Encore une belle réussite de mon auteure doudou !
J'ai beaucoup aimé Georgia et Marley : elles sont hyper attachantes toutes les deux, un peu aux antipodes, entre Georgia la WASP bourgeoise et Marley l'Italienne exubérante. Mais leur relation et leur complicité est vraiment belle.
Comme d'habitude, il n'y a pas de fausseté dans ces personnages, elles sont entières, avec leurs défauts et surtout leurs complexes. Ici, c'est autour du poids que tourne une grande partie de leur vie. On voit comment elles l'abordent, avec différents points de vue : Marley, qui est chef, qui aime la nourriture et qui finalement assume assez bien ses rondeurs, et Georgia qui a toujours été rabaissée et humiliée par sa famille à cause de ses kilos en trop, qui en fait une obsession au point de négliger sa santé. (Ce complexe n'est d'ailleurs pas que féminin, comme on peut le voir aussi avec Mason). J'ai beaucoup aimé ce gamin et sa relation avec sa tante est très touchante. (Quant à son père, bref, mieux vaut pas en parler, y'a vraiment des baffes qui se perdent ...). Celle qui m'a le moins touché dans l'histoire, paradoxalement, c'est Emerson. D'abord, on ne la découvre qu'au travers de ses journaux et j'avoue être passée un peu à côté de son histoire. Certes, elle illustre bien le fait que derrière chaque cas d'obésité (ou de troubles alimentaires au sens large d'ailleurs) se cache une grande souffrance psychologique et un traumatisme originel, mais j'ai parfois trouvé ses journaux un peu geignards. Et je n'ai pas compris son rapport à la nourriture, ni surtout en quoi c'est réconfortant de manger si c'est pour être malade toute la nuit ensuite ... Sans compter que j'ai trouvé son attitude parfois étonnante (avec le sport notamment) : pour quelqu'un qui est autant préoccupé par son poids et par les moyens de perdre des kilos (et donc autant expert sur le papier sur ce sujet), je me suis étonnée qu'elle s'attende vraiment à des résultats aussi rapides ... Mais bon, ces points mis à part, j'ai vraiment trouvé extrêmement triste le fait que finalement, elle s'est contentée de rester spectatrice de sa vie ...
En tout cas, ce livre est une véritable ode à la vie, à la bienveillance, à l'acceptation de soi, au body positive. Oui, les femmes rentrent plutôt dans du 40 que du 34 et alors ? Ce qui compte, c'est de s'accepter comme on est et de croquer la vie à pleines dents quand même. Et c'est une telle libération pour nos héroïnes quand elles se détachent de ce carcan. J'ai aimé le fait qu'on aborde ce sujet parce que oui, le poids et les formes, c'est un sujet de société, un complexe pour beaucoup de femmes qui n'assument pas leurs rondeurs (merci la société et son apologie de la maigreur, et le regard des autres pour ça) et au delà du complexe individuel, il y a aussi une grossophobie, dénoncée notamment au travers du personnage d'Emerson mais aussi de Georgia.
En plus, on a droit à deux mignonnes romances (bon, avouons-le, le tueur en série, on l'avait vu venir dès la première mention de son nom

). J'ai surtout aimé le personnage de Rafe. Comme le dit Marley, rien n'est plus beau qu'un homme qui est amoureux de sa femme. Il est tellement gentil et bienveillant, avec Georgia mais avec Mason aussi, j'ai eu un coup de coeur pour cet homme. (Donc j'étais très satisfaite de la fin ^^ même si, pour toutes les deux, j'aurais aimé un épilogue ...)
J'ai un peu moins aimé les passages en lien avec Frankie. C'est dramatique mais j'ai trouvé qu'on exagérait un peu le trait (avec la mère de Marley surtout).
Néanmoins, c'est vraiment un bouquin qui redonne la pêche et la joie de vivre ! Et vive les rondes !