Salut, salut !
Après de longues semaines passées tapie dans l'ombre du parc à observer mes victimes, je suis fin prête à me lancer et à trucider tous les dieux qui auront le malheur de croiser mon chemin.
Attention, ça va saigner !
Inanna (Div — Lire un livre lu par un minimum de 1500 Booknautes.) est la première à ramasser la raclée de sa life. Déjà qu'elle avait pris un sacré coup la dernière fois, je l'achève avec
Un automne pour te pardonner, de
Morgane Moncomble.
10 391 lecteurs
Bon, et bien malgré ce dont j'essaie de me convaincre, je crois que je n'aime tout simplement pas la romance... Ou plutôt si, je l'aime bien écrite, délicate et progressive, bien dosée et authentique. Bref, pas comme celle-là quoi. Enemies to lovers qu'on voit venir dès la première ligne, pas de surprise on a ce qui est annoncé. Mouais... D'ailleurs, si des amateurs du genre passent par là, est-ce qu'on peut m'expliquer ce qu'il y a de "new" là-dedans, puisque c'est comme ça que le livre est catégorisé ?
Pour ce qui est de l'intrigue policière ça tient la route, suffisamment pour donner envie de continuer à lire. Mais là aussi j'ai eu quelques impressions de déjà-vu, des facilités scénaristiques et un peu trop de rebondissements sensationnels. Par conte tout est bien ficelé, les différents éléments disséminés un peu partout dans le livre sont cohérents et pertinents. Et j'ai pas vu le twist de fin arrivé pour le coup.
Agréable sur le moment mais oubliable sur le long terme.
Et voilà une deuxième divinité sur le carreau pour ce panthéon !
***
Ni une ni deux, me voilà qui flanque une dérouillée magistrale à
Shamash sans qu'il ait eu le temps de dire "ouf". Coup sur coup,
L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de
Romain Puértolas (Tit — Lire un livre avec un titre qui intègre la notion de voyage ou de déplacement) et
La Trilogie des Templiers t.1 – Les Chevaliers du Christ,
Jack Whyte (Perso — Lire un livre avec un personnage dont le métier est de protéger les autres) terrassent le dieu.

Lu comme un objet de lecture, j'ai trouvé ça drôle et très agréable à lire. L'histoire n'a que très peu d'intérêt, c'est vraiment l'écriture qui est chouette. Je n'en lirai pas 50 dans le genre mais une fois de temps en temps c'est rafraîchissant, on se prend pas la tête et on se laisse porter par les mille et unes facéties du fakir sans le prendre au sérieux une seule seconde.
Je me suis bien amusée et c'est tout ce qui compte.
Justification : le livre raconte la création (romancée) de l'ordre des Templiers, destiné à protéger les pèlerins qui se rendent en terre sainte (à la base). Petit extrait de la réunion où les joyeux bonhommes décident de tout ça : "C'est ça. Je pensais que nous pourrions former ce groupe qui protègerait les pèlerins, ou au moins le début d'un groupe."
Un beau pavé bien dense que cet énième roman historique se penchant sur l'ordre des Templiers et leur trésor.
Le sujet n'est plus à présenter mais le livre fonctionne. Je ne pense pas en aider un souvenir impérissable, il ne se demarque pas vraiment des autres que j'ai pu lire dans le même style.
L'un des aspects que j'ai particulièrement aimé est la remise en cause des bases du catholicisme qui est proposée et présentée comme la source de la création d'un ordre chevaleresque souhaitant revenir à la religion originelle du Christ et non se conformer à ce qu'est devenue l'Église catholique 1 000 ans plus tard, à force de réécriture de l'histoire. Revenir à une forme de judaïsme, donc. Les grands exposés ésotériques de De Payns en ce sens sont particulièrement satisfaisant à lire.
Pour le reste, j'ai eu un peu peur au début car le texte était très dense, difficile de rentrer dedans. Mais ça se fluidifie au fil des pages, à l'exception du dernier tiers qui retrouve les longueurs du début.
***
Je me tourne maintenant vers
Aya (Cov — Lire un livre avec une couverture à dominante rose ou orange.), le sang de ses potes dégoulinant encore sur mon visage. D'un geste vif, je balance
Aatea, d'
Anouck Faure, qui atterrit en plein sur son pif.
Après avoir découvert la plume d'Anouck Faure dans La Cité diaphane, c'est avec plaisir que je l'ai retrouvée sur Aatea. La patte de l'autrice est clairement identifiable, toujours dans cet imaginaire onirique qui la caractérise.
Dans un monde aquatique où les îles naissent de la profondeur des eaux, Aatea part à la recherche de son identité autant que de ces îles qu'il poursuit dans une nouvelle odyssée. Lui qui n'a de place nulle part dans sa société découvre la liberté et les dangers de la mer et des mondes à (re)naître. Sur son chemin, il rencontrera des étrangers, hostiles d'abord puis de moins en moins, il trouvera un but à son existence et, surtout, il y aura Paikea.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le texte au début. La lecture est plaisante dès la première ligne mais la structure de la société présentée n'est pas clairement définie, puisqu'on suit le point de vue du personnage principal qui est immergé dedans depuis sa naissance. Normal donc qu'on ait pas de description précise de comment fonctionnent les différentes castes les unes par rapport au autres mais il m'a manqué un peu de distance pour appréhender tout ça. Ce n'est que l'opinion de mon esprit rationnel cela dit, je pense que ça aurait été à l'opposé du style de l'autrice que de faire cette description claire et précise.
J'ai beaucoup aimé la relation qui se noue entre Paikea et Aatea, tout en douceur et en même temps d'une force spectaculaire, alors qu'il n'échangent que très peu de mots, finalement. C'est une grande force du texte.
Comme pour La Cité diaphane, les illustrations renforcent encore cet univers onirique. J'aime bien, ça contribue vraiment à créer un univers reconnaissable pour l'autrice. Si je ne suis pas forcément fan du style des dessins en ce qui concerne les personnages humains, certaines planches représentant des animaux marins sont vraiment splendides.
Ce n'est pas un coup de cœur pour moi au niveau de l'histoire (j'aime les rythmes plus enflammés !) mais c'est indéniablement une super expérience de lecture, comme souvent chez Argyll.
Merci beaucoup
@Fells d'avoir proposé ce livre pour la LC !
***
Après cette brave bagarre, je me retire dans
mon récap pour refaire mes forces. Mais faites gaffe,
je reviens très vite pour dégommer la suite de ce panthéon, les armes sont en train d'être aiguisées !