Bonjour par ici !
C'est avec beaucoup de honte que je viens valider mes lectures depuis le mois de... mai


Désolée du coup pour le pavé qui va suivre
Premier Choix Le cari de poulet de Mallarmé
— Lisez un roman qui se déroule sur une île.
Lecture :
Derniers jours d'un monde oublié, de
Chris Vulkisevic
Justification :
Toute l'intrigue repose sur une île isolé du reste du monde pendant des centaines d'années et qui reçoit ses premiers visiteurs...
Avis :
Le moins qu'on puisse dire de Chris Vuklisevic, aussi connue sous le nom d'Ada Vivalda, c'est qu'elle se lance à chaque dans des projets très différents. Après avoir lu et adoré Du Thé pour les fantômes, un conte fantastique un peu gothique et très poétique, j'ai enchaîné avec Porcelaines sous les ruines, une romantasy vraiment pas à mon goût, et me voilà finalement sur son tout premier roman Derniers jours d'un monde oublié, une fantasy grimmdark.
Verdict ? Malheureusement, cette fois-ci non plus je n'accroche pas du tout. L'univers est trop sombre et cela presque gratuitement, sans servir un grand propos de fond hormis peut-être que l'appat du gain et du pouvoir est mal et corromp... Mais ça manque cruellement de nuances. Aucun.e des protagonistes n'est attachant à mon sens, à part peut-être Arthur Pozar (surement le pire du lot, ironiquement) qui ne s'entoure pas de faux idéaux ou d'hypocrisie. Son pragmatisme détaché est horrible mais a le mérite d'apporter plus de nuances que les autres points de vue.
Bref, je resterai curieuse de ce que l'autrice proposera par la suite, car malgré tout j'avais vraiment eu un coup de coeur pour Du Thé pour les fantômes et la façon dont elle jouait vraiment avec sa plume et les codes d'écriture, ce que je n'ai malheureusement pas retrouvé dans ses deux autres romans. Elle a de quoi surprendre et beaucoup de potentiel en réserve, aussi j'espère que son prochain projet sera quelque chose qui pourra me parler !
Premier Choix Les blinis de Babette
— Lisez un roman dont une partie de l'histoire se déroule lors d'une fête.
Lecture :
Les Oiseaux du Paradis, de
Oliver K. Langmead
Justification :
Une partie de l'intrigue se déroule en pleine Pride
Avis :
L'auteur signe ici un roman lent, qui prend son temps, et dans lequel on rentre petit à petit. Difficile au début, un ton assez détaché de tout, le monde une sorte de brouillard masqué par une dépression et une dissociation presque palpable.
Heureusement, Adam n'est pas le seul personnage, et l'arrivée de ses compagnons d'Eden nous permet de retrouver les couleurs de la vie, que ce soit l'attachant Sanglier, la touchante Papillon, l’exubérant Pie ou même le très compétent Corbeau.
On retrouve des valeurs aussi agréable, le sens de la communauté, les petits bonheurs simples à savourer, la quête d'une certaine décroissance. Et si préserver sa paix, son entourage et créer les conditions nécessaires à ce que chacun.e autour puisse faire de même pour ses voisin.es et ses proches c'était déjà un acte de résistance ? Refuser de donner du temps et de l'attention aux personnes inflammatoire pour plutôt diriger notre énergie vers les actions qui permettent de construire un meilleur avenir ou au moins de propager un peu de bonheur vers les plus démuni.es peut sembler futile, mais ce sont ces moments là qui nous permettent d'imaginer des solutions aux problématiques actuelles.
J'ai été personnellement très touché par la scène de la Pride, même si cela peut sembler un peu trop politique et transparent, ce sont des prises de position simples et néanmoins importantes qui me donnent un peu d'espoir.
Quatrième Choix La blanquette de veau de Maigret
— Lisez un roman policier ou un thriller français.
Lecture :
Les Forêts de Dracula, de
Raphaëlle Eviana
Justification :
Un thriller écologique d'une autrice française pour dénoncer un problème bien réel !
Avis :
Les Forêts de Dracula nous plonge dans la forêt des Carpates, un écosystème ancien et très proche de nous auquel je n'ai jamais trop été sensibilisée malgré les enjeux majeurs qui l'entoure.
D'ailleurs, c'est là pour moi l'attrait principal de ce court roman, réussir à éduquer et sensibiliser aux questions de déforestation, de perte de patrimoine naturel comme culturel, d'écoresponsabilité et, surtout, à la violence réelle qui entoure la ressource naturelle qu'est le bois.
Si j'étais familière avec le concept de coupe sauvage et de mafia du bois, c'était plus au sujet de l'Amérique du Sud. Malheureusement l’appât du gain frappe partout et les victimes sont nombreuses.
Raphaëlle Eviana réussit à nous transmettre l'importance de la situation, bravo à elle pour ça et bravo à Dandelion pour sa ligne éditoriale engagée !
Boissons La Bièraubeurre de Madame Rosmerta
— Lisez un roman avec de la sorcellerie.
Lecture :
The Year of the Witching, de
Alexis Henderson
Justification :
Une histoire d'horreur où la sorcellerie et ses conséquences hantent notre héroïne autant que la société patriarcale dans la quelle elle vit.
Avis :
LU EN VO
Le plus je lis et écoute des livres et podcast d'horreur, le plus je confirme que le folk horror est vraiment mon sous genre de prédilection, donc, sans trop de surprise, j'ai vraiment bien accroché avec ce livre !
Dans un monde délimitée par la forêt environnante, vit Immanuelle et sa famille, relégué à la pauvreté à cause de la mère d'Immanuelle qui a préféré suivre son coeur plutôt que la voix du Prophète. Dans un monde où le Prophète est la voix de Dieu, où une femme est menée par son époux et où les sexisme et racisme sont encore bien présents, Immanuelle garde la tête baissée et fait au mieux pour ne pas devenir un fardeau encore plus lourd pour le reste de sa famille.
Jusqu'au jour où elle n'a pas le choix que de rentrer dans la forêt...
Il n'y a pas à tergiverser, pour moi, la grande force de ce roman c'est son atmosphère. On sent bien ce monde tout petit, où les gens se connaissent et se reconnaissent, où les ragots et les réputations font et défont des destins, où les bois veillent, sombres et inquiétants et où la cathédrale est le centre de tout. On sent la dureté du travail de la terre et des animaux, on sent aussi la vie rythmée par les messes, les mariages et autres cérémonie. Ce petit côté de village isolé marche toujours énormément pour moi.
Si j'ai bien aimé l'histoire, elle n'a pourtant pas grand chose d'exceptionnel. Un système patriarcal et raciste à combattre, des sorcières qui ourdissent leur malédiction, une jeune héroïne qui se débat avec les notions de bien et de mal, de colère et d'empathie.
J'aurais apprécié avoir des personnages un peu plus travaillés, notamment Ezra, qui aurait pu être très intéressant si plus nuancé et pas aussi vite amoureux éperdu. De même, un lore et un backstory plus travaillé pour les sorcières les auraient rendu d'autant plus mémorables.
Sixième Choix Le gâteau au citron de Rose
— Lisez un roman dont l'auteur est né le même mois que vous.
Lecture :
Pachinko, de
Min-Jin Lee
Justification :
Min-Jin Lee est née au moins de novembre tout comme moi !
Avis :
Belle découverte d'une plume directe et claire, presque limpide, qui nous fait ouvrir les yeux sur une page de l'histoire encore trop méconnue en occident qui est l'occupation de la Corée par le Japon et qui informe encore beaucoup des tensions politiques dans cette région géographique.
Aux côtés de Sunja, on découvre la Corée au début de 20ème siècle, la vie de gens simples et les attentes de l'époque, ainsi que tout un système de valeur assez différent du notre. Les détails sont nombreux et permettent vraiment de se projeter dans le quotidien de cette famille.
Puis le déracinement et l'arrivée au Japon, les difficultés au quotidien pour subvenir aux besoins de toustes, la discrimination omniprésente qui limite terriblement le champ des possibles et informe tant de décisions qui auront des répercussions sur les générations à venir...
J'ai vraiment été plongé dans les deux premiers livres et, même si j'ai eu plus de mal dans le troisième, je suis contente qu'il ait été présent pour apporter de la nuance et de la modernité, pour mettre en contraste les enjeux d'alors avec ceux de maintenant, mais aussi pour montrer les motifs qui se répètent, les ondes de chocs qui se transmettent bien des décennies après, avec leurs doses de non dits qui teintent la vision des choses des plus jeunes. Néanmoins dommage que l'attention aux détails du quotidien se perde plus le roman avance, on a un sentiment de perdre un certain ancrage, d'être lâché petit à petit à la dérive...
Gourmandises Le lembas elfique de Sam Gamegie
— Lisez un roman de fantasy médiévale.
Lecture :
L'Assassin royal, Tome 1, de
Robin Hobb
Justification :
Chenil, écuries, château de pierre sombres, utilisation de simples, tapisseries poussiéreuse, on fait difficilement plus médiéval que dans cette série de fantasy !
Avis :
J'ai découvert les aventures de Fitz quand j'avais 12 ou 13 ans et j'ai dévoré les 6 tomes en deux semaines de vacances au bord de l'eau. Cette année, je commence ma quatrième relecture avant de confier ce tome un aux mains de @Gandalfoux en espérant qu'elle apprécie au moins à moitié autant que moi cette histoire (et pour faire un peu de damage control sur les points qui font que ça a mal vieilli, parce que ça a quand même 30 ans maintenant).
J'ai le plaisir de retrouver une plume vraiment hyper soignée, lente certes, mais où on laisse le temps au personnage de vivre et où on découvre le monde par ses yeux. Et bordel, Fitz, il a quelques biais quand même, surtout dans ce premier tome où il est encore un enfant puis un ado. On ressent son attachement aux lieux, mais on voit aussi toutes les petites choses qu'un enfant tel que lui ne perçoit pas chez les adultes qui l'entourent, les nuances, les non dits qu'il remplit de ses propres interprétations, parfois très erronées.
Comme la dernière fois, il y a des lieux où je me sens comme chez moi, notamment les écuries ou les cuisines de Castelcerf, et des personnages qui font partie de mon imaginaire depuis tellement longtemps que j'ai l'impression de retrouver de vieux et vieilles amies : Kettricken, Patience, Burrich, Le Fou, et tant d'autres encore.
Et même comme ça, je retrouve des détails que j'ai oublié, je remarque aussi toute l'attention que Robin Hobb a porté à son histoire et à la création de son personnage titre, les prémisses de choses qu'on est alors encore loin de savoir sur Fitz...
Deuxième Choix La chaudrée de palourdes d'Ishmael
— Lisez un roman dont au moins une partie de l'histoire se déroule en mer.
Lecture :
Tideborn, de
Eliza Chan
Justification :
Une des trois personnages principales du tome est partie en navire pour retrouver un titan au milieu de l'océan !
Avis :
LU EN VO
Merci à Mertesger de m'avoir accompagnée pendant cette lecture, je pense que sans elle je ne serai pas allé jusqu'au bout...
Le truc, c'est que j'avais pourtant trouvé le premier tome agréable. Il avait déjà son lot de problèmes, bien sur, comme tous les premiers romans. Seulement là, tout est exacerbé au maximum, c'est à sa demander si l'autrice a eu le temps et le soutien nécessaire pour écrire ce livre.
Déjà, mon tout premier problème, c'est la plume. On passe bien 75% du temps à lire que ce que les personnages ressentent, ce qu'iels pensent et même pourquoi iels pensent comme ça et ce qui a été fait dernièrement, ce qui a changé dans la ville... sans le voir. Juste, on a besoin de nous le faire savoir pour la scène qui arrive alors voilà, on nous l'annonce juste avant et action ! D'ailleurs les scènes sont d'une rapidité assez folle, j'ai même dû revenir en arrière pour me rendre compte que, si, il y a un bien eu tout une attaque pirate sur le convoi et ça a été mené, du début "un truc cloche" à la fin "il reste trois attaquants en vie, voilà comment on va gérer la chose" en... moins de dix pages. Y a-t-il une suite, des représailles du reste des familles de ces pirates ? Nope, on n'en reparlera pas, merci beaucoup, Nami devait juste faire ses preuves.
De même, les descriptions que j'avais apprécié dans le premier tome ont ici disparu. On nous présente beaucoup de nouveaux personnages sans accompagner cela de descriptions physiques ou même de maniérismes, ce qui fait qu'on a le sentiment qu'iels sont toustes assez interchangeables et qui ruine un peu le message du bouquin. Surtout la partie de Nami qui fait de son équipe de bras cassés le premier groupe mixte folk/humain à utiliser la magie toustes ensemble alors que... on connait pas hyper bien les personnages, on voit pas les petites disputes et actes de confiance qui ont émaillé leur voyage et crée la base de leur entente.
En parlant personnages, celles qu'on connait bien, ce sont nos trois protagonistes : Nami, Mira et Cordelia. Si, dans le premier tome, elles offraient trois points de vue différents sur la discrimination dont les folk sont victimes en plus du sexisme dont elles sont la cible, les nuances s'effritent dans ce tome là et leurs motivations aussi. Mira doit faire face au deuil de son partenaire en plus des responsabilités qui lui incombent : elle perd pied, devient presque aigrie, n'a plus d'énergie ni de patience pour personne. Pour 90% du livre avant que sa mère ne la force à se rappeler qu'elle n'est pas seule. Nami, quant à elle, a toujours son syndrome de l'imposteur, essaie de s'émanciper de sa relation toxique et (peut-être?) de devenir la leadeuse qu'elle a le potentiel d'être. Ouais, enfin ça sent le mal-être, le doute, l'envie de plaire et de faire partie des cool kids jusqu'à ce qu'enfin Firth mette un point final à tout ça en tuant quelqu'un devant les yeux de plusieurs autres membres du groupe. Elle ne deviendra jamais vraiment une leadeuse, trouvant sa voie du côté de l'enseignement, mais même ça n'est pas développé du tout. Enfin, Cordelia, toujours un plan entre les tentacules et une vision d'ensemble des choses.... en est réduite au traffic de drogue et à essayer de regagner sa fille. Sauf que ça va pas comme elle veut, donc au lieu de planifier et de tirer des ficelles ici et là, elle s'essaie à un peu de torture psychologique gratuite sur Mira, juste pour le fun, because why not? Bref, on perd beaucoup d'indépendance et de sens de direction de la part des personnages principales ce qui fait que, comme elles, on se retrouve à subir les événements plutôt qu'à les vivre.
Dans les faits, on a donc quelques scènes décousues et rapides entre pas mal de pages d'exposition et d'explication des émotions de chacun.e. C'est comme si au lieu d'être dans le train, on le regardait passer depuis le quai de la gare. Le voyage a l'air sympa, mais on n'y est pas invité. Les enjeux retombent assez vite et la discrimination est malheureusement très maladroitement géré : malgré des rappels sur l'importance de ne pas oublier l'histoire, sur les Nurseries et autres systèmes abusifs dont on souffert les folks, on compare leur rejet des humains à la discrimination dont iels ont toujours souffert en disant que les deux sont mauvais.
Certes, on ne peut pas construire un monde nouveau sur de la haine, mais on peut tout de même admettre qu'une certaine colère est légitime et doit trouver à s'exprimer de façon à, un, permettre aux personnes qui ont souffert de discrimination de faire entendre leurs voix, leurs plaintes et leurs expériences et, deux, confronter celleux qui ont bénéficié du système au prix que d'autres ont dû payer pour leur confort. Sans ça, l'échange reste superficiel et la compréhension entre les groupes ne sera jamais vraiment réelle, malgré les affinités personnelles qui se créeront.
Sixième Choix Les beignets de tomates vertes d'Idgie
— Lisez un roman tournant autour d'une amitié.
Lecture :
La Forêt aux violons, de
Cyril Gély
Justification :
On suit en peu de mot l'amitié qui se forme entre luthier et fermier, rencontre après rencontre et les habitudes et rituels qu'ils créent ensemble au travers de la musique.
Avis :
Intriguée par ce qui m'a été décrit comme une biographie romancée mais documentée de la vie du luthier de génie Stradivarius, je n'ai malheureusement pas accroché au roman.
Pour ce qui est du côté biographique, si les précisions de la fin nous informe que l'auteur a bien respecté ce qui est connu de la vie de Stradivarius, on nous révèle aussi que le roman qu'on vient de lire se penche surtout sur toutes les années où on ne sait pas grand chose de la vie du luthier. Je comprend la démarche de vouloir raconter quelque chose sur ces pages blanches, mais à mon avis on s'éloigne bien là de l'exercice de la biographie.
Soit, au moins se concentre-t-on sur la création des fameux violons. Malheureusement, encore une fois, je ne suis pas emportée par la plume qui est pourtant poétique mais à laquelle je n'accroche pas. Trop de répétitions pour moi, notamment sur les significations des noms des femmes importantes dans cette vie imaginée et romancée de Stradivarius. J'aurais aimé passé plus de temps sur la description de la forêt en elle-même, des arbres, de la façon dont la journée passée en quête des meilleurs spécimens s'est déroulée, mais rien de marquant là dedans.
Sixième Choix Le poulet fermier sauce "aller-retour" d'Aya de Yopougon
— Lisez un roman d'un auteur ou d'un genre qui vous sont particulièrement addictifs.
Lecture :
Jade Legacy, de
Fonda Lee
Justification :
La Fantasy est mon genre de prédilection et cette autrice est vraiment très addictive pour moi !
Avis :
Un tome hyper ambitieux pour conclure cette super saga de fantasy pas comme les autres ! Cette fois-ci, on retrouve les Kaul et on les suit sur une vingtaine d'années au milieu d'intrigues politiques et économiques toujours plus grandes et plus complexes.
J'ai vraiment beaucoup aimé retrouver Hilo, Anden et Shae, même si cette dernière me fait toujours vivre un ascenseur émotionnel assez dingue où je ne sais jamais si je vais me retrouver de son côté ou totalement énervée par ses décisions.
Malgré tout ça, et malgré le fait que je suis une grand fan des intrigues politiques, j'ai malheureusement beaucoup moins accroché à ce tome-ci qu'aux deux précédents. Je pense que l'histoire méritait d'être fractionnée en deux volumes, histoire qu'on puisse prendre notre temps. Le nombre d'ellipses temporelles m'a vraiment déplu, et plus encore la façon dont elles étaient amenées, toujours après un événement particulièrement marquant, sans qu'on ait le temps d'y faire face avec les Kaul, de les voir réagir, de passer du temps avec elleux... Au final, je n'avais plus cette impression de faire partie de la famille Kaul et de les connaitre car je ne les accompagnais plus lors de leurs plus grandes remises en question. Une des grandes forces de la série, l'attachement qu'on a pour ses personnages, a été mis à mal ici et je peux même dire ne pas trop me soucier de la génération qui prend le relais, car je ne les connais pas vraiment...
Gourmandises Les loukoums d'Edmund Pevensie
— Lisez un roman de littérature jeunesse.
Lecture :
Là où règnent les baleines, de
Jolan C. Bertrand
Justification :
Une lecture à partir de 10 ans pleine d'humeur, de ronchonneries, et d'amitié !
Avis :
J'ai trouvé dans Là où règnent les baleines un petit concentré de douceur qui m'a fait beaucoup de bien !
Que ce soit Roanne, sa quête pour vivre sa passion sans avoir honte d'elle-même et de naviguer les affres compliquées de l'adolescence, ou Kierzic et sa solitude forcenée, les personnages sont terriblement touchant.es. On s'attache sans mal à elleux et on s'amuse de leur réparties, qui ne manquent d'ailleurs pas d'ajouter du croquant au récit.
Une petite touche de mystère teintée d'horreur ajoute de la tension. Que se passe-t-il dans ce vieux phare croulant sur ce bout de pierre au milieu de l'océan ? Que se passe-t-il dans les recoins les plus sombres et perdus de l'océan ?
L'histoire lace ensemble acceptation de soi et écologie dans des pistes de réflexion certes légères mais accessibles aux plus jeunes.
Bref, pour moi, une très jolie lecture.
Boissons Le thé du Chapelier Fou
— Lisez un roman qui aborde le thème de la folie, par son personnage (malade mental, psychopathe, savant fou...) ou son histoire.
Lecture :
Nous les menteurs, de
E. Lockhart
Justification :
Amnésie, maux de têtes et autres joyeusetés qui permettent un twist final émouvant pour ce thriller adolescent !
Avis :
Une lecture facile et qui se dévore vite, on suit une jeune fille héritière d'une riche famille dont la vie a tourné au drame suite à un accident dont elle ne garde presque aucun souvenir... Le suspens est donc entier dès le départ et on se prend vite au jeu ! Le twist final recontextualise beaucoup d'éléments et me paraît donc tenir sur ces quelques points de foreshadowing disséminés avant sans pour autant être prévisible du tout, mais je m'y connais pas en mystère/thriller.
Petit bémol pour la plume que j'ai trouvé assez lourde en métaphores plus d'une fois. C'est peut-être un style voulu pour ajouter au côté adolescente dramatique dont tous les sentiments sont décuplées, mais par exemple je n'arrive toujours pas à comprendre si elle se scarifie ou non ? elle parle de saigner au niveau des poignets à certains moments et d'être pansée après ? Mais comme elle a aussi dit que son père lui avait tiré dessus et que son coeur palpitait sur l'herbe comme figure de style pour ce qu'elle a ressenti quand il les a quitté je ne sais pas quoi croire.
Bref une lecture estivale somme toute assez agréable !
Deuxième Choix Les Chiles en nogada de Tita Rosaura
— Lisez un roman qui se déroule quelque part où il fait chaud.
Lecture :
Aquamarine, de
Andreas Eschbach
Justification :
Toute l'intrigue se situe en Australie
Avis :
Je m'attendais à une lecture plus adulte sur ce titre et certains éléments y correspondent, notamment le worldbuilding qui se révèle intrigant avec ces différentes régions aux codes et aux règles très différentes les unes des autres !
Par contre, en ce qui concerne notre personnage principale, tout son arc est assez classique en young adult voire adolescent : trouver sa place au lycée, faire face au harcèlement de ses paires, se questionner sur ses origines, s'imaginer un futur et se donner les moyens de le poursuivre, etc.
J'ai d'ailleurs peu appréciée que certaines de ses grosses questions se retrouvent un peu expédiées par une séance relooking : certes ce n'était pas le fond de l'intrigue, mais c'est un aspect que l'auteur a décidé de rendre presque tout aussi présent et sa gestion en était bof bof à mon goût.
Niveau intrigue principale, j'ai trouvé dommage que les questions d'écologie ne prennent pas plus de place pour se centrer autour de l'éthique ou non de certaines technologies. Quant au dénouement, je n'ai pu m'empêcher de trouver tout cela un peu cliché. Malheureusement, je m'imaginais presque le "méchant" en boss de la Team Rocket.
Troisième Choix Le steak tartare de Marco Polo
— Lisez un roman qui parle d'exploration.
Lecture :
Vorrh, Tome 1, de
Brian Catling
Justification :
L[lu en VO]
J'ai malheureusement offert ce livre à une amie pour un de ses anniversaires. Le résumé offrait entre autre chose une forêt immense et consciente agissant de sa propre volonté.
Bon, déjà pour ce point qui m'a fait payer le bouquin, on repassera. Si la forêt inquiétante, sombre, magique, pleine de monstres et d'étrangetés, elle n'a (en tout cas dans ce tome, je sais rien des suivants) pas de conscience à proprement parlé ou pas dont on a connaissance en tant que lecteurices.
En ce qui concerne le reste, j'aurais peut-être dû me dire que ce n'était pas de la fantasy à proprement parler quand j'ai vu que l'auteur était poète, sculpteur et artiste performeur. Le livre est effectivement plus conçu comme une oeuvre que comme un roman de fantasy. D'ailleurs, en anglais, on le classerait plutôt dans le genre de new weird, un genre qui s'inspire de la fantasy, la sf, l'horreur et du surréalisme. On retrouve d'ailleurs la marque de ce dernier tout au long de l'histoire.
Bref, déjà on part sur quelque chose qui ne me parle pas des masses, je dois l'admettre. Si c'est votre genre, peut-être ce livre aura plus de succès auprès de vous.
Mais plus que la plume parfois très ampoulée et contradictoire de l'auteur, ce sont les scènes et situations sexuelles à répétition, les mentions de parties génitales presque toutes les dix pages et ces autres joyeusetés qui m'ont épuisées. En plus d'un cast de personnages qui ne sont pas si poussé ou construits que ça (leurs motivations et façons de réagir changent au besoin), on a une histoire... qui n'a pas vraiment d'intrigue. Des choses se passent, des événements se produisent, mais il n'y pas vraiment de buts ni d'idées qui permettraient de tenir et de résumer le livre. Et je sais que c'est voulu, qu'il y a des thèmes sur la domination, la conquête, le fait que l'envie de pouvoir, d'argent, de toujours plus de l'humanité qui s'embourbe dans ce monde purement matériel corrompt et pourri ce qui entre en contact avec les membres de cette espèces, qu'il y a aussi le thème de la vision, de son mécanisme fascinant et de tout ce qu'elle capture, mais aussi de tout ce qu'elle ne peut paas capturer, de son apparente objectivité alors que chacun.e traite les informations visuelles de façon en réalité très subjective. Bref, il y a des thèmes oui, mais pas de propos clairs. Encore une fois, c'est conçu et pensé comme une oeuvre et pas comme un roman.
Je crois que le personnage qui m'a le plus déçue, dans le sens que je percevais un vrai potentiel, c'est Tsungali, le chasseur de prime lancé sur les traces de l'Archer. C'est notre seul personnage natif, c'est celui qui a le plus de clefs et de compétences pour s'en sortir et qui est compétent, vraiment, entre cynisme apporté par les anglais et ouverture au fantastique qui règne sur ses terres natales. Puis, non, il manque de mourir, se fait sauver et... sa vie appartient à un autre ? un autre devient "maître" de lui ? Je comprend encore une fois comment ça s'entremêle aux thème de colonialisme et de pouvoir et de corruption etc, mais franchement, ça me saoule et je n'ai pris aucun plaisir à lire ça.
Je crois que c'est la conclusion globale d'ailleurs : je n'ai pris aucun plaisir à cette lecture. ça a été une sorte de torture à part entière et j'espère que @mertesger me pardonnera mon cadeau empoisonné maintenant que j'ai épiée ma faute en empruntant moi aussi les chemins de la Vorrh.
Cinquième Choix Le pain d'épices d'Hansel et Gretel
— Lisez un conte.
Lecture :
Bilbo le Hobbit, de
J.R.R. Tolkien
Justification :
Histoire que Tolkien a construit comme un conte merveilleux à l'attention de son fils
Avis :
Je me suis accordée une petite pause d'aventure, d'humour et d'un peu de douceur avec cette légendaire lecture jeunesse alors que le temps prend une brusque tournant automnal dehors.
Je me rappelle l'avoir déjà lu (ou plutôt me l'être faire lue) enfant, mais mes souvenirs en restaient assez flous et c'est donc avec plaisir que j'ai pris la route avec Bilbo, Thorin et Compagnie, et Gandalf ! Les aventures sont toursà tour rocambolesques et sombres, les personnages sont grognons, têtus et pourtant très attachants à leur façon sans qu'on ait vraiment besoin de savoir plus sur eux. C'est avant tout un conte pour enfant et je me suis permise d'en redevenir une pour tourner les pages et découvrir les illustrations avec plaisir !
On retrouve quelque peu les traditions des histoires orales grâce à un retranscrit des formules parlées, comme si on était au coin du feu, chez Elrond ou Bilbo, pour que quelqu'un nous fasse part de toute l'histoire.
Bref, ça a été un vrai bonheur pour moi !
Mon carnet de cuisine