryffondor haussa les épaules et rejoignit sa chambre, d'où elle entendait la voix de la fille. Apparemment, elles allaient être voisines de palier, et Minerva ne savait que trop en penser. Elle se dirigea vers son frigo. Il était déjà tard, et elle n'avait ni le temps, ni l'envie (ni même peut-être, les compétences) pour se concocter un vrai repas. Elle attrapa deux œufs et du lait pour se faire une omelette. Le feu de la gazinière n'était pas très fort, mais il faisait l'affaire.

Ses œufs cuits, elle s'installa sur sa table bancale, attrapa une fourchette et mangea en silence. Avec pour seule compagnie ses pensées, elle commença à regretter le chahut de son frère Malcolm ou les gronderies de sa mère. Elle aurait dû se faire un repas plus complet. La pauvreté de ses œufs lui rappelait à quel point sa mère était une sacrée bonne cuisinière. Elle avait oublié d'acheter de l'eau et avait dû s'en verser du robinet. Ce qui en était sorti était si trouble qu'elle avait été forcée de la faire bouillir pour en éliminer les microbes, et elle buvait désormais de l'eau chaude.

Et puis, elle était très seule. Elle aimait la solitude, mais seulement lorsqu'elle savait qu'elle pouvait la rompre facilement. Elle se demanda si elle se ferait des amis au Ministère, si elle aimerait son travail. Et si ce n'était pas le cas, que ferait-elle ? Il était trop tard pour rentrer... pour aller chez ses parents. Elle ne pouvait pas « rentrer ». Caithness était désormais la maison de ses parents, plus la sienne. Elle avait hérité d'un minuscule espace sombre, si différent des champs qui s'étendaient à perte de vue autour de la maison écossaise. Elle se demanda ce qu'elle y avait gagné. Elle savait ce qu'elle avait perdu, en tout cas. Le visage de Dougal apparut dans un flash sous ses yeux et elle secoua la tête. Elle n'avait pas pensé à lui depuis son arrivée, elle tiendrait bon. Si elle voulait être efficace le lendemain, elle devait s'empêcher de songer à lui.

Ses dents croquèrent dans une coquille d'œufs qui avait survécu aux battements de la fourchette. Minerva la retira de sa bouche et grimaça en la déposant sur le rebord de son assiette. Elle la fixa longuement et d'un seul coup, elle se souvint de la fois où Dougal lui avait préparé un cake pour célébrer son diplôme, et que des bouts de coquille s'étaient égarées dans la pâte. Minerva sentit sa vision se flouter et sa gorge se serra.

Son estomac refusa d'ingérer les dernières bouchées d'omelette et Minerva étouffa un sanglot dans sa manche. De l'autre côté du mur, la voix de la jeune fille continuait de casser le silence, et Minerva ne voulait pas qu'elle l'entende pleurer. Elle se força à se calmer. Elle supporterait le choc, Dougal aussi. Et peut-être, peut-être qu'au sein du Ministère elle verrait que certaines entorses au règlement pourraient être faites. Après tout, le cas de sa mère datait de presque vingt ans et les mentalités avaient probablement évolué. Si le Ministère donnait son feu vert, elle pourrait revenir voir Dougal, tout lui expliquer... S'il n'acceptait pas la sorcellerie, au moins Minerva pourrait se dire qu'elle avait essayé. Tant pis si elle souffrait une nouvelle fois, elle ne voulait pas perdre une chance de le retrouver. Si ce second monde était trop pour lui, elle pourrait toujours lui faire oublier...

Elle ne s'attarda pas sur cette pensée. Elle doutait être capable d'user de cette magie contre lui. Mais au moins cet espoir lui permit de calmer ses pleurs et de se mettre au lit sans regretter pleinement sa décision.

***


Elle avait très mal dormi. Sa voisine avait interrompu son « appel » assez tôt, mais Minerva avait continué à tourner dans son lit jusqu'à trois heures du matin. A son réveil, elle avait perdu ses repères et avait mis du temps avant de se souvenir de l'endroit où elle vivait désormais.

Elle prit soin de bien se préparer pour paraître irréprochable à son premier jour. A côté, la voisine s'affairait aussi, sa porte s'ouvrant puis se fermant alors qu'elle sortait utiliser la salle d'eau. A nouveau, Minerva s'y retrouva avec elle devant un miroir, en train de fixer son chignon. Elles restèrent un moment en silence, le regard se croisant parfois à travers le miroir. La fille accrocha de lourdes boucles d'oreilles à ses lobes et rajusta une robe de sorcière qu'elle semblait avoir personnalisé à l'image de son sari. L'ensemble était bleu excepté le bout de ses manches et le tour de sa taille dont la broderie argentée formaient des spirales et rosaces harmonieuses. Ses cheveux étaient si longs que même coiffés en tresse, ceux-ci lui arrivaient à la taille. La fille surprit le regard de Minerva et soupira avant de se tourner vers elle.

- Nous allons nous croiser fréquemment, dit-elle avec son accent. Je m'appelle Satya.

Minerva lui tendit une main et se présenta à son tour. Satya observa la main avec des lèvres légèrement pincées.

- J'essaie de m'adapter, mais j'ai encore du mal à serrer la main des gens, expliqua-t-elle. De là où je viens, c'est malpoli.

A la place, elle joignit ses paumes et inclina très légèrement la tête. Minerva abaissa son poignet.

- Et d'où viens-tu ?

- Je suis indienne.

Minerva fit un « ah » muet. Elle ne connaissait rien à l'Inde à vrai dire. Juste que le pays était indépendant du Royaume-Uni depuis quelques courtes années seulement.

- Tu pars travailler ? s'enquit Satya en désignant la tenue formelle que portait Minerva.

Celle-ci hocha la tête.

- Au Ministère, oui. C'est mon premier jour au département de la Justice Magique.

- Ce ne sont pas les plus tendres, commenta Satya faisant déglutir Minerva de crainte. Pardon, je travaille à la Coopération Magique Internationale, et ils ne sont pas très drôles non plus. Allons-y ensemble, si tu veux.

Minerva n'osait pas l'avouer mais elle fut soulagée de ne pas se jeter dans l'immensité du Ministère toute seule. Si une étrangère comme Satya avait pu s'adapter, elle le pourrait aussi probablement, non ?

Ce fut Minerva qui les amena au pied de l'entrée pour les fonctionnaires, car Satya n'avait pas son permis de Transplanage.

- Tu n'as pas pu le passer dans ton école ? demanda Minerva, curieuse.

- Non. J'ai arrêté l'école après ma cinquième année.

Minerva se demanda s'il était trop délicat de lui demander pourquoi, mais Satya se chargea de l'éclairer alors qu'elles faisaient la queue pour descendre les escaliers menant aux toilettes qui assuraient le transfert dans les cheminées du Ministère.

- Durant la colonisation britannique, des écoles locales de magie ont été construites dans de nombreuses régions, sous un fonctionnement similaire à l'école du Royaume-Uni, Poudlard, d'où tu dois provenir. Des enseignants britanniques nous faisaient les mêmes cours que ceux de Poudlard, hormis quelques variantes et j'ai pu aller à l'école jusqu'à mes BUSES. Mais à l'indépendance en 1947, tous les enseignants sont repartis au Royaume-Uni.

- Et personne ne les a remplacés ?

Satya haussa les épaules.

- Dans certaines régions, oui. Cela a mis du temps, l'Inde s'est séparée d'une partie de son territoire, qui est aujourd'hui le Pakistan. Il y a eu de grandes tensions et des massacres, l'école n'a repris qu'en fin d'année 1947, surtout dans la partie sud du pays.

- Mais pas chez toi ? devina Minerva en prenant un ton précautionneux.

Satya se raidit.

- Non.

Minerva voulait lui demander de quelle partie de l'Inde elle venait, mais c'était leur tour de pénétrer dans la cabine des toilettes. D'instinct, Minerva grimaça en plongeant son pied dans la cuvette, bien que sa chaussure resta sèche. Elle se demanda si quelqu'un s'était déjà retrouvé coincé dedans mais ne prit pas le temps d'y songer plus longtemps car elle entendit une femme derrière râler contre sa lenteur et tira la chasse d'eau.

Elle émergea dans l'Atrium familier, sombre mais tout de même majestueux avec sa fontaine massive au centre, un plafond qui ne semblait pas exister.

- Je déteste cet endroit, avoua Satya en frissonnant, cet Atrium, je veux dire. C'est immense, haut, si infini que tu as l'impression de pouvoir aller aussi loin que tu le voudrais.

- Je ne comprends pas, c'est une bonne chose, non ?

- Pas au Ministère. Il te fera comprendre que tu peux voler, tant que ce sont ses mains qui te lancent. Allez, dépêche-toi, ce serait bête que tu sois en retard pour ton premier jour.

Satya l'accompagna jusque dans l'ascenseur, mais Minerva s'arrêtait au deuxième étage, alors que sa voisine continuait jusqu'au cinquième. Elle voulut la remercier pour son aide mais les portes se refermaient déjà entre elles.

- Hop là, écarte-toi petite !

Un employé passait par là, dirigeant de sa baguette une pile de dossiers. Minerva recula avec précipitation, ne faisant même pas attention à l'appellation. Elle observa autour d'elle. L'étage consistait en un T inversé à la sortie de l'ascenseur, où s'enchaînaient différents bureaux. Le long couloir en face d'elle s'ouvrait sur un espace circulaire dont le centre semblait creusé. Les murs étaient faits de marbre couleur sable et certains bureaux disposaient même de deux fines colonnes décoratives à leur entrée, superficielles et tape-à-l'œil selon Minerva.

- Excusez-moi, lança-t-elle à l'employé. Vous savez où je peux trouver M. Urquart ?

Urquart était celui qui chapeautait tous les assistants des juges, ainsi, en plus de suivre les ordres de Mme Marchbank, elle aurait à rester dans le giron de son supérieur masculin. Le nom Urquart ne lui était pas inconnu, mais elle ne parvenait pas à se souvenir où elle l'avait entendu.

- Ah, vous êtes nouvelle ? devina l'employé. Toute l'aile gauche, c'est les bureaux des Aurors, l'aile droite concerne le service des usages abusifs de la Magie. Vous trouverez le bureau de Urquart au fond de l'allée centrale, dans le service du Magenmagot.

Minerva le remercia et suivit ses indications. Comme elle s'en était douté, l'espace circulaire s'enfonçait bel et bien sous terre sur d'autres bureaux. Un panneau indiquait qu'il s'agissait du service du Magenmagot, là où elle officierait. Elle emprunta les escaliers et chercha le bureau de son supérieur.

- Minerva McGonagall ? appela un homme dans son dos.

Elle se retourna. Un employé approchait, dont le regard incertain s'éclaira en un sourire chaleureux.

- Oui, c'est bien vous, je vous reconnais ! Elphinston Urquart, enchanté de vous revoir.

Il lui serra la main, tandis que Minerva tentait de se souvenir où elle l'avait déjà vu. Sa démarche dynamique, ses yeux bleus délavés... c'était lui qui était venu à la Foire des Métiers à Poudlard. S'il ne lui avait pas planté la graine du département de la Justice Magique, serait-elle venue par elle-même ? Il était une des raisons de sa présence ici, et elle ne savait pas ce qu'elle devait ressentir.

- Venez dans mon bureau, j'ai plusieurs choses à vous donner avant de vous remettre entre les mains de Mme Marchbank. Une brillante juge, vous allez voir !

Minerva se demanda si c'était ces mains-là dont Satya parlait plus tôt, celles qui lui permettraient de s'envoler. Elle franchit le pas de la porte du bureau, se demandant si cette vie qu'elle choisissait était réellement la bonne ou pas.
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Elle avait été ravie de lui annoncer qu’elle avait changé l’ampoule de sa chambre seule la dernière fois, après s’être rendue à vélo à la boutique.
Il a dû la prendre pour une sacrée incapable :lol:
; l’un des deux, en revanche, cachée derrière son masque désormais habituel, mentait déjà. Et se mentait.
C'est si triste
Là, ils passaient des heures entières à refaire le monde, à tester leurs connaissances, à théoriser sur tout et n’importe quoi… Jamais Minerva ne s’était sentie aussi stimulée intellectuellement qu’avec Dougal, en dehors de Dumbledore.
Ouuuuuuuh sérieuuuuux
Même s'ils ne peuvent pas parler métamorphose ?
Elle cultivait doucement son amour pour lui, lentement mais avec précaution.
Uuuuurgh je fonds c'est si chou cette métaphore jardinesque
Minerva haussa les sourcils, l’air faussement prétentieux : elle était capable de faire de la magie bien plus complexe. Mais il avait l’air tellement enchanté qu'elle obéit, tentant de dissimuler la bouffée d’affection qu’elle ressentait envers ses yeux émerveillés. Si elle avait su à quel point il serait ouvert d’esprit à l’encontre de la magie, elle n’aurait pas tergiversé pour lui en parler.
Hein mais elle lui a dit donc ???
- Le Ministère n’attend pas, rit-elle en tentant de le repousser sans conviction. En plus, j’ai plein de dossiers à étudier.

Dougal râla pour la forme mais la retint une dernière seconde pour l’embrasser sur les lèvres, qu’elle étira en un sourire heureux.
Quoi
- A ce soir ?

- Le petit-déjeuner sera prêt, promit Dougal.
Un petit déj au dîner ?
Minerva ouvrit les yeux brusquement. Elle était allongée dans son lit, son oreiller serré contre elle. Sa mère était penchée sur elle, le visage étonné.
NIOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON
Minerva bondit sur sa chaise.

- On est invités nous aussi ? demanda-t-elle en parlant de ses frères et elle.
TOUT DE SUITE C EST INTERESSANT
- Oh, tu sais… Je ne le connais pas très bien à vrai dire, mentit-elle, au pire, je n’aurais qu’à l’ignorer.
Etcomment ils vont se comporter devant les autres, hein :lol:
- T’aurais pas quelque chose à me dire ? A propos de ton copain. Enfin, pas vraiment.

Minerva sursauta.
OUPSY
- Tu parles de Lewis… ? s’enquit-elle après un instant de silence.

- De qui d’autre voudrais-tu que je parle ?
Rah quelle vie amoureuse, elle sait même plus de quel mec on parle :lol:
Elle s’imagina vivre loin de lui et elle se demanda si elle en serait capable. L’ancienne Minerva frissonna de se savoir si dépendante, mais elle eut vite fait de supprimer ces pensées de sa tête.
Dans mon esprit, Minerva a à présent une forme de flaque
Isobel imita sa fille ; depuis quelques temps, elle avait noté les actions de Minerva envers son petit frère, et avait estimé que c’était là son seul moyen pour essayer de le comprendre au lieu de le surveiller sans relâche.
Eh c'est triste
Devait-elle également passer le bonjour au barbecue ?
Mais :lol:
Dougal retint un rire en plongeant la tête dans ses bras
Je suis confuse quant à sa position pour que ce geste ait l'air naturel :lol:
Il la prit par la taille et l’entraîna quelques pas en arrière
ENFIN DOUGAL QUELLE INDECENCE
Elle leva les yeux sur son voisin, pour réaliser qu’il l’observait déjà. On aurait dit presque qu’il avait suivi ses pensées tout le long. Minerva rosit en songeant qu’elle n’avait jamais été aussi honnête envers ses propres sentiments.
Rlala mais qu'ils sont choux !
- Retrouve-moi sous le cerisier, ce soir, d’accord ? avait-il chuchoté en plantant ses yeux dans ceux verts de la jeune fille.
Dougal and Minerva under a tree... (c'est ça la comptine? Bref tu m'as comprise :lol:)
Par contre c'est pas hyper précis ce soir, 20h ou minuit ??
Dans le silence d’une nuit qui se réveillait, alors que les créatures nocturnes ouvraient lentement leurs yeux pour commencer leur ronde crépusculaire, Minerva et Dougal se rapprochèrent l’un de l’autre. Sans aucun témoin ni observateur, sans moldu ni sorcier, deux écossais amoureux étirèrent leur long secret en un baiser au goût de l’interdit.
OLALA CE PARAGRAPHE EN APOTHEOSE MA CITROUILLE MAIS QUEL TALENT
Déjà j'aime trop ton écriture et j'adoooore ce côté hyper retenu, tout en délicatesse de la narration, ça nous change du YA trash
J'aime cette pudeur qui en dit long
Quelle plume !

Allez j'enchaîne sur le chapitre 41 pour la peine
Quelles étaient les branches, les fils, les liens qui s’entrelaçaient pour le former ? Tout comme Alan ou Isobel avant elle, elle était incapable de poser un doigt dessus.
C'est si bien écrit!
Telle face à une partition de musique, elle buvait ses paroles, telle devant une œuvre d’art, elle le dévorait des yeux, telle devant un lever de soleil, elle l’embrassait du regard.
Ralala cette anaphore
Par contre ça sent la chute quand elle ouvrira les yeux :lol:
Dougal auprès d’elle, elle apprenait à s’aimer.
Sauf que ça dpit être l'inverse #bts
- Tu es… en train de… de me demander en mariage ?

Elle parvint à peine à prononcer ce dernier mot. Dougal eut un sourire amusé.

- Pas vraiment. Disons que j’étudie le terrain
On ne perd pas de temps en 1954
Et plus important encore, ils s’aimaient comme jamais aucun n’avait aimé avant.
Aucun d'entre eux ou aucun être humain pouahahha ?
Pourtant, il lui semblait avoir oublié quelque chose, sans pouvoir mettre le doigt dessus. Cela l’agaçait, car elle était persuadée que cet objet avait son importance.
Sa bagueeeeeeeeeeette
- Tu as le droit de m’en parler, reprit Dougal. Jamais dans ta vie, tu ne dois te sentir obligée de me cacher quelque chose ; je serai toujours là pour t’écouter, d’accord ?
Ca commence bien
Enfin, elle irait se coucher, peut-être lire encore ou rêver (avec parcimonie) d’un lendemain à discuter et rire avec Dougal.
Ce conditionnel annocne l'orage (est-ce du conditionnel ? J'ai un gros trou)
- Tu avais déjà oublié ? taquina Isobel. Comment peut-on oublier cela ?
*smoutch smoutch*, voilà comment on oublie ça

Vas-y je suis lancée je veux trop savir la suite maintenant :lol: Mais je poste tout de suite histoire d'éviter une catastrophe
Cazolie

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par Cazolie »

Le fameux triptyque, au secours
Elle la vit. Elle se vit.
OKAAAAAAAAAAAAAAAAAY cette crispation est HYPER bien rendue t'es trop forte ! Cette dégringolade là c'est fouuu, j'ai l'impression d'entendre le bourdonnement dans mes oreilles et de voir flou haha
Demain, elle le retrouverait. Sous leur cerisier, tout irait mieux.
Dis lui justeT.T
Elle décacheta l’enveloppe.

« Mademoiselle McGonagall,
Dis doooonc, c'est une offre spontanée ? Elle leur a vraiment tapé dans l'oeil
Dans son comté de Caithness, elle n’avait pas eu besoin de voler sur un balai pour se sentir libre, elle n’avait pas eu besoin de la magie pour se sentir forte, elle n’avait pas eu besoin de savoir se transformer en chat pour se savoir spéciale. Aux yeux de Dougal, elle l’avait été. Elle l’était.
Oh non j'aime trop ce paragraphe et en même temps ça me brise le coeur T.T

Rolala cette demande en mariaaaaaaaaaaaaaaaage il a déjà écrit ses voeux lui
Rolala mais il se passe tellement de choses là Minerva va IMPLOSER
Ses peurs, elle les avait étouffées dans la réponse qu’elle lui avait murmurée Ce « oui » était le symbole de l’amour qu’elle lui portait, oui elle souhaitait être à ses côtés, oui elle voulait être auprès de lui dans les bons moments comme dans les mauvais.
MAIS NON
MAIS QUOI
JE PENSAIS QU ELLE ALLAIT PARTIR EN COURANT ! OLALAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
le « Herbert Fortarôme », tu viendras le tester avec nous quand tu pourras ? J’ai reçu une lettre de Pomona et Filius également, toi aussi ?
C'EsT Le PèRe d'AlIcE ???
je te perds en ce moment !
T'espas le seul mon pote

Ca m'éneeeeeeeeeeeeerve qu'elle lui dise paaaaaaaaaaas
- Maman regardait Frank Sinatra, d’accord ? lança Isobel en prenant sa fille par les épaules. Sinatra, c’est compris ?
Ce sale rêve T.T
- Trop tard.

Et la femme jeta la baguette au feu.
J'ai cru qu'elle allait oublietté Dougal (pourquoi je ne sais pas), donc j'ai été soulagée, mais faut bien dire que la symbolique est plus forte ahha
. Tout avouer à Dougal, c’était tuer ses ambitions. Il lui était interdit de briser le Secret Magique, encore plus en tant que candidate pour le Ministère qui saurait d’une manière ou d’une autre son délit.
Mais ça je comprends pastrop parce que un enfant magique chez les Moldus le brise de fait, et la loi n'interdit pas d'épouser un Moldu en GB donc comment on fait ?
Quand bien même le Ministère l’autorisait à raconter ses secrets, elle doutait que Dougal réussisse à passer outre.
MAIS TU SAIS PAS TANT QUE T AS PASPOSE LA QUESTION T.T
Ne pas pouvoir être avec Dougal parce qu’il était moldu, c’était si injuste.
MAIS T AS QUA LUI DIRE
Oui bon l'accumulation de mensonges je comprends
Dougal McGregor avait été sa réunification, sa destruction. Il avait été son salut et son pardon. Il était aujourd’hui son adieu.
MAIS ARRETE DE NOUS TUER LA
T ES HORRIBLE
ET TECRIS TROP BIEN ALORS C EST PIRE
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH

Triptyque 3 du coup
Qui pourrait la comprendre ? A qui pourrait-elle parler de son histoire ?
Au hasard
SA MERE ???
Minerva s’arrêta un instant, le poing serré sur sa poitrine. Si elle pleurait maintenant, elle ne savait pas si elle serait capable de continuer.
Mais c'est horrible là
C'est horrible de devoir renoncer à quelqu'un que tu aimes à cause d'une raison froide
Il avait l’air si heureux de la voir.
J'ai l'impression qu'on mène à un veau à l'abattoir c'est horrible
Ce cerisier brisa le cœur de la jeune sorcière.
Retour à jeune sorcière après beaucoup de jeune femme
- Tu n’auras pas besoin de venir, souffla-t-elle. Il n’y aura pas de mariage.
Je te jure que mon coeur s'est brisé en lisant cette phrase
Parce qu’il l’aimait si fort, il n’irait pas à l’encontre de son souhait.
MAIIIIIIIIIIIIS ARREEEEEEEEEEEEEEEEETEUUUUUUUUUUUUUUUH
Et elle lui tourna le dos, rompant le lien qui l’unissait à Dougal, laissant l’amour de sa vie sous un cerisier qui n’attendrait plus personne.
Je te jure qu'il y a beaucoup trop de belles phrases dans ces dernierschapitres et celle-ci mais
On pourrait la graver sur ma tombe tellement elle ME TUE
L’entretien qui lui avait tant coûté, au fond.
Le job a intérêt à bien payer
. A l’arrivée, elle s’était désartibulé et avait perdu l’ongle de son annulaire gauche
Je te vois avec ta symbolique, mon annulaire connaît le poids d'un mariage (lol littéralement #laBagouze)
- C’était une plaisanterie, reprit Gordon en notant son silence. Bien, nous allons commencer alors.
Ptdr je l'imagine trop lui adresser un regard de zombie
Mme Griselda Marchbank
Well hello there
Un candidat marié à un moldu perdait ses chances pour le poste, quel qu’il soit.
Sérieux
c'est moche
. Aujourd’hui, elle voyait sa fille accomplir ce qu’elle n’avait pas pu vivre, mais savait-elle quel prix Minerva avait dû payer ?
T.T T.T T.T
Elle allait continuer à s’aimer, parce que Dougal lui avait prouvé qu’elle en avait le droit
Btssssssssssssssssssssssss
Dougal n’avait pas essayé de la voir, probablement sous le choc et à essayer de comprendre ce qu’il croyait avoir raté dans leur relation.
Roalal j'ai trop de peine pour lui
car elle se sentait moins en détresse qu’auparavant.
Attends dêtre seule dans ta chambre vide cocotte

C ETAIT
DE
LA
TORTURE
et en même temps je vais pas mentir, y a quelque chose de glorieux dans les histoires de coeurs brisés
Cette douleur sublimée là
C'est horrible
Mais c'est tellement plus prenant qu'une histoire d'amour qui va bien
Et tu l'as racontée avec un brio ma citrouille
Tes meilleurs morceaux d'écriture so far je trouve ! Autant dans la formulation que dans les sentiments, cette ascension et cette dégringolade
Un grand bravo (émoji yeux coeurs) !!!
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Heeeelloooo !

Comment allez-vous ?

Je suis de retour pour les posts de Minerva, toutes les deux semaines je rappelle ! Bon ça a été impossible pour moi d'écrire pendant le voyage en Corée, j'en suis désolée... Ceux qui n'ont pas pu me suivre sur instagram encore plus désolée parce que vous n'avez rien pu vous mettre sous la dent en attendant (enfin, y avait les autres fanfics haha (ou pas parce que j'en connais qui n'ont pas posté depuis longtemps sur BN :roll: :roll: :mrgreen: ))

J'espère que cette suite vous plaira, elle arrive un peu tard ^^'

Bonne lecture !

Chapitre 46 : Fatigue émotionnelle


Son travail lui était beaucoup plus fatiguant qu’elle ne l’avait cru. Les employés du Ministère n’étaient pas très tendres envers les jeunes diplômés, encore moins envers les jeunes diplômées. Si Mme Marchbank était ravie d’obtenir enfin une assistante, elle n’en restait pas moins une femme occupée qui n’avait guère le temps de se préoccuper des plaintes de Minerva. La juge, en poste depuis plusieurs dizaines d’années, n’avait jamais acquis le droit d’avoir une aide administrative. Première femme de l’hémicycle juridique, ses débuts avaient été bien plus compliqués que ceux de Minerva et ce n’était que lors du changement du superviseur des assistants qu’elle avait pu obtenir gain de cause.

- Elphinston Urquart est un homme charmant, disait-elle alors que Minerva recopiait diligemment à la plume un rapport sur un litige de voisinage. Il pourra vous aider en cas de besoin ici. Mais ne vous reposez pas trop sur lui non plus, vous méritez de grimper les échelons toute seule.

Minerva acquiesçait, buvant les paroles de sa supérieure. Il y a peu à Poudlard, elle semblait pouvoir tout maîtriser, être la meilleure en magie. Au Ministère, elle découvrait un univers tout à fait différent, avec des personnes aux expériences multiples, mais également dans un domaine qui la laissait bien en peine : pour elle, le juridique renfermait plus de secrets que le département des Mystères lui-même. Mais Marchbank lui enseignait les rudiments dès qu’elle le pouvait, et Minerva s’était inscrite à une bibliothèque à deux pâtés de maison de son logement, où elle passait plusieurs heures à apprendre les bases du droit. Pourquoi n’avait-elle jamais eu de cours comme ceux-là à Poudlard ? C’était insensé.

Le soir, elle rentrait très tard, du moins trop tard pour voir les autres filles du palier. Satya et elle avaient sensiblement le même rythme, et c’était sûrement la raison pour laquelle elles se lièrent d’amitié. La solitude pesait toujours autant sur le cœur de Minerva, et l’introvertie qu’elle était s’étonnait d’avoir besoin de contacts sociaux par moments. La charge de travail qu’elle s’imposait était lourde et elle sentait son cœur l’être aussi. Elle avait de brèves nouvelles de sa famille et dans chacune d’elle, Isobel écrivait sa fierté de savoir sa fille dans un des départements les plus prestigieux du Ministère. Minerva n’avait pas le courage de lui dire qu’elle vivait une transition assez brutale avec Poudlard. Il lui suffisait de s’accrocher et peut-être, au bout de quelques mois, elle serait enfin à l’aise dans son domaine et au milieu de ses pairs. Malheureusement, ceux-ci ne semblaient pas enclins à faire le moindre pas vers elle, alors Minerva passait la plupart de son temps dans le bureau de Mme Marchbank à y travailler et déjeuner. En dehors de sa tutrice, seul Elphinston Urquart, son supérieur, lui adressait la parole lorsqu’elle osait aller se chercher un thé au coin restauration de leur secteur. La majorité commandait en appelant un elfe de maison mais Minerva et Elphinston paraissaient être les seuls à se déplacer d’eux-mêmes.

C’était là qu’elle se trouvait, attendant sa boisson chaude, quand Urquart la rejoignit.

- Mademoiselle McGonagall, bonjour à vous.

Minerva inclina la tête en réponse. L’elfe en face d’elle déposa son thé dans une tasse et elle le remercia.

- Ne partez pas tout de suite, fit Urquart en désignant le tabouret à côté de lui. Asseyez-vous quelques instants, votre dossier ne va pas s’envoler.

- C’est que, j’ai beaucoup de travail…

- Et je peux vous assurer qu’il n’est pas sain de ne pas faire de pause ? Je vous en prie.

Il ponctua ses mots en désignant des mains le siège à côté. Minerva acquiesça et retourna à sa place. Elle comptait refuser par réflexe, mais également parce qu’elle ne savait pas comment se comporter envers son supérieur. Il avait l’air plus humain que les autres, mais il restait son employeur.

- Je suis content que vous ayez décidé de nous rejoindre, finalement. Merci Soky, fit-il à l’elfe qui rougit.

Minerva lui jeta un coup d’œil surpris.

- Vous avez remercié l’elfe, nota-t-elle.

Elphinston leva les yeux de derrière sa tasse.

- Vous aussi.

Minerva rosit.

- C’est juste que…

Elle s’arrêta. Elle s’apprêtait à critiquer ses collègues et elle n’était pas certaine que ce soit une bonne idée face à son supérieur.

- Les autres ne le font pas, dit-elle simplement.

Elphinston eut un rire silencieux.

- Vous pouvez essayer tant que vous voulez, vous n’arriverez pas à cacher la pointe de jugement que je perçois dans votre voix, s’amusa-t-il.

- Excusez-moi, fit-elle en sentant ses joues s’enflammer.

- Et pourquoi donc ? Vous avez le droit de penser ce que vous voulez. A vrai dire, je suis plutôt d’accord avec vous.

Il se tut à son tour et sirota son café.

- Vous vous en sortez ici ? s’enquit-il.

Minerva le regarda brièvement. Elle ne voulait pas avoir l’air d’une pleurnicheuse ni d’une incapable. Elle était au département de Justice Magique, elle avait été contactée pour cet emploi, hors de question d’avoir l’air d’une étudiante qui sortait tout juste de l’école sans expérience professionnelle, même si c’était ce qu’elle était.

- Ça va, Mme Marchbank m’aide bien et j’apprends beaucoup. Tout est nouveau, mais je vais m’y faire, assura-t-elle.

Elphinston hocha la tête.

- Ne vous surmenez pas. Et ne vous mettez pas trop la pression. C’est d’accord ?

Minerva rentra la tête dans les épaules et opina du chef. Urquart se leva, la salua et repartit après une dernière inclination du menton envers les elfes.

Une sonnette retentit au-dessus de la tête des elfes ; le nom inscrit indiquait que M. Reckter requérait leur assistance. Minerva retourna à son bureau. Elle devait préparer le planning de la semaine prochaine de sa tutrice, composée de rendez-vous professionnels et de procès en tout genre. Elle s’ennuyait un peu à vrai dire, mais elle savait que c’était un passage obligé avant de pouvoir commencer à monter des dossiers juridiques qui lui tenaient à cœur. Un jour peut-être, verrait-elle une loi créée grâce à son travail et deviendrait-elle conseillère de Justice décisionnelle.

Le soldat de plomb que lui avait donné Robert Jr semblait l’enjoindre de ses deux mains vides à se mettre au boulot. Elle se demanda comment son petit frère allait. Malcolm allait repartir à Poudlard dans quelques jours et comme à chaque rentrée, Robert Jr allait probablement être frustré de ne pas pouvoir non plus y aller. Elle doutait qu’il souhaite réellement aller à l’école, mais plutôt rejoindre son frère et sa sœur. Cependant, maintenant que Minerva était partie, était-il toujours aussi impatient ?

- Rentrez chez vous, vous êtes fatiguée.

Minerva sursauta violemment. Griselda Marchbank était rentrée dans leur bureau sans qu’elle ne s’en rende compte et l’observait par-dessus ses lunettes ovales.

- Je vais bien, j’étais juste dans la lune, assura Minerva en attrapant une plume et la trempant dans de l’encre.

- Je le vois bien. Vous angoissez trop. C’est admirable de vouloir bien faire les choses, ça l’est moins de noter des bêtises dans mon planning à cause de la fatigue. Alors, allez prendre l’air.

Minerva hésita un instant avant de reconnaître que partir immédiatement ne ferait de mal à personne. Elle remercia Marchbank et fila prendre l’ascenseur. Elle n’était pas nécessairement écroulée de fatigue, mais son esprit s’effondrait sous le travail. Elle voulait relâcher la pression et pour cela, elle savait qui elle devait voir.

Elle transplana devant l’adresse que son meilleur ami lui avait donnée. Un vieil immeuble sombre coincé dans une ruelle étroite. Elle monta les étages et frappa à la porte en bois clair. Celle-ci s’ouvrit sur des yeux gris et des cheveux blond cendrés reconnaissables entre mille, juste un peu plus long que pendant Poudlard.

- Minerva ! Ça alors, qu’est-ce que tu fais là ?

Minerva sentit un vrai sourire naître sur ses lèvres, le premier depuis qu’elle avait quitté Caithness. Elle ne savait pas comment elle avait tenu sans voir Alan depuis son arrivée au Ministère. Dans un monde qui lui était inconnu, il représentait une touche de normalité.

- On va prendre un verre ? proposa-t-elle.

Alan cligna des paupières, regarda sa montre.

- Les salons de thé sont fermés à cette heure-ci. Mais je dois avoir quelque chose dans ma cui…

- Non, allons prendre un verre, répéta Minerva.

Il ouvrit des yeux ronds.

- Toi, t’as l’air d’avoir des trucs à me dire. Attends-moi deux secondes.

Il rentra dans son appartement et Minerva put l’entendre dire quelques mots à Cora à l’intérieur. Il revint, veste en main.

- Cora te passe le bonjour. Tu veux aller où ?

Minerva haussa les épaules. Elle ne buvait jamais. Elle n’aimait pas le goût de l’alcool, n’aimait pas l’idée de perdre le contrôle de son corps… Mais à vrai dire, elle avait justement envie de s’alléger l’esprit et retrouver son meilleur ami.

- Ok, laisse-moi gérer le lieu alors, s’amusa Alan.

Il ne semblait pas avoir changé. Il paraissait juste plus mûr, comme si le fait de sortir de Poudlard, d’avoir trouvé un emploi et d’être en relation l’avaient fait grandir. Il l’entraînait en dehors des ruelles sombres pour se rendre dans un bar d’une rue plus vivante, le Shelly’s Pub. Là, des sorciers et sorcières riaient bruyamment au-dessus de leurs pintes de bière, installés confortablement dans des fauteuils moelleux, une lumière jaune éclairant leur tablée.

Alan s’assura une dernière fois que Minerva voulait bien de l’alcool et partit leur chercher une bière chacun. Quand il revint, Minerva leur avait trouvé une petite table dans un coin. Il s’installa en face d’elle et trinqua. Minerva prit une première gorgée, grimaça. Ce n’était pas spécialement bon, mais bizarrement son cerveau semblait ravi de cet apport.

Elle observa Alan. Lui aussi avait des cernes. Elle savait qu’il travaillait dans un rythme irrégulier, sans compter les multiples visites à Ste Mangouste pour Cora, leur appartement à gérer, le ménage, la cuisine… Si Cora aidait de temps en temps, ses fatigues chroniques la poussaient irrémédiablement vers le lit. Peut-être n’était-ce pas une très bonne idée de sortir Alan un soir de semaine.

- Je suis content de te voir, dit-il comme pour la démentir. Je me doute que tu es aussi très occupée.

Minerva but une nouvelle gorgée et étira ses lèvres en un sourire gêné. Bien que les deux aient promis au détour d’une lettre de se voir rapidement, Minerva avait tardé à prendre des nouvelles, voire même à chercher à le retrouver. L’été s’était tristement terminé et à quelques jours du mois de septembre, Minerva avait commencé sa toute nouvelle lutte au Ministère. Ils n’étaient plus à Poudlard, elle ne prenait plus son petit-déjeuner copieux en compagnie de son meilleur ami, ne le traînait plus pour aller en cours. Les sorties à Pré-au-Lard n’auraient pas les mêmes saveurs de week-end entre amis. Débuter dans la vie professionnelle lui donnait la sensation de reprendre à zéro dans un nouvel univers inconnu et dans lequel elle n’était pas forcément à l’aise. Ses amis étaient soit partis à l’étranger, soit enfermés dans un rythme tout aussi effréné. Alan notamment, n’avait pas le choix que de tourner rapidement la page de Poudlard pour grandir et faire face à la maladie de Cora et un emploi qui les maintiendrait à flot. A même pas dix-huit ans, cela semblait beaucoup à Minerva. Elle avait la nostalgie du passé, probablement parce que ce qu’elle avait vécu dernièrement s’était soldé en échec douloureux et que son quotidien actuel était aussi triste que les pierres.

Elle ignorait comment raconter tout cela. Son meilleur ami saurait être présent dans ce chamboulement, mais elle-même ne savait pas par où commencer. Sa vie actuelle était bien morose.

- C’est compliqué, dit-elle simplement.

Le fait qu’elle ait ressenti le besoin vital de voir Alan sur un simple coup de tête démontrait à quel point elle nécessitait de retrouver une touche de normalité dans sa vie. Son meilleur ami attendit qu’elle développe sa pensée. Là aussi il avait changé : il semblait plus patient, plus posé.

- J’ai… renoncé à beaucoup en venant à Londres.

Elle préféra ne pas développer ce point.

- Tout est froid et distant au Ministère. J’ai l’impression de ne pas être à la hauteur. Les seuls qui m’adressent la parole au département de la Justice c’est ma tutrice et mon supérieur. Autant te dire que leur avouer mes difficultés est inconcevable.

- On commence tous comme ça, tu sais. Je sers des cafés la plupart du temps, parfois j’assiste dans les recherches médicales. C’est à la fois passionnant et frustrant. Mais je sais que sur le long terme, je trouverai ma place. Toi aussi, tu verras. Les débuts sont toujours difficiles.

Minerva hocha la tête. Elle prit une autre gorgée de bière, cette fois-ci sans grimacer.

- J’ai faim, annonça Alan, je reviens.

Son amie sourit pendant un bref instant. Voilà une chose qui n’avait pas changé, l’estomac d’Alan. Quand il revint et nota qu’elle avait repris son regard mélancolique, il fronça les sourcils.

- T’es vraiment pas dans ton assiette. Prends une frite.

Elle obéit et grignota du bout des lèvres.

- Je me doute que tu n’es pas heureuse actuellement dans ton emploi, devina Alan, mais… ça te plaira sur le long terme, n’est-ce pas ? Y a-t-il des perspectives qui te permettent de voir au-delà de ton malheur actuel ?

Minerva réfléchit un instant. Elle avait pris cette direction mue par cette idée de changer les choses, rétablir des injustices. Ce n’était pas avec son poste d’assistante qu’elle y parviendrait. Mais si elle décrochait le poste de Conseillère de justice décisionnelle, alors peut-être, si ses dossiers étaient bons, peut-être que le Magenmagot ferait remonter ses idées à l’exécutif. Peut-être.

- Eh bien, j’espère, répondit-elle en observant la lueur ambrée de sa bière. Je ne sais pas, j’espère juste.

Alan la regarda longuement. Il semblait réaliser qu’elle aussi avait changé. Elle prit une gorgée. Elle était peu habituée à boire, aussi l’alcool commençait déjà à lui monter à la tête. Elle avait longuement été perdue sur ses choix de vie à Poudlard, mais au moins son environnement lui plaisait. Elle avait des amis, des loisirs et des études qui lui plaisaient. Aujourd’hui, non seulement elle ignorait où elle allait, mais elle ignorait également où elle se trouvait. Son poste au Ministère était le fruit d’une douleur intense qu’elle se forçait à oublier. Si ce sacrifice avait été une mauvaise idée, comment pourrait-elle y survivre ?

- Je t’ai déjà raconté l’histoire de mes parents, Alan ?

Celui-ci leva un sourcil mais hocha la tête.

- Je suis au courant, oui.

- Une sorcière et un moldu, tu crois que c’est vivable ? continua-t-elle en regardant par-dessus l’épaule de son ami. Quand j’ai commencé à voir à quel point leur relation est presque misérable désormais… je me suis jurée que jamais je ne vivrais cela.

Alan ne répondit pas. Minerva prit une autre gorgée et renifla.

- Tu penses que ma mère aurait été plus heureuse au Ministère ?

- En renonçant à ton père ? Ça aurait été dur, non ? Se retrouver seule dans cette administration immense, sans personne à qui parler, pas même à sa famille… C’est triste.

- Donc il aurait mieux valu choisir le mariage avec un moldu ?

Son meilleur ami se pencha en avant en secoua légèrement la tête.

- De quoi tu parles ? Elle s’est mariée avec ton père. C’était le bon choix, je pense. Pour elle.

Minerva cligna lentement des paupières.

- Tu es sûre que ça va ? s’inquiéta Alan. C’est la bière ?

- C’est juste que…

Elle renifla à nouveau.

- Est-ce que j’ai fait le bon choix ? Qu’est-ce que je vais devenir si je ne trouve pas ma place au Ministère ?

Elle sentit des larmes lui monter aux yeux. Elle aimerait tant en parler à son meilleur ami, sans en être capable. Il comprendrait un peu mieux son chagrin.

- J’ai si peur d’avoir fait une erreur, Alan.

- Minerva… Si le Ministère ne te convient pas, ce n’est pas grave. Tu trouveras autre chose, tu es brillante. Je n’aime pas te voir aussi désespérée.

C’était justement parce qu’elle était brillante qu’elle s’était retrouvée tiraillée entre ces deux mondes. Si elle avait été une élève normale, serait-elle avec lui, au pied de leur cerisier ? Serait-elle plus heureuse ? Regretterait-elle ? Verserait-elle des larmes le soir dans leur chambre, alors que lui dormirait profondément et qu’elle sangloterait en silence pour ne pas éveiller les soupçons ? Serait-elle moins malheureuse qu’elle ne l’était ici dans ce bar, à boire une bière avant de retourner dans son logement sombre et étriqué, avant de retourner dans un emploi qui ne lui plaisait pas ? Cet emploi pour lequel elle avait tout abandonné…

- Viens, on rentre, fit Alan. Tu dors chez nous ce soir.

Minerva ne riposta même pas. Cela lui ferait sûrement du bien de dormir dans un appartement habité par d’autres personnes. Elle avait un peu la tête qui tournait par l’alcool. Si le stress du travail s’était envolé, elle ressentait un tourbillon d’émotions à l’intérieur de son crâne, envahissant son cœur et qui lui donnait envie de se recroqueviller sur un fauteuil moelleux. Elle voulait rentrer chez elle, à Caithness, retrouver sa famille tout aussi disloquée qu’elle était, jouer aux échecs, écouter la cornemuse de son père, manger un bon plat en famille et ébouriffer les cheveux de ses petits frères.

Que faisait-elle à Londres ?

Elle ne s’était même pas rendue compte qu’ils étaient arrivés chez Alan. Il ouvrit sa porte qui grinça légèrement. La lumière de la pièce centrale était jaunâtre et éclairait une auréole d’humidité au plafond. Les meubles étaient rustiques et l’ensemble spartiate, une pile de vaisselle s’amoncelait dans l’évier, probablement celle qu’Alan devait faire avant d’être kidnappée par sa meilleure amie.

- Si tu veux te laver, la salle de bain est juste là, indiqua Alan en désignant une des deux portes qui se trouvaient sur le côté. Tu pourras dormir sur le canapé.

Minerva s’y effondra toute habillée, le nez dans un coussin, et en un instant, elle sombra dans le sommeil. L’alcool et le trop-plein d’émotions l’avaient épuisée.

***


Quand elle se réveilla le lendemain, elle avait la bouche pâteuse et les yeux vitreux. Alan et Cora prenaient un petit déjeuner en chuchotant, semblant ne pas vouloir la réveiller. En la voyant les paupières clignotantes, ils eurent un sourire amusé.

- Rappelle-moi de ne jamais te faire boire d’alcool, fit Alan. Comment tu te sens ?

Honteuse. Minerva se redressa tout en essayant de se remémorer la soirée de la veille. Elle rougit. Qu’elle avait été stupide de geindre ainsi. Et puis, à parler de la relation de ses parents… Par Merlin, elle avait dû être ridicule.

Elle se leva et joignit ses mains.

- Je suis désolée, je ne voulais pas vous déranger en dormant ici. Je n’aurais pas dû boire autant.

Cora haussa les sourcils.

- Je croyais que tu n’avais bu qu’une demi-pinte ?

Minerva hésita.

- C’est beaucoup d’alcool, non ?

Cora eut un sourire qu’elle tenta de dissimuler, contrairement à Alan qui éclata de rire. Vexée, Minerva préféra observer discrètement l’ancienne Serpentard. Elle s’était coupée les cheveux très court, ce qui faisait ressortir ses joues émaciées. Ses yeux paraissaient encore plus sombres qu’avant mais brillaient tout de même joyeusement. En revanche, elle avait maigri : elle semblait flotter dans son pantalon désormais.

- Au fait, quelle heure est-il ? s’enquit Minerva en détournant le regard.

- Huit heures. Tu commences à quelle heure ?

Minerva ouvrit de grands yeux et récupéra son sac. Elle était déjà en retard au travail. Elle remercia et s’excusa encore quelques fois avant de se ruer en dehors de l’appartement et de transplaner pour le Ministère.

Bizarrement, au milieu des personnes faisant la queue pour entrer aux sanitaires menant au Ministère, elle croisa Satya, elle aussi en retard. Celle-ci lui jeta un regard de travers.

- T’étais où ? Je t’ai attendue sur le palier pour partir ensemble et maintenant je suis en retard.

Minerva s’excusa, gênée mais touchée qu’elle ait essayé de l’attendre. Satya eut un haussement d’épaules.

- T’es libre tout à l’heure ? On a qu’à déjeuner ensemble si tu veux.

Minerva lui offrit un éblouissant sourire et Satya papillona des yeux, surprise. Elle ignorait qu’à peine quelques heures plus tôt, Minerva avait versé dans le drame et la mélancolie, regrettant la froideur du Ministère.

Et le reste de la journée sembla vouloir continuer à la détromper car Urquart la convoqua dans son bureau. Au début, elle avait craint une remontrance pour son retard de la matinée. Mais son sourire aimable quand elle était entrée l’avait fait douter.

- Asseyez-vous, je vous en prie. Comment allez-vous ?

- Bien monsieur, merci.

- Très bien, très bien. Je vous ai fait venir car j’aurais une mission pour vous. Je sais que vous êtes très occupée, aussi j’ai demandé à Mme Marchbank d’alléger votre emploi du temps pour cette mission temporaire.

Intriguée, Minerva s’avança sur son siège.

- Quelle mission ?

- Oh je suis persuadé qu’elle vous plaira. Je vous envoie sur le terrain !

La jeune fille se redressa, l’oreille tendue. Sortir de son bureau sombre, sortir de ses papiers juridiques ?

- Ne vous emballez pas trop non plus, ce n’est qu’une courte mission de scribe. Vous allez annoter tout un procès qui va avoir lieu la semaine prochaine. Pas d’inquiétude, vous seconderez un autre scribe, mais au cela vous permettra de diversifier vos occupations. Qu’en pensez-vous ?

- Quel genre de procès ?

- Je vous enverrai le dossier complet demain au plus tard, mais il s’agit de celui de Mme Carlotta Pinkstone, une militante qui plaide pour révéler l’existence des sorciers aux moldus. Elle a encore tenté de faire de la magie au cœur d’une soirée dansante il y a quelques mois. Pour tout vous dire, cela a été compliqué de faire oublier le champagne volant aux 350 invités…, termina Urquart en se grattant la tête. Enfin, vous verrez par vous-même lors du procès.

Minerva hocha la tête. Effectivement, cela l’intéressait. Non seulement elle allait effectivement essayer quelque chose de nouveau, mais en plus elle pourrait étudier comment le Ministère approchait réellement le Secret International Magique.

Cette mission lui prouvait également que son supérieur lui faisait assez confiance pour l’envoyer sur le terrain, et il n’y avait rien de plus gratifiant.

Après le déjeuner en compagnie de Satya, Minerva s’était sentie beaucoup plus légère. Mme Marchbank l’avait félicitée de sa nouvelle mission et lui avait même offert un sourire approbateur. C’était comme si le monde lui disait que oui, bien sûr qu’elle arriverait à se trouver sa place au Ministère, qu’elle trouverait un emploi qui lui plairait grâce à ces missions, qu’elle se ferait des amis comme elle s’en était fait à Poudlard. Quand elle rentra chez elle, elle avait un réel sourire sur les lèvres, le cœur moins lourd, l’esprit plus serein.

Bonnie l’attendait avec une épaisse lettre dans son bec, et Minerva eut même un petit rire joyeux en voyant que c’était ses parents qui lui écrivaient. Les nouvelles étaient bonnes, Malcolm partait le lendemain pour Poudlard et Robert Jr lui faisait plein de bonjours.

« J’apprends à ton père à coudre et en échange il m’apprend les échecs. C’est très difficile pour nous deux, à vrai dire ! Je ne sais pas qui est le plus patient…

Bon courage pour ton travail,

Nous t’embrassons.

PS : il y avait cette lettre qui t’était destinée sur le pas de la porte, je te la transmets. »


Minerva fronça les sourcils. C’était donc pour cela que l’enveloppe était si épaisse. Mais qui pouvait bien lui envoyer des lettres ? Peut-être Pomona, qui n’avait pas encore reçu sa nouvelle adresse à Londres ?

Elle tira la seconde enveloppe et l’ouvrit. L’encre était bleu foncé, le papier beige et crémeux. L’écriture n’était pas celle de Pomona, ni de Filius. Elle était pointue, serrée, et c’était une écriture que la jeune fille connaissait très bien.

« Minerva, c’est moi, Dougal… »
PtiteCitrouille

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Re: Minerva McGonagall [Harry Potter]

Message par PtiteCitrouille »

Bonjour !
Bonnes vacances à ceux qui le sont, profitez-bien ! Cazo profite bien ! <3 Courage à celles et ceux qui passent le grand oral!

Bonne lecture !

Chapitre 47 : Le fruit véreux


« Minerva, c'est moi, Dougal... »

Minerva lâcha la lettre. Immobile, elle la fixa, les jambes lourdes et le cœur battant plus vite. La boule au ventre dont elle avait espéré s'être débarrassée avec son départ pour Londres se forma à nouveau. Le silence autour d'elle semblait se demander quelle allait être sa prochaine action.

Devait-elle brûler la lettre sans jamais la lire ? Prétendre qu'elle tournait la page pour de bon ? Qu'elle y parviendrait comme elle avait cru pouvoir le faire en changeant de ville ?

Mais devait-elle la lire pour autant ? Risquer d'hésiter à nouveau ? Risquer de distinguer la peine de l'homme qu'elle aimait entre ces lignes ? Pire : y ressentir sa colère. Il aurait toutes ses raisons de lui en vouloir.

Elle se laissa glisser contre le mur, attrapa la lettre d'une main tremblante. Puis elle resta sans bouger, espérant trouver du courage, quoi qu'elle décide de faire.

Qu'y avait-il dedans ? Qu'écrivait-il ? Quelles avaient été ses émotions au moment de tenir la plume ? Que pensait-il d'elle à ce moment-là ? Toutes les réponses à ses questions se trouvaient dans les replis de ce papier et pourtant... n'avait-elle déjà pas assez souffert ? Mais aussi, s'il y épanchait sa colère, ne méritait-elle pas de l'écouter ? Elle qui était partie sans une explication, sans un dernier regard, qui avait ignoré son appel à l'instant où elle s'était assise dans le Magicobus, n'avait-elle pas le devoir de le laisser s'exprimer au moins par lettre ? Ne faisait-ce pas partie de sa punition ? Sa peur d'être blâmée par l'homme qu'elle aimait encore profondément n'était-elle pas égoïste ?

Cette lettre, elle n'avait d'autre choix que de la lire, pour Dougal.

« ...c'est moi, Dougal... »

Cette écriture fine, ces lettres serrées les unes contre les autres, à elles seules elles serrèrent le cœur de Minerva.

« J'espère plus que tout que tu vas bien. Les soirées à Caithness se rafraichissent. Là où tu te trouves, j'espère que tu prends soin de toi. »

Minerva étouffa un sanglot. A côté, elle entendit Satya claquer sa porte en rentrant chez elle.

« Je n'ai pas osé demander à tes parents ta nouvelle adresse. Tu as longtemps voulu garder notre relation secrète et seul le mariage pouvait te faire avouer. De plus, j'imagine que si tu l'avais voulu... tu me l'aurais donnée. Alors j'ai été lâche et, tôt ce matin, j'ai déposé cette lettre sur le pas de la porte de ta maison. Pardonne-moi. Pardonne-moi de ne pas te chercher plus que cela.

Pour tout te dire... j'ai toujours su où aller, quelle vie j'allais mener. Mon lopin de terre à cultiver, une femme à aimer et des enfants à chérir. Une vie simple, mais vécue avec passion. Vieillir avec toi.

Dis-moi, Minerva, je t'en prie, dis-moi : qu'ai-je fait que je n'aurais dû faire ? Quels mots ai-je prononcés que je n'aurais pas dû dire ? Quelle part de moi n'a pas été à la hauteur ? »


- Oh Dougal, non...

Minerva sanglota dans sa manche, la gorge nouée et douloureuse. Devoir se retenir pour Satya lui était encore plus douloureux.

« Comment puis-je te faire revenir ? »

Pouvait-il la faire revenir ? Elle s'imagina annoncer sa démission à Elphinston Urquart, boucler une valise qu'elle venait de vider, quitter le Chemin de Traverse, quitter son appartement sordide pour le cocon que Dougal leur avait prévus...

« Ton cœur a-t-il assez de sentiments envers moi pour me rejoindre ?

Je t'attendrai. Je patienterai jusqu'à ton retour, ou jusqu'à ce que tu m'annonces que tout est fini. Alors, à ce moment-là, je te laisserais partir. »


Minerva hoqueta. Jamais elle ne se sentirait capable de lui mentir sur ce qu'elle ressentait pour lui. Elle lui avait caché de nombreuses vérités, mais elle ne se laisserait pas à tirer un trait sur la seule chose dont elle était certaine à ce moment de sa vie. Comment le pouvait-elle, alors que sa vie de sorcière lui avait arraché son amour moldu ?

Elle aurait finalement préféré qu'il crie, qu'il proteste, qu'il se mette en colère contre elle. Elle aurait aimé qu'il lui tourne le dos, qu'il lui détruise et lui brûle le cœur pour que chacun de ses sentiments deviennent des cendres.

« Dis-moi que tu vas bien, si tu es heureuse. Dis-moi que la décision que tu as prise en valait la peine, que cette vie choisie est celle qui te convient. Si tu décides de ne pas me revenir, au moins serais-je moins malheureux de te savoir sereine et apaisée là où tu es.

Je t'aime. »


Elle enfouit son visage dans ses bras et sanglota longuement. Tout à l'heure, elle irait dans son lit, probablement sans manger parce qu'incapable d'avaler quoique ce soit, resterait allongée, les yeux ouverts. Pleurerait encore un peu, tentant d'étouffer ses hoquets pour ne pas attirer la curiosité de Satya à côté et finirait par s'endormir au bout de plusieurs heures. Le réveil serait difficile, ses yeux seraient rouges et gonflés. Elle aurait la gorge trop nouée pour déglutir et partirait l'estomac et le cœur vides au travail.

***


Et ce fut ce qu'il se passa les quelques mois qui suivirent. Chaque lettre de Dougal la jetait au bord du précipice. Chaque sanglot l'épuisait émotionnellement. Elle était fatiguée. Elle avait le cœur arraché. Comment parvenait-elle à vivre, elle ne savait pas. Comment pouvait-elle respirer alors qu'elle ne le voulait pas ? Un million de larmes ne le ramènerait pas ; elle avait assez pleuré pour savoir cela. Il avait été l'amour de sa vie, elle le savait. Elle l'avait quitté à tout jamais. Et son cœur ne l'acceptait pas.

Elle s'était jetée corps et âme dans le travail, qui lui permettait de ne pas sombrer. Elle avait une masse considérable de dossiers à traiter, de livres et articles à lire pour comprendre tous les secrets du droit magique. Celui de Carlotta Pinkstone lui avait été assigné en priorité, car Minerva avait démontré un profond intérêt pour ce cas juridique, sans trop savoir où se positionner.

Carlotta Pinkstone, sorcière d'une trentaine d'années et militante pour la suppression du Code international Magique, sortait d'une cinquième incarcération pour avoir fait usage de la magie devant des moldus. Si à sa première rencontre avec l'inculpée celle-ci avait envoyé des coupes de champagnes en l'air, cette fois-ci, elle avait décidé de reconstruire la maison d'un vieil homme qui s'était effondrée sous un incendie. Elle avait été rattrapée alors qu'elle se baladait avec une pancarte « non à l'étouffement de la magie ».

Minerva se rendait une nouvelle fois à son procès en tant que greffière, mais seule cette fois-ci. L'entrée de la salle de procès se trouvait en haut, car la pièce se composait d'un atrium descendant, les bancs beige clair des juges surplombant le siège de fer où s'asseyait l'accusé.

Minerva s'installa la première, préparant sa plume, son encre et ses parchemins, tendant l'oreille pour essayer de capter quelques morceaux de conversation. Les juges avaient tendance à ignorer les scribes, encore plus les jeunes femmes nouvelles.

- Elle me fatigue, la Pinkstone, soufflait l'un d'entre eux. Elle ne se rend pas compte du temps que ça prend d'oublietter tout le monde ?

- Tu crois qu'elle va encore finir à Azkaban ?

- Bien entendu, Maître Tyrell. Cette fois n'est pas différente de la précédente. Même si nous savons très bien ce qu'il va se passer.

Minerva surprit le regard entendu que le premier juge lançait à son collègue. Celui-ci fit une moue lasse et s'installa en grimaçant contre ses vieux os.

-Encore Pinkstone ! Elle veut peut-être un abonnement à Azkaban ? Pour deux passages récoltés, un passage offert ?

Ce vieux juge fit rire grassement les autres aux alentours. L'un d'entre eux regarda sa montre à gousset.

- Au moins, nous serons probablement sortis pour l'heure du dîner. J'espère que le repas sera prêt.

- Voyons, Maître Bells, quand même...

Minerva leva les yeux de ses genoux et croisa le regard de Marchbank, plus loin, qui arrivait dans la salle et descendait les marches. Quelques hommes se retournèrent.

- Ah, Griselda, vous voilà ! Venez donc vous asseoir, vous seriez presque en retard, dites-moi ?

Marchbank s'immobilisa et lui jeta un bref coup d'œil.

-Pour vous, ce sera Maître Marchbank je vous prie.

- Allons, voyons, Maître, c'est pour les hommes, répliqua le juge d'un ton taquin. Maîtresse, peut-être... ?

Les juges hurlèrent de rire en roulant exagérément des yeux. Minerva serra les poings sur ses cuisses.

- Messieurs, je vous demanderais de vous tenir convenablement, répliqua Marchbank, nous sommes en présence de la greffière.

Les oreilles de Minerva tintèrent. Elle leva les yeux et découvrit la plupart des juges le regard vissé sur elle. Elle attrapa sa plume et la trempa dans son encre avant d'aplatir son parchemin. Si Griselda l'avait mentionnée, ce n'était pas pour rien.

Le juge responsable des remarques précédentes plissa les yeux.

- Elle n'est pas autorisée à écrire quoique ce soit tant que le procès n'a pas commencé. Et en aucun cas ne doit-elle être influencée lors de l'écriture. J'imagine qu'elle connaît son travail ?

- La greffière est autorisée à inscrire des annotations en marge en amont du procès, tout ce qui lui semble utile. Je peux vous assurer qu'elle connaît bien son travail.

Marchbank offrit un dernier sourire avant de s'installer à l'opposé du juge.

- Humpf, nous devrions être autorisés à relire ses notes, continua tout de même le juge en ramenant ses cheveux blancs derrière l'oreille. Elle vient d'être diplômée et elle est greffière ?

Minerva ne répondit pas. Elle n'avait pas l'habitude de s'écraser, mais tous ces juges l'intimidaient, d'autant plus qu'elle ne se sentait effectivement pas légitime d'être greffière. Marchbank vint à nouveau à la rescousse.

- La retranscription est vérifiée par Monsieur le Ministre. Je considère cela suffisant.

Minerva ne broncha pas. Marchbank utilisait le pouvoir juridique du Ministre quand cela lui chantait et quand cela l'arrangeait. Elle était une des premières à trouver abusive la présence de l'exécutif au sein du législatif, et Minerva ne pouvait qu'être d'accord. Quant aux annotations... il était vrai qu'elle avait le droit de donner des remarques, ce qui n'était pas considéré comme de l'impartialité selon elle. Ce qu'elle avait compris grâce aux quatre derniers mois au sein du Ministère, c'était que les vertueux usaient de bassesse quand cela leur allait, et que les véreux invoquaient l'intégrité quand cela leur chantait.

La Ministre de la Magie, Wilhelmina Tuft, fit son entrée. C'était une petite femme aux cheveux bruns bouclés et courts. Son franc parler, sa clarté et les quelques dernières années de prospérité lui avaient permis une réélection au poste bien qu'avec qu'une très courte avance face son adversaire. Minerva se demanda comment les juges percevaient cette femme à leur tête. Sûrement, devaient-ils avoir du mal à s'endormir le soir.

- Bien, soupira la ministre en chaussant des lunettes rondes, faites entrer l'accusée.

Carlotta Pinkstone apparut encadrée de deux sorciers. La première fois, Minerva s'était attendue à apercevoir une femme fatiguée, les pieds traînants, les cheveux décoiffés par les geôles du Ministère. Celles-ci ne servaient qu'à enfermer les présumés coupables avant leur procès, et elles avaient beau se trouver au Ministère, elles n'étaient pas plaisantes à voir. Minerva y était allée une fois, accompagnée de Urquart, et l'entrée était strictement limitée aux membres du personnel, cachée à la vue de tous.

Mais Pinkstone, qui en était déjà à sa quatrième incarcération, était arrivée toute pimpante, ses cheveux noir brillant, savamment tressés sur son crâne, des yeux aussi verts que ceux de Minerva luisant de malice, la démarche à la fois sarcastique, hautaine et fière. Avec grâce, elle s'était installée sur le siège de l'accusée, comme si elle s'asseyait autour d'un bon dîner.

Elle ne dérogea pas à la règle ce jour-ci, et prit même la peine de saluer les deux sorciers qui l'escortaient jusqu'au siège. Minerva entendit quelques soupirs parmi les juges et elle se retrouva contrainte de dissimuler un sourire. Elle attrapa sa plume et se prépara à écrire.

- Bon, qui commence ? Vous, moi... ?

- Madame Pinkstone ! réprimanda la Ministre en frappant déjà du marteau dans son socle.

Pinkstone eut le bon goût de sceller ses lèvres. La Ministre retint un autre soupir et frappa à nouveau du marteau.

-Je déclare la session ouverte. Maître Flint, c'est à vous.

Maître Flint, c'était le juge aux réflexions malvenues. C'était toujours lui que Minerva avait vu présider sur cette affaire pour laquelle il avait apparemment insisté. Minerva ne le trouvait guère impartial, mais que pouvait-elle y faire ?

- Bien, Madame Pinkstone. Disposez-vous d'un représentant parlant en votre nom ?

- Non.

- Bien. Madame Pinkstone, vous avez été amenée ici devant le Magenmagot pour répondre d'accusations relatives à l'usage de la magie en présence de moldus, niez-vous les faits ?

- Hum, non.

- Vous n'avez aucunement essayé de cacher vos sorts aux yeux des moldus, niez-le-vous ?

- Bien sûr que non.

Minerva continua à écrire mollement. Le procès se déroulait de la même manière que la dernière fois. Pinkstone acquiesçait toujours aux questions car elle paraissait fière de ces actions. Toujours accusée et inculpée, elle semblait attendre sa punition comme on attendait que le café finisse de couler dans la cafetière.

- Madame Pinkstone, j'ose espérer que vous êtes au courant de ce que dit la loi ? Il est interdit, et ce pour la protection de notre communauté, de révéler la magie aux yeux des moldus.

- Je suis au courant, répondit jovialement Carlotta. Vous croyiez que j'avais mis un slogan au hasard sur mon écriteau ?

- Mme Pinkstone ! intervint la ministre en tapant du poing. En oubliettant votre méfait, nous avons dû oublietter le reste de la région pour pas qu'ils se demandent comment une maison a pu se reconstruire toute seule !

- Peut-être auriez-vous dû détruire la maison alors ... ?

Minerva s'empêcha de réagir. Elle était déchirée. Pinkstone se mettait en danger et mettait effectivement la communauté sorcière en danger en utilisant la magie comme bon lui semblait. Les moldus pourraient prendre peur ou s'imaginer les mauvaises choses. Mais d'un autre côté, Minerva avait doublement souffert de ce secret magique. En outre, parler d'un méfait pour mentionner la réparation d'une maison détruite par le feu lui semblait incongru.

- Le Magenmagot va délibérer, annonça finalement la ministre. Emmenez-la.

Pinkstone fut écartée de la salle et la porte se referma sur son dos de futur convict.

- Bien, à nouveau, délibérons du cas Pinkstone, fit Flint. C'est son sixième procès pour la même mise en accusation. Je demande une peine plus lourde.

Les juges présents se trémoussèrent, mal à l'aise. Minerva avait déjà remarqué cette réaction la dernière fois. Flint, déjà procureur de l'affaire avait tempêté contre les cent gallions d'amende et deux mois de prison, jugeant que ce n'était pas suffisant. A raison, puisque Pinkstone avait recommencé peu de temps après.

Mais la ministre détourna le regard de celui insistant de Flint. C'était une chose que Minerva avait du mal à saisir : dans les livres qu'elle avait lus, la Ministre n'avait pas tous les pouvoirs au Magenmagot. De par sa fonction, le ou la ministre disposait d'un siège dans ce cercle juridique, en plus de choisir les juges en place, ce qui perturbait Minerva. Elle avait bien remarqué que c'était toujours les mêmes qui osaient se manifester lors de graves procès, et toujours les mêmes autres qui préféraient taire leur opposition à la ministre pour éviter un licenciement immédiat.

De ce que Minerva avait compris, les quatre premiers jugements, traités comme des sujets banals, avaient eu lieu devant Flint seulement, car il était le directeur du département de la Justice. Ainsi, en tant que directeur du département de la Justice et donc officiellement Ministère-juge, il jugeait à lui tout seul les délits et crimes mineurs et devait obligatoirement se référer aux directeurs des départements concernés par le délit avant de prononcer la sentence. Excédé de la voir continuellement, il avait obtenu de transférer Pinkstone devant le Magenmagot, soit rendant les actes de sorcellerie devant moldus à un stade plus grave. Avec Pinkstone, il s'était retrouvé pieds et mains liés car elle était jugée dans le cadre d'usage de la sorcellerie en présence de moldu, soit le domaine du département des accidents et catastrophes magiques. Ainsi, après le procès, Flint était en devoir de se soumettre à la décision finale du chef de département concerné par l'accusation. Or, le département des accidents et catastrophes magiques était dirigé par la mère de Carlotta Pinkstone.

En passant par le Magenmagot, Flint espérait probablement se glisser entre les mailles du filet. Si la dernière fois la peine n'avait pas été assez lourde selon lui, il devait probablement compter sur la récidive de l'acte pour forcer la main aux juges. Mais encore une fois, la ministre paraissait frileuse.

- Devrions-nous attendre que notre existence soit révélée aux moldus ? s'exclama Flint. Déjà deux fois que nous la traînons ici, n'est-ce pas suffisant ?

- Justement, sa mère n'est guère contente, souffla la ministre. Elle menace d'arrêter tout sortilège de dissimulation des institutions magiques si nous augmentons la peine...

Flint fit un geste vulgaire du bras, récoltant un regard réprobateur de la part de Marchbank.

- Il serait peut-être temps de vous débarrasser d'elle alors, répliqua-t-il fielleusement. Vous êtes la ministre !

- Et il serait bien convenable que vous lui parliez comme telle, intervint Marchbank. Allez étudier le dossier de votre cliente Madame Pinkstone avant d'émettre de telle proposition, et vous verrez que tout est moins facile que cela en a l'air. Je propose la même sentence que la dernière fois, soit une amende de cent gallions à paiement immédiat, ainsi que deux mois à la prison Azkaban, sous-sol 8.

- Sous-sol 8 ? répéta Flint. Autant la mettre dans les cachots de Poudlard, elle s'y sentira plus punie !

Marchbank plissa les yeux.

- Votre humanisme me sidère, Maître Flint. Vous souhaitez qu'elle ressorte d'Azkaban encore plus folle qu'avant d'y entrer ?

D'autres remous se firent entendre dans la salle. Un autre aspect que Minerva avait remarqué : on ne parlait pas des effets psychologiques d'Azkaban au département de la Justice, même si c'était lui qui y envoyait les coupables. C'était tabou. Peut-être que cela aidait les employés à se sentir mieux avant de s'endormir.

- Qui pour cette décision ? demanda la ministre en levant la main.

La grande majorité fit de même, ainsi que Marchbank, et la sentence fut annoncée quelques minutes plus tard à l'inculpée. Flint, furieux, se leva dans sa robe pourpre marquée du M du Magenmagot et se tourna vers Marchbank :

- A vous de gérer la procédure administrative puisque vous semblez apprécier cette affaire. Emmenez donc votre stagiaire, cela lui fera de l'expérience.

Minerva mit du temps avant de réaliser qu'il parlait d'elle, et avant qu'elle puisse lui lancer un regard indigné, il avait déjà parcouru la moitié de l'hémicycle.

Marchbank fit signe à Minerva de la suivre et elles descendirent toutes les deux à la suite d'une Pinkstone aux mains liées et des deux gardes sorciers. Carlotta regarda Minerva d'un air curieux, se demandant sûrement ce qu'une jeune fille comme elle faisait au sein de l'hémicycle. Minerva lui rendit son regard. Elle avait le nez tordu ; ce qui était raconté au sein du Ministère, c'était qu'un Auror lui avait un jour cassé l'arête du nez en essayant de la rattraper alors qu'elle courait devant le British Museum en animant les animaux empaillés de la galerie. Cela avait provoqué un sacré cirque et trois brigades d'Oubliators. La ministre avait reçu une lettre véhémente de la part du Premier Ministre britannique, aussi, Minerva ne comprenait pas pourquoi effectivement, la mère de Carlotta n'était pas démise de ses fonctions et pouvait maintenir une pression sur l'une des femmes les plus puissantes de la communauté magique.

Marchbank ne prononça pas un mot et indiqua aux deux gardes qu'ils pouvaient partir. Les trois femmes longèrent un long couloir sombre, dallé de toute part. Il y faisait froid et Minerva se concentra sur la nuque de Pinkstone pour éviter de penser au lourd silence qui régnait, rompu seulement par leurs pas sur le sol glacial. Elles atteignirent un ascenseur, simple cage de fer et réservé qu'aux sous-sols destinés aux procès. Marchbank appuya sur le bouton « -15 » et les grilles se refermèrent dans un grincement.

Minerva, au fond de l'ascenseur, observa discrètement Pinkstone. Celle-ci semblait bien trop apaisée pour quelqu'un qui se rendait à Azkaban pour la deuxième fois. Carlotta fit mine de fouiller dans ses poches et redressa une tête désolée :

- Mince, je n'ai pas cent gallions sur moi... Vous ne m'en tiendrez pas rigueur pour le moment ?

Marchbank pinça les lèvres.

- Madame Pinkstone, je ne vous tiens pas en si mauvaise estime malgré vos récurrents passages chez nous, mais votre malice m'agace profondément.

Minerva retint un sourire, remarqué par Pinkstone. La jeune fille détourna le regard.

- Alors comme ça le Ministère prend des stagiaires ? fit Pinkstone en croisant les bras.

Elle planta son regard dans celui de Minerva qui jeta un coup d'œil à sa tutrice. Celle-ci ne bronchant pas, elle songea qu'il lui était possible de répondre.

- Je ne suis pas stagiaire, je travaille ici.

Pinkstone fit une mine désolée.

- Oh, que c'est triste.

- Pinkstone, soupira Marchbank.

L'inculpée ouvrit ses grands yeux, qui semblaient avoir perdu en éclat et prenait une teinte plus sombre. Minerva tiqua. Pinkstone avait dû faire preuve d'un sortilège pour changer la couleur de ses yeux, car le vert ressortait drôlement sur sa peau mate. Elle remarqua sa réaction.

- Ah, tu serais bien gentille de me remettre des yeux verts, je te prie, pour mon entrée à Azkaban.

- Hors de question, refusa Marchbank. Nous sommes arrivées.

L'ascenseur s'ouvrit sur un autre couloir un peu plus éclairé mais qui ne donnait que sur une unique pièce ouverte et un âtre de cheminée sans cendre, sans flamme, juste fermée par une herse.

- Attendez ici, ordonna Marchbank avant d'entrer dans l'unique pièce et de refermer à moitié la porte derrière elle.

Minerva, mal à l'aise, mit la main dans sa poche, où elle tâta sa baguette. Puis elle se sentit ridicule. Pinkstone avait juste enfreint le Code international magique, pas assassiné quelqu'un.

Pinkstone bailla ouvertement et s'étira. Abasourdie, Minerva finit par demander :

- Ça ne vous fait rien d'y retourner ?

Carlotta parut surprise qu'elle lui adresse la parole.

- Ce ne sont que deux mois, voyons.

- Deux mois à Azkaban, ajouta Minerva tout en frissonnant.

Carlotta rit légèrement :

-Vous croyez qu'ils vont me mettre des détraqueurs devant ma cellule ? Le sous-sol 8, c'est pour les crimes mineurs, c'est une prison comme une autre. Certes, l'endroit n'est pas joyeux mais cela me donnera du temps pour préparer un nouveau coup.

Minerva papillonna des yeux.

-Vous allez continuer ?

- Bien sûr.

- Et vous me le dites ?

- Qu'est-ce que vous allez bien pouvoir me faire ? rit Pinkstone.

Minerva se sentit un peu vexée, mais son interlocutrice n'avait pas forcément tort. Elle haussa les épaules et retomba dans le silence.

Pinkstone s'approcha d'elle d'une démarche taquine et se positionna à côté. Minerva se décala légèrement mais Pinkstone la suivit, alors Minerva lâcha l'affaire, comme à peu près tout le monde au sein de l'hémicycle. Il y avait quelque chose chez Pinkstone qui l'amusait, au fond.

- Pourquoi vous faites cela ? demanda-t-elle, incapable de ne pas satisfaire sa curiosité.

- Pourquoi ne pas le faire ? répliqua Carlotta.

- Cela ne répond pas à ma question.

- Je crois que si. Pourquoi ne pas normaliser nos relations avec les moldus ? Le dernier barrage pour les sorciers et sorcières comme vous, c'est la peur de l'Autre.

- Ne me mettez pas dans le même panier que Maître Flint. Mon père moldu connaît l'existence de la magie et mon...

Elle s'arrêta. Son quoi ? Son voisin ? Son ex-fiancé ? Elle détourna le regard et Pinkstone prit un air curieux.

- Tiens donc ? Et comment cela s'est passé avec votre père ?

- Mal, répondit Minerva sans savoir pourquoi elle lui avouait cela. Parce qu'il l'a découvert de manière violente, un peu comme vous quand vous forcez la magie dans la vie de moldus qui ne sont pas prêts à la recevoir.

Pinkstone se renfrogna.

- Je fais tout cela pour notre communauté, vous savez. Les sorciers sont destinés à disparaître si nous ne mélangeons pas les sangs. Une grande majorité d'entre nous est de sang-mêlé. Mon père est né-moldu et noir, ma mère est sorcière et blanche. Le monde n'a pas explosé, si ?

Minerva haussa les épaules. Selon elle, il y avait des manières de faire. Tout aurait été plus simple pour sa mère, pour son père et pour elle-même si les moldus et les sorciers vivaient en cohésion. Mais certains des actes de Pinkstone auraient pu mener à des mouvements de panique. En outre, cela banalisait l'usage du sortilège d'Oubliettes. Elle s'imagina en tant que moldu et avoir constamment des sorciers décider d'effacer la mémoire d'autrui voire la sienne, et cela la révolta.

-Un jour vous finirez à Azkaban pour plusieurs années, fit Minerva.

- Oh, une menace ?

Minerva secoua la tête. Elle n'aimait pas les manières d'agir de Pinkstone, mais au fond de son cœur, elle adhérait à cette idée de monde où les deux communautés cohabitaient. Deux forces radicales se trouvaient déjà sur le terrain, incarnées d'un côté par Flint, de l'autre par Pinkstone. Pour trouver un équilibre, ces deux forces étaient nécessaires. Mais qui auraient le courage de mener un combat aussi long, fastidieux et rejeté par la majorité ?

- Je ne risque rien, vous savez, continua Pinkstone.

- Parce que votre mère est cheffe du département des accidents et catastrophes magiques ?

Pinkstone fit un clin d'œil.

- Et je suis la seule petite fille du Mugwump Suprême de la Confédération Internationale.

Minerva écarquilla des yeux. Le Mugwump était le dirigeant de la Confédération, choisi tous les 6 ans. C'était cette confédération qui avait instauré le Code International magique en 1692, demandant à chaque Ministère de décider par eux-mêmes de la façon dont ils souhaitaient dissimuler leur communauté magique aux yeux des moldus. Si la mère de Pinkstone décidait de révéler les institutions telles que le Ministère, Poudlard ou encore le chemin de Traverse, la Confédération imposerait de sanctions immensément lourdes au Ministère britannique. Pas étonnant que la ministre Tuft ait plaidé pour une sanction légère.

- C'est du chantage, releva Minerva.

Pinkstone sourit.

-Bien sûr. Vous comprendrez rapidement que la Confédération, le Ministère... tous sont corrompus jusqu'à la moelle. Si vous voulez rester ici, adhérez-y, ou utilisez-le pour votre propre intérêt.

- C'est ce que vous avez décidé de faire.

Marchbank apparut à nouveau, un dossier dans les mains. Minerva se demanda si elle avait entendu toute la conversation. Si c'était le cas, elle n'avait pas tenté de les faire taire.

- Allons-y. Minerva, tu peux retourner dans le bureau. Je te remercie.

Minerva acquiesça et jeta un coup d'œil à Pinkstone qui haussa un sourcil.

- A vous de choisir ce que vous préférez faire... Minerva.

Et elle lui tourna le dos et suivit docilement Marchbank. Minerva l'observa un instant avant de sortir sa baguette et de la pointer sur elle. Carlotta eut un mouvement de surprise en sentant le sortilège l'atteindre et elle tourna la tête un instant. Son œil à nouveau vert étincelant lui fit un dernier clin d'œil avant qu'elle ne se positionne avec Marchbank derrière la herse qui s'abattit devant elles. Elles disparurent sans un bruit et Minerva se retrouva seule, dans un couloir froid du Ministère.
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