Voilà une lecture qui aura été autant surprenante que détonante. On est sur une très bonne réécriture de la Bible, qui pourtant, reprend assurément les textes "officiels" pour en souligner les incohérences. Mais ces incohérences sont également appuyées par les discours de chaque personnage, notamment celleux représentés par les minorités discriminées : les femmes, les prostituées, les personnes queers, les sans-abris, les poc. Ces derniers sont forts, quand on prend soin de se rappeler d'où viennent le petit Jésus et ses apôtres. C'est assez fou de voir à quel point cette religion a été euro-centrée et à ce point façonner pour correspondre à un imaginaire européen, finalement bien éloignée de la "réalité". On pourrait presque dire que l'auteur remet l'église au milieu du village (pun very much intended). Le contraste avec l'opulence indécente de l'Église et du Vatican décrit ici (à quel point est-ce loin de la vérité, sans virer complotiste, je peux qu'on n'est pas très loin de la vérité), et le Peuple de la Rue, est puissant.
Finalement, ce qui est intéressant est cette dissociation mise en avant entre
Satan et Dieu, qui ne forme qu'une seule et même personne et prouvant ainsi que le divin est imparfait. Et c'est devoir faire face à la réflexion de ces défauts dans ses Créations qui lui est insupportable.
Globalement, on est sur un dieu boudeur et cruel, qui s'ennuie et passe le temps en jouant au Sims, mais à la façon de celleux qui s'amuse à les torturer.
La fin m'a beaucoup fait penser
aux complotistes croyant que nous vivons dans une simulation
et, pour le coup, si ça m'a surpris dans le livre, ça ne m'a pas non plus étonnée, vu le dernier acte. Sinon, Judas et Jésus étaient mignons, et j'ai bien aimé qu'on s'attarde sur chacun des apôtres, et comment iels deviennent leurs propres personnages (ou se perdre aussi). Quand iels deviennent des Martyrs, c'est hyper graphique, comme les vices et cruauté faite. S'iels ont bel et bien été touché.es par le divin, iels n'en demeurent pas moins humain.es avec ce que ça implique.
C'était vraiment une bonne lecture et il y aurait encore pas mal de choses à dire sur ce livre, mais c'est déjà bien long, sorry.