Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

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MaudValdez

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Re: Concours "Un jour à..." Cinquième mois : Octobre 2011

Message par MaudValdez »

Un jour à Bruges...

Un mauvais pressentiment, une histoire veut se frayer un passage à travers mon esprit. Et la barrière que j’ai construite autour de mes souvenirs pour y échapper est inutile.
Echapper. Echapper ou pour me cacher derrière un masque.
Une histoire vraie, vécue et marquée au fer rouge.
« Je ne veux pas me souvenir. »

« C’était peut-être un mercredi ou bien un vendredi, tout ce dont je me rappelle c’était le goût du vent salé ébouriffant mes cheveux et asséchant mes lèvres. Et aussi les cris des oiseaux au-dessus du Beffroi, ou bien le bruit de l’eau dans les rues de la Venise du nord. La Venise du nord ? Bruges !
Je pris photos sur photos, mitraillant tous : les églises, l’hôtel de ville, les passants et le Beffroi. Le Beffroi, l’énorme bâtisse d’où l’on pouvait observer toute la ville. Je finis par me désaltérer au café du coin mais avec mon accent liégeois à couper au couteau je me fis à peine comprendre par le serveur.
Je lui servis un joyeux :
-Dag, meneer. (Bonjour, monsieur)
-Que voulez-vous prendre mademoiselle ?, me répondit-il en français.
Comme quoi parler ou pas le néerlandais, ça ne servait à rien en Flandres. Je lui commandais un chocolat chaud. Un peu de chaleur avec ce vent froid, c’était le bonheur. Le serveur réapparut avec la boisson, je la lui pris et la dégusta avec lenteur, de peur de me brûler la langue. Un délice…
Toute revigorée et les joues rouges de froid, je payai et partis à l’aventure, prête à découvrir les secrets de ma vie. »

Une inspiration, deux, trois… Mon souffle se coupe, je reprends mes esprits, glisse un regard vers une photo. De moi, il y a deux ans. J’avais dix-huit ans. Rousse d’un doré presque or, les yeux verts soulignés de lignes bleus, une ossature frêle. Fragile et Faible, deux mots pour me définir. Mais ces deux adjectifs n’étaient que mensonges…avant, maintenant j’en suis moins sûre.
Faible. Faible et fragile mais peut-être forte.

« Je crus arriver à bon port, un marchand m’avait affirmé que ce chemin menait au « Lekker » ou plutôt au « Délicieux », une taverne où mes parents se sont rencontrés. Comme quoi, tous les chemins ne mènent pas à Rome ou au « Lekker ». Les rues disparates s’arrêtaient n’importe où et réapparaissaient sans indications, un vrai maelstrom.
Je finis après quelques heures de recherches infructueuses à trouver la taverne. Elle aurait bien eu besoin d’un coup de peinture sur celle d’origine qui s’écaillait. Un panneau où il était inscrit le nom du bar battait contre le mur au gré du vent. Je me suis posé un tas de questions tels que : « Ma mère et mon père se sont-ils vraiment rencontrés là, ou n’est-ce qu’un mensonge de plus ? Après tout, la bâtarde que j’étais ne signifiait rien pour mon beau-père et ma mère. Et quand j’avais demandé à cette dernière où je pouvais le retrouvé. Elle m’a demandé les yeux de qui je voulais parler. Je lui ai dit : « Mon père, mon vrai père. ». Elle m’a observé quelques minutes puis a commencé à crier, à hurler. Mais j’avais l’habitude, elle s’est calmé et m’a donné la ville, le bar et ensuite un prénom : Lucas.
On ne peut pas dire que ça m’ait beaucoup aidé. Mais c’est mieux que rien…
Je poussai la porte, une odeur de tabac, d’alcool et de renfermé atteignit mes narines. Comparé à l’air de la ville pourtant déjà bien pollué, l’intérieur empestait très fort. Je regardai autour de moi, et remarquai que tous les regards des hommes c’étaient tournés vers moi. Je relevai mon menton d’un air fier et m’approchai du bar. Je regardai le barman qui les yeux à peine entrouvert semblait fatigué.
-Que puis-je faire pour vous, Mademoiselle ?
-Je cherche un certain Lucas. Peut-être pourrez-vous m’aidez, répondis-je avec le sourire.
L’homme regarda autour de lui en prononçant quelques jurons en néerlandais. Puis cria :
-Lucas !!!!
Un homme d’une quarantaine d’années se releva du tabouret sur lequel il était assis et s’avança.
Il avait des cheveux roux, des yeux verts semblables aux miens, je reconnu mon nez fin et mes yeux rapprochés dans son visage. Mais il semblait lasse, fatigué comme si il en avait trop bavé dans la vie et qu’il était au bout du rouleau.
-Oui, c’est pourquoi ?, demanda-t-il d’une douce voix. »

Non. Non, pas ça. Pas ça, plus jamais. Je ne me reconnais plus, je suis fragile et faible. Je ne l’étais pas avant mais maintenant oui. Je suis ce que ma mère et mon beau-père veulent que je sois parce que je n’ai pas eu le courage.
Peur. Peur et courage. Non, je ne peux être qu’une chose, une petite chose. Peur avec courage mais pas courage sans peur.

« Je le regardai pendant de longues minutes, le détaillant, essayant de voir qui il était, son caractère, son identité. Mais en le regardant dans les yeux, je vis une liberté que je convoitais par-dessus tout. Mon père avait eu sa liberté, une liberté que je n’avais pu qu’observer et imaginer. Il était seul mais moi aussi. Sans personne. Alors, je lui dis :
-Je vous connais ou plutôt ma mère vous connaissait.
-Ta mère et comment se nomme-t-elle, petite.
Ma mère ne lui a jamais donné son nom mais je le dis quand même.
-Je ne la connais pas, répondit-il l’air désolé.
-Ce n’est pas grave, ajoutai-je en fermant les yeux de douleur.
Il ne la connaissait pas… Il ne savait pas que j’existais, je n’étais rien pour lui… A peine une jeune fille croisée au bout de la rue, chez le marchand de journaux… Rien. Rien… Je me retournai et ouvris la porte quand un léger poids sur mon épaule m’immobilisa. Mon père ou plutôt Lucas.
-Ta mère est-elle une blonde aux yeux bleus ?, demanda-t-il en laissant sa main.
-Oui, pourquoi ?
-Parce que j’en ai connu une un soir lorsque j’avais 20 ans, un beau brin de fille et tu as le même charisme qu’elle, ajouta-t-il en souriant.
-Merci, lui dis-je. On ne se connait pas mais merci.
-Elle va bien, n’est-ce pas ?
-Oui, mariée avec quelqu’un de riche, comblée de cadeaux et de bijoux.
-Mais et ton père ?
-Je ne le connais pas, dis-je énigmatique. Bonsoir.
-Au revoir, alors, dit-il avec inquiétude.
Et je sortis avec mes larmes parsemant mon visage de traînées argentées. »

Douleur. Mort et douleur. Pleurs, difficultés de survivre. Ne pas vivre. Survivre. Respirer. Se nourrir. Mais je ne sais pas vivre.
Le téléphone sonne et je décroche malgré ma voix enrouée de pleurs, de douleur. Je n’ai pas de père.
-Allo, je murmure.
-Je suis bien chez Mlle Simon ?, demanda une voix familière.
-Oui, c’est pourquoi.
-J’ai essayé de vous recherchez par tous les moyens et maintenant que je vous ai au bout du fil après deux ans vous me demandez : « C’est pourquoi », commencez déjà par me demander mon nom, dit-il la voix tremblante.
-Qui êtes-vous ?, demandai-je complètement perdue.
-C’est Lucas, ton père.

Maud...
Virgile

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Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par Virgile »

Le concours est reparti, postez vos textes pour Octobre

Pour rappel on parle d'un jour dans une ville comme expliqué: ici
Sweet_candy

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par Sweet_candy »

Un jour à New York

Manhattan, 20 heures. Une cascade de lumières envahit chaque artère et illumine comme par enchantement tours effilées et imposants buildings. Les soubresauts des marteaux piqueurs se dissipent doucement au milieu des sirènes de police.
Cinquième avenue. La plus célèbre de la ville. Lieu où se mêlent aisément exubérance des magasins de mode, insolence des galeries d’avant-garde et ambiance feutrée des salons de thé, comme l’East River niché sous arcades.
Boutique chic. Dans la vitrine, se reflète un interminable gratte-ciel, symbole de la ville dans toute sa puissance : puissance dans la pierre, le fer et le verre. Et ces passants qui vont et viennent sans vraiment la voir, elle derrière cette vitrine. De multiples projecteurs l’éclairent afin de mettre en valeur la tenue en vogue qu’elle porte, bustier perlé et paréo multicolore, tendance brésilienne. Mais elle que tout le monde peut voir... Elle, que personne ne regarde vraiment.
Les halogènes de l’estrade s’éteignent soudain. Elle se retrouve seule à nouveau comme chaque soir. Et demain encore, des visages inconnus porteront sur son corps des regards envieux, pervers ou désinvoltes. Et ces imposants murs de béton qui sont toujours là devant elle, elle qui dans sa petite tenue estivale se verrait bien ailleurs, au soleil. Pourquoi pas à Rio, la Cidade Maravilhosa, la cité que l’on dit merveilleuse...

Carnaval de Rio de Janeiro. C’est ici que bat le cœur du pays, où s’embrasent les passions, où s’enflamment les corps. Des femmes enivrantes couvertes de paillettes se déhanchent avec indécence sur des airs de samba. Elles sont bulles de champagne pétillant dans l’étouffante chaleur nocturne. Les superbes cariocas au teint caramel enlacent des hommes aux muscles apparents. Enrubannés d’étoffes rouges, ils exhibent leur corps sans pudeur. Folie de couleurs flamboyantes et de mouvement. La sensualité et l’extravagance sont à l’honneur. Au loin, des chars fleuris font l’effet d’une peinture pointilliste. Danseurs et spectateurs sont ensorcelés. La fièvre monte comme ces éclats de rubis ou cette poudre d’émeraude dans le ciel diamanté. Féerie de lumières, rythmes endiablés, c’est l’effervescence à Rio de Janeiro.
Et l’on oublie cette femme assise au bord d’une margelle à l’écart de la fête. Elle n’a pas oublié ces jours d’antan où elle savait rire et danser. Mais ce temps est bien loin. Aujourd’hui, le spectacle a changé... Exclusion, maladie, indigence, ennui sont les images en surimpression de cette favela où elle tente de survivre.
Les yeux rivés vers le ciel multicolore, elle perçoit un murmure. Cette étoile là-bas lui parle. Elle l’entend. Elle entend une voix qui la rassure et lui insuffle courage. Son ange gardien sans doute...

Ville fantôme d’Iran. Une jeune femme voilée marche seule dans le froid de l’aurore. Elle est attirée par ce rayon lumineux à l’horizon. Plus elle avance, plus cet astre dans le lointain devient étincelant... Étrangement, il semble la guider dans ce paysage austère où n’est que chaos de cendre et de poussière. Des traînées noirâtres et carminées donnent de légères teintes à cette morne fresque. Vestiges de la guerre, des derniers bombardements : là des immeubles en ruine, là un puits asséché... Allégorie de la désolation.
Elle sait que l’Autre, sa moitié l’attend au bout de ce long chemin. L’aventurière doit préserver ses forces pour accomplir ce fastidieux périple. Alors, elle s’assoit au milieu de ce désert de sable. Elle se remémore... Elle se souvient de ce que le temps a effacé. Elle ferme les paupières. Odeurs de myrrhes et d’épices dans les ruelles sinueuses, parfum d’encens, victuailles à foison sur les marchés, rires d’enfants, joie et complicité dans les foyers... Lentement, elle se met à tracer des lignes dans le sable, puis des formes de plus en plus précises. Elle pense à lui dans cette ville là-bas au sud, lui qu’elle va bientôt rejoindre. Dans le sable, des yeux se dessinent, un nez, un sourire... Image éphémère que le souffle du vent effacera et distillera dans le désert.

Paris, Musée du Louvre. C’est ce même regard que tant de gens venus de tous les coins du monde continuent d’admirer. La Sublime est là, derrière cette cage de verre qui aujourd’hui la protège. Ces hommes et ces femmes qui la contemplent, elle ne les compte plus... Fière de ne pas vieillir, fière d’être toujours aussi belle, elle est l’harmonie même des temps entre eux, la Beauté éternelle perpétuée depuis des siècles. Tout passe et rien ne change... L’Art se nourrit des esquisses du passé que les hommes des cités se sont échangées.
Divine Muse, te souviens-tu des rues de Florence ou de Venise à l’époque de ton créateur ? Venise, mythique cité lagunaire. Venise, ville-tableau que les plus grands artistes ont célébrée.
Venise et ses labyrinthes de canaux, ses lacis de ruelles et ses ponts comme des bras étreignant un corps fragile. Grande Venise. Venise éternelle. Tu lui ressembles un peu. Passent les années et toi sur cette toile, tu es toujours là, semblable à la pierre : empreinte du passé et témoin de notre Histoire.
Même figée dans les aplats de couleur, tu parais plus vivante que cette enfant au teint de lait qui te regarde. La fillette ne bouge pas. Le tableau exerce sur elle une mystérieuse fascination. Une force indicible l’attire. Percer le secret de ces grands yeux sombres...
Soudain, le temps s’arrête. L’enfant est hypnotisée. Les regards se croisent. Étrange osmose. Les grands yeux en disent long. Des siècles à raconter... avec leurs drames, leurs tragédies, leurs histoires d’amour, leurs inventions, leurs symphonies fantastiques, leurs combats et leurs victoires...

New York, East River. Au fond de l’élégant salon orné de corniches en arabesque, une femme est assise seule. Sa silhouette gracile se détache comme par luminescence du mur tapissé de velours pourpre. Ses mains diaphanes reposent délicatement une tasse de café d’où s’échappent d’infimes nuages de vapeur. Le léger tintement de porcelaine s’évanouit au fil d’une douce mélopée jouée par un pianiste inconnu.
Là-bas, un couple. Amoureux certainement. La jeune femme les observe. Elle les envie. Elle lit dans leur regard une complicité et une communion qu’elle n’a jamais ressenties avec quiconque. Si, une fois peut-être. C’était il y a longtemps lorsqu’elle était petite fille. Oui, elle se souvient de ces salles baignées de couleur, de ces cadres dorés et de ces grands yeux bruns emplis de mystère. Ces yeux, elle était restée des heures à les contempler. Elle s’y était noyée comme la terre s’abreuve d’eau en saison des crues...
Dans la tasse, la mousse de crème onctueuse continue de tournoyer. Au gré des ondulations, des images miroitantes apparaissent successivement. Souvenirs d’enfant, fantasmes d’adolescente, rêves de femme... Elle ferme les paupières et se laisse bercer par la mélodie d’ambiance. Elle imagine. Paris, le café du Flore. Début du siècle. On s’attable le temps d’un noir corsé ou d’un roman. Le Flore. Aire de vie chaleureuse où célébrités et illustres inconnus se côtoient. Rencontres surréalistes... Apollinaire... Prévert...
Un courant d’air frais caresse les cheveux de la jeune femme, coupant court à ses rêveries poétiques et la ramenant subitement au présent en plein cœur de la démesure urbaine.
Manhattan et ses perspectives des enfilades décalées. Manhattan et ses transparences de verre. Manhattan et ses gigantesques édifices de béton... Elle se sent fragile et seule tout à coup au milieu de tant d’ampleur.
Elle lève les yeux et regarde les murs décorés : des peintures réalistes, des moulures en stuc et des miroirs qui reflètent son visage sous différents angles. Elle n’aime pas son profil, ses joues creuses comme déjà usées par le temps, ces joues si rebondies quand elle était petite et qui lui donnaient une mine radieuse. De lassitude, elle dirige alors son regard vers l’extérieur, vers cette grande avenue où se déclinent tous les modèles d’architecture contemporaine. Et ces taxis, ces passants qui vont et viennent sans arrêt. Tant d’agitation lui donne le tournis. Elle soupire.
Elle a l’impression soudaine que quelqu’un la regarde. Non, il n’y a personne autour d’elle. Dehors, peut-être ? Instinctivement, elle porte ses yeux vers une devanture d’un magasin de mode. Ce mannequin immobile là en face, derrière la vitrine... Stoïque, on dirait qu’il la regarde. Etrange. En observant cette vulgaire silhouette de plastique, la jeune femme a comme des frissons : les mêmes yeux, les mêmes cheveux et surtout cette même expression sur le visage, le masque de la mélancolie... Elle croit voir le reflet d’elle-même. Indescriptible sensation. Elle est rassurée. Curieusement, elle ne se sent plus seule.

FIN
Gemin

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par Gemin »

Un jour à … Standbun.

Mon oncle me réveille à grands coups de pieds dans le lit. Je sursaute et manque de tomber à la renverse. Il est déjà reparti lever les autres habitants de la maison. Nous sommes douze en tout à loger dans ce minuscule trou à rat.
J’enfile en vitesse mon seul survêtement que je possède. C’est mon oncle qui l’a déniché dans une décharge à côté de chez nous. Je n’en reviens toujours pas qu’il me l’ai donné. A l’époque, il n’était presque pas usé. Aujourd’hui, il est couvert de suie due à l’épaisse fumée toxique de l’usine. Le survêtement appartenait sûrement à un des enfants riches qui habite de l’autre côté de la ville.
Je me lève avant que mon oncle me bote encore les fesses. Je jette un coup d’œil dans le placard qui nous sert de garde-manger, s’il y a quelque chose à se mettre sous la dent.
Comme toujours, il n’y a rien. J’espère que ce soir, mon oncle et mes cousines rapporteront quelques denrées. Je sors de la maison et je traverse les rues sales et étroites qui se situent sur le chemin de l’usine de Standbun.
Toute la maisonnée y est déjà partie sans m’avoir attendu. Ai-je dormi tant que ça ? Je regarde la grosse et imposante horloge en or massif exposée à l’entrée du quartier des fortunés, comme on l’appelle aujourd’hui : 4h55. Mon cœur rate un battement. Je me mets à courir aussi vite que je le peux, bousculant plusieurs passants et récoltant quelques insultes.
J’arrive à la porte de l’usine où un bon nombre de marchants ambulants peinent à gagner assez d’argent pour se nourrir. J’entre dans l’immense bâtiment puant l’essence et le plastique et je me faufile à travers les corridors en espérant ne pas être vu. Pour une fois, ma petite taille est utile et même dans le cas présent, vitale. Si quelqu’un m’attrape avec un tel retard, je serai renvoyée. Et si je n’ai pas de travail, mon oncle ne pourra plus me garder chez lui. Déjà qu’il a bien du mal à tous nous loger. Je serai à la rue, livrée à moi-même sans travail…
Je frissonne. Quelle idée d’avoir pensé ça. Maintenant j’ai une boule à l’estomac. Je pousse la grosse porte où je travaille quotidiennement. De l’épaisse fumée et une odeur opaque s’échappe de la pièce. Je tousse une ou deux fois lorsque les poussières pénètrent dans mes narines. Décidément, je ne m’y habituerai jamais. J’entre dans la grande pièce principale et rampe à quatre pattes pour ne pas être vu jusqu’à mon poste de travail. Je pousse un soupir de soulagement, personne ne s’est aperçu de mon absence. Je me pose et commence mon dur labeur que je quitterai quinze heures plus tard.
eclairdu87

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par eclairdu87 »

Un jour à :

Un jour à Massilia

Un jour Protis, roi de la cité de Phocée, fût contraint, par l’exiguïté et la maigreur de son espace, de partir s’installer ailleurs.
Il envisagea de partir en bateau vers la Gaule mais rien n’était encore sûr.
Toutes les possibilités furent détaillées mais le roi resta déterminé à déboucher sur la Gaule.

Il mit plusieurs semaines même plusieurs mois à parcourir la Mer Méditerranée. Pendant tout le voyage tous les habitants de la cité, en particulier les paysans affolé de laisser tout le bétail sur place, le questionnaire sur l’endroit où le magnifique navire allait accoster. Mais Protis ne répondit rien et se contenta d’hausser les épaules.
Soudain une grande tornade se leva et commença à faire tanguer le bateau de plus en plus fort. Tout le monde poussa des cris de terreur quand ils virent une immense tornade se formait non loin de là. Protis cria qu’il fallait que tout le monde se mettent à l’abri dans la soute de l’embarcation. Mais le jeune roi, lui, resta sur place pour manœuvrer le navire.
Après plusieurs minutes qui paraissaient interminable il réussi à sortir de la tempête et alla chercher tout le monde dans la soute en les rassurant au passage.

Dès que le bateau aperçut la terre ferme tous les habitants de Phocée hurlèrent de joie. Ils étaient tous très content à l’idée de bientôt savoir où ils allaient arriver. Protis se demanda si le roi du territoire où ils allaient abordé les laissera fonder une ville sur son territoire. Mais il préférait ne pas penser à cette option.

Quelques heures plus tard le navire venait d’arriver sur la côte. Protis se demanda si en fin de compte ce territoire était occupé car il était vide mais juste à ce moment là une personne s’approcha d’eux et parla d’une langue inconnue à Protis. Le jeune roi répondit tout de même avec sa langue qu’ils venaient d’une cité du Monde grec. La personne lui demanda d’un signe de tête de le suivre avec toute sa troupe.
Après une bonne demi-heure de marche ils aperçurent de grandes fondations avec un étages chacune. L’habitant de cette tribu les mena vers un chapiteau qui était destiné aux mariages. Dès qu’ils furent rentrés dans la tante ils remarquèrent immédiatement une femme qui s’apprêtait à se marier. Le guide alla informer au roi que leurs visiteurs étaient grec. Dès que le guide eût fini de tout lui raconter, le chef se tourna vers eux et détourna les yeux quelques secondes plus tard.
Il demanda à sa fille Gyptis qui allait se marier de choisir son futur mari et lui offrir l’eau. La jeune femme se tourna à son tour vers les grecs et s’avança vers Protis qui reçu l’eau.
Protis devint très joyeux à l’idée de devenir le gendre du roi.

A la fin de la cérémonie le roi autorisa les grecs à fonder une ville sur son territoire.
Ainsi né Massilia (Marseille).
Corentin17

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par Corentin17 »

Un jour à...New-York

Après avoir rangé succinctement mes bagages dans la chambre, je sors de l'hôtel où le taxi m'a déposé après que j'ai mis pour la première fois pieds à New-York. Le trajet en avion en provenance de Paris volant en direction de la Grosse Pomme m'avait paru durer une éternité. Mais j'y suis enfin !

Appareil photo en main, je compte bien profiter du temps qu'il me reste avant la tomber de la nuit. Nous sommes en plein mois de Juillet, les journées sont longues et chaudes. Un peu trop d'ailleurs, aujourd'hui les rayons du soleils sont étouffants. Je traverse les rues foisonnantes de monde, en prenant soin de photographier les montres de métal qui se profilent de chaque côtés. Symbole de la grandeur de New-York, ils m'écrasent sous le poids de leur hauteur et de leur majesté. J'évite agilement tous les corps d'inconnus venant se frotter au mien dans l'espace réduit des trottoirs qui font pourtant plusieurs mètres de large. J'aurais peut-être dû attendre un peu, avant de partir à l'aventure dans la ville car je suis sans nul doute tombé sur l'heure de pointe. Les voitures se klaxonnent, c'est un immense fouillis sur les routes, je n'ose même traverser la voie goudronnée par peur de me faire emboutir. Mais cela me fascine en même temps.

Je marche depuis presque une demie-heure, je commence à avoir soif. Je prends alors conscience que je n'aurais vraiment pas dû sortir immédiatement dans la jungle de la ville car à part mon appareil photo et une poignée de dollars je n'ai absolument rien. J'achète une bouteille d'eau à un prix indécent, la chaleur de l'été voulant à tout prix me déshydrater. Mon front se perle de sueur et mes mains sont moites. Mais ce n'est pas la température qui va avoir raison de ma soif de découvertes. Je continue alors à marcher tout droit dans les rues au trottoirs noirs de monde de New-York. Je ne sais pas du tout où je vais mais je sais d'où je viens alors je ne m'inquiète pas pour retours.
Je débouche enfin que sur une image que je connais : Time Square. La rue la plus célèbre et la plus animée de New-York, je sens effectivement qu'il y a plus de monde que dans les autres rues déjà bondées de gens pressés marchant à vive allure. Je ne sais absolument plus où donner de la tête, les panneaux publicitaire, les buildings, les enseignes...Tout est fantastique, mon index martèle le « bouton photo » de mon appareil, je capture la moindre parcelle d'image possible. L'éblouissement que j'éprouve me ferait presque oublier la sécheresse de ma ouche qui s'étend dans jusque ma gorge. Presque...je ploie sous la dureté des rayons et j'arrache mes yeux à la contemplation d'un des joyaux de la ville pour m'accorder une gorgée d'eau. L'eau est déjà tiède mais peut importe, je retourne m'enfoncer dans l'univers urbain de Time Square. Les gratte-ciels rivalisant de hauteur défilent sous mes yeux dansant en rythme avec le crépitement de mon appareil photo signalant la capture d'une image, d'un instant, d'un souvenir. C'est un rêve qui devient réalité, et comme tous les rêves il a malheureusement une fin.

Je m'arrache à Time Square, les yeux encore remplis de bouts de rêve. Je ne regarde pas en arrière, au contraire je suis comme les gens à côté de moi, je suis pressé. En effet comme un énième panneau me l'indique encore, je marche en direction de Central Park. Le célèbre espace de verdure au cœur de « la ville qui ne dort jamais », un espace de tranquillité pour les gens pressés dont je fais dorénavant partis. Je cours presque travers les rues, en espérant arriver à mon but en peu de temps. Mais encore une fois la chaleur accablante a raison de moi et m'oblige à ralentir le rythme. Je n'aimerais pas arriver au parc en étant complétement usé et déshydraté. Alors je recommence à marcher tranquillement en faisant durer le temps, j'apprécierai d'autant plus mon arrivée à Central Park.
Et après vingt minutes à prendre mon mal en patience, à marcher sous un soleil de plomb, je suis en vue de Central Park. Des étendues de verdures entrecoupées de lacs et de ponts. Les lacs sont superficiels mais je préfère ne pas y penser. Cet endroit bien que tout aussi fréquenté que les rues de la ville respire le calme et la sérénité. Une bulle de paradis dans l'enfer de béton. Je marche encore, mais cette fois c'est dans de l'herbe que mes pieds trouvent appuis. Quel bonheur ! J'aperçois un lac à une centaine de mètres. Je me pose à son bord sur un banc à l'ombre d'un arbre qui est plus que bienvenue. Il y a des tas d'autres bancs tout occupés, je souris aux gens assis, et il me répondent. Je prends ma deux cent trente-quatrième photos. Mes jambes sont lourdes de cette marche dans les rues denses et ensoleillées de New-York. J'ai très envie de plonger dans les eaux du lac. Mais je dois me retenir car ça ne ce fait pas et surtout je risque une hydrocution. Pour me consoler je bois une autre gorgée, cette fois ci elle est chaude et je manque je la recracher. J'aurais définitivement dû mieux prévoir le coup, je me suis un peu laissé emporté. Mais je ne regrette absolument pas, je suis si bien ici.

Le temps passe néanmoins et le soleil commence doucement à se cacher. La mort dans l'âme je m'apprête à faire le chemin du retour. Tout en sachant que je reviendrais demain.
fashion-girl

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par fashion-girl »

Un jour à Tokyo :

Tokyo 6 juin 2780 une journée comme les autres se préparent pour certain mais une journée différente pour moi. Je me levai et regardas pas la fenêtre, les scitans étaient toujours poster devant chaque tour. J’habite dans la tour numéro 59 au 4e étage. Et les scitans étaient arrivés il y a 60 ans sur notre planète. Ils ont petit à petit envahie la terre. Si je devais les décrire en un mot se serait repoussant. Depuis deux semaines des gardes restent devant chaque tour de notre nouveau monde. La raison de cette surveillance, moi. Ou plutôt nous. Nous sommes un groupe et voulons retrouver notre monde, le monde d'avant. Ou nous avions le droit de faire ce que l'on voulait. Je ne les jamais connus ce monde mais je compte bien le ramener. Notre groupe s'appelle les combattants. Nous ne faisons que dévier leurs plans, détruire leurs matériaux. Mais aujourd'hui nous allons voler leur énergie, sans quoi ils ne peuvent respirer. Ils savent que quelque chose se trame, mais ils ne savent pas quoi et ni qui nous sommes. Ils ne savent pas tout ce que l'on a déjà fait. La bombe est placée elle n'a plus qu'à explosé. Mais nous ne pourrons que le faire ce soir, quand tous les habitants seront à l'abri. Nous allons leur rendre un monde où ils vivront heureux. Cette journée je l'attends depuis que je suis petit, jamais je n'ai pu vivre comme je voulais, jamais je n'ai pu réaliser mes rêves. Mais dans exactement deux heures tout ça sera fini, dans deux heures le monde pourra respirer de nouveau. Quand j'étais petit, je me posais tant de questions, qui ils étaient, pourquoi ils nous faisaient ça. On n'a jamais sur me répondre. Ou on n'a peut-être jamais osé me répondre. Je n'ai toujours pas d'explication et je ne l'aurais surement jamais. J'ai lus tellement de choses dans les livres que mon grand-père avait cachés avant de mourir. Ça parle d'étoiles dans le ciel, d'un soleil qui éclairerait le monde. Et d'une lune qui éclairerais la nuit. De champs remplies de fleurs et d'oiseau chantants autour de nous. Tout ça à exister mais à maintenant disparut. Mais sa reviendra. Nous allons tout devoir reconstruire. Nous allons redonner de la couleur aux maisons, aux villes et aux habitants. Le monde va de nouveau scintiller et nous pourrons enfin entendre les enfants rire. Nous aurons plus à avoir peur, nous n'auront plus à redouter le lendemain. Je regardai mon horloge, plus que 10 minutes. Le couvre feux et passer et tout le monde est rentré. Les scitans n'ont pas bougé. Je vois qu'ils sentent qu'il va se passer quelque chose. Mais jamais ils ne doivent se douter de ce qu’ils les attendent. 5 minutes. Je me prépare je sais que les autres sont près nous devons tous appuyer en même temps sur un bouton. 4 minutes ma gorge se noue, je pense à ma famille à tous mes amis qui sont décédés. 3 minutes j'ai promis de les venger, voilà leur vengeance. 2 minutes je souris la vie va enfin être envie d'être vécu. 1 minute je les regarde une dernière fois par la fenêtre et ferme les yeux 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1,0.
titmary027

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par titmary027 »

Un jour à Francheville.

C’était il y a quelques années déjà. C’était une journée particulière. Ce jour-là, avec ma famille, nous vidions la maison de nos grands-parents. Mon grand-père nous avait quitté depuis six ans déjà et ma grand-mère avait fini par acceptée de venir s’installer avec nous.
Je me souviens qu’il faisait très beau, très chaud surtout et qu’il m’était pénible de faire tous les allers retours entre chaque bâtiments.
Je me rappelais les étés ou, avec mes sœurs, nous passions nos après-midi à nous aspergés avec le jet d’eau. Pépé, faussement en colère, nous disait toujours de ne pas gaspiller l’eau et mémé lui répondait qu’il fallait nous laisser nous amuser. Au final, ils finissaient toujours par s’asseoir tous les deux devant la maison et passés des heures à nous regarder nous courir après. Mémé prenait sa laine avec elle, elle avait toujours un vêtement à tricoter ou un pantalon à recoudre, pépé, lui, avait toujours son journal avec lui. Qu’il commentait toujours pour lui-même. Seul nos cris d’enfants venaient perturbés le silence de la campagne.
C’était une époque où tout était simple, je n’étais plus vraiment une petite fille, je n’étais pas non plus une adolescente. Je ne voyais que le côté simple de la vie et tout ce qui n’était pas mon bonheur ne m’intéressait pas.

Lorsque je suis entrée dans la maison, il m’a fallu quelques secondes pour que mes yeux s’habituent à la pénombre qui régnait ici. Mais quel délice de sentir la fraicheur de la maison en pierre venir m’entourait. D’un coup d’œil, j’ai balayée la pièce, mes yeux se sont posés sur chacun des cadres qui étaient accrochés au mur. Le mariage de mes grands-parents, mon père, mes oncles et mes tantes aux différents moments de leur vie, puis chacun des petits enfants. Toute une vie accrochée aux murs.
Près de la cheminée, deux fauteuils usaient par le temps, dans lesquels je revoyais comme si c’était hier mon grand-père fumant sa pipe et ma grand-mère, toujours avec un ouvrage de couture sur les genoux. Chaque fois que j’y repense, il ne fait aucun doute qu’ils s’aimaient énormément tous les deux. Et qu’ils avaient toujours étés fait l’un pour l’autre. Et pourtant…

Ma grand-mère avait insistée pour qu’on ramène chez nous la coiffeuse qui lui venait de son grand-père. Il se faisait tard et nous n’allions pas pouvoir finir aujourd’hui. Mon père m’avait demandé d’aller vidé les tiroirs afin de pouvoir la chargée dans le camion. En entrant dans la chambre, j’ai eu comme une petite boule au ventre. Je pénétrais dans la pièce de mes grands-parents, en quelque sorte dans leur intimité et j’en étais un peu gênée. Ici mon père était né, pendant la guerre, pendant que mon grand-père, résistant, se battait pour la liberté, du moins c’est ce que je m’imaginais.
Je me suis dirigée vers la coiffeuse, le miroir me renvoyait mon image. « Tu ressembles tellement à ta grand-mère » me disait toujours pépé. Cela était vrai dans certaines de mes mamies, dans ma façon de bouger et de parler mais physiquement j’avais du mal à me retrouver dans ses traits physique. Je suis aussi blonde que mon père, avec des yeux si bleus qu’on m’a souvent dit qu’il ressemblait à un ciel d’été. Je m’étais souvent demandée d’où venait cette couleur, mes oncles et tantes étaient tous châtains, voir même brun aux yeux verts, un mélange se rapprochant plus du physique de pépé et mémé.
J’ai ouvert le tiroir de droite, j’ai ramassée les bijoux que j’ai délicatement posés dans un petit coffre puis j’ai passée à celui de gauche. C’est alors que, sous mes yeux, est apparue une pile de photos en noir et blanc. Je ne les avait jamais vues. Dessus, apparaissaient des personnes que je ne connaissais pas. Je reconnaissais bien le décor, celui de la ferme où ma grand-mère était née et qu’elle avait quitté après son mariage.
Mais une photo a attirée plus particulièrement mon attention. Sur la photographie, j’ai tout de suite reconnu ma grand-mère, elle devait avoir à peine vingt ans et à côté d’elle, entourant sa taille de son bras gauche, un homme en uniforme allemand. J’ai fixée le regard de cet homme, également très jeune, ou j’ai aussitôt devinée, malgré le noir et blanc de la photo, un regard très clair et des cheveux très blonds. Complétement abasourdie, je me suis assise sur le lit. J’avais le souffle coupée. D’un coup, j’ai perdue pied avec la réalité au point de ne plus entendre les bruits qui m’entouraient.
Cet homme, si jeune, si souriant, ressemblait traits pour traits à mon père. Dès lors j’avais beau me poser toutes les questions possibles il ne faisait aucun doute que cet homme était le père de papa. Je comprenais mieux mes traits physique qui me venait de mon père et que je ne retrouvais ni chez ma grand-mère, ni chez mon grand-père.
Sans vraiment pouvoir les maitrisées, mes larmes ont commencées à couler. D’un coup, ce qui avait fait ma vie m’apparaissaient comme un mensonge, je n’étais plus la petite fille d’un résistant admiré de tous, je devenais la petite fille d’un soldat allemand avec qui, au final, je n’avais en commun que la couleur des yeux et des cheveux.

Tout à mes pensées, je n’avais pas entendue la voiture qui était entrée dans la cour. Mon oncle Charles était arrivé avec son camion afin de nous aider à transporter ce qui devait l’être. Ma grand-mère avait insistée pour l’accompagner et il n’avait pas pu s’y opposer. Un bruit derrière moi m’a fait sursauter. Je me suis retournée et aussitôt mes yeux ont croisés le regard de ma grand-mère.
Elle a regardée les photos puis a soupiré. Elle s’est avancée de son petit pas habituel et s’est assise près de moi. Elle a pris la photo de mes mains et la regardée longuement. Lorsqu’elle a relevée la tête j’ai vu que des larmes brillées aux coins de ses yeux. Puis elle m’a dit « Je sais bien, je sais que je t’ai toujours dit que le mensonge était une chose horrible mais vois-tu, parfois il n’y a pas d’autres moyens ».

Alors elle m’a tout racontée, elle m’a expliquée le début de la guerre, l’exode et le retour en région parisienne à la fin de juin 1940. La réquisition de la ferme familiale et l’obligation de loger des soldats allemands. Elle m’a racontée l’humiliation ressentie par son père à ce moment-là, l’interdiction qu’il lui avait donné, ne jamais adresser la parole aux soldats ennemis. Puis enfin cet homme, ce jeune soldat, Kurt. Son regard aussi bleu que la mer, ces cheveux aussi doré qu’un soleil d’été. Ils s’étaient beaucoup observés au début, de loin, sans jamais s’adresser la parole, parce que c’était interdit, autant de son côté que du sien. Puis un après-midi, en juillet 1941, alors qu’elle était partie se promener au bord de la rivière qui coulait derrière la ferme, ils s’étaient croisés.
Il avait parlé le premier, elle n’avait pas osée répondre. Alors, surement découragé par son silence, il s’était retourné et avait commencé à rebroussé chemin. C’est alors qu’en elle, quelque chose avait cédé, elle pensait à lui depuis plusieurs mois, faisait tout son possible pour le croiser dans la cour de la ferme, juste même l’apercevoir, quelques secondes, lui suffisait pour la faire sourire. Elle lui avait alors priée de rester. Puis leur amour avait grandi, petit à petit, en secret, à l’abri de tout le monde. Son père n’aurait jamais accepté cet amour. Et il était interdit, pour un soldat allemand, d’avoir une relation avec une française. Ils se retrouvaient, dès que possible, dans un endroit où il pouvait s’aimer à l’abri des autres. Cela a duré un peu plus d’un an, pendant lesquels ils avaient refusés de penser à ce qui pouvait arriver demain. Ils ont niés volontairement les différences qui les rattraperaient pourtant un jour ou l’autre.

Un jour, pépé qui s’appelle Pierre, a avouée à ma grand-mère qu’il l’aimait. Depuis qu’il l’avait rencontré, cinq ans plus tôt, alors qu’elle était venue chez sa tante pour les vacances d’été. D’ailleurs, depuis ce jour, il était devenu, pour ma grand-mère, son meilleur ami, mais jamais elle ne l’avait vu autrement qu’avec les yeux de l’amitié. Il l’avait aussitôt demandé en mariage. Mémé, gênée, ne voulant pas le blesser, ne voulant surtout pas perdre son amitié, lui avait dit qu’elle ne pouvait pas se marier pendant une telle période. « Qui aimerait se marier en pleine guerre ? ». Alors pépé lui avait dit qu’il attendrait, que la guerre soit fini, qu’elle soit prête car l’amour qu’il avait pour elle était si fort, que rien ne pourrait jamais le ternir.

Un jour de l’été 1942, une lettre est arrivée à la kommandantur qui se trouvait dans la ville voisine. Dénonçant la relation qui liait ma grand-mère et Kurt. Plusieurs années après la guerre, Annie, l’amie d’enfance de ma grand-mère lui a avouée que c’était elle qui avait écrit cette lettre, la raison été simple. Annie était amoureuse de Kurt et elle n’avait pas supportée qu’il est donné son amour à ma grand-mère. Trois semaines plus tard, Kurt partait pour le front Russe. Avant son départ ma grand-mère a appris qu’elle était enceinte. Elle a juste eu le temps de lui apprendre cette grossesse avant son départ. Il lui a juré de revenir la chercher, elle et leur enfant, de ne jamais les abandonner.

Lorsque son père a appris sa grossesse, il est entré dans une grande colère. Il lui a dit qu’il avait honte d’elle, qu’elle s’était comportée comme une trainée. Cela m’a tellement blessée d’entendre ça. Je pleurais en silence, parfois mes yeux étaient tellement emplis de larmes que je ne voyais plus rien. Il lui a dit qu’il ne l’a chasserait pas de sa maison, car un père ne fait pas ça mais qu’il ne lui adresserait plus jamais la parole. Et c’est ce qu’il a fait, pendant plusieurs années, même après son mariage avec pépé. Elle m’a dit qu’elle en avait énormément souffert.
Puis le 28 avril 1943, mon père est né. C’était une belle journée m’a dit ma grand-mère. Le soleil chauffait à nouveau après un hiver long et difficile, où ils avaient tous souffert du froid et de la faim.
Quelques jours après son accouchement, pépé est venu la voir. Elle ne savait quoi lui dire. Elle avait honte de lui avoir donnée de faux espoirs mais elle n’avait pas su comment lui expliquée, et puis elle ne pouvait pas lui dire, c’était interdit. Puis il était parti, pour échapper au STO, elle avait cru à tort, qu’il ne reviendrait pas aussi vite. Mais lui, après avoir appris sa grossesse, avait refusé de croire que tout s’arrêterait comme ça. Il savait au fond de lui-même, qu’ils pourraient s’aimer un jour, qu’elle serait sa femme à lui et aucun autre homme ne lui prendrait.
Mon grand-père lui a dit que cela n’avait pas d’importance pour lui, que cela ne changeait rien à l’amour qu’il avait pour elle et que si, dans le cas ou Kurt ne reviendrait pas ou ne pourrait pas revenir, il s’occuperait d’elle, il aimerait son enfant comme si il était le sien. Il n’a pas évoqué un retour possible de Kurt. Savait-il qu’ils leur seraient, de toute façon, impossible de vivre leur amour ? Mémé s’est souvent posée la question.

Quand la guerre s’est terminée beaucoup de personnes ont eu la sensation de sortir d’un long cauchemar, d’un très long et très affreux cauchemar. Mais pour ma grand-mère, le cauchemar a commencée précisément le jour ou leur ville a été libérée. Un peu avant midi, des hommes sont venus la chercher chez elle, ils l’ont emmenée de force. Ils lui ont dit : « Toi, la putain des Boches, tu viens avec nous ! » Elle était effrayée, elle ne comprenait pas ce qui se passait. Elle a bien essayée de se débattre, mais les hommes l’a tenait avec une telle force qu’elle ne pouvait rien faire. Je savais déjà ce qu’elle allait me raconter, j’en avais souvent entendue parlée. Je lui ai dit ne rien dire, je crois que j’avais trop peur, je ne voulais pas entendre ça mais elle a continuée. C’était comme si elle ne pouvait plus s’arrêter de parler.
Elle a été emmenée, ou plutôt elle a été trainée jusqu’à la place de son village. Là, une foule de gens était rassemblée, les gens criaient des choses qu’elle n’entendait pas très bien car trop effrayée par ce qui lui arrivait. A son passage, des femmes lui tiraient les cheveux, lui lançaient des insultes que cette fois, elle entendait très bien, lui crachaient au visage.
Elle était tellement paniquée qu’elle ne tentait même plus d’échapper à tout ça. Son visage était rempli de larmes. Elle ne faisait que subir ce qui se passait. C’était comme si son âme, soudain, avait quittée son corps et marchée à côté d’elle.
On l’a assise sur une chaise et on a commencée à lui couper ses cheveux, sa belle chevelure toute brune, elle a baissées les yeux mais à quand même vu des mèches tombaient de chaque côté de son corps. Elle a soudain compris qu’on voulait la punir, parce qu’elle avait aimée un soldat allemand. Non en fait, on la punissait parce qu’elle aimait. Car ce n’est pas un soldat ennemi qu’elle aimait, c’était Kurt, son regard couleur de la mer, son visage emplit de bonté, sa tendresse et son attention.
Elle a senti quelque chose de froid sur son crâne, les lames d’une tondeuse qui finissait le travail. Puis on a dessiné une croix gammée sur le dessus de sa tête. Ensuite on l’a soulevée et trainée sur le côté ou d’autres femmes tondues étaient là également.
Puis, au bout de quelques minutes, elle a senti une main agrippée doucement son bras et la tirée vers l’extérieur. Elle a gardée les yeux baissaient mais a compris que quelqu’un l’a ramenée chez elle. Une fois dans la cour, elle a enfin levée les yeux vers la personne qui avait osée la raccompagner, malgré les insultes qui n’avait pas cessées. Elle a aussitôt reconnu Pierre. Il l’a prise dans ces bras et elle a pleurée pendant plusieurs minutes. Lorsqu’ils sont entrés dans la maison, elle a couru dans sa chambre et n’en est pas sortie pendant plusieurs heures. Le lendemain elle a été malade, elle a eu de la fièvre pendant plusieurs jours. Parfois elle reconnaissait la voix de pépé qui lui disait qu’elle devait se battre pour son petit garçon, parce qu’il avait besoin d’elle. Et un matin, elle a compris qu’elle devait reprendre le dessus. Pour son fils, et parce que l’amour qu’elle avait pour Kurt n’avait rien de honteux, bien au contraire, aimé est la plus belle chose qui existe au monde. Je me souviens de ce qu’elle m’a dit : « Aimer c’est magique, ça rend tout plus beau, ça efface les différences, ça gomme les frontières, ça fait même oublier la guerre. »

Quelqu’un a bougé à côté de nous, et seulement à ce moment-là, j’ai compris que mon père et mon oncle étaient là.
Lorsque j’ai levée les yeux vers papa, j’ai tout de suite compris que tout ça n’était pas un secret pour lui.
Ensuite ma grand-mère a évoqué l’enfance de papa, les insultes qu’il avait subi, les moqueries et même souvent la violence. Jusqu’à ce qu’un jour tout s’arrête, comme si rien n’avait jamais existé. Pourquoi. ?
Papa a fait le choix, avec mémé et pépé, de ne jamais rien nous dire. Pour nous protéger, même si, le temps avait passé et que les choses étaient devenues différentes. Aujourd’hui reprocherait-on à une personne d’être la petite fille ou le petit fils d’un Boche ?

Ma grand-mère est décédée il y a deux ans. Elle avait quatre-vingt-dix ans. Quelques mois avant de nous quittée, elle m’a dit : « Je vais mourir sans avoir revu Kurt. Mon unique amour m’a finalement abandonné. » Ces paroles m’ont surprise, moi qui avait longtemps pensée que son seul amour avait été mon grand-père. Devant mon étonnement elle m’a dit : « Bien sûr que j’ai aimée pépé, mais ce n’était pas le même amour, c’était plutôt de la reconnaissance. Il m’a aidée à me relever, à me battre et à tenter toute sa vie de rallumer l’étincelle qui donne à chacun sa raison de vivre ».
J’ai été tellement peinée par son aveu. Je me disais que cela devait être très difficile de faire semblant d’être heureux toute sa vie. Difficile et tellement triste.
Quand elle m’a dit que j’étais, moi aussi, la preuve de leur amour à eux deux, j’ai compris que j’avais un rôle à jouer, une sorte de mission à accomplir. Je lui ai demandée si elle savait où vivait Kurt avant la guerre. Elle m’a dit qu’elle ne savait pas vraiment, qu’elle connaissait seulement le nom de la ville, Tübingen et que c’était près de Stuttgart. Elle m’a donnée sa date de naissance et le nom de son régiment. Après plusieurs semaines d’hésitation, j’ai commencée à faire des recherches. Grâce à une association, j’ai pu obtenir quelques renseignements. L’homme qui m’aidait dans mes recherches m’a téléphonée un soir, il m’a annoncé qu’il avait retrouvé la trace de Kurt. Très âgé, il vivait dans une maison de retraite et était atteint de la maladie d’Alzheimer. Il avait trois enfants dont une fille Rose, l’ainée. Il avait pu la contacter et elle souhaitait me rencontrée ainsi que mon père, son demi-frère. A cette annonce, mon corps s’est mis à trembler. Pour une raison très particulière, Rose est le prénom de ma grand-mère.
Ma grand-mère nous a quittée deux jours plus tard, je n’ai pas pu lui annoncer cette nouvelle. Kurt ne l’a jamais oublié, il n’a pas voulu l’abandonner, il a juste compris que c’était impossible. Il a toujours parlé de Rose Meignant et n’a jamais caché, ni à sa femme, ni à ses enfants qu’elle avait été le seul amour de sa vie.
Lorsque Kurt est décédé, quelques mois après ma grand-mère, j’ai pris la direction de l’Allemagne avec mon père et j’ai rencontrée Rose, la seule enfant de Kurt qui avait acceptée de nous rencontrer.
Là-bas, j’y ai rencontrée Jürgen, un serveur qui travaille dans le restaurant de Rose. Mon cœur a bondit dans ma poitrine quand je l’ai vu et j’ai vite compris que c’était réciproque. Dans quelques mois, Jürgen sera mon mari.
Et malgré le temps qui a passé depuis la fin de la guerre, malgré les mentalités qui ont évolués, je vois toujours dans certains regards que Jürgen, tout comme Kurt n’est pas né du bon côté du Rhin. Mais pour moi, aucunes différences, parce que mémé avait raison, l’amour, ça gomme les frontières.

Mary...
fanny97

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par fanny97 »

Un jour à Verdun,

1er Janvier 1919,minuit.

Trois,deux,un...le sons des cloches du village résonnent enfin. De leur mélodie joyeuse, elle mettent fin au supplice de cette dernière année. Après quatre ans, les années de guerre sont définitivement terminées,enfouies sous terre aux côtés de millions de combattants sacrifiés contre leurs volontés. Pour beaucoup de personnes, cette nouvelle année est un mouvement en plus pour retrouver l'espoir, la joie, le sourire, pour oublier les souvenirs, la mort, le sang. Pour redonner un sens à la vie.
Malheureusement, pour moi, ce soir, les cloches sonnent comme le bruit de pas sur une chaussée de gravier,la nuit est noire et pesante,la chaussée mènent à la porte de sortie des enfers, ma mains tends le bras,comme pour atteindre cette porte en diamant plus vite,mais la porte n'est toujours pas à ma portée, elles s'éloignent à chaque pas et m'enfoncent un peu plus dans les ténèbres. Voilà ce que je ressens ce soir. Je ferme les yeux et je respire profondément l'air plein d'amertume qui s'élève des ruines de mon ancienne demeure. Depuis que je suis rentré du front, aucun jour ne passe sans que je viennes ici, me raviver les bons souvenirs passés, les souvenirs qui m'aident à encore tenir en vie, qui m'aident à me rappeler que les deux personnes que j'aime le plus au monde sont toujours en vie,au plus profond de moi. Cette nuit est différente, elle me chuchote que la guerre ne sera jamais finis, que le démon des souvenirs me hantera jusqu'à la fin de mon existence, que la guerre n'est rien comparées à la plus grande des tristesses, à la plus grande des pertes. Quand un être vous manques tout est dépeuplé, quand deux être vous manques, le monde s'écroule. J'ouvre les yeux, j'ai comme l'impression que tous mes sens sont à l'affût ce soir ; Je distingue le moindre flocon de neige, J'entends le chant des chouettes comme si je l'entendais pour la dernière fois, je sens les caresses de l'herbe sous ma botte trouée... Mon corps est tellement attachés, présent à cet endroit, que j'ai la douce impression de sentir les courants d'air frapper contre ma jambe qui n'existe plus. Pendant de longues minutes, je reste ici à profiter tant que je le peux encore. Le temps passe et je me décide enfin à me poser sur un amas de pierre qui semble être le reste des murs de notre cuisine. Le plus lentement possible, je sors un bout de parchemin puis la plume et l'encre rouge sang. Mes yeux reste fixés sur la plume, « pour mon papa quand il reviendra » est gravé en toute petite lettre sur la longue tige blanche. Mes yeux s'embrument, quand le maire m'avait remis leurs seuls affaires qui ne s'était pas écroulé en même temps que notre maison, j'étais bien trop sous le choque pour les regarder de plus près. Maintenant, je le regrette, si je l'avais su avant, mes mains de trembleraient pas autant à ce moment même. Je prends une grande inspiration, j'essaye de me concentrer et je commence,impassible ;

Ma Adèle d'amour et ma chère petite Élise,

Voilà maintenant quatre ans que je ne passe pas le jour de l'an avec vous. Aujourd'hui les cloches de la cathédrale ne danse pas en rythme avec le bonheur et le battement des cœurs des villageois. Ce qui reste du village est comme une prison. De ma part, le monde est une prison. Vous n'êtes pas avec moi et cela est bien plus épouvantable pour moi que mon uniforme taché du sang de mes camarades, que les obus, que les cadavres verdâtres aux regards encore terrifié,que l'humanité définitivement souillée et tachée.
Je me sens tellement coupable, moi seul aurait dû tomber, j'étais un soldat, un soldat prêt à mourir pour son pays, les gens de l'arrière n'avaient pas à être touchés ! Pendant quatre ans j'ai tenu, pendant quatre hiver j'ai tenu, pendant quatre ans mes pensées étaient toujours les mêmes. Grâce à vous, je suis allé au bout de cette guerre, j'ai tenu pour vous car je savais que vous m'attendiez, ici, à Verdun. Quand le maire nous a parlé de la grande bataille qui avait eu lieu j'ai attendu patiemment l'annonce des morts ; Adèle Madeleine Duval 29 ans et Élise Anna Duval 9 ans. Quand ces deux noms ont franchis les lèvres du maire, le monde s'est arrêté de fonctionner. Je crois que la Lune ne brillera plus et que le Soleil ne réchauffera plus. Plus jamais,jamais,jamais ma vie sera heureuse. Je n'ai plus de vie,car ma vie, c'était vous. Mon monde c'était vous.
En ce moment même,j'injurie le ciel de m'avoir enlever mes deux trésors. Malgrés cela, J’espère encore que d'où vous êtes, vous me regardez, vous prenez toujours soins de moi. Sachez mes amours que je vous aime et je vous aimerez toujours quoi qu'il puisse arriver. Je vous en pris, Attendez moi..

Jack Duval.


Voilà, j'ai finis. Je me lève, je quitte cet endroit. Je commence à marcher sur le chemin de terre sans me retourner, en boitillant à cause de ma jambe en bois, je regarde devant moi, la feuille de parchemin tenu fermement, je me mets en route pour le cimetière.
maryboubou

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par maryboubou »

Un jour à Casablanca

Je vis à Annecy, je fréquente un collège privé. Je ne connais ni la vrai faim, ni la vrai soif et sans me dire riche, je ne me qualifierai pas de pauvre. Mon père répète souvent que j’ai beaucoup de chance de vivre ainsi, de ne pas connaitre la misère. Je le croyais volontiers mais sans trop y réfléchir. C’était trop triste.
L’an dernier, j’ai pris l’avion pour la première fois, moi qui n’avais jamais dépassé la frontière européenne. On a fait une escale à Casablanca ; c’est ce jour-là que j’ai pleinement réalisé la cruauté du monde. Dans les rues déambulaient des gens pieds nus, des femmes aux habits rapiécés portant des bébés sur leur dos, des hommes avec seulement la peau sur les os, des chats tellement maigre et sales qu’on aurait dit des rats. La voiture c’est arrêté. Mon père connait bien l’Afrique mais pas moi, moi je venais de prendre une claque, j’étais retourné.
On était près du port, on voyait la mer. Une petite fille pleurait, elle me semblait porter sur ses frêles épaules tout le poids du monde. Seulement quelques année nous séparait, physiquement j’étais plus vielle ; seulement physiquement.
Je murmurai à l’oreille de mon père :
«- Papa, pourquoi elle pleure ?
-Surement parce que si elle ne vend pas son quota de chewing-gum son employeur la battra. Il est tard, il y a peu de chance qu’elle trouve encore beaucoup d’acheteur.
- Mais on est là nous papa.
-Oui ma chérie, on est là.
Il s’approcha d’elle et lui tendit une pièce, qui dans ma ville natal ne m’aurait pas payé grand-chose, voire rien du tout. Son visage s’illumina d’un sourire innocent, la peur fit place au soulagement, elle rit et insista pour nous offrir un deuxième paquet. La meilleure sucrerie de ma vie. Je ne pensai pas à l’effet néfastes que ce chewing-gum aurait sur mon tout nouveau appareil dentaire ni au fait que ça faisait grossir. Non; je ne pensai à rien de tout ça. J’avais empêché à une pauvre fillette de souffrir et ça me suffisait. On est remonté dans le taxi, papa souriait encore, il n’était pas le seul.
legolas

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par legolas »

Un jour à… La Havane.

Automne 2045

Le jet privé noir, rutilant, se posa doucement sur le tarmac après avoir survolé l’avenue du Malecon qui borde La Havane, capitale de Cuba, mon pays natal. Cela faisait désormais trente ans que je n’y avait pas mis les pieds. Un étrange sentiment mêlé de nostalgie et de crainte s’insinuait en moi.
Malgré la saison automnale, la chaleur était sévère et lourde d’humidité. Le ciel brillait d’un bleu limpide, d’un bleu qu’on voyait rarement au-dessus des gratte-ciels parisiens. Pourtant, c’était là-bas que j’avais trouvé ma voie.
Il y a trente ans, la vie cubaine à La Havane me paraissait dénuée du moindre avenir. Je ne sortais que très rarement, les autres jeunes de mon âge me méprisaient, et je passais mes journées entières à travailler pour aider mon père et ma mère. Comme logis personnel, je n’avais qu’une maigre mansarde qui me servait de chambre, au mobilier lapidaire et au plancher grinçant. Pour vivre, nous n’avions qu’une maigre plantation d’avocats, que nous allions vendre, mon père et moi, tout les matins au marché pour avoir de quoi subsister chichement. A l’âge de quinze ans, sans amis, sans aucune culture, je me sentais haï de tous, en particulier de mon père et de ma mère. Réalisant que je n’avais aucun avenir sur cette terre qui me semblait maudite, je pris clandestinement un avion. Il m’amena en France. La vie à Cuba m’avait beaucoup appris, je sus me débrouiller très vite dans ce nouvel environnement. Suivre des cours à la faculté ne fut pas un obstacle insurmontable pour moi. Je finis par ouvrir un petit cabinet de psychologie non officiel dans la banlieue parisienne. Celui-ci devint lentement populaire par le bouche-à-oreille. Aujourd’hui encore, je n’arrivais pas à réaliser la chance que j’avais eue. J’avais traversé des moments difficiles, franchis des étapes éprouvantes, mais maintenant j’étais là, entier, et je m’apprêtais à rendre visite à mes parents que j’avais fuis il y a trente ans de cela.
Finalement, c’était peut être ça le destin. La grande roue de la vie nous ramenant sans cesse vers le passé, notre passé, tel le ressac des vagues ramenant incessamment son écume sur le rivage.
Je m’avançais presque machinalement vers le centre de la Havane. Un inquiétant silence y régnait. Aucun bruit ne parvenait à mes oreilles, comme si la ville entière s’était endormie. Comment cela était-il possible ?
Inexorablement, au fur et à mesure que j’avançais, une peur indicible me gagna. Je ne sus d’où elle venait, ni qui elle était, mais elle s’accrocha à moi comme une sangsue sur ma peau.
Lorsque j’atteignis les premiers immeubles, je constatais, à mon grand désarroi, que les rues étaient entièrement vides. Rien n’avait changé, mais je ne reconnaissais plus ma ville. Les immeubles, délabrés pour la plupart, étaient toujours là, mais il manquait l’essentiel.
Où était donc passé l’agitation tumultueuse et joyeuse des rues ? Qu’étaient devenues les antiques voitures qui lâchaient sans cesse une fumée âcre de leur pot d’échappement ? Où se trouvaient les enfants qui s’amusaient ensemble au milieu des ruelles? Qu’étaient devenues les senteurs exotiques et parfumées de la ville, ma ville ?
En regardant attentivement sur la façade des bâtiments, je remarquais que certains étaient criblés par des marques de balles. Un frisson imperceptible me parcourut l’échine. Comment pouvais-je expliquer la raison de ce phénomène totalement absurde ?
Soudain, je remarquais au bout de la rue un homme torse nu qui errait, seul, tel un spectre tombé dans l’oubli. Sentant les battements de mon cœur doubler de cadence, je le hélais.
- Senior !
Il se retourna brusquement, me dévisagea avec horreur et détala à toutes jambes. D’abord stupéfait par sa réaction, je restai prostré, incapable du moindre mouvement, puis, réalisant qu’il était sans doute ma seule chance d’y voir plus clair dans cette sombre situation, je me mis à courir le plus vite possible pour essayer de le rattraper. A peine cent mètres plus loin, il avait déjà disparu de mon champ de vision.
Je poussai un juron. Mais que se passait-il donc ici ?
Cette totale incompréhension me plongea dans une colère sourde et dans une angoisse incontrôlable. Je me mis à tambouriner à toutes les portes comme un possédé, dans l’espoir d’une réponse.
Alors que je m’apprêtais à cogner à la porte d’une petite maison, une vieille dame ouvrit sa porte, me tira fortement par le bras à l’intérieur de sa maison et poussa sa porte d’un violent coup de pied. Elle se mit à me sermonner comme elle l’eût fait à son propre enfant, dans un espagnol hâtif et compliqué. Voici à peu près ce que je compris :
- Vous êtes fou de faire autant de bruit ? Vous voulez ameuter tous les mercenaires pour qu’ils vous attrapent ? Non mais ça alors, la jeunesse ! Et les autres gens, vous y pensez ? Ils auraient pus les attraper ! Si vous voulez vous faire prendre, allez les voir directement, sans mettre en danger la vie des Havanais ! Pas besoin de…
- Madame, la coupais-je calmement mais néanmoins fermement, rassuré par le fait qu’il y avait au moins une personne vivante et en bonne santé dans cette ville. Je viens d’arriver ici par avion il y a quelques instants, je ne sais pas du tout de quoi vous parlez. Il y a trente ans que je n’ai pas mis les pieds sur cette terre, j’aimerais que vous m’expliquiez ce que tout ceci veut dire. Qui sont ces mercenaires ? Pourquoi n’y a-t-il personne dans la ville ?
Elle plaqua ses mains sur sa bouche, dans une mimique de terreur.
- Vous voulez dire que… Vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe ici ?
Elle ne me laissa pas le temps de répondre, puis reprit :
- Seigneur Dieu ! Il faut donc que je vous explique… C’est si terrible…
Un flot de désespoir la submergea. Elle se mit à sangloter. Désemparé, je l’accompagnai dans sa cuisine équipée d’un ameublement spartiate. Je l’installais sur son rocking-chair.
- Je vous en prie, suppliais-je, racontez moi. Je ne comprends rien du tout à ce qui se passe ici, c’est très angoissant. Je suis né ici, voyez-vous.
Elle renifla un grand coup, se moucha et essuya ses larmes.
- Pardonnez-moi, s’excusa-t-elle, mais la situation dans laquelle nous vivons est si atroce… S’il y a trente que vous n’êtes pas venu ici, vous saviez donc que les Etats-Unis avaient fait un embargo contre nous, et qu’ils menaçaient les autres pays de leur faire subir le même sort s’ils s’avisaient de nous aider, financièrement ou économiquement.
J’acquiesçais, la mine grave et pressentant le pire.
- Cuba, notre cher pays, est donc inexorablement tombé dans le déclin, sans que nous puissions rien y faire. Cela a été horrible. L’Amérique le pressentait, ils en ont donc profité pour s’immiscer dans la politique de Cuba et ils ont fini par se l’approprier…
Une larme silencieuse coula sur la joue de la vieille femme.
- Ce jour-là, à… la Havane, je m’en souviendrais toujours. Ils ont débarqué, des mercenaires surentraînés, capturant les hommes, tuant les femmes et les enfants. Dans les rues coulait une rivière de sang pourpre, qui a mis plusieurs mois à disparaître. Ils embarquaient les hommes qui leur servaient d’esclaves, on ne sait pour quelle destination, ou ils les laissaient là, sous surveillance, pour cultiver des produits tropicaux dans des économies de plantation. On se serait cru au dix-neuvième siècle, pendant la traite négrière. L’horreur humaine ne connaît aucune limite. Les habitants de La Havane et de Cuba se sont fait de plus en plus rares. Aucune résistance n’a été tentée, aucun pays ne nous est venu en aide. Le désespoir s’est abattu sur notre peuple.
Je compris alors pleinement l’étendue du désastre. La Havane, celle que j’avais fuis, celle que j’avais bannie de mon cœur, avait disparu, et déjà je regrettais. J’étais parti de mon pays, j’avais quitté ma famille pour trouver un meilleur environnement, gagner de l’argent et être heureux. Mais je n’avais pas compris la réelle définition du mot bonheur. J’avais oublié ma famille, j’avais oublié ma ville, j’avais oublié mon pays. Mes parents avaient-ils au moins survécu à cette catastrophe ? Peut être, sans doute même, m’avaient-ils oublié eux aussi.
- Madame, murmurai-je doucement, vous ne pouvez pas imaginer l’étendue du deuil que je porte en moi, et j’ai vraiment besoin que vous répondiez à ma question. Avez-vous connu Monsieur ou Madame Aguilas ? Savez-vous ce qu’ils sont devenus ?
La vieille dame me regarda d’un air triste, puis répondit.
- Décidément, mon pauvre homme, la misère semble vouloir s’abattre sur vous. Je les connaissais effectivement. Ils avaient un fils, ou une fille, qui a disparu on ne sait comment.
Elle s’interrompit, me dévisagea puis remarqua :
- Vous êtes tout pâle. Vous allez bien ?
Je passais ma main sur mon front, il ruisselait de sueur.
- Oui, ça va, répondis-je, pas vraiment sûr de ma réponse, ne vous en faites pas. Continuez, je vous prie.
- Les parents l’ont donc recherché pendant des mois, abandonnant leur travail, lançant des avis de recherche… En vain. Mme Aguilas, la mère, folle de chagrin, est morte quelques mois après la disparition de son fils. Quand au père, n’ayant pas la force de supporter la perte des deux êtres qui lui étaient les plus chers au monde, il s’est suicidé le lendemain. On n’a jamais su ce qui était arrivé au petit. Etes-vous sûr d’aller bien?



Marcher.
Se concentrer sur sa marche.
Ne penser à rien d’autre. Ne pas penser à mes parents que j’avais trahis, fuis, et qui étaient morts par ma faute. Ne pas sentir sur ses épaules le poids de la mort, par notre faute, de ceux qui nous ont mis au monde, qui nous ont permis de vivre.
Marcher. Fuir ce pays, fuir mon passé. Fuir ma vie.
J’étais partis chercher dans cette ville le bonheur, un pardon, j’y avais trouvé la mort, le désespoir.
Alors que le jet apparaissait au bout de la rue, un bruit me fit lever la tête. Un attroupement d’hommes étrangement affublés était réunis autour du jet. A mieux y regarder, je constatai qu’ils étaient armés et vêtus tout de noir.
« Des mercenaires, devinais-je. »
Ils traînaient péniblement un homme par le bras. Il me semblait reconnaître cette chevelure, et cette chemise, aussi. Atterré, je pus constater qu’il s’agissait de mon pilote. Ils lui demandaient sans doute des informations.
Leur visage était marqué par de profondes cicatrices.
J’entendis un des hommes aboyer au pilote.
- Où est allé le propriétaire de ce jet ? Le stationnement d’avion dans ce pays est devenus illégal, vous pouvez être considéré comme des terroristes !
Doucement, comme dans un rêve, je vis le chauffeur du jet lever les yeux dans ma direction.
marysoad

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Re: Concours "Un jour à..." 7e Edition : Octobre 2012

Message par marysoad »

Un jour à Paris.
J’étais seule, mais pourtant les rues étaient pleines de personnes autant différentes les unes que les autres. A cette époque, j’aimais errer dans cette ville immense que nous appelons Paris. Je pouvais apercevoir les lumières des immeubles qui brillaient, telles des étoiles. Je pouvais entendre les rires des enfants s’amusant à sauter dans la rue, ne se souciant de rien, qui brillent de bonheur. Je pouvais sentir les effluves sortant des bistrots du coin, qui m’attiraient constamment. Après une bonne heure de promenade, de pensées, je décidais de rentrer dans un de ces bistrots, où la musique rétro qui y sortait m’avait attirée. Une serveuse s’approcha de moi, me demanda :

- Bonsoir, que désirez-vous ?
- Un chocolat viennois, s’il vous plait.

En attendant ma commande, j’ouvris mon livre que j’apportais toujours avec moi. La lecture me permettais de m’évader, d’échapper à mes pensées qui parfois pouvaient être tellement sombres. L’homme, assit à la table d’à côté, me fixait du regard. Je n’y prêtais pas attention, étant trop absorbée par la lecture. Ma commande arriva. Je décidais donc de poser mon livre sur la table pour pouvoir déguster cette boisson que j’aime tant. Cela faisait plusieurs minutes que l’homme me regardait. Il finit par se rapprocher de moi.

- Candide… Vous aimez donc les grands classiques ? Me demanda-t-il.
- Pas particulièrement, mais j’ai toujours apprécié Voltaire.
- Qu’aimez vous donc dans ce livre ? Enchaina-t-il.
- L’Eldorado.
- L’Eldorado… Quel endroit, magnifique serait-il, s’il existait réellement.
- Oui, c’est vrai. Mais j’aime penser que dans un endroit inconnu, ce pays puisse exister, caché au monde entier, où seule, je pourrais y aller.
- Si je vous disais qu’il existe ?
- Vous êtes fou, monsieur…
- David, je m’appelle David.
- Enchantée David, je suis Marie.

Après une discussion qui ne finissait pas, je décidais de rentrer chez moi car la fatigue se faisait sentir. David, qui était réellement gentil, proposa de me raccompagner. Je ne pu dire non à cette proposition. Je fus étonnée d’apercevoir une magnifique voiture attendre devant le bistrot.

- Ma voiture nous attend Marie.

Je lui indiquai mon adresse, et me sentie perdue quand, au bout d’une quinzaine de minutes, je me suis rendue compte que le taxi n’allait pas dans la bonne direction.

- Où allons-nous David ? Demandais-je prudemment.
- C’est une surprise, qui va vraiment te surprendre.

Etant en soif d’aventures, je le laissais me guider là où il le voudrait. Je finis par m’endormir sur son épaule. Soudain, il me réveilla. Ouvrant les yeux, je senti que je n’étais plus dans la voiture. L’air était frais, caressant mon visage. Je me rendis compte que j’avais oublié mon livre dans le bistrot étant totalement distraite par cet homme. Mais quand je compris soudain où j’étais, je ne m’en souciais plus.

- L’Eldorado… Dis-je les yeux écarquillés.

Autrefois, j’aimais errer dans cette ville immense que nous appelons Paris. Mais maintenant, cette ville n’est plus qu’un vague souvenir quand nous avons goûté au fruit de l’Eldorado.
Verrouillé

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