De rien, camarade ! C'est un plaisir de promouvoir les classiques par le biais de mon challenge, bien qu'il n'ait que peu de succès. Cela dit, peu m'importe. Il est là et sa présence compte !AEGISAPRILISMMXIV a écrit : ven. 10 avr., 2026 9:15 pmDe rien, ArcadiaBooks66. Merci à toi pour ta contribution à faire redécouvrir la littérature classique et à lui rendre un peu de son âme.ArcadiaBooks66 a écrit : ven. 10 avr., 2026 8:10 pmReportage très intéressant.AEGISAPRILISMMXIV a écrit : jeu. 09 avr., 2026 11:02 pm [https://m.youtube.com/watch?v=MGzsKVSqr9k]
Un documentaire Arte, avec une approche honnête, sur l’industrie de la « romance contemporaine » (et ses conséquences et dérives).
Belle intervention de Julia Hubernagel.
Le reste est à glacer le sang... (Ou plutôt, tout à la fois hilarant et consternant de... disons... bêtise).
Merci encore pour ce partage.![]()
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Marre de la romantasy actuelle
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ArcadiaLDaemon
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Re: Marre de la romantasy actuelle
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Rosebooks
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Un fil intéressant ! Et je partage le constat : on a souvent l’impression de lire toujours la même chose en romantasy. Les relations toxiques se multiplient, les scènes olé olé trop nombreuses et sans réelle utilité pour l’intrigue, l’univers trop souvent en retrait ou la romance trop envahissante… je suis souvent déçue de mes lectures romantasy. Peut-être la raison pour laquelle j’ai voulu en écrire une ? Le fait est qu’on pointe souvent du doigt que la romance est trop secondaire dans mon roman
Ce qui est, selon moi, particulier avec la romantasy, c’est qu’elle réunit deux types de lecteurs : ceux qui aiment la romance et ceux qui aiment la romantasy. Dès lors, les attentes sont différentes selon le genre qui a notre préférence. Les lecteurices de romance chercheront une romance très développée, l’abondance de flirts / rapprochements / joutes verbales entre les personnages… là où les lecteurices de fantasy attendront une intrigue et un univers plus complexe et une relation qui viendra en amplifier tous les enjeux. Personnellement, c’est de cette manière que je conçois la romantasy. Pas forcément un 50/50 entre l’aspect fantasy et la romance, mais une intrigue dans un univers de fantasy où la romance a une importance particulière, pas parce que les personnages jouent à touche touche toutes les deux pages, mais parce qu’elle guide l’évolution des personnages, oriente leurs choix et infléchit le cours du récit. Pour moi, la romantasy idéale c’est celle où l’univers ne sert pas juste de toile de fond à l’histoire d’amour et où la romance ne vient pas ralentir l’intrigue, mais la nourrir et complexifier les enjeux. Aussi, je considère même qu’un récit de fantasy où les deux love interest entretiendraient une correspondance tout du long sans jamais se voir, serait quand bien même une romantasy si cette correspondance a une influence importante et décisive sur l’évolution des personnages, de l’intrigue et son dénouement (heureux avec concrétisation du couple bien sûr).
Ce qui est, selon moi, particulier avec la romantasy, c’est qu’elle réunit deux types de lecteurs : ceux qui aiment la romance et ceux qui aiment la romantasy. Dès lors, les attentes sont différentes selon le genre qui a notre préférence. Les lecteurices de romance chercheront une romance très développée, l’abondance de flirts / rapprochements / joutes verbales entre les personnages… là où les lecteurices de fantasy attendront une intrigue et un univers plus complexe et une relation qui viendra en amplifier tous les enjeux. Personnellement, c’est de cette manière que je conçois la romantasy. Pas forcément un 50/50 entre l’aspect fantasy et la romance, mais une intrigue dans un univers de fantasy où la romance a une importance particulière, pas parce que les personnages jouent à touche touche toutes les deux pages, mais parce qu’elle guide l’évolution des personnages, oriente leurs choix et infléchit le cours du récit. Pour moi, la romantasy idéale c’est celle où l’univers ne sert pas juste de toile de fond à l’histoire d’amour et où la romance ne vient pas ralentir l’intrigue, mais la nourrir et complexifier les enjeux. Aussi, je considère même qu’un récit de fantasy où les deux love interest entretiendraient une correspondance tout du long sans jamais se voir, serait quand bien même une romantasy si cette correspondance a une influence importante et décisive sur l’évolution des personnages, de l’intrigue et son dénouement (heureux avec concrétisation du couple bien sûr).
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Fraldarius
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Merci pour ton partage, @Rosebooks.
Pendant tout un temps, j'ai aimé la romantasy dans son ensemble. Ma préférence ira toujours à la fantasy, bien sûr, mais j'étais super contente de lire de la romance dans un genre qui a toujours su capter mon attention.
Comme je le disais en introduction du sujet, j'ai reçu une claque en pleine figure avec le tome 3 du Sang et la Cendre. Il y avait tellement de scènes de sexe, et l'univers, que je trouvais super intéressant, avait complètement disparu au profit d'un huis-clos dans la chambre à coucher. Si j'ai accroché à cette série, c'était pour son univers et sa romance. Je lisais une romantasy, et dans ce tome 3, j'ai eu l'impression de lire une œuvre pornographique.
Alors, je ne juge pas les fans de la saga ou des scènes de sexe, mais je ne suis pas venue pour ça à la base. Après cette expérience, je me suis complètement braquée sur ça dans la romantasy de manière générale. Du coup, je me sens obligée de lire les avis de la communauté pour savoir s'il va y avoir un peu ou beaucoup de scènes de sexe. J'en suis même arrivée à un point où dès que je vois la trope "ennemis à amants" sur un livre qui m'intéresse, je me dis "ouais, c'est mort, ils vont encore vouloir se sauter dessus à la 100ème page, ce n'est pas pour moi." Je suis sûre de passer à côté d'histoires sympas, mais c'est plus fort que moi.
Comme tu le disais, il faudrait un juste milieu où l'univers et la romance aient chacun leur importance sans entrer dans les clichés. Je serai très curieuse de découvrir le livre que tu as écrit, si tu es d'accord pour le partager. Je pense que ça pourrait m'intéresser.
Fraldarius
Pendant tout un temps, j'ai aimé la romantasy dans son ensemble. Ma préférence ira toujours à la fantasy, bien sûr, mais j'étais super contente de lire de la romance dans un genre qui a toujours su capter mon attention.
Comme je le disais en introduction du sujet, j'ai reçu une claque en pleine figure avec le tome 3 du Sang et la Cendre. Il y avait tellement de scènes de sexe, et l'univers, que je trouvais super intéressant, avait complètement disparu au profit d'un huis-clos dans la chambre à coucher. Si j'ai accroché à cette série, c'était pour son univers et sa romance. Je lisais une romantasy, et dans ce tome 3, j'ai eu l'impression de lire une œuvre pornographique.
Alors, je ne juge pas les fans de la saga ou des scènes de sexe, mais je ne suis pas venue pour ça à la base. Après cette expérience, je me suis complètement braquée sur ça dans la romantasy de manière générale. Du coup, je me sens obligée de lire les avis de la communauté pour savoir s'il va y avoir un peu ou beaucoup de scènes de sexe. J'en suis même arrivée à un point où dès que je vois la trope "ennemis à amants" sur un livre qui m'intéresse, je me dis "ouais, c'est mort, ils vont encore vouloir se sauter dessus à la 100ème page, ce n'est pas pour moi." Je suis sûre de passer à côté d'histoires sympas, mais c'est plus fort que moi.
Comme tu le disais, il faudrait un juste milieu où l'univers et la romance aient chacun leur importance sans entrer dans les clichés. Je serai très curieuse de découvrir le livre que tu as écrit, si tu es d'accord pour le partager. Je pense que ça pourrait m'intéresser.
Fraldarius
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ArcadiaLDaemon
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Salut à vous deux. 
Je m'excuse également d'avoir jugé votre livre un peu trop hâtivement. C'est vrai que, avant même de recevoir votre réponse, je me suis dis que j'avais été assez injuste, dans mon avis. Votre livre place aussi la romance au cœur de l'histoire, puisque, comme vous me l'avez rappelé, l'amour guide les personnages. Sans cet amour, l'histoire n'aurait pas pu prendre une tournure similaire. Donc oui, Serment Millénaire allie romance et fantasy avec finesse. Je dis simplement que j'aurais aimé un peu plus de tendresse entre les personnages, qui ont été souvent malmenés par les événements. Une place ou une description plus importante de leurs sentiments respectifs. Mais ce n'est que mon avis en tant que lectrice et donc ma préférence. Cela dit, étant une fan absolue depuis mon enfance de fantasy, j'ai aimé que l'univers soit aussi riche. C'était très agréable !
Aujourd'hui, je trouve que l'on cherche à tout classer dans des boîtes, même les œuvres littéraires. Je suis assez dérangée par cette façon de faire. L'idée d'avoir des récits inclassables (un peu comme les romans de Bernard Werber) est presque une fierté, pour un ou une auteur(e), à mon avis. C'est comme une "marque de fabrique", une "signature" de l'auteur(e). Un récit unique comme son écrivain(e).
Alors oui, c'est toujours mieux de savoir à peu près quelle direction prend le roman. Mais je pense que c'est à l'auteur de le dire clairement : "Ceci est une fantasy." ou "Ceci est une romance." par exemple, dans le cadre de notre sujet. Et pas d'inventer des dizaines de sous-genres qui se mélangent et que peu de gens retiennent, tant il y en a ! Surtout que malgré ça, beaucoup de livres restent dans le flou. Alors pourquoi s'embêter avec tous ces termes ? Laissons les romances avec la romance et les livres de fantasy avec la fantasy. Qu'importent s'il y a de la romance dans un ouvrage de fantasy.
De toute manière, dans la plupart des romans young adult, il y a de la romance, puisque les protagonistes sont jeunes, en pleine découverte de leur corps (et donc de leur sexualité) et de leurs sentiments. Cela me donne envie de dire que c'est assez inutile de tous les ranger dans la "romantasy".
Prenons un exemple concret :
J'ai, dans une de mes bibliothèques, 71 romans de fantasy répartis en 22 sagas et/ou one-shots. Tous sont : soit des romans jeunesse, soit des romans young adult.
Maintenant, parmi ces livres : combien de sagas/one-shots comportent une histoire d'amour, ou même un simple béguin d'enfance ?
Eh bien... presque tous. Et, au total, à l'échelle des 22 sagas et/ou one-shots, c'est la totalité qui contient de la romance, même ne serait-ce qu'un début de sentiment amoureux. Toutes, sans exception. Je pense donc ce genre de "romantasy" est absurde concernant la fantasy. Pour la romance qui se déroulent dans un cadre fantasy, mais dont l'histoire d'amour entre les protagonistes est sur le devant de la scène, là, oui, ça fait sens ! Mais comme sous-genre de la fantasy ? Est-ce que ça a vraiment un quelconque intérêt ? À part créer des incompréhensions et/ou des déceptions du côté du lecteur...?
Je ne sais pas si je suis la seule à qui ça fait ça, mais plus un livre est connu et plus je me méfie de son contenu. Les romantasy, notamment. J'ai peur d'être déçue. Justement parce que ces bouquins sont souvent plus axés sur la romance que la fantasy. Alors je cherche des petites pépites inconnues au bataillon, comme Serment Millénaire.
Je trouve aussi important de soutenir les jeunes auteurs qui peinent à se faire une place dans le secteur, déjà bien rempli et monopolisé par un groupe d'auteurs (et surtout d'autrices).
C'est une thématique qui me tient à cœur, en tant qu'écrivaine amatrice mais qui aimerait un jour se faire publier.
Et vous ? Lisez-vous surtout les auteurs du moment, ou cherchez-vous la perle rare inconnue ?
Bonne journée, ArcadiaBooks66.
Je rejoins @Rosebooks sur l'idée qu'un lecteur de fantasy n'aura pas les même attentes qu'un lecteur de romance. Je pense qu'il faut réussir à démêler les deux types de lectures. Car, bien que certains auteurs réussissent à unir les deux avec justesse, le fameux 50|50, il y a aussi souvent une balance déséquilibrée qui montre l'intérêt principal de l'auteur pour ce récit (sa "tendance générale") ou sa propre préférence (à savoir si l'auteur aime plus la romance que la fantasy ou inversement).Rosebooks a écrit : dim. 26 avr., 2026 10:09 pmCe qui est, selon moi, particulier avec la romantasy, c’est qu’elle réunit deux types de lecteurs : ceux qui aiment la romance et ceux qui aiment la romantasy. Dès lors, les attentes sont différentes selon le genre qui a notre préférence. Les lecteurices de romance chercheront une romance très développée, l’abondance de flirts / rapprochements / joutes verbales entre les personnages… là où les lecteurices de fantasy attendront une intrigue et un univers plus complexe et une relation qui viendra en amplifier tous les enjeux. Personnellement, c’est de cette manière que je conçois la romantasy. Pas forcément un 50/50 entre l’aspect fantasy et la romance, mais une intrigue dans un univers de fantasy où la romance a une importance particulière, pas parce que les personnages jouent à touche touche toutes les deux pages, mais parce qu’elle guide l’évolution des personnages, oriente leurs choix et infléchit le cours du récit. Pour moi, la romantasy idéale c’est celle où l’univers ne sert pas juste de toile de fond à l’histoire d’amour et où la romance ne vient pas ralentir l’intrigue, mais la nourrir et complexifier les enjeux.Spoiler
Un fil intéressant ! Et je partage le constat : on a souvent l’impression de lire toujours la même chose en romantasy. Les relations toxiques se multiplient, les scènes olé olé trop nombreuses et sans réelle utilité pour l’intrigue, l’univers trop souvent en retrait ou la romance trop envahissante… je suis souvent déçue de mes lectures romantasy. Peut-être la raison pour laquelle j’ai voulu en écrire une ? Le fait est qu’on pointe souvent du doigt que la romance est trop secondaire dans mon roman
Je m'excuse également d'avoir jugé votre livre un peu trop hâtivement. C'est vrai que, avant même de recevoir votre réponse, je me suis dis que j'avais été assez injuste, dans mon avis. Votre livre place aussi la romance au cœur de l'histoire, puisque, comme vous me l'avez rappelé, l'amour guide les personnages. Sans cet amour, l'histoire n'aurait pas pu prendre une tournure similaire. Donc oui, Serment Millénaire allie romance et fantasy avec finesse. Je dis simplement que j'aurais aimé un peu plus de tendresse entre les personnages, qui ont été souvent malmenés par les événements. Une place ou une description plus importante de leurs sentiments respectifs. Mais ce n'est que mon avis en tant que lectrice et donc ma préférence. Cela dit, étant une fan absolue depuis mon enfance de fantasy, j'ai aimé que l'univers soit aussi riche. C'était très agréable !
C'est vrai que, si l'on reprend votre définition, ce schéma pourrait totalement correspondre. Mais j'ai bien peur que les lecteurs qui viennent pour le côté romance soient clairement déçus. C'est pour ça que je trouve que ce n'est pas une bonne idée d'avoir créé ce "sous-genre". Tout simplement car il est trop flou. De même pour toutes les sous variantes de fantasy qui la mêle à d'autres genres, comme la sci-fi fantasy (qui mixe science-fiction et fantasy).Aussi, je considère même qu’un récit de fantasy où les deux love interest entretiendraient une correspondance tout du long sans jamais se voir, serait quand bien même une romantasy si cette correspondance a une influence importante et décisive sur l’évolution des personnages, de l’intrigue et son dénouement (heureux avec concrétisation du couple bien sûr).
Aujourd'hui, je trouve que l'on cherche à tout classer dans des boîtes, même les œuvres littéraires. Je suis assez dérangée par cette façon de faire. L'idée d'avoir des récits inclassables (un peu comme les romans de Bernard Werber) est presque une fierté, pour un ou une auteur(e), à mon avis. C'est comme une "marque de fabrique", une "signature" de l'auteur(e). Un récit unique comme son écrivain(e).
Alors oui, c'est toujours mieux de savoir à peu près quelle direction prend le roman. Mais je pense que c'est à l'auteur de le dire clairement : "Ceci est une fantasy." ou "Ceci est une romance." par exemple, dans le cadre de notre sujet. Et pas d'inventer des dizaines de sous-genres qui se mélangent et que peu de gens retiennent, tant il y en a ! Surtout que malgré ça, beaucoup de livres restent dans le flou. Alors pourquoi s'embêter avec tous ces termes ? Laissons les romances avec la romance et les livres de fantasy avec la fantasy. Qu'importent s'il y a de la romance dans un ouvrage de fantasy.
De toute manière, dans la plupart des romans young adult, il y a de la romance, puisque les protagonistes sont jeunes, en pleine découverte de leur corps (et donc de leur sexualité) et de leurs sentiments. Cela me donne envie de dire que c'est assez inutile de tous les ranger dans la "romantasy".
Prenons un exemple concret :
J'ai, dans une de mes bibliothèques, 71 romans de fantasy répartis en 22 sagas et/ou one-shots. Tous sont : soit des romans jeunesse, soit des romans young adult.
Maintenant, parmi ces livres : combien de sagas/one-shots comportent une histoire d'amour, ou même un simple béguin d'enfance ?
Eh bien... presque tous. Et, au total, à l'échelle des 22 sagas et/ou one-shots, c'est la totalité qui contient de la romance, même ne serait-ce qu'un début de sentiment amoureux. Toutes, sans exception. Je pense donc ce genre de "romantasy" est absurde concernant la fantasy. Pour la romance qui se déroulent dans un cadre fantasy, mais dont l'histoire d'amour entre les protagonistes est sur le devant de la scène, là, oui, ça fait sens ! Mais comme sous-genre de la fantasy ? Est-ce que ça a vraiment un quelconque intérêt ? À part créer des incompréhensions et/ou des déceptions du côté du lecteur...?
Et, pour revenir sur Jennifer L. Armentrout, @Fraldarius, il est vrai que, comme je l'avais dit un peu plus tôt, ses œuvres relèvent plus de la romance que de la fantasy. Pour ma part, j'ai lu 3 sagas de cette autrice (pas les plus connues) et les 3 m'ont terriblement déçue côté fantasy. Je trouve que l'univers n'est pas assez mis en valeur. Que l'histoire était trop axée sur la tension entre les personnages. Depuis, j'ai retenu la leçon : je ne lis pas ses livres pour leur côté imaginaire, mais plutôt parce que je sais que c'est une lecture sans prise de tête et remplie d'humour.Fraldarius a écrit : lun. 27 avr., 2026 8:01 am Merci pour ton partage, @Rosebooks.
Pendant tout un temps, j'ai aimé la romantasy dans son ensemble. Ma préférence ira toujours à la fantasy, bien sûr, mais j'étais super contente de lire de la romance dans un genre qui a toujours su capter mon attention.
Comme je le disais en introduction du sujet, j'ai reçu une claque en pleine figure avec le tome 3 du Sang et la Cendre. Il y avait tellement de scènes de sexe, et l'univers, que je trouvais super intéressant, avait complètement disparu au profit d'un huis-clos dans la chambre à coucher. Si j'ai accroché à cette série, c'était pour son univers et sa romance. Je lisais une romantasy, et dans ce tome 3, j'ai eu l'impression de lire une œuvre pornographique.
Alors, je ne juge pas les fans de la saga ou des scènes de sexe, mais je ne suis pas venue pour ça à la base. Après cette expérience, je me suis complètement braquée sur ça dans la romantasy de manière générale. Du coup, je me sens obligée de lire les avis de la communauté pour savoir s'il va y avoir un peu ou beaucoup de scènes de sexe. J'en suis même arrivée à un point où dès que je vois la trope "ennemis à amants" sur un livre qui m'intéresse, je me dis "ouais, c'est mort, ils vont encore vouloir se sauter dessus à la 100ème page, ce n'est pas pour moi." Je suis sûre de passer à côté d'histoires sympas, mais c'est plus fort que moi.
Comme tu le disais, il faudrait un juste milieu où l'univers et la romance aient chacun leur importance sans entrer dans les clichés. Je serai très curieuse de découvrir le livre que tu as écrit, si tu es d'accord pour le partager. Je pense que ça pourrait m'intéresser.
Fraldarius
Je ne sais pas si je suis la seule à qui ça fait ça, mais plus un livre est connu et plus je me méfie de son contenu. Les romantasy, notamment. J'ai peur d'être déçue. Justement parce que ces bouquins sont souvent plus axés sur la romance que la fantasy. Alors je cherche des petites pépites inconnues au bataillon, comme Serment Millénaire.
Je trouve aussi important de soutenir les jeunes auteurs qui peinent à se faire une place dans le secteur, déjà bien rempli et monopolisé par un groupe d'auteurs (et surtout d'autrices).
C'est une thématique qui me tient à cœur, en tant qu'écrivaine amatrice mais qui aimerait un jour se faire publier.
Et vous ? Lisez-vous surtout les auteurs du moment, ou cherchez-vous la perle rare inconnue ?
Bonne journée, ArcadiaBooks66.
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Rosebooks
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Merci pour votre retour @ArcadiaBooks66. Ne vous excusez pas. Je ne prendrai jamais mal le fait que l'on classe davantage mon roman côté fantasy, plutôt que romantasy (par ailleurs, une fois le livre publié, il appartient aux lecteurs. Je ne devrais même pas lire les avis sur mon roman... Mais étant donné que j'utilise beaucoup le site en tant que lectrice... difficile de ne pas être tentée de jeter un œil de temps en temps). Et, vous avez tout à fait raison. La romantasy est avant tout un élément marketing. Avant qu'on utilise ce terme, la fantasy, avec des intrigues de romance plus ou moins secondaires existaient déjà. Ensuite, il y a autant de lecteurs que définitions possibles...
Je me méfie aussi des romans trop "hypés", ceux qu'on voit passer partout. Et dans le cas du Sang et la Cendre @Fraldarius, je l'ai trouvé dès les premières pages très (trop ?) porté sur la romance, et je ne suis pas allée très loin dans ma lecture.
Moi aussi, d'autant plus depuis que j'écris et que j'ai été publiée, j'ai tendance à lire des romans francophones, un peu moins visibles sur les réseaux. C'est une manière de soutenir de soutenir d'autres auteurices, et de découvrir des récits différents, avec une part d'originalité et de fraicheur qui font du bien. Je continue tout de même à lire des romans d'auteurs plus connus (en fantasy, avec un univers très développé et de très belles romances secondaires, j'ai lu en fin d'année dernières les deux premiers tomes des Chroniques de Castellane de Cassandra Clare pour lesquels j'ai eu un immense coup de cœur).
Je me méfie aussi des romans trop "hypés", ceux qu'on voit passer partout. Et dans le cas du Sang et la Cendre @Fraldarius, je l'ai trouvé dès les premières pages très (trop ?) porté sur la romance, et je ne suis pas allée très loin dans ma lecture.
Moi aussi, d'autant plus depuis que j'écris et que j'ai été publiée, j'ai tendance à lire des romans francophones, un peu moins visibles sur les réseaux. C'est une manière de soutenir de soutenir d'autres auteurices, et de découvrir des récits différents, avec une part d'originalité et de fraicheur qui font du bien. Je continue tout de même à lire des romans d'auteurs plus connus (en fantasy, avec un univers très développé et de très belles romances secondaires, j'ai lu en fin d'année dernières les deux premiers tomes des Chroniques de Castellane de Cassandra Clare pour lesquels j'ai eu un immense coup de cœur).
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NILMM_Le_NILMeta_Mancien
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Je dois vous dire que votre humilité vous honore ; je peux vous garantir que vous faites partie de l'exception à la règle dans ce milieu hypocrite (les écrivain·e·s), que je ne connais que trop bien et que de trop près…Rosebooks a écrit : mer. 29 avr., 2026 2:07 pm Je ne devrais même pas lire les avis sur mon roman...
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ArcadiaLDaemon
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Je comprends tout à fait votre désir de découvrir ce que vos lecteurs pensent de votre bébé (parce que, avouons-le : un livre achevé, c'est comme notre enfant, car on a perdu pas mal d'heures de sommeil, en généralRosebooks a écrit : mer. 29 avr., 2026 2:07 pm Merci pour votre retour @ArcadiaBooks66. Ne vous excusez pas. Je ne prendrai jamais mal le fait que l'on classe davantage mon roman côté fantasy, plutôt que romantasy (par ailleurs, une fois le livre publié, il appartient aux lecteurs. Je ne devrais même pas lire les avis sur mon roman... Mais étant donné que j'utilise beaucoup le site en tant que lectrice... difficile de ne pas être tentée de jeter un œil de temps en temps). Et, vous avez tout à fait raison. La romantasy est avant tout un élément marketing. Avant qu'on utilise ce terme, la fantasy, avec des intrigues de romance plus ou moins secondaires existaient déjà. Ensuite, il y a autant de lecteurs que définitions possibles...
[...]
Moi aussi, d'autant plus depuis que j'écris et que j'ai été publiée, j'ai tendance à lire des romans francophones, un peu moins visibles sur les réseaux. C'est une manière de soutenir de soutenir d'autres auteurices, et de découvrir des récits différents, avec une part d'originalité et de fraicheur qui font du bien. Je continue tout de même à lire des romans d'auteurs plus connus (en fantasy, avec un univers très développé et de très belles romances secondaires, j'ai lu en fin d'année dernières les deux premiers tomes des Chroniques de Castellane de Cassandra Clare pour lesquels j'ai eu un immense coup de cœur).
Toujours est-il que je vous rassure : votre roman était tout à fait original et captivant.
Je serai ravie de vous soutenir (que ce soit en librairie ou sur Wattpad) si vous décidez de créer quelque chose d'autre.
Quant aux petits auteurs, contente d'apprendre que je ne suis pas la seule qui aime favoriser les jeunes créateurs.
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NILMM_Le_NILMeta_Mancien
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Effectivement, dans un monde idéal, une critique devrait être — et être prise — comme une simple interpellation pour l’auteur.e, l’invitant à évoluer dans sa pratique, d’une manière ou d’une autre. Sauf que l’ego de l’auteur.e, généralement plus propice au fantasme que les autres types d’ego (ce qui lui permet ainsi de développer un imaginaire plus ou moins original à poser par écrit), se complaît souvent, du fait de ce terreau fantasmatique favorable à la mise en scène de soi, dans un narcissisme plus prononcé que la moyenne, ainsi que dans une tendance accrue à la rancune et au ressentiment, qui lui fait, très souvent, facilement prendre la mouche.ArcadiaBooks66 a écrit : mer. 29 avr., 2026 5:33 pm Un livre achevé, c'est comme notre enfant, car on a perdu pas mal d'heures de sommeil, en général). J'avoue m'appuyer aussi sur les commentaires que je reçois sur Wattpad afin de perfectionner mon histoire. C'est une bonne chose, d'un côté, mais ça me freine un peu également.
Résultat : les critiques qui ont le malheur (et même l'outrecuidance) d'afficher un bémol sont toutes perçues comme des affronts personnels, et ceux qui les ont formulées (et je ne parle là que des critiques construites) sont tous et toutes des… Enfin, vous voyez.
Pour ma part, je ne dirai jamais qu'un livre est comme un enfant. Aucun livre n'a la valeur d'un enfant, et un enfant n'est pas réductible à un capital investi, tout comme un livre d'ailleurs. C'est un discours qui dilue et amalgame la valeur des êtres et des choses. Je suis plutôt critique de cette rhétorique que l'on entend à longueur de temps sur les pages d'auteur.e.s des réseaux sociaux.
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ArcadiaLDaemon
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Bonjour à toi, AEGISAPRILISMMXIV (Non, je ne me suis pas mise à la page. Je ne retiens pas ton nouveau pseudo, encore plus compliqué que le précédent ! Aussi, vais-je probablement continuer de t'appeler le "poète".NILMM_Le_NILMeta_Mancien a écrit : mer. 29 avr., 2026 7:45 pmPour ma part, je ne dirai jamais qu'un livre est comme un enfant. Aucun livre n'a la valeur d'un enfant, et un enfant n'est pas réductible à un capital investi, tout comme un livre d'ailleurs. C'est un discours qui dilue et amalgame la valeur des êtres et des choses. Je suis plutôt critique de cette rhétorique que l'on entend à longueur de temps sur les pages d'auteur.e.s des réseaux sociaux.Spoiler
Effectivement, dans un monde idéal, une critique devrait être — et être prise — comme une simple interpellation pour l’auteur.e, l’invitant à évoluer dans sa pratique, d’une manière ou d’une autre. Sauf que l’ego de l’auteur.e, généralement plus propice au fantasme que les autres types d’ego (ce qui lui permet ainsi de développer un imaginaire plus ou moins original à poser par écrit), se complaît souvent, du fait de ce terreau fantasmatique favorable à la mise en scène de soi, dans un narcissisme plus prononcé que la moyenne, ainsi que dans une tendance accrue à la rancune et au ressentiment, qui lui fait, très souvent, facilement prendre la mouche.
Résultat : les critiques qui ont le malheur (et même l'outrecuidance) d'afficher un bémol sont toutes perçues comme des affronts personnels, et ceux qui les ont formulées (et je ne parle là que des critiques construites) sont tous et toutes des… Enfin, vous voyez.
Je me complais à comparer un roman achevé à un enfant, puisque je trouve que cette métaphore est assez révélatrice et parlante. En effet, un roman demande des centaines d'heures de travail (soit, un enfant en réclame plutôt des milliers...), des nuits courtes (comme les premiers mois d'un nourrisson), des réflexions, des incertitudes, des essais et déclenche des émotions variées. Aussi, un écrit, quelqu'il soit (et tu pourras en témoigner honnêtement puisque tu composes des poèmes) est une partie de nous. Un fragment de notre pensée mise sur du papier. Un bout de nous dans chaque personnage. Un rêve ou un voyage imaginaire qui sert de cadre / de décor à l'histoire. De plus, un enfant est une cellule issue de deux gamètes, donc réellement un morceau de ses géniteurs. En quoi un écrit diverge ? Si ce n'est que la transmission n'est pas physique mais intellectuelle...
Alors bien sûr, un être vivant et un objet ne sont pas similaires, loin de moi cette idée. Mais le concept à travers cette phrase n'est pas de réduire un enfant à un objet, ou un simple bouquin (aussi bon soit-il
Je ne vais pas continuer de pointer du doigt les similitudes qui expliquent cette métaphore / cette comparaison, car il y en aurait encore trop long à écrire. Je pense que nous avons suivi le concept.
Maintenant, bien que je peux comprendre que le terme puisse alerter des personnes extérieures au monde de l'écriture, il m'est en revanche plus compliqué d'intégrer l'idée que des auteurs puissent penser la même chose.
Je serai donc curieuse de savoir pourquoi tu penses ça.
Ici où en MP, le choix te revient.
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NILMM_Le_NILMeta_Mancien
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Re: Marre de la romantasy actuelle
Le sobriquet « Le Poète » est déjà pris par Musset ; je ne voudrais pas lui faire offense — fût-elle posthume.ArcadiaBooks66 a écrit : mer. 29 avr., 2026 9:15 pmBonjour à toi, AEGISAPRILISMMXIV (Non, je ne me suis pas mise à la page. Je ne retiens pas ton nouveau pseudo, encore plus compliqué que le précédent ! Aussi, vais-je probablement continuer de t'appeler le "poète".NILMM_Le_NILMeta_Mancien a écrit : mer. 29 avr., 2026 7:45 pmPour ma part, je ne dirai jamais qu'un livre est comme un enfant. Aucun livre n'a la valeur d'un enfant, et un enfant n'est pas réductible à un capital investi, tout comme un livre d'ailleurs. C'est un discours qui dilue et amalgame la valeur des êtres et des choses. Je suis plutôt critique de cette rhétorique que l'on entend à longueur de temps sur les pages d'auteur.e.s des réseaux sociaux.Spoiler
Effectivement, dans un monde idéal, une critique devrait être — et être prise — comme une simple interpellation pour l’auteur.e, l’invitant à évoluer dans sa pratique, d’une manière ou d’une autre. Sauf que l’ego de l’auteur.e, généralement plus propice au fantasme que les autres types d’ego (ce qui lui permet ainsi de développer un imaginaire plus ou moins original à poser par écrit), se complaît souvent, du fait de ce terreau fantasmatique favorable à la mise en scène de soi, dans un narcissisme plus prononcé que la moyenne, ainsi que dans une tendance accrue à la rancune et au ressentiment, qui lui fait, très souvent, facilement prendre la mouche.
Résultat : les critiques qui ont le malheur (et même l'outrecuidance) d'afficher un bémol sont toutes perçues comme des affronts personnels, et ceux qui les ont formulées (et je ne parle là que des critiques construites) sont tous et toutes des… Enfin, vous voyez.)
Je me complais à comparer un roman achevé à un enfant, puisque je trouve que cette métaphore est assez révélatrice et parlante. En effet, un roman demande des centaines d'heures de travail (soit, un enfant en réclame plutôt des milliers...), des nuits courtes (comme les premiers mois d'un nourrisson), des réflexions, des incertitudes, des essais et déclenche des émotions variées. Aussi, un écrit, quelqu'il soit (et tu pourras en témoigner honnêtement puisque tu composes des poèmes) est une partie de nous. Un fragment de notre pensée mise sur du papier. Un bout de nous dans chaque personnage. Un rêve ou un voyage imaginaire qui sert de cadre / de décor à l'histoire. De plus, un enfant est une cellule issue de deux gamètes, donc réellement un morceau de ses géniteurs. En quoi un écrit diverge ? Si ce n'est que la transmission n'est pas physique mais intellectuelle...
Alors bien sûr, un être vivant et un objet ne sont pas similaires, loin de moi cette idée. Mais le concept à travers cette phrase n'est pas de réduire un enfant à un objet, ou un simple bouquin (aussi bon soit-il) à un être doté de sentiments, le concept est de démontrer qu'une œuvre peut être aussi importante qu'un enfant dans notre vie et que l'écriture n'est pas forcément qu'un simple divertissement. L'écriture est une façon d'exprimer ce que l'on est. Et, jusqu'à preuve du contraire, l'enfant est éduqué par un parent. Il intériorise et incorpore donc des valeurs, transmises par son tuteur ou son parent. Un livre transmet aussi des valeurs. Qu'elles soient bonnes ou mauvaises.
Je ne vais pas continuer de pointer du doigt les similitudes qui expliquent cette métaphore / cette comparaison, car il y en aurait encore trop long à écrire. Je pense que nous avons suivi le concept.
Maintenant, bien que je peux comprendre que le terme puisse alerter des personnes extérieures au monde de l'écriture, il m'est en revanche plus compliqué d'intégrer l'idée que des auteurs puissent penser la même chose.
Je serai donc curieuse de savoir pourquoi tu penses ça.
Ici où en MP, le choix te revient.![]()
Tu avances beaucoup d’idées intéressantes, mais elles ne font pas mouche.
Certes, écrire un roman exige tout ce que tu mentionnes. Toutefois, bien d’autres activités, non artistiques, requièrent une implication et ont des effets comparables. Donner forme à un avatar dans un jeu en ligne, par exemple, mobilise à bien des égards des dispositions similaires (du travail, de la perte de repos, un engagement émotionnel et chronophage, etc.).
Tous les phénomènes de projection fonctionnent ainsi : on y dépose une part de soi, on s’y dédouble, on s’y rejoue.
En gardant ce fait à l'esprit, la véritable question est alors la suivante : est-ce qu'élever un enfant relève aussi du phénomène de projection ?
Cherche-t-on en lui un reflet, un prolongement, un double, ou bien l’émergence d’une idiosyncrasie ?
Je ne dénie pas qu'il y ait nécessaire projection, puisque c'est quelque chose qui touche toujours à l'ordre du viscéral, cependant, elle ne doit pas constituer l’ensemble, le tout, de la relation à son enfant, au risque de devenir rapidement malsaine. Développer la subjectivité, la personnalité, de son enfant est ce qui amène justement à mettre cette projection en crise.
Ainsi, un enfant est toujours plus que la simple somme de ses parents ; il les excède, heureusement (et au meilleur sens du terme, j'entends).
À l’inverse, une œuvre littéraire demeure presque toujours en deçà de la totalité des expériences de son auteur ou même, ne serait-ce qu'à l'appréhension synoptique d'une seule de nos expériences. Cela tient à une faille inhérente au langage lui-même : il découpe, fige, simplifie ; il trahit autant qu’il révèle (et sans doute trahi-t-il plus souvent qu’il ne révèle et ne révèle jamais rien sans rien). En ce sens, je m'accorde avec Bergson, qui reste d'ailleurs (paradoxalement) le penseur le plus revendiqué par les avant-gardes littéraires.
Produire une « révélation » concentre toute la difficulté et l’intensité du travail d’écriture.
Ainsi, le génie du styliste consiste à imprégner la langue de son intimité, de son vécu, de son expérience. Mais, ce faisant, il la rend aussi moins immédiatement accessible, voire hermétique par ésotérisme, à l’usage commun, au registre générique de la parole partagée. C’est pourquoi la poésie me paraît, à mon humble avis, la forme la plus authentique (et même la plus noble) de l’expression littéraire : elle constitue une sorte d’art martial contre les formes d’aliénation propres au langage, et le milieu dans lequel se forge l'aristocratisme de l'esprit.
Écrire est une « passion inutile », pour pasticher Sartre : une vaine tentative de s’inscrire dans le sens. Et c’est précisément cette lutte — lucide et tragique — qui en fait la beauté. Écrire, c’est affronter l’existence de face, en face. Ce n’est donc, effectivement, en rien un simple divertissement ; il ne faudrait pas, comme cela se fait trop souvent de nos jours, confondre littérature et bavardage. Par conséquent, faire œuvre d'écriture, contrairement à ce qui se prétend tel de nos jours, ce n'est pas se cacher la face derrière un filtre de formules attendues et ressassées.
Un texte, en outre, demeure fondamentalement réversible : on peut y revenir, le modifier, le retravailler sans fin, lui imposer nos caprices, nos obsessions, y inscrire nos traumas comme nos angoisses. (Ce qui n'est certainement pas recommandé avec un enfant, tu en conviendras — et là, on en revient à la projection).
Faire naître et élever un enfant relève, au contraire, d’une expérience partagée, inscrite dans l’irréversible. La relation n’y est jamais unidirectionnelle : elle est vivante au sens plein du terme et échappe, par nature, à toute volonté de maîtrise totale. Tout simplement parce qu'un enfant est un sujet, et, du moins, le devoir des parents consiste précisément à lui permettre d'en devenir pleinement un. À côté de cela, les productions littéraires ne peuvent prétendre être, et encore seulement pour les plus brillantes d’entre elles, que des fragments d’âme en suspens d’incomplétude. (Je m'excuse pour la formulation, le poète en moi s'emballe).
La différence essentielle pourrait alors se « résumer » de la sorte : une production littéraire est un objet, une production que l’on façonne, et ce même en dépit que l'acte de création reste de l'ordre de la praxis, tandis qu’un enfant est un sujet qui nous transforme autant qu’il se forme lui-même. C'est cette différence qui rend l'analogie inopérante et, au-delà, disons, glissante.
J’espère que ma réponse te paraîtra suffisamment claire et explicite, chère ArcadiaBooks66.