Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
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Ocelline
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
J'ai vraiment des difficultés à avancer sur ma lecture, je trouve la plume trop alambiquée dans La cité des nuages et des oiseaux. J'aime beaucoup la trame du récit ceci dit, l'alternance des époques ne me gêne pas du tout. J'ai une petite préférence pour Anna & Omeir.
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Iludhara
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
J'ai fini Babel il y a quelques jours, mais les fêtes familiales ne m'ont pas forcément laissé le temps de repasser par ici !
J'ai trouvé que c'était une lecture vraiment riche, qui prend son temps, qui pose les bases d'une compréhension commune entre l'auteurice, lea lecteurice et les personnages, mais qui se perd parfois à trop dire les choses et à ne pas les montrer assez à mon goût... J'ai nettement préféré la deuxième moitié à la première !
J'ai trouvé que c'était une lecture vraiment riche, qui prend son temps, qui pose les bases d'une compréhension commune entre l'auteurice, lea lecteurice et les personnages, mais qui se perd parfois à trop dire les choses et à ne pas les montrer assez à mon goût... J'ai nettement préféré la deuxième moitié à la première !
Mon Avis
Babel est pour moi un livre étrange auquel j'ai eu du mal à me faire. Pourtant adepte des histoires très descriptives et qui prennent leur temps, j'ai eu du mal avec toute la première moitié du livre. Pourtant c'est très didactique. ça nous présente Oxford et Babel, la magie de la traduction et toutes les discriminations qui ont lieu si souvent dans le quotidien de ces enfants élevé.es pour ce destin et pourtant toujours étrangers où qu'iels soient.
J'ai eu un sentiment de rester en dehors. De connaître un peu déjà ces réflexions sur la discrimination systémique et la façon dont cela a servi les empires colonisateurs (sur le sujet, je recommande d'ailleurs en passant l'excellente série télé Black Sails). Et puis on me parle de la cohésion de cette cohorte mais en même temps j'ai peu de temps réellement passé avec elleux, plus "les semaines se suivent et on se sent comme ça" que de véritables débats et discussions avec ces quatre personnages ensemble. Robin aussi ne m'a malheureusement pas séduite en tant que personnage principal, même si je comprend ce choix d'un garçon toujours entre deux, qui a besoin de se voiler la face et de ne pas parler de tout ce qu'il voit sinon il ne pourra plus continuer à avancer, il sera foudroyé sur place par le poids de toutes ces injustices. N'empêche qu'à le suivre, on a l'impression qu'il ne comprend pas la moitié de ce qui se passe sous son (notre) nez, que ça nous frustre, et qu'au moment des révélations il nous sort un "je m'en doutais, mais je ne voulais pas le voir" qui en plus nous prive d'une réaction plus marquée que ça.
Heureusement, tout ça change pendant la deuxième moitié que j'ai nettement préféré ! On va sur le terrain, on parle économie et politique, on agit et on affronte la vérité en face. Une fois bien lancé, j'ai trouvé terriblement dur de relâcher le livre. Du coup je suis vraiment partagé entre une certaine sensation d'ennui et une fin qui, pour prévisible qu'elle puisse être, m'a emmenée et m'a fait ressentir des choses. Peut-être n'étais-je tout simplement pas le public visé avec la première partie, peut-être celle-ci voulait-elle juste s'assurer qu'on ait toustes des bases communes pour parler de la suite... et c'est d'ailleurs important, je suis d'accord. Bref, une lecture à tenter !
J'ai eu un sentiment de rester en dehors. De connaître un peu déjà ces réflexions sur la discrimination systémique et la façon dont cela a servi les empires colonisateurs (sur le sujet, je recommande d'ailleurs en passant l'excellente série télé Black Sails). Et puis on me parle de la cohésion de cette cohorte mais en même temps j'ai peu de temps réellement passé avec elleux, plus "les semaines se suivent et on se sent comme ça" que de véritables débats et discussions avec ces quatre personnages ensemble. Robin aussi ne m'a malheureusement pas séduite en tant que personnage principal, même si je comprend ce choix d'un garçon toujours entre deux, qui a besoin de se voiler la face et de ne pas parler de tout ce qu'il voit sinon il ne pourra plus continuer à avancer, il sera foudroyé sur place par le poids de toutes ces injustices. N'empêche qu'à le suivre, on a l'impression qu'il ne comprend pas la moitié de ce qui se passe sous son (notre) nez, que ça nous frustre, et qu'au moment des révélations il nous sort un "je m'en doutais, mais je ne voulais pas le voir" qui en plus nous prive d'une réaction plus marquée que ça.
Heureusement, tout ça change pendant la deuxième moitié que j'ai nettement préféré ! On va sur le terrain, on parle économie et politique, on agit et on affronte la vérité en face. Une fois bien lancé, j'ai trouvé terriblement dur de relâcher le livre. Du coup je suis vraiment partagé entre une certaine sensation d'ennui et une fin qui, pour prévisible qu'elle puisse être, m'a emmenée et m'a fait ressentir des choses. Peut-être n'étais-je tout simplement pas le public visé avec la première partie, peut-être celle-ci voulait-elle juste s'assurer qu'on ait toustes des bases communes pour parler de la suite... et c'est d'ailleurs important, je suis d'accord. Bref, une lecture à tenter !
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pollochone
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Tristement, il n'était pas sous le sapin... je ne me joindrai donc pas à vous cette fois-ci non pluspollochone a écrit : jeu. 04 déc., 2025 3:52 pm Je lirai vos avis avec plaisir, et peut-être que je vous rejoindrai avec Prospérine Virgule-Point et la Phrase sans Fin... si Papa Noël me l'apporte sous le sapin x)
Il était dans ma WL alors, qui sait ?
Si pas, ça sera sans moi - merci le no buy... le livre pour lequel j'ai voté n'a pas été retenu.
Bonne lecture à tous !
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ureli
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Hello,
J'ai bien commencé ma lecture de La cité des nuages et des oiseaux, j'en arrive au chapitre 10.
Comme toi Ocelline, j'ai du mal à avancer bien que je trouve le récit passionnant. On est vraiment embarqué avec tous les différents personnages, et on imagine très bien leurs vies à leurs époques et les paysages au alentour.
Comme toi également Linavy, j'aime beaucoup la place que prend l'imagination et la lecture dans le quotidien de chacun, pour les aider à avancer dans leurs étapes. J'espère que le fil rouge du manuscrit va les aider à se rejoindre, bien que j'ai plus l'impression qu'il souligne l'importance du grec ancien et encore une fois de l'imagination qu'autre chose.
Mes coups de cœur vont aussi à Anna et Omeir, et j'avoue avoir envie de passer les pages quand on arrive à Seymour haha.
Mais une belle et lente plongée dans l'histoire pour l'instant.
J'ai bien commencé ma lecture de La cité des nuages et des oiseaux, j'en arrive au chapitre 10.
Comme toi Ocelline, j'ai du mal à avancer bien que je trouve le récit passionnant. On est vraiment embarqué avec tous les différents personnages, et on imagine très bien leurs vies à leurs époques et les paysages au alentour.
Comme toi également Linavy, j'aime beaucoup la place que prend l'imagination et la lecture dans le quotidien de chacun, pour les aider à avancer dans leurs étapes. J'espère que le fil rouge du manuscrit va les aider à se rejoindre, bien que j'ai plus l'impression qu'il souligne l'importance du grec ancien et encore une fois de l'imagination qu'autre chose.
Mes coups de cœur vont aussi à Anna et Omeir, et j'avoue avoir envie de passer les pages quand on arrive à Seymour haha.
Mais une belle et lente plongée dans l'histoire pour l'instant.
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ella74-38
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Hello tout le monde (et bonne dernière journée de 2025 
)
J'ai enfin fini Babel dimanche, mais j'ai pris quelques jours pour réfléchir à ce que j'allais raconter à son sujet... (Car j'ai beaucoup à dire !)
J'ai donc posté un énorme pavé en commentaire, je vous le remets ici tel quel, parce que je n'ai pas grand chose à ajouter. Pour faire court, j'ai adoré découvrir cette autrice et ce roman m'a fait ressentir tout un tas d'émotions, néanmoins je lui trouve quelques défauts qui font qu'il n'atterrit "que" dans ma liste or.
Alors, que dire de Babel ? Depuis le temps que j'en entendais parler, j'étais très intriguée par cet ovni mêlant fantasy, fiction historique, et dystopie. J'ai vu des avis très divisés : personnellement j'ai adoré ce roman, néanmoins je rejoins ses détracteurs sur certains aspects.
Malgré ces quelques points, je le recommande chaudement à toute personne qui ne serait pas découragée par le nombre de pages (ou par les récits qui prennent leur temps).
J'ai enfin fini Babel dimanche, mais j'ai pris quelques jours pour réfléchir à ce que j'allais raconter à son sujet... (Car j'ai beaucoup à dire !)
J'ai donc posté un énorme pavé en commentaire, je vous le remets ici tel quel, parce que je n'ai pas grand chose à ajouter. Pour faire court, j'ai adoré découvrir cette autrice et ce roman m'a fait ressentir tout un tas d'émotions, néanmoins je lui trouve quelques défauts qui font qu'il n'atterrit "que" dans ma liste or.
Résumé
Robin est un enfant quand il quitte sa Chine natale pour l'Angleterre de son tuteur, le professeur Lovell. Né à Canton, toute sa famille fut décimée dans une épidémie de choléra, à laquelle il aurait également succombé si le professeur ne l'avait pas soigné. Celui-ci lui propose alors un choix : venir avec lui à Londres, où il sera instruit et devra travailler dur pour espérer intégrer le prestigieux Institut Royal de Traduction de l'Université d'Oxford (ou plus simplement Babel, du nom de son bâtiment), ou rester dans son pays, seul et sans argent.
Très vite, Robin se rend compte que cette "générosité" est loin d'être désintéressée, et qu'il a pour l'empire britannique une valeur certaine, bien qu'il n'arrive pas encore à déterminer dans quelle mesure.
Quelques années plus tard, lorsqu'il intègre Babel, il fait la connaissance de 3 étudiants "Babilleurs" qui vont devenir sa seconde famille : Ramy et Victoire, respectivement d'origine indienne et haïtienne, partagent une histoire similaire à la sienne, et Letty, une jeune anglaise. Oxford et Babel semblent alors être un rêve éveillé pour ces jeunes que la société anglaise rejette en raison de leur couleur de peau, origine et / ou genre. Ils sont enfin reconnus pour leur talent ! Robin se voit déjà travailler comme interprète après ses études, ou mieux encore, au mystérieux étage d'argentogravure : là où la magie naît de mots gravés dans l'argent, lorsqu'un sens s'est perdu au cours d'une traduction.
Cependant, une réalisation vient noircir ce tableau idyllique : cet incroyable pouvoir, venu en grande partie de l'exploitation coloniale, est loin d'être redistribué aux pays où il a été pris. Robin va vite se rendre compte que l'argentogravure ne profite en réalité qu'à enrichir une poignée de privilégiés, accélérant une révolution industrielle dans une Angleterre de plus en plus inégale, et permettant à l'Empire d'étendre sa main-mise sur le monde au nom du sacro-saint libre échange. Mais il ne peut rien y faire, à son niveau, alors ne vaut-il pas mieux fermer les yeux ? A moins que...
Très vite, Robin se rend compte que cette "générosité" est loin d'être désintéressée, et qu'il a pour l'empire britannique une valeur certaine, bien qu'il n'arrive pas encore à déterminer dans quelle mesure.
Quelques années plus tard, lorsqu'il intègre Babel, il fait la connaissance de 3 étudiants "Babilleurs" qui vont devenir sa seconde famille : Ramy et Victoire, respectivement d'origine indienne et haïtienne, partagent une histoire similaire à la sienne, et Letty, une jeune anglaise. Oxford et Babel semblent alors être un rêve éveillé pour ces jeunes que la société anglaise rejette en raison de leur couleur de peau, origine et / ou genre. Ils sont enfin reconnus pour leur talent ! Robin se voit déjà travailler comme interprète après ses études, ou mieux encore, au mystérieux étage d'argentogravure : là où la magie naît de mots gravés dans l'argent, lorsqu'un sens s'est perdu au cours d'une traduction.
Cependant, une réalisation vient noircir ce tableau idyllique : cet incroyable pouvoir, venu en grande partie de l'exploitation coloniale, est loin d'être redistribué aux pays où il a été pris. Robin va vite se rendre compte que l'argentogravure ne profite en réalité qu'à enrichir une poignée de privilégiés, accélérant une révolution industrielle dans une Angleterre de plus en plus inégale, et permettant à l'Empire d'étendre sa main-mise sur le monde au nom du sacro-saint libre échange. Mais il ne peut rien y faire, à son niveau, alors ne vaut-il pas mieux fermer les yeux ? A moins que...
Tout ce que j'ai bien aimé
Commençons par le positif : J'ai beaucoup aimé toute la réflexion autour des privilèges liés à l'origine, la couleur, le statut social, le genre, dans la société et dans le microcosme académique. Je me suis reconnue dans la culpabilité de Robin, quand il réalise qu'il œuvre en faveur d'un système injuste - mais qu'il ne se résous pourtant pas à quitter -, et j'ai trouvé intéressante la mise en perspective de la place (et l'éventuelle nécessité, mais aussi les dérives) de la violence dans la lutte contre un pouvoir autoritaire.
Bref plein de sujets très intéressants, portés par des bases historiques solides (on sent l'énorme travail de recherche derrière), et bien sûr une petite touche de magie au fonctionnement original (un peu sous-exploitée, mais fascinante). D'autant plus que pleins de parallèles peuvent être établis avec notre situation actuelle (notamment en ce qui concerne la révolution industrielle de l'argent qui accélère les inégalités, l'inaction / le manque d'intérêt face à des situations injustes à l'étranger, même quand elles sont encouragées par nos gouvernements).
Donc globalement, j'ai trouvé que le livre respectait ses promesses, et j'ai passé un très bon moment en le lisant - même si très bon n'est peut-être pas le terme le plus adapté, étant donné qu'il m'a surtout fait ressentir : de la rancœur, de la tristesse, de la colère, de la culpabilité, de la frustration... Bien que le livre soit une bonne brique (et l'intrigue assez lente à se mettre en place), il ne m'a pas paru long tellement j'étais absorbée par l'histoire. J'ai trouvé le style d'écriture fluide et facile à comprendre, sans être simpliste pour autant. Très immersif.
Enfin, dernier gros point positif (et peut-être pas forcément le plus populaire) : j'ai énormément apprécié le personnage de Robin, que j'ai trouvé très humain (avec ses contradictions, ses qualités et ses défauts), et son développement au cours de l'intrigue. Au début, il désire plus que tout s'intégrer dans cette société qui pourtant le considère avec dédain, et est terrifié de sortir du chemin tracé pour lui par le professeur Lovell : celui qui le conduirait à un emploi confortable et stable à Babel, au service de la couronne. Il aimerait pouvoir simplement profiter de sa vie universitaire avec ses amis, mais ne peut s'empêcher d'éprouver de la culpabilité face à la réalisation que la richesse dont ils profitent allègrement est le fruit de l'injustice et l'exploitation de ressources étrangères. Il danse ainsi entre deux mondes sans parvenir à faire un choix : il se voudrait révolutionnaire mais ne se résous pas à abandonner ses privilèges. Il profite du système, mais le méprise pour profiter des autres.
Bref plein de sujets très intéressants, portés par des bases historiques solides (on sent l'énorme travail de recherche derrière), et bien sûr une petite touche de magie au fonctionnement original (un peu sous-exploitée, mais fascinante). D'autant plus que pleins de parallèles peuvent être établis avec notre situation actuelle (notamment en ce qui concerne la révolution industrielle de l'argent qui accélère les inégalités, l'inaction / le manque d'intérêt face à des situations injustes à l'étranger, même quand elles sont encouragées par nos gouvernements).
Donc globalement, j'ai trouvé que le livre respectait ses promesses, et j'ai passé un très bon moment en le lisant - même si très bon n'est peut-être pas le terme le plus adapté, étant donné qu'il m'a surtout fait ressentir : de la rancœur, de la tristesse, de la colère, de la culpabilité, de la frustration... Bien que le livre soit une bonne brique (et l'intrigue assez lente à se mettre en place), il ne m'a pas paru long tellement j'étais absorbée par l'histoire. J'ai trouvé le style d'écriture fluide et facile à comprendre, sans être simpliste pour autant. Très immersif.
Enfin, dernier gros point positif (et peut-être pas forcément le plus populaire) : j'ai énormément apprécié le personnage de Robin, que j'ai trouvé très humain (avec ses contradictions, ses qualités et ses défauts), et son développement au cours de l'intrigue. Au début, il désire plus que tout s'intégrer dans cette société qui pourtant le considère avec dédain, et est terrifié de sortir du chemin tracé pour lui par le professeur Lovell : celui qui le conduirait à un emploi confortable et stable à Babel, au service de la couronne. Il aimerait pouvoir simplement profiter de sa vie universitaire avec ses amis, mais ne peut s'empêcher d'éprouver de la culpabilité face à la réalisation que la richesse dont ils profitent allègrement est le fruit de l'injustice et l'exploitation de ressources étrangères. Il danse ainsi entre deux mondes sans parvenir à faire un choix : il se voudrait révolutionnaire mais ne se résous pas à abandonner ses privilèges. Il profite du système, mais le méprise pour profiter des autres.
Spoiler
Il finit par s'engager sans vraiment y croire dans une lutte contre l'impérialisme, mais dans le seul but d'apaiser sa culpabilité. Jusqu'à ce qu'il se rende compte par lui-même, lors de son retour à Canton, des dérives auxquelles cette obéissance aveugle conduit. On assiste alors à sa radicalisation progressive, jusqu'à ce qu'il en vienne même à perdre de vue son objectif, aveuglé par la vengeance.
Quelques défauts majeurs
Maintenant pour pondérer tout ces compliments, voici les points négatifs :
- le message est certes louable, mais trop martelé par l'autrice à chaque chapitre. Par peur qu'il soit mal interprété ? Elle laisse du coup peu de place au lecteur pour assembler les éléments par lui-même et forger sa propre opinion. C'est un peu l'antithèse du "show, dont tell". D'où l'impression d'avoir lu un manifeste ou un manuscrit de thèse plutôt qu'un roman jeunesse.
- les personnages secondaires avaient un potentiel incroyable, mais sont finalement assez plats et peu approfondis (surtout Victoire, qui bien qu'elle gagne en importance à la fin, est survolée pendant la majorité du roman)
- les notes en bas de page. J'ai trouvé que c'était original et j'ai bien aimé ces éclaircissements au début, mais à la fin, elles finissaient par occuper la moitié de la page. Peut-être aurait-il mieux valu réfléchir à comment intégrer ces éléments dans le texte.
- l'étalage de connaissances de l'autrice sur la traduction. C'est très intéressant, mais ça reste en fait assez superficiel, et ça finit par être un peu redondant.
Et le plus gros point noir, qui a déjà été soulevé par pas mal de monde : tout est très manichéen. A commencer par les personnages : les méchants (blancs) sont caricaturaux, les soutiens à Hermès sont purs de motivation et d'esprit, et il n'y a presque pas de personnages moralement gris (sauf éventuellement Griffin et Letty). Après, j'ai considéré que la vision présentée était aussi le reflet de l'évolution de Robin : certains ont critiqué une apologie de la violence à la fin du roman, et on comprend effectivement la nécessité de chambouler le système, mais l'autrice nous présente aussi le dilemme éthique que cette violence engendre.
- le message est certes louable, mais trop martelé par l'autrice à chaque chapitre. Par peur qu'il soit mal interprété ? Elle laisse du coup peu de place au lecteur pour assembler les éléments par lui-même et forger sa propre opinion. C'est un peu l'antithèse du "show, dont tell". D'où l'impression d'avoir lu un manifeste ou un manuscrit de thèse plutôt qu'un roman jeunesse.
- les personnages secondaires avaient un potentiel incroyable, mais sont finalement assez plats et peu approfondis (surtout Victoire, qui bien qu'elle gagne en importance à la fin, est survolée pendant la majorité du roman)
- les notes en bas de page. J'ai trouvé que c'était original et j'ai bien aimé ces éclaircissements au début, mais à la fin, elles finissaient par occuper la moitié de la page. Peut-être aurait-il mieux valu réfléchir à comment intégrer ces éléments dans le texte.
- l'étalage de connaissances de l'autrice sur la traduction. C'est très intéressant, mais ça reste en fait assez superficiel, et ça finit par être un peu redondant.
Et le plus gros point noir, qui a déjà été soulevé par pas mal de monde : tout est très manichéen. A commencer par les personnages : les méchants (blancs) sont caricaturaux, les soutiens à Hermès sont purs de motivation et d'esprit, et il n'y a presque pas de personnages moralement gris (sauf éventuellement Griffin et Letty). Après, j'ai considéré que la vision présentée était aussi le reflet de l'évolution de Robin : certains ont critiqué une apologie de la violence à la fin du roman, et on comprend effectivement la nécessité de chambouler le système, mais l'autrice nous présente aussi le dilemme éthique que cette violence engendre.
Spoiler
Les morts liées aux (in)actions des rebelles sont-ils de leur fait, ou du manque de réponse du gouvernement anglais ?
Dernière modification par ella74-38 le ven. 02 janv., 2026 4:23 pm, modifié 1 fois.
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Ocelline
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Je l'ai fini hier avant d'entamer mon réveillon et je te rejoins sur ce commentaireLinavy a écrit : lun. 22 déc., 2025 7:28 pm Fin du roman :
J'aime beaucoup cette fin et cela pour tous les personnages; que ce soit la rédemption, la quête de vérité, la volonté d'une vie meilleure, l'acceptation de soi...
Avis global:
J'ai été sceptique au début de ma lecture et mon impression est restée jusqu'à la moitié du livre ou presque. Le roman m'a prise au dépourvu, je m'attendais à autre chose en lisant un résumé.
Finalement, c'est un très bon roman, le découpage est intéressant bien qu'au début, il est difficile de s'y retrouver, car il y a beaucoup d'informations, de situations et de personnages différents à assimiler et le fait qu'on change d'époque et de lieu régulièrement n'aide pas, mais on s'y fait progressivement au fil de la lecture.
L'écriture a quelque chose de fascinant car je n'ai pas décroché malgré ma perplexité du début, la prose m'a donné envie d'aller au bout.
Les personnages sont, dans l'ensemble, tous attachants, j'ai beaucoup aimé les découvrir.
Le roman est avant tout un hommage à la littérature, il nous enseigne d'une certaine manière l'importance et la difficulté de la conservation et de la transmission des écrits.
On retrouve aussi une réflexion sur l'écologie et de l'impact de l'homme sur la nature.
J'hésite à le classer bronze ou argent et j'ai hâte de lire vos retours de lecture.
"Un récit très intéressant grâce à la trame narrative qui repose sur le lien des personnages à un unique livre et la répartition sur des espace-temps différents de narration. Ainsi, j'ai beaucoup aimé le travail de recherche de l'auteur sur l'Antiquité, le grec ancien et les œuvres issues de cette époque. Dans un deuxième temps, les personnages sont bien construits et portent tous des messages forts qui se complètent entre les points de vue et permettent de construire un fil conducteur dont le mot-clé est préservation (préservation de l'Histoire, de l'Art, de la Vie à travers les notions d'écologie). Certains points de vue sont globalement plus agréables à lire, j'ai vraiment été plus sensible à ceux d'Anna & Omeir qu'aux autres.
Toutefois, le gros point noir du roman est la plume de l'auteur. Elle est extrêmement alambiquée, se voulant être poétique mais sans réussir à totalement me transcender. L'auteur s'essaye à de nombreux effets de style mais le rendu est confus et manque de lisibilité. Ce qui est renforcé par le vocabulaire qui est inutilement complexifié pour certaines parties, même si j'apprécie découvrir de nouveaux mots car remet une barrière à l'accessibilité de l'oeuvre. Enfin, il y a de nombreuses longueurs et le récit aurait gagné à être raccourci.
En conclusion, le roman aurait pu être excellent mais c'est très difficile à lire jusqu'à la moitié environ. Ensuite les défauts de plume persistent mais j'étais suffisamment plongée dans l'histoire pour presque y passer outre."
Il sera donc en Argent dans la bibliothèque Booknode. Vraiment déçue de ne pas avoir accroché à la plume car j'ai aimé tout le reste.
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Shizi
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Bonjour !!
Je vous rejoins pour vous donner mon petit commentaire @Ocelline et @Linavy ^^
Alors voilà, je suis triste.
L'idée avait énormément de potentiel mais malheureusement je n'ai pas eu la patience de m'accrocher. Je suis allée jusqu'à la moitié du livre (~350 pages) et ensuite je l'ai arrêté. Vous avez eu bien plus de motivation et de patience que moi, franchement bravo !
Les personnages étaient intéressants et très différents ce qui permettait d'ouvrir les perspectives de l'histoire mais la plume était trop alambiquée pour réussir à me garder suffisamment accrocher et que ne n'abandonne pas. Le manuscrit qui fait office de fil rouge titille la curiosité mais au bout de 350 pages, j'aurai aimé en lire et en comprendre plus. Donc voilà, je suis triste
Je vous rejoins pour vous donner mon petit commentaire @Ocelline et @Linavy ^^
Alors voilà, je suis triste.
L'idée avait énormément de potentiel mais malheureusement je n'ai pas eu la patience de m'accrocher. Je suis allée jusqu'à la moitié du livre (~350 pages) et ensuite je l'ai arrêté. Vous avez eu bien plus de motivation et de patience que moi, franchement bravo !
Les personnages étaient intéressants et très différents ce qui permettait d'ouvrir les perspectives de l'histoire mais la plume était trop alambiquée pour réussir à me garder suffisamment accrocher et que ne n'abandonne pas. Le manuscrit qui fait office de fil rouge titille la curiosité mais au bout de 350 pages, j'aurai aimé en lire et en comprendre plus. Donc voilà, je suis triste
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Ocelline
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Je te comprends tellement, j'ai failli abandonner aussi ! Mais ça aurait été le seul et unique DNF de l'année 2025 donc ça m'allait pas pour les statsShizi a écrit : ven. 02 janv., 2026 4:12 pm Bonjour !!
Je vous rejoins pour vous donner mon petit commentaire @Ocelline et @Linavy ^^
Alors voilà, je suis triste.
L'idée avait énormément de potentiel mais malheureusement je n'ai pas eu la patience de m'accrocher. Je suis allée jusqu'à la moitié du livre (~350 pages) et ensuite je l'ai arrêté. Vous avez eu bien plus de motivation et de patience que moi, franchement bravo !
Les personnages étaient intéressants et très différents ce qui permettait d'ouvrir les perspectives de l'histoire mais la plume était trop alambiquée pour réussir à me garder suffisamment accrocher et que ne n'abandonne pas. Le manuscrit qui fait office de fil rouge titille la curiosité mais au bout de 350 pages, j'aurai aimé en lire et en comprendre plus. Donc voilà, je suis triste![]()
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Linavy
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
J'ai aussi eu quelques fois envie de lâcher l'affaire mais rendu vers la moitié les choses ont commencés à s'imbriquer et là c'est devenu passionnant.
L'écriture en elle même ne m'a pas déplu, c'est grâce à elle que j'ai continuer, j'ai bien aimé le côté poétique bien que parfois alambiqué en effet.
Je m'attendais à ce que le manuscrit en lui-même est plus d'impact sur les personnages, je pensais à une lecture un peu plus SF enfaite
L'écriture en elle même ne m'a pas déplu, c'est grâce à elle que j'ai continuer, j'ai bien aimé le côté poétique bien que parfois alambiqué en effet.
Je m'attendais à ce que le manuscrit en lui-même est plus d'impact sur les personnages, je pensais à une lecture un peu plus SF enfaite
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Ocelline
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
C'est vrai que le résumé + le tag SF pouvait nous emmener sur quelque chose de plus littéral : le fait que le livre nous transporte réellement à d'autres époques & endroits (ceux où il aurait été entreposé un certain temps ...) ou encore dans son univers grâce à une technologie particulière.Linavy a écrit : ven. 02 janv., 2026 7:59 pm J'ai aussi eu quelques fois envie de lâcher l'affaire mais rendu vers la moitié les choses ont commencés à s'imbriquer et là c'est devenu passionnant.
L'écriture en elle même ne m'a pas déplu, c'est grâce à elle que j'ai continuer, j'ai bien aimé le côté poétique bien que parfois alambiqué en effet.
Je m'attendais à ce que le manuscrit en lui-même est plus d'impact sur les personnages, je pensais à une lecture un peu plus SF enfaite
Ca aurait rendu l'ensemble beaucoup plus magique et je m'y attendais aussi en ouvrant le livre mais j'ai vite désenchanté.
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ureli
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Hello,
J'ai également fini ma lecture de La cité des nuages et des oiseaux, et je vous rejoins sur vos avis.
L'histoire met énormément de temps à se mettre en place et il est parfois dur de rester accroché. L'action est surtout passive ce qui ne facilite pas toujours la lecture, mais comme Linavy c'est grâce à la plume de l'auteur que j'ai pu continuer car je l'ai trouvé assez poétique.
Mais arrivé à la moitié du récit le tout devient vraiment passionnant. Tout s'accélère (enfin) et on voyage avec les personnages.
J'ai couru dans les rues de Constantinople avec Anna.
J'ai tenu le siège avec Omeir.
J'ai rêvé grec et théâtre avec Zeno.
J'ai crié avec Konstance.
Par contre rien n'y fait, j'ai détesté Seymour !
J'ai beaucoup aimé les messages que ce livre veut faire passer. Je les ai compris comme toi Ocelline, préservation et surtout transmission de l'héritage humain.
Comme vous, un peu déçue du manuscrit, son importance arrive très tard dans le texte, je trouve qu'il aurait gagné à être mis en avant différemment est plus tôt.
Il finit dans ma liste Argent.
J'ai également fini ma lecture de La cité des nuages et des oiseaux, et je vous rejoins sur vos avis.
L'histoire met énormément de temps à se mettre en place et il est parfois dur de rester accroché. L'action est surtout passive ce qui ne facilite pas toujours la lecture, mais comme Linavy c'est grâce à la plume de l'auteur que j'ai pu continuer car je l'ai trouvé assez poétique.
Mais arrivé à la moitié du récit le tout devient vraiment passionnant. Tout s'accélère (enfin) et on voyage avec les personnages.
J'ai couru dans les rues de Constantinople avec Anna.
J'ai tenu le siège avec Omeir.
J'ai rêvé grec et théâtre avec Zeno.
J'ai crié avec Konstance.
Par contre rien n'y fait, j'ai détesté Seymour !
J'ai beaucoup aimé les messages que ce livre veut faire passer. Je les ai compris comme toi Ocelline, préservation et surtout transmission de l'héritage humain.
Comme vous, un peu déçue du manuscrit, son importance arrive très tard dans le texte, je trouve qu'il aurait gagné à être mis en avant différemment est plus tôt.
Il finit dans ma liste Argent.
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Linavy
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Je vois qu'on a quand même le même ressenti suite à notre lecture.
Pareil @Ureli j'aurais apprécié que le manuscrit ai plus d'importance
Pareil @Ureli j'aurais apprécié que le manuscrit ai plus d'importance
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Azrhyca
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Bon, après un mois, j'ai enfin terminé Babel
Je n'ai pas grand chose à dire de plus que vous, je n'arrive pas à être aussi précise quand il s'agit de commenter.
J'ai trouvé la première moitié assez longue, j'avais parfois l'impression de suivre un cours d'étymologie ou de traduction...intéressant, mais lourd.
Les annotations en bas de page auraient gagnées à être intégrées au texte, sauf peut-être les anecdotes, qui n'apportaient rien à l'histoire.
J'ai terminé ma lecture avec un fond de "déprime", ce livre étant une critique martelée comme vous le dites de tout ce qui va mal (j'ai souvent fait le rapprochement avec "le pouvoir de l'argent du livre et l'argent (la monnaie) qui régie le monde").
Letty m'a déçue oui, mais combien auraient agis de même? Je ne suis sûrement pas la seule à m'être posée la question..
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce livre: un personnage principal qui évolue, qui se questionne, se remet en question; un côté historique, des informations intéressantes (j'aime apprendre de nouvelles choses), mais les sujets abordés sont sombres, et en général, je lis pour le plaisir, pas pour déprimer encore plus sur le monde dans lequel on vit...donc voilà pour moi.
Je n'ai pas grand chose à dire de plus que vous, je n'arrive pas à être aussi précise quand il s'agit de commenter.
J'ai trouvé la première moitié assez longue, j'avais parfois l'impression de suivre un cours d'étymologie ou de traduction...intéressant, mais lourd.
Les annotations en bas de page auraient gagnées à être intégrées au texte, sauf peut-être les anecdotes, qui n'apportaient rien à l'histoire.
J'ai terminé ma lecture avec un fond de "déprime", ce livre étant une critique martelée comme vous le dites de tout ce qui va mal (j'ai souvent fait le rapprochement avec "le pouvoir de l'argent du livre et l'argent (la monnaie) qui régie le monde").
Letty m'a déçue oui, mais combien auraient agis de même? Je ne suis sûrement pas la seule à m'être posée la question..
Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce livre: un personnage principal qui évolue, qui se questionne, se remet en question; un côté historique, des informations intéressantes (j'aime apprendre de nouvelles choses), mais les sujets abordés sont sombres, et en général, je lis pour le plaisir, pas pour déprimer encore plus sur le monde dans lequel on vit...donc voilà pour moi.
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Justanotherbookishperson
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Bonsoir tout le monde
J'ai enfin fini Babel - mieux vaut tard que jamais, et j'ai lu les autres commentaires - je pense qu'il a plutôt plu que déplu. Moi malheureusement j'ai détesté. J'ai retrouvé des points négatifs dans vos commentaires en adéquation avec les miens : mais attention, dans la critique qui suit, c'est démultiplié
A vos risques et périls - c'est long ! :
J'ai enfin fini Babel - mieux vaut tard que jamais, et j'ai lu les autres commentaires - je pense qu'il a plutôt plu que déplu. Moi malheureusement j'ai détesté. J'ai retrouvé des points négatifs dans vos commentaires en adéquation avec les miens : mais attention, dans la critique qui suit, c'est démultiplié
Spoiler
Je n’ai pas apprécié ma lecture de Babel, et ce n’est pas peu dire. La déception était à la hauteur de mes désillusions. Le cadre universitaire linguistique (qui se rapproche fortement de mes études), le fantasy historique, le côté dark academia… avec des thèmes intéressants à aborder (le jeune étranger dans de nouveaux repères, le choc des culture, son identité à reconstruire…), j’ai vraiment cru qu’il me plairait. D’autant plus, qu’il m’avait été conseillé par une amie.
Je commence par le positif, car ça ira le plus vite : j’étais vraiment intéressée par les études de Robin, cette magie provenant des mots, de ce qui se perd dans la traduction, puisque traduire, c’est trahir. Je trouve le concept génial. Et puis, réfléchir aux étymons qu’elle donne, c’est chouette (j’apprends, et parfois je réapprenais des choses). Malheureusement, même ce côté-là ne fonctionne que pendant une partie du roman.
Alors, autant le dire tout de suite, je suis très tolérante des longueurs dans les livres – surtout si je suis intéressée par le sujet, et l’étymologie m’intéressait – mais le rythme était complètement cassé. Par exemple, qu’après et pendant le – mais c’est tout le temps ainsi. Le peu d’action qu’il y a est constamment entrecoupé de digressions de l’auteure – un moment, on parle de barricade, et hop, étymologie du mot. C’est ainsi tout le temps – à la fin, on n’en peut plus ! Et si ce n’était que ça : le pire est le moment où on en apprend plus dans une note de bas de page que dans tout le bouquin sur un personnage secondaire intrigant, Griffin. C’est dingue, soit ça reste un mystère et tu n’en parles pas, soit c’est intéressant et tu en parles. Pas ça ! Les notes de bas de page mettent aussi au même niveau, des faits d’ordre historique et des faits inventés, ce qui fait que quand la magie n’est pas mentionnée, on est toujours à s’interrompre pour se demander si c’est vrai ou si ça fait partie de cet univers. Je n’ai pas envie d’aller faire des recherches toutes les deux pages…
D’ailleurs, quelqu’un aurait vraiment dû faire remarquer à l’auteure que la culture, c’est comme la confiture… La pédanterie du bouquin atteint des sommets dans les notes de bas de page. J’aurais dû le sentir dès l’introduction assez agressive et sur la défensive, où elle dit qu’elle doit préciser certaines choses pour être sûre qu’on ne pensera pas qu’elle ne sait pas ce qu’elle dit, d’autant plus en tant qu’américaine… et puis, elle fait une liste de modifications/anachronismes avec lesquels nous devons faire avec, dit-elle et qu’on doit se sentir libre d’y ajouter d’autres choses qui ne colleraient pas avec la réalité, puisque c’est un livre de fantasy… mais c’est de la fantasy historique ? Donc, pourquoi ne fait-elle pas l’effort de coller avec ladite réalité ?
L’introduction donne le ton du reste du livre : il ne cherche pas à ouvrir un espace de réflexion, mais à imposer son point de vue. Et attention, si on n’a pas le même, cela fait de vous une mauvaise personne. D’où cette auteure se tient pour donner à ses lecteurs des leçons de morale ? Et pas subtiles, hein, non, non, non, surtout pas. Stupides comme nous sommes, il faut qu’elle nous assène sa vérité encore et encore, comme un clou sur un marteau. Il y a des notes de bas de page, qui nous disent littéralement : "ça, c’est raciste". Genre ? Merci, j’avais remarqué ?
Une des facettes les plus importantes pour moi dans un roman, plus que l’intrigue (qui honnêtement est très plate, on dirait qu’elle a si peu d’impact…), plus que l’univers (dark academia, d’accord, mais franchement, elle n’a pas la plume pour nous faire vibrer comme d’autres livres de dark academia que j’ai lus), plus que tout ça, ce sont les personnages. Et je n’ai pas été gâtée du tout. Les personnages sont fades et manichéens. Les « bons », les personnages de couleur et les « méchants », les blancs. Voilà. Ils ne sont pas là pour autre chose que de faire passer le message de l’auteure. Les personnages blancs sont tous racistes, sexistes et immoraux, les personnages de couleur sont tout le contraire : éclairés et éthiques. Ce qui est super anachronique, ils arrivent tous à nuancer aussi bien sur le racisme, sur le colonialisme, le sexisme… Donc, on veut me faire accroire, que de jeunes adultes ayant vécu la plus grande partie de leur vie, éduqués au XIXe siècle dans l’empire britannique, n’ayant quasi connu que ça, pourraient avoir la même opinion que vous et moi sur les femmes, le racisme et le colonialisme… J’en doute fortement…
Au-delà de la couleur de peau, je me demande si je ne supporte pas le point de vue de l’auteure qui dit et répète des choses à l’encontre de mon idéalisme. Elle dit par exemple, que rien ne changera sans la violence, car les anglais (comprendre : les hommes blancs) ne peuvent avoir d’empathie pour d’autres personnes qui vivent loin d’eux et que toutes bonnes choses qui viendraient d’eux seraient réalisées par contrainte (d’où le sous-titre : la nécessité de la violence). Et ça, je ne digère pas du tout. C’est cynique, traitez-moi d’idéaliste tant que vous le voudrez mais ne croyez pas non plus le monde aussi noir que vous le peignez tout en vous autoproclamant réalistes… C’est de la pure mauvaise foi, c’est une vision assombrie et idéologique du monde déguisée en lucidité... L’apologie de la violence du bouquin m’a profondément dégoûtée, ça va à l’encontre de mes valeurs. Et elle est justifiée, voire valorisée par deux personnages clefs du livre…
Je reviens sur les personnages car je disais que ce sont eux qui m’ont le plus dérangés. Je disais qu’ils étaient très dichotomiques, et ça se voit avec les professeurs et les étudiants blancs… Le professeur Lovell particulièrement, aurait pu recevoir un traitement plus mitigé, pas de zone grise malheureusement. Car le racisme sort tout le temps, et quand ce n’est pas ça, c’est du sexisme ou des propos pro-guerre… Et attention, même en tant que professeur, il se retrouve terriblement vite à court d’argument et comme une caricature, fini par la violence (verbale et/ou physique), en rage, insultant à tout va, écume aux lèvres et éclairs dans les yeux… Mais c’est un professeur d’université respecté ? Pourquoi n’incarne-t-il pas une idéologie impérialiste convaincante, presque séduisante ? Qui pourrait faire comprendre aux lecteurs pourquoi le colonialisme a eu un tel succès, pendant si longtemps… Mais non, pas de malaise moral, pas de réflexion, l’auteure ne voudrait pas nous perdre et qu’on adhère à une autre thèse que la sienne. C’est tout - vraiment dommage.
Les autres personnages, ceux de couleurs, sont là pour faire passer un message aussi. Robin, lui, est l’indécis qui tout de long se laisse guider dans son apprentissage politique par d’autres, jusqu’à devenir – il est là, pour nous montrer le chemin à suivre. Ramy est là pour être un , Ce qui n’ajoute rien, car c’est assez pathétique la façon dont elle écrit sa relation avec Robin (il n’y a rien et puis paf, la révélation à la fin)… Si c’était pour rendre le tout plus émotionnel, c’est raté, c’est artificiel et calculé. Et Victoire ? Je vais la mentionner autant que le fait l’auteure. Voilà, j’arrête d’en parler, j’en ai même trop dit. Letty, qui pour moi était un personnage très intéressant, la « rose anglaise » (comprendre : elle a des épines cachées) a reçu un traitement aussi maladroit que les autres personnages blancs. Peu importe que ce soit une femme. Elle est blanche, cela veut juste qu’elle est ignorante, qu’elle ne peut pas comprendre. Je déteste ce genre de truc : elle ne peut pas comprendre, donc, quoi : pas assez d’intelligence ou pas assez d’empathie. Sans doute un mélange des deux si j’ai bien compris l’auteure. Elle est là pour représenter la femme blanche privilégiée et c’est tout. Elle ne peut pas comprendre, qu’on vous dit !
Ce qui est assez drôle, puisque tout du long, il est dit que c’est un groupe d’amis très serré qui s’adore (le "show, don’t tell" est mort dans ce bouquin car on ne voit pas cette amitié forte), et dans un même souffle, il y a sans cesse des réflexions comme quoi ils ne peuvent pas la piffer, qu’ils ont hâte qu’elle parte, etc. Elle est isolée par les autres constamment, difficile de ne pas voir les trois autres comme des méchants… Je suis sensée être de leur côté ? Non merci. Perso, je la comprends mieux elle : ils n’ont jamais essayé de lui faire « comprendre ». Et une fois qu’ils s’y sont essayé, c’était trop tard :, tout bascule, elle est acculée avec une somme de choses monstres à assimiler. Ce qui a été la goutte d’eau pour elle. L’auteure la dépeint en antagoniste et moi, j’y vois un personnage accidentellement dans la zone grise. Elle dit des choses pas ouf, racistes, surtout pro-impérialisme. Mais honnêtement, pour l’époque ? Elle devait être vue comme woke - elle se remettait en question x) Pour l’auteure, elle incarnait le problème, et pour moi, Letty devenait un personnage qui posait des questions morales intéressantes.
J’ai détesté l’analyse qu’en font Robin et Victoire, selon eux, Là, on nage en plein sexisme et dans la foulée, dans le racisme essentialiste également, car nous avons aussi droit à toute une analyse de son acte sous ce biais La grille de lecture raciale est exclusive, mais honnêtement, elle aurait pu bien mieux s’ouvrir à une lecture de classe. Parce que ça par contre, bizarrement, c’est un sujet maladroitement et superficiellement touché… Pourtant, il y aurait eu beaucoup à en dire. Car on se rappelle que nous avons à faire à des étudiants boursiers qui n’ont jamais dû travailler de leur vie, mais le petit paysan ou le petit ouvrier de l’époque vivait une vie mille fois moins privilégiée que la leur (qu’ils soient blancs ou pas d’ailleurs) ! On nous rabâche les oreilles d’Oxford, institution élitiste s’il en est, et ils sont dans le saint des saints – selon l’auteure – à Babel !
Bref, j’arrête là ma critique, assez longue. J’avais un autre livre de l’auteure, « La guerre des pavots », et je ne sais vraiment pas si je vais oser m’y mettre…
Je commence par le positif, car ça ira le plus vite : j’étais vraiment intéressée par les études de Robin, cette magie provenant des mots, de ce qui se perd dans la traduction, puisque traduire, c’est trahir. Je trouve le concept génial. Et puis, réfléchir aux étymons qu’elle donne, c’est chouette (j’apprends, et parfois je réapprenais des choses). Malheureusement, même ce côté-là ne fonctionne que pendant une partie du roman.
Alors, autant le dire tout de suite, je suis très tolérante des longueurs dans les livres – surtout si je suis intéressée par le sujet, et l’étymologie m’intéressait – mais le rythme était complètement cassé. Par exemple, qu’après et pendant le
Spoiler
meurtre de son père, Robin se mette à digresser sur les étymologies – limite, pourquoi pas, puisque état de choc, il se rattache à ce qu’il connaît
D’ailleurs, quelqu’un aurait vraiment dû faire remarquer à l’auteure que la culture, c’est comme la confiture… La pédanterie du bouquin atteint des sommets dans les notes de bas de page. J’aurais dû le sentir dès l’introduction assez agressive et sur la défensive, où elle dit qu’elle doit préciser certaines choses pour être sûre qu’on ne pensera pas qu’elle ne sait pas ce qu’elle dit, d’autant plus en tant qu’américaine… et puis, elle fait une liste de modifications/anachronismes avec lesquels nous devons faire avec, dit-elle et qu’on doit se sentir libre d’y ajouter d’autres choses qui ne colleraient pas avec la réalité, puisque c’est un livre de fantasy… mais c’est de la fantasy historique ? Donc, pourquoi ne fait-elle pas l’effort de coller avec ladite réalité ?
L’introduction donne le ton du reste du livre : il ne cherche pas à ouvrir un espace de réflexion, mais à imposer son point de vue. Et attention, si on n’a pas le même, cela fait de vous une mauvaise personne. D’où cette auteure se tient pour donner à ses lecteurs des leçons de morale ? Et pas subtiles, hein, non, non, non, surtout pas. Stupides comme nous sommes, il faut qu’elle nous assène sa vérité encore et encore, comme un clou sur un marteau. Il y a des notes de bas de page, qui nous disent littéralement : "ça, c’est raciste". Genre ? Merci, j’avais remarqué ?
Une des facettes les plus importantes pour moi dans un roman, plus que l’intrigue (qui honnêtement est très plate, on dirait qu’elle a si peu d’impact…), plus que l’univers (dark academia, d’accord, mais franchement, elle n’a pas la plume pour nous faire vibrer comme d’autres livres de dark academia que j’ai lus), plus que tout ça, ce sont les personnages. Et je n’ai pas été gâtée du tout. Les personnages sont fades et manichéens. Les « bons », les personnages de couleur et les « méchants », les blancs. Voilà. Ils ne sont pas là pour autre chose que de faire passer le message de l’auteure. Les personnages blancs sont tous racistes, sexistes et immoraux, les personnages de couleur sont tout le contraire : éclairés et éthiques. Ce qui est super anachronique, ils arrivent tous à nuancer aussi bien sur le racisme, sur le colonialisme, le sexisme… Donc, on veut me faire accroire, que de jeunes adultes ayant vécu la plus grande partie de leur vie, éduqués au XIXe siècle dans l’empire britannique, n’ayant quasi connu que ça, pourraient avoir la même opinion que vous et moi sur les femmes, le racisme et le colonialisme… J’en doute fortement…
Au-delà de la couleur de peau, je me demande si je ne supporte pas le point de vue de l’auteure qui dit et répète des choses à l’encontre de mon idéalisme. Elle dit par exemple, que rien ne changera sans la violence, car les anglais (comprendre : les hommes blancs) ne peuvent avoir d’empathie pour d’autres personnes qui vivent loin d’eux et que toutes bonnes choses qui viendraient d’eux seraient réalisées par contrainte (d’où le sous-titre : la nécessité de la violence). Et ça, je ne digère pas du tout. C’est cynique, traitez-moi d’idéaliste tant que vous le voudrez mais ne croyez pas non plus le monde aussi noir que vous le peignez tout en vous autoproclamant réalistes… C’est de la pure mauvaise foi, c’est une vision assombrie et idéologique du monde déguisée en lucidité... L’apologie de la violence du bouquin m’a profondément dégoûtée, ça va à l’encontre de mes valeurs. Et elle est justifiée, voire valorisée par deux personnages clefs du livre…
Je reviens sur les personnages car je disais que ce sont eux qui m’ont le plus dérangés. Je disais qu’ils étaient très dichotomiques, et ça se voit avec les professeurs et les étudiants blancs… Le professeur Lovell particulièrement, aurait pu recevoir un traitement plus mitigé, pas de zone grise malheureusement. Car le racisme sort tout le temps, et quand ce n’est pas ça, c’est du sexisme ou des propos pro-guerre… Et attention, même en tant que professeur, il se retrouve terriblement vite à court d’argument et comme une caricature, fini par la violence (verbale et/ou physique), en rage, insultant à tout va, écume aux lèvres et éclairs dans les yeux… Mais c’est un professeur d’université respecté ? Pourquoi n’incarne-t-il pas une idéologie impérialiste convaincante, presque séduisante ? Qui pourrait faire comprendre aux lecteurs pourquoi le colonialisme a eu un tel succès, pendant si longtemps… Mais non, pas de malaise moral, pas de réflexion, l’auteure ne voudrait pas nous perdre et qu’on adhère à une autre thèse que la sienne. C’est tout - vraiment dommage.
Les autres personnages, ceux de couleurs, sont là pour faire passer un message aussi. Robin, lui, est l’indécis qui tout de long se laisse guider dans son apprentissage politique par d’autres, jusqu’à devenir
Spoiler
une copie de son frère violent justifiant la violence et les morts d’innocents aussi facilement que de respirer
Spoiler
martyr triplement : pour son origine, pour la politique et pour son orientation sexuelle… quand on comprend qu’il est gai
Ce qui est assez drôle, puisque tout du long, il est dit que c’est un groupe d’amis très serré qui s’adore (le "show, don’t tell" est mort dans ce bouquin car on ne voit pas cette amitié forte), et dans un même souffle, il y a sans cesse des réflexions comme quoi ils ne peuvent pas la piffer, qu’ils ont hâte qu’elle parte, etc. Elle est isolée par les autres constamment, difficile de ne pas voir les trois autres comme des méchants… Je suis sensée être de leur côté ? Non merci. Perso, je la comprends mieux elle : ils n’ont jamais essayé de lui faire « comprendre ». Et une fois qu’ils s’y sont essayé, c’était trop tard :
Spoiler
un meurtre est commis
Spoiler
Tu dois couvrir le meurtre avec nous, tu dois mentir, tu dois abandonner tes études, tu dois quitter ton pays – et le trahir – tu dois faire partie d’une organisation secrète qui prône des valeurs avec lesquelles tu ne te sens pas en adéquation, oublie tout ce que tu as fait pour en arriver là – ce qui en tant que femme, n’était pas si simple – et tu devras aussi recourir à la violence.
Spoiler
Elle les trahit, elle est donc mauvaise. Laisse-moi rire, quelle trahison ? Elle est revenue sur le « droit chemin », le sien. Pourquoi devrait-elle se sacrifier pour eux ?
J’ai détesté l’analyse qu’en font Robin et Victoire, selon eux,
Spoiler
elle aurait tué Ramy, parce que amoureuse, femme jalouse au plus haut point, personne d’autre n’aurait pu l’avoir à sa place.
Spoiler
la femme blanche tue l’homme de couleur, car humiliée par lui, elle qui a l’habitude d’avoir tout ce qu’elle veut, se voit nier quelque chose par un homme qui n’est pas blanc.
Bref, j’arrête là ma critique, assez longue. J’avais un autre livre de l’auteure, « La guerre des pavots », et je ne sais vraiment pas si je vais oser m’y mettre…
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pollochone
- Messages : 268
- Inscription : lun. 25 nov., 2024 3:15 pm
Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Ta chronique était super intéressante à lire, même sans avoir lu le bouquin j'ai beaucoup apprécié dérouler le fil de tes arguments ! Merci !Justanotherbookishperson a écrit : jeu. 22 janv., 2026 9:44 pm Bonsoir tout le monde![]()
J'ai enfin fini Babel - mieux vaut tard que jamais, et j'ai lu les autres commentaires - je pense qu'il a plutôt plu que déplu. Moi malheureusement j'ai détesté. J'ai retrouvé des points négatifs dans vos commentaires en adéquation avec les miens : mais attention, dans la critique qui suit, c'est démultipliéA vos risques et périls - c'est long ! :
Je regrette - presque - de ne pas l'avoir lu pour comparer nos expériences x) ... presque !
Et j'ai pensé au retour de Liv (Livinbooks) sur Youtube à propos du livre Mille petits riens, de Jodi Picoult. Elle aussi considérait que l'autrice nous prenait par la main concernant le racisme et ce qu'on devait en penser. (Oui je suis hors sujet, pardon)
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ella74-38
- Messages : 213
- Inscription : ven. 03 oct., 2025 10:31 am
Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
J'ai beaucoup aimé lire ton retour ! Il y a certains points que j'avais un peu effleuré dans mon commentaire et d'autres... que je n'avais tout simplement pas remarqué. Il faut dire que quand je suis prise dans un livre j'ai tendance à être plutôt bon public.Justanotherbookishperson a écrit : jeu. 22 janv., 2026 9:44 pm Bonsoir tout le monde![]()
J'ai enfin fini Babel - mieux vaut tard que jamais, et j'ai lu les autres commentaires - je pense qu'il a plutôt plu que déplu. Moi malheureusement j'ai détesté. J'ai retrouvé des points négatifs dans vos commentaires en adéquation avec les miens : mais attention, dans la critique qui suit, c'est démultipliéA vos risques et périls - c'est long ! :
Spoiler
Je n’ai pas apprécié ma lecture de Babel, et ce n’est pas peu dire. La déception était à la hauteur de mes désillusions. Le cadre universitaire linguistique (qui se rapproche fortement de mes études), le fantasy historique, le côté dark academia… avec des thèmes intéressants à aborder (le jeune étranger dans de nouveaux repères, le choc des culture, son identité à reconstruire…), j’ai vraiment cru qu’il me plairait. D’autant plus, qu’il m’avait été conseillé par une amie.
Je commence par le positif, car ça ira le plus vite : j’étais vraiment intéressée par les études de Robin, cette magie provenant des mots, de ce qui se perd dans la traduction, puisque traduire, c’est trahir. Je trouve le concept génial. Et puis, réfléchir aux étymons qu’elle donne, c’est chouette (j’apprends, et parfois je réapprenais des choses). Malheureusement, même ce côté-là ne fonctionne que pendant une partie du roman.
Alors, autant le dire tout de suite, je suis très tolérante des longueurs dans les livres – surtout si je suis intéressée par le sujet, et l’étymologie m’intéressait – mais le rythme était complètement cassé. Par exemple, qu’après et pendant le– mais c’est tout le temps ainsi. Le peu d’action qu’il y a est constamment entrecoupé de digressions de l’auteure – un moment, on parle de barricade, et hop, étymologie du mot. C’est ainsi tout le temps – à la fin, on n’en peut plus ! Et si ce n’était que ça : le pire est le moment où on en apprend plus dans une note de bas de page que dans tout le bouquin sur un personnage secondaire intrigant, Griffin. C’est dingue, soit ça reste un mystère et tu n’en parles pas, soit c’est intéressant et tu en parles. Pas ça ! Les notes de bas de page mettent aussi au même niveau, des faits d’ordre historique et des faits inventés, ce qui fait que quand la magie n’est pas mentionnée, on est toujours à s’interrompre pour se demander si c’est vrai ou si ça fait partie de cet univers. Je n’ai pas envie d’aller faire des recherches toutes les deux pages…Spoiler
meurtre de son père, Robin se mette à digresser sur les étymologies – limite, pourquoi pas, puisque état de choc, il se rattache à ce qu’il connaît
D’ailleurs, quelqu’un aurait vraiment dû faire remarquer à l’auteure que la culture, c’est comme la confiture… La pédanterie du bouquin atteint des sommets dans les notes de bas de page. J’aurais dû le sentir dès l’introduction assez agressive et sur la défensive, où elle dit qu’elle doit préciser certaines choses pour être sûre qu’on ne pensera pas qu’elle ne sait pas ce qu’elle dit, d’autant plus en tant qu’américaine… et puis, elle fait une liste de modifications/anachronismes avec lesquels nous devons faire avec, dit-elle et qu’on doit se sentir libre d’y ajouter d’autres choses qui ne colleraient pas avec la réalité, puisque c’est un livre de fantasy… mais c’est de la fantasy historique ? Donc, pourquoi ne fait-elle pas l’effort de coller avec ladite réalité ?
L’introduction donne le ton du reste du livre : il ne cherche pas à ouvrir un espace de réflexion, mais à imposer son point de vue. Et attention, si on n’a pas le même, cela fait de vous une mauvaise personne. D’où cette auteure se tient pour donner à ses lecteurs des leçons de morale ? Et pas subtiles, hein, non, non, non, surtout pas. Stupides comme nous sommes, il faut qu’elle nous assène sa vérité encore et encore, comme un clou sur un marteau. Il y a des notes de bas de page, qui nous disent littéralement : "ça, c’est raciste". Genre ? Merci, j’avais remarqué ?
Une des facettes les plus importantes pour moi dans un roman, plus que l’intrigue (qui honnêtement est très plate, on dirait qu’elle a si peu d’impact…), plus que l’univers (dark academia, d’accord, mais franchement, elle n’a pas la plume pour nous faire vibrer comme d’autres livres de dark academia que j’ai lus), plus que tout ça, ce sont les personnages. Et je n’ai pas été gâtée du tout. Les personnages sont fades et manichéens. Les « bons », les personnages de couleur et les « méchants », les blancs. Voilà. Ils ne sont pas là pour autre chose que de faire passer le message de l’auteure. Les personnages blancs sont tous racistes, sexistes et immoraux, les personnages de couleur sont tout le contraire : éclairés et éthiques. Ce qui est super anachronique, ils arrivent tous à nuancer aussi bien sur le racisme, sur le colonialisme, le sexisme… Donc, on veut me faire accroire, que de jeunes adultes ayant vécu la plus grande partie de leur vie, éduqués au XIXe siècle dans l’empire britannique, n’ayant quasi connu que ça, pourraient avoir la même opinion que vous et moi sur les femmes, le racisme et le colonialisme… J’en doute fortement…
Au-delà de la couleur de peau, je me demande si je ne supporte pas le point de vue de l’auteure qui dit et répète des choses à l’encontre de mon idéalisme. Elle dit par exemple, que rien ne changera sans la violence, car les anglais (comprendre : les hommes blancs) ne peuvent avoir d’empathie pour d’autres personnes qui vivent loin d’eux et que toutes bonnes choses qui viendraient d’eux seraient réalisées par contrainte (d’où le sous-titre : la nécessité de la violence). Et ça, je ne digère pas du tout. C’est cynique, traitez-moi d’idéaliste tant que vous le voudrez mais ne croyez pas non plus le monde aussi noir que vous le peignez tout en vous autoproclamant réalistes… C’est de la pure mauvaise foi, c’est une vision assombrie et idéologique du monde déguisée en lucidité... L’apologie de la violence du bouquin m’a profondément dégoûtée, ça va à l’encontre de mes valeurs. Et elle est justifiée, voire valorisée par deux personnages clefs du livre…
Je reviens sur les personnages car je disais que ce sont eux qui m’ont le plus dérangés. Je disais qu’ils étaient très dichotomiques, et ça se voit avec les professeurs et les étudiants blancs… Le professeur Lovell particulièrement, aurait pu recevoir un traitement plus mitigé, pas de zone grise malheureusement. Car le racisme sort tout le temps, et quand ce n’est pas ça, c’est du sexisme ou des propos pro-guerre… Et attention, même en tant que professeur, il se retrouve terriblement vite à court d’argument et comme une caricature, fini par la violence (verbale et/ou physique), en rage, insultant à tout va, écume aux lèvres et éclairs dans les yeux… Mais c’est un professeur d’université respecté ? Pourquoi n’incarne-t-il pas une idéologie impérialiste convaincante, presque séduisante ? Qui pourrait faire comprendre aux lecteurs pourquoi le colonialisme a eu un tel succès, pendant si longtemps… Mais non, pas de malaise moral, pas de réflexion, l’auteure ne voudrait pas nous perdre et qu’on adhère à une autre thèse que la sienne. C’est tout - vraiment dommage.
Les autres personnages, ceux de couleurs, sont là pour faire passer un message aussi. Robin, lui, est l’indécis qui tout de long se laisse guider dans son apprentissage politique par d’autres, jusqu’à devenir– il est là, pour nous montrer le chemin à suivre. Ramy est là pour être unSpoiler
une copie de son frère violent justifiant la violence et les morts d’innocents aussi facilement que de respirer, Ce qui n’ajoute rien, car c’est assez pathétique la façon dont elle écrit sa relation avec Robin (il n’y a rien et puis paf, la révélation à la fin)… Si c’était pour rendre le tout plus émotionnel, c’est raté, c’est artificiel et calculé. Et Victoire ? Je vais la mentionner autant que le fait l’auteure. Voilà, j’arrête d’en parler, j’en ai même trop dit. Letty, qui pour moi était un personnage très intéressant, la « rose anglaise » (comprendre : elle a des épines cachées) a reçu un traitement aussi maladroit que les autres personnages blancs. Peu importe que ce soit une femme. Elle est blanche, cela veut juste qu’elle est ignorante, qu’elle ne peut pas comprendre. Je déteste ce genre de truc : elle ne peut pas comprendre, donc, quoi : pas assez d’intelligence ou pas assez d’empathie. Sans doute un mélange des deux si j’ai bien compris l’auteure. Elle est là pour représenter la femme blanche privilégiée et c’est tout. Elle ne peut pas comprendre, qu’on vous dit !Spoiler
martyr triplement : pour son origine, pour la politique et pour son orientation sexuelle… quand on comprend qu’il est gai
Ce qui est assez drôle, puisque tout du long, il est dit que c’est un groupe d’amis très serré qui s’adore (le "show, don’t tell" est mort dans ce bouquin car on ne voit pas cette amitié forte), et dans un même souffle, il y a sans cesse des réflexions comme quoi ils ne peuvent pas la piffer, qu’ils ont hâte qu’elle parte, etc. Elle est isolée par les autres constamment, difficile de ne pas voir les trois autres comme des méchants… Je suis sensée être de leur côté ? Non merci. Perso, je la comprends mieux elle : ils n’ont jamais essayé de lui faire « comprendre ». Et une fois qu’ils s’y sont essayé, c’était trop tard :, tout bascule, elle est acculée avec une somme de choses monstres à assimiler.Spoiler
un meurtre est commisCe qui a été la goutte d’eau pour elle. L’auteure la dépeint en antagonisteSpoiler
Tu dois couvrir le meurtre avec nous, tu dois mentir, tu dois abandonner tes études, tu dois quitter ton pays – et le trahir – tu dois faire partie d’une organisation secrète qui prône des valeurs avec lesquelles tu ne te sens pas en adéquation, oublie tout ce que tu as fait pour en arriver là – ce qui en tant que femme, n’était pas si simple – et tu devras aussi recourir à la violence.et moi, j’y vois un personnage accidentellement dans la zone grise. Elle dit des choses pas ouf, racistes, surtout pro-impérialisme. Mais honnêtement, pour l’époque ? Elle devait être vue comme woke - elle se remettait en question x) Pour l’auteure, elle incarnait le problème, et pour moi, Letty devenait un personnage qui posait des questions morales intéressantes.Spoiler
Elle les trahit, elle est donc mauvaise. Laisse-moi rire, quelle trahison ? Elle est revenue sur le « droit chemin », le sien. Pourquoi devrait-elle se sacrifier pour eux ?
J’ai détesté l’analyse qu’en font Robin et Victoire, selon eux,Là, on nage en plein sexisme et dans la foulée, dans le racisme essentialiste également, car nous avons aussi droit à toute une analyse de son acte sous ce biaisSpoiler
elle aurait tué Ramy, parce que amoureuse, femme jalouse au plus haut point, personne d’autre n’aurait pu l’avoir à sa place.La grille de lecture raciale est exclusive, mais honnêtement, elle aurait pu bien mieux s’ouvrir à une lecture de classe. Parce que ça par contre, bizarrement, c’est un sujet maladroitement et superficiellement touché… Pourtant, il y aurait eu beaucoup à en dire. Car on se rappelle que nous avons à faire à des étudiants boursiers qui n’ont jamais dû travailler de leur vie, mais le petit paysan ou le petit ouvrier de l’époque vivait une vie mille fois moins privilégiée que la leur (qu’ils soient blancs ou pas d’ailleurs) ! On nous rabâche les oreilles d’Oxford, institution élitiste s’il en est, et ils sont dans le saint des saints – selon l’auteure – à Babel !Spoiler
la femme blanche tue l’homme de couleur, car humiliée par lui, elle qui a l’habitude d’avoir tout ce qu’elle veut, se voit nier quelque chose par un homme qui n’est pas blanc.
Bref, j’arrête là ma critique, assez longue. J’avais un autre livre de l’auteure, « La guerre des pavots », et je ne sais vraiment pas si je vais oser m’y mettre…
Mais je te rejoins totalement sur l'analyse que tu fais de Letty : je me souviens que le traitement de son personnage m'avait déplu, mais je n'arrivais pas trop à mettre le doigt sur quoi exactement.
Pour ce qui est de La Guerre des Pavots, je ne l'ai pas lu mais je crois que c'est vraiment différent - je pense que je l'achèterais le jour où il sortira en poche parce qu'il m'intrigue beaucoup, et j'ai tout de même beaucoup aimé le style d'écriture de Babel.
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FLO29
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Bonjour,FLO29 a écrit : sam. 06 déc., 2025 5:20 am Bonjour,
J'ai commencé Prospérine Virgule-Point et la phrase sans fin.
J'ai déjà lu les 4 premiers chapitres et c'est très sympathique.
J'avais déjà lu un livre de Laure Dargelos et l'univers était complètement improbable, étrange...
Et bien, il faut croire que c'est sa marque. Puisque j'ai l'impression que les surprises sur Demi-mot et ses habitants ne vont pas arrêter.
J'aime beaucoup l'ambiance et tout le jeu de mot jusqu'ici.
Prospérine, après avoir retrouvé Tom W mort, se lance dans une enquête accompagnée de l'improbable Honoré.
Je suis vraiment curieuse de lire la suite car pour l'instant j'ai encore l'impression qu'on place le décor.
J'ai un peu tardé pour finir le livre. Non pas qu'il ne soit pas bien mais parce que le livre papier n'est pas parti en vacances avec moi.
Je conserve mon avis sur la qualité de l'univers et tous les jeux de mot lié à l'orthographe et à la grammaire. C'est un régal.
Et je rejoins @Loumiel, si l'intrigue n'a rien d'extraordinaire, elle reste sympathique.
Mais vraiment c'est une belle lecture qui sait nous rappeler les charmes de bien écrire.
Spoiler
Mêmesi j'ai encore du mal à voir ce que ça peut donner des majuscules à chaque mot en prononciation !
L'histoire et l'écriture est adapté à un large public. Et ma fille trépigne de pouvoir (enfin) le découvrir.
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Justanotherbookishperson
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Bonsoir ! Et merci à toutes les deux, pour votre retour sur ma critique, je n'ai pas eu facile à l'écrire - j'ai toujours un petit peu peur de blesser des personnes qui auraient adoré le livre que je critique^^
Mille petits riens, je ne le connaissais pas... Tu l'as lu ? Je pense que ça ne sera pas mon truc, du coup. Cette manie qu'à un auteur de vouloir nous tenir par la main pour être sûr qu'on interprète chaque mot, chaque geste à sa façon, ça m'agace prodigieusement. D'autant plus dommage que la magie de son univers repose sur la traduction, donc l'interprétation. Et nous, nous en sommes dépourvus...
J'aime bien le "presque"pollochone a écrit : ven. 23 janv., 2026 7:06 am Ta chronique était super intéressante à lire, même sans avoir lu le bouquin j'ai beaucoup apprécié dérouler le fil de tes arguments ! Merci !
Je regrette - presque - de ne pas l'avoir lu pour comparer nos expériences x) ... presque !
Et j'ai pensé au retour de Liv (Livinbooks) sur Youtube à propos du livre Mille petits riens, de Jodi Picoult. Elle aussi considérait que l'autrice nous prenait par la main concernant le racisme et ce qu'on devait en penser. (Oui je suis hors sujet, pardon)
J'en ai rediscuté avec mon amie qui m'avait conseillé l'auteure, et elle m'a juré que La guerre des pavots bien que politique (vu le sujet...) ne contient pas le même martèlement d'idées qui m'avait tant déplu dans Babel (selon elle, en tout cas, cela ne l'a pas marquée). Sinon comme tu dis, les premiers chapitres du livre, j'étais à fond dedans, et le ton académique ainsi que les notes de bas de page ne me dérangeaient pas. Au contraire, comme Robin j'avais hâte d'étudier avec lui l'étymologie, la traduction, de découvrir leur quotidien d'étudiant... Bref, je lirai peut-être ton avis sur cet autre livre, en tout cas pour moi, ce ne sera pas tout de suite^^ella74-38 a écrit : ven. 23 janv., 2026 9:31 am J'ai beaucoup aimé lire ton retour ! Il y a certains points que j'avais un peu effleuré dans mon commentaire et d'autres... que je n'avais tout simplement pas remarqué. Il faut dire que quand je suis prise dans un livre j'ai tendance à être plutôt bon public.
Mais je te rejoins totalement sur l'analyse que tu fais de Letty : je me souviens que le traitement de son personnage m'avait déplu, mais je n'arrivais pas trop à mettre le doigt sur quoi exactement.
Pour ce qui est de La Guerre des Pavots, je ne l'ai pas lu mais je crois que c'est vraiment différent - je pense que je l'achèterais le jour où il sortira en poche parce qu'il m'intrigue beaucoup, et j'ai tout de même beaucoup aimé le style d'écriture de Babel.
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pollochone
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Re: Lecture commune - Décembre 2025 : Le pouvoir des mots
Non, je ne l'ai pas lu... parce que Liv ne m'a pas du tout donné envie de le faire ahahJustanotherbookishperson a écrit : dim. 25 janv., 2026 7:55 pm Bonsoir ! Et merci à toutes les deux, pour votre retour sur ma critique, je n'ai pas eu facile à l'écrire - j'ai toujours un petit peu peur de blesser des personnes qui auraient adoré le livre que je critique^^
J'aime bien le "presque"Mille petits riens, je ne le connaissais pas... Tu l'as lu ? Je pense que ça ne sera pas mon truc, du coup. Cette manie qu'à un auteur de vouloir nous tenir par la main pour être sûr qu'on interprète chaque mot, chaque geste à sa façon, ça m'agace prodigieusement. D'autant plus dommage que la magie de son univers repose sur la traduction, donc l'interprétation. Et nous, nous en sommes dépourvus...
Et pourtant, Dieu sait qu'il a eu beaucoup de très bons avis, ce roman... mais je ne sais pas, je me fie assez à ses ressentis en temps normal.
Ps : d'ailleurs, elle a un avis assez divergent sur La guerre du Pavot également.
Si ça intéresse quelqu'un : https://www.youtube.com/watch?v=f8VmzqhwrWY