
+ 3 points
Nous rêvions juste de liberté - Henri Lœvenbruck
J'ai adoré cette lecture. On est seulement en janvier mais je pense que ce sera l'un de mes coups de cœur de l'année !
J'avais un peu peur au début car j'avais déjà lu Gallica du même auteur et je n'avais pas trop aimé. Mais je pense que c'était une question de genre, sans doute que la fantasy ne s'accordait pas vraiment avec le style un peu brut et familier de Lœvenbruck. Car dans ce roman contemporain sur le thème des motards, du road-trip, de la liberté, cette tonalité ne m'a pas du tout dérangée ; au contraire, c'était même parfaitement approprié.
Bohem a une manière de s'exprimer un peu spéciale, un peu racaille, mais il ne tombe pas non plus dans le vulgaire à outrance et cette nuance est même justifiée dans le récit. C'est un personnage extrêmement attachant, je me suis beaucoup identifiée à lui et même s'il fait pas mal de conneries, il reste fidèle à ses valeurs de loyauté, honneur et respect. Même quand je n'approuvais pas ses décisions ou réactions, je n'avais aucun mal à comprendre son raisonnement et avoir de l'empathie - et même de l'admiration - pour lui.
Les autres personnages sont aussi très vivants, humains, attachants chacun à leur manière. Ce ne sont pas juste des figurants, ils sont réellement travaillés, développés, incarnés, et tous finissent par nous toucher, même Oscar (surtout Oscar). Leurs interactions peuvent être aussi drôles que touchantes et je dois avouer que je suis passée du rire aux larmes au fil du récit. Des vrais rires et de vraies larmes, pas juste des petits sourires et une vague tristesse.
C'est une histoire poignante, qui m'a prise aux tripes, et ça a beau être un petit pavé, j'étais tellement prise dans ma lecture que je l'ai lu plus vite que d'autres romans beaucoup plus courts mais bien moins prenants. Et je suis d'ailleurs triste d'en être venue à bout, d'autant plus que la fin est très marquante, bien qu'elle ne soit pas forcément surprenante car plusieurs passages la laissent entrevoir. Elle colle parfaitement au message passé dans l'ensemble du récit.
+ 3 points
Sherlock Holmes et la bête des Stapleton - James Lovegrove
J'ai apprécié ma lecture, mais je n'en garderai pas beaucoup de souvenirs. L'écrivain a su restituer globalement l'essence du duo iconique de Conan Doyle, pour autant à plusieurs reprises je me suis fait la réflexion que le comportement de Watson ou Sherlock n'était pas très crédible, que dans les œuvres originales ils n'auraient pas parlé ou agi de telle ou telle manière.
La narration est fluide et on ne s'ennuie pas malgré quelques longueurs. Les personnages sont attachants, notamment Grier, mais le scénario était trop prévisible pour me tenir en haleine. Dès le départ j'étais sur la bonne piste, et vers la moitié du roman j'avais compris qui était le coupable donc tous les rebondissements qui ont suivi sont un peu tombés à l'eau en ce qui me concerne.
Bonus du mois : lettre O (3)
+ 6 points
Rebecca de Lost, Tome 5 : De l'Or et des larmes - Isabelle Villain
Étant fan de gymnastique, je ne pouvais qu'aimer ce roman qui fait honneur à ce sport exigeant, tout en mettant en lumière les dérives malheureusement bien trop réalistes de la pratique à haut niveau au sein d'une fédération.
Le sujet abordé est donc très difficile et l'autrice a su le traiter de la bonne manière, avec justesse et pudeur, sans rentrer dans l'excès. L'attitude de la détective renforce cette approche à la fois sensible et sans fard, d'autant plus que le personnage est attachant. J'ai apprécié qu'elle soit professionnelle en toutes circonstances mais qu'elle soit en même temps très affectée par ses découvertes et qu'elle ait envie de protéger les filles alors que ça ne rentre pas dans le cadre de son travail.
L'enquête elle-même n'était pas forcément rocambolesque, même si je n'avais pas deviné l'identité du coupable ce n'était pas non plus amené comme une grande révélation. L'important dans le récit n'est pas le drama, le suspens, les rebondissements mais le sujet traité, et ça aussi je l'ai apprécié.
Quelques bémols toutefois : les dialogues manquent de maîtrise, ils ne sont pas naturels du tout à certains moments. Même remarque pour le journal intime ; je n'ai pas vraiment eu l'impression qu'il était écrit par une adolescente. En dehors de ces détails, c'était une lecture poignante et je suis contente de cette découverte.













