Hanayu a écrit : dim. 22 juin, 2025 12:47 am
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81- Lire un livre se déroulant pendant :
E - le XXe siècle

"L'Ange d'Auschwitz" de Ellie Midwood
(1942-1962)
Lu
Bienvenue sous le Reich, de la seconde guerre mondiale (avec toute la créativité destructrice dont ses aficionados surent faire preuve).
Nous allons ainsi rencontrer, et suivre, des victimes comme des bourreaux, dans des lieux dédiés à l'extermination d'opposants et d'innocents.
En personnage principale (bien réel) la lumineuse Orli, qui va être témoin de tant d'abominations au fil de ses transferts dans différents camps qu'elle en sortira brisée.
Mais aussi l'horrifique Zuzana, sur qui personne ne versera de larmes (à part de soulagement face à son sort).
Le tendre Petit oiseau qui ne se souviendra pas longtemps d'un nom polonais salvateur.
La solide Gerda, qui réussira fermement à garder une pointe d'humour pour s'extraire d'un quotidien insoutenable.
La loyale Miriam, qui tiendra vaille que vaille toujours plus loin.
La battante Enna, qui n'aura de cesse de donner son corps pour mieux protéger son entourage.
Le gaz, les fours, les tortures, les épidémies, les expériences scientifiques...on ne peut nier la véracité de ce qu'on lit. Tout a été révélé, prouvé, jugé quand ce fut possible (l'Ange de la Mort a hélas pu s'échapper).
Mais je me suis permise de me renseigner au fil des pages par le biais de sources externes. Et il semble que la plume a pris en compte la sensibilité du lecteur. Car bien que tout soit dur à encaisser (l'être humain est une charogne assoiffée de sang) certains événements douloureux supplémentaires sont tus ou adoucis (exemple : Orli a été violée par les soviétiques en sortant d'Auschwitz...comme si son calvaire sur place ne suffisait pas ! Le livre lui nous évoque en passant un gentil et doux soviétique qui l'aide à sortir...pourtant on le sait que les alliés ont bien merdé aussi lors de la "liesse" de la libération ! Les américains itou !)
À la fois on assiste au pire du pire, à la fois on a la sensation qu'une sorte de voile brumeux nous camoufle pire encore.
Sans doute parce que l'autrice n'a pu accéder aux notes directes de son héroïne (toutes étant en rupture chez les éditeurs, ou appartenant à des collectionneurs privés).
Donc la majorité du récit est une fiction sur "ce qui a pu être", et non "ce qui a été".
Cela n'enlève rien au fait qu'il est nécessaire de ne pas oublier. Que la folie de la violence doit rencontrer de la résistance. Il faut lutter car la résilience existe, même si parfois arrivée au bout...les failles emmagasinées cèdent.
À terre neuf fois, debout dix.
Orli et sa team médicale restent un exemple à suivre...en espérant toutefois ne pas avoir à livrer leur combat. Plus jamais ça.